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Likkutei Torah · Parshas Shir HaShirim · Maamar 24

באתי לגני אחותי כלה אריתי מורי עם בשמי…

« Je suis venu dans Mon jardin, Ma sœur, [Mon] épouse »

  • 10 paragraphes · 81 sections
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L’idée centrale

La consolation que D.ieu trouve à minuit après la destruction est l’étude de la Torah des tsadikim, qui attire la Lumière infinie dans 'Hokhma, puis par son intermédiaire dans les attributs, de sorte que la Chekhina commence à s’élever de son exil. Le pouvoir d’attirer une lumière qui dépasse 'Hokhma vient de l’iskafya, du fait de surmonter sa nature, dont le « parfum » s’élève jusqu’à la Lumière infinie elle-même.

Le maamar en bref

Le maamar explique le Cantique des Cantiques 5:1, expression par expression. « Je suis venu dans Mon jardin » désigne le plaisir de D.ieu, à minuit, devant les âmes des tsadikim dans le Gan Eden, et Sa consolation, par leur étude de la Torah, après le deuil de la destruction. Pourquoi la Torah Le console-t-elle, et pourquoi à minuit ? L’homme fut placé dans le jardin d’Eden « pour le travailler », c’est-à-dire pour attirer la divinité. En exil, la Chekhina, « le monde révélé », continue de créer, mais de manière voilée ; comme la nuit, sa chute s’accentue jusqu’à minuit, puis elle s’élève. D.ieu dirige le monde par l’intermédiaire des attributs, qui réagissent aux actes humains, mais la Lumière infinie ne se révèle que dans 'Hokhma, le « Père » que le péché n’atteint pas ; et 'Hokhma est attirée par la Torah, le délice de D.ieu. Ce pouvoir vient de l’iskafya : s’abstenir du mal est la « myrrhe », et faire le bien au-delà de sa nature est l’« épice », un parfum qui s’élève jusqu’à la Lumière infinie. « Ma forêt avec Mon miel » désigne les anges et l’amour et la crainte qu’ils éveillent en Israël ; le « vin » révèle ce qui est caché, et le « lait » fait croître les attributs. Les « amis » sont toujours liés à D.ieu par la Torah, tandis que les « bien-aimés », assoiffés, ont besoin de son eau et de son vin.

Plan

  1. Le verset et sa première expression« Je suis venu dans Mon jardin » désigne la révélation de la divinité dans le Gan Eden inférieur à minuit : après que D.ieu se souvient de la destruction et s’écrie, Sa consolation et Son plaisir résident dans l’étude de la Torah par les âmes des tsadikim.¶1
  2. Deux questions ; le travail de l’homme dans le jardinQue peut ajouter l’étude de la Torah pour D.ieu, à qui tout est connu, et pourquoi à minuit, après la destruction ? L’homme fut placé dans le jardin d’Eden « pour le travailler » : afin d’attirer la révélation de la divinité.¶2
  3. La Chekhina en exil et minuitLa Chekhina, « le monde révélé », part en exil avec Israël ; elle continue de créer, mais de manière voilée. Comme la nuit, sa descente s’accentue jusqu’à minuit ; à partir de là, elle s’élève grâce à ceux qui étudient la Torah à minuit, puis, à l’aube, grâce à la prière, à la Torah et aux mitsvot de tout Israël.¶3
  4. Révélation et voilement ; la Torah, délice de D.ieuLes profondes « pensées » de D.ieu sont cachées, et le monde est dirigé par l’intermédiaire de Ses attributs, qui réagissent aux actes humains. Mais la Lumière infinie ne se révèle que dans 'Hokhma, le « Père » que le péché n’atteint pas, comme à Chabbat, lorsque le règne d’Elokim prend fin ; elle est attirée par la Torah, le délice de D.ieu. Telle est la consolation de minuit, qui amorce l’élévation de la Chekhina.¶4
  5. Myrrhe et épice : le parfum de l’iskafyaLe pouvoir d’Israël d’attirer une lumière supérieure à 'Hokhma vient de l’iskafya. Comme la myrrhe, faite du sang coagulé d’un animal impur, le respect de chaque interdiction et l’effort pour dépasser sa nature et faire le bien au-delà de ses habitudes produisent un « parfum » qui s’élève jusqu’à la Lumière infinie et fait descendre la « rosée des cieux », la Lumière infinie attirée dans 'Hokhma.¶5
  6. Ma forêt avec Mon miel : les angesLes anges sont la « forêt » par laquelle viennent le flux divin ainsi que l’amour et la crainte d’Israël, comme le décrivent les bénédictions précédant le Chema ; cet amour et cette crainte sont le « miel », leur fruit. Le « repas » de D.ieu est l’élévation des anges par Israël, dont le sacrifice de soi lors de la proclamation de « Un » les unit à D.ieu au-delà de ce que les anges peuvent atteindre.¶6
  7. Mon vin avec Mon laitLe « lait » est la révélation issue de 'Hokhma qui fait croître les attributs, dans l’âme comme En haut : chaque « Béni sois-Tu » des bénédictions intermédiaires de la Amida accroît la lumière avant la demande particulière. Le « vin » fait passer le « secret » du monde caché dans la lumière révélée.¶7–8
  8. Mangez, amisLes tsadikim sont les « amis » de D.ieu, car, dans leur étude de la Torah, la parole même de D.ieu prononcée au Sinaï, Sa 'Hokhma et Son délice, demeure en eux ; ainsi, la Lumière infinie est présente ici-bas comme En haut. Ils la reçoivent comme une nourriture.¶9
  9. Buvez et enivrez-vous, bien-aimésLes « bien-aimés » ont un amour caché qui s’embrase parfois comme un feu et suscite la soif ; la Torah est l’eau qui l’apaise et le vin qui réjouit. Les « amis », liés à D.ieu en permanence, n’ont besoin d’aucune boisson et sont semblables à l’huile, silencieuse.¶10

Notions clés

Le monde révélé et le monde caché (alma de’isgalya, alma de’iskasya)עלמא דאתגליא / עלמא דאתכסיא
Le monde révélé est la Chekhina, la divinité telle qu’elle se révèle pour faire exister les mondes ; le monde caché désigne les profondes « pensées » de D.ieu, qui ne se manifestent pas dans Sa manière de diriger les mondes. En exil, le monde révélé lui-même devient caché.
Minuitחצות לילה
Le tournant de la nuit : la chute de la Chekhina s’accentue jusqu’à minuit, puis elle s’élève. À cette heure, D.ieu se souvient de la destruction, et l’étude de la Torah des tsadikim est Sa consolation.
Père (Av)אב
Le niveau de 'Hokhma, où se révèle la Lumière infinie, racine de tous les mondes qui se déploient en descendant. La faute ne l’atteint pas ; elle est donc la source de la compassion et du pardon : « Pardonne-nous, notre Père. »
Délice (cha’achouïm)שעשועים
La Torah est le délice de D.ieu, la 'Hokhma suprême ; par l’étude de la Torah, ce délice se révèle ici-bas et la Lumière infinie est attirée dans les attributs.
Subjuguer la sitra a'hra (iskafya)לאכפיא סטרא אחרא
Surmonter l’âme animale et le mauvais penchant, aussi bien en s’abstenant du mal qu’en faisant le bien au-delà de sa nature. À l’image de la myrrhe issue du sang impur coagulé, cela produit un « parfum » qui s’élève jusqu’à la Lumière infinie elle-même.
Amis et bien-aimés (ré’im, dodim)רעים / דודים
Les « amis » sont les tsadikim, constamment liés à D.ieu par la Torah ; les « bien-aimés » sont ceux dont l’amour pour D.ieu est caché et s’embrase parfois, suscitant une soif que la Torah apaise.

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Le verset et sa première expression ¶1

1באתי לגני אחותי כלה אריתי מורי עם בשמי אכלתי יערי עם דבשי שתיתי ייני עם חלבי אכלו רעים שתו ושכרו דודים.

« Je suis venu dans mon jardin, ma sœur, [mon] épouse ; j’ai cueilli ma myrrhe avec mes aromates ; j’ai mangé mon rayon de miel avec mon miel ; j’ai bu mon vin avec mon lait. Mangez, amis ; buvez et enivrez-vous, bien-aimés. »

Explication

Le discours s’ouvre sur le Cantique des Cantiques 5:1, où le Bien-Aimé, D.ieu, répond à son épouse, l’Assemblée d’Israël, qui l’a invité dans son jardin. Chacune des expressions du verset sera expliquée à son tour : le jardin, la myrrhe et les aromates, le rayon de miel et le miel, le vin et le lait, et enfin les « amis » qui mangent et les « bien-aimés » qui boivent.

(רבות נשא פרשה י״ג קרוב לר״פ ס״פ ואתחנן ובשה״ש [ובשיר השירים] רבה ע״פ זה ובפסוק מה יפו דודיך)

(Rabbah, [Parachat] Nasso, section 13, près du début de la section ; la fin de la Parachat Vaét’hanan ; et dans le Chir Hachirim Rabbah, sur ce verset ainsi que sur le verset « Que ton amour est beau ».)

Explication

La parenthèse énumère des passages du Midrach où ce verset est expliqué : Bamidbar Rabbah sur la Parachat Nasso, la fin de la Parachat Vaét’hanan, et le Chir Hachirim Rabbah, à la fois sur ce verset et sur le verset précédent : « Que ton amour est beau » (Cantique des Cantiques 4:10). Dans le Midrach, le verset évoque la venue de D.ieu pour résider dans le Michkan, le jour où celui-ci fut érigé.

פי׳ באתי לגני היינו גילוי אלהות שבג״ע [שבגן עדן] התחתון בחצות לילה שאז הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] משתעשע בנשמות הצדיקים שאחר שזוכר על החורבן ומקרקר כו׳

Le sens de « Je suis venu dans mon jardin » est le dévoilement de la divinité dans le Gan Eden inférieur à minuit ; car alors le Saint béni soit-Il prend plaisir aux âmes des tsadikim. En effet, après s’être souvenu de la destruction [du Temple] et avoir poussé des cris, etc.,

Explication

L’Alter Rebbe interprète « Je suis venu dans mon jardin » comme le dévoilement de la divinité dans le Gan Eden inférieur, le jardin spirituel où résident les âmes des justes, à minuit. À cette heure, D.ieu prend plaisir à ces âmes ; mais auparavant, Il se souvient de la destruction du Temple et pousse des cris à ce sujet.

תהי׳ [תהיה] זאת נחמתו ושעשועו בנשמות הצדיקיחם ע״י עסק תורתם כמ״ש היושבת בגנים חברים מקשיבים לקולך השמיעיני.

ce sera là Sa consolation et Son délice : dans les âmes des tsadikim, grâce à l’étude de leur Torah, comme il est écrit : « Toi qui résides dans les jardins, les compagnons prêtent l’oreille à ta voix ; fais-la-moi entendre. »

Explication

Après avoir pleuré la destruction, D.ieu trouve consolation et délice dans les âmes des tsadikim, grâce à leur étude de la Torah. Le verset « Toi qui résides dans les jardins… fais-la-moi entendre » (Cantique des Cantiques 8:13) montre que, dans le jardin, D.ieu désire entendre la voix de leur étude.

Le paragraphe 1 en bref

Le verset d’ouverture est présenté, et sa première expression, « Je suis venu dans mon jardin », est interprétée comme le plaisir que D.ieu prend à minuit, dans le Gan Eden, aux âmes des tsadikim. C’est Sa consolation après le deuil de la destruction, et celle-ci Lui vient par l’étude de la Torah de ces âmes.

Pour aller plus loin

Bamidbar Rabbah 13:2 et Shir HaShirim Rabbah 5:1:1 interprètent « dans mon jardin » (legani) comme « dans ma chambre nuptiale » (leginuni), « le lieu qui était Ma demeure principale au commencement », car la Présence de la Chekhina résidait à l’origine principalement dans les mondes inférieurs. La note de Kehot rapporte le même Midrach à propos de « ma sœur, épouse » : Israël est appelé « ma sœur » (achosi), car il s’est uni à Lui (nis’achu) dans l’exil ; le discours reprend ce thème dans la section 3, à propos de l’exil de la Chekhina.

