Likkutei Torah · Parshas Shir HaShirim · Maamar 19
להבין ענין הטעם למה שהאתדל״ע הבאה אחר האתעדל״ת…
Comprendre pourquoi l’éveil d’en haut qui suit l’éveil d’en bas
L’idée centrale
La lumière de D.ieu nous atteint de trois manières : un éveil spontané d’en haut, dont la racine est la plus élevée, mais qui ne se révèle qu’extérieurement ; un éveil qui répond à notre service, dont la racine est plus basse, mais qui est intérieur ; et un troisième, à la fois le plus élevé et intérieur, qui ne se révèle qu’une fois notre service achevé. La Torah et les mitsvot correspondent aux deux premiers, comme le cerveau caché et le crâne de Kéter ; la joie d’une mitsva attire le troisième, le Kéter intérieur : la « couronne » que les âmes contemplent sans vêtements et qui fait naître le grand amour même chez celle qui est « stérile ».
Le maamar en bref
Ce discours explique le précédent, sur « Sortez et regardez », et pose deux questions. Pourquoi l’éveil d’en haut qui répond à notre initiative fait-il naître le grand amour « masculin », tandis que l’éveil spontané ne suscite qu’un petit amour « féminin » ? Et pourquoi les âmes peuvent-elles contempler la couronne, Kéter, sans vêtements, alors que la lumière inférieure de 'Hokhma ne les atteint qu’à travers des vêtements ? Les deux unions de l’Arizal répondent à la première question : le flux constant qui soutient les mondes provient de la dimension extérieure, tandis qu’un flux intérieur ne vient que par les mayin noukvin élevés d’en bas. Pour la seconde, la Torah et les mitsvot sont comparées au cerveau et au crâne : la Torah, issue de Mo'ha Stima’a, est intérieure ; les mitsvot, issues de Goulgalta, sont extérieures, mais leur racine est plus élevée ; ainsi, l’acte est l’essentiel. La couronne est reçue par le simple « regard », au-delà de la compréhension, et n’a pas besoin de vêtement ; le Front, au-dessus de « l’homme », est la volonté immuable, reflétée dans le bitoul essentiel de l’âme. Un troisième éveil, révélé une fois notre service achevé, est attiré par la joie d’une mitsva. Pessa'h, le Omer et Chavouot retracent les trois niveaux, et, par le Chéma, les âmes deviennent la « mère » qui couronne le Roi.
Plan
- Les deux questionsPourquoi l’éveil d’en haut qui suit le nôtre suscite-t-il le grand amour « masculin », tandis que l’éveil spontané ne suscite que le petit amour « féminin » ; et pourquoi la couronne, bien que supérieure à 'Hokhma, n’a-t-elle pas besoin de vêtements ?¶1–2
- Deux sortes d’influenceUn flux constant issu de la dimension extérieure soutient les mondes sans changement : c’est l’union extérieure d’Abba et Imma ; un flux intérieur, l’union intérieure, ne vient que par les mayin noukvin. D’où les amours « féminin » et « masculin ».¶3
- La Torah et les mitsvot : le cerveau et le crâneLa Torah, issue de 'Hokhma et, dans sa dimension intérieure, de Mo'ha Stima’a, est intérieure ; les mitsvot, issues de Goulgalta, sont extérieures. Le crâne n’est que de l’os, mais il est la limite visible de la « couronne » enveloppante d’une personne ; sa racine est donc plus élevée : l’acte est l’essentiel, bien que la Torah excelle par son intériorité.¶4–11
- Contempler la couronneLes raisons intérieures de la Torah pénètrent les âmes sous forme de compréhension et ont besoin de vêtements ; la couronne, niveau extérieur et enveloppant situé au-dessus de la racine des vêtements, n’est reçue que par le « regard » : il faut donc sortir des vêtements. Par le bitoul dans les mitsvot, les âmes attirent la couronne vers le bas, comme on couronne un roi d’une couronne confectionnée bien avant.¶12
- Le désert au-dessus de « l’homme »La Torah vient du « désert » où nul « homme » ne réside : le Front, réceptacle de la volonté indivise, contrairement au visage, où les facultés se divisent et changent. De même, dans l’âme, les dix facultés s’élèvent et s’abaissent, mais sa volonté essentielle et son sacrifice de soi ne changent pas et atteignent le niveau où les péchés deviennent des mérites.¶13–17
- Deux éveils, comme la Torah et les mitsvotL’éveil spontané, comme la création elle-même, a sa racine à un niveau que nul acte n’atteint, comme le montrent la promesse faite après le Déluge et la pluie le Chabbat ; celui qui répond à notre initiative est intérieur et, ainsi, « engendre un mâle ». Ils sont liés comme les mitsvot et la Torah.¶18–25
- Le troisième niveauUn éveil qui dépasse toute portée humaine et ne se révèle qu’une fois le service humain achevé : le chas de l’aiguille et la salle, le « don » du Chabbat, la circoncision après un Chabbat, la prière du soir facultative de Yaakov. Dans la Torah et les mitsvot, il s’agit du Kéter intérieur au sein de Kéter, la couronne du verset.¶26–29
- La joie d’une mitsvaLa joie révèle ce qui est caché ; la joie d’une mitsva attire donc le Kéter intérieur, le troisième niveau, et même celle qui est « stérile » engendre un mâle. Pessa'h, le Omer et Chavouot retracent les trois niveaux, unis à Chavouot comme la Tête, le Crâne et le Cerveau.¶30–33
- Yom Kippour et les mains de la mèreUne autre disposition des trois niveaux ; Yom Kippour comme jour des noces ; Bina comme la mère dont la bénédiction transmet la main entièrement droite d’Arikh Anpin à Zeir Anpin, attirée par le Chéma ; c’est pourquoi D.ieu appelle Israël « Ma mère ».¶34–38
Notions clés
- Éveil d’en haut / éveil d’en basאתערותא דלעילא / אתערותא דלתתא
- L’initiative divine et l’initiative humaine. Le maamar distingue un éveil d’en haut qui vient spontanément, un autre qui répond à notre éveil et un troisième qui dépasse notre portée, mais ne vient qu’une fois notre service achevé.
- Grand amour et petit amourאהבה רבה / אהבה זוטא
- L’amour « masculin », qui ne veut rien pour lui-même, et l’amour « féminin », qui recherche encore une récompense : s’attacher à D.ieu et jouir de Son rayonnement.
- Mayin noukvin (les eaux féminines)מיין נוקבין
- L’élévation d’en bas, par l’annulation de soi et l’ascension, qui suscite le flux intérieur de la lumière divine.
- L’union intérieure et l’union extérieure d’Abba et Immaזיווג פנימי וזיווג חיצוני דאו״א
- Selon les termes de l’Arizal, l’union extérieure soutient constamment les mondes et n’a besoin de rien venant d’en bas ; l’union intérieure ne vient que par les mayin noukvin élevés par notre prière et nos mitsvot.
- Mo'ha Stima’a (le cerveau caché)מוחא סתימאה
- La 'Hokhma cachée au sein de Kéter, la racine intérieure des raisons de la Torah, qui ne se révélera pleinement que dans l’avenir et que les âmes entrevoient au Gan Eden à travers des vêtements.
- Goulgalta (le Crâne)גלגלתא
- Kéter au sein de Kéter dans sa dimension extérieure, racine des mitsvot : extérieure comme l’os, mais limite d’une lumière enveloppante, très au-dessus du « cerveau ».
- Mitscha (le Front)מצחא
- Le réceptacle de la volonté suprême, au-dessus des divisions du « visage » ; il ne change pas et est donc appelé « non-homme ». Dans l’âme, il correspond à la volonté essentielle et au sacrifice de soi.
- La joie d’une mitsvaשמחה של מצוה
- La joie révèle ce qui est caché ; la joie d’une mitsva attire la dimension intérieure de Kéter, la couronne, qui fait naître le grand amour même à partir d’un éveil spontané.
Les deux questions ¶1–2
1להבין ענין הטעם1 למה שהאתדל״ע [שהאתערותא דלעילא] הבאה אחר האתעדל״ת [האתערותא דלתתא] והוא מ״ש ואשה כי תזריע2 תחלה אזי וילדה זכר שהיא בחי׳ האהבה רבה בנשמו׳ [בנשמות] מי לי בשמים3 כו׳
Pour comprendre la raison pour laquelle l’éveil d’en haut qui vient après l’éveil d’en bas — et c’est ce qui est écrit : « Lorsqu’une femme donne sa semence » en premier, alors « elle enfante un mâle » — correspond au niveau du grand amour (ahava rabba) dans les âmes : « Qui ai-je au ciel… », etc.,
Le maamar commence par rappeler un enseignement lié à la paracha de Tazria. Le verset « Lorsqu’une femme donne sa semence… elle enfante un mâle » (Lévitique 12:2), interprété à la lumière du commentaire talmudique selon lequel, lorsque la femme donne sa semence en premier, l’enfant est un garçon, est appliqué à l’âme : lorsque l’éveil de D.ieu d’en haut répond à notre propre initiative, il fait naître un « grand amour », l’amour de celui qui dit à D.ieu : « Qui ai-je au ciel [sinon Toi] ? »
שלא ע״מ [על מנת] לקבל פרס4 כו׳ משא״כ התעוררות האהבה בנשמות הבאה מבחי׳ אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] שמאליו מלמעלה למטה שלא ע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] בתחלה והוא הנק׳ איש מזריע תחלה5 אזי אינו
qui ne vise pas à recevoir une récompense, etc. En revanche, l’éveil de l’amour dans les âmes qui provient du niveau d’un éveil d’en haut survenant de lui-même, de haut en bas, sans qu’un éveil d’en bas l’ait précédé — ce qui est appelé « l’homme donne sa semence en premier » —, alors il n’est plus…
Ce grand amour ne recherche aucune contrepartie, à l’image des serviteurs dont parle Pirkei Avot, qui servent leur maître « non dans le but de recevoir une récompense ». Lorsque l’éveil d’en haut survient de lui-même, sans qu’aucune initiative d’en bas l’ait précédé, l’Alter Rebbe le désigne, dans les termes du Talmud, comme « l’homme donne sa semence en premier ».
אלא וילדה נקבה שהוא בחי׳ אהבה זוטא ע״ד [על דרך] נשים דעתן קלות6 שהוא האהבה על מנת לקבל פרס לדבקה בו וליהנות מזיו כו׳ בבחי׳ לגרמיה כו׳ וכמבואר כ״ז [כל זה] בפ׳ תזריע בד״ה שוש תשיש.
qu’« elle enfante une femelle », ce qui correspond au niveau d’un petit amour (ahava zouta), selon l’expression « les femmes ont l’esprit léger » : c’est un amour qui vise à recevoir une récompense, afin de s’attacher à Lui et de jouir du rayonnement, etc., dans une perspective intéressée, etc. Tout cela est expliqué dans la paracha de Tazria, dans le discours commençant par « Elle se réjouira assurément ».
Un tel éveil ne fait naître que « une femelle », un petit amour (ahava zouta) : un amour qui cherche encore quelque chose pour soi, à savoir s’attacher à D.ieu et jouir du rayonnement de Sa présence. L’expression talmudique « les femmes ont l’esprit léger » sert ici d’image pour cet amour de moindre intensité ; le lecteur est renvoyé à l’exposé complet dans le discours « Elle se réjouira assurément », dans la paracha de Tazria.
La première question que le maamar entend résoudre est la suivante : pourquoi l’éveil d’en haut qui suit notre propre initiative fait-il naître l’amour supérieur, « mâle », tandis que l’éveil qui survient sans avoir été sollicité ne fait naître que l’amour moindre, « femelle » ?
La note de Kehot indique que le Tséma’h Tsédek, dans Or HaTorah, mentionne ce discours parmi les enseignements de l’Alter Rebbe sur « Allez et contemplez » (Tse’ena ure’ena), de l’année 5572 (1812).
Maré mekomot
- 1להבין ענין הטעם · נזכר באוה״ת במדבר כרך ה׳ ע׳ א׳תקנג: בתורה ע״פ צאינה וראינה דתקע״ב. ראה להלן בהוספות להערות וציונים השוואה לד״ה זה.
- 2ואשה כי תזריע · Leviticus 12:2
- 3מי לי בשמים · Psalms 73:25
- 4שלא ע״מ לקבל פרס · Pirkei Avot 1:3
- 5איש מזריע תחלה · Niddah 31a:23–24
- 6נשים דעתן קלות · Shabbat 33b:6
2וגם להבין הטעם למש״ל [למה שכתוב לעיל] בפי׳ צאינה וראינה בנות ציון1 כו׳ בעטרה שלראות בעטרה שעטרה לו אמו שהוא בחי׳ כתר אין צריך ללבושים משא״כ השגות הנשמות בג״ע [בגן עדן] טעמי התורה
Et aussi comprendre la raison de ce qui a été expliqué plus haut au sujet du sens de « Sortez et regardez, filles de Sion », etc., « la couronne » : pour regarder « la couronne dont sa mère l’a couronné », qui correspond au niveau de Kéter (la Couronne), nul besoin de vêtements, tandis que les perceptions des âmes dans le Gan Eden des raisons de la Torah,
La deuxième question renvoie à un maamar antérieur de ce livre, sur « Sortez et regardez, filles de Sion… la couronne » (Cantique des Cantiques 3:11). Il y était expliqué que voir « la couronne dont sa mère l’a couronné », qui représente Kéter, le niveau au-delà de l’intellect, ne nécessite pas de vêtements, alors que les âmes dans le Gan Eden ne saisissent les raisons de la Torah qu’à travers des vêtements.
שהוא בחי׳ חכמה הוא דוקא ע״י הלבושים דלכאורה כלפי לייא הרי העטרה והכתר הוא בחי׳ גבוה יותר הרבה וא״כ [ואם כן] אם בהתגלות הזיו א״א [אי אפשר] בלי לבוש
qui relève du niveau de 'Hokhma (sagesse), se font précisément par l’intermédiaire des vêtements. Car, à première vue, c’est tout le contraire : assurément, l’atarah (couronne) et Kéter sont d’un niveau bien plus élevé ; dès lors, si, pour la révélation du rayonnement, il est impossible [de percevoir] sans vêtement,
Les raisons de la Torah relèvent de 'Hokhma, la sagesse, et les âmes ne les reçoivent que lorsqu’elles sont revêtues de vêtements. Cela semble inversé : Kéter est bien plus élevé que 'Hokhma ; si la lumière inférieure a besoin d’un vêtement, la lumière supérieure devrait en avoir besoin à plus forte raison.
(et voyez ce qui est écrit au sujet de ces vêtements à propos du verset « Avraham était âgé, avancé en jours », ainsi que dans le maamar commençant par « Et tu feras des vêtements sacrés »), dans lesquels et par l’intermédiaire desquels le rayonnement est perçu,
Ces vêtements sont constitués de la Torah et des mitsvot qu’une personne a accomplies dans ce monde ; grâce à eux, l’âme peut recevoir le rayonnement de la Présence divine dans le Gan Eden. La parenthèse renvoie le lecteur à deux maamarim de Torah Ohr où ces vêtements sont expliqués.
כמו שא״א [שאי אפשר] לראות אור גדול אלא ע״י הפסק זכוכית עד״מ [על דרך משל]. איך בהתגלות הכתר נאמר צאינה מהלבושים וראינה בעטרה כו׳.
tout comme, à titre d’analogie, il est impossible de regarder une lumière intense autrement qu’à travers un verre interposé, comment peut-on dire, au sujet de la révélation de Kéter : « Sortez » des vêtements « et regardez la couronne », etc. ?
Un vêtement agit comme une vitre qui permet de regarder une lumière puissante sans être aveuglé. Si la lumière de 'Hokhma a besoin d’un tel écran, comment le verset peut-il dire aux filles de Sion de « sortir » des vêtements et de regarder directement la couronne ?
ויובן זה ע״ד [על דרך] המבואר בע״ח [בעץ חיים] בענין כללות ירידת החיות והמשכת השפע מאור א״ס [אין סוף] ב״ה בכללות כל ההשתלשלות בכלל שיש ב׳ מיני השפעה.
Cela se comprendra à la lumière de ce qui est expliqué dans Etz Chaim au sujet de la descente générale de la force vitale et de la diffusion de l’influx depuis la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, à travers tout l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) dans son ensemble : il existe deux sortes d’influx.
La réponse commence par un principe tiré de l’Etz Chaim de l’Ari zal, concernant la manière dont la force vitale divine et l’influx descendent depuis la Lumière infinie à travers tous les mondes : il existe deux sortes d’influx.
הא׳ הוא הבא ונמשך תמיד מלמעלה למטה אף גם שלא על ידי אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] והעלאת מ״ן [מיין נוקבין] רק נמשך מאליו מלמעלה מצד כי חפץ חסד הוא6.
Le premier est celui qui vient et se prolonge constamment d’en haut vers le bas, même sans éveil d’en bas ni élévation des mayin noukvin (les eaux féminines) ; il se prolonge plutôt de lui-même d’en haut, car « Il désire la bonté ».
La première sorte s’écoule constamment, que ceux d’en bas fassent ou non quelque chose pour la susciter. Elle n’attend pas les « mayin noukvin » (les eaux féminines), terme kabbalistique désignant l’élan qui s’élève du récepteur d’en bas ; elle vient simplement parce que D.ieu « désire la bonté » (Michée 7:18).
La deuxième question est la suivante : pourquoi les âmes peuvent-elles regarder la couronne, Kéter, sans vêtements, alors que la lumière inférieure de 'Hokhma ne leur parvient qu’à travers des vêtements ? La réponse commence par la distinction, établie par l’Ari zal, entre deux sortes d’influx divin.
Maré mekomot
- 1
- 2ע״פ ואברהם זקן · תו״א חיי שרה טז, א ואילך.
- 3ואברהם זקן בא בימים · Genesis 24:1
- 4ובד״ה ועשית בגדי קדש · תו״א תצוה פב, ח.
- 5ועשית בגדי קדש · Exodus 28:2
- 6
Deux sortes d’influence ¶3
3וכמ״ש המחדש בטובו בכל יום תמיד מעשה בראשית. ובחי׳ ירידת השפעה זו עם היות שרש ירידתה הוא מצד עוצם רב טוב וחסד עליון שמאור א״ס [אין סוף] ב״ה ממש עכ״ז [עם כל זה] אינו נמשך ויורד
Comme il est dit : « Celui qui, dans Sa bonté, renouvelle chaque jour, constamment, l’œuvre de la Création. » Et cette descente d’influence, bien que la racine de sa descente procède de l’intensité de l’abondante bonté et de la bonté suprême de la Lumière infinie (Or Ein Sof) elle-même, béni soit-Il, n’est néanmoins pas attirée et ne descend pas
Le premier type d’influence est celui que décrivent les prières du matin : D.ieu « dans Sa bonté, renouvelle chaque jour, constamment, l’œuvre de la Création ». Bien qu’il procède de la bonté et de la bienveillance sans limites de la Lumière infinie elle-même, il n’est attiré que de la dimension extérieure de la lumière.
אלא מבחינת חיצוניות ולא מבחי׳ פנימית האור ולכן ג״כ אינו מאיר ומתגלה בהם להיות בהם איזה שינוי ותוספת על מדרגתו
si ce n’est de la dimension extérieure ('hitsoniyout), et non de la dimension intérieure (pnimiyout) de la lumière. C’est pourquoi, également, elle ne brille pas et ne se révèle pas en eux de manière à y produire quelque changement ou accroissement au-delà de leur niveau,
Puisqu’elle procède de la dimension extérieure et non de la dimension intérieure, cette lumière ne transforme pas les mondes et ne les élève pas au-dessus de leur niveau présent.
אלא רק לחדש הישנות שלא תחסר ולא תעדיף כו׳ (ע׳ [עיין] בהקדמת מהר״נ [מהר״ר נתן שפירא] שפירא1 בפע״ח [בפרי עץ חיים] ולזה הם שואפים כו׳ ובענין זה אין להם חלק בתחתונים כלל כו׳
mais seulement à renouveler ce qui est ancien, afin qu’il ne manque ni ne dépasse, etc. (Voir l’introduction de Rabbi Nasan Shapira à Pri Etz Chaim : « Et c’est à cela qu’ils aspirent, etc., et en cette matière, ils n’ont aucune part dans les êtres inférieurs, etc. ;
Elle ne fait que renouveler chaque jour l’existence des mondes, les maintenant tels qu’ils sont, ni moins ni davantage. La parenthèse cite l’introduction de Rabbi Nasan Shapira à Pri Etz Chaim : dans leur service, les êtres supérieurs aspirent à ce flux constant, et les êtres inférieurs n’y prennent aucune part ; comme le cite la note de Kehot, cela ne dépend pas de leur bonne ou de leur mauvaise conduite.
אמנם יש עוד רב תועלת בעבודתנו כו׳ ויהיה תוספת כו׳ עד שלא יחשוב קצבתם כו׳ בערך התוספת ההיא כו׳ והיינו המיוחס כו׳ ע״ש [עיין שם] וזהו הבחינה השנית דכאן).
Cependant, notre service présente encore un grand bénéfice, etc., et il y aura un accroissement, etc., au point que leur mesure assignée ne sera pas prise en compte, etc., en comparaison de cet accroissement, etc., et c’est ce qui est attribué, etc. » Voir là-bas. Et c’est le deuxième niveau [dont il est question] ici.)
La même introduction poursuit en disant que notre service apporte un bénéfice supplémentaire considérable : une lumière ajoutée si grande que la mesure fixe des mondes ne compte pour rien à côté d’elle ; c’est cet accroissement qui est « attribué » plus haut à une joie et à une gloire plus ou moins grandes. L’Alter Rebbe l’identifie au deuxième type d’influence.
והבחינה השנית הוא בחינת ההשפעה הבאה ונמשך מבחינת פנימית יותר מההשפעה הראשונה ויש בזה מעלות ומדרגות אין קץ ועל ידי זה ההוספת אור יזדככו העולמות זיכוך רב כו׳
Le deuxième niveau est l’influence qui vient et est attirée d’un niveau plus intérieur que la première influence. Elle comporte des degrés et des niveaux sans fin, et par cet accroissement de lumière, les mondes seront grandement purifiés, etc.,
Le deuxième type d’influence procède d’un niveau plus intérieur de la lumière divine. Il n’a pas de limite fixe, et la lumière ajoutée purifie les mondes à la mesure de ce qui en est révélé.
לפי ערך האור והגילוי ובחי׳ השפעה פנימית זו הוא הבא ע״י העלאת מ״ן [מיין נוקבין] דוקא שהוא בחינת הביטול וההעלאה מלמטה למעלה שאז דוקא יאיר ויומשך המשכה זו כו׳
à la mesure de la lumière et de la révélation. Et cette influence intérieure est celle qui vient précisément par l’élévation des mayin nukvin (les eaux féminines), qui consiste en l’annulation de soi (bitoul) et en une élévation d’en bas vers le haut ; car c’est alors seulement que cet influx brillera et sera attiré, etc.
Cette influence intérieure ne vient qu’en réponse aux « mayin nukvin », l’élévation d’en bas, qui consiste en l’annulation de soi (bitoul) et en une ascension. Ce n’est que lorsque les êtres d’en bas se donnent ainsi que la lumière intérieure est attirée vers le bas.
(ושני בחי׳ אלו הוא מ״ש בסידור האריז״ל [האר״י זכרונו לברכה] בכוונת ק״ש [קריאת שמע] והוא בפע״ח [בפרי עץ חיים] שער הק״ש [הקריאת שמע] פ״ו ופי״א [ופרק י״א] כי יש ב׳ מיני יחודים באו״א [באבא ואימא]2 האחדזיווג פנימי דאו״א [דאבא ואימא] כו׳ וזה אינו תדיר רק ע״י עליות מ״נ [מיין נוקבין] דזו״נ [דזעיר אנפין ונוקבא]
(Ces deux niveaux sont ceux qui sont mentionnés dans le Siddour de l’Arizal à propos de l’intention du Chema, ainsi que dans Pri Etz Chaim, Sha’ar Kerias Shema, chapitres 6 et 11 : il existe deux sortes d’unions en Abba et Imma ('Hokhma et Bina). La première est l’union intérieure (zivoug) d’Abba et Imma, etc., et elle n’est pas constante : elle ne se produit que par les élévations des mayin nukvin de Zeir Anpin (les attributs émotionnels) et de Noukva (le féminin / Mal'hout),
Dans les termes de l’Arizal, ces deux niveaux correspondent à deux sortes d’union (zivoug) d’Abba et Imma, les configurations de 'Hokhma et de Bina. L’union intérieure n’est pas constante : elle ne se produit que lorsque Zeir Anpin et Noukva, les attributs émotionnels et Mal'hout, élèvent leurs mayin nukvin.
וזה נעשה על ידי תפלתנו ומצותינו כו׳. וזיווג ב׳ הוא זיווג חיצונית דאו״א [דאבא ואימא] והוא רק לחיות העולמות קיום הכרחי וזה אינו נפסק3 כי א״א [אי אפשר] להיות בלי חיות וזה נעשה מעצמו שלא על ידי מ״נ [מיין נוקבין] דזו״נ [דזעיר אנפין ונוקבא]
et cela se réalise par notre prière et nos mitsvot, etc. La deuxième union est l’union extérieure d’Abba et Imma ; elle n’a pour but que la force vitale des mondes, leur subsistance nécessaire ; elle ne cesse jamais, car il est impossible d’exister sans force vitale (force vitale) ; et elle se réalise d’elle-même, sans les mayin nukvin de Zeir Anpin et Noukva
Cette élévation se réalise par notre prière et nos mitsvot. En revanche, l’union extérieure d’Abba et Imma ne sert qu’à maintenir les mondes en vie ; elle ne s’interrompt jamais, puisque rien ne peut exister sans force vitale.
ולא על ידינו וכ״ה בע״ח [בעץ חיים] שער הזיווגים פ״א ובשער הנסירה רפ״ב ועמ״ש מענין זה בד״ה שוש אשיש בה׳45 ועמ״ש בביאור על פסוק זכור את יום השבת לקדשו6 ועמ״ש במ״א ע״פ המאמר הזהר פ׳ פנחס)
et non par notre intermédiaire. Il en est de même dans Etz Chaim, Sha’ar HaZivugim, chapitre 1, et dans Sha’ar HaNesirah, au début du chapitre 2. Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Je me réjouirai assurément en D.ieu », ainsi que dans l’explication du verset « Souviens-toi du jour du Chabbat pour le sanctifier », et ce qui est écrit ailleurs au sujet du passage du Zohar, Parachat Pin’has.
L’union extérieure s’opère d’elle-même, sans aucune initiative venant d’en bas. L’Admour Hazaken cite d’autres passages d’Etz Chaim et renvoie à ses discours sur « Je me réjouirai assurément en D.ieu » et sur « Souviens-toi du jour du Chabbat », ainsi qu’à son explication d’un passage du Zohar dans la Parachat Pin’has.
(דרמ״ט) ואעלת לגו טורא דחשוכא ומתמן ארחת מזונא7 כו׳. והנה עפ״ז [על פי זה] יובן ענין הנ״ל דאיש מזריע תחלה יולדת נקבה8
(folio 249) : « Et elle pénétra dans la montagne des ténèbres, et de là, elle obtint sa nourriture », etc. À présent, cela permet de comprendre ce qui a été mentionné plus haut : lorsque « l’homme émet sa semence en premier, elle enfante une fille »,
Dans ce passage du Zohar, la biche de l’aube, créature compatissante qui apporte de la nourriture à toutes les autres, pénètre dans « la montagne des ténèbres » et y obtient sa nourriture. Les deux types d’influence étant à présent établis, l’Admour Hazaken revient à la question initiale : pourquoi « l’homme émet sa semence en premier » donne-t-il naissance à une fille ?
דהיינו כשההתעוררות בנש״י [בנשמות ישראל] נמשך מבחי׳ האתעדל״ע [האתערותא דלעילא] הבאה מלמעלה מעצמו שעם היות ההתעוררות זו הוא ממקום ומדרגה גבוה שהרי סיבת המשכה זו הוא כי חפץ חסד הוא9 וכמו שהיה בבריאת העולם.
c’est-à-dire lorsque l’éveil des âmes d’Israël découle de l’éveil d’en haut qui vient d’en haut de lui-même : bien que cet éveil provienne d’un lieu et d’un niveau élevés, puisque la cause de cet influx est « car Il désire la bonté », comme ce fut le cas lors de la création du monde,
« L’homme émet sa semence en premier » désigne le fait que les âmes d’Israël sont éveillées par un éveil qui vient d’en haut de lui-même. Cet éveil provient d’un lieu très élevé, car sa cause est le désir de D.ieu d’accorder Sa bonté, comme ce fut le cas lors de la création du monde.
אמנם עכ״ז [עם כל זה] אינו נמשך ומאיר בהם אלא בבחינת חיצוניות (וכנ״ל שנקרא זיווג חיצוניות דאו״א [דאבא ואימא]) וע״כ [ועל כן] אף כשנמשך מזה הולדה והתפעלות בכנסת ישראל הוא רק בחינת יולדת נקבה שהוא קטנות האהבה.
néanmoins, il n’est attiré en elles et n’y brille que selon la dimension extérieure (comme mentionné plus haut : on parle de l’union extérieure d’Abba et Imma). C’est pourquoi, même lorsqu’une naissance et un éveil émotionnel en découlent dans la Communauté d’Israël, il ne s’agit que du niveau de « elle enfante une fille », c’est-à-dire d’un amour dans son état de petitesse (katnout).
