Likkutei Torah · Parshas Bamidbar · Maamar 6
והיה מספר בנ״י כחול הים אשר לא ימד…
« Et le nombre des enfants d’Israël sera comme le sable de la mer… »
L’idée centrale
L’âme, appelée « terre », aspire sans fin à D.ieu. À présent, elle dépend de l’« eau » des mitsvot et de l’« esprit » de la Torah attirés d’en haut ; mais, dans les Temps futurs, son propre ardent désir, l’éveil d’en bas, s’élèvera plus haut que toute influence venue d’en haut, et, par la techouva, le « nombre » dénombrable des mitsvot deviendra un nombre « impossible à dénombrer ».
Le maamar en bref
Le maamar explique Osée 2:1 conjointement avec Kohélet 3:11 : « Il a placé le monde dans leur cœur. » L’homme est un petit monde : les quatre éléments du monde se trouvent dans son âme, et, en les rectifiant, il rectifie le monde. La source des âmes est Knesset Israël, la Mal’hout de D.ieu, appelée « terre » parce qu’elle est le niveau le plus bas, où existe un peuple distinct, et parce que le mot erets évoque ratso et ratson, courir et volonté. La terre n’est jamais rassasiée de l’« eau », l’influence venue d’en haut. En bas, le corps et le monde dissimulent (olam venant de he’elem, dissimulation) ; D.ieu « visite » donc la terre par les mitsvot, eaux supérieures qui éveillent un amour correspondant, et par la prière, qui fait naître l’amour et la crainte cachés et « divise » Elokim en Mi et Eleh. La Torah, « l’esprit de Havaya », est plus élevée encore. À présent, l’influence venue d’en haut dépasse l’élévation d’en bas ; dans le futur, l’éveil d’en bas s’élèvera de lui-même : la terre au-dessus de l’eau, le féminin enveloppant le masculin. Les mitsvot données en nombre deviendront innombrables par la techouva, qui se situe au-dessus de l’hichtalchelout, et le lieu même de « pas Mon peuple » sera appelé « enfants du D.ieu vivant ».
Plan
- L’homme, petit monde ; la Mal’hout est la « terre »Les quatre éléments du monde se trouvent dans l’âme de l’homme. Les âmes proviennent de la Mal’hout, le niveau le plus bas, appelée « terre », qui court et aspire vers D.ieu et n’est jamais rassasiée de l’« eau » de l’influence venue d’en haut ; l’âme ici-bas, en contemplant D.ieu, brûle de la même soif.¶1–5
- La visite de la terre : mitsvot, prière et TorahParce que le corps et le monde dissimulent, D.ieu « visite » la terre par les mitsvot, eaux supérieures d’Atsilout, et par la prière, où naissent l’amour et la crainte cachés et où Elokim se « divise » en Mi et Eleh. La Torah, l’« esprit » qui repose sur celui qui prononce ses paroles, est plus élevée que l’« eau ».¶6–8
- Les Temps futurs : le nombre impossible à dénombrerÀ présent, l’influence venue d’en haut est plus élevée, mais, dans le futur, l’éveil d’en bas s’élèvera de lui-même. Les mitsvot, données en nombre, deviennent innombrables par la techouva, qui se situe au-dessus de l’hichtalchelout ; « pas Mon peuple » devient « enfants du D.ieu vivant », et Yehouda et Israël sont rassemblés sous un seul chef au grand « jour de Yizre’el ».¶9–13
Notions clés
- La terre (Mal’hout)ארץ
- La Mal’hout de D.ieu et les âmes qui en proviennent : le niveau le plus bas, où peut exister un peuple distinct, et qui est donc tout entière animée d’un mouvement de course (ratso) et d’une volonté (ratson) dirigés vers D.ieu.
- L’eauמים
- L’influence venue d’en haut, principalement les mitsvot, « eaux supérieures » d’Atsilout, qui éveillent dans l’âme un amour correspondant, « comme l’eau reflète le visage en face du visage ».
- L’esprit (roua’h)רוח
- L’influx attiré par l’étude de la Torah, l’« esprit de la parole » ; il est plus élevé que l’« eau » et repose sur l’homme depuis en haut.
- Le courant (la division) d’Elokimפלג אלקים
- La division du Nom Elokim en Mi et Eleh : le monde révélé qui émerge de la dissimulation, l’amour et la crainte révélés dans le cœur.
- Les quatre élémentsד׳ יסודות
- Le feu, l’air, l’eau et la terre dans l’âme, qui correspondent aux quatre lettres de Havaya et aux unités supérieure et inférieure.
- L’éveil d’en basאתערותא דלתתא
- L’aspiration propre de l’âme. À présent, elle dépend de l’éveil d’en haut ; dans les Temps futurs, elle lui sera supérieure par elle-même.
- La techouvaתשובה
- Le retour à D.ieu depuis le plus profond du cœur, qui provient d’au-delà du nombre et de l’hichtalchelout ; elle rend innombrables les mitsvot dénombrées et transforme « pas Mon peuple » en « enfants du D.ieu vivant ».
L’homme, petit monde ; la Mal’hout est la « terre » ¶1–5
1והיה מספר בנ״י [בני ישראל]12 כחול הים אשר לא ימד ולא יספר והיה במקום אשר יאמר להם לא עמי אתם יאמר להם בני אל חי.
« Le nombre des enfants d’Israël sera comme le sable de la mer, qui ne peut être ni mesuré ni compté ; et, au lieu même où l’on leur dira : “Vous n’êtes pas Mon peuple”, on leur dira : “Enfants du D.ieu vivant.” »
Le maamar s’ouvre sur Osée 2:1, premier verset de la haftara de la Paracha Bamidbar. Le verset parle d’un « nombre » qui, pourtant, ne peut être ni mesuré ni compté, et d’un peuple auquel on avait dit « Vous n’êtes pas Mon peuple », mais qui sera appelé « enfants du D.ieu vivant » ; le maamar expliquera chacune de ces expressions.
הנה האדם הוא עולם קטן.345 כמ״ש באדר״נ [באבות דרבי נתן] פל״א וכמו שיש בעולם ד׳ יסודות6 אש רוח מים עפר כך יש בנפש האדם ד׳ יסודות.
Or, l’homme est un petit monde, comme il est écrit dans Avos deRabbi Nosson, chapitre 31. De même que le monde comporte quatre éléments — le feu, l’air (roua’h), l’eau et la terre —, l’âme de l’homme comporte elle aussi quatre éléments.
Les Sages enseignent que l’homme est un « petit monde » : tout ce que D.ieu a créé dans le monde, Il l’a également formé dans l’homme. L’Alter Rebbe applique cette idée aux quatre éléments dont, selon la conception classique, toute matière est constituée : de même que le monde comporte le feu, l’air, l’eau et la terre, l’âme humaine possède quatre éléments correspondants.
(ועיין בע״ח [בעץ חיים] שמ״א פ״ג [פרק ג׳] שד׳ יסודות הם ד׳ אותיות הוי׳ וכ״כ [וכן כתב] במא״א [במאורי אור] אות ד׳ סכ״ד ושהם ג״כ ד׳ עולמות אבי״ע [אצילות בריאה יצירה עשיה]).
(Voir aussi Etz Chaim, Sha’ar 41, chapitre 3, où il est dit que les quatre éléments sont les quatre lettres du [Nom] Havaya ; il en est de même dans Me’orei Or, lettre Dalet, section 24, où il est indiqué qu’ils correspondent également aux quatre mondes, Atsilout, Béria, Yetsira et Assiya.)
La parenthèse ajoute que, dans Etz Chaim de l’Ari zal, les quatre éléments correspondent aux quatre lettres du Nom Havaya, et que Me’orei Or, ouvrage de Kabbala organisé selon les lettres de l’alphabet, rapporte la même chose et les relie également aux quatre mondes d’Atsilout, Béria, Yetsira et Assiya. Le maamar reprend cette correspondance par la suite, lorsqu’il associe les éléments de l’âme aux lettres de Havaya.
וכמ״ש גם את העולם נתן בלבם7 מבלי אשר8 לא ימצא האדם את המעשה אשר עשה האלהים מראש ועד סוף (בקהלת סי׳ ג׳ י״א) פי׳ שהעולם הוא נתן בלבם של בני האדם
Comme il est également écrit : « Il a aussi placé le monde dans leur cœur, afin que l’homme ne puisse découvrir l’œuvre que D.ieu a faite du commencement à la fin » (dans Kohelet, chapitre 3, [verset] 11). Cela signifie qu’Il a placé le monde dans le cœur des êtres humains,
Kohelet dit que D.ieu « a placé le monde dans leur cœur ». L’Alter Rebbe comprend cette phrase au sens littéral : le monde lui-même a été placé dans le cœur de l’homme. La fin énigmatique du verset, « afin que l’homme ne puisse découvrir… », sera reprise plus loin dans le maamar.
דהיינו ד׳ יסודות שלו וכל העולם תלוי באדם כשיתקן ד׳ יסודות שלו בזה הוא מתקן את כל העולם כולו9
c’est-à-dire ses quatre éléments. Le monde entier dépend de l’homme : lorsqu’il rectifie ses quatre éléments, il rectifie par là même le monde entier, dans son intégralité.
Ce qui est placé dans le cœur de l’homme, ce sont les quatre éléments du monde ; l’état du monde dépend donc de lui. Lorsqu’une personne rectifie les quatre éléments qui sont en elle, elle rectifie ainsi le monde entier.
(ועיין בזהר פ׳ מקץ דקצ״ה ע״ב). ולהבין זה וגם להבין פי׳ דקרא מבלי אשר לא ימצא האדם וגו׳ [וגומר].
(Voir aussi le Zohar, Paracha Mikets, folio 195b.) Il faut comprendre cela, ainsi que le sens du verset : « afin que l’homme ne puisse découvrir », etc. :
Le Zohar, dans la Paracha Mikets, interprète ce même verset : le monde et ses événements suivent la volonté du cœur de l’homme. L’Alter Rebbe entreprend maintenant d’expliquer comment cela fonctionne et ce que signifie la fin du verset.
הנה מקור הנשמות היא כנסת ישראל נק׳ בשם ארץ. וכמ״ש והארץ הדום רגלי10 והוא בחי׳ מלכותו11 ית׳ שהיא מקור וחיות כל העולמות.
Or, la source des âmes est la Communauté d’Israël (Knesset Israël), qui est appelée « terre », comme il est écrit : « et la terre est Mon marchepied ». C’est le niveau de Sa Mal'hout (souveraineté), béni soit-Il, qui est la source et la force vitale de tous les mondes.
L’explication commence par la source des âmes, Knesset Israël, racine collective de toutes les âmes juives, que l’Écriture appelle « terre » (« et la terre est Mon marchepied »). Il s’agit de la Mal'hout (souveraineté) de D.ieu, source et force vitale de tous les mondes ; les paragraphes suivants expliqueront pourquoi la création procède précisément de Mal'hout et pourquoi celle-ci est appelée « terre ».
Le maamar s’ouvre sur le verset d’Osée, introduit l’idée que l’homme est un petit monde dont les quatre éléments reflètent ceux du monde, puis commence son explication par la source des âmes, Knesset Israël, appelée « terre », qui est la Mal'hout de D.ieu, source de tous les mondes.
La correspondance des quatre éléments avec les quatre lettres de Havaya et les quatre mondes, mentionnée dans la parenthèse, réapparaît plus loin dans le maamar : l’eau et la terre de l’âme y sont associées aux lettres vav et hei, et son air et son feu aux lettres yud et hei. La note de Kehot sur les premiers mots indique que ce maamar existe également dans une transcription du Mitteler Rebbe, publiée dans Sefer HaMaamarim 5565.
Maré mekomot
- 1והי׳ מספר בנ״י · הנחת כ״ק אדמו״ר האמצעי בסה״מ תקס״ה ח״ב ע׳ תקעט. קטעים מהמאמר דסה״מ תקס״ה נדפסו ג״כ באוה״ת במדבר ע׳ נח בכותרת: הגהות לד״ה והי׳ מספר בנ״י. ובאוה״ת במדבר-ה ע׳ א׳תקנח כעין קיצור. חלק מהמאמר נעתק באוה״ת פ׳ בלק ע׳ תתקא ואילך. ושם יש קיצורים. וכן בדרושים לר״ה ע׳ א׳שכא נעתק תוכן סעי׳ א. בהוספות לסה״מ תקס״ה שם ע׳ א׳כז נדפס מאמר זה מכ״ק אדמו״ר האמצעי באריכות הביאור, ובמאמרי אדה״א במדבר-א ע׳ ד. מאמר זה נדפס ג״כ בלי ההגהות בס׳ תורה אור — לעמבערג (תרי״א) י, ב. ראה גם ד״ה זה דש״פ במדבר תשמ״ג.
- 2והי׳ מספר בנ״י · Hosea 2:1
- 3האדם הוא עולם קטן · Kohelet Rabbah 1:8
- 4האדם הוא עולם קטן · Midrash Tanchuma, Pekudei 3:3–4
- 5האדם הוא עולם קטן · Avot DeRabbi Natan 31:3
- 6וכמו שיש בעולם ד׳ יסודות · ראה רמב״ם הל׳ יסוה״ת פ״ג ה״י. ראה בארוכה בתו״א ל, ג. ואילך. ובאוה״ת בראשית כרך ד דף תתקעא, א ואילך עם הגהות.
- 7גם את העולם נתן בלבם · Zohar, Miketz 4:50–57
- 8
- 9בזה הוא מתקן את כל העולם כולו · ראה לקו״ש חל״ט ע׳ 123 הערה 20.
- 10והארץ הדום רגלי · Isaiah 66:1
- 11והוא בחי׳ מלכותו · מובא באוה״ת ר״ה ע׳ א׳שסט.
2וכמ״ש מלכותך מלכות כל עולמים.1 כי בא״ס [באין סוף] ב״ה בעצמו ובכבודו כביכול אתמר אנת חכים ולא2 בחכמה ידיעא3 ולית מחשבה תפיסא ביה כלל4 ולא היו העולמות יכולים להתהוות יש מאין בבחינה זו
Comme il est écrit : « Ta royauté est une royauté de tous les mondes. » Car, de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, en Lui-même et dans Sa gloire, pour ainsi dire, il est dit : « Tu es sage, mais non d’une sagesse connue », et « Aucune pensée ne peut Le saisir en aucune façon » ; les mondes n’auraient pas pu venir à l’existence comme quelque chose à partir du néant à ce niveau ;
Le verset « Ta royauté est une royauté de tous les mondes » montre que les mondes procèdent de la royauté de D.ieu. Du D.ieu tel qu’Il est en Lui-même, le Tikkunei Zohar dit : « Tu es sage, mais non d’une sagesse connue » et « Aucune pensée ne peut Le saisir en aucune façon » ; à partir de ce niveau, rien de distinct n’aurait pu venir à l’existence comme « quelque chose à partir du néant ».
אלא הרי הוא לבדו כמו קודם שנברא העולם רק מה שהעולמות חיים וקיימים שנתהוו מאין ליש
mais Lui seul demeure, comme avant la création du monde. Seulement, [le fait] que les mondes vivent et subsistent, étant venus à l’existence du néant à l’être,
Dans Son être propre, D.ieu est seul, exactement comme avant la création du monde, et rien n’existe à Ses côtés. Si les mondes vivent et subsistent néanmoins comme des êtres créés, cela est dû à un attribut particulier, qui sera nommé dans la partie suivante.
היינו בבחי׳ מלכותו ית׳ שאין מלך בלא עם56 שלהיות עם בבחי׳ נפרד הוא מבחי׳ מלך משא״כ בשאר מדותיו ית׳ כמו חכים ולא כו׳ שהרי הוא לבדו כמו קודם שנברא העולם ואחר שנברא.
relève du niveau de Sa Mal'hout, béni soit-Il, car il n’est pas de roi sans peuple : le fait qu’il y ait un peuple, en tant que réalité distincte, relève du niveau du « roi ». Il n’en va pas ainsi de Ses autres attributs, béni soit-Il, tels que « sage, mais non… », etc. : là, en effet, Il est seul, aussi bien avant qu’après la création du monde.
Cet attribut est la Mal'hout, la royauté, car « il n’est pas de roi sans peuple », et un peuple est, par définition, distinct du roi. Avec les autres attributs de D.ieu, comme Sa sagesse, aucune réalité distincte n’est nécessaire ; Il reste seul aussi bien avant qu’après la création du monde.
Ce paragraphe explique pourquoi la source des mondes est la Mal'hout de D.ieu : en Son être propre, Il est au-delà de toute saisie et seul ; seule la royauté, qui implique par nature un peuple distinct du roi, permet à des mondes distincts de venir à l’existence.
L’argument repose sur la nature de la royauté : une personne peut être sage à elle seule, mais ne peut être roi sans d’autres qui se tiennent à part d’elle. L’existence distincte des mondes créés, « quelque chose à partir du néant », est donc attribuée à la Mal'hout, et non à 'Hokhma ou aux autres attributs.
Maré mekomot
- 1מלכותך מלכות כל עולמים · Psalms 145:13
- 2חכים ולא בחכ׳ ידיעה · ת״ז בהקדמה (פתח אלי׳).
- 3אנת חכים ולא בחכמה ידיעא · Tikkunei Zohar 17b:3–4
- 4ולית מחשבה תפיסא ביה כלל · Tikkunei Zohar 17a:10–12
- 5אין מלך בלא עם · ס׳ החיים פ׳ גאולה פ״ה. בחיי וישב לח, ל. עמה״מ שער שעשועי המלך רפ״א.
- 6שאין מלך בלא עם · Rabbeinu Bahya, Bereshit 38:30
3והנה בחי׳ מלכותו ית׳ הוא בחינה ומדרגה התחתונה להחיות ולהוות מאין ליש והוא בחי׳ עלמא דאתגליא ונק׳ עולם הדבור
Or, le niveau de Sa Mal'hout, qu'Il soit béni, est le niveau et le degré le plus bas, [qui sert] à donner la vie et à faire advenir l'être à partir du néant. C'est le niveau du monde révélé (alma de’isgalya), appelé le monde de la parole,
Mal'hout est le plus bas des attributs de D.ieu, et sa fonction est de donner la vie aux mondes créés et de les faire advenir à partir du néant. Elle est appelée « le monde révélé » et « le monde de la parole » parce que, comme la parole, elle fait paraître au-dehors ce qui était caché.
כי דבר מלך שלטון1 שהנהגת המלך הוא ע״פ דבורו שהוא הנראה והנגלה לזולתו. משא״כ המחשבה סתומה.
car « la parole du roi est souveraine » : le roi gouverne par sa parole, qui est ce qui se voit et se révèle à autrui. La pensée, en revanche, est cachée.
Kohelet dit : « La parole du roi est souveraine » : le roi gouverne par sa parole, que les autres peuvent entendre et à laquelle ils peuvent obéir. La pensée reste cachée en celui qui pense et ne peut diriger autrui ; c'est pourquoi Mal'hout est liée à la parole.
ודבור מלשון ידבר עמים2 שע״י הדבור הוא מנהיג3 ולכן נקרא בחי׳ מלכותו ית׳ בשם ארץ שהיא המדרגה התחתונה להיות עם
Et le mot dibbour (parole) a la même racine que yadber amim (« Il gouvernera les peuples »), car c'est par la parole qu'il dirige. C'est pourquoi le niveau de Sa Mal'hout, qu'Il soit béni, est appelé « terre », car il est le niveau le plus bas, [nécessaire] pour qu'il y ait un peuple.
L'Alter Rebbe relie dibbour (parole) à yadber dans « yadber amim », compris comme gouverner les peuples : un roi dirige par la parole. Mal'hout est appelée « terre » parce que, comme la terre au bas de la création, elle est le niveau le plus bas, celui où peut exister un « peuple » distinct du Roi.
(עמ״ש בפ׳ מקץ ד״ה ענין חנוכה4 כארץ הלזו השפלה כו׳, ועמ״ש בד״ה אחרי ה׳ אלקיכם תלכו5 בפי׳ וענין שהבריאה היא מאין ליש דהיינו מבחינה שהיא כאין ואפס ע״ש [עיין שם]).
