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Likkutei Torah · Parshas Shir HaShirim · Maamar 18

צאינה וראינה בנות ציון במלך שלמה בעטרה שעטרה…

Sortez et contemplez, filles de Sion

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L’idée centrale

Par le Chema, la Torah et l’annulation de soi, Israël fait descendre la sainteté de D.ieu dans les mondes et devient ainsi, pour ainsi dire, la « mère » qui couronne le Roi ; mais la couronne elle-même — la Torah et les mitsvot dans leur essence — dépasse toute compréhension, et pour la contempler, il faut « sortir » des vêtements de la compréhension.

Le maamar en bref

Le maamar demande ce que signifie « sortir » dans « Sortez et contemplez, filles de Sion, le roi Chlomo, la couronne dont sa mère l’a couronné », et pourquoi D.ieu appelle Israël « Ma mère ». Il commence par le nom que les Sages donnent à D.ieu, « le Saint » : « kadoch » avec un vav désigne Sa sainteté qui descend dans les mondes sous la forme de la Providence, leur donnant l’existence tout en demeurant à part — contrairement à toute autre sainteté. Cette sainteté doit être renouvelée à partir du Kodech suprême, qu’aucune action ne peut affecter, et Israël la fait descendre en « levant les mains » : l’unité supérieure de « Écoute, Israël » et l’unité inférieure de « Béni soit le Nom ». Israël « bénit » ainsi D.ieu, à l’image d’une mère. Dans le détail, les dix facultés de l’âme font descendre les dix Séfirot de l’Homme suprême. Au-dessus de la tête se trouve la couronne : l’annulation de la volonté dans « nous ferons » et « nous écouterons », qui prend racine dans le « désert », au-delà de l’« homme ». Le roi Chlomo est le Roi de paix, qui unit l’infini et le fini. Les âmes du Gan Eden jouissent du rayonnement de D.ieu à travers des vêtements ; pour contempler la couronne, elles doivent en sortir.

Plan

  1. Le verset et ses questionsCantique des Cantiques 3:11, le Don de la Torah comme jour des noces, et le Midrach dans lequel D.ieu appelle Israël « Ma mère ».¶1
  2. « Le Saint » : la sainteté qui descend« Kadoch » avec un vav désigne la sainteté de D.ieu qui descend sous la forme de la Providence, donnant l’existence aux mondes tout en demeurant à part ; seule Sa sainteté crée et demeure à part.¶2–3
  3. Lever les mains vers le Kodech suprêmeLa sainteté doit être renouvelée à partir du Kodech suprême ; Israël la fait descendre par les unités supérieure et inférieure du Chema, figurées par les deux mains, et « bénit » ainsi D.ieu à l’image d’une mère.¶4–6
  4. Faire descendre l’Homme suprêmeLa Torah et les 248 mots du Chema font descendre l’Homme suprême ; chaque faculté de l’âme fait descendre la Séfira correspondante, depuis l’étude de la Torah pour 'Hokhma jusqu’à la Torah prononcée à voix haute pour Mal'hout.¶7–9
  5. La couronne au-dessus de la têteLes mitsvot physiques deviennent la couronne ; les deux couronnes de « nous ferons » et « nous écouterons » sont l’annulation de soi ; la volonté de D.ieu concernant les mitsvot est Sa tsedaka, qui prend racine dans le « désert » au-delà de l’« homme ».¶10–11
  6. Le roi Chlomo et les filles de SionLe Roi de paix unit l’infini et le fini par un éveil d’en bas ; les âmes qui ont vécu dans ce monde jouissent du rayonnement de D.ieu à travers les vêtements de la Torah et des mitsvot.¶12–13
  7. Sortir des vêtementsLes vêtements servent la compréhension, mais la couronne — la Torah et les mitsvot elles-mêmes — la dépasse : il faut « sortir » des vêtements pour contempler la couronne.¶14

Notions clés

Kadoch avec un vavקדוש בוי״ו
La sainteté de D.ieu telle qu’elle descend dans les mondes, comme la lumière qui les remplit et les entoure et comme la Providence : sainte et à part, tout en étant la source de leur existence.
Le Kodech suprêmeקדש העליון
La sainteté sans vav, au-delà de tout rapport aux mondes, à laquelle aucune action ne peut rien ajouter ni nuire ; la source à partir de laquelle « kadoch » est renouvelé à chaque génération.
La lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin)סובב כל עלמין
Une lumière divine trop élevée pour s’investir dans les mondes ; elle demeure à part d’eux, tout en étant la source essentielle de leur vie et de leur existence.
L’unité supérieure et l’unité inférieureיחודא עילאה ויחודא תתאה
Les deux premiers versets du Chema : l’aspiration de l’âme à être absorbée dans l’unité de D.ieu, et l’annulation de l’existence physique par la maîtrise de soi ; les deux mains levées vers le Kodech suprême.
L’annulation de la volonté (bitoul ratzon)ביטול רצון
Mettre sa propre volonté de côté au profit de celle de D.ieu. Cela fait descendre la volonté suprême, permet de faire sienne la Torah et constitue la « couronne » ; chaque Juif en est capable.
L’Homme suprêmeאדם העליון
Les dix Séfirot représentées sous la forme d’un être humain ; Israël fait descendre chacun de ses membres par la faculté correspondante de l’âme.
Désert (midbar)מדבר
La racine de la Torah dans la Lumière infinie, « où aucun homme n’a demeuré » : au-delà de tout le niveau de l’« homme » et de toute compréhension.
Vêtements (levouchim)לבושים
Ce que les âmes acquièrent au Gan Eden par la Torah et les mitsvot, et qui leur permet de jouir du rayonnement de D.ieu par la compréhension ; la couronne les dépasse.

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Le verset et ses questions ¶1

1צאינה וראינה בנות ציון במלך שלמה בעטרה שעטרה לו אמו ביום חתונתו וביום שמחת לבו. ואמרז״ל [ואמרו רבותינו זכרונם לברכה] ביום חתונתו זה מתן תורה.

« Sortez et contemplez, filles de Sion, le roi Chlomo, avec la couronne dont sa mère l’a couronné, au jour de ses noces et au jour de la joie de son cœur. » Et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « “Au jour de ses noces” : c’est le don de la Torah. »

Explication

Le maamar s’ouvre sur le Cantique des Cantiques 3:11, que les Sages interprètent comme une parabole concernant D.ieu et le peuple juif. La Michna, à la fin de Taanis, explique que « le jour de ses noces » désigne le jour où la Torah fut donnée au Sinaï, lorsque D.ieu et Israël furent unis comme un époux et une épouse.

להבין מהו לשון צאינה כי מהיכן תצאנה ויציאה זו מה ענינה. הנה ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] לא זז הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] מחבבה לכנסת ישראל עד שקראה אמי.

[Il faut] comprendre le sens de l’expression « sortez » : d’où doivent-elles sortir, et en quoi consiste cette sortie ? Or, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Le Saint béni soit-Il ne cessa de chérir l’Assemblée d’Israël jusqu’à ce qu’Il l’appelle “Ma mère”. »

Explication

Deux questions sont au cœur de tout ce qui suit : que signifie « sortez », et de quoi les filles de Sion doivent-elles sortir ? L’Admour Hazaken rapporte ensuite le Midrach selon lequel l’amour de D.ieu pour Israël grandit jusqu’à ce qu’Il l’appelle non seulement « Ma fille » et « Ma sœur », mais aussi « Ma mère », la mère qui couronne le Roi dans le verset.

Le paragraphe 1 en bref

Le verset d’ouverture et les deux questions auxquelles le maamar cherche à répondre : que signifie « sortir », et pourquoi D.ieu appelle-t-Il le peuple juif « Ma mère » ?

Pour aller plus loin

La note de Kehot date ce maamar de la nuit du Chabbat de la paracha de Tetsavé, 5572, et précise qu’un manuscrit le désigne comme étant de la « Parachat Kedochim », et que le Tséma’h Tsédek le mentionne de la même manière dans plusieurs discours. Elle note également que la formulation de l’Admour Hazaken — « Il ne cessa de la chérir jusqu’à ce qu’Il l’appelle “Ma mère” » — reprend exactement celle du Zohar (3:262a).

Maré mekomot

  1. 1
    צאינה וראינה · מאמר זה הוא משנת תקע״ב ליל ש״פ תצוה. — ראה הנסמן להלן כב, ב בהביאור. באוה״ת שה״ש כרך ג ע׳ תתצג נדפס הנחה אחרת מגוכתי״ק הצ״צ עם קיצורים. הגהה באוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ שפח. ראה ד״ה צאינה תשמ״ב. בבוך 4 דף סג, א רשום על המאמר ”פ׳ קדושים”. וכן בכמה מאמרים מציין כ״ק הצ״צ לד״ה זה ”בפ׳ קדושים”. הדרוש במאמרי אדה״א נ״ך ע׳ רמט מיוסד על ד״ה זה. וראה פלח הרמון שה״ש מה, ב שמיוסד על מאמר זה. ראה לקוטי לוי יצחק — אגרות ע׳ קח. ואילך. ראה להלן בהוספות להערות וציונים השוואה לד״ה זה.
  2. 2
    צאינה וראינה · Song of Songs 3:11
  3. 3
    ביום חתונתו זה מ״ת · Taanit 26b:6–7
  4. 4
    לא זז הקב״ה מחבבה לכנס״י עד שקראה · Zohar III, 262a
  5. 5
    לא זז הקב״ה מחבבה · Shemot Rabbah 52:5
  6. 6
    עד שקראה אמי · Shir HaShirim Rabbah 3:11:2
  7. 7
    מחבבה לכנסת ישראל עד שקראה אמי · Rashi on Song of Songs 3:11

« Le Saint » : la sainteté qui descend ¶2–3

2ולהבין זה צריך להבין מה שנקרא שם ה׳ בלשון חכמים תנאים ואמוראים בשם הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] ולמה בחרו חכמים שם זה משאר שמות שיש לו ית׳.

Pour comprendre cela, il faut comprendre ce que signifie le fait que, dans le langage des Sages, les Tannaïm et les Amoraïm, le Nom de D.ieu soit désigné par l’expression « le Saint béni soit-Il », et pourquoi les Sages ont choisi cette appellation plutôt que les autres Noms qu’Il possède, béni soit-Il.

Explication

Avant de répondre, l’Alter Rebbe pose une question préalable : pourquoi les Sages de la Michna et du Talmud désignent-ils généralement D.ieu comme « le Saint béni soit-Il », plutôt que par l’un de Ses autres Noms ? La réponse conduira à comprendre pourquoi D.ieu appelle Israël « Ma mère ».

אך הענין כי פי׳ וביאור מלת קדוש בוי״ו שהוי״ו מורה על המשכה שהיא המשכת קדושתו ית׳ להיות ממכ״ע [ממלא כל עלמין] ווסוכ״ע שהוא המשכה והארה בעלמא שאין ערוך אליות ית׳

Voici l’explication. Le sens et l’explication du mot « kadoch » (saint), avec un vav, est que le vav indique un prolongement vers le bas : le prolongement de Sa sainteté, béni soit-Il, pour devenir la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) et la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin). Il ne s’agit que d’un prolongement et d’un rayonnement, qui ne saurait être comparé à Lui, béni soit-Il,

Explication

Le mot « kadoch » (saint) s’écrit avec un vav, lequel signifie un prolongement vers le bas. Ainsi, « kadoch » désigne la sainteté de D.ieu telle qu’elle est prolongée pour devenir la lumière qui remplit les mondes et celle qui les entoure ; ce n’est qu’un rayonnement, qui ne saurait être comparé à D.ieu Lui-même.

כי הוא אחדות פשוט והנבראים המה בעלי גבול ואפילו נבראים עליונים אלף אלפין ורבי רבבן היש מספר לגדודיו

car Il est une unité simple, tandis que les êtres créés sont limités ; même les êtres créés supérieurs, « mille milliers et dix mille fois dix mille », [dont il est dit :] « Y a-t-il un nombre à Ses armées ? »

Explication

La raison en est que D.ieu est une unité simple, tandis que chaque créature est limitée. Même les anges, « mille milliers et dix mille fois dix mille » dans la vision de Daniel, au sujet desquels Job demande : « Y a-t-il un nombre à Ses armées ? », sont innombrables, mais néanmoins finis.

שהם בבחינת אין מספר ואין סוף מ״מ [מכל מקום] הרי הם בבחינת התחלקות אלא שההתחלקות הוא בתוספת ורבוי עד אין קץ ותכלית.

qui sont dans la catégorie du « sans nombre » et du « sans fin » : ils se trouvent néanmoins dans un état de division ; seulement, cette division se poursuit par des additions et des multiplications sans fin ni limite.

Explication

Même une armée innombrable se compose d’éléments distincts ; son caractère « infini » ne consiste qu’en une addition et une multiplication sans fin de choses divisées. Cela est d’une tout autre nature que l’unité véritable de D.ieu.

משא״כ בא״ס [באין סוף] ב״ה בעצמו ובכבודו לא שייך כל זה כי הוא ית׳ אחדות פשוט בתכלית הפשיטות

Il n’en va pas ainsi de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, Lui-même, dans Sa gloire : rien de tout cela ne s’applique, car Il est, béni soit-Il, une unité simple, d’une simplicité absolue ;

Explication

Aucune de ces catégories — le nombre ou la division — ne s’applique à l’Infini Lui-même. Il est d’une simplicité absolue, sans aucune partie.

אלא שנמשך המשכה והארה מצומצמת בכדי שיהיו העולמות והנבראים יכולים לקבל כאו״א [כל אחד ואחד] לפי מדרגתו ומ״מ [ומכל מקום] הארה והמשכה ההיא נק׳ בחינת קדוש ומובדל

mais un prolongement et un rayonnement mesurés sont émis, afin que les mondes et les êtres créés puissent les recevoir, chacun selon son rang. Néanmoins, ce rayonnement et ce prolongement sont appelés le niveau de « saint » (kadoch) et de séparé,

Explication

Ce qui parvient aux mondes est un rayonnement contracté, mesuré de sorte que chaque créature puisse le recevoir à son propre niveau. Pourtant, même ce rayonnement est appelé « saint », c’est-à-dire séparé des mondes auxquels il donne vie.

כי הארה והמשכה זו אינה כדמיון הנשמה המתפשטת בתוך הגוף להחיותו ולקיימו שהיא מתפעלת ממקרי הגוף לפי שהיא מלובשת ממש בתוך הגוף.

car ce rayonnement et ce prolongement ne sont pas semblables à l’âme qui se répand dans le corps pour lui donner vie et le maintenir, et qui est affectée par ce qui arrive au corps parce qu’elle y est réellement revêtue.

Explication

Pour montrer ce que signifie « séparé », l’Alter Rebbe établit un contraste avec l’âme. L’âme donne vie au corps en étant revêtue en lui ; elle est donc affectée par tout ce qui arrive au corps.

שהרי כשמתלבשת במחשבה אחת היא נתפסת ומוקפת בה עד שאינה יכולה להתלבש במחשבה אחרת.

En effet, lorsqu’elle est revêtue dans une pensée, elle y est saisie et enveloppée, au point de ne pouvoir se revêtir dans une autre pensée.

Explication

On le voit à ce signe de son revêtement : lorsque l’esprit est absorbé par une pensée, il ne peut en concevoir une autre au même instant. Ce qui se trouve véritablement à l’intérieur d’une chose est limité par elle.

משא״כ ההארה וההמשכה שממנו יתברך להחיות ולהוות עולמות רבים ונבראים עד אין קץ ותכלית ברבוי התחלקות מדרגות רבות ושונות וכולם אין דעותיהם שוות ואין מחשבותיהם

Il n’en va pas ainsi du rayonnement et de l’effusion qui émanent de Lui, béni soit-Il, pour donner vie à de nombreux mondes et faire exister d’innombrables créatures, sans fin ni limite, dans une grande multiplicité de degrés nombreux et variés ; leurs facultés intellectuelles ne sont pas toutes semblables, et leurs pensées ne sont pas

Explication

À l’inverse, le rayonnement de D.ieu donne vie à d’innombrables mondes et créatures, à tous les degrés. Leurs facultés intellectuelles et leurs pensées diffèrent toutes les unes des autres.

