Likkutei Torah · Parshas Bamidbar · Maamar 5
להבין ביאור הדברים הנ״ל בענין במדבר סיני באהל מועד כו׳
Comprendre l’explication des éléments ci-dessus concernant « dans le désert du Sinaï »
L’idée centrale
Le désert du Sinaï et la Tente d’Assignation représentent deux étapes de Mal'hout d’Atsilout : le désert du Sinaï est son ascension ardente comme mayin nukvin, après sa descente dans les mondes inférieurs pour affiner les étincelles, ascension au cours de laquelle elle se réduit à un point unique ; la Tente d’Assignation est le flux en retour de mayin doukhrin dans l’union de Zeir Anpin et de Noukva. Chez l’homme, la prière est l’ascension qui opère l’affinement, tandis que la Torah et les mitsvot font descendre le flux.
Le maamar en bref
Ce Biour explique le maamar précédent sur « dans le désert du Sinaï, dans la Tente d’Assignation ». La nuit, Mal'hout descend avec neuf de ses Séfirot dans Béria, Yetsira et Assiya pour affiner les étincelles de sainteté mêlées aux kelipot noga, tandis que son Kéter demeure en haut. La prière de l’homme accomplit la même chose : l’amour qui naît de la méditation met au jour le mal caché dans l’âme animale, et les pensées étrangères qui surgissent pendant la prière sont le mal qui résiste à la séparation. Revêtue des mondes inférieurs, Mal'hout est midbar, « parole » avec l’ajout d’un mem ouvert, exposée aux forces extérieures ; à l’époque du Temple, elle demeurait unie en haut, et les étincelles s’affinaient d’elles-mêmes par la révélation, sans combat. Son ascension est la chaleur du désert : une soif et un amour si intenses qu’elle devient un point unique sous Yessod. La mer et les montagnes du Midrach, qui s’enfuirent, représentent l’existence séparée et l’arrogance ; le désert qui accueille D.ieu représente l’annulation de soi. La Tente d’Assignation est l’union qui lui répond, amenée par Moché jusque dans les mitsvot, tandis que l’amour d’Aharon stimule son ascension. Enfin, « selon leurs crânes » conduit à Kéter et à un désert supérieur, source du don de la Torah.
Plan
- Deux étapes de Mal'hout ; sa descente nocturneLe désert du Sinaï est Mal'hout qui s’élève comme mayin nukvin ; la Tente d’Assignation est le mayin doukhrin qui descend vers elle. Dans la prière, ces deux étapes correspondent aux passages qui précèdent et suivent Ahavat Olam. La nuit, neuf de ses Séfirot descendent pour affiner les étincelles dans les kelipot noga, tandis que son Kéter demeure en haut, comme le montre une glose fondée sur les sources.¶1–2
- L’affinement dans l’âme et dans la prièreL’âme animale est un mélange de bien et de mal, dissimulé même chez une personne pratiquante. La prière accompagnée de méditation met au jour le mal afin qu’il puisse être écarté ; les pensées étrangères surgissent parce que le mal s’accroche au bien au moment de l’affinement. Il ne faut donc pas désespérer de sa prière, mais écarter ces pensées.¶3–7
- Midbar et yadber : combat et reposRevêtue des mondes inférieurs, Mal'hout est midbar, exposée aux forces extérieures ; à l’époque du Temple, elle était yadber, souveraineté. Alors, les étincelles s’affinaient d’elles-mêmes grâce à la révélation, comme des bougies qui se fondent dans une torche et des ennemis en présence d’un grand roi. Aujourd’hui, l’affinement se fait par le combat, à la manière du Michkan dans le désert.¶8–11
- La chaleur du désertLa chaleur du désert est la soif et l’amour de Mal'hout : elle s’y fait un point unique sous Yessod, son Kéter. L’âme, étincelle de Mal'hout, accomplit la même chose dans la prière ; le Tikoun ‘Hatsot et l’étude de la Torah après minuit amorcent cette ascension.¶12–15
- Le Midrach : la mer, les montagnes et le désertLa mer, les eaux inférieures de Yetsira, ainsi que les montagnes arrogantes, s’enfuirent devant D.ieu, incapables d’accepter l’annulation de soi ; le désert désolé, comme le Sinaï et le septième millénaire, L’accueillit. « Là où nul homme n’habitait » se lit à la fois dans un sens négatif et positif ; son sens essentiel est que Mal'hout est dissimulée comme un point dans Atsilout.¶16–23
- La Tente d’AssignationLa Tente d’Assignation est l’union de Zeir Anpin et de Noukva dans la Chambre de l’Amour, qui répond à sa soif. Chez l’homme, elle correspond à l’étreinte de la Torah et des mitsvot et à la joie d’accomplir une mitsva. Moché, le chouchvin du Roi, fait descendre Zeir Anpin jusque dans les mitsvot matérielles ; Aharon, le chouchvin de la Reine, incite Mal'hout à s’élever.¶24–29
- « Dénombrez les têtes » : les élévations jusqu’à KéterLe recensement se comprend comme une suite d’élévations à travers Béria, les tribus et les Patriarches, jusqu’à Kéter, « selon leurs crânes », dévoilé à Chavouot. Un désert supérieur, le Front au-dessus de « l’homme », est la source de la Torah, dont le don vient d’en haut à celui qui est devenu un midbar.¶30–31
Notions clés
- affinement (birour)בירור
- Séparer les étincelles de sainteté du mal auquel elles sont mêlées dans les kelipot noga, afin que le bien s’élève et que le mal se détache ; cet affinement s’accomplit en haut par Mal'hout et, chez l’homme, par la prière.
- mayin nukvin et mayin doukhrinמיין נוקבין ומיין דוכרין
- Les « eaux féminines » qui s’élèvent d’en bas et les « eaux masculines » qui descendent en réponse : ici, le désert du Sinaï et la Tente d’Assignation.
- kelipat nogaקליפת נוגה
- Le domaine de la dissimulation où le bien et le mal sont mêlés, d’où provient l’âme animale et dans lequel les étincelles sont tombées.
- midbarמדבר
- Le désert, que l’on peut aussi lire comme « parole » avec l’ajout d’un mem ouvert : Mal'hout revêtue des mondes inférieurs et, dans son ascension, la soif et l’annulation de soi d’une terre où rien ne pousse.
- le point sous Yessodנקודה תחת היסוד
- Mal'hout réduite, dans son ascension, à un point unique, son Kéter, qui n’a jamais quitté Atsilout : une annulation de soi totale.
- yechיש
- L’existence comme « quelque chose » séparé, attitude de la mer et des montagnes arrogantes, incapables de recevoir la révélation divine.
- les chouchvinimשושבינא דמלכא ודמטרוניתא
- Moché, le chouchvin du Roi, qui fait descendre Zeir Anpin jusque dans les mitsvot, et Aharon, le chouchvin de la Reine, qui incite Mal'hout à s’élever.
Deux étapes de Mal'hout ; sa descente nocturne ¶1–2
1להבין ביאור הדברים1 הנ״ל בענין במדבר סיני באהל מועד2 כו׳. הנה מדבר סיני ואהל מועד הוא הכל בחי׳ מלכות דאצילות רק
Pour comprendre l’explication des propos mentionnés plus haut au sujet de « dans le désert du Sinaï, dans la Tente d’Assignation », etc. : le désert du Sinaï et la Tente d’Assignation représentent tous deux le niveau de Mal'hout (souveraineté) du Monde d’Atsilout (Émanation) ; seulement
Ce maamar est une explication (Biour) du discours précédent sur le premier verset de Bamidbar : « Havaya parla à Moché dans le désert du Sinaï, dans la Tente d’Assignation. » Il commence par affirmer que, dans leur sens intérieur, les deux lieux nommés dans le verset désignent un seul et même niveau : Mal'hout d’Atsilout, l’attribut divin de souveraineté dans le monde le plus élevé.
כי מדבר סיני הוא ענין העלאת מ״נ [מיין נוקבין] דמל׳ [דמלכות] שעולה ממטה למעלה בבחי׳ מ״נ [מיין נוקבין] ואהל מועד הוא ענין המשכת מ״ד [מיין דוכרין] שנמשך מז״א [מזעיר אנפין] להמתיק המ״נ [המיין נוקבין] דגבורות דנוק׳ [דנוקבא] כו׳.
le désert du Sinaï désigne l’élévation des mayin noukvin (eaux féminines) de Mal'hout, qui s’élèvent de bas en haut au niveau des mayin noukvin ; et la Tente d’Assignation désigne l’effusion des mayin doukhrin (eaux masculines), qui descend de Zeir Anpin (les attributs émotionnels) afin d’adoucir les mayin noukvin des Guevourot de Noukva (le féminin), etc.
Les deux mouvements diffèrent par leur direction. Le désert du Sinaï correspond à Mal'hout qui s’élève sous forme de mayin noukvin, les « eaux féminines », terme kabbalistique désignant l’éveil que le réceptacle suscite d’en bas ; la Tente d’Assignation correspond à la réponse d’en haut : les mayin doukhrin, ou « eaux masculines », que Zeir Anpin fait descendre pour adoucir les rigueurs (Guevourot) portées par cette élévation.
L’ouverture pose le cadre de tout le maamar : le désert du Sinaï et la Tente d’Assignation représentent deux étapes de Mal'hout d’Atsilout, son élévation d’en bas et l’effusion qui descend vers elle d’en haut.
Dans le système de l’Ari zal, les mayin noukvin viennent d’abord : l’union de Zeir Anpin et de Noukva est suscitée par ce qui s’élève d’en bas, puis l’effusion d’en haut adoucit les Guevourot que cette élévation a portées. Le maamar interprète les deux lieux du verset comme ces deux mouvements.
Maré mekomot
- 1להבין ביאור הדברים · בסה״מ תקס״ג ע׳ תצ ב׳ הנחות אחרות. הנוסחא שני׳ היא לכ״ק אדה״א. ובאריכות בסה״מ אדה״א במדבר ע׳ א. קיצורים נדפסו באוה״ת במדבר-ד ע׳ א׳תכד. כרך-ז ע׳ א׳תשג.
- 2
2וזהו ענין התפלה עד אהבת עולם שנק׳ מדבר סיני ומאהבת עולם ואילך הוא ההמשכה ונק׳ אהל מועד וכמשי״ת [וכמו שיתבאר] אי״ה [אם ירצה השם].
Tel est le sens de la prière : jusqu’à [la bénédiction] Ahavat Olam (« D’un amour éternel »), elle est appelée le désert du Sinaï ; à partir d’Ahavat Olam, commence l’effusion, appelée la Tente d’assignation, comme nous l’expliquerons, si D.ieu le veut.
Ce schéma s’applique à la prière du matin. Jusqu’à la bénédiction Ahavat Olam, juste avant le Chema, la prière est l’ascension appelée le désert du Sinaï ; à partir d’Ahavat Olam, elle est l’effusion appelée la Tente d’assignation, point auquel le maamar reviendra plus loin.
והענין דהנה ידוע דבלילה יורדת המל׳ [המלכות] בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] ליתן טרף לביתה1 כו׳ דהיינו לברר בירורי נוגה
Voici ce qu’il en est : il est connu que, durant la nuit, Mal'hout descend dans Béria, Yetsira et Assiya « pour donner la nourriture à sa maison », etc., c’est-à-dire pour affiner les éléments à affiner de noga
Le contexte est un enseignement connu de la Kabbale : durant la nuit, Mal'hout descend dans les trois mondes inférieurs, Béria, Yetsira et Assiya ; le verset de la femme qui se lève alors qu’il fait encore nuit « pour donner la nourriture à sa maison » s’applique à elle. Là, elle trie ce qui doit être affiné parmi noga, l’écorce « lumineuse », seul domaine de dissimulation où le bien et le mal sont mêlés et peuvent donc être séparés.
דבי״ע [דבריאה יצירה עשיה] שנפלו בהם מרפ״ח ניצוצים2 וכל תשעה ספירות שלה יורדים בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] לברר בירורים רק הכתר שלה נשאר למעלה באצילות וכמ״ש לעולם ה׳ דברך נצב בשמים
de Béria, Yetsira et Assiya, dans lesquels [certaines] des 288 étincelles sont tombées. Ses neuf Séfirot descendent toutes dans Béria, Yetsira et Assiya pour procéder à ces affinements ; seul son Kéter (la Couronne) demeure en haut, dans Atsilout, comme il est écrit : « À jamais, Havaya, Ta parole se tient fermement dans les cieux. »
Ce qu’elle trie, ce sont des étincelles parmi les 288 étincelles de sainteté tombées lors du brisement des réceptacles. Neuf de ses dix Séfirot descendent pour accomplir ce travail, mais son Kéter, son point le plus élevé, reste dans Atsilout ; dans le verset, « Ta parole » désigne Mal'hout, l’attribut de la parole divine, qui se tient à jamais « dans les cieux ».
(כ״כ [כל כך] בפע״ח [בפרי עץ חיים] שער י״ז3 פ״ב [פרק ב׳] ד״ה והנה מצאתי כתוב אצלי כו׳ ובשערי ציון ובמ״ח. והרמ״ז [והרב משה זכות] פ׳ יתרו דס״ז תפסו בפשיטות כמש״ש [כמה שכתוב שם] תחלה בפע״ח [בפרי עץ חיים] ובשער א׳ פ״ז [פרק ז׳] שהכתר שלה יורד להיכל ק״ק [קדש הקדשים] העליון דבריאה והט״ס [והט׳ ספירות] נכללים בלאה כו׳.
(Ainsi est-il écrit dans Pri Etz Chaim, Shaar 17, chapitre 2, dans le passage commençant par « Or, j’ai trouvé écrit dans mes notes… », etc., ainsi que dans Shaarei Tziyon et dans Mishnas Chassidim. Le Ramaz, sur la Parachat Yitro, folio 67, tient pour évident ce qui est écrit d’abord à cet endroit dans Pri Etz Chaim, ainsi que dans Shaar 1, chapitre 7 : son Kéter descend dans la chambre supérieure (heikhal) du Saint des Saints de Béria, et les neuf Séfirot sont incluses dans Léa, etc.
Cette longue remarque entre parenthèses examine les sources. Pri Etz Chaim, Shaarei Tziyon et Mishnas Chassidim exposent cette opinion ; mais le Ramaz adopte la représentation inverse, également présente dans Pri Etz Chaim : son Kéter descend dans la chambre la plus élevée de Béria, tandis que ses neuf Séfirot sont absorbées en Léa, une autre configuration féminine d’Atsilout.
אך ממ״ש במק״מ [במקדש מלך] פ׳ אמור דף צ׳ ע״א מלשון הרח״ו [הרבי חיים ויטאל] בפי׳ מש״ש [מה שכתוב שם] בזהר בשעתא דכנס״י [דכנסת ישראל] אתערת כי אז מתעלים ט׳ נקודות שבבריאה משמע כמש״כ [כמה שכתוב], וכ״כ [וכן כתב] עוד בפ׳ אמור דקי״ג ע״ב בשם הרח״ו [הרבי חיים ויטאל],
Cependant, d’après ce qui est écrit dans Mikdash Melekh, Parachat Emor, folio 90a, dans les termes de Rabbi Chaim Vital, qui explique ce qui est écrit à cet endroit dans le Zohar : « À l’heure où la Communauté d’Israël s’éveille », à savoir qu’alors les neuf points qui se trouvent en Béria s’élèvent, il ressort que les choses sont comme je l’ai écrit. Il l’écrit encore, dans Parachat Emor, folio 113b, au nom de Rabbi Chaim Vital ;
À l’encontre de cette lecture, Mikdash Melekh, commentaire sur le Zohar, cite Rabbi Chaim Vital à propos des mots du Zohar : « À l’heure où la Communauté d’Israël s’éveille » : à ce moment, les neuf points qui se trouvent en Béria s’élèvent. Si neuf points se trouvent en bas pour être élevés, c’est donc que neuf y étaient descendus, comme l’indique le texte ; Mikdash Melekh le répète ailleurs dans Emor, au nom de Rabbi Chaim Vital.
וגם בלקוטי הש״ס [הששה סדרים] להאריז״ל [להאר״י זכרונו לברכה] דט״ז ע״ד [עמוד ד׳] ד״ה דע משארז״ל [מה שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] לכי ומעטי4 א״ע [את עצמו]. כ׳ [כתב] אבל הכתר אינו זז ממקומו כו׳ ע״ש [עיין שם] ונרשם שם מהרב ז״ל [זכרונו לברכה / זכרונם לברכה] כנראה שהוא מהאריז״ל [מהאר״י זכרונו לברכה] עצמו.
et aussi dans Likkutei HaShas de l’Arizal, folio 16d, dans le passage commençant par « Sache ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : “Va et diminue-toi” », il est écrit : « Mais le Kéter ne quitte pas sa place », etc. Voir là-bas. Il y est indiqué « du Rav, de mémoire bénie », ce qui laisse penser que ces mots sont de l’Arizal lui-même.
Un troisième appui se trouve dans Likkutei HaShas, à propos du récit talmudique où la lune reçoit l’injonction : « Va et diminue-toi ». On y lit explicitement : « Mais le Kéter ne quitte pas sa place. » Puisque le passage est attribué au « Rav », la remarque en conclut que ces mots sont de l’Arizal lui-même.
ומה שיש להבין ד׳ הפע״ח [הפרי עץ חיים] הנ״ל איך יתיישב עם מ״ש בע״ח [בעץ חיים] שער מיעוט הירח5 פ״ב [פרק ב׳] ושמ״ח פ״ג [פרק ג׳] מענין התלבשות ט״ס [ט׳ ספירות] שלה6 כו׳ אין כאן מקומו.
Quant à ce qu’il convient de comprendre — comment concilier les paroles de Pri Etz Chaim mentionnées plus haut avec ce qui est écrit dans Etz Chaim, Shaar Miut HaYareach (la Porte de la diminution de la lune), chapitre 2, et Shaar 48, chapitre 3, au sujet de l’enveloppement de ses neuf Séfirot, etc. — ce n’est pas ici le lieu de l’exposer.
Une difficulté reste en suspens. Dans le récit d’Etz Chaim sur la diminution de la lune, ses neuf Séfirot supérieures se retirent vers le haut dans Zeir Anpin, ne lui laissant qu’un point, et le chapitre sur les kelipot parle de neuf Séfirot revêtues dans l’autre côté ; la manière d’accorder cela avec la descente des neuf Séfirot décrite dans Pri Etz Chaim n’est pas abordée ici.
ועיין בהרמ״ז [בהרב משה זכות] ר״פ צו ומ״ש בענין לכי ומעטי כו׳. והנה לפמ״ש [לפי מה שכתוב] בזהר הרקיע בפ׳ פקודי דף רל״ד ג״כ הכתר שלה אינו מכלל ט״ס [ט׳ ספירות] הנ״ל כי הוא הנקודה השרשית שלה).
Voir aussi le Ramaz au début de Parachat Tsav, ainsi que ce qui est écrit au sujet de « Va et diminue-toi », etc. Or, d’après ce qui est écrit dans Zohar HaRakia sur Parachat Pekoudei, folio 234, son Kéter ne fait pas non plus partie des neuf Séfirot mentionnées ci-dessus, car il est son point-racine.)
D’autres références sont le Ramaz au début de Tsav et les discussions sur « Va et diminue-toi ». Zohar HaRakia considère lui aussi son Kéter comme distinct des neuf Séfirot, car il est son point-racine, la source de tout le reste en elle.
וענין הבירורים הוא לברר את הניצוצי קדושה דהיינו להוציא האוכל מן הפסולת שהניצוצי קדושה נפלו בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] בק״נ [בקליפת נוגה] ונתערבו בפסולת המרובה על האוכל שהוא בחי׳ התערובות הטוב עם הרע בתכלית כתערובות הכסף בסיגים.
Or, le travail de clarification consiste à clarifier les étincelles de sainteté, c’est-à-dire à extraire la nourriture du déchet. Car les étincelles de sainteté sont tombées dans Béria, Yetsira et Assiya, dans la kelipa noga, et se sont mêlées à un déchet qui l’emporte sur la nourriture. C’est là le degré où le bien et le mal sont mêlés au plus haut point, comme l’argent mêlé aux scories.
La clarification (birour) est décrite comme le tri de la nourriture et du déchet, le déchet étant plus abondant que la nourriture : les étincelles sont mêlées à une masse de mal qui les dépasse, comme le minerai d’argent est mêlé aux scories. Le travail consiste à extraire le bien de ce mélange.
לכן הבירור הוא להפריד הטוב מן הרע לבלתי יהיו מעורבים ואז הרע מתפרד ונופל למטה.7
La clarification consiste donc à séparer le bien du mal, afin qu’ils ne soient plus mêlés ; alors le mal se sépare et tombe vers le bas.
La clarification est une séparation. Dès que le bien et le mal ne sont plus mêlés, le mal tombe de lui-même vers le bas.
Le paragraphe expose le contexte kabbalistique : durant la nuit, Mal'hout descend avec neuf de ses Séfirot dans les trois mondes inférieurs afin d’affiner les étincelles de sainteté mêlées aux kelipot noga, tandis que son Kéter demeure en haut. Une longue remarque examine les sources qui étayent cette opinion.
La remarque départage deux lectures de l’école de l’Arizal : soit les neuf Séfirot inférieures de Mal'hout descendent tandis que son Kéter reste en haut, soit c’est l’inverse. L’opinion selon laquelle son Kéter demeure en haut prend toute son importance plus loin dans le maamar, où ce Kéter est le point unique sous Yessod auquel Mal'hout est réduite lors de son ascension.
Maré mekomot
- 1ליתן טרף לביתה · Proverbs 31:15
- 2מרפ״ח ניצוצים · ראה סה״מ תקס״ה ע׳ תרמ״ב. ראה לעיל פ׳ אמור לו, בהמ״מ. ובהמצויין בסה״מ לאדה״א פ׳ במדבר ע׳ שז.
- 3(עיין בפע״ח שער י״ז · הג״ה זו בשינוים והוספות נדפס באוה״ת במדבר מטו״מ ע׳ א׳תכה. וראה גם בהנסמן למאמרי אדה״א לע׳ א.
- 4לכי ומעטי · Chullin 60b:2–3
- 5שער מיעוט הירח · Sefer Etz Chaim 36:2
- 6מענין התלבשות ט״ס שלה · Sefer Etz Chaim 48:3
- 7לעולם ה׳ דברך · Psalms 119:89
L’affinement dans l’âme et dans la prière ¶3–7
3והנצוצי קדושה שהם הטוב שהוברר מתעלה למעלה בבחי׳ מ״נ [מיין נוקבין] להכלל באצי׳ [באצילות]. ונוכל להבין עד״מ [על דרך משל] ענין התערובות טו״ר [טוב ורע] וענין ההפרדה והבירור בעבודת ה׳ בנפש האדם. שמצד הנפש הבהמית הרי הוא מעורב טוב ורע יחדיו.
