Likkutei Torah · Parshas Shir HaShirim · Maamar 34
מה יפו פעמיך בנעלים כו׳
Que tes pas sont beaux dans tes chaussures
L’idée centrale
La « chaussure », couche la plus basse et la plus extérieure, renferme la beauté essentielle. En haut, l’ange Sandalphon est la chaussure de Mal'hout, qui limite à la fois la création et élève la prière jusqu’à Kéter ; chez l’être humain, l’âme animale, raffinée par le sacrifice de soi du Chéma, par les mitsvot, la charité et la joie, devient la chaussure qui réalise le dessein de la création.
Le maamar en bref
Le Talmud interprète « Que tes pas sont beaux dans tes chaussures » comme évoquant les pèlerins qui montaient à Jérusalem ; aujourd’hui, la prière prend la place du pèlerinage et réunit les attributs des trois Patriarches. Contempler le fait que les mondes proviennent d’une seule parole divine fait naître l’amour et la crainte. La Amida demande un changement de volonté au-dessus du niveau de la Torah, atteint par le sacrifice de soi du Chéma et par l’ange Sandalphon, qui dépouille les prières de leur matérialité et les noue en couronnes. Sandalphon est la « chaussure » qui recouvre Mal'hout : par lui et par les anges, la création issue de Mal'hout acquiert des limites et, puisque la fin est enracinée dans le commencement, le point le plus bas atteint le plus haut. Chez l’être humain, l’âme animale, issue de la « peau » extérieure de l’amour et de la crainte des anges, devient une chaussure lorsqu’elle est soumise et transformée ; elle s’élève le Chabbat, tandis qu’à Yom Kippour l’âme s’élève au-delà du cuir. La seconde partie du verset parle de la charité cachée, qui devient une couronne et attire la Torah vers le bas. Les deux chaussures sont les mitsvot et la joie des mitsvot.
Plan
- Les pas des pèlerins et la prièreLe verset parle du pèlerinage de fête ; aujourd’hui, la prière le remplace et contient à la fois les trois Patriarches ; contempler la création issue d’une seule parole fait naître l’amour et la crainte.¶1–4
- Sandalphon, la chaussure de Mal'houtLa Amida demande un changement de volonté au-dessus de la Torah, atteint par le sacrifice de soi du Chéma et par Sandalphon, qui donne ses limites à la création issue de Mal'hout et élève la prière sous forme de couronnes.¶5
- L’âme animale comme chaussureL’âme animale, issue de la « peau » extérieure des anges, devient une chaussure par le Chéma ; l’ordre de la prière à travers les mondes ; son élévation le Chabbat et les jours de fête, et l’élévation de Yom Kippour au-delà du cuir.¶6–7
- La bonté du nobleLa capacité de se livrer entièrement dans le Chéma vient du 'Hessed sublime d’Avraham, renouvelé chaque matin afin que nous puissions prier.¶8
- La charité, les cuisses cachées« Les contours de tes cuisses » désignent la charité donnée en secret grâce au fruit de son propre labeur ; elle devient une couronne sur la tête et attire la Torah vers le bas. La Torah aussi possède ses « cuisses » cachées ; la première chaussure est celle des mitsvot.¶9–11
- La joie des mitsvotLa seconde chaussure est la joie d’une mitsva, issue du camp de Mikhaël ; les chaussures sont Metatron et Sandalphon, qui s’élèvent le Chabbat ; les « chaussures d’une fête à l’autre » de la Michna.¶12
Notions clés
- Sandalphonסנדלפון
- L’ange qui « noue des couronnes pour son Créateur » à partir des prières d’Israël. Son nom contient le mot sandale : il est la « chaussure » qui recouvre Mal'hout et donne ses limites à la création.
- La chaussure (na’al)נעל
- L’enveloppe extérieure du « pied » : en haut, Sandalphon au-dessus de Mal'hout ; chez l’être humain, l’âme animale qui revêt l’âme divine et qui, une fois raffinée, constitue la beauté essentielle.
- Un changement de volontéשינוי הרצון
- Ce que demandent les requêtes de la Amida : un changement attiré du Maître de la volonté, au-dessus de la volonté exprimée dans la Torah.
- Le sacrifice de soi (messirout néfech)מסירות נפש
- Se livrer entièrement au mot « Un » du Chéma ; cela atteint un niveau supérieur à celui de la Torah et prépare la voie à la Amida.
- Mal'hout (souveraineté)מלכות
- L’attribut par lequel quelque chose vient à l’existence à partir du néant, car « il n’est pas de roi sans peuple » ; le Nom Elokim, qui dissimule le Nom Havaya.
- Soumettre et transformer (itkafya et it'hap'ha)אתכפיא ואתהפכא
- Les deux façons dont l’âme animale est raffinée et devient ainsi la « chaussure ».
- La peauעור
- Le niveau le plus extérieur de chaque monde : la source de l’âme animale et le point d’appui du Satan. L’homme a été créé pour la raffiner, la faire passer des ténèbres à la lumière.
Les pas des pèlerins et la prière ¶1–4
1מה יפו פעמיך1 בנעלים234 כו׳. הנה ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] ספ״ד [סוף פרק ד׳] דסוכה (דמ״ט ע״ב) ובפ״ק [ובפרק קמא] דחגיגה (דף ג׳ ע״א)
« Que tes pas sont beaux dans tes chaussures », etc. Or, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit, à la fin du quatrième chapitre de Soukka (49b) et dans le premier chapitre de 'Haguiga (folio 3a),
Le maamar s’ouvre sur le Cantique des Cantiques 7:2 : « Que tes pas sont beaux dans tes chaussures, fille de noble ». L’Admour Hazaken commence par l’interprétation du verset donnée dans le Talmud, qui apparaît en deux endroits : à la fin du quatrième chapitre de Soukka et dans le premier chapitre de 'Haguiga.
שהפסוק הזה נאמר על כנס״י [כנסת ישראל] בשעה שהיו עולים לרגל. כמ״ש שלש פעמים בשנה יראה56 כו׳ את פני ה׳ אלקיך.
que ce verset fut dit au sujet de l’Assemblée d’Israël (Knesset Israël), lorsqu’elle montait pour les fêtes de pèlerinage, comme il est écrit : « Trois fois par an, on se présentera », etc., « devant la présence de Havaya, ton D.ieu ».
Le Talmud interprète le verset comme un éloge des « pas » du peuple juif lorsqu’il montait à Jérusalem pour les trois fêtes de pèlerinage. Cela relie le verset au commandement de la Torah selon lequel tout homme devait « se présenter devant » D.ieu trois fois par an.
ועתה משחרב בהמ״ק [בית המקדש] תפלה במקום קרבן7 שבחינת יראה את פני ה׳ אלקיך הוא עתה בתפלה רק שאז היה השראת השכינה למטה במקום גשמי כמ״ש ועשו לי מקדש ושכנתי8 כו׳
Et maintenant que le Saint Temple (Beit Hamikdach) a été détruit, la prière tient lieu de sacrifice ; ainsi, le niveau de « se présenter devant la présence de Havaya, ton D.ieu » se réalise désormais dans la prière. Seulement, alors, la Chekhina (Présence divine) résidait en bas, dans un lieu matériel, comme il est écrit : « Ils Me feront un sanctuaire, et Je résiderai », etc.
Depuis la destruction du Temple, la prière tient lieu d’offrandes ; « se présenter devant D.ieu » se réalise donc désormais dans la prière. La différence est qu’à l’époque du Temple, la Chekhina résidait en un lieu matériel, le Sanctuaire, comme le dit le verset : « Ils Me feront un sanctuaire, et Je résiderai parmi eux ».
לזה היה אז בהתחלקות ג׳ זמנים פסח שבועות סוכות נגד ג׳ אבות אברהם יצחק יעקב.
C’est pourquoi, alors, cela était réparti en trois périodes : Pessa'h, Chavouot et Soukkot, correspondant aux trois Patriarches, Avraham, Its'hak et Yaakov.
Parce que cette résidence était liée à un lieu matériel, elle était également répartie en périodes distinctes : les trois fêtes. Chacune correspond à l’un des trois Patriarches, dans l’ordre indiqué : Pessa'h à Avraham, Chavouot à Its'hak et Soukkot à Yaakov.
L’Admour Hazaken commence par l’interprétation talmudique de « Que tes pas sont beaux » comme désignant les pèlerins montant à Jérusalem. Il oppose l’époque du Temple, où la Chekhina résidait en un lieu matériel et où cette résidence était répartie entre trois fêtes, à la prière, qui tient désormais lieu d’offrandes.
Les trois fêtes, chacune associée à l’un des Patriarches, préparent l’idée du paragraphe suivant : dans la prière, les trois Patriarches — l’amour, la crainte et la compassion — sont présents ensemble en tout temps, au lieu d’être répartis entre des périodes distinctes.
Maré mekomot
- 1מה יפו פעמיך · ראה הערת כ״ק אדמו״ר לעיל בהערות וציונים יט, ד: ”להשוות דרמ״צ קעה, ב”. המאמר דדרך מצותיך הוא משנת תקס״ג ע׳ רמח, ושם נדפסו ב׳ הנחות. נדפס באוה״ת שה״ש ע׳ תקפד עם הגהות אחרות. קיצורים בכרך ג ע׳ תתקצ. עוד הגהות באוה״ת שה״ש כרך ג ע׳ תתקעג. ובכרך ב ע׳ תקעח. ראה מאמרי אדה״א נ״ך ע׳ שמא. אוה״ת סדור דרושים לחתונה ע׳ רסג. חלק מהמאמר עם הגהות בסה״מ תרל״ג ח״א ע׳ ד ואילך. וראה בהמצויין שם. וראה גם סה״מ פר״ת בד״ה צהר תעשה לתיבה מסעי׳ ג ואילך.
- 2
- 3
- 4
- 5שלש פעמים בשנה יראה · דברים טז. טז.
- 6
- 7תפלה במקום קרבן · Berakhot 26a:17
- 8ועשו לי מקדש ושכנתי · Exodus 25:8
2ועתה בתפלה השראה זו היא בבחי׳ הרוחניות הוא בלי התחלקות כי התפלה כלול מג׳ בחי׳ אברהם יצחק יעקב כי תפלות אבות תקנום1
Mais à présent, dans la prière, cette résidence se situe au niveau de la spiritualité ; elle est sans division, car la prière comprend les trois niveaux d’Avraham, Yits’hak et Yaakov, puisque « les Patriarches instituèrent les prières »,
La prière est le pendant spirituel du pèlerinage ; elle ne se divise donc pas en moments distincts : chaque prière contient ensemble les trois Patriarches. La déclaration du Talmud selon laquelle les Patriarches instituèrent les prières est citée à l’appui.
כי יש פסוקים בתפלה מבחי׳ אברהם בחי׳ האהבה ויש מבחי׳ יראה ויש מבחינת יעקב מדת הרחמנות כמ״ש אתה ה׳ לא תכלא רחמיך2 כו׳
car les prières comportent des versets du niveau d’Avraham, le niveau de l’amour ; d’autres relèvent [du niveau] de la crainte ; et d’autres encore du niveau de Yaakov, l’attribut de compassion, ainsi qu’il est écrit : « Toi, Havaya, tu ne retiendras pas ta compassion », etc.
Certains passages des prières expriment l’amour, attribut d’Avraham ; certains expriment la crainte, attribut de Yits’hak ; d’autres expriment la compassion, attribut de Yaakov. Le verset « Toi, Havaya, tu ne retiendras pas ta compassion envers moi » est donné en exemple de cette troisième catégorie.
(ועמ״ש מזה בפ׳ פנחס סד״ה צו את בני3 ישראל כו׳ גבי להקריב לי במועדו) והנה כתיב כה אמר4 ה׳ ליעקב אשר פדה את אברהם כי
(Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans la paracha Pin’has, à la fin du discours commençant par « Ordonne aux enfants d’Israël », etc., au sujet de « pour Me l’offrir au temps fixé ».) Or, il est écrit : « Ainsi parle Havaya à Yaakov, qui a délivré Avraham. » Car
La parenthèse renvoie le lecteur à un discours de la paracha Pin’has consacré à ce thème. L’Alter Rebbe cite ensuite « à Yaakov, qui a délivré Avraham » (le verset lui-même dit « à la maison de Yaakov ») : il comprend que la compassion, attribut de Yaakov, délivre l’amour, attribut d’Avraham ; les parties suivantes expliquent comment.
הנה עיקר בקשת הרחמים בשתי ברכות שלפני ק״ש [קריאת שמע] הוא על ניצוץ אלקות שאין לנו אהוהי״ר [אהבה ויראה] מחמת העדר ההתבוננות
en effet, la principale demande de compassion dans les deux bénédictions qui précèdent le Chema porte sur l’étincelle de divinité, puisque nous n’éprouvons ni amour ni crainte, faute de contemplation ;
Dans les deux bénédictions qui précèdent le Chema, nous demandons à D.ieu d’avoir compassion de nous ; cette compassion concerne l’étincelle divine en nous, qui est dépourvue d’amour et de crainte. Ce manque est dû au fait que nous n’avons pas contemplé la grandeur de D.ieu.
כי בחי׳ בינה הוא המוליד אהבה ויראה לזה אנו מבקשים רחם עלינו ותן בלבנו בינה להיות מבין דבר5 מתוך דבר.
car c’est le niveau de Bina (compréhension) qui engendre l’amour et la crainte. C’est pourquoi nous demandons : « Aie compassion de nous et mets la compréhension dans notre cœur », afin que nous puissions « comprendre une chose à partir d’une autre ».
L’amour et la crainte « naissent » de Bina, la faculté de compréhension et de contemplation. Ainsi, dans la bénédiction qui précède le Chema, nous demandons : « Aie compassion de nous et mets la compréhension dans notre cœur » : nous demandons la compassion (Yaakov) afin d’éveiller l’amour (Avraham), et c’est ainsi que « Yaakov délivra Avraham ».
C’est-à-dire contempler la venue à l’existence de quelque chose à partir du néant : comment le monde entier a été créé, pour ainsi dire, par une seule parole, ainsi qu’il est écrit : « Par la parole de Havaya », etc.
La contemplation dont il est question ici porte sur la création ex nihilo : le monde entier est venu à l’existence par ce qui est, pour ainsi dire, une seule parole divine, comme l’affirme le verset : « Par la parole de Havaya les cieux furent faits. » Le paragraphe suivant développe ce qu’implique cette idée.
