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Likkutei Torah · Parshas Bamidbar · Maamar 19

דרוש לשבועות

Un discours pour Chavouot : « J’étais auprès de Lui comme un nourricier »

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L’idée centrale

La Torah descend pour être l’« amon » d’Israël, nourrissant l’âme du « pain » qui apporte la compréhension ; au-delà de cela, elle apporte des « délices » : non seulement la volonté suprême, identique dans chaque mitsva (les « chants » de David), mais aussi le délice intérieur propre à chaque mitsva, révélé « face à face » au Sinaï et attiré chaque jour par le Chéma, l’annulation de soi et même l’amour naturel et la charité de la personne simple.

Le maamar en bref

Le maamar interprète, phrase par phrase, Proverbes 8:30–31, où la Torah se qualifie d’« amon » de D.ieu et de Ses « délices ». Un amon nourrit de pain un enfant sevré ; Moché, lui aussi, trop élevé, ne pouvait fournir de « viande », mais la Torah descend pour soutenir Israël. Les quarante-quatre jours du Omer sont une période d’allaitement qui fait croître les émotions de l’âme animale ; à Chavouot, la Torah arrive comme le « pain », les deux pains, apportant Daat, attirée par le Chéma récité avec sacrifice de soi. David fut puni pour avoir appelé la Torah des « chants » : il louait les mitsvot comme volonté suprême, au-dessus de 'Hokhma, mais seulement comme leur « dos », identique en chacune d’elles. Leur « face » est le délice suprême, distinct dans chaque mitsva, révélé au Sinaï parce que l’amour d’Israël s’éleva jusqu’au plaisir en D.ieu. Ve’ehyeh signifie que ces délices doivent être renouvelés chaque jour, en transformant ani en ayin. La Torah « joue » en tout temps, même en exil, car son rire est l’annulation du yesh en ayin. Tevel, « lion » deux fois, comprend à la fois le savant et la personne simple, dont la charité attire le délice « comme l’eau répond à l’eau, face à face ».

Plan

  1. La Torah comme nourricier : de l’allaitement au painAmon désigne celui qui nourrit un enfant de pain après l’allaitement. Moché, à son niveau élevé, ne pouvait pas le faire, mais la Torah descend pour nourrir les âmes d’Israël. Les quarante-quatre jours du Omer sont l’« allaitement », durant lequel les émotions de l’âme animale croissent par iskafya ; à Chavouot, la Torah vient comme le « pain » qui apporte Daat, attirée par le Chéma récité avec sacrifice de soi.¶1–4
  2. Les « chants » de David : la volonté suprêmeLa joie et le plaisir suivent la compréhension. David appelait les houkim des « chants », parce que les mitsvot proviennent de la volonté suprême, au-dessus de 'Hokhma et de toute la compréhension sans fin du Gan Eden, et il se réjouissait de chacune comme d’un air aimé. Pourtant, il fut puni, car il ne les louait que comme volonté revêtue en elles.¶5–11
  3. Le dos et la face : volonté et déliceLa volonté est le « dos » des mitsvot et elle est identique en chacune d’elles ; leur essence intérieure, la « face », est le délice suprême, aussi différent dans chaque mitsva que la vue l’est de l’ouïe. Au Sinaï, « face à face », l’amour intérieur d’Israël, un plaisir en D.ieu, rencontra le délice intérieur de D.ieu, si bien que chaque parole révéla son délice propre.¶12–16
  4. La punition de David et le sens de ve’ehyehMesure pour mesure, David oublia que l’Arche, dont toutes les Tables étaient « face », devait être portée face à face sur l’épaule ; il tomba ainsi dans l’oubli, qui est le « dos ». Les « délices » sont le délice intérieur révélé ; ve’ehyeh enseigne qu’il faut l’attirer continuellement, par le Chéma quotidien et en transformant ani en ayin.¶17–20
  5. « Jouant devant Lui en tout temps »Dans les temps d’étreinte comme en exil, lorsque la bonté de D.ieu est cachée dans la Torah, celle-ci « joue » de la même manière. Son rire est l’annulation du yesh en ayin, qui sera révélée au Temps futur et qui est attirée dès maintenant par la Torah, même par l’iskafya du beinoni.¶21–23
  6. « Jouant dans tevel » et « mes délices parmi les fils de l’homme »Tevel est « lion » deux fois : l’amour éclairé par la compréhension des 'hayot et l’amour naturel des ofanim, auxquels correspondent le savant et la personne simple, occupée à ses affaires. Par leur intermédiaire, et par la charité, le délice suprême s’écoule « comme l’eau répond à l’eau, face à face » entre l’« homme » d’en haut et celui d’en bas : c’est le mariage du Don de la Torah.¶24–26

Notions clés

amon (nourricier)אמון
Celui qui élève un enfant et lui donne du pain après l’allaitement. La Torah est l’amon d’Israël : elle descend de sa hauteur pour soutenir l’âme et lui apporter la compréhension.
pain et allaitementלחם ויניקה
L’allaitement correspond à la période du Omer, où les émotions croissent sans pleine compréhension ; le pain est la Torah donnée à Chavouot, qui apporte Daat, de même qu’un nourrisson ne commence à connaître qu’après avoir goûté aux céréales.
zemirot (chants)זמירות
Un air que l’on répète parce qu’il est doux, bien que cette douceur soit la même à chaque reprise. Le mot de David pour la Torah, qui loue l’unique volonté suprême présente également dans toutes les mitsvot.
volonté suprême et délice suprêmeרצון העליון ועונג העליון
La volonté est le « dos » (a'horayim) des mitsvot et elle est indivisée ; le délice qui s’y trouve est la « face » (panim), et chaque mitsva possède son délice particulier.
cha'achouïm (délices)שעשועים
La révélation du délice intérieur suprême dans la Torah et les mitsvot, qu’il faut attirer continuellement d’en bas.
ani et ayinאני ואין
« Moi » et « néant », écrits avec les mêmes lettres. Lorsqu’une personne transforme son ani en ayin, en mettant son moi de côté, elle attire le délice essentiel de D.ieu dans la Torah.
rire (se'hok)שחוק
L’annulation du yesh en ayin : l’apparence du monde comme « quelque chose » séparé est une plaisanterie, préparée pour le « rire » final, lorsque tout sera révélé comme annulé devant D.ieu.

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La Torah comme nourricier : de l’allaitement au pain ¶1–4

1דרוש לשבועות

Un discours pour Chavouot.

Explication

Le titre indique qu’il s’agit d’un discours pour Chavouot, la fête du Don de la Torah. Il s’appuie sur les versets des Proverbes où la Torah parle d’elle-même comme de la « nourrice » de D.ieu et de Ses « délices ».

Le paragraphe 1 en bref

Le titre situe le maamar à Chavouot, au moment du Don de la Torah.

Maré mekomot

  1. 1
    דרוש לשבועות · דש׳ תקצ״ה — כ״כ בבוך פערטיל שלי (סא, א). [כ]. [וראה להלן ברשימת הכתבי-יד].

2ואהיה אצלו אמון ואהיה שעשועים יום יום משחקת לפניו בכל עת משחקת בתבל ארצו ושעשועי את בני אדם.

« J’étais auprès de Lui comme un éducateur (amon), j’étais ses délices (cha’achouïm) jour après jour, jouant devant Lui en tout temps ; jouant dans le monde habité (tevel) de Sa terre, et mes délices étaient avec les fils de l’homme. »

Explication

Ce sont les paroles de la Torah, personnifiée sous la forme de la Sagesse, dans Proverbes 8:30–31. Le maamar expliquera successivement chacune des expressions : « un éducateur », « ses délices jour après jour », « jouant devant Lui en tout temps », « jouant dans le monde habité » et « mes délices sont avec les fils de l’homme ».

ופי׳ במדרש רבה ר״פ בראשית אמון פדגוג האיך מה דאת אמר כאשר ישא האומן את היונק והוא לשון פרנסה וכן הוא עוד ברבות משפטים פ״ל.

Le Midrach Rabba, au début de la paracha Berechit, explique : « Amon signifie un précepteur (padagog), comme il est dit : “comme l’éducateur (omen) porte le nourrisson” ». C’est une expression qui désigne le fait de pourvoir à la subsistance ; on la trouve également dans le Rabba sur Michpatim, section 30.

Explication

Le Midrach comprend amon comme désignant celui qui élève un enfant, un précepteur ou un tuteur, et le prouve par les paroles de Moché : « comme l’éducateur (omen) porte le nourrisson ». L’Admour Hazaken ajoute que le mot évoque le fait de pourvoir à la subsistance, et que le Midrach sur la paracha Michpatim l’interprète de la même façon.

Le paragraphe 2 en bref

Le verset d’ouverture est cité, et le Midrach définit son premier mot, amon, comme désignant celui qui élève et nourrit un enfant.

Maré mekomot

  1. 1
    ואהי׳ אצלו אמון · ראה לעיל בהוספות יט, א הערת כ״ק אדמו״ר (ונזכר עוד על מאמר זה: תקע״א — באוה״ת במדבר הוספות ע׳ א׳תצט. עקב ע׳ תקלו. וראה להלן ברשימת הכתבי-יד). והנחה אחרת במאמרי אדה״ז כתובים-א ע׳ ר. עוד הנחה בדרך מצותיך משא הארון בכתף מ, ב. מאמרי אדה״א במדבר כרך-ב ע׳ תנד מיוסד על מאמר זה. הגהות — באוה״ת במדבר ע׳ רכא.
  2. 2
  3. 3
    משחקת בתבל ארצו ושעשועי את בני אדם · Proverbs 8:31
  4. 4
    ופי׳ במדרש רבה · ראה אוה״ת נ״ך-א ע׳ תקפט.
  5. 5
  6. 6
    אמון פדגוג האיך מה דאת אמר כאשר ישא האומן את היונק · Bereshit Rabbah 1:1
  7. 7
    וכן הוא עוד ברבות משפטים פ״ל · Shemot Rabbah 30:9

3והענין כי משה רבינו ע״ה [עליו השלום] אמר להקב״ה [להקדוש ברוך הוא] כי תאמר אלי שאהו בחיקך כאשר ישא האומן את היונק כו׳ מאין לי בשר כו׳

L’explication est la suivante : Moché, notre maître, que la paix soit sur lui, dit au Saint béni soit-Il : « Que Tu me dises : “Porte-les dans ton sein, comme la nourrice porte le nourrisson”, etc. », [et] « D’où me viendrait la viande ? », etc.

Explication

Lorsque le peuple réclama de la viande dans le désert, Moché protesta que D.ieu lui avait demandé de le porter dans son sein « comme la nourrice porte le nourrisson », et demanda où il pourrait trouver de la viande pour tous. Le maamar considère ces deux plaintes ensemble.

והיינו לפי שהיה במדרגה גבוה מן המים משיתיהו עד שהיה כבד פה לגבי תשבע״פ [תורה שבעל פה] וכבד לשון לגבי תשב״כ [תורה שבכתב] [ועמ״ש מזה בפ׳ בשלח בד״ה

C’est-à-dire qu’il était à un niveau si élevé — « je l’ai tiré des eaux » — qu’il était « lourd de bouche » à l’égard de la Torah orale et « lourd de langue » à l’égard de la Torah écrite [et voir ce qui est écrit à ce sujet dans la paracha de Bechala’h, dans le discours commençant par

Explication

L’âme de Moché avait sa racine si haut — son nom, « tiré des eaux », le suggère — qu’il lui était difficile de faire descendre sa sagesse dans la parole. Le fait qu’il soit « lourd de bouche » et « lourd de langue » est interprété, selon la formulation de la section Raaya Mehemna du Zohar, comme une difficulté à l’égard de la Torah orale et de la Torah écrite. Le crochet ouvre une référence à un discours de la paracha de Bechala’h sur la double portion de manne.

להבין ענין לחם משנה] ולכן אמר מאין לי בשר שאין זה בערכו כלל. [ועמ״ש מזה בפ׳ בהעלותך] רק המן ירד בזכותו מזונא דחכמתא,

« Comprendre la notion du double pain (le’hem michné) »]. C’est pourquoi il dit : « D’où me viendrait la viande ? », car celle-ci ne correspondait nullement à son niveau. [Et voir ce qui est écrit à ce sujet dans la paracha de Beha’alotekha.] Seule la manne descendit par son mérite, nourriture de la sagesse (mézona de’hokhméta).

Explication

La viande, nourriture physique et grossière, était tout à fait étrangère au niveau de Moché. Ce qui descendit par son mérite fut la manne, que le Zohar appelle « nourriture de la sagesse », une nourriture aussi raffinée que Moché lui-même.

אבל התורה משבחת א״ע [את עצמו] במעלה יתרה שיכולה היא לירד ממעלתה הגבוה והרמה להיות אמון שהיא רועה ומפרנס נש״י [נשמות ישראל] כנודע שהתורה נק׳ מזון לנפש ולכן נק׳ התורה לחם כמ״ש לכו לחמו בלחמי.

Mais la Torah se loue d’une qualité supplémentaire : elle peut descendre de son niveau élevé et sublime pour devenir un amon, qui guide et nourrit les âmes d’Israël. Comme on le sait, la Torah est appelée nourriture de l’âme ; c’est pourquoi elle est appelée pain, ainsi qu’il est écrit : « Venez, mangez de mon pain. »

Explication

La Torah se loue d’une qualité supplémentaire : si élevée soit-elle, elle peut descendre pour devenir un amon, guidant et nourrissant les âmes d’Israël. C’est pourquoi la Torah est appelée nourriture de l’âme, et précisément pain, comme la Sagesse proclame : « Venez, mangez de mon pain. »

וזהו כאשר ישא האומן את היונק. דר״ל [דרוצה לומר] שמפרנסו בלחם אחר ימי יניקה דאם ר״ל [רוצה לומר] שמניקו מהו שאמר כאשר ישא האומן כו׳ מאין לי בשר כו׳.

Et c’est là le sens de « comme la nourrice porte le nourrisson » : cela signifie qu’elle le nourrit de pain après les jours de l’allaitement. Car si cela voulait dire qu’elle l’allaite, quel serait le sens de ce qu’il dit : « comme la nourrice porte », etc., puis : « D’où me viendrait la viande ? », etc. ?

Explication

Un amon nourrit de pain, non de lait. Moché rapprocha « comme la nourrice porte le nourrisson » de « D’où me viendrait la viande ? » ; si amon désignait celle qui allaite, la question sur la viande ne s’ensuivrait pas.

Le paragraphe 3 en bref

Moché, en raison de son niveau élevé, ne pouvait descendre jusqu’à nourrir Israël d’une nourriture ordinaire ; la Torah, en revanche, peut descendre de sa hauteur et devenir l’amon qui nourrit les âmes d’Israël de « pain ».

Pour aller plus loin

Dans la paracha d’Ekev, l’Admour Hazaken rapporte le même passage du Zohar sur « lourd de bouche et lourd de langue » et explique que Moché, dont la racine se trouvait dans l’essence même de la 'Hokhma supérieure, ne pouvait s’abaisser jusqu’à la révélation de la parole ; la Torah est l’intermédiaire qui fait descendre cette sagesse cachée.

Maré mekomot

  1. 1
    כי תאמר אלי שאהו . . מאין לי בשר · Numbers 11:12
  2. 2
    מאין לי בשר · Numbers 11:13
  3. 3
    מן המים משיתיהו · Exodus 2:10
  4. 4
    כבד פה · Exodus 4:10
  5. 5
    כבד פה . . וכבד לשון · שם ד, י.
  6. 6
    כבד פה . . לשון · ל׳ הרע״מ. ע׳ עקב (יד, ד). [כ].
  7. 7
    וכמ״ש מזה בפ׳ בהעלותך · לקמן לג, ב.
  8. 8
    המן ירד בזכותו · Taanit 9b
  9. 9
    מזונא דחכמתא · זח״ב (סב, א). [כ].
  10. 10
    מזונא דחכמתא · Zohar, Beshalach 28:377–388
  11. 11
    שהתו׳ נק׳ מזון לנפש · Chagigah 14a:10
  12. 12
    לכו לחמו בלחמי · Proverbs 9:5

4והנה גילוי בחי׳ זו להיות התורה בבחי׳ לחם הוא בשבועות זמן מ״ת [מתן תורה] שהקריבו שתי הלחם לחמו בלחמי תשב״כ [תורה שבכתב] ותשבע״פ [ותורה שבעל פה] כי בימי הספירה הם ימי יניקה

Or, la révélation de ce niveau — celui où la Torah est au niveau du pain — a lieu à Chavouot, le temps du don de la Torah, lorsque l’on offrit les deux pains (chété hale’hem) : « mangez de mon pain », la Torah écrite et la Torah orale. Car les jours du compte [de l’Omer] sont des jours d’allaitement.

Explication

La Torah apparaît d’abord comme « pain » à Chavouot, lorsqu’elle fut donnée. Ce jour-là, on offrait au Temple deux pains de blé, et l’Admour Hazaken les relie au mot « pain » répété dans « mangez de mon pain » (la’hamou belah’mi) : la Torah écrite et la Torah orale. En revanche, les jours du compte de l’Omer qui précèdent Chavouot sont des jours d’allaitement.

כי לידת נש״י [נשמות ישראל] הי׳ [היה] בשביעי של פסח ובני ישראל הלכו ביבשה בתוך הים שנמשכו מההעלם אל הגילוי ומשביעי של פסח עד שבועות מ״ד [מיין דוכרין] ימים הם בבחי׳ יניקה

Car la naissance des âmes d’Israël eut lieu le septième jour de Pessa’h, [lorsque] « les enfants d’Israël marchèrent à pied sec au milieu de la mer » : ils furent tirés de la dissimulation vers la révélation. Et, du septième jour de Pessa’h jusqu’à Chavouot, il y a quarante-quatre jours, qui sont au niveau de l’allaitement,

Explication

Les âmes d’Israël « naquirent » le septième jour de Pessa’h, lorsque la mer se fendit et que le peuple la traversa à pied sec, passant de la dissimulation à la révélation, comme un enfant sort du sein maternel. Les quarante-quatre jours qui séparent ce jour de Chavouot correspondent à la période d’allaitement du nourrisson.