(Voyez ce qui est écrit dans la paracha de Mikeitz, dans le discours qui commence par « Le sens de 'Hanouka », au sujet de « comme cette terre basse », etc. ; et voyez ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Après Havaya votre D.ieu vous marcherez », sur le sens et la notion de la création à partir du néant, c'est-à-dire à partir d'un niveau qui est comme néant et nullité ; voyez là-bas.)
Deux renvois : un discours sur 'Hanouka dans Torah Ohr, qui parle de Mal'hout comme de « cette terre basse », et un discours dans Likkutei Torah sur « Après Havaya votre D.ieu vous marcherez ». Ce dernier explique que la création « à partir du néant » signifie qu'elle provient d'un niveau qui est lui-même comme néant devant D.ieu.
וממנה נמשכים הנשמות כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] במשנה ספי״ד דשבת ר״ש [רבי שמעון] אומר כל ישראל6 כו׳ וכתיב ואתם תהיו לי7 ממלכת8 כהנים910111213 (וממלכת הוא לשון פועל יוצא כלומר שממשיכין בחי׳ מלכותו ית׳ בגילוי למטה במה שמקבלים עליהם עול מלכות שמים)14
Et les âmes en sont issues, comme l'ont dit nos Sages, de mémoire bénie, dans la Michna, à la fin du chapitre 14 de [traité] Chabbat : « Rabbi Chimon dit : Tout Israël… », etc. Et il est écrit : « Et vous serez pour Moi un royaume (mamle'het) de prêtres. » (Mamle'het est une forme verbale transitive ; autrement dit, ils font descendre le niveau de Sa Mal'hout, qu'Il soit béni, en le révélant ici-bas, en acceptant sur eux le joug de la royauté du Ciel.)
Les âmes sont issues de Mal'hout, comme le montre l'enseignement de la Michna selon lequel « tout Israël est fils de rois », ainsi que le verset qui appelle Israël « un royaume de prêtres ». La parenthèse comprend mamle'het comme une forme active, « faire roi » : en acceptant le joug de la royauté du Ciel, les Juifs font entrer la royauté de D.ieu dans une révélation manifeste ici-bas.
ובמא״א [ובמאורי אור] אות מ״ם סס״ב פי׳ ממלכת כהנים הם מל׳ [מלכות] דאו״א [דאבא ואימא] (ועיין בזח״ג [בזהר חלק ג] פ׳ צו דל״ד ע״ב קדושים פ״א א׳, וברבות פקודי פנ״א קס״ג ב׳ משפטים פ״ל קמ״ו ג׳ כי תשא ר״פ מ״ה קנ״ט ב׳).
Et dans Me’orei Or, lettre Mem, section 62, il est expliqué que « un royaume de prêtres » désigne la Mal'hout de Abba et Imma. (Voyez aussi le Zohar, partie III, paracha Tzav, folio 34b, Kedochim, folio 81a ; et dans [Midrach] Rabbah, Pekoudei, chapitre 51, folio 163b, Michpatim, chapitre 30, folio 146c, et Ki Tissa, au début du chapitre 45, folio 159b.)
Me’orei Or explique que « un royaume de prêtres » désigne la Mal'hout de Abba et Imma, l'aspect de royauté des configurations supérieures de 'Hokhma et Bina. La parenthèse énumère des passages du Zohar et du Midrach Rabbah qui traitent également de ce verset.
שהם מבחי׳ מלכותו ית׳ ובחי׳ דבור וכמ״ש ויהי האדם לנפש חיה15 ות״א [ותרגום אונקלוס] לרוח ממללא16 הגם שישר אל עלו במחשבה17
Car elles proviennent du niveau de Sa Mal'hout, qu'Il soit béni, et du niveau de la parole, comme il est écrit : « Et l'homme devint une âme vivante », et le Targoum Onkelos traduit : « un esprit parlant ». Bien qu'Israël soit monté dans la pensée,
Les âmes proviennent de Mal'hout, le niveau de la parole : là où la Torah dit que l'homme « devint une âme vivante », le Targoum Onkelos traduit « un esprit parlant », définissant ainsi l'âme humaine par la parole. L'Alter Rebbe soulève alors une difficulté : les Sages disent qu'Israël « est monté dans la pensée » avant la création, ce qui est supérieur à la parole.
היינו בשרשן ומקורן שסוף מעשה במחשבה תחלה18 ה׳ בחכמה יסד ארץ19 שיסוד ושורש ארץ היא בבחי׳ חכמה וסוף מעשה היא בחי׳ מלכותו ית׳,
cela concerne leur racine et leur source, car « la fin de l'acte est d'abord dans la pensée » : « Havaya a fondé la terre par la sagesse » ; la fondation et la racine de la terre se trouvent au niveau de 'Hokhma (sagesse), tandis que la fin de l'acte est le niveau de Sa Mal'hout, qu'Il soit béni.
La réponse est que la « pensée » désigne la racine ultime des âmes. Comme le dit le principe : « La fin de l'acte est d'abord dans la pensée » ; « Havaya a fondé la terre par la sagesse » signifie que la racine de la « terre » se trouve dans 'Hokhma, tandis que la « terre » elle-même, terme du processus, est Mal'hout.
(וזהו מ״ש בזח״ב [בזהר חלק ב׳] פקודי דרכ״ה ע״ב ת״ח [תא חזי] נשמות איהו קדש כו׳ עד ואית ליה לבר קדש אחרא20 ועיין בפי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות] שם).
(Et c’est ce qui est écrit dans le Zohar, partie II, Pekoudei, folio 225b : « Viens et vois : les âmes, c’est-à-dire “Saint” (Kodesh) », etc., jusqu’à « et à l’extérieur, il a un autre “Saint” » ; voir aussi le commentaire du Ramaz à cet endroit.)
Le Zohar, dans Pekoudei, parle d’un « saint » (Kodesh) qui se tient au-dessus de tous les niveaux et au-delà du nombre, et qui a en dessous et à l’extérieur de lui un autre « saint », qui, lui, se situe dans le domaine du nombre et du décompte. L’Alter Rebbe y voit les deux niveaux des âmes : leur racine supérieure et leur source dans Mal'hout. Il renvoie au commentaire du Ramaz à cet endroit.
והנה ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] למה נק׳ שמה ארץ שרצתה לעשות רצון קונה2122 ברבות פ׳ בראשית ספ״ה שארץ מלשון רצוא.
Or, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : Pourquoi l’appelle-t-on erets (terre) ? Parce qu’elle a couru (ratsah) pour accomplir la volonté de son Créateur (dans [Midrach] Rabbah, paracha Berechit, fin du chapitre 5). Car erets est apparenté à ratso (courir),
Le Midrach explique que la terre (erets) est ainsi nommée parce qu’elle ratsah, « courait » ou « voulait », accomplir la volonté de son Créateur. L’Alter Rebbe rapproche d’abord erets de ratso, la course : l’élan ardent de l’âme vers D.ieu.
וכמ״ש כי בכה ארוץ גדוד23 וגם מלשון רצון כלומר שרוצה לעשות רצון קונה, ולהיות לה רצון ותשוקה ממטה למעלה והכל א׳ שבחי׳ כללות נש״י [נשמות ישראל] במקורן ושרשן יש בהם בחי׳ רצוא ברצון ותשוקה לדבקה בו בא״ס [באין סוף] ב״ה
comme il est écrit : « Avec Toi, je cours contre une troupe » (arouts) ; ce mot est également apparenté à ratson (volonté), c’est-à-dire qu’elle veut accomplir la volonté de son Créateur et éprouver une volonté et un désir qui s’élèvent d’en bas vers le haut. Tout cela ne fait qu’un : les âmes d’Israël dans leur expression générale et collective, à leur source et à leur racine, ont le niveau de ratso (la course), avec la volonté et le désir de s’attacher à Lui, à l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il.
Le verset « Avec Toi, je cours » (arouts) évoque l’idée de courir, tandis que erets suggère aussi ratson, la volonté : le désir d’accomplir la volonté de D.ieu et de s’élever d’en bas vers le haut. Ces deux sens ne font qu’un : à leur source, les âmes d’Israël dans leur expression générale et collective courent vers D.ieu, animées du désir de s’attacher à Lui.
(ועמ״ש מזה בפ׳ בראשית בד״ה כי כאשר השמים24 החדשים והארץ החדשה כו׳) וכמ״ש ואל אישך תשוקתך25 (עמ״ש בד״ה והיה לכם לציצת ובד״ה בפ׳ נסכים),26
(Voir ce qui est écrit à ce sujet dans la paracha Berechit, dans le maamar qui commence par « Car, comme les nouveaux cieux et la nouvelle terre », etc.) Comme il est écrit : « Et ton désir se portera vers ton époux » (voir ce qui est écrit dans le maamar qui commence par « Et cela vous servira de tsitsit », ainsi que dans le maamar sur le passage des libations),
Le verset « Et ton désir se portera vers ton époux » exprime le désir de Knesset Israël pour D.ieu. Les parenthèses renvoient à d’autres maamarim qui traitent de ce désir et du sens du mot erets.
והיינו מפני השגתה בהיותה בבחי׳ ארץ שהיא בחי׳ המדרגה התחתונה להיות עם ודבר נפרד אשר על כן תכלה אליו ית׳ בבחי׳ צמאון, וכמ״ש צמאה
et cela tient à sa perception : étant au niveau de la « terre », c’est-à-dire au degré le plus bas, où il y a un peuple et une existence distincte, elle aspire donc à Lui, béni soit-Il, avec une soif ardente, comme il est écrit : « Assoiffée
Ce désir vient de ce que Mal'hout perçoit sa propre place : en tant que « terre », elle est au degré le plus bas, celui où il y a un peuple et une existence distincte. Sentant cette distance, elle aspire à D.ieu avec soif, comme le poursuit le psaume.
לך נפשי27 כמה לך בשרי לדבקה בו ית׳ ליבטל וליכלל באור א״ס [אין סוף] ב״ה חיי החיים ב״ה ממש כמו שהיתה קודם ירידתה מאור פניו ית׳.
de Toi est mon âme, combien ma chair Te désire » : afin de s’attacher à Lui, béni soit-Il, d’être annulée et incluse dans la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, la Vie de la vie, béni soit-Il, exactement comme elle l’était avant sa descente de la lumière de Sa face, béni soit-Il.
Sa soif est le désir de s’attacher à D.ieu, d’être annulée et incluse dans la Lumière infinie, la Vie de toute vie, comme elle l’était avant de descendre de Sa présence. Les mots du psaume « Mon âme a soif de Toi, ma chair Te désire » expriment cette aspiration.
וע״ז [ועל זה] נאמר שלש הנה לא תשבענה28 כו׳ ארץ לא שבעה מים29 (במשלי סי׳ ל׳ ט״ז) פי׳ מים נקרא בחי׳ השפעה מלמעלה למטה המחדש בטובו30 כו׳
C’est à ce sujet qu’il est dit : « Il y en a trois qui ne sont jamais rassasiés », etc. ; « la terre, qui n’est pas rassasiée d’eau » (Proverbes, chapitre 30, [verset] 16). Cela signifie que le terme « eau » désigne le niveau de l’influence qui descend du haut vers le bas, celle qui « renouvelle dans Sa bonté », etc.
Cette soif explique pourquoi les Proverbes comptent « la terre, qui n’est pas rassasiée d’eau » parmi les choses qui ne sont jamais satisfaites. « Eau » désigne ici le flux d’influence de D.ieu du haut vers le bas, la puissance par laquelle, comme le dit la bénédiction du matin, Il « renouvelle dans Sa bonté » l’œuvre de la création.
(וזהו כענין מ״ש ויבוא כגשם לנו31 ועמ״ש מזה בד״ה האזינו השמים32 בפי׳ יערוף כמטר לקחי.33 ומ״ש מענין גשם בד״ה תורה צוה.34
(C’est ce qu’évoque également ce qui est écrit : « Il viendra à nous comme la pluie ». Voir ce qui est écrit à ce sujet dans le maamar qui commence par « Prêtez l’oreille, cieux », à propos du sens de « Que mon enseignement s’écoule comme la pluie » ; ainsi que ce qui est écrit sur la pluie dans le maamar qui commence par « La Torah [Moshe] a ordonné ».
La pluie, comme l’eau, est une image de l’influence qui descend d’en haut : « Il viendra à nous comme la pluie » et « Que mon enseignement s’écoule comme la pluie ». Les parenthèses renvoient à deux maamarim du Likkutei Torah, sur Haazinu et sur Vezot Haberakha, qui développent le thème de la pluie.
וזהו שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] ברבות פ׳ עקב דרצ״ב ג׳ רבנן אמרי כל הנסים שעשה הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] לישראל לא עשאן אלא על המים35 כו׳ ע״ש [עיין שם].
Et voici ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit dans [le Midrach] Rabba, parachat Ekev, folio 292c : « Les Rabbins disent : Tous les miracles que le Saint béni soit-Il a accomplis pour Israël, Il les a accomplis uniquement par l’intermédiaire de l’eau », etc. ; voir là-bas.
Le Midrach dit que tous les miracles que D.ieu a accomplis pour Israël l’ont été par l’intermédiaire de l’eau. Cela correspond à l’interprétation de l’eau comme canal de l’influence divine qui descend d’en haut.
ועד״ז [ועל דרך זה] יש לפרש ענין יקוו המים אל מקום אחד363738 ופי׳ אחד היינו מה שהוא אחד בשבעה רקיעים ובארץ ובד׳ רוחות העולם דהיינו המשכת אלקותו ית׳ במדות עליונות משא״כ לגבי הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] מצד
De la même manière, on peut expliquer le sens de « Que les eaux se rassemblent en un seul lieu ». « Un » signifie qu’Il est Un dans les sept firmaments, sur la terre et dans les quatre directions du monde ; c’est-à-dire que Sa divinité, béni soit-Il, se répand dans les attributs émotionnels supérieurs (midot). En revanche, à l’égard du Saint béni soit-Il, du point de vue de
Cette même interprétation éclaire « Que les eaux se rassemblent en un seul lieu ». Le mot e’had (« un ») fait allusion à l’unité de D.ieu dans les sept firmaments et la terre (het, huit), ainsi que dans les quatre directions (dalet, quatre) : Sa divinité se déploie dans les attributs émotionnels supérieurs.
עצמותו ומהותו ית׳ לא שייך עליו מדת אחד כלל שהרי הוא יחיד ומיוחד כו׳ כמ״ש במ״א והמשכה זו אל מקום אחד נק׳ יקוו המים מים יורדים מגבוה כו׳ ועמ״ש בד״ה וכל העם רואים את הקולות)
Son essence et de Son être, béni soit-Il, l’attribut d’« un » ne s’applique nullement à Lui, car Il est seul et unique, etc., comme cela est expliqué ailleurs. Et cette diffusion vers « un seul lieu » est appelée « Que les eaux se rassemblent », [car] l’eau descend d’un endroit élevé, etc. ; voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et tout le peuple vit les voix ».
L’essence de D.ieu est au-delà même de l’attribut d’« un », car Il est seul et unique, au-delà de toute notion de nombre. La diffusion de Son unité dans les attributs est appelée « Que les eaux se rassemblent », car l’eau s’écoule d’un endroit élevé vers un endroit bas, à l’image de l’influence divine qui descend.
(וע׳ [ועיין] בזח״א [בזהר חלק א] בראשית די״ח א׳ ודל״ג א׳) ועמ״ש מזה בד״ה ששת ימים תאכל מצות ומ״ש בבה״ז [בביאורי הזהר] פ׳ בשלח בד״ה עוד י״ל [יש לומר] מאמר הנ״ל באופן אחר
(Voir le Zohar, partie I, Béréchit, folio 18a et folio 33a.) Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Six jours, tu mangeras des matsot », ainsi que dans Biurei HaZohar, parachat Bechala’h, dans le discours commençant par « On peut aussi expliquer autrement l’enseignement précité ».
Références supplémentaires : le Zohar sur Béréchit, qui traite de l’expression « en un seul lieu » ; un discours sur « Six jours, tu mangeras des matsot » ; et Biurei HaZohar sur Bechala’h, qui expose le sujet d’une autre manière, résumée dans la partie suivante.
דבחי׳ ים ובחי׳ ארץ הוא עלמא דאתכסיא ועלמא דאתגליא שבבחי׳ עלמא דאתגליא הנברא יש ודבר נפרד מאין ליש כנ״ל משא״כ בעלמא דאתכסיא הם כלולים שם בבחינת ביטול כו׳
où le niveau de la « mer » et celui de la « terre » correspondent au monde caché (alma de’iskasya) et au monde révélé (alma de’isgalya). Dans le monde révélé, l’être créé existe comme une réalité et une entité séparée, du néant à l’existence, comme indiqué plus haut ; tandis que dans le monde caché, ils y sont inclus dans un état d’annulation de soi (bitoul), etc.
Dans ce passage, la « mer » désigne le monde caché et la « terre » (la terre ferme), le monde révélé. Dans le monde révélé, l’être créé existe comme une « réalité » séparée ; dans le monde caché, les êtres créés restent inclus dans leur source, dans un état d’annulation de soi.
ע״ש [עיין שם] באריכות, ונזכר ג״כ בת״א [בתורה אור] פ׳ בשלח בד״ה אז ישיר משה שזה ענין מ״ש במשה
Voir là-bas en détail. Cela est également mentionné dans Torah Ohr, parachat Bechala’h, dans le discours commençant par « Alors Moché chanta », où il est expliqué que telle est la signification de ce qui est écrit au sujet de Moché :
Torah Ohr, sur Bechala’h, dans le discours « Alors Moché chanta », applique ce thème de la mer et de la terre à Moché. Le verset qu’il cite suit dans la partie suivante.
« car je l’ai tiré de l’eau », etc. ; voir là-bas. C’est pourquoi la terre a soif d’eau et n’en est pas rassasiée, etc.
Le nom de Moché rappelle qu’il a été « tiré de l’eau » ; le discours de Torah Ohr en développe le sens. Le paragraphe conclut que, puisque la « terre » représente l’existence séparée, elle a soif de l’« eau » de l’influence divine et n’en est jamais rassasiée.
Ce paragraphe explique pourquoi Mal'hout, source des âmes, est appelée « terre » : elle est le niveau le plus bas, celui de la parole et d'un peuple distinct du Roi ; depuis cette distance, elle court vers D.ieu et aspire à Lui d'une soif que l'« eau » de l'influence divine d'en haut ne peut jamais pleinement apaiser.
Les deux dérivations de eretz, ratso (courir) et ratson (volonté), décrivent un seul mouvement des âmes vers leur source. Le Zohar sur Pekoudei distingue un « saint » au-delà du nombre d'un autre « saint » qui est dans le nombre ; le maamar revient à ce passage lorsqu'il explique comment le « nombre des enfants d'Israël » dénombré devient un nombre « qui ne peut être dénombré ».
Maré mekomot
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- 5
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- 9ואתם תהיו לי ממלכת כהנים · Zohar, Tzav 24:166–25:178
- 10ואתם תהיו לי ממלכת כהנים · Zohar, Kedoshim 3:13–23
- 11ממלכת כהנים · Shemot Rabbah 51:4
- 12ממלכת כהנים · Shemot Rabbah 30:13
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- 28
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- 37יקוו המים אל מקום אחד · Zohar, Bereshit 6:60–7:70
- 38יקוו המים אל מקום אחד · Zohar, Bereshit 39:373–384
- 39כי מן המים משיתיהו · Exodus 2:10
- 40בד״ה אחרי ה׳ אלקיכם · לקו״ת ראה יט, ג.
4ותמיד בחי׳ זו היא בצמאון למעלה למקורה ושרשה כי נשגב שמו לבדו1 רק הודו וזיוו של שמו על ארץ הארה בעלמא
Et ce niveau est constamment dans une soif qui l’élève vers sa source et sa racine, car « Son Nom seul est exalté » ; seul « Son éclat » et le rayonnement de Son Nom sont « sur la terre », une simple lueur.
Ce niveau, « la terre », a constamment soif de s’élever vers sa source, car le Nom propre de D.ieu est exalté au-dessus d’elle. Comme le dit le psaume, seul « Son éclat » est « sur la terre » : ce qui atteint la terre n’est qu’une simple lueur de Son rayonnement.