Maré mekomot

  1. 1
    באתי לגני · הנחת כ״ק אדה״א בסידור כו, ג. בלי הגהות בתו״א לעמבערג תרי״א. ראה רשימת המאמרים בסה״מ — תקס״ד ע׳ שנג הערה 89. באוה״ת שה״ש ע׳ תעו נמצא סעי׳ א׳ (בשינויים) עם הגהות אחרות. סעי׳ ב׳ הקטע ”אך הכח” ליתא, ומתחיל הקטע ”אך הכח”, והשאר ליתא. בבוך 4 רשום על מאמר זה ”פ׳ אחרי”. ונמצא בתחלת מאמרים מפ׳ אחרי. ראה להלן בהוספות להערות וציונים השוואה לד״ה זה.
  2. 2
    באתי לגני · שה״ש רפ״ה.
  3. 3
  4. 4
    באתי לגני אחותי כלה · Bamidbar Rabbah 13:2
  5. 5
    באתי לגני אחותי כלה אריתי מורי עם בשמי · Song of Songs 5:1
  6. 6
    רבות נשא פרשה י״ג קרוב לר״פ · ”אחותי שנתאחו לי בגלות, כלה שנתכלו בגלות מצרים ובבל, כד״א כי עליך הורגנו כל היום, לפיכך עתיד לקרותם אחותי, שיהיו אחויים אצלו (ר״ל דבוקים כד״א קורעים ומאחים עכ״ל המ״כ)”. — אוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תפב.
  7. 7
    היושבת בגנים חברים מקשיבים · Song of Songs 8:13
  8. 8
  9. 9

Deux questions ; le travail de l’homme dans le jardin ¶2

2והנה ביאור ענין זה להבין מהו ענין השעשוע והנחמה של הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] בעסק התורה הלא הכל היה כבר גלוי וידוע לפניו ית׳ וגם להבין למה בחצות הלילה דוקא ואחר שזוכר את החורבן.

Voici à présent l’explication de ce sujet : [il faut] comprendre en quoi consistent le plaisir et la consolation que le Saint béni soit-Il trouve dans l’étude de la Torah, puisque tout était déjà dévoilé et connu devant Lui, béni soit-Il. Il faut aussi comprendre pourquoi cela se produit précisément à minuit, après qu’Il se souvient de la destruction.

Explication

L’Alter Rebbe soulève deux questions. Premièrement, comment l’étude de la Torah peut-elle procurer à D.ieu plaisir et consolation, alors que tout ce qui s’y trouve était déjà dévoilé et connu devant Lui ? Deuxièmement, pourquoi cela se produit-il précisément à minuit, et seulement après qu’Il se souvient de la destruction ?

הנה כתיב ויניחהו בג״ע [בגן עדן] לעבדה ולשמרה שעיקר תכלית בריאת האדם לעבוד את הג״ע [הגן עדן] דהיינו להמשיך גילוי אלהותו ית׳ ועמ״ש מזה בד״ה כי כאשר השמים החדשים.

Or, il est écrit : « Et Il le plaça dans le jardin d’Éden pour le travailler et le garder » : le but essentiel de la création de l’homme est de travailler le jardin d’Éden, c’est-à-dire d’attirer le dévoilement de Sa divinité, béni soit-Il. Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par « Car, de même que les nouveaux cieux… ».

Explication

La réponse commence par le verset selon lequel l’homme fut placé dans le jardin d’Éden « pour le travailler et le garder » (Genèse 2:15). Le but essentiel de la création de l’homme est de « travailler » le jardin : par son service, il y attire un dévoilement de la divinité qui n’y était pas auparavant. Le texte renvoie le lecteur au discours « Car, de même que les nouveaux cieux… » pour approfondir ce sujet.

Le paragraphe 2 en bref

Deux questions sont posées au sujet de l’explication initiale : qu’ajoute l’étude de la Torah pour D.ieu, et pourquoi cela se produit-il à minuit après la destruction ? La réponse commence ainsi : le but de l’homme est de « travailler » le jardin d’Éden en y attirant un dévoilement.

Maré mekomot

  1. 1
    ויניחהו בג״ע לעבדה ולשמרה · Genesis 2:15
  2. 2
    בד״ה כי כאשר השמים החדשים · לקמן מח, ד.

La Chekhina en exil et minuit ¶3

3והנה ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] גלו לבבל שכינה עמהם שכינה הוא בחי׳ עלמא דאתגליא דהיינו גילוי אלהותו ית׳ להוות עולמות עליונים ותחתונים הגם שגם בגלות עולם כמנהגו נוהג ועוד כל ימי הארץ זרע וקציר כו׳

Or, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Ils furent exilés à Babylone ; la Chekhina était avec eux. » La Chekhina est le niveau du monde révélé (alma de-itgalya), c’est-à-dire la révélation de Sa divinité, béni soit-Il, pour faire exister les mondes supérieurs et inférieurs. Bien que, même en exil, « le monde suive son cours naturel », et que, de plus, « tous les jours de la terre, les semailles et la moisson », etc.,

Explication

Les Sages enseignent que partout où Israël fut exilé, la Chekhina l’accompagna. La Chekhina est appelée « le monde révélé » (alma de-itgalya) : la divinité telle qu’elle se révèle afin de créer les mondes supérieurs et inférieurs. Cette révélation créatrice ne cesse pas en exil : le monde continue de suivre son cours naturel, et D.ieu a promis que « les semailles et la moisson » ne cesseraient pas tous les jours de la terre (Genèse 8:22).

וכמאמר המחדש בכל יום תמיד מעשה בראשית אך ההפרש הוא בבחי׳ גילוי והעלם שבזמן שאין ביהמ״ק [בית המקדש] קיים עלמא דאתגלייא היא בבחי׳ העלם והסתר פנים וכמ״ש ואנכי הסתר אסתיר פני ביום ההוא.

et comme le dit la formule : « Qui renouvelle chaque jour, continuellement, l’œuvre de la création » — pourtant, la différence tient à la révélation et à la dissimulation : lorsque le Saint Temple n’est pas debout, le monde révélé se trouve dans un état de dissimulation et de voilement de la Face, comme il est écrit : « Et Je voilerai certainement Ma face en ce jour. »

Explication

La bénédiction du matin dit que D.ieu renouvelle chaque jour l’œuvre de la création ; la Chekhina continue donc aussi de créer en exil. La différence entre l’exil et l’époque du Temple ne tient donc pas à la présence ou à l’absence de cette révélation, mais au fait qu’elle soit dévoilée ou dissimulée : sans le Temple, le monde révélé lui-même est caché : « Et Je voilerai certainement Ma face en ce jour » (Deutéronome 31:18).

פי׳ ביום ההוא בבחי׳ עלמא דאתכסייא שהחשך יכס׳ [יכסה] ארץ והנה כמו שנראה בחוש בסדר והנהגת העולם בחושך ואור של עוה״ז [עולם הזה] שבעתות ערב מתחיל להאפיל ולהחשיך ומחשיך

Le sens [est le suivant] : « en ce jour » — dans le niveau du monde caché (alma de-itkassya), car « les ténèbres couvriront la terre ». Or, de même qu’on le constate concrètement dans l’ordre et le cours du monde, dans l’alternance des ténèbres et de la lumière de ce monde : le soir, la clarté commence à décliner et l’obscurité à s’installer, et il fait de plus en plus sombre

Explication

L’Admour Hazaken interprète « en ce jour » comme désignant l’état du monde caché (alma de-itkassya) : en exil, le monde révélé est recouvert, comme le dit Isaïe : « les ténèbres couvriront la terre » (Isaïe 60:2). Il établit ensuite un parallèle avec les ténèbres et la lumière de notre monde, qui commence à s’assombrir le soir.

ובא עד חצות לילה ומחצות ואילך מאיר ובא מעט מעט כך הענין בגלות השכינה שזמן ירידתה ונפילתה הוא עד חצות שאז נאמר ותפול לפני רגליו ומחצות

jusqu’à minuit ; à partir de minuit, la lumière croît peu à peu — ainsi en va-t-il de l’exil de la Chekhina : le temps de sa descente et de sa chute se prolonge jusqu’à minuit, car il est alors dit : « Et elle tomba à ses pieds » ; et à partir de minuit

Explication

La nuit s’assombrit jusqu’à minuit, puis la lumière revient progressivement ; l’exil de la Chekhina suit le même cours : sa descente et sa chute se poursuivent jusqu’à minuit. Le texte applique à cette heure le verset concernant Esther : « Et elle tomba à ses pieds » (Esther 8:3), image de la Chekhina abattue en exil.

ואילך הוא מתרוממת מעט מעט שמתעלית ע״י אנשי מעשה הקמים בחצות לעסוק בתורה ובשחר יש לה קימה מעלייתא ע״י התורה ועבודת התפלה והמצות של כללות נשמות ישראל.

elle se relève peu à peu, car elle est élevée par les hommes d’action qui se lèvent à minuit pour s’adonner à la Torah ; et à l’aube, elle connaît un relèvement complet (kimah me’alyata), grâce à la Torah, au service de la prière et aux mitsvot de l’ensemble des âmes d’Israël.

Explication

À partir de minuit, la Chekhina est progressivement relevée par les « hommes d’action », des personnes pieuses qui se lèvent à minuit pour étudier la Torah. À l’aube, elle se relève pleinement grâce à la Torah, à la prière et aux mitsvot de tout Israël réuni. Cela commence à expliquer pourquoi la consolation de D.ieu vient à minuit : c’est l’heure où la Chekhina commence à se relever.

Le paragraphe 3 en bref

La Chekhina, « le monde révélé », part en exil avec Israël ; elle y poursuit son œuvre créatrice, mais demeure dissimulée. Comme la nuit, cette dissimulation s’approfondit jusqu’à minuit, puis la Chekhina se relève grâce à l’étude de la Torah à minuit et, à l’aube, grâce au service de tout Israël.

Maré mekomot

  1. 1
    גלו לבבל שכינה עמהם · Megillah 29a:4
  2. 2
    גלו לבבל שכינה עמהם · Sifrei Bamidbar 161:5
  3. 3
    ועוד כל ימי הארץ זרע וקציר · Genesis 5:22
  4. 4
  5. 5
    ואנכי הסתר אסתיר · Deuteronomy 31:18
  6. 6
    החשך יכס׳ ארץ · Isaiah 60:2
  7. 7
    ותפול לפני רגליו · Esther 8:3

Révélation et voilement ; la Torah, délice de D.ieu ¶4

4ולהבין מהו ענין הגילוי וההעלם הנה מבשרי אחזה שכמו שיש אצל האדם שכל ומדות ומחשבה כו׳

Et pour comprendre ce que sont la révélation et le voilement, considérons ce que nous enseigne l’expérience de notre propre être : « De ma chair, je contemple » — de même qu’une personne possède l’intellect, les attributs émotionnels et la pensée, etc.,

Explication

Pour expliquer ce que signifient la révélation et le voilement, l’Admour Hazaken s’appuie sur le principe « De ma chair, je contemple [D.ieu] » (Job 19:26) : en observant l’âme humaine, on peut comprendre par analogie les réalités divines. Une personne possède un intellect, des émotions et la pensée.

כך עד״מ [על דרך משל] הגם שנאמר כי לא מחשבותי מחשבותיכם הרי נאמר מאד עמקו מחשבותיך מאד עמקו שהם בחי׳ עלמא דאתכסיא ואינם נראים ונגלים בהנהגת עולמות

il en va ainsi, par analogie, [En Haut]. Bien qu’il soit dit : « Car Mes pensées ne sont pas vos pensées », il est néanmoins dit : « Tes pensées sont très profondes » — « très profondes », car elles relèvent du monde caché (alma de’iskasya) et ne sont ni visibles ni révélées dans la conduite des mondes.

Explication

Les pensées de D.ieu ne sont pas comme les nôtres (Isaïe 55:8), mais l’analogie demeure valable : « Tes pensées sont très profondes » (Psaumes 92:6). Les « pensées » de D.ieu constituent le monde caché (alma de’iskasya) ; elles ne sont pas visibles dans la manière dont Il conduit les mondes, de même que les pensées intérieures d’une personne ne se voient pas dans son comportement extérieur.

רק הנהגתם הוא ע״פ מדותיו ית׳ וראשיתן הוא החסד כמ״ש עולם חסד יבנה והם כל מאמרות שבהן נברא העולם יהי אור כו׳ וששת ימי בראשית יום ראשון חסד כו׳

Leur conduite relève plutôt de Ses attributs (midot), béni soit-Il, dont le premier est le 'Hessed (bonté), ainsi qu’il est écrit : « Le monde est bâti par la bonté. » Ce sont les paroles par lesquelles le monde fut créé : « Que la lumière soit », etc., ainsi que les six jours de la Création : le premier jour, le 'Hessed, etc.

