Likkutei Torah · Parshas Shir HaShirim · Maamar 2
שיר השירים אשר לשלמה
Le Cantique des cantiques, qui est de Salomon
L’idée centrale
Dans la prière véritable, celui qui chante n’est pas l’individu, mais la Communauté d’Israël et, au-dessus d’elle, Mal’hout ; la bouche de la personne n’est qu’un réceptacle par lequel s’écoule la louange d’en haut. C’est pourquoi le verset dit « soyez loués » (hithalelou), et non « louez ».
Le maamar en bref
Le maamar demande ce que signifie, dans la prière, « recevoir la face de la Chekhina ». En interprétant l’enseignement des Sages « que tes oreilles entendent ce que tu fais sortir de ta bouche », il comprend « toi » comme désignant la Communauté d’Israël, l’âme collective qui parle en chaque Juif. Tous les Juifs forment un seul corps ; se séparer intérieurement d’un autre Juif revient donc à retrancher un membre et laisse le Nom de D.ieu incomplet. Dans la prière, une personne doit prendre la résolution que c’est son âme divine, et non son âme animale, qui prie, puis écouter : cette écoute attentive, c’est recevoir la face de la Chekhina, tandis que l’inattention est l’œuvre du mauvais penchant. Cela explique « Le Cantique des cantiques » : les chants particuliers sont réunis dans l’unique chant d’Israël. Le maamar demande ensuite pourquoi « Glorifiez-vous dans Son saint Nom » emploie la forme passive hithalelou. Parfois, le cœur est touché pendant la prière sans effort, car Mal’hout, qui chante sans cesse, révèle sa parole du cœur dans les âmes ; à d’autres moments, cette parole se tait, ou la personne ne possède pas de réceptacle et doit d’abord éveiller elle-même l’amour et la crainte. « Ado-nai, ouvre mes lèvres, et ma bouche proclamera Ta louange » signifie que Mal’hout ouvre les lèvres et que la bouche ne fait que laisser s’écouler sa louange, comme l’Arche faisait autrefois parvenir la louange en Israël.
Plan
- Israël parle en chaque personneDans « ce que tu fais sortir de ta bouche », « toi » désigne la Communauté d’Israël ; tous les Juifs forment un seul corps, et se séparer d’un autre Juif revient à retrancher un membre.¶1
- Recevoir la face de la ChekhinaDans la prière, l’âme divine parle et la personne écoute en tant que réceptacle ; ne pas écouter est une machination du mauvais penchant.¶2
- Le Cantique des cantiques et la question de hithalelouLes nombreux chants sont réunis dans l’unique chant d’Israël ; pourquoi la louange est-elle exprimée au passif, et pourquoi le cœur est-il parfois touché sans effort ?¶3
- Le chant incessant de Mal’houtMal’hout, « Et moi, je suis la prière », chante sans relâche ; lorsque la Lumière infinie est révélée dans sa parole, celle-ci agit comme des paroles venues du cœur qui touchent celui qui les écoute.¶4–5
- L’amour accordé en cadeau et son absenceLa parole divine révélée allume dans les âmes un amour et une crainte spontanés ; lorsqu’elle est cachée, ou que la personne ne possède pas de réceptacle, elle doit d’abord éveiller elle-même l’amour et la crainte.¶6
- Ma bouche proclamera Ta louangeMal’hout ouvre les lèvres et fournit la louange ; la bouche ne fait que la laisser sortir. Ainsi, le verset dit hithalelou, comme lorsque l’Arche faisait parvenir la louange en Israël.¶7–8
Notions clés
- Recevoir la face de la Chekhinaקבלת פני שכינה
- Écouter attentivement, pendant la prière, les paroles que l’âme divine — et, à travers elle, la Communauté d’Israël — exprime en une personne.
- La Communauté d’Israël (Knesset Israël)כנסת ישראל
- L’âme collective du peuple juif, appelée « toi » (atah), qui est la force vitale de chaque Juif et celle qui prie véritablement en lui.
- Mal’hout (souveraineté)מלכות
- Le niveau divin de la parole et de la prière, qui chante sans cesse vers le niveau qui lui est supérieur et dont la louange s’écoule dans les âmes et les anges.
- Hithalelouהתהללו
- La forme passive de « louez » : une louange qui est attirée dans une personne d’en haut, plutôt que produite par elle.
- L’amour et la crainte accordés d’en hautעבודת מתנה
- L’émotion du cœur tourné vers D.ieu qui vient sans effort, comme un cadeau, lorsque la parole céleste est révélée ; elle est reçue par celui qui a d’abord éveillé lui-même l’amour et la crainte.
Israël parle en chaque personne ¶1
1שיר השירים1 אשר לשלמה2. להבין ענין קבלת פני שכינה דהנה ארז״ל (רפ״ב דברכות) השמע לאזניך3 מה שאתה מוציא מפיך4 פי׳ כנסת ישראל נק׳ אתה כמ״ש בזח״ב (ק״ד5 א׳)
« Le Cantique des cantiques, qui est de Salomon. » [Il nous faut] comprendre ce qu’est recevoir la face de la Chekhina (Présence divine). Or nos Sages, de mémoire bénie, ont dit (au début du deuxième chapitre de Berakhot) : « Que tes oreilles entendent ce que ta bouche prononce. » Cela signifie que la Communauté d’Israël (Knesset Israël) est appelée « toi » (atah), comme il est écrit dans le Zohar II (104a)
Le maamar s’ouvre sur le premier verset du Cantique des cantiques et pose son thème : que signifie, dans la prière, « recevoir la face de la Chekhina » ? Il relit l’enseignement talmudique sur la récitation audible du Chéma — « que tes oreilles entendent ce que ta bouche prononce » — en comprenant « toi » (atah) comme désignant la Communauté d’Israël, l’âme collective du peuple juif, comme le fait le Zohar.
