Likkutei Torah · Parshas Shir HaShirim · Maamar 37
ביאור על זה
Explication de ce [discours]
L’idée centrale
Le service divin revêt deux formes, comme les deux faces d’un sceau : le ratzo, un amour ascendant qui se manifeste, et le shov, l’annulation de soi qui s’enfonce en soi ; chacun attire d’en haut son opposé. L’amour et les commandements positifs font descendre la lumière de D.ieu revêtue de réceptacles — les téfilines du bras. Le bitoul et les interdits font descendre la Lumière infinie non revêtue — les téfilines de la tête.
Le maamar en bref
En expliquant « Place-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras », le maamar part de la cire : un sceau en relief laisse une empreinte en creux, et un sceau en creux une empreinte en relief. Le ratzo, l’amour ardent qui s’élève d’en bas, ressort comme un sceau en relief ; par son intermédiaire, la lumière de D.ieu descend revêtue de réceptacles : c’est le sceau en creux d’en haut, Hor HaHar. Le shov, l’annulation complète de soi et la crainte empreinte de honte, est un sceau en creux d’en bas ; par son intermédiaire, la Lumière infinie se révèle sans être revêtue : c’est le sceau en relief d’en haut, tel qu’il sera dans les temps à venir. Les interdits, enracinés dans le youd-hé et dans les niveaux non revêtus d’Atik, ont cette racine supérieure en commun, tandis que les commandements positifs, enracinés dans le vav-hé, attirent la lumière dans des réceptacles ; l’Exode et l’enseignement du Talmud sur la conception illustrent cette règle. Le parchemin blanc et les lettres noires éclairent ensuite les téfilines : les lanières noires des téfilines de la tête, qui retombent sur le cœur, sont enracinées dans le blanc d’Atik, au-dessus de l’intellect. Enfin, le Chema, l’amour ascendant, correspond aux téfilines du bras, et la Chemoneh Esreh, le bitoul, aux téfilines de la tête.
Plan
- Deux mouvements, deux sceauxLe ratzo et le shov, l’élan et le retour de la force vitale, sont présentés comme le sceau en relief et le sceau en creux du service divin.¶1–2
- L’échange des sceauxL’amour ascendant attire la lumière revêtue de réceptacles (Hor HaHar), tandis que l’annulation de soi et les interdits attirent la Lumière infinie non revêtue ; les lettres du Nom de D.ieu et la bénédiction des Patriarches l’illustrent, et l’amour et la charité d’en bas éveillent l’amour et la compassion d’en haut.¶3–4
- Deux sortes d’ascensionLes deux ascensions de l’Arizal, l’Exode et l’enseignement du Talmud sur la conception montrent que l’effacement d’en bas entraîne un relief d’en haut ; les deux sceaux d’en haut sont enracinés dans Arich Anpin et Atik.¶5
- Atik, révélé et cachéLes Séfirot inférieures d’Atik sont revêtues à présent, tandis que ses Séfirot supérieures et la dimension intérieure de son Yessod, le sceau en relief, attendent les temps à venir ; les deux sceaux sont les deux téfilines.¶6–7
- Parchemin et lettresLes lettres sont des existences nouvelles ; 'Hokhma émane des cheveux et du crâne blanc d’Atik ; Bina, le livre, contient à la fois le blanc et le noir, tandis que 'Hokhma supérieure, le scribe, se situe au-dessus des deux ; les quatre passages des téfilines attirent les quatre mo'hin.¶8–11
- Les lanières noires sur le cœurLes lanières des téfilines de la tête sont des attributs émotionnels enracinés au-dessus de l’intellect, dans le blanc d’Atik ; elles entourent le cœur comme une étreinte, et doivent être noires parce que leur racine est si élevée.¶12–13
- Le Chema et la Chemoneh EsrehLa prière récitée assis, l’amour ascendant, correspond aux téfilines du bras, et la prière récitée debout, le bitoul, aux téfilines de la tête ; cela résout la question du Ramaz à propos de Béria et d’Atsilout.¶14
Notions clés
- Le sceau en relief (chosam bolet)חותם בולט
- Un sceau dont le motif ressort. D’en bas, il correspond au ratzo, un amour qui affirme encore le soi ; d’en haut, à la révélation ouverte et non revêtue de la Lumière infinie.
- Le sceau en creux (chosam shoka)חותם שוקע
- Un sceau dont le motif est en creux. D’en bas, il correspond au shov, l’annulation de soi ; d’en haut, à la lumière revêtue et cachée dans des réceptacles.
- Ratzo et shovרצוא ושוב
- « Élan et retour » : l’élan du désir vers D.ieu, puis le retour dans le bitoul et la crainte empreinte de honte.
- Hor HaHarהר ההר
- « Une montagne sur une montagne » : la montagne céleste qui descend en réponse à la montagne d’amour ascendante, les mo'hin revêtus dans Netsa'h, Hod et Yessod d’Imma.
- Annulation du yeshביטול היש
- Mettre de côté le sentiment d’être une entité distincte ; l’effacement d’en bas qui attire la Lumière infinie depuis ce qui dépasse l’enchaînement descendant des mondes.
- Atik et Arich Anpinעתיק ואריך אנפין
- Atik est le niveau le plus bas de l’Infini, Arich Anpin la racine de tout ce qui est émané. Les Séfirot inférieures d’Atik sont revêtues dans Arich Anpin ; ses Séfirot supérieures ne le sont pas et seront révélées dans les temps à venir.
- Sofer et seferסופר וספר
- Le scribe et le livre : 'Hokhma supérieure, le blanc, se tient au-dessus du livre de Bina, qui contient à la fois le parchemin blanc et les lettres noires.
- Les lanières des téfilinesרצועות
- En cuir, comme le parchemin (et valables même lorsqu’elles sont faites de parchemin), et noires à l’extérieur, elles retombent sur le cœur : ce sont des attributs émotionnels enracinés dans le blanc du 'Hessed d’Atik, qui entourent les émotions comme une étreinte.
Deux mouvements, deux sceaux ¶1–2
Le titre indique qu’il s’agit d’un biour, une explication qui développe le discours imprimé juste avant, lequel s’ouvre sur le verset : « Place-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras » (Chant des chants 8:6). Le biour développe les deux sceaux de ce discours, le sceau en relief et le sceau en creux, et les applique au service divin, aux commandements et aux tefilines du bras et de la tête.
Le titre présente ce qui suit comme une explication du discours précédent.
Selon la note de Kehot, les notes du Rabbi consignent le titre que ce discours porte dans sa source : Chabbat, parachat Vayé'hi, Shklov, 16 Tévet [5]567. Or HaTorah l’imprime deux fois, chaque fois accompagné de ses propres gloses.
Maré mekomot
- 1ביאור על זה · ראה הערת כ״ק אדמו״ר לעיל בהערות וציונים יט, ד. ושם רשום בכותרת: ”שבת פ׳ ויחי שקלאב טז טבת ס״ז”. עם הגהות אחרות באוה״ת שה״ש ע׳ תשלו, ועם עוד הגהות בפ׳ עקב ע׳ תרכו ואילך בהתחלה ארץ הרים ובקעות.
2הנה כתיב והחיות רצוא ושוב1 שיש ב׳ מיני עבודה מלמטה למעלה בעבודת האדם בחי׳ רצוא ובחי׳ שוב. בחי׳ רצוא נק׳ חותם הבולט ובחי׳ שוב נק׳ חותם השוקע.
Or, il est écrit : « Et les 'hayot allaient et venaient. » Cela signifie qu’il existe, dans le service divin de l’homme, deux formes de service allant du bas vers le haut : le niveau de « l’élan » (ratzo) et celui du « retour » (chov). Le niveau de ratzo est appelé le sceau en relief, et celui de chov, le sceau en creux.
Ye'hezkel vit les 'hayot, les créatures vivantes saintes du Char divin, s’élancer et revenir. L’Admour Hazaken y voit les deux mouvements du service de D.ieu : ratzo, un élan de désir de s’élever au-delà de soi, et chov, un retour dans l’annulation de soi. Il les désigne par une image empruntée à l’art du sceau : ratzo est un sceau en relief, et chov un sceau en creux.
ופי׳ בחי׳ רצוא היא אהבה ורשפי אש2 בתשוקה והוא הגתלות האהבה המסותרת ממטה למעלה מישראל לא״ס ב״ה
Le sens du niveau de ratzo est l’amour et les « flammes de feu » du désir ; c’est la révélation, du bas vers le haut, de l’amour caché qu’Israël éprouve pour l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il.
Ratzo est un amour qui brûle comme des « flammes de feu », expression du Cantique des Cantiques 8:6, le verset que ce discours explique. Chaque Juif porte en lui un amour caché pour D.ieu ; dans le ratzo, cet amour se révèle sous la forme d’un désir qui s’élève d’en bas vers l’Infini.
וזהו ענין כאברהם שקראו הר3 כמו הר הבולט מן מישור הארץ כמ״כ [כמו כן] התשוקה הנ״ל שרוצה לצאת מנרתקו זהו בחי׳ בליטה ונקרא חותם הבולט.
C’est là le sens de « comme Avraham, qui l’appela montagne » : de même qu’une montagne se détache du niveau du terrain, ainsi le désir évoqué plus haut, qui veut sortir de son enveloppe, est-il un niveau de saillie ; c’est pourquoi on l’appelle le sceau en relief.
Le Talmud rapporte qu’Avraham appela le lieu du Temple « montagne ». Une montagne s’élève au-dessus du terrain plat ; de même, ce désir veut sortir de son enveloppe — le moi corporel qui le retient. C’est pourquoi on le qualifie de saillant et qu’on l’appelle sceau en relief.
Ce paragraphe introduit les deux termes du maamar : ratzo, l’amour ardent qui s’élève et se détache comme un sceau en relief, et chov, appelé sceau en creux.
Dans le passage du Talmud, Avraham, qui appela ce lieu « montagne », est opposé à Yits'hak, qui l’appela « champ », et à Yaakov, qui l’appela « maison ». Avraham incarne l’amour ('Hessed), et la montagne figure un amour qui s’élève au-dessus de ce qui l’entoure.
Maré mekomot
- 1והחיות רצוא ושוב · Ezekiel 1:14
- 2רשפי אש · Song of Songs 8:6
- 3כאברהם שקראו הר · Pesachim 88a:4
L’échange des sceaux ¶3–4
3והנה עד״מ כשמדפיסים בחותם הבולט על השעוה נעשה בהשעוה חותם שוקע. כך על ידי בחי׳ אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] שבבחי׳ רצוא שהוא בבחי׳ חותם בולט והוא בחי׳ יש מי שאוהב כו׳
Or, à titre d’analogie : lorsqu’on imprime dans de la cire un sceau en relief, il s’y forme un sceau en creux. De même, par l’éveil d’en bas (l’éveil d’en bas) qui relève de la dynamique de ratzo, laquelle est à la manière d’un sceau en relief et correspond au niveau de « il est quelqu’un qui aime », etc.,
Lorsqu’un sceau en relief est pressé dans la cire, il y laisse une empreinte creuse : ce qui fait saillie sur le sceau s’enfonce dans la cire. De même, l’éveil d’en bas de ratzo fait saillie comme un sceau en relief, car celui qui aime se sent encore comme quelqu’un : « il est quelqu’un qui aime ».
עי״ז נמשך אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] מלמעלה בחי׳ חותם שוקע והיינו שנמשך מה התגלות והמשכת אורות בכלים. וכמו שיתבאר.
par cela, un éveil d’en haut (l’éveil d’en haut) est attiré d’En-Haut, au niveau d’un sceau en creux ; c’est-à-dire qu’une révélation et un influx de lumières dans des réceptacles sont attirés d’En-Haut, comme il sera expliqué.
La réponse d’En-Haut prend la forme opposée, celle d’un sceau en creux. Cela signifie que la lumière de D.ieu descend, revêtue et contenue dans des réceptacles, cachée à l’intérieur de son contenant ; le maamar développera ce point plus loin.
וזהו ענין הר ההר הר ע״ג [על גבי] הר12 (ועיין בפ׳ משפטים) (ק״ט ב׳) ובז״ה [ובזוהר הרקיע] שם כי חג״ת [חסד גבורה תפארת] דז״א הם נקרא הרים
Tel est le sens de Hor HaHar, « une montagne sur une montagne » (voir la paracha Michpatim [dans le Zohar], 109b, ainsi que le Zohar HaRakia à cet endroit) : car 'Hessed, Guevoura et Tiferet de Zeir Anpin sont appelés « montagnes »,
Hor HaHar est la montagne où Aharon mourut, et le Midrach interprète son nom comme signifiant « une montagne sur une montagne ». Dans la Kabbale, 'Hessed, Guevoura et Tiferet de Zeir Anpin, les principaux attributs émotionnels, sont appelés « montagnes », comme l’indiquent ici le Zohar dans la paracha Michpatim (109b) et le commentaire du Zohar HaRakia à cet endroit.
אמנם נה״י [נצח הוד יסוד] דאימא נקרא הרים ע״ג [על גבי] הרים כו׳ וכ״כ [וכן כתב] בלק״ת [בלקוטי תורה (להאריז״ל)] בישעיה ע״פ כי ההרים ימושו3
tandis que Netzach, Hod et Yessod d’Imma sont appelés « des montagnes sur des montagnes », etc. Il est également écrit ainsi dans le Likkutei Torah de l’Arizal sur Isaïe, au sujet du verset : « Car les montagnes s’éloigneront. »
Netzach, Hod et Yessod d’Imma, la partie inférieure de Bina, entrent dans Zeir Anpin et reposent sur ses propres « montagnes » ; ce sont donc « des montagnes sur des montagnes ». L’Arizal dit la même chose dans son Likkutei Torah sur Isaïe, au sujet du verset « Car les montagnes s’éloigneront » (Isaïe 54:10).
ולכן א״ש [אתי שפיר] שהר ההר נק׳ חותם שוקע שמלמעלה שנה״י [שנצח הוד יסוד] דאימא הם לבוש וכיסוי להמוחין והם מתלבשים בז״א ועיין בזהר בשלח (ד״נ סע״א [סוף עמוד א])4 בענין עד לא אשתקע אוירא דכיא.5
Il est donc bien compris que Hor HaHar est appelé le sceau en creux d’En-Haut, car Netzach, Hod et Yessod d’Imma constituent un vêtement et une couverture pour l’intellect (mo’hin), et ils se revêtent dans Zeir Anpin. Voir le Zohar, Bechala’h (folio 50, fin du côté a), à propos de « avant que l’air pur ne s’enfonçât ».
Cela montre pourquoi Hor HaHar est le sceau en creux d’En-Haut : Netzach, Hod et Yessod d’Imma servent de vêtement enveloppant les mo’hin, l’intellect, lorsqu’ils entrent dans Zeir Anpin ; ainsi, la lumière vient cachée à l’intérieur d’une couverture. Le Zohar, dans Bechala’h, parle d’un temps « avant que l’air pur ne s’enfonçât », en employant la même racine que choka, « enfoncé ».
ואפשר שייך ג״כ לבחי׳ חותם שוקע ועמ״ש עוד בענין הר ההר בד״ה נשא את ראש בני גרשון678 משא״כ ע״י העבודה הב׳ שמלמטה למעלה בחי׳ שוב
Il se peut que cela se rapporte également au niveau du sceau en creux. Voir encore ce qui est écrit au sujet de Hor HaHar dans le discours commençant par « Fais le dénombrement des fils de Guerchon ». En revanche, par le second service, de bas en haut, le niveau de chov,
L’Admour Hazaken suggère que ce passage du Zohar peut également se rapporter au sceau en creux, puis renvoie à son discours sur le dénombrement des fils de Guerchon pour en savoir davantage sur Hor HaHar. Il passe ensuite au second mouvement du service, de bas en haut : chov.
