Likkutei Torah · Parshas Shir HaShirim · Maamar 36
שימני כחותם על לבך כו׳
« Place-moi comme un sceau sur ton cœur »
L’idée centrale
Le service d’Israël et la réponse de D.ieu sont comparables à un sceau et à la cire : une élévation qui s’élève « en relief » d’en bas reçoit d’en haut une réponse « en creux », dissimulée, tandis que l’annulation de soi « en creux » dans la prière attire une révélation manifeste, « en relief ». Pourtant, la réponse la plus véritable à « Place-moi comme un sceau » est qu’il n’y ait aucun sceau : Israël est gravé dans l’essence même de D.ieu, au-delà de 'Hokhma.
Le maamar en bref
« Place-moi comme un sceau sur ton cœur… sur ton bras » désigne les tefilines de la tête et du bras, ainsi que le souhait d’Israël d’être ce qui est inscrit dans les « tefilines » mêmes de D.ieu. Un sceau pressé dans la cire inverse son empreinte : les lettres en creux ressortent en relief, et celles en relief en creux. Le premier sceau est l’élévation de la prière : l’amour caché, mis au jour par les Pessouké deZimra et le Chéma, s’élève comme une « montagne », et D.ieu répond en se revêtant, de manière dissimulée, dans la 'Hokhma de la Torah et dans la compassion que la tsédaka fait descendre. C’est là les tefilines du bras, « Sa main gauche sous ma tête ». Le second sceau inverse le premier : le bitoul de la Amida silencieuse et des interdits est « en creux » et attire une révélation manifeste, l’étreinte du bras droit, dissimulée durant l’exil et révélée dans les Temps futurs ; son empreinte doit durer toute la journée. Enfin, le Talmud qualifie d’inconvenable la demande d’Israël, car un sceau relève de 'Hokhma, qui n’est encore qu’une « création » devant D.ieu. Sa réponse, « sur Mes paumes, Je t’ai gravée », enracine Israël dans Son essence, là où ils « sont apparus en pensée ».
Plan
- Le sceau, les tefilines et le cachetLes deux sceaux du verset sont les tefilines de la tête et du bras, et Israël demande à être ce qui est inscrit dans le sceau de D.ieu. Un cachet imprimé dans la cire transforme les lettres en creux en lettres en relief, et celles en relief en lettres en creux.¶1
- Le premier sceau : la montagne de la prièreL’amour caché s’élève par les Pessouké deZimra, le Chéma et la Amida, comme une montagne ; la 'Hokhma de bitoul de la Torah descend sur elle comme une montagne sur une montagne, amenée par les commandements.¶2
- La réponse d’en haut : Torah et tsédakaD.ieu, qui n’a aucun attribut fixe, se revêt de manière dissimulée dans la Torah et dans la compassion en réponse à l’élévation de l’homme. C’est le sceau en creux, les tefilines du bras : « Sa main gauche sous ma tête ».¶3–5
- Le second sceau : le bitoul qui attire la révélationLa Amida silencieuse et les interdits constituent un service en creux qui attire une révélation manifeste, l’étreinte du bras droit. Les lanières des tefilines de la tête l’amènent jusqu’au cœur, et l’empreinte de la prière doit demeurer toute la journée.¶6–8
- Les tefilines de D.ieu, 'Hokhma et vérité ; pluie et roséeS’abaisser et recevoir attirent la lumière supérieure. Les tefilines et le sceau de D.ieu sont la 'Hokhma supérieure, cachée à présent et révélée dans l’avenir. Israël a demandé la pluie et un sceau, et D.ieu a répondu par la rosée et par une gravure.¶9
- Pourquoi la demande était inconvenanteUn sceau, même 'Hokhma et même des miracles manifestes, n’est qu’une « création » devant D.ieu. Israël est apparu dans Sa pensée primordiale, et « sur Mes paumes, Je t’ai gravée » les situe dans Son essence, au-delà de 'Hokhma.¶10–13
Notions clés
- Sceau en relief et sceau en creuxחותם בולט / חותם שוקע
- Les deux empreintes d’un cachet dans la cire. Une élévation d’en bas qui ressort en relief attire une réponse dissimulée d’en haut, en creux ; un service empreint d’effacement de soi en bas, en creux, attire une révélation manifeste d’en haut, en relief.
- Une montagne sur une montagneהר ע״ג הר
- La « montagne » est l’amour qui s’élève d’en bas dans la prière ; la montagne supérieure est la 'Hokhma de bitoul de la Torah, donnée d’en haut, qui vient reposer sur elle.
- L’annulation de soi (bitoul)ביטול
- Mettre de côté son propre sentiment d’exister devant D.ieu, surtout dans la Amida silencieuse et dans les interdits. C’est le service en creux qui attire la révélation supérieure.
- L’empreinte de la prièreדיוקנא אשתאר בך
- De même que l’image d’un sceau reste dans la cire après que le sceau a été retiré, le bitoul de la prière doit laisser une empreinte qui dure toute la journée, afin que le bras droit de D.ieu étreigne même « par-derrière ».
- Le sceau de véritéחותמו של הקב״ה אמת
- La 'Hokhma supérieure est le sceau de D.ieu, le degré de vérité où rien n’existe en dehors de Lui ; pourtant, devant D.ieu, même la 'Hokhma n’est qu’une « création ».
- Gravé sur Ses paumesעל כפים חקותיך
- Des lettres gravées dans l’essence même de D.ieu plutôt que sur un sceau distinct : la racine des âmes d’Israël, au-delà de 'Hokhma.
Le sceau, les tefilines et le cachet ¶1
1שימני כחותם12 על לבך כו׳. הנה החותם הוא ענין תפילין חותם על לבך תפילין של ראש דהיינו רצועות דתליין על לבא3 חותם על זרועך תפלה של יד
« Place-moi comme un sceau sur ton cœur », etc. Or, le sceau renvoie aux téfilines : « un sceau sur ton cœur », ce sont les téfilines de la tête, c’est-à-dire les lanières qui pendent sur le cœur ; « un sceau sur ton bras », ce sont les téfilines du bras.
Le maamar s’ouvre sur le Cantique des Cantiques 8, 6, où la fiancée, la Communauté d’Israël, demande à son bien-aimé : « Place-moi comme un sceau sur ton cœur, comme un sceau sur ton bras. » Le Rabbi Chnéour Zalman identifie les deux sceaux aux deux téfilines : celles de la tête, dont les lanières pendent sur le cœur, et celles du bras, portées sur le bras.
(ברבות בשה״ש [בשיר השירים] ע״פ זה ת״ז [תיקוני זהר] תיקון כ״ב4 ובזח״ג [ובזהר חלק ג] מצורע נ״ד ב׳ במדבר ק״כ ע״ב56 ועיין ברבות וישב פ׳ פ״ה גבי חותמך ופתילך7 ובפ׳ במדבר ספ״ה גבי ד״א [דבר אחר] ותהלתי אחטם לך8 כ׳ו שימני כחותם)
(Dans le Midrach Rabba sur le Cantique des Cantiques, à propos de ce verset ; le Tikouné Zohar, Tikoun 22 ; et dans le Zohar, partie III, Metsora 54b, [et] Bamidbar 120b. Voir aussi le Midrach Rabba, Vayéchev, section 85, à propos de « ton sceau et ton cordon », et, dans la paracha Bamidbar, à la fin de la section 5, à propos de « Autre explication : “Et Ma louange, Je la retiendrai pour toi” », etc., « Place-moi comme un sceau ».)
Cette parenthèse énumère les sources antérieures qui interprètent le verset comme faisant référence aux téfilines ou à un sceau : le Midrach sur ce verset, le Tikouné Zohar et deux passages du Zohar. Elle ajoute deux Midrachim qui associent un « sceau » à Israël : le sceau de Yehouda donné à Tamar, et le verset « et Ma louange, Je la retiendrai (echtom) pour toi », que le Midrach relie à « Place-moi comme un sceau ».
והיא בקשת כנס״י [כנסת ישראל] להיות החותם ממנה וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] תפילין דמארי עלמא מה כתיב בהו9 ומי כעמך כישראל10 כו׳ ומי גוי גדול11 כו׳.
Telle est la demande de la Communauté d’Israël (Knesset Israël) : que le sceau soit d’elle. Comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Les téfilines du Maître du monde, qu’y est-il écrit ? “Et qui est comme Ton peuple, comme Israël” », etc., « “Et quelle grande nation” », etc.
La demande est qu’Israël elle-même soit le contenu du sceau, ce qui y est gravé. Le Talmud dit que les « téfilines » de D.ieu contiennent des versets à la louange d’Israël, tout comme nos téfilines contiennent des versets à Son sujet ; Israël demande donc d’être ce qui est inscrit dans le sceau de D.ieu.
וביאור ענין חותם זה הוא עד״מ יש חותם שחותמין אותו בשעוה ונעשה עוד חותם על השעוה
Pour expliquer ce qu’est ce sceau, prenons une analogie : on a un sceau que l’on imprime dans de la cire, et une autre empreinte se forme alors dans la cire.
Pour expliquer ce que signifie ici un « sceau », le Rabbi Chnéour Zalman prend l’exemple d’une chevalière pressée dans la cire. La chevalière y laisse une seconde empreinte, sa propre image.
והנה אם האותיות שעל החותם שוקע נעשה על השעוה בולט ואם האותיות שעל החותם בולט נעשה על השעוה שוקע.
Or, si les lettres du sceau sont creusées, elles ressortent en relief dans la cire ; et si les lettres du sceau sont en relief, elles ressortent en creux dans la cire.
Ce qui est gravé en creux dans la chevalière ressort en relief dans la cire, et ce qui est en relief sur la chevalière s’y imprime en creux. Ces deux formes, « creusé » (chokéa) et « en relief » (bolét), sont les termes que tout le maamar emploiera pour décrire la relation entre le service d’Israël ici-bas et la réponse de D.ieu d’en haut.
L’ouverture présente le verset et identifie ses deux sceaux aux téfilines de la tête et du bras, en indiquant les sources de cette interprétation. Elle expose la demande d’Israël d’être ce qui est inscrit dans le sceau de D.ieu, puis introduit l’analogie de la chevalière et de la cire, où les lettres creusées ressortent en relief et celles en relief en creux.
Le Tikouné Zohar (65b, dans le Tikoun 22) lit le verset comme le maamar : les lanières des téfilines de la tête pendent sur le cœur, et les téfilines du bras sont « un sceau sur ton bras ». Dans Metsora (3:54b), le Zohar appelle le sceau « le sceau de l’anneau de vérité », idée que le maamar reprend plus loin lorsqu’il désigne 'Hokhma comme le sceau de vérité.
Maré mekomot
- 1שימני כחותם · נאמר בשנת תקס״ז — ראה רשימת המאמרים דשנת תקס״ז הערה 31. הנחת הר״פ בסה״מ הנחות הר״פ ע׳ פב. וראה הוספות להערות וציונים שם. וראה הנסמן בהוספות להערות וציונים ללקו״ת כאן. בבוך 4 נמצא מאמר זה אחר ד״ה שוש תשיש הנדפס לעיל בפ׳ תזריע ושם מציין: ”שייך לפסוק אשה כי תזריע כו׳”. ונמצא רק המאמר. ראה אוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תשכט. ביאור שם ע׳ תשלו.
- 2שימני כחותם · Song of Songs 8:6
- 3רצועות דתליין על לבא · Tikkunei Zohar 65b:3
- 4תיקון כ״ב · ”כי החותם הוא ענין תפילין חותם על לבך זהו תש״ר כי רצועות תש״ר תליין על ליבא חותם על זרועך תפילין ש״י” — אוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תשכט.
- 5במדבר ק״כ ע״ב · ”צלותא דמיושב לקבל תפלה של יד לבתר צלותא דמעומד דהיא לקבל תפלה דרישא ודא כגוונא דדא כו׳” — אוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תשלא.
