Likkutei Torah · Parshas Shir HaShirim · Maamar 30
ששים המה מלכות ושמונים פילגשים ועלמות אין מספר…
Il y a soixante reines, quatre-vingts concubines et des jeunes filles sans nombre
L’idée centrale
Les âmes d’Israël sont la lumière de D.ieu « semée » dans des corps, afin que, par la Torah et les mitsvot pratiques, la révélation de l’Infini croisse et se multiplie dans les mondes inférieurs ; en cela, elles surpassent la Torah en tant que halakha, qui demeure exactement telle qu’elle a été énoncée. Parce que les âmes ont leur racine dans la 'Hokhma supérieure, la « source » cachée, elles font advenir le temps à venir, où « une source jaillira de la maison de Havaya » et où le monde inférieur ne fera qu’un avec D.ieu, comme le monde supérieur : « ma parfaite, ma jumelle ».
Le maamar en bref
Le maamar s’ouvre sur une question : les Sages appellent Israël l’époux et la Torah l’épouse, plaçant ainsi les âmes au-dessus de la Torah ; pourtant, « trois liens » place la Torah au-dessus d’Israël. La réponse est : « La lumière est semée pour le juste. » Les mondes inférieurs ne vivent que de la Mal'hout de D.ieu et sont sans commune mesure avec l’Infini, mais D.ieu veut une demeure ici-bas ; les âmes sont donc semées dans des corps, et leurs mitsvot, à l’image de la charité, produisent un accroissement : la Lumière infinie révélée ici-bas. Pour semer, il faut d’abord labourer : « écarte-toi du mal », comme l’a fait Hével et non Kayin. La halakha, à l’instar des anges engendrés par la parole divine, ne connaît pas un tel accroissement ; les âmes, par l’annulation de soi et le plaisir de la contemplation (« ma colombe »), unissent le supérieur et l’inférieur. La troisième section explique pourquoi Yoël parle d’une source : Bina, le fleuve qui sort d’Éden, se répand et devient la source de mondes distincts, tandis que 'Hokhma, la source, demeure annulée. Les âmes, enracinées dans 'Hokhma, la révéleront ici-bas et arroseront même le torrent de Chittim.
Plan
- La question : les âmes ou la Torah ?« Elle est unique, ma colombe, ma parfaite » désigne Knesset Israël, par laquelle s’opère l’union de Zeir Anpin et de Noukva ; Israël est l’époux et la Torah l’épouse, ce qui place les âmes au-dessus, tandis que « trois liens » suggère le contraire.¶1
- La lumière semée pour le justeLes mondes de Béria, de Yetsira et d’Assiya ne vivent que de Mal'hout et sont sans commune mesure avec l’Infini ; les âmes sont semées dans des corps afin que leurs mitsvot, comme la charité qui « fait germer les délivrances », amènent la Lumière infinie ici-bas avec accroissement, comme dans « Soyez féconds et multipliez-vous » et chez Yossef, le fils fécond.¶2–4
- Plaisir, labour et semaillesLe mot asher dans la bénédiction sur les mitsvot fait allusion au plaisir supérieur qu’elles attirent ; mais avant le semis du « fais le bien » vient le labour de « écarte-toi du mal », qu’Hével possédait et dont Kayin était dépourvu, et dont le temps à venir n’aura plus besoin.¶5–6
- Pourquoi les âmes surpassent la TorahLa Torah en tant que halakha, à l’instar des anges créés par la parole de D.ieu, ne connaît pas d’accroissement ; les âmes attirent un accroissement et, par l’annulation de soi et le plaisir de « ma colombe », font advenir « ma parfaite, ma jumelle », l’union de l’époux et de l’épouse, qui s’accomplira pleinement dans le temps à venir.¶7–8
- La source et le fleuve« Un fleuve est béni par ses rives » : l’eau cachée croît d’elle-même dès qu’elle émerge, comme les émotions croissent lorsqu’elles quittent l’intellect pour le cœur ; ainsi, Bina, le fleuve qui sort d’Éden, se répand depuis 'Hokhma, la source, et la séparation des mondes finis s’ensuit par la Mal'hout d’Atsilout.¶9–11
- La source révélée ici-basLe fleuve demeure uni à D.ieu, mais il est une source de séparation, ce que la source ne peut être ; les âmes, qui « s’élevèrent dans la pensée » en 'Hokhma même, la révéleront ici-bas et arroseront même le torrent de Chittim, comme le montrent l’écran entre Atsilout et Béria décrit dans Etz Chaim et le youd et le hé de « avec Yah ».¶12
Notions clés
- La lumière semée pour le justeאור זרוע לצדיק
- Les âmes sont la lumière de D.ieu semée ici-bas dans des corps, afin que, par la Torah et les mitsvot, la révélation de la Lumière infinie croisse et se multiplie dans les mondes inférieurs, comme une seule graine en produit beaucoup.
- Labourer avant de semerחרישה וזריעה
- « Écarte-toi du mal » est le labour de l’âme animale, qui renverse les mauvais traits de caractère et les désirs qui ne sont pas pour D.ieu ; alors seulement le semis du « fais le bien », les mitsvot pratiques, peut produire une croissance.
- Les mondes de séparationעלמין דפרודא
- Les mondes inférieurs, où la lumière vivifiante de D.ieu est si cachée que les créatures semblent exister par elles-mêmes, comme s’il y avait même deux autorités, à D.ieu ne plaise.
- Ma parfaite, ma jumelleתמתי תאומתי
- Knesset Israël rend entière ici-bas, comme en haut, l’unité de D.ieu et fait advenir l’union de Zeir Anpin et de Noukva, c’est-à-dire des attributs émotionnels d’Atsilout et de la Mal'hout revêtue dans les mondes inférieurs.
- Ma colombeיונתי
- Le plaisir des âmes à contempler la grandeur de D.ieu, comme des colombes qui se regardent l’une l’autre ; il doit précéder le plaisir correspondant qu’il suscite en haut.
- La source et le fleuveמעין ונהר
- 'Hokhma supérieure, appelée Éden, est la source cachée qui ne se répand pas ; Bina est le fleuve qui en jaillit, se répand de lui-même et devient la source à partir de laquelle se développent des mondes distincts.
- Lui et Ses forces vitales sont un, Lui et Ses réceptacles sont unאיהו וחיוהי חד, איהו וגרמוהי חד
- L’union de la Lumière infinie avec la 'Hokhma d’Atsilout, et son revêtement dans Bina et les attributs émotionnels ; les deux se trouvent dans Atsilout, mais le premier lien est plus étroit.
- Le torrent de Chittimנחל השטים
- De shtout (folie) et de shatou (ils ont erré) : la source qui nourrit les plaisirs de ce monde qui ne sont pas pour D.ieu, et que la source arrosera dans le temps à venir.
- Youd et héביו״ד נברא העוה״ב, בה״א נברא העוה״ז
- Le Monde à venir fut créé avec le youd, la source qui ne se répand pas ; ce monde, avec le hé, le vaste fleuve d’où « il se sépare ».
La question : les âmes ou la Torah ? ¶1
1ששים המה מלכות123 ושמונים פילגשים ועלמות אין מספר אחת היא יונתי תמתי.4 ודרשו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] (ע׳ [עיין] ברבות בשיר השירים במקומו ובפ׳ קרח גבי ובני קרח5 לא מתו)6
« Il y a soixante reines, quatre-vingts concubines et des jeunes filles sans nombre ; une seule est ma colombe, ma parfaite. » Et nos Sages, de mémoire bénie, ont interprété (voir le Midrash Rabbah sur Shir HaShirim, à cet endroit, ainsi que dans la paracha de Korah, à propos de « Mais les fils de Korah ne moururent pas ») :
Le maamar s’ouvre sur le Cantique des Cantiques 6:8–9, où le bien-aimé loue son unique fiancée, qui surpasse soixante reines, quatre-vingts concubines et d’innombrables jeunes filles. Les Sages interprètent le verset comme parlant de la Torah, et l’Alter Rebbe renvoie à leur interprétation dans le Midrash Rabbah sur Shir HaShirim et dans la paracha de Korah, où elle est évoquée en rapport avec le verset « Mais les fils de Korah ne moururent pas ».
ששים המה מלכות אלו ס׳ מסכתות7 ושמונים פילגשים אלו ברייתות ועלמות אין מספר אלו הלכות שבגמ׳ [שבגמרא].
« Il y a soixante reines » : ce sont les soixante traités ; « et quatre-vingts concubines » : ce sont les beraitot ; « et des jeunes filles sans nombre » : ce sont les halakhot de la Guemara.
Dans l’interprétation des Sages, les soixante reines sont les soixante traités du Talmud, les quatre-vingts concubines sont les beraitot (enseignements des Tannaïm qui ne figurent pas dans la Michna), et les jeunes filles sans nombre sont les innombrables halakhot de la Guemara. Ces trois images décrivent la Torah, depuis ses grandes divisions jusqu’à ses détails sans fin.
אחת היא זו כנס״י [כנסת ישראל] מלשון כניסה שהיא מקור נש״י [נשמות ישראל] ונקראת אחת לפי שהיא מקבלת מבחי׳ ישראל דלעילא שנקרא׳ [שנקראת] אחד כו׳. ונק׳ תמתי כו׳ וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] תמתי תאומתי89 לפי שע״י נשמות ישראל נעשה יחוד זו״נ [זעיר אנפין ונוקבא] כו׳.
« Une seule est » : c’est Knesset Israël (l’Assemblée d’Israël), de la racine knissa (rassemblement), car elle est la source des âmes d’Israël. Elle est appelée « une » parce qu’elle reçoit du niveau d’Israël d’en haut, qui est appelé « un », etc. Elle est appelée « ma parfaite (tamati) », etc., comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : tamati, te’omati (« ma jumelle »), car c’est par les âmes d’Israël que s’accomplit l’union de Zeir Anpin et de Noukva, etc.
« Une seule est » désigne Knesset Israël, la source collective de toutes les âmes juives ; son nom est lié à knissa, « rassemblement », car toutes les âmes sont rassemblées en elle. Elle est appelée « une » parce qu’elle reçoit d’un niveau supérieur appelé « Israël d’en haut », lui-même appelé « un ». Les Sages lisent tamati, « ma parfaite », comme te’omati, « ma jumelle », et l’Alter Rebbe en explique la raison : les âmes d’Israël suscitent l’union de Zeir Anpin et de Noukva, les attributs émotionnels divins et Mal’hout, qui sont unis comme des jumeaux.
והנה מזה מובן שהנשמות הם למעלה במדרגה מבחי׳ התורה וכמ״ש ממה שאמרו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] (פסחים מ״ט ב׳)
Or, il ressort de cela que les âmes sont d’un rang supérieur au niveau de la Torah. Cela ressort également de ce qu’ont dit nos Sages, de mémoire bénie (Pessa’him 49b)
Si la Torah est représentée par les reines, les concubines et les jeunes filles, et que les âmes sont l’unique fiancée qui leur est préférée à toutes, alors les âmes sont d’un rang supérieur à la Torah. L’Alter Rebbe apporte un autre appui à cette idée à partir d’un enseignement du Talmud, Pessa’him 49b.
ע״פ תורה צוה לנו משה מורשה1011 א״ת [אל תקרי] מורשה אלא מאורסה שהתורה היא מאורסה לישראל שישראל הן בחי׳ חתן12 והתורה היא בחי׳ כלה
à propos du verset « Moïse nous a ordonné la Torah, un héritage (moracha) » : ne lis pas moracha (« un héritage »), mais me’ourassa (« fiancée »), car la Torah est fiancée à Israël : Israël est le niveau du fiancé et la Torah celui de la fiancée.
Le verset qualifie la Torah de moracha, « héritage » d’Israël, et les Sages lisent ce mot comme me’ourassa, « fiancée » : la Torah est fiancée à Israël. Dans cette image, Israël est le fiancé et la Torah la fiancée.
ונמצא מובן ג״כ שהנשמו׳ [שהנשמות] הם למעל׳ [למעלה / למעלת] מבחי׳ התורה ובמקום אחר מצינו שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] תלת קשרין מתקשרין13 דא בדא ישראל מתקשראן באוריית׳ כו׳ ונמצא מובן להיפוך לגמרי שהתורה היא למעלה במדרגה מישראל.
On comprend donc également que les âmes sont d’un niveau supérieur à celui de la Torah. Pourtant, ailleurs, nous trouvons que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Trois liens sont liés l’un à l’autre : Israël est lié à la Torah », etc. ; et l’on comprend alors exactement le contraire : que la Torah est d’un rang supérieur à Israël.
L’image d’Israël comme fiancé et de la Torah comme fiancée implique à nouveau que les âmes se situent au-dessus de la Torah. Pourtant, l’enseignement « Trois liens sont liés l’un à l’autre », selon lequel Israël est lié à D.ieu en étant lié à la Torah, implique le contraire : la Torah serait supérieure à Israël. La suite du maamar résout cette contradiction.
Le maamar s’ouvre sur une question. L’interprétation des Sages de « Il y a soixante reines », ainsi que leur représentation d’Israël comme fiancé et de la Torah comme fiancée, situent toutes deux les âmes d’Israël au-dessus de la Torah, tandis que l’enseignement sur les trois liens place la Torah au-dessus d’Israël.
Selon la note de Kehot, ce maamar fut prononcé le Chabbat de la paracha de Vayetse, lors du mariage de Reb Baroukh, petit-fils de l’Alter Rebbe, et le Tséma’h Tsédek le dit plus tard, avec le discours « Kimsos Chatan al Kalla », au mariage de sa propre fille en 5591 ; le cadre du mariage correspond au thème du fiancé et de la fiancée, ainsi qu’à celui de « ma jumelle ». La note renvoie aussi à Shir HaShirim 3:11 et à la Michna, Ta’anit 26b, où « le jour de ses noces » désigne le don de la Torah.
Maré mekomot
- 1ששים המה מלכות · הנחת כ״ק אדה״א נדפס בסה״מ תקס״ח ח״ב ע׳ תרה. נאמר ש״פ ויצא על חתונת ר׳ ברוך נכד אדה״ז. וראה הערת כ״ק אדמו״ר לעיל בהערות וציונים יט, ד. מאמר זה בשינויים ובאריכות מכ״ק אדמו״ר האמצעי בס׳ שערי תשובה ע׳ ס, ג. המאמר והגהות באוה״ת שה״ש כרך ג ע׳ תתקמב. קיצורים שם ע׳ תתקנח. ראה להלן בהוספות להערות וציונים השוואה לד״ה זה. דרוש זה דרשו אדמ״ו נ״ע בשבת א׳ עם הדרוש ושבתי בשלום הנד׳ בתו״א. ושם ביאר ענין זה מה שלמטה נעשה עלמא דפרודא ע״ד שאמר המין מפלגך ולתתא כו׳, והיינו ע״י הרקיע המבדיל כו׳ והיינו שמבדיל בין בחי׳ באר שבע שהוא כענין מים עליונים שבאצי׳ ובין חרן שבבי״ע כו׳. הובא באוה״ת ויצא (קצג, ב), ע״ש. [כ]. דרוש זה נזכר באוה״ת ענינים ע׳ רנח. ד״ה זה וד״ה כמשוש חתן על כלה באוה״ת סידור ע׳ רכו נאמר ע״י הצ״צ על חתונת בתו בשנת תקצ״א.
- 2ששים המה מלכות · Song of Songs 6:8
- 3ששים המה מלכות · Bamidbar Rabbah 18:21
- 4אחת היא יונתי תמתי · Song of Songs 6:9
- 5ובפ׳ קרח גבי ובני קרח · פי״ח, כא. ”ששים המה מלכות ששים מסכתות, שמונים פלגשים שמונים בתי מדרשות היו בירושלים כנגד פתחי׳, ועלמות אין מספר משנה החיצונה, ופי׳ המ״כ מה שלמדו היחידים חוץ לאלו בתי המדרשות” — אוה״ת שה״ש ע׳ תקעו.
- 6ובני קרח לא מתו · Numbers 26:11
- 7ששים המה מלכות אלו ס׳ מסכתות · Shir HaShirim Rabbah 6:10–11
- 8וכמארז״ל תמתי תאומתי · שהש״ר במקומו.
- 9תמתי תאומתי · Shir HaShirim Rabbah 5:2:2
- 10
- 11
- 12שישראל הן בחי׳ חתן · Song of Songs 3:11
- 13תלת קשרין מתקשרין · Zohar III, 73a
La lumière semée pour le juste ¶2–4
2ולהבין את כל הנ״ל הנה כתיב אור זרוע לצדיק1 פי׳ שהנשמות הנקראים בשם צדיק הם בחי׳ אור הנזרע למטה להתלבש בגוף בשר ודם
Pour comprendre tout ce qui précède, voici ce qui est écrit : « La lumière est semée pour le tsadik (le juste). » Cela signifie que les âmes, appelées du nom de tsadik, sont le niveau de lumière semé ici-bas afin de revêtir un corps de chair et de sang.
Pour résoudre la question, l’Alter Rebbe se tourne vers le verset « La lumière est semée pour le tsadik ». Les âmes d’Israël sont le « tsadik », et elles sont elles-mêmes une lumière que D.ieu a semée ici-bas en la plaçant dans un corps de chair et de sang.
