Likkutei Torah · Parshas Shir HaShirim · Maamar 8
ביאור הדברים ע״פ שחורה אני ונאוה
Explication des paroles : « Je suis noire, mais belle »
L’idée centrale
La descente de l’âme dans un monde limité et matériel la rend « noire » ; pourtant, cette noirceur même est la source de sa beauté : par les mitsvot accomplies au moyen d’éléments matériels, et surtout par les commandements négatifs, qui écartent ce qui ne peut être élevé, se révèle une lumière supérieure à tout ce que l’âme connaissait en haut, atteignant jusqu’à l’essence de D.ieu.
Le maamar en bref
Le maamar établit d’abord que l’essence de D.ieu n’est en relation avec les Séfirot que par l’intermédiaire de Kéter, dont le côté supérieur constitue le « dernier niveau » de l’Infini, Son « Nom ». Mal’hout d’Atsilout joue également le rôle d’intermédiaire entre Atsilout et Béria ; après sa descente, elle est appelée Chekhina et kallah, une épouse qui aspire de loin, et les âmes suivent le même schéma. Leur descente est « noire », mais « belle », car ce n’est qu’alors que la Torah, puisée dans l’essence de la sagesse supérieure, devient leur « époux », et que Mal’hout, une fois descendue, élève les « eaux féminines » qui rendent possible l’union supérieure. Les halakhot proviennent de deux barbes : les cheveux blancs d’Arikh Anpin (les commandements positifs) et les cheveux noirs de Zeir Anpin (les interdits). Comme ce qui est plus élevé à la racine tombe plus bas lors du bris de Tohou, les choses interdites renferment les étincelles les plus élevées, et leur rejet révèle davantage que les commandements positifs : non seulement la lumière qui entoure les mondes, mais aussi Atik et la lumière cachée, « belle comme les tentes de Kédar », et enfin « les tentures de Chlomo ». Le maamar conclut en lisant « Lève-toi devant les cheveux blancs » comme une référence au respect des mitsvot.
Plan
- Kéter, l’intermédiaireEntre D.ieu et les Séfirot se tient Kéter ; son côté supérieur constitue le « dernier niveau » de l’Infini, qui est le « Nom » de D.ieu, le kav d’où émanent Atik et Arikh Anpin.¶1–7
- Mal’hout, la Chekhina et l’épouseMal’hout d’Atsilout devient Atik de Béria, puis est appelée Chekhina et kallah ; les âmes aussi descendent du statut de « filles de Jérusalem » à celui d’« épouse », et reçoivent la Torah comme leur époux ; l’union supérieure dépend des eaux féminines que Mal’hout, après sa descente, raffine.¶8–20
- Les cheveux noirs et blancsLes commandements positifs proviennent des cheveux blancs d’Arikh Anpin et révèlent la lumière qui entoure les mondes ; les interdits et les barrières rabbiniques proviennent des cheveux noirs de Zeir Anpin et révéleront l’essence de D.ieu.¶21–27
- Tohou et Tikoun : le lion et le bœufCe qui est plus élevé à la racine tombe plus bas : le lion est interdit, bien que sa racine soit supérieure à celle du bœuf ; ainsi, les interdits, qui concernent les choses interdites, révèlent des lumières plus élevées.¶28–34
- Le soleil, le sel et les tentes de KédarLa rigueur prend racine au-dessus de la bonté ; les interdits révèlent la lumière supérieure qui entoure les mondes, Atik, comparée aux lointaines « tentes de Kédar », ainsi que la lumière cachée qui se trouve au-dessus de la lumière blanche de la flamme.¶35–42
- « Belle » et les tentures de ChlomoLes interdits puisent dans la 'Hokhma, la Bina et la Daat d’Atik, révélant le visage lumineux au-dessus de tous les cheveux ; plus haut encore se trouvent « les tentures de Chlomo », la paix où rien n’a besoin d’être concilié, entrevue à Pourim et à Yom Kippour.¶43–48
- « Lève-toi devant les cheveux blancs »Le verset fait référence aux mitsvot issues des deux barbes ; « et tu craindras ton D.ieu » désigne Mal’hout, la Torah orale, dont les commandements rabbiniques repoussent le mal par une action positive.¶49–54
Notions clés
- Intermédiaire (memoutsa)ממוצע
- Kéter, qui relie l’essence de D.ieu aux Séfirot : son côté supérieur appartient à l’Émanateur et son côté inférieur est la racine des Séfirot. Mal’hout d’Atsilout joue le même rôle entre Atsilout et Béria.
- Chekhinaשכינה
- Mal’hout d’Atsilout lorsqu’elle descend et devient Atik de Béria, où elle « réside » parmi les êtres créés ; au sein d’Atsilout, elle ne fait qu’un avec l’Infini.
- Épouse (kallah)כלה
- L’âme et Mal’hout après leur descente dans les mondes inférieurs ; le mot se lit comme kalsah, aspirer avec nostalgie, et comme kol hé, le rassemblement de tous les attributs dans la révélation.
- Eaux féminines (mayin noukvin)מיין נוקבין
- Les étincelles raffinées, élevées d’en bas par la prière et les mitsvot ; bien que les eaux masculines les raffinent, une fois raffinées, elles s’élèvent au-dessus des eaux masculines.
- Cheveux blancs et cheveux noirsשערות דאריך אנפין ודזעיר אנפין
- Des canaux étroits qui transmettent une lumière réduite : les cheveux blancs d’Arikh Anpin sont la source des commandements positifs, et les cheveux noirs de Zeir Anpin, la source des interdits.
- Tohou et Tikounתהו ותיקון
- Le monde des lumières intenses et des réceptacles brisés, et le monde d’une lumière rectifiée et diminuée ; plus une lumière était élevée dans Tohou, plus bas ses fragments sont tombés.
- Lumière qui entoure (makif)מקיף
- Une lumière qui entoure au lieu de pénétrer : proche comme un vêtement (les commandements positifs) ou lointaine comme une tente (Atik, révélé par les interdits).
- Atikעתיק
- L’aspect intérieur de Kéter, qui ne compte pas parmi les dix Séfirot et n’est même pas appelé « ce qui entoure tous les mondes » ; ses trois premières Séfirot ne sont attirées que par les interdits.
Kéter, l’intermédiaire ¶1–7
Explication des éléments [exposés] à propos du verset « Je suis noire, mais belle. »
Ce titre indique qu’il s’agit d’un biour, d’une explication développée d’un discours sur le verset « Je suis noire, mais belle, filles de Jérusalem » (Cantique des Cantiques 1:5). Dans ce verset, la Communauté d’Israël se décrit comme sombre et pourtant belle, et le maamar montrera comment l’obscurité elle-même devient la source de la beauté.
Le titre nomme le verset que le maamar dans son ensemble se propose d’expliquer.
Maré mekomot
- 1ביאור הדברים · הנחת הר״פ בס׳ מאמרי אדה״ז הנחות הר״פ ע׳ קכז. עוד הנחה במאמרי אדה״ז כתובים ח״ב ע׳ נד. בבוך 4 רשום: פ׳ קדושים. באוה״ת שה״ש כרך ג ע׳ תתל עם הגהות.
- 2
2הנה בין המאציל לנאצלים צריך להיות בחינת ממוצע1 כמ״ש בע״ח שמ״א פ״ג2 והוא משום דלאו ביה מכל אינון מדות כלל.34
Or, entre l’Émanateur et les émanés [niveaux], il doit y avoir un niveau intermédiaire, comme il est écrit dans Etz Chaim, Sha’ar 41, chapitre 3. C’est parce que « aucune de ces qualités n’est en Lui ».
L’Émanateur est D.ieu Lui-même, et les niveaux émanés sont les Séfirot d’Atsilout. L’Arizal enseigne qu’un niveau intermédiaire doit relier les deux ; le Alter Rebbe ajoute que la raison en est que, comme le dit le Tikkunei Zohar, D.ieu, dans Son essence, ne possède aucune des qualités — sagesse, bonté et les autres — exprimées par les Séfirot.
ואפילו בהע״ס מה שנקרא ספירת חכמה היינו הכלי המגביל את האור דע״ס נקרא בשם חכמה
Même parmi les dix Séfirot, ce que l’on appelle la Séfira de 'Hokhma (sagesse) désigne le réceptacle qui limite la lumière des dix Séfirot : c’est [ce réceptacle] que l’on appelle du nom de 'Hokhma,
Chaque Séfira se compose d’une lumière et d’un réceptacle. Le nom « 'Hokhma » appartient proprement au réceptacle, qui donne à la lumière une forme définie et limitée, celle de la sagesse.
וכן בבינה וחסד כו׳. אבל עצם האור לא שייך לקרותו בשם חכמה רק אור המהווה ספי׳ חכמה.
et il en va de même pour Bina (compréhension), 'Hessed (bonté), etc. Mais la lumière elle-même ne peut proprement être appelée du nom de 'Hokhma ; [elle est] seulement « la lumière qui fait advenir la Séfira de 'Hokhma ».
Il en va de même pour chaque Séfira. La lumière à l’intérieur du réceptacle n’est pas elle-même la « sagesse » ou la « bonté » ; elle est seulement la lumière qui fait advenir cette Séfira. Ainsi, les qualités désignent les réceptacles et non la lumière, et à plus forte raison pas l’essence de D.ieu.
Ce paragraphe ouvre le premier thème du maamar : un intermédiaire doit se tenir entre D.ieu et les Séfirot, puisque D.ieu ne possède aucune de leurs qualités. Même au sein des Séfirot, les noms 'Hokhma, Bina et 'Hessed désignent les réceptacles limitants, et non la lumière.
Le Alter Rebbe cite Etz Chaim, Sha’ar 41, chapitre 3, conformément à l’édition de Shklov de 1800 ; comme le signale la note de Kehot, dans les éditions actuelles, le passage se trouve à Sha’ar 42 (Drushei ABYA), chapitre 1. Les mots « aucune de ces qualités n’est en Lui » proviennent de Patach Eliyahu, dans l’introduction au Tikkunei Zohar.
Maré mekomot
- 1בין המאציל לנאצלים צריך להיות בחינת ממוצע · Sefer Etz Chaim 42:3
- 2שמ״א פ״ג · בדפוס שקלאוו תק״ס. לפננו הוא שמ״ב (דרושי אבי״ע) פ״א. [כ]. ראה לעיל בחקותי מו, ג. נצבים נב, ג. ביאור הע״ח בביאוה״ז להצ״צ ע׳ רנו ואילך.
- 3דלאו בי׳ מכל אינון מדות כלל · ת״ז בהקדמה (פתח אלי׳).
- 4דלאו ביה מכל אינון מדות כלל · Tikkunei Zohar 17b:5–7
3והאור הוא רק זיו והארה מעצמות המאציל ואין פועל שום שינוי במהותו ועצמותו. וזהו אני הוי׳ לא שניתי1 כמו קודם שנבראו כל העולמו׳
Et la lumière n’est qu’un rayonnement et une illumination provenant de l’essence de l’Émanateur, et elle n’opère absolument aucun changement dans Son être et Son essence. Tel est le sens de : « Moi, D.ieu, Je n’ai pas changé » : [Il est] exactement comme [Il était] avant que tous les mondes ne soient créés.
La lumière qui se déploie dans les Séfirot n’est qu’un rayonnement de D.ieu, comme la lumière du soleil provient du soleil ; son émanation ne change donc rien en Lui. C’est ainsi que l’Alter Rebbe interprète les paroles de Malachie : « Moi, D.ieu, Je n’ai pas changé » : D.ieu est exactement comme Il était avant la création.
ובזה מתורץ קושיית הפלסופים2 איך כל התוארים אין פועלים שום שינוי בעצמות כי אינם שייכים כלל להעצמות
Cela résout la question des philosophes : comment se fait-il qu’aucune des descriptions [attribuées à D.ieu] n’opère de changement dans [Son] essence ? [La réponse est] qu’elles ne se rapportent aucunement à l’essence.
Les philosophes du Moyen Âge demandaient comment les Écritures pouvaient attribuer tant de qualités à D.ieu sans impliquer en Lui changement ou multiplicité. La réponse donnée ici est que ces descriptions ne concernent aucunement Son essence.
(ר״ל מ״ש בתורה3 ותחת רגליו4 כו׳ כתובים באצבע אלקים5 כו׳ עיני67 ה׳ אזני ה׳ וכיוצא וכבר האריך בזה בפרדס שער כ״ב פ״א והשל״ה בהקדמה)
(C’est-à-dire ce qui est écrit dans la Torah : « et sous Ses pieds, etc. », « écrit avec le doigt de D.ieu, etc. », « les yeux de D.ieu », « les oreilles de D.ieu », et autres expressions semblables. Le Pardes a déjà traité cette question en détail dans Sha’ar 22, chapitre 1, et le Shelah également dans [son] introduction)
Les « descriptions » en question sont les images corporelles de D.ieu présentes dans la Torah : Ses pieds, Son doigt, Ses yeux et Ses oreilles. Le Pardes Rimonim de Rabbi Moché Cordovero et l’introduction du Shelah traitent déjà longuement cette question.
(דף י״א י״ג י״ד) ע״ש שביארו הענין אל נכון אך עכ״ז אינו שייך רק בע״ס.
(pages 11, 13, 14). Voyez là-bas, car ils ont expliqué la question avec justesse. Néanmoins, [tout] cela ne concerne que les Dix Séfirot.
Ces ouvrages expliquent correctement la question. L’Alter Rebbe ajoute son propre point : toutes ces descriptions ne s’appliquent qu’aux Dix Séfirot, et jamais à l’essence de D.ieu.
וכן המדות כמו רחום או נוקם כו׳ אף שבאמת המדות עליונות אינן כלל מעין וסוג המדות שבנבראים וכמשנ״ת באגה״ק בד״ה להבין משל ומליצה8.9
Il en va de même des attributs (midot), tels que « compatissant » ou « vengeur », etc. : bien qu’en vérité les attributs supérieurs ne soient nullement de même nature ni de même catégorie que les attributs des êtres créés, comme cela a été expliqué dans Iggeres HaKodesh, dans l’épître commençant par « Pour comprendre une parabole et une figure »,
Les attributs tels que « compatissant » ou « vengeur » constituent un autre exemple. Même en admettant que les attributs divins soient entièrement différents des sentiments humains, comme l’explique Iggeres HaKodesh 15, le point décisif est celui qui suit.
אך עכ״ז הם שייכים רק בבחינת הכלים דע״ס לבד10 וכמאמר הת״ז כולא לאחזאה איך מתנהג עלמא11 אבל לאו כו׳ מכל אלין מדות כלל ועיין בסש״ב (ח״א פ״ב בהג״ה וח״ב פ״ט בהג״ה).
ils ne se rapportent néanmoins qu’au niveau des réceptacles des Dix Séfirot, comme l’enseigne le Tikkunei Zohar : « Tout cela [sert] à montrer comment le monde est gouverné, mais non, etc., [à attribuer à D.ieu] l’un quelconque de ces attributs. » Voyez Sefer Shel Beinonim (Part I, chapter 2, in the gloss, and Part II, chapter 9, in the gloss).
Les attributs divins appartiennent uniquement aux réceptacles des Séfirot. Le Tikkunei Zohar dit qu’ils sont là « pour montrer comment le monde est gouverné », et non parce que D.ieu Lui-même posséderait l’un d’eux. Les gloses de deux chapitres du Tanya développent également ce point.
ואעפ״כ מתייחס כ״ז לו ית׳ ממש שהוא עצמו ית׳ ממש הרחמן והחסדן או הנוקם כו׳
Et pourtant, tout cela Lui est véritablement attribué, béni soit-Il : Lui-même, béni soit-Il, est véritablement le Miséricordieux et le Bienveillant, ou le Vengeur, etc.,
Il est néanmoins juste de qualifier D.ieu Lui-même de « Miséricordieux », de « Bienveillant » ou de « Vengeur ». La partie suivante explique comment cela est possible.
ע״י התלבשות האור שהוא ית׳ מאיר ממנו בהכלים12 להחיותן והאור מתייחד עמהן דאיהו וגרמוהי חד ממש ומ״מ אין זה פועל שום שינוי והתפעלות בעצמותו ית׳
par l’intermédiaire de l’enveloppement de la lumière qu’Il fait émaner de Lui-même, béni soit-Il, dans les réceptacles afin de leur donner vie ; et la lumière s’unit à eux, car « Lui et Ses réceptacles » ne font véritablement qu’un. Malgré tout, cela n’opère aucun changement dans Son essence, béni soit-Il, et ne produit en Lui aucune réaction,
Ces appellations s’appliquent à D.ieu parce que Sa propre lumière pénètre dans les réceptacles et devient une avec eux ; l’expression du Tikkunei Zohar, « Lui et Ses réceptacles ne font qu’un », signifie que même les réceptacles sont unis à Lui. Pourtant, cette union ne touche pas à Son essence.
כי גם האור המתלבש בע״ס הוא רק כענין זיו והארה לבד אבל עצמותו ית׳ קדוש ומובדל כו׳ ואינו כדמיון הנשמה שהיא עצמה מתלבשת בגוף כו׳
car la lumière qui est revêtue dans les dix Séfirot n’est elle aussi qu’une sorte de rayonnement et d’illumination, tandis que Son essence, béni soit-Il, est sainte et séparée, etc. Ce n’est pas comme l’âme, qui est elle-même revêtue dans le corps, etc.
La lumière dans les Séfirot est un rayonnement, non l’essence de D.ieu. Ici, la comparaison bien connue avec l’âme dans le corps atteint ses limites : l’âme elle-même pénètre dans le corps, tandis que l’essence de D.ieu demeure sainte et séparée.
וגדולה מזו כתב בפרדס שער עצמות וכלים13 פ״ד שאפילו בהאור והזיו המלובש בהכלים דע״ס אין בעצמות ההוא שינוי וגוון כלל לא דין14
Plus encore, il est écrit dans le Pardes, Sha’ar Atzmus VeKeilim (la Porte de l’Essence et des réceptacles), chapitre 4 : même dans la lumière et le rayonnement revêtus dans les réceptacles des dix Séfirot, cette essence ne connaît aucun changement ni aucune nuance, ni jugement
Le Pardes va plus loin encore : même la lumière qui se trouve dans les réceptacles n’a aucune « nuance » propre. Le jugement et la miséricorde, la droite et la gauche, sont des distinctions des réceptacles, non de la lumière.
ולא רחמים לא ימין ולא שמאל כו׳ ואע״פ שכל פעולות אלו הבאים מהרחמים והדין נשפע ונמשך מהאור דייקא. ע״י הכלים.
ni miséricorde, ni droite ni gauche, etc., bien que toutes ces actions qui procèdent de la miséricorde et du jugement découlent et soient tirées précisément de la lumière, par l’intermédiaire des réceptacles.
La lumière n’est elle-même ni miséricorde ni jugement, bien que chaque acte de miséricorde ou de jugement tire sa puissance de cette lumière même. La différence dans l’effet provient des réceptacles à travers lesquels elle passe.
והנה הכלים דאצילות הם ג״כ אלקות ממש ואיהו וגרמוהי חד15 (ועיין מזה באגה״ק בד״ה איהו וחיוהי16 כו׳. ועמ״ש ע״פ ארדה נא ואראה17 כו׳)
Or, les réceptacles d’Atsilout sont eux aussi véritablement de la divinité, et « Lui et Ses réceptacles ne font qu’un » (voir à ce sujet Iggeres HaKodesh, dans l’épître commençant par « Lui et Ses forces vitales, etc. » ; et voir ce qui est écrit sur le verset « Je vais descendre maintenant et voir, etc. »).
Les réceptacles d’Atsilout sont eux aussi de la divinité, en unité absolue avec D.ieu. La note du Kehot résume ainsi le propos d’Iggeres HaKodesh 20 : ces réceptacles peuvent créer quelque chose à partir de rien, comme l’Infini, et non simplement comme une cause produit un effet.
ואף האור המהוה כל הספירות הוא רק כמו זיו השמש אשר אינו פועל שום שינוי בעצם המאור לכן נקרא בשם אור א״ס שהוא לשון זיו והארה בעלמא.
Et même la lumière qui fait exister toutes les Séfirot n’est qu’à l’image du rayonnement du soleil, qui ne produit aucun changement dans le luminaire lui-même. C’est pourquoi elle est appelée « la Lumière infinie (Or Ein Sof) », le terme « lumière » désignant un simple rayonnement et une simple illumination.
La lumière du soleil ne modifie ni ne diminue le soleil. C’est pourquoi, explique l’Alter Rebbe, la Kabbale parle de la Lumière infinie : le mot même « lumière » indique un simple rayonnement, non l’essence.
אך גם זאת כדי שיהיה האור א״ס יכול לבוא לידי גילוי שיתהוה מזה כל הספירות צריך להיות מקודם בחינת ממוצע בין המאציל לנאצלים ואז יוכל האור א״ס להוות ולהחיות הספירות והממוצע זהו18 כתר.
Cependant, même ainsi, pour que la Lumière infinie puisse se révéler et que toutes les Séfirot viennent à l’existence à partir d’elle, il faut d’abord un niveau intermédiaire entre l’Émanateur et les émanés ; alors la Lumière infinie pourra faire exister les Séfirot et leur donner la vie. Cet intermédiaire est Kéter (la Couronne),
Même ce rayonnement ne peut produire directement les Séfirot. Il lui faut un intermédiaire entre D.ieu et les Séfirot, et cet intermédiaire est Kéter, la Couronne.
car il contient [quelque chose] du dernier niveau de l’Émanateur, et il contient un niveau appelé « la racine des émanés ». C’est pourquoi Kéter est parfois appelé la Lumière infinie
Kéter a deux aspects : l’un relève de l’Émanateur, en tant que Son « dernier niveau », et l’autre est la racine des Séfirot. En raison de son aspect supérieur, Kéter est parfois appelé la « Lumière infinie » elle-même.
(דהיינו מצד בחינה האחרונה שבמאציל שיש בו שבחי׳ זו אינה במנין ע״ס כלל ומצד בחינת שרש הנאצלים נמנה בע״ס ע״כ הוא בחינת ממוצע)
(c’est-à-dire du côté du dernier niveau de l’Émanateur qu’il contient, car ce niveau n’est pas compté du tout parmi les dix Séfirot ; tandis que du côté du niveau qui est la racine des émanés, il est compté parmi les dix Séfirot. Il constitue donc un niveau intermédiaire).
Cela résout la controverse des kabbalistes sur la question de savoir si Kéter est compté parmi les dix Séfirot. Son aspect supérieur n’est pas compté, tandis que son aspect inférieur l’est ; c’est précisément le fait qu’il possède ces deux aspects qui en fait un intermédiaire.
כי עצמותו ומהותו של המאציל עצם א״ס אינו בגדר כל עלמין שיוכל לבוא בגילוי האור וההשפעה ממנו אף בעולם אצילות אם לא ע״י בחינת ממוצע הנ״ל
Car l’essence et l’être de l’Émanateur, l’essence même de l’Infini (Ein Sof), ne sont pas dans les limites de « tous les mondes », de sorte que la lumière et l’influence émanant de Lui puissent se révéler, même dans le Monde d’Atsilout, si ce n’est par le niveau intermédiaire mentionné plus haut.
L’essence de D.ieu dépasse toute catégorie de mondes, même le plus élevé, Atsilout. La lumière qui émane de Lui ne peut s’y révéler que par l’intermédiaire de Kéter.
(ומה שיש להבין איך שייך לומר באין סוף בחי׳ אחרונה.21 כי לא שייך בחי׳ אחרונה או ראשונה רק במקום ששייך לומר ראש וסוף והיינו בע״ס שהחכמה נקרא ראשית ההשתלשלות כו׳ והמל׳ נקרא סופא דכל דרגין.
(Quant à ce qu’il faut comprendre — comment peut-on parler d’un « dernier niveau » dans l’Infini ? —, les notions de « dernier » ou de « premier » ne s’appliquent que là où l’on peut parler d’un commencement et d’une fin, c’est-à-dire dans les Dix Séfirot, où 'Hokhma est appelée le commencement de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), etc., et Mal’hout est appelée « la fin de tous les niveaux ».
Une longue question entre parenthèses commence ici : comment l’Infini peut-il avoir un « dernier » niveau ? Les notions de premier et de dernier n’existent que là où il y a un commencement et une fin, comme dans les Séfirot : 'Hokhma ouvre l’enchaînement descendant, et Mal’hout est appelée « la fin de tous les niveaux ».
משא״כ בא״ס ב״ה שאין לו קץ וראש והוא פשוט בתכלית הפשיטות מהו ענין בחי׳ אחרונה.
Il n’en va pas ainsi de l’Infini, béni soit-Il, qui n’a ni fin ni commencement et est d’une simplicité absolue : que signifie donc « dernier niveau » [à Son sujet] ?
L’Infini n’a ni commencement ni fin et est d’une simplicité absolue, sans parties. L’expression « dernier niveau » semble donc dépourvue de sens lorsqu’on l’applique à Lui.
והיה נראה לומר ע״פ משנ״ת בכמה דוכתי בפירוש מארז״ל עד שלא נברא העולם22 היה הוא ושמו בלבד.23 דידוע הקושיא איך שייך קודם בריאת העולמות להיות בחינת שם להקב״ה ומי קראו בשמו.
Il semblerait possible de répondre [ainsi], d’après ce qui a été expliqué en plusieurs endroits au sujet de l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « Avant que le monde ne fût créé, il n’y avait que Lui et Son Nom. » En effet, la question est bien connue : comment pouvait-il y avoir un Nom pour le Saint béni soit-Il avant la création des mondes ? Qui L’appelait par Son Nom ?
La réponse s’appuie sur l’enseignement de Pirkei DeRabbi Eliezer selon lequel, avant la création, il n’y avait que D.ieu « et Son Nom ». Un nom sert à ce que d’autres puissent appeler quelqu’un ; il est donc étonnant que D.ieu ait eu un Nom avant qu’existe quiconque pour L’appeler.
אך הענין כי התפשטות החיות הנמשך ממנו ית׳24 להחיות כל העולמות והע״ס אין התפשטות והמשכה זו רק בחינת שם שהוא רק זיו והארה בעלמא ונקרא אור אין סוף אבל מהותו ועצמותו ית׳ הוא רם ונשא
Mais voici ce qu’il en est : le déploiement de la force vitale qui émane de Lui, béni soit-Il, pour donner vie à tous les mondes et aux Dix Séfirot — ce déploiement et cet influx ne sont que le niveau d’un nom, qui n’est qu’un simple rayonnement et une simple illumination, appelé la Lumière infinie. Mais Son être et Son essence, béni soit-Il, sont élevés et exaltés,
La force vitale qui se déploie de D.ieu vers les mondes et les Séfirot est Son « Nom » : comme un nom, elle n’est qu’un rayonnement extérieur ; c’est ce que la Kabbale appelle la Lumière infinie. L’essence même de D.ieu se situe bien au-dessus.
כי אני ה׳ לא שניתי כתיב כו׳. והנה גם קודם שנברא העולם. מה שיכול להיות מתגלה ושיומשך ממנו ההארה והזיו ברצונו הפשוט זהו הנקרא בחינת שמו שהיה עד שלא נברא העולם.
car il est écrit : « Moi, D.ieu, Je n’ai pas changé », etc. Or, même avant que le monde ne fût créé, le fait qu’Il puisse se révéler et qu’une illumination et un rayonnement puissent émaner de Lui par Sa volonté simple, voilà ce qui est appelé le niveau de Son Nom, qui existait avant que le monde ne fût créé.
Même avant la création, D.ieu avait la capacité de Se révéler et de rayonner, si telle était Sa volonté simple. Cette capacité latente est le « Nom » qui existait avant la création du monde.
שכח ויכולת זה נקרא בחי׳ שמו הכלול בעצמותו. וזהו ענין בחי׳ אחרונה שבמאציל וכמו שם האדם עד״מ שהוא אין ואפס ממש לגבי עצמותו כו׳.
Car cette force et cette capacité sont appelées le niveau de Son Nom, inclus dans Son essence. Tel est le sens de l’expression « le dernier niveau de l’Émanateur » : comme le nom d’une personne, par analogie, qui n’est réellement rien par rapport à son essence, etc.
Cette capacité, contenue dans l’essence de D.ieu, constitue Son « dernier niveau ». Le nom d’une personne est une analogie appropriée : il permet aux autres de l’appeler, mais n’ajoute rien à ce qu’elle est.
ומבחינה זו לבד הוא שנמשך להיות עתיק וכתר האצילות כו׳ ויצדק מאד לקרוא זה בחינה אחרונה לפי הלשון המבואר במ״א כי לא זה הוא עיקר האלקות25 מה שהעולמות מתהוים ממנו ומקבלים חיותם והתהוותם מאלקותו ית׳
C’est de ce seul niveau que [la lumière] émane pour devenir Atik et Kéter d’Atsilout, etc. Il convient tout à fait de l’appeler « dernier niveau », selon la formulation expliquée ailleurs : car le cœur de la Divinité ne consiste pas en ce que les mondes soient créés à partir de Lui et reçoivent de Sa Divinité, béni soit-Il, leur force vitale et leur existence,
C’est de ce seul niveau que la lumière s’étend pour devenir Atik, l’aspect intérieur de Kéter d’Atsilout. Il convient de l’appeler « dernier », car, comme l’explique Torah Ohr, être la source des mondes n’est pas ce qu’est essentiellement la Divinité.
שהרי אתה הוא עד שלא נברא העולם ולאחר שנברא בשוה ממש. וגם אילו לא היה בורא העולמות הי׳ הכל שוה לפניו ית׳ כמו עכשיו שברא כו׳.
car « Tu es Lui avant que le monde ait été créé et après qu’il a été créé », exactement de la même manière. Et même s’Il n’avait pas créé les mondes, tout aurait été égal devant Lui, béni soit-Il, comme maintenant qu’Il les a créés, etc.
D.ieu est exactement le même avant et après la Création, selon les mots de la prière : « Tu es Lui avant que le monde ait été créé. » S’Il n’avait jamais créé, rien en Lui n’aurait été différent.
אלא מה שמחיה ומהוה העולמות זהו רק ע״י הארה לבד ממנו ית׳ והיא חיי החיים של כל השתלשלות העולמות אבל מהותו ועצמותו ית׳ הוא למעלה אין קץ מבחי׳ הארה זו שהיא חיי החיים של כל העולות.
Au contraire, Il ne donne vie aux mondes et ne les fait exister que par une simple illumination émanant de Lui, béni soit-Il ; elle est la Vie de toute vie de l’ensemble de l’enchaînement descendant des mondes. Mais Son être et Son essence, béni soit-Il, sont infiniment au-dessus de cette illumination, qui est la Vie de toute vie de tous les mondes,
Créer les mondes et les maintenir ne requiert qu’une lueur de D.ieu, la « Vie de toute vie » de chaque monde. Son essence est infiniment au-delà, même de cela.
וכלא ממש חשיבי קמי׳ ית׳ ולכן נקרא הארה זו בחי׳ היותר אחרונה מכל האפשר בא״ס המאציל ב״ה דהנה גם בחינת זיו ואור המתפשט מן השמש
et ils sont véritablement considérés comme rien devant Lui, béni soit-Il. C’est pourquoi cette illumination est appelée « le niveau le plus inférieur qui soit possible » dans l’Infini (Ein Sof), l’Émanateur, béni soit-Il. Car même pour le rayonnement et la lumière qui se répandent à partir du soleil,
Comparés à Lui, les mondes sont comme rien ; la lumière qui leur donne vie est donc appelée « le niveau le plus inférieur qui soit possible » dans l’Infini. L’analogie du soleil est apportée pour éclaircir cette idée.
הנה זה פשוט שאור וזיו הזה ישנו ג״כ בגוף כדור השמש עצמו כו׳ ונחשב הזיו הזה לאין ואפס ממש לגבי גוף כדור השמש שהוא מקור האור והזיו הזה כו׳ וכמ״ש באריכות בסש״ב)
il est évident que cette lumière et ce rayonnement existent également dans le corps même du globe solaire, etc., et que ce rayonnement est considéré comme véritablement nul et inexistant comparé au corps du globe solaire, qui est la source de cette lumière et de ce rayonnement, etc., comme il est expliqué longuement dans Sefer Shel Beinonim)
La lumière du soleil existe également dans le globe solaire, mais là, elle est entièrement absorbée dans sa source et ne compte pour rien. Le Tanya développe longuement cette analogie.
(שער היחוד והאמונה פ״ג) שבהיותו כלול בשמש אין נופל עליו שם יש כלל רק שם אין ואפס26
(Sha’ar HaYichud VehaEmunah, chapitre 3) : tant qu’il est inclus dans le soleil, le terme « existence » ne s’applique aucunement à lui ; seul s’applique le terme « nul et inexistant »,
Sha’ar HaYichud VehaEmunah, chapitre 3, la deuxième partie du Tanya, enseigne que la lumière contenue dans le soleil ne peut absolument pas être qualifiée de chose existante. On ne peut la qualifier que de « nulle et inexistante ».
כי באמת הוא שם לאין ואפס ממש כו׳ ע״ש והנה זיו השמש מאיר מהשמש שלא ברצון ובחירה מהשמש.
car, en vérité, il y est véritablement nul et inexistant, etc. Voyez là-bas. Or, le rayonnement du soleil brille à partir du soleil sans que celui-ci le veuille ni le choisisse.
Dans sa source, la lumière est véritablement rien. De plus, le soleil émet de la lumière sans la choisir : il ne peut s’empêcher de briller.
וכ״ש וק״ו באלף אלפי הבדלות לאין קץ למעלה שלהיות גילוי האור הוא כשעלה ברצונו וחפצו.
À plus forte raison, selon un raisonnement a fortiori, et avec des milliers et des milliers de distinctions infinies, [en est-il ainsi] En haut, où la lumière ne se révèle que parce que cela s’est élevé dans Sa volonté et Son désir.
Avec D.ieu, l’écart est infiniment plus grand, puisque Sa lumière ne se révèle que parce qu’Il l’a voulu. Si les rayons involontaires du soleil ne sont rien comparés au soleil, la lumière qu’Il choisit librement est à plus forte raison rien comparée à Lui.
וא״כ כח זה הכלול בעצמותו הוא אין ואפס ממש לגבי מהותו ועצמותו. כמו שם האדם ממש לגבי עצמותו.
Ainsi, cette puissance incluse dans Son essence est véritablement nulle et inexistante comparée à Son être et à Son essence, tout comme le nom d’une personne comparé à son essence.
La capacité d’émettre de la lumière, incluse dans l’essence de D.ieu, est donc véritablement rien comparée à cette essence. Elle est comme le nom d’une personne comparé à la personne elle-même.
וזהו ענין עד שלא נברא העולם היה הוא ושמו בלבד וז״ש האריז״ל27 בחינה היותר אחרונה מכל האפשר28 כו׳.293031
Tel est le sens de « Avant que le monde ne soit créé, Lui et Son Nom seuls existaient », et c’est ce que dit l’Arizal : « le tout dernier niveau possible, etc. »
Cela résout la question : le « Nom » qui existait avant la création est cette capacité de révélation, et c’est le « tout dernier niveau » de l’Infini dont parle l’Arizal dans Etz Chaim. La digression sur le « dernier niveau » s’achève ici.
Ce paragraphe explique pourquoi un intermédiaire est nécessaire : la lumière qui constitue les Séfirot n’est qu’un rayonnement qui ne change rien en D.ieu, et les attributs qui Lui sont attribués appartiennent aux réceptacles. Kéter est cet intermédiaire, et son niveau supérieur, le « dernier niveau » de l’Infini, est identifié dans une longue parenthèse au « Nom » qui existait avant la création.
L’expression « le tout dernier niveau possible » vient d’Etz Chaim (Sha’ar 42, chapter 1, in current editions), où l’Ari zal l’emploie pour expliquer comment Kéter joue un rôle d’intermédiaire. La note de Kehot signale que, dans le manuscrit 1102, la parenthèse ouverte à « C’est-à-dire ce qui est écrit dans la Torah » ne se ferme qu’après la référence à « Je vais descendre maintenant et voir ».
Maré mekomot
- 1אני הוי׳ לא שניתי · Malachi 3:6
- 2מתורץ קושיית הפלסופים · ראה לעיל שלח נ, א. אוה״ת — ענינים ע׳ קפב.
- 3(ר״ל מ״ש בתורה · הסוף מוסגר ע״פ כת״י 1102 דף תשא הוא בשורה האחרונה בהעמוד אחר תי׳ ”ארדה נא ואראה כו׳)”.
- 4ותחת רגליו · Exodus 24:10
- 5
- 6עיני ה׳ · Psalms 34:16
- 7ותחת רגליו כו׳ כתובים באצבע אלקים כו׳ עיני ה׳ אזני ה׳ · Pardes Rimmonim 22:4–5
- 8
- 9באגה״ק בד״ה להבין משל ומליצה · Tanya, Iggeres HaKodesh 15:1–2
- 10אך עכ״ז הם שייכים רק בבחינת הכלים דע״ס לבד · Tanya, Likkutei Amarim 2:3
- 11וכמא׳ הת״ז כולא לאחזאה איך מתנהג עלמא · בהקדמה (פתח אלי׳).
- 12ע״י התלבשות האור שהוא ית׳ מאיר ממנו בהכלים · Tanya, Sha’ar HaYichud 9:6
- 13כתב בפרדס שער עצמות וכלים · ראה גם דרך מצותיך דף קנו, א.
- 14אין בעצמות ההוא שינוי וגוון כלל לא דין · Pardes Rimmonim 4:8
- 15והנה הכלים דאצילות הם ג״כ אלקות ממש ואיהו וגרמוהי חד · Tanya, Iggeres HaKodesh 20:1
- 16באגה״ק בד״ה איהו וחיוהי · שהן אלקות לברוא יש מאין כמו הא״ס ולא בבחי׳ השתלשלות עילה ועלול לבד.
- 17ע״פ ארדה נא ואראה · אולי הכוונה לתו״א פ׳ וירא שבע״ס יש אורות וכלים.
- 18אך גם זאת . . והממוצע זהו הכתר · מובא באוה״ת בהעלותך ע׳ שצ. ראה המשך תרס״ו ע׳ קסד ואילך. המשך תער״ב פרק קצה. ובכ״מ.
- 19שיש בו מבחינה אחרונה שבמאציל · נזכר בביאוה״ז להצ״צ כרך ב ע׳ תרמב.
- 20לפעמים נקרא הכתר אור א״ס · בארוכה בענין מה שנחלקו המקובלים בענין הכתר אם הוא ממנין הע״ס — ראה אוה״ת ענינים ע׳ קסא ואילך־ קעה ואילך־ קפא, ואילך. אוה״ת וישב כרך ו תתרפח, א ואילך. יתרו ע׳ תתלט. ביאורי זהר ע׳ ערה ואילך.
- 21איך שייך לומר באין סוף בחי׳ אחרונה · ראה ד״ה אלה תולדות השמים תרס״ט ע׳ נב. ובליקוט פירושים וכו׳ לאגה״ק סי׳ כ לדף קל, ב בקטע ”בחי׳ אחרונה של הא״ס”.
- 22עד שלא נברא העולם · פדר״א פ״ג. וראה לעיל בהר מג, ב. ובמ״מ לשם.
- 23עד שלא נברא העולם היה הוא ושמו בלבד · Pirkei DeRabbi Eliezer 3:2–3
- 24כי התפשטות החיות הנמשך ממנו ית׳ · ראה סה״מ תרפ״ז ע׳ לד.
- 25המבואר במ״א כי לא זה הוא עיקר האלקות · תו״א צט, ב. ראה לקו״ש חי״ט ע׳ 190 הערה 31.
- 26שבהיותו כלול בשמש אין נופל עליו שם יש כלל רק שם אין ואפס · Tanya, Sha’ar HaYichud 3:3–4
- 27וז״ש האריז״ל · בפ״א [בע״ח] (שם). [כ].
