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Likkutei Torah · Parshas Shir HaShirim · Maamar 26

אני ישנה ולבי ער קול דודי דופק פתחי לי כו׳

« Je dors, mais mon cœur est éveillé »

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L’idée centrale

En exil, Israël « dort » : les lettres de la Torah et de la prière portent toujours la Lumière infinie, mais celle-ci est cachée. Pourtant, D.ieu, le « cœur » d’Israël, reste éveillé et, comme un cœur qui ne donne que ce qu’il a d’abord reçu, Son flux répond à notre éveil d’en bas ; au-delà de celui-ci, la « rosée » de la volonté supérieure se révèle pleinement une fois que l’homme a fait tout ce qui était en son pouvoir.

Le maamar en bref

Le maamar explique le verset du Cantique des Cantiques 5:2. L’exil est un sommeil, dans lequel « nos signes », les lettres de la Torah et de la prière, ne sont pas visibles ; pourtant, comme des chevaux, elles portent la Lumière infinie qui entoure tous les mondes jusque dans l’âme. D.ieu est appelé le cœur d’Israël plutôt que son cerveau, car le cœur ne donne que ce qu’il a d’abord reçu ; Son flux dépend donc d’un éveil d’en bas : l’amour du Chéma, un désir véritable (chefets) pour D.ieu seul, qui attire Son plaisir dans la Torah et les mitsvot. Les quatre noms de l’épouse désignent les étapes de cet amour : « ma sœur », l’amour naturel libéré du corps ; « ma bien-aimée », Israël « nourrissant » D.ieu par son annulation de soi, comme la nourriture digérée devient le sang qui lie l’âme au corps, ce qui est possible parce qu’Israël « s’éleva en pensée » ; « ma colombe », un regard posé sur le Roi qui n’est jamais rassasié ; « ma parfaite », Israël rendant D.ieu « parfait », comme s’il L’avait créé, en formant les réceptacles de Ses attributs. Tout cela est suscité par « ma tête est remplie de rosée », un éveil d’en haut qui dépasse l’éveil d’en bas : « Ouvre pour Moi comme la pointe d’une aiguille, et J’ouvrirai pour toi comme l’entrée du Oulam. »

Plan

  1. Sommeil, signes et lettresL’exil est un sommeil, dans lequel « nos signes », les lettres de la Torah et de la prière, ne sont pas visibles. Les lettres sont des « chevaux » qui portent la Lumière infinie qui entoure tous les mondes jusque dans l’âme ; à l’avenir, cela sera visible au grand jour. Pourtant, « mon cœur est éveillé » : D.ieu est appelé le cœur d’Israël.¶1–2
  2. Pourquoi le cœur et non le cerveauLe flux du cœur suit un circuit : il reçoit le sang produit par la nourriture, se contracte sur lui puis s’ouvre pour le faire sortir ; ce mouvement constitue son battement constant, tandis que le cerveau ne fait que donner. D.ieu est donc appelé le cœur : Son flux vers la création dépend de l’éveil d’en bas.¶3–5
  3. L’amour du Chéma et le plaisir supérieurL’éveil d’en bas est « Tu aimeras » : chefets, un désir qui trouve son plaisir en D.ieu seul, et non un simple ratzon. En réponse, la volonté intérieure et le plaisir de D.ieu sont attirés dans la Torah et les mitsvot matérielles ; ainsi, le joug du Ciel précède le joug des mitsvot.¶6–8
  4. Le cœur éveillé en exil et le poulsMême en exil, la volonté du cœur demeure, et le plaisir est attiré dans la Torah et les mitsvot, bien qu’il reste caché ; D.ieu accomplit des merveilles « seul ». La prière remplace les sacrifices dans le domaine caché. Outre le battement intérieur du cœur, il existe un pouls extérieur, la bonté de D.ieu, évoquée par dofek, dont les lettres forment pakad.¶9–10
  5. « Ma sœur, ma bien-aimée » : libérer l’amour et « manger »« Ma sœur » désigne l’amour naturel de l’âme divine, qu’il faut libérer de la prison du corps. « Ma bien-aimée » signifie qu’Israël « nourrit » D.ieu : l’annulation de soi des anges et des âmes dans le Chéma et ses bénédictions constitue la « nourriture » de D.ieu, l’âme étant absorbée dans le corps du Roi.¶11–14
  6. Construire les attributsDe même que la nourriture devient du sang et lie l’âme au corps, l’annulation de soi lie la Lumière infinie au « corps » des attributs ; même 'Hessed et 'Hokhma doivent être « construits ». Cette force vient de la racine d’Israël dans la pensée au sein de la pensée, au-dessus de la parole divine dont proviennent les mondes et les Séfirot, de même que la parole divine de la nourriture est supérieure à celle de l’homme.¶15–19
  7. « Ma colombe » : le regard jamais rassasiéLe niveau supérieur de « ma colombe » est un regard constant posé sur la gloire du Roi, semblable aux voyages sans fin d’Avraham ; il n’est jamais rassasié, car D.ieu est infini et renouvelle la création à partir du néant. Il procure joie et plaisir en D.ieu.¶20–22
  8. « Ma parfaite » : comme si vous M’aviez crééIsraël est le « jumeau » de D.ieu et Le rend « parfait ». La création des réceptacles, 'Hessed et Guevoura, par la bonté et par la soumission et la transformation de la sitra a'hra, révèle Sa perfection, comme si Israël L’avait créé.¶23–25
  9. « Ma tête est remplie de rosée »La rosée, qui n’est jamais retenue, est un éveil d’en haut qui ne dépend pas de l’éveil d’en bas : la « tête » ne fait que donner. Dans la dimension intérieure, elle ne se révèle qu’après l’éveil d’en bas dans toute sa plénitude : la pointe de l’aiguille et l’entrée du Oulam.¶26–27
  10. Dans le service divinL’homme ne peut parfaire que ce qui se trouve depuis 'Hokhma et vers le bas ; la volonté de l’âme, comme la volonté supérieure, lui échappe, mais elle se révèle une fois qu’il a fait tout ce qui était en son pouvoir. Une liste de sources sur « Je dors » clôt le maamar.¶28–29

Notions clés

Nos signes, nos lettres (osiyos)אותותינו / אותיותינו
Les lettres de la Torah et de la prière, qui « font venir » la Lumière infinie de la dissimulation à la révélation et la portent, comme des chevaux, là où elle ne pourrait autrement parvenir ; en exil, elles ne sont pas visibles.
Le cœur d’Israëlלבן של ישראל
D.ieu est appelé le cœur et non le cerveau, car le cœur ne donne que ce qu’il a d’abord reçu ; Son flux de vie dépend donc de l’éveil d’en bas.
Éveil d’en bas / éveil d’en hautאתערותא דלתתא / אתערותא דלעילא
Le service de l’homme qui suscite une réponse divine, et la réponse divine elle-même ; un éveil d’en haut dépend de l’éveil d’en bas, tandis qu’un éveil supérieur, la « rosée », n’en dépend pas.
Désir (chefets) et volonté (ratzon)חפץ / רצון
Le ratzon peut exister même sans désir intérieur, comme lorsqu’on consent sous la contrainte ; le chefets est un désir qui trouve son plaisir dans ce qu’il veut, et c’est la qualité de l’amour du Chéma.
Être absorbé dans le corps du Roiלאשתאבא בגופא דמלכא
L’annulation complète de l’âme et son inclusion dans la Divinité, appelée « nourriture » là-haut, comme la nourriture qui devient le sang de l’âme.
La pensée au sein de la penséeמחשבה שבמחשבה
Le plus élevé des trois niveaux de pensée : l’intellect et la compréhension véritables, où les âmes d’Israël ont leur racine ; les mondes et les Séfirot proviennent du niveau inférieur de la parole au sein de la pensée.
Dofek et pakadדפק / פקד
Le pouls, prolongement extérieur du battement du cœur, dont les lettres forment pakad, l’attention bienveillante et le souvenir de D.ieu.
Roséeטל
Un flux divin qui n’est jamais retenu, issu de la volonté supérieure au-delà de l’éveil d’en bas, attiré dans « ma tête », 'Hokhma.
La pointe d’une aiguille et l’entrée du Oulamכחודה של מחט / כפתחו של אולם
Tout ce qui est en son pouvoir, depuis 'Hokhma et vers le bas, n’est qu’une pointe d’aiguille par rapport à l’Infini ; lorsqu’il l’ouvre pleinement, D.ieu ouvre une entrée semblable à l’accès sans porte du vestibule du Temple.

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Sommeil, signes et lettres ¶1–2

1אני ישנה ולבי ער קול דודי דופק פתחי לי כו׳. וברבות בשה״ש [בשיר השירים] אני ישנה מן הקץ ובזהר פ׳ אמור (צ״ה ע״א)

« Je dors, mais mon cœur est éveillé ; la voix de mon bien-aimé frappe : “Ouvre-moi…” », etc. Et dans le Midrach Rabba sur le Cantique des Cantiques : « Je dors » — à l’égard de la Fin. Et dans le Zohar, parachat Emor (95a) :

Explication

Le maamar s’ouvre sur les paroles de la fiancée dans le Cantique des Cantiques 5:2. Deux interprétations de « Je dors » sont rapportées : le Midrach sur le Cantique des Cantiques y voit Israël endormi à l’égard de la Fin, c’est-à-dire du temps de la rédemption (alors que le cœur reste éveillé à la rédemption) ; le Zohar, dans la parachat Emor, y voit une allusion à l’exil.

אני ישנה בגלותא והענין כי הנה הגלות דומה לשינה כמו שהשינה הוא ע״י שנתסם מראה עיניו.

« Je dors — dans l’exil. » L’explication est la suivante : voici que l’exil ressemble au sommeil. De même que le sommeil survient lorsque la vue des yeux est obstruée,

Explication

Selon l’interprétation du Zohar, l’exil lui-même est le sommeil. L’Admour Hazaken explique la comparaison : celui qui dort est vivant, mais sa vue est obstruée et il ne voit pas.

כך הנה בגלות נאמר אותותינו לא ראינו פי׳ אותותינו כמו אותיותינו דהיינו אותיות התורה והתפלה כי הנה כתיב (ישעיה מ״ה י״א) האותיות שאלוני על בני ועל פועל ידי תצוני.

ainsi, dans l’exil, il est dit : « Nous n’avons pas vu nos signes. » Le sens de « nos signes » (osoteinou) est analogue à « nos lettres » (osiyoteinou), c’est-à-dire les lettres de la Torah et de la prière. Car voici ce qui est écrit (Isaïe 45:11) : « Les lettres, interrogez-Moi au sujet de Mes enfants, et donnez-Moi des ordres au sujet de l’œuvre de Mes mains. »

Explication

Le verset « Nous n’avons pas vu nos signes » (Psaumes 74:9) est une lamentation sur l’exil. L’Admour Hazaken interprète osoteinou, « nos signes », comme osiyoteinou, « nos lettres », c’est-à-dire les lettres de la Torah et de la prière. Il appuie cette lecture sur Isaïe 45:11, où le mot ha’osiyos est compris comme « les lettres ».

והענין הוא כי הנה אותיות הוא מלשון אתא בקר שהן המביאות והממשיכות אור א״ס [אין סוף] ב״ה מההעלם אל הגילוי

L’explication est la suivante : le mot osiyos (lettres) se rattache à l’expression « le matin vient » (assa) ; car elles sont ce qui apporte et fait descendre la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, de la dissimulation à la révélation,

Explication

Le mot osiyos est rapproché de assa, « vient », comme dans « Le matin vient » (Isaïe 21:12). Les lettres « apportent » la Lumière infinie, la faisant passer de la dissimulation à la révélation.

להיות גילוי אור א״ס [אין סוף] ב״ה ממש בנפש האדם למטה שלכן נקראו האותיות בשם סוסים כמ״ש במ״ת [במתן תורה] כי תרכב על סוסיך כו׳ שהן אותיות התורה ונמשלו

afin que la Lumière infinie, béni soit-Il, se révèle véritablement dans l’âme de l’homme ici-bas. C’est pourquoi les lettres sont appelées « chevaux », comme il est écrit au sujet du Don de la Torah : « Quand Tu montes sur Tes chevaux », etc. ; ces chevaux sont les lettres de la Torah. Et elles sont comparées

Explication

Le but de cet apport est une révélation véritable de la Lumière infinie dans l’âme humaine en ce monde. C’est pourquoi les lettres sont appelées « chevaux » : le verset d’Habacuc 3:8, « Quand Tu montes sur Tes chevaux », est interprété comme décrivant le Don de la Torah, et les chevaux représentent les lettres de la Torah.

כמו סוס לגבי רוכבו שכשם שהסוס רץ ומוליך את הרוכב למקום שאין הרוכב מגיע לשם מצד טבעו בעצמו כך האותיות הן כסוס לגבי רוכבו הוא אור א״ס [אין סוף] ב״ה הסוכ״ע [הסובב כל עלמין]

à un cheval par rapport à son cavalier : de même que le cheval court et transporte le cavalier vers un lieu que celui-ci ne pourrait atteindre par sa propre nature, ainsi les lettres sont comme un cheval par rapport à leur cavalier, qui est la Lumière infinie, béni soit-Il, la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin),

Explication

Le cheval est inférieur à son cavalier, mais il le porte vers des lieux qu’il ne pourrait atteindre par lui-même. Ici, le cavalier est la Lumière infinie qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), le niveau de divinité trop élevé pour pénétrer dans les mondes ; les lettres la transportent là où elle ne pourrait autrement parvenir.

שהוא למעלה מעלה מגדר ההשתלשלות והתלבשות המדרגות ולית מחשבה תפיסא בי׳ [ביה] שאינו מתלבש כלל בירידת והשתלשלות סדר המדרגות כ״א [כי אם] ע״י שנתפס ומתלבש באותיות התורה

laquelle est très, très au-dessus des limites de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) et de l’investiture des niveaux ; et « aucune pensée ne peut la saisir ». Car elle ne s’investit nullement dans la descente et l’enchaînement de l’ordre des niveaux ; elle ne peut être saisie et revêtue que dans les lettres de la Torah.

Explication

Cette lumière se situe très au-dessus de tout l’ordre descendant des niveaux et échappe à la saisie de toute pensée. Elle ne pénètre pas du tout dans cet ordre de niveaux ; elle n’est « saisie » que lorsqu’elle s’investit dans les lettres de la Torah.

(ועמ״ש בד״ה ויאמר משה אכלוהו היום ובד״ה נר חנוכה כו׳ מזוזה מימין ובד״ה לריח שמניך וע׳ [ועיין] בע״ה שער א׳ פ״ד) וזהו האותיות שאלוני על בני כו׳

(Voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et Moché dit : “Mangez-en aujourd’hui” », dans le discours commençant par « La lampe de ‘Hanouka », etc., « la mezouza à droite », et dans le discours commençant par « Car tes huiles exhalent leur parfum » ; voir aussi Emek HaMelech, Sha’ar 1, chapitre 4.) Et c’est là le sens de : « Les lettres, interrogez-Moi au sujet de Mes enfants », etc. :

Explication

La parenthèse renvoie le lecteur à trois autres discours qui développent le thème des lettres de la Torah, ainsi qu’à Emek HaMelech, un ouvrage de Kabbala, Sha’ar 1, chapitre 4. Le texte revient ensuite au verset d’Isaïe sur les lettres.

האותיות עצמן הן הן המשכות על בני שבאותיות התורה והתפלה נשמך גילוי זה בנפש האדם למטה להיותה משכלת ומתבוננת בגדולת א״ס [אין סוף] ב״ה שכשמו כן הוא אין לו סוף ואין ערוך אליו כו׳.

les lettres elles-mêmes sont précisément les prolongements qui s’opèrent « sur Mes enfants » ; car, dans les lettres de la Torah et de la prière, cette révélation est attirée dans l’âme de l’homme ici-bas, afin qu’elle comprenne et contemple la grandeur de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, qui est tel que Son Nom l’indique : Il est sans fin et rien ne peut Lui être comparé, etc.

Explication

Les lettres elles-mêmes sont les canaux qui font descendre la divinité « sur Mes enfants ». Par l’étude de la Torah et la prière, la révélation atteint l’âme et lui permet de comprendre et de contempler la grandeur de l’Infini, dont le Nom même, Ein Sof (« sans fin »), exprime ce qu’Il est : sans limites et au-delà de toute comparaison.

Le paragraphe 1 en bref

L’exil est comparé au sommeil, dans lequel on ne voit plus. Ce que nous ne voyons pas, ce sont nos « signes », les lettres de la Torah et de la prière : tels des chevaux, elles transportent la Lumière infinie, au-delà de tous les niveaux, jusque dans l’âme humaine.

Pour aller plus loin

Deux images se rejoignent ici : osiyos comme « celles qui apportent » (de assa, « vient »), et les lettres comme des chevaux qui portent un cavalier au-delà de ce qu’il pourrait atteindre par lui-même. Toutes deux expriment que les lettres, bien qu’elles soient la forme d’expression la plus basse et la plus concrète, transmettent le sovev, la lumière qu’aucun niveau de l’ordre descendant ne peut contenir.

Maré mekomot

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2וכולא קמי׳ [קמיה] כלא ממש ואי לזאת תכלה אליו הנפש בבחי׳ ביטול ממש להיות גילוי אור א״ס [אין סוף] ב״ה למטה כמו למעלה.

Et « tout devant Lui n’est réellement rien ». C’est pourquoi l’âme se consume de désir pour Lui, dans un état d’annulation de soi (bitoul) véritable, afin que la Lumière infinie (Or Ein Sof) béni soit-Il se révèle ici-bas comme en haut.

Explication

Contempler que tout devant D.ieu n’est que néant suscite dans l’âme un désir si intense qu’elle semble s’éteindre, dans une annulation de soi complète. Par là, la Lumière infinie se révèle ici-bas comme elle l’est en haut.

אך בגלות אותותינו לא ראינו שאינו נראה ונגלה גילוי אור א״ס [אין סוף] ב״ה הסוכ״ע [הסובב כל עלמין] בבחי׳ גילוי ממש בעולם

Mais, dans l’exil, « nos signes, nous ne les avons pas vus » : la révélation de la Lumière infinie, béni soit-Il, la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), n’est ni vue ni révélée dans le monde comme une révélation véritable,

Explication

Dans l’exil, toutefois, cette révélation de la lumière qui entoure tous les mondes n’est pas ouvertement visible dans le monde. C’est le sens de « nos signes, nous ne les avons pas vus ».

כמו שיהי׳ [שיהיה] לעתיד כי עין בעין יראו כו׳ ונגלה כבוד הוי׳ וראו כל בשר כו׳.

comme ce sera dans les temps futurs, car « de leurs yeux, ils verront », etc., et « la gloire de Havaya sera révélée, et toute chair verra », etc.

Explication

Le contraste est celui des temps futurs, où, comme le dit Isaïe, la divinité sera vue « de leurs yeux » et où « toute chair verra » la gloire de Havaya. Alors, la révélation sera visible même aux yeux physiques.

אך מ״מ [מכל מקום] ולבי ער ופי׳ בזהר ולבי דא קוב״ה [קודשא בריך הוא] וכ״כ [וכן כתב] ברבות בשה״ש [בשיר השירים] גבי ולבי ער איכן מצינו שנק׳ הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] לבן של ישראל מן הדין קרא דכתיב צור לבבי וחלקי אלקים לעולם.

Pourtant, malgré tout, « mon cœur est éveillé ». Et le Zohar explique : « “Et mon cœur” — c’est le Saint béni soit-Il. » De même, il est écrit dans [le Midrach] Rabba sur le Cantique des cantiques, à propos de « mon cœur est éveillé » : « Où trouvons-nous que le Saint béni soit-Il est appelé le cœur d’Israël ? Dans ce verset, comme il est écrit : “Le Rocher de mon cœur et ma part, c’est D.ieu pour toujours.” »

Explication

Pourtant, même tandis qu’Israël dort dans l’exil, « mon cœur est éveillé ». Le Zohar interprète « mon cœur » comme désignant le Saint béni soit-Il, et le Midrach déduit du verset « le Rocher de mon cœur » (Psaumes 73:26) que D.ieu est appelé le cœur d’Israël ; le cœur qui demeure éveillé pendant le sommeil de l’exil est D.ieu Lui-même.