והיא לא שבעה רק תמיד היא בבחי׳ צמאון זה (וכמ״ש ע״פ אתם נצבים בפי׳ למען ספות הרוה את הצמאה)2 וכמ״ש לע״ל [לעתיד לבוא] ילכו מחיל אל חיל3
Elle n’est pas rassasiée ; au contraire, elle demeure constamment dans cet état de soif (comme cela est expliqué à propos du verset « Vous vous tenez debout », au sujet du sens de « afin d’ajouter la terre abreuvée à celle qui a soif ») ; et comme il est écrit au sujet des temps futurs : « Ils iront de force en force. »
Puisqu’elle ne reçoit qu’une simple lueur, elle n’est jamais rassasiée et sa soif ne prend jamais fin. La parenthèse renvoie à un maamar sur « Vous vous tenez debout », qui explique « ajouter la terre abreuvée à celle qui a soif » ; et le verset « Ils iront de force en force », dit au sujet des temps futurs, montre que l’ascension se poursuit même alors.
כי בא״ס [באין סוף] ב״ה כשמו כן הוא אין לו סוף ואין לו תכלה לא שייך שביעה ותמיד כלתה אליו ית׳ לדבקה בו ממש כי הוא חיי החיים ב״ה ומקורא דכולא,
Car, pour l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, qui est tel que Son Nom l’indique, sans fin ni limite, la satiété n’a pas lieu d’être ; et elle aspire constamment à Lui, qu’Il soit béni, afin de s’attacher à Lui en vérité, car Il est la Vie de la vie, béni soit-Il, et la source de tout (mekora dekhola).
La raison en est que D.ieu est Ein Sof, « sans fin », comme Son Nom l’indique. Puisqu’Il est sans fin, il ne peut y avoir de point de satiété dans l’attachement à Lui, et l’âme aspire constamment à Lui, la Vie de toute vie et la source de tout.
(ועמ״ש ע״פ אני ישנה בפי׳ יונתי ע״ד [על דרך] עיניך יונים שזהו ענין מ״ש עיני האדם לא תשבענה4 כו׳ בכל יום יהיו בעיניך כחדשים שלא שבעתן העין ועמ״ש ע״פ בשברי לכם כו׳ בפי׳ ולא תשבעו).5
(Et voyez ce qui est écrit à propos du verset « Je dors », sur le sens de « Ma colombe », selon l’explication de « Tes yeux sont des colombes » : c’est là le sens de ce qui est écrit, « Les yeux de l’homme ne sont jamais rassasiés », etc. ; « chaque jour, ils seront à tes yeux comme nouveaux », [des choses] dont l’œil ne s’est pas rassasié. Et voyez ce qui est écrit à propos du verset « Lorsque Je briserai pour vous », etc., sur le sens de « et vous ne serez pas rassasiés ».)
La parenthèse renvoie à deux maamarim : l’un sur « Je dors », qui relie les yeux de la colombe à « les yeux de l’homme ne sont jamais rassasiés » et à l’enseignement selon lequel la Torah doit paraître nouvelle à nos yeux chaque jour ; l’autre sur « Lorsque Je briserai pour vous », au sujet des mots « et vous ne serez pas rassasiés ».
וכן הוא ג״כ בנפש האדם למטה המשכלת ומתבוננת בה׳ אחד איך שהוא ית׳ המחדש בטובו כו׳
Il en va de même également pour l’âme de l’homme ici-bas, qui réfléchit et médite sur l’unique D.ieu : sur la manière dont Lui, qu’Il soit béni, renouvelle « dans Sa bonté », etc.,
Ce qui a été dit de Knesset Israël s’applique aussi à l’âme de chaque individu ici-bas. Sa soif s’éveille lorsqu’une personne réfléchit à la manière dont l’unique D.ieu renouvelle constamment la création dans Sa bonté.
ומהווה כל העולמות מאין ליש ממש אשר ע״כ [על כן] היא ג״כ בחי׳ ארץ בבחי׳ רצוא ורצון בחי׳ צמאון שמיסוד האש כשלהבת העולה מאליה לדבקה בו ית׳ ולאהבה את6 הוי׳
et fait véritablement exister tous les mondes, du néant à l’existence. C’est pourquoi elle aussi est le niveau de la « terre », dans l’état de ratso (élan) et de ratson (volonté), le niveau de la soif issue de l’élément du feu, telle une flamme qui s’élève d’elle-même, afin de s’attacher à Lui, qu’Il soit béni, et « d’aimer Havaya,
Méditer sur le fait que D.ieu crée tous les mondes à partir du néant fait de l’âme une « terre », qui s’élance et aspire vers Lui. Cette soif provient de l’élément du feu au sein de l’âme, lequel, tel une flamme, s’élève naturellement vers le haut afin de s’attacher à D.ieu et de L’aimer.
car Il est ta vie. » C’est pourquoi elle n’est pas rassasiée par le niveau de « l’eau » mentionné plus haut. Tel est le sens de « Et l’âme non plus ne se remplit pas » (dans Kohelet, chapitre 6).
Aimer D.ieu, c’est aimer sa vie même, « car Il est ta vie » ; ainsi, l’âme n’est jamais rassasiée par « l’eau » de l’influence d’en haut. Kohelet dit la même chose : « l’âme ne se remplit pas ».
וכמ״ש ברבות שם על פסוק זה וז״ל [וזה לשונו] שהנפש יודעת כל מה שהיא עמלה לעצמה היא עמלה לכך אינה שבעה לא תורה ולא מעשים טובים9 כו׳
Comme il est écrit dans le Midrach Rabba, à cet endroit, au sujet de ce verset, et voici ses termes : « Car l’âme sait que tout ce pour quoi elle peine, elle peine pour elle-même ; c’est pourquoi elle n’est rassasiée ni de Torah ni de bonnes actions », etc.
Le Midrach, à propos de ce verset, explique que l’âme sait que tout son labeur est pour elle-même ; elle n’est donc jamais satisfaite, ni de la Torah ni des bonnes actions. Son aspiration vers D.ieu réclame toujours davantage.
וכ״ה ברבות (פ׳ ויקרא פ׳ ד׳ ע״ש [עיין שם]) ובקהלת רבה ע״פ כל הנחלים הולכים אל הים והים איננו מלא1011:12
Et il en est de même dans [le Midrach] Rabbah (Parachat Vayikra, chapitre 4 ; voir là-bas), ainsi que dans Kohelet Rabbah, sur le verset : « Tous les fleuves vont vers la mer, et pourtant la mer n’est pas remplie. »
Le même enseignement apparaît dans Vayikra Rabbah et dans Kohelet Rabbah. Là, « Tous les fleuves vont vers la mer, et pourtant la mer n’est pas remplie » est interprété comme faisant allusion au cœur et à l’âme, qui ne sont jamais rassasiés.
La soif de la « terre » envers sa source ne prend jamais fin, car ce qui l’atteint n’est qu’une simple lueur et D.ieu est sans fin. Il en va de même pour chaque âme qui médite sur la création divine : son amour ardent n’est jamais rassasié, comme le disent Kohelet et le Midrach au sujet de l’âme.
Vayikra Rabba compte ensemble la terre et l’âme parmi celles qui ne sont jamais rassasiées, en citant à la fois « la terre, qui n’est pas rassasiée d’eau » et « l’âme ne se remplit pas » : le maamar reprend cette même association de la terre et de l’âme. Dans le maamar, l’aspiration de l’âme relève de l’élément du feu, tandis que l’influence d’en haut est « l’eau ».
Maré mekomot
- 1
- 2למען ספות הרוה את הצמאה · Deuteronomy 29:18
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- 6ולאהבה את הוי׳ כי הוא חייך · Deuteronomy 30:20
- 7
- 8וגם הנפש לא תמלא · Vayikra Rabbah 4:2
- 9שהנפש יודעת כל מה שהיא עמלה לעצמה היא עמלה לכך אינה שבעה לא תורה ולא מעשים טובים · Kohelet Rabbah 6:6:1
- 10
- 11
- 12כל הנחלים הולכים אל הים והים איננו מלא · Kohelet Rabbah 1:7:5
5קיצור. ענין שהאדם הוא עולם קטן גם את העולם נתן בלבם1. ד״י [ד׳ יסודות] ארץ בחי׳ אחרונה וע״כ [ועל כן] היא בבחי׳ רצוא ורצון. ארץ לא שבעה מים.2 ויבא כגשם לנו3:
Résumé. Le concept selon lequel l’homme est un petit monde : « Il a aussi placé le monde dans leur cœur. » Les quatre éléments : la « terre » est le dernier niveau et se trouve donc dans un état de ratso (élan) et de ratson (volonté). « La terre, qui n’est pas rassasiée d’eau. » « Et Il viendra à nous comme la pluie. »
Le résumé reprend brièvement la première section : l’homme comme petit monde, avec le monde placé dans son cœur ; la « terre », le dernier des quatre éléments, qui s’élance donc et aspire vers le haut ; et la terre qui n’est jamais rassasiée de « l’eau », l’influence d’en haut, laquelle vient comme la pluie.
Bref résumé de la première section du maamar.
Maré mekomot
- 1
- 2ארץ לא שבעה מים · Proverbs 30:16
- 3
La visite de la terre : mitsvot, prière et Torah ¶6–8
6ב אך בהיות1 הנשמה מלובשת בלבוש הגוף הגשמי ונמשך אחר ענינים גשמיים שבעוה״ז [שבעולם הזה]. הנה הגוף והעולם הם המעלימים ומסתירים על קדושת נפשו
2. Cependant, lorsque l’âme est revêtue du vêtement du corps physique et qu’elle se laisse entraîner par les affaires matérielles de ce monde, le corps et le monde dissimulent et voilent la sainteté de son âme,
La deuxième section commence. Lorsque l’âme est revêtue d’un corps physique et se laisse entraîner par les affaires de ce monde, le corps et le monde voilent sa sainteté.
כי עולם מלשון העלם2 שלא יתפעל ולא יתלהט בנפשו להיות בחי׳ רצון וצמאון ותשוקה מורגשת בנפש שוקקה,
car olam (monde) est apparenté à he’elem (dissimulation) : l’homme n’est donc pas éveillé et ne s’embrase pas en son âme au point d’atteindre le niveau d’une volonté, d’une soif et d’un désir ressentis, d’être « une âme assoiffée ».
Le mot olam (monde) est apparenté à he’elem (dissimulation) : le monde voile la divinité. En conséquence, l’homme n’est pas éveillé et ne brûle pas d’un désir ressenti pour D.ieu, de cette « âme assoiffée » décrite plus haut.
(וזהו ג״כ פי׳ גם את העלם נתן בלבם34 שפירשו ברבות בקהלת על פסוק זה שהוא לשון העלם כמ״ש זה שמי לעלם5 כו׳ ע״ש [עיין שם]).
(C’est aussi le sens de « Il a aussi mis ha’olam dans leur cœur » : [les Sages] expliquent dans le Midrach Rabba sur Kohélet, à propos de ce verset, que ce terme exprime la dissimulation, comme il est écrit : « Ceci est Mon Nom pour toujours (le’olam) », etc. ; voir là-bas.)
On donne ici une seconde lecture de « Il a mis ha’olam dans leur cœur » : le Midrach lit ha’olam, écrit dans le verset sans vav, comme he’elem, dissimulation. Il le rapproche de « Ceci est Mon Nom le’olam », également écrit sans vav, qui peut donc se lire « pour dissimuler ».
והנה ע״ז [על זה] נאמר פקדת הארץ ותשוקקיה (בתלים סי׳ ס״ה יו״ד) להיות נפש שוקקה וכמ״ש אני לדודי ועלי תשוקתו6.7
Or, à ce sujet, il est dit : « Tu as visité (pakadta) la terre et l’as fait désirer (vateshokekeha) » (dans Tehillim, chapitre 65, [verset] 10) : afin qu’elle devienne « une âme assoiffée », comme il est écrit : « Je suis à mon Bien-Aimé, et Son désir se porte vers moi. »
Le remède se trouve dans le verset « Tu as visité la terre et l’as fait désirer » : l’Alter Rebbe comprend vateshokekeha comme « l’as fait désirer », afin qu’elle devienne une âme assoiffée. Le désir de Knesset Israël pour D.ieu s’exprime aussi dans « Je suis à mon Bien-Aimé, et Son désir se porte vers moi. »
וארז״ל [ואמרו רבותינו זכרונם לברכה] בשה״ש [בשיר השירים] רבה על פסוק זה ואין תשוקתן של ישראל אלא לאביהם שבשמים.8 והיינו ע״י פקדת ארץ היינו המצות שהם פקודי9 ה׳
Et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit dans Shir HaShirim Rabba, à propos de ce verset : « Le désir d’Israël ne va qu’à leur Père dans les Cieux. » Cela se réalise par « Tu as visité (pakadta) la terre », c’est-à-dire par les mitsvot, qui sont « les préceptes (pikoudei) de Havaya »,
Le Midrach sur ce verset enseigne que le désir d’Israël ne va qu’à leur Père dans les Cieux. La « visite » (pekida) de la terre désigne les mitsvot, appelées « les préceptes (pikoudei) de Havaya », expression issue de la même racine que pakadta.
כי המצות הן נמשכות מרצון העליון רעוא דכל רעוין10 ושורש המצות הוא בחי׳ חסד ואהבת ה׳ אלינו וכמ״ש אהבתי אתכם אמר11 ה׳ (ועמ״ש סד״ה ולא אבה בפ׳ תצא גבי כי אהבך ה׳ אלקיך)
car les mitsvot procèdent de la Volonté suprême, le « Désir de tous les désirs », et leur racine est le niveau de 'Hessed (bonté) et l’amour de D.ieu pour nous, comme il est écrit : « Je vous ai aimés, dit Havaya » (voir aussi ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Mais il ne voulut pas », dans la paracha de Teitsé, au sujet de « car Havaya, ton D.ieu, t’a aimé »),
Les mitsvot procèdent de la volonté suprême de D.ieu, le « Désir de tous les désirs », et leur racine est Son 'Hessed et Son amour pour nous, comme le dit le prophète : « Je vous ai aimés, dit Havaya. »
אשר על כן ציונו המצות האלה להיות וימינו תחבקני12 וזהו כמים הפנים לפנים13 שע״י קיום המצות שהם מבחי׳ מים עליונים ולמעלה מבחי׳ הים
et c’est pourquoi Il nous a ordonné ces mitsvot, afin que « Sa droite m’étreigne ». C’est là le sens de « Comme l’eau reflète le visage, ainsi le cœur de l’homme reflète le cœur de son prochain » : car l’accomplissement des mitsvot, qui relèvent du niveau des eaux supérieures et se trouvent au-dessus du niveau de la « mer »,
C’est cet amour qui explique pourquoi Il nous a ordonné les mitsvot : afin que Sa « droite », le 'Hessed, nous étreigne. « Comme l’eau reflète le visage, ainsi le cœur de l’homme reflète le cœur de son prochain » : l’amour de D.ieu, exprimé par les mitsvot, suscite chez l’homme un amour correspondant, car les mitsvot sont les « eaux supérieures », au-dessus de la « mer ».
שהרי הים הוא מבחי׳ מים תחתונים שמתחת לרקיע דאע״ג [דאף על גב] שהוא עלמא דאתכסיא הנה ידוע מענין יוצר אור ובורא חשך14 שבחי׳ בריאה נק׳ העלם ועלמא דאתכסיא
car la mer relève des eaux inférieures, situées sous le firmament. Bien qu’elle soit le monde caché (alma de’iskasya), il est connu, d’après l’enseignement « Qui forme la lumière et crée l’obscurité », que le niveau de Béria (Création) est appelé dissimulation et monde caché,
La « mer », appelée monde caché dans la première section, relève des eaux inférieures situées sous le firmament. L’expression « Qui forme la lumière et crée l’obscurité » montre que Béria, le monde de la Création, est appelé « dissimulation », le monde caché.
כמו בחי׳ מחשבה ויצירה נק׳ עלמא דאתגליא בחי׳ דיבור כמ״ש בד״ה מי מנה עפר יעקב וכ״ז [וכל זה] הוא מתחת לרקיע ופרסא שבין אצילות לבריאה
De même que le niveau de la pensée, Yetsira (Formation) est appelée le monde révélé (alma de’isgalya), le niveau de la parole, comme cela est expliqué dans le discours qui commence par « Qui a compté la poussière de Yaakov » ; tout cela se trouve sous le firmament et la séparation (parsa) entre Atsilout et Béria.
Béria est cachée comme la pensée, tandis que Yetsira est le monde révélé, comme la parole. Toutes deux se trouvent sous le « firmament », la séparation (parsa) qui distingue Atsilout des mondes inférieurs.
אבל המצות שהן מבחי׳ אצילות הן מים עליונים שמעל לרקיע וזהו יערוף כמטר לקחי15 ועי״ז מתעורר ג״כ בנפש האדם רצון העליון שבנפש לאהבת ה׳
Mais les mitsvot, qui relèvent du niveau d’Atsilout, sont les eaux supérieures au-dessus du firmament ; c’est là le sens de « Que mon enseignement ruisselle comme la pluie ». Par cela s’éveille également dans l’âme de l’homme la volonté supérieure qui réside dans l’âme, en vue de l’amour de D.ieu.
Les mitsvot viennent d’Atsilout, au-dessus de cette séparation : elles sont les « eaux supérieures », la pluie de « Que mon enseignement ruisselle comme la pluie ». Par elles, la volonté supérieure cachée dans l’âme d’une personne s’éveille sous forme d’amour de D.ieu.
(וכמ״ש ענין זה במ״א ע״פ וידבר משה אל ראשי המטות ובד״ה אחרי הוי׳ אלקיכם תלכו גבי ואת מצותי תשמרו וע״פ כי תצא).
(Comme cette idée est expliquée ailleurs, à propos du [verset] « Et Moché parla aux chefs des tribus », ainsi que dans le discours qui commence par « C’est après Havaya, votre D.ieu, que vous marcherez », au sujet de « et vous garderez Mes commandements », et à propos du [verset] « Lorsque tu sortiras ».)
Cette parenthèse énumère d’autres discours où cette idée est développée : sur « Et Moché parla aux chefs des tribus », sur « C’est après Havaya, votre D.ieu, que vous marcherez », et sur « Lorsque tu sortiras ».
גם פקדת לשון פקידת עקרה.16 וכמ״ש וה׳ פקד את שרה17 כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] (פ״ק [פרק קמא] דתענית ד״ח ע״ב).
Pakadta est également une expression désignant la visite d’une femme stérile, comme il est écrit : « Et Havaya visita Sarah », ainsi que l’ont enseigné nos Sages, de mémoire bénie (premier chapitre de Taanis, folio 8b).
Un second sens : pakad signifie aussi visiter une femme stérile afin qu’elle conçoive, comme dans « Havaya visita Sarah ». Le Talmud établit la même comparaison, en employant le même mot pour une femme et pour la pluie.
כי בזמן שאין בהמ״ק [בית המקדש] קיים נקרא כנס״י [כנסת ישראל] בשם עקרה לא ילדה18 דהיינו שאין לה בחי׳ לידה והתגלות האהבה לה׳ רק שהאהבה היא מסותרת בבחי׳ עיבור והעלם
Car, à l’époque où le Saint Temple ne se tient pas, Knesset Israël est appelée « stérile, qui n’a pas enfanté » : elle ne connaît alors ni naissance ni révélation de l’amour de D.ieu ; cet amour demeure au contraire caché, dans un état de gestation (ibbour) et de dissimulation.
En exil, lorsque le Saint Temple ne se tient pas, Knesset Israël est appelée « stérile » : son amour de D.ieu ne vient ni à la naissance ni à la révélation. Il reste caché, comme un enfant encore dans le ventre de sa mère.
וזהו בחי׳ עקרה (ועמ״ש בפ׳ משפטים ע״פ לא תהיה משכלה ועקרה ובפ׳ תזריע ד״ה שוש תשיש ותגל העקרה).
Tel est le niveau de « stérile ». (Voir aussi ce qui est écrit dans la paracha Michpatim à propos du [verset] « Il n’y aura ni femme qui avorte ni femme stérile », et dans la paracha Tazria, le discours qui commence par « Réjouis-toi, réjouis-toi et exulte, ô stérile ».)