הגשמי בכדי שעל ידם יהיה צמיחה בתוספת הרבה להיות המשכות גילוי אור א״ס [אין סוף] ב״ה למטה ע״י תורה ומצות מעשיות שעוסקים בעוה״ז [בעולם הזה] כאשר יתבאר לקמן בעז״ה [בעזרת השם]
physique, afin que, par leur intermédiaire, il y ait une croissance et un grand accroissement : que soient attirées ici-bas des révélations de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, par la Torah et les mitsvot pratiques auxquelles elles s’adonnent dans ce monde, comme cela sera expliqué plus loin, avec l’aide de D.ieu.
Comme pour tout semis, le but est un grand accroissement : par la Torah et les mitsvot pratiques que les âmes accomplissent dans ce monde, la révélation de la Lumière infinie est attirée ici-bas. Le maamar expliquera plus loin comment cela se produit.
והוא ממש כדוגמת הזריעה שזורעין בארץ הגשמי שזורעין גרעין א׳ ונרקב בארץ ונצמח מזה אח״כ [אחר כך] בתוספת וריבוי גרעינים2 הרבה מאד כמ״כ [כמו כן] ע״י מצות מעשיות שעושים נשמות ישראל בעוה״ז [בעולם הזה] הגשמי
C’est exactement comme les semailles dans la terre physique : on sème une seule graine, elle pourrit dans la terre, puis il en pousse ensuite, avec accroissement et multiplication, un très grand nombre de graines. De même, par les mitsvot pratiques que les âmes d’Israël accomplissent dans ce monde physique,
La comparaison est exacte. Un cultivateur plante une seule graine, qui pourrit dans le sol, et de nombreuses graines en poussent ; de la même manière, les mitsvot pratiques que les âmes accomplissent dans ce monde physique constituent une sorte de semis.
שהוא כדוגמת הזריעה הנ״ל מגרעין א׳ נעשה עי״ז צמיחה ורבוי בתוספת וריבוי להיות גילוי אור א״ס [אין סוף] ב״ה למטה
ce qui est comparable au semis évoqué plus haut : d’une seule graine découle ainsi une croissance et une multiplication, un accroissement et une multiplication, afin que la Lumière infinie, béni soit-Il, soit révélée ici-bas.
De cette seule graine vient une croissance et un accroissement, et ce qui pousse est une révélation de la Lumière infinie ici-bas. L’édition Kehot rapproche cela de l’enseignement de la Guemara selon lequel on sème un séa uniquement pour récolter de nombreux kor (Pesachim 87b).
(עמ״ש מענין זריעה3 בד״ה ויהי בשלח פרעה45 ובד״ה הבאים ישרש6 ובד״ה כי תבאו אל הארץ ושבתה הארץ7 וסד״ה שמע ישראל ובד״ה כי כארץ תוציא צמחה8 וסד״ה שובה ישראל גבי הלוך ילך ובכה נושא משך הזרע9 ובד״ה כי כאשר כו׳ כן יעמוד זרעכם)10
(Voir ce qui est écrit sur le sujet des semailles dans le discours commençant par « Et il advint, lorsque Pharaon renvoya » ; dans celui commençant par « Dans les jours à venir, il prendra racine » ; dans celui commençant par « Lorsque vous viendrez dans le pays, la terre se reposera » ; à la fin du discours commençant par « Écoute, Israël » ; dans celui commençant par « Car la terre fait pousser son produit » ; à la fin du discours commençant par « Reviens, Israël », à propos de « Il s’en va en pleurant, portant le sac de semence » ; et dans celui commençant par « Car, de même que… ainsi votre descendance subsistera ».)
Cette parenthèse renvoie le lecteur à d’autres discours sur le thème des semailles. Le premier, « Et il advint, lorsque Pharaon renvoya » (Torah Ohr, Beshalach), parle d’Israël en exil en Égypte comme de la semence de D.ieu, semée afin que la révélation de Sa divinité puisse croître.
ולהבין זה הנה כתיב מלכותך מלכות כל עולמים11 פי׳ כל עולמים שהם ריבוי רבוות השתלשלות כל העולמות דבי״ע [דבריאה יצירה עשיה] שהם עד אין קץ וכמ״ש היש מספר לגדודיו12 כו׳
Pour comprendre cela, voici ce qui est écrit : « Ton règne est le règne de tous les mondes. » Cela signifie : « tous les mondes », c’est-à-dire les myriades de myriades de degrés de l’enchaînement descendant (hichtalchelout) de tous les mondes de Béria, Yetsira et Assiya, qui sont sans fin, comme il est écrit : « Peut-on compter Ses légions ? » etc.,
Pour expliquer pourquoi les âmes sont nécessaires, l’Alter Rebbe décrit d’abord les mondes. « Ton règne est le règne de tous les mondes » désigne les innombrables degrés de Béria, Yetsira et Assiya, qui sont sans fin, comme le demande le verset de Job : « Peut-on compter Ses légions ? »
עכ״ז [עם כל זה] מקור ושרש חיותם המחי׳ [המחיה] ומהווה אותם מאין ליש אינו אלא מבחי׳ מלכותו בלבד שאינו
néanmoins, la source et la racine de leur force vitale, qui leur donne la vie et les fait advenir du néant à l’existence, ne provient que du niveau de Sa Mal'hout (souveraineté), à elle seule, laquelle n’est
Quel que soit leur nombre, ces mondes ne tirent leur vie et leur existence même que de la Mal'hout de D.ieu, Son attribut de royauté. Mal'hout est le dernier des attributs divins, celui qui se tourne vers l’extérieur, en direction de la création.
אלא אור וזיו בלבד לגבי מהותו ועצמותו ית׳ כמ״ש הודו על ארץ ושמים13 שארץ ושמים אינו
qu’une lumière et un rayonnement par rapport à Son essence et à Son être, béni soit-Il, comme il est écrit : « Sa splendeur est sur la terre et le ciel » : la terre et le ciel ne sont
Par rapport à l’essence même de D.ieu, Mal'hout n’est qu’une lumière et un rayonnement. Le verset dit donc : « Sa splendeur (hodo) est sur la terre et le ciel » : le ciel et la terre ne proviennent que de Sa splendeur.
אלא הודו וזיוו בלבד שהוא בחי׳ מלכותו ית׳ המחיה ומהווה אותם מאין ליש להיות נבראים נפרדים בע״ג [בעלי גבול / בעל גבול] ואינם כלל בערך לגבי אור א״ס [אין סוף] ב״ה המתגלה בעולמות עליונים
mais seulement Sa splendeur et Son éclat, qui sont le niveau de Sa Mal'hout, béni soit-Il, laquelle leur donne vie et les fait venir à l’existence à partir du néant, afin qu’ils soient des créations distinctes et finies ; ils ne sont nullement comparables à la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, qui se révèle dans les mondes supérieurs,
Cet éclat, Sa Mal'hout, donne vie aux mondes et les crée à partir du néant comme des êtres distincts et finis. À ce titre, ils ne sont nullement comparables à la Lumière infinie qui se révèle dans les mondes supérieurs.
שהוא בבחי׳ א״ס [אין סוף] ממש ושם הוא בבחי׳ יחוד וביטול בתכלית ומכ״ש [ומכל שכן] לך ה׳ הגדולה כו׳
qui est véritablement du niveau de l’Infini (Ein Sof) ; là, tout est dans un état d’union et d’annulation de soi (bitoul) absolue. À plus forte raison [en est-il ainsi de] « À Toi, Havaya, la grandeur », etc.,
Dans les mondes supérieurs, la lumière est véritablement infinie, et tout y est uni à D.ieu et entièrement annulé devant Lui. Cela est d’autant plus vrai des attributs mentionnés dans « À Toi, Havaya, la grandeur », les attributs divins d’Atsilout.
שאף שי ש שם ג ״כ בחי׳ גדולה וגבורה שהם מדות עליונות דאצילות כו׳ חו״ג [חסד וגבורה] הם בבחי׳ יחוד וביטול בתכלית לך ה׳ כו׳
car, bien qu’il y ait là aussi les niveaux de grandeur et de puissance, qui sont les attributs émotionnels (midot) supérieurs d’Atsilout, etc., 'Hessed et Guevoura sont dans un état d’union et d’annulation absolue : « À Toi, Havaya », etc.
Atsilout comporte bien des attributs distincts, tels que la grandeur, qui est 'Hessed, et la puissance, qui est Guevoura. Pourtant, ils sont entièrement unis à D.ieu et annulés devant Lui : ils sont « à Toi, Havaya ».
וחיוהי וגרמוהי שהם בחי׳ אורות וכלים דאצי׳ [דאצילות] חד בהון ממש בבחי׳ א״ס [אין סוף] ממש וכמאמר אליהו ולאו מכל אינון מדות כו׳
Et « Ses forces vitales et Ses réceptacles », qui sont le niveau des lumières et des réceptacles d’Atsilout, sont véritablement « un avec eux », à un niveau véritablement infini, comme le dit Éliyahou : « mais Il n’est d’aucune de ces qualités », etc.
Le Tikkouné Zohar dit d’Atsilout que D.ieu est un avec « Ses forces vitales » et « Ses réceptacles », c’est-à-dire avec ses lumières et ses réceptacles, si bien qu’eux aussi sont véritablement infinis. Les paroles d’Éliyahou, selon lesquelles D.ieu n’est « d’aucune de ces qualités », montrent que même les attributs par lesquels Il agit ne Le définissent ni ne Le limitent.
משא״כ למטה בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] בחי׳ חיות אלקות המהווה אותם מאין ליש מצומצם ומוסתר מאד להיותם בעלי גבול ונבראים נפרדים עד שבריבוי הצמצומים וההשתלשלות מטה מטה עד עולם
Il n’en est pas ainsi en bas, dans Béria, Yetsira et Assiya : le niveau de la force vitale divine qui les fait venir à l’existence à partir du néant est fortement contracté et dissimulé, afin qu’ils soient des créations finies et distinctes ; à tel point que, par les nombreuses contractions (tsimtsoumim) et l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), toujours plus bas, jusqu’au Monde
Dans les trois mondes inférieurs, Béria, Yetsira et Assiya, il en va autrement : la force vitale divine qui les crée est fortement contractée et cachée, car ils sont destinés à être des créations finies et distinctes. La dissimulation s’accentue à chaque étape de l’enchaînement descendant des mondes et de ses contractions, jusqu’au Monde d’Assiya.
העשי׳ [העשיה] שהחיות אלהות הוא מוסתר לגמרי עד שנראה כאילו הם יש ודבר נפרד לגמרי שיכולת המינים לומר שיש ב׳ רשויות ח״ו [חס ושלום] כמבואר בגמרא (סנהדרין דל״ט א׳)
d’Assiya, la force vitale divine est entièrement dissimulée, au point qu’ils paraissent être une existence et une chose totalement distinctes ; les hérétiques peuvent alors dire qu’il y a deux pouvoirs, à D.ieu ne plaise, comme l’explique la Guemara (Sanhedrin 39a),
En Assiya, la force vitale divine est si complètement cachée que les créatures semblent exister par elles-mêmes, comme une « existence » séparée de D.ieu. Cette apparence permet aux hérétiques de prétendre que deux pouvoirs gouvernent le monde, comme le rapporte la Guemara dans Sanhedrin.
שאמר המין מפלגך לעילאי דהורמיז מפלגך לתתאי דאהורמיז14 (ועיין הפי׳ בערוך) לפי שהוא בחי׳ עלמא דפרודא וכמ״ש ונהר יוצא מעדן ומשם יפרד15 שאף שלמעלה בעולם
où l’hérétique dit : « Ta moitié supérieure appartient à Hormiz ; ta moitié inférieure appartient à Ahormiz » (voir l’explication dans l’Aruch), parce que c’est le niveau du monde de la séparation (alma deperuda), comme il est écrit : « Un fleuve sort d’Éden et, de là, il se sépare. » Car bien qu’en haut, dans le Monde
Dans la Guemara, un mage dit à Amemar que la moitié supérieure de son corps appartient à Hormiz et la moitié inférieure à Ahormiz, les deux puissances rivales de la croyance perse. Une telle affirmation ne peut surgir que parce que le monde inférieur est un « monde de la séparation », comme le dit le verset au sujet du fleuve qui sort d’Éden : « de là, il se sépare ».
האצי׳ [האצילות] הוא בחי׳ יחוד בתכלית ואור א״ס [אין סוף] מאיר שם בבחי׳ גילוי עכ״ז [עם כל זה] ומשם יפרד שנמשך מבחי׳ מלכותו ית׳ בריבוי צמצומים והסתרים להסתיר ולהעלים את אור השם עד שיהיו נבראים יש מאין בעלי גבול ועולמות נפרדים.16
d’Atsilout, il y a un état d’union absolue et la Lumière infinie y brille de manière révélée, néanmoins, « de là, il se sépare » : cela descend du niveau de Sa Mal'hout, béni soit-Il, à travers de nombreuses contractions et dissimulations qui cachent et voilent la lumière de D.ieu, jusqu’à ce qu’il y ait des créations, venues à l’existence à partir du néant, finies, et des mondes distincts.
Atsilout est un domaine d’union absolue, où la Lumière infinie brille ouvertement ; pourtant, « de là, il se sépare ». Depuis la Mal'hout de D.ieu, la lumière descend à travers de nombreuses contractions et dissimulations qui la cachent, jusqu’à ce que viennent à l’existence des créations finies, formées à partir du néant, et des mondes distincts.
Le paragraphe commence à apporter la réponse : les âmes sont une lumière « semée » dans des corps afin que leur Torah et leurs mitsvot produisent un grand accroissement de la révélation divine. Pour montrer pourquoi cet accroissement est nécessaire, il décrit le fossé entre les mondes supérieurs, unis à D.ieu, et les mondes inférieurs, créés uniquement à partir de Sa Mal'hout, où Sa lumière est si cachée qu’ils semblent séparés de Lui.
La comparaison entre les mitsvot et les semailles traverse Torah Ohr. Dans « Et il advint, lorsque Pharaon renvoya », Israël en Égypte est la semence de D.ieu, semée en vue d’un accroissement ; dans Mishpatim, la « lumière semée pour le tsadik » désigne l’amour et la crainte de D.ieu plantés en chaque Juif digne de ce nom, un don venu d’En-Haut qu’il lui appartient de labourer et de semer.
Maré mekomot
- 1אור זרוע לצדיק · Psalms 97:11
- 2שזורעין גרעין א׳ . . רבוי גרעינים · Pesachim 87b
- 3עמ״ש מענין זריעה · ראה עוד בספר הליקוטים ממאמרי הצ״צ בערך זריעה.
- 4בד״ה ויהי בשלח פרעה · תו״א סא, א. עם הגהות באוה״ת פ׳ בשלח כרך ז ע׳ ב׳תרנא ואילך.
- 5ויהי בשלח פרעה · Exodus 13:17
- 6הבאים ישרש · Isaiah 27:6
- 7כי תבאו אל הארץ ושבתה הארץ · Leviticus 25:2
- 8כי כארץ תוציא צמחה · Isaiah 61:11
- 9הלוך ילך ובכה נושא משך הזרע · Psalms 126:6
- 10כן יעמוד זרעכם · Isaiah 66:22
- 11מלכותך מלכות כל עולמים · Psalms 145:13
- 12היש מספר לגדודיו · Job 25:3
- 13הודו על ארץ ושמים · Psalms 148:13
- 14
- 15ונהר יוצא מעדן ומשם יפרד · Genesis 2:10
- 16לך ה׳ הגדולה · I Chronicles 29:11
3ואי לזאת אינו בערך כלל לגבי אור ה׳ המאיר ומתגלה בעולמות העליונים שהוא בבחי׳ א״ס [אין סוף] וכידוע שמספר א׳ לגבי ריבוא אבבות אלפים יש לו ערך כי הוא ג״כ בבחי׳ מספר
Et, par conséquent, il n’est nullement comparable à la lumière de D.ieu qui brille et se révèle dans les mondes supérieurs, laquelle est du niveau de l’Infini (Ein Sof). Comme on le sait, le nombre un, comparé à des myriades de myriades de milliers, garde une certaine proportion avec eux, car lui aussi relève de la catégorie du nombre ;
Puisque les mondes inférieurs ne reçoivent leur force vitale que de Mal'hout, ils ne sont nullement comparables à la lumière de D.ieu révélée dans les mondes supérieurs, qui est infinie. L’Admour Hazaken l’illustre par les nombres : le nombre un garde encore une certaine proportion avec des myriades de myriades de milliers, puisque les uns et les autres sont des nombres.
אבל דבר שהוא בבחי׳ גבול לגבי בלי גבול בבחי׳ א״ס [אין סוף] אין לו ערך לגמרי ומספר א׳ ומספר רבוא רבבן שוה ממש לגבי בחי׳ בלי גבול כו׳11
mais ce qui relève de la limite, comparé à ce qui est sans limite, au niveau de l’Infini, n’a absolument aucune proportion avec lui ; et le nombre un et le nombre d’une myriade de myriades sont exactement égaux par rapport au niveau de ce qui est sans limite, etc.,
Toute chose finie, en revanche, n’a absolument aucune proportion avec l’infini ; mesurés à son aune, un et des myriades de myriades sont exactement égaux. La note de Kehot indique que cet enseignement est cité en plusieurs endroits au nom du Maguid.
וכמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] פמ״ח1 ולזאת עיקר חיותם אינו אלא מבחי׳ אורו וזיוו בלבד שהוא בחי׳ מלכותו בלבד.
comme il est expliqué dans Sefer Shel Beinonim (Tanya), chapitre 48. Par conséquent, leur force vitale principale ne provient que du niveau de Sa lumière et de Son rayonnement, qui ne sont que le niveau de Sa Mal'hout (souveraineté).
