Likkutei Torah · Parshas Shelach · Maamar 18
וישלח יהושע מן השיטים שנים אנשים מרגלים חרש…
« Et Yehoshoua envoya secrètement de Chittim deux hommes comme espions » (Joshua 2:1)
L’idée centrale
Par la Torah et les mitsvot accomplies en pensée, en parole et en acte, les jours de la vie d’une personne deviennent des vêtements pour l’âme, un rayonnement semblable à un parfum qui lui permet d’être incluse dans l’unité de D.ieu ; chaque Juif doit « explorer » sa propre Jéricho et examiner chaque jour ses pensées, afin que son âme ne demeure pas dénudée.
Le maamar en bref
Le maamar demande pourquoi D.ieu ordonna à Yehoshoua d’envoyer des espions uniquement à Jéricho, le « verrou » qui retenait toutes les nations du pays, tandis qu’Il avait laissé à la discrétion de Moché le choix de ses espions. La réponse commence par l’interprétation du Zohar au sujet d’Avraham, qui « entra dans les jours » : les jours de la vie d’une personne, emplis de Torah et de mitsvot, deviennent des vêtements pour l’âme. Nous sanctifions D.ieu par un triple « Saint », car les mitsvot sont accomplies en pensée, en parole et en acte, les trois vêtements de l’âme ; sans eux, une âme créée ne peut être incluse dans l’Un, et avec eux, elle est « liée dans le faisceau de vie ». Ce rayonnement est le niveau du parfum (réa’h), Arich Anpin, la « longue face », qui s’étend de l’Infini jusqu’au lieu le plus bas, et Jéricho porte son nom. Les 365 jours sont des canaux pour ces vêtements, formés en surmontant la sitra a’hra, tandis que les pensées mauvaises sont des vêtements impurs ; une personne doit donc examiner ses pensées chaque jour. Les espions de Moché, qui examinent l’amour et la crainte, relèvent uniquement du niveau de Moché ; les espions de Yehoshoua, qui examinent les vêtements, sont la tâche de chacun. Enfin, « cheresh » est interprété comme la pensée et comme le silence.
Plan
- Les espions de Yehoshoua et ceux de MochéYehoshoua envoya des espions sur l’ordre de D.ieu, et uniquement à Jéricho, le verrou qui englobait tout le pays, tandis que le choix des espions de Moché était laissé à sa discrétion ; chaque Juif a sa propre Jéricho.¶1–2
- Les jours comme vêtementsLe Zohar : Avraham « entra dans les jours », revêtu des vêtements que ses jours consacrés à la Torah et aux mitsvot avaient formés ; pourquoi l’âme a-t-elle besoin de vêtements ?¶3
- Le triple « Saint »Nous sanctifions D.ieu en pensée, en parole et en acte ; devant Lui, l’acte est égal à la pensée et à la parole, car Il est saint et séparé du ciel comme de la terre.¶4–6
- Liée dans le faisceau de vieIsraël attire la sainteté de D.ieu dans les trois vêtements de l’âme, qui l’incluent dans l’Un ; ce rayonnement est le parfum, Arich Anpin, qui s’étend de l’Infini jusqu’au lieu le plus bas.¶7–8
- Les jours et la vigilance dans la penséeLes 365 jours sont des canaux formés en surmontant la sitra a’hra ; les pensées saintes revêtent l’âme, tandis que les pensées mauvaises l’enveloppent d’impureté.¶9–10
- La nudité d’Adam et les deux sortes d’espionsAdam reconnut qu’il n’avait pas attiré l’Un dans ses jours ; examiner l’amour et la crainte relève du niveau de Moché, mais examiner les vêtements est le devoir de chacun, et l’on explique les « potiers » du Midrach.¶11
- Cheresh : pensée et silenceCheresh est interprété comme une pensée attentive, le travail des « maîtres du compte », et comme le silence.¶12–13
Notions clés
- Les vêtements de l’âmeלבושי הנשמה
- La pensée, la parole et l’action dans la Torah et les mitsvot, formées au fil des jours d’une personne, qui revêtent l’âme afin qu’elle puisse jouir du rayonnement de la Chekhina et être incluse dans l’unité de D.ieu.
- Le parfum (réa’h)ריח
- Un rayonnement qui émane d’une chose sans être son essence : le niveau de lumière attiré par les mitsvot, et la racine du nom Jéricho.
- Arich Anpinאריך אנפין
- La « longue face », l’attribut par lequel ce rayonnement s’étend de l’Infini jusqu’au niveau le plus bas ; il est aussi appelé « le nez ».
- Le faisceau de vieצרור החיים
- L’expression d’Avigaïl pour désigner l’âme liée « à Havaya » ; ici, ce sont les vêtements qui entourent l’âme et l’incluent dans l’Un.
- Les maîtres du compteמארי דחושבנא
- Ceux qui examinent chaque jour les pensées qui les ont traversés, puisque chaque pensée est un vêtement pour l’âme.
- Pensée, parole et acteמחשבה דבור ומעשה
- Les trois vêtements de l’âme, correspondant à néfech, roua’h et nechama, ainsi qu’au triple « Saint ».
Les espions de Yehoshoua et ceux de Moché ¶1–2
« Et Yehoshoua envoya de Chittim deux hommes comme espions, secrètement (cheresh), en disant : “Allez voir le pays et Yericho” », etc.
Le maamar s’ouvre sur un verset du livre de Yehoshoua : avant qu’Israël ne traverse le Jourdain, Yehoshoua envoya secrètement deux espions de Chittim pour voir le pays, et Yericho en particulier. Le mot cheresh, « secrètement », sera interprété par la suite de plusieurs manières : comme la poterie, comme la pensée et comme le silence.