La prière contient simultanément les attributs des trois Patriarches, et la compassion de Yaakov « délivre » l’amour d’Avraham : nous demandons la compréhension afin que la contemplation de la création ex nihilo engendre l’amour et la crainte.
La note de Kehot montre que la forme abrégée « à Yaakov » est également celle qu’emploie ailleurs l’Alter Rebbe, notamment dans le Tanya. Là, comme ici, éveiller une grande compassion pour l’étincelle divine dépourvue d’amour est le moyen d’éveiller l’amour lui-même.
Maré mekomot
- 1תפלות אבות תקנום · Berakhot 26b:4–5
- 2אתה ה׳ לא תכלא רחמיך · Psalms 40:12
- 3סד״ה צו את בנ״י · לעיל עו, ב.
- 4כה אמר ה׳ ליעקב אשר פדה את אברהם · Isaiah 29:22
- 5מבין דבר · Chagigah 14a:12
- 6בדבר ה׳ · Psalms 33:6
- 7
3וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] במאמר אחד יכול להבראות12 כו׳ ומבשרי אחזה3 כמשל באדם שדבור אחד בטל לגבי מהות הנפש וכלא ממש חשיבא.
Et comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Il aurait pu être créé par une seule parole », etc. Et « De ma chair, je contemple » : c’est comme l’illustre l’exemple d’un être humain, chez qui une seule parole est insignifiante au regard de l’essence de l’âme et est considérée comme absolument rien.
La Michna, dans Avot, enseigne que le monde aurait pu être créé par une seule parole divine. Le verset « De ma chair, je contemple D.ieu » nous permet d’apprendre quelque chose de D.ieu à partir de l’être humain : un seul mot prononcé par une personne n’est rien au regard de l’âme qui le prononce.
וכמ״שכ למעלה כל העולמות עליונים ותחתונים כו׳ הם בדבור אחד כביכול וכולם כלא ממש חשיבא לגבי עצמותו ית׳.
Et il en va de même, pour ainsi dire, en haut : tous les mondes, supérieurs et inférieurs, etc., procèdent d’une seule parole, et tous sont considérés comme absolument rien au regard de Son essence, béni soit-Il.
De même, en haut, tous les mondes, supérieurs et inférieurs, proviennent, pour ainsi dire, d’une seule parole de D.ieu, et ne sont rien au regard de Son essence. Cette contemplation fait naître l’amour et la crainte.
À l’aide de l’analogie d’une parole prononcée, comparée à l’âme tout entière, l’Alter Rebbe montre que tous les mondes, issus d’une seule parole divine, ne sont rien devant l’essence de D.ieu.
L’analogie fait appel à la parole parce que celle-ci sort de celui qui parle et semble se tenir à part de lui ; pourtant, elle n’ajoute rien à l’âme et dépend entièrement d’elle. De même, les mondes, en tant que « parole » de D.ieu, semblent séparés, mais ne sont rien au regard de Lui.
Maré mekomot
- 1במאמר אחד יכול להבראות · אבות ה, א.
- 2במאמר אחד יכול להבראות · Pirkei Avot 5:1
- 3
4ומאריכות ההתבוננות הנ״ל נולדה מדת אהבה בחי׳ אברהם ואח״כ אברהם הוליד את יצחק1 כו׳ ולא נבוש כו׳ לעולם ועד.
Et de la longue contemplation mentionnée plus haut naît l’attribut de l’amour, le niveau d’Avraham ; ensuite, « Avraham engendra Yits’hak », etc. « Et nous ne serons pas couverts de honte », etc., « à jamais ».
La longue contemplation donne d’abord naissance à l’amour, l’attribut d’Avraham, puis à la crainte, celle de Yits’hak, comme le suggère le verset « Avraham engendra Yits’hak ». Les mots « Et nous ne serons pas couverts de honte… à jamais » proviennent de la bénédiction qui précède le Chéma, juste après la demande que nos cœurs soient unis dans l’amour et la crainte de D.ieu.
פי׳ לעולם ועד שיהיה אז התגלות אלקות כמ״ש ונגלה כבוד2 הוי׳ וראו כל בשר כו׳
Le sens de « à jamais » est qu’il y aura alors une révélation de la divinité, comme il est écrit : « La gloire de Havaya sera révélée, et toute chair verra », etc.
L’Admour Hazaken comprend « à jamais » comme désignant l’ère future, où la divinité sera révélée ouvertement, comme le dit Isaïe : « La gloire de Havaya sera révélée, et toute chair verra ensemble. »
אז יהיה הבושה לעולם ועד על מעשה עוה״ז הקשים ורעים בבחי׳ יש ונפרד לגמרי דבאמת אני הוי׳ לא שניתי3 כו׳ וגם עתה אין דבר מסתיר לנגדו ית׳.
Alors il y aura une honte « à jamais » pour les actes de ce monde, qui sont durs et mauvais, accomplis dans le mode du yesh (une existence indépendante), entièrement séparé ; car, en vérité, « Moi, Havaya, Je n’ai pas changé », etc., et même à présent rien ne Le dissimule, béni soit-Il.
Lorsque la divinité sera révélée, il y aura une honte durable pour les actes accomplis dans ce monde comme s’il s’agissait d’une existence séparée et autonome. En vérité, D.ieu ne change pas du fait de la création, et même à présent rien ne Le cache réellement ; le monde semble seulement exister par lui-même.
כי אתה הוא עד שלא נברא ואתה הוא משנברא כו׳. ולזה היא הבושה לעולם ועד כו׳ (ועמ״ש מזה ג״כ בד״ה והנה מנורת זהב4):
Car c’est Toi qui étais avant que [le monde] fût créé, et c’est Toi qui es depuis qu’il fut créé, etc. C’est pourquoi il y a la honte « à jamais », etc. (Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Et voici un candélabre d’or ».)
Des paroles de la prière du matin disent que D.ieu est le même avant et après la création ; le monde ne Le dissimule donc jamais véritablement. C’est pourquoi la révélation suscitera de la honte d’avoir agi comme si le monde Le dissimulait. La parenthèse renvoie le lecteur au discours « Et voici un candélabre d’or » pour approfondir ce point.
La contemplation donne naissance à l’amour, puis à la crainte. La prière « afin que nous ne soyons pas couverts de honte à jamais » renvoie à la révélation future, où il apparaîtra clairement que le monde n’a jamais dissimulé D.ieu et qu’avoir vécu comme une existence séparée sera un sujet de honte.
La honte sera « à jamais », car la révélation ne rendra pas vraie une chose nouvelle : elle montrera ce qui a toujours été vrai, à savoir que D.ieu n’est pas changé par la création et que rien ne Le dissimule, même à présent.
Maré mekomot
- 1אברהם הוליד את יצחק · Genesis 25:19
- 2ונגלה כבוד ה׳ וראו כל בשר · Isaiah 40:5
- 3אני הוי׳ לא שניתי · Malachi 3:6
- 4
Sandalphon, la chaussure de Mal'hout ¶5
5ב והנה ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] סנד״ל [סנדלפון] קושר כתרים לקונו12 מתפלותיהן של ישראל הנה בלשון הגמרא נק׳ סנד״ל [סנדלפון]
2. Or, nos Sages de mémoire bénie ont dit que Sandalphon tresse des couronnes pour son Créateur à partir des prières d’Israël. Or, dans le langage de la Guemara, on l’appelle « sandal » (sandale).
La section 2 s’ouvre sur l’enseignement talmudique selon lequel l’ange Sandalphon « tresse des couronnes pour son Créateur », auquel le texte ajoute « à partir des prières d’Israël ». L’Alter Rebbe fait ensuite remarquer que le nom de l’ange contient le mot employé par la Guemara pour désigner une chaussure, sandal.
(כי של נעליך3 תרגום ירושלמי סנדלך והדריך בנעלים4 תרגם יונתן בסנדלין)5 ובלשון המקרא נק׳ נע״ל הוא החופה את רוב הרגל והוא הקושר כתרים מתפלות של ישראל מתפלות הוא בחי׳ ש״ע [שמונה עשרה]6
(Car « Retire tes chaussures » se traduit dans le Targoum Yerouchalmi par « ta sandale », et « il leur fera marcher chaussés » Yonatan le traduit par « en sandales ».) Dans le langage de l’Écriture, on l’appelle naal (chaussure). C’est ce qui couvre la majeure partie du pied, et c’est lui qui tresse des couronnes à partir des prières d’Israël. « À partir des prières » désigne le niveau de la Chemoné Essré,
Les traductions araméennes rendent le mot biblique désignant une chaussure, naal, par « sandale » : le sandal de la Guemara et le naal de l’Écriture désignent donc une même chose. Une chaussure couvre la majeure partie du pied, et tel est le rôle de Sandalphon ; les prières à partir desquelles il tresse des couronnes sont précisément celles de la Chemoné Essré.
כי כל הבקשות שבשמונה עשרה חננו מאתך כו׳ וגאלנו כו׳ רפאנו כו׳ הוא הבקשות להיות שינוי הרצון למעלה מבחינת תורה
car toutes les demandes de la Chemoné Essré — « Accorde-nous gracieusement de Ta part », etc., « et délivre-nous », etc., « guéris-nous », etc. — demandent qu’il y ait un changement de volonté, au-dessus du niveau de la Torah,
Chaque demande de la Chemoné Essré — pour la connaissance, la délivrance ou la guérison — demande à D.ieu de modifier ce que Sa volonté a jusque-là décrété. Un tel changement doit venir d’un niveau de volonté supérieur à la Torah.
כי אורייתא מחכמה נפקת כו׳. והנה הנהגת העולמות הוא ע״פ ד״ת [דברי תורה] כי אין יסורים בלא עון.7
car « la Torah procède de 'Hokhma (sagesse) », etc. Or, le gouvernement des mondes s’exerce selon les paroles de la Torah, car « il n’y a pas de souffrances sans faute ».
La Torah « procède de 'Hokhma », la sagesse de D.ieu, et les mondes sont gouvernés selon ses règles, parmi lesquelles figure le principe talmudique selon lequel les souffrances ne surviennent qu’en raison d’une faute. Ainsi, le monde tel qu’il est suit le jugement propre à la Torah.
וכמ״כ [וכמו כן] אריכת הגלות ג״כ בודאי ע״פ ד״ת [דברי תורה] לזה אנו מקשים שיהיה שינוי רצון כ׳ו למעלה מבחי׳ הרצחן הנמשך בהתורה דמחכמה נפקת כו׳
De même, la longueur de l’exil est, elle aussi, certainement conforme aux paroles de la Torah. C’est pourquoi nous demandons qu’il y ait un changement de volonté, etc., au-dessus du niveau de la volonté qui se déploie dans la Torah, laquelle « procède de 'Hokhma », etc. ;
La longue durée de l’exil, elle aussi, est conforme au jugement de la Torah. Lorsque nous prions pour un changement, nous demandons donc qu’il vienne d’au-dessus de la volonté exprimée dans la Torah, laquelle procède elle-même de 'Hokhma. (Les mots imprimés מקשים et הרצחן sont manifestement des coquilles pour מבקשים, « nous demandons », et הרצון, « la volonté ».)
היינו שיומשך מבחי׳ בעל הרצון כו׳ (ועמ״ש מזה בד״ה תקעו בחדש89 גבי כי רצון העליון יש לו שני בחינות כו׳)
c’est-à-dire que cela soit attiré du niveau du Maître de la volonté, etc. (Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Sonnez du chofar à la nouvelle lune », à propos de « Car la volonté suprême comporte deux niveaux », etc.)
La demande est que le changement soit attiré du « Maître de la volonté », D.ieu Lui-même, qui se tient au-dessus de chacune des expressions particulières de Sa volonté. La parenthèse renvoie au discours « Sonnez du chofar à la nouvelle lune », qui explique que la volonté suprême comporte deux niveaux.
והנה כדי שנוכל להתפלל ש״ע [שמונה עשרה] בבקשות כנ״ל צריך בתחלה לסמוך גאולה לתפלה הוא בחי׳ מס״נ [מסירות נפש] שבק״ש [שבקריאת שמע] שמע ישראל10 כו׳
Or, pour que nous puissions prier la Chemoné Essré en formulant des demandes, comme indiqué plus haut, il faut d’abord joindre la délivrance à la prière. Cela correspond au niveau du sacrifice de soi (messirout néfech) dans le Chema : « Écoute, Israël », etc.,
Le Chema précède la Chemoné Essré, et la loi exige que la « délivrance », c’est-à-dire la bénédiction qui suit le Chema, soit immédiatement jointe à la prière. L’Alter Rebbe interprète cette « délivrance » comme le sacrifice de soi du Chema, qui doit donc venir en premier.
בכל לבבך ובכל נפשך11 כו׳ פי׳ שמע הוא לשון התבוננות איך שהוי׳ אלקינו הוי׳ אחד בחי׳ אחדות פשוט כו׳
« de tout ton cœur et de toute ton âme », etc. Le sens est le suivant : « Écoute » désigne la contemplation de la manière dont « Havaya est notre D.ieu, Havaya est Un » — le niveau de l’unité simple, etc.
Dans « Écoute, Israël », le mot « écoute » signifie comprendre et contempler que D.ieu est Un, d’une unité simple et absolue. L’aimer « de toute ton âme » est le sacrifice de soi qui découle de cette contemplation.
וכל העולמות הם רק בדבור אחד כנ״ל וכלא ממש חשיבא לגבי מהותו ועצמותו ית׳ כנ״ל ובהעמקת ההתבוננות באכיכות כנ״ל
et tous les mondes ne sont que par une seule parole, comme indiqué plus haut, et sont véritablement considérés comme rien au regard de Son être et de Son essence, qu’Il soit béni, comme indiqué plus haut. Lorsqu’on approfondit longuement la contemplation, comme indiqué plus haut,
La contemplation est celle décrite dans la section 1 : tous les mondes procèdent d’une seule parole et ne sont rien devant l’essence de D.ieu. S’y attarder profondément et longuement (dans le texte imprimé, באכיכות est manifestement une coquille pour באריכות, « longuement ») conduit à ce que décrit la partie suivante.
alors son âme aspire et va jusqu’à défaillir, désirant être absorbée dans Son essence, qu’Il soit béni : « Qui ai-je au ciel ? Et avec Toi, je ne désire rien sur terre. »
Une contemplation profonde et prolongée amène l’âme à aspirer à D.ieu jusqu’à « défaillir », dans le désir d’être absorbée dans Son essence. Le verset « Qui ai-je au ciel ? Et avec Toi, je ne désire rien sur terre » exprime cette aspiration.
