Likkutei Torah · Parshas Shir HaShirim · Maamar 21
ביאור הדברים
Explication du sujet : « Kéter est au-dessus des dix Séfirot »
L’idée centrale
Le « pain » de la Torah — ses lettres et ses lois décomposées afin que chacun puisse les recevoir — prend racine plus haut que son « vin » de plaisir révélé, car le conseil de Netsa'h et Hod, qui adapte la sagesse à un petit réceptacle, vient de Kéter : « des conseils venus de loin ». De même, la « couronne » de Kéter ne peut être vue qu’en sortant d’Atsilout pour entrer en Béria, à travers le miroir qui ne brille pas ; c’est de là que les deux pains sont élevés jusqu’à la couronne.
Le maamar en bref
Ce biour explique le maamar « Sors et contemple ». Il situe d’abord la racine des âmes en Yisrael Sava et Tevouna, les parties inférieures de 'Hokhma et de Bina, qui puisent dans le plaisir de D.ieu à donner ; ainsi, les âmes peuvent élever Mal'hout et « sanctifier le Nom ». La Torah est vin, huile et pain. Le vin, la joie mesurée d’une mitsva, suscite Kéter, la couronne ; l’huile, 'Hokhma, entraîne l’annulation de soi ; le pain est 'Hokhma descendant dans Netsa'h et Hod sous la forme des lettres de la Torah. Le pain soutient davantage que le vin, car Netsa'h et Hod sont le « conseil » qui adapte une idée à un petit réceptacle, pouvoir que seule possède une grandeur dépassant l’idée : Kéter. Les deux pains de Chavouot sont la Torah écrite, au singulier, au-dessus de la compréhension, le pain venu du ciel, et la Torah orale, au pluriel, saisie par chacun selon son niveau, le pain venu de la terre ; les agiter élève les deux jusqu’à la couronne, où ils s’unissent. Enfin, la couronne ne peut être vue à l’intérieur d’Atsilout : de même qu’un miroir montre ce que le verre transparent ne peut montrer, elle n’est visible que depuis Béria, à travers le miroir qui ne brille pas, dans l’amour « de toute ta force » du Chema.
Plan
- La racine des âmesKéter est la source du plaisir au-dessus des dix Séfirot ; Atsilout commence avec 'Hokhma, qui répare le brisement de Tohou. Les âmes prennent racine en Yisrael Sava, le Netsa'h et le Hod de 'Hokhma, qui, relativement au Zeir Anpin, sont appelés Atik Yomin.¶1
- Sanctifier le Nom ; le plaisir d’en hautLes âmes issues de Yisrael Sava et de Tevouna sont les « frères et amis » de Zeir Anpin et de Noukva, et peuvent élever Mal'hout. Elles proviennent du plaisir de donner ; D.ieu ne reçoit aucun plaisir de l’extérieur de Lui-même, et le plaisir qu’Il éprouve à l’égard des tsadikim est celui de leur accorder Ses bienfaits.¶2
- Vin, huile et painLe vin, consommé avec mesure — la joie d’une mitsva — suscite la couronne ; l’huile, la lumière d’Abba, entraîne le bitoul et descend ; le pain est 'Hokhma dans Netsa'h et Hod, les lettres, qui donne de la force. Il faut sortir d’Atsilout pour entrer en Béria afin de voir la couronne.¶3
- Des conseils venus de loinNetsa'h et Hod sont le « conseil » qui adapte une idée à un petit réceptacle, pouvoir qui prend racine dans une grandeur dépassant l’idée ; ainsi, le nouveau Netsa'h, Hod et Yessod viennent de Kéter. Même la prophétie de Moché venait de Netsa'h et Hod ; la Torah est moulue comme le blé pour chacun ; les Tables relèvent à la fois de Kéter et de Netsa'h et Hod.¶4–8
- Les deux pains : Torah écrite et Torah oraleLa forme plurielle la'hamou désigne la Torah orale, saisie par chacun selon son niveau et descendant sous la forme de Mal'hout afin d’épurer les étincelles ; la forme singulière la'hmi désigne la Torah écrite, au-dessus de la compréhension. Elles sont le pain venu de la terre et le pain venu du ciel, Hod et Netsa'h, et l’étude lichma les rend une.¶9–17
- L’agitation des deux painsLes deux Torahs sont l’époux et l’épouse ; la couronne, Kéter, est la houppa qui les englobe tous deux. Agiter les pains les élève jusqu’à la couronne, et, par ce moyen, la Torah écrite est attirée dans la Torah orale.¶18
- Voir la couronne depuis BériaMoché voyait à travers le miroir qui brille, et les autres prophètes à travers celui qui ne brille pas ; pourtant, un miroir montre ce que le verre transparent ne peut montrer. Ainsi, la couronne ne se voit que depuis Béria, à travers le miroir qui ne brille pas ; dans le service divin, cela correspond à l’amour « de toute ta force », et les deux pains sont élevés jusqu’à la couronne à partir du Chema.¶19–21
Notions clés
- Yisrael Sava et Tevounaישראל סבא ותבונה
- Les prolongements inférieurs d’Abba ('Hokhma) et d’Imma (Bina). Les âmes d’Israël y prennent racine et peuvent ainsi faire descendre 'Hokhma et élever Mal'hout.
- Le plaisir de donnerתענוג ההשפעה
- En haut, il n’y a aucun plaisir à recevoir ; D.ieu est Lui-même la source du plaisir, et le plaisir qu’Il éprouve à l’égard des tsadikim est celui de leur accorder Ses bienfaits. Les âmes prennent racine dans ce plaisir.
- Vin, huile et painיין שמן ולחם
- Trois images de la Torah : le vin est la joie qui vient de Bina, l’huile est la lumière de 'Hokhma, qui annule le soi, et le pain est 'Hokhma descendant dans Netsa'h et Hod sous la forme de lettres et de lois.
- Les reins qui conseillentכליות יועצות
- Netsa'h et Hod en tant que faculté de conseil : comment façonner une idée afin qu’un réceptacle puisse l’assimiler. Ce conseil ne vient que d’une grandeur dépassant l’idée, de Kéter.
- Des conseils venus de loinעצות מרחוק
- Le nom que le Zohar donne à Netsa'h et Hod, les « deux branches de saule » : basses et sans saveur en elles-mêmes, elles tirent pourtant leur pouvoir de 'Hokhma et de Kéter, bien au-dessus.
- La'hamou et la'hmiלחמו ולחמי
- Les formes plurielle et singulière dans « Venez, mangez de mon pain » : la Torah orale, saisie par chacun selon son niveau, et la Torah écrite, au-dessus de la compréhension et unique pour tous.
- Le miroir qui brille et celui qui ne brille pasאספקלריא המאירה ושאינה מאירה
- Le verre transparent, à travers lequel on voit la chose elle-même, et le miroir, qui n’en montre qu’une image, mais révèle ce que le verre transparent ne peut montrer. Il s’agit de la prophétie de Moché et de celle des autres prophètes.
- Ratso et chovרצוא ושוב
- L’élan et le retour : la joie d’une mitsva n’est qu’un commencement, et le but est de faire descendre la lumière d’Abba et de la révéler.
La racine des âmes ¶1
1ביאור הדברים.1 הנה הכתר הוא למעלה מכל הע״ס [העשר ספירות] והוא מקור התענוג בחינת סכ״ע [סובב כל עלמין] והתחלת השתלשלות האצילות ממכ״ע [ממלא כל עלמין] הוא מחכמה
Explication du sujet. Kéter (la Couronne) se trouve au-dessus des dix Séfirot et est la source du plaisir (taanoug), le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) ; quant au commencement de l'enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) du Monde d'Atsilout (Émanation), [le niveau de] la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), il se situe à partir de 'Hokhma (sagesse).
Il s'agit d'un « biour », une explication qui fait suite au maamar « Sortez et contemplez, filles de Tsion » et examine ses idées de plus près. Le texte commence par situer les Séfirot : Kéter, la Couronne, se tient au-dessus des dix et est la source du plaisir ; il est donc la lumière qui « entoure » les mondes, au lieu d'y pénétrer. La lumière qui « remplit » les mondes, en pénétrant dans chacun d'eux, ainsi que l'enchaînement ordonné d'Atsilout, ne commencent qu'avec 'Hokhma.
(כ״ה בע״ח [בעץ חיים] שער מוחין דצלם פ״2 בשם ספר יצירה וכ״כ [וכן כתב] עוד בשער כ״ה דרוש ה׳ וכ״כ [וכן כתב] הרמ״ז [הרב משה זכות] פ׳ ואתחנן בדף רס״ו ועיין בזהר ויקרא ד״י [ד׳ יסודות] סע״ב [סוף עמוד ב] קדמאה3 י״ה וע׳ [ועיין] מק״מ [מקדש מלך] שם) וחכמה הוא שרש האציחלות
(Ainsi est-il écrit dans Etz Chaim, Sha’ar Mochin deTzelem, chapitre —, au nom de Sefer Yetzirah ; il écrit également de même dans Sha’ar 25, Derush 5 ; le Ramaz (Rabbi Moshe Zacuto) écrit également sur Parshas Va’eschanan, au folio 266 ; voir aussi le Zohar, Vayikra, folio 10, fin du côté b : « Le premier est Yah » ; et voir le Mikdash Melech à cet endroit.) Et 'Hokhma est la racine d'Atsilout,
La parenthèse indique les sources citées par le texte : Etz Chaim, qui cite Sefer Yetzirah ; le Ramaz, Rabbi Moshe Zacuto, dans son commentaire sur le Zohar ; et le Zohar lui-même, qui qualifie Yah, le Nom de 'Hokhma, de « premier ». Le numéro du chapitre de Sha’ar Mochin deTzelem manque dans l'édition imprimée ; la note de Kehot indique qu'il s'agit du chapitre 5, tout en ajoutant que le chapitre 1 correspond davantage au libellé. 'Hokhma est ensuite désignée comme la racine d'Atsilout.
כי עיקר האצילות הוא התיקון מעולם התהו ובחכמה אתברירו4 והטעם כי ענין השבירה מעולם התהו היינו שנפלו בבחי׳ יש והתיקון הוא להיות אין והיינו ע״י החכמה כח מה.
car l'essence d'Atsilout est le tikoun, la rectification du Monde de Tohu, et « c'est par 'Hokhma qu'ils furent affinés ». La raison en est que la brisure du Monde de Tohu signifie qu'ils sont tombés dans l'état de yesh (être), tandis que la rectification consiste à devenir ayin (néant) ; cela se réalise par 'Hokhma, koach mah (« la puissance du quoi »).
Atsilout est essentiellement le Monde de Tikkoun, la rectification du Monde de Tohu (Chaos), dont les réceptacles se sont brisés. Dans Tohu, chaque lumière se tenait comme une entité distincte, un « quelque chose » (yesh), et c'est pourquoi les réceptacles se sont brisés. La rectification consiste à devenir « néant » (ayin), dans l'effacement de soi, et c'est là l'œuvre de 'Hokhma. Son nom se lit koach mah, « la puissance du “quoi” », l'attitude humble de celui qui se demande : « Que suis-je ? »
והנה החכמה עצמה5 יש בה ע״ס [עשר ספירות] ומכתר שבחכמה עד ת״ת [תפארת] שבחכמה נקרא אבא והנו״ה [והנצח והוד] נקרא ישראל סבא (ע׳ [עיין] בפע״ח [בפרי עץ חיים] שער חג המצות פ״א)6 ומשם נמשך שרש הנשמות כי
Or, 'Hokhma elle-même comprend dix Séfirot. Depuis le Kéter qui se trouve en 'Hokhma jusqu'à la Tiferet (beauté) qui se trouve en 'Hokhma, cet ensemble est appelé Abba ; et Netzach (victoire) et Hod (splendeur) sont appelés Yisrael Sava (voir Pri Etz Chaim, Sha’ar Chag HaMatzos, chapitre 1). C'est de là que procède la racine des âmes. Car
'Hokhma possède ses propres dix Séfirot. Ses niveaux, depuis son Kéter jusqu'à sa Tiferet, forment la configuration appelée Abba (« Père »), tandis que son Netzach et son Hod forment une configuration distincte appelée Yisrael Sava, « Israël l'Ancien ». C'est de cette partie inférieure de 'Hokhma que procède la racine des âmes d'Israël.
הנה הנו״ה [הנצח והוד] הם השפעת החכמה (שהנו״ה [שהנצח והוד] הן הן כלי ההשפעה והורדת החיות מהעליון לתחתון) רק שהוא השפעה שבאצילות קודם שבא לבחי׳ גילוי הנשמה עצמה וגילוי הנשמה עצמה היינו ישראל שלמטה7
en effet, Netzach et Hod constituent le flux d'influence de 'Hokhma — car Netzach et Hod sont eux-mêmes les réceptacles de l'influence et de la transmission de la force vitale (force vitale) du niveau supérieur au niveau inférieur —, mais il s'agit d'une influence qui se trouve encore en Atsilout, avant d'atteindre le niveau de la révélation de l'âme elle-même ; et la révélation de l'âme elle-même est le « Yisrael » d'en bas.
Netzach et Hod sont les canaux par lesquels tout niveau supérieur transmet la force vitale au niveau inférieur. Ici, toutefois, le flux se trouve encore à l'intérieur d'Atsilout, avant de devenir une âme effective ; l'âme telle qu'elle est effectivement révélée est appelée le « Yisrael » d'en bas. La note de Kehot cite Or HaTorah, qui suggère qu'il s'agit de Yisrael Zuta, « le petit Israël », c'est-à-dire Zeir Anpin.
אבל שרש הגילוי שבחכמה נקרא ישראל סבא וישמחו בך ישראל (וזהו ענין בחי׳ מזלי׳ [מזליה] של הנשמה שבבחינת מקיף המבואר לעיל בד״ה יונתי בחגוי הסלע8.
Mais la racine de la révélation, qui se trouve en 'Hokhma, est appelée Yisrael Sava : « et qu'Israël se réjouisse en Toi ». (C'est là le sens du niveau du mazal de l'âme, qui est dans le mode d'un makif, une lumière enveloppante, expliqué plus haut dans le maamar commençant par « Ma colombe, dans les fentes du rocher ».
La racine des âmes, tant qu'elle se trouve encore en 'Hokhma, est Yisrael Sava ; l'Admour Hazaken en trouve une allusion dans les mots de la prière des fêtes : « et qu'Israël se réjouisse en Toi ». Commence alors une longue parenthèse, qui établit un parallèle avec le mazal de l'âme : la partie de l'âme qui demeure en haut sans pénétrer dans le corps et rayonne sur lui comme une lumière enveloppante, ainsi qu'il est expliqué dans le maamar « Ma colombe, dans les fentes du rocher ».
אך צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] דהא שם בד״ה יונתי נת׳ [נתבאר] דבחי׳ מזלי׳ [מזליה] זהו בחי׳ ישראל עלה במחשב׳ [במחשבה / במחשבת] ועלה במחשב׳ [במחשבה / במחשבת] היינו הבחינה יותר עליונה שבחכמה מה שהוא דבוק בכתר כו׳ ע״ש [עיין שם]
Mais il faut comprendre : car, dans ce maamar intitulé « Ma colombe », il a été expliqué que le niveau du mazal [de l'âme] est celui d'« Israël s'éleva dans la pensée », et « s'éleva dans la pensée » désigne le niveau le plus élevé de 'Hokhma, celui qui est attaché à Kéter, etc. ; voir là-bas.
Une difficulté se présente ici. Dans ce maamar, le mazal de l'âme était identifié à « Israël s'éleva dans [la pensée de D.ieu] », la première intention de la création, et situé tout en haut de 'Hokhma, là où celle-ci touche à Kéter.
וגם עוד פי׳ שם דעלו במחשבה היינו בחינת א״ק [אדם קדמון] מחשבה הקדומה כו׳ ועד״ז [ועל דרך זה] נתבאר ג״כ בד״ה האזינו השמים וישראל סבא היינו נו״ה [נצח והוד] דאבא שהוא הבחי׳ אחרונה שבחכמה כו׳. מיהו בפרשה בראשית) (ד״ו ע״א) גבי רב המנונא סבא
Il a également été expliqué là-bas que « ils s'élevèrent dans la pensée » désigne le niveau d'Adam Kadmon, la pensée primordiale (machshavah hakedumah), etc. ; la même explication a aussi été donnée dans le maamar commençant par « Écoutez, ô cieux ». Or, Yisrael Sava désigne Netzach et Hod d'Abba, qui constituent le dernier niveau de 'Hokhma, etc. Cependant, dans [le Zohar,] Parshas Bereishis) (folio 6a), à propos de Rav Hamnuna Sava, [il est dit] :
Le même maamar situe même ce niveau en Adam Kadmon, la « pensée primordiale » qui précède Atsilout, et le maamar « Écoutez, ô cieux » donne la même explication ; pourtant, Yisrael Sava est la partie inférieure de 'Hokhma. Pour résoudre cette difficulté, l'Admour Hazaken se tourne vers un passage du début du Zohar au sujet du sage Rav Hamnuna Sava. La note de Kehot précise que ce passage est également cité plus tôt, dans Parshas Tzav.
אבל אבא דילי הוה רב ויקירא ועתיק יומין9 ופי׳ באשל אברהם לרמוז על ישראל סבא שנקרא ג״כ עתיק יומין דתיבת סבא ותיבת עתיקא כולא הוא חד
« Mais mon père était grand et précieux, et Atik Yomin (l’Ancien des jours) » ; et l’Eshel Avraham explique [que cela] fait allusion à Israël Sava, qui est lui aussi appelé Atik Yomin, car le mot sava (ancien) et le mot atika (ancien) ne font qu’un.
Dans ce passage, le fils de Rav Hamnouna Sava décrit son père comme « grand et précieux, et Atik Yomin », « l’Ancien des jours ». L’Eshel Avraham, en l’expliquant, y voit une allusion à Israël Sava, puisque sava (« ancien ») et atika (« ancien ») signifient la même chose.
והיינו לומר שנשמת רב המנונא סבא נמשכה מבחי׳ ישראל סבא אמנם מ״ש דישראל סבא נקרא ע״י י״ל [יש לומר] שזהו ע״ד [על דרך] שמבחי׳ תבונה נעשה כתר לז״א [לזעיר אנפין]10
Cela signifie que l’âme de Rav Hamnouna Sava provenait du niveau d’Israël Sava. Cependant, quant à ce qui est dit — qu’Israël Sava est appelé Atik Yomin — on peut l’expliquer selon le principe [enseigné] selon lequel, à partir du niveau de Tevouna, se forme un Kéter pour Zeir Anpin (les attributs émotionnels) ;
Ainsi, l’âme du sage provenait d’Israël Sava. Mais pourquoi la partie la plus basse de 'Hokhma porterait-elle le nom d’Atik Yomin, qui désigne habituellement le noyau intérieur de Kéter ? La réponse suit un principe kabbalistique bien connu : Tevouna, la partie la plus basse de Bina, devient le Kéter, la couronne, de Zeir Anpin.
ולכן ישראל סבא שהוא נשמת כתר זה נקרא ע״י לגבי ז״א [זעיר אנפין] כי ע״ח [עץ חיים] הוא פנימית הכתר ונשמה שלו.
et c’est pourquoi Israël Sava, qui est l’âme de ce Kéter, est appelé Atik Yomin par rapport à Zeir Anpin, car Atik Yomin est la dimension intérieure (pnimiyout) de Kéter et son âme.
Israël Sava est la vie intérieure, l’« âme », de cette couronne, et Atik Yomin est toujours la dimension intérieure de tout Kéter. Ainsi, du point de vue de Zeir Anpin, Israël Sava est son Atik, bien qu’au sein de 'Hokhma, il soit le dernier niveau.
Le biour commence par situer la racine des âmes d'Israël : Kéter est la source du plaisir, au-dessus de toutes les Séfirot ; Atsilout commence à partir de 'Hokhma ; et les âmes ont leur racine en Yisrael Sava, Netzach et Hod de 'Hokhma. Une parenthèse concilie cela avec l'enseignement antérieur selon lequel le mazal de l'âme se trouve bien plus haut, et explique pourquoi le Zohar peut appeler Yisrael Sava « Atik Yomin ».
Chacune des configurations supérieures possède une extension inférieure : Yisrael Sava sous Abba et Tevunah sous Imma. Puisque la partie inférieure d'une configuration supérieure peut servir de Kéter à celle qui se trouve au-dessous, un même niveau peut être le « dernier » de 'Hokhma et, néanmoins, l'« Atik » de Zeir Anpin. L'Admour Hazaken s'appuie sur cette idée pour concilier les deux enseignements concernant la racine de l'âme.
Maré mekomot
- 1ביאור הדברים · הנחת אדה״א בסה״מ תקס״ז ע׳ קעט. בביכל קטן שמינית בויגין שתח״י (לא, ב) בשינוי הל׳ מכאן גם מעט תוס׳ ביאור ופ״ג ופ״ד לי׳ שם רק מעט מפ״ה, יעו״ש. [כ]. ראה להלן בהוספות להערות וציונים השוואה לביאור זה.
- 2שער מוחין דצלם פ״ה · נ. ב. יותר מדויק לה״ט בפ״א, ע״ש היטיב וש׳ כ״ה דרוש ה׳ כ״ה לפנינו באמת. [כ].
- 3קדמאה י״ה · Zohar, Vayikra 23:146–24:159
- 4ובחכמה אתברירו · Zohar II, 254b
- 5והנה החכמה עצמה · ראה אוה״ת ענינים ערך אוא״ס — הא׳ ע׳ קה.
- 6ע׳ בפע״ח שער חג המצות פ״א · Pri Etz Chaim, Gate of Passover 1:1–2
- 7היינו ישראל שלמטה · ”י״ל שר״ל ישראל זוטא והוא בחי׳ ז״א שמשם עצם הנשמות הגבוהו׳ שנק׳ אחים וריעים לז״א ממש, ויש״ס היינו מקורן ושרשן ואולי כעין בחי׳ מזלייהו חזי” — אוה״ת ענינים שם.
- 8
- 9אבל אבא דילי הוה רב ויקירא ועתיק יומין · Zohar, Introduction 12:84–92
- 10שמבחי׳ תבונה נעשה כתר לז״א · Sefer Etz Chaim 25:5
Sanctifier le Nom ; le plaisir d’en haut ¶2
2וא״כ [ואם כן] לפ״ז [לפי זה] שפיר י״ל [יש לומר] שהנשמה שנמשכת מישסו״ת [מישראל סבא ותבונה] נקרא מזליה לגבי הנשמות שמזו״נ [שמזעיר אנפין ונוקבא] וכ״מ [וכן משמע] קצת בז״ה [בזוהר] ר״פ נח גבי ענין שנאמר נח נח ב׳ פעמים נגד א״פ [אור פנימי] של הנשמה ואור מקיף כו׳
Si donc, selon cela, on peut fort bien dire que l’âme qui est attirée de Yisrael Sava et Tevouna est appelée le mazal des âmes qui proviennent de Zeir Anpin et de Noukva ; cela est quelque peu suggéré dans le Zohar, au début de la paracha de Noa’h, à propos du fait que le nom « Noa’h, Noa’h » est prononcé deux fois, en correspondance avec la lumière intérieure (Or Pnimi) de l’âme et sa lumière enveloppante (Or Makif), etc.