Le paragraphe 2 en bref

L’idéal est que la Lumière infinie se révèle ici-bas comme en haut ; dans l’exil, elle est cachée et ne sera manifestée ouvertement que dans les temps futurs. Pourtant, « mon cœur est éveillé » : D.ieu, appelé le cœur d’Israël, demeure éveillé au sein de l’exil.

Maré mekomot

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Pourquoi le cœur et non le cerveau ¶3–5

3וזהו לבבתני אחותי כלה. ועמ״ש מזה בד״ה ביום השמע״צ [השמיני עצרת] והיינו שהלב הוא חיות כל האברים שבו משכן הדם הוא הנפש המחיה את כל הגוף כך הקבה הוא הוא חיינו ואתה מחיה את כולם.

Et c’est là [le sens de] « Tu as conquis mon cœur (libavtini), ma sœur, fiancée ». Voir ce qui est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par « Le jour de Chemini Atséret ». C’est-à-dire que le cœur est la force vitale de tous les membres, car le sang y a sa demeure ; or le sang est l’âme qui donne vie à tout le corps. De même, le Saint béni soit-Il est notre vie même, et « Tu donnes la vie à tous ».

Explication

Le mot libavtini, « Tu as conquis mon cœur », vient de lev, « cœur », et se rattache ici à l’idée que D.ieu est le cœur d’Israël. Le cœur donne vie à tous les membres parce que le sang, qui « est l’âme », y réside ; ainsi, D.ieu est notre vie même, comme le dit le verset : « Tu donnes la vie à tous ».

אך להבין למה נקרא עד״מ [על דרך משל] בשם לב דוקא ולא בשם מוח עד״מ [על דרך משל] שהרי גם המוח הוא משפיע החיות לכללות הגוף דתלת שליטין אינון מוחא ולבא וכבדא

Mais [il faut] comprendre pourquoi, par analogie, Il est appelé précisément « cœur », et non, par analogie, « cerveau » ; car le cerveau aussi dispense la force vitale à l’ensemble du corps, puisque « trois gouvernent : le cerveau, le cœur et le foie ».

Explication

La question est de savoir pourquoi l’analogie porte précisément sur le cœur et non sur le cerveau, puisque le cerveau aussi donne vie à tout le corps. Le Zohar compte trois « gouvernants » du corps : le cerveau, le cœur et le foie.

אך אינו דומה סיבוב והילוך השפעת החיות שמן הלב לאברים להילוך ההשפעה שמן המוח לאברים כי הנה על הלב נאמר כל הנחלים הולכים אל הים כו׳.

Cependant, le circuit et le parcours du flux de force vitale du cœur vers les membres ne sont pas semblables au parcours du flux du cerveau vers les membres. En effet, à propos du cœur, il est dit : « Tous les fleuves vont vers la mer », etc.,

Explication

La réponse commence ainsi : le flux issu du cœur suit un circuit, contrairement à celui qui vient du cerveau et ne va que dans un sens. Le verset « Tous les fleuves vont vers la mer » (Ecclésiaste 1:7), qui se poursuit par « là, ils retournent pour aller », est appliqué au cœur.

Le paragraphe 3 en bref

D.ieu est appelé le cœur d’Israël, car le cœur est le siège de la vie. Le paragraphe demande ensuite pourquoi l’analogie se rapporte au cœur plutôt qu’au cerveau, puis commence à répondre en invoquant le parcours circulaire du flux issu du cœur.

Pour aller plus loin

Tanya, Iggeret HaKodech 31, auquel renvoie la note de Kehot, développe la même image : la force vitale sort du cœur avec le sang vers tous les membres, puis y revient ; les âmes d’Israël sont appelées les membres de la Chekhina, elle-même appelée « cœur », comme dans « le Rocher de mon cœur ».

Maré mekomot

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4ובמקום שהם הולכים שחם הם שבים ללכת שנמשך הדם מכל האברים אל הלב וחוזר מן הלב ונמשך לכל האברים.

« Et au lieu où ils vont, là ils retournent » : car le sang est attiré de tous les membres vers le cœur, puis revient du cœur et se répand dans tous les membres.

Explication

La seconde moitié du verset, « au lieu où ils vont, là ils retournent », décrit la circulation. Le sang va de tous les membres vers le cœur, puis repart du cœur vers tous les membres.

וגם הנה השפעת החיות שמן הלב לאברים הוא מן הדם שהוא הנפש והדם מתהווה מן המאכל שמתעכל ונעשה דם הנפש ממש.

De plus, la force vitale que le cœur transmet aux membres provient du sang, qui est l’âme ; et le sang se forme à partir de la nourriture, qui est digérée et devient véritablement le sang de l’âme.

Explication

Une autre différence : la force vitale du cœur est portée par le sang, qui « est l’âme », et ce sang est lui-même produit par la nourriture digérée. Le cœur transmet ce qu’il a d’abord reçu d’en bas.

Le paragraphe 4 en bref

Deux caractéristiques distinguent le cœur du cerveau : son flux forme un circuit, puisqu’il lui revient des membres, et ce qu’il transmet est le sang qu’il a d’abord reçu de la nourriture.

Maré mekomot

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5והנה תחלת בישול המאכל הוא בכבד ששם נעשה דם ומתברר ומהמובחר שולח ללב ואזי נסגר הדם בתוך הלב ואח״כ [ואחר כך] נפתח הלב ע״י כח ההמשכה שנמשך מן המוח ופותח את הלב להמשיך הדם בכל האברים

Or, le commencement de la digestion des aliments se fait dans le foie : c’est là qu’ils deviennent du sang et sont épurés, et que le meilleur [de ce sang] est envoyé au cœur. Le sang est alors enfermé dans le cœur, puis celui-ci s’ouvre sous l’action de la force d’impulsion qui vient du cerveau et qui ouvre le cœur afin de faire circuler le sang dans tous les membres.

Explication

Cela correspond à la physiologie connue à l’époque de l’Admour Hazaken : les aliments sont d’abord traités dans le foie, qui produit et épure le sang, puis envoie au cœur ce qu’il en a de meilleur. Le sang reste enfermé dans le cœur jusqu’à ce qu’une force venant du cerveau ouvre celui-ci et fasse circuler le sang dans les membres.

ולכן הלב דופק תמיד שמחמת סגירה ופתיחה הנל שהן תמיד כי תמיד מתרר ונשלח דם חדש מן הכבד אל הלב ונסגר ואח״כ [ואחר כך] נמשך כח מן המוח ופותחו

C’est pourquoi le cœur bat sans cesse : il se ferme et s’ouvre constamment, comme on l’a dit, car du sang nouveau est continuellement épuré et envoyé du foie vers le cœur, où il est enfermé ; ensuite, une force vient du cerveau et l’ouvre.

Explication

Le battement du cœur s’explique par cette fermeture et cette ouverture constantes. Du sang nouveau ne cesse d’arriver du foie et d’être enfermé ; alors la force venant du cerveau ouvre de nouveau le cœur.

ולכן הוא רצוא ושוב תמיד בבחי׳ סגירה ופתיחה וזהו הדפק שדופק הלב תמיד מחמת זה

Il est donc constamment dans un mouvement de « course et retour » (ratso vachov), sous la forme d’une fermeture et d’une ouverture. C’est là le pouls, par lequel le cœur bat constamment, pour cette raison.

Explication

L’expression « course et retour » (ratso vachov), employée à propos des anges appelés ‘Hayot dans la vision d’Ézéchiel, décrit ce rythme. Le pouls est l’alternance du cœur entre fermeture et ouverture.

נמצא שהשפעת החיות שמן הלב לאברים מדם הנפש שבו היינו מה שמקבל החיות מן הכבד שאותו הדם נסגר בתוכו ואח״כ [ואחר כך] נפתח כו׳.

Il s’ensuit que la transmission de la force vitale du cœur aux membres provient du sang de l’âme qui se trouve en lui, c’est-à-dire de la force vitale qu’il reçoit du foie : ce sang est enfermé en lui, puis celui-ci s’ouvre, etc.

Explication

Ainsi, ce que le cœur transmet aux membres est le sang de l’âme qu’il a d’abord reçu du foie : il le reçoit, le retient, puis s’ouvre et le transmet.

משא״כ המשכת החיות שמן המוח לאברים היא המשכה והשפעה לבדה ובזה יובן מה שהקב״ה [שהקדוש ברוך הוא] נקרא עד״מ [על דרך משל] בשם לב דוקא כי כל השפעות החיות שמשפיע לברואיו באתעדל״ת [באתערותא דלתתא] דוקא תליא מילתא כנודע.

En revanche, la transmission de la force vitale du cerveau aux membres est uniquement une transmission et une effusion. Cela permet de comprendre pourquoi le Saint béni soit-Il est appelé, par analogie, précisément « le cœur » : car toutes les transmissions de force vitale qu’Il accorde à Ses créatures dépendent précisément d’un éveil d’en bas (l’éveil d’en bas), comme on le sait.

Explication

Le cerveau ne fait que donner ; le cœur transmet ce qu’il a d’abord reçu. C’est pourquoi D.ieu est appelé « le cœur » : la transmission de Sa force vitale aux créatures dépend d’un éveil d’en bas, de ce qui Lui est d’abord offert, de même que le cœur reçoit d’abord, puis donne.

Le paragraphe 5 en bref

Le pouls du cœur vient de ce qu’il reçoit le sang, le retient, puis s’ouvre pour le transmettre, tandis que le cerveau se contente de donner. D.ieu est appelé le cœur parce que la transmission de Sa force vitale au monde dépend de l’éveil d’en bas, du service de ceux qui sont en bas.

Pour aller plus loin

L’analogie est précise dans ses deux aspects : ce que le cœur transmet dépend des aliments qui s’élèvent jusqu’à lui par l’intermédiaire du foie, tout comme la transmission divine dépend du service qui s’élève d’en bas ; et la force qui ouvre le cœur vient du cerveau, lequel donne sans avoir d’abord reçu.

Maré mekomot

  1. 1

L’amour du Chéma et le plaisir supérieur ¶6–8

6ואתעדל״ת [ואתערותא דלתתא] זו הוא מ״ש ואהבת את הוי׳ אלקיך בכל לבבך ובכל נפשך ואהבת הוא מלשון אבה

Et cet éveil d’en bas est ce qui est écrit : « Tu aimeras Havaya, ton D.ieu, de tout ton cœur et de toute ton âme. » « Tu aimeras » (veahavta) vient du terme avah (« vouloir »),

Explication

L’éveil d’en bas est l’amour prescrit dans le Chéma. Le mot veahavta, « tu aimeras », est apparenté à avah, « vouloir » ; l’amour désigne donc ici un désir volontaire.

דהיינו ראותא דליבא בחשיקה וחפיצה שיהי׳ [שיהיה] כל רצונו וחפצו להיות הוי׳ הוא אור א״ס [אין סוף] ב״ה ממש בבחי׳ אלקיך

c’est-à-dire la volonté du cœur (reouta deliba), avec ardeur et désir : que toute sa volonté et tout son désir soient dirigés vers Havaya, qui est la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, afin qu’Il soit au niveau de « ton D.ieu »,

Explication

Il s’agit de la volonté du cœur (reouta deliba), d’un désir ardent que Havaya, la Lumière infinie elle-même, devienne « ton D.ieu », c’est-à-dire le D.ieu propre à chacun.

דהיינו בגילוי הנפש כאלו הוא לנוכח ורצון וחפץ זה יהי׳ [יהיה] בכל לבבך ובכל נפשך שלא יהי׳ [יהיה] רצון וחפץ אחר זולתו וכמ״ש מי לי בשמים ועמך לא חפצתי כו׳.

c’est-à-dire qu’Il soit révélé dans l’âme, comme s’Il était présent devant [lui]. Et cette volonté et ce désir doivent être « de tout ton cœur et de toute ton âme », de sorte qu’il n’y ait aucune autre volonté ni aucun autre désir que Lui, comme il est écrit : « Qui ai-je au ciel ? Et avec Toi, je ne désire rien », etc.

Explication

« Ton D.ieu » signifie qu’Il est révélé dans l’âme, comme s’Il était présent devant soi. « De tout ton cœur et de toute ton âme » signifie qu’il n’existe aucun autre désir que celui-là, comme dans le verset : « Qui ai-je au ciel ? Et avec Toi, je ne désire rien. »

Le paragraphe 6 en bref

L’éveil d’en bas requis par l’analogie du cœur est l’amour du Chéma : la volonté et le désir du cœur que la Lumière infinie soit révélée comme « ton D.ieu », sans aucun autre désir à côté de Lui.

Maré mekomot

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    ואהבת את הוי׳ אלקיך בכל לבבך ובכל נפשך · Deuteronomy 6:5
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    מי לי בשמים ועמך לא חפצתי · Psalms 73:25

7וכל צרכי עוה״ז [עולם הזה] שצריך האדם להשתמש בהם לחיי גופו יהיו בע״כ [בעל כרחך] וכמאן דשדי בתר כתפוי כי בע״כ [בעל כרחך] אתה חי ולא מחפץ האמיתי.

Et tous les besoins de ce monde auxquels une personne doit recourir pour préserver la vie de son corps, elle les satisfera à contrecœur, comme « celui qui les jette derrière son épaule » ; car « c’est contre votre gré que vous vivez », et non par désir véritable.

Explication

Les besoins matériels auxquels une personne doit répondre pour le bien de son corps ne devraient être satisfaits que par nécessité, comme quelque chose que l’on jette par-dessus son épaule, sans désir véritable. Les paroles de la Michna, « c’est contre votre gré que vous vivez », décrivent cela : l’âme vit dans le corps non par désir véritable.

וזהו לא חפצתי כו׳ שיש הפרש בין חפץ לרצון שרצון נקרא מי שרוצה הדבר אף שלא מרצונו וחפצו האמיתי

Et c’est là [le sens de] « Je ne désire rien », etc. Car il existe une différence entre ‘hefets’ (désir) et ratsone (volonté) : ratsone désigne le fait de vouloir une chose, même si ce n’est pas selon sa volonté et son désir véritables ;

Explication

Le verset emploie le mot « ‘hafatsti », “je désire”, et l’Admour Hazaken explique pourquoi. Ratsone, “volonté”, peut désigner le fait de vouloir quelque chose alors même que ce n’est pas son désir intérieur véritable.

ואף מי שכופין אותו עד שיאמר רוצה אני נקרא רצון אצלו שרוצה מ״מ [מכל מקום] אבל חפץ נק׳ חפץ ורצון האמיתי

et même celui que l’on contraint jusqu’à ce qu’il dise : « Je veux [le faire] » est considéré comme ayant ratsone, puisqu’il le veut néanmoins. Mais ‘hefets désigne un désir et une volonté véritables,

Explication

Même un consentement obtenu sous la contrainte compte comme ratsone : la loi parle de contraindre une personne jusqu’à ce qu’elle dise « Je veux », et ce consentement est valable. ‘Hefets, “désir”, a un sens plus restreint et désigne uniquement un souhait intérieur véritable.

דהיינו שיש לו חפץ ותשוקה מחמת שמוצא קורת רוח ותענוג באותו הדבר שרוצה וע״ז [ועל זה] נאמר ועמך לא חפצתי בלשון חפץ ולא בלשון רצון שכל חפצו וכל ישעו יהי׳ [יהיה]

c’est-à-dire qu’il éprouve un désir et une aspiration parce qu’il trouve satisfaction et plaisir dans la chose qu’il veut. Et c’est à ce propos qu’il est dit : « Et auprès de Toi je ne désire (chafatzti) rien », dans le langage de ‘hefets et non dans celui de ratsone : tout son désir et tout son salut seront

Explication

‘Hefets consiste à vouloir quelque chose avec aspiration, parce qu’on y trouve satisfaction et plaisir. C’est pourquoi le psaume dit : « Auprès de Toi je ne désire (chafatzti) rien », en employant le mot qui exprime le désir plutôt que celui qui exprime la volonté : tout son désir est tourné vers D.ieu.

רק לדבקה בו ית׳ שהוא מקור החיים ומקור התענוגים ועמ״ש בפי׳ וכל גבולך לאבני חפץ בד״ה ושמתי כדכד וע״ז [ועל זה] אומרים באמת ויציב ואהוב וחביב ונחמד ונעים כו׳

uniquement de s’attacher à Lui, béni soit-Il, Lui qui est la source de la vie et la source des délices. Voyez ce qui est écrit dans l’explication de « Et toutes tes frontières seront des pierres précieuses (avné ‘hefets) », dans le discours qui commence par « Et Je ferai [tes fenêtres] de kadkod ». Et c’est à ce propos que nous disons dans [la bénédiction] « Vrai et ferme » : « cette chose est aimée, chérie, précieuse et agréable », etc.,

Explication

Ce désir consiste uniquement à s’attacher à D.ieu, source de la vie et du plaisir. Le texte renvoie à un discours sur les « pierres précieuses (‘hefets) », puis relève que la bénédiction après le Chema, « Vrai et ferme », décrit « cette chose » par des termes d’amour et de plaisir : aimée, chérie, précieuse et agréable.

הדבר הזה והיינו הדבר הזה שבק״ש [שבקריאת שמע] ואהבת את ה׳ אלקיך בכל לבבך ובכל נפשך והיו הדברים האלה כו׳.

« est cette chose ». Et cette « chose » est celle du Chema : « Tu aimeras Havaya, ton D.ieu, de tout ton cœur et de toute ton âme, et ces paroles seront », etc.

Explication

Dans cette bénédiction, « cette chose » désigne le contenu du Chema : « Tu aimeras Havaya, ton D.ieu, de tout ton cœur et de toute ton âme. » Ainsi, les mots de la bénédiction qui expriment le plaisir décrivent l’amour que prescrit le Chema.

Le paragraphe 7 en bref

L’amour du Chema est défini comme ‘hefets, un désir qui trouve du plaisir dans ce qu’il désire, par opposition à ratsone, qui peut exister sans désir intérieur. Ce désir est réservé à D.ieu, tandis que les besoins du corps ne sont satisfaits que par nécessité.

Pour aller plus loin

Le cas juridique évoqué dans la note montre l’étendue du sens de ratsone : dans le Talmud, chez Rachi et chez le Rambam, un consentement donné sous la contrainte (« Je veux ») compte néanmoins comme une volonté. ‘Hefets ne peut être produit de cette manière, car il n’existe que là où une personne trouve du plaisir ; c’est cette qualité que l’Admour Hazaken exige de l’amour de D.ieu.

Maré mekomot

  1. 1
    כופין אותו עד שיאמר רוצה אני · Rosh Hashanah 6a:7
  2. 2
    כופין אותו עד שיאמר רוצה אני · Rashi on Leviticus 1:3
  3. 3
    כופין אותו עד שיאמר רוצה אני · Mishneh Torah, Divorce 2:20
  4. 4
    ועמך לא חפצתי · Psalms 73:25
  5. 5
    וכל גבולך לאבני חפץ · Isaiah 54:12
  6. 6
    ואהבת את ה׳ אלקיך בכל לבבך ובכל נפשך · Deuteronomy 6:5
  7. 7
    והיו הדברים האלה · Deuteronomy 6:6

8והנה באתערותא דלתתא זו אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] גילוי פנימיות רצונו ית׳ וחפצו האמיתי להיות המשכת התורה והמצות וכמ״ש ויקם עדות ביעקב ותורה שם בישראל ונמשך בהן עונג העליון

Or, par cet éveil d’en bas [vient] l’éveil d’en haut (isarusa dile’eila) : la révélation de la dimension intérieure (pnimiyout) de Sa volonté, qu’Il soit béni, et de Son désir véritable : que la Torah et les mitsvot soient attirées vers le bas, comme il est écrit : « Il établit un témoignage en Yaakov, et plaça une Torah en Israël » ; et le plaisir suprême est attiré en elles,

Explication

L’éveil d’en bas suscite un éveil d’en haut : la révélation de la volonté intérieure et du désir véritable de D.ieu que soient données la Torah et les mitsvot, comme dans « Il établit un témoignage en Yaakov ». Le plaisir suprême, le plaisir propre de D.ieu, est attiré en elles.

