Likkutei Torah · Parshas Bamidbar · Maamar 14
בשעה שהקדימו ישראל נעשה לנשמע יצתה בת קול…
Quand Israël fit précéder « nous ferons » à « nous entendrons »
L’idée centrale
« Entendre » la parole de D.ieu signifie voir que tout est néant devant Lui, et cette annulation de soi découle du « faire ». Par la Torah, les mitsvot et l’effort qui révèle l’amour caché, Israël attire la volonté suprême, qui est au-dessus de 'Hokhma, et édifie ainsi la royauté de D.ieu dans le monde ; voilà pourquoi le secret des anges place le faire en premier.
Le maamar en bref
Le Talmud loue Israël d’avoir fait précéder « nous ferons » à « nous entendrons », à l’image des anges « qui accomplissent Sa parole, pour entendre la voix de Sa parole ». L’Admour Hazaken demande d’abord ce que le Sinaï a apporté, si Avraham observait la Torah, et pourquoi des lois simples furent accompagnées d’une telle révélation. La « grandeur » de D.ieu, Sa parole créatrice, n’est rien devant Lui, et même 'Hokhma n’est qu’une « parole » ; au-dessus d’elle se trouve la volonté suprême, source de la Torah et des mitsvot. Les mitsvot sont les membres du Roi, des réceptacles pour cette volonté, et elles sont liées au temps, tandis que la Torah est leur sang vital, au-dessus du temps. Leur but est la crainte supérieure, « Craignez Havaya » : voir d’en bas comme D.ieu voit d’en haut. Cela brilla au Sinaï ; depuis la faute, on le retrouve progressivement par l’étude de la Torah et la techouva. « Entendre », c’est cette annulation, qui doit être précédée du « faire » : révéler l’amour caché par l’effort, la prière et la techouva, ce qui attire depuis au-delà de l’enchaînement descendant des mondes. Seul Moché, enraciné dans 'Hokhma, koach mah, pouvait entendre la voix elle-même ; par la « force », Israël édifie la parole suprême, jusqu’à ce que Jérusalem soit appelée « Havaya est là ».
Plan
- Le secret des anges et les questions sur le SinaïL’éloge du Talmud pour « nous ferons » placé avant « nous entendrons ». Si Avraham observait la Torah, qu’a apporté le Sinaï, et pourquoi des lois simples furent-elles accompagnées d’une telle révélation ? Le verset « pour craindre Havaya » est la réponse ; il montre que la « grandeur » de D.ieu dans la parole créatrice, et même 'Hokhma, ne sont rien devant Lui.¶1–2
- La pensée primordialeLe « bekadmin » d’Onkelos indique un niveau au-dessus de 'Hokhma : la volonté suprême, la pensée primordiale, qui est la source de la Torah et des mitsvot. Suit un résumé de la section 1.¶3–5
- Les mitsvot comme membres, la Torah comme sangD.ieu descend dans la « grandeur » de la parole en faveur de la Torah et des mitsvot. Les mitsvot sont les membres du Roi, des réceptacles pour Sa volonté, liés au temps et au lieu ; la Torah, le sang (adam, alef-dam), leur donne vie et détermine comment Sa lumière y réside ; elle est donc au-dessus du temps et du lieu.¶6–9
- La crainte supérieureDu point de vue d’en haut, le supérieur est le véritable « quelque chose » et l’inférieur n’est rien ; du point de vue d’en bas, il semble que ce soit l’inverse. Le but de la Torah et des mitsvot est que la perspective d’en bas corresponde à celle d’en haut : la crainte supérieure de « Craignez Havaya », qui consiste à devenir secondaire par rapport au Nom, par opposition à la crainte inférieure de « Que toute la terre craigne ».¶10–11
- Le Sinaï, la faute et le travail d’affinementLa crainte supérieure brilla au Sinaï, lorsque l’impureté d’Israël cessa ; les Patriarches n’avaient la Torah que comme une « charge ». « Tu ne tueras pas » était à la fois un commandement et une promesse. Après la faute, l’étude de la Torah, et surtout le tri du bien et du mal dans la Torah orale, la restaure progressivement ; la techouva répare l’exil.¶12–16
- Entendre, faire et l’amour caché« Entendre la voix de Sa parole » est l’annulation qui voit que tout est la parole de D.ieu ; cela doit être précédé de « accomplir Sa parole », en édifiant la royauté de D.ieu par l’attraction de la volonté suprême. Cela passe par la révélation de l’amour caché au moyen de l’effort dans la Torah et de la prière, en remettant son âme et sa volonté.¶17–18
- La techouva et pourquoi le faire vient en premierLa techouva attire depuis « le plus caché de tous les cachés », au-delà de l’enchaînement descendant des mondes, de sorte que le supérieur et l’inférieur deviennent égaux. Ainsi, « nous ferons » vient en premier : « nous entendrons » en découle, et l’annulation de soi du faire s’élève jusqu’à la pensée primordiale, au-dessus de 'Hokhma.¶19–21
- Moché, « puissants en force » et la ville de D.ieuSeul Moché, enraciné dans 'Hokhma, koach mah, pouvait entendre la voix elle-même ; par lui et par la « force », l’annulation de soi et la soumission du penchant, Israël rectifie la parole suprême et accroît « la force d’Ado-nai ». Jérusalem, aujourd’hui « la ville de notre D.ieu », sera appelée « Havaya est là », et l’étude de la Torah donne déjà un avant-goût de l’écoute de Sa voix.¶22–26
Notions clés
- Grandeur (gedoulah)גדולה
- Le déploiement de D.ieu à travers tous les niveaux pour créer et soutenir les mondes par la parole des Dix Énoncés, « la ville de notre D.ieu ». Devant D.ieu Lui-même, cela est comme rien et ne constitue même pas un de Ses noms.
- La pensée primordiale / la volonté suprêmeמחשבה קדומה / רצון העליון
- Le niveau au-dessus de 'Hokhma auquel fait allusion le « bekadmin » d’Onkelos. Il est la source de 'Hokhma, de la Torah et des mitsvot, et c’est ce que le « nous ferons » atteint.
- Les 248 membres du Roiרמ״ח אברין דמלכא
- Les mitsvot comme réceptacles de la volonté de D.ieu, chacune ayant son propre temps et son propre lieu. La Torah est leur sang — adam lu alef-dam — qui leur donne vie et détermine comment la volonté y réside.
- Crainte supérieure et inférieureיראה עילאה / יראה תתאה
- La crainte inférieure correspond à notre perspective, dans laquelle le monde semble être le véritable « quelque chose ». La crainte supérieure, « Craignez (et) Havaya », voit les choses comme D.ieu les voit : le monde n’est rien et l’homme devient secondaire par rapport à D.ieu.
- Quelque chose et rienיש / אין
- D’en bas, ce qui est visible semble être « quelque chose » et ce qui est supérieur semble être « rien » ; d’en haut, le supérieur est le véritable « quelque chose » et l’inférieur n’est rien.
- « Pour entendre la voix de Sa parole »לשמוע בקול דברו
- L’annulation de soi complète : voir que seule la parole de D.ieu fait exister toute chose. Elle était manifeste au Sinaï ; seul Moché pouvait la supporter pleinement, et elle sera révélée à tous aux Temps futurs.
- « Ceux qui accomplissent Sa parole »עושי דברו
- Attirer la volonté de D.ieu dans la parole suprême par la Torah et les mitsvot, afin qu’Il se révèle comme Roi. Osei signifie aussi « rectifier » : Israël « édifie » et répare la parole suprême.
- L’amour cachéאהבה המסותרת
- L’amour de D.ieu caché en chaque Juif, « le secret révélé à Mes enfants ». Il est éveillé par l’effort dans l’étude approfondie de la Torah, la prière et la techouva.
- Koach mahכח מה
- 'Hokhma comprise comme « la force du “quoi” » : l’annulation de soi, le « que sommes-nous ? » de Moché. C’est d’elle que vient la force de se sacrifier, exprimée par « puissants en force ».
Le secret des anges et les questions sur le Sinaï ¶1–2
1בשעה שהקדימו ישראל נעשה לנשמע יצתה בת קול ואמרה מי גילה לבני רז זה שמלאכי השרת משתמשין בו1 שנא׳ [שנאמר] (תלים סי׳ ק״ג כ׳ [כתב])
« Lorsque les enfants d’Israël placèrent “nous ferons” avant “nous entendrons”, une voix céleste (bat kol) se fit entendre et dit : “Qui a révélé à Mes enfants ce secret dont se servent les anges de service ?” Comme il est dit (Psalms 103:20) :
Le maamar s’ouvre sur un passage du Talmud. Au Sinaï, Israël s’engagea à “faire” la parole de D.ieu avant de l’avoir “entendue”, et une voix céleste s’exclama qu’ils avaient découvert un secret connu jusque-là des seuls anges.
ברכו ה׳ מלאכיו גבורי כח עושי דברו לשמוע בקול דברו2 ברישא עושי והדר לשמוע. (בגמרא פ״ט דשבת דפ״ח סע״א [סוף עמוד א]).
“Bénissez Havaya, vous Ses anges, puissants en force, qui accomplissez Sa parole, pour écouter la voix de Sa parole” : d’abord “qui accomplissez”, puis “pour écouter”. » (Dans la Guemara, chapitre 9 de Chabbat, 88a, à la fin.)
Le verset qualifie d’abord les anges de “ceux qui accomplissent Sa parole”, et dit seulement ensuite “pour écouter la voix de Sa parole”. La Guemara comprend cet ordre comme le secret des anges : accomplir vient avant écouter. Tout le maamar vise à expliquer le sens de cet ordre et pourquoi il constitue un secret.
להבין ענין זה צריך מתחלה להבין ענין מתן תורה והלא כבר קיים אברהם אבינו ע״ה [עליו השלום] את כל התורה3 עד שלא ניתנה כמ״ש וישמור משמרתי
Pour comprendre cette question, il faut d’abord comprendre ce qu’est le don de la Torah. Car Avraham notre père, que la paix soit sur lui, avait certainement déjà observé toute la Torah avant qu’elle ne soit donnée, comme il est écrit : « Il a gardé Ma charge,
Avant de donner son explication, l’Admour Hazaken pose une question fondamentale sur le don de la Torah lui-même. Si Avraham avait déjà observé toute la Torah avant le Sinaï, quelle nouveauté y eut-il lorsqu’elle fut donnée ?
מצותי חקותי ותורתי4, ופרט ד׳ דברים משמרתי אלו מצות ל״ת [לא תעשה]. מצותי אלו מצות עשה וחקותי ותורתי אלו בחי׳ פנימיות של מצות עשה ולא תעשה.5
Mes commandements, Mes statuts et Mes enseignements. » Le verset détaille quatre choses : « Ma charge » désigne les commandements négatifs ; « Mes commandements », les commandements positifs ; et « Mes statuts et Mes enseignements », le niveau de la dimension intérieure (pnimiyout) des commandements positifs et négatifs.
Le verset énumère quatre choses qu’Avraham observa, et l’Admour Hazaken attribue à chacune sa signification : “Ma charge” désigne les interdits, “Mes commandements” les commandements positifs, et “Mes statuts et Mes enseignements” la dimension intérieure des deux. Avraham observa donc non seulement les mitsvot dans leur aspect extérieur, mais aussi leur sens intérieur, ce qui rend la question encore plus pressante.
Le maamar présente son thème — le secret des anges, qui consiste à placer “nous ferons” avant “nous entendrons” — puis ouvre sur une question : qu’a apporté le don de la Torah si Avraham avait déjà observé la Torah, dans ses dimensions extérieure et intérieure ?
Le maamar répond à cette question dans la section 3 : les Patriarches observaient la Torah comme une mishmeret, une « charge » gardée en dépôt, tandis qu’au Sinaï elle fut donnée afin de faire rayonner la terre par une révélation immense et d’une grande intensité.
Maré mekomot
- 1בשעה שהקדימו ישראל נעשה לנשמע יצתה בת קול ואמרה מי גילה לבני רז זה שמלאכי השרת משתמשין בו · Shabbat 88a:8
- 2
- 3קיים אברהם אבינו ע״ה את כל התורה · Yoma 28b:9–10
- 4
- 5
2וכמ״ש למען אשר יצוה12 את בניו וגו׳ [וגומר] והרי היתה התורה ירושה להם מאבותיהם.3 וגם להבין ענין ירידת ה׳ על הר סיני בקולות וברקים בעשרת הדברות
Comme il est écrit : « Afin qu’il ordonne à ses enfants », etc. La Torah était donc un héritage reçu de leurs pères. Il faut également comprendre pourquoi D.ieu descendit sur le mont Sinaï, au milieu du tonnerre et des éclairs, lors des Dix Commandements,
Avraham ordonna à ses enfants de suivre la voie de D.ieu ; la Torah parvint donc à Israël en héritage des Patriarches. Une deuxième question se pose alors : pourquoi D.ieu descendit-Il sur le Sinaï dans un tel fracas de tonnerre et d’éclairs pour donner les Dix Commandements ?
ועל כל דבור ודבור4 פרחה נשמתן ומה כתיב בהון לא תרצח לא תנאף5 וגו׳ [וגומר]. שהם דברים פשוטים6 שגם שכל אנושי מחייבן.
et qu’à chacune des paroles leur âme s’envolait ; et que leur était-il dit ? « Tu ne tueras pas ; tu ne commettras pas d’adultère », etc., des préceptes simples que la raison humaine elle-même impose.
Selon les Sages, l’âme du peuple quittait son corps à chacun des Dix Commandements. Pourtant, nombre des paroles prononcées, telles que « Tu ne tueras pas », sont si simples que la raison humaine les impose déjà. Pourquoi donc une révélation si bouleversante était-elle nécessaire ?
Tout cela s’éclairera en introduisant d’abord ce qui est écrit dans Michné Torah [Deutéronome], après les Dix Commandements : « Lorsque ton fils t’interrogera demain, en disant :
La réponse se trouve dans un passage du Deutéronome qui suit la répétition des Dix Commandements : un fils y interroge son père au sujet des commandements.
מה העדות וגו׳ [וגומר]. ואמרת לבנך וגו׳ [וגומר]. ויצונו ה׳ לעשות את כל החקים האלה ליראה9 את ה׳ וגו׳ [וגומר].
“Que sont ces témoignages”, etc. ? Tu diras à ton fils », etc. ; « Et Havaya nous a ordonné d’accomplir tous ces statuts, afin de craindre Havaya », etc.
La réponse du père s’achève en disant que D.ieu a donné tous ces statuts « afin de craindre Havaya ». Cette expression, qui présente une certaine crainte de D.ieu comme le but des mitsvot, est la clé de tout le maamar.
והוא שאלת בן חכם10 כמ״ש בירושלמי11 (פרק ערבי פסחים ה״ד) בהיות כי הנה כלל כל המצות12 לא שייך אל הנשמה
C’est la question du fils sage, comme il est écrit dans le Talmud de Jérusalem (chapitre Arvei Pesachim, halakha 4), car l’ensemble des mitsvot ne concerne pas l’âme
Le Talmud de Jérusalem attribue au fils sage la question : « Que sont ces témoignages ? » L’Admour Hazaken explique ce qui en fait une question sage : les mitsvot, dans leur ensemble, ne concernent l’âme que lorsqu’elle vit dans un corps.
רק בהיותה מלובשת תוך הגוף הגשמי אשר מצאהו רעות רבות13 ועליו שייך הציווי סור מרע שהגוף נמשך אחריו ועשה טוב בקיום מצות עשה המצות מעשיות בגשמיות כמו ציצית ותפילין ושופר וסוכה ולולב ודומיהן.
si ce n’est lorsqu’elle est revêtue dans le corps physique, qui a connu de nombreux maux, et auquel s’applique l’ordre : « Écarte-toi du mal », car le corps est attiré par lui, puis : « fais le bien », en accomplissant les commandements positifs, les mitsvot d’action réalisées au moyen d’objets matériels, comme les tsitsit, les tefilin, le chofar, la souka, le loulav et autres choses semblables.
Les deux catégories de commandements s’adressent au corps. « Écarte-toi du mal » est nécessaire parce que le corps est attiré par le mal, tandis que « fais le bien » désigne les commandements positifs, accomplis au moyen d’objets matériels tels que les tsitsit, les tefilin, le chofar, la souka et le loulav.
משא״כ הנשמה לעצמה בטרם ירידתה לעוה״ז [לעולם הזה] להתלבש בגוף לא היתה צריכה לכך וא״כ [ואם כן] למה זה ירדה14 הנשמה כל כך
Tandis que l’âme, prise en elle-même, avant sa descente en ce monde pour être revêtue dans un corps, n’en avait pas besoin. Dès lors, pourquoi l’âme est-elle descendue si bas,
Avant de descendre dans un corps, l’âme, prise en elle-même, n’avait besoin d’aucune de ces choses. Il faut donc se demander pourquoi elle a dû descendre si bas.
להתלבש בגוף גשמי בשביל קיום מצות מעשיות ומה יתרון לה בכל עמלה,15 וע״ז [ועל זה] תירץ לנו הכתוב כי תכלית כל המצות כדי ליראה את16 ה׳ וגו׳ [וגומר].
pour être revêtue dans un corps physique afin d’accomplir les mitsvot d’action ? Quel avantage retire-t-elle de tout son labeur ? Le verset nous répond à cela : le but de toutes les mitsvot est « de craindre Havaya », etc.
Que retire l’âme de tout l’effort que représentent les mitsvot matérielles ? Le verset répond que leur but est « de craindre Havaya » ; le maamar expliquera ensuite de quelle sorte de crainte il s’agit.
וביאור הענין הנה כתיב לך ה׳ הגדולה וגו׳ [וגומר] (בד״ה א׳ כ״ט) כי מה שהקב״ה [שהקדוש ברוך הוא] נק׳ גדול כמ״ש גדול ה׳ ומהולל מאד17 אמרו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] אימתי נקרא גדול כשהוא בעיר אלקינו18 פי׳
Et voici l’explication de la chose. Il est écrit : « À Toi, Havaya, la grandeur », etc. (I Chronicles 29). Quant au fait que le Saint béni soit-Il soit appelé « grand », comme il est écrit : « Grand est Havaya et hautement loué », nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Quand est-Il appelé grand ? Lorsqu’Il est dans la ville de notre D.ieu. » Cela signifie
Pour expliquer cela, l’Alter Rebbe part du verset « À Toi, Havaya, la grandeur ». Les Sages enseignent que D.ieu est appelé « grand » lorsqu’Il est « dans la ville de notre D.ieu » : la grandeur ne Lui est attribuée que dans un cadre particulier.
כי מה שנקרא גדול על שם גדולתו שמתפשט מריש כל דרגין עד סוף כל דרגין להוות מאין ליש כל הנאצלים והנבראים וכו׳ ולהחיותם ולקיימם
que s’Il est appelé grand, c’est en raison de Sa grandeur, qui s’étend depuis le sommet de tous les degrés jusqu’à leur terme, afin de faire advenir du néant à l’existence tous les êtres émanés et créés, etc., et de leur donner vie et de les maintenir,
La « grandeur » désigne ici le fait que Sa puissance s’étend à travers tous les degrés, du plus élevé au plus bas, afin de faire passer tous les êtres émanés et créés du néant à l’existence et de les maintenir en vie.
כדכתיב אתה עשית את השמים19 וגו׳ [וגומר] ואתה מחיה את כולם וכמה רבוא רבבות עולמות תלוי במאמרו.
comme il est écrit : « C’est Toi qui as fait les cieux », etc., « et Tu donnes vie à tous » ; et tant de myriades de myriades de mondes dépendent de Sa parole,
Le verset de Nehemiah dit que D.ieu a fait les cieux et donne vie à tous. Des mondes innombrables dépendent de Sa parole.
כמ״ש היש מספר לגדודיו20 וגו׳ [וגומר]. הנה מדת גדולה זו אינה נחשבת ואינה נקראת בשם גדולה כלל
comme il est écrit : « Ses légions sont-elles dénombrables ? », etc. Or, cet attribut de grandeur n’est nullement considéré ni appelé du nom de « grandeur »,
La question de Job, « Ses légions sont-elles dénombrables ? », exprime l’immensité de la Création. Pourtant, cet attribut n’est appelé « grandeur » que dans un sens limité, comme l’explique la suite.
אלא בהתהוות כח הפועל בנפעל ע״י עשרה מאמרות בצירופי אותיות כמ״ש במ״א (וזשארז״ל [וזהו שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] פ״ט דברכות דנ״ח סע״א [סוף עמוד א] לך ה׳ הגדולה זו מעשה בראשית21).
si ce n’est lorsque la puissance de l’Agent prend forme dans ce qui est façonné, par les Dix Paroles, au moyen de combinaisons de lettres, comme cela est expliqué ailleurs. (C’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit au chapitre 9 de Berachos, 58a, à la fin : « À Toi, Havaya, la grandeur » : cela désigne l’œuvre de la Création.)
Il s’agit de grandeur uniquement en tant que puissance du Créateur s’exprimant dans ce qu’Il crée, par les Dix Paroles de la Création et les combinaisons de leurs lettres. De même, la Guemara interprète « À Toi, la grandeur » comme désignant l’œuvre de la Création.
והנה האותיות נקראין אבנים והצירופים נקראו בתים כמ״ש בספר יצירה שני אבנים בונות22 שתי בתים וכלליות כל הצירופים נקרא בשם עיר
Or, les lettres sont appelées des « pierres », et les combinaisons, des « maisons », comme il est écrit dans le Sefer Yetzirah : « Deux pierres bâtissent deux maisons. » L’expression générale et collective de toutes les combinaisons est appelée « ville »,
Le Sefer Yetzirah appelle les lettres des « pierres » et leurs combinaisons des « maisons ». Toutes les combinaisons réunies forment une « ville » ; la « ville de notre D.ieu » désigne donc l’ensemble de la parole divine qui crée les mondes.
(ועמ״ש בד״ה אלה פקודי המשכן2324 בענין פי׳ כעיר שחוברה לה יחדו25 י״ל [יש לומר] דהיינו צירופי אותיות המחשבה המהווה עלמין סתימין וצירופי אותיות הדבור המהוה עלמין דאתגליין).
(et voyez ce qui est écrit dans le discours commençant par « Voici les comptes du Michkan », à propos du sens de « comme une ville qui est unie en elle-même » : on peut dire qu’il s’agit des combinaisons des lettres de la pensée, qui font advenir les mondes cachés (almin stimin), et des combinaisons des lettres de la parole, qui font advenir les mondes révélés (almin d’isgalyan)).
Cette remarque renvoie au discours « Voici les comptes du Michkan », dans la paracha de Pekoudei, à propos du verset « comme une ville qui est unie ». Elle suggère que la « ville » désigne deux ensembles de combinaisons : les lettres de la pensée, qui créent les mondes cachés, et les lettres de la parole, qui créent les mondes révélés.
וזהו אימתי נקרא גדול כשהוא בעיר אלקינו. אבל לגבי קוב״ה [קודשא בריך הוא] בכבודו ובעצמו אינו נקרא בשם גדול כלל
Et c’est là le sens de : « Quand est-Il appelé grand ? Lorsqu’Il est dans la ville de notre D.ieu. » Mais, en ce qui concerne le Saint béni soit-Il dans Sa gloire et dans Son essence même, Il n’est nullement appelé du nom de « grand »,
C’est pourquoi les Sages disent que D.ieu n’est appelé « grand » que « dans la ville », c’est-à-dire dans le domaine de la parole créatrice. En ce qui concerne D.ieu Lui-même, « grand » n’est aucunement un nom qui Lui soit attribué.