- 6במדבר ק״כ ע״ב · Zohar, Bamidbar 7:65–8:73
- 7חותמך ופתילך · Bereshit Rabbah 85:9
- 8ותהלתי אחטם לך · Bamidbar Rabbah 5:6
- 9תפילין דמארי עלמא מה כתיב בהו · Berakhot 6a:20–21
- 10ומי כעמך כישראל · II Samuel 7:23
- 11ומי גוי גדול · Deuteronomy 4:8
Le premier sceau : la montagne de la prière ¶2
2ולהבין זה בנמשל הנה נודע שניצוץ אלהות מתלבש בנפש להיות שכל ומדות ומחשבה דבור ומעשה והוא בחי׳ אהבה המסותרת
Pour comprendre cela dans l’analogue, il est connu qu’une étincelle de divinité est revêtue dans l’âme, devenant intellect, attributs émotionnels (midot), pensée, parole et action ; c’est le niveau de l’amour caché.
L’analogie est maintenant appliquée à l’âme. Une étincelle de divinité vit dans l’âme et s’exprime à travers son intellect, ses émotions, sa pensée, sa parole et son action ; à l’état naturel, cette étincelle est l’« amour caché » pour D.ieu, présent même lorsqu’il n’est pas ressenti.
וצריך להוציאה מההעלם אל הגילוי להיות עולה למעלה כרשפי אש1 לצאת מנרתקה ונקרא בחי׳ הר שבולט מן מישור הארץ.
Il faut la faire sortir de la dissimulation pour la révéler, afin qu’elle s’élève comme des flammes de feu, qu’elle sorte de son fourreau ; c’est là le niveau d’une « montagne », qui s’élève au-dessus de la plaine de la terre.
Le service divin commence par faire apparaître cet amour, jusqu’à ce qu’il s’élève comme les « flammes de feu » du même verset (Cantique des Cantiques 8:6) et sorte de son fourreau. Un amour qui s’élève ainsi se détache comme une montagne au-dessus d’une plaine : c’est le sceau « élevé », du bas vers le haut.
וזהו לא כאברהם שקראו הר2 שבחי׳ הר הוא בחי׳ אברהם אהבה להיות ואהבת לשון רצון את הוי׳ שיהיה אלהיך ולא
Et c’est là [le sens de] « Pas comme Avraham, qui l’appela montagne » : car le niveau d’une montagne est celui d’Avraham, l’amour, afin qu’il y ait « Tu aimeras » — terme qui exprime la volonté — « Havaya », pour qu’Il soit « ton D.ieu », et non
Le Talmud dit qu’Avraham appela le lieu du Temple une « montagne » ; Avraham représente l’amour, de sorte qu’une « montagne » est un amour qui s’élève. L’Alter Rebbe comprend « Tu aimeras » comme une question de volonté : le désir que Havaya, l’Infini, devienne « ton D.ieu » de façon révélée.
כמו שמלובש בנפש כו׳ (ועמ״ש בד״ה כי ההרים ימושו ובד״ה קול דודי כו׳ מדלג על ההרים)
comme Il est revêtu dans l’âme, etc. (Voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Car les montagnes s’éloigneront », et dans le discours commençant par « La voix de mon bien-aimé », etc., « sautant par-dessus les montagnes ».)
L’amour ne doit pas demeurer seulement sous la forme d’une divinité enfermée et cachée dans l’âme. La parenthèse renvoie à deux autres discours qui expliquent les « montagnes » dans le service divin : « Car les montagnes s’éloigneront » et « La voix de mon bien-aimé… sautant par-dessus les montagnes ».
והיינו ע״י שמע ישראל3 ישראל הוא ניצוץ אלהות המלובש בנפש ומפוזר בפיזור הנפש בהתחלקות שכל ומדות מחשבה דבור ומעשה ושמע מלשון אסיפה וקיבוץ שיתקבץ למעלה לשרשו מחמת
Et cela se fait par « Écoute, Israël » : « Israël » est l’étincelle de divinité revêtue dans l’âme et dispersée dans la dispersion de l’âme, répartie entre l’intellect, les attributs émotionnels, la pensée, la parole et l’action ; et « Écoute » (Chéma) signifie aussi rassembler et réunir, afin qu’elle se rassemble vers le haut, jusqu’à sa racine, parce que
La voie pour s’élever est le Chéma. « Israël » représente l’étincelle divine dispersée parmi toutes les facultés de l’âme, et « Chéma » se comprend non seulement comme « écoute », mais aussi comme « rassemble » : l’étincelle doit se rassembler, sortir de sa dispersion et s’élever jusqu’à sa racine.
כי הוי׳ אלקינו בחי׳ תרין ריעין כו׳ שההתחדשות מאין ליש הוא תמיד כמאמר המחדש בטובו כו׳ הוי׳ אחד בלי שום שינוי.
« Havaya est notre D.ieu » est le niveau des « deux compagnons », etc. : le renouvellement du néant en quelque chose est constant, comme le dit la formule « qui, dans Sa bonté, renouvelle », etc. ; et « Havaya est Un », sans aucun changement.
Pourquoi doit-elle s’élever ? À cause de « Havaya est notre D.ieu » : les deux Noms de ce verset, Havaya et Elokim (« notre D.ieu »), sont appelés « deux compagnons », et par eux le monde est constamment renouvelé à partir du néant, comme le dit la bénédiction précédant le Chéma : « qui, dans Sa bonté, renouvelle chaque jour ». Pourtant, « Havaya est Un » : Il ne change pas malgré cette création constante.
לפי שאינו מלובש ממש כל הפועל בנפעל כי לא מחשבותי מחשבותיכם4 כו׳ רק בשכמל״ו [ברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד] כי הארץ הלזו הגשמי׳ [הגשמיים / הגשמיות / הגשמית] הוא בחי׳ מל׳ דעשיה וג״ע [וגן עדן] תחתון היא מל׳ דיצירה וג״ע [וגן עדן] עליון מל׳ דבריאה והכל
Car la totalité du Créateur n’est pas réellement revêtue dans ce qui est créé, puisque « Mes pensées ne sont pas vos pensées », etc. ; seul l’est « Béni soit le Nom de la gloire de Son royaume à jamais ». Car cette terre physique est le niveau de la Mal'hout (souveraineté) du Monde d’Assiya (Action) ; le Gan Eden inférieur est la Mal'hout du Monde de Yetsira (Formation) ; et le Gan Eden supérieur, la Mal'hout du Monde de Béria (Création) ; et tout
D.ieu demeure inchangé parce qu’Il n’est pas contenu dans ce qu’Il crée, comme la force du créateur est dans son produit : « Mes pensées ne sont pas vos pensées. » Seule Sa Mal'hout — « la gloire de Son royaume », dans la formule récitée après le premier verset du Chéma — atteint les mondes : notre monde physique est la Mal'hout d’Assiya, et même le Gan Eden inférieur et le Gan Eden supérieur ne sont que la Mal'hout de Yetsira et de Béria.
רק בחי׳ מל׳ בלבד צדיקים נהנין מזיו השכינה5 ושכינה היא מל׳ שהיא בחי׳ שם בלבד יחיד חי העולמים מלך
[n’est] que le niveau de la Mal'hout seule : « les justes jouissent de l’éclat de la Chekhina (Présence divine) », et la Chekhina est Mal'hout, qui n’est que le niveau d’un nom : « l’Unique, Vie des mondes, Roi ».
Tout cela n’est que Mal'hout : même les justes du Gan Eden « jouissent de l’éclat de la Chekhina », et la Chekhina est Mal'hout. Un nom n’est pas la personne elle-même, mais la manière dont les autres l’appellent et la connaissent ; ainsi, Mal'hout, par laquelle D.ieu est appelé « Roi » des mondes, n’est qu’une expression extérieure de Lui.
ולכן ואהבת את הוי׳ אלהיך כי מי לי בשמים6 כו׳ כלה שארי ולבבי7 כו׳ בבחי׳ ובכל מאדך8 בלי גבול שאין לו כלי המגביל רק לדבקה בו ממש בא״ס ב״ה מקור החים מקור התענוגים.
C’est pourquoi : « Tu aimeras Havaya, ton D.ieu », car « Qui ai-je dans les cieux », etc. ; « Ma chair et mon cœur défaillent », etc., au niveau de « et de toute ta puissance », sans limite, sans aucun réceptacle qui la circonscrive ; seulement pour s’attacher véritablement à Lui, à l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, Source de la vie, Source des délices.
Puisque tout ce que les mondes peuvent contenir n’est que Mal’hout, l’amour recherché est pour D.ieu Lui-même, au-delà de tous les mondes : « Qui ai-je dans les cieux ? … Ma chair et mon cœur défaillent. » C’est un amour « de toute ta puissance », un amour qu’aucun réceptacle ne circonscrit, le désir de s’attacher à l’Infini Lui-même, Source de toute vie et de tout plaisir.
אך איך יבוא למדרגה זו הוא ע״י פסוד״ז [פסוקי דזמרה] וברכות ק״ש [קריאת שמע] פסוד״ז [פסוקי דזמרה] רוממות אל בגרונם וחרב פיפיות לזמר עריצים על
Mais comment atteindre ce degré ? Par les Pesouké déZimra (Versets de louange) et les bénédictions du Chema. Les Pesouké déZimra : « Les exaltations de D.ieu sont dans leur gorge, et une épée à double tranchant » — afin de retrancher les tyrans au moyen
Comment parvenir à un tel amour ? Par l’ordre des prières du matin. Les Pesouké déZimra (Versets de louange) tirent leur nom de zemer, qui signifie aussi « élaguer » : les louanges de D.ieu sont « une épée à double tranchant » qui tranche les « tyrans », tout ce qui, en l’homme, s’oppose à la sainteté.
ידי רוממות אל ק״ש [קריאת שמע] וברכות ק״ש [קריאת שמע] איך שהמלאכים מקדישים בבחי׳ ביטול והאופנים ברעש גדול מפני שהם בבחי׳ יש אלף אלפין ורבו רבבן9 וכשרואין ביטול היש
des exaltations de D.ieu. Le Chema et ses bénédictions : comment les anges sanctifient [D.ieu] dans un état d’annulation de soi (bitoul), tandis que les Ofanim le font avec un grand fracas, car ils sont au niveau du yesh (quelque chose d’existant), « mille milliers et des myriades de myriades » ; et lorsqu’ils voient l’annulation du yesh,
Viennent ensuite les bénédictions du Chema, qui décrivent comment les anges sanctifient D.ieu. Les Ofanim Le sanctifient « avec un grand fracas » parce qu’ils se ressentent comme yesh, comme des « choses » existantes, et qu’ils sont « des milliers de milliers » ; ils sont bouleversés lorsqu’ils voient cette « chose » s’annuler devant Lui.
כי קדוש הוי׳ צבאות דהיינו הנמשך בצבאות הוא עצמו בחי׳ קדוש ומובדל ע״כ מרעישים בקול רעש גדול.
car « Saint est Havaya des Armées » — c’est-à-dire que Celui qui se déploie dans les armées est Lui-même saint et séparé —, c’est pourquoi ils clament d’une voix retentissante.
Ils perçoivent que D.ieu, même lorsqu’Il se déploie dans les « armées » de la création (« Havaya des Armées »), demeure Lui-même « saint », c’est-à-dire absolument séparé d’elles. Voyant que leur propre existence ne compte pour rien devant Lui, ils poussent un grand cri.
משא״כ שרפים עומדים ממעל לו1011 וכ״ש [וכל שכן] הארץ וכל אשר עליה12 צ״ל יותר בקול רעש גדול מחמת ביטול היש
Il n’en va pas ainsi des « Séraphins qui se tiennent au-dessus de Lui » ; à plus forte raison, « la terre et tout ce qui s’y trouve » doivent-ils faire entendre un cri encore plus retentissant, en raison de l’annulation du yesh.
Les Séraphins, qui « se tiennent au-dessus de Lui », ne sont pas comme les Ofanim à cet égard. À plus forte raison, la terre et ses créatures, dont le sentiment de leur propre existence est bien plus marqué, doivent-elles pousser un cri encore plus puissant lorsqu’elles parviennent à l’annulation du yesh.
