Likkutei Torah · Parshas Shir HaShirim · Maamar 16
ביאור ע״פ יונתי בחגוי הסלע וגו׳
Explication du verset « Ma colombe, dans les fentes du rocher »
L’idée centrale
La pensée de D.ieu, contrairement à celle de l’homme, est le véritable « quelque chose », et les âmes d’Israël sont enracinées dans Sa pensée primordiale, Adam Kadmon, devant laquelle le Monde d’Atsilout et le Monde d’Assiya physique sont égaux. C’est pourquoi leur Torah et leurs mitsvot peuvent faire une demeure pour D.ieu ici-bas ; et, en exil, lorsqu’elles ne peuvent simplement s’élever jusqu’à cette racine, transformer la dissimulation elle-même en amour puise à un niveau encore plus élevé.
Le maamar en bref
Le maamar s’ouvre sur ces paroles : « Mes pensées ne sont pas vos pensées ». La pensée d’une personne ne produit rien tant qu’elle ne se traduit pas en parole ou en acte ; mais la pensée de D.ieu est le véritable « quelque chose », d’où tout vient à l’existence, au-delà du temps. Israël prit naissance dans cette pensée primordiale, Adam Kadmon, le Kéter des quatre mondes, devant lequel Atsilout et Assiya physique sont égaux, tout comme la pensée imprègne tous les membres à la fois. Ainsi, leurs mitsvot, « les 248 membres du Roi », peuvent faire descendre la révélation d’Atsilout dans ce monde, la demeure que D.ieu désire ici-bas. « Mon bien-aimé » désigne la Torah, la 'Hokhma supérieure, qui fait descendre la Lumière infinie ; « ma belle » désigne les mitsvot, qui forment un vêtement royal afin que le flux ne parvienne qu’à la sainteté et non aux forces extérieures. Avant l’une comme les autres, l’âme doit « s’élever » jusqu’à sa racine, le kaf et le youd du la’hi écrit, Kéter et 'Hokhma, par la prière, qui porte un rayonnement du Chabbat. En exil, lorsqu’une telle élévation est impossible, « Montre-moi ton apparence » transforme la dissimulation en lumière réfléchie, en un amour plus puissant ; la Torah devient alors « douce » et les mitsvot « belles », puisant à des niveaux plus élevés.
Plan
- « Mes pensées ne sont pas vos pensées »Chez l’homme, la pensée ne produit rien tant qu’elle ne se traduit pas en parole ou en acte. Avec D.ieu, c’est l’inverse : la pensée est le « quelque chose », au-delà du temps, d’où tout vient à l’existence, tandis que la parole est « néant » à côté d’elle.¶1–6
- Israël dans la pensée primordialeLe dessein de la création est de faire une demeure ici-bas, par les mitsvot, les 248 membres du Roi. Israël peut relier Atsilout à Assiya physique parce qu’il est enraciné en Adam Kadmon, qui inclut tous les mondes, comme la pensée imprègne tous les membres.¶7–8
- Deux niveaux de l’âme et la TorahLa Torah, la 'Hokhma supérieure, descend de la racine d’Israël en haut, « Israël d’En-Haut ». L’âme dans le corps provient de Mal'hout d’Atsilout, que les âmes, ses « enfants », « édifient » également par l’étude de la Torah.¶9–10
- « Mon bien-aimé, ma belle » : la Torah et le vêtement royalLa Torah fait descendre la Lumière infinie dans 'Hokhma ; les mitsvot forment un vêtement royal, enraciné en Kéter, qui préserve le flux des forces extérieures. C’est la « beauté » de D.ieu qui vient des fils de l’homme.¶11–12
- « Lève-toi pour toi-même » : le kaf et le youdL’âme doit d’abord s’élever jusqu’à sa racine : la pensée primordiale, intermédiaire entre l’essence de D.ieu et les mondes, appelée kaf (vingt, deux séries de dix Séfirot, et une paume qui enveloppe), ainsi que le youd de 'Hokhma.¶13–15
- La prière, l’exil et « Montre-moi ton apparence »La prière, porteuse d’un rayonnement du Chabbat, constitue cette élévation. En exil, transformer la dissimulation en lumière réfléchie fait descendre la Torah et les mitsvot de niveaux plus élevés : « ta voix est douce et ton apparence est belle ».¶16
Notions clés
- la pensée primordialeמחשבה הקדומה
- La première « pensée » de D.ieu concernant la création, dans laquelle tous les mondes et toute l’histoire sont inclus simultanément, au-delà du temps. Le maamar l’identifie à Adam Kadmon, le Kéter des quatre mondes, et enseigne que les âmes d’Israël y sont enracinées.
- Adam Kadmonאדם קדמון
- Le niveau au-dessus d’Atsilout qui englobe tout l’enchaînement descendant des mondes. Devant lui, Atsilout et Assiya physique sont égaux ; c’est pourquoi les âmes qui y sont enracinées peuvent relier les deux par les mitsvot.
- « quelque chose » et « néant » (yech et ayin)יש ואין
- Chez l’homme, la pensée compte comme « néant », et la parole et l’acte comme « quelque chose ». Avec D.ieu, c’est l’inverse : Sa pensée est le véritable « quelque chose », et Sa parole est « néant » à côté d’elle.
- les 248 membres du Roiרמ״ח אברים דמלכא
- Les commandements positifs, qui sont les Séfirot de Zeir Anpin par lesquelles la Lumière infinie se révèle, comme une faculté de l’âme se manifeste à travers un membre.
- le vêtement royalלבוש מלכות
- Le vêtement que forment les mitsvot, Mal'hout d’Atsilout, qui permet au flux de parvenir uniquement à la sainteté et non aux forces extérieures. Sa racine se trouve en Kéter, le niveau enveloppant.
- le kaf et le youdכ״ף ויו״ד
- La forme écrite la’hi dans « Lève-toi pour toi-même ». Le kaf est Kéter, la pensée primordiale : vingt, deux séries de dix Séfirot, et une paume qui enveloppe. Le youd est 'Hokhma. Ensemble, ils constituent la racine de l’âme.
- la lumière réfléchieאור חוזר
- L’amour plus puissant qui s’élève précisément de la dissimulation, comme chez les repentis. Par cet amour, en exil, la Torah et les mitsvot puisent à des niveaux plus élevés.
« Mes pensées ne sont pas vos pensées » ¶1–6
Explication du verset « Ma colombe, dans les fentes du rocher, etc. »
Le titre indique que ce maamar est une explication (biour) du Cantique des Cantiques 2:14 : « Ma colombe, dans les fentes du rocher, dans le secret de la marche : montre-moi ton visage, fais-moi entendre ta voix, car ta voix est douce et ton visage est beau. » La note de Kehot indique qu’il semble s’agir de la transcription (hanakha) d’un discours par le Mitteler Rebbe.
Le titre : explication du verset « Ma colombe, dans les fentes du rocher », auquel le maamar ne parvient qu’à la fin, après avoir exposé la racine d’Israël dans la pensée de D.ieu, la Torah et les mitsvot, ainsi que la prière.
Maré mekomot
- 1ביאור ע״פ יונתי · כנראה שמאמר זה הוא הנחת כ״ק אדה״א. וראה הנחת כ״ק אדה״א בסה״מ תקס״ו ע׳ קט. בשינויים והגהות באוה״ת שבועות ע׳ צה ואילך. בכותרת: נאמרה יום א׳ דשבועות. באוה״ת שה״ש כרך ג ע׳ תתצא כענין קיצורים (להנחה שנדפס בסה״מ תקס״ו ע׳ קט). ראה להלן בהוספות להערות וציונים השוואה לד״ה זה. בענין המחשבה באוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תלג מציין: ”וע׳ מענין מחשבה בביאור ע״פ יונתי בד״ה כי לא מחשבותי מחשבותיכם, ובד״ה למנצח על השמינית [— לקו״ת פ׳ תזריע] מחשבה שלמעלה מהרצון והנה מחשבה עילאה שולטת על הכל”.
- 2
2הנה כתיב כי לא מחשבותי מחשבותיכם.1 ומבואר במ״א שאינו מובן לפי פשוטו2 כי מלתא דפשיטא היא שאין ערוך מחשבותינו המלובשות בגוף לגבי מחשבתו של הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] שאין לו דמות הגוף3 ואינו גוף45 ח״ו [חס ושלום]
Or, il est écrit : « Car Mes pensées ne sont pas vos pensées. » Et il est expliqué ailleurs que, selon le sens littéral, cela ne se comprend pas : car il est évident qu’il n’y a aucune comparaison entre nos pensées, qui sont investies dans un corps, et la pensée du Saint béni soit-Il, qui n’a pas de forme corporelle et n’est pas un corps, à D.ieu ne plaise.
Le maamar s’ouvre sur Isaïe 55:8, où D.ieu dit : « Car Mes pensées ne sont pas vos pensées. » Pris au sens littéral, le verset semble énoncer une évidence : une pensée humaine, logée dans un corps, ne peut manifestement pas se comparer à la pensée de D.ieu, qui n’a aucun corps ; le verset doit donc enseigner quelque chose de plus.
והענין הוא כי הנה באדם הרהור דהיינו מחשבה לא עביד מידי67 כי הנה המחשבה נק׳ נהר כנודע בפי׳ ונהר יוצא מעדן והיינו דכמו הנהר שנובע מן מקורו והולך בתמידות לא ינוח ולא יעמוד.
Voici l’explication. Chez l’être humain, la « méditation » (hirhour), c’est-à-dire la pensée, « ne fait rien ». Car la pensée est appelée un « fleuve », comme on le sait de l’explication de « Et un fleuve sort d’Éden » ; cela signifie que, de même qu’un fleuve jaillit de sa source et coule constamment, sans se reposer ni s’arrêter,
La réponse commence par expliquer le fonctionnement de la pensée humaine. Chez une personne, la pensée à elle seule ne produit rien dans le monde (le Zohar l’exprime précisément en ces termes) ; et la pensée est appelée un « fleuve », d’après « un fleuve sort d’Éden » (Genèse 2:10), car, comme un fleuve, elle coule depuis sa source sans jamais s’arrêter.
כך המחשבה היא נובעת בתמידות ממקורה מהשכל ולא תנוח אפי׳ [אפילו] רגע שתמיד תשוטט מחשבת האדם באיזו דבר.8
de même, la pensée jaillit constamment de sa source, l’intellect, et ne se repose pas, même un instant, car la pensée d’une personne erre sans cesse autour de quelque sujet.
Ainsi, la pensée coule sans cesse depuis sa source dans l’intellect : l’esprit n’est jamais inoccupé, même un instant, mais est toujours absorbé par quelque chose.
Le maamar s’ouvre sur les paroles d’Isaïe : « Mes pensées ne sont pas vos pensées », puis commence à les expliquer : la pensée humaine est un fleuve qui ne cesse jamais de couler et qui, pourtant, ne produit rien à elle seule.
L’expression « la méditation ne fait rien » (hirhour lo avid midi) vient du Zohar (3:105a) : il est permis de penser à des sujets profanes pendant Chabbat, car la pensée ne produit aucun son et ne s’élève pas, tandis qu’une parole prononcée devient une voix qui monte et suscite son correspondant en haut. Kuntres A’haron du Tanya, auquel renvoie également la note de Kehot, ajoute que cela vaut même pour une pensée bonne : elle ne suscite rien qui puisse être attiré vers le bas, bien qu’elle ajoute de la lumière en haut. La note renvoie aussi à Berakhot 20b, où le Talmud examine si « la méditation équivaut à la parole » ; le maamar fait allusion à cette discussion plutôt qu’il ne la cite.
Maré mekomot
- 1כי לא מחשבותי מחשבותיכם · Isaiah 55:8
- 2ומבואר במ״א שאינו מובן לפי פשוטו · כן הלשון גם במאמרי אדה״ז נביאים ע׳ רלב (ובאוה״ת במדבר ע׳ א׳תכח). אוה״ת יתרו כרך ח ע׳ ב׳תתקעח.
- 3שאין לו דמות הגוף · פיוט ”יגדל”. ראה רמב״ם הל׳ יסוה״ת פ״א.
- 4שאין לו דמות הגוף ואינו גוף · Siddur Ashkenaz, Weekday, Shacharit, Preparatory Prayers, Yigdal 7
- 5שאין לו דמות הגוף ואינו גוף · Mishneh Torah, Foundations of the Torah 1:9–10
- 6הרהור . . לא עביד מידי · ע׳ ברכות (כ, ב). וש״נ. ובסש״ב ח״א (ר״פ לח). ולה״ט כמ״ש בזח״ג (קה, א). וריש קו״א [קנג, ב] מסש״ב, עיי״ש. [כ].
- 7הרהור דהיינו מחשבה לא עביד מידי · Zohar, Emor 45:290–47:300
- 8
3ואעפ״כ [ואף על פי כן] לא תפעול שום פעולה מורגשת1 ולא תעשה רושם כלל ולא כמו הדבור והמעשה שעושין רושם.
Et pourtant, elle ne produit aucun effet perceptible et ne laisse absolument aucune empreinte, contrairement à la parole et à l’action, qui, elles, laissent une empreinte.
Malgré son activité constante, la pensée, à elle seule, ne produit rien qui puisse être ressenti dans le monde, contrairement à la parole et à l’action, qui laissent une trace.
כמו עד״מ [על דרך משל] כאשר ידמה אדם במחשבתו להוות ולעשות איזו מציאות שיהיה הנה מחשבתו לא תפעיל
Ainsi, par exemple, lorsqu’une personne se représente en pensée le fait de faire advenir et de créer une certaine réalité, quelle qu’elle soit, sa pensée ne la fera pas advenir.
Par exemple, une personne peut se représenter quelque chose qu’elle souhaite créer, mais le fait de se le représenter ne le fait pas exister.
ואף אם ידמה ויצייר בשכלו צורת המציאות אשר ברצנוו להוות עכ״ז [עם כל זה] והיה כלא היה עד יפעל ויצא לפועל2 ע״י כח המעשה דוקא או ע״י הדבור שמצוה לאחרים לעשות.
Et même si elle se représente et dépeint dans son esprit la forme de la réalité qu’elle souhaite faire advenir, elle n’en reste pas moins comme si elle n’avait jamais existé, jusqu’à ce qu’elle soit produite et concrètement réalisée par le pouvoir de l’action précisément, ou par la parole, lorsqu’elle ordonne à d’autres de la réaliser.
Même une image mentale détaillée de la chose compte comme si elle n’avait jamais existé, jusqu’à ce qu’elle soit effectivement réalisée, de ses propres mains ou par ses paroles ordonnant à d’autres de la réaliser.
ונמצא המחשבה אין לה כח לפעול ולעשות כמו הדבור והמעשה שעיקר הפעולה אינה אלא ע״י המעשה דייקא או הדבור
Il apparaît donc que la pensée n’a pas le pouvoir de produire un effet et de créer, contrairement à la parole et à l’action ; car l’effet ne se produit essentiellement que par l’action précisément, ou par la parole.
Ainsi, chez l’être humain, la pensée n’a pas le pouvoir d’agir ; ce qui produit effectivement un résultat, c’est l’action ou la parole.
(וזהו דהרהור לא עביד מידי שהמחשבה היא בחינת אין לגבי הדבור והמעשה שהם היש והעיקר וכדלקמן).
(Tel est le sens de l’affirmation selon laquelle « la pensée ne fait rien » : la pensée est du côté du « néant » (ayin) par rapport à la parole et à l’action, qui sont le « quelque chose » (yech) et l’essentiel, comme nous l’expliquerons plus loin.)
C’est le sens de l’affirmation selon laquelle « la pensée ne fait rien » : comparée à la parole et à l’action, qui sont le « quelque chose » (yech) et l’essentiel, la pensée compte comme « néant » (ayin). Le maamar reviendra plus loin sur ces notions.
ואין כן למעלה במחשבתו ית׳ שהמחשבה דייקא היא תפעיל (והיא היש) כי כאשר עלה במחשבתו ורצונו להוות ולהאציל האצילות
Mais il n’en va pas ainsi en haut, dans Sa pensée, béni soit-Il : c’est précisément la pensée qui produit l’effet (et qui est le « quelque chose »). Car lorsque Sa pensée et Sa volonté conçurent de faire advenir et d’émaner le Monde d’Atsilout (Émanation),
Avec D.ieu, c’est l’inverse : Sa pensée agit elle-même, et c’est elle, non la parole, qui est le « quelque chose ». L’exemple est l’émanation du Monde d’Atsilout, qui commença lorsqu’elle fut conçue dans Sa pensée et Sa volonté.
הנה אז נאצל ונתהווה ממש על ידי מחשבה זו כו׳ וכמ״ש כ״ז [כל זה] בפרדס (שער הצחצחות פ״ג [פרק ג׳])
alors celui-ci fut effectivement émané et amené à l’existence par cette pensée, etc., comme tout cela est écrit dans le Pardes (Sha'ar HaTzachtzachos, chapitre 3).
Cette pensée même fit advenir Atsilout. Le texte cite le Pardes Rimonim, dans son Portique des Tzachtzachos (les lumières cachées que les kabbalistes situent au-dessus des Séfirot), chapitre 3, dont ce passage reprend de très près la formulation.
ועמ״ש מזה גם כן בד״ה תקעו בחדש3 ואדרבה שם נהפוך הוא שהתהוות המציאות שע״י מחשבה הוא הרבה גבוה במעלה ומדרגה מהמציאות שנתהווה על ידי הדבור.
Voyez également ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Sonnez au mois nouveau ». Bien au contraire, là-bas, c’est l’inverse : l’existence qui advient par la pensée est d’une qualité et d’un degré bien supérieurs à l’existence qui advient par la parole.
Le texte renvoie au discours « Sonnez au mois nouveau » dans Likkutei Torah sur Roch Hachana. En haut, l’ordre est donc inversé : ce qui advient par la pensée se situe bien au-dessus de ce qui advient par la parole.
שהרי ידוע מענין צופה ומביט עד סוף כל הדורות במחשבה אחת. ששם הוא למעלה מבחי׳ גדר זמן.
Car il est connu, à propos de [Son] « regard qui contemple jusqu’à la fin de toutes les générations » en une seule pensée, que, là, Il se situe au-delà des limites du temps.
La preuve en est l’enseignement connu selon lequel D.ieu « regarde et contemple jusqu’à la fin de toutes les générations » en une seule pensée. Au niveau de la pensée, le temps n’a pas de limites.
La pensée humaine ne produit rien tant qu’elle ne se transforme pas en parole ou en action. La pensée de D.ieu agit, à l’inverse, directement ; ce qui advient par elle se situe bien au-dessus de ce qui advient par la parole, au-delà du temps.
Le passage du Pardes Rimonim cité ici s’ouvre sur le même verset : « Car Mes pensées ne sont pas vos pensées », et l’Admour Hazaken en reprend la formulation presque mot pour mot. Le discours de Roch Hachana auquel le texte renvoie (Likkutei Torah, Rosh Hashanah 2:1) pose la même question en partant de l’autre versant : si une chose est d’autant plus « néant » devant D.ieu qu’elle est plus basse, pourquoi la création est-elle appelée « quelque chose à partir du néant » ?
Maré mekomot
- 1לא תפעול שום פעולה מורגשת · ראה אוה״ת משפטים ע׳ א׳רעח. ובביאוה״ז להצ״צ ע׳ רנט ואילך.
- 2כאשר ידמה אדם במחשבתו להוות ולעשות איזו מציאות שיהיה הנה מחשבתו לא תפעיל ואף אם ידמה ויצייר בשכלו צורת המציאות אשר ברצנוו להוות עכ״ז והיה כלא היה עד יפעל ויצא לפועל · Pardes Rimmonim 11:3–4
- 3בד״ה תקעו בחדש · לעיל ר״ה נה, א ואילך.
4וכמ״ש בזהר שבמחשבה אחת נבראו כל העולמות אבי״ע [אצילות בריאה יצירה עשיה] וגם תח״ה [תחיית המתים] ואלף השביעי וכל העליות הכל נכלל במחשבה זו שממנה התהוותם
Comme il est écrit dans le Zohar, tous les mondes — Atsilout, Béria, Yetsira et Assiya — furent créés en une seule pensée, ainsi que la Résurrection des morts, le septième millénaire et toutes les élévations ; tout est inclus dans cette pensée, de laquelle ils sont issus.