Malgré cela, cet influx n’atteint les âmes que par la dimension extérieure, l’« union extérieure » d’Abba et Imma. Ainsi, lorsqu’il suscite un sentiment dans la Communauté d’Israël, le peuple juif, il ne produit que « une fille », un amour encore petit et immature.
משא״כ בחי׳ האתעדל״ע [האתערותא דלעילא] הבא מלמעלה למטה בנש״י [בנשמות ישראל] ע״י קדימת בחי׳ העלאת מ״ן [מיין נוקבין] בבחי׳ ביטול ואתעדל״ת [ואתערותא דלתתא] מלמטה למעלה דוקא והוא ענין אשה מזרעת תחלה
En revanche, lorsque l’éveil d’en haut descend vers les âmes d’Israël précisément après que des mayin noukvin ont été élevés au préalable, par l’annulation de soi et un éveil d’en bas, de bas en haut — c’est là le sens de « la femme émet sa semence en premier » —,
L’autre cas est celui où l’éveil d’en haut vient en réponse aux mayin noukvin élevés au préalable depuis le bas, par l’annulation de soi et un éveil d’en bas. C’est ce que le Talmud appelle « la femme émet sa semence en premier ».
אזי האתעדל״ע [האתערותא דלעילא] פועל להיות יולדת זכר שהוא בחינת אה בה רבה כו׳ לפי שאתעדל״ת [שאתערותא דלתתא] זו נמשך מבחינת פנימית ונמשך להם ג״כ בבחי׳ פנימי וגילוי לפועל ולהוליד בהן אה״ר [אהבה רבה] ופנימית הלב:10
alors l’éveil d’en haut produit « elle enfante un garçon », qui correspond au niveau du grand amour, etc. En effet, cet éveil d’en bas découle de la dimension intérieure, et l’influx qui leur parvient est lui aussi intérieur et révélé, de manière à agir et à faire naître en elles un grand amour et l’intériorité du cœur :
Alors l’éveil d’en haut fait naître « un garçon », le grand amour. Parce que l’initiative venant d’en bas atteint la dimension intérieure, ce qui est attiré vers les âmes est également intérieur et révélé ; cela produit en elles un grand amour issu de l’intériorité du cœur.
Le paragraphe expose les deux types d’influence divine : un flux constant, issu de la dimension extérieure, qui soutient les mondes sans les modifier, et un flux intérieur, attiré vers le bas uniquement par les mayin nukvin élevés d’en bas. Il les applique ensuite à la réponse à la première question : l’éveil spontané suscite le petit amour « féminin », tandis que l’éveil qui répond à notre initiative suscite le grand amour « masculin ».
Dans le système de l’Arizal, il s’agit des unions extérieure et intérieure d’Abba et Imma : la première est constante et assure la simple existence des mondes ; la seconde ne se produit que par les mayin nukvin de Zeir Anpin et de Noukva, élevés par la prière et les mitsvot. La note de Kehot cite le discours du Rabbi « Baruch she’asah nissim » de 5715, qui présente l’union constante comme la racine de l’ordre naturel, ainsi que Or HaTorah, qui déduit de ce passage que l’expression « le monde suit son cours » désigne une époque où il est gouverné uniquement par les aspects extérieurs de 'Hokhma et de Bina. Ailleurs, dans Likkutei Torah (Shemini Atzeres), l’Alter Rebbe interprète la « montagne de ténèbres » du Zohar comme la kelipat nogah : en la purifiant, on élève les mayin nukvin et l’on attire la lumière du niveau où « Il fit des ténèbres Sa retraite ».
Maré mekomot
- 1ע׳ בהקדמת מהר״נ שפירא · ”ולזה הם שואפים שפע בעבודה ההיא לקיומם וחיות שלא תחסר לעולם, ובענין זה אין להם חלק בתחתונים כלל אם יטיבו ואם יריעו שהחוק הקבו׳ לא יושבת מפני שאין להם חטא כלל ומכלל זה הגלגלים שגם הם שוקדים על עבודת׳ ורבו תשוקת׳ אשר גדלה מאד בהיות׳ מספרי׳ כבו׳ אל ובמהלכם משבחי׳ לבורא׳ ית״ש לעולם, ובזה ינתן שפע׳ וקיומ׳, אמנם יש עוד רב תועלת בעבודתינו אשר היא תחסר וגם תעדיף והיינו כפי שיעור עבוד׳ התחתונים אם עבדו כראוי אז יוסיפו אור מלמעלה ויזדככו זיכוך רב תהיה ההוספ׳ הזה מרובה על העיקר וכפי הבחינה הזאת יתייחס למעלה תוספ׳ וגרעון שמחה וכבוד וגאולת וגלות, וכל הדברים האלו וכיוצא בהם המתייחסי׳ להם וענין זה המכונ׳ להם מכונו׳ בערך התחתוני׳ כלומר שאין אותו ענין המיוחס גרעון ותוספו׳ בהם בערך קצבות׳ בעבודת׳ אלא בערך שיוסף בהם מצד התחתוני׳ המקבלים ומגרעת בהם מזגם וערכם, ובכלל ענין זה הוא שאין שום יחוד לספי׳ כלל ועיקר מצד מציאותם אלא מה שהוא לעליונים מצד מציאותם ותשוקתם וקורבת׳ כנז׳ הוא התגלות א״ס עליהם והשפע׳ אורו בהם שאלו לא ישתתפו התחתונים בעבודת׳ ויחוד׳ הם מצד עצמ׳ יש להם קצבה . . כו׳.
- 2ב׳ מיני יחודים באו״א · נתבאר לעיל כ, ג. ראה אוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תצז. ובסה״מ תרנ״א ע׳ קמט, ובסה״מ תרנ״ד ע׳ קלג. סה״מ תרנ״ז ע׳ רעו. סה״מ תרע״ח ע׳ צ ובכ״מ. ד״ה ברוך שעשה ניסים תשט״ו (קונטרס חנוכה תנש״א).
- 3וזיווג ב׳ הוא זיווג חיצונית . . וזה אינו נפסק · ”דזיווג זה הוא תדירי לצורך קיום העולמות, והוא שרש הנהגת הטבע, דכיון שזיווג זה הוא לצורך (קיום) העולמות, לכן הנהגת העולם הנמשכת מבחינה זו היא שהקב״ה מנהיג את הנבראים שבעולם לפי ענינם” — ד״ה ברוך שעשה ניסים הנ״ל. באוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תצז מציין לכאן בענין ב׳ מיני יחודים ומציין ”ומשם [— בלקו״ת כאן] יובן דפי׳ עולם כמנהגו נוהג היינו כשהוא נוהג רק בבחי׳ החיצונים דחו״ב שמשם נמשך לחיות העולמות קיום הכרחי׳ כו׳”.
- 4בד״ה שוש אשיש בה׳ · לעיל פ׳ נצבים מז, א.
- 5שוש אשיש בה׳ · Isaiah 61:10
- 6זכור את יום השבת לקדשו · Exodus 20:8
- 7ואעלת לגו טורא דחשוכא ומתמן ארחת מזונא · Zohar, Pinchas 104:696–105:706
- 8איש מזריע תחלה יולדת נקבה · Niddah 31a:23–24
- 9כי חפץ חסד הוא · Micah 7:18
- 10בביאור ע״פ זכור את יום השבת לקדשו · תו״א עב, ג.
La Torah et les mitsvot : le cerveau et le crâne ¶4–11
4ב ועתה יובן ג״כ ענין צאינה וראינה כו׳. דהנה ההפרש שבין תורה למצות למטה הוא כי התורה הוא הביאור והשכל לפרש כל פרטי עניני המצות איך ומה לעשותם.
2. À présent, on comprendra également le sens de « Sortez et contemplez », etc. En effet, la différence entre la Torah et les mitsvot dans les mondes inférieurs est que la Torah expose et explique, par l’intelligence, tous les détails des mitsvot : comment les accomplir et ce qu’il faut faire.
La section 2 aborde la seconde question, « Sortez et contemplez », en commençant par exposer le rapport entre la Torah et les mitsvot telles que nous les connaissons dans les mondes inférieurs. L’étude de la Torah explique les mitsvot : elle détaille chaque aspect de la manière de les accomplir et de ce qu’il faut faire.
ונמצא שהתורה היא בחי׳ הפנימית והמצות הן בחינת חיצוניות ועכ״ז [ועם כל זה] הרי גוף המצוה דוקא היא היא עצם רצונו ית׳ אע״פ [אף על פי]
Il s’ensuit que la Torah est la dimension intérieure (pnimiyout), tandis que les mitsvot sont la dimension extérieure ('hitsoniyout). Néanmoins, c’est précisément le corps même de la mitsva qui constitue Sa volonté propre, qu’Il soit béni, bien que
La Torah est donc la dimension intérieure, celle de la compréhension, tandis que les mitsvot sont la dimension extérieure, celle de l’action. Pourtant, c’est le corps même de la mitsva, son accomplissement concret, qui est la volonté même de D.ieu.
שהוא רק חיצוניות ומעשה לבד והתורה אע״פ [אף על פי] שהיא בחי׳ פנימית מ״מ [מכל מקום] הרי אינה רק הפירוש איך ומה תיעשה המצוה
celle-ci ne soit qu’extérieure, une simple action ; et la Torah, bien qu’elle soit la dimension intérieure, n’est pourtant que l’explication de la manière dont la mitsva doit être accomplie et de ce qu’il faut faire.
La mitsva n’est qu’un acte extérieur, et la Torah, bien qu’intérieure, n’est que l’explication de la manière dont la mitsva doit être accomplie.
ונמצא המצוה הוא עיקר (ועמ״ש מזה בפ׳ בהעלותך בד״ה ראיתי והנה מנורת זהב1 כו׳ ע״ש [עיין שם].
Il s’ensuit que la mitsva est l’essentiel. (Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans la paracha Beha’alotekha, dans le maamar commençant par « J’ai vu, et voici un candélabre d’or », etc. ; voir là-bas.
Il s’ensuit que la mitsva est l’essentiel. La parenthèse renvoie au maamar de l’Alter Rebbe sur la vision du candélabre d’or de Zacharie, dans la paracha Beha’alotekha, pour approfondir ce point.
ולכן אפילו בהמצוה עצמה גבי מצות חליצה שיש בה קרייה ומעשה איתא במשנה ככה יעשה2 כל דבר שהוא מעשה מעכב3 אבל קרייה לא מעכבא הרי המעשה הוא היסוד בכל דבר)
C’est pourquoi, même au sein de la mitsva elle-même, dans la mitsva de ‘Halitsa, qui comporte une récitation et un acte, la Michna enseigne : « Ainsi sera-t-il fait » : tout élément qui est un acte est indispensable, mais la récitation ne l’est pas. Ainsi, l’acte est le fondement de toute chose.)
La ‘Halitsa, qui libère une veuve sans enfant du lévirat, comporte des paroles et des actes concrets. La Michna déduit du verset « Ainsi sera-t-il fait » que tout élément qui consiste en un acte est indispensable, alors que la récitation ne l’est pas ; cela montre que l’acte est le fondement.
ולכן מצינו שהפליגו חז״ל [חכמינו זכרונם לברכה] בענין המעשה יותר כמאמר ללומדיהם לא נאמר אלא לעושיהם4 ולא המדרש הוא העיקר אלא המעשה.56789
C’est pourquoi nous trouvons que nos Sages, de mémoire bénie, ont davantage exalté l’action, comme dans cette formule : « Il n’est pas dit “à ceux qui les étudient”, mais “à ceux qui les accomplissent” », et : « L’étude n’est pas l’essentiel, mais l’action. »
C’est pourquoi les Sages ont tant loué l’action. La première formule, citée par Kehot dans Berachos 17a, provient de l’interprétation du verset « une bonne intelligence pour tous ceux qui les accomplissent » ; la seconde est tirée de Pirkei Avos : « L’étude n’est pas l’essentiel, mais l’action. »
ואעפ״כ [ואף על פי כן] מפני שהתורה היא בחינ׳ [בחינת / בחינה] פנימית לכן מצד בחי׳ זו מצינו שהפליגו במעלתה יותר ממעלת המצות
Néanmoins, puisque la Torah est la dimension intérieure, nous trouvons que, sous cet aspect, ils ont exalté sa vertu davantage que celle des mitsvot,
Puisque la Torah est la dimension intérieure, les Sages l’ont également louée, de ce point de vue, davantage que les mitsvot.
וכמו דאיתא בירושלמי פ״ק [פרק קמא] דפאה וחד אמר אפילו כל מצותיה של10 תורה אינן שוות לדבר אחד מן תורה ושניהם אמת.
comme il est dit dans le Talmud de Jérusalem, premier chapitre de Pe’ah : « Et l’un a dit : même toutes les mitsvot de la Torah ne sont pas égales à une seule parole de Torah. » Et les deux sont vrais.
Le Talmud de Jérusalem rapporte l’opinion selon laquelle toutes les mitsvot réunies ne sont pas égales à une seule parole de Torah. Ces deux affirmations — la primauté de l’acte et la supériorité de la Torah — sont vraies, chacune sous son aspect propre.
דהנה כמו שהיא בתורה ומצות שלמטה כך הוא ג״כ למעלה במקורן ושרשן דהנה התורה נמשכה מבחינת חכמה עילאה
Car, de même qu’il en est de la Torah et des mitsvot ici-bas, ainsi en est-il aussi en haut, dans leur source et leur racine. La Torah est en effet issue du niveau de la 'Hokhma suprême (sagesse),
La relation ici-bas reflète celle de leurs racines en haut. La Torah provient de la 'Hokhma suprême, la sagesse divine.
וכמאמר אורייתא מחכמה נפקת משא״כ המצות שרשם מבחינת כתר עליון וכנודע שלכן הם תרי״ג מצות ועם
comme le dit l’expression : « La Torah vient de la 'Hokhma » ; les mitsvot, en revanche, ont leur racine au niveau de Kéter suprême (la Couronne). Comme on le sait, c’est pourquoi il y a 613 mitsvot et, avec
Les mitsvot, en revanche, ont leur racine dans le Kéter suprême, la volonté divine qui se situe au-dessus de la sagesse. Leur nombre en témoigne : les 613 mitsvot de la Torah, auxquelles s’ajoutent les sept instituées par les Sages, font 620.
ז׳ מצות דרבנן הם תר״ך אותיות כתר שיש בו תר״ך עמודי אור1112 ע׳ [עיין] בפרדס ש״ח פ״ג [פרק ג׳] וידוע שהכתר הוא למעלה מעלה מהחכמה.
les sept mitsvot rabbiniques, elles sont au nombre de 620 (תר״ך), les lettres de Kéter (כתר), qui contient 620 piliers de lumière ; voir Pardes, Sha’ar 8, chapter 3. Et l’on sait que Kéter se situe très, très au-dessus de la 'Hokhma.
Le nombre 620 s’écrit תר״ך, avec les mêmes lettres que כתר (Kéter), et le Pardes de Rabbi Moché Cordovero parle des 620 « piliers de lumière » en Kéter. Kéter se situe très au-dessus de la 'Hokhma, comme la volonté au-dessus de l’intellect.
אך הנה הגם שהתורה מחכמה נפקת אין זה אלא יציאתה לידי גילוי עד למטה מטה בבחי׳ תורה הנגלית לנו אבל שרש ומקור התורה בבחינת פנימית טעמי התורה
Cependant, bien que la Torah vienne de la 'Hokhma, cela ne décrit que son émergence dans la révélation, jusqu’aux niveaux les plus bas, sous la forme de la Torah révélée à nous. Mais la racine et la source de la Torah, dans la dimension intérieure des raisons de la Torah :
Le fait que la Torah vienne de la 'Hokhma décrit seulement la manière dont elle se manifeste dans la révélation, comme Torah révélée que nous étudions. La racine de sa dimension intérieure, les raisons de la Torah, se trouve plus haut.
הנה שרשה הוא מבחי׳ ח״ס [חכמה סתימאה] דא״א [דאריך אנפין] שהוא בחינת חכמה שבכתר שנק׳ מוחא סתימאה שהוא סתום ונעלם שלמעלה מעלה מבחי׳ חכמה דאצילות ונק׳ שכל הנעלם מכל רעיון.13
sa racine provient du niveau de la 'Hokhma cachée (Chokhma Stima’ah) d’Arich Anpin, qui est le niveau de la 'Hokhma au sein de Kéter, appelée Mocha Stima’ah (le cerveau caché), scellée et dissimulée, très, très au-dessus du niveau de la 'Hokhma du Monde d’Atsilout (Émanation), et appelée « l’intellect dissimulé à toute pensée ».
Cette racine est la 'Hokhma cachée d’Arich Anpin (la configuration extérieure de Kéter) : la 'Hokhma au sein de Kéter, appelée Mocha Stima’ah, « le cerveau caché ». Elle se situe très au-dessus de la 'Hokhma d’Atsilout et est si dissimulée qu’elle est appelée « l’intellect dissimulé à toute pensée ».
La section 2 pose les bases de l’explication de « Sortez et contemplez » : dans les mondes inférieurs, la Torah est la dimension intérieure et les mitsvot la dimension extérieure, mais l’acte est l’essentiel ; dans les mondes supérieurs, la Torah procède de 'Hokhma et les mitsvot du Kéter supérieur, tandis que les raisons intérieures de la Torah proviennent de la 'Hokhma cachée au sein du Kéter.
Maré mekomot
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- 2ככה יעשה · Deuteronomy 25:9
- 3ככה יעשה כל דבר שהוא מעשה מעכב · Mishnah Yevamot 12:3
- 4ללומדיהם לא נאמר אלא לעושיהם · Berakhot 17a:11
- 5לא המדרש הוא העיקר אלא המעשה · Zohar III, 218a
- 6לא המדרש הוא העיקר אלא המעשה · Pirkei Avot 1:17
- 7לא המדרש הוא העיקר אלא המעשה · Zohar, Pinchas 13:90–14:93
- 8לא המדרש הוא העיקר אלא המעשה · Zohar, Pinchas 53:325–54:334
- 9לא המדרש הוא העיקר אלא המעשה · Zohar, Ki Teitzei 7:51–11:61
- 10
- 11כתר . . תר״ך עמודי אור · ע״ל בחקותי (מז, ב). וש״נ. [כ].
- 12תר״ך עמודי אור · Pardes Rimmonim 8:5–6
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5וע״כ [ועל כן] פנימית טעמי התורה לא נתגלו עכשיו כ״א [כי אם] לעתיד יתגלו וזהו ישקני מנשיקות פיהו1 שלעתיד יהיה גילוי מו״ס [מוחא סתימאה] מה שעכשיו הוא סתים כו׳
C’est pourquoi la dimension intérieure (pnimiyout) des raisons de la Torah n’a pas été révélée à présent ; elles ne le seront que dans l’avenir. C’est [le sens de] « Qu’il me donne les baisers de sa bouche » : dans l’avenir, Mo’ha Stima’a, qui est maintenant cachée, etc., se révélera.
Puisque les raisons intérieures de la Torah sont enracinées dans la 'Hokhma cachée, elles ne sont pas révélées dans ce monde ; elles ne le seront qu’à l’époque future. L’Admour Hazakène interprète « Qu’il me donne les baisers de sa bouche » (Cantique des Cantiques 1:2) comme désignant cette révélation future de Mo’ha Stima’a, le cerveau caché.
אך הארה מבחי׳ זו מתגלה לנשמות בגן עדן וזהו ענין לימוד התורה של הנשמות בגן עדן שהוא השגת פנימית טעמי התורה
Toutefois, un rayonnement de ce niveau est révélé aux âmes dans le Gan Eden. C’est là le sens de l’étude de la Torah par les âmes dans le Gan Eden : elle consiste en la saisie de la dimension intérieure des raisons de la Torah.
Dès à présent, un rayonnement de ce niveau caché illumine les âmes dans le Gan Eden. Leur « étude de la Torah » là-bas consiste à saisir les raisons intérieures de la Torah.
ולכן אמרז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] אשרי מי שבא לכאן2 ותלמודו בידו כי להיות הנשמה היא בחינת נברא ובע״ג [ובעלי גבול / ובעל גבול] א״א [אי אפשר] לה ליהנות ולהשיג בבחי׳ השגתה ממש בבחי׳ פנימית טעמי התורה
C’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Heureux celui qui vient ici avec son étude en main. » Car, puisque l’âme est une créature et qu’elle est finie, elle ne peut jouir de la dimension intérieure des raisons de la Torah ni la saisir par une appréhension qui lui soit véritablement propre,
Cela explique la parole de nos Sages : « Heureux celui qui vient ici avec son étude en main » (Pesachim 50a). L’âme est une créature finie et, par elle-même, elle ne peut véritablement saisir ni goûter une lumière aussi élevée.
שהוא הארה מבחי׳ ח״ס [חכמה סתימאה] שהוא מבחינת פנימית הכתר היינו חכמה שבכתר אם לא ע״י שתלמודו בידו שהלימוד שלמד בבחי׳ הנגלות שבתורה מזה נעשה בחי׳ לבוש שבו
laquelle est un rayonnement de la 'Hokhma cachée, issue de la dimension intérieure de Kéter (la Couronne), c’est-à-dire de la 'Hokhma au sein de Kéter ; cela n’est possible que si « son étude est en main » : l’étude des parties révélées de la Torah qu’il a étudiées devient pour lui un vêtement, dans lequel
Cette lumière provient de la 'Hokhma cachée, la dimension intérieure de Kéter. L’âme ne peut la recevoir que si elle apporte avec elle son étude : la Torah révélée qu’elle a étudiée dans ce monde devient pour elle un vêtement.
ועל ידו יוכל להשיג פנימית התורה ולכך נקרא התורה משל הקדמוני כמו שעל ידי המשל דוקא יוכלו לעמוד על הנמשל משא״כ בלא המשל והלבוש הוא בחי׳ סתימאה
il peut saisir la dimension intérieure de la Torah. C’est pourquoi la Torah est appelée « la parabole de l’Ancien » : de même que seule la parabole permet de saisir ce qu’elle illustre, tandis que sans la parabole et le vêtement, cela demeure caché
Grâce à ce vêtement, l’âme peut saisir la dimension intérieure de la Torah. C’est pourquoi la Torah est appelée « la parabole de l’Ancien » : de même qu’on ne saisit une leçon qu’à travers sa parabole, sans cette parabole — le vêtement — le sens intérieur resterait scellé.
ולא יוכל להשיג כלל ולכן נק׳ הנשמות בג״ע [בגן עדן] בנות ציון ע״ש [על שם] הלבושים שנעשה להם מהתורה ומצות כו׳.
et l’on ne peut rien saisir du tout. C’est pourquoi les âmes dans le Gan Eden sont appelées « filles de Sion », en raison des vêtements qui leur sont confectionnés à partir de la Torah et des mitsvot, etc.
Sans ce vêtement, l’âme ne saisirait absolument rien. Voilà pourquoi les âmes dans le Gan Eden sont appelées « filles de Sion », appellation que l’Admour Hazakène relie aux vêtements qui leur sont confectionnés à partir de la Torah et des mitsvot.
אך הנה המצות שרשם הם מבחינת גלגלתא דא״א [דאריך אנפין] והוא הנקרא כתר שבכתר שהוא למעלה מבחינת מו״ס [מוחא סתימאה] שהוא חכמה שבכתר.
Cependant, les mitsvot ont leur racine dans le niveau de Goulgalta (le Crâne) d’Arikh Anpin, appelé Kéter au sein de Kéter, qui est au-dessus du niveau de Mo’ha Stima’a, c’est-à-dire de la 'Hokhma au sein de Kéter.
Les mitsvot, toutefois, sont enracinées plus haut encore, dans Goulgalta, le « Crâne » d’Arikh Anpin, appelé Kéter au sein de Kéter. Goulgalta est au-dessus de Mo’ha Stima’a, la 'Hokhma au sein de Kéter d’où proviennent les raisons intérieures de la Torah.
Les raisons intérieures de la Torah, qui proviennent de la 'Hokhma cachée au sein de Kéter, ne seront révélées que dans l’avenir. À présent, les âmes dans le Gan Eden en reçoivent un rayonnement, mais seulement grâce aux vêtements formés par leur étude de la Torah. Les mitsvot sont enracinées plus haut encore, dans Goulgalta, Kéter au sein de Kéter.
Maré mekomot
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- 2אשרי מי שבא לכאן · Pesachim 50a:7–8
6ולכן המצות והמעשה הוא העיקר והיסוד. ולכן צריך להיות גם כן מעשיו מרובים מחכמתו1 כמו שלמעלה גלגלתא חפיא על מוחא.
C’est pourquoi les mitsvot et l’action sont l’essentiel et le fondement. C’est pourquoi aussi les actes de chacun doivent être plus nombreux que son savoir, comme en haut, où « Goulgalta recouvre le cerveau ».
Puisque les mitsvot prennent leur racine en Goulgalta, l’acte est l’essentiel et le fondement. C’est pourquoi Pirkei Avot enseigne que les actes doivent être plus nombreux que le savoir, comme en haut, où « Goulgalta recouvre le cerveau » : le Crâne englobe le cerveau caché.
אבל עכ״ז [עם כל זה] הרי בחי׳ גלגלתא דא״א [דאריך אנפין] הוא בחי׳ חיצוניות הכתר עד״מ [על דרך משל] מבשרי אחזה2 הגלגלת היא
Néanmoins, le niveau de Goulgalta de Arikh Anpin est l’aspect extérieur de Kéter. À titre d’analogie, [comme il est dit] : « De ma chair, je contemple » ; le crâne est
Pourtant, Goulgalta n’est que l’aspect extérieur de Kéter. En s’appuyant sur les paroles de Job, « de ma chair, je contemple D.ieu », l’Admour Hazaken tire cette comparaison du corps humain, où le crâne n’est que de l’os, la partie extérieure de la tête.
רק עצם וחיצוניות והמוחין שבתוך הגלגלת הן בחינת פנימית לגבי הגלגלת וכנודע מחכמי הרופאים והניתוח שבג׳ חדרי המוח מלובש בהן בחינת פנימית המוחין שהן חכמה בינה ודעת
seulement os et extérieur, tandis que les cerveaux (mo'hin) à l’intérieur du crâne en constituent la dimension intérieure. Comme le savent les médecins et comme le révèle la dissection, dans les trois chambres du cerveau est enveloppé le niveau intérieur des mo'hin, qui sont 'Hokhma (sagesse), Bina (compréhension) et Daat (connaissance).
Le cerveau à l’intérieur du crâne en est la partie intérieure. Les médecins de son époque enseignaient que le cerveau possède trois chambres, où résident les facultés intérieures de l’intellect : 'Hokhma, Bina et Daat.
ועל כן כאשר יהיה איזה קלקול בגשמיות המוח מתמעט בחי׳ פנימית שבמוח ההוא כמו ריבוי השכחה נמשך מקלקול המוח שבו תלוי הזכרון כו׳ משא״כ בעצם הגלגלת אין בו גילוי החיות ע״ד [על דרך] זה כלל וכלל.
Par conséquent, lorsqu’un dommage survient au cerveau physique, la faculté intérieure de ce cerveau s’en trouve diminuée ; ainsi, une grande propension à l’oubli résulte d’un dommage à la [partie du] cerveau dont dépend la mémoire, etc. En revanche, dans l’os même du crâne, il n’y a aucunement de révélation de la force vitale de cette manière.
Ainsi, un dommage au cerveau affaiblit la faculté qui y réside ; un dommage à la partie dont dépend la mémoire, par exemple, entraîne l’oubli. L’os du crâne n’a pas de lien direct de ce genre avec la vie de l’intellect.
Goulgalta explique pourquoi l’acte est primordial, mais l’analogie humaine en montre la limite : le crâne enveloppe le cerveau, mais n’est que de l’os, tandis que les facultés de l’intellect résident dans le cerveau lui-même.
Maré mekomot
- 1מעשיו מרובים מחכמתו · Pirkei Avot 3:9
- 2מבשרי אחזה · Job 19:26
7ולכן ניקב קרום של מוח1 הוא טרפה במשהו ואינו יכול לחיות משא״כ בגלגלת. וכך הוא למעלה שגלגלתא דא״א [דאריך אנפין] הוא בחי׳ חיצוניות הכתר
C’est pourquoi, si la membrane du cerveau est perforée, [l’animal] est tréfa à la moindre [perforation] et ne peut survivre, contrairement à ce qui se passe pour le crâne. Il en va de même dans les mondes supérieurs : le Gulgalta de Arikh Anpin est l’aspect extérieur (hitsoniyout) de Kéter (la Couronne),
La loi juive reflète cela : un animal dont la membrane du cerveau est perforée, même légèrement, est tréfa et ne peut survivre, contrairement à un animal dont le crâne est perforé. De même, dans les mondes supérieurs, le Gulgalta de Arikh Anpin n’est que l’aspect extérieur de Kéter.
אבל המוחין הם בחינת פנימית ומו״ס [ומוחא סתימאה] הוא בחי׳ פנימית הכתר ולכן מצד בחי׳ זו התורה גבוה יותר ממצות
mais les mo'hin sont l’aspect intérieur (pnimiyout), et Mo'ha Stima’a est l’aspect intérieur de Kéter. C’est pourquoi, sous cet aspect, la Torah est supérieure aux mitsvot,
Les mo'hin sont l’aspect intérieur, et Mo'ha Stima’a est l’aspect intérieur de Kéter. De ce point de vue, la Torah, enracinée dans Mo'ha Stima’a, est supérieure aux mitsvot, enracinées dans le Gulgalta.