- 28בחינה היותר אחרונה מכל האפשר · Sefer Etz Chaim 42:3
- 29רק בחי׳ שם . . ונקרא אור אין סוף · ראה תו״א קה, א. ספר הערכים-חב״ד כרך ג ע׳ קמג.
- 30
- 31
4והנה מדברי האריז״ל אלו הוא הכרח וראיה גמורה למ״ש בכמה דוכתי דפירוש אור א״ס היינו האור והגילוי אבל מהותו ועצמותו הוא עד״מ בחי׳ המאור שהוא מקור האור כו׳.
Or, ces paroles de l’Arizal constituent une preuve contraignante et une démonstration concluante à l’appui de ce qui est écrit en plusieurs endroits : « la Lumière infinie (Or Ein Sof) » désigne la lumière et la révélation, tandis que Son être et Son essence sont, par analogie, le niveau du luminaire, qui est la source de la lumière, etc.
Les paroles de l’Arizal montrent que « la Lumière infinie » désigne le rayonnement de D.ieu, et non Son essence. L’essence est comparée au luminaire, le soleil lui-même, et la lumière à ce qui en émane.
Car, autrement, que signifie l’expression « le niveau le plus bas et le plus humble de tous les niveaux de l’Infini (Ein Sof) », employée par l’Arizal ? Il veut certainement parler, par analogie, de la lumière et du rayonnement, etc.
Etz Chaim qualifie la face supérieure de Kéter de « niveau le plus bas et le plus humble de tous les niveaux de l’Infini ». Une telle expression ne peut s’appliquer qu’à la lumière, qui peut comporter des niveaux, et non à l’essence, qui n’en comporte aucun.
Le paragraphe tire une preuve de la formulation de l’Arizal : si la face supérieure de Kéter est « le niveau le plus bas de l’Infini », alors « la Lumière infinie » doit désigner le rayonnement de D.ieu, et non Son essence.
Le couple du luminaire (maor) et de la lumière (or) traverse tout le maamar : la Lumière infinie est la lumière, tandis que l’essence de D.ieu est le « luminaire », la source qui se situe au-delà de toute lumière.
Maré mekomot
- 1דקאמר האריז״ל · שם בפ״א. [כ].
- 2בחינה תחתונה ושפלה מכל בחי׳ א״ס דקאמר האריז״ל · Sefer Etz Chaim 42:3
5וכ״כ הרמ״ז בהג״ה בתחלת האוצ״ח וז״ל דוקא הארה מן הא״ס אבל לא מעצמותו ב״ה. וזהו המשיך ר״ל מאורו בלבד האיר למטה עכ״ל.
Le Ramaz l’écrit également dans une glose au début d’Otzros Chaim. Voici ses paroles : « C’est précisément une illumination de l’Infini, mais non de Son essence, béni soit-Il. Et cela, “Il fit émaner”, signifie qu’Il fit briller en bas uniquement à partir de Sa lumière. » Fin de citation.
R. Moché Zacuto (le Ramaz) écrit lui aussi, dans une glose sur Otzros Chaim, que ce que l’Infini fit émaner n’était qu’une illumination de Sa lumière, et non de Son essence. Ses paroles confortent l’interprétation donnée au paragraphe précédent.
גם הרמ״ע בהקדמת ספרו יונת אלם כתב דאין סוף הוא שייך לומר על שמו ית׳ ולא על מהותו ועצמותו כו׳.
Rabbi Mena’hem Azaria de Fano, lui aussi, écrit dans l’introduction à son livre Yonas Elem que l’on peut dire « Infini » de Son Nom, béni soit-Il, mais non de Son être et de Son essence, etc.
R. Mena’hem Azaria de Fano formule la même idée dans l’introduction à son livre Yonas Elem : le terme « Infini » (Ein Sof) décrit à proprement parler le Nom de D.ieu, et non Son essence. Cela correspond à l’explication donnée plus haut, selon laquelle la lumière est le « Nom » de D.ieu.
אך אמנם עם היות שאמת נכון הדבר דעל האור לבד יתכן לומר מ״ש בע״ח בחי׳ היותר אחרונה1 כו׳
Cependant, bien qu’il soit vrai et exact que c’est uniquement de la lumière que l’on peut dire ce qui est écrit dans Etz Chaim, « le niveau le plus ultime, etc. »,
L’Admour Hazaken convient que l’expression « le niveau le plus ultime » ne peut désigner que la lumière. Il précise à présent exactement à quoi elle se rapporte.
מ״מ באמת פי׳ בחי׳ היותר אחרונה שבא״ס דקאמר בע״ח אין הכוונה על כללות האור והזיו ממש.
néanmoins, en vérité, le sens de « le niveau le plus ultime dans l’Infini », dont parle Etz Chaim, ne désigne pas l’ensemble de la lumière et de son rayonnement.
Le « niveau le plus ultime » ne désigne pas la Lumière infinie dans son ensemble. Il s’agit de quelque chose de plus restreint, comme l’explique la partie suivante.
כ״א עוד זאת ר״ל שבחי׳ היותר אחרונה שבהאור והזיו מזה נמשך להיות עתיק לאצילות וכנודע שמתחלה הי׳ צמצום בהאור ואח״כ נמשך רק קו וחוט לבד מהאור א״ס כו׳.2
Il s’agit plutôt de ceci : du niveau le plus ultime au sein de la lumière et de son rayonnement est tirée [une lumière] qui devient Atik d’Atsilout. Comme on le sait, il y eut d’abord un tsimtsoum (contraction) dans la lumière, puis seul un kav (ligne) et un fil furent tirés de la Lumière infinie, etc.
Cela désigne le point le plus bas de la lumière, d’où émerge Atik d’Atsilout. Selon l’Ari zal, la Lumière infinie fut d’abord retirée par le tsimtsoum, puis seul un rayon ténu, le kav, fut tiré dans l’espace ainsi libéré ; ce rayon constitue ce niveau le plus bas.
Deux kabbalistes, le Ramaz et R. Mena’hem Azaria de Fano, sont cités à l’appui de l’interprétation d’« Ein Sof » comme désignant la lumière ou le Nom de D.ieu plutôt que Son essence. L’Admour Hazaken précise ensuite que le « niveau le plus ultime » de l’Ari zal désigne le point le plus bas de cette lumière, le kav, d’où émerge Atik.
Maré mekomot
- 1מ״ש בע״ח בחי׳ היותר אחרונה · Sefer Etz Chaim 42:3
- 2
Et le kav est appelé « le dernier niveau » par rapport à la lumière, etc. Voyez ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication sur « J’ai vu, et voici un chandelier d’or »,
Par rapport à la Lumière infinie telle qu’elle était avant le tsimtsoum (contraction), le kav en est le niveau « ultime » et le plus limité. L’Admour Hazaken renvoie à son développement plus complet dans des discours sur des versets de Zacharie et d’Esther.
ובביאור ע״פ יביאו לבוש3 מלכות4 כו׳ ומהקו הוא שנמשך להיות בחי׳ עתיק דאצילות והנה בחי׳ עתיק נמשך ומתלבש בא״א שהוא שרש ומקור הנאצלים.
et dans l’explication sur « Qu’on apporte des vêtements royaux, etc. ». C’est du kav que [la lumière] se prolonge pour devenir le niveau d’Atik d’Atsilout ; et le niveau d’Atik se prolonge et s’habille en Arikh Anpin, qui est la racine et la source des émanés.
Du kav provient Atik, la dimension intérieure de Kéter d’Atsilout, et Atik s’habille en Arikh Anpin, la dimension extérieure de Kéter et la racine de toutes les Séfirot. L’enchaînement est donc le suivant : la Lumière infinie, le kav, Atik, Arikh Anpin, les Séfirot.
Le kav est identifié comme le « dernier niveau » de la lumière. Atik d’Atsilout en est formé, et Atik s’habille en Arikh Anpin, la racine de toutes les Séfirot.
Atik et Arikh Anpin sont les deux configurations (partsoufim) de Kéter dans le système de l’Arizal : Atik est la dimension intérieure, encore liée à l’Émanateur, et Arikh Anpin la dimension extérieure, qui est la source des Séfirot situées en dessous de lui.
Maré mekomot
- 1
- 2בביאור ע״פ ראיתי והנה מנורת זהב · לעיל בהעלותך לו, א.
- 3ובביאור ע״פ יביאו לבוש מל׳ · תו״א צא, ג. והנה על הכתר ומו״ס מלביש בחי׳ לבוש כמו עד״מ טלית שמשימין על הראש.
- 4
7וזהו ענין שהכתר נקרא ממוצע בין המאציל לנאצלים כו׳ דהיינו שכדי להיות הארת אור א״ס נמשך ומתלבש בכלים דע״ס דאצי׳ הוא על ידי שמתחלה נמשך ומתלבש בחי׳ תחתונה שבהאור והזיו בשרש הע״ס
Tel est le sens de l’expression selon laquelle Kéter est appelé l’intermédiaire entre l’Émanateur et les émanés, etc. Autrement dit, pour que l’illumination de la Lumière infinie (Or Ein Sof) soit attirée et revêtue dans les réceptacles des dix Séfirot du Monde d’Atsilout (Émanation), il faut d’abord que le niveau inférieur de la lumière et de son rayonnement soit attiré et revêtu dans la racine des dix Séfirot,
Voilà pourquoi Kéter est l’intermédiaire. La Lumière infinie n’atteint les réceptacles des Séfirot d’Atsilout qu’en pénétrant d’abord dans leur racine commune.
דהיינו בבחי׳ שבכתר הנקרא שרש הנאצלים שגבהה מעלתו לאין קץ מבחי׳ פרטי הע״ס וגם כוללן יחד.
c’est-à-dire dans le niveau de Kéter appelé « la racine des émanés », dont la stature est infiniment supérieure à celle des dix Séfirot considérées individuellement, et qui les englobe également toutes ensemble.
Cette racine est l’aspect de Kéter appelé « la racine des émanés ». Elle est infiniment supérieure aux Séfirot considérées individuellement, tout en les contenant toutes de manière générale.
ועי״ז אח״כ נמשך הארה מבחי׳ זו להתלבש בכל פרטי הכלים דע״ס לכל כלי כפי ערכו1 כו׳. ועיין בסש״ב פנ״א.
Par ce biais, une illumination est ensuite attirée depuis ce niveau afin de se revêtir dans chacun des réceptacles particuliers des dix Séfirot, dans chaque réceptacle selon sa mesure, etc. Voir Sefer Shel Beinonim, chapitre 51.
Depuis cette racine générale, la lumière se répand ensuite dans chaque réceptacle particulier selon sa capacité. Le Tanya, chapitre 51, compare cela à l’âme, dont la force vitale est concentrée dans le cerveau et atteint de là chaque membre selon sa nature.
שהמשל ונמשל הנזכר שם יובן כאן בדרך נפלאה יותר לאין קץ. (ועיין בע״ח שער שמיני פרק חמישי2 ולעילא מגולגלתא דיליה כו׳ עתיק דאצילות3 ומ״ש מזה בביאור ע״פ מוצאיהם למסעיהם):45
L’analogie et son application mentionnées là seront ici comprises d’une manière infiniment plus merveilleuse. (Voir Etz Chaim, Sha’ar 8, chapitre 5, [à propos de] « et au-dessus de son crâne, etc. », [concernant] Atik d’Atsilout, ainsi que ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication de « leurs départs selon leurs étapes ».)
L’analogie du Tanya s’applique ici d’une manière infiniment plus merveilleuse, car la source est ici la Lumière infinie elle-même. La parenthèse ajoute des références à Etz Chaim au sujet d’Atik d’Atsilout et à un discours de Likkutei Torah, Masei.
Kéter joue le rôle d’intermédiaire parce que la lumière pénètre d’abord dans la racine commune des Séfirot en Kéter, puis se répand dans chaque Séfira selon sa capacité.
La note de Kehot explique que la référence de l’Admour Hazaken à « Sha’ar 8, chapitre 5 » suit l’édition de Shklov de Etz Chaim ; dans les éditions actuelles, le passage se trouve dans Sha’ar 9 (Shevirat HaKelim), au début du chapitre 6.
Maré mekomot
- 1לכל כלי כפי ערכו · Tanya, Likkutei Amarim 51:4
- 2שער שמיני פרק חמישי · בדפוס שקלאוו תק״ס. לפננו פ״ט ש׳ שבירת הכלים וגם לא פ״ה רק רפ״ו, יעו״ש. [כ].
- 3ועיין בע״ח שער שמיני פרק חמישי ולעילא מגולגלתא דיליה כו׳ עתיק דאצילות · Sefer Etz Chaim 9:6
- 4מוצאיהם למסעיהם · Numbers 33:2
- 5ומ״ש בזה בביאור · והוא (ב[מסעי] ד׳ צה, ב). וש״נ. [כ].
Mal’hout, la Chekhina et l’épouse ¶8–20
8ב והנה כתיב לך ה׳ הגדולה והגבורה1 היינו שהמדות דאצילו׳ בטלים בעצמות אור א״ס דלאו ביה מכל אינון מדות כלל2 וכמ״כ בחי׳ מלכות דאצי׳ היא בטילה ומיוחדת בא״ס ב״ה כמ״ש לך ה׳ הממלכה.
2. Or, il est écrit : « À Toi, D.ieu, appartiennent la grandeur et la puissance » : cela signifie que les attributs émotionnels (midot) d’Atsilout sont annulés dans l’essence de la Lumière infinie (Or Ein Sof), car « aucun de ces attributs n’est en Lui ». De même, le niveau de Mal'hout d’Atsilout est annulé et uni à l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, comme il est écrit : « À Toi, D.ieu, appartient la royauté ».
Une nouvelle section aborde Mal'hout. Le verset « À Toi, D.ieu, appartiennent la grandeur et la puissance… À Toi appartient la royauté » enseigne qu’au sein d’Atsilout, les attributs — Mal'hout comprise — sont entièrement annulés et unis à l’Infini, puisque D.ieu Lui-même ne possède aucun de ces attributs.
La deuxième section commence par établir, à partir du verset des Chroniques, que dans Atsilout les attributs et Mal'hout sont annulés au sein de l’Infini.
Maré mekomot
- 1לך ה׳ הגדולה והגבורה · I Chronicles 29:11
- 2דלאו ביה מכל אינון מדות כלל · Tikkunei Zohar 17b:5–7
9וכנודע דבאצי׳ איהו וגרמוהי חד אפילו בבחי׳ הכלים. משא״כ עולם הבריאה הוא בחי׳ יש מאין שהנברא הוא יש ודבר נפרד ואפילו הכלים דע״ס דבי״ע הם נבראים ולאו איהו וגרמוהי חד בהון.
Comme on le sait, dans le Monde d’Atsilout (Émanation), « Lui et Ses réceptacles » (ihou vegarmohi) ne font qu’un, même au niveau des réceptacles. Il n’en va pas ainsi dans le Monde de Béria (Création), qui relève du « quelque chose à partir du néant » : l’être créé est un « quelque chose », une entité distincte, et même les réceptacles des dix Séfirot de Béria, de Yetsira et d’Assiya sont des êtres créés ; « Lui et Ses réceptacles » ne font pas un avec eux.
Dans Atsilout, même les réceptacles ne font qu’un avec D.ieu. Béria relève du « quelque chose à partir du néant » : ses êtres, y compris les réceptacles de ses Séfirot, sont créés et distincts ; la formule « Lui et Ses réceptacles ne font qu’un » ne s’applique donc plus à eux.
Atsilout et Béria sont opposés : dans Atsilout, même les réceptacles ne font qu’un avec D.ieu, tandis que dans Béria, tout est créé et distinct.
10ולכן כדי להיות ההמשכה מע״ס דאצילות בע״ס דבי״ע הוא ג״כ ע״י בחי׳ ממוצע שבחינת מלכות דאצילות נעשית עתיק לבריאה. ופי׳ בע״ח שמ״א פ״ד1 שמתלבשת בכתר דבריאה2 דהיינו בא״א דבריאה.
Par conséquent, pour qu’il y ait un prolongement des dix Séfirot d’Atsilout vers les dix Séfirot de Béria, Yetsira et Assiya, celui-ci passe également par un niveau intermédiaire : le niveau de Mal'hout d’Atsilout devient Atik pour Béria. Etz Chaim, Sha’ar 41, chapter 4, explique qu’elle s’enclot dans le Kéter de Béria, c’est-à-dire dans Arich Anpin de Béria.
De même que Kéter fait le lien entre l’Infini et Atsilout, un lien est nécessaire entre Atsilout et Béria. Ce lien est Mal'hout d’Atsilout, qui devient Atik, l’aspect le plus intérieur du Kéter de Béria, comme l’explique Etz Chaim.
ולכן זהו בחי׳ ממוצע בין אצילות לבריאה וכנ״ל בענין הכתר דאצי׳ כו׳ ונמצא יש בבחינת מלכות דאצילות ב׳ בחינות.
C’est donc le niveau intermédiaire entre Atsilout et Béria, comme [expliqué] plus haut à propos du Kéter d’Atsilout, etc. Il s’ensuit que le niveau de Mal'hout d’Atsilout comporte deux niveaux.
Mal'hout d’Atsilout joue ainsi, entre Atsilout et Béria, le même rôle que Kéter entre l’Émanateur et Atsilout. Mal'hout d’Atsilout connaît donc deux états distincts.
הא׳ הוא בהיותה באצילות קודם שיורדת להיות עתיק לבריאה אשר באצילות הוא בחי׳ היחוד באור א״ס לך ה׳ הממלכה.
Le premier est lorsqu’elle se trouve en Atsilout, avant de descendre pour devenir Atik pour Béria ; en Atsilout, elle est le niveau de l’union avec la Lumière infinie (Or Ein Sof) : « À Toi, D.ieu, appartient la royauté. »
Dans son premier état, Mal'hout demeure en Atsilout, entièrement unie à la Lumière infinie. Le verset « À Toi, D.ieu, appartient la royauté » décrit cela : la royauté appartient entièrement à D.ieu.
הב׳ כשנמשכת מאצילות3 ומתלבשת בבריאה להיות עתיק לבריאה וזהו בחי׳ מלך מלך וימלוך שאז נעשית מקור להתהוות הזמן עבר הוה ועתיד משא״כ באצי׳ אין שייך בחי׳ זו שהוא היה הוה ויהיה ברגע א׳.4
Le second est lorsqu’elle se prolonge depuis Atsilout et s’enclot dans Béria, pour devenir Atik pour Béria. C’est le niveau de « [Il] est Roi, [Il] était Roi et [Il] régnera », car alors elle devient la source de l’apparition du temps — passé, présent et futur. Il n’en va pas ainsi en Atsilout, où ce niveau ne s’applique pas, car [là] « Il était, Il est et Il sera » en un seul instant.
Dans son second état, Mal'hout descend pour devenir la source de Béria, et c’est seulement là que le temps apparaît, comme le suggère l’expression « Il est Roi, Il était Roi, Il régnera ». En Atsilout, le passé, le présent et le futur ne forment qu’un seul instant.
Mal'hout d’Atsilout est l’intermédiaire entre Atsilout et Béria ; elle connaît donc deux états : unie à l’Infini au sein d’Atsilout, puis descendue pour devenir la source de Béria, où le temps commence.
La note de Kehot explique que la référence de l’Admour Hazaken à « Sha’ar 41, chapter 4 » correspond à l’édition de Shklov ; dans les éditions actuelles, il s’agit de Sha’ar 42 (Drushei ABYA), et le passage doit être lu comme la fin du chapitre 1.
Maré mekomot
- 1שמ״א פ״ד · בדפוס שקלאוו תק״ס. לפננו שמ״ב (דרושי אבי״ע) וצ״ל כאן ספ״א, ודו״ק. [כ].
- 2ופי׳ בע״ח שמ״א פ״ד שמתלבשת בכתר דבריאה · Sefer Etz Chaim 42:1
- 3כשנמשכת מאצילות . . להיות עתיק לבריאה . . שייך לשון שכינה · בד״ה באתי לגני תשי״א מבואר שאין זה סתירה למ״ש בכ״מ שהקו נק׳ שכינה כי שכינה שנאמר בדרז״ל היינו מל׳ דאצילות, ואף גם זאת רק כשנעשית בחי׳ עתיק לבריאה דוקא, אבל בשרשה, היינו כמו שהוא לגבי אוא״ס, הנה גם הקו נק׳ בשם שכינה ע״ש. וראה גם ד״ה וידבר אלקים אנכי תרצ״ט ע׳ 175 ואילך. ובמאמרי אדה״א נ״ך ע׳ רכז.
- 4לך ה׳ הממלכה · I Chronicles 29:11
11והנה כשיורדת המל׳ בבריאה נקראת בלשון הגמרא והתרגום אונקלוס בשם שכינה ששוכן בהיכל קדשי קדשים שהיה שורה שם בחי׳ אלקות כמבואר בסש״ב פנ״ג1 ושם [בהיכל ק״ק דבי״ע
Or, lorsque Mal'hout descend en Béria, elle est appelée, dans le langage de la Guemara et du Targoum Onkelos, du nom de Chekhina, [c’est-à-dire] celle qui réside dans la chambre du Saint des saints, où demeurait le niveau de la divinité, comme l’explique le Sefer Shel Beinonim, chapitre 53. Là [dans la chambre du Saint des saints de Béria, Yetsira et Assiya,
Lorsque Mal'hout d’Atsilout descend en Béria, elle est appelée Chekhina, terme qu’emploient le Talmud et le Targoum Onkelos pour désigner la présence de D.ieu. Le mot signifie « celle qui réside » et convient à la présence divine qui reposait dans le Saint des saints, comme l’explique le Tanya, chapitre 53.
וכן בהיכל ק״ק שבבהמ״ק]2 שייך לשון שכינה משא״כ בהיותה באצי׳ לא שייך לשון שכינה מאחר שמיוחדת שם באור א״ס בתכלית היחוד ואינה מתלבשת ושורה במקור הנבראים עדיין.
et de même dans la chambre du Saint des saints du Temple], le terme Chekhina s’applique. Il n’en va pas ainsi lorsqu’elle se trouve en Atsilout : le terme Chekhina ne s’applique pas, puisqu’elle y est unie à la Lumière infinie (Or Ein Sof) dans l’unité la plus absolue et qu’elle n’est pas encore revêtue dans la source des êtres créés ni n’y réside.
Le terme « résider » s’applique dans le Saint des saints des mondes inférieurs et dans celui du Temple, où la divinité repose en quelque chose d’autre qu’elle-même. En Atsilout, Mal'hout ne fait qu’un avec la Lumière infinie et ne repose encore dans aucune source des êtres créés ; le terme Chekhina ne convient donc pas. Les mots entre crochets dans cette partie et dans la précédente sont une insertion entre crochets qui figure dans le texte imprimé.
רק כשנעשית בחי׳ עתיק לבריאה ומתלבשת בא״א דבריאה. שהוא שרש ע״ס דבריאה. ובריאה הוא נבראים.
C’est seulement lorsqu’elle devient le niveau d’Atik de Béria et qu’elle est revêtue dans Arikh Anpin de Béria — qui est la racine des dix Séfirot de Béria, et Béria est le domaine des êtres créés —
Le terme ne s’applique qu’une fois que Mal'hout devient Atik, la racine la plus intérieure de Béria, et qu’elle est revêtue dans Arikh Anpin de Béria. Béria est le domaine des êtres créés ; la divinité y réside donc véritablement en quelque chose de distinct.
ושורה שם התגלות אלקות שייך לשון שכינה3 שבחינת מלכותו ית׳ שבאצילות שבה מלובש הקו מאור א״ס ב״ה שוכנת בתוך בריאה
et qu’une révélation de la divinité y réside, que le terme Chekhina s’applique : car le niveau de Sa Mal'hout, béni soit-Il, en Atsilout, dans lequel est revêtu le kav de la Lumière infinie, béni soit-Il, réside en Béria.
Alors, une révélation de la divinité repose en Béria, et l’on dit que Mal'hout d’Atsilout, qui porte en elle le kav de la Lumière infinie, « réside » en Béria. Tel est le sens du nom Chekhina.
(וכמ״ש בפרדס בעה״כ ערך שכינה שמשכנת בעולם התחתון כל האצילות העליון4 כו׳ ע״ש וע״ז נאמר ושכנתי בתוכם5 כו׳ לשכנו תדרשו6 כו׳.
(Comme il est écrit dans le Pardes, dans Erchei HaKinuyim, à l’entrée « Chekhina », qu’elle fait résider tout l’Atsilout supérieur dans le monde inférieur, etc. ; voir là-bas. C’est à ce propos qu’il est dit : « afin que Je réside au milieu d’eux, etc. », [et] « vous rechercherez le lieu de Sa résidence, etc. »
Le Pardes Rimonim explique que Mal'hout est appelée Chekhina parce qu’elle fait résider tout l’Atsilout supérieur dans le monde inférieur. Les versets « afin que Je réside au milieu d’eux » et « vous rechercherez le lieu de Sa résidence » emploient la même racine.
ועפ״ז יתבאר מ״ש המגיד להבית יוסף בענין פי׳ שכינתא הביאו השל״ה בסוף ההקדמה7 בד״ה ולשלימות ענין זה אעתיק דעת דברי המגיד כו׳ עד ועליה רמז הרמב״ן במ״ש
Sur cette base, on peut expliquer ce que le Maguid dit au Beit Yossef au sujet du sens de « Chekhinta », propos que le Chlah rapporte à la fin de [son] introduction, dans le passage commençant par : « Pour achever l’exposé de cette question, je rapporterai l’avis des paroles du Maguid, etc. », jusqu’à : « Et le Ramban y fit allusion par ce qu’il écrivit,
Le Maguid, le maître céleste qui s’adressait à Rabbi Yossef Karo, l’auteur du Beit Yossef, a expliqué le terme « Chekhinta » ; le Chlah rapporte cette explication à la fin de son introduction. L’Admour Hazaken montrera que la distinction qui vient d’être établie éclaire les paroles du Maguid.
כי היא עמהם באחדות ולא באצילות ורבים נבוכו בפי׳ דבריו אמנם לפי׳ המגיד מבואר היטב כי שכינתא מטרוניתא היא עם י״ס עילאין באחדות א׳ כו׳ ואינה עמהם באצילות כו׳ עכ״ל השל״ה.
« car elle est avec eux dans l’unité, mais non dans l’émanation » ; nombreux sont ceux qui furent perplexes quant à l’explication de ses paroles. Cependant, selon l’explication du Maguid, cela s’éclaire parfaitement : la Chekhinta, la Matronita, est avec les dix Séfirot supérieures dans une unité unique, etc., mais elle n’est pas avec elles dans l’émanation, etc. » Fin des paroles du Chlah.
Le Ramban a écrit que la Chekhina est « avec elles [les Séfirot] dans l’unité, mais non dans l’émanation », une affirmation que beaucoup ont trouvée déroutante. Le Maguid explique que la Chekhina est unie aux dix Séfirot, mais qu’elle n’est pas avec elles en tant que niveau émané.
אשר לכאורה הוא נגד המבואר בכהאריז״ל דשכינתא היא מל׳ דאצילות. ולפמ״ש א״ש דכוונתו הוא ג״כ כמש״ל בשם האריז״ל שהמלכות דאצי׳ יש בה ב׳ בחי׳ הא׳ מה שהיא מיוחדת בע״ס דאצי׳ והב׳ מה שנעשית עתיק לבריאה.
Cela semble, à première vue, contredire ce qui est expliqué dans les écrits de l’Ari zal, selon lesquels la Chekhinta est Mal'hout d’Atsilout. Mais, d’après ce qui a été écrit [ici], la difficulté se résout : son intention est également conforme à ce qui a été exposé plus haut au nom de l’Ari zal, à savoir que Mal'hout d’Atsilout comporte deux niveaux : le premier, en tant qu’elle est unie aux dix Séfirot d’Atsilout ; le second, en tant qu’elle devient Atik de Béria.
Cela semble contredire l’Ari zal, pour qui la Chekhina est Mal'hout d’Atsilout, qui est assurément émanée. L’Admour Hazaken concilie les deux : Mal'hout d’Atsilout comporte deux niveaux, et le Maguid parle de celui qui est descendu pour devenir Atik de Béria.
ושכינתא נקרא הבחי׳ השנית שבמל׳ דוקא. מיהו ע״פ שיר השירים נתבאר לעיל בחינת שכינתא עילאה והיינו בחי׳ בינה ופי׳ הטעם בפרדס שם מפני שמשכנת ג׳ ראשונות על שבע ספירות הבנין.
Et Chekhinta désigne précisément le deuxième niveau de Mal'hout. Cependant, [dans le discours] sur « Le Cantique des cantiques », le niveau de la Chekhina supérieure, à savoir le niveau de Bina, a été expliqué plus haut. Le Pardes en donne là la raison : elle fait résider les trois premières [Séfirot] sur les sept Séfirot de la structure.
À strictement parler, « Chekhinta » désigne Mal'hout dans son deuxième état, après sa descente. Pourtant, un discours antérieur sur le Cantique des cantiques parlait d’une « Chekhina supérieure », Bina, ainsi appelée, selon le Pardes, parce qu’elle fait résider les trois premières Séfirot sur les sept inférieures.
וכמ״כ י״ל דהבחי׳ מל׳ כמו שהיא באצי׳ נק׳ כן עיין בזהר הרקיע ר״פ בראשית ובספר אשל אברהם שם גבי כשושנה כו׳ כן רעיתי8 כו׳.
De même, on peut dire que le niveau de Mal'hout tel qu’il se trouve en Atsilout est également appelé ainsi. Voir le Zohar HaRakia, au début de la paracha Berechit, et le livre Eshel Avraham, à cet endroit, au sujet de « Comme une rose, etc., ainsi est ma bien-aimée, etc. »
Selon la même logique, Mal'hout dans Atsilout peut elle aussi être appelée Chekhina. Le Zohar HaRakia et le livre Eshel Avraham abordent ce point à propos du verset : « Comme une rose parmi les épines, ainsi est ma bien-aimée parmi les filles. »
והנה בליקוטי הש״ס להאריז״ל בד״ה דע משארז״ל לכי ומעטי את עצמך9 משמע ג״כ כמ״ש המגיד להרב״י ע״ש במ״ש ולבחינה זו נאמר לכי ומעטי את עצמך כו׳ כי המלכות דאצילות אינו יורדת למטה כו׳ ע״ש.
Or, dans Likkutei HaShas de l’Arizal, au passage qui commence par « Sache que, d’après ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : “Va et diminue-toi” », on trouve également une indication allant dans le sens de ce que le Maguid a dit au Beit Yossef. Voir là-bas, où il est écrit : « Et c’est de ce niveau qu’il a été dit : “Va et diminue-toi, etc.”, car Mal'hout d’Atsilout ne descend pas en bas, etc. » Voir là-bas.
Le Talmud rapporte que, lorsque la lune se plaignit, D.ieu lui dit : « Va et diminue-toi. » Dans son Likkutei HaShas, l’Arizal applique cette idée à Mal'hout et affirme que Mal'hout d’Atsilout elle-même ne descend pas, ce qui concorde avec les propos du Maguid.
ובע״ח שער מ״ז רפ״ה כ׳ והנה סוד ע״י דבריאה הוא סוד נקודת מלכות דאצי׳ שאמר לה הקב״ה לכי ומעטי10 והוי ראש לשועלים כי זו היא ראש לכל הבריאה והוא סוד ע״י דבריאה עכ״ל וע״ש ג״כ שמ״א ספ״ב.
Et dans Etz Chaim, Cha’ar 47, au début du chapitre 5, il est écrit : « Or, le secret d’Atik Yomin de Béria est le secret du point de Mal'hout d’Atsilout, à laquelle le Saint béni soit-Il a dit : “Va et diminue-toi, et sois une tête pour les renards”, car elle est la tête de toute Béria, et c’est le secret d’Atik Yomin de Béria. » Fin de citation. Voir également là-bas, Cha’ar 41, à la fin du chapitre 2,
Etz Chaim enseigne que le point « diminué » de Mal'hout d’Atsilout devient Atik Yomin de Béria, la « tête pour les renards », c’est-à-dire la tête de toute Béria. Il s’agit de Mal'hout dans son état de descente ; d’autres références dans Etz Chaim sont également indiquées.
ובשער מ״ז פ״א. והנה כל דבר שבקדושה עושה רושם במקומו אע״פ שנסתלק משם ותמיד נשארה נקודה זו בראש הבריאה כו׳ ע״ש)
et Cha’ar 47, chapitre 1. Or, toute chose sainte laisse une empreinte à l’endroit où elle se trouvait, même après l’avoir quitté, et ce point demeura toujours à la tête de Béria, etc. Voir là-bas.)
Toute chose sainte laisse une empreinte à l’endroit où elle se trouvait. Ainsi, le point de Mal'hout, même après être remonté, demeure toujours à la tête de Béria.
(Voir également le Pardes, Cha’ar HaMetziout, chapitre 1 ; et voir le commentaire du Ramaz sur le Zohar, au début de la paracha Yitro, folio 67b, au sujet de « Il est un roi ici-bas, etc. ».)
Deux références supplémentaires concluent le paragraphe : le Pardes, Cha’ar HaMetziout, et le commentaire du Ramaz sur les mots du Zohar : « Il est un roi ici-bas. » Toutes deux se rapportent au même thème de Mal'hout dans les mondes inférieurs.
Ce paragraphe définit le terme Chekhina : Mal'hout d’Atsilout n’est ainsi appelée que lorsqu’elle descend pour devenir Atik de Béria et résider parmi les êtres créés, tandis qu’au sein d’Atsilout elle est entièrement unie à l’Infini. Cela résout l’affirmation du Maguid selon laquelle la Chekhina est « avec les Séfirot dans l’unité, mais non dans l’émanation ».
Les notes de Kehot citent l’explication de l’Admour Haemtsaei selon laquelle les termes « reposer » et « résider » ne s’appliquent que lorsque la divinité repose dans quelque chose qui a été créé ex nihilo, ainsi qu’un maamar ultérieur (Basi LeGani 5711), qui déduit que, dans sa racine, le nom Chekhina s’étend même au-dessus d’Atsilout, jusqu’à la Lumière infinie précédant le tsimtsoum.
Maré mekomot
- 1כמבואר בסש״ב פנ״ג · Tanya, Likkutei Amarim 53:2
- 2בהיכל ק״ק דבי״ע וכן בהיכל ק״ק שבבהמ״ק · במאמרי אדה״א נ״ך ע׳ רכז מבאר זה ”לפי שכאשר בחי׳ אלקות דמל׳ דאצי׳ שורה בהיכל ק״ק דבריאה שהוא נתהווה יש מאין שייך לומר בזה לשון השראה ושכינה ששורה אלקות ושוכן בתחתונים כו׳, אבל בעולם האצי׳ דאיהו וחיוהי חד כנ״ל, שהע״ס דאצי׳ כולם עם כל פרטי פרטיהם מיוחדים בעצמות המאציל לא שייך לומר במדת מל׳ דאצי׳ לשון שכינה ששוכנת באיזה דבר מה כו׳”.
- 3ושורה שם התגלות אלקות שייך לשון שכינה · ”ממה שכותב שראשית התגלות אוא״ס נק׳ בשם שכינה, מובן מזה שענין שכינה הוא למעלה מעלה מאצי׳ ג״כ. גם מבחי׳ האור שלפני הצמצום, שהרי ראשית ההתגלות הוא באור א״ס שלפני הצמצום” — ד״ה באתי לגני תשי״א סעי׳ א.
- 4שמשכנת בעולם התחתון כל האצילות העליון · Pardes Rimmonim 23:21
- 5ושכנתי בתוכם · Exodus 25:8
- 6לשכנו תדרשו · Deuteronomy 12:5
- 7הביאו השל״ה בסוף ההקדמה · דף לט, ב. וראה אוה״ת פ׳ שלח ע׳ תרי.
- 8כשושנה כו׳ כן רעיתי · Song of Songs 2:2
- 9לכי ומעטי את עצמך · Chullin 60b:2–3
- 10שאמר לה הקב״ה לכי ומעטי והוי ראש לשועלים כי זו היא ראש לכל הבריאה · Sefer Etz Chaim 47:4–5
- 11אית מלך לתתא · Zohar, Yitro 1:8–18
- 12
12והנה כמ״כ בנשמות יש ב׳ בחי׳ כי הנה הנשמות שרשן הוא מבחי׳ פנימית הכלים דאצי׳. והגם שהנשמה היא בעל גבול.
De même, les âmes ont deux niveaux. En effet, la racine des âmes relève de la dimension intérieure des réceptacles d’Atsilout. Et bien que l’âme soit un être limité,
Comme Mal'hout, les âmes ont deux niveaux, car elles proviennent de la dimension intérieure des réceptacles d’Atsilout. Pourtant, les âmes sont limitées, et cela demande une explication.
אך כי הנה ענין אורות וכלים דאצי׳ האורות הם א״ס אבל הכלים הם בבחי׳ גבול ותכלית (וכמבואר באגה״ק בד״ה איהו וחיוהי)1
[c’est] parce que, s’agissant des lumières et des réceptacles d’Atsilout, les lumières sont infinies, tandis que les réceptacles sont dans un état de limite et de finitude (comme cela est expliqué dans Iggeres HaKodesh, dans l’épître qui commence par « Lui et Ses forces vitales »).
Dans Atsilout, les lumières sont infinies, mais les réceptacles sont finis, comme l’explique Iggeres HaKodesh 20. Puisque les âmes proviennent des réceptacles, leur limitation en découle.
ועז״א שיעור קומה של יוצר בראשית רל״ו אלפים רבבות פרסאות כו׳ ולכן בענין גילוי ההארה מע״ס יש כמה בחינות שונות פעמים האור גובר על הכלי.
C’est à ce propos qu’il est dit : « La mesure de la stature du Créateur du commencement est de deux cent trente-six mille myriades de parsangs, etc. » Ainsi, quant à la révélation de l’illumination provenant des Dix Séfirot, il existe plusieurs modalités différentes : parfois, la lumière prédomine sur le réceptacle,
Le Shiour Komah décrit la « stature » du Créateur au moyen d’un nombre immense, mais fini, montrant ainsi que les réceptacles ont une mesure. La révélation des Séfirot varie donc : parfois, la lumière domine le réceptacle.
ואז הגילוי בבחי׳ ע״ס ופעמים הכלי גובר כו׳ והנשמות נמשכו מפנימית הכלים לכן הם בבחי׳ גבול.
et alors la révélation se fait au niveau des Dix Séfirot ; parfois, c’est le réceptacle qui prédomine, etc. Les âmes ont été attirées de la dimension intérieure des réceptacles ; elles sont donc dans un état de limitation,
Lorsque la lumière domine, la révélation se fait selon la modalité des Séfirot ; à d’autres moments, c’est le réceptacle qui domine. Les âmes dérivent de la dimension intérieure des réceptacles ; elles sont donc limitées.
שהכלים מגבילים האור. ולכן שייך להקרא בשם נשמה וגם שהנשמה קטנה הרבה מהכלים עצמן וכטפה מים כו׳.
car les réceptacles limitent la lumière. C’est pourquoi le nom de « néchama » (âme) peut leur être attribué ; en outre, l’âme est bien plus petite que les réceptacles eux-mêmes, comme une goutte d’eau, etc.
Parce que les réceptacles limitent la lumière, l’âme qui en dérive est une entité définie et limitée ; le terme « néchama » lui est donc applicable. L’âme est également bien plus petite que les réceptacles eux-mêmes, comme une simple goutte d’eau.
Les âmes aussi ont deux niveaux, et ce paragraphe explique pourquoi elles sont finies : elles dérivent des réceptacles d’Atsilout qui, contrairement à ses lumières, sont limités.