כמאמר אשר קדשנו במצותיו אשר הוא מלשון באשרי כי אשרוני בנות שהוא לשון שבח והילול ע״ד [על דרך] וטוב ויפה הנאמר באמת ויציב ואהוב וחביב ונחמד ונעים כו׳.

comme dans la formule : « qui (acher) nous a sanctifiés par Ses commandements ». Acher vient de l’expression « Dans mon bonheur (be’ochri), car les filles m’ont dite heureuse (icherouni) », expression de louange et d’éloge, à l’instar de « bon et beau », que l’on dit dans [la bénédiction] « Vraie et ferme » : « aimé et chéri, désirable et agréable », etc.

Explication

La bénédiction récitée sur une mitsva dit : « qui (acher) nous a sanctifiés », et le Zohar sur les Tikkounim associe acher à be’ochri, « dans mon bonheur », les paroles de louange de Léa. Les mitsvot expriment ainsi le plaisir de D.ieu, comme les termes de louange dans la bénédiction « Vraie et ferme ».

שנמשך עונג העליון מאור א״ס [אין סוף] ב״ה הסוכ״ע [הסובב כל עלמין] שהוא מקור חיי החיים מקור התענוגים להתלבש בתורה

Car le plaisir suprême est attiré de la Lumière infinie, qu’Il soit béni, la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), source de la vie de toute vie et source des plaisirs, afin de s’investir dans la Torah

Explication

Ce plaisir vient de la lumière englobante elle-même, source de la vie de toute vie et de tous les plaisirs. Il est attiré vers le bas afin de s’investir dans la Torah.

ומצות שלפנינו הנגלות לנו המלובשות בענינים גשמיים אשר כח זה להיות המשכה זו שלמעלה מעלה מן ההשתלשלות יורדת ומתלבשת למטה מטה באתעדל״ת [באתערותא דלתתא] זו תליא

et dans les mitsvot qui sont devant nous, révélées à nous et investies dans des réalités matérielles. Or, ce pouvoir — celui de faire descendre et investir ici-bas, tout en bas, cet influx qui se situe bien au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) — dépend de cet éveil d’en bas.

Explication

Il s’investit aussi dans les mitsvot que nous accomplissons concrètement, lesquelles sont revêtues de choses matérielles. Le pouvoir de faire descendre jusqu’au niveau matériel le plus bas ce qui se situe bien au-dessus de tout l’ordre descendant dépend de cet éveil d’en bas.

(ועמ״ש ג״כ מזה בביאור ע״פ יונתי בפי׳ כי קולך ערב ומראך נאוה ובד״ה ואהיה אצלו אמון בפי׳ ואהיה שעשועים יום יום ועמ״ש בד״ה אוסרי לגפן ובפסוק וזכרתם את כל מצות ועמ״ש בד״ה הבאים ישרש בפי׳ כי תהיו אתם ארץ חפץ כו׳)

(Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication sur [le verset] « Ma colombe », au sujet de « car ta voix est douce et ton apparence est belle » ; et dans le discours commençant par « J’étais auprès de Lui comme un nourrisson », au sujet de « J’étais Ses délices jour après jour ». Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Attachant [son ânon] à la vigne », ainsi que sur le verset « Et vous vous souviendrez de tous les commandements ». Voyez enfin ce qui est écrit dans le discours commençant par « Ceux qui viennent, Il les fera prendre racine », au sujet de « car vous serez un pays de désir », etc.)

Explication

La parenthèse énumère d’autres discours sur le même thème : le plaisir de D.ieu devant la voix et l’apparence d’Israël, la Torah comme Son « délice jour après jour », « Attachant son ânon à la vigne », le verset sur le souvenir de tous les commandements et Israël comme « un pays de désir (hefets) ».

ולכן אמרו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] שבתחלה יקבל עליו עול מלכות שמים ואח״כ [ואחר כך] עול מצות כי א״א [אי אפשר] לקבל עול מצות ולהיות נמשך בהן עונג העליון ב״ה כ״א [כי אם] ע״י קבלת עול מלכות שמים תחלה והיינו ואהבת שבפ׳ רעשונה.

C’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit qu’il faut d’abord accepter le joug du royaume des Cieux, puis le joug des mitsvot. Car il est impossible d’accepter le joug des mitsvot et que le plaisir suprême, qu’Il soit béni, soit attiré en elles, si ce n’est en acceptant d’abord le joug du royaume des Cieux ; c’est là le sens de « Tu aimeras » dans le premier paragraphe.

Explication

C’est pourquoi la Michna enseigne que, dans le Chema, on accepte d’abord le joug du royaume des Cieux, puis seulement celui des mitsvot. Le plaisir suprême ne peut être attiré dans les mitsvot qu’après le « Tu aimeras » du premier paragraphe, qui constitue l’éveil d’en bas.

Le paragraphe 8 en bref

Par l’amour exprimé dans le Chema, le désir intérieur et le plaisir de D.ieu sont attirés dans la Torah et dans les mitsvot matérielles. C’est pourquoi le joug du Ciel — l’amour du premier paragraphe — doit précéder le joug des mitsvot.

Pour aller plus loin

Le chapitre 37 du Tanya, auquel renvoie la note, explique que l’accomplissement d’une mitsva avec un objet matériel qui relevait de la kelipat noga attire la Lumière infinie dans ce monde matériel. C’est ainsi qu’une lumière située « bien au-dessus » de l’enchaînement des mondes peut s’investir « tout en bas ».

Maré mekomot

  1. 1
    ויקם עדות ביעקב · Psalms 78:5
  2. 2
    אשר הוא מלשון באשרי · ת״ז (ת״ל) עד, ב. [כ].
  3. 3
    באשרי כי אשרוני בנות · Genesis 30:13
  4. 4
    באשרי כי אשרוני בנות · Tikkunei Zohar 74b:2
  5. 5
    המלובשות בענינים גשמיים · Tanya, Likkutei Amarim 37:7
  6. 6
    בביאור ע״פ יונתי · לעיל כ, ג ואילך.
  7. 7
    כי קולך ערב ומראך נאוה · Song of Songs 2:14
  8. 8
    ובד״ה ואהיה אצלו אמון · לעיל פ׳ במדבר.
  9. 9
    ואהיה אצלו אמון · Proverbs 8:30
  10. 10
    אוסרי לגפן · Genesis 49:11
  11. 11
    וזכרתם את כל מצות · Numbers 15:39
  12. 12
    הבאים ישרש · Isaiah 27:6
  13. 13
    כי תהיו אתם ארץ חפץ · Malachi 3:12
  14. 14
    שבתחלה יקבל עליו עול מלכות שמים · ברכות פ״ב, מ״ב.
  15. 15
    יקבל עליו עול מלכות שמים ואח״כ עול מצות · Mishnah Berakhot 2:2
  16. 16
    בד״ה ביום השמע״צ · לעיל סוכות פב, ג.
  17. 17
    שהלב הוא חיות כל האברים · באוה״ת בראשית כרך ו דף תתרנח, א הקשה דשם נתבאר שהחיות הוא בלב, ומפרש, הכוונה בלקו״ת כאן הוא על הפתיחה והסגירה שבלב שז״ע דפיקא דלבא, וזהבא מן הרוח חיים שבחלל הב׳ שבלב שהוא מוליך האידי׳ למוח כמ״ש חכמי המחקר ע״ש. וראה אגה״ק בתניא סי׳ לא.
  18. 18
    ואתה מחי׳ את כולם · Nehemiah 9:6
  19. 19
    דתלת שליטין אינון · Zohar II, 153a
  20. 20
    וגם הנה השפעת החיות שמן הלב · ראה אגה״ק סי׳ לא. תו״א ז, ד.
  21. 21
    ואהבת את ה״א · Deuteronomy 6:5
  22. 22
    מי לי בשמים · Psalms 73:25
  23. 23
    בעל כרחך אתה חי · אבות ד, כא.
  24. 24
    הפרש בין חפץ לרצון · ראה לעל כח, ד.
  25. 25
    כופין אותו עד שיאמר רוצה אני · Rosh Hashanah 6a:7
  26. 26
    בד״ה ושמתי כדכד · לעיל פ׳ ראה כו, א ואילך.
  27. 27
    באתעדל״ת אתעדל״ע · Zohar I, 235a

Le cœur éveillé en exil et le pouls ¶9–10

9ועמ״ש מזה בד״ה ראיתי והנה מנורת זהב והנה על בחי׳ אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] ועתעדל״ע זו נאמר ולבי ער

Et voyez ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par : « J’ai vu, et voici un chandelier tout en or. » Or, au sujet de ce niveau d’éveil d’en bas et d’éveil d’en haut, il est dit : « mais mon cœur est éveillé »:

Explication

Le texte renvoie au discours sur la vision du chandelier d’or de Zacharie. Il précise ensuite que « mais mon cœur est éveillé » désigne cette paire : l’éveil d’en bas et l’éveil d’en haut qui lui répond.

כי הגם שאני ישנה בגלותא שאותותינו לא ראינו כנ״ל מ״מ [מכל מקום] אף בגלותנו לא עזבנו ה׳ מבחי׳ רעותא דליבא בחי׳ רצון ותשוקה שיש

car, bien que « je sois endormie — dans l’exil », lorsque « nous n’avons pas vu nos signes », comme indiqué plus haut, néanmoins, même dans notre exil, D.ieu ne nous a pas privés du niveau de la volonté du cœur (re’outa deliba), du niveau de la volonté et de l’aspiration qui existe

Explication

Même dans le sommeil de l’exil, lorsque « nous n’avons pas vu nos signes », D.ieu ne nous a pas retiré la volonté du cœur (re’outa deliba).

בכל נפש מישראל לעורר את האהבה עד שתחפץ להתפשט מלבושים שבנוגה ובאתעדל״ת [ובאתערותא דלתתא] זו נמשכה אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] המשכת עונג העליון בתומ״צ [בתורה ומצות] אלא שהן בבחי׳ העלם ולא בגילוי.

dans chaque âme d’Israël, afin d’éveiller l’amour jusqu’à ce qu’elle désire se dépouiller des vêtements qui relèvent du nogah. Et par cet éveil d’en bas, l’éveil d’en haut a été attiré : l’influx du plaisir suprême dans la Torah et les mitsvot ; seulement, ils demeurent à l’état caché et non révélé.

Explication

Chaque âme juive possède une volonté et une aspiration capables d’éveiller l’amour, jusqu’à désirer se défaire des vêtements du nogah, le domaine des choses permises du monde qui revêt l’âme. Par là, l’éveil d’en haut attire le plaisir suprême dans la Torah et les mitsvot, bien qu’en exil il demeure caché et non révélé.

Le paragraphe 9 en bref

« Mon cœur est éveillé » dans l’exil signifie que la volonté du cœur d’aimer D.ieu demeure dans chaque âme juive, et qu’en réponse, le plaisir suprême continue d’être attiré dans la Torah et les mitsvot, mais reste caché.

Pour aller plus loin

Or HaTorah, cité dans la note, concilie ce maamar (prononcé pour la paracha de Beshalach 5568), où le sommeil signifie seulement que nous ne voyons pas nos signes, tandis qu’en haut D.ieu « accomplit seul de grandes merveilles », avec le discours de la paracha de ‘Houkat 5564, où le sommeil est à prendre au sens littéral. Les deux sont vrais : en haut, dans les mondes spirituels, les merveilles continuent, et le réveil du sommeil signifie qu’elles soient révélées en bas.

Maré mekomot

  1. 1
    בד״ה ראיתי והנה מנורת זהב · לעיל פ׳ בהעלותך לד, ד.
  2. 2
    ראיתי והנה מנורת זהב · Zechariah 4:2
  3. 3
    ולבי ער · Song of Songs 5:2
  4. 4
    כי הגם שאני ישנה . . שאותותינו לא ראינו . . לעושה נפלאות גדולות לבדו · ראה באוה״ת על מארז״ל וענינים ע׳ סב וז״ל: (ומתורץ הסתירה מד״ה אני ישנה בשלח תקס״ח [הנדפס בלקו״ת כאן, וראה גם סה״מ תקס״ח ע׳ יד הנחות הר״פ ע׳ פט] דמשמע דשינה רק לא ראינו אותותינו אבל יש למעלה לעושה נפלאות לבדו, ובאני ישנה חקת תקס״ד [סה״מ תקס״ד ע׳ קנה אוה״ת שה״ש ע׳ תצז] משמע שינה כפשוטו שלמטה סובלי׳ כו׳ וכ״מ בגמרא, דשניהם אמת דיש למעלה היינו ברוחניו׳) ולעורר משינה היינו להיות גלוי למטה, ע״ש.

10וזהו אותותינו לא ראינו לא ראינו דייקא שאינו נראה ונגלה לעיני בשר עין בעין ממש.

Et voici [le sens de] « Nos signes, nous ne les avons pas vus » : « nous ne les avons pas vus » précisément, car ils ne sont pas vus ni révélés aux yeux de chair, véritablement « œil à œil ».

Explication

L’accent porte sur « nous ne les avons pas vus » : les signes existent, mais ils ne sont pas visibles aux yeux physiques, « œil à œil ».

אבל מ״מ [מכל מקום] אותותינו קיימות שהן אותיותינו דהיינו אותיות התורה ותפלה הנמשכות למטה מאור א״ס [אין סוף] ב״ה.

Mais néanmoins, « nos signes » subsistent : ce sont « nos lettres », c’est-à-dire les lettres de la Torah et de la prière, qui sont attirées vers le bas depuis la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il.

Explication

Nos signes, les lettres de la Torah et de la prière, subsistent et continuent d’attirer la Lumière infinie vers le bas, même en exil.

וע״ז [ועל זה] נאמר לעושה נפלאות גדולות לבדו שממשיך נפלאות גדולות תמיד אלא שהן בבחי׳ לבדו דהיינו בבחי׳ העלם

À ce sujet, il est dit : « À Celui qui accomplit seul de grandes merveilles » : Il attire constamment de grandes merveilles, mais celles-ci sont au niveau de « seul », c’est-à-dire au niveau de la dissimulation.

Explication

Le verset « Celui qui accomplit seul de grandes merveilles » s’interprète ainsi : D.ieu accomplit constamment de grandes merveilles, mais « seul », cachées et connues de Lui seul.

כי תפלה במקום קרבנות תקנום רק שע״י הקרבנות אשה ריח ניחוח לה׳ היה עי״ז גילוי שכינה ממש בבהמ״ק [בבית המקדש] והיה

Car [les Sages] ont institué la prière à la place des sacrifices ; seulement, par les sacrifices, « un feu consumé, un parfum agréable pour Havaya » : il y avait ainsi une révélation véritable de la Chekhina (Présence divine) dans le Saint Temple, et il y avait

Explication

Les Sages ont institué la prière à la place des sacrifices. Par les sacrifices, la Chekhina se révélait ouvertement dans le Saint Temple.

אש יורד מלמעלה אריה דאכיל קורבנין משא״כ ע״י התפלה נעשה המשכה זו בבחי׳ העלם ועמ״ש מזה סד״ה צו את בנ״יט ואמרת אליהם את קרבני כו׳

un feu descendant d’en haut, « un lion dévorant les offrandes » ; tandis que, par la prière, cet influx se produit dans un état de dissimulation. Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet à la fin du discours commençant par « Ordonne aux enfants d’Israël et dis-leur : “Mon offrande” », etc.

Explication

Un feu descendait du ciel sur l’autel ; le Zohar le décrit comme un lion qui dévore les offrandes. La prière attire le même influx, mais de façon cachée ; le texte renvoie à un discours sur « Mon offrande » pour plus de détails.

אבל מ״מ [מכל מקום] גם ע״י התפלה מתעלה הנפש לאשתאבא בגופא דמלכא ולהמשיך משם חיים וחסד שפע אור א״ס [אין סוף] ב״ה הנעלם ומתלבש באותיות התורה והתפלה ולא עוד

Mais néanmoins, par la prière aussi, l’âme s’élève « pour s’absorber dans le corps du Roi », et attirer de là la vie et la bonté, l’influx de la Lumière infinie, béni soit-Il, qui est cachée et revêtue dans les lettres de la Torah et de la prière. Et non seulement cela,

Explication

Même ainsi, par la prière, l’âme s’élève « pour s’absorber dans le corps du Roi », annulée au sein de la divinité, et attire la vie et la bonté de la Lumière infinie, cachée dans les lettres de la Torah et de la prière.

אלא שקול דודי דופק הוא על היד והיינו הארה והמשכה בבחי׳ חיצוניות שהוא חיצונית ההארה מן הלב שכמו שנמשך בדפיקא דליבא בבחי׳ פנימיות כך מתראה המשכה זו בבחי׳ חיצוניות דפיקא על היד

mais « la voix de mon bien-aimé frappe (dofek) » : c’est [le pouls] à la main, c’est-à-dire un rayonnement et un influx au niveau de la dimension extérieure ('hitsoniyout), qui est la dimension extérieure du rayonnement provenant du cœur. Car, de même qu’il est attiré dans les battements du cœur au niveau de la dimension intérieure (pnimiyout), cet influx se manifeste au niveau de la dimension extérieure, sous la forme d’un battement à la main.

Explication

De plus, « la voix de mon bien-aimé frappe (dofek) » s’interprète comme le pouls que l’on sent au poignet. Le battement du cœur lui-même est l’influx intérieur ; le pouls à la main en est le prolongement extérieur.

והנה בבחי׳ פנימיות בדפיקא דליבא נמשכו המשכת התורה והמצות ויקם עדות ביעקב כו׳ ובבחי׳ חיצוניות הן המשכות חסדי ה׳

Or, au niveau de la dimension intérieure, dans les battements du cœur, sont attirés les influx de la Torah et des mitsvot : « Il établit un témoignage en Yaakov », etc. Et au niveau de la dimension extérieure sont attirés les bontés de D.ieu

Explication

L’influx intérieur, le « battement du cœur », est la Torah et les mitsvot. L’influx extérieur, le « pouls à la main », est la bonté constante de D.ieu envers nous.

עמנו תמיד כעל כל אשר גמלנו לעושה נפלאות גדולות וגו׳ [וגומר] נותן לחם לכל בשר כו׳ הזן את העולם כולו בטובו בחן ובחסד כו׳

avec nous en permanence, « selon tout ce qu’Il nous a accordé » : « À Celui qui accomplit de grandes merveilles », etc., « qui donne du pain à toute chair », etc., « qui nourrit le monde entier par Sa bonté, avec grâce et bienveillance », etc.

Explication

Des exemples de cette bonté extérieure sont tirés de versets et de prières : tout le bien que D.ieu nous a accordé, Ses grandes merveilles, le fait de donner du pain à toute chair et de nourrir le monde entier avec grâce et bienveillance, comme dans la bénédiction après le repas.

וזהו ענין דפ״ק [דפרק קמא] אותיות פק״ד שמזה נמשך להיות וה׳ פקד את שרה פקד פקדתי אתכם ו את העשוי לכם במצרים ועמ״ש ע״פ אלה פקודי כו׳ אשר פקד ע״פ משה:

Et c’est là le sens de dofek (דפק, battement), dont les lettres sont celles de pakad (פקד, se souvenir) : c’est de là que vient « Et Havaya se souvint (pakad) de Sarah », [et] « Je me suis certainement souvenu (pakod pakadti) de vous et de ce qui vous a été fait en Égypte ». Voyez aussi ce qui est écrit sur [le verset] « Voici les comptes (pekoudei) », etc., « qui furent recensés (poukad) sur l’ordre de Moché ».