Et les étincelles de sainteté, qui sont le bien qui a été raffiné, s’élèvent vers le haut au niveau des mayin nukvin, afin d’être incluses dans Atsilout. Nous pouvons comprendre, par analogie, ce qu’est le mélange du bien et du mal, ainsi que leur séparation et leur raffinement dans le service de D.ieu au sein de l’âme humaine. Car, du côté de l’âme animale, le bien et le mal sont mêlés ensemble.
Le bien raffiné, c’est-à-dire les étincelles de sainteté, s’élève sous forme de mayin nukvin et est intégré à Atsilout. Pour rendre ce processus concret, l’Alter Rebbe se tourne vers son parallèle dans le service de D.ieu de l’homme : l’âme animale, la force qui anime le corps et ses désirs, est elle-même un mélange de bien et de mal.
Après avoir décrit le raffinement dans les mondes supérieurs, le paragraphe en présente l’analogie humaine : l’âme animale est le mélange qui doit être raffiné.
4והגם שהוא עושה מצות ואינו עושה עבירות מ״מ [מכל מקום] בהעלם יש בו הרע שהרי יוכל להתאוות תאוה
Et bien qu’il accomplisse les mitsvot et ne commette pas de transgressions, le mal demeure néanmoins en lui à l’état latent, car il peut encore éprouver un désir intense ;
Même celui qui observe les mitsvot et évite le péché porte encore le mal en lui, caché. La preuve en est qu’il est toujours capable d’éprouver un désir : la faculté de désirer ne l’a pas quitté.
ועוד זאת שיוכל למצוא בנפשו איך התורה ומצות שמקיים אינם זכים ומיוחדים בתכלית לקיים רצון הבורא ית׳ לבד בלי שום פניה אחרת כי מתערב בזה איזו פניה וכוונה אחרת בפנימיותו.
et, de plus, il peut découvrir en son âme que la Torah et les mitsvot qu’il accomplit ne sont pas absolument pures et entièrement consacrées à l’accomplissement de la volonté du Créateur, béni soit-Il, seul, sans aucun autre motif ; car un autre motif et une autre intention s’y mêlent au plus profond de lui-même.
Un signe plus subtil : en examinant honnêtement son âme, il peut découvrir qu’il n’étudie pas la Torah et n’accomplit pas les mitsvot dans le seul but de réaliser la volonté du Créateur. Un autre motif s’y mêle, au plus profond de lui-même.
נמצא יש ת ערובות טו״ר [טוב ורע] אפילו בקיום התורה ומצות שהם בחי׳ לבושים דתורה ומצות שהוא מקיים.
Il s’ensuit qu’il y a un mélange de bien et de mal même dans l’accomplissement de la Torah et des mitsvot, qui constituent le niveau des vêtements de la Torah et des mitsvot qu’il accomplit.
Le mélange atteint donc jusqu’à son observance même. La Torah et les mitsvot sont les « vêtements » de l’âme, les moyens par lesquels elle agit et s’exprime ; même ceux-ci sont mêlés.
Ce paragraphe montre que même une personne observante porte en elle un mélange de bien et de mal, caché dans sa capacité à désirer et dans les autres motifs qui se glissent dans son observance.
5ואצ״ל [ואין צריך לומר] בפנימית המדות דנה״ב [דנפש הבהמית] שלא נתהפכו עדיין מטבעם ותולדתם והרי בטבעם הם מעורבים טו״ר [טוב ורע] לפי שנלקחה מקליפת נוגה המעורבת טו״ר [טוב ורע] כנודע.
Et cela va sans dire [que cela vaut] dans la dimension intérieure des attributs émotionnels (midot) de l’âme animale, qui n’ont pas encore été transformés de leur nature et de leur caractère inné ; car, par nature, ils sont un mélange de bien et de mal, puisque l’âme animale provient de kelipat nogah, qui est elle-même un mélange de bien et de mal, comme on le sait.
Si même les vêtements sont mêlés, à plus forte raison le noyau intérieur des émotions de l’âme animale, qui n’ont pas encore été transformées. Elles sont mêlées par nature, car l’âme animale provient de kelipat nogah, le domaine où le bien et le mal sont mêlés.
וכשמתפלל בכוונה הנה ע״י שלהבת האהבה של הנפש אלקית הבאה מהתבוננות בגדולת ה׳ אזי מתברר הטוב מן הרע.
Lorsqu’il prie avec intention (kavana), alors, par la flamme d’amour de l’âme divine, qui naît de la contemplation de la grandeur de D.ieu, le bien est raffiné et séparé du mal.
C’est dans la prière accompagnée de kavana que s’opère le raffinement. La contemplation de la grandeur de D.ieu allume une flamme d’amour dans l’âme divine, et cette flamme sépare le bien du mal.
דהיינו שאז ימצא ויראה איך שהוא רחוק מה׳ כי מעשיו אינם זכים ומיוחדים להש״י [להשם יתברך] כדבעי.
C’est-à-dire qu’il découvrira et verra alors combien il est éloigné de D.ieu, car ses actes ne sont pas purs et consacrés à D.ieu, béni soit-Il, comme ils le devraient.
Le premier effet est la connaissance de soi. À la lumière de cette contemplation, il voit combien il est éloigné de D.ieu, puisque ses actes ne Lui sont pas consacrés avec pureté.
כי מחמת שיבין היטב ויתאמת אצלו בראי׳ [בראיה] חושיות ע״י ההתבוננות וההעמקה בגדולת ה׳ איך שאפס זולתו ממש אז יבוש ויכלם ממעשיו
Car, lorsqu’il comprendra bien et que cela deviendra pour lui une réalité aussi manifeste qu’une perception sensorielle, grâce à la contemplation et à l’approfondissement de la grandeur de D.ieu — à savoir qu’en vérité, rien n’existe en dehors de Lui —, il sera alors honteux et confus de ses actes,
La contemplation rend aussi réel à ses yeux que ce qu’il verrait de ses yeux le fait qu’en vérité, rien n’existe en dehors de D.ieu. À l’aune de cette réalité, il éprouve de la honte devant ses actes.
שהוא מבחוץ עדיין בבחי׳ יש ודבר ולגרמייהו עבדין כו׳ וישית עצות בנפשו לדחות הרע כו׳.
car, extérieurement, il se situe encore au niveau d’un être et d’une chose, et « ils agissent pour eux-mêmes », etc. ; il établira alors dans son âme des conseils pour repousser le mal, etc.
Il voit qu’extérieurement, il est encore un « être » (yech) autonome, dont les actes, selon l’expression araméenne, sont accomplis « pour eux-mêmes ». Il « établit alors des conseils dans son âme », selon les termes du psaume, afin de repousser le mal.
נמצא ע״י התפלה נתגלה הרע מה שהיה תחלה מעורב בטוב ולא היה ידוע כלל שהוא רע שהיה נדמה לו שדרכו זכה וישרה עכשיו ע״י הבירור נתגלה הרע.1
Il s’ensuit que la prière révèle le mal qui, auparavant, était mêlé au bien et n’était nullement reconnu comme mal ; il lui semblait que sa conduite était pure et droite. À présent, par le raffinement, le mal est révélé.
La prière met ainsi au jour le mal caché. Ce qu’il tenait pour une conduite pure et droite est désormais dévoilé pour ce qu’il est.
La prière accompagnée de contemplation est le moment du raffinement : l’amour de l’âme divine révèle le mal caché dans l’âme animale, afin que la personne le reconnaisse et prenne la résolution de le repousser.
Maré mekomot
- 1
6ועי״ז יופרד מן הטוב וישאר הטוב לבדו בלי תערובות רע. וכמו שהוא הבירור בנפשות האדם שהנפש אלקית מבררת את הנפש הבהמית בשעת התפלה.
Et par là, le mal sera séparé du bien, et le bien demeurera seul, sans mélange de mal. De même que s’opère le raffinement dans les âmes humaines, lorsque l’âme divine raffine l’âme animale au moment de la prière,
Une fois mis au jour, le mal peut être séparé, laissant le bien seul. Tel est le processus chez l’homme : pendant la prière, l’âme divine raffine l’âme animale.
כך יובן עד״ז [על דרך זה] למעלה ענין ירידת המל׳ [המלכות] דאצי׳ [דאצילות] לברר קליפת נוגה דבי״ע [דבריאה יצירה עשיה]. דהנה הרפ״ח ניצוצי קדושה שנפלו בשבירת הכלים הם מעורבים בנוגה וכמשל תערובות הטו״ר [הטוב ורע] בנפש הבהמית שבאדם.
on comprendra de même, en haut, la descente de Mal'hout d’Atsilout pour raffiner la kelipa Nogah de Béria, Yetsira et Assiya. En effet, les 288 étincelles de sainteté qui sont tombées lors du brisement des réceptacles sont mêlées à Nogah, à l’image du mélange de bien et de mal dans l’âme animale de l’homme.
Le même processus se déroule en haut : Mal'hout d’Atsilout descend dans les mondes inférieurs afin de raffiner la kelipa Nogah. Les 288 étincelles tombées lors du brisement des réceptacles — la brisure primordiale qui a dispersé la sainteté dans les mondes inférieurs — sont mêlées à Nogah, tout comme le bien et le mal sont mêlés dans l’âme animale.
Ce paragraphe achève l’analogie : de même que l’âme divine raffine l’âme animale pendant la prière, Mal'hout d’Atsilout descend pour raffiner les étincelles mêlées à la kelipa Nogah.
7ולזאת ע״י ירידת המל׳ [המלכות] בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] לברר מבררת ומפרדת הטוב מהרע ואז הרע נפרד ונופל למטה והרפ״ח ניצוצים מתעלים למעלה ליכלל באצי׳ [באצילות]
C’est pourquoi, par la descente de Mal’hout dans Béria, Yetsira et Assiya afin d’opérer le tri, elle sépare le bien du mal ; alors le mal se sépare et tombe vers le bas, tandis que les 288 étincelles s’élèvent pour être incluses dans Atsilout.
Mal’hout descend afin que le tri puisse s’effectuer. Une fois qu’elle a séparé le bien du mal, le mal tombe et les 288 étincelles s’élèvent pour être absorbées dans Atsilout.
ולכן בירור זה הוא דוקא ע״י ירידתה בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] כי באצילות לא יגור1ך2 רע3456789101112131415 כלל ואף הקליפות דאצי׳ [דאצילות] הם עומדים ג״כ בבריאה וכמ״ש ברבות בא פט״ו [פרק ט״ו / פרשה ט״ו] דקל״ב ד׳ בכסאו של הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] אין דבר רע נוגע16
C’est pourquoi ce tri s’effectue précisément par sa descente dans Béria, Yetsira et Assiya, car en Atsilout, « le mal ne résidera pas auprès de Toi » ; même les kelipot d’Atsilout se trouvent également en Béria. Ainsi qu’il est écrit dans [le Midrach] Rabba, [Parachat] Bo, section 15, folio 132d : « Rien de mauvais ne touche le trône du Saint béni soit-Il,
Elle doit descendre, car en Atsilout il n’y a absolument aucun mal dont elle puisse séparer le bien. Même les kelipot censées appartenir à Atsilout se trouvent en réalité en Béria. Le Midrach dit la même chose du trône de D.ieu : rien de mauvais ne le touche.
שנאמר לא יגורך רע (וע׳ [ועיין] בזח״א [בזהר חלק א] בראשית דכ״ז רע״א ובמק״מ [ובמקדש מלך] שם. נ״ב א׳ נ״ו סע״ב [סוף עמוד ב] פ׳ נח דס״ב רע״א וישב קפ״ח א׳ ויחי דרי״ט ב׳. ח״ב [חלק ב׳] משפטים ק״ג א׳ קי״ז סע״ב [סוף עמוד ב] כי תשא קצ״ג סע״ב [סוף עמוד ב].
comme il est dit : “Le mal ne résidera pas auprès de Toi.” » (Voir aussi le Zohar, partie I, Berechit, folio 27a, en haut, et le Mikdash Melech à cet endroit ; 52a ; 56b, en bas ; Parachat Noa'h, folio 62a, en haut ; Vayéchev 188a ; Vayé'hi, folio 219b. Partie II : Michpatim 103a ; 117b, en bas ; Ki Tissa 193b, en bas.
Le Midrach fonde son propos sur le Psaume 5:5 : « Car Tu n’es pas un D.ieu qui prend plaisir à la méchanceté ; le mal ne résidera pas auprès de Toi. » La parenthèse indique des passages du Zohar, ainsi que le commentaire du Mikdash Melech sur l’un d’eux, qui traitent de ce verset.
ח״ג [חלק ג׳] אמור ק״ה ב׳ ובגמרא פכ״ג דשבת קמ״ט ב׳ פ״ב [פרק ב׳] דחגיגה די״ב סע״ב [סוף עמוד ב] ספ״ז דסוטה מ״ב א׳ סנהדרין דק״ג סע״א [סוף עמוד א] פ״ב [פרק ב׳] דנדה י״ג ב׳ הכל מענין לא יגורך רע בתלים סי׳ ה׳).
Partie III : Emor 105b. Et dans la Guemara : chapitre 23 de Chabbat, 149b ; chapitre 2 de 'Haguiga, folio 12b, en bas ; fin du chapitre 7 de Sota, 42a ; Sanhédrin, folio 103a, en bas ; chapitre 2 de Nidda, 13b : tous ces passages portent sur le thème « Le mal ne résidera pas auprès de Toi », dans Tehilim, Psaume 5.)
La liste se poursuit par cinq passages du Talmud qui s’appuient sur le même verset. Tous développent l’idée que le mal ne peut demeurer en présence de D.ieu.
וגם בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] הרע נמצא רק בהלבושים דבי״ע [דבריאה יצירה עשיה] ששם יש רע שבבריאה מיעוטו רע וביצירה חציו רע ובעשי׳ [ובעשיה] רובו רע זהו הכל בלבושים דבי״ע [דבריאה יצירה עשיה] ולכן יורדת שם לברר.
Même en Béria, Yetsira et Assiya, le mal ne se trouve que dans les vêtements de Béria, Yetsira et Assiya, car le mal y est présent : en Béria, la part du mal est minoritaire ; en Yetsira, elle représente la moitié ; et en Assiya, elle est majoritaire. Tout cela se trouve dans les vêtements de Béria, Yetsira et Assiya. C’est pourquoi elle y descend pour opérer le tri.
Même dans les trois mondes inférieurs, le mal n’existe que dans leurs « vêtements », leurs couches extérieures. Sa part augmente à mesure que l’on descend : elle est minoritaire en Béria, représente la moitié en Yetsira et est majoritaire en Assiya. C’est pourquoi Mal’hout doit y descendre pour opérer le tri.
(ועפ״ז [ועל פי זה] יובן מה שאנו רואים שבשעת התפלה כשהאדם רוצה לדבק שכלו בגדולת הבורא ית׳ אזי נופלים לו מחשבות זרות המטרידים ומבלבלים אותו מה שלא היו נופלים לו כלל בכל היום כולו.
(Cela permettra de comprendre ce que nous observons : au moment de la prière, lorsqu’une personne veut attacher son intellect à la grandeur du Créateur, béni soit-Il, des pensées étrangères (machchavot zarot) lui viennent alors à l’esprit et la harcèlent et la troublent, [pensées] qui ne lui sont pas venues du tout pendant toute la journée.
Cette remarque pratique explique une expérience courante. Lorsqu’une personne cherche, pendant la prière, à fixer son esprit sur la grandeur de D.ieu, des pensées étrangères et distrayantes l’envahissent, alors qu’elles ne l’ont pas troublée de toute la journée.
והענין דדוקא מצד שבשעת התפלה הוא שעת הבירור להפריד הרע מהטוב ולדחותו ולכן יתאמץ גם הוא להתדבק בתכלית בהטוב ואינו רוצה להפרד מן הטוב כי כלחיותו מהטוב ומצד עצמו אין לו חיות וקיום כנודע.
L’explication est que, précisément parce que le moment de la prière est celui du tri, où le mal doit être séparé du bien et repoussé, lui aussi s’efforce alors de s’attacher entièrement au bien et ne veut pas en être séparé ; car toute sa force vitale provient du bien, et il ne possède par lui-même ni force vitale ni existence, comme on le sait.
La prière est le moment du tri, où le mal doit être détaché du bien. Comme le mal n’a pas de vie propre et tire toute sa vitalité du bien, il s’y agrippe de toutes ses forces précisément lorsque la séparation le menace.
משא״כ בכל היום כולו שלא בשעת הבירור שאזי הוא מעורב עם הטוב הנה הוא שוקט ונח על מקומו. וכך יובן למעלה דכשהמל׳ [דכשהמלכות] יורדת לברר הרפ״ח אזי גם כללות קליפת נוגה רוצה לעלות כו׳ וכנזכר בפע״ח [בפרי עץ חיים])
En revanche, pendant le reste de la journée, qui n’est pas un moment de tri, lorsqu’il est mêlé au bien, il demeure tranquille et repose à sa place. On comprendra de même ce qui se passe en haut : lorsque Mal’hout descend pour opérer le tri des 288 [étincelles], l’ensemble de kelipat noga veut lui aussi s’élever, etc., comme il est mentionné dans Pri Etz 'Haim.)
Le reste de la journée, lorsqu’aucun tri n’est en cours, il demeure tranquille, mêlé au bien. Il en va de même en haut : lorsque Mal’hout descend pour opérer le tri des 288 étincelles, l’ensemble de kelipat noga cherche lui aussi à s’élever avec elles.
(שער י״ח פ״ג [פרק ג׳]) בכוונת הרחיצה בחמין בע״ש [בערב שבת] שהוא בחי׳ שלהובא דאשא17 הנמשך מלמעלה לדחות הק״נ [הקליפת נוגה] שלא תעלה כו׳
(Cha’ar 18, chapitre 3), dans l’intention qui accompagne le bain d’eau chaude la veille de Chabbat, lequel correspond au niveau d’une « flamme de feu » (chalhova de’echah), attirée d’en haut pour repousser la kelipa noga, afin qu’elle ne s’élève pas, etc.
Pri Etz Chaim enseigne cela dans les intentions liées au bain d’eau chaude avant Chabbat. La chaleur correspond à une « flamme de feu » attirée d’en haut pour repousser la kelipa noga, afin qu’elle ne puisse s’élever avec les étincelles.
וז״ש [וזהו שכתוב] אש לפניו תלך ותלהט סביב צריו.18 דהיינו שלא יתעלו רק הניצוצי קדושה לבדם שהובררו ולא הרע כו׳.
Et c’est là [le sens de] ce qui est écrit : « Un feu marche devant Lui et embrase tout autour Ses adversaires » : c’est-à-dire que seules les étincelles de sainteté qui ont été raffinées doivent s’élever, à elles seules, et non le mal, etc.
Le verset du Psaume 97 décrit ce feu, qui marche devant D.ieu et brûle Ses adversaires. Il a pour fonction de faire s’élever uniquement les étincelles de sainteté raffinées, et non le mal.
ולכן אין ראוי שיפול לב האדם בקרבו ממה שנופלים לו מחשבות זרות בתפלה לומר שתפלתו אינה כלום
C’est pourquoi il ne convient pas qu’une personne perde courage en son cœur lorsque des pensées étrangères lui viennent à l’esprit pendant la prière, en se disant que sa prière ne vaut rien ;
La leçon pour celui qui prie en découle. Il ne doit pas désespérer lorsque des pensées étrangères s’immiscent dans sa prière, comme si celle-ci était sans valeur.
דהא כך הוא המדה גם בענין הבירורים למעלה רק שיש לו לדחותם ולהסיח דעתו מהם וזהו כענין שלהובא דאשא הנ״ל:192021
car tel est également le processus dans le domaine des raffinements en haut. Seulement, il doit les repousser et en détourner son attention ; et cela est semblable à la notion de la « flamme de feu » mentionnée ci-dessus.
Leur intrusion suit le même processus que les raffinements en haut. Il lui appartient de les repousser et d’en détourner son attention ; ce faisant, il devient lui-même sa « flamme de feu ».
Ce paragraphe explique pourquoi le tri exige que Mal’hout descende dans les mondes inférieurs, puisque le mal ne s’y trouve que là. Il en déduit pourquoi des pensées étrangères surviennent pendant la prière : le mal résiste à la séparation, et il faut le repousser.
La « flamme de feu » du lavage précédant Chabbat empêche kelipat noga de s’élever avec les étincelles. Celui qui repousse les pensées étrangères pendant la prière accomplit le même travail dans son âme.
Maré mekomot
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- 4לא יגורך רע · Psalms 5:5
- 5לא יגורך רע · Zohar, Bereshit 22:255–24:264
- 6לא יגורך רע · Zohar, Bereshit 87:276–88:288
- 7לא יגורך רע · Zohar, Bereshit 95:383–97:394
- 8לא יגורך רע · Zohar, Noach 9:56–10:63
- 9לא יגורך רע · Zohar, Vayeshev 16:179–18:190
- 10לא יגורך רע · Zohar, Vayechi 23:182–26:195
- 11לא יגורך רע · Zohar, Mishpatim 3:161–172
- 12לא יגורך רע · Zohar, Mishpatim 13:433–14:443
- 13לא יגורך רע · Zohar, Ki Tisa 11:99–107
- 14לא יגורך רע · Zohar, Emor 47:300–48:309
- 15לא יגורך רע · Shabbat 149b:9–10
- 16בכסאו של הקב״ה אין דבר רע נוגע · Shemot Rabbah 15:26
- 17בכוונת הרחיצה בחמין בע״ש שהוא בחי׳ שלהובא דאשא · Pri Etz Chaim, Gate of the Sabbath 3:5–6
- 18אש לפניו תלך ותלהט סביב צריו · Psalms 97:3
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Midbar et yadber : combat et repos ¶8–11
8ב והנה בעליית המל׳ [המלכות] מבי״ע [מבריאה יצירה עשיה] לאצילות ע״ז [על זה] נאמר מי זאת עולה מן המדבר כתמרות עשן.1
2. À présent, au sujet de l’élévation de Mal'hout de Béria, Yetsira et Assiya vers Atsilout, il est dit : « Qui est celle-ci qui monte du désert (midbar), semblable à des colonnes de fumée ? »
La section 2 aborde l’élévation. Le retour de Mal'hout des mondes inférieurs vers Atsilout est décrit par le verset du Cantique des Cantiques : « Qui est celle-ci qui monte du désert, semblable à des colonnes de fumée ? » La fumée désigne, comme le maamar l’expliquera, les étincelles raffinées qui sont entraînées vers le haut.