Explication

Les mondes sont conduits par les attributs (midot) de D.ieu, dont le premier est le 'Hessed, comme dans : « Le monde est bâti par la bonté » (Psaumes 89:3). Ces attributs sont les paroles de la Création, telles que « Que la lumière soit », ainsi que les six jours de la Création, chacun correspondant à un attribut ; le premier correspond au 'Hessed.

וכל ימות עולם הם רק ששת ימים אלו כי שבת זמן עליות העולמות למקורם ואח״כ [ואחר כך] חוזרים ומתחדשים ימות החול יום ראשון כו׳

Et tous les jours du monde ne sont que ces six jours, car le Chabbat est le moment où les mondes s’élèvent vers leur source ; ensuite, les jours de semaine reviennent et sont renouvelés : le premier jour, etc.

Explication

Tout le temps n’est donc qu’une répétition de ces six premiers jours. Le Chabbat, les mondes s’élèvent vers leur source, puis les jours de semaine recommencent, à partir du « premier jour », le jour du 'Hessed.

וא״כ [ואם כן] הרי ששת ימים השניים הם עצמן ששת ימים הראשונים שנתחדשו ועיקר עבודת האדם שיהיה בבחינת מחשבותיך שעמקו מאד להיותן בבחי׳ גילוי וע״ז [ועל זה] נאמר ממעמקים קראתיך הוי׳ וכדפי׳ בפ׳ בשלח (דס״ג ע״ב)

Ainsi, les six jours suivants sont eux-mêmes les six premiers jours, renouvelés. Le service essentiel de l’homme consiste à faire en sorte que le niveau de « Tes pensées », qui sont « très profondes », soit révélé. C’est à ce sujet qu’il est dit : « Des profondeurs, je T’ai appelé, Havaya », comme l’explique [le Zohar] dans la paracha de Bechala’h (page 63b)

Explication

Les six jours de chaque semaine sont donc les six premiers jours de la Création, renouvelés. La tâche essentielle de l’homme concerne les « pensées » profondes de D.ieu : faire émerger ce qui est caché pour le révéler. C’est le sens de Psaumes 130:1 : « Des profondeurs, je T’ai appelé », comme l’explique le Zohar dans la paracha de Bechala’h (2:63b).

ובפ׳ ואתחנן (דרס״ה ע״ב) וע׳ [ועיין] בפ׳ ויחי (דרכ״א ע״א) ובפ׳ אחרי (דף ע׳ [עיין]) ועיין ברבות פ׳ ויקרא (ספ״ג [סוף פרק ג׳]) מים עמוקים כו׳

et dans la paracha de Vaét’hanan (page 265b) ; voir aussi la paracha de Vaye’hi (page 221a) et la paracha d’A’harei (page 70) ; voir également le Midrach, Vayikra Rabbah (fin du chapitre 3) : « Des eaux profondes », etc.,

Explication

Le texte renvoie à d’autres passages du Zohar qui traitent de « Des profondeurs » (Vaét’hanan 265b, Vaye’hi 221a, A’harei 70a), ainsi qu’au Midrach, à la fin du chapitre 3 de Vayikra Rabbah. Le Midrach y rapproche « Les eaux profondes sont le conseil dans le cœur de l’homme » (Proverbes 20:5) de « Des profondeurs, je T’ai appelé ».

ממעמקים כו׳ ופי׳ ממעמקים מבחי׳ ההעלם שהוא בחינת עמקו מחשבותיך עלמא דאתכסיא קראתיך כאדם הקורא לחבירו שיצא מביתו לחוץ להיות בבחינת גילוי.

« Des profondeurs », etc. Le sens de « Des profondeurs » est : depuis le niveau du voilement, celui de « Tes pensées sont profondes », le monde caché. « Je T’ai appelé » : comme une personne qui appelle son compagnon à sortir de chez lui, au-dehors, afin de se révéler.

Explication

« Des profondeurs » désigne le niveau du voilement : les « pensées » profondes de D.ieu, le monde caché. « Je T’ai appelé » revient à appeler un ami pour qu’il sorte de chez lui et vienne au grand jour : le service de l’homme appelle le niveau caché à se manifester.

כי הנה איתא בתיקוני זהר לאו דאית לך צדק ידיעא כו׳ אלא לאנהגא בהון עלמין כו׳

Car il est dit dans le Tikouné Zohar : « Non pas que Tu possèdes une justice connue », etc., « mais afin de conduire les mondes par leur intermédiaire », etc.,

Explication

Le Tikouné Zohar, dans le passage appelé Pata’h Eliyahou, enseigne que D.ieu ne possède pas en Lui-même un attribut défini tel que la « justice » (jugement). Il a fait émaner les attributs afin de conduire les mondes par leur intermédiaire.

כפום עובדיהון דבני נשא פי׳ שהנהגות והמשכות המדות להיות בהן הנהגת העולמות בעובדיהון דבני נשא תליא שהמעשה אשר יעשה האדם למטה באתעדל״ת [באתערותא דלתתא] אתעדל״ע [אתערותא דלעילא]

« Selon les actes des êtres humains. » Le sens [est le suivant] : la conduite des mondes et l’effusion des attributs qui les gouvernent dépendent des actes des êtres humains. Car, par [l’intermédiaire de] l’acte qu’une personne accomplit ici-bas, un éveil d’en bas suscite un éveil d’en haut :

Explication

Cette conduite est « selon les actes des êtres humains » : la manière dont les attributs sont attirés pour gouverner les mondes dépend de ce que font les êtres humains. C’est le principe selon lequel un éveil d’en bas suscite un éveil d’en haut.

שע״י צדקה וחסד שעושים למטה מעוררים למעלה להיות אור א״ס [אין סוף] ב״ה שורה ומתגלה ומתלבש במדת החסד וכן עד״ז [על דרך זה] בכל המדות (ועמ״ש בד״ה לסוסתי)

par la charité et la bonté que l’on exerce ici-bas, on suscite en haut que la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, réside, se révèle et s’enveloppe dans l’attribut de 'Hessed ; et il en va de même, de la même manière, pour tous les attributs. (Voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « À ma jument ».)

Explication

Par exemple, la charité et la bonté exercées ici-bas font que la Lumière infinie réside, se révèle et s’enveloppe dans l’attribut de 'Hessed en haut ; il en va de même pour chacun des attributs. La parenthèse renvoie le lecteur au discours « À ma jument ».

אך אין אור א״ס [אין סוף] שורה ומתגלה אלא בבחינת חכמה דכתיב בראשית ברא אלהים ות״י [ותרגום ירושלמי] בחוכמתא שהחכמה הוא החיות וקיום המדות והנה כתיב כולם בחכמה עשית שבחי׳ חכמה מלובשת בכל המדות.

Mais la Lumière infinie ne réside et ne se révèle qu’au niveau de 'Hokhma (sagesse), comme il est écrit : « Au commencement, D.ieu créa », et le Targoum Yerouchalmi le rend par « Par la sagesse » ; car 'Hokhma est la force vitale et le maintien des attributs. Or, il est écrit : « Tu as tout fait avec sagesse » : le niveau de 'Hokhma est enveloppé dans tous les attributs.

Explication

Cependant, la Lumière infinie ne réside et ne se révèle qu’en 'Hokhma. Le Targoum Yerouchalmi rend « Au commencement, D.ieu créa » par « Par la sagesse [D.ieu créa] », et « Tu as tout fait avec sagesse » (Psaumes 104:24) montre que 'Hokhma est enveloppée dans tous les attributs et leur donne leur force vitale.

אך מ״מ [מכל מקום] אינו דומה החכמה שמלובשת תוך המדות ואינה נראית ונגלית בהם לבחי׳ גילוי החכמה עצמה שהיא למעלה מעלה במדרגה מן המדות וגילוי המדות נמשכין ממנה שהחכמה תחיה כו׳.

Néanmoins, 'Hokhma enveloppée dans les attributs, sans y être visible ni révélée, ne saurait être comparée au niveau de la révélation de 'Hokhma elle-même, qui est infiniment supérieure aux attributs, et dont provient leur révélation, car « la sagesse donne la vie », etc.

Explication

Toutefois, 'Hokhma cachée à l’intérieur des attributs ne saurait être comparée à 'Hokhma révélée en tant que telle : celle-ci est très au-dessus des attributs et en est la source, comme le dit le verset : « La sagesse donne la vie à ceux qui la possèdent » (Ecclésiaste 7:12).

(ועמ״ש בד״ה והיה מדי חדש גבי וביום החדש יפתח) ולכן כדי להמשיך אור א״ס [אין סוף] ב״ה למטה צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] ע״י התורה שהיא בחי׳ חכמתו ורצונו ית׳ והיא היא שעשוע של הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] כמ״ש ואהיה שעשועים כו׳

(Voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et il arrivera, à chaque nouvelle lune », à propos de « Et le jour de la nouvelle lune, elle sera ouverte ».) C’est pourquoi, pour attirer la Lumière infinie, béni soit-Il, ici-bas, cela doit se faire par la Torah, qui est le niveau de Sa sagesse et de Sa volonté, béni soit-Il ; et c’est elle qui est le délice du Saint béni soit-Il, comme il est écrit : « Et j’étais [Son] délice », etc.

Explication

Après avoir renvoyé au discours sur « Et il arrivera, à chaque nouvelle lune » (Isaïe 66:23) et sur la porte intérieure qui « sera ouverte le jour de la nouvelle lune » (Ézéchiel 46:1), l’Admour Hazaken conclut que la Lumière infinie ne peut être attirée ici-bas que par la Torah, qui est la sagesse et la volonté de D.ieu. La Torah est elle-même le délice de D.ieu, comme le dit le verset : « Et j’étais [Son] délice » (Proverbes 8:30).

וזהו בחי׳ גילוי אור א״ס [אין סוף] ב״ה ונקרא בחינה זו בשם אב שהוא שורש ומקור כל ההשתלשלות וע״ז [ועל זה] אנו מתפללים סלח לנו אבינו

Et tel est le niveau de la révélation de la Lumière infinie, béni soit-Il. Ce niveau est appelé « Père » (Av), car il est la racine et la source de tout l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout). C’est pourquoi nous prions : « Pardonne-nous, notre Père »,

Explication

Cette révélation de la Lumière infinie par l’intermédiaire de 'Hokhma est le niveau appelé « Père » (Av), puisque 'Hokhma est la racine et la source de tous les mondes qui se déploient en descendant. C’est pourquoi, dans la Amida quotidienne, nous demandons pardon à « notre Père ».

שהוא אב הרחמים והסליחות לפי ששם אינו מגיע פגם החטא ועון וכמ,ש אם צדקת כו׳

car Il est le Père de la compassion et du pardon, puisque la faute et l’iniquité ne peuvent atteindre ce niveau, comme il est écrit : « Si tu es juste », etc.

Explication

Le Père est la source de la compassion et du pardon, car la faute ne peut atteindre un niveau aussi élevé. Comme le dit Job : « Si tu es juste, que Lui donnes-tu ? » (Job 35:7) : ce niveau est hors de portée des actes humains, et la faute ne peut donc y causer aucune atteinte.

(עמ״ש בד״ה צאינה וראינה בפי׳ שאו ידיכם קדש וברכו את ה׳ ועמ״ש בד״ה להבין מ״ש בהגדה מצה זו כו׳ מענין מוחין דאבא ועיין בזהר הרקיע פ׳ ויקרא בדף ז׳ ע״ב בד״ה כשמן הטוב)

(Voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Sortez et contemplez », à propos du sens de « Levez vos mains dans la sainteté et bénissez Havaya » ; voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Pour comprendre ce qui est dit dans la Haggada : “Cette matsa”, etc. », au sujet des mo'hin d’Abba ; et voir Zohar HaRakia, Parshas Vayikra, page 7b, dans le passage commençant par « Comme l’huile précieuse ».)

Explication

Cette parenthèse renvoie à trois sources qui développent ce sujet : le discours « Sortez et contemplez », à propos de « Levez vos mains dans la sainteté et bénissez Havaya » (Psaumes 134:2) ; le discours sur le « Cette matsa » de la Haggada, au sujet des mo'hin d’Abba ; et le Zohar HaRakia, sur le passage du Zohar « Comme l’huile précieuse » (Psaumes 133:2).