L’Admour Hazaken renvoie au Tanya, chapitre 48, qui traite de cette absence de proportion. Il s’ensuit que les mondes inférieurs ne vivent que de la « lumière et du rayonnement » de D.ieu, Sa Mal'hout, et non de la Lumière infinie elle-même.
אכן בכדי שיהי׳ [שיהיה] גילוי אור א״ס [אין סוף] ב״ה למטה בעולמות התחתונים ג״כ ממש כמו שהוא בעולמות עליונים שזהו תכלית המכוון מבריאת העולמות בכדי שיהיה לו דירה בתחתונים דוקא לזאת נזרע בהם בחי׳ אור מלמעלה
Cependant, afin que la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, soit révélée ici-bas, dans les mondes inférieurs aussi, exactement comme elle l’est dans les mondes supérieurs — ce qui constitue le dessein ultime de la création des mondes, afin qu’Il ait une demeure dans les mondes inférieurs précisément —, pour cette raison, un niveau de lumière d’En-Haut y a été semé :
Le dessein de D.ieu en créant les mondes est cependant d’avoir « une demeure dans les mondes inférieurs » : que Sa Lumière infinie soit révélée ici-bas exactement comme là-haut. À cette fin, une lumière d’En-Haut est « semée » dans les mondes inférieurs.
והיינו בחי׳ נש״י [נשמות ישראל] שיורדים ומתלבשים למטה בגוף בשר ודם כו׳ בכדי שע״י התורה ומצות מעשיות שעושין בעוה״ז [בעולם הזה] ימשיכו בחי׳ גילוי אור א״ס [אין סוף] ב״ה למטה בעולמות התחתונים ג״כ
à savoir le niveau des âmes d’Israël, qui descendent et s’habillent ici-bas dans un corps de chair et de sang, etc., afin que, par la Torah et les mitsvot pratiques qu’elles accomplissent dans ce monde, elles fassent descendre le niveau de la révélation de la Lumière infinie, béni soit-Il, ici-bas, dans les mondes inférieurs aussi,
Cette lumière est constituée par les âmes d’Israël, qui descendent dans des corps de chair et de sang. Par la Torah et les mitsvot pratiques qu’elles accomplissent dans ce monde, elles font descendre la révélation de la Lumière infinie dans les mondes inférieurs également.
כמו שהוא בעולמות העליונים ממש שיהיה בחי׳ יחוד העולמות עליונים ותחתונים ולא יהיו בבחי׳ עלמין דפרודא ובבחי׳ הסתר פנים וכמ״ש ולא יכנף עוד מוריך2 כו׳
exactement comme elle l’est dans les mondes supérieurs : il faut que se réalise l’union des mondes supérieurs et inférieurs, afin qu’ils ne soient plus des mondes de séparation (almin deperuda) ni dans l’état où la Face est cachée, comme il est écrit : « Ton Maître ne sera plus caché par une aile », etc.
Le but est que les mondes supérieurs et inférieurs ne fassent plus qu’un, de sorte que les mondes inférieurs ne soient plus des « mondes de séparation » où la Face de D.ieu est cachée. Le prophète décrit cette époque : « Ton Maître ne sera plus caché par une aile », c’est-à-dire que D.ieu ne se dissimulera plus.
ועמ״ש בד״ה ואתחנן וזהו זורע צדקות מצמיח ישועות פי׳ שע״י צדקה שנותנים למטה לעני דלית ליה מגרמיה כלום ומשפיע למקום חושך. כמ״ש הייתי ככוס חרבות3 כו׳.
Et voyez ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et j’ai imploré ». C’est là le sens de : « Il sème les actes de justice (tsedakot), fait germer les délivrances (yechouot). » C’est-à-dire que, par la tsédaka que l’on donne ici-bas à un pauvre, qui ne possède absolument rien en propre, on dispense [ainsi] à un lieu de ténèbres, comme il est écrit : « Je suis devenu comme le hibou des ruines », etc.,
La formule de la prière du matin « Il sème les actes de justice, fait germer les délivrances » exprime la même idée. La tsédaka est donnée à un pauvre, qui ne possède rien en propre ; elle apporte ainsi la lumière dans un lieu de ténèbres, comme le « hibou des ruines » du psaume qui est « la prière du pauvre ».
הנה עי״ז מעוררים מלמעלה ג״כ המשכת אור א״ס [אין סוף] ב״ה למטה בעולמות התחתונים שהם חשך ועלמין דפרודא וזהו מצמיח ישועות שהוא בחי׳ צמיחה בתוספת וריבוי להיות המשכת שע״ה [שעליו השלום] נהורין עילאין למטה.
par cela, on suscite également d’En-Haut la descente de la Lumière infinie, béni soit-Il, ici-bas, dans les mondes inférieurs, qui sont ténèbres et mondes de séparation. Tel est le sens de « fait germer les délivrances » : il s’agit d’un niveau de croissance avec accroissement et multiplication, de sorte que les 375 lumières supérieures descendent ici-bas.
Donner au pauvre ici-bas suscite une donation correspondante d’En-Haut : la Lumière infinie est attirée dans les mondes inférieurs, qui sont obscurs et divisés. C’est le sens de « fait germer les délivrances » : une croissance accompagnée d’un grand accroissement, par laquelle les lumières supérieures (nehorin ila’in), ici au nombre de 375, descendent ici-bas.
וכמו שבצדקה כל פרוטה ופרוטה מצטרפת לחשבון גדול4 שנע שה מזה בחי׳ גילוי א״ס [אין סוף] שנק׳ חשבון גדול כו׳ (ועמ״ש מענין לחשבון גדול בד״ה וילבש צדקה56 כשריון ועמ״ש ע״פ יתקע בשופר גדול)7
Et de même, dans la charité, « chaque perouta après l’autre s’ajoute pour former une grande somme » ; il en résulte le niveau de la révélation de l’Infini, appelée « une grande somme », etc. (Voir aussi ce qui est écrit au sujet de « pour former une grande somme », dans le discours commençant par « Il revêtit la charité comme une cotte de mailles », ainsi que ce qui est écrit sur le verset « Un grand chofar retentira ».)
Les Sages enseignent que, dans la charité, « chaque perouta après l’autre s’ajoute pour former une grande somme » ; l’Admour Hazaken interprète « une grande somme » comme la révélation de l’Infini : les petites pièces données ici-bas s’y ajoutent. Il renvoie à l’épître « Il revêtit la charité comme une cotte de mailles » (Tanya, Iggeret HaKodesh 3), ainsi qu’à son explication de « Un grand chofar retentira ».
De plus, le mot yeshuot (saluts) vient du terme sha’a (se tourner vers), comme il est écrit : « Havaya se tourna vers Hével et vers son offrande, mais vers Caïn et vers son offrande, Il ne se tourna pas », etc.
Une seconde interprétation de yeshuot le rattache à sha’a, « se tourner vers », comme dans le verset où D.ieu se tourna vers l’offrande d’Hével, mais non vers celle de Caïn. Dans ce sens, le salut signifie que D.ieu se tourne vers une personne et vers ce qu’elle offre.
שהוא בחי׳ ירידת והמשכת גילוי אור א״ס [אין סוף] ב״ה למטה ע״י המצות מעשיות שעושים ישראל למטה ולזאת נק׳ כל המצות בשם צדקה סתם בירושלמי.10
c’est-à-dire le niveau de la descente et de l’attraction vers le bas de la révélation de la Lumière infinie, béni soit-Il, par les mitsvot pratiques qu’Israël accomplit ici-bas. C’est pourquoi toutes les mitsvot sont appelées simplement « charité » (tsedaka) dans le Talmud de Jérusalem.
Cette attention tournée vers eux est la descente de la révélation de la Lumière infinie vers le bas, rendue possible par les mitsvot pratiques d’Israël. C’est pourquoi, explique l’Admour Hazaken, le Talmud de Jérusalem appelle toutes les mitsvot simplement « charité » : chaque mitsva, à l’instar de la charité, attire ce qui vient d’en haut vers ce qui est en bas.
Ce paragraphe explique pourquoi les âmes doivent être « semées » ici-bas. Les mondes inférieurs, qui ne vivent que de Mal'hout, n’ont aucune proportion avec l’Infini ; pourtant, D.ieu veut une demeure ici-bas. La Torah et les mitsvot des âmes, dont la tsédaka est le modèle, font descendre la Lumière infinie dans les mondes inférieurs avec un grand accroissement : elles « font germer les délivrances ».
La tsédaka, donnée à celui qui ne possède rien en propre, est le modèle de chaque mitsva. Likkutei Torah sur Re’eh, auquel renvoie la note de Kehot, présente la tsédaka comme l’expression générale et collective des mitsvot, raison pour laquelle on l’appelle simplement « la mitsva » ; et le Tanya, chapitre 37, explique que, par chaque mitsva, une personne fait descendre la Lumière infinie dans les objets matériels avec lesquels elle l’accomplit.
Maré mekomot
- 1וכמ״ש בסש״ב פמ״ח · (סז, ב). וראה ליקוט פירושים ומ״מ — חיטריק שם.
- 2ולא יכנף עוד מוריך · Isaiah 30:20
- 3הייתי ככוס חרבות · Psalms 102:7
- 4כל פרוטה ופרוטה מצטרפת לחשבון גדול · Bava Batra 9b:1
- 5בד״ה וילבש צדקה · באגה״ק. [כ].
- 6
- 7יתקע בשופר גדול · Isaiah 27:13
- 8וישע ה׳ אל הבל · Genesis 4:4
- 9ואל קין ואל מנחתו לא שעה · Genesis 4:5
- 10כל המצות בשם צדקה סתם בירושלמי · Tanya, Likkutei Amarim 37:19
- 11ומספר אחד ומספר רבוא רבבן שוה ממש · מובא בכמה מקומות בשם הרב המגיד. מאמרי אדה״ז ענינים ע׳ נה. הנחות הר״פ ע׳ לח. ביאוה״ז להצ״צ ע׳ תצט. ראה בספר הערכים-חב״ד בערך אוא״ס (א) במילואים ע׳ תקפז הערה 418 שמכאן משמע שהם שוה ממש, אבל מלשון התניא פמ״ח אין ראי׳ שאחד ואלף אלפים כו׳ הם בשוה שהרי אפשר לומר לכאורה, דהגם שאלף אלפי אלפים כו׳ לגבי מספר בלי גבול ”אינן אפילו כערך מספר אחד לגבי אלף כו׳” — מ״מ האי״ע דמספר אחד לגבי בל״ג הוא אי״ע גדול יותר, ע״ש. וראה עוד לעיל ואתחנן יב, סע״א ובהנסמן בהמ״מ שם. ספר הערכים-חב״ד כרך ג׳ ע׳ קטז. כרך ד׳ ע׳ תקפה.
4וזהו שמצוה ראשונה מתריג מצות היא מצות פריה ורביה כמ״ש פרו ורבו שהוא ריבוי ותוספת1 כמ״כ [כמו כן] ע״י כל המצות מעשיות שעושים ישראל נעשה ריבוי ותוספת כו׳.
Et c’est pourquoi la première des 613 mitsvot est la mitsva d’avoir des enfants et de se multiplier, comme il est écrit : « Soyez féconds et multipliez-vous », ce qui signifie multiplication et accroissement. De même, par toutes les mitsvot pratiques qu’Israël accomplit, il se produit multiplication et accroissement, etc.
C’est pourquoi la première mitsva de la Torah est « Soyez féconds et multipliez-vous » : son contenu même est l’accroissement. Toutes les mitsvot pratiques d’Israël apportent elles aussi un accroissement et une multiplication de la révélation divine.
Et c’est là [le sens de] « Yossef est un fils fécond », car Yossef est le tsadik supérieur, et il est écrit : « La lumière est semée pour le tsadik », afin qu’il en résulte accroissement et multiplication.
Le verset « Yossef est un fils fécond » associe la fécondité à Yossef, qui représente le tsadik supérieur, l’attribut de Yessod dans la Kabbale. Il est écrit du tsadik que « la lumière est semée » ; semer vise à produire un accroissement.
וכמ״ש ברבות ר״פ שמות יוסף על שם והיה ביום ההוא יוסיף4 ה׳ שנית ידו כו׳:
Et comme il est dit dans le Midrach Rabba, au début de la paracha de Chemot : Yossef doit son nom à « Et il arrivera en ce jour que Havaya étendra de nouveau (yossif) Sa main une seconde fois », etc.
Le Midrach, au début de la paracha de Chemot, relie le nom de Yossef à « Havaya étendra de nouveau (yossif) Sa main une seconde fois ». Le nom même de Yossef évoque l’ajout et l’accroissement.
Le thème de l’accroissement apparaît dans la première mitsva de la Torah, « Soyez féconds et multipliez-vous », ainsi qu’en Yossef, le tsadik supérieur, dont le nom signifie ajouter.
Likkutei Sichos, auquel renvoie la note de Kehot, rapporte un enseignement, attribué dans une version au Alter Rebbe lui-même : puisque l’ordre de la Torah est lui aussi Torah, le fait que sa première mitsva soit d’avoir des enfants et de se multiplier enseigne que le premier fondement de la vie d’un Juif est qu’un Juif doit en faire un autre.
Maré mekomot
- 1שמצוה ראשונה . . שהוא ריבוי ותוספות · ראה לקו״ש ח״א ע׳ 114 . . און לויט אַ צווייטען נוסח — פון אַלטן רבי׳ן אַליין, און דער אינהאַלט פונעם וואָרט איז: אַז דער סדר פון תורה איז אויך תורה — דער ערשטער יסוד אין תורה, און דער ערשטער יסוד אין דעם לעבען פון אַ אידן איז, אַז ”איין איד דאַרף מאַכן נאָך אַ אידן”. ע״ש.
- 2בן פורת יוסף · Genesis 49:22
- 3אור זרוע לצדיק · Psalms 97:11
- 4והי׳ ביום ההוא יוסיף ה׳ · Isaiah 11:11
Plaisir, labour et semailles ¶5–6
5ב וזהו כוונת הברכה שמברכין קודם עשיית כל המצות ברוך אתה ה׳ כו׳ אשר קדשנו במצותיו כו׳.
2. Tel est le sens de la bénédiction que l’on prononce avant d’accomplir chacune des mitsvot : « Béni sois-Tu, Havaya, etc., qui nous as sanctifiés par Ses commandements », etc.
La bénédiction prononcée avant chaque mitsva — « Béni sois-Tu, Havaya… qui nous as sanctifiés par Ses commandements » — exprime la même idée. L’Admour Hazaken en explique maintenant la formulation.
פי׳ אשר הוא לשון תענוג כמ״ש באשרי כי אשרוני בנות1 כו׳ שהוא בחי׳ תענוג העליון
C’est-à-dire que asher (« qui ») est un terme évoquant le plaisir, comme il est écrit : « Dans mon bonheur (be’oshri), car les filles me diront heureuse », etc. : cela désigne le niveau du plaisir suprême,
Le mot asher (« qui ») est apparenté à osher, le bonheur et le plaisir, comme lorsque Léa nomma son fils Acher, en disant : « Dans mon bonheur, car les filles me diront heureuse. » Dans la bénédiction, ce mot fait allusion au plaisir suprême, au plaisir propre de D.ieu.
שהוא בבחי׳ א״ס [אין סוף] עד שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] גבי אחר. מוטב דלידייניה2 וליתי לעלמא דאתי.3 ונמשך העונג העליון הנ״ל למטה ע״י עשיית המצות כו׳.
qui est du niveau de l’Infini (Ein Sof), au point que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit au sujet d’A’her : « Mieux vaut qu’il soit jugé et qu’il accède au Monde futur. » Le plaisir suprême mentionné plus haut est attiré ici-bas par l’accomplissement des mitsvot, etc.
Ce plaisir est infini, au point que Rabbi Meïr dit d’A’her, le sage qui s’était écarté de la voie de la Torah, qu’il valait mieux qu’il soit jugé, puis qu’il accède au Monde futur. L’accomplissement des mitsvot attire ce plaisir suprême ici-bas.
La bénédiction sur les mitsvot exprime la même idée : le mot asher fait allusion au plaisir suprême, qui est infini, et les mitsvot attirent ce plaisir ici-bas.
Maré mekomot
- 1באשרי כי אשרוני בנות · Genesis 30:13
- 2מוטב דלידייניה · חגיגה (טו, ב). [כ].
- 3מוטב דלידייניה וליתי לעלמא דאתי · Chagigah 15b:3
6והנה כמו שבזריעת הגרעין בארץ הגשמי צריך מתחלה לחרוש את הארץ היטב בכדי לרפות את הארץ
Or, de même que, lorsqu’on sème une graine dans la terre matérielle, il faut d’abord bien labourer la terre afin de l’ameublir,
L’image des semailles se poursuit. Avant de planter, le cultivateur doit bien labourer le champ pour ameublir le sol.
כי חרישה מרפי ארעא ובאם לאו יאבד הגרעין בארץ לגמרי כמ״כ [כמו כן] קודם הזריעה של נש״י [נשמות ישראל] בבחי׳ ועשה טוב בקיום כל המצות מעשיות צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] מקודם
car « le labour ameublit la terre », et, sans cela, la graine se perdrait entièrement dans la terre ; de même, avant les semailles des âmes d’Israël, dans le registre de « faire le bien », par l’accomplissement de toutes les mitsvot pratiques, il faut d’abord
Le labour ameublit la terre, et, sans lui, la graine se perd. De même, les semailles des âmes — le « faire le bien » consistant à accomplir les mitsvot pratiques — nécessitent une préparation préalable.
