Likkutei Torah · Parshas Shir HaShirim · Maamar 31
לבאר הדברים ע״פ ששים המה מלכות כו׳ ודרשו…
« Il y a soixante reines »
L’idée centrale
La Torah, les « soixante reines », descend par l’enchaînement graduel des mondes depuis la dimension extérieure de 'Hokhma, tandis que les âmes d’Israël, « Une seule est-elle, ma colombe », sont enracinées dans sa dimension intérieure, que nul enchaînement graduel ne peut transmettre. Celui dont le « désir du cœur » atteint cette racine se tient au-dessus de la Torah ; celui qui ne l’a pas atteinte se trouve au-dessous de la Torah et lui est lié.
Le maamar en bref
Les Sages interprètent « soixante reines, quatre-vingts concubines et des jeunes filles sans nombre » comme désignant les traités, les beraitot et les halakhot de la Torah. Pourtant, le verset suivant, « Une seule est-elle, ma colombe », place Knesset Israël au-dessus d’elles, tandis que d’autres sources situent la Torah plus haut : Israël est « lié à la Torah », et la Torah est le fiancé. Selon les Michnat 'Hassidim, Knesset Israël est la Mal'hout dans la dimension intérieure de Zeir Anpin, à égalité avec lui. Chaque niveau possède une dimension intérieure et une dimension extérieure, et seule la dimension extérieure d’une cause parvient à son effet ; c’est pourquoi la dimension intérieure de 'Hokhma demeure au-dessus de l’enchaînement descendant. Les anges, issus d’une union spirituelle à travers cet enchaînement, proviennent de sa dimension extérieure et ne peuvent se reproduire ; les âmes d’Israël, issues d’une union « corporelle » inférieure où « la fin est enchâssée dans le commencement », proviennent de sa dimension intérieure, où réside la Lumière infinie, et peuvent engendrer. La Torah orale est Mal'hout en tant que partzuf distinct, enracinée dans la dimension extérieure d’Abba ; Knesset Israël, « une, ma jumelle », reçoit de Kéter. Celui qui atteint Kéter par le « désir du cœur », comme les premiers hommes pieux, se tient au-dessus de la Torah ; celui qui ne l’a pas atteint lui est lié.
Plan
- Qui est supérieur, Israël ou la Torah ?Les soixante reines sont les traités de la Torah, pourtant « Une seule est-elle, ma colombe » place Knesset Israël au-dessus d’elles, tandis que d’autres sources situent la Torah plus haut. Knesset Israël est la Mal'hout dans la dimension intérieure de Zeir Anpin ; et puisque seule la dimension extérieure d’une cause parvient à son effet, la dimension intérieure de 'Hokhma demeure au-dessus de tout l’enchaînement descendant.¶1
- Les âmes et les angesLes anges proviennent de l’« union des baisers » spirituelle, à travers l’enchaînement graduel, et donc de la dimension extérieure de 'Hokhma ; ils ne se reproduisent pas et ne changent pas. Les âmes d’Israël proviennent de l’« union corporelle » inférieure, où « la fin est enchâssée dans le commencement », et donc de la dimension intérieure de 'Hokhma, où réside la Lumière infinie ; elles, la terre et ce qui vit d’elle ont le pouvoir d’engendrer.¶2
- Les reines et la colombeLa Torah orale, avec ses innombrables halakhot, est Mal'hout en tant que partzuf distinct, la parole supérieure, enracinée dans la dimension extérieure d’Abba : les « fruits tombés » de la sagesse. Knesset Israël est « ma jumelle », à égalité avec Zeir Anpin, « ma colombe », liée aux 370 lumières, et « une seule », recevant de Kéter.¶3
- Au-dessus de la Torah et au-dessous d’elleLes premiers hommes pieux, dont le « désir du cœur » sans limites atteignait Kéter, se tenaient au-dessus de la Torah ; leur Torah se préservait donc d’elle-même. Celui qui n’a pas atteint ce niveau se trouve au-dessous de la Torah et lui est lié comme à un fiancé.¶4
Notions clés
- Knesset Israëlכנסת ישראל
- La Communauté d’Israël. Ici, elle est identifiée non pas à Mal'hout en tant que partzuf distinct, mais à la Mal'hout dans la dimension intérieure de Zeir Anpin, où elle est à égalité avec lui, sa « jumelle ».
- la dimension intérieure et la dimension extérieureפנימיות וחיצוניות
- Chaque niveau possède un noyau intérieur et une expression extérieure. Dans un enchaînement de cause à effet, seule la dimension extérieure de la cause parvient à l’effet, où elle devient le noyau intérieur de celui-ci.
- « leur fin est enchâssée dans leur commencement »נעוץ סופן בתחלתן
- D’après le Sefer Yetsira : le niveau le plus bas est lié au plus élevé. Cela explique pourquoi le physique, situé hors de l’enchaînement graduel, peut contenir la dimension intérieure que les niveaux plus spirituels ne peuvent contenir.
- l’union des baisers et l’union corporelleזיווג נשיקין / זיווג גופני
- Deux types d’union de Zeir Anpin et de Noukva. Les anges proviennent de l’union spirituelle des baisers ; les âmes d’Israël, de l’union corporelle inférieure, qui porte la dimension intérieure de 'Hokhma.
- les fruits tombés de la sagesse supérieureנובלות חכמה שלמעלה
- Le nom que les Sages donnent à la Torah : ce qui « tombe » de la 'Hokhma supérieure, sa dimension extérieure, de même que la parole ne transmet que la dimension extérieure de l’intellect d’une personne.
- le désir du cœurרעותא דליבא
- L’amour sans limites du « de toutes tes forces », au-delà de l’amour mesuré par le réceptacle. Il atteint Kéter, au-dessus de la Torah.
Qui est supérieur, Israël ou la Torah ? ¶1
1לבאר הדברים ע״פ ששים המה1 מלכות2 כו׳ ודרשו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] ס׳ מלכות אלו ס׳3 מסכתו.4 ושמונים פילגשים אלו שמונים ברייתות. ועלמות אין מספר אלו הלכות.5
Pour expliquer ces propos à partir du verset : « Il y a soixante reines », etc. Nos Sages, de mémoire bénie, l’ont interprété ainsi : « Soixante reines » : ce sont les soixante traités. « Et quatre-vingts concubines » : ce sont les quatre-vingts beraitot. « Et des jeunes filles sans nombre » : ce sont les halakhot.
Le maamar s’ouvre sur Cantique des Cantiques 6:8 et sur l’interprétation qu’en donnent les Sages, qui y voient une image de la Torah. Les soixante « reines » sont les soixante traités du Talmud, les quatre-vingts « concubines » sont les beraitot (enseignements des Tannaïm qui ne figurent pas dans la Michna), et les « jeunes filles sans nombre » sont les innombrables halakhot particulières.
ולהבין דלפ״ז [דלפי זה] מהו שכתו אח״כ [אחר כך] אחת החא יונתי דקאי על כנס״י [כנסת ישראל] שמפליג במעלתה יותר מבמעלת התורה וכדמשמע ג״כ ממה שנקרא ישראל חתן והתורה כלה6 בפסוק תורה צוה לנו משה מורשה7 כו׳
Et il faut comprendre : dans cette optique, que signifie la suite du verset : « Elle est unique, ma colombe », qui désigne l’Assemblée d’Israël (Knesset Israël) et exalte sa grandeur au-dessus de celle de la Torah ? Cela ressort également du fait qu’Israël est appelé le fiancé et la Torah la fiancée dans le verset : « Moïse nous a ordonné la Torah, héritage… »
La difficulté est la suivante : le verset qui vient immédiatement après, « Elle est unique, ma colombe », parle de l’Assemblée d’Israël et la place au-dessus de toutes ces « reines », c’est-à-dire au-dessus de la Torah. Le Talmud dit la même chose lorsqu’il lit moracha, « héritage », comme meorassa, « fiancée » : la Torah est fiancée à Israël, de sorte qu’Israël est le fiancé et la Torah la fiancée.