Maré mekomot
- 1(וכמבואר באגה״ק בד״ה איהו וחיוהי) · Tanya, Iggeres HaKodesh 20:21
13והנה בעוד הנשמות למעלה נק׳ אחים ורעים לז״א ואח״כ נמשכים ע״י יחוד זו״נ להיות בבחי׳ עיבור במל׳ דאצילות
Or, tant que les âmes sont en haut, elles sont appelées « frères et amis » du Zeir Anpin. Ensuite, elles sont attirées, par l’union de Zeir Anpin et de Noukva, afin de se trouver dans un état de gestation (ibbour) dans Mal'hout d’Atsilout.
Avant de descendre, les âmes d’Atsilout sont appelées « frères et amis » du Zeir Anpin, car elles sont proches des attributs divins eux-mêmes. Elles sont ensuite attirées vers le bas, par l’union de Zeir Anpin et de Noukva (Mal'hout), dans un état de « gestation » au sein de Mal'hout d’Atsilout.
וזהו מאמר אליהו חי ה׳ אשר עמדתי לפניו12 ואז נקרא בנות ירושלים לפי שכשהנשמה עומדת שם היא בתכלית היחוד וביטול באור א״ס שקודם הפרסא מעין ביטול הכלים דע״ס עצמן דאיהו וגרמוהי חד.
Telle est la parole d’Eliyahou : « D.ieu est vivant, devant qui je me tiens. » Alors, elles sont appelées « filles de Jérusalem », car lorsque l’âme se tient là, elle se trouve dans l’unité et l’annulation de soi (bitoul) les plus complètes dans la Lumière infinie (Or Ein Sof) qui précède la partition (parsa), à l’image de l’annulation des réceptacles des dix Séfirot eux-mêmes, car « Lui et Ses réceptacles sont un ».
Les paroles d’Eliyahou, « devant qui je me tiens », décrivent une âme se tenant devant D.ieu avant sa descente. Dans cet état, les âmes sont appelées « filles de Jérusalem » : elles sont entièrement annulées dans la Lumière infinie au-dessus de la partition qui sépare Atsilout des mondes créés, à l’image des réceptacles d’Atsilout eux-mêmes.
(ועמ״ש בפ׳ יתרו בביאור דזכור את יום השבת34 כו׳ וע״פ ושמתי כדכד)56 וזהו יפ׳ בנות ירושלים שיכולים לקבל בחי׳ יראה שבמלכות בשלימות וזהו בחי׳ נשמה שנתת בי טהורה היא7
(Voyez ce qui est écrit dans la paracha Yitro, dans l’explication de « Souviens-toi du jour du Chabbat, etc. », ainsi que sur « Je ferai [tes fenêtres] de kadkod ».) Telle est l’explication de « filles de Jérusalem » : elles peuvent recevoir pleinement le niveau de crainte (yira) qui se trouve en Mal'hout. C’est là le niveau de « L’âme que Tu as placée en moi est pure »,
Le nom Yerouchalayim se lit comme yira chelema, « crainte parfaite » : les âmes d’Atsilout peuvent recevoir pleinement la crainte qui émane de Mal'hout. La bénédiction du matin « L’âme que Tu as placée en moi est pure » fait référence à cette étape.
דהיינו בעודה באצי׳ כנ״ל ואח״כ אתה בראתה היינו כשיורדת הנשמה לבריאה וידוע שבין אצי׳ לבריאה יש פרסא הנקרא בלשון הגמרא פרגוד89 כדי שיוכל להיות בחי׳ נברא.
c’est-à-dire tant qu’elle est en Atsilout, comme indiqué plus haut. Ensuite, « Tu l’as créée », c’est-à-dire lorsque l’âme descend en Béria. Or, on sait qu’entre Atsilout et Béria se trouve une partition, appelée dans le langage de la Guemara un « rideau » (pargod), afin que puisse exister le niveau d’un être créé.
La bénédiction poursuit : « Tu l’as créée », ce qui désigne la descente de l’âme en Béria. Entre Atsilout et Béria se trouve une partition que le Talmud appelle le pargod (rideau) ; c’est elle qui rend possible l’existence d’un être créé distinct.
נמצא כמו שבבחי׳ מל׳ יש ב׳ בחי׳. הא׳ היותה באצילות. הב׳ מה ששוכנת בהיכל קדשי קדשים דבי״ע ונעשי׳ עתיק דבריאה כנ״ל כמ״כ בהנשמות שנמשכין מפנימי׳ הכלים דמל׳ יש ג״כ ב׳ בחי׳ עד״ז.
Il ressort que, de même qu’il existe deux niveaux dans Mal'hout — le premier, lorsqu’elle se trouve en Atsilout ; le second, lorsqu’elle réside dans le Sanctuaire du Saint des Saints de Béria, Yetsira et Assiya et devient l’Atik de Béria, comme indiqué plus haut —, de même, dans les âmes, qui sont attirées de la dimension intérieure des réceptacles de Mal'hout, il existe également deux niveaux de cette sorte.
Les deux niveaux de Mal'hout — en Atsilout et en tant qu’Atik de Béria — trouvent leur parallèle dans les âmes, qui proviennent de la dimension intérieure des réceptacles de Mal'hout. Chaque âme possède elle aussi un niveau en Atsilout et un niveau inférieur.
וזהו ענין טהורה היא אתה בראתה כו׳ והנה בירידת הנשמה בבי״ע (וכן בבחי׳ מל׳) אז נקראת כלה לשון כלתה נפשי.10
Telle est donc la signification de « Elle est pure ; Tu l’as créée, etc. » Or, lorsque l’âme descend dans Béria, Yetsira et Assiya (et de même pour le niveau de Mal'hout), elle est alors appelée kalla (épousée), terme apparenté à « mon âme languit (kalsah) ».
« Elle est pure » et « Tu l’as créée » désignent ainsi les deux étapes de l’âme. Une fois qu’elle descend dans les mondes inférieurs, l’âme — comme Mal'hout — est appelée kalla, « épousée », terme que l’Alter Rebbe relie à kalsah, la langueur de l’âme.
וכמ״ש באדר״ז (דף ר״צ ע״ב) כדין אקרי כלה11 כו׳ והיינו דלפי שירדה בבריאה שהוא בעל גבול
Comme il est écrit dans l’Idra Zouta (folio 290b) : « Alors, elle est appelée kalla, etc. » Cela signifie que, puisqu’elle est descendue en Béria, un monde limité,
L’Idra Zouta du Zohar emploie également le nom kalla pour désigner cette étape. L’âme languit parce qu’elle est descendue en Béria, un monde limité.
(משא״כ באצי׳ הרי האורות הם בחי׳ א״ס) ע״כ כלתה נפשה מתי אבוא ואראה12 התגלות אור א״ס.
(contrairement à Atsilout, où les lumières sont du niveau de l’Infini), son âme languit donc : « Quand viendrai-je et verrai-je » la révélation de la Lumière infinie ?
En Atsilout, les lumières sont infinies, tandis qu’en Béria l’âme est limitée ; elle aspire donc à voir la révélation de la Lumière infinie, selon les mots du psalmiste : « Quand viendrai-je et verrai-je ? » La note de Kehot cite le Mitteler Rebbe : cette expression indique que l’âme ne s’est pas encore approchée, mais aspire seulement à le faire.
כי בבריאה ההתגלות הוא בבחי׳ גבול וצמצום וע״י הפרסא. שלכן המלאכים אומרים13 ג׳ פעמים קדוש. שבכל ד׳ שעות אומר קדוש מחדש.14
Car, dans Béria, la révélation se fait selon un mode de limitation et de contraction, et par l’intermédiaire de la cloison. C’est pourquoi les anges disent trois fois « Saint » : toutes les quatre heures, [l’ange] dit de nouveau « Saint »,
Dans Béria, la révélation est limitée et passe par la cloison. Tanna DeVei Eliyahu enseigne que les anges disent trois fois « Saint », à quatre heures d’intervalle.
כי ההשגה וההשפעה הנמשך לו הוא בגבול ונמשך לו ההתפעלות מזה ד׳ שעות עד שאח״כ אומר עוד קדוש כו׳.
car la compréhension et l’influx qui lui sont transmis sont limités, et l’émotion qu’ils suscitent en lui dure quatre heures, jusqu’à ce qu’ensuite il dise encore « Saint », etc.
L’ange ne reçoit qu’une mesure limitée de compréhension, qui suscite en lui une émotion durant quatre heures ; il dit alors de nouveau « Saint ». Cela montre combien la révélation en Béria est mesurée.
שאילו היה נמשך לו התגלות ההשגה מבחי׳ מלכות יותר היה מתבטל ממציאותו וכמאמר הושיט הקב״ה אצבעו הקטנה15 ביניהן ושרפן.
Car, si une révélation plus grande de compréhension lui était transmise depuis le niveau de Mal'hout, il serait annulé de l’existence, comme le rapporte l’enseignement : « Le Saint béni soit-Il étendit parmi eux Son petit doigt et les brûla. »
Une révélation plus grande provenant de Mal'hout anéantirait l’ange. Le Talmud rapporte que, lorsque les anges s’opposèrent à la création de l’homme, D.ieu étendit parmi eux Son petit doigt et les brûla.
Les âmes, comme Mal'hout, ont deux niveaux : en Atsilout, elles sont les « filles de Jérusalem », annulées dans l’Infini ; après leur descente en Béria, elles deviennent une « épousée » qui aspire à une révélation qui lui fait défaut, car la révélation de Béria est limitée, comme le montre le « Saint » mesuré des anges.
La partition (parsa) entre Atsilout et Béria rend possible l’existence créée : au-dessus d’elle, les âmes sont comme les réceptacles d’Atsilout, un avec D.ieu ; en dessous, elles deviennent des êtres distincts. L’Alter Rebbe comprend les mots de la bénédiction du matin, « pure » et « Tu l’as créée », comme désignant ces deux étapes.
Maré mekomot
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- 14המלאכים אומרים ג׳ פעמים קדוש. שבכל ד׳ שעות אומר קדוש מחדש · Tanna DeBei Eliyahu Rabbah 6:1
- 15הושיט הקב״ה אצבעו הקטנה · Sanhedrin 38b:5
14ולכן הנשמה שהיא שם בבחי׳ בע״ג אז הכלות הנפש לבוא מבחי׳ בע״ג להתגלות בלתי בע״ג הוא התשוקה בהתגלות וכלות הנפש יתירה מתי אבוא ואראה1 כי עדיין לא בא וזהו זכרו את2 ה׳ מרחוק.
C’est pourquoi, pour l’âme qui se trouve là dans un état limité, le désir ardent de quitter cet état limité pour accéder à une révélation sans limites se manifeste comme une aspiration, et comme un ardent désir de l’âme : « Quand viendrai-je et verrai-je ? », car elle n’est pas encore arrivée. C’est là le sens de : « Souvenez-vous de D.ieu de loin. »
Parce que l’âme, dans Béria, est limitée, son aspiration à ce qui est sans limites est ouverte et intense : elle languit précisément parce qu’elle n’est pas encore parvenue à destination. Les paroles de Jérémie, « Souvenez-vous de D.ieu de loin », décrivent cet amour qui s’éprouve à distance.
Le désir ardent de la fiancée est intense précisément en raison de la distance : l’âme, dans Béria, n’a pas encore atteint ce à quoi elle aspire.
La note de Kehot observe que, dans Jérémie, le verset place « de loin » avant « D.ieu » ; elle renvoie également à l’autre transcription de ce discours, dans Maamarei Admur HaZaken, Kesuvim.
Maré mekomot
- 1מתי אבוא ואראה · Psalms 42:3
- 2זכרו את ה׳ מרחוק · Jeremiah 51:50
15וע״כ נקרא כלה. אבל הנשמות העומדים בבחי׳ אצי׳ נקראו אחותי שאין האהבה ברשפי אש ע״ד בחי׳ כלה כ״א אהבה בהסתר ובבחי׳ ביטול ושם נאמר בתולות אחריה רעותיה כו׳
C’est pourquoi elle est appelée « kalla ». Mais les âmes qui se tiennent au niveau d’Atsilout sont appelées « ma sœur », car leur amour n’est pas fait de flammes ardentes, à la manière du niveau de la kalla, mais est un amour caché, dans un état d’annulation de soi. Et là, il est dit : « Les jeunes filles, ses compagnes, la suivent… »
C’est pourquoi l’âme d’en bas est appelée « épouse ». Les âmes d’Atsilout sont plutôt appelées « ma sœur » : leur amour n’est pas un désir ardent, mais un amour caché qui s’exprime par l’annulation de soi. À leur sujet, le psaume dit : « Les jeunes filles, ses compagnes, la suivent. »
« dans les palais du Roi », car elles se tiennent là, dans les palais d’Atsilout, et reçoivent pleinement le niveau de crainte qui s’y trouve. C’est pourquoi elles sont appelées « filles de Jérusalem ». Et bien que
Elles se trouvent « dans les palais du Roi », les palais d’Atsilout, où elles reçoivent pleinement la crainte. C’est pourquoi elles sont appelées « filles de Jérusalem ».
שהם שם ג״כ בבחי׳ בעל גבול כמש״ל שהנשמות נמשכים מפנימי׳ הכלים מ״מ שם איהו וחיוהי וגרמוהי חד והאור הוא בבחי׳ א״ס.
elles aussi s’y trouvent dans un état limité, comme cela a été expliqué plus haut — les âmes étant attirées de la dimension intérieure des réceptacles —, néanmoins, là-bas, « Lui, Ses forces vitales et Ses réceptacles sont un », et la lumière est au niveau de l’Infini.
Même là, les âmes sont limitées, puisqu’elles proviennent des réceptacles, comme cela a été expliqué plus haut. Mais, en Atsilout, D.ieu est un avec Ses forces vitales et Ses réceptacles, et la lumière y est infinie.
Les âmes d’Atsilout sont appelées « sœur » plutôt qu’« épouse » : leur amour est caché et s’exprime par l’annulation de soi, et elles reçoivent pleinement la crainte dans les palais du Roi.
La note de Kehot souligne que le verset lui-même (Psalms 45:16) dit « dans le palais du Roi » au singulier, heichal, tandis que le texte ici emploie le pluriel, heichalei (« palais »).
Maré mekomot
- 1בתולות אחרי׳ רעותי׳ . . בהיכלי מלך · Psalms 45:15
- 2בהיכלי מלך · Psalms 45:16
16ולכן עכ״פ הם בטלים בתכלית הביטול לאור א״ס קודם הפרגוד. משא״כ בבריאה ולכן נק׳ כלה
Par conséquent, en tout état de cause, ils sont annulés dans la plus totale annulation devant la Lumière infinie (Or Ein Sof), avant le rideau. Il n’en va pas ainsi dans le monde de Béria ; c’est pourquoi [là] elle est appelée kallah.
Ainsi, les âmes d’Atsilout, bien qu’elles soient limitées, sont entièrement annulées devant la Lumière infinie, au-dessus du rideau. Il n’en va pas ainsi dans le monde de Béria, où l’âme est appelée « fiancée ».
ונמצא א״כ ירידה וריחוק זה גורם עלייה יתירה שעי״ז נעשים בבחי׳ כלה ואז דווקא הקב״ה נקרא אצלם בשם חתן וכמ״ש ביום חתונתו1 זו מ״ת.2
Il en résulte donc que cette descente et cet éloignement entraînent une élévation supplémentaire : par eux, elles parviennent au niveau de kallah, et alors seulement le Saint béni soit-Il est appelé, par rapport à elles, du nom de chasan (fiancé), comme il est écrit : « au jour de ses noces » — c’est le Don de la Torah.
La descente et l’éloignement de l’âme entraînent ainsi une élévation plus grande : ce n’est qu’en tant que « fiancée » qu’elle a D.ieu pour « fiancé ». La Michna interprète l’expression « le jour de ses noces », dans le Cantique des Cantiques, comme désignant le Don de la Torah.
כי נובלות חכמה שלמעלה תורה3 וכמשל הטפה גשמיות שיורדת ונמשכ׳ מהמוח ממש וע״י ירידת׳ בהשתלשלו׳ דרך חוט השדרה נתגשמה ונעשה טפה גשמיות ומ״מ יש בה
Car « la Torah est le fruit tombé de la sagesse supérieure », à l’image de la goutte physique qui descend et provient du cerveau même ; par sa descente en étapes, le long de la moelle épinière, elle s’est matérialisée et est devenue une goutte physique ; et pourtant, il y a en elle
Le Midrach appelle la Torah « le fruit tombé de la sagesse supérieure ». L’Admour Hazaken la compare à une goutte de semence, qui a son origine dans le cerveau et devient physique en descendant par la moelle épinière.
מכח המוחין ועצמיותם ממש להוליד בדומה לו כמ״כ התורה נמשכה מבחי׳ חכים ולא בחכמה ידיעא4 ונשתלשלה למטה עד שיוכל להיות מלובשת בגשמיות וע״כ נקרא נובלות
la puissance de l’intellect (mo’hin) et son essence même, qui permettent d’engendrer [un être] semblable à lui. De même, la Torah a été tirée du niveau de « sage, mais non par une sagesse connaissable », et elle est descendue par étapes jusqu’en bas, au point de pouvoir être revêtue de matérialité ; c’est pourquoi elle est appelée « fruit tombé ».
Bien qu’elle soit physique, la goutte porte l’essence même de l’intellect du père et peut engendrer un être qui lui ressemble. De même, la Torah provient de la sagesse de D.ieu, qui dépasse toute sagesse connaissable, et descend jusqu’à être revêtue de réalités physiques ; pourtant, elle porte en elle sa source.
(ועמ״ש בד״ה ושבתה הארץ56 בענין זריעת הגרעין כו׳ ומ״ש במ״א ע״פ המאמר בזוהר בפ׳ בראשית7 דכ״ז אעשה לו עזר8 דא משנה) וכמו הטפה שנתגשמה כו׳ ונקלטת בבחינת כלה היינו בנשמות ישראל שלומדים התורה בעוה״ז
(Voyez ce qui est écrit dans le discours commençant par « La terre se reposera », au sujet du semis du grain, etc., ainsi que ce qui est écrit ailleurs à propos de la déclaration du Zohar, Parshas Bereishis, folio 27 : « Je lui ferai une aide » — c’est la Michna.) De même que la goutte s’est matérialisée, etc., et est reçue par le niveau de kallah — c’est-à-dire par les âmes d’Israël qui étudient la Torah dans ce monde.
De même que la goutte est reçue par la mère, la Torah est reçue par la « fiancée », les âmes d’Israël qui l’étudient dans ce monde. La parenthèse renvoie à d’autres discours, dont l’un porte sur l’interprétation du Zohar selon laquelle « Je lui ferai une aide » désigne la Michna.
לכן הנשמות קודם שנבראים בעודם בבחינת עיבור במל׳ דאצילות מלמדים אותה כל התורה9 ואח״כ בא מלאך וסטרו כו׳10
C’est pourquoi, avant que les âmes ne soient créées, alors qu’elles sont encore en gestation dans Mal’hout d’Atsilout, on leur enseigne toute la Torah ; ensuite, un ange vient et le frappe, etc.,
Le Talmud enseigne qu’avant sa naissance, alors qu’il se trouve dans le ventre de sa mère, l’enfant apprend toute la Torah, puis un ange le frappe sur la bouche et il l’oublie. Ici, cette « gestation » a lieu dans Mal’hout d’Atsilout.
כדי שע״י יגיעתו יחזור ללימודו שהוא קליטת הטפה עד״מ שהוא התורה כמו שהיא למטה ולכן ביום חתונתו זו מ״ת
afin que, par son effort, il retrouve son étude, laquelle correspond, par analogie, à la réception de la goutte — c’est-à-dire à la Torah telle qu’elle se trouve en bas. C’est pourquoi : « au jour de ses noces » — c’est le Don de la Torah,
Il oublie afin de devoir étudier à nouveau par son propre effort, ce qui correspond à la conception par la semence. Voilà pourquoi le Don de la Torah est appelé « le jour de ses noces ».
כי בחינת התגלות התורה וירידתה למטה הוא בחינת חתן חות דרגא לבוא בהתגלות התורה מחכמה עילאה עד שנקלטת בבחינת כלה.
car le niveau de la révélation de la Torah et de sa descente ici-bas est celui du chasan, [selon l’expression] chos darga, « descendre d’un degré » : la Torah vient se révéler depuis la sagesse supérieure jusqu’à ce qu’elle soit reçue par le niveau de kallah.
Chasan (fiancé) est interprété comme chos darga, « descendre d’un degré » : la Torah descend de la sagesse supérieure jusqu’à ce que la fiancée la reçoive. Le fiancé est la Torah en descente ; la fiancée, l’âme qui l’accueille.
La descente fait de l’âme une fiancée et de D.ieu un fiancé ; leur union est la Torah. À l’image d’une goutte issue du cerveau, la Torah descend de la sagesse de D.ieu jusqu’à prendre une forme physique, puis elle est reçue par les âmes qui l’étudient dans ce monde.
La note de Kehot cite la version d’Or HaTorah : « on lui enseigne toute la Torah alors qu’elle est dans le ventre », qui correspond au texte du Talmud dans Niddah ; ici, le « ventre » est Mal’hout d’Atsilout. L’image de la Torah qui porte l’essence de sa source, comme la goutte porte l’essence de l’intellect, explique pourquoi son étude ici-bas unit l’âme à la sagesse propre de D.ieu.
Maré mekomot
- 1ביום חתונתו · Song of Songs 3:11
- 2ביום חתונתו זו מ״ת · Taanit 26b:6–7
- 3כי נובלות חכמה שלמעלה תורה · Bereshit Rabbah 17:5
- 4חכים ולא בחכמה ידיעא · Tikkunei Zohar 17b:3–4
- 5בד״ה ושבתה הארץ · לעיל פ׳ בהר מ, ב.
- 6ושבתה הארץ · Leviticus 25:2
- 7ע״פ המאמר בזהר בפ׳ בראשית · בביאוה״ז בתחילתו ההפרש בין חיצוניות התורה הנגלית לחיצוניות פנימי׳ התורה.
- 8אעשה לו עזר · Genesis 2:18
- 9מלמדים אותה כל התורה · Niddah 30b:23–24
- 10בעודם בבחי׳ עיבור במל׳ דאצילות · באוה״ת שה״ש כרך ג ע׳ תתלב: ”מלמדין כל התורה כולה כשהיא ברחם”.
17ולכן בשיר השירים נזכר הכל בלשון חתן וכלה וגם בלשון דודי. שכמו שהוא בכל נשמה בפרט שבירידתה בבי״ע דוקא נקרא כלה כך הוא בבחינת מל׳ שבירידתה להיות עתיק לבריאה אז דוקא נקרא בשם כלה.
C’est pourquoi, dans le Cantique des Cantiques, tout est évoqué dans les termes de ‘hatan et de kalla, ainsi que dans ceux de « mon bien-aimé ». Car, de même que chaque âme individuelle n’est appelée kalla que précisément lorsqu’elle descend dans Béria, Yetsira et Assiya, il en va ainsi du niveau de Mal’hout : c’est précisément lorsqu’il descend pour devenir Atik pour Béria qu’il est alors appelé du nom de kalla.
Cela explique pourquoi le Cantique des Cantiques parle du fiancé, de la fiancée et de « mon bien-aimé ». L’âme individuelle comme Mal’hout ne sont appelées « fiancée » qu’en descendant dans les mondes inférieurs.
Le Cantique des Cantiques emploie le langage de la fiancée et du fiancé parce qu’il décrit les âmes et Mal’hout dans leur descente au-dessous d’Atsilout.
18ופי׳ כלה כל ה׳ היינו כל ר״ל בחי׳ כלליות מכל המדות כי ע״ס דמל׳ נמשכים מעשר מלכיות דע״ס דאצילות ממל׳ שבכתר נעשה כתר שבמל׳ כו׳ והה׳ הוא בחינת התגלות ועמ״ש ע״פ עיני כל אליך ישברו12 כו׳.
Et le sens de kallah est kol hei : kol (« tout ») désigne le niveau où sont inclus tous les attributs émotionnels (midot), car les dix Séfirot de Mal'hout proviennent des dix Mal'hout des dix Séfirot d'Atsilout — de la Mal'hout de Kéter procède le Kéter de Mal'hout, etc. — et le hei est le niveau de la révélation. Voyez aussi ce qui est écrit sur le verset : « Les yeux de tous se tournent vers Toi, etc. »
Kallah (« fiancée ») se lit kol hei, « tout » et la lettre hei. « Tout » signifie que Mal'hout rassemble tous les attributs, puisque les dix Séfirot de Mal'hout proviennent de la Mal'hout de chacune des dix Séfirot d'Atsilout, tandis que le hei représente la révélation.
Jeu de mots sur kallah, lu kol hei : Mal'hout rassemble tous les attributs et constitue le niveau de la révélation.
Maré mekomot
- 1ע״פ עיני כל אליך ישברו · לעיל פ׳ מטות פה, ג.
- 2עיני כל אליך ישברו · Psalms 145:15
19וזהו פי׳ שחורה אני ונאוה1 שמקור נש״י שבבריאה שהיא בחי׳ המל׳ כשנקרא שכינה כנ״ל אומרת לבנות ירושלים היינו הנשמות שבאצילות שחורה אני מחמת הירידה בבחינת בעל גבול.
Tel est le sens de « Je suis noire, mais belle » : la source des âmes d’Israël qui se trouve en Béria — le niveau de Mal’hout lorsqu’elle est appelée Chekhina, comme indiqué plus haut — dit aux « filles de Jérusalem », c’est-à-dire aux âmes qui se trouvent en Atsilout : « Je suis noire », en raison de la descente dans un état de limitation.
Tout cela est ici appliqué au verset. Celle qui parle est la source des âmes en Béria, Mal’hout en tant que Chekhina ; elle s’adresse aux « filles de Jérusalem », les âmes qui sont encore en Atsilout, et dit qu’elle est « noire » parce qu’elle est descendue dans un état de limitation.
אעפ״כ ונאוה שעי״ז יש התגלות יותר מכמו שהיתה בבחינת בנות ירושלים שהיתה הנשמה אז בהיכלות דאצילות
Pourtant, « [je suis] belle », car cette descente entraîne une révélation plus grande que celle qui existait dans l’état des « filles de Jérusalem », lorsque l’âme se trouvait alors dans les palais d’Atsilout.
Elle est pourtant « belle », car la descente entraîne une révélation plus grande que celle dont les âmes bénéficiaient dans les palais d’Atsilout. C’est l’obscurité de la descente qui rend possible cette beauté supérieure.
Tel est le sens de : « Il s’en va en pleurant, portant le sac de semence ; il reviendra certainement dans l’allégresse, portant ses gerbes », comme l’explique le discours qui commence par « Reviens, Israël » ; voyez là-bas.
Le psaume décrit un cultivateur qui sème dans les larmes et moissonne dans la joie : la semence doit être enfouie dans la terre pour donner une récolte. De même, la descente de l’âme est un ensemencement qui produit bien davantage que ce qui avait été semé.
(והטעם כנ״ל שאז דייקא נעשית בבחינת כלה והקב״ה נקרא אצלה בחינת חתן דהיינו המשכת התורה מעצמיות ח״ע יותר גבוה בשרשה מההשגות שהיה להן בהיכלות דאצילות וכמ״ש בפ׳ לך לך בד״ה ענין לך לך5 בענין נובלות חכמה שלמעלה תורה6 כו׳ ע״ש.
(La raison en est, comme indiqué plus haut : c’est précisément alors qu’elle devient au niveau de la fiancée, et que le Saint béni soit-Il est appelé, par rapport à elle, le niveau du fiancé — c’est-à-dire le déversement de la Torah depuis l’essence même de la 'Hokhma supérieure, qui est plus élevée dans sa racine que les compréhensions qu’elles avaient dans les palais d’Atsilout — comme il est écrit dans la paracha Lekh Lekha, dans le discours qui commence par « Le sens de “Va pour toi” », à propos de « la Torah est le fruit tombé de la sagesse supérieure, etc. » Voyez là-bas.
La raison, comme cela a été expliqué plus haut, est que l’âme ne devient une « fiancée » qu’après la descente, D.ieu étant alors son « fiancé » : elle reçoit la Torah, déversée depuis l’essence même de la 'Hokhma supérieure. Cette source est plus élevée que tout ce que les âmes saisissaient en Atsilout, comme le développe le discours de Torah Ohr sur « Va pour toi ».
ובזה יובן מ״ש המגיד להב״י הובא בשל״ה שם שכל מה שנאמר בענין יחוד תפארת ומלכות הכל הוא בבחינת הארתם בנרתק שלהם דהיינו בבחינת מל׳ הנקרא שכינתא. והיינו כמ״ש כאן שאזי דייקא נקרא כלה כו׳ וכדלעיל.
Cela permettra de comprendre ce que le Maguid dit au Beit Yossef, cité dans le Chné Lou’hot Haberit à cet endroit : tout ce qui est dit au sujet de l’union de Tiferet et de Mal’hout concerne leur rayonnement dans leur enveloppe, c’est-à-dire le niveau de Mal’hout appelé Chekhinta. Cela correspond à ce qui est écrit ici : c’est précisément alors qu’elle est appelée « fiancée », etc., comme indiqué plus haut.
Le Maguid dit au Beit Yossef que toute évocation de l’union de Tiferet et de Mal’hout — le Saint béni soit-Il et la Chekhina — se rapporte à leur lumière dans une « enveloppe », Mal’hout appelée Chekhinta. Cela correspond à ce qui a été dit ici : Mal’hout n’est « fiancée » qu’après sa descente.
והטעם לזה דלכאורה אינו מובן הרי המל׳ כמו שהיא באצילות היא בחי׳ עליונה יותר הרבה כנ״ל ולמה א״כ ענין היחוד דזו״נ שנקרא יחוד קב״ה ושכינתיה שהוא המשכת סוכ״ע בממכ״ע שהוא בחינה והמשכה היותר עליונה
La raison en est la suivante : à première vue, cela ne se comprend pas. Mal’hout telle qu’elle est en Atsilout constitue un niveau bien plus élevé, comme indiqué plus haut. Pourquoi, dès lors, l’union de Zeir Anpin et de Noukva, appelée l’union du Saint béni soit-Il et de Sa Chekhina — qui consiste à déverser la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) dans la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), le niveau et le déversement les plus élevés —
Mais pourquoi en est-il ainsi ? Mal’hout en Atsilout est bien plus élevée, et l’union de Zeir Anpin et de Noukva, qui déverse la lumière environnante (sovev kol almin) dans la lumière immanente (memalé kol almin), est le déversement le plus élevé.
יהיה כל זה נמשך דייקא בבחינת כלה שהוא המל׳ שירדה לבריאה כו׳ אלא שהיא עולה באצילות ומתייחדת שם עם ז״א פב״פ עיין בע״ח שמ״ז פ״א ובפע״ח בכוונות ק״ש ושמ״ע. ועיין בזהר בראשית) (דמ״ט סע״א).
serait-elle tout entière déversée précisément au niveau de la fiancée, à savoir Mal’hout descendue en Béria, etc., bien qu’elle monte en Atsilout et s’y unisse à Zeir Anpin face à face ? Voyez Etz Chaim, Chaar 47, chapitre 1, et Pri Etz Chaim, au sujet des intentions du Chéma et de la Chemoné Essré. Voyez également le Zohar, Berechit) (folio 49, fin du côté a).
Même si Mal’hout monte en Atsilout pour s’unir à Zeir Anpin face à face, comme le décrivent Etz Chaim, Pri Etz Chaim et le Zohar, la partenaire de cette union reste Mal’hout telle qu’elle est descendue en Béria. C’est ce qu’il faut expliquer.
אמנם הענין יובן בהקדים מ״ש במ״א אשר צריך להבין בענין היחודים העליונים למה כינו אותן בזהר וע״כ בלשון זיווג גשמי ונקרא זיווג ז״א ונוקבא וכיוצא.
Cependant, la question se comprendra en introduisant d’abord ce qui est écrit ailleurs : il faut comprendre, à propos des unions supérieures, pourquoi le Zohar et Etz Chaim les désignent par les termes d’une union physique et les appellent l’union de Zeir Anpin et de Noukva, et ainsi de suite.
Pour répondre, l’Admour Hazaken commence par demander pourquoi le Zohar et Etz Chaim décrivent les unions supérieures au moyen de l’image d’une union conjugale physique, en les appelant l’« union » de Zeir Anpin et de Noukva.
והרי עיקר ענין פי׳ הזיווג והיחוד אינו אלא שפע וגילוי האור מן המשפיע למקבל.
Après tout, le sens essentiel de l’union et de l’unification n’est rien d’autre que le flux et la révélation de la lumière du donneur vers le récepteur.
En essence, « union » signifie seulement que la lumière s’écoule du donneur vers le récepteur. Cette définition n’exige aucune image conjugale.
א״כ לכאורה יותר היה נראה להמשיל ענין השפעה זו עד״מ משפע הרב לתלמיד או מהשפעת העשיר לעני צדקה כו׳ ולמה הוצרכו להלבישו במשל גשמי מאד.
Si tel est le cas, à première vue, il semblerait plus approprié de comparer, par analogie, cette transmission à l’influence d’un maître sur son élève, ou au don de la charité par un riche à un pauvre, etc. Pourquoi donc a-t-on dû la revêtir d’une image si matérielle ?
Un maître qui enseigne à un élève, ou un riche qui donne à un pauvre, semblerait une analogie plus appropriée. Pourquoi choisir une image aussi physique ?
אך הענין הוא שיש הפרש גדול בין שפע הרב לתלמיד ובין יחוד דכר ונוקבא כי בשפע הרב לתלמיד אין כאן רק השפעה מהרב לבד והתלמיד הוא טפל לגמרי שאינו
Mais voici ce qu’il en est : il existe une grande différence entre l’influence d’un maître sur son élève et l’union du masculin et du féminin. Dans l’influence d’un maître sur son élève, il n’y a que la transmission du maître seul, et l’élève est entièrement secondaire, étant
La différence est la suivante : entre maître et élève, toute la transmission vient du maître, et l’élève n’apporte rien de lui-même.
אלא בחינת מקבל לבד משא״כ ביחוד דכר ונוקבא הרי האשה ג״כ מזרעת אודם שממנו בשר7 כו׳ וכמ״ש אשה כי תזריע8 וארז״ל אשה מזרעת תחלה יולדת זכר כו׳
uniquement au niveau du récepteur. Il n’en va pas ainsi dans l’union du masculin et du féminin : la femme aussi émet une semence, le rouge, dont provient la chair, etc., comme il est écrit : « Lorsqu’une femme émet une semence », et comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Si la femme émet sa semence en premier, elle donne naissance à un mâle, etc. »
Dans l’union conjugale, la femme apporte elle aussi une semence, dont, selon le Talmud, se forme la chair de l’enfant. La Torah dit : « Lorsqu’une femme émet une semence », et les Sages enseignent que si elle émet sa semence en premier, l’enfant sera un garçon.
ואדרבה עיקר הווית הולד הוא מזרע הנקבה רק שמ״מ נקרא הנקבה בחינת מקבל כי זרע הנקבה אין בה כח להקפיא ולהתרקם ממנו הולד רק ע״י זרע הזכר
Au contraire, la formation essentielle de l’enfant provient de la semence féminine ; pourtant, la femme est néanmoins appelée le récepteur, car la semence féminine n’a pas le pouvoir de coaguler et de se constituer en enfant, si ce n’est par l’intermédiaire de la semence masculine,
En réalité, l’enfant se forme principalement à partir de la contribution de la femme. Elle est appelée le récepteur uniquement parce que sa semence ne peut prendre forme sans celle de l’homme.
וכמו החלב שנקפא להיות גבינה ע״י שנותנים בו קיבה וכה״ג וז״ש כחלב תתיכני וכגבינה תקפיאני9 כו׳
comme le lait qui se coagule en fromage lorsqu’on y met de la présure, et ainsi de suite. C’est ce qui est écrit : « Tu m’as versé comme du lait et tu m’as fait coaguler comme du fromage, etc. »
La présure qui transforme le lait en fromage l’illustre : le fromage est fait de lait, mais celui-ci ne prend sa consistance que grâce à la présure. Job décrit sa propre formation en ces termes : « Tu m’as versé comme du lait et tu m’as fait coaguler comme du fromage. »
והנה למעלה ביחוד העליון הוא ג״כ בחינת מ״ן ומ״ד עם היות שבחינת המ״ד הוא המשכת חכמה עילאה שבתוכה מלובש אור א״ס ב״ה.
Or, en haut, dans l’union supérieure, il existe également les niveaux des « eaux féminines » (mayin noukvin) et des « eaux masculines » (mayin doukhrin). Bien que le niveau des eaux masculines soit la révélation de la 'Hokhma supérieure, dans laquelle est revêtue la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il,
Dans l’union supérieure, il y a également une contribution féminine, les mayin noukvin (« eaux féminines »), et une contribution masculine, les mayin doukhrin (« eaux masculines »). Les eaux masculines sont la 'Hokhma supérieure, qui porte la Lumière infinie.
אך זהו על ידי העלאת מ״ן שהוא בירורי רפ״ח ניצוצים על ידי שהאדם מתפלל באהוי״ר בכח האכילה ושתיה שהוא בירורי ק״נ
cela se produit cependant par l’élévation des eaux féminines, qui consiste dans le raffinement des 288 étincelles, lorsqu’une personne prie avec amour et crainte, grâce à la force qu’elle tire de sa nourriture et de sa boisson, qui constituent le raffinement de kelipat nogah,
Toutefois, cette révélation ne vient qu’en réponse à l’élévation des eaux féminines : le raffinement des 288 étincelles de sainteté tombées lors du brisement des réceptacles. Une personne les raffine lorsqu’elle prie avec amour et crainte, en s’appuyant sur la force puisée dans la nourriture et la boisson, qui relèvent de kelipat nogah, le domaine qui n’est ni saint ni entièrement mauvais.
וכן צמר דציצית וקלף דתפילין כו׳ וזהו ענין מ״ן דנוקבא שהמלכות דאצילות מתלבשת בבי״ע לברר הרפ״ח ניצוצים כו׳.10
Et de même la laine des tsitsit et le parchemin des téfilines, etc. Tel est le sens des eaux féminines de Noukva : Mal'hout d'Atsilout s’habille en Béria, Yetsira et Assiya afin d’affiner les 288 étincelles, etc.
Les objets matériels utilisés pour les mitsvot, comme la laine des tsitsit et le parchemin des téfilines, sont affinés de la même manière. Tel est le sens des « eaux féminines » de Noukva : Mal'hout d'Atsilout pénètre dans les mondes inférieurs afin d’affiner ces étincelles.
Le verset se comprend désormais ainsi : Mal’hout en tant que Chekhina, descendue en Béria, dit aux âmes d’Atsilout qu’elle est « noire » à cause de sa descente, mais « belle » grâce à la révélation supérieure qu’elle entraîne. Le paragraphe demande ensuite pourquoi l’union supérieure s’opère par l’intermédiaire de Mal’hout descendue, puis commence à expliquer pourquoi elle est représentée comme une union entre le masculin et le féminin : le féminin apporte sa propre semence, comme les mondes inférieurs apportent les « eaux féminines » raffinées par la prière et les mitsvot.
Les 288 étincelles sont les fragments de sainteté qui tombèrent lors du brisement des réceptacles de Tohou ; leur raffinage est ce que la Kabbale appelle « l’élévation des eaux féminines ». La note de Kehot sur la référence de Torah Ohr résume ainsi la question : le déversement de la sagesse supérieure dans les choses matérielles s’accomplit par l’intermédiaire de Kéter.
Maré mekomot
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- 8אשה כי תזריע · Leviticus 12:2
- 9כחלב תתיכני וכגבינה תקפיאני · Job 10:10
- 10בד״ה שובה ישראל · לעיל שבת תשובה סה, ב.
Or, la racine des eaux féminines est très élevée, car elle provient du Monde de Tohou, « avant qu’aucun roi ne régnât, etc. » Pourtant, les eaux masculines sont celles qui raffinent les eaux féminines, etc. ;
Les eaux féminines proviennent du Monde de Tohou, que la Kabbale identifie aux rois qui régnèrent « avant qu’aucun roi ne régnât » sur Israël. Leur source est donc très élevée, même si ce sont les eaux masculines qui les raffinent.