Cet état d’amour caché est ce que signifie ici « stérile ». La parenthèse renvoie aux discours sur « Il n’y aura ni femme qui avorte ni femme stérile » et sur « Réjouis-toi, ô stérile ».
אך ע״י המצות פקדת להיות גילוי האהבה (ועמ״ש ע״פ אני ישנה בפי׳ קול דודי דופק19 פתחי לי וע״פ אלה פקודי המשכן20), ועד״ז [ועל דרך זה]
Mais par les mitsvot, « Tu as visité » (pakadta), afin que l’amour se révèle (voir aussi ce qui est écrit à propos du [verset] « Je dors », sur le sens de « La voix de mon Bien-Aimé frappe : ouvre-moi », et à propos du [verset] « Voici les comptes (pekoudei) du Michkan »). De même,
Par les mitsvot, D.ieu la « visite », et l’amour caché se révèle. Le même principe sous-tend l’institution de la prière, comme l’explique la partie suivante.
נתקן ענין התפלה וקודם התפלה ממשיכים עליו מצות ה׳ בטלית ותפילין שכל תפלה היא בחי׳ לידת המוחין21 וחבלי לידה הם הוידויים סלח לנו.
la prière fut instituée ; avant de prier, on attire sur soi les commandements de D.ieu au moyen du talit et des tefilin. Car chaque prière correspond à la naissance de l’intellect (mo’hin), et les douleurs de l’enfantement sont les confessions, « Pardonne-nous ».
Avant de prier, on revêt le talit et les tefilin, attirant ainsi sur soi les mitsvot de D.ieu. La prière elle-même est une « naissance » des mo’hin, et ses douleurs de l’enfantement sont les confessions, telles que « Pardonne-nous ».
ויענך ע׳ [עיין] קלין דיולדה כו׳ (עמ״ש בפ׳ וארא בד״ה לכן אמור) והמוחין הם אהבה ויראה היינו להיות אהוי״ר [אהבה ויראה] מתגלה בנפש האדם ע״י היגיעה בתפלה בכל אדם לפי בחינתו ומדרגתו
Et « Qu’Il te réponde » : les soixante-dix cris d’une femme qui accouche, etc. (voir ce qui est écrit dans la paracha de Vaéra, dans le discours commençant par « C’est pourquoi dis »). Et l’intellect (mo'hin), ce sont l’amour et la crainte ; c’est-à-dire que l’amour et la crainte se révèlent dans l’âme de l’homme grâce à l’effort dans la prière, chez chacun selon son niveau et son degré.
Le psaume « Qu’Il te réponde », récité dans la prière, est comparé aux soixante-dix cris d’une femme en travail. L’intellect qui naît dans la prière est l’amour et la crainte ; grâce à l’effort dans la prière, ceux-ci se révèlent en chacun selon son niveau.
וזהו ותשוקקיה שעי״ז נעשה בחי׳ נפש שוקקה ממטה למעלה בתפלה כי פקדת ממעלה למטה ותשוקקיה ממטה למעלה ועי״ז רבת תעשרנה22 פלג23 אלקים מלא מים2425
Et c’est là « et Tu l’as fait aspirer » (vateshokekeha) : par cela, l’âme devient une âme aspirante, qui s’élève d’en bas vers le haut dans la prière. Car « Tu as visité » (pakadta) va du haut vers le bas, tandis que « Tu l’as fait aspirer » va du bas vers le haut. Et par cela, « Tu l’enrichis abondamment ; le courant d’Elokim est plein d’eau. »
C’est là le sens de vateshokekeha : grâce à la prière, l’âme devient une « âme aspirante » qui s’élève d’en bas. « Tu as visité » désigne le mouvement de D.ieu du haut vers le bas, tandis que « Tu l’as fait aspirer » désigne celui de l’homme du bas vers le haut ; ensemble, ils conduisent à « Tu l’enrichis abondamment ; le courant d’Elokim est plein d’eau. »
(ע׳ [עיין] מענין פלג פ״ק [פרק קמא] דתענית26 שם וברבות בראשית פרשה ד׳27 ובערוך ערך קבה28 ובמא״א [ובמאורי אור] אות פ׳ ססעי׳ [סוף סעיף] י״א ובלק״ת [ובלקוטי תורה (להאריז״ל)] מהאריז״ל [מהאר״י זכרונו לברכה] בתלים ע״פ זה).
(Voir, au sujet de peleg, le premier chapitre de Taanis, là-bas ; ainsi que [Midrash] Rabbah, Bereishis, section 4 ; le Aruch, entrée Kubah ; Me’orei Or, lettre Pé, fin de la section 11 ; et le Likkutei Torah de l’Arizal, sur Tehillim, à propos de ce verset.)
La parenthèse indique des sources concernant le mot peleg : le Talmud, qui évoque une sorte de voûte céleste d’où vient la pluie, le Midrash au sujet de la source de D.ieu toujours pleine, le Aruch, Me’orei Or, ainsi que le Likkutei Torah de l’Arizal sur Tehillim.
והענין כי אלקים הוא בחי׳ הצמצום והסתר פנים דהיינו בזמן שהמוחין שהם אהוי״ר [אהבה ויראה] הם בעלמא דאתכסיא.
L’explication est la suivante : Elokim désigne le niveau du tsimtsoum (contraction) et de la dissimulation de la face, c’est-à-dire le moment où l’intellect, à savoir l’amour et la crainte, se trouve dans le monde caché (alma de’iskasya).
Le Nom Elokim désigne le tsimtsoum et la dissimulation de la face de D.ieu. C’est l’état où l’amour et la crainte demeurent dans le monde caché, sans être ressentis dans le cœur.
אך ע״י שפקדת הארץ ותשוקקיה נעשה פלג אלקים כי שם אלהים מתחלק ונעשה מ״י אל״ה שבחי׳ עלמא48
Mais par « Tu as visité la terre et Tu l’as fait aspirer », il se forme peleg Elokim : car le Nom Elokim se divise et devient Mi Eleh, de sorte que le niveau du monde
Lorsque la terre est « visitée » et qu’on la fait aspirer, Elokim est « divisé » (peleg). Le Zohar lit le Nom Elokim comme étant composé de Mi (« Qui ») et de Eleh (« ceux-ci »), et ici ces deux parties se séparent.
דאתגליא הנקרא בשם אלה אינה מסתתרת ומתעלמת ונכללת במקורה בתוך עלמא דאתכסיא הנק׳ בשם מ״י והוא פי׳ שם אלהים כנודע מזוה״ק [מזוהר הקדוש] (בהקדמה דף ב׳ ע״א)
qui est révélé (alma de’isgalya), appelé du nom de Eleh, n’est pas caché, dissimulé et inclus dans sa source, au sein du monde caché appelé du nom de Mi. Tel est le sens du Nom Elokim, comme on le sait d’après le saint Zohar (Introduction, folio 2a),
Eleh, « ceux-ci », désigne le monde révélé des choses que l’on peut désigner du doigt ; Mi, « Qui », désigne le monde caché, au-delà de toute saisie. Lorsque Eleh demeure caché en Mi, les deux forment ensemble le Nom Elokim, comme l’explique le Zohar dans son introduction.
אלא יצא ממקורה מהעלם אל הגילוי להיות בחי׳ עלמא דאתגליא ונתחלק שם מ״י משם אל״ה הן ששה קצוות אשר כל אחד ואחד כלול מכולם כו׳
mais est sorti de sa source, de l’occultation vers la révélation, pour devenir le niveau du monde révélé ; et le nom Mi s’est séparé du nom Eleh. Ceux-ci sont les six extrémités (ketzavos), dont chacune inclut toutes les autres, etc.,
Grâce aux mitsvot et à la prière, Eleh sort de sa source pour se révéler et se sépare de Mi. Eleh représente les six extrémités, les six attributs émotionnels, dont chacun inclut tous les autres.
כמ״ש בד״ה אלה פקודי המשכן והיינו להיות התגלות אהבה ויראה בגילוי הלב ונעשה מלא מים.
comme il est expliqué dans le discours commençant par « Voici les comptes du Michkan ». C’est-à-dire qu’il y ait une révélation de l’amour et de la crainte, dévoilés dans le cœur ; alors, cela devient « plein d’eau ».
Dans l’âme, cela signifie que l’amour et la crainte se révèlent dans le cœur au lieu de rester cachés. Tel est le sens de « plein d’eau ».
(והוא ענין המשכת וגילוי החסדים מהעלמם וכיסויים ביסוד אימא הנק׳ פלג וזהו ענין וימינך מקרב חוקך כלה29 חיקך קרי כמ״ש במ״א ע״פ ואהיה אצלו אמון וזהו נהר פלגיו ישמחו עיר אלקים)303149
(C’est là le processus par lequel les 'Hassadim (bontés) sont attirés et révélés, alors qu’ils étaient cachés et recouverts dans le Yessod d’Imma, appelé peleg (ruisseau). C’est aussi le sens de « et que Ta droite, du fond de Ton sein (ḥok’kha), consume » ; lis « ḥeik’kha », comme cela est expliqué ailleurs à propos [du verset] « Et j’étais auprès de Lui comme un nourrisson (amon) ». C’est aussi le sens de « Un fleuve dont les bras réjouissent la cité de D.ieu ».
Dans les termes de la Kabbale, il s’agit de la révélation des 'Hassadim (bontés) cachés dans le Yessod d’Imma, appelé peleg, le ruisseau. L’Admour Hazaken relie cela à « Ta droite… du fond de Ton sein » et à « Un fleuve dont les bras réjouissent la cité de D.ieu ».
(בתלים סי׳ מ״ו ה׳) ועיין מזה בזח״ב [בזהר חלק ב׳] משפטים צ״ח ב׳ הם המשכת והשפעת המצות שהם אורות עליונים אשר ירדו ונתגשמו בענינים גשמיים כמו ציצית של צמר ותפילין על הקלף
(dans Tehilim, chapitre 46, [verset] 5) ; voir aussi à ce sujet le Zohar, partie II, Michpatim, [folio] 98b. [Les eaux] sont l’attraction et l’effusion des mitsvot, qui sont des lumières supérieures descendues et incarnées dans des objets matériels, comme les tsitsit de laine et les tefilin sur du parchemin,
Les eaux sont l’effusion des mitsvot : des lumières supérieures descendues et incarnées dans des objets matériels, comme les tsitsit de laine et les tefilin de parchemin. Le Zohar, dans Michpatim, est cité à propos du fleuve et de ses bras.
כמו מים שיורדים ממקום גבוה לנמוך והמים הם שמצמיחים כל מיני תענוג, כך המצות הם מצמיחים האהבה והיראה שבנפש להיות לה רצון וצמאון ונפש שוקקה
comme l’eau, qui descend d’un lieu élevé vers un lieu bas et fait croître toutes sortes de délices. De même, les mitsvot font croître l’amour et la crainte dans l’âme, de sorte qu’elle éprouve volonté et soif et devienne une « âme ardente de désir ».
Comme l’eau, qui descend d’un lieu élevé vers un lieu bas et fait croître toutes sortes de délices, les mitsvot font croître l’amour et la crainte dans l’âme. Celle-ci éprouve alors volonté et soif, et devient une « âme ardente de désir ».
(ופי׳ רבת תעשרנה פי׳ ברבות בחקותי ס״פ ל״ה אחד לעשרה כו׳ ובשה״ש [ובשיר השירים] רבה בפסוק אני לדודי ועלי תשוקתו פי׳ לשון עשירות32 והיינו כמ״ש ברע״מ [ברעיא מהימנא] ר״פ תשא העשיר דא עמודא דאמצעיתא מפני שתפארת עולה עד הכתר בחי׳ והבריח התיכון33 כו׳
(Quant au sens de « Tu l’enrichis grandement » (rabbas te’ashrenah) : le Midrach Rabba, Be’houkotaï, à la fin du chapitre 35, l’explique comme « un sur dix », etc. ; et le Chir Hachirim Rabba, à propos du verset « Je suis à mon Bien-Aimé, et son désir se porte vers moi », l’explique comme une expression de richesse. C’est ce qui est écrit dans le Raaya Mehemna, au début de la paracha Ki Tissa : « Le riche » désigne le pilier central, car Tiferet (beauté) s’élève jusqu’à Kéter (la Couronne), le niveau de « la barre centrale », etc. ;
Deux interprétations de te’ashrenah : le Midrach le rattache à eser, « un sur dix », et à osher, la richesse. Le Raaya Mehemna appelle « le riche » le pilier central, Tiferet, parce qu’il s’élève jusqu’à Kéter, comme la barre centrale du Michkan qui allait d’un bout à l’autre.
ומשם יומשך כח הצמיחה ותוספת האור ברבוי והגדלת המדות אהבה ויראה ושיהיו כלולים זה מזה כמ״ש בד״ה וידעת היום והשבות ועמ״ש ע״פ כי כארץ תוציא צמחה כו׳ ובד״ה בשלח פרעה בענין פי׳ ראשית תבואתו ומ״ש ע״פ עשר אעשרנו לך.
et c’est de là que seront attirés la force de croissance et l’accroissement de lumière, dans la multiplication et le développement des attributs émotionnels (midot), l’amour et la crainte, ainsi que [la force] de les inclure l’un dans l’autre, comme cela est expliqué dans le discours commençant par « Sache aujourd’hui et prends à cœur ». Voir aussi ce qui est écrit à propos [du verset] « Car, comme la terre fait pousser sa végétation », etc., dans le discours commençant par « Lorsque Pharaon envoya », à propos du sens de « le premier de sa récolte », ainsi que ce qui est écrit à propos [du verset] « Je t’en donnerai certainement la dîme ».
De Kéter vient la force de croissance, qui accroît l’amour et la crainte et permet à chacun de ces attributs d’inclure l’autre. La parenthèse renvoie à plusieurs discours qui développent ce sujet, notamment ceux portant sur « Car, comme la terre fait pousser sa végétation » et « Je t’en donnerai certainement la dîme ».
עוי״ל [עוד יש לומר] ע״ד [על דרך] מ״ש בזח״א [בזהר חלק א] ויחי דרמ״ו א׳ שיש לחם עני ולחם פנג34 ע״ש [עיין שם] ובפ׳ בראשית דל״ג א׳ פי׳ דלחם עני זהו בחי׳ יבשה35 לשון יבישות
On peut encore l’expliquer dans le prolongement de ce qui est écrit dans le Zohar, partie I, Vayé’hi, folio 246a : il existe un « pain de misère » (le’hem oni) et un « pain de pannag » (voir là-bas). Dans la paracha Béréchit, folio 33a, il explique que le « pain de misère » correspond au niveau de la « terre sèche » (yabacha), terme qui évoque la sécheresse ;
Une autre explication s’appuie sur l’opposition que fait le Zohar entre le « pain de misère » et le « pain de pannag », un mets délicat. Ailleurs, le Zohar identifie le « pain de misère » à la « terre sèche » (yabacha), qui reste sèche jusqu’à ce qu’elle soit remplie d’eau.
ממילא מובן דע״י שנתמלא מים זהו בחינת רבת תעשרנה וז״ש [וזהו שכתוב] ארץ אשר לא במסכנות36 כו׳ ע׳ [עיין] בזהר ויחי דרמ״ט ע״ב, וב׳ מדרגות אלו בעבודה היינו בחי׳ אתכפיא ואתהפכא.
il s’ensuit que, lorsqu’elle est remplie d’eau, elle atteint le niveau de « Tu l’enrichis grandement ». C’est le sens de ce qui est écrit : « Un pays où, sans pénurie… », etc. (voir le Zohar, Vayé’hi, folio 249b). Dans le service divin, ces deux niveaux sont ceux de l’itkafia (soumission) et de l’it’hap’ha (transformation).
Lorsque la terre sèche est remplie d’eau, elle devient riche : « Tu l’enrichis grandement », « un pays… sans pénurie ». Dans le service divin, ces deux niveaux sont l’itkafia, qui consiste à soumettre le mauvais penchant, et l’it’hap’ha, qui consiste à le transformer en bien.
וז״ש [וזהו שכתוב] שלחייך פרדס37 כו׳ שגם בהיותה בחי׳ בית השלחין38 ארץ יבשה לחם עוני בחי׳ אתכפיא גדלה מעלתה כו׳ ונמשך עי״ז נרד וכרכם39 כו׳ כענין ריח ניחוח שמשיב את הנפש כו׳ ועמ״ש בפ׳ויקהל בד״ה קחו מאתכם).
C’est le sens de « Tes pousses sont un verger », etc. : même lorsqu’elle est au niveau d’un champ irrigué (beit hachla’hin), une terre sèche, le pain de misère, le niveau de l’itkafia, sa valeur est grande, etc. Par ce moyen sont attirés le nard et le safran, etc., comme dans le cas d’un « parfum agréable » qui ranime l’âme, etc. Voir aussi ce qui est écrit dans la paracha Vayakhel, dans le discours commençant par « Prélevez pour vous ».)
Le Cantique des Cantiques loue même le « champ irrigué » sec (beit hachla’hin) : le service de l’itkafia, le « pain de misère », possède une grande valeur, et il en émane le « nard et le safran », un parfum agréable. La parenthèse renvoie à un discours sur « Prélevez pour vous ».
אך תכלית הצמאון הזה הוא כדי לדבקה בחי׳ רוחא ברוחא מחשבה במחשבה והיינו ע״י התורה וכמ״ש ואשים דברי בפיך40 דברי ממש דבור בדבור מחשבה במחשבה כו׳.
Mais le but de cette soif est de s’attacher [à Lui], au niveau de « l’esprit avec l’esprit », la pensée avec la pensée ; cela se réalise par la Torah, comme il est écrit : « J’ai mis Mes paroles dans ta bouche » : Mes propres paroles, parole avec parole, pensée avec pensée, etc.
La soif n’est toutefois pas le but. Elle vise à s’attacher à D.ieu, « l’esprit avec l’esprit », la pensée avec la pensée ; cela s’accomplit par la Torah, dont D.ieu dit : « J’ai mis Mes paroles dans ta bouche » : les propres paroles de D.ieu dans la parole de l’homme.
À ce sujet, il est dit : « Et l’esprit de Havaya reposera sur lui » ; car le niveau de la parole est appelé « un esprit parlant », et ce niveau reposera sur lui d’en haut.
À ce sujet, Isaïe dit : « L’esprit de Havaya reposera sur lui. » La parole est appelée « un esprit parlant » et, lorsqu’un homme prononce des paroles de Torah, l’esprit divin repose sur lui d’en haut.
וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] כל היושב ושונה הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] שונה כנגדו (והמשכה של בחי׳ רוח גבוה מבחי׳ ההמשכה הנק׳ מים וכמ״ש ורוח אלקים מרחפת43 על פני המים וכמ״ש מזה סד״ה והניף ידו על הנהר בעים רוחו).
Comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Quiconque s’assied et étudie, le Saint béni soit-Il étudie en face de lui. » (Et l’émanation du niveau de l’« esprit » est plus élevée que celle du niveau appelé « eau », comme il est écrit : « Et l’esprit de D.ieu planait à la surface de l’eau » ; et comme cela est expliqué à la fin du discours commençant par « Il agitera Sa main sur le fleuve avec Son vent puissant (roua’h). »)
Comme le disent les Sages, quand on s’assied et qu’on étudie, D.ieu étudie en face de soi. La parenthèse ajoute que l’émanation appelée « esprit » est plus élevée que celle appelée « eau », comme il est dit : « L’esprit de D.ieu planait à la surface de l’eau. »
והנה בחי׳ רוח זה הוא ממעלה למטה וכמ״ש עד יערה עלינו רוח ממרום44 שהרוח הוא יורד ממקום עליון וגבוה מאד נעלה בחי׳ אויר אור יו״ד דאורייתא מחכמה נפקת45 והחכמה מאין תמצא46 כנודע.
Or, ce niveau d’« esprit » va du haut vers le bas, comme il est écrit : « Jusqu’à ce qu’un esprit soit déversé sur nous d’en haut » ; car l’esprit descend d’un lieu supérieur, très élevé et sublime : le niveau de avir (air), soit or (lumière) avec un yod, car la Torah « émane de 'Hokhma », et « 'Hokhma se trouve à partir de ayin (néant) », comme on le sait.
