Likkutei Torah · Parshas Shir HaShirim · Maamar 20
צאינה וראינה בנות ציון במלך שלמה בעטרה שעטרה…
Sortez et contemplez, filles de Sion
L’idée centrale
La Torah, donnée « le jour de ses noces », est le pain, le vin et l’huile. Le pain fortifie même l’âme faible, enoch, afin qu’elle maîtrise l’âme animale, et unit la Lumière infinie aux mondes ; le vin est la contemplation, qui révèle la divinité cachée et attise une joie ardente ; l’huile est le rayonnement paisible de l’essence de 'Hokhma. Ce rayonnement, qui est le but principal, provient de la « couronne », la volonté supérieure, que l’on atteint dans l’ordre suivant : « Fais de Sa volonté ta volonté » par le vin, afin qu’« Il fasse de ta volonté Sa volonté ».
Le maamar en bref
Les Sages interprètent « le jour de ses noces » comme le don de la Torah. L’Admour Hazaken explique donc d’abord la Torah à partir de Tehillim 104:15 : le pain soutient, le vin réjouit, l’huile fait rayonner le visage. Enoch désigne l’homme dans sa faiblesse, entraîné par des plaisirs qui ne sont que les déchets de la sainteté ; En Haut, enoch est Metatron, l’ange qui s’élève le Chabbat et se renouvelle chaque semaine comme l’herbe. La Torah est le « pain » : elle donne à l’âme divine la force de dominer l’âme animale et relie la Lumière infinie aux attributs, établissant la paix En Haut et en bas, car elle prend sa source en Kéter. Le « vin » est la contemplation dans la prière : il révèle que le monde n’est rien devant D.ieu, suscite l’amour et apporte la joie avec laquelle il faut accomplir les mitsvot : « Fais de Sa volonté ta volonté. » L’« huile » est le rayonnement d’une sagesse nouvelle : le ratso ardent du vin existe en vue de son chov durable. Ce rayonnement émane de la couronne, la volonté supérieure qui entoure tous les mondes, que l’on atteint en sortant vers le pain de la Torah, puis vers son vin, et enfin en contemplant la couronne.
Plan
- Pain, vin et huileLe verset de la couronne et le don de la Torah ; la Torah comme pain, vin et huile, et deux questions sur le verset de Tehillim. Enoch désigne la faiblesse : les plaisirs physiques sont les déchets de la sainteté, et celui qui se laisse entraîner par eux perd à la fois l’amour limité et l’amour illimité de D.ieu.¶1–2
- Enoch, ich et adamAdam désigne la plénitude, ich les émotions, enoch l’âme faible. En Haut, adam et ich décrivent D.ieu Lui-même, tandis qu’enoch est Metatron, le naar qui s’élève à Atsilout le Chabbat et redescend ensuite, comme l’herbe qui est coupée puis repousse ; chez l’homme, enoch désigne la faiblesse face au penchant.¶3–7
- La Torah comme painDe même que le pain relie l’âme au corps, la Torah fortifie l’âme divine et relie la Lumière infinie aux Séfirot ; elle est le « pain » même de D.ieu. Les Dix Commandements donnent vie aux dix paroles de la Création et établissent la paix En Haut et en bas, car la Torah prend sa source en Kéter. Les deux pains et les sacrifices de paix de Chavouot expriment cela.¶8–14
- Sortir et le vin de la contemplation« Allez, mangez » signifie consacrer son esprit à la Torah et sortir de la prison du corps par la prière contemplative. « Fais de Sa volonté ta volonté » désigne une volonté née de la compréhension, tandis que « annule ta volonté » s’applique après la prière. Le vin révèle le secret selon lequel le monde est annulé devant D.ieu et apporte la joie de la Torah et des mitsvot, grâce à laquelle Israël attire l’essence de D.ieu dans Mal'hout.¶15–24
- L’huile de la sagesseLa joie du vin s’élève d’en bas comme le feu, à travers le sang ; le rayonnement de l’huile descend d’en Haut comme la lumière de 'Hokhma, paisible et dans l’annulation de soi, à l’image de la glace au-dessus des 'Hayot. Le ratso du vin est au service du chov durable de l’huile ; c’est pourquoi le verset dit « pour faire rayonner ».¶25–30
- La couronneLa couronne est la volonté supérieure, la lumière qui entoure, la 'houppa d’où émane le rayonnement de l’essence de 'Hokhma. Elle est appelée celle de sa mère parce qu’on l’atteint dans un ordre déterminé, par la joie de la compréhension ; et on la voit en sortant : d’abord le pain de la Torah, puis son vin, enfin la contemplation de la couronne.¶31–33
Notions clés
- Pain, vin et huileלחם ויין ושמן
- Trois niveaux de la Torah : le pain, qui soutient même les faibles et unit la Lumière infinie aux mondes ; le vin, la contemplation qui révèle la divinité cachée et apporte la joie ; et l’huile, le rayonnement de l’essence même de 'Hokhma.
- Enochאנוש
- Le nom le plus bas de l’homme, qui désigne la faiblesse et la maladie de l’âme ; En Haut, il s’agit de Metatron, l’ange de Yetsira qui revêt le flux des jours de semaine.
- Fais de Sa volonté ta volontéעשה רצונו כרצונך
- D’abord, la volonté humaine tournée vers D.ieu, née de la contemplation, et l’attraction de la volonté supérieure dans 'Hokhma ; ensuite, D.ieu rend la volonté de l’homme semblable à la Sienne, dans un amour qui dépasse la raison.
- Course et retourרצוא ושוב
- L’ardent désir de l’âme (le vin) et la descente paisible de la lumière par 'Hokhma (l’huile) ; le premier existe au service du second.
- La couronneעטרה
- La volonté supérieure, le niveau de Kéter, une lumière qui entoure et se situe au-dessus de la lumière intérieure du pain et du vin de la Torah ; la 'houppa d’où émane le rayonnement de l’huile.
- La paix En Haut et en basשלום בפמליא של מעלה ובפמליא של מטה
- L’étude de la Torah pour elle-même relie la Lumière infinie aux Séfirot En Haut et fortifie en bas l’âme divine face à l’âme animale ; sa source est la couronne.
Pain, vin et huile ¶1–2
1צאינה וראינה12 בנות ציון במלך שלמה בעטרה שעטרה לו אמו ביום חתונתו. וארז״ל [ואמרו רבותינו זכרונם לברכה] ביום חתונתו זה3 מתן תורה.
« Sortez et regardez, filles de Sion, le roi Chlomo, avec la couronne dont sa mère l’a couronné le jour de ses noces. » Et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Le jour de ses noces » désigne le don de la Torah.
Le maamar s’ouvre sur le verset du Cantique des Cantiques où les filles de Sion sortent voir le roi Chlomo portant la couronne que sa mère a posée sur lui le jour de ses noces. La Michna interprète « le jour de ses noces » comme le don de la Torah ; le maamar tout entier traitera donc de ce que la Torah accomplit entre D.ieu et Israël.
ולהבין זה יש להקדים תחלה ענין התורה. דהנה ידוע דהתורה נמשלה לכמה דברים ללחם ויין ושמן כמ״ש לכו לכמו בלחמי ושתו ביין מסכתי
Pour comprendre cela, il faut d’abord introduire [une explication de] la question de la Torah. Car il est connu que la Torah est comparée à plusieurs choses : au pain, au vin et à l’huile, comme il est écrit : « Allez, mangez de mon pain et buvez du vin que j’ai mélangé. »
Avant d’expliquer la couronne, l’Admour Hazaken expose d’abord ce qu’est la Torah. Elle est comparée à trois choses : au pain, au vin et à l’huile. Le verset des Michlei, où la Sagesse invite à manger son pain et à boire son vin, mentionne les deux premières.
(ועיין ברכות דנ״ז סע״א [סוף עמוד א]4 ובמסכת ע״ז דל״ה ע״א) וכן נקרא שמן וכמ״ש ברבות בשיר השירים ע״פ לריח שמניך5 כו׳.
(Voir Berakhot, page 57, fin du côté a, et le traité Avoda Zara, page 35, côté a.) Elle est également appelée huile, comme il est écrit dans [le Midrach] Rabba sur le Cantique des Cantiques, à propos du verset « À la fragrance de tes huiles », etc.
Les passages talmudiques cités parlent de la Torah comme du vin : un érudit en Torah qui rêve de vin y voit un signe favorable, et l’Assemblée d’Israël parle du « vin de la Torah ». Le Midrach sur le verset « À la fragrance de tes huiles » compare la Torah à l’huile.
ולהבין ג׳ בחי׳ אלו דודאי שינוי השמות לחם ויין ושמן הם בחי׳ ומעלות שונות שיש בתורה.6
[Il nous faut] comprendre ces trois niveaux, car les différents noms — pain, vin et huile — correspondent certainement à des aspects et des qualités distincts de la Torah.
Ces différents noms ne sont pas de simples synonymes : le pain, le vin et l’huile doivent représenter trois qualités distinctes au sein de la Torah. Le maamar entreprend de définir chacune d’elles.
הענין הוא ע״פ מ״ש ויין ישמח לבב אנוש7 להצהיל פנים משמן ולחם לבב אנוש יסעד.
L’explication repose sur ce qui est écrit : « Le vin réjouit le cœur de l’homme (enoch), pour rendre le visage rayonnant par l’huile, et le pain soutient le cœur de l’homme. »
Le verset essentiel, tiré des Tehillim 104, nomme les trois ensemble, chacun ayant son effet propre : le vin réjouit, l’huile rend le visage rayonnant et le pain soutient. Le mot employé ici pour « homme » est enoch, ce qui se révélera important.
ויש להבין ההפרש בין בחינת שמחה הנמשך מבחי׳ יינה של תורה8 לבחי׳ צהלה הנמשך מבחי׳ שמן
Il faut comprendre la différence entre le niveau de joie qui découle du niveau du « vin » de la Torah et le niveau de rayonnement qui découle du niveau de son « huile ».
Première question : quelle est la différence entre la joie provenant du « vin » de la Torah et le rayonnement provenant de son « huile » ?
(ולכאורה שניהם ענין שמחה כמ״ש והעיר שושן צהלה ושמחה)9 גם צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] לשון להצהיל דהל״ל [דהוה ליה למימר] ושמן יצהיל פנים
(Car, à première vue, les deux relèvent de la joie, comme il est écrit : « La ville de Chouchan rayonnait et se réjouissait. ») Il faut également comprendre l’expression « pour rendre rayonnant » : il aurait dû être dit « et l’huile rendra le visage rayonnant ».
La question se précise à la lumière du verset d’Esther, où le rayonnement et la joie apparaissent côte à côte comme des termes presque synonymes. Une deuxième question porte sur la grammaire : le verset dit « pour rendre rayonnant », et non simplement « l’huile rend le visage rayonnant ».
אבל לשון להצהיל משמע שיין משמח כו׳ בשביל להצהיל פנים משמן ולכאורה יין ישמח בפ״ע [בפני עצמו] אף אם לא יהיה שמן. והנה תחלה צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] ענין ולחם לבב אנוש יסעד.
Mais l’expression « pour rendre rayonnant » implique que le vin réjouit, etc., afin de rendre ensuite le visage rayonnant par l’huile. Pourtant, à première vue, le vin réjouit de lui-même, même en l’absence d’huile. Il faut d’abord [expliquer] la question de « et le pain soutient le cœur de l’homme ».
La forme « pour rendre rayonnant » suggère que le vin réjouit dans un but précis : afin que le visage puisse ensuite rayonner grâce à l’huile. Pourtant, le vin réjouit de lui-même, qu’il y ait de l’huile ou non. Avant de répondre, l’Admour Hazaken commence par la troisième proposition, celle du pain.
פי׳ כי אנוש יש בו ב׳ פירושים הא׳ לשון איש והב׳ לשון חלישות כמ״ש (ירמיה י״ז) עקוב הלב מכל10 ואנוש הוא דפי׳ לשון חלישות וחולי.
Explication : le mot enoch a deux sens. Le premier est celui d’« homme » (ich), et le second celui de faiblesse, comme il est écrit (Jérémie 17) : « Le cœur est plus tortueux que tout, et il est enoch », où le terme signifie faiblesse et maladie.
Enoch peut simplement signifier « homme », mais il est aussi lié à la faiblesse et à la maladie, comme dans le verset de Yirmeyahou qui qualifie le cœur d’« anouch », malade. Ici, le maamar retient le second sens.
והיינו לפי שעקוב הלב מכל שהוא לשון עיוות ועיקום דהיינו שנמשך אחר תאוות ותענוגים גשמיים ששרשם ומקורם מבחי׳ המזלות אין לך עשב שאין לו מזל11 כו׳
C’est-à-dire parce que « le cœur est plus tortueux que tout » : cela désigne la déformation et la torsion, autrement dit le fait d’être attiré par les désirs et les plaisirs matériels, dont la racine et la source se trouvent au niveau des mazalot (constellations), [comme il est dit :] « Il n’est pas de brin d’herbe qui n’ait un mazal », etc.
Le cœur est « tortueux » lorsqu’il se laisse attirer par les désirs et les plaisirs matériels. Ceux-ci proviennent des mazalot, les forces célestes par lesquelles chaque chose dans la nature reçoit sa vitalité, comme l’enseigne le Midrach : chaque brin d’herbe a au-dessus de lui un mazal.
והמזלות מקבלים משמרי האופנים שנפל שמה בבחי׳ שבה״כ [שבירת הכלים] מבחי׳ פסולת כו׳ וכנודע ע״פ וכל קרבי12 כו׳
Et les mazalot reçoivent des résidus des Ofanim, qui sont tombés là lors de la brisure des réceptacles (chevirat hakélim), à partir du niveau des déchets, etc., comme on le sait [d’après l’explication] sur « et toutes mes entrailles », etc. :
Les mazalot reçoivent à leur tour des « résidus » des Ofanim, une catégorie d’anges, provenant de ce qui est tombé dans ce lieu inférieur lors de la brisure des réceptacles. Les plaisirs matériels tirent ainsi leur vitalité des déchets de la sainteté, comme l’enseigne une explication bien connue du verset « et toutes mes entrailles [bénissent Son saint Nom] ».
שהחיות הנמשך ומתלבש בתענוגי עוה״ז [עולם הזה] הוא רק כמו בחי׳ פסולת הנדחה ע״י בירור בקרביים ומעיים
la force vitale qui est attirée et se revêt dans les plaisirs de ce monde n’est que comparable au niveau des déchets, qui sont rejetés par le tri effectué dans les entrailles et les intestins.
Cette explication compare la force vitale présente dans les plaisirs de ce monde aux déchets que les organes digestifs séparent de la nourriture et rejettent.
ולכן כמו שאין ערוך הפסולת לגבי מה שנתברר מהמאכל שנעשה ממנו חיות לאדם ונכלל בבחי׳ אדם משא״כ הפסולת שנדחה אינו ראוי אפילו למאכל בהמה רק כו׳.
Par conséquent, de même que les déchets sont sans commune mesure avec ce qui a été extrait de la nourriture, dont est produite la force vitale de l’homme et qui est intégrée à son être, tandis que les déchets rejetés ne conviennent même pas à l’alimentation d’un animal, mais seulement à…, etc.,
Dans cette analogie, la partie raffinée de la nourriture devient la propre force vitale de l’homme et est assimilée par lui, tandis que les déchets ne conviennent même pas aux animaux. Les deux sont sans commune mesure.
כמו כן לפי ערך זה אין ערוך תענוגי עוה״ז [עולם הזה] בכלל לגבי תענוג רוחני אפילו בג״ע [בגן עדן] התחתון עד שכדאי כל יסורי גיהנם כו׳
de même, dans cette même proportion, les plaisirs de ce monde en général sont sans commune mesure avec le plaisir spirituel, même dans le Gan Eden inférieur, au point que toutes les souffrances du Guéhinom valent la peine [pour l’obtenir], etc.
Dans cette même proportion, les plaisirs de ce monde ne sont rien au regard du plaisir spirituel, même au niveau le plus bas du Gan Eden. L’écart est si grand que, comme le dit le texte, toutes les souffrances du Guéhinom vaudraient la peine d’être endurées pour l’obtenir.
ולכן כל הישר הולך ראוי לו למאוס בתענוגי עוה״ז [עולם הזה] בבחי׳ אתהפכא או אתכפיא עכ״פ [על כל פנים] ולהיות טעמו וראו כי טוב13 ה׳ וכמ״ש ראה נתתי לפניך את החיים14 וכו׳ ואת המות כו׳
C’est pourquoi tout homme qui marche dans la droiture doit mépriser les plaisirs de ce monde, selon le mode de l’it’hap’ha (transformation), ou du moins de l’itkafya (soumission), et parvenir à « Goûtez et voyez que Havaya est bon », comme il est écrit : « Vois, j’ai placé devant toi la vie », etc., « et la mort », etc.,
Un homme droit doit donc rejeter les plaisirs de ce monde : idéalement en transformant son désir en sainteté (it’hap’ha), et au minimum en le soumettant (itkafya). Il doit plutôt parvenir à goûter la bonté de la divinité elle-même. La Torah place devant l’homme le choix entre la vie et la mort.
ובחרת בחיים15 ונודע שבחינת הגשמיות נקרא מות והרוחניות נקרא חיים ועל זה נאמר לאהבה את16 ה׳ אלקיך כי הוא חייך.1718
« et tu choisiras la vie ». Or, il est connu que le caractère matériel est appelé « mort » et le caractère spirituel « vie ». C’est à ce propos qu’il est dit : « pour aimer Havaya, ton D.ieu, car Il est ta vie ».
Le caractère matériel est appelé « mort », et le caractère spirituel, « vie ». Le verset qui suit appelle à aimer D.ieu « car Il est ta vie » : un amour fondé sur la reconnaissance de D.ieu comme source de sa propre vie.
Le maamar s’ouvre sur le verset de la couronne et sur l’interprétation des Sages, selon laquelle « ses noces » désignent le don de la Torah. Il aborde ensuite la Torah comme pain, vin et huile (Tehillim 104:15) et soulève deux questions sur la joie et le rayonnement. Il commence par « le pain soutient le cœur de l’enoch » : enoch désigne l’homme dans sa faiblesse, entraîné vers les plaisirs matériels, qui ne sont que les déchets de la sainteté, alors qu’il devrait choisir la vie et aimer D.ieu comme source de sa vie.
Igueret Hakodech (fin du chapitre 20), auquel renvoie la note de Kehot, ajoute que le mazal qui « frappe » une plante et lui dit de pousser n’agit qu’une fois que la plante a germé, la faisant grandir de petite à grande ; la force qui fait apparaître quelque chose à partir du néant réside dans la terre et provient d’une source bien plus élevée.
Maré mekomot
- 1צאינה וראינה · הנחה אחרת בסה״מ תקס״ז ע׳ קע. באוה״ת שה״ש ע׳ שצא ואילך עם הגהות אחרות. קצת הערות שם ע׳ שפט. הדרוש במאמרי אדה״א נ״ך ע׳ רסו מיוסד על ד״ה זה. בסה״מ תרכ״ט (הוצאת תשנ״ב) ע׳ קעג מציין שד״ה זה שייך למתן תורה. ראה להלן בהוספות להערות וציונים השוואה לד״ה זה.
- 2צאינה וראינה · Song of Songs 3:11
- 3ביום חתונתו זו מ״ת · Taanit 26b:6–7
- 4ועיין ברכות דנ״ז סע״א · באוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ שצב מעתיק מהגמרא ”הרואה יין בחלום כו׳ אם ת״ח לעולם יפה לו שנאמר ושתו ביין מסכתי”.
- 5לריח שמניך · Shir HaShirim Rabbah 1:3–4
- 6לחם ויין ושמן הם בחי׳ ומעלות שונות שיש בתורה · בארוכה באמרי בינה שער הק״ש פנ״ג ואילך. — משיחות פ׳ מקץ תשנ״ב ע׳ 195.
- 7ויין ישמח לבב אנוש · Psalms 104:15
- 8
- 9והעיר שושן צהלה ושמחה · Esther 8:15
- 10
- 11אין לך עשב שאין לו מזל · Bereshit Rabbah 10:6
- 12וכל קרבי · Psalms 103:1
- 13טעמו וראו כי טוב ה׳ · Psalms 34:9
- 14ראה נתתי לפניך את החיים · Deuteronomy 30:15
- 15ובחרת בחיים · Deuteronomy 30:19
- 16לאהבה את ה׳ אלקיך כי הוא חייך · Deuteronomy 30:20
- 17לכו לחמו בלחמי · Proverbs 9:5
- 18
2והנה אהבה זו היא הנמשכת מבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] שזהו בחי׳ למען חייך ולכן האהבה מוגבלת בכלי.
Or, cet amour est celui qui découle du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), qui est le niveau de « pour que tu vives » ; cet amour est donc limité par un réceptacle.
L’amour décrit précédemment, aimer D.ieu « car Il est ta vie », provient de la lumière qui remplit tous les mondes, celle qui donne à chaque monde une force vitale à sa mesure. Parce qu’il s’agit d’un amour pour la source de sa propre vie, il est limité et peut être contenu dans le cœur, qui lui sert de réceptacle.
ויש בחי׳ אהבה הבאה מחמת התבוננות באור א״ס [אין סוף] ב״ה עצמו הסוכ״ע [הסובב כל עלמין] דלית מחשבה תפיסא ביה כלל וחיות כל העולמות הוא רק מבחי׳ הארה בעלמא שאמר והי׳ [והיה] העולם אמירה לבד כו׳
Il existe aussi un niveau d’amour qui naît de la contemplation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, elle-même, la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), que nulle pensée ne peut saisir, et dont la force vitale de tous les mondes ne provient que d’un simple rayonnement, [celui de] « Il parla et le monde fut », d’une simple parole, etc.
Un amour supérieur naît de la contemplation de la Lumière infinie elle-même, qui entoure tous les mondes et échappe à toute saisie. En comparaison, la vie de tous les mondes n’est qu’un simple rayonnement, semblable à une seule parole : « Il parla et le monde fut ».
ואי לזאת יהי׳ [יהיה] נכספה וגם כלתה נפשו1 להיות בבחי׳ ביטול ממש אליו ית׳ לבדו שאין בכח הל ב להכיל האהבה.
Dès lors, son âme aspirera, et même se consumera, à être dans un état d’annulation réelle (bitoul) devant Lui seul, béni soit-Il, car le cœur n’a pas la capacité de contenir cet amour.
Une telle contemplation conduit l’âme à aspirer jusqu’à se « consumer » — expression tirée de Tehillim 84 —, dans son désir d’être entièrement annulée devant D.ieu seul. Cet amour déborde le cœur, qui ne peut le contenir.
אבל אם ח״ו [חס ושלום] נמשך אחר תאוות הגשמיות ע״ז [על זה] נאמר עקוב הלב מכל2 שאין לך עיקום ועיוות גדול מזה ולא די שאין לו בחי׳ כלות הנפש הנ״ל
Mais si, à D.ieu ne plaise, il se laisse entraîner par les désirs matériels, c’est de lui qu’il est dit : « Le cœur est plus tortueux que tout », car il n’est pas de tortuosité ni de perversion plus grande. Et non seulement lui manque le niveau de l’âme qui se consume, mentionné plus haut,
À l’inverse, celui qui se laisse entraîner par les désirs matériels est le « cœur tortueux » de Yirmeyahu ; aucune tortuosité n’est plus grande. Il lui manque l’amour supérieur où l’âme se consume.
וכמו שאמר אני ה׳ לא שניתי3 ואיך אתם בני יעקב לא כליתם בכלות הנפש לבחי׳ זו דלא שניתי כו׳.
comme il est dit : « Moi, Havaya, Je n’ai pas changé » ; comment se fait-il donc que vous, enfants de Yaakov, ne vous soyez pas consumés, dans l’ardeur de l’âme, pour atteindre ce niveau de « Je n’ai pas changé », etc. ;
Le verset de Malachi est interprété comme un reproche : puisque D.ieu est immuable, au-delà de tout changement, comment les enfants de Yaakov ne se sont-ils pas « consumés » (kelitem, de la même racine que klot hanéfech) dans leur aspiration vers Lui ? Le sens simple du verset est : « vous n’avez pas été consumés ».
אלא אף גם האהבה ראשונה דבחי׳ ובחרת בחיים4 ולמען חייך השליך ממנו וכמ״ש אותי עזבו מקור מים חיים5 לחצוב להם בורות
mais il a même rejeté loin de lui le premier amour, celui du niveau de « tu choisiras la vie » et de « pour que tu vives », comme il est écrit : « C’est Moi qu’ils ont abandonné, la source des eaux vives, pour se creuser des citernes,
Une telle personne perd même le premier amour, inférieur, fondé sur « tu choisiras la vie ». Yirmeyahu la décrit comme abandonnant D.ieu, la source des eaux vives, pour se creuser des citernes.
נשברים הם כל תענוגיחם ואהבת גשמיים הנמשכים משבה״כ [משבירת הכלים] ונקרא בורות נשברים כו׳ ומחמת ההתקשרות בתענוגים גשמיים ממילא נחלש כח הנפש ואין לו אהבה האלקית.
qui sont crevassées » : ce sont tous leurs plaisirs et leur amour des choses matérielles, qui proviennent du brisement des réceptacles et sont donc appelés « citernes crevassées », etc. Du fait de son attachement aux plaisirs matériels, la force de l’âme s’affaiblit nécessairement, et il n’a plus d’amour divin.
Les « citernes crevassées » sont les plaisirs et les amours matériels ; ils proviennent du brisement des réceptacles et sont donc littéralement « crevassés ». L’attachement à ces plaisirs affaiblit nécessairement l’âme, jusqu’à ce qu’il ne subsiste plus d’amour pour D.ieu.