פי׳ ועמך אפילו כל האורות עליונים גבוה מעל גבוה14 כו׳ לא חפצתי (עמ״ש סד״ה כי קרוב אליך הדבר)1516 רק ליכלל בעצמותו ומהותו ית׳ בחי׳ אחדות פשוט
Le sens est le suivant : « avec Toi » — même toutes les lumières supérieures, « plus haut que le haut », etc. — « je ne désire rien » (voir ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Car la chose est proche de toi »), mais seulement être absorbé dans Son essence et Son être, qu’Il soit béni, dans le niveau de l’unité simple.
L’Admour Hazaken comprend « avec Toi » comme désignant tout ce qui accompagne D.ieu, même les lumières spirituelles les plus élevées : l’âme ne veut rien de tout cela, mais seulement l’essence même de D.ieu. La parenthèse renvoie à la fin du discours « Car la chose est proche de toi », dans la paracha de Nitsavim.
והיינו ע״י והיו הדברים האלה אשר אנכי מצוך17 שהוא ע״י התקשרות מחשבתו ודבורו בתורה להיות דבר ה׳ דבר בו כמ״ש ואשים דברי בפיך18 וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] אלו ואלו דברי19 אלהים חיים כו׳
Et cela se réalise par « Et ces paroles que Je t’ordonne seront », c’est-à-dire en liant sa pensée et sa parole à la Torah, afin que la parole de D.ieu parle en lui, comme il est écrit : « J’ai mis Mes paroles dans ta bouche », et comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Celles-ci et celles-là sont les paroles du D.ieu vivant », etc.
Cette aspiration trouve un réceptacle dans « Et ces paroles que Je t’ordonne », c’est-à-dire en liant sa pensée et sa parole à la Torah, afin que la parole même de D.ieu parle à travers la personne. « J’ai mis Mes paroles dans ta bouche » et « Celles-ci et celles-là sont les paroles du D.ieu vivant » expriment toutes deux que les paroles de Torah prononcées par une personne sont la parole de D.ieu.
(ועמ״ש בד״ה כי ביום הזה יכפר)2021 ואח״כ בפ׳ שניה שבק״ש [שבקריאת שמע] כתיב ואספת דגנך22 הוא מעשה הצדקה כו׳
(Voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Car en ce jour, Il fera expiation. ») Puis, dans la deuxième section du Chéma, il est écrit : « Et tu recueilleras ton blé », ce qui désigne l’acte de tsedaka, etc.
La parenthèse renvoie au discours « Car en ce jour, Il fera expiation. » La deuxième section du Chéma promet : « tu recueilleras ton blé », et l’Admour Hazaken identifie cela à l’acte de tsedaka, accomplie au moyen de ce que l’on gagne.
וע״י מס״נ [מסירות נפש] שבק״ש [שבקריאת שמע] כנ״ל שהוא למעלה מבחי׳ התורה כמבואר בכמה מקומות וכמו שמרומז ג״כ בגמרא יש קונה עולמו בשעה אחת23 כו׳
Et grâce au sacrifice de soi dans le Chéma, mentionné plus haut, qui dépasse le niveau de la Torah, comme cela est expliqué en plusieurs endroits, et comme l’indique également la Guemara : « Il en est un qui acquiert son monde en une heure », etc. —
Le sacrifice de soi exprimé dans le Chéma atteint un niveau supérieur à celui de la Torah, comme l’explique la 'Hassidout en plusieurs endroits. Le Talmud le suggère par ces mots : « Il en est un qui acquiert son monde en une heure », à propos d’un homme qui obtint le Monde futur en un instant en donnant sa vie.
שעה מלשון וישע כו׳ עי״ז נוכל אח״כ להתפלל שמו״ע [שמונה עשרה] שיהיה שינוי הרצון למעלה מבחי׳ התורה כו׳ (ועמ״ש ע״פ אחת היא יונתי תמתי24 תאומתי)
Le mot « heure » (sha’a) vient du terme « et Il se tourna vers » (vayisha), etc. Grâce à cela, nous pouvons ensuite prier la Chemona Essré, afin qu’il y ait un changement de volonté en haut, au-delà du niveau de la Torah, etc. (Voir aussi ce qui est écrit sur le verset : « Elle est unique, ma colombe, ma parfaite (tamati), ma jumelle (teomati). »)
L’Admour Hazaken entend dans sha’a, « heure », le mot vayisha, « et Il se tourna vers », employé à propos de D.ieu qui accueillit favorablement l’offrande d’Hevel. Grâce au sacrifice de soi, nous pouvons ensuite demander dans la Chemona Essré un changement de volonté en haut, au-delà du niveau de la Torah ; la parenthèse renvoie au discours sur « Elle est unique, ma colombe, ma parfaite ».
אך מחשבותינו ודבורנו שבתפלה הוא גשמי ואיך יכול לעורר למעלה לבחי׳ רצון כתר עליון כו׳ הוא ע״י המלאך סנד״ל [סנדלפון] המקבל תפלות של ישראל25 ומפשיט׳ [ומפשיטה] מגשמיות לרוחניות וקושר כתרים כו׳26
Cependant, notre pensée et notre parole dans la prière sont matérielles ; comment peuvent-elles donc éveiller en haut le niveau de la volonté de Kéter supérieur (la Couronne suprême), etc. ? Cela se fait par l’intermédiaire de l’ange Sandalphon, qui reçoit les prières d’Israël, les dépouille de leur matérialité pour les faire passer au spirituel, et tresse des couronnes, etc.
Une difficulté se pose : nos pensées et nos paroles dans la prière sont matérielles ; comment peuvent-elles donc atteindre la volonté divine au niveau de Kéter, la Couronne qui se situe au-dessus de la sagesse ? La réponse est que l’ange Sandalphon reçoit les prières, les dépouille de leur forme matérielle et les élève sous la forme de « couronnes » spirituelles.
(ועמ״ש מזה בד״ה נר חנוכה27 כו׳ מזוזה מימין ובד״ה צו את בנ״י [בני ישראל]28 כו׳ את קרבני וע׳ בזהר פ׳ בשלח נ״ח29 א׳ וישלח קס״ז ב׳.30 תצא רע״ח31 א׳).
(Et voyez ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « La lampe de Hanouka », etc., « la mezouza à droite », ainsi que dans le discours commençant par « Ordonne aux enfants d’Israël », etc., « Mon offrande » ; voyez aussi le Zohar, Parshas Beshalach, 58a ; Vayishlach, 167b ; Teitzei, 278a.)
Le texte renvoie à deux discours sur ce thème, l’un dans Torah Ohr, sur la lampe de Hanouka et la mezouza, l’autre dans Likkutei Torah, sur Pin’has, ainsi qu’à trois passages du Zohar. Le Zohar y dit que Sandalphon recueille les prières d’Israël et en fait une couronne pour son Maître.
והנה ענין בחי׳ סנדל ונעל הנ״ל צריך להבין תחלה ענין השתלשלות העולמות והתהוות מאין ליש32 דהנה באמת הגם שבחי׳ השתל שלות הוא ע״י בחי׳ מדותיו ית׳
À présent, pour comprendre la notion du niveau de la sandale et de la chaussure mentionnées plus haut, il faut d’abord comprendre l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) et l’apparition de quelque chose à partir du néant. Car, en vérité, bien que l’enchaînement descendant procède du niveau de Ses attributs émotionnels (midot), béni soit-Il,
Pour comprendre pourquoi l’ange est appelé « sandale » et « chaussure », il faut d’abord comprendre comment les mondes descendent et apparaissent à partir du néant. L’ordre de cette descente est déterminé par les attributs de D.ieu, les midot.
comme, le premier jour, fut attiré le niveau de « Que la lumière soit », qui est le niveau du 'Hessed supérieur (bonté), et, le deuxième jour, « Qu’il y ait un firmament », etc.,
Les jours de la Création suivent les attributs : le premier jour, « Que la lumière soit », la lumière du 'Hessed supérieur, la bonté ; le deuxième, « Qu’il y ait un firmament », et ainsi de suite, avec chaque attribut à son tour.
עכ״ז [עם כל זה] מהשתלשלות חסד עליון לא היה יכול להתהוות בחי׳ יש ובע״ג [ובעלי גבול / ובעל גבול] בבחי׳ נפרד רק אדרבה ביטול לגמרי כמשל זיו השמש בשמש
néanmoins, de l’enchaînement descendant du 'Hessed supérieur n’aurait pu apparaître le niveau du yesh (existence autonome) et des êtres finis dans un état de séparation ; au contraire, il n’y aurait eu qu’une annulation totale de soi (bitoul), comme dans l’analogie du rayonnement du soleil à l’intérieur du soleil.
Pourtant, le 'Hessed à lui seul ne pouvait produire des êtres finis qui se ressentent comme séparés : tout ce qui en émane demeure entièrement annulé dans sa source, comme la lumière du soleil encore à l’intérieur du soleil. Il faut quelque chose de plus pour qu’un monde se ressente comme une entité indépendante.
אך עיקר התהוות מאין ליש הוא ע״פ מדת מלכות35 כי אין מלך בלא עם36 הוא בחי׳ שם אלקים שהוא בחי׳ נרתק המכסה ומסתיר לשם הוי׳
Mais l’apparition essentielle de quelque chose à partir du néant s’opère par l’attribut de Mal'hout (souveraineté), car « il n’y a pas de roi sans peuple ». C’est le niveau du Nom Elokim, qui est comme une enveloppe recouvrant et dissimulant le Nom Havaya,
C’est de Mal'hout, la souveraineté, que provient un « quelque chose » distinct, car un roi a besoin d’un peuple distinct de lui (« il n’y a pas de roi sans peuple », formule que la note de Kehot attribue à Rabbeïnou Ba’hya). Mal'hout est le Nom Elokim, qui est comme une enveloppe autour du soleil : elle recouvre et dissimule le Nom Havaya afin que les créatures puissent exister.
וכמו דכתיב כי שמש ומגן37 הוי״ה אלקים והוא ע״י כי הוא צוה ונבראו38 כו׳ ודבר מלך שלטון39 שהוא בחי׳ צווי המלך כו׳ (ועמ״ש מזה בד״ה למען תירא ובד״ה מי מנה)40
comme il est écrit : « Car Havaya Elokim est un soleil et un bouclier. » Cela se fait par « Car Il a ordonné et ils furent créés », etc., et « la parole du roi fait loi », ce qui correspond au niveau de l’ordre du roi, etc. (Et voyez ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Afin que tu craignes » et dans celui commençant par « Qui a compté ».)
Dans « Havaya Elokim est un soleil et un bouclier », Havaya est le soleil et Elokim, le bouclier qui le voile. La Création s’opère par l’ordre de D.ieu : « Il a ordonné et ils furent créés » ; la parole d’un roi fait loi. La parenthèse renvoie à deux autres discours sur ce sujet.
אך עכ״ז [עם כל זה] היה העולם מתפשט בלי גבול וקץ41 ושיהיה התהוות בבחי׳ גבול מהלך ת״ק שנה42 כו׳ הוא ע״י המלאך סנד״ל [סנדלפון]43 שהוא בחי׳ נעל החופה את רוב הרגל בחי׳ מל׳44 הנ״ל.
Cependant, malgré cela, le monde se serait étendu sans limite ni fin. Le fait que son apparition se fasse dans les limites, selon « un trajet de cinq cents ans », etc., est dû à l’ange Sandalphon, qui correspond au niveau de la chaussure recouvrant la majeure partie du pied, c’est-à-dire au niveau de Mal'hout mentionné plus haut.
Même à partir de Mal'hout, le monde se serait encore étendu sans limite. Des limites mesurées, comme « un trajet de cinq cents ans », sont établies par l’ange Sandalphon, la « chaussure » qui recouvre le « pied », Mal'hout.
וכמ״ש והארץ הדום רגלי45 והוא החופה את בחי׳ מל׳ הנ״ל להיות בבחיק גבול מהלך ת״ק שנה
Comme il est écrit : « Et la terre est mon marchepied » ; c’est lui qui recouvre le niveau de Mal'hout mentionné plus haut, afin qu’il soit limité, selon « un trajet de cinq cents ans ».
La terre, le « marchepied » de D.ieu, représente le niveau le plus bas, Mal'hout. Sandalphon recouvre Mal'hout comme une chaussure recouvre le pied, de sorte que ce qui en émane soit limité et mesuré.
והוא ע״י בחי׳ המלאכים שהם בחינת יש והם בבחינת ביטול ואינם בבחי׳ נפרד כלל וכמ״ש וצבא השמים לך משתחוים46 כו׳
Et cela se fait par le niveau des anges, qui sont du niveau du yesh (existence) et se trouvent pourtant dans un état d’annulation de soi, sans être aucunement au niveau de la séparation, comme il est écrit : « L’armée des cieux se prosterne devant Toi », etc.
Cela se fait par les anges : ils ont une existence définie, tout en étant entièrement annulés devant D.ieu et sans jamais se sentir séparés de Lui, comme le dit le verset : « L’armée des cieux se prosterne devant Toi ». Ils peuvent ainsi faire passer la lumière divine dans des formes limitées sans la couper de sa source.
(וע׳ ברע״מ [ברעיא מהימנא] בפ׳ תצא דרפ״ א׳ נעלו דא סנד״ל [סנדלפון] כו׳ ונעל לגבי שכינתא47 ובזהר חוקת דק״פ ע״א ובהרמ״ז [ובהרב משה זכות] שם ובפרדס שער ט״ז פ״ד ובעמה״מ [ובעמק המלך] שער י״ד פ״ג [פרק ג׳] דפ״א ע״ג [עמוד ג׳] ושער ט״ז פי״א [פרק י״א] דקכ״ט ע״ג [עמוד ג׳])
(Voir aussi le Raaya Mehemna, Parachat Ki Tétsé, 280a : « Sa chaussure : c’est Sandalphon », etc., « et une chaussure (na’al) par rapport à la Chekhina » ; et le Zohar, ‘Houkat, 180a, ainsi que le Ramaz à cet endroit ; le Pardes, Chaar 16, chapitre 4 ; et Emek HaMelech, Chaar 14, chapitre 3, folio 81c, et Chaar 16, chapitre 11, folio 129c.)
La parenthèse énumère des sources où Sandalphon est comparé à une chaussure : le Raaya Mehemna dans le Zohar, qui dit que Sandalphon est une « sandale » par rapport au Saint béni soit-Il et une « chaussure » par rapport à la Chekhina ; le Zohar sur ‘Houkat avec le commentaire du Ramaz ; le Pardes ; et Emek HaMelech.