Cet « esprit » descend d’un lieu très élevé : le niveau de avir (air), dont les lettres sont or (lumière) avec un yod ajouté. Le yod évoque 'Hokhma, d’où émane la Torah, et 'Hokhma elle-même se trouve à partir de ayin, le « néant » qui lui est supérieur.
(ועמ״ש מענין אויר אור יו״ד שהאויר הוא מקור האור בפ׳ מקץ סד״ה נר חנוכה מצוה כו׳ מזוזה מימין כו׳ וע׳ [ועיין] בזח״ג [בזהר חלק ג] נשא דק״ל ע״ב רוחא דנפיק47 כו׳ ע״ש [עיין שם] ובפ׳ ויחי) (דרל״ה א׳)
(Et voyez ce qui est écrit au sujet de avir comme or avec un yod, à savoir que avir est la source de la lumière, dans la Paracha Mikets, à la fin du discours commençant par « La lampe de Hanouka, c’est une mitsva », etc., [à propos de] « la mezouza à droite », etc. ; voyez aussi le Zohar, partie III, Nasso, folio 130b, « L’esprit qui émane », etc., consultez ce passage, ainsi que la Paracha Vaye’hi) (folio 235a).
La parenthèse renvoie à un discours sur Hanouka, qui traite de avir comme source de la lumière, ainsi qu’au Zohar concernant « l’esprit qui émane » des narines supérieures et la Paracha Vaye’hi.
והנה לפי משנ״ת [מה שנתבאר] לעיל ד׳ יסודות שבנפש הן ד׳ אותיות הוי׳, והנה ענין מלא מים זהו יחוד ו״ה בחי׳ מים
Or, selon ce qui a été expliqué plus haut, les quatre éléments de l’âme correspondent aux quatre lettres de [le Nom] Havaya. Ainsi, l’expression « plein d’eau » désigne l’union du vav et du hé, le niveau de l’eau
Revenons aux quatre éléments : ils correspondent aux quatre lettres de Havaya. « Plein d’eau » désigne l’union du vav et du hé, les éléments de l’eau et de la terre.
ועפר וענין רוח ואש זהו יחוד י״ה וזהו כענין יחו״ת [יחודא תתאה] ויחו״ע [ויחודא עילאה] וכמ״ש במ״א ע״פ פקודי המשכן משכן העדות כו׳ ומשם תדרשנו.505152
et de la terre ; tandis que l’air (roua’h) et le feu désignent l’union du yod et du hé. Cela correspond à l’unité inférieure (yi'houda tata'a) et à l’unité supérieure (yi'houda ila'a), comme cela est expliqué ailleurs à propos du verset : « Les comptes du Michkan, le Michkan du Témoignage », etc. ; recherchez ce passage là-bas.
L’air et le feu constituent l’union du yod et du hé, la paire supérieure. Les deux unions correspondent à l’unité inférieure et à l’unité supérieure, comme l’explique le discours sur « Les comptes du Michkan ».
La deuxième section explique comment l’âme, voilée par le corps et le monde, est éveillée : par les mitsvot, « eaux supérieures » d’Atsilout, et par la prière, qui fait naître l’amour et la crainte cachés et « divise » Elokim afin que le monde révélé émerge de la dissimulation. Le but ultime est l’attachement à D.ieu par la Torah, l’« esprit » qui repose sur l’homme d’en haut et se trouve au-dessus de l’« eau ».
Le paragraphe associe les quatre éléments aux lettres de Havaya : l’eau et la terre au vav et au hei, l’unité inférieure, suscitée par les mitsvot qui font descendre l’« eau » ; l’air et le feu au youd et au hei, l’unité supérieure, suscitée par l’« esprit » de la Torah et le désir ardent de l’âme. La lecture d’Elokim comme Mi et Eleh provient de l’introduction du Zohar, où Eleh s’unit à Mi pour compléter le Nom Elokim ; la note de Kehot rattache à Pri Etz Chaim l’idée que chaque prière est une naissance des mo'hin.
Maré mekomot
- 1אך בהיות · סעיף זה נעתק באוה״ת בלק ע׳ תתקמד בשינויים.
- 2עולם מלשון העלם . . ברבות קהלת · ג, יא. ראה לקמן פ׳ שלח לז, ד. עקב יג, ג וש״נ. ובכ״מ.
- 3
- 4גם את העלם נתן בלבם · Kohelet Rabbah 3:11:3
- 5זה שמי לעלם · Exodus 3:15
- 6
- 7אני לדודי ועלי תשוקתו · Song of Songs 7:11
- 8וארז״ל בשה״ש . . לאביהם שבשמים · ראה יהל אור ע״פ פקדת הארץ ע׳ רכו.
- 9פקודי ה׳ · Psalms 19:9
- 10רעוא דכל רעוין · Zohar III, 129a
- 11אהבתי אתכם אמר ה׳ · Malachi 1:2
- 12וימינו תחבקני · Song of Songs 2:6
- 13כמים הפנים לפנים · Proverbs 27:19
- 14יוצר אור ובורא חושך · Isaiah 45:7
- 15יערוף כמטר לקחי · Deuteronomy 32:2
- 16פקדת לשון פקידת עקרה · ראה לעיל בפ׳ פקודי ד, סע״ג ואילך. יהל אור שם ע׳ רכה ”ורש״י פי׳ פקד הוא ההריון ויעש הלידה, וא״כ גם כאן י״ל כן פקדת הארץ מה שמתעברת ע״י הגשמים ואח״כ והולידה. והרמב״ן מפרש שם בע״א הפקידה הזכירה של הדבר כו׳ וכן בזהר שם”.
- 17וה׳ פקד את שרה · Genesis 21:1
- 18עקרה לא ילדה · Isaiah 54:1
- 19
- 20
- 21שכל תפלה היא בחי׳ לידת המוחין · במאמרי אדה״א במדבר-א ע׳ קג מביא זה בשם הפע״ח. וראה שם בשער התפלה פ״ז. ובמאמרי אדה״א מבאר ”דפי׳ לידת המוחין היינו בחי׳ המוחין דאוי״ר שמכוסי׳ בעומק ההתבוננות שנק׳ עיבור והעלם, ובשעת התפלה יוצאים מן ההעלם לגילוי” ע״ש. וביהל אור ע׳ עו כ׳ דכאן ”מבואר שכדי להיות לידה וגילוי הוא ע״י קיום המצות וזהו פקדת הארץ ותשוקקי׳”.
- 22רבת תעשרנה · Vayikra Rabbah 35:12
- 23רבת תעשרנה פלג · Psalms 65:10
- 24
- 25פלג אלקים מלא מים · Bereshit Rabbah 4:4
- 26פ״ק דתענית · ח, ב.
- 27וברבות בראשית פרשה ד׳ · ”מעיינו של הקב״ה כו׳ פלג אלקים כו׳ גם לשון פלגא מה שחילק מים עליונים למעלה מהרקיע ומים תחתונים למטה באוקיינוס כו׳” — מובא ביהל אור עה״פ.
- 28ובערוך ערך קבה · ”וכן בערוך ערך קבה הביא בשם התרגום פלג אלקים קובתא דאלהא. עוד הביא שם ממנחות פ״ג ל״א ב׳ שלא יעשנה כקובה ופרש״י כאהל רחב מלמטה וקצר מלמעלה וכן פרק לפני אידיהן י״ח א׳ לישב בקובה...” יהל אור שם ע׳ רכה.
- 29וימינך מקרב חיקך כלה · Psalms 74:11
- 30נהר פלגיו ישמחו עיר אלקים · Psalms 46:5
- 31נהר פלגיו ישמחו עיר אלקים · Zohar, Mishpatim 3:85–94
- 32ובשה״ש . . פי׳ לשון עשירות · אין תשוקתן של ישראל אלא לאביהם שבשמים כו׳ תשוקתן של גשמים כו׳ זכיתם תעשירנה לא זכיתם תעשרנה שתעשה לכם אחד מעשרה כו׳” — יהל אור שם ע׳ רכו.
- 33הבריח התיכון · Exodus 26:28
- 34שיש לחם עני ולחם פנג · Zohar, Vayechi 72:752–73:761
- 35דלחם עני זהו בחי׳ יבשה · Zohar, Bereshit 39:373–384
- 36ארץ אשר לא במסכנות · Deuteronomy 8:9
- 37שלחייך פרדס · Song of Songs 4:13
- 38בית השלחין · Moed Katan 20a:4
- 39נרד וכרכם · Song of Songs 4:14
- 40
- 41
- 42רוח ממללא · Onkelos Genesis 2:7
- 43
- 44
- 45דאורייתא מחכמה נפקת · Zohar, Mishpatim 20:500–502
- 46והחכמה מאין תמצא · Job 28:12
- 47רוחא דנפיק · Zohar, Idra Rabba 9:63–10:73
- 48שם אלקים מתחלק ונעשה מ״י אל״ה · Tikkunei Zohar, Tikkun 20
- 49ע״פ ואהי׳ אצלו אמון · לקמן יח, ד.
- 50
- 51
- 52
7ומשם יובן יתרון מעלת ההמשכה מבחי׳ רוח על ההמשכה שמבחינת מים כו׳ וזהו גם את העלם נתן בלבם12 ופי׳ ברבות
De là se comprend la supériorité de l’effusion provenant du niveau de « l’esprit » sur celle qui provient du niveau de « l’eau », etc. C’est là le sens de : « Il a aussi placé ha’olam dans leur cœur », comme l’explique le Midrach Rabba
Cela montre la supériorité de « l’esprit » sur « l’eau », c’est-à-dire de l’effusion de la Torah sur celle des mitsvot. Cela donne aussi un sens supplémentaire à « Il a aussi placé ha’olam dans leur cœur », comme l’explique le Midrach.
דהיינו מ״ש זה שמי לעלם3 היינו שם הוי׳ שעכשיו הוא בבחי׳ העלם וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] לא כמו שאני נכתב אני נקרא4 כו׳
qui se rapporte à ce qui est écrit : « Tel est mon Nom pour toujours (le’olam) » ; il s’agit du Nom Havaya, qui se trouve maintenant dans un état de dissimulation, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Je ne suis pas prononcé comme je suis écrit », etc.
Le Midrach rattache ha’olam à « Tel est mon Nom le’olam », interprété comme « pour la dissimulation » : le Nom Havaya est caché dans ce monde. Comme le disent les Sages, le Nom n’est pas prononcé tel qu’il est écrit : il s’écrit avec un youd et un hé, mais se prononce avec un alef et un dalet.
וניתן להם הכח להמשיכו מההעלם אל הגילוי בלבם כמ״ש בד״ה וארא אל אברהם ועי״ז יומשך הגילוי בעולם ג״כ:
Et ils ont reçu le pouvoir de le faire passer de la dissimulation à la révélation dans leur cœur, comme il est expliqué dans le discours qui commence par « Je suis apparu à Avraham » ; ainsi, la révélation sera également amenée dans le monde.
Ce Nom caché a été « placé dans leur cœur » : les Juifs ont reçu le pouvoir de le faire passer de la dissimulation à la révélation dans leur propre cœur. Par ce moyen, la révélation est également amenée dans le monde.
Le paragraphe conclut que « l’esprit » est supérieur à « l’eau » et propose une nouvelle lecture de « Il a placé ha’olam dans leur cœur » : le Nom Havaya caché est placé dans le cœur d’Israël, avec le pouvoir de le révéler là, puis dans le monde.
Le Talmud oppose ici ce monde au Monde futur : à présent, le Nom s’écrit avec un youd et un hé et se prononce avec un alef et un dalet, tandis que, dans le Monde futur, il sera prononcé tel qu’il est écrit. Le mot « maintenant » dans le texte annonce ce changement futur, que la section suivante aborde.
Maré mekomot
- 1גם את העלם נתן בלבם · Ecclesiastes 3:11
- 2גם את העלם נתן בלבם · Kohelet Rabbah 3:11:3
- 3זה שמי לעלם · Exodus 3:15
- 4לא כמו שאני נכתב אני נקרא · Pesachim 50a:21–22
8קיצור. שצ״ל [שצריך להיות / שצריך לומר / שצריך להבין] פקדת ארץ. ועי״ז כמים הפנים לפנים.1 גם לשון פקידת עקרה ועי״ז ותשוקקיה וזהו פלג אלקים שנתחלק שם אלקים להיות מי ברא אלה.2
Résumé. Il faut qu’il soit dit : « Tu as visité la terre », et, par cela, « Comme l’eau [reflète] le visage, le visage ». Il y a aussi l’expression « la visite d’une femme stérile » et, par cela, « et tu l’as fait aspirer » ; c’est là « le fleuve (peleg) d’Elokim » : le Nom Elokim se divise pour former « Qui a créé ceux-ci ».
Résumé de la deuxième section : les mitsvot sont « Tu as visité la terre » et éveillent en retour un amour correspondant, « comme l’eau reflète le visage, le visage » ; pekida signifie aussi se souvenir d’une femme stérile, de sorte qu’un amour caché naît, « et tu l’as fait aspirer ». C’est là « le fleuve (la division) d’Elokim » : le Nom se divise en Mi et Eleh, « Qui a créé ceux-ci ».
ועי״ז רבת תעשרנה.3 והתשוקה יסוד האש ומזה נמשך ונחה עליו רוח4 הוי׳ ע״י הדבור בד״ת [בדברי תורה] רוח ממללא:5
Et, par cela, « tu l’enrichis abondamment ». Le désir ardent relève de l’élément du feu, et de là découle « L’esprit de Havaya reposera sur lui », grâce à la parole dans les paroles de Torah : « un esprit parlant ».
Vient ensuite : « Tu l’enrichis abondamment ». Le désir ardent de l’âme relève de l’élément du feu, et c’est de lui que découle le niveau supérieur : « L’esprit de Havaya reposera sur lui », grâce à la parole prononcée dans les paroles de Torah, l’« esprit parlant ».
Bref résumé de la deuxième section du maamar.
Maré mekomot
- 1כמים הפנים לפנים · Proverbs 27:19
- 2מי ברא אלה · Isaiah 40:26
- 3רבת תעשרנה · Psalms 65:10
- 4ונחה עליו רוח הוי׳ · Isaiah 11:2
- 5רוח ממללא · Onkelos Genesis 2:7
Les Temps futurs : le nombre impossible à dénombrer ¶9–13
9ג והנה כל זה הוא עכשיו בהיות העולם מעלים והתלבשות הנשמה במאסר הגוף והעולם הגשמי שאז צריך להיות
3. Or, tout cela concerne l’état présent, où le monde dissimule et où l’âme est revêtue dans la prison du corps et du monde matériel : alors, il faut…
La troisième section commence. Tout ce qui a été décrit jusqu’ici concerne l’état présent, où le monde dissimule la divinité et où l’âme est emprisonnée dans le corps et le monde matériel.
פקדת הארץ ותשוקקיה מלמעלה למטה ולהיות נחה עליו רוח1 ה׳ לרוות הצמאון שמיסוד האש שיסוד הרוח גבהה מעלתו ממעלת ובחי׳ האש שמלמטה,
« Tu as visité la terre et tu l’as fait aspirer », d’en haut vers le bas, et [il faut] « que l’esprit de Havaya repose sur lui », afin d’étancher la soif issue de l’élément du feu ; car l’élément de l’air (roua’h) est supérieur, par sa vertu, à la vertu et au niveau du feu qui vient d’en bas.
Dans cet état, la « terre » doit être « visitée » d’en haut, et « l’esprit de Havaya » doit reposer sur une personne afin d’étancher la soif du feu de l’âme. Car, à présent, l’élément de l’air, l’esprit attiré d’en haut, est supérieur au feu qui s’élève d’en bas.
וכן בחי׳ מים של המצות גדלה מעלתם מבחי׳ ארץ שבהם ועל ידם נעשה הארץ שוקקה באתערותא דלתתא בתפלה ועכשיו תמיד היא שוקקה ולא שבעה מים
De même, le niveau de l’eau des mitsvot est supérieur à celui de la « terre », car c’est par elles et à travers elles que la terre devient aspirante, par un éveil d’en bas (isarouta dilétata), dans la prière. Or, à présent, elle aspire constamment et n’est pas rassasiée d’eau,
De même, à présent, l’« eau » des mitsvot est supérieure à la « terre », puisque la terre ne se met à aspirer que par leur intermédiaire, au moyen d’un éveil d’en bas dans la prière. Actuellement, la terre aspire sans cesse et n’est jamais rassasiée.
כי הרי אחר התפלה חוזרת ומתלבשת בעניני הגוף כל אחד ואחד לפי מדרגתו ובחינתו והמאכל מגשם את האדם ומסתיר ממנו אור ה׳ וקדושתו שלא יבא לידי גילוי בלב
car, après la prière, elle se revêt de nouveau des préoccupations du corps, chacun selon son degré et son niveau ; et la nourriture rend l’homme grossier et lui dissimule la lumière de D.ieu et Sa sainteté, de sorte qu’elles ne se révèlent pas dans le cœur.
La raison en est qu’après la prière, l’âme retourne aux préoccupations du corps, chacun selon son propre niveau. La nourriture, en particulier, rend l’homme grossier et dissimule la lumière de D.ieu, de sorte qu’elle ne demeure pas révélée dans le cœur.
ולכן צריך להתפלל בכל יום עד עת קץ עד בא אמרת ה׳ לעתיד לבא ואת רוח הטומאה אעביר2 מן הארץ וגו׳ [וגומר]
C’est pourquoi il faut prier chaque jour, jusqu’au temps de la fin, jusqu’à ce que la parole de Havaya advienne dans le monde futur : « Et l’esprit d’impureté, Je le retirerai de la terre », etc.
C’est pourquoi il faut prier à nouveau chaque jour, jusqu’à la fin des temps, lorsque D.ieu dira : « Et l’esprit d’impureté, Je le retirerai de la terre. »
ואזי תהי׳ [תהיה] מעלת אתערותא דלתתא גדולה וגבוה לאין קץ מצד עצמה שלא תצטרך לאתעדל״ע [לאתערותא דלעילא] מים ורוח
Alors, la vertu de l’éveil d’en bas sera grande et infiniment élevée par elle-même, de sorte qu’elle n’aura pas besoin de l’éveil d’en haut (isarouta diléïla), de l’eau et de l’esprit,
Alors, l’éveil d’en bas sera infiniment grand par lui-même. Il n’aura plus besoin de l’éveil d’en haut, de l’« eau » et de l’« esprit » qui descendent vers lui.
כי בחי׳ ארץ רצוא וצמאון שמיסוד האש שלמטה תהא עולה למעלה מעלה ונכללת באור א״ס [אין סוף] ב״ה מאליה ומעצמה
car le niveau de la « terre », l’élan et la soif issus de l’élément du feu d’en bas, s’élèvera toujours plus haut et sera inclus dans la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, de lui-même et par sa propre force.
La « terre », l’élan et la soif de l’âme issus de l’élément du feu, s’élèvera alors toujours plus haut et sera incluse dans la Lumière infinie par sa propre force.
(והוא כענין כמעלת הזהב על הכסף3 המבואר בתניא פרק חמשים וע״ש [ועיין שם] מ״ש בשם האריז״ל [האר״י זכרונו לברכה] ע״פ והכהנים הלוים כו׳ והוא בלק״ת [בלקוטי תורה (להאריז״ל)] ביחזקאל,4 וע׳ [ועיין] ברע״מ [ברעיא מהימנא] פ׳ תרומה דקנ״ח א׳ מסט׳ [מסטרא] דעלמא דאתי5 כו׳ אחע״ב [אשת חיל עטרת בעלה] ב״ן [שם ב״ן] יתעלה בס״ג [בשם ס״ג] שלמעלה ממ״ה [משם מ״ה].6
(Cela correspond à la supériorité de l’or sur l’argent, expliquée dans le Tanya, chapitre cinquante ; voyez aussi ce qui y est dit au nom de l’Ari Zal au sujet de [verset] « Et les prêtres, les Lévites », etc., dans le Likkutei Torah [de l’Ari Zal] sur Ye’hezkel. Voyez aussi la Raaya Mehemna, paracha Terouma, folio 158a, « Du côté du monde futur », etc. : « Une femme de valeur est la couronne de son mari » ; [c’est-à-dire que] Ban s’élèvera en Sag, qui est supérieur à Mah.