וזהו ענין ק״ש [קריאת שמע] בבחי׳ רעש על הביטול למהוי אחד באחד עד שמסיים אני הוי׳ אלקיכם ממש ואח״כ שמו״ע [שמונה עשרה] תפלה בלחש כמדבר באזני המלך בלחישו וע״ז אומרים אדני שפתי תפתח
Tel est le sens du Chema : le cri suscité par l’annulation, afin de « devenir un avec l’Un », jusqu’à conclure : « Je suis Havaya, votre D.ieu », véritablement. Vient ensuite la Chemoneh Esreh, la prière dite à voix basse, comme quelqu’un qui parle à voix basse à l’oreille du roi ; à ce propos, nous disons : « Ado-nai, ouvre mes lèvres,
Ce « cri », c’est le Chema : un éveil intense suscité par l’annulation de soi, afin de devenir « un avec l’Un », jusqu’aux derniers mots du Chema : « Je suis Havaya, votre D.ieu », qui deviennent vrais dans les faits. Vient alors la Chemoneh Esreh, dite à voix basse, comme quelqu’un qui parle en privé à l’oreille du roi ; elle s’ouvre par ces mots : « Ado-nai, ouvre mes lèvres. »
כדי להיות ופי יגיד תהלתך13 ברוך אתה כו׳ וכ״ז [וכל זה] נקרא בחי׳ הר הוא גילוי האהבה המסותרת לצאת מהעלם אל הגילוי כו׳
afin que « ma bouche proclame Ta louange » : « Béni sois-Tu », etc. Tout cela est appelé le niveau de la « montagne » : c’est la révélation de l’amour caché, qui sort de sa dissimulation pour se manifester, etc.
Le verset se poursuit par « et ma bouche proclamera Ta louange », ce qui mène aux bénédictions qui commencent par « Béni sois-Tu ». Toute cette progression, des Pesouké déZimra à la Chemoneh Esreh, constitue la « montagne » : l’amour caché est amené de la dissimulation à la révélation, d’en bas vers le haut.
אך יש עוד בחי׳ הר ההר הר ע״ג [על גבי] הר בחי׳ כפה עליהם הר כגיגית14 שנמשך הר העליון ע״ג [על גבי] הר התחתון להיות הר ע״ג [על גבי] הר
Mais il existe un autre niveau de « montagne » : Hor HaHar (« la montagne de la montagne »), une montagne sur une montagne ; c’est le niveau de « Il retourna sur eux la montagne comme un baquet », lorsque la montagne supérieure est amenée sur la montagne inférieure, de sorte qu’il y a une montagne sur une montagne.
Il existe une « montagne » supérieure : Hor HaHar, la montagne où Aharon mourut, interprétée comme « une montagne sur une montagne ». C’est le niveau du Sinaï où, selon le Talmud, D.ieu retourna la montagne au-dessus d’Israël « comme un baquet » : une montagne d’en haut reposant sur la « montagne » de l’ascension de l’homme ici-bas.
כי ע״י בחי׳ ובכל נפשך לאתדבקא רוחא ברוחא15161718 מחשבה במחשבה כו׳ נמשך אתערותא דלעילא מאליו וממילא בלא יגיעה להיות והיו הדברים האלה19 אשר אנכי כו׳
Car par le niveau de « et de toute ton âme », « s’attacher esprit à esprit », pensée à pensée, etc., un éveil d’en haut est attiré spontanément et automatiquement, sans effort, afin que soient « Ces paroles que Je [vous commande] », etc.
Lorsqu’une personne sert D.ieu « de toute son âme », s’attachant « esprit à esprit », sa pensée étant liée à la pensée de D.ieu, un éveil vient d’en haut de lui-même, sans effort supplémentaire de sa part. C’est le don des propres paroles de D.ieu : « Ces paroles que Je vous commande. »
והוא בחי׳ הר העליון כי אורייתא מחכמה נפקת פי׳ חכמה שבבחי׳ ביטול (כי כולם בחכמה עשית20 ומה יתרון לחכמת התורה21 אלא שהיא חכמה שבבחי׳ ביטול שמן משחת קדש)
Et c’est le niveau de la montagne supérieure, car « la Torah émane de 'Hokhma (sagesse) » : c’est-à-dire la 'Hokhma qui est dans un état de bitoul. (Car « Tu as tout fait avec 'Hokhma » ; quel avantage la 'Hokhma de la Torah possède-t-elle donc ? Seulement qu’elle est une 'Hokhma dans un état de bitoul, « l’huile d’onction sainte ».)
Cette montagne supérieure est la Torah, qui « émane de 'Hokhma ». Toute la création a été faite avec 'Hokhma ; ce qui distingue donc la 'Hokhma de la Torah, c’est qu’elle est dans le bitoul, entièrement vouée à D.ieu, comme « l’huile d’onction sainte ».
שכל התורה היא להביא הכל לבחי׳ ביטול לאחד לזכות את הזכאי ולחייב את החייב ולהפריד הרע מן הטוב לברר כו׳
Car toute la Torah vise à amener tout ce qui existe au niveau du bitoul devant l’Un : acquitter l’innocent et condamner le coupable, séparer le mal du bien, afin de le raffiner [etc.].
Le but de toute la Torah est d’amener tout ce qui existe au bitoul devant l’Un. Ses lois trient et raffinent : elles acquittent l’innocent et condamnent le coupable, et séparent le mal du bien.
ובחכמה אתברירו להיות ביטול לה׳ אחד ע״י רמ״ח מ״ע [מצות עשה] ושס״ה ל״ת [לא תעשה] ע״י מ״ע [מצות עשה] לדבקה שהם רמ״ח איברים דמלכא2223 כלים ומכון לשבתו ית׳ וע״י ל״ת [לא תעשה] להפריד הרע כו׳
Et « par la 'Hokhma, ils sont raffinés », afin qu’il y ait bitoul devant D.ieu, l’Unique, par les 248 commandements positifs et les 365 interdictions : par les commandements positifs, pour s’attacher [à Lui], car ils sont « les 248 membres du Roi », des réceptacles et un lieu où s’établit Sa demeure, béni soit-Il ; et par les interdictions, pour séparer le mal, etc.
L’expression araméenne « par la 'Hokhma, ils sont raffinés » résume cela. Les 248 commandements positifs lient une personne à D.ieu et sont appelés « les 248 membres du Roi », des réceptacles qui Lui ménagent une demeure ; les 365 interdictions écartent le mal.
ובחי׳ ביטול זה נמשך באתערותא דלתתא להעלות את הנפש להיות מה הוא רחום24 כו׳ אשר קדשנו במצותיו במצותיו דייקא וע״ז נאמר ותרם כראם קרני25 בלותי בשמן רענן:2627
Et ce niveau de bitoul est attiré par un éveil d’en bas, qui élève l’âme, afin qu’il y ait « De même qu’Il est compatissant », etc. ; « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements » — « par Ses commandements » précisément. Et c’est à ce propos qu’il est dit : « Tu as élevé ma corne comme celle d’un aurochs ; je suis oint d’une huile fraîche. »
Ce bitoul est attiré par l’effort propre de la personne, ici-bas, qui élève l’âme afin qu’elle ressemble à D.ieu (« De même qu’Il est compatissant, sois compatissant »). D’où la bénédiction « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements » : la sainteté vient par les commandements eux-mêmes ; et « Tu as élevé ma corne… je suis oint d’une huile fraîche » décrit l’âme élevée et ointe de cette huile de 'Hokhma.
Appliquant l’analogie, l’Alter Rebbe décrit le premier sceau, « élevé » : l’amour caché de l’âme, éveillé par les Pessouké déZimra, le Chéma et la Amida, est une « montagne » qui s’élève d’en bas ; au-dessus d’elle se trouve une « montagne sur une montagne », la 'Hokhma de bitoul de la Torah, qui vient d’en haut en réponse à ce don de soi et se déploie par les mitsvot.
Les deux montagnes mettent en place la suite du maamar : l’ascension de l’homme, la forme élevée d’en bas, attire une réponse d’en haut, et la montagne supérieure de la Torah descend pour reposer sur elle. Le chapitre 45 du Tanya, auquel renvoie la note de Kehot, décrit le même « attachement de l’esprit à l’esprit » comme l’union de la parole d’une personne, lorsqu’elle étudie la Torah, avec la parole de D.ieu.
Maré mekomot
- 1כרשפי אש · Song of Songs 8:6
- 2לא כאברהם שקראו הר · Pesachim 88a:4
- 3שמע ישראל · Deuteronomy 6:4
- 4
- 5צדיקים נהנין מזיו השכינה · Berakhot 17a:12
- 6מי לי בשמים · Psalms 73:25
- 7כלה שארי ולבבי · Psalms 73:26
- 8ובכל מאדך · Deuteronomy 6:5
- 9אלף אלפין ורבו רבבן · Daniel 7:10
- 10משא״כ שרפים עומדים ממעל לו · בבוך 284 כב, ב. תי׳ אלו באים בסוגריים.
- 11שרפים עומדים ממעל לו · Isaiah 6:2
- 12הארץ וכל אשר עלי׳ · Nehemiah 9:6
- 13אד׳ שפתי תפתח . . ופי יגיד תהלתך · Psalms 51:17
- 14כפה עליהם הר כגיגית · Shabbat 88a:5
- 15לאתדבקא רוחא ברוחא · (ע׳ סש״ב פמ״ה). זח״א (כב, א. מב, א. קפד, א). [כ].
- 16לאתדבקא רוחא ברוחא · Zohar, Bereshit 13:153–14:164
- 17לאתדבקא רוחא ברוחא · Zohar, Bereshit 64:70–65:81
- 18לאתדבקא רוחא ברוחא · Zohar, Vayeshev 10:102–12:112
- 19והיו הדברים האלה · Deuteronomy 6:6
- 20כי כולם בחכמה עשית · Psalms 104:24
- 21(כי כולם בחכמה . . לחכמת התורה · בבוך 284 נמצא זה בסוגריים. ומתי׳ ”אלא . . קדש)” ליתא שם.
- 22רמ״ח מ״ע . . רמ״ח אברים דמלכא · ראה ת״ז ת״ל.
- 23רמ״ח איברים דמלכא · Tikkunei Zohar 74a:8
- 24מה הוא רחום · Shabbat 133b
- 25ותרם כראם קרני · Psalms 92:11
- 26רוממות א-ל בגרונם · Psalms 149:6
- 27קדוש הוי׳ צבאות · Isaiah 6:3
La réponse d’en haut : Torah et tsédaka ¶3–5
3ב וכל זה הוא בחי׳ עליות העולמות ממטה למעלה והוא בחי׳ חותם הבולט ונעשה מלמעלה למטה בחי׳ חותם השוקע
2. Tout cela relève de l’élévation des mondes depuis le bas vers le haut ; c’est le niveau du sceau en relief. Puis, du haut vers le bas, apparaît le niveau du sceau en creux.
Toute l’élévation décrite jusqu’ici, celle de l’âme et des mondes qui s’élèvent depuis le bas, constitue le sceau « en relief ». Son pendant, qui vient d’en haut en réponse, est le sceau « en creux », tout comme la cire reçoit l’empreinte inverse de ce qui est pressé sur elle.
כי לאו דאית לך צדק ידיעא12 ולאו מכל מדות כו׳ אלא ע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] כל העוסק בתורה3 הקב״ה שונה כנגדו כו׳
Car « il n’est pas que Tu aies une justice connue », et « Il n’est pas constitué de l’une des attributs », etc. ; mais, par un éveil d’en bas : « Quiconque s’adonne à la Torah, le Saint béni soit-Il étudie en regard de lui », etc. —
D.ieu, en Lui-même, ne possède aucun attribut fixe, pas même la « justice » ni aucune autre qualité, comme le dit la prière d’Élie au début du Tikkunei Zohar. Il ne revêt de telles formes qu’en réponse à l’éveil de l’homme d’en bas, comme le dit l’enseignement : lorsqu’une personne s’adonne à la Torah, le Saint béni soit-Il étudie en regard d’elle.
[se produit alors] le revêtement de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, dans 'Hokhma (sagesse), etc. Il est écrit : « Et vous les accomplirez », mot écrit de telle sorte qu’on peut le lire atem (« vous ») : « accomplir et réaliser toutes les paroles de », etc.
Ainsi, la Lumière infinie vient à se revêtir dans 'Hokhma, c’est-à-dire dans la Torah. Le Zohar relève que, dans le verset « Et vous les accomplirez », le mot « les » est écrit de manière à pouvoir se lire atem, « vous » : en observant les commandements, l’homme « fait » D.ieu, pour ainsi dire, ici-bas. De même, la bénédiction qui précède le Chéma demande « d’accomplir et de réaliser toutes les paroles » de la Torah.