כי אני ה׳ לא שניתי26 כתיב ואתה הוא קודם שנברא העולם כו׳ ובמקום שאתה מוצא גדולתו27 שם אתה מוצא ענותנותו
car il est écrit : « Moi, Havaya, je n’ai pas changé » ; et : « Tu es Lui avant que le monde ne soit créé », etc. ; et : « Là où l’on trouve Sa grandeur, on trouve aussi Son humilité »,
D.ieu ne change pas en créant ; Il est le même avant la Création et après. Les Sages ajoutent que Sa grandeur va de pair avec l’humilité, car créer est en soi un acte par lequel Il s’abaisse.
כי נשגב שמו לבדו28 רק הודו על ארץ ושמים בחי׳ הוד וזיו לבד שמתגלה בחי׳ מציאת התפשטותו ולא מהותו כי ולגדולתו אין חקר2930 כתיב.
car « Son Nom seul est exalté » ; seul « Son éclat est sur la terre et le ciel » : c’est le niveau du seul éclat et rayonnement, où se révèle l’existence de Son extension, et non Son essence ; car il est écrit : « Sa grandeur est insondable ».
Le Psaume 148 dit que Son Nom seul est exalté et que seul Son « éclat », simple rayonnement, repose sur la terre et le ciel. Ce que la création révèle, c’est le fait qu’Il se déploie, non ce qu’Il est, car Sa grandeur propre dépasse toute recherche.
וזהו לך ה׳ הגדולה שמדת גדולה זו בטל אליך ואינה עולה בשם כלל,31 (וזהו לך הוי׳ הגדולה שלהיות התהוות בחי׳ גדולה זהו ע״י שם הוי׳ דהיינו יו״ד צמצום כו׳
Et c’est là le sens de « À Toi, Havaya, est la grandeur » : cet attribut de grandeur est annulé devant Toi et n’est nullement compté comme un Nom. (Et c’est là le sens de « À Toi, Havaya, est la grandeur » : le niveau de grandeur vient à l’existence par le Nom Havaya, c’est-à-dire par le youd, [qui représente] le tsimtsoum (contraction), etc.
Ainsi, « À Toi, Havaya, est la grandeur » signifie que cette grandeur est annulée devant Lui et ne compte même pas comme un Nom. La parenthèse ajoute que la grandeur vient à l’existence par le Nom Havaya, dont la première lettre, le youd, représente le tsimtsoum (contraction).
ולכן בחי׳ גדולה זו כלא חשיבא לגבי עצמותו ית׳ ובחי׳ אין ממש. וע״ד [ועל דרך] שנתבאר בד״ה אחרי ה׳ אלקיכם תלכו32 בפי׳ שהבריאה נק׳ יש מאין.
C’est pourquoi ce niveau de grandeur est considéré comme rien en relation avec Son essence, béni soit-Il, et relève du néant véritable (ayin). Cela s’éclaire par ce qui a été expliqué dans le discours qui commence par « Après Havaya, votre D.ieu, vous marcherez », à propos du fait que la création est appelée « quelque chose à partir du néant » :
La grandeur n’est donc rien en comparaison de Son essence. L’Alter Rebbe renvoie au discours « Après Havaya, votre D.ieu, vous marcherez », qui explique pourquoi la création est appelée « quelque chose à partir du néant ».
שנמשך ונתהוה מהארה בעלמא שהיא בחי׳ אין וכלא חשיבא אצלו ית׳ וכמ״ש לקמן אות ג׳ שאצלו ית׳ כל מה שלמעלה נקרא בחי׳ יש לגבי שלמטה הימנו כו׳
car elle est tirée et vient à l’existence d’un simple reflet, qui est le niveau du néant et n’est rien devant Lui, béni soit-Il ; comme il est écrit plus loin, à la section 3, que devant Lui, béni soit-Il, tout ce qui est au-dessus est appelé le niveau de « quelque chose » (yech) par rapport à ce qui est en dessous, etc.
La création est « quelque chose à partir du néant » parce qu’elle provient d’un simple reflet, qui n’est lui-même rien devant Lui. L’Alter Rebbe renvoie aussi à la section 3 : du point de vue de D.ieu, le niveau supérieur est le véritable « quelque chose », tandis que le niveau inférieur est néant.
ע״כ [על כן] גם בחי׳ הגדולה שבבחי׳ עיר אלקינו היינו הדבור עליון המהווה מאין ליש נקרא אין ממש ועמ״ש מענין לך ה׳ הגדולה בת״א [בתורה אור] פ׳ ויצא בד״ה וישכם לבן. ובפ׳ וארא בד״ה וידבר אלקים אל משה).
Par conséquent, même le niveau de grandeur qui se trouve dans le niveau de « la ville de notre D.ieu », c’est-à-dire la parole supérieure, qui fait venir à l’existence de rien quelque chose, est appelé néant véritable. Voyez aussi ce qui est écrit au sujet de « À Toi, Havaya, est la grandeur » dans Torah Ohr, Parshas Vayetzei, dans le discours qui commence par « Et Lavan se leva de bon matin », et dans Parshas Va’era, dans le discours qui commence par « Et D.ieu parla à Moché ». )
Ainsi, même la grandeur de « la ville de notre D.ieu » — la parole supérieure qui fait venir toutes choses à l’existence — est néant véritable devant Lui. Deux discours de Torah Ohr sur ce verset sont cités pour une étude complémentaire.
(וע׳ [ועיין] עוד על פסוק זה ברבות ר״פ ואלה המשפטים.33 ובפ׳ במדבר פרשה34 א׳ דר״י [דרבינו יצחק] ע״א זח״א [זהר חלק א] בראשית דל״א סע״ב [סוף עמוד ב].35 ויחי דרמ״א סע״א [סוף עמוד א].36 ח״ב [חלק ב׳] פ׳ בא מ״ב סע״ב [סוף עמוד ב].37 ח״ג [חלק ג׳] אמור פ״ט א׳ צ״ב38 א׳. נשא קל״ז ב׳.39 האזינו דרצ״ה סע״א [סוף עמוד א]).40
(Voyez aussi, au sujet de ce verset, Midrash Rabbah, au début de Parshas Ve’eleh HaMishpatim, et Parshas Bamidbar, section 1, 210a ; Zohar I, Bereishis, 31b, à la fin ; Vayechi, 241a, à la fin ; Zohar II, Parshas Bo, 42b, à la fin ; Zohar III, Emor, 89a, 92a ; Naso, 137b ; Haazinu, 295a, à la fin.)
Cette liste renvoie à des passages du Midrash et du Zohar qui commentent « À Toi, Havaya, est la grandeur ». Plusieurs d’entre eux interprètent les termes du verset — grandeur, puissance, beauté et les autres — comme désignant les attributs divins.
וכמשל דבור האדם שבטל לגבי מקור חוצבו שהוא הבל הלב כך כביכול עד״מ [על דרך משל] הנה כתיב דבר מלך שלטון41 שבחינת גדולה והתפשטות זו נקרא בשם דבור שכמו הדבור של האדם אינו
Et [cela est comparable à] la parole d’un homme, qui est annulée par rapport à sa source, dont elle est issue, à savoir le souffle du cœur ; ainsi en est-il, pour ainsi dire, par analogie. Or, il est écrit : « La parole du roi est souveraine » : ce niveau de grandeur et d’extension est appelé « parole » ; car, de même que la parole d’un homme n’est pas
L’analogie est celle de la parole humaine, qui n’est rien à côté de sa source, le souffle du cœur. « La parole du roi est souveraine » montre que la grandeur et l’extension de D.ieu sont appelées « parole » pour la même raison, comme l’explique la suite.
אלא לזולתו כך גדולה והתפשטות זו אינו אלא להוות כל הנמצאים וכו׳ וכשם שאין ערך דבור אחד של אדם לגבי מדותיו ומכ״ש [ומכל שכן] לגבי השכל.
uniquement pour autrui ; ainsi, cette grandeur et cette extension ne servent qu’à faire exister tous les êtres, etc. De même qu’une seule parole d’un homme ne saurait être comparée à ses attributs émotionnels (midot), et moins encore à son intellect,
La parole n’existe que pour autrui ; de même, cette grandeur ne sert qu’à faire exister les créatures. Un seul mot d’un homme ne saurait être comparé à ses sentiments, et moins encore à son intellect.
כך אין ערך מדת גדולה זו שהיא רק התפשטות מב׳ אותיות משמו של הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] כמ״ש בי״ה ה׳ צור עולמים42 ביו״ד נברא עוה״ב [עולם הבא]43 ובה׳ עוה״ז [עולם הזה]
il en va ainsi de cet attribut de grandeur, qui ne saurait Lui être comparé, car il n’est qu’une extension de deux lettres du Nom du Saint béni soit-Il, comme il est écrit : « Par Yah, Havaya a formé les mondes » : par le youd fut créé le Monde futur, et par le hé, ce monde-ci.
De même, la grandeur de D.ieu n’est qu’une extension de deux lettres de Son Nom, youd et hé. La Guemara interprète le verset « Par Yah, Havaya a formé les mondes » comme enseignant que D.ieu créa le Monde futur par le youd et ce monde-ci par le hé.
Et ce qui vaut pour Son attribut de grandeur, béni soit-Il, vaut aussi pour tous Ses attributs ; car il est écrit : « Car tout ce qui est dans les cieux et sur la terre », ce qui signifie que tout est annulé devant Lui, béni soit-Il.
Ce qui est vrai de la grandeur est vrai de tous Ses attributs. Le verset « Car tout ce qui est dans les cieux et sur la terre » est interprété comme signifiant que tout est annulé devant Lui.
(ועיין מענין כי כל בשמים ובארץ ברבות ר״פ תרומה.48 זח״ב [זהר חלק ב׳] משפטים קט״ז49 א׳ נשא קמ״ח50 א׳. שלח קס״ח ב׳. פנחס דרנ״ז סע״א [סוף עמוד א].51
(Voir, au sujet de « Car tout ce qui est dans les cieux et sur la terre », Midrash Rabbah, au début de Parshas Terumah ; Zohar II, Mishpatim, 116a ; Naso, 148a ; Shelach, 168b ; Pinchas, 257a, à la fin.
Voici d’autres références dans le Midrash et le Zohar au sujet de « Car tout ce qui est dans les cieux et sur la terre ».
וז״ש [וזהו שכתוב] ברבות ריש קהלת ע״פ הבל הבלים5253 ששבעה הבלים שאמר קהלת כנגד שבעת ימי בראשית54 כו׳ ע״ש [עיין שם] שהם בחי׳ ז׳ מדות הנ״ל שהם רק בחי׳ הבל והארה בעלמא שאין נוגע כלל למהותו ועצמותו ית׳. וע׳ [ועיין] מזה בזח״ג [בזהר חלק ג] תזריע דמ״ז ב׳).55
C’est ce qui est dit dans Midrash Rabbah, au début de Kohelet, à propos du verset « Vanité des vanités » : les sept vanités (havalim) dont parle Kohelet correspondent aux sept jours de la Création, etc. (voir là-bas) ; elles sont le niveau des sept attributs émotionnels (midot) mentionnés plus haut, qui ne sont que le niveau d’un souffle (hevel) et d’un simple reflet, sans toucher aucunement à Son être et à Son essence, béni soit-Il. Voir à ce sujet Zohar III, Tazria, 47b.)
Kohelet Rabbah dit que les sept « vanités » (havalim) du verset correspondent aux sept jours de la Création. L’Admour Hazaken les interprète comme les sept midot, dont chacune n’est qu’un « souffle » (hevel), un reflet qui ne touche pas à l’essence de D.ieu ; cela rappelle le souffle du cœur dans l’analogie de la parole.
וכך הוא בבחי׳ חכמתו ובינתו ית׳ שאפילו בחי׳ חכמה עילאה קמיה ית׳ כלא ממש נחשב
Il en va de même du niveau de Sa 'Hokhma (sagesse) et de Sa Bina (compréhension), béni soit-Il : même le niveau de la 'Hokhma supérieure est considéré devant Lui, béni soit-Il, comme rien, au sens propre,
Les midot, mais aussi la 'Hokhma et la Bina, ne sont rien devant D.ieu. Même la 'Hokhma supérieure, le plus haut niveau de révélation, est considérée comme rien devant Lui.
אלא שכך עלה ברצונו להמשיך אור א״ס [אין סוף] ב״ה בעשר ספירות שתהיינה בחי׳ חכמה ובינה כו׳.
mais il en a été ainsi selon Sa volonté : faire descendre la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, dans les dix Séfirot, afin qu’il y ait les niveaux de 'Hokhma et de Bina, etc.
La sagesse et la compréhension divines n’existent que parce que D.ieu a voulu faire descendre Sa Lumière infinie dans les dix Séfirot. Elles expriment Sa volonté, et ne mesurent pas Son essence.
וכמאמר רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] בראשית נמי מאמר הוא56 שראשית הגילוי הוא בחי׳ חכמה ג״כ אינה אלא בחי׳ מאמר ועשיה כי מאמר ועשיה הכל אחד כמאמר ברוך אומר ועושה.
Et comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « “Au commencement” est également une parole » : le début de la révélation, qui est le niveau de la 'Hokhma, n’est lui aussi que parole et action ; car parole et action ne font qu’un, comme le dit la formule : « Béni soit Celui qui dit et accomplit. »
La Guemara compte le mot « Au commencement » parmi les Dix Paroles de la Création. Ainsi, même le début de la révélation, la 'Hokhma, est une « parole », une forme d’action ; la formule liturgique « Béni soit Celui qui dit et accomplit » montre que parole et action ne font qu’un.
והנה כתיב ה׳ בחכמה יסד ארץ57 פי׳ שבחי׳ ארץ היא בחי׳ דבר ה׳ דעשרה מאמרות שנברא העולם יסודו של בחינת הדבור הוא בחכמה
Or, il est écrit : « Havaya a fondé la terre par la sagesse. » Cela signifie que le niveau de la « terre » est celui de la parole de D.ieu des Dix Paroles par lesquelles le monde fut créé ; le fondement du niveau de la parole réside dans 'Hokhma.
Les Proverbes disent que D.ieu a fondé la terre par la sagesse. L’Alter Rebbe interprète la « terre » comme la parole divine qui crée le monde, et enseigne que son fondement est 'Hokhma.
(עמ״ש מזה באג״ה [באגרת הקודש] ע״פ ארץ אשר58 כו׳ עיני ה׳ כו׳ וע״פ ויעש דוד שם)59 כמו ע״ד [על דרך] משל באדם הגשמי שצרופי האותיות הם מחכמה
(Voir ce qui est écrit à ce sujet dans Iggeres HaKodesh, sur le verset « Un pays où… », etc., « les yeux de Havaya », etc., et sur le verset « David se fit un nom »), comme, à titre d’analogie, chez l’homme physique, où les combinaisons de lettres proviennent de la sagesse ;
Cette remarque renvoie à deux lettres d’Iggeres HaKodesh. L’analogie avec l’homme est que les lettres de la parole proviennent de l’intellect.
שהרי התינוק כל זמן שאין בו דעת לא יכול לדבר. וזהו בראשית ברא אלקים60 ות״י [ותרגום ירושלמי] בחוכמתא.
car un nourrisson ne peut pas parler tant qu’il n’a pas de Daat (connaissance). Et c’est là [le sens de] « Au commencement, D.ieu créa », que le Targoum Yerouchalmi rend par « Par la sagesse ».
Un bébé ne peut pas parler avant d’avoir acquis la compréhension. C’est pourquoi « Au commencement (Berechit), D.ieu créa » est rendu par le Targoum Yerouchalmi par « par la sagesse » : la création par la parole prend sa source dans la sagesse.
ואמרו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] בראשית נמי מאמר61 הוא פי׳ כדי שיומשך דבר ה׳ למטה בתחתונים יהי אור וגו׳ [וגומר]62 יהי רקיע63 וגו׳ [וגומר]. הוצרך להיות ראשית הגילוי בחכמה בכללות.6465666768697071
Et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « “Au commencement” est également une parole. » Cela signifie que, pour que la parole de D.ieu soit amenée ici-bas, dans les mondes inférieurs — « Que la lumière soit », etc., « Qu’il y ait un firmament », etc. —, le commencement de la révélation devait être en 'Hokhma, dans son expression générale et collective.
La formule « “Au commencement” est également une parole » signifie que, pour que les paroles particulières telles que « Que la lumière soit » puissent être amenées dans les mondes inférieurs, il fallait d’abord une révélation générale en 'Hokhma. Le paragraphe suivant explique comment elle se divise ensuite en neuf autres paroles.
Ce paragraphe expose les questions : pourquoi le Sinaï était-il nécessaire si les Patriarches observaient la Torah ? Pourquoi des lois simples furent-elles accompagnées d’une révélation si puissante ? Et pourquoi l’âme descend-elle ? Il indique comme réponse l’expression « afin de craindre Havaya ». Il pose ensuite le cadre : la « grandeur » de D.ieu, la création par la parole et même la 'Hokhma ne sont rien devant Lui.
Le Tséma'h Tsédek (Or HaTorah, Bamidbar) objecte que, telle quelle, l’expression « afin de craindre Havaya » ne répond pas à la question : l’âme, dans les mondes supérieurs, connaissait déjà une crainte plus grande, sans corps. La réponse doit donc porter sur une crainte particulière, accessible uniquement à l’âme dans un corps ; le maamar la définit dans la section 3 comme la perception de l’infériorité comme rien et de la réalité supérieure comme le véritable « quelque chose ».
Maré mekomot
- 1למען אשר יצוה · שם יח, יט.
- 2
- 3היתה התורה ירושה להם מאבותיהם · Yoma 28b
- 4על כל דיבור ודיבור · Shabbat 88b:3–4
- 5לא תרצח ולא תנאף · Exodus 20:13
- 6נשמתן — שהם דברים פשוטים · ראה לקו״ש חט״ו ע׳ 329.
- 7כי ישאלך בנך מחר · Deuteronomy 6:20
- 8
- 9
- 10שאלת בן חכם · Jerusalem Talmud Pesachim 10:5
- 11כמ״ש בירושלמי · ”תני ר״ח . . בן חכם מהו אומר מה העדות כו׳ אף אתה אמור לו בחוזק יד כו׳ וצ״ל שפסוק זה נאמר ס״פ בא י״ג י״ד בתשובה לבן טיפש, וי״ל משום שכאן ג״כ נזכר ויוציאנו ה׳ ממצרים ביד חזקה” — אוה״ת ואתחנן ע׳ שצט ע״ש בארוכה.
- 12כי הנה כלל כל המצות · ראה אוה״ת ואתחנן ע׳ ת. ויקרא-ג תשנ״ח.
- 13
- 14וא״כ למה זה ירדה · ראה לעיל פ׳ אחרי כה, ג. ובארוכה באוה״ת ואתחנן ע׳ ת.
- 15ומה יתרון לה בכל עמלה · Ecclesiastes 1:3
- 16וע״ז תירץ לנו . . כדי ליראה את ה׳ · באוה״ת במדבר ע׳ קנז מפרש יותר בארוכה דאין זה תירוץ כלל ”דאטו כשהנשמה היתה למעלה לא הי׳ לה יראה אדרבה כשהיא בלא גוף ודאי יש לה יראה יותר גדולה” ע״ש.
- 17גדול ה׳ ומהולל מאד · Psalms 48:2
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- 19אתה עשית את השמים · Nehemiah 9:6
- 20היש מספר לגדודיו · Job 25:3
- 21
- 22
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- 24
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- 30ולגדולתו אין חקר · Psalms 145:3
- 31ואינה עולה בשם כלל · ראה באוה״ת וירא צב, א מה שהקשה ע״ז.
- 32
- 33ברבות ר״פ ואלה המשפטים · ”הגדולה שלי והחוסן שלי וכן דוד אומר לך ה׳ הגדולה” — יהל אור ע׳ שצ.
- 34ובפ׳ במדבר פרשה א׳ · ”כשם שיש לי תלוי ראש על כל באי עולם שנאמר לך ה׳ הגדולה כו׳” — אוה״ת בראשית-א דף כב, ב. יהל אור ע׳ שצ.
- 35זח״א בראשית דל״א סע״ב · ”ארזי לבנון לך ה׳ הגדולה כו׳” — אוה״ת נ״ך-א ע׳ תשיד.
- 36ויחי דרמ״א סע״א · ”שבעה עינין עילאין לקביל הא דכתיב לך ה׳ הגדולה” — אוה״ת שם.
- 37ח״ב פ׳ בא מ״ב סע״ב · ”בענין והכהו לשבעה נחלים וקרא לון גדולה וגבורה תפארת כו׳ וקרא גרמי׳ גדול בגדולה” — אוה״ת בראשית-א דף צב, א.
- 38צ״ב א׳ · ”ע״פ והי׳ שבעת ימים תחת אמו, תחת אמו אתעטרו שבעת ימים דכתיב לך ה׳ הגדולה והגבורה . . וכמ״ש במק״מ פ׳ אמור שם לך ה׳ היינו בינה והוא ענין וגולה על ראשה”, — אוה״ת נ״ך-א ע׳ תשטו. וראה גם באוה״ת בראשית-א דף צב, ב. ובכרך-ו דף תתרלג, א.
- 39נשא קל״ז ב׳ · ”כתיב הכא גבורות וכתיב התם לך ה׳ הגדולה והגבורה אלא הכי תאנא כד אתחברן כולהו גבוראן כחדא אתקרי גבורה”, — אוה״ת נ״ך-א ע׳ תשטו.
- 40האזינו דרצ״ה סע״א · ”דשירותא דדיקנא מחסד עילאה דכתיב לך ה׳ הגדולה כו׳”, — אוה״ת נ״ך-א ע׳ תשטו.
- 41דבר מלך שלטון · Ecclesiastes 8:4
- 42בי-ה ה׳ צור עולמים · Isaiah 26:4
- 43ביו״ד נברא עוה״ב · Menachot 29b:13–14
- 44כי כל בשמים ובארץ · I Chronicles 29:11
- 45כי כל בשמים ובארץ · Zohar, Mishpatim 10:405–11:414
- 46כי כל בשמים ובארץ · Zohar, Nasso 19:188–23:197
- 47כי כל בשמים ובארץ · Zohar, Pinchas 121:831–123:842
- 48ברבות ר״פ תרומה · ”פ׳ ל״ג כל מה שיש בשמים יש בארץ כו׳”, — אוה״ת נ״ך-א ע׳ תשטו.
- 49זח״ב משפטים קט״ז א׳ · ”הה״ד כי כל בשמים כו׳”, — אוה״ת נ״ך-א ע׳ תשטו.
- 50נשא קמ״ח א׳ · ”וה׳ ברך את אברהם בכל כדכתיב כי כל בשמים”, — אוה״ת נ״ך-א ע׳ תשטו.
- 51פנחס דרנ״ז סע״א · ”תפלת כל פה לית כל אלא צדיק דכתיב כי כל בשמים כו׳”, — אוה״ת נ״ך-א ע׳ תשטו.
- 52
- 53הבל הבלים · Ecclesiastes 1:2
- 54ששבעה הבלים שאמר קהלת כנגד שבעת ימי בראשית · Kohelet Rabbah 1:2
- 55בזח״ג תזריע דמ״ז ב׳ · נתבאר באוה״ת ויקרא-א ע׳ רנח ואילך. ביאה״ז להצ״צ-ב ע׳ תתעז ואילך.