דהיינו הגדלת המדות חסד שבחסד כו׳ עד״מ [על דרך משל] שהחלב מגדל אברי הולד וכך ימי הספירה הם המשכות ימים עליונים היום יום כו׳

c’est-à-dire le développement des attributs émotionnels (midot) — le 'Hessed du 'Hessed, etc. — tout comme, par analogie, le lait fait croître les membres du nourrisson. De même, les jours du compte sont des prolongements des jours supérieurs : « Aujourd’hui, c’est le jour… », etc.,

Explication

L’allaitement fait croître les membres du nourrisson ; de même, le compte de l’Omer fait croître les attributs émotionnels, par une combinaison différente chaque jour, en commençant par le 'Hessed du 'Hessed. Chaque jour du compte attire l’un des « jours » supérieurs, c’est-à-dire les attributs divins, comme le suggère la formule « Aujourd’hui, c’est le jour… ».

לעומר שעורים שהוא מאכל בהמה הוא מקור וחיות הנפש הבהמית של האדם [כי הנשמה ונפש אלקית א״צ [אין צריך / אינו צריך] תיקון לעצמה כו׳]

« de l’Omer » — [un Omer] d’orge, nourriture animale, [et] source et force vitale de l’âme animale de l’homme [car l’âme et l’âme divine n’ont elles-mêmes besoin d’aucune rectification, etc.],

Explication

L’offrande de l’Omer était composée d’orge, nourriture animale ; cela indique que le compte agit sur l’âme animale, source des tendances naturelles de l’homme. La précision entre crochets en donne la raison : l’âme divine n’a elle-même besoin d’aucune rectification ; le travail porte donc sur l’âme animale.

להפוך כל המדות שבה שתהיינה לה׳ לבדו ולא תחללו כו׳ יום ראשון חסד שבחסד כו׳

afin de transformer tous les attributs émotionnels qu’elle contient, pour qu’ils soient « pour Havaya seul » et que l’on ne profane pas, etc. Le premier jour : le 'Hessed du 'Hessed, etc.

Explication

Le but est de transformer chaque émotion de l’âme animale, afin qu’elle soit dirigée « vers Havaya seul » et ne profane pas Son Nom. Chaque jour affine un attribut, en commençant, le premier jour, par le 'Hessed du 'Hessed.

והיינו בחי׳ גידול של המדות שבנפש הבהמית והעלאתן ממטה למעלה ע״י בחי׳ המשכת מוחין מלמעלה ונק׳ בע״ח [בעץ חיים] מוחין דיניקה, וכמ״ש במ״א ע״פ ולבן שינים מחלב,

C’est là le développement des attributs émotionnels de l’âme animale et leur élévation de bas en haut, par l’attraction de l’intellect (mo'hin) d’en haut ; dans Etz Chaim, cela est appelé « les mo'hin de l’allaitement » (mo'hin deyenika), comme cela est expliqué ailleurs à propos [du verset] : « et les dents blanches de lait ».

Explication

Ainsi, les émotions de l’âme animale se développent et s’élèvent, grâce à l’intellect attiré d’en haut. Etz Chaim appelle cela « les mo'hin de l’allaitement », l’intellect propre au stade précoce de l’allaitement ; l’Admour Hazaken l’a expliqué ailleurs à propos du verset « et les dents blanches de lait ».

וזו היא המשכה עליונה מלמעלה מן הימים העליונים הנמשכים במ״ד [במיין דוכרין] ימי הספירה עד״מ [על דרך משל] דם נעכר ונעשה חלב. כך ע״י אתכפיא שהאדם מזכך מדותיו נמשך הגדלת המדות.

Il s’agit d’une attraction supérieure, d’en haut, provenant des jours supérieurs qui sont attirés pendant les quarante-quatre jours du compte — tout comme, par analogie, le sang se transforme et devient du lait. De même, par l’assujettissement (itkafya), grâce auquel l’homme affine ses attributs émotionnels, leur développement est attiré.

Explication

De même que le sang de la mère se transforme en lait, une lumière provenant des jours supérieurs est attirée pendant les quarante-quatre jours du compte. Du côté de l’homme, cela s’accomplit par l’itkafya : en maîtrisant ses tendances naturelles, il affine ses émotions, ce qui entraîne leur développement.

אך אין התינוק יודע לקרות אבא ואימא עד שיטעום טעם דגן שבבחי׳ יניקה עדיין לא נכנס בו דעת עד שיטעום טעם לחם היא בחי׳ התורה שנתנה אחר ימי הספירה בשבועות

Mais « le nourrisson ne sait pas appeler “papa” et “maman” avant d’avoir goûté au goût du grain » : au stade de l’allaitement, le Daat (connaissance) n’est pas encore entré en lui ; cela n’arrive qu’une fois qu’il a goûté au goût du pain, qui est la Torah, donnée après les jours du compte, à Chavouot.

Explication

Le Talmud enseigne qu’un nourrisson ne peut appeler « papa » et « maman » avant d’avoir goûté au grain ; l’allaitement seul ne lui apporte pas encore la conscience. Ainsi, le Daat, la véritable compréhension, ne vient qu’avec le « pain », la Torah donnée à Chavouot, après les jours du compte.

ואזי הקריבו בו שתי הלחם והוא מזון לנפש האלקית לכו לחמו בלחמי והקרבה זו צריכה להיות ממושבותיכם בחי׳ ישיבה היא בחי׳ ק״ש [קריאת שמע]

Et alors, on offrit sur lui les deux pains, qui constituent une nourriture pour l’âme divine : « Venez, mangez de mon pain. » Cette offrande doit être « de vos demeures » (moshvoseichem), ce qui correspond au niveau de l’assise, c’est-à-dire au Chema.

Explication

À Chavouot, on offrait les deux pains, qui symbolisent la Torah comme nourriture de l’âme divine. Le verset dit qu’ils doivent provenir « de vos demeures » (moshvoseichem), expression dont la racine signifie « s’asseoir » ; le Rabbi Chnéour Zalman la relie au Chema, qui se récite assis.

כי תפלה בעמידה וק״ש [וקריאת שמע] בישיבה בעולם הבריאה ששם הוא היחוד שבק״ש [שבקריאת שמע] יחודא עלאה או״א [אבא ואימא] שא״א [שאי אפשר] לנו להשיגו באצי׳ [באצילות] [וכמ״ש בפע״ח [בפרי עץ חיים] שער הק״ש [הקריאת שמע] פ״ד].

Car la prière se dit debout, tandis que le Chema se dit assis, dans le Monde de Béria (Création), car c’est là qu’a lieu l’unification du Chema, l’unité supérieure (yi'houda ila'a) d’Abba et Imma ('Hokhma et Bina), qu’il nous est impossible d’atteindre dans Atsilout [comme il est écrit dans Pri Etz Chaim, Sha’ar Kerias Shema, chapter 4].

Explication

Selon l’Arizal, la Amida se récite debout parce qu’elle relève d’Atsilout, et le Chema, assis, parce qu’il relève de Béria. L’unification suscitée par le Chema est l’unification supérieure, celle d’Abba et Imma ; nous ne pouvons pas la susciter lorsque nous sommes dans Atsilout, mais seulement depuis Béria.

ופי׳ הכתוב ממושבותיכם מבחי׳ ק״ש [קריאת שמע] במס״נ [במסירות נפש] תביאו לחם כו׳ תוכלו להמשיך בחי׳ התורה להיות לכם בבחי׳ לחם הגורם להמשיך בחי׳ הדעת וההשגה. וזהו ואהיה אצלו אמון:

Le sens du verset est donc : « De vos demeures » — du niveau du Chema, récité avec le sacrifice de soi (messirout néfech) — « vous apporterez du pain », etc. : vous pourrez attirer la Torah afin qu’elle soit pour vous comme du pain, qui suscite l’attraction de Daat et de la compréhension. Tel est le sens de : « Et j’étais auprès de Lui un éducateur (amon). »

Explication

Le verset signifie donc : à partir du Chema, récité avec la disposition à donner sa vie, « vous apporterez du pain », c’est-à-dire que vous pourrez attirer la Torah comme une nourriture qui apporte compréhension et discernement. Tel est le rôle de la Torah en tant qu’amon, l’éducateur.

Le paragraphe 4 en bref

Chavouot est le moment où la Torah devient « pain ». Après quarante-quatre jours d’« allaitement », durant lesquels le compte de l’Omer développe et affine les émotions de l’âme animale, la Torah donnée à Chavouot apporte le Daat ; c’est par la récitation du Chema avec sacrifice de soi que l’homme l’attire.

Pour aller plus loin

Iggeret HaKodech (Tanya) qualifie de « naissance » la venue des âmes à une existence distincte dans Béria, comme lors de l’ouverture de la mer, et compare leur développement, de Chemini Atseret au septième jour de Pessa’h, à une gestation, comme celle de Zeir Anpin et de Noukva au sein d’Imma. Pri Etz Chaim explique que le Chema provoque l’union d’Abba et Imma et attire les mo'hin vers Zeir Anpin et Noukva, qui s’unissent ensuite dans la Amida.

Maré mekomot

  1. 1
    שהקריבו שתי הלחם · Leviticus 23:16
  2. 2
    לידת נש״י הי׳ בשביעי של פסח · ראה אגה״ק סי׳ כ (קל, ב). וראה לעיל פ׳ צו טז, ב בשם הפע״ח.
  3. 3
    ובנ״י הלכו ביבשה בתוך הים · Exodus 15:19
  4. 4
    כי הנשמה ונפש אלקית א״צ תיקון לעצמה · ע״ח שכ״ו, פ״א. תניא פרק לז (מח, ב).
  5. 5
    כי הנשמה ונפש אלקית א״צ תיקון לעצמה · Sefer Etz Chaim 26:2
  6. 6
    לה׳ לבדו · Exodus 22:19
  7. 7
    ולא תחללו · Leviticus 22:32
  8. 8
    ולבן שינים מחלב · Genesis 49:12
  9. 9
    דם נעכר ונעשה חלב · Bekhorot 6b:8–9
  10. 10
    כך ע״י אתכפיא שהאדם מזכך מדותיו · במאמרי אדה״ז כתובים-א ע׳ רא הנוסחא ”כך הם ימי הספירה שבכל יום מונים מדה א׳ חסד שבחסד חסד שבגבורה כו׳ להגדיל המדות להיות בבחי׳ אתכפי׳ ואתהפכא”.
  11. 11
    אין התינוק יודע לקרות · Berakhot 40a:14
  12. 12
  13. 13
    ממושבותיכם · Leviticus 23:17
  14. 14

Les « chants » de David : la volonté suprême ¶5–11

5ב ואח״כ [ואחר כך] ואהיה שעשועים שע״י בחי׳ אמון הוא המשכת בחי׳ לחם ומזון להיות הדעת וההשגה עי״ז אח״כ [אחר כך] נמשך גילוי בחי׳ השמחה והשעשועים.

2. Et ensuite : « et j’étais pour Lui un objet de délices » ; car, par le niveau d’amon — qui consiste à faire descendre le pain et la nourriture afin que puissent se développer Daat (la connaissance) et la compréhension —, la révélation de la joie et des délices est ensuite attirée.

Explication

La deuxième section aborde les mots suivants : « et j’étais pour Lui un objet de délices ». Une fois que la Torah, en tant qu’amon, a nourri l’homme de « pain » et lui a donné la compréhension, une révélation supplémentaire s’ensuit : la joie et le plaisir.

והנה ביאור ענין השמחה והשעשועים המתגלים ע״י הדעת וההשגה. יובן במ״ש זמירות היו לי חקיך כו׳ ואמרז״ל [ואמרו רבותינו זכרונם לברכה] [במדרש רבה.

Or, l’explication de la joie et des délices qui se révèlent par Daat et la compréhension sera éclairée par ce qui est écrit : « Tes statuts étaient des chants pour moi », etc. Et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit [dans le Midrach Rabba,

Explication

Pour expliquer cette joie et ce plaisir, l’Admour Hazaken se tourne vers les paroles du roi David : « Tes statuts étaient des chants pour moi », ainsi que vers l’enseignement des Sages à leur sujet, qu’il cite du Midrach, du Tanhouma et du Talmud.

Le paragraphe 5 en bref

Le maamar passe d’amon aux cha’achouïm : la compréhension acquise grâce à la Torah conduit à la joie et au plaisir, qui seront expliqués à partir des « chants » de David.

Maré mekomot

  1. 1
    זמירות היו לי חקיך · Psalms 119:54
  2. 2
    ואמרז״ל במדרש רבה · Bamidbar Rabbah 4:20

6ובתנחומא ובגמרא פ״ז [פרק ז׳] דסוטה דל״ה ע״א] שנענש דוד על שקרא ד״ת [דברי תורה] זמירות ואמר לו הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] זמירות קרית להו הריני

et dans le Tanhouma, ainsi que dans la Guemara, chapitre 7 de Sotah, folio 35a] que David fut puni pour avoir appelé les paroles de Torah des « chants ». Le Saint béni soit-Il lui dit : « Tu les as appelées des chants ? Voici que je…

Explication

Les Sages rapportent que David fut puni pour avoir appelé les paroles de Torah des « chants ». D.ieu lui dit, en substance : tu les appelles des chants ? Alors tu trébucheras sur une chose que même les écoliers connaissent.

מכשילך בדבר שאפילו תינוקות של בית רבן יודעין אותו דכתיב ולבני קהת לא נתן כי עבודת הקדש עליהם בכתף ישאו והוא הביא את הארון בעגלה.

…te ferai trébucher sur une chose que même les écoliers connaissent », comme il est écrit : « Mais aux fils de Kehat, il ne donna pas [de chariots], car le service des choses saintes leur incombait ; ils les porteraient sur l’épaule. » Or, il fit transporter l’Arche sur un chariot.

Explication

La Torah dit que la famille lévitique de Kehat ne reçut aucun chariot, parce qu’elle portait les ustensiles sacrés sur ses épaules. David fit transporter l’Arche sur un chariot, contrairement à cette loi ; c’est là qu’il trébucha.

Le paragraphe 6 en bref

Le récit du Talmud sur la punition de David est cité : pour avoir appelé la Torah des « chants », il oublia que l’Arche devait être portée sur l’épaule.

Maré mekomot

  1. 1
    ובגמרא פ״ז דסוטה דל״ה ע״א · ראה יהל אור ע׳ תסב שם נעתק לשון הגמרא ורש״י ומהרש״א.
  2. 2
  3. 3
    ולבני קהת לא נתן · Numbers 7:9

7והענין הוא כי פי׳ וביאור מלת זמירות הוא כמו זמר וניגון שמזמרים ומנגנים ניגון א׳ כמה פעמים אע״פ [אף על פי] שהכל עריבות ומתיקות א׳ מ״מ [מכל מקום] כשערב לו לאדם איזה ניגון וזמר יכול לזמר ולנגן אותו כמה פעמים.

L’explication est la suivante : le sens du mot zemirot est celui d’un chant et d’une mélodie que l’on chante et joue maintes fois. Bien que le charme et la douceur soient toujours les mêmes, lorsqu’une mélodie plaît à quelqu’un, il peut la chanter et la jouer maintes fois.

Explication

Les zemirot ressemblent à une mélodie que l’on chante encore et encore. L’air ne change pas et conserve la même douceur à chaque reprise ; pourtant, lorsqu’une personne aime une mélodie, elle la répète maintes fois.

Le paragraphe 7 en bref

Le mot zemirot désigne un chant répété maintes fois parce qu’il plaît, bien que chaque reprise conserve cette même douceur unique.

8וכך היה לי חוקיך חוקים נק׳ מצות שאין בהן טעם כמו פרה אדומה ושעטנז כו׳

Et ainsi : « Tes statuts étaient pour moi » : on appelle houkim les mitsvot qui n’ont pas de raison, comme la vache rousse et le cha’atnez, etc.

Explication

David disait cela des houkim, les mitsvot qui n’ont pas de raison qu’une personne puisse comprendre, comme la vache rousse et l’interdiction du cha’atnez, c’est-à-dire d’un tissu mêlant laine et lin.

כלומר שהגם שאין למצוה זו שום טעם ודעת בשכל המושג ומובן מ״מ [מכל מקום] ערב ומתוק לחיכו עד מאד

C’est-à-dire que, bien que cette mitsva n’ait absolument aucune raison ni connaissance dans l’intellect susceptible d’être saisi et compris, elle était néanmoins extrêmement agréable et douce à son palais.

Explication

Bien qu’une telle mitsva n’ait aucune raison que l’intellect puisse saisir, David la trouvait extrêmement douce.

והיינו לפי שאף גם אם אין טעם ודעת מלובש בהמשכת מצוה זו למטה בהתלבשותה בגשמיות מ״מ [מכל מקום] יסודתה בהררי קדש הוא

Et cela parce que, même si aucune raison ni connaissance n’est enclotie dans la descente de cette mitsva ici-bas, lorsqu’elle est enclotie dans la matérialité, néanmoins, « sa fondation est dans les montagnes saintes » : elle est

Explication

La raison en est que, bien qu’aucune justification ne soit enclotie dans la mitsva lorsqu’elle descend jusqu’à sa réalisation concrète, sa fondation est « dans les montagnes saintes », très haut au-dessus.