Explication

Le mot dofek (דפק, « frappe ») est composé des mêmes lettres que pakad (פקד, « se souvint »), le mot employé lorsque D.ieu se souvint de Sarah et lorsqu’Il dit à Moché : « Je me suis certainement souvenu de vous. » Le « pouls » extérieur est la providence attentive et la délivrance de D.ieu ; le texte renvoie au discours sur « Voici les comptes (pekoudei) » pour plus de détails.

Le paragraphe 10 en bref

En exil, nos « signes » sont cachés, mais les lettres de la Torah et de la prière continuent d’attirer la divinité, comme D.ieu accomplit des merveilles « seul ». À cet influx intérieur s’ajoute un influx extérieur, le « pouls » de la bonté et de la providence de D.ieu, évoqué par dofek, dont les lettres forment pakad.

Pour aller plus loin

Dans le passage de Likkutei Torah, Pekudei, cité dans la note, pakad est expliqué par les lettres de dofek et identifié au « dos » (a'horayim) du Nom Havaya écrit avec des youd, le Nom Av (72) dans 'Hokhma ; ce « dos » totalise 184. Le pouls rayonne depuis Abba avec la Lumière infinie qui s’y trouve, ce qui explique qu’il batte constamment.

Maré mekomot

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    אותותינו לא ראינו · Psalms 74:9
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    אותותינו לא ראינו לא ראינו דייקא · באוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תקכד מציין לכאן. וראה גם באוה״ת וירא כרך ד תשנב, ב ואילך.
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    תפלה במקום קרבנות תקנום · Berakhot 26a:17
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    תפלה במקום קרבנות תקנום · Berakhot 26b:7
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    ויקם עדות ביעקב · Psalms 78:5
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    דפ״ק אותיות פק״ד · קהלת יעקב ערך דפק בשם כתבי האריז״ל. סה״מ תקס״ח ע׳ כא. ראה לעיל פקודי ז, ד.
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    וה׳ פקד את שרה · Genesis 21:1
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    פקד פקדתי אתכם · Exodus 3:16
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    ע״פ אלה פקודי · לעיל בפ׳ פקודי.
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    אלה פקודי · Exodus 38:21
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    נותן לכם לכל בשר · Psalms 136:25
  19. 19

« Ma sœur, ma bien-aimée » : libérer l’amour et « manger » ¶11–14

11ב והנה על התעוררות בחי׳ רעותא דליבא זו אמר הכתוב פתחי לי אחותי רעיתי אחותי היא האהבה הטבעית המסותרת בלב כ״י [כנסת ישראל] ובנפשם האלקי׳ שטבע זו היא מחמת מקור חוצבה ושרשה שהיא חלק אלוה ממעל ממש

2. Or, concernant l’éveil de ce niveau de la volonté du cœur (reouta deliba), le verset dit : « Ouvre-moi, ma sœur, ma bien-aimée (raïati). » « Ma sœur » désigne l’amour naturel caché dans le cœur de l’Assemblée d’Israël et dans son âme divine ; cette nature vient de la source dont elle a été taillée et de sa racine, car elle est réellement « une part de D.ieu d’en haut »,

Explication

La deuxième section du maamar aborde « Ouvre-moi, ma sœur, ma bien-aimée », l’appel à éveiller la volonté du cœur. « Ma sœur » désigne l’amour naturel caché dans le cœur de chaque Juif et dans son âme divine ; cet amour est naturel parce que la racine de l’âme est « une part de D.ieu d’en haut ».

כי חלק ה׳ עמו ולכן נקרא אהבה הטבעית זו בשם אחותי שהיא כאהבת אח ואחות שאהבתם היא בטבעם מחמת תולדותם.

car « Havaya a pour part Son peuple ». C’est pourquoi cet amour naturel est appelé « ma sœur », car il ressemble à l’amour entre un frère et une sœur, dont l’affection est naturelle du fait de leur naissance.

Explication

Le verset « Havaya a pour part Son peuple » exprime la même idée. Cet amour est appelé « sœur » parce qu’il ressemble à l’amour entre frère et sœur, qui est inné et ne s’acquiert pas.

ואמר פתחי לי שאהבה זו צריך לפתוח ולהוציאה ממסגר ומאסר הגוף והנפש הבהמית ע״י בחי׳ רעותא דלבא לעורר את האהבה כו׳ וכנ״ל

Et le verset dit : « Ouvre-moi », car cet amour doit être ouvert et libéré de la prison et de l’enfermement du corps et de l’âme animale, par le niveau de la volonté du cœur, afin « d’éveiller l’amour », etc., comme expliqué précédemment.

Explication

« Ouvre-moi » signifie que cet amour caché doit être ouvert et libéré de la prison du corps et de l’âme animale. Cela se fait par la volonté du cœur, qui « éveille l’amour », comme expliqué précédemment.

(ועוד נתק ענין אחותי בד״ה כי תבאו אל הארץ בפ׳ בהר וענין רעיתי נת׳ [נתבאר] שם באופן אחר) ורעיתי פי׳ פרנסתי ע״ד [על דרך] מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] ישראל מפרנסין כו׳

(La notion de « ma sœur » est également développée dans le discours commençant par « Quand vous arriverez dans le pays », dans la paracha Behar ; et la notion de « ma bien-aimée » y est expliquée d’une autre manière.) Et raïati signifie « celle qui me nourrit » (parnassati), dans l’esprit de l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « Israël nourrit », etc.

Explication

La parenthèse renvoie à un discours de la paracha Behar, qui développe davantage « ma sœur » et explique « ma bien-aimée » d’une autre manière. Ici, raïati (« ma bien-aimée ») est interprété comme « celle qui me nourrit », à partir de la racine évoquant le fait de nourrir, conformément à l’enseignement du Zohar selon lequel Israël « nourrit » leur Père céleste.

ועמ״ש רועה ישראל האזינה כו׳ שהקב״ה [שהקדוש ברוך הוא] כביכול רועה וניזון מישראל שישראל עושין לו מרעה ומזון.

Et voyez ce qui est écrit à propos de « Berger d’Israël, prête l’oreille », etc. : le Saint béni soit-Il, pour ainsi dire, paît et se nourrit d’Israël, car Israël Lui procure pâture et nourriture.

Explication

La même idée est lue dans « Berger d’Israël » : le mot ro’é peut aussi signifier « paître », de sorte que D.ieu, pour ainsi dire, est nourri par Israël. Le service d’Israël est Sa pâture et Sa nourriture.

וכמ״ש אכלתי יערי עם דבשי דקאי על ק״ש [קריאת שמע] וברכתויה (כמ״ש פ׳ פנחס דרכ״ו ע״ב) יערי אלו המלאכים כי שרפים עומדים נקר׳ [נקרא / נקראת / נקראות] עצי שטים עומדים וכולם עומדים ביראה כו׳.

Comme il est écrit : « J’ai mangé mon ya’ari avec mon miel », ce qui désigne le Chema et ses bénédictions (comme il est écrit dans la paracha Pin’has, folio 226b) : « mon ya’ari » — ce sont les anges, car les Séraphins qui se tiennent debout sont appelés « bois d’acacia debout », et « tous se tiennent debout avec crainte », etc.

Explication

Le verset « J’ai mangé mon ya’ari avec mon miel » est interprété, à la suite du Zohar dans la paracha Pin’has, comme faisant référence au Chema et à ses bénédictions. Ya’ari est rapproché de ya’ar, « forêt », et désigne les anges : les Séraphins sont décrits comme « se tenant debout », à l’image des poutres d’acacia « debout », arbres d’une forêt, et tous les anges se tiennent debout avec crainte.

והיינו מה שאומרים בברכת יוצר איך שהמלאכים מקדישים כו׳ והאופנים ברעש גדול כו׳ שתשוקתם וחפצם

C’est ce que nous disons dans la bénédiction de Yotser : les anges sanctifient, etc., et « les Ofanim, dans un grand fracas », etc. ; leur aspiration et leur désir

Explication

C’est ce que décrit la bénédiction de Yotser, récitée avant le Chema : les anges sanctifient D.ieu et les Ofanim s’élèvent « dans un grand fracas ». Cela exprime leur aspiration et leur désir.

להתכלל באור ה׳ א״ס [אין סוף] ב״ה ובטלים אליו ית׳ שביטול והתכללות זה נקרא בשם אכילה כמו המאכל עד״מ [על דרך משל] שנבלע באברים באברים ומתאחד עם דם הנפש.

est de s’inclure dans la lumière de D.ieu, l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, et ils s’annulent devant Lui, qu’Il soit béni. Cette annulation de soi (bitoul) et cette inclusion sont appelées « manger », à l’image, par analogie, d’un aliment qui est absorbé par les membres, membre après membre, et s’unit au sang de l’âme.

Explication

Les anges aspirent à s’inclure dans la lumière de D.ieu et s’annulent devant Lui. Cette annulation est appelée « manger », car elle ressemble à un aliment absorbé par chaque membre et qui s’unit au sang de l’âme.

Le paragraphe 11 en bref

« Ouvre-moi, ma sœur » appelle à libérer l’amour naturel et inné de l’âme divine, enfermé par le corps. Raïati signifie qu’Israël « nourrit » D.ieu, et « J’ai mangé ma forêt » décrit comme la « nourriture » de D.ieu l’annulation de soi des anges dans les bénédictions du Chema.

Pour aller plus loin

L’image de la « nourriture » prépare les étapes suivantes du maamar : de même que l’aliment devient le sang qui unit l’âme au corps, l’annulation de soi des anges et des âmes devient, pour ainsi dire, la nourriture de D.ieu ; par elle, la Lumière infinie s’unit à son « corps », les attributs divins.

Maré mekomot

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    פתחי לי אחותי רעיתי · Song of Songs 5:2
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    פתחי לי אחותי . . היא האהבה הטבעית · ראה לקו״ש ח״כ ע׳ 40 בהערה.
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    חלק אלוה ממעל · Job 31:2
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    כי חלק ה׳ עמו · Deuteronomy 32:9
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    בד״ה כי תבואו אל הארץ · לעיל פ׳ בהר לט, ג ואילך. וראה לעיל יב, ג.
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    ישראל מפרנסין · זח״ג (ז, ב). [כ].
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    עצי שטים עומדים · Exodus 26:15
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    והאופנים ברעש גדול · Isaiah 6:3

12ודבשי אלו הנשמות שהם פירות היער ויש בהם מתיקות ותענוג מהעז יצא מתוק ארץ זבת חלב ודבש כו׳.

Et « mon miel », ce sont les âmes, qui sont les fruits de la forêt (ya’ar), et en elles se trouvent douceur et plaisir : « De ce qui est fort est sorti le doux » ; « un pays ruisselant de lait et de miel », etc.

Explication

« Mon miel » désigne les âmes, les « fruits » de la forêt, qui sont empreints de douceur et de plaisir. Les versets « De ce qui est fort est sorti le doux » et « un pays ruisselant de lait et de miel » sont cités pour évoquer cette douceur.

והיינו מה שאומרים בק״ש [בקריאת שמע] שמע ישראל דקאי על הניצוץ אלקות ורמ״ח תיבין דק״ש [דקריאת שמע] כנגד רמ״ח אברי האדם שיהיו רמ״ח אברי האדם בטלין ונכללים באדם העליון ועל דמות הכסא דמות כמראה אדם כו׳.

Et c’est là ce que nous disons dans le Chema : « Écoute, Israël », qui se rapporte à l’étincelle de divinité. Les 248 mots du Chema correspondent aux 248 membres de l’homme, afin que les 248 membres de l’homme soient annulés et inclus dans l’Homme suprême, « et sur la forme du trône, une forme semblable à l’apparence d’un homme », etc.

Explication

Dans le Chema, « Écoute, Israël » s’adresse à l’étincelle de divinité dans l’âme. Les 248 mots du Chema correspondent aux 248 membres d’une personne, afin que tous soient annulés et inclus dans l’Homme suprême, la « forme semblable à l’apparence d’un homme » qui se trouve sur le trône dans la vision d’Ézéchiel.

Le paragraphe 12 en bref

Les âmes, le « miel », sont la douceur que D.ieu « mange » : dans le Chema, l’étincelle de divinité dans l’âme et, par les 248 mots du Chema, les 248 membres sont inclus dans l’Homme suprême.

Maré mekomot

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    מהעז יצא מתוק · Judges 14:14
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    שמע ישראל · Deuteronomy 6:4
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    ועל דמות הכסא דמות כמראה אדם · Ezekiel 1:26

13ונקרא בחי׳ זאת בזוה״ק [בזוהר הקדוש] לאשתאבא בגופא דמלכא דהיינו להיות בבחי׳ ביטול והתכללות ממש באור ה׳ א״ס [אין סוף] ב״ה כמו המאכל שנעשה ממנו דם שמתאחד עם דם הנפש ממש.

Et ce niveau est appelé dans le saint Zohar « être absorbé dans le corps du Roi », c’est-à-dire se trouver dans un état d’annulation de soi (bitoul) et d’inclusion véritables dans la lumière de D.ieu, l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, comme l’aliment dont se forme le sang, qui s’unit véritablement au sang de l’âme.

Explication

Le Zohar appelle ce niveau « être absorbé dans le corps du Roi » : une annulation de soi et une inclusion complètes dans la lumière de D.ieu, comme l’aliment qui devient du sang et s’unit au sang même de l’âme.

וכך יהיו כל כחותיו רק לה׳ לבדו וכמ״ש מי לי בשמים ועמך לא חפצתי כו׳ וכל כחות הנפש הבהמיות כח המתאוה כו׳ יהיו בבחי׳ אתכפייא ואתהפכא כו׳.

Ainsi, toutes ses forces seront exclusivement consacrées à D.ieu, comme il est écrit : « Qui ai-je dans les cieux ? Et avec Toi, je ne désire rien », etc. Et toutes les forces animales de l’âme, la force du désir, etc., seront dans un état de soumission (iskafya) et de transformation (is’hapcha), etc.

Explication

Toutes les forces de la personne sont alors consacrées à D.ieu seul, comme dans les mots : « Avec Toi, je ne désire rien. » Les forces de l’âme animale, telles que ses désirs, sont d’abord soumises (iskafya), puis transformées (is’hapcha).

Le paragraphe 13 en bref

L’annulation de soi de l’âme est ce que le Zohar appelle « être absorbé dans le corps du Roi » : toutes les forces de la personne sont consacrées à D.ieu, et celles de l’âme animale sont soumises puis transformées.

Maré mekomot

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    לאשתאבא בגופא דמלכא · Zohar I, 217b
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    מי לי בשמים ועמך לא חפצתי · Psalms 73:25

14ואזי תשוב הנפש לאלקים ותתהפך לבחי׳ אלקו׳ [אלקות] ממש עד שלא יהיה לה חיות ותענוג אחר זולת לה׳ לבדו

Alors l’âme retournera à D.ieu et sera transformée en divinité véritable, au point de n’avoir aucune autre force vitale ni aucun autre plaisir que [ce qui est] pour D.ieu seul.

Explication

Alors l’âme retourne à D.ieu et est transformée en divinité même, au point de n’avoir d’autre vie ni d’autre plaisir que ce qui est pour D.ieu.

והוא הבאה מחמת ההתבוננות נפש המשכלת שמתבוננת בגדולת א״ס [אין סוף] ב״ה אשר אין ערוך אליו ית׳ וכולא קמיה כלא חשיבא וכטפה מים בים האוקיינוס ואי לזאת תבטל הנפש במציאות אליו ית׳

Cela vient de la contemplation de l’âme intellectuelle, qui médite sur la grandeur de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, auquel rien ne peut être comparé, béni soit-Il, et devant Qui « tout est considéré comme rien », comme une goutte d’eau dans l’océan. C’est pourquoi l’âme sera annulée dans son existence devant Lui, béni soit-Il,

Explication

Cela vient de la contemplation de l’âme intellectuelle sur la grandeur de l’Infini : rien ne Lui est comparable, tout est comme rien devant Lui, tel une goutte dans l’océan. À cette vue, le sentiment qu’a l’âme de sa propre existence s’annule devant Lui.

וישליך מנגד כל החיות וכל התענוגים אשר לא לה׳ המה לדבקה בו לבדו ית׳ באור א״ס [אין סוף] ב״ה ממש מקור החיים ומקור התענוגים בלי שום תערובות זר ופניות דלגרמיה כו׳ רק בבחי׳ ביטול והתכללות באלקות ממש.

et il rejettera tout ce qui est force vitale et tous les plaisirs qui ne sont pas pour D.ieu, afin de s’attacher à Lui seul, béni soit-Il, à la Lumière infinie (Or Ein Sof) elle-même, bénie soit-Elle, source de la vie et source des plaisirs, sans aucun mélange étranger ni motif intéressé, etc., mais uniquement dans un état d’annulation de soi (bitoul) et d’inclusion dans la divinité véritable.

Explication

L’homme rejette tout plaisir qui n’est pas pour D.ieu et s’attache à la Lumière infinie elle-même, source de la vie et de tout plaisir. Cela se fait sans aucun mélange étranger ni intérêt personnel, mais uniquement dans une pure annulation de soi et une inclusion dans la divinité.

Le paragraphe 14 en bref

La transformation de l’âme en divinité découle de la contemplation de la grandeur de l’Infini : celle-ci annule le sentiment que l’âme a d’elle-même et ne lui laisse d’autre plaisir que de s’attacher à D.ieu.

Construire les attributs ¶15–19

15והנה כמו שהמאכל המתעכל ונעשה דם הוא המתאחד עם דם הנפש ומחבר ומקשר השראת נפש בגוף לתת ל ו חיים כך ע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] בבחי׳ ביטול

Or, de même que la nourriture, une fois digérée et devenue sang, s’unit au sang de l’âme et joint et lie la présence de l’âme dans le corps afin de lui donner la vie, de même, par un éveil d’en bas dans un état d’annulation de soi (bitoul),

Explication

L’analogie est appliquée : la nourriture digérée devient sang, s’unit au sang de l’âme et lie ainsi l’âme au corps, lui donnant vie. De même, un éveil d’en bas sous le mode de l’annulation de soi produit un effet en haut.

והתכללות עד שתתהפך לבחי׳ אלקות ממש נמשך חיות ואור א״ס [אין סוף] ב״ה כביכול להתחבר ולהתקשר בבחי׳ גופא הן הם מדותיו ית׳ כמ״ש בזהר וכמה גופין תקינת לון כו׳

et l’inclusion, jusqu’à ce qu’elle se transforme en divinité véritable, la force vitale et la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, sont attirées, pour ainsi dire, afin de s’unir et de se lier au niveau d’un « corps », à savoir Ses attributs (midot), béni soit-Il, comme il est écrit dans le Zohar : « Et de nombreux corps, Tu leur as façonnés », etc. :

Explication

Lorsque l’âme s’annule et se transforme en divinité, la force vitale et la Lumière infinie sont attirées vers le bas et liées, pour ainsi dire, à un « corps », qui est constitué des attributs de D.ieu. La source est le Tikkunei Zohar : « De nombreux corps, Tu leur as façonnés. »

חסד דרועא ימינא גבורה כו׳ שמדות חסדו וגבורותיו ית׳ הן בבחי׳ גוף לגבי הנשמה הוא אור א״ס [אין סוף] ב״ה בעצמו ובכבודו דלאו מכל אלין מדות כלל כו׳.

« 'Hessed est le bras droit, Guevoura… » Car Ses attributs de 'Hessed et de Guevoura, béni soit-Il, sont comme un corps par rapport à l’âme, qui est la Lumière infinie, béni soit-Il, Lui-même, dans Sa gloire propre, Lui qui « n’est aucun de ces attributs », etc.

Explication

Dans ce passage, le 'Hessed est le bras droit et la Guevoura le bras gauche, etc. : les attributs sont comme un corps, tandis que l’âme qui les habite est la Lumière infinie elle-même, qui n’est aucun de ces attributs.

Le paragraphe 15 en bref

De même que la nourriture lie l’âme au corps, l’annulation de soi de l’âme lie la Lumière infinie à son « corps », les attributs divins, qui sont pour cette lumière ce qu’un corps est pour son âme.