כמו שאין ערוך מהות העצם לגבי המוחין וזהו מאמר האומר שכל מצותיה של תורה אינן שוות לדבר אחד מן התורה2 כנ״ל.
de même que la substance de l’os ne saurait être comparée au cerveau. Telle est la parole de celui qui affirme que toutes les mitsvot de la Torah ne valent pas un seul mot de Torah, comme mentionné plus haut.
L’os ne saurait être comparé au cerveau vivant ; de même, sous cet aspect, les mitsvot ne sauraient être comparées à la Torah. C’est l’opinion exprimée dans le Talmud de Jérusalem, selon laquelle toutes les mitsvot ne valent pas un seul mot de Torah.
Le cerveau est vital, contrairement au crâne ; ainsi, l’aspect intérieur possède un avantage qui lui est propre : sous cet aspect, la Torah, enracinée dans l’aspect intérieur de Kéter, dépasse les mitsvot, enracinées dans son Gulgalta extérieur.
Maré mekomot
- 1ניקב קרום של מוח · Mishnah Chullin 3:1
- 2כל מצותיה של תורה אינן שוות לדבר אחד מן התורה · Jerusalem Talmud Peah 1:1:35
8ואעפ״כ [ואף על פי כן] המעשה הוא העיקר. כי הנה הרי בחינת עצם הגלגלת עם היותה בחינה גשמיות וחיצוניות ממש עכ״ז [עם כל זה] הרי היא מקפת וסובבת על המוחין ומוכרח להיות ששרשו יותר נעלה מבחי׳ המוחין.
Néanmoins, l’action est l’essentiel. En effet, l’os du crâne, bien qu’il soit véritablement matériel et extérieur, entoure et enveloppe pourtant les mo'hin ; il faut donc que sa racine soit plus élevée que le niveau des mo'hin.
À présent, l’Alter Rebbe montre l’autre aspect : pourquoi l’acte, dont la racine est dans le Gulgalta, est néanmoins l’essentiel. Le crâne n’est qu’un os matériel, et pourtant il entoure et enveloppe le cerveau, ce qui montre que sa racine doit être plus élevée que celui-ci.
והענין הוא כמ״ש בע״ח [בעץ חיים] שער כ״ב ספ״ו1 וז״ל [וזה לשונו] כי הנה כמו שכתר אינו מכלל גופו דז״א [דזעיר אנפין]
Cela s’explique par ce qui est écrit dans Etz Chaim, Chaar 22, fin du chapitre 6 — voici ses paroles : « De même que Kéter (la Couronne) ne fait pas partie du corps de Zeir Anpin (les attributs émotionnels),
Il apporte une preuve tirée d’Etz Chaim. Kehot précise que « Chaar 22 » suit la numérotation de l’édition de Shklov de 5560 (1800) ; dans les éditions actuelles, il s’agit du Chaar 23, fin du chapitre 2, et « chapitre 6 » est une erreur d’impression. L’Ari zal écrit à cet endroit que Kéter ne fait pas partie du « corps » de Zeir Anpin, la configuration des attributs émotionnels.
רק בחינה מקפת עליו זולתו כך הוא באדם התחתון שהכתר שלו הוא אור רוחני מקיף עליו ואינו נגלה וניכר לעין כל2
mais seulement un niveau qui l’enveloppe, en lui restant extérieur, ainsi en est-il de l’homme d’en bas : son Kéter est une lumière spirituelle qui l’enveloppe, sans se révéler ni être perceptible à tous les yeux ;
Kéter est un niveau enveloppant, qui entoure Zeir Anpin de l’extérieur. Il en va de même chez l’être humain : sa « couronne » est une lumière spirituelle qui l’entoure et demeure invisible à l’œil.
אמנם החיצוניות שלו המתפשטים למטה הוא נגלה למטה והוא הגלגלת המקיף את המוחין של האדם עצמו עכ״ל [עד כאן לשונו] נמצא הגלגלת באדם עם היות מצד עצמה היא חיצוניות והמוחין הם הפנימית
cependant, ses parties extérieures, qui s’étendent vers le bas, se révèlent en bas ; c’est le crâne, qui enveloppe les mo'hin de l’homme lui-même. » Fin de citation. Il en ressort que chez l’homme, bien que le crâne soit en lui-même la dimension extérieure ('hitsoniyout) et que les mo'hin soient la dimension intérieure (pnimiyout),
Ce qui est visible de cette lumière enveloppante, c’est son extension extérieure vers le bas : le crâne, qui entoure le cerveau. Ainsi, le crâne, qui n’est en lui-même que la partie extérieure de la tête, tandis que le cerveau en est la partie intérieure, possède une distinction cachée.
לכן בהם עיקר גילוי החיות עכ״ז [עם כל זה] הוא בחי׳ חיצוניות של המקיף הרוחני של האדם אשר אותו מקיף רוחני הוא גבוה למעלה מעלה מבחי׳ הפנימית של המוחין וכנודע שאין ערוך אור הפנימי לגבי האור מקיף.
de sorte que la révélation principale de la force vitale s’y trouve, le crâne est néanmoins la dimension extérieure de la lumière spirituelle enveloppante (Or Makif) de l’homme ; or cette lumière enveloppante est infiniment plus élevée que le niveau intérieur des mo'hin. Comme on le sait, la lumière intérieure est sans commune mesure avec la lumière enveloppante.
La vie de l’intellect se révèle dans le cerveau, mais le crâne est l’extrémité extérieure de l’Or Makif spirituel de l’homme, sa lumière enveloppante. Cet Or Makif est bien plus élevé que la lumière intérieure du cerveau, car une lumière enveloppante est sans commune mesure avec une lumière intérieure.
En s’appuyant sur l’enseignement de l’Ari zal selon lequel la « couronne » de l’homme est une lumière enveloppante invisible, dont le crâne est l’extension visible, l’Alter Rebbe montre que le crâne, bien qu’extérieur, a sa racine à un niveau supérieur à celui du cerveau.
Dans le système de l’Ari zal, le Kéter de chaque configuration provient du niveau qui la précède et l’entoure de l’extérieur, au lieu d’être l’un de ses membres. Le passage d’Etz Chaim lui-même, juste avant les lignes citées ici, fait référence à « De ma chair, je contemplerai D.ieu », le même verset que l’Alter Rebbe avait invoqué plus haut pour déduire les niveaux supérieurs à partir du corps humain.
Maré mekomot
- 1בע״ח שער כ״ב ספ״ו · בדפוס שקלאוו תק״ס. לפנינו שכ״ג ספ״ב. כצ״ל וספ״ו ט״ס. [כ].
- 2שהכתר שלו הוא אור רוחני מקיף עליו ואינו נגלה וניכר לעין כל · Sefer Etz Chaim 23:2
9והחיצוניות של המקיף זהו הגלגלת ולכן מצד זה היא ג״כ בחי׳ מקיף וסובב על המוחין.
Et la dimension extérieure ('hitsoniyout) de la lumière englobante est le crâne ; c’est pourquoi, sous cet aspect, elle aussi est un niveau englobant qui entoure les mo’hin.
Le crâne étant la limite extérieure de la lumière englobante, il constitue lui aussi, à sa manière, un niveau englobant autour du cerveau.
אך מ״מ [מכל מקום] להיותה בעצמה רק החיצוניות לבד של אותו אור מקיף לכן המוחין אשר בהם מתגלה האור הפנימי
Mais néanmoins, puisqu’il n’est en lui-même que la dimension extérieure de cette lumière englobante, les mo’hin, en lesquels se révèle la lumière intérieure,
Le crâne lui-même n’est pourtant que le prolongement le plus extérieur de cette lumière englobante. Le cerveau, en revanche, est le lieu où se révèle la lumière intérieure.
דהיינו חב״ד [חכמה בינה ודעת] בגילוי גמור הן מצד בחי׳ זו מעולים על הגלגלת ואע״פ [ואף על פי] ששרשה גבוה יותר הרי אותו השרש הוא אור מקיף שאינה מתגלה וא
à savoir 'Hokhma (sagesse), Bina (compréhension) et Daat (connaissance), dans leur pleine révélation, sont, sous cet aspect, supérieurs au crâne. Et bien que sa racine soit plus élevée, cette racine est une lumière englobante qui n’est pas révélée et
Dans le cerveau, 'Hokhma, Bina et Daat sont pleinement révélés ; sous cet aspect, le cerveau est donc supérieur au crâne. La racine du crâne est plus élevée, mais cette racine est une lumière englobante qui demeure cachée.
ינו נראה וניכר כלל לא כן האור המלובש במוחין שהוא נראה ונגלה דהיינו השכל והבינה והדעת כו׳.
n’est ni vue ni discernable en aucune façon, contrairement à la lumière qui est revêtue dans les mo’hin, laquelle est vue et révélée : à savoir l’intellect, la compréhension et la connaissance, etc.
En revanche, la lumière qui se trouve dans le cerveau est visible et connue : c’est l’intellect, la compréhension et la connaissance qu’une personne éprouve effectivement.
Chacun a son avantage propre : la racine du crâne est plus élevée, mais demeure cachée, tandis que le cerveau révèle pleinement sa lumière.
10ונמצא מובן מזה שיש מעלה במוחין מה שאינה בגלגלת דהיינו שהם בחי׳ פנימית והגלגלת הוא
On comprend ainsi que le cerveau (les mo'hin) possède un avantage qui fait défaut au crâne : il est le niveau intérieur (pnimiyout), tandis que le crâne
Conclusion de l’analogie : le cerveau possède un avantage qui fait défaut au crâne, car il constitue le niveau intérieur.
רק בחי׳ חיצוניות ויש מעלה בגלגלת למעלה מהמוחין להיותו בחי׳ החיצוניות של אור המקיף הרוחני שלמעלה מעלה לאין קץ מפנימית המוחין.
n’est que le niveau extérieur ('hitsoniyout). Le crâne possède toutefois un avantage sur le cerveau, puisqu’il est la dimension extérieure de la lumière spirituelle qui entoure, laquelle est infiniment plus élevée que la dimension intérieure du cerveau.
Le crâne possède aussi un avantage sur le cerveau, car il est le prolongement extérieur de la lumière spirituelle qui entoure, infiniment plus élevée que la lumière intérieure du cerveau.
L’analogie en résumé : le cerveau excelle par son intériorité, le crâne par la hauteur de sa racine.
11והנמשל מכל הנ״ל יובן למעלה בענין שרש התורה והמצות שהתורה מחכמה דאצילות נפקת ושרשה מחכמה שבכתר שהוא בחי׳ פנימית והמצות הן מבחינת גלגלתא
Ce que tout ce qui précède illustre se comprend dans les mondes supérieurs au sujet de la racine de la Torah et des mitsvot : la Torah émane de la 'Hokhma du Monde d'Atsilout (Émanation), et sa racine se trouve dans la 'Hokhma au sein de Kéter (la Couronne), qui est le niveau intérieur (pnimiyout) ; les mitsvot, quant à elles, proviennent du niveau de Gulgalta,
L’analogie s’applique maintenant aux racines de la Torah et des mitsvot dans les mondes supérieurs. La Torah provient de la 'Hokhma d’Atsilout et est enracinée dans la 'Hokhma au sein de Kéter, le niveau intérieur, tandis que les mitsvot proviennent de Gulgalta.
שהוא חיצוניות הכתר וסובב ומקיף על המוחין אשר מצד היות החכמה בחי׳ פנימית וגלגלתא בחי׳ חיצוניות לכן מצד מעלה זו הפליגו חז״ל [חכמינו זכרונם לברכה] בשבח התורה יותר מבמצות.
qui est la dimension extérieure ('hitsoniyout) de Kéter et entoure et enveloppe les mo'hin. Puisque la 'Hokhma est le niveau intérieur et Gulgalta le niveau extérieur, nos Sages, de mémoire bénie, ont donc exalté la Torah davantage que les mitsvot en raison de cette supériorité.
Gulgalta est la dimension extérieure de Kéter, qui enveloppe le « cerveau » en son sein. Parce que la 'Hokhma est intérieure et Gulgalta extérieure, les Sages ont loué la Torah au-dessus des mitsvot.
ואעפ״כ [ואף על פי כן] המעשה הוא העיקר כי הגלגלתא הוא חיצוניות של בחינת המקיף הרוחני שלמעלה מעלה מבחינת פנימית המוחין (ועיין בהרמ״ז [בהרב משה זכות] בפ׳ אמור) (דפ״ח סע״ב [סוף עמוד ב])1 בפי׳ דנגיד ונפיק כו׳ על הראש2 כו׳
Néanmoins, l’action est l’essentiel, car Gulgalta est la dimension extérieure du niveau enveloppant spirituel, qui est infiniment plus élevé que le niveau intérieur des mo'hin. (Voir également le Ramaz sur la paracha Emor) (folio 88, fin du côté b), à propos de l’explication de « qui s’écoule et jaillit », etc., « sur la tête », etc. ;
Pourtant, puisque Gulgalta est l’extrémité extérieure d’une lumière enveloppante spirituelle infiniment supérieure au « cerveau » intérieur, l’acte demeure l’essentiel. La parenthèse renvoie au Ramaz, Rabbi Moché Zacuto, sur le Zohar, paracha Emor (88b), où l’huile sainte « s’écoule et jaillit » de la Tête la plus cachée « sur la tête ».
וז״ל [וזה לשונו] כי גם כתר אריך נחשב מעולם א״ס [אין סוף] כדרך כל כתר שמתייחס למה שלמעלה ממנו ועיקרו של אצילות מתחיל ממוחא סתימאה שהוא חכמה דאריך עכ״ל [עד כאן לשונו] וכמ״ש מזה בביאור ע״פ כי ביום הזה יכפר34
voici ses paroles : « Car le Kéter d’Arikh est lui aussi considéré comme appartenant au monde de l’Infini (Ein Sof), comme c’est le cas de tout Kéter, qui se rattache à ce qui le dépasse ; et Atsilout proprement dit commence avec le Mo’ha Stima’a, qui est la 'Hokhma d’Arikh. » Fin de citation. Comme il est écrit à ce sujet dans l’explication sur [le verset] « Car en ce jour, il fera expiation ».
Le Ramaz écrit que le Kéter d’Arikh Anpin est encore compté avec le monde de l’Infini, puisque tout Kéter se rattache au niveau qui le dépasse, et qu’Atsilout proprement dit commence avec le Mo’ha Stima’a, la 'Hokhma d’Arikh Anpin. L’Admour Hazaken renvoie également à son explication de « Car en ce jour, il fera expiation » (Lévitique 16:30).
נמצא גולגלתא שהיא החיצוניות של בחינת כתר אריך היינו כתר שבכתר הוא מה״ט [מהאי טעמא] גבוה מבחי׳ חכמה שבכתר עם היותו בחי׳ פנימית.
Il en ressort que Gulgalta, qui est la dimension extérieure du Kéter d’Arikh, c’est-à-dire Kéter au sein de Kéter, est pour cette raison plus élevé que le niveau de la 'Hokhma au sein de Kéter, bien que [ce dernier] soit le niveau intérieur.
Ainsi, Gulgalta, la dimension extérieure du Kéter d’Arikh Anpin, Kéter au sein de Kéter, est compté avec l’Infini, au-dessus d’Atsilout proprement dit. C’est pourquoi il est plus élevé que la 'Hokhma au sein de Kéter, bien que celle-ci soit la dimension intérieure.
L’analogie appliquée plus haut : la Torah, issue de la 'Hokhma intérieure au sein de Kéter, est louée pour son caractère intérieur, tandis que les mitsvot, issues de Gulgalta, le Kéter extérieur au sein de Kéter, sont l’essentiel, car leur racine est comptée avec l’Infini lui-même, au-dessus d’Atsilout proprement dit.
Le principe du Ramaz, selon lequel tout Kéter « se rattache à ce qui le dépasse », permet à l’Admour Hazaken d’affirmer que Gulgalta, bien qu’extérieur, l’emporte sur le Mo’ha Stima’a intérieur : le Mo’ha Stima’a est le commencement d’Atsilout, tandis que Gulgalta appartient au Kéter qui est encore compté avec l’Infini.
Maré mekomot
- 1ועיין בהרמ״ז בפ׳ אמור (דפ״ח סע״ב) · ראה גם באוה״ת נצבים ע׳ א׳רעד.
- 2דנגיד ונפיק כו׳ על הראש · Zohar, Emor 2:6–3:12
- 3בביאור ע״פ כי ביום הזה יכפר · ראה לעיל פ׳ אחרי כט, א.
- 4כי ביום הזה יכפר · Leviticus 16:30
Contempler la couronne ¶12
12ועד״ז [ועל דרך זה] נתבאר בביאור ע״פ יביאו לבוש מלכות1 ד״ה והנה התורה כו׳ ע״ש [עיין שם]. ולכן הגלגלתא הוא ג״כ בחי׳ מקיף על מו״ס [מוחא סתימאה]. ג ובזה יובן ענין צאינה וראינה.2
De même, cela est expliqué dans l’explication sur [le verset] « Qu’on apporte des vêtements royaux », dans le passage qui commence par « Et voici la Torah », etc. ; voyez là-bas. C’est pourquoi le Goulgalta est également un niveau enveloppant au-dessus de Mo’ha Stima’a. 3. Cela permet de comprendre le sens de « Sortez et contemplez ».
Le même point, à savoir que le Goulgalta enveloppe même le Mo’ha Stima’a, est expliqué dans l’explication de l’Admour Hazaken sur « Qu’on apporte des vêtements royaux », dans Torah Ohr. La section 3 applique à présent tout cela au verset « Sortez et contemplez ».
כי הנה עונג הנשמות בגן עדן הוא מהשגת סודות התורה שעסקו בעולם הזה בנגלה ששרש הארה זו מבחינת ח״ס [חכמה סתימאה]
Car le plaisir des âmes dans le Gan Eden provient de la saisie des secrets de la Torah auxquels elles se sont consacrées dans ce monde sous leur forme révélée ; la racine de cette illumination vient du niveau de la 'Hokhma cachée ('Hokhma Stima’a),
Dans le Gan Eden, les âmes se délectent de la saisie des secrets intérieurs de la Torah même qu’elles ont étudiée en ce monde sous sa forme révélée, celle de la loi. La racine de cette lumière est la 'Hokhma cachée, la 'Hokhma Stima’a.
שהוא בחי׳ פנימית ונמשך בהשתלשלות רבות עד שמתגלה ג״כ לנשמה בגן עדן בבחי׳ פנימית ממש שמשיגים ונהנים ע״כ [על כן] אי אפשר לנשמה בגן עדן להשיג ולהתענג
qui est un niveau intérieur, et qui se déploie à travers de nombreuses étapes de descente (hichtalchelout), jusqu’à se révéler aussi à l’âme dans le Gan Eden de manière véritablement intérieure, de sorte qu’elle saisit et apprécie [cette lumière]. Il est donc impossible à l’âme dans le Gan Eden de saisir et de goûter
Parce que cette lumière est intérieure, elle descend à travers de nombreux niveaux jusqu’à parvenir à l’âme dans le Gan Eden comme une réalité qu’elle saisit et apprécie véritablement de l’intérieur. Une âme limitée ne peut recevoir directement une telle lumière.
מבחינת פנימית העונג ושכל הנעלם אם לא על ידי לבוש הנמשך מההלכות והמצות שעסקו בעולם הזה וע״כ [ועל כן] בעטרה שעטרה לו אמו כו׳ נאמר צאינה וראינה לצאת3 מבחינות הלבושים.
la dimension intérieure du plaisir et de l’intellect caché, si ce n’est par l’intermédiaire d’un vêtement issu des lois et des mitsvot auxquelles elles se sont consacrées en ce monde. C’est pourquoi, à propos de « la couronne dont sa mère l’a couronné », etc., il est dit : « Sortez et contemplez », c’est-à-dire sortez des niveaux des vêtements.
Il lui faut un vêtement tissé à partir des lois et des mitsvot qu’elle a étudiées et accomplies en ce monde. La couronne correspond à une révélation d’un autre ordre ; c’est pourquoi le verset dit : « Sortez et contemplez » — sortez des vêtements pour la voir.
(ר״ל [רוצה לומר] אע״ג [אף על גב] דגלגלתא גבוה ממו״ס [ממוחא סתימאה] שהרי הוא בחינת כתר דאריך אך להיותה בחינת חיצוניות לכך יוכל לירד ולהתגלות למטה בלי לבוש משא״כ הפנימית וכנודע דחיצוניות העליון יורד למטה.
(C’est-à-dire : bien que le Goulgalta soit supérieur au Mo’ha Stima’a, puisqu’il est le niveau de Kéter (la Couronne) d’Arikh, néanmoins, comme il est un niveau extérieur ('hitsoniyout), il peut descendre et se révéler en bas sans vêtement, contrairement au niveau intérieur ; comme on le sait, la dimension extérieure du niveau supérieur descend en bas.
Dans une longue parenthèse, l’Admour Hazaken explique pourquoi la couronne n’a pas besoin de vêtement. Le Goulgalta, bien que supérieur au Mo’ha Stima’a, est un niveau extérieur ; or un niveau extérieur peut descendre et se révéler en bas sans vêtement, car la dimension extérieure d’un niveau supérieur atteint toujours les niveaux inférieurs.
ואע״ג [ואף על גב] שהוא חיצוניות מבחי׳ העליונה יותר הרי אדרבה כל הגבוה גבוה יותר יוכל לירד ולהתגלות למטה יותר והיינו ע״י חיצוניות שלו. וכענין מ״ש במ״א בפי׳ אל עליון גומל חסדים טובים שנה״י [שנצח הוד יסוד] שרשן מהכתר
Et bien qu’il soit la dimension extérieure d’un niveau plus élevé, c’est au contraire parce qu’un niveau est plus élevé qu’il peut descendre et se révéler plus bas encore, et cela par sa dimension extérieure. Cela correspond à ce qui est écrit ailleurs sur le sens de « D.ieu suprême, qui prodigue de bonnes bontés » : Netzach (victoire), Hod (splendeur) et Yessod (fondement) ont leur racine en Kéter,
En effet, plus un niveau est élevé, plus il peut atteindre les niveaux inférieurs, et c’est par sa dimension extérieure qu’il y parvient. De même, comme il l’a expliqué ailleurs au sujet des mots de la prière « D.ieu suprême, qui prodigue de bonnes bontés », Netzach, Hod et Yessod ont leur racine en Kéter.
והיינו לפי שבחינת נה״י [נצח הוד יסוד] הם חיצוניות המשפיע היורד ומתגלה להמקבל וכח ירידה זו היינו מהכתר שלמעלה מהחכמה כו׳ ועמ״ש כה״ג [כהאי גוונא] בביאור ע״פ4 משה ידבר56 בענין תלת עלמין דנפקין מתיקונא קדמאה כו׳ ע״ש [עיין שם].
car Netzach, Hod et Yessod sont la dimension extérieure de celui qui donne, celle qui descend et se révèle au récepteur ; la force de cette descente vient de Kéter, qui est au-dessus de 'Hokhma, etc. Voyez aussi ce qui est écrit dans le même sens dans l’explication sur [le verset] « Moché parlait », à propos des trois mondes qui émanent du premier Tikoun, etc. ; voyez là-bas.
Netzach, Hod et Yessod sont la dimension extérieure de celui qui donne, la part qui descend jusqu’au récepteur ; la force qui lui permet de descendre aussi bas vient de Kéter, au-dessus de 'Hokhma. L’Admour Hazaken renvoie également à son explication de « Moché parlait », au sujet des « trois mondes qui émanent du premier Tikoun ».
ולכן להיות וראינה בעטרה א״צ [אין צריך / אינו צריך] ללבושים כו׳. ועוד והוא העיקר כי הנה פי׳ וראינה הוא ע״ד [על דרך] מ״ש בביאור על פסוק חכלילי עינים7 בענין הסתכלות ז״א [זעיר אנפין] במצחא דא״א [דאריך אנפין] כי הראיה היא בחינת חיצוניות משא״כ שארי כחות
C’est pourquoi, pour « contempler la couronne », aucun vêtement n’est nécessaire, etc. En outre — et c’est là le point essentiel — le sens de « et contemplez » rejoint ce qui est écrit dans l’explication sur le verset « Ses yeux sont rouge sombre [à cause du vin] », à propos du regard de Zeir Anpin (les attributs émotionnels) vers le front (Mits’ha) d’Arikh Anpin : la vue est une faculté extérieure, contrairement aux autres facultés,
Ainsi, contempler la couronne ne nécessite aucun vêtement. Toutefois, l’explication essentielle se trouve dans le mot « contemplez » : comme l’explique le commentaire sur « Ses yeux sont rouge sombre [à cause du vin] », Zeir Anpin reçoit du front (Mits’ha) d’Arikh Anpin par le regard seulement, car la vue est une faculté extérieure, contrairement aux facultés intérieures.
כמו כח החכמה או כח המדות כו׳ והענין כי להיות מסתכל במצחא דא״א [דאריך אנפין] שעל ידי זה מקבל ש״ע [ש״ע (370)] נהורין כו׳ א״א [אריך אנפין] כ״א [כי אם] על ידי עינים בחינות ראיה מבחוץ שאינו נכנס בפנים כו׳
comme la puissance de la 'Hokhma ou celle des attributs émotionnels (midot), etc. Le point est que, pour [Zeir Anpin], contempler le Front d’Arikh Anpin, par quoi il reçoit les 370 lumières, etc., est impossible autrement que par les yeux, le niveau de la vision depuis l’extérieur, qui ne pénètre pas à l’intérieur, etc. ;
Contrairement à la sagesse ou aux émotions, qui font entrer leur objet à l’intérieur, la vision le perçoit depuis l’extérieur. C’est pourquoi la réception par Zeir Anpin des « 370 lumières » du Front d’Arikh Anpin ne peut se faire que par les yeux.
ע״ש [עיין שם] והגם שהעינים הם גם כן מבחינת חכמה שהראיה היא מבחינת חכמה שלכך נק׳ החכמים עיני העדה. אלא שהעינים הם מבחינת נו״ה [נצח והוד] שבחכמה שנתלבשה בגשמיות.
voir là. Et bien que les yeux relèvent eux aussi du niveau de la 'Hokhma, car la vision relève du niveau de la 'Hokhma — c’est pourquoi les sages sont appelés « les yeux de l’assemblée » —, les yeux relèvent néanmoins du niveau de Netsa'h et Hod au sein de la 'Hokhma, laquelle s’est revêtue dans la matérialité.
La vision dérive bien de la 'Hokhma, raison pour laquelle les sages sont appelés « les yeux de l’assemblée ». Mais les yeux relèvent de Netsa'h et Hod au sein de la 'Hokhma, ses extrémités extérieures, telles qu’elles se revêtent dans un organe physique.
מה שאין כן כח החכמה עצמה חב״ד [חכמה בינה ודעת] שבחכמה כו׳ ולכן להיות הגילוי בז״א [בזעיר אנפין] מבחינות מצחא שהוא סיומא דכתר אריך א״א [אריך אנפין] להיות הגילוי בפנימית ממש בחב״ד [בחכמה בינה ודעת] דז״א [דזעיר אנפין] רק בבחינת עינים הסתכלות כו׳.
Il n’en va pas ainsi de la puissance de la 'Hokhma elle-même — 'Hokhma, Bina et Daat au sein de la 'Hokhma, etc. Par conséquent, puisque la révélation en Zeir Anpin vient du niveau du Front, qui est l’extrémité de Kéter d’Arikh Anpin, elle ne peut être véritablement intérieure, dans la 'Hokhma, la Bina et la Daat de Zeir Anpin, mais seulement sous la forme des yeux, de la contemplation, etc.
Elles ne sont pas le cœur de la 'Hokhma, c’est-à-dire sa propre 'Hokhma, sa Bina et sa Daat. Puisque la révélation en Zeir Anpin vient du Front, l’extrémité inférieure de Kéter d’Arikh Anpin, elle ne peut pénétrer dans l’intellect intérieur de Zeir Anpin et n’est reçue que par la « contemplation ».
ועד״ז [ועל דרך זה] יובן כאן בפי׳ וראינה בעטרה שאין התגלות זו כמו התגלות שמבחינת חכמה עילאה שנמשך בבחי׳ שכל והשגה לנשמות שבג״ע [שבגן עדן] בחב״ד [בחכמה בינה ודעת] שלהן וע״כ [ועל כן] צריך ללבוש כו׳
De même, on comprendra ici le sens de « et contemplez la couronne » : cette révélation n’est pas semblable à celle qui provient de la 'Hokhma supérieure et qui est transmise aux âmes du Gan Eden sous forme d’intellect et de compréhension, dans leur 'Hokhma, leur Bina et leur Daat ; c’est pourquoi elle nécessite un vêtement, etc. ;
Il en va de même pour « et contemplez la couronne ». La révélation de la 'Hokhma supérieure pénètre dans la 'Hokhma, la Bina et la Daat propres aux âmes sous forme de compréhension ; elle nécessite donc un vêtement.