אבל אחר הבירור עולה בס״ג שלמעלה ממ״ד דמ״ה וכנודע מענין אשת חיל עטרת בעלה.2 ולכן הוכרחו להמשיל יחוד העליון לזיווג דכר ונוקבא דייקא אע״פ שהוא משל גשמי מאד.
mais, après leur raffinement, elle monte en Sag, [le Nom] Sag, qui est au-dessus des eaux masculines de [le Nom] Mah, comme on le sait à propos de « Une femme vaillante est la couronne de son mari ». C’est pourquoi ils ont dû comparer l’union supérieure précisément à l’union d’un homme et d’une femme, bien qu’il s’agisse d’une image très matérielle.
Une fois raffinées, les eaux féminines s’élèvent au niveau du Nom Sag, supérieur au Nom Mah d’où proviennent les eaux masculines. Comme le dit le livre des Proverbes, « Une femme vaillante est la couronne de son mari », et c’est pourquoi seule l’image de l’union entre un homme et une femme convient.
(ועמ״ש סד״ה קול דודי בענין מקפץ על הגבעות3 כו׳ ובביאור ע״פ אז ישיר ישראל4 כו׳ עלי באר כו׳) ועפ״ז יובן הטעם דהיחוד עליון הוא דייקא בבחינת שכינתא שהיא המל׳ שיורדת בבריאה כו׳
(Voir ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « La voix de mon bien-aimé », à propos de « bondissant sur les montagnes, etc. », et dans l’explication sur « Alors Israël chanta, etc., “Jaillis, ô puits, etc.” ».) Sur cette base, on comprendra pourquoi l’union supérieure se réalise précisément au niveau de la Chekhina, qui est Mal’hout et descend en Béria, etc. :
Des références sont données à des discours sur « La voix de mon bien-aimé » et « Alors Israël chanta ». La question trouve maintenant sa réponse : l’union supérieure se réalise par l’intermédiaire de la Chekhina, qui est descendue en Béria.
כי עיקר בירור הרפ״ח ניצוצים הוא בבי״ע משא״כ באצילות לא יגורך רע5 כתיב ובירידתה לבריאה היא מבררת המ״ן ועי״ז דוקא נעשה היחוד העליון
car le raffinement principal des 288 étincelles s’opère dans Béria, Yetsira et Assiya, tandis qu’à Atsilout, il est écrit : « Le mal ne résidera pas auprès de Toi. » En descendant en Béria, elle raffine les eaux féminines, et c’est précisément par ce moyen que l’union supérieure a lieu ;
Les 288 étincelles sont raffinées principalement dans les mondes inférieurs, tandis qu’Atsilout est exempt de mal, comme le dit le psaume : « Le mal ne résidera pas auprès de Toi. » Ce n’est qu’en descendant que Mal’hout peut recueillir les eaux féminines qui rendent possible l’union supérieure.
והיינו שהיא עולה באצילות פב״פ עם ז״א כו׳ ומ״מ הענין הוא ע״ד מ״ש הרמ״ז פ׳ כי תשא (בדף קפ״ט ע״ב) ודע
c’est-à-dire qu’elle monte en Atsilout, face à face avec Zeir Anpin, etc. Néanmoins, l’idée est conforme à ce qu’écrit le Ramaz dans la paracha Ki Tissa (folio 189b) : « Sache
Après les avoir raffinées, Mal’hout monte en Atsilout afin de s’unir face à face avec Zeir Anpin. Le Ramaz, dans son commentaire du Zohar, paracha Ki Tissa, décrit ce processus.
כי שושנה העליונה היא מלכות דאצילות הנקרא רעיתי וארז״ל מפרנסתי67 מפני שכל הבירורים המתעלים מלמטה ע״י מלכות התחתונה עולים עד מל׳ דאצילות
que la rose supérieure est Mal’hout d’Atsilout, appelée « Ma bien-aimée » (rayasi), et que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « [lire] celle qui Me nourrit (mefarnesasi) », car tous les raffinements qui s’élèvent d’en bas par l’intermédiaire de la Mal’hout inférieure montent jusqu’à Mal’hout d’Atsilout,
Le Ramaz écrit que la « rose supérieure » est Mal’hout d’Atsilout, appelée « Ma bien-aimée » (rayasi), expression que les Sages interprètent comme « celle qui Me nourrit » (mefarnesasi). Elle Le nourrit parce que les étincelles élevées par la Mal’hout inférieure parviennent jusqu’à elle.
והיא מעלה מ״ן לבעלה ועי״כ יורד השפע לעולמות עכ״ל ועיין מ״ש סד״ה מזמור שיר חנוכת הבית8 בענין אבן מאסו הבונים9 כו׳ ועמ״ש הרמ״ז פ׳ כי תצא (דרע״ו) ד״ה ואיהו גדיל לה ומזה נלמוד כו׳ ע״ש.
et elle élève des eaux féminines vers son époux ; par ce moyen, l’abondance descend dans les mondes. » Fin de citation. Voir aussi ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Psaume, chant pour l’inauguration de la Maison », à propos de « La pierre rejetée par les bâtisseurs, etc. » ; voir également ce qu’écrit le Ramaz dans la paracha Ki Tétsé (folio 276), dans le passage commençant par « Et Lui la fait grandir, et de cela nous apprenons, etc. » Voir là-bas.
Mal’hout élève ensuite ces eaux féminines vers son époux, Zeir Anpin, et la bénédiction descend dans les mondes. D’autres références suivent, notamment un discours sur « La pierre rejetée par les bâtisseurs », devenue la pierre d’angle.
ובפ׳ פנחס (דרט״ו ב׳) לאה ורחל נעשים אחד וכ״כ עוד ר״פ תרומה (דקכ״ו ע״ב) גבי מי זאת כו׳
Et dans la paracha Pin’has (folio 215b) : Léa et Rachel deviennent une. Il écrit également ainsi au début de la paracha Terouma (folio 126b), à propos de « Qui est celle-ci, etc. »
Le Ramaz dit aussi que Léa et Rachel, deux aspects du féminin, deviennent une, et il développe une idée semblable au début de la paracha Terouma. La note de Kehot rapporte qu’un manuscrit d’un 'hassid suggère que la référence à Pin’has devrait porter 214b.
ועמ״ש בפ׳ יתרו בד״ה זכור את יום השבת10 בענין עליית הנשמות ע״י ירידתן ב גוף שמתחלה היו מבחינת היחוד דאיהו וגרמוהי חד
Et voyez ce qui est écrit dans la paracha Yitro, dans le discours commençant par « Souviens-toi du jour du Chabbat », au sujet de l’élévation des âmes par leur descente dans le corps : au début, elles relevaient du niveau de l’unité de « Lui et Ses réceptacles ne font qu’un »,
Le discours de Torah Ohr sur « Souviens-toi du jour du Chabbat » explique que les âmes s’élèvent en descendant dans le corps. Au début, elles relèvent du niveau de « Lui et Ses réceptacles ne font qu’un », celui des réceptacles d’Atsilout.
וע״י התלבשותן בנה״ב מתעלות להיות בבחי׳ היחוד דאיהו וחיוהי חד ומובן זה ג״כ עפמ״ש כאן שכשהן באצילות נמשכו מפנימית הכלים שזהו ענין איהו וגרמוהי כו׳
et, par leur enveloppement dans l’âme animale, elles s’élèvent pour atteindre le niveau de l’unité de « Lui et Ses forces vitales ne font qu’un ». Cela se comprend également à la lumière de ce qui est écrit ici : lorsqu’elles se trouvent en Atsilout, elles sont issues de la dimension intérieure des réceptacles, ce qui correspond à « Lui et Ses réceptacles, etc. »,
Enveloppées dans l’âme animale, elles s’élèvent au niveau de « Lui et Ses forces vitales ne font qu’un », celui des lumières. Cela correspond à ce qu’explique le présent discours : en Atsilout, les âmes proviennent de la dimension intérieure des réceptacles.
וע״י ירידתן בבי״ע יתעלו יותר כמשי״ת בפי׳ שחורה אני ונאוה (ועמ״ש בד״ה אם בחקתי11 הנה מבואר בע״ח):
et, par leur descente dans Béria, Yetsira et Assiya, elles s’élèveront plus haut encore, comme cela sera expliqué à propos de « Je suis noire, mais belle ». (Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Si vous marchez selon Mes statuts » : cela est expliqué dans Etz Chaim.)
Par leur descente dans les mondes inférieurs, elles s’élèveront plus haut encore, comme le montrera l’explication de « Je suis noire, mais belle ». Le discours sur « Si vous marchez selon Mes statuts » est également cité.
Les eaux féminines proviennent de Tohou et, une fois raffinées, s’élèvent au-dessus des eaux masculines ; le rôle féminin dans l’union supérieure est donc essentiel. C’est pourquoi cette union s’opère par la Chekhina, descendue en Béria, qui seule peut raffiner les étincelles ; de même, les âmes s’élèvent plus haut par leur descente.
Sag (63) et Mah (45) sont deux graphies du Nom Havaya. Le fait que les eaux féminines raffinées s’élèvent jusqu’à Sag, au-dessus du Mah des eaux masculines, constitue l’interprétation kabbalistique de « Une femme vaillante est la couronne de son mari ».
Maré mekomot
- 1מלפני מלוך מלך · Genesis 36:31
- 2אשת חיל עטרת בעלה · Proverbs 12:4
- 3מקפץ על הגבעות · Song of Songs 2:8
- 4אז ישיר ישראל · Numbers 21:17
- 5לא יגורך רע · Psalms 5:5
- 6רעיתי וארז״ל מפרנסתי · Shir HaShirim Rabbah 1:14
- 7רעיתי וארז״ל מפרנסתי · Zohar, Vayikra 16:104–18:111
- 8מזמור שיר חנוכת הבית · Psalms 30:1
- 9אבן מאסו הבונים · Psalms 118:22
- 10זכור את יום השבת · Exodus 20:8
- 11אם בחקתי · Leviticus 26:3
Les cheveux noirs et blancs ¶21–27
21ג והנה להבין ביאור ענין שחורה אני שמקבלת בחינת הטפה היא בחינת ח״ע בבחינת שחורה דהיינו בבחינת ההלכות ודקדוקי סופרים שהן קווצותיו תלתלים שחורות כעורב.1
3. À présent, pour comprendre l’explication de « Je suis noire » : elle reçoit le niveau de la goutte, qui est le niveau de la 'Hokhma supérieure, sous l’aspect de « noire », c’est-à-dire sous l’aspect des halakhot et des précisions des Scribes, qui sont [le sens de] « Ses boucles sont frisées, noires comme le corbeau ».
Une nouvelle section explique la « noirceur ». L’âme reçoit la « goutte » de la 'Hokhma supérieure, la Torah, sous une forme « noire » : les halakhot détaillées et les précisions des Scribes, qui sont les « boucles » du verset « Ses boucles sont frisées, noires comme le corbeau ».
הענין דאיתא באדרא דנשא (דקל״ב) וז״ל דתניא כתיב קווצותיו תלתלים שחורות כעורב וכתיב ושער רישיה כעמר נקא.2 לא קשיא הא בדיקנא עילאה הא בדיקנא תתאה.3
Le sujet est le suivant : il est dit dans l’Idra de Nasso (folio 132), et voici ses paroles : « Car il a été enseigné : il est écrit : “Ses boucles sont frisées, noires comme le corbeau”, et il est écrit : “et les cheveux de Sa tête étaient comme de la laine pure”. Il n’y a pas de difficulté : ceci concerne la barbe supérieure, et cela la barbe inférieure.
L’Idra du Zohar, parachat Nasso, met en contraste deux versets : le Cantique des Cantiques décrit des cheveux noirs, tandis que Daniel voit l’Ancien des jours avec des cheveux « comme de la laine pure ». Le Zohar répond que les cheveux blancs appartiennent à la barbe supérieure (d’Arikh Anpin), et les cheveux noirs à la barbe inférieure (de Zeir Anpin).
וע״ד כד אתייהיבת אורייתא לישראל אתייהיבת באש שחורה על גבי אש לבנה עכ״ל ודף קל״ו ע״א איתא קוצי דשערי אוכמן כו׳
Et c’est dans ce sens que, lorsque la Torah fut donnée à Israël, elle fut donnée dans un feu noir sur un feu blanc. » Fin de citation. Et au folio 136a, il est dit : « Les boucles des cheveux noirs, etc.,
Ainsi, dit le Zohar, la Torah fut donnée comme un « feu noir sur un feu blanc ». Un autre passage de l’Idra parle des boucles de cheveux noirs.
דאחידן ביה דכיין ומסאבן45 ומכאן אתאחדן טעמי אורייתא בדכייא במסאבא עכ״ל דפי׳ דכיין ומסאבן היינו מה שהוא כשר ופסול טמא או טהור.
auxquelles sont attachés le pur et l’impur ; et c’est de là que les raisons de la Torah se rattachent au pur [et] à l’impur. » Fin de citation. Le sens de « pur et impur » est ce qui est apte ou inapte, impur ou pur.
De ces boucles noires pendent le « pur et l’impur », et de là les raisons de la Torah se ramifient dans les domaines de la pureté et de l’impureté. L’Alter Rebbe explique qu’il s’agit des décisions halakhiques concernant ce qui est apte ou inapte, pur ou impur.
נמצא שרש ההלכות שבל״ת נמשכין משערות דז״א וההלכות שבמצות עשה נמשכים מבחינת עמר נקא שערות דא״א.67891011
Il s’ensuit que la racine des halakhot des commandements négatifs découle des cheveux de Zeir Anpin, tandis que les halakhot des commandements positifs découlent du niveau de la « laine pure », les cheveux d’Arikh Anpin.
La conclusion : les lois des interdits proviennent des cheveux noirs de Zeir Anpin, et les lois des commandements positifs, des cheveux blancs d’Arikh Anpin. Cela prépare le contraste central du maamar entre les deux sortes de mitsvot.
Cette nouvelle section commence par expliquer la « noirceur » : la Torah parvient à l’âme par l’intermédiaire des halakhot qui, selon l’Idra, prennent leur source dans les cheveux noirs de Zeir Anpin (les interdits) et les cheveux blancs d’Arikh Anpin (les commandements positifs).
Dans ce système, les « cheveux » sont des canaux étroits qui transmettent une lumière réduite, et la barbe d’Arikh Anpin comporte treize tikounim correspondant aux Treize Attributs de Miséricorde. La note de Kehot indique que le passage de l’Idra sur le « pur et l’impur » est expliqué en détail par le Mitteler Rebbe.
Maré mekomot
- 1קווצותיו תלתלים שחורות כעורב · Song of Songs 5:11
- 2ושער רישיה כעמר נקא · Daniel 7:9
- 3לא קשיא הא בדיקנא עילאה הא בדיקנא תתאה · Zohar, Idra Rabba 11:100–112
- 4ודף קל״ו ע״א . . דכיין ומסאבן · נתבאר בארוכה במאמרי אדה״א נ״ך ע׳ רלז ואילך.
- 5קוצי דשערי אוכמן כו׳ דאחידן ביה דכיין ומסאבן · Zohar, Idra Rabba 25:188–28:199
- 6ובביאור ע״פ אז ישיר ישראל · לעיל חקת סג, ג כמו בגשמיות מה שהאשה מזרעת אע״פ שנמשך ממוח שלה עכ״ז עיקרו בא מהמאכלים שהיא אוכלת כו׳.
- 7לא יגורך רע · Psalms 5:5
- 8רעיתי וארז״ל מפרנסתי · Zohar III, 7b
- 9סד״ה מזמור שיר חנוכת הבית · לעיל פ׳ ברכה צט, ד.
- 10ובפ׳ פנחס דרט״ו ב׳ · בכת״י מחסיד מציין אולי יש כאן טעות הדפוס וצ״ל ריד, ב שכתב שם ”ואז מקבלת רחל אור יסוד אבא הגנוז ביסוד זעיר וזוהי שמחת תורה הנזכרת למהוי כלא חד”.
- 11בד״ה אם בחקתי הנה מבואר בע״ח · כנראה הכוונה להנדפס לעיל פ׳ בחקותי מז, ג.
22והענין כי הנה כבר נתבאר למעלה שכשנצרך להיות המשכה והתגלות חדשה מאור א״ס ב״ה צ״ל הכל ע״י כתר שהוא ממוצע בין המאציל לנאצלים.
L’explication est la suivante : il a déjà été expliqué plus haut que, lorsqu’un nouvel influx et une nouvelle révélation doivent émaner de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, tout doit nécessairement passer par Kéter (la Couronne), qui est l’intermédiaire entre l’Émanateur et les émanés.
Pour expliquer le rôle du « cheveu », l’Admour Hazaken rappelle que toute nouvelle révélation de la Lumière infinie doit passer par Kéter, l’intermédiaire entre D.ieu et les Séfirot.
וזהו המחדש בטובו. פי׳ שממשיך האור חדש ממקור בחינת א״ס ב״ה על ידי טובו הוא בחינת ורב חסד1 שהוא מדת הכתר ועי״ז אח״כ אור חדש על ציון תאיר.2
C’est là le sens de « Celui qui renouvelle dans Sa bonté ». Cela signifie qu’Il fait émaner une lumière nouvelle depuis la source, le niveau de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, par Sa bonté, qui est le niveau de « grande abondance de bonté », l’attribut de Kéter ; et, par ce moyen, ensuite, « Fais luire une lumière nouvelle sur Sion ».
La prière du matin parle de D.ieu, « Celui qui renouvelle dans Sa bonté » l’œuvre de la Création ; « Sa bonté » désigne la « grande abondance de bonté », l’un des Treize Attributs, qui relève de Kéter. Une lumière nouvelle est ainsi attirée vers le bas, comme le demande la prière : « Fais luire une lumière nouvelle sur Sion ».
Toute nouvelle révélation doit passer par Kéter et par sa qualité de « grande abondance de bonté ».
La note de Kehot souligne que « Fais luire une lumière nouvelle sur Sion » est la formulation du rite de prière ashkénaze, et non celle du rite propre de prière de l’Admour Hazaken ; pourtant, les discours 'hassidiques l’expliquent malgré tout.
Maré mekomot
- 1ורב חסד · Exodus 34:6
- 2אור חדש על ציון תאיר · נוסח אשכנז — וראה גם סידור סח, ב. אוה״ת שה״ש כרך ג ע׳ תתלד ובכ״מ מבארים נוסח התפילה אף שאינו בנוסח אדה״ז.
Cette émanation de Kéter vers les dix Séfirot ne s’opère que par le niveau des cheveux, comme il est écrit dans Etz Chaim et dans le Zohar, selon lesquels Abba et Imma puisent leur nourriture dans les mazalot.
Le flux de Kéter vers les Séfirot ne passe que par les « cheveux ». Etz Chaim et le Zohar enseignent qu’Abba et Imma, 'Hokhma et Bina, puisent dans les mazalot, deux des treize tikkounim de la barbe d’Arich Anpin.
והענין כי הנה בעצמותו יתברך נאמר אני הוי׳ לא שניתי2 ולאו ביה מכל אינון מדות כלל3 ולכן בכדי שיהיה ההמשכה והתגלות מא״ס בבחינת חכמה שיומשך מאנת בחינת חכים.
L’explication est la suivante : au sujet de Son essence, béni soit-Il, il est dit : « Moi, D.ieu, Je n’ai pas changé », et « aucune de ces qualités n’est en Lui, en aucune manière ». Par conséquent, pour qu’il y ait une émanation et une révélation de l’Infini (Ein Sof) au niveau de 'Hokhma — pour que du « Toi » émane le niveau de « sage » —
L’essence de D.ieu ne change pas et ne comporte aucune des qualités. Pour qu’Il se révèle comme « sage », selon les mots des Tikkouné Zohar, « Tu es sage », un canal est nécessaire.
cela constitue une grande descente, qui s’accomplit par « l’abondance de bonté », comme il est écrit : « Le monde est édifié par la bonté » ; Il s’abaisse pour être appelé « sage » et « intelligent ».
Être appelé « sage » et « intelligent » constitue une grande descente pour D.ieu. Cela s’accomplit par l’abondance de Sa bonté, comme le dit le psaume : « Le monde est édifié par la bonté ».
Le flux de Kéter vers 'Hokhma passe par les « cheveux » ; que D.ieu soit appelé « sage » constitue une grande descente, rendue possible par Sa bonté.
La note de Kehot situe le passage d’Etz Chaim dans la Porte de la naissance d’Abba et Imma et de Zeir Anpin et Noukva, au début du chapitre 6, où le Zohar est également cité ; elle renvoie aussi à l’Idra de la paracha Haazinou (folios 291a et 292a).
Maré mekomot
- 1כמ״ש בע״ח ובזהר · ש׳ הולדת או״א וזו״ן רפ״ו ומביא הזהר שם. וע׳ באד״ר האזינו (רצא, א. רצב, א). [כ].
- 2אני ה׳ לא שניתי · Malachi 3:6
- 3ולאו ביה מכל אינון מדות כלל · Tikkunei Zohar 17b:5–7
- 4על ידי רב חסד · Exodus 34:6
- 5עולם חסד יבנה · Psalms 89:3
24ואי אפשר להיות נמשך מבחינת ורב חסד בחכמה כ״א על ידי בחינת שערות לבד. והכלי לזה שיהיה זה הגילוי מאור א״ס הוא על ידי
Et il est impossible que [la lumière] soit attirée du niveau de « riche en bonté » vers 'Hokhma, sinon par le niveau des cheveux seulement. Le réceptacle permettant que cette révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof) se produise est constitué par
Depuis la bonté de Kéter vers 'Hokhma, le flux ne peut passer que par les « cheveux », des canaux étroits qui transmettent une lumière réduite. Le réceptacle par lequel s’opère cette révélation de la Lumière infinie est constitué par les mitsvot.
המצות תרי״ג ארחין דגלגלתא12 שרש המצות רצון עליון ונמשך ע״י שערות י״ג תקוני דיקנא דא״א מדה״ר ורב חסד3 ואבא יונק ממזל השמיני התגלות טעמי המצות.
les mitsvot, les 613 sentiers du Crâne (Gulgalta), racine des mitsvot, la volonté suprême ; et ce flux est attiré par les cheveux, les treize tikkounim de la barbe d’Arich Anpin, les attributs de miséricorde et la « grande bonté ». Abba puise dans le huitième mazal, qui révèle les raisons des mitsvot.
Le Zohar parle de 613 sentiers dans le Gulgalta, le « crâne » d’Arich Anpin, qui sont la racine des 613 mitsvot dans la volonté suprême. Cette volonté est attirée vers le bas par les treize tikkounim de la barbe d’Arich Anpin, les Treize Attributs de miséricorde, et 'Hokhma (Abba) puise dans le huitième d’entre eux, ce qui révèle les raisons des mitsvot.
אך הנה כל בחי׳ ההשתלשלות הנ״ל הוא רק מבחינת יוד אחרונה דשם ס״ג שבטהירו עילאה כמ״ש בספר עמק המלך שער ג׳ (והובא מזה במק״מ פ׳ בראשית4 על דף ט״ו)
Cependant, tout l’enchaînement descendant mentionné plus haut provient uniquement du niveau du yod final du Nom Sag qui se trouve dans la Clarté suprême (Tehirou Ilaa), comme il est écrit dans le livre Emek HaMelech, Sha’ar 3 (et cité à partir de celui-ci dans Mikdash Melech, Parshas Bereishis, au folio 15),
Pourtant, tout cet enchaînement descendant provient uniquement du yod final du Nom Sag dans la Tehirou Ilaa, la lumière primordiale suprême, selon Emek HaMelech. C’est un aspect infime par rapport à ce qui se trouve au-dessus de lui.
ובזהר פ׳ שמות5 (נ״א פ׳ בראשית) איתא שהתהוות כל העולמות הוא ע״י מחשבה אחת6 ולכן הכל נחשב כטפה בים אוקיינוס.7
et dans le Zohar, Parshas Shemos (autre version : Parshas Bereishis), il est dit que tous les mondes viennent à l’existence par une seule pensée ; c’est pourquoi tout est considéré comme une goutte dans l’océan.
Le Zohar dit que tous les mondes sont venus à l’existence par une seule pensée, si bien que tout est comme une goutte dans l’océan. Une goutte dans l’océan n’a aucune existence séparée, comme l’explique le Mitteler Rebbe dans l’ouvrage cité dans la note de Kehot.
Par conséquent, à propos de Son essence, béni soit-Il, on ne peut même pas parler de « lumière qui entoure tous les mondes » (sovev kol almin), car Il n’entre pas du tout dans la catégorie des mondes ; et il en va de même de ce qu’il a dit : « Tu es sage »,
On ne peut donc même pas qualifier l’essence de D.ieu de « lumière qui entoure tous les mondes », puisqu’elle n’a aucun rapport avec les mondes. Il en va de même des paroles d’Eliyahou : « Tu es sage ».
דהיינו שמבחינת אנת נמשך להתלבש בבחי׳ חכים כנ״ל הנה בעצמותו ומהותו אין שייך גם זאת אלא אנת ר״ל על סכ״ע.
c’est-à-dire que, du niveau de « Toi », [la lumière] est attirée pour s’enclotir dans le niveau de « sage », comme indiqué plus haut ; cela non plus ne s’applique pas à Son essence et à Son être. « Toi » désigne plutôt le niveau de la « lumière qui entoure tous les mondes ».
Ces paroles signifient que, depuis « Toi », la lumière est attirée dans « sage », mais cela non plus ne peut décrire Son essence. « Toi » désigne ici uniquement la lumière qui entoure tous les mondes.
כי עצמות א״ס פשוט בתכלית הפשיטות ואור צח ומצוחצח10 אוכם הוא קמי׳11 וכלא ממש חשיבי אני הוי׳ לא שניתי12 וכמו קודם שנברא העולם וכל מקור ההמשכה וההתגלות הוא רק מבחי׳ מל׳ דא״ס.
Car l’essence de l’Infini (Ein Sof) est simple de la plus absolue simplicité, et « une lumière claire et éclatante est ténèbres devant Lui » ; [tout] est considéré comme n’étant véritablement rien : « Moi, D.ieu, Je n’ai pas changé », comme avant que le monde ne soit créé. Toute la source de l’attraction vers le bas et de la révélation ne provient que du niveau de Mal'hout de l’Infini.
L’essence de D.ieu est absolument simple, et même la lumière la plus pure est « ténèbres devant Lui », comme l’enseigne le Tikkunei Zohar. La source de toute révélation est uniquement Mal'hout de l’Infini, l’aspect de D.ieu qui se rapporte à ce qui est extérieur.
אבל בעצמות א״ס לא שייך גם זאת שיהי׳ מקור שיתגלה איזה הארה ואינו שייך לעולמות כלל שיאמר אנת חכים.
Mais, à propos de l’essence de l’Infini, cela non plus ne s’applique pas : elle ne saurait être une source d’où se révélerait quelque illumination que ce soit, et elle n’a aucun rapport avec les mondes qui permettrait de dire : « Tu es sage. »
L’essence de D.ieu n’est même pas une source d’où pourrait se révéler quelque lumière. Elle n’a aucun rapport avec les mondes qui permettrait de dire d’elle : « Tu es sage. »
רק מבחי׳ מל׳ דא״ס אף שהוא אור א״ס מ״מ היא בחי׳ שיוכל לומר ולהשתלשל מזה עולמות אבי״ע סוכ״ע ע״י דילוג והארת קו וחוט. וע״ז אמר אנת חכים.13
Uniquement à partir du niveau de Mal'hout de l'Infini : bien qu'il s'agisse de la Lumière infinie, c'est néanmoins un niveau dont on peut dire [cela], et duquel peuvent descendre les mondes d'Atsilout, de Béria, de Yetsira et d'Assiya, ainsi que [la lumière qui] entoure tous les mondes, par un saut et par l'illumination du kav et du fil. C'est à ce sujet qu'il dit : « Tu es sage. »
Mal'hout de l'Infini, bien qu'elle soit elle-même la Lumière infinie, est un niveau dont on peut dire cela, et duquel se déploient les quatre mondes ainsi que la lumière qui les entoure, au moyen d'un saut et de la fine ligne du kav. Le « Tu es sage » d'Éliyahou se rapporte à ce niveau.
Les mitsvot sont le réceptacle qui attire la volonté suprême par les cheveux d’Arich Anpin ; pourtant, tout cet enchaînement n’est qu’un aspect infime, et même la « lumière qui entoure tous les mondes » et « Tu es sage » ne renvoient qu’à Mal'hout de l’Infini, et non à l’essence de D.ieu.
La note de Kehot explique, à partir du Mitteler Rebbe, pourquoi l’image est celle d’une goutte dans l’océan et non d’un grain de moutarde à côté du soleil : aussi petit soit-il, un grain de moutarde demeure une chose en soi, tandis qu’une goutte dans la mer se fond dans l’eau et cesse d’exister en tant que telle. Mal'hout de l’Infini, désigné ici comme la source de toute révélation, correspond au « dernier niveau » de l’Émanateur évoqué dans la première section.
Maré mekomot
- 1תרי״ג ארחין דגלגלתא · זח״ג (קלו, א). [כ].
- 2המצות תרי״ג ארחין דגלגלתא · Zohar, Idra Rabba 25:188–28:199
- 3מדה״ר ורב חסד · Exodus 34:6
- 4במק״מ פ׳ בראשית · מובא גם באוה״ת ויקרא כרך ד ע׳ א׳קסד.
- 5ובזהר פ׳ שמות · (כ, א) להדיא כלשונו הטהור. וע״ל עקב (טז, ריש ד׳). וש״נ. ועל״ק (יז, ד). [כ]. ראה באוה״ת שה״ש כרך ג ע׳ תתלד בהמ״מ לשם, ובכמה מקומות מצויין לזהר פ׳ בראשית ע״ש. במאמרי אדה״א נ״ך ע׳ רלג מציין לזהר בראשית.
- 6שהתהוות כל העולמות הוא ע״י מחשבה אחת · Zohar, Shemot 49:354–50:364
- 7כטפה בים אוקיינוס · דיוק הלשון ”כטפה בים אוקיינוס” ולא הלשון ”כמו גרגיר חרדל” נתבאר במאמרי אדה״א נ״ך ע׳ שלח שאף שגרגיר חרדל הוא בתכלית ערך הקטנות לגבי גדלות הגלגל החמה מ״מ הוא מהות בפ״ע. והמשל מטיפה בים שבטילה במציאותה ואינה במהות בפ״ע כלל לפי שמתכללת ומתאחדת ומתאחדת בריבוי המים ע״ש.
- 8אנת חכים · ת״ז בהקדמה (פתח אלי׳).
- 9וגם מה שאמר אנת חכים · Tikkunei Zohar 17b:3–4
- 10ואור צח ומצוחצח · ת״ז תיקון ע.
- 11ואור צח ומצוחצח אוכם הוא קמי׳ · Tikkunei Zohar 135b:1
- 12אני הוי׳ לא שניתי · Malachi 3:6
- 13
25והנה התגלות האור מבחינ׳ זו מבחי׳ אנת לבחי׳ חכים דהיינו שיהיה נמשך התגלות מסכ״ע הארה לעלמין שהחכמה היא ראשית עולם האצי׳ וכתיב כולם בחכמה עשית.1
Or, la révélation de la lumière à partir de ce niveau, du niveau de « Toi » au niveau de « sage » — c’est-à-dire qu’une révélation soit attirée depuis [la lumière qui] entoure tous les mondes (sovev kol almin), une illumination pour les mondes, car 'Hokhma est le commencement du Monde d’Atsilout, et il est écrit : « Tu les as tous faits avec sagesse » —
La révélation de « Toi » en « sage » signifie qu’une lumière du niveau qui entoure tous les mondes devient une illumination pour les mondes. 'Hokhma est le commencement d’Atsilout, et toute la création est faite par son intermédiaire, comme le dit le psaume : « Tu les as tous faits avec sagesse ».
הוא ע״י מצות עשה וע״ז הגילוי נאמר ושער רישי׳ כעמר נקא2 בחי׳ לובן עליון התגלות רצונו וחסדו ממש.
se produit par les commandements positifs. De cette révélation, il est dit : « et les cheveux de Sa tête étaient comme de la laine pure » : le niveau de la blancheur suprême, la révélation de Sa volonté même et de Sa bonté.
Cette révélation est attirée par les commandements positifs. Elle est la « chevelure semblable à de la laine pure » de la vision de Daniel, la blancheur suprême : la révélation manifeste de la volonté et de la bonté de D.ieu.
(וע׳ מזה בביאור ע״פ כי ביום הזה יכפר3 בפ׳ אחרי) והוא פי׳ דיקנא עילאה דר״ל דיקנא דא״א
(Voyez à ce sujet l’explication sur « Car en ce jour, il fera expiation », dans la paracha A'haré.) C’est le sens de « la barbe supérieure », c’est-à-dire la barbe d’Ari'h Anpin,
Les commandements positifs relèvent donc de la « barbe supérieure », la barbe d’Ari'h Anpin. L’Admour Hazaken renvoie à son discours sur Yom Kippour : « Car en ce jour, il fera expiation ».
והיינו ע״י קיום רמ״ח מ״ע רמ״ח אברים דמלכא4567 שע״י שעושין המצוה ומקיימין רצונו ית׳ ממשיכין רצונו ממש בעולמות.
à savoir par l’accomplissement des 248 commandements positifs, « les 248 membres du Roi » : en accomplissant la mitsva et en réalisant Sa volonté, béni soit-Il, on attire Sa volonté même dans les mondes.
Le Tikouné Zohar appelle les 248 commandements positifs « les 248 membres du Roi ». L’accomplissement d’une mitsva réalise la volonté de D.ieu et attire ainsi cette volonté même dans les mondes.
Les Patriarches accomplissaient la Torah de manière spirituelle ; la révélation produite par leurs actes se faisait en haut, dans Atsilout. Mais pour qu’il y ait
Les Patriarches observaient la Torah avant qu’elle ne soit donnée, mais de manière spirituelle ; leurs actes n’apportaient de révélation que dans le monde supérieur d’Atsilout. Le Midrach qualifie leurs mitsvot de « parfums », par opposition aux mitsvot d’Israël après le Sinaï.
ההתגלות למטה ממש מבחי׳ עשר רישי׳ כעמר נקא הוא ע״י מעשה המצות בגשמיות ממש שע״י זה נמשך גילוי בחי׳ סכ״ע למטה שיהי׳ למטה ג״כ הגילוי
une révélation véritablement ici-bas, du niveau de « les cheveux de Sa tête étaient comme de la laine pure », il faut accomplir les mitsvot au moyen d’objets matériels concrets. Ainsi, une révélation du niveau qui « entoure tous les mondes » est attirée ici-bas, de sorte que la révélation soit également présente ici-bas
Pour faire descendre dans ce monde la révélation de la « laine pure », il faut accomplir les mitsvot au moyen d’objets matériels. Par elles, la lumière qui entoure tous les mondes se révèle ici-bas.
כמו למעלה בחכמה עילאה שנמשך בחי׳ אנת בבחי׳ חכים כנ״ל (ועמש״ל בפ׳ לך לך10 ועמ״ש מענין השערות ע״פ ועשית בגדי קדש11 לאהרן12 כו׳ ומ״ש ע״פ והיה לכם לציצית13 בפי׳ והייתם קדושים).14
comme, en haut, dans la 'Hokhma suprême, où le niveau de « Toi » est attiré dans le niveau de « sage », comme indiqué plus haut. (Voyez ce qui a été écrit plus haut dans la paracha Le'h Le'ha ; voyez ce qui est écrit au sujet des cheveux sur le verset « Tu feras des vêtements sacrés pour Aharon, etc. » ; et ce qui est écrit sur le verset « Ce sera pour vous des tsitsit », à propos du sens de « et vous serez saints ».)
Ainsi, ce qui se passe ici-bas reflète ce qui se passe en haut, où « Toi » est attiré dans « sage ». Les renvois qui suivent portent sur des discours de Torah Ohr concernant Le'h Le'ha et Tétsavé, ainsi que sur un discours consacré aux tsitsit.
אך שיהי׳ התגלות עצמותו כביכול שלמעלה מבחי׳ סוכ״ע לא יוכל להיות כ״א לעתיד לבוא (ועיין בהרמ״ז בפ׳ בראשית) (בדף ד׳ ע״ב) שכתב.
Mais une révélation de Son essence même, pour ainsi dire, qui est au-dessus du niveau qui « entoure tous les mondes », ne pourra avoir lieu qu’à l’époque future. (Voyez le Ramaz sur la paracha Berechit) (folio 4b), qui a écrit :
La révélation de l’essence même de D.ieu, au-dessus même de la lumière qui entoure tous les mondes, n’aura lieu qu’à l’époque future. Le Ramaz, dans son commentaire sur le Zohar, dit la même chose.
וז״ל ונלע״ד שעיקר התיקון הוא לזמן תיקון העולמות אחר זמן המשיח שאז יהיה בנו כח להמשיך הטפה מפנימיות עתיק משא״כ עתה עכ״ל
Et voici ses paroles : « Il me semble, en toute humilité, que la rectification essentielle est destinée à l’époque de la rectification des mondes, après l’époque du Machia’h ; alors, nous aurons le pouvoir d’attirer la goutte depuis la dimension intérieure d’Atik, ce qui n’est pas le cas maintenant. » Fin de citation.
Le Ramaz écrit que la rectification complète appartient à l’époque qui suivra le Machia’h, lorsqu’il sera possible d’attirer depuis la dimension intérieure d’Atik, le niveau le plus intérieur de Kéter. Cela n’est pas encore possible à présent.
והנה אז יהיה הגילוי גם למטה ממש (ועמ״ש ע״פ שימני כחותם)15 ועל ידי שמקיימין מצות ל״ת כמשי״ת
Alors, la révélation sera aussi littéralement en bas (voir ce qui est écrit sur le verset « Place-moi comme un sceau »), et [elle se produira] par l’accomplissement des commandements négatifs, comme nous l’expliquerons.
Alors, la révélation atteindra même ce monde physique. Elle se produira par l’accomplissement des commandements négatifs, comme le maamar va l’expliquer.
והנה מצות ל״ת הם בבחינת דיקנא תתאה דהיינו דיקנא דז״א קווצותיו תלתלים שחורות כעורב16 תלתלים תלי תלים של הלכות17 דברי סופרים בחי׳ סופר שלמעלה מבחי׳ ספר
Or, les commandements négatifs sont au niveau de la barbe inférieure, c’est-à-dire la barbe de Zeir Anpin : « Ses boucles sont frisées (taltalim), noires comme un corbeau » — taltalim, tilei tilim, « des amas sur des amas » de halakhot, les paroles des Scribes (soferim), au niveau du scribe (sofer), qui est au-dessus du niveau du livre (sefer) ;
Les interdictions relèvent de la « barbe inférieure », les boucles noires de Zeir Anpin. Le Talmud interprète taltalim comme tilei tilim, « des amas sur des amas » de halakhot ; ce sont les paroles des Scribes (soferim), dont la racine, le « scribe », est au-dessus du « livre », la Torah écrite.
וגם גדרים וסייגים שמדרבנן רובם הם במצות לא תעשה והם שחורות כעורב בבחינת אכזריות דהיינו שנצרך לזה ג״כ מדת גבורות לפסוק שהדבר פסול ולא יוכל להתעלות אף שבהכרח יש בו ניצוץ מקדושה עכ״ז דוחין אותו.
ainsi que les barrières et les mesures de sauvegarde instituées par les Sages, dont la plupart concernent des interdictions. Elles sont « noires comme un corbeau », dans une modalité de cruauté ; c’est-à-dire qu’il faut également à cette fin l’attribut des rigueurs (guevourot), afin de statuer que la chose est impropre et ne peut être élevée : bien qu’elle contienne nécessairement une étincelle de sainteté, elle est néanmoins rejetée.