ולזה כחו רב ועצום להיות קושר כתרים לקונו והיינו ע״י כי נעוץ תחלתן בסופן48 וסוף מעשה במחשבה תחלה והיינו במחשבה הקדומה אנא אמלוך כו׳
Et c’est pourquoi sa puissance est grande et redoutable : il attache des couronnes à son Créateur. Cela s’explique par le fait que « leur commencement est enchâssé dans leur fin » et que « la fin de l’action est dans la pensée initiale » ; c’est-à-dire dans la pensée primordiale : « Je régnerai », etc.,
Parce qu’il est la « chaussure » tout en bas, Sandalphon a une grande puissance pour élever des couronnes jusqu’au sommet. Le point le plus bas est lié au plus haut : « leur commencement est enchâssé dans leur fin », et ce qui vient en dernier dans l’action était premier dans la pensée, dans la pensée primordiale de D.ieu : « Je régnerai ».
בחי׳ מל׳ דא״ס כי עיקר תכלית הבריאה היה להיות בחי׳ יש ובטל אליו ית׳ (וכמ״ש בד״ה שובה ישראל49 עד50 גבי כי עמך הסליחה למען תורא):5152
le niveau de Mal'hout de l’Infini (Ein Sof) ; car le but essentiel de la création était qu’il y ait un yesh annulé devant Lui, béni soit-Il. (Comme il est écrit dans le maamar qui commence par « Reviens, ô Israël, jusqu’à », à propos de « Car le pardon est auprès de Toi, afin que l’on Te craigne ».)
Cette pensée primordiale est Mal'hout de l’Infini, Sa volonté d’être Roi ; or un roi a besoin d’un « peuple » qui existe tout en étant annulé devant lui. Le but de la création est donc un yesh annulé, et c’est pourquoi la « chaussure » tout en bas atteint le sommet. La parenthèse renvoie au maamar « Reviens, ô Israël ».
L’ange Sandalphon, la « chaussure » qui couvre Mal'hout, limite la création en mondes finis et mesurés, tout en élevant les prières d’Israël comme des couronnes jusqu’au niveau de la volonté supérieure à la Torah, auquel font appel les demandes de la Chemoné Essré. Nous atteignons d’abord ce niveau par le sacrifice de soi du Chema.
La note de Kehot cite le Hemshech 5672 du Rabbi Rachab, qui comprend ce passage comme enseignant que l’émergence même à l’existence vient de Mal'hout, tandis que la limitation des créatures finies s’opère par l’intermédiaire des anges. Et puisque le niveau le plus bas prend racine dans l’intention première de la création, la « chaussure » est également ce qui peut élever la prière à nouveau jusqu’à la Couronne.
Maré mekomot
- 1סנד״ל קושר כתרים לקונו · ראה להלן בהוספות להערות וציונים.
- 2קושר כתרים לקונו · Chagigah 13b:4
- 3של נעליך · Exodus 3:5
- 4והדריך בנעלים · Isaiah 11:15
- 5בסנדלין · Targum Jonathan on Isaiah 11:15
- 6וישע · Genesis 4:4
- 7אין יסורים בלא עון · Shabbat 55a:17–18
- 8בד״ה תקעו בחדש · לעיל ר״ה נד, ב.
- 9תקעו בחדש · Psalms 81:4
- 10שמע ישראל · Deuteronomy 6:4
- 11בכל לבבך ובכל נפשך · Deuteronomy 6:5
- 12נכספה וגם כלתה · Psalms 84:3
- 13מי לי בשמים · Psalms 73:25
- 14גבוה מעל גבוה · Ecclesiastes 5:7
- 15סד״ה כי קרוב אליך הדבר · לעיל פ׳ נצבים מו, ד.
- 16כי קרוב אליך הדבר · Deuteronomy 30:14
- 17והיו הדברים האלה אשר אנכי מצוך · Deuteronomy 6:6
- 18ואשים דברי בפיך · Isaiah 51:16
- 19אלו ואלו דברי אלקים חיים · Eruvin 13b:10–11
- 20בד״ה כי ביום הזה יכפר · לעיל פ׳ אחרי כז, ב. ”והוא כענין ודברי אשר שמתי בפיך שדבר ה׳ ממש הוא בפיו, ועד״ז תמצא במארז״ל אלו ואלו דא״ח שמה שב״ש אומרים וב״ה אומרים כו׳ אי״ז דבריהם ממש אלא דבר ה׳ שבפיהם וכמ״ש המגיד לב״י אני המשנה”.
- 21כי ביום הזה יכפר · Leviticus 16:30
- 22ואספת דגנך · Deuteronomy 11:14
- 23יש קונה עולמו בשעה אחת · Avodah Zarah 10b:15–16
- 24אחת היא יונתי תמתי · Song of Songs 6:9
- 25המלאך סנד״ל המקבל תפלות של ישראל · Zohar, Beshalach 19:296–20:307
- 26וקושר כתרים כו׳ · Zohar, Vayishlach 2:26–38
- 27בד״ה נר חנוכה · תו״א מב, ב.
- 28ובד״ה צו את בנ״י · לעיל פ׳ פנחס עח, ד.
- 29פ׳ בשלח נ״ח א׳ · הוא מקבל צלותהון דישראל.
- 30וישלח קס״ז ב׳ · ועביד מנייהו עטרה לחיי העולמים.
- 31בזהר פ׳ בשלח . . רע״ח א׳ · כל ה”עיין” נעתקו בביאוה״ז להצ״צ כרך א ע׳ רכג עם הגהות.
- 32ענין השתלשלות העולמות והתהוות מאין ליש · ראה תורת שמואל — תרכ״ז ע׳ פה-ו (בהוצאת תשנ״ט) ע׳ צו. תרכ״ח ע׳ קמה ואילך. בד״ה ויצוום — תרל״ח מסעי׳ ג ואילך. [סה״מ תרל״ח ע׳ ה].
- 33יהי אור · Genesis 1:3
- 34יהי רקיע · Genesis 1:6
- 35עיקר התהוות מאין ליש הוא ע״פ מדת מלכות · בהמשך תער״ב ח״ג ע׳ א׳תע מציין לכאן: ”דשם [— בלקו״ת כאן] נראה דעצם ההתהוות היא מבחי׳ המל׳ וע״י המלאכים הוא שיהי׳ בבחי׳ הגבלה בהנבראים” ע״ש. וראה שם ע׳ א׳תלא.
- 36אין מלך בלא עם · בחיי וישב לח, ד.
- 37כי שמש ומגן הוי׳ אלקים · Psalms 84:12
- 38כי הוא צוה ונבראו · Psalms 148:5
- 39דבר מלך שלטון · Ecclesiastes 8:4
- 40מי מנה · Numbers 23:10
- 41אך עכ״ז היה העולם מתפשט בלי גבול וקץ · והיינו שגם מבחי׳ המל׳ היה יכול להתפשט בלי גבול וקץ, לפי שבחי׳ המל׳ היא ממדותיו ית׳ שאין קץ להתפשטותן, ולא הונח עליהם ש׳ הגבלה כ״א במה שמגבילי׳ להיות זה חסד וזה גבורה . . אלא שלפ״ז צ״ל שגם באור יש הגבלה זה חסד וזה גבורה. — ד״ה וידבר ויצוום — תרל״ח סעי׳ ג. ראה בד״ה בשעה שהקדימו — תרס״ז (בהמשך תרס״ו ע׳ תמה). ראה סה״מ תרס״ח ע׳ קפד. קטע מכאן מובא באוה״ת פ׳ ויחי כרך ו תתשכד, ב.
- 42בבחי׳ גבול מהלך ת״ק שנה · ראה המשך תער״ב ח״ב פרק שפח.
- 43המלאך סנד״ל · ע״ל האזינו (עד, ד). וש״נ. [כ].
- 44הגם שבחי׳ השתלשלות . . בחי׳ נעל החופה את רוב הרגל בחי׳ מל׳ · נתבאר בד״ה פקודי ה׳ — תרנ״ה (ספר המאמרים ליקוט מהורש״ב ח״ב ע׳ נה). וראה ד״ה אלה תולדות יעקב תקס״ח ע׳ סד.
- 45והארץ הדום רגלי · Isaiah 66:1
- 46וצבא השמים לך משתחוים · Nehemiah 9:6
- 47נעלו דא סנד״ל כו׳ ונעל לגבי שכינתא · Zohar, Ki Teitzei 20:98–22:108
- 48נעוץ תחלתן בסופן · Sefer Yetzirah 1:7
- 49בד״ה שובה ישראל · לעיל ש״ש סה, א ואילך.
- 50שובה ישראל עד · Hosea 14:2
- 51כי עמך הסליחה למען תורא · Psalms 130:4
- 52
L’âme animale comme chaussure ¶6–7
6ג והנה כמ״כ [כמו כן] יובן למטה ענין בחינת נעל בנפש האדם (כי הנשמות נק׳ רגל1 יעקב י׳ עקב וגם בכלל דכתיב בנים אתם2 וברא כרעא דאבוה ובחינת נעל ולבוש של הרגל הוא בחינת נפש הבהמית כמשי״ת [כמו שיתבאר])
3. À présent, on comprendra de même ici-bas la notion du niveau de la chaussure dans l’âme de l’homme. (Car les âmes sont appelées « pied » : Yaakov se lit youd-akèv, « talon » ; et aussi de manière générale, puisqu’il est écrit : « Vous êtes des enfants », et « un fils est la jambe de son père ». Le niveau de la chaussure et du vêtement du pied est celui de l’âme animale, comme on l’expliquera.)
La section 3 applique à l’âme humaine l’idée de la « chaussure ». Les âmes sont appelées le « pied » : le nom Yaakov se lit youd-akèv, « talon », et Israël, les « enfants » de D.ieu, est, selon l’expression araméenne, la « jambe » de son père. L’âme animale est la chaussure qui habille ce pied.
דהנה נפש הבהמית היא הנמשכת משמרי האופנים כי בחי׳ המרכבה פני אריה הוא בחי׳ אהבה פני שור הוא בחינת יראה והן נושאים את הכסא ומזיעתן של חיות3
Car l’âme animale est ce qui émane des scories des ofanim. En effet, dans le niveau du Char, la face du lion représente l’amour et la face du bœuf, la crainte ; ils portent le Trône. Et « de la sueur des ‘hayot » :
L’âme animale provient des « scories » des ofanim, les anges de la partie inférieure du Char divin. Dans la vision du Char, la face du lion représente l’amour et celle du bœuf, la crainte ; ces créatures portent le Trône. Le Talmud dit qu’un fleuve de feu jaillit « de la sueur des ‘hayot ».
היינו שא״א להם לסבול עול עוצם האהבה והפחד הנמשך בהם לזה והחיות זעות מחיל כו׳ הוא בחי׳ פוסלת הנמשך מהם כמשל הזיעה היוצא דרך נקבי העור.4
c’est-à-dire qu’elles ne peuvent supporter le poids de l’intensité de l’amour et de la crainte qui sont attirés en elles ; c’est pourquoi « les ‘hayot tremblent d’effroi », etc. Cela correspond au niveau du rebut qui émane d’elles, comme dans l’image de la sueur qui sort par les pores de la peau.
Les ‘hayot ne peuvent contenir l’intensité de l’amour et de la crainte qui affluent en elles ; elles « tremblent » (za’ot), et il en résulte de la « sueur » (zéa), un déchet qui les quitte comme la sueur sort du corps par les pores. La partie suivante oppose ce déchet à la peau elle-même.
אך מהעור עצמו הוא בחי׳ חיצוניות של דו״ר [דחילו ורחימו] של החיות שבמרכבה והן בחי׳ אותיות וכו׳ מהן נמשך למטה (וע״י השתלשלות ובחי׳ נוגה תערובות טוב ורע כו׳ כנודע)
Mais la peau elle-même correspond à la dimension extérieure de la crainte et de l’amour (de’hilou ou-re’himou) des ‘hayot du Char ; ceux-ci sont le niveau des lettres, etc., et c’est d’eux que quelque chose est attiré vers le bas (par l’enchaînement descendant des mondes et le niveau de Nogah, mélange de bien et de mal, etc., comme on le sait).
Ici-bas, l’âme animale provient de la « peau » elle-même, la couche extérieure de la crainte et de l’amour des ‘hayot, que le texte appelle les « lettres ». En descendant, à travers l’enchaînement descendant des mondes et Nogah, le domaine où le bien et le mal sont mêlés, cette dimension devient l’âme animale et ses traits naturels.
נפש הבהמית והטבעיות ואין כל הטבעיות שוים כי יש טבעו אוהב כבוד או ממון כו׳.
l’âme animale et les traits naturels. Or, tous les traits naturels ne se ressemblent pas : l’un a une inclination naturelle pour l’honneur, un autre pour l’argent, etc.
Cette couche extérieure devient l’âme animale et les traits naturels d’une personne ; ceux-ci diffèrent d’une personne à l’autre : l’une est naturellement attirée par l’honneur, l’autre par l’argent. À l’origine, ils sont la « peau » extérieure de l’amour et de la crainte des anges, abaissée au rang de désirs naturels.
והנה כמשל הבהמה שבשר גידים ועצמות שלה הוא הפנימי׳ [הפנימיות / הפנימית] שלה והעור החיצון הוא מלביש אותה.
Or, comme dans l’image d’un animal : sa chair, ses tendons et ses os constituent son intérieur, et sa peau extérieure le recouvre.
L’image est celle d’un animal : sa chair, ses tendons et ses os constituent son intérieur, et sa peau le recouvre de l’extérieur. De même, l’âme animale est la « peau », la couche extérieure de la personne.
(ועמ״ש מענין העור בפ׳ פנחס בד״ה צו את כו׳ את קרבני לחמי הנזכר לעיל) ומהעור עושים מנעלים וכמ״כ [וכמו כן] בנפש הבהמית הנמשך מבחי׳ חיצוניות של
(Voir aussi ce qui est écrit au sujet de la peau, dans la paracha Pin’has, dans le discours commençant par « Ordonne… Mon offrande, Mon pain », mentionné plus haut.) Et l’on fabrique des chaussures avec la peau. De même, l’âme animale, qui émane du niveau de la dimension extérieure de
Les chaussures sont faites de cuir ; de même, l’âme animale, qui émane de la couche extérieure des ofanim, peut devenir une « chaussure ». La parenthèse renvoie au discours sur « Mon offrande, Mon pain », dans la paracha Pin’has, qui traite de la peau.