Il s’ensuit que les âmes dont la racine se trouve en Yisrael Sava et Tevouna peuvent être appelées le « mazal » des âmes provenant de Zeir Anpin et de Noukva : leur racine supérieure, qui demeure au-dessus d’elles. L’Admour Hazaken en trouve une allusion dans le commentaire du Zohar, au début de la paracha de Noa’h, sur la répétition du nom « Noa’h, Noa’h », interprétée comme la lumière intérieure de l’âme et sa lumière enveloppante.
אכן באמת כמו שכתר אמיתי דז״א [דזעיר אנפין] נעשה מא״א [מאריך אנפין] עצמו1 כמ״ש בע״ח [בעץ חיים] שכ״ב פ״ג [פרק ג׳]. כך אמיתית בחינת מזליה של הנשמה הוא מהכתר דאצילות ומחשבה הקדומה כו׳ כנ״ל.
Toutefois, en vérité, de même que le véritable Kéter de Zeir Anpin est formé d’Ari’h Anpin lui-même, comme il est écrit dans Etz Chaim, Sha’ar 22, chapitre 3, de même le véritable niveau du mazal de l’âme provient du Kéter d’Atsilout et de la pensée primordiale, etc., comme indiqué plus haut.
Cependant, de même que Zeir Anpin possède, au-delà de la couronne formée à partir de Tevouna, un « véritable » Kéter qui provient d’Ari’h Anpin lui-même, le véritable mazal de l’âme se situe bien plus haut encore, dans le Kéter d’Atsilout et dans la pensée primordiale, comme l’avait dit le discours sur « Ma colombe ». La note de Kehot précise que la référence à Etz Chaim correspond à l’édition de Shklov de 5560 ; dans les éditions actuelles, il s’agit de Sha’ar 23, au début du chapitre 7.
ועוי״ל [ועוד יש לומר] דענין שרש הנשמות הנמשכים מבחינת יש״ס [ישראל סבא] ותבונה זהו מ״ש בע״ח [בעץ חיים] שער מ״ן [מיין נוקבין] ומ״ד [ומיין דוכרין] דרוש ד׳ ע״פ הזהר ר״פ משפטים (דף צ״ד סע״ב [סוף עמוד ב]) ואקרי בן לקב״ה [לקודשא בריך הוא] כו׳
On peut encore dire que la question de la racine des âmes attirées du niveau de Yisrael Sava et Tevouna est celle qu’aborde Etz Chaim, Sha’ar Mayin Noukvin ouMayin Doukhrin (les eaux féminines et masculines), derouch 4, d’après le Zohar au début de la paracha de Michpatim (folio 94, fin du côté b) : « Et il est appelé fils du Saint béni soit-Il », etc. ;
Une explication supplémentaire des âmes dont la racine se trouve en Yisrael Sava et Tevouna est tirée d’Etz Chaim, qui s’appuie sur un passage du début du Zohar sur Michpatim. Ce passage énumère les niveaux de l’âme qu’une personne reçoit à mesure que son mérite grandit et indique qu’à un certain stade elle est appelée « fils du Saint béni soit-Il ».
זכה יתיר יהבין ליה נשמתא מסטרא דאו״א [דאבא ואימא]2 כו׳ שבאותו זיווג העליון דאו״א [דאבא ואימא] יוצאין משם נשמת בני אדם3 כו׳
« S’il mérite davantage, ils lui donnent une nechama du côté d’Abba et Imma », etc. : « C’est de cette union supérieure (zivoug) d’Abba et Imma que sortent les âmes des êtres humains », etc.,
À un stade encore supérieur, il reçoit une nechama « du côté d’Abba et Imma », c’est-à-dire de 'Hokhma et Bina. Etz Chaim ajoute que de telles âmes sortent bien de l’union supérieure d’Abba et Imma.
אלא שעדיין אינן ראויות ואינן נשלמות עד שיזדווגו זו״נ [זעיר אנפין ונוקבא] דאצילות ואז הם יוצאים מזווג ההוא כו׳ עכ״ל [עד כאן לשונו].
« Mais elles ne sont pas encore aptes et ne sont pas encore achevées tant que Zeir Anpin et Noukva d’Atsilout ne s’unissent pas ; alors elles sortent de cette union », etc. Fin de citation.
Mais ces âmes ne sont pas encore achevées ni prêtes à descendre tant que Zeir Anpin et Noukva d’Atsilout ne s’unissent pas ; elles n’émergent de cette union qu’alors. Elles ont donc une double racine : d’abord en Abba et Imma, puis en Zeir Anpin et Noukva.
ועיין בזהר משפטים (דקכ״א סע״ב [סוף עמוד ב] ודקכ״ב א׳) ובמק״מ [ובמקדש מלך] שם ובזח״ג [ובזהר חלק ג] ויקרא (ד״ז ע״ב ודכ״ב א׳ ודק״ס ע״ב)
Voir aussi le Zohar, Michpatim (folio 121, fin du côté b, et folio 122a), ainsi que le Mikdash Melekh à cet endroit ; et le Zohar, partie III, Vayikra (folio 7b, folio 22a et folio 160b),
Le texte renvoie à d’autres passages du Zohar dans Michpatim et Vayikra, ainsi qu’au commentaire du Mikdash Melekh sur ces passages, qui traitent du même thème. La note de Kehot ajoute Yahel Or pour le libellé, ainsi qu’un discours antérieur sur Shir HaShirim qui cite les mêmes passages.
ובמק״מ [ובמקדש מלך] שם שע״ז [שעל זה] נאמר למען אחי ורעי4 שמפני שיש להן חיה ונשמה מאו״א [מאבא ואימא] הם נקראו אחים וריעים לזו״נ [לזעיר אנפין ונוקבא] דאצילות כו׳
et le Mikdash Melekh à cet endroit : c’est à leur propos qu’il est dit « À cause de mes frères et de mes amis » ; car, puisqu’ils ont une haya et une nechama d’Abba et Imma, ils sont appelés frères et amis de Zeir Anpin et Noukva d’Atsilout, etc.
Le Mikdash Melekh applique à ces âmes le verset « À cause de mes frères et de mes amis ». Puisque leurs niveaux d’âme les plus élevés, haya et nechama, proviennent d’Abba et Imma, elles se tiennent aux côtés de Zeir Anpin et Noukva comme des « frères et amis », et non simplement comme leurs enfants.
ולכן מקדשי שמך שמך היינו מלכות שירדה לבי״ע [לבריאה יצירה עשיה] והיא עולה לאצילות ע״י ישראל מקדש שמך שממשיכים בחי׳ קדש ג״פ [ג׳ פעמים] קדוש הם חב״ד [חכמה בינה ודעת]
C’est pourquoi [ils sont] « ceux qui sanctifient Ton Nom ». « Ton Nom » désigne Mal'hout, qui est descendue en Béria, Yetsira et Assiya et qui remonte à Atsilout grâce à Israël, « ceux qui sanctifient Ton Nom », car ils attirent le niveau de kodesh (sainteté) : le triple « Saint » correspond à 'Hokhma, Bina et Daat,
C’est pourquoi Israël est appelé « ceux qui sanctifient Ton Nom », expression qui suit « Qu’Israël se réjouisse en son Créateur » dans la prière des fêtes. « Ton Nom » désigne Mal'hout, qui est descendue dans les mondes inférieurs de Béria, Yetsira et Assiya, et qu’Israël ramène à Atsilout en attirant la « sainteté » (kodesh) ; le triple « Saint » correspond à 'Hokhma, Bina et Daat.
כי בחכמה אתברירו (וזהו ענין מקדשי שמך להיות נמשך שם מ״ה [שם מ״ה] לברר שם ב״ן [שם ב״ן] ועמ״ש בד״ה אסרי לגפן)5
car « par la 'Hokhma ils furent raffinés » (et c’est là le sens de « ceux qui sanctifient Ton Nom » : faire descendre le Nom MaH afin de raffiner le Nom BaN ; voir aussi ce qui est écrit dans le discours qui commence par « S’attachant à la vigne »).
La sainteté est le pouvoir de la 'Hokhma, car « par la 'Hokhma ils furent raffinés ». En termes kabbalistiques, sanctifier le Nom signifie faire descendre le Nom MaH, lié à la 'Hokhma et à l’annulation de soi, afin de raffiner le Nom BaN, lié à Mal'hout et aux étincelles déchues ; le discours sur « S’attachant à la vigne » développe ce sujet.
ובחינת החכמה ממשיכים ישראל למטה לפי שהם משרש ישראל סבא ותבונה כי תבונה היינו גילוי ההתבוננות שמזה נמשך בחינת עונג הגן עדן עליון ותחתון
Et Israël fait descendre le niveau de la 'Hokhma ici-bas, car il est issu de la racine de Yisrael Sava et de Tevouna. Tevouna est en effet la révélation de la contemplation (hitbonenout), d’où est attiré le niveau du plaisir du Gan Eden supérieur et inférieur,
Israël peut faire descendre la 'Hokhma ici-bas parce que sa propre racine se trouve en Yisrael Sava et en Tevouna. Tevouna est la compréhension qui se révèle par la contemplation, et c’est d’elle que provient le plaisir du Gan Eden, tant supérieur qu’inférieur.
דהיינו גילוי התענוג שבכתר מקור התענוגים כי עדן הוא חכמה שם עדייחן אין התענוג בבחי׳ גילוי ועיקר הגילוי הוא בתבונה
c’est-à-dire la révélation du plaisir qui se trouve en Kéter, la source des plaisirs. Car Éden est la 'Hokhma ; là, le plaisir n’est pas encore à l’état révélé, et sa révélation principale se trouve dans Tevouna,
Le plaisir du Gan Eden est la révélation du plaisir caché en Kéter, la source de tous les plaisirs. Dans la 'Hokhma, appelée « Éden », le plaisir est encore caché ; il ne se révèle que dans Tevouna, l’étape où la compréhension est pleinement saisie.
כמו עד״מ [על דרך משל] באדם שעיקר גילוי התענוג הוא בסוף הבנת השכל כ׳ו ומקור נש״יח הוא מבחינת תענוג זה כנודע שההזרעה הוא בגמר ביאה בעת התענוג וכמ״ש גבי שמשון ותאלצהו6 כו׳
comme, à titre d’analogie, chez l’homme, la révélation principale du plaisir a lieu au terme de la compréhension d’une idée, etc. Et la source des âmes d’Israël provient de ce niveau de plaisir, comme on le sait : l’émission de la semence a lieu au terme de l’union, au moment du plaisir ; et comme il est écrit au sujet de Shimshon : « Elle le pressa », etc.
À titre de parallèle humain, le plaisir de comprendre se fait surtout sentir à la fin, lorsqu’une idée est enfin saisie. Les âmes elles-mêmes ont leur racine dans ce plaisir révélé, de même que, dans la procréation humaine, la semence est émise au comble du plaisir ; le verset au sujet de Shimshon, « elle le pressa », est cité à titre d’illustration.
וכך נש״י [נשמות ישראל] נמשכו מעונג שלמעלה שהוא בעת ההשפעה כי למעלה לא שייך שום תענוג אלא שהתענוג הוא במה שמשפיע כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] יותר ממה שהעגל רוצה לינק7 כו׳ וזהו בחינת התענוג שלמעלה והיינו תענוג השפעת הנשמות.
De même, les âmes d’Israël furent attirées du plaisir d’en haut, qui se manifeste au moment du don ; car, en haut, aucun plaisir ne s’applique, si ce n’est que le plaisir réside dans le fait de donner, comme l’ont dit nos Sages de mémoire bénie : « Plus que le veau ne désire téter », etc. Tel est le niveau du plaisir d’en haut, à savoir le plaisir de donner les âmes.
De même, les âmes d’Israël proviennent du plaisir d’en haut au moment où D.ieu donne. En haut, il n’y a aucun plaisir à recevoir : le plaisir réside uniquement dans le don, comme l’illustre l’image des Sages de la vache qui désire allaiter encore plus que le veau ne désire téter.
ולכן יש בהן כח להעלות את המלכות להיות מקדשי שמיך לקדש אותה ממטה למעלה כמו הרי את מקודשת לי פי׳ שתהיה מקודשת לז״א [לזעיר אנפין] בעלה באצילות ותעלה מבי״ע [מבריאה יצירה עשיה]
C’est pourquoi elles ont le pouvoir d’élever Mal'hout, afin qu’elle soit « ceux qui sanctifient Ton Nom », et de la sanctifier de bas en haut, comme dans la formule : « Voici, tu m’es consacrée » (mekoudéchet) ; c’est-à-dire qu’elle soit consacrée à Zeir Anpin, son époux, dans Atsilout, et qu’elle s’élève de Béria, Yetsira et Assiya.
Parce que les âmes proviennent de ce plaisir du don, elles ont le pouvoir d’élever Mal'hout, la Chekhina. L’Admour Hazaken joue sur la formule des fiançailles « tu m’es mekoudéchet (consacrée) » : « sanctifier » Mal'hout, c’est la fiancer à Zeir Anpin, son « époux » dans Atsilout, et l’élever hors des mondes inférieurs.
(והנה מ״ש כי למעלה לא שייך שום תענוג אלא כו׳ לכאורה אינו מובן שהרי אדרבה כתיב כי עמך מקור חיים8 מקור התענוגים עוז וחדוה במקומו9 אך הענין כמ״ש במ״א כי התענוג שלמעלה כביכול אינו
(Or, ce qui a été dit — qu’en haut aucun plaisir ne s’applique, si ce n’est que…, etc. — n’est pas compréhensible à première vue ; car, au contraire, il est écrit : « Car auprès de Toi est la source de la vie », la source des plaisirs, « la force et la joie sont en Son lieu ». Mais l’explication est celle qui est donnée ailleurs : le plaisir d’en haut, pour ainsi dire, n’est pas
Une longue parenthèse pose maintenant la question : comment peut-on dire qu’il n’y a aucun plaisir en haut, alors que l’Écriture appelle D.ieu « la source de la vie », ce que l’Admour Hazaken explique comme la source des plaisirs, et dit que « la force et la joie sont en Son lieu » ? La réponse, dit-il, est expliquée ailleurs.
כמו עד״מ [על דרך משל] התענוג שבאדם שהאדם מקבל התענוג מאיזה דבר אחר שחוץ ממנו כמו מהשגת חכמה מפוארה או מאכילת מאכל ערב ואפילו הנשמות המתענגים על ה׳ בג״ע [בגן עדן] הרי הם מקבלים התענוג על ידי מה שמשיגים
comme, à titre d’analogie, le plaisir chez l’homme : l’homme reçoit le plaisir d’une chose extérieure à lui, par exemple de la compréhension d’une sagesse remarquable ou de la dégustation d’un mets savoureux. Même les âmes qui prennent plaisir en D.ieu dans le Gan Eden reçoivent leur plaisir par ce qu’elles appréhendent :
Le plaisir humain provient toujours de quelque chose d’extérieur à soi, qu’il s’agisse d’une idée brillante ou d’un mets délicieux. Même les âmes du Gan Eden, qui « prennent plaisir en D.ieu », reçoivent ce plaisir de ce qu’elles appréhendent.
זיו השכינה משא״כ אצלו ית׳ הרי אין לך דבר שחוץ ממנו שיתכן לומר שמקבל תענוג מהדבר שחוץ ממנו ח״ו [חס ושלום] אלא אדרבה שהוא עצמו ית׳ הוא מקור התענוגים א״כ [אם כן] הוא והתענוג שלו יתברך כביכול דבר אחד
le rayonnement de la Chekhina (la Présence divine). Mais il n’en va pas ainsi pour Lui, béni soit-Il : rien n’existe en dehors de Lui, de sorte que l’on puisse dire qu’Il reçoit du plaisir d’une chose extérieure à Lui, à D.ieu ne plaise. Au contraire, Lui-même, béni soit-Il, est la source des plaisirs. Ainsi, Lui et Son plaisir, béni soit-Il, sont, pour ainsi dire, une seule et même chose,
Ce que les âmes saisissent, c’est le rayonnement de la Chekhina. D.ieu est différent : rien n’existe en dehors de Lui dont Il pourrait recevoir du plaisir ; Lui-même est la source des plaisirs. Lui et Son plaisir ne font donc, pour ainsi dire, qu’un.
כמו שהוא היודע והוא הדעה עצמה כו׳ וזהו ענין שעשוע המלך בעצמותו הנז׳ [הנזכר] בספר עמק המלך ובע״ח [ובעץ חיים] לא נזכר מזה כלל וזהו גם כן מ״ש ואהיה אצלו שעשועים10 כו׳
de même qu’Il est Celui qui connaît et qu’Il est la connaissance elle-même, etc. C’est là le sens de « le plaisir du Roi en Son essence », mentionné dans le livre Emek HaMelech, tandis qu’il n’en est nullement question dans Etz Chaim. C’est également ce que signifie ce qui est écrit : « Et j’étais auprès de Lui… dans les délices », etc.
Cela correspond au principe selon lequel D.ieu est Celui qui connaît et la connaissance elle-même, plutôt que de connaître au moyen d’une chose qui serait distincte de Lui. L’ouvrage kabbalistique Emek HaMelech appelle cela « le plaisir du Roi en Son essence » ; Etz Chaim n’en parle pas. Le verset « J’étais auprès de Lui… dans les délices » y fait allusion.
אך הרי הוא ית׳ מקבל תענוג ממעשה הצדיקים וכמ״ש הבן יקיר לי אפרים אם ילד שעשועים11 הוא כו׳ ובזהר בדוכתי טובא קוב״ה [קודשא בריך הוא] אתי לאשתעשעא עם צדיקייא בג״ע [בגן עדן]12 כו׳
Pourtant, Lui, béni soit-Il, reçoit du plaisir des actes des tsadikim, comme il est écrit : « Ephraïm est-il pour Moi un fils précieux, un enfant qui fait mes délices ? », etc. Et le Zohar dit en maints endroits : « Le Saint béni soit-Il vient se délecter avec les tsadikim dans le Gan Eden », etc.
Pourtant, l’Écriture et le Zohar parlent du plaisir que D.ieu trouve dans les justes : Ephraïm est appelé « un enfant qui fait mes délices », et le Zohar dit souvent que D.ieu vient se délecter avec les tsadikim dans le Gan Eden. Cela semble indiquer qu’Il reçoit du plaisir de l’extérieur.
והרי בחינת תענוג ושעשוע זה הוא ענין קבלת תענוג ואיך יתכן לומר שיהי׳ [שיהיה] הוא ית׳ בחי׳ מקבל ח״ו [חס ושלום] והרי כלום חסר בבית המלך שיצטרך לקבל ואדרבה אנת הוא שלימותא דכולהו וממך הכל.13
Or, ce niveau de plaisir et de délectation relève bien de la réception du plaisir. Comment peut-on donc dire que Lui, béni soit-Il, se trouve dans la catégorie de celui qui reçoit, à D.ieu ne plaise ? Manque-t-il quelque chose dans la maison du Roi, pour qu’Il ait besoin de recevoir ? Au contraire : « Tu es la perfection de tous » et « de Toi vient tout ».
Recevoir implique un besoin, or rien ne manque dans la maison du Roi. D.ieu est « la perfection de tous », et tout vient de Lui ; comment pourrait-Il donc être celui qui reçoit ?
אך התירוץ שענין השעשוע עם הצדיקים הוא שמתענג כביכול ממה שמשפיע להם שהוא תענוג אין קץ כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] יותר ממה שהעגל כו׳ א״כ [אם כן] אינו בחינת מקבל ח״ו [חס ושלום] כ״א [כי אם] אדרבה התענוג ממה שמשפיע כו׳
La réponse est que le plaisir qu’Il trouve avec les tsadikim consiste à se délecter, pour ainsi dire, de ce qu’Il leur dispense — ce qui est un plaisir sans fin, comme l’ont dit nos Sages de mémoire bénie : « Plus que le veau… », etc. Ainsi, Il ne relève pas de la catégorie de celui qui reçoit, à D.ieu ne plaise ; au contraire, Son plaisir vient de ce qu’Il dispense, etc.,
La réponse est que le plaisir que D.ieu trouve dans les tsadikim est celui qu’Il éprouve à leur donner, un plaisir sans limite, comme l’illustre la vache avide d’allaiter. Il n’est donc nullement celui qui reçoit : Son plaisir réside dans le fait même de donner.
אלא שהשפעה זו א״א [אי אפשר] להיות כ״א [כי אם] כשהם צדיקים שאזי יוכלו לקבל ההשפעה שמהתורה ומצות נעשו לבושים ומזון לנפש שעי״ז יוכלו לקבל הזיו כו׳.
mais cette dispensation ne peut avoir lieu que lorsqu’ils sont des tsadikim, car alors ils peuvent recevoir ce qui leur est dispensé : la Torah et les mitsvot deviennent des vêtements et une nourriture pour l’âme, grâce auxquels elle peut recevoir le rayonnement, etc.
Cette dispensation ne peut avoir lieu que lorsque les personnes sont des tsadikim, car c’est alors seulement qu’elles peuvent la recevoir. Leur Torah et leurs mitsvot deviennent des « vêtements » et de la « nourriture » pour l’âme, qui lui permettent d’accueillir le rayonnement divin.
וזהו מ״ש כאן כי למעלה לא שייך שום תענוג ר״ל [רוצה לומר] שיקבל תענוג מאיזה דבר ח״ו [חס ושלום] אלא שהוא עצמו מקור התענוגים אלא דשייך בחינת קבלת תענוג במה שמשפיע כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] יותר ממה כו׳
C’est là le sens de ce qui a été dit ici : qu’en haut, aucun plaisir ne s’applique, c’est-à-dire qu’Il recevrait du plaisir d’une quelconque chose, à D.ieu ne plaise ; au contraire, Lui-même est la source des plaisirs. En revanche, le niveau de la réception du plaisir s’applique à ce qu’Il dispense, comme l’ont dit nos Sages de mémoire bénie : « Plus que… », etc.
Ainsi, l’affirmation précédente selon laquelle aucun plaisir ne s’applique en haut signifie seulement que D.ieu ne reçoit de plaisir d’aucune chose extérieure à Lui. Le plaisir s’applique bien à Lui dans le fait de donner.