פי׳ כשיורד׳ [כשיורדת] בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] לברר נקרא׳ [נקראת] מדבר בתוס׳ [בתוספת] מ׳ פתוחה והוא מפני שמצד התלבשות׳ בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] לברר יכולים החיצונים לינק ממנה כיון
C’est-à-dire que lorsqu’elle descend dans Béria, Yetsira et Assiya pour raffiner, elle est appelée midbar, avec l’ajout d’un mem ouvert. Cela s’explique par le fait que, du fait qu’elle est revêtue dans Béria, Yetsira et Assiya afin d’y raffiner, les forces extérieures ('hitsonim) peuvent puiser leur nourriture en elle, puisque
Le mot midbar, « désert », est compris comme la racine du mot « parole », précédée d’une lettre mem supplémentaire : Mal'hout est la parole divine, et, dans sa descente, elle prend cet ajout mem. La raison en est que, tant qu’elle est revêtue dans les mondes inférieurs, les forces extérieures, opposées à la sainteté, peuvent puiser leur nourriture en elle.
שהיא מתלבשת שם בבחי׳ ההתלבשות ממש משא״כ בזמן שבהמ״ק [שבית המקדש] היה קיים אז היא בבחי׳ ידבר עמים2 כו׳ שהוא בחי׳ ממשלה.
elle y est revêtue d’un revêtement véritable. En revanche, à l’époque où le Temple se tenait, elle était alors au niveau de « Il soumet les peuples (yadber) », etc., ce qui correspond au niveau de la domination.
Son revêtement là-bas est réel ; il ne s’agit pas d’un contact à distance. À l’époque du Temple, il en allait autrement : elle était alors au niveau de yadber, « Il soumet les peuples », la même racine sans le mem ajouté, qui signifie le pouvoir et la domination.
Le paragraphe ouvre la deuxième section : le nom midbar, « désert », décrit Mal'hout lorsqu’elle est revêtue dans les mondes inférieurs, où les forces extérieures peuvent puiser en elle, par contraste avec la domination qu’elle exerçait lorsque le Temple se tenait.
Le jeu de mots oppose deux formes d’une même racine : yadber, l’ordre d’un souverain à ceux qui lui sont soumis, et midbar, cette même racine précédée d’un mem, le mot qui est sorti dans le désert et s’y trouve revêtu. Le mem ouvert contraste avec le mem final fermé, que le maamar identifiera plus loin à Bina.
Maré mekomot
- 1מי זאת עולה מן המדבר כתמרות עשן · Song of Songs 3:6
- 2ידבר עמים · Psalms 47:4
9והענין דאז לא היתה יורדת לבי״ע [לבריאה יצירה עשיה] כלל אלא היתה תמיד באצי׳ [באצילות]. וזהו ענין דבימי שלמה1 קיימא סיהרא באשלמותא23 בבחי׳ יחוד פב״פ [פנים בפנים] עם ז״א [זעיר אנפין] באצילות.
L’explication est qu’alors elle ne descendait nullement dans les mondes de Béria, de Yetsira et d’Assiya, mais demeurait toujours à Atsilout. C’est là le sens de [l’expression] selon laquelle, aux jours de Chlomo, « la lune se tenait dans sa plénitude », au niveau d’une union face à face avec Zeir Anpin à Atsilout.
À l’époque du Temple, Mal'hout ne descendait pas du tout, mais demeurait toujours à Atsilout. C’est ce qu’exprime la parole du Zohar selon laquelle, aux jours de Chlomo, « la lune se tenait dans sa plénitude » : Mal'hout, comparée à la lune, était alors unie face à face à Zeir Anpin.
אך לפ״ז [לפי זה] צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] לכאורה דא״כ [דאם כן] איך היו מתבררים הרפ״ח ניצוצין שנפלו מכבר בשבירה לבי״ע [לבריאה יצירה עשיה] שהם מתבררים ע״י המל׳ [המלכות] וכמ״ש בפי׳ ותתן טרף.4
Mais, selon cela, il faudrait apparemment demander : si tel est le cas, comment les 288 étincelles ont-elles été affinées ? Elles étaient tombées depuis longtemps dans les mondes de Béria, de Yetsira et d’Assiya lors du brisement [des réceptacles], et sont affinées par Mal'hout, comme il est écrit dans l’explication de « Et elle donne la nourriture ».
Une question se pose. Si Mal'hout ne descendait jamais à l’époque du Temple, comment les 288 étincelles y étaient-elles affinées ? Elles étaient déjà tombées dans les mondes inférieurs lors du brisement des réceptacles, et leur affinage relève du rôle de Mal'hout, comme l’implique l’expression « elle donne la nourriture ».
Ce paragraphe décrit l’époque du Temple, où Mal'hout demeurait à Atsilout en union parfaite avec Zeir Anpin, puis demande comment les étincelles pouvaient être affinées sans qu’elle descende.
L’union face à face est le lien complet de Zeir Anpin et de Noukva, dans lequel Mal'hout n’est pas diminuée. Le Midrach l’exprime par la croissance de la lune, depuis Avraham jusqu’à Chlomo : lorsque Chlomo arriva, le disque lunaire était plein.
Maré mekomot
- 1בימי שלמה · Shemot Rabbah 15:26
- 2קיימא סיהרא באשלמותא · Zohar, Vayetzei 8:55–10:65
- 3קיימא סיהרא באשלמותא · Zohar, Yitro 21:378–22:389
- 4ותתן טרף · Proverbs 31:15
10וא״כ [ואם כן] כיון שאז לא היתה המל׳ [המלכות] יורדת כלל בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] א״כ [אם כן] איך היו מתבררים. אך הענין דאע״פ [דאף על פי] שאז לא היתה יורדת כלל בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] מ״מ [מכל מקום] היו מתבררים
Et donc, puisque Mal'hout ne descendait alors aucunement dans Béria, Yetsira et Assiya, comment les étincelles étaient-elles affinées ? Mais voici l'explication : bien qu'elle ne descendît alors aucunement dans Béria, Yetsira et Assiya, les étincelles étaient néanmoins affinées,
La question est reformulée, et la réponse commence. Bien que Mal'hout ne descendît pas à l'époque du Temple, les étincelles étaient tout de même affinées.
הניצוצים מחמת היחוד זו״נ [זעיר אנפין ונוקבא] שהי׳ [שהיה] באצילות פב״פ [פנים בפנים] ואז מחמת רוב גילוי האור באצילות ממילא היו מתבררים הניצוצים ונכללים בהמל׳ [בהמלכות] כנר בפני אבוקה מעוצם הגילוי כו׳.
du fait de l'union de Zeir Anpin et de Noukva, qui étaient face à face dans Atsilout. Alors, grâce à l'abondance de la révélation de lumière dans Atsilout, les étincelles étaient affinées d'elles-mêmes et incluses en Mal'hout, comme une flamme de bougie devant une torche, sous l'effet de l'intensité de la révélation, etc.
Elles étaient affinées par l'union face à face de Zeir Anpin et de Noukva dans Atsilout. Cette union produisait une révélation de lumière si grande que les étincelles étaient attirées vers Mal'hout d'elles-mêmes, comme la flamme d'une bougie se fond dans la lumière d'une torche.
ודוקא עתה בזמן הירידה (שאין הגילוי כמו אז) היא נצרכת לירד בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] לבררם. וזהו שורש ענין ההפרש בין ידבר למדבר שכשהיא מיוחדת במאצילה באצי׳ [באצילות] ובירור הניצוצות הוא ממילא.
Et c'est précisément maintenant, à l'époque de la descente — lorsque la révélation n'est pas comme elle l'était alors — qu'elle doit descendre dans Béria, Yetsira et Assiya pour les affiner. Telle est la racine de la différence entre yadber et midbar : lorsqu'elle est unie à son Émanateur dans Atsilout, l'affinement des étincelles se fait de lui-même ;
Ce n'est que maintenant, à l'époque de la descente, alors que cette révélation fait défaut, que Mal'hout doit descendre dans les mondes inférieurs pour affiner les étincelles. Telle est la racine de la différence entre yadber, « régner », et midbar, « désert » : lorsqu'elle est unie à sa source dans Atsilout, les étincelles sont affinées sans effort.
דהיינו שמתבטלים מעוצם הגילוי הם מתבטלים ממילא. משא״כ כשמוכרחת לירד בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] לבררם נקראת מדבר בתוס׳ [בתוספת] מ׳ פתוחה.
autrement dit, étant annulées par l'intensité de la révélation, elles le sont d'elles-mêmes. En revanche, lorsqu'elle est contrainte de descendre dans Béria, Yetsira et Assiya pour les affiner, elle est appelée midbar, avec l'ajout d'un mem ouvert.
Dans cet état, les étincelles sont annulées d'elles-mêmes par l'intensité de la révélation. Lorsqu'elle doit descendre et les affiner, elle devient midbar, le mot « désert », auquel s'ajoute un mem.
וביאור הענין מבואר במ״א ע״פ מאמר הזח״א [הזהר חלק א] פ׳ ויצא (דקמ״ח ע״א) ע״פ קומה ה׳ למנוחתך דזהו ההפרש בין המשכן שהי׳ [שהיה] במדבר לבית עולמים שנקרא מנוחה.1
L'explication de la chose est exposée ailleurs, à propos de l'enseignement du Zohar, première partie, parachat Vayetse (folio 148a), sur [le verset] « Lève-toi, D.ieu, vers Ton lieu de repos » : telle est la différence entre le Michkan, qui se trouvait dans le désert, et la Maison éternelle (Beis Olamim), appelée « lieu de repos » (menou'ha).
L'idée est développée ailleurs, à propos de l'interprétation par le Zohar de « Lève-toi, D.ieu, vers Ton lieu de repos » : le Michkan, qui voyageait dans le désert, diffère du Temple permanent, que les Sages appellent menou'ha, « repos ».
לפי שענין בירור הניצוצות ישנו בב׳ בחי׳ הא׳ כמ״ש ותתן טרף2 כו׳ שהיא לשון מלחמה עד״מ [על דרך משל] המלך יוצא לקראת
Car l'affinement des étincelles se déroule selon deux modalités. La première est celle qu'évoque le verset : « Elle donne du teref », etc. ; ce terme évoque la guerre. Ainsi, à titre d'analogie, un roi sort à la rencontre
Il existe deux façons d'affiner les étincelles. La première est suggérée par le mot teref du verset, qui signifie littéralement « proie » et évoque la guerre ; elle est comparable à un roi qui sort à la rencontre de son ennemi.
שונאו באשר הוא שם ונלחם עמו עד שמכניעו וכך הוא ענין ירידת המל׳ [המלכות] בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] לברר שהוא בחי׳ היציאה למקום השונא באשר הוא שם להכניעו.
de son ennemi là où il se trouve, et combat avec lui jusqu'à le soumettre. Il en va de même de la descente de Mal'hout dans Béria, Yetsira et Assiya pour les affiner : c'est le niveau où elle sort vers le lieu de l'ennemi, là où il se trouve, afin de le soumettre.
Le roi combat sur le territoire même de l'ennemi jusqu'à le soumettre. La descente de Mal'hout dans les mondes inférieurs est de même nature : elle sort vers le lieu de l'ennemi pour l'y soumettre.
ולכן היה המשכן במדבר שהיא מקום יניקת החיצונים ודוקא לשם נמשך הגילוי להכניעם ובחי׳ זו היא דרך המלחמה
C'est pourquoi le Michkan se trouvait dans le désert, lieu où les forces extérieures puisent leur vitalité ; c'est précisément là que la révélation était attirée afin de les soumettre. Cette modalité est la voie de la guerre.
Voilà pourquoi le Michkan se dressait dans le désert, lieu où les forces extérieures puisent leur vitalité. La révélation divine y était attirée précisément pour les soumettre sur leur propre territoire.
(והנה דרך המלחמה לפעמים מתכוין ליתן מקום לשונאו שיגביר באיזו מלחמה קטנה כדי לנצחו במלחמה הגדולה ממנה. כי לפעמים לא סגי בלאו הכי.
(Or, dans la stratégie de guerre, il arrive que l’on choisisse de laisser à son ennemi la possibilité de l’emporter dans une petite bataille, afin de le vaincre dans une bataille plus grande ; car parfois, il n’y a pas d’autre moyen.
Remarque sur la stratégie : un commandant peut laisser son ennemi remporter une petite bataille afin de le vaincre dans une bataille plus importante, car parfois, il n’existe pas d’autre voie vers la victoire.
וכך עד״מ [על דרך משל] בענין ירידת המל׳ [המלכות] דלכך נק׳ אז מדבר במ׳ פתוחה שנותן מקום ליניקת החיצונים כדי לנצחם במלחמה הגדולה להוציא בלעם מפיהם כמ״ש חיל בלע ויקאנו3 כו׳ וכענין עת אשר שלט האדם באדם לרע לו.4
De même, par analogie, dans la descente de Mal'hout : c’est pourquoi elle est alors appelée midbar, avec un mem ouvert, car elle laisse aux forces extérieures la possibilité de puiser leur nourriture, afin de les vaincre dans la grande bataille et de leur faire rejeter ce qu’elles ont englouti, comme il est écrit : « Il a englouti des richesses, et il les vomira », etc., et comme dans le cas de « un temps où l’homme domina l’homme pour son malheur ».
Le mem ouvert de midbar reflète cela : Mal'hout, dans sa descente, laisse aux forces extérieures la possibilité de puiser en elle, afin qu’elles puissent être vaincues dans la bataille décisive et contraintes de rendre ce qu’elles ont englouti. Les paroles de Job, « Il a englouti des richesses, et il les vomira », et celles de Kohélet, « un temps où l’homme domina l’homme pour son malheur », décrivent le même renversement : une domination qui finit par entraîner la perte du dominateur lui-même.
אך כ״ז [כל זה] הוא בבחי׳ הבירור שבדרך מלחמה אמנם הבחי׳ השנית בענין הבירורים הוא שלא בדרך מלחמה. והיינו כמו עד״מ [על דרך משל] למטה במלכותא דארעא הנה מלך גדול ונורא שכבר נודע ידו
Mais tout cela relève du mode de raffinement qui s’accomplit par la guerre. Le second mode de raffinement, en revanche, ne s’accomplit pas par la guerre. Cela correspond, par analogie, à ce qui se passe ici-bas dans un royaume terrestre : un roi grand et redoutable, dont la puissance est déjà connue
La seconde voie du raffinement ne passe pas par la guerre. Son analogue est un roi terrestre, grand et redoutable, dont la puissance est déjà connue de tous.
כי חזקה היא וחכמתו רבה עד שאינו צריך ל צאת נגד שונאו להלחם בו ולהכניעו רק מחמת התפשטות גדולתו במקומו ממילא מוכנעים וכפופים וכמו שמצינו דבר זה בשלמה המלך5 ע״ה [עליו השלום]) (כמבואר במלכים א׳ ה׳).
pour être forte et dont la sagesse est grande, si bien qu’il n’a pas besoin de sortir contre son ennemi pour le combattre et le soumettre ; au contraire, la manifestation de sa grandeur dans son propre domaine suffit à les soumettre et à les faire plier d’eux-mêmes. Nous trouvons cela chez le roi Chlomo, que la paix soit sur lui (comme cela est expliqué dans I Kings 5).
Un tel roi n’a jamais besoin de marcher contre ses ennemis : le rayonnement de sa grandeur depuis son propre domaine suffit à les faire se soumettre. Il en fut ainsi du roi Chlomo, dont le règne est décrit dans le Livre des Rois comme une époque de paix de tous côtés, les royaumes voisins lui apportant un tribut.
וכך יובן עד״מ [על דרך משל] למעלה שיש ג״כ בירור ניצוצות עד״ז [על דרך זה] שלא בדרך מלחמה אלא בהמשכת אור א״ס [אין סוף] למטה
On comprendra ainsi, par analogie, qu’en haut aussi, il existe un raffinement des étincelles de cette manière, non par la guerre, mais par l’attraction vers le bas de la Lumière infinie (Or Ein Sof)
En haut également, les étincelles peuvent être raffinées sans guerre. Cela se produit lorsque la Lumière infinie est attirée vers le bas.
כמו שהוא למעלה בעולם האצילות ממילא נעשה ביטול הסט״א [הסטרא אחרא] כביטול הנר בפני האבוקה שהאבוקה היא במקומה
telle qu’elle se trouve en haut, dans le Monde d’Atsilout ; [alors] la sitra a'hra (l’autre côté) est annulée d’elle-même, comme une chandelle s’annule devant une torche : la torche demeure à sa place,
La lumière est attirée vers le bas telle qu’elle brille en haut, dans Atsilout. Alors, la sitra a'hra, « l’autre côté », opposée à la sainteté, est annulée d’elle-même, comme de petites chandelles s’effacent devant la lumière d’une torche qui ne quitte pas sa place.
וכל הנרות הקטנים ממילא בטלים בהתקבץ כל אורות הנרות לאבוקה מחמת המשכתם אחריה ונדעכים ממקומם וא״צ [ואין צריך / ואינו צריך] לירד למקום הקליפות להכניעם כו׳.67
et toutes les petites chandelles sont annulées d’elles-mêmes lorsque toutes leurs lumières se rassemblent en la torche, parce qu’elles sont attirées à sa suite ; elles s’éteignent là où elles se trouvent, et il n’est pas nécessaire de descendre dans le domaine des kelipot pour les soumettre, etc.
Les petites flammes sont attirées vers la torche et se fondent en elle, disparaissant de l’endroit où elles se tenaient. Il n’est pas nécessaire de descendre dans le domaine des kelipot pour les soumettre.
Ce paragraphe répond à la question : à l'époque du Temple, les étincelles étaient affinées sans descente, par la révélation écrasante de l'union face à face, comme lorsque la présence d'un roi puissant soumet ses ennemis sans combat ; aujourd'hui, en l'absence de cette révélation, l'affinement exige la guerre de la descente de Mal'hout, selon la voie du Michkan dans le désert.
Les deux modalités de l'affinement correspondent au Michkan et au Temple, au « désert » et au « lieu de repos ». Dans la première, la sainteté pénètre le territoire de l'ennemi et le laisse même gagner du terrain pour un temps ; dans la seconde, la sainteté demeure à sa place et l'opposition se dissipe devant elle.
Maré mekomot
- 1לבית עולמים שנקרא מנוחה · Zevachim 119a
- 2ותתן טרף · Proverbs 31:15
- 3חיל בלע ויקאנו · Job 20:15
- 4עת אשר שלט האדם באדם לרע לו · Ecclesiastes 8:9
- 5בשלמה המלך · I Kings 5:7–8
- 6קומה ה׳ למנוחתך · Zohar, Vayetzei 1:11–6:36
- 7קומה ה׳ למנוחתך · Psalms 132:8
11והנה עד״ז [על דרך זה] היה הבירור בזמן הבית כו׳ דהגם שלא היתה יורדת המל׳ [המלכות] בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] לברר בחי׳ מלחמה. מ״מ [מכל מקום] היה הבירור באופן נעלה יותר.
Or, c’est de cette manière que se faisait le raffinement à l’époque du Temple, etc. : bien que Mal’hout ne descendît pas dans Béria, Yetsira et Assiya pour raffiner selon le mode de la guerre, le raffinement s’effectuait néanmoins d’une manière plus élevée.
Il en allait de même à l’époque du Temple. Bien que Mal’hout ne descendît pas selon le mode de la guerre, les étincelles étaient raffinées d’une manière supérieure.
דהיינו לפי שאז היה זו״נ [זעיר אנפין ונוקבא] פב״פ [פנים בפנים] שעל כן היה גילוי גדול מאד מא״ס [מאין סוף] ב״ה ע״י יחוד זה דזו״נ [דזעיר אנפין ונוקבא] שבאצילות
C’est-à-dire que, puisqu’alors Zeir Anpin et Noukva étaient face à face, il y avait une très grande révélation de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, grâce à cette union de Zeir Anpin et de Noukva dans Atsilout ;
Zeir Anpin et Noukva étaient alors face à face. Leur union dans Atsilout suscitait une immense révélation de l’Infini.
אזי ממלא היו מתבטלים הקליפות מעוצם הגילוי הזה שבאצי׳ [שבאצילות] והיו נכללי׳ [נכללים] הניצוצי׳ שבהם כנר באבוקה
les kelipot étaient alors annulées d’elles-mêmes par l’intensité de cette révélation dans Atsilout, et les étincelles qu’elles contenaient s’y trouvaient incluses, comme une bougie dans une torche.
Cette révélation était si intense que les kelipot étaient annulées d’elles-mêmes. Les étincelles qu’elles contenaient étaient absorbées, comme la flamme d’une bougie dans une torche.
לכן נק׳ בחי׳ זו מנוחה שא״צ [שאין צריך / שאינו צריך] לבחי׳ מלחמה (ועיין בע״ח [בעץ חיים] שער מיעוט הירח ספ״ב [סוף פרק ב׳] ואח״כ [ואחר כך] כאשר נבנה בית ראשון1 ע״י שלמה2 כו׳ בין בשבת בין בחול כו׳.
C’est pourquoi ce niveau est appelé « repos » (menou’ha), car le mode de la guerre n’est pas nécessaire. (Voir aussi Etz Chaim, Shaar Miut HaYareach, à la fin du chapitre 2 : « Et ensuite, lorsque le Premier Temple fut construit par Chlomo », etc., « aussi bien le Chabbat que les jours de semaine », etc.)
Le Temple est donc appelé « repos » : aucune guerre n’était nécessaire. La note cite Etz Chaim, qui enseigne qu’une fois le Premier Temple construit par Chlomo, Mal’hout était face à face avec Zeir Anpin les jours de semaine aussi bien que le Chabbat.
וצ״ע [וצריך עיון] ממ״ש הרמ״ז [הרב משה זכות] ר״פ צו ורחל יורדת בבריאה כו׳ ובזמן בהמ״ק [בית המקדש] לתת טרף לביתה345 וכ״מ [וכן משמע] בזהר פ׳ ויחי דרכ״ט סע״ב [סוף עמוד ב] ודף ר״נ ע״א ובפ׳ יתרו דס״ז ע״ב, וי״ל [ויש לומר] דירידתה אז היה
Toutefois, cela demande examen au regard de ce qu’écrit le Ramaz au début de la paracha Tsav : « Et Ra’hel descend en Béria », etc., « et, à l’époque du Temple, pour donner la nourriture à sa maison » ; cela ressort également du Zohar, paracha Vayé’hi, folio 229b, en bas, et folio 250a, ainsi que paracha Yitro, folio 67b. On peut dire que sa descente, alors,
Une difficulté se présente : le Ramaz et certains passages du Zohar semblent indiquer que Ra’hel, c’est-à-dire Mal’hout, descendait en Béria « pour donner la nourriture à sa maison » même à l’époque du Temple. La note suggère que sa descente ne dépassait alors pas un certain point.