אופנים שבמרכבה הנ״ל ע״י אתכפיא ואתהפכא של בחי׳ נפש הבהמית הנ״ל במס״נ [במסירות נפש] שבק״ש [שבקריאת שמע] בכל לבבך כו׳ בשני יצריך5 נעשה בחי׳ נעל החופה את רוב הרגל.
des ofanim du Char mentionnés plus haut : par la soumission (itkafya) et la transformation (it’hap’ha) du niveau de l’âme animale mentionné plus haut, grâce au sacrifice de soi dans le Chema, « de tout ton cœur », etc., « avec tes deux inclinations », elle devient le niveau de la chaussure qui couvre la majeure partie du pied.
L’âme animale devient une chaussure grâce à l’itkafya, sa soumission, et à l’it’hap’ha, sa transformation, qui s’accomplissent par le sacrifice de soi du Chema. La Michna interprète « de tout ton cœur » comme signifiant « avec tes deux inclinations », la bonne et la mauvaise : l’âme animale elle-même est ainsi mise au service de l’amour de D.ieu.
דעיקר ההילוך הוא ברגל שמוליך גם את הראש (עמ״ש בד״ה שיר המעלות ממעמקים67 ובד״ה שמאלו תחת לראשי8 וע״פ והארץ הדום רגלי910 ומ״ש ע״פ חגרה בעוז מתניה)1112
Car l’essentiel de la marche se fait par le pied, qui entraîne aussi la tête. (Voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Cantique des montées : Des profondeurs », dans le discours commençant par « Sa gauche est sous ma tête », au sujet du verset « La terre est mon marchepied », ainsi que ce qui est écrit au sujet du verset « Elle ceint ses reins de force ».)
La marche s’effectue principalement par les pieds, qui entraînent la tête là où elle veut aller : la partie la plus basse conduit la plus haute vers son but. La parenthèse énumère quatre discours qui développent cette idée du pied et de la tête.
כך ע״י אתכפיא ואתהפכא של בחינת נפש הבהמית הנ״ל במס״נ [במסירות נפש] בק״ש [בקריאת שמע] שהוא בחי׳ סוף מעשה הוא במחשבה תחלה
De même, par la soumission et la transformation du niveau de l’âme animale mentionnée plus haut, grâce au sacrifice de soi dans le Chéma, qui est le niveau du « dernier dans l’action, premier dans la pensée »,
Il en va de même pour l’âme animale : une fois soumise et transformée dans le Chéma, elle devient la « chaussure » qui porte la personne tout entière. C’est le principe du « dernier dans l’action, premier dans la pensée ».
כי תכלית המכוון הוא להית לו דירה בתחתונים כנ״ל ועי״ז נוכל אח״כ להתפלל בשמונה עשרה שיהיה שינוי רצון מבחי׳ כתר עליון למעלה מבחי׳ התורה כנ״ל.
car l’intention ultime est qu’Il ait une demeure dans les mondes inférieurs, comme mentionné plus haut ; et grâce à cela, nous pouvons ensuite prier dans la Chemoné Essré afin qu’il y ait un changement de volonté, depuis le niveau de Kéter Elyon (la Couronne suprême), qui est au-dessus du niveau de la Torah, comme mentionné plus haut.
Le dessein de la création est que D.ieu ait une demeure dans le monde le plus bas. Ainsi, élever la partie la plus basse de la personne, l’âme animale, réalise la première intention de D.ieu. C’est ce qui nous permet, dans la Chemoné Essré, de demander un changement de volonté depuis Kéter, au-dessus de la Torah.
והנה בתפלה יש ג׳ מדרגות כנגד ג׳ עולמות בי״ע והיינו תחלת התפילה הוא עליות עולם העשיה ברוך אתה כו׳ ואח״כ קטורת ואח״כ ברוך שאמר ופסוד״ז [ופסוקי דזמרה] הללויה כו׳
Or, dans la prière, il y a trois étapes, correspondant aux trois mondes de Béria, Yetsira et Assiya. Ainsi, le début de la prière est l’élévation du Monde d’Assiya (Action) : « Béni sois-Tu », etc. ; viennent ensuite l’encens, puis « Béni soit Celui qui a parlé » et les Versets de louange (Pesouké deZimra), « Hallelouya », etc.
L’ordre de la prière du matin s’élève à travers les mondes. Les bénédictions du matin et le passage de l’encens relèvent d’Assiya, le monde le plus bas ; viennent ensuite « Béni soit Celui qui a parlé » et les Versets de louange qui, comme l’indiquent les parties suivantes, relèvent de Yetsira.
הללו לשון בהילו13 כו׳ י״ה בחי׳ חו״ב [חכמה ובינה] היינו שמאיר בחי׳ חו״ב [חכמה ובינה] שלא יהיה בחי׳ טמטום המוח וטמטום הלב כו׳ (ועמ״ש בד״ה להבין ענין טמטום הלב)14
« Hallelou » vient de l’expression « lorsque [Sa lampe] brillait » (behilo), etc. ; Yah est le niveau de 'Hokhma et de Bina : autrement dit, le niveau de 'Hokhma et de Bina illumine, afin qu’il n’y ait ni engourdissement de l’esprit ni engourdissement du cœur, etc. (Voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Pour comprendre la notion d’engourdissement du cœur ».)
« Hallelouya » se lit comme hallelou, de behilo, « lorsque Sa lampe brillait », et Yah, dont les deux lettres représentent 'Hokhma et Bina : les Versets de louange font rayonner la lumière de l’esprit. Cela dissipe l’« engourdissement » de l’esprit et du cœur qui empêche une personne de ressentir ce qu’elle comprend.
שהוא ע״י ההתבוננות איך שכל העולמות הם רק זכר מבחי׳ רב טוב כמ״ש זכר רב טובך15 כו׳ ולהודיע לבני האדם16 גבורותיו הן בחי׳ הצמצומים
Cela se fait par la contemplation du fait que tous les mondes ne sont qu’un « souvenir » du niveau de l’« abondante bonté », comme il est écrit : « Le souvenir de Ton abondante bonté », etc. ; et « Pour faire connaître aux fils de l’homme Ses actes puissants » : ce sont les niveaux de contraction (tsimtsoumim) ;
L’esprit est éclairé par la contemplation du fait que tous les mondes ne sont qu’un « souvenir » de l’abondante bonté de D.ieu, et que Ses « actes puissants » sont les contractions qui rendent les mondes possibles. Les deux expressions proviennent du psaume « Louange de David », au cœur des Versets de louange.
אבל לגבי מהותו ועצמותו ית׳ כלא חשיבי ויחיד חי העולמים מצלך עד ברכת יוצר אור הכל היא תפלת היצירה שהוא עליית עולם היצירה ואח״כ ברכת יוצא אור
mais, par rapport à Son être et à Son essence, béni soit-Il, ils sont considérés comme n’étant rien. « Unique, Vie des mondes, Roi » : jusqu’à la bénédiction Yotser Or, tout cela constitue la prière de Yetsira, qui est l’élévation du Monde de Yetsira (Formation). Puis vient la bénédiction Yotser Or (« Qui forme la lumière »),
Comparés à Son essence, les mondes ne sont rien, et Il est « Unique, Vie des mondes, Roi », paroles tirées des bénédictions des Versets de louange. Tout cela, jusqu’à la bénédiction Yotser Or, constitue la prière de Yetsira. (Le texte imprimé מצלך est manifestement une coquille pour מלך, « Roi », et יוצא אור pour יוצר אור.)
שהוא תפלת עולם הבריאה והאופנים וחיות כו׳ ברעש כו׳ איך שהוא לבדו מרום וקדוש כו׳ ואח״כ בחי׳ ק״ש [קריאת שמע] בכל לבבך כו׳.17
qui est la prière du Monde de Béria (Création) : « Et les ofanim et les hayot », etc., « dans un grand fracas », etc., proclamant qu’Il est seul, élevé et saint, etc. Vient ensuite le niveau du Chéma : « de tout ton cœur », etc.
La bénédiction Yotser Or, qui précède le Chéma, relève de Béria : elle décrit les ofanim et les hayot s’élevant « dans un grand fracas » et proclame que D.ieu seul est élevé et saint. Vient ensuite le Chéma lui-même : « de tout ton cœur ».
Dans l’âme humaine, l’âme animale est la « chaussure » : issue de la « peau » extérieure de l’amour et de la crainte des anges, elle est soumise et transformée par le sacrifice de soi du Chema, qui vient après un ordre de prière s’élevant d’Assiya à Yetsira, puis à Béria.
Le parallèle avec la section 2 est exact : de même que l’ange Sandalphon est la « chaussure » qui limite la création et élève la prière, l’âme animale est la « chaussure » de l’âme divine ; l’élever réalise le dessein d’une demeure pour D.ieu ici-bas. Igueret Hakodech, auquel renvoie la note de Kehot, explique également que les reins portent le corps entier, avec sa tête, vers sa destination, comme la foi porte l’âme.
Maré mekomot
- 1הנשמות נק׳ רגל · ראה תו״א א, ב.
- 2בנים אתם · Deuteronomy 14:1
- 3ומזיעתן של חיות · Chagigah 13b:14
- 4דרך נקבי העור · Numbers 11:2
- 5בכל לבבך כו׳ בשני יצריך · Mishnah Berakhot 9:5
- 6בד״ה שיר המעלות ממעמקים · לעיל ר״ה סב, ג ואילך. בענין רגל וראש הנשמה.
- 7שיר המעלות ממעמקים · Psalms 130:1
- 8ובד״ה שמאלו תחת לראשי · תו״א פו, א.
- 9וע״פ והארץ הדום רגלי · תו״א א, ב.
- 10והארץ הדום רגלי · Isaiah 66:1
- 11ע״פ חגרה בעוז מתניה · באוה״ת כאן ע׳ תקפה מציין: ”כמ״ש באגה״ק בתחלתו ע״פ חגרה בעוז”. וראה ביאור על זה הנדפס בליקוט פירושים ומ״מ — חיטריק לאגה״ק סי׳ א. ובסה״מ תקס״ג ע׳ ל ואילך.
- 12חגרה בעוז מתניה · Proverbs 31:17
- 13הללו לשון בהילו · Job 29:3
- 14בד״ה להבין ענין טמטום הלב · ראה מאמרי אדה״ז הקצרים ע׳ רפב. אוה״ת ויקרא ע׳ תעח. תורת שמואל — תרכ״ו ע׳ פ.
- 15זכר רב טובך · Psalms 145:7
- 16ולהודיע לבני האדם · Psalms 145:12
- 17
7ואח״כ תפלת שמונה עשרה בלח ש בחי׳ אצילות כו׳ ועליות כל תפלות ימות החול הוא בשבת שאז הוא זמן עליות העולמות כמ״ש עולת שבת בשבתו1 כו׳
Et ensuite vient la prière de la Amida, récitée à voix basse, qui relève du Monde d’Atsilout (Émanation), etc. Toutes les prières des jours de semaine s’élèvent le Chabbat, car c’est alors le moment de l’élévation des mondes, ainsi qu’il est écrit : « L’holocauste du Chabbat, le jour de son Chabbat », etc.,
La Amida, récitée à voix basse (le texte imprimé בלח ש se lit בלחש), relève d’Atsilout, le monde le plus élevé. Le Chabbat, toutes les prières des jours de semaine s’élèvent, car c’est alors que les mondes montent ; le verset « l’holocauste du Chabbat, le jour de son Chabbat » est cité à l’appui.
כי בו שבת2 כו׳ לכך בשבת ויו״ט [ויום טוב] מותר בנעילת הסנד״ל [הסנדלפון] שגם בחינת נעל שהוא בחינת נפש הבהמית נתעלה בשבת
« car Il s’est reposé ce jour-là », etc. C’est pourquoi il est permis, le Chabbat et les jours de fête, de porter des sandales : même le niveau de la chaussure, qui correspond à celui de l’âme animale, s’élève le Chabbat.
Le Chabbat, « Il s’est reposé », et les mondes s’élèvent. Puisque même la « chaussure », l’âme animale, s’élève le Chabbat, le port de chaussures est permis le Chabbat et les jours de fête, contrairement à Yom Kippour.
(ועמ״ש בד״ה צאינה וראינה34 גבי נער הייתי גם זקנתי5 דקאי על עליית מט״ט [מטטרון] ביום השבת) לכך מצוה לאכול בשבת כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] במה מענגו6 כו׳.
(Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Allez et contemplez », à propos de « J’étais jeune et j’ai aussi vieilli », qui se rapporte à l’élévation de Metatron le jour du Chabbat.) C’est pourquoi il est une mitsva de manger le Chabbat, ainsi que nos Sages, de mémoire bénie, l’ont enseigné : « Par quoi lui procure-t-on du plaisir ? », etc.
Pour la même raison, c’est une mitsva de manger et de prendre plaisir le Chabbat, puisque l’âme animale participe à cette élévation. La parenthèse renvoie au discours « Allez et contemplez », où « J’étais jeune et j’ai aussi vieilli » est interprété comme désignant l’élévation de Metatron le Chabbat.
משא״כ ביוהכ״פ [ביום הכפורים] שאסור באכילה ושתיה אסור בנעילת הסנד״ל [הסנדלפון] (ובמ״א נתבאר ענין שאין יוצאין במנעלים ביוהכ״פ [ביום הכפורים] ודוקא של עור אבל של צמר מותר בהיות בחי׳ עור הוא לבוש אב חומרי יוצא מגדר הגוף יותר משא״כ משאר לבושים שנכללים בהגוף בעצמו.
En revanche, le jour de Yom Kippour, où manger et boire sont interdits, le port de sandales est interdit. (Ailleurs, il a été expliqué pourquoi l’on ne sort pas chaussé le jour de Yom Kippour : cela concerne précisément les chaussures de cuir, tandis que celles de laine sont permises. En effet, le niveau du cuir est un vêtement grossier et matériel, qui se tient plus à l’écart du corps, ce qui n’est pas le cas des autres vêtements, lesquels sont inclus dans le corps lui-même.
Le jour de Yom Kippour, où manger et boire sont interdits, le port de chaussures l’est également. L’Admour Hazaken précise que seules les chaussures de cuir sont interdites, tandis que celles de laine sont permises, car le cuir est un vêtement grossier qui se tient plus à l’extérieur du corps que les vêtements ordinaires, lesquels deviennent partie intégrante du corps.