משא״כ כשאינם נראים ונגלים רק מדותיו ית׳ שמנהיג בהן את העולם ה״ז [הרי זה] בחי׳ העלם ולכן כתיב בכל ששת ימי בראשית ויאמר אלהים שהוא מדת הצמצום

En revanche, lorsque rien n’est vu ni révélé, hormis Ses attributs, béni soit-Il, par lesquels Il dirige le monde, c’est le niveau de la dissimulation. C’est pourquoi, durant les six jours de la Création, il est écrit chaque fois : « Et Elokim dit », Elokim étant l’attribut du tsimtsoum (contraction).

Explication

Lorsque seuls les attributs sont visibles, et que D.ieu dirige le monde par leur intermédiaire, cela relève de la dissimulation. C’est pourquoi le récit des six jours de la Création dit chaque fois : « Et Elokim dit » : Elokim est le Nom du tsimtsoum, la contraction qui dissimule.

רק בשבת שהוא התגלות בחי׳ חכמה כתיב ויכל אלהים פי׳ שכלתה בחי׳ ומדרגת אלהים שנעשה קץ ותכלה למדרגה זו רק אח״ז [אחר זה] כתיב אלה תולדות השמים והארץ בהבראם ביום עשות ה׳ אלהים כו׳

Ce n’est que le Chabbat, qui est la révélation du niveau de 'Hokhma (sagesse), qu’il est écrit : « Et Elokim acheva (vayekhal) » ; c’est-à-dire que le niveau et le rang d’Elokim prirent fin (kalsah), une limite et un terme ayant été posés à ce rang. Ce n’est qu’ensuite qu’il est écrit : « Voici les générations des cieux et de la terre lorsqu’ils furent créés, le jour où Havaya Elokim fit… », etc.,

Explication

Le Chabbat est la révélation de 'Hokhma, et la Torah dit à son sujet : « Et Elokim acheva (vayekhal) », ce que l’Admour Hazaken interprète ainsi : « Le niveau d’Elokim prit fin (kalsah). » Ce n’est qu’ensuite que la Torah dit : « le jour où Havaya Elokim fit » (Genèse 2:4), où le Nom Havaya apparaît pour la première fois dans le récit de la Création.

ששתף מדת ה׳ כו׳ וזהו ענין שבחצות לילה הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] משתעשע בנשמות הצדיקים ע״י עסק תורתם

car Il y joignit [à cela] l’attribut de Havaya, etc. Tel est le sens de [l’enseignement selon lequel], à minuit, le Saint béni soit-Il prend plaisir aux âmes des tsadikim par l’étude de la Torah à laquelle elles se consacrent :

Explication

Ensuite, le Nom Havaya fut joint à Elokim, faisant écho à l’enseignement des Sages selon lequel D.ieu joignit l’attribut de miséricorde à l’attribut de rigueur. L’Admour Hazaken revient alors à l’affirmation initiale : à minuit, D.ieu prend plaisir aux âmes des tsadikim par leur étude de la Torah.

דהיינו אחר שזוכר את החורבן שהיא נפילת וירידת בחי׳ עלמא דאתגליא בגלות והסתר פנים תהיה זאת נחמתו להיות גילוי בחי׳ השעשועים שלמעלה שהם מבחי׳ חכמה עילאה

c’est-à-dire qu’après qu’Il se souvient de la destruction, qui est la chute et la descente du niveau du monde révélé dans l’exil et la dissimulation de la Face, telle sera Sa consolation : qu’advienne la révélation du niveau des délices d’En haut, qui procèdent du niveau de la 'Hokhma suprême ;

Explication

Cela répond aux questions de la section 2. La destruction dont D.ieu se souvient à minuit est la chute du « monde révélé », la Chekhina, dans l’exil et la dissimulation ; Sa consolation est la révélation des « délices » d’en haut, qui procèdent de la 'Hokhma suprême.

והיינו ע״י עסק התורה להיות המשכת אור א״ס [אין סוף] ב״ה בחכמה ולהתלבש במדות כו׳ ועי״ז מתחיל עליית בחי׳ עלמא דאתגלייא מההסתר כו׳ כמבואר למעלה:

et cela par l’étude de la Torah, afin que la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, soit attirée dans 'Hokhma et s’enveloppe dans les attributs, etc. Par cela commence l’élévation du niveau du monde révélé hors de la dissimulation, etc., comme expliqué plus haut.

Explication

Cette révélation vient par l’étude de la Torah, qui attire la Lumière infinie dans 'Hokhma, puis de là dans les attributs. Grâce à cela, le monde révélé, la Chekhina, commence à sortir de sa dissimulation, comme l’a décrit la section 3 pour les heures qui suivent minuit.

Le paragraphe 4 en bref

La révélation et le voilement sont ainsi expliqués : les « pensées » profondes de D.ieu sont cachées, et Il conduit le monde par les attributs, qui répondent aux actes de l’homme ; toutefois, la Lumière infinie ne se révèle que par 'Hokhma, c’est-à-dire par la Torah, le plaisir de D.ieu. L’étude de la Torah par les tsadikim à minuit est donc Sa consolation après la destruction et inaugure l’élévation de la Chekhina.

Pour aller plus loin

Le « Père », dont le pardon dépasse ce que le péché peut atteindre, correspond au discours « Allez et contemplez », qui décrit un niveau de sainteté (kodesh) au-dessus de memalé et de sovev, à propos duquel il est dit : « Si tu es juste, que Lui donnes-tu ? » ; les péchés n’y causent aucun défaut. Le discours sur la Haggada explique que le Chabbat révèle les mo'hin d’Abba, supérieurs aux mo'hin d’Imma révélés lors des fêtes. L’Or HaTorah du Tséma’h Tsédek (cité dans la note de Kehot) résume ainsi le point concernant les six jours : le flux provient alors uniquement des six attributs par lesquels D.ieu conduit le monde ; cela reste du voilement, puisque la Lumière infinie réside principalement dans 'Hokhma.

Maré mekomot

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Myrrhe et épice : le parfum de l’iskafya ¶5

5ב אך הכח הזה לישראל להיות בהם וע״י המשכת אור א״ס [אין סוף] ב״ה בחכמה כי הרי הוא ית׳ למעלה מעלה מבחי׳ חכמה וכולם בחכמה עשית שהיא עשייה גשמיות

2. Mais [quant à] ce pouvoir qu’Israël possède, grâce auquel la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, est attirée en eux et par leur intermédiaire dans 'Hokhma (sagesse) — car Lui, béni soit-Il, est infiniment au-dessus du niveau de 'Hokhma, et « Tu les as tous faits avec sagesse », c’est-à-dire par une action matérielle —

Explication

La section 2 commence par une question au sujet de ce qui vient d’être dit. D.ieu Lui-même est infiniment au-dessus de 'Hokhma, et c’est de 'Hokhma que provient même la création matérielle (« Tu les as tous faits avec sagesse ») ; comment Israël peut-il donc avoir le pouvoir d’attirer dans ce niveau la Lumière infinie, qui transcende 'Hokhma ?

הנה ע״ז [על זה] נאמר אריתי מורי עם בשמי כו׳ כי הנה מור ובושם הם מיני ריח

à ce sujet, il est dit : « J’ai recueilli ma myrrhe avec mes aromates », etc. Car la myrrhe et les aromates sont des espèces de parfums.

Explication

La réponse se trouve dans la phrase suivante du verset : « J’ai recueilli ma myrrhe avec mes aromates. » La myrrhe et les aromates sont des parfums, et le parfum sera la clé de la réponse.

והנה אנו רואים שהריח מחזק המוח ומשיב את הנפש וריח זה של המור נעשה מדם חיה טמאה שנקרש כך

Or, nous voyons que le parfum fortifie le cerveau et ranime l’âme ; et ce parfum de myrrhe est produit à partir du sang d’un animal impur qui s’est coagulé. Ainsi,

Explication

Le parfum fortifie le cerveau et ranime l’âme. Le texte remarque que le parfum de myrrhe (mor) est produit à partir du sang coagulé d’un animal impur : quelque chose d’impur est donc transformé en parfum ; les parties suivantes appliquent cela au service divin.

הנה ע״י בחי׳ לאכפיא סט״א [סטרא אחרא] בסור מרע בתכלית דהיינו בשמירת כל ל״ת [לא תעשה] בפרטן ודקדוקן מד״ס שלא לעבור על אחת

par le niveau consistant à soumettre la sitra a'hra (l’autre côté), en « s’écartant du mal » de façon absolue — c’est-à-dire en observant toutes les interdictions dans leurs détails et leurs précisions, y compris celles des Scribes, afin de n’en transgresser aucune

Explication

L’équivalent dans le service de l’homme est l’iskafya, la soumission de la sitra a'hra (l’autre côté), en « s’écartant du mal » de façon absolue. Cela signifie observer chaque interdiction dans tous ses détails, y compris les précisions ajoutées par les Rabbins, sans en transgresser une seule.

מהנה ולכוף את היצה״ר [היצר הרע] ונפשו הבהמית שלא תמשך אחרי טבעה ורצונה וכמשל חיזוק וקרישות הדם של החיה הטמאה כך ע״י שיתחזק נגד כח המתאוה שלו

d’entre elles, et à contraindre le mauvais penchant et l’âme animale à ne pas se laisser entraîner par leur nature et leur volonté — de même que, dans l’image évoquée, le sang de l’animal impur se durcit et se coagule, ainsi, en se fortifiant contre la puissance de son désir,

Explication

Cela signifie également contraindre le mauvais penchant et l’âme animale à ne pas suivre leurs désirs naturels. De même que le sang de l’animal impur durcit et se coagule pour devenir de la myrrhe, celui qui se fortifie contre son propre désir produit un « parfum ».

אזי מזה נעשה בחי׳ ריח ניחוח לה׳ להיות עולה לה׳ ונכלל באור א״ס [אין סוף] ב״ה וכמ״ש וירח את ריח בגדיו בגדיו בחי׳ לבושים שהוא בחי׳ מקיף

il en résulte alors le niveau de « parfum agréable pour Havaya », qui s’élève vers D.ieu et est inclus dans la Lumière infinie, béni soit-Il. Comme il est écrit : « Il sentit le parfum de ses vêtements » : « ses vêtements » désigne le niveau des vêtements, qui est le niveau de la lumière enveloppante (makif) ;

Explication

Ce service devient un « parfum agréable pour Havaya », qui s’élève et est inclus dans la Lumière infinie elle-même. Le texte cite Isaac sentant « le parfum de ses vêtements » (Genèse 27:27) : les vêtements entourent le corps et représentent ainsi la lumière enveloppante (makif), un niveau qui dépasse la saisie intérieure.

וגם נעשה מבגדיו לשון בוגדיו כמו בגד בוגדים בגדו שע״י בחי׳ הרע כשנהפך לטוב נעשה בחי׳ ריח שעי״ז ויברכהו ויתן לך מטל השמים פי׳ שמים הוא בחי׳ חכמה שם מים מקור הליחות שבמוח כו׳

et de « ses vêtements » (begadav) vient aussi l’expression « ses traîtres » (bogdav), comme dans « Les traîtres ont trahi » (beged). Car le niveau du mal, lorsqu’il est transformé en bien, devient un niveau de parfum ; et par cela, « il le bénit » : « Qu’Il te donne de la rosée des cieux. » Autrement dit, « les cieux » (chamayim) désignent le niveau de 'Hokhma, sham mayim (« il y a de l’eau »), source de l’humidité du cerveau, etc. ;

Explication

Les Sages lisent begadav, « ses vêtements », comme bogdav, « ses traîtres », comme dans « Les traîtres ont trahi » (Isaïe 24:16) : le mal lui-même, une fois transformé en bien, devient un parfum. C’est ainsi qu’Isaac bénit Jacob en lui disant : « Qu’Il te donne de la rosée des cieux » (Genèse 27:28). « Les cieux » (chamayim) se lit sham mayim, « il y a de l’eau », ce qui représente 'Hokhma, source de l’humidité du cerveau.

וטל השמים הוא בחי׳ המשכת אור א״ס [אין סוף] ב״ה שנמשך בחכמה כו׳ (ועמ״ש מזה בפ׳ תולדות סד״ה ראה ריח בני כו׳)

et « la rosée des cieux » désigne le niveau de l’attraction de la Lumière infinie, béni soit-Il, qui est attirée dans 'Hokhma, etc. (Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans la paracha Toldot, à la fin du discours commençant par « Vois, le parfum de mon fils », etc.)