וכמ״ש כשל בעוני6 כח7 שע״י העונות נכשלש ונתחלש כח הנפש וכמ״ש כי אם עוונותיכם8 היו מבדילים ביניכם לבין אלקיכם ולא עוונות ממש
Comme il est écrit : « La force chancelle à cause de mon iniquité » : les iniquités font chanceler et affaiblissent la force de l’âme. Et comme il est écrit : « Mais vos iniquités ont établi une séparation entre vous et votre D.ieu » ; il ne s’agit pas d’iniquités réelles
Le verset de Tehillim dit que la force chancelle à cause de l’iniquité, et celui de Yeshayahu que les iniquités établissent une séparation entre Israël et D.ieu. L’Alter Rebbe interprète ces « iniquités » non comme des fautes réelles.
אלא גשמי׳ [גשמיים / גשמיות / גשמית] הגוף וחומריותו (כי עון לשון עיקום והיינו כענין עקוב הלב כנ״ל. והעיקר הוא מה ששמים אור לחשך וחשך לאור מר למתוק ומתוק למר9.
mais la physicalité du corps et sa matérialité (car avon, « iniquité », désigne ce qui est tortueux, comme dans l’expression « le cœur est tortueux » mentionnée plus haut. Et l’essentiel est qu’ils prennent la lumière pour les ténèbres et les ténèbres pour la lumière, l’amer pour le doux et le doux pour l’amer.
Il s’agit de la physicalité et de la grossièreté du corps : le mot avon, « iniquité », signifie ce qui est tortueux, comme le cœur tortueux. Le cœur du problème est l’inversion des valeurs décrite dans Yeshayahu : prendre la lumière pour les ténèbres et l’amer pour le doux.
ולכן נקרא זה אנוש לשון כאב וחולי שכמו שהחולה טועם מתוק למר כו׳ ומתאוה דוקא למאכלים הרעים. כך עד״ז [על דרך זה] חולי הנפש ונקרא חולת אהבה שתאוות העולם עריבים עליו ואינו טועם טעם באלקות כמ״ש טעמו וראו כי טוב1011 ה׳)
C’est pourquoi cela est appelé anouch, terme qui désigne la douleur et la maladie : de même qu’un malade goûte le doux comme amer, etc., et désire précisément les mauvais aliments, ainsi en est-il, de la même manière, de la maladie de l’âme, appelée « malade d’amour » : les désirs du monde lui sont agréables et il ne goûte aucune saveur dans la divinité, comme il est écrit : « Goûtez et voyez que Havaya est bon » ;
C’est pourquoi le cœur est appelé anouch, malade. De même que le goût du malade est altéré, si bien qu’il désire des aliments nuisibles, la maladie de l’âme rend les désirs du monde doux à ses yeux et la divinité insipide. Le texte appelle cette maladie « malade d’amour », reprenant l’expression de Shir HaShirim : il s’agit d’une maladie de l’amour de l’âme.
הוא שנעשה מסך מבדיל שמגביל ומלביש את הנפש עד שמורידה לימשך אחריה ואין לה יכולת לעלות ולצאת ממנה:12
c’est cela qui devient un écran de séparation, qui limite l’âme et l’enveloppe, jusqu’à l’abaisser et l’entraîner à sa suite, sans qu’elle ait la capacité de s’élever et de s’en dégager.
La physicalité du corps devient un écran qui sépare l’âme de D.ieu. Elle enferme l’âme et l’entraîne à la suite du corps, jusqu’à ce que l’âme n’ait plus la force de s’élever et de s’en libérer.
Ce paragraphe distingue deux formes d’amour de D.ieu : un amour inférieur et limité, qui découle de la lumière qui remplit tous les mondes, et un amour supérieur, issu de la contemplation de la Lumière infinie qui entoure tous les mondes et qui conduit l’âme à se consumer dans son aspiration. Celui qui se laisse entraîner par les plaisirs matériels perd les deux, car la grossièreté du corps devient un écran séparateur qui affaiblit l’âme : c’est le cœur appelé enoch, malade.
Les deux formes d’amour correspondent aux deux modalités de la lumière divine évoquées ici : la lumière qui remplit tous les mondes est mesurée pour chaque monde, si bien que l’amour qu’elle éveille peut être contenu dans le cœur ; la lumière qui entoure tous les mondes échappe à toute mesure, si bien que l’amour qu’elle éveille est une aspiration qui dépasse la capacité du cœur.
Maré mekomot
- 1נכספה וגם כלתה נפשו · Psalms 84:3
- 2
- 3אני ה׳ לא שניתי · Malachi 3:6
- 4
- 5אותי עזבו מקור מים חיים · Jeremiah 2:13
- 6
- 7כשל בעוני כחי · Psalms 31:11
- 8כי אם עונותיכם היו מבדילים · Isaiah 59:2
- 9
- 10כך עד״ז חולי הנפש . . וראו כי טוב ה׳) · באוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ שצג מובא זה בשינוי לשון: ”כן הוא חולי הנפש שתאות העולם עריבים עליו להיות נטבע במצולת הזמן ונשכח ממנו העיקר, כמ״ש כי נעים נאוה תהילה וכתיב כמו חלב ודשן תשבע נפשי)”.
- 11טעמו וראו כי טוב ה׳ · Psalms 34:9
- 12
Enoch, ich et adam ¶3–7
2. Or, dans cet état, l’homme est appelé enoch. Car il existe plusieurs noms [pour désigner l’homme] : enoch, ich et adam, et adam est le plus élevé de tous.
La section 2 commence. L’hébreu possède plusieurs mots pour désigner un être humain : enoch, ich et adam, et adam est le plus élevé. Enoch désigne l’homme dans l’état d’affaiblissement qui vient d’être décrit.
כמ״ש בפ׳ תזריע (דמ״ח) כי אדם הוא בחינת שלימות כמ״ש זכר ונקבה בראם3 ויקרא את שמם אדם כו׳. וידוע איך בחיבור דו״נ [דכר ונוקבא] משפיע ומקבל יש שלימות וגילוי הארה עליונה.
Comme il est écrit dans la paracha Tazria (p. 48), adam désigne le niveau de la plénitude, ainsi qu’il est écrit : « Mâle et femelle, Il les créa, et Il appela leur nom Adam », etc. Et l’on sait que dans l’union du masculin et du féminin, du donneur et du récepteur, se trouvent la plénitude et la révélation d’un rayonnement supérieur.
Le Zohar, dans la paracha Tazria, classe les noms et dit qu’adam est le plus élevé. Adam désigne la plénitude : la Torah donne le nom Adam au masculin et au féminin réunis, et l’union du donneur et du récepteur apporte la plénitude ainsi que la révélation d’un rayonnement supérieur.
גם אדם לשון אדמה לעליון45 ואיש הוא למטה מבחינת אדם ודרך כלל איש היינו בחי׳ המדות אהוי״ר [אהבה ויראה] כמ״ש לפי שכלו יהולל איש.6
Adam signifie aussi « je serai semblable (adameh) au Très-Haut ». Et ich est d’un niveau inférieur à celui d’adam ; en règle générale, ich désigne le niveau des attributs émotionnels (midot), l’amour et la crainte, ainsi qu’il est écrit : « Un homme (ich) est loué selon son intelligence ».
Adam est également apparenté à adameh, « je serai semblable » au Très-Haut. Ich est un niveau inférieur, généralement celui des émotions, de l’amour et de la crainte ; le verset de Michlé loue un ich « selon son intelligence », car les émotions reçoivent leur mesure de l’intellect qui les guide.
Le paragraphe ouvre la deuxième section en classant les noms de l’homme — enoch, ich et adam — afin que l’on puisse comprendre enoch, l’état d’affaiblissement de l’âme, par rapport aux niveaux supérieurs d’ich (les émotions) et d’adam (la plénitude, la ressemblance avec le Très-Haut).
Maré mekomot
- 1יש כמה שמות אנוש איש אדם · ראה גם אוה״ת ויקרא כרך ד ע׳ א׳מח ואילך. [סה״מ תרכ״ט (הוצאת תשנ״ב) ע׳ קעא ואילך].
- 2כמה שמות אנוש איש אדם ואדם גבוה מכולן · Zohar, Tazria 22:105–23:115
- 3זכר ונקבה בראם · Genesis 5:2
- 4אדם לשון אדמה לעליון · נסמן לעיל יא, ג.
- 5אדמה לעליון · Isaiah 14:14
- 6לפי שכלו יהולל איש · Proverbs 12:8
4ואדם היינו כשיש לו מוחין דגדלות1 כו׳. ומ״מ [ומכל מקום] גבי איש נמי כתיב אשרי איש ירא את2 ה׳ כו׳ גבור בארץ כו׳.
Et adam désigne celui qui possède l’intellect développé (mo’hin de-gadlout), etc. Néanmoins, à propos de ish également, il est écrit : « Heureux l’homme (ish) qui craint Havaya », etc., « puissant sur la terre », etc.
Adam est une personne dont l’intellect est pleinement développé, dans l’état « développé », ou mûr, de l’esprit (mo’hin de-gadlout). Pourtant, ish a lui aussi une réelle valeur : le psaume fait l’éloge de l’ish qui craint D.ieu et promet que sa descendance sera puissante sur la terre.
אבל אנוש הוא למטה מכולם דהיינו אדרבה כשהוא בבחינת חלישות כח הנפש כנ״ל מלשון עקוב הלב מכל3 ואנוש כו׳ וכ״ה בזהר תרומה (קס״ח א׳) ע״פ מה אנוש כי תזכרנו4 כו׳
Mais enoch est inférieur à tous les autres : c’est-à-dire, au contraire, lorsqu’il se trouve dans un état de faiblesse de la force de l’âme, comme mentionné plus haut, selon l’expression : « Le cœur est plus tortueux que tout, et il est malade », etc. Il en est de même dans le Zohar, Terouma (168a), à propos du verset : « Qu’est-ce que l’homme (enoch), pour que Tu te souviennes de lui ? », etc.
Enoch est inférieur aux deux autres ; il ne s’agit pas simplement d’un rang plus bas, mais du contraire de la force : une faiblesse de la puissance de l’âme, le cœur « malade » de Yirmeyahou. Dans la paracha Terouma, le Zohar dit la même chose à propos du verset « Qu’est-ce que l’homme (enoch), pour que Tu te souviennes de lui ? » : enoch n’était pas dans sa force.
והנה כמ״כ [כמו כן] למעלה דהנה הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] כתיב ועל דמות הכסא דמות כמראה אדם5 כו׳ וכתיב ה׳ איש מלחמה.6
Or, il en est de même là-haut : à propos du Saint béni soit-Il, il est écrit : « Et au-dessus de la ressemblance du Trône, une ressemblance ayant l’apparence d’un homme (adam) », etc., et il est écrit : « Havaya est un homme (ish) de guerre. »
Les trois noms s’appliquent également là-haut. D.ieu, tel qu’Il apparaît sur le Trône dans la vision de Ye’hezkel, est appelé adam, et le Cantique de la mer Le désigne comme ish, « un homme de guerre ».
אבל אנוש הוא בחינת מט״ט [מטטרון] כמ״ש בפרשה פנחס (דרי״ז)7 ע״פ אנוש כחציר ימיו89 כו׳ שהוא בחי׳ המלאך הנ״ל שנאמר בו נער הייתי גם זקנתי10 כו׳. ונמשל לחציר.
Mais enoch est le niveau de Metatron, comme il est écrit dans la paracha Pin’has (page 217), à propos du verset : « Enoch, ses jours sont comme l’herbe », etc. : il s’agit du niveau de l’ange mentionné plus haut, dont il est dit : « J’étais un jeune homme (na’ar), et j’ai aussi vieilli », etc. Il est comparé à l’herbe.
L’enoch d’En-Haut est Metatron, l’ange principal du Monde de Yetsira. Dans la paracha Pin’has, le Zohar interprète « enoch, ses jours sont comme l’herbe » comme se rapportant à cet ange, dont il est également dit : « J’étais un jeune homme, et j’ai aussi vieilli. » La comparaison avec l’herbe sera expliquée ensuite.
כי הנה החציר הוא העשב שקוצרים אותו כמה פעמים וחוזר ונגדל במעט זמן וחוזרים וקוצרים אותו ונקרא אספסתא (בגמרא דחזקת הבתים)11
Car l’herbe (hatsir) est la plante que l’on fauche plusieurs fois ; elle repousse en peu de temps, puis on la fauche de nouveau. Elle est appelée aspasta (dans la Guemara, au chapitre « ‘Hézkat ha-Batim »).
Hatsir est une herbe fourragère que l’on fauche et qui repousse bientôt, encore et encore. Le Talmud, dans le chapitre « ‘Hézkat ha-Batim » de Baba Batra, l’appelle aspasta.
והנה כמו כן בחינת מלאך הנ״ל שהוא המלביש לבחינת אור ההמשכה הנמשך בששת ימי החול יום ראשון בחי׳ חסד כו׳. שבחי׳ החסד מתלבש במלאך הנ״ל ונקרא לכך מנעל דשכינתא כו׳.12
Or, il en va de même du niveau de l’ange mentionné plus haut : c’est lui qui revêt la lumière du flux qui se déverse durant les six jours de la semaine, le premier jour correspondant au niveau de 'Hessed (bonté), etc. Le niveau de 'Hessed est revêtu dans cet ange ; c’est pourquoi il est appelé « la chaussure de la Chekhina », etc.
Metatron est le vêtement par lequel passe le flux divin durant les six jours de la semaine, chaque jour portant un attribut, à commencer par 'Hessed le premier jour. Parce que l’attribut de 'Hessed est revêtu en lui, il est appelé « la chaussure de la Chekhina », le vêtement le plus bas, par lequel la Présence divine descend jusqu’en bas.
Après avoir défini adam (l’intellect mûr) et ish (les émotions), le paragraphe montre qu’enoch est le contraire de la force. Il applique ensuite ces noms là-haut : adam et ish désignent D.ieu Lui-même, tandis qu’enoch est Metatron, l’ange de Yetsira qui revêt le flux des jours de semaine et est comparé à l’herbe que l’on fauche et qui repousse.
Le Zohar de Pin’has (217b), cité par le texte, interprète ainsi le verset entier de Tehilim 104:15 : « réjouit le cœur d’enoch » désigne le jeune homme qui parvient à la vieillesse et revient comme auparavant ; « le visage » désigne les visages appelés le grand visage et le petit visage ; et « l’huile » désigne le flux du Monde futur. Le maamar s’appuie sur ce passage.
Maré mekomot
- 1ואדם . . מוחין דגדלות · ראה בהוספות להערות וציונים.
- 2אשרי איש ירא את ה׳ · Psalms 112:1
- 3
- 4מה אנוש כי תזכרנו · Psalms 8:5
- 5ועל דמות הכסא דמות כמראה אדם · Ezekiel 1:26
- 6ה׳ איש מלחמה · Exodus 15:3
- 7כמ״ש בפרשה פנחס (דרי״ז) · ”פי׳ אנוש הוא נער מט״ט” — אוה״ת שה״ש ע׳ שצ. וע׳ שצג. ובד״ה פתח ר׳ חייא תקס״ו ע׳ שו ואילך. מט״ט דיצירה נק׳ אנוש ונקרא נער. ראה לעיל פ׳ פנחס עט, ב. פ׳ האזינו עו, ד וש״נ.
- 8
- 9אנוש כחציר ימיו · Zohar, Pinchas 13:84–15:107
- 10נער הייתי גם זקנתי · Psalms 37:25
- 11בגמ׳ דחזקת הבתים · Bava Batra 28b:9
- 12
5ונקרא נער כלומר כמו שהנער שכלו ומדותיו קטנים ביותר לגבי אדם הגדול כן ויותר מכן אין ערוך בחי׳ מדות דיצי׳ [דיצירה]
Il est appelé naar, un jeune homme. C’est-à-dire que, de même que l’intellect et les attributs émotionnels d’un jeune homme sont très limités par rapport à ceux d’un adulte, de même — et plus encore — les attributs émotionnels du Monde de Yetsira (Formation) ne peuvent être comparés
Métatron est appelé naar, un jeune homme. L’intellect et les émotions d’un jeune homme sont limités par rapport à ceux d’un adulte, et les attributs émotionnels de Yetsira sont encore bien plus éloignés de ceux d’Atsilout.
שהוא בחי׳ מט״ט [מטטרון] שהחסד מתלבש בהשפעה גשמיות לגבי מדות דאצילות ששם גילוי אור א״ס [אין סוף] ובכל שבת שהוא בחי׳ עליות העולמות מתעלה ג״כ בחי׳ מלאך הנ״ל לאצילות כנודע בענין מה יפו פעמיך בנעלים1 כו׳.
(qui est le niveau de Métatron, où le 'Hessed est revêtu dans un flux matériel) aux attributs émotionnels du Monde d’Atsilout (Émanation), où se révèle la Lumière infinie (Or Ein Sof). Chaque Chabbat, qui correspond à l’ascension des mondes, le niveau de cet ange s’élève lui aussi à Atsilout, comme on le sait au sujet de « Que tes pas sont beaux dans tes chaussures », etc.
En Métatron, le 'Hessed est revêtu dans un flux matériel, la subsistance du monde, tandis qu’à Atsilout, la Lumière infinie elle-même se révèle. Pourtant, chaque Chabbat, lorsque tous les mondes s’élèvent, cet ange lui aussi s’élève à Atsilout, comme on le sait d’après l’explication de « Que tes pas sont beaux dans tes chaussures », les « chaussures » désignant Métatron, la chaussure de la Chekhina.
Ce paragraphe explique pourquoi Métatron est appelé naar : les attributs de Yetsira, où le flux devient matériel, sont comparables à ceux d’un enfant par rapport aux attributs d’Atsilout. Pourtant, le Chabbat, il s’élève à Atsilout.
Maré mekomot
- 1מה יפו פעמיך בנעלים · Song of Songs 7:2
6וזהו גם זקנתי1 דסליק לסיבו23 שהוא עלי׳ [עליה] גדולה מבחי׳ נער ואנפי זוטרא לבחי׳ אנפי רברבי וזקנה כו׳.
Et c’est là aussi le sens de « j’ai moi aussi vieilli » : il s’élève jusqu’à la vieillesse, ce qui constitue une grande élévation, du niveau de naar et du « petit Visage » (anpei zutra) au niveau du « grand Visage » (anpei ravrevei) et de la vieillesse, etc.
« J’ai moi aussi vieilli » fait référence à l’élévation du Chabbat : le Zohar dit que le jeune « s’élève jusqu’à la vieillesse ». S’élever du « petit Visage » au « grand Visage », comme le Zohar désigne les niveaux inférieur et supérieur des « Visages » en haut, constitue une grande élévation.
אך בחול חוזר ונמשך להיות בבחינת נער שהוא אנפי זוטרי כו׳ ולכך נאמר כחציר ימיו4 כמו שחציר גדל תמיד מחדש כך זה האנוש מתחדש תמיד להיות בחי׳ נער.
Mais en semaine, il est de nouveau attiré vers le bas, pour se trouver au niveau de naar, qui est le « petit Visage », etc. C’est pourquoi il est dit : « ses jours sont comme l’herbe » : de même que l’herbe repousse sans cesse, cet enosh se renouvelle constamment pour se trouver au niveau de naar.
En semaine, l’ange redescend au niveau d’un jeune. Voilà pourquoi « ses jours sont comme l’herbe » : comme l’herbe qui repousse sans cesse après avoir été coupée, il se renouvelle constamment en tant que naar.
Le paragraphe achève l’image : Metatron s’élève le Chabbat (« vieillesse », le grand Visage) et redescend en semaine (« jeunesse », le petit Visage) ; ce renouvellement hebdomadaire explique pourquoi ses jours sont comparés à l’herbe.
Maré mekomot
- 1גם זקנתי · Psalms 37:25
- 2דסליק לסיבו · זח״ג (ריז, רע״ב). [כ].
- 3דסליק לסיבו · Zohar, Pinchas 13:84–15:107
- 4כחציר ימיו · Psalms 103:15
Et vous pouvez le savoir, car nous comptons : « Aujourd’hui est le premier jour de la semaine », « le deuxième jour », etc., jusqu’à « le jour de Chabbat est le septième jour ».
Preuve tirée du psaume quotidien : avant celui-ci, nous disons « Aujourd’hui est le premier jour de la semaine », et ainsi de suite, jusqu’à « Chabbat est le septième jour ».
וקשה הרי2 כבר עברו רבבות ימים משימ״ב [מששת ימי בראשית] עד עתה וא״כ [ואם כן] איך אומרים היום יום ראשון כו׳
Cela soulève une difficulté : des myriades de jours se sont assurément déjà écoulées depuis les six jours de la Création jusqu’à maintenant ; comment pouvons-nous donc dire : « Aujourd’hui est le premier jour », etc. ?
La difficulté est que d’innombrables jours se sont écoulés depuis la Création : en quel sens chaque dimanche est-il donc « le premier jour » ?
אלא מפני שבשבת העלי׳ [העליה] של בחי׳ נער שר העולם באצילות ושם למעלה מבחי׳ זמן ע״כ [על כן] כל יום א׳ הוא ממש יום ראשון
C’est plutôt parce que, le Chabbat, le niveau de Naar, le Prince du monde, s’élève dans Atsilout, où il se trouve au-dessus du niveau du temps. Aussi, chaque premier jour est-il véritablement un premier jour,
La réponse : le Chabbat, le jeune homme, le Prince du monde, s’élève dans Atsilout, qui est au-dessus du temps. Chaque dimanche est donc véritablement un nouveau commencement.
כמו יום א׳ של ששת ימי בראשית שנתחדש הזמן מלמעלה מהזמן כך מתחדש כל יום ראשון שאחר השבת.
comme le premier jour des six jours de la Création, où le temps fut créé à nouveau à partir de ce qui est au-dessus du temps ; de même, chaque premier jour qui suit le Chabbat est renouvelé.
Le premier jour de la Création, le temps lui-même fut créé à partir d’un niveau au-dessus du temps. De même, après chaque Chabbat, le temps recommence le dimanche.
שהשבת הוא העלי׳ [העליה] באצי׳ [באצילות] שלמעלה3 מהזמן וביום א׳ נמשך בבחי׳ מט״ט [מטטרון] ו״ק [ו׳ קצוות] דיצי׳ [דיצירה] בחי׳ זמן וא״כ [ואם כן] הרי אנוש כחציר4 ימיו5 שגידולו
Car le Chabbat est l’élévation dans Atsilout, qui est au-dessus du temps ; le premier jour, le flux est attiré vers le niveau de Metatron, les six extrémités (vav ketzavot) de Yetsira, le niveau du temps. Si tel est le cas, alors « l’homme, ses jours sont comme l’herbe », dont la croissance
Le Chabbat, l’ange s’élève au-dessus du temps ; le dimanche, le flux redescend vers Metatron, les six attributs émotionnels (« extrémités ») de Yetsira, le domaine du temps. C’est pourquoi le verset dit : « l’homme, ses jours sont comme l’herbe ».
רק6 ו׳ ימים ובשבת עולה ונכלל בלמעלה מהזמן וחוזר ונמשך אחר כך ו׳ ימים אחרים וה״ז [והרי זה] כחציר כו׳
ne dure que six jours ; le Chabbat, il s’élève et est inclus dans ce qui est au-dessus du temps, puis il est de nouveau attiré pour six autres jours ; c’est ainsi qu’il est « comme l’herbe », etc.
Sa croissance ne dure que six jours. Le Chabbat, il s’élève et est absorbé dans ce qui est au-dessus du temps, puis il redescend pour six autres jours, comme l’herbe qui est coupée et repousse.
(ומה שנמשל עלייתו באצילות בשם קצירה היינו שבעלייתו שם הוא בבחי׳ ביטול כנר בפני האבוקה7 כו׳ וע״ש [ועיין שם] בפרשה פנחס) (דרי״ז ע״ב) בפי׳ ואיננו89 כו׳.
(Et si son élévation dans Atsilout est comparée à une « coupe », c’est parce que, lorsqu’il s’y élève, il est dans un état d’annulation de soi (bitoul), comme une bougie devant une torche, etc. Voir là-bas, dans la paracha Pin’has) (page 217, côté b), à propos de l’explication de « et il n’est plus », etc.
L’élévation est comparée à une « coupe », plutôt qu’à une croissance, parce que dans Atsilout l’ange est entièrement annulé, comme la flamme d’une bougie devant une torche, comme s’il avait été retranché. Le Zohar, dans Pin’has, explique ainsi les mots suivants du verset, « et il n’est plus » : il est absorbé dans un esprit supérieur caché.
והנה הרי מובן מזה איך שאין ערוך לשון אנוש שהוא בחי׳ מלאך בעל גבול כו׳ לגבי בחינת איש10 ואדם שנאמר ה׳ איש כו׳
Or, on comprend ainsi combien le terme enosh — qui désigne le niveau d’un ange limité, etc. — est sans commune mesure avec le niveau de ish et adam, dont il est dit : « Havaya est un homme (ish) », etc.
Conclusion : enosh, un ange limité, est sans commune mesure avec ish et adam en haut, qui, comme dans « Havaya est un homme de guerre », désignent D.ieu Lui-même.
שהוא בחינת א״ס [אין סוף] קדמון ונצחי וכן מובן גם כן לפ״ז [לפי זה] לפי ערך באדם שלמטה כשנקרא אנוש מורה על חלישות כחו וירידה ממדרגת בחינת איש ואדם כו׳
qui est le niveau de l’Infini (Ein Sof), primordial et éternel. De même, cela se comprend également, dans une mesure correspondante, au sujet de l’homme d’en bas : lorsqu’on le qualifie d’enoch, cela indique que sa force s’est affaiblie et qu’il est descendu du rang du niveau d’ich et d’adam, etc.