והנה למעלה מדרגה היותר תחתונה שאינה כלל מעצמות מדרגה העליונה כל עולם לפי ערכו כו׳ הוא בחינת עור והוא בחי׳ עבד מט״ט [מטטרון] הוא לבוש התחתון להשכינה.
Or, au-dessus du niveau le plus bas, qui ne relève nullement de l’essence du niveau supérieur — dans chaque monde, selon sa mesure propre, etc. — se trouve le niveau de la peau. C’est aussi le niveau du « serviteur », Metatron, qui est le vêtement le plus bas de la Chekhina.
Dans chaque monde, le niveau le plus bas, qui ne relève pas de l’essence du niveau supérieur, est appelé « peau ». En haut, ce niveau est celui de Metatron, appelé le « serviteur », qui est le vêtement le plus bas de la Chekhina.
וחנוך היה תופר מנעלים7 בחינת מנעלים אלו כו׳ שזהו מה יפו פעמיך בנעלים8 בת נדיב בתו של אברהם שנקרא נדיב שהוא בחינה המשפעת חסד וטוב לכל העולמות כו׳
Et ‘Hanokh cousait des chaussures : il s’agit de ces chaussures spirituelles, etc. C’est là le sens de : « Que tes pas sont beaux dans tes chaussures, fille du noble ! » : la fille d’Avraham, appelé « noble » (nadiv), qui représente le niveau dispensant bonté et bien à tous les mondes, etc.,
La tradition selon laquelle ‘Hanokh cousait des chaussures parle de ces « chaussures » spirituelles. C’est ce qu’évoque le verset par « fille du noble » : Avraham, le « noble », est l’attribut qui dispense bonté et bien à tous les mondes.
למשל עורות עבודים שכל עיקר עבודה שבשבילה נברא האדם הוא לתקן בחינת העור. להפכו מחשוך לאור. וזהו ויעש כו׳ כתנות עור9 ועמ״ש בד״ה ואלה המשפטים1011 גבי שש שנים יעבוד.12
comme dans l’exemple des peaux tannées (orot avoudim) : toute l’essence du service pour lequel l’homme a été créé consiste à rectifier le niveau de la peau, à le transformer de l’obscurité en lumière. C’est le sens de : « Et Il fit », etc., « des vêtements de peau ». Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et voici les lois », à propos de : « Six années, il servira ».
Les peaux tannées (avoudim) évoquent le service : l’homme a été créé pour travailler sur la « peau », l’âme animale, et l’affiner, en transformant son obscurité en lumière. Tel est le sens de « Et Il fit… des vêtements de peau » ; le texte renvoie également au discours sur « Six années, il servira ».
והנה ביוהכ״פ [ביום הכפורים] מתעלה בחי׳ בת הנ״ל למעלה מעלהעד שאין בחינת מנעלים של עור לבוש לה כו׳ ולכן אין השטן יכול לקטרג בהיות עיקר אחיזתו במקום בחינת עור כו׳.
Or, le jour de Yom Kippour, le niveau de la « fille » mentionnée plus haut s’élève toujours plus haut, jusqu’à ce que les chaussures de cuir ne puissent plus lui servir de vêtement, etc. C’est pourquoi le Satan ne peut pas accuser : son principal point d’emprise se trouve dans le domaine du niveau de la peau, etc.
Le jour de Yom Kippour, la « fille », la communauté d’Israël, s’élève si haut que les chaussures de cuir ne peuvent plus lui servir de vêtement. Voilà pourquoi le Satan ne peut pas accuser le jour de Yom Kippour : son emprise se trouve uniquement dans la « peau ».
אבל של צמר בטל ומתעלה ג״כ וזהו בחי׳ משה עבדי ועמ״ש ע״פ אעשה לו עזר13 ועמ״ש בזה השל״ה [השני לוחות הברית] במסכת יומא שלו בפרק תורה אור ועמ״ש סד״ה שובה ישראל עד).14
Mais la laine, elle aussi, est annulée et s’élève ; c’est le niveau de « Mon serviteur Moché ». Voyez aussi ce qui est écrit sur le verset « Je lui ferai une aide », ce que le Chéla a écrit à ce sujet dans son traité Yoma, dans la section Torah Ohr, ainsi que ce qui est écrit à la fin du discours qui commence par « Reviens, ô Israël, jusqu’à… ».
La laine, contrairement au cuir, est annulée et s’élève avec elle ; elle correspond au niveau de « Mon serviteur Moché ». La note entre parenthèses se termine par des références au discours sur « Je lui ferai une aide », au Chéla sur Yoma et au discours « Reviens, ô Israël ».
והנה בעליות נפש הבהמית בשבת ע״י אתכפיא ואתהפכא שבימות החול בתפלה כו׳ ע״ז נאמר מה יפו פעמיך בנעלים שגם הנעלים הם יפים ואדרבה עיקר היופי הוא בנעלים. כי סוף מעשה במחשבה תחלה.
Or, à propos de l’élévation de l’âme animale le Chabbat, grâce à sa soumission et à sa transformation pendant les jours de semaine, dans la prière, etc., il est dit : « Que tes pas sont beaux dans tes chaussures » — les chaussures aussi sont belles ; bien plus, c’est en elles que réside la beauté essentielle. Car « la fin de l’acte fut d’abord dans la pensée ».
Lorsque l’âme animale s’élève le Chabbat grâce à la soumission et à la transformation opérées dans les prières des jours de semaine, le verset dit : « Que tes pas sont beaux dans tes chaussures » : les chaussures elles-mêmes sont belles. En vérité, la beauté essentielle réside en elles, car ce qui vient en dernier dans l’acte fut premier dans la pensée.
L’élévation de l’âme animale, la « chaussure », suit le calendrier : le Chabbat et les jours de fête, elle s’élève avec les mondes, de sorte que les chaussures et la nourriture conviennent ; à Yom Kippour, en revanche, l’âme s’élève au-delà de tout « vêtement » de cuir. C’est pourquoi le verset loue la beauté des pas « dans les chaussures ».
Le cuir est la couche la plus extérieure et le point d’appui du Satan, tandis que la laine, annulée, peut s’élever avec l’âme. La même « peau » qui, durant la semaine, est le domaine du service devient, une fois affinée, la beauté essentielle, car le niveau le plus bas était l’intention première de la création.
Maré mekomot
- 1עולת שבת בשבתו · Numbers 28:10
- 2כי בו שבת · Genesis 2:3
- 3צאינה וראינה · לעיל כה, א.
- 4צאינה וראינה · Song of Songs 3:11
- 5נער הייתי גם זקנתי · Psalms 37:25
- 6במה מענגו · Shabbat 118b:2
- 7וחנוך הי׳ תופר מנעלים · ע״ל בשלח (במדבר) (נט, א). וש״נ. [כ].
- 8מה יפו פעמיך בנעלים · Song of Songs 7:2
- 9ויעש כו׳ כתנות עור · Genesis 3:21
- 10בד״ה ואלה המשפטים · בתו״א שם.
- 11ואלה המשפטים · Exodus 21:1
- 12שש שנים יעבוד · Exodus 21:2
- 13אעשה לו עזר · Genesis 2:18
- 14שובה ישראל עד · Hosea 14:2
La bonté du noble ¶8
8וזהו תכלית בריאת העולמות כו׳ אך שלהיות בכחנו למסור נפשו באחד הוא ע״י הארת והמשכת חסד עליון הבא מלמעלה.
Et tel est le but de la création des mondes, etc. Mais le fait qu’il soit en notre pouvoir de donner notre âme à [la parole] « Un » s’accomplit par le rayonnement et l’émanation du 'Hessed supérieur, qui vient d’en haut.
Élever le niveau le plus bas est le but de la création. Mais le pouvoir de donner son âme à la parole « Un » du Chema ne vient pas de l’homme seul : il provient d’un rayonnement du 'Hessed supérieur, bonté, émanant d’en haut.
וזהו בת נדיב בתו של אברהם1 אבינו שנק׳ נדיב שנתן מלחמו גם לערביים כו׳ ולמעלה הוא בחי׳ הארת חסד עליון הנמשך למטה בכל בקר כמ״ש וישכם אברהם בבקר2 ויחבוש את חמורו3 כדי שנוכל להתפלל בבוקר
Et telle est la « fille du noble » : la fille d’Avraham notre père, qui est appelé « noble » (nadiv), car il donnait de son pain même aux Arabes, etc. En haut, cela désigne le niveau du rayonnement du 'Hessed supérieur qui est attiré vers le bas chaque matin, comme il est écrit : « Avraham se leva de bon matin et sella son âne », afin que nous puissions prier le matin ;
Il s’agit de la « fille du noble » : Avraham est appelé « noble » en raison de sa générosité, puisqu’il donnait de son pain même aux Arabes ; en haut, son attribut est le 'Hessed supérieur, qui rayonne chaque matin vers le bas. Le verset « Avraham se leva de bon matin » est interprété comme désignant cette bonté qui se manifeste chaque matin afin que nous puissions prier.
כי כל ההתחלות קשות ומה גם בעדמו משינתו שהוא אחד מס׳ [מששים]4 כו׳ הוא ע״י הארת והמשכת חסד עליון הבא מלמעלה כנ״ל
car tous les commencements sont difficiles, à plus forte raison lorsqu’on se lève de son sommeil, qui est un soixantième, etc. ; cela s’accomplit par le rayonnement et l’émanation du 'Hessed supérieur, qui vient d’en haut, comme mentionné précédemment.
Tous les commencements sont difficiles, et la prière du matin commence immédiatement après le sommeil, que le Talmud qualifie de « soixantième de la mort ». La force de commencer vient du 'Hessed qui rayonne d’en haut.
(ועמ״ש בד״ה אז ישיר ישראל5 גבי כרוה נדיבי העם67 וסד״ה קחו מאתכם תרומה. גבי כל נדיב לב יביאה8 ועיין בפ׳ ויקהל דף קצ״ז ע״ב.
(Et voyez ce qui est écrit dans le discours commençant par « Alors Israël chanta », au sujet de « Les nobles du peuple l’ont creusé », ainsi qu’à la fin du discours commençant par « Prenez parmi vous une offrande », au sujet de « Que tout homme au cœur généreux l’apporte » ; et voyez [le Zohar,] Parshas Vayakhel, folio 197b.
Cette parenthèse énumère des références qui développent le lien entre la « noblesse » (nedivout) et les Patriarches : les discours sur « Les nobles du peuple l’ont creusé » et sur « Que tout homme au cœur généreux l’apporte », ainsi que le Zohar sur Vayakhel, qui appelle les Patriarches « les nobles ».
ועיין מענין מה יפו פעמיך בנעלים91011 ברבות כי תשא פמ״א [פרק מ״א / פרשה מ״א] קרוב לר״פ ובסדר לך לך ס״פ מ״ג בא פט״ו [פרק ט״ו / פרשה ט״ו] ק״ל ג׳ ובשה״ש [ובשיר השירים] רבה. ועמ ״ש סד״ה ויקח קרח):12
Et voyez, au sujet de « Que tes pas sont beaux dans tes sandales », Midrash Rabbah, Ki Sisa, chapitre 41, vers le début ; Seder Lech Lecha, à la fin du chapitre 43 ; Bo, chapitre 15, [folio] 130, [colonne] 3 ; et Shir HaShirim Rabbah. Voyez également ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Et Korah prit ».)
Le Midrash explique en plusieurs endroits « Que tes pas sont beaux dans tes sandales » ; dans l’un d’eux, parce qu’Avraham refusa de prendre ne serait-ce qu’un « cordon de sandale » au roi de Sedom, D.ieu loue ses enfants par ce verset. La note se termine par une référence au discours « Et Korah prit ».
Le pouvoir de se sacrifier vient du 'Hessed supérieur, l’attribut d’Avraham, le « noble », qui rayonne à nouveau chaque matin afin que nous puissions commencer à prier.
Les mots mêmes du verset portent toute l’idée : les « sandales » désignent l’âme animale affinée, et la « fille du noble » nomme la source du pouvoir de l’affiner : la bonté d’Avraham, qui vient d’en haut. Le Midrash, qui relie le refus d’Avraham de prendre un « cordon de sandale » à la beauté des « pas dans les sandales » d’Israël, va dans le même sens.
Maré mekomot
- 1
- 2וישכם אברהם בבקר · Genesis 3:21
- 3וישכם אברהם בבקר ויחבוש את חמורו · Genesis 22:3
- 4משינתו שהוא אחד מס׳ · Berakhot 57b:14
- 5אז ישיר ישראל · Numbers 21:17
- 6כרוה נדיבי העם · Numbers 21:18
- 7כרוה נדיבי העם · Zohar, Vayakhel 4:48–5:58
- 8כל נדיב לב יביאה · Exodus 35:5
- 9מה יפו פעמיך בנעלים · Shemot Rabbah 41:2
- 10מה יפו פעמיך בנעלים · Bereshit Rabbah 43:9
- 11מה יפו פעמיך בנעלים · Shemot Rabbah 15:10
- 12ויקח קרח · Numbers 16:1
La charité, les cuisses cachées ¶9–11
9ד חמוקי ירכיך1 כמו חלאים2 מעשה ידי אמן. פי׳ יריכים הם לבר מגופא שהיא התורה שנקרא׳ [שנקראת] גופא ובחי׳ ירכים שלבר מגופא הוא בחי׳ מעשה הצדקה
4. « Les courbes de tes cuisses sont comme des ornements (chalaïm), œuvre des mains d’un artisan. » Le sens est le suivant : les cuisses sont « à l’extérieur du corps » (levar migufa), le corps étant la Torah, qui est appelée « le corps » (gufa) ; le niveau des cuisses, qui sont à l’extérieur du corps, correspond à l’acte de tsedaka,
La section 4 explique la seconde moitié du verset. La Torah est appelée le « corps », et les cuisses, qui sont « à l’extérieur du corps », représentent l’acte de tsedaka.
שהוא ע״י עשייה גשמיות שהולך ברגליו בעסקי מו״מ [משא ומתן] ואח״כ נותן מיגיע כפו אשר הלך ויגע ונותן לעני כו׳ (ועמ״ש מזה ע״פ במחוקק במשענותם)3
qui s’accomplit par une action matérielle : on se déplace à pied pour ses affaires, puis on donne le fruit du labeur de ses mains, pour lequel on s’est déplacé et on a peiné, et on le donne aux pauvres, etc. (Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet sur le verset : « Avec le législateur, avec leurs bâtons. »)
La tsedaka implique un effort physique : on se déplace soi-même pour faire des affaires, puis on donne aux pauvres ce que l’on a gagné par ce labeur. C’est pourquoi elle relève des jambes ; la parenthèse renvoie à un maamar sur « Avec le législateur, avec leurs bâtons. »
אך ברגליו יש ג׳ פרקין4 פרק העליון הוא הנק׳ בשם יריכים שהוא בסתר כך הוא עיקר מיצות הצדקה הוא מתן בסתר כו׳
Cependant, la jambe comporte trois segments (perakin) ; le segment supérieur est appelé « cuisse » et il est caché. De même, l’essence de la mitsva de tsedaka consiste à donner en secret, etc.