רק להיכל ק״ק [קדש הקדשים] דבריאה כמ״ש הרמ״ז [הרב משה זכות] פ׳ יתרו שם והוא מהפע״ח [מהפרי עץ חיים] ש״א [שער א׳] פ״ז [פרק ז׳]. ובכח זה היו מתבררים הבירורים כו׳ וע׳ [ועיין] בסש״ב [בספר של בינונים] ח״א [חלק א׳] פנ״ג [פרק נ״ג])
n’allait que jusqu’à la salle du Saint des Saints de Béria, comme l’écrit le Ramaz à cet endroit, dans la paracha Yitro ; il le tient de Pri Etz Chaim, Shaar 1, chapitre 7. C’est par cette force que s’effectuait le raffinement des éléments à raffiner, etc. (Voir aussi Sefer Shel Beinonim, partie I, chapitre 53.)
Sa descente atteignait seulement la salle la plus élevée de Béria, son « Saint des Saints », comme l’écrit lui-même le Ramaz à la suite de Pri Etz Chaim ; depuis là, sa force suffisait à raffiner les étincelles. La note renvoie aussi au chapitre 53 du Tanya (Sefer Shel Beinonim), consacré à la résidence de la Chekhina dans le Premier Temple.
משא״כ אחר החורבן שירדה המל׳ [המלכות] פלאים6 ונתמעט אורה בימי החול כמ״ש בע״ח [בעץ חיים] שם לכך א״א [אי אפשר] להיות בירור הניצוצות ע״ד [על דרך] הנ״ל לכך צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] הבירור ע״י התלבשותה בק״נ [בקליפת נוגה] לברר
Mais, après la destruction, lorsque Mal’hout descendit de manière prodigieuse et que sa lumière diminua les jours de semaine, comme il est écrit dans Etz Chaim, à cet endroit, le raffinement des étincelles ne peut plus se faire de la manière décrite plus haut. Il faut donc que le raffinement s’accomplisse par son revêtement dans la kelipat noga, afin de raffiner.
Après la destruction, Mal’hout « descendit de manière prodigieuse », selon l’expression des Lamentations, et sa lumière diminue les jours de semaine, comme le décrit Etz Chaim. Le raffinement par la seule révélation n’est plus possible ; elle doit donc se revêtir dans la kelipat noga et raffiner de l’intérieur.
(ועמ״ש כעין זה בפ׳ בראשית סד״ה הן האדם היה כו׳). וזהו שנקראת עתה מדבר במ״ם פתוחה מצד שמתלבשת בק״נ [בקליפת נוגה] לברר כו׳.
(Voir ce qui est écrit dans le même sens dans la paracha Béréchit, à la fin du discours commençant par « Voici que l’homme est devenu », etc.) C’est pourquoi elle est maintenant appelée midbar, avec un mem ouvert : parce qu’elle se revêt dans la kelipat noga afin de raffiner, etc.
On trouve un parallèle dans le discours sur la paracha Béréchit qui commence par « Voici que l’homme est devenu ». C’est pourquoi Mal’hout est maintenant appelée midbar, avec un mem ouvert : elle se revêt dans la kelipat noga pour la raffiner.
אבל מ׳ סתומה הוא בחי׳ בינה עלמא דחירות לפי שאין שם יניקה כו׳ ונק׳ ג״כ יין המשומר7 משי״ב [מששת ימי בראשית].
Mais le mem fermé représente le niveau de Bina (compréhension), « le monde de la liberté », car aucune force extérieure ne peut y puiser de vitalité, etc. ; il est également appelé « le vin préservé depuis les six jours de la Création ».
Le mem final fermé représente, en revanche, Bina, appelée « le monde de la liberté », car aucune force extérieure ne peut y puiser de vitalité. Bina est aussi « le vin préservé depuis les six jours de la Création », image talmudique du bien caché du Monde futur.
וזהו מי זאת עולה מן המדבר כתמרות עשן8 כו׳ הוא הרפ״ח שנבררי׳ [שנבררים] שעולים בהעלאת מ״נ [מיין נוקבין] כדמיון העשן כמ״ש במ״א:
Et c’est là [le sens de] « Qui est celle-ci qui monte du désert comme des colonnes de fumée », etc. : ce sont les 288 étincelles qui sont affinées et s’élèvent lors de l’élévation des mayin noukvin, comme la fumée, ainsi qu’il est expliqué ailleurs.
C’est là le sens de « Qui est celle-ci qui monte du désert comme des colonnes de fumée ». Les 288 étincelles affinées s’élèvent comme mayin noukvin, montant telles de la fumée, ainsi qu’il est expliqué ailleurs.
Ce paragraphe applique à l’histoire les deux modes de raffinement : à l’époque du Temple, l’union face à face raffinait les étincelles sans descente ; après la destruction, Mal’hout doit se revêtir dans la kelipat noga, ce qui explique qu’elle soit appelée midbar avec un mem ouvert.
Le contraste entre le mem ouvert et le mem fermé oppose Mal’hout, exposée aux forces extérieures lors de sa descente, à Bina, un domaine qui leur est fermé. La conciliation proposée par la note — à l’époque du Temple, sa descente ne l’amenait que jusqu’au Saint des Saints de Béria — permet de préserver à la fois l’affirmation du Ramaz et le principe selon lequel le Temple raffinait les étincelles sans guerre.
Maré mekomot
- 1בית ראשון · Tanya, Likkutei Amarim 53:1
- 2ואח״כ כאשר נבנה בית ראשון ע״י שלמה · Sefer Etz Chaim 36:2
- 3לתת טרף לביתה · Zohar, Vayechi 38:409–41:419
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- 5לתת טרף לביתה · Zohar, Yitro 1:8–18
- 6שירדה המל׳ פלאים · Lamentations 1:9
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- 8מי זאת עולה מן המדבר כתמרות עשן · Song of Songs 3:6
La chaleur du désert ¶12–15
12ג ועוד זאת הטעם שנק׳ מדבר. כי הנה הטעם שהמדבר אינו מגדל צמחים הוא מפני תוקף חום השמש שבו וענין משל זה דתוקף החום הוא מרמז לבחי׳ עליי׳ [עלייה] המל׳ [המלכות] מבי״ע [מבריאה יצירה עשיה] לאצילות
3. Il est encore une autre raison pour laquelle elle est appelée midbar. Si le désert ne fait pas pousser de plantes, c’est en raison de l’intensité de la chaleur du soleil qui y règne ; cette image de la chaleur intense évoque le niveau de l’ascension de Mal'hout de Béria, Yetsira et Assiya vers Atsilout,
La section 3 donne une autre raison au nom midbar. Le désert ne fait pousser aucune plante à cause de la chaleur ardente du soleil ; cette chaleur évoque l’ascension de Mal'hout des mondes inférieurs vers Atsilout.
שהוא בבחי׳ גבורות וצמאון כמ״ש למען יזמרך כבוד1 כו׳ קארי תדיר ולא שכיך וע״ז [ועל זה] נאמר אל תחרש ואל תשקוט אל.2
qui relève des Guevourot et de la soif, comme il est écrit : « Afin que la gloire Te chante des louanges », etc. : « elle appelle constamment et ne se tait pas ». À ce sujet, il est dit : « Ne garde pas le silence et ne reste pas immobile, ô D.ieu. »
Son ascension relève des Guevourot et de la soif, un désir ardent et sans répit. Le verset « Afin que la gloire Te chante des louanges et ne se taise pas » est interprété comme parlant de Mal'hout, appelée « gloire », qui « appelle constamment et ne se tait pas » ; de même, il est dit : « Ne garde pas le silence et ne reste pas immobile, ô D.ieu. »
Ce paragraphe ouvre la troisième section : la chaleur brûlante du désert est une image de la soif et de l’intensité avec lesquelles Mal'hout s’élève des mondes inférieurs.
Ici, les Guevourot ne désignent pas des jugements rigoureux, mais la force consumante du désir ardent, cette chaleur qui laisse le désert dépouillé et cette soif de celui qui ne peut trouver de repos.
Maré mekomot
- 1למען יזמרך כבוד · Psalms 30:13
- 2אל תחרש ואל תשקוט אל · Psalms 83:2
13וזהו ענין תוקף החום תגבורת האהבה וכנזכר בפ׳ בלק דקצ״א ע״פ שחורה אני ונאוה.1 מגו דחיקו ורחימו אזעירת גרמה2
Et tel est le sens de l’ardeur de la chaleur : l’intensification de l’amour, comme il est mentionné dans la paracha de Balak, folio 191, à propos [du verset] « Je suis noire, mais belle » : « Sous l’effet de la détresse et de l’amour, elle s’est faite petite »,
Cette chaleur est l’amour dans son intensité la plus extrême. Le Zohar, dans la paracha de Balak, à propos de « Je suis noire, mais belle », dit de Mal'hout : « Sous l’effet de la détresse et de l’amour, elle s’est faite petite ».
והיינו שמכל הפרצוף שלה שהיתה בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] נעשית רק נקודה א׳ באצי׳ [באצילות]. והוא בחי׳ הביטול בתכלית כמבואר באריכות בביאור מאמר הנ״ל.
c’est-à-dire que, de toute sa configuration (partsouf), qui se trouvait dans les mondes de Béria, de Yetsira et d’Assiya, elle devient un simple point en Atsilout. C’est là le niveau d’une annulation de soi (bitoul) absolue, comme l’explique longuement le commentaire du maamar mentionné ci-dessus.
D’une configuration entière déployée dans les mondes inférieurs, elle se réduit à un seul point en Atsilout. Cette réduction est une annulation de soi absolue, comme l’expose longuement le commentaire de ce passage du Zohar.
Ce paragraphe identifie l’ardeur du désert à un amour irrésistible dans lequel Mal'hout se réduit à un seul point, dans un acte d’annulation de soi complète.
Ce point renvoie au début du maamar : il est son Kéter, qui n’a jamais quitté Atsilout ; le paragraphe suivant l’identifie comme le point situé sous Yessod.
Maré mekomot
- 1שחורה אני ונאוה · Song of Songs 1:5
- 2מגו דחיקו ורחימו אזעירת גרמה · Zohar, Balak 6:113–122
14ונקודה זו הוא בחי׳ כתר דמל׳ [דמלכות] שנשאר באצי׳ [באצילות] תמיד וגם הט״ס [הט׳ ספירות] שירדו בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] עולים בגבורה וצמאון באצילות
Et ce point est le niveau de Kéter de Mal'hout, qui demeure toujours en Atsilout ; et les neuf Séfirot qui sont descendues en Béria, Yetsira et Assiya remontent elles aussi vers Atsilout avec Guevoura et une ardente soif,
Le point unique auquel Mal'hout se contracte est son Kéter, qui ne quitte jamais Atsilout. Les neuf Séfirot descendues dans les mondes inférieurs remontent vers Atsilout avec Guevoura et une ardente soif, ce désir intense décrit plus haut.
וזה נמשך להם מבחי׳ הכתר שבאצי׳ [שבאצילות] תמיד ואז נעשית נקודה תחת יסוד והוא בחי׳ נקודת הכתר כנ״ל וזהו ענין במדבר.
et cela leur vient du niveau de Kéter qui demeure toujours en Atsilout. Alors elle devient un point sous Yessod, c'est-à-dire le point de Kéter mentionné plus haut. Tel est le sens de « dans le désert » (bamidbar).
Leur capacité à remonter vient de ce Kéter qui reste en haut. Mal'hout devient alors un point sous Yessod, le canal de Zeir Anpin par lequel s'accomplit l'union, et ce point est son Kéter ; c'est là le sens de « dans le désert ».
כי בחי׳ זו דכתר הוא הרצון שלמעלה מהחכמה ליכלל במאצילה והוא כמשל המדבר שאין בו שום צמיחה
Car ce niveau de Kéter est la volonté, au-dessus de 'Hokhma, d'être incluse dans son Émanateur ; il est semblable au désert, où rien ne pousse,
Kéter est la volonté située au-dessus de 'Hokhma, la volonté de se fondre simplement dans sa source. Le désert, où rien ne pousse, en est l'image.
רק בחי׳ דומם ממש בחי׳ העפר מחמת תוקף החום כך הוא ענין תוקף ביטול זה ורצון זה עד שהיא בבחי׳ דומם לגבי מאצילה נקודה א׳ כו׳ אזעירת גרמה וזהו ומדברך נאוה.1
où il n'y a que le niveau du véritable inanimé, celui de la poussière, sous l'effet de l'intensité de la chaleur. Ainsi en est-il de l'intensité de cette annulation de soi (bitoul) et de cette volonté : elle devient comme l'inanimé face à son Émanateur, un point unique, etc. : « elle s'est faite petite ». Tel est le sens de « et ta parole (midbarekh) est belle ».
Comme la chaleur ne laisse dans le désert que de la poussière sans vie, l'intensité de cette annulation de soi rend Mal'hout semblable à quelque chose d'inanimé devant sa source, un point unique, comme l'a dit le Zohar : « elle s'est faite petite ». C'est ce que le Cantique des Cantiques exprime par « ta parole (midbarekh) est belle ».
פי׳ זו העליה דמל׳ [דמלכות] שעולה מבי״ע [מבריאה יצירה עשיה] בבחי׳ גבורות שאז נק׳ מדבר לשון דיבור למען יזמרך כבוד2 כו׳
C'est-à-dire : cette ascension de Mal'hout, qui remonte de Béria, Yetsira et Assiya avec les Guevourot, lorsqu'elle est appelée midbar, terme désignant la parole (dibour) : « afin que la gloire Te chante des louanges », etc.,
Le verset joue sur le mot midbar, qui évoque la parole. Mal'hout, lorsqu'elle remonte des mondes inférieurs avec les Guevourot, est appelée midbar, l'attribut de la parole, la « gloire » qui chante et ne se tait jamais.
נאוה שכך היה כוונת המאציל ית׳ בתחלה שתרד בי״ע [בריאה יצירה עשיה] בכדי שתתעלה אח״כ [אחר כך] והירידה צורך עלייה וכנז״ל [וכנזכר לעיל].
est « belle » ; car telle était dès l'origine l'intention de l'Émanateur, béni soit-Il : qu'elle descende en Béria, Yetsira et Assiya afin d'être ensuite élevée ; la descente est en vue de l'ascension, comme mentionné plus haut.
Cette ascension est « belle » parce qu'elle réalise l'intention de D.ieu dès le commencement : elle devait descendre dans les mondes inférieurs précisément afin de s'élever ensuite plus haut. La descente est en vue de l'ascension.
וע״ז [ועל זה] אמר דוד המלך ע״ה [עליו השלום] שהי׳ [שהיה] מרכבה למדת מל׳ [מלכות] ואמר כנגד מדתו צמאה לך נפשי3 היא המל׳ [המלכות] מתי אבוא ואראה4 שתתעלה באצילות כו׳.
À ce sujet, le roi David, que la paix soit sur lui, qui était un char pour l'attribut de Mal'hout, dit, en exprimant son propre attribut : « Mon âme a soif de Toi » — c'est Mal'hout —, « quand viendrai-je et paraîtrai-je ? », afin qu'elle soit élevée en Atsilout, etc.
Le roi David était un « char » pour Mal'hout, une personne entièrement vouée à cet attribut divin ; ses paroles l'expriment donc. « Mon âme a soif de Toi » désigne la soif de Mal'hout, et « quand viendrai-je et paraîtrai-je ? » exprime son désir de s'élever en Atsilout.
Ce paragraphe identifie le point sous Yessod au Kéter de Mal'hout, sa volonté d'être incluse dans sa source, et interprète « dans le désert » ainsi que « ta parole est belle » comme l'ascension ardente dont sa descente avait été le prélude.
Être un « char » pour un attribut, c'est n'avoir aucune volonté propre, tout comme un char ne se déplace que selon la direction de son conducteur. Les psaumes de David exprimant la soif font ainsi entendre l'attribut même de Mal'hout.
Maré mekomot
- 1ומדברך נאוה · Song of Songs 4:3
- 2למען יזמרך כבוד · Psalms 30:13
- 3צמאה לך נפשי · Psalms 63:2
- 4מתי אבוא ואראה · Psalms 42:3
15והנה כמו שיש בחי׳1 זו למעלה במדת מלכות שיורדת בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] והירידה צורך עליי׳ [עלייה] לברר ולהעלות כו׳
Or, de même que ce niveau existe en haut dans l’attribut de Mal'hout, qui descend dans Béria, Yetsira et Assiya — et que cette descente a pour but l’élévation, afin de raffiner et d’élever, etc. —
Le modèle de Mal'hout en haut, qui descend afin de s’élever, pour raffiner et élever, trouve son parallèle dans l’âme humaine.
כך הוא בנפש האדם שהוא ניצוץ פרטי הנמשך ממדת מל׳ [מלכות] שמתלבש בגוף ונפש הבהמית דוגמת ירידת השכינה בכדי לברר הנפש הבהמית.
il en va ainsi de l’âme de l’homme, qui est une étincelle particulière issue de l’attribut de Mal'hout et qui s’enveloppe dans le corps et l’âme animale, à l’image de la descente de la Chekhina (la Présence divine), afin de raffiner l’âme animale.
Chaque âme est une étincelle particulière de Mal'hout, enveloppée dans un corps et une âme animale, tout comme la Chekhina descend dans les mondes inférieurs. Sa descente a un but : raffiner l’âme animale.
(וכמ״ש בפ׳ בראשית שם שזהו ענין וישלחהו מג״ע [מגן עדן] לעבוד את האדמה2 כו׳ ע״ש [עיין שם]). ועיקר הבירור בשעת התפלה שאז עולה בבחי׳ מדבר וצמאון
(Comme il est écrit dans la paracha Beréchit, à cet endroit, que tel est le sens de « Il le chassa du Gan Eden pour travailler la terre », etc. ; voir là-bas.) Le raffinement principal a lieu au moment de la prière, lorsqu’elle s’élève au niveau de midbar et de la soif,
Le discours sur la paracha Beréchit, cité plus haut, voit cela dans le fait qu’Adam fut envoyé du Gan Eden « pour travailler la terre » : la descente de l’âme pour raffiner l’âme animale constitue ce travail. Le raffinement principal s’accomplit dans la prière, lorsque l’âme s’élève dans la soif du midbar.
והוא הבחי׳ צעקה שנת״ל [שנתבאר לעיל] שזה היא בחי׳ מדבר כדכתיב תעו במדבר כו׳ צמאים כו׳ ויצעקו3 כו׳ ליכלל באורו ית׳.
et c’est là le niveau du cri évoqué plus haut, qui est le niveau de midbar, comme il est écrit : « Ils errèrent dans le désert », etc., « assoiffés », etc., « et ils crièrent », etc., afin d’être incluse dans Sa lumière, béni soit-Il.
Cette soif est le cri expliqué plus haut, le cri du désert. Le psaume décrit des voyageurs égarés dans le désert, affamés et assoiffés, qui crièrent vers D.ieu ; l’âme, elle aussi, crie pour être absorbée dans Sa lumière.
וזהו מדבר סיני והוא ענין הבירורים שהרע נפרד מהטוב בין למעלה ע״י המל׳ [המלכות] שמבררת כנ״ל. ובין בנפש האדם ע״י התפלה
Tel est le désert du Sinaï : il s’agit du raffinement, par lequel le mal se sépare du bien, aussi bien en haut, par l’intermédiaire de Mal'hout qui raffine, comme indiqué plus haut, que dans l’âme de l’homme, par la prière.
C’est là le désert du Sinaï évoqué dans le verset : le raffinement, c’est-à-dire la séparation du mal et du bien. En haut, cette œuvre est accomplie par Mal'hout ; chez l’homme, elle l’est par la prière.
(ובזה יובן ענין תיקון חצות כי אז מתחיל עליית המל׳ [המלכות] בבחי׳ מדבר וצמאון למען יזמרך4 כו׳ ולכן צריך לבכות על ירידה זו של השכינה שהוצרך לירד ולהתלבש בק״נ [בקליפת נוגה] ועי״ז מוסיף כח למעלה להיות עליית המל׳ [המלכות]
(Cela permet aussi de comprendre le sens du Tikoun ‘Hatsot (la réparation de minuit) : c’est alors que commence l’élévation de Mal'hout au niveau de midbar et de la soif, « afin que la gloire Te chante », etc. C’est pourquoi il faut pleurer sur cette descente de la Chekhina, qui dut descendre et s’envelopper dans la kelipa noga ; par cela, on donne davantage de force en haut pour que Mal'hout puisse s’élever,
Cela éclaire également le Tikoun ‘Hatsot, la lamentation de minuit sur l’exil de la Chekhina. À minuit, Mal'hout commence son ascension dans la soif ; pleurer alors sur sa descente dans la kelipa noga donne en haut la force nécessaire à son élévation.
וגם ממשיך לה תענוג עליון ע״י עסק התורה שאחר חצות וכמבואר בפע״ח [בפרי עץ חיים] עד שבתפלת השחר אח״כ [אחר כך] היא עולה באצי׳ [באצילות] ממש וכן בנפש האדם ג״כ שאז שעתהכושר להתבונן בגדולת ה׳ להמשיך גילוי יחוד א״ס [אין סוף] ב״ה בנפשו):56789101112131415161718
et l’on attire également en elle un plaisir sublime par l’étude de la Torah après minuit, comme l’explique le Pri Etz Chaim, jusqu’à ce que, lors de la prière du matin, elle s’élève ensuite véritablement dans Atsilout. Il en va de même pour l’âme de l’homme : c’est alors le moment propice pour méditer sur la grandeur de D.ieu et attirer dans son âme le dévoilement de l’unité de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il.)
L’étude de la Torah après minuit attire en elle un plaisir sublime, comme l’explique le Pri Etz Chaim, jusqu’à ce que, lors de la prière du matin, elle s’élève véritablement dans Atsilout. Pour l’homme aussi, cette heure est propice à la méditation sur la grandeur de D.ieu et à l’attraction du dévoilement de Son unité dans son âme.
Ce paragraphe applique à l’âme humaine la descente de Mal'hout et son ascension dans la soif : le travail de raffinement de l’âme s’accomplit principalement dans la prière. Il explique aussi le Tikoun ‘Hatsot et l’étude de la Torah après minuit comme le début de cette ascension.
L’ordre de la nuit retrace les étapes de l’ascension de Mal'hout : la lamentation de minuit, l’étude de la Torah qui suit, puis la prière du matin, où elle atteint Atsilout. La prière de l’âme suit le même chemin.
Maré mekomot
- 1ובחי׳ — (והנה · חסר סיום המוסגר (ובכת״י 113 עב, ב — שם נמצא מאמר זה — ליתא כאן התחלת מוסגר).