והנה בודאי לא עשה יהושע מדעתו3 רק שהשי״ת [שהשם יתברך] ציוהו ע״כ [על כן]. ובמרגלים ששלח משה כתיב שלח לך4 ואמרו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] לדעתך אני איני מצוה5 לך.6
Or, Yehoshoua n’a certainement pas agi de sa propre initiative ; c’est plutôt D.ieu, béni soit-Il, qui le lui ordonna. Mais au sujet des espions que Moché envoya, il est écrit : « Envoie pour toi », et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « À ta discrétion ; Moi, Je ne te l’ordonne pas. »
L’Admour Hazaken tient pour certain que Yehoshoua envoya ses espions sur l’ordre de D.ieu. Les espions de Moché étaient différents : à propos des mots « Envoie pour toi », les Sages, cités par Rachi, expliquent que D.ieu laissa la décision à la discrétion de Moché et ne le lui ordonna pas.
להבין ענין זה שבכל א״י [ארץ ישראל] לא ציוה השי״ת [השם יתברך] לשלוח מרגלים רק ביריחו שהיתה מנעולה של7 א״י [ארץ ישראל] כמ״ש ויריחו סוגרת8 וכו׳.
[Il nous faut] comprendre cette question : pourquoi, dans tout le pays d’Israël, D.ieu, béni soit-Il, n’ordonna-t-Il pas d’envoyer des espions, sauf à Yericho, qui était la serrure du pays d’Israël, comme il est écrit : « Et Yericho était fermée », etc.
La question est de savoir pourquoi D.ieu aurait ordonné d’envoyer des espions uniquement à Yericho, et non dans le reste du pays. La réponse commence par la place qu’occupait Yericho : elle était la « serrure » du pays d’Israël, la ville « fermée » face à Israël ; le Midrach enseigne qu’une fois Yericho conquise, tout le pays le serait.
Le maamar commence par opposer les espions envoyés par Yehoshoua, sur l’ordre de D.ieu et uniquement à Yericho, à ceux que Moché envoya à sa discrétion ; il demande pourquoi Yericho seule nécessitait des espions.
Kehot indique que le Rabbi expliqua ce maamar dans un discours portant les mêmes mots d’ouverture en 5736, et qu’Or HaTorah l’intitule « Vayishlach Yehoshua of Liozna » et en publie une glose. Rachi explique, au sujet du verset de Yehoshoua, que Yericho est mentionnée séparément bien qu’elle fasse partie du pays, car elle était plus difficile à conquérir que tout le reste, étant située à la frontière.
Maré mekomot
- 1וישלח יהושע מן השיטים · ראה ברשימת המאמרים בסו״ס מאמרים-קצרים ע׳ תריד הערה 34. וראה אוה״ת שופטים ע׳ תתסד. באוה״ת במדבר-ו ע׳ א׳תתכו מציין לד״ה זה בשם ”וישלח יהושע דלאזני”. וראה שם הערה לכאן. הגהה לדרוש זה נדפסה באוה״ת במדבר-ב הוספות ע׳ 122 ואילך. נתבאר בד״ה משנת תשל״ו (נדפס בסה״מ מלוקט-ב ע׳ שיא ואילך). ראה גם ד״ה זה משנת תשמ״ב.
- 2וישלח יהושע מן השיטים · Joshua 2:1
- 3בודאי לא עשה יהושע מדעתו · ראה שיחת ש״פ שלח (בספר השיחות תשמ״ט ע׳ 536) הערה 25.
- 4שלח לך · Numbers 13:2
- 5לדעתך אני איני מצוה · Sotah 34b
- 6לדעתך אני איני מצוה לך · Rashi on Numbers 13:2
- 7ביריחו שהיתה מנעולה של א״י · ראה במדב״ר טו, טו. תנחומא בהעלותך י. ועל״ק (צא, א) במסעי. וש״נ. [כ].
- 8ויריחו סוגרת · Joshua 6:1
2ובה היו דרין מכל האומות כמ״ש החתי האמורי וגו׳ [וגומר] כל בעלי יריחו12 כו׳. שנתכללו בה שהיתה כללות א״י [ארץ ישראל].
Et en elle résidaient [des gens] de toutes les nations, comme il est écrit : « Le Hittite, l’Amorite », etc., tous « les habitants de Yericho », etc. ; car ils y étaient inclus, puisqu’elle constituait l’expression générale et collective (klalus) du pays d’Israël.
Le Midrach enseigne que des gens appartenant aux sept nations cananéennes s’étaient rassemblés à Yericho, et que le verset de Yehoshoua les énumère tous comme « les habitants de Yericho ». Puisqu’ils y étaient tous inclus, Yericho constituait l’expression générale et collective de tout le pays ; c’est pourquoi sa conquête signifiait la conquête du pays.
ולהבין ענין זה איך ענין זה הוא נמצא בכל ישראל שבבחי׳ יריחו שלו הוא צריך מרגלים ובבחי׳ שאר א״י [ארץ ישראל] שלו אין צריך מרגלים. הנה כתיב ואברהם זקן בא בימים3 כו׳.
Et [il nous faut] comprendre comment cette notion se retrouve chez chaque Juif : au niveau de son Yericho, il a besoin d’espions, tandis qu’au niveau du reste de son pays d’Israël, il n’a pas besoin d’espions. Or, il est écrit : « Avraham était âgé, entré dans les jours (ba bayamim) », etc.
L’Alter Rebbe aborde ici le sens intérieur : chaque Juif possède son propre « pays d’Israël », et, en son sein, un « Yericho » qui requiert des espions, tandis que le reste du pays n’en requiert pas. Pour l’expliquer, il cite le verset selon lequel Avraham était âgé et « entra dans les jours ».