Cela correspond à l’enseignement du Tanya selon lequel l’or est supérieur à l’argent : un amour ardent, semblable à des « flammes de feu », est supérieur à l’amour issu de l’attribut de ‘Hessed ; le Tanya cite à ce sujet l’enseignement de l’Ari Zal sur les Lévites et les prêtres. La Raaya Mehemna ajoute que, du côté du monde futur, « une femme de valeur est la couronne de son mari » : Mal’hout (le Nom Ban) s’élèvera en Sag, au-dessus de Zeir Anpin (le Nom Mah).
On comprendra encore cette idée à la lumière de ce qui est expliqué dans le discours qui commence par « Yehouda, toi », au sujet du sens de « En ce jour-là, tu m’appelleras “mon époux” », etc. ; voir là-bas.)
Une explication supplémentaire se trouve dans le discours sur « Yehouda, toi », au sujet du verset « En ce jour-là, tu m’appelleras “mon époux” ». Le verset parle de l’avenir, lorsque Israël appellera D.ieu « mon époux », et non plus « mon maître ».
וזהו והיה מספר בנ״י [בני ישראל] מספר היינו בחי׳ מצות שניתנו במספר תרי״ג מצות9 דאורייתא10 וז׳ מצות דרבנן11 הם מספר תר״ך12 למספר בני ישראל המתחלק לששים
Et voici le sens de « Le nombre des enfants d’Israël sera » : le « nombre » désigne le niveau des mitsvot, qui furent données en nombre — les 613 mitsvot de la Torah et les sept mitsvot des Sages, soit le nombre de 620 — correspondant au nombre des enfants d’Israël, qui se divise en soixante
Le maamar revient maintenant à son verset d’ouverture. Le « nombre » des enfants d’Israël désigne les mitsvot, données en nombre : 613 de la Torah et sept des Sages, soit 620 en tout, correspondant aux âmes d’Israël.
רבוא ניצוצות נשמות בבחי׳ גלגלתם שכדי שיומשכו למטה בנש״י [בנשמות ישראל] הוצרכו להיות בבחי׳ התחלקות לחלקים ולבא במספר ובמפקד (וע׳ [ועיין] באגה״ק [באגרת הקודש] ד״ה אשרינו מה טוב חלקנו כו׳).
myriades d’étincelles d’âmes, selon la modalité de « par leurs têtes ». Car, pour qu’elles soient attirées ici-bas dans les âmes d’Israël, elles devaient être divisées en parties et apparaître sous forme de nombre et de recensement. (Voir aussi Igueret HaKodech, la lettre qui commence par « Heureux sommes-nous, que notre part est bonne », etc.)
Les âmes se divisent en 600 000 étincelles, dénombrées « par leurs têtes ». Pour être attirées ici-bas dans les âmes, les mitsvot devaient être divisées en parties et se présenter selon un nombre fixe, comme lors d’un recensement.
וזהו ג״כ פי׳ פקדת הארץ לשון מנין כמו פקוד כל בכור זכר13 והיינו לפי שירדו ממעלה למטה וירידתם צורך עלייה היא להעלות הנפשות ולקשרם בה׳ אחד בבחי׳ רצוא וצמאון ולכך כשיוגמר עליות הנפש
Tel est également le sens de « Tu as compté la terre » : le terme désigne un dénombrement, comme dans « Dénombre chaque premier-né mâle ». C’est parce qu’ils sont descendus d’en haut vers le bas, et que leur descente a pour but l’élévation : élever les âmes et les lier au D.ieu unique dans un élan et une soif ardente. Ainsi, lorsque les élévations de l’âme seront achevées,
Il s’agit d’un troisième sens de « Tu as compté » : un dénombrement, comme dans « Dénombre chaque premier-né mâle ». Les âmes sont comptées parce qu’elles sont descendues, et leur descente a pour but leur élévation : élever les âmes et les lier à D.ieu dans un élan et une soif ardente.
אזי תהיה בחי׳ רצוא וצמאון שלהם כרשפי אש14 העולה למעלה עד אין קץ ויהי׳ [ויהיה] מספר הזה בבחי׳ אשר לא ימד ולא יספר15 והוא בחי׳ תשובה
alors leur élan et leur soif ardente seront comme des flammes de feu qui s’élèvent vers le haut sans fin, et ce nombre atteindra le niveau de « qui ne peut être ni mesuré ni dénombré ». C’est le niveau de la techouva (retour).
Lorsque les élévations de l’âme seront achevées, son élan et sa soif ardente seront comme des flammes de feu qui s’élèvent sans fin. Alors, le « nombre » deviendra « celui qui ne peut être ni mesuré ni dénombré » : c’est la techouva.
וכמאמר רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] אם ישראל עושין תשובה נגאלין16 כי תשובה מיסוד האש והצמאון ויצעקו אל17 ה׳ בחילא יתיר ותשובה עילאה בינה לבא1819
Comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Si Israël fait techouva, il est délivré. » Car la techouva procède de l’élément du feu et de la soif ardente ; « ils crièrent vers Havaya » avec une force redoublée. Et la techouva supérieure est « Bina, le cœur »,
Les Sages enseignent que la délivrance dépend de la techouva. Celle-ci procède du feu et de la soif ardente de l’âme, qui crie vers D.ieu avec une grande force ; la techouva supérieure est associée à Bina, que le Tikkouné Zohar appelle « le cœur ».
וכתיב לתבונתו אין מספר20 למעלה מבחי׳ מספר (ע׳ [עיין] מ״ש לעיל בפ׳ אחרי סד״ה כי ביום הזה יכפר בענין ושמתיך בנקרת הצור וע׳ [ועיין] בזח״ב [בזהר חלק ב׳] דרכ״ה ב׳ הנ״ל).
et il est écrit : « Son intelligence est sans nombre » : elle est au-dessus du niveau du nombre. (Voir ce qui est écrit plus haut, dans la paracha d’A’haré, à la fin du discours qui commence par « Car en ce jour, il fera expiation », au sujet de « Je te placerai dans la fente du rocher » ; voir aussi le Zohar, partie II, folio 225b, mentionné plus haut.)
Au sujet de Bina, source de la techouva supérieure, il est écrit : « Son intelligence est sans nombre » ; elle se situe au-delà du nombre. La parenthèse renvoie au discours sur Yom Kippour dans A’haré et au passage du Zohar sur le « saint » qui se tient au-delà du nombre.
דהיינו למעלה מסדר ההשתלשלות כי ההשתלשלות נקרא מה שהוא נמשך כסדר והדרגה מעילה לעלול כו׳ כשלשלת הארה והארה דהארה כו׳.
C’est-à-dire au-dessus de l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout). Car le terme hichtalchelout désigne ce qui se déploie selon un ordre et par degrés, de la cause à l’effet, etc., comme une chaîne (chalshelet) : un rayonnement, puis un rayonnement de ce rayonnement, etc.
« Au-delà du nombre » signifie au-delà de l’hichtalchelout, l’enchaînement ordonné de cause à effet. Chaque niveau n’y est qu’un rayonnement du niveau supérieur, comme les maillons d’une chaîne.
וכך הם המשכות המצות במספר ושנק׳ רמ״ח אברים דמלכא21 ז״א [זעיר אנפין] היינו בחי׳ ט״ס [ט׳ ספירות] טפ״ט [ט׳ פעמים ט׳]22 כו׳ וגם נקראו מצות המלך ועמ״ש בד״ה59
Ainsi en va-t-il des émanations des mitsvot : elles sont dénombrées et sont appelées « les 248 membres du Roi », le Zeir Anpin, c’est-à-dire le niveau des neuf Séfirot, neuf fois neuf, etc. Elles sont également appelées « les commandements du Roi ». Voir ce qui est écrit dans le discours qui commence par
Les mitsvot relèvent de cet ordre : elles sont dénombrées et sont appelées « les 248 membres du Roi », le Zeir Anpin, dont chacune des neuf Séfirot comprend neuf éléments. Elles sont également appelées « les commandements du Roi ».
כי ביום הזה יכפר א״כ [אם כן] הוא נק׳ סדר ההשתלשלות משא״כ תשובה באה שלא כסדר והדרגה רק למעלה מסדר ההשתלשלות ועמ״ש סד״ה כי ההרים ימושו,23
« Car en ce jour Il fera expiation. » Ainsi, cela est appelé l’ordre de l’hichtalchelout, tandis que la techouva ne vient ni selon un ordre ni selon une gradation, mais d’au-dessus de l’ordre de l’hichtalchelout. Voir également ce qui est écrit à la fin du discours qui commence par « Car les montagnes s’éloigneront ».
Les mitsvot relèvent donc de l’ordre de l’hichtalchelout, tandis que la techouva vient sans ordre ni gradation, d’au-dessus de cet ordre. Le discours sur « Car les montagnes s’éloigneront » explique cela plus en détail.
וזהו כחול הים שהחול הוא למעלה מן הים24 וכמ״ש אשר שמתי חול25 גבול לים וכתיב יורדי הים26 כך תהיה בחי׳ ארץ למעלה מהמים וכתיב לרוקע הארץ על המים2728 ובחי׳ אש תהיה למעלה מבחי׳ הרוח
Et c’est là « comme le sable de la mer » : le sable est au-dessus de la mer, ainsi qu’il est écrit : « Moi qui ai placé le sable comme limite à la mer », et il est écrit : « ceux qui descendent en mer ». De même, le niveau de la « terre » sera au-dessus de celui de l’eau, et il est écrit : « Celui qui étend la terre au-dessus des eaux » ; et le niveau du feu sera au-dessus de celui de l’air (roua’h).
Cela explique l’expression « comme le sable de la mer » : le sable est au-dessus de la mer et en constitue la limite. Dans l’avenir, la « terre » sera au-dessus de l’« eau », et le feu, le désir ardent de l’âme, au-dessus de l’air, l’esprit attiré d’en haut.
(ועמ״ש בפ׳ בראשית ד״ה כאשר השמים החדשים בענין פי׳ שמים וארץ חדשים שיהי׳ [שיהיה] לע״ל [לעתיד לבוא] וז״ש [וזהו שכתוב] בירמיה) (סי׳ ל״א)29 כי ברא30 ה׳ חדשה בארץ נקבה תסובב גבר.
(Voir également ce qui est écrit dans la paracha Béréchit, dans le discours qui commence par « Comme les nouveaux cieux », au sujet du sens des nouveaux cieux et de la nouvelle terre qui existeront dans les Temps futurs ; et c’est ce qui est écrit dans Yirmeyahou) (chapitre 31) : « Car D.ieu a créé une chose nouvelle dans le pays : une femme entourera un homme. »
Les nouveaux cieux et la nouvelle terre des Temps futurs sont expliqués dans un discours de Torah Ohr. La parole de Jérémie, « une femme entourera un homme », exprime ce même renversement.
היינו שיהי׳ [שיהיה] התחדשות בחי׳ חדשה בארץ כי עכשיו כאשר ירד הגשם31 מן השמים והרוה את הארץ אזי דייקא והולידה והצמיחה
C’est-à-dire qu’il y aura un renouveau, le niveau de « la chose nouvelle dans le pays ». Car à présent, lorsque « la pluie descend des cieux » et « abreuve la terre », alors seulement « elle fait naître et germer » ;
À présent, la terre ne donne naissance et ne germe que lorsque la pluie descend du ciel et l’abreuve. Elle dépend de ce qu’elle reçoit.
אבל לע״ל [לעתיד לבוא] תהיה בחי׳ ארץ למעלה מבחי׳ מים ולא תצטרך לקבל מבחי׳ מים וזהו נקבה תסובב כו׳.
mais, dans les Temps futurs, le niveau de la « terre » sera au-dessus de celui de l’eau et n’aura pas besoin de recevoir du niveau de l’eau. C’est là le sens de « une femme entourera », etc.
Dans les Temps futurs, la « terre » sera au-dessus de l’« eau » et n’aura pas besoin de recevoir d’elle. Voilà le sens de « une femme entourera un homme » : celle qui reçoit entourera et dépassera celui qui donne.
ועד״ז [ועל דרך זה] בחי׳ אש תהי׳ [תהיה] למעלה מבחי׳ רוח וע׳ [ועיין] בע״ח [בעץ חיים] שער א״א [אריך אנפין] פ״ב [פרק ב׳] וז״ש [וזהו שכתוב] ואני אהיה לה נאום ה׳ חומת אש כו׳60
De même, le niveau du feu sera au-dessus de celui de l’air (roua’h). Voir Etz Chaim, Sha’ar Arich Anpin, chapitre 2. Et c’est ce qui est écrit : « Et Moi, dit D.ieu, Je serai pour elle une muraille de feu », etc.
De même, le feu sera au-dessus de l’air. La promesse de D.ieu, « Je serai pour elle une muraille de feu », fait allusion à cela.
ועיין מענין והיה מספר כו׳ אשר לא יספר כו׳ (בגמרא רפ״ב דיומא דכ״ב ע״ב ורפ״ח דפסחים).
Voir également à propos de « Et le nombre sera », etc., « qui ne pourra être dénombré », etc. (dans la Guemara, au début du chapitre 2 de Yoma, folio 22b, et au début du chapitre 8 de Pessa’him).
Le Talmud aborde lui aussi la contradiction dans le verset : il est question d’un « nombre », mais aussi de quelque chose qui « ne pourra être dénombré ». Il explique que le verset décrit deux états, selon que le peuple d’Israël accomplit ou non la volonté de D.ieu.
ולכן כתיב והיה במקום אשר יאמר32 להם לא33 עמי אתם יאמר להם בני אל חי פי׳ במקום ממש כי ע״י תשובה זדונות נעשו כזכיות34 ואתהפכא מרירו למיתקא35
C’est pourquoi il est écrit : « Et il arrivera qu’au lieu même où on leur dira : “Vous n’êtes pas Mon peuple”, on leur dira : “Enfants du D.ieu vivant” » : c’est-à-dire, au lieu même ; car, par la techouva, les fautes volontaires deviennent comme des mérites, et l’amertume se transforme en douceur (is’hap’ha merirou lemitka).
D’où : « Au lieu même où on leur dira : “Vous n’êtes pas Mon peuple”, ils seront appelés “enfants du D.ieu vivant” ». Par la techouva, les fautes volontaires deviennent comme des mérites, et l’amertume se transforme en douceur.
(והענין דהנה כתיב ואשים דברי בפיך36 כו׳ ולאמר לציון עמי אתה והיינו כי פי׳ עמי מבואר בד״ה אתם נצבים37 גבי לעברך בברית כו׳ להיות לו לעם.
(L’explication est la suivante : il est écrit : « J’ai mis Mes paroles dans ta bouche », etc., « et pour dire à Sion : “Tu es Mon peuple” ». En effet, le sens de « Mon peuple » est expliqué dans le discours commençant par « Vous vous tenez », à propos de « pour entrer dans l’alliance », etc., « afin d’être pour Lui un peuple ».
La parenthèse explique « Mon peuple » à partir du verset d’Isaïe qui se termine par : « et pour dire à Sion : “Tu es Mon peuple” ». Le sens de « Mon peuple », un peuple lié à D.ieu par une alliance, est expliqué dans le discours sur « Vous vous tenez ».
כי אין מלך בלא עם3839 פי׳ שהם נקראים במדרגת עמו שהם אנשים כמותו ומתייחסים אליו בערך מה כו׳ כי הנשמות עלו במחשבה40 כו׳ ע״ש [עיין שם] וזהו עמי אשר נקרא שמי עליהם)41 (בד״ה ב׳ סי׳ ז׳).
Car il n’est pas de roi sans peuple : c’est-à-dire qu’ils sont appelés, au rang de « Son peuple », des hommes semblables à lui et qui lui sont apparentés dans une certaine mesure, etc., car les âmes se sont élevées dans la pensée, etc. ; voyez là-bas. Et c’est là le sens de « Mon peuple, sur lequel Mon Nom est invoqué ») (dans II Chronicles, chapter 7).
Puisqu’« il n’est pas de roi sans peuple », le peuple doit être de même nature que le roi et lui être apparenté dans une certaine mesure. Les âmes d’Israël se sont élevées dans la pensée de D.ieu ; elles peuvent donc être appelées « Son peuple ». Les Chroniques parlent également de « Mon peuple, sur lequel Mon Nom est invoqué ».
וע״ד [ועל דרך] מ״ש בזח״א [בזהר חלק א] ה׳ א׳ ע״פ ולאמר לציון עמי אתה אל תקרי עמי אלא עמי42 כו׳ (ועיין ת״ז [תיקוני זהר] תקון י״ח דף ל״ה ב׳).
Et cela rejoint ce qui est écrit dans le Zohar, Part I, [folio] 5a, à propos du verset « et pour dire à Sion : “Tu es Mon peuple” » : ne lis pas ami (« Mon peuple »), mais imi (« avec Moi »), etc. (Voir aussi Tikkunei Zohar, Tikkun 18, folio 35b.)
Le Zohar lit ami (« Mon peuple ») comme imi (« avec Moi ») : Israël devient le partenaire de D.ieu. De même qu’Il a créé le ciel et la terre par Sa parole, eux aussi le font par leurs paroles de Torah.
וזהו ולאמר לציון דוקא עמי אתה והיינו כמשארז״ל [כמו שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] בירושלמי פ״ד דתענית סוף ה״ב חזרנו על כל המקרא ולא מצינו שנקראו ישראל ציון אלא זה שנאמר ולאמר לציון עמי אתה.
Et c’est là le sens de « et pour dire à Sion » précisément : « Tu es Mon peuple ». Cela correspond à ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit dans le Talmud de Jérusalem, chapitre 4 de Taanis, à la fin de la halakha 2 : « Nous avons parcouru toute l’Écriture et n’avons pas trouvé qu’Israël soit appelé Sion, sinon ici, comme il est dit : “et pour dire à Sion : Tu es Mon peuple” ».
Pourquoi « Sion » précisément ? Le Talmud de Jérusalem relève qu’Israël n’est appelé Sion que dans ce verset.
והמכוון כדפי׳ הקה״ע [הקרבן העדה] שם שע״י קיום מצות המרומזים בפסוק זה ואשים דברי בפיך זו תורה ובצל ידי כסיתיך43 זו גמילת חסדים כו׳
Et l’intention, comme l’explique le Korban HaEdah là-bas, est que, par l’accomplissement des mitsvot auxquelles ce verset fait allusion, « J’ai mis Mes paroles dans ta bouche » désigne la Torah, et « à l’ombre de Ma main, Je t’ai abrité » désigne les actes de bonté (guemilout hassadim), etc. ;
Le Korban HaEdah explique dans son commentaire que le verset fait allusion aux mitsvot : « Mes paroles dans ta bouche » désigne la Torah, et « l’ombre de Ma main » les actes de bonté.
לנטוע שמים וליסוד ארץ זהו עבודת הקרבנות אזי נק׳ ציון שהם מצויינים בעולם והיינו כמ״ש בת״א [בתורה אור] פ׳ מקץ בד״ה רני ושמחי דס״ב סע״ב [סוף עמוד ב]
« pour planter les cieux et poser les fondements de la terre » désigne le service des sacrifices ; alors ils sont appelés Sion, car ils sont distingués (metsouyanim) dans le monde. Cela correspond à ce qui est écrit dans Torah Ohr, Parshas Mikeitz, dans le discours commençant par « Réjouis-toi et sois dans l’allégresse », folio 62, fin du côté b :
« Planter les cieux et poser les fondements de la terre » désigne le service des sacrifices. Par leur accomplissement, Israël est appelé Sion, de metsouyanim, « distingués », dans le monde ; Torah Ohr développe cette idée.
וביאור ענין ציון כו׳ בצלמנו כדמותנו44 הן רמ״ח פקודין רמ״ח אברין דמלכא והיינו רוחניות המצות ורוחניות התורה כמו שהן למעלה באור א״ס [אין סוף] ב״ה שהן הן בצלמנו ממש
« Et l’explication de la notion de Sion », etc. : « à notre image, selon notre ressemblance » désigne les 248 commandements, les 248 membres du Roi ; c’est-à-dire la spiritualité des mitsvot et la spiritualité de la Torah telles qu’elles sont en haut, dans la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, lesquelles sont véritablement « à notre image ».