והתהוות שרש נש״י [נשמות ישראל] הוא מבחינת תענוג זה כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] במי נמלך בנשמותיהן של צדיקים14 ועמ״ש בע״ח [בעץ חיים] שער מ״ן [מיין נוקבין] ומ״ן [ומיין נוקבין] דרוש ב׳. גם בפירוש כד סליק ברעותי׳ [ברעותיה] כו׳ ע״ש [עיין שם]. ולכן יש בהם כח להיות מקדשי שמך כו׳ וע׳ [ועיין] בזהר ויחי) (דרמ״ה).
Et la racine des âmes d’Israël vient à l’existence à partir de ce niveau de plaisir, comme l’ont dit nos Sages de mémoire bénie : « Avec qui a-t-Il pris conseil ? Avec les âmes des tsadikim. » Voir aussi ce qui est écrit dans Etz Chaim, Sha’ar Mayin Nukvin uMayin Duchrin, Derush 2, ainsi que l’explication de « Lorsque cela s’éleva dans Sa volonté », etc. Voir là-bas. C’est pourquoi elles ont le pouvoir d’être « ceux qui sanctifient Ton Nom », etc. Voir également le Zohar, Vayechi) (folio 245).
La racine des âmes vient à l’existence à partir de ce plaisir du don ; les Sages l’expriment en disant que D.ieu « a pris conseil auprès des âmes des tsadikim » lorsqu’Il créa Son monde. Le texte renvoie à l’étude, dans Etz Chaim, des eaux féminines et masculines, ainsi qu’à l’explication de « Lorsque cela s’éleva dans Sa volonté », puis clôt la parenthèse par une référence au Zohar sur Vayechi.
ועמ״ש במ״א בענין צחוק עשה לי אלקים15 שהוא ענין צחוק ותענוג עליון הנמשך משם אלקים שהוא ענין להיות יש ודבר נפרד וביטול היש שעי״ז נעשה צחוק ותענוג למעלה
Et voyez ce qui est écrit ailleurs au sujet de « Elokim m’a donné le rire » : il s’agit du rire et du plaisir suprêmes qui émanent du Nom Elokim, et qui consistent en l’apparition d’un yesh (un être existant), d’une entité distincte, puis en l’annulation du yesh, par laquelle le rire et le plaisir se produisent en haut.
Ailleurs, l’Admour Hazaken explique les paroles de Sarah : « Elokim m’a donné le rire. » Le Nom Elokim fait advenir un monde qui se ressent comme une « chose » distincte (yesh) ; lorsque ce yesh s’annule devant D.ieu, un rire et un plaisir surgissent en haut.
C’est là le sens de « Ce Léviathan que Tu as formé pour jouer avec lui », comme il est écrit dans le discours qui commence par « Ordonne aux enfants d’Israël et dis-leur : Mon offrande, Mon pain », etc.,
La même idée apparaît dans le verset sur le Léviathan, « que Tu as formé pour jouer avec lui » : le « jeu » de D.ieu avec Sa création. Le discours sur « Ordonne aux enfants d’Israël… Mon offrande, Mon pain » développe ce thème.
ובד״ה אני ה׳ אלקיכם אשר הוצאתי אתכם מאמ״צ [מארץ מצרים]18 ועמ,ש בד״ה ה׳ לי בעוזרי19 בענין זמן שמחתנו ישמח ה׳ במעשיו כו׳ ובד״ה ביום השמע״צ [השמיני עצרת] גבי
et dans le discours qui commence par « Je suis Havaya, votre D.ieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte ». Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Havaya est avec moi parmi ceux qui me secourent », au sujet de « la saison de notre réjouissance » : « Havaya se réjouira de Ses œuvres », etc. ; et dans le discours qui commence par « Le huitième jour, Atzeret », au sujet de
D’autres développements sur ce plaisir figurent dans le discours sur « Je suis Havaya, votre D.ieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte », ainsi que dans celui sur « Havaya est avec moi parmi ceux qui me secourent », qui explique la fête appelée « la saison de notre réjouissance » à partir du verset « Havaya se réjouira de Ses œuvres ». Un discours pour Chemini Atseret est également cité.
הנה עד״מ [על דרך משל] שיש שני מיני תענוג לפני המלך ובד״ה שוש אשיש20 גבי שהיא מפעלת את השמחה בהוי׳ כו׳:21
« Voici, à titre d’analogie, qu’il existe deux sortes de plaisir devant le roi » ; et dans le discours qui commence par « Je me réjouirai grandement », au sujet de [l’explication selon laquelle] elle suscite la joie en Havaya, etc.
Ce discours sur Chemini Atseret présente une parabole de deux sortes de plaisir devant un roi : l’un lorsqu’on accomplit ses commandements, l’autre lorsqu’il voit son fils revenir d’un pays lointain, image de la techouva. Le discours sur « Je me réjouirai grandement » explique que Knesset Israël, la communauté d’Israël, suscite la joie en Havaya.
Ce paragraphe explique pourquoi les âmes dont la racine se trouve en Yisrael Sava et Tevouna ont le pouvoir de « sanctifier le Nom » et d’élever Mal'hout : elles proviennent du plaisir supérieur que D.ieu éprouve à donner. Une longue parenthèse précise que le plaisir de D.ieu n’est jamais celui d’un être qui reçoit : Il est Lui-même la source du plaisir, et le plaisir qu’Il trouve dans les justes est celui de leur accorder Ses dons.
La distinction entre le plaisir de recevoir et celui de donner permet à l’Admour Hazaken de maintenir ensemble les deux termes d’une tension : D.ieu ne manque de rien, et pourtant Il éprouve véritablement du plaisir dans le service des tsadikim. Les âmes engendrées par ce plaisir le portent dans le monde ; leur service, en annulant la séparation qu’introduit le Nom Elokim, suscite le « rire » céleste évoqué par les versets sur Sarah et le Léviathan.
Maré mekomot
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Vin, huile et pain ¶3
3ב וזהו ענין ויין ישמח לבב אנוש נכנס יין יצא סוד והסוד הוא התענוג שבישראל וגילוי תענוג זה היינו שמחה של מצוה אשר הוא תענוג אשר אהיה כו׳
2. Tel est le sens de : « Le vin réjouit le cœur de l’homme » : « Le vin entre, le secret sort. » Le secret est le plaisir qui se trouve en Israël, et la révélation de ce plaisir est la joie d’une mitsva, qui est le plaisir de « Asher Ehe-yeh », etc.
La section 2 commence par le verset « Le vin réjouit le cœur de l’homme » et par la parole des Sages : « Le vin entre, le secret sort » (yayin, « vin », et sod, « secret », ont tous deux la valeur numérique de 70). Le « secret » est le plaisir caché dans les âmes d’Israël, que le vin révèle sous la forme de la joie d’une mitsva ; ce plaisir est celui de « Asher Ehe-yeh », du Nom « Ehe-yeh asher Ehe-yeh » (« Je serai ce que Je serai »), associé à Kéter.
וגילוי שמחה זו היא עשה רצונו כרצונך1 שרצונך הוא למטה מן הדעת כדי שיעשה רצונך כרצונו שלמעלה מן הדעת בעטרה שעטרה לו אמו2 שבחי׳ העטרה אינה אימא עצמה
Et la révélation de cette joie est : « Fais de Sa volonté ta volonté » — ta volonté, qui est en dessous de Daat (connaissance) — « afin qu’Il fasse de ta volonté Sa volonté », qui est au-dessus de Daat : « avec la couronne dont sa mère l’a couronné ». Car le niveau de la couronne n’est pas Imma elle-même,
Cette joie se révèle à travers l’enseignement de la Michna : « Fais de Sa volonté ta volonté, afin qu’Il fasse de ta volonté Sa volonté » : notre volonté, qui suit notre compréhension, se soumet à la volonté de D.ieu, qui dépasse l’entendement. C’est « la couronne dont sa mère l’a couronné » ; et la couronne, ajoute l’Alter Rebbe, n’est pas Imma (Bina) elle-même.
אלא שנעשית מאימא כמו עטרה גשמית שהיא דבר בפני עצמו ועיקר העטרה היינו גילוי אור אבא
mais elle est faite à partir d’Imma, comme une couronne matérielle, qui est une chose à part entière ; et l’essence de la couronne est la révélation de la lumière d’Abba.
La couronne est façonnée par Imma, mais se tient séparée d’elle, comme une couronne matérielle, un objet distinct posé sur la tête. Son essence est la lumière d’Abba, 'Hokhma, qui brille à travers elle.
כי להיות ויין ישמח לבב אנוש בבחנית פנימית בלבד כמו עד״מ [על דרך משל] כששותים מעט יין אזי משמח הלב משא״כ ריבוי יין מבלבל המוח
Car « Le vin réjouit le cœur de l’homme » ne doit se produire que de manière intérieure, comme, à titre d’analogie, lorsqu’on boit un peu de vin, cela réjouit le cœur, tandis qu’une grande quantité de vin trouble l’esprit.
Le vin ne doit réjouir le cœur que de manière intérieure et mesurée. Un peu de vin réjouit le cœur, tandis qu’une trop grande quantité trouble l’esprit.
ולכן היו מנסכין ע״ג [על גבי] המזבח במדה חצי ההין לפר ושלישית ההין לאיל3 כו׳ כי מזבח הוא בחינת מלכות והיין היינו המשכת הבינה וצ״ל [וצריך להיות / וצריך לומר / וצריך להבין] במדה כי בינה דינין מתערין מינה4
C’est pourquoi on versait les libations sur l’autel selon une mesure : « un demi-hin pour le taureau, et un tiers de hin pour le bélier », etc. Car l’autel correspond au niveau de Mal'hout (souveraineté), et le vin à l’effusion de Bina (compréhension) ; celle-ci doit être mesurée, car « de Bina s’éveillent les jugements ».
C’est pourquoi les libations de vin sur l’autel étaient mesurées : un demi-hin pour le taureau, un tiers de hin pour le bélier. L’autel représente Mal'hout, et le vin l’influence de Bina, qui doit être mesurée car, selon les termes du Zohar, les jugements (dinim) s’éveillent à partir de Bina.
ולכן היה חטא אדה״ר [אדם הראשון] שסחט אשכול ענבים וגם חטא נח וישכר ויתגל בתוך אהלה5 שמזה נמשך וירא חם6 כו׳
C’est pourquoi Adam, le premier homme, pécha en pressant une grappe de raisin, et Noa'h pécha également : « Il s’enivra et se découvrit dans sa tente », ce qui entraîna ensuite : « ‘Ham vit », etc.
Le vin consommé sans mesure conduit au péché. La note de Kehot renvoie au Midrach (Beréchit Rabba) concernant l’opinion selon laquelle l’arbre de la connaissance était une vigne, ce qui explique qu’Adam pressa des raisins ; Noa'h, lui, s’enivra et se découvrit, ce qui conduisit au péché de ‘Ham.
אלא צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] במדה כדי לשמח הלב בלבד בבחינת פנימית כדי לעורר הכתר היינו העטרה שהוא תענוג העליון שמתעורר על ידי שמחה של מצוה
Il faut au contraire que ce soit mesuré, afin de réjouir le cœur seulement, de manière intérieure, pour éveiller Kéter (la Couronne), c’est-à-dire la couronne, qui est le plaisir suprême éveillé par la joie d’une mitsva.
Le vin doit donc être consommé avec mesure, afin de réjouir le cœur de manière intérieure. Son but est d’éveiller Kéter, la « couronne », le plaisir suprême que suscite la joie d’une mitsva.
אבל אחר שנתעורר הכתר העיקר להמשיך מוחין דאבא להצהיל פנים משמן7 שמן בחשאי בעמדם תרפינה כנפיהם.
Mais, une fois Kéter éveillé, l’essentiel est de faire descendre les mo'hin d’Abba, « pour faire rayonner le visage par l’huile ». L’huile [agit] en silence : « Lorsqu’ils se tenaient debout, ils abaissaient leurs ailes. »
Une fois Kéter éveillé, la tâche essentielle consiste à faire descendre Abba, 'Hokhma, symbolisé par l’huile : « pour faire rayonner le visage par l’huile ». L’huile, contrairement au vin, agit en silence, comme les ailes des créatures saintes dans la vision du prophète, qu’elles abaissaient lorsqu’elles se tenaient immobiles.
כנפיהם מה שמעופפים היינו מה שהיו בוערים כו׳ ואחר כך תרפינה נעשה בבחינת ביטול וגילוי אור אבא הוא שבוקע אורות דאימא ויעבור ה׳ על פניו8 כו׳
« Leurs ailes » — leur envol — désigne le fait qu’ils étaient enflammés, etc. ; puis « elles s’abaissent » [leurs ailes] : cela devient un état d’annulation de soi (bitoul). La révélation de la lumière d’Abba est ce qui perce les lumières d’Imma : « Et Havaya passa devant lui », etc.,
Les « ailes » des créatures expriment leur ascension ardente ; les abaisser correspond à un état d’annulation de soi (bitoul). La lumière d’Abba perce alors les lumières d’Imma et descend, comme dans « Et Havaya passa devant lui ».
לירד למטה דהיינו בהתלבשות אורות בכלים אור התורה שנתלבשה בענינים גשמיים תרומות ומעשרות כו׳ (ועיין בפע״ח [בפרי עץ חיים] שי״ב [ששת ימי בראשית] פ״א).
pour descendre en bas, c’est-à-dire par l’enveloppement des lumières dans des réceptacles : la lumière de la Torah, qui s’est enveloppée dans des réalités matérielles, les teroumot et les dîmes, etc. (Voir aussi Pri Etz Chaim, Sha’ar 12, chapter 1.)
Cette descente de 'Hokhma signifie que les lumières entrent dans des réceptacles : la lumière de la Torah s’enveloppe dans des réalités matérielles, telles que les dons sacerdotaux (teroumot) et les dîmes (maasrot). Le texte renvoie à Pri Etz Chaim à ce sujet.
וזהו ענין אדם א׳ דם כיח ההתפעלות והשמחה זהו נמשך מבחי׳ הדמים שבלב וכמו ויין ישמח. והאלף הוא בחי׳ חכמה להמתיק הגבורות.
Et tel est le sens de adam (homme) : alef, dam (sang). Car l’émotion et la joie proviennent du niveau du sang qui se trouve dans le cœur, comme dans « Et le vin réjouit ». Et l’alef est le niveau de 'Hokhma (sagesse), qui adoucit les Guevourot.
Le mot adam, « homme », s’écrit avec un alef suivi de dam, « sang ». Le sang du cœur porte l’émotion et la joie, comme le vin, tandis que l’alef représente 'Hokhma, qui adoucit les sévérités (Guevourot) de cette joie ardente.
ותחת אשר לא עבדת בשמחה9 היינו התחלה אבל אין זה התכלית כי אין זה אלא בחינת רצוא וצ״ל [וצריך להיות / וצריך לומר / וצריך להבין] בחינת שוב לאחד10
« Parce que tu n’as pas servi avec joie » : c’est le commencement, mais ce n’est pas le but ultime, car ce n’est que le niveau de ratzo (l’élan vers le haut) ; il faut aussi le niveau de chov (le retour) vers l’Un,
Le verset qui blâme ceux qui « n’ont pas servi avec joie » montre que la joie est nécessaire, mais qu’elle n’est qu’un commencement : c’est le ratzo, l’élan de l’âme vers D.ieu. Le but est le chov, le retour « vers l’Un », que la partie suivante identifie à l’attraction de la lumière d’Abba.
והיינו המשכת אור אבא דוקא שיהיה אור אבא דוקא בגילוי ואורות דאימא אינן אלא כדי לשמח בלבד
c’est-à-dire l’attraction de la lumière d’Abba précisément, afin que la lumière d’Abba soit précisément révélée ; les lumières d’Imma ne servent qu’à réjouir.
Le chov signifie attirer et révéler la lumière d’Abba, 'Hokhma elle-même. Les lumières d’Imma, Bina, ne servent qu’à susciter la joie.
ולכן בברכת שים שלום שהוא בחינת הזיווג כי באור פניך נתת לנו תורת חיים גילוי אור אבא וזהו להצהיל פנים משמן דוקא שהוא בחינת אבא.
C’est pourquoi, dans la bénédiction « Accorde la paix », qui correspond au niveau de l’union (zivoug), [nous disons :] « Car, par la lumière de Ton visage, Tu nous as donné une Torah de vie » : la révélation de la lumière d’Abba. C’est là le sens de « faire rayonner le visage par l’huile », précisément, qui correspond au niveau d’Abba.
La dernière bénédiction de la Amida, « Accorde la paix », correspond à l’union supérieure (zivoug), et ses paroles « par la lumière de Ton visage, Tu nous as donné une Torah de vie » évoquent la lumière révélée d’Abba. Cette lumière est l’« huile » qui fait rayonner le visage.
(ועמ״ש בד״ה כי תבואו אל ארץ מושבותיכם ועמ״ש ע״פ מאה״ז [מאמר הזהר] בפרשה וירא דקי״ב א׳ ע״פ בת אבי היא11 ובפרשה אמור דף ק׳ ע״ב ומ״ש מזה ג״כ בד״ה שובה ישראל12 ועמ״ש סד״ה יהודה אתה13 גבי בני אביך)
(Voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Quand vous viendrez dans le pays de vos demeures » ; et ce qui est écrit au sujet de la parole du Zohar dans Parshas Vayeira, folio 112a, sur « Elle est la fille de mon père », ainsi que dans Parshas Emor, folio 100b ; et ce qui est également écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Reviens, Israël » ; voir aussi ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Yehudah, toi », au sujet de « les fils de ton père ».)
La parenthèse renvoie à d’autres discours sur ce thème : celui portant sur « Quand vous viendrez dans le pays de vos demeures », des passages du Zohar dans Vayeira (« Elle est la fille de mon père ») et Emor, celui sur « Reviens, Israël », et celui sur « Yehudah, toi », au sujet de « les fils de ton père ». Deux de ces références parlent d’un « père », allusion à Abba.
אך שמן זה היינו בחי׳ ביטול שמחמת השמחה של יין הוא במקורו למעלה במוחין. אבל כשיורד אבא למטה בנצח והוד נקרא לחם כמ״ש ולחם לבב אנוש יסעד.
Cependant, cette huile désigne le niveau de l’annulation de soi qui, par la joie du vin, se trouve à sa source en haut, dans les mo'hin. Mais lorsqu’Abba descend en bas, dans Netsa'h (victoire) et Hod (splendeur), il est appelé pain, comme il est écrit : « Et le pain soutient le cœur de l’homme. »
Cette « huile » de l’annulation de soi se trouve à sa source dans les mo'hin, l’intellect, grâce à la joie du vin. Mais quand Abba descend dans Netsa'h et Hod, il est appelé pain, comme le poursuit le même verset : « et le pain soutient le cœur de l’homme ».
ויסעד היינו עוז של התורה שנותנת כח לחלישות הנשמה כמ״ש במ״א על פסוק בחדש השלישי לצאת14 בני ישראל מארץ מצרים כו׳ ע״ש [עיין שם] וכך לבב אנוש היינו מלכות שירדה לבי״ע [לבריאה יצירה עשיה] רגליה יורדות מות.15
« Soutient » désigne la force de la Torah, qui donne de la force à la faiblesse de l’âme, comme il est écrit ailleurs à propos du verset : « Au troisième mois après que les enfants d’Israël furent sortis du pays d’Égypte », etc. ; voir là-bas. De même, « le cœur de l’homme » désigne Mal'hout, qui est descendue dans les mondes de Béria, de Yetsira et d’Assiya : « Ses pieds descendent vers la mort. »
« Soutient » désigne la force que la Torah donne à la faiblesse de l’âme, comme cela est expliqué dans le discours sur « Au troisième mois » (le don de la Torah). « Le cœur de l’homme » désigne Mal'hout, qui est descendue dans les mondes inférieurs, dont il est dit : « Ses pieds descendent vers la mort. »
(עיין במאורי אור אות א׳ סעיף ק״ד) והכח הזה להיות עולה באצילות הוא ע״י ירידת אור אבא בנו״ה [בנצח והוד] דז״א [דזעיר אנפין] שהם בחי׳ אותיות
(Voir Me’orei Or, lettre alef, section 104.) Cette capacité à s’élever dans le Monde d’Atsilout vient de la descente de la lumière d’Abba dans Netsa'h et Hod de Zeir Anpin (les attributs émotionnels), qui sont le niveau des lettres
La capacité de faire remonter Mal'hout dans le Monde d’Atsilout vient de la lumière d’Abba qui descend dans Netsa'h et Hod de Zeir Anpin, lesquels sont associés aux lettres. Le texte cite Me’orei Or, un ouvrage de référence alphabétique sur les termes kabbalistiques.
(כי נו״ה [נצח והוד] נקרא שוקי האיש16 ורגליו שהן בחי׳ אותיות כמו שהרגלים מוליכים את האדם ממקום למקום. כך על ידי האותיות נמשך השכל כו׳)
(car Netsa'h et Hod sont appelés « les jambes de l’Homme » d’en haut et ses pieds, qui sont le niveau des lettres : de même que les pieds portent une personne d’un endroit à un autre, les lettres transmettent l’intellect, etc.).
Netsa'h et Hod sont les « jambes » de l’Homme d’en haut. De même que les jambes portent une personne d’un endroit à un autre, les lettres transmettent une idée d’un esprit à un autre.
והיינו בחי׳ חטה כי חטה בגימט׳ [בגימטריא] כ״ב שהן כ״ב אותיות כי החטה היא ג״כ בחי׳ חכמה
Et c’est le niveau du blé, car la valeur numérique de ‘hita (blé) est 22, ce qui correspond aux 22 lettres ; car le blé aussi relève de 'Hokhma (sagesse),
Le blé représente ce niveau : ‘hita (« blé », dont les lettres ‘het, tet et hé ont pour valeurs numériques 8, 9 et 5) a pour valeur numérique 22, soit le nombre de lettres de l’alphabet hébraïque. Le blé est également associé à 'Hokhma.
שהרי אין התינוק יודע לקרות אבא עד שיטעום טעם דגן17 אלא שבחי׳ חכמה זו היא בחינ׳ [בחינת / בחינה] קטנות מאד ועמ״ש מזה בד״ה וספרתם לכם גבי חג השבועות
car, en effet, « un enfant ne sait pas dire “Abba” (Père) avant d’avoir goûté à la saveur du grain ». Mais ce niveau de 'Hokhma est un niveau d’extrême petitesse (katnout). Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par « Vous compterez pour vous-mêmes », à propos de la fête de Chavouot.
Le Talmud enseigne qu’un enfant ne peut pas dire « Abba » (Père) avant d’avoir goûté au grain, et l’Admour Hazaken interprète Abba comme désignant 'Hokhma. Il s’agit toutefois de 'Hokhma dans son état le plus petit (katnout) ; le discours sur le compte du Omer en vue de Chavouot, la fête du blé, l’explique plus en détail.