- 56בראשית נמי מאמר הוא · Rosh Hashanah 32a:19–20
- 57ה׳ בחכמה יסד ארץ · Proverbs 3:19
- 58באג״ה ע״פ ארץ אשר עיני ה׳ · סי׳ יד (קכ, א).
- 59וע״פ ויעש דוד שם · סי׳ ה (קו, ב).
- 60
- 61ואמרו רז״ל בראשית נמי מאמר · ראה גם לקמן פ׳ האזינו עב, ג. אוה״ת ויקרא-ג ע׳ תתעח. אוה״ת פ׳ ואתחנן ע׳ תיד.
- 62יהי אור וגו׳ יהי רקיע · Genesis 1:3–6
- 63יהי אור . . יהי רקיע · Genesis 1:3
- 64ירידת ה׳ על ה״ס בקולות וברקים · Exodus 19:16
- 65בס״י שתי אבנים · פ״ד, מט״ו.
- 66לך ה׳ הגדולה · Zohar, Bereshit 35:339–36:352
- 67לך ה׳ הגדולה · Zohar, Vayechi 64:651–65:661
- 68לך ה׳ הגדולה · Zohar, Bo 15:214–225
- 69לך ה׳ הגדולה · Zohar, Emor 17:63–18:74
- 70לך ה׳ הגדולה · Zohar, Idra Rabba 29:220–30:230
- 71לך ה׳ הגדולה · Zohar, Idra Zuta 35:162–36:172
La pensée primordiale ¶3–5
3ואח״כ [ואחר כך] נחלק לפרטיות בתשעה מאמרות אחרות ותרגם אונקלוס בראשית בקדמין רומז על בחינה יותר עליונה שהוא ענין קדמות השכל מחשבה קדומה
Et ensuite, elle se divise en éléments particuliers dans neuf autres paroles. Onkelos a traduit « Au commencement » (berechit) par « bekadmin » (« auparavant »), ce qui fait allusion à un niveau encore plus élevé : ce qui précède l’intellect (kadmout hasse’hel), la pensée primordiale (ma’hachava kedouma),
Après la révélation générale dans 'Hokhma, la création se divise en neuf paroles particulières. Onkelos traduit « berechit » par « bekadmin », « auparavant », un terme issu de la racine kedem, « primordial » ; l’Admour Hazaken y entend une allusion à un niveau au-dessus de 'Hokhma : la pensée primordiale, qui précède l’intellect.
דהיינו בחי׳ רצון העליון מקור להיות בחי׳ חכמה ראשית הגילוי כי מה שהחכמה נקרא ראשית הוא בערך הנאצלים והנבראים וכו׳ משא״כ לפניו ית׳ הרי רם ונשא רבבות מדרגות כו׳
c’est-à-dire le niveau de la volonté suprême, source du niveau de 'Hokhma (sagesse), le commencement de la révélation. Car si 'Hokhma est appelée « commencement », cela ne vaut que par rapport aux êtres émanés et créés, etc. ; tandis qu’avant Lui, béni soit-Il, Il est élevé et sublime de myriades de degrés, etc.,
Ce niveau est la volonté suprême, source de 'Hokhma. 'Hokhma n’est un « commencement » que du point de vue des êtres créés ; D.ieu Lui-même est infiniment au-dessus.
שאפילו שנקרא חכים ולא בחכמה ידיעה12 וכו׳ מ״מ [מכל מקום] הרי לית מחשבה תפיסא ביה3 ולא שייך לקרותו אפילו בשם זה כלל ועליו נאמר כולם בחכמה עשית שאפילו חכמה עילאה נחשבת כעשיה גשמיות לפניו.4
de sorte que, bien qu’Il soit appelé « sage, mais non d’une sagesse connaissable », etc., néanmoins, « aucune pensée ne peut Le saisir », et il ne convient pas de L’appeler même par ce nom. Et de Lui il est dit : « Tu les as tous faits avec sagesse » : même la 'Hokhma suprême est considérée comme une action matérielle devant Lui.
Le Tikkouné Zohar dit qu’Il est « sage, mais non d’une sagesse connaissable » et qu’« aucune pensée ne peut Le saisir » ; ainsi, même le nom « sage » ne s’applique pas véritablement à Lui. C’est pourquoi le verset dit : « Tu les as tous faits avec sagesse » : même la 'Hokhma suprême est, devant Lui, comme une action matérielle.
Ce paragraphe remonte au-delà de 'Hokhma, jusqu’à la volonté suprême, à la « pensée primordiale » évoquée par le « bekadmin » d’Onkelos, et montre que, devant D.ieu, même la 'Hokhma suprême n’est qu’une « action ».
Dans le Pata’h Eliyahou, le même passage poursuit en disant que D.ieu n’a pas de lieu connu et que ces termes ne sont employés que pour faire connaître Sa puissance aux hommes ; c’est pourquoi l’Admour Hazaken dit que même le nom « sage » ne s’applique pas proprement à Lui.
Maré mekomot
- 1חכים ולא בחכמה ידיעא · ת״ז בהקדמה (פתח אלי׳).
- 2חכים ולא בחכמה ידיעה · Tikkunei Zohar 17b:3–4
- 3לית מחשבה תפיסא ביה · Tikkunei Zohar 17a:10–12
- 4כולם בחכ׳ עשית · Psalms 104:24
4וזהו סוף מעשה במחשבה תחלה. פי׳ מה שהוא ראשית הגילוי שהוא בחי׳ חכמה הוא סוף מעשה של הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] ע״כ [על כן] תרגם אונקלוס בראשית בקדמין
Et c’est là [le sens de] « Dernier dans l’action, premier dans la pensée. » Cela signifie que ce qui constitue le commencement de la révélation, le niveau de 'Hokhma (sagesse), est le terme de l’action du Saint béni soit-Il. C’est pourquoi Onkelos a rendu « Au commencement » par « bekadmin »,
« Dernier dans l’action, premier dans la pensée » signifie que ce qui vient en premier dans la révélation, 'Hokhma, n’est, du point de vue de D.ieu, que le terme de Son action, son dernier produit. C’est pourquoi Onkelos rend « Au commencement » par « bekadmin ».
שהוא מחשבה קדומה להיות מקור לבחינת החכמה שתהיה ראשית הגילוי והוא בחינת רצון העליון והוא מקור התורה והמצות:
c’est-à-dire la pensée primordiale destinée à être la source du niveau de 'Hokhma, afin que celui-ci soit le commencement de la révélation ; il s’agit du niveau de la volonté suprême, qui est la source de la Torah et des mitsvot.
« Bekadmin » renvoie à la pensée primordiale, à la volonté suprême, qui est la source de 'Hokhma et aussi celle de la Torah et des mitsvot. Les sections suivantes s’appuient sur cette idée : par la Torah et les mitsvot, cette volonté est attirée vers le bas.
Le paragraphe achève le propos : 'Hokhma est le « terme de l’action », tandis que sa source, la pensée primordiale ou volonté suprême, est également la source de la Torah et des mitsvot.
5קיצור. ברישא עושי דברו והדר לשמוע. ענין מתן תורה. ועל כל דבור פרחה נשמתן. ענין ויצונו כו׳ ליראה את.
Résumé. « Ceux qui accomplissent Sa parole » d’abord, puis « pour entendre ». Le don de la Torah. À chaque parole, leurs âmes prirent leur envol. Le sens de « Et Il nous a ordonné », etc., « de craindre… » :
Le résumé de la section 1 commence par ceci : les anges « accomplissent » avant d’« entendre » ; vient ensuite la question du don de la Torah, puis celle des âmes qui prirent leur envol à chaque parole, et enfin le verset « de craindre Havaya ».
שזה תכלית כל המצות ותכלית ירידת הנשמה לתוך הגוף. לך ה׳ הגדולה. אימתי גדול כשהוא בעיר.
que telle est la finalité de toutes les mitsvot et de la descente de l’âme dans le corps. « À Toi, Havaya, la grandeur. » Quand est-Il grand ? Lorsqu’Il est dans la ville :
Cette crainte est la finalité de toutes les mitsvot et de la descente de l’âme dans le corps. Vient ensuite l’explication de « À Toi, Havaya, la grandeur » : D.ieu n’est « grand » que « dans la ville ».
בחי׳ הדבור עליון אבל אצלו ית׳ גדולה זו כלא חשיב ונק׳ אין כי כל כו׳. בראשית ח״ע [חכמה עילאה] נמי מאמר הוא. ות״א [ותרגום אונקלוס] בקדמין בחי׳ רצון העליון מחשבה קדומה:1
le niveau de la parole supérieure ; mais devant Lui, béni soit-Il, cette grandeur est tenue pour rien et est appelée « néant » (ayin), « car tout… », etc. « Au commencement », la 'Hokhma supérieure, « est elle aussi une parole ». Et le Targoum d’Onkelos [rend] « bekadmin » : le niveau de la volonté supérieure, la pensée primordiale.
La « ville » est la parole supérieure, et devant D.ieu, cette grandeur n’est rien. Même la 'Hokhma n’est qu’une « parole », et le « bekadmin » d’Onkelos renvoie à la volonté supérieure, la pensée primordiale.
Résumé de la section 1 : l’ordre selon lequel les anges accomplissent puis entendent, les questions concernant le Sinaï et l’âme, et l’enseignement selon lequel la grandeur, et même la 'Hokhma, ne sont rien devant D.ieu, dont la volonté est la pensée primordiale.
Maré mekomot
- 1
Les mitsvot comme membres, la Torah comme sang ¶6–9
6ב והנה כדי1 להיות צמצום זה וענוה זו לירד ולהתלבש בבחי׳ הדבור הנק׳ גדולה שזהו ירידה גדולה וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] במקום גדולתו2 שם אתה מוצא ענותנותו.3
2. Or, pour que ce tsimtsoum (contraction) et cette humilité puissent le faire descendre et s’envelopper dans le niveau de la parole, appelée « grandeur » — car il s’agit là d’une grande descente, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Au lieu de Sa grandeur, là vous trouvez Son humilité. »
La section 2 demande ce qui suscite le tsimtsoum et l’« humilité » de D.ieu : Sa descente dans la parole, appelée « grandeur ». Puisque cette grandeur n’est rien devant Lui, s’y engager constitue une grande descente, comme le disent les Sages : Sa grandeur et Son humilité vont de pair.
פי׳ שאין לך ענוה עצומה יותר מההשפלה להתלבש בבחי׳ הגדולה כו׳ מאחר שהוא באמת כאין ואפס חשיבא אצלו ית׳ וכנ״ל בענין הבל הבלים כו׳.
Cela signifie qu’il n’est pas d’humilité plus immense que cet abaissement de soi qui consiste à s’envelopper dans le niveau de la grandeur, etc., puisque, en vérité, celle-ci est considérée devant Lui, béni soit-Il, comme rien et néant, comme cela a été dit plus haut à propos de « Vanité des vanités », etc.
Il n’est pas d’humilité plus grande que cet abaissement de soi, puisque la « grandeur » dans laquelle Il s’enveloppe est, en vérité, comme rien devant Lui. Cela rappelle le « souffle » de « Vanité des vanités » évoqué plus haut.
הנה הוא ע״י תורה ומצות וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] ע״פ בראשית ברא בשביל התורה4 שנקרא ראשית56 כו׳ גם
Cela se réalise par la Torah et les mitsvot, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie, à propos de « Au commencement (berechit), Il créa » : « Pour la Torah, qui est appelée “commencement” (rechit) », etc. Et aussi
La réponse est : par la Torah et les mitsvot. Les Sages interprètent « berechit » comme « pour la Torah », appelée rechit, « commencement » : la descente de D.ieu dans la parole de la création existe en vue de la Torah.
כמאמר הספרי פ׳ האזינו אחד משלשה קנינים שקנה הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] בעולמו תורה קנין אחד כו׳ שהקנין מורה על דבר שהוא יקר ביותר (וכמ״ש במ״א).7
selon l’enseignement du Sifrei sur la paracha Haazinou : « La Torah est l’une des trois acquisitions que le Saint béni soit-Il a acquises dans Son monde », etc. ; car une acquisition désigne quelque chose de très précieux (comme cela est expliqué ailleurs).
Le Sifrei compte la Torah parmi les choses que D.ieu a « acquises » dans Son monde. On acquiert ce qui est très précieux ; la Torah est donc assez précieuse aux yeux de D.ieu pour qu’Il descende en vue d’elle.
Or, au sujet des mitsvot, le Zohar rapporte que les 248 commandements (pikoudin) sont les 248 membres du Roi. Cela signifie que, de même que, par analogie, un membre
Le Zohar appelle les 248 commandements les 248 membres du Roi. L’Admour Hazaken va maintenant expliquer cette image.
שהוא בשר וגידין ועצמות שהם בחי׳ כלי והאור והחיות מתפשט בתוכן וכללותן נקרא בשם אבר כך המצות הם כלים לרצונו ית׳ שבהם
est constitué de chair, de tendons et d’os, qui sont le niveau du réceptacle, tandis que la lumière et la force vitale se répandent en eux ; leur expression générale et collective est alors appelée « membre » : de même, les mitsvot sont des réceptacles pour Sa volonté, béni soit-Il, dans lesquels
Un membre est constitué de chair, de tendons et d’os, qui servent de réceptacle, tandis que la lumière et la force vitale se répandent en lui ; leur ensemble est appelé un membre. De même, les mitsvot sont des réceptacles pour la volonté de D.ieu.
ועל ידם מתפשט אור וחיות רצון העליון ית׳ מסובב כל עלמין להיות בחינת ממכ״ע [ממלא כל עלמין] בבחי׳ גילוי בתחתונים ע״ד [על דרך] שיתבאר (לקמן אות ג׳) בפי׳ ליראה את ה׳
et par lesquels la lumière et la force vitale de la volonté suprême, béni soit-Il, se répandent depuis [le niveau de] la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), afin qu’elle devienne le niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), dans un état de révélation au sein des mondes inférieurs, comme cela sera expliqué (plus bas, section 3) au sujet du sens de « craindre Havaya »,
Par les mitsvot, la lumière de la volonté suprême, qui dépasse les mondes (sovev), est attirée vers eux pour les remplir (memalé) de façon révélée, jusque dans les mondes inférieurs. La section 3 expliquera cela à partir des mots « craindre Havaya ».
והיינו ע״י ישראל עושי המצוה כמ״ש אשר קדשנו במצותיו כו׳ (ועמ״ש בד״ה וידבר משה11 אל ראשי המטות12 גבי כי על כל מוצא פי13 ה׳ יחיה האדם).
et cela se réalise par Israël, qui accomplit la mitsva, comme il est dit : « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements », etc. (Voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Moïse parla aux chefs des tribus », à propos de « Car l’homme vit de tout ce qui sort de la bouche de Havaya ».)
Cette attraction est réalisée par le peuple juif, qui accomplit les mitsvot ; d’où la bénédiction « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements ». La remarque renvoie à un discours sur « Car l’homme vit de tout ce qui sort de la bouche de Havaya ».
והנה התורה היא בחי׳ הדם14 היא הנפש15 שהוא הוא הממשיך רוח חיים באברים מן הנפש עצמה והוא מקור חיות הנפש באברים
Or, la Torah est le niveau du « sang, qui est l’âme » : c’est le sang qui fait pénétrer le souffle de vie dans les membres depuis l’âme elle-même, et qui est la source de la force vitale de l’âme dans les membres.
La Torah est comparée au sang, que le verset appelle « l’âme ». Le sang transmet la vie de l’âme à chacun des membres.
(עיין לקמן בשיר השירים בד״ה לסוסתי ברכבי16 בדרוש השני) כך הוא ענין התורה שהיא נותנת חיים לבחי׳ המצות עצמן.
(Voir plus loin, dans le Cantique des Cantiques, le maamar qui commence par « À ma jument parmi les chars », deuxième maamar.) Telle est la nature de la Torah : elle donne vie au niveau même des mitsvot.
De même que le sang donne vie aux membres, la Torah donne vie aux mitsvot elles-mêmes. Cette remarque renvoie au deuxième maamar sur « À ma jument parmi les chars » dans le Cantique des Cantiques.
וזהו זאת התורה אדם א׳ ד״ם שהן הם פירושי המצות ופרטי הלכותיהן איך שתהיה המצוה כתיקונה,
Et c’est là le sens de « Ceci est la Torah : adam, l’homme » : alef, dam, « sang ». Car ce sont les explications des mitsvot et les détails de leurs lois, qui indiquent comment accomplir la mitsva comme il convient.
Le verset « Ceci est la Torah : adam » se comprend à partir du mot adam lui-même, alef et dam, « sang ». La Torah est le sang des mitsvot : ses explications et les détails de leurs lois indiquent comment accomplir chacune d’elles comme il convient.
ובזה יובן מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] כל העוסק בתורת עולה17 כאלו הקריב עולה שנאמר זאת התורה לעולה וכו׳, ואמרו על פסוק ובכל מקום מוקטר18 מוגש לשמי ומנחה טהורה אלו תלמידי חכמים וכו׳ ולמה
On comprendra ainsi l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « Quiconque s’occupe de l’étude de la Torah relative à l’holocauste, c’est comme s’il avait offert un holocauste, ainsi qu’il est dit : “Telle est la Torah relative à l’holocauste” », etc. Ils ont également dit, à propos du verset « En tout lieu, on offre de l’encens et une offrande pure est présentée à Mon Nom » : « Ce sont les érudits de la Torah », etc. Mais pourquoi
Cela éclaire deux enseignements de nos Sages : étudier les lois de l’holocauste équivaut à l’offrir, et l’expression de Malachie « en tout lieu, on offre de l’encens » désigne les érudits de la Torah. La question qui suit est : pourquoi l’étude compterait-elle davantage que l’acte ?
תהיה א״כ [אם כן] מעלת התורה זו עדיפא מהמצות עצמן שאינם נוהגות אלא בזמן שבית המקדש היה קיים דוקא במקום מזבח ותלמידי חכמים העוסקים בתורה בכל מקום ובכל זמן19 מעלה עליהם הכתוב וכו׳
cette qualité de la Torah serait-elle donc supérieure aux mitsvot elles-mêmes, qui ne s’appliquent qu’à l’époque où le Saint Temple existait, et uniquement à l’emplacement de l’autel, alors que le verset attribue aux érudits de la Torah qui s’y consacrent en tout lieu et en tout temps le mérite de les avoir accomplies, etc. ?
Les sacrifices ne pouvaient être offerts que tant que le Temple existait, et uniquement sur l’autel. Pourtant, le verset crédite les érudits de la Torah de les avoir offerts en tout lieu et en tout temps ; cela semble donc conférer à l’étude une valeur supérieure à celle de la mitsva elle-même.
וכן בשארי מצות התורה יש מהן שתלוין בזמן כמו שבת שופר סוכה ולולב אין נוהגין אלא בזמן.
Il en va de même pour les autres mitsvot de la Torah : certaines dépendent d’un moment déterminé, comme Chabbat, le chofar, la soukka et le loulav, qui ne s’appliquent qu’à leur époque ;
D’autres mitsvot sont elles aussi liées à un moment déterminé : Chabbat, le chofar, la soukka et le loulav ne s’appliquent qu’en leur temps.
אבל שלא בזמנן לאו מצוה היא כלל. משא״כ ת״ת [תלמוד תורה] שהוא מצוה בכל זמן לעסוק בדברי תורה ואפילו בהלכות שבת וסוכה וכו׳.
mais en dehors de leur temps, elles ne constituent nullement une mitsva. Il en va autrement de l’étude de la Torah, qui est une mitsva en tout temps : s’occuper des paroles de Torah, même des lois de Chabbat, de la soukka, etc.
En dehors de leur temps, ces mitsvot ne s’appliquent nullement. L’étude de la Torah, en revanche, est une mitsva à chaque instant, même lorsqu’on étudie hors saison les lois de ces mêmes mitsvot.
אלא הענין הוא כנ״ל שהתורה היא בחי׳ הדם הממשיך חיות לכל האברין בשוה בכללותן. משא״כ המצות
Mais la question s’explique par ce qui a été dit plus haut : la Torah est le niveau du sang, qui transmet la force vitale à tous les membres de manière égale, dans leur expression générale et collective ; tandis que les mitsvot,
La réponse revient à l’image du sang : la Torah donne vie à tous les membres également, dans leur expression générale et collective. Les mitsvot, quant à elles, sont les membres, chacun ayant sa place et sa fonction.
שהם אברין דמלכא עד״מ [על דרך משל] יש בהן התחלקות עת וזמן כמ״ש לכל זמן ועת לכל חפץ20 תחת השמים פי׳ שהמצות אע״פ [אף על פי] שהן חפץ ורצון ה׳ יש בהן עת וזמן לפי
qui sont les membres du Roi, par analogie, comportent une division selon le temps et la saison, comme il est écrit : « À toute chose sa saison, et un temps pour chaque désir sous les cieux. » Le sens est le suivant : bien que les mitsvot soient le désir et la volonté de D.ieu, elles ont un temps et une saison, car
Les mitsvot, comme des membres, sont réparties selon le temps, comme le dit Kohélet : « un temps pour chaque désir sous les cieux ». Bien qu’elles soient le désir et la volonté de D.ieu, chacune a sa saison.
שהם תחת השמים פי׳ שהם למטה מבחינת התורה הנק׳ שמים לפי שהמצות הם התגלות המשכות הרצון להאיר אור א״ס [אין סוף] ב״ה באיזה בחינה.
elles sont « sous les cieux », c’est-à-dire qu’elles sont d’un niveau inférieur à la Torah, appelée « les cieux ». Car les mitsvot sont la révélation des prolongements de la volonté, afin de faire briller la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, à un niveau particulier.
Elles ont une saison parce qu’elles sont « sous les cieux », au-dessous de la Torah, appelée « les cieux ». Chaque mitsva est un prolongement particulier de la volonté de D.ieu, qui fait briller Sa lumière à un niveau précis.
כמו עד״מ [על דרך משל] לעשות סוכה וכו׳ שהוא התגלות אור א״ס [אין סוף] ב״ה בבחינה עליונה ומדרגה עליונה מאורות עליונים מפני שכך עלה ברצונו והתורה היא התנהגות באיזה אופן תהיה ההתגלות הזאת
Ainsi, par exemple, construire une souka, etc., révèle la Lumière infinie, béni soit-Il, à un niveau élevé et à un degré élevé des lumières supérieures, parce que telle fut Sa volonté. Et la Torah indique de quelle manière cette révélation doit avoir lieu,
Construire une souka, par exemple, révèle la Lumière infinie à un niveau élevé particulier, simplement parce que telle fut la volonté de D.ieu. La Torah régit la manière dont cette révélation se produit.
כמו עד״מ [על דרך משל] בסוכה שתהיה דוקא ז׳ על ז׳ טפחים2122 ושלא תהיה סככה מדבר המקבל טומאה23 וכיוצא בהן הרבה פרטי דינין באיזה אופן דוקא יהיה המשכות
comme, par exemple, pour une souka : elle doit mesurer précisément sept sur sept téfa'him, et son toit ne doit pas être fait d’une matière susceptible de contracter l’impureté rituelle ; il existe bien d’autres lois détaillées semblables, qui définissent la manière précise dont les prolongements
Les lois de la souka — par exemple, une dimension minimale de sept sur sept téfa'him et un toit qui ne puisse pas contracter l’impureté rituelle — déterminent exactement comment la volonté doit être prolongée.