Yericho abritait toutes les nations et représentait donc le pays tout entier ; la question est maintenant de savoir ce que signifient Yericho et ses espions dans le service divin de chaque Juif. La réponse commence par Avraham, qui « entra dans les jours ».
Maré mekomot
- 1החתי האמורי גו׳ כל בעלי יריחו · Joshua 24:11
- 2החתי האמורי וגו׳ כל בעלי יריחו · Bamidbar Rabbah 15:15
- 3ואברהם זקן בא בימים · Genesis 24:1
Les jours comme vêtements ¶3
3ופי׳ בזהר1 שנתלבש בימים שהימים הם בחי׳ לבושין הניתן להנשמה וכל א׳ ניתן לו שני חייו כפי מה שצריך ללבושין.
Et le Zohar explique qu’il s’est revêtu des jours, car les jours sont l’aspect de vêtements donnés à l’âme, et chacun reçoit les années de sa vie selon les vêtements dont il a besoin.
Le Zohar interprète « il entra dans les jours » comme signifiant qu’Avraham entra dans le monde à venir revêtu de ses jours : chaque jour de la vie d’une personne devient une partie d’un vêtement pour l’âme. Chacun reçoit donc autant d’années que son âme a besoin de vêtements.
כמ״ש ימים יוצרו2 והיינו ע״י תורה ומצות שאדם עוסק בימיו וכל יום שביטל תורה ומצות חסר מהנשמה הלבוש כפי ערך ביטולו.
Comme il est écrit : « Les jours furent formés » ; c’est-à-dire par la Torah et les mitsvot auxquelles une personne se consacre au cours de ses jours. Et pour chaque jour où elle a négligé la Torah et les mitsvot, il manque à l’âme une partie du vêtement, à proportion de sa négligence.
Le verset « Les jours furent formés » est interprété comme disant que les jours d’une personne sont façonnés en vêtements, par la Torah et les mitsvot qu’elle accomplit en ces jours. Un jour passé sans Torah ni mitsvot laisse une lacune dans le vêtement, à proportion de ce qui a été négligé.
ולהבין ענין הלבושין ולמה צריכה הנשמה ללבושין שלא תהיה ערומה וגם למה נכתב ענין זה בתורה להודיענו זאת:
Et [il nous faut] comprendre la nature de ces vêtements : pourquoi l’âme en a-t-elle besoin, afin de ne pas être nue ? Et aussi, pourquoi cette idée a-t-elle été écrite dans la Torah, pour nous la faire connaître ?
Cela soulève les questions centrales du maamar : que sont ces vêtements, pourquoi l’âme en a-t-elle besoin pour ne pas être « nue », et pourquoi la Torah nous en parle-t-elle ?
L’enseignement du Zohar selon lequel les jours d’une personne deviennent des vêtements pour l’âme, confectionnés à partir de la Torah et des mitsvot, ouvre la voie aux questions sur la nature de ces vêtements et sur la raison pour laquelle l’âme en a besoin.
Dans le Zohar (Vayechi), un jour où une personne a péché manque à son vêtement ; après la faute, Adam sut qu’il était nu, car aucun de ses jours ne restait pour le vêtir, tandis qu’Avraham, qui en avait été digne, entra avec ses jours intacts. Dans Torah Ohr, Chayei Sarah, l’Alter Rebbe s’appuie sur le même passage du Zohar pour expliquer pourquoi une heure de techouva et de bonnes actions dans ce monde vaut mieux que toute la vie du monde à venir.
Maré mekomot
- 1ופי׳ בזהר · Zohar I, 224a
- 2ימים יוצרו · Psalms 139:16
Le triple « Saint » ¶4–6
4והענין הוא דהנה אנחנו אומרים בכל יום נקדישך. ולכאורה הוא נפלא לומר כן על השי״ת [השם יתברך] שהוא קדוש ומקודש בעצמו ואיך אנו אומרים שאנחנו מקדישים אותו.
L’explication est la suivante. Chaque jour, nous disons : « Nous Te sanctifierons (nakdiché’ha). » À première vue, il est étonnant de dire cela au sujet de D.ieu, béni soit-Il, qui est saint et sanctifié en Lui-même : comment pouvons-nous dire que nous Le sanctifions ?
Dans la Kedoucha des prières quotidiennes, nous disons : « Nous Te sanctifierons. » L’Alter Rebbe demande comment nous pouvons parler de sanctifier D.ieu, qui est saint en Lui-même et n’a besoin de rien de notre part.
וגם למה אומרים ג״פ [ג׳ פעמים] קדוש במספר זה דוקא. אך הנה התורה ניתנה לנו בשלשה דברים
De plus, pourquoi disons-nous « Saint » trois fois, précisément ce nombre ? Or, la Torah nous a été donnée pour être accomplie de trois manières,
Une deuxième question se pose : pourquoi « Saint » est-il dit exactement trois fois ? La réponse commence par le fait que la Torah nous a été donnée pour être accomplie de trois manières.
שהם מחשבה דבור ומעשה שכמה מצות תלוים בדיבור לבד וכמה מצות תלוים במחשבה לבדה וכמה מצות תלוים במעשה לבד.
à savoir par la pensée, la parole et l’action : car plusieurs mitsvot dépendent de la parole seule, plusieurs mitsvot dépendent de la pensée seule, et plusieurs mitsvot dépendent de l’action seule.
Ces trois facultés sont la pensée, la parole et l’action. Certaines mitsvot s’accomplissent par la parole seule, d’autres par la pensée seule et d’autres encore par l’action seule ; chacune des trois facultés de l’homme a donc ses propres mitsvot.