Explication

La « rosée des cieux » désigne l’attraction de la Lumière infinie dans 'Hokhma, précisément ce dont la section 1 demandait l’explication. La parenthèse renvoie à un discours sur la paracha Toldot, « Vois, le parfum de mon fils », pour approfondir ce sujet.

וזהו אריתי מורי פי׳ הריח של המור בשמירת מצות ל״ת [לא תעשה] עם בשמי הוא בחי׳ הריח מכל שאר עצי בשם שהוא בחי׳ לאכפייא סט״א [סטרא אחרא] בשמירתמ״ע

Et telle est [la signification de] « J’ai recueilli ma myrrhe » : c’est-à-dire le parfum de la myrrhe, dans l’observance des mitsvot négatives. « Avec mes aromates » désigne le niveau du parfum de tous les autres arbres aromatiques, qui correspond au fait de soumettre la sitra a'hra dans l’observance des mitsvot positives :

Explication

Le verset est maintenant appliqué ainsi : « J’ai recueilli ma myrrhe » désigne le parfum produit par l’observance des interdits, tandis que « avec mes aromates », le parfum de toutes les autres épices, désigne l’iskafya dans l’accomplissement des mitsvot positives.

דהיינו לכוף טבעו בלמוד התורה יותר מהרגילות ובנתינת הצדקה יותר מטבעו וכן בזריזות קיום כל המצות ולהסיר כל מונע מבית ומבחוץ שע״י

c’est-à-dire contraindre sa propre nature dans l’étude de la Torah, en étudiant davantage qu’on n’en a l’habitude, donner la tsédaka au-delà de ce que sa nature lui dicterait, et de même accomplir toutes les mitsvot avec empressement, et écarter tout obstacle, de l’intérieur comme de l’extérieur. Car, par

Explication

L’aspect positif de l’iskafya consiste à dépasser sa propre nature : étudier davantage de Torah qu’on n’en a l’habitude, donner plus de tsédaka que ce qui vient naturellement, accomplir chaque mitsva avec empressement et surmonter tout obstacle, qu’il vienne de soi-même ou de l’extérieur.

בחי׳ לאכפייא בסור מרע ועשה טוב זוכה להיות מזה בחי׳ ריח חזק העולה למעלה שעי״ז ישיב את הנפש שיהיה המשכת אור א״ס [אין סוף] ב״ה בחכמה כו׳

le fait de soumettre [la sitra a'hra] en « s’écartant du mal et en faisant le bien », on mérite que de cela émane un parfum puissant qui s’élève en haut et, par lequel, l’âme est ranimée : que la Lumière infinie, béni soit-Il, soit attirée dans 'Hokhma, etc.

Explication

Par l’iskafya, à la fois en « s’écartant du mal et en faisant le bien », un parfum puissant s’élève en haut et, comme un parfum, « ranime l’âme » : il attire la Lumière infinie dans 'Hokhma. Cela répond à la question posée dans cette section : ce qui s’élève à la suite d’un tel service atteint la Lumière infinie elle-même, au-dessus de 'Hokhma, et l’attire ainsi vers le bas.

(ועמ״ש בד״ה ואהי׳ [ואהיה] אצלו אמון ואהיה שעשועים בפי׳ אני תורתך שעשעתי ועמ״ש בד״ה אני ישנה ובד״ה יונתי כו׳):

(Et voyez ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et j’étais auprès de Lui comme un nourrisson, et j’étais [Son] délice », à propos du sens de « Je me suis délecté de Ta Torah » ; et voyez ce qui est écrit dans le discours commençant par « Je dors », et dans celui qui commence par « Ma colombe », etc.)

Explication

La parenthèse renvoie le lecteur à trois autres discours : « Et j’étais auprès de Lui comme un nourrisson », à propos de « Je me suis délecté de Ta Torah » (Psaumes 119:70) ; « Je dors » ; et « Ma colombe ».

Le paragraphe 5 en bref

Le pouvoir d’Israël d’attirer dans 'Hokhma la Lumière infinie, qui transcende 'Hokhma, provient de l’iskafya, qui consiste à dominer la sitra a'hra en s’abstenant du mal (« la myrrhe ») et en faisant le bien au-delà de sa nature (« les aromates »). À l’image d’un parfum, cela s’élève vers la Lumière infinie et fait descendre la « rosée des cieux », c’est-à-dire la Lumière infinie attirée dans 'Hokhma.

Pour aller plus loin

Le discours « Je dors » (note Kehot 32:20) expose le même principe ainsi : un éveil d’en bas suscite une révélation de la dimension intérieure de la volonté de D.ieu, et le plaisir suprême provenant de la Lumière infinie qui entoure tous les mondes, « source des délices », vient s’envelopper dans la Torah et les mitsvot qui sont devant nous ; le pouvoir de cette attraction d’en haut, au-delà de l’enchaînement descendant des mondes, dépend de l’éveil d’en bas.

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    אני תורתך שעשעתי · Psalms 119:70
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    בד״ה אני ישנה · לקמן לד, א.
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    ובד״ה יונתי · לעיל טז, ד ואילך.

Ma forêt avec Mon miel : les anges ¶6

6אכלתי יערי עם דבשי. פי׳ יערי נק׳ המלאכים שהם נק׳ עצי שטים עומדים ונק׳ עומדים כמו שרפים עומדים כו׳ ועליהם נאמר ויצמח ה׳ אלהים כו׳

« J’ai mangé mon rayon de miel (yaari) avec mon miel. » Voici l’explication : les anges sont appelés « ma forêt » (yaari), car ils sont désignés comme « du bois d’acacia, debout », et sont appelés « ceux qui se tiennent debout », comme dans « des Séraphins se tenaient debout », etc. C’est à leur sujet qu’il est dit : « Et Havaya Elokim fit pousser », etc.,

Explication

La phrase suivante est : « J’ai mangé mon yaari avec mon miel » ; l’Alter Rebbe interprète yaari comme « ma forêt », c’est-à-dire les anges. Ils sont appelés des arbres, « du bois d’acacia, debout » (Exode 26:15), et sont décrits comme « se tenant debout », à l’image des « Séraphins se tenant debout au-dessus de Lui » (Isaïe 6:2). À leur sujet également, il est dit que D.ieu fit pousser des arbres dans le jardin d’Éden (Genèse 2:9).

כל עץ נחמד למראה וטוב למאכל שהם בחי׳ המאכל שבהם וע״י מגיע ההשפעה לישראל ולכל העולם הן ברוחניות הן בגשמיות כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] אין לך עשב מלמטה שאין לו מלאך מלמעלה כו׳

« tout arbre agréable à voir et bon à manger » : cela correspond au niveau de la nourriture qui se trouve en eux ; par leur intermédiaire, le flux d’influence parvient à Israël et au monde entier, tant sur le plan spirituel que matériel, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Il n’est pas de brin d’herbe ici-bas qui n’ait un ange au-dessus de lui », etc.

Explication

Les arbres étaient « bons à manger », et cette nourriture est ce que les anges transmettent : par leur intermédiaire, le flux divin parvient à Israël et au monde entier, tant sur le plan spirituel que matériel. Les Sages enseignent que chaque brin d’herbe ici-bas a un ange au-dessus de lui ; la note de Kehot observe que le Midrach lui-même (Bereishis Rabbah 10:6) dit « mazal », une constellation, plutôt qu’« ange ».

גם ברוחניות ההשפעה להיות חכמה ובינה כו׳ הגם כי ה׳ יתן חכמה הנה המלאכים הם השלוחים שהם שלוחי ההשפעה

Il en va ainsi également sur le plan spirituel : le flux [qui apporte] 'Hokhma et Bina, etc. Bien que « Havaya donne la sagesse », les anges sont les messagers, car ils sont les agents de ce flux.

Explication

Même les dons spirituels, tels que la sagesse et la compréhension, parviennent par l’intermédiaire des anges. D.ieu en est le donateur, comme le dit le verset : « Havaya donne la sagesse » (Proverbes 2:6), mais les anges sont les messagers qui acheminent le flux.

כי להיות אור א״ס [אין סוף] ב״ה יורד ומשתלשל כ״כ [כל כך] א״א [אי אפשר] כ״א [כי אם] ע״י צמצומים רבים במדרגות שונות וכמה דרגין על דרגין כו׳

Car il est impossible que la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, descende et se déploie aussi loin sans de nombreux tsimtsoumim à différents niveaux, « et combien de niveaux les uns au-dessus des autres », etc.

Explication

La raison en est que la Lumière infinie ne peut descendre aussi loin sans de nombreux tsimtsoumim, à de multiples niveaux différents, « des niveaux les uns au-dessus des autres ».

והם הם בחי׳ המלאכים שבכל עולם שהם כלים לאור א״ס [אין סוף] ב״ה שמתצמצם ומתלבש בתוכם ומהם מקבלים נש״י [נשמות ישראל] אהבתם ויראתם לה׳ ועד״ז [ועל דרך זה] תקנו יוצר אור כו׳

Et ces niveaux sont précisément ceux des anges qui se trouvent dans chaque monde ; ils sont des réceptacles pour la Lumière infinie, béni soit-Il, qui se contracte et s’enveloppe en eux. C’est d’eux que les âmes d’Israël reçoivent leur amour et leur crainte de D.ieu. C’est dans cette optique que [les Sages] instituèrent [la bénédiction] « Qui forme la lumière », etc. :

Explication

Ces niveaux sont les anges de chaque monde, qui servent de réceptacles à la lumière contractée. Les âmes d’Israël reçoivent d’eux leur amour et leur crainte de D.ieu ; c’est pourquoi la bénédiction du matin « Qui forme la lumière », récitée avant le Chema, décrit les anges.

איך שהמלאכים עומדים ברום עולם ומשמיעים ביראה כו׳ וכמשל מי שבא לפני מלך גדול שתפול עליו אימה ופחד מפני ראותו כמה שרים ונכבדי ארץ נופלים על פניהם

comment les anges « se tiennent dans les hauteurs du monde et proclament avec crainte », etc. — comme dans l’exemple de quelqu’un qui se présente devant un grand roi : la crainte et l’effroi s’emparent de lui lorsqu’il voit combien de ministres et de nobles du pays se prosternent face contre terre.

Explication

La bénédiction décrit les anges qui se tiennent dans les hauteurs du monde et proclament avec crainte. C’est comme quelqu’un qui se présente devant un grand roi et qui est saisi d’effroi en voyant des ministres et des nobles se prosterner face contre terre devant lui.

והרי קבלת יראה זו מן השרים וכן ברכת אהבת עולם איך שאהבה וחמלה יתירה חמלת כו׳

Ainsi, cette crainte est reçue des ministres. De même, la bénédiction « Avec un amour éternel » évoque l’amour et « la compassion abondante dont Tu as eu compassion [pour nous] », etc.

Explication

La crainte est donc reçue des « ministres », c’est-à-dire des anges. La bénédiction suivante, « Avec un amour éternel », agit de même pour l’amour : elle parle de l’amour de D.ieu et de Son immense compassion envers Israël.

וקרבתנו לשמך הגדול כי הנה חיות המלאכים הוא מרוח פיו ית׳ משא״כ ישראל עלו במחשבה כו׳

« et Tu nous as rapprochés de Ton grand Nom. » Car la force vitale des anges provient du « souffle de Sa bouche », béni soit-Il, tandis qu’Israël « s’éleva dans [Sa] pensée », etc.

Explication

La bénédiction poursuit : « Tu nous as rapprochés de Ton grand Nom. » Les anges tirent leur force vitale du « souffle de Sa bouche », c’est-à-dire de la parole de D.ieu, tandis qu’Israël « s’éleva dans [Sa] pensée » (Bereishis Rabbah 1:4), une racine infiniment plus profonde.

ועי״ז נתעורר בו אהבה מפני ראותו התקרבותו למלך אחרי ראותו שרים רבים ונכבדים ועכ״ז [ועם כל זה] אינן קרובים כ״כ [כל כך] למלך (ועיין מ״ש מזה באריכות בסש״ב [בספר של בינונים] פמ״ו)

Et par là, l’amour s’éveille en lui, car il voit sa propre proximité avec le roi après avoir vu de nombreux ministres éminents et honorés qui, malgré tout, ne sont pas aussi proches du roi. (Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet en détail dans le Sefer Shel Beinonim, chapitre 46.)