Ich et adam désignent, en Haut, l’Infini, qui n’a ni commencement ni fin. Par correspondance, lorsqu’un être humain est qualifié d’enoch, cela signifie que sa force s’est affaiblie et qu’il est tombé du rang d’ich et d’adam.
C’est-à-dire, comme cela a été expliqué plus haut en détail à propos de « Le cœur est plus tortueux que tout, et il est enoch » : cette faiblesse consiste à ne pas avoir la force de vaincre son penchant.
Comme la section 1 l’a expliqué en détail, cette faiblesse signifie manquer de force pour surmonter son penchant.
Car « Qui est puissant ? Celui qui maîtrise son penchant », afin d’être comme il est écrit : « Tu aimeras de tout ton cœur (levavkha) », avec tes deux penchants. [Et de même, en Haut :
La véritable force consiste à maîtriser son penchant, comme l’enseigne la Michna dans les Avot, afin qu’une personne puisse aimer D.ieu « de tout son cœur », ce que les Sages interprètent comme visant les deux penchants, le bon et le mauvais. La note entre crochets qui commence ici s’applique à ce qui est en Haut.
הנה ביצירה דהוא בחי׳ אנוש שם עיקר בחי׳ עה״ד [עץ הדעת] טו״ר [טוב ורע] כמ״ש הרמ״ז [הרב משה זכות] ר״פ וישלח ובמק״מ [ובמקדש מלך] פ׳ מקץ קצ״ד א׳]:17
dans Yetsira, qui est le niveau d’enoch, se trouve principalement le niveau de l’Arbre de la connaissance du bien et du mal, comme l’écrit le Ramaz au début de la paracha de Vayichla’h, et dans le Mikdash Melekh, paracha de Mikets, 194a.]
Yetsira, le monde d’enoch, est le lieu principal de l’Arbre de la connaissance du bien et du mal, où le bien et le mal sont mêlés, comme l’écrivent le Ramaz et le Mikdash Melekh, commentaires kabbalistiques du Zohar. Ainsi, en Haut aussi, enoch est le niveau où le bien et le mal s’affrontent.
Le compte hebdomadaire des jours montre que Metatron s’élève au-dessus du temps le Chabbat et redescend dans le temps chaque dimanche, comme l’herbe qui est coupée et repousse. Enosh est donc un niveau limité face à ish et adam, qui désignent en haut D.ieu Lui-même ; chez l’homme, enosh signifie la faiblesse devant le penchant, que la véritable force permet de surmonter.
Le Zohar (3:216b) interprète « l’homme, ses jours sont comme l’herbe » et « J’étais jeune, et j’ai aussi vieilli » comme une idée de renouvellement : comme un arbre dont les vieilles branches sont coupées et qui repousse à partir de ses racines, et comme D.ieu qui renouvelle chaque jour l’œuvre de la Création. L’Admour Hazaken applique cette image au cycle hebdomadaire de Metatron.
Maré mekomot
- 1ותדע שהרי אנו מונין היום יום ראשון בשבת · ראה דרך מצותיך מצות הלל קנא, א. סה״מ תרע״ח ע׳ רסט. סה״מ תש״ד ע׳ 192.
- 2וקשה הרי עברו רבבות ימים · ראה ד״ה והוא עומד עליהם תרס״ג ע׳ נז. וראה שם ע׳ רלו. וראה סה״מ תש״ה ע׳ 167. שיחת ח״י כסלו תש״מ. לקו״ש חי״ב ע׳ 100. סה״ש תנש״א ע׳ 550.
- 3שהשבת הוא העלי׳ באצי׳ שלמעלה מן הזמן · ראה לקו״ש חי״ז ע׳ 60 הערה 31.
- 4כחציר · Zohar, Bereshit 7:70–8:83
- 5אנוש כחציר ימיו · Psalms 103:15
- 6שגידולו רק ו׳ ימים · ע׳ זח״א (יח, ב). [כ].
- 7בפני האבוקה וע״ש בפרשה פנחס (דרי״ז ע״ב) בפי׳ ואיננו כו׳ · באוה״ת שה״ש ע׳ שצד: ”והן הן הנק׳ חציר בזהר שם, ואנוש ג״כ כחציר ימיו מטעם הנ״ל, והיינו בעלייתו בשבת כו׳)”. והנה.
- 8ואיננו · Zohar, Pinchas 13:84–15:107
- 9ואיננו · Psalms 103:16
- 10ה׳ איש · Exodus 15:3
- 11עקוב הלב מכל ואנוש הוא · באוה״ת שה״ש ע׳ שצד נמצא כאן הגהה: ”(ולכן נא׳ גבי אנוש אז הוחל כו׳ וכמ״ש הרמב״ם שאנוש עצמו מן הטועים הי׳ וכו׳)”.
- 12עקוב הלב מכל ואנוש הוא · Jeremiah 17:9
- 13איזהו גבור הכובש את יצרו · אבות ד, א. אדר״נ כג, א.
- 14איזהו גבור הכובש את יצרו · Pirkei Avot 4:1
- 15ואהבת בכל לבבך · Deuteronomy 6:5
- 16בכל לבבך בשני יצריך · Mishnah Berakhot 9:5
- 17
La Torah comme pain ¶8–14
8ג והנה יש מקוה לישראל על זאת1 היינו ע״י התורה שנקרא לחם ועל זה נאמר ולחם לבב אנוש יסעד.2 שיסעד לבב אנוש וחלוש הזה ויחזקנו להיות בו כח ועוז לכבוש גם לנפשו הבהמית.
3. Or, « il y a un espoir pour Israël à ce sujet », à savoir grâce à la Torah, qui est appelée « pain ». À ce propos, il est dit : « et le pain soutient le cœur d’enosh » : il soutiendra ce cœur d’enosh, cet être faible, et le fortifiera, afin qu’il ait la force et la vigueur de vaincre même son âme animale.
La section 3 commence par le remède destiné à enosh. Reprenant les paroles d’Ezra, « il y a un espoir pour Israël à ce sujet » : la Torah, appelée « pain », « soutient le cœur d’enosh » et fortifie ce cœur faible jusqu’à ce qu’il puisse vaincre même l’âme animale.
והיינו לפי שהתורה נקרא עוז וכמ״ש ה׳ עוז לעמו יתן3 שנותנת כח ועוז בנה״א [בנפש האלקית] להתגבר על חומריות הגוף ונפש הבהמית וגסותו לצאת ממסגר אסיר4
Cela tient au fait que la Torah est appelée « force » (oz), comme il est écrit : « Havaya donnera la force à Son peuple » : elle donne à l’âme divine la force et la vigueur de triompher de la matérialité du corps, de l’âme animale et de sa grossièreté, afin de sortir de la prison du captif
La Torah est appelée oz, « force », comme dans « Havaya donnera la force à Son peuple ». Elle donne à l’âme divine la force de triompher de la grossièreté du corps et de l’âme animale, et de briser son enfermement, comme un prisonnier qui sort de sa cellule.
(וכמ״ש מזה בד״ה בחדש השלישי5 לצאת6 בנ״י [בני ישראל] מארץ מצרים. בפרשת יתרו ע״ש [עיין שם] באריכות) ולכך נקרא התורה לחם עד״מ [על דרך משל] הלחם גשמי שסועד הלב ומחזקו.
(comme cela est expliqué dans le maamar qui commence par « Au troisième mois après que les enfants d’Israël furent sortis du pays d’Égypte », dans la paracha Yitro ; voir là-bas l’explication détaillée). C’est pourquoi la Torah est appelée « pain », par analogie avec le pain matériel, qui soutient le cœur et le fortifie.
L’Alter Rebbe renvoie à son explication plus développée dans le maamar sur « Au troisième mois », le verset qui introduit le don de la Torah. Voilà pourquoi la Torah est appelée « pain » : comme le pain matériel, elle soutient et fortifie le cœur.
והיינו שמקשר ומחבר חיי הנפש באברי הגוף שאם ירעב ולא יאכל כל היום יתחלש ויסתלק קצת כחות חיי נפשו ועל ידי הלחם יסעד הלב ותשוב נפשו אליו
C’est-à-dire qu’il lie et unit la vie de l’âme aux membres du corps : si l’on a faim et que l’on ne mange pas de toute la journée, on s’affaiblit et certaines forces de la vie de son âme se retirent ; grâce au pain, le cœur est soutenu et son âme lui revient
Le pain lie la vie de l’âme aux membres du corps. Une personne qui reste sans manger toute la journée s’affaiblit, comme si une part de sa force vitale se retirait ; lorsqu’elle mange, son cœur est soutenu et sa vitalité lui revient.
(והעיקר נקרא ע״ש [עיין שם] הלב שבו דם הנפש שהנפש מתלבשת בדם שבלב כו׳ ומבואר במ״א דדוקא לחם סועד הלב הגם שהבשר מרבה דם יותר מהלחם עכ״ז [עם כל זה] לחם דוקא סועד הלב ומחזקו ומגביהו להתקשר עם המוח)
(et il est principalement désigné d’après le cœur, où se trouve le sang de l’âme, car l’âme est revêtue dans le sang qui se trouve dans le cœur, etc. Il est expliqué ailleurs que c’est précisément le pain qui soutient le cœur : bien que la viande augmente davantage le sang que le pain, c’est néanmoins précisément le pain qui soutient le cœur, le fortifie et l’élève afin qu’il s’unisse au cerveau).
Il est dit que le pain soutient le cœur parce que le sang se trouve dans le cœur et que l’âme est revêtue dans le sang. Il est expliqué ailleurs que, bien que la viande produise davantage de sang, seul le pain soutient véritablement le cœur et l’élève afin qu’il s’unisse à l’intellect.
וכך בחי׳ לחמה של תורה והוא עשוי מחטה בחי׳ כ״ב אותיות התורה כמנין חט״ה7 ולכן בשבועות מביאין שתי הלחם מחטים
De même, le niveau du « pain » de la Torah : il est fait de blé (chita), qui correspond aux vingt-deux lettres de la Torah, dont le nombre est égal à la valeur numérique de chita. C’est pourquoi, à Chavouot, on apporte les Deux Pains faits de blé,
Le « pain » de la Torah est fait de blé, chita, dont les lettres ont pour valeur numérique vingt-deux, le nombre des lettres de la Torah. C’est pourquoi les Deux Pains offerts à Chavouot, fête du don de la Torah, sont faits de blé.
והוא גם כן התחלת קציר חטים כמ״ש במ״א8 הנה הוא מחזקו ונותן כח ועוז לנפש האלקית להתגבר על חומריות הגוף ונפש הבהמית.
et c’est également le début de la moisson du blé, comme il est expliqué ailleurs. Il le fortifie et donne à l’âme divine la force et la vigueur de triompher de la matérialité du corps et de l’âme animale.
Chavouot est également le début de la moisson du blé. Comme le pain de blé, la Torah fortifie la personne et donne à l’âme divine la force de triompher du corps et de l’âme animale.
והנה התורה נקרא ג״כ לחמי שהוא בחי׳ לחם אצלו ג״כ כביכול (ואף שנאמר ולחם לבב אנוש י סעד דהוא בבחי׳ מלאך מט״ט [מטטרון] הנ״ל מ״צ הרי בחינת אדם ג״כ צריך ללחם כו׳
Or, la Torah est également appelée « Mon pain », car elle est aussi, pour Lui, pour ainsi dire, un niveau de pain. (Et bien qu’il soit dit : « et le pain soutient le cœur d’enosh », ce qui relève du niveau de l’ange Metatron mentionné plus haut, [néanmoins,] le niveau d’adam a lui aussi besoin de pain, etc. :
La Torah est appelée « Mon pain », comme si elle était aussi du pain pour D.ieu. La parenthèse qui commence ici explique que, bien que le verset parle du pain qui soutient enosh, le niveau de Metatron, le niveau supérieur d’adam a lui aussi besoin de pain.
היינו בחינת ממכ״ע [ממלא כל עלמין] שמקבל אור וחיות מבחינת סוכ״ע [סובב כל עלמין] ע״י התורה ומצות ועמ״ש מזה בד״ה ראשי המטות9 רק שאפילו לבב אנוש וחלוש גם כן יסעד הלחם)
C’est-à-dire le niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), qui reçoit lumière et force vitale du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), par la Torah et les mitsvot. Voyez ce qui est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par « Les chefs des tribus ». Mais le pain soutient même le cœur de l’homme, même faible, comme il convient.
Plus haut, le « pain » désigne ce qui permet à la lumière qui remplit tous les mondes de recevoir de la lumière qui entoure tous les mondes, et cela se réalise par la Torah et les mitsvot (comme l’explique le discours « Les chefs des tribus »). Le verset veut seulement souligner que le pain soutient même le cœur faible de l’homme.
וענין שייכות בחי׳ זו למעלה הענין דכמו צורך האדם ללחם הוא שלפי שהנפש הוא רוחני והגוף הוא גשמי ואינו
Et voici comment ce niveau s’applique En-Haut. De même que l’homme a besoin de pain parce que l’âme est spirituelle tandis que le corps est matériel, et qu’il n’est pas
L’Admour Hazaken explique à présent pourquoi le « pain » s’applique également En-Haut. L’homme a besoin de pain parce que l’âme et le corps sont de natures entièrement différentes : l’une est spirituelle, l’autre matérielle.
ממהות וערך נפש רוחני ע״כ [על כן] בכדי שיהי׳ [שיהיה] התחברות והתקשרות הנפש בגוף צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] ע״י ממוצע המחברם והוא הלחם שנעשה ממנו דם ומקשר הנפש להתלבש בדם כו׳.
de même nature ni de même rang qu’une âme spirituelle, par conséquent, pour que l’âme soit unie et liée au corps, il faut un intermédiaire qui les relie ; c’est le pain, dont le sang est formé, et qui lie l’âme afin qu’elle s’enveloppe dans le sang, etc.
Deux choses si différentes ne peuvent être unies que par l’intermédiaire d’un médiateur. Le pain joue ce rôle : il devient du sang, et l’âme s’enveloppe dans le sang.
Ce paragraphe présente la Torah comme le « pain » qui soutient le cœur faible d’enosh : de même que le pain relie l’âme au corps, la Torah donne à l’âme divine la force de triompher de l’âme animale. Les Deux Pains de blé de Chavouot expriment cette idée, et la Torah est également « Mon pain », nécessaire même au niveau d’adam.
Plus tôt dans Likkutei Torah (Bamidbar 10c), passage auquel renvoie la note de Kehot, l’Alter Rebbe explique que les Deux Pains sont associés au verset « Allez, mangez de mon pain » : Israël doit « manger » le pain de sa Torah provenant de « Mon pain », afin que la Torah révèle D.ieu Lui-même, et le blé représente les vingt-deux lettres de la Torah.
Maré mekomot
- 1יש מקוה לישראל על זאת · Ezra 10:2
- 2ולחם לבב אנוש יסעד · Psalms 104:15
- 3ה׳ עוז לעמו יתן · Psalms 29:11
- 4ממסגר אסיר · Isaiah 42:7
- 5בד״ה בחדש השלישי · תו״א סו, א. ראה גם אוה״ת ויקרא כרך א ע׳ רנ שמציין לתו״א הנ״ל.
- 6
- 7כ״ב אותיות . . חטה · Chagigah 14a
- 8בשבועות מביאין שתי הלחם . . כמ״ש במ״א · Leviticus 23:17
- 9בד״ה ראשי המטות · לעיל פ׳ מטות.
9וכך הוא למעלה בכדי שיהי׳ [שיהיה] נמשך אור א״ס [אין סוף] ב״ה להתלבש בנאצלים ונבראים שהרי מצד עצמו לאו מכל אלין מדות איהו כלל ואנת חכים ולא בחכמה ידיעא.1
Ainsi en est-il en haut : pour que la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, soit attirée et revêtue dans les êtres émanés et créés — car, en Lui-même, Il n’est aucunement de ces attributs, et « Tu es sage, mais non d’une sagesse connue » —,
Il en va de même en haut. La Lumière infinie doit être attirée et revêtue dans les êtres émanés et créés ; pourtant, en Lui-même, D.ieu n’est aucun de ces attributs, comme le dit le Tikkunei Zohar : « Tu es sage, mais non d’une sagesse connue ».
וכמו שאין ערוך גוף גשמי לגבי הנפש הרוחניות כן ויותר מכן אין ערוך בחי׳ חכמה כו׳ ומדות כו׳ לגבי אין סוף ב״ה.
et de même qu’un corps physique est sans commune mesure avec l’âme spirituelle, ainsi — et à plus forte raison — le niveau de 'Hokhma (sagesse), etc., et les attributs émotionnels (midot), etc., sont sans commune mesure avec l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il.
L’écart entre D.ieu et même Sa 'Hokhma et Ses attributs est plus grand que celui qui sépare un corps physique d’une âme spirituelle. Même les plus hautes Séfirot sont sans commune mesure avec l’Infini.
Le paragraphe applique en haut l’analogie du corps et de l’âme : l’Infini transcende absolument même les Séfirot de 'Hokhma et les attributs, davantage qu’une âme ne transcende un corps ; un intermédiaire est donc nécessaire pour qu’Il soit revêtu en eux.
Maré mekomot
- 1לאו מכל אלין מדות איהו כלל ואנת חכים ולא בחכמה ידיעא · Tikkunei Zohar 17b:3–4
10ולכן כדי שיהי׳ [שיהיה] התקשרות והתחברות א״ס [אין סוף] ב״ה במדות הוא ע״י לחם המקשר ומחבר להיות הוא ית׳ מתלבש בהן כנשמתא לגופא כו׳.
Ainsi, pour que l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, soit lié et uni aux attributs, il faut le « pain », qui lie et unit, afin qu’Il soit revêtu en eux comme une âme dans un corps, etc.
Pour que l’Infini soit lié aux attributs et revêtu en eux comme une âme dans un corps, il faut un « pain » qui les lie et les unit.
וזהו כי אמרתי עולם חסד יבנה1 שצריך להיות החסד יבנה כדי להיות בחי׳ קיום העולם. כי להיות התהוות העולמות הוא ע״י מדות עליונות שעקרן החסד.
Et c’est là le sens de : « Car j’ai dit : le monde sera bâti par la bonté (‘Hessed) » : il faut que le ‘Hessed soit « bâti », afin que le monde puisse subsister. En effet, les mondes viennent à l’existence par les attributs supérieurs, dont le principal est le ‘Hessed.
Le psaume dit : « le monde sera bâti par le ‘Hessed ». Le monde vient à l’existence par les attributs supérieurs, dont le principal est le ‘Hessed ; il faut donc que le ‘Hessed lui-même soit « bâti » pour que le monde subsiste.
Le paragraphe conclut qu’un « pain » est nécessaire pour unir l’Infini aux attributs. Il interprète ensuite « le monde sera bâti par le ‘Hessed » comme signifiant que l’attribut de ‘Hessed, par lequel le monde existe, doit lui-même être bâti.
Maré mekomot
- 1כי אמרתי עולם חסד יבנה · Psalms 89:3
11וגם ע״י בחי׳ חב״ד [חכמה בינה ודעת] המתלבשות בהן וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] בעשרה דברים נברא העולם1 בחכמה בתבונה ובדעת וארז״ל [ואמרו רבותינו זכרונם לברכה] בראשית נמי מאמר הוא2 ד בראשית
Et aussi par le niveau de 'Hokhma (sagesse), Bina (compréhension) et Daat (connaissance), qui sont revêtus en elles, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Le monde fut créé par dix choses : par la sagesse, par la compréhension et par la connaissance. » Nos Sages, de mémoire bénie, ont également dit : « “Au commencement” est aussi une parole », car « Au commencement »
Le monde fut créé non seulement par les attributs émotionnels, mais aussi par 'Hokhma, Bina et Daat qui sont revêtus en eux, comme le Talmud compte la sagesse, la compréhension et la connaissance parmi les dix choses par lesquelles le monde fut créé. Le Talmud dit également que « Au commencement » est en soi l’une des dix paroles de la Création.
היינו בחי׳ חכמה שאפי׳ [שאפילו] חכמה נקרא ג״כ מאמר לבד לגבי א״ס [אין סוף] ב״ה וכנ״ל בענין גופא לגבי נשמתא כו׳.
désigne le niveau de 'Hokhma : même 'Hokhma n’est appelée qu’une simple parole par rapport à l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, comme il a été dit plus haut à propos du corps par rapport à l’âme, etc.
« Au commencement » désigne 'Hokhma. L’appeler une parole signifie que même 'Hokhma, source de l’intellect, n’est qu’une simple parole en comparaison de l’Infini, de même que le corps par rapport à l’âme.
Le paragraphe ajoute que la Création passe également par l’intellect — 'Hokhma, Bina et Daat — et que même 'Hokhma ne compte que comme une « parole » auprès de l’Infini.
Maré mekomot
- 1בעשרה דברים נברא העולם · Chagigah 12a:13–14
- 2בראשית נמי מאמר הוא · Rosh Hashanah 32a:19–20
12ולכך כדי שיהיה נבנה בחי׳ החסד והחכמה הוא ע״י כי אמרתי דהיינו ע״י הדיבור בד״ת [בדברי תורה] שנקרא לחם עד שהוא בחי׳ לחמי ממש להמשיך אור א״ס [אין סוף]
C’est pourquoi, pour que le niveau de 'Hessed et de 'Hokhma soit « édifié », cela se fait par « Car j’ai dit », c’est-à-dire par la parole de Torah, appelée pain, au point d’être véritablement le niveau de « Mon pain », afin d’attirer la Lumière infinie (Or Ein Sof)
Ainsi, les attributs de 'Hessed et de 'Hokhma sont « édifiés » par « Car j’ai dit », c’est-à-dire par la parole de Torah prononcée par l’homme. Cette parole est le « pain », et même le pain propre de D.ieu, « Mon pain », qui attire la Lumière infinie dans les attributs.
ב״ה במדות עליונות דאצילות שצ״ל [שצריך להיות / שצריך לומר / שצריך להבין] ג״כ ע״י בחי׳ לחם זה דוקא [ועמ״ש מזה סד״ה לסוסתי ובד״ה באתי לגני] ולחם אפילו לבב אנוש יסעד להמשיך חיות והמשכת אור א״ס [אין סוף] ב״ה גם למטה בבחי׳ אנוש
béni soit-Il, dans les attributs supérieurs du Monde d’Atsilout (Émanation), lesquels doivent eux aussi recevoir cette lumière précisément par ce niveau de pain [et voyez ce qui est écrit à ce sujet à la fin du discours commençant par « À ma jument » et dans le discours commençant par « Je suis venu dans Mon jardin »]. Et le pain soutient même le cœur de l’enosh, afin d’attirer la force vitale et le déploiement de la Lumière infinie, béni soit-Il, jusque dans les mondes inférieurs, au niveau de l’enosh,
Même les attributs supérieurs d’Atsilout ne reçoivent la Lumière infinie que par ce « pain » (le texte renvoie aux discours « À ma jument » et « Je suis venu dans Mon jardin »). Le pain soutient aussi l’enosh : la Torah fait descendre la force vitale jusqu’au niveau le plus bas.
שהוא בחי׳ נער ושר העולם להיות ההמשכה והחיות נמשך גם כן בעולמות תחתונים עד שעי״ז נמשך רחמים וטוב בעולם והשפעת חסד ומזון גשמי׳ [גשמיים / גשמיות / גשמית] גם כן לעולם
qui est le niveau du na’ar et du Prince du Monde, afin que le flux et la force vitale se déploient également dans les mondes inférieurs, jusqu’à ce que la compassion et le bien soient ainsi attirés dans le monde, ainsi qu’un flux de bonté et de subsistance matérielle pour le monde.
Ce niveau est celui de Métatron, le jeune homme et le Prince du Monde. Par lui, le flux atteint les mondes inférieurs et y apporte compassion et bien, bonté et même subsistance matérielle.
(et voyez la fin de la paracha Vayikra) (25b), à propos du verset « Distillez, cieux, d’en haut », etc., jusqu’à « et la subsistance des êtres humains se trouve dans le monde ».
Le Zohar, à la fin de la paracha Vayikra, explique ainsi le verset « Distillez, cieux, d’en haut », jusqu’à conclure que la subsistance des êtres humains se trouve dans le monde.
והרעיפו הוא כמ״ש יערוף כמטר לקחי3 דקאי על התורה וכמ״ש במ״א4 וכמו שהוא למעלה כך הוא גם כן למטה בנפש דלחם אפילו
Et « distillez » renvoie à ce qui est écrit : « Ma doctrine distillera comme la pluie », ce qui désigne la Torah, comme cela est expliqué ailleurs. Et ce qui est vrai en haut l’est aussi en bas, dans l’âme : le pain soutiendra même
« Distillez » évoque « Ma doctrine distillera comme la pluie », verset qui parle de la Torah ; la subsistance qui descend des cieux dépend donc de l’étude de la Torah. Ce qui est vrai en haut l’est aussi dans l’âme, en bas.
לבב אנוש וחלש יסעד עד שהחלש יאמר גבור אני5 להיות גבור הכובש את יצרו6 והכל ע״ח [עץ חיים] לחמה של תורה.
le cœur de l’enosh, même affaibli, jusqu’à ce que « le faible dise : “Je suis fort” » : fort, en étant celui qui maîtrise son inclination. Et tout cela se fait par le pain de la Torah.
Le pain soutient même le cœur le plus faible, jusqu’à ce que le faible puisse dire, selon les paroles du prophète : « Je suis fort », fort parce qu’il maîtrise son inclination. Tout cela vient du pain de la Torah.