שוין זה לזה ואין מחשבה ודעה אחת תופסת ומקפת את החיות הנמשך בה להטריד ולבלבל שלא יתלבש במחשבה ודעה אחרת לפי שהארה והמשכה זו אינה

semblables les unes aux autres ; aucune pensée ni aucun esprit ne saisit et n’enveloppe la force vitale qui s’y déverse au point de l’occuper et de la troubler [et de l’empêcher] de s’envelopper dans une autre pensée et un autre esprit. Car ce rayonnement et cette effusion ne sont

Explication

Pourtant, la pensée d’aucune créature ne saisit la force vitale divine en elle au point de l’empêcher d’être simultanément présente dans toutes les autres. Cela est possible parce que le rayonnement ne s’enveloppe pas en elles comme une âme dans un corps.

אלא בבחינת השגחה בעלמא (פי׳ עם היות שהיא השגחה פרטית על כל דרכי איש ועלילות מצעדי גבר אך אין זה כידיעת האדם שכשרוצה לידע איזו דבר הנה ידיעתו מלובשת באותו דבר הידוע.

que de l’ordre d’une simple Providence (c’est-à-dire que, bien qu’il s’agisse d’une Providence particulière portant sur toutes les voies d’un homme et sur les actes qui marquent les pas de chacun, cela n’est pas comparable à la connaissance humaine : lorsqu’une personne veut connaître quelque chose, sa connaissance s’enveloppe dans la chose connue ;

Explication

L’Alter Rebbe qualifie cela de simple Providence, c’est-à-dire d’une vigilance. Sa remarque entre parenthèses précise que la Providence de D.ieu porte bien sur chaque détail du chemin de chaque personne, mais qu’elle ne ressemble pas à la connaissance humaine, dans laquelle l’esprit s’enveloppe dans la chose qu’il connaît.

אבל בו ית׳ אינו כן אלא ע״ד [על דרך] הכל גלוי וידוע לפניו וכמ״ש מזה בד״ה רני ושמחי בפ׳ מקץ וע״פ ארדה נא ואראה בפ׳ וירא)

mais, pour Lui, béni soit-Il, il n’en va pas ainsi ; c’est plutôt selon l’expression : « Tout est dévoilé et connu devant Lui », comme cela est expliqué dans le discours commençant par « Réjouis-toi et sois dans l’allégresse », dans la paracha de Mikets, et à propos du verset « Je vais descendre maintenant et voir », dans la paracha de Vayéra) ;

Explication

L’expression des Sages est plutôt : tout est « dévoilé et connu devant Lui » — connu sans qu’Il s’enveloppe dans la chose. L’Alter Rebbe renvoie à ses discours de Torah Ohr sur « Réjouis-toi et sois dans l’allégresse » (Mikets) et « Je vais descendre maintenant et voir » (Vayéra), où cette expression est expliquée.

ואינה נתפסת ומלובשת ממש בתוך הנבראים רק צופה ומביט עד סוף כל הדורות בסקירה אחת וכמ״ש היוצר יחד לבם המבין אל כל מעשיהם

et elle n’est pas saisie ni véritablement enveloppée dans les créatures ; elle ne fait que contempler et regarder jusqu’à la fin de toutes les générations d’un seul regard, comme il est écrit : « Celui qui forme leurs cœurs à tous, qui comprend toutes leurs actions. »

Explication

Ainsi, le rayonnement divin n’est pas contenu dans la création ; il embrasse toutes les générations jusqu’à la fin des temps « d’un seul regard ». Le Talmud déduit cela des mots « Celui qui forme leurs cœurs à tous », interprétés comme signifiant que D.ieu voit tous leurs cœurs ensemble.

ולכן נק׳ ההארה וההמשכה ההיא בחי׳ קדוש ומובדל אלא שהוא קדוש בוי״ו שמורה על המשכה שהיא המשכת ההשגחה וסקירה אחת.

C’est pourquoi ce rayonnement et cette effusion sont qualifiés de niveau de sainteté et de séparation ; toutefois, il s’agit de « kadoch » avec un vav, qui indique une effusion : celle de la Providence et du regard unique.

Explication

Voilà pourquoi ce rayonnement, bien qu’il donne la vie, est qualifié de saint et de séparé. Mais il s’agit de « kadoch » avec un vav : une sainteté qui se déverse, sous la forme de la Providence et du regard unique.

וזהו ענין המלאכים שאומרים ג״פ [ג׳ פעמים] קדוש עד שאומרים הוי׳ צבאות אות הוא בצבא דילי׳ [דיליה] כו׳

Tel est le sens des anges qui disent trois fois « Saint », puis disent « Havaya Tsevaot » — « Il est un signe (ot) dans Son armée (tsava) », etc.

Explication

Cela éclaire le chant des anges : ils disent trois fois « Saint », puis seulement « Havaya Tsevaot ». Le Nom Tsevaot se comprend comme « un signe (ot) dans Son armée (tsava) » : la sainteté, en se déversant, devient la présence de D.ieu parmi Ses créatures.

וזהו אין קדוש כהוי׳ ופי׳ בזהר פ׳ תזריע (דמ״ג א׳) דכמה קדישין נינהו כו׳ ולאו קדישין כהוי׳ ע״ש [עיין שם].

Tel est le sens de « Nul n’est saint comme Havaya ». Le Zohar l’explique dans la paracha de Tazria (43a) : « Combien nombreux sont les saints, etc., mais ils ne sont pas saints comme Havaya » ; voir là-bas.

Explication

La prière de ‘Hanna dit : « Nul n’est saint comme Havaya », et le Zohar explique qu’il existe de nombreux saints, mais qu’aucun n’est saint comme Havaya. L’Alter Rebbe va maintenant expliquer ce qui rend unique la sainteté de D.ieu.

והענין כי שם הוי׳ היינו שמהוה את הכל ואע״פ [ואף על פי] שמהוה את הכל אעפ״כ [אף על פי כן] הוא קדוש ומובדל מהם בבי׳ [בביה] סוכ״ע [סובב כל עלמין] ואינו כדמיון הנשמה כו׳ כנ״ל.

L’explication est la suivante : le Nom Havaya signifie qu’Il fait tout advenir à l’existence ; et bien qu’Il fasse tout advenir à l’existence, Il demeure néanmoins saint et séparé de tout cela, au niveau de la lumière qui entoure tous les mondes, et n’est pas comme l’âme, etc., ainsi qu’il a été dit plus haut.

Explication

Le Nom Havaya signifie faire advenir à l’existence : D.ieu donne l’existence à toute chose. Pourtant, Il demeure saint et séparé de ce qu’Il crée, comme la lumière qui entoure les mondes, à la différence d’une âme prise dans son corps.

Le paragraphe 2 en bref

Ce paragraphe explique l’appellation que les Sages donnent à D.ieu, « le Saint » : « kadoch », avec un vav, désigne la sainteté de D.ieu prolongée vers les mondes sous la forme de Sa providence, qui leur donne vie tout en demeurant séparée d’eux, contrairement à l’âme dans le corps.

Pour aller plus loin

Le discours de Torah Ohr sur « Je vais descendre maintenant et voir », auquel le texte fait référence, s’attarde sur la formulation précise des Sages : « révélé et connu devant Lui qui a parlé et le monde fut créé ». Les philosophes ne parvenaient pas à comprendre comment le D.ieu unique pouvait connaître et surveiller une multitude de détails ; l’expression « révélé et connu » leur répond. Selon la note de Kehot, la version de ce maamar dans Or HaTorah ajoute ici cette idée : les Sages n’ont pas dit « connu », car Il ne peut être revêtu dans cette connaissance ; cela Lui est simplement révélé et connu.

Maré mekomot

  1. 1
    בשם הקב״ה · ראה לעיל תזריע כב, ג ואילך. דרך מצותיך קב, ב. אוה״ת פנחס ע׳ א׳רי.
  2. 2
    אלף אלפין ורבי רבבן · Daniel 7:10
  3. 3
    היש מספר לגדודיו · Job 25:3
  4. 4
  5. 5
    בד״ה רני ושמחי בפ׳ מקץ · תו״א לו, א. באוה״ת שה״ש ע׳ תתצד: ”וכמ״ש במ״א שזהו לשון מארז״ל גלוי וידוע לפני מי שאמר והיה העולם ולא אמרו יודע אלא גלוי וידוע שא״א להתלבש בידיעה זו אלא שממילא גלוי וידוע ע״ש)”.
  6. 6
    וע״פ ארדה נא ואראה בפ׳ וירא · תו״א יד, ד. וראה במ״מ שם.
  7. 7
    צופה ומביט עד סוף כל הדורות · Rosh Hashanah 18a:14
  8. 8
    היוצר יחד לבם · Psalms 33:15
  9. 9
    אות הוא בצבא דילי׳ · ע״ל האזינו ג, רפ״ב [עד, ד]. וש״נ. [כ].
  10. 10
    אין קדוש כהוי׳ · I Samuel 2:2
  11. 11
    ופי׳ בזהר פ׳ תזריע · בביאוה״ז להצ״צ ע׳ תרנד מבאר המאמר. וראה גם אוה״ת נ״ך כרך א ע׳ כג. ד״ה הקבצו תרס״ו ע׳ תקב. סה״מ תש״י ע׳ 135.

3ולכן בחינת קדוש כזה לא נמצא בכל בחינות קדישין דלעילא מפני שבכל סדרי ההשתלשלות מי שנקרא קדוש שהוא מובדל מאיזו דבר לא ימצא בו ההפכי היינו ההתפשטות והאחזה בדבר שהוא קדוש ומובדל ממנו.

C’est pourquoi un tel niveau de « sainteté » ne se trouve parmi aucun des niveaux des saints d’en haut. Car, dans tous les ordres de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), ce qui est appelé « saint », en ce qu’il est séparé de quelque chose, ne comporte pas son contraire, à savoir le fait de s’étendre jusque dans cette chose et de s’y attacher, alors même qu’il en est saint et séparé.

Explication

Tout autre niveau de sainteté dans les mondes spirituels est saint uniquement en ce qu’il est éloigné de quelque chose de plus bas ; un tel niveau n’atteint pas en même temps ce dont il est éloigné et ne s’y attache pas. En général, la séparation et l’implication s’excluent mutuellement.

משא״כ למעלה באור א״ס [אין סוף] ב״ה הסוכ״ע [הסובב כל עלמין] שהוא קדוש ומובדל ואעפ״כ [ואף על פי כן] הוא דוקא המהוה כל העולמות שעיקר החיות וההתהוות

Il en va autrement en haut, avec la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) : elle est sainte et séparée, et pourtant c’est précisément elle qui fait advenir tous les mondes ; car la force vitale essentielle et l’advenue à l’existence

Explication

La lumière qui entoure l’Infini fait exception : elle est sainte et séparée, et pourtant c’est précisément elle qui fait advenir les mondes. Leur vie et leur existence proviennent principalement d’elle.

הוא מבחינת המקיף וכמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] ס״פ כ״ג וס״פ מ״ח וכ״ה בע״ח [בעץ חיים] שהמקיף מצחצח הכלי מבחוץ כו׳ ועמ״ש בד״ה יביאו לבוש מלכות. ולכן אין קדוש כהוי׳.

proviennent du niveau de la lumière enveloppante (makif), comme cela est expliqué dans Sefer Shel Beinonim (Tanya), à la fin du chapitre 23 et à la fin du chapitre 48 ; il en est de même dans Etz Chaim : la lumière enveloppante polit le réceptacle de l’extérieur, etc. Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Qu’on apporte des vêtements royaux ». C’est pourquoi « Nul n’est saint comme Havaya ».

Explication

L’Admour Hazaken apporte à l’appui le Tanya, qui enseigne à la fin des chapitres 23 et 48 que la lumière enveloppante de D.ieu donne aux mondes leur vie essentielle, bien qu’elle ne soit pas revêtue en eux, ainsi que Etz Chaim, où la lumière enveloppante affine le réceptacle de l’extérieur. Voilà pourquoi « Nul n’est saint comme Havaya » : seule Sa sainteté se tient à l’écart tout en créant.

וזהו דאיהו תפיס בכולהו עלמין ע״י שסוכ״ע [שסובב כל עלמין] ומהוה ומחיה אותם עי״ז מאין ליש ועכ״ז [ועם כל זה] לית מאן דתפיס ביה והוא קדוש ומובדל כו׳:

Tel est le sens de « Il saisit tous les mondes » : en entourant tous les mondes, Il les fait ainsi advenir à l’existence et leur donne la vie, les faisant passer du néant à l’existence ; et pourtant, « nul ne Le saisit », et Il est saint et séparé, etc.

Explication

Le Zohar affirme ces deux choses à la fois : Il « saisit tous les mondes », les entourant et les faisant advenir à l’existence à partir du néant, et pourtant « nul ne Le saisit ». Il donne l’existence à tout et demeure saint et séparé.

Le paragraphe 3 en bref

Seule la sainteté de D.ieu est à la fois séparée et source même de l’existence ; cette combinaison unique, dans la lumière qui entoure (sovev), est le sens de « Nul n’est saint comme Havaya ».

Pour aller plus loin

Dans Etz Chaim (Sha'ar 2, Anaf 3), le Ari décrit deux lumières dans chaque réceptacle : la lumière intérieure brille à travers la moitié intérieure de la paroi du réceptacle, tandis que la lumière enveloppante, que le réceptacle ne peut contenir, brille à travers la moitié extérieure ; toutes deux purifient la paroi, à l’intérieur comme à l’extérieur. L’Admour Hazaken s’appuie sur cela pour montrer qu’une lumière enveloppante agit sur ce qu’elle entoure sans y pénétrer. La note de Kehot ajoute les références à Etz Chaim, Sha'ar HaKelalim (chapitre 1) et Sha'ar HaAkudim (chapitre 2), au sujet de la lumière enveloppante à l’extérieur du réceptacle.

Maré mekomot

  1. 1
    מבחינת המקיף · Tanya, Likkutei Amarim 23:11
  2. 2
    מבחינת המקיף · Tanya, Likkutei Amarim 48:4–5
  3. 3
    ובע״ח שהמקיף מצחצח הכלי מבחוץ · ע׳ ש״ב (ענף ג) או״מ מאיר חצי עובי הכותל מצד החיצון. וע״ע בש׳ הכללים (פ״א). ושם הל׳ אוה״מ מחוץ לכלי. וע״ע ש׳ עקודים (פ״ב). [כ].
  4. 4
    שהמקיף מצחצח הכלי מבחוץ · Sefer Etz Chaim 2:3
  5. 5
  6. 6
    בד״ה יביאו לבוש מלכות · תו״א צא, ג. בביאור שם. ובהוספות תו״א פ׳ ויקהל רפ״ב. [כ].
  7. 7
    אין קדוש כהוי׳ · I Samuel 2:2
  8. 8
    ולית מאן דתפיס ביה · זח״ג (רכה, א). [כ].
  9. 9
    לית מאן דתפיס ביה · Zohar, Pinchas 40:222–230

Lever les mains vers le Kodech suprême ¶4–6

4ב והנה כתיב שאו ידיכם קדש וברכו את הוי׳ כי המשכת קדוש להיות הוי׳ צבאות צריכה ברכה והמשכה תמיד בכל דור ודור שלא יסתלק החיות מפני הדור שאינו ראוי לכך.

2. Or il est écrit : « Levez vos mains [dans] la sainteté et bénissez Havaya. » Pour que le « kadosh » devienne « Havaya Tsevaot » (des armées), il faut une bénédiction et une effusion constantes, à chaque génération, afin que la force vitale ne se retire pas à cause d’une génération qui n’en est pas digne.

Explication

Une nouvelle section commence par le Psaume 134 : « Levez vos mains [dans] la sainteté et bénissez Havaya. » L’effusion de la sainteté dans les mondes, le « kadosh » devenant « Havaya Tsevaot », ne se fait pas automatiquement : elle doit être renouvelée et « bénie » à chaque génération, faute de quoi une génération indigne pourrait entraîner le retrait de la force vitale.

וצריכים להמשיך מחדש המשכת קדושתו יתברך וברכה והמשכה זו היא מבחינת קדש העליון שהוא למעלה מעלה מבחינת קדוש בוי״ו שהוא ענין ההמשכה להיות ממכ״ע [ממלא כל עלמין] וסוכ״ע [וסובב כל עלמין].