מבחי׳ רצון העליון ב״ה שלמעלה מעלה מבחי׳ טעם ודעת הנמשך מבחי׳ ח״ע [חכמה עילאה] והחכמה מאין תמצא שהיא נמשכת מבחי׳ אין הוא בחי׳ רצון העליון ב״ה כי

issue du niveau de la volonté suprême (ratzon), béni soit-Il, qui est infiniment au-dessus du niveau de la raison et de la connaissance, lesquelles découlent du niveau de la 'Hokhma supérieure ('Hokhma Ila'a). Et « la 'Hokhma se trouve à partir du ayin (néant) », car elle découle du niveau du ayin, qui est le niveau de la volonté suprême, béni soit-Il. Car

Explication

Cette racine est la volonté suprême, bien supérieure à la raison, puisque toute raison provient de la 'Hokhma. La 'Hokhma elle-même se trouve « à partir du ayin » (néant), et ce ayin est la volonté suprême.

הנה החכמה נק׳ עדן שהוא עונג הנשמות בג״ע [בגן עדן] בשכל הנבראים המשכילים בגדולת א״ס [אין סוף] ב״ה ונהנים בהשגתם תענוג נפלא עד אין קץ ע״ד [על דרך] שאמרו בגמ׳ [בגמרא] על אלישע אחר מוטב דלידייני׳ כו׳.

la 'Hokhma est appelée Eden, qui est le plaisir des âmes dans le Gan Eden, dans l’intellect des êtres créés qui contemplent la grandeur de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, et trouvent dans leur compréhension un plaisir merveilleux, sans fin — comme le rapporte la Guemara au sujet d’Elisha A’her : « Mieux vaut qu’il soit jugé », etc.

Explication

La 'Hokhma est appelée « Eden » : le plaisir des âmes dans le Gan Eden est celui de comprendre la grandeur de D.ieu, un plaisir sans fin lié à la compréhension. L’ampleur de ce plaisir ressort de ce que la Guemara rapporte au sujet d’Elisha « A’her » : Rabbi Meïr estimait qu’il valait mieux qu’il soit jugé afin qu’il puisse ensuite entrer dans le Monde futur.

Le paragraphe 8 en bref

David se réjouissait des houkim parce que, bien qu’ils soient dépourvus de raison, ils proviennent de la volonté suprême, qui est au-dessus de la 'Hokhma, source de toute raison et du plaisir du Gan Eden.

Pour aller plus loin

Le Pardes note que, dans le Zohar, l’« Eden » primordial est Kéter, et que la 'Hokhma (ainsi que Bina) est appelée Eden par emprunt ; cela convient particulièrement à la 'Hokhma, désignée comme le « Eden inférieur », auquel fait allusion la lettre youd.

Maré mekomot

  1. 1
    יסודתה בהררי קדש · Psalms 87:1
  2. 2
    והחכמה מאין תמצא · Job 28:12
  3. 3
    החכמה נק׳ עדן · פרדס שער כג פט״ז.
  4. 4
    החכמה נק׳ עדן · Pardes Rimmonim 23:16:9
  5. 5
    מוטב דלדייני׳ · Chagigah 15b:3

9והנה אף שבספרים נזכר רק ב׳ בחי׳ ג״ע [גן עדן] תחתון ועליון. אבל באמת יש הרבה מיני ג״ע [גן עדן] זה למעלה מזה עד אין קץ ותכלית גבוה מעל גבוה כו׳,

Or, bien que les livres ne mentionnent que deux niveaux du Gan Eden, l’inférieur et le supérieur, il existe en vérité de nombreuses sortes de Gan Eden, l’une au-dessus de l’autre, sans fin ni limite, « plus haut que le haut », etc.

Explication

Les livres parlent généralement de deux niveaux du Gan Eden, l’inférieur et le supérieur. En vérité, dit l’Alter Rebbe, les niveaux du Gan Eden sont infinis, chacun étant plus élevé que le précédent.

וע״ז [ועל זה] רמזו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] ת״ח [תלמיד חכם / תלמידי חכמים] אין להם מנוחה לא בעוה״ז [בעולם הזה] ולא בעוה״ב [בעולם הבא] שנאמר ילכו מחיל אל חיל כו׳ אלא שהספרים לא דברו מהם רק מהב׳ מיני ג״ע [גן עדן] ג״ע [גן עדן] עליון ותחתון.

À cela nos Sages, de mémoire bénie, faisaient allusion en disant : « Les érudits de la Torah ne connaissent de repos ni dans ce monde ni dans le Monde futur, ainsi qu’il est dit : “Ils vont de force en force” », etc. Seulement, les livres n’ont pas parlé de ces niveaux, mais uniquement des deux sortes de Gan Eden : le Gan Eden supérieur et le Gan Eden inférieur.

Explication

Le Talmud fait allusion à cela en disant que les érudits de la Torah ne connaissent pas le repos, même dans le Monde futur, car ils « vont de force en force », s’élevant de niveau en niveau. Les livres se sont simplement abstenus de décrire ces niveaux au-delà des deux niveaux généraux.

אבל בג״ע [בגן עדן] העליונים עד רום המעלות לא שלחו את ידם וכל עדן שלמעלה מעלה עד רום המעלות הכל נק׳ בשם חכמה

Mais les Gan Eden supérieurs, jusqu’aux sommets les plus élevés, ils n’ont pas étendu leur main [pour en parler]. Et chaque Eden, toujours plus élevé, jusqu’aux sommets les plus élevés, est appelé du nom de 'Hokhma (sagesse),

Explication

Les niveaux supérieurs du Gan Eden sont restés sans description. Tous, jusqu’au plus élevé, sont appelés 'Hokhma, car chacun est un niveau de sagesse.

כי העונג שבהם הוא לפי ערך ההשכלה וההשגה ויש השגה למעלה מהשגה עד רום המעלות. אך כל בחי׳ השגה ותענוג מריש כל דרגין כו׳ אינו אלא בבחי׳ זיו.

car le plaisir qu’ils procurent est proportionné à la mesure de la compréhension et de la perception, et il existe une compréhension supérieure à une autre, jusqu’aux sommets les plus élevés. Cependant, tout niveau de compréhension et de plaisir, [même] depuis « la tête de tous les degrés », etc., n’est qu’au niveau d’un rayonnement (ziv).

Explication

Le plaisir de chaque Gan Eden correspond à la profondeur de la compréhension qui s’y trouve, et il existe toujours une compréhension supérieure. Pourtant, toute cette compréhension et ce plaisir, même à « la tête de tous les degrés », ne sont qu’un rayonnement (ziv) de la Divinité, et non son essence.

Le paragraphe 9 en bref

Il existe une infinité de niveaux ascendants du Gan Eden, qui sont tous des niveaux de 'Hokhma et de compréhension ; pourtant, même le plus élevé n’est qu’un rayonnement de la Divinité.

Pour aller plus loin

Dans la parachat Behar, l’Alter Rebbe ajoute que les livres ne mentionnent que deux niveaux parce que les autres ne nous ont pas été révélés, et compare le rayonnement que reçoivent les âmes à la lumière du soleil, qui n’est rien en comparaison du soleil lui-même.

Maré mekomot

  1. 1
    שבספרים נזכר רק ב׳ בחי׳ ג״ע תחתון ועליון · וכ״כ גם לעיל פ׳ בהר מא, ב. במאמרי אדה״ז כתובים-א ע׳ רב כ׳ ”רק שבפרד״ס לא נזכר אלא ב׳ בחי׳”. וראה בדרך מצותיך א, ב ”הגם שלא נזכר בספרים רק ב׳ בחי׳ אלו אבל באמת נודע לנו מפי סופרים קדושי עליון אשר נהירין להו שבילא דרקיעא שיש מדריגות לאין קץ”.
  2. 2
    גבוה מעל גבוה · Ecclesiastes 5:7
  3. 3
    ת״ח אין להם מנוחה · Berakhot 64a:12–13
  4. 4
    ילכו מחיל אל חיל · Psalms 84:8

10וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] ונהנין מזיו כו׳. וזהו בורא קדושים ישתבח שמך לעד מלכנו. קדושים אלו הנשמות וקדושים בכל יום יהללוך סלה בלי הפסק בהשגה למעלה מהשגה כי ת״ח [תלמיד חכם / תלמידי חכמים] אין להם מנוחה כו׳.

Comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « et ils se délectent de la splendeur », etc. Et c’est là [le sens de] « Créateur des saints, que Ton Nom soit loué à jamais, notre Roi ». Les « saints » sont les âmes ; et les « saints Te louent chaque jour, séla », sans interruption, dans une compréhension qui dépasse la compréhension, car « les érudits de la Torah ne connaissent pas de repos », etc.

Explication

Le Talmud dit que les justes, dans le Monde futur, « se délectent de la splendeur de la Chekhina ». Les prières font écho à ces paroles : D.ieu est le « Créateur des saints », c’est-à-dire des âmes, qui « Te louent chaque jour, séla » ; « séla » signifie sans interruption, tandis que les âmes s’élèvent d’une compréhension à la suivante.

וכל ההילול והשבח הזה אין זה אלא ישתבח שמך בחי׳ שם בלבד בחי׳ זיו כו׳

Et toute cette louange et cette glorification ne sont que « que Ton Nom soit loué » : le niveau d’un nom seulement, le niveau d’une splendeur, etc.

Explication

Pourtant, toute leur louange ne parvient qu’à « Ton Nom ». Un nom n’est pas la personne elle-même, mais seulement la façon dont on l’appelle ; de même, ce que les âmes saisissent n’est qu’un niveau de splendeur.

(כמ״ש מזה בד״ה את שבתותי תשמרו) ושמו בגימ׳ [בגימטריא] רצון שהרצון הוא למעלה מעלה מבחי׳ חכמה והחכמה היא הנמשכת מבחי׳ הרצון שכך עלה ברצונו להתלבש בבחי׳ חכמה.

(Comme il est écrit à ce sujet dans le maamar commençant par « Vous garderez Mes Chabbatot ».) Et « Son Nom » (chemo) a la valeur numérique de ratzon (volonté) ; car la volonté est très supérieure au niveau de 'Hokhma (sagesse), et 'Hokhma est ce qui est attiré du niveau de la volonté, car telle fut la résolution de Sa volonté : qu’elle s’investisse dans le niveau de 'Hokhma.

Explication

Le mot chemo (« Son Nom ») a la même valeur numérique que ratzon, « volonté » (346). La volonté est très supérieure à 'Hokhma, qui en procède, car D.ieu a voulu s’investir dans 'Hokhma. La parenthèse renvoie au maamar « Vous garderez Mes Chabbatot », dans la paracha Behar.

ולזאת הרי בחי׳ החכמה בטילה כאין לגבי בחי׳ רצון העליון ב״ה המתלבש בה ואין ערוך אליו

C’est pourquoi le niveau de 'Hokhma est annulé, comme néant, devant le niveau de la volonté suprême, béni soit-Il, qui s’investit en lui ; il ne saurait lui être comparé.

Explication

'Hokhma est donc comme néant devant la volonté suprême qui s’investit en elle ; les deux ne sont pas comparables.

וזהו ענין הזמירות שקרא דוד לד״ת [לדברי תורה] לבחי׳ החוקים שעם היות שאין בהם טעם היינו לפי שנמשכו ונלקחו מרצון העליון ב״ה שהוא למעלה מההשגה והטעם.

Et c’est là le sens des « chants » par lesquels David désignait les paroles de Torah, [à savoir] le niveau des statuts : s’ils sont dépourvus de raison, c’est parce qu’ils ont été attirés et reçus de la volonté suprême, béni soit-Il, qui dépasse la compréhension et la raison.

Explication

Cela éclaire les « chants » de David : les 'houkim sont dépourvus de raison parce qu’ils proviennent directement de la volonté suprême, qui dépasse la raison et la compréhension.

Le paragraphe 10 en bref

Toute la louange infinie des âmes ne parvient qu’au « Nom » de D.ieu, une splendeur ; ce Nom est la volonté suprême, supérieure à 'Hokhma, et c’est de cette volonté que proviennent les 'houkim, que David appelait des « chants ».

Pour aller plus loin

Dans la paracha Pekoudei, l’Admour Hazaken concilie deux traditions : l’Arizal écrit que « Son Nom » est Mal'hout, tandis que les premiers ouvrages de Kabbala écrivent que chemo a la valeur de ratzon. Les deux sont vrais, car Mal'hout de l’Infini est appelé « Son Nom », et de là est attirée la volonté, le Kéter d’Atsilout.

Maré mekomot

  1. 1
    ונהנין מזיו · Berakhot 17a
  2. 2
    בורא קדושים ישתבח · ברכת יוצר.
  3. 3
    וקדושים בכל יום · נוסח תפלת שמו״ע.
  4. 4
    סלה בלי הפסק · Eruvin 54a:12–13
  5. 5
    בד״ה את שבתותי תשמרו · לעיל פ׳ בהר מא, ב.
  6. 6
    ושמו בגימ׳ רצון · פע״ח ש׳ הק״ש ספכ״ח. [כ]. ובלקו״ת פקודי ז, ד בשם ספרי הקבלה הראשונים.
  7. 7

11ומ״ש אורייתא מחכמה נפקת נפקת דייקא. אבל יסודן למעלה מהחכמה תר״ך עמודי אור עד״מ [על דרך משל] העמוד שמחבר הגג עם הרצפה. כך המצות נשפלו למטה.

Quant à ce qui est dit : « La Torah procède de 'Hokhma » — « procède », précisément. Mais leur fondement est au-dessus de 'Hokhma : les 620 piliers de lumière — selon l’image d’un pilier qui relie le toit au sol. Ainsi, les mitzvos ont été abaissées ici-bas,

Explication

Le Zohar dit que la Torah « procède de 'Hokhma » ; le terme « procède » implique que son origine se trouve au-dessus de 'Hokhma. La racine des mitzvos est constituée des 620 « piliers de lumière » de Kéter, la volonté suprême ; tels un pilier reliant le toit au sol, ils s’étendent depuis cette hauteur jusqu’aux actes physiques.

אבל שרשן גבוה מאד נעלה ע״כ [על כן] היה שמח שמחה גדולה בעסק התורה ומצות ע״י התבוננות זו

mais leur racine est très élevée, au-dessus de tout. C’est pourquoi il se réjouissait d’une grande joie dans son étude de la Torah et dans l’accomplissement des mitzvos, grâce à cette contemplation :

Explication

Bien que les mitzvos descendent jusqu’à l’action physique, leur racine est infiniment élevée. La contemplation de cela remplissait David d’une grande joie dans son étude de la Torah et l’accomplissement des mitzvos.

שהם רצון העליון וע״כ [ועל כן] קראן זמירות שהן היו לו כמין זמר שמנגנגין זמר א׳ בהם כמה פעמים מגודל המתיקות שבו.

elles sont la volonté suprême. C’est pourquoi il les appela des « chants » : elles étaient pour lui comme une sorte de chant, que l’on chante plusieurs fois parce qu’il est d’une grande douceur.

Explication

Parce que les mitzvos sont la volonté suprême, David les appela des « chants » : elles étaient pour lui comme un chant que l’on reprend encore et encore parce qu’il est si doux.

כך עם היות שכל המצות כולן הן רצונו ית׳ והרי זהו שבח אחד לכל המצות שבכולם מתלבש רצה״ע [רצון העליון] ב״ה מ״מ [מכל מקום] היה מתענג ושמח בכל א׳

De même, bien que toutes les mitzvos, chacune d’entre elles, soient Sa volonté, qu’Il soit béni — ce qui constitue une seule louange pour toutes les mitzvos, puisque la volonté suprême, qu’Il soit béni, est revêtue en chacune d’elles —, néanmoins, il prenait plaisir et se réjouissait en chacune d’elles,

Explication

Toutes les mitzvos sont également la volonté de D.ieu ; en cela, elles partagent une même louange. Malgré cela, David prenait plaisir à chacune d’elles.

כמו שמתענגים ושמחים בעריבות ומתיקות הניגון והזמר שניגון וזמר א׳ מנגנין ומזמרים כמה פעמים מאחר שהוא זמר יפה מאד וזו היא שמחה של מצוה.

comme on prend plaisir et se réjouit de l’agrément et de la douceur d’une mélodie et d’un chant, de sorte que l’on joue et chante plusieurs fois une même mélodie et un même chant, parce que ce chant est très beau. Telle est la joie d’une mitzva (sim’ha chel mitzva) :

Explication

Sa joie était semblable à celle que procure une belle mélodie, que l’on chante encore et encore. C’est la « joie d’une mitzva ».

דהיינו מחמת עוצם גדולת המצוה עצמה כי גבהה מעלתה מאד שהוא הוא רצה״ע [רצון העליון] ב״ה שלמעלה מהחכמה שהוא בחי׳ עדן ותענוג והשגה נפלאה עד אין קץ מריש כל דרגין כו׳.

c’est-à-dire qu’elle vient de l’immense grandeur de la mitzva elle-même, car son rang est très élevé : elle est la volonté suprême elle-même, qu’Il soit béni, laquelle est au-dessus de 'Hokhma, qui est le niveau de l’Éden, du plaisir et d’une compréhension merveilleuse sans fin, depuis « la tête de tous les degrés », etc.

Explication

La joie vient de la grandeur de la mitzva elle-même : elle est la volonté suprême, au-dessus de 'Hokhma, et 'Hokhma est elle-même « l’Éden », un plaisir et une compréhension merveilleux, sans fin.

אך מ״מ [מכל מקום] נענש דוד ע״ז [על זה] לפי שעדיין לא הגיע לתכלית השבח העיקר שבתורה ומצות ומעלתן העצמי׳ [העצמיות] שהרי לא שבח אותן אלא בבחי׳ רצה״ע [רצון העליון] ב״ה המלובש בהן.

Cependant, David fut néanmoins puni pour cela, car il n’était pas encore parvenu à la louange ultime, à la louange essentielle, de la Torah et des mitzvos et à leur vertu intrinsèque ; en effet, il ne les louait qu’en tant que volonté suprême, qu’Il soit béni, revêtue en elles.