לכן בחי׳ סור מרע שהוא בחי׳ חרישה לנפש הבהמית להפך את כל המדות רעות ולבטל את כל הרצונות אשר לא לה׳ המה ולא יהיה לו רצון אחר כלל כ״א [כי אם] לה׳ בלבד להיות לב נשבר ונדכה1 כו׳.
atteindre le niveau de « s’écarter du mal », qui est le labour de l’âme animale : retourner tous les mauvais attributs émotionnels (midot) et annuler tous les désirs qui ne sont pas pour D.ieu, de sorte qu’il n’ait absolument aucune autre volonté que celle de D.ieu seul, et qu’il soit « un cœur brisé et abattu », etc.
Cette préparation est le fait de « s’écarter du mal », le labour de l’âme animale : retourner ses mauvais attributs émotionnels et annuler tout désir qui n’est pas dirigé vers D.ieu. Le but est de ne rien vouloir d’autre que D.ieu et d’avoir « un cœur brisé et abattu ».
ואז יכולים להמשיך אח״כ [אחר כך] בבחי׳ ועשה טוב גילוי אור א״ס [אין סוף] ב״ה למטה שהוא בחי׳ צמיחה בתוספת וריבוי שנעשה ע״י בחי׳ הזריעה של נש״י [נשמות ישראל] במצות מעשיות שעושים למטה כו׳.
Alors, ils peuvent ensuite attirer vers le bas, dans le registre de « faire le bien », la révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, ici-bas ; c’est le niveau de la croissance, avec accroissement et multiplication, qui se produit par les semailles des âmes d’Israël dans les mitsvot pratiques qu’elles accomplissent ici-bas, etc.
Après ce labour, les semailles des mitsvot pratiques — le « faire le bien » — peuvent attirer ici-bas la révélation de la Lumière infinie. Il en résulte une croissance considérable : la récolte issue des semailles des âmes.
(ועמ״ש מזה בד״ה האזינו השמים23 וב״ה ושאבתם מים)45 וזהו ואל קין ואל מנחתו6 לא שעה מפני שקין היה מארי דרוגזין שלא היה בבחי׳ סור מרע להפוך את כל המדות רעות שהוא בחי׳ חרישה כנ״ל
(Voyez à ce sujet ce qui est écrit dans le discours commençant par « Écoutez, ô cieux », ainsi que dans celui commençant par « Vous puiserez de l’eau ».) Voilà le sens de : « Mais vers Caïn et son offrande, Il ne se tourna pas » : Caïn était un homme colérique (maré derouguézin), qui n’était pas dans le registre de « s’écarter du mal » en retournant tous les mauvais attributs émotionnels, ce qui est le niveau du labour, comme indiqué plus haut.
La parenthèse renvoie aux discours sur « Écoutez, ô cieux » et « Vous puiserez de l’eau », qui traitent de ce labour. Le labour explique pourquoi D.ieu ne se tourna pas vers Caïn et son offrande : Caïn était un homme colérique qui n’avait pas labouré ses attributs en s’écartant du mal.
ולכן לא היה ביכולתו להמשיך אור ה׳ למטה ע״י הזריעה שלו במנחתו כו׳ משא״כ הבל שהיה בבחי׳ סור מרע בתכלית כתיב ביה וישע ה׳ אל הבל ואל מנחתו7 שהוא בחי׳ הזריעה שלו כו׳
C’est pourquoi il n’avait pas le pouvoir d’attirer la lumière de D.ieu ici-bas par ses semailles, à travers son offrande, etc. En revanche, Hévèl, qui était pleinement dans le registre de « s’écarter du mal », est celui dont il est écrit : « Havaya se tourna vers Hévèl et vers son offrande » ; c’est le niveau de ses semailles, etc.
Comme Caïn n’avait pas labouré, ses semailles — son offrande — ne pouvaient pas attirer la lumière de D.ieu ici-bas. Hévèl, lui, s’était entièrement écarté du mal ; c’est pourquoi « Havaya se tourna vers Hévèl et vers son offrande » : ses semailles portèrent leurs fruits.
וזהו שלעתיד כתיב8 בחריש ובקציר תשבות9 שלא יצטרכו עוד לבחי׳ חרישה הנ״ל לפי שנאמר ואת רוח הטומאה10 עאביר מן הארץ.
Voilà pourquoi, au sujet du temps à venir, il est écrit : « Pendant le labour et la moisson, vous vous reposerez » : ils n’auront plus besoin du niveau de labour évoqué plus haut, car il est dit : « Et l’esprit d’impureté, Je l’écarterai de la terre. »
Le verset « Pendant le labour et la moisson, vous vous reposerez » est ici interprété comme se rapportant au temps à venir, où ce labour ne sera plus nécessaire. Alors, D.ieu accomplira Sa promesse : « Et l’esprit d’impureté, Je l’écarterai de la terre. »
Les semailles nécessitent d’abord le labour : avant que le « faire le bien » des mitsvot puisse produire une croissance, le fait de « s’écarter du mal » doit briser et assouplir l’âme animale. Caïn et Hévèl illustrent la différence ; au temps à venir, ce labour ne sera plus nécessaire.
Dans la transcription de ce maamar par le Rabbi du milieu (Sefer HaMaamarim 5568), « le labour » désigne les 365 interdits, et « la moisson », les produits qui font germer les délivrances ; au temps à venir, les deux cesseront, car ils ne seront plus nécessaires. Or HaTorah sur Bechala'h, cité dans la note de Kehot, ajoute que la descente de l’âme divine dans le corps et l’âme animale est elle-même appelée semailles, et que c’est précisément dans l’âme animale que réside le pouvoir de faire germer les délivrances dans l’âme divine, selon l’expression : « les 'Hayot portent le Trône ».
Maré mekomot
- 1לב נשבר ונדכה · Psalms 51:19
- 2בד״ה האזינו השמים · לעיל עד, ג. ”בענין ירידת הנה״א בגוף ונפש הבהמית שנק׳ ג״כ בשם זריעה אור זרוע שבנפש הבהמית דוקא יש כח להצמיח ישועות בנה״א ע״ד והחיות נושאות את הכסא כו׳” — אוה״ת פ׳ בשלח ע׳ שנט.
- 3
- 4ובד״ה ושאבתם מים · לעיל סוכות עט, א מענין חרישה.
- 5ושאבתם מים · Isaiah 12:3
- 6ואל קין ואל מנחתו · Genesis 4:5
- 7וישע ה׳ אל הבל ואל מנחתו · Genesis 4:4
- 8וזהו שלעתיד כתיב · נתבאר יותר בסה״מ תקס״ח ח״ב ע׳ תרו ומסיים שם: ”בחריש בשס״ה ל״ת ובקציר בתבואות המצמיחות ישועות תשבות לעתיד לפי שלא יצטרכו לזה” ע״ש.
- 9בחריש ובקציר תשבות · Exodus 34:21
- 10ואת רוח הטומאה אעביר · Zechariah 13:2
Pourquoi les âmes surpassent la Torah ¶7–8
7וזהו עתידים צדיקים שיאמרו לפניהם קדוש1 כו׳ היינו ע״י שממשיכים אור א״ס [אין סוף] ב״ה שהוא קדוש ומובדל למטה.
Et c’est là le sens de « Dans les temps futurs, les justes, on dira devant eux : “Saint” », etc. : c’est-à-dire qu’ils font descendre ici-bas la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, qui est sainte et séparée.
L’enseignement du Talmud selon lequel, dans les temps futurs, on dira « Saint » devant les justes s’explique par cette même idée. Les justes font descendre la Lumière infinie, qui est « sainte », c’est-à-dire séparée et au-delà des mondes ; c’est pourquoi le titre de « saint » leur est attribué.
ועם כל הנ״ל מובן איך שבזה גדלה מעלת נש״י [נשמות ישראל] על בחי׳ התורה כי הנה אף דאורייתא מחכמה עילאה נפקת עכ״ז [עם כל זה] כשנמשך ובא לבחי׳ דבר ה׳ זו הלכה2
Et tout ce qui précède permet de comprendre en quoi, sous cet aspect, les âmes d’Israël ont une supériorité sur le niveau de la Torah. Car, bien que « la Torah procède de la 'Hokhma supérieure », néanmoins, lorsqu’elle descend et atteint le niveau de « la parole de Havaya », à savoir la halakha,
La question posée au début peut maintenant recevoir une réponse : sous cet aspect, les âmes d’Israël surpassent la Torah. Certes, la Torah provient de la 'Hokhma supérieure, mais, en descendant, elle devient halakha, que le Talmud appelle « la parole de Havaya ».
וכמאמר אליהו מלכות פה תורה שבע״פ [שבעל פה] קרינן לה כו׳ וכל פרטי הלכות שהם בחי׳ נימין ושערות ודלת ראשך כארגמן3 שם עד אין קץ כשיהיה כך יהיה הדין כך וכמ״ש ועלמות אין מספר4 שהם הלכות כנ״ל
comme le dit Éliyahou : « Mal'hout est la bouche ; nous l’appelons la Torah orale », etc., et toutes les halakhot particulières, qui sont au niveau de fils et de cheveux — « et les mèches de ta tête sont comme la pourpre » — y sont sans fin : quand il en est ainsi, la loi sera ainsi ; et, comme il est écrit, « et des jeunes filles sans nombre », qui sont les halakhot, comme indiqué plus haut,
Dans les paroles d’Éliyahou, dans le Tikkouné Zohar, Mal'hout est la « bouche », et la Torah orale tire son nom d’elle. Ses innombrables halakhot particulières sont comparées à des mèches de cheveux, « les mèches de ta tête » ; ce sont les « jeunes filles sans nombre », chacune établissant que, dans tel cas, la loi est telle.
אזי אין בהם תוספת וריבוי רק כפי ההלכה שנמשך בבחי׳ דיבור העליון כו׳ וכמו המלאכים שנמשכים מבחי׳ דבר ה׳ כמ״ש וברוח פיו כל צבאם5 כו׳
alors, il n’y a en elles ni accroissement ni multiplication, si ce n’est selon la halakha telle qu’elle descend au niveau de la parole supérieure, etc. Il en va de même des anges, qui procèdent du niveau de la parole de D.ieu, comme il est écrit : « et par le souffle de Sa bouche, toute leur armée », etc. :
À ce niveau, la halakha ne connaît ni accroissement ni multiplication : elle correspond exactement à ce que décrète la parole supérieure. Les anges aussi procèdent de la parole de D.ieu, comme le dit le verset : « et par le souffle de Sa bouche, toute leur armée ».
אין בהם ריבוי ותוספת כלל וממלאך אחד אין יכול להיות מלאך שעי ולזאת אין בהם פריה ורביה כו׳
il n’y a en eux absolument aucune multiplication ni aucun accroissement, et un ange ne peut pas en engendrer un second ; c’est pourquoi ils ne se reproduisent pas, etc.
Ainsi, les anges ne connaissent eux non plus ni croissance ni accroissement : un ange ne peut pas en engendrer un second, et les anges ne se reproduisent pas. Ce qui procède de la parole divine demeure exactement tel qu’il a été prononcé.
משא״כ נשמות ישראל6 הם דוקא ממשיכים תמיד בחי׳ אור א״ס [אין סוף] ב״ה למטה ע״י מצות מעשיות שעושין בבחי׳ ריבוי ותוספת7 וכמ״ש אלה המצות אשר יעשה אותם האדם8 כו׳
tandis que les âmes d’Israël, elles, font constamment descendre ici-bas le niveau de la Lumière infinie, béni soit-Il, par les mitsvot pratiques qu’elles accomplissent, selon un mode d’accroissement et de multiplication, comme il est écrit : « Voici les mitsvot que l’homme accomplira », etc.,
À l’inverse, les âmes d’Israël font constamment descendre ici-bas la Lumière infinie par leurs mitsvot pratiques, et elles le font selon un mode d’accroissement. Le verset « que l’homme accomplira » souligne qu’il s’agit de l’acte accompli par l’homme lui-même.
« et vivra par elles » : car ce sont elles qui font descendre le niveau de force vitale depuis la Lumière infinie, béni soit-Il. Et, comme il est écrit : « Et vous accomplirez (otam) » ; le mot est écrit « vous (atem) ».
« Et vivra par elles » se comprend comme signifiant que les âmes font descendre la force vitale depuis la Lumière infinie. Le Zohar remarque que, dans « Et vous accomplirez (otam) », le mot est écrit de manière à pouvoir se lire atem, « vous » : ce sont ceux qui accomplissent les mitsvot eux-mêmes qui réalisent ce qu’elles produisent.
(וכמ״ש בד״ה תורה צוה11 בפי׳ אל תקרי בניך אלא בוניך12 שנש״י [שנשמות ישראל] הם הממשיכים היחוד מבחי׳ תשב״כ [תורה שבכתב] שנקרא חתן לבחי׳ תשבע״פ [תורה שבעל פה] שנק׳ כלה ועי״ז נק׳ בוניך כו׳)
(Et comme il est expliqué dans le discours commençant par « La Torah a ordonné », dans l’explication de « Ne lis pas banayich, “tes enfants”, mais bonayich, “tes bâtisseurs” » : ce sont les âmes d’Israël qui font descendre l’union du niveau de la Torah écrite, appelée le fiancé, vers le niveau de la Torah orale, appelée la fiancée ; c’est ainsi qu’elles sont appelées « tes bâtisseurs », etc.)
La parenthèse renvoie au discours sur « La Torah a ordonné », à propos de la lecture des Sages : « Ne lis pas banayich, “tes enfants”, mais bonayich, “tes bâtisseurs” ». Les âmes font descendre l’union de la Torah écrite, le fiancé, avec la Torah orale, la fiancée ; elles sont donc appelées « bâtisseurs ».
אך כ״ז [כל זה] הוא דוקא ע״י ביטול במס״נ [במסירות נפש] של ישראל מקודם בבחי׳ ואהבת שבק״ש [שבקריאת שמע] ואז נק׳ אחת היא רעייתי כו׳
Mais tout cela ne s’accomplit précisément que par l’annulation de soi (bitoul), avec le sacrifice de soi (messirout néfech), d’Israël au préalable, dans le mode de « Tu aimeras » de la récitation du Chema ; alors ils sont appelés : « Elle est unique, ma bien-aimée », etc.,
Tout cela dépend d’abord de l’annulation de soi d’Israël et de sa disposition au sacrifice de soi, comme dans l’amour de D.ieu commandé dans le Chema, « de toute ton âme ». C’est ainsi qu’Israël est appelé : « Elle est unique, ma bien-aimée ».
שמקבלין מבחי׳ אחד יחידו של עולם (וברבות נשא) (פי״ד [פרק י״ד / פרשה י״ד]) כף אחת עשרה זהב שנאמר אחת היא יונתי כו׳
car ils reçoivent du niveau de « Un », l’Unique du monde. (Et dans le Midrash Rabbah, Nasso) (section 14) : « Une cuillère d’or de dix [sicles] » ; comme il est dit : « Elle est unique, ma colombe », etc.
Israël est appelé « un » parce qu’il reçoit de l’Un, l’Unique du monde. Le Midrash sur Nasso relie la « cuillère d’or de dix [sicles] » offerte par les princes à « Elle est unique, ma colombe ».
ומה שנקראת כף אחת יובן עם מ״ש בד״ה יונתי בחגוי הסלע1314 בענין ולכי לך ואז יכולים להמשיך אור א״ס [אין סוף] ב״ה למטה ושיהיה
Et la raison pour laquelle elle est appelée « une cuillère » se comprendra à partir de ce qui est écrit dans le discours commençant par « Ma colombe, dans les fentes du rocher », à propos de « va pour toi ». Alors ils peuvent faire descendre en bas la Lumière infinie, béni soit-Il, et [faire en sorte] qu’il y ait
La raison pour laquelle l’offrande est appelée « une cuillère » (kaf) se comprendra à partir du discours sur « Ma colombe, dans les fentes du rocher », où est expliqué « va pour toi ». Une fois qu’Israël est « un » par cette annulation de soi, il peut faire descendre en bas la Lumière infinie.
יחוד עולמות עליונים ותחתונים ממש שלא יהיה בחי׳ עלמין דפרודא להיות נראים כאלו הם יש ודבר נפרד בפ״ע [בפני עצמו] עד שנראה כמו שהוא ב׳ רשויות ח״ו [חס ושלום]
une véritable union des mondes supérieurs et inférieurs, de sorte qu’il n’y ait pas le niveau de mondes de séparation, apparaissant comme s’ils étaient un quelque chose (yesh), une chose séparée en soi, au point qu’il semble y avoir deux autorités, à D.ieu ne plaise,
Les mondes supérieurs et inférieurs ne font alors véritablement qu’un, et les mondes inférieurs ne semblent plus exister séparément de D.ieu, comme « un quelque chose, séparé en soi ». Cette apparence trompeuse est à l’origine de la croyance en deux autorités.
כמו שסובר המין מפלגך דלעילא מפלגך דלתתא15 כו׳ להיות שלמעלה הוא בחי׳ יחוד בתכלית כנ״ל ובהשתלשלות למטה מטה הוא בחי׳ עלמא דפרודא כמ״ש ומשם יפרד כו׳.
comme le soutient l’hérétique : « Ta moitié supérieure, ta moitié inférieure », etc. ; car, en haut, il s’agit du niveau d’une union absolue, comme indiqué plus haut, tandis que, dans l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), de plus en plus bas, il s’agit du niveau du monde de la séparation, comme il est écrit : « Et de là, il se sépare », etc.