Le Zohar est cité à l’appui de l’enseignement selon lequel les quatre mondes furent créés en une seule pensée, avec tout ce qui doit advenir à la fin : la Résurrection des morts, le septième millénaire et toutes les élévations futures. Tout cela était déjà contenu dans cette pensée unique.
אך כשבא השפע בבחי׳ הדבור הוא שנתצמצם האור בבחינת מיעוט אחר מיעוט ובבחי׳ התחלקות עד ששם נעשה ונתהווה בחינת זמן להיות שנים וחדשים וימים כו׳
Mais lorsque le flux (shefa) parvient au niveau de la parole, c’est alors que la lumière se contracte, par diminutions successives et par divisions, jusqu’à ce que s’y forme et advienne la notion de temps, avec les années, les mois, les jours, etc.
Le temps ne commence qu’au niveau de la parole. Là, le flux divin se contracte étape après étape et se divise en parties ; ce n’est qu’alors que les années, les mois et les jours adviennent.
וכמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] ח״ב [חלק ב׳] פ״ז [פרק ז׳] שהתהוות הזמן הוא רק מבחי׳ מלכות שהוא דבור העליון1 אבל בבחי׳ המדות דאצילות שלמעלה מהדבור כתיב כי אלף שנים בעיניך2 כיום אתמול.
Comme il est écrit dans Sefer Shel Beinonim [le Tanya], partie II, chapitre 7, l’avènement du temps provient uniquement du niveau de Mal'hout, qui est la parole supérieure. Mais, au niveau des attributs émotionnels (midot) d’Atsilout, qui se situent au-dessus de la parole, il est écrit : « Car mille ans sont à Tes yeux comme le jour d’hier » ;
Le Tanya, partie II (Chaar HaYi'houd VehaEmouna), chapitre 7, explique que le temps n’advient qu’à partir de Mal'hout, la « parole » supérieure de D.ieu. Les attributs émotionnels d’Atsilout, au-dessus de Mal'hout, se situent déjà au-delà du temps ordinaire, comme le dit le psaume : « mille ans sont à Tes yeux comme le jour d’hier ».
שכולל אלף שנים ביום א׳ עד שבמחשבה עילאה הוא למעלה מהזמן הנ״ל גם כן שהרי צופה ומביט עד סוף כל הדורות במחשבה וסקירה אחת (ועמ״ש מזה בפ׳ בראשית בד״ה צאינה וראינה3 כו׳ לבבתני4 כו׳ ע״ש [עיין שם])
ce qui inclut mille ans en un seul jour ; tandis que la pensée supérieure se situe au-dessus même de ce temps évoqué plus haut, car Il observe et embrasse du regard la fin de toutes les générations en une seule pensée et un seul regard. (Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans la paracha Beréchit, dans le discours commençant par « Sortez et contemplez… », à propos de « Tu m’as ravi le cœur… » ; voir là-bas.)
Au niveau des midot, mille ans sont réunis en un seul « jour » ; la pensée supérieure se situe plus haut encore, au-delà même de cette forme de temps, puisqu’en une seule pensée et un seul regard elle voit jusqu’à la fin de toutes les générations. Le texte renvoie au discours « Sortez et contemplez » dans Torah Ohr, Beréchit.
נמצא מובן מזה שלמעלה עיקר ההתהוות הוא מבחי׳ המחשבה דייקא עד שגם כל מציאות כשעלה במחשבה ונתהווה שם עי״ז
Il ressort de là que, dans les mondes supérieurs, l’avènement essentiel procède précisément du niveau de la pensée ; si bien que tout existant, lorsqu’il s’éleva dans la pensée et y advint par cela même,
La conclusion est que, dans les mondes supérieurs, les choses adviennent principalement par la pensée. Tout ce qui s’est élevé dans la pensée de D.ieu et y est advenu existe d’abord dans cette pensée.
הנה יש בו חיות ואור יותר הרבה מכמו שהוא מהותו ועצמותו כשנמשך אח״כ [אחר כך] למטה ע״י הדבור כו׳ להתהוות בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה].
possède en lui bien davantage de force vitale et de lumière que dans son être et son essence mêmes, lorsqu’il est ensuite attiré vers le bas par la parole, etc., pour advenir en Béria, Yetsira et Assiya.
Une chose telle qu’elle existe dans la pensée de D.ieu possède bien plus de vie et de lumière que dans son propre être, une fois attirée vers le bas par la parole pour exister dans les mondes inférieurs de Béria, Yetsira et Assiya.
שהרי מה שנמשך ונתהוה על ידי הדבור ירד ונמשך תחת הזמן ממש משא״כ מה שהוא בבחינת מחשבה הוא למעלה מזה כו׳.5
Car ce qui est attiré vers le bas et advient par la parole est véritablement descendu et s’est trouvé soumis au temps ; tandis que ce qui se trouve au niveau de la pensée est au-dessus de cela, etc.
La raison en est que tout ce qui advient par la parole entre dans le temps, tandis que ce qui existe dans la pensée demeure au-dessus de lui.
Le temps ne commence qu’avec la parole, c’est-à-dire Mal'hout. Ce qui existe dans la pensée de D.ieu, au-dessus du temps, possède donc bien davantage de force vitale et de lumière que ce qu’il possède après être descendu par la parole dans les mondes inférieurs.
Dans Chaar HaYi'houd VehaEmouna, chapitre 7, l’Admour Hazaken explique que les limites de l’espace et du temps ne s’appliquent qu’à Mal'hout, l’attribut royal de D.ieu (le Nom Ado-nai), et qu’elles sont annulées devant Son essence ; le Nom Havaya signifie qu’Il « était, est et sera » en un seul instant.
Maré mekomot
- 1שהתהוות הזמן הוא רק מבחי׳ מלכות שהוא דבור העליון · Tanya, Sha’ar HaYichud 7:2–3
- 2כי אלף שנים בעיניך · Psalms 90:4
- 3בד״ה צאינה וראינה · בתו״א ז, ד ואילך.
- 4לבבתני · Song of Songs 4:9
- 5
5ועמ״ש בפ׳ מקץ בד״ה נר חנוכה1 כו׳ כדי שתהא מזוזה2 דלשם נתבאר ג״כ ענין זה איך שעיקר ההתהוות הוא ע״י כל אשר חפץ3 ה׳ עשה. ומה שהיה צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] מאמר ודבור כדי שיהיה בחינת יש כו׳ ע״ש [עיין שם].
Et voyez ce qui est écrit dans la paracha de Mikets, dans le maamar qui commence par « La lampe de 'Hanouka, etc., afin que la mezouza soit », car cette question y est également expliquée : comment l’essentiel de la venue à l’existence s’opère par « Tout ce que D.ieu désire, Il le fait » ; et pourquoi il a fallu une parole (maamar) et un discours, afin qu’il y ait le niveau du « quelque chose » (yech), etc. Voyez là-bas.
Le texte renvoie au maamar de Torah Ohr sur la paracha de Mikets, consacré à la règle talmudique selon laquelle la lampe de 'Hanouka se place à gauche, « afin que la mezouza soit à droite ». Là aussi, il est expliqué que les choses viennent principalement à l’existence par le désir de D.ieu — « Tout ce que D.ieu désire, Il le fait » — et que les paroles de la création, le discours de D.ieu, étaient nécessaires pour que les choses existent en tant que « quelque chose ».
Renvoi : le maamar de Torah Ohr sur 'Hanouka montre également que la création procède principalement du désir de D.ieu, le discours n’étant nécessaire que pour donner aux choses l’existence en tant que « quelque chose ».
Là-bas, l’Alter Rebbe demande pourquoi le monde fut créé au moyen de dix paroles, par la parole et le discours, et non par le seul désir et la seule volonté. Il commence sa réponse en distinguant la matière ('homer) de chaque chose créée de sa forme (tsoura).
Maré mekomot
- 1בד״ה נר חנוכה · תו״א מא, ד.
- 2נר חנוכה כו׳ כדי שתהא מזוזה · Shabbat 22a:2–3
- 3כל אשר חפץ ה׳ עשה · Psalms 135:6
6וזהו כי לא מחשבותי מחשבותיכם1 שבאדם גשמי נראה מחשבתו נחשבת לאין שלא יומשך ממנה שום התהוות מחמת דקותה. ומה שהולך ומתעבה לבחינת הדבור ומעשה נחשב יותר ליש שמהם יומשך התהוות דבר.
Et voici [le sens de] « Car Mes pensées ne sont pas vos pensées ». Chez un être humain matériel, sa pensée est considérée comme « rien », puisqu’aucun devenir n’en procède, en raison de sa subtilité ; tandis que ce qui poursuit son cours et s’épaissit, jusqu’au niveau de la parole et de l’action, est considéré davantage comme une « chose », car c’est d’elles que procède le devenir d’une chose.
Le verset peut désormais être compris correctement. Chez une personne matérielle, la pensée compte comme « rien », car elle est trop subtile pour faire advenir quoi que ce soit ; plus elle s’épaissit, devenant parole puis action, plus elle compte comme une « chose », puisque des choses adviennent par elles.
אבל מדת הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] אינו כן שהוא ית׳ הסוכ״ע [הסובב כל עלמין] הוא היש ואין בלתו ומה שהולך ומתפשט יותר בעולמות עליונים ותחתונים הוא נחשב יותר לאין
Mais il n’en va pas ainsi pour le Saint béni soit-Il : Lui, béni soit-Il, [qui est] la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), est la « chose », et nul n’existe hormis Lui ; tout ce qui se déploie et s’étend davantage dans les mondes supérieurs et inférieurs est, lui, considéré davantage comme « rien »,
Avec D.ieu, l’ordre est inversé. Lui-même, la lumière qui entoure tous les mondes, est la véritable « chose », et rien n’existe hormis Lui ; plus Sa lumière s’étend à travers les mondes supérieurs et inférieurs, plus elle compte comme « rien ».
כי הכל בטל נגדו וכולא קמיה כלא לחשיב לכן כמ״כ [כמו כן] בענין מחשבה ודבור שלו ית׳ שהם הארות והתפשטות אלקותו ית׳
car tout est annulé devant Lui, et « tout devant Lui est considéré comme rien ». De même, donc, en ce qui concerne Sa pensée et Sa parole, béni soit-Il, qui sont des rayonnements et des déploiements de Sa divinité, béni soit-Il :
La raison en est que tout est annulé devant Lui : « tout devant Lui est considéré comme rien ». La même inversion vaut pour Sa pensée et Sa parole, qui sont des rayonnements et des déploiements de Sa divinité.
הנה המחשבה הוא בחינת יש וע״ז [ועל זה] נאמר להנחיל אוהבי יש2 וממנה עיקר ההתהוות עד שהדבור נחשב לבחי׳ אין וכלא חשיב לגבי מחשבה זו כו׳ ועיין מ,ש מזה במ״א ע״פ ויהי קול מעל לרקיע34
la pensée est le niveau de la « chose » (yech), et c’est à ce sujet qu’il est dit : « Faire hériter le yech à ceux qui M’aiment » ; c’est d’elle que procède le principal du devenir, au point que la parole est considérée comme le niveau du « rien » et comme rien par rapport à cette pensée, etc. Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet ailleurs, sur le verset : « Et il y eut une voix au-dessus du firmament. »
Sa pensée est donc la « chose » (yech), le yech du verset « Faire hériter le yech à ceux qui M’aiment », et c’est d’elle que les choses adviennent ; Sa parole compte comme « rien » à côté d’elle. Le texte renvoie à son développement sur le verset « Et il y eut une voix au-dessus du firmament. »
(ועמ״ש עוד במ״א5 בענין מ״ש כל אשר חפץ6 ה׳ עשה וכתיב בדבר ה׳ שמים נעשו7 ושם נת׳ [נתבאר] ג״כ דעיקר ההתהוות הוא מבחינת חפץ׳ [חפצו] ורצונו העליון והוא בחי׳ מחשבה הנ״ל. בביאור ע״פ יביאו לבוש מלכות89 בד״ה להבין ההפרש כו׳):
(Voir aussi ce qui est écrit ailleurs au sujet de ce qui est dit : « Tout ce que D.ieu désira, Il le fit », alors qu’il est écrit : « Par la parole de D.ieu les cieux furent faits » ; il y est également expliqué que le principal du devenir provient du niveau de Son désir et de Sa volonté suprême, qui est le niveau de la pensée mentionné plus haut : dans l’explication sur le verset « Qu’on apporte un vêtement royal », dans le discours commençant par « Pour comprendre la différence, etc. »)
Une référence supplémentaire : un discours qui met en regard « Tout ce que D.ieu désira, Il le fit » et « Par la parole de D.ieu les cieux furent faits », et montre que la création procède principalement du désir et de la volonté suprême de D.ieu, qui constituent cette « pensée ». Il s’agit du discours de Torah Ohr « Pour comprendre la différence », dans l’explication de « Qu’on apporte un vêtement royal ».
Cela répond à la question initiale : « Mes pensées ne sont pas vos pensées », dit Isaïe, signifie que l’ordre est inversé. Chez l’homme, la pensée est « rien », tandis que la parole et l’action sont des « choses » ; chez D.ieu, Sa pensée est la « chose » dont tout procède, et Sa parole est « rien » à côté d’elle.
Cette inversion est la clé de la suite : parce que les âmes d’Israël sont enracinées dans la pensée primordiale de D.ieu, qui englobe tous les mondes de manière égale, elles peuvent relier le monde spirituel d’Atsilout au monde matériel d’Assiya par les mitsvot.
Maré mekomot
- 1
- 2להנחיל אוהבי יש · Proverbs 8:21
- 3ע״פ ויהי קול מעל לרקיע · מאמרי אדה״ז נביאים ע׳ רלג. ראה אוה״ת במדבר ע׳ א׳תכח. ובאוה״ת שמות כרך ח ע׳ ב׳תתקעז.
- 4ויהי קול מעל לרקיע · Ezekiel 1:25
- 5ועמ״ש עוד במ״א · אולי הכוונה לד״ה ביאור ע״פ יביאו לבוש מל׳ הנזכר לקמן. ונדפס בתו״א מג״א.
- 6כל אשר חפץ ה׳ עשה · Psalms 135:6
- 7בדבר ה׳ שמים נעשו · Psalms 33:6
- 8בביאור ע״פ יביאו לבוש מלכות · תו״א צב, ב.
- 9
Israël dans la pensée primordiale ¶7–8
7ב והנה ישראל עלו במחשבה12 הנ״ל והוא הנק׳ מחשבה הקדומה וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] בבראשית רבה פ״א מחשבתן של ישראל קדמה לכולן.
2. Or, Israël s’éleva dans la pensée mentionnée plus haut, appelée pensée primordiale (machchava hakédouma), comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie, dans Bereshit Rabba, chap. 1 : « La pensée d’Israël précéda toutes les autres. »
La section 2 commence. Israël « s’éleva dans » cette pensée divine, appelée pensée primordiale (machchava hakédouma) ; le Midrach dit que la pensée d’Israël précéda toute chose.
והענין כי תכלית הבריאה והתורה והמצות הוא להיות לו ית׳ דירה בתחתונים דהיינו שיהי׳ [שיהיה] גילוי אור א״ס [אין סוף] ב״ה למטה דייקא.
L’explication est la suivante : le but de la création, ainsi que de la Torah et des mitsvot, est qu’il y ait pour Lui, béni soit-Il, une demeure dans les mondes inférieurs (dirah betachtonim) ; c’est-à-dire que la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, se révèle précisément ici-bas.
Voici pourquoi cela importe : le but de la création, ainsi que de la Torah et des mitsvot, est que D.ieu ait « une demeure dans les mondes inférieurs », autrement dit que Sa Lumière infinie se révèle précisément ici-bas.
Et non pas pour que la révélation ait lieu en Atsilout, car en Atsilout, même indépendamment de cela, « Lui et Ses réceptacles » (ihou vegarmohi) sont un : c’est le niveau de l’annulation de soi (bitoul), etc.
Le but n’est pas la révélation en Atsilout, car Atsilout est déjà uni à D.ieu : « Lui et Ses réceptacles sont un », et tout y est dans un état de bitoul, d’annulation de soi.
אמנם בי״ע [בריאה יצירה עשיה] שהם יש ודבר נפרד וע״י תורה ומצות ממשיכים בהם ג״כ בחי׳ דירה והשראת אור א״ס [אין סוף]
Mais Béria, Yetsira et Assiya sont un « quelque chose » (yech), une entité distincte ; et, par la Torah et les mitsvot, on y attire également le niveau d’une demeure et le repos de la Lumière infinie,
Les mondes inférieurs de Béria, Yetsira et Assiya, en revanche, se vivent comme un « quelque chose » distinct. Par la Torah et les mitsvot, la Lumière infinie vient aussi y demeurer et y reposer.
כמו באצילות זהו תכלית הבריאה (וכענין צחוק עשה לי אלקים6 כו׳ ועמ״ש בד״ה ששים המה7 מלכות8 בענין אור זרוע9 כו׳ ועמ״ש בביאור ע״פ כי כאשר השמים החדשים10 ובד״ה לא הביט און ביעקב).11
comme en Atsilout. Tel est le but de la création. (Et [c’est] comme dans le verset : « D.ieu m’a donné le rire, etc. » Et voyez ce qui est écrit dans le discours commençant par « Soixante reines », à propos de « La lumière est semée, etc. » Voyez aussi ce qui est écrit dans l’explication du verset « Car comme les nouveaux cieux », et dans le discours commençant par « Il n’a pas vu d’iniquité en Jacob ».)
Que les mondes inférieurs deviennent une demeure comme l’est Atsilout, voilà tout le but de la création. Le texte rapproche cela des paroles de Sarah : « D.ieu m’a donné le rire », et renvoie à plusieurs discours portant sur le même thème.
ואיך נעשה זה על ידי התורה ומצות הענין כי רמ״ח מ״ע [מצות עשה] הם רמ״ח אברים דמלכא פי׳ אברים היינו
Comment cela s’accomplit-il par la Torah et les mitsvot ? L’explication est que les 248 commandements positifs sont les « 248 membres du Roi ». Le sens du terme « membres » est le suivant :
Comment la Torah et les mitsvot accomplissent-elles cela ? Les 248 commandements positifs sont appelés « les 248 membres du Roi », et le maamar explique maintenant ce que signifie ici le terme « membres ».
כמו עד״מ [על דרך משל] על ידי האבר נמשך ומתגלה אור וחיות מהנפש כח הראיה בעין כו׳ כך למעלה ע״י ע״ס [עשר ספירות] דאצילות נמשך ומתגלה אור א״ס [אין סוף] ב״ה ממש.
De même, à titre d’analogie, par l’intermédiaire d’un membre, la lumière et la force vitale de l’âme sont attirées et révélées, [comme] la faculté de voir dans l’œil, etc. ; de même, en haut, par les Dix Séfirot d’Atsilout, la Lumière infinie elle-même, béni soit-Il, est attirée et révélée.
Un membre est l’organe par lequel se manifeste une faculté de l’âme : ainsi, la vue se manifeste par l’œil. De même, les Dix Séfirot d’Atsilout sont les « membres » par lesquels la Lumière infinie elle-même est attirée et révélée.
וזהו ענין איהו וחיוהי וגרמוהי חד ולכן הם הנקראים רמ״ח אברים דמלכא. והן הן ג״כ המצות
Tel est le sens de « Lui, Ses forces vitales et Ses réceptacles sont un » ; c’est pourquoi on les appelle les « 248 membres du Roi ». Et ce sont également ces mêmes éléments qui constituent les mitsvot,
C’est pourquoi les Séfirot sont unies à la lumière qui les traverse (« Lui, Ses forces vitales et Ses réceptacles sont un ») et sont appelées les membres du Roi. Ces mêmes Séfirot sont également les mitsvot.