ואפי׳ [ואפילו] מי שהוא בחינת אדם גם כן צריך ללחם זה כנ״ל בנמשל וכן הוא למטה שכדי להיות המשכת אור אין סוף בנפש א״א [אי אפשר] רק על ידי התורה:
Et même celui qui se trouve au niveau de l’adam a lui aussi besoin de ce pain, comme cela a été dit plus haut à propos du parallèle [en haut]. Il en va de même en bas : il est impossible d’attirer la Lumière infinie dans l’âme autrement que par la Torah.
Même celui qui se trouve au niveau de l’adam a besoin de ce pain, comme c’est le cas pour le parallèle en haut. La Lumière infinie ne peut être attirée dans l’âme que par la Torah.
Ce paragraphe explique que la parole de Torah est le « pain » qui attire la Lumière infinie dans les attributs supérieurs, puis, par Métatron, jusque dans le monde, où elle apporte même la subsistance matérielle. Dans l’âme, ce même pain fortifie jusqu’au plus faible, lui permettant de maîtriser son inclination ; même celui qui se trouve au niveau de l’adam en a besoin.
Le Zohar, à la fin de Vayikra, que le texte cite, interprète « Distillez » à la lumière de « Ma doctrine distillera comme la pluie », et dit que cela parle de la pluie, qui est la subsistance de tous. Une glose d’Or HaTorah, citée dans la note de Kehot, ajoute que le mot le’hem (pain) a la valeur numérique de mazla, et que l’ange appelé enosh reçoit cette subsistance, comme le dit le Zohar dans Pin’has.
Maré mekomot
- 1הרעיפו שמים ממעל · Isaiah 45:8
- 2הרעיפו שמים ממעל · Zohar, Vayikra 65:435–66:445
- 3יערוף כמטר לקחי · Deuteronomy 32:2
- 4ועיין ס״פ ויקרא . . וכמ״ש במ״א · ראה לעיל פ׳ האזינו עג, א. ובאוה״ת שה״ש ע׳ שצה הגהה בארוכה יותר וז״ל: ”ועיין בזהר ס״פ ויקרא ע״פ הרעיפו שמים ממעל כו׳ שזהו בחי׳ מזון ולחמה של תורה שהתורה היא מן השמים, ושמים ג״כ מקבלים זה ממעל משום דבמזלא תליא מלתא כי לחם גימט׳ מזלא ואח״כ ושחקים יזלו צדק ומהן מקבל המזון בחי׳ אנוש ומלאך הנ״ל כדאיתא בזהר פ׳ פנחס דרי״ז, ואזי אח״כ תפתח ארץ לתתא כו׳ ומזונייהו דבני נשא אשתכח בעלמא, הרי שהשפעת מזון גשמי תלוי בזה דעסק התורה ולחם רוחני, כי הרעיפו הוא כמ״ש יערוף כמטר לקחי דקאי על התורה ע״ש)”.
- 5החלש יאמר גבור אני · Joel 4:10
- 6גבור הכובש את יצרו · Pirkei Avot 4:1
13וזהו וידבר אלקים את כל הדברים האלה לאמר.1 פירוש כל הדברים האלה היינו כללות כל התורה כולה שכלולה2 בעשרת הדברות3 וכמ״ש הרמב״ן [הרבי משה בן נחמן] שבעשרת הדברות יש תר״ך אותיות.45
Et voici [le sens de] « Et D.ieu prononça toutes ces paroles, en disant ». « Toutes ces paroles » désigne leur expression générale et collective dans toute la Torah, qui est incluse dans les Dix Commandements, comme l’écrit le Ramban : les Dix Commandements comptent 620 lettres.
Le verset qui introduit les Dix Commandements dit que D.ieu prononça « toutes ces paroles ». L’Admour Hazaken comprend « toutes » comme désignant toute la Torah, contenue dans les Dix Commandements ; ceux-ci comptent 620 lettres, que le Midrach relie aux 613 mitsvot et à sept autres.
לאמר פי׳ כדי שיהיה על ידי זה קיום וחיות לעשרה מאמרות6 כנ״ל בענין לחמי וכו׳.
« En disant » (lemor) signifie : afin que, par cela, les Dix Paroles puissent perdurer et recevoir leur force vitale, comme il a été dit plus haut à propos de « Mon pain », etc.
Lemor, « en disant », est compris comme indiquant le but du don de la Torah : que les dix paroles de la Création reçoivent par elle leur pérennité et leur force vitale, comme le « pain » (« Mon pain ») expliqué plus haut.
וז״ש [וזהו שכתוב] רז״ך (סנהדרין צ״ט ב׳) על פסוק או יחזיק במעוזי7 יעשה שלום לי שלום יעשה לי8 שהעוסק בתורה לשמה משים שלום בפמליא9 של מעלה ובפמליא של מטה פי׳ בפמליא של מעלה
Et voici ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit (Sanhédrin 99b) au sujet du verset : « Ou qu’il saisisse Ma forteresse, qu’il fasse la paix avec Moi ; qu’il fasse la paix avec Moi » : celui qui s’adonne à la Torah pour elle-même fait la paix dans la cour céleste et dans la cour terrestre. « Dans la cour céleste »
Le Talmud comprend la répétition de « paix » dans le verset de Yechayahou comme signifiant que celui qui étudie la Torah pour elle-même fait la paix dans deux « cours », l’une en haut et l’autre en bas.
היינו בחינת התקשרות והתחברות אור א״ס [אין סוף] בחכמה ובתבונה כו׳ שבהן נבראו ונאצלו כו׳ שנקרא פמליא של מעלה.
signifie le lien et l’union de la Lumière infinie (Or Ein Sof) avec 'Hokhma et Tevouna (compréhension), etc., par lesquelles [les mondes] furent créés et émanés, etc. ; c’est ce que l’on appelle la cour céleste.
La paix dans la cour céleste est le lien entre la Lumière infinie et les Séfirot de 'Hokhma et de Tevouna, par lesquelles toutes choses furent créées et émanées.
ופי׳ בפמליא של מטה היינו בנה״א [בנפש האלקית] בגוף שכובש גם לנפשו הבהמית מפני העוז והכח שניתוסף לניצוץ האלקי ע״י לחמה של תורה.
Et « dans la cour terrestre » désigne l’âme divine dans le corps, qui soumet même son âme animale, grâce à la force et à la puissance ajoutées à l’étincelle divine par le pain de la Torah.
La paix dans la cour terrestre se réalise dans la personne : l’âme divine dans le corps puise sa force dans le pain de la Torah et soumet même l’âme animale.
Ce paragraphe applique l’idée de la Torah comme pain au don de la Torah : les Dix Commandements contiennent toute la Torah, qui fut donnée afin que les dix paroles de la Création soient soutenues par elle. L’étude de la Torah pour elle-même fait la paix en haut, entre la Lumière infinie et les Séfirot, et en bas, entre l’âme divine et l’âme animale.
Plus haut dans Likkutei Torah (Chir HaChirim 10d), où renvoie la note de Kehot, le même verset est expliqué : la paix dans la cour terrestre est l’union et la révélation d’Atsilout dans les mondes inférieurs, tandis que la paix dans la cour céleste est le lien de la lumière de l’Émanateur avec les émanés par l’intermédiaire de Yessod.
Maré mekomot
- 1וידבר אלקים את כל הדברים האלה לאמר · Exodus 20:1
- 2כל התורה כולה שכלולה בעשה״ד · רש״י שמות כד, יב. אבן עזרא שם כ, א בשם ר״ס גאון (וראה של״ה ר״פ יתרו בשם הקדמונים).
- 3כל התורה כולה שכלולה בעשרת הדברות · Rashi on Exodus 24:12
- 4וכמ״ש הרמב״ן שבעשרת הדברות יש תר״ך אותיות · Exodus 20:13
- 5שבעשרת הדברות יש תר״ך אותיות · Bamidbar Rabbah 13:16
- 6לעשרה מאמרות · Pirkei Avot 5:1
- 7ע״פ או יחזיק במעוזי · ראה גם לעיל י, ד.
- 8או יחזיק במעוזי יעשה שלום לי שלום יעשה לי · Isaiah 27:5
- 9
14והנה עיקר הטעם לזה שהתורה ביכולתה לחבר אור א״ס [אין סוף] בנאצלים ונבראים. היינו לפי שהתורה שרשה בבחינת רצון העליון שהוא בבחינת כתר תר״ך עמודי אור
Or, la raison essentielle pour laquelle la Torah peut unir la Lumière infinie (Or Ein Sof) aux êtres émanés et créés est que la Torah est enracinée dans le niveau de la volonté suprême, qui est le niveau de Kéter (la Couronne), les 620 piliers de lumière ;
Pourquoi la Torah a-t-elle le pouvoir d’unir la Lumière infinie aux mondes créés ? Parce qu’elle est enracinée dans la volonté suprême, le niveau de Kéter, la Couronne. Les lettres de Kéter ont une valeur numérique de 620, les « 620 piliers de lumière », nombre identique à celui des lettres des Dix Commandements mentionnés juste avant.
דהיינו בחינת כשעלה ברצונו הפשוט להאציל ולברוא כו׳ שזהו מקור כל העולמות והוא למעלה גם מבחינת החכמה ועי״ז הרצון העליון נמשך אור א״ס [אין סוף] בחכמה
c’est-à-dire le niveau de « lorsqu’il s’éleva dans Sa volonté simple d’émaner et de créer », etc., qui est la source de tous les mondes et se situe même au-dessus du niveau de 'Hokhma (sagesse). Par cette volonté suprême, la Lumière infinie est attirée dans 'Hokhma,
Kéter est la volonté simple de D.ieu d’émaner et de créer, la source de tous les mondes, et il est supérieur à 'Hokhma. C’est par cette volonté que la Lumière infinie parvient à 'Hokhma.
וכן בתבונה ובדעת כו׳ (כי הכתר הוא בחי׳ ממוצע המחבר אור א״ס [אין סוף] ב״ה עם הנאצלים כנודע)
et de même dans Tevouna (compréhension) et Daat (connaissance), etc. (car Kéter est le niveau d’un intermédiaire qui unit la Lumière infinie, béni soit-Il, aux êtres émanés, comme on le sait).
Par son intermédiaire, la lumière parvient également aux autres Séfirot intellectuelles. Kéter sert d’intermédiaire entre la Lumière infinie et les êtres émanés, car il touche aux deux.
ועל זה נאמר פותח את ידיך1 ומשביע לכל חי רצון א״ת [אל תקרי] ידיך אלא יודיך2 ועל ידי זה משביע לכל חי מבחי׳ רצון העליון.
À ce sujet, il est dit : « Tu ouvres Ta main et rassasies tout être vivant [de] volonté. » Ne lis pas yade’ha, « Ta main », mais youde’ha, « Tes youd », et par cela Il rassasie tout être vivant du niveau de la volonté suprême.
Le psaume dit que D.ieu ouvre Sa main et rassasie tout être vivant de volonté, ratzon, que l’Admour Hazaken comprend comme la volonté suprême elle-même. Le Tikkouné Zohar lit yade’ha, « Ta main », comme youde’ha, « Tes youd », la lettre youd, par laquelle l’influx de la volonté suprême parvient à tout être vivant.
C’est comme il est écrit : « que l’homme (adam) accomplira et par lesquels il vivra » : le niveau de lumière et de force vitale est ainsi attiré également dans l’Adam supérieur, etc. C’est là le sens de « comme s’ils M’avaient fait ».
À propos des mitsvot, la Torah dit que « l’homme (adam) les accomplira et vivra par elles » : en les accomplissant, on attire lumière et vie dans l’« Adam supérieur », la configuration divine ayant forme humaine. C’est pourquoi le Zohar fait dire à D.ieu, au sujet de celui qui observe les mitsvot, que c’est « comme s’il M’avait fait ».
וזהו ענין שתי הלחם שהקריבו בעצרת שעל ידי בחי׳ שתי הלחם שהקריבו למטה נמשך לכללות נשמות ישראל בחינה סעודת הלב (ועמ״ש בפ׳ שלח בד״ה ענין הנסכים)
Tel est le sens des deux pains offerts à Atseret [Chavouot] : par les deux pains offerts ici-bas, le niveau de « nourriture du cœur » fut attiré vers l’ensemble des âmes d’Israël (voir aussi ce qui est écrit dans la paracha de Chela’h, dans le discours commençant par « Le sens des libations »).
Les deux pains offerts à Chavouot (Atseret) expriment cette idée : par les pains offerts ici-bas, les âmes d’Israël dans leur ensemble reçurent la « nourriture du cœur », la force que donne le pain de la Torah.
והיינו לחבר אור האלקי בכללות נשמות ישראל ולכבוש את היצה״ר [היצר הרע] על ידי הכח והעוז הזה כנ״ל והוא ענין השלום בפמליא של מטה וכמ״כ [וכמו כן] באתערותא דלעילא כמים הפנים לפנים6 כן לב האדם כו׳
C’est-à-dire unir la lumière divine à l’ensemble des âmes d’Israël et vaincre le mauvais penchant grâce à cette puissance et à cette force, comme indiqué plus haut ; c’est là la paix dans la demeure d’en bas. De même, lors de l’éveil d’en haut, « comme l’eau reflète un visage à un autre visage, ainsi le cœur de l’homme… », etc.,
Cela unit la lumière divine aux âmes et leur donne la force de vaincre le mauvais penchant : c’est la « paix dans la demeure d’en bas ». Et de même que l’eau renvoie un visage à celui qui s’y regarde, l’éveil d’en bas suscite un éveil correspondant d’en haut.
נעשה למעלה בחי׳ לחמי לעשות שלום בפמליא של מעלה התלבשות אור א״ס [אין סוף] בחכמה ובתבונה כו׳
il se réalise en haut le niveau de « Mon pain », afin de faire la paix dans la demeure d’en haut : l’enveloppement de la Lumière infinie dans 'Hokhma et Tevouna, etc.
En haut, la Torah devient « Mon pain » et fait la paix dans la demeure d’en haut : la Lumière infinie s’enveloppe dans 'Hokhma et Tevouna.
(ואפ״ל [ואפשר לומר] שזהו ענין שלמי צבור שני כבשים שהקריבו בשבועות ושתי הלחם7 ע״ג שני הכבשים.8 כי שלמים9 הוא בחי׳10 שלשום וכמ״ש בזהר ויקרא) (די״א סע״ב [סוף עמוד ב] ודי״ב)
(Et l’on peut dire que telle est la notion des offrandes de paix communautaires, les deux agneaux offerts à Chavouot, avec les deux pains posés sur les deux agneaux. Car les chelamim, « offrandes de paix », relèvent de l’aspect du chalom, « paix », comme il est écrit dans le Zohar, Vayikra) (p. 11, fin du côté b, et p. 12).
L’Admour Hazaken suggère que les offrandes de paix communautaires de Chavouot, deux agneaux présentés avec les deux pains, expriment la même idée, car le mot chelamim (offrandes de paix) vient de chalom (paix), comme l’explique le Zohar sur la paracha Vayikra.
והיינו שמבחי׳ שתי הלחם שהן תורה שבכתב ותורה שבעל פה נמשך להיות שלום בפמליא של מעלה ובפמליא של מטה
C’est-à-dire que du niveau des deux pains, qui représentent la Torah écrite et la Torah orale, découle la paix dans la famille d’En-Haut et dans la famille d’en bas.
Les deux pains représentent la Torah écrite et la Torah orale. De là découle la paix, en haut comme en bas, ce qui correspond aux deux agneaux.
ולכן שלמי צבור הנזכר הן קדשי קדשים עיין בזהר ר״פ צו ובפי׳ הרמ״ש שם בענין קדשי קדשים
C’est pourquoi les offrandes de paix communautaires mentionnées sont des « saints des saints » (kodchei kodachim) ; voyez le Zohar au début de la paracha Tsav, ainsi que le commentaire du Ramach à cet endroit, au sujet des « saints des saints ».
C’est pourquoi ces offrandes de paix communautaires ont le statut de « saints des saints », le degré de sainteté le plus élevé, contrairement aux offrandes de paix ordinaires. Le texte renvoie au Zohar au début de la paracha Tsav et au commentaire qui s’y trouve du « Ramach », une abréviation qui n’apparaît nulle part ailleurs dans ce maamar ; il s’agit probablement d’une erreur d’impression pour Ramaz (Rabbi Moché Zacuto), dont l’Admour Hazaken cite ailleurs le commentaire sur le Zohar sous cette même forme.
ויובן שכל בחי׳ ההם ישנן בבחי׳ השלום שנמשך ע״י התורה ועמ״ש בביאור ע״פ החלצו מאתכם11 כו׳.
Et l’on comprendra que tous ces niveaux se trouvent dans la paix qui est attirée par la Torah. Voyez aussi ce qui est écrit dans l’explication sur [le verset] « Armez-vous parmi vous », etc.
Tous les degrés de sainteté évoqués ici se trouvent dans la paix que la Torah suscite. Le texte renvoie à son explication de « Armez-vous parmi vous » pour de plus amples développements.
Ce paragraphe explique que la Torah peut unir la Lumière infinie aux mondes parce qu’elle est enracinée dans Kéter, la volonté suprême, intermédiaire entre D.ieu et tous les êtres émanés. Il interprète ensuite les offrandes de Chavouot — les deux pains (la Torah écrite et la Torah orale) et les deux agneaux des sacrifices de paix — comme la paix que la Torah établit en haut et en bas.
Le Zohar sur Vayikra (12a), cité dans le texte, explique le sacrifice de paix à partir des dix paroles de la Création et des dix paroles du don de la Torah, mises en regard comme une seule, afin que le monde subsiste et que la paix y règne ; cela correspond à l’interprétation du maamar, selon laquelle « dire » consiste à donner vie aux dix paroles de la Création par les Dix Commandements.
Maré mekomot
- 1פותח את ידיך · Psalms 145:16
- 2א׳ת ידיך אלא יודי״ך · Tikkunei Zohar 7b:2
- 3אשר יעשה אותם האדם וחי · Leviticus 18:5
- 4כאלו עשאוני · Vayikra Rabbah 35:7
- 5כאלו עשאוני · Zohar, Bechukotai 2:12–4:19
- 6כמים הפנים לפנים · Proverbs 27:19
- 7שני כבשים . . ושתי הלחם · Leviticus 23:19
- 8ושתי הלחם ע״ג שני הכבשים · Leviticus 23:20
- 9שלמים · Zohar, Vayikra 25:179–191
- 10כי שלמים הוא בחי׳ שלום · ראה אוה״ת ויקרא כרך א ע׳ כ.
- 11בביאור ע״פ החלצו מאתכם · לעיל פ׳ מטות פז, ד.
Sortir et le vin de la contemplation ¶15–24
15וזהו ענין במלך שלמה במלך שהשלום שלו1234 כו׳. ד ועתה צריך להבין ענין ויין ישמח לבב אנוש. ויובן זה ע״פ ביאור לשון הלכו לחמו בלחמי5 כו׳ מהו ענין הליכה זאת.
Et telle est la signification de « au roi Chlomo » : au Roi auquel appartient la paix (Chalom), etc. 4. Il faut maintenant comprendre le sens de « Le vin réjouit le cœur de l’homme ». Cela s’éclairera par l’explication de l’expression « Allez, mangez de mon pain », etc. : que signifie cet « aller » ?
Le Midrach interprète « le roi Chlomo » comme « le Roi auquel appartient la paix », c’est-à-dire D.ieu Lui-même ; le Roi couronné du verset est donc Celui qui établit la paix par la Torah. La section 4 se tourne ensuite vers le vin et part du verset « Allez, mangez de mon pain » : que signifie cet « aller » ?
אך פי׳ לכו היינו שצריך לילך מביתו כו׳ ואף מגופו ועצמותו הם הנאת עניני עוה״ז [עולם הזה] וכל כיוצא בו ולשום כל שכלו
Mais le sens de « Allez », c’est qu’il faut sortir de sa maison, etc., et même de son corps et de son être propre — c’est-à-dire du plaisir que procurent les affaires de ce monde et tout ce qui leur ressemble —, et consacrer toute son intelligence
« Allez » signifie quitter sa « maison », et même son corps et son être propre, autrement dit le plaisir que l’on prend aux choses de ce monde, afin de consacrer toute son intelligence à la Torah.
רק בתורה שלא ישאר מן שכלו כלל ואפי׳ [ואפילו] מעט ובעניני עוה״ז [עולם הזה] ישים רק מעט משכלו ועי״ז יתעלה במחשבתו ישראל עלה במחשבה6 כ״א [כל אחד / כל אחת] לפי מדרגתו.
uniquement à la Torah, sans qu’il reste de son intelligence quoi que ce soit, pas même un peu ; quant aux affaires de ce monde, il ne doit leur consacrer qu’une petite part de son intelligence. Ainsi s’élèvera-t-il dans la Pensée de D.ieu (« Israël s’éleva dans la Pensée »), chacun selon son niveau.
Il ne faut consacrer qu’une petite part de son intelligence aux affaires de ce monde. Ainsi, l’homme s’élève dans la Pensée de D.ieu, racine d’Israël (« Israël s’éleva dans la Pensée »), chacun selon son niveau.
Le paragraphe rattache « le roi Chlomo » à la paix établie par la Torah, puis ouvre la section 4, consacrée au vin. Il explique l’« aller » de « Allez, mangez de mon pain » comme le fait de quitter ses intérêts propres et de consacrer son intelligence à la Torah.
Maré mekomot
- 1במלך שלמה במלך שהשלום שלו · שהש״ר פ״א, יט. פ״ג, כ. שמ״ר פנ״ב, ד.
- 2במלך שלמה במלך שהשלום שלו · Shir HaShirim Rabbah 3:11
- 3במלך שלמה במלך שהשלום שלו · Shir HaShirim Rabbah 1:11
- 4במלך שלמה במלך שהשלום שלו · Shemot Rabbah 52:5
- 5לכו לחמו בלחמי · Proverbs 9:5
- 6ישראל עלה במחשבה · Bereshit Rabbah 1:4
16ולכן אנו רואים שלעתים ע״ה [עם הארץ] מצליח בדרכו יותר. מפני שהוא אינו משים שכלו בעניניו לפי שאין לו שכל
Nous voyons donc qu’il arrive qu’un homme ignorant (am haaretz) réussisse mieux dans ses affaires, parce qu’il n’y applique pas son intellect, puisqu’il n’en a pas ;
Cela explique pourquoi un homme ignorant réussit parfois mieux dans les affaires : il n’y investit pas son intellect.
אבל מי שיש לו שכל ומשים כל שכלו בעניני עוה״ז [עולם הזה] יותר מדאי ע״כ [על כן] אינו מצליח
mais celui qui a de l’intellect et qui applique tout son intellect aux affaires de ce monde, au-delà de ce qui convient, ne réussit donc pas.
Un homme réfléchi qui consacre toute son intelligence aux affaires de ce monde, au-delà de ce qui convient, ne réussit pas pour cette raison.
רק ישים כל שכלו בדעת התורה לפי מדרגתו הן בנגלה הן בפנימיות ובעניני מו״מ [משא ומתן] לא יעמיק יותר מדאי כו׳ וזהו לכו לחמו.1
Il doit plutôt appliquer tout son intellect à la connaissance de la Torah, selon son niveau, tant dans la Torah révélée que dans sa dimension intérieure (pnimiyout) ; quant aux affaires, il ne doit pas les approfondir outre mesure, etc. C’est là le sens de « Allez, mangez ».
Il doit plutôt consacrer son esprit à la Torah, à ses enseignements révélés comme à sa dimension intérieure, chacun selon son niveau, et ne pas approfondir outre mesure les affaires. C’est là le sens de « Allez, mangez ».
אבל לפי שאפשר להיות העסק בתורה שלא לשמה להתגדל כו׳ לכן אמר עוד לכו כו׳
Mais, puisqu’il est possible d’étudier la Torah sans que ce soit pour elle-même, dans le but de devenir important, etc., le verset ajoute alors encore : « Allez », etc.,
Mais on peut étudier la Torah pour de mauvaises raisons, afin de se grandir soi-même. Le verset ajoute donc une nouvelle invitation à « aller ».
בלחמי לשון יחיד לצאת מטורי דפרודי2 לבחינת רשות היחיד שהוא ית׳ יחידו של עולם ועיקר הליכה זו הוא על ידי התבוננות בתפלה באור א״ס [אין סוף] ב״ה הסובב כל עלמין וממלא כל עלמין ואיך שנשגב שמו לבדו3
« de mon pain » (bilchmi), au singulier : pour sortir des « montagnes de séparation » et accéder au niveau de reshout hayachid, le « domaine de l’Unique », car Lui, béni soit-Il, est l’Unique du monde. L’essentiel de cette marche s’accomplit par la contemplation, dans la prière, de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) et remplit tous les mondes (memalé kol almin), ainsi que de ceci : « Son Nom seul est élevé »,
« Mon pain » est au singulier : c’est le pain de l’Unique. L’étude de la Torah doit conduire hors des « montagnes de séparation », le domaine de la multiplicité, pour mener à reshout hayachid, compris comme le domaine de l’Unique, D.ieu. Cette marche s’accomplit principalement par la contemplation, dans la prière, de la Lumière infinie qui entoure et remplit tous les mondes, ainsi que du fait que Son Nom seul est élevé.
רק הודו על ארץ כו׳ ויתפעל על ידי זה באהבה לצאת ממאסר הגוף הגשמי לדבקה בו והוא הנקרא הילוך
seul « Son rayonnement est sur la terre », etc. Cela éveillera en lui un amour qui le poussera à sortir de la prison du corps physique afin de s’attacher à Lui ; c’est cela qu’on appelle « marche »
Seul un reflet de Lui, « Son rayonnement », parvient à la terre. Une telle contemplation éveille un amour qui aspire à sortir de la prison du corps et à s’attacher à D.ieu : voilà ce que signifie « marcher ».