Telle est l’affirmation de l’hérétique : une moitié supérieure et une moitié inférieure. En haut, tout est dans une union absolue, mais, à mesure que l’enchaînement descendant des mondes se prolonge vers le bas, apparaît un monde de séparation : « Et de là, il se sépare ».
אכן כשישראל ממשיכים גילוי אור א״ס [אין סוף] ב״ה למטה ג״כ ממש כמו שהוא בעולמות עליונים אזי נעשה בהם בחי׳ יחוד עליונים ותחתונים בתכלית.
Cependant, lorsque les enfants d’Israël font descendre la révélation de la Lumière infinie, béni soit-Il, jusque dans les mondes inférieurs, exactement comme elle se trouve dans les mondes supérieurs, alors s’opère en eux l’union absolue des mondes supérieurs et inférieurs.
Lorsque les enfants d’Israël font descendre la révélation de la Lumière infinie jusque dans les mondes inférieurs, telle qu’elle se trouve dans les mondes supérieurs, les mondes supérieurs et inférieurs deviennent parfaitement unis. La séparation est ainsi surmontée depuis le bas.
וזהו תמתי לשון תמימות (ובל״א [ובלשון אשכנז] מאכט מיך גאנץ) שע״י כנס״י [כנסת ישראל] נעשה יחוד א״ס [אין סוף] ב״ה למטה כמו שהוא למעלה ממש
Et c’est là le sens de tamasi (« ma parfaite »), terme qui exprime l’intégrité (et, en yiddish : maacht mich gantz, « me rend entier ») : par Knesset Israël (la communauté d’Israël), l’unité de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, s’accomplit en bas, exactement comme elle est en haut.
C’est le sens de tamasi, « ma parfaite », dérivé de temimout, l’intégrité ; en yiddish, on dit : « me rend entier ». Par Knesset Israël, l’unité de D.ieu s’accomplit en bas exactement comme elle est en haut.
וזהו גם כן תאומתי שהוא בחי׳ יחוד זו״נ [זעיר אנפין ונוקבא] שהם מדות עליונות דאצי׳ [דאצילות] ובחינת מלכות דאצי׳ [דאצילות] שמתלבשת בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] שמתייחדים בתכלית ע״י בנ״י [בני ישראל] כנ״ל.
Et c’est aussi le sens de te’omasi (« ma jumelle »), qui désigne le niveau de l’union de Zeir Anpin et de Noukva : les attributs émotionnels supérieurs (midot) d’Atsilout et le niveau de Mal’hout d’Atsilout, qui s’habille en Béria, Yetsira et Assiya et qui s’unit parfaitement à eux par l’intermédiaire des enfants d’Israël, comme indiqué plus haut.
C’est aussi le sens de te’omasi, « ma jumelle » : l’union de Zeir Anpin et de Noukva, c’est-à-dire des attributs émotionnels divins d’Atsilout avec Mal’hout d’Atsilout, qui s’habille en Béria, Yetsira et Assiya. Par l’intermédiaire des enfants d’Israël, ces deux-là s’unissent parfaitement, comme des jumeaux.
אך מתחלה צריך להיות בחי׳ יונתי וכמ״ש עיניך יונים16 כו׳ שכמו זוג יונים שעיקר התענוג שלהם הוא ההסתכלות שמסתכלים זה על זה.
Mais il faut d’abord qu’il y ait le niveau de « ma colombe (yonasi) », comme il est écrit : « Tes yeux sont des colombes », etc. : c’est comme un couple de colombes, dont le principal plaisir est de se contempler l’une l’autre.
Avant cette union, il faut qu’il y ait « ma colombe », comme dans « Tes yeux sont des colombes ». Un couple de colombes trouve son plus grand plaisir à se contempler l’une l’autre.
כמ״כ [כמו כן] למעלה שיהיה בחי׳ תמתי תאומתי שהוא יחוד זו״נ [זעיר אנפין ונוקבא] חתן וכלה כו׳ הוא ע״י בחי׳ יונתי מקודם שהוא בחי׳ התענוג שצריך להיות בנש״י [בנשמות ישראל] לאסתכלא ביקרא דמלכא171819 כו׳
De même, en haut : pour qu’il y ait le niveau de « ma parfaite, ma jumelle », c’est-à-dire l’union de Zeir Anpin et de Noukva, du fiancé et de la fiancée, etc., il faut d’abord le niveau de « ma colombe », qui est le plaisir que les âmes d’Israël doivent éprouver à « contempler la gloire du Roi », etc.,
De même, en haut : l’union de « ma parfaite, ma jumelle », du fiancé et de la fiancée, ne s’accomplit que si « ma colombe » la précède. Il s’agit du plaisir que les âmes doivent éprouver en contemplant « la gloire du Roi », selon l’expression du Zohar.
שהוא בחי׳ ההתבוננות בגדולת אור א״ס [אין סוף] ב״ה ונק׳ שמחת כלה שהוא התענוג של הכלה מההסתכלות על החתן שהוא בחי׳ יקרא דמלכא כו׳ ועי״ז מלמעלה למטה ג״כ כתיב עין ה׳ אל יראיו.20
c’est-à-dire le niveau de la contemplation de la grandeur de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il. Cela s’appelle « la joie de la fiancée », le plaisir de la fiancée lorsqu’elle contemple le fiancé, qui est le niveau de « la gloire du Roi », etc. Et grâce à cela, également de haut en bas, il est écrit : « L’œil de Havaya est tourné vers ceux qui Le craignent. »
Cette contemplation porte sur la grandeur de la Lumière infinie. Elle s’appelle « la joie de la fiancée » : son plaisir à contempler le fiancé, la gloire du Roi. En réponse, de haut en bas, il est écrit : « L’œil de Havaya est tourné vers ceux qui Le craignent. »
יראיו הוא בחי׳ ביטול היינו כשישראל הם למטה תמיד בבחי׳ ביטול לה׳ כו׳ נתעורר מזה בחי׳ תענוג גדול למעלה וכמ״ש וירא אלקים את כל אשר עשה21
« Ceux qui Le craignent » désigne le niveau de l’annulation de soi ; autrement dit, lorsque, ici-bas, Israël se trouve constamment dans un état d’annulation devant D.ieu, cela éveille en haut un grand plaisir, comme il est écrit : « Et D.ieu vit tout ce qu’Il avait fait,
« Ceux qui Le craignent » désigne ceux qui sont dans un état d’annulation de soi. Lorsque, ici-bas, Israël est constamment annulé devant D.ieu, un grand plaisir est éveillé en haut, comme l’exprime le verset : « Et D.ieu vit tout ce qu’Il avait fait. »
והנה טוב מאד וכמו האדם שמקבל תענוג מכלי יפה כו׳ ותענוג זה שנעשה למעלה נקרא שמחת חתן דהיינו יחוד אצילות שנקרא חתן.
et voici, cela était très bon » ; comme une personne qui éprouve du plaisir devant un beau réceptacle, etc. Ce plaisir qui se produit en haut s’appelle « la joie du fiancé », c’est-à-dire l’union d’Atsilout, qui est appelé « fiancé » (chatan),
« Et voici, cela était très bon » : D.ieu prend plaisir à Sa création, comme une personne éprouve du plaisir devant un beau réceptacle. Ce plaisir en haut est « la joie du fiancé » ; le fiancé est Atsilout.
מלשון22 נחות דרגא להיות משפיע למקור דבי״ע [דבריאה יצירה עשיה] שנק׳ כלה וא״א [ואי אפשר] זאת כ״א [כי אם] ע״י בחי׳ יונתי מקודם כו׳.
d’après l’expression ne'hot darga (« descendre d’un degré »), afin de donner à la source de Béria, Yetsira et Assiya, appelée « fiancée » (kalla). Cela n’est possible qu’à la condition que le niveau de « ma colombe » précède, etc.
Le mot chatan, « fiancé », est rapproché de ne'hot darga, « descendre d’un degré » : Atsilout descend pour donner à la source de Béria, Yetsira et Assiya, appelée « fiancée ». Là encore, cela dépend d’abord de « ma colombe », du plaisir des âmes en D.ieu.
Ce paragraphe répond à la question initiale. La Torah, en tant que halakha, demeure exactement telle qu’elle a été prononcée, à l’image des anges, tandis que les âmes apportent un accroissement. Par leur annulation de soi et le plaisir de la contemplation (« ma colombe »), elles réalisent « ma parfaite, ma jumelle », l’union complète du haut et du bas, du fiancé et de la fiancée.
La note du Kehot cite Or HaTorah, qui renvoie au Midrach (Bereichit Rabba, fin du chapitre 8) : les êtres supérieurs ne se reproduisent pas, et les êtres inférieurs se reproduisent, mais n’ont pas été créés à l’image et à la ressemblance ; l’homme possède ces deux qualités. À propos de « une cuiller », la note cite Or HaTorah sur le kaf de oule’hi (« et va ») ; l’explication de « Ma colombe » relie ce kaf à la pensée primordiale, le niveau d’Adam Kadmon.
Maré mekomot
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8וע״י השמחה של החתן וכלה שהוא התענוג של שניהם כנ״ל יכול להיות בחי׳ תמתי שהוא בחינת יחוד חתן וכלה שהוא בחי׳ זו״נ [זעיר אנפין ונוקבא] כנ״ל
Et grâce à la joie du marié et de la mariée, qui est le plaisir de tous deux, comme indiqué plus haut, peut se réaliser le niveau de « ma parfaite », qui est l’union du marié et de la mariée, c’est-à-dire le Zeir Anpin et la Noukva, comme indiqué plus haut ;
La joie du marié et de la mariée, leur plaisir à tous deux, rend possible « ma parfaite », l’union du marié et de la mariée. En termes kabbalistiques, il s’agit de l’union du Zeir Anpin et de la Noukva.
וכמו שיהי׳ [שיהיה] לעתיד דכתיב ומעין מבית1 ה׳ יצא והשקה את נחל השטים כו׳ שלא יהי׳ [יהיה] בחי׳ עלמין דפרודא כלל כ מו
et ainsi en sera-t-il à l’époque future, comme il est écrit : « Une source jaillira de la maison de Havaya et arrosera le torrent de Chittim », etc. : il n’y aura alors absolument plus de mondes de séparation, contrairement à
Cette union sera complète à l’époque future, dont le prophète Yoël dit : « Une source jaillira de la maison de Havaya et arrosera le torrent de Chittim. » Alors, il n’y aura plus du tout de mondes de séparation.
שהוא עתה וכמ״ש ונהר יוצא מעדן ומשם יפרד2 וכו׳ משא״כ לעתיד יהי׳ [יהיה] בחי׳ תמתי שהוא בחי׳ תאומתי כו׳ וד״ל [ודי למבין]:
ce qui existe aujourd’hui, comme il est écrit : « Un fleuve sort d’Éden, et de là il se divise », etc. ; tandis qu’à l’époque future se réalisera le niveau de « ma parfaite », qui est celui de « ma jumelle », etc. Cela suffit à qui comprend.
Aujourd’hui, le monde est tel qu’il est décrit dans les mots : « Un fleuve sort d’Éden, et de là il se divise », tandis qu’à l’époque future il y aura « ma parfaite », c’est-à-dire « ma jumelle ». La section suivante explique pourquoi le futur est décrit comme une source, et le présent comme un fleuve.
Cette section conclut en reliant l’union de « ma parfaite, ma jumelle » à l’époque future, où « une source » jaillira de la maison de D.ieu et arrosera même le torrent de Chittim, contrairement au présent, où « le fleuve… se divise ».
Maré mekomot
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La source et le fleuve ¶9–11
3. Pour comprendre, avec un éclaircissement supplémentaire, ce qui est écrit (Yoël, chapitre 4, [verset] 18) : « Une source jaillira de la maison de Havaya et arrosera le torrent de Chittim », parole qui concerne l’avenir.
La troisième section revient au verset de Yoël qui concluait la section précédente : la prophétie selon laquelle, dans les temps à venir, une source jaillira de la maison de D.ieu et arrosera le torrent de Chittim. Elle va maintenant expliquer plus en profondeur pourquoi la révélation future est représentée par une source.
הנה לכאורה אינו מובן מ״ש ומעין יצא ולא נאמר ונהר יוצא כמ״ש ונהר יוצא מעדן3 וגו׳ [וגומר].
Or, à première vue, on ne comprend pas ce qui est écrit : « Une source jaillira » ; il n’est pas dit : « Un fleuve jaillit », comme il est écrit : « Un fleuve sort d’Éden », etc.
La question est la suivante : pourquoi le prophète parle-t-il d’une source (maayan), et non d’un fleuve (nahar), image employée par la Torah dans le récit d’Éden : « Un fleuve sort d’Éden » ? Le choix du mot doit être délibéré.
אך האמת הו משום דבנהר כתיב ומשם יפרד כו׳ משא״כ במעין לא נאמר ומשם יפרד רק אדרבה והשקה כו׳.
Mais, en vérité, c’est parce qu’au sujet du fleuve il est écrit : « et de là il se divise », etc., tandis qu’au sujet de la source, il n’est pas dit : « et de là il se divise » ; au contraire, il est dit : « et il arrosera », etc.
La réponse, en bref : au sujet du fleuve, la Torah dit « et de là il se divise », ce qui marque le début d’une division, tandis que Yoël dit seulement que la source « arrosera », même le torrent de Chittim. La source représente une révélation qui unit plutôt qu’elle ne divise.
וביאור זאת יובן ע״פ מה שמבואר בדברי רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] נהרא מכיפי׳ [מכיפיה] מבריך45 ולא חיישי׳ [חיישינן] שמא ירבה נוטפי׳ [נוטפים] כו׳.
L’explication de cela se comprendra à partir de ce qui est exposé dans les paroles de nos Sages, de mémoire bénie : « Un fleuve est alimenté par ses berges (nahara mikifei mevarich) » ; et l’on ne craint pas que les eaux de ruissellement deviennent plus abondantes, etc.
Le Talmud rapporte l’opinion de Chmouel selon laquelle un fleuve « est alimenté par ses berges » : il grossit grâce à ses propres eaux. C’est pourquoi, dans les lois de l’immersion, on ne craint pas que l’eau de pluie qui y ruisselle l’emporte en quantité sur l’eau qui y coule naturellement.
פי׳ שהתוספת וריבוי שלה שמתרב כשנעשה נהר מכמו שהיתה תחלה בהמעין שממנו יוצא הנהר הוא ממקורו ומאליו ומעצמו מתרבה6
C’est-à-dire que son accroissement et son expansion — par lesquels il grossit lorsqu’il devient un fleuve, au-delà de ce qu’il était d’abord dans la source d’où le fleuve jaillit — proviennent de sa source ; il s’accroît de lui-même et par lui-même.
L’Alter Rebbe explique cette maxime : tout ce qu’un fleuve contient en plus de ce qui jaillit d’abord de sa source provient de sa propre source. Le fleuve s’accroît de lui-même, et non par un apport venu de l’extérieur.
(ובערוך בשם רבינו גרשם7 מכיפיה מבריך מגדותיו מתברך שאינו מתגדל ממימי הגשמים אלא מעצמו וכן פרש״י [פירש רש״י / פירוש רש״י] בנדרים)
(Et dans l’Arukh, au nom de Rabbeïnou Guerchom : mikifei mevarich, « il est alimenté par ses berges », car il ne grossit pas grâce à l’eau de pluie, mais de lui-même ; Rachi l’explique de même dans Nedarim.)
Cette parenthèse apporte l’appui des commentateurs. L’Arukh, dictionnaire médiéval du Talmud, cite Rabbeïnou Guerchom : le fleuve grossit « par ses berges », de lui-même et non grâce à l’eau de pluie ; Rachi l’explique de la même manière dans Nedarim.
(ד״מ סע״א [סוף עמוד א]) וע׳ [ועיין] בפרש״י [בפירש רש״י / בפירוש רש״י] בשבת (דס״ה ב׳) משפתו8 כו׳ והוא כי תרגום והירדן מלא על כל גדותיו9 מלי על כל כפוהי.10
(40a, fin). Voir aussi le commentaire de Rachi sur Chabbat (65b) : « depuis sa rive », etc. C’est parce que le Targoum traduit « et le Jourdain était plein par-dessus toutes ses berges » par « mali al kol kifohi ».
Cette maxime figure à la fin de Nedarim 40a et, dans Chabbat 65b, Rachi explique mikifeih par « depuis sa rive, depuis sa source et son rocher ». Le mot araméen kif signifie « berge » : le Targoum traduit « le Jourdain était plein par-dessus toutes ses berges » en employant le même mot, kifohi.
(dans Josué, chapitre 3). « La rive du fleuve » : kif nahara. (Et dans Ézéchiel 47 :) « sur sa rive » : al kifeih. Et non grâce à l’eau de pluie.
Deux autres exemples du Targoum : « la rive du fleuve », là où fut déposé le panier de Moché, est rendu par kif nahara ; et « sur sa rive », dans Ézéchiel 47, par al kifeih. Ainsi, « par ses berges » signifie que le fleuve provient de lui-même, et non de l’eau de pluie.
ואף שהמעין אינו בהתפשטות מרובה כ״כ [כל כך] עכ״ז [עם כל זה] אחר שיוצא מהעלם של המעין לידי גילוי והתפשטות יותר להיות נהר נעשה מאליו ומעצמו בתוספת מרובה.14
Et bien que la source ne s’étende pas dans une si grande mesure, néanmoins, dès qu’elle sort de la dissimulation propre à la source pour se révéler et se déployer davantage, devenant un fleuve, elle s’accroît considérablement d’elle-même et par elle-même.