כי תפילין הם המשכות אור א״ס [אין סוף] בחכמה בינה דעת כו׳ צדקה וגמ״ח [וגמילות חסדים] בחי׳ חסד כו׳
car les tefillin font descendre la Lumière infinie (Or Ein Sof) dans 'Hokhma (sagesse), Bina (compréhension) et Daat (connaissance), etc. ; la tsedaka et les actes de bonté (gemilout 'hassadim) [sont] le niveau de 'Hessed (bonté), etc.
Chaque mitsva correspond à une Séfira : les tefillin font descendre la Lumière infinie dans 'Hokhma, Bina et Daat, l’intellect, tandis que la tsedaka et les actes de bonté correspondent à 'Hessed.
וחשבון רמ״ח אברים ורמ״ח מ״ע [מצות עשה] היינו לפי שז״א [שזעיר אנפין] הוא בעל ט״ס [ט׳ ספירות]12 (כמ״ש במ״א בד״ה אלפי שנאן13 בפ׳ יתרו ועיין בזהר נח דס״ה א׳ ובע״ח [ובעץ חיים] שער א״א [אריך אנפין] פ״ב [פרק ב׳])
Et le compte des 248 membres et des 248 commandements positifs s’explique par le fait que Zeir Anpin possède neuf Séfirot (comme il est écrit ailleurs, dans le discours qui commence par « Les milliers de shinan », dans la paracha Yitro ; voir aussi le Zohar, Noa'h, page 65a, et Etz Chaim, Sha'ar Arich Anpin, chapitre 2) :
Pourquoi précisément 248 ? Parce que Zeir Anpin, la configuration des attributs émotionnels, possède neuf Séfirot. Le texte renvoie au discours « Les milliers de shinan », dans la paracha Yitro, au Zohar (Noa'h, 65a) et à Etz Chaim (Sha'ar Arich Anpin, chapitre 2).
חב״ד [חכמה בינה ודעת] חג״ת [חסד גבורה תפארת] נה״י [נצח הוד יסוד] וכל א׳ כלולה מט׳ הרי ט׳ פעמים ט׳ עולה פ״א וכל בחינה יש בה ג׳ כלים ראש תוך סוף הרי רמ״ג וה״ח [וה׳ חסדים] המגדילים הרי רמ״ח.
'Hokhma, Bina et Daat ; 'Hessed, Guevoura et Tiferet ; Netsa'h, Hod et Yessod. Chacune est composée de neuf : neuf fois neuf font donc 81. Et chaque aspect comporte trois réceptacles — la tête, le milieu et la fin —, soit 243. Et les cinq 'Hassadim qui l’agrandissent [portent le total] à 248.
Le calcul est le suivant : les neuf Séfirot sont 'Hokhma, Bina et Daat ; 'Hessed, Guevoura et Tiferet ; Netsa'h, Hod et Yessod. Chacune en comprend neuf, ce qui fait 81 ; chacune de celles-ci possède trois réceptacles (la tête, le milieu et la fin), ce qui fait 243 ; enfin, les cinq 'Hassadim qui amènent Zeir Anpin à son plein développement portent le total à 248.
והנה ענין מתן תורה שהוא התלבשות המצות עליונים רמ״ח אברין דמלכא מה שהקב״ה [שהקדוש ברוך הוא] מניח תפילין14 כו׳ במצות גשמיות תפילין בקלף ודיו וציצית בצמר וכן סוכה ולולב כו׳
Or, le don de la Torah consiste en l’habillement des mitsvot supérieures, les 248 membres du Roi — [comme lorsque] le Saint béni soit-Il met les tefillin, etc. — dans des mitsvot matérielles : les tefillin en parchemin et à l’encre, les tsitsit en laine, ainsi que la souka et le loulav, etc.,
Le don de la Torah a revêtu ces mitsvot supérieures, les « membres du Roi » (comme lorsque le Talmud dit que le Saint béni soit-Il met les tefillin), dans des mitsvot matérielles : des tefillin en parchemin et à l’encre, des tsitsit en laine, la souka, le loulav et le reste.
ושאר כל המצות היינו שעל ידי קיום המצוה בגשמיות ממשיכים אור א״ס [אין סוף] ב״ה המתגלה ברמ״ח אברים דמלכא שיתגלה למטה ממש בעשיה היינו על ידי תפילין ממשיכים בחינת חכמה
ainsi que toutes les autres mitsvot. C’est-à-dire que, par l’accomplissement matériel de la mitsva, on fait descendre la Lumière infinie, béni soit-Il, qui se révèle dans les 248 membres du Roi, afin qu’elle se révèle réellement ici-bas, dans Assiya : ainsi, par les tefillin, on fait descendre le niveau de 'Hokhma,
L’accomplissement matériel d’une mitsva fait descendre dans Assiya même la Lumière infinie qui brille dans ces membres supérieurs. Les tefillin, par exemple, font descendre 'Hokhma.
ועל ידי צדקה בחינת חסד כו׳ עד שיד האדם הנותן צדקה תהיה בחי׳ כלי לגילוי אלקותו ית׳ כמו שחסד דרועא ימינא שבאצילות הוא כלי לגילוי אור א״ס [אין סוף] דאיהו וגרמוהי חד.
et, par la tsedaka, le niveau de 'Hessed, etc., jusqu’à ce que la main de celui qui donne la tsedaka devienne un réceptacle pour la révélation de Sa divinité, béni soit-Il, tout comme 'Hessed, le « bras droit », dans Atsilout, est un réceptacle pour la révélation de la Lumière infinie, car « Lui et Ses réceptacles sont un ».
La tsedaka fait descendre 'Hessed, jusqu’à ce que la main même qui donne la tsedaka devienne un réceptacle pour la révélation de D.ieu, tout comme 'Hessed, appelé le « bras droit », est un réceptacle pour la Lumière infinie dans Atsilout.
כך יהיה גילוי זה ממש בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] וזהו ענין דירה בתחתונים שנעשה על ידי קיום התורה ומצות שהן רמ״ח אברין דמלכא הנקרא ז״א [זעיר אנפין] דאצילות שעי״ז יומשך גילוי זה שבאצילות גם בעשייה ממש
Ainsi, cette même révélation se produira dans Béria, Yetsira et Assiya. Tel est le sens d’une demeure dans les mondes inférieurs, édifiée par l’accomplissement de la Torah et des mitsvot, qui sont les 248 membres du Roi, appelé Zeir Anpin d’Atsilout : grâce à cela, cette révélation qui se trouve dans Atsilout sera également attirée jusque dans Assiya même.
La même révélation qui se trouve dans Atsilout se manifeste ainsi dans les mondes inférieurs : voilà ce que signifie « une demeure dans les mondes inférieurs ». La Torah et les mitsvot sont les « membres du Roi », Zeir Anpin d’Atsilout, et, par leur intermédiaire, sa révélation atteint Assiya matérielle.
(וכמ״ש מזה בד״ה משה ידבר15 בפ׳ יתרו ועמ״ש בד״ה והיה לכם לציצית16 בפ׳ שלח בפי׳ וזכרתם את כל מצות כו׳ ע״ש [עיין שם]).
(Comme il est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par « Moché parlait », dans la paracha Yitro ; voir aussi ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Et il y aura pour vous des tsitsit », dans la paracha Chela'h, au sujet du sens de « Vous vous souviendrez de tous les commandements, etc. » ; voir là-bas.)
Le texte renvoie à deux autres discours : « Moché parlait », dans la paracha Yitro, et « Et il y aura pour vous des tsitsit », dans la paracha Chela'h, à propos de « Vous vous souviendrez de tous les commandements ».
אך איך יהיה התקשרות האצילות עם העשיה גשמיות והרי אין ערוך זה לזה ואיך יומשך על ידי המצות מעשיות גילוי האצילות עליון כו׳.
Mais comment peut-il y avoir un lien entre Atsilout et l’Assiya physique, alors qu’ils sont sans commune mesure ? Et comment la révélation de l’Atsilout supérieur peut-elle être attirée vers le bas par les mitsvot pratiques, etc. ?
Difficulté : Atsilout et l’Assiya physique sont absolument sans commune mesure. Comment un acte physique peut-il les relier et attirer vers le bas la révélation d’Atsilout ?
אך הענין הוא מפני שישראל עלו במחש בה הקדומה ומפני זה כשישראל עושין המצות הם ממשיכים ומקשרין האצילות הרוחני בעשייה הגשמיות.
Mais voici l’explication : c’est parce qu’Israël s’est élevé dans la pensée primordiale ; c’est pourquoi, lorsque les Juifs accomplissent les mitsvot, ils attirent vers le bas l’Atsilout spirituel et le relient à l’Assiya physique.
La réponse : Israël s’est élevé dans la pensée primordiale. C’est pourquoi, lorsqu’ils accomplissent les mitsvot, ils peuvent attirer l’Atsilout spirituel vers le bas et le relier à l’Assiya physique.
לפי שבחינת מחשבה הקדומה הוא מבחינת סוכ״ע [סובב כל עלמין] דאצילות ועשייה שוין נגד בחי׳ זו כי היא כוללת כולן יחד שהוא בחינת א״ק [אדם קדמון] שהוא כתר הכללי דאבי״ע [דאצילות בריאה יצירה עשיה].17
Car le niveau de la pensée primordiale relève de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), devant laquelle Atsilout et Assiya sont égaux, puisqu’elle les inclut tous ensemble. C’est le niveau d’Adam Kadmon, qui est le Kéter général (la Couronne) d’Atsilout, Béria, Yetsira et Assiya.
La pensée primordiale est un niveau du sovev kol almin, la lumière qui entoure tous les mondes ; devant elle, Atsilout et Assiya sont égaux, puisqu’elle les inclut tous de la même manière. Ce niveau est Adam Kadmon, le Kéter général au-dessus des quatre mondes.
Section 2 : le but de la création est d’offrir à D.ieu une demeure ici-bas. Cela s’accomplit lorsque les mitsvot, les « 248 membres du Roi », font pénétrer la révélation d’Atsilout dans l’Assiya physique. Cela n’est possible que parce qu’Israël est enraciné dans la pensée primordiale, Adam Kadmon, avant laquelle Atsilout et Assiya sont égaux.
Etz Chaim 13:2, que le texte cite à propos des neuf Séfirot, identifie les neuf Séfirot cachées d’Arich Anpin aux « neuf palais » du Zohar, Noach 65a, passage également cité par le texte. La note de Kehot sur « Lui et Ses réceptacles sont un » cite le manuscrit du Rabbi Dovber, le Mitteler Rebbe, dans Sefer HaMaamarim 5566 : même les réceptacles d’Atsilout sont des puissances divines infinies ; la révélation qui s’y produit n’est donc pas encore séparée de Son essence. L’intention principale est que Sa gloire se révèle dans les êtres distincts, créés ex nihilo.
Maré mekomot
- 1והנה ישראל עלו במחשבה · נסמן לעיל פ׳ נצבים מז, ג ובכ״מ.
- 2
- 3איהו וגרמוהי חד · ת״ז בהק׳ (ג, ב).
- 4איהו וגרמוהי חד · Tikkunei Zohar 3b:9–10
- 5כי הרי באצילות בלאו הכי נמי איהו וגרמוהי חד בחי׳ ביטול · בסה״מ תקס״ו ע׳ קי (הנחת כ״ק אדה״א מגוכתי״ק) יש כאן ביאור: ”הכל בבחי׳ א״ס כי גם הכלים שנק׳ גרמוהי אין הענין שלהם כמו בחי׳ בריאה מוגבלת ממש יש מאין אלא הם בבחי׳ א״ס בבלתי גבול רק שהם בחי׳ כחות אלקיי׳ המצמצמי׳ האור וכל שהוא בבחי׳ אצי׳ הרי עדיין הוא בחי׳ אלקי ממש כידוע, וא״כ הגילוי שם אין זה בבחי׳ נפרד מעצמותו עדיין, ועיקר הכונה הי׳ שיתגלה כבודי בנפרדים יש מאין דוקא וכמ״ש ונגלה כבוד ה׳ וראו כל בשר כו׳ שעיקר הכבוד הוא לרחוקי׳ כו׳ כמ״ש במ״א וד״ל”.
- 6צחוק עשה לי אלקים · Genesis 21:6
- 7בד״ה ששים המה · לקמן לח, ב.
- 8ששים המה מלכות · Song of Songs 6:8
- 9אור זרוע · Psalms 97:11
- 10כי כאשר השמים החדשים · Isaiah 66:22
- 11לא הביט און ביעקב · Numbers 23:21
- 12שז״א הוא בעל ט״ס · Sefer Etz Chaim 13:3
- 13אלפי שנאן · Psalms 68:18
- 14שהקב״ה מניח תפילין · Berakhot 6a:17–18
- 15משה ידבר · Exodus 19:19
- 16והיה לכם לציצית · Numbers 15:39
- 17
8ולכן אצילות ועשיה שוין לגבי בחינה זו ועמ״ש מזה בד״ה למנצח על השמינית1 כו׳ ולכן יכול לקשר ולחבר האציק עם העשייה אע״פ [אף על פי] שהם רחוקים זה מזה בתכלית.
Ainsi, Atsilout et Assiya sont égaux par rapport à ce niveau (voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Pour le chef de chœur, sur le huitième, etc. ») ; c’est pourquoi l’on peut lier et unir Atsilout à Assiya, bien qu’ils soient infiniment éloignés l’un de l’autre.
Puisque la pensée primordiale se tient également au-dessus d’Atsilout et d’Assiya, elle peut unir les deux, bien qu’ils soient aussi éloignés l’un de l’autre qu’il est possible. Le texte renvoie au discours « Pour le chef de chœur, sur le huitième ».
ויובן זה ג״כ עד״מ [על דרך משל] באדם דהנה אנו רואים באור וחיות הנפש המלובש באברי הגוף שבכל אבר מלובש כח פרטי
Cela se comprendra également au moyen d’une analogie tirée de l’être humain. Nous voyons en effet que, dans la lumière et la force vitale de l’âme investies dans les membres du corps, une faculté particulière est investie dans chaque membre,
Une analogie tirée de l’être humain : la lumière et la force vitale de l’âme sont investies dans les membres du corps, et une faculté particulière réside dans chacun d’eux.
כמו ראיה שמיעה ריח טעם ודבור שכח הראיה מלובש בעין וכח השמיעה באזן כו׳ כל א׳ הוא בחינה ומדרגה בפ״ע [בפני עצמו].
telles que la vue, l’ouïe, l’odorat, le goût et la parole : la faculté de voir est investie dans l’œil, et celle d’entendre dans l’oreille, etc. ; chacune constitue un aspect et un niveau distincts.
La vue réside dans l’œil, l’ouïe dans l’oreille, et ainsi de suite ; chaque faculté constitue un niveau distinct, limité à son propre organe.
אבל המחשבה הנה מקושרים ואחוזים בה כל האברים והכחות שבהן מהראש עד צפורן הרגל שהרי ירגיש במחשבתו כל הנפעל ברמ״ח אברים
Mais pour ce qui est de la pensée, tous les membres et les facultés qui s’y trouvent, de la tête jusqu’à l’ongle du pied, lui sont liés et rattachés ; car l’homme perçoit par sa pensée tout ce qui se passe dans les 248 membres,
La pensée est différente : chaque membre et chaque faculté, de la tête aux pieds, lui sont liés. L’homme prend conscience par sa pensée de tout ce qui se passe dans l’un de ses 248 membres.
וגם כל האיברים בטלים למחשבתו והיא מושלת על כולן וגם היא שורה בכולן ומקפת אותן.
et tous les membres s’annulent également devant sa pensée, qui les gouverne tous ; elle réside aussi en eux tous et les englobe.
Tous les membres cèdent devant la pensée : elle les gouverne tous, réside dans chacun d’eux et les englobe tous ensemble.
שהרי מיד כשעולה במחשבתו לנענע רגלו תומ״י [תכף ומיד] תתנענע הרגל בלי שום שהיית זמן כו׳ (ועמ״ש מזה במ״א בד״ה להבין מפני מה יו״ט [יום טוב] דפסח הוא ביום שנעשה בו נס. ובביאור ע״פ ויקח קרח2 כו׳).
car dès que l’idée de remuer le pied lui vient à l’esprit, aussitôt le pied bouge, sans le moindre délai, etc. (Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet ailleurs, dans le discours commençant par « Pour comprendre pourquoi la fête de Pessa’h tombe le jour où le miracle eut lieu », ainsi que dans l’explication sur le verset « Et Kora’h prit, etc. ».)
La preuve : dès qu’un homme décide de remuer le pied, celui-ci bouge, sans le moindre délai. Le texte renvoie à deux discours sur ce sujet : l’un sur la raison pour laquelle Pessa’h tombe le jour du miracle, l’autre sur « Et Kora’h prit ».
והנמשל מזה למעלה דהשתלשלות העולמות אבי״ע [אצילות בריאה יצירה עשיה] כל בחינה הוא פרט בפ״ע [בפני עצמו] וע״כ [ועל כן] בין אצילות לבריאה יש פרסא כו׳
Et voici ce que cela nous enseigne au sujet des mondes supérieurs : dans l’enchaînement descendant des mondes d’Atsilout, Béria, Yetsira et Assiya, chaque niveau est un élément particulier distinct ; c’est pourquoi il y a une parsa entre Atsilout et Béria, etc.,
Appliqué aux mondes supérieurs : dans l’enchaînement des quatre mondes, chaque niveau est un élément distinct. Il y a donc une parsa entre Atsilout et Béria, une cloison qui sépare le monde divin d’Atsilout des mondes créés qui se trouvent en dessous.
והוא כמשל כח הראיה בעין שהוא מובדל מכח ההילוך שברגל וגם יש פרסא מפסקת בין אברי הנשימה לאברי המזון דהיינו חצר הכבד כו׳
et cela ressemble à l’exemple de la faculté de voir dans l’œil, qui est distincte de la faculté de marcher dans le pied ; il y a également une cloison qui sépare les organes de la respiration des organes de la nutrition, à savoir le diaphragme (’hatsar hakaved), etc.
Cela ressemble à la séparation entre la faculté de voir de l’œil et celle de marcher du pied. Le corps lui-même comporte une telle cloison : le diaphragme, qui sépare les organes de la respiration des organes de la digestion.
אבל בחינת מחשבה הקדומה היא כוללת כולן יחד ולכן רגלי א״ק [אדם קדמון] נמשכים גם בעשייה ואין הפרסא חוצצת בפניו כו׳
Mais le niveau de la pensée primordiale les inclut tous ensemble. C’est pourquoi les pieds d’Adam Kadmon s’étendent aussi jusqu’en Assiya, et la séparation ne lui fait pas obstacle, etc.
La pensée primordiale, cependant, inclut tous les niveaux ensemble, tout comme la pensée inclut tous les membres. Ainsi, les « pieds » d’Adam Kadmon atteignent même Assiya, et la séparation ne lui fait pas obstacle.
וע״כ [ועל כן] נש״י [נשמות ישראל] שעלו במחשבה זו יש להם הכח לקשר ולחבר האצילות עם העשייה ע״י התורה ומצות להמשיך בחינת רמ״ח אברים דמלכא בעשייה ממש כנ״ל.
C’est pourquoi les âmes d’Israël, qui se sont élevées dans cette pensée, ont le pouvoir de lier et d’unir Atsilout à Assiya par la Torah et les mitsvot, afin d’attirer le niveau des 248 membres du Roi jusque dans Assiya même, comme mentionné plus haut.
Voilà pourquoi les âmes d’Israël, enracinées dans cette pensée, peuvent unir Atsilout à Assiya par la Torah et les mitsvot, en attirant les « 248 membres du Roi » jusque dans Assiya physique même.
ועמ״ש ע״פ ויהי קול מעל לרקיע ולכן נאמר בכל התורה דבר אל בנ״י [בני ישראל] כו׳ צו את בנ״י [בני ישראל] כו׳
Et voyez ce qui est écrit sur le verset « Il y eut une voix au-dessus du firmament ». C’est pourquoi il est dit dans toute la Torah : « Parle aux enfants d’Israël, etc. », « Ordonne aux enfants d’Israël, etc. »
Le texte renvoie de nouveau au discours sur « Il y eut une voix au-dessus du firmament ». Il ajoute que c’est pourquoi les commandements de la Torah s’adressent partout à Israël : « Parle aux enfants d’Israël », « Ordonne aux enfants d’Israël ».