והיינו בחינת אותיות שבחכמה והם בנו״ה [בנצח והוד] דז״א [דזעיר אנפין] ולמטה ששם עה״ד [עץ הדעת] טוב ורע שם הוא התלבשות החכמה וירידתה בבחי׳ לחם להיות עוז ואינה בבחי׳ שמחה
Et c’est le niveau des lettres qui se trouvent dans 'Hokhma ; elles sont dans Netsa'h et Hod de Zeir Anpin et en dessous, là où se trouve l’Arbre de la connaissance du bien et du mal. C’est là que 'Hokhma s’habille et descend sous la forme du pain, pour donner de la force ; elle n’est pas sous la forme de la joie,
Ce sont les « lettres » qui se trouvent dans 'Hokhma, dans Netsa'h et Hod de Zeir Anpin et en dessous, là où se trouve l’Arbre de la connaissance du bien et du mal. C’est là que 'Hokhma s’habille et descend sous la forme du « pain » : elle donne de la force plutôt que de la joie.
כמו היין כי לחם אין בו טעם מתיקות והוא בחי׳ מלכות כמ״ש כי לא על הלחם לבדו יחיה האדם18 (וכמ״ש בזהר ויחי דר״מ ע״א)
comme le vin, car le pain n’a pas de goût sucré ; il relève de Mal'hout, comme il est écrit : « Car l’homme ne vit pas de pain seulement » (et comme il est écrit dans le Zohar, Vayechi, folio 240a).
Le pain n’a pas la douceur du vin et relève de Mal'hout. Le verset « l’homme ne vit pas de pain seulement » y fait allusion, et le texte cite le Zohar sur Vayechi.
ואעפ״כ [ואף על פי כן] תחלה הוא הלחם כנודע שאי אפשר לשתות יין אליבא ריקנא ושם הוא לחמו בלחמי19 שתי הלחם הם נו״ה [נצח והוד] איהו בנצח ואיהי בהוד כו׳
Néanmoins, le pain vient d’abord, car, comme on le sait, il est impossible de boire du vin à jeun (aliba reikana). Et il est dit : « Mangez de mon pain » (lachamu belachmi) : les deux pains sont Netsa'h et Hod, « Lui dans Netsa'h et elle dans Hod », etc.
Le pain doit pourtant venir d’abord, tout comme il ne convient pas de boire du vin à jeun. Le verset « Venez, mangez (lachamu) de mon pain (lachmi) » désigne les deux pains offerts à Chavouot, qui correspondent à Netsa'h et Hod, selon la formule kabbalistique « Lui dans Netsa'h et elle dans Hod ».
והוד הוא בניקוד מלאפום ולכן נקרא חלמו גם לחמו לשון רבים היניו עליות המלכות מרה״ר [מרשות הרבים] טורי דפרודא כו׳
Et Hod est associé à la voyelle mélopoum ; c’est pourquoi on l’appelle « lachamu ». De plus, « lachamu » est au pluriel : cela désigne les élévations de Mal’hout depuis le domaine public, « les montagnes de la séparation », etc.
La voyelle de Hod est le mélopoum, qui, comme l’explique la note de Kehot, est le nom séfarade du chourouk ; « lachamu » se termine par cette voyelle et correspond donc à Hod. Sa forme plurielle évoque l’élévation de Mal’hout depuis le « domaine public », le domaine de la multiplicité appelé « les montagnes de la séparation ».
ולחמי היינו איהו בנצח שהוא בניקוד חירק שאח״כ [שאחר כך] יוכל להיות יין המשמח ולהיות להצהיל פנים משמן דוקא בעטרה שעטרה לו אמו כו׳
Et « lachmi » signifie « Lui en Netsa’h », associé à la voyelle hirik ; alors peuvent venir ensuite le vin qui réjouit et « faire rayonner le visage par l’huile », précisément « avec la couronne dont sa mère l’a couronné », etc.
« Lachmi » se termine par un hirik, la voyelle de Netsa’h (« Lui en Netsa’h »). Après ce « pain » peuvent venir le vin qui réjouit et l’huile qui fait rayonner le visage, jusqu’à « la couronne dont sa mère l’a couronné ».
אך בחינת העטרה זו צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] צאינה וראינה צאינה מאצילות כי באצילות הכל בבחינת מקיפים ואיהו וחיוהי חד ואינו נראה ונגלה כו׳
Mais ce niveau de la couronne doit être « Sortez et contemplez » : « sortez » d’Atsilout, car dans Atsilout tout est dans le mode des lumières enveloppantes, et « Lui et Ses forces vitales sont un » ; il n’est ni vu ni révélé, etc. ;
Cette couronne ne peut pourtant pas être vue dans Atsilout, où tout est lumière enveloppante et où « Lui et Ses forces vitales sont un » : rien ne s’en détache pour qu’on puisse la percevoir. C’est pourquoi le verset dit « Sortez » : sortez d’Atsilout.
mais seulement « Sortez et contemplez, filles de Sion », c’est-à-dire dans les palais (heikhalot) de Béria : là, la gloire de la révélation du plaisir est ressentie et révélée, etc.
La couronne n’est visible que dans les « palais » (heikhalot) de Béria, le premier monde d’existence séparée, où la gloire du plaisir révélé peut être ressentie. La section 5 revient sur la question de savoir comment cela est possible.
La section 2 retrace la manière dont la joie d’une mitsva (« le vin ») éveille Kéter, la couronne, et explique pourquoi le but est de faire descendre 'Hokhma (« l’huile ») et de la faire descendre dans Netsa'h et Hod sous la forme du « pain », les lettres de la Torah qui nourrissent l’âme. Elle s’achève en indiquant que la couronne ne peut être « vue » qu’en sortant d’Atsilout pour entrer dans Béria.
Les trois aliments correspondent aux Séfirot : le vin à Bina, l’huile à 'Hokhma, et le pain à la descente de 'Hokhma dans Netsa'h et Hod. Le vin suscite le ratso, une ascension ardente ; l’huile suscite le bitoul ; le pain, bien qu’il soit sans goût, doit venir en premier, et ce n’est qu’après lui que le vin réjouissant et l’huile rayonnante trouvent leur accomplissement. Cela prépare la question de la section 3 : pourquoi le pain, le plus bas, « nourrit-il » davantage que le vin ?
Maré mekomot
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- 22
Des conseils venus de loin ¶4–8
4ג והנה להבין עניל הלחם שאנו רואים שהלחם דוקא יסעד לבב אנוש יותר מהיין כו׳ וגם כאן מבואר ששרשו מאבא שהוא למעלה מבחי׳ יין שהוא אימא כו׳
3. À présent, pour comprendre la question du pain : nous voyons que le pain, précisément, « soutient le cœur de l’homme » davantage que le vin, etc. ; et ici aussi, il est expliqué que sa racine vient d’Abba, qui est au-dessus du niveau du vin, lequel correspond à Imma, etc.
La section 3 demande pourquoi le pain, parmi tous les aliments, « soutient le cœur de l’homme » davantage que le vin, et pourquoi sa racine devrait se trouver en Abba, 'Hokhma, qui est supérieur au vin, Imma, Bina. « Le cœur de l’homme » a été identifié plus haut à Mal'hout.
ויובן ע״ש [עיין שם] מ״ש באגה״ק [באגרת הקודש] בתחלתו ע״פ חגרה בעוז מתניה1 אין עוז אלא תורה שהיא נותנת כח ועוז לבחי׳ מתנים כו׳ ע״ש [עיין שם].
Cela se comprendra à partir de ce qui est écrit au début d’Iggeres HaKodesh, à propos du verset : « Elle ceint ses reins de force » : « La force n’est autre que la Torah », qui donne puissance et force au niveau des reins, etc. Voir là-bas.
La réponse s’appuie sur le début d’Iggeres HaKodesh, à propos du verset « Elle ceint ses reins de force », où la « force » désigne la Torah. La Torah donne de la force aux « reins ».
והנה המתנים הם נו״ה [נצח והוד] שנקראים תרין שוקין ובמקום המתנים בפנים שם הם הכליות שנו״ה [שנצח והוד] נק׳ ג״כ כליות יועצות.
Or, les reins correspondent à Netsa'h et Hod, qui sont appelés « les deux cuisses » (terein shokin) ; et, à l’intérieur, à l’emplacement des reins, se trouvent les reins au sens propre, car Netsa'h et Hod sont également appelés « les reins qui conseillent ».
Dans la représentation kabbalistique du corps, les reins correspondent à Netsa'h et Hod, les « deux cuisses ». À l’intérieur, à l’emplacement des reins, se trouvent les reins au sens propre, traditionnellement appelés « les reins qui conseillent » ; Netsa'h et Hod sont donc aussi la faculté de conseil.
ומבואר בע״ח [בעץ חיים]2 שנה״י [שנצח הוד יסוד] חדשים נמשכים מהכתר (בפע״ח [בפרי עץ חיים] שער העמידה פי״ד [פרק י״ד / פרשה י״ד]3 איתא וז״ל [וזה לשונו] אריך אנפין שהוא הכתר הנקרא אל עליון שהוא הגומל חסדים שהם נה״י [נצח הוד יסוד] דזעיר אנפין המוציא אותם בסוד תוספות מחדש4 עכ״ל [עד כאן לשונו])
Et il est expliqué dans Etz Chaim que les nouveaux Netsa'h, Hod et Yessod sont attirés depuis Kéter (la Couronne) (dans Pri Etz Chaim, Sha’ar HaAmidah, chapitre 14, il est dit, et voici ses termes : « Arich Anpin, qui est Kéter, appelé Kel Elyon (D.ieu Très-Haut), est Celui qui “accorde les bontés”, à savoir Netsa'h, Hod et Yessod de Zeir Anpin, qu’Il fait surgir selon le mystère d’un ajout nouveau. » Fin de citation.)
Etz Chaim enseigne que Zeir Anpin reçoit un Netsa'h, un Hod et un Yessod « nouveaux », et qu’ils proviennent de Kéter. Le texte cite Pri Etz Chaim à propos de la première bénédiction de la Amida : Arich Anpin, qui est Kéter, est « Kel Elyon », Celui qui « accorde les bontés » ; ces bontés sont les nouveaux Netsa'h, Hod et Yessod donnés à Zeir Anpin en supplément.
ועיין בפי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות] בפ׳ בראשית (דף ח׳ ריש ע״א) גבי לכל עושיהם5 מ״ש בשם ספר הליקוטים בדרוש נה״י [נצח הוד יסוד] החדשים כו׳.
Voir aussi le commentaire du Ramaz (Rabbi Moshe Zacuto) sur Parshas Bereishis (folio 8, début du recto), à propos de « à tous ceux qui les pratiquent » : ce qu’il écrit au nom de Sefer HaLikkutim dans le discours sur les nouveaux Netsa'h, Hod et Yessod, etc.
Dans son commentaire du Zohar, le Ramaz cite un autre enseignement sur les nouveaux Netsa'h, Hod et Yessod, tiré de Sefer HaLikkutim et lié au verset « [une bonne intelligence] pour tous ceux qui les pratiquent ».
וזהו חגרה בעוז מתניה עוז היינו התורה ששרשה מהכתר ממנה נמשך הכח ועוז לבחי׳ מתנים שהם נו״ה [נצח והוד].
Et c’est là le sens de « Elle ceint ses reins de force » : la « force » désigne la Torah, dont la racine vient de Kéter ; c’est d’elle que sont attirées la puissance et la force vers le niveau des reins, qui correspondent à Netsa'h et Hod.
Ainsi, « Elle ceint ses reins de force » signifie que la Torah, dont la racine se trouve en Kéter, donne de la force à Netsa'h et Hod. Ce qui est au plus haut donne sa force à ce qui est au plus bas.
והענין הוא כמו עד״מ [על דרך משל]6 שאנו רואים שיש אדם שאע״פ [שאף על פי] שמשיג השכל עכ״ז [עם כל זה] אינו יכול לללמדו לזולתו כ״א [כי אם] לעצמו הוא מבין
L’explication est la suivante : à titre d’analogie, nous voyons qu’il est des personnes qui, bien qu’elles saisissent une idée, ne peuvent cependant pas l’enseigner à autrui ; elles ne la comprennent que pour elles-mêmes,
L’analogie est la suivante : certaines personnes comprennent une idée suffisamment bien pour elles-mêmes, mais ne peuvent l’enseigner à personne d’autre.
אבל אינו יכול להשפיעו ולהבינו לאחרים והטעם הוא מפני שהוא אינו בר שכל גדול כל כך לכך די לו להפקיע את עצמו
mais ne peuvent ni la communiquer ni la faire comprendre à autrui. La raison en est qu’elles ne possèdent pas un intellect d’une telle ampleur ; aussi leur suffit-il de se satisfaire elles-mêmes,
La compréhension de ces personnes n’est pas assez ample pour dépasser leur propre satisfaction intellectuelle.
אבל לא יוכל לשית עצות בנפשו איך להשפיע לזולתו כמ״ש באגה״ק [באגרת הקודש] בד״ה להבין משל ומליצה שכדי להשפיע צריך להתייעץ איך להשפיע בדרך שיוכל המקבל לקבל ההשפעה.7
mais il ne peut pas « prendre conseil en lui-même » sur la manière de transmettre [cela] à autrui, comme il est écrit dans Igueret Hakodech, dans l’épître qui commence par « Comprendre une parabole et une figure » : pour transmettre, il faut prendre conseil sur la manière de le faire, afin que le destinataire puisse recevoir ce qui lui est transmis.
Il lui manque la capacité de « prendre conseil » sur la manière de communiquer l’idée. Igueret Hakodech, dans l’épître « Comprendre une parabole », explique qu’enseigner demande de réfléchir à la façon de présenter une idée pour que l’élève puisse la recevoir.
שאם יאמרנה כמו שהיא בשכלו לא יוכל הבן שהוא קטן להבין ולקבל רק צריך לו לסדר בסדר וענין אחר דבר
Car s’il l’exprime telle qu’elle se présente dans son propre esprit, son fils, qui est encore petit, ne pourra ni comprendre ni recevoir [cela] ; il doit plutôt la disposer pour lui selon un autre ordre et d’une autre manière : « une parole
Si l’enseignant expose l’idée telle qu’elle se présente dans son propre esprit, un jeune fils ne la comprendra pas. Il doit la remanier pour lui selon un autre ordre et sous une autre forme : « une parole dite à propos ».
דבור על אופניו מעט מטע ובחי׳ עצה זו נקרא נצח והוד שהן כליות יועצות כו׳ וגם נו״ה [נצח והוד] נק׳ שחקים ורחיים ששוחקים מן לצדיקים8
dite à propos », peu à peu. Ce niveau de conseil est appelé Netsa’h (victoire) et Hod (splendeur), qui sont « les reins qui conseillent », etc. Netsa’h et Hod sont aussi appelés Che’hakim et meules, qui broient la manne pour les tsadikim,
L’idée doit être transmise peu à peu ; cette faculté de conseil correspond à Netsa’h et Hod, les « reins qui conseillent ». Netsa’h et Hod sont aussi appelés Che’hakim, le ciel où, selon le Talmud, des meules broient la manne pour les justes.
כמו הטוחן ברחיים עד״מ [על דרך משל] שמפרר החטה9 לחלקי׳ [לחלקים] דקים מאד כך צריך האב להקטין השכל ודבר חכמה שרוצה להשפיע לבנו ולחלקו לחלקים רבים לומר לו מעט מעט במועצות ודעת כו׳ כמ״ש כ״ז [כל זה] באגה״ק [באגרת הקודש] שם.101112131415161718192021222324252627282930313233343536373839404142434445464748495051
comme celui qui moud avec des meules, à titre d’analogie, en réduisant le blé en particules très fines. De même, le père doit réduire l’idée et la parole de sagesse qu’il souhaite transmettre à son fils, et les partager en de nombreuses parties, pour les lui dire peu à peu, avec conseil et discernement, etc., comme tout cela est écrit dans Igueret Hakodech, à cet endroit.
De même qu’une meule réduit le blé en farine fine, un père doit réduire son idée et la diviser en nombreuses petites portions, afin d’enseigner à son fils peu à peu. Tout cela, note l’Admour Hazaken, se trouve dans Igueret Hakodech.
La section 3 explique pourquoi le « pain » humble de Netsa'h et Hod a une racine élevée : la capacité d’adapter une sagesse et de la transmettre à un destinataire de moindre niveau est un « conseil » que seul un intellect supérieur peut fournir. Netsa'h et Hod, facultés de ce conseil, sont donc attirés depuis Kéter, comme l’enseigne Etz Chaim à propos des nouveaux Netsa'h, Hod et Yessod.
Le paragraphe renverse l’ordre habituel des valeurs : Netsa'h et Hod occupent une place basse parmi les Séfirot, mais ce qu’ils incarnent — traduire une idée profonde pour un destinataire de moindre niveau — ne peut venir que de ce qui se situe au-delà de l’intellect. Cela prépare la conclusion selon laquelle le « pain » de la Torah — ses lettres et ses lois déclinées pour chacun — prend racine plus haut que le « vin » de son plaisir révélé.
Maré mekomot
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- 2ומבואר בע״ח · ע׳ ש׳ א״א (פ״ז) קרוב לסופו. וע״ל פקודי (ח, א) סד״ה מחר חודש הנמצא בס׳ אור התורה ובבי׳[ואר] סי׳ ו. [כ].
- 3בפע״ח שער העמידה פי״ד · וראה גם לעיל פ׳ מסעי צ, ג. האזינו עו, ג.
- 4אריך אנפין שהוא הכתר הנקרא אל עליון שהוא הגומל חסדים שהם נה״י דזעיר אנפין המוציא אותם בסוד תוספות מחדש · Pri Etz Chaim, Gate of the Silent Prayer 14:2
- 5לכל עושיהם · Psalms 111:10
- 6כמו עד״מ כששותים . . להצהיל פנים משמן · ראה אוה״ת נ״ך כרך א ע׳ תש.
- 7שכדי להשפיע צריך להתייעץ איך להשפיע בדרך שיוכל המקבל לקבל ההשפעה · Tanya, Iggeres HaKodesh 15:11
- 8ששוחקים מן לצדיקים · Chagigah 12b:5
- 9חטה . . כ״ב אותיות · ת״ז (תט״ז). שם (תס״ט) קי, ב-ד. [כ].
- 10מיהו בפרשה בראשית (ד״ו ע״א) · מובא גם לעיל פ׳ צו יא, א. וראה מאמרי אדה״א במדבר כרך ב ע׳ שעט.
- 11בע״ח שכ״ב פ״ג · בדפוס שקלאוו תק״ס. לפנינו שכ״ג רפ״ז. [כ].
- 12ועיין בזהר משפטים דקכ״א סע״ב · ראה הלשון ביהל אור ע׳ תפז. וראה לעיל יט, ג.
- 13למען אחי ורעי · Psalms 122:8
- 14ומקור נש״י · ראה אוה״ת פנחס ע׳ א׳קמ.
- 15ותאלצהו · Judges 16:16
- 16כי עמך מקור חיים · Psalms 36:10
- 17אך הענין כמ״ש במ״א כי התענוג שלמעלה כביכול · ראה לעיל ויקרא נא, ב. פ׳ שלח מז, א.
- 18שעשוע המלך בעצמותו · ראה מאמרי אדה״א במדבר כרך ב ע׳ שעט.
- 19ואהי׳ שעשועים · Proverbs 8:30
- 20הבן יקיר לי אפרים · Jeremiah 31:20
- 21קוב״ה אתי לאשתעשעא עם צדיקיא בג״ע · Zohar I, 72a
- 22במי נמלך בנשמותיהן של צדיקים · ראה רות רבה רפ״ב.
- 23לויתן זה יצרת · Psalms 104:26
- 24בד״ה צו את בנ״י · לעיל פ׳ פנחס עז, ג.
- 25ובד״ה אני ה׳ אלקיכם · לעיל פ׳ שלח מח, ג ואילך.
- 26בד״ה ה׳ לי בעוזרי · לעיל שמע״צ פח, ד.
- 27ובד״ה ביום השמע״צ · לעיל שמע״צ פג, ד.
- 28ובד״ה שוש אשיש · לעיל נצבים מז, ד.
- 29ויין ישמח לבב אנוש · Psalms 104:15
- 30חצי ההין לפר ושלישית ההין לאיל · Numbers 28:14
- 31בינה דינין מתערין מינה · Zohar II, 175b
- 32חטא אדה״ר שסחט אשכול ענבים · ב״ר טו, ח.
- 33וישכר ויתגל בתוך אהלה · Genesis 9:21
- 34ויעבור ה׳ על פניו · Exodus 34:6
- 35ותחת אשר לא עבדת בשמחה · Deuteronomy 28:47
- 36שוב לאחד · הקדמת ת״ז (ז, א). [כ]. נזכר בלקו״ת כמה פעמים. נרשם לעיל במפתח ענינים לכ״ק אדמו״ר בערך אם רץ לבך.
- 37בד״ה כי תבואו אל ארץ מושבותיכם · לעיל פ׳ בהר מ, ג.
- 38ע״פ מאה״ז בפרשה וירא · ביאוה״ז לאדה״א י, ג ואילך.
- 39ובפרשה אמור דף ק׳ ע״ב · ביאוה״ז לאדה״א פ, ג ואילך. נזכר לעיל פ׳ בהר מ, ג. מטות פד, ג.
- 40בד״ה שובה ישראל · לעיל ש״ש סה, א.
- 41סד״ה יהודה אתה · תו״א מה, ד.
- 42כמ״ש במ״א ע״פ בחדש השלישי · תו״א סז, א ואילך.
- 43עיין במאורי אור אות א׳ סעיף ק״ד · נעתק באוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ שצ.
- 44אין התינוק יודע לקרות אבא · Berakhot 40a:14
- 45בד״ה וספרתם לכם גבי חג השבועות · Numbers 10:3
- 46כי לא על הלחם לבדו יחי׳ האדם · Deuteronomy 8:3
- 47בזהר ויחי דר״מ ע״א · ראה אוה״ת פ׳ עקב כרך ה ע׳ ב׳כג.
- 48וע״ד מ״ש באגה״ק ד״ה איהו וחיוהי · סי׳ כ (קל, א).
- 49והוד הוא בניקוד מלאפום · באמת הוד בנקוד שורק ומ״ש אדמו״ר מלאפום בלשון ספרד נק׳ מלאפום שורק כידוע. [כ].