הרצון ואז דוקא יהיה שורה ומתגלה אור א״ס [אין סוף] ב״ה בבחינה זו עד״מ [על דרך משל] בעל הבית מסדר בביתו שכלי פלוני יעמוד במקום פלוני וכלי פלוני במקום פלוני.24252627
de la volonté doivent s’opérer ; c’est alors seulement que la Lumière infinie, béni soit-Il, résidera et se révélera à ce niveau. [C’est] par analogie [avec] un maître de maison qui organise son intérieur, afin que tel récipient soit placé à tel endroit et tel autre récipient à tel autre endroit.
Ce n’est que lorsque la mitsva est accomplie de cette manière que la lumière y réside, à l’image d’un maître de maison qui décide où placer chaque récipient dans sa demeure. Ainsi, la Torah est le « maître de maison » des mitsvot.
La section 2 explique comment s’effectue la descente de D.ieu dans la « grandeur » de la parole : par la Torah et les mitsvot. Les mitsvot sont les membres de Sa volonté, chacun étant lié à son temps, tandis que la Torah est le sang qui leur donne vie et détermine la manière dont Sa lumière repose en eux.
Or HaTorah (Vayikra) explique l’image des membres et du sang comme la relation entre les réceptacles et les lumières : les mitsvot sont les réceptacles et la Torah, les lumières. La note de Kehot relève également que, dans le manuscrit autographe du Tséma’h Tsédek, le début de cette section, jusqu’à « très précieux (comme cela est expliqué ailleurs) », est encadré comme un ajout de sa main ; il manque dans la copie du maamar effectuée par le copiste.
Maré mekomot
- 1ב והנה כדי · בגוכתי״ק 1102: ”ב (והנה כדי” והסוף מוסגר ”שהוא יקר ביותר וכמ״ש במ״א)”. קטע זה הוא הוספת כ״ק הצ״צ, שהרי בהנחת המאמר הנמצא בבוך הנ״ל בכת״י מעתיק ליתא. ותי ”וכמ״ש במ״א” בדפוס ראשון הוא באותיות רגילות.
- 2במקום גדולתו · לק׳ בואתחנן (ח, ד). וש״נ. [כ]. ראה לעיל יב, ד.
- 3במקום גדולתו שם אתה מוצא ענותנותו · Megillah 31a:12–13
- 4בראשית בשביל התורה · רש״י בראשית א, א. וראה ב״ר בתחלתו. לקח טוב שם.
- 5בראשית ברא בשביל התורה שנקרא ראשית · Rashi on Genesis 1:2
- 6בראשית ברא בשביל התורה שנקרא ראשית · Bereshit Rabbah 1:1
- 7שהקנין מורה על דבר שהוא יקר ביותר (וכמ״ש במ״א · בענין שהתורה קנין א׳ נתבאר בארוכה באוה״ת שבועות ע׳ קעד ואילך. וראה גם באוה״ת יתרו ע׳ תתעד ואילך.
- 8והנה המצות . . (ולכן · ראה אוה״ת בראשית-ג תקפז, ב.
- 9שרמ״ח פקודין . . אברין דמלכא · Tanya, Likkutei Amarim 4:3
- 10רמ״ח פקודין הם רמ״ח אברין דמלכא · Tikkunei Zohar 74a:8
- 11
- 12בד״ה וידבר . . אל ראשי המטות · לקמן פא, ב.
- 13כי על כל מוצא פי ה׳ יחיה האדם · Deuteronomy 8:3
- 14א׳ ד״ם · של״ה בהקדמת בית ישראל בית דוד (כא, א). וראה ספר הערכים-חב״ד כרך-א טור קנ ושם נסמן. מובא באוה״ת ויקרא-א ע׳ יח ומפרש ”ותוכן הפי׳ שם שהמצות נק׳ רמ״ח אברין דמלכא והתורה נאמר בה זאת התורה אדם א׳ דם שהוא חיות כל האברים, ועיין בלקו״ת בשה״ש ד״ה לסוסתי ברכבי פרעה הראשון [יא, ג] שזהו ענין אורות וכלים, וכן פי׳ בלקו״ת פ׳ מסעי בד״ה הנה גבי המסעות ושם ספ״ב שהתורה היא בחי׳ אורות” ע״ש.
- 15הדם היא הנפש · Deuteronomy 12:23
- 16לסוסתי ברכבי · Song of Songs 1:9
- 17כל העוסק בתורת עולה · Menachot 110a:13–14
- 18ובכל מקום מוקטר · Malachi 1:11
- 19בכל מקום ובכל זמן · נתבאר באוה״ת שבועות ע׳ קנט ושם מציין לשו״ע אדה״ז או״ח סי׳ א׳ סק״ט במהדורא בתרא.
- 20לכל זמן ועת לכל חפץ · Ecclesiastes 3:1
- 21ז׳ על ז׳ טפחים · שו״ע או״ח סתרל״ד.
- 22ז׳ על ז׳ טפחים · Shulchan Arukh, Orach Chayim 634:1
- 23המקבל טומאה · Mishnah Sukkah 1:4
- 24זאת התו׳ אדם · Numbers 19:14
- 25זאת התו׳ לעולה · Leviticus 7:37
- 26אלו ת״ח · Menachot 110a:5–6
- 27ולא תהי׳ סככה מדבר המקבל טומאה · סוכה פ״א, מ״ד.
7וכך הוא ענין בחי׳ התורה שנעשה כמו בעל הבית לעסק המצות ולכן נמשלו המצות להיות נקראים בשם אברים דמלכא שהחיות המתפשט בתוכן הוא לחלוחית המגדלם
Ainsi en va-t-il du niveau de la Torah, qui devient comme le maître de maison pour la pratique des mitsvot. C’est pourquoi les mitsvot sont comparées aux « membres du Roi » : la force vitale qui se répand en elles est comme l’humidité qui les fait croître,
La Torah est comme le maître de maison qui décide de l’agencement de la « maison » des mitsvot. Les mitsvot sont comparées aux membres du Roi, car la vie d’un membre n’est que l’humidité qui le fait croître.
לבד בבחי׳ קרירות משא״כ התורה נמשלה לדם בחי׳ אדם א׳ ד״ם שהדם הוא הנפש והוא הוא הממשיך עיקר החיות ורוח החיים אשר בקרבו ולא בבחי׳ הגדלה לבד ולכן היא למעלה מבחינת מקום וזמן.
mais seulement selon une modalité froide ; tandis que la Torah est comparée au sang, au niveau d’adam : alef, dam (sang). Car le sang est l’âme, et c’est lui-même qui attire la force vitale essentielle et l’esprit de vie qui est en lui, et non pas seulement selon une modalité de croissance. C’est pourquoi elle est au-dessus de la notion de lieu et de temps.
Cette humidité agit froidement, en ne faisant que favoriser la croissance, tandis que la Torah est comparée au sang : alef-dam dans le mot adam. Le sang est l’âme elle-même ; il porte la vie essentielle et l’esprit de vie. Ainsi, la Torah se situe au-dessus du lieu et du temps.
Ce paragraphe affine l’analogie : les mitsvot sont des membres, nourris seulement par une humidité froide qui les fait croître, tandis que la Torah est le sang qui porte la vie essentielle de l’âme ; elle est donc au-dessus du lieu et du temps.
8וזהו זאת התורה אדם פי׳ האדם שעל דמות הכסא1 דמות כמראה אדם בחי׳ אדמה לעליון23 בחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] למעלה מבחי׳ מקום וזמן.
Et c’est là [le sens de] « Ceci est la Torah : adam (un homme) » : c’est-à-dire l’adam qui se trouve au-dessus de la ressemblance du trône, « une ressemblance ayant l’apparence d’un homme (adam) », le niveau de « Je serai semblable (adameh) au Très-Haut », le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), au-dessus des notions de lieu et de temps.
« Ceci est la Torah : adam » se comprend comme désignant l’« homme » céleste de la vision d’Ézéchiel, assis au-dessus de la ressemblance du trône. Adam évoque également adameh, « Je serai semblable au Très-Haut » : le niveau de sovev kol almin, au-delà du lieu et du temps.
וכמ״ש הנה מקום אתי4 וגו׳ [וגומר] שלגבי החיות מעלה ומטה שוין כמו שאנו רואים בחוש שהדם הוא הנפש המתפשט בתוכם להגדילן נעשה כמוהם והיו לבשר אחד ממש ויש בהם התחלקות האברים
Et comme il est écrit : « Voici, il y a un lieu auprès de Moi », etc. : en ce qui concerne la force vitale, le haut et le bas sont égaux. Nous le voyons par nos sens : le sang, qui est l’âme, se répand en eux pour les faire croître, devient semblable à eux, et ils deviennent véritablement une seule chair ; or, ils sont divisés en membres,
« Voici, il y a un lieu auprès de Moi » est cité pour montrer que, pour la force vitale, le haut et le bas sont identiques. Le sang qui nourrit les membres devient leur chair et s’unit à eux ; il participe ainsi à leur division en membres distincts.
ולכן הם נתונים תחת הזמן והמקום אבל התורה שאינה בבחי׳ התגלות המשכות הרצון בלבד רק בחי׳ התגלות הנהגות הרצון כנ״ל,
et c’est pourquoi ils sont soumis au temps et au lieu. Mais la Torah n’est pas simplement le niveau de la révélation des émanations de la volonté ; elle est le niveau de la révélation des directives de la volonté, comme cela a été dit plus haut,
C’est pourquoi les mitsvot, qui sont les membres, sont soumises au temps et au lieu. La Torah, en revanche, n’est pas seulement une émanation de la volonté de D.ieu : elle révèle la manière dont cette volonté doit s’exercer.
והרי היא ממשכת הנהגות הרצון העליון לתוך הרצון המתפשט בתוך המצות הרי מקור המשכה זו נק׳ בחי׳ רעוא דכל רעוין שאינה בגדר מקום וזמן כלל
et elle attire les directives de la volonté supérieure dans la volonté qui se répand dans les mitsvot. La source de cette attraction est appelée le niveau de « la Volonté de toutes les volontés » (raava d’chol raavin), qui n’est nullement limitée par le lieu et le temps
Puisque la Torah fait pénétrer ces directives de la volonté supérieure dans la volonté présente dans les mitsvot, sa source est « la Volonté de toutes les volontés », qui se situe entièrement au-delà du lieu et du temps.
(ולכן ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] ע״פ וכל חפצים לא ישוו בה5 אפילו חפצי שמים67 כו׳) (ועמ״ש ע״פ אחרי ה׳ אלקיכם תלכו8 גבי ובקולו תשמעו ומ״ש בד״ה כי ביום הזה יכפר):910
(C’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit au sujet du verset : « Et tous les désirs ne sauraient lui être comparés » : même les désirs du Ciel, etc.). (Voir aussi ce qui est écrit au sujet du verset : « Après Havaya, votre D.ieu, vous marcherez », à propos de « et vous écouterez Sa voix », ainsi que ce qui est écrit dans le maamar commençant par « Car en ce jour, il fera expiation ».)
C’est pourquoi les Sages disent que même « les désirs du Ciel », c’est-à-dire les mitsvot, ne sauraient être comparés à la Torah. Le texte renvoie à deux maamarim pour approfondir le sujet.
La Torah est l’adam céleste, sovev kol almin, au-dessus du lieu et du temps. Les mitsvot sont divisées comme les membres et soumises au temps et au lieu, tandis que la Torah, qui dirige la volonté en elles, provient de « la Volonté de toutes les volontés ».
Maré mekomot
- 1על דמות הכסא · Ezekiel 1:26
- 2בחי׳ אדמה לעליון · עשרה מאמרות מאמר אם כ״ח ח״ב פל״ג. של״ה תושב״כ דרוש צאן יוסף דף שא, ב. וראה בהנסמן במאמרי אדה״א במדבר כרך-ג ע׳ א׳קמ. ועוד.
- 3אדמה לעליון · Isaiah 14:14
- 4הנה מקום אתי · Exodus 33:21
- 5וכל חפצים לא ישוו בה · Proverbs 8:11
- 6אפי׳ חפצי שמים · מועד קטן ט, ב. ירוש׳ דפאה . . סה״א הובא שם בר״ש. [כ].
- 7וכל חפצים לא ישוו בה אפילו חפצי שמים · Moed Katan 9b:2–3
- 8אחרי ה׳ אלקיכם תלכו · Deuteronomy 13:5
- 9כי ביום הזה יכפר · Leviticus 16:30
- 10כמו בעל הבית לעסק המצוות · נתבאר בד״ה ביום השמיני-תשמ״ו (סה״מ מלוקט-ד ע׳ קיג) הערה 38.
9קיצור. ענין בראשית בשביל התורה, וענין רמ״ח אברי דמלכא עת לכל חפץ. וענין התורה שנק׳ אדם. וכל העוסק בתורת עולה כאלו הקריב עולה. וכל חפצים לא ישוו בה):1
Résumé. Le sens de « Au commencement » : pour la Torah. Et le sens des 248 membres du Roi : « un temps pour chaque désir ». Et le fait que la Torah soit appelée adam. Et « Celui qui s’occupe de l’enseignement de l’holocauste, c’est comme s’il avait offert un holocauste ». Et « Tous les désirs ne sauraient lui être comparés ».
Résumé de la section 2 : « Au commencement » signifie que le monde existe pour la Torah ; les mitsvot sont les 248 membres du Roi, chacun ayant « un temps pour chaque désir » ; la Torah est appelée adam ; l’étude de l’holocauste compte comme si on l’avait offert ; et « tous les désirs ne sauraient lui être comparés ».
Résumé de la section 2 : le monde existe pour la Torah, les mitsvot sont des membres liés au temps, et la Torah, le sang vital appelé adam, se situe au-dessus d’eux.
Maré mekomot
- 1
La crainte supérieure ¶10–11
10ג והנה תכלית ענין התורה והמצות בהמשכת גילוי רצונו למטה הוא שהכתוב אומר ויצונו ה׳ לעשות את כל החוקים האלה ליראה את ה׳ וכו׳ דהנה כתיב יראו את1 ה׳ קדושיו.
3. Or, le but de la Torah et des mitsvot, en faisant descendre ici-bas la révélation de Sa volonté, est celui qu’indique le verset : « Havaya nous a ordonné d’accomplir toutes ces lois, afin de craindre Havaya », etc. Car il est écrit : « Craignez Havaya, vous, Ses saints. »
La section 3 aborde le but de la Torah et des mitsvot : faire descendre la révélation de la volonté de D.ieu, afin de « craindre Havaya ». Il s’agit de la crainte évoquée dans le verset : « Craignez Havaya, vous, Ses saints. »
וצ״ל [וצריך להיות / וצריך לומר / וצריך להבין] מהו קדושיו דוקא הלא כתיב ייראו מה׳ כל הארץ.23 אך הענין כנודע מ״ש במ״א על פסוק
Il faut comprendre : pourquoi est-il question précisément de « Ses saints » ? N’est-il pas écrit : « Que toute la terre craigne Havaya » ? Cependant, l’explication repose sur ce qui est connu, d’après ce qui est écrit ailleurs au sujet du verset
Pourquoi ce verset s’adresse-t-il seulement à « Ses saints », alors qu’un autre verset appelle « toute la terre » à craindre D.ieu ? La réponse dépend d’un principe expliqué ailleurs.
כי לא מחשבותי מחשבותיכם4 שלפניו ית׳ כל מה שלמעלה נק׳ בחי׳ יש לגבי שלמטה הימנו כמ״ש להנחיל אוהבי יש5 משא״כ ממטה למעלה כל מה
« Car Mes pensées ne sont pas vos pensées » : devant Lui, béni soit-Il, tout ce qui est supérieur est appelé le niveau de « quelque chose » (yech) par rapport à ce qui est inférieur à lui, ainsi qu’il est écrit : « Faire hériter le yech à ceux qui M’aiment » ; tandis que, de bas en haut, tout ce qui
« Mes pensées ne sont pas vos pensées » : du point de vue de D.ieu, le niveau supérieur est le véritable « quelque chose » (yech), et ce qui est inférieur est comme néant, comme dans « faire hériter le yech à ceux qui M’aiment ». De notre point de vue, c’est l’inverse.
שלמטה הוא מושג ונראה לעין כל בשר נק׳ יש לגבי שלמעלה הימנו שנק׳ אין. שאינו מושג ונראה.6
est inférieur, ce qui est appréhendé et visible aux yeux de toute chair, est appelé « quelque chose » (yech) par rapport à ce qui lui est supérieur, lequel est appelé « néant » (ayin), car il n’est ni appréhendé ni visible.
Pour nous, ce qui est inférieur est appréhendé et visible à tous ; il semble donc être le véritable « quelque chose ». Ce qui est supérieur, que nous ne pouvons ni appréhender ni voir, semble être le « néant ».
La section 3 demande pourquoi « Craignez Havaya » s’adresse à « Ses saints », puis introduit deux perspectives opposées : d’en haut, le niveau supérieur est le véritable « quelque chose » ; d’en bas, le monde inférieur visible semble l’être.
Maré mekomot
- 1יראו את ה׳ קדושיו · Psalms 34:10
- 2ייראו מה׳ כל הארץ · שם לג, ח.
- 3ייראו מה׳ כל הארץ · Psalms 33:8
- 4כי לא מחשבותי מחשבותיכם · Isaiah 55:8
- 5להנחיל אוהבי יש · Proverbs 8:21
- 6ויצוונו ה׳ לעשות · Deuteronomy 6:24
11וזהו עיקר המשכה של גילוי רצונו ית׳ למטה להיות ממטה למעלה שוה כמו מלמעלה למטה,
Et telle est l’essence de la révélation de Sa volonté, béni soit-Il, attirée ici-bas : que, du bas vers le haut, elle soit identique à celle qui va du haut vers le bas.
Le but essentiel d’attirer ici-bas la volonté de D.ieu est que le regard d’en bas devienne identique à celui d’en haut.
וכמו שמלמעלה למטה הכל בטל לפניו ית׳ וכאין ואפס ממש כמ״ש לך ה׳ הגדולה וגו׳ [וגומר]
De même que, du haut vers le bas, tout est annulé devant Lui, béni soit-Il, et n’est réellement que néant et rien, comme il est écrit : « À Toi, Havaya, la grandeur », etc.,
D’en haut, tout est annulé devant D.ieu et n’est que néant, comme cela a été expliqué précédemment à propos de « À Toi, Havaya, la grandeur ».
וקמיה כולא כלא חשיב1 ממש כך יהיה בבחי׳ גילוי ממטה למעלה וראו כל בשר יחדיו2 וגו׳ [וגומר] ובאו במערות צורים3 ובמחילות עפר מפני פחד4 ה׳ וגו׳ [וגומר]
et que « devant Lui, tout est véritablement considéré comme rien », de même en sera-t-il au niveau de la révélation du bas vers le haut : « Toute chair verra ensemble », etc. ; « Ils entreront dans les cavernes des rochers et dans les trous de la poussière, devant la terreur de Havaya », etc.,
« Devant Lui, tout est considéré comme rien » ; la même réalité se révélera d’en bas : « Toute chair verra ensemble », et les hommes se cacheront dans des cavernes devant la majesté de D.ieu.
להיות בטל אליו ית׳ ועד״ז [ועל דרך זה] הוא ההפרש בין מ״ש ייראו מה׳ כל הארץ5 שהיא יראה תתאה כמו שנדמה לנו שלמטה היש.
afin d’être annulés devant Lui, béni soit-Il. Dans cette même perspective, voici la différence entre ce qui est écrit : « Que toute la terre craigne Havaya », qui désigne la crainte inférieure (yira tata'a), puisque, selon notre apparence des choses, le monde d’en bas semble être une réalité (yech) ;
Alors tous seront annulés devant Lui. « Que toute la terre craigne Havaya » désigne la crainte inférieure (yira tata'a), qui correspond à notre perception, selon laquelle ce monde semble être la véritable « réalité » (yech).
mais le sens de « Craignez Havaya » (yerou et) est qu’il y ait le niveau de et, qui est subordonné au Nom Havaya, c’est-à-dire une véritable annulation de soi (bitoul),
« Craignez Havaya », avec le mot et, signifie devenir « et », quelque chose de secondaire par rapport au Nom Havaya, comme les Sages emploient et pour désigner ce qui est rattaché et subordonné. C’est là une véritable annulation de soi.
כמו שלמעלה היש ולמטה כלא חשיבא וזהו כי אין מחסור ליראיו8 שיהיה בבחי׳ אין וביטול ועי״ז אין מחסור כו׳.
comme c’est le cas en vérité : ce qui est en haut est la réalité (yech), tandis que ce qui est en bas est considéré comme rien. Tel est le sens de : « Car rien (ein) ne manque à ceux qui Le craignent » : qu’ils atteignent le niveau du néant (ayin) et de l’annulation ; et, par cela, rien ne leur manque, etc.
Cette crainte voit les choses telles qu’elles sont réellement : ce qui est supérieur est la véritable « réalité », et ce qui est inférieur n’est que rien. Ainsi, « rien (ein) ne manque à ceux qui Le craignent » : ils atteignent le niveau de ayin, le néant, et, par cela, rien ne leur manque.
Le but de la Torah et des mitsvot est que le monde d’en bas voie les choses comme D.ieu les voit : tout est annulé devant Lui. Telle est la crainte supérieure de « Craignez Havaya », qui consiste à devenir secondaire par rapport à D.ieu, par opposition à la crainte inférieure de « Que toute la terre craigne ».
Maré mekomot
- 1קמי׳ כולא כלא חשיב · Zohar I, 11b
- 2וראו כל בשר יחדיו · Isaiah 40:5
- 3ובאו במערות צורים · שם ב, יט.
- 4ובאו במערות צורים ובמחילות עפר מפני פחד ה׳ · Isaiah 2:19
- 5ייראו מה׳ כל הארץ · Psalms 33:8
- 6ההפרש . . מה׳ . . יראו את · ראה קונטרס העבודה ס״ג ע׳ כ ושם העיר כ״ק אדמו״ר לד״ה אר״י לא ברא תרצ״ד (בקונטרס כד) ד״ה אמר רבה כו׳ כל אדם תש״ב (בס׳ המאמרים — אידיש).
- 7את הטפל לשם ה׳ · Berakhot 36b:3–4
- 8כי אין מחסור ליראיו · Psalms 34:10
Le Sinaï, la faute et le travail d’affinement ¶12–16
12ובחי׳ יראה עילאה זו נמשך ע״י עסק התורה שע״ז [שעל זה] אמרו אם אין חכמה אין יראה12 וכמ״ש לקמן בד״ה וידבר אלקים כו׳ אנכי הוי׳.
Et ce niveau de crainte supérieure (yira ila'a) est suscité par l’étude de la Torah, à propos de laquelle nos Sages ont dit : « S’il n’y a pas de sagesse, il n’y a pas de crainte », comme il est écrit plus loin, dans le discours qui commence par « Et D.ieu parla », etc. : « Je suis Havaya. »
Cette crainte supérieure (yira ila'a) vient par l’étude de la Torah. Tel est le sens de « S’il n’y a pas de sagesse, il n’y a pas de crainte » : la crainte supérieure dépend de la sagesse de la Torah.
וזהו יראו את3 ה׳ קדושיו שבחי׳ יראה זו נמשך ע״י אשר קדשנו במצותיו וזהו ויצונו כו׳ ליראה את ה׳ דוקא.
Et tel est le sens de « Craignez Havaya, vous, Ses saints » : ce niveau de crainte est suscité par « qui nous a sanctifiés par Ses commandements ». Tel est aussi le sens de « Et Il nous a ordonné », etc., précisément « de craindre Havaya ».