ואמנם לפעמים משמע בהיפוך שהתורה היא יותר גבוה עד שאמרו ישראל מתקשראן באורייתא8 ולא עוד
Pourtant, parfois, c’est l’inverse qui semble ressortir : la Torah est supérieure, au point qu’ils ont dit : « Israël est lié à la Torah. » Et pas seulement cela,
D’autres sources suggèrent le contraire. Le Zohar parle de trois qui sont liés les uns aux autres : le Saint béni soit-Il, la Torah et Israël ; dans cet enchaînement, Israël est lié à la Torah, ce qui semble indiquer que la Torah est supérieure.
אלא שלפעמים מבואר שהתורה נק׳ חתן וישראל נק׳ כלה כמ״ש רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] ע״פ ביום חתונתו910 זו מתן תורה
mais parfois il est expliqué que la Torah est appelée le fiancé et Israël la fiancée, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie, à propos du verset : « Au jour de ses noces » : il s’agit du don de la Torah.
De plus, la Michna, à la fin du traité Taanit, interprète « Au jour de ses noces » (Cantique des Cantiques 3:11) comme désignant le don de la Torah. Selon l’interprétation que l’Admour Hazaken en donne ici, la Torah est alors le fiancé et Israël la fiancée.
וזהו היפוך כו׳ (ועמ״ש מזה בד״ה תורה צוה)11 ולהבין כ״ז [כל זה] כי אלו ואלו דברי אלקים חיים.
C’est le contraire, etc. (Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par « Moïse nous a ordonné la Torah ».) Pour comprendre tout cela, il faut savoir que ceux-ci et ceux-là sont les paroles du D.ieu vivant.
Cette image est l’inverse de la première, et l’Admour Hazaken renvoie à son discours « Moïse nous a ordonné la Torah » pour un développement complémentaire. Il va maintenant montrer comment les deux conceptions sont vraies, car « ceux-ci et ceux-là sont les paroles du D.ieu vivant », formule talmudique désignant deux opinions opposées qui sont toutes deux justes.
צריך להקדים מ״ש במ״ח12 דפי׳ כנ״י [כנסת ישראל] הגם שמתייחס לספי׳ [לספירה / לספירות] המלכות אינו בחי׳ המל׳ [המלכות] הנעשית פרצוף בפ״ע [בפני עצמו]
Il faut d’abord introduire ce qui est écrit dans Michnat ‘Hassidim : l’expression Knesset Israël, bien qu’elle soit associée à la Séfira de Mal’hout, ne désigne pas le niveau de Mal’hout qui devient un partsouf (configuration) indépendant,
La réponse commence par un enseignement de Michnat ‘Hassidim, un ouvrage de Kabbale. Knesset Israël est liée à Mal’hout, la dernière des Séfirot, mais non à Mal’hout lorsqu’elle se tient comme un partsouf distinct, une configuration complète qui lui est propre.
אלא הוא בחי׳ פרצוף המלכות שבתוך פנימית דז״א [דזעיר אנפין] ושם הם שוים כי היא גדולה כמוהו ממש כו׳
mais le niveau du partsouf de Mal’hout qui se trouve dans la dimension intérieure (pnimiyout) du Zeir Anpin (les attributs émotionnels). Là, ils sont égaux, car elle est véritablement aussi grande que lui, etc.
Knesset Israël désigne plutôt Mal’hout telle qu’elle existe dans la dimension intérieure du Zeir Anpin, la configuration des attributs émotionnels. Là, Mal’hout n’est pas inférieure au Zeir Anpin : ils sont égaux, « elle est aussi grande que lui ».
ע״ש [עיין שם] וזהו ענין כלת משה (וע׳ [ועיין] בז״ה [בזוהר]13 ר״פ בראשית גבי כשושנה14 כו׳ כן רעיתי15 כו׳ ובסה״מ [ובספר הדרת מלך] סי׳ קנ״ו) וביאור הענין
Voir là-bas. C’est là le sens de « la fiancée de Moïse ». (Voir aussi le Zohar HaRakia, au début de la paracha Beréchit, à propos de « Comme une rose », etc., « ainsi est mon bien-aimé », etc. ; et dans Sefer Hadras Melech, section 156.) Et voici l’explication de la chose :
Cette Mal’hout intérieure est ce que l’on appelle « la fiancée de Moïse ». Selon la note de l’édition Kehot, l’abréviation traduite ici par « le Zohar » désigne le Zohar HaRakia, un commentaire sur le Zohar, à propos des premiers mots du Zohar : « Comme une rose parmi les épines » (Cantique des Cantiques 2:2), où la rose est Knesset Israël ; Sefer Hadras Melech est un autre commentaire sur le Zohar.
הנה נודע שכל ההשתלשלות הם פנימית וחיצוניות וגם בי״ס [בי׳ ספירות] יש פנימית וחיצוניות כמו בבחי׳ חכמה שיש בה פנימית והוא על דרך משל עומק ותוכן המושכל
Or, il est connu que tout l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) comporte une dimension intérieure et une dimension extérieure. Dans les dix Séfirot également, il existe une dimension intérieure et une dimension extérieure. Ainsi, au niveau de 'Hokhma (sagesse), il existe une dimension intérieure, qui est, par analogie, la profondeur et le contenu essentiel du concept,
L’explication part d’une règle générale : chaque niveau de l’enchaînement descendant, ainsi que chacune des dix Séfirot, possède une dimension intérieure et une dimension extérieure. Dans 'Hokhma, la dimension intérieure est comparable à la profondeur et au contenu essentiel d’une idée.
שהוא למעלה מהתלבשות באותיות המחשבה ודבור וכמ״ש במ״א ועיין בביאור ע״פ והניף הכהן אותם1617 בסופו ובד״ה
qui est au-delà de son expression dans les lettres de la pensée et de la parole, comme cela est expliqué ailleurs. Voir aussi l’explication sur le verset « Le kohen les agitera », à la fin, ainsi que le discours qui commence par
Le noyau de l’idée est au-delà de son expression dans les lettres de la pensée et de la parole. Les références renvoient à d’autres discours de Likkutei Torah qui développent ce point.
הנה ים סוף18 ובביאור ע״פ כי ביום הזה יכפר1920 ויש בה חיצוניות והוא הארת השכל במלובש במו״ד [במחשבה ודבור]
« Voici la mer des Joncs », et l’explication sur le verset « Car en ce jour, Il expiera ». Elle possède une dimension extérieure ('hitsoniyout), qui est le rayonnement de l’intellect tel qu’il est revêtu dans la pensée et la parole.
La dimension extérieure de 'Hokhma est la lumière de l’idée telle qu’elle est revêtue dans la pensée et la parole, c’est-à-dire la partie de l’idée que l’on peut penser en mots et exprimer oralement.
וכן במדות חסד וגבורה שפנימיותם הוא בחי׳ עומק ותעלומות ההתפעלות שבבחי׳ חסד או גבורה שאינו יכול להוגבל ולהתלבש באותיות הדבור וחיצוניותם הוא הארת המדה המתלבשת בדבור שמפרשנה לזולתו כו׳
Il en va de même des attributs émotionnels (midot) de 'Hessed (bonté) et de Guevoura (retenue) : leur dimension intérieure est le niveau de la profondeur et des replis cachés de l’émotion qui relève de 'Hessed ou de Guevoura, et qui ne peut être délimitée ni revêtue dans les lettres de la parole. Leur dimension extérieure est le rayonnement de l’attribut qui se revêt dans la parole, lorsque l’on l’exprime à autrui, etc.
Il en va de même pour les attributs émotionnels. La dimension intérieure de la bonté ou de la retenue est le sentiment profond et caché qui ne peut être contenu dans des mots ; la dimension extérieure est la part de ce sentiment qui s’exprime dans la parole lorsqu’on en parle à quelqu’un d’autre.