- 50
- 51
5ולכן מי שאינו בר שכל גדול לא יוכל לשית עצות איך להשפיע ע״כ [על כן] אע״פ [אף על פי] שמבין השכל בפ״ע [בפני עצמו] אינו יכול להשפיע לזולתו רק דוקא מי שהוא בר שכל גדול הוא שיכול להשפיע
Ainsi, celui qui n’est pas doué d’une grande intelligence ne peut trouver conseil sur la manière de transmettre. Par conséquent, bien qu’il comprenne l’idée en elle-même, il ne peut la transmettre à autrui. Seul celui qui est doué d’une grande intelligence peut la transmettre,
L’analogie s’achève ainsi : seul quelqu’un doté d’une grande intelligence peut « trouver conseil » sur la manière de transmettre ; les autres comprennent par eux-mêmes, mais ne peuvent pas communiquer ce qu’ils ont compris.
כי מחמת גודל שכלו ועמקות דעתו יוכל להתייעץ איך להשפיע אפילו להבן שהוא קטן כו
car, grâce à l’ampleur de son intelligence et à la profondeur de sa compréhension, il peut trouver conseil sur la manière de transmettre, même à un fils encore petit, etc.
Une grande intelligence, par son ampleur et sa profondeur, peut trouver le moyen de faire comprendre une idée même à un jeune enfant.
נמצא עצה זו שהיא בחי׳ נו״ה [נצח והוד] שרשו נמשך דוקא מגדלות השכל שלמעלה מעצם השכל שהוא משפיע כו׳ לכן יש שמשיג השכל ואעפ״כ [ואף על פי כן] אינו יכול להשפיע.
Il s’ensuit que ce conseil, qui relève de Netsa'h (victoire) et de Hod (splendeur), a sa racine précisément dans la grandeur de l’intellect, qui est au-delà de l’idée même qu’il transmet, etc. C’est pourquoi certains saisissent l’idée et ne peuvent pourtant pas la transmettre.
Ainsi, le conseil de Netsa'h et de Hod prend sa racine dans une grandeur de l’intellect qui dépasse l’idée enseignée. C’est pourquoi comprendre une idée ne suffit pas pour pouvoir l’enseigner.
וכך יובן הנמשל למעלה שזהו ענין שנה״י [שנצח הוד יסוד] החדשים נמשכים מהכתר. (ועמ״ש מזה ג״כ בביאור ע״פ אלה מסעי).12
On comprendra de même l’analogue dans les mondes supérieurs : c’est là le sens du fait que les nouveaux Netsa'h, Hod et Yessod sont issus de Kéter (la Couronne). (Voir également ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication du verset « Voici les étapes ».)
Il en va de même dans les mondes supérieurs : les nouveaux Netsa'h, Hod et Yessod de Zeir Anpin sont issus de Kéter, qui se situe au-delà de l’intellect. Le texte renvoie à l’explication de « Voici les étapes » dans la paracha de Masei, que la note de Kehot identifie comme le deuxième biour à cet endroit, section 3.
כי הנה עולמות בי״ע [בריאה יצירה עשיה] הם בעלי גבול ותכלית ואינן ערוך כלל לאצילות שבו מלובש אור א״ס [אין סוף] ב״ה
Car les mondes de Béria, Yetsira et Assiya sont limités et finis ; ils ne sont absolument pas comparables à Atsilout, où est revêtue la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il.
Les mondes inférieurs de Béria, Yetsira et Assiya sont finis et ne sont pas comparables à Atsilout, où la Lumière infinie est revêtue. Il faut donc quelque chose pour franchir cet écart.
לכן כדי להיות השפעת האור והחיות מצילות לבי״ע [לבריאה יצירה עשיה] זהו ע״י נו״ה [נצח והוד] שנק׳ מא זני צדק ששוקלי׳ [ששוקלים] איך וכמה יהי׳ [יהיה] ההשפעה מבחי׳ צדק מל׳ [מלכות] דאצילות המחיה בי״ע [בריאה יצירה עשיה] וזהו ענין כליות יועצות כו׳.3
Par conséquent, pour que la lumière et la force vitale (force vitale) se déversent d’Atsilout vers Béria, Yetsira et Assiya, cela s’effectue par Netsa'h et Hod, qui sont appelés « balances de justice » (moznei tzedek), car ils évaluent comment et dans quelle mesure le flux émanera du niveau de Tzedek, la Mal'hout (souveraineté) d’Atsilout, qui donne vie à Béria, Yetsira et Assiya. C’est là le sens des « reins conseillers », etc.
Netsa'h et Hod font le lien : ce sont les « balances de justice » qui évaluent quelle mesure d’influence peut passer de la Mal'hout d’Atsilout, appelée Tzedek, vers les mondes inférieurs. Cette évaluation constitue le « conseil » des reins.
L’analogie s’achève ainsi : la capacité d’enseigner provient d’une grandeur qui dépasse le sujet enseigné ; le « conseil » de Netsa'h et de Hod est donc issu de Kéter. Dans les mondes supérieurs, ce conseil permet à la lumière d’Atsilout de se déverser de façon mesurée dans les mondes finis d’en bas.
Tzedek est un nom de la Mal'hout d’Atsilout, qui donne vie aux mondes inférieurs, et Netsa'h et Hod « pèsent » cette force vitale afin que les mondes finis puissent la recevoir. L’image des balances exprime l’idée que mesurer un flux pour un réceptacle fini exige une source qui dépasse ce flux lui-même.
Maré mekomot
- 1בביאור ע״פ אלה מסעי · הב׳ — פ״ג. [כ].
- 2אלה מסעי · Numbers 33:1
- 3
6ולכך גם נבואת משה הי׳ [היה] רק מבחי׳ נו״ה [נצח והוד] וכמ״ש האריז״ל [האר״י זכרונו לברכה] בשער הנבואה פ״א1 וכמ״ש באגה״ק [באגרת הקודש] בד״ה עוטה אור שלמעלה מנו״ה [מנצח והוד] אין שום השגה לנביא וחוזה.2
C’est pourquoi même la prophétie de Moché ne relevait que du niveau de Netsa'h (victoire) et de Hod (splendeur), comme l’écrit le Ari zal dans Sha’ar HaNevuah, chapitre 1, et comme il est écrit dans Igueret HaKodech, dans l’épître qui commence par « Il se couvre de lumière » : au-dessus de Netsa'h et de Hod, un prophète ou un voyant n’a aucune appréhension.
C’est pourquoi même la prophétie de Moché provenait de Netsa'h et de Hod. La note de Kehot cite le Sha’ar HaNevuah du Ari zal : Moché, le maître de tous les prophètes, prophétisait à partir des deux premières articulations de Netsa'h et de Hod du Zeir Anpin, du côté intérieur, ce qu’aucun autre prophète ne pouvait faire ; et l’épître d’Igueret HaKodech intitulée « Il se couvre de lumière » enseigne qu’au-dessus de Netsa'h et de Hod, un prophète n’a aucune appréhension.
ולכן התהוות נה״י [נצח הוד יסוד] חדשים שהם בחי׳ עצה הנ״ל איך להשפיע למקור דבי״ע [דבריאה יצירה עשיה] נמשך דוקא מבחינת הכתר.
C’est pourquoi l’apparition des nouveaux Netsa'h, Hod et Yessod, qui sont le niveau du conseil mentionné plus haut — comment influer sur la source de Béria, Yetsira et Assiya — se déploie précisément à partir du niveau de Kéter (la Couronne).
Puisque Netsa'h et Hod sont le « conseil » qui adapte la lumière divine à la source des mondes inférieurs, leur forme nouvelle doit provenir de Kéter, le niveau le plus élevé.
ע״ד [על דרך] המגביהי לשבת המשפילי לראות3 בשמים ובארץ4 דהפי׳ כי לפי שהוא גבוה מאד נעלה ע״כ [על כן] שמים וארץ ומעלה ומטה שוין לפניו.
Cela correspond à : « Celui qui siège dans les hauteurs et s’abaisse pour regarder le ciel et la terre » ; cela signifie que, parce qu’Il est infiniment élevé et exalté, le ciel et la terre, le haut et le bas, sont égaux devant Lui.
Le verset « Celui qui siège dans les hauteurs et s’abaisse pour regarder le ciel et la terre » l’illustre. D.ieu est si exalté que le ciel et la terre, le haut et le bas, sont égaux devant Lui.
ולכן משפילי לראות אפי׳ [אפילו] בארץ כמו בשמים כו׳. וזהו מ״ש בזהר פ׳ בלק (דקצ״ג ע״ב) ע״פ ה׳ אלקי אתה ארוממך אודה שמך
C’est pourquoi Il « s’abaisse pour regarder » la terre aussi bien que le ciel, etc. C’est ce qui est écrit dans le Zohar, parachat Balak (folio 193b), à propos du verset : « Havaya, Tu es mon D.ieu ; je T’exalterai, je louerai Ton Nom,
C’est pourquoi Il peut regarder la terre aussi bien que le ciel. Le Zohar, à propos de Balak, exprime la même idée en commentant les mots de Yechayahou : « des conseils venus de loin ».
כי5 עשית פלא עצות מרחוק אמונה אמן (בישעיה סי׳ כ״ה) עצות מרחוק מאן נינהו אינן תרין בדי ערבות דכל עיטא דנביאים מתמן אתיא6 אינון איקרון עצות מרחוק.
car Tu as accompli des merveilles, des conseils venus de loin, avec fidélité et vérité » (dans Isaïe, chapitre 25) : « “Des conseils venus de loin” : qui sont-ils ? Ce sont les deux branches de saule (badei aravot), car tous les conseils des prophètes viennent de là ; on les appelle “des conseils venus de loin”. »
Le Zohar explique que les « conseils venus de loin » sont les « deux branches de saule », Netsa'h et Hod, d’où proviennent tous les conseils des prophètes.
ור״ל [ורוצה לומר] שבחי׳ נו״ה [נצח והוד] שנק׳ עצות הם מקבלים הכח לזה מרחוק דהיינו מבחי׳ חכמה וכתר וכמ״ש אמרתי אחכמה7 והיא רחוקה ממני.
Autrement dit, le niveau de Netsa'h et Hod, appelés « conseils », reçoit « de loin » la force nécessaire à cette fonction, c’est-à-dire du niveau de 'Hokhma (sagesse) et de Kéter ; comme il est écrit : « J’ai dit : “Je deviendrai sage”, mais cela est loin de moi. »
L’Admour Hazaken ajoute qu’ils viennent « de loin » parce qu’ils tirent leur force de niveaux très éloignés au-dessus d’eux, de 'Hokhma et de Kéter, dont le roi Chlomo disait : « J’ai dit : “Je deviendrai sage”, mais cela est loin de moi. »
וע״ז [ועל זה] נאמר ג״כ כי עשית פלא כו׳ שנמשך מבחי׳ פלאות חכמה שלמעלה מהשכל המושג כו׳ וזהו פלא יועץ8 כו׳ ע״ש [עיין שם].
C’est aussi à ce propos qu’il est dit : « car Tu as accompli des merveilles », etc. : cela se déploie à partir du niveau des merveilles de la sagesse (pela’ot 'hokhma), qui dépasse l’intellect accessible à la compréhension, etc. C’est là le sens de « Conseiller merveilleux » (pele yo’ets), etc. ; voir là-bas.
« Tu as accompli des merveilles » fait allusion aux « merveilles de la sagesse », qui dépassent l’intellect accessible à la compréhension. L’expression « Conseiller merveilleux » (pele yo’ets) réunit ces deux idées : un conseil dont la racine se trouve dans le merveilleux.
וזהו ענין חגרה בעוז9 דוקא מתניה כנ״ל וזהו ענין מעלת ומדרגת הבחי׳ בתורה מה שנקרא לחם שהוא בנו״ה [בנצח והוד] וז״ש [וזהו שכתוב] בזהר (פ׳ פנחס דרי״ז ע״ב)
C’est là le sens de « Elle ceint de force » précisément « ses reins », comme expliqué plus haut. C’est également le sens de la supériorité et du rang du niveau de la Torah appelé « pain », qui se trouve en Netsa'h et Hod. Et voici ce qui est écrit dans le Zohar (parachat Pin'has, folio 217b) :
C’est pourquoi les mots « Elle ceint ses reins de force » mettent précisément l’accent sur les reins : la force de la Torah atteint Netsa'h et Hod. Le « pain » de la Torah, qui se trouve en Netsa'h et Hod, possède ainsi un rang élevé, comme le décrit le Zohar sur Pin'has.
ההוא לחם דאזילו שחקים וטחנין מנא למיכלא דצדיקייא10 כו׳ וכמ״ש לעיל עד״מ [על דרך משל] שמפרר החטה לחלקים דקים מאד.
« Ce pain pour lequel les Shehakim vont moudre la manne destinée à nourrir les justes », etc. ; et, comme il a été écrit plus haut, à titre d’analogie, on broie le blé en particules très fines.
Le Zohar parle du pain que les Shehakim moulent en manne pour les justes, à la manière du meunier dans l’analogie, qui broie le blé en farine fine.
כך נמשכו אותיות התורה למטה עד שכל אדם יוכל לקבל כו׳ וכן התחלקות הלכות תשבע״פ [תורה שבעל פה].
Ainsi les lettres de la Torah furent-elles tirées vers le bas, jusqu’à ce que chacun puisse les recevoir, etc. ; de même, les lois de la Torah orale furent divisées.
Ainsi les lettres de la Torah furent-elles « moulues » et amenées vers le bas, jusqu’à ce que chacun puisse les recevoir ; de même, les lois de la Torah orale furent divisées en de nombreux détails.
Ce paragraphe montre que le « pain » de Netsa'h et Hod, bien qu’il soit inférieur, prend sa racine « au loin », en 'Hokhma et en Kéter : même la prophétie de Moché provenait de Netsa'h et Hod, et seul Celui qui est infiniment élevé peut « s’abaisser pour regarder » en bas. La Torah, broyée comme le blé en lettres et en lois, atteint chacun par l’intermédiaire de ce conseil.
Les « conseils venus de loin » du Zohar réunissent deux contraires : Netsa'h et Hod sont les Séfirot les plus basses mises en jeu dans la prophétie, et pourtant leur force provient de ce qui est le plus éloigné au-dessus d’elles. C’est la clé de l’affirmation du maamar selon laquelle le « pain » de la Torah — ses lettres et ses lois détaillées — a une racine supérieure à celle du « vin » de son plaisir révélé.
Maré mekomot
- 1שער הנבואה פ״א · נדפס בשער היחודים דפוס קארעץ תקמ״ג דף א, ג: ”כי משה רבן של כל הנביאים היתה נבואתו בתרין פרקין קדמאין דנ״ה דזעיר מפנים שלהן ולא היה נביא שמתנבא משם כלל אלא הוא לבד הי׳ מתנבא משם משניהם”.
- 2שלמעלה מנו״ה אין שום השגה לנביא וחוזה · Tanya, Iggeres HaKodesh 19:2–3
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- 5
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- 9
- 10ההוא לחם דאזילו שחקים וטחנין מנא למיכלא דצדיקייא · Zohar, Pinchas 13:84–15:107
7וא״כ [ואם כן] אף שנשפל למטה מבחי׳ יין ואין בו טעם מתיקות וכמו נו״ה [נצח והוד] נק׳ בדי ערבות1 שאין בהם טעם כו׳ אעפ״כ [אף על פי כן] שרשן גבוה יותר דהיינו מבחי׳ החכמה והכתר כנ״ל וזהו עצות מרחוק.
Ainsi, bien que [le pain] soit abaissé au-dessous du niveau du vin et n’ait aucun goût sucré, tout comme Netsa’h (victoire) et Hod (splendeur), qui sont appelés « branches de saule » et n’ont aucun goût, etc., leur racine est néanmoins plus élevée : elle relève du niveau de la 'Hokhma (sagesse) et de Kéter (la Couronne), comme cela a été mentionné plus haut. C’est là le sens de « des conseils venus de loin ».
Le pain est donc inférieur au vin et n’a aucune douceur, tout comme Netsa’h et Hod, qui sont appelés « branches de saule » et n’ont aucun goût ; pourtant, leur racine est plus élevée, dans la 'Hokhma et Kéter. Tel est le sens de « des conseils venus de loin ».
Comme l’a dit le roi Chlomo, que la paix soit sur lui : « mais cela est loin de moi » ; car sa racine vient de l’intellect caché à toute pensée, appelé péle (merveille), etc. ;
Les paroles du roi Chlomo, « mais cela est loin de moi », désignent cette racine lointaine : un intellect caché au-delà de toute pensée, appelé péle, « merveille ».
ומשם נמשכה בבחי׳ נו״ה [נצח והוד] להיות בבחי׳ לחם חטה ע״י שמפרר החטה לחלקים דקים כנ״ל וזהו ממרחק תביא לחמה45 וכמ״ש בזהר (פ׳ צו דל״ה ע״ב)
et de là, elle fut attirée dans le niveau de Netsa’h et Hod, pour prendre la forme du pain de blé, en broyant le blé en particules fines, comme cela a été mentionné plus haut. C’est là le sens de : « De loin, elle apporte son pain », comme il est écrit dans le Zohar (Parachat Tsav, folio 35b).
Depuis cette hauteur cachée, elle descend dans Netsa’h et Hod et devient le « pain de blé », réduit en fine mouture, comme expliqué plus haut. Le verset à propos de la femme vaillante, « De loin, elle apporte son pain », que le Zohar sur Tsav interprète, exprime précisément cela.
ור״ל [ורוצה לומר] שבחי׳ לחם שרשו ממקום גבוה מאד דהיינו מבחי׳ שהיא רחוקה מגדר ההשתלשלות ולכן לחם זה לבב אנוש יסעד.
Cela signifie que le niveau du pain a sa racine dans un lieu très élevé, c’est-à-dire dans un niveau éloigné des limites de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout). C’est pourquoi ce pain « soutient le cœur de l’homme ».
Le pain est enraciné dans un niveau qui se situe bien au-delà de l’enchaînement descendant des mondes. Voilà pourquoi ce pain, plutôt que le vin, « soutient le cœur de l’homme ».
ובזה יובן ג״כ ענין הלוחות דהנה מבואר במ״א ע״פ אם בחקתי תלכו67 במ״ש חרות על הלוחות8 אשר נחקק מהם ובהם שזהו ענין גליף גליפו בטהירו עילאה910 והיינו בחינת כתר ע״ש [עיין שם] באריכות וגם
Cela permettra également de comprendre la question des Tables. En effet, il est expliqué ailleurs, à propos du verset « Si vous marchez selon Mes statuts », au sujet de ce qui est écrit : « gravé sur les Tables », que [les lettres] furent gravées à partir d’elles et en elles ; cela correspond à « Il grava une gravure dans la splendeur suprême » (galif gelifu bitehiru ila’ah), c’est-à-dire au niveau de Kéter — voir là-bas pour une explication détaillée ; et aussi
Le même principe permet de comprendre les Tables de l’Alliance. Un maamar sur « Si vous marchez selon Mes statuts » explique que les lettres furent « gravées » dans la pierre même, et non écrites à sa surface, et relie cela à la formule du Zohar : « Il grava une gravure dans la splendeur suprême », qui désigne le niveau de Kéter.
לכן יש תר״ך אותיות11 בעשרת הדברות וצ״ל [וצריך להיות / וצריך לומר / וצריך להבין] דהנה בפרדס בעה״כ [בערכי הכינויים] כ׳ [כתב] שהלוחות הם נצח והוד וכ״כ [וכן כתב] באוצ״ח [באוצרות חיים] דפ״ה ובע״ח [ובעץ חיים] של״ז פ״ו.
c’est pourquoi les Dix Paroles comptent 620 lettres. Il faut toutefois le comprendre : dans le Pardes, dans Erchei HaKinuyim, il est écrit que les Tables sont Netsa’h et Hod ; la même chose est écrite dans Otzros Chaim, folio 85, et dans Etz Chaim, Sha’ar 37, chapitre 6.
C’est pourquoi les Dix Paroles comptent 620 lettres, la valeur numérique de Kéter (couronne). Mais les kabbalistes — Pardes, Otzros Chaim et Etz Chaim — disent que les Tables sont Netsa’h et Hod, ce qui semble contredire cela.
Ce paragraphe applique le principe des « conseils venus de loin » au pain et aux Tables : ce qui semble le plus bas, Netsa’h et Hod, a sa racine dans ce qu’il y a de plus élevé, la 'Hokhma et Kéter. Cela soulève la question de savoir comment les Tables peuvent relever à la fois de Kéter et de Netsa’h et Hod.
Les 620 lettres des Dix Paroles correspondent à Kéter (כתר = 620), et les Tables furent gravées plutôt qu’écrites à l’encre : les lettres ne faisaient qu’un avec la pierre. Pourtant, les Tables relèvent aussi de Netsa’h et Hod ; le paragraphe suivant résout cette difficulté en s’appuyant sur le principe selon lequel les nouveaux Netsa’h et Hod sont attirés de Kéter.
Maré mekomot
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- 7אם בחקתי תלכו · Leviticus 26:3
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- 9גליף גליפו בטהירו עילאה · ע״ל בחקותי (מו, סע״ב) ש״נ מאדמו״ר לזח״א טו, א. [כ]. וראה באוה״ת ויקרא כרך ג ע׳ תתקלח ואילך.
- 10גליף גליפו בטהירו עילאה · Zohar, Bereshit 1:1–2:7
- 11תר״ך אותיות בעשה״ד · ע״ל בד״ה צאינה וראינה (כה, ג). וש״נ. [כ].
8ולפי הנ״ל א״ש [אתי שפיר] והיינו ע״ד [על דרך] מ״ש בפע״ח [בפרי עץ חיים] בפי׳ אל עליון כתר1 גומל חסדים טובים2 נו״ה [נצח והוד] דאבא וכנ״ל.
Selon ce qui a été dit plus haut, cela s’explique aisément. Cela rejoint ce qui est écrit dans le Pri Etz Chaim, dans l’explication de « Kel Elyon » : Kéter (la Couronne) ; « qui prodigue de bonnes bontés » : Netsa’h (victoire) et Hod (splendeur) d’Abba, comme mentionné plus haut.
La difficulté est résolue par ce qui a été dit plus haut : Netsa’h et Hod émanent de Kéter ; les Tables peuvent donc représenter l’un et l’autre. Le Pri Etz Chaim interprète « Kel Elyon » de la Amida comme Kéter, et « qui prodigue de bonnes bontés » comme Netsa’h et Hod d’Abba, réunissant ainsi les deux.