Explication

David fut néanmoins puni, car il n’était pas parvenu à la louange la plus élevée de la Torah et des mitzvos, à leur vertu intrinsèque. Il ne les louait qu’en tant que volonté suprême revêtue en elles.

Le paragraphe 11 en bref

David se réjouissait des mitzvos en tant que volonté suprême, au-dessus de 'Hokhma, et les appelait ainsi des « chants » ; mais cette louange, si élevée soit-elle, n’atteint pas leur vertu intrinsèque, et c’est pour cela qu’il fut puni.

Pour aller plus loin

Iggeres HaKodesh 29 compare les 620 piliers de lumière de Kéter aux piliers d’une grande maison, posés sur le sol et dont les sommets rejoignent le plafond. Ainsi, les mitzvos s’étendent depuis la volonté suprême jusqu’à ce monde matériel et, par elles, l’âme s’élève pour s’attacher à la lumière de Kéter.

Maré mekomot

  1. 1
    אורייתא מחכמה נפקת · Zohar, Mishpatim 20:500–502
  2. 2
    תר״ך עמודי אור · פרדס ש״ח, פ״ג.
  3. 3
    תר״ך עמודי אור · Pardes Rimmonim 8:5–6
  4. 4
    עד״מ העמוד שמחבר הגג · ראה אגה״ק סי׳ כט.
  5. 5
    אורייתא מחכ׳ נפקת · Zohar II, 85a

Le dos et la face : volonté et délice ¶12–16

12והנה הרצון הוא עדיין בבחי׳ מעלת ומדרגת חיצונית שלהם. וכמ״ש וראית את אחורי ופני לא יראו.

Or, la volonté se situe encore au niveau de la qualité et du rang extérieurs des mitsvot, comme il est écrit : « Tu verras Mon dos, mais Ma face ne sera pas vue. »

Explication

Aussi élevée soit-elle, la volonté ne constitue encore que l’aspect extérieur des mitsvot. D.ieu dit à Moché : « Tu verras Mon dos, mais Ma face ne sera pas vue » : la volonté est le « dos ».

אבל פנימיותן ועיקרן הוא הוא עונג העליון ב״ה שהוא פנימית הרצון כידוע וע״ז [ועל זה] נאמר אחור

Mais leur dimension intérieure (pnimiyout) et leur essence, c’est le plaisir sublime, béni soit-Il, qui est la dimension intérieure de la volonté, comme on le sait. C’est à ce sujet qu’il est dit : « Dos

Explication

Le cœur intérieur des mitsvot est le plaisir sublime, qui constitue la dimension intérieure de la volonté. Le verset « Tu m’as formé par-derrière et par-devant » évoque ces deux niveaux.

וקדם צרתני ועד״מ [ועל דרך משל] מבשרי אחזה שהתענוג הוא עיקר המכוון והרצון הולך אחר התענוג שמחמת שיש נחת רוח ותענוג לפניו לכך הוא רוצה וחפץ בכך.

et devant, Tu m’as formé. » À titre d’analogie, « de ma chair, je contemple » : le plaisir est le dessein essentiel, et la volonté suit le plaisir ; car c’est parce qu’il y a satisfaction et plaisir devant Lui qu’Il le veut et le désire.

Explication

L’expérience humaine (« de ma chair, je contemple ») montre que le plaisir est le véritable but et que la volonté le suit : on veut quelque chose parce qu’on y prend plaisir.

Le paragraphe 12 en bref

La volonté est le « dos » des mitsvot et le plaisir leur « face » : le plaisir en est le cœur intérieur, et la volonté ne fait que le suivre.

Maré mekomot

  1. 1
    וראית את אחורי · Exodus 33:23
  2. 2
    אחור וקדם צרתני · Psalms 139:5
  3. 3
    מבשרי אחזה · Job 19:26

13ולכן נק׳ הרצון בחי׳ אחוריים ובחי׳ חיצונית לגבי העונג העליון ב״ה המלובש בו וע״ז [ועל זה] נאמר וראית את אחורי ופני לא יראו שאין פנימית העונג מתגלה כ״א [כי אם] בחי׳ הרצון בלבד

C’est pourquoi la volonté est appelée le niveau du « dos » (a’horayim) et l’aspect extérieur par rapport au plaisir suprême, béni soit-Il, qui est revêtu en elle. À ce propos, il est dit : « Tu verras Mon dos, mais Ma face ne sera pas vue » : car la dimension intérieure du plaisir ne se révèle pas ; seul le niveau de la volonté se révèle,

Explication

C’est pourquoi la volonté est appelée le « dos » (a’horayim) et l’aspect extérieur par rapport au plaisir qui est en elle. Ce qui se révèle, c’est la volonté ; le plaisir intérieur demeure caché, comme l’indique « Ma face ne sera pas vue ».

כמו שאינו נראה ונגלה באדם לזולתו רק בחי׳ רצון בלבד כשמגלה לו רצונו להיות כך וכך.

tout comme, chez une personne, rien n’est vu ni révélé à autrui, si ce n’est la volonté seule, lorsqu’elle lui fait connaître sa volonté que telle ou telle chose soit faite.

Explication

Il en va de même chez une personne : les autres ne voient que sa volonté, lorsqu’elle leur dit ce qu’elle veut qu’on fasse.

אבל פנימית העונג המלובש בו והמכוון מזה איזה עונג ונחת רוח לפניו מזה לא ניתן להתודע ולהגלות ועונג זה הוא המלובש במצות שהן רצונו ית׳.

Mais la dimension intérieure du plaisir qui est revêtue en elle, et ce qu’elle vise — le plaisir et la satisfaction qu’elle en retire — ne peuvent être connus ni révélés. Et c’est ce plaisir qui est revêtu dans les mitsvot, qui sont Sa volonté, béni soit-Il.

Explication

Le plaisir qu’Il en retire, la raison intérieure de Sa volonté, ne se révèle pas. C’est ce plaisir suprême caché qui est revêtu dans les mitsvot, lesquelles sont la volonté de D.ieu.

Le paragraphe 13 en bref

Comme chez une personne, seule la volonté de D.ieu se révèle dans les mitsvot, tandis que le plaisir contenu dans cette volonté — la « face » — demeure caché.

Maré mekomot

  1. 1
    ולכן נק׳ הרצון בחי׳ אחוריים · ראה אגה״ק סי׳ כט.
  2. 2
    וראית את אחורי ופני לא יראו · Exodus 33:23

14וזהו אשר קדשנו במצותיו אשר מלשון באשרי כי אשרוני שהוא לשון הילול ושבח והוא על עוצם ריבוי התענוג שיש בזה

Et voici [le sens de] « Qui (asher) nous a sanctifiés par Ses commandements » : asher vient de l’expression « Dans ma bonne fortune (be’oshri), car ils me diront fortunée (ishruni) », qui exprime la louange et l’éloge ; cela tient à l’immense abondance de plaisir qu’il y a en cela,

Explication

Dans la bénédiction récitée sur une mitsva, on dit que D.ieu est Celui « asher (Qui) nous a sanctifiés ». L’Admour Hazaken comprend asher au sens des paroles de Léa à la naissance d’Acher : « Dans ma bonne fortune, car ils me diront fortunée » ; ce mot exprime la louange et l’immense abondance de plaisir que renferment les mitsvot.

כדי להלל ולשבח מאד ובבחי׳ זו נאמר באשר וטובל בשמן רגלו שבבחי׳ רגלו בלבד הוא מלובש בבחי׳ שמן היא בחי׳ ח״ע [חכמה עילאה] כו׳:

de quoi en faire grandement la louange et l’éloge. C’est de ce niveau qu’il est dit au sujet d’Acher : « et il trempe son pied dans l’huile » ; car seule la qualité de « son pied » est revêtue du niveau de l’huile, qui est celui de la 'Hokhma supérieure ('Hokhma Ilaa), etc.

Explication

Moché bénit la tribu d’Acher en disant : « il trempe son pied dans l’huile ». L’huile symbolise la 'Hokhma supérieure ; ainsi, seul le niveau le plus bas de ce plaisir, son « pied », est revêtu dans la 'Hokhma, tandis que le plaisir lui-même se situe bien au-dessus.

Le paragraphe 14 en bref

Dans la bénédiction récitée sur les mitsvot, le mot asher évoque le plaisir sublime qu’elles renferment, dont seul le « pied » descend jusqu’à la 'Hokhma.

Maré mekomot

  1. 1
    אשר מלשון באשרי כי אשרוני · Genesis 33:13
  2. 2
    באשרי כי אשרוני · Genesis 30:13
  3. 3
    אשר מלשון באשרי כי אשרוני · Tikkunei Zohar 74b:2
  4. 4
    וטובל בשמן · Deuteronomy 33:24
  5. 5
    שמן היא בחי׳ ח״ע · מא״א אות ש׳ סמ״ח.

15ג והנה ההפרש שבין בחי׳ אחוריים לבחי׳ פנים מבשרי אחזה שבעורף אין בו התחלקות אברים שעור א׳ מכסה את כולו.

3. Or, la différence entre le niveau du dos et celui du visage, [comme dans] « De ma chair, je contemple » : à la nuque, il n’y a pas de division en organes, car une seule peau la recouvre tout entière.

Explication

La troisième section commence par montrer la différence entre le « dos » et le « visage » dans le corps humain (« De ma chair, je contemple ») : la nuque ne présente pas d’organes distincts, et une seule peau la recouvre tout entière.

משא״כ בבחי׳ פנים נראה ונגלה ציור התחלקות האיברים עינים לראות אזנים לשמוע כו׳ ותענוג שבבחי׳ ראיה הוא בחי׳ אחרת משמיעה כו׳.

En revanche, sur le visage, la forme de la division des organes est visible et manifeste : les yeux pour voir, les oreilles pour entendre, etc. ; et le plaisir éprouvé par la vue est d’une autre nature que [celui éprouvé par] l’ouïe, etc.

Explication

Le visage, en revanche, présente des organes distincts, chacun ayant sa fonction : les yeux pour voir, les oreilles pour entendre ; et le plaisir de voir est tout à fait différent de celui d’entendre.

כך הוא למעלה כביכול שבחי׳ רצון העליון ב״ה נק׳ בחי׳ אחוריים ואין בו שום התחלקות ולכך הרצון המלובש במצות כולל כל המצות בשוה שכולן הן בחי׳ רצונו ית׳

Il en va ainsi En haut, pour ainsi dire : le niveau de la volonté suprême, béni soit-Il, est appelé le niveau du dos, et il ne comporte aucune division. C’est pourquoi la volonté qui est investie dans les mitsvot les englobe toutes de manière égale, car elles sont toutes Sa volonté, béni soit-Il,

Explication

Il en va ainsi En haut : la volonté suprême est le « dos » et ne comporte aucune division ; elle est donc présente de manière égale dans toutes les mitsvot, chacune étant simplement la volonté de D.ieu.

והרי זה שבח א׳ לכולן אלא שהוא שבח גדול מאד כנ״ל שהרצון עליון הוא למעלה מהחכמה כו׳

et cela constitue donc un seul éloge pour elles toutes ; seulement, c’est un éloge très grand, comme mentionné plus haut, car la volonté suprême est au-dessus de 'Hokhma, etc.

Explication

Cela donne à toutes les mitsvot un seul et même éloge, bien que très grand, puisque la volonté est au-dessus de 'Hokhma.

ולכן נק׳ העונג והשמחה הנמשך מזה בשם זמירות כמו זמר שמנגנים ניגון א׳ היפה מאד הרבה פעמים כנ״ל.

C’est pourquoi le plaisir et la joie qui en découlent sont appelés « chants », comme lorsqu’on joue maintes fois une même mélodie, très belle, comme mentionné plus haut.

Explication

Voilà pourquoi la joie qui en découle est appelée « chants » : comme une belle mélodie que l’on reprend encore et encore, c’est la même joie dans chaque mitsva.

אבל העונג העליון ב״ה המלובש במצות יש לכל מצוה תענוג פרטי כי העונג היא פנימי׳ [פנימיות / פנימית] המכוון המלובש ברצון ואין פנימית המכוון המלובש ברצון מצוה זו מלובש ברצון מצוה אחרת כי לכל מצוה יש כוונה אחרת כנודע.

Mais le plaisir suprême, béni soit-Il, qui est investi dans les mitsvot, est particulier à chaque mitsva. Car le plaisir est la dimension intérieure de l’intention investie dans la volonté, et la dimension intérieure de l’intention investie dans la volonté de cette mitsva n’est pas investie dans la volonté d’une autre mitsva, car chaque mitsva a une intention différente, comme on le sait.

Explication

Le plaisir suprême, en revanche, diffère d’une mitsva à l’autre. Il est l’intention intérieure qui réside dans la volonté, et chaque mitsva ayant sa propre intention, chacune porte son plaisir particulier.

Le paragraphe 15 en bref

Comme la nuque, la volonté est indivisée et identique dans chaque mitsva ; c’est pourquoi l’éloge que David en faisait était appelé « chants ». Comme le visage, en revanche, le plaisir est différencié : chaque mitsva comporte un plaisir distinct.

Maré mekomot

  1. 1
    מבשרי אחזה · Job 19:26

16וכמו עד״מ [על דרך משל] בפנים הרי התענוג שבראי׳ [שבראיה] המלובש בעינים אינו דומה כלל להתענוג שבשמיעה שבאזנים וכן תענוג שבטעמים חיך אוכל יטעם כו׳ כל מין תענוג הוא מהות אחר.

Ainsi, à titre d’analogie, dans le visage, le plaisir de la vue, qui réside dans les yeux, ne ressemble nullement au plaisir de l’ouïe, qui réside dans les oreilles ; de même, le plaisir des saveurs — « le palais goûte les aliments », etc. — : chaque sorte de plaisir est d’une essence différente.

Explication

Dans le visage, chaque sens possède son plaisir propre : celui de la vue n’a rien de commun avec celui de l’ouïe, et le goût (« le palais goûte les aliments ») est encore différent. Chaque sorte de plaisir est une chose distincte.

כך בחינת עונג העליון הנמשך ומתגלה ע״י המצות בציצית תענוג מיוחד ומשונה מהתענוג שבמצוה אחרת וכן בתפילין כו׳ ובכל המצות.

Il en va ainsi du plaisir supérieur, attiré et révélé par les mitzvot : dans les tsitsit se trouve un plaisir particulier, différent de celui que renferme une autre mitzva ; il en va de même des tefillin, etc., et de toutes les mitzvot.

Explication

Le plaisir supérieur révélé par les mitzvot varie donc d’une mitzva à l’autre : les tsitsit portent un plaisir particulier, les tefillin un autre, et ainsi de suite pour toutes les mitzvot.

ולא כמו מעלת הרצון שהוא מדרגה אחת לכולן (ועמ״ש בד״ה ראו כי ה׳ נתן לכם השבת בפי׳ דרכיה דרכי נועם),

Cela ne ressemble pas à la volonté, qui se situe à un seul et même niveau pour toutes ces mitzvot (voir aussi le discours intitulé « Voyez que Havaya vous a donné le Chabbat », au sujet du sens de « Ses voies sont des voies de douceur »).

Explication

La volonté, en revanche, est la même dans toutes les mitzvot. La parenthèse renvoie au discours « Voyez que Havaya vous a donné le Chabbat », dans la paracha de Bechala'h, qui explique pourquoi la Torah et les mitzvot sont appelées des « voies », comme dans « Ses voies sont des voies de douceur ».

ולכן במ״ת [במתן תורה] דכתיב פנים בפנים דבר ה׳ שהי׳ [שהיה] גילוי בחי׳ פנים עליונים שהוא עונג העליון ב״ה המלובש בתורה ומצות.

C’est pourquoi, lors du Don de la Torah, dont il est écrit : « Havaya parla face à face », il y eut une révélation du visage supérieur, c’est-à-dire du plaisir supérieur, béni soit-Il, qui est investi dans la Torah et les mitzvot.

Explication

Au Sinaï, D.ieu parla « face à face » : le « visage » supérieur, le plaisir contenu dans la Torah et les mitzvot, fut révélé.

הנה אמרז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] על כל דבור פרחה נשמתן לפי שבכל דבור מעשרת הדברות הי׳ [היה] גילוי עונג פרטי המלובש בדיבור זה בלבד שאינו דומה לגילוי העונג שבדיבור השני והגורם לזה שזכו ישראל לכך במ״ת [במתן תורה]

Or, nos Sages, de mémoire bénie, disent : « À chaque parole, leurs âmes s’envolaient », car chacune des paroles des Dix Commandements révéla un plaisir particulier, investi dans cette seule parole, qui ne ressemblait pas au plaisir révélé dans la deuxième parole. Et qu’est-ce qui permit à Israël de mériter cela lors du Don de la Torah

Explication

C’est pourquoi les Sages disent qu’à chaque parole des Dix Commandements, les âmes du peuple s’envolaient : chaque parole révélait un plaisir qui lui était propre, différent de celui de la parole suivante. Ce qui permit à Israël de mériter cela est expliqué dans la suite.

היינו משום דכתיב פנים בפנים, שגם מלמטה למעלה היה בבחי׳ גילוי הפנימיות ולא בבחי׳ אחוריים כי גם בתשוקה וכלות הנפש שממטה למעלה יש ב׳ בחי׳ הא׳ כמ״ש מי לי בשמים ועמך לא חפצתי בארץ.

c’est que l’Écriture dit : « Face à face » ; car, d’en bas vers le haut également, il y eut une révélation de la dimension intérieure, et non du niveau du dos. En effet, dans le désir ardent et l’extinction de l’âme (kelot hanefech) qui s’élèvent d’en bas vers le haut, il existe également deux niveaux. Le premier est celui qu’exprime le verset : « Qui ai-je au ciel ? Et avec Toi, je ne désire rien sur la terre. »

Explication

« Face à face » signifie que le peuple lui aussi, en s’élevant d’en bas, se tenait dans la révélation de sa dimension intérieure, et non de son « dos ». Le désir ardent de l’âme pour D.ieu comporte lui aussi deux niveaux. Le premier s’exprime par ces mots : « Qui ai-je au ciel ? Et avec Toi, je ne désire rien sur la terre. »

דהיינו שמבטל רצונו וחפצו המלובש בגוף ונפש הבהמית ורוצה לדבקה בו ית׳ בתשוקה וצמאון כו׳.