La plupart des barrières instituées par les Sages concernent également des interdictions. Elles sont « noires comme un corbeau », sévères, car déclarer une chose interdite requiert de la rigueur : la chose interdite contient une étincelle de sainteté, mais elle est néanmoins rejetée et ne peut être élevée.
Les commandements positifs, enracinés dans la chevelure blanche d’Ari'h Anpin, attirent la volonté de D.ieu — la lumière qui entoure tous les mondes — jusque dans ce monde. La révélation de Son essence même, au-delà de cela, n’aura lieu qu’à l’époque future, par les interdits, qui relèvent de la chevelure noire de Zeir Anpin et exigent de la rigueur pour repousser ce qui ne peut être élevé.
La note de Kehot renvoie au Zohar (3:170b), dont la formulation correspond à celle-ci, au Tikouné Zohar (Tikoun 30, 74a) et au début du Tanya, chapitre 23, pour « les 248 membres du Roi ». L’expression du Ramaz, « attirer la goutte depuis la dimension intérieure d’Atik », fait écho à l’image de la goutte de 'Hokhma dans la section précédente.
Maré mekomot
- 1וכתיב כולם בחכמה עשית · Psalms 104:24
- 2ושער רישי׳ כעמר נקא · Daniel 7:9
- 3כי ביום הזה יכפר · Leviticus 16:30
- 4רמ״ח מ״ע רמ״ח אברים דמלכא · ע׳ זח״ג (קע, ב) לי׳ כמ״ש כאן. וע׳ ת״ז (ת״ל) עד, סע״א מכוון לכאן. וע׳ בסש״ב רפכ״ג מתקונים. [כ].
- 5רמ״ח מ״ע רמ״ח אברים דמלכא · Zohar, Sh'lach 33:244–34:252
- 6רמ״ח מ״ע רמ״ח אברים דמלכא · Tikkunei Zohar 74a:8
- 7רמ״ח מ״ע רמ״ח אברים דמלכא · Tanya, Likkutei Amarim 23:1
- 8והאבות קיימו את התורה · Shir HaShirim Rabbah 1:3
- 9האבות קיימו את התורה ברוחניות · ראה שהש״ר ב, ע״פ לריח שמניך.
- 10בפ׳ לך לך · תו״א י, ב ואילך.
- 11ע״פ ועשית בגדי קדש · תו״א פב, ב.
- 12ועשית בגדי קדש לאהרן · Exodus 28:2
- 13והיה לכם לציצית · Numbers 15:39
- 14והייתם קדושים · Numbers 15:40
- 15שימני כחותם · Song of Songs 8:6
- 16קווצותיו תלתלים שחורות כעורב · Song of Songs 5:11
- 17תלי תלים של הלכות · Eruvin 21b:23–25
26וז״ש באדרא דשערי אוכמן כו׳ דאחידן בי׳ דכיין ומסאבן1 לפסוק שזה הוא טהור וכשר ויכול להתעלות ודבר אחר טמא ופסול ואינו יכול להתעלות אף שיש בו ניצוץ.
C’est ce qui est dit dans l’Idra : « les cheveux noirs, etc., auxquels s’attachent le pur et l’impur » : afin de statuer que telle chose est pure et apte, et peut être élevée, tandis qu’une autre chose est impure et inapte, et ne peut être élevée, bien qu’elle contienne une étincelle.
Cette déclaration de l’Idra, selon laquelle « le pur et l’impur » s’attachent aux cheveux noirs, renvoie aux décisions de la loi juive qui établissent qu’une chose est pure et peut être élevée, tandis qu’une autre est impure et ne peut être élevée, bien qu’elle contienne elle aussi une étincelle.
ויש בדברים אסורים ג״כ ב׳ בחינות דכמו שבקדושה יש פנימי ומקיף כן יש בקליפה ג״כ ב׳ בחי׳ הנ״ל
Et les choses interdites comportent elles aussi deux niveaux : de même qu’il existe dans la sainteté un aspect intérieur et un aspect enveloppant, il existe également dans la kelipa les deux niveaux mentionnés plus haut.
Les choses interdites comportent deux niveaux qui reflètent ceux de la sainteté, laquelle possède un aspect « intérieur » et un aspect « enveloppant ». La kelipa présente elle aussi ces deux aspects.
כמו לא תאכל חלב2 וכדומה זהו בחינת פנימית שהמאכל נכנס בפנימית ויש בחינת מקיף היינו אף שאין נכנס בפנימית שום דבר נטמא גופו כשנוגע בו וזהו בחי׳ מקיף דקליפה שזהו כל ענין סדר טהרות.
Par exemple, « Tu ne mangeras pas de graisse interdite », et ainsi de suite : c’est le niveau de l’aspect intérieur, car l’aliment pénètre à l’intérieur. Il existe aussi le niveau de l’aspect enveloppant : bien que rien ne pénètre à l’intérieur, le corps devient impur lorsqu’on le touche. C’est là l’aspect enveloppant de la kelipa, qui constitue tout le sujet de l’Ordre de Taharos.
Un aliment interdit, comme la graisse interdite, relève de la kelipa « intérieure », car il pénètre dans le corps. L’impureté rituelle, contractée par le simple contact, relève de la kelipa « enveloppante » ; c’est là le sujet de l’Ordre de Taharos dans la Michna.
Les décisions de la loi juive concernant le pur et l’impur, enracinées dans les cheveux noirs, distinguent ce qui peut être élevé de ce qui ne le peut pas ; les choses interdites comportent une kelipa intérieure (les aliments interdits) et une kelipa enveloppante (l’impureté contractée par contact).
Maré mekomot
- 1דשערי אוכמן כו׳ דאחידן בי׳ דכיין ומסאבן · Zohar, Idra Rabba 25:188–28:199
- 2לא תאכל חלב · Leviticus 7:23
27ולכן ארז״ל ודעת זה סדר טהרות.1 שצ״ל שלא יהיה שום מסך מבדיל לא מפנימי ולא ממקיף דקליפה ועל ידי זה לעתיד לבוא יהיה התגלות הארה מעצמותו ומהותו.
C’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « “Et la connaissance” — c’est l’Ordre de Taharot. » Il ne doit y avoir aucun écran séparateur, ni provenant de la dimension intérieure ni de la dimension enveloppante de la kelipa ; ainsi, dans le monde futur, se révélera un rayonnement issu de Son essence et de Son être.
Le Talmud enseigne que le mot « connaissance » dans le verset d’Isaïe fait référence à l’Ordre de Taharot. Il faut éliminer la kelipa, aussi bien dans sa dimension intérieure qu’enveloppante, afin qu’aucun écran ne fasse séparation ; cela permettra la révélation de l’essence de D.ieu dans le monde futur.
וזהו שחורה אני ועי״ז דוקא ונאוה.2 היינו דעם היות שהנשמה כשיורדת בבי״ע בבחינת גבול היא בבחינת שחורה אני.
C’est là « Je suis noire », et c’est précisément par cela qu’elle devient « belle ». Autrement dit, bien que l’âme, lorsqu’elle descend dans les mondes de Béria, Yetsira et Assiya, en un état de limitation, soit dans la condition de « Je suis noire »,
C’est là « Je suis noire », et par cela « belle ». L’âme descendue dans les mondes inférieurs est limitée et, de ce fait, « noire ».
אבל על ידי קיום המצות ג״כ בבחינת קוצותיו תלתלים שחורות כעורב3 בדקדוקי סופרים גדרים וסייגים שהם מבחי׳ גבורות קדושות ונדחה עי״ז הסט״א. לכן אף שלמטה אני שחורה ג״כ כעורב שלא בבחינת המשכה.
pourtant, par l’accomplissement des mitsvot également selon la modalité de « ses boucles sont ondulées, noires comme un corbeau » — dans les détails des Scribes, les barrières et les mesures de sauvegarde, qui relèvent du niveau des sévérités saintes (guevourot) —, la sitra a’hra est ainsi repoussée. C’est pourquoi, bien qu’en bas je sois également noire comme un corbeau, ce n’est pas selon une modalité de déversement.
Mais en observant aussi les mitsvot dans cette modalité « noire », au moyen des décisions et des barrières établies par les Scribes, qui procèdent de la sévérité sainte, l’âme repousse la sitra a’hra. Cette « noirceur » n’est pas un déversement de lumière, mais un rejet.
אבל עי״ז ונאוה כי המצות ל״ת הם כלים שעל ידי קיומן יהי׳ לע״ל התגלות עצמותו ומהותו מה שנאמר בו אני הוי׳ לא שניתי4 ואינו בגדר שום הארת המשכה מאתו יתברך
pourtant, par cela, elle devient « belle » : car les commandements d’interdiction sont des réceptacles ; leur accomplissement permettra, dans le monde futur, la révélation de Son essence et de Son être, à propos desquels il est dit : « Moi, D.ieu, Je n’ai pas changé », et qui ne relèvent pas des limites d’un quelconque rayonnement déversé par Lui, béni soit-Il.
C’est précisément pourquoi elle est « belle » : les interdictions sont des réceptacles au travers desquels l’essence même de D.ieu se révélera dans le monde futur. Cette essence, au sujet de laquelle il est dit : « Moi, D.ieu, Je n’ai pas changé », dépasse tout rayonnement déversé par Lui.
(ואמנם מה דהלכות דל״ת תלויין בדיקנא דז״א שהוא למטה הרבה מבחי׳ דיקנא דא״א דשם תלויין הלכות דמ״ע ובמ״א איתא דל״ת נמשכין מי״ה ומ״ע מו״ה ית׳ לקמן אי״ה):
(Quant au fait que les lois relatives aux interdictions dépendent de la barbe de Zeir Anpin, qui est très inférieure au niveau de la barbe d’Arikh Anpin, dont dépendent les lois relatives aux commandements positifs — alors qu’il est dit ailleurs que les interdictions procèdent de youd-hé et les commandements positifs de vav-hé —, cela sera expliqué plus loin, si D.ieu le veut.)
Deux questions seront examinées plus loin : pourquoi les interdictions dépendent de la barbe de Zeir Anpin, très inférieure à celle d’Arikh Anpin, et comment cela s’accorde avec l’enseignement selon lequel les interdictions procèdent des lettres youd-hé du Nom de D.ieu et les commandements positifs des lettres vav-hé.
L’observance des interdictions élimine les deux formes de kelipa ; cette « noirceur » est ce qui rend l’âme « belle », car les interdictions sont des réceptacles pour la révélation de l’essence de D.ieu dans le monde futur.
Maré mekomot
- 1ולכן ארז״ל ודעת זה סדר טהרות · Shabbat 31a:10
- 2וזהו שחורה אני ועי״ז דוקא ונאוה · Song of Songs 1:5
- 3קוצותיו תלתלים שחורות כעורב · Song of Songs 5:11
- 4אני הוי׳ לא שניתי · Malachi 3:6
Tohou et Tikoun : le lion et le bœuf ¶28–34
28ד ולבאר הטעם צריך להקדים ענין תוהו ותיקון דהנה שבה״כ דתהו הי׳ מחמת שהיה האור רב והכלים קטנים מהכיל
4. Pour expliquer la raison, il faut d’abord introduire la notion de Tohou et de Tikoun. La brisure des réceptacles de Tohou eut lieu parce que la lumière était abondante et que les réceptacles étaient trop petits pour la contenir [elle],
Une nouvelle section explique la raison en introduisant Tohou (chaos) et Tikoun (rectification). Dans le monde de Tohou, les réceptacles se brisèrent parce que la lumière était trop intense pour qu’ils puissent la contenir.
ולא יכלה הכלי להגביל את האור לכן נשברו הכלים ונפלו למטה והאורות נסתלקו בעצמות המאציל.
et le réceptacle ne pouvait limiter la lumière. C’est pourquoi les réceptacles se brisèrent et tombèrent en bas, tandis que les lumières se retirèrent dans l’essence de l’Émanateur.
Les réceptacles ne pouvaient ni contenir ni limiter la lumière ; ils se brisèrent donc et tombèrent vers des niveaux inférieurs, tandis que les lumières se retirèrent vers leur source, dans l’Émanateur.
ואח״כ נבררו ונתקנו והתיקון הוא שנעשו בבחינת פרצופים ולהיות כל מדה כלולה מעשר ובריבוי הכלים נתקנו האורות וכמ״ש הרח״ו בפי׳ האדר״ז כי סוד התיקון הוא המעטת האור ואדרבה זו היא סיבה שיוכלו לקבלו הכלים המתבררים.
Par la suite, ils furent affinés et rectifiés. La rectification (tikoun) consiste en ce qu’ils devinrent des configurations (partzoufim), chaque attribut étant composé de dix ; grâce à la multiplicité des réceptacles, les lumières furent rectifiées. Comme l’écrivit Rabbi 'Haïm Vital dans son commentaire sur l’Idra Zouta, le secret de la rectification est la diminution de la lumière ; bien au contraire, c’est ce qui permet aux réceptacles en cours d’affinement de la recevoir.
Dans Tikoun, les fragments furent affinés et reconstruits en partzoufim, des « configurations », chaque attribut comprenant les dix ; ainsi, les nombreux réceptacles peuvent contenir la lumière. Rabbi 'Haïm Vital explique que le secret de la rectification réside dans la diminution de la lumière, qui permet précisément aux réceptacles de la recevoir.
La quatrième section introduit Tohou et Tikoun : les réceptacles de Tohou se brisèrent parce que leur lumière était trop intense, et Tikoun agit en diminuant la lumière afin que les réceptacles puissent la contenir.
Cela prépare l’argument qui suit : plus une lumière est élevée dans sa racine, plus bas tombent ses fragments ; cela expliquera pourquoi les choses interdites, bien qu’inférieures, renferment des étincelles issues d’une racine plus élevée.
29והנה תחלה נתברר מהכלים דתהו מה שנכלל בעולם האצי׳ בכלים דע״ס דתיקון ומה שלא היה יכול להכלל באצילות ירד לבי״ע ונבררו שם שנתגלו נשמות ומלאכים.
Or, tout d’abord, furent affinés, parmi les réceptacles de Tohou, les éléments qui furent intégrés au Monde d’Atsilout, dans les réceptacles des dix Séfirot de Tikoun ; ceux qui ne pouvaient être intégrés à Atsilout descendirent dans Béria, Yetsira et Assiya, où ils furent affinés, donnant ainsi naissance à des âmes et à des anges.
Après le brisement, les fragments de Tohou furent triés. Ceux qui pouvaient être intégrés aux réceptacles d’Atsilout devinrent partie intégrante du Monde de Tikoun ; ceux qui ne le pouvaient pas descendirent dans Béria, Yetsira et Assiya, où leur affinage fit apparaître des âmes et des anges.
C’est pourquoi les anges ont le pouvoir d’être [comme il est dit] : « Les 'Hayot portent le Trône », et « sur le Trône, une apparence semblable à celle d’un homme » — le niveau des lumières et réceptacles d’Atsilout.
Cela explique un pouvoir remarquable des anges : les 'Hayot (les « créatures vivantes » du Char d’Ézéchiel) « portent le Trône », et sur le Trône se trouve la « ressemblance d’une apparence humaine » d’Ézéchiel, c’est-à-dire les lumières et réceptacles d’Atsilout. Des êtres inférieurs portent ainsi un niveau supérieur.
וזהו לפי ששרשם מעולם התהו ואורות דתהו גבוהים יותר מאורות דתיקון שהרי התיקון הוא המעטת האור (דרך נקבים וצינורות ושערות)
C’est parce que leur racine provient du Monde de Tohou, et que les lumières de Tohou sont supérieures à celles de Tikoun, car Tikoun consiste à diminuer la lumière (au moyen d’ouvertures, de canaux et de cheveux) ;
Ils le peuvent parce que leur racine se trouve en Tohou, dont les lumières sont supérieures à celles de Tikoun. Tikoun procède en diminuant la lumière et en la faisant passer par des « ouvertures, des canaux et des cheveux ».
רק שמחמת שבה״כ נסתלקו האורות במאצילן והכלים נפלו למטה אכן אחר שנבררו הכלים ונתעלו מנפילתן חוזר להתגלות בהן שרשן אורות דתהו שהוא בחי׳ לפני מלך מלך לבנ״י.3
seulement, du fait du brisement des réceptacles, les lumières se retirèrent dans leur Émanateur et les réceptacles tombèrent vers le bas. Mais, après que les réceptacles ont été affinés et relevés de leur chute, leur racine — les lumières de Tohou — revient se révéler en eux ; c’est le niveau de « avant qu’aucun roi ne régnât sur les enfants d’Israël ».
Lors du brisement, les lumières de Tohou se retirèrent vers leur source tandis que les réceptacles tombèrent. Une fois les réceptacles affinés et relevés, les lumières supérieures de Tohou brillent à nouveau en eux. La Kabbale identifie Tohou aux rois d’Édom qui régnèrent « avant qu’aucun roi ne régnât sur les enfants d’Israël ».
וזהו שע״י הביטול שבחיות המרכבה זעות מחיל כסא שהוא בירור ותיקון מה שיש בהם משבה״כ שנברר ונתקן עד שנכלל בבחי׳ ביטול
C’est là le sens de ce que, par l’annulation de soi (bitoul) des 'Hayot du Char, [qui] « tremblent devant la puissance du Trône » — ce qui constitue l’affinage et la rectification de ce qui, en elles, provient du brisement des réceptacles, et qui fut affiné et rectifié jusqu’à être inclus dans l’état d’annulation de soi —,
Les 'Hayot « tremblent devant la puissance du Trône ». Leur tremblement, qui manifeste leur annulation de soi, constitue en soi l’affinage des fragments de Tohou présents en elles, désormais absorbés dans l’annulation.
אז נתגלה בהם הארה מאורות דתהו שנסתלקו לעצמות המאציל ועי״ז נושאות את הכסא והאדם שעל הכסא לבחי׳ עצמיות א״ס ב״ה בחי׳ כי לא אדם הוא4
alors une illumination des lumières de Tohou, qui s’étaient retirées dans l’essence de l’Émanateur, se révèle en elles ; et, par cela, elles portent le Trône et l’Homme qui se trouve dessus jusqu’au niveau de l’essence même de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, le niveau de « car Il n’est pas un homme ».
Les lumières retirées de Tohou brillent alors en elles ; elles peuvent ainsi porter le Trône et l’« Homme » qui s’y trouve, atteignant même l’essence de l’Infini, dont il est dit : « car Il n’est pas un homme ».
והנה המלאכים הם שכבר נברר וזהו ואשר משרתיו כולם עומדים שעומדים בבחי׳ ביטול וכן הנשמות וכמ״ש בע״ח5 שהנשמה עצמה אין צריכה תיקון ולא ירדה רק לברר הנה״ב6 כו׳.
Or, les anges sont déjà ce qui a été affiné ; c’est là le sens de « et ceux qui Le servent se tiennent tous debout », car ils se tiennent dans un état d’annulation de soi. Il en va de même des âmes, comme il est écrit dans Etz Chaim, que l’âme elle-même n’a pas besoin de rectification et n’est descendue que pour affiner l’âme animale, etc.
Les anges sont déjà affinés ; c’est pourquoi la liturgie dit qu’ils « se tiennent tous debout » dans l’annulation de soi. Les âmes non plus n’ont pas besoin d’être affinées elles-mêmes : Etz Chaim enseigne qu’elles ne descendent que pour affiner l’âme animale.
Les fragments de Tohou qui ne pouvaient être intégrés à Atsilout furent affinés dans les mondes inférieurs et devinrent des âmes et des anges. Comme les lumières de Tohou sont supérieures, les anges affinés peuvent « porter le Trône », soutenant ce qui leur est supérieur.
La note de Kehot situe la référence à Etz Chaim dans Sha’ar 26 (Sha’ar HaTzelem), fin du chapitre 1, et renvoie à Tanya, chapitre 37, qui souligne de même que l’âme elle-même n’a pas besoin de rectification.
Maré mekomot
- 1והחיות נושאות את הכסא · ע״ל שלח (מא, סע״ד). וש״נ. [כ].
- 2ועל הכסא כמראה אדם · Ezekiel 1:26
- 3לפני מלך מלך לבנ״י · Genesis 36:31
- 4כי לא אדם הוא · I Samuel 15:29
- 5וכמ״ש בע״ח · ע׳ סש״ב ח״א (פל״ז) והוא בש׳ כ״ו (ש׳ הצלם) ספ״א. [כ]. ראה בליקוט פירושים ומ״מ — חיטריק שם.
- 6שהנשמה עצמה אין צריכה תיקון ולא ירדה רק לברר הנה״ב · Sefer Etz Chaim 26:2
30והנה כמו שיש ג׳ שותפים באדם1 אב ואם והקב״ה נותן בו נשמה. כמ״כ בבהמה הגשמי׳ יש בה נפש מבחי׳ החיות שבמרכבה מבחינת השמרים והפסולת שעדיין לא נברר והם מתבררים על ידי
Or, de même qu’il y a trois associés dans la formation d’un être humain — le père, la mère et le Saint béni soit-Il, qui place en lui une âme —, de même l’animal physique possède une âme provenant du niveau des ‘Hayot du Char, de l’aspect des lies et des déchets qui n’ont pas encore été raffinés. Ils sont raffinés par
Le Talmud parle de trois associés dans la formation d’un être humain : le père, la mère et D.ieu, qui donne l’âme. De la même manière, la force vitale d’un animal provient des ‘Hayot du Char, mais de leurs « lies » non raffinées.
האדם שאוכלן ובכח שאכל הבהמה יוכל לומר אחד ואהבת בכל לבבך2 בב׳ יצריך34 ולהתפלל במס״נ על ידי זה נבררו גם הבהמות וכל הדברים המותרים לאוכלן ועי״ז מתגלה הארה מאורות דתהו כנ״ל בענין והחיות נושאות כו׳
l’homme qui les mange : grâce à la force qu’il tire du fait d’avoir mangé l’animal, il peut dire « Un » et « Tu aimeras [D.ieu]… de tout ton cœur », c’est-à-dire avec tes deux penchants, et prier avec le sacrifice de soi (messirout néfech). Ainsi, les animaux aussi sont raffinés, de même que toutes les choses qu’il est permis de manger ; et, par là, une illumination des lumières de Tohou se révèle, comme expliqué plus haut à propos de « les ‘Hayot portent, etc. »
En mangeant l’animal, l’homme le raffine et utilise son énergie pour dire « Un » dans le Chéma, aimer D.ieu « de tout son cœur » — ce que la Michna interprète comme signifiant avec ses deux penchants — et prier avec le sacrifice de soi. Les aliments permis sont ainsi élevés, et une lumière de Tohou se révèle, comme avec les ‘Hayot qui portent le Trône.
וכן כשעושין מהם מצות עשה כמו שופר סוכה ולולב ציצית ותפילין ממשיכים התגלות האורות דתהו שנסתלקו שיתגלו בכלים דתיקון
De même, lorsque l’on accomplit au moyen de ces éléments des commandements positifs, tels que le chofar, la soucca et le loulav, les tsitsit et les tefillin, on fait descendre la révélation des lumières de Tohou qui s’étaient retirées, afin qu’elles se révèlent dans les réceptacles de Tikoun.
L’utilisation d’éléments matériels pour accomplir des commandements positifs — tels que le chofar, la soucca, le loulav, les tsitsit et les tefillin — fait également descendre les lumières de Tohou qui s’étaient retirées, dans les réceptacles de Tikoun.
(ויומשך גילוי זה בנפש האלקי׳ וכמו למעלה והחיות נושאות את בחינת האדם שלו). וכ״ז הוא בדברים המותרים לפיך. משא״כ הדברים האסורים שלא יוכלו להתעלות כלל.
(Et cette révélation sera attirée dans l’âme divine, tout comme, en haut, « les ‘Hayot portent » le niveau de leur « Homme ».) Tout cela concerne les choses « permises à ta bouche ». Il n’en va pas ainsi des choses interdites, qui ne peuvent absolument pas être élevées.
Cette révélation atteint l’âme divine, tout comme les ‘Hayot portent en haut l’« Homme ». Mais cela ne s’applique qu’aux choses permises ; les choses interdites ne peuvent en aucune façon être élevées ainsi.
והנה צ״ל דבמרכבה הקדושה פני אריה אל הימין5 הרי הוא קודם במעלה וגבוה מפני שור ולכן ג״כ בקרבנות הי׳ אריה דאכיל קרבנין.6
Or, il faut comprendre : dans le Char sacré, « la face d’un lion à droite » précède en rang et est plus élevée que « la face d’un bœuf » ; c’est pourquoi, également à propos des sacrifices, il y avait « un lion qui dévorait les sacrifices ».
Une question se pose alors : dans le Char d’Ézéchiel, la face du lion se trouve à droite, plus élevée que celle du bœuf. Le Zohar parle même d’un lion qui dévorait les sacrifices sur l’autel.
Les animaux permis et les objets permis renferment des étincelles non raffinées provenant des ‘Hayot. Les manger au service divin ou les utiliser pour les mitsvot les élève et révèle une lumière de Tohou. La question se pose alors : pourquoi le lion, plus élevé en haut, est-il interdit ici-bas ?
Maré mekomot
- 1ג׳ שותפים באדם · Kiddushin 30b
- 2ואהבת בכל לבבך · Deuteronomy 6:5
- 3בכל לבבך בב׳ יצריך · ברכות פ״ט, מ״ה.
- 4בכל לבבך בב׳ יצריך · Mishnah Berakhot 9:5
- 5פני אריה אל הימין · Ezekiel 1:10
- 6ארי׳ דאכיל קרבנין · Zohar I, 6b
31ומדוע למטה השור מותר לאוכלו ויוכ ל להתעלות ע״י האדם שאוכלו או שמקריבו ע״ג המזבח שעי״ז נתעלה
Pourquoi donc, ici-bas, est-il permis de manger le bœuf, et celui qui le mange ou l’offre sur l’autel peut-il l’élever, de sorte que, par là,
Pourquoi donc, ici-bas, le bœuf peut-il être mangé et offert sur l’autel, où il est élevé ?
עצם השור ונכלל בקדושה משא״כ האריה הוא מחיות טמאות אשר אסורים באכילה ואינו ראוי לכל דבר שבקדושה שלא הוכשר למלאכת שמים אלא מן המותר בפיך.1
le bœuf lui-même est élevé et inclus dans la sainteté, tandis que le lion fait partie des bêtes impures, qu’il est interdit de manger et qui ne conviennent à rien de saint, car « seul ce qui est permis à votre bouche a été agréé pour le service du Ciel » ?
Le bœuf lui-même devient partie intégrante de la sainteté, tandis que le lion est un animal impur, interdit à la consommation et impropre à tout usage saint. Le Talmud statue que seul ce qu’il est permis de manger peut être utilisé pour le service sacré.
והענין כי הנה נודע שהקליפה קדמה לפרי.2 ולא שהקליפה ממש קדמה לפרי ח״ו אלא שהאור וחיות הלובש בתוכו בבחינת גלות ונפל שמה משבה״כ
L’explication est la suivante : il est connu que « l’écorce précède le fruit ». Cela ne signifie pas que l’écorce précède littéralement le fruit, à D.ieu ne plaise ; mais la lumière et la force vitale qui s’y revêtent dans un état d’exil, après y être tombées lors du brisement des réceptacles,
La réponse repose sur le principe selon lequel « l’écorce précède le fruit ». Cela ne signifie pas que l’écorce soit véritablement antérieure ou supérieure ; cela désigne la lumière prisonnière de l’écorce, qui y est tombée lors du brisement et s’y trouve en exil.
הנה הוא ממדרגות עליונות יותר מהפרי עצמה (וכמ״ש בד״ה ויהי בשלח פרעה)34 וכנ״ל מענין תוהו ותיקון ואעפ״כ הקליפה עצמה היא סיגים וקליפה.
proviennent de niveaux plus élevés que le fruit lui-même (comme il est écrit dans le discours qui commence par « Et ce fut lorsque Pharaon renvoya »), ainsi qu’il a été dit plus haut au sujet de Tohou et de Tikoun. Néanmoins, l’écorce elle-même est du rebut et une kelipa.
Cette lumière prisonnière provient de niveaux plus élevés que le fruit lui-même, de même que Tohou est supérieur à Tikoun. Pourtant, l’écorce elle-même est du rebut.
ולכן האריה למטה5 הוא חיה טמאה ולמטה מהשור שהוא לגבי האריה כמו פרי לקליפה ואמנם שרש האור והחיות והניצוץ המלובש בו הוא מבחינת שלמעלה מהשור שהרי למעלה פני אריה אל הימין6 כו׳.
C’est pourquoi, ici-bas, le lion est une bête impure et se trouve au-dessous du bœuf, à l’égard duquel il est comme le fruit par rapport à l’écorce. Toutefois, la racine de la lumière, de la force vitale et de l’étincelle qui s’y revêt provient d’un niveau supérieur à celui du bœuf, car, là-haut, « la face du lion est à droite, etc. »
Ainsi, ici-bas, le lion est impur et inférieur au bœuf, comme l’écorce l’est au fruit. Mais l’étincelle qui se trouve dans le lion a une racine supérieure à celle du bœuf, conformément à la place du lion, à droite, dans le Char.
« L’écorce précède le fruit » : la lumière prisonnière de la kelipa provient d’un niveau plus élevé que celui du fruit. Ainsi, le lion d’ici-bas est impur, mais son étincelle a une racine plus élevée que celle du bœuf.
Le principe selon lequel l’écorce « précède » le fruit reflète l’ordre de Tohou avant Tikoun : le monde du chaos, avec ses grandes lumières et ses réceptacles brisés, est venu en premier.
Maré mekomot
- 1שלא הוכשר למלאכת שמים אלא מן המותר בפיך · Shabbat 28b:2
- 2שהקליפה קדמה לפרי · ראה אוה״ת פ׳ שופטים ע׳ תתל.
- 3בד״ה ויהי בשלח פרעה · בתו״א סא, א. וראה אוה״ת שמות כרך ז ע׳ ב׳תרנג.
- 4ויהי בשלח פרעה · Exodus 13:17
- 5ולכן הארי׳ למטה · ראה תו״א כה, ג.
- 6שהרי למעלה פני אריה אל הימין · Ezekiel 1:10
32והנה כענין התהוות הארי׳ שלמטה מפני ארי׳ כך עד״ז הוא ענין אברהם שיצא ממנו ישמעאל1 פי׳ שיצא ממנו בבחינת סיגים שנפרדו2 מהכסף ואז נעשה אברהם מרכבה לחסד דאצילות כמו הכסף לאחר שהוטהר מהסיגים.
Or, de même que le lion d’en bas prend naissance à partir de la face du lion, de même en est-il de l’histoire d’Avraham, dont Yichmaël est issu. Cela signifie qu’il en est issu sous la forme de scories séparées de l’argent ; alors Avraham devint un char pour le ‘Hessed (bonté) d’Atsilout, comme l’argent après avoir été purifié de ses scories.
Le même schéma éclaire la formule talmudique « Avraham, dont Yichmaël est issu ». Selon l’interprétation kabbalistique suivie ici, Yichmaël apparut comme des scories séparées de l’argent ; une fois celles-ci éliminées, Avraham devint un « char » pur, un réceptacle pour le ‘Hessed d’Atsilout.
Le schéma s’applique à Avraham et à Yichmaël : Yichmaël émergea comme les scories séparées d’Avraham, laissant Avraham pur, tel un réceptacle pour le ‘Hessed d’Atsilout.
La formule « Avraham, dont Yichmaël est issu » vient du Talmud (Pesachim 56a) ; l’Alter Rebbe l’interprète à travers le modèle kabbalistique de l’épuration, où les scories sont séparées afin que l’argent devienne pur.
Maré mekomot
- 1אברהם שיצא ממנו ישמעאל · Pesachim 56a:7
- 2בבחינת סיגים שנפרדו · ראה לעיל פ׳ ואתחנן ה, א.
33ובעת שהיה קודם בירור הכלים דתהו הי׳ כלול ישמעאל ג״כ בבחינת אברהם ונעשה שבה״כ וישמעאל קדם ליצחק כמו קליפה קדמה לפרי
Avant le raffinement des réceptacles de Tohou, Ichmaël était lui aussi inclus dans le niveau d’Avraham, et il y eut la brisure des réceptacles ; Ichmaël précéda Yits’hak, comme l’écorce précède le fruit.
Avant que les réceptacles de Tohou soient raffinés, Ichmaël était encore inclus en Avraham ; il y eut donc une « brisure des réceptacles ». Ichmaël naquit avant Yits’hak, comme l’écorce précède le fruit.
ולכן היה הוא הבכור והיינו כמו בחינת האריה שלמטה לגבי השור עד״מ כי בחינת יצחק הוא
C’est pourquoi il était le premier-né. Cela ressemble, à titre d’analogie, au niveau du lion d’en bas par rapport au bœuf : car le niveau de Yits’hak est
Voilà pourquoi il était le premier-né. Cette relation est comparable à celle du lion d’en bas par rapport au bœuf.
כמו בחינת פני שור שבמרכבה הקדושה וישמעאל הוא כמו בחינת האריה שלמטה שהרי שרשו גבוה יותר דהיינו מבחינת פני אריה
comme le niveau de la face du bœuf dans le Char céleste, tandis qu’Ichmaël est comme le niveau du lion d’en bas, car sa racine est plus élevée, c’est-à-dire qu’elle relève du niveau de la face du lion ;
Yits’hak correspond à la face du bœuf dans le Char céleste, tandis qu’Ichmaël correspond au lion d’en bas, dont la racine est la face supérieure du lion.
אמנם הוא עצמו יצא בבחי׳ סיגים וקליפה (ומזה יובן ענין שחורה אני ונאוה כאהלי קדר1 כדלקמן) וכמו השליא שמקפת לולד
mais lui-même se manifesta sous la forme de scories et d’écorce (et l’on comprendra ainsi le sens de « Je suis noire, mais belle, comme les tentes de Kédar », comme il sera expliqué plus loin), à l’image du placenta qui entoure l’enfant.
Ichmaël lui-même émergea pourtant sous la forme de scories et d’écorce. Le texte indique au passage que cela permettra ensuite de comprendre la comparaison aux « tentes de Kédar », Kédar étant un fils d’Ichmaël ; il le compare aussi au placenta qui entoure l’enfant.
וזהו לפי שבשרשה כשהיתה כלולה בהטפה היא נעלה יותר ואח״כ ע״י הבירור נפרדת וזורקין אותה. והענין הוא כי מה שהוא גבוה יותר בשרשו כשנופל בבחינת שבה״כ נופל למטה יותר.
C’est parce qu’à sa racine, lorsqu’elle était incluse dans la goutte, elle était plus élevée ; puis, par le raffinement, elle est séparée et rejetée. Voici l’explication : ce qui est plus élevé à sa racine, lorsqu’il tombe lors de la brisure des réceptacles, tombe plus bas.
Le placenta faisait autrefois partie de la semence et était plus élevé à sa racine ; pourtant, au cours du raffinement, il est séparé et rejeté. La règle générale est que ce qui est plus élevé à sa racine tombe plus bas lorsqu’il chute.
ולכן גם בענין שבה״כ דתהו יש כמה בחינות שמה שנפל למטה יותר זהו מפני ששרשה היה גבוה יותר שהיו האורות גבוהים יותר
C’est pourquoi, dans la brisure des réceptacles de Tohou également, il existe plusieurs niveaux : ce qui est tombé plus bas l’a fait parce que sa racine était plus élevée, car les lumières étaient plus élevées ;
Ainsi, lors de la brisure de Tohou, les fragments qui tombèrent le plus bas provenaient des lumières les plus élevées.
ולכן הכלים לא הכילום ונפלו בכח למטה יותר ויש מבחינת הכלים שנשברו ונפלו שנשתלשלו בבחינת בהמות וחיות המותרים באכילה ומה שגבוה יותר בשרשו נפל למטה יותר בדברים שאסור באכילה.
c’est pourquoi les réceptacles ne purent les contenir et tombèrent avec force encore plus bas. Certains des réceptacles qui se brisèrent et tombèrent descendirent pour devenir des animaux domestiques et des bêtes dont la consommation est permise ; ce qui était plus élevé à sa racine tomba plus bas, dans des choses dont la consommation est interdite.
Ces réceptacles ne pouvaient contenir l’intensité de leur lumière et tombèrent avec une force accrue. Les fragments issus des lumières inférieures devinrent des animaux dont la consommation est permise ; ceux issus des lumières supérieures tombèrent encore plus bas, dans des choses interdites.
Ichmaël précéda Yits’hak comme l’écorce précède le fruit ; sa racine, comme celle du lion, est plus élevée, et c’est pourquoi sa chute le conduisit plus bas. La règle générale est que ce qui est plus élevé à sa racine tombe plus bas.
Maré mekomot
- 1שחורה אני ונאוה כאהלי קדר · Song of Songs 1:5
34והנה קיום המצות ל״ת הוא הכל בדברים האסורים ששרשן גבוה יותר מהדברים המותרים כמו אריה נגד שור
Or, l’accomplissement des commandements négatifs concerne entièrement des choses interdites, dont la racine est plus élevée que celle des choses permises, comme le lion par rapport au bœuf.
Les interdictions portent toutes sur des choses interdites, dont la racine est plus élevée que celle des choses permises, de même que la racine du lion est plus élevée que celle du bœuf.
ועל ידי קיום רצונו ית׳ בבחינת הל״ת היינו בבחינת דחייה שדוחין אותן הפנימי׳ ומקיפים דקליפה
Et en accomplissant Sa volonté, béni soit-Il, par les commandements négatifs — c’est-à-dire en repoussant, de sorte que les forces intérieures et enveloppantes de la kelipa soient repoussées —
Accomplir la volonté de D.ieu par les commandements négatifs signifie repousser à la fois les forces intérieures et les forces enveloppantes de la kelipa.
היינו על ידי מניעת האכילה לא תאכל או שנזהרים מלטמא בהם וכל הגדרים והסייגים שבהם עי״ז רוח הטומאה יעביר מן הארץ1
c’est-à-dire en s’abstenant de manger — « Tu ne mangeras pas » —, ou en veillant à ne pas devenir impur par leur intermédiaire, ainsi que par toutes les barrières et toutes les précautions qui les entourent, par cela « Il fera disparaître de la terre l’esprit d’impureté »,
On les repousse en ne mangeant pas d’aliments interdits, en évitant l’impureté et en respectant les barrières qui les entourent. Cela réalise la prophétie : « L’esprit d’impureté sera ôté de la terre. »
ולא יהיה שום הסתר וקליפה ומתגלה עי״ז עצמיות האורות עליונים הגבוהים יותר מהאורות המתגלים ע״י מ״ע שבד ברים המותרים כו׳
et il n’y aura plus aucune dissimulation ni kelipa ; ainsi se révèle l’essence même des lumières supérieures, qui sont plus élevées que les lumières révélées par les commandements positifs accomplis avec des choses permises, etc.,
Lorsqu’il ne subsiste plus aucune dissimulation, l’essence même des lumières les plus élevées se révèle, au-dessus des lumières dévoilées par les commandements positifs accomplis avec des choses permises.
וכמו שלמעלה גילוי בחינת פני אריה2 הוא גבוה מבחינת פני שור כו׳ ועמ״ש בפ׳ עקב ע״פ ויאכילך את המן34 כו׳:
de même que, dans les mondes supérieurs, la révélation du niveau de la face du lion est plus élevée que celle du niveau de la face du bœuf, etc. Voir aussi ce qui est écrit dans la paracha Eikev, sur le verset « Il t’a nourri de la manne, etc. »
Cela correspond à la face du lion, plus élevée que celle du bœuf, dans le Char céleste. Un maamar de Likkutei Torah, Eikev, sur la manne est cité pour approfondir le sujet.
Les commandements négatifs concernent des choses dont la racine est plus élevée. En repoussant la kelipa par leur observance, toute dissimulation est éliminée et des lumières plus élevées que celles révélées par les commandements positifs se dévoilent.