היינו ביטול הרצון בתכלית ונפשי כעפר9 ירא׳ בושת זהו בחי׳ חותם השוקע שמלמטה ועי״ז נמשך אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] מלמעלה בחי׳ חותם בולט
c’est-à-dire l’annulation complète de la volonté, et « mon âme [sera] comme la poussière », la crainte de la honte : voilà le niveau du sceau en creux d’en bas. Par cela, un éveil d’en haut est attiré d’En-Haut, au niveau du sceau en relief,
Chov est une annulation de soi totale : la volonté est entièrement mise de côté, comme dans la prière « que mon âme soit comme la poussière devant tous », et l’on ressent yirat boshet, la crainte de la honte devant la grandeur de D.ieu. Parce que la personne s’abaisse, elle est un sceau en creux d’en bas ; la réponse d’En-Haut prend la forme opposée, celle d’un sceau en relief.
דהיינו התגלות אור א״ס שלא בהתלבשות כלל כמו שיהיה לעתיד דכתיב ולא יכנף כו׳ עין בעין10 כו׳
à savoir une révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), nullement revêtue, comme ce sera le cas dans les temps futurs, ainsi qu’il est écrit : « Et [ton Maître] ne sera pas caché », etc., [et] « œil à œil », etc. :
Le sceau en relief d’En-Haut est la Lumière infinie révélée telle qu’elle est, sans être revêtue dans aucun réceptacle. Il en sera ainsi dans les temps futurs, lorsque, comme le dit Isaïe, le Maître ne sera plus caché et que la divinité sera vue « œil à œil ».
התגלות אלקות וזהו ג״כ בחי׳ מצות ל״ת [לא תעשה] וכנודע של״ת [שלא תעשה] גדלה מעלתן מבחי׳ עשה11 כי ל״ת [לא תעשה] הם מבחי׳ י״ה ומ״ע [ומצות עשה] ו״ה.
une révélation de la divinité. C’est également le niveau des mitsvot négatives, comme on le sait : les interdictions sont supérieures aux mitsvot positives, car les interdictions relèvent du niveau de youd-hé, tandis que les mitsvot positives relèvent de vav-hé.
Cette révélation manifeste est également ce que font descendre les mitsvot négatives. On sait que les interdictions se situent à un niveau supérieur aux mitsvot positives, car elles prennent racine dans les deux premières lettres du Nom de D.ieu, youd et hé, tandis que les mitsvot positives prennent racine dans les deux dernières, vav et hé.
דהנה נודע ד׳ אותיות הוי׳ יוד בחי׳ חכמה בחי׳ צמצום וביטול כמו נקודה והוא בחי׳ יראה עילאה יראה פנימית יראה בושת.12
Car on sait que, parmi les quatre lettres du Nom Havaya, le youd représente le niveau de 'Hokhma (sagesse), le tsimtsoum (contraction) et l'annulation de soi (bitoul), comme un point ; il représente aussi la crainte supérieure, la crainte intérieure, la crainte empreinte de honte.
Les quatre lettres du Nom Havaya correspondent à différents niveaux. Le youd, simple point, est la 'Hokhma : contraction et bitoul, le sentiment de n’être rien. Sur le plan des émotions, il s’agit de la crainte supérieure, intérieure, la crainte empreinte de honte.
ה׳ בינה המשכת אהבה עילאה וזהו דחילו ורחימו וענין ו״ה ו׳ אהבה זוטא ה׳ יראה תתאה וזהו רחימו ודחילו13 נמצא ל״ת [לא תעשה] שהם מבחי׳ י״ה י׳ ביטול במציאות כו׳
Le hé est Bina (compréhension), le déploiement de l’amour supérieur ; c’est là le sens de « crainte et amour » (de'hilou oure'himou). Quant à vav-hé : le vav est l’amour inférieur et le hé la crainte inférieure ; c’est là le sens de « amour et crainte » (re'himou oude'hilou). Il s’ensuit que les interdictions, qui relèvent du niveau de youd-hé, sont liées au youd, à l’annulation de l’existence, etc.
Le premier hé est Bina, où se déploie l’amour supérieur ; à ce niveau, la crainte précède donc l’amour (de'hilou oure'himou). Dans les lettres inférieures, l’ordre est inversé : le vav est l’amour inférieur et le hé final, la crainte inférieure ; l’amour précède donc la crainte (re'himou oude'hilou). Les interdictions relèvent de youd-hé et, avant tout, du youd, l’annulation de son existence même.
(ועוד יובן מענין זה ענין חותם שוקע שמלמטה שממשיך מבחי׳ גבוה יותר שהרי ע״י אהבה זוטא דבחי׳ ו׳ חג״ת [חסד גבורה תפארת] דאצילות בחי׳ הרים חותם בולט ממשיכים מלמעלה מבחי׳ בינה ה׳ ראשונה אהבה רבה חותם שוקע
(On peut aussi comprendre à partir de là la notion du sceau enfoncé d’en bas, qui fait descendre d’un niveau supérieur. En effet, par l’amour inférieur, correspondant au vav — 'Hessed, Guevoura et Tiferet d’Atsilout, le niveau des « montagnes » —, sceau en relief, on fait descendre d’en haut, du niveau de Bina, le premier hé, l’amour immense, sous la forme d’un sceau enfoncé ;
Dans cette parenthèse, l’Alter Rebbe montre que le sceau enfoncé d’en bas atteint un niveau plus élevé que le sceau en relief d’en bas. L’amour inférieur appartient au vav, à 'Hessed, Guevoura et Tiferet d’Atsilout, appelés les « montagnes » ; c’est un sceau en relief. Ce qu’il fait descendre de Bina, le premier hé, l’amour immense, se présente sous la forme d’un sceau enfoncé.
אבל יראה תתאה חותם שוקע שרשה ביראה עילאה אבא עילאה שנק׳ חותם בולט לגבי בינה וזהו בחכמה יסד ארץ אבא יסד ברתא14 וכונן שמים בתבונה15 כו׳ וכמ״ש לקמן בענין אשה מזרעת תחלה)
mais la crainte inférieure, sceau enfoncé, prend racine dans la crainte supérieure, Abba suprême, qui est appelé sceau en relief par rapport à Bina. C’est là le sens de « Par la 'Hokhma, Il a fondé la terre » (« Abba a fondé la fille ») « et Il a établi les cieux par l’intelligence », etc. Comme cela sera expliqué plus loin à propos de « la femme émet sa semence en premier ».)
La crainte inférieure, en revanche, est un sceau enfoncé ; elle prend racine dans la crainte supérieure d’Abba, la 'Hokhma, qui est un sceau en relief par rapport à Bina. Les Proverbes disent que la terre a été fondée par la 'Hokhma, et le Zohar interprète ces mots ainsi : « Abba a fondé la fille », le hé final, qui correspond à la crainte inférieure ; les cieux ont été établis par Bina. Ce point sera repris plus loin à propos de l’enseignement du Talmud sur celui des deux partenaires qui « émet sa semence en premier ».
והנה להמשיך מבחי׳ א״ס שלמעלה מע״ס [מעשר ספירות] אי אפשר רק ע״י ביטול היש שהוא בחי׳ שקיעה מלמטה שעי״ז נעשה התגלות ובליטה מ למעלה עין בעין כו׳
Or, il est impossible de faire descendre ce qui relève de l’Infini (Ein Sof), au-dessus des Dix Séfirot, autrement que par l’annulation du yesh (l’existence), qui est le niveau de l’enfoncement d’en bas ; c’est ainsi que se produisent une révélation et un relief venant d’en haut, « œil à œil », etc.
On ne peut faire descendre l’Infini, dans Sa transcendance des Dix Séfirot, qu’au moyen de l’annulation du yesh, le sentiment qu’a une personne d’être une entité séparée. Cet enfoncement intérieur d’en bas fait apparaître un relief d’en haut, une révélation manifeste « œil à œil ».
וזהו ענין הל״ת [הלא תעשה] כי זהו הכלל דסט״א [דסטרא אחרא] הכל בחי׳ יש ודבר ולכן ע״י מצות ל״ת [לא תעשה] לא תלבש שעטנז16 מבטל היש וכו׳ אתכפיא סט״א [סטרא אחרא]
Tel est le sens des interdictions. Car voici la règle : la sitra a'hra (l’autre côté) est entièrement du domaine du yesh et du « quelque chose ». C’est pourquoi, par une mitsva négative telle que « Tu ne porteras pas de chaatnez », on annule le yesh, etc., et l’on soumet la sitra a'hra.
Cela explique les interdictions. La sitra a'hra, le côté opposé à la sainteté, est entièrement constituée de yesh, d’affirmation de soi ; en s’abstenant pour D.ieu, par exemple de porter du chaatnez (un mélange de laine et de lin), on annule le yesh et l’on soumet la sitra a'hra.
וכן באדם ביטול עצמותו הן ולאו שוין בחי׳ שקיעה ממילא נעשה מלמעלה בחי׳ בליטה התגלות אור א״ס ולא יכנף17 עוד כו׳.
Il en va de même chez l’homme : l’annulation de son être même, pour qui « oui » et « non » sont égaux, constitue le niveau de l’enfoncement ; dès lors, il se produit d’en haut un relief, une révélation de la Lumière infinie, « ton Maître ne se dérobera plus », etc.
Il en va de même en l’homme. Lorsqu’il annule son être même, si bien que « oui » et « non » lui sont égaux et qu’il n’a pas de volonté propre, cet enfoncement d’en bas fait naturellement apparaître le relief d’en haut : la Lumière infinie se révèle, comme cela se produira dans les temps futurs.
אכן ע״י בחי׳ אהבה וקיום מ״ע [מצות עשה] לא יוכלו להמשיך מלמעלה מהשתלשלות כי אהבה הוא ג״כ בבחי׳ יש וכלי
Cependant, par le niveau de l’amour et l’accomplissement des commandements positifs, on ne peut attirer ce qui est au-delà de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), car l’amour aussi relève du yesh et constitue un réceptacle.
L’amour et les commandements positifs ne peuvent atteindre jusque-là. Si élevé que soit l’amour, il reste celui d’un être qui éprouve quelque chose : il relève du yesh et constitue un réceptacle. Il ne peut donc attirer ce qui transcende l’enchaînement descendant des mondes.
לכן ממשיכים מלמעלה ג״כ התגלות אורות בכלים אשר הכלים מלבישים להאורות וזהו בחי׳ חותם שוקע שמלמעלה כנ״ל.
C’est pourquoi ce que l’on attire d’en haut est également une révélation de lumières dans des réceptacles, où les réceptacles habillent les lumières ; tel est le niveau du sceau en creux d’en haut, comme mentionné précédemment.
L’amour et les commandements positifs attirent donc une lumière revêtue de réceptacles, qui ne se révèle que dans la mesure permise par ces réceptacles. C’est là le sceau en creux d’en haut.
וזהו זוכר חסדי אבות אבות היינו או״א [אבא ואימא] ומביא גואל לבני בניהם היינו נה״י [נצח הוד יסוד] כי בניהם היינו חג״ת [חסד גבורה תפארת] ובני בניהם היינו נה״י [נצח הוד יסוד] (עיין בזהר ר״פ שמיני דל״ו סע״א [סוף עמוד א] ובמק״מ [ובמקדש מלך] שם)
C’est là le sens de « Qui se souvient des bontés des pères » : les « pères » sont Abba et Imma ; « et amène un rédempteur aux enfants de leurs enfants » : il s’agit de Netsa'h, Hod et Yessod, car leurs « enfants » sont 'Hessed, Guevoura et Tiferet, et les « enfants de leurs enfants » sont Netsa'h, Hod et Yessod (voir le Zohar, au début de la Parachat Chemini, folio 36, fin du côté a, et le Mikdash Melech à cet endroit) ;
La première bénédiction de la Amida, « Qui se souvient des bontés des pères et amène un rédempteur aux enfants de leurs enfants », se lit comme une carte des Séfirot : les « pères » sont Abba et Imma, leurs « enfants » sont 'Hessed, Guevoura et Tiferet, et les « enfants de leurs enfants » sont Netsa'h, Hod et Yessod. Le texte renvoie le lecteur au Zohar, au début de la Parachat Chemini (36a), et au commentaire du Mikdash Melech à cet endroit.
למען שמו היינו מל׳ נמצא זהו ענין התלבשות אור א״ס בע״ס [בעשר ספירות] דאצי׳ מאו״א [מאבא ואימא] עד מלכות.
« Pour l’amour de Son Nom » : il s’agit de Mal'hout. Il s’ensuit que cela désigne le vêtement de la Lumière infinie (Or Ein Sof) dans les dix Séfirot d’Atsilout, depuis Abba et Imma jusqu’à Mal'hout.
« Pour l’amour de Son Nom » désigne Mal'hout, la dernière Séfira. La bénédiction décrit donc la Lumière infinie revêtue dans les dix Séfirot d’Atsilout, depuis Abba et Imma jusqu’à Mal'hout : une lumière dans des réceptacles, le sceau en creux d’en haut.
וזהו באהבה ב׳ אהבה דהיינו שע״י האהבה מלמטה למעלה נמשך מלמעלה ג״כ אהבה להיות האהבה דוחקת שיומשך אור א״ס להתלבש בע״ס [בעשר ספירות].18
Et c’est là le sens de « avec amour » (be’ahava) : beit ahava, deux amours. Autrement dit, par l’amour qui s’élève d’en bas vers le haut, un amour est également attiré d’en haut, de sorte que cet amour exerce une pression pour que la Lumière infinie soit attirée et revêtue dans les dix Séfirot.
La bénédiction s’achève par « avec amour », be’ahava, et sa première lettre, beit (deux), fait allusion à deux amours : l’amour qui s’élève d’en bas attire un amour correspondant d’en haut. Cet amour d’en haut « exerce une pression » pour que la Lumière infinie descende et se revête dans les dix Séfirot.
Ce paragraphe expose l’échange des sceaux : un sceau en relief d’en bas (l’amour et les mitsvot positives) suscite un sceau en creux d’En-Haut, la lumière revêtue dans les Séfirot ; tandis qu’un sceau en creux d’en bas (l’annulation de soi et les interdits) suscite un sceau en relief d’En-Haut, la Lumière infinie non revêtue. Il fonde cette idée sur les lettres du Nom de D.ieu et sur la première bénédiction de la Amida.
Un sceau est défini ici par rapport à son pendant : la crainte d’en bas, sceau en creux en bas, prend sa source dans Abba, qui est un sceau en relief par rapport à Bina. C’est pourquoi s’abaisser en bas peut atteindre plus haut que s’élever d’en bas, et pourquoi les interdits, dont la racine se trouve dans youd-hé, dépassent les mitsvot positives, dont la racine se trouve dans vav-hé.
Maré mekomot
- 1הר ההר הר ע״ג הר · תנחומא חקת יד.
- 2הר ההר הר ע״ג הר · Midrash Tanchuma, Chukat 14
- 3כי ההרים ימושו · Isaiah 54:10
- 4בזהר בשלח (ד״נ סע״א) · ראה לעיל יג, ב.
- 5עד לא אשתקע אוירא דכיא · Zohar, Beshalach 11:134
- 6בד״ה נשא את ראש בני גרשון · לעיל נשא כא, א. וראה שם בהביאור כג, א.
- 7בד״ה נשא את ראש בני גרשון · ”פ״ה כי המדות דא״א שהם מקור המדות דז״א נק׳ הר ההר” — אוה״ת ואתחנן ע׳ קמא.
- 8
- 9ונפשי כעפר · Berakhot 17a:4
- 10עין בעין · Isaiah 52:8
- 11של״ת גדלה מעלתן מבחי׳ עשה · ראה לעיל ט, ב. אגה״ת פ״א.
- 12יראה בושת · ע׳ בסידור אדמו״ר ריש הערה לתיקון חצות, יעו״ש. [כ].
- 13וזהו רחימו ודחילו · באוה״ת שה״ש ע׳ תשלז ובאוה״ת פ׳ עקב ע׳ תרכו מציין על זה: ”(כך סדרן מלמעלה למטה)”.