(וז״ש [וזהו שכתוב] בזהר ס״פ קדושים) (דפ״ו ע״א) ע״פ ואחרי לא יהיה21 דהא דוד הכי איקרי22 כי דוד הוא בחי׳ מל׳ [מלכות] עולם הדבור הוא מקבל מאחוריים דז״א [דזעיר אנפין] וגם נה״י [נצח הוד יסוד] דז״א [דזעיר אנפין] הם מוחין לנוק׳ [לנוקבא]
(C’est là le sens de ce qui est écrit dans le Zohar, à la fin de la paracha Kedochim) (86a), à propos du verset « et après Moi, il n’y en aura pas » : « car David est appelé ainsi ». Car David est le niveau de Mal'hout, le monde de la parole ; il reçoit de l’arrière de Zeir Anpin. De plus, Netsa'h, Hod et Yessod de Zeir Anpin constituent l’intellect (mo'hin) de Noukva (le féminin).
À propos d’Isaïe 43:10, « et après Moi, il n’y en aura pas », le Zohar dit que « après Moi » (a'harai) est une appellation de David. David représente Mal'hout, le « monde de la parole », qui reçoit de l’arrière (a'horaïm), le côté extérieur, de Zeir Anpin. Netsa'h, Hod et Yessod, les attributs inférieurs de Zeir Anpin, constituent l’intellect (mo'hin) de Noukva.
ולכן נקרא אחרי ועמ״ש ע״פ אחרי ה׳ אלקיכם תלכו23 ועד״ז [ועל דרך זה] הוא בכל ההשתלשלות והנה ידוע שבהשתלשלות עילה ועלול נעשה מחיצוני׳ [מחיצוניות] העילה בחי׳ פנימיות בהעלול
C’est pourquoi il est appelé a'harai (« après Moi »). Voir ce qui est écrit sur le verset « Vous marcherez après Havaya, votre D.ieu ». Il en va ainsi dans tout l’enchaînement descendant. Or, il est connu que, dans l’enchaînement de la cause à l’effet, la dimension extérieure de la cause devient le niveau de la dimension intérieure de l’effet.
Voilà pourquoi Mal'hout est appelée « après Moi » : elle reçoit de ce qui est derrière, c’est-à-dire de la dimension extérieure. Le même schéma se retrouve dans tout l’enchaînement : ce qui est extérieur dans une cause devient le noyau intérieur de l’effet qui en découle.
כי הפנימית של העילה א״א [אי אפשר] להעלול לקבל אותה כלל מאחר שהוא רחוק בערך המעלה והמדרגה וא״כ [ואם כן] הרי בחי׳ חכמה שהיא ראשית הנאצלים והתחלת ההשתלשלות דאצילות
Car l’effet ne peut recevoir la dimension intérieure de la cause, puisqu’il en est très éloigné par le rang et le degré. Dès lors, voici que le niveau de 'Hokhma, première des émanations et commencement de l’enchaînement descendant du Monde d’Atsilout (Émanation),
La raison en est que l’effet est trop éloigné de la cause pour pouvoir recevoir sa dimension intérieure. Cette règle s’applique maintenant à 'Hokhma, première des émanations, où commence l’enchaînement descendant d’Atsilout.
כי מחכמה נמשכה הבינה ומבינה נמשכו המדות כו׳ מעולם לא נמשך ממנה בהשתלשלות רק החיצוניות
car c’est de 'Hokhma qu’est issue Bina (compréhension), et des attributs émotionnels sont issus de Bina, etc. — de 'Hokhma, dans l’enchaînement descendant, seule la dimension extérieure a jamais été transmise ;
Bina procède de 'Hokhma, et les attributs émotionnels procèdent de Bina. Mais, dans cet enchaînement, ce que 'Hokhma transmet n’est que sa dimension extérieure.
אבל הפנימיות הוא למעלה מההשתלשלות ואינו מתלבש בבינה עד״מ [על דרך משל] מהתלבשות השכל בהשגה שהחיצוניות בלבד מתלבש ולא עמקותו כו׳
Mais la dimension intérieure se situe au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) et ne s’enveloppe pas dans Bina ; comme on peut le voir par analogie avec l’enveloppement de l’intellect dans la compréhension, où seule la dimension extérieure s’enveloppe, et non sa profondeur, etc.
La dimension intérieure de 'Hokhma demeure au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes et ne s’enveloppe pas même dans Bina. C’est comme une idée qui pénètre dans la compréhension de quelqu’un : seule sa partie extérieure est saisie, non sa profondeur.
(וע׳ [ועיין] בזהר בראשית) (ד״כ ע״א) דא לגו מן דא כו׳ עד דאשתכח דהאי קליפה להאי24 כו׳
(Voir aussi le Zohar, Bereishis) (20a) : « Celle-ci à l’intérieur de celle-là », etc., jusqu’à « il s’avère que celle-ci est une écorce (kelipa) pour celle-là », etc. ;
Le Zohar décrit tous les niveaux comme des couches : « celle-ci à l’intérieur de celle-là », chacune étant l’enveloppe extérieure de celle qui se trouve en son sein. Ici, kelipa désigne une écorce extérieure entourant un noyau, comme le Zohar lui-même le formule à cet endroit, et non les forces opposées à la sainteté.
נקודה קדמאה כו׳ אתעב יד חד היכלא כו׳ ועם כל דא לאו דקיק וזכיך איהו כההוא נקודא קדמאה כו׳
« Le premier point », etc., « un palais fut édifié », etc., « et malgré tout cela, il n’est pas aussi fin et pur que ce premier point », etc.
Le Zohar poursuit : le premier point s’est déployé et est devenu un « palais » qui l’enveloppe ; pourtant, ce palais n’est pas aussi fin et pur que le premier point. Ce qui émane d’une source n’est que son vêtement, jamais toute sa lumière intérieure.
ע״ש [עיין שם] והוא מובן ע״פ הנ״ל ועמ״ש במ״א בד״ה עוטה אור כשלמ2526 וסד״ה ואלה שמות בנ״י [בני ישראל]:272829
Voir là-bas. Cela se comprend d’après ce qui précède. Voir aussi ce qui est écrit ailleurs, dans le discours commençant par « Qui s’enveloppe de lumière comme d’un vêtement », et à la fin du discours commençant par « Et voici les noms des enfants d’Israël ».
Les paroles du Zohar se comprennent à la lumière du principe qui vient d’être expliqué. L’Alter Rebbe renvoie ensuite au discours « Qui s’enveloppe de lumière comme d’un vêtement », que la note de Kehot identifie comme Iggeres HaKodesh 19 dans le Tanya, ainsi qu’à la fin du discours « Et voici les noms des enfants d’Israël ».
Le paragraphe pose la question de savoir si Israël est supérieur à la Torah ou si la Torah est supérieure à Israël, puis prépare la réponse : chaque niveau comporte une dimension intérieure et une dimension extérieure, et seule la dimension extérieure d’une cause descend jusqu’à son effet ; la dimension intérieure de ‘Hokhma demeure donc au-dessus de tout l’enchaînement descendant.
Knesset Israël est identifiée non pas à Mal’hout comme partsouf indépendant, mais à Mal’hout encore incluse dans la dimension intérieure du Zeir Anpin, où elle lui est égale. Cela prépare la résolution qui suit : la Torah, les « soixante reines », découle de la dimension extérieure de ‘Hokhma à travers l’enchaînement descendant, tandis que les âmes d’Israël ont leur racine dans sa dimension intérieure.
Maré mekomot
- 1לבאר הדברים ע״פ ששים המה · הנחה אחרת בסה״מ תקס״ח ח״ב ע׳ תריד. קיצורים באוה״ת שה״ש כרך ג ע׳ תתקנז.
- 2
- 3ס׳ מלכות אלו ס׳ מסכתות · שהש״ר עה״פ, במדב״ר פי״ח, כא.
- 4ס׳ מלכות אלו ס׳ מסכתו · Bamidbar Rabbah 18:21
- 5ס׳ מלכות אלו ס׳ מסכתו. ושמונים פילגשים אלו שמונים ברייתות. ועלמות אין מספר אלו הלכות · Shir HaShirim Rabbah 6:10–11
- 6ישראל חתן והתורה כלה · Pesachim 49b:11–12
- 7
- 8ישראל מתקשראן באורייתא · Zohar III, 73a
- 9כמשרז״ל ע״פ ביום חתונתו · Taanit 26b:6–7
- 10ביום חתונתו · Shir HaShirim Rabbah 3:11
- 11בד״ה תורה צוה · לעיל פ׳ וזאת הברכה צד, א (גם ד״ה זה הוא משנת תקס״ח).