Le « Nous Te sanctifierons » de la Kedoucha et son triple « Saint » posent question. La réponse commence par les trois facultés — pensée, parole et action — par lesquelles les mitsvot sont accomplies.
Dans le discours « Et maintenant, je Te prie, que la puissance d’Ado-nai soit grande », plus tôt dans cette paracha, l’Alter Rebbe répartit également les mitsvot entre celles qui dépendent de la pensée et de l’intention du cœur, celles qui dépendent de la parole et celles qui relèvent de l’action ; il les appelle des lumières enveloppantes (makifim) pour l’âme.
5ולכאורה יטעה האדם לומר שאין בחי׳ גילוי אלקות המתגלה בבחי׳ מעשה שוה לבחינת גילוי אלקות המתגלה בבחי׳ דבור ומחשבה שבחי׳ מעשה הוא מתעבה ומתגשם יותר גם בבחי׳ דומם כמו כסף ונחושת ממעשה הצדקה.
À première vue, on pourrait se tromper et dire que le niveau de révélation de la Divinité qui se manifeste dans l’action n’est pas égal au niveau de révélation de la Divinité qui se manifeste dans la parole et la pensée, car l’action est plus grossière et plus matérielle, même au niveau de l’inerte, comme l’argent et le cuivre employés pour accomplir l’acte de charité.
On pourrait penser que la Divinité révélée par l’action est inférieure à celle qui est révélée par la parole et la pensée. L’action est plus grossière et plus matérielle, et elle atteint même l’inerte, comme lorsqu’on donne la charité avec des pièces d’argent et de cuivre.
אך באמת אינו כן כי הכל שוה אצלו ית׳ כי כולא קמיה כלא חשיב ואין הפרש אצלו בין עליונים לתחתונים כיון שהכל כאין נגדו כי הוא ית׳ א״ס [אין סוף] ואין ערוך אליו ית׳.
Mais, en vérité, il n’en est pas ainsi, car tout est égal devant Lui, béni soit-Il, puisque « tout est considéré comme rien devant Lui », et qu’il n’y a pour Lui aucune différence entre les êtres supérieurs et les êtres inférieurs, puisque tout est comme rien devant Lui ; car Lui, béni soit-Il, est l’Infini (Ein Sof), et rien n’est comparable à Lui, béni soit-Il.
Mais, devant D.ieu, tous les niveaux sont identiques, puisque « tout est considéré comme rien devant Lui », comme le dit le Zohar. Au regard de l’Infini, la différence entre les êtres supérieurs et les êtres inférieurs n’est nullement une différence, car rien n’est comparable à Lui.
Le paragraphe rejette l’idée que les mitsvot accomplies par l’action attirent moins de Divinité que les mitsvot de pensée et de parole : devant l’Infini, tous les niveaux sont également comme rien.
6וזהו מה שאומרים והקדוש בשמים ובארץ1 [ועמ״ש מזה בפ׳ ראה ע״פ אחרי ה׳ אלקיכם תלכו ואותו תיראו כו׳] כלומר שבחינת שמים ובחי׳ ארץ שוה אצלו
Et c’est ce que nous disons : « Et saint dans les cieux et sur la terre » [voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans la paracha Reéh, sur le verset : « Après Havaya votre D.ieu vous marcherez, et Lui vous craindrez », etc.] ; c’est-à-dire que le niveau des cieux et celui de la terre sont égaux devant Lui,
Dans la bénédiction de Yichtaba’h, nous proclamons que D.ieu est « saint dans les cieux et sur la terre ». L’Admour Hazaken comprend ces paroles comme signifiant que les cieux et la terre, le niveau supérieur et le niveau inférieur, sont égaux devant Lui, et il renvoie à son discours sur la paracha Reéh pour approfondir ce sujet.
כי הוא קדוש ומובדל מהם אף שהוא מחיה את כולם ומהווה את כולם החיות הוא בבחי׳ רצוא ושוב2 כו׳.
car Il est saint et séparé d’eux. Bien qu’Il donne la vie à tous et les fasse tous exister, la force vitale est dans l’aspect de « courir et revenir », etc.
Le mot « saint » signifie séparé : D.ieu est distinct de tous les mondes, bien qu’Il leur donne la vie et les fasse exister. La vie qu’Il leur donne suit le mouvement de « courir et revenir », expression employée à propos des anges dans la vision de Ye’hezkel : elle les atteint puis se retire, si bien qu’Il demeure séparé d’eux.
L’expression « saint dans les cieux et sur la terre » signifie que D.ieu est tout autant séparé des mondes supérieurs que des mondes inférieurs, tout en leur donnant à tous la vie.
Maré mekomot
- 1והקדוש בשמים ובארץ · ברכת ישתבח.
- 2רצוא ושוב · Ezekiel 1:14
Liée dans le faisceau de vie ¶7–8
7והנה המשכת החיות מקדושתו ית׳ נעשה ע״י ישראל כמ״ש ומי כעמך ישראל גוי אחד בארץ.12 פי׳ שאפילו בארץ מתחת ממשיכים בחי׳ אחד.35
Or, le fait d’attirer la force vitale de Sa sainteté, béni soit-Il, s’accomplit par Israël, comme il est écrit : « Et qui est comme Ton peuple Israël, une nation sur la terre ? » Cela signifie que même sur la terre d’en bas, ils attirent le niveau de l’Un.
Bien que D.ieu soit distinct du monde, Israël attire Sa sainteté dans le monde. Le verset appelle Israël « une nation sur la terre » ; l’Admour Hazaken y voit le sens suivant : même ici, sur la terre la plus basse, Israël révèle que D.ieu est Un.