- 2וישלחהו מג״ע לעבוד את האדמה · Genesis 3:23
- 3תעו במדבר כו׳ צמאים כו׳ ויצעקו · Psalms 107:4–6
- 4למען יזמרך כבוד · Psalms 30:13
- 5הוא — יתאמץ · וע׳ בסש״ב פכ״ח. [כ].
- 6וכנזכר בפע״ח · ראה גם תו״א קיב, ד. יהל אור ע׳ שכח. ובסה״מ תר״ן ע׳ שצא.
- 7אש לפניו תלך · Psalms 97:3
- 8מי זאת עולה מן המדבר · Song of Songs 3:6
- 9ידבר עמים תחתנו · Psalms 47:4
- 10בימי שלמה קיימא סיהרא · Zohar I, 150a
- 11מ״מ היו מתבררים הניצוצים מחמת היחוד זו״נ שהי׳ באצי׳ · והי׳ הבירור בבחי׳ אתהפכא ממש וכמו שלמה המע״ה שהיו כולם נכנעים ובטלים אליו כו׳ — המשך תער״ב-ג ע׳ א׳שכג. וראה גם שם ח״ב ע׳ א׳סד.
- 12מעוצם הגילוי הם מתבטלים ממילא · ראה לקו״ש ח״כ ע׳ 215 הערה 32.
- 13מבואר במ״א . . קומה ה׳ · ביאוה״ז לאדהא״מ קלב, א. ובהבא להלן ראה המשך בששה״ק תער״ב ח״ב ע׳ תשעד.
- 14בית עולמים שנק׳ מנוחה · Zevachim 119a:8
- 15חיל בלע ויקיאנו · Job 20:15
- 16עת אשר שלט האדם · Ecclesiastes 8:9
- 17הבירור שבדרך מלחמה . . שלא בדרך מלחמה · נתבאר בארוכה בסה״מ-תרנ״ט ע׳ קסב ואילך. סה״מ תש״ד ע׳ 106 ואילך.
- 18ונק׳ ג״כ יין המשומר · Berakhot 34b
Le Midrach : la mer, les montagnes et le désert ¶16–23
16ד ובכל זה יש לפרש המדרש רבה פ׳ במדבר פ״א בענין וידבר ה׳ אל משה במדבר סיני1 וז״ל [וזה לשונו] ע״פ ישאו מדבר ועריו חצרים וגו׳ [וגומר]
4. À la lumière de tout cela, nous pouvons expliquer le Midrach Rabba, Parachat Bamidbar, chapitre 1, à propos de « Havaya parla à Moché dans le désert du Sinaï ». Voici ses termes : À propos du verset « Que le désert et ses villes élèvent [la voix], les villages… », etc.
La section 4 applique tout ce qui précède à un Midrach sur le verset d’ouverture de Bamidbar. Le Midrach introduit « dans le désert du Sinaï » par l’appel d’Isaïe : « Que le désert et ses villes élèvent la voix. »
(בישעי׳ [בישעיה] סי׳ מ״ב י״א) לנשיא שנכנס למדינה וראו אותו בני המדינה וברחו.2 נכנס לשניה וברחו מלפניו.
(Isaïe, chapitre 42, [verset] 11) : [On peut comparer cela] à un prince qui entra dans une province. Les habitants de la province le virent et s’enfuirent. Il entra dans une deuxième province, et ils s’enfuirent de devant lui.
La parabole : un prince entra dans une province et ses habitants s’enfuirent à sa vue ; la même chose se produisit dans une deuxième province.
נכנס לעיר חריבה3 וקדמו אותו והיו מקלסין אותו אמר הנשיא זו העיר טובה היא מכל המדינות כאן אני בונה כס נאה כאן אני דר.
Il entra dans une ville dévastée ; ses habitants vinrent à sa rencontre et le louaient. Le prince dit : « Cette ville est meilleure que toutes les provinces. C’est ici que je bâtirai un beau trône ; c’est ici que je résiderai. »
Puis il entra dans une ville en ruines, dont les habitants vinrent l’accueillir et chanter ses louanges. C’est là, dit-il, qu’il bâtirait son trône et résiderait.
כך כשבא הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] לים ברח מלפניו שנאמר הים ראה וינוס וכן ההרים4 רקדו כאלים5 בא במדבר חריבה קדמה אותו וקילסה אותו
De même, lorsque le Saint béni soit-Il vint à la mer, celle-ci s’enfuit de devant Lui, comme il est dit : « La mer vit et s’enfuit » ; et de même, « les montagnes bondirent comme des béliers ». Il vint dans le désert dévasté ; celui-ci vint à Sa rencontre et Le loua,
Il en fut de même pour D.ieu : la mer s’enfuit devant Lui, comme le dit le psaume de la Sortie d’Égypte, et les montagnes bondirent comme des béliers. Mais le désert dévasté vint L’accueillir en Le louant.
שנאמר ישאו מדבר ועריו חצרים תשב קדר ירונו יושבי סלע6 אמר זו העיר טובה לי מכל המדינות.
comme il est dit : « Que le désert et ses villes élèvent [la voix], les villages habités par Kédar ; que les habitants du rocher chantent. » Il dit : « Cette ville m’est plus chère que toutes les provinces ;
C’est le verset d’Isaïe : le désert et ses établissements élèvent la voix en chantant. D.ieu choisit donc le désert plutôt que tout autre lieu.
בו אני בונה כנסיה ודר בתוכו התחילו שמחים שהקב״ה [שהקדוש ברוך הוא] דר בתוכו שנאמר ישושום מדבר וציה7 עכ״ל [עד כאן לשונו].
c’est en elle que je bâtirai une maison d’assemblée (knessia) et que je résiderai. Ils se mirent à se réjouir de ce que le Saint béni soit-Il résidait en elle, comme il est dit : « Le désert et la terre aride se réjouiront. » Fin de citation.
C’est là qu’Il bâtirait Sa maison d’assemblée et résiderait. Le désert se réjouit qu’Il y résidât, comme le dit Isaïe : « Le désert et la terre aride se réjouiront. »
Ce paragraphe cite le Midrach à propos de « dans le désert du Sinaï » : la mer et les montagnes s’enfuirent devant D.ieu, tandis que le désert dévasté Lui souhaita la bienvenue ; c’est pourquoi Il choisit d’y résider.
Maré mekomot
- 1וידבר ה׳ אל משה במדבר סיני · Numbers 1:1
- 2לנשיא שנכנס למדינה וראו אותו בני המדינה וברחו · Bamidbar Rabbah 1:2
- 3המדרש רבה . . נכנס לעיר חריבה · ראה לעיל פ׳ צו טז, ב. וראה המשך בששה״ק תער״ב ח״ב ע׳ א׳יט.
- 4הים ראה וינוס וכן ההרים · Psalms 114:3
- 5הים ראה וינוס וכן ההרים רקדו כאלים · Psalms 114:3–4
- 6ישאו מדבר ועריו חצרים תשב קדר ירונו יושבי סלע · Isaiah 42:11
- 7ישושום מדבר וציה · Isaiah 35:1
17והענין כי עיקר עסק התורה הוא להיות בבחי׳ ביטול באור א״ס [אין סוף] ב״ה לגמרי וכמ״ש ולא תחללו1 שלא להיות בחי׳ חלל כמאמר דוחק רגלי השכינה23 כביכול כו׳
L’explication est que l’essence de l’étude de la Torah consiste à se tenir dans un état d’annulation de soi (bitoul) complète devant la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, comme il est écrit : « Vous ne profanerez pas » (techalelu), c’est-à-dire qu’il ne faut pas être au niveau du vide (chalal), selon l’expression : « Il foule les pieds de la Chekhina », pour ainsi dire, etc.
L’idée essentielle est qu’étudier la Torah signifie, à sa racine, s’annuler complètement devant la Lumière infinie. L’Admour Hazaken interprète « Vous ne profanerez pas » (techalelu) comme « ne devenez pas un vide » (chalal), un lieu dépourvu de divinité, comme l’homme arrogant qui, selon le Talmud, « foule les pieds de la Chekhina », repoussant la Présence divine par l’espace qu’il revendique pour lui-même.
ולכן כל האומר אין לי אלא4 תורה היינו שהוא בחי׳ לי יש ודבר אפילו תורה אין לו. וכמ״ש מזה בד״ה ועשית ציץ5 ובד״ה בחדש השלישי לצאת בנ״י [בני ישראל] מאמ״צ [מארץ מצרים].
C’est pourquoi « quiconque dit : “Je n’ai que la Torah” », c’est-à-dire quiconque se trouve dans l’état du « moi », d’une entité (yesh), d’une chose, « n’a même pas la Torah ». Il est également écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Et tu feras un tsits », ainsi que dans le discours commençant par « Au troisième mois après la sortie des enfants d’Israël du pays d’Égypte ».
D’où la formule du Talmud : « Quiconque dit : “Je n’ai que la Torah” n’a même pas la Torah », l’accent portant sur « je » : celui qui étudie en tant que yesh autonome ne possède pas la Torah elle-même, laquelle exige l’annulation de soi. Cette idée est développée dans deux autres discours.
Ce paragraphe pose le fondement de l’interprétation du Midrach : la Torah exige une annulation de soi complète ; ainsi, celui qui étudie en tant que « moi » autonome ne possède pas véritablement la Torah.
Maré mekomot
- 1ולא תחללו · Leviticus 22:32
- 2דוחק רגלי השכינה · Berakhot 43b:19–20
- 3דוחק רגלי השכינה · Kiddushin 31a:2
- 4כל האומר אין לי אלא תו׳ · Yevamot 109b:4–5
- 5בד״ה ועשית ציץ · תו״א פג, ב.
18והנה בחי׳ ים הוא מים תחתונים וכמ״ש יהי רקיע ויהי מבדיל כו׳ דהיינו המקור להתהוות יש ודבר נפרד משא״כ מים עליונים הם עלמין סתימין דלא אתגליין כו׳ שהם בבחי׳ ביטול.
Or, le niveau de la « mer » correspond aux eaux inférieures, comme il est écrit : « Qu’il y ait un firmament et qu’il sépare », etc. : c’est-à-dire la source de l’apparition d’un être et d’une chose séparée. En revanche, les eaux supérieures sont les mondes cachés (almin setimin), qui ne sont pas révélés, etc., et qui relèvent de l’annulation de soi.
La mer, en revanche, représente les « eaux inférieures », que le firmament sépara des eaux supérieures le deuxième jour de la Création. Cette séparation est la source de tout ce qui existe en tant qu’« être » distinct, tandis que les eaux supérieures sont les « mondes cachés », qui demeurent dans l’annulation de soi.
ובמא״א [ובמאורי אור] אות יו״ד סט״ז ים נק׳ היצירה ומלכו׳ [ומלכות] שבה נק׳ ים סוף סופא דדרגין1 עכ״ל [עד כאן לשונו] והוא ממ״ש בזח״ג [בזהר חלק ג] שלח קס״ג ב׳.2
Et dans Me’orei Or, lettre yod, section 16 : « Yetsira est appelée “mer”, et la Mal’hout qui s’y trouve est appelée Yam Souf (la mer des Joncs), la fin (sofa) des degrés. » Fin de citation. Cela est tiré de ce qui est écrit dans le Zohar, partie III, Chela’h, 163b.
Me’orei Or, répertoire alphabétique des termes kabbalistiques, identifie la « mer » à Yetsira, et sa Mal’hout à Yam Souf, compris comme « la fin (sof) des degrés ». Cela s’appuie sur le Zohar, dans la paracha Chela’h.
Le paragraphe commence à expliquer pourquoi la mer s’enfuit : la « mer » représente les eaux inférieures, source de l’existence séparée, que la Kabbale identifie au Monde de Yetsira.
Maré mekomot
- 1ים סוף סופא דדרגין · Zohar, Sh'lach 13:119–128
- 2יהי רקיע ויהי מבדיל · Genesis 1:6
19והיינו כי בריאה נק׳ עלמין סתימין ויצירה הוא עלמא דאתגלייא כמשל המחשבה והדבור כמ״ש בד״ה מי מנה עפר יעקב.
C’est-à-dire que Béria est appelée les mondes cachés, et Yetsira, le monde révélé (alma de-itgalya), comme dans l’analogie de la pensée et de la parole, ainsi qu’il est écrit dans le discours qui commence par « Qui a compté la poussière de Yaakov ».
Béria est appelée « les mondes cachés » et Yetsira « le monde révélé », de même que la pensée est cachée et la parole révélée. Cette analogie est développée dans le discours sur « Qui a compté la poussière de Yaakov ».
ולכן נק׳ יצירה מים תחתונים לגבי הבריאה. וכמו ההפרש שבין שרפים1 ובין חיות ואופנים2 שמתנשאים ברעש3 גדול כו׳
C’est pourquoi Yetsira est appelée les eaux inférieures par rapport à Béria. Cela ressemble à la différence entre les séraphins et les 'Hayout et les Ofanim, qui « s’élèvent dans un grand bruit », etc. ;
Yetsira est donc les « eaux inférieures » par rapport à Béria. Cette différence se manifeste chez les anges : les 'Hayout et les Ofanim « s’élèvent dans un grand bruit », selon les termes de la bénédiction matinale de Yotser.
לפי שהשרפים בבריאה שם מאיר אור א״ס [אין סוף] בגילוי והם משיגים ע״כ [על כן] הם אומרים קדוש4 כו׳. אבל החיות והאופנים שהם ביצירה ואין משיגים האור לכן מתנשאים ברעש כו׳.
car les séraphins se trouvent en Béria, où la Lumière infinie se révèle et où ils la saisissent ; c’est pourquoi ils disent : « Saint », etc. Mais les 'Hayout et les Ofanim, qui se trouvent en Yetsira et ne saisissent pas la lumière, s’élèvent donc dans le bruit, etc.
Les séraphins se trouvent en Béria, où la Lumière infinie brille ouvertement et où ils la saisissent ; c’est pourquoi ils disent : « Saint ». Les 'Hayout et les Ofanim, en Yetsira, ne saisissent pas la lumière et s’élèvent donc dans un grand bruit.
Ce paragraphe précise le niveau de la mer : Yetsira, le monde révélé, correspond aux « eaux inférieures » par rapport au monde caché de Béria, comme les anges qui s’y trouvent se distinguent des séraphins de Béria.
Maré mekomot
- 1וכמו ההפרש שבין שרפים · Chullin 91b
- 2חיות ואופנים · Chullin 92a
- 3חיות ואופנים שמתנשאים ברעש · ברכת יוצר.
- 4אומרים קדוש · Isaiah 6:3
20ולכן עיקר עה״ד [עץ הדעת] טו״ר [טוב ורע] מתחיל ביצירה. כמ״ש במא״א [במאורי אור] אות ע׳ [עיין] סי״ז וז״ל [וזה לשונו] אך אמיתית עה״ד [עץ הדעת] טו״ר [טוב ורע] הוא ק״נ [קליפת נוגה] מעורבת עם מט״ט [מטטרון]
C’est pourquoi l’essentiel de l’Arbre de la connaissance du bien et du mal commence dans le Monde de Yetsira, comme il est écrit dans Me'orei Or, lettre ayin, section 17. Voici ses paroles : « Mais le véritable Arbre de la connaissance du bien et du mal est la kelipa noga mêlée à Metatron,
C’est pourquoi l’Arbre de la connaissance du bien et du mal, le domaine où le bien et le mal sont mêlés, commence essentiellement dans le Monde de Yetsira. Me'orei Or explique que le véritable Arbre de la connaissance est la kelipa noga mêlée à Metatron, l’ange associé à Yetsira.
כי ביצירה הטוב והרע שוים הם מעורבים עכ״ל [עד כאן לשונו] משא״כ בבריאה שרובו טוב ומיעוטו רע וגם אין מעורבים וכ״כ [וכן כתב] הרמ״ז [הרב משה זכות] ר״פ וישב, ולכן מי הים הם מלוחים ואין ראוים לשתיה.
car dans Yetsira, le bien et le mal sont à égalité et mêlés. » Fin de citation. En revanche, dans Béria, la majeure partie est bonne et seule une petite partie est mauvaise, et ils ne sont pas non plus mêlés. C’est également ce qu’écrit le Ramaz au début de la parachat Vayéchev. C’est pourquoi les eaux de la mer sont salées et impropres à la consommation.
Dans Yetsira, le bien et le mal sont à égalité et mêlés ; dans Béria, le bien prédomine et les deux ne sont pas mêlés. De là vient que les eaux de la mer sont salées et impropres à la consommation : les « eaux inférieures » de Yetsira sont déjà mêlées au mal.
Ce paragraphe explique le caractère de la mer : dans Yetsira, le bien et le mal sont à égalité et mêlés ; la « mer » est donc le domaine de l’Arbre de la connaissance, salé et impropre à la consommation.
21ובהיות כן זהו ענין הים ראה וינוס1 שברח מלפני הקב״ה [הקדוש ברוך הוא], היינו כשראה גילוי אור א״ס [אין סוף] ב״ה דקמיה כולא כלא חשיב ממש לא יוכל לעמוד ולקבל ביטול זה שא״כ [שאם כן] היה כלא היה.
Cela étant, tel est le sens de « La mer vit et s’enfuit » : elle s’enfuit de devant le Saint béni soit-Il. Autrement dit, lorsqu’elle vit la révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, devant laquelle tout est véritablement considéré comme rien, elle ne put résister à cette annulation ni la recevoir, car alors elle aurait été comme si elle n’avait jamais existé.
Le Midrach est maintenant clair. La mer s’enfuit parce que, confrontée à la révélation de la Lumière infinie, devant laquelle tout est comme rien, elle ne put supporter l’annulation de soi qu’elle exigeait ; l’accepter aurait signifié cesser d’exister.
שהרי עיקר בחינתו הוא בהיות יש ודבר נפרד עד ששם בחי׳ עה״ד [עץ הדעת] טו״ר [טוב ורע] כנ״ל.
Car son niveau essentiel consiste à être un être et une entité distincts, au point que le niveau de l’Arbre de la connaissance du bien et du mal s’y trouve, comme mentionné plus haut.
Toute son identité réside dans le fait d’être une entité distincte, un « quelque chose », au point que le mélange du bien et du mal — l’Arbre de la connaissance — s’y trouve.
Ce paragraphe explique la première partie du Midrach : la mer s’enfuit parce que son existence en tant qu’entité distincte ne pouvait subsister face à la révélation de la Lumière infinie.
Maré mekomot
- 1הים ראה וינוס · Psalms 114:3
22וכמ״ש כה״ג [כהאי גוונא] סד״ה וכל העם רואים1 את הקולות בפי׳ וירא העם וינועו ויעמדו מרחוק2 דקאי על הערב רב שלא היו רואים את הקולות
Et comme il est écrit dans le même sens à la fin du discours commençant par « Et tout le peuple voyait les sons », à propos de l’explication de « Le peuple vit, trembla et se tint à distance » : cela désigne le mélange des peuples (erev rav), qui ne voyaient pas les sons,
La même idée apparaît dans le discours de Torah Ohr sur le don de la Torah, « Et tout le peuple voyait les sons ». Là, « le peuple vit, trembla et se tint à distance » est interprété comme désignant le mélange des peuples (erev rav), qui sortit d’Égypte avec Israël et ne « voyait » pas les sons.
שהם ההמשכות מאור א״ס [אין סוף] ב״ה מה שאור א״ס [אין סוף] שורה במה שבטל אליו. שלא רצו לקבל המשכה וביטול זה.
qui sont les émanations de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il : autrement dit, la Lumière infinie repose sur ce qui s’annule devant elle ; or ils ne voulurent pas recevoir cette émanation et cette annulation,
Les « sons » sont le flux de la Lumière infinie vers le bas, qui ne repose que sur ce qui s’annule devant elle. Le mélange des peuples ne voulut pas recevoir ce flux, car le recevoir impliquait l’annulation.
כ״א [כי אם] ויעמדו מרחוק. לקבל מחיצוניות החיות שמאיר הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] שעי״ז יוכלו להיות בבחינת יש שלהם אף שעכ״ז [שעם כל זה] מתפעלים מגדולת הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] רק שהוא מרחוק כו׳
mais plutôt « ils se tinrent à distance », afin de recevoir de la dimension extérieure ('hitsoniyout) de la force vitale que le Saint béni soit-Il rayonne, de sorte qu’ils puissent ainsi demeurer dans leur état de yesh. Bien qu’ils soient malgré tout touchés par la grandeur du Saint béni soit-Il, cela ne se produit que de loin, etc. ;
Ils « se tinrent donc à distance », ne prenant que de la dimension extérieure de la force vitale divine, afin de conserver leur propre sentiment de soi. La grandeur de D.ieu les impressionnait, mais seulement de loin.
היינו שאעפ״כ [שאף על פי כן] נשאר בבחי׳ יש כו׳, וע׳ [ועיין] כה״ג [כהאי גוונא] בזח״א [בזהר חלק א] ויצא דקס״ב ע״ב3 בפי׳ והיו העטופים ללבן4 כו׳ אתכספן ומתעטפי מההוא זהרא ולא יכלי לקרבא לגביה5 כו׳
c’est-à-dire que, malgré cela, il demeure au niveau de yesh, etc. Voyez aussi une idée analogue dans le Zohar, partie I, Vayetzei, folio 162b, à propos de l’explication de « Et les faibles (ha'atufim) furent pour Lavan », etc. : « Ils aspirent, mais s’en enveloppent et se tiennent à l’écart de cette splendeur, et ne peuvent s’en approcher », etc. ;
Même touchés, ils demeuraient un yesh. Le Zohar interprète de même les troupeaux de Yaakov : « les faibles (ha'atufim) furent pour Lavan » désigne ceux qui se tiennent à l’écart de la splendeur et ne peuvent s’en approcher, bien qu’ils la désirent.
ע״ש [עיין שם] ומבואר במ״א, ועמ״ש מענין ים שהוא ביצירה ע״פ רפאני הוי׳ וארפא, ואמר עוד במדרש בפי׳ ההרים רקדו כאילים דהיינו ג״כ שברחו מלפניו.
voyez là-bas ; la chose est expliquée ailleurs. Voyez aussi ce qui est écrit au sujet de la « mer », qui se trouve dans Yetsira, à propos du verset « Guéris-moi, Havaya, et je serai guéri ». Le Midrach dit encore, en expliquant « les montagnes bondirent comme des béliers », que cela signifie également qu’elles s’enfuirent de devant Lui.
Ce passage du Zohar est expliqué ailleurs ; l’identification de la « mer » à Yetsira est abordée dans le discours sur « Guéris-moi, Havaya, et je serai guéri ». Le Midrach dit ensuite que les montagnes qui « bondirent comme des béliers » s’enfuirent elles aussi.