ור״פ ויגש ור״פ ואתה תצוה ואמרו שאין חיוב לאדם בתפלה רק שישמע ויתבונן מה שאתה הוא כנסת ישראל מוצא מפיו פי׳
et au début des parachiot Vayigach et Ve’ata Tetsavé. Ils ont dit qu’un homme n’a d’autre obligation dans la prière que d’entendre et de méditer ce que « toi » — c’est-à-dire la Communauté d’Israël — prononces de sa bouche, c’est-à-dire
Compris ainsi, les paroles des Sages signifient que toute la tâche de l’homme dans la prière consiste à écouter et à méditer ce que la Communauté d’Israël, parlant en lui, prononce de sa bouche. À la racine, celui qui prie n’est pas l’individu, mais l’âme collective d’Israël.
חיותו ונשמתו יעקב חבל נחלתו6 וכל ישראל אחד מעורב בחבירו מה שחסר לזה נמצא בחבירו וכשיצטרפו כולם כאחד הם קומה שלימה כידוע
sa force vitale et son âme, [comme il est écrit :] « Jacob est le lot de Son héritage. » Tous les membres d’Israël sont mêlés les uns aux autres : ce qui manque à l’un se trouve chez son prochain, et lorsqu’ils s’unissent tous, ils forment une stature complète, comme on le sait.
La Communauté d’Israël est la vie et l’âme de chaque Juif, le « lot de Son héritage ». Puisque toutes les âmes juives sont liées les unes aux autres, chacune apporte ce qui manque à l’autre ; ce n’est qu’ensemble qu’elles forment un corps unique et complet, une « stature complète ».
ולכן כאשר יתפרד אחד מחבירו באיזו פירוד שמנתקת לבבו ורצונו ממנו מאחד הדברי׳ והענינים והמדות שלו או משכלו ועבודתו במילי דשמיא בתורה ובתפלה וכאשר כן בלבבו אז הוא מחסר במזימות לבו אבר אחד.
C’est pourquoi, lorsqu’un homme se sépare de son prochain par quelque séparation qui détache de lui son cœur et sa volonté — dans l’une de ses paroles, de ses affaires ou de ses qualités, ou dans son intellect et son service des choses célestes, dans l’étude de la Torah et la prière —, et qu’il en est ainsi dans son cœur, il rend alors, par les desseins de son cœur, un membre manquant.
Il s’ensuit que celui qui se détache intérieurement d’un autre Juif — dans ses attitudes, ses qualités, sa compréhension ou son service divin — retranche en fait un membre de ce corps unique. La division entre Juifs n’est pas seulement une faute sociale ; elle porte atteinte à l’intégrité de la Communauté d’Israël.
Ce paragraphe introduit le thème de la réception de la face de la Chekhina et le fonde sur l’idée que l’âme collective d’Israël, appelée « toi », prie en chaque personne ; chaque Juif est ainsi un membre d’un seul corps.
Lire atah (« toi ») comme la Communauté d’Israël, identifiée dans la Kabbale à Mal'hout et à la Chekhina, prépare l’affirmation ultérieure selon laquelle la louange prononcée dans la prière d’une personne vient de Mal'hout elle-même. L’image d’Israël comme une seule « stature », composée de membres interdépendants, explique pourquoi la séparation intérieure d’avec un autre Juif est considérée comme un défaut de la prière elle-même.
Maré mekomot
- 1שיר השירים · ד״ה זה הוא חלק מד״ה הודו לה׳ קראו בשמו משנת תקס״א נדפס בסה״מ אתהלך ע׳ קלו. המאמר הנ״ל עם הגהות הצ״צ נדפס באוה״ת סידור ע׳ י׳ ואילך. ונאמר גם ע״י כ״ק מהר״ש בסה״מ תרכז ע׳ מז ואילך. ובסה״מ תרלה ח״א ע׳ ערא. ובלי הגהות בד״ה מצה זו תר״מ פרק ח. הצ״צ הוסיף כאן הפסוק שיר השירים (וכן עשה לכמה דרושים). בכל הדרוש לא נמצא הגהה מהצ״צ רק בסוף יש הגהה, והגהה זו מובנת רק כשמעיינים בתחלת המאמר באוה״ת בסידור ע׳ יא דשם מביא המדרש פ׳ וירא ע״פ וישרנה הפרות בדרך.
- 2
- 3השמע לאזניך · ביהל אור ע׳ קצז ”ושם [— הכוונה ללקו״ת כאן] ג״כ ע״ד השמע לאזנך מה שאתה מוציא מפיך היינו שבחי׳ אתה ע״ד כי אתה אבינו הוא המוציא מפיך אותיות ודבורים של תורה ותפלה”. וכ״ה באוה״ת פ׳ במדבר ע׳ כג.