אבל גילוי שמבחי׳ זו לא ניתן ליהנות בו בהשגה כי הוא למעלה מכח ההשגה רק הגילוי בבחי׳ וראינה בעטרה בבחינת ראייה בעלמא ע״ד [על דרך] הנ״ל וע״כ [ועל כן] א״צ [אין צריך / אינו צריך] ללבוש כו׳
mais la révélation de ce niveau n’est pas donnée pour en jouir par la compréhension, car elle dépasse la capacité de comprendre. La révélation se manifeste plutôt sous la forme de « et contemplez la couronne », comme une simple vision, ainsi qu’il a été expliqué plus haut ; c’est pourquoi elle n’a pas besoin de vêtement, etc.
La révélation de la couronne ne peut aucunement être saisie par l’intelligence, car elle dépasse toute compréhension ; elle n’est reçue que par la vision, depuis l’extérieur. Elle n’a donc pas besoin de vêtement.
ועיין מ״ש עוד מענין הסתכלות וראייה בד״ה ואתחנן אל ה׳ בפי׳ ואראה את הארץ8 כו׳ ועוי״ל [ועוד יש לומר] בזה ע״ד [על דרך] מ״ש במ״א בענין ג׳ בחינות מזון לבוש בית שהם ממכ״ע [ממלא כל עלמין] וסוכ״ע [וסובב כל עלמין] ומה שלמעלה מסוכ״ע [מסובב כל עלמין]
Voir également ce qui est écrit plus loin au sujet de la contemplation et de la vision, dans le discours commençant par « Et j’ai imploré D.ieu », sur le sens de « et que je voie le pays », etc. On peut aussi expliquer cela selon ce qui est écrit ailleurs au sujet des trois niveaux que sont la nourriture, le vêtement et la maison : la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), et ce qui est au-dessus de la lumière qui entoure tous les mondes.
Pour approfondir la contemplation et la vision, le lecteur est renvoyé au discours sur la supplication de Moché : « Que je voie le pays ». Une autre explication s’appuie sur les trois niveaux de la nourriture, du vêtement et de la maison, qui correspondent à la lumière qui remplit tous les mondes, à la lumière qui entoure tous les mondes et à ce qui est au-dessus même de la lumière qui entoure les mondes.
והנה כמו״כ [כמו כן] באדם מזון הוא א״פ [אור פנימי] בחינת תורה לוכ לחמו בלחמי9 ולבושים נעשה ממעשה המצות ועל ידי לבושים אלו יוכל ליהנות ולקבל הארה מבחינת לבוש העליון של הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] בחינת סוכ״ע [סובב כל עלמין].
De même chez l’homme : la nourriture est la lumière intérieure (Or pnimi), le niveau de la Torah, [comme dans] « Venez, mangez de mon pain » ; les vêtements sont produits par l’accomplissement des mitsvot, et grâce à ces vêtements, il peut jouir d’un rayonnement provenant du vêtement supérieur du Saint béni soit-Il, le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes.
Pour l’homme, la nourriture, qui est absorbée à l’intérieur, est la lumière intérieure : la Torah, comme dans « Venez, mangez de mon pain ». Les vêtements sont produits par l’accomplissement des mitsvot ; grâce à eux, l’âme peut recevoir du « vêtement » propre à D.ieu, la lumière qui entoure tous les mondes.
אך בחינת בעטרה שעטרה כו׳ הוא מה שלמעלה מבחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] וא״כ [ואם כן] הוא למעלה גם מבחי׳ לבוש מלכות של הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] כ״א [כי אם] בחי׳ כתר מלכות בחי׳ מקיף למקיף.
Mais le niveau de « la couronne dont [sa mère] l’a couronné », etc., est ce qui se trouve au-dessus de la lumière qui entoure tous les mondes. Il est donc supérieur même au niveau du vêtement royal (levouch Mal'hout) du Saint béni soit-Il : il s’agit plutôt du niveau de la couronne royale (Kéter Mal'hout), un niveau de lumière qui entoure l’enveloppant.
La couronne, cependant, dépasse même la lumière qui entoure tous les mondes, et se situe au-dessus du « vêtement royal » de D.ieu. C’est la « couronne royale », une lumière enveloppante qui entoure même la lumière enveloppante.
וכיון שהוא למעלה משרש הלבושים א״כ [אם כן] לא שייך להיות וראינה בעטרה על ידי הלבושים. ולכן נאמר צאינה מהלבושים וראינה בעטרה כו׳.
Et puisqu’il est au-dessus de la racine des vêtements, il ne peut donc être question de « contempler la couronne » au moyen des vêtements. C’est pourquoi il est dit : « Sortez » des vêtements « et contemplez la couronne », etc.
Puisque la couronne se situe au-dessus même de la racine des vêtements, ceux-ci ne peuvent servir à la voir. Voilà pourquoi le verset dit de sortir des vêtements et de contempler la couronne.
ואפ״ל [ואפשר לומר] פי׳ צאינה ע״ד [על דרך] מ״ש במ״א בפי׳ ובני ישראל יוצאים ביד רמה10 שיוצאים מן הכלי וגבול והוא בחינת נשיאת נפש לקיים מ״ש אליך ה׳ נפשי אשא11 והוא בחינת תשובה עילאה כו׳
On peut dire que le sens de « Sortez » rejoint ce qui est écrit ailleurs à propos de « Les enfants d’Israël sortaient la main levée » : ils sortent du réceptacle et de la limite. C’est le niveau de l’élévation de l’âme, afin d’accomplir ce qui est écrit : « Vers Toi, D.ieu, j’élève mon âme » ; c’est le niveau de la techouva supérieure (retour), etc.,
Une autre interprétation de « Sortez » : comme les enfants d’Israël sortirent d’Égypte « la main levée », ils sortent de tout réceptacle et de toute limite. C’est l’élévation de l’âme évoquée par « Vers Toi, D.ieu, j’élève mon âme », qui relève de la techouva supérieure (techouva ila’a).
שהיא למעלה מהלבושים הנעשים על ידי מעשה המצות כנודע ועמ״ש סד״ה עד דלא ידעי בין12 כו׳ וסד״ה כי כארץ תוציא צמחה13 וסד״ה השמים כסאי גבי איזה בית אשר תבנו לי)14
qui est au-dessus des vêtements créés par l’accomplissement des mitsvot, comme on le sait. Voir aussi ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Jusqu’à ce qu’il ne sache pas distinguer entre », etc., à la fin du discours commençant par « Car, comme la terre fait pousser sa végétation », et à la fin du discours commençant par « Les cieux sont Mon trône », au sujet de « Quelle maison pourriez-vous Me bâtir ? »)
Cette techouva supérieure se situe au-dessus des vêtements créés par l’accomplissement des mitsvot. L’Admour Hazaken renvoie à trois discours où ce point est développé, et la longue parenthèse se ferme.
והנה בחינת העטרה וכתר הנ״ל הוא אשר הנשמות דווקא ממשיכים על ידי בחינת הביטול רצון בקיום המצות מעשיות
Or, le niveau de la couronne et de Kéter mentionné plus haut est précisément ce que les âmes attirent par l’annulation de leur volonté (bitoul) lorsqu’elles accomplissent les mitsvot pratiques.
La couronne est attirée par les âmes précisément au moyen du bitoul, en mettant leur volonté propre de côté dans l’accomplissement des mitsvot pratiques.
ועל זה נאמר בעטרה שעטרה לו אמו שהוא מקור הנשמות שנקרא אמו ועמ״ש סד״ה יביאו לבוש מלכות אך
C’est à ce propos qu’il est dit : « la couronne dont sa mère l’a couronné » : [la mère] désigne la source des âmes, appelée « sa mère ». Voir aussi ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Qu’ils apportent des vêtements royaux ». Cependant,
Voilà pourquoi le verset dit : « sa mère l’a couronné » : « sa mère » désigne la source des âmes. L’Admour Hazaken va maintenant préciser ce que les âmes accomplissent réellement.
הנה לא שהנשמות הם העושים מחדש ממש את העטרה הנ״ל כי הרי מבואר למעלה ששרש העטרה הנ״ל הוא בבחי׳ גלגלתא דא״א [דאריך אנפין] ששרשו מבחינת המקיף דסובב כל עלמין ולא שנמשכת מבחינת אימא לבד
ce ne sont pas les âmes qui créent véritablement à nouveau la couronne mentionnée plus haut ; car il a été expliqué plus haut que la racine de cette couronne se trouve au niveau de la Gulgalta d’Arich Anpin, dont la racine relève de l’aspect englobant de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), et qu’elle n’est pas attirée du seul niveau d’Imma ;
Les âmes ne créent pas la couronne. Sa racine est la Gulgalta d’Arich Anpin, qui provient de la lumière qui entoure tous les mondes ; elle n’est pas attirée uniquement d’Imma, la configuration de la « mère ».
אלא רק בחינת המשכת העטרה להיות כתר ומקיף על ראשו שהן י״ס [י׳ ספירות] דאצילות כו׳ הוא אשר תלוי בהנשמות שהן ממשיכין להיות ניתן הכתר מלכות בראשו.
mais ce qui dépend des âmes, c’est seulement l’attraction de la couronne, afin qu’elle soit une couronne et une [lumière] englobante au-dessus de sa tête — les dix Séfirot du Monde d’Atsilout (Émanation), etc. Les âmes l’attirent ainsi, de sorte que la couronne royale soit placée sur sa tête.
Ce qui dépend des âmes, c’est uniquement d’attirer la couronne, afin qu’elle repose comme une couronne et une lumière englobante au-dessus de la « tête », c’est-à-dire des dix Séfirot d’Atsilout. Les âmes font en sorte que la couronne royale soit placée sur la tête du Roi.
ע״ד [על דרך] דוגמא מנוהג שבעולם הכתר והעטרה שנותנים על ראש המלך בשר ודם בעת שמכתירים אותו שהנה הכתר והעטרה זו הרי מכבר ומקודם היתה עשויה על ידי הבעל מלאכה היודע לעשותה.
C’est comparable à ce qui se fait dans le monde : la couronne et le diadème que l’on place sur la tête d’un roi de chair et de sang lorsqu’on le couronne. En effet, cette couronne et ce diadème avaient été fabriqués bien auparavant par l’artisan qui sait les confectionner.
L’analogie est celle du couronnement d’un roi humain : la couronne placée sur sa tête a été fabriquée longtemps auparavant par un artisan qui maîtrise cet art.
כ״א [כי אם] ענין שמעטרים אותו הוא נתינתה על ראש המלך וכמ״ש ואשר ניתן כתר מלכות בראשו.15
En réalité, le fait de le couronner consiste à placer la couronne sur la tête du roi, comme il est écrit : « et sur la tête de qui fut placée la couronne royale ».
Le couronnement lui-même consiste seulement à placer la couronne sur la tête du roi, comme le dit le verset d’Esther : « et sur la tête de qui fut placée la couronne royale ».
וכך הוא עד״מ [על דרך משל] למעלה פירוש וענין בעטרה שעטרה לו אמו. שהמשיכו העטרה והכתר כביכול מא״א [מאריך אנפין] להיות נמשך על י״ס [י׳ ספירות] דאצילות כו׳
Il en est ainsi, par analogie, dans les mondes supérieurs. Le sens et la signification de « la couronne dont sa mère l’a couronné » est qu’ils firent descendre la couronne et Kéter, pour ainsi dire, depuis Arich Anpin, afin qu’ils soient attirés sur les dix Séfirot d’Atsilout, etc.,
De même, dans les mondes supérieurs, « sa mère l’a couronné » signifie que les âmes attirent la couronne, pour ainsi dire, depuis Arich Anpin vers les dix Séfirot d’Atsilout.
ע״ס [עשר ספירות] דז״א [דזעיר אנפין] (ועמ״ש בפרשה במדבר סיני בביאור ע״פ שאו וגו׳ [וגומר] לגולגלתם16 מענין המשכת הכתר לז״א [לזעיר אנפין] בשבועות וע׳ [ועיין] במק״מ [במקדש מלך] פ׳ אחרי) (בדף ס״ו ע״ב) גבי בעטרה שעטרה לו אמו מ״ש בשם ספר עמק המלך:
les dix Séfirot de Zeir Anpin. (Voyez aussi ce qui est écrit dans la paracha Bamidbar Sinaï, dans l’explication du verset « Dénombrez, etc., … selon leurs têtes (legoulgelotam) », au sujet de l’attraction de Kéter vers Zeir Anpin à Chavouot ; voyez également le Mikdash Melekh, paracha A’harei) (folio 66, verso), à propos de « la couronne dont sa mère l’a couronné », ce qu’il écrit au nom du livre Emek HaMelekh.
Il s’agit des dix Séfirot de Zeir Anpin. L’Admour Hazaken renvoie à son explication, dans la paracha Bamidbar, du verset qui dénombre Israël « selon leurs têtes » (legoulgelotam, de la même racine que Gulgalta), au sujet de Kéter attiré vers Zeir Anpin à Chavouot ; il renvoie aussi au Mikdash Melekh sur le Zohar dans A’harei, qui cite le livre Emek HaMelekh.
La section 3 répond à la deuxième question. Les raisons intérieures de la Torah, issues du Mo’ha Stima’a intérieur, parviennent aux âmes sous forme de compréhension et nécessitent donc les vêtements de la Torah et des mitsvot. La couronne, issue du Goulgalta extérieur, est au-dessus de la compréhension et de la racine des vêtements ; elle est reçue uniquement par le « regard », de sorte qu’il faut « sortir » des vêtements pour la voir. Les âmes ne créent pas la couronne : leur bitoul dans l’accomplissement des mitsvot la fait descendre pour reposer sur la tête du Roi.
Le principe énoncé ici — plus un niveau est élevé, plus sa dimension extérieure peut atteindre les niveaux inférieurs — relie les deux parties du maamar : l’acte, expression la plus extérieure, a sa racine dans le Goulgalta, et la couronne qu’il fait descendre peut être vue sans vêtements. La note de Kehot ajoute que le Tséma’h Tsédek, dans Or HaTorah, semble faire référence à l’explication de cette section concernant le fait de sortir des vêtements.
Maré mekomot
- 1בביאור ע״פ יביאו לבוש מלכות · תו״א צא, סע״ב ואילך.
- 2צאינה וראינה · Song of Songs 3:11
- 3צאינה וראינה לצאת מבחי׳ הלבושים · באוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ שפה כנראה שמציין להמבואר בסעי׳ זה ע״ש.
- 4בביאור ע״פ חכלילי עינים · תו״א פ׳ ויחי.
- 5בביאור ע״פ משה ידבר · תו״א סח, ד.
- 6משה ידבר · Exodus 19:19
- 7חכלילי עינים · Genesis 49:12
- 8ואראה את הארץ · Deuteronomy 3:25
- 9לוכ לחמו בלחמי · Proverbs 9:5
- 10ובני ישראל יוצאים ביד רמה · Exodus 14:8
- 11אליך ה׳ נפשי אשא · Psalms 25:1
- 12עד דלא ידעי בין · Megillah 7b:7–8
- 13כי כארץ תוציא צמחה · Isaiah 61:11
- 14השמים כסאי גבי איזה בית אשר תבנו לי · Isaiah 66:1
- 15ואשר ניתן כתר מלכות בראשו · Esther 6:8
- 16שאו וגו׳ לגולגלתם · Numbers 1:2
Le désert au-dessus de « l’homme » ¶13–17
13ד וזהו ענין וממדבר מתנה.1 ומבואר למעלה הענין כי הגם כי זאת התורה אדם2 שהתורה היא בחינת אדם דאורייתא מחכמה נפקת מ״מ [מכל מקום] היינו בבחינת יציאתה מהעלם אל הגילוי
4. Et tel est le sens de « et du désert, un don ». La question a été expliquée plus haut : bien que « Telle est la Torah : un homme (adam) », car la Torah est du niveau de « l’homme », puisque « la Torah procède de 'Hokhma (sagesse) », cela ne concerne toutefois que sa sortie de l’occultation vers la révélation ;
La section 4 aborde la Couronne à partir d’un autre verset : « et du désert, un don » (Numbers 21:18). Comme cela a été expliqué plus haut, la Torah est appelée « homme » (« Telle est la Torah : un homme », Numbers 19:14), parce qu’elle procède de 'Hokhma ; mais cela ne décrit que son émergence de l’occultation vers la révélation.
אבל שרשה ויסודתה העליון שממנו לוקחה כתיב וממדבר מתנה מדבר הוא בחי׳ עליונה למעלה מבחי׳ אדם
mais de sa racine et de son fondement suprêmes, dont elle a été prise, il est écrit : « et du désert, un don ». Le désert est un niveau suprême, au-dessus du niveau de « l’homme »,
La racine suprême de la Torah, dont elle a été prise, est le « désert », un niveau au-dessus de « l’homme ».
כי במדבר כתיב אשר לא עבר בה איש ולא ישב אדם שם3 כו׳ שהוא למעלה מעלה מבחינת אדם העליון שעל הכסא ומשם נמשך להיות בחי׳ כתר על הראש ומוחין.
car il est écrit au sujet du désert : « par où nul homme n’est passé et où nul être humain (adam) n’a demeuré », etc. : il se situe très, très au-dessus du niveau de l’« Homme » suprême qui est sur le trône, et c’est de là qu’il est attiré pour devenir le niveau de Kéter (la Couronne) posé sur la tête et de l’intellect (mo'hin).
Le désert est décrit comme une terre « par où nul homme n’est passé et où nul être humain (adam) n’a demeuré » (Jeremiah 2:6). Il représente un niveau très supérieur à l’« Homme » suprême qui se trouve sur le trône dans la vision de Yechezkel ; c’est de là que provient la Couronne qui repose sur la tête et sur l’intellect.
La section 4 présente un autre verset : la Torah, appelée « homme », provient d’un « désert » qui se situe au-dessus de « l’homme », et c’est de là que la Couronne est attirée sur la tête.
Maré mekomot
- 1וממדבר מתנה · Numbers 21:18
- 2זאת התורה אדם · Numbers 19:14
- 3לא עבר בה איש ולא ישב אדם שם · Jeremiah 2:6
14וזהו ענין בעטרה שעטרה לו כו׳. והענין ע״ד [על דרך] מ״ש בספרא דצניעותא רפ״ב1 ביקירותא ההיא כתיב לא עבר בה איש
Et voici le sens de « la couronne dont [sa mère] l’a couronné », etc. Cela s’éclaire à partir de ce qui est écrit dans le Sifra DeTzniusa, au début du chapitre 2 : « De cette préciosité, il est écrit : “par où aucun homme n’est passé
Ce « désert » situé au-dessus de « l’homme » est la couronne du verset. Le Sifra DeTzniusa, une section du Zohar, applique le même verset de Yirmeyahou à « cette préciosité », qui désigne là la barbe d’Arich Anpin.
ולא ישב אדם שם לבר הוא ובז״ה [ובזוהר הרקיע] בשם האריז״ל [האר״י זכרונו לברכה] כ׳ [כתב] וז״ל [וזה לשונו] פי׳ אדם הוא בז״א [בזעיר אנפין] ולא בא״א [באריך אנפין] ואף בז״א [בזעיר אנפין] אינו נקרא אדם
et où aucun être humain (adam) n’a habité » : elle est à l’extérieur. » Et dans le Zohar HaRakia, il a écrit au nom de l’Arizal ; voici ses termes : « Le sens est le suivant : “adam” désigne Zeir Anpin (les attributs émotionnels), et non Arich Anpin ; et même en Zeir Anpin, il n’est pas appelé “adam”
Le propos du Zohar est que le terme « adam » ne s’applique pas là. Le Zohar HaRakia, citant l’Arizal, explique que « adam » désigne Zeir Anpin et non Arich Anpin, et que, même en Zeir Anpin, il ne s’applique qu’au visage à partir du nez vers le bas.
אלא מהחוטם ואילך כמ״ש באד״ר [באדרא רבא] (דקל״ו ע״ב) עכ״ל [עד כאן לשונו] ובאד״ר [ובאדרא רבא] שם כ׳ [כתב]2 דבחינת מצחא דא״ק [דאדם קדמון] הוא מבחינת כי לא אדם הוא3 כו׳ ע״ש [עיין שם]
si ce n’est à partir du nez vers le bas, comme il est écrit dans l’Idra Rabba (folio 136, verso). » Fin de citation. Et l’Idra Rabba écrit à cet endroit que le niveau du front (Mits’ha) d’Adam Kadmon relève du niveau de « car Il n’est pas un homme (adam) », etc. ; voyez là-bas.
Cela suit l’Idra Rabba, qui dit que le front, où ni le visage ni le nez ne sont révélés, n’est pas appelé « adam » ; c’est pourquoi le verset dit : « Il n’est pas un homme (adam), pour se raviser. »
והענין דהנה השתלשלות ע״ס [עשר ספירות] דאצילות הבאים בבחינת ק׳ קוין חח״ן [חכמה חסד נצח] מימין בג״ה [בינה גבורה הוד] משמאל דת״י [דעת תפארת יסוד] באמצע הוא הנקרא פרצוף האדם למעלה ועל זה נאמר4
Le sens est le suivant : l’enchaînement descendant des dix Séfirot du Monde d’Atsilout (Émanation), qui se déploient selon trois lignes — 'Hokhma, 'Hessed et Netsa'h à droite ; Bina, Guevoura et Hod à gauche ; Daat, Tiferet et Yessod au milieu —, est ce que l’on appelle la configuration (partsouf) de « l’homme » en haut ; et c’est à son sujet qu’il est dit :
Les dix Séfirot d’Atsilout sont disposées en trois lignes — droite, gauche et centre — comme un corps humain ; c’est pourquoi elles sont appelées la configuration (partsouf) de « l’homme ». C’est cette forme que Ye’hezkel vit sur le trône divin.
ועל דמות הכסא דמות כמראה אדם5 מה שאין כן בבחי׳ כתר שהוא למעלה עדיין מבחי׳ התחלקות והשתלשלות ולאו מכל אינון מדות איהו כלל נאמר בו
« et, au-dessus de la forme du trône, une forme semblable à l’apparence d’un homme. » Il n’en va pas ainsi du niveau de Kéter (la Couronne), qui se situe encore au-dessus de toute division et de tout enchaînement descendant, et dont il est dit : « Il n’est aucun de ces attributs » ; à son sujet, il est dit :
Ye’hezkel vit « au-dessus de la forme du trône, une forme semblable à l’apparence d’un homme » (Ézéchiel 1:26). Kéter, toutefois, est au-dessus de toute division et de toute descente, et « Il n’est aucun de ces attributs ».
כי לא אדם הוא להנחם6 ועמ״ש מזה במ״א ע״פ זכור את יום השבת7 ולכן נאמר שבחי׳ מצחא שהוא כלי לגילוי הרצון הוא בחינת שלמעלה מבחינת אדם
« car Il n’est pas un homme, pour se raviser. » Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet ailleurs, sur [le verset] « Souviens-toi du jour du Chabbat ». C’est pourquoi il est dit que le niveau du front, qui est un réceptacle pour la révélation de la volonté, se situe au-dessus du niveau de « l’homme ».
À propos de Kéter, il est dit : « Il n’est pas un homme, pour se raviser » (1 Samuel 15:29). Ainsi, le front, le réceptacle par lequel la volonté se révèle, est un niveau supérieur à celui de « l’homme ».
ויובן ע״ד [על דרך] דוגמא באדם התחתון הנה עיקר פרצוף האדם הוא מן החוטם ואילך למטה שלכך ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה]8 שאין מעידין אלא על פרצוף פנים עם החוטם (כמ״ש במשנה סוף מסכת יבמות).
On peut le comprendre par analogie avec l’homme d’ici-bas : la partie essentielle du visage humain se situe à partir du nez vers le bas. C’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit que l’on ne peut témoigner qu’en reconnaissant un visage avec le nez (comme il est écrit dans la Michna, à la fin du traité Yevamot).
Le visage humain illustre la même idée : le visage proprement dit commence à partir du nez vers le bas. C’est pourquoi, lorsque des témoins identifient un homme décédé afin que sa femme puisse se remarier, les Sages n’acceptent leur témoignage que s’ils ont vu le visage avec le nez.
והענין הוא כי מן החוטם ולמטה נמשך האור והחיות9 בבחינת התחלקות המדרגות והתכללותן שזהו עיקר בחינת אדם
Le sens est le suivant : à partir du nez vers le bas, la lumière et la force vitale sont attirées selon une division des niveaux et leur inclusion mutuelle ; c’est là l’essence même du niveau de « l’homme »,
À partir du nez vers le bas, la lumière et la force vitale se divisent en niveaux distincts qui se combinent également les uns aux autres ; cette division et cette combinaison constituent ce qui fait un « homme ».
כמו שני נקבי החוטם תרין עיינין תרין אודנין תרין ידין וגופא תרין רגלין כו׳ שהן בחי׳ הכלים לבחי׳ רוחניות החיות פנימי הבא בהתחלקות מעשר כחות חב״ד [חכמה בינה ודעת]
comme les deux narines du nez, les deux yeux, les deux oreilles, les deux mains, le torse, les deux jambes, etc., qui sont les réceptacles de la force vitale spirituelle intérieure, laquelle vient divisée selon les dix forces : 'Hokhma (sagesse), Bina (compréhension) et Daat (connaissance),
Les éléments appariés — les deux narines, les deux yeux, les deux oreilles, les deux mains, les deux jambes — ainsi que le torse, sont des réceptacles de la force vitale intérieure de l’âme, qui vient divisée selon ses dix forces.
חג״ת [חסד גבורה תפארת] נהי״ם [נצח הוד יסוד מלכות] והן הן תרין עיינין הם כלים לבחי׳ גילוי האור מהחכמה שהחכמים נקראים עיני העדה10 ומתחלק לתרין עיינין לקו הימין וקו השמאל וכן עד״ז [על דרך זה] תרין אודנין מבחינת בינה.11
'Hessed (bonté), Guevoura (retenue), Tiferet (beauté), Netsa'h (victoire), Hod (splendeur), Yessod (fondement) et Mal'hout (souveraineté). Et ce sont précisément les deux yeux : ils sont les réceptacles de la révélation de la lumière issue de 'Hokhma, car les sages sont appelés « les yeux de l’assemblée » ; elle se divise en deux yeux, correspondant à la ligne de droite et à la ligne de gauche. De même, les deux oreilles relèvent du niveau de Bina.
Chaque paire correspond à une force : les deux yeux reçoivent la lumière de 'Hokhma, raison pour laquelle les sages sont appelés « les yeux de l’assemblée » ; ils se répartissent entre la ligne de droite et celle de gauche. De même, les deux oreilles relèvent de Bina.
Le niveau supérieur à « l’homme » est le front : les dix Séfirot disposées en trois lignes forment l’image de « l’homme », tandis que Kéter et le front, qui révèle la volonté, sont au-dessus de toute division. De même, chez l’être humain, le visage proprement dit ne commence qu’à partir du nez vers le bas, là où les facultés de l’âme se répartissent entre des traits appariés.
Le Sifra DeTzniusa applique le « nul homme n’est passé » de Yirmeyahou à la barbe d’Arich Anpin, « la préciosité de tout », et ajoute qu’adam n’y est pas inclus, et ish moins encore. Deux notes de Kehot citent Or HaTorah et Sefer HaMaamarim 5629, qui identifient le « trône » de la vision de Ye’hezkel au Monde de Béria, de sorte que « l’homme » au-dessus de lui désigne les dix Séfirot d’Atsilout.
Maré mekomot
- 1בספרא דצניעותא רפ״ב · Zohar II, 177a
- 2ובאד״ר שם כ׳ · ראה הלשון באוה״ת פ׳ תצוה ע׳ א׳תשיח ובאוה״ת בראשית כרך א דף פב, ב.
- 3כי לא אדם הוא · Zohar, Idra Rabba 28:199–29:209
- 4ועל זה נאמר . כמראה אדם · באוה״ת מאמרז״ל ע׳ נה מוסיף: ”הוא בחי׳ ע״ס דאצי׳ הנ״ל (שהן למעלה מהכסא הוא עולם הבריאה כנודע)”.
- 5ועל דמות הכסא דמות כמראה אדם · Ezekiel 1:26
- 6כי לא אדם הוא להנחם · I Samuel 15:29
- 7במ״א ע״פ זכור את יום השבת · תו״א פ׳ יתרו עא, ב.
- 8שלכך ארז״ל · Yevamot 120a:8
- 9כי מן החוטם ולמטה נמשך האור והחיות · ראה יהל אור ע׳ תרסט.
- 10שהחכמים נקראים עיני העדה · ראה גם באגה״ק סי׳ יד. לעיל פ׳ ואתחנן ב, ד.
- 11ובסה״מ תרכ״ט ע׳ עז מבאר · ”שעולם הכסא הוא עולם הבריאה כנודע ממ״ש אימא מקננא בכורסייא שהכוונה על עולם הבריאה, ועל בחי׳ הכסא הוא עולם הבריאה דמות כמראה האדם כו׳”.
15ודרועא ימינא הוא בחי׳ חסד. דרועא שמאלא בחינת גבורה. נו״ה [נצח והוד] תרין שוקין כו׳ שכולם הם בבחינת התחלקות כל אחד בכלי בפ״ע [בפני עצמו] וגם בבחינת התכללות
Le bras droit est le niveau de 'Hessed (bonté) ; le bras gauche, celui de Guevoura (retenue) ; Netsa'h et Hod, les deux cuisses, etc. Tous sont dans un état de division, chacun dans son propre réceptacle, mais aussi dans un état d’inclusion mutuelle,
Le bras droit correspond à 'Hessed et le bras gauche à Guevoura ; Netsa'h et Hod sont les deux cuisses. Chaque force a son propre réceptacle, mais toutes sont aussi reliées entre elles.