C’est le principe dont le maamar a besoin. Dans la source elle-même, l’eau ne s’étend que peu ; mais dès qu’elle quitte la dissimulation de la source et apparaît au grand jour sous la forme d’un fleuve, elle s’accroît considérablement de son propre mouvement.
Cette section demande pourquoi Yoël représente la révélation future comme une source plutôt que comme le fleuve d’Éden, puis prépare la réponse en s’appuyant sur la maxime talmudique selon laquelle « un fleuve est alimenté par ses berges » : l’eau cachée dans une source s’accroît d’elle-même lorsqu’elle jaillit au grand jour sous la forme d’un fleuve.
Selon la note de Kehot, Or HaTorah sur le Siddour renvoie à ce passage, et ce maamar fut prononcé par le Tséma'h Tsédek lors du mariage mentionné dans la note au début du maamar : le mariage de sa fille, en 5591. La note cite également Sefer HaMaamarim 5568, où l’idée est introduite par ces mots : « Il faut comprendre la racine de cette question : comment un fleuve est alimenté et s’accroît de lui-même. »
Maré mekomot
- 1להבין בתוספת ביאור · להמבואר להלן ראה בארוכה ס׳ אגרות קודש לאדמו״ר מוהרש״ב נ״ע ח״ב ע׳ תתקח ואילך.
- 2ומעין מבית ה׳ יצא · Joel 4:18
- 3ונהר יוצא מעדן · Genesis 2:10
- 4נהרא מכפי׳ מבריך · Shabbat 65b:4–5
- 5מכיפיה מבריך · Nedarim 40a:11
- 6ומאליו ומעצמו מתרבה · בסה״מ תקס״ח ח״ב ע׳ תריא: ”ויש להבין שורש דבר זה איך נהר יתברך ויתרבה מעצמו”. וראה באוה״ת כאן ע׳ תתקמז הפי׳ בשם התוס׳.
- 7ובערוך בשם רבינו גרשם · ראה גם באוה״ת תצא ע׳ תתרד.
- 8משפתו · Rashi on Shabbat 65b
- 9והירדן מלא על כל גדותיו · Joshua 3:15
- 10מלי על כל כפוהי · Targum Jonathan on Joshua 3:15
- 11שפת היאר · Exodus 2:3
- 12כיף נהרא · Onkelos Exodus 2:3
- 13על כיפיה · Targum Jonathan on Ezekiel 47:12
- 14
10ויובן זה יותר מבחי׳ שכל ומדות שהנה עיקר הולדת והמשכות המדות הם מהשכל של דבר שיעמיק בשכלו ויבין שטוב הוא יתעורר ממילא בלבו אהבכה ותשוקה לדבר ההוא אשר לזאת בקטן ששכלו קטן מאד מלהכיל
Cela se comprendra mieux à partir du niveau de l’intellect et des attributs émotionnels. Car la naissance et l’émanation essentielles des attributs émotionnels (midot) proviennent de l’intellect : lorsqu’un homme approfondit dans son intellect une chose et comprend qu’elle est bonne, l’amour et le désir de cette chose s’éveillent spontanément dans son cœur. C’est pourquoi, chez un jeune enfant, dont l’intellect est bien trop limité pour saisir…
Le fleuve est maintenant illustré à partir de l’âme humaine. Les émotions naissent de l’intellect : lorsqu’une personne réfléchit profondément à quelque chose et comprend que c’est bon, l’amour et le désir de cette chose s’éveillent d’eux-mêmes dans son cœur. L’intellect d’un jeune enfant est trop limité pour saisir grand-chose.
ולהבין אזי גם מדותיו הם ג״כ לדברים קטנים וכמ״ש לפי שכלו יהולל איש1 כו׳ שהמדות נק׳ איש הם נולדים ונמשכים לפי ערך השכל
…et comprendre, ses attributs émotionnels aussi portent sur des choses petites, ainsi qu’il est écrit : « L’homme est loué selon son intellect », etc. Les attributs émotionnels, qui sont appelés « homme », naissent et se développent selon la mesure de l’intellect.
Les émotions d’un enfant aussi portent donc sur des choses petites. Le verset « L’homme est loué selon son intellect » est compris comme signifiant que les émotions, appelées « homme », naissent à la mesure de l’intellect.
ונמצא מובן מכל הנ״ל שכל עיקר המשכת המדות הם מהכל ואעפ״כ [ואף על פי כן] נראה בחוש שאחר שבאו מהשכל לידי גילוי בלב נעשו בחוזק ותוספת וריבוי הרבה יותר מכמו שהי׳ [שהיה] תחלה בעודם בשכלו כו׳
Il ressort ainsi de tout ce qui précède que l’émanation essentielle des attributs émotionnels provient entièrement de l’intellect. Pourtant, il est manifeste qu’après être passés de l’intellect à une révélation dans le cœur, ils deviennent beaucoup plus puissants, s’amplifient et se multiplient bien davantage que lorsqu’ils étaient encore dans son intellect, etc.
L’expérience montre pourtant quelque chose de plus. Bien que les émotions proviennent entièrement de l’intellect, une fois révélées dans le cœur, elles deviennent bien plus fortes et intenses que lorsqu’elles étaient encore uniquement dans l’esprit.
כמו הכעס כו׳ והיינו כנ״ל מפני שבשכל עדיין המדה היא בחי׳ העלם בתכלית ולזאת אינה בהתפשטות מרובה כ״כ [כל כך] אכן כשבא מהעלם השכל לידי גילוי בלב נעשה ממילא בריבוי התפשטות וחוזק האהבה או הכעס כו׳
C’est le cas, par exemple, de la colère, etc. Cela s’explique comme indiqué plus haut : dans l’intellect, l’attribut émotionnel est encore dans un état de dissimulation absolue et ne se déploie donc pas beaucoup ; mais lorsqu’il passe de la dissimulation de l’intellect à la révélation dans le cœur, l’amour ou la colère se déploie spontanément avec une grande ampleur et une grande force, etc.
La colère en est l’exemple le plus clair : lorsqu’elle éclate dans le cœur, elle prend une ampleur bien supérieure à celle qu’elle avait dans la pensée qui l’a déclenchée. La raison est celle donnée à propos du fleuve : dans l’esprit, l’émotion est entièrement cachée et se déploie peu ; mais lorsqu’elle apparaît dans le cœur, elle s’étend et gagne spontanément en force.
(וכיוצא בזה מבואר בע״ח [בעץ חיים] שכ״ה דרוש ו׳ ובשער תיקון הנוקבא פ״ה כי כאשר יצאו מהיסוד דאימא ונתגלו2 כו׳ ע״ש [עיין שם])
(Une idée semblable est expliquée dans Etz Chaim, Sha’ar 25, Derush 6, et dans Sha’ar Tikkun HaNukva, chapitre 5 : lorsqu’ils sortirent du Yessod d’Imma et furent révélés, etc. Voir là-bas.)
Cette parenthèse signale un parallèle dans Etz Chaim de l’Arizal. Les lumières de l’intellect y font croître Zeir Anpin lorsqu’elles sortent du Yessod d’Imma, où elles étaient enfermées, et sont révélées.
וכמ״כ [וכמו כן] הנהר אף שכל עיקר המשכתו מבמעין עכ״ז [עם כל זה] אחר שיוצא מהעלם המעין לידי גילוי הנהר מתפשטט מאליו בתוספת וריבוי כו׳.
Il en va de même du fleuve : bien que toute son émanation essentielle provienne de la source, néanmoins, après être sorti de la dissimulation de la source pour se révéler, le fleuve s’étend spontanément, s’accroît et se multiplie, etc.
Il en va de même du fleuve. Toute son eau provient de la source ; pourtant, une fois qu’il sort de la dissimulation de celle-ci et apparaît au grand jour, il s’étend et s’accroît spontanément.
וזהו נהרא מכיפי׳ [מכיפיה] מבריך כו׳. ומכל הנ״ל יובן למעלה ג״כ במ״ש ונהר יוצא מעדן ומשם יפרד3 כו׳.
C’est là le sens de : « Le fleuve s’accroît à partir de ses rives », etc. Tout ce qui précède permet également de comprendre ce qui se passe en haut, dans le verset : « Un fleuve sort d’Eden, et de là il se sépare », etc.
C’est le sens de « le fleuve est béni à partir de ses rives » : son accroissement vient de lui-même. À l’aide de cette analogie, l’Alter Rebbe se tourne vers le fleuve d’Eden, qui décrit l’ordre des Séfirot en haut.
כי הנה עדן הוא בחי׳ חכמה4 עילאה דאצי׳ [דאצילות]5 חכים ולא בחכמה ידיעא שהוא בחי׳ העלם וביטול בתכלית וכמ״ש והחכמה מאין תמצא6 כו׳
Car Eden est le niveau de la 'Hokhma suprême d’Atsilout, « sage, mais non d’une sagesse connaissable », qui est l’aspect d’une dissimulation et d’une annulation de soi (bitoul) absolues, ainsi qu’il est écrit : « Et la sagesse, d’ayin (néant), est trouvée », etc.
Eden est la 'Hokhma suprême d’Atsilout, le premier point de l’intellect divin. Selon les mots d’Eliyahou dans le Tikkunei Zohar, D.ieu est « sage, mais non d’une sagesse connaissable » ; cette 'Hokhma est entièrement cachée et annulée, et Iyov dit ainsi que la sagesse est trouvée « d’ayin », du néant.
שהוא בחי׳ אין ממש ונק׳ מעין שהוא כדוגמת המעין שעדיין הוא בבחי׳ העלם כנ״ל ונהר יוצא מעדן הוא בחי׳ בינה דאצי׳ [דאצילות] שיוצא ונמשך מבחי׳ חכמה להשקות כו׳
qui est le niveau du véritable ayin ; il est appelé une source, car il ressemble à la source, qui est encore dans un état de dissimulation, comme indiqué plus haut. Et « un fleuve sort d’Éden » désigne le niveau de Bina (compréhension) du Monde d’Atsilout (Émanation), qui sort et se déverse depuis le niveau de 'Hokhma (sagesse) « pour arroser », etc.,
Puisque 'Hokhma est véritablement « néant », un point qui n’est pas encore appréhendé, elle est comparée à la source, dont l’eau est encore cachée. Le fleuve qui sort d’Éden est la Bina d’Atsilout, qui procède de 'Hokhma « pour arroser », c’est-à-dire pour donner naissance aux attributs émotionnels.
שהוא בחי׳ אם הבנים7 מקור המדות עליונות דאצי׳ [דאצילות] שנמשכין מבחי׳ בינה דאצי׳ [דאצילות] ונק׳ רחובות הנהר8
qui est le niveau de « la mère des enfants », la source des attributs émotionnels supérieurs d’Atsilout, qui sont issus du niveau de la Bina d’Atsilout ; elle est appelée « les vastes étendues du fleuve (rechovos hanahar) »,
Bina est appelée « la mère des enfants », car les attributs émotionnels supérieurs d’Atsilout, ses « enfants », naissent d’elle. Le Zohar appelle Bina « les vastes étendues du fleuve », d’où s’ouvrent cinquante portes de lumière dans les six directions.
שהוא בחי׳ התפשטות השכל יותר מכמו שהיה בבחי׳ חכמה שהוא בחי׳ אין אף שבחי׳ בינה נמשך מבחי׳ חכמה עכ״ז [עם כל זה] מאחר שבא מהעלם לגילוי השגה
qui est le niveau de l’expansion de l’intellect, bien plus grande que dans le niveau de 'Hokhma, qui est le niveau de l’ayin. Bien que le niveau de Bina soit issu du niveau de 'Hokhma, néanmoins, puisqu’il est passé de la dissimulation à la révélation de la compréhension,
Les « vastes étendues » signifient que, dans Bina, l’intellect se déploie bien au-delà de ce qu’il était dans 'Hokhma, qui est « néant ». Bina tire tout ce qu’elle possède de 'Hokhma, mais elle fait passer l’idée de la dissimulation à une compréhension qui la saisit.
שהוא מאין ליש ממש ממילא מתרבה בהתפשטות יותר כדוגמת הנהר הגשמי שיוצא מהמעין והמדות שבלב נמשכים מהשכל שבמוח כנ״ל.
ce qui constitue véritablement un passage de l’ayin au yesh (du néant à l’existence), elle s’accroît donc d’elle-même et se déploie davantage, comme le fleuve matériel qui sort de la source, et [comme] les attributs émotionnels du cœur, qui sont issus de l’intellect dans le cerveau, comme indiqué plus haut.
Le passage de 'Hokhma à Bina est un passage du « néant » à « l’existence » ; Bina croît donc et se déploie d’elle-même. Cela ressemble à un fleuve matériel qui sort de sa source, et aux émotions qui se développent dans le cœur lorsqu’elles émergent de l’esprit.
Ce paragraphe applique l’image du fleuve à l’âme et aux Séfirot. De même que les sentiments prennent une ampleur bien supérieure à leur source lorsqu’ils quittent l’intellect caché pour le cœur, ainsi Bina, le fleuve qui sort d’Eden, s’accroît et se déploie spontanément lorsque le « néant » caché de la 'Hokhma, la source, devient le « quelque chose » de la compréhension.
Le passage du Zohar auquel renvoie la note de Kehot établit la même identification : le youd du Nom est la 'Hokhma, et « le fleuve qui sort d’Eden » est Bina, le hé, en laquelle le youd est caché et qui se déploie de tous côtés ; ensemble, ils forment Yah. Le maamar revient à ces deux lettres à la fin du paragraphe suivant : le Monde futur est créé avec le youd et ce monde avec le hé.
Maré mekomot
- 1לפי שכלו יהולל איש · Proverbs 12:8
- 2כי כאשר יצאו מהיסוד דאימא ונתגלו · Sefer Etz Chaim 25:6
- 3ונהר יוצא מעדן ומשם יפרד · Genesis 2:10
- 4עדן הוא בחי׳ חכמה · Zohar II, 123b
- 5עדן הוא בחי׳ חכמה עילאה דאצי׳ · Zohar, Mishpatim 22:536–540
- 6והחכמה מאין תמצא · Job 28:12
- 7אם הבנים · Psalms 113:9
- 8בינה . . רחובות הנהר · Zohar III, 142a
11וזהו דגבי ונהר יוצא כתיב ומשם יפרד1 פי׳ אחר שנמשך מבחי׳ בינה דאצי׳ [דאצילות] לבחי׳ מלכות דאצי׳ [דאצילות] שמתפשטת ומתלבשת למטה בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] נעשה בחי׳
Et c’est pourquoi, à propos de « Un fleuve sort », il est écrit : « et de là, il se sépare ». C’est-à-dire qu’après avoir été attiré du niveau de Bina (compréhension) d’Atsilout vers le niveau de Mal'hout (souveraineté) d’Atsilout, qui se déploie et s’enveloppe en bas dans Béria, Yetsira et Assiya, apparaît le niveau de
On comprend à présent pourquoi la séparation est attribuée au fleuve et non à la source. Le flux passe de Bina d’Atsilout à Mal'hout d’Atsilout, la dernière des Séfirot, qui se déploie vers le bas et s’enveloppe dans les mondes inférieurs de Béria, Yetsira et Assiya.
פירוד לגמרי להתהוות נבראים בע״ג [בעלי גבול / בעל גבול] ועלמין דפרודא אכן כ״ז [כל זה] הוא לאחר התפשטות והמשכות הנהר הנ״ל שהוא בחי׳ בינה ומדות דאצי׳ [דאצילות] בבחי׳ מלכות דאצילות להתלבש בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה].
séparation complète, donnant naissance à des créatures finies et à des mondes de séparation. Toutefois, tout cela se produit après le déploiement et l’attraction du fleuve mentionné plus haut — qui correspond au niveau de Bina et des attributs émotionnels (midot) d’Atsilout — vers le niveau de Mal'hout d’Atsilout, afin qu’il s’enveloppe dans Béria, Yetsira et Assiya.
C’est là, en dessous d’Atsilout, qu’apparaît une séparation complète : des créatures finies et des « mondes de séparation », qui semblent exister indépendamment de D.ieu. Mais cela ne peut se produire qu’après le déploiement du fleuve, c’est-à-dire après que Bina et les attributs émotionnels d’Atsilout se sont déversés dans Mal'hout d’Atsilout, afin que celle-ci puisse s’envelopper dans les mondes inférieurs.
Le paragraphe situe l’expression « et de là, il se sépare » : la séparation des mondes finis ne commence qu’après que le fleuve — Bina et les attributs émotionnels — s’est déployé dans Mal'hout d’Atsilout, qui s’enveloppe dans Béria, Yetsira et Assiya.
Maré mekomot
- 1ומשם יפרד · Genesis 2:10
La source révélée ici-bas ¶12
12וכמ״ש ומשם יפרד שנמשך משם ולמטה להיות בחי׳ עלמין דפרודא אבל עצם הנהר הנ״ל עדיין הוא בבחי׳ יחוד וביטול בתכלית כמ״ש לך ה׳ הגדולה כו׳
Et comme il est écrit : « Et de là il se sépare » : il est attiré de là vers le bas, pour devenir le niveau des mondes de séparation ; mais le fleuve lui-même, mentionné plus haut, demeure encore dans un état d’union et d’annulation de soi (bitoul) absolue, comme il est écrit : « À Toi, Havaya, la grandeur », etc.,
« De là il se sépare » signifie que les mondes de séparation ne viennent à l’existence qu’à partir de ce point vers le bas. Le fleuve lui-même — Bina et les attributs émotionnels d’Atsilout — est encore entièrement uni à D.ieu et annulé devant Lui, comme l’indique le verset « À Toi, Havaya, la grandeur », qui parle des attributs divins.