- 4השמע לאזניך מה שאתה מוציא מפיך · Berakhot 15a:9–11
- 5כנסת ישראל נק׳ אתה כמ״ש בזח״ב (ק״ד א׳) · Zohar, Mishpatim 3:193–202
- 6יעקב חבל נחלתו · Deuteronomy 32:9
Recevoir la face de la Chekhina ¶2
2ונמצא שאין שמו שלם וע״כ החרד לדבר ה׳ מאד מאד יזהר בזה ולכן כשיתפלל האדם יגמור בלבו שלא הגוף פי׳ נפש הבהמית המתהוה היא המתפלל
Il s’ensuit que Son Nom n’est pas complet. C’est pourquoi celui qui tremble devant la parole de D.ieu doit y veiller avec le plus grand soin. Ainsi, lorsqu’un homme prie, il doit se résoudre dans son cœur à reconnaître que ce n’est pas le corps — c’est-à-dire l’âme animale qui vient à l’existence — qui prie,
S’il manque un membre, le Nom de D.ieu tel qu’il repose sur Israël est incomplet ; celui qui craint D.ieu doit donc veiller tout particulièrement à l’unité. Dans la prière, cela devient une résolution concrète : reconnaître que celui qui prie n’est pas le corps et son âme animale, l’âme qui anime la vie physique.
רק נפש חלק אלוה ממעל1 היא המתפלל והיא מדבר בו דברי התפלה וכל הענינים הנאמר בה והיא לא יעשה דבר
mais que seule l’âme, « une part de D.ieu d’en haut », prie ; c’est elle qui prononce en lui les paroles de la prière et tout ce qu’elle exprime. Quant à lui, il ne doit rien faire
C’est l’âme divine qui prie véritablement, elle qui est « une part de D.ieu d’en haut » et qui prononce en la personne les paroles de la prière. Le rôle propre de la personne s’efface : elle n’est pas l’auteur de la prière.
כי אם ישמיע לאזנו אל הרנה והתפלה אשר מזמרת ומשבחת וכאשר יגמר בלבו כן ויעשה כן זאת העבודה נק׳ קבלת פני שכינה
si ce n’est laisser son oreille entendre le chant et la prière qu’elle chante et par lesquels elle loue. Lorsqu’il prend cette résolution dans son cœur et agit en conséquence, ce service est appelé « recevoir la face de la Chekhina ».
La seule tâche de la personne est d’écouter, de laisser son oreille entendre le chant et la louange que prononce l’âme divine. Prier avec cette conscience, c’est ce que l’Alter Rebbe appelle « recevoir la face de la Chekhina ».
פירוש שעבודת כנס״י המתחננת ומתנפלת לפני ה׳ נקרא פני השכינה וענין שמיעת האדם רנתה ותפלה נק׳ קבלת פני השכינה ככלי המקבל מה שבתוכה פי׳ שאינה
Cela signifie que le service de la Communauté d’Israël, qui supplie et se prosterne devant D.ieu, est appelé « la face de la Chekhina » ; et le fait qu’une personne entende son chant et sa prière est appelé « recevoir la face de la Chekhina », comme un réceptacle qui reçoit ce qu’il contient. Autrement dit, elle n’est
L’expression est maintenant définie : la prière suppliante et humble de la Communauté d’Israël est elle-même « la face de la Chekhina », et l’écoute attentive de cette prière par une personne en constitue la « réception ». Celle-ci est comme un réceptacle contenant ce qu’on y dépose.
אלא לבוש לה ויש כלי רע אשר לא יוכל לקבל הטוב שבה ותפלטמו דהיינו שלא יוכל לכפוף אזניו ולבבו
qu’un vêtement pour elle. Il est des réceptacles mauvais qui ne peuvent recevoir le bien qu’ils contiennent et le rejettent ; autrement dit, la personne ne peut incliner ses oreilles et son cœur
Le réceptacle n’est qu’un vêtement pour ce qu’il contient : celui qui écoute sert de réceptacle à la prière. Mais un « mauvais réceptacle » rejette le bien qui y est placé. Celui qui ne peut incliner son oreille et son cœur vers la prière la rejette, pour ainsi dire.
להבין דברי התפלה והעבודה זה נקרא אין זוכין להקביל פני השכינה שהוא מעשה היצר ותחבולותיו לדחותו ולהסירו מאחרי ה׳ לבלתי ישמע באזניו ובלבבו יבין ושב ורפא לו.2
pour comprendre les paroles de la prière et du service. Cela s’appelle ne pas mériter de recevoir la face de la Chekhina ; c’est l’œuvre du mauvais penchant et de ses stratagèmes, qui visent à l’écarter et à le détourner de la suite de D.ieu, « de peur qu’il n’entende de ses oreilles, ne comprenne de son cœur, ne revienne et ne soit guéri ».
Ne pas prêter attention aux paroles de la prière, c’est ne pas mériter de recevoir la face de la Chekhina. L’Alter Rebbe y voit une manœuvre du mauvais penchant, qui cherche à empêcher la personne d’entendre et de comprendre, de peur qu’elle ne revienne à D.ieu et ne soit guérie.