Maré mekomot

  1. 1
    וכמה גופין תקינת לון · ת״ז בהקדמה (פתח אלי׳).
  2. 2
    וכמה גופין תקינת לון · Tikkunei Zohar 17a:15–16

16ואפי׳ [ואפילו] בחכמה עילאה כתיב כולם בחכמה עשית שנחשבת כעשייה גשמיות. וכמ״ש כי אמרתי עולם חסד יבנה שהחסד צריך להיות נבנה ומתהווה להיות התלבשות אור א״ס [אין סוף] ב״ה במדת החסד

Et même au sujet de la 'Hokhma supérieure, il est écrit : « Tu les as tous faits par la 'Hokhma », car elle est considérée comme une œuvre matérielle. Comme il est écrit : « Car j’ai dit : “Le monde sera édifié par la bonté” », car le 'Hessed doit être édifié et venir à l’existence, afin que la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, s’enveloppe dans l’attribut de 'Hessed ;

Explication

Même la Séfira la plus élevée, la 'Hokhma supérieure, est présentée comme quelque chose de « fait », comme dans « Tu les as tous faits par la 'Hokhma » : comparée à l’Infini, elle est comme une œuvre matérielle. De même, « le monde sera édifié par la bonté » signifie que le 'Hessed lui-même doit être édifié, afin que la Lumière infinie s’enveloppe en lui.

וכן בשאר המדות ובחכמה (ועמש״ל [ועיין מה שכתוב לעיל] מזה בד״ה לסוסתי) ובנין זה הוא מאתעדל״ת [מאתערותא דלתתא] זו שהיא בבחי׳ ביטול והתכללות ממש שכמו שא״א [שאי אפשר] להיות התקשרות הנפש עם הגוף מן המאכל עד שמתעכל ונעשה דם שמתאחד עם דם הנפש ממש.

et il en va de même pour les autres attributs émotionnels (midot), ainsi que pour la 'Hokhma. (Voyez aussi ce qui est écrit plus haut à ce sujet, dans le discours commençant par « À ma jument ».) Cette édification provient de cet éveil d’en bas, qui est dans un état d’annulation de soi (bitoul) et d’inclusion véritables. Car, de même qu’il ne peut y avoir de lien entre l’âme et le corps par l’intermédiaire de la nourriture tant que celle-ci n’a pas été digérée et transformée en sang, lequel s’unit véritablement au sang de l’âme,

Explication

Il en va de même pour les autres attributs émotionnels et pour la 'Hokhma, et le texte renvoie au discours « À ma jument ». Cette « édification » provient de l’éveil d’en bas dans une annulation de soi complète, de même que l’âme ne se lie au corps que par la nourriture digérée et transformée en sang.

כך א״א [אי אפשר] להיות המשכות החיות מאא״ס [מאור אין סוף] ב״ה ולהיות התלבשות אור א״ס [אין סוף] ב״ה בחכמה ובחסד מחמת אתערותא דלתתא כ״א [כי אם] שתהיה בבחי׳ ביטול והתכללות ממש עד שתשוב הנפש בבחי׳ אלקות ממש כנ״ל:

de même, il ne peut y avoir d’émanation de la force vitale provenant de la Lumière infinie, béni soit-Il, ni d’enveloppement de la Lumière infinie, bénie soit-Il, dans la 'Hokhma et le 'Hessed, par un éveil d’en bas, si celui-ci n’est pas dans un état d’annulation de soi et d’inclusion véritables, jusqu’à ce que l’âme revienne à un état de divinité véritable, comme mentionné plus haut.

Explication

De la même manière, la Lumière infinie n’est attirée dans la 'Hokhma et le 'Hessed que par un éveil d’en bas qui consiste en une annulation de soi complète, jusqu’à ce que l’âme devienne elle-même divinité.

Le paragraphe 16 en bref

L’enveloppement de la Lumière infinie dans la 'Hokhma, le 'Hessed et les autres attributs doit être « édifié », et cette édification provient de l’éveil d’en bas d’une annulation de soi complète, car seule la nourriture digérée lie l’âme au corps.

Maré mekomot

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    כולם בחכמה עשית · Psalms 104:24
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    כי אמרתי עולם חסד יבנה · Psalms 89:3
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    לסוסתי · Song of Songs 1:9

17אך להבין הטעם לכל זה מאין הוא הכח הזה לנפש המלובשת בגוף לאתעדל״ת [לאתערותא דלתתא] כזו להתאחד עם אלקות ולהמשיך חיות ואור א״ס [אין סוף] ב״ה במדותיו הקדושות יובן בביאור הטעם שהמאכל הגשמי

Mais, pour comprendre la raison de tout cela — d’où vient à l’âme revêtue d’un corps cette force de susciter un tel éveil d’en bas, de s’unir à la divinité et d’attirer la force vitale et la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, dans Ses saints attributs émotionnels (midot) ? — cela se comprendra en expliquant la raison pour laquelle la nourriture matérielle…

Explication

La question est maintenant de savoir d’où vient à une âme revêtue d’un corps la force de s’unir à la divinité et d’attirer la Lumière infinie dans les saints attributs de D.ieu. La réponse sera apportée par l’analogie de la nourriture matérielle.

שהוא מדצ״ח [מדומם צומח חי] שהם למטה ממדרגת האדם שהוא מדבר ועליו יחיה האדם אלא היינו מפני שעל כל מוצא פי ה׳ שבמאכל יחיה האדם והמוצא פי ה׳ הוא הוא המחייהו.

qui relève des règnes minéral, végétal et animal, inférieurs au rang de l’homme, qui est un être parlant, et dont l’homme pourtant vit. Mais cela tient au fait que « par tout ce qui sort de la bouche de Havaya » présent dans la nourriture, « l’homme vit » ; et « ce qui sort de la bouche de Havaya » est précisément ce qui lui donne la vie.

Explication

La nourriture provient des règnes minéral, végétal et animal, tous inférieurs à l’homme, l’être parlant, et pourtant l’homme en tire sa vie. Cela s’explique par « ce qui sort de la bouche de Havaya » présent dans la nourriture, la parole divine qui lui donne l’existence ; c’est cela qui le soutient.

אך הנה האדם יש בו ג״כ מוצא פי ה׳ ולמה צריך עוד למוצא פי׳ ה׳ שבמאכל.

Mais voici que l’homme lui aussi possède en lui « ce qui sort de la bouche de Havaya » ; pourquoi a-t-il donc encore besoin de « ce qui sort de la bouche de Havaya » présent dans la nourriture ?

Explication

Une question se pose : l’homme porte lui-même en lui une parole divine ; pourquoi a-t-il donc besoin de la parole divine présente dans la nourriture ?

אך הענין הוא דכתיב אחור וקדם צרתני אחור למע״ב [למעשה בראשית] כו׳ ולכן המוצא פי ה׳ שבמאכל הוא ממדגות עליונות וגבוהות יותר ולזאת יש בו כח להמשיך המשכות חיות נפש האדם והתקשרותה ותהלבשותה בגוף.

Mais voici l’explication : il est écrit : « Tu m’as formé par-derrière et par-devant » ; « par-derrière » dans l’œuvre de la Création, etc. C’est pourquoi « ce qui sort de la bouche de Havaya » présent dans la nourriture provient de niveaux plus élevés et plus éminents ; il a donc la force d’attirer les influx de la force vitale de l’âme humaine, ainsi que de la lier au corps et de l’y revêtir.

Explication

« Tu m’as formé par-derrière et par-devant » : les Sages expliquent « par-derrière » comme signifiant que l’homme vient en dernier dans l’œuvre de la Création, puisqu’il fut créé après tout le reste. Ce qui fut créé auparavant provient de niveaux plus élevés de la parole divine ; la parole présente dans la nourriture a donc une source plus élevée que celle de l’homme et peut lier son âme à son corps.

Le paragraphe 17 en bref

La force de l’âme d’attirer la Lumière infinie s’éclaire par l’exemple de la nourriture : celle-ci est inférieure à l’homme, mais le soutient, car la parole divine qu’elle contient provient d’un niveau plus élevé, l’homme ayant été créé en dernier.

Maré mekomot

  1. 1
    שעל כל מוצא פי ה׳ · Deuteronomy 8:3
  2. 2
    אחור וקדם צרתני · Psalms 139:5
  3. 3
    אחור וקדם צרתני · Eruvin 18a:15–16
  4. 4
    אחור למע״ב · עירובין (יח, א). [כ].

18והנה כמו שהוא במשל שהמאכל הגשמי מחיה את האדם ומחבר נפש האדם בגופו מפני מוצא פי׳ ה׳ שבו כך

Or, de même que dans l’analogie, la nourriture matérielle donne vie à l’homme et unit son âme à son corps parce qu’elle contient « ce qui sort de la bouche de Havaya », ainsi…

Explication

L’analogie est maintenant appliquée. La nourriture matérielle donne vie à une personne et lie son âme à son corps en raison de la parole divine qui s’y trouve.

הוא בנמשל באתערותא דלתתא זו בבחי׳ ביטול והתכללות שנקרא בשם אכילה למעלה שממשיך חיות ואור א״ס [אין סוף] ב״ה להתלבש בבחי׳ גופא חסד דרועא ימינא גבורה כו׳

…en est-il dans ce que l’analogie illustre : cet éveil d’en bas, dans un état d’annulation de soi (bitoul) et d’inclusion, que l’on appelle « manger » En Haut, attire la force vitale et la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, afin qu’elles s’investissent dans le niveau d’un « corps » — « 'Hessed est le bras droit, Guevoura… » —

Explication

Dans le parallèle, l’éveil d’en bas sous le mode de l’annulation de soi, appelé « manger » En Haut, attire la force vitale et la Lumière infinie afin qu’elles s’investissent dans le « corps » des attributs divins, 'Hessed étant le bras droit, Guevoura le gauche, et ainsi de suite.

הוא מפני מוצא פי׳ ה׳ הוא כח וחיות אלקות שיש לישראל בשרשם שהוא ממדרגות עליונות שבאור א״ס [אין סוף] ב״ה כי ישראל עלה במחשבה.

…c’est en raison de « ce qui sort de la bouche de Havaya », c’est-à-dire la puissance divine et la force vitale qu’Israël possède dans sa racine, issue des niveaux supérieurs de la Lumière infinie, béni soit-Il ; car « Israël s’éleva dans la pensée ».

Explication

Cela est possible grâce à la « parole divine » qui se trouve en Israël : la puissance divine dans leur racine, qui provient des niveaux supérieurs de la Lumière infinie. C’est là le sens de « Israël s’éleva dans la pensée » : ils précèdent les mondes dans la pensée de D.ieu.

Le paragraphe 18 en bref

De même que la parole divine présente dans la nourriture unit l’âme au corps, la racine divine d’Israël, qui « s’éleva dans la pensée », confère à leur annulation de soi le pouvoir d’unir la Lumière infinie aux attributs divins.

Maré mekomot

  1. 1
    מוצא פי׳ ה׳ · Deuteronomy 8:3
  2. 2
    ישראל עלה במחשבה · נסמן לעיל פ׳ נצבים מז, ג.

19ופי׳ עלה במחשבה כי יש ג׳ מיני מחשבות כמ״ש כי לא מחשבותי מחשבותיכם לשון רבים מחשבה שבמחשבה דהיינו שחושב מחשבת שכל והבנה ודבר שצריך בו עיון הלב.

Et le sens de « s’éleva dans la pensée » est qu’il existe trois sortes de pensées, comme il est écrit : « Car Mes pensées ne sont pas vos pensées » — au pluriel. [Il y a] la pensée dans la pensée, c’est-à-dire lorsqu’on réfléchit à une idée intellectuelle et à sa compréhension, à un sujet qui exige une réflexion du cœur.

Explication

Pour expliquer « s’éleva dans la pensée », l’Alter Rebbe distingue trois sortes de pensées, en relevant que le verset dit « pensées » au pluriel. La première est la « pensée dans la pensée » : réfléchir avec un véritable intellect et une véritable compréhension à un sujet qui demande une profonde réflexion.

ודבור שבחשבה שחושב דברים בעלמא שאין בהם רק צירופי אותיות ואין מלובש בהם שום שכל והבנה.

Et [il y a] la parole dans la pensée, lorsqu’on pense à de simples mots, qui ne sont que des combinaisons de lettres et dans lesquelles aucun intellect ni aucune compréhension ne sont revêtus.

Explication

La deuxième est la « parole dans la pensée » : penser uniquement à des mots, à de simples combinaisons de lettres qui ne contiennent aucune compréhension.

ומעשה שבמחשבה הוא כח המדמה שהוא רק דמיון לכל מה שרואה במעשה גשמיות ובפועל ממש.

Et l’action dans la pensée est la faculté imaginative, qui n’est qu’une représentation de tout ce que l’on voit dans les actes matériels et dans l’action concrète.

Explication

La troisième est l’« action dans la pensée » : l’imagination, qui se représente les actes matériels concrets que l’on a vus.

ועלה במחשבה היינו מחשבה שבמחשבה שהיא מחשבה עליונה (ועמ״ש ע״פ ויכתוב משה את מוצאיהם ובד״ה יונתי בחגוי הסלע. ובד״ה אם בחקתי תלכו ועמ״ש מענין ב׳ בחי׳ שבמחשבה בד״ה שובה ישראל עד)

Et « s’éleva dans la pensée » désigne la pensée dans la pensée, qui est la pensée supérieure. (Voir également ce qui est écrit sur [le verset] « Et Moché écrivit leurs étapes », dans le discours commençant par « Ma colombe, dans les fentes du rocher », et dans celui commençant par « Si vous marchez selon Mes lois » ; voir aussi ce qui est écrit au sujet des deux niveaux de la pensée dans le discours commençant par « Reviens, ô Israël, jusqu’à ».)

Explication

« Israël s’éleva dans la pensée » désigne le plus élevé de ces niveaux : la pensée dans la pensée, la pensée supérieure. La parenthèse renvoie le lecteur à quatre autres discours, dont le dernier traite des deux niveaux de la pensée.

ושרש התהוות העולמות והתלבשות אור א״ס [אין סוף] ב״ה בבחי׳ חכמה וחסד הוא מבחי׳ דבור ואמירה שבמחשבה כמ״ש

Et la racine de la venue à l’existence des mondes, ainsi que de l’habillement de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, dans les niveaux de 'Hokhma (sagesse) et de 'Hessed (bonté), relève du niveau de la parole et de l’expression dans la pensée, comme il est écrit :

Explication

En revanche, la racine de la venue à l’existence des mondes et de l’habillement de la Lumière infinie dans 'Hokhma et 'Hessed est un niveau inférieur : la parole, ou « l’expression », dans la pensée.

כי אמרתי עולם כו׳ ויאמר אלקים יהי אור כו׳ והן הן צירופי אותיות נמשכות מאור א״ס [אין סוף] ב״ה להאציל כלים די״ס [די׳ ספירות] כמבואר במ״א

« Car J’ai dit : “Le monde…” », etc., [et] « Et D.ieu dit : “Que la lumière soit” », etc. Ce sont précisément les combinaisons de lettres qui émanent de la Lumière infinie, béni soit-Il, pour émaner les réceptacles des dix Séfirot, comme cela est expliqué ailleurs.

Explication

L’Écriture décrit ainsi la création comme une parole : « Car J’ai dit : “Le monde…” » et « Et D.ieu dit : “Que la lumière soit” ». Ces expressions sont les combinaisons de lettres qui émanent de la Lumière infinie pour faire émaner les réceptacles des dix Séfirot.

ולכן יש כח בשרש נש״י [נשמות ישראל] שהוא מבחי׳ מחשבה שבמחשבה להמשיך חיות ואור א״ס [אין סוף] ב״ה ע״י שבטל ונכלל ממש באלקות באתעדל״ת [באתערותא דלתתא] זו והוא הוא בבחי׳ המאכל שמתעכל ונהפך לדם הנפש וממשיך חיות כו׳.

C’est pourquoi la racine des âmes d’Israël, qui relève du niveau de la pensée dans la pensée, a le pouvoir d’attirer la force vitale et la Lumière infinie, béni soit-Il, par le fait qu’elle s’annule véritablement et s’inclut dans la divinité à travers cet éveil d’en bas ; et cela est précisément comparable à l’aliment qui est digéré, devient le sang de l’âme et attire la force vitale, etc.

Explication

La racine des âmes d’Israël se trouve donc dans la pensée dans la pensée, au-dessus de la parole qui est la racine des Séfirot ; elle a le pouvoir d’attirer en elles la Lumière infinie lorsque l’âme s’annule dans la divinité. Cela est précisément comparable à l’aliment : sa parole divine provient d’un niveau supérieur et, lorsqu’il devient le sang de l’âme, il lui donne la vie.

וזהו כי אמרתי עולם חסד יבנה שהחסד נבנה ע״י כי אמרתי אמירה בלב שלי שישראל עלה במחשבה

Et c’est là le sens de « Car J’ai dit : “Le monde — la bonté sera édifiée” » : le 'Hessed est édifié par « Car J’ai dit », une parole dans Mon cœur, à savoir qu’« Israël s’éleva dans la pensée ».

Explication

Ainsi, « Car J’ai dit : “Le monde — la bonté sera édifiée” » signifie que le 'Hessed est édifié par « J’ai dit », une parole dans le cœur de D.ieu selon laquelle Israël s’éleva dans la pensée. La pensée de D.ieu concernant Israël est ce qui édifie l’attribut de 'Hessed.

(ועמ״ש מזה לעיל בד״ה לסוסתי וע׳ [ועיין] בפי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות] בפ׳ תולדות בדף קל״ה על ענין בעשרה מאמרות נברא העולם והלא במאמר אחד יכול להבראות כו׳ ע״ש [עיין שם]) ופי׳

(Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet plus haut, dans le discours commençant par « À ma jument » ; voyez également le commentaire du Ramaz sur la paracha Toldot, folio 135, à propos de : « Le monde fut créé par dix paroles — mais n’aurait-il pas pu être créé par une seule parole ? », etc. ; voyez là-bas.) Et le sens de

Explication

La parenthèse renvoie au discours « À ma jument » et au commentaire du Ramaz sur le Zohar, paracha Toldot, folio 135, à propos de la question de la Michna : pourquoi le monde fut-il créé par dix paroles, alors qu’il aurait pu l’être par une seule ?

כי אמרתי עולם שהאמירה באה לבחי׳ עולם בעשרה מאמרות שנברא העולם יהי אור יהי רקיע כו׳.

« Car j’ai dit : “Le monde” », c’est que la parole vient au niveau du « monde », par les dix paroles par lesquelles le monde fut créé : « Que la lumière soit », « Qu’il y ait un firmament », etc.

Explication

« Car j’ai dit : “Le monde” » signifie que la parole divine descend au niveau du « monde » par les dix paroles de la création : « Que la lumière soit », « Qu’il y ait un firmament », et ainsi de suite.

ומזה נמשך חיות העולמות בפנימיות ובחיצוניות. בפנימיות ויקם עדות ביעקב כו׳ ובחיצוניות קול דודי דופק אותיות פק״ד פקד פקדתי כו׳.

Et de là se répand la force vitale des mondes, dans leur dimension intérieure (pnimiyout) et leur dimension extérieure ('hitsoniyout) : dans la dimension intérieure, « Il établit un témoignage en Yaakov », etc. ; et dans la dimension extérieure, « La voix de mon bien-aimé frappe à la porte » (dofek), dont les lettres forment pakad : « Je me suis certainement souvenu » (pakod pakadti), etc.

Explication

De là, la force vitale parvient aux mondes de deux façons. Le flux intérieur est la Torah et les mitsvot : « Il établit un témoignage en Yaakov » ; le flux extérieur est « la voix de mon bien-aimé frappe à la porte » (dofek), dont les lettres forment pakad, la providence de D.ieu.

וזהו האותיות שאלוני על בני ועל פועל ידי תצוני על בני בבחי׳ פנימיות ועל פועל ידי בבחי׳ חיצוניות:

Et c’est là le sens de : « Les lettres, demandez-Moi au sujet de Mes enfants, et au sujet de l’œuvre de Mes mains, commandez-Moi » : « au sujet de Mes enfants » désigne le niveau de la dimension intérieure, et « au sujet de l’œuvre de Mes mains », celui de la dimension extérieure.