Il faut donc renouveler l’effusion de Sa sainteté, béni soit-Il ; cette bénédiction et cette effusion proviennent du niveau du Kodesh supérieur, très, très au-dessus du niveau de « kadosh » avec un vav, qui est l’effusion permettant de devenir la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) et la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin).

Explication

Le renouvellement vient d’une source supérieure, le Kodesh supérieur, très au-dessus de « kadosh » avec un vav. « Kadosh » est une sainteté déjà tournée vers les mondes, en tant que lumière qui les remplit et lumière qui les entoure.

משא״כ קדש בלא וי״ו אינו בגדר עלמין כלל והוא למעלה מעלה מבחינת ממכ״ע [ממלא כל עלמין] ומבחינת סוכ״ע [סובב כל עלמין] ועליו נאמר אם צדקת מה תתן לו

En revanche, « kodesh » sans vav n’entre aucunement dans les limites des mondes et se situe très, très au-dessus du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes et du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes. À son sujet, il est dit : « Si tu es juste, que lui donnes-tu ? »

Explication

« Kodesh » sans vav désigne une sainteté qui n’a aucun rapport avec les mondes, au-delà de la lumière qui les remplit comme de celle qui les entoure. À propos de ce niveau, Elihou dit à Job : « Si tu es juste, que lui donnes-tu ? »

ורבו פשעיך מה תעשה לו שאין העוונות פוגמים שם כלל ומשם נמשך שפע ברכה והמשכה להיות המשכת אור א״ס [אין סוף] ב״ה בנבראים גם שלא לפי מעשיהם

« Et si tes transgressions sont nombreuses, que lui fais-tu ? » Car les péchés ne l’atteignent aucunement. De là s’écoule une abondance de bénédiction et d’effusion, afin que la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, se déverse dans les êtres créés, même lorsque cela n’est pas conforme à leurs actes.

Explication

Les péchés ne l’atteignent pas non plus : « Si tes transgressions sont nombreuses, que lui fais-tu ? » Parce que rien, en bas, ne le touche, il peut faire descendre une bénédiction qui attire la Lumière infinie dans la création, même lorsque les actes des créatures ne le méritent pas.

וזהו לשון הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] שהקדוש בוי״ו שהוא ענין ההמשכה להוות ולהחיות הנבראים הוא ברוך ונמשך מקדש העליון תמיד בכל דור ודור.

Tel est le sens de l’expression « le Saint béni soit-Il » (HaKadosh Baruch Hu) : « le Saint », c’est-à-dire « kadosh » avec un vav, qui est l’effusion par laquelle les êtres créés sont amenés à l’existence et reçoivent la vie, est béni et se déverse constamment, à chaque génération, depuis le Kodesh supérieur.

Explication

Le nom que les Sages donnent à D.ieu prend maintenant tout son sens. « Le Saint » — « kadosh » avec un vav, la sainteté qui crée et soutient — est « béni », c’est-à-dire qu’il se déverse et se renouvelle depuis le Kodesh supérieur, à chaque génération.

אך הגורם להשפיע שפע ברכה והמשכה מקדש העליון להיות קדוש בוי״ו הם ישראל ע״י שאו ידיכם קדש.

Mais ceux qui font s’écouler une abondance de bénédiction et d’effusion depuis le Kodesh supérieur, afin qu’elle devienne « kadosh » avec un vav, sont Israël, par « Levez vos mains [dans] la sainteté ».

Explication

Ce qui met cette bénédiction en mouvement, c’est Israël, en « levant ses mains [dans] la sainteté ». Les paragraphes suivants expliquent ce que sont ces deux mains.

Le paragraphe 4 en bref

La sainteté qui soutient les mondes doit être renouvelée depuis le Kodesh supérieur, auquel aucun acte ne peut ajouter ni nuire ; Israël, en « levant ses mains », est à l’origine de cette bénédiction qui se déverse.

Pour aller plus loin

La note de Kehot cite Sefer HaMaamarim 5654 pour expliquer pourquoi la force vitale pourrait se retirer : le sovev a encore un certain rapport avec les mondes, de sorte que le péché peut le dissimuler ; pourtant, contrairement à une âme qui quitte entièrement un corps endommagé, la force vitale divine maintient une personne en vie même lorsqu’elle pèche, mais de manière voilée. À propos de « n’entre aucunement dans les limites des mondes », une note y cite le Zohar (3:93a) et Likkutei Torah, Vayikra 33b.

Maré mekomot

  1. 1
    שאו ידיכם קדש · Psalms 134:2
  2. 2
    וצריכים להמשיך מחדש המשכת קדושתו ית׳ · בסה״מ תרנ״ד ע׳ קנא מבאר זה: ”דמ״מ ה״ה בחי׳ סוכ״ע שיש לו שייכות לעלמין ובערך כו׳ כמ״ש במ״א לכן יכול להיות שיסתלק ח״ו ע״י חטא ועון, ואין זה כמו הנשמה שמתפעלת ממיקרי הגוף, י״ל דבנשמה הרי ע״י הקלקול בגוף נסתלק החיות לגמרי ח״ו, משא״כ בהחיות האלקי הרי כשאדם עובר עבירה ר״ל הרי בשעת מעשה החיות האלקי מחי׳ אותו ג״כ אלא שהוא בהעלם” ע״ש עוד בזה.
  3. 3
    והמשכה זו היא מבחינת קדש העליון · מובא לעיל פ׳ נשא כח, ד.
  4. 4
    אינו בגדר עלמין כלל · בסה״מ תרנ״ד ע׳ קנב מעיר כ״ק אדמו״ר: ”זח״ג צג, א ונתבאר בלקו״ת ויקרא לג, ב ובכ״מ”.
  5. 5
    אינו בגדר עלמין כלל · Zohar, Emor 21:86–93
  6. 6
    אם צדקת מה תתן לו · Job 35:7
  7. 7
    ורבו פשעיך מה תעשה לו · Job 35:6

5והענין כי ידיכם ב׳ ידים הם ב׳ פסוקים הראשונים שבק״ש [שבקריאת שמע] שמע ישראל וברוך שכמל״ו [שם כבוד מלכותו לעולם ועד] שהם צריכים כוונת הלב לעכב והם יחודא עילאה ויחודא תתאה.

Et voici l’explication : « vos mains » sont deux mains, les deux premiers versets du Chema, « Écoute, Israël » et « Béni soit le Nom glorieux de Son royaume à jamais », qui exigent impérativement l’intention du cœur ; ils correspondent à l’unité supérieure (yi'houda ila'a) et à l’unité inférieure (yi'houda tata'a).

Explication

Les deux « mains » sont les deux premiers versets du Chema : « Écoute, Israël… » et la réponse « Béni soit le Nom glorieux de Son royaume à jamais ». Ces deux versets exigent l’intention du cœur ; sans elle, on ne s’est pas acquitté de l’obligation. Ils correspondent à l’unité supérieure et à l’unité inférieure.

יחודא עילאה למסור נפשו באחד במס״נ [במסירות נפש] ממש שתשתפך נפשו להיות בטילה ונכללת באור א״ס [אין סוף] ב״ה ומיוחדת במאצילה ב״ה כמו שהיתה קודם שירדה לעוה״ז [לעולם הזה]

L’unité supérieure consiste à donner son âme dans « Un » (echad), par un véritable sacrifice de soi (messirout néfech), de sorte que l’âme s’épanche, afin d’être annulée et incluse dans la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, et unie à son Émanateur, béni soit-Il, comme elle l’était avant de descendre dans ce monde.

Explication

L’unité supérieure, dans le mot « Un » du Chema, consiste à donner entièrement son âme : elle s’épanche pour être absorbée dans la Lumière infinie et unie à sa source, comme elle l’était avant de descendre dans un corps. Il s’agit d’un sacrifice de soi dans son sens intérieur, et non seulement de la disposition à mourir.

כי בהתבוננותה באחד בבחינת יחודא עילאה איך שהוא אחד ממש שהוא לבדו הוא ואין עוד מלבדו. אי לזאת תכלה ותכסוף הנפש לצאת מנרתקה הוא מאסר הגוף כו׳.

Car lorsqu’elle contemple « Un » selon le niveau de l’unité supérieure, et comprend qu’Il est véritablement Un, qu’Il est seul et qu’« il n’est rien d’autre que Lui », l’âme aspire alors ardemment à sortir de son enveloppe, qui est la prison du corps, etc.

Explication

En contemplant que D.ieu est véritablement Un, qu’Il est seul et qu’« il n’est rien d’autre que Lui », l’âme aspire à quitter son « enveloppe », le corps qui la retient captive. Ce désir de se fondre en D.ieu constitue l’unité supérieure.

Le paragraphe 5 en bref

Les deux mains de « Levez vos mains » sont les deux premiers versets du Chema, qui correspondent à l’unité supérieure et à l’unité inférieure. L’unité supérieure est le désir de l’âme de s’abandonner entièrement à l’unité de D.ieu.

Pour aller plus loin

Likkutei Torah, Vayikra, auquel renvoie la note de Kehot, explique l’expression de l’Arizal « sacrifice de soi dans Un » : il s’agit de l’annulation de soi de l’essence même de l’âme divine, au-delà de l’intellect, tandis que le sacrifice de soi de « de toute ton âme » correspond au moment où l’âme animale elle aussi acquiesce, par la contemplation. La note explique également pourquoi « Béni soit le Nom… », bien que ne figurant pas dans les Écritures, est appelé un « verset » : il est associé à « Écoute, Israël », et les Sages introduisent parfois une ancienne prière par les mots « comme il est écrit ».

Maré mekomot

  1. 1
    שמע ישראל · Deuteronomy 6:4
  2. 2
    ב׳ פסוקים . . שמע ישראל וברוך שכמל״ו · Zohar I, 34a
  3. 3
    ב׳ פסוקים הראשונים . . שהם צריכים כוונת הלב · שו״ע אדה״ז ס״ס סה.
  4. 4
    והם יחודא עילאה ויחודא תתאה · בארוכה בתו״א קטו, ב. ואילך.
  5. 5
    למסור נפשו באחד · ראה לעיל פ׳ ויקרא ה, א.
  6. 6

6ויחודא תתאה היא בחינת בע״כ [בעל כרחך] אתה חי דהיינו אחר שכבר נמשך שם כבוד מלכותו להיות מלכות כ״ע [כל עלמין] להוות מאין ליש דוקא ומוכרח להיות יש גשמי יהיה

Et l’unité inférieure est le niveau de « contre ton gré, tu vis » : c’est-à-dire que, puisque le Nom de la gloire de Son royaume a déjà été attiré vers le bas pour devenir la royauté de tous les mondes, afin de faire exister spécifiquement quelque chose à partir du néant, et qu’il faut nécessairement qu’il y ait une chose physique (yech), il faut que ce soit

Explication

L’unité inférieure s’exprime par la formule de la Michna : « contre ton gré, tu vis ». Dès lors que la royauté de D.ieu a fait exister un monde physique à partir du néant, l’existence physique est une donnée. Il ne s’agit pas de lui échapper, mais de la rendre, elle aussi, annulée devant D.ieu.

בבחינת ביטול היש שיהא היש בטל ונכלל גם כן באור א״ס [אין סוף] ב״ה בקיום עוצם עיניו מראות ברע ובשמירתו ממחשבות והרהורים אשר לא לה׳ המה ולא תתורו אחרי לבבכם כו׳ (ועמ״ש מענין זה בד״ה שיר השירים).

dans l’état de l’annulation de l’existence (bitoul hayech), afin que cette existence soit elle aussi annulée et incluse dans la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, en accomplissant « il ferme ses yeux pour ne pas voir le mal », et en se gardant des pensées et méditations qui ne sont pas pour D.ieu, ainsi que « Ne vous égarez pas à la suite de votre cœur », etc. (Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Le Cantique des cantiques ».)

Explication

La « chose » physique est annulée dans la Lumière infinie par une discipline concrète : fermer les yeux pour ne pas voir le mal, garder ses pensées de ce qui n’est pas pour D.ieu et ne pas s’égarer à la suite de son cœur. Le texte renvoie au traitement de ce sujet dans le discours « Le Cantique des cantiques », le premier de cette section du Likkutei Torah.

וב׳ בחינות אלו הם הן ב׳ ידים כי דרועא ימינא וימינו תחבקני כאדם החובק את חבירו שלא יזוז ממנו אנה ואנה.

Et ces deux niveaux sont les deux mains. Car le bras droit [est évoqué dans] « et Ta droite m’embrasse », comme une personne qui enlace son ami afin qu’il ne s’éloigne ni d’un côté ni de l’autre.

Explication

Ces deux unités sont les deux mains. Le bras droit est l’étreinte de « et Ta droite m’embrasse » : on enlace un ami pour le garder près de soi et l’empêcher de s’éloigner.

וכך הוא ענין יחודא עילאה בחינת יחוד ממש במאציל העליון ב״ה כלה שארי ולבבי כו׳

Il en va ainsi de l’unité supérieure : c’est le niveau d’une union véritable avec l’Émanateur suprême, béni soit-Il, [comme dans] « Ma chair et mon cœur défaillent », etc.

Explication

Ainsi, l’unité supérieure est une véritable étreinte, une union avec l’Émanateur Lui-même, dans laquelle, comme le dit le psaume, « ma chair et mon cœur défaillent ».

ובחינת יחודא תתאה היא בחינת דרועא שמאלא בחינת גבורות שמאחר שרואה גשמיות העולם ליש דבר נפרד צריך להיות בבחי׳ התגברות מאוד הן בסור מרע עוצם עיניו כו׳

Et le niveau de l’unité inférieure est celui du bras gauche, le niveau des Guevourot (retenue) : puisque l’on voit la matérialité du monde comme une chose, une entité séparée, il faut faire preuve d’une grande maîtrise de soi, tant pour « s’écarter du mal » que pour « fermer les yeux », etc.,

Explication

L’unité inférieure est le bras gauche, le côté de la Guevoura, force et retenue. Parce qu’une personne voit le monde comme une « chose » séparée, elle doit exercer une grande maîtrise de soi pour s’écarter du mal, comme en fermant les yeux devant lui.

והן בבחינת ועשה טוב יותר מטבעו ורגילותו וכמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] פט״ו [פרק ט״ו / פרשה ט״ו] וב׳ בחינות ידים אלו הן בחינת נשיאות והעלאה לקדש העליון להיות בטל ונכלל באור א״ס [אין סוף]

que pour « faire le bien » au-delà de sa nature et de ses habitudes, comme l’explique le Sefer Shel Beinonim (Tanya), chapitre 15. Et ces deux niveaux des mains sont le fait de porter et d’élever vers le Kodech suprême, afin d’être annulé et inclus dans la Lumière infinie,

Explication

Il faut aussi s’efforcer de « faire le bien » au-delà de sa nature et de ses habitudes, ce que le Tanya, chapitre 15, décrit comme un véritable service. Les deux mains, correspondant à l’unité supérieure et à l’unité inférieure, sont élevées vers le Kodech suprême, afin d’être annulées dans la Lumière infinie.

ב״ה ממש שאינו בגדר עלמין כלל למעלה מבחי׳ ממלא ומבחינת סובב ועי״ז וברכו את ה׳ להיות נמשך שפע ברכה והמשכה להיות גילוי אור א״ס [אין סוף] ב״ה מלמעל ה למטה

béni soit-Il, Lui-même, qui n’entre nullement dans les limites des mondes et se situe au-delà du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) et de celui de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin). Et par cela, « bénissez D.ieu » : qu’un flux de bénédiction et une effusion soient attirés, afin que la Lumière infinie, béni soit-Il, se révèle d’en haut en bas.

Explication

Cette Lumière est absolument au-delà des mondes, au-dessus de la lumière qui les remplit comme de celle qui les entoure. Élever les mains vers elle entraîne « et bénissez D.ieu » : la bénédiction s’écoule en retour, révélant la Lumière infinie d’en haut en bas.

וכמו שכתוב אם ישים אליו לבו אזי רוחו ונשמתו אליו יאסוף רוחו ונשמתו הן הן חיות ואור א״ס [אין סוף] ב״ה בחינת קדוש אליו יאסוף להיות גילוי אור א״ס [אין סוף] ב״ה גם למטה

Comme il est écrit : « S’il dirige son cœur vers Lui », alors « son esprit et son souffle, Il les rassemblera auprès de Lui ». « Son esprit et son souffle » sont la force vitale et la Lumière de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, le niveau de « Kadoch » ; « Il les rassemblera auprès de Lui » : afin que la Lumière infinie, béni soit-Il, se révèle également ici-bas.