ולכן אומרים ג״פ [ג׳ פעמים] קדוש להמשיך קדושתו בג׳ בחי׳ אלו מחשבה דבור ומעשה שהן ג׳ בחי׳ הנשמה נר״נ [נפש רוח נשמה]
C’est pourquoi nous disons trois fois « Saint » : afin d’attirer Sa sainteté dans ces trois niveaux — la pensée, la parole et l’action — qui sont les trois niveaux de l’âme : néfech, roua’h et nechama.
C’est pourquoi le mot « Saint » est prononcé trois fois : afin d’attirer la sainteté de D.ieu dans la pensée, la parole et l’action de l’homme, qui correspondent aux trois niveaux de l’âme : néfech, roua’h et nechama.
(ועמ״ש מזה לעיל ע״פ ועתה יגדל נא] שבכולם נמשך בחי׳ קדוש דהיינו ע״י עסק התורה ומצות בג׳ בחי׳ שהם בחי׳ לבושין להנשמה שתוכל ליהנות מזיו השכינה
(Et voyez ce qui est écrit à ce sujet plus haut, sur le verset « Et maintenant, que la puissance d’Ado-nai soit grande »), afin que le niveau de « Saint » soit attiré dans chacun d’eux ; c’est-à-dire par l’étude de la Torah et l’accomplissement des mitsvot dans ces trois niveaux, qui sont les vêtements de l’âme, afin qu’elle puisse jouir du rayonnement de la Chekhina (la Présence divine),
La sainteté pénètre dans les trois niveaux par la Torah et les mitsvot accomplies en pensée, en parole et en action ; celles-ci deviennent des vêtements pour l’âme. Ces vêtements lui permettent de « jouir du rayonnement de la Chekhina », expression par laquelle les Sages décrivent la récompense des justes.
דהיינו להכלל באחד, משא״כ כשהיא ערומה3 בלא לבוש אינה יכולה להתכלל באחד מאחר שהיא בחי׳ נברא וכל נברא הווה ונפסד45 ורחוק מאד מבחי׳ אחד
c’est-à-dire être incluse dans l’Un. En revanche, lorsqu’elle est nue, sans vêtement, elle ne peut être incluse dans l’Un, puisqu’elle est un être créé ; or tout être créé vient à l’existence puis disparaît, et il est très éloigné du niveau de l’Un.
Jouir du rayonnement de la Chekhina signifie être absorbé dans l’unité de D.ieu. Une âme dépourvue de vêtements ne peut y être absorbée, car elle est une créature ; et tout ce qui est créé vient à l’existence puis disparaît, bien loin de l’Un véritable.
ולכן צריך ללבושין היינו מחשבות תורה ומצות שהן בחי׳ לבושין שמלבישין הנשמה ומקיפין אותה מראשה ועד רגלה והם נמשכים מבחי׳ אחד שעי״ז יוכלו נשמות להכלל באחד6 וזהו והיתה נפש אדוני צרורה בצרור החיים789101112 את1314 ה׳)
C’est pourquoi elle a besoin de vêtements, c’est-à-dire des pensées de Torah et de mitsvot, qui sont des vêtements revêtant l’âme et l’enveloppant de la tête aux pieds. Ils sont attirés du niveau de l’Un, de sorte que, par leur intermédiaire, les âmes puissent être incluses dans l’Un. C’est le sens de : « Et l’âme de mon seigneur sera liée dans le faisceau de la vie auprès de Havaya »
La Torah et les mitsvot sont attirées de l’unité même de D.ieu ; lorsqu’elles revêtent et enveloppent l’âme de la tête aux pieds, elles l’emportent ainsi dans cette unité. Tel est le sens de la bénédiction d’Avigaïl à David : que son âme soit « liée dans le faisceau de la vie auprès de Havaya ».
(בש״א [בשער א׳] סי׳ כ״ה כ״ט), דהיינו כמו שאדם צורר כספו בחרט כך תהיה נפשו צרורה בצרור החיים
(I Samuel, chapitre 25, verset 29) : de même qu’un homme noue son argent dans une bourse, ainsi son âme sera liée dans le faisceau de la vie ;
Le verset est tiré du livre de Chmouel. De même qu’un homme noue son argent dans une bourse, l’âme est liée et maintenue dans le « faisceau de la vie ».
דהיינו שיקיפנו וילבישנו לבוש וצרור החיים להכלל באחד את ה׳ [ועיין מענין צרורה בצרור15 כו׳
c’est-à-dire que le vêtement et le faisceau de la vie l’envelopperont et le revêtiront, afin qu’il soit inclus dans l’Un, « auprès de Havaya ». [Et voyez à propos de « liée dans le faisceau », etc.,
Le faisceau est le vêtement de Torah et de mitsvot, qui enveloppe et revêt l’âme afin qu’elle soit incluse dans l’Un, « auprès de Havaya ». La note entre crochets qui commence ici énumère des références concernant l’expression « liée dans le faisceau ».
בגמרא פ״ב [פרק ב׳] דחגיגה (די״ב סע״ב [סוף עמוד ב]]16 ערבות שבו כו׳ ועמ״ש בביאור ע״פ זאת חנוכת המזבח. פ׳ בת׳ דשבת קנ״ב ב׳17 רבות ס״פ האזינו.18 נשא ס״פ19 י״א גבי וישמרך.
dans la Guemara, chapitre 2 de ‘Haguiga (folio 12, fin du recto b) : « Aravot, où… », etc. Voyez également ce qui est écrit dans l’explication sur le verset « Ceci est la dédicace de l’autel ». Dernier chapitre de Chabbat, folio 152, recto b. Rabba, fin de la section Haazinou. Nasso, fin de la section 11, à propos de « et qu’Il te garde ».