C’est pourquoi « Craignez Havaya » s’adresse à « Ses saints » : cette crainte vient du fait d’être « sanctifiés par Ses commandements ». C’est aussi pourquoi le verset dit que les mitsvot ont été données précisément « pour craindre Havaya », c’est-à-dire pour atteindre cette crainte supérieure.
ובחי׳ יראה גדולה זו בבחי׳ גילוי רצון זה בגילוי רב ועצום היה בשעת מתן תורה
Et ce grand niveau de crainte, lié à cette révélation de la volonté, se manifesta de façon immense et puissante au moment du Don de la Torah.
Cette grande crainte, avec la révélation de la volonté de D.ieu, resplendit de manière immense au moment du Don de la Torah.
(עמ״ש לקמן סד״ה וידבר אלקים את כל הדברים4 בשם הרבות יתרו פכ״ט בענין אריה שאג מי לא יירא5 דקאי על מתן תורה) על הר סיני בקולות וברקים6
(Voir ce qui est écrit plus loin, à la fin du discours qui commence par « Et D.ieu dit toutes ces paroles », au nom du Midrash Rabba, Yitro, section 29, à propos de « Le lion a rugi : qui n’aura pas peur ? », qui se rapporte au Don de la Torah.) Sur le mont Sinaï, au milieu du tonnerre et des éclairs,
Cette parenthèse cite le Midrash qui applique « Le lion a rugi : qui n’aura pas peur ? » au Don de la Torah. La révélation eut lieu sur le mont Sinaï, au milieu du tonnerre et des éclairs.
ועל כל דבור פרחה נשמתן7 עד שאמרו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] שפסקה זוהמתן8 אל תקרא חרות אלא9 חירות10 ממלאך המות ושיעבוד עד חטא העגל כו׳.
et à chaque parole, leurs âmes s’envolaient, au point que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit que leur souillure (zohama) avait cessé. « Ne lis pas ‘gravé’ (charout), mais ‘liberté’ (hérout) » : liberté à l’égard de l’ange de la mort et de la servitude, jusqu’à la faute du Veau, etc.
Au Sinaï, les âmes du peuple s’envolèrent, et les Sages disent que leur souillure (zohama) avait cessé. Ils lisent « gravé (charout) sur les Tables » comme « liberté (hérout) » : liberté à l’égard de l’ange de la mort et de la servitude, liberté qui dura jusqu’à la faute du Veau d’or.
(ועי׳ [ועיין] מענין חרות על הלוחות11121314151617 פ״ה דעירובין דנ״ד סע״א [סוף עמוד א].18 ובפ״ו דאבות19 רבות פ׳ משפטים ר״פ ל״ב. כי תשא פמ״א [פרק מ״א / פרשה מ״א] קנ״ו ב׳. ס״פ מ״ז קס״א ג״ד. פקודי פנ״א קס״ג ד׳. מצורע פי״ח קפ״ה ב׳.
(Voir aussi, au sujet de « gravé sur les Tables », le chapitre 5 d’Erouvin, 54a, à la fin ; et le chapitre 6 d’Avot ; Midrash Rabba, parachat Michpatim, début de la section 32 ; Ki Tisa, section 41, 156b ; fin de la section 47, 161c–d ; Pekoudé, section 51, 163d ; Metsora, section 18, 185b ;
Ces références renvoient à la Guemara, à Avot et au Midrash, qui interprètent « gravé sur les Tables » comme « liberté ».
נשא פ״י [פרק י׳ / פרשה י׳]20 דר״מ ע״א. פי״ג רנ״ד א׳. בקרבן יששכר. שלח לך פט״ז רס״ז ד׳. זח״ב [זהר חלק ב׳] יתרו פ״ד משפטים קי״ד21 א׳ תצוה קפ״ג א׳ בשלח מ״ה ב׳. ח״א [חלק א׳] בראשית דל״ז סע״ב [סוף עמוד ב]22 חיי שרה קל״א ב׳23 ויקרא ד״ו ע״ב).
Nasso, section 10, 240a ; section 13, 254a, au sujet de l’offrande d’Issakhar ; Chela'h Le'ha, section 16, 267d ; Zohar II, Yitro, 84 ; Michpatim, 114a ; Tetsavé, 183a ; Bechala'h, 45b ; Zohar I, Béréchit, 37b, à la fin ; 'Hayé Sara, 131b ; Vayikra, 6b.)
La liste se poursuit avec d’autres passages du Midrash et des références au Zohar sur le même thème.
ועל כן הוצרך לעבודתנו מעט מעט כו׳ וכמ״ש מעט מעט אגרשנו24 וגו׳ [וגומר]. וזהו יתרון מעלת נתינת התורה לישראל בשעת מתן תורה.
C’est pourquoi notre service divin doit nécessairement s’accomplir peu à peu, etc., comme il est écrit : « Peu à peu, Je les chasserai », etc. Tel est l’avantage particulier du don de la Torah à Israël au moment du Don de la Torah.
Après la faute du Veau, cette révélation se retira ; notre service divin doit donc la faire revenir progressivement, « peu à peu », comme D.ieu promit de chasser peu à peu les nations de Canaan. C’est là ce que le Sinaï apporta de plus que les Patriarches.
הגם כי האבות ג״כ קיימו התורה הנה כתיב באברהם וישמור משמרתי25 שנק׳ משמרת מצותי26 שלא נתנה עדיין להאיר על הארץ בגילוי רב ועצום כבשעת מתן תורה
Bien que les Patriarches aient eux aussi accompli la Torah, il est écrit au sujet d’Avraham : « Il a gardé Ma charge (michmarti) ». Elle est appelée une « charge » (michméret) de Mes commandements, car elle n’avait pas encore été donnée pour éclairer la terre d’une révélation grande et immense, comme au moment du don de la Torah.
Les Patriarches observaient la Torah comme une michméret, une « charge » gardée en dépôt, car elle n’avait pas encore été donnée pour éclairer ouvertement la terre comme elle le fit au Sinaï. Cela répond à la question soulevée au début du maamar.
(וע׳ [ועיין] מענין עקב אשר שמע27282930 כו׳ בשמות רבה ר״פ א׳. ויקרא סוף פ׳ ב׳ שה״ש [שיר השירים] רבה בפסוק חכו ממתקים31 בגמרא יומא כ״ח ב׳ נדרים ל״ב א׳ שלהי קדושין פ״ב [פרק ב׳] א׳ ועמ״ש מזה בד״ה משה ידבר).32
(Et voir à propos de « Parce qu’il a écouté », etc., dans Shemos Rabbah, début de la section 1 ; Vayikra [Rabbah], fin de la section 2 ; Shir HaShirim Rabbah sur le verset « Son palais est douceur » ; dans la Guemara, Yoma 28b ; Nedarim 32a ; la fin de Kiddushin, 82a ; et voir ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Moché parlait ».)
Ces sources du Midrash et de la Guemara portent sur « Parce qu’Avraham a écouté », le verset qui enseigne qu’Avraham observait la Torah.
ובא הדבור לא תרצח וגו׳ [וגומר] שיומשך חיות גילוי רצונו ית׳ למטה אפילו בענינים אלו בשמירת לא תעשה זו.
Et la parole « Tu ne commettras pas de meurtre », etc., fut prononcée afin que la force vitale de la révélation de Sa volonté, béni soit-Il, soit attirée ici-bas, jusque dans ces domaines, par l’observance de cette interdiction.
« Tu ne commettras pas de meurtre » et les autres commandements simples furent prononcés au Sinaï afin que la révélation de la volonté de D.ieu atteigne jusqu’à ces domaines, par l’observance de ces interdictions. Cela répond à la deuxième question : pourquoi des lois simples furent-elles données au milieu d’une révélation si intense ?
וענין לא תרצח כי הנה כתיב שופך דם האדם באדם33 כי זה לעומת זה עשה אלהים34 אדם בליעל35 הוא היצה״ר [היצר הרע] נגד אדם דקדושה.3637
Quant à la notion de « Tu ne commettras pas de meurtre », il est écrit : « Celui qui verse le sang de l’homme (adam) dans l’homme (adam) », car « D.ieu a fait l’un à l’opposé de l’autre » : l’adam de Bélial, qui est le mauvais penchant, s’oppose à l’adam de la sainteté.
L’Alter Rebbe interprète « Tu ne commettras pas de meurtre » à un niveau plus profond. Il lit « Celui qui verse le sang de l’homme (adam) dans l’homme (adam) » en le rapprochant de « D.ieu a fait l’un à l’opposé de l’autre » : il existe un adam de la sainteté et, face à lui, un « adam de Bélial », le mauvais penchant.
La crainte supérieure vient de la Torah et se révéla pleinement au Sinaï, lorsque la souillure d’Israël cessa. Voilà ce que le Sinaï ajouta à la « charge » des Patriarches, et pourquoi même des interdits simples y furent donnés ; « Tu ne commettras pas de meurtre » s’interprète alors dans un sens spirituel.
Maré mekomot
- 1אם אין חכמה אין יראה · אבות ג, יז.
- 2אם אין חכמה אין יראה · Pirkei Avot 3:17
- 3יראו את ה׳ קדושיו · Psalms 34:10
- 4וידבר אלקים את כל הדברים · Exodus 20:1
- 5אריה שאג מי לא יירא · Amos 3:8
- 6בקולות וברקים · Exodus 19:16
- 7ועל כל דבור פרחה נשמתן · Shabbat 88b:6
- 8שפסקה זוהמתן · Shabbat 146a:1–2
- 9
- 10אל תקרא חרות אלא חירות · אבות פ״ו מ״ב.
- 11חרות על הלוחות · Eruvin 54a:19–20
- 12חרות על הלוחות · Shemot Rabbah 32:1
- 13חרות על הלוחות · Zohar, Mishpatim 3:364–370
- 14חרות על הלוחות · Zohar, Tetzaveh 7:64–9:73
- 15חרות על הלוחות · Zohar, Bereshit 48:470–49:479
- 16חרות על הלוחות · Zohar, Chayei Sara 19:214–21:221
- 17חרות על הלוחות · Zohar, Vayikra 10:80–11:88
- 18פ״ה דעירובין דנ״ד סע״א · מובא ונתבאר באוה״ת כי תשא ע׳ ב׳כב ואילך.
- 19ובפ״ו דאבות · משנה ב. וראה באוה״ת שם.
- 20נשא פ״י · ”גבי שמלכך בן חורין”, — אוה״ת כי תשא ע׳ ב׳כא.
- 21משפטים קי״ד א, תצוה קפ״ג א׳ · נעתקו באוה״ת כי תשא ע׳ ב׳כא.
- 22ח״א בראשית דל״ז סע״ב · ”בפי׳ לא ידון רוחי”, — אוה״ת כי תשא ע׳ א׳כג.
- 23חיי שרה קל״א ב׳ · ”ע״פ גל עיני ואביטה נפלאות מתורתך עד ובג״כ קוב״ה כד יהיב אורייתא מה כתיב בה חרות על הלוחות”, — אוה״ת כי תשא ע׳ ב׳כג.
- 24מעט מעט אגרשנו · Exodus 23:30
- 25וישמור משמרתי · Genesis 26:5
- 26משמרת מצותי · Joshua 22:3
- 27
- 28
- 29
- 30עקב אשר שמע · Shemot Rabbah 1:1
- 31
- 32משה ידבר · Exodus 19:19
- 33שופך דם האדם באדם · Genesis 9:6
- 34זה לעומת זה עשה אלהים · Ecclesiastes 7:14
- 35אדם בליעל · Proverbs 6:12
- 36
- 37
13והנה ישראל עלו במחשבה1 ולכן הם גורמים ע״י חטאם במעשה דבור ומחשבה בחי׳ שפיכת דם וחיות אדם דקדושה באדם דקליפה.
Or, Israël s’éleva dans la pensée [de D.ieu] ; c’est pourquoi, par leurs fautes en acte, en parole et en pensée, ils provoquent le niveau du versement du sang et de la force vitale de l’adam de sainteté dans l’adam de kelipa (l’écorce).
Israël « s’éleva dans la pensée » : leur racine se trouve dans la pensée même de D.ieu. Leurs fautes en acte, en parole et en pensée « versent donc le sang » au sens spirituel : elles font passer la force vitale de l’adam saint à l’adam de kelipa.
וכן עד״ז [על דרך זה] בשאר עבירות לא תנאף שלא יגרמו שפע לבטלה לחיצונים. וכן לא תגנוב וגו׳ [וגומר] שהוא ע״י שמירת וזהירת מצביעות ופניות כו׳.
Et de même, dans cette perspective, pour les autres transgressions : « Tu ne commettras pas d’adultère », afin qu’ils ne provoquent pas un flux d’abondance gaspillé vers les forces extérieures. De même, « Tu ne voleras pas », etc. : cela consiste à se garder de l’hypocrisie et des arrière-pensées, etc.
Les autres commandements se comprennent de la même manière : « Tu ne commettras pas d’adultère » met en garde contre le fait de gaspiller le flux de bénédiction de D.ieu en le dirigeant vers les forces extérieures. « Tu ne voleras pas » s’observe en se gardant de l’hypocrisie et des arrière-pensées.
Puisque la racine d’Israël se trouve dans la pensée de D.ieu, leurs fautes ont des effets spirituels : le « meurtre » et l’« adultère » signifient détourner la force vitale sainte vers la kelipa, tandis que l’on évite le « vol » en se gardant de l’hypocrisie et de l’intérêt personnel.
Maré mekomot
- 1ישראל עלו במחשבה · Bereshit Rabbah 1:4
14והנה בשעת מתן תורה הדבור בעצמו גוזר אומר לא תרצח פי׳ לשון עתיד שלא תהיה בחי׳ זו נראית לעולם.
Or, au moment du don de la Torah, la parole elle-même décréta en disant : « Tu ne commettras pas de meurtre », c’est-à-dire au futur : ce niveau ne serait jamais visible.
Au Sinaï, « Lo tirtzach » fut un décret au futur : « tu ne commettras pas de meurtre », afin que ce niveau — le « meurtre » spirituel — ne soit jamais visible.
כי העתיד והציווי שניהם משמשין בלשון אחד אבל לאחר החטא שהוצרך לעבודתנו הוא ע״י דבורינו שאנו מדברים דברי תורה ממשיכין מעט מעט מרצונו העליון כמ״ש ואשים דברי בפיך1 ועי״ז יתמו חטאים מן הארץ.2
Car le futur et l’impératif s’expriment tous deux sous une même forme. Mais après la faute, lorsque notre service devint nécessaire, c’est par notre parole que nous agissons : en prononçant des paroles de Torah, nous attirons peu à peu de Sa volonté suprême, comme il est écrit : « J’ai mis Mes paroles dans ta bouche » ; et ainsi, « les pécheurs disparaîtront de la terre ».
En hébreu, le futur et l’ordre ont une forme commune. Après la faute, cela devint une tâche pour nous : en prononçant des paroles de Torah, nous attirons peu à peu la volonté de D.ieu, selon « J’ai mis Mes paroles dans ta bouche », jusqu’à ce que « les pécheurs disparaissent de la terre ».
והנה התורה שבכתב היא עץ חיים למחזיקים בה3 ותורה שבעל פה נקרא בזהר אילן דטוב ורע שבו מפרידין הטוב מן הרע (וכמשנ״ת [וכמו שנתבאר] באריכות באגה״ק [באגרת הקודש] ד״ה בר״מ [ברעיא מהימנא] פ׳ נשא והמשכילים יזהירו).
Or, la Torah écrite est « un arbre de vie pour ceux qui s’y attachent », tandis que la Torah orale est appelée dans le Zohar « l’arbre du bien et du mal », car c’est par elle que le bien est séparé du mal (comme cela a été expliqué en détail dans Iggeret HaKodesh, dans l’épître commençant par « Dans le Ra'aya Mehemna, parachat Nasso : “Les sages resplendiront” »).
La Torah écrite est l’« arbre de vie », tandis que le Zohar appelle la Torah orale l’« arbre du bien et du mal », car ses lois séparent le bien du mal. L’Alter Rebbe renvoie à son long développement à ce sujet dans Iggeret HaKodesh.
כמו עד״מ [על דרך משל] בשעה שלומדין אלו טריפות בבהמה4 כו׳ ואלו כשרות כו׳. נעשה בירור והבדלה בין הטמא לטהור ויתפרדו כל פועלי און5 כהמס דונג מפני אש6 וגו׳ [וגומר]
Par exemple, lorsqu’on étudie « Voici les lésions qui rendent un animal tréfa… » et « voici celles qui le rendent cachère… », il s’opère un tri (birour) et une séparation entre l’impur et le pur ; alors, « tous les artisans d’iniquité se disperseront », « comme la cire fond devant le feu », etc.
Lorsqu’on étudie quels animaux sont tréfa et lesquels sont cachères, l’étude elle-même sépare le pur de l’impur. Alors le mal se désagrège, « comme la cire fond devant le feu ».
עד ימות המשיח שיעביר רוח הטומאה מן הארץ7 וכתיב ביום ההוא יהיה8 ה׳ אחד ושמו אחד ולמהוי אחד באחד9 וזהו מצות ראיה יראה כל זכורך10 כדרך שבא לראות כך11 וכו׳
…jusqu’aux jours du Machia’h, où Il fera disparaître de la terre l’esprit d’impureté. Et il est écrit : « En ce jour-là, Havaya sera Un et Son Nom sera Un », et « être un dans Un ». C’est là la mitsva de se présenter [au Temple] : « Tous tes mâles se présenteront (yera’é) » ; « de même qu’il vient pour voir, ainsi… », etc.
Ce tri se poursuit jusqu’aux jours du Machia’h, où D.ieu fera disparaître l’esprit d’impureté, et où « D.ieu sera Un et Son Nom sera Un ». La mitsva de se présenter au Temple — « Tous tes mâles se présenteront » — se comprend ainsi : « de même qu’il vient pour voir, ainsi vient-il pour être vu ».
(רפ״ק [ריש פרק קמא] דחגיגה). פי׳ כשם שמלמעלה למטה קמיה כולא כלא חשיב כך הוא מלמטה למעלה כנ״ל.
(au début du premier chapitre de ‘Haguiga). Cela signifie que, de même que d’en haut vers le bas, « devant Lui tout est considéré comme rien », il en est ainsi du bas vers le haut, comme mentionné précédemment.
La source se trouve au début de ‘Haguiga. Cela signifie que, de même que, d’en haut, tout est comme rien devant D.ieu, il devrait en être ainsi dans la perception d’en bas.
וזהו כי עין בעין יראו12 שיהיה ראיית העין שלמטה שוה ומכוון לראיית העין שלמעלה ועמ״ש סד״ה
Et c’est là le sens de « Car œil à œil ils verront » : la vision de l’œil d’en bas sera égale à celle de l’œil d’en haut et lui correspondra. Voir ce qui est écrit à la fin du discours commençant par
« Œil à œil ils verront » signifie que la vision de l’œil d’en bas correspondra à celle de l’œil d’en haut. Un autre discours est cité.
כי תשמע בקול גבי לעשות הישר בעיני13 ה׳ אך עכשיו בזמן שאין בית המקדש קיים אומרים ואין אנו יכולים לראות ולהשתחוות כו׳.
« Si tu écoutes la voix », à propos de « faire ce qui est droit aux yeux de Havaya ». Mais maintenant, à l’époque où le Temple n’existe pas, nous disons : « Et nous ne pouvons ni voir ni nous prosterner », etc.
Maintenant que le Temple n’existe pas, nous disons dans les prières des fêtes que nous ne pouvons ni « voir ni nous prosterner » : la correspondance entre les deux visions n’est pas révélée aujourd’hui.
Au Sinaï, les commandements étaient des promesses : le mal ne se manifesterait jamais. Après la faute, le travail revient à l’étude de la Torah, surtout à la Torah orale, qui sépare le bien du mal, jusqu’au temps du Machia’h, où l’œil d’en bas verra comme l’œil d’en haut.
La mitsva de re’iya, la présentation au Temple, résume le thème de la section 3 : la vision d’en bas doit correspondre à celle d’en haut. C’est pourquoi son absence aujourd’hui est décrite par les mots « nous ne pouvons pas voir ».
Maré mekomot
- 1ואשים דברי בפיך · Isaiah 51:16
- 2יתמו חטאים מן הארץ · Psalms 104:35
- 3עץ חיים למחזיקים בה · Proverbs 3:18
- 4אלו טריפות בבהמה · Mishnah Chullin 3:1
- 5ויתפרדו כל פועלי און · Psalms 92:10
- 6כהמס דונג מפני אש · Psalms 68:3
- 7שיעביר רוח הטומאה מן הארץ · Zechariah 13:2
- 8ביום ההוא יהיה ה׳ אחד ושמו אחד · Zechariah 14:9
- 9ולמהוי אחד באחד · Zohar, Terumah 13:153–14:164
- 10יראה כל זכורך · Exodus 23:17
- 11כדרך שבא לראות כך · Chagigah 2a:6
- 12כי עין בעין יראו · Isaiah 52:8
- 13לעשות הישר בעיני ה׳ · Deuteronomy 13:19
15והיינו מפני חטאינו כו׳. כי עונותיכם מבדילים1 ביניכם לבין אלהיכם2 פי׳ שעון עושה הבדל והפרש בין ראיית עין שלכם לבין ראיית עין אלהיכם שעי״ז קוב״ה [קודשא בריך הוא]
Et c’est « à cause de nos péchés », etc. Car « vos iniquités font séparation entre vous et votre D.ieu » : c’est-à-dire que la faute établit une séparation et une distinction entre la vision de votre œil et celle de l’œil de votre D.ieu. Par cela, le Saint béni soit-Il
Nous ne pouvons pas voir à présent « à cause de nos péchés » : « vos iniquités font séparation entre vous et votre D.ieu ». Le péché sépare notre vision de celle de D.ieu ; le Saint béni soit-Il se retire ainsi dans les hauteurs.
סליק לעילא ונהר יחרב ויבש34 יחרב בבית ראשון ויבש5 בבית שני678 וכו׳ שאפילו בבחי׳ בית ראשון בחי׳ בראשית נמי מאמר הוא בחי׳ חכמה910 יחרב ויסתלק בחי׳ המשכת גילוי אלהות ית׳ ומכ״ש [ומכל שכן] שיבש בבית שני
s’élève dans les hauteurs, et « le fleuve sera dévasté et desséché » : « dévasté » au Premier Temple, et « desséché » au Second Temple, etc. Car même au niveau du Premier Temple — le niveau de « “Au commencement” est aussi une parole », le niveau de 'Hokhma (sagesse) — il « sera dévasté », et le niveau de la continuation de la révélation de la divinité, béni soit-Il, se retire ; à plus forte raison est-il « desséché » au Second Temple,
« Le fleuve sera dévasté et desséché » fait référence aux deux Temples : au Premier, il fut « dévasté » ; au Second, il fut « desséché ». Même le Premier Temple, qui correspond à 'Hokhma, au niveau de « “Au commencement” est aussi une parole », perdit le flux de la divinité.
qui est le niveau de la révélation des attributs émotionnels (midot) qui sont dans Son cœur (voir à ce sujet le Zohar, Bereishis, 6b et 26a, ainsi que Parshas Shemos, 9b).
À plus forte raison en va-t-il ainsi du Second Temple, qui correspondait à la révélation des midot, les attributs « dans Son cœur ». Trois passages du Zohar sont cités sur ce thème.
Et la chose dépend de la techouva (retour) (voir ce qui est écrit sur le verset « Car les montagnes s’éloigneront ») : grâce à la techouva et aux bonnes actions, « la lumière, qu’elle est bonne » sera révélée ;
Tout dépend de la techouva : grâce à la techouva et aux bonnes actions, « la lumière, qu’elle est bonne » sera de nouveau révélée.