Explication

Le verset concernant les lettres s’explique ainsi : « au sujet de Mes enfants » désigne le flux intérieur, et « au sujet de l’œuvre de Mes mains », le flux extérieur.

Le paragraphe 19 en bref

« Israël s’éleva dans la pensée » signifie que les âmes ont leur racine dans la pensée dans la pensée, au-dessus de la parole divine dont proviennent les mondes et les Séfirot. C’est pourquoi leur annulation de soi peut édifier l’attribut de 'Hessed et attirer la vie dans les mondes, intérieurement et extérieurement.

Pour aller plus loin

Les trois niveaux de la pensée reflètent l’ordre de l’aliment et de l’homme : de même que l’aliment, créé auparavant, reçoit une parole divine supérieure à celle de l’homme et peut ainsi le soutenir, les âmes, enracinées dans la pensée dans la pensée, sont supérieures à la parole qui crée les mondes et les Séfirot ; leur service « édifie » donc les Séfirot elles-mêmes.

Maré mekomot

  1. 1
    כי לא מחשבותי מחשבותיכם · Isaiah 55:8
  2. 2
    ע״פ ויכתוב משה · לעיל פ׳ מסעי צא, ב ואילך.
  3. 3
    ויכתוב משה את מוצאיהם · Numbers 33:2
  4. 4
    ובד״ה יונתי בחגוי הסלע · לעיל טז, ד.
  5. 5
    יונתי בחגוי הסלע · Song of Songs 2:14
  6. 6
    ובד״ה אם בחקותי תלכו · לעיל בחקותי מה, א.
  7. 7
    אם בחקתי תלכו · Leviticus 26:3
  8. 8
    בד״ה שובה ישראל עד · לעיל שבת שובה סו, ב.
  9. 9
    שובה ישראל עד · Hosea 14:2
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    יהי אור · Genesis 1:3
  11. 11
    כי אמרתי עולם חסד יבנה · Psalms 89:3
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    בעשרה מאמרות נברא העולם והלא במאמר אחד יכול להבראות · Pirkei Avot 5:1
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    יהי רקיע · Genesis 1:6
  14. 14
    ויקם עדות ביעקב · Psalms 78:5
  15. 15
    קול דודי דופק · Song of Songs 5:2
  16. 16
    פקד פקדתי · Exodus 3:16
  17. 17
    האותיות שאלוני על בני ועל פועל ידי תצוני · Isaiah 45:11

« Ma colombe » : le regard jamais rassasié ¶20–22

20ג והנה באתערותא דלתתא זו שע״י בחי׳ פתחי לי אחותי רעיתי יעלה ויבא ויגיע למדרגה יותר עליונה הוא בחי׳ יונתי והוא בחי׳ עיניך יונים כמו זוג יונים שמסתכלים תמיד זה בזה ונהנים בראייתם זע״ז [זה עם זה / זה על זה].

3. Or, grâce à cet éveil d’en bas, qui se produit par le niveau de « Ouvre-moi, ma sœur, mon aimée », on s’élèvera, on viendra et on atteindra un niveau encore plus élevé : celui de « ma colombe » (yonati). C’est le niveau de « tes yeux sont des colombes » : comme une paire de colombes qui se contemplent sans cesse et prennent plaisir à se regarder l’une l’autre.

Explication

La troisième section commence. L’éveil suscité par « Ouvre-moi, ma sœur, mon aimée » conduit à un niveau plus élevé, « ma colombe », qui correspond à « tes yeux sont des colombes » : comme une paire de colombes qui se contemplent constamment et prennent plaisir à se regarder l’une l’autre.

Le paragraphe 20 en bref

Au-delà de l’éveil de « ma sœur, mon aimée » se trouve le niveau supérieur de « ma colombe », une contemplation amoureuse réciproque et constante.

Maré mekomot

  1. 1
    פתחי לי אחותי רעיתי · Song of Songs 5:2

21ולא זזה חיבתם מלהסתכל זה בזה. כך יהיה האדם בבחי׳ זו שהוא בחי׳ לאסתכלא ביקרא דמלכא לאסתכלא תדיר. ועל זה נאמר עיני האדם לא תשבענה.

Et leur affection ne cesse jamais de se contempler l’une l’autre. Ainsi en sera-t-il de l’homme à ce niveau, qui consiste à « contempler la gloire du Roi », à la contempler constamment. C’est à ce sujet qu’il est dit : « Les yeux de l’homme ne sont jamais rassasiés. »

Explication

De même que l’amour des colombes ne les empêche jamais de se contempler l’une l’autre, l’homme qui se trouve à ce niveau « contemple la gloire du Roi » — selon l’expression du Zohar — constamment. Tel est le sens de « les yeux de l’homme ne sont jamais rassasiés ».

פי׳ עיני האדם הוא האדם הגדול בענקים זה אברהם אבינו שעליו נאמר הלוך ונסוע תדיר בלי הפסק תמיד הלוך ונסוע ממדרגה למדרגה עד הנגבה שנקרא אברהם אוהבי ותמיד לא זזה חיבתו להמקום ב״ה.

« Les yeux de l’homme » désigne « l’homme grand parmi les géants » : Avraham notre père, dont il est dit qu’il « allait et voyageait », constamment et sans interruption, « allant et voyageant » toujours de niveau en niveau, jusqu’au sud (ha-negbah) ; [c’est lui] qui est appelé « Avraham, qui M’aime ». Son affection pour Celui qui est présent partout, béni soit-Il, ne cessa jamais.

Explication

« L’homme » désigne ici Avraham, appelé « l’homme grand parmi les géants ». Il « allait et voyageait » sans s’arrêter, de niveau en niveau, vers « le sud », associé en Kabbale à l’amour. Il est appelé « Avraham, qui M’aime », et son amour pour D.ieu ne cessa jamais.

ולכן אמרו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] בכל יום יהיה בעיניך דברי תורה כחדשים שלא שבעתם העין. (ועמ״ש בפ׳ בחקתי בפי׳ ואכלתם ולא תשבעו) והיינו מחמת התבוננותו בגדולת א״ס [אין סוף] ב״ה שאין לו סוף כו׳.

C’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Chaque jour, les paroles de Torah doivent être à vos yeux comme nouvelles », comme si l’œil n’en était pas encore rassasié. (Voyez aussi ce qui est écrit dans la paracha Be’houkotaï au sujet du sens de « Vous mangerez, mais ne serez pas rassasiés ».) Cela tient à sa contemplation de la grandeur de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, qui n’a pas de fin, etc.,

Explication

D’où l’enseignement des Sages selon lequel les paroles de Torah doivent sembler nouvelles chaque jour, afin que l’œil n’en soit jamais rassasié. La parenthèse renvoie à une explication des mots « vous mangerez, mais ne serez pas rassasiés ». Cette insatiabilité vient de la contemplation de la grandeur de l’Infini, qui n’a pas de fin.

ואין ערוך עליו ית׳ דכולא קמיה כלא כו׳ וכטפה מים אוקיינוס כו׳ והוא המחדש בטובו בכל יום תמי מע״ב [מעשה בראשית] מאין ליש ממש והתחדשות זו היא רק הארה בעלמא הודו וזיוו של שמו על ארץ כו׳

et rien ne peut Lui être comparé, béni soit-Il, car « tout est devant Lui comme rien », etc., comme une goutte d’eau [dans] l’océan, etc. C’est Lui qui, « dans Sa bonté, renouvelle chaque jour, constamment, l’œuvre de la Création », faisant passer réellement du néant à l’être ; et ce renouvellement n’est qu’un simple rayonnement : « Sa splendeur » et le rayonnement de Son Nom « sont sur la terre », etc.,

Explication

Rien ne peut Lui être comparé ; tout est devant Lui comme rien, tel une goutte dans l’océan. Il renouvelle chaque jour la Création à partir du néant, et même ce renouvellement n’est qu’un faible éclat : « Sa splendeur », le rayonnement de Son Nom.

שהזיו מתחדש מאין ממש מאין תמיד ותמיד הוא מתחדש ולזאת וקדושים בכל יום יהללוך סלה קדושים אלו הנשמות שלמעלה בכל יום תמיד יהללוך סלה

car le rayonnement est renouvelé à partir du néant véritable, constamment à partir du néant, et il est constamment renouvelé. C’est pourquoi « les saints Te loueront chaque jour, séla » : les « saints » sont les âmes d’en haut ; « chaque jour », constamment, « ils Te loueront, séla »,

Explication

Puisque le rayonnement est constamment renouvelé à partir du néant, il y a toujours davantage à contempler. Ainsi, les « saints », c’est-à-dire les âmes d’en haut, louent D.ieu chaque jour, « séla », que les Sages expliquent comme signifiant sans interruption.

בלי הפסק ממדרגה למדרגה עד רום המעלות למעלה עד אין קץ וסוף ולמטה עד אין תכלית.

sans interruption, de niveau en niveau, jusqu’au sommet des degrés — vers le haut, sans limite ni fin, et vers le bas, sans borne.

Explication

Leur louange s’élève sans interruption de niveau en niveau, sans fin, vers le haut comme vers le bas, car la grandeur de D.ieu est sans limite.

Le paragraphe 21 en bref

Le niveau de « ma colombe » consiste à contempler constamment la gloire de D.ieu, sans jamais en être rassasié, à l’image du voyage incessant d’Avraham. Cela tient au fait que D.ieu est infini et renouvelle la Création à partir du néant à chaque instant.

Maré mekomot

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    לאסתכלא ביקרא דמלכא · Zohar II, 247b
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    עיני האדם לא תשבענה · Proverbs 27:20
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    האדם הגדול בענקים זה אברהם אבינו · Joshua 14:15
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    האדם הגדול בענקים זה אברהם אבינו · Rashi on Joshua 14:15
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    הלוך ונסוע · Genesis 12:9
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    אברהם אוהבי · Isaiah 41:8
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    בכל יום יהי׳ בעיניך ד״ת כחדשים · Deuteronomy 11:13
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    בכל יום יהיה בעיניך דברי תורה כחדשים · Rashi on Exodus 19:1
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    הודו וזיוו של שמו על ארץ · Psalms 148:13
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    סלה בלי הפסק · Eruvin 54a:12–13

22ואי לזאת לא תשבע עין מלראות ולאסתכלא ביקרא דמלכא תדיר ולהיות שש ועלז בה בראיה זו

Et c’est pourquoi l’œil ne se rassasiera pas de voir, de contempler constamment la gloire du Roi, et de se réjouir et d’exulter dans cette vision,

Explication

Puisque D.ieu est infini, l’œil ne se rassasie jamais de contempler la gloire du Roi, et la personne se réjouit et exulte dans cette vision.

ולהתענג על ה׳ הוא אור א״ס [אין סוף] ב״ה המתגלה בנפשו המשכלת שהיא קרבת ה׳ ממש וצדיק באמונתו זו יחיה כו׳ כמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] פל״ג.

et de « se délecter en Havaya », c’est-à-dire de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, qui se révèle dans son âme intellectuelle, ce qui constitue une véritable proximité avec D.ieu ; et « le juste vivra par sa foi », cette [foi], etc., comme il est écrit dans le Sefer Shel Beinonim (Tanya), chapitre 33.

Explication

Il se délecte en D.ieu, la Lumière infinie telle qu’elle se révèle dans son âme intellectuelle, ce qui constitue une véritable proximité avec D.ieu. C’est là « le juste vivra par sa foi » : comme l’explique le Tanya, chapitre 33, la joie de cette foi élève l’âme et la soutient.

Le paragraphe 22 en bref

Le regard de « ma colombe » apporte joie et délice en D.ieu, la Lumière infinie révélée dans l’intellect, ce qui constitue une véritable proximité avec D.ieu et la vie du juste par la foi.

Pour aller plus loin

Dans le Tanya, chapitre 33, cité ici par le texte, l’Alter Rebbe qualifie cette contemplation de « proximité avec D.ieu » elle-même et rapporte l’enseignement selon lequel ‘Havakouk a ramené les 613 commandements à un seul : « le juste vivra par sa foi ». Lorsque le cœur d’une personne se réjouit de la foi en l’unité de D.ieu, la force de cette joie élève son âme.

Maré mekomot

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    וצדיק באמונתו . . יחי׳ · Habakkuk 2:4
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    וצדיק באמונתו · Tanya, Likkutei Amarim 33:7

« Ma parfaite » : comme si vous M’aviez créé ¶23–25

23ובאתערותא דלתתא זו אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] כך ממש עין ה׳ אל יראיו למיחלים לחסדו ע״י עיני תמיד אל ה׳ כו׳

Et par cet éveil d’en bas, l’éveil d’en haut lui correspond exactement : « L’œil de Havaya est sur ceux qui Le craignent, sur ceux qui espèrent en Sa bonté », grâce à « Mes yeux sont toujours tournés vers Havaya », etc.

Explication

La réponse d’En-Haut correspond exactement à l’éveil d’en bas. Lorsque les yeux d’une personne sont « toujours tournés vers Havaya », alors « l’œil de Havaya est sur ceux qui Le craignent » : le regard constant de « ma colombe » reçoit en retour le regard de D.ieu.

ומזה נמשך עוד בעילוי אחר עילוי עד שיהיה בבחי׳ תמתי שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] ברבות בשה״ש [בשיר השירים] תמתי תאומתי שכנס״י [שכנסת ישראל] הם תאומתו של

De là découle encore une élévation après l’autre, jusqu’à atteindre le niveau de « ma parfaite » (tamati), dont nos Sages, de mémoire bénie, ont dit dans [le Midrach] Rabbah sur le Cantique des Cantiques : « tamati — ma jumelle (te’oumati) » ; car l’Assemblée d’Israël (Knesset Israël) est la jumelle de

Explication

De là, on s’élève encore davantage, jusqu’à « ma parfaite » (tamati). Le Midrach lit tamati comme te’oumati, « ma jumelle » : l’Assemblée d’Israël est la jumelle de D.ieu.

המקום ב״ה שהקב״ה [שהקדוש ברוך הוא] נקרא בשם חתן וכנס״י [וכנסת ישראל] בשם כלה המזדווגת להחתן ונעשית לו תאומתו ואין מקרא יוצא מידי פשוטו שנקרא תמתי מלשון שלימות

l’Omniprésent, béni soit-Il : le Saint béni soit-Il est appelé « fiancé », et l’Assemblée d’Israël, « fiancée », laquelle s’unit au fiancé et devient sa jumelle. Pourtant, « un verset ne s’écarte jamais de son sens littéral » : elle est appelée tamati au sens de perfection,

Explication

D.ieu est appelé le fiancé et l’Assemblée d’Israël la fiancée, qui s’unit à Lui et devient sa jumelle. Cependant, le sens littéral de tamati demeure : le mot vient de tam, qui signifie intégrité et perfection.

שהיא משלמת אותו ית׳ כביכול להיות נקרא בשם תם ושלם ובלעדי כנס״י [כנסת ישראל] אין לו תמות ושלימות אמיתי כביכול כי דכר בלא נוקבא נקרא פלג גופא (ע׳ [עיין] בזהר ויקרא ד״ז ע״ב).

car elle Le complète, béni soit-Il, pour ainsi dire, de sorte qu’Il soit appelé « entier et complet » ; et sans l’Assemblée d’Israël, Il ne possède pas de véritable intégrité ni de véritable plénitude, pour ainsi dire, car « un mâle sans femelle est appelé un demi-corps » (voir le Zohar, Vayikra, folio 7b).

Explication

Israël complète D.ieu, pour ainsi dire, de sorte qu’Il soit appelé entier ; sans l’Assemblée d’Israël, Il ne possède pas de véritable plénitude, car, selon les mots du Zohar, « un mâle sans femelle est appelé un demi-corps ».

ועל זה אמרו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] ע״פ ועשיתם אתם אתם כתיב מעלה אני עליכם כאילו עשאוני כו׳. וביאור ענין זה דלכאורה אינו מובן איך שייך עשיי׳ [עשייה] כלפי מעלה.

À ce propos, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit au sujet du verset « Et vous les ferez (otam) » : « Il est écrit atem (“vous”) : Je vous compte cela comme si vous M’aviez fait », etc. L’explication de cette idée est la suivante : à première vue, on ne comprend pas comment la notion de « faire » peut s’appliquer à Celui qui est en haut.

Explication

Tel est le sens de la lecture que font les Sages de « et vous les ferez » comme « vous » : « Je vous compte cela comme si vous M’aviez fait. » Mais il est difficile de comprendre comment la notion de « faire » peut s’appliquer à D.ieu.

אך הענין הוא כי שלימות הבורא מה שנקרא רחום וחנון ארך אפים וכו׳ לא בא לידי גילוי כ״א [כי אם] בהתהוות העולמות והברואים שנמשך ונתלבש אור א״ס [אין סוף] ב״ה דלאו מכל מדות כו׳ בבחי׳ מדת החסד ורחום וחנון כו׳.

L’explication est que la perfection du Créateur — le fait qu’Il soit appelé « compatissant, gracieux, lent à la colère », etc. — ne se révèle que par l’émanation des mondes et des créatures. Alors, la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, qui « n’est d’aucun attribut », etc., est attirée et revêtue du niveau de l’attribut de 'Hessed (bonté), ainsi que de la qualité de « compatissant et gracieux », etc.

Explication

La réponse est que la « perfection » du Créateur — le fait qu’Il soit appelé compatissant, gracieux et lent à la colère — ne se révèle que lorsque les mondes et les créatures viennent à l’existence. Alors, la Lumière infinie, qui transcende tous les attributs, est attirée et revêtue de l’attribut de 'Hessed, ainsi que de la compassion et de la grâce.

Le paragraphe 23 en bref

Le niveau de « ma parfaite » désigne Israël comme la « jumelle » de D.ieu, qui Le rend « entier », pour ainsi dire. C’est le sens de la parole des Sages : « comme si vous M’aviez fait » : les attributs de compassion et de grâce de D.ieu ne se révèlent que dans la création, lorsque la Lumière infinie s’en revêt.

Maré mekomot

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    עין ה׳ אל יראיו · Psalms 33:18
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    ועשיתם אתם אתם כתיב מעלה אני עליכם · Leviticus 26:3

24והמשכה זו באתעדל״ת [באתערותא דלתתא] תליא כנ״ל כי חסד דרועא ימינא ע״י צדקה וחסד שישראל עושין למטה.

Et cet effluve dépend de l’éveil d’en bas (l’éveil d’en bas), comme mentionné plus haut. Car le 'Hessed (bonté), « le bras droit », s’attire par la charité et la bonté que les enfants d’Israël pratiquent ici-bas.

Explication

Cet effluve de la Lumière infinie dans les attributs dépend de l’éveil d’en bas. Le 'Hessed, « le bras droit », s’attire par la charité et la bonté que les enfants d’Israël pratiquent ici-bas.

וגבורה דרועא שמאלא ע״י בחי׳ שמאל דוחה שהוא בחי׳ אתכפייא סט״א [סטרא אחרא] נעשה שמאלו תחל לראשי שגורם נשיאת

Et la Guevoura (retenue), « le bras gauche », s’attire par le niveau de « la main gauche repousse », qui est le niveau de la soumission (itkafya) de la sitra a'hra (l’autre côté) : [alors] « sa main gauche est sous ma tête », ce qui entraîne le relèvement

Explication

La Guevoura, « le bras gauche », s’attire par « la main gauche repousse », la soumission (itkafya) de la sitra a'hra, le côté opposé à la sainteté. Cela entraîne « sa main gauche est sous ma tête », ce qui élève la tête.