(ומזה יובן שרש ענין המבואר במ״א בד״ה זכור את יום השבת לקדשו3 בענין זכור ושמור בדבור אחד נאמרו4 כו׳ ע״ש [עיין שם]
(On comprendra par là la racine de la question expliquée ailleurs, dans le discours commençant par « Souviens-toi du jour du Chabbat pour le sanctifier », au sujet de « Souviens-toi » et « Garde » qui furent prononcés en une seule parole, etc. ; voir là-bas.
Entre parenthèses, le texte indique que cela explique la racine de l’enseignement des Sages selon lequel « Souviens-toi » et « Garde », les deux formulations du commandement relatif au Chabbat, furent prononcés en une seule parole, comme exposé dans le discours « Souviens-toi du jour du Chabbat pour le sanctifier ».
והיינו על ידי גילוי בחינת כתר שהוא בחינת א״ק [אדם קדמון] שכולל אפילו אצילות ועשייה יחד ממש כנ״ל ועמ״ש בד״ה צאינה וראינה5 הנ״ל שבפרשה בראשית בענין אשר לשלמה כו׳ גם בד״ה שיר השירים אשר לשלמה6 ובד״ה שחורה כו׳
Cela se fait par la révélation du niveau de Kéter, qui est le niveau d’Adam Kadmon, lequel inclut réellement ensemble même Atsilout et Assiya, comme mentionné plus haut. Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Sortez et contemplez », mentionné plus haut, dans la paracha Béréchit, au sujet de « qui est à Chlomo, etc. » ; ainsi que dans le discours commençant par « Le Cantique des Cantiques, qui est à Chlomo », et dans celui commençant par « Je suis noire, etc. »,
Cette parole unique vient de la révélation de Kéter, Adam Kadmon, qui inclut ensemble même Atsilout et Assiya. Le texte renvoie au discours « Sortez et contemplez », sur « qui est à Chlomo », ainsi qu’aux discours « Le Cantique des Cantiques, qui est à Chlomo » et « Je suis noire ».
בענין כיריעות שלמה7 עוד נתבאר כהאי גוונא גבי קריעת ים סוף שלהיות הפך ים8 שהוא עלמא דאתכסיא ליבשה עלמא דאתגליא הוא על ידי המשכה מבחינה הגבוה משניהם דים ויבשה שוין שם כו׳ ועד״ז [ועל דרך זה] הוא כאן):9
au sujet de « comme les tentures de Chlomo ». Cela a aussi été expliqué dans le même sens à propos de la scission de la mer des Joncs : pour transformer la mer, le monde caché (alma de’iskasya), en terre sèche, le monde révélé (alma de’isgalya), il faut attirer un niveau plus élevé que l’un et l’autre, car là-bas la mer et la terre sèche sont égales, etc. Il en va de même ici.)
Une explication semblable est donnée au sujet de la scission de la mer : transformer la mer, le monde caché, en terre sèche, le monde révélé, nécessite d’attirer un niveau supérieur à l’un et à l’autre, où mer et terre sont égales. De même ici, un niveau supérieur à Atsilout et Assiya les unit.
De même que la pensée pénètre simultanément chaque membre, la pensée primordiale (Adam Kadmon) inclut tous les mondes de façon égale et n’est pas arrêtée par la cloison entre Atsilout et Béria. Ainsi, les âmes qui y prennent racine peuvent unir Atsilout et Assiya par la Torah et les mitsvot.
L’analogie explique pourquoi la pensée primordiale relève du niveau de sovev : comme la pensée à l’égard des membres, elle ne pénètre pas un monde plutôt qu’un autre, mais les gouverne et les entoure tous également. Le même schéma — un niveau supérieur à deux opposés qui les unit — s’applique à « Souviens-toi » et « Observe », ainsi qu’à la mer changée en terre sèche.
Maré mekomot
- 1למנצח על השמינית · Psalms 12:1
- 2ויקח קרח · Numbers 16:1
- 3זכור את יום השבת לקדשו · Exodus 20:8
- 4זכור ושמור בדבור אחד נאמרו · Shevuot 20b:9–10
- 5צאינה וראינה · Song of Songs 3:11
- 6שיר השירים אשר לשלמה · Song of Songs 1:1
- 7כיריעות שלמה · Song of Songs 1:5
- 8הפך ים · Psalms 66:6
- 9
Deux niveaux de l’âme et la Torah ¶9–10
9וזהו ותורה שם בישראל1 שמהם נמשכת התורה כי התורה היא ח,ע דאצילות. וח״ע [וחכמה עילאה] היא ראשית הגילוי שבאצילות חח״ן [חכמה חסד נצח] קו ימין כו׳
Et c’est là [le sens de] « Il a placé la Torah en Israël » : la Torah est attirée d’eux. Car la Torah est la 'Hokhma supérieure (Hokhma Ila'a) d’Atsilout ; et la 'Hokhma supérieure est le commencement du dévoilement en Atsilout, [la ligne de] 'Hokhma, 'Hessed et Netsa'h, la ligne de droite, etc.
Cela explique le verset « Il a placé la Torah en Israël » : la Torah est attirée d’Israël. La Torah est la 'Hokhma supérieure d’Atsilout, le premier dévoilement qui s’y produit, à la tête de la ligne de droite des Séfirot : 'Hokhma, 'Hessed et Netsa'h.
והיא מקור רמ״ח אברים דז״א [דזעיר אנפין] כו׳ והיא מקבלת ונמשכת מבחי׳ א״ק [אדם קדמון] כו׳ וזהו בראשית2 בשביל ישראל שנקראו ראשית.
et elle est la source des 248 membres du Zeir Anpin, etc. ; elle reçoit du niveau d’Adam Kadmon et en est attirée, etc. Et c’est là [le sens de] « Beréchit : pour Israël, qui sont appelés “premier” (réchit). »
La 'Hokhma est la source des 248 membres du Zeir Anpin et reçoit d’Adam Kadmon, qui lui est supérieur. Telle est la lecture midrachique du premier mot de la Torah, Beréchit : le monde a été créé pour Israël, qui sont appelés « premier » (réchit).
היינו בחינת ראשית שבישראל שהוא שרשן במחשבה הקדומה שבחינה זו נקרא ראשית שע״ז [שעל זה] אמרו מחשבתן של ישראל קדמה לכל3 שכדי להיות גילוי זה בנשמה המלובשת בגוף הוא ע״י התורה.
C’est-à-dire le niveau de « premier » en Israël : leur racine dans la pensée primordiale, car ce niveau est appelé « premier ». C’est à ce sujet qu’ils ont dit : « La pensée d’Israël a précédé tout le reste. » Pour que ce dévoilement se produise dans l’âme revêtue du corps, il faut passer par la Torah.
Israël sont « premier » en raison de leur racine dans la pensée primordiale, comme le dit le Midrach : « La pensée d’Israël a précédé tout le reste. » Pour que cette racine se dévoile dans l’âme telle qu’elle vit dans un corps, la Torah est nécessaire.
כי הנה בישראל יש ב׳ בחי׳. הא׳ מציאותן ושרשן במחשבה הקדומה ונקרא ישראל דלעילא והוא חלק הנשמה שלמעלה מהתלבשות בגוף אלא בחינת מקיף כו׳.
Car, en Israël, il y a deux niveaux. Le premier est leur existence et leur racine dans la pensée primordiale ; il est appelé Israël d’en haut (Yisrael dele'ila). C’est la partie de l’âme qui est au-dessus du revêtement dans le corps, mais qui se trouve au niveau d’une lumière englobante (makif), etc.
L’âme comporte deux niveaux. Le premier est sa racine dans la pensée primordiale, appelée « Israël d’en haut » : la partie de l’âme qui n’entre jamais dans le corps, mais l’entoure comme un makif, une lumière englobante.
La Torah est la 'Hokhma supérieure, qui reçoit d’Adam Kadmon ; Israël, enraciné dans la pensée primordiale, est le « premier » pour qui le monde a été créé. Leur racine, Israël d’en haut, demeure au-dessus du corps, et c’est la Torah qui la dévoile dans l’âme d’en bas.
Maré mekomot
- 1ותורה שם בישראל · Psalms 78:5
- 2בראשית · Genesis 1:1
- 3מחשבתן של ישראל קדמה לכל · Bereshit Rabbah 1:4
10והב׳ הוא הנק׳ ישראל זוטא וכנסת ישראל היינו מקור הנשמה המתפשטת ומתלבשת בגוף. ומקור זה הוא בחי׳ מלכות דאצילות ונק׳ ג״כ אימא תתאה ומטרוניתא
Et le second est ce que l’on appelle Israël inférieur (Yisrael zouta) et la Congrégation d’Israël (Knesset Israël), c’est-à-dire la source de l’âme qui s’étend et s’enveloppe dans le corps. Cette source est le niveau de Mal'hout d’Atsilout ; elle est également appelée Imma inférieure (Imma tata’a) et Matronita.
Le second niveau est « Israël inférieur » et la Congrégation d’Israël : la source de la partie de l’âme qui pénètre dans le corps. Cette source est Mal'hout d’Atsilout, également appelée « Imma inférieure » (mère) et Matronita (la reine).
והנה בחינת מלכות דאצילות היא סופא דכל דרגין וכדי שיומשך בה האור מבחינת כתר שהוא בחי׳ א״ק [אדם קדמון] מחשבה הקדומה הוא ע״י ח״ע [חכמה עילאה] שהיא התורה כו׳
Or, le niveau de Mal'hout d’Atsilout est « la fin de tous les degrés » (sofa de’hol dargin) ; pour que la lumière y soit attirée depuis le niveau de Kéter, qui est le niveau d’Adam Kadmon, la pensée primordiale, il faut passer par la 'Hokhma supérieure, qui est la Torah, etc.
Mal'hout est le plus bas de tous les niveaux. Pour que la lumière de Kéter, Adam Kadmon, la pensée primordiale, l’atteigne, elle doit passer par la 'Hokhma supérieure, qui est la Torah.
וע״ז [ועל זה] אמרו ישראל מתקשראן באורייתא כו׳ וזהו אל תקרי בניך אלא בוניך1 שנש״י [שנשמות ישראל] שהם בניך דבחינת מלכות דאצילות
C’est à ce sujet qu’ils ont dit : « Israël est lié à la Torah, etc. » Et c’est là [le sens de] : « Ne lis pas “tes enfants” (banayikh), mais “tes bâtisseurs” (bonayikh) » : les âmes d’Israël, qui sont « tes enfants », [les enfants] du niveau de Mal'hout d’Atsilout,
C’est le sens de l’affirmation selon laquelle Israël est lié à la Torah, ainsi que de la parole des Sages : « Ne lis pas banayikh, “tes enfants”, mais bonayikh, “tes bâtisseurs”. » Les âmes d’Israël sont les « enfants » de Mal'hout d’Atsilout.
שהרי ממנה לוקחה חלק הנשמה המתפשטת בגוף הם ג״כ בוניך דבחינת מלכות דאצילות והארה שממנה המלובשת בגוף
puisque la partie de l’âme qui s’étend dans le corps a été prise d’elle, sont aussi ses « bâtisseurs », [les bâtisseurs] du niveau de Mal'hout d’Atsilout et du rayonnement qui en émane et s’enveloppe dans le corps.
Puisque la partie de l’âme qui se trouve dans le corps a été prise de Mal'hout, les âmes sont ses enfants. Pourtant, elles sont aussi ses « bâtisseurs » : elles édifient Mal'hout et le rayonnement qui en émane et s’enveloppe dans le corps.
והיינו מצד שרשן במחשבה הקדומה שעי״ז ותורה שם בישראל והם העושים התורה וממשיכים הגילוי בבחי׳ ח״ע [חכמה עילאה] ומח״ע [ומחכמה עילאה] במל׳ [במלכות] דאצילות כו׳
Cela tient à leur racine dans la pensée primordiale, par laquelle « Il a placé la Torah en Israël » ; ce sont eux qui accomplissent la Torah et attirent la révélation dans le niveau de la 'Hokhma supérieure, puis de la 'Hokhma supérieure dans Mal'hout d’Atsilout, etc.
Ils peuvent édifier leur propre source parce qu’ils sont enracinés dans la pensée primordiale, ce qui explique que la Torah ait été placée en Israël. Israël « accomplit » la Torah : ils attirent la révélation dans la 'Hokhma supérieure, puis de là dans Mal'hout d’Atsilout.
ולכן בחי׳ בוניך היינו דוקא ע״י עסק התורה וכדכתיב בחכמה יבנה בית2 והיינו שכדי להיות ההמשכה מבחי׳ מחשבה הקדומה הנ״ל במל׳ [במלכות] דאצילות הוא ע״י התורה דייקא שהיא בחי׳ חכמה עילאה כו׳
C’est pourquoi le niveau de « tes bâtisseurs » ne s’obtient que par l’étude de la Torah, comme il est écrit : « Par la sagesse, une maison est bâtie » ; autrement dit, pour que l’influx descende du niveau de la pensée primordiale mentionnée plus haut dans Mal'hout d’Atsilout, il faut précisément passer par la Torah, qui est le niveau de la 'Hokhma supérieure, etc.
Ainsi, cette « construction » s’accomplit précisément par l’étude de la Torah, comme dans le verset : « Par la sagesse, une maison est bâtie » : Mal'hout, la maison, est bâtie par la 'Hokhma. C’est uniquement par la Torah, la 'Hokhma supérieure, que la pensée primordiale est attirée dans Mal'hout.
(ועמ״ש בד״ה באתי לגני3 ובד״ה וידבר כו׳ אנכי כו׳ אשר הוצאתיך מארץ מצרים4 ועמ״ש בד״ה ויאכילך את המן5 גבי ברכת הארץ שצריך שיזכיר בה ברית ותורה. וכדברים האלה מבואר ג״כ בזהר בפ׳ ויחי)
(Voyez ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Je suis venu dans mon jardin », ainsi que dans celui qui commence par « Et [D.ieu] parla, etc. : Je suis, etc., qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte » ; voyez également ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Il t’a nourri de la manne », au sujet de la bénédiction pour la terre, dans laquelle il faut mentionner l’alliance et la Torah. Des explications semblables se trouvent aussi dans le Zohar, dans la paracha Vayé'hi.)
Le texte renvoie à plusieurs discours : « Je suis venu dans mon jardin », « Je suis D.ieu ton D.ieu qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte » et « Il t’a nourri de la manne », au sujet de la nécessité de mentionner l’alliance et la Torah dans la bénédiction pour la terre, dans le Birkat Hamazon. Il renvoie également au Zohar sur la paracha Vayé'hi.
(דרמ״ה סע״א [סוף עמוד א]) תלת נשמתין אינון6 כו׳ ע״ש [עיין שם] ועיין מ״ש עוד מענין ב׳ בחי׳ הנ״ל שיש בהנשמה ע״פ כי תצא כו׳ גיב ויברא אלקים את האדם בצלמו7 כו׳:
(p. 245, fin du côté a) : « Il y a trois âmes, etc. » ; voyez là-bas. Voyez également ce qui est écrit plus loin au sujet des deux niveaux mentionnés plus haut qui se trouvent dans l’âme, à propos du verset « Lorsque tu sortiras, etc. », concernant « Et D.ieu créa l’homme à Son image, etc. »
Ce passage du Zohar (1:245a) commence ainsi : « Il y a trois âmes. » Le texte renvoie également à ses développements sur les deux niveaux de l’âme, à propos de « Lorsque tu sortiras » et de « Et D.ieu créa l’homme à Son image ».
Le second niveau, l’âme qui se trouve dans le corps, provient de Mal'hout d’Atsilout. Par l’étude de la Torah, les âmes, bien qu’elles soient les « enfants » de Mal'hout, en deviennent les « bâtisseurs » : elles attirent la lumière de la pensée primordiale, par l’intermédiaire de la 'Hokhma supérieure, dans Mal'hout.
Le passage du Zohar cité par le texte (1:245a) parle de trois âmes : une âme supérieure qui ne peut jamais être saisie, cachée, dont dépendent toutes les âmes, et une âme féminine, cachée parmi ses armées, qui est leur âme et par laquelle le corps est maintenu. Le texte indique que des développements semblables sur les deux niveaux de l’âme s’y trouvent.
Maré mekomot
- 1אל תקרי בניך אלא בוניך · Berakhot 64a:14
- 2בחכמה יבנה בית · Proverbs 24:3
- 3באתי לגני · Song of Songs 5:1
- 4אשר הוצאתיך מארץ מצרים · Exodus 20:2
- 5ויאכילך את המן · Deuteronomy 8:3
- 6תלת נשמתין אינון · Zohar, Vayechi 71:731–72:742
- 7ויברא אלקים את האדם בצלמו · Genesis 1:27
« Mon bien-aimé, ma belle » : la Torah et le vêtement royal ¶11–12
11ג וזהו ענין רעיתי יפתי. רעיתי הוא ע״י עסק התורה לכו לחמו בלחמי1 כמו מזון עד״מ [על דרך משל] הוא מקשר ומחבר חיות הנשמה להתפשט בתוך הגוף כו׳ כך ע״י התורה נמשך התלבשות אור א״ד ב״ה בחכמה עילאה2 כו׳
3. Tel est le sens de « ma bien-aimée (ra’ayasi), ma belle (yafasi) ». « Ma bien-aimée » désigne ce qui s’accomplit par l’étude de la Torah : « Venez, mangez de mon pain ». De même que la nourriture, à titre d’analogie, relie et unit la force vitale de l’âme afin qu’elle se répande dans le corps, etc., de même, par la Torah, la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, est attirée pour se revêtir dans la 'Hokhma supérieure, etc.
La section 3 aborde les mots « ma bien-aimée, ma belle ». Ra’ayasi, « ma bien-aimée », désigne l’étude de la Torah, que le verset « Venez, mangez de mon pain » compare au pain : de même que la nourriture relie la force vitale de l’âme au corps, la Torah attire la Lumière infinie dans la 'Hokhma supérieure.
וביאור ענין יפתי שהם המצות שנקראו לבושים כענין יביאו לבוש מלכות3 כו׳ וזהו יפתי שעושה בחי׳ לבושים יפים כו׳ משא״כ בחינת אלביש שמים קדרות4 כו׳
Et voici l’explication de « ma belle » : il s’agit des mitsvot, qui sont appelées des vêtements, comme dans « Qu’on apporte un vêtement royal, etc. ». Tel est le sens de « ma belle » : elle confectionne de beaux vêtements, etc., contrairement au niveau de « Je revêts les cieux de noirceur, etc. ».
Yafasi, « ma belle », désigne les mitsvot, appelées des vêtements, comme dans « Qu’on apporte un vêtement royal ». Les mitsvot confectionnent de beaux vêtements pour le Roi, à la différence du vêtement sombre évoqué par « Je revêts les cieux de noirceur ».
והענין הוא כי מבחי׳ כתר שהוא ארך אפים מאריך אף כו׳ כי קמיה כחשכה כאורה5 כו׳
Voici l’explication : du niveau de Kéter, qui est « longanimité » (ére'h apayim), qui diffère la colère, etc., car devant Lui « l’obscurité est comme la lumière, etc. »,
Pourquoi des vêtements sont-ils nécessaires ? Kéter, le niveau qui se situe au-dessus de l’intellect, est « longanimité » : il patiente même à l’égard des méchants, car à ce niveau « l’obscurité est comme la lumière » ; le bien et le mal n’y font aucune différence.
alors les forces extérieures pourraient, elles aussi, recevoir une vitalité, car « l’araignée (semamis) se saisit de ses mains, etc. », et cela ressemble à ce qu’Avraham a dit : « Si seulement Yichmaël pouvait vivre devant Toi, etc. »
Dans ce cas, les forces extérieures (les kelipot) pourraient, elles aussi, puiser leur vitalité à ce niveau, comme le dit le verset : la semamis, si petite soit-elle, se saisit de ses mains et se trouve dans les palais du roi. Le texte compare cela à la supplication d’Avraham : « Si seulement Yichmaël pouvait vivre devant Toi. »
(ועמ״ש סד״ה מצה זו8 ובד״ה ויאבק910 וע׳ [ועיין] בלק״ת [בלקוטי תורה (להאריז״ל)] ס״פ וישלח כי א״ק [אדם קדמון] הוא ראשון המקבל שפע מא״ס [מאין סוף] והנה דע כי נשתלשל ממנו ניצוץ א׳ נחלק לב׳ מוח וקליפה כו׳ ע״ש [עיין שם]).