Le Talmud, dans ‘Haguiga, situe les âmes des justes dans Aravot, le septième ciel, en citant ce verset ; le Talmud, dans Chabbat, dit que les âmes des justes sont mises en réserve sous le Trône de Gloire. La note renvoie également à l’explication de l’Admour Hazaken sur « Ceci est la dédicace de l’autel » et à deux passages de Midrach Rabba.
בקהלת רבה בפסוק מי יודע רוח בני האדם20 העולה. זח״א [זהר חלק א] וירא ק״ו ב׳ תרומה קמ״ב סע״ב [סוף עמוד ב]21 קע״ח סע״ב [סוף עמוד ב] ויקרא כ״ה22 א׳ מצורע נ״ה23 א׳ אחרי ע״א ב׳. בפרדס ערך צרור.24 במא״א [במאורי אור] אות צדיק25 ס״כ]:)ב36
Dans Kohelet Rabbah, sur le verset : « Qui connaît l’esprit des hommes qui monte ? » Zohar, partie I, Vayera, folio 106, côté b ; Terouma, folio 142, fin du côté b, [et] folio 178, fin du côté b ; Vayikra, folio 25, côté a ; Metsora, folio 55, côté a ; A’harei, folio 71, côté b. Dans le Pardes, entrée « Tseror » (paquet). Dans Me’orei Or, lettre Tsadik, section 20.]
La liste se poursuit avec Kohelet Rabbah, qui dit que les âmes des justes sont conservées dans un trésor, en citant les paroles d’Avigail, ainsi qu’avec plusieurs passages du Zohar. Le Zohar explique que la néfech est liée à la roua’h, la roua’h à la nechama et la nechama à D.ieu, de sorte que la néfech est « liée au faisceau de la vie ».
והארה והמשכה זו היא בחי׳ ריח כמ״ש והריחו ביראת26 ה׳ והוא למשל כמו שהריח אינו עצמיות הדבר
2. Cette illumination et cette émanation sont le niveau de l’odorat (réa’h), comme il est écrit : « Son odorat sera dans la crainte de Havaya. » C’est, par analogie, comme le parfum, qui n’est pas l’essence de la chose
Une nouvelle section commence. La lumière émanant de la Torah et des mitsvot est comparée au parfum : celui-ci n’est pas la chose elle-même, mais seulement quelque chose qui en émane ; et Yechayahou dit de Machia’h : « Son odorat sera dans la crainte de Havaya. »
אלא הארה והמשכה ממנו כך הארה זו מתפשטת מאור א״ס [אין סוף] ב״ה ונקרא מדה זו אריך
mais une illumination et une émanation qui en proviennent ; de même, cette illumination se répand à partir de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il. Et cette qualité est appelée Arikh
De la même manière, cette lumière n’est pas l’essence de D.ieu, mais un rayonnement qui émane de la Lumière infinie. La qualité par laquelle elle se répand est appelée Arikh Anpin, le « long visage », le niveau extérieur de Kéter (la Couronne).
אנפין כמ״ש אאריך אפי ותהלתי אחטם לך,27 כמ״ש באדרא דנשא [ק״ל ע״ב] לבעל החוטם אני מתפלל28 ולבעל החוטם אני מתחנן29 שהארה זו נקרא בחינת חוטם
Anpin, comme il est écrit : « Je prolongerai Ma colère (a’arikh api), et [pour] Ma louange, Je retiendrai [cela] (e’htom) pour toi » ; comme il est dit dans l’Idra de Nasso [folio 130, côté b] : « C’est au Maître du nez (’hotem) que je prie, et c’est au Maître du nez que j’adresse ma supplication » ; car cette illumination est appelée le niveau du nez,
Le nom Arikh (long) est lié au verset « Je prolongerai Ma colère », qui se poursuit par « e’htom lakh », un mot que le Zohar relie à ’hotem, le nez. Dans l’Idra de Nasso, Rav Hamnouna Sava priait « le Maître du nez », et l’Admour Hazaken explique que ce rayonnement est appelé le nez parce qu’il correspond au niveau de l’odorat.
והוא בחי׳ ריח והקב״ה [והקדוש ברוך הוא] נקרא בעל החוטם שהוא עצמיות ומקור ההארה המתפשטת ממנו והארה זו ארוכה מארץ מדה30 ומתפשטת ממקום גבוה מאד
et c’est le niveau de l’odorat. Le Saint béni soit-Il est appelé le Maître du nez, car Il est l’essence et la source de l’illumination qui émane de Lui. Et cette illumination est « plus longue que la terre en mesure » ; elle se répand depuis un lieu très élevé,
D.ieu Lui-même est le « Maître du nez », la source d’où provient ce rayonnement. L’expression « plus longue que la terre en mesure », tirée d’Iyov, décrit jusqu’où s’étend ce rayonnement.
דהיינו א״ס [אין סוף] ב״ה שהוא בלי גבול בבחי׳ מטה מטה מאד מקום הגבול, [ואפ״ל [ואפשר לומר] שלכן פירשו ברבות במדבר ס״פ31 ה׳ אחטם לך לשון חותם32
à savoir l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, qui est sans limite, jusqu’au niveau le plus bas, le plus bas, le lieu de la limitation. [On peut dire que c’est pourquoi ils expliquent dans Rabbah, Bamidbar, fin de la section 5, « e’htom lakh » comme un terme désignant un sceau (’hotam),
Il s’étend depuis le lieu le plus élevé — l’Infini, qui n’a pas de limite — jusqu’au niveau le plus bas, le lieu de la limitation. Dans une remarque entre crochets, l’Admour Hazaken suggère que c’est pourquoi le Midrach interprète e’htom lakh comme ’hotam, un sceau.