דהיינו התקשרות והתחברות כל האברים זל״ז [זה לזה] ע״י גידין ועורקין כו׳ וזהו בחי׳ התיקון וע״כ [ועל כן] בבחי׳ זו יש ריבוי שינויים פעמים התכללות בענין שהחסד גובר ופעמים להיפוך
c’est-à-dire que tous les membres sont liés et unis les uns aux autres par les tendons et les veines, etc. C’est là le niveau du tikoun (rectification). Aussi ce niveau connaît-il de nombreux changements : parfois, dans cette inclusion mutuelle, 'Hessed l’emporte, et parfois c’est l’inverse ;
Les membres sont liés les uns aux autres par les tendons et les veines ; c’est l’état de tikoun, la rectification, dans lequel les forces se combinent. Voilà pourquoi ce niveau est sujet au changement : parfois la bonté l’emporte, parfois c’est le contraire.
וכן בשאר הכוחות ולפי שינויי אופן ההתכללות בפנימית הכוחות כך יהי׳ [יהיה] השינוי ניכר בחיצוניות בפרצוף פנים שלפעמים יאדימו פניו ופעמים ילבין.
et il en va de même pour les autres forces. Selon les changements dans la manière dont les forces s’incluent mutuellement dans leur dimension intérieure (pnimiyout), le changement devient perceptible à l’extérieur ('hitsoniyout), sur le visage : tantôt celui-ci rougit, tantôt il pâlit.
Lorsque les forces intérieures se combinent de différentes façons, le changement apparaît sur le visage, qui peut rougir ou pâlir.
וע״כ [ועל כן] בפנים דוקא ניכר שינוי פרצוף אדם זה מחבירו שאין אחד דומה לחבירו כו׳ ע׳ [עיין] במשנה ספ״ד [סוף פרק ד׳] דסנהדרין.1
C’est pourquoi c’est précisément sur le visage que se discerne la différence entre les traits d’une personne et ceux d’une autre, car nul ne ressemble à son prochain, etc. ; voir la Michna, à la fin du chapitre 4 de Sanhedrin.
C’est pourquoi les personnes se distinguent par leur visage, car aucun visage n’est semblable à un autre, comme l’enseigne la Michna dans Sanhedrin.
משא״כ בחינת מצחא נקרא כי לא אדם הוא (אף על גב דבברייתא ביבמות שם2 איתא פרצוף פנים ולא פדחת אין מעידין3 כו׳
En revanche, le niveau du Front est appelé « car Il n’est pas un homme ». (Bien que la baraita, dans Yevamot, en ce même endroit, dise : « le visage, mais non le front : on ne peut témoigner », etc.,
Le Front, en revanche, est appelé « Il n’est pas un homme ». Dans une longue parenthèse, l’Admour Hazaken traite d’une baraita de Yevamot qui statue qu’un visage sans le front ne suffit pas pour témoigner.
הרי שההכרה תלויה גם כן במצח היינו כמ״ש התוס׳ [התוספות] רפ״ח דבכורות4 שיש דבר באדם שמכירים על ידו את הפנים והיינו פדחת5 שנקרא הכרת פניהם6 שבו ועל ידו מכירים את הפנים.
ce qui montre que la reconnaissance dépend aussi du front : c’est ce qu’écrivent les Tossefot au début du chapitre 8 de Bechoros, à savoir qu’il existe chez l’homme un élément par lequel le visage est reconnu, et que cet élément est le front, appelé « la reconnaissance de leur visage », en lequel et par lequel le visage est reconnu.
Cette décision implique que la reconnaissance dépend aussi du front. L’Admour Hazaken répond en citant les Tossefot dans Bechoros : le front est l’élément par lequel le visage est reconnu, la « reconnaissance de leur visage » dont parle le verset.
אבל ודאי שאינו מגוף הפנים ובקה״ע [ובקרבן העדה] בירושלמי ביבמות שם7 ר״ל [רוצה לומר] דהמשנה והברייתא פליגי והניח בצ״ע [בצריך עיון]. אבל זהו נגד הגמרא שלנו ביבמות שם דהברייתא והמשנה עולה בקנה אחד וכדמייתי גם כן עובדא דאבא בר מניומי כו׳
Mais il est certain qu’il ne fait pas partie du visage lui-même. Le Korban HaEdah, dans le Talmud de Jérusalem, en ce passage de Yevamot, veut dire que la Michna et la baraita sont en désaccord, et il laisse la question sans conclusion. Mais cela va à l’encontre de notre Guemara dans Yevamot, où la baraita et la Michna concordent pleinement, comme le montre également l’incident d’Abba bar Manyumi, etc.,
Le front ne fait donc pas partie du visage lui-même. Le Korban HaEdah, sur le Talmud de Jérusalem, comprend que la Michna et la baraita sont en désaccord et laisse la question ouverte ; mais le Talmud de Babylone, dans Yevamot, les considère comme concordantes et rapporte l’incident d’Abba bar Manyumi.
ונגד הש״ס [הששה סדרים] דבכורות שם ונגד כל הפוסקים ואעפ״כ [ואף על פי כן] אין מכ״ז [מכל זה] שום סתירה למ״ש בזהר והאריז״ל [והאר״י זכרונו לברכה] דכוונת הזהר היינו רק שאינו מכלל פרצוף פנים ולכן נק׳ כי לא אדם הוא אבל מ״מ [מכל מקום] על ידו מכירים את הפנים)
ainsi qu’à l’encontre du Talmud dans Bechoros, en ce même endroit, et de tous les décisionnaires. Néanmoins, rien de tout cela ne contredit ce qui est écrit dans le Zohar et par l’Arizal : l’intention du Zohar est seulement que le front ne fait pas partie du visage, et c’est pourquoi il est appelé « car Il n’est pas un homme » ; toutefois, le visage est reconnu par son intermédiaire.)
Cette lecture va également à l’encontre du Talmud dans Bechoros et de tous les décisionnaires. Quoi qu’il en soit, elle ne contredit en rien le Zohar et l’Arizal : le front ne fait pas partie du visage proprement dit, d’où son appellation « pas un homme », bien que le visage soit reconnu par son intermédiaire.
ששם אין התחלקות עדיין לב׳ בחי׳ כמו תרין עיינין כו׳ והיינו לפי שהמצח הוא הכלי לבחי׳ הרצון שלמעלה מהחכמה וכמ״ש והיה על מצחו תמיד לרצון8 (כמ״ש בד״ה ועשית ציץ9 כו׳)
Car là, il n’y a pas encore de division en deux niveaux, comme les deux yeux, etc. Cela tient au fait que le front est le réceptacle du niveau de la volonté, qui est au-dessus de 'Hokhma (sagesse), comme il est écrit : « Il sera toujours sur son front, en faveur » (comme il est écrit dans le discours commençant par « Tu feras une plaque frontale », etc.).
Le front ne comporte pas de paires, contrairement aux yeux, car il est le réceptacle de la volonté, qui est au-dessus de 'Hokhma. C’est pourquoi la Torah dit de la plaque d’or du grand prêtre, le tsits : « Il sera toujours sur son front, en faveur. »
Et c’est le niveau appelé « la volonté de toutes les volontés », qui se situe encore au-dessus de toute division, conformément à l’expression : « Il n’y a pas de gauche dans cet Atika. »
Le Zohar appelle cette volonté « la volonté de toutes les volontés » : elle se situe encore au-dessus de toute division, tout comme dans « il n’y a pas de gauche dans cet Atika », l’Ancien, où la rigueur n’a pas de place distincte.
והגם שעיקר בחי׳ זו הוא במצחא דא״א [דאריך אנפין] מ״מ [מכל מקום] גם במצחא דז״א [דזעיר אנפין] מאיר בחי׳ זו שהמצח הוא הרצון ע״ד [על דרך] גלגלתא דחפיא על מוחא כו׳
Et bien que ce niveau se trouve principalement dans le front d’Arich Anpin, il rayonne néanmoins aussi dans le front de Zeir Anpin (les attributs émotionnels), car le front est la volonté, conformément à l’expression « Gulgolta qui recouvre le cerveau », etc.
Ce niveau appartient principalement au front d’Arich Anpin, mais il rayonne aussi dans le front de Zeir Anpin, car le front est la volonté, de même que Gulgolta recouvre le cerveau.
ולכן בבחי׳ זו נאמר כי לא אדם הוא להנחם13 שאין שייך שם שינוים כמו בבחי׳ אדם ששם יש שינויים14 פעמים החסד גובר ופעמים להפך משא״כ בבחינת מצח הרצון כו׳ וכמ״ש אני הוי׳ לא שניתי.1516
C’est pourquoi il est dit de ce niveau : « Car Il n’est pas un homme pour se raviser » : les changements ne s’appliquent pas là comme dans le niveau de « l’homme », où il y a des changements — tantôt 'Hessed prédomine, tantôt c’est l’inverse. Il n’en va pas ainsi du niveau du front, de la volonté, etc., comme il est écrit : « Moi, D.ieu, je n’ai pas changé. »
C’est pourquoi le verset dit de ce niveau : « Il n’est pas un homme pour se raviser » : dans le domaine de « l’homme », la bonté et la rigueur alternent, mais la volonté dans le front ne change pas, comme le dit D.ieu : « Moi, D.ieu, je n’ai pas changé » (Malachi 3:6).
Le visage, où les forces se divisent et se combinent, est le domaine du changement ; le Front, réceptacle de la volonté suprême non divisée, ne change pas, et c’est pourquoi il est appelé « pas un homme ».
L’Idra Rabba associe le Front à Netsa'h : « L’Éternel d’Israël (Netsa'h) ne se rétractera pas, car Il n’est pas un homme » évoque Netsa'h révélé dans le Front, où il n’y a ni visage ni nez et, par conséquent, pas d’« homme ». Kehot précise que le Korban HaEdah désigné ici est apparemment son ouvrage Shirei Korban, et que le Tséma'h Tsédek traite longuement de la Guemara dans Yevamot dans ses responsa (Even HaEzer, part 1, §§58, 63).
Maré mekomot
- 1במשנה ספ״ד דסנהדרין · דף לז.
- 2דבברייתא ביבמות שם · קכ, א.
- 3פרצוף פנים ולא פדחת אין מעידין · Yevamot 120a:10–11
- 4כמ״ש התוס׳ רפ״ח דבכורות · מו, ב ד״ה מאי קראה. ובאוה״ת פ׳ תצוה ע׳ א׳תשכו: ”ע׳ בתוס׳ רפ״ח דבכורות בפי׳ הכרת פניהם שהמצח נק׳ הכרת פניהם שבו ועל ידו מכירים את הפנים, ומ״ש מזה בלק״ת בשה״ש בביאור ע״פ צאינה וראינה פ״ד”.
- 5שיש דבר באדם שמכירים על ידו את הפנים והיינו פדחת · Tosafot on Bekhorot 46b:12:1
- 6הכרת פניהם · Isaiah 3:9
- 7ובקה״ע בירושלמי ביבמות שם · פרק טז, ה״ג וכנראה הכוונה לספר שירי קרבן. וכן בשו״ת צמח צדק סי׳ סג מביא בשם קרבן העדה ומוסיף ”נמצא לדבריו רחוק לומר דפדחת לחוד חשוב הכרה מדאורייתא”. בענין הגמרא דיבמות בארוכה בשו״ת הצמח צדק אה״ע חלק א סי׳ נח. סי׳ סג.
- 8והי׳ על מצחו תמיד לרצון · Exodus 28:38
- 9בד״ה ועשית ציץ · תו״א פג, א.
- 10רעוא דכל רעוין · Zohar III, 129a
- 11רעוא דכל רעוין · Zohar, Idra Zuta 4:37–10:49
- 12לית שמאלא בהאי עתיקא · Zohar III, 129a
- 13כי לא אדם הוא להנחם · I Samuel 15:29
- 14ולכן בבחי׳ זו . . כמו בבחי׳ אדם ששם יש שינויים · באוה״ת פ׳ וארא כרך ז ע׳ ב׳תקעא מציין לכאן. וכ״ה בד״ה זאת חנוכת המזבח — תר״מ סעי׳ כ.
- 15אני הוי׳ לא שניתי · Malachi 3:6
- 16
16וע״כ [ועל כן] גם באדם למטה המצח הוא תמיד במדרגה א׳ ואין ניכר בו שינויים כמו בפנים.
C’est pourquoi, chez l’homme ici-bas également, le front est toujours au même niveau, et aucun changement ne s’y distingue, contrairement au visage.
Puisque le Front est au-delà du changement, même chez l’être humain le front reste identique et ne manifeste aucun des changements qui affectent le visage.
ולכן נק׳ בחי׳ מצחא מדבר בארץ לא עבר בה איש ולא ישב אדם שם1 שהוא למעלה מבחי׳ אדם ונקרא מדבר
C’est pourquoi le niveau du Front est appelé « désert… terre où nul homme n’a passé et où nul être humain (adam) n’a demeuré », car il est au-dessus du niveau de « l’homme » ; il est appelé « désert ».
Voilà pourquoi le Front est appelé « désert », « terre où nul homme n’a passé et où nul être humain n’a demeuré » : il est au-dessus du niveau de « l’homme ».
כמו המדבר שאין בו זריעה וצמיחה כך בבחי׳ זו אין שייך זריעה וצמיחה שהן שינויים קטנות וגדלות וע״כ [ועל כן] המצח הוא פנוי מהשערות ואינן צומחים בו שערות.
Car, de même que dans un désert il n’y a ni semailles ni croissance, de même, à ce niveau, les semailles et la croissance — qui sont des changements de petitesse (katnout) et de grandeur (gadlout) — ne s’appliquent pas. C’est pourquoi le front est dépourvu de cheveux, et aucun cheveu n’y pousse.
Dans un désert, il n’y a ni semailles ni croissance ; de même, à ce niveau, il n’y a ni croissance ni diminution, ces changements de petitesse et de grandeur. Même physiquement, aucun cheveu ne pousse sur le front.
ולכן התורה שנמשך מבחי׳ רצון העליון רעוא דכל רעוין2 דא״א [דאריך אנפין]. נאמר בה וממדבר מתנה3 אלא שהתגלותה הוא בבחינה אדם כנ״ל (ועיין באדר״ז [באדרא זוטא] דף רפ״ח ע״ב מענין מצחא4 ובע״ח [ובעץ חיים] שער א״א [אריך אנפין] פי״ד [פרק י״ד / פרשה י״ד]).
C’est pourquoi il est dit de la Torah, qui est attirée du niveau de la volonté suprême, « la volonté de toutes les volontés » d’Arich Anpin : « Et du désert, un don » ; toutefois, sa révélation se fait au niveau de « l’homme », comme indiqué plus haut. (Voir aussi l’Idra Zouta, folio 288, verso, au sujet du Front, et Etz Chaim, Sha’ar Arich Anpin, chapitre 14.)
Ainsi, la Torah, qui est attirée de la volonté suprême d’Arich Anpin, vient « du désert », bien qu’elle se révèle sous la forme de « l’homme ». L’Admour Hazaken renvoie à l’Idra Zouta, qui qualifie de « volonté » le Front révélé dans Atika Kadicha, ainsi qu’au chapitre d’Etz Chaim sur Arich Anpin, qui traite du regard porté sur son Front.
וכמ״כ [וכמו כן] יובן בעבודת ה׳ בכל נש״י [נשמות ישראל] שנקראי׳ [שנקראים] גם כן בשם אדם וכמ״ש נעשה אדם בצלמנו5 כו׳. אדם אתם.6
De même, cela se comprendra dans le service de D.ieu de toutes les âmes d’Israël, qui sont elles aussi appelées « homme (adam) », comme il est écrit : « Faisons l’homme à notre image », etc., [et] « Vous êtes homme (adam). »
La même structure existe dans le service divin de chaque âme juive, car Israël aussi est appelé « homme » : « Faisons l’homme à notre image » (Genèse 1:26), et la parole du prophète : « Vous êtes homme » (Ézéchiel 34:31).
ולכן כמו שבבחינת אדם העליון יש גם כן בחינת א׳ שנקרא כי לא אדם הוא וזהו מבחינת מצחא ולמעלה כנ״ל בשם האדרא והאריז״ל [והאר״י זכרונו לברכה].
C’est pourquoi, de même que dans « l’homme » suprême se trouve également un niveau appelé « car Il n’est pas un homme », lequel relève du niveau du Front et de ce qui est au-dessus, comme indiqué plus haut d’après l’Idra et l’Ari Zal,
L’« homme » suprême comprend un niveau appelé « Il n’est pas un homme », qui s’étend du Front vers le haut, comme l’enseignent l’Idra et l’Ari Zal. L’âme possède les mêmes deux niveaux.
כך הוא ג״כ בהנשמה כי בחינת אדם הן עשר ספי׳ [ספירה / ספירות] שבנפש האלקית שהיא כלולה מע״ס [מעשר ספירות] היינו הביטול וההשגה דחו״ב [דחכמה ובינה] ואהוי״ר [ואהבה ויראה] ושאר מדות שבלב.
il en va de même dans l’âme. Car le niveau de « l’homme » correspond aux dix Séfirot de l’âme divine, qui est constituée de dix Séfirot : à savoir, l’annulation de soi (bitoul) et la perception de 'Hokhma (sagesse) et de Bina (compréhension), l’amour et la crainte, ainsi que les autres attributs émotionnels (midot) du cœur.
Dans l’âme, le niveau de « l’homme » correspond aux dix facultés de l’âme divine : le bitoul de 'Hokhma et la compréhension de Bina, l’amour et la crainte, ainsi que les autres émotions du cœur.
Le Front est le « désert » situé au-dessus de « l’homme », immuable et dépourvu de croissance ; la Torah en émane, mais se révèle sous la forme de « l’homme ». Ces deux niveaux existent également dans chaque âme juive : ses dix facultés constituent son niveau de « l’homme ».
La note de Kehot cite l’Idra Zouta : « Le Front qui est révélé dans Atika Kadicha est appelé volonté (ratzon), car cette Tête suprême est cachée au-dessus, inconnue », et renvoie le lecteur aux Bioureï HaZohar de l’Admour HaEmtsaï et à Or HaTorah à ce sujet.
Maré mekomot
- 1מדבר בארץ לא עבר בה איש ולא ישב אדם שם · Jeremiah 2:6
- 2רעוא דכל רעוין · Zohar, Idra Zuta 4:37–10:49
- 3וממדבר מתנה · Numbers 21:18
- 4ועיין באדר״ז דף רפ״ח ע״ב מענין מצחא · ”מצחא דאתגליא בע״ק רצון אקרי דהא רישא עילאה דא סתים לעילא דלא אתידע פשיט חד טורנא בסימא יאה דאתכליל במצחא” — ראה ביאוה״ז לאדה״א קכו, ג. ראה גם אוה״ת פ׳ תצוה ע׳ א׳תשיח. אוה״ת נ״ך כרך א ע׳ קמב.
- 5נעשה אדם בצלמנו · Genesis 1:26
- 6אדם אתם · Ezekiel 34:31
17והנה יש בהן שינויים רב ים לפעמים הן בקטנות ולפעמים הן בגדלות. וכן בבחינת התשובה ולב נשבר לפעמים הוא מעומקא דליבא ולפעמים שאין הלב נשבר כו׳
Or, en elles, il se produit de nombreux changements : tantôt elles sont dans un état de petitesse (katnout), tantôt dans un état de grandeur (gadlout). Il en va de même de la techouva et du cœur brisé : tantôt cela vient du plus profond du cœur, tantôt le cœur n’est pas brisé, etc.,
Ces forces changent : tantôt elles sont petites et faibles, tantôt grandes et expansives. De même pour la techouva : parfois le cœur se brise dans ses profondeurs, et parfois il ne se brise pas du tout.
et « la lumière de l’âme ne s’élève pas en lui » à ce moment-là, en raison de la matérialité et de la grossièreté du corps, qui devient un écran séparateur, etc. Et cela est
En ces moments, selon les mots du Zohar, « la lumière de l’âme ne s’élève pas » dans le corps, car la grossièreté du corps devient un écran qui sépare de lui la lumière de l’âme.
כמו עד״מ [על דרך משל] השינויים שנמצא בגשמיות בפרצוף פנים של האדם מאודם ללובן כו׳ (ועמ״ש בפי׳ ורחל היתה יפת תאר3 בד״ה אם לא תדעי לך היפה בנשים4 כו׳).
comme, à titre d’analogie, les changements physiques qui se manifestent sur le visage d’une personne, du rouge au blanc, etc. (Voir aussi ce qui est écrit au sujet du sens de « Et Rachel était belle de forme », dans le discours commençant par « Si tu ne le sais pas, ô la plus belle des femmes », etc.)
Ces hauts et ces bas ressemblent aux changements physiques de couleur du visage, du rouge à la pâleur. L’Admour Hazakène renvoie à son explication de « Rachel était belle de forme », dans un autre discours.
אמנם יש בהנשמה עוד בחינה שלמעלה מעשר כחות הנ״ל שראשיתן חו״ב [חכמה ובינה] כו׳ והוא בחי׳ הביטול ומס״נ [ומסירות נפש] בבחי׳ עצמיות הרצון שלמעלה מהשכל כנודע דאית רצון ואית רצון5 כו׳
Cependant, l’âme possède un autre niveau, supérieur aux dix forces mentionnées plus haut, qui commencent par 'Hokhma et Bina, etc. : le niveau de l’annulation de soi (bitoul) et du sacrifice de soi (messirout néfech), dans l’essence même de la volonté, qui est au-dessus de l’intellect ; car, comme on le sait, il est une volonté et il est une volonté, etc.,
Mais l’âme possède un niveau supérieur à ses dix forces : le bitoul et le sacrifice de soi qui procèdent de l’essence même de la volonté, au-dessus de l’intellect. Comme on le sait, il existe deux sortes de volonté : l’une qui suit la compréhension, et l’autre qui lui est supérieure.
וכמ״ש ע״פ ויקהל משה6 והיינו דרצון זה שרשו מבחינת רצון העליון שלמעלה מהשכל המושג ולכן נקרא ישראל לי ראש.
comme il est écrit à propos du verset « Et Moché rassembla ». Cela signifie que cette volonté a sa racine dans le niveau de la volonté suprême, qui est au-dessus de l’intellect saisissable ; c’est pourquoi Israël est appelé « li roch » (« une tête pour Moi »).
Cette volonté essentielle a sa racine dans la volonté suprême, qui est au-dessus de l’intellect compris. C’est pourquoi Israël est appelé « li roch », « une tête pour Moi » : Israël a sa racine dans la tête suprême.
ראש היינו בחי׳ גלגלתא דחפיא על מוחא ועמ״ש בפ׳ שלח בד״ה אני כו׳ אשר הוצאתי אתכם7 מאמ״צ [מארץ מצרים] כו׳
« Tête » désigne le niveau de la Goulgalta, qui recouvre le cerveau. Voir aussi ce qui est écrit dans la paracha Chela’h, dans le discours commençant par « Moi, etc., qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte », etc.,
Cette « tête » est la Goulgalta, le crâne qui recouvre le cerveau. L’Admour Hazakène renvoie à deux de ses discours pour approfondir ce sujet.
ועמ״ש בד״ה ראה אנכי נותן8 ובבחי׳ זו אין שייך שינויים כלל וכדכתיב וגם נצח ישראל לא ישקר9 כו׳ כי לא אדם הוא כו׳
et voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Vois, je place devant vous ». À ce niveau, aucun changement ne s’applique, comme il est écrit : « Et aussi, le Netsa'h d’Israël ne mentira pas », etc., « car Il n’est pas un homme », etc.
À ce niveau, il n’y a aucun changement, comme le dit le verset : « Le Netsa'h d’Israël ne mentira pas… car Il n’est pas un homme. »
נצח ומצח הכל בחי׳ אחת1011 ועיין בסש״ב [בספר של בינונים] פרק י״ט ובחי׳ זו מעורר למעלה ג״כ בבחי׳ כתר ומקיף דאצילות והנה שם כחשכה כאורה12 ממש.
Netsa'h et métsa'h (front) relèvent tous deux d’un seul et même niveau ; voir aussi le Sefer Shel Beinonim, chapitre 19. Ce niveau éveille également en haut le niveau de Kéter et la lumière enveloppante (makif) du Monde d’Atsilout ; là-bas, « les ténèbres sont exactement comme la lumière ».
Netsa'h (éternité) et métsa'h (front) relèvent d’un seul et même niveau, comme l’enseigne le Zohar ; l’Admour Hazakène renvoie au Tanya, chapitre 19. Par ce bitoul essentiel, l’âme éveille en haut Kéter et la lumière enveloppante d’Atsilout, où « les ténèbres sont exactement comme la lumière ».
וע״כ [ועל כן] הזדונות נהפכים לזכיות ממש (ועמ״ש בביאור ע״פ וקבל היהודים13 וקבל לשון יחיד כו׳ ע״ש [עיין שם]):
C’est pourquoi les fautes délibérées sont véritablement transformées en mérites. (Voir aussi ce qui est écrit dans l’explication sur [le verset] « Et les Juifs entreprirent », où « entreprit » est au singulier, etc. ; voir là-bas.)
À ce niveau, où l’obscurité et la lumière sont égales, même les fautes délibérées sont véritablement transformées en mérites. La parenthèse renvoie à son explication de « Et les Juifs entreprirent », où le verbe est au singulier.
Les dix forces de l’âme connaissent des hauts et des bas, mais au-dessus d’elles se trouve sa volonté essentielle, son bitoul et son sacrifice de soi, enracinés dans la volonté suprême du Front. Cette volonté ne change pas et éveille en haut Kéter d’Atsilout, où même les fautes deviennent des mérites.
L’Idra Rabba comprend les mots « le Netsa'h d’Israël ne mentira pas… car Il n’est pas un homme » comme désignant le Netsa'h révélé dans le Front, où il n’y a pas de visage et donc pas d’« homme ». L’Admour Hazakène applique cela au « front » propre à l’âme, c’est-à-dire à sa volonté essentielle, qui dépasse les fluctuations de ses forces.
Maré mekomot
- 1ולא סליק בי׳ נהורא · זח״ב (קסח, א). [כ].
- 2ולא סליק ביה נהורא דנשמתא · Zohar, Terumah 77:751–78:761
- 3ורחל היתה יפת תאר · Genesis 29:17
- 4אם לא תדעי לך היפה בנשים · Song of Songs 1:8
- 5אית רצון ואית רצון · לה״ק ל״מ. [כ].
- 6ויקהל משה · Exodus 35:1
- 7אשר הוצאתי אתכם · Numbers 15:41
- 8ראה אנכי נותן · Deuteronomy 11:26
- 9וגם נצח ישראל לא ישקר · I Samuel 15:29
- 10נצח ומצח . . אחת · Zohar III, 136b
- 11נצח ומצח הכל בחי׳ אחת · Zohar, Idra Zuta 27:121–31:134
- 12כחשכה כאורה · Psalms 139:12
- 13וקבל היהודים · Esther 9:23
Deux éveils, comme la Torah et les mitsvot ¶18–25
18ה והנה עם כל הנ״ל יובן גם כן מ״ש על פ׳ שוש תשיש12 דעל ידי שמחה של מצוה ממשיכים שאפילו כשכנסת ישראל היא בבחי׳ עקרה רק שהאתעדל״ע [שהאתערותא דלעילא] נמשך מעצמו עכ״ז [עם כל זה] תהיה יולדת זכר כו׳ ע״ש [עיין שם].
5. À présent, tout ce qui précède permet également de comprendre ce qui est écrit à propos du passage « Elle se réjouira certes » : par la joie d’une mitsva, on attire une lumière telle que même lorsque Knesset Israël (la Communauté d’Israël) se trouve dans l’état de « la femme stérile », et que seul l’éveil d’en haut se produit de lui-même, elle enfantera néanmoins un fils, etc. ; voir là-bas.
La section 5 revient au maamar mentionné au début, « Elle se réjouira certes », dans la paracha Tazria. Celui-ci enseignait que la joie d’une mitsva possède un pouvoir particulier : même lorsque Knesset Israël est « stérile » et que l’éveil d’en haut ne vient que de lui-même, elle enfantera néanmoins « un fils », c’est-à-dire le grand amour. Ce qui a été expliqué jusqu’ici va maintenant en montrer la raison.
La section 5 soulève la question suivante : comment la joie d’une mitsva peut-elle faire naître le grand amour, « masculin », même à partir d’un éveil d’en haut qui se produit sans avoir été suscité ?
Les mots « Elle se réjouira certes » sont tirés des bénédictions nuptiales : « La femme stérile se réjouira certes et exultera de voir ses enfants rassemblés auprès d’elle dans la joie. » Kehot renvoie aux discours de mariage du Mitteler Rebbe, qui développent longuement ce sujet.
Maré mekomot
- 1על פ׳ שוש תשיש · ראה בארוכה במאמרי אדה״א דרושי חתונה ח״א ע׳ שיז. ראה בהוספות להערות וציונים.
- 2שוש תשיש · Ketubot 8a:4–5
19ויובן בהקדים לבאר עוד ענין שייכות וקשר ההקדמה הראשונה שנתבאר למעלה מענין ב׳ בחי׳ אתערותא דלעילא להקדמה השניי מענין ההפרש שבין תורה למצות.