(Voyez ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Cette matsa », ainsi que dans le discours commençant par « Et un homme lutta » ; voyez aussi le Likkutei Torah [de l’Arizal], à la fin de la paracha Vayichla'h, où il est expliqué qu’Adam Kadmon est le premier à recevoir le flux de l’Infini (Ein Sof). Sachez qu’une étincelle unique en est descendue et s’est divisée en deux : un noyau (moa’h) et une écorce (kelipa), etc. Voyez là-bas.)
Le texte renvoie à la fin du discours « Cette matsa », au discours « Et un homme lutta », et au Likkutei Torah de l’Arizal : Adam Kadmon est le premier à recevoir de l’Infini, et une étincelle unique qui en émane s’est divisée en un noyau et une écorce. Même à cette hauteur, l’écorce (kelipa) a donc une racine.
ולכן כדי שיומשך השפע רק לסטרא דקדטשה ולא לחיצונים זהו ע״י מעשה המצות שמהם נמשך בחינת לבוש מלכות
Ainsi, pour que le flux soit attiré uniquement vers le côté de la sainteté, et non vers les forces extérieures, cela s’accomplit par la pratique des mitsvot, dont émane le niveau du vêtement royal,
Pour que le flux atteigne uniquement le côté de la sainteté, et non les forces extérieures, un « vêtement royal » est nécessaire ; il provient de la pratique des mitsvot.
שהוא הלבוש היפה שכשנמשך ע״י לבוש זה שממעשה המצות נמשך רק בטרא דקדושה כו׳ המקבלים עליהם עול מלכות שמים כו׳
qui est le beau vêtement : lorsque [le flux] est attiré par ce vêtement issu de la pratique des mitsvot, il ne l’est que vers le côté de la sainteté, etc., vers ceux qui acceptent sur eux le joug de la royauté du Ciel, etc.
Le flux qui passe par ce beau vêtement n’atteint que le côté de la sainteté : ceux qui acceptent sur eux le joug de la royauté de D.ieu.
וכמו הלבוש שמגין על האדם להצילו מהשרב והגשמים כך לבוש הנ״ל הוא המגין מיניקת החיצונים כו׳ ולכן ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] כל האומר אין לי אלא תורה אפילו תורה אין לו
De même qu’un vêtement protège une personne et la préserve de la chaleur et de la pluie, le vêtement mentionné plus haut protège contre la vitalité que puisent les forces extérieures, etc. C’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Quiconque dit : “Je n’ai que la Torah”, n’a même pas la Torah, »
Un vêtement protège une personne de la chaleur et de la pluie ; de même, le vêtement constitué par les mitsvot protège le flux contre les forces extérieures. D’où l’enseignement des Sages selon lequel celui qui dit : « Je n’ai que la Torah » n’a même pas la Torah.
אלא תורה וגמ״ח [וגמילות חסדים]1112 לפי שעל ידי המצות דוקא נמשך לבוש הנ״ל משא״כ בתורה לבד הרי לפעמים נאמר אלביש שמים קדרות שמים אש ומים13 רצוא ושוב14 הוא בחינת תורה מימינו אש דת15 כו׳
mais plutôt la Torah et les actes de bonté (guémilout 'hassadim) » ; car c’est précisément par les mitsvot que se forme le vêtement mentionné plus haut, tandis qu’avec la Torah seule, il est parfois dit : « Je revêts les cieux de ténèbres. » Les cieux (chamayim) sont le feu et l’eau (ech oumayim), « courant et revenant » (ratso vachov) ; c’est le niveau de la Torah, « de Sa droite, une loi de feu, etc. »,
La citation se termine par « mais plutôt la Torah et les actes de bonté » ; la note de Kehot relève que cette conclusion ne figure pas dans le texte talmudique correspondant. La Torah seule peut être les « cieux » revêtus de ténèbres, car chamayim est ech oumayim, « feu et eau », le « courant et revenant », les deux aspects de la Torah : « de Sa droite, une loi de feu ».
ב״ש [בית שמאי] וב״ה [ובית הלל] כו׳ ולפעמים ח״ו [חס ושלום] יוכל להיות מלובשים בקדרות יניקת החיצונים מהמדות אש ומים חו״ג [חסד וגבורה] כענין אברהם שיצא ממנו161718 כו׳
Beit Chammaï et Beit Hillel, etc. Et parfois, à D.ieu ne plaise, ils peuvent être revêtus de ténèbres : les forces extérieures puisent leur vitalité dans les attributs du feu et de l’eau, 'Hessed et Guevoura, comme dans le cas d’Avraham, dont est sorti, etc.
Comme Beit Chammaï et Beit Hillel, la Torah a deux aspects, le feu et l’eau, Guevoura et 'Hessed. Parfois, à D.ieu ne plaise, les forces extérieures peuvent puiser leur vitalité dans ces attributs, comme le disent les Sages au sujet d’Avraham, dont Yichmaël est issu.
אבל על ידי מעשה המצות נעשה בחי׳ יפתי לבוש מלכות כו׳ (וע׳ [ועיין] בזהר פ׳ בלק) (דף ר״ד ב׳)19 ע״פ בקר אערך לך ואצפה20 כו׳
Mais par l’accomplissement des mitsvot, le niveau de « ma belle » est produit, un vêtement royal, etc. (Voir aussi le Zohar, Parachat Balak) (page 204b), sur le verset « Le matin, je me présenterai devant Toi et je guetterai (va'atsapeh), etc. » :
L’accomplissement des mitsvot produit cependant le vêtement royal de « ma belle ». Le texte cite le Zohar (Balak, 204b) sur le verset « Le matin, je me présenterai devant Toi et je guetterai », où va'atsapeh est interprété comme « je recouvrirai ».
אתא דוד ואתקין האי בוצינא חופאה להאי בקר דיוסף21 לאתחפאה ביה כו׳ כד״א [כמה דאת אמר] ויצפהו זהב טהור
« David vint et façonna cette lampe en couverture pour ce “matin” de Yossef, afin qu’il en soit recouvert, etc., comme il est dit : “Il le recouvrit (vayetsapehou) d’or pur.” »
Le Zohar dit que David façonna une couverture pour le « matin » de Yossef, comme les ustensiles du Sanctuaire furent recouverts d’or pur. Dans ce passage, la lumière du « matin » de Yossef rassemble toutes les lumières supérieures et est trop intense pour que les mondes inférieurs la supportent sans couverture.
והיינו שדוד תיקן בחי׳ מלכות דאצילות לבוש וכיסוי להאי בקר דיוסף כו׳ ע״ש [עיין שם] ונתבאר במ״א וזהו ג״כ מ״ש ויגש אליו יהודה22 ויאמר בי אדני.
C’est-à-dire que David façonna le niveau de Mal'hout d’Atsilout en vêtement et en couverture pour ce « matin » de Yossef, etc. ; voir là-bas, où cela a été expliqué ailleurs. C’est aussi le sens de ce qui est écrit : « Yehouda s’approcha de lui et dit : “Je t’en prie (bi), mon seigneur.” »
Autrement dit, David façonna Mal'hout d’Atsilout en vêtement et en couverture pour la lumière de Yossef. La même idée apparaît dans l’approche de Yehouda vers Yossef : « Je t’en prie (bi), mon seigneur. »
פי׳ בי יומשך השפע מבחינת יוסף כי יהודה הוא ג״כ בחינת מלכות והרי זהו דייקא הכלי והלבוש כו׳
Le sens est : « par moi » (bi), le flux sera attiré du niveau de Yossef ; car Yehouda est lui aussi le niveau de Mal'hout, et c’est précisément là le réceptacle et le vêtement, etc.
Bi signifie littéralement « par moi » : par l’intermédiaire de Yehouda, qui est lui aussi Mal'hout, le flux du niveau de Yossef sera attiré vers le bas. Mal'hout est précisément le réceptacle et le vêtement.
ועמ״ש מזה ע״פ ויגש23 ועיין עוד בזהר פ׳ אחרי (דנ״ח ע״ב) גבי בגין כך לא יטעי לחברא עת אחרא לגבי מלכא24 כו׳
Et voyez ce qui est écrit à ce sujet sur le verset « Et [Yehouda] s’approcha. » Voyez aussi le Zohar, Parachat A'harei (page 58b), à propos de « C’est pourquoi il ne faut pas se tromper et joindre un autre “temps” au Roi, etc. »
Le texte renvoie à son discours sur « Et Yehouda s’approcha » (Torah Ohr, Vayigach), ainsi qu’au Zohar (A'harei, 58b) : Aharon est averti de ne pas se tromper en joignant au Roi un « autre temps », un temps confié à une autre puissance.
בזאת יבא25 כו׳ (ודף ע״ד [על דרך] ב׳) גבי וכדין לבשו שמים קדרות26 ובמק״מ [ובמקדש מלך] שם ועיין בפרדס שכ״ה פרק27 ו׳ ע״ש [עיין שם]
« Par ceci, il viendra, etc. » (et page 74b), à propos de « Et alors les cieux furent revêtus de ténèbres », ainsi que dans le Mikdash Melekh à cet endroit. Voyez aussi le Pardes, Sha'ar 25, chapitre 6 ; voir là-bas.
Là, le Zohar lit : « Par ceci (b'zos), Aharon viendra dans le lieu saint » : il ne peut entrer qu’avec zos, le « temps » lié au Nom de D.ieu. Le texte cite aussi le Zohar (74b) à propos des cieux revêtus de ténèbres, le commentaire Mikdash Melekh à cet endroit, et le Pardes, Porte 25, chapitre 6.
וזהו ואתחנן אל28 ה׳ בעת ההיא ואתחנן הוא המשכה שע״י התורה כמ״ש במ״א והמשכה זו צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] בעת ההיא שהיא בחינת מלכות כו׳ והוא בחי׳ המצות שעליהם נאמר ועת לכל חפץ29 כו׳
Et voici [le sens de] « Et j’ai supplié D.ieu en ce temps-là. » « J’ai supplié » (va’et’hanan) désigne l’effusion qui s’opère par la Torah, comme il est écrit ailleurs ; et cette effusion doit avoir lieu « en ce temps-là » (ba’et hahi), qui est le niveau de Mal’hout, etc. C’est le niveau des mitsvot, au sujet desquelles il est dit : « et un temps pour toute volonté, etc. »,
Cela explique également « Et j’ai supplié D.ieu en ce temps-là » : va’et’hanan, la supplication de Moché, désigne une effusion par la Torah, et elle doit avoir lieu « en ce temps-là », par l’intermédiaire de et, « temps », qui est Mal’hout. Mal’hout correspond aux mitsvot, au sujet desquelles il est dit : « et un temps pour toute volonté ».
כמ״ש במ״א בד״ה בשעה שהקדימו30 ישראל נעשה לנשמע31 ושם נתבאר ג״ כ איך המשכה זו להיות מלך העולם נמשך על ידי המצות וכמשנ״ת [וכמו שנתבאר] גם כן בד״ה תקעו בחדש שופר3233 כו׳
comme il est écrit ailleurs, dans le discours intitulé « Lorsque Israël fit précéder “nous ferons” à “nous entendrons” » ; il y est également expliqué comment cette effusion, par laquelle [Il] devient Roi du monde, s’opère par les mitsvot ; comme cela a aussi été expliqué dans le discours intitulé « Sonnez du chofar à la Nouvelle Lune, etc. » ;
Le texte renvoie au discours « Lorsque Israël fit précéder “nous ferons” à “nous entendrons” » (Likkutei Torah, Bamidbar), qui explique que le fait que D.ieu devienne Roi du monde s’opère par les mitsvot, ainsi qu’au discours de Roch Hachana « Sonnez du chofar à la Nouvelle Lune ».
ע״ש [עיין שם] ועמ״ש בד״ה כי תשמע בקול3435 גבי לשמור את כל מצותיו ויובן עוד ענין לבוש שעם היות הלבוש מעלים ומסתיר להיות בחי׳ עולם מלשון העלם כו׳
voir là-bas. Et voir ce qui est écrit dans le discours intitulé « Lorsque tu écouteras la voix », au sujet de « garder tous Ses commandements ». On comprendra aussi la notion de vêtement : bien que le vêtement dissimule et cache, de sorte qu’apparaisse le niveau d’un monde (olam), terme qui évoque la dissimulation (he’elem), etc.,
Il est également fait référence au discours « Lorsque tu écouteras la voix », à propos de garder tous Ses commandements. Le texte passe ensuite au vêtement lui-même : le vêtement dissimule, et c’est cette dissimulation qui rend possible un « monde », olam, terme apparenté à he’elem, « dissimulation ».
sa racine provient d’un lieu très élevé, comme l’explique une notion étudiée ailleurs, dans la paracha Le’h Le’ha, dans le discours intitulé « Et le rideau fera séparation », à propos de
Pourtant, la racine du vêtement est très élevée, comme l’explique le discours de Torah Ohr « Et le rideau fera séparation », dans la paracha Le’h Le’ha.
ולהבין ענין חשמל זה כו׳ וגם בד״ה ענין לך לך גבי וידבר שלשת אלפים משל38 כו׳ ועוד נת׳ [נתבאר] זה במ״א בפי׳ השמים כסאי3940
« Et pour comprendre cette notion du chachmal, etc. » ; ainsi que dans le discours intitulé « La notion de “Va pour toi” », à propos de « Il prononça trois mille paraboles, etc. ». Cela a aussi été expliqué davantage ailleurs, dans l’explication de « Les cieux sont Mon trône »,
Ce discours aborde le sujet à propos de « comprendre cette notion du chachmal », et le discours sur « Va pour toi » à propos de « il prononça trois mille paraboles ». Il est également expliqué au sujet du verset « Les cieux sont Mon trône ».
כי בחי׳ יחידה שאין לה כלי היינו כתר שסובב ומקיף מראשו ועד רגלו ומבדיל בין אצי׳ [אצילות] לבריאה ונעשה פרגוד ומסך.41
car le niveau de Yé’hida, qui n’a pas de réceptacle, c’est-à-dire Kéter, entoure et enveloppe depuis sa tête jusqu’à son pied ; il sépare Atsilout de Béria et devient un rideau (pargod) et un écran (massakh).
Yé’hida, le niveau le plus élevé de l’âme, n’a pas de réceptacle ; c’est Kéter, qui entoure l’ensemble de la tête aux pieds. Ce niveau enveloppant sépare Atsilout de Béria et devient le rideau et l’écran qui les distinguent.
Section 3 : « ma bien-aimée » désigne la Torah, qui attire la Lumière infinie dans la 'Hokhma, et « ma belle » désigne les mitsvot, qui confectionnent un vêtement royal. Ce vêtement garantit que le flux provenant du niveau suprême, où « l’obscurité est comme la lumière », n’atteigne que la sainteté et non les forces extérieures ; il a sa racine dans Kéter même.
La note de Kehot sur « la Torah et les actes de bonté » renvoie à Yevamot 105a : Rabba, qui se consacrait à la Torah, vécut quarante ans, tandis qu’Abayé, qui se consacrait à la Torah et aux actes de bonté, vécut soixante ans. La version d’Or HaTorah ajoute que l’attraction opérée par la Torah est celle de la « supernelle âme » du Zohar (Vayechi, 245), attirée dans les dix Séfirot d’Atsilout.
Maré mekomot
- 1לכו לחמו בלחמי · Proverbs 9:5
- 2כך ע״י התורה . . בחכמה עילאה · ”והיינו המשכת נשמתא עילאה שבזהר הנ״ל [— ויחי דרמ״ה] שיומשך בכל הע״ס דאצילות כנ״ל” — אוה״ת שבועות ע׳ צח.
- 3יביאו לבוש מלכות · Esther 6:8
- 4אלביש שמים קדרות · Isaiah 50:3
- 5כחשכה כאורה · Psalms 139:12
- 6שממית בידים תתפש · Proverbs 30:28
- 7לו ישמעאל · Genesis 17:18
- 8סד״ה מצה זו · לעל פ׳ צו.
- 9ובד״ה ויאבק · תו״א כו, א ואילך. באוה״ת שבועות ע׳ צח נוסף: ”ובפ׳ לך לך בד״ה אנכי מגן לך”.
- 10ויאבק · Genesis 32:25
- 11כל האומר אין לי אלא תורה . . אלא תורה וגמ״ח · Yevamot 109b:4–5
- 12אלא תורה וגמ״ח · Yevamot 105a:14
- 13שמים אש ומים · Chagigah 12a:19–20
- 14רצוא ושוב · Ezekiel 1:14
- 15מימינו אש דת · Deuteronomy 33:2
- 16אברהם שיצא ממנו · Pesachim 56a:7
- 17אברהם שיצא ממנו · Sifrei Devarim 31:1
- 18אברהם שיצא ממנו · Sifrei Devarim 312:1–2
- 19וע׳ בזהר פ׳ בלק (דף ר״ד ב׳) · ראה ביאוה״ז לאדה״א קט, ב. וראה אוה״ת בהעלותך ע׳ משג.
- 20בקר אערך לך ואצפה · Psalms 5:4
- 21אתא דוד ואתקין האי בוצינא חופאה להאי בקר דיוסף · Zohar, Balak 33:354–34:363
- 22ויגש אליו יהודה · Genesis 44:18
- 23ועמ״ש מזה ע״פ ויגש · בתו״א מד, א.
- 24בגין כך לא יטעי לחברא עת אחרא לגבי מלכא · Zohar, Achrei Mot 5:39–6:48
- 25בזאת יבא · Leviticus 16:3
- 26וכדין לבשו שמים קדרות · Zohar, Achrei Mot 53:324–54:332
- 27ועיין בפרדס שכ״ה פרק ו׳ · Pardes Rimmonim 25:6
- 28ואתחנן אל ה׳ בעת ההיא · Deuteronomy 3:23
- 29ועת לכל חפץ · Ecclesiastes 3:1
- 30בד״ה בשעה שהקדימו · Numbers 13:4
- 31בשעה שהקדימו ישראל נעשה לנשמע · Shabbat 88a:7–8
- 32בד״ה תקעו בחדש שופר · לעיל ר״ה נד, א.
- 33תקעו בחדש שופר · Psalms 81:4
- 34בד״ה כי תשמע בקול · ראה לעיל פ׳ ראה כג, ג.
- 35כי תשמע בקול · Deuteronomy 13:19
- 36בפ׳ לך לך בד״ה והבדילה הפרוכת · תו״א יב, ד. וראה ד״ה מצה זו תר״מ סעי׳ מה.
- 37והבדילה הפרוכת · Exodus 26:33
- 38וידבר שלשת אלפים משל · I Kings 5:12
- 39בפי׳ השמים כסאי · מאמרי אדה״ז נ״ך ע׳ קצה.
- 40השמים כסאי · Isaiah 66:1
- 41
Cela signifie que la racine du rideau (pargod) et de l’écran (masach), qui sont le vêtement mentionné plus haut, se trouve au niveau de ye’hida et de Kéter. C’est là le sens de : « Les cieux sont Mon trône (kissi) », car
Ainsi, le rideau et l’écran entre Atsilout et Béria, qui constituent le « vêtement », ont leur racine en ye’hida et en Kéter. C’est pourquoi le verset dit : « Les cieux sont Mon trône. »
שמים פי׳ גם כן מקיפים ומהם נמשך הכסא כס2 א׳ לבוש ומסך הנל ועמ״ש ע״פ ואברהם זקן3 בא בימים4 ועד״ז [ועל דרך זה] יובן ענין יפתי כו׳
« Cieux » signifie également des lumières environnantes (makifim), et c’est d’elles qu’est tiré le trône (kissé), kes [et] alef : le vêtement et l’écran mentionnés plus haut. (Voyez aussi ce qui est écrit sur le verset : « Avraham était vieux, avancé en jours. ») Dans cette même optique, on comprendra la notion de « ma belle », etc.