(עמ״ש במ״א ע״פ אם בחקתי תלכו45 וע״פ כה אמר כו׳ ונתתי לך מהלכים67 כו׳ וע״פ למען אנסנו הילך בתורתי)8 וכשיהיה עסק התורה אחר כך בבחינה זו להיות הילך בתורתי אז יתעלה מעלה מעלה
(Voir ce qui est écrit ailleurs au sujet du verset « Si vous marchez selon Mes statuts », ainsi qu’au sujet de « Ainsi parle », etc., « et Je te donnerai des lieux où marcher », etc., et du verset « afin de les éprouver, pour voir s’ils marcheront selon Ma Torah ».) Lorsque, par la suite, son étude de la Torah se situe à ce niveau, de manière à « marcher selon Ma Torah », il s’élèvera alors toujours plus haut.
D’autres versets sur la « marche » sont expliqués ailleurs dans ce sens. Lorsque l’étude de la Torah fait suite à une telle prière, elle devient une « marche selon Ma Torah » et élève l’homme toujours plus haut.
(דהגם שנת׳ [שנתבאר] למעלה דהתורה לבב אנוש וחלש יסעד והרי בחינת לבב אנוש היינו אף שאין לו אהבה כלל עדיין להיות לכו ממאסר הגוף מ״מ [מכל מקום] ודאי זה אמת
(Car, bien qu’il ait été expliqué plus haut que la Torah soutient le cœur d’enosh, le faible, et que le niveau du « cœur d’enosh » désigne même celui qui n’éprouve encore aucun amour lui permettant de « sortir » de la prison du corps, cela demeure assurément vrai ;
Précision : il a été dit plus haut que la Torah soutient même le cœur faible d’enosh, celui qui n’éprouve pas encore d’amour pour D.ieu. Cela reste vrai.
אבל הרי גם בחינת אדם צריך ג״כ ללחם והוא בחינת לכו לחמו בלחמי ממש והתורה שבבחי׳ זו תגביה הנפש ביתר שאת9 כו׳ ועמש״ל [ועיין מה שכתוב לעיל] בד״ה יונתי בענין כי קולך ערב10 כו׳).
Mais assurément, le niveau d’Adam a lui aussi besoin de pain ; c’est le niveau de « Allez, mangez de mon pain » au sens plein, et la Torah à ce niveau élèvera l’âme à une hauteur bien plus grande, etc. Voyez aussi ce qui est écrit plus haut, dans le discours commençant par « Ma colombe », au sujet de « car ta voix est douce », etc.
Mais même celui qui se trouve au niveau d’Adam a besoin de pain ; pour lui, il s’agit de « Allez, mangez de mon pain » au sens plein : la Torah étudiée après cette « marche » élève l’âme bien plus haut. Le texte renvoie à son explication de « Ma colombe… car ta voix est douce ».
וזהו ענין משארז״ל [מה שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] עשה רצונו כרצונך11 כדי שיעשה רצונך כרצונו12 פי׳ רצונו הוא בחי׳ רצון העליון
Tel est le sens de ce qu’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Fais Sa volonté comme ta volonté, afin qu’Il fasse ta volonté comme Sa volonté. » « Sa volonté » désigne le niveau de la volonté suprême,
C’est le sens de la Michna : « Fais Sa volonté comme ta volonté, afin qu’Il fasse ta volonté comme Sa volonté. » « Sa volonté » désigne la volonté suprême, le niveau de Kéter.
שהוא למעלה מעלה אפילו מבחינת חכמה עילאה כנ״ל וכידוע שבחינת וענין הרצון למעלה אינו כמו באדם שרוצה דבר מצד שחסר לו הדבר ולכך נולד רצונו ע״פ השכל.
qui est très, très au-dessus même du niveau de la 'Hokhma suprême, comme mentionné plus haut. Comme on le sait, le niveau et la nature de la volonté en haut ne sont pas comme chez l’homme, qui désire une chose parce qu’elle lui manque ; sa volonté naît donc selon l’intellect,
La volonté suprême est très au-dessus même de la 'Hokhma suprême. La volonté humaine naît d’un manque : l’homme désire une chose parce qu’il ne la possède pas, et sa volonté suit donc son raisonnement.
שהטעם והשכל יחייב איך שצריך לאותו דבר ולכך יומשך הרצון אליו. משא״כ למעלה שהוא ית׳ שלימותא דכולא13 ואין לך דבר שחוץ ממנו וכלום חסר כו׳.
car la raison et l’intellect dictent qu’il a besoin de cette chose, et sa volonté se porte donc vers elle. Il n’en est pas ainsi en haut, car Lui, béni soit-Il, est la perfection de tout ; rien n’existe en dehors de Lui et rien ne Lui manque, etc.
Son esprit conclut qu’il a besoin de cette chose, et sa volonté s’y porte. D.ieu ne manque de rien : Il est la perfection de tout et rien n’existe en dehors de Lui ; Sa volonté ne découle donc pas de raisons.
Ce paragraphe explique les deux « marches » du verset : consacrer son esprit à la Torah plutôt qu’aux affaires de ce monde, puis, au-delà, sortir du domaine de la séparation par la contemplation dans la prière, afin que la Torah devienne « Mon pain », le pain de l’Unique. Il commence ensuite à expliquer la Michna « Fais de Sa volonté ta volonté », en montrant que la volonté de D.ieu, contrairement à celle de l’homme, dépasse toute raison.
Maré mekomot
- 1לכו לחמו · Proverbs 9:5
- 2מטורי דפרודי · Zohar I, 158a
- 3נשגב שמו לבדו · Psalms 148:13
- 4ע״פ אם בחקתי תלכו · לעיל פ׳ בחקותי מה, א.
- 5אם בחקתי תלכו · Leviticus 26:3
- 6וע״פ כה אמר כו׳ ונתתי לך מהלכים · תו״א פ׳ וישב.
- 7ונתתי לך מהלכים · Zechariah 3:7
- 8למען אנסנו הילך בתורתי · Exodus 16:4
- 9ביתר שאת · Genesis 49:3
- 10כי קולך ערב · Song of Songs 2:14
- 11עשה רצונו כרצונך · אבות ב, ד. ביהל אור ע׳ תלו מציין לכאן.
- 12עשה רצונו כרצונך כדי שיעשה רצונך כרצונו · Pirkei Avot 2:4
- 13שהוא ית׳ שלימותא דכולא · ראה עבודת הקודש ח״א רפ״ח.
17ולכן בחי׳ הרצון שלו ית׳ הוא למעלה מהשכל ואינו מושג כלל. והנה כדי שיהיה רצון האדם נמשך אליו ית׳ לדבקה בו הוא מתחלה ע״י התבוננות טעם ושכל מה שמתבונן בגדולת א״ס [אין סוף] ב״ה.
C’est pourquoi le niveau de Sa volonté, béni soit-Il, est au-dessus de l’intellect et ne peut être saisi en aucune façon. Or, pour que la volonté de l’homme se porte vers Lui, béni soit-Il, afin de s’attacher à Lui, cela commence par la contemplation d’une raison et d’un motif intellectuel : il contemple la grandeur de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il.
La volonté de D.ieu est au-dessus de l’intellect et ne peut être saisie. En revanche, la volonté de l’homme de se tourner vers D.ieu commence par l’intellect : contempler la grandeur de l’Infini.
וכמ״ש בזהר וירא1 (דק״ג ב׳) ע״פ נודע בשערים.2 לפום מה דמשער בלביה כו׳ וע״ז [ועל זה] אמרו עשה רצונו כרצונך.3
Comme il est écrit dans le Zohar, Vayera (page 103b), au sujet du verset « Connu aux portes » : « Selon ce qu’il mesure dans son cœur », etc. C’est à ce propos qu’ils ont dit : « Fais de Sa volonté ta volonté. »
Le Zohar interprète « Son mari est connu aux portes » (she’arim) comme signifiant que D.ieu est connu de chacun « selon ce qu’il mesure (mesha’er) dans son cœur ». C’est ce que signifie la Michna lorsqu’elle dit : « Fais de Sa volonté ta volonté. »
פי׳ כרצונך שהוא למטה מהשכל ונמשך מהשכל. כך עשה רצונו להתבונן בגדולת ה׳. ומההתבוננות יומשך הרצון לה׳.4
C’est-à-dire : « comme ta volonté », qui est inférieure à l’intellect et découle de l’intellect ; de même, « fais de Sa volonté » en contemplant la grandeur de D.ieu, et de cette contemplation découlera la volonté de D.ieu.
« Comme ta volonté » désigne la volonté humaine, qui est inférieure à l’intellect et en découle. C’est ainsi que l’on « fait de Sa volonté [sa volonté] » : en contemplant la grandeur de D.ieu, une volonté de se tourner vers D.ieu naît de cette contemplation.
Ce paragraphe donne un premier sens à « Fais de Sa volonté ta volonté » : puisque la volonté humaine découle de la compréhension, l’homme suscite en lui une volonté de se tourner vers D.ieu en contemplant Sa grandeur, chacun selon la mesure de son cœur.
Maré mekomot
- 1כמ״ש בזהר וירא (ק״ג ב׳) · ראה לעיל פ׳ מטות פה, ב.
- 2נודע בשערים · Proverbs 31:23
- 3עשה רצונו כרצונך · Pirkei Avot 2:4
- 4
18וגם פי׳ עשה רצונו וכו׳. פי׳ שע״י עסק התורה תמשיך רצונו העליון ב״ה שיתלבש בחכמה ובתבונה כו׳.
Il y a aussi [une autre] explication de « Fais Sa volonté », etc. : par l’étude de la Torah, vous attirerez Sa volonté suprême, béni soit-Il, afin qu’elle se revête de 'Hokhma (sagesse) et de Tevouna (compréhension), etc.
Une deuxième lecture de « Fais de Sa volonté ta volonté » : par l’étude de la Torah, l’homme attire la volonté suprême de D.ieu, afin qu’elle se revête de 'Hokhma et de Tevouna, les niveaux de l’intellect.
וא״כ [ואם כן] הרי תעשה רצונו להיות כרצונך כמו שרצונך הוא בבי׳ [בביה] חכמה כך תעשה רצון העליון שעם היות שמצד עצמו גבהו דרכיו למעלה מבחי׳ ח״ע [חכמה עילאה] כנ״ל עכ״ז [עם כל זה] עי״ז יתלבש בבחינת חכמה בכדי שאח״כ [שאחר כך] יעשה רצונך כרצונו.
Ainsi, vous faites que Sa volonté soit comme votre volonté : de même que votre volonté se situe au niveau de 'Hokhma, vous faites en sorte que la volonté suprême — bien que, par elle-même, « ses voies sont élevées » au-dessus du niveau de la 'Hokhma suprême (Hokhma Ilaa), comme mentionné plus haut — se revête néanmoins, par cela, au niveau de 'Hokhma, afin qu’ensuite Il fasse que votre volonté soit comme Sa volonté.
En ce sens, on fait que « Sa volonté » soit comme « votre volonté » : la volonté humaine relève du niveau de 'Hokhma, et, par la Torah, la volonté suprême, bien qu’elle soit par elle-même très au-dessus même de la 'Hokhma suprême, vient elle aussi se revêtir dans 'Hokhma. Le but est la seconde partie de la Michna : que D.ieu fasse alors que votre volonté soit comme la Sienne.
פי׳ שכמו שרצונו הוא הגבה למעלה מבחי׳ הטעם והחכמה ונקרא רצון העליון.1 כך יפעל ויעשה הוא ית׳ להיות רצונך ג״כ בבחי׳ זו
C’est-à-dire que, de même que Sa volonté est élevée au-dessus du niveau de la raison et de la sagesse, et qu’elle est appelée la volonté suprême, de même Lui, béni soit-Il, agira et fera que votre volonté aussi se situe à ce niveau.
De même que la volonté de D.ieu est au-dessus de la raison et de la sagesse, Il fera également s’élever la volonté de l’homme au-dessus de la raison.
והוא מה שיאיר בך מבחי׳ אה״ר [אהבה רבה] הבאה מלמעלה שהיא בחינת אהבת בכל מאדך2 בלי גבול שלמעלה מבחי׳ האהבה הנמשך ע״פ השכל לפום מאי דמשער הנ״ל
C’est ce qui brillera en vous du niveau du grand amour (ahava rabba) qui vient d’En Haut : l’amour « de toute votre force », sans limite, qui dépasse le niveau de l’amour suscité par l’intellect, « selon ce que l’on mesure », comme mentionné plus haut.
Il s’agit du « grand amour » (ahava rabba) qui brille en l’homme depuis En Haut : l’amour « de toute votre force », sans limite. Il dépasse l’amour qu’un homme développe par sa propre compréhension, « selon ce que l’on mesure dans son cœur ».
(עמ״ש סד״ה אני ישנה3 ולבי ער4 בענין ואני אפתח לך כפתחו של אולם. ועמ״ש בד״ה זה יתנו5 כל העובר על הפקודים6 והנה בחי׳ זו דשיעשה רצונך כרצונו זהו ענין עטרה שערה לו כו׳ וכדלקמן)
(Voir ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Je dors, mais mon cœur veille », au sujet de « et Je t’ouvrirai comme l’ouverture de l’Oulam » ; et voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Voici ce qu’ils donneront, quiconque passe parmi ceux qui sont dénombrés ». Or, ce niveau où « Il fera que ta volonté soit comme Sa volonté » correspond à la couronne dont [sa mère] l’a couronné, etc., comme il sera expliqué plus loin.)
Le texte renvoie à deux autres discours pour approfondir ce sujet. Il ajoute que ce niveau, où D.ieu fait que la volonté de l’homme soit comme la Sienne, est la « couronne » du verset introductif, qui sera expliquée plus loin.
ואח״כ [ואחר כך] אמר עוד בטל רצונך7 כו׳ כי הנה בחי׳ זו שיעשה רצונך כרצונו בבחי׳ אה״ר [אהבה רבה] כ״ז [כל זה] שייך בשעת התפלה דוקא שאז נותן לבבו בעיון תפלה ובפסוד״ז [ובפסוקי דזמרה] בהתבוננות כדי להגיע לאהבה ואח״כ [ואחר כך] יאיר בו גם אה״ר [אהבה רבה] הנ״ל.
Ensuite, il dit encore : « Annule ta volonté », etc. En effet, ce niveau où « Il fera que ta volonté soit comme Sa volonté », sous la forme du grand amour, ne s’applique qu’au moment de la prière. C’est alors que l’on porte son cœur à la concentration dans la prière et à la contemplation des Pessouké deZimra, afin de parvenir à l’amour ; ensuite, le grand amour mentionné plus haut brillera également en lui.
La Michna poursuit : « Annule ta volonté. » Le niveau supérieur du grand amour venu d’En Haut appartient au moment de la prière, lorsque l’on se concentre et contemple, en particulier dans les Pessouké deZimra, afin de parvenir à l’amour ; après quoi le grand amour brille en soi.
אך אחר התפלה וכמו בעסקו בכל היום במו״מ [במשא ומתן] ודאי גילוי אהבה זו חולפת ועוברת וע״כ [ועל כן] אמר בטל רצונך.
Mais après la prière, par exemple lorsqu’il est occupé toute la journée à ses affaires, la révélation de cet amour passe et disparaît nécessairement. C’est pourquoi il dit : « Annule ta volonté » :
Après la prière, lorsqu’un homme est occupé toute la journée à son travail, cet amour révélé s’estompe inévitablement. Pour ce moment, la Michna dit : « Annule ta volonté. »
היינו לבטל רצונות הזרות בתאוות גופניים ועניני עוה״ז [עולם הזה] החומריי׳ [החומריים] לאכפייא לסט״א [לסטרא אחרא] מה שהוא נגד רצון
C’est-à-dire qu’il faut annuler les volontés étrangères, les désirs corporels et les affaires matérielles de ce monde, afin de soumettre la sitra a'hra (l’autre côté), tout ce qui va à l’encontre de la volonté
Cela signifie mettre de côté les volontés « étrangères », les désirs physiques et les préoccupations matérielles, et ainsi soumettre la sitra a'hra, tout ce qui s’oppose à la volonté de D.ieu.
ה׳ שלזה עכ״פ [על כל פנים] יוכל כל אדם להגיע גם בעת עסקו במו״מ [במשא ומתן] הגם שכבר חלף ועבר גילוי האה״ר [האהבה רבה] עכ״ז [עם כל זה] יכול לבטל כל רצון זר עכ״פ [על כל פנים].
de D.ieu. À tout le moins, chacun peut parvenir à cela, même lorsqu’il est occupé à ses affaires : bien que la révélation du grand amour soit déjà passée et se soit dissipée, il peut néanmoins, à tout le moins, annuler toute volonté étrangère.
Voilà ce que chacun peut accomplir, même au beau milieu de ses affaires : bien que le grand amour soit passé, il peut encore écarter toute volonté étrangère.
Ce paragraphe propose une seconde lecture de la Michna : l’étude de la Torah attire la volonté suprême dans 'Hokhma (« Sa volonté comme ta volonté »), afin que D.ieu élève à son tour la volonté de l’homme au-dessus de la raison, dans le grand amour (« ta volonté comme Sa volonté »), qui est la « couronne » du verset introductif. Puisque cet amour appartient à la prière et s’efface ensuite, la Michna ajoute : « Annule ta volonté » ; chacun peut le faire, même lorsqu’il est au travail.
Maré mekomot
- 1פי׳ שכמו שרצונו . . ונקרא רצון העליון · ראה אוה״ת שמות כרך ח ע׳ א׳תתקע ושם מציין לכמה מקומות בתו״א ולקו״ת שמבואר ענין זה.
- 2אהבת בכל מאדך · Deuteronomy 6:5
- 3סד״ה אני ישנה · לקמן לד, ד. ראה באוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ שצז הגהה אחרת.
- 4אני ישנה ולבי ער · Song of Songs 5:2
- 5בד״ה זה יתנו · אולי הכוונה לתו״א פו, ג ואילך.
- 6זה יתנו כל העובר על הפקודים · Exodus 30:13
- 7בטל רצונך · Pirkei Avot 2:4
19וזהו שאמר אח״כ [אחר כך] גם בטל רצונך כו׳ והיינו אף שלא בשעת התפלה. דאלו בעת התפלה שנפשו צמאה לה׳ אין שייך לשון ביטול רצון זר.
Voilà pourquoi il dit ensuite également : « Annule ta volonté », etc. Cela signifie : même en dehors du moment de la prière. Car, au moment de la prière, lorsque son âme a soif de D.ieu, l’expression « annuler une volonté étrangère » ne s’applique pas,
L’expression de la Michna « Annule ta volonté » se rapporte au temps en dehors de la prière. Pendant la prière, lorsque l’âme a soif de D.ieu, il n’y a aucune volonté étrangère à écarter.
כי אז אין לו רק לב אחד כו׳. רק אפילו אח״כ [אחר כך] שחלפה נעימות האה״ר [האהבה רבה] ושייך רצון זר עכ״ז [עם כל זה] בטל רצונך עכ״פ [על כל פנים]. כדי שיבטל רצון אחרים1 הם הקליפות וסט״א [וסטרא אחרא].
car alors il n’a qu’un seul cœur, etc. Mais même ensuite, lorsque la douceur du grand amour s’est dissipée et qu’une volonté étrangère peut apparaître, il faut néanmoins, en tout état de cause, « annuler ta volonté », afin qu’Il « annule la volonté des autres » : il s’agit des kelipot et de la sitra a'hra.
À ce moment-là, le cœur est entièrement un, tourné uniquement vers D.ieu. Ensuite, lorsque la douceur du grand amour s’est dissipée et que d’autres désirs peuvent surgir, il faut tout de même écarter sa propre volonté ; alors D.ieu « annulera la volonté des autres », celle des kelipot et de la sitra a'hra.
Ce paragraphe explique pourquoi la Michna ne parle d’annuler sa volonté qu’après avoir évoqué le niveau supérieur : pendant la prière, rien d’étranger n’est à écarter ; mais ensuite, l’homme doit tout de même soumettre sa propre volonté, afin que soit également soumise la volonté des kelipot.
Maré mekomot
- 1שיבטל רצון אחרים · Pirkei Avot 2:4
20וענין ביטול רצונם היינו ע״ד [על דרך] מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] מלאך רע עונה אמן1 בעל כרחו. והוא ענין בכל לבבך בשני יצריך2 כו׳.
L’annulation de leur volonté s’apparente à ce que disent nos Sages, de mémoire bénie : « L’ange mauvais répond “Amen” contre son gré. » C’est là le sens de « de tout ton cœur » : avec tes deux penchants, etc.
L’annulation de la volonté des kelipot ressemble à l’enseignement du Talmud selon lequel l’ange mauvais doit répondre « Amen » contre son gré, à la bénédiction prononcée dans un foyer juif le Chabbat. C’est aussi aimer D.ieu « de tout son cœur », avec les deux penchants, y compris le mauvais.
וזהו ענין ויין ישמח לבב אנוש. כי הנה ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] נכנס יין יצא סוד3 וענין הסוד הוא דבר המוסתר ומוצנע.
Et c’est là le sens de « Le vin réjouit le cœur de l’homme. » Car nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Le vin est entré, le secret est sorti. » Or un secret est une chose cachée et dissimulée.
À présent, le maamar revient au vin du verset. Les Sages disent : « Le vin est entré, le secret est sorti » ; un secret est une chose cachée.
Le paragraphe achève l’explication de la Michna — même le mauvais penchant est amené à servir D.ieu contre son gré — et commence à expliquer le vin en citant la parole des Sages selon laquelle, lorsque le vin entre, le secret sort.
Dans le Talmud, cette parole repose sur une guématria : yayin (vin) et sod (secret) ont tous deux la valeur numérique de soixante-dix.
Maré mekomot
- 1מלאך רע עונה אמן בע״כ · Shabbat 119b:3
- 2בכל לבבך בשני יצריך · Mishnah Berakhot 9:5
- 3נכנס יין יצא סוד · Eruvin 65a:19–20
21וכך הנה העולם נראה ליש ודבר ובאמת היא בטל במציאות לגבי אור ה׳ המהווה אותו רק שביטול זה מוסתר וזה הוא בחינת הסוד.
De même, le monde apparaît comme quelque chose, comme une entité ; mais, en vérité, il est anéanti quant à son existence par rapport à la lumière de D.ieu qui le fait être. Seulement, cet anéantissement est caché : tel est le niveau du « secret ».
Le « secret » désigne ici le fait que le monde, qui semble être une réalité indépendante, est en vérité anéanti devant la lumière divine qui le fait constamment être. Cet anéantissement est caché aux yeux.
ועל ידי יין שהוא בחינת ההתבוננות יצא הסוד בגילוי להיות נמשך מזה בחינת אהבה לאור וחיות זה המוסתר וכמ״ש לאהבה כו׳ כי הוא חייך.1
Et par le « vin », qui correspond à la contemplation, le secret se révèle ; il en résulte alors un amour pour cette lumière cachée et cette force vitale, comme il est écrit : « aimer », etc., « car Il est ta vie ».
Le « vin » représente la contemplation : en méditant, l’homme fait apparaître la vérité cachée et éprouve alors de l’amour pour la lumière divine cachée et sa force vitale, comme le dit le verset : aimer D.ieu « car Il est ta vie ».
וזה הוא בחינת ומדרגת עשה רצונו כרצונך הנ״ל שהוא המשכת הרצון באדם על ידי ההתבוננות שהוא בחינת יין (ועמ״ש מזה בד״ה לריח שמניך) והנה יין הוא הגורם שמחה.
Tel est le niveau et le degré de « Fais de Sa volonté ta volonté », mentionné plus haut : faire naître la volonté en l’homme par la contemplation, qui correspond au « vin » (voir ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Au parfum de tes huiles »). Or, le vin est ce qui provoque la joie.
C’est la première interprétation de « Fais de Sa volonté ta volonté » : une volonté de D.ieu suscitée par la contemplation, qui est le « vin ». Et le vin apporte la joie.
והיינו כידוע שקיום התורה ומצות צ״לבשמחה דוקא כמ״ש בשמחה ובטוב לבב.2 וכן בתורה חדאי נפשאי לך קראי3 כו׳ וכן ונשמח בדברי תורתך כו׳
En effet, comme on le sait, l’accomplissement de la Torah et des mitzvos doit précisément se faire dans la joie, comme il est écrit : « dans la joie et dans la gaieté du cœur ». Il en va de même pour la Torah : « Réjouis-toi, mon âme ; c’est pour toi que j’ai lu [l’Écriture] », etc., et aussi : « et nous nous réjouirons des paroles de Ta Torah », etc.
Comme on le sait, la Torah et les mitzvos doivent être accomplis dans la joie : la Torah reproche de servir D.ieu sans « joie et gaieté du cœur ». Il en va de même de l’étude de la Torah : Rav Chéchet disait, après avoir révisé son étude, « Réjouis-toi, mon âme », et la liturgie parle de se réjouir des paroles de la Torah.
והדרך להגיע לשמחה זו הוא על ידי ההתבוננות שעם היות שהתומ״צ [שהתורה ומצות] הן בחינת רצון העליון שלמעלה מבחינת חכמה ומבחינת התבוננות עכ״ז [עם כל זה] על ידי ההתבוננות ידיע לשמוח מזה.
Et le moyen d’atteindre cette joie est la contemplation : bien que la Torah et les mitzvos correspondent à la volonté suprême, qui est au-delà du niveau de 'Hokhma (sagesse) et de la contemplation, néanmoins, par la contemplation, il saura s’en réjouir.
Le moyen d’accéder à cette joie est la contemplation. La Torah et les mitzvos relèvent de la volonté suprême, au-delà de toute compréhension ; pourtant, méditer sur ce fait même donne à l’homme une raison de se réjouir.