Maré mekomot
- 1רוח הטומאה יעביר מן הארץ · Zechariah 13:2
- 2פני אריה · Ezekiel 1:10
- 3בפ׳ עקב ע״פ ויאכילך את המן · לעיל עקב יג, ג.
- 4ויאכילך את המן · Deuteronomy 8:3
Le soleil, le sel et les tentes de Kédar ¶35–42
35ה וזהו שחורה אני כו׳1 אל תראוני שאני שחרחורת ששזפתני השמש.2 היינו כי אף שלמטה אני בבחינת שחרות ובע״ג ובקיום דברים גשמיים
5. Et voici [le sens de] « Je suis noire, etc. ; ne me regardez pas parce que je suis basanée, car le soleil m’a hâlée. » Autrement dit, bien qu’en bas je sois dans un état de noirceur et de limitation, et occupée à l’accomplissement de choses matérielles,
Une nouvelle section interprète le verset suivant : « Ne me regardez pas parce que je suis basanée, car le soleil m’a hâlée. » L’âme reconnaît qu’en bas elle est « noire », limitée et occupée par des choses matérielles.
אבל ע״י כל זה דוקא הנני בא למעלה גדולה שעי״ז יתגלה חדשות התגלות עצמותו ומהותו דהיינו דרך כלל ע״י קיום כל המצות מ״ע ומצות ל״ת.
pourtant, c’est précisément par tout cela que je parviens à une grande élévation, car cela fera apparaître quelque chose de nouveau : une révélation de Son essence et de Son être. De manière générale, cela se produit par l’accomplissement de toutes les mitsvot, les commandements positifs et les commandements négatifs,
Pourtant, c’est précisément cela qui la conduit à une grande élévation, car une chose nouvelle sera révélée par ce moyen : l’essence même de D.ieu. Cela s’accomplit en observant toutes les mitsvot, positives et négatives.
שהם בדברים גשמיים אשר שרשם מעולם התהו ואורות דתהו נסתלקו בעצמות המאציל ולכן ע״י קיום רצונו רצון העליון דוקא בדברים הנ״ל יתגלה אור א״ס גילוי יותר נעלה ממה שנתגלה באורות דתיקון.
qui portent sur des choses matérielles dont la racine se trouve dans le Monde de Tohou, et les lumières de Tohou se sont retirées dans l’essence de l’Émanateur. C’est pourquoi, précisément en accomplissant Sa volonté, la volonté suprême, à travers ces choses, la Lumière infinie (Or Ein Sof) se révélera d’une manière plus élevée que ce qui fut révélé dans les lumières de Tikoun.
Les mitsvot impliquent des choses matérielles dont la racine se trouve dans Tohou, dont les lumières se sont retirées dans l’essence de D.ieu. Ainsi, accomplir la volonté de D.ieu par leur intermédiaire révèle la Lumière infinie plus pleinement que ne le peuvent les lumières de Tikoun.
Cette nouvelle section interprète « Ne me regardez pas parce que je suis basanée » : la descente de l’âme dans la limitation et dans l’accomplissement des mitsvot matérielles suscite une révélation nouvelle de l’essence de D.ieu, car les choses matérielles ont leur racine dans Tohou.
Maré mekomot
- 1וזהו שחורה אני כו׳ · Song of Songs 1:5
- 2אל תראוני שאני שחרחורת ששזפתני השמש · Song of Songs 1:6
36ואף שלמטה אני בהסתר וצמצום אבל ששזפתני השמש.1 כי שמש ומגן2 הוי׳ אלקים ושמש הוא בחינת יחו״ע לך הוי׳ הגדולה כו׳ שבטלים באור א״ס.
Et bien qu’en bas je sois dans la dissimulation et la contraction, « le soleil m’a hâlée ». Car « le soleil et le bouclier, c’est Havaya Elokim », et le « soleil » désigne le niveau de l’unité supérieure (yi'houda ila'a) — « À Toi, Havaya, appartiennent la grandeur, etc. » — où tout est annulé dans la Lumière infinie.
Le « soleil » qui l’a hâlée est Havaya, comme dans « le soleil et le bouclier, c’est Havaya Elokim ». Le soleil représente l’unité supérieure, dans laquelle tout est annulé dans la Lumière infinie, comme dans « À Toi, Havaya, appartient la grandeur ».
ולכן כשמאיר למטה השמש התגלות הארה מבחי׳ יחו״ע בנפש ע״י ההתבוננות בק״ש בבחינת יחודא עילאה.
C’est pourquoi, lorsque le soleil brille en bas — par la révélation, dans l’âme, d’un rayonnement du niveau de l’unité supérieure — [cela se fait] par la contemplation pendant le Chéma, selon la modalité de l’unité supérieure,
Le soleil brille en bas lorsqu’une personne, en récitant le Chéma, contemple l’unité supérieure et qu’un rayonnement de celle-ci pénètre dans son âme.
איך דכולא קמיה כלא חשיב וע״י קיום המצות כי כל התגלות אור חדש מאור א״ס שאינו בגדר ההשתלשלות צ״ל ע״י בחינת ממוצע היינו בחינת כתר וע״י תרי״ג ארחין שנמשכו מגלגלתא3 ונשתלשלו למטה בקיום רצונו ממש.4
consistant à considérer que « tout devant Lui est comme rien », ainsi que par l’accomplissement des mitsvot. En effet, toute révélation d’une lumière nouvelle provenant de la Lumière infinie, qui n’est pas dans les limites de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), doit passer par l’intermédiaire d’un niveau intermédiaire, c’est-à-dire Kéter, et par les 613 voies qui procèdent de la Gulgalta et descendent en bas dans l’accomplissement effectif de Sa volonté.
Cette contemplation consiste à considérer que « tout devant Lui est comme rien ». Le soleil brille également par les mitsvot, car toute révélation nouvelle provenant de ce qui dépasse l’enchaînement descendant des mondes passe par Kéter et par les 613 voies de la Gulgalta (le « crâne » d’Arikh Anpin, au sein de Kéter), qui descendent jusqu’à l’accomplissement de la volonté de D.ieu.
Le « soleil » est Havaya, l’unité supérieure, qui brille dans l’âme par la contemplation pendant le Chéma et par les mitsvot, lesquelles attirent une lumière nouvelle par l’intermédiaire de Kéter.
Dans le verset « le soleil et le bouclier, c’est Havaya Elokim », la 'Hassidout interprète le soleil comme le Nom Havaya et le bouclier comme le Nom Elokim, qui dissimule et filtre la lumière du soleil ; l’unité supérieure est le point de vue selon lequel tout est annulé devant Lui.
Maré mekomot
- 1ששזפתני השמש · Song of Songs 1:6
- 2כי שמש ומגן הוי׳ אלקים · Psalms 84:12
- 3תרי״ג ארחין שנמשכו מגלגלתא · Zohar III, 129a
- 4לך הוי׳ הגדולה · I Chronicles 29:11
37ועי״ז ונתגלה האור מסוכ״ע ע״י קיום רצונו בדברים גשמיים אשר שרשם מעולם התהו שנסתלקו האורות למעלה כנ״ל.
Par cela, la lumière du [niveau qui] entoure tous les mondes (sovev kol almin) se révèle, grâce à l’accomplissement de Sa volonté au moyen de réalités matérielles dont la racine se trouve dans le Monde du Tohu, monde dont les lumières se sont retirées vers les hauteurs, comme indiqué plus haut.
L’accomplissement de la volonté de D.ieu au moyen de réalités matérielles enracinées dans le Tohu révèle la lumière qui entoure tous les mondes (sovev).
אך מעלת הגילוי שע״י קיום מצות ל״ת יותר מהגילוי שע״י קיום מ״ע הוא כי הנה בבחינת סכ״ע יש ג״כ ב׳ מדרגות האחד מה שנקרא סוכ״ע א״כ הוא שייך לעלמין שאף
Mais la supériorité de la révélation qui découle de l’accomplissement des commandements négatifs sur celle qui découle de l’accomplissement des commandements positifs tient à ceci : dans le niveau qui « entoure tous les mondes », il existe également deux niveaux. Le premier est ce que l’on appelle « entourer tous les mondes » ; dès lors, il se rapporte aux mondes, car bien que
Pourquoi les interdits sont-ils supérieurs ? Parce que la lumière qui entoure possède elle-même deux niveaux. Le premier est appelé « entourer les mondes » et, comme son nom l’indique, il se rapporte encore aux mondes.
שהוא סובב ואינו מתגלה מ״מ שייך לקרותו בשם סובב לעלמין ושיהיה הסכ״ע בבחי׳ גילוי ממש הוא ע״י קיום המ״ע שהם בדברים המותרים.
cette lumière les entoure et ne se révèle pas, on peut néanmoins l’appeler « celle qui entoure les mondes ». Et le fait que la lumière qui entoure tous les mondes se manifeste effectivement vient de l’accomplissement des commandements positifs, qui portent sur des réalités permises.
Bien qu’elle ne pénètre pas dans les mondes, elle se définit par rapport à eux. Les commandements positifs, accomplis au moyen de réalités permises, font apparaître effectivement cette lumière qui entoure.
אבל עצמותו ומהותו לא שייך לקרותו באמת בשם סוכ״ע כנזכר לעיל והוא בחינת אני הוי׳ לא שניתי1 כמו קודם שנברא העולם ממש.
Mais Son essence et Son être ne peuvent véritablement être désignés par le nom « celle qui entoure tous les mondes », comme indiqué plus haut ; c’est le niveau de « Moi, D.ieu, Je n’ai pas changé », exactement comme avant la création du monde.
L’essence de D.ieu, toutefois, ne peut absolument pas être véritablement appelée « celle qui entoure les mondes ». C’est « Moi, D.ieu, Je n’ai pas changé », exactement comme avant la création.
Les commandements positifs révèlent la lumière qui entoure les mondes, mais qui se rapporte encore à eux ; l’essence de D.ieu, qui transcende même ce niveau, est d’un ordre différent et supérieur.
Maré mekomot
- 1אני הוי׳ לא שניתי · Malachi 3:6
38והוא המתגלה ע״י קיום מצות ל״ת דוקא ע״י גבורות ודחיי׳ הקליפה כי הגבורות בשרשם גבוהים מהחסדים כמו מעלת הזהב על הכסף או כמו שמלח ממתיק הבשר.
Et c’est précisément cela qui se révèle par l’accomplissement des commandements négatifs, au moyen des rigueurs (Guevourot) et du rejet de la kelipa. Car, à leur racine, les rigueurs sont supérieures aux bontés (’Hassadim), comme l’or est supérieur à l’argent, ou comme le sel relève la saveur de la viande :
Cette essence se révèle précisément par les interdictions, qui agissent au moyen de la rigueur (Guevourot) et du rejet de la kelipa. À leur racine, les rigueurs sont supérieures aux bontés, comme l’or est plus précieux que l’argent, et comme le sel fait ressortir la saveur de la viande.
היאכל תפל מבלי מלח1 שע״י המלח נתגלה הטעם הרי טעמים שהוא בחינת גבוה (וחיך אוכל יטעם.2 לכן גם אותיות גיכ״ק שמהחיך גבוהים משאר אותיות כמ״ש ע״פ וספרתם לכם ממחרת34 כו׳ עיין באדר״ז דף רצ״ה ע״ב)
« Peut-on manger ce qui est insipide sans sel ? » Car c’est par le sel que la saveur se révèle. Ainsi, la saveur, qui est un niveau élevé (« et le palais goûte la nourriture » ; c’est pourquoi les lettres guimel, youd, kaf et kouf, elles aussi, qui sont formées par le palais, sont supérieures aux autres lettres, comme il est écrit à propos du verset « Vous compterez pour vous-mêmes à partir du lendemain, etc. » ; voir l’Idra Zouta, folio 295b),
Job demande : « Peut-on manger ce qui est insipide sans sel ? » La faculté du goût est élevée, et les lettres formées par le palais (guimel, youd, kaf et kouf) sont considérées comme supérieures aux autres, comme l’expliquent un maamar dans Likkutei Torah et l’Idra Zouta.
מתגלה ע״י המלח דוקא שהוא בעצמו למטה מהמאכל שהרי אינו ראוי לאכילה והוא בבחינת גבורות וגם כמו מלה בסלע משתוקא בתרין5
se révèle précisément par le sel, qui, en lui-même, est inférieur à la nourriture, car il n’est pas propre à être mangé et relève des rigueurs. Cela ressemble aussi à [l’adage] : « Une parole vaut un séla, le silence en vaut deux »,
Le sel lui-même n’est pas un aliment et relève de la rigueur, et pourtant il révèle la saveur. L’adage talmudique « Une parole vaut un séla, le silence en vaut deux » exprime une idée semblable : la retenue vaut davantage que l’expression.
דהיינו ע״י קיום הל״ת בבחינת שלילה אשר הם בדברים האסורים אשר הניצוצים שנפלו בהן שרשן ממקום גבוה יותר לכן ע״י קיום רצונו ית׳ בהן לדחות הקליפה עי״ז הוא התגלות עצמותו ומהותו ממש.6
c’est-à-dire par l’accomplissement des interdictions dans leur aspect négatif, qui concernent les choses interdites, dont les étincelles tombées ont leur racine en un lieu plus élevé. Par conséquent, en accomplissant Sa volonté, béni soit-Il, à leur égard — afin de rejeter la kelipa —, Son essence et Son être mêmes se révèlent par là.
Les interdictions agissent par la négation et portent sur des choses interdites dont les étincelles ont une racine plus élevée. Accomplir la volonté de D.ieu en rejetant la kelipa qui s’y trouve révèle Son essence même.
Les interdictions, par la rigueur et le rejet, révèlent l’essence de D.ieu, comme le sel, qui est immangeable en lui-même, fait ressortir la saveur, et comme le silence vaut davantage que la parole.
La note de Kehot cite Or HaTorah : « Ainsi, le sel ressemble aux paroles des Scribes, aux rigueurs et aux barrières », reliant l’image du sel aux interdictions rabbiniques.
Maré mekomot
- 1היאכל תפל מבלי מלח · Job 6:6
- 2וחיך אוכל יטעם · Job 12:11
- 3ע״פ וספרתם לכם ממחרת · Numbers 10:1
- 4וספרתם לכם ממחרת · Leviticus 23:15
- 5מלה בסלע משתוקא בתרין · Megillah 18a:11
- 6והוא בבחי׳ גבורות . . דהיינו ע״י קיום הל״ת · ראה אוה״ת ויקרא ע׳ רכו: ”א״כ מלח כמו ד״ס חומרות וסייגים”. וראה לקו״ש חכ״ה ע׳ 122 הערה 60.
Et tel est le sens de : « Je suis noire, mais belle, comme les tentes de Kédar. » Car il a été expliqué plus haut, au sujet d’Avraham, de qui Yichmaël est issu,
L’expression « comme les tentes de Kédar » est maintenant expliquée. Elle s’appuie sur ce qui a été dit au sujet d’Avraham, de qui Yichmaël est issu.
שיצא בבחינת סיגים כמו התהוות האריה למ טה מבח ינת פני אריה שבמרכבה. ואעפ״כ מקבל חיותו מאברהם
qu’il est issu sous forme de scories, comme le lion d’en bas qui procède du niveau de la face du lion dans le Char céleste. Néanmoins, il reçoit sa force vitale d’Avraham,
Yichmaël est apparu sous forme de scories, comme le lion d’en bas issu de la face du lion d’en haut. Pourtant, sa force vitale provient d’Avraham.
אלא שהחיות הוא עיקר בבחינת מקיף כי הסט״א אינו יכול לקבל את הקדושה בבחינת גילוי פנימית רק בבחינת מקיף
mais cette force vitale lui parvient principalement sous forme enveloppante, car la sitra a’hra (l’autre côté) ne peut recevoir la sainteté sous forme de révélation intérieure, mais seulement sous forme enveloppante ;
Cette force vitale ne lui parvient que sous forme d’influence enveloppante, car la sitra a’hra ne peut recevoir la sainteté de l’intérieur, mais seulement depuis l’extérieur.
וכמו י״א סממני הקטורת שהעשרה הן המלובשים בקליפות בבחינת גלות והי״א הוא בבחינת מקיף והוא לבונה שהוא בעצם לבן ועיקר חיותם הוא מהמקיף כו׳ (ועמש״ל מזה בפ׳ תולדות ע״פ ראה ריח בני34 כו׳)
comme les onze aromates de l’encens : les dix sont ceux qui sont revêtus dans les kelipot, en état d’exil, et le onzième est sous forme enveloppante ; c’est le lévona (encens), qui est blanc par essence (lavan). Leur force vitale principale provient de l’influence enveloppante, etc. (Voir ce qui a été écrit à ce sujet plus haut, dans la paracha de Toldot, sur le verset : « Vois, le parfum de mon fils, etc. »)
L’encens comptait onze aromates : dix correspondent aux étincelles exilées dans les kelipot, tandis que le onzième, le lévona (de lavan, « blanc »), est leur source enveloppante de vie. Le texte renvoie au discours de Torah Ohr, Toldot, sur ce verset.
והנה יש ב׳ מקיפים האחד כמו בחינת לבוש שהוא מקיף מקרוב הב׳ מקיף עליון יותר
Or, il existe deux [sortes d’influences] enveloppantes : l’une est semblable à un vêtement, qui enveloppe de près ; la seconde est une influence enveloppante plus élevée,
Il existe deux sortes d’influences enveloppantes : le vêtement, qui entoure de près, et une forme supérieure.
כמו אהל ודירה שהוא מקיף ג״כ אך הוא מקיף מרחוק וגם האהל והדירה יקר יותר מהלבוש כו׳.
semblable à une tente ou à une demeure, qui enveloppe également, mais de loin ; la tente et la demeure sont aussi plus précieuses que le vêtement, etc.
Une tente ou une demeure entoure aussi une personne, mais à distance, et possède une valeur supérieure à celle d’un vêtement. Cela prépare l’interprétation des « tentes » de Kédar.
L’analogie de Yichmaël conduit aux « tentes de Kédar » : la kelipa ne reçoit la vie que d’une influence enveloppante. Or il existe deux sortes d’influences enveloppantes, le vêtement et la tente ; la tente est la plus élevée et agit de plus loin.
Maré mekomot
- 1וזהו ענין שחורה אני ונאוה. כאהלי קדר · Song of Songs 1:5
- 2אברהם שיצא ממנו ישמעאל · Pesachim 56a:7
- 3בפ׳ תולדות ע״פ ראה ריח בני · תו״א כ, ב.
- 4ראה ריח בני · Genesis 27:27
40והנה מה שהקדושה מחיה לסט״א הוא רק מרחוק. וזהו ענין אהלי קדר. אהל דוקא ואומרת כנ״י שכך יש אצלי גילוי בחינת מקיף עליון אשר הוא מקיף מרחוק כדכתיב זכרו את1 ה׳ מרחוק.
Or, la manière dont la sainteté donne vie à la sitra a'hra est uniquement de loin. C’est là le sens des « tentes de Kédar » : précisément une tente. La Communauté d’Israël dit qu’il y a de même en elle une révélation du niveau d’un Or Makif supérieur, qui entoure de loin, comme il est écrit : « Souvenez-vous de D.ieu de loin. »
La sainteté ne donne vie à la sitra a'hra que de loin, d’où la mention des « tentes » de Kédar : une tente entoure de loin. La Communauté d’Israël dit qu’elle aussi connaît une révélation d’un Or Makif supérieur, qui se manifeste « de loin », comme le dit Jérémie : « Souvenez-vous de D.ieu de loin. »
והיינו כי בחינה סוכ״ע נקרא סובב לעלמין. וזהו ענין הלבושים הנעשים ממעשה המצות והוא בקיום מ״ע
Cela signifie que le niveau de « celui qui entoure tous les mondes » (sovev kol almin) est appelé « entourant les mondes ». C’est là le sens des vêtements formés par l’accomplissement des mitsvot, qui se réalise par l’observance des commandements positifs.
La lumière inférieure qui entoure, « celui qui entoure tous les mondes », demeure en relation avec les mondes. Elle correspond aux « vêtements » que l’accomplissement des commandements positifs confectionne pour l’âme.
אמנם ע״י שחורה אני בקום מצות ל״ת שהוא בחינת שחורות כעורב2 עי״ז ונאוה כאהלי קדר3 שנמשך גילוי עצמותו ומהותו שאין שייך לקרותו אפילו סובב לעלמין כנ״ל
Mais, par « je suis noire », par l’accomplissement des commandements négatifs, qui correspond au niveau de « noire comme un corbeau », alors « belle comme les tentes de Kédar » : une révélation de Son essence et de Son être est attirée, révélation qu’on ne peut même pas appeler « entourant les mondes », comme expliqué plus haut.
De la « noirceur » des interdits, « noire comme un corbeau », procède la beauté « comme les tentes de Kédar » : la révélation de l’essence de D.ieu, qu’on ne peut même pas appeler « entourant les mondes ».
(והיינו דכמו שהמקיף המחיה הסט״א הרי רחוק הוא בערך מהם וכמ״ש בע״ח שער עשירי פרק4 י״א כי אין קדש מתערב בחול5 כו׳
(Cela signifie que, de même que l’Or Makif qui donne vie à la sitra a'hra en est très éloigné par son rang, comme il est écrit dans Etz Chaim, Sha’ar 10, chapitre 11 : « car le sacré ne se mêle pas au profane, etc. »,
Une longue parenthèse développe la comparaison. L’Or Makif qui soutient la sitra a'hra en est infiniment éloigné, car, comme le dit Etz Chaim, le sacré ne se mêle pas au profane.
כמ״כ לגבי עצמות א״ס ב״ה הרי גםהעולמות היותר עליונים כלא ממש חשיבי ורחוקים יותר בערך לגבי אור א״ס ב״ה יותר לאין קץ מערך ריחוק שבמשל דלעומת זה לגבי בחינת המקיף שלהם דאהלי קדר.
de même, par rapport à l’essence de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, même les mondes les plus élevés sont considérés comme absolument rien, et leur éloignement de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, est infiniment plus grand que la distance, dans l’analogie, entre le côté opposé et l’Or Makif qui l’entoure, celui des « tentes de Kédar ».
De même, comparés à l’essence de D.ieu, même les mondes les plus élevés ne sont rien, et leur éloignement de Lui dépasse infiniment la distance entre la kelipa et la lumière qui l’entoure.
ולכן נמשל מקיף זה העליון הנמשך מאור א״ס ב״ה ממש. למשל אהלי קדר כו׳ דוקא.
C’est pourquoi cet Or Makif supérieur, attiré de la Lumière infinie elle-même, béni soit-Il, est comparé précisément à l’analogie des « tentes de Kédar, etc. ».
Voilà pourquoi cet Or Makif supérieur, attiré de la Lumière infinie elle-même, est comparé précisément aux tentes de Kédar.
ועמ״ש ע״פ מזמור שיר חנוכת הבית67 מענין ב׳ מקיפים אלו דלבוש ובית כו׳ ועוד יש להטעים הענין שנמשל לאהלי קדר דוקא כי הנה בקדושה הם ע״ס עשר ולא אחד עשר8 וכמ״ש בס״י9 והובא ברע״מ10 ר״פ כי תשא.
Voyez aussi ce qui est écrit sur le verset « Psaume, chant pour l’inauguration de la Maison », au sujet de ces deux Or Makif, le vêtement et la maison, etc. On peut encore expliquer pourquoi la comparaison porte précisément sur les tentes de Kédar : dans la sainteté, il y a dix Séfirot, « dix et non onze », comme il est écrit dans Sefer Yetzirah et cité dans le Raaya Mehemna, au début de la paracha Ki Tissa.
Le discours sur le Psaume 30 traite de ces deux Or Makif, le vêtement et la maison. Une deuxième explication s’appuie sur Sefer Yetzirah : dans la sainteté, il y a dix Séfirot, « dix et non onze ».
ור״ל כי בכתר יש ב׳ בחינות עתיק ואריך ובחינת עתיק אינו ממנין הע״ס11 וזהו ולא אחד עשר כו׳ ועיין בע״ח שער כ״ב פ״א12 אות ד׳ ואין אנו מונין13 כו׳ וכן בכל כללות האצילות עתיק יומין כו׳.
Cela signifie que Kéter comporte deux niveaux, Atik et Arich, et que le niveau d’Atik n’est pas compté parmi les dix Séfirot : c’est le sens de « et non onze, etc. ». Voyez Etz Chaim, Sha’ar 22, chapitre 1, section 4 : « et nous ne comptons pas, etc. » ; il en va de même pour l’ensemble d’Atsilout, Atik Yomin, etc.
Kéter comporte deux niveaux, Atik (« l’Ancien », son niveau intérieur et supérieur) et Arich Anpin (« le Long Visage », son niveau extérieur) ; Atik n’est pas compté parmi les dix Séfirot, d’où « et non onze ». Etz Chaim dit la même chose au sujet d’Atik.
והנה המשכת בחינת מקיף העליון הנ״ל שבבחינת אהל ובית שלמעלה מבחינת לבוש כו׳ זהו בחינת עתיק שהוא בחינה תחתונה שבמאציל אור א״ס ב״ה ממש.
Or, l’émanation du niveau de la lumière englobante supérieure mentionnée plus haut, au niveau de la tente et de la maison, qui dépasse celui du vêtement, etc., relève d’Atik, le niveau inférieur de l’Émanateur, la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, Lui-même.
La lumière englobante supérieure, la « tente » ou la « maison », qui dépasse le « vêtement », est Atik, le niveau inférieur de l’Émanateur, la Lumière infinie elle-même.
ולכן נמשל לאהלי קדר דוקא משום דשם ודאי אין המקיף בערך הפנימי כנ״ל כמ״כ אפילו עולמות היותר עליונים רחוקים מאד בערך לגבי א״ס ב״ה יותר לאין קץ מערך ריחוק שבמשל דאהלי קדר לא מיניה ולא מקצתיה.
C’est pourquoi elle est comparée précisément aux tentes de Kédar, car là, l’englobant n’est certainement pas proportionné à l’intérieur, comme indiqué plus haut. De même, même les mondes les plus élevés sont très éloignés de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, en rang, et ce, à un degré infiniment supérieur à la distance figurant dans l’analogie des tentes de Kédar, [sans rien avoir du tout en commun avec Lui].
La comparaison porte précisément sur les tentes de Kédar, car la lumière englobante n’y est aucunement proportionnée à ce qu’elle entoure. De même, même les mondes les plus élevés ne sont absolument pas proportionnés à l’Infini.
ועכ״ז גם מקיף העליון זה מתגלה ע״י קיום מצות ל״ת. ומטעם הנ״ל. וע״פ לשון הקבלה י״ל הטעם שנמשל לאהלי קדר דוקא כי הנה בקדושה הם עשר ולא אחד ע שר דהיינו ע״ס והתחלתן מבחינת א״א ופי׳ ולא י״א היינו
Et pourtant, cette lumière englobante supérieure se révèle elle aussi par l’accomplissement des mitsvot négatives, pour la raison mentionnée plus haut. Selon le langage de la Kabbala, on peut expliquer pourquoi elle est comparée précisément aux tentes de Kédar : dans le domaine de la sainteté, il y en a dix et non onze, c’est-à-dire les dix Séfirot, dont le point de départ est le niveau d’Arich Anpin ; et le sens de « et non onze » est
Cette lumière englobante supérieure se révèle elle aussi par l’accomplissement des mitsvot négatives. L’explication kabbalistique de la comparaison est que la sainteté compte dix Séfirot, qui commencent avec Arich Anpin, et non onze.
כי בחינת עתיק אינו ממנין הע״ס והנה א״א נקרא סוכ״ע אכן בחינת עתיק אינו נקרא אפילו סוכ״ע לכן נמשל לאהלי קדר ששם יש י״א כתרין והבחינה הי״א שזהו בחי׳ לבונה נקרא בחינת אהלי קדר כנ״ל.
que le niveau d’Atik n’est pas compté parmi les dix Séfirot. Or, Arich Anpin est appelé « celui qui entoure tous les mondes », tandis que le niveau d’Atik n’est même pas appelé « celui qui entoure tous les mondes ». C’est pourquoi il est comparé aux tentes de Kédar, où il y a onze couronnes ; le onzième niveau, qui est celui de l’encens, est appelé le niveau des « tentes de Kédar », comme indiqué plus haut.
Atik n’est pas compté parmi les dix Séfirot. Arich Anpin est appelé « celui qui entoure tous les mondes », mais Atik ne porte même pas cette appellation. La kelipa compte « onze couronnes » ; la onzième, qui correspond à l’encens évoqué plus haut, est désignée par les « tentes de Kédar ».
וא״כ ע״י דקדושה שאינו ממנין העשר ספי׳ נמשל לבחינת זו דוקא. וזהו שהיו במשכן י״א יריעות עזים14 שיומשך גם בחינת מקיף העליון כו׳.
Dès lors, Atik de sainteté, qui n’est pas compté parmi les dix Séfirot, est précisément comparé à ce niveau. C’est pourquoi il y avait dans le Tabernacle onze tentures en poil de chèvre : afin que le niveau de la lumière englobante supérieure soit lui aussi attiré, etc.
Ainsi, Atik de sainteté, qui n’est pas compté parmi les dix, est comparé précisément à ce onzième niveau. C’est pourquoi le Tabernacle comportait onze tentures en poil de chèvre : afin d’attirer également la lumière englobante supérieure.
ועיין מ״ש בד״ה ויקרא אל משה15 בפי׳ ולא יכול משה לבוא אל אהל ועד כי שכן עליו הענן16 ע״ש. והנה הגם דבמ״ע נמשך ג״כ מבחינת עתיק אך כי במ״ע נמשך מז״ת דע״י המלובשים בא״א
Voir aussi ce qui est écrit dans le maamar commençant par « Et Il appela Moché », au sujet du sens de « Et Moché ne put entrer dans la Tente de Réunion, car la nuée reposait sur elle » ; voir là-bas. Or, bien que les mitsvot positives attirent elles aussi un influx du niveau d’Atik, elles attirent celui des sept Séfirot inférieures d’Atik Yomin, qui sont revêtues dans Arich Anpin ;
Le maamar sur « Et Il appela Moché » explique pourquoi Moché ne put entrer dans la Tente lorsque la nuée reposait sur elle. Les mitsvot positives attirent elles aussi un influx d’Atik, mais seulement de ses sept Séfirot inférieures, qui sont revêtues dans Arich Anpin.
אבל בחינת ג״ר דע״י שאינן מלובשים כלל בא״א נמשך ע״י קיום מל״ת דוקא וכדלקמן ועפ״ז יובן ג״כ הטעם דמצות ל״ת תלויין בשערות דז״א דוקא ומ״ע בת״ד דא״א. וזהו ענין שהתורה ניתנה באש שחורה ע״ג אש לבנה כמש״ל בשם האד״ר)
mais le niveau des trois Séfirot supérieures d’Atik Yomin, qui ne sont nullement revêtues dans Arich Anpin, est attiré précisément par l’accomplissement des mitsvot négatives, comme il sera expliqué plus loin. On comprendra ainsi également pourquoi les mitsvot négatives dépendent précisément des cheveux de Zeir Anpin, tandis que les mitsvot positives dépendent des Tikounim de la barbe d’Arich Anpin. Tel est le sens du fait que la Torah fut donnée dans un feu noir sur un feu blanc, comme indiqué plus haut au nom de l’Idra Rabba.
Les trois Séfirot supérieures d’Atik, qui ne sont nullement revêtues dans Arich Anpin, ne sont attirées que par les mitsvot négatives. Cela explique pourquoi les mitsvot négatives dépendent des cheveux de Zeir Anpin, la configuration des attributs émotionnels, tandis que les mitsvot positives dépendent de la barbe d’Arich Anpin. C’est aussi le sens du fait que la Torah fut donnée sous la forme d’un feu noir sur un feu blanc.
(דקל״ב) ור״ל דאש שחורה זהו בחינת מל״ת ואש לבנה זהו בחי׳ מ״ע וכ״ה בסה״מ סי׳ קל״ט בשם הרמ״ז.
(folio 132). Cela signifie que le « feu noir » désigne le niveau des mitsvot négatives, et le « feu blanc », celui des mitsvot positives ; on trouve la même explication dans Sefer Hadras Melech, section 139, au nom du Ramaz.
Le feu noir désigne les mitsvot négatives et le feu blanc les mitsvot positives, comme l’indique également Hadras Melech, commentaire du Zohar par R. Shalom Buzaglo, au nom du Ramaz (R. Moshe Zacuto).
והענין דכתיב ותורה אור17 והנה עיקר אור הנר המאיר הוא מגוון הסמוך לפתילה אבל הגוון לבן המקיף עליו הוא אינו מאיר בעצמו כו׳
L’explication est la suivante : il est écrit : « Et la Torah est lumière. » Or, la lumière principale d’une lampe allumée provient de la teinte proche de la mèche, tandis que la teinte blanche qui l’entoure ne produit pas elle-même de lumière, etc. ;
Les Proverbes disent : « La Torah est lumière. » Il a été dit plus haut que, dans une flamme, la lumière principale vient de la partie proche de la mèche, tandis que la partie blanche qui l’entoure ne produit pas elle-même de lumière.
כן הוא לעיל ולכאורה אדרבה עיקר האור הוא מגוון לבן משא״כ הגוון הסמוך לפתילה הוא שחור או גוון תכלת ואינו מאיר כ״כ.
il en est ainsi [comme cela a été indiqué] plus haut. Mais, à première vue, c’est au contraire la teinte blanche qui constitue la lumière principale, tandis que la teinte proche de la mèche est noire, ou bleutée, et ne brille pas autant.
Cela semble aller à l’inverse, puisque la partie blanche brille le plus, tandis que celle qui est proche de la mèche est sombre ou bleutée.
אמנם נראה שהכוונה ע״ד מ״ש בזהר בראשית (דנ״א ע״א) ועל נהורא חוורא שרייא לעילא נהורא סתימאה דאקיף ליה וכ״כ בפ׳ לך לך (דפ״ג ע״ב)
Cependant, il semble que l’intention soit conforme à ce qui est écrit dans le Zohar, Bereishis (folio 51a) : « Au-dessus de la lumière blanche repose une lumière cachée qui l’entoure » ; et de même dans la paracha Lech Lecha (folio 83b) ;
La réponse vient du Zohar : au-dessus de la lumière blanche repose une lumière cachée qui l’entoure.
ופי׳ הרמ״ז (הובא בסה״מ סי׳ קל״ט) דנהורא סתימאה הוא על סוד הכתר הסתום ומקיף את הכל כו׳.
et le Ramaz a expliqué (cité dans Sefer Hadras Melech, section 139) que la lumière cachée renvoie au secret du Kéter dissimulé, qui entoure tout, etc.
Le Ramaz, cité dans Hadras Melech, explique que cette lumière cachée est le secret du Kéter dissimulé, qui entoure tout.
ומעתה יש להבין ג״כ בענין התורה שנתנה באש שחורה ע״ג אש לבנה שהם בחינת ב׳ גוונים הראשוני׳ וזהו ותורה אור.18
Dès lors, on peut également comprendre que la Torah a été donnée dans le feu noir sur le feu blanc, qui correspondent aux deux premières teintes ; c’est là le sens de : « Et la Torah est lumière. »
Ainsi, le feu noir et le feu blanc de la Torah peuvent être compris comme les deux teintes premières de la flamme ; tel est le sens de : « La Torah est lumière. » Le paragraphe suivant développe ce point.
Le sens des « tentes de Kédar » est ainsi expliqué : la kelipa est soutenue par une lumière qui l’entoure tout en étant radicalement éloignée d’elle ; de même, les interdits révèlent un Or Makif — Atik — qui se situe absolument au-delà des mondes. Les trois premières Séfirot d’Atik, qui ne sont pas revêtues dans Arich Anpin, ne sont attirées que par les interdits ; c’est le sens du feu noir de la Torah sur un feu blanc.
Les notes de Kehot expliquent que les deux références à Etz Chaim suivent l’édition de Shklov de 1800, dont la numérotation diffère : Sha’ar 10, chapitre 11, correspond dans les éditions actuelles à Sha’ar 11, chapitre 10 ; et Sha’ar 22 est Sha’ar 23 (Mochin deTzelem), où « chapitre 1 » est une coquille pour chapitre 5. La note de Kehot cite également Or HaTorah : « le sacré ne se mêle pas au profane, mais se tient au-dessus d’eux, d’en haut », avec une référence à Pri Etz Chaim, Sha’ar HaKaddish.
Maré mekomot
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- 4בע״ח שער עשירי פרק י״א · בדפוס שקלאוו תק״ס. לפננו ש׳ יא (ש׳ המלאכים) ופי״א לי׳ שם, וצ״ל פ״י, יעו״ש. [כ]. מובא באוה״ת נ״ך כרך א ע׳ תקיג: ”אין קדש מתערב בחול אלא עומד עליהם מלמעלה וכ״כ בפע״ח שער הקדיש”.
- 5כי אין קדש מתערב בחול · Sefer Etz Chaim 11:10
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- 11ובחי׳ עתיק אינו ממנין הע״ס · ראה גם אוה״ת פ׳ בשלח ע׳ שסג בשם האריז״ל.
- 12בע״ח שער כ״ב פ״א · בדפוס שקלאוו תק״ס. לפננו הוא שכ״ג (ש׳ מוחין דצלם) וטה״ד כאן פ״א וצ״ל פ״ה. [כ].
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- 18
41ויש עוד בחינת נהורא סתימאה שהוא מקור האור וזהו ענין דברי סופרים שמהם נמשך להיות בחינת הספר הוא בחינת ותורה אור1 כו׳
Il existe encore le niveau de la lumière cachée (nehora setima’ah), qui est la source de la lumière. C’est là le sens des paroles des Scribes, d’où découle le niveau du livre, lequel est le niveau de « et la Torah est lumière, etc. »
Au-delà des lumières blanche et noire, il en existe une troisième : la « lumière cachée », qui est la source même de la lumière. Elle correspond aux paroles des Scribes, d’où est tirée la Torah écrite, le « livre », comme dans l’expression « la Torah est lumière ».
והנה מ״ע הוא בחינת נהורא חיוורא הוא אור אשר יוכל לבא לידי גילוי האור וחסדו מאתו ית׳ קיום רצונו בקום ועשה והוא בחינת שערות דא״א
Les commandements positifs relèvent à présent du niveau de la lumière blanche (nehora chivara) : c’est une lumière qui peut se révéler — la lumière et la bonté qui émanent de Lui, béni soit-Il —, l’accomplissement de Sa volonté par l’action. C’est le niveau des cheveux d’Arich Anpin,
Les commandements positifs sont la « lumière blanche » : une lumière qui peut se révéler ouvertement, la bonté de D.ieu, Sa volonté accomplie par l’action. Ils correspondent aux cheveux d’Arich Anpin.
שהם בחינת כעמר נקא2 נהורא חיוורא שכדי שיהיה האור בבחי׳ גילוי א״א רק ע״י בחי׳ שערות וכמש״ל בענין התיקון שהוא הממעטת האור כו׳.
qui sont le niveau de « comme une laine pure », la lumière blanche ; car, pour que la lumière soit dans un état de révélation, cela n’est possible que par le niveau des cheveux, comme cela a été expliqué plus haut à propos du Tikoun, qui consiste à diminuer la lumière, etc.
Ce sont les cheveux « comme une laine pure ». La lumière ne peut se révéler qu’au moyen de tels « cheveux », car, comme cela a été expliqué plus haut, le Tikoun agit en diminuant la lumière.
אבל הל״ת הם תלויין בשערות דז״א שנקרא שחורה נהורא אוכמא שלמטה מת״ד דא״א שנקרא אש לבנה והיינו כי אין האור בא בבחינת גילוי רצונו בקום ועשה רק בבחינת לא
Mais les interdits dépendent des cheveux de Zeir Anpin, qui sont appelés « noirs », la lumière noire (nehora oukhma), située au-dessous des Tikounim de la barbe d’Arich Anpin, appelée « feu blanc ». Autrement dit, la lumière ne se révèle pas comme l’expression de Sa volonté par l’action, mais seulement sous la forme du « ne pas ».