Explication

Le verset de Job est interprété de la même manière : lorsqu’une personne dirige son cœur vers D.ieu, D.ieu rassemble auprès d’elle « Son esprit et Son souffle », la lumière de l’Infini au niveau de « Kadoch ». L’élévation de la personne fait descendre la révélation de D.ieu ici-bas.

וזהו לא זז מחבבה עד שקראה אמי שכמו שהאם מברכת את בנה עד״מ [על דרך משל] כך ישראל מברכין לאביהם שבשמים כביכול

Et c’est là [le sens de] « Il ne cessa de la chérir jusqu’à ce qu’Il l’appelle “Ma mère” » : de même qu’une mère bénit son fils, par analogie, ainsi Israël bénit, pour ainsi dire, leur Père céleste ;

Explication

Le Midrach à propos de « Ma mère » est maintenant expliqué. De même qu’une mère bénit son enfant, ainsi Israël bénit, « pour ainsi dire », leur Père céleste.

שהם הם הממשיכים בחינת קדוש להיות הוי׳ צבאות מקדש העליון ע״י נשיאות ידיהם ביחו״ע [ביחודא עילאה] ויחו״ת [ויחודא תתאה]

car ce sont eux qui font descendre le niveau de « kadoch », afin qu’il devienne « Havaya Tsevaot », depuis le Kodech supérieur, en levant les mains dans l’unité supérieure et l’unité inférieure.

Explication

Israël bénit D.ieu en ce sens qu’ils font descendre « kadoch » depuis le Kodech supérieur, afin qu’il devienne « Havaya Tsevaot », D.ieu présent parmi Ses armées. Ils le font en levant leurs deux mains, qui correspondent à l’unité supérieure et à l’unité inférieure.

וזהו שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] קראה אמי פי׳ בחינת קדוש בוי״ו המורה על ההמשכה קרא לכנסת ישראל אמי שהם הם הממשיכים כנ״ל ועיין בזהר ויקרא (די״ג ע״א):

Et c’est là ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Le Saint béni soit-Il l’appela “Ma mère”. » C’est-à-dire : le niveau de « kadoch » avec un vav, qui indique la descente, appela la Knesset Israël (l’Assemblée d’Israël) « Ma mère », car ce sont eux qui le font descendre, comme indiqué plus haut. Voir aussi le Zohar, Vayikra (13a).

Explication

Ainsi, lorsque les Sages disent que D.ieu appela Israël « Ma mère », c’est « kadoch » avec un vav — la sainteté qui est amenée ici-bas — qui les appelle ainsi, car ce sont eux qui la font descendre. Le texte renvoie au Zohar sur Vayikra pour plus de détails.

Le paragraphe 6 en bref

L’unité inférieure annule l’existence physique par la maîtrise de soi ; avec l’unité supérieure, elles constituent les deux mains élevées vers le Kodech suprême, qui en attirent la bénédiction vers le bas. C’est pourquoi D.ieu appelle Israël « Ma mère ».

Pour aller plus loin

Le Likkutei Torah, Tazria, auquel renvoie la note de Kehot en parallèle du Zohar sur Vayikra (13a), ajoute que cette bénédiction du Saint béni soit-Il vient par l’étude de la Torah, et que ceux qui Le bénissent sont donc eux-mêmes bénis.

Maré mekomot

  1. 1
    בע״כ אתה חי · ספ״ד דאבות. [כ].
  2. 2
    בע״כ אתה חי · Pirkei Avot 4:22
  3. 3
    עוצם עיניו מראות ברע · Isaiah 33:15
  4. 4
    ולא תתורו אחרי לבבכם · Numbers 15:39
  5. 5
    בד״ה שיר השירים · ראה לעיל א, א.
  6. 6
    וימינו תחבקני · Song of Songs 2:6
  7. 7
    כלה שארי ולבבי · Psalms 73:26
  8. 8
    דרועא שמאלא בחי׳ גבורות · ת״ז בהקדמה (פתח אלי׳).
  9. 9
    דרועא שמאלא · Tikkunei Zohar 17a:16–17
  10. 10
    יותר מטבעו ורגילותו · Tanya, Likkutei Amarim 15:10
  11. 11
    וברכו את ה׳ · Psalms 134:2
  12. 12
    אם ישים אליו לבו · Job 34:14
  13. 13
    וזהו לא זז · קטע מכאן בסה״מ תרל״ח ע׳ רכ.
  14. 14
    ועיין בזהר ויקרא (די״ג ע״א) · ראה גם לקמן לב, ד. ולעיל פ׳ תזריע כד, ד.
  15. 15
    אורייתא מחכ׳ נפקת · Zohar II, 121a
  16. 16
    ועל דמות הכסא דמות · Ezekiel 1:26
  17. 17
    רמ״ח תיבין שבק״ש ממשיכים בחי׳ רמ״ח אברי׳ עילאין · ראה פע״ח שער הק״ש פכ״ה.
  18. 18

Faire descendre l’Homme suprême ¶7–9

7ג והנה המשכה זו דרך כלל היא מ״ש והיו הדברים האלה אשר אנכי מצוך הדברים האלה היא המשכת התורה שהיא מבחי׳ אנכי ממש מצוך לשון התקשרות והיא המשכת ח״ע [חכמה עילאה]

3. Or, cette attraction vers le bas, considérée dans son ensemble, correspond à ce qui est écrit : « Et ces paroles que Moi (Anochi) Je t’ordonne (metsavékha) seront » : « ces paroles » désignent l’attraction vers le bas de la Torah, qui provient du niveau d’Anochi (« Moi ») lui-même ; « Je t’ordonne » (metsavékha) exprime un lien, et désigne l’attraction vers le bas de la 'Hokhma supérieure ('Hokhma Ilaa),

Explication

De manière générale, Israël attire D.ieu vers le bas par la Torah : « ces paroles que Je t’ordonne ». Les paroles de Torah proviennent d’Anochi, « Moi », D.ieu Lui-même, et metsavékha (« Je t’ordonne ») est compris comme un terme exprimant un lien ; il s’agit d’une attraction vers le bas de la 'Hokhma supérieure, la sagesse propre de D.ieu.

כי אורייתא מחכמה נפקת והיא בחי׳ יו״ד של שם הוי׳ שבה מתלבש אור א״ס [אין סוף] ב״ה ממש כידוע.

car « la Torah procède de la 'Hokhma (sagesse) » ; elle est le niveau du youd du Nom Havaya, dans lequel la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, est elle-même vêtue, comme on le sait.

Explication

Car « la Torah procède de la 'Hokhma », et la 'Hokhma est le youd, première lettre du Nom Havaya, dans lequel la Lumière infinie elle-même est vêtue. La Torah porte donc la lumière propre de D.ieu dans le monde.

אך דרך פרט הנה איתא בכוונת ק״ש [קריאת שמע] שע״י רמ״ח תיבין שבק״ש [שבקריאת שמע] ממשיכים בחי׳ רמ״ח אברי׳ [אברים] עילאין לבחי׳ אדם העליון ועל דמות הכסא דמות כמראה אדם כו׳ להמשיך בחי׳ אדם כו׳.

Mais, dans le détail, il est rapporté dans la kavana (intention) du Chema que, par les 248 mots du Chema, on attire vers le bas le niveau des 248 membres supérieurs vers le niveau de l’Homme supérieur (Adam), [comme dans] « Et au-dessus de la ressemblance du trône, une ressemblance ayant l’apparence d’un homme », etc., afin d’attirer vers le bas le niveau de « l’homme », etc.

Explication

Dans le détail, les kavanot du Ari zal concernant le Chema enseignent que ses 248 mots attirent vers le bas les 248 « membres » de l’Homme supérieur, la figure qu’Ézéchiel vit sur le trône : « une ressemblance ayant l’apparence d’un homme ». L’Homme supérieur est constitué des dix Séfirot représentées comme une figure unique.

Le paragraphe 7 en bref

De manière générale, Israël attire D.ieu vers le bas par la Torah, qui porte Sa propre sagesse ; en particulier, les 248 mots du Chema attirent vers le bas les 248 « membres » de l’Homme supérieur.

Pour aller plus loin

Pri Etz Chaim (Sha'ar Kerias Shema, chapter 25) donne l’ordre des 248 mots : après que le flux atteint les trois « cerveaux » de Zeir Anpin, il descend vers ses autres Séfirot ; Zeir Anpin se trouve ainsi constitué et pourvu de 248 membres complets. Les 42 mots du premier paragraphe correspondent à sa tête.

Maré mekomot

  1. 1
    והיו הדברים האלה · Deuteronomy 6:6
  2. 2
    אורייתא מחכמה נפקת · Zohar, Mishpatim 20:500–502
  3. 3
    אורייתא מחכמה נפקת · Zohar, Yitro 21:378–22:389
  4. 4
  5. 5
    ועל דמות הכסא דמות כמראה אדם · Ezekiel 1:26

8והגם שא״א [שאי אפשר] לבאר להשכיל היטב דבר זה בפרטיות כי אין לו דמות הגוף כו׳ ח״ו [חס ושלום].

Et bien qu’il soit impossible d’expliquer cette idée en détail de manière à la faire comprendre clairement, car « Il n’a aucune forme corporelle », etc., à D.ieu ne plaise,

Explication

L’Admour Hazaken met en garde contre un malentendu : D.ieu n’a pas de corps, comme le dit le chant Yigdal : « Il n’a aucune forme corporelle. » Ainsi, la comparaison des Séfirot à des membres ne peut être développée en détail comme si elle était littérale.

אך מ״מ [מכל מקום] מאחר שכך דברה תורה בדרך משל ומליצה יש לנו רשות לדבר בם. ולהבין משל ומליצה אפס קצהו.

néanmoins, puisque la Torah a parlé ainsi, par parabole et figure de style, nous avons la permission d’en parler. Et, pour comprendre la parabole et la figure de style, n’en saisir qu’un bord.

Explication

Pourtant, puisque la Torah elle-même parle de D.ieu par parabole et figure de style, nous pouvons reprendre son langage et tenter de saisir au moins un bord de la parabole. La suite explique un à un les membres de l’Homme d’en haut.

Le paragraphe 8 en bref

Une mise en garde avant le développement de la parabole : D.ieu n’a pas de corps, mais puisque la Torah s’exprime par figures, nous pouvons les employer pour en saisir quelque peu le sens.

Maré mekomot

  1. 1
    כי אין לו דמות הגוף · פיוט יגדל.
  2. 2
    ולהבין משל ומליצה · Proverbs 1:6

9וגם רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] אמרו מעלה אני עליכם כאילו עשאוני. והענין כי הנה כתיב ביעקב ויקרא שמו ישראל ופי׳ ישראל לי ראש שישראל הם העושים בחינת ראש להקב״ה [להקדוש ברוך הוא] כביכול דהיינו עד״מ [על דרך משל]

Nos Sages, de mémoire bénie, ont également dit : « Je vous le compte comme si vous M’aviez fait. » Voici l’explication : il est écrit au sujet de Yaakov : « Il appela son nom Israël (Yisrael) » ; le sens de Yisrael est li rosh, « une tête pour Moi » : Israël sont ceux qui donnent, pour ainsi dire, au Saint béni soit-Il le niveau d’une tête. C’est-à-dire, à titre d’analogie,

Explication

Cette autre déclaration audacieuse des Sages, « comme si vous M’aviez fait », s’explique par le nom Israël : ses lettres forment li rosh, « une tête pour Moi ». Israël donne ainsi, pour ainsi dire, une « tête » au Saint béni soit-Il.

כמו שיש בראש מוחין חב״ד [חכמה בינה ודעת] ועצם הגולגלת החופף על המוחין כך ישראל הם הממשיכים בחינת מוחין חכמה מוחא איהו מחשבה מלגאו היא המשכת התורה המלובשת בגשמיות שהוא בחינת ח״ע [חכמה עילאה] לא ידע אנוש ערכה שלפי פשוטו

de même que la tête contient l’intellect (mo’hin), 'Hokhma (sagesse), Bina (compréhension) et Daat (connaissance), et que l’os du crâne recouvre les mo’hin, ainsi Israël fait descendre le niveau des mo’hin : « 'Hokhma est le cerveau ; elle est la pensée intérieure. » C’est là la descente de la Torah, revêtue de réalités matérielles, qui relève de la 'Hokhma supérieure, [dont il est dit :] « L’homme n’en connaît pas la valeur » ; car, selon le sens littéral,

Explication

La tête possède un cerveau, avec ses dimensions de 'Hokhma, Bina et Daat, ainsi qu’un crâne qui le recouvre. Israël fait descendre le « cerveau », la 'Hokhma, par l’intermédiaire de la Torah : la sagesse de D.ieu revêtue de réalités matérielles, dont, comme le dit Job, nul homme ne connaît la valeur.

הנה כל המקרא תנ״ך [תורה נביאים כתובים] הוא מלא כמעט בסיפורי מעשיות (ועיין בזהר בהעלותך קמ״ט ב׳ קנ״ב א׳)

presque toute l’Écriture, le Tanakh, est remplie de récits (voir aussi le Zohar, Beha'aloscha, 149b, 152a) ;

Explication

À les lire selon leur sens littéral, la plupart des Écritures sont des récits. Le Zohar sur Beha'aloscha, cité ici, enseigne que ces récits ne sont que le vêtement extérieur de la Torah.

וגם תשבע״פ [תורה שבעל פה] הלכות שרשן ויסודותן מח״ע [מחכמה עילאה] שהיא חכמה נפלאה שאין שכל אנושי משיג טעמי תורה וההלכות ואפילו ע״פ קבלה מפי סופרים ומפי ספרים

et la Torah orale également : les halakhot, dont la racine et les fondements procèdent de la 'Hokhma supérieure, une sagesse merveilleuse, si bien que l’intellect humain ne saisit pas les raisons de la Torah et des halakhot. Même selon la Kabbale, transmise par la bouche des sages et par celle des livres,

Explication

Les lois de la Torah orale ont elles aussi leur racine dans la 'Hokhma supérieure, une sagesse qui dépasse l’entendement humain ; nous ne connaissons donc pas les véritables raisons de la Torah et de ses lois. Même dans les enseignements reçus de la Kabbale, transmis par des maîtres et par des livres, seule une petite partie a été consignée par écrit.

הנה מעט אשר נמצא כתוב אצלנו ואפי׳ [ואפילו] במועט זה אין די באר פרטיות כל הענינים לעומקם ולאשורם והמשכה זו שמחכמה עילאה להתלבש בגשמיות הענינים

il n’en a été écrit que peu de choses parmi nous ; et même pour cette petite part, il n’est pas possible d’expliquer suffisamment les détails de toutes ces notions dans toute leur profondeur et leur exactitude. Cette descente de la 'Hokhma supérieure, qui vient se revêtir de la matérialité des choses,

Explication

Même cette petite part ne rend pas compte de chaque détail dans toute sa profondeur. Il s’agit ici de la sagesse supérieure de D.ieu, descendue jusqu’à se vêtir de réalités matérielles.

כמו תרומות ומעשרות וסיפורי מעשיות שבתנ״ך [שבתורה נביאים כתובים] וגם התלבשות אור א״ס [אין סוף] בחכמה שחכמה עילאה הגם שהיא לא בחכמה ידיעא

comme les teroumot et les maasserot, ainsi que les récits du Tanakh ; il y a aussi le revêtement de la Lumière infinie (Or Ein Sof) dans la 'Hokhma. Car la 'Hokhma supérieure, bien qu’elle ne soit pas une sagesse connue,

Explication

Parmi les exemples figurent les teroumot et les maasserot, les portions prélevées sur les produits agricoles, ainsi que les récits des Écritures. Il y a, au-delà, une autre descente : celle de la Lumière infinie dans la 'Hokhma. En effet, même la 'Hokhma supérieure, que la prière d’Élie qualifie de « sagesse qui n’est pas connue », demeure une forme de sagesse.

אך מאחר שהיא בחינת חכמה והשגה אלא שהיא השגה נפלאה שאינה מושגת לשכל הנבראים רחוקה היא מאד מאור א״ס [אין סוף] ב״ה ממש

mais puisqu’elle relève de la sagesse et de la compréhension — même si cette compréhension est merveilleuse et inaccessible à l’intellect des êtres créés —, elle est très éloignée de la Lumière infinie, béni soit-Il, elle-même,

Explication

Puisque même la 'Hokhma la plus élevée est une forme de compréhension, si merveilleuse et inaccessible qu’elle soit aux intelligences créées, elle demeure éloignée de la Lumière infinie elle-même.