C’est-à-dire qu’il met de côté sa volonté et son désir, investis dans le corps et l’âme animale, et veut s’attacher à Lui, béni soit-Il, avec ardeur et soif, etc.

Explication

À ce premier niveau, l’homme met de côté les désirs de son corps et de son âme animale, et aspire avec soif à s’attacher à D.ieu.

אך מ״מ [מכל מקום] רצון זה ותשוקה זו היא בחי׳ אחוריים שהרי עדיין נפשו האלקית מלובשת בגוף ונה״ב [ונפש הבהמית] בתענוגות בני אדם אלא שרוצה לצאת מהם ומסכים בהסכמה אמיתית שתתפשט האהבה מלבושיה שבנוגה לדבקה באלקים חיים.

Cependant, cette volonté et ce désir ardent relèvent encore du niveau du dos, car son âme divine demeure investie dans le corps et dans l’âme animale, au milieu des plaisirs des hommes. Il veut seulement s’en détacher et consent sincèrement à ce que son amour se dépouille de ses vêtements, ceux qui se trouvent dans [la kelipa de] noga, afin de s’attacher au D.ieu vivant.

Explication

Pourtant, ce désir ardent relève encore du « dos », car son âme divine demeure revêtue du corps et de l’âme animale, ainsi que de leurs plaisirs. Il veut sincèrement les quitter et consent à ce que son amour se dépouille de ses vêtements dans la kelipa de noga, le domaine des choses matérielles qui ne sont ni saintes ni interdites, afin de s’attacher au D.ieu vivant.

אך עדיין לא נתפשטה האהבה עד שתחפץ בקרבת אלקים בשמחה וטוב לבב מרוב כל ולהתענג על ה׳ אהבה בתענוגים ממש שזהו בחי׳ הב׳ וכמ״ש כלה שארי ולבבי כו׳

Mais l’amour ne s’est pas encore étendu au point de désirer la proximité de D.ieu « dans la joie et la bonne humeur, dans l’abondance de tout », et de prendre plaisir en D.ieu, dans un véritable « amour de délices ». C’est le deuxième niveau, comme il est écrit : « Ma chair et mon cœur languissent », etc.

Explication

Son amour n’est pas encore parvenu au point de désirer la proximité de D.ieu dans la joie et la bonne humeur, et de prendre plaisir en Lui comme on prend plaisir en un être aimé — dans un « amour de délices ». C’est ce deuxième niveau que le verset désigne par les mots : « Ma chair et mon cœur languissent. »

והיא בחי׳ ומעלה יתירה שמחה ותענוג בה׳ ממש והיא שמחה של מצוה ונשמח בדברי תורתך וב מצותיך לעולם ועד

Et c’est un niveau et une vertu supérieure : la joie et le plaisir en D.ieu Lui-même. C’est la joie d’une mitsva : « et nous nous réjouirons des paroles de Ta Torah et de Tes mitsvot à jamais,

Explication

Ce deuxième niveau est supérieur : il s’agit de la joie et du plaisir en D.ieu Lui-même. C’est la joie d’une mitsva, dont la prière du soir dit : « nous nous réjouirons des paroles de Ta Torah et de Tes mitsvot à jamais. »

כי הם חיינו כו׳ ובחי׳ זו הב׳ היא בחי׳ גילוי פנימית וז״ש [וזהו שכתוב] פנים בפנים דבר ה׳.

car elles sont notre vie », etc. Et ce deuxième niveau est celui de la révélation de la dimension intérieure. C’est le sens des mots : « Face à face, Havaya parla » :

Explication

La prière poursuit : « car elles sont notre vie ». Ce deuxième niveau est la révélation de la dimension intérieure d’en bas ; c’est ce que signifie « Face à face, Havaya parla ».

כלומר שהיו חיבור והתקשרות בחי׳ פנים עליונים בבחי׳ פנים התחתונים שהי׳ [שהיה] התלבשות עונג העליון ב״ה שהוא הוא פנימי׳ [פנימיות / פנימית] הרצון בבחי׳ עונג התחתון שממטה למעלה כלה שארי ולבבי כו׳

c’est-à-dire qu’il y eut union et attachement entre le visage supérieur et le visage inférieur : le plaisir suprême, béni soit-Il, qui est précisément la dimension intérieure de la volonté, s’est revêtu dans le plaisir inférieur qui s’élève d’en bas vers le haut, « Ma chair et mon cœur languissent », etc.,

Explication

« Face à face » signifie que le visage supérieur fut uni au visage inférieur : le plaisir de D.ieu, le cœur intérieur de Sa volonté, pénétra dans le plaisir que le peuple éprouvait pour Lui, le plaisir de « Ma chair et mon cœur languissent ».

בבחי׳ פנימי׳ [פנימיות / פנימית] האהבה בתענוגים להתענג על ה׳ ממש שעי״כ [שעל ידי כך] זכו והשיגו העונג העליון ב״ה המלובש בכל מצוה עונג פרטי.

au niveau de la dimension intérieure de l’« amour de délices », qui consiste à prendre plaisir en D.ieu Lui-même. Par là, ils méritèrent et atteignirent le plaisir suprême, béni soit-Il, qui est revêtu dans chaque mitsva comme un plaisir particulier.

Explication

Parce que l’amour du peuple était intérieur, un « amour de délices », il put recevoir le plaisir suprême revêtu dans chaque mitsva, chacune ayant son plaisir particulier.

Le paragraphe 16 en bref

Chaque mitzva porte un plaisir supérieur qui lui est propre, différent de la volonté, uniforme dans toutes. Au Sinaï, ce plaisir fut révélé « face à face », car l’amour du peuple s’éleva jusqu’à son niveau intérieur, celui d’un plaisir joyeux en D.ieu, de sorte que son « visage » rencontra le « visage » supérieur.

Maré mekomot

  1. 1
    חיך אוכל יטעם · Job 12:11
  2. 2
    בד״ה ראו כי · לעיל פ׳ בשלח א, ב.
  3. 3
    ראו כי ה׳ נתן לכם השבת · Exodus 16:29
  4. 4
    דרכיה דרכי נועם · Proverbs 3:17
  5. 5
    פנים בפנים דיבר ה׳ · Deuteronomy 5:4
  6. 6
    על כל דיבור פרחה נשמתן · Shabbat 88b:6
  7. 7
    מי לי בשמים · Psalms 73:25
  8. 8
    ולהתענג על ה׳ · Isaiah 58:14
  9. 9
    אהבה בתענוגים · Song of Songs 7:7
  10. 10
    כלה שארי ולבבי · Psalms 73:26
  11. 11
    ונשמח בדברי תורתך · ברכת ק״ש של ערבית.
  12. 12
    בשמחה ובטוב לבב · Deuteronomy 28:47

La punition de David et le sens de ve’ehyeh ¶17–20

17ולכן על כל דבור ודבור פרחה נשמתן. וזהו שנענש דוד המלך ע״ה [עליו השלום] על שלא שיבח את התורה רק בבחי׳ זמירות שהוא מצד בחי׳ אחוריים של המצות

Et c’est pourquoi, à chaque parole, leurs âmes s’envolaient. C’est [pourquoi] le roi David, que la paix soit sur lui, fut puni : il n’avait loué la Torah que comme des « chants », ce qui relève de l’aspect du revers des mitsvot,

Explication

C’est pourquoi leurs âmes les quittaient à chaque parole : chacune révélait un plaisir intérieur distinct. Et c’est pourquoi David fut puni : il n’avait loué la Torah que comme des « chants », qui relèvent du « revers » des mitsvot, de la volonté.

ולא שיבח את התורה בבחי׳ זו הפנימי׳ [הפנימיות / הפנימית] שהיא מעלתן העקרית העצמית, ולכן העונש היה ג״כ מדה כנגד מדה ששכח מעלת התורה שהיא בבחי׳ פנים כי

et n’avait pas loué la Torah dans cet aspect intérieur, qui constitue leur qualité essentielle et fondamentale. Aussi la punition fut-elle, elle aussi, mesure pour mesure : il oublia la qualité de la Torah, qui relève de l’aspect de la face. Car

Explication

Il n’avait pas loué la dimension intérieure de la Torah, sa qualité essentielle. Sa punition fut donc mesure pour mesure : il oublia une loi qui exprime la qualité de « face » de la Torah.

הנה לכך נאמר בכתף ישאו שהלוים היו נושאי הארון והיו כתפיהם לחוץ ופניהם כנגד הארון זה כנגד זה

c’est pourquoi il est dit : « Ils porteront sur l’épaule » : les Lévites portaient l’Arche, leurs épaules étant tournées vers l’extérieur et leurs visages vers l’Arche, se faisant face.

Explication

L’Arche devait être portée sur l’épaule : les Lévites qui la portaient avaient les épaules tournées vers l’extérieur et le visage tourné vers l’Arche, de sorte qu’ils se faisaient face, eux et l’Arche.

והיינו לפי שצ״ל [שצריך להיות / שצריך לומר / שצריך להבין] בחי׳ פנים בפנים כנ״ל וגם הלוחות שבארון הי׳ [היה] בבחי׳ פנים לכל צד שהלוחות היו כתובים משני עבריהם שלכל עבר לא נראה

Car il faut qu’il y ait l’aspect du face-à-face, comme indiqué plus haut. Les Tables qui se trouvaient dans l’Arche relevaient, elles aussi, de l’aspect de la face de tous côtés : elles étaient écrites sur leurs deux faces, de sorte que, de chaque côté, on ne voyait

Explication

Cela était nécessaire parce que la relation devait être « face à face ». Les Tables à l’intérieur de l’Arche étaient, elles aussi, entièrement « face » : elles étaient écrites des deux côtés, si bien que, de l’un ou l’autre côté, on ne voyait que la face.

רק בחי׳ הפנים והוא נענש ששכח זה ונשאו בפרות על העגלה ומה שנענש שנפל בבחי׳ שכחה היא בחי׳ אחוריים [עמ״ש פ׳ תצוה סד״ה זכור כו׳

que la face. Et il fut puni en ce qu’il l’oublia, et qu’on la porta avec des vaches sur un chariot. Quant au fait qu’il fut puni en tombant dans l’oubli, lequel relève de l’aspect du revers [voir ce qui est écrit dans la paracha de Tetsavé, à la fin du discours qui commence par « Souviens-toi », etc.,

Explication

David oublia cela et fit porter l’Arche par des vaches sur un chariot. Le fait qu’il soit tombé dans l’oubli s’accorde également avec cela, car l’oubli relève de la qualité du « revers » ; le passage entre crochets renvoie au discours sur « Souviens-toi… n’oublie pas » dans la paracha de Tetsavé.

לא תשכח] היינו מדה כנגד מדה שלפי שלא שיבח את התורה בבחי׳ פנים אלא בבחי׳ אחוריים שכח מעלת הלוחות שהיו בבחי׳ פנים ונפל לבחי׳ שכחה היא בחי׳ אחוריים.

« n’oublie pas »], cela constituait une mesure pour mesure : puisqu’il n’avait loué la Torah que sous l’aspect du revers, et non sous celui de la face, il oublia la qualité des Tables, qui relevaient de l’aspect de la face, et tomba dans l’oubli, lequel relève de l’aspect du revers.

Explication

C’était mesure pour mesure : puisqu’il n’avait loué la Torah que sous l’aspect du « revers », il oublia la qualité de « face » des Tables et tomba dans l’oubli, qui relève du « revers ».

Le paragraphe 17 en bref

David n’avait loué la Torah que comme volonté, son « revers » ; mesure pour mesure, il oublia que l’Arche, dont les Tables étaient entièrement « face », devait être portée sur l’épaule, face à face, et il tomba dans l’oubli, qui relève du « revers ».

Maré mekomot

  1. 1
    בכתף ישאו · Numbers 7:9
  2. 2
    כתובים משני עבריהם · Exodus 32:15
  3. 3
    פ׳ תצוה סד״ה זכור כו׳ · תו״א פה, ב ”שלא יהא בבחי׳ שכחה שהיא בחי׳ אחוריים כו׳”.

18ובזה יובן מ״ש ואהיה שעשועים כי בחי׳ שעשועים הן הן בחי׳ גילוי בחי׳ פנימי׳ [פנימיות / פנימית] דהיינו בחי׳ עונג העליון המלובש במצות

On comprendra ainsi ce qui est écrit : « et j’étais délices » : car les délices (chaachouïm) sont précisément la révélation de la dimension intérieure (pnimiyout), c’est-à-dire le plaisir suprême qui est revêtu dans les mitsvot,

Explication

Cela explique « et j’étais délices » : les « délices » (chaachouïm) sont la révélation de la dimension intérieure, le plaisir suprême revêtu dans les mitsvot.

שהיא פנימית הרצון משא״כ בחי׳ זמירות הן בחי׳ אחוריים שהוא הרצון כנ״ל [ועמ״ש עוד מענין זה ע״פ ויהי מקץ שנתים ימים ובאגה״ק [ובאגרת הקודש] קרוב לסופו ד״ה דוד זמירות קרית להו].

qui est la dimension intérieure de la volonté ; tandis que les « chants » sont le niveau du revers, c’est-à-dire la volonté, comme indiqué plus haut [et voir aussi ce qui est écrit sur ce sujet à propos du verset « Et il arriva au bout de deux ans », ainsi que dans Igueret HaKodech, vers la fin, le passage commençant par « David, tu les as appelés des chants »].

Explication

Ce plaisir est le cœur intérieur de la volonté, tandis que les « chants » relèvent du « revers », la volonté elle-même. Le passage entre crochets renvoie au discours « Et il arriva au bout de deux ans » et à l’essai « David, tu les as appelés des chants », que le texte situe vers la fin d’Igueret HaKodech et que les éditions actuelles du Tanya impriment dans Kountrès A’haron.

אך הנה ואהיה כתיב לשון הוה והיינו שצריך להמשיך גילוי והתהוות בחי׳ השעשועים. דבאתאדל״ת תליא מילתא.

Mais il faut remarquer que le verset emploie le terme ve’ehyeh, au présent. Cela signifie qu’il faut faire descendre la révélation et faire advenir les délices ; car la chose dépend d’un éveil d’en bas.

Explication

Le verset dit ve’ehyeh, une forme qui exprime une existence continue plutôt que quelque chose qui fut autrefois. Les délices doivent être attirés et suscités sans cesse, et cela dépend d’un éveil d’en bas, du service propre de l’homme.

Le paragraphe 18 en bref

Les « délices » sont le plaisir intérieur révélé des mitsvot, supérieur aux « chants » de la volonté ; et puisque le verset s’exprime au présent, ces délices doivent être attirés continuellement par le service de l’homme.

Maré mekomot

  1. 1
    ואהיה שעשועים · Proverbs 8:30
  2. 2
    ע״פ ויהי מקץ · תו״א לב, א.

19וזהו יום יום דהיינו בחי׳ ק״ש [קריאת שמע] שאומרים דבר יום ביומו כי בכל יום נעשה בריה חדשה.

Et voici [le sens de] « jour après jour » : c’est-à-dire le Chema, qui est récité « chaque jour, la chose de ce jour », car chaque jour une création nouvelle advient.

Explication

« Jour après jour » fait allusion au Chema, récité chaque jour, car le monde est recréé chaque jour.

וע״כ [ועל כן] בכל יום צריך לקרות ק״ש [קריאת שמע] ולמסור נפשו באחד בכל יום ואהבת בחי׳ תענוג כו׳ ועי״ז גורם ירידת התענוג עליון שעשוע שבעצמותו שיתלבש בתורה וזהו אני תורתך שעשעתי.

C’est pourquoi, chaque jour, il faut réciter le Chema et livrer son âme à [la parole] « Un » chaque jour, [puis] « Et tu aimeras », le niveau du plaisir, etc. Par cela, on provoque la descente du plaisir suprême, le délice (chaachoua) qui est dans Son essence, afin qu’il s’enveloppe dans la Torah. Et voici [le sens de] « Je (ani) me suis délecté (chaachati) de Ta Torah ».

Explication

Chaque jour, il faut donc réciter le Chema et être prêt à donner sa vie à la parole « Un » ; vient ensuite « Et tu aimeras », un amour empreint de plaisir. Cela attire le plaisir suprême, le délice qui se trouve dans l’essence même de D.ieu, afin qu’il s’enveloppe dans la Torah, comme le dit le verset : « Je me suis délecté de Ta Torah. »

שעשעתי הוא פועל יוצא שממשיך השעשועים בהתורה והיינו ע״י אני אותיות אין פי׳ בחינת ביטול היש שעושה מאני אין

Chaachati est un verbe transitif : il attire les délices dans la Torah. Cela se fait par ani (« je »), dont les lettres forment ayin (« néant ») ; c’est-à-dire le niveau de l’annulation de soi (bitoul hayech), lorsqu’on transforme ani en ayin.

Explication

L’Admour Hazaken comprend chaachati comme un verbe transitif : la personne introduit le délice dans la Torah. Cela se fait par ani (« je »), dont les lettres forment ayin (« néant ») : en transformant son « je » en « néant », on met de côté le sentiment de soi.