La jambe comporte trois segments, et le plus élevé, la cuisse, est caché. De même, la forme la plus accomplie de la tsedaka est de donner en secret.
(כמ״ש בפ״ג [בפרק ג׳] דמ״ק [דמועד קטן]) (ט״ז ב׳) מוקי לה בצדקה5 ופי׳ חמוקי ירכיך פרש״י [פירש רש״י / פירוש רש״י] בסוכה (דמ״ט ע״א) סתרי ירכיך.
(Comme il est écrit au troisième chapitre de Moed Katan) (16b) : « Il l’applique à la tsedaka. » Quant au sens de « les courbes de tes cuisses », Rachi explique dans Soukka (49a) : « les parties cachées de tes cuisses. »
Le Talmud, dans Moed Katan, applique « les courbes de tes cuisses » à la tsedaka, et Rachi, dans Soukka, explique que les « courbes » sont les « parties cachées ». Le verset parle donc de tsedaka donnée en secret.
« Comme des ornements » (chalaïm) : les chalaïm sont des parures qu’une femme porte sur la tête, comme il est écrit : « et un ornement d’or fin » ; dans le langage de la Michna, elles sont appelées totefet et sarbitin.
Les chalaïm sont des parures qu’une femme porte sur la tête, comme dans l’expression « un ornement d’or fin ». La Michna appelle de telles parures de tête totefet et sarbitin.
והיינו ע״י מעשה הצדקה מלמטה נעשה מה בחי׳ תכשיט ועטרה שעל הראש כמ״ש וילבש צדקה8 כו׳
C’est-à-dire que par l’acte de tsedaka accompli ici-bas, il se forme [à partir de celle-ci] une parure et une couronne sur la tête, comme il est écrit : « Il revêtit la tsedaka », etc.,
Ainsi, la tsedaka accomplie ici-bas devient une parure et une couronne sur la « tête » d’en haut. C’est le verset : « Il revêtit la tsedaka comme une cotte de mailles, et un casque de salut sur Sa tête » : la tsedaka devient un casque sur la tête.
כובע ישועה בראשו (עמ״ש באגה״ק [באגרת הקודש] בד״ה וילבש צדקה כשריון ובפ׳ וישב בד״ה בכ״ה בכסלו9 ועיין בזהר פקודי) (דרמ״ז ע״א) וקיימא בנהירו סתימו דנהיר מעילא כו׳
« un casque de salut sur Sa tête. » (Voir ce qui est écrit dans Igueret Hakodech, dans la lettre commençant par « Il revêtit la tsedaka comme une cotte de mailles », et dans la paracha Vayéchev, dans le maamar commençant par « Le vingt-cinq Kislev » ; voir aussi le Zohar, Pekoudei) (247a) : « Et elle se tient dans une radiance cachée qui brille d’en haut », etc.,
La parenthèse renvoie à Igueret Hakodech, à un maamar de Torah Ohr sur Hanoucca et au Zohar sur Pekoudei. Le Zohar parle à cet endroit d’une lumière cachée qui brille d’en haut, dans le mystère des « courbes de tes cuisses ».
ברזא דכתי׳ [דכתיב] חמוקי ירכיך כמו חלאים10 ובמק״מ [ובמקדש מלך] שם שזהו ענין המשכת ש״ע [ש״ע (370)] נהורין ומקורן ושרשן.
« dans le mystère de ce qui est écrit : “Les courbes de tes cuisses sont comme des ornements” » ; et, dans le Mikdash Melekh à cet endroit, il est expliqué qu’il s’agit de la propagation des 370 lumières, de leur source et de leur racine.
Le Mikdash Melekh, commentaire du Zohar, explique à cet endroit qu’il s’agit de la propagation des « 370 lumières », de leur source et de leur racine ; c’est un terme kabbalistique désignant des lumières d’un niveau très élevé.
והמשכה זו ע״י דנטיל לתתא העלאת מ״ן [מיין נוקבין] ממעשה המצות כו׳ כי למעלה נאמר ראשו כתם פז קווצותיו תלתלים11 כו׳
Et cet influx est attiré par ce qui « prend en bas », par l’élévation des mayin noukvin (eaux féminines) issue de l’accomplissement des mitsvot, etc. Car il est dit plus haut : « Sa tête est de l’or le plus fin, ses boucles sont frisées », etc.,
Cette lumière est attirée en réponse à ce qui « prend en bas », aux mayin noukvin, les « eaux féminines », élevées par l’accomplissement des mitsvot. Plus haut, le Cantique des Cantiques dit du Bien-Aimé : « Sa tête est de l’or le plus fin, ses boucles sont frisées. »
הוא בחי׳ תשב״כ [תורה שבכתב] ותושבע״פ [ותורה שבעל פה] והוא בחי׳ תכשיטי איש וע״י מעשה הצדקה נעשה תכשיטיאשה והוא ע״י מעשה ידי אמן
ce qui correspond au niveau de la Torah écrite et de la Torah orale ; c’est le niveau des parures d’un homme. Et par l’acte de charité sont créées les parures d’une femme, et cela se fait par « l’œuvre des mains d’un artisan »,
Les parures de la tête, en haut, sont la Torah écrite et la Torah orale : des « parures d’un homme », données d’en haut. La charité accomplie ici-bas crée des « parures d’une femme » ; c’est là « l’œuvre des mains d’un artisan ».
כמו אומן המלבן ומצרף מעפר ואדמה להיות תכשיט ליופי כמ״כ [כמו כן] ע״י מעשה הצדקה מיגיע כפו ועסקו במו״מ [במשא ומתן] כו׳.
comme un artisan qui affine et purifie [le métal] à partir de la poussière et de la terre, pour en faire une parure de beauté ; de même, par l’acte de charité, à partir du labeur de ses mains et de ses affaires, etc.
Un artisan affine le métal précieux extrait de la poussière et de la terre, puis en fait un bijou. De même, par la charité, une personne transforme en parure les revenus qu’elle a acquis par son labeur et ses affaires.
Les « cuisses », à l’extérieur du « corps » de la Torah, représentent l’acte de tsedaka, en particulier la tsedaka donnée en secret ; la tsedaka issue de son propre labeur devient une parure et une couronne sur la tête d’en haut, comme un artisan transforme poussière et terre en bijoux.
Il existe deux sortes de « parures de tête » : la Torah, parure d’un homme qui vient d’en haut, et la tsedaka, parure d’une femme façonnée ici-bas. La seconde est attirée par les mayin noukvin des actes et, selon les termes du Zohar, atteint la source de lumières d’un niveau très élevé.
Maré mekomot
- 1חמוקי ירכיך · Sukkah 49a:2
- 2חמוקי ירכיך כמו חלאים · Song of Songs 7:2
- 3במחוקק במשענותם · Numbers 21:18
- 4ברגליו יש ג׳ פרקין · Zohar I, 241a
- 5
- 6וחלי כתם · Proverbs 25:12
- 7טוטפת וסרביטין · Mishnah Shabbat 6:1
- 8וילבש צדקה · Isaiah 59:17
- 9ובפ׳ וישב בד״ה בכ״ה בכסלו · תו״א כט, ד. וראה שערי אורה יד, א.
- 10ברזא דכתי׳ חמוקי ירכיך כמו חלאים · Zohar, Pekudei 47:515–525
- 11ראשו כתם פז קווצותיו תלתלים · Song of Songs 5:11
Et ensuite, on donne aux pauvres une part de ce que l’on a gagné par son labeur, « pour ranimer l’esprit des humbles » : c’est le niveau du raffinement (birour) et de la purification, par lesquels cela devient le niveau des parures d’une femme. Or une parure
Quand on donne aux pauvres ce que l’on a gagné, « pour ranimer l’esprit des humbles », l’argent matériel est raffiné et purifié, et devient la « parure de la femme ». Une parure n’a d’autre fonction que la beauté.
אלא ליופי עי״ז נמשך אהבה מלמעלה ונעשה בחי׳ יחוד קוב״ה [קודשא בריך הוא] ושכינתי׳ להיות כי כל האומר אין לי
n’a d’autre fonction que la beauté. Par cela, l’amour est attiré d’en haut, et il se réalise le niveau de l’union du Saint béni soit-Il et de Sa Chekhina. Car « celui qui dit : “Je n’ai rien
Cette beauté attire l’amour d’en haut, et l’union du Saint béni soit-Il et de Sa Chekhina se réalise. Le Talmud ajoute que celui qui prétend n’avoir rien d’autre que la Torah n’a même pas la Torah.
אלא תורה אפילו תורה אין לו2 כי מה שייכות יש לו עם התורה להמשיך בחינת התורה ח״ע [חכמה עילאה] להיות דברי אלקים חיים3
que la Torah”, n’a même pas la Torah. » Quel lien a-t-il avec la Torah pour attirer le niveau de la Torah, la 'Hokhma Ila’a (la 'Hokhma supérieure), afin qu’elle soit « les paroles du D.ieu vivant » ?
Sans actes, une personne n’a pas de véritable lien avec la Torah ; elle ne peut donc attirer la Torah, qui est la 'Hokhma supérieure, ni en faire « les paroles du D.ieu vivant ».
והיינו להיות כי בחי׳ אלקים שהוא בחינת הצמצום בבחי׳ חיים רוחני׳ [רוחניים] מחיי החיים א״ס ב״ה.
C’est-à-dire que le niveau d’Elokim, qui est le niveau du tsimtsoum (contraction), soit dans un état de vie spirituelle provenant de la Vie des vies, l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il.
Les « paroles du D.ieu vivant » signifient qu’Elokim, le Nom associé à la contraction, est imprégné de vie spirituelle provenant de l’Infini, la Vie de toute vie. Voilà ce que signifie attirer la Torah.
אך ע״י מעשה הצדקה למטה להחיות רוח שפלים באתעדל״ת [באתערותא דלתתא] אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] לעורר מלמעלה ג״כ בחי׳ המשכת התורה למטה.
Mais par l’acte de charité accompli ici-bas, « pour ranimer l’esprit des humbles », l’éveil d’en bas suscite un éveil d’en haut, afin d’éveiller également d’en haut le niveau de l’attraction de la Torah ici-bas.
Cela s’accomplit par la charité : l’éveil d’en bas, qui ranime les humbles, entraîne un éveil d’en haut qui attire la Torah ici-bas. Ainsi, c’est l’acte de charité qui permet à la Torah de pénétrer dans une personne.
La charité raffine les gains du donateur et en fait une parure qui attire l’amour d’en haut et unit le Saint béni soit-Il à Sa Chekhina ; sans de tels actes, même la Torah ne peut être attirée jusqu’à une personne.
L’image de la parure correspond à l’éveil d’en bas et à celui d’en haut : la beauté de la « femme » attire l’amour du Roi et, dans cette union, la Torah, la 'Hokhma supérieure, descend comme des paroles « vivantes », au lieu de demeurer une simple contraction.
Maré mekomot
- 1להחיות רוח שפלים · Isaiah 57:15
- 2כל האומר אין לי אלא תורה אפילו תורה אין לו · Yevamot 109b:4–5
- 3דברי אלקים חיים · Eruvin 13b:10–11
11וז״ש [וזהו שכתוב] תען לשוני אמרתך1 כי כל מצותיך צדק פי׳ שלהיות תען לשוני אמרתך מלשון עונה אחריהם מה
Et c’est le sens de ce qui est écrit : « Ma langue répondra à Ta parole, car toutes Tes mitsvot sont justice (tsedek). » Le sens est que « ma langue répondra à Ta parole » — le mot « répondre » étant pris au sens de « il répète après eux ce qu’ils disent »
Le verset « Ma langue répondra à Ta parole, car toutes Tes mitsvot sont tsedek » résume ce qui précède. « Répondre » s’entend ici comme dans l’enseignement de la Michna : « il répète après eux ce qu’ils disent », c’est-à-dire qu’il reprend mot pour mot ce que dit le lecteur.
שהם אומרים בפ״ג [בפרק ג׳] דסוכה2 שהוא בחינת המשכת התורה מלמעלה למטה שהוא בחי׳ תר״ך עמודי אור כמשל העמוד שמחבר מעלה ומטה הוא ע״י
», au troisième chapitre de Soukka. Cela désigne le niveau du prolongement de la Torah d’en haut vers le bas, le niveau des six cent vingt colonnes de lumière, selon l’image d’une colonne qui relie le haut et le bas ; cela se fait par
Cette « réponse » est le prolongement de la Torah d’en haut vers le bas, appelé les « six cent vingt colonnes de lumière », qui relient le haut et le bas. Elle s’accomplit par ce que nomme la partie suivante.
כי כל מצותיך צדק והיינו ע״י מצות מעשיות שנק׳ בשם צדקה כמ״ש וצדקה תהיה לנו12
« car toutes Tes mitsvot sont tsedek » : c’est-à-dire par les mitsvot pratiques, qui sont appelées tsedaka, comme il est écrit : « Et ce sera pour nous une tsedaka
Cela s’accomplit par « toutes Tes mitsvot sont tsedek » : les mitsvot pratiques sont toutes appelées tsedaka, comme le montre le verset : « Et ce sera pour nous une tsedaka si nous veillons à accomplir ».
כי נשמור לעשות כו׳ כל החוקים כו׳ (ועמ״ש מזה בד״ה צאינה וראינה34 גבי בעטרה שעטרה כו׳ תען לשוני כו׳ ע״ש).
si nous veillons à accomplir », etc., « tous les statuts », etc. (Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Sortez et contemplez », à propos de « de la couronne dont elle l’a couronné », etc., et de « Ma langue répondra », etc. ; voir là-bas.)
Ce verset appelle tsedaka l’observance de tous les commandements. La parenthèse renvoie au discours « Sortez et contemplez », qui explique ensemble « Ma langue répondra » et « la couronne dont elle l’a couronné ».