שהוא רם ונשא לאין קץ וכו׳ תלויה בישראל למטה ע״י בחינת שאו ידיכם קודש ביחו״ע [ביחודא עילאה] ויחו״ת [ויחודא תתאה] ואח״כ [ואחר כך] והיו הדברים האלה אשר אנכי מצוך כו׳ שעי״ז ממשיכים להיות גילוי אור א״ס [אין סוף] ב״ה ממש בחכמה כו׳

qui est élevée et sublime à l’infini, etc. Cela dépend d’Israël ici-bas, par le niveau de « Levez vos mains dans la sainteté », dans l’unité supérieure (yi'houda ila'a) et l’unité inférieure (yi'houda tata'a), puis par « Et ces paroles que Je te commande seront… », etc. C’est ainsi qu’ils font descendre la révélation de la Lumière infinie, béni soit-Il, elle-même, dans la 'Hokhma, etc.

Explication

Les deux descentes — celle de la sagesse dans les réalités matérielles et celle de la Lumière infinie dans la sagesse — dépendent d’Israël ici-bas : d’abord, ils élèvent leurs mains dans l’unité supérieure et l’unité inférieure du Chema, puis viennent « ces paroles que Je te commande », c’est-à-dire la Torah. Cela révèle la Lumière infinie elle-même dans la 'Hokhma.

ובחינת עצם הגולגלת החופף על הראש הוא בחינת הרצון שלמעלה מהמוחין כי הרצון הוא למעלה מטעם ודעת המושג ומובן (ועמ״ש מזה בד״ה תקעו בחד שופר)

Et le niveau de l’os du crâne qui recouvre la tête correspond à la volonté (ratzon), qui est au-dessus des mo’hin, car la volonté dépasse la raison et la connaissance que l’on peut saisir et comprendre (voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Sonnez du chofar à la nouvelle lune »).

Explication

Le crâne qui recouvre le cerveau représente la volonté, laquelle se situe au-dessus de l’intellect : l’homme désire des choses qui dépassent tout ce que la raison peut saisir et expliquer. Le texte renvoie au discours « Sonnez du chofar à la nouvelle lune », où ce sujet est développé.

וזה ממשיכים ישראל ע״י בחינת ביטול רצון שיש לכל אחד ואחד מישראל בחינה זו בטל רצונך כו׳ הגם שאין לו השגה בתורה

Et Israël fait descendre cela par le niveau de l’annulation de la volonté (bitoul ratzon), car chacun des enfants d’Israël possède ce niveau : « Annule ta volonté », etc., même s’il n’a pas de compréhension de la Torah

Explication

Israël fait descendre la volonté d’en haut en annulant sa propre volonté, comme le dit la Michna : « Annule ta volonté devant Sa volonté. » Chaque Juif possède cette capacité, même celui qui ne saisit pas la Torah.

וגם אין לו התבוננות גדולה בנפשו המשכלת ומתבוננת בגדולת ה׳ אשר לא יכול להרחיב ולהעמיק שכלו ובינתו מ״מ [מכל מקום] ע״י ביטול רצון פשוט בלי טעם ודעת ממשיך רצון העליון ב״ה

et même s’il ne s’adonne pas non plus à une grande contemplation dans son âme intellectuelle, qui médite sur la grandeur de D.ieu, car il ne peut élargir et approfondir son intellect et sa compréhension ; néanmoins, par une simple annulation de la volonté, sans raison ni connaissance, il fait descendre la volonté suprême, béni soit-Il,

Explication

Même celui qui ne peut méditer profondément sur la grandeur de D.ieu peut, en mettant simplement de côté sa propre volonté, sans chercher de raisons, faire descendre la volonté de D.ieu.

כמאמר יהי רצון עושים רצונו של מקו ם להיות המשכת ממכ״ע [ממלא כל עלמין] וסוכ״ע [וסובב כל עלמין] וגם חסד דרועא ימינא ממשיכים ישראל ע״י

comme dans l’expression « Que la volonté soit » (yehi ratzon) et dans ces mots : « ils font la volonté de Celui qui est partout » ; ainsi se produit une descente de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) et de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin). Et Israël fait aussi descendre le ’Hessed (bonté), « le bras droit », par

Explication

L’expression yehi ratzon, « Que la volonté soit », signifie que, lorsqu’Israël accomplit la volonté de Celui qui est partout, il fait s’épancher la volonté de D.ieu sous la forme de la lumière qui remplit les mondes et de celle qui les entoure. Viennent ensuite les bras : le ’Hessed, le bras droit, est attiré par les actes de bonté accomplis ici-bas.

צדקה וחסד שעושים למטה וגבורה דרועא שמאלא ע״י התגברות האדם נגד רצונו וטבעו הנמשך מנפש הבהמית ותפארת גופא היא מדת הרחמנות המו מעי לו

la tsedaka et la bonté qu’ils pratiquent ici-bas ; et la Guevoura (retenue), « le bras gauche », est attirée lorsqu’un homme surmonte sa volonté et sa nature, qui proviennent de l’âme animale ; et Tiferet (beauté), « le torse », est l’attribut de compassion, « Mes entrailles s’émeuvent pour lui. »

Explication

Le ’Hessed est attiré par la tsedaka et les actes de bonté accomplis par Israël ; la Guevoura, le bras gauche, par le fait de surmonter la volonté et la nature de l’âme animale. Tiferet, le torse, correspond à la compassion, comme dans les paroles de D.ieu au sujet d’Éphraïm : « Mes entrailles s’émeuvent pour lui. »

והנה רחמנות היא בחי׳ התפעלות שהיא רחוקה מאד מאור א״ס [אין סוף] ב״ה שהוא אחדות פשוט ובחי׳ רחמים פשוטים

Or, la compassion est un état où l’on est ému, ce qui est très éloigné de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, qui est une unité simple et relève de la compassion simple ;

Explication

La compassion implique d’être ému, ce qui semble étranger à D.ieu, qui est une unité simple. Sa compassion est « simple » : ce n’est pas une émotion qui Le change.

אלא שישראל ממשיכי׳ [ממשיכים / ממשיכין] להיו׳ [להיות] התלבשות אור א״ס [אין סוף] ב״ה במדת הרחמנות ע״י פסוד״ז [פסוקי דזמרה] במה שמשבחים ומהללים אותו ית׳ שעי״ז מעוררים למעלה להמשיך

mais Israël fait descendre la Lumière infinie, béni soit-Il, afin qu’elle s’enveloppe dans l’attribut de compassion, par les Pessouké déZimra (Versets de louange), lorsqu’ils Le louent et Le glorifient, qu’Il soit béni ; par cela, ils éveillent en haut une descente

Explication

Israël peut pourtant faire entrer la Lumière infinie dans l’attribut de compassion par les louanges des Pessouké déZimra, dans la prière du matin. En louant D.ieu, ils éveillent Ses attributs en haut.

אור א״ס [אין סוף] למטה להתלבש במדת רחמנות ולהיות בבחי׳ המו מעי לו ובחי׳ נצח והוד תרין שוקין ממשיכים ע״י בחי׳ ניצוח שבישראל

de la Lumière infinie ici-bas, afin qu’elle s’enveloppe dans l’attribut de compassion et devienne l’état de « Mes entrailles s’émeuvent pour lui ». Quant aux niveaux de Netsa’h (victoire) et de Hod (splendeur), « les deux jambes », Israël les fait descendre par la qualité de victoire (nitsoua’h) qui se trouve en lui,

Explication

Il en résulte que la Lumière infinie s’enveloppe dans la compassion : « Mes entrailles s’émeuvent pour lui. » Netsa’h et Hod, les deux jambes, sont attirés par le nitsoua’h, l’élan qui pousse à l’emporter, présent en chaque Juif.

דהיינו שעושה גם נגד רצונו ושכלו רק בדרך אתכפיא בלי טעם ודעת והיא עבודת האדם לכל היום גם אחר התפלה שחולפת ועוברת האהבה ורצון שמחמת ההתבוננות מ״מ [מכל מקום] נשאר רשימו קצת

C’est-à-dire que l’on agit même contre sa volonté et sa raison, uniquement par la voie de la soumission (itkafya), sans raison ni connaissance. Tel est le service de l’homme tout au long de la journée, même après la prière, lorsque l’amour et le désir nés de la contemplation s’évanouissent et disparaissent ; néanmoins, une certaine empreinte (réchimou) demeure,

Explication

Netsa'h consiste à agir même contre sa volonté et sa raison, par la seule soumission de soi (itkafya). C’est le service de l’homme tout au long de la journée, même après la prière, lorsque l’amour et le désir éveillés par la contemplation se sont dissipés, mais qu’une empreinte en demeure.

דהיינו ההסכמה שעלה במוסכם אצלו לילך בדרך טובים ולהתרחק מן הרע ומחמת זה יש לו בחי׳ ניצוח גם בלי טעם ודעת

à savoir la résolution qui s’est fermement établie en lui de suivre la voie du bien et de s’éloigner du mal ; et c’est grâce à cela qu’il possède la qualité de victoire, même sans raison ni connaissance.

Explication

Cette empreinte est une résolution fermement établie de suivre la voie du bien et de s’éloigner du mal. Elle donne à l’homme la force de l’emporter, même lorsqu’il n’a ni raison ni compréhension pour l’appuyer.

וגם בחי׳ הודיה מודים אנחנו לך להיות בטל לרצון העליון ב״ה ולהתגבר נגד תועבת ה׳ אשר שנא

Et il y a aussi la qualité de reconnaissance (hodaah), « Nous Te reconnaissons » (modim ana’h nou lakh) : se soumettre à la volonté suprême, béni soit-Il, et se vaincre [soi-même] face à « l’abomination de D.ieu, qu’Il hait ».

Explication

Hod est la reconnaissance, comme dans « Nous Te reconnaissons » (Modim), dans la prière : se soumettre à la volonté de D.ieu et surmonter ce qu’Il qualifie d’abomination. Comme Netsa'h, cette qualité agit sans qu’il soit nécessaire de comprendre.

ולכן נקרא בחי׳ נצח והוד תרין שוקין כמו בחי׳ שוקיים עד״מ [על דרך משל] שאין בהם גילוי טעם ודעת.

C’est pourquoi les niveaux de Netsa'h et de Hod sont appelés « les deux jambes » : ils ressemblent, à titre d’analogie, aux jambes, en lesquelles ne se révèle ni raison ni connaissance.

Explication

C’est pourquoi Netsa'h et Hod sont appelés les jambes : les jambes portent le corps, mais aucune raison ni compréhension ne s’y révèle.

וזהו וגם נצח ישראל לא ישקר שבחי׳ נצח אינה חולפת ועוברת כו׳ (ועמ״ש מזה בד״ה אלה מסעי ובאגה״ק [ובאגרת הקודש] ד״ה להבין משל ומליצה)

Et c’est là le sens de : « Et aussi, le Netsa'h d’Israël ne ment pas » ; le niveau de Netsa'h ne passe ni ne disparaît, etc. (Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Voici les étapes », et dans Iggeres HaKodesh, la section commençant par « Pour comprendre la parabole et l’image ».)

Explication

Les paroles de Samuel, « Le Netsa'h d’Israël ne ment pas », sont interprétées comme une affirmation au sujet de Netsa'h : il ne s’efface pas, contrairement aux sentiments éprouvés durant la prière. Le texte renvoie au discours « Voici les étapes » et à Iggeres HaKodesh, la lettre commençant par « Pour comprendre la parabole et l’image ».

ובחי׳ יסוד סיומא דגופא אות ברית קדש הוא בחי׳ התקשרות ע״י התקשרות ודביקות ישראל באלקים חיים שלא למשוך אחר חומריות גופו וחומריות העולם.

Et le niveau de Yessod (fondement), « l’extrémité du corps, le signe de la sainte alliance », est celui de l’attachement : par l’attachement et l’adhésion d’Israël au D.ieu vivant, sans se laisser entraîner par la matérialité de son corps ni par celle du monde.

Explication

Yessod, « l’extrémité du corps, le signe de la sainte alliance », est l’attachement : celui d’Israël au D.ieu vivant, en refusant de se laisser entraîner par la matérialité du corps et du monde.

ובחי׳ מלכות פה ע״י עסק התורה בפה ודברי אשר שמתי בפיך וכל הקורא ושונה הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] קורא ושונה כנגדו.

Et le niveau de Mal'hout (souveraineté), « la bouche », [se manifeste] par l’étude de la Torah avec la bouche, « et les paroles que J’ai placées dans ta bouche », et « Quiconque lit et étudie, le Saint béni soit-Il lit et étudie en face de lui ».

Explication

Mal'hout, « la bouche », se manifeste par la parole de Torah, comme le dit D.ieu : « les paroles que J’ai placées dans ta bouche ». Quand un homme lit et étudie, le Saint béni soit-Il, pour ainsi dire, lit et étudie en face de lui.

וזהו ענין המשכת בחי׳ אדם העליון שיעור קומה שלמעלה שהן ע״ס [עשר ספירות] העליונות ע״י עשר כחות הנפש שבהן

Et c’est là le sujet de l’attraction du niveau de l’Homme supérieur (Adam), la « mesure de la stature » (chiour koma) d’En-Haut, qui correspond aux dix Séfirot supérieures, par l’intermédiaire des dix forces de l’âme qui les comprennent,

Explication

Ainsi, l’Homme supérieur, la « mesure de la stature » constituée des dix Séfirot, est attiré par l’intermédiaire des dix forces de l’âme humaine. Chaque force de l’âme, lorsqu’elle est consacrée à D.ieu, attire le niveau correspondant d’En-Haut.

ועל ידן נמשך אור א״ס [אין סוף] ב״ה להתלבש בע״ס [בעשר ספירות] העליונות כו׳ ולכן קרא הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] לכנס״י [לכנסת ישראל] אמי:

et par leur intermédiaire, la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, est attirée vers le bas afin de revêtir les dix Séfirot supérieures, etc. C’est pourquoi le Saint béni soit-Il appela l’Assemblée d’Israël « Ma mère ».

Explication

Par l’intermédiaire de ces dix facultés, la Lumière infinie revêt les dix Séfirot supérieures. Puisque Israël attire ainsi la « stature » révélée de D.ieu, Il appelle l’Assemblée d’Israël « Ma mère ».

Le paragraphe 9 en bref

Israël « fait » D.ieu, pour ainsi dire, en faisant descendre chaque partie de l’Homme d’en haut par le pouvoir correspondant de l’âme : la Torah fait descendre la 'Hokhma ; l’annulation de la volonté, la volonté supérieure ; la charité, le 'Hessed ; la maîtrise de soi, la Guevoura ; les louanges de la prière, la compassion ; la constance, Netsa'h et Hod ; l’attachement, Yessod ; et la Torah prononcée à voix haute, Mal'hout.

Pour aller plus loin

La liste des membres suit la prière d’Élie dans le Tikkunei Zohar : « Le 'Hessed est le bras droit, la Guevoura le bras gauche, le Tiferet le torse, Netsa'h et Hod les deux jambes, Yessod l’extrémité du corps, le signe de l’alliance sainte, Mal'hout la bouche… 'Hokhma est le cerveau, la pensée intérieure. » La note de Kehot indique que la version d’Or HaTorah ajoute ici qu’Israël fait descendre la force vitale divine appelée sovev et memalé, « la forme d’un homme », par les 248 mots du Chema, faisant ainsi descendre les 248 membres du Roi.