Ici, « cieux » désigne les lumières environnantes (makifim), et c’est d’elles que vient le « trône », kissé, lu comme kes et alef ; kes évoque une couverture : le vêtement et l’écran. Le texte renvoie à son discours sur « Avraham était vieux, avancé en jours » et indique que « ma belle » se comprend de la même manière.
וזהו יפיפית מבני אדם5 כו׳ שעל ידי קיום המצות עושה לבושים יפים למלך מלכי המלכים הקב״ה [הקדוש ברוך הוא].
C’est là le sens de : « Tu es plus belle que les fils de l’homme, etc. » : par l’accomplissement des mitsvot, [l’homme] confectionne de beaux vêtements pour le Roi des rois des rois, le Saint béni soit-Il.
C’est également le sens de : « Tu es plus belle que les fils de l’homme » : en observant les mitsvot, les hommes confectionnent de beaux vêtements pour le Roi des rois des rois.
א״כ [אם כן] כביכול מה שיפיפית הוא מבני אדם כן פי׳ הגאון החסיד ר׳ [רבי] לוי יצחק ז״ל מבאדיטשוב
Ainsi, pour ainsi dire, le fait que Tu sois belle vient « des fils de l’homme ». Telle est l’explication du gaon et ‘hassid Rabbi Levi Yitz’hak, de mémoire bénie, de Berditchev.
Ainsi, la « beauté » de D.ieu, pour ainsi dire, vient « des fils de l’homme », c’est-à-dire de leurs mitsvot. Le texte attribue cette lecture à Rabbi Levi Yitz’hak de Berditchev.
והיינו מ״ש יפתי ועמ״ש סד״ה ועשית בגדי קדש6 שבלבושים אלו שממעשה המצות יש ג׳ בחינות ומדרגות
C’est ce qui est écrit : « ma belle ». Voyez aussi ce qui est écrit à la fin du discours qui commence par « Tu feras des vêtements sacrés » : dans ces vêtements issus de l’accomplissement des mitsvot, il existe trois aspects et trois niveaux.
C’est là le sens de « ma belle ». Le texte renvoie à la fin du discours de Torah Ohr « Tu feras des vêtements sacrés », qui distingue trois niveaux parmi les vêtements confectionnés par les mitsvot.
והנה מבואר במ״א7 שיניקת החיצונים הוא בב׳ אופנים הא׳ מלמטה מחמת ריבוי הצמצומים וההסתר כו׳
Or, il est expliqué ailleurs que les forces extérieures puisent leur nourriture de deux manières. La première vient d’en bas, en raison des nombreux tsimtsoumim et de la dissimulation, etc.
Les forces extérieures puisent leur nourriture de deux manières. La première vient d’en bas : les nombreux tsimtsoumim et les dissimulations de la lumière leur laissent une place.
והב׳ ע״י אם תגביה כנשר8 כו׳ שרוצים לקבל מבחי׳ דקמיה כחשכה כאורה9 כנז׳ [כנזכר] לעיל והנה התיקון לב׳ יניקות אלו הוא ע״י לבושים דמעשה המצות
La seconde vient de « Même si tu t’élèves comme l’aigle, etc. » : elles cherchent à recevoir du niveau à propos duquel il est dit : « Devant Lui, les ténèbres sont comme la lumière », comme mentionné plus haut. Or, le remède (tikoun) à ces deux modes de subsistance consiste dans les vêtements issus de l’accomplissement des mitsvot.
La seconde vient d’en haut : « Même si tu t’élèves comme l’aigle » ; elles cherchent à atteindre le niveau devant lequel « les ténèbres sont comme la lumière », comme cela a été décrit précédemment. Les vêtements confectionnés par les mitsvot remédient à ces deux formes de subsistance.
והנה התיקון לבחי׳ הא׳ פשוט הוא שכשנמשך ע״י לבוש מל׳ [מלכות] דאצילות אין להם יניקה יתירה מלמטה
Le remède au premier mode est simple : lorsque le flux est attiré par le vêtement de Mal’hout d’Atsilout, elles ne reçoivent pas de nourriture excessive d’en bas.
Le premier remède est simple : lorsque le flux passe par le vêtement de Mal’hout d’Atsilout, les forces extérieures ne reçoivent pas de nourriture excessive d’en bas.
אך התיקון לבחינה הב׳ היינו כמש״ש [כמה שכתוב שם] שיש מדרגה עליונה בלבושים דמעשה המצות וע״ז [ועל זה] נאמר ועשית בגדי קדש לאהרן10 שמשה הוא העושה אותם כו׳
Mais le remède pour la seconde sorte consiste, comme il est écrit là-bas, en un niveau supérieur des vêtements de l’accomplissement des mitsvot. À ce sujet, il est dit : « Tu feras des vêtements sacrés pour Aharon » : c’est Moché qui les fait, etc.
La seconde sorte nécessite un vêtement d’un niveau supérieur. À ce sujet, il est dit : « Tu feras des vêtements sacrés pour Aharon » : Moché lui-même les fait.
וענין לבוש זה מבואר בפע״ח [בפרי עץ חיים] שער י״ב פרק ח׳ כי ממדה ו׳ ואילך כו׳ מתלבש בשמנה בגדים כו׳
La nature de ce vêtement est expliquée dans Pri Etz Chaim, Sha'ar 12, chapter 8 : à partir de la sixième mida, etc., [elle] est revêtue de huit vêtements, etc.,
Pri Etz Chaim (Sha'ar 12, chapter 8) est cité au sujet de ce vêtement : à partir de la sixième mida, la lumière est revêtue de huit vêtements, nombre de vêtements portés par le Grand Prêtre.
ונמצא כי התיקון ו׳ מתלבש כו׳ ע״ש [עיין שם] הביאו הרמ״ז [הרב משה זכות] בפ׳ אמור (דפ״ח) וע׳ [ועיין] מזה בזהר הרקיע בפרשה משפטים (בדף צ״ה) ותיקון ו׳ היינו כי חפץ חסד הוא11
« Il s’ensuit que le sixième tikoun est revêtu, etc. » ; voir là-bas. Le Ramaz [Rabbi Moshe Zacuto] l’a cité dans Parshas Emor (page 88) ; voir aussi à ce sujet dans Zohar HaRakia, sur Parshas Mishpatim (on page 95). Et le sixième tikoun est : « car Il désire la bonté ('Hessed) ».
Ainsi, le sixième tikoun est revêtu. Le passage est cité par le Ramaz dans Parshas Emor et étudié dans Zohar HaRakia sur Mishpatim ; le sixième tikoun est : « car Il désire la bonté », la sixième des treize qualités énumérées en Micah 7:18–20.
ולכן על ידי לבושים אלו שמלבישים לבחי׳ כי חפץ חסד הוא גורם שיומשך בחי׳ חסדו הגדול הזה רק לסטרא דקדושה ולא להיכלות דנוגה
C’est pourquoi, par ces vêtements qui revêtent le niveau de « car Il désire la bonté », [on] fait en sorte que cette grande bonté soit attirée uniquement vers le côté de la sainteté, et non vers les palais de Nogah.
Revêtir cette qualité, « car Il désire la bonté », des vêtements des mitsvot garantit que la grande bonté de D.ieu s’écoule uniquement vers la sainteté, et non vers les palais de Nogah, le domaine de la kelipa où le bien et le mal sont mêlés.
ונמצא שע״י לבושים דמעשה המצות נעשה תיקון גם לבחי׳ יניקה הב׳ ועמ״ש בד״ה עבדים היינו לפרעה במצרים12 ויוציאנו הוי׳ אלקינו:13
Il s’ensuit que les vêtements de l’accomplissement des mitsvot apportent aussi un remède à la seconde sorte de nourriture. Et voir ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Nous étions esclaves de Pharaon en Égypte, et D.ieu notre D.ieu nous fit sortir ».
Les vêtements des mitsvot remédient donc aussi à la seconde sorte de nourriture. Le texte renvoie au discours « Nous étions esclaves de Pharaon en Égypte ».
Le vêtement a sa racine en Kéter et en ye’hida ; c’est la « beauté » de D.ieu qui vient des mitsvot accomplies par les hommes. Il remédie aux deux manières dont les forces extérieures puisent leur nourriture : d’en bas, par la dissimulation, et d’en haut, en cherchant à atteindre le niveau où « les ténèbres sont comme la lumière ».
La version d’Or HaTorah ajoute que, selon la Porte du Trône de Gloire d’Etz ‘Haïm, le trône provient des lumières qui étincellent de Kéter, de ‘Hokhma et de Bina ; elle cite aussi le Tanya, chapitre 52, à propos de la racine plus élevée du vêtement. Le discours de Torah Ohr sur « Tu feras des vêtements sacrés » décrit différents niveaux de vêtement : les sages de cœur confectionnent les vêtements d’Aharon « pour le sanctifier », dans la sainteté supérieure, tandis que les simples mitsvot de tout Israël, accomplies à partir de l’amour naturel caché, attirent tout de même un vêtement royal par l’acceptation du joug du Ciel.
Maré mekomot
- 1השמים כסאי · Isaiah 66:1
- 2הכסא כס א׳ לבוש ומסך הנ״ל · באוה״ת שבועות ע׳ צט נוסף: ”וע׳ בע״ח שער כסא הכבוד שהכסא נמשך מאורות המתנוצצים מכח״ב, וז״ש בתניא פרק נ״ב ומה הלבוש כו׳ ע״ש שהלבוש שרשו גבוה יותר, ועוד יובן ענין זה ממ״ש בפ׳ חיי שרה בד״ה להבין ענין מה שאמרו רז״ל כו׳ גבי מש״ש והענין דכתיב ויבא משה בתוך הענן כו׳ כמ״כ תומ״צ כו׳”.
- 3ע״פ ואברהם זקן · ראה תו״א טז, ב.
- 4ואברהם זקן בא בימים · Genesis 24:1
- 5יפיפית מבני אדם · Psalms 45:3
- 6סד״ה ועשית בגדי קדש · תו״א פב, ד.
- 7והנה מבואר במ״א · ראה דרך מצותיך עז, א. אוה״ת שמות כרך ז ע׳ ב׳תצ ואילך.
- 8אם תגביה כנשר · Obadiah 1:4
- 9כחשכה כאורה · Psalms 139:12
- 10ועשית בגדי קדש לאהרן · Exodus 28:2
- 11כי חפץ חסד הוא · Micah 7:18
- 12עבדים היינו לפרעה במצרים · Deuteronomy 6:21
- 13בד״ה והבדילה הפרוכת · תו״א פ׳ לך לך.
« Lève-toi pour toi-même » : le kaf et le youd ¶13–15
13ד אך להיות המשכת אור א״ס [אין סוף] בחכמה עילאה ע״י התורה ולהמשיך ע״י מעשה המצות בחי׳ לבוש הנ״ל צריך להקדים בחי׳ קומי לך1 לעצמך
4. Mais, pour que la Lumière infinie (Or Ein Sof) soit attirée dans la 'Hokhma supérieure par la Torah, et pour que le niveau du vêtement mentionné plus haut soit attiré par l’accomplissement des mitsvot, il faut d’abord le niveau de « Lève-toi pour toi-même (kumi lakh) » : vers ton propre être,
Section 4. Avant que la Torah puisse attirer la Lumière infinie dans la 'Hokhma et que les mitsvot puissent attirer le vêtement, il faut d’abord « Lève-toi pour toi-même » (kumi lakh) : s’élever vers son propre être.
דהיינו לבחי׳ הנשמה שלמעלה כו׳ והיינו ע״י ק״ש [קריאת שמע] ותפלה והנה הכתיב לכי בכף יו״ד כו׳
c’est-à-dire vers le niveau de l’âme qui est au-dessus, etc. ; cela se réalise par le Chema et la prière. Or, la forme écrite (ketiv) est la’hi, avec un kaf et un youd, etc.
Cet être propre est l’âme telle qu’elle se trouve au-dessus, et l’élévation se réalise par le Chema et la prière. La forme écrite du verset, la’hi, avec un kaf et un youd, fait allusion aux niveaux que le maamar explique à présent.
והענין כי הנה בחי׳ מחשבה הקדומה הוא בחי׳ ממוצע בין עצמות אור א״ס [אין סוף] לנאצלים להיות
L’explication est la suivante : le niveau de la pensée primordiale est celui d’un intermédiaire entre l’essence de la Lumière infinie et les êtres émanés ; car
La pensée primordiale est l’intermédiaire entre l’essence de la Lumière infinie et les êtres émanés.
כי מחשבה הקדומה היא בחינת מקיף וסובב כל ההשתלשלות וכוללם יחד שע״י מחשבה זו הוא התהוותם כו׳
la pensée primordiale est le niveau d’une lumière enveloppante (makif), qui entoure tout l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) et les englobe tous ensemble ; c’est par cette pensée qu’ils viennent à l’existence, etc.
C’est une lumière makif qui entoure tout l’enchaînement descendant et l’englobe dans son ensemble, puisque tout vient à l’existence par cette pensée.
נמצא מחשבה זו היא בחינת אור כללי הכולל כל פרטי ההשתלשלות ובעצמות אור אין סוף לא שייך כל זה שאין שייך ח״ו [חס ושלום] לומר בו
Il s’ensuit que cette pensée est le niveau d’une lumière générale (or klali), qui englobe tous les détails de l’enchaînement descendant des mondes. Mais rien de tout cela ne s’applique à l’essence de la Lumière infinie, car on ne peut pas dire à son sujet, à D.ieu ne plaise,
C’est donc une lumière générale qui englobe chaque détail de l’enchaînement descendant des mondes. Rien de cela ne peut être dit de l’essence même de la Lumière infinie.
שהוא מקור וכלל שכולל חיות העולמות שהוא מרומם ונשגב מגדר העלמין לגמרי והיה יכול להיות רבוא רבבות השתלשלות באופנים אחרים כו׳
qu’elle est une source et un ensemble englobant la force vitale des mondes, puisqu’elle est absolument élevée et au-delà des limites des mondes ; et il aurait pu y avoir des myriades et des myriades d’enchaînements descendants selon d’autres modalités, etc.,
On ne peut qualifier l’essence de source ou d’ensemble englobant la force vitale des mondes, puisqu’elle se situe absolument au-delà de leurs limites. Elle aurait pu faire advenir d’innombrables autres enchaînements descendants, selon d’autres modalités.
ורבוא רבבות ספירות שלא ממהות הספירות הנאצלים כמ״ש בביאור ע״פ יביאו לבוש מלכות2 ע״ש [עיין שם] בד״ה להבין ההפרש כו׳.
ainsi que des myriades et des myriades de Séfirot qui ne seraient pas de la nature des Séfirot émanées, comme il est écrit dans l’explication du verset « Qu’ils apportent un vêtement royal » ; voyez là-bas, dans le discours qui commence par « Pour comprendre la différence, etc. ».
Elle aurait également pu faire advenir d’innombrables Séfirot différentes des Séfirot émanées que nous connaissons. Le texte renvoie à l’explication de Torah Ohr sur « Qu’ils apportent un vêtement royal », dans le discours « Pour comprendre la différence ».
La section 4 aborde « Lève-toi pour toi-même », l’élévation de l’âme par le Chema et la prière. Elle commence par montrer que la pensée primordiale est l’intermédiaire entre l’essence de D.ieu, qui dépasse tous les mondes, et les êtres émanés : elle seule peut être considérée comme la source générale englobant l’enchaînement descendant des mondes.
Maré mekomot
- 1קומי לך · Song of Songs 2:13
- 2יביאו לבוש מלכות · Esther 6:8
14ועמ״ש בפ׳ בשלח סד״ה להבין ענין לחם משנה1 וגם אין שייך לומר באור א״ס [אין סוף] שהוא מקיף וסוכ״ע [וסובב כל עלמין] כו׳ כנודע
Et voyez ce qui est écrit dans la paracha de Béchala’h, à la fin du discours commençant par « Comprendre la notion du double pain (le’hem michné) ». De plus, il ne convient pas de dire de la Lumière infinie qu’elle est une lumière enveloppante (makif) et la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), etc., comme on le sait.
Le texte renvoie à la fin du discours sur le double pain (le’hem michné) dans la paracha de Béchala’h. Même les termes makif et sovev, « enveloppant », ne s’appliquent pas proprement à la Lumière infinie elle-même, car le fait d’envelopper implique encore une relation avec les mondes.
ולכן כדי שיתהוו פרטי העולמות מעצמות אור א״ס [אין סוף] הוא ע״י בחי׳ מחשבה הקדומה שהוא בחי׳ התהוות אור כללי הכולל כל ההשתלשלות יחד כו׳ והרי הוא כלל של הפרטים כו׳
Et donc, pour que les détails des mondes adviennent de l’essence de la Lumière infinie, cela passe par le niveau de la pensée primordiale, qui est le niveau de l’émanation d’une lumière générale englobant ensemble tout l’enchaînement descendant des mondes, etc. Elle est l’expression générale et collective des détails, etc.
Les mondes particuliers ne procèdent donc de l’essence de la Lumière infinie que par l’intermédiaire de la pensée primordiale : une lumière englobante qui inclut tout l’enchaînement descendant et constitue l’expression générale et collective de tous ses détails.
והיינו כי מחשבה הקדומה היינו בחי׳ א״ק [אדם קדמון] והוא בחי׳ כתר דאבי״ע [דאצילות בריאה יצירה עשיה] כמ״ש בע״ח [בעץ חיים] שמ״א פ״ד ומבואר יותר בשערי קדושה להרח״ו [להרבי חיים ויטאל] ח״ג [חלק ג׳] שער א׳ וז״ל [וזה לשונו] א״ק [אדם קדמון] קוצו של יו״ד והיא הספירה העליונה מכולן ונקרא כתר2 עכ״ל [עד כאן לשונו]
Cela signifie que la pensée primordiale est le niveau d’Adam Kadmon, et qu’elle est le niveau de Kéter d’Atsilout, de Béria, de Yetsira et d’Assiya, comme il est écrit dans Etz Chaim, Sha'ar 41, chapitre 4, et expliqué plus en détail dans Sha'arei Kedushah de Rabbi Chaim Vital, partie III, porte 1. Voici ses termes : « Adam Kadmon est la pointe du youd, et il est la Séfira la plus élevée de toutes ; il est appelé Kéter. » Fin de citation.
La pensée primordiale est Adam Kadmon, le Kéter des quatre mondes. Le texte cite Etz Chaim et Sha'arei Kedushah de Rabbi Chaim Vital, qui désigne Adam Kadmon comme « la pointe du youd », l’extrémité de la première lettre du Nom, la Séfira la plus élevée, appelée Kéter.
ולכן נק׳ מחשבה הקדומה בחינת הממוצע ע״ד [על דרך] שנת׳ [שנתבאר] באריכות בע״ח [בעץ חיים] שמ״א פ״ג [פרק ג׳] שהכתר הוא הממוצע בין המאציל לנאצלים ע״ש [עיין שם]
C’est pourquoi la pensée primordiale est appelée le niveau de l’intermédiaire, comme il est expliqué longuement dans Etz Chaim, Sha'ar 41, chapitre 3 : Kéter est l’intermédiaire entre l’Émanateur et les émanés ; voir là-bas.
C’est pourquoi elle est appelée l’intermédiaire : Etz Chaim explique longuement que Kéter est l’intermédiaire entre l’Émanateur et les émanés.