וחיוהי וגרמוהי חד כו׳ שאף שכבר נמשך מבחי׳ חכמה שנק׳ עדן להיות התפשטות בבחי׳ נהר ע״ז [על זה] מאחר שיוצא ומקבל תמיד מבחי׳ עדן הנ״ל עדיין הוא בבחי׳ יחוד וביטול בתכלית
et « Ses forces vitales et Ses réceptacles sont un », etc. Car, bien qu’il ait déjà été attiré du niveau de 'Hokhma (sagesse), appelé Éden, pour se déployer sous la forme d’un fleuve, néanmoins, puisqu’il sort du niveau d’Éden mentionné plus haut et en reçoit constamment, il demeure encore dans un état d’union et de bitoul absolu.
Au sujet des Séfirot d’Atsilout, le Tikkouné Zohar dit que D.ieu, « Ses forces vitales et Ses réceptacles sont un ». Bien que le fleuve ait déjà quitté Éden, qui est 'Hokhma, et se soit déployé, il reçoit constamment d’Éden ; il demeure donc uni et annulé.
אך עכ״ז [עם כל זה] הוא בחינת מקור שיומשך משם ולמטה בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] יפרד כו׳ מאחר שכבר יצא מבחי׳ העלם המעין שהוא בחי׳ חכמה עילאה שנק׳ עדן לידי גילוי והשגה בבחי׳ בינה ומדות
Mais malgré cela, il constitue un niveau de source, de sorte que, lorsqu’il est attiré de là vers le bas, dans Béria, Yetsira et Assiya, « il se sépare », etc., puisqu’il est déjà sorti du niveau de la source cachée — le niveau de la 'Hokhma supérieure, appelée Éden — pour parvenir à la révélation et à la compréhension dans le niveau de Bina et des attributs émotionnels (midot) ;
Malgré cela, le fleuve est une source à partir de laquelle la séparation peut survenir, une fois que son écoulement est attiré vers le bas, dans Béria, Yetsira et Assiya. Il peut constituer cette source parce qu’il a déjà quitté la source cachée — la 'Hokhma supérieure — et est parvenu à la révélation et à la compréhension, en tant que Bina et attributs émotionnels.
אזי יכול לירד ולהשתלשל עוד בהשתלשלות וצמצומים שיתהוו גם נבראים נפרדים ממש כאלו הם יש ונפרד בפ״ע [בפני עצמו]
il peut alors descendre et se déployer encore davantage, à travers l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) et les contractions (tsimtsoumim), de sorte que viennent à l’existence des créatures véritablement séparées, comme si elles étaient un quelque-chose (yech), existant séparément par lui-même.
Ce qui a été révélé et saisi peut être abaissé étape par étape, à travers l’enchaînement descendant des mondes et ses contractions. Au terme de ce processus apparaissent des créatures véritablement séparées, qui semblent être un « quelque-chose » existant par lui-même.
אבל מבחי׳ המעין עצמו שהוא בחי׳ חכמה עילאה אינו בבחי׳ מקור כלל שיוכל להיות בחי׳ התהוות היש והנפרד הואיל והמעין אין בו התפשטות
Mais le niveau de la source elle-même, qui est celui de la 'Hokhma supérieure, n’est nullement une source à partir de laquelle pourrait se produire l’avènement du yech et du séparé, puisque la source ne comporte aucun déploiement,
La source elle-même, la 'Hokhma supérieure, ne peut aucunement être la source d’un « quelque-chose » séparé. Dans la source, il n’y a pas de déploiement du type à partir duquel une existence séparée pourrait se développer.
כמו בנהר והיינו לפי כי החכמה מאין תמצא1 ולזאת כשיתגלה לעתיד בחי׳ עצם החכמה עילאה למטה
comme dans le fleuve. C’est parce que « la sagesse se trouve à partir de ayin (néant) ». C’est pourquoi, lorsque, dans les temps futurs, le niveau de l’essence même de la 'Hokhma supérieure sera révélé ici-bas,
La raison en est que la 'Hokhma « se trouve à partir du néant » : elle demeure unie au « néant » dont elle provient, entièrement annulée. Aussi, lorsque l’essence de la 'Hokhma supérieure sera révélée ici-bas dans les temps futurs, le monde sera différent.
אזי לא יהי׳ [יהיה] בבחי׳ עלמא דפרודא כלל רק יהי׳ [יהיה] למטה ג״כ יחוד אור ה׳ ממש
il ne sera plus du tout dans l’état d’un monde de séparation ; au contraire, ici-bas aussi, il y aura l’union de la lumière de D.ieu, exactement
Le monde inférieur ne sera alors plus du tout un monde de séparation. Ici-bas aussi, la lumière de D.ieu sera unie, exactement comme elle l’est en haut.
כמו שהוא למעלה וזהו ומעין מבית2 ה׳ יצא שעצם המעין שהוא בחי׳ חכמה עילאה כנ״ל יומשך ויתגלה למטה כמו שהוא בבחי׳ מעין ולא
comme elle l’est en haut. Tel est le sens de : « Et une source jaillira de la maison de Havaya » : l’essence de la source, qui est le niveau de la 'Hokhma supérieure, comme mentionné plus haut, sera attirée vers le bas et révélée ici-bas telle qu’elle est, dans l’état d’une source, et non
Tel est le sens de la prophétie de Yoel : « Et une source jaillira de la maison de Havaya. » L’essence de la source, la 'Hokhma supérieure, sera attirée vers le bas et révélée ici-bas telle qu’elle est, comme une source.
כמו עכשיו ונהר יוצא כו׳ ואזי אף והשקה את נחל השטים שיטים הוא מלשון שטות
comme maintenant : « Et un fleuve sort », etc. Alors, il « arrosera même le torrent de Chittim » : chittim vient du terme shtout (folie),
Cela diffère de la situation présente, où le flux descend sous la forme d’un fleuve, qui sépare. Alors, la source arrosera même « le torrent de Chittim », et chittim se comprend comme apparenté à shtout, la folie.
וגם מלשון שטו העם3 שהם בחינת עלמין דפרוד ונחל השיטים הוא מקור המגדיל כל תאוות ותענוגי עוה״ז [עולם הזה] אשר לא לה׳ המה
et aussi du terme « le peuple erra (shatou) », qui désigne le niveau des mondes de séparation ; le torrent de Chittim est la source qui fait croître tous les désirs et les plaisirs de ce monde qui ne sont pas pour D.ieu.
On le rapproche aussi de l’expression « le peuple erra (shatou) » pour recueillir la manne, une errance qui éloigne. Ces deux expressions décrivent les mondes de séparation, et le torrent de Chittim est la source qui nourrit tous les désirs et les plaisirs de ce monde qui ne sont pas pour D.ieu.
והוא ג״כ ע״ד [על דרך] שנת׳ [שנתבאר] במ״א בד״ה שמע ישראל ענין מים תחתונים שהם מגדילים כל תענוגי עוה״ז [עולם הזה] שהם בחי׳ פסולת
Cela rejoint également ce qui a été expliqué ailleurs, dans le discours qui commence par « Écoute, Israël », au sujet des eaux inférieures, qui font croître tous les plaisirs de ce monde, lesquels relèvent du niveau du rebut ;
Cela correspond à ce que le discours sur « Écoute, Israël » explique au sujet des « eaux inférieures ». Elles nourrissent tous les plaisirs de ce monde, qui sont du rebut (p’soles).
והיינו ע״י שנמשך בחי׳ רקיע המבדיל בין מים עליונים למים תחתונים4 עד שמזה נסתעף למטה במים תחתונים בחי׳ נחל השיטים ועיין ס״פ ואתחנן (דף ע״ד [על דרך] ע״ב)5
et cela se fait par l’émanation du niveau du firmament qui sépare les eaux supérieures des eaux inférieures, jusqu’à ce que de là se ramifie en bas, dans les eaux inférieures, le niveau du torrent de Chittim. Voir la fin de Parshas Va’eschanan (folio 74b),
Cela se produit par l’intermédiaire du firmament qui sépare les eaux supérieures des eaux inférieures, comme au deuxième jour de la Création ; de cette séparation se ramifia en bas, dans les eaux inférieures, le torrent de Chittim. Le texte renvoie ensuite à un passage de la fin de Parshas Va’eschanan (folio 74b), que la note de Kehot cite du Zohar : puisque ce torrent accroît l’attachement dans le monde, lorsque la source sainte en jaillira et l’atteindra, il sera rectifié et redressé, et ne demeurera plus dans son impureté comme auparavant.
ומבואר שם שכשיתגלה בחי׳ עצם המעין אזי אף בבחי׳ נחל השיטים יהי׳ [יהיה] בחינת גילוי אור ה׳ וכמ״ש והלכו לאורך67 כו׳
et il y est expliqué que lorsque le niveau de l’essence même de la source sera révélé, alors, même dans le niveau du torrent de Chittim, il y aura une révélation de la lumière de D.ieu, comme il est écrit : « Et [ils] marcheront à ta lumière », etc.,
Ce passage explique que lorsque l’essence de la source sera révélée, la lumière de D.ieu le sera également dans le torrent de Chittim. Le verset cité, comme le souligne la note de Kehot, se lit en entier : « Et des nations marcheront à ta lumière. »
ובאו8 במערות צורים9 ובמחלות עפר מפני פחד ה׳ ומהדר גאונו כו׳ שיהי׳ [שיהיה] לעתיד ולא יהי׳ [יהיה] בחי׳ פירוד כלל
et « ils entreront dans les cavernes des rochers et dans les trous de la terre, devant la terreur de Havaya et la splendeur de Sa majesté », etc. Cela aura lieu à l’époque future, et il n’y aura alors absolument plus de séparation ;
Yeshayahu prédit également que les hommes « entreront dans les cavernes des rochers et dans les trous de la terre, devant la terreur de Havaya et la splendeur de Sa majesté ». À l’époque future, la majesté de D.ieu sera ressentie jusque dans les endroits les plus bas, et il n’y aura plus aucune séparation.
כמו שהוא עתה שנראה כאלו הם שתי רשויות ח״ו [חס ושלום] כדעת האפיקורוס וכמו שהשיב לו10 האיך שביק מיא לאעבורי11 כו׳
contrairement à ce qui est le cas maintenant, où il semble qu’il y ait deux autorités, à D.ieu ne plaise, comme le soutenait l’hérétique (apikoros), et comme on lui répondit : « Comment laisse-t-il l’eau passer ? », etc.
À présent, en revanche, le monde peut donner l’impression qu’il y a deux autorités, à D.ieu ne plaise. Dans le Talmud, un mage dit à Amemar que la moitié supérieure d’une personne relève d’une puissance et la moitié inférieure d’une autre ; Amemar lui répondit : si c’est ainsi, comment l’une laisse-t-elle l’eau traverser le territoire de l’autre ?
שבאמת הכל נמשך ממנו ית׳ רק שע״י רבוי השתלשלות וצמצומים להעלים ולהסתר את אור ה׳ החיה ומהווה אותם מאין ליש הם נראים כלאו הם יש ונפרד בפ״ע [בפני עצמו]
Car, en vérité, tout procède de Lui, béni soit-Il ; seulement, par les nombreux [degrés de l’]enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) et les tsimtsoumim, destinés à cacher et à dissimuler la lumière de D.ieu qui leur donne la vie et les fait advenir du néant à l’existence, ils semblent être des choses existant par elles-mêmes et séparées.
La réponse montre que le supérieur et l’inférieur ne font qu’un. En vérité, tout vient de D.ieu seul ; seuls les nombreux degrés de l’enchaînement descendant des mondes et les contractions dissimulent la lumière qui donne vie aux créatures et les fait advenir à l’existence, si bien qu’elles semblent être des choses indépendantes.
והיינו לפי שכל ההשתלשלות הוא מהנהר וכמ״ש ונהר יוצא ומשם יפרד12 כו׳ אבל לעתיד שיתגלה בחי׳ עצם המעין למטה
Et cela tient au fait que tout l’enchaînement descendant des mondes provient du fleuve, comme il est écrit : « Un fleuve sort, et de là il se divise », etc. Mais, dans les temps futurs, lorsque le niveau de l’essence de la source se révélera en bas,
L’apparence de séparation vient de ce que tout l’enchaînement descendant des mondes s’écoule du fleuve, Bina, dont il est dit : « et de là il se divise ». Cependant, dans les temps futurs, l’essence de la source se révélera en bas.
אזי יהי׳ [יהיה] יחוד למטה כמו למעלה ממש והיינו בחי׳ תמתי תאומתי כנ״ל וד״ל [ודי למבין] ועמ״ש עוד מענין זה בביאור ע״פ והיה מספר בנ״י [בני ישראל] כחול הים13 כו׳
alors il y aura une union en bas exactement comme en haut ; c’est là le niveau de « ma parfaite, ma jumelle », comme mentionné précédemment. Cela suffit à qui comprend. Voyez aussi ce qui est écrit plus loin à ce sujet dans l’explication du verset : « Et le nombre des enfants d’Israël sera comme le sable de la mer », etc.
Alors le monde inférieur sera uni à D.ieu exactement comme le monde supérieur ; c’est là « ma parfaite, ma jumelle », évoqué au début du maamar : l’union entière réalisée par les âmes. Pour en savoir davantage à ce sujet, voyez l’explication du verset de Hochéa : « Et le nombre des enfants d’Israël sera comme le sable de la mer. »
(ועיין בע״ח [בעץ חיים] שמ״ז פ״ג [פרק ג׳] דכל עיקר ענין המסך שבין אצילות לבריאה1415 זהו ענין שהבינה דאצי׳ [דאצילות] מלבשת התלבשות גמור להחכמה והיא בחי׳ מסך מבדיל בין א״ס [אין סוף] וחכמה אל בריאה משא״כ באצילות לא הועילה הבינה רק למעבר בלבד כ׳ו ואינו נחשב רק שמקבל מחכמה.
(Voyez aussi Etz Chaim, Sha’ar 47, chapitre 3 : l’essence même de la question de l’écran (masakh) entre Atsilout et Béria est que la Bina d’Atsilout revêt entièrement la 'Hokhma ; elle constitue ainsi un écran de séparation entre l’Ein Sof et la 'Hokhma, d’une part, et Béria, d’autre part. En revanche, dans Atsilout, la Bina ne servait que de passage, etc., et elle n’est considérée que comme recevant de la 'Hokhma.
Cette longue parenthèse apporte un appui tiré de l’enseignement de l’Ari zal. Dans Etz Chaim, l’« écran » entre Atsilout et Béria est la Bina d’Atsilout : en deçà d’Atsilout, elle recouvre entièrement la 'Hokhma et se dresse comme un écran de séparation entre l’Ein Sof et la 'Hokhma, d’un côté, et Béria, de l’autre. En Atsilout même, en revanche, la Bina n’est qu’un passage, considéré comme recevant de la 'Hokhma.
והיינו שהבינה[היא בחי׳ נהר שהוא בחי׳ יש והתפשטות כו׳ אבל חכמה היא בחי׳ מעין שהוא אינו בבחי׳ התפשטות כ״א [כי אם] בבחי׳ ביטול בחי׳ יו״ד דשם הוי׳
C’est-à-dire que Bina est le niveau du fleuve, qui est celui d’une existence et d’un déploiement, etc. ; mais la 'Hokhma est le niveau de la source, qui n’est pas dans un état de déploiement, mais dans celui du bitoul, le niveau du youd du Nom Havaya.
Dans les termes du maamar, Bina est le fleuve, une « existence » qui se déploie, tandis que la 'Hokhma est la source, qui ne se déploie pas, mais demeure dans l’annulation. La 'Hokhma est le youd, la première et la plus petite lettre du Nom Havaya.
והיינו לפי שהוא אצל המקור ממש וזהו פי׳ אצילות מלשון אצלו אצל המאציל ב״ה ולכן איתא בע״ח [בעץ חיים]) (שמ״ע פרק זיין) דהתלבשות אור א״ס [אין סוף] בבינה ומדות דאצילות נק׳ איהו וגרמוהי חד16
C’est parce qu’elle se trouve tout près de la Source ; tel est le sens d’Atsilout, terme venant de etzlo, « auprès de lui » : auprès de l’Émanateur, béni soit-Il. C’est pourquoi il est dit dans Etz Chaim (Sha’ar Mem-Ayin, chapitre 7) que le revêtement de la Lumière infinie (Or Ein Sof) dans la Bina et les attributs émotionnels d’Atsilout est appelé « Lui et Ses réceptacles ne font qu’un »,
La 'Hokhma demeure dans l’annulation parce qu’elle se tient tout près de sa Source ; le nom Atsilout lui-même vient de etzel, « auprès de », près de l’Émanateur. Etz Chaim appelle le revêtement de la Lumière infinie dans la Bina et les attributs émotionnels d’Atsilout « Lui et Ses réceptacles ne font qu’un ». Le texte imprimé indique « Sha’ar Mem-Ayin », qui ne correspond pas à un numéro de sha’ar ; la note de Kehot le lit comme Sha’ar 41 (מ״א), chapitre 7.