כי ענין הרים אלו הם מ״ש למה תרצדון הרים6 גבנונים וכדפירש״י [וכדפירש רש״י] (פסחים קי״ח ב׳) שהם בחי׳ הרי בתר טורי דפרודא, והיינו
Car ces montagnes sont celles dont il est écrit : « Pourquoi bondissez-vous, montagnes aux nombreux sommets ? » Rachi explique (Pessa'him 118b) qu’elles sont les « montagnes de Bater », les montagnes de la séparation ; c’est-à-dire,
Ce sont les montagnes auxquelles s’adresse le psaume : « Pourquoi bondissez-vous, montagnes aux nombreux sommets ? » Rachi les identifie aux « montagnes de Bater », montagnes de séparation.
כי כמו הר הוא בליטה וגובה כך הוא ענין גסות הרוח שהוא בחי׳ יש ודבר כו׳ משא״כ הר סיני דת״י [דתרגם יונתן] (בשופטים סי׳ ה׳)
de même qu’une montagne forme une saillie et s’élève, ainsi en va-t-il de l’arrogance (gasus haroua'h), qui relève de l’état de yesh, d’une entité, etc. À l’inverse, le mont Sinaï, selon la traduction de Yonatan (Juges, chapitre 5),
Une montagne fait saillie et s’élève, comme l’arrogance : elle représente la position d’une entité qui se tient par elle-même. Le mont Sinaï est à l’opposé, comme l’indique le Targoum sur le chant de Déborah.
דהוא חליש וזעיר מכל טוריא7 היינו בחי׳ ביטול ובחי׳ מעט הגובה שבו זהו ע״ד [על דרך] שת״ח [שתלמיד חכם / שתלמידי חכמים] צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] בו שמינית שבשמינית8 כו׳ כמ״ש הפי׳ בד״ה יביאו לבוש מלכות.9
est le plus faible et le plus petit de toutes les montagnes : cela représente le niveau de l’annulation de soi (bitoul). Quant à la faible hauteur qu’il possède, elle correspond à [l’enseignement] selon lequel un érudit en Torah doit avoir en lui un huitième de huitième, etc., comme l’explique le discours commençant par « Qu’on apporte un vêtement royal ».
Le Targoum qualifie le Sinaï de « plus faible et plus petit de toutes les montagnes », image de l’annulation de soi. Pourtant, il reste une montagne, avec une faible hauteur : cela correspond au « huitième de huitième » d’orgueil que le Talmud recommande à l’érudit en Torah de conserver.
משא״כ הרים הנ״ל שהם בבחי׳ יש וגסות ועז״נ [ועל זה נאמר] וכל הר וגבעה ישפלו10 כו׳ וע״כ [ועל כן] רקדו וברחו שלא יכלו לקבל המשכה וביטול זה.
En revanche, les montagnes mentionnées plus haut sont au niveau de l’existence propre et de la grossièreté. À leur sujet, il est dit : « Toute montagne et toute colline seront abaissées », etc. C’est pourquoi elles bondirent et s’enfuirent, car elles ne pouvaient recevoir cet influx et cette annulation.
Les autres montagnes représentent l’affirmation de soi et la grossièreté, qu’Isaïe dit devoir être abaissées. C’est pourquoi elles « bondirent » et s’enfuirent : elles ne pouvaient recevoir le flux de lumière et l’annulation qu’il exige.
בא במדבר חריבה קדמה אותו וקילסה אותו שנאמרישאו מדבר ועריו חצרים11 כו׳. פי׳ לשון מדבר חריבה זהו ע״ד [על דרך] שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] על אלף השביעי וחד חרוב.12
« Il vint dans le désert désolé ; celui-ci vint à Sa rencontre et Le loua, comme il est dit : “Que le désert et ses villes élèvent [la voix], ainsi que les villages” », etc. L’expression « désert désolé » renvoie à ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit au sujet du septième millénaire : « et un [millénaire] sera désolé ».
Le désert qui accueillit D.ieu est « désolé » au sens que les Sages donnent au septième millénaire : le monde existe pendant six mille ans, « et un [millénaire] sera désolé ».
שהוא מחמת עוצם גילוי אור א״ס [אין סוף] יום שכולו שבת1314 יום שכולו ארוך.15 לא יוכל גשמיות העולם לקבל חיות משם להיות
Cela tient à l’intensité de la révélation de la Lumière infinie, « le jour qui est entièrement Chabbat », « le jour qui est entièrement long » : la matérialité du monde ne pourra pas recevoir de force vitale de là-bas, de manière à être
À cette époque, la révélation de la Lumière infinie sera si intense — « le jour qui est entièrement Chabbat », « le jour qui est entièrement long » — que la matérialité du monde ne pourra pas en tirer la vie sous sa forme actuelle.
כמו שהוא עתה בבחי׳ יש ודבר נפרד כו׳ ויהיו מים במים שבחי׳ מים תחתונים יהיו במדרגת מים עליונים עלמין סתימין כו׳
comme elle l’est à présent, au niveau d’une existence propre et d’une chose séparée, etc. Et « l’eau sera dans l’eau » : le niveau des eaux inférieures sera celui des eaux supérieures, les mondes cachés, etc.,
Le monde n’existera plus comme à présent, comme une « chose » séparée. Alors, « l’eau sera dans l’eau » : les eaux inférieures s’élèveront au niveau des eaux supérieures et cachées.
שמעל לרקיע ופרסא המבדיל כו׳ ונק׳ זה וחד חרוב. בבחינת ביטול ע״ד [על דרך] נקודה תחת היסוד כו׳ ועי״ז יהי׳ [יהיה] אח״כ [אחר כך] בנין חדש.
qui se trouvent au-dessus du firmament et du rideau séparateur (parsa), etc. C’est ce que l’on appelle « et un [millénaire] sera désolé » : un état d’annulation de soi, comparable au point sous Yessod, etc. Par ce moyen, une nouvelle construction aura lieu ensuite,
Les eaux supérieures sont celles qui se trouvent au-dessus du firmament et du rideau séparateur (parsa). Cet état est ce que signifie « un [millénaire] sera désolé » : l’annulation, comparable au point sous Yessod, d’où surgira ensuite une nouvelle construction.
avec une excellence accrue, au niveau des « nouveaux cieux et de la nouvelle terre que Je fais », qui ne voileront ni ne dissimuleront rien du tout.
La nouvelle construction sera supérieure à celle d’avant : les « nouveaux cieux et la nouvelle terre » d’Isaïe, qui ne voileront plus du tout la divinité.
Ce paragraphe explique la suite du Midrach : les montagnes, comme la mer, s’enfuirent parce que leur arrogance ne pouvait accepter l’annulation, tandis que le « désert désolé », à l’image du septième millénaire, est un état d’annulation qui reçoit la révélation divine et devient le fondement d’une nouvelle construction.
Le Sinaï associe deux qualités : il est la plus basse des montagnes, tout en restant une montagne. Le même équilibre entre l’annulation de soi et une petite mesure de soi, sainte, est ce que le Talmud demande à l’érudit en Torah.
Maré mekomot
- 1סד״ה וכל העם רואים · תו״א עד, ג.
- 2ויעמדו מרחוק · Exodus 20:15
- 3בזח״א ויצא דקס״ב ע״ב . . כמ״ש במ״א · ראה אוה״ת פ׳ מטות ע׳ א׳שלח הפי׳ בשם הבעש״ט.
- 4והיו העטופים ללבן · Genesis 30:42
- 5אתכספן ומתעטפי מההוא זהרא ולא יכלי לקרבא לגביה · Zohar, Vayetzei 32:319–322
- 6למה תרצדון הרים · Psalms 68:17
- 7דהוא חליש וזעיר מכל טוריא · Targum Jonathan on Judges 5:5
- 8ת״ח צ״ל בו שמינית שבשמינית · Sotah 5a:16
- 9בד״ה יביאו לבוש מלכות · תו״א צא, ב.
- 10וכל הר וגבעה ישפלו · Isaiah 40:4
- 11ישאו מדבר ועריו חצרים · Isaiah 42:11
- 12על אלף השביעי וחד חרוב · Rosh Hashanah 31a:8–9
- 13יום שכולו שבת · Mishnah Tamid 7:4
- 14יום שכולו שבת · Sanhedrin 97a:13
- 15יום שכולו שבת . . ארוך · Kiddushin 39b:8
- 16השמים החדשים · Isaiah 66:22
- 17רפאני הוי׳ וארפא · Jeremiah 17:14
23וכמ״ש בת״א [בתורה אור] פ׳ ויצא גבי עשר אעשרנו לך.1 ואתעדל״ת [ואתערותא דלתתא] זו הנשארת מן העילוי הראשון כו׳ יעו״ש [יעויין שם].
Comme il est écrit dans Torah Ohr, Parachat Vayetsé, à propos de « Je Te donnerai certainement la dîme » : « Et cet éveil d’en bas qui subsiste de la première élévation », etc. ; voir là-bas.
Le maamar de Torah Ohr consacré au vœu de Yaakov, « Je Te donnerai certainement la dîme », développe le même thème. Il évoque l’éveil d’en bas qui subsiste de la première élévation.
ועיין עוד מענין וחד חרוב שם בד״ה ובבואה לפני המלך.2 עוי״ל [עוד יש לומר] כי הנה פי׳ במדבר כו׳ לא ישב אדם שם.3
Voir également, à propos de « et un jour de désolation », le maamar qui commence par « Et lorsqu’elle se présenta devant le roi », là-bas. On peut encore expliquer ainsi : quant au sens de « dans le désert », etc., « où nul homme n’avait habité »
« Un jour de désolation » est également abordé dans le maamar de Torah Ohr consacré à Esther, « Et lorsqu’elle se présenta devant le roi ». L’Alter Rebbe propose à présent une autre lecture des paroles de Yirmeyahou : « dans le désert… où nul homme n’avait habité ».
יש לפרש בב׳ אופנים הא׳ לגנאי. וכמ״ש בד״ה אני לדודי. דהיינו ארץ לא זרועה45 הם המעשים והדבורים והמחשבות אשר לא לה׳ המה כו׳.
peut être interprété de deux façons. La première est négative, comme il est écrit dans le maamar qui commence par « Je suis à mon bien-aimé » : autrement dit, « une terre qui n’a pas été ensemencée » désigne les actes, les paroles et les pensées qui ne sont pas voués à D.ieu, etc.
Ces paroles peuvent se comprendre de deux façons. La première est négative : la « terre qui n’a pas été ensemencée » représente les pensées, les paroles et les actes qui ne sont pas voués à D.ieu, comme l’explique le maamar « Je suis à mon bien-aimé ».
וזהו אשר לא ישב אדם שם פי׳ אדם הוא כמ״ש ועל דמות הכסא דמות כמראה אדם6 שם כו׳
Et c’est là le sens de « où nul homme (adam) n’avait habité ». « Homme » se comprend d’après ce qui est écrit : « Et au-dessus de la forme du trône, une forme ayant l’apparence d’un homme » ; là-bas, etc. ;
Dans cette interprétation, « l’homme » (adam) est la « forme ayant l’apparence d’un homme » que Ye'hezkel vit au-dessus du trône, comme cela est expliqué dans ce maamar.
voir là-bas. C’est ce qui est écrit : « comme la beauté d’un homme, pour habiter une maison » (Isaïe 44:13), ce qui a été expliqué comme faisant référence à la Torah, appelée « homme ».
La formule d’Isaïe, « comme la beauté d’un homme, pour habiter une maison », a été expliquée comme faisant référence à la Torah, qui est appelée « homme ».
ובית הוא תשבע״פ [תורה שבעל פה] ע״ד [על דרך] א״ת [אל תקרי] בניך אלא בוניך10 כו׳. (וע׳ [ועיין] זח״ב [זהר חלק ב׳] קי״ז ב׳11 ח״ג [חלק ג׳] קמ״א סע״ב [סוף עמוד ב]).12
Et la « maison » désigne la Torah orale, selon l’interprétation : « Ne lis pas “tes enfants” (banayich), mais “tes bâtisseurs” (bonayich) », etc. (Voir aussi le Zohar, Part II, 117b ; Part III, 141b, à la fin.)
La « maison » est la Torah orale : les Sages lisent « tes enfants » (banayich) comme « tes bâtisseurs » (bonayich), c’est-à-dire les érudits qui la construisent. Les passages du Zohar cités appliquent « homme » à la Torah, et « homme » et « maison » à Zeir Anpin et Noukva.
משא ״כ בחי׳ מודומ״ע [מחשבה דבור ומעשה] של הבלי עולם נק׳ מדבר אשר לא ישב אדם הנ״ל שם.
En revanche, le niveau de la pensée, de la parole et de l’action consacrées aux vanités du monde est appelé « désert où nul homme », l’homme mentionné plus haut, « n’avait habité ».
La pensée, la parole et l’action consacrées aux vanités du monde forment un « désert où nul homme n’avait habité » : des lieux où la Torah, « l’homme », n’est jamais entrée.
והוא ארץ חריבה לגנאי. ע״ד [על דרך] אמרם ז״ל [זכרונו לברכה / זכרונם לברכה] ע״פ אמלאה החרבה13 לא נתמלאה צור14 אלא מחורבנה של ירושלים.15 הוא יראה שלם.1617
C’est une terre dévastée au sens négatif, conformément à ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit à propos du verset : « Je serai comblée par celle qui est dévastée » : Tyr ne fut comblée qu’à la suite de la destruction de Jérusalem ; [Jérusalem] est yira chalem (la crainte parfaite).
Un tel lieu est « dévasté » au sens négatif, comme Tyr, qui, disent les Sages, ne fut comblée qu’à la suite de la ruine de Jérusalem, dont le nom signifie « crainte parfaite » (yira chalem). Les deux ne peuvent être comblés simultanément : lorsque l’un est comblé, l’autre est dévasté.
והב׳ הוא לשבח ע״ד [על דרך] ההפך מזה וכמ״ש סד״ה ענין ימי המילואים שנתמלא יראה שלם ממילא נחרב תאוות נה״ב [נפש הבהמית] כו׳ כי ולאום מלאום יאמץ18 כו׳.
Et le second sens est positif, l’inverse de celui-ci, comme il est écrit à la fin du discours commençant par « Le sens des jours de l’inauguration (miluim) » : lorsque [l’on] est rempli d’une crainte parfaite, les désirs de l’âme animale sont d’eux-mêmes anéantis, etc., car « une nation l’emportera sur l’autre », etc.
Le second sens est positif et inverse : lorsqu’une crainte parfaite remplit une personne, les désirs de l’âme animale sont anéantis d’eux-mêmes. Comme il fut dit à Rivka : « une nation l’emportera sur l’autre ».
ועד״ז [ועל דרך זה] ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] וחנינא בני די לו19 בקב חרובין20 כו׳ וכן רשב״י [רבי שמעון בר יוחאי] ור״א [ורבי אלעזר] בנו במערה איברי להו חרובא21 כו׳ (פ״ב [פרק ב׳] דשבת דל״ג ע״ב).
Dans le même esprit, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Et ‘Hanina, mon fils, se contente d’un kav de caroubes (harouvine) », etc. De même, Rabbi Chimon bar Yo’haï et Rabbi Elazar, son fils, dans la grotte : « un caroubier (harouva) fut créé pour eux », etc. (chapitre 2 de Chabbat, 33b).
Les images des caroubes (harouvine), qui font écho au mot harouv, « dévasté », trouvent ici leur place : Rabbi ‘Hanina vivait d’un kav de caroubes de semaine en semaine, et Rabbi Chimon bar Yo’haï et son fils furent nourris dans la grotte par un caroubier. Leur subsistance réduite à l’essentiel représente la « dévastation » positive des besoins du corps.
ופי׳ לא ישב אדם שם ע״ד [על דרך] מ״ש במ״א ע״פ והאיש משתאה לה22 מחריש23 כו׳ וע״ד [ועל דרך] לית דין בר נש24 כו׳.
Et le sens de « nul homme n’y demeura » s’apparente à ce qui est écrit ailleurs au sujet de [ce verset] : « L’homme la regardait avec étonnement, gardant le silence », etc., ainsi qu’à l’expression « Ce n’est pas un être humain (bar nach) », etc.
Dans son sens positif, « nul homme n’y demeura » signifie un niveau qui dépasse l’humain, comme l’explique ailleurs le commentaire sur « l’homme la regardait avec étonnement, gardant le silence », et comme dans l’expression « ce n’est pas un être humain ».
ולכן לתקן בחי׳ מדבר הנ״ל מה שנפל במודמ״ע [במחשבה דבור ומעשה] אשר לא לה׳ המה בבחי׳ לא ישב אדם שם. זהו ג״כ ע״י ומדברך נאוה.
C’est pourquoi, pour rectifier le niveau de midbar mentionné ci-dessus — ce qui est tombé dans la pensée, la parole et l’action qui ne sont pas pour D.ieu, au niveau de « nul homme n’y demeura » —, cela aussi s’accomplit par « et ta parole (midbarekh) est belle »,
Ainsi, le « désert » de la pensée, de la parole et de l’action, tombé dans ce qui n’est pas pour D.ieu, est réparé par « ta parole (midbarekh) est belle ».
בבחי׳ תשובה שהיא ג״כ בבחי׳ לא ישב אדם שם שבמקום שבעלי תשובה עומדים אין צדיקים גמורים הנק׳ אדם יכולים לעמוד כו׳.
au niveau de la techouva, qui se situe elle aussi au niveau de « nul homme n’y demeura » : là où se tiennent ceux qui font techouva (baalei techouva), les justes parfaits, appelés « hommes », ne peuvent se tenir, etc.
Cette réparation est la techouva, qui dépasse elle-même le niveau de « l’homme » : là où se tiennent ceux qui font techouva, disent nos Sages, même les justes parfaits, appelés « hommes », ne peuvent se tenir.
אך עיקר המכוון כאן בפי׳ במדבר סיני זהו מה שנסתר פרצופה שהיה בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] בבחי׳ כתפארת אדם כו׳ אדם תתאה ועולה באצילות להיות נקודה תחת יסוד. ע״ד [על דרך] וחד חרוב כו׳ כנ״ל.
Mais l’intention principale ici, dans le sens de « dans le désert du Sinaï », est que sa configuration (partsouf), qui se trouvait dans Béria, Yetsira et Assiya au niveau de « semblable à la beauté d’un homme », etc. — l’homme inférieur (adam tata’a) —, soit dissimulée, et qu’elle s’élève dans Atsilout pour devenir un point sous Yessod, dans l’esprit de « et un sera dévasté », etc., comme mentionné ci-dessus.
Mais ici, le sens principal de « dans le désert du Sinaï » est le sens évoqué précédemment. La configuration de Mal'hout dans les mondes inférieurs, « l’homme inférieur », est dissimulée, et elle s’élève dans Atsilout comme un point sous Yessod, à l’image du septième millénaire « dévasté ».
ומזה יומשך אח״כ [אחר כך] להיות בבחי׳ אהל מועד. להיות בנין מחדש ביתר שאת ועמ״ש ע״פ ויסב אלקים את העם דרך המדבר25 כו׳:26
De là découlera ensuite le niveau de la Tente d’assignation, afin qu’elle soit édifiée à nouveau avec une splendeur accrue. Voir aussi ce qui est écrit au sujet de [ce verset] : « D.ieu fit faire au peuple un détour par le chemin du désert », etc.
De cette annulation découle la Tente d’assignation : une nouvelle construction, plus grande qu’auparavant. Le discours sur « D.ieu fit faire au peuple un détour par le chemin du désert » développe ce point.
Le paragraphe propose deux autres interprétations de « un désert où nul homme n’avait habité » : l’une négative, celle d’une vie livrée aux vanités, et l’autre positive, celle de la crainte parfaite et de la techouva. Il revient ensuite à l’idée centrale : Mal'hout est cachée et annulée comme un point en Atsilout, d’où procède la nouvelle édification de la Tente de la Rencontre.
Les deux sens de « dévasté » se répondent : Tyr comblée par la ruine de Jérusalem, et les désirs de l’âme animale anéantis lorsque la crainte remplit le cœur. La techouva relève du sens positif, car elle atteint un lieu qui se situe au-delà de « l’homme » des justes parfaits.
Maré mekomot
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La Tente d’Assignation ¶24–29
24ה והנה אחר שביררה הניצוצי׳ בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] והיא עולה בבחי׳ מ״נ [מיין נוקבין] ע״י גבורו׳ [גבורות] וצמאון שז״ש [שזהו שכתוב] מדבר כנ״ל
5. Or, après qu’elle a raffiné les étincelles dans les mondes de Béria, de Yetsira et d’Assiya, elle s’élève au niveau des mayin nukvin par les Guevourot et la soif — ce que désigne midbar, comme mentionné plus haut,
La section 5 se tourne vers la Tente d’assignation. Elle commence après que Mal’hout a raffiné les étincelles dans les mondes inférieurs et s’est élevée en tant que mayin nukvin, portée par les Guevourot et la soif — l’état appelé midbar.
אזי אח״כ [אחר כך] המשכ׳ מ״ד [מיין דוכרין] להמתיק גבורות דמ״נ [דמיין נוקבין] והוא ענין יחוד זו״נ [זעיר אנפין ונוקבא] וכמ״ש כל צמא לכו למים1
alors, ensuite, vient l’effusion des mayin doukhrin pour adoucir les Guevourot des mayin nukvin. C’est là l’union de Zeir Anpin et de Noukva, comme il est écrit : « Vous tous qui avez soif, allez vers l’eau »,
La réponse d’en haut vient ensuite : les mayin doukhrin sont attirés vers le bas pour adoucir les Guevourot portées dans son élévation. C’est l’union de Zeir Anpin et de Noukva, comme le dit Isaïe : « Vous tous qui avez soif, allez vers l’eau » ; l’eau répond à la soif.
שהוא בחי׳ מ״ד [מיין דוכרין] הממתיק הגבורות וצמאון דמל׳ [דמלכות]. וזהו בחי׳ אהל מועד שהוא בחי׳ היחוד זו״נ [זעיר אנפין ונוקבא] שהיא בהיכל אהבה.
qui est le niveau des mayin doukhrin adoucissant les Guevourot et la soif de Mal’hout. C’est là le niveau de la Tente d’assignation, qui est le niveau de l’union de Zeir Anpin et de Noukva, dans le Heikhal de l’Amour (Heikhal Ahava).
L’« eau » désigne les mayin doukhrin qui adoucissent la soif de Mal’hout. Cette union est la Tente d’assignation et a lieu dans le Heikhal de l’Amour (Heikhal Ahava), l’un des « palais » (heikhalot) par lesquels la prière s’élève.