Cela se comprendra en expliquant d’abord plus avant le lien et la relation entre la première prémisse exposée plus haut, concernant les deux niveaux d’éveil d’en haut, et la seconde prémisse, concernant la différence entre la Torah et les mitsvot.
Pour l’expliquer, l’Admour Hazaken montre d’abord comment s’articulent les deux prémisses du maamar : les deux sortes d’éveil d’en haut et la différence entre la Torah et les mitsvot.
והענין כמו שבתורה ומצות יש מעלה יתירה בתורה מבמצות ויש מעלה יתירה במצות מבתורה. כמ״כ [כמו כן] עד״ז [על דרך זה] ומעין זה הוא ג״כ בענין ב׳ בחינת אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] הנ״ל.
Voici en quoi consiste la chose : de même que, pour la Torah et les mitsvot, la Torah possède un avantage sur les mitsvot et les mitsvot un avantage sur la Torah, il en va aussi ainsi, de la même manière et dans un rapport analogue, des deux niveaux d’éveil d’en haut mentionnés plus haut.
La Torah possède un avantage sur les mitsvot, et les mitsvot sur la Torah ; les deux sortes d’éveil d’en haut se rapportent l’une à l’autre de la même manière.
היינו שעם היות אשר האתעדל״ע [האתערותא דלעילא] הנמשך ע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] הוא בחי׳ הארה פנימית מא״ס [מאין סוף] ב״ה ולמעלה מעלה מבחי׳ אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] המאיר תמיד ממילא ומאצמו לצורך חיות העולמות שהוא רק גילוי הארה חיצוניות.
C’est-à-dire que, bien que l’éveil d’en haut suscité par un éveil d’en bas soit un rayonnement intérieur de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, et se situe infiniment au-dessus de l’éveil d’en haut qui rayonne constamment, de lui-même et spontanément, pour assurer la force vitale des mondes — lequel n’est que la révélation d’un rayonnement extérieur,
L’éveil d’en haut qui répond à un éveil d’en bas est un rayonnement intérieur de l’Infini, infiniment supérieur à l’éveil constant qui soutient les mondes et qui n’est qu’un rayonnement extérieur.
אעפ״כ [אף על פי כן] שרש ומקור אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] זו הנמשך מעצמו הוא ממקום גבוה יותר. מאחר שהוא נמשך מעצמו
néanmoins, la racine et la source de cet éveil d’en haut, qui se prolonge de lui-même, proviennent d’un lieu plus élevé. Puisqu’il se prolonge de lui-même,
Pourtant, la source de l’éveil qui vient de lui-même est plus élevée. C’est précisément parce qu’il vient spontanément qu’il révèle une racine plus profonde.
כמו שהיה מתחלת הבריאה שנמשך מבחי׳ כי חפץ חסד הוא12 הרי א״כ [אם כן] שרשה נמשך מבחי׳ העצמות ממש אשר אין אתערותא דלתתא מגעת שם3 כלל רק
comme ce fut le cas au commencement de la Création, lorsqu’il se prolongea du niveau de « car Il désire la bonté », sa racine se prolonge donc du niveau de l’Essence même, que l’éveil d’en bas n’atteint nullement, mais seulement
Il en fut ainsi au commencement de la Création, qui ne résulta que du « désir de bonté » de D.ieu, alors qu’aucun être inférieur ne pouvait susciter cet éveil. Sa racine est l’Essence même de D.ieu, que nul éveil d’en bas ne peut atteindre.
כי חפץ חסד הוא וע׳ [ועיין] בע״ח [בעץ חיים] שער מ״ן [מיין נוקבין] ומ״ד [ומיין דוכרין]4 דרוש ב׳ בפי׳ כד סליק ברעותיה5 כו׳.
« car Il désire la bonté ». Voir aussi Etz Chaim, Sha’ar Mayin Nukvin uMayin Duchrin, discours 2, dans l’explication de « lorsqu’il s’éleva dans Sa volonté », etc.
Seul le désir propre de D.ieu pour la bonté atteint ce niveau. L’Arizal explique dans Etz Chaim que la première union, lors de la Création, eut lieu sans mayin nukvin, par la simple volonté de D.ieu ; c’est pourquoi le Zohar dit « lorsqu’il s’éleva dans Sa volonté » de créer le monde.
Les deux éveils d’en haut se rapportent l’un à l’autre comme la Torah et les mitsvot : celui qui répond à notre initiative est plus intérieur, tandis que celui qui vient sans être suscité, comme lors de l’acte de Création, provient d’une racine plus élevée — le désir propre de D.ieu pour la bonté, qu’aucune initiative d’en bas ne peut atteindre.
Kehot cite le discours du Rabbi « Vayomer Yehonasan » de 5745 : cet éveil d’en haut provient de la Lumière infinie qui se trouve au-dessus des mondes, devant laquelle l’éveil d’en bas ne compte pour rien ; il cite aussi un entretien dans Likkutei Sichos qui distingue deux niveaux au sein de l’éveil d’en haut.
Maré mekomot
- 1כי חפץ חסד הוא · ראה במאמרי אדה״א — דרושי חתונה ח״א ע׳ רנא ואילך.
- 2כי חפץ חסד הוא · Micah 7:18
- 3אשר אין אתערותא דלתתא מגעת שם · היינו שהמשכת אתעדל״ע זו היא מאוא״ס שלמעלה מעולמות, שלגבי׳, אתעדל״ת אינה נחשבת למאומה — ד״ה ויאמר יהונתן תשמ״ה סעיף ב. נדפס בסה״מ מלוקט ח״ו ע׳ כד ובהערה מציין שכ״ה הלשון בלקו״ת שה״ש לד, א. וראה גם לקו״ש חי״ב ע׳ 72 שמבאר ב׳ בחי׳ בהאתעדל״ע.
- 4בע״ח שער מ״ן ומ״ד · שער לט.
- 5כד סליק ברעותיה · Sefer Etz Chaim 39:3
Et c’est là le sens de ce qui fut dit après le Déluge : « Tant que la terre durera, les semailles et la moisson, etc., … le jour et la nuit ne cesseront pas. »
C’est pourquoi, après le Déluge, D.ieu promit que « les semailles et la moisson… le jour et la nuit ne cesseront pas » (Genesis 8:22).
דהיינו שבחי׳ זו דחיות העולמות לא תהי׳ [תהיה] נפסקת לעולם אף אם ח״ו [חס ושלום] לא אכשור דרי מטעם הנ״ל דשרשה נמשך מבחי׳ שאין אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] מגעת שם כלל.
C’est-à-dire que ce niveau de vitalité des mondes ne cessera jamais, même si, à D.ieu ne plaise, les générations ne sont pas dignes, pour la raison mentionnée plus haut : sa racine découle d’un niveau que l’éveil d’en bas n’atteint absolument pas.
La vitalité des mondes ne sera jamais interrompue, même si une génération n’est pas digne, car sa racine se trouve là où aucun éveil d’en bas ne parvient ; elle ne dépend pas du mérite humain.
La promesse faite après le Déluge montre que la vitalité constante des mondes ne dépend pas des actes humains, car sa racine se situe au-delà de leur portée.
Maré mekomot
- 1עוד כל ימי · בראשית (סוס״י ח). [כ].
- 2עוד כל ימי הארץ זרע וקציר כו׳ יום ולילה לא ישבתו · Genesis 8:22
21ועמ״ש בד״ה למנצח על השמינית1 וסד״ה חייב אינש לבסומי בפוריא23 בענין פי׳ התירוץ שנז׳ [שנזכר] במדרש4 על הקושיא איך הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] מוריד גשמים ומצמיח דשאים בשבת כו׳
Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Au chef de chant, sur la huitième », et à la fin du discours commençant par « L’homme est tenu de s’enivrer à Pourim », au sujet du sens de la réponse mentionnée dans le Midrach à la question : comment le Saint béni soit-Il fait-il tomber la pluie et pousser l’herbe le Chabbat, etc. ;
L’Admour Hazaken renvoie à deux discours qui abordent la question du Midrach : si D.ieu observe le Chabbat, comment peut-Il faire tomber la pluie et pousser l’herbe ce jour-là ?
ע״ש [עיין שם] דמהתירוץ מובן שמקור ושרש האור וחיות העולמות נמשך ממקום שלמעלה אפילו מבחינת שבת והשבת הוא אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] הנמשך על ידי אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] דכל ששת ימי המעשה.
voyez là-bas. Car il ressort de la réponse que la source et la racine de la lumière et de la force vitale des mondes proviennent d’un lieu supérieur même au niveau du Chabbat ; et le Chabbat est l’éveil d’en haut qui est suscité par l’éveil d’en bas de chacun des six jours ouvrables.
Le Midrach répond que le monde entier est le domaine propre de D.ieu, et l’Admour Hazaken en déduit que la racine de la force vitale des mondes est supérieure même au Chabbat. Le Chabbat lui-même est un éveil d’en haut, suscité par l’éveil d’en bas des six jours ouvrables.
א״כ [אם כן] מבואר מזה דשרש אור וחיות העולמות הוא מבחי׳ שלמעלה מאתעדל״ע [מאתערותא דלעילא] זו שעל ידי אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] דהיינו מבחי׳ שאין שייך שם כלל מעלה ומטה כו׳.
Dès lors, il ressort clairement de cela que la racine de la lumière et de la force vitale des mondes provient d’un niveau supérieur à cet éveil d’en haut suscité par un éveil d’en bas : à savoir, d’un niveau où les notions de supérieur et d’inférieur ne s’appliquent absolument pas, etc.
Ainsi, la racine de la force vitale des mondes se situe au-delà de l’éveil d’en haut qui répond à un éveil d’en bas ; c’est un niveau où les notions de « supérieur » et d’« inférieur » n’ont absolument aucun sens.
Voyez aussi ce qui est écrit ailleurs dans l’explication du passage du Zohar, Parshas Vayeira (112a), sur [le verset] : « Et de plus, elle est vraiment ma sœur, fille de mon père », etc. :
Il renvoie également à son explication d’un passage du Zohar dans Parshas Vayeira, portant sur les paroles d’Avraham à propos de Sarah : « Et de plus, elle est vraiment ma sœur, fille de mon père » (Genèse 20:12).
איך דרך כלל שרש היחוד תמידי נקרא זיווג דאו״א [דאבא ואימא] והיחוד דלהוליד נשמות חדשות נקרא ע״ש [עיין שם] זיווג זו״נ [זעיר אנפין ונוקבא] כו׳ והוא הנמשך ע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] דייקא.
comment, de manière générale, la racine de l’union constante est toujours appelée l’union d’Abba et Imma ('Hokhma et Bina), tandis que l’union qui donne naissance à de nouvelles âmes est appelée l’union de Zeir Anpin (les attributs émotionnels) et de Noukva (le féminin / Mal'hout), etc. ; et c’est précisément cette dernière qui est suscitée par l’éveil d’en bas.
Il y est expliqué que l’union constante qui soutient l’existence est appelée l’union d’Abba et Imma, tandis que celle qui donne naissance à de nouvelles âmes est appelée l’union de Zeir Anpin et de Noukva ; cette dernière n’est suscitée que par un éveil d’en bas.
Un argument supplémentaire montre que la vie des mondes a une racine qui dépasse tout éveil d’en bas : elle se poursuit même le Chabbat, lequel est lui-même le fruit de l’éveil d’en bas de la semaine.
Maré mekomot
- 1בד״ה למנצח על השמינית · לעיל תזריע כא, ג.
- 2וסד״ה חייב איניש לבסומי בפוריא · תו״א צט, ד.
- 3חייב אינש לבסומי בפוריא · Megillah 7b:7–8
- 4שנז׳ במדרש · Bereshit Rabbah 11
- 5בביאור מאמר הזהר פ׳ וירא · ביאוה״ז לאדה״א י, ב.
- 6וגם אמנה אחותי בת אבי · Genesis 20:12
- 7וגם אמנה אחותי בת אבי · Zohar, Vayera 23:349–354
22וכן נתבאר עוד במ״א בביאור ע״פ והיה לכם לציצית12 בפי׳ קדושתי למעלה מקדושתכם היינו שיש אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] שע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא]
De même, cela est également expliqué ailleurs, dans le commentaire sur [le verset] « Et cela sera pour vous des tsitsit », à propos du sens de « Ma sainteté est au-dessus de votre sainteté » : il existe un éveil d’en haut qui vient par l’éveil d’en bas,
Un appui supplémentaire se trouve dans le commentaire de l’Admour Hazaken sur « Et cela sera pour vous des tsitsit », imprimé dans son Siddour, à propos des paroles des Sages : « Ma sainteté est au-dessus de votre sainteté. » Il y explique qu’un type d’éveil d’en haut survient en réponse à un éveil d’en bas.
וזהו פי׳3 קודשתכחם ויש אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] קודם אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] להעלות ממטה למעלה ואתעדל״ע [ואתערותא דלעילא] זו גדלה מעלתה מאד מאותה שע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] שאין אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] יכולה להגיע אליה
et tel est le sens de « votre sainteté ». Il existe aussi un éveil d’en haut qui précède l’éveil d’en bas, pour élever ce qui est en bas vers ce qui est en haut ; cet éveil d’en haut est d’une vertu bien supérieure à celui qui vient par l’éveil d’en bas, car l’éveil d’en bas ne peut l’atteindre.
Cet éveil, provoqué par notre service, est « votre sainteté ». Il existe aussi un éveil d’en haut qui précède tout éveil d’en bas et élève l’homme ; il est bien supérieur, car rien de ce qui vient d’en bas ne peut l’atteindre.
וכמאמר הבעש״ט [הבעל שם טוב]4 נ״ע [נשמתו עדן] על הבת קול שמכרזת שהם הרהורי תשובה והם באים מלמעלה שאין אדם עושה מאומה מצד עצמו והיינ ו כי חפץ חסד הוא.5
Comme l’enseigne le Baal Chem Tov, que son âme soit dans l’Éden, au sujet de la voix céleste (bat kol) qui proclame : il s’agit de pensées de techouva (retour), qui viennent d’en haut, car l’homme ne fait absolument rien de son propre chef ; c’est là le sens de « car Il désire la bonté ».
Le Baal Chem Tov enseignait que la voix céleste dont les Sages disent qu’elle retentit et proclame correspond aux pensées de techouva qui viennent spontanément à l’homme. Elles viennent d’en haut, et non de l’effort de l’homme, simplement parce que D.ieu « désire la bonté ».
Une autre source montre que l’éveil d’en haut qui survient le premier, sans avoir été provoqué, est supérieur à celui qui répond à notre éveil : il est la « sainteté » de D.ieu, au-dessus de « votre sainteté », et c’est lui qui éveille d’abord l’homme à la techouva.
Kehot signale que l’enseignement du Baal Chem Tov sur la voix céleste se trouve également à la fin du Sefer Charedim, et renvoie à deux passages antérieurs du Likkutei Torah qui le citent.
Maré mekomot
- 1בביאור ע״פ והיה לכם לציצית · סידור שער הק״ש פד, ג.
- 2והיה לכם לציצית · Numbers 15:39
- 3שיש אתעדל״ע שע״י אתעדל״ת וזהו פי׳ קדושתכם · ראה סה״מ תרס״ו ע׳ תמג.
- 4וכמאמר הבעש״ט · וכ״ה בסוף ספר חרדים. [כ]. ראה לעיל במדבר מו, ב. דברים לו, ד.
- 5כי חפץ חסד הוא · Micah 7:18
23וזהו ענין קדושתי למעלה מקדושתכם. ועמ״ש ג״כ במ״א בד״ה לסוסתי1 בפי׳ ואתם תחרישון2 כו׳ לא תתערון מידי כו׳
Et telle est la signification de « Ma sainteté est au-dessus de votre sainteté ». Voir également ce qui est écrit ailleurs, dans le discours qui commence par « À une jument », au sujet de « et vous, gardez le silence », etc. : « vous n’éveillerez rien », etc. ;
Telle est la signification de « Ma sainteté est au-dessus de votre sainteté » : la sainteté propre de D.ieu, qui nous parvient sans que nous la suscitons, est supérieure à la sainteté que nous acquérons. L’Admour Hazaken renvoie également à son discours « À une jument », au sujet de « et vous, gardez le silence » (Exode 14:14), lu en araméen comme « vous n’éveillerez rien ».
ע״ש [עיין שם] והנה מכ״ז [מכל זה] מבואר שאתעדל״ע [שאתערותא דלעילא] הנמשך מעצמו לעורר אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] גדלה מעלתה מאותה אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] שע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא].
voir là-bas. Or, de tout cela, il ressort que l’éveil d’en haut qui se déploie de lui-même afin d’éveiller l’éveil d’en bas a une valeur supérieure à cet éveil d’en haut qui vient par l’éveil d’en bas.
De tout cela, il ressort que l’éveil d’en haut qui vient de lui-même pour éveiller notre éveil est supérieur à celui qui survient en réponse à celui-ci.
La conclusion de ces références : l’éveil d’en haut qui vient de lui-même et éveille notre éveil est le plus élevé.
Maré mekomot
- 1בד״ה לסוסתי · תו״א סג, ד ואילך.
- 2ואתם תחרישון · Exodus 14:14
24ובאמת בכמה מקומות מבואר בהיפך שהאתעדל״ע [שהאתערותא דלעילא] שנמשך ע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] גבוה יותר וזהו ענין אשה מזרעת תחלה יולדת זכר1 כו׳ ועמ״ש במ״א בביאור ע״פ אלה מסעי.23
En vérité, en plusieurs endroits, c’est l’inverse qui est expliqué : l’éveil d’en haut suscité par un éveil d’en bas est supérieur. C’est le sens de « la femme émet sa semence la première, elle enfante un mâle », etc. Voir aussi ce qui est écrit ailleurs dans l’explication sur [le verset] « Voici les voyages » :
Mais de nombreux passages disent le contraire : l’éveil d’en haut qui répond à notre éveil est le plus élevé, comme l’enseigne le Talmud : « La femme émet sa semence la première, elle enfante un mâle. » L’Admour Hazaken renvoie à son explication de « Voici les voyages » (Nombres 33:1).
שהאתעדל״ע [שהאתערותא דלעילא] שלפני אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] הוא רק בחינת הארה חיצוניות וע״ד [ועל דרך] וימינו תחבקני4 אבל אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] שאחר האתעדל״ת [האתערותא דלתתא] הוא המשכה בחי׳ פנימית להיות מזה הולדה כו׳.
L’éveil d’en haut qui précède l’éveil d’en bas n’est qu’un rayonnement extérieur, à l’image de « et Sa droite m’étreint » ; mais l’éveil d’en haut qui suit l’éveil d’en bas est une effusion du niveau intérieur, permettant qu’en résulte une naissance, etc.
Il explique là que l’éveil d’en haut qui vient en premier n’est qu’un rayonnement extérieur, comme une étreinte — « et Sa droite m’étreint » — tandis que celui qui suit notre éveil fait descendre la lumière intérieure, dont peut naître une vie nouvelle.
אך הענין דשניהם אמת דשרש ומקור5 אתעלד״ע זו שנמשך מעצמו נמשך מבחי׳ כי חפץ חסד הוא6 דהיינו ממקום שאין אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] מגעת שם כלל
Mais voici comment comprendre : les deux sont vrais. La racine et la source de cet éveil d’en haut qui se manifeste spontanément proviennent du niveau de « car Il désire la bonté », c’est-à-dire d’un lieu que l’éveil d’en bas ne peut nullement atteindre ;
Les deux conceptions sont vraies. L’éveil qui vient de lui-même prend sa racine dans le « désir de bonté » de D.ieu, là où aucun éveil d’en bas ne peut atteindre.
אך מ״מ [מכל מקום] ההמשכה הוא רק בחי׳ חיצוניות לבד אלא שהיא חיצוניות מבחינה עליונה ביותר וכמבואר שם בד״ה למנצח על השמינית ג״כ בענין שרש חיות העולמות שהוא מבחינת א״ק [אדם קדמון] כו׳.
Néanmoins, l’effusion qui en résulte n’est qu’un niveau extérieur, mais il s’agit de la dimension extérieure d’un niveau extrêmement élevé. Cela est également expliqué là, dans le discours commençant par « Au chef des chantres, sur la Cheminite », à propos de la racine de la force vitale des mondes : elle provient du niveau d’Adam Kadmon, etc.
Mais ce qui est effectivement amené n’est qu’une lumière extérieure, quoique la dimension extérieure d’un niveau très élevé. Dans le discours « Au chef des chantres, sur la Cheminite », il explique que la force vitale des mondes provient d’Adam Kadmon, le niveau primordial qui se situe au-dessus d’Atsilout.
אבל מ״מ [מכל מקום] הוא בחינת חיצוניות א״ק [אדם קדמון] וכמשל העור כו׳ וגם שמאיר רק בבחי׳ מקיף שמקיף את כולם בהשוואה א׳ כו׳ ע״ש [עיין שם] משא״כ האתעדל״ע [האתערותא דלעילא] שנמשך ע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] זהו גילוי בחינת פנימיות ממש ולא חיצוניות לבד
Mais il s’agit néanmoins de la dimension extérieure d’Adam Kadmon, comme dans la parabole de la peau, etc. De plus, elle ne brille que sous la forme d’une lumière enveloppante, qui entoure tous les êtres de manière égale, etc. Voir là. En revanche, l’éveil d’en haut suscité par un éveil d’en bas est une révélation du niveau véritablement intérieur, et non de la seule dimension extérieure.
C’est la dimension extérieure d’Adam Kadmon, comme la peau du corps, et elle ne brille que sous la forme d’une lumière enveloppante, également pour tous. L’éveil d’en haut qui répond au nôtre révèle la lumière véritablement intérieure.
ולכן עם היות שהגילוי הוא רק מבחינה שאתעדל״ת [שאתערותא דלתתא] מגיע שם מ״מ [מכל מקום] להיותו גילוי בחי׳ הפנימית יש בזה מעלה יתירה יותר מאתעדל״ע [מאתערותא דלעילא] שמעצמו וכמאמר אשה מזרעת תחלה יולדת זכר כו׳ וכנ״ל.
Ainsi, bien que la révélation provienne uniquement d’un niveau que l’éveil d’en bas peut atteindre, puisqu’il s’agit d’une révélation du niveau intérieur, elle possède néanmoins un avantage supérieur à l’éveil d’en haut qui vient de lui-même, comme l’énonce l’enseignement : « La femme émet sa semence la première, elle enfante un mâle », etc., comme indiqué plus haut.
Ainsi, bien qu’il provienne uniquement d’un niveau que notre éveil peut atteindre, son caractère intérieur lui confère un avantage sur l’éveil spontané : « La femme émet sa semence la première, elle enfante un mâle. »
נמצא שהחילוק בין ב׳ בחי׳ אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] האלו הוא מעין ההפרש שבין מעלת המצות ומעלת התורה.
Il ressort que la différence entre ces deux niveaux d’éveil d’en haut est analogue à la différence entre la vertu des mitsvot et celle de la Torah.
La différence entre les deux éveils d’en haut reflète donc celle qui sépare la vertu des mitsvot de celle de la Torah.
דאע״פ [דאף על פי] שההמשכות שע״י מצות ותורה הרי שניהם הם ע״י מעשה התחתונים ולא כמו אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] הנמשך מעצמו ממש.
Car, bien que les effusions suscitées par les mitsvot et par la Torah proviennent toutes deux des actes des êtres inférieurs, et ne soient donc pas semblables à l’éveil d’en haut qui se manifeste véritablement de lui-même,
La comparaison n’est pas exacte, car la Torah comme les mitsvot sont les actes des êtres d’en bas, contrairement à un éveil d’en haut qui vient entièrement de lui-même.
מ״מ [מכל מקום] נוכל להשכיל מזה דכמו שיש מעלה יתירה בתורה מבמצות אע״פ [אף על פי] שהמצות שרשן גבוהים מהתורה רק לפי שהתורה היא בבחי׳ פנימית היינו מו״ס [מוחא סתימאה] והמצות הן חיצוני׳ בחי׳ גלגלתא.7
Néanmoins, nous pouvons comprendre ceci : de même qu’il existe un avantage supplémentaire de la Torah sur les mitsvot, bien que les mitsvot prennent racine plus haut que la Torah, et cela uniquement parce que la Torah relève de la dimension intérieure, à savoir Mo’ha Stima’a, tandis que les mitsvot relèvent de la dimension extérieure, Gulgalta,
Le parallèle demeure : la Torah l’emporte sur les mitsvot uniquement parce qu’elle est intérieure et provient de Mo’ha Stima’a, bien que les mitsvot, qui proviennent de Gulgalta, prennent racine plus haut.
L’Admour Hazaken concilie les conceptions divergentes : l’éveil spontané a une racine plus élevée, mais ne fait descendre qu’une lumière extérieure et enveloppante ; l’éveil qui répond au nôtre provient d’une racine inférieure, mais il est intérieur, et c’est pourquoi il « enfante un mâle ». Ces deux formes correspondent respectivement aux mitsvot et à la Torah.
Maré mekomot
- 1אשה מזרעת תחלה יולדת זכר · Niddah 31a:23–24
- 2בביאור ע״פ אלה מסעי · לעיל פ׳ מסעי צב, א.
- 3אלה מסעי · Numbers 33:1
- 4וימינו תחבקני · Song of Songs 2:6
- 5דשרש ומקור אתעדל״ע שנמשך מעצמו · ראה בסה״מ מלוקט ח״ג ע׳ צג ואילך דהקשה מענין דירה בתחתונים ע״ש.
- 6כי חפץ חסד הוא · Micah 7:18
- 7
25וע״כ [ועל כן] אמרו בירושלמי1 שאין כל מצותיה של תורה שוות2 נגד הלכה אחת מן התורה. וכך הוא ענין מעלת האתעדל״ע [האתערותא דלעילא] שנמשך ע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא]
C’est pourquoi il est dit dans le Talmud de Jérusalem que toutes les mitsvot de la Torah ne sont pas égales à une seule halakha de la Torah. Il en va de même de la supériorité de l’éveil d’en haut qui est suscité par un éveil d’en bas :
C’est pourquoi le Talmud de Jérusalem enseigne que toutes les mitsvot ne sont pas égales à une seule halakha de la Torah. De même, l’éveil d’en haut qui répond à notre éveil possède une supériorité propre.
שהיא בחינת פנימית לכך היא גבוה יתירה מאתעדל״ע [מאתערותא דלעילא] הנמשך מעצמו שהוא בחי׳ חיצוניות וגם מאיר רק בבחינת מקיף וימינו תחבקני3 וכנ״ל.
puisqu’il relève de la dimension intérieure, il est donc supérieur à l’éveil d’en haut qui se produit de lui-même, lequel relève de la dimension extérieure et ne rayonne qu’à la manière d’une lumière enveloppante, [comme dans] « et Sa droite m’étreint », comme mentionné plus haut.
Il est intérieur, et donc supérieur à l’éveil spontané, qui est extérieur et n’agit qu’en enveloppant, comme une étreinte : « et Sa droite m’étreint ».
וכמו שיש מעלה יתירה במצות מבתורה לפי שעם היותן מבחינת חיצוניות הרי החיצוניות הוא מבחי׳ עליונה ביותר כו׳ כנ״ל באריכות.
Et de même qu’il y a une supériorité des mitsvot sur la Torah, car, bien qu’elles relèvent de la dimension extérieure, cette dimension extérieure provient d’un niveau extrêmement élevé, etc., comme expliqué plus haut en détail,
À l’inverse, les mitsvot surpassent la Torah car, bien qu’elles soient extérieures, elles constituent la dimension extérieure d’un niveau extrêmement élevé, comme expliqué plus haut en détail.
כך יש מעלה יתירה באתעדל״ע [באתערותא דלעילא] הנמשך מעצמו לעורר אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] עם היותה בחי׳ חיצונית אכן שרשה מבחי׳ היותר עליונה שאין אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] מגעת שם כלל.
de même, il y a une supériorité de l’éveil d’en haut qui se produit de lui-même pour susciter l’éveil d’en bas : bien qu’il relève de la dimension extérieure, sa racine se trouve au niveau le plus élevé, que l’éveil d’en bas n’atteint absolument pas.
De même, l’éveil spontané d’en haut, qui suscite notre éveil, bien qu’extérieur, a sa racine au niveau le plus élevé, qu’aucun éveil d’en bas ne peut atteindre.
L’analogie s’achève ainsi : l’éveil d’en haut qui répond à l’éveil d’en bas, comme la Torah, excelle par sa dimension intérieure ; celui qui se produit spontanément, comme les mitsvot, excelle par la hauteur de sa racine.
Maré mekomot
- 1בירושלמי · כנ״ל רפ״ב כאן. [כ]. רפ״ק דפאה.
- 2שאין כל מצותיה של תורה שוות · Jerusalem Talmud Peah 1:1:35
- 3וימינו תחבקני · Song of Songs 2:6
Le troisième niveau ¶26–29
26והנה יש עוד בחי׳ ג׳ בענין אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] והוא ג״כ האתעדל״ע [האתערותא דלעילא] שלמעלה מאתעדל״ת [מאתערותא דלתתא] דהיינו שאין אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] מגעת שם כלל. כענין קדושתי למעלה מקדושתכם וכנ״ל.
Or, il existe encore un troisième niveau d’éveil d’en haut. C’est lui aussi un éveil d’en haut qui dépasse l’éveil d’en bas, c’est-à-dire qu’aucun éveil d’en bas ne peut l’atteindre, comme dans l’expression : « Ma sainteté dépasse votre sainteté », ainsi qu’il a été dit plus haut.