והנה הממוצע יש בו מבחינה היותר תחתונה שבמאציל ומבחי׳ היותר עליונה שבנאצלים ועי״ז מתחבר אור המאציל בנאצלים וזהו ענין אוף כ״ף והיינו כי הכ״ף הוא מספר עשרים
Or, l’intermédiaire comporte quelque chose du niveau le plus bas de l’Émanateur et du niveau le plus élevé des émanés. Par là, la lumière de l’Émanateur se trouve reliée aux émanés. Telle est la notion du [lettre] kaf : le kaf a pour valeur numérique vingt,
Un intermédiaire comporte quelque chose du niveau le plus bas de l’Émanateur et quelque chose du niveau le plus élevé des émanés ; il relie ainsi la lumière de l’Émanateur aux émanés. Telle est la signification du kaf, dont la valeur numérique est vingt.
דהיינו שיש בו ב״פ [ב׳ פעמים] ע״ס [עשר ספירות] א׳ בבחי׳ תחתונה שבמאציל שנמשכה להיות בחי׳ כתר לנאצלים שכיון שנמשכה להיות נשמה לשרש האצילות ע״כ [על כן] מעתה שייך לומר בה בחי׳ ע״ס [עשר ספירות] וזהו הנקרא ע״ס [עשר ספירות] הגנוזות.
c’est-à-dire qu’il comporte deux fois les Dix Séfirot. Un [ensemble] se trouve au niveau le plus bas de l’Émanateur, qui a été émané pour devenir le niveau de Kéter des émanés. Puisqu’il a été émané pour être une âme pour la racine d’Atsilout, on peut dès lors parler à son sujet du niveau des Dix Séfirot ; c’est ce qu’on appelle les Dix Séfirot cachées (esser sefiros hagenuzos).
Vingt correspond à deux ensembles de Dix Séfirot. L’un est le niveau le plus bas de l’Émanateur, attiré vers le bas pour devenir Kéter des émanés ; dès lors qu’il devient une âme pour la racine d’Atsilout, on peut parler à son sujet des Dix Séfirot, et on l’appelle « les Dix Séfirot cachées ».
La pensée primordiale est Adam Kadmon, le Kéter de tous les mondes et l’intermédiaire entre l’Émanateur et les émanés. Elle comporte deux ensembles de Dix Séfirot, l’un relevant de l’Émanateur et l’autre constituant la racine des émanés : c’est le kaf, dont la valeur est vingt.
Sha'arei Kedushah, cité dans le texte, fait correspondre les cinq mondes au Nom Havaya : la pointe du youd est Adam Kadmon, le youd est Atsilout, le premier hé est Béria, le vav est Yetsira et le dernier hé est Assiya. Comme Adam Kadmon n’a aucune forme de lettre, mais seulement une pointe, on ne parle généralement que de quatre mondes.
Maré mekomot
- 1לחם משנה · Exodus 16:22
- 2א״ק קוצו של יו״ד והיא הספירה העליונה מכולן ונקרא כתר · Sha'arei Kedusha, Part 3 1:9–10
15והב׳ ע״ס [עשר ספירות] שרש הנאצלים וכמ״ש בע״ח [בעץ חיים] שא״ שהוא שרש הנאצלים כולל כולם כו׳ וכמ״כ [וכמו כן] בבחינת עתיק שהוא בחינה תחתונה שבמאציל יש ע״ס [עשר ספירות] כו׳ וכללות שניהם הוא בחי׳ כתר
Et la seconde est constituée des dix Séfirot de la racine des êtres émanés, comme il est écrit dans Etz Chaim, qu’Arikh Anpin, qui est la racine des êtres émanés, les inclut tous, etc. De même, au niveau d’Atik, qui est le niveau inférieur de l’Émanateur, il y a dix Séfirot, etc. Leur expression générale et collective à tous deux constitue le niveau de Kéter ;
Le second ensemble de dix Séfirot est la racine des êtres émanés : Arikh Anpin, qui, selon Etz Chaim, inclut tout Atsilout. Le premier ensemble se trouve en Atik, le niveau inférieur de l’Émanateur ; Kéter réunit les deux.
ולכן נק׳ כ״ף וגם עוד יש טעם למה שנק׳ כ״ף שהוא מלשון כף היד שנק׳ כן ע״ש [על שם] שכופף אותה ונעשית
c’est pourquoi il est appelé kaf. Il y a aussi une autre raison pour laquelle il est appelé kaf : le mot vient de l’expression kaf hayad, la paume de la main, ainsi appelée parce qu’on la plie (kofef), et qu’elle devient
C’est pourquoi Kéter est appelé kaf, la lettre dont la valeur numérique est vingt. Il y a aussi une autre raison : kaf signifie également la paume de la main, ainsi appelée parce qu’on plie (kofef) la main.
comme un creux en son milieu, et la main enveloppe et entoure ce qui se trouve à l’intérieur. Ainsi qu’il est écrit (Exode 4) : « Et elle devint un bâton dans sa paume (kapo) », et « Tandis qu’il est encore dans sa paume, il l’avale »
Une paume pliée forme un creux et entoure ce qu’elle tient, comme dans « un bâton dans sa paume » et « tandis qu’il est encore dans sa paume, il l’avale ».
(בישעי׳ [בישעיה] סי׳ כ״ח) וכך בחי׳ מחשבה הקדומה מפני שמקפת כל ההשתלשלות דאבי״ע [דאצילות בריאה יצירה עשיה] והם מוקפים ממנה
(Isaïe, chapitre 28). De même, le niveau de la pensée primordiale, parce qu’il enveloppe tout l’enchaînement descendant (hichtalchelout) d’Atsilout, Béria, Yetsira et Assiya, tandis que ceux-ci sont enveloppés par lui,
De même, la pensée primordiale enveloppe tout l’enchaînement des quatre mondes, qui sont contenus en elle.
לכן נק׳ כ״ף וזהו שנאמר ומתחת זרועות עולם3 דלכאורה אינו מובן איטך שייך ענין זרועות מתחת העולם אלא הענין שהוא בחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] שהוא עד״מ [על דרך משל] זרוע וידו הכפופה שמקפת הדבר מכל צד כו׳
est donc appelé kaf. C’est le sens des mots : « Et sous lui sont les bras du monde (olam) » ; car, à première vue, on ne comprend pas comment les bras peuvent se trouver sous le monde. L’explication est que cela désigne le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), comparable à un bras et à sa main pliée, qui enveloppent une chose de tous côtés, etc.
C’est pourquoi il est appelé kaf. Cela explique « sous lui sont les bras du monde » : des bras « sous » le monde ne se comprennent que comme le sovev, à l’image d’un bras dont la main pliée tient une chose de tous côtés.
והו ג״כ פי׳ כתר לשון כותרת ולשון כתרו את בנימין4 שהוא ענין היקף וסיבוב כו׳
C’est aussi le sens de Kéter : le mot évoque koteret, un chapiteau [de colonne], ainsi que l’expression « ils encerclèrent (kitrou) Binyamin », qui renvoie à l’idée d’envelopper et d’entourer, etc.
Le mot Kéter lui-même signifie entourer, comme koteret, le chapiteau d’une colonne qui ressemble à une couronne, et « ils encerclèrent (kitrou) Binyamin ».
זהו ענין הכ״ף ועיין ברבות נשא פי״ג גבי כף אחת עשרה זהב כנגד הלוחות שנכתבו מיד הקב״ה [הקדוש ברוך הוא]5 כו׳
Tel est le sens de la lettre kaf. Voir aussi [Bamidbar] Rabbah, Naso, section 13, au sujet de « une seule coupe (kaf) de dix [sicles] d’or » : elle correspond aux Tables, qui furent écrites de la main du Saint béni soit-Il, etc.
Le Midrach sur les offrandes des princes interprète « une seule coupe (kaf) de dix [sicles] d’or » comme une allusion aux Tables, écrites de la main même de D.ieu, sur lesquelles figuraient les Dix Commandements.
ועמ״ש מענין הלוחות בד״ה אם בחקתי6 וענין היו״ד הוא בחי׳ חכמה דאצילות ראשית הגילוי מבחי׳ כתר כו׳
Voir aussi ce qui est écrit au sujet des Tables dans le discours qui commence par « Si vous suivez Mes lois ». Quant au yod, il désigne le niveau de 'Hokhma d’Atsilout, le commencement de la révélation issue du niveau de Kéter, etc.
Le texte renvoie à son exposé sur les Tables dans le discours « Si vous suivez Mes lois ». Le yod de lachi désigne 'Hokhma d’Atsilout, première révélation émanant de Kéter.
וזהו קומי לכי7 היינו שאומר לבחי׳ כנ״י [כנסת ישראל] מל׳ [מלכות] דאצילות קומי לך לשרשך העצמי והכתיב לכי היינו לבחי׳ כ״ף ויו״ד הנ״ל שהן שרשך כי ישראל עלו במחשבה כו׳
Et telle est [la signification de] « Lève-toi pour toi-même (koumi la’hi) » : Il dit au niveau de l’Assemblée d’Israël (Knesset Israël), Mal’hout d’Atsilout : « Lève-toi pour toi-même (koumi la’h) », vers ta racine essentielle. Or la forme écrite la’hi signifie : vers le niveau du kaf et du youd mentionnés plus haut, qui sont ta racine, car Israël s’éleva dans la pensée, etc.
Ainsi, koumi la’hi est l’appel de D.ieu à l’Assemblée d’Israël, Mal’hout d’Atsilout, à s’élever vers sa propre racine. La forme écrite la’hi, kaf et youd, désigne cette racine, Kéter et 'Hokhma, car Israël s’éleva dans la pensée de D.ieu.
(וזהו מראש מקדם נסוכה מראש היינו חכמה עילאה כי ראשית חכמה ומקדם היינו מחשבה הקדומה וי״ל [ויש לומר] שהן ב׳ מקיפים חי׳ יחידה כו׳ ועפ״ז [ועל פי זה] י״ל [יש לומר] פי׳ זה יתנו כו׳ מחצית השקל בשקל הקדש עשרים גרה השקל8
(Et telle est [la signification de] « Dès le commencement (méroch), depuis les temps anciens (mikedem), elle fut consacrée » : « dès le commencement » désigne la 'Hokhma supérieure, car « le commencement est la sagesse ('Hokhma) » ; et « depuis les temps anciens » désigne la pensée primordiale (ma'hachava hakédouma). On peut dire qu’il s’agit des deux lumières enveloppantes (makifim), 'haya et ye'hida, etc. Et selon cela, on peut expliquer le sens de « Voici ce qu’ils donneront, etc. : un demi-chékel selon le chékel sacré ; le chékel vaut vingt guéras »,
Dans cette parenthèse, le texte interprète de la même manière l’expression « dès le commencement, depuis les temps anciens, elle fut consacrée » : « le commencement » est la 'Hokhma, et « les temps anciens » désigne la pensée primordiale, peut-être les deux makifim de l’âme, 'haya et ye'hida. Cela éclaire aussi le demi-chékel : « le chékel vaut vingt guéras ».
כי שקל הקדש היינו מה שקדש העליון נמשך בבחינת משקל עד״מ [על דרך משל] שהוא ע״י צמצום ומקום פנוי ואח״כ [ואחר כך] נמשך רק קו והארה כו׳ והיינו כדי שיהי׳ [שיהיה] מקור להתהוות העולמות סוכ״ע [סובב כל עלמין] וממכ״ע [וממלא כל עלמין] וכללות שקל הקדש הזה הוא עשרים
car « le chékel sacré » désigne la sainteté suprême qui est transmise selon une mesure (michkal), à titre d’analogie, par le tsimtsoum et l’espace vide (makom panoui), puis seulement une ligne (kav) et un rayonnement sont transmis, etc. ; c’est-à-dire afin qu’il existe une source pour la création des mondes : la lumière qui entoure tous les mondes et la lumière qui remplit tous les mondes. Et l’expression générale et collective de ce chékel sacré est vingt,
Le « chékel sacré » est la sainteté suprême transmise selon une mesure, par le tsimtsoum et l’espace vide, puis seulement par une ligne (kav) de lumière, afin qu’il y ait une source pour les mondes : la lumière qui les entoure et la lumière qui les remplit. Dans son expression générale et collective, ce chékel est « vingt ».
היינו בחי׳ כ״ף ב״פ [ב׳ פעמים] ע״ס [עשר ספירות] כנ״ל והנה כתיב אחור וקדם צרתני ותשת עלי כפכה9 ואיתא בזהר הרקיע בפי׳ הספ״ד [הספרא דצניעותא] פ״ה כפכה כ״ף שלך ור״ל [ורוצה לומר] בחי׳ כ״ף הנ״ל שהוא בחי׳ מחשבה הקדומה שמשם שרש הנשמה כו׳
c’est-à-dire le niveau du kaf, deux fois les dix Séfirot, comme mentionné plus haut. Or il est écrit : « Derrière et devant, Tu m’as formé, et Tu as posé Ta paume (kapekha) sur moi » ; et le Zohar HaRakia, dans son commentaire sur la Sifra deTsniouta, chapitre 5, rapporte : « Kapekha, Ton kaf » ; c’est-à-dire le niveau du kaf mentionné plus haut, celui de la pensée primordiale, d’où vient la racine de l’âme, etc.
Vingt désigne le kaf, les deux ensembles des dix Séfirot. Le verset « Tu as posé Ta paume (kapekha) sur moi » est interprété par le Zohar HaRakia comme « Ton kaf » : la pensée primordiale, où l’âme a sa racine.
ואפשר לומר שזהו ג״כ ענין ב׳ יודין שבתיבת וייצר10 ה׳ אלקים את האדם11 היינו שהם רומזים לב׳ בחינות ע״ס [עשר ספירות] הנ״ל וקרוב לזה איתא בפ׳ נשא) (קמ״א ב׳)
On peut dire que telle est aussi la signification des deux youd dans le mot vayitser, dans « Et Havaya Elokim forma (vayitser) l’homme » : ils font allusion aux deux niveaux des dix Séfirot mentionnés plus haut. Une idée proche de cela est rapportée dans la paracha de Nasso) (141b).
Peut-être les deux youd de vayitser, « Il forma » l’homme, font-ils eux aussi allusion aux deux ensembles des dix Séfirot. Le Zohar (Nasso, 141b) rapporte une idée proche.
אך הנשמה יש בה אחור וקדם שהרצון נק׳ אחור לגבי בחי׳ התענוג אהבה בתענוגים וכמ״ש בד״ה ואהיה אצלו אמון12 כו׳
Mais l’âme comporte un « derrière et devant » : la volonté est appelée « derrière » par rapport au niveau du plaisir, « l’amour dans les délices », comme il est écrit dans le discours qui commence par « Et j’étais auprès de Lui comme un nourrisson (amon) », etc.
L’âme aussi comporte un « derrière et devant » : la volonté est le « derrière », et le plaisir, « l’amour dans les délices », le « devant ». Le texte renvoie au discours « Et j’étais auprès de Lui comme un nourrisson ».
ושרש דשרש ב׳ בחי׳ האלו הם מב׳ בחי׳ ע״ס [עשר ספירות] שבכ״ף הנל״ שהן ג״כ רצה״ע [רצון העליון] ומקור התענוגים כו׳
Et la racine de la racine de ces deux niveaux provient des deux niveaux des dix Séfirot contenus dans le kaf mentionné plus haut, qui sont également la volonté suprême et la source des plaisirs, etc.
La racine ultime de ces deux niveaux est constituée par les deux ensembles des dix Séfirot contenus dans le kaf, qui sont également la volonté suprême et la source des plaisirs.
והנה בחינת אהבה בתענוגים לא כל אדם זוכה לזה13 וכמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] פי״ד [פרק י״ד / פרשה י״ד] כו׳ אבל בחי׳ האהבה והרצון לה׳ זהו חובה על הכל וכמ״ש בפ׳
Or, le niveau de « l’amour dans les délices » n’est pas accessible à toute personne, comme il est écrit dans Sefer Shel Beinonim [le Tanya], chapitre 14, etc. Mais le niveau de l’amour et de la volonté envers D.ieu est une obligation pour tous, comme il est écrit dans la paracha de
Tous ne méritent pas « l’amour dans les délices », comme l’indique le Tanya, chapitre 14. Mais l’amour et la volonté envers D.ieu sont une obligation pour tous.
Ki Sisa, dans le discours qui commence par « Ceci, ils donneront, etc. », et dans Iggeres HaKodesh, sur le verset « Que tu es belle et que tu es agréable, etc. ». Et voici [le sens de] « Ceci, ils donneront, etc. »:
Le texte renvoie au discours « Ceci, ils donneront » de la paracha Ki Sisa et à la lettre d’Iggeres HaKodesh sur « Que tu es belle et que tu es agréable ». Voici le sens de « Ceci, ils donneront : un demi-chékel ».
מחצית השקל וברע״מ [וברעיא מהימנא] ר״פ תשא דמחצית השקל הוא י׳ והיינו כמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] פי״ח שזהו בחי׳ החכמה שבנפש16 כו׳ ע״ש [עיין שם]
un demi-chékel » ; et dans le Raaya Mehemna, au début de la paracha [Ki] Sisa, il est dit que le demi-chékel est le youd. Cela correspond à ce qui est écrit dans Sefer Shel Beinonim, chapitre 18 : c’est le niveau de la 'Hokhma de l’âme, etc. ; voir là-bas.
Le demi-chékel que chacun doit donner représente l’amour et la volonté pour D.ieu que chacun est tenu d’avoir. Le Raaya Mehemna l’appelle le youd, et le Tanya, chapitre 18, l’explique comme la 'Hokhma de l’âme, dans laquelle la Lumière infinie est revêtue.
והנה ענין קומי לכי היינו ע״י התפלה שנקרא סולם כו׳ וראשו מגיע השמימה17 לבחי׳ כ״ף הנ״ל סוכ״ע [סובב כל עלמין].
Or, cette idée de « Lève-toi pour toi-même » (koumi la’hi) s’accomplit par la prière, qui est appelée une « échelle », etc., « dont le sommet atteint le ciel », jusqu’au niveau du kaf mentionné plus haut, la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin).
Cette élévation, « Lève-toi pour toi-même », s’accomplit par la prière, appelée une échelle dont le « sommet atteint le ciel » : jusqu’au kaf, au sovev, la lumière qui entoure tous les mondes.
Kéter, la pensée primordiale, est appelé kaf : vingt, les deux ensembles de dix Séfirot, et une paume qui enveloppe ce qu’elle tient. Le mot écrit lachi, kaf et yod, représente la racine de la Communauté d’Israël en Kéter et en 'Hokhma ; la prière est l’échelle par laquelle elle s’élève jusque-là.
Le passage du Zohar cité par le texte (3:141b) interprète les deux yod de vayyitzer comme le secret d’Atik Kadisha et de Zeir Anpin, « une forme à l’intérieur d’une forme », ainsi que du Nom complet, Havaya Elokim. Le chapitre 14 du Tanya explique que l’amour dans les délices est une sorte de récompense, un avant-goût du Monde futur, auquel tous n’ont pas le mérite d’accéder.
Maré mekomot
- 1
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- 17וראשו מגיע השמימה · Genesis 28:12
La prière, l’exil et « Montre-moi ton apparence » ¶16
16והענין כי התפלה יש בה מהארת בחנית שבת והנה בשבת יש באדם נשמה יתירה וענין הנשמה יתירה היינו
L’explication est que la prière comporte [quelque chose] de l’éclat du niveau de Chabbat. Or, le Chabbat, l’homme reçoit une âme supplémentaire (néchama yétéra) ; et la nature de cette âme supplémentaire est
La prière est la manière dont l’âme s’élève (« Lève-toi pour toi »), car elle porte en elle un éclat du Chabbat. Le Chabbat, l’homme reçoit une âme supplémentaire (néchama yétéra), que le maamar va maintenant expliquer.
כי בשבת הוא עליית המל׳ [המלכות] עד שבמנחה דשבת היא במקום אבא ממש ונמשך לה שם מבחינת כתר כו׳
que, le Chabbat, Mal'hout s’élève, jusqu’à ce qu’à Min’ha de Chabbat elle se trouve exactement à la place d’Abba ; alors, [une lumière] lui est attirée du niveau de Kéter, etc. ;
Le Chabbat, Mal'hout s’élève, jusqu’à ce qu’à la prière de l’après-midi de Chabbat elle se tienne exactement à la place d’Abba ('Hokhma), et qu’une lumière de Kéter lui soit attirée.