Maré mekomot

  1. 1
    מעלה אני עליכם כאילו עשאוני · Zohar III, 113a
  2. 2
    ויקרא שמו ישראל · Genesis 35:10
  3. 3
    ישראל לי ראש · דרך מצותיך טו, ב בשם הזהר. וראה שער הפסוקים להאריז״ל וישלח לב, כט ועוד. [וראה לעיל] שלח (מח, ב). וש״נ. [כ].
  4. 4
    חכמה מוחא איהי מחשבה מלגאו · ת״ז בהקדמה.
  5. 5
    חכמה מוחא איהו מחשבה מלגאו · Tikkunei Zohar 17a:17–19
  6. 6
    לא ידע אנוש ערכה · Job 28:13
  7. 7
    בסיפורי מעשיות · Zohar, Beha'alotcha 12:56–13:65
  8. 8
    בזהר בהעלותך קמ״ט · ראה לעיל ג, ג.
  9. 9
    ואפילו ע״פ קבלה · במאמרי אדה״א נ״ך ע׳ רנו: עפ״י סוד שנק׳ חכמת הקבלה כמו ע״י ספר הזוהר ובכתבי האריז״ל.
  10. 10
    שאו ידיכם קודש · Psalms 134:2
  11. 11
    והיו הדברים האלה · Deuteronomy 6:6
  12. 12
    בטל רצונך · אבות ב, ד.
  13. 13
    בטל רצונך · Pirkei Avot 2:4
  14. 14
    המו מעי לו · Jeremiah 31:20
  15. 15
    ע״י פסוד״ז . . להתלבש במדת רחמנות · באוה״ת שה״ש כרך ג ע׳ תתצו מוסיף ”וכמ״ש במ״א בענין הלל”. וראה בתו״א ל, א. דרך מצותיך קיח, א ואילך.
  16. 16
    ובחי׳ נצח והוד · ראה אגה״ק סי׳ טו ובליקוט פי׳ ומ״מ לשם.
  17. 17
    חסד דרועא ימינא . . נצח והוד תרין שוקין · ת״ז בהקדמה.
  18. 18
    תועבת ה׳ אשר שנא · Deuteronomy 12:31
  19. 19
    נצח ישראל לא ישקר · I Samuel 15:29
  20. 20
    בד״ה אלה מסעי · לעיל פ׳ מסעי צג, ג.
  21. 21
    חומריות גופו · באוה״ת שה״ש ע׳ תתצו נוסף: ”ונפשו הבהמית”.
  22. 22
    יסוד סיומא דגופא . . מלכות פה · ת״ז בהקדמה.
  23. 23
    ודברי אשר שמתי בפיך · Isaiah 59:21
  24. 24
    כל הקורא ושונה הקב״ה קורא ושונה כנגדו · תדא״ר פי״ח. יל״ש איכה רמז תתרלד.
  25. 25
    וכל הקורא ושונה הקב״ה קורא ושונה כנגדו · Tanna DeBei Eliyahu Rabbah 18:1–2
  26. 26
    וזהו ענין המשכת בחי׳ אדם העליון · ראה אוה״ת יוהכ״פ ע׳ א׳תקלט.
  27. 27
    בד״ה תקעו בחדש שופר · לעיל ר״ה נג, ד ואילך.
  28. 28

La couronne au-dessus de la tête ¶10–11

10ד אך בעטרה שעטרה לו אמו עטרה היא בחינת כתר מלכות שהיא למעלה מגוף המלך (כמ״ש בע״ח [בעץ חיים] שכ״ב ספ״ו שהכתר אינו מכלל גופו כו׳)

4. Mais [quant à] « la couronne (atara) dont sa mère l’a couronné » : la couronne est le niveau de Kéter de Mal'hout, qui se trouve au-dessus du corps du roi (comme il est écrit dans Etz Chaim, Sha'ar 22, fin du chapitre 6, que la couronne ne fait pas partie de son corps, etc.) ;

Explication

Il s’agit à présent de la couronne elle-même. Une couronne royale se trouve au-dessus du corps du roi et n’en fait pas partie, comme le dit Etz Chaim au sujet de Kéter, la Couronne des Séfirot. Ainsi, « la couronne dont sa mère l’a couronné » désigne un niveau situé au-dessus du « corps » de l’Homme d’en haut.

עד״מ [על דרך משל] שמכתירין אותו באבנים טובות שעם היות שהאבנים הן דומם מכל מקום לפי שהן טובות ומאירות נעשין לו כתר על ראשו.

à titre de comparaison, on le couronne de pierres précieuses : bien que ces pierres soient inanimées, elles deviennent néanmoins une couronne sur sa tête parce qu’elles sont précieuses et brillantes.

Explication

Une couronne est faite de pierres précieuses. En elles-mêmes, ce sont des minéraux sans vie ; pourtant, parce qu’elles sont précieuses et brillent, elles deviennent la couronne sur la tête du roi.

וכך עד״מ [על דרך משל] על ידי אותיות התורה המלובשות בגשמיות תרומות ומעשרות כו׳ נעשה בחי׳ כתר למעלה

De même, à titre de comparaison, les lettres de la Torah revêtues de réalités matérielles — les teroumot et les maasrot, etc. — font apparaître au-dessus le niveau de Kéter (la Couronne).

Explication

De même, les lettres de la Torah revêtues de réalités matérielles, telles que les teroumot et les maasrot, les parts prélevées sur les produits agricoles, deviennent le Kéter d’en haut. Les mitsvot les plus matérielles sont les pierres précieuses de la couronne de D.ieu.

(ועמ״ש מענין זה בד״ה נר חנוכה מצוה להניחה כו׳ משמאל כדי שתהא מזוזה מימין בפ׳ מקץ)

(Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par : « La lampe de Hanouka : c’est une mitsva de la placer, etc., à gauche, afin que la mezouza soit à droite », dans la paracha Mikets.)

Explication

Le texte renvoie au discours de Torah Ohr sur la lampe de Hanouka placée à gauche, en face de la mezouza à droite, pour approfondir ce thème.

והענין כי הנה ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] בשעה שהקדימו ישראל נעשה לנשמע באו מלאכי השרת וקשרו להם שני כתרים א׳ כנגד נעשה ואחד כנגד נשמע.

Et voici l’explication : nos Sages, de mémoire bénie, ont dit que lorsque Israël fit passer « nous ferons » avant « nous entendrons », les anges du Service vinrent et attachèrent deux couronnes sur eux : l’une correspondant à « nous ferons » et l’autre à « nous entendrons ».

Explication

Le Talmud enseigne que lorsque Israël dit « nous ferons » avant « nous entendrons » au Sinaï, les anges du Service attachèrent deux couronnes sur chacun. L’Admour Hazaken explique à présent ce que représente chacune de ces couronnes.

וביאור הדבר כי הנה פי׳ וביאור מלת נשמע הוא להיות בטל לדבר תורה המדברת בפיו

L’explication de la chose est la suivante : le sens et l’explication du mot « nous entendrons » (nichma) est de s’annuler devant la parole de Torah qui parle dans sa bouche,

Explication

« Nous entendrons » (nichma) signifie s’annuler devant les paroles de Torah que l’on prononce.

שהיא רצונו וחכמתו יתברך כאלו שומע שהשכינה מדברת מתוך גרונו כמ״ש תען לשוני אמרתך וזהו השמע לאזניך מה שאתה מוציא מפיך דהיינו בחי׳ אתה הוא המוציא כו׳

car elle est Sa volonté et Sa sagesse, béni soit-Il ; c’est comme s’il entendait la Chekhina (la Présence divine) parler depuis sa gorge, ainsi qu’il est écrit : « Ma langue répondra à Ta parole. » C’est là le sens de : « Que tes oreilles entendent ce que tu fais sortir de ta bouche », c’est-à-dire le niveau de « C’est Toi qui fais sortir », etc.

Explication

La Torah est la volonté et la sagesse de D.ieu. Ainsi, lorsqu’une personne étudie, elle doit avoir le sentiment que la Chekhina parle depuis sa gorge : « Ma langue répondra à Ta parole. » La formule talmudique « Que tes oreilles entendent ce que tu fais sortir de ta bouche » est comprise comme une invitation à entendre que c’est « Toi », D.ieu, qui fais sortir les paroles.

והקדימו לזה בחינת נעשה להיות בטל לבעל הרצון הוא אור א״ס [אין סוף] ב״ה לבדו בעצמו שעל ידי ביטול זה נמשך בחי׳ נשמע המשכה מלמעלה למטה כי רוח אייתי רוח ואמשיך רוח.

Auparavant, ils firent passer le niveau de « nous ferons » : s’annuler devant le Maître de la volonté, qui est la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, Lui-même, seul ; car c’est par cette annulation que le niveau de « nous entendrons » est attiré vers le bas, par un influx du haut vers le bas, puisque « l’esprit apporte l’esprit et attire l’esprit ».

Explication

Avant cela vient « nous ferons » (naassé), une annulation plus profonde : non pas devant les paroles de Torah, mais devant Celui dont c’est la volonté, la Lumière infinie elle-même. Cette annulation supérieure attire le niveau de « nous entendrons », car « l’esprit apporte l’esprit » : ce qui est éveillé en bas suscite une réponse d’en haut.

Le paragraphe 10 en bref

La couronne se trouve au-dessus du corps du Roi : les mitsvot matérielles, comme des pierres précieuses, deviennent le Kéter d’en haut. Les deux couronnes d’Israël au Sinaï correspondent à deux niveaux d’annulation de soi : « nous ferons », devant D.ieu Lui-même, et « nous entendrons », devant Sa parole.

Pour aller plus loin

La note de Kehot relève que l’Admour Hazaken cite Etz Chaim d’après l’édition de Shklov de 5560 (Sha'ar 22, fin du chapitre 6) ; dans les éditions courantes, il s’agit de Sha'ar 23, fin du chapitre 2. Le Ari zal y dit que la couronne de Zeir Anpin ne fait pas partie de son corps, mais l’entoure. Il en va de même pour l’être humain : sa couronne est une lumière spirituelle qui l’enveloppe sans être visible, tandis que son prolongement extérieur est le crâne qui entoure le cerveau, le crâne dont il était question au paragraphe 9.

Maré mekomot

  1. 1
    בעטרה שעטרה לו אמו · Song of Songs 3:11
  2. 2
    שכ״ב ספ״ו · בדפוס שקלאוו תק״ס. לפנינו שכ״ג (ספ״ב). [כ].
  3. 3
    שהכתר אינו מכלל גופו · Sefer Etz Chaim 23:2
  4. 4
    בד״ה נר חנוכה · תו״א מב, ב.
  5. 5
    בשעה שהקדימו ישראל · Shabbat 86a
  6. 6
    בשעה שהקדימו ישראל נעשה לנשמע · Shabbat 88a:7–8
  7. 7
    תען לשוני אמרתך · Psalms 119:172
  8. 8
    השמע לאזניך מה שאתה מוציא מפיך · Berakhot 13a:28–30
  9. 9
    רוח אייתי רוח · ע״ל ואתחנן (יב, ג). וש״נ. [כ].

11וזהו שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] כל האומר אין לי אלא תורה אפילו תורה אין לו והיינו כי אין התורה שייכה אליו ואינה נמשכת לו מאור א״ס [אין סוף] ב״ה

Et c’est ce qu’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Quiconque dit : “Je n’ai rien d’autre que la Torah” ne possède même pas la Torah. » C’est-à-dire que la Torah ne lui appartient pas et ne lui est pas attirée depuis la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il,

Explication

Le Talmud enseigne que celui qui n’a « rien d’autre que la Torah » ne possède même pas la Torah. Le Rabbi Chnéour Zalman explique que la Torah ne devient propre à quelqu’un et ne lui est attirée depuis la Lumière infinie que lorsqu’il annule sa volonté devant D.ieu.

אלא על ידי בחינת ביטול רצון לגמרי לה׳ לבדו להיות בטל ונכלל באור א״ס [אין סוף] ב״ה ממש וביטול רצון שבבחי׳ נעשה ובבחי׳ נשמע נק׳ כתרים

si ce n’est par le niveau d’une annulation complète de la volonté devant D.ieu seul, afin d’être annulé et inclus dans la Lumière infinie, béni soit-Il, elle-même. Et l’annulation de la volonté au niveau de « nous ferons » et au niveau de « nous écouterons » est appelée « couronnes »

Explication

La Torah n’atteint une personne que lorsqu’elle écarte entièrement sa propre volonté et s’absorbe dans la Lumière infinie. Cette annulation, tant dans « nous ferons » que dans « nous écouterons », correspond à ce que le Talmud appelle les deux couronnes.

(ועמ״ש בד״ה כי עמך מקור חיים בענין וגלה על ראשה כו׳ וע׳ [ועיין] בזהר פ׳ צו דל״ד ע״ב)

(voyez aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Car auprès de Toi est la source de la vie », à propos de « et elle se révéla sur sa tête », etc. ; voyez également le Zohar, parachat Tzav, 34b).

Explication

Le texte renvoie au discours de Torah Ohr « Car auprès de Toi est la source de la vie » ainsi qu’au Zohar sur Tzav, pour approfondir la question de cette couronne.

וכך עד״מ [על דרך משל] למעלה נקרא בחי׳ כתר בחינת ביטול רצון כביכול שמבטל רצונו העליון ב״ה שהוא בלתי סוף ובלתי תכלית להיות לו רצון בתורה ומצות שהוא ית׳ רם ונשא מרצון זה וכמ״ש אם צדקת כו׳

De même, par analogie, en haut, le niveau de Kéter (la Couronne) est appelé le niveau de l’annulation de la volonté, pour ainsi dire : Il annule Sa volonté suprême, béni soit-Il, qui est sans fin et sans limite, afin d’avoir une volonté dans la Torah et les mitsvot ; car Lui, béni soit-Il, est élevé et sublime au-dessus de cette volonté, comme il est écrit : « Si tu es juste », etc.

Explication

En haut également, Kéter correspond, pour ainsi dire, à une annulation de la volonté : D.ieu met de côté Sa volonté infinie afin de vouloir la Torah et les mitsvot, bien qu’Il soit élevé bien au-dessus de toute volonté de cette nature. Comme le dit Elihou : « Si tu es juste, que Lui donnes-tu ? »

רק רצון זה המלובש בתורה ומצות הוא חסד וצדקה אשר עשה אלהים לנו וזהו תען לשוני אמרתך כי כל מצותיך צדק

Cependant, cette volonté revêtue dans la Torah et les mitsvot est une bonté et une charité (tsédaka) que D.ieu a accomplies pour nous. Et c’est le sens de : « Ma langue répondra à Ta parole, car tous Tes commandements sont justice (tsédek). »

Explication

Ainsi, Sa volonté revêtue dans la Torah et les mitsvot est une bonté et une charité pures envers nous. C’est pourquoi le psaume dit : « car tous Tes commandements sont tsédek ».

ולכן כל המצות נקראות בשם צדקה וכתיב וצדקה תהיה לנו כי נשמור לעשות את כל המצוה הזאת שכל המצות הן צדקה וחסד אשר המשיך ה׳ בהן את רצונו העליון

C’est pourquoi toutes les mitsvot sont appelées du nom de tsédaka, et il est écrit : « Et ce sera pour nous une tsédaka si nous veillons à accomplir tout ce commandement » ; car toutes les mitsvot sont tsédaka et bonté, par lesquelles D.ieu a attiré Sa volonté suprême,

Explication

Toutes les mitsvot sont donc appelées tsédaka, comme le dit le verset : « Et ce sera pour nous une tsédaka si nous veillons à accomplir tout ce commandement. » Dans chacune d’elles, D.ieu a attiré Sa volonté infinie comme un don.

שהוא בלתי סוף ובלתי תכלית והגורם המשכה זו וצדקה וחסד זה הוא עסק התורה בבחינת ביטול רצון וכמ״ש ודברי אשר שמתי בפיך הגם

qui est sans fin et sans limite. Ce qui provoque cette attirance, cette tsédaka et cette bonté, c’est l’étude de la Torah dans un état d’annulation de la volonté, comme il est écrit : « Et Mes paroles que J’ai mises dans ta bouche. » Bien que

Explication

Ce qui fait descendre ce don, c’est l’étude de la Torah dans l’annulation de la volonté : « Mes paroles que J’ai mises dans ta bouche. » Le Rabbi Chnéour Zalman aborde ensuite une difficulté apparente concernant la Torah et l’« homme ».

כי זאת התורה אדם שהתורה היא בחי׳ אדם דאורייתא מחכמה נפקת. מ״מ [מכל מקום] היינו בבחי׳ יציאתה מההעלם אל הגילוי.

[il est écrit :] « Ceci est la Torah : un homme (adam) » : la Torah est le niveau de l’« homme », car « la Torah procède de 'Hokhma (sagesse) » ; néanmoins, cela concerne le niveau où elle sort du caché pour se révéler.