אבל יחוד אור א״ס [אין סוף] בחכמה עיאלאה דאצילות נק׳ איהו וחיוהי חד שלמעלה ממדרגת גרמוהי כו׳ ועיין בסש״ב [בספר של בינונים] (פל״ה) בהג״ה [בהגהה]
mais l’union de la Lumière infinie avec la 'Hokhma supérieure d’Atsilout est appelée « Lui et Ses forces vitales ne font qu’un », ce qui est au-dessus du niveau de « Ses réceptacles », etc. Voyez aussi Sefer Shel Beinonim (Tanya), chapitre 35, dans la glose :
Son union avec la 'Hokhma supérieure est toutefois appelée « Lui et Ses forces vitales ne font qu’un », lien plus étroit que celui des réceptacles. La glose du Tanya, chapitre 35, rapporte au nom du maître de l’Alter Rebbe la raison de l’affirmation d’Etz Chaim selon laquelle la Lumière infinie n’est unie, même en Atsilout, qu’après s’être revêtue dans la 'Hokhma : seul l’Infini existe véritablement, et cela correspond au niveau de la 'Hokhma.
אלא שמ״מ [שמכל מקום] בבינה דאצילות עצמה ובכל האצי׳ [האצילות] הואיל ומיוחדים עם החכמה נק׳ הכל אצילות משא״כ בבריאה שאינה מקבלת רק מהבינה לבד ע״כ [על כן] ומשם יפרד כו׳.
Cependant, malgré cela, la Bina d’Atsilout elle-même et tout Atsilout, puisqu’ils sont unis à la 'Hokhma, sont appelés Atsilout. Il n’en va pas ainsi de Béria, qui ne reçoit que de la Bina seule. C’est pourquoi « de là il se divise », etc.
Malgré cela, la Bina d’Atsilout et tout Atsilout sont appelés Atsilout, « auprès » de D.ieu, parce qu’ils sont unis à la 'Hokhma. Béria, qui ne reçoit que de la Bina, ne l’est pas ; c’est pourquoi, en deçà d’Atsilout, « il se divise ».
ובזה יובן ענין אור זרוע לצדיק17 שלהיות הגילוי בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] ג״כ כמו באצילות ממש זהו דייקא ע״י נש״י [נשמות ישראל] שהם בחי׳ אור הנזרע למטה להתלבש בגוף כו׳
Cela permet de comprendre la notion de « La lumière est semée pour le juste » : pour que la révélation se trouve aussi en Béria, Yetsira et Assiya, exactement comme en Atsilout, il faut précisément passer par les âmes d’Israël, qui sont le niveau de la lumière semée en bas afin de se revêtir dans un corps, etc.
On comprend à présent le verset « La lumière est semée pour le juste », qui ouvrait cette explication. La révélation de D.ieu ne peut se manifester en Béria, Yetsira et Assiya comme en Atsilout que par les âmes d’Israël, cette lumière « semée » en bas, dans un corps.
והיינו לפי שנש״י [שנשמות ישראל] עלו במחשבה18 דהיינו בעצמיות חכמה עילאה דאצי׳ [דאצילות] בחי׳ והחכמה מאין תמצא ממש וכמשי״ת [וכמו שיתבאר] לקמן וכמשנ״ת [וכמו שנתבאר] בביאור19 ע״פ יונתי20 המתחיל
Et cela tient au fait que les âmes d’Israël « sont montées dans la pensée », c’est-à-dire dans l’essence même de la 'Hokhma supérieure d’Atsilout, au niveau de « Et la sagesse se trouve à partir de ayin » proprement dit, comme nous l’expliquerons plus loin, et comme cela a été expliqué dans l’explication du verset « Ma colombe », qui commence par…
Les âmes peuvent atteindre cela parce que, comme le dit le Midrach, Israël « est monté dans la pensée » avant la création du monde, et que leur racine est l’essence même de la 'Hokhma supérieure, le « néant » à partir duquel la sagesse se trouve. Le texte indique que cela sera expliqué plus loin et que cela a été expliqué dans l’explication de « Ma colombe ».
הנה ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] נובלות חכמה2122 כו׳ ע״ש [עיין שם] וע״כ [ועל כן] ע״י שירדו בעשיה הם יכולים להמשיך גילוי חכמה עילאה למטה בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה]
« Voici, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : “Les fruits tombés de la sagesse” », etc. ; voir là-bas. C’est pourquoi, du fait qu’elles sont descendues dans Assiya, elles peuvent faire descendre la révélation de la 'Hokhma supérieure ici-bas, dans Béria, Yetsira et Assiya,
Cette explication s’ouvre sur la parole des Sages selon laquelle la Torah est le « fruit tombé » (novlos) de la sagesse supérieure. Parce que les âmes ont leur racine dans la 'Hokhma elle-même, leur descente dans Assiya leur permet de faire descendre la révélation de la 'Hokhma supérieure dans Béria, Yetsira et Assiya.
כמו בצי׳ [באצילות] ולא יכנף עוד23 כו׳ ע״י המסך ופרסא כ״א [כי אם] ומעין מבית ה׳ יצא כו׳
comme en Atsilout, et « [ton Maître] ne sera plus caché par une aile », etc., grâce à l’écran et à la séparation (masakh et parsa) ; mais plutôt : « Une source jaillira de la maison de Havaya », etc. :
Les mondes inférieurs seront alors comme Atsilout, et D.ieu ne sera plus « caché par une aile », c’est-à-dire derrière l’écran et la séparation qui distinguent Atsilout de Béria. Au lieu de cela, « une source jaillira de la maison de Havaya ».
גילוי בחי׳ חכמה עילאה ועיין בע״ח [בעץ חיים] שער מ״ז פ״ג [פרק ג׳] הנ״ל ובז״ה [ובזוהר הרקיע] בפ׳ פקודי (בדף רל״ד) דענין חכמה זו היינו
la révélation du niveau de la 'Hokhma supérieure. Voir aussi Etz Chaim, Sha’ar 47, chapitre 3, mentionné plus haut, ainsi que Zohar HaRakia sur la paracha Pekudei (au folio 234), où il est expliqué que cette 'Hokhma consiste en ceci :
La source est la révélation de la 'Hokhma supérieure elle-même. Pour comprendre ce qu’est cette 'Hokhma, le texte renvoie de nouveau à Etz Chaim, Sha’ar 47, chapitre 3, ainsi qu’à Zohar HaRakia, un commentaire sur le Zohar, sur la paracha Pekudei, au folio 234.
כי הא״ס [האין סוף] בה מלובש תוך החכמה24 עליונה דא״ק [דאדם קדמון] וחכמה זו מתלבשת באצילות כו׳ ע״ש [עיין שם] ועד״ז [ועל דרך זה] ממש יהי׳ [יהיה] הגילוי בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה]
que l’Ein Sof qui s’y trouve est revêtu dans la 'Hokhma supérieure d’Adam Kadmon, et que cette 'Hokhma est revêtue dans Atsilout, etc. ; voir là-bas. La révélation aura lieu dans Béria, Yetsira et Assiya exactement de la même manière.
Il y est expliqué que l’Ein Sof qui réside dans cette 'Hokhma est revêtu dans la 'Hokhma supérieure d’Adam Kadmon, le niveau primordial qui se situe au-dessus d’Atsilout, et que cette 'Hokhma est revêtue dans Atsilout. La 'Hokhma sera révélée dans Béria, Yetsira et Assiya précisément de la même manière.
וזהו שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] ע״פ כי בי״ה25 ה׳ צור עולמים ביו״ד נברא העוה״ב [העולם הבא] בה׳ נברא העוה,ז כי ה׳ הוא בחי׳ רחובות הנהר ונהר יוצא
Et c’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit à propos du verset : « Car par Yah, Havaya a formé les mondes » : le monde futur a été créé par le youd, et ce monde-ci par le hé. Car le hé est le niveau des « vastes étendues du fleuve » et du « fleuve qui sort »,
Le Talmud interprète « Car par Yah, Havaya a formé les mondes » comme se rapportant à deux mondes : le monde futur a été créé par le youd, et ce monde-ci par le hé. Le hé correspond aux « vastes étendues du fleuve », le fleuve qui sort, c’est-à-dire Bina.
ולכן ומשם יפרד כו׳ וזהו ענין העוה״ז [העולם הזה] אבל היו״ד הוא בחי׳ המעין ולכן אין בו התפשטות כמו בה״א [בית הלל אומרים]
et c’est pourquoi « de là, il se sépare », etc. ; telle est la nature de ce monde-ci. Mais le youd est le niveau de la source, et il ne s’y produit donc pas de déploiement comme dans le hé ;
Puisque le hé est le fleuve, « de là, il se sépare » ; telle est la nature de ce monde-ci. Le youd est la source, et il ne s’y produit pas de déploiement comme dans le hé.
ולכן בו נברא העוה״ב [העולם הבא] שאזי ומעין מבית ה׳ יצא ועמ״ש הרמ״ז [הרב משה זכות] פ׳ שלח (קנ״ט א׳) מענין
et c’est pourquoi le monde futur a été créé par lui, car alors « une source jaillira de la maison de Havaya ». Voir aussi ce qu’écrit le Ramaz (Rabbi Moshe Zacuto) sur la paracha Chelakh (159a), au sujet de
Le monde futur a donc été créé par le youd, car alors « une source jaillira de la maison de Havaya ». Le texte renvoie également aux commentaires du kabbaliste Rabbi Moshe Zacuto sur la paracha Chelakh (159a), au sujet de ce verset.
כי ביה ה׳ צור עולמים ברבות מבואר ע״פ ששים המה26 כו׳ אחת היא כו׳272829303132 במדבר (ר״פ ד׳) נשא (פ׳ ט׳) גבי ולקח הכהן מים קדושים.
« Car par Yah, Havaya a formé les mondes. » Dans le Midrash Rabbah, ce verset est expliqué à propos de « Il y a soixante reines », etc., et de « Une seule est-elle », etc. : Bamidbar (début de la section 4) ; Nasso (section 9), à propos de « Le prêtre prendra de l’eau sainte ».
Le maamar se conclut par une liste des endroits où le Midrash Rabbah interprète « Il y a soixante reines… Une seule est-elle ». Le verset est expliqué dans Bamidbar Rabbah, sur la paracha Bamidbar, au début de la section 4, et sur Nasso (section 9), à propos de « Le prêtre prendra de l’eau sainte », l’eau de la sotah.
(פ׳ י״ד) גבי ביום עשתי עשר יום. קרח (פי״ח) מקץ (ר״פ צ׳) ויגש (ר״פ צ״ד) ובשה״ש [ובשיר השירים] רבה:333435
(Section 14), à propos de « Le onzième jour ». Korach (section 18) ; Mikeitz (début de la section 90) ; Vayigash (début de la section 94) ; et dans Shir HaShirim Rabbah :
Les autres endroits sont Bamidbar Rabbah, section 14, à propos de l’offrande du onzième jour, où « Une seule est-elle » désigne Israël, que D.ieu a choisi ; Korach, section 18 ; Bereishis Rabbah, au début des sections 90 et 94, où « Une seule est-elle, ma colombe » est interprété au sujet d’Avraham ; et Shir HaShirim Rabbah, à propos du verset lui-même.
Ce paragraphe achève l’argumentation. Le fleuve, Bina, demeure uni à D.ieu, mais il est la source à partir de laquelle se développent les mondes séparés ; la source, 'Hokhma, est pure annulation de soi et ne peut engendrer la séparation. Les âmes, enracinées dans la 'Hokhma elle-même, sont semées ici-bas afin que, dans les temps futurs, la 'Hokhma se révèle dans les mondes inférieurs — « une source jaillira de la maison de Havaya » — et que le monde ne fasse plus qu’un : « ma parfaite, ma jumelle ».
Les deux expressions du Tikkouné Zohar marquent la différence : « Lui et Ses réceptacles sont un » décrit la Lumière infinie dans Bina et les attributs émotionnels, tandis que « Lui et Ses forces vitales sont un » décrit son union plus étroite avec 'Hokhma. Etz 'Haïm explique qu’en dessous d’Atsilout, la Bina d’Atsilout devient un vêtement qui recouvre tout ce qui est au-dessus d’elle, de sorte que Béria ne reçoit que Bina ; les âmes, qui « se sont élevées dans la pensée » au sein de la 'Hokhma elle-même, sont celles qui peuvent faire passer la 'Hokhma au-delà de cet écran. Le Zohar cité dans la note de Kehot ajoute que le courant de Chittim lui-même sera rétabli lorsque la source sainte l’atteindra.
Maré mekomot
- 1כי החכמה מאין תמצא · Job 28:12
- 2ומעין מבית ה׳ יצא · Joel 4:18
- 3שטו העם · Numbers 11:8
- 4רקיע המבדיל בין מים עליונים למים תחתונים · Genesis 1:6
- 5ועיין ס״פ ואתחנן (דף ע״ד ע״ב) · בזהר: ”בגין דההוא נחל אסגי חביבותא בעלמא, וכד ההוא מעיינא קדישא יפוק וייעול לגביה כדין יתתקן ויתישר ולא יהא בסורחניה כקדמיתא”.
- 6והלכו לאורך · ישעי׳ (ס, ג), [שם ”גוים” לאורך]. [כ].
- 7והלכו לאורך · Isaiah 60:3
- 8כי בי״ה ה׳ צור עולמים · Isaiah 26:4
- 9ובאו במערות צורים · Isaiah 2:19
- 10וכמו שהשיב לו · בסנהדרין לט. ובסה״מ תקס״ח ח״ב ע׳ תריג הלשון: ”וזהו שרמזו רז״ל בדברי חידה שלהם באמרם שם להשיב על שאלת המין מפלגא דלעילא כו׳ דאין זה שתי רשויות ח״ו דא״כ האיך הי׳ מניח לאעבורי מיא בארעי׳ כו׳” ע״ש.
- 11שביק מיא לאעבורי · Sanhedrin 39a:2
- 12ונהר יוצא ומשם יפרד · Genesis 2:10
- 13והיה מספר בנ״י כחול הים · Hosea 2:1
- 14ענין המסך שבין אצילות לבריאה · ראה תו״א יד, ב. לעיל פ׳ בלק סח, ג. אוה״ת ענינים ע׳ קפח ואילך. ובד״ה וספרתם לכם תרס״ו. מצה זו תר״מ ע׳ מה בארוכה. וככה תרל״ז סעי׳ כט.
- 15דכל עיקר ענין המסך שבין אצילות לבריאה · Sefer Etz Chaim 47:4
- 16דהתלבשות אור א״ס בבינה ומדות דאצילות נק׳ איהו וגרמוהי חד · ראה סה״מ תש״ח ע׳ 161 בהערה.
- 17אור זרוע לצדיק · Psalms 97:11
- 18שנש״י עלו במחשבה · Bereshit Rabbah 1:4
- 19וכמשנ״ת בביאור · (ב). [כ].
- 20וכמשנ״ת בביאור ע״פ יונתי · לעיל יט, ב.
- 21נובלות חכמה · ב״ר (פי״ז [כ]). [כ].
- 22נובלות חכמה · Bereshit Rabbah 17:5
- 23ולא יכנף עוד · Isaiah 30:20
- 24כי הא״ס בא מלובש תוך החכמה · ראה באוה״ת ענינים ע׳ קעט ואילך. ובעוד כמה דרושים כמצויין בהערה שם.
- 25שארז״ל ע״פ כי בי״ה ה׳ · Menachot 29b:7–8
- 26ברבות מבואר ע״פ ששים המה · באוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תקעו נעתקו המ״מ.
- 27ששים המה כו׳ אחת היא כו׳ · Bamidbar Rabbah 9:14
- 28ששים המה כו׳ אחת היא כו׳ · Bamidbar Rabbah 14:10
- 29ששים המה כו׳ אחת היא כו׳ · Bamidbar Rabbah 18:21
- 30אחת היא כו׳ · Bereshit Rabbah 90:1
- 31אחת היא כו׳ · Bereshit Rabbah 94:1
- 32ששים המה כו׳ אחת היא כו׳ · Shir HaShirim Rabbah 6:10–11
- 33בע״ח שמ״א פ״ז · ראה באוה״ת ענינים ע׳ קפד. מובא בד״ה מצה זו תר״מ סעי׳ לא ומציין שם לכאן. ראה בהערת כ״ק אדמו״ר בסה״מ תש״ג ע׳ 104.
- 34
- 35לך ה׳ הגדולה · I Chronicles 29:11
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Avant que les mitsvot puissent porter leurs fruits, l’homme doit labourer : s’écarter du mal, renverser ses mauvais traits de caractère et annuler tout désir qui n’est pas pour D.ieu, jusqu’à ce que son cœur soit brisé et contrit. Alors, ses mitsvot pratiques, comme la charité donnée à celui qui ne possède rien, sont un semis qui attire ici-bas la Lumière infinie en un grand accroissement. Il agit ainsi par l’annulation de soi et par sa disposition au sacrifice de soi dans l’amour exprimé par le Chema, ainsi que par le plaisir de contempler la grandeur de D.ieu, « contempler la gloire du Roi », ce qui suscite un plaisir correspondant en haut.
Questions à discuter
- Comment l’image des semailles — une graine qui pourrit puis en produit beaucoup — explique-t-elle pourquoi les âmes devaient descendre dans des corps ?
- Pourquoi la Torah en tant que halakha, comme les anges, ne connaît-elle pas d’« accroissement », alors que les mitsvot accomplies par les âmes en produisent un ?
- Pourquoi le labour de « écarte-toi du mal » doit-il précéder le semis du « fais le bien », et que montrent à cet égard Kayin et Hével ?
- Quelle est la différence entre la source et le fleuve, et pourquoi seul le fleuve peut-il être une source de mondes distincts ?
- Comment la racine des âmes dans la 'Hokhma supérieure leur permet-elle de faire advenir « une source jaillira de la maison de Havaya » ?