ועמ״ש מענין אותיות התורה בד״ה נר חנוכ3 ה כו׳ מזוזה מימין4 כו׳ וזהו בחי׳ לחם וכמ״ש בד״ה וספרתם לכם5 גבי חטה כ״ב אתוון דאורייתא ששרשן מאותיות החקיקה כו׳ ע״ש [עיין שם]:
Voyez aussi ce qui est écrit au sujet des lettres de la Torah dans le discours qui commence par « La lampe de ‘Hanouka », etc., « la mezouza à droite », etc. ; c’est là le niveau du pain. De même, dans le discours qui commence par « Vous compterez pour vous-mêmes », au sujet du blé, il est écrit que les 22 lettres de la Torah ont leur racine dans les lettres gravées, etc. Voyez là-bas.
À propos des lettres de la Torah, le texte renvoie au discours sur la lampe de ‘Hanouka et la mezouza, et identifie ces lettres au « pain ». Le discours sur le compte du Omer associe le blé — dont la valeur numérique est 22 — aux 22 lettres de la Torah, qui prennent leur racine dans les lettres gravées des Tables.
La question concernant les Tables est résolue : les Tables correspondent à Netsa’h et Hod, mais Netsa’h et Hod émanent de Kéter ; les 620 lettres de Kéter et Netsa’h et Hod des Tables concordent donc. Les lettres de la Torah, dont la racine se trouve dans les lettres gravées, sont le « pain ».
Les mots de la Amida « Kel Elyon, qui prodigue de bonnes bontés » condensent toute l’idée : le niveau le plus élevé — Kel Elyon, Kéter — est celui qui donne les « bontés », Netsa’h et Hod, par lesquelles la Torah parvient aux mondes inférieurs.
Maré mekomot
- 1ע״ד מ״ש בפע״ח בפי׳ אל עליון כתר · שער העמידה פי״ד. וראה לעיל פ׳ מסעי צ, ג. פ׳ ואתחנן ח, ב. וראה באוה״ת פ׳ כי תשא כרך ח ס״ע ג׳קד ואילך. ושם מציין ללעיל פ׳ מסעי צ, ג ומוסיף ”ואע״פ שבזהר [— פ׳ לך לך פז, א] פירש היינו בינה, הכל אחד כי התגלות עתיק הוא בבינה” ע״ש.
- 2אל עליון כתר גומל חסדים טובים · Pri Etz Chaim, Gate of the Silent Prayer 14:9
- 3בד״ה נר חנוכה · תו״א מב, ב ואילך.
- 4מזוזה מימין · Shabbat 22a:2
- 5בד״ה וספרתם לכם · לעיל פ׳ במדבר י, ג.
Les deux pains : Torah écrite et Torah orale ¶9–17
9ד וביאור הענין דלחמו בלחמי. הנה שתי הלחם הם תשב״כ [תורה שבכתב] ותשבע״פ [ותורה שבעל פה]1 וזהו ג״כ ענין לחמו ולחמי.
4. Explication du sujet de « lachamu belachmi » : les deux pains (shtei halechem) sont la Torah écrite et la Torah orale, et c’est également le sens de lachamu et lachmi.
La section 4 explique « lachamu belachmi » : les deux pains offerts à Chavouot représentent la Torah écrite et la Torah orale. Les deux formes du mot « pain » correspondent aux deux Torahs.
כי לחמו לשון רבים זהו תשבע״פ [תורה שבעל פה] ולחמי לשון יחיד זהו תשב״כ [תורה שבכתב]. כי הנה תשבע״פ [תורה שבעל פה] עיקרה להשיג
Car lachamu, au pluriel, désigne la Torah orale, et lachmi, au singulier, la Torah écrite. En effet, l’essence de la Torah orale consiste à saisir
Lachamu est une forme plurielle et représente la Torah orale ; lachmi (« mon pain ») est au singulier et représente la Torah écrite. Cela tient à ce que la Torah orale relève essentiellement de la compréhension.
ולהבין הדין וההלכה שאם אומר ההלכה ואינו מבין אינו נחשב לו ללימוד כלל (כמ״ש במג״א [במגן אברהם] סי׳ נ׳)2 ומאחר שהוא בבחינת השגה הרי כל א׳ משיג לפי מדרגתו
et à comprendre la loi et la halakha ; car si l’on récite la halakha sans la comprendre, cela ne compte pas du tout pour soi comme une étude (comme il est écrit dans le Maguen Avraham, section 50). Et puisqu’elle relève de la compréhension, chacun la comprend selon son niveau ;
Étudier la Torah orale signifie comprendre la loi ; le Maguen Avraham statue que réciter la halakha sans la comprendre ne compte pas comme une étude. Puisque cela dépend de la compréhension, chacun la saisit selon son propre niveau.
ולכן נקרא לחמו לשון רבים שיש לכל א׳ חלק בפ״ע [בפני עצמו] כפי ערך השגתו והוא רשות הרבים.
c’est pourquoi elle est appelée lachamu, au pluriel : chacun a sa propre part, selon la mesure de sa compréhension ; elle relève du domaine public (reshout harabim).
Voilà pourquoi elle est désignée par un mot au pluriel : chacun a sa propre part, selon sa compréhension, et elle est ainsi comparable au « domaine public », partagé par de nombreuses personnes.
ותשב״כ [ותורה שבכתב] נקרא לחמי לשון יחיד דהנה עיקר תשב״כ [תורה שבכתב] היא הכתובה תמונת אותיות כפי התמונה כן הוא רמיזתו למעלה.
La Torah écrite est appelée lachmi, au singulier, car l’essence de la Torah écrite est ce qui est écrit, la forme des lettres : selon leur forme, telle est leur allusion en haut.
La Torah écrite est au singulier parce que son essence est le texte écrit lui-même, la forme des lettres ; chacune de ces formes fait allusion à une réalité supérieure.
Mais la compréhension de l’intellect humain n’y intervient nullement, car elles sont au-dessus de l’intellect, etc. : « sage, mais non par une sagesse connaissable ».
La compréhension humaine n’a aucune part dans les lettres en tant que telles, car elles sont au-dessus de l’intellect, comme D.ieu, dont le Tikkunei Zohar dit : « Tu es sage, mais non par une sagesse connaissable ».
ולכן נקרא תורה שבכתב ואין תלוי בדעת ואפילו ע״ה [עם הארץ] אם אמר הפסוק בלתי שום דעת כלל נקרא עוסק בתורה שבכתב ולפיכך כל ע״ה [עם הארץ] מברך ברכות התורה בשחר לפני הפסוקים וכן כשעולה לס״ת [לספר תורה].
C’est pourquoi on l’appelle la Torah écrite, et elle ne dépend pas de la compréhension. Même un ignorant (am haaretz), s’il récite un verset sans le comprendre aucunement, est considéré comme étudiant la Torah écrite. C’est pourquoi tout ignorant récite les bénédictions sur la Torah le matin, avant les versets, et de même lorsqu’il est appelé à la Torah.
Ainsi, la Torah écrite ne dépend pas de la compréhension : même un ignorant qui récite un verset sans le comprendre étudie la Torah. Voilà pourquoi chacun récite les bénédictions sur la Torah chaque matin, avant les versets, ainsi que lorsqu’il est appelé à lire dans le rouleau de la Torah.
La section 4 identifie les deux pains aux deux Torahs : la Torah orale, qui dépend de la compréhension et est donc au pluriel (lachamu), et la Torah écrite, qui est au-dessus de la compréhension et est donc au singulier (lachmi).
Le contraste ne porte pas sur la valeur, mais sur le mode : la Torah orale atteint la personne par l’intermédiaire de son intellect et se différencie donc selon les niveaux ; la Torah écrite l’atteint par ses lettres, qui sont les mêmes pour tous. Ainsi, un ignorant qui récite un verset étudie véritablement la Torah.
Maré mekomot
- 1שתי הלחם הם תשב״כ ותשבע״פ · Zohar I, 260a
- 2במג״א סי׳ נ׳) · ע״ל ויקרא (ה, ב). [כ].
- 3חכים ולא בחכמה ידיעא · ת״ז בהקדמה (פתח אלי׳).
- 4חכים ולא בחכמה ידיעא · Tikkunei Zohar 17b:3–4
10ולכן דברים שבכתב1 אי אתה רשאי לאומרן בע״פ [בעל פה] כי באמת א״א [אי אפשר] להביאם בשכל ודעת וכן דברים שבע״פ [שבעל פה] אי אתה רשאי לאומרן בכתב
C’est pourquoi « les paroles qui sont écrites, il ne vous est pas permis de les réciter oralement », car, en vérité, il est impossible de les faire entrer dans l’intellect et la compréhension ; de même, « les paroles qui sont orales, il ne vous est pas permis de les mettre par écrit »,
C’est pourquoi le Talmud statue que « les paroles qui sont écrites ne peuvent être récitées de mémoire, et les paroles qui sont orales ne peuvent être mises par écrit » : la Torah écrite ne peut être entièrement saisie par l’intelligence humaine.
כי הם הדעת והכתיב הוא למעלה מהדעת2 כו׳ וע״כ [ועל כן] נקרא תשב״כ [תורה שבכתב] לחמי לשון יחיד דלא שייך לומר בה התחלקות המדרגות כ״א [כל אחד / כל אחת] לפי השגתו מאחר שבאמת היא למעלה לגמרי מהשכל כו׳
car elles sont la compréhension (Daat), tandis que l’écrit est au-dessus de la compréhension, etc. C’est pourquoi la Torah écrite est appelée « mon pain », au singulier : on ne peut pas parler d’elle en termes de niveaux distincts, chacun selon sa compréhension, puisqu’en vérité elle est entièrement au-dessus de l’intellect, etc. ;
La Torah orale est la compréhension elle-même, tandis que le texte écrit est au-dessus de la compréhension. La Torah écrite est donc « singulière » : on ne peut pas dire qu’elle se divise en niveaux, chacun selon sa saisie.
והפשטיות המושג נקרא רק לבושא דאורייתא לגבי פנימיותו הרמוז בהאותיות ועמ״ש בפ׳ ברכה בד״ה תורה צוה3 כו׳ ע״ש [עיין שם].
et le sens littéral qui est saisi n’est appelé que « le vêtement de la Torah », en comparaison de sa dimension intérieure (pnimiyout), à laquelle les lettres font allusion. Voyez aussi ce qui est écrit dans la paracha de Berakha, dans le discours commençant par « Torah tsiva » (« La Torah que [Moïse] a prescrite »), etc. ; voyez là-bas.
Même le sens littéral que nous saisissons n’est que « le vêtement de la Torah », comparé à la dimension intérieure cachée dans ses lettres. Le texte renvoie au discours sur « Torah tsiva » dans la paracha de Berakha.
Ce paragraphe explique la séparation halakhique entre la Torah écrite et la Torah orale par leur nature : l’une est au-dessus de la compréhension, l’autre est la compréhension elle-même ; la Torah écrite est donc « singulière », et son sens littéral n’est qu’un vêtement extérieur.
L’image du Zohar, qui présente le sens littéral comme le « vêtement » de la Torah, rejoint l’idée de l’Admour Hazaken : les lettres de la Torah écrite portent un sens intérieur qui dépasse toute interprétation ; elles sont donc une, tandis que les interprétations sont multiples.
Maré mekomot
- 1דברים שבכתב אי אתה רשאי לאומרן בע״פ · Gittin 60b:5–6
- 2והכתיב הוא למעלה מהדעת · ראה תו״א צח, א. לעיל פ׳ תזריע כא, ד. שמע״צ צב, ג.
- 3תורה צוה · Deuteronomy 33:4
11ועוד טעם שנקרא תשבע״פ [תורה שבעל פה] לחמו לשון רבים דהנה מבואר במ״א באגה״ק [באגרת הקודש] ד״ה והמשכילים1 יזהירו וז״ל [וזה לשונו]
Il y a une autre raison pour laquelle la Torah orale est appelée « lachamu », au pluriel : car il est expliqué ailleurs, dans Iggeres HaKodesh, dans l’épître commençant par « Et les sages resplendiront », et voici ses paroles :
Une deuxième raison pour laquelle la Torah orale est désignée par un terme pluriel se trouve dans Iggeres HaKodesh, dans l’épître « Et les sages resplendiront ».
והנה כשהמל׳ [כשהמלכות] דאצילות מתלבשת בק״נ [בקליפת נוגה] כדי לברר הניצוצות שנפלו בשבה״כ [בשבירת הכלים]2 אזי גם המלכות דאצילות נקרא בשם עה״ד [עץ הדעת] טו״ר [טוב ורע] לגבי ז״א [זעיר אנפין] דאצילות שאינו יורד שם ונקרא עץ החיים כו׳
« Or, lorsque la Mal'hout d’Atsilout se revêt de kelipat nogah afin de raffiner les étincelles tombées lors du brisement des réceptacles, la Mal'hout d’Atsilout aussi est appelée “l’Arbre de la connaissance du bien et du mal” par rapport au Zeir Anpin d’Atsilout, qui ne descend pas là-bas et est appelé “l’Arbre de vie” », etc.
L’Admour Hazakène écrit là que lorsque la Mal'hout d’Atsilout se revêt de kelipat nogah, le domaine où le bien et le mal sont mêlés, afin de raffiner les étincelles tombées, elle est appelée « l’Arbre de la connaissance du bien et du mal ». Le Zeir Anpin, qui ne descend pas là-bas, est appelé « l’Arbre de vie ».
יעו״ש [יעויין שם] ונודע כי עיקר בחינת רשות הרבים טורי דפרודא34 הוא בשבה״כ [בשבירת הכלים] וע״כ [ועל כן] גם המלכות שהיא בחינת תשבע״פ [תורה שבעל פה] מל׳ [מלכות] קרינן לה56 שמתלבשת שם כדי לברר הניצוצות נקרא ג״כ בלשון רבים
Voir là-bas. Or, il est connu que le niveau essentiel du domaine public, les « montagnes de la séparation », se trouve dans le brisement des réceptacles. C’est pourquoi la Mal'hout aussi, qui est le niveau de la Torah orale — « la Torah orale, nous l’appelons Mal'hout » —, puisqu’elle s’y revêt afin de raffiner les étincelles, est elle aussi appelée au pluriel,
Le domaine de la pluralité, appelé « domaine public » et « montagnes de la séparation », a commencé avec le brisement des réceptacles. La Mal'hout, qui est la Torah orale, pénètre dans ce domaine pour en raffiner les étincelles ; elle aussi est donc désignée par un terme pluriel.
כמו שנקרא בשם עה״ד [עץ הדעת] וזהו ענין ורב להושיע7 כל רב מבבל89 כמ״ש במ״א10 משא״כ תשב״כ [תורה שבכתב] שהיא בחי׳ ז״א [זעיר אנפין] דאצי׳ [דאצילות] שאינו יורד שם נק׳ לחמי ל׳ [לשון] יחיד:
tout comme elle est appelée « l’Arbre de la connaissance ». Tel est le sens de « et grand (rav) pour sauver » : tout Rav vient de Bavel, comme il est expliqué ailleurs. En revanche, la Torah écrite, qui est le niveau du Zeir Anpin d’Atsilout et ne descend pas là-bas, est appelée « lachmi », au singulier.
C’est ce qu’évoquent « grand (rav) pour sauver » et l’enseignement selon lequel tout « Rav » vient de Bavel, Babylone, la terre de l’exil, où la Mal'hout raffine les étincelles. La Torah écrite, le Zeir Anpin, ne descend pas là-bas et demeure « au singulier ».
Une deuxième raison explique le pluriel « lachamu » : la Torah orale est la Mal'hout, qui descend dans le domaine de la multiplicité pour raffiner les étincelles du brisement des réceptacles, tandis que la Torah écrite, le Zeir Anpin, demeure au-dessus et est « au singulier ».
La note du Kehot rattache l’enseignement « tout Rav vient de Bavel » aux sources des Guéonim et à l’explication de l’Etz Chaim selon laquelle le titre Rav fait allusion au Nom Mah : sa forme cumulative (achoraïm) et son épellation, 72 et 130, donnent ensemble 202, la valeur de rav (רב). L’étude de la loi en exil devient ainsi le moyen même par lequel la Mal'hout raffine les étincelles.
Maré mekomot
- 1באגה״ק ד״ה והמשכילים · סי׳ כו.
- 2שנפלו בשבה״כ · באגה״ק שם קמד, א: שנפלו בחטא אדה״ר וגם הרפ״ח ניצוצין שנפלו.
- 3טורי דפרודא · זח״א (כט, ב. קנח, א). זח״ב (רלד, א). [כ].
- 4טורי דפרודא · Zohar, Vayetzei 23:231–24:243
- 5תשבע״פ מל׳ קרינן לה · ראה ת״ז שם.
- 6תשבע״פ מל׳ קרינן לה · Tikkunei Zohar 17a:16–17
- 7ורב להושיע · Isaiah 63:1
- 8כל רב מבבל · סדר תנאים ואמוראים בסופו. אגרת רב שרירא גאון. הק׳ ס׳ התיקונין כת״י. הובא ונתבאר בתחלת שער מאמרי רשב״י. ע״ח שי״ט, פ״ג. — נתבאר ע״פ דא״ח בהוספות לתו״א אסתר ד״ה להבין למה לעתיד פ״ג.
- 9כל רב מבבל · Sefer Etz Chaim 19:3
- 10כמ״ש במ״א · ראה בתו״א במג״א בד״ה להבין למה לעתיד הנ״ל.
12ומעתה יובן ג״כ מה שבחי׳ ב׳ התורות תשב״כ [תורה שבכתב] ותשבע״פ [ותורה שבעל פה] נקראו בשם שתי הלחם דוקא. דעחם היות שמבואר הטעם דבתשבע״פ [דבתורה שבעל פה] שייך לחמו ל׳ [לשון] רבים ובתשב״כ [ובתורה שבכתב] לחמי
À présent, on comprendra également pourquoi les deux niveaux des deux Torah, la Torah écrite et la Torah orale, sont précisément désignés par l’expression « les deux pains ». Car, bien que la raison pour laquelle *lachamu*, au pluriel, s’applique à la Torah orale, et *lachmi*,
À la lumière de ces explications, une nouvelle question se pose : pourquoi les deux Torah sont-elles précisément appelées « les deux pains » ? La raison de la forme plurielle et de la forme singulière a été donnée.
ל׳ [לשון] יחיד מ״מ [מכל מקום] צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] למה נרמז זה ההפרש שבין תשב״כ [תורה שבכתב] לתשבע״פ [לתורה שבעל פה] בבחי׳ לחם דוקא. הלא התורה נק׳ בכמה שמות לחם יין1 ושמן ולמה נרמזו בבחי׳ לחם דוקא.
au singulier, à la Torah écrite, il faut néanmoins comprendre pourquoi cette différence entre la Torah écrite et la Torah orale est évoquée précisément sous l’aspect du pain. La Torah n’est-elle pas désignée par plusieurs images — le pain, le vin et l’huile ? Pourquoi, alors, cette différence est-elle évoquée précisément sous l’aspect du pain ?
Or la Torah est désignée par plusieurs images : le pain, le vin et l’huile, comme l’indique la note du Kehot, d’après l’introduction du Tikkunei Zohar. Pourquoi la différence entre la Torah écrite et la Torah orale est-elle évoquée précisément à travers le pain ?
Le paragraphe pose la question suivante : parmi toutes les images de la Torah, pourquoi la différence entre la Torah écrite et la Torah orale est-elle exprimée par celle du pain ?
Maré mekomot
- 1התו׳ נק׳ בכמה שמות לחם יין · ת״ז בהקדמה. פס״ז ויחי מט, א.
13והן אמת י״ל [יש לומר] הטעם כפשוטו מפני דלחם זהו הנגלה שבתורה אשר בחלק הנגלה שייך לומר ב׳ בחי׳ הנ״ל דלחמו ולחמי
À présent, il est vrai que l’on peut donner simplement cette raison : le pain désigne la partie révélée de la Torah, et c’est dans cette partie révélée que l’on peut parler des deux niveaux mentionnés plus haut, « lachamu » et « lachmi ».
Une réponse simple : le pain désigne la partie révélée de la Torah, et c’est seulement là que s’applique la distinction entre le pluriel et le singulier, « lachamu » et « lachmi ».
Cependant, en vérité, on peut encore avancer une autre raison. En effet, il est expliqué ailleurs, dans la paracha Bechala’h, au sujet du double pain (le’hem michné) de Chabbat, que ceux-ci correspondent à deux niveaux de pain :
Une réponse plus profonde se trouve dans le discours sur la paracha Bechala’h, au sujet de la double portion de pain (le’hem michné) de Chabbat, qui correspond à deux sortes de pain.
לחם מן הארץ3 ולחם מן השמים45 שהוא המן וכנגד ב׳ לחמים אלו הם ב׳ ברכות ראשונות דבהמ״ז [דברכת המזון] ברכת הזן וברכת הארץ כו׳
le pain de la terre et le pain du ciel, qui est la manne ; et à ces deux pains correspondent les deux premières bénédictions du Birkat Hamazon : la bénédiction « Qui nourrit » (HaZan) et celle de la Terre, etc.
Les deux sortes de pain sont le pain de la terre et la manne, le pain du ciel. Elles correspondent aux deux premières bénédictions du Birkat Hamazon : « Qui nourrit » et la bénédiction de la Terre.
דהנה פי׳ לחם מן הארץ כי בחי׳ ארץ הוא בחי׳ שם ב״ן [שם ב״ן] ולחם מן הארץ היינו בחי׳ בירורים דתהו שמתבררים ע״י המל׳ [המלכות] היורדת לברר כו׳
En effet, le sens de « pain de la terre » est le suivant : le niveau de la terre est celui du Nom Ban, et le pain de la terre désigne le niveau des birourim de Tohou, qui sont affinés par Mal'hout (souveraineté), laquelle descend pour les affiner, etc.
La « terre » désigne le Nom Ban, associé à Mal'hout ; le pain de la terre désigne l’affinement des étincelles de Tohou, accompli lorsque Mal'hout descend pour les affiner.
ולחם מן השמים ירד בזכות משה שהוא שם מ״ה [שם מ״ה] כו׳ וזהו ענין ברכת הזן שתיקן משה6 שהוא כנגד לחם מן השמים כו׳
Et le pain du ciel descendit par le mérite de Moché, qui est le Nom Mah, etc. C’est là le sens de la bénédiction « Qui nourrit », instituée par Moché, qui correspond au pain du ciel, etc.
La manne descendit par le mérite de Moché, comme l’enseigne le Talmud, et Moché est le Nom Mah, associé à l’annulation de soi. La bénédiction « Qui nourrit », que Moché institua selon le Talmud, correspond donc au pain du ciel.
וברכת הארץ נודה לך כנגד לחם מן הארץ כי יש ברכה והודאה יחו״ע [יחודא עילאה] ויחו״ת [ויחודא תתאה] כו׳ ע״ש [עיין שם] באריכות.
Et la bénédiction de la Terre, « Nous Te rendons grâce », correspond au pain de la terre ; car il y a la bénédiction et l’action de grâce, l’unité supérieure (yi'houda ila'a) et l’unité inférieure (yi'houda tata'a), etc. Voir là-bas le développement détaillé.