Il existe aussi un troisième type d’éveil d’en haut. Lui aussi dépasse tout ce qu’un éveil d’en bas peut atteindre, comme dans l’expression : « Ma sainteté dépasse votre sainteté ».
אלא שאעפ״כ [שאף על פי כן] אינה שורה ומתגלה אלא כשיש שלימות במעשה התחתונים1 שכבר נשפע עליהם אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] שלפי ערך אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] אזי שורה ומתגלה ג״כ האתעדל״ע [האתערותא דלעילא] שלמעלה מעלה מערך האתעדל״ת [האתערותא דלתתא] כלל.
Néanmoins, il ne repose et ne se révèle que lorsque les actes des êtres d’en bas ont atteint leur perfection, de sorte que l’éveil d’en haut correspondant à leur éveil d’en bas s’est déjà déversé sur eux. Alors repose et se révèle également l’éveil d’en haut qui dépasse absolument toute mesure de l’éveil d’en bas.
Pourtant, il ne repose et ne se révèle qu’une fois les actes des êtres d’en bas parvenus à leur perfection, lorsque l’éveil d’en haut qui répond à leur éveil est déjà descendu sur eux. Alors seulement apparaît également l’éveil qui dépasse absolument leur mesure.
Un troisième niveau : un éveil d’en haut qui dépasse toute portée humaine, mais qui ne se révèle qu’après l’accomplissement du service de l’homme.
Kehot cite le Rabbi (Sefer HaMaamarim Melukat) : la perfection des actes des êtres d’en bas est nécessaire pour qu’ils deviennent un réceptacle où cette lumière puisse reposer, comme le dit le Zohar : le Saint béni soit-Il ne repose que dans un lieu complet. Le Rabbi note là que, dans le Hemshech 5666 du Rabbi Rachab et dans Sefer HaMaamarim 5705, il est expliqué que cette perfection est également nécessaire à la descente d’en haut, au don du présent du côté du Donateur.
Maré mekomot
- 1אלא כשיש שלימות במעשה התחתונים · Zohar III, 90b
27וכמ״ש במ״א ע״פ אני ישנה1 כו׳ פתחי לי2 כו׳ שזהו ענין פתחי לי כחודה של מחט3 ואני אפתח לך כפתחו של אולם4 כו׳
Comme il est écrit ailleurs, à propos du verset : « Je dors, etc., ouvre-Moi, etc. » : tel est le sens de « Ouvre-Moi [une ouverture] comme le chas d’une aiguille, et J’ouvrirai pour toi [une ouverture] comme l’entrée d’une grande salle », etc. ;
L’Admour Hazaken apporte des exemples. À propos de « Je dors… ouvre-Moi » (Cantique des Cantiques 5:2), la ‘Hassidout cite souvent l’enseignement : « Ouvre-Moi une ouverture comme le chas d’une aiguille, et Je t’en ouvrirai une comme l’entrée d’une grande salle » : une minuscule ouverture d’en bas suscite une vaste ouverture d’en haut.
ע״ש [עיין שם] וכמ״כ [וכמו כן] גבי שבת ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] מתנה טובה יש לי בבית גנזי5 ושבת שמה6 והיינו שיש עוד בחי׳ בשבת שלמעלה מאתעדל״ת [מאתערותא דלתתא]
voyez là-bas. De même, au sujet du Chabbat, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « J’ai un beau cadeau dans Mon trésor, et son nom est Chabbat » ; c’est-à-dire qu’il existe dans le Chabbat un autre niveau, supérieur à l’éveil d’en bas,
Il en va de même pour le Chabbat : le Talmud rapporte que D.ieu dit à Moché : « J’ai un beau cadeau dans Mon trésor, et son nom est Chabbat. » Un cadeau dépasse ce que l’on mérite par ses efforts ; le Chabbat comporte donc un niveau supérieur à tout éveil d’en bas.
וזהו בחינה שנקרא שבת שבתון והוא מתנה דייקא7 שלמעלה מאתעדל״ת [מאתערותא דלתתא] וכמ״ש במ״א אלא שאעפ״כ [שאף על פי כן] הרי ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] מי שטרח בע״ש [בערב שבת] יאכל בשבת8 שאין נמשך מתנה זו
et c’est là le niveau appelé « Chabbat Chabbaton » ; il s’agit précisément d’un « cadeau », supérieur à l’éveil d’en bas, comme il est écrit ailleurs. Néanmoins, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Celui qui a peiné la veille du Chabbat mangera le Chabbat » ; car ce cadeau ne se déverse
Ce niveau est appelé « Chabbat Chabbaton » : c’est un véritable cadeau. Pourtant, les Sages disent également : « Celui qui a peiné la veille du Chabbat mangera le Chabbat. »
אלא לאחר האתעדל״ע [האתערותא דלעילא] הנמשך תחלה בשבת ע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] בכל ימי החול שע״ז [שעל זה] נאמר לעשות את השבת9 כו׳ ועיין מ״ש כיוצא בזה במ״א סד״ה
qu’après l’éveil d’en haut qui se déverse d’abord le Chabbat, grâce à l’éveil d’en bas suscité durant tous les jours de la semaine ; c’est à ce propos qu’il est dit : « faire le Chabbat », etc. Voyez aussi ce qui est écrit dans le même sens ailleurs, à la fin du discours commençant par
Le cadeau ne vient qu’après que le premier niveau du Chabbat a été attiré par le travail accompli pendant les six jours de la semaine, comme le dit le verset : « faire le Chabbat » : le Chabbat doit lui aussi être « fait ».
כי כאשר השמים החדשים1011 כו׳ והיינו שבחינת גילוי זה הוא אשר אני עושה למעלה מאתעדל״ת [מאתערותא דלתתא] ואעפ״כ [ואף על פי כן] אינו נמשך ומתגלה אלא לאחר שלימות גילוי האתעדל״ע [האתערותא דלעילא] שע״פ האתעדל״ת [האתערותא דלתתא].
« Car, comme les nouveaux cieux », etc. Cela signifie que ce niveau de révélation est « ce que Je fais », au-delà de l’éveil d’en bas ; néanmoins, il ne se déverse et ne se révèle qu’après l’achèvement de la révélation de l’éveil d’en haut correspondant à l’éveil d’en bas.
Il renvoie à son discours sur « Car, comme les nouveaux cieux… que Je fais » (Isaïe 66:22) : cette révélation est l’œuvre propre de D.ieu, au-delà de tout éveil d’en bas, mais elle ne vient qu’une fois achevée la révélation d’en haut qui répond à notre éveil.
Des exemples du troisième niveau : D.ieu ouvre une grande salle en réponse à une ouverture aussi petite que le chas d’une aiguille, et le Chabbat comporte un « cadeau » qui dépasse tout effort humain ; pourtant, chacun ne vient qu’une fois l’effort humain achevé.
Kehot note que la source exacte de l’enseignement sur le chas de l’aiguille et la grande salle n’a pas encore été retrouvée ; le Midrach sur ce verset parle d’une ouverture de techouva comme le chas d’une aiguille, à laquelle répondent des ouvertures assez larges pour des charrettes et des carrosses. Le même modèle apparaît dans le décompte du Omer : on ne compte pas le cinquantième jour, car il dépasse la portée de l’homme, mais il ne vient qu’après que les quarante-neuf jours ont été comptés.
Maré mekomot
- 1ע״פ אני ישנה · לקמן לה, ג.
- 2אני ישנה כו׳ פתחי לי · Song of Songs 5:2
- 3פתחי לי כחודה של מחט · Shir HaShirim Rabbah 5:2:2
- 4פתחי לי כחודה של מחט ואני אפתח לך כפתחו של אולם · Zohar III, 95a
- 5מתנה טובה יש לי בבית גנזי · Shabbat 10b:4–5
- 6מתנה טובה יש לי בבית גנזי ושבת שמה · Zohar, Nasso 4:30–38
- 7והוא מתנה דייקא · ראה לקו״ש חכ״ה ע׳ 89 הערה 25 והערה 19.
- 8מי שטרח בע״ש יאכל בשבת · Avodah Zarah 3a:10
- 9לעשות את השבת · Exodus 31:16
- 10סד״ה כי כאשר השמים החדשים · תו״א ב, ד.
- 11כי כאשר השמים החדשים · Isaiah 66:22
28וכמ״כ [וכמו כן] הוא ענין הנז׳ [הנזכר] במילה בשמיני שהוא כדי שיעבור עליו שבת א׳ כמ״ש במ״א. והענין
De même, la raison mentionnée à propos de la circoncision au huitième jour est qu’un Chabbat doit d’abord s’écouler pour lui, comme il est écrit ailleurs. Le sujet est le suivant :
Un autre exemple est la circoncision au huitième jour, qui, comme cela est expliqué ailleurs, a lieu afin qu’un Chabbat s’écoule d’abord pour l’enfant. L’Admour Hazaken explique à présent le principe qui la sous-tend.
כי בחינת גילוי אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] זו הוא גילוי פנימית ממש מבחי׳ שאין אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] מגיע שם ולא בבחינת חיצוני׳ לבד כמו האתעדל״ע [האתערותא דלעילא] שלפני אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] שעם היותה ג״כ מבחינת
le niveau de la révélation de cet éveil d’en haut est une révélation véritablement intérieure (pnimiyout), provenant d’un niveau que l’éveil d’en bas n’atteint pas ; ce n’est pas une simple révélation extérieure ('hitsoniyout), comme l’éveil d’en haut qui précède l’éveil d’en bas, lequel, bien qu’il provienne lui aussi du niveau de
Le troisième éveil d’en haut est une révélation véritablement intérieure, issue d’un niveau qu’aucun éveil d’en bas n’atteint. En cela, il diffère de l’éveil qui précède tout service d’en bas : celui-ci provient lui aussi du « désir de bonté » de D.ieu, mais il n’est qu’extérieur.
כי חפץ חסד הוא אכן מ״מ [מכל מקום] הגילוי רק בבחינת חיצוניות ובבחינת מקיף לבד ולכן נמשך גם קודם אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] ואתעדל״ע [ואתערותא דלעילא] שעל ידה.
« car Il désire la bonté », la révélation n’en est pas moins seulement extérieure et seulement englobante ; c’est pourquoi elle est suscitée même avant l’éveil d’en bas et avant l’éveil d’en haut qui vient par son intermédiaire.
Puisque ce premier éveil est extérieur et englobant, il peut survenir avant tout éveil d’en bas, ainsi qu’avant la réponse que suscite un éveil d’en bas.
אבל שיומשך גילוי פנימית בחינה זו ממש בגילוי ממש בבחינת פנימית הוא דוקא אחר שתחלה יש אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] עד היכן
Mais pour que la révélation intérieure de ce niveau même soit attirée ici-bas dans une révélation effective, de manière intérieure, il faut précisément qu’il y ait d’abord eu un éveil d’en bas, jusqu’au point où
La révélation intérieure du niveau suprême, quant à elle, ne survient qu’après qu’il y a d’abord eu un éveil d’en bas, dans toute la mesure où celui-ci peut s’étendre.
שהיא מגעת ושנמשך האתעדל״ע [האתערותא דלעילא] שעל ידה אז נמשך ג״כ בבחי׳ פנימי ממקום שאין אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] מגעת שם כלל.
il peut parvenir, et que l’éveil d’en haut qui en découle ait été attiré ; alors il est également attiré de manière intérieure, depuis un lieu que l’éveil d’en bas n’atteint absolument pas.
Une fois achevés cet éveil d’en bas et la réponse qu’il suscite, la lumière provenant du lieu qu’aucun éveil d’en bas ne peut atteindre est, elle aussi, attirée ici-bas intérieurement.
וכך נת׳ [נתבאר] עוד במ״א על המאמר פ׳ חיי שרה1 (דקל״ג ע״א) בענין הטעם דתפלת ערבית שתיקן יעקב בחיר שבאבות הוא רשות דתוכן
De même, cela est expliqué davantage ailleurs à propos du passage de la paracha ‘Hayé Sarah (folio 133, côté a), concernant la raison pour laquelle la prière du soir, instituée par Yaakov, le meilleur des Patriarches, est facultative. Le fond de
La même idée éclaire une question abordée à propos d’un passage du Zohar dans la paracha ‘Hayé Sarah : pourquoi la prière du soir, instituée par Yaakov, le meilleur des Patriarches, n’est-elle que facultative ?
התירוץ לפי שבחינת יעקב מבריח מן הקצה אל הקצה2 מבחי׳ שאין אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] מגעת שם לפיכך היא רשות אלא שאעפ״כ [שאף על פי כן] אין נמשך בחינה זו
la réponse est que le niveau de Yaakov « s’étend d’une extrémité à l’autre », depuis un niveau que l’éveil d’en bas n’atteint pas ; c’est pourquoi elle est facultative. Néanmoins, ce niveau est attiré
La réponse est que le niveau de Yaakov « s’étend d’une extrémité à l’autre », comme la barre centrale du Michkan, atteignant un niveau inaccessible à tout éveil d’en bas ; sa prière ne peut donc être rendue obligatoire.
אלא לאחר שיש אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] עד היכן שהיא מגעת דהיינו תפלת שחרית ומנחה שתיקנו אברהם ויצחק3 כו׳ ועמ״ש ע״פ יחיינו מיומים ביום השלישי יקימנו ונחיה לפניו.4
qu’après qu’il y a eu un éveil d’en bas jusqu’au point où il peut parvenir, c’est-à-dire les prières du matin et de l’après-midi, instituées par Avraham et Yitzchak, etc. Voir aussi ce qui est écrit au sujet [du verset] : « Il nous fera revivre après deux jours ; le troisième jour, Il nous relèvera, et nous vivrons devant Lui. »
Cependant, il n’est attiré ici-bas qu’une fois l’éveil d’en bas mené à son terme par les prières du matin et de l’après-midi, instituées par Avraham et Yitzchak. L’Admour Hazaken renvoie également à son explication de « le troisième jour, Il nous relèvera » (Osée 6:2).
Le troisième niveau ne se révèle intérieurement qu’après que le service de l’homme a accompli tout ce qu’il peut : la circoncision a lieu après qu’un Chabbat s’est écoulé, et la prière du soir de Yaakov, facultative parce que son niveau dépasse les possibilités humaines, vient après les prières obligatoires d’Avraham et de Yitzchak.
Kehot renvoie à plusieurs explications de ce passage du Zohar : celles du Mitteler Rebbe et du Tséma'h Tsédek dans leurs Bioureï HaZohar, un passage antérieur de Likkutei Torah (Soukkot), Sefer HaMaamarim 5668 et Likkutei Sichos.
Maré mekomot
- 1במ״א על המאמר פ׳ חיי שרה · ביאוה״ז לאדה״א יג, סע״ד ואילך. ביאוה״ז להצ״צ כרך א ע׳ פה ואילך. ראה לעיל סוכות פ, ג. סה״מ תרס״ח ע׳ קע ואילך. וראה לקו״ש חכ״ה ע׳ 155 ואילך.
- 2מבריח מן הקצה אל הקצה · Exodus 26:28
- 3תפלת שחרית ומנחה שתיקנו אברהם ויצחק · Berakhot 26b:5–6
- 4יחיינו מיומים ביום השלישי יקימנו ונחיה לפניו · Hosea 6:2
29והנה כמו כן יובן ג״ככ בענין אור הנמשך ע״י המצות והתורה אשר התורה היא בחינה פנימית
À présent, de même, on comprendra également ce qu’il en est de la lumière attirée par les mitsvot et la Torah : la Torah relève du niveau intérieur (pnimiyout),
Les trois mêmes niveaux apparaissent dans la lumière attirée par la Torah et les mitsvot. La Torah relève du niveau intérieur.
אך היינו פנימית החכמה שבכתר ונקרא מו״ס [מוחא סתימאה] והמצות הם מבחינת כתר שבכתר אך מבחינת חיצוניות היינו גלגלתא דחפיא על מוחא.
mais il s’agit de la dimension intérieure de la 'Hokhma (sagesse) au sein de Kéter (la Couronne), appelée Mo'ha Stima’a ; les mitsvot relèvent du niveau de Kéter au sein de Kéter, mais de sa dimension extérieure ('hitsoniyout), à savoir « Gulgalta qui recouvre le cerveau ».
Mais son intériorité est celle de la 'Hokhma au sein de Kéter, Mo'ha Stima’a. Les mitsvot proviennent du Kéter supérieur au sein de Kéter, mais seulement de son côté extérieur, Gulgalta.
אכן יש עוד בחינה ג׳ הגבוה משני הבחינות והוא אותו הפנימית של כתר שבכתר אשר הגלגלתא הוא בחינת החיצונית שלו ואפשר שזהו ענין בעטרה שעטרה לו אמו ביום חתונתו1 זו מ״ת [מתן תורה] וכמשי״ת [וכמו שיתבאר]
Cependant, il existe encore un troisième niveau, supérieur aux deux autres : la dimension intérieure de Kéter au sein de Kéter lui-même, dont Gulgalta constitue la dimension extérieure. Il se peut que ce soit là le sens de « la couronne dont sa mère l’a couronné le jour de ses noces », c’est-à-dire le don de la Torah, comme nous l’expliquerons ;
Il existe un troisième niveau, supérieur aux deux autres : la dimension intérieure de Kéter au sein de Kéter lui-même, dont le côté extérieur est Gulgalta. L’Alter Rebbe suggère qu’il s’agit de la couronne du verset : « la couronne dont sa mère l’a couronné le jour de ses noces », le don de la Torah.
שהרי בע״ח [בעץ חיים] שכ״ב ס פ״ו כ׳ [כתב] שהוא אור רוחני מקיף עליו2 כו׳ וה״ז [והרי זה] ממש כמו בחי׳ בעטרה שהיא מקפת על הגלגלת כו׳:
car dans Etz Chaim, Sha’ar 22, fin du chapitre 6, il a écrit qu’il s’agit d’une lumière spirituelle qui l’entoure, etc. ; cela correspond exactement au niveau de « la couronne », qui entoure le crâne, etc.
Etz Chaim décrit le Kéter d’une personne comme une lumière spirituelle qui l’entoure, et une couronne entoure elle aussi le crâne. Ainsi, la « couronne » est le niveau enveloppant dont Gulgalta constitue la limite extérieure.
Appliqués à la Torah et aux mitsvot, les trois niveaux sont Mo'ha Stima’a (la Torah), Gulgalta (les mitsvot) et, au-dessus des deux, la dimension intérieure de Kéter au sein de Kéter : la « couronne » du verset.
Maré mekomot
- 1בעטרה שעטרה לו אמו ביום חתונתו · Song of Songs 3:11
- 2שהוא אור רוחני מקיף עליו · Sefer Etz Chaim 23:2
La joie d’une mitsva ¶30–33
30ו ומעתה יובן ענין שמחה של מצוה. כי הנה השמחה הוא גילוי ההעלם וכמשל המלך שדרכו שיושב בחדרי חדרים כי כל כבודו פנימה1
6. À présent, on comprendra la joie d’une mitsva. En effet, la joie révèle ce qui est caché, comme dans l’image du roi, qui a coutume de demeurer dans les chambres les plus intérieures, car « toute sa gloire est au-dedans »,
La section 6 explique la joie d’une mitsva. La joie révèle ce qui est caché : le roi demeure généralement dans les chambres les plus intérieures, car « toute sa gloire est au-dedans ».
אך בזמן שמחתו מתראה ומתגלה לעין כל והנה המצות שרשן מאד נעלה מבחי׳ כתר שלמעלה מהחכמה.
mais au moment où il se réjouit, il se montre et se révèle à tous les regards. Or, les mitsvot ont leur racine très haut, au niveau de Kéter (la Couronne), qui est au-dessus de 'Hokhma (sagesse).
Mais au moment de sa célébration, il se montre à tous. Les mitsvot, elles aussi, ont leur racine très haut, en Kéter, qui est au-dessus de 'Hokhma.
אך עצמיות הכתר אינו מתגלה כלל רק בחי׳ החיצוניות היינו בחי׳ גלגלתא שהוא בחי׳ רצון העליון.
Cependant, l’essence de Kéter ne se révèle aucunement ; seul se révèle son niveau extérieur ('hitsoniyout), à savoir le niveau de Guilgalta, qui est celui de la volonté suprême (ratzon).
Pourtant, l’essence de Kéter ne se révèle jamais ; ce qui se révèle par les mitsvot n’est que son aspect extérieur, Guilgalta, la volonté suprême.
אך ע״י השמחה בקיום המצוה שהשמחה מעורר גילוי הפנימית לכן עי״ז ממשיך גילוי בחי׳ פנימית הכתר.
Cependant, par la joie éprouvée dans l’accomplissement de la mitsva, puisque la joie éveille la révélation de la dimension intérieure (pnimiyout), on attire ainsi une révélation de la dimension intérieure de Kéter.
La joie éprouvée dans l’accomplissement d’une mitsva éveille la révélation de ce qui est intérieur ; ainsi, par elle, on attire la dimension intérieure de Kéter elle-même.
La joie révèle ce qui est caché : la mitsva, à elle seule, ne révèle que l’aspect extérieur de Kéter, la volonté suprême, tandis que la joie éprouvée dans la mitsva attire la dimension intérieure de Kéter.
Maré mekomot
- 1כל כבודו פנימה · Psalms 45:14
31וזהו בעטרה שעטרה לו אמו1 דוקא אם הבנים שמחה2 וישמחו בך ישראל כו׳ שע״י השמחה של מצוה מעורר התענוג עליון שהוא בחי׳ העטרה והכתר כו׳. ועמ״ש לקמן בד״ה שוש אשיש3 ובד״ה ה׳ לי בעוזרי.45
Et c’est là [le sens de] « la couronne dont sa mère l’a couronné » : précisément [sa mère], « une mère heureuse de ses enfants », et « Israël se réjouira en Toi », etc. Car la joie éprouvée à l’occasion d’une mitsva éveille le plaisir suprême, qui est le niveau de la couronne et de Kéter (la Couronne), etc. Voir aussi ce qui est écrit plus loin, dans le discours commençant par « Je me réjouirai grandement », et dans celui qui commence par « D.ieu est avec moi parmi ceux qui m’aident ».
C’est pourquoi le verset dit que c’est « sa mère » qui l’a couronné : les âmes sont « une mère heureuse de ses enfants », et, par la joie éprouvée à l’occasion d’une mitsva, elles éveillent le plaisir suprême, le Kéter intérieur, qui est la couronne. L’Admour Hazaken renvoie à deux autres discours sur la joie.
La « mère » qui couronne le Roi est l’âme qui se réjouit de la mitsva ; sa joie éveille le plaisir suprême, la couronne.
Maré mekomot
- 1בעטרה שעטרה לו אמו · Song of Songs 3:11
- 2אם הבנים שמחה · Psalms 113:9
- 3בד״ה שוש אשיש · לעיל פ׳ נצבים מז, א.
- 4ובד״ה ה׳ לי בעוזרי · לעיל שמע״צ פח, ד ואילך.
- 5ה׳ לי בעוזרי · Psalms 118:7
32והנה מבואר למעלה שבחי׳ זו הוא ענין בחינה הג׳ שבאתעדל״ע [שבאתערותא דלעילא] הגבוה משני בחי׳ ראשונות. ולכן בגילוי בחי׳ זו נמשך שגם כשאיש מזריע תחלה תהיה יולדת זכר כו׳.
Or, il a été expliqué plus haut que ce niveau constitue le troisième niveau de l’éveil d’en haut, supérieur aux deux premiers. C’est pourquoi, lorsque ce niveau se révèle, il en résulte que même lorsque l’homme émet sa semence le premier, elle enfante un garçon, etc.
Cette dimension intérieure de Kéter, attirée par la joie, est le troisième niveau de l’éveil d’en haut, supérieur aux deux premiers. C’est pourquoi, lorsqu’elle se révèle, même lorsque « l’homme émet sa semence le premier », elle peut faire naître un garçon.
כי זה דאיש מזריע תחלה יולדת נקבה1 זהו כשנמשך הגילוי מבחי׳ חיצוניות שאז ענין אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] המעורר אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] הוא שיהיה יולדת נקבה אהבה זוטא כו׳
Car le cas où « l’homme émet sa semence le premier, elle enfante une fille » correspond à une révélation provenant de la dimension extérieure ('hitsoniyout) ; l’effet de l’éveil d’en haut, qui suscite l’éveil d’en bas, est alors qu’elle enfante une fille, c’est-à-dire un amour modeste, etc.
La règle selon laquelle « l’homme émet sa semence le premier, elle enfante une fille » s’applique lorsque la révélation provient de la dimension extérieure ; l’éveil spontané d’en haut ne suscite alors qu’un amour modeste.
משא״כ על ידי שמחה של מצוה שנמשך הגילוי מאתעדל״ע [מאתערותא דלעילא] שלמעלה מאתעדל״ת [מאתערותא דלתתא] מבחינת הפנימית ממש הרי היא גבוה גם מאתעדל״ע [מאתערותא דלעילא] שע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] ולכן יולדת זכר כו׳ וזהו שוש תשיש כו׳ בקבוץ בניה2 דוקא כו׳.
En revanche, par la joie d’une mitsva, lorsque la révélation est attirée de l’éveil d’en haut qui est supérieur à l’éveil d’en bas, depuis la dimension véritablement intérieure (pnimiyout), elle est même supérieure à l’éveil d’en haut qui résulte d’un éveil d’en bas ; elle enfante donc un garçon, etc. C’est là le sens de « Que la stérile se réjouisse assurément », etc., « au rassemblement de ses enfants », précisément, etc.
La joie d’une mitsva attire la révélation de la dimension véritablement intérieure, qui se situe au-dessus de tout éveil d’en bas et est même supérieure à l’éveil qui répond au nôtre ; elle enfante donc un garçon. C’est le sens de la bénédiction nuptiale : « Que la stérile se réjouisse assurément… au rassemblement de ses enfants » : la joie fait enfanter même celle qui était stérile.
(ועיין מ״שבביאור ע״פ כה תברכו את בנ״י [בני ישראל]3 מענין ג׳ ברכות דברכת כהנים יברכך יאר ישא ועמ״ש בענין כשמחך יצירך בג״ע [בגן עדן] מקדם.
(Voyez aussi ce qui est écrit dans l’explication sur [le verset] « Ainsi bénirez-vous les enfants d’Israël », au sujet des trois bénédictions de la bénédiction sacerdotale : « Qu’Il te bénisse », « Qu’Il fasse luire », « Qu’Il élève » ; et voyez ce qui est écrit au sujet de « comme Tu as réjoui Ta créature dans le Jardin d’Éden jadis ».
Cette parenthèse renvoie à l’explication de l’Admour Hazakène sur les trois bénédictions de la bénédiction sacerdotale, ainsi qu’à son explication de la bénédiction nuptiale « comme Tu as réjoui Ta créature dans le Jardin d’Éden jadis ».
ועמ״ש סד״ה בשלח פרעה45 שהשמחה אמיתית ודביקות בה׳ אחד הוא בבחי׳ הכנעה וביטול וע״י קבלת עול מלכות שמים בעסק התורה ומצות כו׳ ע״ש [עיין שם]).
Voyez aussi ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Lorsque Pharaon renvoya le peuple » : la joie véritable et l’attachement au D.ieu unique passent par la soumission et l’annulation de soi (bitoul), ainsi que par l’acceptation du joug (kabbalat ol) du royaume des cieux dans l’étude de la Torah et l’accomplissement des mitsvot, etc. Voyez là-bas.)
Cela renvoie également à la fin de son discours « Lorsque Pharaon renvoya le peuple » : la joie véritable et l’attachement à D.ieu viennent de la soumission et du bitoul, ainsi que de l’acceptation du joug céleste dans l’étude de la Torah et l’accomplissement des mitsvot.
והנה עפ״ז [על פי זה] יובן ג״כ מ״ש בעטרה שעטרה לו אמו ביום חתונתו6 זו מ״ת [מתן תורה] כי הנה ענין פסח וספה״ע [וספירת העומר] ושבועות זהו קרוב לענין ג׳ בחי׳ הנז׳ [הנזכר] שבאתעדל״ע [שבאתערותא דלעילא].
Or, à la lumière de ce qui précède, on comprendra également ce qui est écrit : « la couronne dont sa mère l’a couronné au jour de son mariage », qui désigne le don de la Torah. Car Pessa’h, le compte du Omer et Chavouot se rapprochent des trois niveaux de l’éveil d’en haut mentionnés précédemment.
Cela explique également pourquoi le don de la Torah est appelé « le jour de son mariage », où « sa mère l’a couronné ». Pessa’h, le compte du Omer et Chavouot correspondent étroitement aux trois niveaux de l’éveil d’en haut.
כי בפסח הי׳ [היה] בחי׳ דילוג וגילוי אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] מעצמו. אך שאין הגילוי בבחי׳ פנימית כמו בשבועות אשר במ״ת [במתן תורה] דבר ה׳ פא״פ [פנים אל פנים].7
Car à Pessa’h, il y eut un « passage par-dessus » et une révélation spontanée de l’éveil d’en haut. Toutefois, cette révélation n’était pas intérieure comme à Chavouot, lorsque, au don de la Torah, D.ieu parla face à face.