- 14אבא יסד ברתא · Zohar III, 256b
- 15בחכמה יסד ארץ . . וכונן שמים בתבונה · Proverbs 3:19
- 16לא תלבש שעטנז · Deuteronomy 22:11
- 17ולא יכנף · Isaiah 30:20
- 18
4וזהו כמים הפנים1 כ׳ו וזהו ואהבת ב״פ [ב׳ פעמים] אור23 שע״י גילוי אור האהבה המסותרת מלמטה למעלה נמשך מלמעלה אור אהבה עליונה וכן ע״י קיום מ״ע [מצות עשה]
C’est [le sens de] « Comme dans l’eau, le visage… », etc. Et c’est [pourquoi] ve-ahavta (« tu aimeras ») vaut [numériquement] deux fois or (« lumière ») : par la révélation de la lumière de l’amour caché, d’en bas vers le haut, une lumière d’amour supérieur est attirée d’en haut. De même, par l’accomplissement des mitsvot positives,
« Comme dans l’eau, le visage répond au visage » (Proverbes 27,19) : le visage que l’on montre est reflété en retour. Ainsi, l’amour d’en bas suscite l’amour d’en haut, et le mot ve-ahavta, « tu aimeras », vaut 414, soit deux fois or, « lumière » (207) : une lumière d’en bas et une d’en haut.
כמו שע״י צדקה מעורר מלמעלה ג״כ רחמנות וצדקה כל המרחם על הבריות4 מרחמין עליו מן השמים שמצד עצמות המאציל אין שייך שום מדה
tout comme, par la tsédaka, on suscite également d’en haut la compassion et la tsédaka : « Quiconque a compassion des créatures reçoit la compassion du Ciel. » Car, du point de vue de l’essence de l’Émanateur, aucun attribut ne s’applique en quoi que ce soit,
Il en va de même pour les mitsvot positives : donner la tsédaka éveille d’en haut la compassion et la tsédaka, comme le dit le Talmud : « Quiconque a compassion des créatures reçoit la compassion du Ciel. » Dans l’essence même de D.ieu, cependant, aucun attribut tel que la bonté ou la compassion ne s’applique.
כי לאו דאית לך צדק ידיעא5 כו׳ רק ע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] נמשך מלמעלה מדות הנ״ל אורות בכלים:
car « ce n’est pas que Tu possèdes une justice définie », etc. Ce n’est que par un éveil d’en bas que les attributs mentionnés plus haut sont attirés d’en haut : des lumières dans des réceptacles.
Le Pata’h Eliyahou, dans le Tikkouné Zohar, dit de D.ieu : « Ce n’est pas que Tu possèdes une justice définie. » Les attributs entrent en jeu uniquement en réponse à un éveil d’en bas ; ils se manifestent alors sous forme de lumières dans des réceptacles, le sceau en creux venu d’en haut.
Ce paragraphe donne deux illustrations d’une même loi : l’amour d’en bas attire l’amour d’en haut, et la tsédaka d’en bas attire la compassion d’en haut. D.ieu, dans Son essence, ne possède pas d’attributs ; ceux-ci ne sont attirés qu’en réponse à l’initiative d’une personne, et alors seulement sous forme de lumières dans des réceptacles.
La note de Kehot rattache « ve-ahavta vaut deux fois or » à Etz ‘Haïm, dans le portail consacré à Léa et Rachel : le Ari zal y enseigne que, dans la kavana du Chéma, il faut avoir l’intention, au moment de ve-ahavta, de donner deux lumières à Rachel, puisque ve-ahavta a la valeur numérique de deux fois or.
Maré mekomot
- 1כמים הפנים · Proverbs 27:19
- 2ואהבת ב״פ אור · בע״ח ש׳ לאה ורחל (פ״ג). [כ].
- 3ואהבת ב״פ אור · Sefer Etz Chaim 38:3
- 4כל המרחם על הבריות · Shabbat 151b:14
- 5לאו דאית לך צדק ידיעא · Tikkunei Zohar 17b:5–7
Deux sortes d’ascension ¶5
5ב אמנם ע״י קיום מצות ל״ת [לא תעשה] ובטול היש בחי׳ שקיעה שמלשמטה נמשך מזה מלמעלה ג״כ שלא בדרך השתלשלות בבחי׳ גילוי ובליטה
2. Cependant, par l’accomplissement des mitsvot négatives et l’annulation du yesh, le niveau de l’enfoncement venant d’en bas, il en découle aussi, d’en haut, [ce qui vient] non par la voie de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), sous la forme d’une révélation qui fait saillie.
La section 2 développe l’autre versant de l’échange. Respecter les interdits et annuler le yesh — l’enfoncement venant d’en bas — fait descendre d’en haut quelque chose qui dépasse l’enchaînement descendant des mondes, et qui se révèle en faisant saillie : le sceau en relief.
וכמו שמבואר בע״ח [בעץ חיים] שיש ב׳ בחי׳ העלאות1 היינו עליית העולמות בשבת הוא שפנימית עולם התחתון עולה ומלביש עולם העליון2 וחיצוניות עולם העליון נמשך לפנימי׳ [לפנימיות / לפנימית] עולם התחתון
Comme l’explique Etz Chaim, il existe deux sortes d’élévation. [La première est] l’élévation des mondes le Chabbat : la dimension intérieure (pnimiyout) du monde inférieur s’élève et revêt le monde supérieur, tandis que la dimension extérieure ('hitsoniyout) du monde supérieur est attirée vers la dimension intérieure du monde inférieur.
Etz Chaim décrit deux sortes d’élévation. Dans la première, l’élévation des mondes le Chabbat, la partie intérieure du monde inférieur s’élève et enveloppe le monde supérieur, tandis que celui-ci ne fait descendre que sa partie extérieure dans la partie intérieure du monde inférieur.
והיינו מחמת כי ההעלאה מעולם התחתון הוא ע״י אהבה בחי׳ בליטה ולא בבחי׳ ביטול ממש לכן נמשך מלמעלה בחי׳ שקיעה להתלבש בתוך פנימית עולם התחתון בבחי׳ צמצום.
Cela s’explique par le fait que l’élévation venant du monde inférieur se fait par l’amour, le niveau de la saillie, et non par une véritable annulation de soi (bitoul). C’est pourquoi le niveau de l’enfoncement est attiré d’en haut, afin de se revêtir dans la dimension intérieure du monde inférieur, par un tsimtsoum (contraction).
Cette élévation vient par l’amour, qui reste une saillie : le monde inférieur s’élève sans véritablement s’annuler. La réponse d’en haut s’enfonce donc en lui, revêtue et contractée à l’intérieur du monde inférieur, comme un sceau en creux.
אבל יש עוד3 העלאת בחי׳ מ״ן [מיין נוקבין] בבחי׳ עיבור בבטן אימא4 תלת כלילן גו תלת5 היינו שנתבטל ממהותו לגמרי בחי׳ שקיעה ונכלל בעליון ממש ונמשך מזה מ״ד [מיין דוכרין] המשכת מוחין חדשים6
Mais il existe une autre sorte d’élévation des mayin noukvin (eaux féminines), sous la forme d’une gestation (ibbour) dans le sein d’Imma, « trois inclus dans trois ». Cela signifie que l’être propre du niveau inférieur est entièrement annulé — c’est le niveau de l’enfoncement — et qu’il est inclus dans le niveau supérieur lui-même. De là sont attirés les mayin doukhrin (eaux masculines), c’est-à-dire une effusion de nouveaux mo'hin.
La seconde élévation est celle des mayin noukvin, les « eaux féminines » du désir qui montent d’en bas, sous la forme de l’ibbour, la gestation : le niveau inférieur est contenu dans Imma comme un embryon, replié « trois dans trois ». Il renonce alors entièrement à son être propre et est absorbé dans le niveau supérieur ; en retour, les mayin doukhrin, les « eaux masculines » du don, font descendre de nouveaux mo'hin, un intellect renouvelé.
וזהו ענין יצ״מ [יציאת מצרים] כי גלות מצרים היה בבחי׳ עיבור ונעשה הגאולה ויצ״מ [ויציאת מצרים] מוחין חדשים (וע׳ בפע״ח [בפרי עץ חיים]) (שער כ״א פ״א) שהם מוחין עליונים מאד מאד7 כו׳
Tel est le sens de la Sortie d’Égypte. L’exil en Égypte était sous la forme d’une gestation, et la délivrance, la Sortie d’Égypte, advint [comme] de nouveaux mo'hin (voir Pri Etz Chaim, Sha’ar 21, chapitre 1), qui sont des mo'hin extrêmement, extrêmement élevés, etc.
La Sortie d’Égypte suivit ce modèle. En Égypte, le peuple juif était comme un embryon dans le sein maternel, et la délivrance apporta de nouveaux mo'hin d’une élévation extraordinaire, comme l’explique Pri Etz Chaim dans son chapitre consacré à Pessa’h.
וגם באו שלא בהדרגה משא״כ בשום פעם אחרת רק במדרגה כו׳ ע״ש ועמ״ש לעיל בד״ה קול דודי8 בפי׳ שנגלה עליהם מלך מלכי המלכים הקב״ה
Ils vinrent aussi sans gradation, contrairement à toute autre occasion, où ils ne viennent que degré par degré, etc. Voir là-bas. Voir aussi ce qui est écrit plus haut, dans le discours qui commence par « La voix de mon bien-aimé », au sujet de l’explication de « le Roi des rois des rois, le Saint béni soit-Il, se révéla à eux ».
Ces mo'hin vinrent eux aussi d’un seul coup, et non par étapes comme à toute autre occasion. L’Admour Hazaken renvoie à son discours sur « La voix de mon bien-aimé », où la Sortie d’Égypte est expliquée comme la révélation au peuple juif du Roi des rois.
ועוד שיצ״מ [שיציאת מצרים] וקי״ס [וקריעת ים סוף] גילוי הנסים בשינוי הטבע לגמרי בשמים ובארץ בחי׳ חותם בולט שהוא ההפך מבחי׳ אותותינו לא ראינו כו׳
De plus, la Sortie d’Égypte et la scission de la mer furent une révélation de miracles qui bouleversèrent entièrement les lois de la nature, dans les cieux et sur la terre : le niveau du sceau en relief, à l’opposé du niveau de « Nous n’avons pas vu nos signes », etc.
Les miracles de la Sortie d’Égypte et de la scission de la mer renversèrent les lois de la nature dans les cieux et sur la terre : ce fut une révélation manifeste, un sceau en relief. Elle s’oppose à l’exil, dont le Psalmiste déplore : « Nous n’avons pas vu nos signes. »
וזהו אשה מזרעת תחלה יולדת זכר9 היינו כשההעלאה ממטה למעל׳ [למעלה / למעלת] הוא בבחי׳ שקיעה כנודע יסוד דנוק׳ [דנוקבא] שוקע
Tel est le sens de : « Si la femme émet sa semence la première, elle enfante un mâle » : lorsque l’élévation d’en bas vers le haut se fait sous la forme d’un enfoncement, comme on le sait, le Yessod de la Noukva s’enfonce,
Le Talmud enseigne que lorsque la femme émet sa semence la première, l’enfant est un mâle. L’Admour Hazaken voit dans la femme le niveau inférieur, dont l’élévation s’accomplit par l’enfoncement ; en effet, dans la Kabbale, le Yessod de la Noukva, la configuration féminine, est décrit comme enfoncé.
אזי יולדת זכר שנמשך מלמעל׳ [מלמעלה] בחי׳ בליטה ולהיפך איש מזריע תחלה ממטה למעלה בחי׳ בליטה ע״י אהבה יולדת נקבה מלמעלה בחי׳ שקיעה המשכת אורות בכלים
alors « elle enfante un mâle » : le niveau de saillie est attiré d’en haut. À l’inverse, [si] « l’homme émet sa semence le premier », de bas en haut, le niveau de saillie par l’amour, « elle enfante une femelle » : d’en haut, le niveau d’enfoncement, une attraction des lumières dans les réceptacles.
Lorsque l’élévation se fait par enfoncement, ce qui « naît » d’en haut est « mâle » : une révélation saillante. Lorsque l’élévation se fait par saillie, au moyen de l’amour, comme lorsque « l’homme émet sa semence le premier », le résultat en haut est « femelle » : un enfoncement, la lumière attirée dans les réceptacles.
(בענין חותם שוקע וחותם בולט שמלמעלה י״ל [יש לומר] כי הנה ע״י תרי״ג מצות דאורייתא וז׳ מצות דרבנן ממשיכים מבחי׳ כתר אך מ״ע [מצות עשה] שהן מבחי׳ ו״ה היינו ז״ת [ז׳ תחתונות] דא״א ולפי שהן מתלבשים באצי׳ כי או״א [אבא ואימא] מלבישים חו״ג [חסד וגבורה] דא״א כו׳. ולכן נקרא חותם שוקע.
(Au sujet du sceau en creux et du sceau en relief d’en haut, on peut dire ceci : par les 613 mitsvot de la Torah et les sept mitsvot des Sages, on attire depuis le niveau de Kéter (la Couronne). Mais les commandements positifs, qui relèvent du niveau de vav-hei, sont les sept Séfirot inférieures d’Arich Anpin ; et comme elles sont revêtues en Atsilout, car Abba et Imma revêtent 'Hessed et Guevoura d’Arich Anpin, etc., elles sont donc appelées un sceau en creux.
Cette parenthèse explique les deux sceaux d’en haut en termes de Kéter. Toutes les mitsvot — les 613 de la Torah et les sept mitsvot rabbiniques — attirent depuis Kéter ; mais les commandements positifs relèvent de vav-hei, les sept Séfirot inférieures d’Arich Anpin, qui sont revêtues à l’intérieur d’Atsilout, puisque Abba et Imma enveloppent 'Hessed et Guevoura d’Arich Anpin. Une lumière qui vient revêtue est un sceau en creux.
אמנם הל״ת [הלא תעשה] שהן מבחי׳ י״ה היינו ג״ר [ג׳ ראשונות] דא״א שאינם מתלבשים כלל לכן נקרא חותם בולט כו׳ ולפמשנ״ת [ולפי מה שנתבאר] בביאור ע״פ שחורה אני10 ונאוה11 בענין מצות ל״ת [לא תעשה] ומ״ע [ומצות עשה] שהמ״ע [שהמצות עשה] ממשיכין האור מז״ת [מז׳ תחתונות] דע״י [דעתיק יומין] והל״ת [והלא תעשה] ממשיכין מג״ר [מג׳ ראשונות] דע״י [דעתיק יומין].
Les interdits, cependant, qui relèvent du niveau de youd-hei, sont les trois premières Séfirot d’Arich Anpin, qui ne sont revêtues en rien ; ils sont donc appelés un sceau en relief, etc. Et [cela correspond à] ce qui a été expliqué dans le Biour sur « Je suis noire, mais belle », au sujet des commandements négatifs et positifs : les commandements positifs attirent la lumière depuis les sept Séfirot inférieures d’Atik Yomin, et les interdits l’attirent depuis les trois premières Séfirot d’Atik Yomin.
Les interdits relèvent de youd-hei, les trois premières Séfirot d’Arich Anpin, qui ne sont revêtues dans rien ; ils sont donc un sceau en relief. Le Biour sur « Je suis noire, mais belle » situe la chose à un niveau supérieur : les commandements positifs attirent depuis les sept Séfirot inférieures d’Atik Yomin, et les interdits depuis ses trois premières.
והנה איתא בע״ח [בעץ חיים] שער א״א) (פרק12 א׳ ב׳) שז״ת [שז׳ תחתונות] דעתיק מתלבשין תוך א״א13 והוא מושג ונודע אצלנו ע״ח [עץ חיים] וא״א
Or, il est dit dans Etz Chaim, Sha’ar Arich Anpin (chapitres 1 et 2), que les sept Séfirot inférieures d’Atik sont revêtues dans Arich Anpin, et que celui-ci nous est accessible et connu par l’intermédiaire d’Arich Anpin ;
Etz Chaim enseigne que les sept Séfirot inférieures d’Atik sont revêtues dans Arich Anpin. Elles peuvent donc être appréhendées et connues par l’intermédiaire d’Arich Anpin.
אך ג״ר [ג׳ ראשונות] דעתיק א״א שיתלבשו תוך א״א. וזהו ענין רישא דלא אתיידע כי אפילו א״א עצמו לא ידע ליה יעו״ש [יעויין שם].14
mais les trois premières Séfirot d’Atik ne peuvent pas être revêtues dans Arich Anpin. C’est là le sens de « la tête qui n’est pas connue », car Arich Anpin lui-même ne la connaît pas. Voir là-bas.