Explication

Celui qui voit des ministres éminents et honorés, qui pourtant ne sont pas aussi proches du roi que lui, éprouve de l’amour pour le roi. De même, la contemplation des anges, qui sont plus éloignés de D.ieu qu’Israël, éveille l’amour pour Lui. Le texte renvoie au chapitre 46 du Tanya (Sefer Shel Beinonim), où ce sujet est développé en détail.

נמצא מקבלים נש״י [נשמות ישראל] אהוי״ר [אהבה ויראה] ע״י המלאכים (ועמ״ש מזה בד״ה כנשר יעיר קנו) וכן זה לעומת זה כל ההשפעה לס״א [לסטרא אחרא] להיות תענוג גשמי וחכמה גשמיות הוא ג״כ

Il s’ensuit que les âmes d’Israël reçoivent amour et crainte par l’intermédiaire des anges. (Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Comme un aigle qui réveille son nid ».) De même, « l’un en regard de l’autre » : tout le flux d’influence vers la sitra a'hra (l’autre côté), pour devenir plaisir physique et sagesse physique, l’est également

Explication

Ainsi, les âmes d’Israël reçoivent amour et crainte par l’intermédiaire des anges ; le discours « Comme un aigle qui réveille son nid » est cité pour davantage d’explications à ce sujet. En parallèle, de l’autre côté, le flux qui devient plaisir physique et sagesse profane pour la sitra a'hra passe lui aussi par l’intermédiaire des anges.

ע״י המלאכים שזה לעומת זה עשה אלהים מדרגות הטומאה נגד מדרגות הקדושה והאדם הוא בעל בחירה לבחור הטוב ולעשות עצמו מרכבה לקדושה שיושפע לו שפע אלהות ע״י מלאכים הקדושים

par l’intermédiaire des anges, car « D.ieu a fait l’un en regard de l’autre » : il existe des degrés d’impureté opposés aux degrés de sainteté. L’homme a le libre arbitre : il peut choisir le bien et faire de lui-même un char pour la sainteté, afin que le flux de divinité lui soit dispensé par l’intermédiaire des anges saints.

Explication

Car « D.ieu a fait l’un en regard de l’autre » (Ecclésiaste 7:14) : à chaque degré de sainteté correspond un degré d’impureté. L’homme a le libre arbitre de choisir le bien et de faire de lui-même un « char », un véhicule de la sainteté ; le flux divin lui parvient alors par l’intermédiaire des anges saints.

וזהו יערי עם דבשי דבשי פי׳ מיני מתיקות שהם כל הפירות של העצים הנ״ל שכל הפירות נקראים ע״ש [עיין שם] מתיקות

Et c’est là le sens de « Ma forêt avec Mon miel ». « Mon miel » désigne différentes sortes de douceur, c’est-à-dire tous les fruits des arbres mentionnés plus haut, car tous les fruits sont désignés par la douceur.

Explication

« Mon miel » représente la douceur, le fruit de ces arbres que sont les anges, car les fruits sont désignés par leur douceur.

והיינו בחי׳ התפעלות הנפש שנמשך מחמת ההשפעה של המלאכים ביוצר אור ואהבה ולכן נק׳ פירות היער

C’est-à-dire le niveau de l’émotion de l’âme, qui découle de l’influence des anges dans [les bénédictions] « Qui forme la lumière » et « Amour » ; c’est pourquoi ils sont appelés « les fruits de la forêt »,

Explication

Ce fruit est la réaction émotionnelle de l’âme : l’amour et la crainte éveillés chez l’homme par l’influence des anges dans les bénédictions « Qui forme la lumière » et « d’un amour éternel ». C’est pourquoi il est appelé « le fruit de la forêt ».

שהרי אהוי״ר [אהבה ויראה] זו דישראל נולדה ונמשכה ע״י עצי היער שהן המלאכים וכ״ז [וכל זה] הוא בחי׳ אכלתי כי

car cet amour et cette crainte d’Israël naissent et découlent des arbres de la forêt, qui sont les anges. Tout cela relève du niveau de « J’ai mangé ». Car

Explication

L’amour et la crainte d’Israël naissent des « arbres de la forêt », c’est-à-dire des anges. L’Admour Hazaken explique à présent pourquoi tout cela est appelé « J’ai mangé ».

הנה על המלאכים נאמר וטוב למאכל שהוא כמשל המאכל המחיה את האדם עכ״ז [עם כל זה] האדם הוא במעלה יותר ממנו והמאכל מתעלה ע״י האדם שמדצ״ח [שמדומם צומח חי] נעשה בחי׳ אדם כך ע״י שמקבלים ישראל מהמלאכים מתעלים המלאכים על ידם

Il est dit des anges qu’ils sont « bons à manger », ce qui correspond à l’image de la nourriture qui donne la vie à l’homme : pourtant, l’homme est d’un rang supérieur à elle, et la nourriture est élevée par l’homme, puisque ce qui relève de l’inanimé, du végétal et de l’animal devient le niveau de l’homme. De même, lorsqu’Israël reçoit des anges, ceux-ci sont élevés par lui.

Explication

Les anges sont les arbres « bons à manger ». La nourriture entretient l’homme, tout en étant d’un rang inférieur au sien, et il l’élève : ce qui était minéral, végétal ou animal devient partie intégrante d’un être humain. De même, lorsque Israël reçoit des anges, ceux-ci sont élevés par lui.

כי הרי נשמות ישראל עולים למעלה הגבה יותר ע״י מס״נ [מסירות נפש] באחד שעי״ז נעשה בחי׳ לאשתאבא בגופא דמלכא ולמהוי אחד באחד ממש משא״כ המלאכים מצד עצמם אין יכולים לתאחד כ״כ [כל כך]

Car les âmes d’Israël s’élèvent bien plus haut par le sacrifice de soi (messirout néfech) dans [le mot] « Un » ; par là, elles atteignent le niveau de « s’absorber dans le corps du Roi » et de « devenir véritablement un avec l’Un ». Les anges, en revanche, ne peuvent, par eux-mêmes, s’unir à ce point.

Explication

Les âmes d’Israël s’élèvent plus haut que les anges par le sacrifice de soi (messirout néfech) lorsqu’elles prononcent le mot « Un » du Chéma. Cela les conduit à « s’absorber dans le corps du Roi » (Zohar 1:217b) et à devenir véritablement un avec l’Un. Les anges, par eux-mêmes, ne peuvent s’unir à D.ieu à ce degré.

(ועמ״ש בד״ה כה אמר כו׳ ונתתי לך מהלכים בין העומדים ובד״ה כנשר יעיר הנ״ל וע״פ וכל בניך בענין כתפוח בעצי היער ועמ״ש מענין אכלתי יערי עם דבשי בד״ה אני ישנה ולבי ער הנ״ל):

(Et voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Ainsi parle », etc., à propos de « Je te donnerai des lieux où marcher parmi ceux qui se tiennent debout » ; dans le discours commençant par « Comme un aigle réveille », mentionné plus haut ; ainsi que sur le verset « Et tous tes enfants », à propos de « Comme un pommier parmi les arbres de la forêt » ; et voir ce qui est écrit au sujet de « J’ai mangé mon rayon de miel avec mon miel », dans le discours commençant par « Je dors, mais mon cœur veille », mentionné plus haut.)

Explication

La parenthèse énumère d’autres développements : le discours « Ainsi parle », sur « Je te donnerai des lieux où marcher parmi ceux qui se tiennent debout » (Zacharie 3:7) ; « Comme un aigle réveille » ; le discours sur « Et tous tes enfants » (Isaïe 54:13), concernant « Comme un pommier parmi les arbres de la forêt » (Cantique des Cantiques 2:3) ; et « Je dors, mais mon cœur veille » (Cantique des Cantiques 5:2), au sujet de cette même expression.

Le paragraphe 6 en bref

« J’ai mangé ma forêt avec mon miel » s’explique ainsi : les anges sont la « forêt » par laquelle passent le flux divin ainsi que l’amour et la crainte d’Israël ; le « miel » est cet amour et cette crainte, qui en sont les fruits. Le fait que D.ieu « mange » désigne l’élévation des anges par Israël, dont le sacrifice de soi lorsqu’il proclame « Un » l’unit à D.ieu plus profondément que les anges ne le peuvent.

Pour aller plus loin

Le discours « Je dors » (note 32:26 de Kehot) interprète cette phrase comme se rapportant au Chema et à ses bénédictions : « ma forêt » désigne les anges, qui se tiennent avec crainte et aspirent à être inclus dans la Lumière infinie ; cette annulation de soi est appelée « manger », à l’image de la nourriture assimilée par les membres et unie au sang de l’âme. « Mon miel » désigne les âmes, fruits de la forêt, qui ont douceur et plaisir. Les 248 mots du Chema correspondent aux 248 membres de l’être humain : ceux-ci s’annulent et s’incluent dans l’« Homme » céleste, ce que le Zohar appelle « être absorbé dans le corps du Roi ».

Maré mekomot

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    אכלתי יערי עם דבשי · Song of Songs 5:1
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    בד״ה . . ונתתי לך מהלכים · תו״א פ׳ וישב.
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    ונתתי לך מהלכים בין העומדים · Zechariah 3:7
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    וע״פ וכל בניך · לעיל פ׳ ראה ל, ב.
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    וכל בניך · Isaiah 54:13
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    כתפוח בעצי היער · Song of Songs 2:3
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    אני ישנה ולבי ער · Song of Songs 5:2

Mon vin avec Mon lait ¶7–8

7שתיתי ייני עם חלבי. ייני הוא בחי׳ יין המשמח אלהים כו׳ וחלבי פי׳ עד״מ [על דרך משל] כמו חלב המגדל את הלד שע״י יניקתו מהחלב נעשה גידול אבריו כך

« J’ai bu mon vin avec mon lait. » « Mon vin » désigne le niveau du « vin qui réjouit Elokim », etc. Et « mon lait » signifie, par analogie, le lait qui fait grandir un enfant : en tétant le lait, ses membres grandissent. Ainsi,

Explication

La phrase suivante est : « J’ai bu mon vin avec mon lait. » « Mon vin » fait allusion au « vin qui réjouit Elokim » (Juges 9:13) ; « mon lait » est comparé au lait qui fait grandir les membres d’un enfant nourri au sein.

הנה בחי׳ גילוי אלהותו מחכמתו ית׳ הוא מגדל את המדות שבנפש וניתוסף בהם תוספת אורה ודביקות הנפש באלהים חיים ועד״ז [ועל דרך זה] תקנו ברכות אמצעות של תפלת י״ח ברוך חונן הדעת ברוך הרוצה בתשובה כו׳

le niveau de la révélation de Sa divinité, issue de Sa sagesse, béni soit-Il, fait grandir les attributs émotionnels (midot) de l’âme ; ils reçoivent ainsi un surcroît de lumière, et l’âme s’attache davantage au D.ieu vivant. C’est dans cet esprit que [les Sages] instituèrent les bénédictions intermédiaires de la Prière des Dix-Huit [bénédictions] : « Béni [sois-Tu], qui accordes gracieusement la connaissance », « Béni [sois-Tu], qui désires la techouva (retour) », etc.,

Explication

De même, la révélation de la divinité qui provient de la 'Hokhma de D.ieu fait « grandir » les émotions de l’âme, en leur ajoutant lumière et proximité de D.ieu. Les bénédictions intermédiaires de l’Amida, telles que « qui accorde gracieusement la connaissance » et « qui désire la techouva », furent instituées dans cet esprit.

להיות תוספ׳ [תוספת] ברכה והמשכת גילוי אלהות נמשך בבחי׳ דעת ותשובה וסליחה כו׳ וכשם שהוא מלמטה למעלה כך הוא למעלה ענין שתיתי ייני יין המשמח אלהים

afin qu’il y ait un surcroît de bénédiction et que le dévoilement de la divinité se déverse dans le niveau de la connaissance (Daat), de la techouva et du pardon, etc. Et de même que cela se produit d’en bas vers le haut, ainsi en est-il en haut : telle est la signification de « J’ai bu mon vin », du « vin qui réjouit Elokim » ;

Explication

Chacune de ces bénédictions ajoute un influx de divinité révélée dans un domaine particulier : la connaissance, la techouva, le pardon, etc. Ce qui se produit chez l’homme, d’en bas vers le haut, a son équivalent en haut ; le Rabbi explique maintenant « J’ai bu mon vin » dans son application en haut.