Ce paragraphe explique que le vin représente la contemplation : celle-ci révèle le « secret » selon lequel le monde n’est rien face à la lumière divine qui le soutient, et suscite ainsi l’amour et la joie. Puisque les mitzvos doivent être accomplis dans la joie, la contemplation permet d’accéder à cette joie, même si les mitzvos eux-mêmes dépassent l’entendement.
Maré mekomot
- 1לאהבה כו׳ כי הוא חייך · Deuteronomy 30:20
- 2בשמחה ובטוב לבב · Deuteronomy 28:47
- 3חדאי נפשאי לך קראי · Pesachim 68b:13
22והוא מ״ש אשר קדשנו במצותיו. אשר מלשון הילול1 ושבח כמו באשרי כי אשרוני.23 כי זהו דבר יפה עד מאד להלל מה שקדשנו במצותיו שהן הן בחינת רצון העליון שלמעלה אפילו מהשגת חכמה עילאה.
Et c’est ce qui est dit : « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements. » Asher est une expression de louange et d’éloge, comme dans « Dans mon bonheur, car on m’a appelée heureuse (ichrouni). » Car il est extrêmement beau de louer [D.ieu] de nous avoir sanctifiés par Ses commandements, lesquels sont eux-mêmes le niveau de la volonté suprême, qui est au-delà même de la compréhension de la 'Hokhma suprême ('Hokhma Ilaa).
La bénédiction récitée sur une mitsva, « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements », commence par asher, que les Tikouné Zohar relie à la louange, comme dans les paroles de Léa à la naissance d’Acher. Il convient de louer D.ieu de nous avoir sanctifiés par les mitsvot, qui sont Sa volonté suprême, au-delà même de la 'Hokhma suprême.
Ce paragraphe met en lumière la joie des mitsvot dans la formulation de la bénédiction : asher exprime la louange, et cette louange porte sur le fait d’être sanctifiés par les mitsvot, qui sont la volonté suprême elle-même.
Maré mekomot
- 1אשר מלשון הילול · ת״ז (ת״ל — עד, ב). ושם ריש (תט״ל). [כ].
- 2באשרי כי אשרוני · Genesis 30:13
- 3באשרי כי אשרוני · Tikkunei Zohar 74b:2
23וכן בעוסקו בתורה כשיתבונן שעל ידי עסק זה מתגלה בנפשו בחינת רצון העליון הנ״ל והרי רצונו כרצונך מזה ישמח ויגל עד מאד.
De même, lorsqu’il s’adonne à l’étude de la Torah, s’il médite sur le fait que, par cette étude, le niveau de la volonté supérieure mentionné plus haut se révèle dans son âme, de sorte que « Sa volonté est comme la tienne », il se réjouira et exultera grandement de cela.
Il en va de même de l’étude de la Torah : lorsqu’une personne médite sur le fait que, par son étude, la volonté supérieure se révèle dans son âme, de sorte que la volonté de D.ieu devient « comme sa volonté », elle se réjouit grandement.
ובחינת התבוננות זאת היינו בחינת יינה של תורה שמשמח לבב אנוש. וזהו ענין וישמחו בך ישראל מקדשי שמך.
Ce niveau de méditation est le « vin » de la Torah, qui réjouit le cœur de l’homme. Tel est le sens de « Israël, qui sanctifient Ton Nom, se réjouiront en Toi ».
Cette méditation est le « vin » de la Torah, qui réjouit le cœur de l’homme. La prière de Yom Tov l’exprime ainsi : « Israël, qui sanctifient Ton Nom, se réjouiront en Toi ».
פירוש מקדשי שמך היינו כי שמך הוא בחי׳ מלכות שהוא בחינת ממכ״ע [ממלא כל עלמין] מלכותך מלכות כל עולמים1 שהחיות המתלבש בעולמות הוא
Le sens de « qui sanctifient Ton Nom » est le suivant : « Ton Nom » désigne le niveau de Mal'hout (souveraineté), c’est-à-dire la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) — « Ton règne est le règne de tous les mondes » — car la force vitale qui est revêtue dans les mondes est
« Ton Nom » désigne Mal'hout, la lumière qui remplit tous les mondes, que le psaume décrit comme un règne sur tous les mondes. Le texte décrit maintenant la force vitale que ce niveau confère aux mondes.
רק בחינת זיו והארה בעלמא כמו אותיות השם בלבד ונש״י [ונשמות ישראל] הם ממשיכים גילוי בחינת קדש העליון סוכ״ע [סובב כל עלמין] בבחינת מל׳ [מלכות]
seulement un simple éclat, une lueur, comme les seules lettres d’un nom. Or, les âmes d’Israël font descendre la révélation du niveau de la sainteté supérieure, la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), dans le niveau de Mal'hout
La force vitale présente dans les mondes n’est qu’un éclat, comme les lettres d’un nom, qui ne sont rien en comparaison de la personne ainsi nommée. Les âmes d’Israël « sanctifient » ce Nom en faisant descendre dans Mal'hout la sainteté supérieure, la lumière qui entoure tous les mondes.
(והיינו ע״י תורה ומצות. וזהו ענין ישמח לבב אנוש שהמל׳ [שהמלכות] כשמתלבשת בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] בנער מט״ט [מטטרון] נעלא דשכינתא נקרא ג״כ אנוש על שמו כי רגליה יורדות2 כו׳ ועל ידי יינה של תורה נמשך להיות ישמח לבב אנוש).
(C’est par la Torah et les mitsvot qu’elles le font. Tel est le sens de « réjouit le cœur de l’homme » : lorsque Mal'hout est revêtue dans Béria, Yetsira et Assiya, dans le na'ar Métatron, « la chaussure de la Chekhina », elle aussi est appelée « enosh », d’après son nom, car « ses pieds descendent », etc. ; et c’est par le vin de la Torah qu’il advient que le cœur de l’homme se réjouisse.)
Elles le font par la Torah et les mitsvot. Lorsque Mal'hout descend dans les mondes inférieurs par l’intermédiaire de Métatron, la « chaussure de la Chekhina », elle aussi est appelée « enosh » d’après son nom, comme le dit Michlei : « ses pieds descendent » ; et le vin de la Torah réjouit cet « enosh ».
וזהו וישמחו בך שממשיכים מבחי׳ מהו״ע [מהותו ועצמותו] לבחינת שמך ועמ״ש מזה ע״פ אוסרי לגפן עירה3 והכח הזה בנשמות ישראל להמשיך מבחי׳ קדש העליון הוא כי עלו במחשבה4
Tel est le sens de « se réjouiront en Toi » : ils font descendre du niveau de Son être et de Son essence dans le niveau de « Ton Nom ». (Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet sur le verset « Il attache son ânon à la vigne ».) Et si les âmes d’Israël ont le pouvoir de faire descendre la sainteté supérieure, c’est parce qu’elles « sont montées dans la Pensée »,
« Se réjouiront en Toi » signifie faire descendre de l’être même et de l’essence de D.ieu (« Toi ») dans « Ton Nom ». Les âmes d’Israël peuvent puiser à une telle hauteur parce qu’elles « sont montées dans la Pensée », c’est-à-dire dans la Pensée de D.ieu avant la Création.
והיינו בחי׳ מחשבה סתימאה שבה התלבשות התענוג שהתענוג השראתו בחכמה ונשמות ישראל נמשכים מפנימית ח״ע [חכמה עילאה] שהרי נקראו בנים למקום5 ועד״מ [ועל דרך משל] הבן הרי הטפה נמשכת מהמוחים ששם השראת כח השכל.
c’est-à-dire au niveau de la pensée cachée (machchava stima'a), dans laquelle le plaisir (taanoug) est revêtu, car le plaisir réside dans 'Hokhma ; et les âmes d’Israël proviennent de la dimension intérieure (pnimiyout) de la 'Hokhma supérieure, car elles sont appelées « enfants du Lieu ». À titre d’analogie, chez un fils, la goutte provient du cerveau, où réside la faculté intellectuelle.
Cette Pensée est la « Pensée cachée », dans laquelle le plaisir de D.ieu est revêtu, car le plaisir réside dans 'Hokhma. Les âmes d’Israël proviennent de la dimension intérieure de la 'Hokhma supérieure, d’où leur appellation d’enfants de D.ieu : de même, l’enfant provient de l’esprit de son père, où réside la faculté intellectuelle.
Le paragraphe applique la joie née de la méditation à l’étude de la Torah et interprète « Israël, qui sanctifient Ton Nom, se réjouiront en Toi » comme le fait qu’Israël fait descendre l’essence de D.ieu (« Toi »), la lumière qui entoure tous les mondes, dans Mal'hout (« Ton Nom »). Ils le peuvent parce que leurs âmes ont leur racine dans la Pensée cachée et le plaisir de D.ieu, dans la dimension intérieure de la 'Hokhma supérieure.
Maré mekomot
- 1מלכותך מלכות כל עולמים · Psalms 145:13
- 2רגלי׳ יורדות · Proverbs 5:5
- 3אוסרי לגפן עירה · Genesis 49:11
- 4עלו במחשבה · Bereshit Rabbah 1:4
- 5נקראו בנים למקום · Pirkei Avot 3:14
24ולכן יש תענוג בהמשכת הטפה והתענוג דוקא בגמר ביאה1 שהתענוג הוא מההשפעה כענין יותר משהעגל כו׳ הפרה רוצה להניק.2
Il y a donc un plaisir dans l’émission de la goutte, et ce plaisir se manifeste précisément à l’achèvement de l’union, car il vient du don, comme il est dit : « Plus que le veau [ne veut téter], etc., la vache veut allaiter. »
Poursuivant l’analogie du père et de l’enfant : le plaisir qu’éprouve une personne à donner la vie apparaît à l’achèvement de l’acte, car le plaisir réside dans le don. Le Talmud dit la même chose de la vache, qui veut allaiter encore plus que le veau ne veut téter.
וכן בנשמות ישראל עד״מ [על דרך משל] שנקרא ג״כ אור זרוע לצדיק3 מלובש בהן בחנית התענוג עליון ולפיכך ביכלתו להמשיך בחינת המשחה ותענוג עליון
Il en va de même, par analogie, pour les âmes d’Israël, qui sont elles aussi appelées « une lumière semée pour le juste » : le niveau du plaisir sublime est revêtu en elles, et c’est pourquoi il a le pouvoir d’attirer le niveau de l’onction et du plaisir sublime.
Les âmes d’Israël, appelées « une lumière semée pour le juste », portent en elles le plaisir sublime de D.ieu. C’est pourquoi une âme peut faire descendre l’« onction » et le plaisir sublimes, le niveau que le maamar appellera l’huile.
וזהו וישמחו בך כו׳ בבחי׳ פנימיות תענוג עליון ועי״ז ביכולתם להיות מקדשי שמך ג״כ להמשיך בחינת קדש זה בבחינת מלכות.
C’est là le sens de « ils se réjouiront en Toi », etc. : il s’agit du niveau de la dimension intérieure (pnimiyout) du plaisir sublime. Par cela, ils peuvent aussi être « ceux qui sanctifient Ton Nom », en attirant ce niveau de sainteté dans le niveau de Mal’hout (souveraineté).
« Israël se réjouira en Toi » se rapporte à cette dimension intérieure du plaisir sublime. Grâce à elle, ils peuvent aussi être « ceux qui sanctifient Ton Nom », en attirant cette sainteté dans Mal’hout.
ה להצהיל פנים משמן. פי׳ יין ישמח. אבל צהלת פנים הוא מן השמן זהו פשוטו.
5. « Pour faire rayonner le visage par l’huile. » Le sens est le suivant : le vin réjouit, mais le rayonnement du visage vient de l’huile. Tel est le sens simple du verset.
La section 5 aborde la seconde proposition du verset. Son sens simple est que le vin réjouit, tandis que le rayonnement du visage provient de l’huile.
Ce paragraphe achève l’explication du « vin » : les âmes d’Israël, enracinées dans le plaisir sublime de D.ieu, peuvent le faire descendre en se réjouissant en D.ieu et en sanctifiant Son Nom. La section 5 introduit ensuite la seconde proposition : « pour faire rayonner le visage par l’huile ».
Maré mekomot
- 1בגמר ביאה · ראה מאמרי אדה״א נ״ך ע׳ מט: ”ואעפ״י שלענין חיוב מיתה בג״ע הוא רק הכנסת עטרה לבד, זהו מפני בחי׳ גילוי היחוד דיסוד שהוא די בזה, אבל לענין בחי׳ התענוג שביסוד אינו אלא בגמר ביאה דוקא” ע״ש.
- 2יותר משהעגל כו׳ הפרה רוצה להניק · Pesachim 112a:12
- 3אור זרוע לצדיק · Psalms 97:11
L’huile de la sagesse ¶25–30
25והנה ההפרש בין שמחה לצהלת פנים דלכאורה ע״י היין ג״כ כשישמח יאדימו הפנים. אך הנה ענין מה שהיין משמח
Or, la différence entre la joie et l’éclat du visage : apparemment, le vin aussi fait rougir le visage lorsque l’on se réjouit. Mais en quoi consiste le fait que le vin réjouit
La question est la suivante : quelle est la différence entre la joie et l’éclat du visage, puisque le vin fait lui aussi rougir le visage ?
היינו שפעולת היין להביא מן ההעלם אל הגילוי ולכך הוא ממשיך גילוי פנימית הדם מה שהיה בבחינת העלם ע״י היין בא אל הגילוי
c’est que l’action du vin consiste à faire passer [les choses] de la dissimulation à la révélation. C’est pourquoi il fait apparaître la partie intérieure du sang : ce qui était à l’état dissimulé vient, par le vin, à la révélation.
Le vin agit en faisant apparaître ce qui était caché. Il révèle ainsi la partie intérieure du sang, qui était dissimulée.
ולכן יאדים הפנים ולפי שחיות הנפש מלובש בדם וע״כ [ועל כן] בפנימיות הדם מלובש חיות פנימי מהנפש יותר מהחיות המלובש בחיצוניות הדם ולכן על ידי היין מתגלה פנימית החיות מההעלם אל הגילוי מחמת גילוי פנימית הדם.
C’est pourquoi le visage rougit. Et puisque la force vitale de l’âme est revêtue dans le sang, une force vitale plus intérieure de l’âme est revêtue dans la partie intérieure du sang que dans sa partie extérieure. Par conséquent, le vin révèle la force vitale intérieure, la faisant passer de la dissimulation à la révélation, grâce à la révélation de la partie intérieure du sang.
C’est pourquoi le visage rougit. La force vitale de l’âme est revêtue dans le sang, et une force vitale plus intérieure est revêtue dans la partie intérieure du sang que dans sa partie extérieure. Ainsi, lorsque le vin fait apparaître la partie intérieure du sang, la force vitale intérieure de l’âme est révélée.
Ce paragraphe décrit la joie provoquée par le vin sous un angle à la fois physiologique et spirituel : le vin fait sortir de la dissimulation la partie intérieure du sang et, avec elle, la force vitale intérieure de l’âme, ce qui explique que le visage rougisse.
26וזהו ענין השמחה. נמצא ענין שמחה הבאה מהיין הוא מחמת גילוי פנימית הדמים. אמנם ענין צהלת פנים אינו נמשך כלל מסיבת הדמים
Et tel est le sens de la joie. Il s’ensuit que la joie provenant du vin est due au dévoilement de la partie intérieure du sang. Mais l’éclat du visage ne provient nullement du sang ;
La joie du vin provient du dévoilement de l’intériorité du sang. L’éclat du visage n’a rien à voir avec le sang.
רק הוא ענין הארת פנים שבא באדם מצד אור החכמה שמאיר בו כמ״ש חכמת אדם תאיר פניו1
il s’agit plutôt d’un rayonnement du visage qui vient à l’homme de la lumière de la 'Hokhma (sagesse) qui brille en lui, comme il est écrit : « La sagesse d’un homme fait rayonner son visage »,
C’est une lumière qui provient de la sagesse brillant en l’homme, comme le dit Kohelet : « La sagesse d’un homme fait rayonner son visage. »
וכמו שהשיב ר׳ [רבי] יהודה למטרוניתא שראתה פניו צהובים ואמרה לו מורה ורוי ואמר לה שאינו שותה יין כלל
comme Rabbi Yehouda répondit à la matrone qui avait vu son visage resplendissant et lui avait dit : « Un maître, et ivre ! » Il lui répondit qu’il ne buvait absolument pas de vin,
Le Talmud raconte qu’une matrone, voyant le visage resplendissant de Rabbi Yehouda, se moqua de lui en lui disant qu’un maître devait être ivre. Il lui répondit qu’il ne buvait pas de vin.
אלא חכמת אדם תאיר פניו2 (נדרים מ״ט ב׳) וכמו שאמרו בר׳ [ברבי]3 אבוה דנהירין אנפוי מפני שמצא תוספתא חדתא4 כו׳.
mais que c’était plutôt « la sagesse d’un homme qui fait rayonner son visage » (Nedarim 49b) ; et comme on disait de Rabbi Abahou que son visage resplendissait parce qu’il avait trouvé une nouvelle Tossefta, etc.
Il lui expliqua que son visage rayonnait grâce à la sagesse. De même, le Talmud de Jérusalem raconte que le visage de Rabbi Abahou resplendissait parce qu’il avait trouvé une nouvelle Tossefta, un nouvel enseignement.
והרי זהו בחינת הארת הפנים שאינו בא מחמת קיבוץ הדמים אלא בא ונמשך אור מלמעלה שמאיר ומצהיב הפנים
Voilà donc le niveau du rayonnement du visage : il ne provient pas de l’accumulation du sang ; une lumière vient plutôt d’en haut et est attirée, illuminant le visage et le faisant resplendir :
Ce rayonnement ne vient pas du sang qui s’accumule dans le visage ; c’est une lumière qui descend d’en haut et fait resplendir le visage.
והיינו אור המשכיל שכל חדש והוא הנקרא שמן שהוא למעלה מבחינת יין כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] שמן שצף5 על גבי יין6 נחלקו אם הוא חיבור כו׳.
il s’agit de la lumière de celui qui saisit une idée nouvelle. C’est ce que l’on appelle l’huile, qui est supérieure au niveau du vin, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : l’huile qui flotte à la surface du vin — ils ont discuté pour savoir si elle lui est associée [ou non], etc.
Il s’agit de la lumière qui accompagne la saisie d’une idée nouvelle, et c’est là « l’huile ». L’huile est supérieure au vin, comme le montre la Michna : l’huile flotte à la surface du vin, et les Sages discutent pour savoir si les deux sont considérés comme associés.
וזהו להצהיל פנים משמן דוקא (והיינו כי שמן הוא למעלה מבחינת מים עם היות כי מים הוא גם כן בחינת חכמה
Tel est donc le sens de « faire rayonner le visage » précisément « par l’huile » (car l’huile est supérieure au niveau de l’eau, bien que l’eau aussi soit le niveau de la 'Hokhma,
Ainsi, le verset dit que le visage rayonne précisément « par l’huile ». L’huile est supérieure à l’eau, bien que l’eau aussi corresponde à la 'Hokhma.
אך שמן הוא מקור החכמה כו׳ ועיין מה שכתוב בד״ה בהעלותך את הנרות78 בפירוש שמן משחת קדש9 ובד״ה מנורת זהב1011 ועל פסוק כי אתה נרי).1213
mais l’huile est la source de la 'Hokhma, etc. Voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Quand tu feras monter les lampes », à propos du sens de « l’huile d’onction sainte », ainsi que dans le discours commençant par « Un candélabre d’or », et à propos du verset « Car Tu es ma lampe »).
L’huile est la source de la 'Hokhma. Le texte renvoie à trois autres discours qui expliquent l’huile dans ce sens.
והנה שרש ענין ההפרש בין הארת פנים שבא משמחת היין ובין הארת פנים שבא רק מצד הארת החכמה
Or, la racine de la différence entre le rayonnement du visage qui provient de la joie du vin et celui qui provient uniquement de l’illumination de 'Hokhma
L’Alter Rebbe expose à présent la racine de la différence entre les deux sortes de rayonnement, l’une provenant du vin et l’autre de la sagesse.
היינו במה שמן הדם עולה החיות הפנימי בפנים מלמטה למעלה בבחינת קיבוץ והעלאה. וזהו בא בבחינת רשפי אש חמימות בוער כשלהבת ועולה ומתגלה בפנים.
est la suivante : la force vitale intérieure contenue dans le sang s’élève vers le visage, de bas en haut, selon un mouvement de rassemblement et d’élévation ; elle se manifeste alors comme des éclairs de feu, une chaleur ardente qui brûle comme une flamme, s’élève et se révèle dans le visage.
Le rayonnement du vin s’élève de bas en haut : la force vitale intérieure contenue dans le sang se rassemble et s’élève vers le visage, comme une flamme ardente, des « éclairs de feu ».
אבל בחי׳ הארת פנים שמאיר מן החכמה מאיר ובא מלמעלה למטה ואין בזה שום רשפי אש כי החכמה נקרא כח מ״ה [מה] שהוא בחינת ביטול וכו׳:
Mais le rayonnement du visage qui émane de 'Hokhma brille et vient de haut en bas, et il ne comporte aucun éclair de feu, car 'Hokhma est appelée ko’a'h ma, « la force du quoi », ce qui désigne le niveau de l’annulation de soi (bitoul), etc.
Le rayonnement de la sagesse descend de haut en bas et ne comporte aucun feu, car 'Hokhma est ko’a'h ma, « la force du quoi », c’est-à-dire l’annulation de soi : elle ne s’affirme pas.
Ce paragraphe distingue deux rayonnements du visage : celui du vin s’élève d’en bas, à partir de la force vitale intérieure du sang, et brûle comme un feu ; celui de l’huile descend d’en haut, sous la forme de la lumière d’une sagesse nouvelle, paisible et empreinte d’annulation de soi. L’huile, source de la 'Hokhma, est donc supérieure au vin.
L’expression ko’a'h ma se lit comme si le mot 'hokhma était composé de deux mots, ko’a'h (force, potentiel) et ma (quoi) : la sagesse n’est pas encore définie ; elle n’est qu’un « quoi » et, en ce sens, relève de l’annulation de soi, car elle n’affirme rien qui lui soit propre.
Maré mekomot
- 1חכמת אדם תאיר פניו · Ecclesiastes 8:1
- 2
- 3כמו שאמרו בר״א דנהירין · ירוש׳ שבת פ״ח, ה״א. ע״ל מסעי (צג, רע״ב). וש״נ. [כ].
- 4דנהירין אנפוי מפני שמצא תוספתא חדתא · Jerusalem Talmud Shabbat 8:7
- 5שמן שצף ע״ג יין · Shabbat 5b:5
- 6שמן שצף על גבי יין · Mishnah Tevul Yom 2:5
- 7בד״ה בהעלותך את הנרות · לעיל בהעלותך ל, ג.
- 8בהעלותך את הנרות · Numbers 8:2
- 9שמן משחת קדש · Exodus 30:25
- 10ובד״ה מנורת זהב · לעיל בהעלותך לד, ג.
- 11מנורת זהב · Zechariah 4:2
- 12וע״פ כי אתה נרי · תו״א מ, ד.
- 13כי אתה נרי · II Samuel 22:29
27ויובן כ״ז [כל זה] הענין בעבודה שבלב זו תפלה1 שמחמת ההתבוננות באה השמחה ברשפי אש שלהבת2 התלהבות והתלהטות הלב והוא ענין קיבוץ פנימיות החיות שבדם כנ״ל
Tout cela s’éclairera dans « le service du cœur, qui est la prière » : la contemplation fait naître la joie, en éclats de feu, dans la flamme de l’enthousiasme et de l’ardeur du cœur ; et c’est le rassemblement de la force vitale intérieure qui se trouve dans le sang, mentionné plus haut,
La différence apparaît dans la prière, que les Sages appellent « le service du cœur ». La contemplation suscite une joie qui flamboie comme un feu, l’ardeur et l’émotion du cœur : la force vitale intérieure du sang se rassemble et s’élève.
כמו יין ישמח כנ״ל. וזהו עבודת חיות הקדש שבמרכבה עליונה דכתיב בהו בוערות כמראה הלפידים3 כו׳.
comme le vin réjouit, ainsi qu’il a été dit plus haut. Tel est le service des ‘Hayot saintes du Char céleste, dont il est écrit : « brûlantes, comme l’apparence de torches », etc.
C’est comme la joie que procure le vin. Tel est le service des ‘Hayot, les anges saints de la vision du Char de Ye’hezkel, décrits comme brûlant telles des torches.
Le paragraphe applique l’image du « vin » à la prière : la contemplation fait naître une joie ardente qui s’élève, semblable au service des ‘Hayot, les anges flamboyants du Char.
Maré mekomot
- 1בעבודה שבלב זו תפלה · Taanit 2a:11
- 2רשפי אש שלהבת · Song of Songs 8:6
- 3בוערות כמראה הלפידים · Ezekiel 1:13
28ובכל הפרשה נאמר בהן וכנפיהן שר״ל [שרוצה לומר] בחינת אהוי״ר [אהבה ויראה] בהתפעלות התלהבות והתלהטות לעוף כלפי מעלה להבטל וליכלל באור השכינה המאיר עליהם כו׳
Et, tout au long du passage, il est dit à leur sujet : « et leurs ailes », ce qui désigne le niveau de l’amour et de la crainte dans l’émotion, l’enthousiasme et l’ardeur, pour s’élever vers le haut, s’annuler et s’inclure dans la lumière de la Chekhina (la Présence divine) qui brille sur elles, etc.
Tout au long de la vision de Ye’hezkel, il est question des « ailes » des ‘Hayot. Elles représentent l’amour et la crainte dans l’émotion et l’ardeur, qui s’élèvent pour se fondre dans la lumière de la Chekhina qui brille sur elles.