- 12מ״ש במ״ח · ע״ל ח׳ דברים (פב, רע״ג). והוא במס׳ אורות דז״א (ספ״ג). [כ]. קטע מכאן מובא בסה״מ תרל״ח ע׳ ט.
- 13וע׳ בז״ה · = בזהר הרקיע בהקדמת הזהר א, א.
- 14כשושנה · Zohar, Introduction 1:1–2:4
- 15כשושנה כו׳ כן רעיתי · Song of Songs 2:2
- 16בביאור ע״פ והניף הכהן אותם · לעיל פ׳ אמור לט, ג.
- 17והניף הכהן אותם · Leviticus 23:20
- 18ובד״ה הנה ים סוף · לעיל פ׳ צו טז, ד.
- 19ובביאור ע״פ כי ביום הזה יכפר · לעיל אחרי כח, ד.
- 20כי ביום הזה יכפר · Leviticus 16:30
- 21ואחרי לא יהיה · Isaiah 43:10
- 22ואחרי לא יהיה דהא דוד הכי איקרי · Zohar, Kedoshim 17:104–18:108
- 23אחרי ה׳ אלקיכם תלכו · Deuteronomy 13:5
- 24דא לגו מן דא כו׳ עד דאשתכח דהאי קליפה להאי · Zohar, Bereshit 9:106–10:117
- 25בד״ה עוטה אור כשלמה · אגה״ק סי׳ יט.
- 26עוטה אור כשלמ · Psalms 104:2
- 27ואלה שמות בנ״י · Exodus 1:1
- 28אחת היא יונתי · Song of Songs 6:9
- 29
Les âmes et les anges ¶2
2והנה שרש הנשמות הוא מבחי׳ פנימיות החכמה1 ושרש נשמות מלאכי׳ [מלאכים] הוא מבחי׳ חיצוניות כי המלאכים נולדים מזיווג נשיקין דזו״נ [דזעיר אנפין ונוקבא] שהוא רוחני והיינו שנמשכה השפע כסדר ההשתלשלות
Or, la racine des âmes se trouve dans la dimension intérieure (pnimiyout) de 'Hokhma (sagesse), tandis que la racine des âmes des anges se trouve dans sa dimension extérieure ('hitsoniyout). En effet, les anges naissent de l’« union des baisers » (zivoug nechikin) de Zeir Anpin et de Noukva, qui est spirituelle, c’est-à-dire que le flux est attiré selon l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout).
La règle des dimensions intérieure et extérieure s’applique maintenant aux âmes et aux anges. Les âmes d’Israël ont leur racine dans la dimension intérieure de 'Hokhma, et les anges dans sa dimension extérieure, car les anges proviennent de l’« union des baisers » de Zeir Anpin et de Noukva, une union entièrement spirituelle dont le flux descend étape par étape selon l’ordre habituel de l’enchaînement.
והרי נתבאר שבהשתלשלות אינו נמשך רק מבחי׳ חיצוניות החכמה משא״כ הולדת נש״י [נשמות ישראל] להיותם מזיווג גופני שהוא נמשך יותר במדרגה והוא גשמי בערך
Or, il a été expliqué que, dans l’enchaînement, rien n’est attiré si ce n’est de la dimension extérieure de 'Hokhma. Il en va autrement de la naissance des âmes d’Israël : puisqu’elles proviennent d’une union corporelle, attirée à un niveau plus bas et physique par comparaison,
Puisque seule la dimension extérieure de 'Hokhma descend à travers l’enchaînement, c’est tout ce que reçoivent les anges. Les âmes d’Israël proviennent, elles, de ce que la Kabbale appelle une « union corporelle », une union d’un niveau inférieur et physique par comparaison.
הנה נעוץ סופו בתחלתו שבו דוקא נמשך הארת הפנימיות (וע׳ [ועיין] בפי׳ הראב״ד [הראב״ד] בס״י [בספר יצירה]2 גבי נעוץ סופן בתחלתן)3
voici que « sa fin est enchâssée dans son commencement », de sorte que c’est précisément en elle que se trouve attirée la lumière de la dimension intérieure. (Voir aussi le commentaire du Raavad sur le Sefer Yetsira, à propos de « leur fin est enchâssée dans leur commencement ».)
C’est ici que s’applique l’enseignement du Sefer Yetsira : « leur fin est enchâssée dans leur commencement ». Le point le plus bas est lié au plus haut ; c’est donc précisément dans cette union inférieure que la lumière de la dimension intérieure est attirée. Le texte renvoie au commentaire du Raavad sur cet enseignement (Sefer Yetsira 1:7).
ויובן זה עד״מ [על דרך משל] מנפש האדם שבדבור יש הארת והתלבשות השכל ע״י השתלשלות ממחשבה כו׳ והוא רק חיצוניות השכל בלבד מפני שהפנימי׳ [שהפנימיות / שהפנימית] א״א [אי אפשר] לו להתלבש כלל בהשתלשלות
On comprendra cela par une analogie tirée de l’âme humaine : dans la parole se trouve une illumination de l’intellect et son investissement, par un enchaînement descendant à partir de la pensée, etc. Il ne s’agit que de la dimension extérieure de l’intellect, car la dimension intérieure ne peut aucunement s’investir dans un enchaînement.
Une analogie tirée de l’âme humaine : l’intellect n’atteint la parole qu’au terme d’une descente graduelle, par l’intermédiaire de la pensée. Ce qui parvient à la parole n’est que la dimension extérieure de l’intellect, puisque sa dimension intérieure ne peut prendre place dans aucun enchaînement graduel.
והרי אנו רואים שהמשכת הטפה הנולדת ממוח האב הוא מפנימי׳ [מפנימיות / מפנימית] כח המשכיל עד שמוליד בדומה והוא פלאי לכאורה
Pourtant, nous voyons que l’attraction de la goutte engendrée par le cerveau du père provient de la dimension intérieure de sa puissance intellective, au point qu’il engendre un enfant à son image. Cela semble, à première vue, étonnant,
Pourtant, la goutte attirée du cerveau du père porte la puissance intérieure de son intellect, si bien qu’il engendre un enfant à son image. Cela semble étonnant.
שהרי הדבור יותר רוחני4 אלא שהיא הנותנת שהדבור להיותו רוחני וא״כ [ואם כן] המשכת השכל בו הוא בדרך השתלשלות וקירוב ע״כ [על כן] א״א [אי אפשר] רק בחי׳ חיצוניות
car la parole est plus spirituelle. Mais c’est précisément là la raison : étant spirituelle, la parole est proche de l’intellect, et l’attraction de l’intellect en elle se fait par un enchaînement graduel ; elle ne peut donc recevoir que la dimension extérieure.
Cela étonne parce que la parole est bien plus spirituelle que la goutte. Mais c’est précisément là la raison : étant spirituelle, la parole est proche de l’intellect et en reçoit l’influence étape par étape ; or, un tel enchaînement graduel ne peut transmettre que la dimension extérieure.
אבל בבחי׳ גשמיות יוכל להיות השראת הפנימיות כו׳ וכמ״כ [וכמו כן] יובן למשכיל למעלה להיות שהמלאכי׳ [שהמלאכים] נולדי׳ [נולדים] מזיווג רוחני שהוא בבחי׳ השתלשות הם רק מבחי׳ חיצוניות
Mais dans ce qui est physique, la dimension intérieure peut résider, etc. De même, celui qui sait comprendre le saisira au niveau supérieur : puisque les anges naissent d’une union spirituelle, qui relève d’un enchaînement graduel, ils ne proviennent que de la dimension extérieure ;
Ce qui est physique, parce que cela ne constitue pas une étape de cet enchaînement graduel, peut devenir le réceptacle où réside la dimension intérieure. Il en va de même dans les mondes supérieurs : les anges, nés d’une union spirituelle qui procède selon l’enchaînement, ne reçoivent que de la dimension extérieure.