וזהו שורש ענין הנז״ל [הנזכר לעיל] דברכת אהבת עול׳ הוא בחי׳ אהל מועד כי ברכת אהבת עולם הוא היכל האהבה וזהו ענין וימינו תחבקני הנז׳ [הנזכר].
C’est là la racine de ce qui a été mentionné plus haut : la bénédiction Ahavat Olam est le niveau de la Tente d’assignation, car la bénédiction Ahavat Olam est le Heikhal de l’Amour. C’est le sens de « et Sa droite m’étreint », mentionné [plus haut].
Voilà pourquoi, comme indiqué au début, la bénédiction Ahavat Olam est la Tente d’assignation. Cette bénédiction correspond au Heikhal de l’Amour, à l’étreinte exprimée par « et Sa droite m’étreint ».
Et, au niveau inférieur, chez l’homme, cela correspond à l’accomplissement de la Torah et des mitsvot, dont la raison pour laquelle il s’agit du niveau d’une étreinte est expliquée là-bas (voir aussi ce qui est écrit à propos du verset : « Je te fiancerai à Moi pour toujours ») ;
Chez l’homme, l’étreinte correspond à l’accomplissement de la Torah et des mitsvot, pour la raison expliquée là-bas. Le discours sur « Je te fiancerai à Moi pour toujours » développe ce thème.
וזהו ענין מ״ש וישק יעקב לרחל4 שבחי׳ יעקב נשפל ונמשך בהיכל ק״ק [קדש הקדשים] להשפיע המ״ד [המיין דוכרין] כו׳.
et c’est le sens de ce qui est écrit : « Yaakov embrassa Ra’hel » : le niveau de Yaakov s’abaisse et se prolonge dans le Heikhal du Saint des Saints afin d’y dispenser les mayin doukhrin, etc.
Le baiser de Yaakov à Ra’hel exprime cette même union. Yaakov, qui représente Zeir Anpin, s’abaisse jusqu’au Heikhal du Saint des Saints afin de dispenser les mayin doukhrin à Ra’hel, Mal’hout.
וזהו ענין אהל מועד מלשון ונועדתי שהוא הצירוף של ונודעתי שהוא בחי׳ הדעת כדכתיב והאדם ידע5 שממנו נמשך ההשפעה ע״י בחי׳ היסוד
C’est là le sens de la Tente d’assignation : mo’ed, qui vient du mot venoadti (« Je me rencontrerai »), une permutation de venodati (« Je serai connu »), lequel est le niveau de Daat (connaissance), comme il est écrit : « Et l’homme connut » ; c’est de là que l’effusion se prolonge par le niveau de Yessod
Le mot mo’ed (« rencontre ») est rapproché de venoadti, « Je me rencontrerai », dont les lettres réarrangées donnent venodati, « Je serai connu ». Cela renvoie à Daat, la connaissance au sens d’une union intime, comme dans « l’homme connut » son épouse ; depuis Daat, l’effusion se prolonge par Yessod.
(וכנודע בכונת הלולב ונראה דאהל מועד בחי׳ אהל אח״כ [אחר כך] נמשך בחי׳ המשכה פנימי׳ [פנימיות / פנימית] וזהו מועד ונודעתי והאדם ידע כו׳ והוא ענין שים שלום)
(comme on le sait de la kavana du loulav. Il semble que, dans « Tente d’assignation », [« tente »] soit le niveau d’une tente ; ensuite se prolonge le niveau d’une effusion intérieure. C’est là mo’ed, venodati, « et l’homme connut », etc. ; et c’est le sens de [la bénédiction] Sim Chalom),
Une parenthèse relève que cette effusion par Yessod est connue de la kavana du loulav. Elle ajoute que, dans « Tente d’assignation », la « tente » est le niveau environnant, après quoi vient une effusion intérieure, correspondant à la « rencontre » et à la « connaissance » ; c’est la bénédiction Sim Chalom.
כי ביסוד ז״א [זעיר אנפין] מלובש יסוד דאבא שבו מוחין דאבא ודא״א [ודאריך אנפין] וע״י שהוא בחי׳ התלבשות וגילוי התענוג העליון ולמטה בנפש הוא ענין שמחה של מצוה שהשמחה הוא בחי׳ גילוי בנפש מבחי׳ עונג ושמחת ה׳
Car dans le Yessod de Zeir Anpin est revêtu le Yessod d’Abba, qui contient les mo’hin d’Abba et d’Arich Anpin ; par là se réalise le niveau du revêtement et de la révélation du plaisir suprême (taanoug). Et, en bas, dans l’âme, cela correspond à la joie d’une mitsva, car la joie est une révélation dans l’âme issue du plaisir et de la joie de D.ieu.
Dans le Yessod de Zeir Anpin est revêtu le Yessod d’Abba, qui porte les mo’hin d’Abba et d’Arich Anpin, source du plaisir suprême. Dans l’âme, cela se manifeste comme la joie d’une mitsva, une révélation du plaisir et de la joie de D.ieu.
וזהו ענין לאשתאבא בגופא דמלכא6 שלמעלה מהג״ע [מהגן עדן] שהג״ע [שהגן עדן] רק זיו כו׳. אבל ע״י ירידת הנשמה
Tel est le sens de « être absorbé dans le corps du Roi », qui est supérieur au Gan Eden, car le Gan Eden n’est que rayonnement, etc. Mais par la descente de l’âme,
Il s’agit d’« être absorbé dans le corps du Roi », une proximité supérieure au Gan Eden, où les âmes ne jouissent que du rayonnement de la Présence divine. L’âme atteint cela par sa descente dans le corps.
הנה העלי׳ [העליה] היא כשהמל׳ [כשהמלכות] עולה מבי״ע [מבריאה יצירה עשיה] בבחי׳ מ״נ [מיין נוקבין] היא מעלית ג״כ נשמות הצדיקים ממש ונכללי׳ [ונכללים] בה בבחי׳ מ״נ [מיין נוקבין] ואח״כ [ואחר כך] נמשך בהם ממש ג״כ המ״ד [המיין דוכרין] מיסוד ז״א [זעיר אנפין] וזהו בחי׳ לאשתאבא בגופא כו׳.
L’ascension a lieu lorsque Mal’hout s’élève de Béria, Yetsira et Assiya au niveau des mayin noukvin : elle élève aussi avec elle les âmes des justes elles-mêmes, qui sont incluses en elle au niveau des mayin noukvin ; ensuite, les mayin doukhrin du Yessod de Zeir Anpin se déversent également en elles-mêmes. Tel est le niveau de « être absorbé dans le corps », etc.
Lorsque Mal’hout s’élève des mondes inférieurs comme mayin noukvin, elle entraîne avec elle les âmes des justes, qui sont incluses dans son ascension. Les mayin doukhrin du Yessod de Zeir Anpin se déversent ensuite dans ces âmes elles-mêmes : c’est cela, être absorbé « dans le corps du Roi ».
Ce paragraphe présente la Tente d’assignation comme l’union de Zeir Anpin et de Noukva, qui répond à l’élévation de Mal’hout. Il la relie à la bénédiction Ahavat Olam et à la Torah et aux mitsvot, puis montre comment les âmes élevées avec Mal’hout reçoivent cette effusion et parviennent à une proximité supérieure à celle du Gan Eden.
L’ordre de tout le maamar se dessine ici en miniature : le raffinement et la soif (midbar) viennent d’abord, puis l’union qui leur répond (la Tente d’assignation). La descente de l’âme dans le corps se justifie par ce résultat : grâce à elle, les âmes s’élèvent avec Mal’hout et reçoivent l’effusion même de cette union.
Maré mekomot
- 1כל צמא לכו למים · Isaiah 55:1
- 2ע״פ וארשתיך לי לעולם · לקמן ח, א.
- 3וארשתיך לי לעולם · Hosea 2:21
- 4וישק יעקב לרחל · Genesis 29:11
- 5והאדם ידע · Genesis 4:1
- 6לאשתאבא בגופא דמלכא · ע״ל (ב, סע״א). במדבר. [כ].
25והיינו דוקא ע״י התורה ומצות כי טפת מ״ד [מיין דוכרין] נמשך מה״ח [מה׳ חסדים] שמהם נמשך כל הרמ״ח מ״ע [מצות עשה] כנודע
Et cela se produit précisément par la Torah et les mitsvot, car la goutte de mayin doukhrin est attirée des cinq 'Hassadim, d’où proviennent les 248 commandements positifs, comme on le sait ;
Ce flux se produit précisément par la Torah et les mitsvot. La « goutte » de mayin doukhrin provient des cinq 'Hassadim, les bontés expansives, qui sont également la source des 248 commandements positifs.
וגם הטפת אבא נמשכת ע״י כל הרמ״ח אברים שמהם נמשכים הרמ״ח מ״ע [מצות עשה] וכמ״ש מזה במ״א ע״פ והיה לכם לציצית1 כו׳ ע״ש [עיין שם].
et la goutte d’Abba est elle aussi attirée par les 248 membres, d’où proviennent les 248 commandements positifs, comme il est écrit à ce sujet ailleurs, à propos du [verset] « Et cela sera pour vous comme des tsitsit », etc. ; voyez là-bas.
La « goutte d’Abba » passe elle aussi par les 248 « membres », qui sont la source des 248 commandements positifs, comme l’explique le maamar sur les tsitsit.
Ce paragraphe rattache le flux de l’union à la Torah et aux mitsvot, puisque le mayin doukhrin provient de la même source que les 248 commandements positifs.
Maré mekomot
- 1והיה לכם לציצית · Numbers 15:39
26וזהו ג״כ שורש ענין הנזכר דבחי׳ זו דאהל מועד הוא ע״י משה והעלאה דבחי׳ מדבר סיני הוא ע״י אהרן.
C’est aussi là la racine de ce qui a été évoqué : ce niveau de la Tente d’Assignation est réalisé par Moché, tandis que l’élévation du niveau du désert du Sinaï est réalisée par Aharon.
Cela explique également pourquoi la Tente d’Assignation est associée à Moché et le désert du Sinaï à Aharon. Moché fait descendre le flux d’en haut, tandis qu’Aharon élève Mal'hout.
שמשה הוא שושבינא דמלכא פי׳ שמשה הוא יסוד אבא1 לכך הוא השושבינא המוריד את החתן שהוא ז״א [זעיר אנפין] ו״ק [ו׳ קצוות] דאצי׳ [דאצילות] שירד ויתלבש ברמ״ח מ״ע [מצות עשה] גשמיים שהוא בחי׳ ירידה גדולה.
Car Moché est le « paranymphe du Roi » (chouchvina demalka), c’est-à-dire que Moché est le Yessod d’Abba. C’est pourquoi il est le paranymphe qui fait descendre le fiancé — Zeir Anpin, les six extrémités (vav ketzavot) d’Atsilout — afin qu’il descende et s’enveloppe dans les 248 commandements positifs matériels, ce qui constitue une grande descente.
Moché est le « paranymphe du Roi » : en tant que Yessod d’Abba, il fait descendre le « fiancé », Zeir Anpin, les six attributs émotionnels d’Atsilout, afin qu’il s’enveloppe dans les 248 commandements positifs matériels. C’est une grande descente.
Le paragraphe attribue les deux mouvements à Moché et à Aharon : Moché, en tant que Yessod d’Abba, fait descendre Zeir Anpin jusque dans les mitsvot matérielles.
Maré mekomot
- 1שמשה הוא יסוד אבא · ראה לקוטי שיחות ח״ו ע׳ 244.
27וכמו עד״מ [על דרך משל] ירידת והתלבשות כח השכל שהוא רוחני במוח הגשמי שבאדם שהוא ירידה גדולה לפי שהמוח גשמי אינו מערך ומהות שכל
Ainsi, à titre d’analogie, la descente et l’investissement de la faculté intellectuelle, qui est spirituelle, dans le cerveau physique de l’homme constituent une grande descente, car le cerveau physique n’est pas de même ordre ni de même nature que l’intellect,
L’analogie porte sur l’esprit humain. L’intellect, qui est spirituel, descend dans le cerveau physique ; cela constitue une grande descente, puisque le cerveau n’est pas de même nature que la pensée.
שהוא רוחני וכמ״כ [וכמו כן] למעלה ממש שהרמ״ח מ״ע [מצות עשה] הם ענינים גשמיי׳ [גשמיים] שהם נתלבשו בעשי׳ [בעשיה] גשמיי׳ [גשמיים] והו״ק [והו׳ קצוות] שהם המדות דאצילות רמ״ח אברי׳ [אברים] דמלכא הם רוחניי׳ בחי׳ אצי׳ [אצילות]
qui est spirituel. Il en va de même, à proprement parler, En haut : les 248 commandements positifs sont des réalités matérielles, investies dans l’Assiya physique, tandis que les six extrémités, qui sont les attributs émotionnels (midot) d’Atsilout — les 248 membres du Roi —, sont spirituelles et relèvent du niveau d’Atsilout,
Il en va de même En haut. Les 248 commandements positifs sont des actes matériels investis dans le monde physique, tandis que les six attributs émotionnels d’Atsilout, appelés « les 248 membres du Roi », sont entièrement spirituels.
שהרי אין ערוך כלל ביניהם ולזה הוא ירידה גדולה להיות התלבשות ו״ק [ו׳ קצוות] דאצי׳ [דאצילות] ברמ״ח מ״ע [מצות עשה] גשמיים כמו פ׳ קדש שבתפלין1 שהוא בחי׳ ח״ע [חכמה עילאה] שנתלבש באותיות הכתב גשמיי ע״ג [על גבי] קלף גשמי.
car il n’existe entre eux aucune comparaison. C’est pourquoi l’investissement des six extrémités d’Atsilout dans les 248 commandements positifs matériels constitue une grande descente ; ainsi, le passage « Sanctifie » (Kadech) dans les tefillin, qui est le niveau de la 'Hokhma supérieure ('Hokhma Ila'a), investie dans les lettres d’une écriture matérielle sur un parchemin matériel.
Il n’existe aucune comparaison entre eux ; leur investissement dans les mitsvot matérielles constitue donc une grande descente. Le passage des tefillin qui commence par « Sanctifie » en est un exemple : il incarne la 'Hokhma supérieure, et pourtant il est écrit à l’encre matérielle sur un parchemin matériel.
Ce paragraphe illustre la descente de Zeir Anpin dans les mitsvot matérielles en prenant pour analogie le rapport entre l’esprit et le cerveau, ainsi que l’exemple des tefillin.
Maré mekomot
- 1פ׳ קדש שבתפלין · Exodus 13:2
Et il en va ainsi pour toutes les mitsvot positives. Ce niveau de descente est appelé : « Un marié, qu’il descende d’un degré » ; « Le jour de son mariage », c’est le don de la Torah.
Il en va de même pour toutes les mitsvot positives. Cette descente est appelée « marié, descends d’un degré », selon le conseil du Talmud à un homme qui prend femme ; et, enseigne la Michna, « le jour de son mariage » est le don de la Torah.
לכן להיות ירידה זו הוא ע״י משה שהוא בחי׳ יסוד אבא והוא בחי׳ השושבינא דמלכא
Ainsi, cette descente s’opère par l’intermédiaire de Moché, qui est le niveau du Yessod d’Abba et le chochevin du Roi.
Cette descente s’opère donc par l’intermédiaire de Moché, le Yessod d’Abba, qui est le chochevin du Roi.
ויובן זה ע״פ מ״ש בד״ה מצה זו בפי׳ וענין מוחין דאבא שהוא הבחי׳ שלמעלה מסדר ההשתלשלות דקמיה כחשכה כאורה3 ומשם דוקא נמשך הכח להתלבש במצות מעשיות בגשמיות ע״ש [עיין שם] גבי בעבור זה עשה4 ה׳ לי כו׳.5
Cela se comprendra d’après ce qui est écrit dans le discours commençant par « Cette matsa », dans l’explication de la notion des mo’hin d’Abba : ils constituent le niveau qui dépasse l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), devant lequel « les ténèbres sont comme la lumière ». C’est précisément de là que provient la force de s’envelopper dans les mitsvot pratiques, dans la matérialité. Voir là-bas, à propos de « C’est à cause de cela que Havaya a agi pour moi », etc.
La raison en est expliquée dans le discours « Cette matsa » : les mo’hin d’Abba se situent au-dessus de toute la chaîne des mondes, là où « les ténèbres sont comme la lumière » ; seule une telle élévation donne la force de s’envelopper dans les mitsvot physiques. Ce point est développé là-bas à propos de « C’est à cause de cela que Havaya a agi pour moi », que la Haggada interprète comme renvoyant à la matsa et au maror placés devant nous.
Le paragraphe désigne cette descente comme le « degré inférieur » auquel le marié s’abaisse lors du don de la Torah, puis explique que seul Abba, au-dessus de toute gradation, peut faire pénétrer la divinité dans les mitsvot matérielles.
La force de s’unir au monde matériel vient du niveau le plus élevé, et non d’un niveau intermédiaire : ce qui dépasse toute gradation est présent à égalité dans le plus bas, puisque devant lui « les ténèbres sont comme la lumière ».
Maré mekomot
- 1חתן חות דרגא · Yevamot 63a
- 2ביום חתונתו · Song of Songs 3:11
- 3כחשיכה כאורה · Psalms 139:12
- 4בעבור זה עשה ה׳ לי · Exodus 13:8
- 5זו מ״ת · Taanit 26b:6
29ועמ״ש עוד מענין משה בד״ה ואלה המשפטים1 כו׳. וזהו ויקם משה את המשכן2345 שמשה שהוא יסוד אבא שושבינא דמלכא הוא הקים את המשכן
Et voyez aussi ce qui est écrit au sujet de Moché dans le discours commençant par « Et voici les ordonnances », etc. C’est là le sens de « Et Moché érigea le Michkan » : Moché, qui est le Yessod d’Abba, le chouchvina du Roi, est celui qui érigea le Michkan,
Le rôle de Moché est également étudié dans le discours « Et voici les ordonnances ». C’est pourquoi le verset dit que « Moché érigea le Michkan » : en tant que Yessod d’Abba et chouchvina du Roi, il l’éleva.
שהוא מלכות דאצי׳ [דאצילות] שהמשיך בה גילוי בחי׳ ז״א [זעיר אנפין] הנק׳ מלכא ועי״ז נעשה קימה מעלייתא לבחי׳ המשכן ועיין מזה ברבות פקודי פנ״ב כמה חכמים6 היו שם כו׳
qui est Mal'hout d’Atsilout, car il y fit pénétrer la révélation du niveau de Zeir Anpin, appelé « le Roi » ; ainsi, le niveau du Michkan fut élevé de manière éminente. Voyez à ce sujet [le Midrach] Rabba, Pekoudei, chapitre 52 : « Combien de sages étaient là », etc.,
Le Michkan est Mal'hout d’Atsilout, dans laquelle Moché fit pénétrer la révélation de Zeir Anpin, « le Roi », lui conférant ainsi une stature élevée. Le Midrach rapporte que de nombreux sages étaient présents, mais ne parvenaient pas à l’ériger.
ולא היו יכולין להקימו כו׳ עד ואת עלית על כלנה7 ע״ש [עיין שם] ובפ׳ נשא פי״ב (דרמ״ט ב׳)
« et ils ne pouvaient pas l’ériger », etc., jusqu’à « et tu les surpasses toutes » ; voyez là-bas. Et dans la paracha Nasso, chapitre 12 (folio 249b),
Moché seul en fut capable, accomplissant ainsi « et tu les surpasses toutes ». Le Midrach sur Nasso développe une idée semblable à propos des mots « pour ériger le Michkan ».
à propos de [la parole] « pour ériger le Michkan » : « Qui est monté au ciel », etc., « qui a établi », etc. Et dans le Zohar, partie II, Pekoudei, 238b, 240b,
Le verset « Qui est monté au ciel […] qui a établi toutes les extrémités de la terre ? » y est appliqué à Moché. Le Zohar, dans Pekoudei, traite de l’érection du Michkan par Moché aux folios indiqués.
רמ״א ב׳. ואהרן הוא שושבינא דמטרוניתא שממשיך ה״ג [חמש גבורות] מבינה למל׳ [למלכות] כדי שתתעורר בהעלאת מ״נ [מיין נוקבין] להיות בחי׳ מדבר סיני כו׳ כי אהרן בחי׳ ורב חסד
241b. Et Aharon est le chouchvina de la Matronita, qui fait descendre les cinq Guevourot de Bina vers Mal'hout, afin que celle-ci soit éveillée à l’élévation des mayin noukvin et devienne le niveau du désert du Sinaï, etc. Car Aharon correspond au niveau de « abondant en bonté ».
Aharon est le « chouchvina de la Reine » : il fait descendre les cinq Guevourot de Bina vers Mal'hout, afin que celle-ci soit éveillée à s’élever en mayin noukvin, devenant ainsi le désert du Sinaï. Aharon incarne en effet « abondant en bonté ».
והנה כמו שבדרום אין בו ישוב כ״כ [כל כך]11 כ״א [כי אם] בחי׳ מדבר מתוקף החום כך עד״מ [על דרך משל] מתוקף האהבה רבה דאהרן שהוא בחי׳ ימינו של הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] נמשך להיות בבחי׳ במדבר סיני כו׳ כנ״ל.
Or, de même que dans le Sud le pays est peu habité et présente plutôt le niveau du désert, en raison de l’intensité de la chaleur, de même, par analogie, l’intensité du grand amour d’Aharon, qui correspond au niveau de la droite du Saint béni soit-Il, conduit au niveau de « dans le désert du Sinaï », etc., comme mentionné plus haut.
Le Sud, qui correspond au 'Hessed, est peu habité en raison de sa chaleur. De même, le grand amour d’Aharon, la « droite » du Saint béni soit-Il, engendre l’ardente soif du désert du Sinaï.
Ce paragraphe achève de présenter les rôles de chacun : Moché, le chouchvina du Roi, érige le Michkan en faisant pénétrer Zeir Anpin dans Mal'hout, tandis qu’Aharon, le chouchvina de la Reine, éveille Mal'hout à s’élever ; son grand amour produit la chaleur du désert.
À son intensité la plus élevée, l’amour engendre sa propre chaleur et sa propre soif. Le parallèle dans Likkutei Torah, Tazria explique que 'Hessed et Guevoura s’incluent l’un l’autre : le Sud, qui correspond au 'Hessed, contient ainsi la Guevoura de la chaleur intense. L’amour d’Aharon devient de la sorte les Guevourot qui poussent Mal'hout à s’élever.
Maré mekomot
- 1בד״ה ואלה המשפטים · תו״א שם בתחלתו. ובאוה״ת הגהות על מאמר זה. ובדרך מצותיך מצות עבד עברי.