וכן במתן תורה כתיב וכל העם רואים את הקולות1 ואת הלפידים2 כי הנה הקולות והלפידים לא באו כדי להפחיד את ישראל
De même, lors du Don de la Torah, il est écrit : « Et tout le peuple vit les sons et les torches. » Car les sons et les torches ne vinrent pas pour effrayer Israël ;
Il en va de même lors du Don de la Torah : le peuple « vit les sons et les torches ». Ceux-ci n’étaient pas destinés à effrayer Israël.
אלא היו ענין ובחינת אתערותא דלעילא ברשפי אש לעורר את האהבה בישראל באתעדל״ת [באתערותא דלתתא] שיתלהבו נפשותם ברפיש אש התשוקה לה׳ אחד ולזה היו הקולות והלפידים להלהיב כנ״י [כנסת ישראל].
mais ils étaient un éveil d’en haut, en flammes ardentes, destiné à éveiller l’amour en Israël comme un éveil d’en bas, afin que leurs âmes s’embrasent des flammes ardentes du désir pour le D.ieu unique. C’est pourquoi les sons et les torches vinrent : pour enflammer la Communauté d’Israël (Knesset Israël).
Ils étaient un éveil d’en haut, en flammes ardentes, destiné à éveiller l’amour propre d’Israël comme un éveil d’en bas, afin que leurs âmes brûlent du désir pour le D.ieu unique.
Ce paragraphe identifie le « vin » ardent de l’amour à la fois dans les ailes des ‘Hayot — l’amour et la crainte qui s’élèvent pour se fondre dans la Chekhina — et dans les sons et les torches du Sinaï, venus embraser les âmes d’Israël du désir pour D.ieu.
Maré mekomot
- 1וכל העם רואים את הקולות · Exodus 20:18
- 2וכל העם רואים את הקולות ואת הלפידים · Exodus 20:15
29וכן הי׳ [היה] שעל כל דיבור פרחה נשמתן1 שהקולות והלפידים הלהיבו בנפשותם התלהבות אורה ושמחה בבחי׳ כלות הנפש ממש עד שפרחה נשמתם על כל דבור כו׳ וכ״ז [וכל זה] הוא בחינת שמחה בהתבוננות כמו יין ישמח כנ״ל.
Et ainsi en fut-il : à chaque parole, leurs âmes s’envolaient, car les voix et les torches avaient embrasé leurs âmes d’un élan de lumière et de joie, dans un état où l’âme expirait réellement, jusqu’à ce que leurs âmes s’envolent à chaque parole, etc. Tout cela relève de la joie née de la contemplation, comme le « vin réjouit », mentionné plus haut.
À chacune des Dix Paroles, les âmes d’Israël s’envolaient, comme le rapporte le Talmud. Les voix et les torches avaient suscité en eux une joie si intense que l’âme expirait réellement ; c’est là la joie de la contemplation, le « vin ».
אבל הנה בבחי׳ החכמה להיות כי אור החכמה מאיר מלמעלה למטה ובאה בבחי׳ ביטול המציאות הפך ההתלהבות וזהו שנאמר בחיות הקדש ועל ראשי החיה רקיע2 כעין הקרח הנורא.
Mais pour le niveau de 'Hokhma (sagesse), comme la lumière de 'Hokhma rayonne d’en haut vers le bas, elle se manifeste sous la forme d’une annulation de l’existence, à l’opposé de l’élan enthousiaste. C’est ce qui est dit des ‘Hayot saintes : « Au-dessus des têtes des ‘Hayot, il y avait un firmament, semblable à la couleur de la glace redoutable (kerach). »
'Hokhma agit de manière opposée : sa lumière descend d’en haut et entraîne l’annulation, à l’opposé de l’exaltation. Ye’hezkel la décrit comme un firmament « semblable à la glace redoutable », au-dessus des têtes des ‘Hayot.
פי׳ קרח כמו עד״מ [על דרך משל] הקרח הגשמי שנגלדו בו המים כך בחי׳ החכמה ממשכת בראשי החיות בחי׳ ביטול במציאות עד דאגלידו מיא3 ונעשו כעין הקרח
Le sens de kerach : de même que, par analogie, la glace matérielle est de l’eau qui s’est figée, ainsi le niveau de 'Hokhma attire dans les têtes des ‘Hayot un état d’annulation de l’existence, jusqu’à ce que « les eaux se figent » et deviennent semblables à de la glace ;
De même que l’eau se transforme en glace, 'Hokhma attire dans les ‘Hayot une annulation si complète que leur mouvement ardent s’arrête, comme si « les eaux avaient gelé ».
et cela correspond au point du ‘hirik, qui se trouve sous les lettres, car les lettres de ‘hirik sont celles de kerach : il s’agit de l’état d’annulation situé sous les lettres.
Il s’agit de la voyelle ‘hirik, un point placé sous les lettres ; les lettres de son nom — ‘het, rech, kouf — sont celles de kerach, la glace : une annulation située sous les lettres, en deçà de toute expression.
Ce paragraphe oppose la joie ardente du Sinaï, lorsque les âmes s’envolaient à chaque parole — le « vin » — à la calme annulation produite par 'Hokhma, figurée par le firmament semblable à de la glace au-dessus des ‘Hayot et par le ‘hirik, le point sous les lettres.
Le Sefer HaBahir, cité dans la note de Kehot, dit : « Ne lis pas ‘hirik, mais kerach. » La note de Kehot renvoie également au Siddour et aux discours pour Chemini Atséret, où cet enseignement est cité au nom de Rabbi Avraham, fils du Maguid.
Maré mekomot
- 1שעל כל דבור פרחה נשמתן · Shabbat 88b:6–7
- 2ועל ראשי החי׳ רקיע · Ezekiel 1:22
- 3עד דאגלידו מיא · Zohar I, 77a
- 4חרק · Sefer HaBahir 43
- 5חרק אותיות קר״ח · ספר הבהיר סי׳ מג. ראה סידור סג, ד. ולעיל בדרושים לשמע״צ בשם הקדוש רבי אברהם בן הרב המגיד נ״ע.
30ואזי נאמר בחיות בעמדם תרפינה כנפיהם1 פי׳ שכנפיהם בהתלהבות אהוי״ר [אהבה ויראה] תרפינה למטה כי מתבטלים ממציאות שלהם ועומדים בבחי׳ ביטול לגמרי.
Et alors il est dit des ‘Hayot : « Quand elles se tenaient debout, elles abaissaient leurs ailes » : c’est-à-dire que leurs ailes, [animées] par l’ardeur de l’amour et de la crainte, s’abaissent, car elles sont annulées dans leur propre existence et se tiennent dans un état d’annulation de soi (bitoul) complète.
Ye’hezkel dit alors que, lorsque les ‘Hayot s’immobilisaient, elles abaissaient leurs ailes. Leur amour et leur crainte ardents s’apaisent, car elles sont entièrement annulées et n’existent plus pour elles-mêmes.
וזהו להצהיל פנים משמן2 דלכאורה אינו מובן הלשון להצהיל כו׳ והל״ל [והוה ליה למימר] ושמן יצהיל פנים כמו שאמר ולחם כו׳ יסעד ויין ישמח345678910 כו׳ וכמ״ש לעיל.
Et c’est là « pour rendre le visage radieux grâce à l’huile ». Car, à première vue, l’expression « rendre radieux », etc., n’est pas claire : il aurait fallu dire « et l’huile rendra le visage radieux », comme il est dit : « et le pain », etc., « soutient », et « le vin réjouit », etc., ainsi qu’il a été écrit plus haut.
Cela répond à la question soulevée dans la première section : pourquoi le verset dit-il « rendre radieux », plutôt que « l’huile rendra radieux », à l’image de « le pain soutient » et « le vin réjouit » ?
אך הענין הוא לפי שכל עיקר בחי׳ ויין ישמח הוא כדי שיהיה אח״כ [אחר כך] להצהיל פנים משמן
Mais voici le sens : toute l’essence du niveau de « et le vin réjouit » est qu’ensuite puisse venir « pour rendre le visage radieux grâce à l’huile ».
La réponse est que la joie du vin existe en vue de l’éclat qui provient de l’huile.
כי כל עיקר השמחה ברשפי אש התשוקה בתחלה בבחינת רצוא11 שהוא נקרא יין הוא רק
Car toute l’essence de la joie suscitée par les flammes de feu du désir, au début, dans le mode de ratso (l’élan vers le haut), appelé « vin », n’est que
La joie ardente et le désir initiaux — le ratso de l’âme, son « élan vers le haut » vers D.ieu, correspondant au « courir et revenir » des ‘Hayot dans la vision de Ye’hezkel — constituent le « vin ». Ils ne sont qu’un moyen en vue de ce qui vient ensuite.
כדי שיהיה אחר כך בחינת השוב והוא בחינת ההמשכה וגילוי אור הבא על ידי החכמה שהוא בחינת חכמת אדם תאיר פניו12 כו׳
pour que vienne ensuite le mode de chov (le retour), qui est l’attraction vers le bas et la révélation de la lumière produite par la ‘Hokhma (sagesse), qui est le niveau de « La sagesse de l’homme fait rayonner son visage », etc.
Ce but est le chov, le « retour » : l’attraction vers le bas de la lumière par la ‘Hokhma, l’éclat serein de la sagesse qui fait rayonner le visage.
נמצא שמהכוון העקרי הוא בחינת השוב שהוא בחינת להצהיל פנים משמן כי בזה יש קיום יותר.
Il en ressort que l’intention principale est le mode de chov, qui est le niveau de « rendre le visage radieux grâce à l’huile », car il y a en cela une plus grande permanence.
Ainsi, le but principal est le chov, l’éclat provenant de l’huile, car il dure davantage que le feu passager de l’exaltation.
אך בהיות שא״א [שאי אפשר] שיבא לבחינת שוב אלא א״כ [אם כן] קדם לו בחינת הרצוא ברשפי אש דוקא והיינו כדי לצאת ממאסר הגוף שזהו על ידי ההתבוננות ורשפי אש כו׳
Cependant, comme il est impossible de parvenir au mode de chov sans qu’il ait été précédé par le mode de ratso, et précisément par des flammes de feu, c’est-à-dire afin de sortir de la prison du corps, ce qui se fait par la contemplation et les flammes de feu, etc.,
On ne peut pourtant atteindre le chov sans passer d’abord par le ratso ardent, car seul celui-ci, suscité par la contemplation, libère l’âme de la prison du corps.
(עמ״ש בד״ה ונקדשתי בתוך13 בנ״י [בני ישראל] ובד״ה והיה לכם לציצית)14 ע״כ [על כן] אמר תחלה ויין ישמח ואחר כך להצהיל שהוא עיקר המכוון כו׳
(Voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Je serai sanctifié au milieu des enfants d’Israël » et dans celui commençant par « Ce sera pour vous des tsitsit ».) C’est pourquoi il est dit d’abord « et le vin réjouit », puis « pour rendre radieux », qui est l’intention principale, etc.
Voilà pourquoi le verset mentionne d’abord le vin, puis « rendre radieux », qui est le but principal. Le texte renvoie à deux autres discours à ce sujet.
(וע׳ [ועיין] מענין ויין ישמח כו׳ בזהר ויחי דר״מ ע״א שמיני ל״ט ע״א15 קרח קע״ז ב׳. פנחס דרט״ז סע״ב [סוף עמוד ב] דרי״ז סע״א [סוף עמוד א]. ויקרא י״ב ע״ב. משפטים קכ״ד ב׳. פקודי דרמ״ו סע״א [סוף עמוד א]).16
(Et voir à ce sujet « le vin réjouit », etc., dans le Zohar : Vayechi, page 240a ; Shemini, 39a ; Korach, 177b ; Pinchas, fin de page 216b et fin de page 217a ; Vayikra, 12b ; Mishpatim, 124b ; Pekudei, fin de page 246a.)
Le texte énumère des passages du Zohar qui traitent de « le vin réjouit ».
(ועמ״ש בד״ה אסרי לגפן עירה1718 אסר יו״ד שבחינת יו״ד הוא ח״ע [חכמה עילאה] הוא אוסר ומקשר לבחינת גפן כו׳ ע״ש [עיין שם]) ובכ״ז [ובכל זה] יובן מה שאנו אומרים
(Et voir ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Lier son ânon à la vigne » : osri, « lier », se lit asar youd, « le youd lie », car le niveau du youd est la 'Hokhma supérieure ('Hokhma Ila'a), qui lie et rattache au niveau de la « vigne », etc. ; voir là-bas.) Et, à la lumière de tout cela, on comprendra ce que nous disons,
Le discours sur « Lier son ânon à la vigne » interprète osri, « lier », comme asar youd, « le youd lie » : le youd, qui est la 'Hokhma supérieure, se lie à la « vigne », le vin. Cela explique aussi une formule de la prière, citée ensuite.
כי באור פניך נתת לנו תורת חיים כו׳ כי התורה מחכמה נפקת והוא בחינת הארת פנים
« Car, par la lumière de Ta face, Tu nous as donné une Torah de vie », etc., car la Torah émane de la 'Hokhma, et elle est le niveau de l'illumination de la face.
« Par la lumière de Ta face, Tu nous as donné une Torah de vie » : la Torah provient de la 'Hokhma, et la 'Hokhma est la « lumière de la face ».
(ועוי״ל [ועוד יש לומר] ע״ד [על דרך] שנתבאר לעיל בפי׳ עשה רצונו כרצונך שהוא הרצון הנולד ונמשך מהשכל וההתבוננות שזהו בחינת יין והיינו כדי שעי״ז אח״כ [אחר כך] יעשה רצונך כרצונו רצון העליון שלמעלה מהשכל וזהו בחינת העטרה דלקמן
(On peut aussi l'expliquer dans le sens de ce qui a été exposé plus haut au sujet de « Fais que Sa volonté soit comme ta volonté » : il s'agit de la volonté qui naît de l'intellect et de la contemplation et en découle, ce qui correspond au niveau du vin. Cela vise à ce que, par ce moyen, ensuite, « Il fera que ta volonté soit comme Sa volonté », la volonté supérieure, au-dessus de l'intellect ; c'est là le niveau de la couronne [expliqué] plus loin.
On peut aussi l'expliquer ainsi : le « vin » est la première lecture de « Fais que Sa volonté soit comme ta volonté », une volonté qui naît de la contemplation. Elle a pour but que D.ieu fasse ensuite que ta volonté soit comme la Sienne, la volonté supérieure au-dessus de l'intellect, qui est la « couronne » expliquée plus loin.
וזהו ג״כ בחי׳ שמן שהוא מקור החכמה שלמעלה מהבינה והדעת ושכל המושג ומובן נמצא מה שיין משמח שהוא בחי׳ עשה רצונו כרצונך תכליתו הוא להצהיל פנים משמן דהיינו ענין שיעשה רצונך כרצונו כו׳ וכדלקמן בפי׳ מצהלות חתנים מחופתם):
Et cela correspond aussi au niveau de l'huile, qui est la source de la 'Hokhma, au-dessus de Bina, Daat et de l'intellect saisissable et compréhensible. Il s'ensuit que le vin réjouit — ce qui correspond au niveau de « Fais que Sa volonté soit comme ta volonté » — a pour but de « rendre le visage radieux par l'huile », c'est-à-dire qu'Il fera que ta volonté soit comme la Sienne, etc., comme [on l'expliquera] plus loin au sujet de « l'éclat joyeux des mariés sous leur 'houppa ».)
Cette volonté supérieure est aussi l'« huile », la source de la 'Hokhma, au-dessus de Bina, Daat et de tout ce qui peut être compris. Ainsi, la joie du vin (« Fais que Sa volonté soit comme ta volonté ») mène à l'éclat de l'huile (« Il fera que ta volonté soit comme Sa volonté »), comme on l'expliquera au sujet de « l'éclat joyeux des mariés sous leur 'houppa ».
Ce paragraphe répond à la question initiale sur « rendre radieux » : le vin, le ratso ardent suscité par la contemplation, existe en vue de l’huile, le chov serein de l’éclat de la ‘Hokhma, qui constitue le but principal et le plus durable, mais auquel on ne peut parvenir sans passer par le vin. Selon les termes de la Michna, « Fais que Sa volonté soit comme ta volonté » conduit à « Il fera que ta volonté soit comme Sa volonté ».
Maré mekomot
- 1תרפינה כנפיהם · Ezekiel 1:24
- 2להצהיל פנים משמן · Psalms 104:15
- 3ויין ישמח · Zohar, Vayechi 62:630–63:641
- 4ויין ישמח · Zohar, Shmini 5:59–6:70
- 5ויין ישמח · Zohar, Korach 5:22–7:29
- 6ויין ישמח · Zohar, Pinchas 10:58–12:70
- 7ויין ישמח · Zohar, Pinchas 12:70–80
- 8ויין ישמח · Zohar, Vayikra 25:191–27:200
- 9ויין ישמח · Zohar, Mishpatim 25:549–27:558
- 10ויין ישמח · Zohar, Pekudei 46:505–47:515
- 11רצוא · Ezekiel 1:14
- 12חכמת אדם תאיר פניו · Ecclesiastes 8:1
- 13ונקדשתי בתוך · Leviticus 22:32
- 14והיה לכם לציצית · Numbers 15:39
- 15שמיני ל״ט ע״א · ראה גם לעיל סוכות פ, א הלשון, וראה ביאוה״ז להצ״צ כרך ב ע׳ תתנא.
- 16(ועיין מענין ויין ישמח . . פקודי דרמ״ו סע״א) · ראה אוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ שצ שמעתיק כמה מהלשונות שבמ״מ.
- 17בד״ה אסרי לגפן עירה · תו״א פ׳ ויחי.
- 18אסרי לגפן עירה · Genesis 49:11
La couronne ¶31–33
31ו ומעתה נבוא לענין הפסוק צאינה וראינה1 כו׳ בעטרה שעטרה לו אמו כי הנה עטרה הוא בחי׳ רצון העליון2 כמ״ש כצנה רצון תעטרנו3 שהוא בחי׳ מקיף עליון
6. Nous en venons maintenant au sens du verset : « Sortez et contemplez », etc., « la couronne dont sa mère l’a couronné ». Car la couronne est le niveau de la volonté supérieure, comme il est écrit : « Comme d’un bouclier, Tu le couronnes de volonté » ; elle est un niveau de lumière enveloppante supérieure (makif),
La section 6 revient à la couronne du verset d’ouverture. La couronne est la volonté supérieure, comme le dit le psaume : « Tu le couronnes de volonté. » C’est un makif, une lumière enveloppante qui entoure plutôt qu’elle ne pénètre.
והוא בחי׳ כתר תורה והוא למעלה מבחינת לחם ויין שהוא מה שנמשך בבחינת א״פ [אור פנימי] משא״כ עטרה הוא מבחינת גילוי אור א״ס [אין סוף] עצמו הסוכ״ע [הסובב כל עלמין] (וע״ד [ועל דרך] מ״ש בזהר ר״פ בהעלותך)
et elle est le niveau de la « couronne de la Torah ». Elle est au-dessus du niveau du pain et du vin, qui sont ce qui est attiré sous forme de lumière intérieure (Or pnimi), tandis que la couronne relève de la révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof) elle-même, la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) (et l’on peut rapprocher cela de ce qui est écrit dans le Zohar, au début de la paracha Beha’alotekha)
C’est la « couronne de la Torah », supérieure au pain et au vin, qui sont une lumière intérieure (Or pnimi) pénétrant les réceptacles. La couronne est la révélation de la Lumière infinie elle-même, la lumière qui entoure tous les mondes.
(p. 148b), au sujet du sens de « Et lui, semblable à un époux qui sort de sa houppa » : « Qu’est-ce que sa houppa ? C’est la couronne dont sa mère l’a couronné », etc.
Au début de Beha’alotekha, le Zohar explique le verset « semblable à un époux qui sort de sa houppa » : la houppa est « la couronne dont sa mère l’a couronné ».
ומבואר לעיל בד״ה לסוסתי שבחי׳ חופה הוא סוכ״ע [סובב כל עלמין] ועמ״ש מזה ג״כ בד״ה תורה צוה7 וע׳ [ועיין] בזהר בראשית ד״ח ע״א8
Il est expliqué plus haut, dans le discours qui commence par « À ma jument », que le niveau de la houppa est la lumière qui entoure tous les mondes ; voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par « La Torah a ordonné » ; voyez également le Zohar, Beréchit, p. 8a.
Le discours précédent, « À ma jument », expliquait que la houppa est la lumière qui entoure tous les mondes. Le texte renvoie également à un autre discours et au Zohar.
ולכן ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] אלעתיד לבוא צדיקים יושבים ועטרותיהם בראשיהם9 שלעתיד יומשך ויתגלה אור א״ס [אין סוף] הסובב כל עלמין בבחי׳ גילוי
C’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné qu’à l’avenir les justes seront assis, leurs couronnes sur la tête : car, à l’avenir, la Lumière infinie qui entoure tous les mondes sera attirée et révélée, dans une manifestation ouverte.
C’est pourquoi les Sages décrivent le Monde à venir comme le temps où les justes seront assis, leurs couronnes sur la tête : alors la lumière qui entoure tous les mondes sera révélée ouvertement.
והנה מבחינת בעטרה שעטרה לו אמו ביום חתונתו נמשך בחי׳ להצהיל פנים משמן וכמאמר קול מצהלות חתנים מחופתם.10
Or, du niveau de « la couronne dont sa mère l’a couronné au jour de son mariage » découle le niveau de « faire rayonner le visage par l’huile », conformément à la formule : « Le son des réjouissances éclatantes des mariés sortant de leur houppa. »
De la couronne découle l’éclat que donne l’huile, comme le dit la bénédiction nuptiale : « les réjouissances éclatantes des mariés sortant de leur houppa » ; l’éclat provient de la houppa, la couronne enveloppante.
Ce paragraphe identifie la couronne du verset à la volonté supérieure, une lumière enveloppante (la houppa), supérieure à la lumière intérieure du pain et du vin de la Torah. Elle sera révélée ouvertement à l’avenir, et c’est d’elle que provient l’éclat de « l’huile ».
Dans Or HaTorah (Inyanim, p. 70), cité dans la note de Kehot, le Tséma’h Tsédek, se référant à ce maamar, parle de deux couronnes, c’est-à-dire de deux niveaux de volonté : la volonté inférieure, le Tiferet d’Imma qui devient une couronne pour Zeir Anpin, à l’image d’une volonté qui découle de l’intellect ; et la volonté supérieure de Kéter lui-même, attirée vers Zeir Anpin par l’intermédiaire d’Abba et Imma.
Maré mekomot
- 1צאינה וראינה · Song of Songs 3:11
- 2עטרה הוא בחי׳ רצון העליון · אוה״ת ענינים ע׳ ע שמציין לכאן: ”ולפי מה ששמענו ע״פ צאינה וראינה בנות ציון . . ושם נת׳ [— הכוונה לכאן] בעטרה שעטרה הם ב׳ עטרות והוא ב׳ בחי׳ רצון הא׳ הנק׳ רצה״ת והוא ת״ת דאי׳ שנעשה כתר לז״א כמשל רצון הנמשך מהשכל, והב׳ בחי׳ רצה״ע דכתר ממש שנמשך ג״כ לז״א באמצעות או״א” ע״ש.
- 3כצנה רצון תעטרנו · Psalms 5:13
- 4והוא כחתן יוצא מחופתו · Psalms 19:6
- 5כחתן יוצא מחופתו · Zohar, Introduction 13:123–14:132
- 6מאן איהו חופתו דא איהו עטרה שעטרה לו אמו · Zohar, Beha'alotcha 1:1–2:5
- 7בד״ה תורה צוה · לעיל פ׳ ברכה צד, ג.
- 8בזהר בראשית ד״ח ע״א · ע׳ לעיל יא, ד ובמ״מ לשם.
- 9צדיקים יושבים ועטרותיהם בראשיהם · Berakhot 17a:12
- 10קול מצהלות חתנים מחופתם · Ketubot 8a:6
32והענין כי הנה ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] נובלות חכמה שלמעלה תורה.1 פירש שהתורה כמו שירדה למטה נמשכה מבחינת אחוריים דח״ע [דחכמה עילאה] כמ״ש באגה״ק [באגרת הקודש] ד״ה עוטה אור2
L’explication est la suivante : nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Le fruit tombé de la sagesse d’En haut, c’est la Torah. » Cela signifie que la Torah, telle qu’elle est descendue ici-bas, procède du niveau du « dos » (a’horayim) de la 'Hokhma supérieure ('Hokhma Ilaa), comme il est écrit dans Iggeret HaKodech, dans le passage commençant par « Il s’enveloppe de lumière ».
Le Midrach appelle la Torah « le fruit tombé de la sagesse d’En haut » : la Torah telle qu’elle nous est parvenue provient du « dos » de la 'Hokhma supérieure, de son aspect extérieur, comme l’explique Iggeret HaKodech dans l’épître « Il s’enveloppe de lumière ».
וזהו בחינת התורה שנק׳ לחם ועמ״ש בענין דומה דודי לצבי3 מה צבי מחזיר ראשו לאחוריו כו׳
Tel est le niveau de la Torah qui est appelé « pain ». (Voir aussi ce qui est écrit au sujet de « Mon bien-aimé est semblable à une gazelle » : de même que la gazelle tourne la tête vers l’arrière, etc.)
Cet aspect extérieur de la Torah est ce que l’on appelle « pain ». Le texte le compare à la gazelle du Chir Hachirim, qui tourne la tête vers l’arrière : une révélation qui vient de derrière, pour ainsi dire.