והיינו שגם בלימוד התורה לא יהי׳ [יהיה] בבחי׳ יש אלא בביטול היש כמ״ש בכל נפשך סמוך לודברת בם כו׳ ועי״ז גורם למעלה להמשיך מהיש לאין

Autrement dit, même dans l’étude de la Torah, il ne doit pas être dans un état de yech (soi), mais dans l’annulation du soi, comme il est écrit : « de toute ton âme », juste avant « et tu en parleras », etc. Par cela, il provoque en haut une attraction de yech vers ayin :

Explication

Même dans l’étude de la Torah, la personne ne doit pas se sentir comme un « quelque chose » (yech), mais être dans l’annulation de soi ; c’est pourquoi « de toute ton âme » se trouve près de « et tu en parleras », le commandement d’étudier. Cette annulation de soi ici-bas provoque en haut une attraction de yech vers ayin.

דהיינו מיש האמיתי שעשועים העצמיים יומשך הארה בחכמה שהיא בחי׳ אין ממש [והוא ג״כ ההמשכה מבחי׳ אני בבחי׳ אין ע׳ [עיין] בע״ח [בעץ חיים] שער השתלשלות הי״ס [הי׳ ספירות] דרך העגולים במה״ב [במהדורא בתרא] פ״ב [פרק ב׳] בענין אני ואין.

c’est-à-dire que, depuis le Yech véritable — les délices essentiels —, un rayonnement est attiré dans 'Hokhma, qui est le niveau du ayin véritable [et c’est aussi l’attraction du niveau de ani vers le niveau de ayin ; voir dans Etz Chaim, Sha’ar Hichtalchelout HaYud Séfirot, Derech HaIgulim, dans la Mahadura Basra, chapitre 2, au sujet de ani et ayin.

Explication

Depuis le Yech véritable, les délices essentiels de D.ieu, un rayonnement est attiré dans 'Hokhma, appelée ayin (« néant »). La référence entre crochets renvoie à la discussion d’Etz Chaim sur ani et ayin ; la note de Kehot précise que le portail cité est Sha’ar Seder HaAtsilout.

Le paragraphe 19 en bref

« Jour après jour » désigne le Chema quotidien : le sacrifice de soi à « Un » et l’amour qui le suit transforment le ani d’une personne en ayin, attirant ainsi le délice essentiel de D.ieu dans la Torah et dans 'Hokhma.

Pour aller plus loin

Dans la paracha Behar, l’Admour Hazaken explique également que le ani de « Je suis Havaya » est formé des lettres de ayin, ce qui désigne l’essence de la Lumière infinie, qu’aucune pensée ne peut saisir.

Maré mekomot

  1. 1
    אני תורתך שעשעתי · Psalms 119:70
  2. 2
    אני אותיות אין · הובא בע״ח ש׳ דרושי אבי״ע ספ״א, וע׳ שם ש׳ עקודים פ״ג. וע׳ לק׳ נצבים (נג, ג) מאדמו״ר ע״ז. ושם (ע׳, ב [ד]) מפרדס. [כ]. לעיל (בהר) מד, ד.
  3. 3
    בכל נפשך · Deuteronomy 6:5
  4. 4
    ודברת בם · Deuteronomy 6:7
  5. 5
    שעשועים העצמיים · ראה באוה״ת נ״ך-א ע׳ תקצ.
  6. 6
    שער השתלשלות . . במה״ב · הוא שער סדר האצילות.

20ובמא״א [ובמאורי אור] אות א׳ ססעי׳ [סוף סעיף] ס״ד מל׳ [מלכות] דא״ק [דאדם קדמון] נק׳ אני מתלבשת ברדל״א [ברישא דלא אתיידע] נקרא אין עכ״ל [עד כאן לשונו] וע׳ [ועיין] מענין ואהי׳ [ואהיה] בזהר ויקהל דרי״ז ע״א והייתי לא כתיב

Et dans Meorei Or, lettre alef, à la fin de la section 64 : « Mal'hout d’Adam Kadmon est appelée ani ; [lorsqu’]elle est revêtue dans Radla (la Tête inconnaissable), elle est appelée ayin. » Fin de citation. Et au sujet de ve’ehyeh, voir le Zohar, Vayakhel, folio 217a : « Il n’est pas écrit vehayisi (“et j’étais”),

Explication

Meorei Or, un lexique des termes kabbalistiques, indique que Mal'hout d’Adam Kadmon est appelée ani (« moi ») et que, lorsqu’elle est revêtue dans la « Tête inconnaissable » (Radla), elle est appelée ayin (« néant ») : c’est un exemple de ani devenant ayin. Le Zohar, dans Vayakhel, relève que le verset ne dit pas vehayisi (« et j’étais »), mais ve’ehyeh.

אלא ואהיה כו׳ ור״פ שמיני דל״ה ע״ב ובהרמ״ז [ובהרב משה זכות] שם ובפ׳ אחרי דס״ה ע״ב וסימן ואהיה כו׳ ודס״ז ע״ב]:

mais ve’ehyeh », etc. ; et au début de la paracha Chemini, folio 35b, ainsi que dans le Ramaz à cet endroit ; et dans la paracha A’harei, folio 65b : « et un signe : ve’ehyeh », etc. ; et folio 67b].

Explication

Le Zohar et son commentateur, le Ramaz, interprètent également ve’ehyeh dans ce verset, dans la paracha Chemini et dans la paracha A’harei. Ces références étayent l’interprétation de ve’ehyeh comme un plaisir continuellement renouvelé.

Le paragraphe 20 en bref

Les références entre crochets étayent les deux points qui viennent d’être exposés : le passage de ani à ayin, et l’interprétation de ve’ehyeh comme un plaisir constamment renouvelé.

Pour aller plus loin

Le Zohar, dans Vayakhel, dit que les paroles saintes de la Torah s’élèvent devant le Roi, qui s’en délecte et en est couronné ; c’est pourquoi la Torah dit ve’ehyeh plutôt que vehayisi : à chaque instant où les paroles célestes s’élèvent devant Lui. Le Ramaz, tel que le cite Or HaTorah, compare les deux occurrences de ve’ehyeh dans le verset à « Ehyeh asher Ehyeh » : le premier ve’ehyeh, « un nourricier », désigne Arich Anpin, et le second, « des délices jour après jour », désigne 'Hokhma et Bina.

Maré mekomot

  1. 1
    ובמא״א . . נקרא אין עכ״ל · מובא בואה״ת ויקרא-א ע׳ רעט. נתבאר באוה״ת פ׳ בא ע׳ רסא.
  2. 2
    ויקהל דרי״ז ע״א · נעתק באריכות באוה״ת נ״ך-א ע׳ תקפז.
  3. 3
    ור״פ שמיני דל״ה ע״ב ובהרמ״ז שם · ”חדוותא דקב״ה ואטליותא דילי׳ דכתיב ואהי׳ שעשועים יום יום, ופי׳ הרמ״ז חדוה הוא א״פ ואטליותא א״מ, וזהו ב׳ בחי׳ שעשועים”, — אוה״ת נ״ך-א ע׳ תקפח.
  4. 4
    ור״פ שמיני דל״ה ע״ב ובהרמ״ז שם · Zohar, Tzav 29:187–30:193
  5. 5
    ובפ׳ אחרי דס״ה ע״ב · בהרמ״ז ”ואהי׳ אצלו אמון ואהי׳ שעשועים ע״ד מ״ש אהי׳ אשר אהי׳, דפי׳ אהי׳ הראשון הוא באריך, ובחי׳ אשר אהי׳ היינו חו״ב. כמו״כ כאן ואהי׳ אצלו אמון זהו א״א, אח״כ ואהי׳ שעשועים יום יום היינו חו״ב”, — אוה״ת נ״ך-א ע׳ תקפח.
  6. 6
    וסימן ואהיה · Zohar, Achrei Mot 26:165–28:175
  7. 7

« Jouant devant Lui en tout temps » ¶21–23

21ד משחקת לפניו בכל עת. הנה יש כ״ח עתים י״ד לטובה כו׳ וא׳ מהם עת לחבק ועת לרחוק מחבק פי׳ שיש לפעמים עת רצון למעלה שנעשה בחי׳ חיבוק

4. « Jouant devant Lui en tout temps. » Il y a vingt-huit temps, quatorze favorables, etc., et l’un d’eux est « un temps pour embrasser et un temps pour s’abstenir d’embrasser ». Cela signifie qu’il y a parfois un temps de faveur (eis ratzon) En haut, où se produit une étreinte

Explication

La quatrième section explique « jouant devant Lui en tout temps ». Kohélet énumère vingt-huit « temps », dont quatorze favorables, parmi lesquels « un temps pour embrasser et un temps pour s’abstenir d’embrasser » ; parfois, il y a un temps de faveur En haut, où se produit une « étreinte ».

כנ״י [כנסת ישראל] מקור הנשמות עם הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] כאדם החובק את חבירו מאחוריו שלא ילך מפניו כך כביכול הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] מחבק כנ״י [כנסת ישראל] כמ״ש אהבתי אתכם אמר ה׳ ואהבתו לא תסור ממנו לעולמים שלא להיות האדם בבחי׳ נפרד ממנו ח״ו [חס ושלום].

de la Communauté d’Israël (Knesset Israël), source des âmes, avec le Saint béni soit-Il. Comme une personne qui enlace son prochain par-derrière afin qu’il ne s’éloigne pas d’elle, ainsi, pour ainsi dire, le Saint béni soit-Il enlace la Communauté d’Israël, comme il est écrit : « Je vous ai aimés, dit Havaya », et Son amour ne nous quittera jamais, afin qu’une personne ne soit pas, à D.ieu ne plaise, dans un état de séparation d’avec Lui.

Explication

L’étreinte unit D.ieu et la Communauté d’Israël, source collective de toutes les âmes juives. Comme une personne enlace un ami par-derrière pour l’empêcher de s’éloigner, D.ieu garde Israël près de Lui, comme dans « Je vous ai aimés, dit Havaya », afin qu’aucun Juif ne soit séparé de Lui.

Le paragraphe 21 en bref

Il y a des temps d’« étreinte » divine, où D.ieu garde la Communauté d’Israël près de Lui, afin qu’aucune âme ne soit séparée de Lui.

Maré mekomot

  1. 1
    עת לחבק ועת לרחק · Ecclesiastes 3:5
  2. 2
    אהבתי אתכם אמר ה׳ · Malachi 1:2

22וכמו שהיה במ״ת [במתן תורה] פנים בפנים דבר ה׳ עמכם שגם ממטה למעלה היה הכל בבחי׳ פנים שאפילו האחוריים נכללו בבחי׳ פנים ונעשה הכל בבחי׳ פנים

Comme ce fut le cas lors du Don de la Torah : « Face à face, Havaya vous parla » ; car, de bas en haut également, tout était au niveau du face-à-face : même le dos était inclus dans le niveau du face-à-face, et tout devint face-à-face,

Explication

Au Sinaï, « Face à face, Havaya vous parla » : même d’en bas, tout était « face-à-face », et même le « dos » fut intégré au « face-à-face ».

דהיינו שגם נפש הבהמית אתהפכא כו׳ וכמ״ש בכל לבבך בשני יצריך כו׳ וזהו ימין ה׳ עושה חיל [וע׳ [ועיין] בע״ח [בעץ חיים] שער עשרים פ״ב [פרק ב׳] דב׳ פעמים כ״ד

c’est-à-dire que même l’âme animale fut transformée (it’hap’ha), etc., comme il est écrit : « de tout ton cœur », avec tes deux penchants, etc. Et c’est là [le sens de] « La droite de Havaya agit vaillamment (ossé ‘hayil) » [et voir dans Etz Chaim, Sha’ar 20, chapitre 2 : que deux fois les vingt-quatre

Explication

Même l’âme animale fut transformée (it’hap’ha), comme les Sages interprètent « de tout ton cœur » : avec tes deux penchants, le bon et le mauvais. C’est là « La droite de Havaya agit vaillamment » ; le crochet amorce une référence à Etz Chaim au sujet du mot ‘hayil.

אותיות שיש בפסוק בשכמל״ו [ברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד] דק״ש [דקריאת שמע] שחרית וערבית זהו ענין חיל ולכן נקרא כנס״י [כנסת ישראל] אשת חיל ועמ״ש ע״פ ושמתי כדכד וענין בשכמל״ו [ברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד] היינו קבלת עול מלכות שמים וביטול היש וזהו ימין ה׳ עושה חיל].

lettres du verset « Béni soit le Nom de la gloire de Son royaume à jamais », récité dans le Chema du matin et du soir, constituent le sens de ‘hayil ; c’est pourquoi Knesset Israël est appelée « une femme vaillante (echet ‘hayil) ». Voir aussi ce qui est écrit sur [le verset] « Je ferai tes fenêtres de kadkod ». Le sens de « Béni soit le Nom de la gloire de Son royaume à jamais » est l’acceptation du joug (kabbalat ol) du royaume des Cieux et l’annulation de l’existence propre (bitoul hayech) ; c’est là [le sens de] « La droite de Havaya agit vaillamment »].

Explication

Le verset « Béni soit le Nom de la gloire de Son royaume à jamais » compte vingt-quatre lettres ; récité dans le Chema du matin et du soir, il en représente quarante-huit, valeur numérique de ‘hayil. C’est pourquoi Knesset Israël est appelée « une femme vaillante » (echet ‘hayil). Puisque ce verset exprime l’acceptation du joug des Cieux et l’annulation de l’existence propre, il constitue la « vaillance » de la droite de D.ieu.

אמנם בגלות הוא בחי׳ עת לרחוק מחבק כשאין עת רצון אזי רחוק מלחבק ואזי אין עומדים כנס״י [כנסת ישראל] עם הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] פנים בפנים דהיינו שאין דביקות הנפש באלקים חיים בבחי׳ פנים ממש ע״ד [על דרך] כלה שארי ולבבי כו׳

En exil, cependant, c’est le niveau de « un temps pour s’abstenir d’embrasser » : lorsqu’il n’y a pas de temps de faveur, [Il] s’abstient alors d’embrasser, et Knesset Israël ne se tient pas face à face avec le Saint béni soit-Il ; c’est-à-dire que l’attachement de l’âme au D.ieu vivant n’est pas au niveau du face-à-face véritable, à la manière de « Ma chair et mon cœur défaillent », etc.,

Explication

En exil, c’est toutefois « un temps pour s’abstenir d’embrasser ». En l’absence d’un temps de faveur, Knesset Israël ne se tient pas face à face avec D.ieu : l’attachement de l’âme à D.ieu n’est pas l’amour intérieur exprimé par « Ma chair et mon cœur défaillent ».

ויש לו תענוג במילי דעלמא הגם שיש לו רצון לה׳ הוא רק בחי׳ אחוריי׳ [אחוריים] כנ״ל שהרצון נק׳ אחוריים והתענוג הוא בחינת פנים כו׳

et il éprouve du plaisir pour les choses de ce monde. Bien qu’il ait une volonté tournée vers D.ieu, celle-ci n’est qu’au niveau du dos, comme indiqué plus haut, car la volonté est appelée le dos, tandis que le plaisir est le niveau du face-à-face, etc.

Explication

Il prend encore plaisir aux choses de ce monde ; ainsi, même son désir de D.ieu n’est que « dos » : une volonté dépourvue de plaisir. Comme expliqué plus haut, la volonté est appelée le « dos » et le plaisir le « face-à-face ».

וז״ש [וזהו שכתוב] למה תשיב ידך וימינך מקרב חיקך כלה חיקך קרי וחוקך כתיב וחוקך היינו התורה

Et c’est là [le sens de] ce qui est écrit : « Pourquoi retires-Tu Ta main, même Ta droite ? Depuis Ton sein, mets-y fin ! » Cheikha (« Ton sein ») est la lecture, tandis que ‘houkha (« Ta loi ») est l’écriture ; et « Ta loi » désigne la Torah,

Explication

Dans la supplication du psalmiste : « Pourquoi retires-Tu […] Ta droite ? Depuis Ton sein, mets-y fin ! », le mot s’écrit ‘houkha (« Ta loi ») et se lit cheikha (« Ton sein »). L’Admour Hazaken rapproche les deux : le « sein » de D.ieu est Sa « loi », la Torah.

שהיא חוקת ה׳ והוא בקשת כנס״י [כנסת ישראל] שיתגלה ימינו ית׳ ולא יהי׳ [יהיה] גנוז ונעלם בחוקו ומכלל זה אתה שומע שיש עתים שהימין גנוז ונעלם בחוקו

qui est la loi de D.ieu. Telle est la demande de Knesset Israël : que Sa droite, béni soit-Il, se révèle et ne demeure pas cachée et dissimulée dans Sa loi. De là, on peut déduire qu’il est des moments où la droite est cachée et dissimulée dans Sa loi.

Explication

Knesset Israël demande que la droite de D.ieu, Sa bonté, se révèle et ne reste pas cachée dans la Torah. Cette supplication implique qu’il arrive qu’elle y soit cachée.

והיינו ע״ד [על דרך] מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] אור שנברא ביום ראשון היה אדם צופה בו מסוף העולם ועד סופו.

Et cela s’apparente à l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « La lumière qui fut créée le premier jour : grâce à elle, l’homme pouvait voir d’une extrémité du monde à l’autre. »

Explication

Le Talmud enseigne que la lumière créée le premier jour de la Création permettait à Adam de voir d’une extrémité du monde à l’autre.

ראה שאין העולם כדאי לו גנזו לצדיקים. והיכן גנזו היינו בתורה ועי׳ [ועיין] בזהר פ׳ תרומה (דקמ״ט א׳)

Il vit que le monde n’en était pas digne, [et] Il le mit en réserve pour les justes. » Et où le mit-Il en réserve ? Dans la Torah. Voir aussi le Zohar, Parshas Terumah (folio 149a).

Explication

D.ieu vit que le monde ne méritait pas cette lumière et la mit en réserve pour les justes. Elle est cachée dans la Torah, comme l’enseigne le Zohar sur Parshas Terumah.