אבל נש״י [נשמות ישראל] שהם מזיווג גופני בחי׳ טפת אבא והיא דוקא מבחי׳ הפנימי׳ [הפנימיות / הפנימית] דחכמה5 כנ״ל (ועמ״ש מזה בביאור ע״פ יונתי כו׳ המתחיל הנה ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] נובלו׳ [נובלות] חכמה כו׳)
tandis que les âmes d’Israël, qui proviennent d’une union corporelle, du niveau de la goutte d’Abba, c’est-à-dire de 'Hokhma, proviennent précisément de la dimension intérieure de 'Hokhma, comme indiqué plus haut. (Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication du verset « Ma colombe », etc., qui commence par : « Or, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : “Les fruits tombés de la sagesse…” », etc.)
Les âmes d’Israël, nées de l’« union corporelle », proviennent de la « goutte d’Abba », c’est-à-dire de 'Hokhma, et donc de la dimension intérieure de 'Hokhma. Le renvoi concerne une explication du verset « Ma colombe », qui s’ouvre sur l’enseignement des Sages à propos des « fruits tombés de la sagesse ».
ולזה הטעם יובן מה שהנשמות דוקא יש בהן כח ההולדה6 אברהם הוליד7 ואין כן במלאכים והגם שממלאכים דבריאה מסתעפים מלאכים ביצירה זהו רק המשכת והתנוצצות בלבד מבריאה ליצירה
Pour cette raison, on comprendra pourquoi les âmes, précisément, possèdent le pouvoir de reproduction, [comme il est écrit :] « Avraham engendra », contrairement aux anges. Et bien que des anges du Monde de Béria (Création) procèdent des anges dans le Monde de Yetsira (Formation), il ne s’agit que d’une émanation et d’un scintillement, de Béria vers Yetsira,
Cela explique pourquoi les âmes, et non les anges, possèdent le pouvoir de reproduction, comme dans « Avraham engendra » (Genèse 25:19). Des anges de Yetsira procèdent bien d’anges de Béria, mais ce n’est qu’une émanation et un scintillement, un rayon de lumière qui passe d’un monde à l’autre.
כמו שמכל הבחי׳ דבריאה מסתעפים כמ״כ [כמו כן] ביצירה ומיצירה בעשיי׳ [בעשייה] אבל לא שהמלאכים דבריאה או דיצירה עצמם יולידו כדוגמתן כו׳
de même que de tous les niveaux de Béria procèdent pareillement [des niveaux] en Yetsira, et de Yetsira dans le Monde d’Assiya (Action) ; mais les anges de Béria ou de Yetsira eux-mêmes n’engendrent pas des êtres semblables à eux, etc.
De la même manière, chaque niveau de Béria a son prolongement en Yetsira, et chaque niveau de Yetsira, son prolongement en Assiya. Ce n’est pas là une reproduction : les anges de Béria ou de Yetsira n’engendrent pas eux-mêmes des êtres semblables à eux.
(כי לשון התנוצצות ענינו הארה בעלמא משא״כ הולדה שהיא המשכ׳ המהות והתהוות בדומה לו ממש ויובן ענין התנוצצות ממ״ש בע״ח [בעץ חיים] שער כסה״כ [כסא הכבוד] אורות המתנוצצים כו׳ איך מתנוצץ אור כו׳
(Car le terme « scintillement » désigne un simple rayonnement, tandis que la reproduction est l’émanation de l’essence et la formation d’un être véritablement semblable à sa source. On comprendra ce qu’est le scintillement d’après ce qui est écrit dans Etz Chaim, Sha’ar Kisei HaKavod (la Porte du Trône de Gloire) : « des lumières qui scintillent », etc., « comment une lumière scintille », etc. ;
Cette parenthèse définit les termes : le scintillement est un simple rayonnement, tandis que la reproduction transmet l’essence même et fait naître un être véritablement semblable à sa source. Dans Etz Chaim, à la Porte du Trône de Gloire, il est question en ce sens de « lumières qui scintillent ».
אמנם הוא אור המתפשט מהם לא הם עצמם וע״ש [ועיין שם] בפ״א ואל תאמר כי תנה״י [תפארת נצח הוד יסוד] עצמו כו׳ רק מאירין כו׳)
« mais c’est une lumière qui se répand à partir d’eux, et non eux-mêmes ». Voir aussi à cet endroit, au chapitre 1 : « Et ne dites pas que Tiferet, Netsa’h, Hod et Yessod eux-mêmes », etc., « mais seulement qu’ils rayonnent », etc.)
Ce qui scintille est une lumière qui se répand à partir de ces niveaux, et non ces niveaux eux-mêmes. Le premier chapitre de cet ouvrage dit de même : ce ne sont pas Tiferet, Netsa’h, Hod et Yessod eux-mêmes, mais seulement leur rayonnement.
וזהו מסבה הנ״ל להיות כי עיקר ההולדה הוא מצד הארת והתלבשות אור א״ס [אין סוף] שמוליד ומשפיע מאין ליש ואור א״ס [אין סוף] מלובש בחכמה8 דוקא כמ״ש הוי׳ בחכמה
Et cela s’explique par la raison mentionnée plus haut : l’essence même de la reproduction procède du rayonnement et de l’investiture de la Lumière infinie (Or Ein Sof), qui engendre et fait émaner du néant à l’être ; et la Lumière infinie s’investit précisément dans 'Hokhma, comme il est écrit : « Havaya par 'Hokhma »,
La raison profonde est que toute véritable reproduction provient de la Lumière infinie, qui seule fait surgir quelque chose du néant, et que la Lumière infinie s’investit précisément dans 'Hokhma, comme le dit le verset : « Havaya a fondé la terre par 'Hokhma » (Proverbes 3:19).
והיינו בפנימיות החכמה ולזאת הנשמות מפני ששרשן מפנימיות החכמה יש בהם כח ההולדה שהוא ג״כ דוגמת בחי׳ כח א״ס [אין סוף] שמאיש א׳ יוכל להיות כמה דורות כו׳
c’est-à-dire dans la dimension intérieure de 'Hokhma. C’est pourquoi les âmes, dont la racine se trouve dans la dimension intérieure de 'Hokhma, possèdent le pouvoir de reproduction, qui est lui aussi semblable au niveau du pouvoir de l’Infini (Ein Sof) : d’un seul homme peuvent venir de nombreuses générations, etc.
La Lumière infinie s’investit dans la dimension intérieure de 'Hokhma. Les âmes, qui y ont leur racine, possèdent donc le pouvoir de reproduction, lequel reflète aussi le pouvoir infini de l’Infini : d’un seul homme viennent de nombreuses générations.
וזהו ענין אור זרוע לצדיק9 זורע צדקות כו׳ כמו שהזורע גרעין א׳ מוציא כמה וכמה גרעינין כו׳ מפני שזרוע בארץ שבה יש ג״כ כח ההולדה
Et tel est le sens de : « La lumière est semée pour le juste », « celui qui sème des actes de justice », etc. : de même que celui qui sème une seule graine en fait pousser de très nombreuses, etc., parce qu’elle est semée dans la terre, qui possède elle aussi le pouvoir de reproduction ;
On retrouve la même idée dans « La lumière est semée pour le juste » (Psaumes 97:11) et dans la formule liturgique « celui qui sème des actes de justice » : une seule graine semée en produit de très nombreuses. C’est parce qu’elle est semée dans la terre, qui possède elle aussi le pouvoir de reproduction.
כי הכל היה מן העפר10 וארץ ממנה יצא לחם11 כתיב ולזאת יש כח ההולדה גם בבהמות מפני שניזונ ות מצו מח שנצמח מהארץ כו׳
car tout vient de la poussière, et il est écrit : « La terre, d’elle sort le pain ». C’est pourquoi les animaux possèdent eux aussi le pouvoir de reproduction, puisqu’ils se nourrissent des plantes qui poussent de la terre, etc.
Le pouvoir de la terre ressort des versets « Tout vient de la poussière » (Ecclésiaste 3:20) et « La terre, d’elle sort le pain » (Job 28:5). Les animaux aussi peuvent se reproduire, car ils se nourrissent des plantes qui poussent de la terre.