Les interdits dépendent des cheveux de Zeir Anpin, la « lumière noire », qui se situe plus bas que la barbe d’Arich Anpin, le « feu blanc ». Ici, la lumière ne se révèle pas par l’action, mais uniquement par l’abstention, par le « ne pas ».
ולכן נקרא ג״כ נהורא תכלא שמכלה דבר אחר כי עיקר אתכפיא סט״א הוא ע״י קיום מל״ת.
C’est pourquoi elle est également appelée la lumière bleue (nehora tekhela), qui consume (mekhalé) autre chose ; car l’assujettissement essentiel de la sitra a’hra s’opère par l’observance des commandements négatifs.
Cette lumière est aussi appelée la « lumière bleue » (nehora tekhela), terme apparenté à kilayon, « consomption », car elle consume ce qui s’oppose à elle. La sitra a’hra est principalement soumise par l’observance des interdits.
אמנם אף שהה למטה משערות דא״א שהם אש לבנה כעמר נקא. אבל באמת שרש האור שבל״ת גבוה יותר מאש לבנה דמ ״ע
Toutefois, bien qu’elle soit inférieure aux cheveux d’Arich Anpin, qui sont le feu blanc, « comme une laine pure », en vérité, la racine de la lumière des interdits est plus élevée que le feu blanc des commandements positifs,
Bien que cette lumière noire soit inférieure aux cheveux blancs d’Arich Anpin, la racine de la lumière des interdits est en réalité plus élevée que celle des commandements positifs.
דהיינו שהוא מבחינת נהורא סתימאה המקיף על נהורא חיוורא אשר לגודל מדרגתו אינו מושג ענינו ומהותו וכמ״ש בפע״ח שער השבת ספ״ד ועיין מ״ש בביאור ע״פ וקבל היהודים3 מענין יסוד האש עצמו כו׳
c’est-à-dire qu’elle relève du niveau de la lumière cachée qui entoure la lumière blanche ; en raison de l’élévation de son degré, sa nature et son essence ne peuvent être saisies, comme il est écrit dans Pri Etz Chaim, Sha’ar HaShabbos, fin du chapitre 4. Voyez aussi ce qui est écrit dans l’explication sur « Et les Juifs acceptèrent », au sujet de l’élément du feu lui-même, etc. ;
Sa racine est la lumière cachée qui entoure la lumière blanche, trop élevée pour être saisie, comme l’écrit Pri Etz Chaim. Le texte renvoie aussi à l’explication sur « Et les Juifs acceptèrent », au sujet de l’élément du feu lui-même.
ע״ש והתגלותו הוא ע״י שערות שחורות דז״א שהם בחינת נהורא אוכמא ממש שכמו שהם למטה הם למטה הרבה משערות דא״א
voyez là-bas. Sa révélation s’opère par les cheveux noirs de Zeir Anpin, qui sont précisément le niveau de la lumière noire ; car, du fait de leur position inférieure, ils sont très en dessous des cheveux d’Arich Anpin,
Cette lumière cachée se révèle par les cheveux noirs de Zeir Anpin, la lumière noire. À leur niveau inférieur, ils sont bien plus bas que les cheveux d’Arich Anpin.
שהם כעמר נקא בחינת ורב חסד4 להעלות הדברים המותרים שתהיינה כלים ממש לאור א״ס משא״כ בחינת שערות דז״א שחורות
qui sont « comme une laine pure », le niveau de « riche en bonté », afin d’élever les choses permises, de sorte qu’elles deviennent de véritables réceptacles pour la Lumière infinie (Or Ein Sof) ; tandis que le niveau des cheveux de Zeir Anpin est noir,
Les cheveux blancs d’Arikh Anpin sont « riches en bonté » et élèvent les choses permises afin qu’elles deviennent des réceptacles pour la Lumière infinie. Les cheveux noirs de Zeir Anpin agissent différemment.
כעורב5 בבחינת גבורות לדחות הדברים האסורים אף שיש בהן ניצוץ כו׳ עכ״ז דוחין אותו בשתי ידים והרי מעלת ורב חסד גבוה יותר מבחינת הגבורות.
comme un corbeau, relève de l’aspect des sévérités (guevourot) : il rejette les choses interdites — bien qu’elles contiennent une étincelle, etc. — et pourtant on les repousse des deux mains ; or la qualité de « riche en bonté » est supérieure au niveau des sévérités.
Les cheveux noirs agissent par la sévérité, rejetant sans réserve les choses interdites, bien qu’elles contiennent une étincelle. En soi, « riche en bonté » est supérieur à la sévérité.
אמנם מ״מ בהגבורות דנהורא אוכמא דוקא מתלבש ונמשך בחינת נהורא סתימאה הנ״ל ולא בנהורא חיורא.
Néanmoins, c’est précisément dans les sévérités de la lumière noire que le niveau de la lumière cachée mentionnée plus haut s’enveloppe et se prolonge, et non dans la lumière blanche.
Néanmoins, la lumière cachée se prolonge précisément par les sévérités de la lumière noire, et non par la lumière blanche.
משום כי ע״י נהורא חיורא ורב חסד שמזה נמשך ימין מקרבת6 להעלות הדברים המותרים שתהיינה כלי לגילוי אא״ס.
Car, par la lumière blanche, « riche en bonté », d’où provient « la droite qui rapproche », les choses permises sont élevées afin qu’elles deviennent un réceptacle pour la révélation de la Lumière infinie —
La lumière blanche est « la droite qui rapproche », selon l’expression talmudique : elle élève les choses permises afin qu’elles deviennent des réceptacles pour la révélation divine.
הנה א״א להיות כלי לאור א״ס אשר אינו בגדר המשכה ולא בגדר סובב רק הם כלי לאור הסכ״ע
il est impossible [qu’elles] soient un réceptacle pour la Lumière infinie, qui n’entre dans les limites ni d’un prolongement ni d’un englobement ; elles ne sont un réceptacle que pour la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin),
De tels réceptacles ne peuvent toutefois contenir la Lumière infinie, qui dépasse à la fois le prolongement et l’englobement. Ils ne peuvent contenir que la lumière qui entoure tous les mondes.
ולא לעצמותו ומהותו שאינו בגדר שום המשכה אכן בתלת חללי גלגלתא דז״א אשר שם הוא מקור התחלקות מדות חסדים וגבורות
et non pour Son essence et Son être, qui n’entrent dans les limites d’aucun prolongement. Cependant, dans les trois cavités du crâne (Goulgalta) de Zeir Anpin, où se trouve la source de la division des attributs en bontés et sévérités,
Ils ne peuvent contenir l’essence de D.ieu, qui dépasse tout prolongement. Dans les trois cavités du crâne de Zeir Anpin, en revanche, les attributs se divisent d’abord en bontés et sévérités.
ולכן שם הי׳ יכול להיות גילוי מעלת הגבורות שהוא בחינת ל״ת והדחיה לדחות דברים האסורים אשר ענין דחיה זו הוא קיום הרצון עליון בדבר גבוה יותר מקיום הרצון שבדברים המותרים וכנ״ל בענין קליפה קדמה לפרי כו׳
c’est donc là qu’a pu se révéler la supériorité des sévérités, qui relève du niveau des interdits et du rejet : rejeter les choses interdites. Ce rejet accomplit la volonté supérieure dans une chose dont la racine est plus élevée que l’accomplissement de la volonté dans les choses permises, comme expliqué plus haut à propos de « l’écorce précède le fruit », etc.
C’est là que peut se révéler la qualité particulière de la sévérité : les interdits et le rejet des choses interdites. Les rejeter accomplit la volonté de D.ieu par une chose dont la racine est plus élevée que celle des choses permises, comme dans l’expression « l’écorce précède le fruit ».
וזה לא היה יכול להיות בדיקנא דא״א אשר שם הכל בחינת רחמים רבים ורב חסד נהורא חיורא כעמר נקא ומעלת הגבורה בדחיה זו שרשה גבוה יותר מן ורב חסד הנ״ל וכענין מלה בסלע משתוקא בתרין7
Cela n’aurait pas pu se produire dans la barbe d’Arikh Anpin, où tout relève du niveau de la grande miséricorde et de la « richesse en bonté », de la lumière blanche, « comme une laine pure ». La supériorité de la sévérité dans ce rejet a une racine plus élevée que la « richesse en bonté » mentionnée plus haut, comme dans l’adage : « Une parole vaut un séla, le silence en vaut deux »,
Cela ne pouvait se produire dans la barbe d’Arikh Anpin, qui n’est que grande miséricorde et bonté. La sévérité du rejet a une racine plus élevée que cette bonté, comme l’enseigne l’adage : « Le silence vaut deux sélaïm, tandis que la parole en vaut un. »
דהיינו שעי״ז יהיה גילוי עצמות אור א״ס נהורא סתימאה סתימא דכל סתימין. לכן אף שלמטה השערות דז״א הן ודאי למטה במדרגה משערות דא״א מ״מ בהן
C’est-à-dire que, par cela, sera révélée l’essence de la Lumière infinie, la lumière cachée, « la plus cachée de toutes les choses cachées ». Aussi, bien qu’en bas les cheveux de Zeir Anpin soient certainement d’un niveau inférieur à ceux d’Arikh Anpin, néanmoins, en eux…
Par ce rejet, l’essence même de la Lumière infinie, la lumière cachée, « la plus cachée de toutes les choses cachées », est révélée. Ainsi, bien que les cheveux de Zeir Anpin soient d’un niveau inférieur, c’est en eux que cela se produit.
ועל ידן ע״י קיום מצות ל״ת התלוין בהן נמשך ומתגלה עצמות אור א״ס שלמעלה מהגילוי שע״י מ״ע הנמשך ע״י שערות דא״א שהן כעמר נקא.
et par eux, grâce à l’accomplissement des mitsvot négatives qui leur sont liées, l’essence de la Lumière infinie est attirée et révélée — elle se situe au-delà de la révélation produite par les mitsvot positives, qui est attirée par les cheveux d’Arikh Anpin, lesquels sont « comme de la laine pure ».
Par les interdictions liées à ces cheveux, l’essence de la Lumière infinie est révélée, au-delà de la révélation attirée par les mitsvot positives et par les cheveux blancs d’Arikh Anpin.
וזהו מ״ש באד״ר (דק״מ ע״א) ובגין דהני שערי אוכמי וחשוכן כתיב מגלה עמוקות מני חשך89 וע״ש בביאור האדרא מהאריז״ל.
C’est ce qui est dit dans l’Idra Rabba (folio 140a) : « Et parce que ces cheveux sont noirs et sombres, il est écrit : “Il révèle les profondeurs à partir des ténèbres.” » Voir également, à cet endroit, l’explication de l’Idra par l’Arizal.
L’Idra Rabba dit que, parce que ces cheveux sont noirs et sombres, le verset de Job dit : « Il révèle les profondeurs à partir des ténèbres. » Le commentaire de l’Arizal sur l’Idra est cité.
והכוונה כנ״ל שע״י הל״ת נמשך גילוי עמוקות מה שאינו מתגלה עמוקות כאלו ע״י נהורא חיורא דמ״ע כו׳.
L’intention est celle qui a été exposée plus haut : par les interdictions est attirée une révélation des profondeurs, de telles profondeurs que la lumière blanche des mitsvot positives ne révèle pas, etc.
Les interdictions, qui correspondent aux « ténèbres », révèlent des profondeurs que la lumière blanche des mitsvot positives ne peut révéler.
Les interdits, dont la racine se trouve dans les cheveux noirs de Zeir Anpin, sont situés plus bas que les commandements positifs, mais leur racine est plus élevée : par leur sévérité et leur caractère de rejet, ils révèlent la « lumière cachée », l’essence de l’Infini, que la lumière blanche de la bonté ne peut porter. Comme le dit l’Idra, Il « révèle les profondeurs à partir de l’obscurité ».
Les trois couleurs de la flamme correspondent aux trois niveaux : la lumière blanche (les commandements positifs, la barbe d’Arich Anpin), la lumière noire ou bleue (les interdits, les cheveux de Zeir Anpin) et la lumière cachée qui entoure la lumière blanche (l’essence que seuls les interdits révèlent). La note de Kehot renvoie à Or HaTorah, Vayikra, vol. 2, p. 636, à propos de « Il révèle les profondeurs à partir de l’obscurité ».
Maré mekomot
- 1ותורה אור · Proverbs 6:23
- 2כעמר נקא · Daniel 7:9
- 3וקבל היהודים · Esther 9:23
- 4ורב חסד · Exodus 34:6
- 5שחורות כעורב · Song of Songs 5:11
- 6ימין מקרבת · Sotah 47a
- 7מלה בסלע משתוקא בתרין · Megillah 18a:11
- 8מגלה עמוקות מני חשך · Job 12:22
- 9ובגין דהני שערי אוכמי וחשוכן כתיב מגלה עמוקות מני חשך · Zohar, Idra Rabba 33:268–278
42וכענין ממעמקים קראתיך1 כו׳. וז״ש מאד עמקו מחשבותיך2 כו׳ בפרוח כו׳ להשמידם עדי עד3 שע״י דחיית הקליפות דוקא נמשך גילוי מבחינת עומק המחשבה עליונה כו׳.
Comme dans : « Des profondeurs, je T’ai appelé, etc. » Et c’est ce qui est écrit : « Tes pensées sont très profondes, etc. ; lorsque [les méchants] poussent, etc., c’est pour les détruire à jamais » : c’est précisément par le rejet des kelipot qu’est amenée une révélation du niveau de la profondeur de la pensée supérieure, etc.
Le psalmiste appelle D.ieu « des profondeurs » et dit : « Tes pensées sont très profondes… lorsque les méchants poussent… c’est pour les détruire à jamais. » Il faut comprendre ici que seule l’éviction des kelipot révèle la profondeur de la pensée supérieure.
ועד״ז מצינו במצות ציצית דהתכלת גבוה מהלבן כו׳ עיין בפע״ח והיינו הך ממש כי ע״י מצות ציצית כתיב ולא תתורו4 כו׳
De même, nous trouvons au sujet de la mitsva des tsitsit que le bleu (te'helet) est supérieur au blanc, etc. ; voir Pri Etz Chaim. C’est exactement le même principe : car, au sujet de la mitsva des tsitsit, il est écrit : « et vous ne vous égarerez pas, etc. »,
Le même schéma apparaît dans les tsitsit où, selon Pri Etz Chaim, le fil bleu (te'helet) est supérieur au blanc. La Torah dit au sujet des tsitsit : « et vous ne vous égarerez pas », ce qui constitue une interdiction.
זהו קיום מצות ל״ת והוא ע״י גוון תכלת שמכלה הרע ודוחהו וע״י גוון לבן כתיב למען תזכרו ועשיתם את כל מצותי5 קיום המצות עשה וכמ״ש במ״א. ועוד יתבאר לקמן בטעם שהמל״ת נמשכים משערות דז״א דוקא:
ce qui correspond à l’accomplissement des commandements négatifs ; c’est par la nuance bleue qu’ils sont accomplis, car elle consume le mal et le repousse. Quant à la nuance blanche, il est écrit : « afin que vous vous souveniez et accomplissiez tous Mes commandements » : elle correspond à l’accomplissement des commandements positifs, comme il est écrit ailleurs. Il sera également expliqué plus loin pourquoi les interdictions proviennent précisément des cheveux du Zeir Anpin.
Le fil bleu correspond aux interdictions : il consume le mal et le repousse. Le blanc correspond à « souvenez-vous et accomplissez tous Mes commandements », c’est-à-dire aux commandements positifs. La raison pour laquelle les interdictions proviennent des cheveux du Zeir Anpin sera expliquée plus loin.
Les Psaumes et la mitsva des tsitsit illustrent le même principe : le rejet du mal révèle une profondeur qui dépasse ce que révèle l’action positive, de même que le fil bleu est supérieur au blanc.
Maré mekomot
- 1ממעמקים קראתיך · Psalms 130:1
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- 3בפרוח . . להשמדם עדי עד · Psalms 92:8
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- 5למען תזכרו ועשיתם את כל מצותי · Numbers 15:40
« Belle » et les tentures de Chlomo ¶43–48
43ו והנה פי׳ וענין ונאוה הענין הוא כי הנה המדות שלמעלה מהחכמה היינו שהם מקור המדות
6. Or, voici le sens et la portée du mot « belle » : il existe des attributs qui sont au-dessus de 'Hokhma (sagesse), c’est-à-dire qu’ils sont la source des attributs émotionnels (midot),
Une nouvelle section explique le mot « belle ». Elle part de l’idée qu’il existe des attributs au-dessus de 'Hokhma, qui sont la source des attributs émotionnels.
וכמו שבמוסף ר״ה ויוה״כ ובנעילה אומרים מי כמוך אב הרחמים שהוא גילוי בחינה עליונה יותר מבחינת אב הרחמן
comme dans la prière de Moussaf de Roch Hachana et de Yom Kippour, ainsi que dans celle de Néila, où nous disons : « Qui est comme Toi, Père des miséricordes », expression qui révèle un niveau supérieur à celui de « Père miséricordieux ».
Dans la prière de Moussaf de Roch Hachana et de Yom Kippour, ainsi que dans celle de Néila, nous disons : « Qui est comme Toi, Père des miséricordes », une expression plus élevée que « Père miséricordieux ».
כי פי׳ אב הרחמן היינו בהתלבשות האור במדת הרחמנות והוא ממדות דאצילות אבל אב הרחמים פי׳ שמהווה וממשיך מדת רחמנות לרחם על העולמות ולהחיותם
Car « Père miséricordieux » désigne la lumière revêtue de l’attribut de miséricorde, qui fait partie des attributs du Monde d’Atsilout (Émanation) ; tandis que « Père des miséricordes » signifie qu’Il fait naître et suscite l’attribut de miséricorde, afin d’avoir pitié des mondes et de leur donner la vie
« Père miséricordieux » désigne la lumière de D.ieu revêtue de l’attribut de miséricorde au sein d’Atsilout. « Père des miséricordes » désigne la source qui fait naître la miséricorde et la suscite afin de soutenir les mondes.
(וזהו הטוב כי לא כלו רחמיך) והוא בחינות המדות שלמעלה מהחכמה ולכן אומרים זה במוסף ונעילה כשאומרים קדושת כתר.
(et c’est là « le Bon, car Tes miséricordes n’ont pas pris fin »). C’est le niveau des attributs qui sont au-dessus de 'Hokhma ; c’est pourquoi ces paroles sont dites dans la prière de Moussaf et celle de Néila, lorsqu’on récite la Kedoucha de « Kéter ».
La prière « le Bon, car Tes miséricordes n’ont pas pris fin » renvoie à cette source. Celle-ci se situe au-dessus de 'Hokhma ; c’est pourquoi cette prière est dite dans la prière de Moussaf et celle de Néila, lorsque la Kedoucha de « Kéter » (la Couronne) est récitée.
והנה להיות הגילוי משם במדות דאצילות הוא ע״י בחינת שערות. שהשערות הן רק בחינת צומח עד״מ
Or, pour que la révélation de cette source parvienne aux attributs du Monde d’Atsilout, elle passe par le niveau des cheveux. Car les cheveux ne sont, par analogie, que du niveau végétal,
Cette source ne se révèle dans les attributs d’Atsilout qu’au moyen des « cheveux », qui, par analogie, correspondent à la composante végétale de l’être humain.
כי גם המדבר כלול מדצח״מ ובחינת שערות הם רק בחינת צומח שבו שהוא בחינת המדות שנקרא צומח. משא״כ החכמה נקרא חי שלמעלה מבחינת צומח וכמ״ש והחכמה תחיה.1
car même l’être parlant comprend les niveaux minéral, végétal, animal et parlant, et le niveau des cheveux n’est que le niveau végétal en lui, c’est-à-dire celui des attributs, appelés « végétal ». Il n’en va pas de même pour 'Hokhma, appelée « vivant », qui se situe au-dessus du niveau végétal, comme il est écrit : « et la sagesse donne la vie ».
L’être humain comprend les quatre niveaux de la création : minéral, végétal, animal et parlant. Les cheveux correspondent au niveau végétal, qui représente les attributs ; 'Hokhma est le niveau « vivant », au-dessus de celui-ci, comme dans les mots : « la sagesse donne la vie ».
La sixième section commence à expliquer le mot « belle » à partir des attributs qui sont au-dessus de 'Hokhma, tels que « Père des miséricordes ». Ceux-ci se révèlent par les « cheveux », qui correspondent au niveau végétal, situé en dessous de 'Hokhma, le niveau vivant.
Maré mekomot
- 1והחכמה תחי׳ · Ecclesiastes 7:12
44וכמו שהחכמה דאצילות היא למעלה מהמדות דאצילות ונקרא חיה והמדות הן בחינת צומח כך ג״כ בבחינת ע״י וא״א המדות נקרא צומח
De même que la 'Hokhma d’Atsilout est au-dessus des attributs d’Atsilout et est appelée « vivante », tandis que les attributs (midot) sont le niveau du « végétatif », ainsi, dans le niveau d’Atik Yomin et d’Arikh Anpin, les attributs sont également appelés « végétatif ».
L’analogie entre les niveaux s’applique à chaque étape. De même qu’en Atsilout, la 'Hokhma est « vivante » et les attributs « végétatifs », de même, en Atik et en Arikh Anpin, les niveaux de Kéter, les attributs sont « végétatifs ».
וזהו בחינת ושער רישיה כעמר נקא.1 ומשם שרש הגילוי שע״י מ״ע. אבל ע״י הל״ת נמשך גילוי חב״ד דע״י.
C’est là le niveau de « et les cheveux de Sa tête étaient comme de la laine pure ». C’est de là que vient la racine de la révélation produite par les commandements positifs. En revanche, par les interdits se révèle la 'Hokhma, la Bina et le Daat d’Atik Yomin.
Les cheveux blancs « comme de la laine pure » appartiennent à ce niveau végétatif et constituent la racine de ce que révèlent les commandements positifs. Les interdits, en revanche, révèlent la 'Hokhma, la Bina et le Daat d’Atik, son intellect.
כי הנה מ״ע ומל״ת2 נמשכים משם הוי׳ הל״ת מי״ה ומ״ע מו״ה3 ואין הפי׳ שהם משם הוי׳ שמלובש בע״ס דאצילות שהרי מבואר למעלה באריכות שהמצות הם גילוי אור א״ס ע״י בחינת הכתר שהוא הממוצע כו׳.
Car les commandements positifs et les interdits émanent du Nom Havaya : les interdits, du youd-hé, et les commandements positifs, du vav-hé. Cela ne signifie pas qu’ils émanent du Nom Havaya tel qu’il est revêtu dans les dix Séfirot d’Atsilout, car il a été expliqué longuement plus haut que les mitsvot sont une révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), par le niveau de Kéter, qui est l’intermédiaire, etc.
Les kabbalistes enseignent que les interdits proviennent des lettres youd-hé du Nom Havaya, et les commandements positifs des lettres vav-hé. Cela ne peut désigner le Nom tel qu’il est revêtu dans les Séfirot d’Atsilout, puisque les mitsvot proviennent d’au-dessus d’Atsilout, par l’intermédiaire de Kéter.
אלא הפי׳ שנמשכים משם4 הוי׳ דע״י וא״כ המ״ע שנמשכים מו״ה היינו גילוי בחינת ז״ת דע״י שהם המדות וגילוי זה הוא ע״י בחינת השערות ושער רישיה כעמר נקא בחינת צומח
Cela signifie plutôt qu’ils émanent du Nom Havaya d’Atik Yomin. Dès lors, les commandements positifs, qui émanent du vav-hé, sont la révélation du niveau des sept Séfirot inférieures d’Atik Yomin, qui sont les attributs ; cette révélation se fait par le niveau des cheveux : « et les cheveux de Sa tête étaient comme de la laine pure », le niveau végétatif.
Il s’agit du Nom Havaya d’Atik. Le vav-hé, les lettres inférieures, correspond aux sept Séfirot inférieures d’Atik, ses attributs, révélés par les « cheveux » végétatifs de laine blanche ; c’est la source des commandements positifs.
אמנם הל״ת שנמשכים מי״ה היינו חב״ד דע״י א״א שיהיה גילוי בחינה זו ע״י שערות ובחינת צומח כו׳.
Mais les interdits, qui émanent du youd-hé, correspondent à la 'Hokhma, à la Bina et au Daat d’Atik Yomin ; il est impossible que ce niveau soit révélé par les cheveux et le niveau végétatif, etc.
Le youd-hé, les lettres supérieures, correspond à la 'Hokhma, à la Bina et au Daat d’Atik, la source des interdits. Un tel niveau ne peut être révélé par les cheveux, le niveau végétatif.
Les commandements positifs proviennent du vav-hé du Nom Havaya d’Atik, c’est-à-dire de ses attributs, révélés par les cheveux blancs ; les interdits proviennent de son youd-hé, l’intellect d’Atik, qui ne peut absolument pas être révélé par les cheveux.
Dans le Nom Havaya, le youd et le premier hé correspondent à la 'Hokhma et à la Bina, le vav aux six attributs et le hé final à Mal'hout ; appliquée à Atik, cette correspondance situe les interdits dans son intellect et les commandements positifs dans ses attributs. La note du Kehot ajoute que la version de ce passage dans Or HaTorah renvoie à Torah Ohr, Beshalach, « Vayar Yisrael », à propos de deux niveaux du Nom Havaya.
Maré mekomot
- 1ושער רישיה כעמר נקא · Daniel 7:9
- 2כי הנה מ״ע ומל״ת · קטע באוה״ת פ׳ פנחס כרך ו ע׳ א׳תתקמ.
- 3הל״ת מי״ה ומ״ע מו״ה · ראה בד״ה אלו דברים תרנ״א ע׳ קפט.
- 4אלא הפי׳ שנמשכים משם הוי׳ דע״י · באוה״ת שם נוסף: ”וכן נתבאר בתו״א פ׳ בשלח בד״ה וירא ישראל”.
Néanmoins, cette révélation se transmet par les cheveux noirs de Zeir Anpin, qui sont en dessous des cheveux d’Arich Anpin ; c’est là le sens de « Il révèle les profondeurs hors des ténèbres, etc. »
Pourtant, cette révélation suprême passe par les cheveux noirs de Zeir Anpin, qui sont plus bas que ceux d’Arich Anpin. C’est là le sens de « Il révèle les profondeurs hors des ténèbres. »
והענין כי אדרבה לפי שבחינת חב״ד דע״י הוא בחינת היותר גבוה לכן יהי׳ התלבשותו בבחינת שלמטה יותר וכענין הנזכר לעיל מאריה ושור דהאריה שרשו גבוה יותר הרבה משרש השור
L’explication est la suivante : au contraire, puisque le niveau de 'Hokhma, Bina et Daat d’Atik Yomin est le plus élevé, son revêtement se fera donc dans un niveau plus bas, comme dans l’exemple mentionné plus haut du lion et du bœuf : la racine du lion est bien plus élevée que celle du bœuf,
Au contraire, c’est précisément parce que l’intellect d’Atik est le niveau le plus élevé qu’il doit se revêtir dans quelque chose de plus bas, comme dans l’exemple du lion, dont la racine est plus élevée que celle du bœuf.
והרי למטה האריה הוא למטה במדרגה אלא דהיא הנותנת כו׳ וכך עד״מ זה להבדיל יובן גם למעלה יותר אשר האור מבחינת חב״ד דע״י לא יוכל להתלבש בשערות דא״א
et pourtant, en bas, le lion est d’un niveau inférieur — mais c’est précisément là la cause, etc. À la lumière de cet exemple, en faisant la distinction nécessaire, on comprendra aussi ce qui se passe à un niveau encore plus élevé : la lumière du niveau de 'Hokhma, Bina et Daat d’Atik Yomin ne peut se revêtir dans les cheveux d’Arich Anpin,
En bas, le lion est d’un niveau inférieur, et c’est précisément parce que sa racine est plus élevée. De même, la lumière de l’intellect d’Atik ne peut se revêtir dans les cheveux d’Arich Anpin.
רק למטה מהן בשערות דז״א אשר שם האור מאיר על ידי הדחייה בדרך לא כו׳.
mais seulement plus bas qu’eux, dans les cheveux de Zeir Anpin, où la lumière brille par le rejet, selon la modalité du « non », etc.
Elle ne peut se revêtir que plus bas, dans les cheveux de Zeir Anpin, où la lumière brille par le rejet, par le « non ».
La lumière suprême, l’intellect d’Atik, se révèle par le canal le plus bas, les cheveux noirs de Zeir Anpin, selon le principe que ce qui a la racine la plus élevée se pose au niveau le plus bas.
Maré mekomot
- 1מגלה עמוקות מני חשך · Job 12:22
Par cela, on comprendra le sens de « Je suis noire, mais belle » : la révélation du niveau de « belle » vient précisément par « Je suis noire », « noire comme un corbeau ».
Le verset peut désormais se lire ainsi : la beauté, « belle », vient précisément de la noirceur, « noire comme un corbeau ».
L’explication est que « belle » signifie, comme il est écrit : « La sagesse de l’homme éclaire son visage » ; c’est le niveau de « Que D.ieu fasse briller Son visage vers toi »,
« Belle » désigne un visage lumineux, comme dans « La sagesse de l’homme éclaire son visage » et dans la bénédiction sacerdotale : « Que D.ieu fasse briller Son visage vers toi ».
שהוא תיקון השביעי מי״ג תקונים דא״א תיקון ואמת שהוא הארת פנים שהפנים פנוי משערות כי הוא למעלה מבחינת שערות וצמצומים שהן רק בחינת צומח.
qui est le septième des treize tikounim d’Arikh Anpin, le tikoun de « et vérité », c’est-à-dire l’illumination du visage ; car le visage est dépourvu de poils, puisqu’il se situe au-dessus du niveau des poils et des contractions, qui ne relèvent que du végétal.
C’est le septième des treize tikounim — les « arrangements » de la barbe d’Arikh Anpin, qui correspondent aux Treize Attributs de Miséricorde —, appelé « et vérité » : le visage lui-même, dépourvu de poils. Le visage se situe au-dessus des poils et de leurs contractions, qui ne relèvent que du végétal.
אבל חכמת אדם תאיר פניו היינו עצמות חכמה שבכתר שלמעלה מבחינת צומח כנ״ל (ועיין מ״ש מענין זה בביאור ע״פ ויכתוב משה את מוצאיהם4 למסעיהם5 ועיין בהרמ״ז בפרשה ויקרא בתחלת הפ׳ שכ׳ שבתיקון ואמת מאיר דעת דעתיק כו׳ ע״ש).
Mais « La sagesse de l’homme éclaire son visage » désigne l’essence de 'Hokhma en Kéter, au-dessus du niveau du végétal, comme expliqué plus haut. (Voyez ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication sur « Et Moché écrivit leurs étapes selon leurs départs » ; voyez aussi le Ramaz sur la paracha de Vayikra, au début de la paracha, où il écrit que, dans le tikoun de « et vérité », le Daat d’Atik rayonne, etc. ; voyez là-bas.)
La sagesse qui « éclaire le visage » est l’essence de 'Hokhma en Kéter, au-dessus du niveau du végétal. Le Ramaz écrit que, dans le tikoun de « et vérité », le Daat d’Atik rayonne.
וזהו שחורה אני ונאוה6 שע״י קיום מצות ל״ת שהם נמשכים מבחי׳ שערי אוכמי. עי״ז ונאוה הוא גילוי הארת פנים שהוא למעלה מעלה מבחינת השערות דא״א וכנ״ל.
Tel est le sens de « Je suis noire, mais belle » : par l’accomplissement des mitsvot négatives, qui découlent du niveau des cheveux noirs, vient « belle », c’est-à-dire la révélation de l’illumination du visage, infiniment supérieure au niveau des cheveux d’Arikh Anpin, comme expliqué plus haut.
Ainsi, « Je suis noire, mais belle » signifie que l’observance des interdits, issus des cheveux noirs, fait venir l’illumination du visage, infiniment supérieure aux cheveux d’Arikh Anpin.
ועוד בחינה גבוה יותר והוא ענין כיריעת שלמה שהשלום שלו ע״ש הפסוק או יחזיק במעוזי יעשה שלום לי7 שלום יעשה לי.
Il existe encore un niveau plus élevé : c’est le sens de « semblables aux tapisseries de Chlomo » — [le Roi] à qui appartient la paix (chalom) —, selon le verset : « Ou qu’il saisisse Ma forteresse, qu’il fasse la paix avec Moi ; la paix, qu’il la fasse avec Moi. »
Il existe un niveau encore plus élevé : « semblables aux tapisseries de Chlomo », que l’on lit comme désignant le Roi à qui appartient la paix (chalom). Le verset d’Isaïe mentionne deux fois la « paix » : « qu’il fasse la paix avec Moi ; la paix, qu’il la fasse avec Moi ».
ב״פ שלום היינו בפמליא של מעלה ובפמליא של מטה.89 פי׳ בפמליא של מטה היינו שיהיה התאחדות וגילוי אצילות בבי״ע צ״ל ע״י שלום המחברן ומקשרן.
La « paix » est mentionnée deux fois : il s’agit de la cour céleste et de la cour terrestre. Le sens de « dans la cour terrestre » est le suivant : pour qu’il y ait union et révélation d’Atsilout dans Béria, Yetsira et Assiya, il faut une paix qui les unisse et les lie.
Le Talmud interprète les deux mentions de la paix comme désignant la paix dans la cour céleste et dans la cour terrestre. La paix ici-bas est le lien qui rattache Atsilout aux mondes inférieurs et permet que la révélation s’y manifeste.
« Belle » désigne le visage lumineux, le tikoun « et vérité », au-dessus de tous les poils, qui se révèle par les interdits « noirs ». Un niveau encore plus élevé est celui des « tapisseries de Chlomo » : la paix qui unit les mondes supérieurs et inférieurs.
Dans les treize tikounim de la barbe d’Arikh Anpin, le septième, « et vérité », est le visage nu entre les poils ; il représente une révélation qui ne passe pas par les canaux étroits des poils. Le commentaire du Ramaz, selon lequel le Daat d’Atik y rayonne, s’accorde avec l’affirmation que les interdits, enracinés dans l’intellect d’Atik, font venir cette illumination.
Maré mekomot
- 1שחורות כעורב · Song of Songs 5:11
- 2חכמת אדם תאיר פניו · Ecclesiastes 8:1
- 3יאר ה׳ פניו אליך · Numbers 6:25
- 4ע״פ ויכתוב משה את מוצאיהם · לעיל פ׳ מסעי.
- 5ויכתוב משה את מוצאיהם למסעיהם · Numbers 33:2
- 6וזהו שחורה אני ונאוה · Song of Songs 1:5
- 7או יחזיק במעוזי יעשה שלום לי · Isaiah 27:5
- 8בפמליא . . של מטה · סנהדרין (צט, ב). [כ].
- 9בפמליא של מעלה ובפמליא של מטה · Sanhedrin 99b:10–11
47ושלום בפמליא של מעלה היינו התקשרות וגילוי אור המאציל בנאצלים הוא על ידי בחינת יסוד המייחדן ועושה שלום בין דברים רחוקים אשר אין ערוך זה לזה
Et la paix dans la cour céleste désigne le lien et la révélation de la lumière de l’Émanateur dans les niveaux émanés ; cela s’accomplit par le niveau de Yessod, qui les unit et fait la paix entre des choses éloignées, sans commune mesure les unes avec les autres.
La paix dans la cour céleste est le lien qui unit la lumière de l’Émanateur aux niveaux émanés. Elle s’accomplit par Yessod, qui unit des choses si éloignées qu’elles sont sans commune mesure.
שהרי הוא יתברך המתנשא מימות עולם דאצילות ומ״מ מחדש בטובו בכל יום תמיד מעשה בראשית כו׳
Car Lui, béni soit-Il, est « élevé au-dessus des jours du monde » d’Atsilout, et pourtant, « dans Sa bonté, Il renouvelle chaque jour, constamment, l’œuvre de la création, etc. »
D.ieu est « élevé » très au-dessus d’Atsilout, comme le dit la prière du matin, et pourtant, « dans Sa bonté, Il renouvelle chaque jour l’œuvre de la création ». Le lien entre ces deux aspects est la paix que fait Yessod.
(ולפמ״ש בשל״ה פ׳ ואתחנן1 דטוב במלופם הוא הטוביות התוכיות הנבחרת מהטוב כו׳ עכ״ל ועיין בזהר תרומה קס״ה י״ל דטובו הוא הבחי׳ העליונה שבכתר שעי״ז מחדש וממשיך האור ברב חסד דא״א2 כו׳ ועיין בזהר ר״פ אמור ובהרמ״ז שם ועמ״ש בד״ה ואתחנן מענין ובטובו מחדש כו׳)
(Selon ce qui est écrit dans le Shelah, Parshas Va’eschanan : « Le “bien”, dans son sens plein, désigne la bonté intérieure, le meilleur du bien, etc. », fin de citation — voir aussi le Zohar, Terumah, [folio] 165 — on peut dire que « Sa bonté » est le niveau le plus élevé de Kéter, par lequel Il renouvelle et fait descendre la lumière dans la « grande bonté » d’Arich Anpin, etc. Voir aussi le Zohar au début de Parshas Emor, ainsi que le Ramaz à cet endroit ; et voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Va’eschanan », au sujet de « dans Sa bonté, Il renouvelle, etc. »)
Le Shelah écrit que le « bien », dans son sens plein, désigne la bonté intérieure, la plus parfaite. Sur cette base, « Sa bonté » est le niveau le plus élevé de Kéter, par lequel une lumière nouvelle est attirée dans la « grande bonté » d’Arich Anpin. D’autres références au Zohar et à un discours sur « Va’eschanan » sont indiquées.
גם באצילות לבד יש ב״פ שלום היינו יחוד חו״ב ע״י הדעת המחברן והתכללות חו״ג ע״י הת״ת גם להיות כל מדה כלולה מעשר כ״ז הוא ענין עושה שלום במרומיו.3
Même dans Atsilout seul, il y a la paix sous deux formes : l’union de 'Hokhma et de Bina par Daat, qui les relie, et l’inclusion mutuelle de 'Hessed et de Guevoura par Tiferet ; il y a aussi le fait que chaque attribut soit composé de dix. Tout cela relève de « Il fait la paix dans Ses hauteurs ».
Dans Atsilout même, il existe également deux sortes de paix : Daat unit 'Hokhma et Bina, et Tiferet harmonise 'Hessed et Guevoura ; chaque attribut comprend aussi les dix. C’est cela, « Il fait la paix dans Ses hauteurs ».
La paix « en haut » est le lien, par Yessod, entre l’Émanateur et les niveaux émanés ; dans Atsilout, il y a également la paix réalisée par Daat entre 'Hokhma et Bina, et par Tiferet entre 'Hessed et Guevoura.
La note du Kehot ajoute que le commentaire du Shelah sur le « bien » est également cité dans les Biurei HaZohar du Tséma'h Tsédek.
Maré mekomot
- 1ולפמ״ש בשל״ה פ׳ ואתחנן · מובא גם בביאוה״ז להצ״צ ע׳ קלא.
- 2ברב חסד דא״א · Exodus 34:6
- 3עושה שלום במרומיו · Job 25:2
Tout cela relève de Son revêtement dans les mondes et de la paix qu’Il établit entre eux. Voir Igueret HaKodech, sur le verset : « L’œuvre de la charité sera la paix. »
Toutes les formes de paix décrites jusqu’ici relèvent du revêtement de D.ieu dans les mondes, où des éléments distincts doivent être réconciliés. Igueret HaKodech traite de cette question à propos du verset « L’œuvre de la charité sera la paix. »
אבל יריעות שלמה היינו שהשלום שלו שאין שייך כלל שם לומר שיש שני דברים שצריך לעשות שלום ביניהם כ״א הכל כלא ממש חשיבי.