Les trois premières Séfirot d’Atik ne peuvent pas être revêtues dans Arich Anpin. Voilà le sens de l’expression « la tête qui n’est pas connue » (reisha d’lo isyada) : même Arich Anpin ne la connaît pas.
La section 2 montre, à partir des deux sortes d’élévation décrites par l’Ari Zal, de la Sortie d’Égypte et de l’enseignement talmudique sur la conception, que l’enfoncement d’en bas entraîne une saillie d’en haut, et que la saillie d’en bas entraîne un enfoncement d’en haut. Une parenthèse rattache les deux sceaux venant d’en haut aux niveaux revêtu et non revêtu d’Arikh Anpin et d’Atik.
La note de Kehot sur les nouveaux mo'hin cite la version de cette phrase dans Or HaTorah, qui ajoute : « une révélation de lumière nouvelle, le niveau de la saillie ». Pri Etz Chaim explique que les mo'hin de la Sortie d’Égypte devaient être très élevés afin que les forces extérieures, qui s’étaient emparées de Zeir Anpin, ne puissent plus s’y attacher.
Maré mekomot
- 1ב׳ בחי׳ העלאות · הא׳ ע׳ ש׳ פנימי׳ וחיצוני׳ דרוש (ג-ה). [כ].
- 2פנימית עולם התחתון עולה ומלביש עולם העליון · Sefer Etz Chaim 40:3
- 3אבל יש עוד · (הב׳). ע׳ ש׳ הולדת או״א וזו״ן (פ״ה). וש׳ מ״ן ומ״ד (דרוש ד). [כ].
- 4העלאת בחי׳ מ״ן בבחי׳ עיבור בבטן אימא · Sefer Etz Chaim 39:5
- 5תלת כלילן גו תלת · ראה ע״ח שער עיבור יניקה מוחין.
- 6ונמשך מזה מ״ד המשכת מוחין חדשים · באוה״ת שה״ש כאן ע׳ תשלט מוסיף ”(גלוי אור חדש בחי׳ בליטה כו׳)”.
- 7שהם מוחין עליונים מאד מאד · Pri Etz Chaim, Gate of Passover 1:17–18
- 8בד״ה קול דודי · לעיל יד, ד.
- 9אשה מזרעת תחלה יולדת זכר · Berakhot 60a:14
- 10בביאור ע״פ שחורה אני · לעיל ט, ב.
- 11
- 12בע״ח שער א״א (פרק א׳ ב׳) · ראה גם אוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תקיא ואילך.
- 13שז״ת דעתיק מתלבשין תוך א״א · Sefer Etz Chaim 13:2
- 14
Atik, révélé et caché ¶6–7
6ונודע דבחי׳ עתיק הוא מבחי׳ מל׳ דא״ס ובחי׳ א״א הוא שרש הנאצלים וא״כ ז״ת [ז׳ תחתונות] דעתיק זהו ההארה מא״ס הנמשך ומתלבש עכשיו בשרש הנאצלים.
Or, on sait que le niveau d’Atik relève du niveau de Mal'hout de l’Infini (Ein Sof), et que le niveau d’Arich Anpin est la racine des émanés [êtres]. Si tel est le cas, les sept Séfirot inférieures d’Atik sont le rayonnement de l’Infini qui est maintenant attiré et revêtu dans la racine des émanés [êtres].
Atik est le niveau le plus bas de l’Infini lui-même, sa Mal'hout, tandis qu’Arich Anpin est la racine de tout ce qui est émané. Ainsi, les sept Séfirot inférieures d’Atik, qui sont revêtues dans Arich Anpin, sont le rayonnement de l’Infini qui pénètre déjà maintenant dans la racine de la création.
אכן ג״ר [ג׳ ראשונות] דעתיק שאי אפשר שיתלבשו תוך א״א היינו האור מא״ס מה שאינו נמשך ומתלבש עכשיו כלל אפילו בשרש האצילות.
Mais les trois premières Séfirot d’Atik, qui ne peuvent être revêtues dans Arich Anpin, sont la lumière de l’Infini qui n’est absolument pas attirée ni revêtue maintenant, même dans la racine d’Atsilout.
Les trois premières Séfirot d’Atik sont une lumière de l’Infini qui, à présent, ne pénètre ni ne se revêt en rien, pas même dans la racine d’Atsilout. C’est la lumière réservée à la révélation future.
Ce paragraphe définit les deux niveaux d’Atik : ses Séfirot inférieures sont l’Infini déjà revêtu dans la racine des mondes émanés, tandis que ses Séfirot supérieures sont l’Infini qui n’est encore revêtu nulle part, même pas dans la racine d’Atsilout.
La déclaration de l’Arizal selon laquelle les trois premières Séfirot d’Atik demeurent hors d’Arich Anpin, comme une lumière enveloppante, est ici comprise en termes de temps : ce qui n’est pas revêtu maintenant sera révélé dans l’avenir.
7ולעתיד יהיה גילוי בחינה זו זהו הנק׳ חותם בולט. ועוי״ל [ועוד יש לומר] ועיק ר עפמ״ש [על פי מה שכתוב] בפע״ח [בפרי עץ חיים] בכוונת ק״ש [קריאת שמע] שהמדרגה היותר עצומה שאפשר להמשיך מוחין עכשיו הוא מחיצוניות עתיק כו׳.
À l’époque future, ce niveau sera révélé ; c’est ce que l’on appelle le sceau en relief. On peut encore dire — et c’est l’explication essentielle — conformément à ce qui est écrit dans Pri Etz Chaim au sujet de l’intention du Chéma, que le niveau le plus élevé dont il soit possible de faire descendre les mo'hin à présent provient de la dimension extérieure d’Atik, etc.
Cette lumière non vêtue — les trois premières Séfirot d’Atik — sera révélée à l’époque future ; elle est le sceau en relief. Une seconde explication, que l’Alter Rebbe présente comme l’explication essentielle, s’appuie sur Pri Etz Chaim au sujet des intentions du Chéma : la source la plus élevée des mo'hin accessible à présent n’est que la dimension extérieure d’Atik.
משא״כ פנימית עתיק הוא סתום וגנוז ולכן פנימית יסוד עתיק זהו בחי׳ חותם בולט וזהו שיתגלה רק לעתיד וע״ז נאמר וברית שלומי לא תמוט1 כו׳
tandis que la dimension intérieure d’Atik est scellée et cachée. C’est pourquoi la dimension intérieure du Yessod d’Atik est le niveau du sceau en relief ; elle ne sera révélée qu’à l’époque future. C’est à ce sujet qu’il est dit : « Mon alliance de paix ne sera pas ébranlée », etc.
La dimension intérieure d’Atik demeure scellée et cachée ; ainsi, la dimension intérieure du Yessod d’Atik est le sceau en relief, qui ne sera révélé qu’à l’avenir. La promesse d’Isaïe, « Mon alliance de paix ne sera pas ébranlée », s’y rapporte, car, dans la Kabbale, l’alliance (brit) est associée au Yessod.
ועיין בהרמ״ז [בהרב משה זכות] בזהר ח״א [חלק א׳] (בד׳ ד׳ סע״ב [סוף עמוד ב]) בד״ה ועלאת בח״י עלמין2 כו׳3 ובפ׳ בא (בדף מ׳ ע״ב).
Voir le Ramaz sur le Zohar, partie I (folio 4, fin du côté b), au passage commençant par « Et elle pénétra dans les dix-huit mondes », etc., ainsi que dans la paracha Bo (folio 40, côté b).
Le Ramaz, Rabbi Moché Zacuto, commente le récit du Zohar concernant une nouvelle idée de Torah qui s’élève et « pénètre dans les dix-huit mondes » ; comme l’indique la note de Kehot citant Or HaTorah, il s’agit de la dimension intérieure du Yessod d’Atik. Il commente également un passage du Zohar sur la paracha Bo.
עוי״ל [עוד יש לומר] בזה עפמ״ש [על פי מה שכתוב] במ״א בענין וקבל היהודים4 כו׳ מה ראו כו׳ שם נזכר ג״כ מענין אשה מזרעת תחלה והוא בד״ה חיי אינש.
On peut encore l’expliquer conformément à ce qui est écrit ailleurs à propos de « Et les Juifs acceptèrent », etc., [et de] « Que virent-ils », etc. ; le thème de « la femme émet sa semence en premier » y est également mentionné. Cela se trouve dans le discours commençant par « Chayei inash ».
Une autre explication est donnée dans un discours sur Pourim, à propos des versets « Et les Juifs acceptèrent » et « Que virent-ils », qui traite également de « la femme émet sa semence en premier ». La note de Kehot l’identifie au discours Chayav Inash (« Une personne est tenue… ») dans Torah Ohr, 99c ; le texte présent en imprime les premiers mots sous la forme Chayei Inash.
ועיין מ״ש הרח״ו [הרבי חיים ויטאל] בספר מבוא שערים שער שלישי ח״ב [חלק ב׳] פ״ב [פרק ב׳] וזהו ענין השני חותמות כחותם על זרועך5 כחותם על לבך תפילין של יד ותפילין של ראש:6
Voir aussi ce que Rabbi ‘Haïm Vital a écrit dans son livre Mavo She’arim, Sha’ar 3, partie 2, chapitre 2. Tel est le sens des deux sceaux : « comme un sceau sur ton bras » [et] « comme un sceau sur ton cœur » : les tefillin de la main et les tefillin de la tête.
Le texte renvoie également à Mavo She’arim de Rabbi ‘Haïm Vital. Il énonce ensuite le thème du reste du maamar : les deux sceaux du verset, « sur ton bras » et « sur ton cœur », sont les tefillin de la main et les tefillin de la tête.
Le sceau en relief d’en haut est identifié aux niveaux intérieurs cachés d’Atik, réservés à l’époque future ; les deux sceaux du Cantique des Cantiques 8:6 sont associés aux deux tefillin.
La note de Kehot sur le Ramaz cite Or HaTorah : « c’est-à-dire la dimension intérieure du Yessod d’Atik ». Dans le même passage du Zohar, l’idée s’élève d’abord vers « la tête du juste, vie des mondes », le Yessod ; et dix-huit correspond à ‘haï, « vie », ce qui relie les « dix-huit mondes cachés » au Yessod.
Maré mekomot
- 1וברית שלומי לא תמוט · Isaiah 54:10
- 2ועלאת בח״י עלמין · Zohar, Introduction 10:56–11:64
- 3ועיין בהרמ״ז . . בח״י עלמין כו׳ · ”פי׳ דהיינו פנימיות יסוד דעתיק” — אוה״ת נ״ך כרך א ע׳ שי.
- 4וקבל היהודים · Esther 9:23
- 5כחותם על זרועך · Song of Songs 8:6
- 6בד״ה חייב אינש · תו״א צט, ג ושם מציין לכאן.
Parchemin et lettres ¶8–11
8ג ויובן בהקדים מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] כל אות שאין גויל מוקף1 לה מארבע רוחותיה פסולה כי ענין האותיות הוא2 לשון אתא שבא דבר חדש והתהוות חדשה
3. Cela se comprendra en introduisant d’abord l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « Toute lettre qui n’est pas entourée de parchemin sur ses quatre côtés est invalide. » En effet, le concept des lettres (otiyot) est lié au terme asa, « vint » : quelque chose de nouveau vient à l’existence, une création nouvelle.
La section 3 commence par une loi concernant le rouleau de la Torah et les téfilines : chaque lettre doit être entourée de parchemin vierge de tous côtés. Le mot désignant les lettres, otiyot, est rapproché de asa, « vint », car une lettre est quelque chose de nouveau qui vient à l’existence.
דהיינו שיתהווה מבחי׳ חסד דאצילות יהי רקיע3 או שיתהווה מחכמה מדות נק׳ אותיות כמ״כ [כמו כן] שיתהוה מלמעלה מן הדעת בחי׳ חכמה נק׳ ג״כ אותיות
C’est-à-dire que le fait que « Qu’il y ait un firmament » vienne à l’existence à partir du niveau de 'Hessed du Monde d’Atsilout, ou que des attributs émotionnels viennent à l’existence à partir de 'Hokhma, est appelé « lettres ». De même, le fait que le niveau de 'Hokhma vienne à l’existence à partir de ce qui est au-dessus de Daat (la connaissance) est également appelé « lettres ».
Ainsi, tout acte de faire venir quelque chose à l’existence peut être appelé « lettres » : le firmament venant à l’existence à partir de 'Hessed du Monde d’Atsilout, les émotions venant à l’existence à partir de 'Hokhma, ou même 'Hokhma elle-même venant à l’existence à partir de ce qui est au-dessus de Daat, le domaine qui dépasse l’intellect.
אך שם הוא רק בבחי׳ שערות שאין ערוך לעצמותו כלל כמו שאם חותך השער אין נוגע למהותו כלל ולא איכפת ליה כלל רק אעפ״כ [אף על פי כן] השערות הוא המשכה כל שהוא ממהותו.
Mais là, cela n’existe que sous la forme de cheveux, qui ne sont absolument pas comparables à son essence : de même que couper les cheveux ne touche en rien à son être et ne le préoccupe nullement. Néanmoins, les cheveux constituent une légère extension de son être.
À cette étape suprême, les « lettres » sont comme des cheveux. Un cheveu n’est en rien comparable à l’essence d’une personne, et le couper ne l’affecte pas du tout ; pourtant, il demeure une légère extension de son être. De même, 'Hokhma émane de ce qui la dépasse sous la forme d’une extension ténue.
La section 3 introduit l’image du parchemin et des lettres : les lettres sont des existences nouvelles qui viennent à l’être ; même au degré suprême, lorsque 'Hokhma émane de ce qui est au-dessus de l’intellect, cela se produit par des « cheveux », une faible extension de la source.
Le paragraphe suivant développe cette image : Abba puise dans le « huitième mazal », le niveau des cheveux, tandis que la racine des cheveux est le crâne blanc, le 'Hessed d’Atik.
Maré mekomot
- 1מארז״ל כל אות שאין גויל מוקף · Menachot 29a:17–18
- 2האותיות הוא מלשון אתא · Isaiah 21:12
- 3יהי רקיע · Genesis 1:6
9וזהו אבא יונק ממזל ח׳1 בחי׳ שערות כו׳. ומקור שרשן הוא בחי׳ גלגלתא לבנונית חסד דעתיק ומשם נמשך הארת שערות שיתהוה מזה בחי׳ חכמה דאצילות ראשית ומקור השתלשלות
C’est [pourquoi] Abba puise sa nourriture dans le huitième mazal, le niveau des cheveux, etc. La source de leur racine est le niveau du crâne (goulgalta), sa blancheur, le 'Hessed d’Atik ; de là se répand le rayonnement des cheveux, qui donne naissance au niveau de la 'Hokhma d’Atsilout, commencement et source de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout).
Dans la Kabbala, Abba ('Hokhma) puise sa nourriture dans le huitième des treize mazalot, les mèches de la « barbe » d’Arikh Anpin, qui sont une sorte de cheveux. Leur racine ultime est la blancheur du crâne, le 'Hessed d’Atik ; de là, le rayonnement des cheveux donne naissance à la 'Hokhma d’Atsilout, point de départ de toute la chaîne descendante.
כמו כן באדם הגלגלת בעצם היא לבנה ומקפת על המוחין ומשם צומח שערות (ועיין מזה בע״ח [בעץ חיים] שער א״א פ״ה ויש בחי׳ שערות מעולין כו׳ ויש בחינה אחרת2 כו׳3 וזה נתבאר במבוא שערים ש״ג ח״ב [חלק ב׳] ספ״ט)4
De même, chez l’être humain, le crâne est blanc dans sa substance, il entoure le cerveau, et les cheveux poussent à partir de lui. (Voir à ce sujet Etz Chaim, Sha’ar Arich Anpin, chapitre 5 : « Il est un niveau de cheveux [qui sont] supérieurs », etc., « et il est un autre niveau », etc. ; ceci est expliqué dans Mavo She’arim, Sha’ar 3, Part 2, fin du chapitre 9.)