כמו שימני כחותם33 שזהו ענין המשכת האור למטה ועמ״ש מענין חותמו של הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] אמת בביאור ע״פ אלה מסעי].3437383940
comme dans « Place-moi comme un sceau » ; car c’est là le sens de l’émanation de la lumière vers le bas. Et voyez ce qui est écrit au sujet de « Le sceau du Saint béni soit-Il est la vérité » dans l’explication sur le verset « Voici les étapes ».]
Un sceau imprime sa forme sur ce qui se trouve en dessous de lui ; l’Admour Hazaken y voit donc l’émanation de la lumière vers le bas, comme dans « Place-moi comme un sceau sur ton cœur ». La note renvoie à l’enseignement des Sages selon lequel le sceau de D.ieu est la vérité, qu’il explique dans le discours sur « Voici les étapes ».
Ce paragraphe répond aux questions posées au début : Israël attire la sainteté de D.ieu dans la pensée, la parole et l’action par la Torah et les mitsvot. Celles-ci deviennent des vêtements qui permettent à l’âme d’être incluse dans l’unité de D.ieu, « liée dans le faisceau de la vie ». Ce rayonnement est le niveau de l’odeur, appelé Arikh Anpin et « le nez », qui s’étend de l’Infini jusqu’au lieu le plus bas.
Igueret HaKodech 9 interprète de la même façon les mots « Et qui est comme Ton peuple Israël, une nation sur la terre » : même dans les affaires terrestres, Israël ne doit pas être séparé de l’Un véritable. Dans l’Idra, la longueur du nez remplit 375 mondes, qui tous s’attachent à Zeir Anpin ; cela illustre un rayonnement qui atteint les profondeurs. Dans Likkutei Torah, Ki Tavo, l’Admour Hazaken relie la prière — qui remplace les sacrifices, lesquels étaient une « odeur agréable » — au fait de prier « le Maître du nez ».
Maré mekomot
- 1ומי כעמך ישראל גוי אחד בארץ · דברי הימים-א ז, כא (אבל בשמואל-ב ז, כג ”כישראל”).
- 2ומי כעמך ישראל גוי אחד בארץ · I Chronicles 17:21
- 3משא״כ כשהיא ערומה · קטע מכאן, נדפס ג״כ בשינויים קלים באוה״ת שלח ע׳ תרנו.
- 4וכל נברא הווה ונפסד · ראה רמב״ם הל׳ יסוה״ת ד, ג.
- 5וכל נברא הווה ונפסד · Mishneh Torah, Foundations of the Torah 4:3
- 6שעי״ז יוכלו נשמות להכלל באחד · באוה״ת פ׳ שלח ע׳ תרנו יש הגהה לכאן.
- 7
- 8צרורה בצרור החיים · Shabbat 152b:6–7
- 9והיתה נפש אדוני צרורה בצרור החיים · Zohar, Vayera 16:230–18:251
- 10נפש אדוני צרורה בצרור החיים · Zohar, Vayikra 64:424–65:435
- 11נפש אדוני צרורה בצרור החיים · Zohar, Metzora 11:41–13:50
- 12נפש אדוני צרורה בצרור החיים · Zohar, Achrei Mot 45:271–46:280
- 13והיתה נפש אדוני צרורה בצרור החיים את ה׳ · I Samuel 25:29
- 14צרורה בצרור החיים את ה׳ · Zohar, Terumah 29:296–306
- 15ועיין מענין צרורה בצרור · ראה גם ד״ה זה במאמרי אדה״ז-נביאים ע׳ טו. כעין זה ראה אוה״ת ויקרא-ב ע׳ תרצג. וראה לעיל לט, א במ״מ.
- 16בגמרא פ״ב דחגיגה [די״ב סע״ב] · ”דהיינו ברקיע השביעי הנקרא ערבות” — אוה״ת נ״ך-א ע׳ שנ. וראה שם ע׳ כט.
- 17פ׳ בת׳ דשבת קנ״ב ב׳ · ”ועל נשמתן הוא אומר והיתה נפש אדוני צרורה כו׳ ופי׳ מהרש״א אביגיל אמרה כן לדוד” — אוה״ת נ״ך-א ע׳ כט.
- 18רבות ס״פ האזינו · ”והיכן היא מונחת תחת כסא הכבוד בשמים שכן אביגיל אומרת והיתה נפש אדוני צרורה בצרור החיים כו׳” — אוה״ת נ״ך-א ע׳ ל.
- 19נשא ס״פ י״א גבי וישמרך · ”ד״א וישמרך ישמור את נפשיך וכן הוא אומר והיתה נפש אדוני צרורה בצרור כו׳” — אוה״ת נ״ך-א ע׳ כט.
- 20
- 21תרומה קמ״ב סע״ב · ”וההיא נשמתה אתקשרת בא״ס ב״ה כו׳ וע״ד כתיב והיתה...” — אוה״ת נ״ך-א ע׳ ל.
- 22ויקרא כ״ה א׳ · ראה יהל אור ע׳ תקסד.
- 23מצורע נ״ה א׳ · ”ע״פ והיתה נפש אדוני צרורה בצרור החיים את ה׳ אלקיך נפש אדוני סתם, כד״א אשר לא נשא לשוא נפשי, ופי׳ במק״מ נפש כו׳ היא בחי׳ מל׳ שהיא צרורה בצרור החיים שהוא היסוד שיש בו מוחין דאו״א הנק׳ חיים עכ״ל” — אוה״ת יהל אור ע׳ תקסב. וראה שם ע׳ תקסד. תרצד.