Torah Ohr explique que la spiritualité de la Torah et des mitsvot, telle qu’elle existe dans la Lumière infinie, est véritablement « à notre image » : les 248 mitsvot sont les 248 membres du Roi.
אך גשמיות המצות כו׳ הם רק בחינת ציון מלשון סימן כו׳ אזי נקראת כנס״י [כנסת ישראל] ציון כו׳
Mais l’aspect matériel des mitsvot, etc., n’est que le niveau de tsiyoun (Sion), au sens d’un signe (siman), etc. ; alors l’Assemblée d’Israël est appelée Sion, etc.
Leur accomplissement matériel n’est que tsiyoun, un signe ou un marqueur de cette réalité supérieure. Par lui, l’Assemblée d’Israël est appelée Sion.
והיינו שאז כנס״י [כנסת ישראל] מקבלת כל האורות שלמעלה ממש הנמשכים בז״א [בזעיר אנפין] בבחי׳ י סוד שלה הנק׳ נקודת ציון
C’est-à-dire qu’alors l’Assemblée d’Israël reçoit toutes les lumières qui sont véritablement au-dessus, lesquelles sont attirées dans Zeir Anpin, au niveau de son Yessod (fondement), appelé « le point de Sion ».
L’Assemblée d’Israël reçoit alors toutes les lumières supérieures attirées dans Zeir Anpin, dans son Yessod, appelé « le point de Sion ».
וזהו ולאמר לציון עמי אתה שאזי דוקא כשנקרא ציון ע״י קיום תורה ועבודה וגמ״ח [וגמילות חסדים]. אזי הם בחי׳ עמי.4546474849505152535455565758
Et c’est là le sens de « et dire à Sion : “Tu es Mon peuple” » : car alors seulement, lorsqu’ils sont appelés Sion par l’accomplissement de la Torah, du service divin et des actes de bonté, ils sont au niveau de « Mon peuple ».
Ainsi, « Tu es Mon peuple » est dit à Israël précisément lorsqu’ils sont appelés Sion, par la Torah, le service divin et les actes de bonté. Ils sont alors au niveau de « Mon peuple ».
La troisième section oppose l’état présent, où l’âme a besoin de l’« eau » et de l’« esprit » attirés d’en haut, au monde futur, où le désir ardent propre à l’âme, l’éveil d’en bas, les dépassera. Ainsi, le « nombre » compté — les mitsvot dénombrées — devient « ce qui ne peut être compté » : par la techouva, qui se situe au-delà de l’hichtalchelout. Le maamar commence ensuite à expliquer la seconde partie de son verset : « Mon peuple » et « Tsion ».
Les renversements du monde futur — la terre au-dessus de l’eau, le féminin qui englobe le masculin, Ban (Mal’hout) s’élevant en Sag au-dessus de Mah (Zeir Anpin) — expriment tous une même idée : celui qui reçoit dépassera celui qui donne, et l’éveil d’en bas dépassera l’éveil d’en haut. Les notes de Kehot renvoient aux Biouré HaZohar du Tséma’h Tsédek, qui examinent comment l’air peut être considéré comme supérieur au feu alors que le Etz ‘Haïm affirme que le feu est supérieur, ainsi qu’au Pardes Rimonim pour le nombre de 620.
Maré mekomot
- 1ונחה עליו רוח ה׳ · שם יא, ב.
- 2ואת רוח הטומאה אעביר · Zechariah 13:2
- 3כמעלת הזהב על הכסף · Tanya, Likkutei Amarim 50:2–3
- 4והוא בלק״ת ביחזקאל · Song of Songs 8:3
- 5מסט׳ דעלמא דאתי · Zohar, Terumah 54:575–585
- 6ב״ן יתעלה בס״ג שלמעלה ממ״ה · וע״ל רד״ה אם בחקותי הב׳ [מז, ג]. [כ].
- 7בד״ה יהודה אתה · תו״א מה, ב.
- 8ביום ההוא תקראי אישי · Hosea 2:18
- 9תרי״ג מצות · מכות בסופה.
- 10תרי״ג מצות דאורייתא · Makkot 23b
- 11וז׳ מצות דרבנן · ראה לקוטי שיחות חכ״א ע׳ 401.
- 12תרי״ג . . תר״ך · פרדס ש״ח, פ״ג.
- 13פקוד כל בכור זכר · Numbers 3:40
- 14כרשפי אש · Song of Songs 8:6
- 15
- 16אם ישראל עושין תשובה נגאלין · Sanhedrin 97b:14–15
- 17ויצעקו אל ה׳ · Psalms 107:6
- 18בינה ליבא · ת״ז בהקדמה (פתח אלי׳).
- 19בינה לבא · Tikkunei Zohar 17a:17–19
- 20ולתבונתו אין מספר · Psalms 147:5
- 21רמ״ח אברים דמלכא · ראה ת״ז ת״ל.
- 22ט״ס טפ״ט · #ERROR!
- 23סד״ה כי ההרים ימושו · לקו״ת תצא מא, ב. דשם מבאר דבע״ת ע״י שמעורר רחמים גדולים הוא מבחי׳ י״ג ת״ד דא״א שהוא אורות שלמעלה מהכלים ומשם נמשך האור שלא כסדר ההשתלשלות ע״ש.
- 24שהחול הוא למעלה מן הים · ראה אוה״ת ויקרא-א ע׳ קכט.
- 25אשר שמתי חול · Jeremiah 5:22
- 26יורדי הים · Psalms 107:23
- 27לרוקע הארץ על המים · שם קלו, ו.
- 28לרוקע הארץ על המים · Psalms 136:6
- 29סי׳ ל״א · פסוק כא.
- 30כי ברא ה׳ חדשה בארץ נקבה תסובב גבר · Jeremiah 31:22
- 31כאשר ירד הגשם · Isaiah 55:10
- 32והי׳ במקום אשר יאמר · Hosea 2:1
- 33
- 34זדונות נעשו כזכיות · Yoma 86b:3
- 35ואתהפכא מרירו למתקא · Zohar I, 4a
- 36ואשים דברי בפיך · Isaiah 51:16
- 37בד״ה ואתם נצבים · לקו״ת נצבים מד סע״ד. באוה״ת דברים-ו ע׳ ב׳ת.
- 38אין מלך בלא עם · ס׳ החיים פ׳ גאולה פ״ב. בחיי וישב לח, ל. עמק המלך ש׳ שעשועי המלך רפ״א. פדר״א (פ״ג). [כ].
- 39כי אין מלך בלא עם · Rabbeinu Bahya, Bereshit 38:30
- 40עלו במחשבה · Bereshit Rabbah 1:4
- 41עמי אשר נקרא שמי עליהם · II Chronicles 7:14
- 42ולאמר לציון עמי אתה אל תקרי עמי אלא עמי · Zohar, Introduction 11:64–12:74
- 43
- 44בצלמנו כדמותנו · Genesis 1:26
- 45רוח ממללא · Genesis 2:7
- 46כל היושב ושונה · ראה תדא״ר רפי״ח. יל״ש איכה רמז תתרלד.
- 47ורוח אלקים מרחפת · Genesis 1:2
- 48סד״ה והניף ידו · לעיל צו יז, א.
- 49עד יערה עלינו רוח ממרום · Isaiah 32:15
- 50שהרוח יורד ממקום עליון וגבוה מאד · ראה ביאה״ז להצ״צ-ב ע׳ תתקמ שלכאורה הוא נגד מ״ש בע״ח בסופו דאש גבוה מרוח ע״ש.
- 51דאורייתא מחכמה נפקת · Zohar II, 85a
- 52והחכמה מאין תמצא · Job 28:12
- 53בפ׳ מקץ סד״ה מזוזה מימין · תו״א מג, ב. בביאה״ז להצ״צ שם מציין גם לתו״א זה ומוסיף ”ועמ״ש בביאור דמזוזה מימין בסגנון אחר דאף שרוח למטה מאש מ״מ שרשו גבוה יותר ולכן האויר דק יותר מהאש כו׳” ע״ש.
- 54ע״פ פקודי המשכן · לעיל פ׳ פקודי ג, ג ואילך.
- 55גם את העולם נתן · Ecclesiastes 3:11
- 56זה שמי לעלם · Exodus 3:15
- 57לא כמו שאני נכתב · Pesachim 50a:21–22
- 58וזהו יהי׳ . . היינו בחי׳ מצות... · ראה אוה״ת נ״ך-א ע׳ תכז.
- 59וגם נק׳ מצות המלך · ראה הערת כ״ק אדמו״ר בסה״מ ת״ש, ע׳ 48.
- 60ואני אהי׳ לה נאום ה׳ · Zechariah 2:9
10והיינו אנשים כמותו שהרי הם מצויינים ברמ״ח איברין דמלכא ממש. משא״כ כשפוגמים בביטול מ״ע [מצות עשה] וכ״ש [וכל שכן] בעברם על ל״ת [לא תעשה] נאמר לא עמי אתם1.2
C’est-à-dire des « hommes comme Lui », car ils sont marqués jusque dans les 248 membres du Roi. En revanche, lorsqu’ils causent une atteinte en négligeant les commandements positifs, et à plus forte raison lorsqu’ils transgressent les interdits, il est dit : « Vous n’êtes pas Mon peuple »,
Par les mitsvot, Israël est marqué jusque dans les 248 membres du Roi ; ainsi, ils sont des « hommes comme Lui », Son peuple. Lorsqu’ils portent atteinte à cela en négligeant les commandements positifs, et plus encore en transgressant les interdits, le verset dit : « Vous n’êtes pas Mon peuple. »
מטעם הנ״ל כי פי׳ עמי שהם אנשים כמותו כו׳ וזה אינו רק ע״י קיום המצות שהם בחי׳ בצלמנו כדמותנו3 כנ״ל וכשעובר ח״ו [חס ושלום] על המצוה נקרא לא עמי כו׳
pour la raison mentionnée plus haut : le sens de « Mon peuple » est qu’ils sont des hommes comme Lui, etc., ce qui n’est possible qu’en accomplissant les mitsvot, qui relèvent du niveau de « à notre image, selon notre ressemblance », comme indiqué plus haut ; et lorsqu’on transgresse, à D.ieu ne plaise, un commandement, on est appelé « pas Mon peuple », etc.,
La raison est celle donnée plus haut : être « Son peuple », c’est ressembler dans une certaine mesure au Roi. Cela ne s’obtient que par les mitsvot, l’« image et la ressemblance » ; celui qui transgresse est donc appelé « pas Mon peuple ».
ח״ו [חס ושלום]. אך ע״י התשובה נעשו בבחי׳ בני אל חי. שהוא יותר גבוה ממדרגת עמי כו׳.
à D.ieu ne plaise. Mais, par la techouva (retour), ils accèdent au niveau des « enfants du D.ieu vivant », qui est supérieur au rang de « Mon peuple », etc.
La techouva les élève cependant au niveau des « enfants du D.ieu vivant ». Ce niveau est supérieur à celui de « Mon peuple ».
ועמ״ש בפי׳ אל חי בד״ה וארשתיך לי4 כי במקום שבעלי תשובה עומדים כו׳ וזהו במקום אשר כו׳.
Et voyez ce qui est écrit au sujet du sens de « le D.ieu vivant » dans le discours commençant par « Et Je te fiancerai à Moi ». Car « là où se tiennent les baalei techouva », etc. ; et c’est là le sens de « au lieu où », etc.
Le sens de « le D.ieu vivant » est expliqué dans le discours sur « Et Je te fiancerai à Moi ». L’enseignement des Sages selon lequel les justes parfaits ne peuvent se tenir « là où se tiennent les baalei techouva » explique pourquoi le verset dit « au lieu où ».
(ועיין מענין והיה במקום כו׳ בגמרא קדושין דל״ו ע״א ובפרש״י [ובפירש רש״י / ובפירוש רש״י] שם ובמדרש שמות רבה מפסוק זה ויקהל ס״פ מ״ח. וארא ר״פ י״ג כי תשא פל״ט. במדבר רבה פ׳ ב׳ וס״פ בלק).
(Et voyez, au sujet de « Et il arrivera qu’au lieu où », etc., la Guemara, Kiddushin, folio 36a, et le commentaire de Rachi à cet endroit ; ainsi que le Midrash, Shemos Rabbah, sur ce verset : Vayakhel, fin du chapitre 48 ; Va’era, début du chapitre 13 ; Ki Sisa, chapitre 39 ; [et] Bamidbar Rabbah, chapitre 2, et la fin de Balak.)
La parenthèse énumère des discussions talmudiques et midrachiques sur ce verset, notamment la Guemara dans Kiddushin, où Rabbi Meïr enseigne qu’Israël est appelé enfant de D.ieu en toute circonstance.
Et c’est là le sens de « afin que [l’homme] ne trouve pas », etc., « du début à la fin » : il n’y aura ni début ni fin, car le haut et le bas seront égaux, « l’obscurité est comme la lumière »,
Cela explique aussi la fin du verset de Kohelet, « afin que l’homme ne trouve pas… du début à la fin » : dans l’avenir, il n’y aura ni « début » ni « fin », ni supérieur ni inférieur. Comme le dit le psaume : « l’obscurité est comme la lumière ».
כי בבחי׳ א״ס [אין סוף] ואין מספר לא שייך מעלה ומטה כי הוא למעלה מעלה מבחינת השתלשלות ממדרגה למדרגה.78
car, au niveau de l’Infini (Ein Sof), qui est « sans nombre », les notions de supérieur et d’inférieur ne s’appliquent pas, puisque ce niveau est très au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), de degré en degré.
Au niveau de l’Infini, qui est au-delà du nombre, la distinction entre supérieur et inférieur ne s’applique pas. Ce niveau est très au-dessus de l’hichtalchelout, la descente de degré en degré.
Le paragraphe explique les deux appellations du verset : Israël est « Mon peuple » par les mitsvot, perd ce nom par la faute et, par la techouva, devient « les enfants du D.ieu vivant », un niveau supérieur. Il explique ensuite la fin du verset de Kohelet, « du début à la fin », comme l’égalité future du haut et du bas.
Cela répond à la question soulevée au début du maamar au sujet de « afin que l’homme ne trouve pas… du début à la fin » : le niveau infini auquel on accède par la techouva ne comporte ni « début » ni « fin », ni degrés supérieurs et inférieurs.
Maré mekomot
- 1
- 2לא עמי אתם · Hosea 2:1
- 3בצלמנו כדמותנו · Genesis 1:26
- 4בד״ה וארשתיך לי · לקמן ח, ג.
- 5מבלי אשר לא ימצא · Ecclesiastes 3:11
- 6כחשכה כאורה · Psalms 139:12
- 7במקום שבע״ת עומדים · Berakhot 34b:22–23
- 8
11וזהו איש מזריע תחלה1 יולדת נקבה דהיינו שמה שצריך להיות ע״י אתערותא דלעילא תחלה בזמן שאין בהמ״ק [בית המקדש] קיים ע״י זה צריך להיות בחי׳ מספר וצמצום בחי׳ נקבה ודין.
Et c’est là le sens de : « Lorsque l’homme sème d’abord, [la femme] enfante une fille » : autrement dit, à une époque où le Temple n’est pas debout, puisque l’éveil doit d’abord venir d’en haut (isarusa dile’eila), il faut alors qu’il y ait le niveau du nombre et de la contraction (tsimtsoum), le niveau du féminin et du jugement.
Le Talmud enseigne que lorsque l’homme « sème d’abord », une fille naît. Appliqué ici : lorsque le mouvement doit commencer d’en haut, comme à l’époque où le Temple n’existe pas, il en résulte le niveau « féminin » du nombre, de la contraction et du jugement.
וזהו שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] בת קול שמנהמת כיונה ואומרת2 אוי לבנים כו׳ כנזכר בגמרא רפ״ק [ריש פרק קמא] דברכות.3
Et c’est là ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : une voix céleste (bat kol) gémit comme une colombe et dit : « Malheur aux enfants », etc., comme il est mentionné dans la Guemara, au début du premier chapitre de Berakhot.
C’est pourquoi les Sages décrivent la voix céleste qui se fait entendre dans les ruines comme « gémissant comme une colombe » et se lamentant : « Malheur aux enfants ». La voix qui se fait entendre à cette époque porte la qualité du jugement.
Ce paragraphe introduit une nouvelle image de la situation présente : lorsque l’éveil vient d’abord d’en haut, il en résulte le « féminin », le niveau du nombre et du jugement.
Maré mekomot
- 1איש מזריע תחלה · Berakhot 60a:14
- 2בת קול שמנהמת כיונה ואומרת אוי לבנים · Berakhot 3a:14
- 3רפ״ק דברכות · ג, א.
12ופ״ב [ופרק ב׳] דחגיגה1 יצתה בת קול ואמרה שובו בנים2 שובבים. וזהו מ״ש בזהר ענין הכרוזין שמלמעלה והם נמשכים מבחי׳ יג״מ [י״ג מדות] הרחמים לעורר בתשובה. ועמ״ש ע״פ אדם כי יקריב3 מכם.
Et au chapitre 2 de ‘Haguiga : « Une voix céleste se fit entendre et dit : “Revenez, enfants rebelles !” » C’est ce qui est écrit dans le Zohar au sujet des proclamations d’en haut, qui émanent du niveau des Treize Attributs de Miséricorde afin d’éveiller [les hommes] à la techouva. Voyez aussi ce qui est écrit à propos du verset : « Lorsqu’un homme d’entre vous apporte une offrande. »
Le Talmud rapporte qu’une voix céleste appelle : « Revenez, enfants rebelles ! » Le Zohar parle de proclamations d’en haut, émanant des Treize Attributs de Miséricorde, afin d’éveiller les hommes à la techouva. Le discours sur « Lorsqu’un homme d’entre vous apporte une offrande » explique cela plus avant.
אך לפי שהתעוררות זו נמשך מבחי׳ אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] לבד איש מזריע תחלה ע״כ [על כן] יולדת נקבה היינו בחינה הנק׳ בת קול שהוא התולדה מבחי׳ קול העליון.
Mais puisque cet éveil émane uniquement du niveau d’un éveil d’en haut, « l’homme sème d’abord », et c’est pourquoi « elle donne naissance à une femelle » : il s’agit du niveau appelé bat kol (« fille d’une voix »), qui est le produit du niveau de la voix supérieure.
Puisque cet éveil vient d’en haut seul, « l’homme sème d’abord », et le résultat est « femelle » : la bat kol, littéralement « fille d’une voix », le produit de la voix supérieure.
והוא בבחי׳ גבורות וע״כ [ועל כן] נקרא בת. ועיין בעה״כ [בערכי הכינויים] בפרדס ערך בת (ועיין בתוספות פ״ק [פרק קמא] דסנהדרין די״א ע״א ד״ה בת קול. ובתוי״ט [ובתוספות יום טוב] פרק בתרא דיבמות מ״ו ד״ה בת קול. וברש״י [וברבי שלמה יצחקי] פ״ז [פרק ז׳] דסוטה דל״ג ע״א)
Elle relève du niveau des Guevourot (rigueurs), et c’est pourquoi on l’appelle bat (« fille »). Voyez Erchei HaKinuyim, dans le Pardes, entrée Bat. (Voyez aussi Tosafot, premier chapitre de Sanhédrin, folio 11a, passage commençant par « Bat kol » ; Tosafot Yom Tov, dernier chapitre de Yevamot, Michna 6, passage commençant par « Bat kol » ; et Rachi, chapitre 7 de Sota, folio 33a.)
Elle relève du niveau des Guevourot, les rigueurs ; c’est pourquoi on l’appelle « fille ». La parenthèse renvoie à des discussions kabbalistiques et talmudiques sur la bat kol.
ולכן דינים שולטים בזמן שאין בהמ״ק [בית המקדש] קיים, אבל לעתיד לבא אשה מזרעת תחלה מלמטה למעלה בלא אתערותא דלעילא ולכן יולדת זכר בחי׳ חסדים להיות זכר חסדו4 וכו׳.