De même, le crâne humain est un os blanc qui entoure le cerveau, et les cheveux poussent à partir de lui. Etz Chaim relève que, sous un certain rapport, les cheveux sont supérieurs à la blancheur et que, sous un autre, la blancheur est supérieure aux cheveux ; le texte renvoie à Mavo She’arim pour expliquer cette distinction.
וזהו ענין סופר וספר56 פי׳ סופר היא חכמ׳ [חכמה] ראשי׳ [ראשית] ומקור ההשתלשלות שמאתו בא האותיות והתהוות חדשות בספר שהוא בינה ונקרא פתוחי חותם כשנבקע יסוד אימא נפתח ונתגלה בחי׳ אותיות המדות
Tel est le sens de sofer et sefer (« scribe » et « livre »). Autrement dit, sofer désigne la 'Hokhma, commencement et source de l’hichtalchelout, d’où viennent les lettres et les nouvelles créations dans le sefer, qui est Bina. Celui-ci est appelé « gravures d’un sceau » (pittou’hé 'hotam) : lorsque le Yessod d’Imma s’ouvre en se fendant, le niveau des lettres des attributs émotionnels s’ouvre et se révèle.
Sefer Yetzirah nomme les moyens de la création, que la 'Hassidout interprète comme sofer et sefer, le scribe et le livre. Le sofer est la 'Hokhma, la source d’où viennent les lettres — les nouvelles créations — dans le sefer, Bina. Bina est appelée « gravures d’un sceau » car, lorsque son Yessod s’ouvre, les lettres des attributs émotionnels s’ouvrent et se révèlent.
(כאן מדבר בענין ההמשכה7 מחו״ב [מחכמה ובינה] לז״א ע״י אותיות שלכן הלבנונית הסובל האותיות זהו בחי׳ חכמה כו׳ ולעיל דיבר בהמשכה מכתר לחו״ב [לחכמה ובינה] ע״י אותיות שהלבנונית הוא גלגלתא דא״א כו׳ ועיין ברע״מ [ברעיא מהימנא] פ׳ שופטים)
(Ici, il est question de l’émanation de 'Hokhma et Bina vers Zeir Anpin au moyen des lettres ; ainsi, la blancheur qui porte les lettres est le niveau de la 'Hokhma, etc., tandis que plus haut, il était question de l’émanation de Kéter vers 'Hokhma et Bina au moyen des lettres, la blancheur étant alors le crâne d’Arikh Anpin, etc. Voir aussi le Raaya Mehemna, Parshas Shoftim
Une note entre parenthèses distingue deux contextes dans lesquels apparaît cette image. Ici, les lettres passent de 'Hokhma et Bina à Zeir Anpin ; le blanc qui « porte » les lettres est donc la 'Hokhma. Plus haut, les lettres passaient de Kéter à 'Hokhma et Bina, et le blanc était le crâne d’Arikh Anpin.
(דער״ה א׳) גבי גרמין בנויין על מוחא כו׳ אינון חיוורין כו׳ וכתיבא אוכמא לא אשתמודע אלא מגו חוורא כגוונא דאורייתא8 כו׳
(folio 275a), à propos des « os construits sur le cerveau », etc. : « ils sont blancs », etc. ; « l’écriture noire n’est reconnaissable qu’à partir du blanc, comme la Torah », etc.
Le Raaya Mehemna sur Parshas Shoftim dit que les os, construits sur le cerveau, sont blancs et que l’écriture noire ne se lit que sur un fond blanc, « comme la Torah ».
ובפי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות]9 שם דחוורו ואוכמא הם חו״ב [חכמה ובינה] כו׳ וכמו עצמיות השכל הוא נושא וסובל את האותיות שנתהוו בו כשנמשך השכל בהשגה והבנה כו׳
Et dans le commentaire du Ramaz à cet endroit : le blanc et le noir sont 'Hokhma et Bina, etc. C’est comme l’essence de l’intellect, qui porte et soutient les lettres qui y prennent forme lorsque l’intellect se déploie en compréhension, etc.,
Le Ramaz explique que le blanc et le noir désignent ici 'Hokhma et Bina. L’essence de l’intellect est comme un parchemin blanc : elle porte et soutient les « lettres » de la pensée qui se forment en elle lorsque l’intellect se déploie en compréhension.
וכמ״ש במ״א10 וזהו שבינה נקרא ספר בחי׳ אותיות וחכמה סופר ראשית ומקור כו׳ בחי׳ חוורו.
comme il est écrit ailleurs. C’est pourquoi Bina est appelée sefer, le niveau des lettres, et la 'Hokhma, sofer, commencement et source, etc., le niveau de la blancheur.
Bina est donc appelée sefer, le livre des lettres, tandis que la 'Hokhma est le sofer, le scribe : la source, le blanc.
Ce paragraphe rattache la 'Hokhma aux cheveux et au crâne blanc d’Atik, puis introduit le scribe et le livre : la 'Hokhma est le blanc qui porte les lettres, et Bina, le livre où les lettres apparaissent.
Or HaTorah, cité dans les notes de Kehot, rapporte la raison de cette distinction donnée par Mavo She’arim : les cheveux sont des vav, issus du Tiferet d’Atik à l’intérieur de la « membrane de l’air » (kruma de’avira), tandis que la blancheur du crâne provient du Netsa'h et du Hod d’Atik.
Maré mekomot
- 1אבא יונק ממזל ח׳ · ראה שער או״א.
- 2ויש בחי׳ שערות מעולין כו׳ ויש בחינה אחרת · Sefer Etz Chaim 13:5
- 3בע״ח שער א״א פ״ה ויש בחי׳ שערות מעולין כו׳ ויש בחינה אחרת כו׳ · ”ויש בחי׳ שערות מעולין מן הלבנונית ויש בחי׳ אחרת שהלבנונית מעולה מן השערות כמ״ש במ״א בענין היחודים ביחוד חמישי” — אוה׳ת תצוה ע׳ א׳תשכה. וראה באוה״ת פ׳ נצבים ע׳ א׳רפ.
- 4וזה נתבאר במבוא שערים ש״ג ח״ב ספ״ט · ראה אוה״ת נצבים ע׳ א׳רפ: ”שהוא לפי שהשערות הם ווי״ן ונמשכים מת״ת דעתיק שבקרומא דאוירא ולבנונית גלגלתא מנו״ה דעתיק”.
- 5סופר וספר · ס״י פ״א, מ״א. ראה לעיל שמע״צ פ, ב.
- 6סופר וספר · Sefer Yetzirah 1:1
- 7(כאן מדבר בענין ההמשכה . . ונהורא אוכמא כו׳ ע״ש) · באוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תשלט. ובפ׳ עקב ע׳ תרכח נמצא הגהה זו בשינוי: ”(נ׳ דכאן מדבר באותיות הנמשכין משכל למדות אשר א״כ הקלף הלבן והאותיות הכל בחו״ב. וזהו ענין סופר וספר כו׳, ולעיל דיבר באותיות הנמשכים מגלגתא לחו״ב, וכ״ה בע״ח דבינה נק׳ קדלא חיורא לגבי ז״א כו׳, כי מת״ת דאי׳ נעשה כתר לז״א שנק׳ חיוורא ומנה״י דאי׳ נעשו מוחין לז״א שהם האותיות כו׳ וזהו ענין סופר וספר, אך לכאורה ספר כולל גויל הלבן והאותיות והיינו תנה״י דאימא, וסופר הוא חכמה שהוא הכותב האותיות על הגויל כו׳)”.
- 8גרמין בנויין על מוחא כו׳ אינון חיוורין כו׳ וכתיבא אוכמא לא אשתמודע אלא מגו חוורא כגוונא דאורייתא · Zohar, Shoftim 3:11–4:20
- 9ברע״מ פ׳ שופטים . . גבי גרמין . . והרמ״ז · ראה אוה״ת פ׳ שופטים ע׳ תתנה ואילך. ביאוה״ז להצ״צ כרך ב ע׳ תתרלב: ”בס״ת שכותבים באותיות בדיו ע״ג קלף לבן האותיות הם בחי׳ לבושים והקלף לבן הוא העצמיות . . ואעפ״כ מתאחדים יחד וע״י לבנונית הקלף ניכרים יותר אותיות השחורים כו׳, ועד״ז הוא בחי׳ חו״ב דאצי׳ שהוא בחי׳ התורה שניתנה באש שחורה שהוא אותיות דבינה ע״ג אותיות לבנה שהוא חכמה”.
- 10שו״ה שנתהוו בו — וכמ״ש במ״א · ראה ביאוה״ז לאדה״א קכב, ג. ובאוה״ת הנ״ל (שהם הגהות לד״ה הנ״ל).
10וכן נתבאר בביאור ע״פ ועשית ציץ1 בפ׳ תצוה גבי ופתחת עליו פתוחי חותם.2 ובע״ח [ובעץ חיים] שער כ״ה דרוש3 ה׳ בענין ת״ת [תפארת] דאימא שנעשה כתר לז״א45 כתב
Cela est également expliqué dans le Biour sur « Tu feras un tsits », dans la paracha Tetsavé, à propos de « Tu y graveras des gravures de sceau ». Et dans Etz Chaim, Sha’ar 25, Drush 5, au sujet du Tiferet d’Imma qui devient le Kéter de Zeir Anpin, il écrit :
La même idée apparaît dans le Biour sur « Tu feras un tsits », dans Torah Ohr, Tetsavé : la plaque frontale d’or du grand prêtre, gravée « comme des gravures de sceau ». Dans Sha’ar 25, Drush 5, Etz Chaim examine comment le Tiferet d’Imma devient le Kéter, la couronne, de Zeir Anpin.
כי כל בחי׳ אימא לובן ורחמים בערך ז״א ורישא חוורא דגלגלתא היא לבנונית ת״ת [תפארת] דתבונה6 כו׳
que tout aspect d’Imma est blancheur et miséricorde par rapport à Zeir Anpin, et que la tête blanche du crâne est la blancheur du Tiferet de Tevouna, etc.,
Là, le Ari zal écrit que tout ce qui relève d’Imma est blanc et miséricorde par rapport à Zeir Anpin. La tête blanche du crâne est la blancheur du Tiferet de Tevouna, l’aspect inférieur de Bina.
ועד״ז תבין בא״א כו׳ ע״ש א״כ לפ״ז [לפי זה] י״ל [יש לומר] דספר דהיינו בינה כולל הגויל הלבן שהוא בחי׳ חוורא דגלגלתא שמת״ת [שמתפארת] דאימא
« et de même, vous comprendrez [cela] en Arich Anpin », etc. Voyez là-bas. Si tel est le cas, on peut donc dire que le sefer, c’est-à-dire Bina, comprend le parchemin blanc, qui correspond au niveau de la blancheur du crâne provenant du Tiferet d’Imma,
Il ajoute qu’il en va de même pour Arich Anpin. Il s’ensuit que le livre, Bina, contient le parchemin blanc, la blancheur du crâne formée à partir du Tiferet d’Imma.
וגם כולל האותיות שנמשכים מיסוד דאימא כו׳ וסופר שהוא ח״ע [חכמה עילאה] היא למעלה מב׳ בחי׳ דספר דחוורא ואוכמא.
et qu’il comprend également les lettres, qui sont attirées du Yessod d’Imma, etc. ; et le sofer, qui est la 'Hokhma supérieure ('Hokhma Ila’a), se situe au-dessus des deux aspects du sefer, le blanc et le noir.
Le livre contient également les lettres noires, attirées du Yessod d’Imma. Le scribe, 'Hokhma Ila’a, la sagesse supérieure, se tient au-dessus du blanc et du noir du livre.
S’appuyant sur Etz Chaim, ce paragraphe situe à la fois le parchemin et les lettres dans Bina : le blanc vient du Tiferet d’Imma et les lettres de son Yessod. Le scribe, la 'Hokhma supérieure, se situe au-dessus des deux.
Likkutei Torah, Tzav, cité dans la note de Kehot, explique à partir du même drush que Bina est à Zeir Anpin ce qu’Atik et Kéter sont, puisque le Tiferet d’Imma devient le Kéter de Zeir Anpin.
Maré mekomot
- 1בביאור ע״פ ועשית ציץ · תו״א פד, א.
- 2ופתחת עליו פתוחי חותם · Exodus 28:36
- 3ע״ח שער כ״ה דרוש ה׳ · ראה גם לעיל פ׳ צו יא, א.
- 4תפארת דאימא שנעשה כתר לז״א · וע״ע ריש שער מיעוט הירח. [כ].
- 5ת״ת דאימא שנעשה כתר לז״א · Sefer Etz Chaim 36:3
- 6כי כל בחי׳ אימא לובן ורחמים בערך ז״א ורישא חוורא דגלגלתא היא לבנונית ת״ת דתבונה · Sefer Etz Chaim 25:5
11וע״ד שנתבאר במ״א בענין ערבים עלי דברי סופרים יותר מיינה של תורה לפי ששרשם מח״ע [מחכמה עילאה] שנק׳ סופר שלמעלה מבחי׳ תשב״כ [תורה שבכתב] שנק׳ ספר
Cela rejoint ce qui est expliqué ailleurs au sujet de « Les paroles des Scribes (soferim) Me sont plus chères que le vin de la Torah » : leur racine se trouve dans la 'Hokhma supérieure, appelée sofer, qui est au-dessus du niveau de la Torah écrite, appelée sefer.
Il est expliqué ailleurs pourquoi « les paroles des Scribes sont plus chères que le vin de la Torah » : les enseignements des soferim ont leur racine dans la 'Hokhma supérieure, appelée sofer, qui est au-dessus de la Torah écrite, appelée sefer.
והרי תשב״כ [תורה שבכתב] שנקרא ספר יש בה חוורא ואוכמו כנ״ל שכל אות שאינו מוקף גויל כו׳
Or, la Torah écrite, qui est appelée sefer, comporte du blanc et du noir, comme mentionné plus haut : toute lettre qui n'est pas entourée de parchemin, etc.
Pourtant, la Torah écrite, le sefer, comporte à la fois du blanc et du noir, le parchemin et les lettres, puisque chaque lettre doit être entourée de parchemin.
וצ״ל דסופר הוא למעלה מזה והיינו כמ״ש בע״ח [בעץ חיים] דרישא חיורא דגלגלתא הוא לבנונית ת״ת [תפארת] דתבונה וא״כ ח״ע [חכמה עילאה]
Il faut donc dire que le sofer est au-dessus de cela. Ainsi qu'il est écrit dans Etz Chaim, le blanc de la tête du crâne est la blancheur du Tiferet de Tevouna ; dès lors, la 'Hokhma supérieure,
Le sofer doit donc se situer au-dessus de ces deux éléments. Cela correspond à ce qui est enseigné dans Etz Chaim : le blanc du crâne n'est que la blancheur du Tiferet de Tevouna, un niveau au sein de Bina.
שהוא בחי׳ סופר הוא למעלה מבחי׳ זו ואפשר לבאר זה עפמ״ש [על פי מה שכתוב] ע״פ שחורה אני ונאוה1 שבחי׳ ספר היא בחי׳ מקור האור המקיף שלמעלה מבחי׳ נהורא חיוורא ונהורא אוכמא כו׳
qui est le niveau du sofer, est au-dessus de ce niveau. On peut l'expliquer à la lumière de ce qui est écrit au sujet de « Je suis noire, mais belle » : le niveau de sefer est celui de la source de la lumière enveloppante, qui est au-dessus du niveau de la « lumière blanche » et de la « lumière noire », etc.
La 'Hokhma supérieure, le sofer, est donc au-dessus de cette blancheur. Le texte apporte une explication tirée du discours sur « Je suis noire, mais belle », où le niveau de sefer est décrit comme la source de la lumière enveloppante, supérieure à la fois à la « lumière blanche » et à la « lumière noire ».
ע״ש וזהו ענין האותיות שבתפילין והגויל כי ד׳ פרשיות הם המשכת ד׳ מוחין קדש לי כל בכור2 חכמה להיות נמשך ומתגלה למטה בחי׳ חכמה
Voir là-bas. Tel est le sens des lettres des tefillin et du parchemin. Car les quatre passages correspondent à l'émanation des quatre mo'hin : « Consacre-Moi tout premier-né » correspond à la 'Hokhma, afin que le niveau de 'Hokhma soit attiré vers le bas et s'y révèle,
Cela s'applique aux tefillin. Leurs quatre passages attirent les quatre mo'hin : le premier, « Consacre-Moi tout premier-né », correspond à la 'Hokhma, afin que celle-ci soit attirée vers le bas et s'y révèle.