(ועמ״ש בד״ה ועשית ציץ גבי ופתחת עליו פתוחי6 חותם ועמ״ש בד״ה השמים כסאי בפי׳ לעשות ולקיים כו׳ עד וזהו השמים כסאי כו׳ ע״ש וזהו ענין אחד עם מש״כ [מה שכתוב] בענין החותם שוקע שנמשך מלמעלה ע״י הבליטה שמלמטה)
(Voyez ce qui est écrit dans le maamar commençant par « Et tu feras une tsits », au sujet de « et tu y graveras des gravures de sceau » ; voyez aussi ce qui est écrit dans le maamar commençant par « Les cieux sont Mon trône », dans l’explication de « accomplir et réaliser », etc., jusqu’à « Et voici le sens de “Les cieux sont Mon trône” », etc. Voyez là-bas. C’est là un seul et même sujet que ce qui est écrit au sujet du sceau en creux, qui est attiré d’en haut par le relief formé d’en bas.)
Cette parenthèse renvoie à deux maamarim : « Et tu feras une tsits », au sujet de la plaque d’or gravée « de gravures de sceau », et « Les cieux sont Mon trône », au sujet de l’accomplissement et de la réalisation de la Torah. Selon l’Alter Rebbe, tous deux expriment la même idée qu’ici : le sceau en creux est attiré d’en haut par le « relief » formé d’en bas.
וזהו ענין שוקע וירד ה׳ על הר סיני7 שנעשה התלבשות אור א״ס בבחי׳ העלם כו׳ וזהו תפילין של יד דמיושב8910
Et tel est le sens de « en creux » : « Havaya descendit sur le mont Sinaï », car la Lumière infinie se revêtit alors dans un état de dissimulation, etc. C’est là le tefillin du bras, mis en position assise,
Au Sinaï, « Havaya descendit », revêtant Sa Lumière infinie dans la Torah, ce qui constitue une forme de dissimulation ; c’est le sceau « en creux ». Cela correspond au tefillin du bras, que certains mettent, comme le rapportent le Zohar et les codes de loi, en position assise.
שהוא כנגד ק״ש [קריאת שמע] וברכותיה בחי׳ תפלה דמיושב בחי׳ רעש גדול ממטה למעלה קדש לי כל בכור11 הוא חכמה ראשית וכנגד זה מלמעלה למטה למען תהיה תורת12 ה׳ אורייתא מחכמה נפקת בפיך בבחי׳ שוקע.
qui correspond au Chéma et à ses bénédictions, au niveau de la prière dite en position assise, au niveau du « grand tumulte » qui s’élève du bas vers le haut : « Consacre-Moi tout premier-né » — il s’agit de 'Hokhma, appelée « première ». Et, en correspondance avec cela, du haut vers le bas : « afin que la Torah de Havaya » (« la Torah procède de 'Hokhma ») « soit dans ta bouche », selon le mode du sceau en creux.
Le tefillin du bras mis en position assise correspond à la partie de la prière dite assis, le Chéma et ses bénédictions, avec leur « grand tumulte » d’élévation du bas vers le haut. Sa première section, « Consacre-Moi tout premier-né », relève de 'Hokhma, qui est « première » ; et la réponse venue d’en haut dans cette même section est : « afin que la Torah de Havaya soit dans ta bouche » — la Torah attirée de 'Hokhma jusque dans la bouche de l’homme : le sceau en creux.
L’élévation depuis le bas est le sceau en relief ; la réponse de D.ieu venue d’en haut, la Lumière infinie revêtue dans la 'Hokhma de la Torah, est le sceau en creux. D.ieu n’ayant pas d’attributs fixes, ce revêtement ne se produit qu’en réponse à l’éveil de l’homme, comme au Sinaï et dans le tefillin du bras, dont la première section évoque les deux directions.
Le Zohar (3:120b) associe la prière dite assis au tefillin du bras, et la prière dite debout au tefillin de la tête. Le maamar développe cette association : le Chéma et ses bénédictions, dits assis, relèvent du premier sceau, tandis que la Chemoné Esré, dite debout, devient le second sceau au paragraphe 6.
Maré mekomot
- 1לאו דאית לך צדק ידיעא · ת״ז בהקדמה (פתח אלי׳).
- 2לאו דאית לך צדק ידיעא · Tikkunei Zohar 17b:5–7
- 3כל העוסק בתורה · נסמן לעיל מא, א.
- 4ועשיתם אתם כתיב · זח״ג (קיג, א). [כ].
- 5ועשיתם אתם כתיב · Zohar, Bechukotai 2:12–4:19
- 6
- 7וירד ה׳ על הר סיני · Exodus 19:20
- 8תפילין של יד דמיושב · Zohar III, 120b
- 9תפילין של יד דמיושב · Shulchan Arukh, Orach Chayim 25:11
- 10תפילין של יד דמיושב · Shulchan Arukh HaRav, Orach Chayim 25:27
- 11קדש לי כל בכור · Exodus 13:2
- 12למען תהיה תורת ה׳ · Exodus 13:9
4ופ׳ שנייה יציאת מצרים הוא גילוי האהבה המסותרת מהעלם המוח אל הלב שכל זמן שהוא במוח לבד הוא בבחי׳ מיצר וגלות שאינה בגילוי.
Et la deuxième section, l’Exode d’Égypte, correspond à la révélation de l’amour caché, qui passe de l’occultation dans l’intellect au cœur. Tant qu’il demeure dans l’intellect seul, il se trouve dans un état d’étroitesse (méitsar) et d’exil, car il n’est pas révélé.
La deuxième section des tefilines, qui relate l’Exode, représente l’amour qui passe de l’intellect au cœur. Tant que l’amour n’est compris que par l’intellect, il se trouve en « Égypte » (Mitsrayim), interprété comme méitsar, un passage étroit : il est en exil, non révélé.
משא״כ בהתגלות נקרא בחי׳ לידה ומולדותיך ומכורותיך1 ביום הולדת2 כו׳ והוא בחי׳ גילוי השמחה של מצוה אם הבנים שמחה3 תחת אשר לא עבדת4 כו׳ בשמחה5 כו׳
En revanche, lorsqu’il est révélé, on parle du niveau de la naissance : « Tes naissances et tes origines, au jour où tu es née », etc. C’est le niveau de la révélation de la joie d’une mitsva : « une mère joyeuse de ses enfants » ; « parce que tu n’as pas servi », etc., « avec joie », etc.
Lorsque l’amour est ressenti dans le cœur, il « naît », comme dans l’image de la naissance d’Israël évoquée par Ézéchiel. C’est la joie d’une mitsva, « une mère joyeuse de ses enfants », à l’opposé du reproche : « parce que tu n’as pas servi… avec joie ».
והיינו גילוי פ׳ שמע והיה א״ש [אתי שפיר] שהם אהוי״ר [אהבה ויראה] ובמעשה הגילוי הוא בצדקה כשם שע״י פרשה ראשונה נמשך תורה כך ע״י פרשה זו נמשך צדקה שהוא בחי׳ רחמנות ועי״ז מעורר למעלה ג״כ בחי׳ רחמנות
C’est-à-dire la révélation des sections « Chema » et « Vehaya Im Chamoa », qui correspondent à l’amour et à la crainte. Dans l’action, cette révélation se manifeste par la charité : de même que la Torah est attirée par la première section, la charité est attirée par celle-ci ; elle correspond au niveau de la compassion, et par elle, on suscite également en haut le niveau de la compassion.
Cette révélation correspond aux sections « Chema » (amour) et « Vehaya Im Chamoa » (crainte). Dans l’action, l’amour révélé s’exprime par la charité : de même que la première section attire la Torah, celle-ci attire la tsedaka, qui relève de la compassion ; la compassion d’une personne suscite la compassion en haut.
כי לאו מכל מדות6 כו שהרחמנות הוא התפעלות ולא שייך זה באור א״ס ב״ה שאין בו שום שינוי רצון ח״ו [חס ושלום]
Car Il n’est « d’aucune des qualités », etc. : la compassion est une émotion qui nous affecte, et cela ne s’applique pas à la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, en laquelle il n’y a aucun changement de volonté, à D.ieu ne plaise ;
La compassion est une émotion, le fait d’être touché, et rien ne touche ni ne change la Lumière infinie. Comme le dit la prière d’Élie, Il n’est « d’aucune des qualités ».
אלא שמתלבש בבחי׳ רחמנות ע״י מעשה הצדקה באתערותא דלתתא אתערותא דלעילא כן צדקה לחיים78 כן ובסיס לחיי החיים מכון לשבתך
mais Il s’enveloppe du niveau de la compassion par l’acte de charité : par un éveil d’en bas vient un éveil d’en haut. « La charité est un fondement (kèn) pour la vie » : un fondement et un socle pour la Vie de la vie, « un lieu préparé pour Ta résidence ».
D.ieu s’enveloppe plutôt de compassion en réponse à la charité d’une personne : un éveil d’en bas suscite un éveil d’en haut. L’Admour Hazaken interprète kèn dans « Kèn tsedaka le’hayim » (Proverbes 11:19) au sens de « fondement » : la charité est un socle pour la « Vie de la vie », « un lieu préparé pour Ta résidence ».
וזהו ג״כ בחי׳ שוקע מלמעלה למטה כי להיות התלבשות אור א״ס ב״ה במדות הוא ענין שוקע ובחי׳ העלם.
Et cela aussi correspond au niveau de ce qui s’enfonce de haut en bas ; car le fait que la Lumière infinie, béni soit-Il, s’enveloppe dans les attributs émotionnels (midot) relève de ce qui s’enfonce et du niveau de l’occultation.
Cet enveloppement de l’Infini dans les attributs émotionnels est lui aussi le sceau enfoncé. Il vient de haut en bas et constitue une forme d’occultation.
La deuxième section des tefilines, l’Exode, représente l’amour qui passe de l’intellect au cœur, de « l’exil » à la « naissance » et à la joie ; dans l’action, il se manifeste par la charité, qui attire la compassion de D.ieu d’en haut. Cet enveloppement de l’Infini dans un attribut est, là encore, le sceau enfoncé.
Dans ce paragraphe et le précédent, la première section des tefilines est associée à la Torah et la deuxième à la charité. Dans les deux cas, le service de l’homme est l’ascension d’en bas, tandis que l’enveloppement de D.ieu dans 'Hokhma ou dans la compassion est le sceau enfoncé venant d’en haut.
Maré mekomot
- 1ומכורותיך · Ezekiel 16:3
- 2ומולדתיך ומכורתיך ביום הולדת · Ezekiel 16:4
- 3אם הבנים שמחה · Psalms 113:9
- 4תחת אשר לא עבדת · Deuteronomy 28:47
- 5תחת אשר לא עבדת כו׳ בשמחה · דברים כ, מז.
- 6כי לאו מכל מדות · Tikkunei Zohar 17b:5–7
- 7כן צדקה לחיים · משלי (יא, יט). [כ].
- 8כן צדקה לחיים · Proverbs 11:19
5והנה כל ענין חותם זה שממטה למעלה הוא בולט ומלמעלה למטה הוא שוקא נקרא חותם על זרועך1 כי שמאלו תחת לראשי.2
Or, toute cette notion du sceau, qui, de bas en haut, est en relief et, de haut en bas, est creux, est appelée « un sceau sur ton bras », car « Sa main gauche est sous ma tête ».
Les deux formes décrites jusqu’ici — en relief lorsqu’elles viennent d’en bas, et creuses lorsqu’elles viennent d’en haut — relèvent de « un sceau sur ton bras », les tefillin du bras. Cela correspond à « Sa main gauche est sous ma tête », car le bras qui porte les tefillin est le bras gauche.
לראשי אותיות ישראל ולהיות תחת לראשי דהיינו להיות גורם העלאת ישראל הוא ניצוץ אלקות מלמטה למעלה הוא מבחי׳ שמאלו:
« Ma tête » (lerashi) contient les mêmes lettres que Yisrael ; et le fait d’être « sous ma tête », c’est-à-dire de provoquer l’élévation d’Israël, l’étincelle de divinité, de bas en haut, relève du niveau de « Sa main gauche ».