La bénédiction de la Terre, « Nous Te rendons grâce », correspond au pain de la terre. La bénédiction et l’action de grâce correspondent à l’unité supérieure et à l’unité inférieure, comme l’explique en détail le discours sur Bechala’h.
Le paragraphe propose deux explications : le pain désigne la partie révélée de la Torah ; et le double pain de Chabbat — le pain de la terre et le pain du ciel — ainsi que les deux bénédictions correspondantes, reflètent la Torah orale et la Torah écrite.
Moché, qui est Mah, apporte le pain du ciel : l’unité supérieure, dans laquelle le monde est annulé devant D.ieu. Le pain de la terre, affiné par Mal'hout (Ban) à partir des étincelles de Tohou, relève de l’unité inférieure, dans laquelle D.ieu se trouve au sein du monde ; l’action de grâce (hoda'a) appartient à ce niveau inférieur.
Maré mekomot
- 1מבואר במ״א בפ׳ בשלח · תו״א סו, א ואילך. ובארוכה באוה״ת בשלח ע׳ תרמז ואילך.
- 2לחם משנה · Exodus 16:22
- 3לחם מן הארץ · Psalms 104:14
- 4ולחם מן השמים בזכות משה · Taanit 9a:9–10
- 5לחם מן השמים · Exodus 16:4
- 6ברכת הזן שתיקן משה · Berakhot 48b:2–3
14והנה תשב״כ [תורה שבכתב] ותשבע״פ [ותורה שבעל פה] נקרא ג״כ שמים וארץ וכמ״ש במ״א בד״ה השמים כסאי12 כו׳ ובאשר דוכתי.
Or, la Torah écrite et la Torah orale sont également appelées le ciel et la terre, comme il est écrit ailleurs, dans le discours commençant par « Les cieux sont Mon trône », etc., ainsi qu’en d’autres endroits.
La Torah écrite et la Torah orale sont également appelées « le ciel » et « la terre », comme l’explique le discours de Torah Ohr sur « Les cieux sont Mon trône ».
ולכן הן הן ג״כ ב׳ בחי׳ לחם הנ״ל תשבע״פ [תורה שבעל פה] שהיא בחי׳ מל׳ [מלכות] המתלבשת בק״נ [בקליפת נוגה] לברר הנצוצות שנפלו בשבה״כ [בשבירת הכלים] נקרא לחם מן הארץ
C’est pourquoi elles sont précisément aussi les deux niveaux de pain mentionnés plus haut : la Torah orale, qui est le niveau de Mal'hout (souveraineté), revêtu dans la kelipat noga afin de raffiner les étincelles tombées lors du brisement des réceptacles, est appelée pain de la terre,
Elles correspondent donc aussi aux deux sortes de pain. La Torah orale est Mal'hout, qui se revêt dans la kelipat noga afin de raffiner les étincelles tombées lors du brisement des réceptacles ; elle est « la terre », et c’est pourquoi elle est appelée pain de la terre.
וזהו לחמו לשון רבים ותשב״כ [ותורה שבכתב] שהיא מבחי׳ ז״א [זעיר אנפין] שאינו יורד שם נקרא לחם מן השמים לחמי לשון יחיד.
et c’est là le sens de lachamu, au pluriel ; quant à la Torah écrite, qui relève du niveau de Zeir Anpin (les attributs émotionnels), lequel ne descend pas là, elle est appelée pain du ciel : lachmi, au singulier.
Le pain de la terre est lachamu, au pluriel. La Torah écrite, qui relève de Zeir Anpin et ne descend pas dans la kelipa, est « le ciel » : le pain du ciel, lachmi, au singulier.
Ce paragraphe réunit les deux explications : la Torah orale et la Torah écrite sont la terre et le ciel, et sont donc respectivement le pain de la terre (au pluriel, lachamu) et le pain du ciel (au singulier, lachmi).
Maré mekomot
- 1וכמ״ש במ״א בד״ה השמים כסאי · תו״א א, ג.
- 2השמים כסאי · Isaiah 66:1
15ועוד יתבאר זה יותר חממ״ש בפ׳ משפטים1 ע״פ כמעשה לבנת הספיר וכעצם השמים לטהר2 כו׳ שאותיות דתשב״כ [דתורה שבכתב] נק׳ אבנים שהן בריאה בידי שמים.
Cela sera expliqué plus avant à partir de ce qui est écrit dans la paracha Michpatim, à propos du verset : « Comme l’aspect du pavage de saphir et comme l’essence même des cieux dans leur pureté », etc. : les lettres de la Torah écrite sont appelées des pierres, qui sont une création des mains du Ciel.
Un maamar de Torah Ohr sur « le pavage de saphir » et « l’essence même des cieux » apporte un éclairage supplémentaire : les lettres de la Torah écrite sont appelées « pierres », créées par le Ciel.
וזהו ענין כעצם השמים ואותיות תשבע״פ [תורה שבעל פה] נק׳ לבנת הספיר והלבינה עשוי׳ [עשויים] ע״י האדם מעפר הארץ רק שנעשו ג״כ כאבנים.
Voilà le sens de « comme l’essence même des cieux ». Les lettres de la Torah orale sont appelées « le pavage de saphir » ; une brique est faite par l’homme à partir de la poussière de la terre, mais elles aussi sont devenues comme des pierres.
Les lettres de la Torah orale sont appelées un « pavage de briques », qu’une personne façonne à partir de l’argile de la terre ; pourtant, une fois cuites, les briques aussi deviennent comme de la pierre. La Torah orale, façonnée par l’intelligence humaine, acquiert la fermeté de la Torah écrite.
Une autre image illustre les deux Torah : les pierres naturelles (la Torah écrite, venue du Ciel) et les briques fabriquées par l’homme (la Torah orale, issue de la terre), qui deviennent comme de la pierre.
Maré mekomot
- 1ממ״ש בפ׳ משפטים · תו״א עז, ד.
- 2כמעשה לבנת הספיר וכעצם השמים לטהר · Exodus 24:10
16ולכן שתי הלחם הם בנו״ה [בנצח והוד] דכמו הברכה על לחם מן הארץ נתקן בנודה לך בחי׳ הודאה כך תשבע״פ [תורה שבעל פה] הוא בחי׳ איהי בהוד
C’est pourquoi les deux pains correspondent à Netsa'h et Hod. De même que la bénédiction sur le pain provenant de la terre fut instituée avec « Nous Te remercions », expression du niveau de la gratitude (hoda’a), ainsi la Torah orale est le niveau de « elle en Hod ».
C’est pourquoi les deux pains correspondent à Netsa'h et Hod. La bénédiction sur le pain provenant de la terre est « Nous Te remercions » (nodeh lecha), une expression de gratitude (hoda’a), et Hod est lié à hoda’a ; la Torah orale est donc « elle en Hod ».
וכמו הברכה על לחם מן השמים תיקן משה ברכת הזן כו׳ כך זהו תשב״כ [תורה שבכתב] איהו בנצח שהוא נקודת חיר״ק בחי׳ נקודה וביטול כי נצח ענף החכמה וכן משה בחי׳ נצח דאבא כו׳.
Et de même que, pour le pain venu du ciel, Moché institua la bénédiction « Qui nourrit », etc., ainsi cela correspond à la Torah écrite, « Lui en Netsa'h », qui est le point-voyelle hirik, le niveau d’un point et de l’annulation de soi (bitoul) ; car Netsa'h est une branche de 'Hokhma (sagesse), et Moché est lui aussi le niveau du Netsa'h d’Abba, etc.
La bénédiction sur le pain venu du ciel, « Qui nourrit », fut instituée par Moché, et la Torah écrite est « Lui en Netsa'h ». Le point-voyelle de Netsa'h est le hirik, un point unique, qui figure l’annulation de soi ; Netsa'h est une branche de 'Hokhma, et Moché lui-même est le Netsa'h d’Abba.
Le paragraphe situe les deux pains en Netsa'h et Hod : la Torah orale, liée à la gratitude, en Hod ; la Torah écrite, liée à Moché et au point de hirik qui figure l’annulation de soi, en Netsa'h.
17ופי׳ לכו לחמו בלחמי1 היינו שיהי׳ [שיהיה] העסק בתשבע״פ [בתורה שבעל פה] לשמה שיהי׳ [שיהיה] לחמו ג״כ בבחי׳ לחמי למהוי אחד באחד.23 והיינו כמ,ש וכל בניך למודי4 הוי׳.
Et le sens de « Venez, mangez de mon pain » (le’hou la’hamou belahmi) est que l’étude de la Torah orale soit menée pour elle-même (lichma), de sorte que « leur pain » soit également dans la qualité de « mon pain », « être un dans l’Un ». C’est ce qui est écrit : « Et tous tes enfants seront instruits par Havaya. »
« Venez, mangez de mon pain » invite à rendre le pain au pluriel semblable au pain au singulier : étudier la Torah orale pour elle-même (lichma), afin qu’elle ne fasse qu’un avec la Torah écrite, « un dans l’Un », selon l’expression du Zohar. C’est le sens de « tous tes enfants seront instruits par Havaya ».
ויובן זה ממ״ש במ״א בפ׳ בראשית5 בענין ב׳ ברכות ראשונות של נשואין יוצר האדם ואשר יצר את האדם שהם כנגד תשב״כ [תורה שבכתב] ותשבע״פ [ותורה שבעל פה] ושלכך בברכת אשר יצר חותם בברוך כו׳ ע״ש [עיין שם].
Cela se comprendra à partir de ce qui est écrit ailleurs, dans la paracha Berechit, au sujet des deux premières bénédictions du mariage : « Qui a formé l’homme » et « Qui a créé l’homme ». Elles correspondent à la Torah écrite et à la Torah orale. C’est pourquoi la bénédiction « Qui a créé l’homme » se conclut par « Béni sois-Tu », etc. Voir là-bas.
Un discours de Torah Ohr sur Berechit explique que les deux premières bénédictions du mariage, « Qui a formé l’homme » et « Qui a créé l’homme », correspondent à la Torah écrite et à la Torah orale, et expose pourquoi la seconde, plus longue, se termine par « Béni sois-Tu ».
Le but de « Venez, mangez de mon pain » est l’union des deux Torah : l’étude de la Torah orale lichma rend son interprétation aux multiples facettes une avec la Torah écrite, singulière.
La comparaison avec les bénédictions du mariage annonce le paragraphe suivant, où les deux Torah sont présentées comme l’époux et l’épouse.
Maré mekomot
- 1לכו לחמו בלחמי · Proverbs 9:5
- 2למהוי אחד באחד · זח״ב (קלה, א). [כ].
- 3למהוי אחד באחד · Zohar, Terumah 13:153–14:164
- 4וכל בניך למודי הוי׳ · Isaiah 54:13
- 5ממ״ש במ״א בפ׳ בראשית · תו״א ו, ד.
L’agitation des deux pains ¶18
18ומעתה יובן ג״כ ענין תנופת שתי הלחם. כי הנה תשב״כ [תורה שבכתב] ותשבע״פ [ותורה שבעל פה] נק׳ ג״כ חתן וכלה.
À présent, on comprendra également la signification de l’ondulation (tenoufa) des deux pains. En effet, la Torah écrite et la Torah orale sont elles aussi appelées le fiancé et la fiancée.
On peut maintenant expliquer l’ondulation des deux pains de Chavouot. La Torah écrite et la Torah orale sont elles aussi appelées le fiancé et la fiancée.
ועד״מ [ועל דרך משל] כדי להיות יחוד חתן וכלה צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] תחלה בחי׳ נשואין שהוא בחי׳ חופה שהיא בחי׳ המקיף על שניהם
À titre d’analogie, pour que le fiancé et la fiancée puissent s’unir, il faut d’abord le niveau des nissouïn (mariage), qui est celui de la ‘houppa, elle-même niveau du makif (ce qui englobe) qui entoure tous deux.
Avant que le fiancé et la fiancée puissent s’unir, il faut d’abord le mariage lui-même : la ‘houppa, un dais qui les englobe tous deux.
וזהו בחי׳ בעטרה שעטרה לו אמו1 שבחי׳ העטרה זהו בחי׳ כתר שלמעלה משתי הלחם שהם נו״ה [נצח והוד] איהו בנצח ואיהי בהוד2
C’est là le niveau de « la couronne dont sa mère l’a couronné », car le niveau de la couronne est celui de Kéter (la Couronne), qui se trouve au-dessus des deux pains, lesquels sont Netsa’h (victoire) et Hod (splendeur) : « Lui en Netsa’h et elle en Hod. »
Ce dais englobant est « la couronne dont sa mère l’a couronné » : Kéter, qui se situe au-dessus des deux pains, Netsa’h et Hod, « Lui en Netsa’h et elle en Hod. »
וזהו ענין שמניפין שתי הלחם להלותן לשרשן ומקורן בבחי׳ מקיף הנ״ל בחי׳ העטרה וכתר כו׳
C’est là le sens de l’ondulation des deux pains : les élever vers leur racine et leur source, au niveau du makif mentionné plus haut, celui de la couronne et de Kéter, etc.
L’ondulation des pains les élève vers leur racine, le niveau englobant de la couronne, Kéter.
ועי״ז נעשה היחוד וההמשכה מתשב״כ [מתורה שבכתב] בתשבע״פ [בתורה שבעל פה] וכמש במ״א מענין זה בפ׳ הברכה בד״ה תורה צוה כו׳
Par cela s’opèrent l’union et l’émanation de la Torah écrite dans la Torah orale, comme il est expliqué ailleurs à ce sujet, dans la paracha de Berakha, dans le discours qui commence par « Torah tsiva », etc.,
Par cette élévation, les deux Torah s’unissent et la Torah écrite se déverse dans la Torah orale, comme l’explique le discours « Torah tsiva » dans la paracha de Berakha.
הנ״ל ועמ״ש גבי ענין לחם משנה שבשבת ג״כ עולי׳ [עולים] ב׳ לחמים הנ״ל לבחי׳ שלמעלה משניהם כו׳:
mentionné plus haut. Voyez aussi ce qui est écrit au sujet du double pain (le’hem michné) de Chabbat : là aussi, les deux pains mentionnés plus haut s’élèvent au niveau qui se situe au-dessus d’eux deux, etc.
De même, le double pain de Chabbat s’élève à un niveau supérieur aux deux pains.
L’ondulation des deux pains élève les deux Torah, le fiancé et la fiancée, vers la « couronne » de Kéter, la ‘houppa qui les englobe tous deux ; ainsi s’unissent-ils, et la Torah écrite se déverse dans la Torah orale.
La note du Kehot rassemble de nombreuses sources kabbalistiques concernant « Lui en Netsa’h et elle en Hod » : Pri Etz Chaim, Sha’ar Rosh Chodesh, Etz Chaim, Emek HaMelekh (qui cite l’Idra Rabba dans Nasso) et les Tikkouné Zohar, Tikkoun 13. Dans Pri Etz Chaim, Mal’hout se trouve en Hod les jours de semaine et s’élève en Netsa’h à Roch ‘Hodech.
Maré mekomot
- 1בעטרה שעטרה לו אמו · Song of Songs 3:11
- 2איהו בנצח ואיהי בהוד · ע״ל בפ׳ תזריע (כא, ד). שם בפקודי (ח, א) מביא הד״ה מחר חודש. והוא בס׳ אור התורה שלו בי׳ ע״ז סי׳ ו [יז, ב], ושם אי׳ הל׳ אמרו — ומפע״ח ש׳ ר״ח (פ״ב) כי בחול המל׳ איהו בהוד. ובר״ח עולה המל׳ בנצח ברצה שהוא בנצח, יעו״ש. ובע״ח ש׳ אנ״ך (פ״ט) כלה״ט כאן. וע״ע מאו״א אות כ׳ סמ״ד. וע׳ בעמה״מ ש׳ קרית ארבע פ״ג מאד״ר נשא איהו בנצח ואיהי בהוד. וע״ע בע״ח ש׳ הנסירה (ספ״ה, וספ״ז) מזה״ק. ובש׳ לאה ורחל (רפ״ו) מזהר ותקונים והוא בת״ז (תי״ג) כח, ב. כט, א. [כ].
Voir la couronne depuis Béria ¶19–21
19ה אך בחי׳ העטרה זו צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] צאינה וראינה מאצילות בהיכלות דבריאה כו׳. ולכאורה זה אינו מובן כלל איך
5. Mais ce niveau de la couronne doit être « Sortez et contemplez » : [en sortant] d’Atsilout pour entrer dans les palais (heikhalot) de Béria, etc. À première vue, cela n’est pas du tout compréhensible : comment
La section 5 revient à la couronne qui doit être contemplée en « sortant » d’Atsilout pour entrer dans les « palais » de Béria. À première vue, cela semble n’avoir aucun sens.
בהיכלות דבריאה יוכלו לראות מה שא״א [שאי אפשר] לראות באצי׳ [באצילות] והלא אין ערוך בריאה לאצילות וכבר נז׳ [נזכר] למעלה שהוא ע״ד [על דרך] וכעין מ״ש מרחוק ה׳ נראה לי1 כו׳.
peut-on voir dans les palais de Béria ce qu’il est impossible de voir dans Atsilout ? Il n’y a certainement aucune commune mesure entre Béria et Atsilout ! Il a déjà été mentionné plus haut que cela s’apparente à ce qui est écrit : « De loin, Havaya m’est apparu », etc.
Comment ce qui ne peut être vu dans Atsilout peut-il être vu dans Béria, qui est sans commune mesure avec Atsilout ? Il a déjà été suggéré que cela ressemble au verset : « De loin, Havaya m’est apparu » : certaines choses ne peuvent être vues que de loin.
אך י״ל [יש לומר] עוד דהנה כעין זה איתא בפע״ח [בפרי עץ חיים] גבי כוונת ק״ש [קריאת שמע]2 כי אין בנו כח לעורר או״א [אבא ואימא] בהיותנו באצי׳ [באצילות]3 רק בהיותנו למטה בבריאה כו׳ ע״ש [עיין שם].
Mais on peut aussi expliquer la chose ainsi : on trouve une idée semblable dans le Pri Etz Chaim, au sujet de l’intention du Chema : nous n’avons pas le pouvoir d’éveiller Abba et Imma ('Hokhma et Bina) lorsque nous sommes dans Atsilout, mais seulement lorsque nous sommes plus bas, dans Béria, etc. Voir là-bas.
On trouve un parallèle dans le Pri Etz Chaim, à propos de l’intention du Chema : nous ne pouvons éveiller Abba et Imma lorsque nous sommes dans Atsilout (pendant la Amida), mais seulement lorsque nous sommes dans Béria (pendant le Chema). La position inférieure possède un pouvoir qui manque à la position supérieure.
ואפשר לומר ע״ד [על דרך] שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] בגמ׳ [בגמרא] (ביבמות דמ״ט)4 גבי מנשה שהרג את ישעי׳ [ישעיה] אמר רבא מידן דייני׳ [דייני] וקטלי׳ [וקטלי] אמר לי׳ משה רבך אמר
On peut aussi l’expliquer à la lumière de ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit dans la Guemara (Yevamot, folio 49) au sujet de Menaché, qui tua Yechayahou : Rava dit qu’il le jugea et le fit tuer. Il lui dit : « Moïse, ton maître, a dit :
Une autre explication s’appuie sur le récit talmudique du procès du prophète Yechayahou par le roi Menaché. Menaché accusa Yechayahou de contredire Moïse.
כי לא יראני5 האדם וחי ואתה אמרת ואראה את6 ה׳ כו׳ ופריך הש״ס [הששה סדרים] מ״מ [מכל מקום] קשו קראי אהדדי ומשני כדתני׳ [כדתניא] כל הנביאים נסתכלו באספקרליא שאינה מאירה משה רבינו נסתכל באספקלריא7 המאירה.
“Car l’homme ne Me verra pas et vivra”, tandis que toi, tu as dit : “Et j’ai vu Ado-nai”, etc. » La Guemara soulève alors la difficulté : quoi qu’il en soit, les versets se contredisent ! Elle répond, selon l’enseignement suivant : « Tous les prophètes contemplèrent au travers d’un miroir qui ne brille pas (aspaklaria she’einah me’irah) ; Moïse, notre maître, contempla au travers du miroir qui brille (aspaklaria hame’irah). »
Moïse a dit : « L’homme ne Me verra pas et vivra », et pourtant Yechayahou a dit : « J’ai vu Ado-nai. » La Guemara répond que les autres prophètes voyaient au travers d’un miroir qui ne brille pas, tandis que Moïse voyait au travers d’un miroir qui brille.
ומבואר הפי׳ במ״א (בד״ה ת״ר [תנו רבנן] נר חנוכה8 ב״ש [בית שמאי] אומרים כו׳) דאספקלריא המאירה היינו עד״מ [על דרך משל] זכוכית הבהירה אשר בה ועל ידה יכולים לראות גם מרחוק ורואים מהות הדבר ועצמותו ממש.
L’explication est donnée ailleurs (dans le discours qui commence par « Nos Sages ont enseigné : la lampe de Hanouka — Beit Chammaï disent… », etc.) : le miroir qui brille est, par analogie, un verre transparent, au travers duquel on peut voir même de loin, et l’on voit la nature et l’essence mêmes de la chose.
Un discours de Torah Ohr sur la lampe de Hanouka explique ces termes : le miroir qui brille est comparable à un verre transparent, au travers duquel on voit même de loin et l’on voit la chose elle-même.
אבל אספקלריא שאינה מאירה היא הזכוכית הנק׳ (שפיגע״ל) שיש צפוי דק על הזכוכית ולכן אין רואים בה
Mais le miroir qui ne brille pas est le verre appelé (shpigel [miroir]), dont la surface est recouverte d’une fine couche ; c’est pourquoi on n’y voit pas
Le miroir qui ne brille pas est un miroir : du verre doté d’un mince revêtement qui ne laisse pas voir au travers.
ועל ידה מהות הדבר הנראה ממש רק דמותו ותבניתו וע״כ [ועל כן] נק׳ אספקלריא שאינה מאירה שהרי אין רואים בה כלל מהות הדבר ממש משא״כ באספקלריא המאירה שרואי׳ [שרואים] עצם הדבר הנראה ממש
la nature réelle de la chose observée, mais seulement son image et sa forme. C’est pourquoi on l’appelle le miroir qui ne brille pas, puisqu’on n’y voit absolument pas la nature réelle de la chose ; tandis que dans le miroir qui brille, on voit la chose observée dans son essence même.
Dans un miroir, on ne voit que l’image d’une chose, et non la chose elle-même, tandis qu’au travers d’un verre transparent, on voit la chose elle-même.