ראש בבחי׳ הסתלקות דאסתלק יקרא דקוב״ה [דקודשא בריך הוא] וע״י אתהפכא סט״ע [סטרא אחרא] בועשה טוב גורם בחינת וימינו תחבקני הוא בחי׳ ימינו וחסדו של הקב״ה [הקדוש ברוך הוא].

de la tête, au niveau de l’élévation (histalkout), lorsque « la gloire du Saint béni soit-Il s’élève ». Et, en transformant (it’hap’ha) la sitra a'hra par « faire le bien », on suscite le niveau de « sa main droite m’étreint », qui est le niveau de la main droite et de la bonté du Saint béni soit-Il.

Explication

Le relèvement correspond à l’élévation au cours de laquelle « la gloire du Saint béni soit-Il s’élève », lorsque la sitra a'hra est soumise. Transformer (it’hap’ha) la sitra a'hra en « faisant le bien » suscite « sa main droite m’étreint », la main droite et la bonté de D.ieu.

כמ״ש אהבתי אתכם אמר ה׳ שהיא המקפת את הנפש כאדם החובק את חבירו מאחוריו ומקיפו שאינו מניחו להפרד ממנו כך הוא האהבה הבאה מלמעלה

Comme il est écrit : « Je vous ai aimés, dit Havaya » : c’est [l’amour] qui entoure l’âme. De même qu’une personne étreint son prochain par-derrière et l’enveloppe, sans lui permettre de se séparer d’elle, ainsi est l’amour qui vient d’En-Haut,

Explication

C’est l’amour de D.ieu : « Je vous ai aimés, dit Havaya », qui entoure l’âme. Il est comme une personne qui étreint un ami par-derrière et le retient, afin qu’il ne puisse se séparer d’elle.

שהיא למעלה מכדי שתוכל נפש האדם שאת ואינה מתלבשת ומתעלמת בתוך הנפש רק שהיא מקפת וסובבת אותה עד שתהא צרורה ומוקפת בצרור החיים את ה׳ ממש לבלתי הפרד ממנו.

car il dépasse ce que l’âme humaine peut supporter ; il ne s’enveloppe pas dans l’âme et ne s’y dissimule pas, mais l’entoure et la cerne, jusqu’à ce qu’elle soit liée et enveloppée « dans le lien de vie avec Havaya », véritablement, sans jamais se séparer de Lui.

Explication

Cet amour d’En-Haut est plus grand que ce qu’une âme humaine peut contenir ; il ne pénètre donc pas dans l’âme, mais l’entoure, jusqu’à ce que l’âme soit « liée dans le lien de vie avec Havaya », sans jamais se séparer de Lui.

Le paragraphe 24 en bref

Les actes d’Israël attirent la Lumière infinie dans la Guevoura et le 'Hessed : la bonté attire le 'Hessed, la soumission de la sitra a'hra attire la Guevoura, et sa transformation suscite la « main droite » de D.ieu qui étreint, un amour d’En-Haut entourant l’âme.

Maré mekomot

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    חסד דרועא ימינא · ת״ז שם.
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    אהבתי אתכם אמר ה׳ · Malachi 1:2
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    בצרור החיים את ה׳ · I Samuel 25:29

25וזהו כאלו עשאוני דקאי על עשיית החסד והגבורה שהן בחי׳ כלים ומשכן להשראת אור א״ס [אין סוף] ב״ה

Et voici [le sens de] « comme si vous M’aviez fait » : cela se rapporte à la formation de 'Hessed (bonté) et de Guevoura (retenue), qui constituent le niveau des réceptacles et une demeure pour la résidence de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il.

Explication

« Comme si vous M’aviez fait » se rapporte à la formation de 'Hessed et de Guevoura, qui sont des réceptacles et une demeure pour la Lumière infinie.

כי אור בלא כלי אינו אור הנגלה ומושג כלל ואין העולמות יכולים לקבלו והתהוות העולמות הוא כדי להראות גילוי שלימותו ית׳ רחום וחנון כו׳.

Car une lumière sans réceptacle n’est pas une lumière révélée et saisissable, et les mondes ne peuvent la recevoir ; or les mondes viennent à l’existence afin de manifester la révélation de Sa perfection, béni soit-Il, « compatissant et gracieux », etc.

Explication

Une lumière sans réceptacle ne peut être révélée ni saisie, et les mondes ne peuvent la recevoir. Le but de la création est de révéler la perfection de D.ieu, qui est compatissant et gracieux.

ולכן עשיית הכלים נחשבת כאלו עשאוני ממש להיות המשכת גילוי שלימותו ית׳ שהוא ע״י התלבשות

C’est pourquoi la formation des réceptacles est considérée comme si l’on M’avait réellement fait, afin que soit attirée la révélation de Sa perfection, béni soit-Il, laquelle s’opère par l’enveloppement

Explication

Ainsi, la formation des réceptacles est considérée comme si l’on avait véritablement « fait » D.ieu, pour ainsi dire, car elle permet d’attirer la révélation de Sa perfection.

אור א״ס [אין סוף] ב״ה בבחי׳ כלים בחכמה ובחסד ע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] של ישראל. (ועמ״ש עוד מענין יונתי תמתי בסמוך בד״ה ששים המה מלכות כו׳):

de la Lumière infinie, béni soit-Il, dans le niveau des réceptacles, dans 'Hokhma (sagesse) et dans 'Hessed, par un éveil d’en bas d’Israël. (Voyez aussi ce qui est écrit plus loin au sujet de « ma colombe, ma parfaite », dans le discours qui commence par « Soixante reines », etc.)

Explication

Cette révélation se produit lorsque la Lumière infinie est enveloppée dans des réceptacles, en 'Hokhma et en 'Hessed, par l’éveil d’en bas d’Israël. La parenthèse renvoie à un discours proche sur « Soixante reines », qui développe le thème de « ma colombe, ma parfaite ».

Le paragraphe 25 en bref

Israël « fait » D.ieu, pour ainsi dire, en formant les réceptacles — les attributs — dans lesquels la Lumière infinie se révèle ; sans réceptacles, la lumière ne pourrait être révélée, et la création existe afin de manifester Sa perfection.

Pour aller plus loin

Or HaTorah, cité dans la note, en tire la conclusion suivante : former les réceptacles des dix Séfirot en accomplissant les mitsvot, de sorte que la lumière y soit attirée, revient à « M’avoir réellement fait » ; cela montre jusqu’où peut porter la puissance du service de l’homme.

Maré mekomot

  1. 1
    וזהו כאילו עשאוני · בסה״מ תרל״ג שם: ”שאינו מובן למה נאמר כאלו עשאוני בכ״ף הדמיון לבד”.
  2. 2
    ולכן עשיית הכלים נחשבת כאילו עשאוני ממש · ”דהיינו שעשיית הכלים דע״ס ע״י קיום המצות שעי״ז יומשך בהם האור מאדון יחיד כו׳ הוא מעלה זה כביכול כאלו עשאוני ממש, הרי עד היכן מגיע כח העבודה כו׳” — אוה״ת פ׳ תבוא ע׳ תתשה. וראה באוה״ת פ׳ ואתחנן ע׳ רסא מביא קטע מכאן.
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    יונתי תמתי · Song of Songs 5:2
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    ששים המה מלכות · Song of Songs 6:8

« Ma tête est remplie de rosée » ¶26–27

26אך הנה הגורם לכל בחי׳ הללו הוא מ״ש שראשי נמלא טל. והענין הוא דכתיב אהיה כטל לישראל לא כגשמים שנצרים לפעמים מחמת מעשה התחתונים

Mais voici que ce qui engendre tous ces niveaux, c’est ce qui est écrit : « Car ma tête est remplie de rosée. » L’explication est la suivante : il est écrit : « Je serai comme la rosée pour Israël » — et non comme la pluie, qui est parfois retenue en raison des actes de ceux d’en bas ;

Explication

Ce qui rend possibles tous ces niveaux, c’est « Car ma tête est remplie de rosée. » D.ieu dit : « Je serai comme la rosée pour Israël », et non comme la pluie, qui est parfois retenue en raison des actes de ceux d’en bas.

אבל טל אינו נעצר לעולם אפילו שנים כשני אליהו שאמר אם יהיה טל ומטר כו׳ ואעפ״כ [ואף על פי כן] לא פעל אלא עצירת המטר ולא הטל.

mais la rosée, elle, n’est jamais retenue, même lors d’années semblables aux années d’Éliyahou, qui dit : « Il n’y aura ni rosée ni pluie », etc. Malgré cela, il ne parvint qu’à faire cesser la pluie, et non la rosée.

Explication

La rosée n’est jamais retenue. Même lorsqu’Éliyahou déclara qu’il n’y aurait ni rosée ni pluie, seule la pluie cessa, et non la rosée.

Le paragraphe 26 en bref

La source de tous les niveaux décrits est la « rosée » de « ma tête est remplie de rosée » : un influx divin qui, contrairement à la pluie, n’est jamais retenu en raison des actes humains.

Maré mekomot

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    שראשי נמלא טל · Song of Songs 5:2
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    אהי׳ כטל לישראל · Hosea 14:6
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    אם יהיה טל ומטר · I Kings 17:1

27והטעם כי הנה יש אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] שתלוי באתעדל״ת [באתערותא דלתתא]. ויש אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] שאינו תלוי כלל באתעדל״ת [באתערותא דלתתא] כי אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] זו היא מדרגה עליונה מאד נעלה באור א״ס [אין סוף] ב״ה הסוכ״ע [הסובב כל עלמין] כו׳.

La raison en est qu’il existe un éveil d’en haut (isarusa dileila) qui dépend de l’éveil d’en bas (isarusa dilesata), et un éveil d’en haut qui ne dépend aucunement de l’éveil d’en bas ; car cet éveil d’en haut est un niveau suprême, très élevé, dans la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), etc.

Explication

La raison est qu’il existe deux sortes d’éveil d’en haut : l’un dépend de l’éveil d’en bas, l’autre non. Le second émane d’un niveau suprême de la lumière qui entoure tous les mondes.

שאין אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] מגעת לשם ואינה נחשבת שם למאומה וכחשיכה כאורה ומשם יורד הטל. ולכן אין לו מעצור ממעשה התחתונים שאינו מעכבו חטא ועון כלל כי למענו ית׳ יעשה ולפניו כחשיכה כאורה.

L’éveil d’en bas ne l’atteint pas, et [là,] il n’est compté pour rien ; « les ténèbres sont comme la lumière », et c’est de là que descend la rosée. Aussi rien ne peut-il l’arrêter du fait des actes des êtres inférieurs : ni la faute ni la transgression ne l’entravent aucunement, car Lui, béni soit-Il, agit pour Lui-même, et devant Lui, « les ténèbres sont comme la lumière ».

Explication

L’éveil d’en bas n’atteint pas ce niveau et n’y compte pour rien ; là, « les ténèbres sont comme la lumière ». La rosée en émane, et la faute ne l’arrête donc pas : D.ieu agit pour Lui-même.

(ועמ״ש מזה סד״ה האזינו השמים). וזהו שראשי נמלא טל ראשי דוקא דהנה מבואר למעלה בענין ולבי ער שאין

(Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet à la fin du discours commençant par « Écoutez, cieux ».) C’est là le sens de « Ma tête est remplie de rosée » : « Ma tête » précisément. En effet, il a été expliqué plus haut, à propos de « Mais mon cœur est éveillé », qu’il n’y a pas de

Explication

Après avoir renvoyé au discours « Écoutez, cieux », le texte souligne que le verset dit « Ma tête » précisément, et rappelle l’opposition évoquée plus haut entre le cœur et le cerveau.

דומה ההשפעה והילוך החיות שמהלב אל האיברים להשפעה שמהמוח לאיברים שההמשכה מהלב יש בה העלאה תחלה ואח״כ [ואחר כך] הוא המשכה משא״כ ההשפעה מהמוח היא המשכה לבדה.

ressemblance entre le flux et le parcours de la force vitale (chayus) du cœur vers les membres et le flux du cerveau vers les membres : car le mouvement descendant depuis le cœur comporte d’abord une élévation, puis une descente ; tandis que le flux issu du cerveau n’est qu’une descente.

Explication

Le flux du cœur s’élève d’abord vers lui, puis se diffuse ; celui du cerveau ne fait que se diffuser.

ולכן ענין הטל שהוא האתעדל״ע [האתערותא דלעילא] שלמעלה מאתעדל״ת [מאתערותא דלתתא] נקרא שרשי נמלא טל הוא בחי׳ מוחא ועיין זח״ג [זהר חלק ג] פ׳ שלח (דקס״א ע״ב)

C’est pourquoi la rosée, qui est l’éveil d’en haut dépassant l’éveil d’en bas, est désignée par « Ma tête est remplie de rosée » : elle correspond au niveau du cerveau (mo’ha). Voir le Zohar, partie III, Parachat Chela’h (folio 161b).

Explication

La rosée, cet éveil d’en haut qui ne dépend pas de l’éveil d’en bas, est donc appelée « Ma tête » : elle correspond au niveau du cerveau, qui donne sans recevoir au préalable. Le texte renvoie au Zohar, Parachat Chela’h.

וזהו שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] פתחו לי כחודה של מחט ואני אפתח לכם כפתחו של אולם ורמזו בזה למ״ש בפ״ב [בפרק ב׳] דמדות כל השערים שבמקדש היו להם דלתות חוץ משל אולם.

C’est là le sens de l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « Ouvrez-Moi [une ouverture] comme le chas d’une aiguille, et Moi, Je vous ouvrirai [une ouverture] comme l’entrée de l’Oulam (la salle). » Ils faisaient ainsi allusion à ce qui est énoncé au chapitre 2 du traité Middot : « Toutes les portes du Temple avaient des battants, à l’exception de celles de l’Oulam. »

Explication

Cela éclaire l’enseignement des Sages : « Ouvrez-Moi comme le chas d’une aiguille, et Moi, Je vous ouvrirai comme l’entrée de l’Oulam », la grande salle d’entrée du Temple. Il fait allusion à la Michna dans Middot : toutes les portes du Temple avaient des battants, sauf celles de l’Oulam.

והענין הוא כי הנה השערים הם שערי ההשפעה להמשיך חיות ומזון לעולם והדלתות הם לסגור השער כו׳ (עמ״ש מזה בד״ה והבדילה הפרכת) כי לפעמים השערים נסגרים לפי מעשה התחתונים

L’explication est la suivante : les portes sont les ouvertures par lesquelles le flux apporte la force vitale et la subsistance au monde, et les battants servent à fermer ces ouvertures, etc. (Voir ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Et le rideau séparera ».) En effet, il arrive que les portes se ferment en fonction des actes des êtres inférieurs ;

Explication

Les portes représentent les canaux par lesquels la force vitale et la subsistance sont dispensées au monde, et les battants servent à les fermer. Il arrive que ces portes se ferment en raison des actes de ceux d’en bas.

אבל פתח האולם לא היו בו דלתות שתמיד היה פתוח לפי שהוא רומז לההשפעה היוצאת תמיד בלי הפסק ובלי מעצור ממעשה התחתונים שאין אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] מגעת עד שם

mais l’ouverture de l’Oulam n’avait pas de battants, car elle demeurait toujours ouverte. Elle fait allusion au flux qui s’écoule constamment, sans interruption ni obstacle résultant des actes des êtres inférieurs, car l’éveil d’en bas ne l’atteint pas.

Explication

L’Oulam n’avait pas de battants et demeurait toujours ouvert ; il fait allusion à un flux ininterrompu, que les actes humains n’arrêtent pas, puisque l’éveil d’en bas ne l’atteint pas.

אך זהו דוקא בהשפעה הנשפעת לעוה״ז [לעולם הזה] הגשמי שהיא מושפעת מבחי׳ חיצוניות של עולמות עליונים אבל בבחי׳ פנימיות עולמות עליונים צריך להיות תחלה כל האתעדל״ת [האתערותא דלתתא] כולה

Mais cela ne vaut précisément que pour le flux qui se déverse dans le monde matériel, et qui provient du niveau de la dimension extérieure ('hitsoniyout) des mondes supérieurs. En revanche, au niveau de la dimension intérieure (pnimiyout) des mondes supérieurs, tout l’éveil d’en bas doit d’abord avoir lieu, dans toute son ampleur,

Explication

Cela ne s’applique qu’au flux qui se déverse dans ce monde matériel, et qui provient de la dimension extérieure des mondes supérieurs. Pour la dimension intérieure des mondes supérieurs, l’éveil d’en bas doit d’abord se manifester dans toute son ampleur.

עד היכן שכחה מגעת ואח״כ [ואחר כך] דוקא מתגלה ויורדת בבחי׳ פנימי׳ [פנימיות / פנימית] עליונה ומאד נעלה מה שאין אתערותא דלתתא מגעת עד שם וזהו שאמרו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] פתחו לי כחודה של מחט ואני אפתח לכם כפתחו של אולם.

jusqu’à la limite de ses forces ; et seulement ensuite se révèle et descend un niveau intérieur suprême et très élevé, que l’éveil d’en bas ne peut atteindre. C’est là le sens de ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Ouvrez pour Moi comme le chas d’une aiguille, et Je vous ouvrirai comme l’entrée de l’Oulam. »

Explication

Ce n’est que lorsque l’homme a fait tout ce qui est en son pouvoir qu’un niveau intérieur suprême se révèle, un niveau que l’éveil d’en bas ne saurait jamais atteindre. Tel est le sens du chas de l’aiguille et de l’entrée de l’Oulam : à notre petite ouverture répond une ouverture qui la dépasse infiniment.

Le paragraphe 27 en bref

La rosée est un éveil d’en haut qui ne dépend pas de l’éveil d’en bas : c’est la « tête », qui ne fait que donner. Pour ce monde, elle s’écoule indépendamment des actes ; mais dans la dimension intérieure, elle ne vient qu’après l’éveil d’en bas dans toute sa plénitude, comme l’exprime « Ouvrez-Moi comme le chas d’une aiguille ».

Maré mekomot

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Dans le service divin ¶28–29

28ולהסביר זה הענין בעבודת ה׳. הנה נודע כי ראשית ההשתלשלות הוא מחכמה ולמטה. ומחכמה ולמטה הנה הנפש האלקית היא מתלבשת בגוף ונפש הבהמית

Et pour expliquer cette idée dans le service de D.ieu : on sait que l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) commence à partir de 'Hokhma (sagesse) et en dessous. À partir de 'Hokhma et en dessous, l’âme divine est revêtue dans le corps et l’âme animale,

Explication

Cette idée est maintenant appliquée au service de D.ieu de l’homme. L’enchaînement descendant des mondes commence avec 'Hokhma et, à partir de 'Hokhma vers le bas, l’âme divine est revêtue dans le corps et l’âme animale.

וצריך האדם להגביר הנפש האלקית ולהוציאה ממסגר הגוף ונפש הבהמית. אך רצון שבנפש הוא בבח׳ [בבחי׳] רצון עליון שהוא למעלה מההשתלשלות.

et l’homme doit renforcer l’âme divine et la faire sortir de la prison du corps et de l’âme animale. Mais la volonté (ratzon) qui réside dans l’âme est du niveau de la volonté supérieure, qui se situe au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes.

Explication

L’homme doit renforcer l’âme divine et la libérer de la prison du corps et de l’âme animale. Mais la volonté qui réside dans l’âme correspond à la volonté supérieure, qui se situe au-dessus de tout l’enchaînement descendant.

Le paragraphe 28 en bref

Dans le service de l’homme, tout ce qui va de 'Hokhma vers le bas relève de l’ordre descendant et peut être raffiné par lui, tandis que la volonté de l’âme correspond à la volonté supérieure, au-dessus de cet ordre.

Pour aller plus loin

La volonté supérieure qui se situe au-dessus de 'Hokhma est le niveau de Kéter, la volonté et le plaisir divins qui dépassent l’intellect ; la volonté de l’âme, qui lui correspond, n’est donc pas revêtue dans le corps comme le sont son intellect et ses émotions.

29וכך רצון זה אינו מתלבש בנפש הבהמית כלל. אך אינו שורה ומתגלה בנפש האדם בבחי׳ גילוי עד שיעשה כל מה שבכחו

Ainsi, cette volonté (ratzon) n’est nullement revêtue dans l’âme animale. Mais elle ne repose pas dans l’âme de l’homme et ne s’y révèle pas d’une manière dévoilée tant qu’il n’a pas accompli tout ce qui est en son pouvoir.