Le mot lerashi (« ma tête ») contient les mêmes lettres que Yisrael. Ainsi, « Sa main gauche est sous ma tête » signifie que la « main gauche » de D.ieu soutient et provoque l’élévation d’Israël, l’étincelle divine, de bas en haut.
L’élévation d’en bas et la réponse creuse d’en haut constituent ensemble le sceau « sur ton bras », correspondant à « Sa main gauche est sous ma tête » : la main gauche élève Israël, dont les lettres composent « ma tête ».
Maré mekomot
- 1חותם על זרועך · Song of Songs 8:6
- 2שמאלו תחת לראשי · Song of Songs 2:6
Le second sceau : le bitoul qui attire la révélation ¶6–8
6ג אך בחי׳ חותם הב׳ שממטה למעלה1 הוא שוקע הוא ענין שמו״ע [שמונה עשרה] תפלה בלחש השתחוואות בחי׳ ביטול באור א״ס ב״ה ממש (וכמ״ש בד״ה יהודה אתה יודוך2 וסד״ה השמים כסאי הנ״ל3 בפי׳ איזה בית כו׳)
3. Mais le niveau du second sceau, qui, de bas en haut, est en creux, correspond à la prière de Chemoné Essré, récitée à voix basse, aux prosternations, au niveau de l’annulation de soi (bitoul) dans la Lumière infinie (Or Ein Sof) elle-même, béni soit-Il. (Comme il est expliqué dans le discours qui commence par « Yehouda, tes frères te reconnaîtront », ainsi qu’à la fin du discours qui commence par « Les cieux sont Mon trône », mentionné plus haut, dans l’explication de « Quelle maison », etc.)
Le maamar aborde un second sceau, plus élevé, qui agit en sens inverse : ici, le service d’en bas est « en creux » ; il s’agit de l’effacement de soi dans la prière silencieuse de Chemoné Essré et ses prosternations, un bitoul devant la Lumière infinie elle-même. La parenthèse renvoie à deux discours qui expliquent ainsi la prière et la prosternation.
והלוואי שיתפלל4 אדם כל היום הוא ענין רשימו להיות ונפשי כעפר לכל5 ולא בבחי׳ יש שאינו יכול לבטל א״ע [את עצמו] רק בטל רצונך6 כו׳
« Puisse l’homme prier toute la journée » : cela correspond à un réchimou (empreinte), afin qu’il soit dit : « Et que mon âme soit comme de la poussière pour tous », et non au niveau du yéch (quelque chose), qui ne peut s’annuler lui-même ; seulement : « Annule ta volonté », etc.
Le souhait des Sages selon lequel « l’homme prierait toute la journée » signifie que le bitoul de la prière doit laisser une empreinte qui perdure tout au long de la journée. On vit alors selon ces mots : « Que mon âme soit comme de la poussière pour tous », et non comme un « quelque chose » imbu de sa propre importance et incapable de s’effacer, mais dans l’esprit de : « Annule ta volonté devant Sa volonté. »
והיינו בבחי׳ מצות ל״ת [לא תעשה] שהם למעלה מבחי׳ מ״ע [מצות עשה] שמי עם7 י״ה שס״ה שבחי׳ תפילין של יד הוא בחי׳ ו״ה לדבקה בו במ״ע [במצות עשה] להיות העלאה בבחי׳ הר כו׳.
Et cela correspond au niveau des commandements négatifs, qui est supérieur à celui des commandements positifs : « Mon nom » (chemi) avec Youd-Hé, 365. Car le niveau des téfilines du bras est celui de Vav-Hé : s’attacher à Lui par les commandements positifs, afin de s’élever au niveau d’une « montagne », etc.
Ce bitoul correspond aux commandements négatifs, qui se situent plus haut que les commandements positifs. Selon l’enseignement bien connu, les 365 commandements négatifs sont « Mon nom » (chemi, 350) plus Youd-Hé (15), les premières lettres du Nom, tandis que les téfilines du bras et les commandements positifs, qui lient l’homme à D.ieu et l’élèvent comme une « montagne », correspondent à ses dernières lettres, Vav-Hé.
אבל י״ה הוא להיות הביטול במצות ל״ת [לא תעשה] בבחי׳ לא כו׳ ועי״ז נמשך מלמעלה חותם הבולט כי
Mais Youd-Hé signifie que le bitoul dans les commandements négatifs s’exprime au niveau du « ne… pas », etc. Et par cela, le sceau en relief est attiré d’en haut. Car
Les commandements négatifs expriment le bitoul sous forme de pure retenue, au niveau du « ne… pas ». Ce don de soi d’en bas, « en creux », attire d’en haut le sceau en relief, une révélation manifeste.
הנה בזמן שאין בהמ״ק [בית המקדש] קיים אותותינו לא ראינו8 כו׳ שהכל הוא בבחי׳ העלם ועמ״ש מזה בד״ה אני ישנה ולבי ער. משא״כ לע״ל [לעתיד לבוא] ולא יכנף עוד מוריך9 כו׳.
à l’époque où le Temple n’est pas debout, « Nous n’avons pas vu nos signes », etc., car tout est dans un état de dissimulation ; voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par « Je dors, mais mon cœur veille ». Il en va autrement dans le Temps à venir : « Ton Maître ne se cachera plus », etc.
Tant que le Temple n’est pas debout, la lumière de D.ieu ne se manifeste que de façon cachée : « Nous n’avons pas vu nos signes. » Dans le Temps à venir, elle sera manifeste : « Ton Maître ne se cachera plus. » L’Alter Rebbe renvoie ici au discours « Je dors, mais mon cœur veille ».
Le second sceau est l’inverse du premier : le bitoul d’en bas (la prière de Chemoné Essré, les prosternations, les commandements négatifs, les lettres Youd-Hé) est « en creux » et attire d’en haut le sceau « en relief », une révélation manifeste, aujourd’hui dissimulée et qui se dévoilera dans le Temps à venir.
Les deux sceaux correspondent aux deux moitiés du Nom : Vav-Hé, les commandements positifs et les téfilines du bras, sont une élévation « en relief » ; Youd-Hé, les commandements négatifs et le bitoul de la prière, sont un don de soi « en creux » qui attire d’en haut une révélation en relief. La discussion précédente dans Likkutei Torah (Shir HaShirim 7a, cité dans les notes) explique pourquoi les commandements négatifs occupent un rang supérieur.
Maré mekomot
- 1בחי׳ חותם הב׳ שממטה למעלה · ראה אוה״ת מסעי ע׳ א׳תג.
- 2בד״ה יהודה אתה יודוך · תו״א מה, ג.
- 3וסד״ה השמים כסאי הנ״ל · תו״א א, ג.
- 4והלוואי שיתפלל כל היום · Berakhot 21a:13
- 5ונפשי כעפר לכל · Berakhot 17a:4
- 6בטל רצונך · Pirkei Avot 2:4
- 7שמי עם י״ה שס״ה · נסמן לעיל ז, א.
- 8אותותינו לא ראינו · Psalms 74:9
- 9ולא יכנף עוד מוריך · Isaiah 30:20
7וביאור ענין זה הנה יש תורה ויש תורה יש תורה ודברי אשר שמתי בפיך12 בבחי׳ שוקע להיות התלבשות אור א״ס ב״ה בחכמה והחכמה היא לבוש כמ״ש עוטה אור כשלמה.3
Explication de cette notion : il y a Torah et Torah. Il y a la Torah de « Mes paroles que J’ai placées dans ta bouche », selon la modalité de l’enfoncement, c’est-à-dire l’enveloppement de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, dans 'Hokhma (sagesse) ; et 'Hokhma est un vêtement, comme il est écrit : « Il s’enveloppe de lumière comme d’un vêtement. »
La Torah peut être présente de deux façons. Dans la première, la parole de D.ieu est « placée dans ta bouche » par l’intermédiaire de 'Hokhma, qui est un vêtement pour la Lumière infinie (« Il s’enveloppe de lumière comme d’un vêtement ») : c’est le sceau enfoncé, D.ieu étant enveloppé et caché.
אך שלא יהיה לבוש זה מסתיר ומעלים את אור א״ס המלובש בה אלא כי עין בעין יראו4 כו׳
Mais ce vêtement ne doit pas cacher ni dissimuler la Lumière infinie qui y est enveloppée ; au contraire : « Car œil à œil ils verront », etc.,
Dans la seconde, le vêtement ne cache pas ce qu’il enveloppe. Alors, comme dans la prophétie de la Rédemption, « œil à œil ils verront ».
« Havaya a dévoilé Son bras saint », etc., « et toutes les extrémités de la terre verront », etc., « aux yeux des nations, Il a révélé Sa justice », etc. : c’est pourquoi on appelle cela « lecture de la Torah ».
Alors, « Havaya a dévoilé Son bras saint » devant tous, et Sa justice est révélée aux yeux des nations. Cette révélation explique pourquoi l’étude de la Torah est appelée « lecture » (keria), un mot qui signifie aussi « appeler » : appeler au grand jour la Divinité qui se trouve dans la Torah.
כי ענין לימוד התורה אף שכבר יודע ההלכה מצוה לעסוק בה כדי להמשיך אור א״ס ב״ה שיהיה גילוי אור א״ס למטה ולא יהיה הלבוש מסתיר כלל
Car, en ce qui concerne l’étude de la Torah, même lorsqu’on connaît déjà la halakha, il est une mitsva de s’y consacrer afin d’attirer vers le bas la Lumière infinie, béni soit-Il, de sorte que la Lumière infinie soit révélée ici-bas et que le vêtement ne la cache aucunement.
C’est pourquoi il est une mitsva de continuer à étudier même les lois que l’on connaît déjà. Le but de l’étude n’est pas seulement de savoir, mais d’attirer vers le bas la Lumière infinie, afin qu’elle soit révélée ici-bas et que le vêtement de la Torah ne la cache aucunement.
(ועמ״ש סד״ה כי תשמע בקול) וגילוי זה הוא וימינו תחבקני7 כאדם החובק את חבירו ואינו מניחו ליפרד כו׳
(Voir également ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Si tu écoutes la voix ».) Cette révélation est « et Sa main droite m’étreint », comme une personne qui étreint son ami et ne le laisse pas se séparer d’elle, etc.
L’Admour Hazaken renvoie à la fin du discours « Si tu écoutes la voix ». Cette révélation est « Sa main droite m’étreint », comme une personne qui étreint son ami et ne le laisse pas partir.
ועמ״ש מענין וימינו תחבקני בד״ה ביום השמע״צ [השמיני עצרת] ונקרא כחותם על לבך מרצועות דתליין על ליבא כי
Voir également ce qui est écrit au sujet de « Sa main droite m’étreint » dans le discours commençant par « Le huitième jour, une assemblée ». Cela est appelé « comme un sceau sur ton cœur », en référence aux lanières qui pendent au-dessus du cœur. Car
Il renvoie aussi au discours « Le huitième jour, une assemblée » au sujet de l’étreinte de la main droite. Cette étreinte est « comme un sceau sur ton cœur » : les lanières des téfilines de la tête qui pendent au-dessus du cœur.
הנה התפילין הם אותיות הכתובים על הקלף וצריך להיות מוקף גויל8 מד׳ רוחותיו כי האותיות הם בחי׳ העלאת הנפש בהשגתה.
les téfilines sont des lettres écrites sur le parchemin, et [chaque lettre] doit être entourée de parchemin sur ses quatre côtés, car les lettres représentent le niveau de l’élévation de l’âme par sa compréhension.
Les téfilines sont constituées de lettres écrites sur du parchemin, et la halakha exige que chaque lettre soit entourée de parchemin sur ses quatre côtés. Les lettres représentent l’élévation de l’âme par sa compréhension.
אבל הקלף הוא למעלה מן האותיות כי הוא הנושא וסובל את האותיות והנה קלף זה הוא העור שממנו הרצועות הכל הוא
Mais le parchemin est au-dessus des lettres, car c’est lui qui les porte et les soutient. Or, ce parchemin est la peau dont proviennent les lanières ; le tout est
Le parchemin est supérieur aux lettres, puisqu’il les porte et les soutient. Les lanières sont faites de la même matière que ce parchemin.