Le paragraphe traduit cette idée en pratique de la prière : la personne doit considérer l’âme divine comme celle qui prie, et se tenir elle-même à l’écoute, comme un réceptacle. C’est là recevoir la face de la Chekhina ; l’inattention, au contraire, est le moyen par lequel le mauvais penchant fait obstacle.
L’opposition entre un réceptacle qui reçoit et un autre qui rejette fait écho au langage kabbalistique des lumières et des réceptacles : la prière est la lumière, et l’attention de la personne, le réceptacle. Faire de l’âme divine le véritable locuteur transforme la part de la personne dans la prière en une écoute attentive.
Maré mekomot
- 1חלק אלוה ממעל · Job 31:2
- 2לבלתי ישמע באזניו ובלבבו יבין ושב ורפא לו · Isaiah 6:10
Le Cantique des cantiques et la question de hithalelou ¶3
3וזהו שיר השירים פי׳ השירים הוא פרטית ישראל כל אחד מובדל מחבירו ושיר השירים הוא כנס״י והמ״י.
C’est là le sens de « Cantique des cantiques » : les « cantiques » désignent la singularité de chaque membre d’Israël, chacun étant distinct de son prochain ; « le Cantique des cantiques », c’est la Communauté d’Israël. Que celui qui comprend comprenne.
Le titre « Cantique des cantiques » est maintenant expliqué. Les « cantiques », au pluriel, sont les chants distincts des Juifs pris individuellement ; « le Cantique des cantiques » est le chant unique de la Communauté d’Israël, dans lequel tous s’unissent, le chant qui résonne en chaque personne.
וזהו התהללו בשם קדשו1 דלכאורה אינו מובן לשון התהללו שהוא לשון נפעל כמו נשבע ונאכל דמשמע שבהן נמשך בחי׳ תהלה והרי אדרבה הם מהללים את ה׳ והל״ל הללו את שם קדשו ומהו לשון התהללו.
C’est là le sens de « Glorifiez-vous dans Son saint Nom » (hithalelou). À première vue, la tournure hithalelou est difficile à comprendre, car elle est à la forme passive, comme nichba (« assermenté ») et ne’ekhal (« mangé ») ; elle semble donc indiquer que la louange leur est insufflée. Or, au contraire, ce sont eux qui louent D.ieu ; le verset aurait dû dire « Louez (halelou) Son saint Nom ». Que signifie donc la tournure hithalelou ?
La question porte sur la grammaire : dans « hithalelou dans Son saint Nom », hithalelou est une forme passive ou réfléchie, comme nichba (« assermenté ») et ne’ekhal (« mangé »), ce qui suggère que la louange vient en eux plutôt qu’elle ne vient d’eux. Puisque ce sont eux qui louent, on s’attendrait à la forme active halelou, « louez ».
אך הענין הוא עפמ״ש אד׳ שפתי תפתח2 ופי יגיד תהלתך וביאור פסוק זה יובן עד״מ
La réponse tient à ce qui est écrit : « Ado-naï, ouvre mes lèvres, et ma bouche proclamera Ta louange. » Le sens de ce verset se comprendra à l’aide d’une analogie.
La réponse viendra du verset qui précède la Amida : « Ado-naï, ouvre mes lèvres, et ma bouche proclamera Ta louange. » L’Alter Rebbe commence par une analogie tirée de l’expérience de la prière.
הנה כשאדם מתפלל ברוב העתים צריך ליגיעה רבה בהתבוננות עד שיתפעל בלב ולפעמים א״צ ליגיעה3 כלל רק מיד שתעלה במחשבתו אחדות ה׳ וגדולתו תמשך הלב מאליה בהתפעלות
Lorsqu’une personne prie, la plupart du temps, elle doit fournir un grand effort de méditation pour que son cœur soit ému. Parfois, en revanche, aucun effort ne lui est nécessaire : dès que l’unité et la grandeur de D.ieu lui viennent à l’esprit, son cœur est entraîné de lui-même dans l’émotion,
Habituellement, émouvoir le cœur dans la prière exige un intense travail de méditation. Mais parfois cela se produit sans effort : dès qu’une personne pense à l’unité et à la grandeur de D.ieu, son cœur s’émeut de lui-même.
מבלי שידע מי הוא המושכה בעבותות4 אה״ר וכפלא יחשב בעיניו מהיכן באה לו הכוונה ברעותא דלבא מאליו וממילא כו׳. אך הענין הוא דכתיב למען יזמרך כבוד5 ולא ידום.
sans qu’elle sache qui l’entraîne par des liens d’amour intense. Cela lui semble merveilleux : d’où lui vient cette ferveur, ce désir du cœur, spontanément et comme de lui-même, etc. ? La réponse tient à ce qui est écrit : « Afin que ma gloire chante pour Toi et ne se taise pas. »
Dans de tels moments, la personne est entraînée par des « liens d’amour » sans savoir qui l’entraîne, et elle s’étonne de l’origine de cette ferveur du cœur. L’explication commence par le verset « afin que ma gloire chante pour Toi et ne se taise pas » qui, comme le montrera le paragraphe suivant, désigne un chant venu d’en haut.
Le paragraphe explique le « Cantique des cantiques » comme le chant uni d’Israël, pose la question de la forme passive hithalelou et désigne l’inspiration spontanée dans la prière comme la clé de la réponse.