וסיבת מציאות ח ההולדה בהארץ הוא משום שנעוץ תחלתן בסופן כנ״ל בענין הנשמות (ועמ״ש בפ׳ שמות בד״ה הבאים ישרש12 בפי׳ וענין אשה יראת13 ה׳ היא תתהלל)
Et la raison pour laquelle la terre possède le pouvoir de procréer est que « leur commencement est enchâssé dans leur fin », comme on l’a dit plus haut au sujet des âmes. (Voir aussi ce qui est écrit dans la paracha de Chemot, dans le discours commençant par « Ceux qui sont venus, [Yaakov] prendra racine », à propos de l’explication de « La femme qui craint Havaya sera louée ».)
La terre, qui est au plus bas de tout, possède ce pouvoir parce que « leur commencement est enchâssé dans leur fin », comme cela a été dit des âmes. Le texte renvoie à un discours sur la paracha de Chemot, consacré à « Ceux qui sont venus, Yaakov prendra racine » (Isaïe 27:6), où est expliqué « La femme qui craint Havaya sera louée » (Proverbes 31:30).
אבל המלאכים להיות שרשם מחיצוניות בלבד אין בהם כח ההולדה ולזאת ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] שאין מלאך א׳ עושה שתי שליחות14 משום שהוא בחי׳ עומד שכמו
Mais les anges, puisque leur racine relève uniquement de la dimension extérieure, n’ont pas le pouvoir de procréer. C’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit qu’un ange n’accomplit pas deux missions, car il est dans l’état de « station debout » : de même que
Les anges, dont la racine relève uniquement de la dimension extérieure, ne peuvent pas procréer. C’est pourquoi les Sages disent qu’un ange n’accomplit pas deux missions : l’ange est un être « debout », qui demeure exactement tel qu’il est.
שהוא כך ישאר אם הוא בבחי׳ ומדרגה זו אין בו בחי׳ ומדרגה אחרת מפני שנמשך מבחי׳ האותיות וכמו שאות א׳ לא יוליד זולתו
il est ainsi, ainsi demeurera-t-il ; s’il se trouve à ce niveau et à ce degré, il n’en possède aucun autre, car il est issu du niveau des lettres. De même qu’une lettre n’en engendre pas une autre qu’elle-même,
Un ange demeure à un niveau fixe et n’en possède pas d’autre, car il est issu du niveau des lettres, la parole divine. Une lettre n’en produit pas une autre.
וגם בו עצמו לא יהיה הגדלה תוספת וגרעון שכמו שנמשך ממקורו כך ישאר כך המלאכים כו׳ (ועמ״ש מזה בד״ה אם בחקתי תלכו):1516
et en elle-même, elle ne connaîtra non plus ni croissance, ni ajout, ni diminution : de même qu’elle est issue de sa source, ainsi demeurera-t-elle. Il en va de même pour les anges, etc. (Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Si vous marchez selon Mes statuts ».)
Une lettre ne croît pas, n’augmente pas et ne diminue pas non plus ; elle demeure telle qu’elle est venue de sa source, et il en va de même pour les anges. Le texte renvoie au discours « Si vous marchez selon Mes statuts » (Lévitique 26:3) pour approfondir ce sujet.
Ce paragraphe applique aux anges et aux âmes la règle des dimensions intérieure et extérieure : les anges, nés d’une union spirituelle selon l’enchaînement graduel, proviennent de la dimension extérieure de 'Hokhma et ne peuvent ni se reproduire ni changer ; les âmes d’Israël, issues de l’union « corporelle » inférieure où « la fin est enchâssée dans le commencement », proviennent de sa dimension intérieure, où réside la Lumière infinie, et possèdent ainsi le pouvoir de se reproduire.
L’argument repose sur un paradoxe : plus le canal est spirituel et graduel, moins il peut contenir le cœur intérieur de sa source ; le physique, qui n’est pas une étape de l’enchaînement graduel, peut, lui, contenir ce qu’il y a de plus élevé. Le pouvoir d’engendrer quelque chose qui soit véritablement à sa propre image reflète le pouvoir de la Lumière infinie de faire surgir quelque chose à partir du néant. C’est pourquoi ce pouvoir se trouve dans les âmes, dans la terre et dans ce qui vit de la terre, mais non chez les anges.
Maré mekomot
- 1והנה שרש הנשמות הוא מבחי׳ פנימיות החכמה · באוה״ת פ׳ יתרו כרך ח ע׳ ב׳תתקצז מציין לכאן ”וע׳ בביאר ולא תשבית מלח פ״א [— לעיל פ׳ ויקרא] שיש בהנשמה ע״ס ויש בה ג״כ בחי׳ שלמעלה מהחכמה. וכ״כ בד״ה ענין ק״ש אחד ואהבת שמהחכמה ואילך נק׳ השתלשלות, ואמנם הרצון שלמעלה מהחכמה הוא למעלה מהשתלשלות כך עלה במחשבה . . שכמ״כ יש בנשמה נר״נ, אך יחידה זהו הרצון שלמעלה מהשכל וזהו שישראל עלו במחשבה”. בהבא להלן ראה גם ס׳ מאמרי אדה״ז על ענינים ע׳ רמ. ביאוה״ז לאדה״א ב, א. ה, ג. צח, ג.
- 2בפי׳ הראב״ד בס״י · פ״א, מ״ז.
- 3נעוץ סופן בתחלתן · Sefer Yetzirah 1:7
- 4שהרי הדבור יותר רוחני · ”שהדבור הוא רוחנית הרבה יותר גם מרוחנית הטפה שהרי הדיבור נמשך מאור השכל השורה בכלי המוחין הגשמי והטיפה נמשכת רק מבחי׳ גשם המוחין עצמן” — סה״מ תקס״ח ח״ב ע׳ תרטו.
- 5שו״ה שהוא — אבל נש״י . . מבחי׳ הפנימי׳ דחכמה · מובא ביהל אור ע׳ תקצ. ראה אוה״ת יתרו כרך ח ע׳ ב׳תתקצז.
- 6שהנשמות דוקא יש בהן כח ההולדה · בארוכה בסה״מ תקס״ח ח״ב ע׳ תרטז. ראה ביאוה״ז לכ״ק אדה״א ה, ד. אוה״ת תולדות קלו, ב. ויחי כרך ב תיא, ב. וראה גם בד״ה שמח תשמח תרנ״ז ע׳ 5 ואילך (סה״מ תרנ״ז ע׳ קעט ואילך). ד״ה ואתם הדבקים תרפ״ו ע׳ רכז ואילך. וראה לקו״ש חי״ז ע׳ 155 בנוגע לאוה״ע ומציין שם ללקו״ש ח״ח ע׳ 155 הערה 45.
- 7אברהם הוליד · Genesis 25:19
- 8הוי׳ בחכמה · Proverbs 3:19
- 9אור זרוע לצדיק · Psalms 97:11
- 10הכל היה מן העפר · Ecclesiastes 3:20
- 11וארץ ממנה יצא לחם · Job 28:5
- 12הבאים ישרש · Isaiah 27:6
- 13אשה יראת ה׳ היא תתהלל · Proverbs 31:30
- 14עושה שתי שליחות · Bereshit Rabbah 50:2
- 15אם בחקתי תלכו · Leviticus 26:3
- 16
Les reines et la colombe ¶3
3וזהו ששים המה מלכות1 תשבע״פ [תורה שבעל פה] היא מבחי׳ מל׳ [מלכות] דפה קרינן לה2 והיינו בחי׳ המל׳ [המלכות] שנעשה פרצוף בפ״ע [בפני עצמו]
Et voici [le sens de] « Il y a soixante reines » : la Torah orale relève du niveau de Mal'hout (souveraineté), que nous appelons « bouche » ; c'est-à-dire du niveau de Mal'hout qui devient un partsouf (configuration) à part entière.
Le verset d'ouverture est maintenant expliqué. Les « soixante reines » désignent la Torah orale, qui provient de Mal'hout, la Séfira appelée « bouche », et plus précisément de Mal'hout en tant que partsouf distinct, et non de Mal'hout au sein de Zeir Anpin.