אמנם בחינת להצהיל פנים היינו ענין יאר ה׳ פניו שיומשך בהתורה גילוי עצמיות ח״ע [חכמה עילאה] ממש שלמעלה מבחי׳ נובלות חכמה כו׳
Mais le niveau de « faire rayonner le visage » correspond à « Que Havaya fasse briller Son visage » : que soit attirée dans la Torah la révélation de l’essence même de la 'Hokhma supérieure, qui est au-dessus du niveau du « fruit tombé de la sagesse », etc.,
« Faire rayonner le visage » désigne cependant le « visage » de la bénédiction sacerdotale : « Que Havaya fasse briller Son visage ». Il s’agit de la révélation, au sein de la Torah, de l’essence même de la 'Hokhma supérieure, au-delà de son « fruit tombé ».
comme dans « La sagesse d’un homme fait rayonner son visage », ce qui résulte d’une grande révélation de lumière nouvelle provenant de la source de la sagesse, qui jaillit, etc.
C’est le visage rayonnant de « la sagesse d’un homme », qui provient d’une grande révélation de lumière nouvelle issue de la source même de la sagesse, la source jaillissante évoquée dans Michlei.
וזהו ענין עוסק בתורה לשמה לשם התורה עצמה שיהיה אור א״ס [אין סוף] ב״ה שורה ומתגלה בה וזהו להצהיל פנים משמן7 דייקא
Tel est le sens de celui qui s’adonne à la Torah pour elle-même, pour la Torah elle-même : que la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, y réside et s’y révèle. Voilà ce que signifie « faire rayonner le visage », précisément « par l’huile »,
Il s’agit d’étudier la Torah « pour elle-même », pour la Torah elle-même, afin que la Lumière infinie y réside et s’y révèle. C’est pourquoi le rayonnement vient précisément « de l’huile ».
כי שמשן הוא מקור הח״ע [החכמה עילאה] ועצמיותה ושרשה וכמשנ״ת [וכמו שנתבאר] לעיל ומשם דייקא נמשך בחי׳ להצהיל פנים יאר ה׳ פניו כו׳
car l’huile est la source de la 'Hokhma supérieure, son essence et sa racine, comme cela a été expliqué plus haut ; et c’est précisément de là que provient le niveau de « faire rayonner le visage », « Que Havaya fasse briller Son visage », etc.
L’huile est la source de la 'Hokhma supérieure, son essence et sa racine, comme cela a été expliqué précédemment ; c’est d’elle seule que provient le visage rayonnant de la bénédiction sacerdotale.
אך עכ״ז [עם כל זה] בחי׳ להצהיל ומצהלות חתנים נמשך מחופתם דוקא שהוא מבחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] שמשם נמשך הגילוי להיות בחי׳ להצהיל פנים משמן
Néanmoins, le niveau de « faire rayonner » et « l’allégresse rayonnante des mariés » provient précisément « de leur dais nuptial », lequel relève de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) ; c’est de là que vient la révélation correspondant au niveau de « faire rayonner le visage par l’huile » ;
Pourtant, le rayonnement, « l’allégresse rayonnante des mariés », provient « de leur dais nuptial » : de la lumière qui entoure tous les mondes, laquelle suscite la révélation du rayonnement issu de l’huile.
דהיינו שע״י בחי׳ עטרה וחופה הנ״ל נמשך להיות גילוי בחי׳ עצמיות ח״ע [חכמה עילאה] הנקרא שמן מה שלמעלה מבחי׳ נובלות כו׳
autrement dit, c’est par le niveau de la couronne et du dais nuptial mentionnés plus haut que se produit la révélation du niveau de l’essence de la 'Hokhma supérieure, appelée « huile », qui est au-dessus du niveau du « fruit tombé », etc.
Ainsi, c’est par la couronne et le dais nuptial, la lumière enveloppante, que se révèle l’essence de la 'Hokhma supérieure, appelée « huile », au-delà du niveau du « fruit tombé » de la Torah.
(ועמ״ש מזה בד״ה תורה צוה הנ״ל ועיין בזהר ויקרא) (דף ז׳ ע״ב)8 ע״פ כשמן הטוב9 כו׳ ובזהר הרקיע שם ור״פ אמור (דפ״ח)
(Et voyez ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « La Torah a ordonné », mentionné plus haut ; voyez aussi le Zohar, Vayikra) (page 7b), sur [le verset] « Comme l’huile précieuse », etc., ainsi que le Zohar HaRakia à cet endroit et le début de la paracha Emor (page 88).
Le texte renvoie au discours « La Torah a ordonné » et au Zohar sur « Comme l’huile précieuse sur la tête », qui explique que cette huile précieuse est l’huile d’onction sainte qui s’écoule depuis Atik Kadicha sur la tête du Roi.
גם י״ל [יש לומר] במש״כ [במה שכתוב]10 ועיקר העטרה היינו גילוי אור אבא בחינת שמן שהוא ע״ד [על דרך] מ״ש בע״ח [בעץ חיים] שכ״ב פ״ג [פרק ג׳]11 ומתפארת דאבא נעשה לו נשמה כו׳ וכתר אמיתי נעשה12 כו׳
On peut également expliquer ainsi ce qui est écrit : l’essence de la couronne est la révélation de la lumière d’Abba, le niveau de l’huile, conformément à ce qui est écrit dans Etz Chaim, Cha’ar 22, chapitre 3 : « Et de la Tiferet d’Abba, une âme est formée pour lui », etc., « et une véritable couronne est formée », etc. ;
On peut proposer une autre explication : l’essence de la couronne est la révélation de la lumière d’Abba ('Hokhma), qui est l’huile. Etz Chaim dit que l’âme de la couronne de Zeir Anpin est formée à partir de la Tiferet d’Abba, tandis que la véritable couronne est formée à partir d’Arich Anpin lui-même.
ע״ש [עיין שם] וע׳ [ועיין] בזהר אמור (דק״ב סע״ב [סוף עמוד ב])13 ובפי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות] שם גבי וכדין ירית מלכא לאו״א [לאבא ואימא]14 כו׳ ע״ש [עיין שם] אך עיקר המכוון כאן הוא כנ״ל והכל עולה בקנה א׳.
voyez là-bas. Voyez aussi le Zohar, Emor (fin de la page 102b), et le commentaire du Ramaz à cet endroit, à propos de « et alors le Roi hérite d’Abba et d’Imma », etc. ; voyez là-bas. Mais l’intention principale ici est celle mentionnée plus haut, et tout revient au même.
Le Zohar, dans Emor, ainsi que le commentaire du Ramaz, évoquent eux aussi le Roi qui « hérite » d’Abba et d’Imma lorsqu’Il est couronné. Mais l’explication principale est celle donnée plus haut, et les deux lectures concordent.
אך מכל מקום נקרא בעטרה שעטרה לו אמו כי אף שהעטרה עצמה היא למעלה מעלה מבחי׳ אימא
Malgré tout, elle est appelée « la couronne dont sa mère l’a couronné », car, bien que la couronne elle-même soit très, très au-dessus du niveau d’Imma
Pourquoi, dès lors, la couronne est-elle appelée celle « dont sa mère l’a couronné », alors qu’elle se situe très au-dessus d’Imma (Bina) ?
(וכמ״ש הרמ״ז [הרב משה זכות] וכמ״ש ג״כ במק״מ [במקדש מלך] פ׳ אחרי בדף ס״ו ע״ב)15 שהיא בחי׳ יין ישמח כמ״ש אם בנים שמחה16 עכ״ז [עם כל זה] שעטרה לו אמו.
(comme l’écrit le Ramaz, et comme il est également écrit dans le Mikdash Melech, paracha Acharei, page 66b), laquelle [Imma] est le niveau du « vin qui réjouit », comme il est écrit : « une mère joyeuse de ses enfants » ; néanmoins, c’est bien « la couronne dont sa mère l’a couronné ».
Imma est le niveau du « vin qui réjouit », la joie de la compréhension, comme le psaume la décrit comme « une mère joyeuse de ses enfants ». Malgré tout, la couronne vient par son intermédiaire.
כי להיות גילוי והמשכת עטרה זו צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] כסדר המדרגות וכמאמר עשה רצונו כרצונך כדי שיעשה רצונך כרצונו17 ונת׳ [ונתבאר] למעלה בפי׳ שיעשה רצונך כרצונו שהוא ענין גילוי בחינת רצון העליון שלמעלה מהחכמה
Car la révélation et l’émanation de cette couronne doivent suivre l’ordre des niveaux, comme le dit l’enseignement : « Fais Sa volonté comme ta volonté, afin qu’Il fasse ta volonté comme Sa volonté. » Et il a été expliqué plus haut que « Il fera ta volonté comme Sa volonté » désigne la révélation du niveau de la volonté suprême, qui est au-dessus de 'Hokhma,
La raison en est que la couronne ne peut être révélée que dans l’ordre, étape après étape, comme l’enseigne la Michna : « Fais Sa volonté comme ta volonté, afin qu’Il fasse ta volonté comme Sa volonté. » Comme cela a été expliqué plus haut, « Il fera ta volonté comme Sa volonté » désigne la révélation de la volonté suprême, au-dessus de 'Hokhma.
דהיינו המשכת הכתר שהרצון העליון שהוא רצונו יומשך ויתגלה ברצון התחתון שנקרא רצונך וכדי שיהיה בחינה זו צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] תחלה עשה רצונו כרצונך.
c’est-à-dire l’émanation de Kéter : la volonté suprême, qui est « Sa volonté », doit être attirée et révélée dans la volonté inférieure, appelée « ta volonté ». Et, pour que ce niveau se réalise, il faut d’abord « Faire Sa volonté comme ta volonté ».
Il s’agit de l’émanation de Kéter, la volonté suprême (« Sa volonté »), dans la volonté inférieure, la volonté humaine (« ta volonté »). Pour que cela se produise, il faut d’abord « Faire Sa volonté comme ta volonté ».
והוא על ידי התבוננות בחינת יין ישמח שעי״ז מולידים הרצון התחתון. והוא גורם לגילוי רצון העליון.
Cela se réalise par la contemplation du niveau du « vin qui réjouit », grâce à laquelle la volonté inférieure naît ; et cela provoque la révélation de la volonté suprême.
Cette première étape s’accomplit par la contemplation, le « vin » qui réjouit, lequel fait naître la volonté inférieure ; celle-ci provoque ensuite la révélation de la volonté suprême.
וזהו בעטרה שעטרה לו אמו כו׳. (וז״ש [וזהו שכתוב] בזהר אמור) (דצ״ד ע״א)18 והאי יין מעטרא למלכא בעטרוי19 הה״ד [הדא הוא דכתיב] שעטרה לו אמו.
Et c’est là « la couronne dont sa mère l’a couronné », etc. (Et c’est ce qui est écrit dans le Zohar, Emor) (page 94a) : « Et ce vin couronne le Roi de Ses couronnes, comme il est écrit : “dont sa mère l’a couronné”. »
C’est pourquoi il s’agit de la couronne dont « sa mère l’a couronné » : la joie de la compréhension (Imma, le vin) conduit à la couronne. Le Zohar, dans Emor, l’affirme explicitement : « ce vin couronne le Roi de Ses couronnes ».
ועיין מה שכתוב בד״ה ויקהל משה2021 מענין רצון התחתון שהוא כלי לגילוי רצון העליון כו׳ ועל ידי עטרה זו נמשך בחינת להצהיל פנים משמן כו׳
Et voyez ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Et Moché assembla », au sujet de la volonté inférieure, qui est un réceptacle pour le dévoilement de la volonté supérieure, etc. Et par cette couronne vient le niveau de « rendre le visage radieux par l’huile », etc.
Le discours « Et Moché assembla » explique comment la volonté inférieure est un réceptacle pour le dévoilement de la volonté supérieure. Par cette couronne vient le rayonnement de l’huile.
וענין במלך שלמה מלך שהשלום שלו נתבאר למעלה שעי״ז נמשך שלום בפמליא של מעלה ובפמליא של מטה. ומקור בחינת שלום זה נמשך מבחי׳ העטרה וכתר תורה.2223
Et le sens de « au roi Chlomo », le Roi à qui appartient la paix, a été expliqué plus haut : par cela, la paix est attirée dans la maison d’en haut et dans la maison d’en bas. La source de ce niveau de paix provient du niveau de la couronne et de la couronne de la Torah.
Et « le roi Chlomo », le Roi à qui appartient la paix, a été expliqué plus haut : par la Torah, il y a la paix en haut et en bas. La source de cette paix est la couronne, la couronne de la Torah.
Ce paragraphe explique pourquoi le rayonnement issu de l’huile provient de la couronne : la Torah telle que nous la connaissons est le « fruit tombé » de la 'Hokhma supérieure, tandis que le rayonnement est la révélation de l’essence même de la 'Hokhma, qui ne vient que par la couronne et le dais nuptial enveloppants. La couronne est appelée « sa mère » parce qu’on y accède selon un ordre : la joie de la compréhension (Imma, le vin, « fais que Sa volonté soit comme ta volonté ») donne naissance à la volonté humaine, qui devient ensuite un réceptacle pour la volonté supérieure.
La note du Kehot cite l’Or HaTorah : « l’huile est le mo'hin d’Abba, qui est descendu d’Atik Kadicha par l’intermédiaire du mazla et qui, de là, est entré dans Abba ». Le Zohar, dans Emor (95a), relie la couronne au vin de la Torah, le vin du kiddouch : « ce vin réjouit le Roi, et ce vin couronne le Roi de Ses couronnes ».
Maré mekomot
- 1נובלות חכמה שלמעלה תורה · Bereshit Rabbah 17:5
- 2כמ״ש באגה״ק ד״ה עוטה אור · וראה גם בקו״א לתניא ד״ה דוד זמירות.
- 3דומה דודי לצבי · Song of Songs 2:9
- 4חכמת אדם תאיר פניו · Ecclesiastes 8:1
- 5יאר ה׳ פניו · Numbers 6:25
- 6ממקור החכמה הנובע · Proverbs 18:4
- 7להצהיל פנים משמן · Psalms 104:15
- 8ועיין בזהר ויקרא (דף ז׳ ע״ב) · נזכר גם לעיל פ׳ פקודי ו, ג. וראה באוה״ת כרך ג ע׳ תשלג נעתק הלשון ”פי׳ שמן הם המוחין דאבא וירדו מע״ק דרך המזלא ומשם נכנס באבא עכ״ל” ע״ש.
- 9כשמן הטוב · Psalms 133:2
- 10במש״כ · לקמן כז, ב.
- 11בע״ח שכ״ב פ״ג · בדפוס שקלאוו תק״ס. לפנינו שכ״ג (ש׳ מוחין דצלם) וצ״ל רפ״ז וכאן ט״ס פ״ג. [כ].
- 12ומתפארת דאבא נעשה לו נשמה כו׳ וכתר אמיתי נעשה · Sefer Etz Chaim 23:7
- 13אמור (דק״ב סע״ב) · באוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ שפה מציין דשם פי׳ הרמ״ז עטרה הוא כתר דז״א.
- 14וכדין ירית מלכא לאו״א · Zohar, Emor 40:252–42:260
- 15במק״מ פ׳ אחרי בדף ס״ו ע״ב · באוה״ת שה״ש ע׳ שפד ”ופי׳ המק״מ דעטרה זו באה מתפארת דעתיק ע״י בינה דאריך” ע״ש.
- 16אם בנים שמחה · Psalms 113:9
- 17עשה רצונו כרצונך כדי שיעשה רצונך כרצונו · Pirkei Avot 2:4
- 18אמור (דצ״ד ע״א) · צ״ל צה. [כ]. וראה באוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ שפד.
- 19והאי יין מעטרא למלכא בעטרוי · Zohar, Emor 25:123–26:131
- 20בד״ה ויקהל משה · תו״א פ׳ ויקהל.
- 21ויקהל משה · Exodus 35:1
- 22
- 23
33והנה כדי להיות גילוי בחינת עטר זו צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] צאינה וראינה1 צאינה בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] וכמו עד״מ [על דרך משל] שאבן טוב2 המבהיק ביותר א״א [אי אפשר] לראות ולהביט בו נגד השמש ממש
Or, pour que ce niveau de la couronne se révèle, il faut « sortir et contempler » : « sortir » vers Béria, Yetsira et Assiya. Ainsi, à titre d’analogie, une pierre précieuse d’un éclat extraordinaire ne peut être vue ni contemplée lorsqu’on la regarde directement face au soleil,
Pour voir la couronne, il faut « sortir » d’Atsilout vers les mondes inférieurs de Béria, Yetsira et Assiya. On ne peut distinguer correctement une pierre précieuse d’un éclat fulgurant lorsqu’elle se trouve face au soleil lui-même.
רק דייקא במקום שאין שם אור כ״כ [כל כך] וגם כמו שא״א [שאי אפשר] להסתכל באור האבוקה מקרוב ממש אלא מרחוק כו׳
mais précisément dans un endroit où la lumière n’est pas si intense ; de même, il est impossible de regarder la lumière d’une torche de tout près, mais seulement de loin, etc.
On ne la voit que dans un lieu moins éclairé ; et l’on ne peut regarder une torche de tout près, mais seulement à distance. De même, la couronne ne se voit que lorsqu’on se trouve « à l’extérieur ».
(גם יש לומר דוגמא לזה ממ״ש בע״ח [בעץ חיים] של״א3 פ״א בשם הזהר בפי׳ ותתצב אחותו מרחוק.4 מרחוק ה׳ נראה לי כי כל אורות אבא הם מרחוק ולא מקרוב5 כו׳ ובפע״ח [ובפרי עץ חיים] שער העמידה ס״פ י״ג)
(On peut également en trouver un exemple dans ce qui est écrit dans Etz Chaim, Sha’ar 31, chapitre 1, au nom du Zohar, à propos du sens de « Sa sœur se tenait à distance », [et de] « De loin, Havaya m’est apparu » : car toutes les lumières d’Abba viennent de loin, et non de près, etc. ; et dans Pri Etz Chaim, Sha’ar HaAmidah, fin du chapitre 13.)
Etz Chaim rapporte un enseignement similaire au nom du Zohar : les versets « Sa sœur se tenait à distance » et « De loin, Havaya m’est apparu » enseignent que toutes les lumières d’Abba ('Hokhma) se voient de loin et non de près.
ועוי״ל [ועוד יש לומר] כפשוטו בפי׳ צאינה שזהו ענין לכו לחמו כו׳ כי עם היות דהעטרה היא שעטרה לו אמו שהיא בחי׳ אם הבנים שמחה6 וישמחו בך כו׳
On peut encore expliquer, selon le sens simple, que « Sortez » désigne l’idée de « Allez, mangez », etc. Car, bien que la couronne soit celle « dont sa mère l’a couronné », c’est-à-dire le niveau de « la mère des enfants se réjouit » et « ils se réjouiront en Toi », etc.,
Une seconde lecture, plus simple : « Sortez » est le « Allez » de « Allez, mangez de mon pain ». La couronne vient de la « mère », la mère des enfants qui se réjouit, et Israël se réjouit en D.ieu.
אך שמחה זו היא בחי׳ יינה של תורה כנל וכמו שא״א [שאי אפשר] לשתות יין אליבא ריקנא כך מתחלה צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] ולחם לבב אנוש יסעד7
cette joie est toutefois le niveau du « vin » de la Torah, comme indiqué plus haut ; et, de même qu’il est impossible de boire du vin l’estomac vide, il faut d’abord « et le pain soutient le cœur de l’homme »,
Cette joie est le vin de la Torah. De même qu’il ne convient pas de boire du vin l’estomac vide, il faut d’abord avoir le pain qui soutient le cœur de l’homme.
והיינו לכו לחמו בלחמי8 וזהו צאינה כו׳ ואח״כ [ואחר כך] ויין ישמח כו׳ להצהיל פנים וזהו וראינה בעטרה שעטרה לו אמו ביום חתונתו910111213 כו׳
c’est-à-dire « Allez, mangez de mon pain » ; voilà ce que signifie « Sortez », etc. Puis vient « et le vin réjouit », etc., « pour illuminer le visage » ; voilà ce que signifie « et contemplez la couronne dont sa mère l’a couronné le jour de ses noces », etc.
Ainsi, « Sortez » signifie « Allez, mangez de mon pain » ; vient ensuite le vin qui réjouit et illumine le visage. C’est alors que l’on peut « contempler la couronne dont sa mère l’a couronné le jour de ses noces », c’est-à-dire au moment du Don de la Torah.
(ועיין מענין צאינה וראינה בעטרה כו׳ בזח״א [בזהר חלק א] ויחי רמ״ו א׳ רמ״ח סע״ב [סוף עמוד ב] ח״ב [חלק ב׳] וארא כ״ב א׳ תרומה קל״ד א׳ ח״ג [חלק ג׳] אמור צ״ח א׳ נשא קמ״ח ב׳ בלק ר״ט14 א׳):
(Voir également, au sujet de « Sortez et contemplez la couronne », etc., le Zohar, partie I, Vayechi 246a et fin de 248b ; partie II, Va’era 22a, Terumah 134a ; partie III, Emor 98a, Nasso 148b, Balak 209a.)
Le texte énumère des passages du Zohar qui traitent de « Sortez et contemplez la couronne ».
Le paragraphe conclusif interprète « Sortez et contemplez » de deux façons : il faut sortir vers les mondes inférieurs pour voir la couronne, comme une pierre précieuse ou une torche ne se voit qu’à distance ; et, selon une lecture plus simple, « Sortez » signifie qu’il faut d’abord manger le pain de la Torah, puis boire son vin, afin de pouvoir contempler la couronne donnée le jour du Don de la Torah.
Dans le discours « Ousefartem » de 5677, cité dans la note de Kehot, ce passage est expliqué par l’image d’un sceau gravé sur une pierre précieuse : les lettres ne peuvent être discernées sur la pierre elle-même, bien qu’elles constituent l’essence du sceau ; elles n’apparaissent que lorsqu’on les imprime dans la cire. De même, à Atsilout, où « Lui et Ses réceptacles sont un », Kéter ne peut être saisi tant que l’on ne « sort » pas vers les chambres de Béria.
Maré mekomot
- 1צאינה וראינה · Song of Songs 3:11
- 2כדי להיות גילוי בחינת עטרה . . וכמו עד״מ שאבן טוב · מובא בד״ה וספרתם עזר״ת ע׳ קצב שמציין לכאן: ”שכדי לראות בעטרה שעטרה לו כו׳ שהוא אור הכתר, צ״ל צאינה מאצי׳ בהיכלות דברי׳ שם דוקא תוכלו לראות כו׳, וכמו עד״מ החותם אותיות החקוקים על אבן טוב הרי על האבן טוב אינם ניכרים האותיות עם היות שזהו עצם החותם, רק כשנחתמים על השעוה אז נראים האותיות כו׳, ועד״ז באצי׳ דאיהו וגרמוהי חד זהו כמשל בהירת האב״ט שם לא יהי׳ ההשגה באור הכתר אלא ע״י צאינה בהיכלות דברי׳ כו׳” עכ״ל שם.
- 3בע״ח של״א · בדפוס שקלאוו תק״ס. לפנינו של״ב. [כ].
- 4ותתצב אחותו מרחוק · Exodus 2:4
- 5כי כל אורות אבא הם מרחוק ולא מקרוב · Sefer Etz Chaim 32:3–4
- 6אם הבנים שמחה · Psalms 113:9
- 7ולחם לבב אנוש יסעד · Psalms 104:15
- 8לכו לחמו בלחמי · Proverbs 9:5
- 9בעטרה שעטרה לו אמו ביום חתונתו · Zohar, Vayechi 72:752–73:761
- 10בעטרה שעטרה לו אמו ביום חתונתו · Zohar, Vaera 1:1–8
- 11בעטרה שעטרה לו אמו ביום חתונתו · Zohar, Emor 35:167–171
- 12בעטרה שעטרה לו אמו ביום חתונתו · Zohar, Beha'alotcha 1:1–2:5
- 13בעטרה שעטרה לו אמו ביום חתונתו · Zohar, Balak 44:432–440
- 14ועיין מענין צאינה וראינה . . בלק ר״ט א׳ · הרבה מ״מ אלו נעתקו באוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ שפב ואילך.
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
L’homme doit consacrer principalement son esprit à la Torah, tant à ses enseignements révélés qu’à sa dimension intérieure, et seulement un peu aux affaires. Dans la prière, il doit contempler la grandeur de D.ieu jusqu’à ce que l’amour s’embrase, puis étudier la Torah dans cet esprit, pour elle-même. Lorsque l’amour s’estompe au cours de la journée de travail, il peut au moins écarter tout désir étranger. Il doit observer la Torah et les mitsvot dans la joie, qui naît de la contemplation du fait qu’elles sont la volonté même de D.ieu. L’ordre est d’abord le pain, puis le vin : l’étude de la Torah fortifie même celui qui n’éprouve encore aucun amour, et le conduit à la joie et au rayonnement.
Questions à discuter
- Pourquoi l’Admour Hazaken insiste-t-il sur le fait que la joie du vin existe en vue du rayonnement de l’huile, alors que ce rayonnement ne peut être atteint sans passer d’abord par le vin ?
- Comment l’image de Metatron qui s’élève le Chabbat et redescend chaque dimanche explique-t-elle à la fois le verset « ses jours sont comme l’herbe » et la manière dont nous comptons les jours de la semaine ?
- Quelle est la différence entre les deux interprétations de « Fais de Sa volonté ta volonté », et comment chacune conduit-elle à « Il fera de ta volonté Sa volonté » ?
- Pourquoi « Annule ta volonté » ne peut-il s’appliquer qu’en dehors de la prière, et que nous enseigne cela sur les heures consacrées au travail et aux affaires ?
- En quel sens faut-il « sortir » pour voir la couronne, et comment les analogies de la pierre précieuse et de la torche l’expliquent-elles ?