והיינו ע״י מרירות נפשו בהיותו ממארי דחושבנא כמו שהיה במצרים כמ״ש וימררו את חייהם16 בעבודה קשה וגו׳ [וגומר]. ואזי זכו ותעל שועתם17 אל ה׳:181920212223242526272829303132333435363738
et cela se réalise par l’amertume de son âme, lorsqu’il est de ceux qui « font le bilan » (marei d'chushbena), comme ce fut le cas en Égypte, ainsi qu’il est écrit : « Ils leur rendirent la vie amère par un dur labeur », etc. Alors ils méritèrent que « leur cri montât vers D.ieu ».
Cette techouva naît de l’amertume de l’âme, lorsque l’on fait partie de ceux qui « font le bilan » et examinent honnêtement leur conduite. Il en fut ainsi en Égypte : l’amertume de leur labeur fit monter leur cri vers D.ieu et conduisit à la délivrance.
Le péché sépare notre vision de celle de D.ieu, et la révélation se retira ainsi des deux Temples. Elle revient par la techouva, qui naît d’une sincère amertume de l’âme, comme en Égypte avant la délivrance.
Le Tséma'h Tsédek (Or HaTorah, Shir HaShirim) relève qu’il faut étudier l’appellation du Premier Temple comme correspondant à 'Hokhma, puisque le Zohar sur Shemos (9b) le désigne comme Bina et le Second Temple comme Mal'hout. Le Zohar y dit que le Premier Temple ne s’écoule plus en eaux vives, car sa source s’est retirée.
Maré mekomot
- 1כי עונותיכם מבדילים · שם נט, ב. [שם אי׳ כי ”אם” — [כ]. [”היו” מבדילים].
- 2כי עונותיכם מבדילים ביניכם לבין אלהיכם · Isaiah 59:2
- 3ונהר יחרב ויבש · Job 14:11
- 4ונהר יחרב ויבש · Zohar, Introduction 12:92–104
- 5יחרב בבית ראשון ויבש בב״ש · Zohar I, 26a
- 6יחרב בבית ראשון ויבש בבית שני · Tikkunei Zohar 58a:10
- 7יחרב בבית ראשון ויבש בבית שני · Tikkunei Zohar 67a:4
- 8יחרב בבית ראשון ויבש בבית שני · Zohar, Shemot 13:139–150
- 9שאפילו בבחי׳ בית ראשון בחי׳ בראשית נמי מאמר הוא בחי׳ חכמה · ”ומ״ש דבית ראשון הוא חכמה צ״ע בזהר שמות ד״ט ע״ב פי׳ שהוא בינה”, — אוה״ת שה״ש-א ע׳ קל.
- 10הוא בחי׳ חכמה · ראה אוה״ת ואתחנן ע׳ תכז.
- 11ויקרא ד״ו ע״ב · ”בפי׳ חירות על הלוחות לפי שניתנו ע״י קול השופר הנמשך מהבינה מקום החירות”, — אוה״ת כי תשא ע׳ ב׳כג.
- 12ודכ״ו ע״א · ”דבית ראשון שכינתא עילאה בינה ובית שני שכינתא תתאה שהיא מ׳”, — אוה״ת בראשית-ג דף תקלו, ב.
- 13ובפ׳ שמות ד״ט ע״ב · ”דבית ראשון הוא בינה ובית שני הוא מל׳ . . ובית ראשון עילאה קדישא לא נביע נביעו דמים חיים דהא מקורא דילה אסתלק כו׳”, — אוה״ת בראשית-ג דף תקלו, ב.
- 14כי ההרים ימושו · Isaiah 54:10
- 15האור כי טוב · Genesis 1:4
- 16וימררו את חייהם · Exodus 1:14
- 17ותעל שועתם · Exodus 2:23
- 18מעט מעט אגרשנו · Exodus 23:30
- 19וישמור משמרתי · Genesis 26:5
- 20משמרת מצותי · Joshua 22:3
- 21עקב אשר שמע · Genesis 26:5
- 22שופך דם האדם באדם · Genesis 9:6
- 23זה לעו״ז עשה אלקים · Ecclesiastes 7:14
- 24ישראל עלו במחשבה · Bereshit Rabbah 1:4
- 25ואשים דברי בפיך · Isaiah 51:16
- 26יתמו חטאים מן הארץ · Psalms 104:35
- 27עץ חיים למחזיקים בה · Proverbs 3:18
- 28תורה שבכתב . . שבעל פה · ע״ל צו (יז, ד). [כ].
- 29באגה״ק ד״ה בר״מ · (קכד, ב). [כ].
- 30ויתפרדו כל פועלי און · Psalms 92:10
- 31כהמס דונג מפני אש · שם סח, ג.
- 32שיעביר רוח הטומאה · Zechariah 13:2
- 33ביום ההוא יהי׳ ה׳ אחד · שם יד, ט.
- 34למהוי אחד באחד · Zohar II, 135a
- 35יראה כל זכורך · Exodus 23:17
- 36רפ״ק דחגיגה · ב, א. וש״נ.
- 37כי עין בעין יראו · Isaiah 52:8
- 38סד״ה כי תשמע בקול · לקמן פ׳ ראה כג, ג.
16קיצור. שתכלית ענין התורה והמצות ליראה את ה׳ יראו את ה׳ קדושיו. והיינו הגילוי כמו שלמעלה היש ולמטה כאין ואפס ממש וכנ״ל בפי׳ לך ה׳ הגדולה.
Résumé. Le but de la Torah et des mitsvot est de « craindre Havaya » : « Craignez Havaya, vous, Ses saints. » C’est la révélation selon laquelle, en vérité, ce qui est en haut est le « quelque chose » (yech), tandis que ce qui est en bas n’est réellement rien ni néant, comme indiqué plus haut dans l’explication de « À Toi, Havaya, la grandeur appartient. »
Le résumé de la section 3 commence ainsi : le but de la Torah et des mitsvot est la crainte supérieure exprimée par « Craignez Havaya, vous, Ses saints. » C’est la révélation des choses telles qu’elles sont véritablement : ce qui est en haut est le véritable « quelque chose », et ce qui est en bas n’est rien, comme cela a été expliqué à propos de « À Toi, Havaya, la grandeur appartient. »
וגילוי זה היה בשעת מ״ת [מתן תורה]. וזהו היתרון על קיים אברהם כו׳. לא תרצח לא תנאף.
Cette révélation eut lieu au moment du Don de la Torah. Voilà en quoi celui-ci dépasse le fait qu’« Avraham accomplissait », etc. « Tu ne tueras pas ; tu ne commettras pas d’adultère » :
Cette révélation se produisit lors du Don de la Torah ; c’est ce que le Sinaï ajouta à l’observance de la Torah par les Patriarches. Le résumé passe alors à « Tu ne tueras pas ; tu ne commettras pas d’adultère. »
ל׳ [לשון] ציווי ול׳ [ולשון] הבטחה. ועכשיו הבירור ע״י דבור התורה וזהו כדרך שבא לראות. ואין אנו יכולים כו׳ וענין תשובה:
Une expression de commandement et une expression de promesse. À présent, le birour (tri du bien et du mal) s’accomplit par la parole de la Torah. C’est le sens de « de même qu’il vient pour voir ». Et « nous ne pouvons pas », etc. Puis vient la question de la techouva (retour).
Ces paroles sont à la fois un commandement et une promesse. Depuis la faute, le tri du bien et du mal s’accomplit en prononçant les paroles de la Torah ; cela se rattache à « de même qu’il vient pour voir », à notre déclaration « nous ne pouvons pas », et à la techouva.
Résumé de la section 3 : la crainte supérieure comme but des mitsvot, sa révélation au Sinaï, les commandements en tant que promesses, puis le travail de la Torah et de la techouva à présent.
Entendre, faire et l’amour caché ¶17–18
17ד והנה בחי׳ ראיה זו וביטול זה הוא נקרא לשמוע בקול דברו בחי׳ שום תשים עליך מלך1 וגו׳ [וגומר] לשמוע בקולו ולדבקה בו23 וליבטל אליו ית׳
4. Or, ce niveau de vision et cette annulation de soi (bitoul) sont appelés « écouter la voix de Sa parole », le niveau de « Tu établiras certainement un roi sur toi », etc. : « écouter Sa voix, t’attacher à Lui » et être annulé devant Lui, béni soit-Il.
La section 4 nomme cette vision et cette annulation de soi « écouter la voix de Sa parole ». C’est l’attitude exprimée par « Tu établiras certainement un roi sur toi » : écouter Sa voix, s’attacher à Lui et être annulé devant Lui.
(וזהו פי׳ לשמוע בקול דברו.4 דברו ממש ע״ד [על דרך] מ״ש לע״ל [לעתיד לבוא] וראו כל בשר5 יחדו כי פי ה׳ דבר היינו ולא יכנף עוד מוריך6 שלא יהיה עוד לבושים המסתירים על הדבור עליון להיות נראה העולם ליש ודבר נפרד
(Et tel est le sens de « écouter la voix de Sa parole » : Sa parole même, conformément à ce qui est écrit au sujet des temps futurs : « Toute chair verra ensemble que la bouche de Havaya a parlé », c’est-à-dire : « Ton Maître ne sera plus dissimulé (yikanef) » ; il n’y aura alors plus de voiles pour cacher la parole supérieure, de sorte que le monde apparaisse comme une « existence » (yech), une réalité séparée,
« Sa parole » doit être entendu au sens propre. Aux temps futurs, « toute chair verra que la bouche de Havaya a parlé » et « ton Maître ne sera plus dissimulé » : aucun voile ne cachera la parole divine qui fait aujourd’hui paraître le monde comme une réalité séparée.
כי אם יראו הכל איך שדבר ה׳ הוא המהוה ומחיה וכולא קמיה כאין ואפס ממש וכמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] פ״כ וכ״א [וכי אם] ועמ״ש מזה סד״ה והניף ידו על הנהר.78 וזהו פי׳ לשמוע בקול דברו דגבי מתן תורה.
mais tous verront plutôt comment la parole de D.ieu est ce qui fait advenir l’existence et donne la vie, et comment tout est véritablement néant et rien devant Lui, comme il est écrit dans le Sefer Shel Beinonim, chapitres 20 et 21 ; voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet à la fin du discours commençant par « Et Il agitera Sa main sur le fleuve ». Tel est le sens de « écouter la voix de Sa parole » en rapport avec le don de la Torah.
Tous verront que c’est la parole de D.ieu qui fait advenir toute chose et la maintient en vie, et que tout est néant devant Lui, comme l’explique le Tanya aux chapitres 20 et 21. C’est ce que signifiait « écouter la voix de Sa parole » au Sinaï.
ופי׳ בקול דברו יובן ע״ד [על דרך] מ״ש בד״ה כי תשמע בקול ומשם יובן איך שגם עכשיו שייך בחי׳ זו ע״י עסק התורה וכמ״ש בענין אם אין חכמה אין יראה כו׳ כנ״ל).
Et le sens de « la voix de Sa parole » se comprendra conformément à ce qui est écrit dans le discours commençant par « Si tu écoutes la voix » ; on comprendra ainsi que, même aujourd’hui, ce niveau est accessible par l’étude de la Torah, comme il est écrit à propos de « S’il n’y a pas de sagesse, il n’y a pas de crainte », etc., comme mentionné plus haut.)
Même aujourd’hui, ce niveau nous est accessible par l’étude de la Torah, comme cela a été dit à propos de « S’il n’y a pas de sagesse, il n’y a pas de crainte ».
אך צריך להקדים לזה להיות בחי׳ עושי דברו כי הנה מלכותך מלכות9 כל עולמים כתיב שכל העולמות עליונים ותחתונים קיומם והתהוותם מאין ליש הוא מבחי׳ מלכותו ית׳.
Mais il faut d’abord atteindre le niveau de « ceux qui accomplissent Sa parole ». Car il est écrit : « Ta royauté est une royauté sur tous les mondes » : l’existence de tous les mondes, supérieurs et inférieurs, ainsi que leur venue à l’existence, du néant à une réalité, procèdent du niveau de Sa Mal'hout (souveraineté), béni soit-Il.
Mais il faut d’abord être « ceux qui accomplissent Sa parole ». Tous les mondes, supérieurs et inférieurs, existent et viennent à l’existence par la Mal'hout (souveraineté) de D.ieu, comme le dit le verset : « Ta royauté est une royauté sur tous les mondes ».
ולכאורה א״כ [אם כן] איך יתכן להיות מלך שמו נקרא עליהם. אבל הענין שע״י תורה ומצות ממשיכין בחינת רצון העליון להיות מלך שמו נקרא וזהו קדשנו במצותיו.
À première vue, comment peut-il donc être possible que « Son Nom soit proclamé roi » sur eux ? Mais voici l’explication : par la Torah et les mitsvot, on attire le niveau de la volonté supérieure, afin que « Son Nom soit proclamé roi ». Tel est le sens de « [Qui] nous a sanctifiés par Ses commandements ».
Il semble donc difficile de comprendre comment « Son Nom soit proclamé roi » sur les mondes. La réponse est que, par la Torah et les mitsvot, nous attirons la volonté supérieure, afin que « Son Nom soit proclamé roi » ; c’est le sens de « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements ».
וזהו ברוך אתה ה׳ אלהינו מלך העולם פי׳ שיברך וימשיך בחי׳ אתה בחי׳ חסד להיות מלך העולם ע״י שהוי׳ אלהינו ואנחנו בטלים אליו וקדשנו במצותיו
Tel est le sens de « Béni sois-Tu, Havaya notre D.ieu, Roi du monde » : bénir et attirer le niveau de « Toi », qui est le niveau de 'Hessed (bonté), afin qu’Il soit « Roi du monde » ; cela se réalise parce que Havaya est notre D.ieu, que nous sommes annulés devant Lui et qu’Il nous a sanctifiés par Ses commandements.
La formule de bénédiction exprime la même idée : « Béni » signifie attirer, et « Toi » désigne 'Hessed, qui est attiré afin qu’Il devienne « Roi du monde ». Cela se produit lorsque Havaya est « notre D.ieu », lorsque nous sommes annulés devant Lui et que nous accomplissons Ses commandements.
(ועמ״ש מזה ג״כ בד״ה תקעו בחודש שופר10 וסד״ה ביום השמיני שלח.11 וזהו ענין עושי דברו וזהו אל תקרי בניך אלא בוניך12 שבונים מדת מלכותו ית׳ ע״י שממשיכים רצון העליון ב״ה להיות גילוי מלכותו ית׳),
(Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Sonnez du chofar à la nouvelle lune » et à la fin du discours commençant par « Au huitième jour, il renvoya ». Tel est le sens de « ceux qui accomplissent Sa parole » ; et tel est le sens de « Ne lis pas banayich (tes enfants), mais bonayich (tes bâtisseurs) » : ils bâtissent l’attribut de Sa royauté, béni soit-Il, en attirant la volonté supérieure, béni soit-Il, afin que Sa royauté se révèle.)
Tel est le sens de « ceux qui accomplissent Sa parole ». Les Sages lisent « tes enfants » (banayich) comme « tes bâtisseurs » (bonayich) : Israël bâtit la royauté de D.ieu en attirant la volonté supérieure, afin que Sa royauté se révèle.
והנה הכח הזה שניתן לבנ״י [לבני ישראל] עם קרובו13 להיות הגורם להמשיך רצונו ית׳ הוא ע״י שגילה רז זה לבני14 שכל אחד מישראל יש לו בהסתר ובהעלם האהבה המסותרת לה׳
Or, ce pouvoir donné aux enfants d’Israël, « le peuple proche de Lui », d’être la cause qui fait descendre Sa volonté, béni soit-Il, tient à ce qu’Il a révélé « ce secret à Mes enfants » : chaque Juif possède, à l’état caché et latent, l’amour caché (ahava messoutéret) pour D.ieu ;
Israël, « le peuple proche de Lui », a le pouvoir de faire descendre la volonté de D.ieu grâce au « secret révélé à Mes enfants » : chaque Juif porte en lui un amour caché pour D.ieu (ahava messoutéret).
וצריך להוציאה מהעלם אל הגילוי ביגיעת נפש וביגיעת בשר כמו שהיה במצרים וימררו את חייהם בעבודה קשה בחומר ובלבנים15 וגו׳ [וגומר]
et il faut le faire passer de l’état latent à l’état révélé, au prix d’un labeur de l’âme et d’un labeur du corps, comme ce fut le cas en Égypte : « Ils leur rendirent la vie amère par un dur labeur, avec du mortier et des briques », etc.
Cet amour doit passer de l’état latent à l’état révélé par un labeur de l’âme et du corps. En Égypte, ce labeur difficile consistait à travailler « avec du mortier et des briques ».
Et ils ont dit dans le Zohar : « Avec du mortier (’homer) », cela désigne le kal va’homer (le raisonnement a fortiori) ; « et avec des briques (levenim) », cela désigne le liboun hil’héta (l’éclaircissement de la loi), qui s’accomplit par l’étude de la Torah avec analyse et en profondeur.
Le Zohar interprète « mortier » (’homer) comme le kal va’homer, le raisonnement du mineur au majeur, et « briques » (levenim) comme le liboun hil’héta, l’éclaircissement de la loi. Le labeur qui révèle l’amour caché est une étude de la Torah profonde et approfondie.
La section 4 définit « écouter la voix de Sa parole » comme le fait de voir que tout est annulé devant la parole de D.ieu. Cette réalité sera dévoilée aux temps futurs et peut être atteinte dès maintenant par la Torah. Il faut d’abord « accomplir Sa parole » : bâtir la royauté de D.ieu en révélant l’amour caché par l’effort.
La parenthèse relie l’image des « voiles » à l’expression « ton Maître ne sera plus dissimulé » ; dans Torah Ohr, Vayeshev, l’Admour Hazaken comprend yikanef comme étant couvert par une « aile » (kanaf), c’est-à-dire un voile. En ce jour, Son Nom ne sera plus couvert par une enveloppe, et « ils verront œil à œil ».
Maré mekomot
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- 18בחומר דא קל וחומר ובלבנים דא ליבון הלכתא · Zohar, Pinchas 51:314–53:325
- 19
18ועד״ז [ועל דרך זה] נתקן לנו התפלה למסור נפשו באחד12 והעיקר למסור הרצון להיות ביטול הרצון מפני רצונו34 ית׳ בסור מרע ועשה טוב וקדש עצמך במותר לך5 וכן בעסק התורה יותר מרגילותו
Et dans cette même perspective, la prière a été instituée pour nous : donner son âme à [la parole] « Un » (E’had) ; et l’essentiel est de donner sa volonté, afin que celle-ci s’annule devant Sa volonté, béni soit-Il, en « s’éloignant du mal et en faisant le bien », en « se sanctifiant même dans ce qui vous est permis », et de même en s’adonnant à l’étude de la Torah au-delà de ses habitudes ;
La prière a été instituée dans le même but. Dans le Chema, on donne son âme à la parole « Un » et, surtout, on donne sa volonté, la mettant de côté devant la volonté de D.ieu : en s’éloignant du mal, en faisant le bien, en se retenant même de ce qui est permis et en étudiant la Torah au-delà de ses habitudes.
כי העסק התורה אשר לפי הרגילות הוא דרך הטבע והוא כמצות אנשים מלומדה6 ועי״ז אי אפשר לעורר המשכת הרצון העליון שהוא נקרא טמירא דכל טמירין7 (ע׳ [עיין] בזח״ב [בזהר חלק ב׳] ס״פ יתרו דף פ״ט ע״א)
car l’étude de la Torah selon ses habitudes relève de l’ordre naturel et ressemble à « un commandement appris par des hommes, comme par routine » ; par cela, il est impossible d’éveiller l’émanation de la volonté supérieure, appelée « la plus cachée de tout ce qui est caché » (temira d’chol temirin) (voir Zohar II, fin de la paracha Yitro, folio 89a),
L’étude de la Torah accomplie uniquement par habitude relève de l’ordre naturel, comme « un commandement appris par des hommes, comme par routine ». Elle ne peut éveiller la volonté supérieure, que le Zohar appelle « la plus cachée de tout ce qui est caché ».
אלא ע״י התעוררות מקרב איש ולב עמוק8 למעלה מהטבע שעי״ז יצא מנרתיקו מהעלם אל הגילוי
mais seulement par un éveil venant « de l’intime de l’homme et d’un cœur profond », au-delà de la nature ; grâce à cela, elle sortira de son enveloppe, de la dissimulation pour se révéler.
Seul un éveil venant « de l’intime de l’homme et d’un cœur profond », au-delà de la nature, fait sortir l’amour caché « de son enveloppe », de la dissimulation pour le révéler.
ולכן עתה בזמן שאין בהמ״ק [בית המקדש] חובה עלינו מצות התפלה9 שבשעת התפלה כל בעל נפש יתלהב בנפשו לעורר לבבו לה׳ שעי״ז יוכל אח״כ [אחר כך] להמשיך הרצון העליון ע״י עסק התורה
C’est pourquoi, à présent, en l’absence du Temple, la mitsva de la prière nous incombe : au moment de la prière, toute personne douée d’une âme (baal néfech) doit s’embraser intérieurement et éveiller son cœur vers D.ieu ; ainsi pourra-t-elle ensuite attirer la volonté supérieure par l’étude de la Torah ;
À présent qu’il n’y a pas de Temple, la prière est une obligation. Dans la prière, chacun embrase son âme et éveille son cœur vers D.ieu, afin que son étude de la Torah puisse ensuite attirer la volonté supérieure.
אלא א״כ [אם כן] מי שתורתו אומנתו10 דנשמתי׳ [דנשמתיה] אחידא בי׳ [ביה] להיטא בי׳ [ביה]11 כמ״ש במ״א שהוא פטור מתפלה מפני שא״צ [שאין צריך / שאינו צריך] הכנה לעורר לבבו כו׳ כמ״ש במ״א.
à moins qu’il ne s’agisse de quelqu’un dont la Torah est l’occupation, dont l’âme est liée à Lui et embrasée pour Lui, comme il est écrit ailleurs : celui-là est dispensé de la prière, car il n’a pas besoin de préparation pour éveiller son cœur, etc., comme il est écrit ailleurs.
L’exception concerne celui dont la Torah constitue toute l’occupation, comme ceux que le Talmud décrit en Chabbat 11a, dont l’âme, selon les termes du Zohar, est liée à D.ieu et embrasée pour Lui. Il n’a pas besoin de préparation pour éveiller son cœur et est donc dispensé de la prière.
La prière permet de révéler l’amour caché : donner son âme et sa volonté à la parole « Un ». Cet éveil des profondeurs, au-delà des habitudes et de la nature, permet à l’étude de la Torah d’attirer la volonté supérieure ; l’exception est celui dont l’âme est entièrement liée à la Torah.
Le Tséma’h Tsédek (Or HaTorah, Terumah) déduit de l’exemple de Rabbi Akiva, qui prolongea la prononciation de la parole « Un » jusqu’à ce que son âme le quitte, que l’essentiel du sacrifice de soi dans le Chema réside dans la récitation de « Un ». Il écrit également (Or HaTorah, Devarim) que ce sacrifice de soi est dirigé vers l’essence même de la Lumière infinie.