Les deux modes de prière — avec effort et sans effort — correspondent à l’amour suscité par sa propre méditation et à l’amour accordé d’en haut comme un don, distinction que le maamar développera au paragraphe 6. La note de Kehot renvoie à une discussion parallèle dans Likkutei Torah, Vayikra.
Maré mekomot
- 1התהללו בשם קדשו · I Chronicles 16:10
- 2אד׳ שפתי תפתח · Psalms 51:17
- 3צריך ליגיעה . . ולפעמים א״צ ליגיעה · ב׳ ענינים אלו נתבאר גם בלקו״ת פ׳ ויקרא ב, ב.
- 4בעבותות · Hosea 11:4
- 5למען יזמרך כבוד · Psalms 30:13
Le chant incessant de Mal’hout ¶4–5
4וכתיב אלקים אל דמי לך1 ופי׳ בזוהר דקאי על בחי׳ מל׳ שמזמרת תמיד נהורא תתאה קרי תדיר2 לנהורא עילאה ולא שכיך3 כו׳. וזהו ואני תפלה4 אני היא בחי׳ מל׳ היא בחי׳ תפלה כו׳.
Il est aussi écrit : « D.ieu, ne garde pas le silence », et le Zohar explique que cela se rapporte au niveau de Mal'hout (souveraineté), qui chante constamment : « la lumière inférieure appelle sans cesse la lumière supérieure et ne cesse pas », etc. C’est là le sens de « Et moi, je suis prière » : le « moi » (ani) est le niveau de Mal'hout, qui est le niveau de la prière, etc.
Le Zohar comprend « D.ieu, ne garde pas le silence » comme se rapportant à Mal'hout, la plus basse des Séfirot, qui chante sans cesse vers le haut : la « lumière inférieure » ne cesse jamais d’appeler la « lumière supérieure ». De même, « Et moi, je suis prière » : le « moi » est Mal'hout, dont la nature même est la prière et la louange.
ובחי׳ מל׳ כלולה מע״ס חב״ד ומדות ודבור ובחי׳ הדבור ממנו נמשכו עשרה מאמרות5 המלובשים בעולמות ובפרט בנשמות ומלאכים כו׳ שמקבלים שלא ע״י העלם כ״כ כו׳.
Or le niveau de Mal'hout comprend les dix Séfirot : 'Hokhma, Bina et Daat, les attributs émotionnels (midot) et la parole. De son niveau de parole émanent les Dix Paroles, qui sont vêtues dans les mondes, et plus particulièrement dans les âmes et les anges, etc., qui les reçoivent sans un voile aussi épais, etc.
Mal'hout contient en elle les dix Séfirot : l’intellect, les émotions et la parole. De son pouvoir de parole viennent les Dix Paroles par lesquelles le monde fut créé ; celles-ci sont vêtues dans tous les mondes, mais les âmes et les anges les reçoivent avec moins de dissimulation que les créatures inférieures.
Le paragraphe identifie le chant incessant des versets à Mal'hout, le niveau divin de la parole et de la prière, et décrit comment Mal'hout, qui comprend toutes les Séfirot, donne la vie aux âmes et aux anges par les Dix Paroles.
Dans la Kabbale, Mal'hout est la Chekhina et la Communauté d’Israël ; la « lumière inférieure » qui appelle la « lumière supérieure » est Mal'hout aspirant à Zeir Anpin. En situant le chant en Mal'hout, l’Alter Rebbe le relie au paragraphe 1, où la Communauté d’Israël est celle qui prie en chaque personne.
Maré mekomot
- 1אלקים אל דמי לך · Psalms 83:2
- 2נהורא תתאה קרי תדיר · Zohar II, 256b
- 3נהורא תתאה קרי תדיר לנהורא עילאה ולא שכיך · Zohar, Lech Lecha 24:237–248
- 4ואני תפלה · Psalms 109:4
- 5עשרה מאמרות · Pirkei Avot 5:1
5והנה כשיש גילוי אור א״ס בתהלה זו של מדת מל׳ היינו שהגילוי בחב״ד ומדות עד גם בבחי׳ הדבור שבמל׳ כמ״ש למען יזמרך כו׳.1 אל דמי לך כו׳.2
Or, lorsque la Lumière infinie (Or Ein Sof) se révèle dans cette louange de l’attribut de Mal'hout, cela signifie que la révélation est présente dans 'Hokhma, Bina et Daat et dans les attributs émotionnels, jusqu’au niveau de la parole en Mal'hout, comme il est écrit : « Afin que ma gloire chante pour Toi », etc., et « Ne garde pas le silence », etc.
Il arrive que la Lumière infinie se révèle dans la louange de Mal'hout, non seulement dans son intellect et ses émotions, mais jusque dans son niveau de parole. C’est l’état décrit par « afin que ma gloire chante pour Toi » et « ne garde pas le silence » : un chant d’en haut qui s’exprime pleinement.
והנה עד״מ באדם התחתון כשמתפלל ברעותא דלבא וגילוי תשוקת הלב שאז הדבורים יוצאים מעומקא דלבא ורשפי אש3 ודבר היוצא מן הלב נכנס ללב השומע עד שהוא ג״כ מתפעל מזה משא״כ אם הדבור בקרירות כו׳.