רק בי׳ [ביה] עור בהמה טהורה והרצועות הנמשכות מן הקלף הזה הם תליין על ליבא להיות גילוי האהבה בלב להיות וימינו תחבקני.
dont seule la peau d’un animal pur est faite. Et les lanières qui se prolongent à partir de ce parchemin pendent au-dessus du cœur, afin que l’amour se révèle dans le cœur, et qu’advienne ainsi : « Sa droite m’embrasse. »
Tout ce qui se trouve dans les téfilines, hormis les lettres, qu’il s’agisse du parchemin ou des lanières, est fait de la peau d’un animal cachère. Ainsi, les lanières, qui prolongent le parchemin placé au-dessus des lettres, pendent jusqu’au cœur et y font naître une révélation d’amour : l’étreinte de « Sa droite ».
La Torah peut envelopper D.ieu de façon cachée, ce qui correspond au sceau enfoncé, ou Le révéler, de sorte que le vêtement ne Le dissimule plus ; tel est le but de la « lecture » et de l’étude même des lois déjà connues. Cette révélation, l’étreinte de la main droite, est le sceau sur le cœur : les lanières des téfilines de la tête, faites de la même peau que le parchemin qui est au-dessus des lettres, la transmettent jusqu’au cœur.
Le parchemin qui porte les lettres et doit entourer chacune d’elles représente ce qui dépasse la compréhension de l’âme ; les lanières qui en proviennent font descendre ce niveau supérieur jusqu’au cœur. Le passage de Torah Ohr intitulé « Les cieux sont Mon trône » (cité dans les notes du paragraphe 6) explique pourquoi l’étude est appelée « lecture », comme l’appel d’un nom : elle attire du haut vers le bas.
Maré mekomot
- 1ודברי אשר שמתי בפיך · ישעי׳ (סוס״י נט). [כ].
- 2ודברי אשר שמתי בפיך · Isaiah 59:21
- 3עוטה אור כשלמה · Psalms 104:2
- 4כי עין בעין יראו · Isaiah 52:8
- 5חשף ה׳ את זרוע קדשו כו׳ וראו כל אפסי ארץ · Isaiah 52:10
- 6לעיני הגוים גלה צדקתו · Psalms 98:2
- 7וימינו תחבקני · Song of Songs 2:6
- 8וצריך להיות מוקף גויל · Menachot 29a:17–18
8וזהו שימני כחותם על לבך כי עזה כמות אהבה1 כמו שהנשמה אע״פ [אף על פי] שאינה צריכה לגוף מ״מ קשה עליה פרידתה הגם שהגוף
Et c’est là le sens de : « Place-moi comme un sceau sur ton cœur, car l’amour est fort comme la mort » : de même que l’âme, bien qu’elle n’ait pas besoin du corps, éprouve néanmoins de la peine à s’en séparer, même si le corps
Les mots suivants du verset, « car l’amour est fort comme la mort », sont expliqués à partir du lien entre l’âme et le corps. L’âme n’a pas besoin du corps, et le corps obscurcit sa lumière ; pourtant, il lui est très difficile de s’en séparer.
מחשיך ומעלים את אור הנשמה לפי שהגוף הוא הכלי להנשמה כך מבקשת כנס״י [כנסת ישראל] שימני כחותם על לבך אע״פ [אף על פי] שיהיה חשך והעלם דאזיל אנה ואנה23 כו׳
obscurcit et dissimule la lumière de l’âme, parce que le corps est le réceptacle de l’âme ; de même, la Communauté d’Israël demande : « Place-moi comme un sceau sur ton cœur », même s’il y aura obscurité et dissimulation, « qui va ici et là », etc.,
L’âme demeure attachée au corps parce que celui-ci est son réceptacle. De même, la Communauté d’Israël demande à rester « scellée » sur le cœur de D.ieu, même au milieu de l’obscurité et de la dissimulation, comme le dit le Zohar à propos d’un sceau : bien qu’il aille « ici et là », son empreinte demeure à l’endroit où il a été appliqué.
דיוקנא אשתאר בך4 הוא בחי׳ הביטול בשמו״ע [בשמונה עשרה] ואע״פ [ואף על פי] שאחר התפלה האהבה היא חולפת ועוברת יהיה כחותם להיות וימינו תחבקני5 כאדם החובק את חבירו מאחוריו כך תהיה וימינו תחבקני אפי׳ [אפילו] בבחי׳ אחוריים
« l’image demeure en toi » : c’est le niveau de l’annulation de soi (bitoul) dans la Chemoné Essré. Et bien qu’après la prière l’amour passe et s’en aille, il sera comme un sceau, afin qu’il y ait : « et Sa droite m’enlace » ; de même qu’une personne enlace son ami par derrière, ainsi « Sa droite m’enlacera », même au niveau du revers,
L’« image qui demeure » est le bitoul de la Chemoné Essré. L’amour ressenti pendant la prière passe, mais son empreinte doit demeurer comme un sceau, afin que la droite de D.ieu enlace même « par derrière », une fois que l’on s’est tourné vers d’autres occupations.
דהיינו כשפונה אנה ואנה מפני שכנס״י [שכנסת ישראל] היא בחי׳ כלי וכמ״שנושאי כלי ה׳ שבשעת התפלה הוא בבחי׳ ביטול
c’est-à-dire lorsque l’on se tourne ici et là. Car la Communauté d’Israël est le niveau d’un réceptacle, comme il est écrit : « ceux qui portent les réceptacles de Havaya » ; au moment de la prière, on se trouve dans un état de bitoul,
« Par derrière » signifie lorsque l’on se tourne « ici et là », vers les affaires de la journée. La Communauté d’Israël est appelée un « réceptacle », comme dans « ceux qui portent les réceptacles de Havaya », car au moment de la prière, elle se trouve dans un état de bitoul.
ולכן דייקא אשתאר להיות הלואי שיתפלל אדם כל היום6 כנ״ל (ועיין בזהר ויחי דף רמ״ד סע״ב [סוף עמוד ב] ודף רמ״ה7 ובמשפטים דף קי״ד ע״א) וזהו אשה
c’est pourquoi il est précisément dit « demeure », afin que se réalise : « Puissions-nous voir une personne prier toute la journée », comme mentionné plus haut. (Voir aussi le Zohar, Vay’hi, folio 244, fin du côté b, et folio 245, ainsi que Mishpatim, folio 114a.) Et c’est là le sens de : « Une femme,
C’est pourquoi le Zohar dit que l’image « demeure » : le bitoul de la prière doit laisser son empreinte pour toute la journée, conformément au sens de « Puissions-nous voir une personne prier toute la journée ». L’Alter Rebbe cite les passages du Zohar qui expliquent ainsi le verset, puis passe au verset : « Une femme, lorsqu’elle conçoit… ».
כי תזריע וילדה זכר וארז״ל [ואמרו רבותינו זכרונם לברכה] אשה מזרעת תחלה8 יולדת זכר פי׳ כשההעלאה ממטה למעלה הוא בבחי׳ שקיעה
lorsqu’elle conçoit et donne naissance à un mâle » ; et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « [Si] la femme émet sa semence la première, elle donne naissance à un mâle. » Cela signifie que lorsque l’élévation d’en bas vers le haut s’effectue selon le mode de l’enfoncement,
Le Talmud enseigne que lorsque la semence de la femme vient en premier, un enfant mâle naît. L’Alter Rebbe applique cela au service d’en bas qui est « enfoncé » : une élévation par le bitoul plutôt que par l’affirmation de soi.
כי יסוד דנוק׳ [דנוקבא] שוקע והיא בחי׳ היראה כענין ותתצב אחותו מרחוק9 ועי״ז יולדת זכר שנמשך מלמעלה בחי׳ חותם בולט.10
car le Yessod de la Noukva est enfoncé, et cela correspond au niveau de la crainte, comme dans : « Sa sœur se tint à distance » ; et par cela, elle donne naissance à un mâle, c’est-à-dire que le niveau du sceau saillant est attiré d’en haut.
Dans la Kabbale, le féminin, la Noukva, est le réceptacle, et son Yessod est décrit comme « enfoncé » ; ici, il représente la crainte et l’effacement de soi, comme lorsque Myriam « se tint à distance ». Un tel service enfoncé « donne naissance à un mâle » : il attire d’en haut le sceau saillant, c’est-à-dire une révélation manifeste.
Les mots « car l’amour est fort comme la mort » enseignent que le lien noué pendant la prière doit subsister après celle-ci, comme l’image d’un sceau demeure à l’endroit où il a été appliqué. Le bitoul d’Israël dans la prière, le sceau enfoncé d’en bas, attire le sceau saillant d’en haut : tel est le sens de « une femme, lorsqu’elle conçoit et donne naissance à un mâle ».
Le Zohar (1:245a), cité dans le texte, dit qu’un sceau laisse son empreinte sur place même après avoir été retiré, et compare « l’amour fort comme la mort » à la séparation de l’esprit d’avec le corps. Le maamar applique cela à l’empreinte laissée par la prière, qui maintient l’étreinte de la droite de D.ieu même par derrière.
Maré mekomot
- 1שימני כחותם על לבך כי עזה כמות אהבה · Song of Songs 8:6
- 2דאזל אנה ואנה · זח״ב (קיד, א). ושם בח״א (רמד, סע״ב. רמה, רע״א). [כ].
- 3דאזיל אנה ואנה · Zohar, Mishpatim 3:364–370
- 4דיוקנא אשתאר בך · Zohar, Vayechi 71:731–72:742
- 5וימינו תחבקני · Song of Songs 2:6
- 6הלואי שיתפלל אדם כל היום · Berakhot 21a:13
- 7ודף רמ״ה · ”ארחיה דחותם כיון דאתדבק באתר חד אע״ג דאתעדי מינה הא אשתאר רשימו בההיא אתר ולא אעדי מינה כו׳” — אוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תשל.
- 8אשה כי תזריע . . אשה מזרעת תחלה · Leviticus 12:2
- 9ותתצב אחותו מרחוק · Exodus 2:4
- 10נושאי כלי ה׳ · Isaiah 52:11
Les tefilines de D.ieu, 'Hokhma et vérité ; pluie et rosée ¶9
Et c’est là le sens de « et Il scella sa descendance du signe de la sainte alliance ». Voyez aussi ce qui est écrit dans la paracha Vayakhel, à propos du verset « Prenez parmi vous une offrande », au sujet de la soumission (itkafya) et de la transformation (ithap’ha) : comment, par
La bénédiction prononcée lors d’une circoncision parle de D.ieu qui « scelle » la descendance d’un Juif « du signe de la sainte alliance ». Le Rabbi Alter Rebbe renvoie ensuite à son maamar sur Vayakhel, consacré à « Prenez parmi vous une offrande », où il est question de soumettre le mauvais penchant (itkafya) et de le transformer (ithap’ha).
אתכפיא בבחי׳ נפשי כעפר2 מעורר אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] מבחי׳ סוכ״ע למעלה ממה שמעורר ע״י בחי׳ אתהפכא כו׳ ע״ש וזהו ג״כ ממש כענין המבואר כאן.
la soumission, au niveau de « que mon âme soit [comme] poussière », on suscite un éveil d’en haut provenant du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), supérieur à ce que l’on suscite par le niveau de la transformation, etc. Voyez là-bas. C’est exactement le même principe que celui qui est exposé ici.
Il y est expliqué que se soumettre, dans l’esprit de « que mon âme soit comme poussière », suscite d’en haut la lumière qui entoure tous les mondes (sovev), à un niveau supérieur à ce que suscite la transformation. C’est le même principe qu’ici : un service humble et effacé attire une révélation supérieure.
ועמ״ש בפ׳ בחקתי ע״פ ואפו עשר נשים כו׳ דר״ל [דרוצה לומר] שעשר כחות שבנפש יהיו בחי׳ נוק׳ [נוקבא]
Voyez aussi ce qui est écrit dans la paracha Be’houkotaï, à propos du verset « Et dix femmes cuiront », etc. : cela signifie que les dix facultés de l’âme doivent être au niveau de la Noukva (le féminin),
Il renvoie également à son maamar sur Be’houkotaï, consacré à « Et dix femmes cuiront ». Les dix facultés de l’âme doivent y être « féminines », c’est-à-dire réceptives.