- 2ויקם משה את המשכן · Exodus 40:18
- 3ויקם משה את המשכן · Zohar, Pekudei 39:344–40:353
- 4ויקם משה את המשכן · Zohar, Pekudei 40:380–390
- 5ויקם משה את המשכן · Zohar, Pekudei 40:400–42:409
- 6כמה חכמים היו שם · Shemot Rabbah 52:4
- 7ואת עלית על כלנה · Proverbs 31:29
- 8להקים את המשכן · Numbers 7:1
- 9להקים את המשכן ומי עלה לשמים · Bamidbar Rabbah 12:11
- 10ומי עלה לשמים כו׳ מי הקים · Proverbs 30:4
- 11דרום אין בו ישוב כ״כ · ראה לעיל פ׳ תזריע יט, ד.
« Dénombrez les têtes » : les élévations jusqu’à Kéter ¶30–31
30וזהו שאו את ראש בנ״י [בני ישראל] למשפחותם1 כו׳ והיינו ע״י משה ואהרן דייקא וההעלאה מתחלה שמעלים אותנו שאנו למטה בעשי׳ [בעשיה] היינו אל בחי׳ למשפחותם ע׳ [שבעים] נפש.
Et tel est [le sens de] « Élevez la tête (se’ou et roch) des enfants d’Israël, selon leurs familles », etc. : cela s’accomplit précisément par l’intermédiaire de Moché et d’Aharon. La première élévation, par laquelle ils nous élèvent, nous qui sommes en bas dans Assiya, nous conduit au niveau de « selon leurs familles » : les soixante-dix âmes,
Le maamar interprète maintenant l’ordre du recensement, « Élevez la tête des enfants d’Israël », comme une suite d’élévations accomplies par Moché et Aharon. La première nous élève d’Assiya au niveau de « selon leurs familles », les soixante-dix âmes de la maison de Yaakov, qui correspondent à Béria.
שהם בבריאה. אח״כ [אחר כך] י״ב שבטים שהם המחברים בריאה ואצילות אח״כ [אחר כך] עוד העלאה לבית אבותם האבות הן מרכבתא עילאה חג״ת [חסד גבורה תפארת] דאצילות.
qui se trouvent en Béria. Ensuite viennent les douze tribus, qui relient Béria à Atsilout. Puis une élévation supplémentaire, « selon la maison de leurs pères » : les Patriarches sont le char céleste (merkavta ila’a), 'Hessed, Guevoura et Tiferet d’Atsilout,
Viennent ensuite les douze tribus, qui relient Béria à Atsilout. Puis vient « selon la maison de leurs pères » : les Patriarches, le « char céleste », incarnent 'Hessed, Guevoura et Tiferet d’Atsilout.
והן ג׳ בחי׳ רחמים (והנה רחמים נמשכים מתפארת כי ע״י ההתבוננות ביקר תפארת גדולת2 א״ס [אין סוף] ב״ה יומשך הרחמים על הירידה כו׳
et ils sont trois niveaux de compassion (ra'hamim). (Or la compassion émane de Tiferet : en contemplant « la gloire de la splendeur » (tiferet) de la grandeur de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, la compassion est attirée au sujet de la descente, etc. ;
Ces trois éléments correspondent à trois formes de compassion. Une parenthèse explique que la compassion émane de Tiferet : contempler « la gloire de la splendeur » de la grandeur de l’Infini suscite de la compassion face à la descente.
ומבואר במ״א ענין ג׳ שלישים שבכלי מדת תפארת ע״כ [על כן] אפ״ל [אפשר לומר] שזהו שורש לג׳ בחי׳ רחמים הנ״ל עמ״ש בפ׳ קדושים בד״ה ונטעתם כל עץ מאכל34 כו׳).
et la question des trois tiers dans le réceptacle de l’attribut de Tiferet est expliquée ailleurs ; on peut donc dire que cela constitue la racine des trois niveaux de compassion mentionnés plus haut. Voyez ce qui est écrit dans la paracha de Kedochim, dans le maamar commençant par « Vous planterez tout arbre fruitier », etc.)
Il est expliqué ailleurs que le réceptacle de Tiferet comporte trois « tiers », qui pourraient être la racine de ces trois niveaux de compassion. Le maamar sur « Vous planterez tout arbre fruitier » aborde cette question.
ואח״כ [ואחר כך] לגולגלותם הוא בחי׳ כתר וגולגלתא דז״א [דזעיר אנפין] ובעבודת ה׳ הוא בחי׳ אהבה רבה שלמעלה מן הדעת שאינה נתפסת בהשכל כלל וכמו הגלגלתא שמקיף על המוחין.
Puis vient « selon leurs crânes » (legoulgelotam) : c’est le niveau de Kéter et du Crâne (Goulgalta) de Zeir Anpin. Dans le service de D.ieu, c’est le niveau du grand amour (ahava rabba), qui est au-dessus de Daat (la raison) et que l’intellect ne peut nullement saisir, tout comme le crâne entoure le cerveau (mo'hin).
L’élévation la plus haute est « selon leurs crânes » : Kéter, le « Crâne » (Goulgalta) de Zeir Anpin. Dans le service divin, cela correspond à ahava rabba, un grand amour qui dépasse la raison et que l’intellect ne peut contenir, tout comme le crâne entoure le cerveau.
וזהו בחי׳ שבועות שאז נמשך הכתר דז״א [דזעיר אנפין] שבכל ימי הספירה ממשיכים הכל מבחי׳ המדות דאצילות שבוע ראשון חסד וכל א׳ כלול מז׳ והוא כענין ההעלאה למשפחותם לבית אבותם ובשבועות נמשך גילוי הכתר בחי׳ לגולגלותם.
Tel est le niveau de Chavouot, où Kéter de Zeir Anpin est attiré. Durant tous les jours du compte, en effet, on attire tout du niveau des attributs émotionnels (midot) d’Atsilout : la première semaine correspond à 'Hessed, et chacun est composé de sept ; cela ressemble à l’élévation « selon leurs familles, selon la maison de leurs pères ». À Chavouot est attirée la révélation de Kéter, le niveau de « selon leurs crânes ».
C’est là le sens de Chavouot. Pendant le compte du Omer, on attire les sept attributs émotionnels d’Atsilout, semaine après semaine, chacun incluant les sept, comme dans les élévations « selon leurs familles » et « selon la maison de leurs pères ». À Chavouot vient la révélation de Kéter, « selon leurs crânes ».
(והנה מבואר במ״א דבחי׳ כתר זה שנמשך לז״א [לזעיר אנפין] בחג השבועות הוא מא״א [מאריך אנפין] ממש. ועפ״ז [ועל פי זה] יובן עוד מה שנאמר וידבר כו׳ במדבר כו׳ שאו כו׳ לגולגלותם.
(Or il est expliqué ailleurs que ce niveau de Kéter, attiré vers Zeir Anpin à Chavouot, provient d’Arikh Anpin lui-même. Cela permet de mieux comprendre ce qui est dit : « Il parla », etc., « dans le désert », etc., « Élevez », etc., « selon leurs crânes ».
Une longue parenthèse ajoute que Kéter, attiré vers Zeir Anpin à Chavouot, provient d’Arikh Anpin lui-même. Cela éclaire davantage l’ensemble du verset : « Il parla… dans le désert… élevez… selon leurs crânes. »
כי הנה מבואר במ״א בביאור ע״פ צאינה וראינה5 ענין מ״ש במדבר כו׳ בארץ לא עבר בה איש ולא ישב אדם שם,6 דבחי׳ מצחא דז״א [דזעיר אנפין] נק׳ אשר לא ישב אדם שם שהוא למעלה מבחי׳ אדם
Car il est expliqué ailleurs, dans le commentaire (Biour) sur [le verset] « Sortez et voyez », le sens de ce qui est écrit : « dans le désert », etc., « dans un pays que nul homme n’a traversé et où nul homme n’a habité » : le niveau du Front (Mits’ha) de Zeir Anpin est appelé « où nul homme n’a habité », car il est au-dessus du niveau de l’homme,
Le commentaire sur « Sortez et voyez » interprète la « terre où nul homme n’a habité » de Yirmeyahou comme le « Front » (Mits’ha) de Zeir Anpin, un niveau qui dépasse la figure de « l’homme ».
כדכתיב כי לא אדם הוא,78 וכמבואר באדרא)9 (דקל״ו ע״ב), ולכן נק׳ ג״כ מדבר כי הנה המדבר אין בו שום צמח האדמה כך מצחא אין בו צמיחת שערות
comme il est écrit : « car Il n’est pas un homme », ainsi qu’il est expliqué dans l’Idra) (folio 136b). C’est pourquoi il est également appelé midbar : de même que le désert ne produit aucune pousse de la terre, le front ne produit aucune pousse de cheveux,
Il dépasse la figure humaine, comme le dit Chmouel : « car Il n’est pas un homme », ainsi que l’explique l’Idra. C’est pourquoi il est lui aussi appelé « désert » : de même que rien ne pousse dans le désert, aucun cheveu ne pousse sur le front.
כי הוא למעלה מבחי׳ צמיחה שהוא בחי׳ שינויים מקטנות לגדלות שזהו בבחי׳ אדם משא״כ בבחי׳ כי לא אדם כתיב לא שניתי10 כו׳,
car il se situe au-delà du niveau de la croissance, qui implique des changements de la petitesse à la grandeur et relève du niveau de l’homme ; tandis qu’au sujet du niveau de « car Il n’est pas un homme », il est écrit : « Je n’ai pas changé », etc.
La croissance implique un changement de la petitesse à la grandeur, qui relève du niveau de l’« homme ». Le niveau de « Il n’est pas un homme » est au-delà de tout changement, comme le dit le prophète : « Je n’ai pas changé. »
ועד״ז [ועל דרך זה] הוא ענין וחד חרוב שהוא בחי׳ מנוחה לחיי העולמים11 שהוא בחי׳ עלייה שאין למעלה הימנה עוד עלייה בשמטה זו כו׳
Dans le même ordre d’idées, « et un sera désolé » désigne le niveau du « repos pour la vie éternelle », c’est-à-dire une élévation au-delà de laquelle il n’y a plus aucune autre élévation au cours de ce cycle sabbatique (chemita), etc. ;
Le septième millénaire « désolé » est semblable. Il est le « repos pour la vie éternelle », une élévation au-delà de laquelle il n’y a plus d’autre élévation dans ce cycle.
ע״כ [על כן] היינו שאין בו זריעה וצמיחה כו׳, ועד״ז [ועל דרך זה] י״ל [יש לומר] מ״ש בזהר פ׳ במדבר קי״ז ב׳ אי באהל מועד אמאי במדבר סיני12 אלא חד לאורייתא וחד למשכנא ופי׳ במק״מ [במקדש מלך]
il n’y a donc ni semailles ni croissance, etc. Dans le même ordre d’idées, on peut expliquer ce qui est écrit dans le Zohar, Parachat Bamidbar, 117b : « Si c’est dans la Tente d’Assignation, pourquoi dans le désert du Sinaï ? Mais l’un est pour la Torah et l’autre pour le Michkan. » Et le Mikdash Melekh l’explique ainsi
Comme le désert, il n’y a ni semailles ni croissance. Cela éclaire également la question du Zohar : « Si c’est dans la Tente d’Assignation, pourquoi dans le désert du Sinaï ? » Il répond : « L’un est pour la Torah et l’autre pour le Michkan », et le Mikdash Melekh commente ce passage.
דהיינו דמדבר הוא התורה שרומזת לז״א [לזעיר אנפין] כו׳ וזהו הפך ממש״כ [ממה שכתוב] דמדבר סיני הוא העלאה ממטה למעלה והיינו עליי׳ [עלייה] המל׳ [המלכות] מבי״ע [מבריאה יצירה עשיה] וכדכתיב מי זאת עולה13 מן המדבר.
à savoir que le désert désigne la Torah, qui fait allusion au Zeir Anpin, etc. Cela est exactement l’opposé de ce qui a été écrit [ici] : le désert du Sinaï est une élévation de bas en haut, c’est-à-dire l’élévation de Mal’hout depuis Béria, Yetsira et Assiya, comme il est écrit : « Qui est celle qui monte du désert ? »
Le Mikdash Melekh comprend le « désert » comme désignant la Torah, qui renvoie au Zeir Anpin, un influx d’en haut. Cela semble inverser ce maamar, qui présentait le désert du Sinaï comme une élévation d’en bas, conformément à « Qui est celle qui monte du désert ? »
אך לפמ״ש [לפי מה שכתוב] א״ש [אתי שפיר] כי יש ג״כ בחי׳ מדבר עליון בחי׳ אשר לא ישב אדם שם כנ״ל והוא מקור התורה שנאמר וממדבר מתנה14 וז״ש [וזהו שכתוב] במדבר סיני כו׳
Mais, à la lumière de ce qui a été écrit [ici], la difficulté se résout aisément : il existe également le niveau d’un désert supérieur, celui « où aucun homme n’a habité », comme mentionné plus haut ; il est la source de la Torah, comme il est dit : « Et du désert, Mattana (un don). » Tel est le [sens du] verset « dans le désert du Sinaï », etc. ;
La difficulté se résout : il existe aussi un désert supérieur, le niveau « où aucun homme n’a habité », qui est la source de la Torah, comme dans « et du désert, un don (Mattana) ». Le verset comprend les deux aspects.
שאו כו׳ לגלגלתם מדבר סיני הוא בחי׳ מדבר שממטה למעלה ומדברך נאוה כו׳ והיינו מה שנעשית בבחי׳ נקודה א׳ תחת היסוד שהוא בחי׳ הכתר שבה בכל מאדך15 כו׳
« Dénombrez… selon leurs crânes » : le désert du Sinaï est le niveau du désert qui va de bas en haut ; « et ta parole est belle », etc. Cela désigne le fait qu’elle devient un point unique sous Yessod, qui est le niveau de son Kéter, « de toute ta force » (méodékha), etc. ;
« Dans le désert du Sinaï » désigne le désert qui va de bas en haut : Mal’hout devient un point unique sous Yessod, son Kéter, ce qui correspond à l’amour « de toute ta force », sans limite.
ונעוץ סופן1617 כו׳ והיינו שאו כו׳ לגלגלותם הוא בחי׳ מדבר העליון כי מצחא הוא גילוייא דבחי׳ גלגלתא1819 כמ״ש באדרא (קכ״ט א׳) ובאדר״ז [ובאדרא זוטא] (דף רפ״ט ב׳) היינו כתר עליון
et « la fin est enfoncée [dans le commencement] », etc. C’est le sens de « Dénombrez… selon leurs crânes » : cela désigne le niveau du désert supérieur, car le front est le dévoilement du niveau du Crâne, comme il est écrit dans l’Idra (129a) et l’Idra Zouta (folio 289b) ; autrement dit, le Kéter supérieur.
Sa fin est « enfoncée dans son commencement », comme l’enseigne le Séfer Yetsira : le point le plus bas rejoint ainsi le point le plus élevé. « Selon leurs crânes » désigne le désert supérieur, car le front révèle le Crâne, le Kéter supérieur, comme l’expliquent l’Idra et l’Idra Zouta.
והנה גם בחי׳ מדבר העליון שהוא בחי׳ מצחא ורצון העליון י״ל [יש לומר] שזהו חיצונית התורה אבל פנימיותה היא בחי׳ ואהי׳ [ואהיה] שעשועים20 שלמעלה מבחי׳ מדבר הנ״ל.
Or, même le niveau du désert supérieur, qui est le niveau du front et de la volonté supérieure, peut être considéré comme la dimension extérieure ('hitsoniyout) de la Torah ; mais sa dimension intérieure (pnimiyout) est le niveau de « Et j’étais [Son] plaisir », qui est au-dessus du niveau du désert mentionné précédemment.
Même ce désert supérieur — le front et la volonté supérieure — peut n’être que la dimension extérieure de la Torah. Sa dimension intérieure est « J’étais Son plaisir » : la Torah en tant que plaisir propre de D.ieu, plus élevée encore.
Et voyez ce qui est écrit à propos du verset « Et j’étais auprès de Lui comme un nourrisson (amon) », au sujet de « David, vous les avez appelées des chants », etc. : la Torah a un devant et un derrière, etc.
Le discours sur « Et j’étais auprès de Lui comme un nourrisson » développe cette idée à travers le récit du Talmud concernant David, à qui l’on reprocha d’avoir appelé « chants » les paroles de la Torah. La Torah a un « devant » et un « derrière ».
Le paragraphe lit « Élevez la tête… selon leurs familles, selon la maison de leurs pères, selon leurs crânes » comme une succession d’élévations jusqu’à Kéter, révélé à Chavouot. Il résout aussi la lecture du Zohar qui identifie le désert à la Torah, en distinguant un désert inférieur qui s’élève d’en bas et un désert céleste qui est la source de la Torah.
Les deux déserts se reflètent l’un l’autre : Mal'hout, réduite en bas au point de son Kéter, et le Front du Kéter céleste, où rien ne « pousse » car rien ne change. La fin enchâssée dans le commencement signifie que l’annulation de soi la plus basse touche la source la plus élevée.
Maré mekomot
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- 12אי באהל מועד אמאי במדבר סיני · Zohar, Bamidbar 1:7–17
- 13מי זאת עולה · Song of Songs 8:5
- 14וממדבר מתנה · Numbers 21:18
- 15בכל מאדך · Deuteronomy 6:5
- 16ונעוץ סופן · ס״י פ״א, מ״ז.
- 17ונעוץ סופן · Sefer Yetzirah 1:7
- 18מצחא הוא גילוייא דבחי׳ גלגלתא · Zohar, Idra Rabba 6:25–7:37
- 19מצחא הוא גילוייא דבחי׳ גלגלתא · Zohar, Idra Zuta 10:49–14:58
- 20ואהי׳ שעשועים · Proverbs 8:30
- 21ע״פ ואהי׳ אצלו אמון · לקמן יח, א.
- 22דוד זמירות קרית להו · Sotah 35a:21–22
31ועמ״ש בפ׳ שלח ע״פ אני1 ה׳ כו׳ מענין בשעה שישראל אומרים איש״ר [אמן יהא שמיה רבא]2 מברך הקדוש ברוך הוא מנענע ראשו כו׳,
Et voyez ce qui est écrit dans la paracha de Chela’h, à propos du verset « Je suis Havaya », etc., au sujet de l’enseignement suivant : « Lorsque Israël dit “Amen, que Son grand Nom soit béni”, le Saint béni soit-Il hoche la tête », etc. ;
Le maamar de la paracha de Chela’h, sur « Je suis Havaya, votre D.ieu », examine cette image du Talmud : lorsqu’Israël répond « Amen, que Son grand Nom soit béni », le Saint béni soit-Il hoche la tête.
ואפ״ל [ואפשר לומר] שזהו ענין וממדבר מתנה3 כו׳ עבודת מתנה4 כו׳ פי׳ מתנה זהו ענין אתדל״ע [אתערותא דלעילא] מבחי׳ שאין אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] מגעת שם
et l’on peut dire que c’est là le sens de « Et du désert, Mattana », etc., et de « un service qui est un don », etc. : le sens du « don » est un éveil d’en haut, provenant d’un niveau qu’un éveil d’en bas ne peut atteindre,
C’est peut-être là le « don » évoqué dans « du désert, un don », ainsi que dans le sacerdoce, appelé « un service qui est un don » : un éveil d’en haut, provenant d’un niveau qu’aucun éveil d’en bas ne peut atteindre.
אלא שבאה ממילא בתורת מתנה אחר היותו בבחי׳ מדבר כו׳ ועמ״ש סד״ה אני ישנה בענין פתחי לי5 כו׳ ואני אפתח לך ועמ״ש בד״ה ואתחנן כו׳:
mais il vient spontanément, sous forme de don, après que l’on a atteint le niveau de midbar, etc. Et voyez ce qui est écrit à la fin du maamar commençant par « Je dors », à propos de « Ouvre-moi », etc. : « et moi, je t’ouvrirai » ; et voyez ce qui est écrit dans le maamar commençant par « Et j’ai imploré », etc.
Il vient spontanément, sous forme de don, une fois que la personne a atteint le niveau de midbar, celui de l’annulation de soi et de la soif. Les maamarim sur « Je dors » (« Ouvre-moi… et moi, je t’ouvrirai ») et sur « Et j’ai imploré » développent ce thème.
Le paragraphe de conclusion ajoute que le désert d’en haut accorde son don sans qu’on le sollicite : un éveil d’en haut, au-delà de ce que l’effort humain peut atteindre, est accordé à celui qui s’est fait midbar.
Le maamar s’achève là où il a commencé, avec le désert du Sinaï, mais il indique maintenant ce qui le dépasse : l’élévation de midbar ne mérite pas le don d’en haut ; elle rend la personne apte à recevoir ce qui vient « spontanément ».
Maré mekomot
- 1בפ׳ שלח ע״פ אני ה׳ · לקמן מח, ב ואילך.
- 2בשעה שישראל אומרים איש״ר · Berakhot 3a:14
- 3וממדבר מתנה · Numbers 21:18
- 4עבודת מתנה · Numbers 18:7
- 5פתחי לי · Song of Songs 5:2
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
La prière est le moment de l’affinement : méditer à la grandeur de D.ieu jusqu’à ce qu’elle soit aussi réelle que si on la voyait permet à l’homme de mesurer combien ses actes sont éloignés d’un dévouement pur, et de décider d’écarter le mal. Lorsque des pensées étrangères s’immiscent dans la prière, il ne doit ni perdre courage ni conclure que sa prière est vaine ; le mal résiste précisément parce qu’il est en train d’être séparé, et il lui faut écarter ces pensées et détourner son esprit d’elles. L’étude de la Torah exige l’annulation de soi, car celui qui étudie en se tenant pour un « moi » indépendant ne possède pas véritablement la Torah. Le milieu de la nuit est le moment de pleurer sur l’exil de la Chekhina et d’étudier la Torah ; la prière du matin est le moment de méditer à la grandeur de D.ieu et de faire pénétrer Son unité dans l’âme.
Questions à discuter
- Pourquoi Mal'hout doit-elle descendre dans les mondes inférieurs pour affiner les étincelles aujourd’hui, alors qu’à l’époque du Temple elles s’affinaient sans sa descente ?
- Selon le maamar, pourquoi des pensées étrangères surgissent-elles précisément pendant la prière, et comment l’homme doit-il y réagir ?
- En quel sens le désert représente-t-il à la fois Mal'hout revêtue des mondes inférieurs et son ascension ardente ?
- Pourquoi la mer et les montagnes s’enfuirent-elles devant D.ieu tandis que le désert L’accueillit, et qu’ajoute le mont Sinaï à cette image ?
- Comment les rôles de Moché et d’Aharon correspondent-ils respectivement à la Tente d’Assignation et au désert du Sinaï ?