À Pessa’h, D.ieu « passa par-dessus » et se révéla de Sa propre initiative : un éveil d’en haut spontané, mais non intérieur. À Chavouot, lors du don de la Torah, D.ieu parla « face à face », dans une révélation intérieure.
La joie d’une mitsva révèle le troisième niveau, le plus élevé, qui fait naître le grand amour même lorsqu’il n’y a qu’un éveil spontané d’en haut. Les fêtes, de Pessa’h à Chavouot, suivent les trois niveaux.
Dans le discours auquel l’Admour Hazakène renvoie dans Torah Ohr, Béchala’h, il oppose la joie sainte, qui vient du service divin et du bitoul, à la joie débridée de la kelipa, qui recouvre la lumière divine qu’elle contient.
Maré mekomot
- 1דאיש מזריע תחלה יולדת נקבה · Niddah 31a:23–24
- 2שוש תשיש כו׳ בקבוץ בניה · Ketubot 8a:4–5
- 3כה תברכו את בנ״י · Numbers 6:23
- 4סד״ה בשלח פרעה · תו״א פ׳ בשלח סא, ד.
- 5בשלח פרעה · Exodus 13:17
- 6בעטרה שעטרה לו אמו ביום חתונתו · Song of Songs 3:11
- 7דבר ה׳ פא״פ · Deuteronomy 5:4
33ואחר יום א׳ דפסח מתחילים לספור ספה״ע [ספירת העומר] והוא המשכת אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] ע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] דזיכוך נה״ב [נפש הבהמית] שזהו ענין העומר שעורים מאכל בהמה כו׳.
Et après le premier jour de Pessa'h, nous commençons à compter le compte de l’Omer. Celui-ci consiste à faire descendre un éveil d’en haut par un éveil d’en bas, [l’éveil] qui affine l’âme animale. Tel est le sens de l’offrande de l’Omer d’orge, nourriture pour les animaux, etc.
À partir du deuxième jour de Pessa'h, on compte l’Omer : un éveil d’en haut est attiré par un éveil d’en bas, à savoir l’affinement de l’âme animale. L’offrande de l’Omer était faite d’orge, nourriture pour les animaux, ce qui fait allusion à cet affinement.
וזהו מ״ט יום ואח״כ [ואחר כך] ביום החמישים הוא גילוי שער הנ׳ שלמעלה מאתעדל״ת [מאתערותא דלתתא] וזהו ביום השלישי בהיות הבקר1 וארז״ל [ואמרו רבותינו זכרונם לברכה] ברבות בראשית פנ״ו2 שזהו ענין ביום השלישי יקימנו34 וע״כ [ועל כן] אין בו ספירה והגילוי נמשך בבחי׳ פנימית ממש.
Cela correspond aux quarante-neuf jours ; puis, le cinquantième jour, se révèle la cinquantième porte, qui est au-dessus de l’éveil d’en bas. Tel est le sens de « le troisième jour, au matin » ; et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit dans Bereishis Rabbah, chapitre 56, que cela signifie : « Le troisième jour, Il nous relèvera. » C’est pourquoi on ne le compte pas, et la révélation se déploie véritablement dans la dimension intérieure (pnimiyout).
Les quarante-neuf jours sont suivis, le cinquantième, par la cinquantième porte, qui se situe au-delà de tout éveil d’en bas ; le cinquantième jour n’est donc pas compté. C’est le « troisième jour » du Don de la Torah, que le Midrach relie à « le troisième jour, Il nous relèvera », et sa révélation est véritablement intérieure.
משא״כ בפסח כו׳ שלא היה הגילוי בבחינת פנימית עדיין כמו בשבועות. וז״ש [וזהו שכתוב] בזהר פ׳ אמור (דצ״ו ע״ב) בענין שבועות שהוא יום אחד.5 קשורא דלעילא רישא וגלגתא ומוחי.6
En revanche, à Pessa'h, etc., la révélation n’était pas encore intérieure comme à Chavouot. C’est ce qui est écrit dans le Zohar, Parachat Emor (folio 96, côté b), à propos de Chavouot : c’est un seul jour, « le lien d’en haut : la Tête, le Crâne (Gulgalta) et les Cerveaux ».
À Pessa'h, la révélation n’était pas encore intérieure. Le Zohar qualifie Chavouot de « un seul jour » et parle du « lien d’en haut : la Tête, le Crâne et les Cerveaux ».
וע״ש [ועיין שם] במק״מ [במקדש מלך] ובהרמ״ז [ובהרב משה זכות] רישא הוא עיקר הכתר והוא המקיף העליון שהגלגלתא הוא סיום חצניותו ומוחא הוא ח כמה כו׳ והיינו שבשבועות מתקשרים כל הג׳ בחינות הנ״ל יחד ומאירים למטה.
Voyez là-bas le Mikdash Melech et le Ramaz : la « Tête » est l’essence de Kéter (la Couronne), et constitue le makif supérieur (la lumière englobante), dont Gulgalta est l’extrémité de la dimension extérieure ; le « Cerveau » est 'Hokhma (sagesse), etc. Autrement dit, à Chavouot, les trois niveaux mentionnés plus haut sont liés ensemble et éclairent les mondes inférieurs.
Les commentateurs du Zohar expliquent que la Tête est l’essence de Kéter, la lumière englobante supérieure ; le Crâne, Gulgalta, en est l’extrémité extérieure ; et le Cerveau est 'Hokhma. À Chavouot, les trois niveaux sont liés ensemble et éclairent les mondes inférieurs.
Pessa'h, l’Omer et Chavouot correspondent à trois niveaux : la révélation extérieure qui vient sans sollicitation, l’éveil attiré par l’affinement de l’âme animale, puis la cinquantième porte, au-delà de ce que l’homme peut atteindre, qui se révèle intérieurement à Chavouot, lorsque la Tête, le Crâne et les Cerveaux sont liés ensemble.
Maré mekomot
- 1ביום השלישי בהיות הבקר · Exodus 19:16
- 2ברבות בראשית פנ״ו · נזכר גם לעיל ר״ה סד, א. וראה הלשון באוה״ת נ״ך כרך א ע׳ תלד.
- 3ביום השלישי יקימנו · Bereshit Rabbah 56:1
- 4ביום השלישי יקימנו · Hosea 6:2
- 5בזהר פ׳ אמור . . בענין שבועות שהוא יום אחד · Numbers 8:1
- 6קשורא דלעילא רישא וגלגתא ומוחי · Zohar, Emor 31:147–32:155
Yom Kippour et les mains de la mère ¶34–38
34ובמ״א נת׳ [נתבאר] ענין ג׳ בחינות אלו שבתומ״צ [שבתורה ומצות] בע״א [באופן אחר] קצת היינו שאותו בחי׳ פנימית הכתר שגולגלתא הוא חיצוניותו זהו מו״ס [מוחא סתימאה] כמ״ש בע״ח [בעץ חיים] שכ״ב ספ״ה1
Ailleurs, ces trois niveaux de la Torah et des mitsvot sont expliqués d’une manière quelque peu différente : le niveau intérieur (pnimiyout) de Kéter (la Couronne), dont la Gulgolta est l’aspect extérieur ('hitsoniyout), est la Mo'ha Stima'a, comme il est écrit dans Etz Chaim, Sha'ar 22, fin du chapitre 5.
Ailleurs, l’Admour Hazaken présente les trois niveaux selon un autre ordre : la dimension intérieure de Kéter, dont la Gulgolta est l’aspect extérieur, est identifiée à la Mo'ha Stima'a elle-même. Kehot note que la référence à Etz Chaim suit l’édition de Shklov ; dans les éditions actuelles, il s’agit de Sha'ar 23, fin du chapitre 1.
וזהו ב׳ בחי׳ והבחי׳ הג׳ מלמעלה למטה היא חכמה דאצילות דאורייתא מחכמה נפקת מחכמה דאצילות והמצות הן מבחי׳ גלגלתא שמתפשטת גם למטה ומלבשת גם לבחינת חכמה דאצילות כמ״ש בע״ח [בעץ חיים] שם.
Ce sont là deux niveaux. Le troisième niveau, de haut en bas, est la 'Hokhma (sagesse) du Monde d’Atsilout (Émanation), car « la Torah procède de la 'Hokhma », de la 'Hokhma d’Atsilout ; et les mitsvot relèvent du niveau de la Gulgolta, qui s’étend aussi vers le bas et revêt également le niveau de la 'Hokhma d’Atsilout, comme il est écrit dans Etz Chaim, là-bas.
Selon cet agencement, le troisième niveau, le plus bas, est la 'Hokhma d’Atsilout, source de la Torah. Les mitsvot proviennent de la Gulgolta, qui s’étend vers le bas et enveloppe même la 'Hokhma d’Atsilout.
Un autre agencement des trois niveaux : la Mo'ha Stima'a comme dimension intérieure de Kéter, la Gulgolta comme son aspect extérieur, et la 'Hokhma d’Atsilout au-dessous d’eux.
Maré mekomot
- 1שכ״ב ספ״ה · בדפוס שקלאוו תק״ס. לפנינו שכ״ג ספ״א, וט״ס כאן ספ״ה, ע״ש. [כ]. ראה לעיל פ׳ שלח מט, ג. ובאוה״ת פ׳ שלח ע׳ תרמז.
35ולכן יש מעלה בתורה שהיא בחי׳ פנימית כי חכמה מוחא משא״כ המצות מבחינת גלגלתא שהיא חיצונית כמו עצם הגלגלת החופף על המוחין.
Il y a donc un avantage dans la Torah, qui relève du niveau intérieur (pnimiyout), car 'Hokhma (sagesse) est le cerveau ; les mitsvot, en revanche, relèvent du niveau de Goulgalta, qui est extérieur ('hitsoniyout), comme l’os du crâne qui recouvre le cerveau.
Dans cette disposition, l’avantage de la Torah tient à son caractère intérieur : 'Hokhma est le « cerveau », tandis que les mitsvot, qui relèvent de Goulgalta, sont extérieures, comme le crâne qui recouvre le cerveau.
ויש מעלה במצות שמבחינת גלגלתא שהם חיצוניות של בחינה היותר עליונה הוא בחינת ח״ס [חכמה סתימאה] דעתיקא כו׳ שהיא בחינת פנימית הכתר ממש.
Les mitsvot ont cependant un avantage : puisqu’elles relèvent du niveau de Goulgalta, elles constituent la dimension extérieure du niveau le plus élevé, à savoir la 'Hokhma cachée (’Hokhma Stima’a) d’Atika, etc., qui est la dimension véritablement intérieure de Kéter (la Couronne).
L’avantage des mitsvot est que Goulgalta constitue la dimension extérieure du niveau le plus élevé : la 'Hokhma cachée d’Atika, qui est la dimension véritablement intérieure de Kéter.
ועד״ז [ועל דרך זה] יש לומר ג״כ פי׳ רישא וגלגלתא ומוחי. רישא היינו פנימית הכתר מו״ס [מוחא סתימאה] וגלגלתא היינו סיום חיצוניותו ומוחי הוא חב״ד [חכמה בינה ודעת] דאצילות.
De même, on peut également expliquer le sens de « la Tête, le Crâne et les Cerveaux » : la « Tête » désigne la dimension intérieure de Kéter, Mo’ha Stima’a ; le « Crâne », l’extrémité de sa dimension extérieure ; et les « Cerveaux », 'Hokhma, Bina (compréhension) et Daat (connaissance) du Monde d’Atsilout (Émanation).
On peut donc comprendre ainsi les mots du Zohar, « la Tête, le Crâne et les Cerveaux » : la Tête est le Kéter intérieur, Mo’ha Stima’a ; le Crâne est l’extrémité de sa dimension extérieure ; et les Cerveaux sont 'Hokhma, Bina et Daat d’Atsilout.
ועמ״ש מענין זה בביאור ע״פ אני כו׳ אשר הוצאתי אתכם מארץ מצרים1 כו׳. וע׳ [ועיין] עוד מענין בעטרה שעטרה לו אמו234567 בזהר פ׳ נח (דף ע״ד [על דרך] א׳)
Voyez ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication sur [le verset] « Moi, etc., qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte », etc. Voyez également ce qui est dit au sujet de « la couronne dont sa mère l’a couronné » dans le Zohar, Parshas Noach (folio 74a),
L’Admour Hazaken renvoie à son explication des mots « Moi… qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte », ainsi qu’à plusieurs passages du Zohar sur « la couronne dont sa mère l’a couronné ».
ובפ׳ בשלח (דנ״ח א׳) ופ׳ יתרו (פ״ד א׳) ובמשפטים (דף ק׳ ע״ב) ויקרא (ד״ד ב׳) ופ׳ אחרי (דע״ז [דעבודה זרה] ב׳)8
ainsi que dans Parshas Beshalach (folio 58a), Parshas Yisro (84a), Mishpatim (folio 100b), Vayikra (4b) et Parshas Acharei (77b).
Les passages du Zohar se trouvent dans Parshas Noach, Beshalach, Yisro, Mishpatim, Vayikra et Acharei.
והנה במשנה סוף תענית משמע דביום חתונתו זה מתן תורה היינו יוהכ״פ [יום הכפורים] שבו נתנו לוחות אחרונות
Or, la Michna, à la fin de Taanis, laisse entendre que « le jour de son mariage : c’est le don de la Torah » désigne Yom Kippour, jour où furent données les secondes Tables,
La Michna, à la fin de Taanis, dit que « le jour de son mariage » est le don de la Torah. Rachi y explique qu’il s’agit de Yom Kippour, jour où furent données les secondes Tables.
כדפרש״י [כדפירש רש״י / כדפירוש רש״י] שם ובודאי דביוהכ״פ [דביום הכפורים] שייך בחינת גילוי בעטרה שעטרה כו׳ שהוא ענין בחינה הג׳ הנ״ל שמלמטה למעלה וכמ״ש ע״פ ביום השלישי יקימנו.910
comme l’explique Rachi à cet endroit. Il est certain que la révélation de « la couronne dont [sa mère] l’a couronné », etc., concerne Yom Kippour ; elle correspond au troisième niveau mentionné précédemment, qui va du bas vers le haut, comme il est écrit à propos du verset : « Au troisième jour, Il nous relèvera. »
La révélation de la « couronne », le troisième niveau, appartient assurément à Yom Kippour : elle est une révélation qui s’élève du bas vers le haut. L’Admour Hazaken renvoie à son explication des mots « Au troisième jour, Il nous relèvera. »
Dans cette disposition également, la Torah et les mitsvot conservent chacune leur avantage. Et « le jour de son mariage », que Rachi identifie à Yom Kippour, est le jour où se révèle la couronne, le troisième niveau.
Kehot relève que le Tséma'h Tsédek a recopié, dans Or HaTorah, tous les passages du Zohar cités ici à propos de « la couronne dont sa mère l’a couronné ».
Maré mekomot
- 1אני כו׳ אשר הוצאתי אתכם מארץ מצרים · Numbers 15:41
- 2בעטרה שעטרה לו אמו · Zohar, Noach 40:322–42:335
- 3בעטרה שעטרה לו אמו · Zohar, Beshalach 19:296–20:307
- 4בעטרה שעטרה לו אמו · Zohar, Yitro 20:355–21:367
- 5בעטרה שעטרה לו אמו · Zohar, Mishpatim 3:118–126
- 6בעטרה שעטרה לו אמו · Zohar, Vayikra 6:51–7:61
- 7בעטרה שעטרה לו אמו · Zohar, Achrei Mot 62:370–64:378
- 8וע׳ עוד מענין בעטרה . . ובפ׳ אחרי (דע״ז ב׳) · באוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ שפב ואילך נעתקו כל המ״מ.
- 9ביום השלישי יקימנו · Hosea 6:2
- 10
36וזהו ג״כ שעטרה לו אמו כי כל העליות ביוהכ״פ [ביום הכפורים] ע״י בינה כו׳ וענין שאו ידיכם קדש וברכו1 כו׳ כמו שהאם מברכת את בנה עד״מ [על דרך משל]
Et c’est aussi [le sens de] « dont sa mère le couronna », car toutes les ascensions de Yom Kippour se font par l’intermédiaire de Bina (compréhension), etc. ; et [c’est] le sens de « Élevez vos mains dans la sainteté et bénissez », etc., comme une mère bénit son fils, à titre d’analogie.
« Sa mère » convient également à Yom Kippour, car toutes ses ascensions passent par Bina, la mère supérieure. Le verset « Élevez vos mains dans la sainteté et bénissez D.ieu » évoque une mère bénissant son fils.
והיינו ענין לא זז מחבבה עד שקראה אמי כנזכר לעיל היינו כנודע שאו״א [שאבא ואימא] מלבישים לזרועות דא״א [דאריך אנפין] וכמ״ש מענין זה2 גבי תנופת שתי הלחם ע״ג [על גבי] שני הכבשים בפרשה אמור.3
Et c’est le sens de « Il ne cessa de la chérir jusqu’à ce qu’Il l’appelle “Ma mère” », comme mentionné plus haut ; c’est-à-dire, comme on le sait, qu’Abba et Imma ('Hokhma et Bina) revêtent les bras d’Arikh Anpin ; et il est écrit à ce sujet, au sujet de l’agitation des deux pains au-dessus des deux agneaux, dans la paracha Emor.
C’est le Midrach mentionné plus haut : D.ieu chérissait Israël jusqu’à ce qu’Il l’appelle « Ma mère ». Abba et Imma revêtent les « bras » d’Arikh Anpin ; leur bénédiction porte donc la puissance des mains d’Arikh Anpin, comme l’explique la paracha Emor à propos de l’agitation des deux pains.
Les ascensions de Yom Kippour par l’intermédiaire de Bina, « la mère », et la bénédiction qui vient par ses mains expliquent « sa mère le couronna » et le fait que D.ieu appelle Israël « Ma mère ».
Maré mekomot
- 1שאו ידיכם קדש וברכו · Psalms 134:2
- 2וכמ״ש מענין זה . . בפרשת אמור · לעיל פ׳ אמור לט, א.
- 3
37וא״כ [ואם כן] כשממשיכים ברכה והמשכה לז״א [לזעיר אנפין] מאו״א [מאבא ואימא] הנה ברכה והמשכה זו הו ג״כ מזרועות דא״א [דאריך אנפין] המלובשים בהם.
Ainsi, lorsque la bénédiction et l’influx sont attirés vers Zeir Anpin (les attributs émotionnels) depuis Abba et Imma ('Hokhma et Bina), cette bénédiction et cet influx proviennent également des bras d’Arikh Anpin, qui sont revêtus en eux.
Lorsque la bénédiction s’écoule d’Abba et Imma vers Zeir Anpin, elle provient des bras d’Arikh Anpin, qui sont revêtus en eux.
וזהו ממש כמו הברכה שהיא על ידי הידים כמ״ש וישלח ישראל את ימינו1 וישת על ראש אפרים כו׳
C’est exactement comme une bénédiction donnée par les mains, ainsi qu’il est écrit : « Israël étendit sa main droite et la posa sur la tête d’Ephraïm », etc.
Cela ressemble à une bénédiction donnée par l’imposition des mains, comme Yaakov posa sa main droite sur la tête d’Ephraïm.
ועד״ז [ועל דרך זה] פי׳ בספר עמק המלך שער י״א פ״ג [פרק ג׳] ושער ט״ו פרק קמ״ח ענין שאו ידיכם קדש2 שהוא סוד אבא שבתוכו יד ימין דא״א [דאריך אנפין] וברכו את הוי׳ שהוא ז״א [זעיר אנפין] כו׳
Dans le même sens, le livre Emek HaMelech, Sha’ar 11, chapitre 3, et Sha’ar 15, chapitre 148, explique « Élevez vos mains dans la sainteté » comme le mystère d’Abba, en qui se trouve la main droite d’Arikh Anpin, et « bénissez Havaya », qui désigne Zeir Anpin, etc.
L’ouvrage kabbalistique Emek HaMelech explique de la même manière « Élevez vos mains dans la sainteté » : Abba contient la main droite d’Arikh Anpin, et « bénissez Havaya » désigne Zeir Anpin.
ועיין מ״ש מענין המשכה זו שמחסד דא״א [דאריך אנפין] בז״א [בזעיר אנפין] על ידי או״א [אבא ואימא] בד״ה הוי׳ יחתו מריביו.3
Voyez aussi ce qui est écrit au sujet de cet influx, depuis le 'Hessed (bonté) d’Arikh Anpin vers Zeir Anpin, par l’intermédiaire d’Abba et Imma, dans le discours qui commence par « D.ieu : ceux qui s’opposent à Lui seront brisés ».
L’Alter Rebbe renvoie à son discours « D.ieu : ceux qui s’opposent à Lui seront brisés » pour davantage de précisions sur cet influx du 'Hessed d’Arikh Anpin vers Zeir Anpin par l’intermédiaire d’Abba et Imma.
La bénédiction qui va d’Abba et Imma vers Zeir Anpin est en réalité la main d’Arikh Anpin, revêtue en eux et posée sur la tête de celui qui reçoit la bénédiction.
Maré mekomot
- 1וישלח ישראל את ימינו · Genesis 48:14
- 2שאו ידיכם קדש · Psalms 134:2
- 3הוי׳ יחתו מריביו · I Samuel 2:10
38וכדי להיות המשכה זו הוא ע״י שאו ידיכם שהוא ענין שמע ישראל ובשכמל״ו [וברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד]. ועיין בע״ח [בעץ חיים] של״א פ״ז [פרק ז׳]1 ע״פ וארבע הידות יהיה לכם והחמישית לפרעה23
Et afin que cette effusion ait lieu, cela se fait par « Élevez vos mains », qui correspond à « Écoute, Israël » et à « Béni soit le Nom de la gloire de Son règne à jamais ». Voir aussi Etz Chaim, Sha’ar 31, chapitre 7, à propos de [ce verset] : « Les quatre parts (yados) seront à vous, et la cinquième à Pharaon » :
Cette effusion est attirée par « l’élévation des mains », c’est-à-dire le Chéma et « Béni soit le Nom de la gloire de Son règne ». Dans Etz Chaim, le Arizal interprète les paroles de Yossef, « les quatre parts (yados) seront à vous, et la cinquième à Pharaon », comme désignant des mains : quatre, et une cinquième.
כי ב׳ ידות דא״א [דאריך אנפין] תרוייהו שקילי כחדא ונק׳ יד אחת מלבד דלית שמאלא בהאי עתיקא4 דהא עתיקא כולא ימינא כו׳
les deux mains de Arich Anpin sont toutes deux égales et comptent comme une seule ; on les appelle une seule main, car « il n’y a pas de gauche dans cet Atika, car Atika est entièrement à droite », etc. ;
Les deux mains de Arich Anpin sont égales et comptent comme une seule main, car « il n’y a pas de gauche dans cet Atika ; Atika est entièrement à droite » : en Arich Anpin, même la rigueur est bonté.
וע״ז [ועל זה] נאמר והחמישית לפרעה שהיא אימא עילאה הנקרא פרעה דתמן אתגליין ואתפרעין כל נהורין כנזכר בזהר ויגש (דר״י [דרבינו יצחק]) ועיין בזהר בשלח (דס״ג ע״ב)
et c’est à ce sujet qu’il est dit : « Et la cinquième à Pharaon ». Il s’agit de la Imma supérieure, appelée Pharaon, « car là, toutes les lumières sont révélées et mises à nu (ispar’in) », comme il est mentionné dans le Zohar, Vayigash (folio 210) ; voir aussi le Zohar, Beshalach (folio 63b).
Cette main unique est « la cinquième », donnée « à Pharaon », qui désigne la Imma supérieure, appelée Pharaon parce que là, « toutes les lumières sont révélées et mises à nu » (ispar’in), jeu de mots sur les lettres du nom de Pharaon.
נמצא כי יד דא״א [דאריך אנפין] מתגלה באימא עילאה. וז״ש [וזהו שכתוב] בר״ח [בראשית חכמה] שער הענוה ספ״א [סוף פרק א׳] דאימא נקרא אוצר מתנת חנם כו׳.
Il s’ensuit que la main de Arich Anpin se révèle dans la Imma supérieure. C’est ce qui est écrit dans Reishis Chochmah, Sha’ar HaAnavah, fin du chapitre 1 : la Imma est appelée « le trésor du don gratuit », etc.
La main de Arich Anpin se révèle donc dans la Imma supérieure. C’est pourquoi Reishis Chochmah appelle la Imma « le trésor du don gratuit » : c’est d’elle que découle ce qui est accordé au-delà de tout mérite.
ולכן ע״י שאו ידיכם שהוא בחינת כלות הנפש בק״ש [בקריאת שמע] שעי״ז ממשיכים מבחי׳ א״א [אריך אנפין] ואו״א [ואבא ואימא] בז״א [בזעיר אנפין] זהו ענין לא זז מחבבה עד שקראה אמי. ועמ״ש מזה בד״ה רני ושמחי וגו׳ [וגומר]:56
C’est pourquoi, par « Élevez vos mains », qui représente le niveau de l’âme s’épuisant dans son désir (kelot hanéfesh) pendant le Chéma, on attire du niveau de Arich Anpin et de Abba et Imma ('Hokhma et Bina) vers Zeir Anpin (les attributs émotionnels). C’est là le sens de : « Il ne cessa de la chérir jusqu’à ce qu’Il l’appelle “Ma mère” ». Voir ce qui est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par « Chante et réjouis-toi », etc.
Par « l’élévation des mains », le désir de l’âme allant jusqu’à l’épuisement pendant le Chéma, on attire de Arich Anpin et de Abba et Imma vers Zeir Anpin. C’est pourquoi D.ieu appela Israël « Ma mère » : comme la Imma, les âmes attirent la bénédiction de Arich Anpin vers Zeir Anpin.
Le maamar s’achève ainsi : par le Chéma, « l’élévation des mains », les âmes attirent l’unique main de bonté absolue de Arich Anpin, à travers la Imma, jusque dans Zeir Anpin ; elles agissent comme la « mère » qui bénit le Roi et le couronne.
Kehot cite Or HaTorah : les quatre mains se trouvent dans Abba et Imma, où la droite et la gauche s’appliquent, tandis qu’en Arich Anpin il y a une « cinquième main », car ses deux mains sont égales et même la gauche est comme la droite. Une autre note cite le discours du Alter Rebbe « Es Shabsosai tishmoru » (5570) : donner un cinquième à la tsédaka attire de cette « cinquième », où il n’y a pas de gauche, vers Bina et Mal'hout, « Pharaon » ; le niveau où il n’y a pas de gauche est « abondant en bonté ».
Maré mekomot
- 1בע״ח של״א פ״ז · ”דארבע הידות הם באו״א דשם שייך ימינא ושמאלא, משא״כ בא״א נק׳ יד החמישית משום דב׳ ידות שקולין כחדא דלית שמאלא בהאי עתיקא שגם השמאל היא כימין ממש” — אוה״ת שלח ע׳ תעד. ע״ח זה נזכר גם לעיל פ׳ פנחס פא, ב ושם מציין גם לכאן. ראה אוה״ת פ׳ ויגש כרך ו דף תתשיג, ב ואילך.
- 2והחמישית לפרעה · ע׳ לעיל פ׳ קדושים וכי תבואו ובפ׳ פנחס סד״ה קדש ישראל. ועד״ה את שבתותי תשמרו דתק״ע [ראה סה״מ תק״ע ע׳ פו. צב] ענין והחמישית לפרעה ע״י צדקה חומש ממשיך מבחי׳ והחמישית בחי׳ דלית שמאלא כו׳ ונמשך לפרעה בינה ומל׳ ובחי׳ דלית שמאלא היינו ורב חסד כו׳. ע׳ אור התורה סו״פ ויגש, יעו״ש. וע׳ לעיל ד״ה שחורה אני פ״ב. [כ]. ראה גם אוה״ת פ׳ ויגש תשיד, א.
- 3וארבע הידות יהיה לכם והחמישית לפרעה · Genesis 47:24
- 4דלית שמאלא בהאי עתיקא · Zohar III, 129a
- 5
- 6
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Accomplissez les mitsvot pratiques avec l’annulation de votre propre volonté, car l’acte est l’essentiel et, par lui, les âmes attirent la couronne sur le Roi ; accomplissez-les aussi avec joie, qui révèle le Kéter intérieur, afin que le grand amour naisse même lorsque votre propre éveil fait défaut. La véritable joie vient de la soumission, de l’annulation de soi et de l’acceptation du joug du Ciel dans la Torah et les mitsvot. Et au-delà des humeurs changeantes de l’âme se trouvent sa volonté essentielle et son sacrifice de soi, qui ne changent pas et atteignent le niveau où même les péchés sont transformés en mérites.
Questions à discuter
- Pourquoi un éveil d’en haut qui répond à notre propre initiative produit-il un amour plus profond qu’un éveil spontané, si la racine de ce dernier est plus élevée ?
- Comment l’analogie du cerveau et du crâne permet-elle au maamar de soutenir à la fois que l’acte est l’essentiel et que la Torah est supérieure aux mitsvot ?
- Pourquoi peut-on voir la « couronne » sans vêtements, tandis que les raisons intérieures de la Torah ne peuvent être saisies qu’à travers eux ?
- Quelle est la différence entre « l’homme » dans l’âme, ses dix facultés changeantes et son « front », et comment chacun se manifeste-t-il dans le service d’une personne ?
- Pourquoi le troisième niveau, qui dépasse toute portée humaine, ne vient-il qu’une fois le service humain achevé, et comment la joie d’une mitsva l’attire-t-elle vers le bas ?