Explication

Le verset « Ceci est la Torah : un homme » semble indiquer que la Torah se situe au niveau de l’« homme », l’Homme supérieur des Séfirot, puisqu’elle procède de 'Hokhma. Cela est vrai de la Torah lorsqu’elle sort du caché pour se révéler.

אבל שרשה ויסודתה העליון שממנו לוקחה כתיב וממדבר מתנה מדבר היא בחי׳ עליונה למעלה מעלה מבחי׳ אדם כי במדבר כתיב אשר לא עבר בה איש ולא ישב אדם שם

Mais, au sujet de sa racine et de son fondement suprêmes, d’où elle a été prise, il est écrit : « Et du désert (midbar), un don (mattanah » : le désert est un niveau suprême, très, très au-dessus du niveau de « l’homme » ; car, au sujet du désert, il est écrit : « où nul homme (ich) n’est passé et où nul être humain (adam) n’a demeuré ».

Explication

La racine de la Torah est appelée « désert », comme dans « et du désert, un don ». Un désert est un lieu « où nul homme n’est passé et où nul être humain n’a demeuré » : un niveau très au-dessus de « l’homme ».

כי בחי׳ איש הוא מ״ש ה׳ איש מלחמה מלחמה להוי׳ בעמלק דהיינו כשכבר נמשך בבחי׳ הוי׳ אחר המשכת ג״פ [ג׳ פעמים] קדוש בוי״ו.

Car le niveau de « l’homme » (ich) correspond à ce qui est écrit : « Havaya est un homme (ich) de guerre », « une guerre pour Havaya contre Amalek » ; c’est-à-dire lorsque [la lumière] a déjà été attirée dans le niveau de Havaya, après l’attraction des trois occurrences de « kadoch » avec un vav.

Explication

« L’homme » (ich) désigne le niveau de « Havaya est un homme de guerre », la guerre « pour Havaya contre Amalek » : D.ieu tel qu’Il est déjà attiré, par les trois « kadoch », dans le Nom Havaya.

אבל במקורו ושרשו באור א״ס [אין סוף] ב״ה ממש נקרא בחי׳ מדבר אשר לא עבר בה איש ולא ישב אדם שם שהוא למעלה מעלה מבחינת אדם

Mais, dans sa source et sa racine, dans la Lumière infinie, béni soit-Il, elle-même, elle est appelée le niveau du « désert », « où nul homme (ich) n’est passé et où nul être humain (adam) n’a demeuré », lequel se situe très, très au-dessus du niveau de « l’homme ».

Explication

Dans sa source, dans la Lumière infinie elle-même, la Torah est « désert », là où aucun « homme » ne s’est trouvé : au-dessus de toute la forme de l’Homme suprême.

(וע׳ [ועיין] בספ״ד [בספרא דצניעותא] בזהר תרומה דקע״ז א׳ ובזהר הרקיע שם) ומשם נמשך להיות בחינת כתר על הראש ומוחין שהוא למעלה מעלה מבחי׳ הראש ומוחין:

(Et voyez le Sifra deTzniusa, dans le Zohar, Terumah, 177a, ainsi que le Zohar HaRakia à cet endroit) ; et de là, elle est attirée pour devenir le niveau d’une couronne sur la tête et de l’intellect (mo’hin), qui se situe très, très au-dessus du niveau de la tête et des mo’hin.

Explication

De là, elle est attirée comme la couronne au-dessus de la tête et du cerveau, très au-dessus d’eux. Le texte renvoie au Sifra deTzniusa dans le Zohar ainsi qu’au commentaire Zohar HaRakia pour plus de détails.

Le paragraphe 11 en bref

La Torah ne devient véritablement propre à quelqu’un que par l’annulation de la volonté, qui est la « couronne ». En haut, la volonté de D.ieu concernant les mitsvot est elle-même une mise à l’écart de Sa volonté infinie, un don (tsédaka) dont la racine se trouve dans le « désert », au-delà du niveau de l’« homme ».

Pour aller plus loin

Le Sefer HaChakirah, comme le rapporte la note de Kehot, ajoute que « l’homme » (ich et adam) désigne la lumière déjà attirée dans la forme des trois lignes : « kadoch » avec un vav ; le vav est le rayonnement attiré depuis le Kodech supérieur pour devenir sovev et memalé, ce qui explique pourquoi « kadoch » est dit trois fois. Likkutei Torah, Shelach, renvoie à nouveau à ce discours : le « désert » où aucun homme n’habitait est la racine de la Torah, d’où elle est attirée et revêtue dans le niveau de l’« homme ».

Maré mekomot

  1. 1
    כל האומר אין לי אלא תורה · Yevamot 109b:4–5
  2. 2
    בד״ה כי עמך מקור חיים · תו״א לה, א.
  3. 3
    שו״ה ע״ב) — ביטול רצון · באוה״ת ואתחנן ע׳ רנו מפרש שרצון זה הוא בחי׳ היחוד.
  4. 4
    אם צדקת · Job 35:7
  5. 5
    רק רצון זה המלובש בתורה ומצות . . עשה אלקים לנו · מובא ביהל אור ע׳ צה.
  6. 6
    תען לשוני אמרתך כי כל מצותיך צדק · Psalms 119:172
  7. 7
    כי כל מצותיך צדק . . בלתי סוף ובלתי תכלית · מובא באוה״ת נשא ע׳ רלח. נזכר באוה״ת ויקרא כרך ב ע׳ תרעח.
  8. 8
    ודברי אשר שמתי בפיך · Isaiah 59:21
  9. 9
    זאת התורה אדם · Numbers 19:14
  10. 10
    וממדבר מתנה · Numbers 21:18
  11. 11
    אשר לא עבר בה איש · Jeremiah 2:6
  12. 12
    ה׳ איש מלחמה · Exodus 15:3
  13. 13
    מלחמה להוי׳ בעמלק · Exodus 17:16
  14. 14
    מדבר הוא בחי׳ עליונה למעלה מעלה מבחי׳ אדם . . ג״פ קדוש בוי״ו · מובא בספר החקירה פב, א ושם מוסיף: ”כי בחי׳ איש ואדם היינו כשכבר נמשך בציור ג׳ קוין והיינו קדוש בוא״ו הוא״ו הוא מה שנמשך הארה מקדש העליון להיות סוכ״ע וממכ״ע ולכן אומרים ג״פ קדוש” ע״ש. ראה לעיל פ׳ שלח מד, א.
  15. 15
    וצדקה תהי׳ לנו · Deuteronomy 6:25
  16. 16

Le roi Chlomo et les filles de Sion ¶12–13

12וזהו צאינה וראינה בנות ציון במלך שלמה כי הנה ענין מלך שלמה. מלך שהשלום שלו וכתיב שלמה בה״א [בית הלל אומרים].

Et voici [le sens de] « Sortez et contemplez, filles de Tsion, le roi Chlomo. » Car le sens de « roi Chlomo » est « le Roi à qui appartient la paix (chalom) » ; et Chlomo s’écrit avec un hé final.

Explication

Nous en venons à présent au verset lui-même. Le Midrach interprète « roi Chlomo » comme « le Roi à qui appartient la paix (chalom) » ; ici, le nom Chlomo s’écrit avec un hé final, ce que l’Admour Hazaken va expliquer.

והענין כי להיות המשכה מאור א״ס [אין סוף] ב״ה שכשמו כן הוא אין לו סוף כו׳ להחיות עולמות ונבראים שהם בעלי גבול. הנה המשכה זו היא מן ההיפוך אל ההיפוך לגמרי.

Et voici l’explication : pour qu’il y ait un influx provenant de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il — qui, comme son nom l’indique, est sans fin (ein lo sof), etc. — afin de donner vie aux mondes et aux créatures, qui sont limités, il faut que cet influx passe d’un opposé à son contraire, absolument.

Explication

La paix est nécessaire parce que la Lumière infinie, qui, conformément à son nom, est sans fin, doit donner vie à des mondes limités. L’infini et le fini sont absolument opposés ; faire passer l’un dans l’autre exige donc un élément qui établisse la paix entre eux.

Le paragraphe 12 en bref

« Roi Chlomo » est le Roi de la paix, qui relie deux opposés : la Lumière infinie et les mondes finis auxquels elle donne vie.

Maré mekomot

  1. 1
    צאינה וראינה בנות ציון במלך שלמה · Song of Songs 3:11
  2. 2
    מלך שהשלום שלו · Shir HaShirim Rabbah 1:11
  3. 3
    מלך שהשלום שלו · Shir HaShirim Rabbah 3:11:1

13והמחבר ההמשכה והעושה שלום לחבר שני הפכים הוא ענין מלך כי מלכותך מלכות כל עולמים.

Et ce qui relie l’influx et fait la paix en unissant deux opposés, c’est la notion de « Roi », car « Ta royauté est une royauté de tous les mondes ».

Explication

Ce qui relie l’infini et le fini, c’est le « Roi » : la royauté de D.ieu sur tous les mondes, comme le dit le psaume : « Ta royauté est une royauté de tous les mondes. » La royauté est le pont entre Lui et ce sur quoi Il règne.

וכמאמר יחיד חי העולמים מלך. כלומר שהוא לבדו ית׳ יחיד ומיוחד אלא שחי העולמים הוא רק בחי׳ מלך מחשבתו הקדומה אנא אמלוך.

Comme le dit la formule : « Unique, Vie des mondes, Roi. » Autrement dit, Lui seul, béni soit-Il, est unique et singulier ; mais le fait d’être la « Vie des mondes » n’est que le niveau de « Roi », Sa pensée primordiale : « Je régnerai ».

Explication

La formule de prière « Unique, Vie des mondes, Roi » exprime la même idée : en Lui-même, D.ieu est seul et unique, et le fait qu’Il soit la vie des mondes n’est que le niveau de « Roi ». Ce niveau commence avec Sa pensée primordiale : « Je régnerai ».

וזהו מלך שהשלום שלו וכתיב שלמה בה״א [בית הלל אומרים] שהשלום נמשך עד בחי׳ ה״א תתאה היא המחיה את הנבראים ומהוה אותם מאין ליש ומוציאם מהעלם אל הגילוי ומכח אל הפועל

Et c’est là le sens de « le Roi auquel appartient la paix » ; Chlomo s’écrit avec un hé : la paix s’étend jusqu’au niveau du hé inférieur, qui donne la vie aux êtres créés et les fait advenir du néant à l’existence, les fait passer de la dissimulation à la révélation et du potentiel à l’actuel.

Explication

Le Roi « auquel appartient la paix » est Chlomo, écrit avec un hé : la paix atteint le hé inférieur du Nom Havaya, qui donne la vie à toutes les créatures et les fait passer du néant à l’existence, de la dissimulation à la révélation et du potentiel à l’actuel.

(ועמ״ש מזה ג״כ בפ׳ בראשית בד״ה צאינה וראינה) ומי הוא הגורם שלום זה והתחברות זו היינו עטרה שעטרה לו אמו דבאתעדל״ת [דבאתערותא דלתתא] תליא מלתא.

(Voir également ce qui est écrit à ce sujet dans la paracha Berechit, dans le discours commençant par « Sortez et contemplez ».) Qui provoque cette paix et cette union ? C’est « la couronne dont sa mère l’a couronné », car cela dépend d’un éveil d’en bas.

Explication

Le texte renvoie au discours consacré à ce verset dans la paracha Berechit. Ce qui suscite cette paix, c’est « la couronne dont sa mère l’a couronné » : cela dépend d’un éveil d’en bas, du service d’Israël.

והנה הנשמות שבג״ע [שבגן עדן] יש מהן שנקראו בנות ירושלים. ויש מהן שנקראו בנות ציון. בנות ירושלים הן הנשמות שעדיין לא נתלבשו בגופות בנ״א [בני אדם] שמקבלות יראה שלם

Or, parmi les âmes du Gan Eden, certaines sont appelées « filles de Jérusalem » et d’autres « filles de Sion ». Les « filles de Jérusalem » sont les âmes qui n’ont pas encore été revêtues de corps humains et qui reçoivent une « crainte parfaite » (yirah shalem),

Explication

Les âmes du Gan Eden sont de deux sortes : les « filles de Jérusalem » et les « filles de Sion ». Les filles de Jérusalem (Yerouchalayim, lu comme yirah shalem, « crainte parfaite ») sont les âmes qui ne sont pas encore descendues dans des corps.

דהיינו שלימות היראה שהיא בבחי׳ א״ס [אין סוף] מה שאין המלאכים עליונים יכולים לקבל כ״א [כי אם] כפי מה שנמשך להם במדה לכל א׳ וא׳ לפי מדרגתו.

c’est-à-dire la plénitude de la crainte, qui est du niveau de l’infini (Ein Sof) et que les anges supérieurs ne peuvent recevoir : ils ne reçoivent que ce qui leur est accordé selon une mesure, à chacun selon son rang.

Explication

Leur crainte est parfaite, du niveau de l’infini. Les anges ne peuvent la recevoir ; chacun ne reçoit qu’une lumière mesurée, selon son rang.

משא״כ יתר מכדי מדתן ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] הושיט הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] אצבעו הקטנה ביניהם ושרפן שנתבטלו במציאות לפי שהושיט אצבעו הקטנה יתר מכדי מדתם הראויה להם לפי

Mais lorsqu’ils reçoivent davantage que leur mesure, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Le Saint béni soit-Il tendit Son petit doigt au milieu d’eux et les brûla » ; c’est-à-dire qu’ils furent annulés de l’existence, parce qu’Il avait tendu Son petit doigt au-delà de la mesure qui leur convenait ; car

Explication

Le Talmud rapporte que lorsque D.ieu « tendit Son petit doigt » au milieu d’un groupe d’anges, ceux-ci furent brûlés. Le moindre contact dépassant leur mesure les anéantit.

שהם נתלבשו בבחי׳ גופות מיסוד האש ויסוד הרוח וכמ״ש עושה מלאכיו רוחות משרתיו אש לוהט.

ils sont revêtus d’une sorte de corps constitué de l’élément du feu et de l’élément de l’air (roua'h), comme il est écrit : « Il fait de Ses anges des vents (rou'hot), de Ses serviteurs un feu flamboyant. »

Explication

Cela tient au fait que les anges ont une sorte de corps, composé des éléments du feu et de l’air, comme le dit le psaume : « Il fait de Ses anges des vents, de Ses serviteurs un feu flamboyant. » Ayant une forme, ils ont une limite.

אבל הנשמות שעדיין לא נתלבשו בגופות יכולות לקבל אור א״ס [אין סוף] ב״ה כמו שהוא בבחי׳ א״ס [אין סוף] וכמ״ש חי ה׳ אשר עמדתי לפניו לפי שהן כלולות ומיוחדות במאצילן ב״ה ממש

Mais les âmes qui ne sont pas encore revêtues de corps peuvent recevoir la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, telle qu’elle est, au niveau de l’Infini (Ein Sof), comme il est écrit : « Par la vie de D.ieu, devant qui je me suis tenu » ; car elles sont véritablement incluses dans leur Émanateur, béni soit-Il, et unies à Lui.

Explication

Les âmes qui ne sont pas encore dans des corps peuvent recevoir la Lumière infinie telle qu’elle est, car elles sont encore incluses dans leur source. L’Admour Hazaken interprète en ce sens les paroles d’Élie : « Par la vie de D.ieu, devant qui je me suis tenu ».

(וכמ״ש מזה לעיל בד״ה שחורה אני כו׳) ובנות ציון נק׳ הנשמות שבגן עדן שבאו מעוה״ז [מעולם הזה] כי ציון מלשון ת״ח [תלמיד חכם / תלמידי חכמים] שבבבל מצוינים.

(Comme il est écrit à ce sujet plus haut, dans le discours commençant par « Je suis noire », etc.) Et l’expression « filles de Sion » désigne les âmes du Gan Eden qui sont venues de ce monde ; car Sion est apparenté au terme employé dans l’expression « les érudits de Torah de Babylonie sont distingués (metsouyanim) ».

Explication

Le texte renvoie au discours antérieur « Je suis noire », qui traite de ces âmes. Les filles de Sion sont des âmes qui ont vécu dans ce monde et sont venues au Gan Eden ; « Sion » est rapproché de l’expression talmudique « les érudits de Torah de Babylonie sont metsouyanim », c’est-à-dire distingués.