À titre d’analogie, considérons l’homme d’en bas : lorsqu’il prie avec le désir du cœur et que le désir de son cœur se révèle, les paroles sortent alors du plus profond du cœur, comme des flammes ardentes ; une parole qui sort du cœur pénètre le cœur de celui qui l’écoute, jusqu’à l’émouvoir à son tour. Il n’en va pas ainsi d’une parole prononcée froidement, etc.
L’exemple est celui d’une personne qui prie avec un véritable élan : ses paroles jaillissent du plus profond de son cœur comme des flammes, et les paroles qui viennent du cœur pénètrent celui qui les entend, jusqu’à l’émouvoir lui aussi. Des paroles froides n’ont pas cet effet.
Le paragraphe décrit la révélation de la Lumière infinie dans la parole de Mal'hout et l’illustre par la prière humaine venant du cœur, dont les paroles éveillent un sentiment chez celui qui écoute.
L’analogie fonctionne dans les deux sens : de même que les paroles prononcées du fond du cœur par une personne émeuvent celui qui l’écoute, la parole « venue du cœur » de Mal'hout, lorsqu’elle est emplie de lumière révélée, émeut les âmes qui la reçoivent. Cela prépare l’explication de l’inspiration spontanée au paragraphe suivant.
Maré mekomot
- 1למען יזמרך כו׳ · Psalms 30:13
- 2אל דמי לך כו׳ · Psalms 83:2
- 3רשפי אש · Song of Songs 8:6
L’amour accordé en cadeau et son absence ¶6
6וכמ״כ יובן עד״מ למעלה בענין ואני תפלה דבחי׳ מל׳ שהוא בחי׳ חב״ד ומדות שבמל׳ עד גם בחי׳ הדבור
De même, on comprendra par analogie ce qui se passe en haut au sujet de « Et moi, je suis prière » : le niveau de Mal'hout, qui comprend 'Hokhma, Bina et Daat et les attributs émotionnels en Mal'hout, jusqu’à son niveau de parole,
L’analogie s’applique maintenant aux mondes supérieurs : Mal'hout, « Et moi, je suis prière », comprend l’intellect et les émotions, qui descendent jusqu’à son pouvoir de parole.
שהוא בחי׳ האותיות כח הפועל שבנפעלים נשמות ומלאכים מאירים בבחי׳ גילוי אלקות דברים היוצאי׳ מן הלב כו׳
lequel est le niveau des lettres, la puissance de l’Agent présente dans les êtres produits : [elles] brillent dans les âmes et les anges comme une révélation de la divinité, à la manière de paroles qui viennent du cœur, etc.,
Cette parole est celle des « lettres », la puissance du Créateur présente dans chaque être créé. Lorsqu’elles sont emplies de lumière, elles brillent dans les âmes et les anges comme une révélation manifeste de la divinité, à la manière de paroles prononcées du fond du cœur.
עד שמאיר בחי׳ זו גם בנשמות שלמטה שנמשכי׳ מאליהן להתפעל ולהתלהב לבו לה׳ בלי יגיעה וזהו בחי׳ אהוי״ר הנמשכים מלמעלה עבודת מתנה אתן1 כו׳.
jusqu’à ce que ce niveau brille également dans les âmes d’ici-bas, lesquelles sont spontanément entraînées à être émues et à voir leur cœur s’embraser pour D.ieu, sans effort. C’est le niveau de l’amour et de la crainte qui émanent d’en haut, comme il est écrit : « Je donnerai [une] offrande de service », etc.
Cette révélation peut atteindre jusqu’aux âmes de ce monde, de sorte que le cœur d’une personne s’émeuve et s’embrase pour D.ieu sans effort. C’est l’amour et la crainte accordés d’en haut comme un don ; le verset « Je donnerai [une] offrande de service » y fait allusion. Cela explique l’inspiration spontanée décrite au paragraphe 3.
משא״כ לפעמים כשאין נמשך בחי׳ דבור העליון בבחי׳ גילוי למטה כמ״ש נאלמתי דומיה2 כרחל לפני גוזזיה3 נאלמה
Mais il arrive aussi que le niveau de la parole supérieure ne descende pas ici-bas de manière révélée, comme il est écrit : « Je suis resté muet dans le silence », et « comme une brebis devant ceux qui la tondent, elle est muette »,
À d’autres moments, la parole supérieure ne se révèle pas ici-bas. Les versets « Je suis resté muet dans le silence » et « comme une brebis devant ceux qui la tondent, elle est muette » décrivent cet état de silence divin.
וגם מחמת גשמיות וחומריות האדם שאין לו כלי לקבל גילוי זה דהיינו כי כדי לקבל דו״ר הבאים מלמעלה הוא ע״י שמעורר תחלה אהוי״ר בנפשו.
et cela aussi en raison de la matérialité et de l’épaisseur de l’homme, qui n’a pas de réceptacle pour recevoir cette révélation. En effet, pour recevoir la crainte et l’amour qui viennent d’en haut, il faut d’abord éveiller l’amour et la crainte dans son âme.