אמנם מ״מ [מכל מקום] באספקלריא שאינה מאירה יכולים לראות עכ״פ [על כל פנים] הדמות גם מהדבר שא״א [שאי אפשר] לראותו כלל ע״י אספקלריא המאירה כמו שיכולים לראות את עצמו ע״י (השפיגעל) וגם לראות מאחוריו.
Néanmoins, dans le miroir qui ne brille pas, on peut au moins voir l’image même d’une chose qu’il est impossible de voir à travers le miroir qui brille, tout comme on peut se voir soi-même dans un miroir, et voir aussi ce qui se trouve derrière soi.
Pourtant, un miroir peut montrer ce que le verre transparent ne peut jamais montrer : son propre visage et ce qui se trouve derrière soi.
רק שרואה הדמות ולא עצמיות המהות כו׳ אבל באספקלריא המאירה א״א [אי אפשר] לראות כלל א״ע [את עצמו] ולא מאחוריו עד״מ [על דרך משל] ועיין בפ׳ וארא (דכ״ג ע״ב)9 מענין אספקלריא המאירה ושאינה מאירה.
Seulement, on voit l’image et non l’essence de la nature, etc. ; mais dans le miroir qui brille, on ne peut pas se voir soi-même, ni voir ce qui se trouve derrière soi, à titre d’analogie. Voir aussi [le Zohar,] Parshas Va’eira (folio 23b), sur la question du miroir qui brille et de celui qui ne brille pas ;
Il ne montre qu’une image, et non l’essence ; mais le verre transparent ne peut en aucun cas montrer son propre reflet ni ce qui se trouve derrière soi. Le texte renvoie au Zohar sur Va’eira, à propos des deux sortes de miroirs.
ובת״ז [ובתיקוני זהר] תיקון כ״ב ותיקון מ׳10 ובשער היחודים פרק א׳ ובסה״מ [ובספר הדרת מלך] סי׳ קנ״ו11 ובפרדס בעה״כ [בערכי הכינויים]12 ובמא״א [ובמאורי אור] באות אלף סעי׳ [סעיף] קנ״ט.13
et dans le Tikkunei Zohar, Tikkun 22 et Tikkun 40 ; dans Sha’ar HaYichudim, chapitre 1 ; dans Sefer Hadras Melech, section 156 ; dans Pardes, dans Erchei HaKinuyim ; et dans Me’orei Or, lettre alef, section 159.
D’autres sources kabbalistiques sur les deux sortes de miroirs : le Tikkunei Zohar, Sha’ar HaYichudim, Sefer Hadras Melech, Pardes et Me’orei Or. Les notes de Kehot les citent : le miroir qui brille est Zeir Anpin, qui brille de lui-même, et celui qui ne brille pas est Mal’hout, qui ne possède rien en propre.
והנה מרבע״ה [משה רבינו עליו השלום] ראה באספקלריא המאירה אשר בה רואין המהות ממש ובבחינה זו נאמר כי לא יראני כו׳ משא״כ שאר הנביאים נתנבאו רק באספקלריא שאינה מאירה
Or, Moché notre maître, que la paix soit sur lui, vit à travers le miroir qui brille, dans lequel on voit la nature véritable ; c’est de ce niveau qu’il est dit : « Car l’homme ne Me verra pas », etc. En revanche, les autres prophètes ne prophétisèrent qu’à travers le miroir qui ne brille pas.
Moché vit à travers le miroir qui brille, l’essence elle-même ; c’est de ce niveau qu’il est dit : « L’homme ne Me verra pas et vivra. » Les autres prophètes ne virent qu’à travers le miroir qui ne brille pas.
וזהו שכל הנביאים נתנבאו בכה מוסיף עליהם משה שנתנבא בזה1415 ועמ״ש מענין זה בד״ה וידבר משה אל ראשי המטות1617 כו׳ ופי׳ כה היינו בחי׳ כדמותנו18 וזהו וביד הנביאים אדמה19 כו׳
Et c’est là le sens de l’enseignement selon lequel tous les prophètes prophétisèrent avec « Ainsi » (koh), tandis que Moché les dépassa en prophétisant avec « Ceci » (zeh). Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Et Moché parla aux chefs des tribus », etc. Koh désigne le niveau de « à notre image » ; c’est là le sens de « et par les prophètes, Je suis représenté », etc.
Comme l’explique Rachi, les prophètes prophétisèrent avec « Ainsi parle Havaya », tandis que Moché les dépassa par « Ceci est la parole ». Koh signifie « une image », comme dans « Par les prophètes, Je suis représenté. »
אך לפיכך יכול לראות גם בחי׳ עליונות יותר שלא ניתנו לירד ולהתגלות בבחי׳ אספקלריא המאירה כו׳ כנ״ל במשל ולכן באמת אמר ישעיה20 ואראה את ה׳ והיינו בבחינת אספשא״מ [אספקלריא שאינה מאירה] כו׳.
Mais c’est précisément pour cette raison que l’on peut aussi voir des niveaux plus élevés, qui ne furent pas destinés à descendre et à se révéler selon le mode du miroir qui brille, etc., comme on l’a expliqué plus haut dans l’analogie. C’est pourquoi Yeshayahu dit effectivement : « Et je vis Ado-nai » ; il s’agissait du mode du miroir qui ne brille pas, etc.
Mais c’est précisément à travers le miroir qui ne brille pas que l’on peut voir des niveaux plus élevés, qui ne descendent jamais pour se révéler à travers le miroir qui brille, de même qu’un miroir montre ce que le verre transparent ne peut montrer. Yeshayahu pouvait donc véritablement dire : « J’ai vu Ado-nai », car sa vision était celle du miroir qui ne brille pas.
La section 5 explique comment la « couronne » peut être vue seulement après être « sorti » vers Béria : comme un miroir, qui ne montre qu’une image mais révèle ce que le verre transparent ne peut montrer, la vision indirecte et inférieure des prophètes peut saisir des niveaux que la vision directe de Moïse ne pouvait saisir.
L’analogie inverse la hiérarchie attendue. Le « miroir qui brille » de Moïse voit l’essence, mais seulement ce qui peut descendre pour être vu ; le miroir des prophètes ne voit qu’une image, mais l’image de ce qui est trop élevé pour descendre. Ainsi, Kéter n’est « vu » qu’en Béria, par réflexion.
Maré mekomot
- 1מרחוק ה׳ נראה לי · Jeremiah 31:3
- 2בפע״ח . . כוונת ק״ש · פ״ד. [כ]. ראה גם לעיל פ׳ במדבר יז, ד.
- 3כי אין בנו כח לעורר או״א בהיותנו באצי׳ · Pri Etz Chaim, Gate of the Recitation of the Shema 4:5
- 4ביבמות (דמ״ט) · ע״ב. וראה גם סה״מ תרל״ד ע׳ רג.
- 5כי לא יראני · Exodus 33:20
- 6ואראה את ה׳ · Isaiah 6:1
- 7
- 8בד״ה ת״ר נר חנוכה · תו״א לג, א. וראה בארוכה באוה״ת שבועות ע׳ קלא. אוה״ת במדבר (הוספות) ע׳ א׳תצב.
- 9ועיין בפ׳ וארא (דכ״ג ע״ב) · ”וע״ד קרינן משה זכה באספקלריא דנהרא דקיימא על ההיא דלא נהרא” — אוה״ת שבועות ע׳ קלב.
- 10ותיקון מ׳ · ”מסט׳ דהוי׳ אתקרי אספקלריא דנהרא וכד איהי אדני בלא בעלה אתקרי אספקלריא דלא נהרא” —אוה״ת נ״ך כרך א ע׳ תקעח. וראה גם אוה״ת שבועות ע׳ קלב.
- 11ובסה״מ סי׳ קנ״ו · ”הביא לשון האריז״ל בז״ה שיש במל׳ ב׳ בחי׳ גופא ונשמתא גופא היינו שכינתא והיא הנק׳ אספשא״מ, ונשמתא נק׳ כנס״י ונקראת אספה״מ” — אוה״ת פ׳ ויקהל ע׳ ב׳רכו ופ׳ תשא ע׳ א׳תתקמ.
- 12ובפרדס בעה״כ · בערך אספקלריא נעתק באוה״ת שבועות ע׳ קלב, ובכרך ו ע׳ א׳תשלא. וראה נ״ך כרך ב ע׳ תתקצב.
- 13ובמאו״א אות אלף סעי׳ קנ״ט · אספקלריא המאירה נק׳ ז״א מאיר מעצמו, ושא״מ המל׳ דל״ל מגרמי׳ כלום. באוה״ת שבועות ע׳ קלב. פ׳ כי תשא ע׳ א׳תתקמ. ויקהל ע׳ ב׳רכה. פ׳ ואתחנן ע׳ שכ. נ״ך כרך א ע׳ תקעח. ובכרך ב ע׳ תתקצב.
- 14משה שנתנבא בזה · רש״י ר״פ מטות מספרי שם. ושם בלקח טוב. [כ].
- 15שכל הנביאים נתנבאו בכה מוסיף עליהם משה שנתנבא בזה · Rashi on Numbers 30:3
- 16בד״ה וידבר משה אל ראשי המטות · לעיל פ׳ מטות פב, א ואילך.
- 17וידבר משה אל ראשי המטות · Numbers 30:2
- 18כדמותנו · Genesis 1:26
- 19וביד הנביאים אדמה · Hosea 12:11
- 20אמר ישעי׳ · ו, א.
20ועד״ז [ועל דרך זה] מובן מש״כ [מה שכתוב] צאינה וראינה1 כו׳ שבחינת העטרה שהיא בחינת כתר א״א [אי אפשר] כלל לראות ולהשיג בבחינת אספקלריא המאירה אלא צאינה וראינה בבחינת אספקלריא שאינה מאירה שעי״ז וראינה בעטרה כו׳
De même se comprend ce qui est écrit : « Sortez et contemplez », etc. : le niveau de la couronne, qui est celui de Kéter (la Couronne), ne peut absolument pas être vu ni appréhendé par le mode du miroir lumineux ; il faut plutôt « sortir et contempler » — par le mode du miroir qui n’est pas lumineux — grâce auquel on « contemple la couronne », etc.
La même idée explique « Sortez et contemplez » : la couronne, Kéter, ne peut absolument pas être vue à travers le miroir lumineux. On ne peut la voir qu’en « sortant » vers le miroir qui n’est pas lumineux, et c’est par lui que l’on « contemple la couronne ».
והנה נודע גם כן דההפרש שבין משה לשאר נביאים היינו שמשה היה רואה בעולם האצילות ע״י מעבר הבריאה משא״כ שאר הנביאים היו רואין בעולם האצילות ע״י התלבשות גמור בבריאה כו׳
Or, on sait également que la différence entre Moché et les autres prophètes est que Moché voyait dans le Monde d’Atsilout (Émanation) en passant par Béria, tandis que les autres prophètes voyaient dans le Monde d’Atsilout à travers son habillement complet en Béria, etc.
On sait que Moché voyait dans Atsilout à travers Béria comme à travers un passage ouvert, tandis que les autres prophètes ne voyaient Atsilout que lorsqu’il était entièrement revêtu de Béria.
ע׳ [עיין] בשע״ק [בשערי קדושה] ח״ג [חלק ג׳] ש״ו [שער ו׳] וע׳ [ועיין] בפי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות] בפ׳ וארא (דכ״ג ע״א) בענין האבות ומשה וא״כ [ואם כן] לפ״ז [לפי זה] צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] דגילוי האצי׳ [האצילות] נק׳ אספקלריא המאירה וכשהוא ע״י התלבשות גמור בבריאה נקרא אספקלריא שאינה מאירה.
Voir Sha’arei Kedushah, Partie III, Sha’ar 6 ; voir aussi le commentaire du Ramaz (Rabbi Moshe Zacuto) sur la paracha Va’eira (folio 23a), au sujet des Patriarches et de Moché. Si tel est le cas, il faut donc dire que la révélation d’Atsilout est appelée le miroir lumineux, tandis que, lorsqu’elle passe par son habillement complet en Béria, elle est appelée le miroir qui n’est pas lumineux.
Le texte cite Sha’arei Kedushah et le Ramaz sur le Zohar, dans Va’eira, à propos des Patriarches et de Moché. Il s’ensuit que la révélation directe d’Atsilout est le miroir lumineux, tandis qu’Atsilout perçu à travers son habillement complet en Béria est le miroir qui n’est pas lumineux.
וא״כ [ואם כן] לפ״ז [לפי זה] א״ש [אתי שפיר] הפי׳ דלעיל צאינה מאצי׳ [מאצילות] בהיכלות דבריאה ושם וראינה כו׳ דהיינו ע״י אספקלריא שא״מ [שאינה מאירה] כו׳.
Si tel est le cas, l’explication donnée plus haut se comprend bien : « Sortez » d’Atsilout vers les palais de Béria, et là, « contemplez », etc., c’est-à-dire au moyen du miroir qui n’est pas lumineux, etc.
L’explication précédente est donc bien fondée : « sortez » d’Atsilout vers les palais de Béria, et « contemplez » là, au moyen du miroir qui n’est pas lumineux.
L’analyse des deux sortes de miroirs s’applique à « Sortez et contemplez » : la couronne n’est vue que par la vision indirecte de Béria, c’est-à-dire Atsilout revêtu de Béria, qui est le miroir qui n’est pas lumineux.
La vision de Moché traversait Béria sans être revêtue par elle, tandis que celle des prophètes passait par les vêtements de Béria. Le verset invite les « filles de Sion » à emprunter cette seconde voie, car seule une vision réfléchie permet d’atteindre la couronne de Kéter.
Maré mekomot
- 1צאינה וראינה · Song of Songs 3:11
21ועד״ז [ועל דרך זה] יובן ג״כ מ״ש בפע״ח [בפרי עץ חיים] גבי ק״ש [קריאת שמע] כי הנה בחי׳ אספשא״מ [אספקלריא שאינה מאירה] שהראי׳ [שהראיה] נמשך בבחינת אור חוזר מחמת הצפוי דק המעכב ומונע התפשטות הראות כו׳
On comprendra de même ce qui est écrit dans le Pri Etz Chaim au sujet du Chema. Car le niveau du miroir qui ne brille pas, dans lequel la vision se propage sous la forme d’une lumière réfléchie (Or Hozer), en raison de la mince couche qui retient et empêche la propagation de la vision, etc.,
Il en va de même pour un enseignement du Pri Etz Chaim sur le Chema. Dans un miroir, la vision est une « lumière réfléchie » (Or Hozer) : la mince couche au dos du miroir empêche la vision de le traverser et la renvoie.
הוא בעבודה בחי׳ בכל מאדך1 שמחמת ההסתר דנה״ב [דנפש הבהמית] נעשה תוקף האהבה בבחי׳ מאד ועי״ז דוקא מעורר למעלה יותר ועמש״ל [ועיין מה שכתוב לעיל] בפי׳2 הראיני3 את מראיך4 כו׳
correspond, dans le service divin, au niveau de « de toute ta force (meodékha) » : du fait de la dissimulation de l’âme animale, l’intensité de l’amour atteint le niveau de meod (au-delà de toute mesure), et c’est précisément ainsi que l’on suscite une réponse plus élevée d’En-Haut. Voyez aussi ce qui a été écrit plus haut sur l’explication de « Montre-moi ton apparence », etc.
Dans le service divin, cela correspond à « de toute ta force » (meodékha) : parce que l’âme animale dissimule la divinité, l’amour jaillit avec une intensité « au-delà de toute mesure » (meod), et c’est précisément cela qui suscite une réponse plus élevée d’En-Haut. Le texte renvoie à l’explication donnée plus haut de « Montre-moi ton apparence ».
ובחי׳ זו שייך בהיותנו בבריאה כו׳ וע״ד [ועל דרך] שנת׳ [שנתבאר] בביאור ע״פ שחורה אני ונאוה5 כו׳ שבירידת המל׳ [המלכות] בבריאה דוקא נעשית בחי׳ כלה כלתה נפשי6 כו׳
Ce niveau s’applique lorsque nous sommes dans Béria, etc., conformément à ce qui a été expliqué dans le commentaire du verset « Je suis noire, mais belle », etc. : c’est précisément par la descente de Mal’hout en Béria qu’elle devient une kallah (fiancée) : « mon âme languit » (kaltah), etc.
Ce niveau relève de notre présence en Béria. Comme l’explique le commentaire de « Je suis noire, mais belle », Mal’hout ne devient une « fiancée » (kallah) qu’en descendant en Béria, avec le désir exprimé par « mon âme languit » (kaltah).
ע״ש [עיין שם] באריכות ועמ״שש בד״ה ואהי׳ [ואהיה] אצלו אמון78 בפי׳ ממושבותיכם תביאו9 כו׳ שהוא בחי׳ ק״ש [קריאת שמע] שהיא מיושב כו׳ שמשם דוקא מביאין ומניפים שתי הלחם להעלותם לבחי׳ העטרה כו׳ והוא מטעם הנ״ל:1011121314151617181920
Voyez là-bas le développement détaillé. Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Et j’étais auprès de Lui comme un nourrisson (amon) », au sujet de l’explication de « De vos demeures, vous apporterez », etc. : il s’agit du niveau du Chema, qui se récite assis (meyouchav), etc. C’est précisément de là que l’on apporte et que l’on agite les deux pains pour les élever au niveau de la couronne, etc. ; cela s’explique par la raison mentionnée plus haut.
Le discours sur « Et j’étais auprès de Lui comme un nourrisson » explique que « De vos demeures (moshvoseikhem), vous apporterez » les deux pains désigne le Chema, qui se récite assis (meyouchav) ; c’est de là que les deux pains sont apportés et agités pour être élevés jusqu’à la couronne. Cela correspond à la raison donnée ici : le point de vue inférieur de Béria a le pouvoir d’atteindre le niveau le plus élevé.
Le maamar conclut en appliquant la « lumière réfléchie » du miroir au service divin : en Béria, pendant le Chema, la dissimulation de l’âme animale engendre un amour « de toute ta force » qui atteint plus haut que la vision directe ; de là, les deux pains sont élevés jusqu’à la couronne.
Le paragraphe final relie les deux fils du maamar : les deux pains, la Torah écrite et la Torah orale, sont élevés jusqu’à Kéter, et la couronne n’est « vue » que depuis Béria. Dans les deux cas, une descente produit une ascension plus puissante, comme une lumière qui frappe une surface et revient.
Maré mekomot
- 1בכל מאדך · Deuteronomy 6:5
- 2ועמש״ל בפי׳ מראיני · לעיל יז, ג.
- 3ועמש״ל בפי׳ הראינו · לעיל יז, ג.
- 4הראיני את מראיך · Song of Songs 2:14
- 5שחורה אני ונאוה · Song of Songs 1:5
- 6כלתה נפשי · Psalms 84:3
- 7בד״ה ואהי׳ אצלו אמון · Numbers 20:2
- 8ואהי׳ אצלו אמון · Proverbs 8:30
- 9ממושבותיכם תביאו · Leviticus 23:17
- 10לבבתני · הנחת כ״ק אדה״א בסה״מ תקע״א ע׳ קעז. נדפס בלי הגהות ובשינויים בתו״א לעמבערג ל, ד. במאמרי אדה״ז כתובים ח״ב ע׳ קלב נדפס מאמר לבבתני, וכנראה שהוא מיוסד על ד״ה זה או שהוא הנחה אחרת.
- 11לבבתני אחותי כלה · Song of Songs 4:9
- 12ישראל מפרנסין לאביהם שבשמים · נסמן לעיל יא, ד. קטע מכאן באוה״ת בראשית כרך ז דף תתשצ, א עם הגהות ואחר תי׳ ”שבשמים” מוסיף ”(עיין ג״כ בד״ה הנך יפה רעייתי)”.
- 13את קרבני לחמי לאשי · Numbers 28:2
- 14והוא פלאי · בסה״מ תקע״א מבאר: ”איך הקרבת חלב ודם מבהמה גשמי׳ נק׳ לחם הוי׳”.
- 15ג׳ שותפין יש באדם · Niddah 31a:9
- 16וע״י הקרבן עולה החיות · ראה אגה״ק סי׳ כח ובליקוט פירושים ומ״מ — חיטריק שם. מכאן עד תי׳ ”אוא״ס ב״ה ממש” מובא באוה״ת מטות ע׳ א׳רסה. ושם מוסיף ”ע׳ בזהר ר״פ צו בפי׳ שנק׳ עולה ק״ק”. וכן מובא באוה״ת יתרו ע׳ א׳לד. ובפ׳ משפטים ע׳ א׳קעא ושם מציין שכאן מבאר שעולה עד אא״ס ב״ה ממש. ובלקו״ת נשא כט, א ובאגה״ק סי׳ כח מבאר שההמשכה רק מבחי׳ ז״א.
- 17והחיות נושאות את הכסא · ע״ל שלח (מא, סע״ד). וש״נ. [כ].
- 18דמות כמראה אדם · והכח הזה בהם לפי ששרשם מבחי׳ זמ״ל דתהו כו׳ ע׳ בתו״א בד״ה זכור ושמור [דף עא, ב] — אוה״ת יתרו ע׳ א׳לה.
- 19הכהן המקריב שהוא איש החסד · Zohar III, 145b
- 20דאית חסד ואית חסד · Zohar I, 219a
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Servez D.ieu avec joie, mais avec une joie mesurée, qui réjouit le cœur sans troubler l’esprit et suscite la couronne ; puis, que l’élan se transforme en retour, faisant descendre la lumière dans la Torah et les mitsvot. Étudiez la Torah orale pour elle-même, afin que sa compréhension aux multiples facettes ne fasse qu’un avec la Torah écrite. Accordez toute sa valeur au « pain » de la Torah, à ses lettres et à ses lois décomposées afin que chacun puisse les recevoir : même celui qui récite un verset sans le comprendre s’occupe de Torah. Et la dissimulation de l’âme animale n’est pas seulement un obstacle, car elle fait naître un amour « de toute ta force », qui atteint plus haut que la vision directe.
Questions à discuter
- Pourquoi le pain, qui n’a pas de douceur, « soutient-il le cœur de l’homme » davantage que le vin, et que nous apprend cela sur les lettres et les lois de la Torah ?
- Comment l’analogie d’un maître qui doit adapter une idée à son jeune fils explique-t-elle pourquoi Netsa'h et Hod prennent racine en Kéter ?
- En quel sens la Torah orale est-elle « au pluriel » et la Torah écrite « au singulier », et comment l’étude lichma rend-elle le pluriel semblable au singulier ?
- Pourquoi un miroir peut-il montrer ce que le verre transparent ne peut montrer, et comment cela explique-t-il que la couronne ne soit visible que depuis Béria ?
- Comment D.ieu peut-Il éprouver du plaisir devant les actes des tsadikim sans être un récepteur ?