Maré mekomot
- 1למסור נפשו באחד · ראה שו״ת הרשב״א ח״ה סנ״ה. ב״ח טור או״ח ר״ס ס״א. פע״ח ש׳ הק״ש פי״ב. וראה אוה״ת תרומה ע׳ א׳שסז: ”כדמשמע בעובדא דרע״ק שהי׳ מאריך באחד שיצאה נשמתו באחד. וגם מהא דעיקר הכוונה בפסוק ראשון כמו ר״י הנשיא כו׳ משמע דעיקר מס״נ הוא באמרו אחד, ומצות בכל נפשך מלתא באפי׳ נפשי׳ הוא” ע״ש. וראה אוה״ת דברים-ו ע׳ ב׳רמט דמס״נ באחד דק״ש היינו במהות ועצמות אוא״ס דוקא.
- 2למסור נפשו באחד · Pri Etz Chaim, Gate of the Recitation of the Shema 12:4–5
- 3ביטול הרצון מפני רצונו · ראה אבות ב, ד.
- 4ביטול הרצון מפני רצונו · Pirkei Avot 2:4
- 5קדש עצמך במותר לך · Yevamot 20a:15
- 6כמצות אנשים מלומדה · Isaiah 29:13
- 7טמירא דכל טמירין · Zohar, Yitro 27:464–475
- 8מקרב איש ולב עמוק · Psalms 64:7
- 9חובה עלינו מצות התפלה · ראה שו״ע או״ח רספ״ט. וראה לקמן בפ׳ בלק ד״ה לא הביט (ע, ג).
- 10אא״כ מי שתורתו אומנתו · Shabbat 11a
- 11דנשמתי׳ אחידא בי׳ להיטא בי׳ · Zohar III, 292a
La techouva et pourquoi le faire vient en premier ¶19–21
19וזהו בחי׳ תשובה ובמקום שבעלי תשובה עומדים צדיקים גמורים אין יכולים לעמוד דמשכין בחילא יתיר1 מהעלם אל הגילוי.
Et tel est le niveau de la techouva (retour) ; et « là où se tiennent ceux qui font techouva, les justes parfaits ne peuvent se tenir », car ils attirent avec une force plus grande (be'hayla yatir), faisant passer de la dissimulation à la révélation.
Ce don de soi est la techouva (retour). Les Sages disent que les justes parfaits ne peuvent se tenir là où se tiennent ceux qui font techouva, et le Zohar en explique la raison : ils attirent avec une force plus grande, faisant passer ce qui était caché à la révélation.
וזהו יפה שעה אחת בתשובה2 ומעשים טובים בעוה״ז [בעולם הזה] מכל חיי עולם הבא3 לפי שבחי׳ עוה״ב [עולם הבא] הוא מה שנהנין מזיו השכינה4
Et c’est là [le sens de] : « Une heure de techouva et de bonnes actions dans ce monde vaut mieux que toute la vie du Monde futur », car le niveau du Monde futur consiste en ce qu’ils jouissent du rayonnement de la Chekhina (la Présence divine),
La Michna enseigne donc qu’une heure de techouva et de bonnes actions dans ce monde vaut mieux que toute la vie du Monde futur. Le Monde futur consiste à jouir du rayonnement de la Chekhina (la Présence divine).
דהיינו בבחי׳ מה שהוא בחי׳ גילוי ההתפשטות משא״כ ע״י הבעל תשובה נמשך ממקורא דכולא טמירא דכל טמירין כנ״ל
c’est-à-dire qu’il s’agit du niveau de la révélation de l’expansion ; tandis que, par l’intermédiaire de celui qui fait techouva, un flux est attiré de la source de tout, « la plus cachée de toutes les choses cachées », comme mentionné plus haut ;
Ce rayonnement n’est que l’expansion révélée de la Divinité. La techouva attire depuis la source de tout, « la plus cachée de toutes les choses cachées », la volonté suprême elle-même.
והיינו ע״י דאתכפיא5 הסט״א [הסטרא אחרא] ואתהפכת חשוכא לנהורא ומרירו למיתקא כי הנה החשך יכסה ארץ6 שלא יאיר בגילוי רב למטה כמו למעלה כנ״ל.
et cela se fait lorsque la sitra a'hra (l’autre côté) est soumise et que l’obscurité est transformée en lumière, et l’amertume en douceur. Car, en effet, « l’obscurité couvrira la terre », si bien qu’elle ne brille pas ici-bas avec une grande révélation comme là-haut, comme mentionné plus haut,
La techouva agit en soumettant la sitra a'hra (l’autre côté) et en transformant l’obscurité en lumière, et l’amertume en douceur. Normalement, « l’obscurité couvre la terre », si bien que la lumière de D.ieu ne brille pas ici-bas aussi ouvertement que là-haut.
אלא לפי סדר ההשתלשלות והתלבשות בכיסוים רבים וא״כ [ואם כן] גילויו למטה לפי ערך המקבלים. משא״כ כד אתכפיא סט״א [סטרא אחרא] וכו׳ אזי למעלה ולמטה שוין.
mais selon l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) et leur revêtement par de nombreux voiles ; dès lors, sa révélation ici-bas est à la mesure de la capacité des récepteurs. En revanche, lorsque la sitra a'hra est soumise, etc., alors le haut et le bas sont égaux.
Normalement, la lumière ne descend qu’à travers l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), enveloppée de nombreux voiles ; elle ne se révèle donc ici-bas que dans la mesure où les récepteurs peuvent la recevoir. Lorsque la sitra a'hra est soumise, le haut et le bas deviennent égaux.
כמ״ש כי עין בעין יראו7 וגו׳ [וגומר] וכתיב ביום ההוא יהיה8 ה׳ אחד ושמו אחד למהוי אחד באחד כנ״ל וזהו בשעה שהקדימו ישראל נעשה לנשמע9 שבחי׳ נעשה
comme il est écrit : « Car œil à œil ils verront », etc. ; et il est écrit : « En ce jour, Havaya sera Un et Son Nom sera Un », « pour être un en Un », comme mentionné plus haut. Et c’est là [le sens de] : « Lorsque Israël fit précéder “nous ferons” à “nous écouterons” » ; car le niveau de « nous ferons »
C’est là le sens de « œil à œil ils verront » et de « Havaya sera Un et Son Nom sera Un ». À présent, l’Admour Hazaken revient aux mots d’ouverture du maamar : Israël fit précéder « nous ferons » à « nous écouterons ».
שהוא ענין המשכת רצונו ית׳ להיות מלך העולם ע״י מעשה המצות אשר קדשנו במצותיו הוא תחלה לבחי׳ נשמע שהוא בחי׳ ביטול במציאות אליו ית׳ שבחי׳ נשמע נמשך מבחי׳ נעשה כנ״ל
qui consiste à attirer Sa volonté, béni soit-Il, afin qu’Il soit « Roi du monde », par l’accomplissement des mitsvot — « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements » — vient avant le niveau de « nous écouterons », qui est le niveau de l’annulation de [son] existence même (bitoul bimetziout) devant Lui, béni soit-Il ; car le niveau de « nous écouterons » découle du niveau de « nous ferons », comme mentionné plus haut
« Nous ferons » consiste à attirer la volonté de D.ieu, afin qu’Il soit « Roi du monde », par l’accomplissement des mitsvot. Cela vient en premier, car « nous écouterons », l’annulation de son existence même devant Lui, découle de « nous ferons », comme expliqué plus haut.
(ועיין במדרש פ׳ ויקרא10 רבה ר״פ א׳ וס״פ ה׳ מענין גבורי כח עושי דברו.111213 ועיין בזח״ג [בזהר חלק ג] פ׳ בלק דקצ״א ע״א מענין זה ובפ׳ לך לך ד״צ ע״א) והיינו ע״י שגילה רז זה לבני כו׳
(Voir le Midrach, Vayikra Rabbah, au début de la section 1 et à la fin de la section 5, au sujet des « puissants par leur force, qui accomplissent Sa parole » ; voir aussi le Zohar III, Parachat Balak, 191a, à ce sujet, ainsi que Parachat Le'h Le'ha, 90a.) Et cela se fait parce qu’Il a révélé « ce secret à Mes enfants », etc.,
Cette parenthèse indique des sources dans le Midrach et le Zohar au sujet des « puissants par leur force, qui accomplissent Sa parole ». Tout cela vient de la révélation de « ce secret à Mes enfants » : l’amour caché qui se trouve au cœur de chaque Juif.
שהוא ע״י יגיעת נפש ויגיעת בשר להוציא מהעלם אל הגילוי כנ״ל ובאתערותא דלתתא אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] לעורר המשכת רצון העליון בחינת טמירא דכל טמירין כנ״ל ועיין בפ׳ בהר דק״ח ע״ב ברחימו דלבייהו לאתקרבא לקוב״ה [לקודשא בריך הוא] אקדימו עשיה לשמיעה.1415
ce qui s’accomplit par le labeur de l’âme et le labeur de la chair, afin de faire passer du caché au révélé, comme mentionné plus haut ; et « par un éveil d’en bas [vient] un éveil d’en haut », pour éveiller la descente de la volonté suprême, le niveau de « ce qui est le plus caché parmi tout ce qui est caché », comme mentionné plus haut. Voir aussi la paracha Behar, 108b : « Dans l’amour de leurs cœurs, pour se rapprocher du Saint béni soit-Il, ils ont fait précéder l’action à l’écoute. »
Cet amour est révélé par le labeur de l’âme et du corps, et cet éveil d’en bas suscite un éveil d’en haut qui fait descendre la volonté suprême, « ce qui est le plus caché parmi tout ce qui est caché ». Le Zohar sur Behar dit la même chose : dans l’amour de leurs cœurs, pour se rapprocher de D.ieu, Israël a fait précéder l’action à l’écoute.
La techouva, l’éveil qui jaillit des profondeurs, attire depuis ce qui dépasse l’enchaînement des mondes et rend la révélation ici-bas égale à celle d’en haut. Cela explique le secret des anges : « nous ferons », qui attire la volonté de D.ieu par les mitsvot et par l’amour caché, précède et conduit à « nous écouterons », l’annulation complète.
Maré mekomot
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- 8ביום ההוא יהיה ה׳ אחד ושמו אחד · Zechariah 14:9
- 9בשעה שהקדימו ישראל נעשה לנשמע · Shabbat 88a:7–8
- 10במדרש פ׳ ויקרא ר״פ א׳ · ראה לקמן סעי׳ ה. וראה אוה״ת ויקרא-א ע׳ רלב ואילך. יהל אור ע׳ שפו.
- 11גבורי כח עושי דברו · Vayikra Rabbah 1:1
- 12גבורי כח עושי דברו · Zohar, Balak 6:113–122
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- 14ברחימו דלבייהו לאתקרבא לקוב״ה אקדימו עשיה לשמיעה · Zohar, Behar 4:13–15
- 15במקום שבע״ת עומדים · Berakhot 34b:22–23
20וכמ״ש במ״א. ועיין בד״ה יביאו לבוש מלכות.1 ועיין מ״ש מענין בשעה שהקדימו ישראל נעשה בד״ה צאינה וראינה.2
Comme il est écrit ailleurs. Voir aussi le discours qui commence par « Qu’on apporte des vêtements royaux ». Voir également ce qui est écrit au sujet de « Lorsque les enfants d’Israël firent précéder “nous ferons” », dans le discours qui commence par « Sortez et voyez »,
D’autres développements sont indiqués : le discours « Qu’on apporte des vêtements royaux » et le discours « Sortez et voyez », qui traite de la même parole au sujet de « nous ferons ».
לא זז מחבבה ואפשר לומר פי׳ שהקדימו נעשה היינו שבחינת ביטול דנעשה להיות בטל לבעל הרצון.
[à propos de] « Il ne cessa de la chérir ». On peut aussi dire que le fait d’avoir fait précéder « nous ferons » signifie que le niveau d’annulation de soi (bitoul) de « nous ferons » consiste à s’annuler devant le Maître de la volonté,
« Il ne cessa de la chérir » fait partie de cette référence. L’Admour Hazaken propose ensuite une autre interprétation : faire précéder « nous ferons » signifie l’annulation de soi inhérente à l’action, qui consiste à s’annuler devant Celui dont c’est la volonté.
הוא עולה לבחי׳ מחשבה קדומה הנקרא בקדמין ברא שהוא למעלה מבחי׳ חכמה והוא מקור התורה והמצות כמבואר למעלה. ועמ״ש בד״ה ביום השמיני שלח34 בענין פי׳ וקדם צרתני:5
s’élève au niveau de la pensée primordiale, appelée « bekadmin bera » (« à l’origine, Il créa »), qui est au-dessus du niveau de 'Hokhma (sagesse) ; elle est la source de la Torah et des mitsvot, comme expliqué plus haut. Voir également ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Le huitième jour, il renvoya », au sujet du sens de « Et avant, Tu m’as formé ».
Cette annulation de soi s’élève jusqu’à la pensée primordiale, « à l’origine, Il créa » (bekadmin bera), qui est au-dessus de 'Hokhma et constitue la source de la Torah et des mitsvot, comme expliqué dans la section 1. Ainsi, « nous ferons » atteint un niveau supérieur à « nous entendrons ».
Une seconde explication de « nous ferons » avant « nous entendrons » : l’annulation de soi qui consiste simplement à accomplir la volonté de D.ieu atteint la volonté suprême, la pensée primordiale qui se situe au-dessus de 'Hokhma et qui dépasse la compréhension.
Maré mekomot
- 1יביאו לבוש מלכות · Esther 6:8
- 2צאינה וראינה · Song of Songs 3:11
- 3בד״ה ביום השמיני שלח · לקמן שמע״צ פו, ב.
- 4ביום השמיני שלח · I Kings 8:66
- 5וקדם צרתני · Psalms 139:5
21קיצור. (ובחי׳ ביטול זה נק׳ לשמוע בקול דברו וצריך להקדים להיות עושי דברו להמשיך הרצון בהדבור עליון והיינו ע״י גילוי אהבה המסותרת בחי׳ ביטול רצון שעי״ז מעורר גילוי רצון העליון
Résumé. (Et ce niveau d’annulation de soi (bitoul) est appelé « écouter la voix de Sa parole » ; il faut le faire précéder de « ceux qui accomplissent Sa parole », afin d’attirer la volonté dans la parole supérieure. Cela se réalise par le dévoilement de l’amour caché, le niveau de l’annulation de la volonté, qui éveille ainsi le dévoilement de la volonté supérieure.
Résumé de la section 4 : cette annulation de soi est « écouter la voix de Sa parole », et elle doit être précédée de « ceux qui accomplissent Sa parole », attirant la volonté dans la parole supérieure. Cela vient du dévoilement de l’amour caché, qui consiste à mettre sa propre volonté de côté et éveille le dévoilement de la volonté supérieure.
ולכן יפה שעה אחת בתשובה ומע״ט [ומעשים טובים] בעוה״ז [בעולם הזה] כו׳ שעי״ז ממשיך מלמעלה מסדר ההשתלשלות להיות הגילוי למטה כמו למעלה, וזהו ענין שהקדימו נעשה לנשמע. שבחי׳ נשמע נמשך מבחי׳ נעשה שעולה לבחי׳ רצון העליון בחי׳ בקדמין ברא):
C’est pourquoi « une heure de techouva et de bonnes actions en ce monde vaut mieux », etc. : car, par là, on attire d’au-delà de l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), afin que le dévoilement ici-bas soit comme en haut. Tel est le sens du fait qu’ils ont fait précéder « nous ferons » à « nous écouterons » : le niveau de « nous écouterons » est attiré du niveau de « nous ferons », qui s’élève jusqu’au niveau de la volonté supérieure, le niveau de « bekadmin bera ».
C’est pourquoi une heure de techouva vaut mieux que le Monde futur : elle attire ce qui est au-dessus de l’enchaînement des mondes, afin que le dévoilement ici-bas soit comme en haut. Et c’est pourquoi « nous ferons » précède « nous écouterons » : l’écoute est attirée de l’action, qui s’élève jusqu’à la volonté supérieure, « bekadmin bera ».
Résumé de la section 4 : l’action précède l’écoute parce que l’action, par l’amour caché et la techouva, atteint la volonté supérieure elle-même, d’où est attirée l’annulation propre à « écouter ».
Moché, « puissants en force » et la ville de D.ieu ¶22–26
22ה וביאור הענין ע״פ מ״ש ברבות ר״פ ויקרא או שמא משוי שקשה לס״ר נוח לאחד כו׳
5. Explication du sujet, d’après ce qui est écrit dans le Midrach Rabba, au début de la paracha Vayikra : « Ou peut-être une charge difficile à porter pour six cent mille personnes est-elle facile pour un seul ? », etc. ;
La section 5 poursuit l’explication à partir du Midrach au début de Vayikra Rabba. En général, une charge trop lourde pour un seul est légère pour beaucoup ; mais ici, une charge trop lourde pour six cent mille personnes était légère pour un seul : Moché.
אם יוספים אנחנו1 לשמוע כו׳ ומשה שומע כו׳ וע״ש [ועיין שם] שעד״ז [שעל דרך זה] פי׳ גבורי כח כו׳ לשמוע כו׳ ע״ש [עיין שם].2
« Si nous continuons à entendre », etc. ; « et Moché entend », etc. Voyez là-bas comment, dans le même sens, il explique « puissants en force », etc., « pour écouter », etc. Voyez là-bas.
Au Sinaï, tout Israël dit : « Si nous continuons à entendre la voix…, nous mourrons », tandis que Moché entendait la voix même de la parole et vivait. Le même Midrach explique dans ce sens « puissants en force… pour écouter ».
La section 5 s’ouvre sur le Midrach : au Sinaï, le peuple ne pouvait supporter d’entendre davantage la voix de D.ieu, tandis que Moché seul pouvait l’entendre et vivre ; cela est mis en relation avec « puissants en force… pour écouter ».
Maré mekomot
- 1אם יוספים אנחנו · Deuteronomy 5:22
- 2
23והענין דמבואר במ״א פ׳ מטות ע״פ לאמר זה הדבר1 כו׳ ענין משה נתנבא בזה כו׳ גילוי קדש העליון משא״כ בחי׳ כה כדמותנו כו׳ ע״ש [עיין שם].
Et voici ce qui est expliqué ailleurs, dans la paracha de Mattot, au sujet du verset : « Pour dire : Voici la chose », etc. : le sens de « Moïse prophétisait par “Ceci” (zeh) », etc., c’est la révélation de la sainteté suprême (Kodech), contrairement au niveau de « Ainsi » (koh), « à notre image », etc. Voir là-bas.
Ailleurs, dans la paracha de Mattot, l’Admour Hazaken explique que Moïse prophétisait par « Ceci » (zeh), c’est-à-dire par la révélation de la sainteté suprême, tandis que les autres prophètes prophétisaient par « Ainsi » (koh), au niveau de « à notre image ».
וזה היה הגילוי במתן תורה וזה הי׳ [היה] קשה לס״ר נשמות לקבל כי גילוי אור א״ס [אין סוף] עד״ז [על דרך זה] מאיר רק בחכמה עילאה שמשם בחי׳ משה
Telle fut la révélation lors du Don de la Torah, et il fut difficile aux six cent mille âmes de la recevoir ; car la révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), de cette manière, ne brille que dans la 'Hokhma suprême (sagesse), d’où provient le niveau de Moïse,
Cette révélation supérieure eut lieu au Sinaï et fut difficile à supporter pour les six cent mille âmes. La Lumière infinie brille de cette manière uniquement dans la 'Hokhma suprême, qui est la racine de Moïse.
כי חכמה כח מה2 והוא מ״ש במשה ונחנו מ״ה [מה].3 משא״כ בס״ר נשמות ששרשן מו״ק [מו׳ קצוות] שהן המדות שלמטה מבחי׳ חכמה.
car la 'Hokhma est koach mah, « la puissance du “quoi” », et c’est ce qui est dit de Moïse : « Et que sommes-nous (mah) ? » En revanche, les six cent mille âmes ont leur racine dans les six extrémités (vav ketzavos), qui sont les attributs (midot), en dessous du niveau de la 'Hokhma.
La 'Hokhma est koach mah, « la puissance du “quoi” », c’est-à-dire l’annulation complète de soi, comme Moïse le dit : « Et que sommes-nous (mah) ? » Les six cent mille âmes d’Israël ont leur racine dans les six extrémités, les midot, en dessous de la 'Hokhma.
À Sinaï, la révélation émanant de la 'Hokhma suprême, racine de Moïse, brillait au niveau de « que sommes-nous ? » ; les âmes d’Israël ont leur racine dans les midot, en dessous de ce niveau, et ne pouvaient donc la supporter.
Maré mekomot
- 1לאמר זה הדבר · Numbers 30:2
- 2חכמה כ״ח מ״ה · ת״ז בהקדמה.
- 3ונחנו מה · Exodus 16:7
24ולכן פרחה נשמתן כמ״ש נפשי יצאה בדברו1 וכמ״ש ברבות בשה״ש [בשיר השירים] ע״פ חכו ממתקים.2 כי גילוי בחי׳ זו זהו
C’est pourquoi leurs âmes s’envolèrent, comme il est écrit : « Mon âme s’en est allée lorsqu’Il a parlé », et comme il est écrit dans le Midrach Rabba sur Chir Hachirim, à propos du verset : « Son palais est douceur ». Car la révélation de ce niveau est
C’est pourquoi les âmes du peuple s’envolèrent au Sinaï : « Mon âme s’en est allée lorsqu’Il a parlé ». La révélation portait sur les choses telles qu’elles sont véritablement.
כמו שלמעלה היש ולמטה בחי׳ אין ואפס ממש ועיין מזה בסש״ב [בספר של בינונים] ר״פ ל״ד וס״פ ל״ו.
comme [il en est en vérité,] le supérieur étant le « quelque chose » (yech), et l’inférieur étant le niveau du néant et du vide absolus. Voir à ce sujet le Sefer Chel Beinonim, au début du chapitre 34 et à la fin du chapitre 36,
Cela montrait que le supérieur est le véritable « quelque chose », tandis que l’inférieur n’est rien. Le Tanya en parle aux chapitres 34 et 36.
שעיקר גילוי זה הוא בחכמה עילאה כמש״ש [כמה שכתוב שם] פל״ה בהג״ה [בהגהה]. וזהו הנקרא לשמוע בקול דברו, שרק משה יוכל לשמוע.3
que l’essence de cette révélation réside dans la 'Hokhma supérieure (sagesse), comme il est écrit là, au chapitre 35, dans la glose. C’est ce que l’on appelle « écouter la voix de Sa parole », que seul Moché pouvait entendre.
Comme le dit la glose du Tanya, au chapitre 35, cette révélation réside essentiellement dans la 'Hokhma supérieure. Elle est appelée « écouter la voix de Sa parole », et seul Moché pouvait l’entendre.
ועמ״ש בד״ה בפי׳ כי תשמע בקול מפתחות הפנימי׳ [הפנימיות / הפנימית] כו׳ ובסידור בד״ה אדני שפתי תפתח4 בפי׳ בקול דברי אלקים חיים וע״פ קול דודי הנה זה בא מדלג5 כו׳.
Voir aussi ce qui est écrit dans le discours sur l’explication de « Si tu écoutes la voix », [à propos des] « clés intérieures », etc. ; et dans le Siddour, dans le discours qui commence par « Ado-nai, ouvre mes lèvres », à propos de l’explication de « la voix des paroles du D.ieu vivant », ainsi qu’à propos du verset : « La voix de mon Bien-Aimé ! Le voici, il vient, bondissant », etc.
D’autres développements sur « la voix » sont indiqués : celui sur « Si tu écoutes la voix » et les « clés intérieures », ainsi que, dans le Siddour, ceux sur « la voix des paroles du D.ieu vivant » et « La voix de mon Bien-Aimé ».