Une autre raison de l’absence d’inspiration est l’épaisseur de la personne, qui ne lui laisse aucun réceptacle pour la recevoir. Pour recevoir l’amour et la crainte d’en haut, elle doit d’abord éveiller en elle-même l’amour et la crainte par son propre effort.
Le paragraphe explique l’inspiration spontanée dans la prière par la parole de Mal'hout, venant du cœur, qui brille dans les âmes. Il explique aussi son absence, soit par la dissimulation de cette parole, soit par l’absence de réceptacle chez la personne, qu’elle doit préparer en éveillant elle-même l’amour et la crainte.
Le principe selon lequel un don d’amour d’en haut répond à un éveil de sa part en bas est la règle kabbalistique selon laquelle un éveil d’en bas suscite un éveil d’en haut. L’Alter Rebbe fait ainsi place aux deux modes de prière décrits au paragraphe 3.
Maré mekomot
- 1עבודת מתנה אתן · Numbers 18:7
- 2נאלמתי דומי׳ · Psalms 39:3
- 3כרחל לפני גוזזי׳ · Isaiah 53:7
Ma bouche proclamera Ta louange ¶7–8
Et voici le sens de « Ado-nai, ouvre mes lèvres ». Le niveau du Nom Ado-nai, qui est celui de Mal'hout, est ce qui ouvre les lèvres de celui qui prie.
Le verset du paragraphe 3 est maintenant expliqué. « Ado-nai, ouvre mes lèvres » emploie le Nom Ado-nai, qui correspond à Mal'hout ; c'est donc Mal'hout qui ouvre les lèvres de celui qui prie.
ופי יגיד תהלתך לשון יגיד הוא המשכה2 כמשל המושך מים מגבוה לנמוך שהמים הולכים מאליהם ורק שהאדם גרם בהטותו כלי המים העליונים כמ״כ התהלה והשבח שהנשמה משבחת אינה מצד השגת הנשמה עצמה
« Et ma bouche proclamera (yagid) Ta louange » : l'expression yagid désigne un écoulement, comme dans l'analogie de celui qui fait couler l'eau d'un endroit élevé vers un endroit bas : l'eau s'écoule d'elle-même, et l'homme ne fait que le provoquer en inclinant le récipient contenant l'eau d'en haut. De même, la louange et les éloges par lesquels l'âme loue ne sont pas dus à sa propre compréhension,
Le mot yagid (« proclamera ») signifie faire couler, comme l'eau versée d'un récipient placé en hauteur s'écoule d'elle-même une fois le récipient incliné. De même, la louange de D.ieu par une âme ne vient pas de sa propre compréhension.
שהיא המשיכה דבר מה רק התהלה היא תהלתך העצמי ממדת מל׳ ופי אינו אלא המגיד וממשיך בבחי׳ גרם בעלמא.
comme si elle faisait couler quelque chose ; la louange est plutôt « Ta louange », la louange essentielle, issue de l'attribut de Mal'hout, et « ma bouche » ne fait que la proclamer et la faire couler, en n'étant qu'une cause indirecte.
L'âme ne produit pas la louange ; c'est « Ta louange », celle qui appartient à Mal'hout elle-même. La bouche de l'homme ne fait que la libérer et la transmettre, comme la main qui incline le récipient.
Le paragraphe interprète « Ado-nai, ouvre mes lèvres, et ma bouche proclamera Ta louange » en ce sens que Mal'hout ouvre les lèvres et fournit la louange, tandis que la bouche humaine ne fait que la laisser s'écouler.
Le Nom Ado-nai (« Seigneur ») exprime la souveraineté de D.ieu et correspond ainsi à Mal'hout. L'interprétation de yagid comme un écoulement trouve un parallèle plus loin dans Likkutei Torah sur le Cantique des Cantiques, où yagid est compris au sens araméen de « s'écouler et sortir de devant Lui ».
Maré mekomot
- 1אד׳ שפתי תפתח · Psalms 51:17
- 2לשון יגיד הוא המשכה · ראה גם לקמן מא, א ”כמו נגד ונפק מן קדמוהי” ע״ש.
8והיינו שהפה שבאדם היא כלי להשראת דבור העליון כו׳. וזהו ענין התהללו בשם קדשו1 לשון נפעל ולא נאמר הללו
C'est-à-dire que la bouche de l'homme est un réceptacle où repose la parole supérieure, etc. Et tel est le sens de « hishallelu dans Son saint Nom », à la forme passive ; le verset ne dit pas hallelu :
La bouche de l'homme est un réceptacle où vient reposer la parole divine de Mal'hout. Cela répond à la question du paragraphe 3 : le verset emploie la forme passive hishallelu, et non la forme active hallelu, car la louange est reçue, et non produite.
דהיינו כשיש בחי׳ גילוי מלמעלה אז אומר לנשמות ומלאכים עליונים שתהלתם ושבחם בהשגות שלהם באלקים חיים שאין התהלה שלהם לשיאמר הללו רק שנמשך להם בחי׳ תהלה זו מלמעלה ופיהם יגיד תהלתו ית׳ הנמשך בהם מלמעלה
c'est-à-dire que, lorsqu'il y a une révélation d'en haut, il est alors dit aux âmes et aux anges supérieurs, dont la louange et les éloges reposent sur leur compréhension du D.ieu vivant, que leur louange ne leur appartient pas, de sorte qu'on ne dirait pas hallelu ; cette qualité de louange leur est plutôt attirée d'en haut, et leur bouche proclame Sa louange, béni soit-Il, qui est attirée en eux d'en haut.