דהיינו שידע שבאמת הטוב שיש בו הוא מקבל זה מלמעלה שבעל האמת נותן לו האמת ע״ד וה׳ יגיה חשכי3 כו׳ וזהו ג״כ ענין אשה
c’est-à-dire qu’il sache qu’en vérité, le bien qui est en lui, il le reçoit d’en haut : le Maître de vérité lui donne la vérité, selon le sens de « et Havaya éclaire mes ténèbres », etc. C’est aussi le sens de « Une femme,
Être « féminin » en ce sens, c’est savoir que tout le bien qui est en soi est reçu d’en haut, donné par le Maître de vérité, comme dans « Havaya éclaire mes ténèbres ». C’est aussi le sens de « Une femme, lorsqu’elle concevra ».
כי תזריע כו׳:(עוי״ל [עוד יש לומר] בענין שימני כחותם שהם תפילין כי הנה ענין הקב״ה מניח תפילין היינו מה שנמשך אא״ס [אור אין סוף] ומאיר בחכ׳ [בחכמה] ובינה כו׳ ולכן בפ׳ ראשונה נאמר כי מי4 גוי גדול5 כו׳. ומי גוי גדול.
lorsqu’elle concevra », etc. (On peut aussi expliquer, au sujet de « Place-moi comme un sceau », qu’il s’agit des tefillin : car le sens de « le Saint béni soit-Il met les tefillin » est que la Lumière infinie (Or Ein Sof) se déploie et illumine 'Hokhma (sagesse) et Bina (compréhension), etc. C’est pourquoi, dans la première section, il est dit : « Car quelle grande nation », etc. Et « Quelle grande nation »:
Une remarque ajoute une autre explication : les « tefillin » de D.ieu sont la Lumière infinie qui illumine 'Hokhma et Bina. Selon cette remarque, c’est pourquoi la première section de Ses tefillin contient les versets « Car quelle grande nation » et « Et quelle grande nation ».
כי היא חכמה עילאה ובהתלבשות אא״ס [אור אין סוף] בחכמה עילאה דאורייתא מחכמה נפקת אזי ישראל נראים גוי גדול וכמש״ש [וכמה שכתוב שם] בד״ה כי עמך מק״ח [מקור חיים] בענין השקיפה ממעון קדשך מן השמים וברך את עמך את ישראל6 כו׳ יעו״ש [יעויין שם].
car elle est la 'Hokhma supérieure ; et lorsque la Lumière infinie s’investit dans la 'Hokhma supérieure, puisque « la Torah procède de 'Hokhma », alors Israël apparaît comme « une grande nation ». C’est ce qui est écrit là-bas, dans le maamar qui commence par « Car auprès de Toi est la source de vie », au sujet de « Regarde depuis ta sainte demeure, depuis les cieux, et bénis Ton peuple Israël », etc. Voyez là-bas.
Cette section correspond à la 'Hokhma supérieure, source de la Torah ; lorsque la Lumière infinie s’y investit, Israël apparaît comme « une grande nation ». La remarque renvoie au maamar « Car auprès de Toi est la source de vie », à propos de « Regarde depuis ta sainte demeure… et bénis Ton peuple Israël ».
והנה החכמה נק׳ חותם כמ״ש בד״ה אלה מסעי בענין ויכתוב משה כי חותמו של הקב״ה אמת7 וזהו מדרגת החכמה.) (ועיין בסש״ב [בספר של בינונים] פרק ל״ה בהג״ה [בהגהה]).8
Or, 'Hokhma est appelée « sceau », comme cela est expliqué dans le maamar qui commence par « Voici les étapes », à propos de « Et Moché écrivit » : car « le sceau du Saint béni soit-Il est la vérité », et cela correspond au niveau de 'Hokhma.) (Voyez aussi Sefer Shel Beinonim [Tanya], chapitre 35, dans la note.)
'Hokhma est appelée « sceau » parce que « le sceau du Saint béni soit-Il est la vérité », et la vérité correspond au niveau de 'Hokhma. La remarque renvoie au maamar « Voici les étapes » et à la note du Tanya, chapitre 35, qui explique que l’Infini ne s’unit même au monde d’Atsilout que par 'Hokhma, car Il est l’Unique véritable et rien n’existe en dehors de Lui.
וזהו שימני כחותם שבתפילין דמארי עלמא שהן חותמו של הקב״ה מה כתיב בהו כי מי גוי גדול כו׳
Et c’est là le sens de « Place-moi comme un sceau » : dans les tefillin du Maître du monde, qui sont le sceau du Saint béni soit-Il, qu’y est-il écrit ? « Car quelle grande nation », etc.
Cela explique « Place-moi comme un sceau » : dans les tefillin de D.ieu, qui sont Son sceau, est écrite la louange d’Israël : « Car quelle grande nation ».
אף כי עכשיו אותותינו לא ראינו9 זהו לפי שההמשכה מבחי׳ חותם שוקע ועמ״ש סד״ה ואלה שמות בנ״י [בני ישראל] הבאים מצרימה.
Bien que maintenant « nous n’avons pas vu nos signes », c’est parce que l’effusion provient du niveau du sceau en creux. Voir aussi ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Voici les noms des enfants d’Israël qui vinrent en Égypte ».
Si nous ne voyons pas cela maintenant (« nous n’avons pas vu nos signes »), c’est parce que ce qui est actuellement attiré provient du sceau en creux, caché à l’intérieur. L’Admour Hazaken renvoie à la fin du discours « Voici les noms des enfants d’Israël ».
אך לע״ל [לעתיד לבוא] כי עין בעין יראו10 זהו ענין חותם בולט והיינו לפי שיהיה גילוי בחי׳ חכמה עילאה סתימא דכל סתימין כו׳
Mais dans le monde futur, « car œil à œil ils verront » : c’est le sceau en relief. Cela tient au fait qu’il y aura une révélation du niveau de la 'Hokhma supérieure, « la plus cachée de toutes les choses cachées », etc.
Dans le monde futur, lorsque « œil à œil ils verront », il s’agira du sceau en relief. La 'Hokhma supérieure, aujourd’hui « la plus cachée de toutes les choses cachées », sera alors révélée ouvertement.
וזהו כחותם על לבך11 וימינו תחבקני בחי׳ חסד דלגאו הנק׳ חסד דקשוט12 (באד״ר [באדרא רבא] קל״ג ב׳) בחי׳ מקור האמת שהוא ית׳ אחד האמת ואין זולתו כו׳.
C’est là « comme un sceau sur ton cœur » et « sa droite m’étreint » : le niveau du 'Hessed intérieur, appelé « le 'Hessed de vérité » (dans l’Idra Rabba, 133b), le niveau de la Source de vérité : Lui, béni soit-Il, est l’Un véritable, et rien n’existe en dehors de Lui, etc.
C’est là « comme un sceau sur ton cœur » et « sa droite m’étreint » : le 'Hessed intérieur que l’Idra Rabba appelle « le 'Hessed de vérité ». Il provient de la Source de vérité, D.ieu, l’Un véritable en dehors de qui rien n’existe.
ועפ״ז [ועל פי זה] אפ״ל [אפשר לומר] מ״ש בגמרא (פ״ק [פרק קמא] דתענית דף ד׳) שני דברים13 שאלה כנס״י [כנסת ישראל] שלא כהוגן והקב״ה השיב כהוגן. א׳ ויבא כגשם14 והקב״ה השיבה אהיה כטל15 כו׳.
À partir de là, on peut expliquer ce qui est dit dans la Guemara (premier chapitre de Taanit, folio 4) : l’Assemblée d’Israël demanda deux choses de manière inconvenante, et le Saint béni soit-Il lui répondit convenablement. La première : « Il viendra comme la pluie », et le Saint béni soit-Il lui répondit : « Je serai comme la rosée », etc.
Cela explique également l’enseignement du Talmud selon lequel Israël demanda deux fois de manière inconvenante et D.ieu répondit convenablement. La première fois, ils demandèrent que D.ieu vienne « comme la pluie », et Il répondit : « Je serai comme la rosée ».
הב׳ שימני כחותם כו׳ והקב״ה השיבה הן על כפים חקותיך16 ובשה״ש [ובשיר השירים] רבה בפסוק שימני כחותם מבואר הענין באריכות יותר והנה ענין ויבוא כגשם זהו ענין אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] הבאה ע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] ואד יעלה17 כו׳
La seconde : « Place-moi comme un sceau », etc., et le Saint béni soit-Il lui répondit : « Voici que sur [Mes] paumes, Je t’ai gravée. » Et dans le Chir Hachirim Rabba, au sujet du verset « Place-moi comme un sceau », cette idée est exposée plus longuement. Or, « Il viendra comme la pluie » désigne un éveil d’en haut qui vient par un éveil d’en bas : « Et une vapeur monta », etc.
La seconde fois, ils demandèrent : « Place-moi comme un sceau », et Il répondit : « Voici que sur Mes paumes, Je t’ai gravée » ; le Midrach sur le Cantique des Cantiques développe longuement cette idée. La pluie est une réponse d’en haut qui vient par un éveil d’en bas, comme la vapeur qui monte d’abord de la terre.
אבל אהיה כטל הוא אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] שנמשכה מאליה שלא ע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] מבחי׳ שאין אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] מגעת שם כמ״ש במ״א בד״ה האזינו השמים.18
Mais « Je serai comme la rosée » désigne un éveil d’en haut qui est attiré de lui-même, sans passer par un éveil d’en bas, depuis un niveau qu’un éveil d’en bas ne peut atteindre, comme cela est expliqué ailleurs, dans le discours commençant par « Prêtez l’oreille, cieux ».
La rosée, en revanche, vient d’elle-même, sans aucun éveil d’en bas, depuis un niveau que le service de l’homme ne peut atteindre. Le discours « Prêtez l’oreille, cieux » l’explique.
Le paragraphe relie le second sceau à la circoncision et à la réceptivité de l’âme, puis, dans une remarque, identifie les « tefillin » et le sceau de D.ieu à la 'Hokhma supérieure, aujourd’hui cachée et révélée dans l’avenir. Il aborde ensuite l’enseignement talmudique selon lequel Israël demanda la pluie et un sceau de manière inappropriée, et D.ieu répondit par la rosée et par une gravure.
La note du Tanya, chapitre 35, citée ici, explique pourquoi 'Hokhma est le sceau de la vérité : l’Infini ne s’unit aux mondes que par 'Hokhma, car Il est l’Unique véritable, seul, et rien n’existe en dehors de Lui ; cela correspond au niveau de 'Hokhma. La pluie et la rosée du Talmud correspondent à deux types d’éveil d’en haut : l’un répond à l’éveil de l’homme, l’autre vient de lui-même, au-delà de ce que l’homme peut atteindre.
Maré mekomot
- 1וצאצאיו חתם באות ברית קדש · Shabbat 137b:7
- 2נפשי כעפר · Berakhot 17a:4
- 3וה׳ יגי׳ חשכי · II Samuel 22:29
- 4כי מי גדול כו׳ ומי גוי גדול · Deuteronomy 4:7
- 5ומי גוי גדול · Deuteronomy 4:8
- 6השקיפה ממעון קדשך מן השמים וברך את עמך את ישראל · Deuteronomy 26:15
- 7חותמו של הקב״ה אמת · Shabbat 55a:12
- 8ועיין בסש״ב פרק ל״ה בהג״ה · Tanya, Likkutei Amarim 35
- 9אותותינו לא ראינו · Psalms 74:9
- 10כי עין בעין יראו · Isaiah 52:8
- 11
- 12חסד דקשוט · Zohar, Idra Rabba 15:134–17:147
- 13
- 14ויבא כגשם · Hosea 6:3
- 15אהיה כטל · Hosea 14:6
- 16הן על כפים חקותיך · Isaiah 49:16
- 17ואד יעלה · Genesis 2:6
- 18בד״ה האזינו השמים · לעיל האזינו עג, ב.
Pourquoi la demande était inconvenante ¶10–13
10ועד״ז יובן ג״כ ענין שימני כחותם כי הנה עד״מ החותם הוא עשיה גשמיות שחוקק שמו על החותם רק שמ״מ הוא קיום על כל דבר.
De même, on comprendra aussi le sens de « Place-moi comme un sceau ». Car, à titre d’analogie, le sceau est une fabrication matérielle : on grave son nom sur le sceau ; néanmoins, il constitue une validation pour toute chose.
La demande « Place-moi comme un sceau » s’entend de la même manière. Un sceau est un objet matériel fabriqué, sur lequel un nom est gravé ; pourtant, son empreinte confirme et valide tout document.