פי׳ מלובשים שנעשה להם בחי׳ לבושים מעסק התורה והמצות אשרי מי שבא לכאן ותלמודו בידו כדי שיוכלו ליהנות מזיו השכינה כמו שא״א [שאי אפשר] להסתכל באור גדול בלי כלי

Cela signifie : revêtues, car des vêtements leur sont confectionnés à partir de leur étude de la Torah et de leur pratique des mitsvot, selon l’expression : « Heureux celui qui vient ici avec son étude en main », afin qu’elles puissent jouir du rayonnement de la Chekhina (la Présence divine) ; de même qu’il est impossible de regarder une grande lumière sans réceptacle.

Explication

L’Admour Hazaken comprend metsouyanim au sens de « revêtues » : ces âmes portent des vêtements confectionnés à partir de leur étude de la Torah et de leur pratique des mitsvot, comme l’exprime la formule : « Heureux celui qui vient ici avec son étude en main ». Ces vêtements leur permettent de jouir du rayonnement de la Chekhina, de même qu’un réceptacle est nécessaire pour regarder une grande lumière.

ולכן כל הנביאים ואפילו משה רבינו ע״ה [עליו השלום] ראה באספקלריא אלא שמרע״ה [שמשה רבינו עליו השלום] ראה באספקלריא אחת המאירה ושאר הנביאים דרך ז׳ אספקלריאות.

C’est pourquoi tous les prophètes, et même Moché notre maître, que la paix soit sur lui, voyaient à travers une lentille (aspaklaria) ; seulement, Moché notre maître, que la paix soit sur lui, voyait à travers une lentille lumineuse, tandis que les autres prophètes voyaient à travers sept lentilles.

Explication

De même, chaque prophète voyait à travers une aspaklaria, une lentille : Moché, à travers une seule lentille lumineuse, et les autres, à travers sept lentilles. Même la prophétie nécessite un intermédiaire.

Le paragraphe 13 en bref

La royauté de D.ieu établit la paix entre l’infini et le fini, et le service d’Israël d’en bas la suscite ; les âmes du Gan Eden qui ont vécu dans ce monde, les « filles de Sion », jouissent du rayonnement de D.ieu à travers des vêtements constitués de leur Torah et de leurs mitsvot.

Pour aller plus loin

La note de Kehot examine le nombre de lentilles : Vayikra Rabbah dit que les prophètes voyaient à travers neuf lentilles, et le Lekach Tov en compte dix, d’après Ézéchiel ; mais le Yalkut Shimoni parle de « sept lentilles », comme l’écrit ici l’Alter Rebbe, et une lecture attentive d’Ézéchiel confirme ce compte.

Maré mekomot

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    מלכותך מלכות כל עולמים · Psalms 145:13
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    חי ה׳ אשר עמדתי לפניו · מ״א יז, א.
  7. 7
    אשר עמדתי לפניו · I Kings 17:1
  8. 8
    ת״ח שבבבל מצוינים · Shabbat 145b
  9. 9
    אשרי מי שבא לכאן · Pesachim 50a:7–8
  10. 10
    שמרע״ה ראה באספקלריא אחת המאירה · Vayikra Rabbah 1:14
  11. 11
    ראה באספקלריא אחת המאירה ושאר הנביאים דרך ז׳ אספקלריאות · Yalkut Shimoni on Torah 432:1

Sortir des vêtements ¶14

14וזהו ימים יוצרו ולא אחד בהם ולו קרי כי ימים הם לבושים והם יוצרו בכדי שיהי׳ [שיהיה] בחי׳ אחד מאיר בהם.

Et tel est [le sens de] « Des jours furent formés, et pas un (lo) parmi eux », qui se lit « et pour Lui (lo), un parmi eux » : car les « jours » sont des vêtements, et ils furent formés afin que le niveau de l’« Un » puisse y luire.

Explication

Le Psaume 139 dit : « Des jours furent formés, et pas un parmi eux », mais le mot lo se lit « et pour Lui ». L’Admour Hazaken comprend les « jours » comme des vêtements, formés afin que l’« Un », l’unité de D.ieu, y luise.

אך לבוש זה אינו אלא ליהנות מזיו בבחי׳ ההשגה הנפלאה שהוא בחי׳ חכמה כי חכמת אדם תאיר פניו

Mais ce vêtement ne sert qu’à jouir de l’éclat, par le biais d’une compréhension merveilleuse, qui relève du niveau de 'Hokhma (sagesse), car « La sagesse de l’homme fait resplendir son visage »,

Explication

Un vêtement permet à l’âme de jouir de l’éclat divin au moyen d’une compréhension merveilleuse, qui relève de 'Hokhma, selon le verset : « La sagesse de l’homme fait resplendir son visage. »

ובאור פניך נתת לנו תורת חיים שהתורה היא בחינת אור פניו ית׳ שנהנין מזיו זה הצדיקים בג״ע [בגן עדן] והוא זיו התורה והמצות

et « Par la lumière de Ta face, Tu nous as donné une Torah de vie » : car la Torah est le niveau de la lumière de Sa face, béni soit-Il, dont les justes jouissent de l’éclat au Gan Eden ; et cet éclat est celui de la Torah et des mitsvot.

Explication

Comme le dit la prière : « Par la lumière de Ta face, Tu nous as donné une Torah de vie » : la Torah est la lumière de la face de D.ieu, et les justes jouissent de son éclat au Gan Eden. Cet éclat est celui de la Torah et des mitsvot qu’ils ont accomplies.

אבל בעטרה שעטרה לו אמו הן הם התורה והמצות עצמן שהן למעלה מעלה מבחינת חכמה שממדבר מתנה בחי׳ מדבר אשר לא ישב אדם שם ולא ניתן ליהנות לבני אדם בהשגתם והשכלתם כלל.

Mais « la couronne dont sa mère l’a couronné », c’est la Torah et les mitsvot elles-mêmes, qui sont infiniment au-dessus du niveau de 'Hokhma, car [elles viennent] « du désert, un don », du niveau du « désert », « où aucun homme (adam) n’a habité », et il n’a pas été donné aux êtres humains d’en jouir par leur compréhension et leur intelligence, d’aucune manière.

Explication

La couronne, cependant, est la Torah et les mitsvot elles-mêmes, infiniment au-dessus de 'Hokhma. Elles viennent « du désert, un don », de l’endroit où aucun « homme » n’habite, et aucune compréhension humaine ne peut en jouir.

הנה ע״ז [על זה] נאמר צאינה וראינה. כלומר צאינה מן הלבושים כי אין צורך ללבוש שאין הלבוש אלא כדי להיות כח לקבל ההשגה הגדולה והנפלאה.

Or, à ce sujet, il est dit : « Sortez et contemplez » ; c’est-à-dire : sortez des vêtements, car un vêtement n’est pas nécessaire : il ne sert qu’à donner la capacité de recevoir la compréhension grande et merveilleuse.

Explication

Voilà pourquoi le verset dit : « Sortez et contemplez » : sortez des vêtements. Un vêtement n’est nécessaire que pour recevoir la compréhension, si grande et merveilleuse soit-elle.

אבל בעטרה אין כח ההשגה מגעת לשם כי היא למעלה מעלה מכח ההשגה והחכמה כנ״ל

Mais, pour la couronne, le pouvoir de comprendre ne peut l’atteindre, car elle est infiniment au-dessus du pouvoir de compréhension et de la sagesse, comme indiqué plus haut.

Explication

Mais la couronne se situe entièrement au-delà de la compréhension ; le vêtement de l’intelligence n’y est donc d’aucune utilité. Pour contempler la couronne, il faut sortir des vêtements.

(ובזהר נז׳ [נזכר] מענין צאינה וראינה בפ׳ תרומה קל״ד א׳ וברבות ס״פ פקודי פ׳ אחרי ספ״ך [סוף פרשה כ׳] במדבר ספ״ב [סוף פרק ב׳] פי״ב דרמ״ח ג׳ ובשה״ש [ובשיר השירים] רבה ע״פ צאינה וראינה):

(Et le Zohar mentionne le sujet de « Sortez et contemplez » dans la paracha Terouma, 134a ; ainsi que dans les Rabbot : à la fin de la paracha Pekoudei ; paracha A'harei, fin du chapitre 20 ; Bamidbar, fin du chapitre 2, chapitre 12, 248c ; et dans Chir Hachirim Rabba, sur [le verset] « Sortez et contemplez ».)

Explication

Le texte conclut en énumérant les endroits où le Zohar et le Midrach abordent « Sortez et contemplez » : le Zohar sur Terouma, la fin de Chemot Rabba, Vayikra Rabba, Bamidbar Rabba, et Chir Hachirim Rabba sur le verset.

Le paragraphe 14 en bref

La réponse à la question initiale : il est dit aux filles de Sion de « sortir » des vêtements de la compréhension, car la couronne — la Torah et les mitsvot elles-mêmes — se situe au-delà de toute compréhension.

Pour aller plus loin

Likkutei Torah, sur Chela'h, auquel renvoie la note de Kehot, interprète le même verset comme les paroles d’Adam après la faute : les « jours » sont les vêtements qui lui furent donnés pour faire descendre l’« Un », mais « pas un parmi eux », car il ne l’y fit pas descendre. Les pensées de chaque jour sont des vêtements ; l’homme doit donc rendre compte de chaque jour.

Maré mekomot

  1. 1
    ימים יוצרו ולא אחד בהם · Psalms 139:16
  2. 2
    שיהי׳ בחי׳ אחד מאיר בהם · מובא ביהל אור ע״פ זה. וראה לעיל פ׳ שלח נב, א.
  3. 3
    חכמת אדם תאיר פניו · Ecclesiastes 8:1
  4. 4
    בעטרה שעטרה לו אמו · Song of Songs 3:11
  5. 5
    ממדבר מתנה · Numbers 21:18
  6. 6
    אשר לא ישב אדם שם · Jeremiah 2:6
  7. 7
    צאינה וראינה · Zohar, Terumah 12:134–143
  8. 8
    צאינה וראינה · Shemot Rabbah 52:5
  9. 9
    צאינה וראינה · Bamidbar Rabbah 12:8
  10. 10
    (ובזהר נז׳ מענין . . צאינה וראינה) · באוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ שפב ואילך מעתיק כל המ״מ בלשונם ע״ש.
  11. 11

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Dans la avoda

Chaque Juif, même celui qui ne peut saisir la Torah ni méditer en profondeur, peut faire descendre la volonté de D.ieu dans le monde en annulant simplement sa propre volonté. Le maamar détaille comment y parvenir : dire les deux premiers versets du Chema avec l’intention du cœur, se remettre entièrement dans « Un » et maîtriser son être physique ; étudier la Torah et la prononcer comme la parole même de D.ieu ; donner la tsedaka ; surmonter sa nature ; louer D.ieu dans les Pessoukei deZimra ; rester attaché à sa résolution toute la journée après la prière, même lorsque le sentiment s’est évanoui ; et s’attacher à D.ieu plutôt qu’au corps et au monde. Ainsi, Israël couronne le Roi.

Questions à discuter

  1. Pourquoi le maamar affirme-t-il que la sainteté de D.ieu est différente de tout autre niveau qualifié de « saint », et comment la lumière qui entoure (sovev) le montre-t-elle ?
  2. Quelle est la différence entre « kadoch » avec un vav et le Kodech suprême, et pourquoi le premier doit-il être renouvelé à partir du second à chaque génération ?
  3. En quel sens l’unité supérieure et l’unité inférieure sont-elles les « deux mains », et en quel sens Israël « bénit-il » alors D.ieu à l’image d’une mère ?
  4. Pourquoi la simple annulation de la volonté, sans compréhension, fait-elle descendre quelque chose de plus élevé que ce que la compréhension peut faire descendre ?
  5. Que signifie « sortir » des vêtements, et pourquoi la couronne ne peut-elle être atteinte par la compréhension ?

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Sommaire

Likkutei Torahלקוטי תורה

Parshas Shir HaShirimשיר השירים

  1. 1שיר השירים אשר לשלמה ישקנו מנשיקות…The Song of Songs, which is Solomon’s
  2. 2שיר השירים אשר לשלמהThe Song of Songs, which is Solomon’s
  3. 3לריח שמניך טובים שמן תורק שמך…For Fragrance, Your Oils Are Good
  4. 4לריח שמניך טובים שמן תורק שמך…For the fragrance of your goodly oils
  5. 5שחורה אני ונאוה בנות ירושלים וגו׳“I am black and comely, O daughters of Jerusalem”
  6. 6שחורה אני ונאוה בנות ירושלים כאהלי…“I Am Black, yet Comely, O Daughters of Jerusalem”
  7. 7ביאור ענין שחורה אני ונאוהAn Explanation of “I Am Black, yet Comely”
  8. 8ביאור הדברים ע״פ שחורה אני ונאוהAn Explanation of the Matters on “I Am Black, Yet Comely”
  9. 9לסוסתי ברכבי פרעה דמיתיך רעיתי“To My Mare Among Pharaoh’s Chariots I Have Likened You, My Beloved”
  10. 10לסוסתי ברכבי פרעה דמיתיך רעיתיTo My Mare Among Pharaoh’s Chariots
  11. 11נאוו לחייך בתורים צוארך בחרוזים“Your Cheeks Are Comely with Torim, Your Neck with Strings of Beads”
  12. 12הנך יפה רעיתי יפה עיניך יונים…“Behold, You Are Fair, My Beloved; Your Eyes Are Doves”
  13. 13קול דודי הנה זה בא מדלג…“The Voice of My Beloved! Behold, He Comes, Leaping over the Mountains”
  14. 14ולהבין ענין מדלג על ההרים מקפץ…To Understand “Leaping over the Mountains, Skipping over the Hills”
  15. 15יונתי בחגוי הסלע בסתר המדרגהMy dove, in the clefts of the rock, in the hidden place of the step: show me your appearance
  16. 16ביאור ע״פ יונתי בחגוי הסלע וגו׳An explanation of the verse “My dove, in the clefts of the rock”
  17. 17עוד ביאור הדברים ע״פ יונתי בחגוי…A further explanation of “My dove, in the clefts of the rock”
  18. 18צאינה וראינה בנות ציון במלך שלמה…Go Out and Gaze, O Daughters of Zion
  19. 19להבין ענין הטעם למה שהאתדל״ע הבאה…To Understand Why the Arousal from Above That Follows the Arousal from Below
  20. 20צאינה וראינה בנות ציון במלך שלמה…Go Out and Gaze, O Daughters of Zion
  21. 21ביאור הדבריםAn Explanation of the Matter: “Keser Is Above All the Ten Sefiros”
  22. 22לבבתני אחותי כלהYou Have Captured My Heart, My Sister, My Bride
  23. 23ביאור על פסוק לבבתניAn Explanation of the Verse “You Have Captured My Heart”
  24. 24באתי לגני אחותי כלה אריתי מורי…“I Have Come into My Garden, My Sister, [My] Bride”
  25. 25ביאור ע״פ באתי לגניAn Explanation of the Verse “I Have Come into My Garden”
  26. 26אני ישנה ולבי ער קול דודי…“I Am Asleep, but My Heart Is Awake”
  27. 27להבין ביאור הדברים ע״פ אני ישנה…To Understand the Explanation of “I Am Asleep, but My Heart Is Awake”
  28. 28הסבי עיניך וגו׳“Turn Away Your Eyes”
  29. 29שניך כעדר הרחלים שעלו מן הרחצה…Your Teeth Are Like a Flock of Ewes That Have Come Up from the Washing
  30. 30ששים המה מלכות ושמונים פילגשים ועלמות…There are sixty queens, and eighty concubines, and maidens without number
  31. 31לבאר הדברים ע״פ ששים המה מלכות…“There Are Sixty Queens”
  32. 32ששים המה מלכות ושמונים פילגשים כו׳There are sixty queens and eighty concubines
  33. 33הנה ענין מדלג על ההרים הוא…“Leaping upon the Mountains”
  34. 34מה יפו פעמיך בנעלים כו׳
  35. 35מי יתנך כאח לי יונק שדי…
  36. 36שימני כחותם על לבך כו׳
  37. 37ביאור על זה
  38. 38כי על כל כבוד חופה
  39. 39ביאור הדברים ע״פ כי על כל…
  40. 40תנו רבנן כיצד מרקדין לפני הכלה…
  41. 41כי כאשר השמים החדשים כו׳
  42. 42ביאור ע״פ כי כאשר השמים כו׳