Lorsqu'il y a une révélation d'en haut, même aux âmes et aux anges, dont la louange s'appuie sur leur saisie de D.ieu, il est dit que leur louange ne vient pas d'eux-mêmes. La louange est attirée en eux d'en haut, et leur bouche ne fait que la proclamer ; c'est pourquoi il leur est dit d'« être loués » (hishallelu), plutôt que de « louer ».
(ולכן נאמר זה הפסוק התהללו כשהביאו את הארון לירושלים שאז ע״י גילוי אלקות שבארון שהיא בחי׳ נורא תהלות2 נורא אותיות ארון כמ״ש בסה״מ סי׳ ע״ז3 עי״ז נמשך בהם גילוי בחי׳ תהלה להיות התהללו כו׳).4
(C'est pourquoi ce verset, hishallelu, fut prononcé lorsqu'on apporta l'Arche à Jérusalem : alors, par la révélation de la divinité dans l'Arche, qui est le niveau de « redoutable dans les louanges » (nora, dont les lettres forment aron, « Arche »), comme l'écrit le סה״מ, section 77, une révélation de cette qualité de louange leur fut attirée, afin qu'il soit dit hishallelu, etc.)
Le verset fut prononcé lorsque David apporta l'Arche à Jérusalem, car l'Arche révélait la divinité et incarnait « redoutable dans les louanges » ; l'Alter Rebbe note que nora (« redoutable ») a les mêmes lettres que aron (« Arche »). Cette révélation attira la louange dans le peuple ; le mot approprié était donc hishallelu.
(Voir aussi Zohar I, 153a, à la fin de la première colonne, sur « Et les vaches allèrent droit devant elles » ; Zohar II, 138a.) Tout cela permet de comprendre le sens du « Cantique des Cantiques », comme indiqué plus haut :
L'Alter Rebbe renvoie à deux passages du Zohar, dont l'un porte sur les vaches qui tiraient l'Arche et « allèrent droit devant elles » en chantant, pour approfondir le sujet. Tout cela permet de comprendre le titre « Cantique des Cantiques » : le chant en chaque Juif est celui de la Communauté d'Israël et de Mal'hout, attiré d'en haut.
Le paragraphe répond à la question du maamar : la louange est exprimée par hishallelu parce qu'elle est attirée d'en haut dans les âmes et les anges, comme le montre la révélation de l'Arche qui attira la louange en Israël ; cela explique également le Cantique des Cantiques.
L'Arche est liée à Mal'hout, dont la louange révélée s'écoule dans le peuple, tout comme Mal'hout « ouvre les lèvres » au paragraphe 7. La note de Kehot relie l'anagramme nora/aron à Yahel Or et à Likkutei Torah, Va'eschanan, et cite le résumé du maamar Matzah Zu 5640 : l'élévation des âmes juives s'accomplit par les lettres de la Torah.
Maré mekomot
- 1התהללו בשם קדשו · I Chronicles 16:10
- 2נורא תהלות · Exodus 15:11
- 3בסה״מ סי׳ ע״ז · נורא בהפך אתוון ארון ראה הלשון ביהל אור ע׳ קכ עם הגהות ושם מציין ללקו״ת פ ואתחנן ח, א. ראה גם לעיל פ׳ נשא כט, ג. וע״ע בע״ח ש׳ מיעוט הירח פ״ג [כ].
- 4עי״ז נמשך בהם גילוי בחי׳ תהלה להיות התהללו כו׳ · בד״ה מצה זו תר״מ יש קיצור: קיצור שהעלי׳ בנש״י זהו ע״י אותיות התורה וכמ״ש התהללו בשם קדשו שהל״ל הללו אלא ע״י שנמשך גילוי אלקות בבחי׳ המל׳ להיות תהלה עי״ז נמשך גם בנשמות להיות התהללו לשון נפעל כו׳.
- 5וישרנה הפרות · I Samuel 6:12
- 6בזח״א דקנ״ג סע״א ע״פ וישרנה הפרות · Zohar, Vayetzei 14:95–15:115
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Lorsque vous priez, prenez la résolution que c’est l’âme divine qui prie, et prêtez toute votre attention à écouter et à comprendre ses paroles, sans vous séparer intérieurement d’aucun autre Juif. Si votre cœur n’est pas touché de lui-même, éveillez d’abord l’amour et la crainte par la méditation, afin de disposer d’un réceptacle pour recevoir l’amour et la crainte accordés d’en haut.
Questions à discuter
- Pourquoi le fait de se séparer intérieurement d’un autre Juif rend-il « Son Nom incomplet » ?
- Quelle est la différence entre une personne qui prie et une personne qui écoute l’âme divine prier en elle ?
- Pourquoi certaines prières touchent-elles le cœur sans effort, et que dit le maamar qu’une personne doit faire lorsque ce n’est pas le cas ?
- Comment l’image d’un récipient d’eau que l’on incline explique-t-elle « ma bouche proclamera Ta louange » ?
- Comment la forme passive hithalelou répond-elle à la question de savoir qui loue véritablement D.ieu ?