וזהו ענין שהימין שהוא חסד עליון שהוא בחי׳ נהורא קדמאה הוא גנוז בקרב חוקו הוא התורה

Et tel est le sens de ceci : la droite, qui est le 'Hessed supérieur, le niveau de la lumière primordiale (nehora kadma’ah), est cachée dans le décret divin, c’est-à-dire la Torah.

Explication

La « droite » désigne le 'Hessed supérieur, la « lumière primordiale » du premier jour, qui est cachée dans le « décret » de D.ieu, la Torah.

(ומזה מובן המעשה דאיתא בזהר סוף ח״ג [חלק ג׳] דף ש״ה [שיר המעלות] ע״א שאמר ר׳ [רבי] אלעזר ואנא חמינא כו׳ כי הוא היה יכול שיתגלה לו ע״י התורה בחי׳ אור ההוא הגנוז בו שאדם צופה בו מסוף העולם ועד סופו וע״כ [ועל כן] אמר אנא חמינא ממש)

(On comprend ainsi le récit rapporté dans le Zohar, à la fin de la partie III, folio 305a : Rabbi Elazar dit : « Et moi, j’ai vu », etc. Il pouvait en effet recevoir, par l’intermédiaire de la Torah, la révélation de cette lumière qui y est cachée, celle grâce à laquelle l’homme peut voir d’un bout du monde à l’autre ; c’est pourquoi il dit : « Moi, j’ai vu », au sens propre.)

Explication

Cela éclaire les paroles de Rabbi Elazar dans le Zohar : « Et moi, j’ai vu ». Par l’intermédiaire de la Torah, la lumière cachée, grâce à laquelle on peut voir d’un bout du monde à l’autre, lui fut révélée ; il pouvait donc véritablement dire : « J’ai vu ».

וז״ש [וזהו שכתוב] ימין ה׳ רוממה ימין ה׳ עושה חיל כי תמיד יצוה ה׳ עלינו חסדו וימין ה׳ נטוי׳ [נטויה] עלינו

Et tel est [le sens de] ce qui est écrit : « La droite de Havaya est exaltée ; la droite de Havaya agit avec vaillance » : car D.ieu nous commande constamment Sa bonté, et la droite de D.ieu est tendue au-dessus de nous ;

Explication

Le psaume dit : « La droite de Havaya est exaltée ; la droite de Havaya agit avec vaillance. » La bonté de D.ieu est constamment tournée vers nous, et Sa droite est toujours tendue au-dessus de nous.

רק לפעמים היא רוממה מנפש האדם רק היא גנוזה בתורה ולפעמים יורדת ונמשכת למטה בנפש האדם ואזי היא עושה חיל

seulement, parfois elle est « exaltée » au-dessus de l’âme de l’homme : elle demeure alors cachée dans la Torah ; et parfois elle descend et est attirée vers le bas, dans l’âme de l’homme, et alors elle « agit avec vaillance ».

Explication

Parfois, elle est « exaltée », trop élevée pour l’âme de l’homme, et demeure cachée dans la Torah ; d’autres fois, elle descend dans l’âme, et alors elle « agit avec vaillance ».

ולכן אמר הכתוב וימינך מקרב חיקך כלה כלומר שלא תהא מלובשת ומתעלמת בתורה להיות גנוזה שם רק תוציאנה מקרב חיקך מההעלם אל הגילוי להיות גילוי ימין וחסד ה׳ היא האהבה תקועה בנפש האדם

C’est pourquoi le verset dit : « De l’intérieur de Ton sein, fais cesser Ta droite » ; autrement dit, qu’elle ne soit pas revêtue et dissimulée dans la Torah, où elle reste cachée, mais que Tu la fasses sortir de l’intérieur de Ton sein, de la dissimulation vers la révélation, afin que se révèle la droite et la bonté de D.ieu, c’est-à-dire l’amour implanté dans l’âme de l’homme.

Explication

La supplication « De l’intérieur de Ton sein, fais cesser Ta droite » demande donc que la bonté de D.ieu ne demeure pas cachée dans la Torah, mais se manifeste au grand jour sous la forme d’un amour implanté dans l’âme de l’homme.

והנה בכל עת ועת בין בבחי׳ עת לחבק בין בבחי׳ עת לרחוק מחבק נאמר על התורה משחקת,

Or, en tout temps, qu’il s’agisse du niveau de « un temps pour embrasser » ou de celui de « un temps pour s’abstenir d’embrasser », il est dit de la Torah qu’elle « joue ».

Explication

En tout temps, qu’il s’agisse d’« un temps pour embrasser » ou d’« un temps pour s’abstenir d’embrasser », la Torah est décrite comme « jouant » devant D.ieu.

והענין כי הנה בחי׳ שחוק היא בחי׳ ביטול היש לאין וכמ״ש צחוק עשה לי אלהים פי׳

L’explication est que le rire (se'hok) correspond à l’annulation du yesh (« quelque chose ») dans le ayin (« néant »), comme il est écrit : « Elokim a fait de moi un sujet de rire. » Cela signifie :

Explication

Le rire ou le jeu (se'hok) correspond à l’annulation du yesh, le « quelque chose », dans le ayin, le « néant ». Les paroles de Sarah : « Elokim a fait de moi un sujet de rire », indiquent cela.

כי שם אלקים המעלים ומסתיר אור א״ס [אין סוף] ב״ה להיות נראה העולם ליש ודבר נפרד כו׳ ושלא יבטל במציאות כו׳ כמו זיו השמש בשמש כו׳

le Nom Elokim, qui cache et dissimule la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, afin que le monde apparaisse comme un yesh, une chose distincte, etc., et qu’il ne soit pas annulé dans l’existence, etc., comme le rayonnement du soleil à l’intérieur du soleil, etc.,

Explication

Le Nom Elokim dissimule la Lumière infinie afin que le monde semble exister de lui-même, comme un « quelque chose » distinct, au lieu d’être annulé comme un rayon de soleil à l’intérieur du soleil lui-même.

הוא בשביל הצחוק שלבסוף הכל שישוב ויתהפך שיהי׳ [שיהיה] היש בטל לאין ונגלה כבוד ה׳ לעין כל כי שם אלקים המסתיר ומעלים שיהא נראה ליש כו׳

est en vue du rire qui surviendra à la fin de tout, lorsque tout reviendra et se transformera, de sorte que le yesh soit annulé en ayin et que « la gloire de Havaya se révélera » aux yeux de tous. Car le Nom Elokim, qui cache et dissimule afin que [le monde] apparaisse comme un yesh, etc.,

Explication

Cette dissimulation existe en vue du « rire » de la fin, lorsque tout reviendra, que le « quelque chose » sera annulé en « rien » et que la gloire de D.ieu se révélera à tous.

הוא רק כמו צחוק שעושין לפני שרים שעושים שינויים דברים זרים לשחוק בהם ונעשה בחי׳ יש ושיהי׳ [ושיהיה] היש בטל לאין ועשיית גילוי היש יהי׳ [יהיה]

n’est que comme les plaisanteries faites devant des princes, lorsqu’on opère des changements, des choses étranges, pour les faire rire. [Ainsi] est apparu le niveau de yesh, et [cela] afin que le yesh soit annulé en ayin ; et la création de la révélation du yesh sera

Explication

La dissimulation opérée par Elokim est comparable aux plaisanteries présentées devant des princes : des choses étranges et inattendues, faites pour les divertir. L’apparente indépendance du monde a été créée afin qu’elle soit annulée.

כמו זר נחשב ואין זה רק בחי׳ שחוק ועד״ז [ועל דרך זה] הוא ענין השחוק לע״ל [לעתיד לבוא] שעתיד הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] לעשות קניגי לצדיקים שור הבר עם לויתן כו׳ וכמ״ש במ״א.

« considéré comme une chose étrange » ; et cela n’est que le niveau du rire. Dans le même ordre d’idées, le rire du Temps à venir : le Saint béni soit-Il fera une chasse (kenigi) pour les justes, le bœuf sauvage avec le Léviathan, etc., comme il est expliqué ailleurs.

Explication

L’apparence du monde comme un « quelque chose » est considérée comme une chose étrange, une simple plaisanterie. Le récit des Sages sur la « chasse » que D.ieu organisera pour les justes au Temps à venir, le bœuf sauvage contre le Léviathan, relève lui aussi de ce « rire », comme il est expliqué dans Parshas Shemini.

Le paragraphe 22 en bref

En exil, l’« embrassement » fait défaut et la bonté de D.ieu demeure cachée dans la Torah ; pourtant, la Torah « joue » en tout temps : son « rire » est l’annulation du « quelque chose » du monde dans le « rien » de D.ieu, qui se révélera pleinement dans les temps futurs.

Pour aller plus loin

Le Rabbi Rachab, citant ce maamar, explique que « Ton sein » désigne le Yessod de Imma, et que la supplication demande que les ‘hassadim, qui relèvent de la droite, soient révélés hors de la dissimulation du Yessod de Imma.

Maré mekomot

  1. 1
    פנים בפנים דבר ה׳ עמכם · Deuteronomy 5:4
  2. 2
    בכל לבבך בשני יצריך · Berakhot 54a:6
  3. 3
    אשת חיל · Proverbs 31:10
  4. 4
    ושמתי כדכד · Isaiah 54:12
  5. 5
    כלה שארי ולבבי · Psalms 73:26
  6. 6
    למה תשיב ידך וימינך · Psalms 74:11
  7. 7
    אור שנברא ביום ראשון · Chagigah 12a:5–6
  8. 8
    אור שנברא ביום ראשון היה אדם צופה בו מסוף העולם ועד סופו · Bereshit Rabbah 12:6
  9. 9
    גנזו היינו בתורה · Zohar I, 264a
  10. 10
    הימין שהוא חסד · ראה ת״ז בהק׳ (פתח אלי׳).
  11. 11
    שהימין שהוא חסד עליון · Tikkunei Zohar 17a
  12. 12
    המעשה דאיתא בזהר · ובהכת״י שתח״י בוך פערטעל אי׳ (סא, ב) [וכ״ה במאמרי אדה״ז כתובים-א ע׳ רד ובאוה״ת שבועות ע׳ רכא מעתיק משם]. שמזה מובן מעשה בעש״ט ז״ל שאמר לא׳ שבא לשאול על בנו שהי׳ בריחוק מקום כמה מאות פרסאות שרואה אותו ממש, ואיך הוא עומד בברעסלא, ע״י שקראו לפניו בזה״ק שנפתח ונתגלה האור הגנוז וכו׳ יעו״ש. [כ].
  13. 13
    ימין ה׳ עושה חיל · Psalms 118:15
  14. 14
    שלא תהא מלובשת ומתעלמת · ”וזהו הבקשה וימינך מקרב חיקך כלה דחיקך הוא בחי׳ יסוד אי׳ ומבקשים וימינך כו׳ שיתגלו החסדים שהן בחי׳ ימין מתוך ההעלם דיסוד אי׳ כו׳ כמ״ש בלקו״ת פ׳ במדבר בהביאור דואהי׳ אצלו אמון” — סה״מ תרנ״ג ע׳ רד.
  15. 15
    צחוק עשה לי אלקים · Genesis 21:6
  16. 16
    ונגלה כבוד ה׳ · Isaiah 40:5
  17. 17
    כמו זר נחשב · Hosea 8:12
  18. 18
    שעתיד הקב״ה לעשות קניגי · Vayikra Rabbah 13:3
  19. 19
    שור הבר עם לויתן כו׳ וכמ״ש במ״א · ראה לעיל פ׳ שמיני דף יח, א ואילך.
  20. 20
    ימין ה׳ רוממה · Psalms 118:16
  21. 21
    כמו הצחוק שעושין לפני שרים · במאמרי אדה״ז כתובים-א ע׳ רה מביא הדוגמא מציפור המדברת.

23והנה גילוי בחי׳ ביטול היש לאין שיהיה לעתיד הוא ע״י התורה שהיא המשכת אור א״ס [אין סוף] ב״ה בדברים גשמיים שתחת ממשלת קליפת נוגה להעלותם ולקשרם באור ה׳ וקדושתו והוא בחי׳ ביטול היש לאין

Or, le dévoilement de l’annulation du yesh en ayin qui aura lieu dans le monde futur se réalise par la Torah, qui attire la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, dans les choses matérielles soumises à la domination de la kelipat nogah, afin de les élever et de les relier à la lumière de D.ieu et à Sa sainteté ; c’est là l’annulation du yesh en ayin.

Explication

L’annulation du « quelque chose » en « rien », qui sera dévoilée dans le monde futur, s’opère dès à présent par la Torah. La Torah attire la Lumière infinie dans les choses matérielles soumises à la kelipat nogah ; elle les élève ainsi et les relie à la lumière de D.ieu et à Sa sainteté.

ולכן נקרא משחקת בכל עת היינו גם ע״י אתכפי׳ כו׳ נמשך התענוג עליון בהתורה וזהו בחי׳ בינונים זה

C’est pourquoi il est dit qu’elle « joue en tout temps » : autrement dit, même par la soumission (itkafya), etc., le plaisir suprême est attiré dans la Torah. Et c’est là le niveau des beinonim (personnes intermédiaires), [dont il est dit :] « celui-ci et

Explication

C’est pourquoi la Torah « joue » « en tout temps » : même par l’itkafya, qui consiste à soumettre sa nature sans encore la transformer, le plaisir suprême est attiré dans la Torah. C’est le niveau des beinonim, les personnes intermédiaires.

וזה שופטן ויש בהם משני העתים הנ״ל שבשעת התפלה הוא דבוק באלקות ואח״כ [ואחר כך] פונה לעסקיו כו׳:

celui-là les jugent » ; et ils connaissent les deux moments mentionnés plus haut : pendant la prière, il est attaché à la divinité, puis il se tourne vers ses affaires, etc.

Explication

Le Talmud dit des beinonim que « celui-ci et celui-là », le bon penchant et le mauvais penchant, « les jugent ». Ils connaissent les deux « moments » : pendant la prière, ils sont attachés à D.ieu, puis ils se tournent vers leurs affaires mondaines.

Le paragraphe 23 en bref

Par la Torah, l’annulation future du « quelque chose » en « rien » est déjà attirée dans le monde matériel ; même le beinoni, qui passe de la proximité à l’éloignement, attire le plaisir suprême par l’itkafya. Ainsi, la Torah « joue en tout temps ».

Maré mekomot

  1. 1
    בינונים זה וזה שופטן · Berakhot 61b:2–3

« Jouant dans tevel » et « mes délices parmi les fils de l’homme » ¶24–26

24משחקת בתבל ארצו. תבל ב״פ [ב׳ פעמים] אריה כי יש אריה בחיות הקודש ויש אריה באופנים חיות בחי׳ יצירה שית ספירן מקננין ביצירה והן הם בחי׳ שיתא סדרי משנה

« Jouant dans le monde habité (tevel) de Sa terre. » Tevel vaut deux fois aryeh (« lion ») : car il y a un lion parmi les 'hayot saintes et un lion parmi les ofanim. Les 'hayot relèvent du niveau de Yetsira (Formation) : « six Séfirot nichent dans Yetsira » ; elles correspondent aux six ordres de la Michna,

Explication

L’expression « jouant dans le monde habité de Sa terre » est expliquée par une guématria : tevel (432) équivaut à deux fois aryeh, « lion » (216). Dans le char d’Ézéchiel, il y a un lion parmi les 'hayot saintes et un lion parmi les ofanim. Les 'hayot appartiennent à Yetsira, où, selon les termes du Tikkouné Zohar, « six Séfirot nichent » ; elles correspondent aux six ordres de la Michna.

שהם בבחי׳ טעם ודעת וכך החיות הקודש אהבתם היא בבחי׳ טעם ודעת ארי׳ [אריה] שואג כו׳ מחמת השגתם כי קדוש קדוש קדוש הוי׳ צבאות כו׳

qui relèvent du niveau de la raison et de la connaissance. De même, chez les 'hayot saintes, l’amour relève du niveau de la raison et de la connaissance : un lion rugissant, etc., en raison de leur compréhension que « Saint, saint, saint est Havaya des armées », etc. :

Explication

Comme la Michna, les 'hayot agissent par la raison et la compréhension : leur amour découle de leur compréhension, et elles « rugissent » comme un lion parce qu’elles saisissent le sens de « Saint, saint, saint est Havaya des armées ».

איך שהוא קדוש ומובדל כו׳ ומבחי׳ זו שהיא בבחי׳ קדוש ומובדל שאינו בגדר עלמין נמשך לריבוי צבאות והיכלות עד שגם למטה מכה״כ [מלא כל הארץ כבודו]

combien Il est saint et séparé, etc. ; et de ce niveau, qui est saint et séparé, et ne relève pas des limites des mondes, découle une effusion vers une multitude d’armées et de palais, au point que, même en bas, « toute la terre est remplie de Sa gloire ».

Explication

Elles comprennent que D.ieu est saint et séparé, au-delà de tous les mondes, et que c’est précisément de cette transcendance que Sa force vitale atteint d’innombrables armées et palais, jusqu’à ce que « toute la terre soit remplie de Sa gloire ».

ולכך הם מרעישים בקול רעש גדול על עוצם קדושה זו ממקום קדוש כזה שיהי׳ [שיהיה] נמשך ממקום כבודו מאור א״ס [אין סוף] ב״ה שלמעלה מגדר עלמין להחיות העולמות

C’est pourquoi elles font retentir un tumulte « d’un grand bruit », devant l’immensité de cette sainteté : qu’un tel lieu saint fasse découler, « du lieu de Sa gloire », de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, qui est au-delà des limites des mondes, [la lumière] qui donne vie aux mondes.

Explication

Voilà pourquoi elles poussent un cri « d’un grand bruit » : elles sont saisies d’émerveillement à l’idée que la vie des mondes émane du « lieu de Sa gloire », la Lumière infinie, qui est au-delà de tous les mondes.