C’est pourquoi les jugements (dinim) prévalent à l’époque où le Temple n’est pas debout. Mais dans les temps futurs, « la femme sème d’abord », de bas en haut, sans éveil d’en haut ; c’est pourquoi « elle donne naissance à un mâle », le niveau des ‘Hassadim (bontés), afin que se réalise : « Il s’est souvenu (zachar) de Sa bonté », etc.
C’est pourquoi les jugements prévalent tant que le Temple n’est pas debout. À l’avenir, l’éveil viendra d’abord d’en bas : « la femme sème d’abord », et le résultat sera « mâle », les ‘Hassadim, comme dans « Il s’est souvenu (zachar) de Sa bonté ».
(עוי״ל [עוד יש לומר] במעלת ומדרגת התשובה כנודע דבתשובה נאמר לפני הוי׳ תטהרו שנמשך מלמעלה מבחי׳ שם הוי׳. והענין כי שם הוי׳ זהו נמשך ע״י ד״י [ד׳ יסודות] שבנפש רוח אש מים עפר כנ״ל.
(On peut encore expliquer [cela] à partir de la vertu et du niveau de la techouva, comme on le sait : au sujet de la techouva, il est dit : « Devant Havaya, vous serez purifiés », car elle émane d’en haut, au-delà du niveau du Nom Havaya. Voici l’explication : le Nom Havaya est suscité par les quatre éléments de l’âme — l’air (roua’h), le feu, l’eau et la terre — comme mentionné précédemment.
On peut proposer une autre explication à partir de la grandeur de la techouva : au sujet de Yom Kippour, il est dit : « Devant Havaya, vous serez purifiés », à partir d’un niveau au-delà du Nom Havaya. Le Nom Havaya lui-même est attiré par les quatre éléments de l’âme.
אך לפני הוי׳ למעלה מד״י [מד׳ יסודות] זהו מ״ש בע״ח [בעץ חיים] שמ״א פ״ג [פרק ג׳] ענין הבחי׳ שלמעלה מד״י [מד׳ יסודות] הכולל ד״י [ד׳ יסודות] בכח ולא בפועל כו׳ והוא מקורן ושרשן ולכן ע״י התשובה נשלם הפגמים שבד״י [שבד׳ יסודות] כו׳.
Mais « devant Havaya », au-dessus des quatre éléments, correspond à ce qui est écrit dans Etz Chaim, Sha’ar 41, chapitre 3 : il existe un niveau supérieur aux quatre éléments, qui les contient en puissance, mais non en acte, etc. Il est leur source et leur racine ; c’est pourquoi la techouva répare les défauts des quatre éléments, etc.
« Devant Havaya » se situe au-dessus des quatre éléments : Etz Chaim décrit un niveau qui les contient en puissance, comme leur source et leur racine. C’est pourquoi la techouva peut réparer leurs défauts.
וזהו ממש בחי׳ אשר לא יספר כי בתורה ומצות נאמר את מספר ימיך אמלא5 ע״ד [על דרך] ואברהם זקן בא בימים6 כו׳ כמשנ״ת [כמו שנתבאר] בפ׳ משפטים,
C’est là véritablement le niveau de « ce qui ne peut être compté ». Car, au sujet de la Torah et des mitsvot, il est dit : « Je remplirai le nombre de tes jours », comme dans « Avraham était âgé, avancé en jours », etc., ainsi qu’il a été expliqué dans la paracha Michpatim ;
C’est le niveau de « ce qui ne peut être compté ». La Torah et les mitsvot se mesurent dans le temps : « Je remplirai le nombre de tes jours », comme Avraham qui était « avancé en jours ».
אבל בע״ת [בעלי תשובה] אפלו בשעתא חדא ביומא חדא ברגעא חדא7 כו׳ קריבין לגבי קוב״ה [קודשא בריך הוא] מה דלא הוה הכי אפילו לצדיקים גמורים כמ״ש בזהר פרשה חיי שרה דקכ״ט ובגמרא יש קונה עולמו8 בשעה אחת כו׳
mais les baalei techouva, même en une heure, en un jour, en un instant, etc., se rapprochent du Saint béni soit-Il, ce qui n’est pas le cas même des justes parfaits, comme il est écrit dans le Zohar, paracha ‘Hayé Sarah, folio 129 ; et dans la Guemara : « Il en est un qui acquiert son monde en une seule heure », etc.
En revanche, les baalei techouva peuvent se rapprocher de D.ieu en un seul instant, ce que ne font même pas les justes parfaits, comme le dit le Zohar. Le Talmud dit également que l’on peut acquérir son monde en une seule heure.
והיינו מפני שממשיך מבחי׳ שלמעלה מגדר מספר כנ״ל, וזהו ג״כ פי׳ את העלם נתן בלבם זה שמי לעלם כו׳ כי
Cela tient au fait qu’il puise au niveau qui dépasse les limites du nombre, comme indiqué plus haut. C’est aussi le sens de « Il a placé ha’olam dans leur cœur » : « C’est là Mon Nom le’olam », etc. Car
Cela s’explique par le fait que la techouva puise au niveau qui dépasse le nombre. Cela éclaire aussi « Il a placé ha’olam dans leur cœur », en lien avec « C’est là Mon Nom le’olam ».
הנה גבי יג״מ [י״ג מדות] הרחמים כתיב ויקרא9 הוי׳ הוי׳ ופסיק טעמא10 בגווייהו ועמ״ש בת״א [בתורה אור] פרשה בשלח בד״ה וירא ישראל כו׳ ובחי׳ שם הוי׳ שלמעלה מהשתלשלות זהו ענין זה שמי לעלם שהוא בבחי׳ העלם
au sujet des Treize Attributs de miséricorde, il est écrit : « Et Il proclama : Havaya, Havaya », avec une pause entre les deux (voir aussi ce qui est écrit dans Torah Ohr, Parachat Bechala’h, dans le discours commençant par « Et Israël vit », etc.). Le niveau du Nom Havaya qui est au-dessus de l’hichtalchelout correspond à « C’est là Mon Nom le’olam », qui se trouve dans un état de dissimulation (he’elem).
Dans les Treize Attributs de miséricorde, le verset dit « Havaya, Havaya », avec une pause entre les deux Noms, ce qui indique deux niveaux du Nom. Le niveau de Havaya qui est au-dessus de l’hichtalchelout est « C’est là Mon Nom le’olam », le Nom caché.
וגם את ההעלם הזה נתן בלבם הכח להמשיכו מההעלם אל הגילוי ע״י התשובה והיינו ע״י כי בהלב יש ג״כ בחי׳ תעלומות לב11 שהוא פנימית נקודת הלב שלמעלה מהשכל כמ״ש בד״ה ביום השמיני שלח.
Et Il a également placé dans leur cœur cette dissimulation : le pouvoir de la faire passer de la dissimulation à la révélation par la techouva. Cela se fait parce que le cœur possède lui aussi le niveau des « profondeurs cachées du cœur » (ta’aloumôt lev), qui est la dimension intérieure (pnimiyout) du point du cœur, au-dessus de l’intellect, comme cela est expliqué dans le discours commençant par « Le huitième jour, il envoya ».
Ce Nom caché est lui aussi « placé dans leur cœur » : les Juifs ont le pouvoir de le révéler par la techouva. Ce pouvoir réside dans les « profondeurs cachées du cœur », le point le plus intérieur du cœur, qui se situe au-dessus de l’intellect.
וזהו ענין התשובה ממעמקים קראתיך12 מעומקא דליבא וע״י גילוי תעלומות לב ממשיכים גילוי בחי׳ זה שמי לעלם כו׳ להיות שמיה רבא מברך13 לעלם ולעלמי עלמיא).
Voilà le sens de la techouva : « Des profondeurs, je T’ai appelé », depuis les profondeurs du cœur. En révélant les profondeurs cachées du cœur, on fait descendre la révélation du niveau de « C’est là Mon Nom le’olam », etc., afin que « Que Son grand Nom soit béni à jamais (le’alam) et pour toute l’éternité ».
La techouva consiste donc à dire : « Des profondeurs, je T’ai appelé », depuis les profondeurs du cœur. La révélation de ces profondeurs cachées fait descendre le Nom caché, afin que « Son grand Nom soit béni le’alam », au grand jour.
Alors, « les enfants de Yehouda et les enfants d’Israël seront rassemblés ensemble ». Le sens est que Yehouda vient de l’expression « Cette fois, je remercierai (odeh) », qui représente le mouvement d’en bas
Alors, « les enfants de Yehouda et les enfants d’Israël seront rassemblés ensemble ». Yehouda, dont le nom vient de « Cette fois, je remercierai », représente le mouvement d’en bas vers le haut.
למעלה16 וישראל בחי׳ שמלמעלה למטה ונקבצו יחדיו שיהיה הכל ביחד ושמו להם ראש אחד שעכשיו הם שני בחי׳ יחוד יחודא עילאה ויחודא תתאה.
vers le haut, tandis qu’Israël représente le niveau qui va d’en haut vers le bas. « Ils seront rassemblés ensemble » : tout sera réuni, et « ils se donneront un seul chef ». Car, à présent, il existe deux niveaux d’unité : l’unité supérieure (yi’houda ila’a) et l’unité inférieure (yi’houda tata’a),
Israël représente le mouvement d’en haut vers le bas. À présent, ces deux unités sont distinctes, l’unité supérieure et l’unité inférieure ; à l’avenir, elles seront rassemblées sous « un seul chef ».
וכענין שנאמר כי לא מחשבותי מחשבותיכם17 שמלמעלה למטה כל מה שלמטה מטה הוא כאין ואפס לגבי העליון ממנו וממטה למעלה הוא בהיפך משא״כ לעת״ל [לעתיד לבוא] יהיה ראש אחד
comme il est dit : « Car Mes pensées ne sont pas vos pensées » : d’en haut vers le bas, tout ce qui est inférieur est comme néant et nul par rapport à ce qui lui est supérieur ; d’en bas vers le haut, c’est l’inverse. Mais, dans le Temps futur, il y aura « un seul chef »,
Du point de vue d’en haut, chaque niveau inférieur est comme rien devant celui qui le surpasse ; du point de vue d’en bas, c’est l’inverse, comme dans « Mes pensées ne sont pas vos pensées ». Dans le Temps futur, il y aura « un seul chef ».
c’est-à-dire qu’ils seront « un avec Un » (voir aussi ce qui est écrit sur [le verset] « Et Yehouda s’approcha de lui »). « Car grand est le jour de Yizre’el. » Yizre’el signifie l’ensemencement (zeri’a) de Kel,
Alors, ils seront « un avec Un ». « Grand est le jour de Yizre’el » : Yizre’el se comprend comme zeri’at Kel, « l’ensemencement de Kel ».
כי חסד נקרא בשם אל והיינו הצדקה וחסד שעושין למטה שנזרע בארץ שמטמינים אותו בעפר.22
car le 'Hessed (bonté) est désigné par le Nom Kel ; c’est-à-dire la tsédaka et la bonté que l’on pratique ici-bas, qui sont semées dans la terre, en les enfouissant dans le sol.
Kel est le Nom associé au 'Hessed ; « semer Kel » désigne donc la tsédaka et la bonté pratiquées ici-bas. Comme des graines enfouies dans le sol, elles restent pour l’instant cachées.
וכך כל המצות הם נזרעו ונתלבשו בלבושים גשמיים ולעתיד לבוא הארץ תוציא צמחה23 יהי׳ [יהיה] מצמיח ישועות24
De même, toutes les mitsvot ont été semées et revêtues d’habits matériels ; et, dans les Temps futurs, « la terre fera pousser sa récolte » : « Il fera germer des délivrances »,
Toutes les mitsvot sont comme des graines semées dans des habits matériels. Dans les Temps futurs, « la terre fera pousser sa récolte », et D.ieu « fera germer des délivrances » à partir d’elles.
כי קרובה ישועתי25 לבוא ועי״ז נעשה הכל בחי׳ יום שלא יהיה ב׳ בחי׳ אור וחשך רק לעת ערב26 יהי׳ [יהיה] אור. וזהו כי גדול יום מאחר שנעשה הכל בחי׳ יום וכו׳:27
car « Mon salut est proche de venir ». Par cela, tout devient du niveau du « jour », si bien qu’il n’y aura plus deux niveaux, la lumière et l’obscurité, mais « au temps du soir, il y aura de la lumière ». C’est là le sens de « car le jour est grand » : puisque tout est devenu du niveau du « jour », etc.
Alors, tout sera « jour », sans division entre la lumière et l’obscurité : « au temps du soir, il y aura de la lumière ». C’est là le sens de « le jour de Yizre’el est grand ».
Ce paragraphe oppose la voix céleste de l’exil, qui vient d’en haut seul et est « femelle », associée au jugement, à l’éveil futur venu d’en bas, qui apporte le « mâle », associé à la bonté. Il explique comment la techouva atteint un niveau au-delà du dénombrement et révèle le Nom caché, puis conclut par la promesse du verset : Yehouda et Israël réunis sous une seule tête, et les semences des mitsvot qui germent au grand « jour de Yizre’el ».
Les deux directions du service, de bas en haut (Yehouda, la gratitude) et de haut en bas (Israël), correspondent aux unités inférieure et supérieure évoquées précédemment. La note de Kehot cite l’explication du Mitteler Rebbe selon laquelle « l’ensemencement de Kel » est l’ensemencement des ‘Hassadim supérieurs du Zeir Anpin d’Atsilout dans Mal’hout, les âmes d’Israël.
Maré mekomot
- 1ופ״ב דחגיגה · טו, א.
- 2
- 3ע״פ אדם כי יקריב · לקו״ת ויקרא ב, ג.
- 4זכר חסדו · Psalms 98:3
- 5את מספר ימיך אמלא · Exodus 23:26
- 6ואברהם זקן בא בימים · Genesis 24:1
- 7בשעתא חדא ביומא חדא ברגעא חדא · Zohar, Chayei Sara 15:114–16:121
- 8יש קונה עולמו · Avodah Zarah 10b:15–16
- 9ויקרא ה׳ ה׳ · Exodus 34:6
- 10הוי׳ הוי׳ ופסיק טעמא · זח״ג (קלח, א. רפט, ב). [כ].
- 11תעלומות לב · Psalms 44:22
- 12ממעמקים קראתיך · Psalms 130:1
- 13שמי׳ רבא מברך · Berakhot 3a:6
- 14ונקבצו בני יהודא · Hosea 2:2
- 15הפעם אודה · Genesis 29:35
- 16שהוא בחי׳ ממטה למעלה · נתבאר בד״ה ויגש אליו יהודה — תשכ״ה (נ׳ בקונטרס ה׳ טבת תשנ״א).
- 17כי לא מחשבותי מחשבותיכם · Isaiah 55:8
- 18למהוי אחד באחד · Zohar II, 135a
- 19ע״פ ויגש אליו יהודה · תו״א מד, ב.
- 20כי גדול יום יזרעאל · Hosea 2:2
- 21פי׳ יזרעאל זריעת א-ל כי חסד נקרא בשם א-ל · ומבאר כ״ק אדה״א במדבר-א ע׳ קיז ”דחסדים עליונים שהוא א-ל מאלקי׳ . . . שנזרעו חסדים עליונים דז״א דאצי׳ במל׳ שהן בנ״י למעלה ולמטה והוא בחי׳ זריעת אור דנש״י בבטן המל׳”.
- 22שמטמינים אותו בעפר · ”שמצמיח ויעשה פרי למעלה בתוס׳ ברכה מרובה” — מאמרי אדה״א במדבר ע׳ קיח. ובסה״מ תקס״ה-ב ע׳ תקפח מוסיף ”(כענין ברכת יצחק במאה שערים כו׳)”.
- 23הארץ תוציא צמחה · Isaiah 61:11
- 24מצמיח ישועות · ברכת יוצר.
- 25כי קרובה ישועתי · Isaiah 56:1
- 26לעת ערב יהי׳ אור · Zechariah 14:7
- 27לפני ה׳ תטהרו · Leviticus 16:30
13קיצור. שכל זה עכשיו ההמשכות מים ורוח גבוה מההעלאה דארץ ואש. אבל לע״ל [לעתיד לבוא] תהיה מעלת האתעדל״ת [האתערותא דלתתא] גבוה מצד עצמה והיה אור הלבנה כאור החמה1 שוין בקומתן.2
Résumé. Tout cela est donc valable maintenant : les émanations d’eau et d’esprit sont supérieures à l’élévation de la terre et du feu. Mais, dans le Temps futur, la valeur de l’éveil d’en bas (isarusa dilesata) sera grande par elle-même, et « la lumière de la lune sera comme la lumière du soleil », égales en stature.
Résumé de la troisième section : à présent, l’« eau » et l’« esprit » attirés d’en haut sont supérieurs à l’élévation de la « terre » et du « feu » venant d’en bas, mais, dans le futur, l’éveil d’en bas sera grand par lui-même. Alors, « la lumière de la lune sera comme la lumière du soleil » : les deux seront égales en stature, comme le dit le Talmud au sujet de leur état lors de la création.
ובחינת מספר בני ישראל המצות יהיה בבחי׳ אשר לא יספר3 ע״ד [על דרך] ולתבונתו אין מספר.4 והיינו על ידי התשובה.
Et le niveau du « nombre des enfants d’Israël », les mitsvot, sera celui de « ce qui ne peut être compté », à la manière de « son intelligence est sans nombre ». Cela se réalise par la techouva (retour).
Le « nombre des enfants d’Israël », qui désigne les mitsvot comptées, deviendra incalculable, comme « son intelligence est sans nombre ». Cela se réalise par la techouva.
וזהו והיה במקום כו׳. וזהו מבלי אשר כו׳ אשה מזרעת תחלה5 אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] ונקבצו כו׳ כי גדול יום6 כו׳:
Et c’est là le sens de « Et il arrivera qu’à l’endroit », etc. Et c’est là le sens de « afin que… ne… », etc. ; « la femme sème d’abord », c’est l’éveil d’en bas ; « et ils seront rassemblés », etc., « car grand est le jour », etc.
Cela explique « à l’endroit où il est dit… », la fin du verset de Kohelet, « afin que l’homme ne trouve pas… », « la femme sème d’abord » et « ils seront rassemblés… car grand est le jour de Yizre’el.
Bref résumé de la troisième section du maamar.
Maré mekomot
- 1והי׳ אור הלבנה כאור החמה · Isaiah 30:26
- 2שוין בקומתן · Chullin 60b
- 3אשר לא יספר · Hosea 2:1
- 4ולתבונתו אין מספר · Psalms 147:5
- 5אשה מזרעת תחלה · Berakhot 60a:14
- 6כי גדול יום · Hosea 2:2
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Le maamar tire sa leçon dans les deuxième et troisième sections : puisque le corps et le monde dissimulent l’aspiration de l’âme, l’homme doit attirer sur lui la « visite » de D.ieu par les mitsvot, mettre le talit et les tefillin avant la prière, et s’investir chaque jour dans la prière afin que l’amour et la crainte cachés naissent et se révèlent dans le cœur ; il doit aussi prononcer des paroles de Torah afin que « l’esprit de Havaya » repose sur lui. La techouva qui vient du plus profond du cœur atteint un niveau supérieur à tout nombre et peut transformer le lieu même de l’éloignement en proximité.
Questions à discuter
- Pourquoi la Mal’hout, parmi tous les attributs divins, est-elle la source des mondes et des âmes, et pourquoi est-elle appelée « terre » ?
- En quoi les mitsvot (« eau ») et la Torah (« esprit ») diffèrent-elles quant à ce qu’elles attirent dans l’âme ?
- Que signifie le fait que chaque prière soit une « naissance » de l’amour et de la crainte, et pourquoi les mitsvot du talit et des tefillin sont-elles accomplies avant elle ?
- Pourquoi l’éveil d’en bas sera-t-il plus élevé que l’éveil d’en haut dans les Temps futurs, et comment le sable au-dessus de la mer ainsi que « une femme enveloppera un homme » expriment-ils cela ?
- Comment la techouva peut-elle transformer un « nombre » dénombré en un nombre « impossible à dénombrer », et « pas Mon peuple » en « enfants du D.ieu vivant », au lieu même où ils se trouvaient ?