Mais « les tentures de Chlomo » désignent [Celui] à qui appartient la paix : il n’y a alors absolument pas lieu de dire qu’il existe deux choses entre lesquelles il faut établir la paix ; au contraire, tout est considéré comme n’étant véritablement rien.
« Les tentures de Chlomo » désignent le Roi à qui appartient la paix : un niveau où il n’existe nullement deux choses ayant besoin d’être réconciliées, car tout est absolument annulé devant Lui.
אפילו אור צח אוכם הוא קמיה34 ובטלים במקורן כזיו השמש במקורו אשר אין שייך לקרוא בשם אור מחמת כי הוא בטל במאור
Même « une lumière pure est ténèbres devant Lui », et elles sont annulées dans leur source, comme le rayonnement du soleil dans sa source, auquel on ne saurait donner le nom de « lumière », puisqu’il est annulé dans le luminaire
Comme le dit le Tikouné Zohar, même la lumière la plus pure est ténèbres devant Lui. Tout est annulé dans sa source, comme la lumière du soleil à l’intérieur du soleil, où elle n’est même pas appelée « lumière ».
(וזהו כענין יחוד וביטול ע״ס דעקודים במאצילן שהם עקודים בכלי אחד שמעוצם הביטול בא״ס ב״ה הרי הם בכלי אחד כו׳ ואין שייך לומר שיש שנ דברים שצריך לעשות שלום ביניהם כמו בע״ס דאצילות שכל אחד בכלי מיוחד)
(Cela ressemble à l’union et à l’annulation des dix Séfirot d’Akoudim dans leur Émanateur : elles sont « liées » dans un seul réceptacle, car l’intensité de leur annulation dans l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, les maintient dans un seul réceptacle, etc. Il n’y a pas lieu de dire qu’il existe deux choses entre lesquelles il faut établir la paix, comme pour les dix Séfirot d’Atsilout, dont chacune possède son propre réceptacle.)
Cela ressemble au monde d’Akoudim, stade ancien dans le récit de l’émanation selon l’Arizal, où les dix Séfirot étaient « liées » dans un seul réceptacle en raison de leur intense annulation dans l’Infini. Dans Atsilout, en revanche, chaque Séfira possède son propre réceptacle ; il faut donc établir la paix entre elles.
ולע״ל יתגלה בחי׳ זו גם כן דיריעות שלמה דהיינו כאשר יהיה התגלות עצמותו ומהותו אני הוי׳ לא שניתי זהו נקרא יריעות שלמה שהוא מקיף על כל בחי׳ השלום וגבוה מהם.
Et, dans le Temps futur, ce niveau aussi, celui des « tentures de Chlomo », sera révélé : lorsque Son essence et Son être se dévoileront — « Moi, D.ieu, Je n’ai pas changé » —, cela s’appelle « les tentures de Chlomo » ; elles englobent tous les niveaux de paix et leur sont supérieures.
Ce niveau où rien n’a besoin d’être réconcilié se révélera dans le Temps futur, lorsque l’essence de D.ieu — « Moi, D.ieu, Je n’ai pas changé » — sera dévoilée. Il englobe et transcende toutes les formes de paix.
הנה יריעות שלמה הם לבנים דהנה כתיב וישכם לבן בבקר5 היינו הארה מבחינת לובן העליון התגלות חסד עליון בכל הפרצופים וינשק לבניו17
Or, les tentures de Chlomo sont blanches. Car il est écrit : « Et Lavan se leva de bon matin » ; cela désigne une illumination du niveau de la blancheur supérieure, le dévoilement de la bonté supérieure dans tous les partsoufim ; « et il embrassa ses fils
Les tentures de Chlomo sont blanches. Le verset où Lavan — dont le nom signifie « blanc » — se lève le matin est interprété comme la blancheur supérieure : la bonté de D.ieu qui rayonne dans tous les partsoufim (les « configurations » selon lesquelles les Séfirot d’Atsilout sont agencées).
ולבנותיו הם בחינת עילה ועלול משפיע מקבל ואח״כ וישב ל בן למק ומו אך זהו הכל בחינת הארת החסד א״ס ב״ה המתגלה באצי׳
et ses filles » : cela désigne le niveau de cause et d’effet, de celui qui donne et de celui qui reçoit ; puis : « et Lavan retourna à sa place. » Mais tout cela relève de l’illumination de la bonté de l’Infini, béni soit-Il, révélée dans Atsilout.
Le fait qu’il embrasse ses « fils et ses filles » désigne le flux de la cause vers l’effet, de celui qui donne vers celui qui reçoit, puis « Lavan retourna à sa place ». Tout cela relève de la bonté de l’Infini révélée dans Atsilout.
אמנם מרבע״ה ביקש אעברה נא ואראה6 את ההר הטוב הזה והלבנון ופי׳ לבנון כפל לשון הליבון היינו מקור הלבנונית שאינו יכול להתלבש כלל בע״ס ומאיר רק בבחינת מקיף
Cependant, Moché notre maître demanda : « Laisse-moi traverser, je te prie, et voir la bonne montagne et le Levanon. » Levanon est une forme redoublée de « blancheur » (liboun), c’est-à-dire la source de la blancheur, qui ne peut absolument pas se revêtir dans les dix Séfirot et ne brille que sous forme enveloppante
Moché demanda à voir « la bonne montagne et le Levanon ». Levanon redouble la racine du mot « blanc » : il désigne la source de la blancheur, qui ne peut nullement pénétrer dans les Séfirot et ne brille que comme lumière enveloppante.
(וז״ש ואראה כו׳ כי עצם הגילוי יהיה רק לעתיד והתהלכתי בתוככם7 או אעפ״כ על ידי קיום מצות התלויות בארץ יוכל לבא לבחינת שיראה את בחינת הלבנון בבחינת ראיה לבד)8 ונקרא יריעות שלמה. נוטה שמים כיריעה.9
(Et c’est ce qui est écrit : « et je verrai, etc. », car la révélation essentielle n’aura lieu que dans les Temps futurs, « et Je marcherai au milieu de vous » ; ou bien, néanmoins, par l’accomplissement des mitsvot liées à la Terre, il pourra parvenir au niveau où il verra le Levanon, par la vue seulement.) Et cela est appelé « les tentures de Chlomo » : « Il déploie les cieux comme une tenture. »
Il demanda seulement à « voir », car la révélation complète appartient aux Temps futurs, lorsque « Je marcherai au milieu de vous » ; cependant, en observant les mitsvot liées à la Terre, il pouvait au moins entrevoir le Levanon. C’est cela, « les tentures de Chlomo », comme le dit le psaume : « Il déploie les cieux comme une tenture. »
והענין דמבואר למעלה דעל ידי קיום מל״ת נמשך גילוי חב״ד דע״י וזהו מ״ש דל״ת נמשכים מי״ה.
L’explication est la suivante : il a été expliqué plus haut que l’accomplissement des interdictions suscite une révélation de 'Hokhma, Bina et Daat d’Atik Yomin ; c’est ce que signifie l’affirmation selon laquelle les interdictions procèdent de youd-hé.
Comme il a été expliqué plus haut, les interdictions révèlent 'Hokhma, Bina et Daat d’Atik ; c’est pourquoi il est dit qu’elles proviennent des lettres youd-hé.
ועל גילוי זה אמר ונאוה כאהלי קדר וכמש״ל הטעם שהמשיל גילוי זה כאהלי קדר. ואח״כ אמר עוד שיתגלה בחינת גבוה יותר
Et c’est à propos de cette révélation qu’il est dit : « belle comme les tentes de Kédar » ; la raison pour laquelle cette révélation a été comparée aux tentes de Kédar a été exposée plus haut. Puis il est dit encore qu’un niveau plus élevé sera révélé,
Cette révélation est « belle comme les tentes de Kédar », comme cela a été expliqué. Le verset évoque ensuite un niveau encore plus élevé.
והיינו מקיפים דחב״ד דע״י וזהו בחינת כיריעות שלמה (ועיין במבוא שערים) (שער שני חלק שלישי פ״ה) החלק המעולה והגדול מאד הוא הנשאר מקיף כו׳ ע״ש.
à savoir les lumières enveloppantes de 'Hokhma, Bina et Daat d’Atik Yomin ; c’est là le niveau de « comme les tentures de Chlomo ». (Voir également Mevo She’arim) (Sha’ar 2, Part 3, chapitre 5) : « La part supérieure et très grande est celle qui demeure enveloppante, etc. » ; voir là-bas.
Ce niveau supérieur correspond aux lumières enveloppantes de l’intellect d’Atik, « les tentures de Chlomo ». Mevo She’arim enseigne que la part la plus grande et la plus élevée de la lumière demeure enveloppante.
וצ״ל ממ״ש (בשער ג׳ ח״א פ״ה) כי אור הפנימי גדול כו׳ וכ״כ בע״ח (במהדורא קמא ש״י ספ״ב).
Il faut concilier cela avec ce qui est écrit (dans Sha’ar 3, Part 1, chapitre 5), à savoir que la lumière intérieure est grande, etc. ; Etz Chaim l’écrit également (dans la première édition, Sha’ar 10, fin du chapitre 2).
Cela doit être concilié avec l’affirmation faite ailleurs dans Mevo She’arim et dans la première édition d’Etz Chaim, selon laquelle la lumière intérieure est la plus grande.
וכ״כ במ״ח מס׳ עתיק ספ״א. ועיין מש״ש במבוא שערים (ש״ג ח״א רפ״ה) ואולי המעיין כו׳
C’est également ce qui est écrit dans Mishnas Chassidim, Maseches Atik, fin du chapitre 1. Voir aussi ce qui est écrit là dans Mevo She’arim (Sha’ar 3, Part 1, début du chapitre 5) : « Et peut-être le lecteur, etc. » ;
La même idée est énoncée dans Mishnas Chassidim, ouvrage qui présente la Kabbala de l’Arizal sous la forme de la Michna, dans son traité consacré à Atik ; le lecteur est également renvoyé à un passage de Mevo She’arim qui commence par « Et peut-être le lecteur… ».
ע״ש ועיין בהרמ״ז ר״פ שמיני מענין א״פ וא״מ דעתיק שהא״מ הוא מתפשט וכו׳ עד אין חקר עכ״ל
voir là-bas. Voir également le Ramaz, au début de Parshas Shemini, au sujet de la lumière intérieure et de la lumière enveloppante d’Atik : la lumière enveloppante se déploie, etc., au-delà de toute recherche. Fin de citation.
Le Ramaz enseigne que la lumière enveloppante d’Atik se déploie sans limite, au-delà de toute recherche.
והיינו כמ״ש כאן והכל על ידי בחי׳ שחורה אני שירדה הנשמה למטה בכדי לקיים בחינת אתכפיא ואתהפכא חשוכא לנהורא כו׳
Et c’est ce qui est écrit ici. Tout cela advient par le niveau de « je suis noire » : l’âme est descendue ici-bas afin de mettre en œuvre l’assujettissement (iskafya) et la transformation (is’hapcha) des ténèbres en lumière, etc.,
Cela correspond à ce qui est dit ici. Tout advient par « je suis noire » : l’âme descend ici-bas afin d’assujettir les ténèbres et de les transformer en lumière.
על ידי סור מרע ועשה טוב10 שעי״ז יתבררו כל הסיגים ממה שנפל משבירת הכלים ולא יהיה שום מסך מבדיל. ונגלה כבוד11 ה׳ עין בעין יראו.12 ביום ההוא13 יהיה ה׳ אחד ושמו אחד.
par « Écarte-toi du mal et fais le bien », car ainsi toutes les scories provenant de ce qui est tombé lors du brisement des réceptacles seront purifiées, et aucun écran séparateur ne subsistera. « La gloire de D.ieu sera révélée » ; « ils verront de leurs yeux » ; « en ce jour, D.ieu sera Un et Son Nom sera Un ».
En s’écartant du mal et en faisant le bien, toutes les scories du brisement seront purifiées et aucun écran ne subsistera. Alors, « la gloire de D.ieu sera révélée », « ils verront de leurs yeux », et « D.ieu sera Un et Son Nom sera Un ».
(ויובן עוד ענין בחינת יריעות שלמה ממ״ש במ״א סד״ה עד דלא ידעי בין ארור המן לברוך מרדכי14 כי ארור המן הוא הקליפה המכסה ומסתיר שם י״ה בחינת הל״ת וברוך מרדכי הוא המשכת מ״ע בחינת ו״ה.
(On comprendra davantage le niveau des « rideaux de Chlomo » à partir de ce qui est écrit ailleurs, à la fin du discours qui commence par « Jusqu’à ce qu’il ne sache pas [faire la différence] entre “Maudit soit Haman” et “Béni soit Mordekhaï” » : « Maudit soit Haman » désigne la kelipa qui couvre et dissimule le Nom youd-hé, le niveau des commandements négatifs, tandis que « Béni soit Mordekhaï » désigne le flux des commandements positifs, le niveau de vav-hé.)
Un autre discours explique la formule de Pourim « jusqu’à ce qu’il ne sache pas faire la différence entre “Maudit soit Haman” et “Béni soit Mordekhaï” ». « Maudit soit Haman » désigne la kelipa qui dissimule le youd-hé, la source des commandements négatifs, tandis que « Béni soit Mordekhaï » désigne le flux des commandements positifs, le vav-hé.
ובחינת תשובה עילאה עולה למעלה מבחינת י״ה ומבחינת ו״ה וכמ״ש גבי יום הכפורים לפני הוי׳ תטהרו למעלה מבחינת שם הוי׳ שבו תלויין המצות עשה ומצות לא תעשה כו׳.
Et le niveau de la techouva supérieure (techouva ila’a) s’élève au-dessus du niveau de youd-hé et de celui de vav-hé, comme il est écrit au sujet de Yom Kippour : « Devant Havaya, vous serez purifiés », c’est-à-dire au-dessus du niveau du Nom Havaya, dont dépendent les commandements positifs et les commandements négatifs, etc.
La techouva supérieure atteint un niveau au-dessus de youd-hé et de vav-hé. C’est pourquoi la Torah dit au sujet de Yom Kippour : « Devant Havaya, vous serez purifiés » : depuis un niveau au-dessus du Nom dont dépendent toutes les mitsvot.
וכן בפורים זכו לגילוי זה ע״י המס״נ בגזירת המן שהושחרו פניהם וזהו בחינת שחורה אני ונאוה כיריעות שלמה.15
De même, à Pourim, ils méritèrent cette révélation grâce au sacrifice de soi (messirout néfech) face au décret de Haman, qui avait noirci leurs visages ; c’est là le niveau de « Je suis noire, mais belle, comme les rideaux de Chlomo ».
À Pourim, les Juifs atteignirent ce niveau grâce à leur sacrifice de soi, lorsque le décret de Haman « noircit leurs visages ». C’est là le sens de : « Je suis noire, mais belle, comme les rideaux de Chlomo ».
ולכן השמחה עד דלא ידעי בין כו׳ כי הוא גבוה הרבה מב׳ הבחינות דעשה ול״ת כו׳ ולכן ביוהכ״פ היה מלבין הלשון של זהורית16 והוא ע״י ההמשכה ממקור הלבנונית וכענין והלבנון כו׳):18
C’est pourquoi la réjouissance va « jusqu’à ce qu’il ne sache pas faire la différence entre, etc. », car elle se situe bien au-dessus des deux niveaux, celui des commandements positifs et celui des commandements négatifs, etc. C’est pourquoi, à Yom Kippour, le fil cramoisi devenait blanc ; cela se produisait par le flux provenant de la source de la blancheur, comme dans « et le Levanon, etc. »)
La joie de Pourim dépasse donc la connaissance de la différence entre les deux, puisqu’elle se situe au-dessus des commandements positifs comme des commandements négatifs. De même, à Yom Kippour, le fil cramoisi devenait blanc, grâce à la source de la blancheur, le « Levanon ».
Au-dessus de la paix qui réconcilie des éléments distincts se trouvent « les tentures de Chlomo », où rien n’a besoin d’être réconcilié, car tout est annulé en D.ieu. Cette source de blancheur, la lumière enveloppante de l’intellect d’Atik, se révélera dans le Temps futur ; on y accède par la descente de l’âme et, en des occasions telles que Pourim et Yom Kippour, par le sacrifice de soi et une techouva supérieure.
La note du Kehot relève deux variantes de la parenthèse sur Moché : dans Hanachos HaRap, elle figure sans parenthèses ; dans Or HaTorah, une version plus développée précise que Moché voulait accomplir les mitsvot du pays, bien qu’elles soient des commandements positifs, afin d’atteindre la « vision », tandis que le dévoilement principal viendra du « ne pas » des interdits. Elle se termine par la remarque : « ainsi ai-je trouvé, et cela n’est pas compris. »
Maré mekomot
- 1והיה מעשה הצדקה שלום · Isaiah 32:17
- 2באגה״ק ע״פ והיה מעשה הצדקה שלום · Tanya, Iggeres HaKodesh 12:1
- 3אור צח אוכם הוא קמי׳ · ת״ז ת״ע קלה, ב.
- 4אור צח אוכם הוא קמיה · Tikkunei Zohar 135b:1
- 5וישכם לבן בבקר · Genesis 32:1
- 6אעברה נא ואראה · Deuteronomy 3:25
- 7והתהלכתי בתוככם · Leviticus 26:12
- 8(וז״ש ואראה כו׳ . . בבחינת ראיה לבד) · המוסגר נמצא גם בס׳ הנחות הר״פ ע׳ קלד בלי סוגריים. וראה באוה״ת שה״ש כרך ג ע׳ תתלח: (ולכן רצה משה לבא לא״י לקיים מצות התלויות בארץ תרומות כו׳ ואף שהם בחי׳ מ״ע מ״מ עי״ז יכול להיות רואה בחי׳ ואראה את הארץ כי עיקר ההתגלות יהי׳ לע״ל מבחי׳ לא דהיינו מהל״ת וזהו רק שהי׳ יכול להיות ואראה בחי׳ ראיה, כך מצאתי ואינו מובן)”. וכ״ה בד״ה שחורה אני במאמרי אדה״א.
- 9נוטה שמים כיריעה · Psalms 104:2
- 10סור מרע ועשה טוב · Psalms 34:15
- 11ונגלה כבוד ה׳ · Isaiah 40:5
- 12עין בעין יראו · Isaiah 52:8
- 13ביום ההוא יהי׳ ה׳ אחד · Zechariah 14:9
- 14עד דלא ידעי בין ארור המן לברוך מרדכי · Megillah 7b:7–8
- 15שחורה אני ונאוה כיריעות שלמה · Song of Songs 1:5
- 16מלבין הלשון של זהורית · Yoma 68b:9
- 17הארה מבחי׳ לובן העליון · ראה תו״א כג, ג. ובאוה״ת בראשית פ׳ ויצא כרך א רכו, א בשם מגיד מישרים ישן.
- 18לפני הוי׳ תטהרו · Leviticus 16:30
« Lève-toi devant les cheveux blancs » ¶49–54
49ז ואחכ״ז יובן ג״כ פי׳ הפסוק מפני שיבה תקום1 כו׳. דהנה מבואר בלק״ת מהאריז״ל בטעמי מצות סוף פר׳ קדושים. דמפני שיבה תקום. היינו דיקנא דא״א. והדרת פני זקן. היינו דיקנא דז״א.
7. Après tout cela, le sens du verset « Lève-toi devant la tête chenue, etc. » sera également compris. En effet, il est expliqué dans le Likkutei Torah de l’Ari Zal, dans Taamei HaMitsvot, à la fin de la paracha Kedochim, que « Lève-toi devant la tête chenue » se rapporte à la barbe d’Arikh Anpin, et que « et honore le visage du vieillard » se rapporte à la barbe de Zeir Anpin.
Une septième section applique tout cela au verset « Lève-toi devant la tête chenue et honore le visage du vieillard. » L’Ari Zal interprète « la tête chenue » comme la barbe blanche d’Arikh Anpin, et « le vieillard » comme la barbe de Zeir Anpin.
La section finale aborde le verset de la paracha Kedochim, que l’Ari Zal met en rapport avec les deux barbes célestes.
Maré mekomot
- 1מפני שיבה תקום · Leviticus 19:32
50ואיך שייך לומר על האדם שלמטה שיקום מפני אריך וז״א כו׳ והלא לית מחשבה תפיסא1 כו׳ וכתיב כי לא יראני האדם וחי2 כו׳.
Mais comment peut-on dire d’un homme d’ici-bas qu’il doit se lever devant Arich Anpin et Zeir Anpin, etc. ? N’est-il pas dit : « Aucune pensée ne peut saisir, etc. », et n’est-il pas écrit : « Car nul homme ne peut Me voir et vivre, etc. » ?
Comment un homme peut-il se tenir devant Arich Anpin et Zeir Anpin, des niveaux qu’« aucune pensée ne peut saisir » ? La Torah dit même : « Nul homme ne peut Me voir et vivre. »
אלא הענין דהכוונה על קיום התורה ומצות שהן נמשכין מדיקנא דא״א ומדיקנא דז״א. המ״ע הן המשכות מדיקנא דא״א והלא תעשה הם בדיקנא דז״א.
Mais voici de quoi il s’agit : cela désigne l’accomplissement de la Torah et des mitsvot, qui se prolongent depuis la barbe d’Arich Anpin et la barbe de Zeir Anpin. Les commandements positifs se prolongent depuis la barbe d’Arich Anpin, tandis que les interdictions relèvent de la barbe de Zeir Anpin.
La réponse est que le verset désigne l’observance de la Torah et des mitsvot, qui émanent de ces deux barbes : les commandements positifs de la barbe d’Arich Anpin, les interdictions de celle de Zeir Anpin.
Se tenir devant les barbes suprêmes signifie observer les mitsvot qui en émanent.
Maré mekomot
- 1לית מחשבה תפיסא · Tikkunei Zohar 17a:10–12
- 2כי לא יראני האדם וחי · Exodus 33:20
51וכשמקיים המצוה בהידור מצוה כדין ה״ז מקיים מפני שיבה תקום12 כו׳ וביותר לפמ״ש במ״א שהמצות נקרא שלוחי3 ה׳ ושלוחו של אדם כמותו4 א״כ זהו ממש מפני שיבה תקום כו׳
Et lorsqu’on accomplit la mitsva en l’embellissant comme il convient, on accomplit ainsi « Lève-toi devant une tête chenue, etc. ». À plus forte raison selon ce qui est écrit ailleurs : les mitsvot sont appelées « les envoyés de D.ieu », et « l’envoyé d’une personne est comme elle-même » ; dès lors, c’est littéralement « Lève-toi devant une tête chenue, etc. ».
Accomplir une mitsva avec beauté réalise « Lève-toi devant une tête chenue », car les mitsvot émanent des barbes célestes. De plus, le Midrach appelle les mitsvot les envoyés de D.ieu, et l’envoyé d’une personne étant comme elle-même, honorer une mitsva revient à honorer D.ieu.
וכן בכלל זה הידור ת״ח וקימה מפני ס״ת וכמבואר בזהר ס״פ קדושים רב המנונא סבא כד הוה חמא ס״ת הוה קם מקמי׳ ואמר מפני שיבה תקום כו׳.
Cela inclut également l’honneur dû à un érudit en Torah et le fait de se lever devant un rouleau de la Torah, comme l’explique le Zohar à la fin de la paracha Kedochim : lorsque Rav Hamnouna Sava voyait un rouleau de la Torah, il se levait devant lui et disait : « Lève-toi devant une tête chenue, etc. »
Honorer un érudit en Torah et se lever devant un rouleau de la Torah sont également inclus. Le Zohar rapporte que Rav Hamnouna Sava se levait devant un rouleau de la Torah et citait ce verset.
וזהו דקיי״ל (בקידושין דף ל״ב ע״ב) דמפני שיבה תקום היינו זקן וחכם.5 והדרת פני זקן היינו שקנה חכמה ואפילו יניק וחכים
C’est pourquoi nous statuons (Kiddushin, daf 32b) que « Lève-toi devant une tête chenue » désigne celui qui est âgé et sage, tandis que « honore le visage de l’ancien » désigne celui qui a acquis la sagesse, même s’il est jeune et sage.
Comme le texte le cite de Kiddushin, « la tête chenue » désigne celui qui est âgé et sage, tandis que « l’ancien » désigne quiconque a acquis la sagesse, même une jeune personne.
והיינו כפירוש הלק״ת דמפני שיבה תקום היינו דיקנא דא״א שהוא בחי׳ סבא כמ״ש ועתיק יומין יתיב6 כו׳
Cela correspond à l’explication du Likkutei Torah [de l’Arizal] : « Lève-toi devant une tête chenue » désigne la barbe d’Arich Anpin, qui est le niveau de l’Ancien (Sava), comme il est écrit : « Et l’Ancien des jours s’assit, etc.,
Cela correspond à la lecture de l’Arizal : « la tête chenue » est la barbe d’Arich Anpin, l’« Ancien » que Daniel vit comme l’Ancien des jours.
ושער רישי׳ כעמר נקא אבל והדרת פני זקן היינו בדיקנא דז״א אשר הוא בחי׳ קווצותיו תלתלים שחורות7 כו׳
et les cheveux de Sa tête étaient comme de la laine pure. » Mais « honore le visage de l’ancien » désigne la barbe de Zeir Anpin, qui est le niveau de « ses boucles sont ondulées, noires, etc. »,
Daniel Le vit avec des cheveux « comme de la laine pure ». « L’ancien » désigne la barbe de Zeir Anpin, dont les boucles sont « noires ».
אלא שקנה חכמה קנין הוא המשכה מההעלם אל הגילוי שנמשך בו מח״ס וכדפי׳ באדרא (דק״מ ע״א)
si ce n’est que « celui qui a acquis la sagesse » : l’acquisition (kinyan) est un passage du caché au révélé, par lequel le cerveau caché (mo'ha setima'a) est attiré en lui, comme l’explique l’Idra (daf 140a) :
Zeir Anpin est « l’ancien » en ce sens qu’il a « acquis » la sagesse : l’acquisition consiste à faire passer quelque chose du caché au révélé et, par les cheveux noirs, le cerveau caché est attiré en lui, comme l’indique l’Idra.
ובגין דהני שערי אוכמי וחשוכן כתיב מגלה עמוקות מני חשך8 כו׳ שנמשך ע״י קיום מל״ת בחי׳ עומק הח״ע עמקו מחשבותיך9 כו׳.
« Et parce que ces cheveux sont noirs et sombres, il est écrit : “Il révèle les profondeurs depuis l’obscurité, etc.” » : par l’accomplissement des interdits, le niveau de la profondeur de la 'Hokhma supérieure est attiré, selon les mots : « Tes pensées sont très profondes, etc. »,
L’Idra relie les cheveux noirs à « Il révèle les profondeurs depuis l’obscurité ». Par les interdits se révèle la profondeur de la sagesse supérieure, comme dans « Tes pensées sont très profondes ».
comme cela a été expliqué plus haut en détail. À présent, l’explication de « et tu craindras ton D.ieu » : le Likkutei Torah [de l’Arizal] explique à cet endroit qu’il s’agit du niveau de Noukva, Mal'hout d’Atsilout.
Cela a été expliqué plus haut en détail. Le verset poursuit par « et tu craindras ton D.ieu », que l’Arizal interprète comme désignant Noukva, Mal'hout d’Atsilout.
Le verset « Lève-toi devant une tête chenue » est interprété comme se rapportant aux mitsvot : la tête chenue est la barbe blanche d’Arich Anpin (les commandements positifs), l’ancien est la barbe noire de Zeir Anpin (les interdits), où se révèle la sagesse cachée ; « et tu craindras ton D.ieu » désigne Mal'hout.
La définition talmudique de l’« ancien » comme « celui qui a acquis la sagesse » devient, dans la lecture kabbalistique, Zeir Anpin qui « acquiert » le cerveau caché par ses cheveux noirs ; autrement dit, les interdits attirent une profondeur que les cheveux blancs des commandements positifs n’attirent pas.
Maré mekomot
- 1
- 2מפני שיבה תקום · Leviticus 19:32
- 3שהמצות נקרא שלוחי ה׳ · Midrash Tanchuma, Vayigash 6:2
- 4ושלוחו של אדם כמותו · Mishnah Berakhot 5:5
- 5דמפני שיבה תקום היינו זקן וחכם · ראה בלקו״ש חכ״ז ע׳ 377.
- 6ועתיק יומין יתיב · Daniel 7:9
- 7קווצותיו תלתלים שחורות · Song of Songs 5:11
- 8ובגין דהני שערי אוכמי וחשוכן כתיב מגלה עמוקות מני חשך · Zohar, Idra Rabba 33:268–278
- 9עמקו מחשבותיך · Psalms 92:6
- 10שהמצות נק׳ שלוחי׳ ה׳ · מ׳ תנחומא פ׳ ויגש [ו]. [כ].
- 11
52והענין דזה קאי על תשבע״פ דמלכות פה תורה שבעל פה קרינן לה.1 וז׳ מצות דרבנן ושאר סייגים וגדרים שמדברי סופרים
L’explication est que cela se rapporte à la Torah orale, car « Mal'hout est la bouche ; nous l’appelons Torah orale » ; ainsi qu’aux sept mitsvot rabbiniques et aux autres mesures de sauvegarde et barrières établies par les paroles des Scribes.
« Et tu craindras ton D.ieu » se rapporte à la Torah orale, car les Tikkouné Zohar disent que Mal'hout est « la bouche » et qu’elle est appelée Torah orale. Celle-ci comprend les sept mitsvot rabbiniques et les barrières établies par les Scribes.
וכן משמע בזהר שם אמר ר׳ שמעון מכאן רמז לתשב״כ ורמז לתשבע״פ וכמ״ש במק״מ שם דתשבע״פ היא בחינת נוק׳ וע״ז נאמר ויראת מאלקיך
C’est aussi ce qui ressort du Zohar à cet endroit : Rabbi Chimon dit : « De là, on trouve une allusion à la Torah écrite et une allusion à la Torah orale » ; et, comme il est écrit dans le Mikdach Mélekh à cet endroit, la Torah orale est le niveau de Noukva, et c’est à son sujet qu’il est dit : « et tu craindras ton D.ieu ».
Le Zohar, à propos de ce verset, dit qu’il fait allusion à la fois à la Torah écrite et à la Torah orale. Le Mikdach Mélekh, un commentaire sur le Zohar, explique que la Torah orale est Noukva, à propos de laquelle il est dit : « et tu craindras ton D.ieu ».
והענין כי המל׳ היא למטה מז״א וכ״ש מאריך וע״ז נאמר שערך כעדר העזים2 כו׳ ולכן הוצרך לומר על זה ויראת
L’explication est que Mal'hout est en dessous de Zeir Anpin, et à plus forte raison en dessous d’Arikh Anpin ; et c’est à son sujet qu’il est dit : « Tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres, etc. » C’est pourquoi il a fallu dire à ce sujet : « et tu craindras »,
Mal'hout est inférieure à Zeir Anpin, et à plus forte raison à Arikh Anpin ; ses « cheveux » sont comparés à « un troupeau de chèvres ». C’est pourquoi le verset ajoute un appel particulier à la crainte.
כי באמת חמורים דברי סופרים מדברי תורה כו׳ וכנודע מענין ערבים עלי דברי סופרים3 יותר מיינה של תורה ששרשן מבחינת סופר שלמעלה מתשב״כ שהיא בחי׳ ספר.4
car, en vérité, les paroles des Scribes sont plus rigoureuses que les paroles de la Torah, etc., comme on le sait au sujet de : « Les paroles des Scribes me sont plus chères que le vin de la Torah », car leur racine se trouve au niveau du scribe (sofer), qui est au-dessus de la Torah écrite, laquelle est le niveau du livre (sefer).
Les paroles des Scribes ont en vérité plus de poids que les paroles de la Torah, comme le dit le Talmud, et elles sont « plus chères que le vin de la Torah », car leur racine, le « scribe », est au-dessus du « livre », c’est-à-dire de la Torah écrite.
« Et tu craindras ton D.ieu » se rapporte à Mal'hout, la Torah orale et ses barrières rabbiniques, qui appelle à la crainte parce que les paroles des Scribes ont leur racine au-dessus de la Torah écrite.
Maré mekomot
- 1דמלכות פה תורה שבעל פה קרינן לה · Tikkunei Zohar 17a:16–17
- 2שערך כעדר העזים · Song of Songs 4:1
- 3ערבים עלי דברי סופרים · Avodah Zarah 35a:6
- 4חמורים ד״ס מד״ת · Sanhedrin 88b:14–15
Comme il est également écrit ailleurs, au sujet de « Une compréhension supérieure a été donnée à la femme plutôt qu’à l’homme » : cela désigne la Torah orale. Quant aux sept commandements rabbiniques,
Un autre maamar explique que « Une compréhension supérieure a été donnée à la femme plutôt qu’à l’homme » désigne la Torah orale, correspondant à Mal'hout, l’aspect féminin. Les sept commandements rabbiniques en sont une illustration.
כמו נט״י ועירובין ונר חנוכה ענינם ג״כ לדחות יניקת החיצונים כמו במצות ל״ת שע״י נט״י לא יינקו החיצונים מהמדות מהצפרנים כו׳
tels que le lavage des mains, les érouvin et la lampe de Hanouka, ils ont eux aussi pour fonction de repousser la vitalité des forces extérieures, comme les commandements d’interdiction : par le lavage des mains, les forces extérieures ne tirent pas leur vitalité des attributs, à partir des ongles, etc.
Les commandements rabbiniques, tels que le lavage des mains, l’érouv et les lumières de Hanouka, repoussent eux aussi les forces extérieures, comme le font les interdictions. Le lavage des mains, par exemple, empêche les forces extérieures de tirer leur vitalité des ongles.
וזה נעשה במצות דרבנן ע״י קום ועשה מה שבתשב״כ לא יוכל להיות בחי׳ זו רק על ידי לא שזהו ענין מל״ת ובתשבע״פ בא ונמשך בחי׳ זו בז׳ מצות דרבנן שהם מ״ע דרבנן
Cela s’accomplit dans les commandements rabbiniques par une action positive, tandis que dans la Torah écrite, ce niveau ne peut se manifester que par le « ne… pas », qui caractérise les commandements d’interdiction ; dans la Torah orale, ce niveau vient et se trouve attiré dans les sept commandements rabbiniques, qui sont des commandements positifs rabbiniques.
Les commandements rabbiniques accomplissent cela par une action positive, tandis que, dans la Torah écrite, le rejet du mal n’est possible que par le « ne… pas » des interdictions. Dans la Torah orale, cette puissance pénètre les commandements positifs.
וזהו בינה יתירה ניתנה באשה ועמ״ש בביאור ע״פ כה תברכו2 בענין ואיך לא אשא פנים לישראל שאני כתבתי ואכלת ושבעת וברכת3 והם דקדקו על עצמן עד כזית4 כו׳
C’est là le sens de « Une compréhension supérieure a été donnée à la femme ». Voyez aussi ce qui est écrit dans l’explication sur « Ainsi vous bénirez », à propos de : « Comment ne porterais-je pas faveur à Israël ? Car j’ai écrit : “Tu mangeras, tu seras rassasié et tu béniras”, et eux se montrent scrupuleux envers eux-mêmes jusqu’à la mesure d’une olive, etc. »
C’est là la « compréhension supérieure » de la femme. Le Talmud rapporte que D.ieu accorde Sa faveur à Israël parce que, bien que la Torah exige une bénédiction après avoir mangé à satiété, ils se montrent scrupuleux envers eux-mêmes et bénissent même après avoir consommé la mesure d’une olive.
דהיינו שהם המשיכו מלמעלה מבחינת ההמשכה שעל ידי תשב״כ כו׳ ע״ש ועמ״ש מזה עוד בפרשה מטות בד״ה ושמע אביה5 את נדרה ולכן נאמר על זה ויראת מאלקיך בחינת מל׳ תשבע״פ קרינן לה.
C’est-à-dire qu’ils ont attiré d’en haut, depuis un niveau supérieur à celui de l’effusion qui s’opère par la Torah écrite, etc. Voyez là-bas. Voyez également ce qui est écrit à ce sujet dans la paracha Matot, dans le maamar commençant par « Et son père entend son vœu ». C’est pourquoi il est dit à ce propos : « Et tu craindras ton D.ieu » : le niveau de Mal'hout, « nous l’appelons la Torah orale ».
Par ce scrupule, ils attirent un influx depuis un niveau supérieur à celui qu’attire la Torah écrite. Un maamar sur les vœux est également cité ; c’est pourquoi « Et tu craindras ton D.ieu » se rapporte à Mal'hout, la Torah orale.
Les commandements rabbiniques introduisent dans l’action positive la puissance de repousser le mal, qui, dans la Torah écrite, appartient uniquement aux interdictions ; c’est là la « compréhension supérieure » de l’aspect féminin, la Torah orale.
Maré mekomot
- 1בינה יתירה ניתנה באשה · Niddah 45b:11–12
- 2כה תברכו · Numbers 6:23
- 3ואכלת ושבעת וברכת · Deuteronomy 8:10
- 4והם דקדקו על עצמן עד כזית · Berakhot 20b:15
- 5
54ועיין מ״ש סד״ה קול דודי1 בענין הרים וגבעות אבות ואמהות כו׳ ועל דרך זה יובן גם כן בענין תשב״כ ותשבע״פ וסיום הפסוק אני הוי׳ דכולא חד וכמ״ש סד״ה את שבתתי תשמרו2 כו׳:
Voyez aussi ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « La voix de mon bien-aimé », au sujet des « montagnes et des collines, les Patriarches et les Matriarches, etc. » De même, on comprendra également ce qui concerne la Torah écrite et la Torah orale. Et la fin du verset, « Je suis Havaya », signifie que tout ne fait qu’un, comme il est écrit à la fin du discours commençant par « Gardez Mes Chabbatot, etc. »
Le discours sur « La voix de mon bien-aimé » explique que les « montagnes et les collines » désignent les Patriarches et les Matriarches, et la Torah écrite et la Torah orale se comprennent de la même manière. Le verset se termine par « Je suis Havaya », car tout ne fait qu’un, comme l’explique le discours sur « Gardez Mes Chabbatot ».
Le maamar s’achève en évoquant l’unité de la Torah écrite et de la Torah orale sous l’unique Nom, comme le dit la fin du verset : « Je suis Havaya. »
Maré mekomot
- 1קול דודי · Song of Songs 2:8
- 2את שבתתי תשמרו · Leviticus 26:2
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
L’âme est descendue pour raffiner le monde au moyen de mitsvot accomplies avec des éléments matériels : manger afin de réciter le Chema et de prier avec un sacrifice de soi, et utiliser des éléments matériels pour le chofar, la soukka, le loulav, les tsitsit et les téfilines. Elle doit surtout observer les interdits, ainsi que les détails minutieux et les barrières établies par les Scribes, en rejetant ce qui ne peut être élevé, car c’est par cette « noirceur » que se révèle la lumière la plus élevée. Accomplir les mitsvot avec beauté, et honorer les érudits de la Torah et le rouleau de la Torah, c’est « se lever devant les cheveux blancs » ; les paroles des Scribes appellent à une crainte particulière.
Questions à discuter
- Pourquoi le maamar insiste-t-il sur le fait que même « la Lumière infinie » n’est qu’un rayonnement, et qu’apporte la comparaison avec le nom d’une personne ?
- En quel sens l’âme descendue, l’« épouse », est-elle supérieure aux âmes qui demeurent en Atsilout sous le nom de « filles de Jérusalem » ?
- Comment le principe selon lequel ce qui est plus élevé à la racine tombe plus bas explique-t-il que les interdits révèlent davantage que les commandements positifs ?
- Quelle est la différence entre la lumière qui entoure comme un « vêtement » et celle qui entoure comme une « tente », et pourquoi la lumière supérieure est-elle comparée aux tentes de Kédar ?
- Comment la lecture de « Lève-toi devant les cheveux blancs » change-t-elle la manière dont on peut aborder les commandements rabbiniques et l’embellissement des mitsvot ?