והיא בחי׳ דבור העליון ושרשה מחיצוניות אבא כמשל השכל שבדבור וז״ש [וזהו שכתוב] נובלות חכמה3 שלמעלה תורה נובלות בלבד ועלמות אין מספר
Elle est le niveau de la parole supérieure, et sa racine se trouve dans la dimension extérieure ('hitsoniyout) d'Abba ('Hokhma), comme dans l'analogie de l'intellect qui se trouve dans la parole. C'est le sens de ce qui est écrit : « Les fruits tombés (novlot) de la sagesse supérieure sont la Torah » : uniquement des fruits tombés. « Et des jeunes filles sans nombre » :
Cette Mal'hout est la parole supérieure, dont la racine se trouve dans la dimension extérieure d'Abba, c'est-à-dire 'Hokhma, tout comme la parole ne véhicule que la dimension extérieure de l'intellect d'une personne. C'est pourquoi les Sages qualifient la Torah de « fruits tombés de la sagesse supérieure » : elle est ce qui tombe de 'Hokhma, et non son noyau intérieur.
היינו פרטי ההלכות ב״ש [בית שמאי] אומרים כך וב״ה [ובית הלל] אומרים כך כאו״א [כל אחד ואחד] לפי שרשו ומדרגתו זה בחסד ע״כ [על כן] מכשיר הכל שיהיה בחי׳ עליות
c'est-à-dire les détails des lois : Beit Chammaï disent ainsi et Beit Hillel disent ainsi, chacun selon sa racine et son niveau. Celui-ci relève de 'Hessed (bonté) et, par conséquent, déclare toute chose apte à être élevée ; elle est ainsi au niveau de l'élévation ;
Les « jeunes filles sans nombre » sont les détails de la halakha, sur lesquels Beit Chammaï et Beit Hillel divergent, chacun selon la racine et le niveau de son âme. Celui dont la racine relève de 'Hessed déclare les choses aptes et permises, afin qu'elles puissent être élevées.
וזה מגבורה וע״כ [ועל כן] אוסר כלומר שאינו ראוי להתעלות כי לפי אופן המדה והחסד שבלב כך מדבר כו׳
et celui-là relève de Guevoura (retenue) et, par conséquent, interdit, c'est-à-dire qu'il considère la chose comme inapte à être élevée. Car on parle selon la manière dont l'attribut et la bonté se manifestent dans le cœur, etc.
Celui dont la racine relève de Guevoura interdit, ce qui signifie que la chose n'est pas apte à être élevée. Une personne parle selon l'attribut qui réside dans son cœur ; c'est ainsi que les décisions diffèrent.
והלכות אלו הם לאין מספר שהם המשכות פרטיים מכללות החכמה דנוק׳ [דנוקבא] שהיא תשבע״פ [תורה שבעל פה] ונקראים בזהר נימין כו׳ ועכ״ז [ועם כל זה] אחת היא4 יונתי תמתי567891011 תאומתי היינו כנס״י [כנסת ישראל] שהיא בתוך ז״א [זעיר אנפין] ונק׳ תאומה
Ces lois sont sans nombre, car elles sont des émanations particulières issues de l'expression générale et collective de la 'Hokhma de Noukva (le féminin), qui est la Torah orale ; dans le Zohar, elles sont appelées « cheveux », etc. Pourtant, « Une est-elle, ma colombe, ma parfaite (tamati) » [se lit] « ma jumelle » (teomati) : il s'agit de Knesset Israël, qui se trouve au sein de Zeir Anpin (les attributs émotionnels) et est appelée « jumelle ».
Ces innombrables lois procèdent de la 'Hokhma de Noukva, la Torah orale dans son ensemble, et le Zohar les appelle « cheveux ». Pourtant, au-dessus d'elles toutes se tient « Une est-elle, ma colombe, ma parfaite », qu'on lit « ma jumelle » : Knesset Israël, la Mal'hout au sein de Zeir Anpin, égale à lui comme une jumelle.
(עיין בזהר פ׳ ויצא קנ״ב ב׳ שמות דף י״ד ב׳ בשלח נ״א א׳ נ״ה א׳ נ״ב סע״ב [סוף עמוד ב] האזינו ר״צ סע״ב [סוף עמוד ב] חיי שרה קכ״ד ב׳ קכ״ה א׳)
(Voir dans le Zohar, Parachat Vayetse, 152b ; Chemot, page 14b ; Bechala'h, 51a, 55a, fin de 52b ; Haazinou, fin de 290b ; 'Hayé Sarah, 124b, 125a.)
La parenthèse indique des passages du Zohar qui expliquent « Une est-elle, ma colombe ».
והוא בחי׳ יונתי עיניך יונים כד ז״א [זעיר אנפין] מסתכל במצחא מקבל ש״ע [ש״ע (370)] נהורין דהיינו שהוא בחי׳ הארה גבוה כ״כ [כל כך] שא״א [שאי אפשר] להית נמשך בז״א [בזעיר אנפין] כ״א [כי אם] ע״י בחי׳ הסתכלות שהוא בחי׳ חיצוניות דוקא
Et c'est le niveau de « ma colombe », « tes yeux sont des colombes » : lorsque Zeir Anpin contemple le front, il reçoit 370 lumières. Il s'agit d'un rayonnement si élevé qu'il ne peut être transmis à Zeir Anpin que par le niveau de la contemplation, qui relève précisément de la dimension extérieure.
Knesset Israël est aussi « ma colombe », au sens de « tes yeux sont des colombes ». Lorsque Zeir Anpin contemple le front, il reçoit 370 lumières, un rayonnement si élevé qu'il ne peut l'atteindre que par la contemplation, un contact qui demeure au niveau extérieur.
כי א״א [אריך אנפין] הוא מעולמות הא״ס [האין סוף] שלמעלה מאצי׳ [מאצילות] וכמ״ש בזהר דעד חכמה נק׳ עולמות א״ס [אין סוף] וז״ש [וזהו שכתוב] מצמיח ישועות מענין וישע אל הבל12 והוא ענין ש״ע [ש״ע (370)] נהורין כו׳
Car Arikh Anpin appartient aux mondes de l'Infini (Ein Sof), qui sont au-dessus du Monde d'Atsilout (Émanation), comme l'écrit le Zohar : jusqu'à 'Hokhma, on les appelle « mondes de l'Infini ». C'est le sens de ce qui est écrit : « Il fait germer les délivrances (yechouot) », expression liée à « Il se tourna (vayicha) vers Hevel » ; et cela se rapporte aux 370 lumières, etc.
La raison en est qu'Arikh Anpin, dont il est question ici à propos du front, appartient aux « mondes de l'Infini » situés au-dessus d'Atsilout ; le Zohar donne ce nom à tout ce qui s'étend jusqu'à 'Hokhma. La formule liturgique « Il fait germer les délivrances (yechouot) » se comprend à cette lumière : yechouot est associé à vayicha, « Il se tourna [du regard] » vers Hevel, et ses lettres chine-ayin ont la valeur numérique de 370, les 370 lumières.
(ועמ״ש מזה בביאור ע״פ חכלילי עינים13 ובד״ה ואתחנן14 גבי וא ראה את הארץ)15 ולפיכך קרוין אחת שהיא בחי׳ מקבל מאחד היא בחי׳ כתר
(Et voyez ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication du verset « Ses yeux sont rouges », et dans le discours qui commence par « Et j’ai supplié », à propos de « et laisse-moi voir le pays ».) C’est pourquoi elle est appelée « une », car elle est le niveau de celle qui reçoit de « Un », qui est le niveau de Kéter (la Couronne).
Après d’autres références, le texte explique pourquoi la Knesset Israël est appelée « une » : elle reçoit de « Un », Kéter, la couronne qui surplombe toutes les Séfirot.
וזהו ענין תאומתי שוין בקומתן כו׳ כתר א׳ כו׳ וכמ״ש בס׳ הקבלה בפי׳ מאמר אין אשה
C’est là le sens de « ma jumelle » : « égales par leur stature », etc., « une seule couronne », etc. Et, comme il est écrit dans les livres de la Kabbale, dans l’explication de l’énoncé « Une femme n’est que
« Ma jumelle » signifie qu’elle et Zeir Anpin sont « égaux par leur stature » et partagent « une seule couronne ». Les livres de la Kabbale expliquent dans le même sens l’énoncé talmudique « Une femme n’est que pour la beauté ».