והיינו ע״י שהי׳ [שהיה] בחי׳ גבורי כח. וע׳ [ועיין] בגמרא שבת פ״י [פרק י׳ / פרשה י׳] (דצ״ב א׳) ופ״ד דנדרים (דל״ח ע״א)
Et cela fut possible parce qu’il possédait le niveau de « vaillants en force ». Voir le traité Chabbat, chapitre 10 (92a), et le chapitre 4 de Nedarim (38a),
Moché pouvait entendre parce qu’il était « vaillant en force ». Le Talmud, dans Chabbat et Nedarim, enseigne que la Chekhina ne repose que sur celui qui est puissant et de grande stature, comme l’était Moché.
לפי שהיה בעל קומה עשר אמות דהיינו שמאיר בו עשר ספירות עליונות דאצילות שראשיתן היא חכמה עילאה.
car il était un homme de grande stature, mesurant dix coudées ; cela signifie que les dix Séfirot supérieures du Monde d’Atsilout (Émanation) brillaient en lui, la première étant la 'Hokhma supérieure.
Moché mesurait dix coudées, ce qui signifie que les dix Séfirot supérieures d’Atsilout, ayant à leur tête la 'Hokhma supérieure, brillaient en lui.
והיינו כי כח זהו בחי׳ חכמה כח מ״ה [מה] ומשם נמשך כח הביטול למס״נ [למסירות נפש]. (ועמ״ש הרמ״ז [הרב משה זכות] פ׳ פנחס דף ר״כ בפי׳ העונה אישר״מ [אמן יהא שמיה רבא מברך]6 בכל כחו).
Et cela parce que koach (force) correspond au niveau de la 'Hokhma, koach mah ; et c’est de là qu’émane la force d’annulation de soi (bitoul) pour le sacrifice de soi (messirout néfech). (Voir aussi ce qu’écrit le Ramaz sur la paracha Pin’has, folio 220, à propos du sens de « Celui qui répond “Amen, que Son grand Nom soit béni” de toutes ses forces ».)
La « force » (koach) correspond au niveau de la 'Hokhma, koach mah, et c’est d’elle que vient la force de l’annulation de soi pour le sacrifice de soi (messirout néfech). La remarque cite le Ramaz sur le fait de répondre « Amen, que Son grand Nom soit béni » de toutes ses forces.
והנה ע״י משה יוכלו נש״י [נשמות ישראל] לקבל לשמוע בקול דברו, וזהו ג״כ ע״י גבורי כח. והנה כח ב״פ [ב׳ פעמים] יד זהו ענין שאו ידיכם קדש7 שמבואר בד״ה צאינה וראינה.8
Or, grâce à Moché, les âmes d’Israël peuvent recevoir [et] écouter la voix de Sa parole ; cela aussi se fait par « les vaillants en force ». Or, koach (force) équivaut à deux fois yad (main) [en valeur numérique] ; c’est le sens de « Levez vos mains dans la sainteté », expliqué dans le discours qui commence par « Allez et voyez ».
Grâce à Moché, les âmes d’Israël peuvent recevoir cette capacité d’entendre, et cela aussi dépend du fait d’être « vaillant en force ». Koach, כח, vaut 28, soit deux fois yad, « main », יד, qui vaut 14 ; cela renvoie à « Levez vos mains dans la sainteté ».
ועי״ז הם עושי דברו עושי לשון תיקון והיינו מ״ש ועתה יגדל נא9 כח אד׳ כמ״ש במ״א
Et par cela, ils sont « ceux qui accomplissent (ossé) Sa parole » : ossé exprime la rectification (tikoun). C’est ce qui est écrit : « Et maintenant, que la force (koa’h) d’Ado-nai soit donc magnifiée », comme il est écrit ailleurs ;
Par cela, ils sont « ceux qui accomplissent Sa parole » ; ici, ossé signifie « rectifier » Sa parole. C’est le sens de : « Que la force (koa’h) d’Ado-nai soit magnifiée » : Ado-nai, le Nom de D.ieu associé à la parole et à la royauté, reçoit une force supplémentaire.
דהיינו שממשיכים גילוי אור א״ס [אין סוף] סוכ״ע [סובב כל עלמין] בהדבור עליון וזהו ענין העונה יהא שמיה רבא מברך
c’est-à-dire qu’ils font descendre la révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), dans la parole supérieure. Tel est le sens de « celui qui répond : “Que Son grand Nom soit béni” » ;
Ils font descendre la révélation de la Lumière infinie, sovev kol almin, dans la parole supérieure. Tel est le sens de répondre : « Que Son grand Nom soit béni » : rendre grand le Nom de D.ieu.
והיינו ע״י בכל כחו גבורי כח כנ״ל וזהו ג״כ ענין שיעקב נתן לדוד כ״ח שנה משלו1011 בחי׳ המשכת הכח בשם אד׳ כו׳.1213
et cela se fait « de toute sa force », par des « puissants en force (koa’h) », comme mentionné plus haut. C’est également le sens du fait que Yaakov donna à David vingt-huit années (koa’h) de sa propre vie : le niveau où la force (koa’h) est attirée dans le Nom Ado-nai, etc.
Cela se fait « de toute sa force », comme dans « puissants en force ». De même, le Zohar enseigne que Yaakov donna à David vingt-huit années (koa’h) de sa propre vie : il fit descendre la force dans le Nom Ado-nai.
Moché seul pouvait « entendre », car sa racine était dans la 'Hokhma, koach mah, source de l’annulation de soi. Par son intermédiaire et par la « force », c’est-à-dire le don de soi du sacrifice de soi (messirout néfech), Israël aussi « rectifie Sa parole », faisant descendre la Lumière infinie dans la parole supérieure et magnifiant « la force d’Ado-nai ».
Les nombres soutiennent le raisonnement : koach (כח) vaut 28, soit deux fois yad (14), et Yaakov donna 28 années à David. Dans chaque cas, la « force » désigne la puissance tirée de la 'Hokhma vers le Nom Ado-nai, la parole supérieure que le paragraphe suivant appelle « la ville de notre D.ieu ».
Maré mekomot
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- 11שיעקב נתן לדוד כ״ח שנה משלו · Zohar, Vayishlach 3:46–55
- 12
- 13
25ונקרא בחי׳ זו מלאכיו גבורי כח.1 ע״ד [על דרך] שנתבאר בד״ה ונקדשתי2 בתוך בנ״י [בני ישראל] בפי׳ שרפים עומדים ממעל לו3 כו׳.
Et ce niveau est appelé « Ses anges, puissants en force », conformément à ce qui a été expliqué dans le discours commençant par « Je serai sanctifié au milieu des enfants d’Israël », au sujet de « Les Séraphins se tiennent au-dessus de Lui », etc.
C’est en raison de cette force que les anges sont appelés « puissants en force ». L’Admour Hazaken fait référence au discours « Je serai sanctifié », qui explique comment les séraphins peuvent se « tenir au-dessus » de la Chekhina.
וע״כ [ועל כן] נקראו מלאכיו גבורי כח גם ע״ד [על דרך] והחיות נושאות את הכסא45 ועל דמות הכסא6 דמות כמראה אדם והם נושאים ומרוממים בחי׳ זו לאור א״ס [אין סוף]
C’est pourquoi ils sont également appelés « Ses anges, puissants en force », conformément à « les ‘Hayot portent le Trône » et à « au-dessus de la forme du Trône, une forme semblable à l’apparence d’un homme » ; ils portent et élèvent ce niveau vers la Lumière infinie (Or Ein Sof)
Cela correspond à l’enseignement selon lequel les ‘Hayot portent le Trône, sur lequel se trouve « une forme semblable à l’apparence d’un homme ». Les anges portent et élèvent ce niveau jusqu’à la Lumière infinie elle-même.
עצמו והכח בהם ע״י ששרשם מעולם התהו כמ״ש כ״ז [כל זה] בד״ה זכור ושמור בדבור אחד בת״א [בתורה אור] פ׳ יתרו ובפע״ח [ובפרי עץ חיים] שער השבת7 גבי כתר יתנו לך8 כו׳
elle-même ; et la force qui est en eux vient de leur racine dans le Monde du Tohou, comme cela est expliqué dans le discours commençant par « “Souviens-toi” et “Garde” furent prononcés en une seule parole », dans Torah Ohr, parachat Yitro, ainsi que dans Pri Etz Chaim, Cha’ar HaChabbat, à propos de « Ils Te donneront une couronne », etc.,
Leur force vient de leur racine dans le Monde du Tohou, comme l’explique Torah Ohr au sujet de « “Souviens-toi” et “Garde” furent prononcés en une seule parole ». Est également cité le Pri Etz Chaim de l’Ari Zal, à propos de la Kedoucha « Ils Te donneront une couronne ».
מלאכים פי׳ שחו״ב [שחכמה ובינה] נק׳ מלאכים כו׳ ע״ש [עיין שם] וע׳ [ועיין] במא״א [במאורי אור] אות מ׳ סס״א וכפשוטו גבורי כח כדפרש״י [כדפירש רש״י / כדפירוש רש״י] ספ״ק [סוף פרק קמא] דקדושין (ד״מ ע״א) שלבש כח לכוף יצרו9 ע״ש [עיין שם].
« anges » : c’est-à-dire que 'Hokhma et Bina sont appelées « anges », etc. (voir là-bas) ; voir aussi Me'orei Or, lettre mem, section 61. Au sens simple, « puissants en force » signifie, comme l’explique Rachi à la fin du premier chapitre de Kiddouchin (40a), qu’il s’est revêtu de force pour dominer son inclination. Voir là-bas.
Là-bas, les « anges » qui donnent la couronne sont 'Hokhma et Bina. Au sens simple, « puissants en force » désigne, comme l’explique Rachi dans Kiddouchin, celui qui se revêt de force pour dominer son inclination.
וזהוכמארז״ ל (רפ״ד דאבות) איזהו גבור הכובש את יצרו10. שנאמר טוב ארך אפים11 מגבור ומושל ברוחו מלוכד עיר12 (במשלי ססי׳ [סוף סימן] ט״ז) והמכוון י״ל [יש לומר] שעי״ז שכובש את היצה״ר [היצר הרע]
C’est ce que disent nos Sages, de mémoire bénie (au début du chapitre 4 d’Avot) : « Qui est puissant ? Celui qui domine son inclination, ainsi qu’il est dit : “Celui qui est lent à la colère vaut mieux que le puissant, et celui qui maîtrise son esprit vaut mieux que le conquérant d’une ville” » (Proverbes, fin du chapitre 16). On peut dire que l’intention est la suivante : en dominant le mauvais penchant,
Cela correspond à la Michna : « Qui est puissant ? Celui qui domine son inclination », qui s’appuie sur le verset affirmant que celui qui est lent à la colère vaut mieux que le puissant. L’Admour Hazaken explique à présent ce que permet cette domination de l’inclination.
שהוא מבחי׳ סיגי הגבורות וממתיקו שיהי׳ [שיהיה] בטל ליצ״ט [ליצר טוב] שהוא מבחי׳ אהבה וחסד עי״ז ממשיך המתקת הגבורות מבחי׳ ארך אפים ורב חסד13 כו׳
qui relève du niveau des scories des Guevourot (retenues), et en l’adoucissant jusqu’à ce qu’il soit soumis au bon penchant, qui relève de l’amour et du 'Hessed (bonté), on attire ainsi l’adoucissement des Guevourot depuis le niveau de « lent à la colère et abondant en bonté », etc.
Le mauvais penchant provient des scories des Guevourot (retenues). Le dominer et l’adoucir jusqu’à ce qu’il soit soumis au bon penchant, qui provient de l’amour et du 'Hessed (bonté), attire l’adoucissement des Guevourot évoqué par « lent à la colère et abondant en bonté ».
ועי״ז הוא עושי דברו שמתקן ובונה הדבור עליון שנק׳ עיר אלקינו שהוא מבחי׳ שם אלקי׳ ושם אד׳
Ainsi, il fait partie de ceux « qui accomplissent Sa parole » : il rectifie et édifie la parole supérieure, appelée « la ville de notre D.ieu », qui relève du Nom Elokim et du Nom Ado-nai ;
De cette manière, une telle personne fait partie de ceux « qui accomplissent Sa parole », au sens où elle la rectifie : elle répare et édifie la parole supérieure, « la ville de notre D.ieu », qui relève des Noms Elokim et Ado-nai.
והוא ממשיך בו הגדלת כח שם אד׳ כענין ועתה יגדל נא כח אד׳14 כו׳ והיינו ע״י ה׳ ארך אפים כו׳.
et il y attire l’accroissement de la force (koa’h) du Nom Ado-nai, comme dans « Et maintenant, que la force d’Ado-nai soit magnifiée », etc. Cela se fait par « Havaya est lent à la colère », etc.
Il attire dans cette parole un accroissement de « la force d’Ado-nai », comme Moïse l’a demandé : « Que la force d’Ado-nai soit magnifiée. » Cela vient de l’attribut « Havaya est lent à la colère ».
Les anges sont « puissants en force » parce qu’ils élèvent le niveau supérieur jusqu’à la Lumière infinie, leur force provenant du Tohou. Chez l’homme, être « puissant » consiste à dominer et à adoucir le mauvais penchant ; cela attire la bonté dans la parole supérieure, et édifie ainsi et magnifie la force d’Ado-nai.
Le discours de Likkutei Torah, Emor, cité ici, part de la question suivante : comment des séraphins créés peuvent-ils se tenir « au-dessus » de la Chekhina ? Il explique que « saint » signifie « séparé », comme dans « Moi, Havaya, je n’ai pas changé ».
Maré mekomot
- 1גבורי כח · Kiddushin 40a:1
- 2בד״ה ונקדשתי · לעיל פ׳ אמור לא, א ואילך.
- 3שרפים עומדים ממעל לו · Isaiah 6:2
- 4והחיות נושאות את הכסא · בחיי תרומה כה, י בשם פדר״א. וראה פדר״א ספ״ד. שמ״ר ספכ״ג. על״ק שלח (מא, סע״ד). וש״נ. וע׳ בהעלותך (לא, ג). וע״ע פקודי (ח, א). [כ].
- 5והחיות נושאות את הכסא · Pirkei DeRabbi Eliezer 4:1
- 6ועל דמות הכסא · Ezekiel 1:26
- 7ובפע״ח שער השבת · פ״כ סד״ה ואמנם.
- 8כתר יתנו לך · Pri Etz Chaim, Gate of the Sabbath 20:6
- 9שלבש כח לכוף יצרו · Rashi on Kiddushin 40a:1–40b:2
- 10
- 11ה׳ ארך אפים · Numbers 14:18
- 12טוב ארך אפים מגבור ומושל ברוחו מלוכד עיר · Proverbs 16:32
- 13ארך אפים ורב חסד · Exodus 34:6
- 14ועתה יגדל נא כח אד׳ · Numbers 14:17
26ועמ״ש לקמן בביאור ע״פ נשא את ראש בני גרשון1 בפי׳ מקדש אדני כוננו ידיך2 כו׳ וזהו משארז״ל [מה שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] שלעתיד עתיד הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] לקרוא לירושלים שם חדש.
Et voyez ce qui est écrit plus loin, dans l’explication du verset « Fais le dénombrement des fils de Guerchon », au sujet du sens de « Le Sanctuaire, Ado-naï, que Tes mains ont établi », etc. C’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : dans les temps futurs, le Saint béni soit-Il donnera à Jérusalem un nom nouveau.
Une autre discussion est citée à propos de « Le Sanctuaire, Ado-naï, que Tes mains ont établi ». Les Sages disent qu’à l’avenir, D.ieu donnera à Jérusalem un nom nouveau.
היינו מ״ש ושם העיר מיום הוי׳ שמה (סוף יחזקאל) כמבואר ברבות תולדות (פס״ה) ובמדרש איכה (דס״ח ע״ב ס״פ) על אלה אני בוכיה3 טבא למדינתא דשמה כשם מלכה כו׳
C’est ce qui est écrit : « Et le nom de la ville, à partir de ce jour, sera “Havaya est là” » (fin d’Ézéchiel), comme l’expliquent le Midrach Rabba, Toldot (section 65), et le Midrach Eikha (68b, fin de la section), à propos de « C’est pour cela que je pleure » : « Heureuse la cité dont le nom est celui de son roi », etc.,
Ce nom figure dans le dernier verset d’Ézéchiel : « Et le nom de la ville, à partir de ce jour, sera “Havaya est là” ». Le Midrach sur Eikha dit : « Heureuse la cité dont le nom est celui de son roi ».
דכתיב ושם העיר מיום הוי׳ שמה (עיין שם) והיינו כי ירושלים הוא יראה שלם4 ועכשיו נקראת עיר אלקינו והאלקים עשה שייראו מלפניו.5
comme il est écrit : « Et le nom de la ville, à partir de ce jour, sera “Havaya est là” » (voir là-bas). C’est que Jérusalem signifie yira chalem (crainte complète) ; et aujourd’hui elle est appelée « la ville de notre D.ieu (Elokeinou) », et « Elokim a fait en sorte qu’ils Le craignent ».
Jérusalem (Yerouchalayim) est yira chalem, « crainte complète ». Aujourd’hui, elle est appelée « la ville de notre D.ieu (Elokeinou) », la crainte inférieure exprimée par « Elokim a fait en sorte qu’ils Le craignent ».
אכן לע״ל [לעתיד לבוא] יהיו בבחי׳ יראו את הוי׳ בבחי׳ ביטול ממש ע״י ונגלה כבוד6 הוי׳ כו׳ כמבואר למעלה.
Mais, dans les temps futurs, ils seront au niveau de « Craignez Havaya », dans celui d’une véritable annulation de soi (bitoul), grâce à « Et la gloire de Havaya sera révélée », etc., comme expliqué plus haut.
Dans les temps futurs, la ville sera appelée du Nom Havaya : la crainte supérieure de « Craignez Havaya », l’annulation complète de soi, lorsque « la gloire de Havaya sera révélée ».
וזהו ע״י העבודה עכשיו בבחי׳ גבורי כח שהם הם עושי דברו כו׳. ועי״ז יוכלו לשמוע בקול דברו ממש. מה שעכשיו נאמר זה רק במשה כו׳.
Cela vient du service accompli aujourd’hui au niveau de « puissants en force », qui sont ceux « qui accomplissent Sa parole », etc. Ainsi, ils pourront « entendre la voix de Sa parole » elle-même, ce qui n’est aujourd’hui dit que de Moché, etc.,
Cette réalisation future vient de notre service actuel en tant que « puissants en force », ceux « qui accomplissent Sa parole ». Alors tous pourront « entendre la voix de Sa parole » elle-même, qualité qui n’est aujourd’hui attribuée qu’à Moché.
כנ״ל. וכמ״ש במדרש תהלים (סס״י [סוף סימן] י״ד) שלע״ל [שלעתיד לבוא] יתקיים מה שאמר משה ומי יתן כל עם7 ה׳ נביאים ומ״מ [ומכל מקום] גם עתה בחי׳ זו בעבודה
comme mentionné plus haut. Et comme l’écrit le Midrach Tehilim (fin de la section 14), dans les temps futurs s’accomplira ce que Moché a dit : « Puisse tout le peuple de Havaya être prophète ». Néanmoins, dès à présent, ce niveau existe dans le service,
Le Midrach Tehilim dit que, dans les temps futurs, le souhait de Moché s’accomplira : « Puisse tout le peuple de Havaya être prophète ». Dès à présent, on peut atteindre ce niveau par notre service.
c’est-à-dire par l’étude de la Torah ; car ainsi, on atteint le niveau de « la voix de Sa parole » elle-même, comme il est écrit : « J’ai mis Mes paroles dans ta bouche », et il est écrit : « Ma langue fera écho à Ta parole », etc.
On l’atteint par l’étude de la Torah, qui est elle-même « la voix de Sa parole » : « J’ai mis Mes paroles dans ta bouche », et « Ma langue fera écho à Ta parole ».
ועמ״ש בביאור ע״פ וידעת היום10 בסופו ע״פ מאמר הספרי שמתוך כך אתה מכיר כו׳ אך צריך להקדים לזה להיות גבורי כח עושי דברו כו׳:11
Et voyez ce qui est écrit, à la fin de l’explication du verset « Et tu sauras ce jour », au sujet de l’enseignement du Sifrei : « C’est ainsi que tu parviens à reconnaître », etc. Mais il faut d’abord être « puissants en force, qui accomplissent Sa parole », etc.
Une autre discussion, sur « Et tu sauras ce jour » et l’enseignement du Sifrei « C’est ainsi que tu parviens à reconnaître », est citée. Mais, avant tout cela, il faut être « puissants en force, qui accomplissent Sa parole » : c’est la note finale du maamar.
Le maamar s’achève sur Jérusalem : aujourd’hui « la ville de notre D.ieu », qui exprime la crainte inférieure, et, dans les temps futurs, appelée du Nom Havaya, qui exprime la crainte supérieure. On parvient à cet avenir, où tous « entendront la voix de Sa parole », par notre service actuel de « puissants en force, qui accomplissent Sa parole » ; l’étude de la Torah en réalise déjà une part.
La conclusion relie les thèmes du maamar : « la ville de notre D.ieu », la parole supérieure évoquée dans la section 1, est aujourd’hui édifiée par ceux « qui accomplissent Sa parole » (section 4) et deviendra la ville nommée « Havaya est là », où se révélera pleinement la crainte supérieure de la section 3.
Maré mekomot
- 1נשא את ראש בני גרשון · Numbers 4:22
- 2מקדש אדני כוננו ידיך · Exodus 15:17
- 3על אלה אני בוכיה · Lamentations 1:16
- 4ירושלים הוא יראה שלם · Bereshit Rabbah 56:10
- 5והאלקים עשה שיראו מלפניו · Ecclesiastes 3:14
- 6ונגלה כבוד הוי׳ · Isaiah 40:5
- 7ומי יתן כל עם ה׳ נביאים · Numbers 11:29
- 8ואשים דברי בפיך · Isaiah 51:16
- 9תען לשוני אמרתך · Psalms 119:172
- 10וידעת היום · Deuteronomy 4:39
- 11
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Le maamar demande quel est le « faire » qui précède la compréhension : faire émerger l’amour caché de D.ieu par l’effort, l’étude approfondie de la Torah au-delà de son habitude, la prière avec la disposition à remettre son âme et sa volonté à « Un », la soumission et l’adoucissement du mauvais penchant, et le retour par un examen de soi sincère. Par cela, on attire la volonté de D.ieu dans le monde, et même à présent, l’étude de la Torah permet d’entendre quelque chose de « la voix de Sa parole ».
Questions à discuter
- Pourquoi l’Admour Hazaken dit-il que « nous entendrons », l’annulation de soi complète, découle de « nous ferons », plutôt que l’inverse ?
- Comment les images des membres et du sang expliquent-elles que l’étude de la Torah compte « en tout lieu et en tout temps », tandis que chaque mitsva a son propre temps ?
- Quelle est la différence entre « Que toute la terre craigne Havaya » et « Craignez Havaya, vous qui êtes Ses saints », et comment chacune correspond-elle à la perspective d’en bas et à celle d’en haut ?
- Qu’a apporté le Don de la Torah par rapport à l’observance de la Torah par les Patriarches, et qu’est-ce qui a changé après la faute du Veau ?
- Pourquoi seul Moché pouvait-il entendre « la voix de Sa parole », et comment les autres peuvent-ils atteindre ce niveau aujourd’hui ?