היינו בחי׳ אלקים וצמצום המסתירים את אור החכמה שבמדותיו ית׳ נמשך בחי׳ יין ויוצא סוד שנמשך ההעלם דעלמא דאתכסיא בבחי׳ גילוי אור כו׳.

c’est-à-dire le niveau d’Elokim et du tsimtsoum (contraction), qui dissimulent la lumière de la 'Hokhma (sagesse) présente dans Ses attributs, béni soit-Il : le niveau du vin se déverse alors, et « un secret sort », car ce qui était caché dans le monde caché (alma de’iskasya) se déverse dans un état de lumière révélée, etc.

Explication

En haut, le « vin » agit sur le niveau d’Elokim et du tsimtsoum, qui dissimulent la lumière de la 'Hokhma au sein des attributs de D.ieu. Selon l’enseignement des Sages, lorsque le vin entre, « le secret sort » : ce qui était caché dans le monde caché se révèle sous forme de lumière dévoilée.

Le paragraphe 7 en bref

« Mon vin avec mon lait » est expliqué ainsi : le « lait » est le dévoilement de la divinité issue de la 'Hokhma, qui fait grandir les émotions de l’âme, comme le demandent les bénédictions intermédiaires de l’Amida ; le « vin », en haut, fait sortir le « secret », transformant la dissimulation d’Elokim et du tsimtsoum en lumière révélée.

Maré mekomot

  1. 1
    שתיתי ייני עם חלבי · Song of Songs 5:1
  2. 2
    המשמח אלהים · Judges 9:13

8ועמ״ש בד״ה ענין נסכים ועד״ז [ועל דרך זה] הוא ענין חלבי היינו המשכת גילוי אור א״ס [אין סוף] ב״ה במדותיו שיתנהגו המדות בבחי׳ גדלות ובבחי׳ תוספת וריבוי נקרא בשם חלב

Et voyez ce qui est écrit dans le discours intitulé « Le sens des libations ». Dans le même ordre d’idées, le sens de « mon lait » est le suivant : la révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, est attirée dans Ses attributs, de sorte que ceux-ci agissent dans un état de grandeur (gadlout), avec un accroissement et une abondance ; [cela] est appelé « lait ».

Explication

Après un renvoi au discours « Le sens des libations », l’Alter Rebbe explique le « lait » dans les mondes supérieurs : c’est la révélation de la Lumière infinie attirée dans les attributs de D.ieu, afin qu’ils agissent dans un état de « grandeur » (gadlout), élargi et accru. Cet accroissement est ce que l’on appelle « lait ».

וזהו ענין י״ב ברכות אמצעיות שע״י הברכה בא״י [ברוך אתה ה׳] שהוא תוספת וריבוי האור במדותיו ית׳ נמשך להיות חונן הדעת כו׳ סלח לנו כו׳

Tel est le sens des douze bénédictions centrales : par la bénédiction « Béni sois-Tu, D.ieu », qui accroît et multiplie la lumière dans Ses attributs, béni soit-Il, celle-ci est attirée vers le bas pour devenir « Celui qui accorde généreusement la connaissance », etc., « Pardonne-nous », etc.,

Explication

Voilà le contenu intérieur des bénédictions centrales de la Amida. Chaque « Béni sois-Tu, D.ieu » ajoute de la lumière aux attributs de D.ieu, et cette lumière supplémentaire se déverse ensuite sous la forme du don particulier demandé, tel que la connaissance ou le pardon.

וכמבואר למעלה בענין אב הרחמן כו׳ (ועיין מענין בחי׳ חלב בפ׳ תרומה בד״ה מי יתנך כאח לי יונק שדי אמי):

comme cela a été expliqué plus haut à propos du « Père miséricordieux », etc. (Voyez aussi, au sujet du niveau du lait, dans la paracha Terouma, le discours intitulé « Si seulement tu étais pour moi comme un frère, nourri aux seins de ma mère ».)

Explication

Cela renvoie à la section 4, où le pardon était rattaché au « Père », le niveau de 'Hokhma que la faute n’atteint pas. La parenthèse renvoie à un discours sur la paracha Terouma, « Si seulement tu étais pour moi comme un frère, nourri aux seins de ma mère » (Chant des chants 8:1), qui développe davantage la notion de « lait ».

Le paragraphe 8 en bref

Dans les mondes supérieurs, le « lait » désigne la Lumière infinie attirée dans les attributs de D.ieu, afin qu’ils agissent dans un état de « grandeur » élargi. C’est ce que produit chacune des bénédictions « Béni sois-Tu, D.ieu » dans les bénédictions centrales de la Amida, avant que la demande particulière ne se déverse vers le bas.

Maré mekomot

  1. 1
    ועמ״ש בד״ה ענין נסכים · לעיל שלח מב, ג.
  2. 2
    מי יתנך כאח לי יונק שדי אמי · Song of Songs 8:1

Mangez, amis ¶9

9אכלו רעים. הנה צדיקים נק׳ ריעים למקום כמ״ש למען אחי ורעי אדברה נא שלום בך

« Mangez, amis. » Or, les tsadikim sont appelés les « amis » de Celui qui est partout, comme il est écrit : « Pour mes frères et mes amis, je dirai maintenant : que la paix soit en toi. »

Explication

La phrase suivante est : « Mangez, amis. » Les tsadikim sont appelés les « amis » de D.ieu, comme dans « Pour mes frères et mes amis » (Psaumes 122:8).

והיינו ע״י עסק התורה שבה מלובש אוא״ס [אור אין סוף] ב״ה נמשך אור א״ס [אין סוף] ב״ה על נפשו וכמ״ש ודברי אשר שמתי בפיך ודברי ממש

Cela se réalise par l’étude de la Torah, dans laquelle est revêtue la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il : la Lumière infinie, béni soit-Il, se répand alors sur son âme, comme il est écrit : « Et Mes paroles que J’ai mises dans ta bouche » — « Mes paroles », véritablement.

Explication

Cette amitié s’établit par l’étude de la Torah. La Lumière infinie est revêtue dans la Torah ; l’étudier attire donc cette lumière sur l’âme de celui qui l’étudie. « Mes paroles que J’ai mises dans ta bouche » (Isaïe 59:21) sont littéralement les paroles mêmes de D.ieu.

ואמרו מתניתא מלכתא שהרי המשנה הוא כמלך שמצווה שרוח ה׳ ממה הוא דבר ההלכה המדבר בו דין זה או הלכ׳ [הלכה] זו היא כך וכך כו׳

Et [les Sages] ont dit : « La Michna est une reine » (masnita malkata), car la Michna est comme un roi qui ordonne : le souffle même de D.ieu est la parole de la halakha qui s’y exprime, [disant] : « Cette loi, ou cette halakha, est ainsi et ainsi », etc.

Explication

L’expression du Talmud « la Michna est une reine » (Beitzah 28b) est comprise en ce sens que la Michna gouverne comme un monarque : lorsqu’elle énonce « cette loi est ainsi », c’est le souffle même de D.ieu qui parle. (Le texte imprimé comporte ici un mot, ממה, qui semble être une erreur d’impression, probablement pour ממש, « elle-même » ; la traduction suit cette lecture.)

וע״ז [ועל זה] ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] יהיו בעיניך כאלו נתנה היום מהר חורב שנאמר והודעתם לבניך ולבני בניך יום אשר עמדת כו׳

À ce sujet, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Qu’elles soient à vos yeux comme si elles avaient été données aujourd’hui depuis le mont ‘Horev, ainsi qu’il est dit : “Et tu les feras connaître à tes enfants et aux enfants de tes enfants, le jour où tu t’es tenu…” », etc. ;

Explication

Les Sages enseignent que les paroles de la Torah doivent être à nos yeux comme si elles avaient été données aujourd’hui au Sinaï (‘Horev). Ils fondent cet enseignement sur les versets qui associent « tu les feras connaître à tes enfants » et « le jour où tu t’es tenu devant Havaya, ton D.ieu, à ‘Horev » (Deutéronome 4:9–10).

שאותו דבר ה׳ ממש שדבר ה׳ פא״פ [פנים אל פנים] הוא השכון ומתלבש בו בעת הזאת בשעה שלומד לפיכך נעשה בחי׳ ריע כאלו כביכול תרין ריעין דלא מתפרשין שהתורה

car cette parole même de D.ieu, que D.ieu a prononcée face à face, est ce qui demeure et se revêt en lui en ce moment, à l’heure où il étudie. Il devient ainsi le niveau d’un « ami », comme si, pour ainsi dire, ils étaient « deux amis qui ne se séparent jamais ». Car la Torah,

Explication

La parole même que D.ieu a prononcée face à face au Sinaï demeure dans la personne au moment où elle étudie. Elle devient donc l’« amie » de D.ieu, selon l’expression du Zohar au sujet de 'Hokhma et Bina : « deux amis qui ne se séparent jamais ».

שהיא בחי׳ חכמה שהוא עדן ותענוג העליון וכמ״ש ואהיה שעשועים ושעשועים אלו הם שעשועי את בני אדם ונמצא אור א״ס [אין סוף] ב״ה שוה למטה כמו למעלה ממש.

qui est le niveau de 'Hokhma (sagesse), l’Éden et le plaisir suprêmes, comme il est écrit : « J’étais [Son] délice », et ces délices sont « Mes délices auprès des fils de l’homme ». Il s’ensuit que la Lumière infinie, béni soit-Il, est véritablement la même ici-bas qu’en haut.

Explication

La Torah est 'Hokhma, l’« Éden » et le plaisir suprêmes, le « délice » de Proverbes 8:30 ; ces délices sont « auprès des fils de l’homme » (Proverbes 8:31). Ainsi, dans l’étude de la Torah, la Lumière infinie est présente ici-bas exactement comme en haut.

וכמ״ש סד״ה ביום השמע״צ [השמיני עצרת] וע״ז [ועל זה] נאמר אכלו רעים בבחי׳ אכילה דהיינו כמ״ש ותורתך בתוך מעי.

Comme il est écrit à la fin du discours commençant par « Le jour de Chemini Atséret ». À ce sujet, il est dit : « Mangez, amis », selon la modalité de la nourriture, c’est-à-dire comme il est écrit : « Et Ta Torah est au-dedans de mes entrailles. »

Explication

Après un renvoi au discours sur Chemini Atséret, l’Admour Hazaken explique pourquoi le verset dit « mangez » : manger, c’est faire entrer quelque chose en soi. La Torah devient ainsi partie intégrante de celui qui l’étudie, comme dans « Ta Torah est au-dedans de mes entrailles » (Psaumes 40:9).

(ועמ״ש מענין אכלו רעים בפ׳ משפטים ע״פ ויחזו את האלקים כו׳ ע״ש [עיין שם] ועמ״ש עוד מענין אחים למקום בפ׳ מקץ בד״ה רני ושמחי גבי לא זז מחבבה עד שקראה אחותי ובד״ה מי יתנך כאח לי):

(Et voyez ce qui est écrit au sujet de « Mangez, amis » dans la paracha Michpatim, sur le verset « Et ils contemplèrent D.ieu », etc. ; voyez là-bas. Voyez aussi ce qui est écrit au sujet des « frères » de Celui qui est partout, dans la paracha Mikets, dans le discours commençant par « Chante et réjouis-toi », à propos de « Il ne cessa de la chérir jusqu’à ce qu’Il l’appelle “Ma sœur” » ; ainsi que dans le discours commençant par « Si seulement tu étais pour moi comme un frère ». )

Explication

Cette parenthèse renvoie à d’autres développements : celui sur « Mangez, amis », à propos de « Et ils contemplèrent D.ieu » (Exode 24:11), dans la paracha Michpatim ; celui sur Israël comme « frères » de D.ieu, dans le discours « Chante et réjouis-toi » (Zacharie 2:14), à propos du Midrach selon lequel D.ieu ne cessa de chérir Israël que lorsqu’Il l’appela « Ma sœur » ; et celui du discours « Si seulement tu étais pour moi comme un frère ».

Le paragraphe 9 en bref

« Mangez, amis » s’éclaire ainsi : les tsadikim sont les « amis » de D.ieu parce que, par leur étude de la Torah, la parole même de D.ieu — Sa 'Hokhma et Son plaisir — demeure en eux comme au Sinaï. La Lumière infinie est ainsi présente ici-bas comme en haut, et ils la font entrer en eux comme une nourriture.