אלא ליופי16 שהטעם לסיבת מציאת היופי בנשים יותר מבאנשים הוא מחמת הארת הכתר שמאיר במל׳ [במלכות] יותר כי נעוץ סופן כו׳ וגם לפי שצריכה שמירה כו׳.
pour la beauté » : la raison pour laquelle la beauté se trouve davantage chez les femmes que chez les hommes tient au rayonnement de Kéter, qui brille davantage dans Mal'hout, car « leur fin est enchâssée », etc. ; c’est aussi parce qu’elle a besoin d’être protégée, etc.
La beauté se trouve davantage chez les femmes que chez les hommes parce que la lumière de Kéter brille davantage dans Mal'hout, la dernière des Séfirot, puisque « leur fin est enchâssée dans leur commencement ». Une seconde raison est également avancée : elle a besoin d’être protégée.
Ce paragraphe présente la première moitié de la réponse : la Torah orale, les « soixante reines » et leurs innombrables lois, provient de Mal'hout en tant que partsouf distinct et de la dimension extérieure de 'Hokhma ; tandis que Knesset Israël, « une, ma colombe, ma jumelle », est la Mal'hout au sein de Zeir Anpin, qui reçoit de Kéter et se tient donc au-dessus de la Torah.
Trois noms désignent ici Knesset Israël : « jumelle », égale en stature à Zeir Anpin ; « colombe », liée à la contemplation par laquelle les 370 lumières d'Arikh Anpin atteignent Zeir Anpin ; et « une », qui reçoit de Kéter, l'Un. La règle selon laquelle « leur fin est enchâssée dans leur commencement » explique pourquoi la lumière de Kéter brille avec le plus d'intensité dans Mal'hout, la dernière des Séfirot.
Maré mekomot
- 1
- 2פה קרינן לה · Tikkunei Zohar 17a
- 3נובלות חכמה · Bereshit Rabbah 17:5
- 4אחת היא · Zohar, Idra Zuta 19:77–87
- 5אחת היא יונתי תמתי · Song of Songs 6:9
- 6אחת היא יונתי תמתי · Zohar, Vayetzei 14:95–15:115
- 7אחת היא יונתי תמתי · Zohar, Shemot 25:240–26:249
- 8אחת היא יונתי תמתי · Zohar, Beshalach 12:147–155
- 9אחת היא יונתי תמתי · Zohar, Beshalach 13:178–14:190
- 10אחת היא יונתי תמתי · Zohar, Beshalach 16:230–241
- 11אחת היא יונתי תמתי · Zohar, Chayei Sara 10:60–18:142
- 12וישע אל הבל · Genesis 4:4
- 13חכלילי עינים · Genesis 49:12
- 14ואתחנן · Deuteronomy 3:23
- 15וא ראה את הארץ · Deuteronomy 3:25
- 16אין אשה אלא ליופי · Ketubot 59b:9
Au-dessus de la Torah et au-dessous d’elle ¶4
4וה״ז [והרי זה] למעלה מבחי׳ ס׳ מלכות שהוא בחי׳ תורה שנק׳ נובלות בלבד כו׳ והוא ענין המבואר בגמ׳ [בגמרא] בחסידים הראשונים1 שהיו שוהים בתפלתם ט שעות
Et cela est au-dessus du niveau des « soixante reines », qui correspond à la Torah, laquelle n’est appelée que « fruits tombés », etc. C’est là ce qui est expliqué dans la Guemara au sujet des premiers ‘hassidim, qui consacraient neuf heures à leur prière ;
Ce niveau de Knesset Israël est supérieur aux « soixante reines », la Torah, qui n’est que le « fruit tombé » de 'Hokhma. La Guemara raconte que les premiers ‘hassidim consacraient neuf heures par jour à la prière, et demande comment leur étude de la Torah pouvait être préservée.
ולפי שחסידים היו תורתם נשמרת דהיינו שהיה בהם בחי׳ רעותא דליבא בחי׳ בצכ מאדך2 בלי גבול
et, parce qu’ils étaient des ‘hassidim, leur Torah était préservée ; c’est-à-dire qu’il y avait en eux le niveau du « désir du cœur » (re’ouuta deliba), le niveau de « de toute ta force », sans limite
La Guemara répond que, parce qu’ils étaient des ‘hassidim, leur Torah était préservée. L’Alter Rebbe explique qu’ils possédaient le « désir du cœur » (re’ouuta deliba), l’amour sans limites de « de toute ta force ».
(והוא למעלה ממדרגת בכל נפשך שהוא כפי אופן הכלי כו׳) שהוא בחי׳ כתר שלמעלה מתורה וע״כ [ועל כן] ממילא היתה נשמרת כו׳
(et cela est supérieur au degré de « de toute ton âme », qui est fonction de la capacité du réceptacle, etc.), ce qui correspond au niveau de Kéter, au-dessus de la Torah ; c’est pourquoi [leur Torah] était préservée d’elle-même, etc.
Cet amour est supérieur à « de toute ton âme », qui est un amour fonction de la capacité du réceptacle. Il atteint Kéter, au-dessus de la Torah ; leur Torah était donc préservée d’elle-même.
אבל מי שאין בו בחי׳ רעו״ד [רעותא דליבא] שיגיע למעלת ומדרגת הכתר ופנימית החכמה א״כ [אם כן] התורה היא למעלה ממנו ובזה הוא שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] ישראל מתקשראן באורייתא3 והתורה נקראת חתן כו׳:
Mais celui qui ne possède pas le niveau du désir du cœur permettant d’atteindre le degré et le niveau de Kéter et de la dimension intérieure (pnimiyout) de 'Hokhma (sagesse), celui-là est donc inférieur à la Torah. C’est à son sujet que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Israël est lié à la Torah », et que la Torah est appelée le fiancé, etc.
Celui qui n’a pas atteint ce désir du cœur, le niveau de Kéter et de la dimension intérieure de 'Hokhma, se tient au-dessous de la Torah. C’est à son sujet qu’il est dit qu’« Israël est lié à la Torah » et que la Torah est le fiancé ; les deux réponses à la question initiale sont donc vraies, chacune pour un niveau différent.
Ce paragraphe complète la réponse : celui dont le « désir du cœur » atteint Kéter et la dimension intérieure de 'Hokhma se tient au-dessus de la Torah, comme Knesset Israël se tient au-dessus des « soixante reines » ; celui qui ne l’a pas atteint est inférieur à la Torah et lié à elle.
Les premiers ‘hassidim illustrent le niveau supérieur : leur longue prière, expression d’un amour sans limites, les élevait au niveau de Kéter, au-dessus de la Torah ; c’est pourquoi leur Torah était préservée sans effort particulier.
Maré mekomot
- 1בגמרא בחסידים הראשונים · Berakhot 32b:20–22
- 2בצכ מאדך · Deuteronomy 6:5
- 3ישראל מתקשראן באורייתא · Zohar, Achrei Mot 49:296–50:305
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Le maamar tire une leçon des premiers hommes pieux : l’amour de D.ieu « de toutes tes forces », le désir sans limites du cœur, atteint le niveau de Kéter, au-dessus de la Torah, et alors la Torah de celui qui l’a atteint se préserve d’elle-même. Celui qui n’a pas atteint ce niveau se tient au-dessous de la Torah et lui est lié.
Questions à discuter
- Comment la Torah peut-elle être appelée à la fois la fiancée d’Israël et le fiancé d’Israël, et Israël être à la fois « lié à la Torah » et supérieur à elle ?
- Pourquoi un enchaînement graduel ne peut-il transmettre que la dimension extérieure de sa source, tandis que le physique peut contenir la dimension intérieure ?
- Pourquoi les âmes ont-elles le pouvoir de se reproduire, contrairement aux anges, et que révèle cela sur la racine des âmes ?
- Quelle est la différence entre Mal'hout en tant que partzuf distinct et la Mal'hout dans Zeir Anpin, et comment cela explique-t-il les « soixante reines » et « Une seule est-elle » ?
- Que nous enseigne la Guemara au sujet des premiers hommes pieux sur le rapport entre la prière et la préservation de l’étude de la Torah ?