כדכתיב למען תהיה תורת3 ה׳ בפיך אני המשנה המדברת בפיך עוסק בתורה לשמה להמשיך לה אורות בכלים.
comme il est écrit : « afin que la Torah de Havaya soit dans ta bouche » ; « Je suis la Michna qui parle dans ta bouche ». [On] étudie la Torah pour elle-même, afin de lui attirer des lumières dans des réceptacles.
Ce passage dit : « afin que la Torah de Havaya soit dans ta bouche », et le texte ajoute : « Je suis la Michna qui parle dans ta bouche ». Celui qui étudie la Torah pour elle-même lui attire des lumières dans des réceptacles.
והיה כי יביאך מוח בינה כו׳ והגויל הלבן המקיף את האותיות הוא בחי׳ גלגלתא לבנונית אשר הוא מקיף ומקור למוחין כו׳:
« Et ce sera lorsque Il te fera entrer » correspond à l'intellect de Bina, etc. Quant au parchemin blanc qui entoure les lettres, il est le niveau du crâne, sa blancheur, qui entoure les mo'hin et en est la source, etc.
Le deuxième passage, « Et ce sera lorsque Il te fera entrer », correspond à l'intellect de Bina. Le parchemin blanc qui entoure les lettres est le crâne blanc, qui entoure les mo'hin et en est la source.
Le paragraphe situe le sofer, la 'Hokhma supérieure, au-dessus du blanc et du noir de la Torah écrite, puis applique cette image aux tefillin : les quatre passages attirent les quatre mo'hin, et le parchemin blanc qui les entoure est la source enveloppante de ces mo'hin.
Maré mekomot
- 1שחורה אני ונאוה · Song of Songs 1:5
- 2קדש לי כל בכור · Exodus 13:2
- 3למען תהיה תורת ה׳ בפיך · Exodus 13:9
Les lanières noires sur le cœur ¶12–13
12ד ועתה יובן ענין כחותם על לבך דקאי על תש״ר [תפילין של ראש] ונקרא על לבך כי רצועות תש״ר [תפילין של ראש] תליין על ליבא1 כי
4. À présent, on comprendra le sens de « comme un sceau sur ton cœur », qui se rapporte aux tefillin de la tête. On les appelle « sur ton cœur » parce que les lanières des tefillin de la tête « pendent au-dessus du cœur ». Car
La section 4 explique l’expression « comme un sceau sur ton cœur » : il s’agit des tefillin de la tête, ainsi appelés parce que leurs lanières pendent au-dessus du cœur.
הנה הרצועות נעשים ג״כ מעור שהוא ג״כ כמו קלף וגם כשרים כשנעשים הרצועות מקלף23 כי הרצועות הם המדות עליונות
les lanières, elles aussi, sont faites de peau, qui est également comparable au parchemin ; elles sont également valides lorsqu’elles sont faites de parchemin. Car les lanières représentent les attributs émotionnels supérieurs (midot)
Les lanières sont faites de peau, comme le parchemin, et elles sont valides même lorsqu’elles sont faites de parchemin. Elles représentent les attributs émotionnels supérieurs.
(עיין בזהר פ׳ פנחס דרל״ו ע״ב)4 שהם נמשכין ג״כ מבחי׳ לבנונית דגלגלתא שזהו ענין הגויל כנ״ל
(voir le Zohar, parachat Pin’has, folio 236b), lesquels sont eux aussi attirés du niveau de la blancheur du crâne, qui est le parchemin, comme indiqué plus haut.
Dans la parachat Pin’has, le Zohar décrit les lanières des tefillin comme les « deux bras » et les « deux cuisses », des attributs supérieurs. Ces attributs sont attirés de la blancheur du crâne, représentée par le parchemin.
ואף שאנו רואין שהמדות נמשכים מן השכל והתינוק ששכלו קטן אהבתו ג״כ בדברים קטנים אעפ״כ [אף על פי כן] יש במדות מקור ג״כ מלמעלה מהשכל
Et bien que nous voyions que les attributs émotionnels procèdent de l’intellect, et qu’un enfant, dont l’intellect est limité, aime lui aussi des choses insignifiantes, les attributs émotionnels ont néanmoins aussi une source au-dessus de l’intellect,
L’expérience montre que les émotions suivent l’intellect : un jeune enfant, dont la compréhension est limitée, aime des choses insignifiantes. Pourtant, les émotions ont également une source au-dessus de l’intellect.
וכמו שאיתא באדרא זוטא (דף רצ״ב ע״א)5 ז״א בעתיקא קדישא תלייא ואחיד6 ששרש המדות דאצי׳ מבחינת עתיקא וגלגלתא רק ההמשכה הוא דרך השכל וכמכו שאנו רואים בחוש שהתפעלות המדות נעשה התחלתן מן השכל.
comme il est dit dans l’Idra Zouta (folio 292a) : « Zeir Anpin est suspendu au saint Atika et lui est attaché » ; [cela signifie] que la racine des attributs émotionnels d’Atsilout se trouve au niveau d’Atika et du crâne, mais que leur prolongement s’opère par l’intermédiaire de l’intellect. Nous constatons effectivement que l’éveil des émotions commence par l’intellect.
L’Idra Zouta dit que Zeir Anpin, les attributs émotionnels, « est suspendu au saint Atika et lui est attaché », Atika étant l’Ancien. Leur racine se trouve en Atik et dans le crâne ; seul leur chemin de descente passe par l’intellect, ce qui explique que les émotions commencent par la compréhension.
אבל אח״כ כשנתפעל גדלה ההתפעלות למעלה מן השכל כמו שאם אדם רואה אוהבו שלא ראה אותו מזמן כביר נעשה השמחה והתפעלות גדולה למעלה מן השכל והטעם שהוא מפני שמקור המדות הם מלמעלה מהשכל כו׳
Mais ensuite, une fois l’émotion éveillée, elle s’intensifie au-delà de l’intellect. Ainsi, lorsqu’une personne retrouve un ami qu’elle n’a pas vu depuis longtemps, une joie et une grande émotion s’éveillent en elle, dépassant l’intellect. La raison en est que la source des attributs émotionnels se trouve au-dessus de l’intellect, etc.,
Une fois éveillée, toutefois, l’émotion peut déborder ce que l’intellect peut expliquer, comme la joie bouleversante de retrouver un ami après de nombreuses années. Cet excès révèle que la source des émotions est supérieure à l’intellect.
כי או״א [אבא ואימא] אתכלילו במזלא וביה תליין וביה אחידן שנמשכין מבחי׳ שערות וז״א שהוא המדות בעתיקא אחיד ותלייא (ועמ״ש מזה ג״כ בד״ה ענין האבות הן הן המרכבה7 בפ׳ יתרו) שהוא הגויל הלבן
car Abba et Imma « sont inclus dans le mazal, en dépendent et lui sont attachés », puisqu’ils procèdent du niveau des cheveux ; tandis que Zeir Anpin, qui correspond aux attributs émotionnels, « est attaché à Atika et suspendu à lui » (voir également ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Le sens de “Les Patriarches sont le Char” », dans la parachat Yitro), c’est-à-dire au parchemin blanc.
L’Idra Zouta poursuit : Abba et Imma « sont inclus dans le mazal, en dépendent et lui sont attachés », car ils procèdent des cheveux, tandis que Zeir Anpin est attaché à Atika même, le parchemin blanc. L’Admour Hazaken renvoie à son discours dans Torah Ohr, Yitro, sur « Les Patriarches sont le Char ».
לכן הרצועות נמשכו ונעשו ג״כ מגויל שבעצמות הגויל הוא בחי׳ לובן היינו חסד דעתיק ומשם נמשכו על הלב שהוא בחי׳ מדות רק שהארה והמשכה זו מחסד דעתיק למדות אי אפשר להתלבש בפנימית המדה
C’est pourquoi les lanières, elles aussi, sont tirées du parchemin et faites de parchemin, car l’essence même du parchemin est le niveau de la blancheur, à savoir le 'Hessed d’Atik. De là, elles sont tirées au-dessus du cœur, qui correspond au niveau des attributs émotionnels. Toutefois, cette illumination et ce prolongement du 'Hessed d’Atik vers les attributs émotionnels ne peuvent s’envelopper dans la dimension intérieure de l’attribut.
Voilà pourquoi les lanières sont faites de parchemin : l’essence blanche du parchemin est le 'Hessed d’Atik, et c’est de là qu’elles sont tirées au-dessus du cœur, siège des émotions. Mais cette illumination du 'Hessed d’Atik ne peut pénétrer l’émotion de l’intérieur, contrairement à l’intellect.
כמו התלבשות השכל רק בבחי׳ מקיף על המדה וזהו וימינו תחבקני8 פי׳ ימינו חסד דעתיק תחבקני בבחי׳ מקיף כמו אדם המחבק חבירו הוא בבחי׳ מקיף
comme l’intellect enveloppe l’attribut, mais seulement de manière à l’entourer. C’est là le sens de : « Et Sa droite m’étreint » : c’est-à-dire que « Sa droite » est le 'Hessed d’Atik ; « m’étreint », de manière enveloppante, comme lorsqu’une personne embrasse son ami, l’entourant ainsi.
Elle ne peut qu’entourer l’émotion de l’extérieur. C’est là le sens de « Sa droite m’étreint » : la droite est le 'Hessed d’Atik, et une étreinte entoure celui qui est étreint.
לכן הרצועות נמשכין ותליין על הלב בבחי׳ מקיף ושרשן מהגויל שהוא לבנונית דלעילא היינו הקלף הלבן המקיף להאותיות כנ״ל רק מחמת שנשתלשלו למטה במדות אין בהם בהירות והארה
C’est pourquoi les lanières s’étendent et pendent au-dessus du cœur, de manière enveloppante, et leur racine se trouve dans le parchemin, qui est la blancheur d’en haut ; autrement dit, dans le parchemin blanc qui entoure les lettres, comme il a été dit plus haut. Mais, parce qu’elles sont descendues plus bas, dans les attributs émotionnels, elles n’ont ni la clarté ni l’éclat
Les lanières pendent donc au-dessus du cœur et l’entourent ; leur racine est le blanc d’en haut, le parchemin blanc autour des lettres. Mais, étant descendues dans les attributs émotionnels, elles n’ont plus l’éclat qu’elles possèdent à leur source.
כמו שהן במקורן לובן הגויל כי אין ערוך בחי׳ הרצועות שהם המשכות בחי׳ חסד דעתיק למטה כו׳ למקור בחי׳ הגילוי שהוא לבנונית חסד דעתיק.
qu’elles ont à leur source, la blancheur du parchemin. Car le niveau des lanières, qui sont des prolongements du niveau du 'Hessed d’Atik vers le bas, etc., n’est en rien comparable à la source du niveau de révélation, qui est la blancheur du 'Hessed d’Atik.
Les lanières, prolongements du 'Hessed d’Atik vers le bas, ne sont en rien comparables à leur source : le blanc du 'Hessed d’Atik lorsqu’il se révèle. C’est pourquoi elles ne peuvent rayonner de sa blancheur.
La section 4 explique les lanières des tefillin de la tête : elles représentent les attributs émotionnels, dont la racine se trouve au-dessus de l’intellect, dans la blancheur d’Atik. Elles entourent donc le cœur comme une étreinte, au lieu de le pénétrer.
La note de Kehot cite l’explication du Zohar dans Or HaTorah, Pin’has : les deux lanières qui vont de la boucle du boîtier jusqu’au nœud correspondent à 'Hessed et Guevoura, les « deux bras » ; lorsqu’elles se prolongent au-dessous du nœud et pendent au-dessus du cœur, elles correspondent à Netsa’h et Hod, les « deux cuisses ». Torah Ohr, Yitro, ajoute que, bien que les émotions naissent de l’intellect et lui correspondent, leur racine est puisée dans un lieu supérieur.
Maré mekomot
- 1כי רצועות תש״ר תליין על לבא · נתבאר בסידור ע״פ שימני ובאוה״ת ויקרא פ׳ בחקותי כרך ג ע׳ תתקכה ואילך.
- 2וגם כשרים כשנעשים הרצועות מקלף · או״ח סל״ג ס״ג. שו״ע אדה״ז שם.
- 3הרצועות מקלף · Shulchan Arukh, Orach Chayim 33:3
- 4עיין בזהר פ׳ פינחס (דרל״ו ע״ב) · דא קשר של תפילין דהיא אחידת בהו כו׳ תרין רצועין נפקין מסטרא דא ומסטרא דא רזא דתרין ירכין כו׳ דהא מלעילא נפקין תרין רצועין רזא דתרין דרועין מימינא ומשמאלא ודלית ואתאחידת בהו לבתר אתפשטו ירכין לתתא כיון דאיהי אתאחידת לעילא כדקא יאות נחתא לתתא לאתאחדא באוכלסהא כו׳ עכ״ל. ופי׳ דבריו ששני רצועות היוצאים מהמעברתא עד הקשר הם חו״ג תרין דרועין וכשיוצאין למטה מהקשר עד דתליין גם על ליבא הם נו״ה תרין ירכין כו׳” — אוה״ת עקב ע׳ תרכט.
- 5וכמו שאיתא באדרא זוטא (דף רצ״ב ע״א) · ראה יהל אור ע׳ תלט ושם מציין גם לעיין בתו״א פי׳ יתרו וביאורו ע״פ זכור ושמור בדבור אחד, ולביאוה״ז מאדה״א פ׳ בשלח על התוספתא ד״נ ע״א תלת רוחין דכלילן בתלת. מאדה״ז על מארז״ל ע׳ שכג. וראה לעיל פ׳ שמיני יט, ב. סה״מ תרל״ה ח״ב ע׳ תב ובמ״מ לשם.
- 6ז״א בעתיקא קדישא תלייא ואחיד · Zohar, Idra Zuta 22:95–23:105
- 7בד״ה ענין האבות הן הן המרכבה · תו״א עג, א.
- 8וימינו תחבקני · Song of Songs 2:6
13ולכן אמרו רצועות שחורות הלמ״מ [הלכה למשה מסיני]12 ואף על הבתים מבואר בפוסקים שצריכין להיות שחורים ולא כמו הפרשיות עצמן שהקלף הוא לבן כו׳.
C’est pourquoi ils ont dit que les lanières noires relèvent d’une loi donnée à Moché au Sinaï ; et même au sujet des boîtiers (batim), les autorités halakhiques expliquent qu’ils doivent être noirs, contrairement aux passages eux-mêmes, dont le parchemin est blanc, etc.
Parce que leur racine est si élevée, les lanières doivent être noires, conformément à une loi donnée à Moché au Sinaï, et les autorités halakhiques exigent également que les boîtiers soient noirs. En revanche, les passages qu’ils contiennent sont écrits sur du parchemin blanc.
וזהו שימני כחותם על לבך אלו תש״ר [תפילין של ראש] שרצועות תליין על ליבא (ועמ״ש בביאור ע״פ שחורה אני3 ונאוה4 בענין מצות ל״ת [לא תעשה] שנמשכים ג״כ מבחי׳ קווצותיו תלתלים שחורות כעורב5 כו׳
Et c’est là [le sens de] « Place-moi comme un sceau sur ton cœur » : il s’agit des téfilines de la tête, dont les lanières « pendent sur le cœur ». (Voir aussi ce qui est écrit dans le Biour sur « Je suis noire, mais belle », au sujet des commandements prohibés : eux aussi sont attirés du niveau de « Ses boucles sont ondulées, noires comme un corbeau », etc. ;
C’est pourquoi le verset appelle les téfilines de la tête « un sceau sur ton cœur » : leurs lanières pendent sur le cœur. Une parenthèse rappelle le Biour sur « Je suis noire, mais belle », où les interdits sont attirés de « Ses boucles sont ondulées, noires comme un corbeau », les cheveux noirs de Zeir Anpin.