והיינו בחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] ומחשבה הקדומה ומשם נמשך נשמה יתירה לכל נשמות ישראל שבגוף היינו שמאיר בהן בחי׳ שרשן שבמחשבה הקדומה ועמ״ש מענין זה בד״ה וי קהל משה את כל עדת1 בנ״י [בני ישראל] כו׳
c’est-à-dire le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) et de la pensée primordiale. De là, une âme supplémentaire est attirée vers toutes les âmes d’Israël dans un corps ; c’est-à-dire que le niveau de leur racine dans la pensée primordiale brille en elles. Voir ce qui est écrit à ce sujet dans le maamar qui commence par « Et Moché rassembla toute l’assemblée des enfants d’Israël, etc. » ;
Cette lumière est sovev kol almin et la pensée primordiale. De là vient l’âme supplémentaire à chaque âme d’Israël dans un corps : leur racine dans la pensée primordiale brille en elles. Le texte renvoie au maamar « Et Moché rassembla ».
ע״ש [עיין שם] וזהו ענין קומי לכי לבחי׳ כ״ף יו״ד חכמה עילאה וכתר כו׳ וז״ש [וזהו שכתוב] בפע״ח [בפרי עץ חיים] שער השבת פכ״ג בפי׳
voir là-bas. Et tel est le sens de « Lève-toi pour toi (koumi la’hi) » : vers le niveau du kaf [et du] youd, la 'Hokhma supérieure et Kéter, etc. C’est ce qui est écrit dans Pri Etz Chaim, Cha’ar HaChabbat, chapitre 23, dans l’explication de
C’est là le sens de « Lève-toi pour toi (koumi la’hi) » : l’élévation vers le kaf et le youd, Kéter et la 'Hokhma supérieure. Pri Etz Chaim (Porte du Chabbat, chapitre 23) dit la même chose.
כי מאתך היא מנוחתם מאת כ׳ [כתב] שהיא הכתר2 משם מנוחתם עתה כו׳ והנה הארה מבחינת גילוי זה ששבת נמשך ג״כ בכל ים בשעת התפלה כו׳
« car c’est de Toi (me’itkha) que vient leur repos » : de la lettre kaf (me’éts kaf), qui est Kéter ; c’est de là que vient leur repos maintenant, etc. Or, un éclat de cette révélation du Chabbat est également attiré chaque jour, au moment de la prière, etc.,
Pri Etz Chaim interprète les mots de la prière de Chabbat « car c’est de Toi (me’itkha) que vient leur repos » comme me’éts kaf, « de la lettre kaf », qui est Kéter : le Chabbat, leur repos vient de Kéter. Un éclat de cette révélation du Chabbat atteint chaque jour de la semaine au moment de la prière.
כנ״ל וזהו שעל התפלה נאמר קומי לכי ועי״ז אח״כ [אחר כך] תהי׳ [תהיה] רעיתי יפתי להמשיך האור מלמעלה למטה ע״י תורה ומצות כו׳
comme il a été dit plus haut. Voilà pourquoi il est dit de la prière : « Lève-toi pour toi (koumi la’hi) » ; grâce à cela, ensuite, viendra « mon bien-aimé, ma belle », attirant la lumière d’en haut vers le bas par l’intermédiaire de la Torah et des mitsvot, etc.,
Voilà pourquoi la prière est appelée « Lève-toi pour toi » ; après la prière vient « mon bien-aimé, ma belle » : l’attraction de la lumière vers le bas par l’intermédiaire de la Torah et des mitsvot.
וכמשנ״ת [וכמו שנתבאר] למעלה ועמ״ש סד״ה ויקהל משה הנ״ל שזהו ענין שאמר מרבע״ה [משה רבינו עליו השלום] לישראל תחלה שמירת שבת ואח״כ [ואחר כך] מעשה המשכן שזהו כמ״ש בענין קומי לכי ואז אח״כ [אחר כך] בחינת רעיתי יפתי כו׳.
comme cela a été expliqué plus haut. Voir aussi ce qui est écrit à la fin du maamar mentionné plus haut, qui commence par « Et Moché rassembla » : c’est la raison pour laquelle Moché notre maître, que la paix soit sur lui, dit d’abord à Israël de garder le Chabbat, puis de construire le Michkan. Cela correspond à ce qui est écrit au sujet de « Lève-toi pour toi (koumi la’hi) », puis, ensuite, au niveau de « mon bien-aimé, ma belle », etc.
Le texte renvoie à la fin du maamar « Et Moché rassembla » : c’est pourquoi Moché dit à Israël de garder le Chabbat avant la construction du Michkan. Le Chabbat est l’élévation, « Lève-toi pour toi », puis vient le niveau de « mon bien-aimé, ma belle ».
והנה זה הפסוק נאמר על יצ״מ [יציאת מצרים] לפי שאז היה גילוי אור א״ס [אין סוף] ב״ה בכנ״י [בכנסת ישראל] כמ״ש וה׳ הולך לפניהם יומם בעמוד ענן3 ובעמוד אש לילה וכמ״ש בזהר פ׳ בלק (דקצ״א ע״ב) וה׳ זקיף טעמא לעילא4 כו׳
Or, ce verset fut prononcé à propos de la sortie d’Égypte, car alors la Lumière infinie, béni soit-Il, se révéla dans l’Assemblée d’Israël, comme il est écrit : « Et D.ieu marchait devant eux le jour dans une colonne de nuée, et dans une colonne de feu la nuit » ; et comme il est écrit dans le Zohar, parachat Balak (page 191b) : « “Et D.ieu” : le signe de cantillation est élevé au-dessus, etc. »
Le verset « Lève-toi pour toi » fut prononcé à propos de la sortie d’Égypte, lorsque la Lumière infinie se révéla à l’Assemblée d’Israël, comme dans « D.ieu marchait devant eux le jour dans une colonne de nuée ». Le Zohar (Balak, 191b) remarque que le signe de cantillation sur « Et D.ieu » est un signe élevé : la fiancée, jusque-là courbée dans l’exil, marchait désormais la tête haute.
ועי״ז היו יכולים להיות בבחינת קומי לך ועמ״ש מענין זה ג״כ בפ׳ בשלח סד״ה וה׳ הולך לפניהם וזהו כי הנה הסתיו עבר הגשם חלף5 כו׳
Et par cela, ils pouvaient atteindre le niveau de « Lève-toi pour toi-même » (koumi lakh). Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans la paracha de Bechala’h, à la fin du discours qui commence par « Et D.ieu allait devant eux ». C’est là le sens de « Car voici, l’hiver est passé, la pluie s’en est allée, etc. »
Par cette révélation, Israël pouvait s’élever : « Lève-toi pour toi-même ». Le texte renvoie au discours « Et D.ieu allait devant eux », dans la paracha de Bechala’h ; c’est le sens de « l’hiver est passé, la pluie s’en est allée », qui décrit cette époque.
אבל בגלות אין כח לכנס״י [לכנסת ישראל] לעלות בבחינת קומי לך לשרשה העצמי מחמת שירדה בסתר המדרגה כו׳ ונקרא סוכת דוד הנופלת6 (ועמ״ש בד״ה כי ההרים ימושו7 מענין זה)
Mais, en exil, l’Assemblée d’Israël n’a pas la force de s’élever, selon le mode de « Lève-toi pour toi-même », jusqu’à sa racine essentielle, car elle est descendue dans « le lieu caché de l’échelon » (madrega), etc., et elle est appelée « la soukka de David qui est tombée ». (Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par « Car les montagnes s’éloigneront ».)
En exil, l’Assemblée d’Israël ne peut s’élever de cette manière jusqu’à sa racine, car elle est tombée dans « le lieu caché de l’échelon » et est appelée « la soukka de David qui est tombée ». Le texte renvoie au discours « Car les montagnes s’éloigneront ».
הנה לזה הוא אומר עצה לאופן עלייתה גם בהיותה בסתר המדרגה והוא ע״י הראיני את מראיך8 שישים אל לבו איך שההסתר הוא כדי להיות בחינת אור חוזר שנמשך דוקא מחמת ההסתר כו׳
À cela, le verset donne un conseil sur la manière dont elle peut s’élever, même lorsqu’elle se trouve dans le lieu caché de l’échelon : c’est par « Montre-moi ton apparence », en prenant à cœur que la dissimulation a pour but de faire apparaître le niveau de la lumière réfléchie (Or Hozer), laquelle est suscitée précisément par la dissimulation, etc. ;
Le verset donne donc un conseil pour s’élever même depuis cet endroit : « Montre-moi ton apparence ». On doit prendre à cœur que la dissimulation existe pour permettre la lumière réfléchie (Or Hozer), un amour suscité précisément par la dissimulation.
שבחינת אור חוזר הוא תוקף האהבה יותר מבבחי׳ קומי לך וע״ד [ועל דרך] בעלי תשובה שבמקום שבעלי תשובה עומדים אין צדיקים גמורים9 כו׳
car le niveau de la lumière réfléchie est une intensité d’amour plus grande que celle du niveau de « Lève-toi pour toi-même », à la manière des pénitents (baalé techouva) : « Là où se tiennent les pénitents, les justes parfaits ne se tiennent pas, etc. »
La lumière réfléchie est un amour plus intense que l’élévation de « Lève-toi pour toi-même », à l’image des pénitents, qui se tiennent là où même les justes parfaits ne se tiennent pas.
C’est dans ce sens qu’il faut comprendre ce qui est écrit à propos du verset « Et je regarderai ceux qui me haïssent ». Voyez attentivement à cet endroit ce qui concerne la prière de David : « Ainsi, dans le Sanctuaire, etc. » Et de là découle
Le texte renvoie à son explication de « Et je regarderai ceux qui me haïssent » et de la prière de David : « Ainsi, dans le Sanctuaire ». De cette lumière réfléchie découle « car ta voix est douce ».
כי קולך ערב קולך היא התורה שהיא המשכת אור א״ס [אין סוף] מלמעלה למטה כנ״ל בענין רעיתי
« car ta voix est douce ». « Ta voix », c’est la Torah, qui fait descendre la Lumière infinie d’en haut en bas, comme indiqué plus haut à propos de « mon bien-aimé ».
« Ta voix », c’est la Torah, qui fait descendre la Lumière infinie, comme expliqué précédemment à propos de « mon bien-aimé ».
אך מחמת הירידה בסתר המדרגה שעי״ז נעשה בחינת או״ח [אור חוזר] הנ״ל יומשך שיהיה ההמשכה על ידי התורה מבחי׳ עליונה יותר מבחי׳ ההמשכה שע״י קומי לך רעיתי כו׳
Mais du fait de la descente dans le lieu caché de l’échelon, qui donne ainsi naissance au niveau de la lumière réfléchie mentionné plus haut, il s’ensuivra que la descente opérée par la Torah proviendra d’un niveau plus élevé que celui d’où elle descend par « Lève-toi pour toi-même, mon bien-aimé, etc. »
Du fait de la descente dans la dissimulation, qui produit la lumière réfléchie, la Torah fait désormais descendre la lumière d’un niveau plus élevé que celui d’où elle la fait descendre par « Lève-toi pour toi-même ».
ועמ״ש לעיל כה״ג [כהאי גוונא] סד״ה לסוסתי ברכבי12 שלפי שבגלות הירידה היא יותר למטה ביומין דחול ע״י מרכבה דסוסים שנז׳ [שנזכר] בזכרי׳ [בזכריה] עי״ז העלי׳ [העליה] יותר שהסוס רץ למעלה מעלה כו׳
Voyez aussi ce qui est écrit plus haut dans le même sens, à la fin du discours qui commence par « Ma jument parmi les chars » : en exil, la descente est plus basse, dans les jours profanes (yomé de’hol), par l’intermédiaire du char de chevaux mentionné dans Zacharie ; c’est ainsi que l’élévation est plus grande, car le cheval court toujours plus haut, etc. ;
Le texte renvoie à la fin du discours « Ma jument parmi les chars » : en exil, la descente est plus basse, jusque dans les jours profanes, par l’intermédiaire du char de chevaux de Zacharie ; l’élévation est donc plus grande, comme le cheval qui court toujours plus haut.
ע״ש [עיין שם] וזהו ענין כי קולך ערב דהנה רעייתי היינו ישראל מפרנסין שהתורה נק׳ מזון לכו לחמו בלחמי.13
Voir là-bas. Et voici le sens de « car ta voix est douce ». « Ma bien-aimée » (ra'ayasi) signifie qu’Israël apporte la subsistance, puisque la Torah est appelée nourriture : « Venez, mangez de mon pain. »
« Car ta voix est douce. » « Ma bien-aimée » (ra'ayasi) signifie qu’Israël apporte la subsistance, puisque la Torah est une nourriture : « Venez, mangez de mon pain. »
אך פי׳ קולך ערב היינו עד״מ [על דרך משל] המזון שיש בו עריבות שע״ז [שעל זה] אמרו רווחא לבסומי שכיח14 (במגלה ד״ז ע״ב ובעירובין פרק ח׳ דפ״ב [דפרק ב׳] ע״ב)
Mais le sens de « ta voix est douce » (arev), c’est, par analogie, une nourriture qui a en elle une douceur (arivout), à propos de laquelle les Sages ont dit : « Pour les douceurs, on trouve de la place » (Megillah, page 7b, and Eruvin, chapter 8, page 82b).
La douceur ajoute quelque chose à la nourriture : les Sages disent que « pour les douceurs, on trouve de la place ». La note de Kehot rapporte l’explication de Rachi : l’estomac fait de la place pour une douceur.
נמצא המאכל שיש בו עריבות ומתיקות יש בו מעלה יתירה כו׳ ע״ש [עיין שם] ועד״ז [ועל דרך זה] ענין התורה שנקרא לחם
Il s’ensuit que la nourriture qui a de l’agrément et de la douceur possède une qualité supplémentaire, etc. Voir là-bas. Il en va de même de la Torah, qui est appelée pain :
Ainsi, une nourriture douce et agréable possède une qualité supplémentaire. Il en va de même de la Torah, qui est appelée pain.
אך כשנמשך בה גילוי תענוג עליון ממקור התענוגים וכמ״ש אני תורתך שעשעתי15 אז נק׳ קולך
mais lorsqu’une révélation du plaisir suprême, provenant de la source des plaisirs, se déverse en elle, comme il est écrit : « Je fais mes délices (sha'ashati) de Ta Torah », alors elle est appelée « ta voix
Lorsque le plaisir suprême, provenant de la source des plaisirs, se révèle dans la Torah, comme dans les mots « Je fais mes délices de Ta Torah », elle est appelée « ta voix est douce ».
ערב שהמזון הזה עד״מ [על דרך משל] הוא במעלה ע ליונה יותר כו׳ וכן ומראך נאוה הם המצות שע״י התשובה נעשו המעשים טובים ומאירים יותר כו׳
est douce », car cette nourriture, par analogie, est d’une qualité supérieure, etc. De même, « et ton apparence est belle » désigne les mitsvot : grâce à la techouva, les bonnes actions deviennent bonnes et brillent davantage, etc.
Une telle Torah est une nourriture d’une qualité supérieure. De même, « et ton apparence est belle » désigne les mitsvot : grâce à la techouva, les actes deviennent bons et brillent davantage.
(ועמ״ש בפ׳ יתרו בד״ה וכל העם רואים16 כו׳ ועמ״ש סד״ה ועשית בגדי קדש17 שיש כמה מדריגות בענין הלבושים שממעשה המצות וכנז״ל [וכנזכר לעיל] ולכן ע״י הראיני את מראיך נמשך שיהי׳ [שיהיה] הלבושים הנעשים ממעשה המצות שהוא בחי׳ יפתי מבחינות היותר עליונות כו׳):1819
(Voir aussi ce qui est écrit dans la paracha de Yitro, dans le maamar commençant par « Et tout le peuple vit, etc. » ; voir également ce qui est écrit à la fin du maamar commençant par « Tu feras des vêtements sacrés », selon lequel il existe plusieurs niveaux de vêtements provenant de l’accomplissement des mitsvot, comme mentionné plus haut. Ainsi, grâce à « Montre-moi ton apparence », les vêtements produits par l’accomplissement des mitsvot, qui relèvent du niveau de « ma belle », proviendront des niveaux les plus élevés, etc.)
Le texte renvoie au maamar « Et tout le peuple vit », dans la paracha de Yitro, ainsi qu’au maamar sur les vêtements sacrés, qui expose les différents niveaux de vêtements. Grâce à « Montre-moi ton apparence », les vêtements issus des mitsvot, « ma belle », proviennent des niveaux les plus élevés.
La prière, qui porte un éclat du Chabbat, est l’élévation de « Lève-toi pour toi » vers la racine de l’âme en Kéter. En exil, lorsque cette élévation n’est pas possible, « Montre-moi ton apparence » transforme la dissimulation en une lumière de retour, en un amour plus intense, afin que la Torah (« ta voix ») et les mitsvot (« ton apparence ») attirent la lumière d’un niveau encore plus élevé.
Le passage de Likkutei Torah auquel renvoie la note de Kehot (Chemini Atseret, 92b) interprète « Et je regarderai ceux qui me haïssent » comme l’amour qui naît lorsque le mauvais penchant est maîtrisé, et la parole de David « Ainsi, dans le Sanctuaire, je T’ai contemplé » comme une prière pour que cet amour se trouve aussi dans la sainteté, au niveau des justes.
Maré mekomot
- 1משה את כל עדת · Exodus 35:1
- 2כי מאתך היא מנוחתם מאת כ׳ שהיא הכתר · Pri Etz Chaim, Gate of the Sabbath 23:5–6
- 3וה׳ הולך לפניהם יומם בעמוד ענן · Exodus 13:21
- 4וה׳ זקיף טעמא לעילא · Zohar, Balak 6:122–131
- 5כי הנה הסתיו עבר הגשם חלף · Song of Songs 2:11
- 6סוכת דוד הנופלת · Amos 9:11
- 7כי ההרים ימושו · Isaiah 54:10
- 8הראיני את מראיך · Song of Songs 2:14
- 9שבמקום שבעלי תשובה עומדים אין צדיקים גמורים · Berakhot 34b:22–23
- 10ואני אראה בשונאי · Psalms 118:7
- 11כן בקדש · Psalms 63:3
- 12לסוסתי ברכבי · Song of Songs 1:9
- 13לכו לחמו בלחמי · Proverbs 9:5
- 14רווחא לבסומי שכיח · Megillah 7b:5–7
- 15אני תורתך שעשעתי · Psalms 119:70
- 16וכל העם רואים · Exodus 20:15
- 17ועשית בגדי קדש · Exodus 28:2
- 18
- 19
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Avant l’étude de la Torah et l’accomplissement des mitsvot, élevez-vous d’abord, par le Chema et la prière, jusqu’à la racine de l’âme en D.ieu, comme l’âme s’élève le Chabbat. Étudiez la Torah et accomplissez également les mitsvot concrètement, en acceptant le joug du Ciel, car la Torah seule, sans actes de bonté, ne suffit pas. Et en période de dissimulation, prenez à cœur que cette dissimulation est là afin qu’en surgisse un amour plus puissant : l’amour des repentis.
Questions à discuter
- Pourquoi le maamar affirme-t-il que « Mes pensées ne sont pas vos pensées » ne peut simplement signifier que la pensée de D.ieu est plus élevée que la nôtre, et que signifie-t-il alors ?
- Comment l’analogie entre la pensée et les membres du corps explique-t-elle le pouvoir d’une mitsva accomplie concrètement de relier Atsilout à Assiya ?
- Pourquoi les mitsvot sont-elles nécessaires comme « vêtement », en plus de l’étude de la Torah, et contre quoi ce vêtement protège-t-il ?
- Que représentent le kaf et le youd de la forme écrite la’hi, et pourquoi l’âme doit-elle s’élever jusqu’à eux par la prière avant la Torah et les mitsvot ?
- Comment la dissimulation de l’exil peut-elle entraîner une descente d’un niveau plus élevé que la révélation de l’Exode ?