Maré mekomot

  1. 1
    למען אחי ורעי · Psalms 122:8
  2. 2
    ודברי אשר שמתי בפיך · Isaiah 59:21
  3. 3
    מתניתא מלכתא · Beitzah 28b:14–15
  4. 4
    כאלו נתנה היום · Rashi on Exodus 19:1
  5. 5
    יהיו בעיניך כאלו נתנה היום · Sifrei Devarim 33:2–3
  6. 6
    יהיו בעיניך כאלו נתנה היום מהר חורב · Deuteronomy 11:13
  7. 7
    והודעתם לבניך ולבני בניך · Deuteronomy 4:9
  8. 8
    והודעתם לבניך ולבני בניך יום אשר עמדת · Deuteronomy 4:9–10
  9. 9
    תרין ריעין דלא מתפרשין · ע״ל ר״פ ראה. וש״נ. [כ].
  10. 10
    ואהיה שעשועים · Proverbs 8:30
  11. 11
    שעשועי את בני אדם · Proverbs 8:31
  12. 12
    ותורתך בתוך מעי · Psalms 40:9
  13. 13
    ע״פ ויחזו את האלקים · תו״א עח, ג.
  14. 14
    ויחזו את האלקים · Exodus 24:11
  15. 15
    רני ושמחי · Zechariah 2:14
  16. 16
    מי יתנך כאח לי · Song of Songs 8:1

Buvez et enivrez-vous, bien-aimés ¶10

10שתו ושכרו דודים. הנה בחי׳ דודים הוא בחי׳ אהבת ישראל למקום שאהבה זו היא מוסתרת ומלובשת בנפש הבהמית ולעתים מזומני׳ [מזומנים] יעורר את האהבה עד שתחפץ להתפשט מלבושיה

« Buvez et enivrez-vous, bien-aimés. » Le niveau des « bien-aimés » (dodim) est celui de l’amour d’Israël pour Celui qui réside partout. Cet amour est caché et revêtu dans l’âme animale ; à des moments propices, on éveille cet amour « jusqu’à ce qu’il désire » se dépouiller de ses vêtements.

Explication

La dernière expression est « Buvez et enivrez-vous, bien-aimés. » Les « bien-aimés » (dodim) représentent l’amour d’Israël pour D.ieu, qui demeure caché dans l’âme animale ; à des moments particuliers, une personne l’éveille jusqu’à ce qu’il aspire à se défaire de ses « vêtements » corporels et à s’attacher à D.ieu.

והנה באהבה זו יש בחי׳ צמאון שהיא מבחי׳ רשפי אש וע״ז [ועל זה] נאמר הוי כל צמא לכו למים כי מים מכבין אש ומרוין הצמאון

Dans cet amour se trouve le niveau de la soif, car il relève des « flammes ardentes » ; à ce sujet, il est dit : « Ho ! Vous tous qui avez soif, venez vers l’eau », car l’eau éteint le feu et apaise la soif.

Explication

Cet amour comporte une soif, car il brûle comme des « flammes ardentes » (Cantique des Cantiques 8:6). À son sujet, Isaïe dit : « Ho ! Vous tous qui avez soif, venez vers l’eau » (Isaïe 55:1) : l’eau éteint le feu et apaise la soif.

וזהו שתו בחי׳ שתיה שיהא עסק התורה לרוות הצמאון משא״כ בבחי׳ ריעים לא שייך צמאון מאחר שנפשו קשורה ודבוקה באלהים חיים ממש

Et c’est là [le sens de] « Buvez » : le niveau de la boisson, c’est-à-dire que l’étude de la Torah serve à étancher la soif. En revanche, au niveau des « amis », la soif ne s’applique pas, puisque l’âme est liée au D.ieu vivant et s’attache à Lui, véritablement.

Explication

« Buvez » signifie que l’étude de la Torah étanche cette soif. Les « amis » de l’expression précédente n’ont pas soif, car leurs âmes sont constamment liées au D.ieu vivant.

והוא בחי׳ בחד קטירא אתקטרנא ביה אחידא ביה להיטא כו׳ רק למטה בבחי׳ דודים שאהבה הוא לפרקים אז שייך בחי׳ צמאון וע״ז [ועל זה] נאמר שתו

C’est le niveau de : « D’un seul lien, je suis attaché à Lui ; je m’attache à Lui, embrasé », etc. Ce n’est qu’en bas, au niveau des « bien-aimés », dont l’amour se manifeste par intermittence, que s’applique le niveau de la soif ; à leur sujet, il est dit : « Buvez »,

Explication

Leur lien est semblable aux paroles de Rabbi Chimon bar Yo’haï dans le Zohar : « D’un seul lien, je suis attaché à Lui. » Seuls les « bien-aimés », dont l’amour va et vient, éprouvent la soif ; c’est à eux que le verset dit : « Buvez. »

וגם שכרו לעורר בחי׳ יין המשמח משא״כ למעלה בבחי׳ ריעים הוא בבחי׳ שמן בחשאי כו׳ וד״ל [ודי למבין]:

et aussi « enivrez-vous », afin d’éveiller le niveau du « vin qui réjouit » ; tandis qu’en haut, au niveau des « amis », cela relève de l’huile, dans le silence, etc. Cela suffit à qui comprend.

Explication

« Enivrez-vous » signifie éveiller le « vin qui réjouit », la joie et l’exaltation émotionnelle. Les « amis » d’en haut sont semblables à l’huile, qui est absorbée silencieusement ; les mots de conclusion, « cela suffit à qui comprend », laissent au lecteur le soin de tirer le reste.

Le paragraphe 10 en bref

« Buvez et enivrez-vous, bien-aimés » s’explique ainsi : les « bien-aimés » sont ceux dont l’amour caché pour D.ieu s’embrase par moments comme un feu et une soif ; la Torah est alors l’eau qui apaise cette soif et le vin qui réjouit. Les « amis », liés à D.ieu en tout temps, n’ont pas besoin de boire et sont semblables à l’huile, qui agit silencieusement.

Maré mekomot

  1. 1
    שתו ושכרו דודים · Song of Songs 5:1
  2. 2
    רשפי אש · Song of Songs 8:6
  3. 3
    הוי כל צמא לכו למים · Isaiah 55:1
  4. 4
    בחד קטירא אתקטרנא · Zohar III, 288a
  5. 5
    בחד קטירא אתקטרנא ביה · Zohar, Idra Zuta 1:29–4:37

Maamar terminé ?

Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.

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Dans la avoda

L’iskafya : respecter chaque interdiction dans tous ses détails et dépasser sa nature dans l’accomplissement du bien : étudier davantage la Torah que vous n’en avez l’habitude, donner plus de tsédaka que vous ne le feriez spontanément, accomplir chaque mitsva avec empressement et surmonter tout obstacle, intérieur comme extérieur. Un tel service est un « parfum » qui atteint la Lumière infinie. L’étude de la Torah à minuit est la consolation de D.ieu et amorce l’élévation de la Chekhina ; il faut recevoir la Torah comme une nourriture, comme si elle avait été donnée aujourd’hui au Sinaï.

Questions à discuter

  1. Si tout est déjà révélé et connu devant D.ieu, comment l’étude de la Torah peut-elle Lui apporter plaisir et consolation ?
  2. Comment le déroulement de la nuit, qui s’assombrit jusqu’à minuit puis s’éclaircit, illustre-t-il l’exil de la Chekhina ?
  3. Pourquoi la Lumière infinie ne peut-elle se révéler que dans 'Hokhma, et pourquoi 'Hokhma, le « Père », est-elle la source du pardon ?
  4. Comment l’iskafya, à l’image de la myrrhe faite de sang coagulé, donne-t-elle à Israël le pouvoir d’attirer une lumière supérieure à 'Hokhma ?
  5. Qu’est-ce qui distingue les « amis » des « bien-aimés », et pourquoi seuls les bien-aimés ont-ils besoin de « boire » et de « s’enivrer » ?

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Sommaire

Likkutei Torahלקוטי תורה

Parshas Shir HaShirimשיר השירים

  1. 1שיר השירים אשר לשלמה ישקנו מנשיקות…The Song of Songs, which is Solomon’s
  2. 2שיר השירים אשר לשלמהThe Song of Songs, which is Solomon’s
  3. 3לריח שמניך טובים שמן תורק שמך…For Fragrance, Your Oils Are Good
  4. 4לריח שמניך טובים שמן תורק שמך…For the fragrance of your goodly oils
  5. 5שחורה אני ונאוה בנות ירושלים וגו׳“I am black and comely, O daughters of Jerusalem”
  6. 6שחורה אני ונאוה בנות ירושלים כאהלי…“I Am Black, yet Comely, O Daughters of Jerusalem”
  7. 7ביאור ענין שחורה אני ונאוהAn Explanation of “I Am Black, yet Comely”
  8. 8ביאור הדברים ע״פ שחורה אני ונאוהAn Explanation of the Matters on “I Am Black, Yet Comely”
  9. 9לסוסתי ברכבי פרעה דמיתיך רעיתי“To My Mare Among Pharaoh’s Chariots I Have Likened You, My Beloved”
  10. 10לסוסתי ברכבי פרעה דמיתיך רעיתיTo My Mare Among Pharaoh’s Chariots
  11. 11נאוו לחייך בתורים צוארך בחרוזים“Your Cheeks Are Comely with Torim, Your Neck with Strings of Beads”
  12. 12הנך יפה רעיתי יפה עיניך יונים…“Behold, You Are Fair, My Beloved; Your Eyes Are Doves”
  13. 13קול דודי הנה זה בא מדלג…“The Voice of My Beloved! Behold, He Comes, Leaping over the Mountains”
  14. 14ולהבין ענין מדלג על ההרים מקפץ…To Understand “Leaping over the Mountains, Skipping over the Hills”
  15. 15יונתי בחגוי הסלע בסתר המדרגהMy dove, in the clefts of the rock, in the hidden place of the step: show me your appearance
  16. 16ביאור ע״פ יונתי בחגוי הסלע וגו׳An explanation of the verse “My dove, in the clefts of the rock”
  17. 17עוד ביאור הדברים ע״פ יונתי בחגוי…A further explanation of “My dove, in the clefts of the rock”
  18. 18צאינה וראינה בנות ציון במלך שלמה…Go Out and Gaze, O Daughters of Zion
  19. 19להבין ענין הטעם למה שהאתדל״ע הבאה…To Understand Why the Arousal from Above That Follows the Arousal from Below
  20. 20צאינה וראינה בנות ציון במלך שלמה…Go Out and Gaze, O Daughters of Zion
  21. 21ביאור הדבריםAn Explanation of the Matter: “Keser Is Above All the Ten Sefiros”
  22. 22לבבתני אחותי כלהYou Have Captured My Heart, My Sister, My Bride
  23. 23ביאור על פסוק לבבתניAn Explanation of the Verse “You Have Captured My Heart”
  24. 24באתי לגני אחותי כלה אריתי מורי…“I Have Come into My Garden, My Sister, [My] Bride”
  25. 25ביאור ע״פ באתי לגניAn Explanation of the Verse “I Have Come into My Garden”
  26. 26אני ישנה ולבי ער קול דודי…“I Am Asleep, but My Heart Is Awake”
  27. 27להבין ביאור הדברים ע״פ אני ישנה…To Understand the Explanation of “I Am Asleep, but My Heart Is Awake”
  28. 28הסבי עיניך וגו׳“Turn Away Your Eyes”
  29. 29שניך כעדר הרחלים שעלו מן הרחצה…Your Teeth Are Like a Flock of Ewes That Have Come Up from the Washing
  30. 30ששים המה מלכות ושמונים פילגשים ועלמות…There are sixty queens, and eighty concubines, and maidens without number
  31. 31לבאר הדברים ע״פ ששים המה מלכות…“There Are Sixty Queens”
  32. 32ששים המה מלכות ושמונים פילגשים כו׳There are sixty queens and eighty concubines
  33. 33הנה ענין מדלג על ההרים הוא…“Leaping upon the Mountains”
  34. 34מה יפו פעמיך בנעלים כו׳
  35. 35מי יתנך כאח לי יונק שדי…
  36. 36שימני כחותם על לבך כו׳
  37. 37ביאור על זה
  38. 38כי על כל כבוד חופה
  39. 39ביאור הדברים ע״פ כי על כל…
  40. 40תנו רבנן כיצד מרקדין לפני הכלה…
  41. 41כי כאשר השמים החדשים כו׳
  42. 42ביאור ע״פ כי כאשר השמים כו׳