ואעפ״כ [ואף על פי כן] זהו לפי שאדרבה שרשן למעלה ממ״ע [ממצות עשה] הנמשכות מבחי׳ שער רישיה כעמר נקא6 ועד״ז י״ל [יש לומר] כאן שהרי הרצועות שהן שחורות שרשן מבחי׳ לבנונית דגלגלתא חסד דעתיק שלמעלה מבחי׳ שער רישיה כעמר נקא.
et néanmoins, c’est précisément parce que leur racine est, au contraire, supérieure à celle des commandements positifs, qui sont attirés du niveau de « les cheveux de Sa tête comme de la laine pure ». De même, on peut dire ici que les lanières, qui sont noires, ont leur racine dans la blancheur du crâne, le 'Hessed d’Atik, qui est supérieur au niveau de « les cheveux de Sa tête comme de la laine pure »,
Là, les interdits sont noirs, mais ont une racine plus élevée que les commandements positifs, qui proviennent de « les cheveux de Sa tête comme de la laine pure », les cheveux blancs d’Arikh Anpin. De même ici : les lanières noires ont leur racine dans la blancheur du crâne, le 'Hessed d’Atik, qui est supérieur même à ces cheveux blancs.
שהשערות אינן ערוך לעצמיות הגלגלתא כנ״ל רק שיש להם אחיזה שם והרצועות שהן עצמן קלף לבן ה״ז [הרי זה] מעצמיות הגלגלתא וחסד דעתיק רק שכדי להיות בחי׳ זו נמשך למטה צ״ל ע״י שיהיו שחורות כו׳.
car les cheveux ne sont nullement comparables à l’essence du crâne, comme indiqué plus haut ; ils n’y ont qu’une prise. Les lanières, en revanche, qui sont elles-mêmes faites de parchemin blanc, proviennent ainsi de l’essence même du crâne et du 'Hessed d’Atik. Toutefois, pour que ce niveau soit attiré vers le bas, il faut qu’il le soit par le fait qu’elles soient noires, etc.
Les cheveux ne sont nullement comparables à l’essence du crâne et n’y « prennent appui » qu’en un certain sens, tandis que les lanières, dont la matière est du parchemin blanc, proviennent de l’essence même du crâne. Pourtant, pour atteindre les niveaux inférieurs, ce niveau doit se manifester sous l’aspect du noir.
והיינו ע״ש [על שם] שנתבאר דתש״ר [דתפילין של ראש] הוא בחי׳ חותם בולט הנמשך ע״י שקיעה שמלמטה תפלת שמונה עשרה כו׳
Et cela tient à ce qui a été expliqué : les téfilines de la tête sont le niveau du sceau en relief, qui est attiré par l’enfoncement venant d’en bas, la prière de la Chemoné Esré, etc.
La raison en est le principe expliqué précédemment : les téfilines de la tête sont le sceau en relief d’en haut, attiré par l’enfoncement venant d’en bas, c’est-à-dire l’annulation de soi dans la prière de la Chemoné Esré.
וזהו ג״כ בחי׳ האור הנמשך ע״י קיום מל״ת [מצות לא תעשה] וכנ״ל שהל״ת [שהלא תעשה] הן בחי׳ שקיעה וביטול עצמותו שעי״ז נמשך מלמעלה בחי׳ חותם בולט. ולכן כמו של״ת [שלא תעשה] הן מבחי׳ שחורות כעורב דוקא כמבואר שם באריכות.
C’est également le niveau de la lumière attirée par l’accomplissement des commandements prohibés, comme indiqué plus haut : les interdits correspondent à l’enfoncement et à l’annulation de son être même, par lesquels le niveau du sceau en relief est attiré d’en haut. C’est pourquoi, de même que les interdits relèvent précisément du niveau de « noirs comme un corbeau », comme cela est expliqué là en détail,
C’est aussi la lumière attirée par l’observance des interdits, lesquels correspondent à l’enfoncement et à l’annulation de soi. Comme l’explique en détail le Biour sur « Je suis noire », les interdits relèvent précisément de « noirs comme un corbeau ».
כך נק׳ חותם זה דתש״ר [דתפילין של ראש] כחותם על לבך שהוא בחי׳ הרצועות דתליין על לבא שהן שחורות כו׳ והיינו לפי ששרשם ממקום גבוה מאד הלבנונית דגלגלתא לכך לא יוכלו להתגלות למטה כ״א בבחי׳ שחרות כו׳.
de même, ce sceau des téfilines de la tête est appelé « comme un sceau sur ton cœur » : il correspond au niveau des lanières qui « pendent sur le cœur » et qui sont noires, etc. En effet, leur racine se trouve en un lieu très élevé, dans la blancheur du crâne ; elles ne peuvent donc se révéler en bas que sous l’aspect du noir, etc.
Ainsi, le sceau des téfilines de la tête tire son nom des lanières noires qui pendent sur le cœur. Leur racine, la blancheur du crâne, est si élevée qu’en bas elle ne peut se manifester que sous l’aspect du noir.
וכן הבתים הם שחורים דייקא. וממש״כ [וממה שכתוב] יובן ג״כ לשם בענין המבואר שם דשרש האור הנמשך ע״י שערות שחורות דז״א ע״י קיום מל״ת [מצות לא תעשה] הוא גדול במעלה מבחי׳ שער רישיה כעמר נקא דא״א
De même, les boîtiers sont précisément noirs. Et ce qui est écrit ici permet également de comprendre, au sujet du Biour mentionné là, ce qui y est expliqué : la racine de la lumière attirée par les cheveux noirs de Zeir Anpin, grâce à l’accomplissement des commandements prohibés, est supérieure en degré au niveau des « cheveux de Sa tête comme de la laine pure » d’Arikh Anpin ;
Les boîtiers sont noirs pour la même raison. Cela éclaire également le Biour sur « Je suis noire », qui enseigne que la lumière attirée par les cheveux noirs de Zeir Anpin, grâce à l’observance des interdits, est supérieure aux cheveux blancs d’Arikh Anpin.
והיינו ששרשו ממקור הלבנונית ע״ש די״ל [דיש לומר] ענין מקור הלבנונית היינו לבנונית גלגלתא דא״א שבו חסד דעתיק שזהו ודאי למעלה מבחי׳ שער רישיה כעמר נקא עצמן.
C’est-à-dire que sa racine provient de la source de la blancheur (voir là-bas). On peut dire que « la source de la blancheur » désigne la blancheur du crâne d’Arikh Anpin, où se trouve le 'Hessed d’Atik, lequel est assurément au-dessus du niveau des « cheveux de Sa tête comme de la laine pure » eux-mêmes.
Là-bas, sa racine est appelée « la source de la blancheur ». L’Admour Hazaken suggère que cela désigne la blancheur du crâne d’Arikh Anpin, où se trouve le 'Hessed d’Atik, qui est assurément au-dessus des cheveux blancs eux-mêmes.
והגם דשם נתבאר בע״א [באופן אחר] מ״מ גם פי׳ זה יש לו פנים ועיין מ״ש בביאור ע״פ שוש אשיש7 וע״פ כי כארץ תוציא צמחה8 בנין י״ג מדה״ר [מדות הרחמים] שהם ממלאים כל הפגמים כו׳ וע״פ תורה צוה9 דממש״ש [דממה שכתוב שם] אפשר שיש ראיה לפי׳ זה):
Et bien que cela ait été expliqué autrement là-bas, cette interprétation aussi a néanmoins des fondements. Voyez ce qui est écrit dans le Biour sur « Je me réjouirai grandement », et sur « Car, comme la terre fait pousser sa végétation », [au sujet de] la construction des Treize Attributs de miséricorde, qui comblent toutes les lacunes, etc., ainsi que sur « [Moïse] nous a ordonné la Torah » ; ce qui y est écrit fournit peut-être une preuve à cette interprétation.)
Il reconnaît que le Biour l’explique autrement, mais estime que cette lecture aussi a des fondements. Il renvoie aux Biourim sur « Je me réjouirai grandement » et « Car, comme la terre fait pousser sa végétation », où il est question des Treize Attributs de miséricorde qui comblent toutes les lacunes, ainsi qu’à celui sur « [Moïse] nous a ordonné la Torah » ; ce qui y est écrit pourrait étayer cette interprétation.
Ce paragraphe explique pourquoi les lanières et les boîtiers des téfilines sont noirs : plus leur racine est élevée, plus elle doit être voilée pour être attirée vers le bas. Le sceau des téfilines de la tête sur le cœur est donc constitué par les lanières noires, dont la racine se trouve dans la blancheur d’Atik.
Le paradoxe suit la règle des sceaux exposée dans le maamar : ce qui se distingue en haut apparaît en bas sous son contraire. Les lanières noires faites de parchemin blanc correspondent aux interdits, dont les limites « noires » ont une racine plus élevée que les commandements positifs.
Maré mekomot
- 1רצועות שחורות הלמ״מ · שו״ע סי׳ לג, ס״ד.
- 2רצועות שחורות הלמ״מ · Shulchan Arukh, Orach Chayim 33:3
- 3בביאור ע״פ שחורה אני · לעיל ד, ג.
- 4שחורה אני ונאוה · Song of Songs 1:5
- 5קווצותיו תלתלים שחורות כעורב · Song of Songs 5:11
- 6שער רישי׳ כעמר נקא · Daniel 7:9
- 7שוש אשיש · Isaiah 61:10
- 8כי כארץ תוציא צמחה · Isaiah 61:11
- 9תורה צוה · Deuteronomy 33:4
Le Chema et la Chemoneh Esreh ¶14
14ה וענין כחותם על זרועך הוא תש״י [תפילין של יד] וזהו ענין ק״ש [קריאת שמע] ושמו״ע [ושמונה עשרה] שאמרו בזהר פ׳ במדבר (דק״כ ע״ב) שצלותא דמיושב לקבל תפלה של יד1 והיינו עד שמונה עשרה.
5. Le sens de « comme un sceau sur ton bras » est celui des téfilines du bras. C’est là le sens du Chéma et de la Chemoné Essré, dont il est dit dans le Zohar, parachat Bamidbar (folio 120b), que « la prière dite assis correspond aux téfilines du bras », c’est-à-dire jusqu’à la Chemoné Essré ;
La section 5 explique « comme un sceau sur ton bras » : il s’agit des téfilines du bras. Le Zohar, dans la parachat Bamidbar, met en parallèle les deux téfilines et les deux parties de la prière du matin : la prière dite assis, jusqu’à la Chemoné Essré, correspond aux téfilines du bras.
לבתר צלותא דמעומד דהיא לקבל תפלה דרישא ודא כגוונא דדא כו׳ פי׳ כי ק״ש [קריאת שמע] וברכותיה הוא תפלה מיושב שהוא בחי׳ נוק׳ [נוקבא] באשה קראה מושב כו׳
« puis vient la prière dite debout, qui correspond aux téfilines de la tête ; et celle-ci est à l’image de celle-là », etc. C’est-à-dire que le Chéma et ses bénédictions constituent la prière dite assis, qui relève du niveau de Noukva ; au sujet d’une femme, il est dit qu’elle est « un siège », etc. ;
La prière dite debout, la Chemoné Essré, correspond aux téfilines de la tête : « et celle-ci est à l’image de celle-là ». Le Chéma et ses bénédictions, récités assis, relèvent du niveau de Noukva, le féminin, car une femme est appelée « siège ».
וישב ה׳ מלך לעולם2 בחי׳ מלכות דאצילות שמתלבשת בבי״ע (ועמ״ש מזה סד״ה מי כהוי׳ אלקינו המגביהי לשבת3 ועיין מ״ש בד״ה ואהיה אצלו אמון4 בפי׳ ממושבותיכם תביאו5 כו׳)
« Et Havaya siège en roi pour toujours » : c’est le niveau de Mal'hout d’Atsilout, qui s’habille dans Béria, Yetsira et Assiya (voir ce qui est écrit à ce sujet à la fin du discours commençant par « Qui est comme Havaya notre D.ieu, qui siège dans les hauteurs », et voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et j’étais auprès de Lui, un amon », dans l’explication de « De vos demeures, vous apporterez », etc.).
Les mots du Psalmiste, « Havaya siège en roi pour toujours », associent le fait de siéger à Mal'hout d’Atsilout, qui s’habille dans les trois mondes inférieurs : Béria, Yetsira et Assiya. Le texte renvoie à deux autres discours consacrés au thème du fait de siéger.
והיינו האהבה שממטה למעלה בבחי׳ ובכל מאדך6 הוא בבחי׳ בליטה והר שיש מי שאוהב כו׳
C’est-à-dire que l’amour qui s’élève d’en bas vers le haut, selon le mode de « et de toute ta force », se manifeste comme une saillie et une montagne, car « il en est un qui aime », etc. ;
L’amour du Chéma, « de toute ta force », s’élève d’en bas et se détache comme une montagne, car en lui « il en est un qui aime ». C’est un sceau saillant qui s’élève d’en bas.
נמשך מזה מלמעלה בחי׳ הר ההר היינו המשכת ההר עליון לפי ערך העלאת ההר מלמטה
De là est attiré d’en haut le niveau de Hor HaHar, c’est-à-dire l’attraction de la montagne supérieure, à la mesure de l’élévation de la montagne d’en bas ;
En réponse, Hor HaHar, la montagne supérieure, est attirée d’en haut, à proportion de la montagne qui s’est élevée d’en bas.
והיינו התלבשות אור א״ס ב״ה בע״ס [בעשר ספירות] בחי׳ כלים דאצילות ואור א״ס מלובש ומכוסה בתוך כלים דאצי׳
à savoir, l’habillement de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, dans les dix Séfirot, au niveau des réceptacles d’Atsilout, la Lumière infinie étant habillée et recouverte à l’intérieur des réceptacles d’Atsilout.
Il s’agit de la Lumière infinie habillée dans les dix Séfirot, les réceptacles d’Atsilout, et recouverte en eux : le sceau enfoncé d’en haut.
וזהו ענין המשכת ובנין רמ״ח איברים דמלכא ז״א דאצילות ע״י רמ״ח תיבין שבק״ש [שבקריאת שמע] שיש ג״כ תשעה בראש7 (כנזכר במשנה ספ״ק [סוף פרק קמא] דאהלות)
Et c’est là le sens de l’attraction et de la construction des 248 membres du Roi, le Zeir Anpin d’Atsilout, par les 248 mots du Chéma ; il y a également « neuf dans la tête » (comme cela est mentionné dans la Michna, à la fin du premier chapitre de Oholos),
Le Chéma compte 248 mots, comme le corps compte 248 membres ; sa récitation construit et attire les 248 « membres du Roi », le Zeir Anpin d’Atsilout. La Michna, dans Oholos, en dénombrant les 248 membres, mentionne « neuf dans la tête ».
והיינו כל בחינת זעיר (ועמ״ש מענין זה דרמ״ח תיבין שבק״ש [שבקריאת שמע] הם בנין והמשכת רמ״ח איברים דמלכא בד״ה צאינה וראינה)
à savoir tout le niveau de Zeir (voir ce qui est écrit à ce sujet, que les 248 mots du Chéma construisent et attirent les 248 membres du Roi, dans le discours commençant par « Sortez et voyez »).
Ainsi, le Chéma construit tout le Zeir Anpin, y compris sa tête. Le texte renvoie au discours « Sortez et voyez » pour cet enseignement.
ולכן נק׳ המשכה הנ״ל תפלה של יד שכתוב בה והיה לך לאות8 ולא לאחרים לאות9 מפני שהאורות מכוסים ומלובשים בתוך הכלים בבחי׳ שקיעה.
C’est pourquoi la descente mentionnée plus haut est appelée les tefillin du bras, au sujet desquels il est écrit : « Et ce sera pour toi un signe », et non un signe pour les autres, car les lumières sont couvertes et revêtues à l’intérieur des réceptacles, selon l’aspect d’un enfoncement.
C’est pourquoi cette descente est appelée les tefillin du bras : la Torah dit « un signe pour toi », et le Talmud ajoute : « un signe pour toi, et non un signe pour les autres ». La lumière est couverte à l’intérieur des réceptacles et ne se manifeste pas au-dehors : c’est un sceau en creux.