והוא ענין חכמה עילאה שנקרא חותמו של הקב״ה אמת1 והחכמה נקרא עשייה אצלו ית׳ כמ״ש כולם בחכמה עשית2 ויש בזה חותם בולט וחותם שוקע ח״ע [חכמה עילאה] וח״ת [וחכמה תתאה] כנ״ל.
Cela renvoie au niveau de la 'Hokhma supérieure ('Hokhma Ila'a), qui est appelée « le sceau du Saint béni soit-Il est vérité ». La 'Hokhma est appelée une « fabrication » à Son égard, béni soit-Il, comme il est écrit : « Tu les as tous faits avec la 'Hokhma. » Il y a en cela un sceau en relief et un sceau en creux : la 'Hokhma supérieure et la 'Hokhma inférieure ('Hokhma Tata'a), comme mentionné plus haut.
Pour D.ieu, le sceau est la 'Hokhma supérieure, appelée « Son sceau est vérité » ; et devant Lui, même la 'Hokhma compte comme une « fabrication » (« Tu les as tous faits avec la 'Hokhma »). Ce sceau aussi présente deux formes, en relief et en creux : la 'Hokhma supérieure et la 'Hokhma inférieure.
Un sceau valide toute chose, bien qu’il ne soit lui-même qu’un objet fabriqué ; ainsi, la 'Hokhma supérieure est le sceau de vérité de D.ieu, bien que même la 'Hokhma ne soit devant Lui qu’une « fabrication », et qu’elle comporte elle aussi une forme en relief et une forme en creux.
Qualifier la 'Hokhma de « fabrication » prépare l’étape suivante : si même la 'Hokhma n’est devant D.ieu qu’une chose fabriquée, demander à être Son « sceau » reste en deçà de Son essence. Tanya, Part II, ch. 9 (cité au paragraphe 12) dit la même chose : devant Lui, la 'Hokhma est considérée comme un acte matériel.
Maré mekomot
- 1חותמו של הקב״ה אמת · Shabbat 55a:12
- 2כולם בחכמה עשית · Psalms 104:24
11וכוונת הבקשה בזה כי בהתלבשות א״ס בחכמה דאורייתא מחכמה נפקת שם נראה כנס״י [כנסת ישראל] לדבר חשוב מאד נעלה שבכל התורה נאמר דבר אל בני ישראל צו את בנ״י [בני ישראל] כו׳ אבל בבחי׳ שלמעלה מהחכמה כתיב אם צדקת1 כו׳.
Et l’intention de cette demande est que, lorsque l’Infini (Ein Sof) s’habille dans la 'Hokhma (sagesse), car « la Torah émane de la 'Hokhma », l’Assemblée d’Israël y apparaît comme une réalité d’une très grande importance [et] d’une élévation extrême : dans toute la Torah, il est dit : « Parle aux enfants d’Israël », « Ordonne aux enfants d’Israël », etc. Mais au niveau qui dépasse la 'Hokhma, il est écrit : « Si tu es juste… », etc.
Israël a demandé à être un sceau parce que, lorsque l’Infini s’habille dans la 'Hokhma, dans la Torah, Israël apparaît comme ayant une importance suprême : toute la Torah s’adresse à eux (« Parle aux enfants d’Israël »). Au-dessus de la 'Hokhma, en revanche, le verset dit : « Si tu es juste, que lui donnes-tu ? » : rien de ce qu’accomplit l’homme ne peut y ajouter quoi que ce soit.
Israël a demandé à être un sceau parce que, dans la 'Hokhma, dans la Torah, ils revêtent une importance capitale, tandis qu’au-dessus de la 'Hokhma, la justice de l’homme n’ajoute rien à D.ieu.
Maré mekomot
- 1אם צדקת · Job 35:7
12ולכן בקשה שימני כחותם דוקא. והקב״ה השיבה כהוגן הן על כפים חקותיך1 כי בקשתה זו שימני כחותם הוא נקרא עדיין שלא כהוגן
C’est pourquoi elle demanda précisément : « Fais de moi un sceau. » Et le Saint béni soit-Il lui répondit comme il convenait : « Voici, sur [Mes] paumes, Je t’ai gravée. » Car cette demande qu’elle formula, « Fais de moi un sceau », est encore considérée comme inappropriée,
C’est pourquoi Israël demanda à être précisément un sceau. La réponse de D.ieu, « sur Mes paumes, Je t’ai gravée », était la réponse « comme il convenait », car le sceau, le niveau de 'Hokhma, n’est pas encore l’essence.
שהרי החותם הוא עדיין עשייה גשמיות ודבר נבדל מהעצמות וכך אור א״ס ב״ה מרומם רבות מדרגות אין קץ למעלה מהחכמה כמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] ח״ב [חלק ב׳] ספ״ט ואף בחי׳ הנקרא חותם בולט בחי׳ גילוי נפלאות
car le sceau est encore une réalisation matérielle, une chose distincte de l’essence ; et la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, est élevée au-dessus de 'Hokhma (sagesse) par des degrés innombrables, sans fin, comme l’explique le Sefer Shel Beinonim, partie II, à la fin du chapitre 9. Et même le niveau appelé le sceau en relief, le niveau de la révélation des merveilles,
Un sceau est encore une chose fabriquée et matérielle, distincte de l’essence de D.ieu, et la Lumière infinie se situe infiniment au-delà de 'Hokhma, comme l’explique le Tanya, partie II, chapitre 9. L’Alter Rebbe ajoute que même le sceau en relief, c’est-à-dire la révélation des merveilles, est limité de cette manière.
כמו יצ״מ [יציאת מצרים] ולא כמו שאותותינו לא ראי נו הרי כתיב עושה פלא שגם בחי׳ פלא הוא עשייה גשמיות אצלו ית׳ שנקרא אדון הנפלאות וכמ״ש מזה בד״ה אשירה להוי׳ כי גאה גאה.
comme la sortie d’Égypte, et non comme lorsque « nous n’avons pas vu nos signes » ; or il est écrit : « Il accomplit des merveilles », car même le niveau du miracle est une réalisation matérielle par rapport à Lui, béni soit-Il, qui est appelé « le Maître des merveilles ». Comme il est expliqué à ce sujet dans le discours qui commence par « Je chanterai pour Havaya, car Il s’est élevé avec grandeur. »
Même les miracles manifestes, tels que la sortie d’Égypte, contrairement à notre présent où ils sont cachés, sont des choses que D.ieu « accomplit » : l’Écriture dit qu’Il « accomplit des merveilles », et Il est appelé « le Maître des merveilles ». Ainsi, même un miracle constitue en quelque sorte une réalisation matérielle par rapport à Lui. Le discours « Je chanterai pour Havaya » traite de ce sujet.
אבל באמת ישראל עלו במחשבה2 שהיא בחי׳ מחשבה הקדומה שלמעלה מהחכמה ועמ״ש בד״ה למנצח על השמינית ומ״ש בפ׳ ציצית בענין פי׳ ישראל לי ראש.
Mais en vérité, « Israël s’éleva dans la pensée », c’est-à-dire au niveau de la pensée primordiale, qui est au-dessus de 'Hokhma. Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Pour le chef des chantres, sur la Sheminit », et ce qui est écrit dans la section de Tsitsit au sujet de l’explication de « Israël : li roch (une tête pour Moi). »
Israël, cependant, « s’éleva dans la pensée » : ses racines se trouvent dans la pensée primordiale de D.ieu, au-dessus de 'Hokhma. L’Alter Rebbe renvoie à deux autres discours : l’un sur « Pour le chef des chantres, sur la Sheminit », l’autre sur les tsitsit, qui interprète les lettres de Yisrael comme li roch, « une tête pour Moi ».
La demande d’être un sceau était « inappropriée » parce qu’un sceau, même le sceau en relief des miracles manifestes, n’est que 'Hokhma, une « réalisation » distincte de l’essence de D.ieu. La véritable racine d’Israël se trouve dans Sa pensée primordiale, au-dessus de 'Hokhma.
Le Tanya, partie II, vers la fin du chapitre 9, que cite le maamar, enseigne que l’Infini est élevé sans fin au-dessus de 'Hokhma, au point que 'Hokhma est considérée devant Lui comme une action matérielle. Le maamar étend cette idée au « sceau en relief » des miracles : « accomplir des merveilles » reste une réalisation.
Maré mekomot
- 1הן על כפים חקותיך · Isaiah 49:16
- 2ישראל עלו במחשבה · Bereshit Rabbah 1:4
13וזהו ענין על כפים חקותיך בחי׳ אותיות החקוקים בעצמותו ית׳ משא״כ החותם הוא אותיות החקוקים בדבר נפרד כו׳
Et c’est là le sens de « sur [Mes] paumes, Je t’ai gravée » : le niveau des lettres gravées dans Son Essence même, béni soit-Il, contrairement au sceau, dont les lettres sont gravées dans un objet distinct, etc.
La réponse de D.ieu, « sur Mes paumes, Je t’ai gravée », parle de lettres gravées dans Son Essence même. Un sceau, en revanche, porte des lettres gravées dans un objet distinct ; Israël n’est donc pas un sceau séparé de Lui, mais est gravé en Lui.
ועמ״ש ע״פ אם בחקתי תלכו וע״פ זאת חקת התורה והוא ענין גליף גליפו בטהירו עילאה1 שלמעלה מהחכמה ושם שרש נש״י [נשמות ישראל] כו׳:2
Et voyez ce qui est écrit au sujet du verset « Si vous marchez selon Mes statuts » et du verset « Voici le statut de la Torah ». C’est là le sens de « Il grava des gravures dans la splendeur suprême », qui est au-dessus de 'Hokhma (sagesse) ; c’est là que se trouve la racine des âmes d’Israël, etc.
Les mots choukotaï (« Mes statuts ») et ‘houkat (« le statut ») ont la même racine que ‘hakika, « gravure », qui est aussi celle de « Je t’ai gravée » ; l’Alter Rebbe renvoie à ses maamarim sur ces versets. Cette gravure est celle que le Zohar décrit par « Il grava des gravures dans la splendeur suprême », un niveau au-dessus de 'Hokhma, où les âmes d’Israël ont leur racine.
La réponse « juste », « sur Mes paumes, Je t’ai gravée », situe Israël dans l’Essence même de D.ieu, dans une gravure qui ne fait qu’un avec Lui, au-dessus de 'Hokhma, où les âmes d’Israël ont leur racine.
Le Zohar (1:15a) ouvre son récit de la création par ces mots : « Au commencement de l’autorité du Roi, Il grava des gravures dans la splendeur suprême » : c’est le premier acte de l’Infini, avant toute révélation. Le maamar situe là la racine des âmes d’Israël, au-dessus de 'Hokhma et donc au-delà de tout sceau.
Maré mekomot
- 1גליף גליפו בטהירו עילאה · Zohar I, 15a
- 2על כפיך חקותיך · Isaiah 49:16
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Faites passer l’amour caché au grand jour par les Pessouké deZimra et le Chéma ; que le bitoul de la Amida silencieuse laisse une empreinte qui dure toute la journée, afin de demeurer « comme la poussière pour tous », même lorsqu’on se tourne « ici et là » vers d’autres occupations. Continuez à étudier la Torah, même des lois que vous connaissez déjà, pour y révéler la Lumière infinie ; donnez la tsédaka, qui attire la compassion de D.ieu ; observez les interdits dans un pur bitoul ; et sachez que tout le bien que l’on possède est reçu d’en haut.
Questions à discuter
- Pourquoi un cachet inverse-t-il son empreinte dans la cire, et comment le maamar s’appuie-t-il sur cela pour décrire le rapport entre notre service et la réponse de D.ieu ?
- Quelle est la différence entre la « montagne » de la prière et la « montagne sur une montagne » de la Torah ?
- Pourquoi le bitoul silencieux de la Amida et les interdits attirent-ils une révélation plus manifeste que le Chéma et les commandements positifs ?
- Que signifie le fait que l’« image » de la prière demeure toute la journée, et comment une personne peut-elle vivre ainsi ?
- Pourquoi la demande d’Israël d’être le « sceau » de D.ieu a-t-elle été qualifiée d’inconvenante, et qu’ajoute la formule « sur Mes paumes, Je t’ai gravée » ?