Explication

La volonté de l’âme, comme la volonté supérieure qu’elle reflète, n’est nullement revêtue dans l’âme animale. Mais elle ne se révèle pas chez l’homme tant qu’il n’a pas fait tout ce qui est en son pouvoir.

והנה אין בכח נפשו להגביר כ״א [כי אם] מחכמה ולמטה דהיינו שי שים עיקר חכמתו בחכמת התורה וכן מדותיו שהוא אהוי״ר [אהבה ויראה] כו׳ יהיו רק לה׳ לבדו.

Or, l’âme n’a le pouvoir de renforcer [cela] qu’à partir de 'Hokhma (sagesse) et en descendant : c’est-à-dire qu’il consacre l’essentiel de sa sagesse à la sagesse de la Torah, et que ses attributs émotionnels (midot), à savoir l’amour et la crainte, etc., soient dirigés vers D.ieu seul.

Explication

Ce qu’un homme peut renforcer par son propre effort se limite à ce qui va de 'Hokhma vers le bas : il peut consacrer son intellect à la sagesse de la Torah et diriger ses émotions, son amour et sa crainte, vers D.ieu seul.

משא״כ הרצון שהוא בבחי׳ מקיף ואינו מלובש כלל בנפש אין בכח נפשו לשנותו רק כשיהי׳ [כשיהיה] שלימות מחכמה ולמטה כל מה שיש בכח הנפש אזי ממילא יאיר ויתגלה אור הרצון עליון ב״ה ברצון הנפש בבחי׳ גילוי

En revanche, la volonté, qui est du niveau d’un [Or] englobant (makif) et n’est nullement revêtue dans l’âme, ne peut être modifiée par le pouvoir de son âme. Mais, lorsque tout ce qui peut être accompli par l’âme à partir de 'Hokhma et en descendant aura été mené à la perfection, alors, de lui-même, l’Or de la volonté supérieure, béni soit-Il, brillera et se révélera, de manière dévoilée, dans la volonté de l’âme.

Explication

La volonté est un niveau englobant (makif), qui n’est pas revêtu dans l’âme ; l’homme ne peut donc pas la modifier directement. Pourtant, une fois qu’il a perfectionné tout ce qui relève de 'Hokhma et des niveaux inférieurs, l’Or de la volonté supérieure brille de lui-même dans la volonté de son âme et s’y révèle.

(וכמשנ״ת [וכמו שנתבאר] לעיל בד״ה צאינה וראינה בפי׳ עשה רצונו כרצונך כדי שיעשה רצונך כרצונו ועמ״ש בד״ה כי תצא בפי׳ מ״ש בזהר מאן דקטיל לחויא יהבין ליה ברתא דמלכא כו׳).

(Comme cela a été expliqué plus haut, dans le discours commençant par « Sortez et contemplez », au sujet du sens de « Fais de Sa volonté ta volonté, afin qu’Il fasse de ta volonté Sa volonté ». Voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Lorsque tu sortiras », à propos de l’explication de ce qui est dit dans le Zohar : « Celui qui tue le serpent reçoit la fille du roi », etc.)

Explication

La parenthèse renvoie à un discours sur la Michna : « Fais de Sa volonté ta volonté, afin qu’Il fasse de ta volonté Sa volonté », ainsi qu’à un discours sur l’enseignement du Zohar selon lequel celui qui tue le serpent reçoit la fille du roi.

ובזה יובן פתחו לי כחודה של מחט דהיינו מבחי׳ ההשתלשלות מחכמה ולמטה שהוא בחי׳ חודה של מחט לגבי אור א״ס [אין סוף] ב״ה הסכ״ע [הסובב כל עלמין] שאין

On comprendra ainsi « Ouvrez-Moi comme par le chas d’une aiguille » : cela désigne le niveau de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), de 'Hokhma et en descendant, qui n’est que « le chas d’une aiguille » comparé à la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), à laquelle rien ne peut être

Explication

Cela explique « Ouvrez-Moi comme par le chas d’une aiguille » : tout ce qui relève de l’enchaînement descendant, de 'Hokhma et des niveaux inférieurs, n’est qu’un chas d’aiguille comparé à la Lumière infinie qui entoure tous les mondes.

ערוך עליו ית׳ כי נשגב שמו לבדו רק הודו וזיו של שמו על ארץ ושמים כו׳.

comparé, béni soit-Il ; car « Son Nom seul est exalté », et seul « Son éclat », le rayonnement de Son Nom, « est sur la terre et les cieux », etc.

Explication

Cette lumière échappe à toute comparaison : « Son Nom seul est exalté », et seul son éclat, le rayonnement de Son Nom, atteint la terre et les cieux.

ואני אפתח לכם כפתחו של אולם היינו אתערותא דלעילא העליונה שלמעל׳ [שלמעלה] מההשתלשלות ורצון זה הוא הגורם להיות נמשך ממנו רעותא דלבא לעורר את האהבה

« Et Moi, Je vous ouvrirai comme l’ouverture du Oulam » : il s’agit de l’éveil suprême d’en haut (l’éveil d’en haut), qui se situe au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes. C’est cette volonté qui fait que la volonté du cœur en émane et descend, afin d’« éveiller l’amour »,

Explication

« Je vous ouvrirai comme l’ouverture du Oulam » désigne l’éveil suprême d’en haut, au-delà de l’enchaînement descendant des mondes. Cette volonté supérieure fait descendre la volonté du cœur, celle qui « éveille l’amour ».

בבחי׳ אחותי רעיתי יונתי תמתי מחמת שראשי נמלא טל שהטל שהוא מבחי׳ רצון העליון בה נמשך ונתלבש בבחי׳ ראשי היא בחי׳ חכמה כו׳

au niveau de « ma sœur, mon amie, ma colombe, ma parfaite », parce que « ma tête est remplie de rosée » : car la rosée, qui provient du niveau de la volonté supérieure, béni soit-Il, est attirée et revêtue dans le niveau de « ma tête », qui est celui de 'Hokhma, etc.

Explication

Cet amour comprend les niveaux de « ma sœur, mon amie, ma colombe, ma parfaite », et tous découlent du fait que « ma tête est remplie de rosée » : la rosée, issue de la volonté supérieure, est attirée dans « ma tête », qui est 'Hokhma.

וד״ל [ודי למבין] (ועיין ברבות ע״פ אני ישנה כו׳ שמות פ׳ ב׳. ק״כ ב׳. ר״פ תרומה. ס״פ פקודי ובשה״ש [ובשיר השירים] ע״פ אני ישנה ובקהלת ע״פ דברתי אני עם לבי באסתר ע״פ בימי אחשורות זהר ר״פ האזינו ובהרמ״ז [ובהרב משה זכות] שם.

Et cela suffira à celui qui comprend. (Voir aussi [Midrach] Rabbah sur [le verset] « Je dors », etc. : Shemos, chapitre 2 ; 120b ; le début de Parshas Terumah ; la fin de Parshas Pekudei ; et sur le Cantique des Cantiques, à propos de « Je dors » ; et sur Koheles, à propos de « J’ai parlé avec mon cœur » ; sur Esther, à propos de « Aux jours d’A’hachvéroch ». Zohar : le début de Parshas Haazinu, ainsi que le commentaire du Ramaz à cet endroit ;

Explication

« Cela suffira à celui qui comprend » conclut l’explication. La parenthèse énumère ensuite des passages du Midrach Rabbah (sur Shemos, Terumah, Pekudei, le Cantique des Cantiques, Koheles et Esther) et du Zohar, avec le commentaire du Ramaz, qui expliquent « Je dors ».

וירא קי״ב א׳ בשלח מ״ו א׳ צו ל״ג ב׳ אמור כ״ה א׳ שלח קע״ד ב׳ פינחס רל״ג א׳ כנרשם בספר בית אהרן ע״פ אני ישנה):

Vayera 112a ; Beshalach 46a ; Tzav 33b ; Emor 25a ; Shelach 174b ; Pinchas 233a ; comme cela est consigné dans le livre Beis Aharon à propos de « Je dors ».)

Explication

La liste se poursuit avec d’autres passages du Zohar, tels qu’ils sont consignés dans le livre Beis Aharon à propos de ce verset. La note de Kehot cite le passage d’Emor au folio 95a, l’endroit référencé au début du maamar.

Le paragraphe 29 en bref

La volonté de l’âme ne se révèle que lorsque l’homme a accompli tout ce qu’il peut à partir de 'Hokhma et en descendant, ce qui n’est que « le chas d’une aiguille ». Alors la volonté supérieure, la rosée qui remplit « ma tête », ouvre « comme l’ouverture du Oulam » et fait naître la volonté du cœur ainsi que tous les niveaux de l’amour ; une liste de sources sur « Je dors » clôt le maamar.

Pour aller plus loin

Les notes montrent, à partir de Or HaTorah, la diversité des interprétations de « Je dors » : dans Chemot Rabbah, on dort loin des mitsvot comme celui qui a achevé son travail, tout en restant éveillé aux actes de bonté ; dans le Zohar et chez le Ramaz, le sommeil désigne le retrait des mo'hin, les lumières intellectuelles, de l’Assemblée d’Israël. L’interprétation propre au maamar est celle de l’exil, où les signes sont cachés tandis que le cœur — D.ieu — reste éveillé.

Maré mekomot

  1. 1
    צאינה וראינה · Song of Songs 3:11
  2. 2
    עשה רצונו כרצונך כדי שיעשה רצונך כרצונו · Pirkei Avot 2:4
  3. 3
    כי נשגב שמו לבדו · Psalms 148:13
  4. 4
  5. 5
    אחותי רעיתי · Zohar, Beshalach 3:39–4:52
  6. 6
    אחותי רעיתי · Zohar, Tzav 20:145–22:156
  7. 7
    אחותי רעיתי · Zohar, Pinchas 67:390–69:399
  8. 8
  9. 9
    ברבות ע״פ אני ישנה · ”אני ישנה מן המצות ולבי ער לגמילות חסדים” — אוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תפה.
  10. 10
    אני ישנה · Shir HaShirim Rabbah 5:2:1
  11. 11
    אני ישנה · Shemot Rabbah 2:5
  12. 12
    אני ישנה · Shemot Rabbah 33:3
  13. 13
    אני ישנה · Zohar, Ha'Azinu 1:1
  14. 14
    אני ישנה · Zohar, Emor 25:123–26:131
  15. 15
    שמות פ׳ ב׳ ק״כ ב׳ · ”ע״פ וירא מלאך ה׳ אליו כו׳ מתוך הסנה. הה״ד אני ישנה מן המצות. הי״מ פי׳ שעשיתי מצות כאדם שעשה כבר מלאכתו וגמרה וישן לו” — אוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תפז.
  16. 16
    ר״פ תרומה · ”אני ישנה מן המצות אבל זכות אבותי עומדת לי ולבי ער היינו האהבה המסותרת שיש בכל אחד” — אוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תצא.
  17. 17
  18. 18
    דברתי אני עם לבי · Kohelet Rabbah 1:16
  19. 19
    זהר ר״פ האזינו ובהרמ״ז שם · דף רפו, א ”אני ישנה אמרה כנסת ישראל (הוא פרצוף הפנימי דמלכות שנק׳ כנסת ישראל) אני ישנה מפקודי אורייתא בזמנא דאזלינא במדברא, ופי׳ הרמ״ז ידוע שסוד השינה הוא הסתלקות המוחין שהם סוד הנשמה למעלה, וכך היתה רחל במדבר שחסרו ממנה אורות אבא שהם פקודי אורייתא ושהם מכוננים אותה כמ״ש בפסוק ה׳ בחכמה אבא יסד ברתא” — אוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תפח.
  20. 20
    בשלח מ״ו א · ”כד אתפליג לילא שארי מלכא למיקם ונ״ב ויקץ כישן הוי׳ בסוד הדורמיטא, ומטרוניתא לזמרא נ״ב רחל ואתי מלכא ואקיש לתרעא דהיכלא ואמר פתחי לי אחותי רעייתי” — אוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תפט.
  21. 21
    צו ל״ג ב׳ · ”פתחי לי בצלותא דאתמר בה אדני שפתי תפתח דאיהו אחותי רעייתי ולית רעייתי אלא פרנסתי כו׳” — אוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תצ.
  22. 22
    שלח קע״ד ב׳ · ”עד כאן לעילא מכאן ולהלאה לתתא בר האי דרא דכתיב ותתצב אחותו מרחוק אחותו דמאן אחותו דהאי איהו דקרא לכנ״י אחותי כד״א פתחי לי אחותי”.
  23. 23
    ועיין ברבות ע״פ אני ישנה . . פנחס רל״ג א׳ · כל הקטע בשינויים קלים באוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תפה.
  24. 24
    פנחס רל״ג א׳ · ”כך ישראל כל זמן דאינון אטימין ליבא ולא פתחין בתיובתא לא סלקין ריחא ולא אפיק לון מגו גובין. אבל כד פתחין בתיובתא מיד סלקין ריחא כו׳ פתחי לי אחותי רעייתי” — אוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תפט.
  25. 25
    אמור צ״ה א׳ · ”אני ישינה בגלותא דמצרים דהוו בני ישראל בשעבודא דקשיו. כתב המק״מ נ״ב אני ישינה בסוד דורמיטא שהוא הסתלקות המוחין כן היתה נוקבא בסוד נקודה בלי מוחין וזהו אני ישנה” — אוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תפח. ובע׳ תפט כ׳ ”ובפ׳ אמור צה״א א׳ פי׳ ולבי ער לנטירא להו דלא ישתצון בגלותא, וכתב הרמ״ז כי המוחין שלה נסתלקו ללב ז״א ולכן הוא נעור להאיר לנוק׳ כו׳”. וראה באוה״ת שם ע׳ תצז. ושם ע׳ תקיג בפי׳ הרמ״ז. שם ע׳ תקכד.
  26. 26

Maamar terminé ?

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Dans la avoda

Aimez D.ieu d’un désir véritable, de sorte que tout votre désir soit pour Lui seul, et ne vous souciez des besoins du corps qu’en cas de nécessité. Acceptez le joug du Ciel avant le joug des mitsvot. Méditez sur la grandeur de l’Infini jusqu’à ce que l’âme s’annule devant Lui. Faites tout ce qui est en votre pouvoir, depuis 'Hokhma et vers le bas, en consacrant votre intellect à la sagesse de la Torah et votre amour et votre crainte à D.ieu seul ; alors, la volonté supérieure se révèle d’elle-même dans la volonté de l’âme.

Questions à discuter

  1. Pourquoi le maamar appelle-t-il D.ieu le « cœur » d’Israël plutôt que son « cerveau », et que nous enseigne la manière dont le cœur reçoit et donne sur le fonctionnement du flux divin ?
  2. Quelle est la différence entre ratzon et chefets, et pourquoi l’amour du Chéma doit-il être un chefets ?
  3. Comment l’analogie de la nourriture qui devient le sang de l’âme explique-t-elle le pouvoir de l’annulation de soi d’attirer la Lumière infinie dans les attributs divins ?
  4. En quel sens Israël peut-il « créer » D.ieu, et comment le maamar répond-il à la difficulté d’appliquer à Lui l’idée de « création » ?
  5. Si la rosée n’est pas retenue en fonction des actes de l’homme, pourquoi sa révélation intérieure requiert-elle tout de même d’abord l’éveil d’en bas dans toute sa plénitude ?

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Sommaire

Likkutei Torahלקוטי תורה

Parshas Shir HaShirimשיר השירים

  1. 1שיר השירים אשר לשלמה ישקנו מנשיקות…The Song of Songs, which is Solomon’s
  2. 2שיר השירים אשר לשלמהThe Song of Songs, which is Solomon’s
  3. 3לריח שמניך טובים שמן תורק שמך…For Fragrance, Your Oils Are Good
  4. 4לריח שמניך טובים שמן תורק שמך…For the fragrance of your goodly oils
  5. 5שחורה אני ונאוה בנות ירושלים וגו׳“I am black and comely, O daughters of Jerusalem”
  6. 6שחורה אני ונאוה בנות ירושלים כאהלי…“I Am Black, yet Comely, O Daughters of Jerusalem”
  7. 7ביאור ענין שחורה אני ונאוהAn Explanation of “I Am Black, yet Comely”
  8. 8ביאור הדברים ע״פ שחורה אני ונאוהAn Explanation of the Matters on “I Am Black, Yet Comely”
  9. 9לסוסתי ברכבי פרעה דמיתיך רעיתי“To My Mare Among Pharaoh’s Chariots I Have Likened You, My Beloved”
  10. 10לסוסתי ברכבי פרעה דמיתיך רעיתיTo My Mare Among Pharaoh’s Chariots
  11. 11נאוו לחייך בתורים צוארך בחרוזים“Your Cheeks Are Comely with Torim, Your Neck with Strings of Beads”
  12. 12הנך יפה רעיתי יפה עיניך יונים…“Behold, You Are Fair, My Beloved; Your Eyes Are Doves”
  13. 13קול דודי הנה זה בא מדלג…“The Voice of My Beloved! Behold, He Comes, Leaping over the Mountains”
  14. 14ולהבין ענין מדלג על ההרים מקפץ…To Understand “Leaping over the Mountains, Skipping over the Hills”
  15. 15יונתי בחגוי הסלע בסתר המדרגהMy dove, in the clefts of the rock, in the hidden place of the step: show me your appearance
  16. 16ביאור ע״פ יונתי בחגוי הסלע וגו׳An explanation of the verse “My dove, in the clefts of the rock”
  17. 17עוד ביאור הדברים ע״פ יונתי בחגוי…A further explanation of “My dove, in the clefts of the rock”
  18. 18צאינה וראינה בנות ציון במלך שלמה…Go Out and Gaze, O Daughters of Zion
  19. 19להבין ענין הטעם למה שהאתדל״ע הבאה…To Understand Why the Arousal from Above That Follows the Arousal from Below
  20. 20צאינה וראינה בנות ציון במלך שלמה…Go Out and Gaze, O Daughters of Zion
  21. 21ביאור הדבריםAn Explanation of the Matter: “Keser Is Above All the Ten Sefiros”
  22. 22לבבתני אחותי כלהYou Have Captured My Heart, My Sister, My Bride
  23. 23ביאור על פסוק לבבתניAn Explanation of the Verse “You Have Captured My Heart”
  24. 24באתי לגני אחותי כלה אריתי מורי…“I Have Come into My Garden, My Sister, [My] Bride”
  25. 25ביאור ע״פ באתי לגניAn Explanation of the Verse “I Have Come into My Garden”
  26. 26אני ישנה ולבי ער קול דודי…“I Am Asleep, but My Heart Is Awake”
  27. 27להבין ביאור הדברים ע״פ אני ישנה…To Understand the Explanation of “I Am Asleep, but My Heart Is Awake”
  28. 28הסבי עיניך וגו׳“Turn Away Your Eyes”
  29. 29שניך כעדר הרחלים שעלו מן הרחצה…Your Teeth Are Like a Flock of Ewes That Have Come Up from the Washing
  30. 30ששים המה מלכות ושמונים פילגשים ועלמות…There are sixty queens, and eighty concubines, and maidens without number
  31. 31לבאר הדברים ע״פ ששים המה מלכות…“There Are Sixty Queens”
  32. 32ששים המה מלכות ושמונים פילגשים כו׳There are sixty queens and eighty concubines
  33. 33הנה ענין מדלג על ההרים הוא…“Leaping upon the Mountains”
  34. 34מה יפו פעמיך בנעלים כו׳
  35. 35מי יתנך כאח לי יונק שדי…
  36. 36שימני כחותם על לבך כו׳
  37. 37ביאור על זה
  38. 38כי על כל כבוד חופה
  39. 39ביאור הדברים ע״פ כי על כל…
  40. 40תנו רבנן כיצד מרקדין לפני הכלה…
  41. 41כי כאשר השמים החדשים כו׳
  42. 42ביאור ע״פ כי כאשר השמים כו׳