משא״כ שמו״ע [שמונה עשרה] בחי׳ ביטול היש שהוא ענין כריעות והשתחוואות ולכן הוא בלחש מחמת שע״י הביטול נתקרב כו׳
En revanche, la Chemoné Essré est le niveau de l’annulation de l’existence créée, qui s’exprime par les inclinaisons et les prosternations. Elle est donc [récitée] à voix basse, car, par l’annulation de soi, on s’est rapproché, etc.,
La Chemoné Essré est l’annulation de l’existence créée, exprimée par les inclinaisons et les prosternations. Elle est récitée à voix basse parce que, par l’annulation de soi, on s’est rapproché de D.ieu.
והוא כמשל המדבר עם הקרוב אליו בלחש ונמשך מזה בחי׳ בליטה גילוי אור א״ס שלמעלה מי״ס [מי׳ ספירות] דאצי׳
comme dans l’image d’une personne qui parle à voix basse avec quelqu’un qui lui est proche. De là est attiré le niveau de saillie, la révélation de la Lumière infinie qui se trouve au-dessus des Dix Séfirot d’Atsilout ;
On ne parle à voix basse qu’à quelqu’un qui est proche. De cette proximité vient la saillie d’en haut : la révélation de la Lumière infinie qui transcende les Dix Séfirot d’Atsilout.
והוא תפילין שבראש בבחי׳ גילוי וזהו שמאלו תחת לראשי10 בחי׳ ק״ש [קריאת שמע] ותש״י [ותפילין של יד] ואח״כ וימינו תחבקני תש״ר [תפילין של ראש] כנ״ל.
et c’est là les tefillin de la tête, selon l’aspect de la révélation. Tel est le sens de « Sa gauche est sous ma tête » : le niveau du Chema et des tefillin du bras ; puis « et Sa droite m’étreint » : les tefillin de la tête, comme mentionné plus haut.
Cette révélation correspond aux tefillin de la tête, qui sont portés bien en vue. Le verset « Sa gauche est sous ma tête, et Sa droite m’étreint » décrit l’ordre : d’abord le Chema et les tefillin du bras, puis les tefillin de la tête.
(והנה בכ״ז [בכל זה] מתורץ מה שהקשה הרמ״ז [הרב משה זכות] ס״פ במדבר וז״ל [וזה לשונו] שלפי הנזכר תפילין אלו הכל הוא באצי׳ והנה הרב ז״ל [זכרונו לברכה / זכרונם לברכה] מסר לנו בפי׳ שתפלה של יד הוא בבריאה ותש״ר [ותפילין של ראש] הוא באצילות וכן מוכח מכאן כו׳ עכ״ל [עד כאן לשונו].
(Or, tout cela résout la difficulté soulevée par le Ramaz à la fin de Parachat Bamidbar. Voici ses paroles : « D’après ce qui est mentionné, ces tefillin se trouvent tous en Atsilout ; pourtant, le Rav [l’Arizal], de mémoire bénie, nous a transmis explicitement que les tefillin du bras sont en Béria et les tefillin de la tête en Atsilout, et cela est également prouvé par ce qui est dit ici », etc. Fin de citation.)
Le Ramaz demandait : selon le récit du Zohar, les deux tefillin se trouvent en Atsilout, alors que l’Arizal enseignait que les tefillin du bras sont en Béria et ceux de la tête en Atsilout. L’explication de l’Admour Hazaken résout cette difficulté.
ועמ״ש במ״א בד״ה עיין בע״ח [בעץ חיים] שמ״ט דתש״י [דתפילין של יד] בבריאה היינו שהתקון נעשה לדחות החיצונים מג״ת [מג׳ תחתונות] דבריאה ע״ח [עץ חיים] המשכת האור מאצי׳ כו׳ ע״ש אכן לפמש״כ [לפי מה שכתוב] לק״מ [לא קשה מידי] דמ״ש דתש״י [דתפילין של יד] הוא בבריאה היינו ממש מ״ש בזהר שם צלותא דמיושב לקבל תפלה של יד.
Et voyez ce qui est écrit ailleurs, dans le discours qui commence par « Voyez Etz Chaim, Cha’ar 49 » : le fait que les tefillin du bras soient en Béria signifie que la rectification consiste à repousser les forces extérieures des trois Séfirot inférieures de Béria, en attirant la lumière d’Atsilout, etc. Voyez là-bas. Toutefois, d’après ce qui est écrit ici, il n’y a aucune difficulté : ce qui est dit, que les tefillin du bras sont en Béria, correspond exactement à ce qui est dit dans le Zohar, à savoir que « la prière récitée assis correspond aux tefillin du bras ».
Une réponse donnée ailleurs est que les tefillin du bras sont « en Béria » parce que leur rectification repousse les forces extérieures des trois Séfirot inférieures de Béria en attirant la lumière d’Atsilout. Selon l’explication présente, il n’y a aucune difficulté : la déclaration de l’Arizal signifie ce que dit le Zohar, à savoir que la prière récitée assis correspond aux tefillin du bras.
וצלותא דמיושב הוא בבריאה והרי לא אמר רק דהוא לקבל תש״י [תפילין של יד]. ור״ל [ורוצה לומר] שצלותא דמיושב הוא העלאת מ״ן [מיין נוקבין] המעורר וממשיך המשכה דתש״י [דתפילין של יד] וכנ״ל. דצלותא דמיושב הוא בחי׳ רצוא שהוא חותם בולט שמלמטה.
Or, la prière récitée assis est en Béria ; et le texte dit seulement qu’elle correspond aux tefillin du bras. Cela signifie que la prière récitée assis est l’élévation des mayin noukvin (eaux féminines), qui éveille et attire la descente correspondant aux tefillin du bras, comme mentionné plus haut ; car la prière récitée assis est le niveau du ratso, qui est le sceau en relief d’en bas.
La prière récitée assis se trouve en Béria, et le Zohar dit seulement qu’elle « correspond » aux tefillin du bras. Elle est l’élévation des mayin noukvin, le ratso du sceau en relief d’en bas, qui éveille la descente correspondant aux tefillin du bras.
וזהו ודאי בחי׳ בריאה ששם שייך בחי׳ הרצוא והתשוקה ליכלל באצי׳. אבל ההמשכה שעי״ז מלמעלה שהיא בחי׳ חותם שוקע שמלמעלה דהיינו תש״י [תפילין של יד] הוא ודאי באצילות המשכת אור א״ס בכלים דאצי׳ כו׳ וכנ״ל.
Cela relève assurément du niveau de Béria, car c’est là que s’appliquent le ratso et le désir d’être inclus en Atsilout. Mais la descente qui en résulte depuis les mondes supérieurs — le niveau du sceau en creux d’en haut, c’est-à-dire les tefillin du bras — se trouve assurément en Atsilout : c’est la descente de la Lumière infinie dans les réceptacles d’Atsilout, etc., comme mentionné plus haut.
Le ratso, le désir d’être absorbé en Atsilout, appartient à Béria. Mais la réponse qu’il suscite — le sceau en creux d’en haut, c’est-à-dire les tefillin du bras — se trouve en Atsilout : c’est la Lumière infinie dans les réceptacles d’Atsilout.
ומ״ש דתש״ר [דתפילין של ראש] הוא באצילות היינו מ״ש בזהר שם לבתר צלותא דמעומד דהיא לקבל תפלה דרישא.
Et ce qui est dit, que les tefillin de la tête se trouvent dans Atsilout, correspond à ce qui est dit dans le Zohar, à cet endroit : « ensuite, la prière récitée debout, qui correspond aux tefillin de la tête ».
De même, l’affirmation de l’Arizal selon laquelle les tefillin de la tête se trouvent dans Atsilout correspond aux paroles du Zohar, selon lesquelles la prière récitée debout correspond aux tefillin de la tête.
ור״ל [ורוצה לומר] שגם מה שהוא בחי׳ לקבל תפלה דרישא דהיינו ההעלאת מ״ן [מיין נוקבין] הגורם המשכת חותם בולט דתש״ר [דתפילין של ראש] שזהו פי׳ לקבל תפלה דרישא הנה בחי׳ זו הוא באצילות.
Cela signifie que même ce qui relève du niveau de « correspondre aux tefillin de la tête », à savoir l’élévation des mayin noukvin, qui provoque la descente du sceau saillant des tefillin de la tête — ce que signifie « correspondre aux tefillin de la tête » —, ce niveau se trouve dans Atsilout.
Autrement dit, même l’élévation qui « correspond » aux tefillin de la tête — l’élévation des mayin noukvin qui provoque le sceau saillant — se trouve déjà dans Atsilout.
וזהו ענין שמו״ע [שמונה עשרה] שהוא בחי׳ אצילות שהוא בחי׳ ביטול כי אצילות הוא חכמה בכלל שהיא בחי׳ ביטול יראה בושת כו׳ חותם שוקע שמלמטה בחי׳ שוב ואולם ההמשכה שעי״ז
Voilà ce qu’est la prière de Chemoneh Essré : elle relève du niveau d’Atsilout, qui est celui du bitoul, car Atsilout, dans son ensemble, est 'Hokhma, laquelle relève du bitoul, de la crainte empreinte de honte, etc. : le sceau en creux d’en bas, le niveau du retour. Mais la descente qui s’opère par ce moyen
C’est pourquoi la prière de Chemoneh Essré relève d’Atsilout, qui, dans son ensemble, est 'Hokhma et bitoul, la crainte empreinte de honte : le sceau en creux d’en bas, le retour.
הוא תש״ר [תפילין של ראש] דמארי עלמא חותם בולט שמלמעלה גילוי אור א״ס שלמעלה מע״ס [מעשר ספירות] דאצי׳ כנ״ל ועיין מ״ש בפ׳ ויחי בד״ה יהודה אתה יודוך11 דק״ש [דקריאת שמע] ואמת ויציב הם בחי׳ המשכות מאור א״ס ב״ה לבחי׳ ממלא כל עלמין.
est celle des tefillin de la tête du Maître du monde : le sceau saillant d’en haut, révélation de la Lumière infinie, qui se situe au-dessus des dix Séfirot d’Atsilout, comme indiqué précédemment. Voyez aussi ce qui est écrit dans la paracha de Vayé'hi, dans le discours commençant par « Yehouda, tes [frères] te reconnaîtront » : le Chema et Emet Véyatsiv relèvent de la descente de la Lumière infinie, béni soit-Il, vers le niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) ;
Ce qui descend ainsi, ce sont les « tefillin du Maître du monde », les tefillin de D.ieu Lui-même : le sceau saillant d’en haut, révélation de la Lumière infinie, au-delà des dix Séfirot. Le texte cite Torah Ohr, Vayé'hi : le Chema et Emet Véyatsiv attirent la Lumière infinie vers la lumière qui remplit tous les mondes.
אבל בחי׳ שמו״ע [שמונה עשרה] שהוא בחי׳ יהודה הודאה וביטול והתכללות באור א״ס ב״ה הסוכ״ע כו׳ ועמ״ש בד״ה השמים כסאי12 כו׳ אך אי זה בית כו׳ המשכת מקיפין מבחי׳ סובב כ״ע [כל עלמין] הנמשך ע״י
mais la prière de Chemoneh Essré relève du niveau de Yehouda : reconnaissance, annulation de soi et inclusion dans la Lumière infinie, béni soit-Il, qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), etc. Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Les cieux sont Mon trône », etc., à propos de « Mais où est la maison », etc. : la descente des lumières enveloppantes depuis le niveau de sovev kol almin, qui s’opère par
La prière de Chemoneh Essré, en revanche, relève du niveau de Yehouda, dont le nom signifie reconnaissance : bitoul et inclusion dans la Lumière infinie qui entoure tous les mondes. Le texte cite aussi le discours sur « Les cieux sont Mon trône… où est la maison », à propos de la descente des lumières enveloppantes depuis sovev kol almin par la prière de Chemoneh Essré.
תפלת שמו״ע [שמונה עשרה] וממש״ש [וממה שכתוב שם] יובן ג״כ ענין חותם שוקע הנזכר כאן שהוא ע״ד בחי׳ השמים כסאי כו׳ וחותם בולט הוא בחינת המשכת המקיפים מבחי׳ סוכ״ע כו׳ שזהו ענין אי זה בית כו׳ ואל זה אביט13 כו׳):
la prière de Chemoneh Essré. Ce qui est écrit là-bas permet également de comprendre la notion du sceau en creux mentionné ici, qui s’apparente au niveau de « Les cieux sont Mon trône », etc., tandis que le sceau saillant relève de la descente des lumières enveloppantes depuis le niveau de sovev kol almin, etc. Voilà ce qu’est « Où est la maison », etc., et « Mais c’est vers celui-ci que Je porterai Mon regard », etc.)
Ce discours permet de comprendre les deux sceaux : le sceau en creux est comparable à « Les cieux sont Mon trône », D.ieu résidant au sein de la création ; le sceau saillant est la lumière enveloppante, au-delà de toute « maison » qui pourrait Le contenir, et qui repose sur l’humble : « Mais c’est vers celui-ci que Je porterai Mon regard. »
La section 5 met les deux téfilines en parallèle avec l’ordre de la prière : le Chéma, l’amour qui s’élève — un sceau saillant venu d’en bas —, attire une lumière habillée dans Atsilout, correspondant aux téfilines du bras ; la Chemoné Essré, le bitoul — un sceau enfoncé venu d’en bas —, attire la Lumière infinie non habillée, correspondant aux téfilines de la tête. Une longue parenthèse s’appuie sur ce parallèle pour résoudre la question du Ramaz au sujet de Béria et d’Atsilout.
La résolution distingue l’élévation de ce qu’elle attire : la prière dite assis s’élève depuis Béria, mais attire la lumière dans Atsilout, tandis que la Chemoné Essré se tient déjà dans Atsilout et attire depuis ce qui la dépasse. C’est pourquoi le Zohar dit que chaque prière « correspond » (le-kavel) à ses téfilines.
Maré mekomot
- 1צלותא דמיושב לקבל תפלה של יד · Zohar, Bamidbar 7:65–8:73
- 2וישב ה׳ מלך לעולם · Psalms 29:10
- 3מי כהוי׳ אלקינו המגביהי לשבת · Psalms 113:5
- 4ואהיה אצלו אמון · Proverbs 8:30
- 5ממושבותיכם תביאו · Leviticus 23:17
- 6ובכל מאדך · Deuteronomy 6:5
- 7תשעה בראש · Mishnah Oholot 1:8
- 8והיה לך לאות · Exodus 13:9
- 9והיה לך לאות ולא לאחרים לאות · Menachot 37b:3–4
- 10שמאלו תחת לראשי · Song of Songs 2:6
- 11יהודה אתה יודוך · Genesis 49:8
- 12השמים כסאי · Isaiah 66:1
- 13ואל זה אביט · Isaiah 66:2
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
L’amour de D.ieu et les commandements positifs attirent la lumière de D.ieu, mais seulement dans la mesure où les réceptacles le permettent, car l’amour conserve encore un sentiment de soi. L’étape plus profonde est le shov : mettre de côté sa propre volonté jusqu’à ce que le « oui » et le « non » soient équivalents, dans la crainte empreinte de honte, et s’abstenir de ce que la Torah interdit ; cet effacement de soi fait descendre la lumière illimitée. Dans la prière quotidienne, c’est le chemin qui mène de l’amour du Chema à l’annulation de soi, murmurée et accompagnée d’inclinaisons, de la Chemoneh Esreh.
Questions à discuter
- Pourquoi un sceau en relief d’en bas produit-il un sceau en creux d’en haut, et un sceau en creux un sceau en relief ?
- Pourquoi l’amour, aussi intense soit-il, ne peut-il faire descendre ce qui transcende l’enchaînement descendant des mondes, alors que l’annulation de soi le peut ?
- Comment le maamar montre-t-il que les interdits sont enracinés plus haut que les commandements positifs ?
- Si la racine des lanières des téfilines est le blanc d’Atik, pourquoi doivent-elles être noires ?
- Comment l’ordre de la prière du matin — le Chema, puis la Chemoneh Esreh — reflète-t-il les deux sceaux et les deux téfilines ?