אך עכ״ז [עם כל זה] הוא קדוש ומובדל ולא כדמיון הנפש שמתלבשת בגוף כו׳ אבל האופנים הם בבחי׳ עשי׳ [עשיה] שאין להם בחי׳ טעם ודעת והשגה גדולה באור א״ס [אין סוף] ב״ה כחיות הקדש ואעפ״כ [ואף על פי כן] הם מרעישים מחמת אהבה טבעית שלהם

Cependant, Il reste saint et séparé, et non semblable à l’âme qui est revêtue dans le corps, etc. Mais les ofanim relèvent du niveau d’Assiya (Action) : ils n’ont ni raison et connaissance ni grande compréhension de la Lumière infinie, béni soit-Il, comme les 'hayot saintes ; néanmoins, ils font retentir un tumulte, sous l’effet de leur amour naturel.

Explication

Même lorsqu’Il donne vie aux mondes, D.ieu demeure séparé d’eux, contrairement à une âme revêtue dans un corps. Les ofanim, du Monde d’Assiya, ne possèdent pas une telle compréhension ; pourtant, eux aussi poussent un cri, sous l’effet d’un amour naturel.

וזהו משחקת בתבל ב״פ [ב׳ פעמים] אריה שבב׳ בחי׳ ארי׳ [אריה] הוא בבחי׳ משחקת בין בבחי׳ אריה שבחיות הקדש בין בבחי׳ אריה שבאופנים.

Et c’est là le sens de « jouant dans tevel », deux fois aryeh : dans les deux niveaux du lion, il est question de « jouer », aussi bien du lion parmi les 'hayot saintes que du lion parmi les ofanim.

Explication

Ainsi, « jouant dans tevel » signifie que la Torah « joue » aux deux niveaux du « lion » : l’amour empreint de compréhension des 'hayot et l’amour naturel des ofanim.

Le paragraphe 24 en bref

Tevel, qui vaut deux fois « lion », fait allusion aux deux « lions » angéliques : les 'hayot, dont le rugissement amoureux découle de la compréhension, et les ofanim, dont l’amour est naturel ; la Torah « joue » à ces deux niveaux.

Pour aller plus loin

La note du Kehot identifie l’expression « six Séfirot nichent dans Yetsira » comme une formule du Tikkouné Zohar (Tikkoun 6) : les six Séfirot émotionnelles se reflètent dans le Monde de Yetsira, le monde des 'hayot.

Maré mekomot

  1. 1
    תבל ב״פ ארי׳ · ראה אוה״ת שמות ע׳ צז ובלקו״ש חי״ב ע׳ יט. וראה שם הערה 49.
  2. 2
    שית ספירן מקננין ביצירה · ת״ז ת״ו. מאמרי אדה״ז — הקצרים ע׳ תקנב.
  3. 3
    קדוש קדוש קדוש · Isaiah 6:3

25והנה כמו שיש ב׳ בחי׳ במלאכים חיות ואופנים כך יש ב׳ בחי׳ בבני אדם שוכני מטה יש שמתבונן בגדולת הוי׳ בק״ש [בקריאת שמע] שמע ישראל שמע לשון הבנה באחד ובשכמל״ו [וברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד]

Or, de même qu’il existe deux niveaux parmi les anges, les 'Hayot et les ofanim, il existe aussi deux niveaux parmi les êtres humains qui résident ici-bas. L’un contemple la grandeur de Havaya dans le Chema : « Écoute, Israël » — « écoute » étant une expression qui désigne la compréhension —, [en contemplant] « Un » et « Béni soit le Nom de la gloire de Son royaume à jamais » ;

Explication

De même qu’il existe deux sortes d’anges, il existe deux sortes d’êtres humains. Le premier contemple la grandeur de D.ieu lorsqu’il récite le Chema : « écoute » (chema) signifie aussi « comprendre », et il comprend l’unité exprimée par « Un » et par « Béni soit le Nom de la gloire de Son royaume ».

ועי״ז יבא לקיום ואהבת בכל נפשך ממש ודברת בם בם בדברי תורה בבחי׳ ביטול היש לאין אני המשנה המדברת בפיך ודברי אשר שמתי בפיך והם הם הת״ח [התלמיד חכם / התלמידי חכמים] העוסקים בד״ת [בדברי תורה] שיתא סדרי משנה שהם ביצירה.

et par là, il en vient à accomplir « Tu aimeras… de toute ton âme », littéralement, [et] « et tu parleras d’eux » — d’eux, c’est-à-dire des paroles de Torah —, au niveau de l’annulation du yesh dans le ayin : « Je suis la Michna qui parle dans ta bouche », et « Mes paroles que J’ai mises dans ta bouche ». Ce sont les érudits en Torah qui s’adonnent aux paroles de Torah, aux six ordres de la Michna, lesquels se situent dans Yetsira.

Explication

Cette compréhension le conduit à aimer D.ieu « de toute son âme », en se donnant entièrement, et à « parler d’eux », c’est-à-dire à étudier la Torah dans l’annulation de soi, jusqu’à ce que ce soit comme si la Torah parlait par sa bouche (une parole du Maggid Meisharim, l’enseignement céleste de Rabbi Yossef Karo). Ce sont les érudits en Torah, dont l’étude des six ordres de la Michna correspond à Yetsira, le niveau des 'Hayot.

Le paragraphe 25 en bref

Parmi les êtres humains, l’érudit en Torah qui contemple la grandeur de D.ieu dans le Chema et étudie dans l’annulation de soi correspond aux 'Hayot, dont l’amour procède de la compréhension.

Maré mekomot

  1. 1
    שמע ישראל · Deuteronomy 6:4
  2. 2
    בכל נפשך · Deuteronomy 6:5
  3. 3
    ודברת בם · Deuteronomy 6:7
  4. 4
    בדברי תורה · Berakhot 13b:12–13
  5. 5
    אני המשנה המדברת בפיך · מגיד מישרים ר״פ ויקרא. ובכ״מ שם.
  6. 6
    ודברי אשר שמתי בפיך · Isaiah 59:21

26ויש מי שאינו יכול ללמוד ודעתו קצרה וגם עוסק במו״מ [במשא ומתן] והוא מבחי׳ עשיי׳ [עשייה] ואעפ״כ [ואף על פי כן] גם הוא יכול לשאוג

Il est aussi quelqu’un qui ne peut pas étudier, dont l’esprit est limité et qui est également occupé par les affaires ; il relève du niveau d’Assiya. Pourtant, lui aussi peut rugir

Explication

La seconde catégorie de personnes ne peut pas étudier en profondeur : leur esprit est limité et elles sont occupées à gagner leur vie ; elles relèvent donc du niveau d’Assiya, l’action. Pourtant, elles aussi peuvent « rugir ».

כאריה שבאופנים ע״י פי׳ הפשוט שבאחד שהוא ית׳ לבדו הוא ועי״ז נמשך בו ג״כ ואהבת בכל לבבך בשני יצריך

comme le lion parmi les ofanim, par le sens simple du mot « Un » : Lui seul, béni soit-Il, est [D.ieu]. Par là, « Tu aimeras […] de tout ton cœur », avec tes deux penchants, se suscite également en lui,

Explication

Il rugit comme le lion parmi les ofanim, grâce au sens simple du mot « Un » : D.ieu seul est D.ieu. Cela l’amène, lui aussi, à aimer D.ieu « de tout son cœur », avec ses deux penchants.

כי בכל א׳ יש אהבה הטבעית עיין בסש״ב [בספר של בינונים] פי״ח וזוכים לגילוי זה ע״י הצדקה שנק׳ מעשה כמ״ש והי׳ [והיה] מעשה הצדקה שלום כו׳,

car chacun possède un amour naturel (voir Sefer Shel Beinonim, chapitre 18). On mérite cette révélation par la charité (tsédaka), qui est appelée « acte » (maassé), comme il est écrit : « L’acte de charité sera la paix », etc.

Explication

Chaque Juif possède un amour naturel pour D.ieu, comme l’explique le Tanya au chapitre 18. Cet amour se révèle par la charité, appelée « acte » (maassé), terme qui relève d’Assiya, comme dans « L’acte de charité sera la paix ».

ועי״ז גורמים וממשיכים בחי׳ משחקת בתבל ארצו הוא ענין המשכת עונג ושעשועים העליונים כנ״ל וכמ״ש כמים הפנים לפנים כן לב האדם פי׳

Par là, ils provoquent et font descendre le niveau de « jouant dans le monde habité de Sa terre », c’est-à-dire la descente du plaisir et des délices supérieurs, comme mentionné plus haut ; et comme il est écrit : « Comme l’eau reflète le visage, ainsi le cœur de l’homme… » Voici le sens :

Explication

Par ce service, ils font descendre les délices supérieurs, « jouant dans le monde habité de Sa terre ». Le verset « Comme l’eau reflète le visage, ainsi le cœur de l’homme… » montre comment cela s’opère.

כי יש ב׳ בחי׳ אדם היינו כי במלאכים פני אריה כו׳ כתיב ודמות פניהם פני אדם ויש בחי׳ אדם למעלה ועל דמות הכסא דמות כמראה אדם

il existe deux niveaux d’« homme » (adam). Car, au sujet des anges, [qui ont] une face de lion, etc., il est écrit : « La ressemblance de leurs visages était celle d’un homme » ; et il existe un niveau d’« homme » en haut : « Et sur la ressemblance du trône, une ressemblance ayant l’apparence d’un homme »,

Explication

Il y a deux « hommes » : dans la vision d’Ézéchiel, les anges, qui ont une face de lion et d’autres faces, ont aussi « une face d’homme » ; et, au-dessus d’eux, sur le Trône, se trouve « une ressemblance ayant l’apparence d’un homme ».

דהיינו רמ״ח מצות עשה ושס״ה ל״ת [לא תעשה] וע״י כמים הפנים לפנים להיות בחי׳ פנימי׳ [פנימיות / פנימית] מלמטה למעלה להמשכת בחי׳ פנימית עליון כן נמשך לב האדם העליון שעל הכסא הוא בחי׳ התורה רמ״ח מצות עשה כו׳

à savoir les 248 commandements positifs et les 365 interdits. Et, par « comme l’eau reflète le visage », lorsque la dimension intérieure s’élève d’en bas vers le haut afin de faire descendre la dimension intérieure supérieure, ainsi descend « le cœur de l’homme » : celui de l’Homme supérieur sur le Trône, qui est la Torah, les 248 commandements positifs, etc.,

Explication

L’« Homme » supérieur sur le Trône est la Torah, dont les 248 commandements positifs et les 365 interdits sont comme les membres et les tendons d’un corps. Lorsque la dimension intérieure s’élève d’en bas, elle fait descendre la dimension intérieure supérieure, le « cœur » de l’Homme supérieur.

לאדם התחתון שבמלאכים ודמות פניהם כו׳ וז״ש [וזהו שכתוב] ושעשועי את בני אדם הם הן ב׳ בחי׳ אדם הנ״ל להיות ההמשכה כמים הפנים כו׳.

vers l’homme inférieur parmi les anges, « et la ressemblance de leurs visages », etc. C’est le sens de ce qui est écrit : « et mes délices sont avec les enfants de l’homme » (bnei adam) : il s’agit des deux niveaux d’« homme » mentionnés plus haut, afin que la descente s’opère « comme l’eau reflète le visage », etc.

Explication

Ce « cœur » descend jusqu’à l’« homme » inférieur parmi les anges. C’est le sens de « mes délices sont avec les enfants de l’homme » (bnei adam) : les deux niveaux d’« homme » sont visés, et le plaisir passe de l’un à l’autre comme un visage se reflète dans l’eau.

לכן אמרו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] ביום חתונתו זו מתן תורה בחי׳ חתונה וזיווג משפיע ומקבל כו׳ שאין לך טפה יורדת מלמעלה עד שאין עולים כו׳:

C’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Le jour de ses noces », c’est le Don de la Torah, le niveau des noces et de l’union entre celui qui donne et celui qui reçoit, etc. Car aucune goutte ne descend d’en haut sans que [des gouttes] ne montent, etc.

Explication

Les Sages appellent ainsi le Don de la Torah le « jour des noces » de D.ieu, une union entre celui qui donne et celui qui reçoit. Comme le dit le Zohar, aucune goutte ne descend d’en haut sans que des gouttes ne montent d’en bas : le plaisir supérieur descend en réponse à l’amour qui s’élève.

Le paragraphe 26 en bref

Même une personne simple et occupée peut, par le sens littéral de « Un » et par la charité, éveiller un amour naturel qui fait descendre le plaisir supérieur. Les deux niveaux d’« homme », celui d’en haut et celui d’en bas, se reflètent l’un l’autre ; ce reflet mutuel constitue les « noces » du Don de la Torah.

Pour aller plus loin

Dans Torah Ohr (Megillas Esther), l’Admour Hazaken explique de la même manière « Comme l’eau reflète le visage » : l’amour révélé d’en haut (« Je t’ai aimé ») éveille l’amour d’en bas, le désir ardent de l’âme (kelot hanéfech). C’est pourquoi Knesset Israël est appelée kallah, « fiancée » ; et c’est pourquoi les âmes s’envolaient à chaque parole au Sinaï.

Maré mekomot

  1. 1
    כי בכל א׳ יש אהבה הטבעית · Tanya, Likkutei Amarim 18:7
  2. 2
    והי׳ מעשה הצדקה שלום · Isaiah 32:17
  3. 3
    כמים הפנים לפנים · Proverbs 27:19
  4. 4
    פי׳ כי יש ב׳ בחי׳ אדם · ראה תו״א צח, ד. אוה״ת בשלח ע׳ תעז ואילך.
  5. 5
    ודמות פניהם פני אדם · Ezekiel 1:10
  6. 6
    ועל דמות הכסא · שם א, כו.
  7. 7
    ועל דמות הכסא דמות כמראה אדם · Ezekiel 1:26
  8. 8
    ביום חתונתו · Song of Songs 3:11
  9. 9
    שאין לך טפה יורדת מלמע׳ · Zohar III, 247b
  10. 10
    זו מ״ת · Taanit 26b:6

Maamar terminé ?

Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.

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Dans la avoda

Chaque jour, par le Chéma récité avec la disposition à donner sa vie au mot « Un », et par l’étude de la Torah avec annulation de soi, une personne attire le délice suprême dans la Torah ; elle doit se réjouir de chaque mitsva comme du délice de D.ieu, et pas seulement comme de Sa volonté. Même celui qui ne peut étudier et qui est occupé à gagner sa vie peut « rugir » de son amour naturel par le sens simple du mot « Un » et par la charité.

Questions à discuter

  1. Pourquoi Moché ne pouvait-il pas être le « nourricier » d’Israël, alors que la Torah le peut, et que nous apprend cela sur la grandeur de la Torah ?
  2. Comment les quarante-quatre jours du Omer préparent-ils à Chavouot, selon l’image de l’allaitement et du pain ?
  3. David louait la Torah parce qu’elle provient de la volonté suprême, au-dessus de 'Hokhma. Pourquoi cette louange était-elle incomplète, et pourquoi sa punition fut-elle mesure pour mesure ?
  4. Quelle est la différence entre volonté et délice, entre « dos » et « face », et comment cela explique-t-il pourquoi chaque parole au Sinaï faisait sortir les âmes de leur corps ?
  5. Comment une personne dont l’esprit est limité et qui est occupée par ses affaires peut-elle malgré tout attirer les « délices » suprêmes ?

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Sommaire

Likkutei Torahלקוטי תורה

Parshas Bamidbarבמדבר

  1. 1וידבר ה׳ אל משה במדבר סיני…“Havayah spoke to Moshe in the Wilderness of Sinai”
  2. 2ביאור הדברים הנה אית רצון ואית…Explanation of the matters: “There is will and there is will”
  3. 3מבן עשריםFrom Twenty Years Old
  4. 4וידבר ה׳ אל משה במדבר סיני…“And Havayah spoke to Moshe in the wilderness of Sinai”
  5. 5להבין ביאור הדברים הנ״ל בענין במדבר…To understand the explanation of the matters above concerning “in the Wilderness of Sinai”
  6. 6והיה מספר בנ״י כחול הים אשר…“And the number of the children of Israel shall be as the sand of the sea…”
  7. 7ביאור הדברים ע״פ והיה מספר בני…Explanation of the words on “And the number of the children of Israel shall be”
  8. 8ביאור מעט ע״פ כי גדול יום…A brief explanation on “For great is the day of Yizre’el”
  9. 9וארשתיך לי לעולםAnd I Will Betroth You to Me Forever
  10. 10ביאור מעט ע״פ וארשתיך ליA brief explanation of “And I will betroth you to Me”
  11. 11וספרתם לכם ממחרת השבת וגו׳ תספרו…“And you shall count for yourselves from the morrow of the Shabbos”
  12. 12בישעיה סי׳ י״א ז׳“And the lion, like the ox, shall eat straw” (Isaiah 11:7)
  13. 13ביאור על הדרוש וספרתם לכם דחג…An explanation of the discourse “And you shall count for yourselves” of the Festival of Shavuos
  14. 14בשעה שהקדימו ישראל נעשה לנשמע יצתה…When Israel put “we will do” before “we will hear”
  15. 15ביאור על בשעה שהקדימוAn explanation of “At the time when they put ‘we will do’ first”
  16. 16ענין שניתנה התורה על הר סיני…The Torah Was Given on Mount Sinai
  17. 17וידבר אלקים את כל הדברים האלה…And G‑d Spoke All These Words
  18. 18ביאור על הדברים הנ״לAn explanation of the matters mentioned above
  19. 19דרוש לשבועותA discourse for Shavuos: “And I was with Him a nurturer”
  20. 20ביאור ע״פ ואהיה אצלו אמוןAn explanation of “And I was with Him as a nursling (amon)”
  21. 21וענין ממושבותיכם תביאו לחם תנופה שתיםThe meaning of “From your dwellings you shall bring bread of waving, two [loaves]”