אך הנה פסוק זה נאמר גם על בחי׳ התורה כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] מה ירך בסתר אף ד״ת [דברי תורה] בסתר5 כו׳ וכמ״ש בפ״ד דסוטה (דמ״ט ע״ב) והיינו
Cependant, ce verset est également dit au sujet du niveau de la Torah, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « De même que la cuisse est cachée, les paroles de Torah le sont aussi », etc., ainsi qu’il est écrit au quatrième chapitre de Sotah (49b). C’est-à-dire que
Les Sages comprennent également « les courbes de tes cuisses » comme une allusion à la Torah : de même que la cuisse est cachée, les paroles de Torah doivent être étudiées dans l’intimité. Cet enseignement se trouve dans Soukka 49b, à la fin du quatrième chapitre de Soukka, dans le passage cité au début du maamar ; « Sotah » dans le texte imprimé semble être une erreur.
כי בחינת התורה נמשך למטה בבחינות גשמיות זרעים וכדומה (ושייכות בחי׳ ירכין בתורה והרי לעיל נתבאר דהתורה היא בחי׳ גופא אך הענין מבואר בזהר פקודי)
le niveau de la Torah est prolongé ici-bas jusque dans des réalités matérielles, les semences et autres choses semblables. (Quant au lien entre le niveau des cuisses et la Torah, alors qu’il a été expliqué plus haut que la Torah est le niveau du corps, la question est toutefois élucidée dans le Zohar, Pekoudei)
La Torah aussi descend jusque dans des réalités matérielles, telles que les lois des semences et des produits de la terre. La parenthèse demande comment la Torah peut être les « cuisses » alors qu’elle a été appelée plus haut le « corps », et répond en s’appuyant sur le Zohar, Pekoudei.
(דרנ״ח א׳) שהברייתות הם נק׳ חמוקי יריכיך והיינו כי המשניות הם מבחינת חג״ת [חסד גבורה תפארת] שהוא בחינת גופא וברייתא הוא ענין לבר6 מגופא דהיינו בחינת נה״י [נצח הוד יסוד]
(258a), où il est dit que les Baraitot sont appelées « les courbes de tes cuisses ». En effet, les Michnayot correspondent au niveau de 'Hessed, Guevoura et Tiferet, qui est le niveau du corps, tandis qu’une Baraita relève de ce qui est « hors du corps », c’est-à-dire du niveau de Netsa'h, Hod et Yessod,
Le Zohar y appelle les Baraitot les « cuisses » : la Michna correspond au « corps », soit 'Hessed, Guevoura et Tiferet, tandis qu’une Baraita, un enseignement extérieur à la Michna, est « hors du corps », soit Netsa'h, Hod et Yessod.
אלא שהם פרק העליון שבנה״י [שבנצח הוד יסוד] ע״ש במק״מ [במקדש מלך] וזהו חמוקי ירכיך כו׳ ועמ״ש מזה בד״ה ששים המה מלכות7 ובד״ה ויצא יצחק לשוח בשדה8 ובד״ה ואלה שמות.9
à ceci près qu’elles en constituent le segment supérieur. Voir là-bas dans le Mikdash Melekh. C’est là le sens de « les courbes de tes cuisses », etc. Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Soixante sont les reines », dans celui commençant par « Yits’hak sortit pour méditer dans les champs », et dans celui commençant par « Voici les noms ».
Les Baraitot constituent toutefois le segment supérieur de ces trois Séfirot, les « cuisses » cachées. Le texte renvoie au Mikdash Melekh, puis à trois discours qui développent ce thème.
וא״ש [ואתי שפיר] מעשה ידי אמן1011 כדפרש״י [כדפירש רש״י / כדפירוש רש״י] במ״ק [במועד קטן] (ט״ז ב׳) שהתורה היא מעשה אומנתו של הקב״ה וע׳ בפ׳ תרומה (קס״א א׳) ועיין עוד מענין מעשה ידי אמן ברבות כי תשא ס״פ מ״ז
Et l’expression « l’œuvre des mains d’un artisan » s’entend bien, comme l’explique Rachi dans Moed Katan (16b) : la Torah est l’œuvre de l’artisanat du Saint béni soit-Il. Voir [le Zohar,] Parachat Terouma (161a), et voir encore, au sujet de « l’œuvre des mains d’un artisan », [Midrach] Rabba, Ki Tissa, à la fin du chapitre 47.
Rachi explique que « l’œuvre des mains d’un artisan » désigne la Torah, l’œuvre artisanale du Saint béni soit-Il. Le Zohar sur Terouma, auquel le texte fait référence, dit que D.ieu contempla la Torah, Son « artisan », et créa le monde.
והנה יש ב׳ בחי׳ מנעלים [על אחד הוא עליות נפש הבהמית ע״י עשיות כל המצות וצדקה כנגד כולם והוא הנמשך מבחי׳ מחנה גבריאל שבמרכבה בחינת יראה ופחד.131415
Or, il existe deux niveaux de chaussures. La première chaussure correspond à l’élévation de l’âme animale par l’accomplissement de toutes les mitsvot, ainsi que par la charité, qui équivaut à toutes les autres ; cela est attiré du niveau du camp de Gavriel dans le Char céleste, le niveau de la crainte et de l’effroi.
Il existe deux sortes de « chaussures », deux façons d’élever l’âme animale. La première consiste à accomplir toutes les mitsvot, ainsi qu’à pratiquer la charité, qui équivaut à toutes les autres ; elle provient du camp de Gavriel dans le Char céleste, de la crainte et de l’effroi. (Dans l’imprimé, [על est manifestement נעל, « chaussure ».)
« Ma langue répondra à Ta parole » montre que la Torah est prolongée par les mitsvot pratiques, qui sont appelées tsedaka ; la Torah elle-même est aussi représentée par les « cuisses », en référence à ses Baraitot cachées. La section introduit ensuite deux sortes de « chaussures », dont la première est constituée par les mitsvot, tirées du camp de Gavriel.
Les deux lectures de « les courbes de tes cuisses », comme allusion à la tsedaka et à la Torah, se rejoignent ici : les mitsvot de l’action prolongent la Torah, de sorte que l’homme « répond » par la parole même de D.ieu. Les deux chaussures correspondent à l’amour et à la crainte du Char décrits dans la section 3.
Maré mekomot
- 1תען לשוני אמרתך · Psalms 119:172
- 2בפ״ג דסוכה · לח, ב. [כ].
- 3בד״ה צאינה וראינה · לעיל כב, א.
- 4צאינה וראינה · Song of Songs 3:11
- 5מה ירך בסתר אף ד״ת בסתר · Sukkah 49b:7–8
- 6וברייתא הוא ענין לבר · Zohar, Pekudei 51:734–743
- 7ששים המה מלכות · Song of Songs 6:8
- 8ויצא יצחק לשוח בשדה · Genesis 24:63
- 9ואלה שמות · Exodus 1:1
- 10
- 11מעשה ידי אמן · Shemot Rabbah 47:9
- 12וצדקה תהי׳ לנו כי נשמור · Deuteronomy 6:25
- 13
- 14
- 15
La joie des mitsvot ¶12
12ונעל הב׳ הוא בחי׳ שמחה של מצוה שהוא ג״כ מבחי׳ נפש הבהמית כמ״ש בשמחה ובטוב לבב1 שעיקר השמחה הוא בלב ששם משכן נפש הבהמית
Et la deuxième chaussure est le niveau de la joie d’une mitsva, qui relève également de l’âme animale, comme il est écrit : « dans la joie et la joie du cœur » ; car la joie se trouve principalement dans le cœur, où réside l’âme animale,
La deuxième « chaussure » est la joie d’une mitsva, qui relève elle aussi de l’âme animale. La joie est ressentie dans le cœur, où réside l’âme animale, comme le suggère le verset « dans la joie et la joie du cœur ».
כי הדם הוא הנפש2 וכנודע מספרי הטבעי׳ [הטבעיים] שהעצבות הוא מעכירת הדם שבלב כשהוא עכור והשמחה היא כשהדם צלול והוא ע״י אשר קדשנו מצותיו אשר לשון תענוג העליון קדשנו במצותיו כו׳
car « le sang est l’âme » et, comme on le sait d’après les ouvrages de sciences naturelles, la tristesse provient de l’altération du sang dans le cœur, lorsqu’il est trouble, tandis que la joie vient de ce que le sang est limpide. Cela vient de « qui nous a sanctifiés par Ses commandements » : asher (« qui ») exprime le plaisir suprême ; « qui nous a sanctifiés par Ses commandements », etc.
Le sang est le siège de l’âme animale et, selon les connaissances en sciences naturelles de l’époque, la tristesse provient du sang trouble dans le cœur, tandis que la joie vient du sang limpide. La joie d’une mitsva vient de la bénédiction « qui (asher) nous a sanctifiés par Ses commandements », puisque asher est interprété comme un terme exprimant le plaisir suprême.
וכל המצות צריך לעשותן בשמחה כמ״ש תחת אשר לא עבדת בשמחה ובצדקה נאמר ג״כ ואל ירע לבבך בתתך לו3
Toutes les mitsvot doivent être accomplies dans la joie, comme il est écrit : « Parce que tu n’as pas servi dans la joie » ; et, au sujet de la charité, il est également dit : « Que ton cœur ne s’attriste pas lorsque tu lui donnes. »
Toutes les mitsvot doivent être accomplies dans la joie, comme la Torah réprimande ceux qui n’ont pas servi « dans la joie et la joie du cœur ». Au sujet de la charité en particulier, il est dit : « Que ton cœur ne s’attriste pas lorsque tu lui donnes. »
והוא בחינת נעל הב׳ של בחינת נפש הבהמיות הנמשך ממחנה מיכאל בחינת אהבה (ובז״ה [ובזוהר הרקיע] ר״פ משפטים) (על דף צ״ד)
C’est le niveau de la deuxième chaussure, relevant de l’âme animale, qui est attirée du camp de Mikhaël, le niveau de l’amour. (Et dans Zohar HaRakia, au début de la paracha Michpatim) (au folio 94)
Cette joie est la deuxième chaussure, attirée du camp de Mikhaël, le niveau de l’amour, tandis que la première chaussure venait du camp de Gavriel, celui de la crainte. La parenthèse apporte un appui tiré de Zohar HaRakia, un commentaire sur le Zohar.
כתב שהמנעלים הם מט״ט [מטטרון] וסנד״ל [וסנדלפון] והם מתלבשים בק״נ [בקליפת נוגה] כדי להנהיג העולם השפל הזה בששת ימי החול ובשבת הם מתעלים כו׳ וגם ק״נ [קליפת נוגה] מתברר ומתעלה כו׳ ע״ש באריכות.
Il écrit que les chaussures sont Metatron et Sandalphon, et qu’ils sont revêtus dans la kelipa noga afin de gouverner ce monde inférieur pendant les six jours de la semaine ; le Chabbat, ils s’élèvent, etc., et la kelipa noga, elle aussi, est affinée et s’élève, etc. ; voir là-bas en détail.
Zohar HaRakia écrit que les chaussures sont les anges Metatron et Sandalphon, qui sont revêtus dans la kelipa noga, le domaine où le bien et le mal sont mêlés, afin de gouverner le monde pendant les jours de semaine. Le Chabbat, ils s’élèvent, et la kelipa noga elle-même est affinée et s’élève avec eux.
(והנה לפי כי עיקר ענין הפסוק מה יפו פעמיך בנעלים נאמר על כנס״י [כנסת ישראל] בשעה שהיו עולים לרגל בשלש רגלים שאז התגלות היופי בבחינת נעלים הנ״ל ע״כ איתא במשנה ספ״ה דכתובות ומנעלים ממועד למועד4 ע״ש):
(Or, puisque le sujet principal du verset « Que tes pas sont beaux dans tes chaussures » concerne la Communauté d’Israël au moment où elle montait en pèlerinage lors des trois fêtes, car c’est alors que se révèle la beauté au niveau des chaussures mentionnées plus haut, on trouve donc dans la Michna, à la fin du chapitre 5 de Ketoubot : « et des chaussures de fête en fête » ; voir là-bas.)
Puisque le verset concerne les pèlerins qui montaient pour les fêtes, lorsque se révèle la beauté des « chaussures », la Michna compte parmi les obligations du mari envers son épouse « des chaussures de fête en fête ». Cette loi reflète le sens intérieur du verset.
La deuxième chaussure est la joie des mitsvot, ressentie dans le cœur, siège de l’âme animale, et attirée du camp de Mikhaël. Zohar HaRakia identifie les chaussures à Metatron et Sandalphon, qui s’élèvent le Chabbat ; la mention par la Michna des « chaussures de fête en fête » reflète la beauté des pas des pèlerins.
Les deux chaussures correspondent aux deux camps angéliques, celui de la crainte et celui de l’amour : les mitsvot accomplies avec crainte (Gavriel) et la joie qui les imprègne (Mikhaël). Toutes deux relèvent de l’âme animale affinée et toutes deux s’élèvent le Chabbat et lors des fêtes ; c’est pourquoi la beauté des « pas dans des chaussures » est liée aux fêtes de pèlerinage.
Maré mekomot
- 1בשמחה ובטוב לבב · Deuteronomy 28:47
- 2כי הדם הוא הנפש · Deuteronomy 12:23
- 3אל ירע לבבך בתתך לו · Deuteronomy 15:10
- 4
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Contemplez longuement combien tous les mondes ne sont rien devant D.ieu, jusqu’à ce que naissent l’amour et la crainte ; livrez-vous entièrement dans le Chéma avec vos deux penchants, afin que l’âme animale soit soumise et transformée en « chaussure » ; donnez la charité grâce au fruit de votre propre labeur, en secret et d’un cœur joyeux ; et accomplissez chaque mitsva avec joie. La partie la plus basse de l’être humain, une fois raffinée, est le lieu où réside la beauté essentielle.
Questions à discuter
- Pourquoi le maamar dit-il que la beauté essentielle réside dans les chaussures, plutôt que dans le pied ou la tête ?
- Comment une requête de la Amida peut-elle demander quelque chose qui dépasse le jugement propre de la Torah, et pourquoi le sacrifice de soi du Chéma doit-il la précéder ?
- Quelle est la différence entre la création par le 'Hessed et la création par Mal'hout, et quel rôle les anges jouent-ils ?
- Selon le maamar, pourquoi les chaussures en cuir sont-elles interdites à Yom Kippour, mais appropriées le Chabbat et les jours de fête ?
- En quel sens la charité donnée grâce au fruit de son propre labeur devient-elle un ornement sur la tête, au-dessus ?