- 24בפרדס ערך צרור · ראה באוה״ת במדבר-ז ע׳ א׳תשצ. וראה גם באוה״ת נ״ך ע׳ לא.
- 25במאו״א אות צדיק ס״כ · באוה״ת נ״ך-א ע׳ לא ”צרור החיים נק׳ יסוד דבינה שנצרר בה יסוד החכמה כו׳”. וראה גם ע׳ תרצד. וראה יהל אור (הוצאת תשד״מ) ע׳ תשיח. מובא גם באוה״ת שלח ע׳ תעו.
- 26והריחו ביראת ה׳ · Isaiah 11:3
- 27אאריך אפי ותהלתי אחטם לך · Isaiah 48:9
- 28כמ״ש באדרא דנשא . . לבעל החוטם אני מתפלל · ”תאנא כדהוה רב המנונא סבא בעי לצלאה צלותיה אמר לבעל החוטם אני מתפלל לבעל החוטם אני מתחנן, והיינו דכתיב ותהלתי אחטם לך, תנא אורכא דחוטמא תלת מאה וע״ה עלמין אתמליין מההוא חוטמא וכולהו מתדבקין בז״א” — יהל אור ע׳ תרסח.
- 29לבעל החוטם אני מתפלל ולבעל החוטם אני מתחנן · Zohar, Idra Rabba 9:63–10:73
- 30ארוכה מארץ מדה · Job 11:9
- 31ברבות במדבר ספ״ה · ”ע״פ למען שמי אאריך אפי . . דורש אחטם לשון חותם קץ הגאולה החתום (כמו חתום הוא באוצרותי בפ׳ האזינו) גם חותמה לטובה כמ״ש שימני כחותם כו׳ והיא גרמה להם שלא נכרתו בגלות” — אוה״ת נ״ך-א ע׳ קעט.
- 32אחטם לך לשון חותם · Bamidbar Rabbah 5:6
- 33שימני כחותם · Song of Songs 8:6
- 34בביאור ע״פ אלה מסעי · לקמן צא, ד.
- 35פי׳ שאפי׳ בארץ מתחת ממשיכים בחי׳ אחד · ראה גם אגה״ק סי׳ ט׳ ”דהיינו שגם בעניני ארץ לא יפרידו [נ״א יפרדו] מאחד האמת ח״ו”. דרך מצותיך דף צה, א ”פי׳ שישראל עושים שגם בארץ יהי׳ גילוי בחי׳ אחד”.
- 36זח״א ויקרא ק״ו ב׳ · ”צרור החיים ג״ע העליון” — אוה״ת נ״ך-א ע׳ ל.
- 37אחרי ע״ח ב׳ · אולי צ״ל ע״א ב׳. וכ״ה באוה״ת נ״ך-א ע׳ ל ”משמע הצרור ג׳ הנפש מתקשרא ברוח ורוח בנשמה ונשמה בקב״ה נמצא הנפש צרורה בצרור החיים ע״י רוח ונשמה” ע״ש.
- 38ב — בחי׳ ריח · ראה אוה״ת בראשית רפו, ב. רצה, ב.
- 39בזהר בלק דקפ״ו א׳ · ראה לקמן פ׳ מסעי פט, ב. ובזהר שם מדובר בלבושים כפשוטם וריח כפשוטו, שהשייכות דלבושים לריח היא בכל הלבושים, ומחשבה דיבור ומעשה נק׳ בשם יריחו יריחו מלשון ריח גם לפני הכיבוש ואפילו לפני שילוח המרגלים לשם — בד״ה וישלח יהושע תשל״ו הערה 10.
- 40
8ולכן נקרא א״א [אריך אנפין] אריכא דאנפין שמתארך בבחי׳ ריח הנ״ל להלביש הנשמה בבחינות מחשבה דבור ומעשה המצות והתורה [ועמ״ש מזה ע״פ אלה מסעי כו׳
C’est pourquoi Arich Anpin est appelé arikha de’anpin, « l’allongement du visage », car il s’étend au niveau de l’odeur mentionnée ci-dessus, afin de revêtir l’âme des niveaux de pensée, de parole et d’action des mitsvot et de la Torah [et voyez ce qui est écrit à ce sujet sur le verset « Voici les étapes », etc.,
C’est pourquoi Arich Anpin est appelé « l’allongement du visage » : par le niveau de l’odeur, il s’étend suffisamment vers le bas pour revêtir l’âme des niveaux de pensée, de parole et d’action des mitsvot et de la Torah. Une note entre crochets renvoie au maamar sur « Voici les étapes », où « le Jourdain à Yeriho » est expliqué.
au sujet du « Jourdain [à] Yeriho ». Voyez aussi le Zohar, Balak, folio 186, côté a : « Par l’odeur de vos vêtements », etc. ; et ce qui est écrit à la fin du maamar qui commence par « Et maintenant, je vous prie, que [la puissance] soit grande », etc.].
Dans le Zohar, un enfant perçut, « par l’odeur de vos vêtements », ce que deux sages avaient accompli ce jour-là, ce qui montre que les vêtements portent une odeur. La note renvoie également à la fin du maamar « Et maintenant, je vous prie, que la puissance d’Ado-nai soit grande », plus haut dans cette paracha.
Arich Anpin « étend » son rayonnement semblable à une odeur jusqu’aux vêtements que sont la pensée, la parole et l’action ; le récit du Zohar sur l’odeur des vêtements montre que vêtements et odeur sont liés.
Kehot cite le maamar du Rabbi de 5736, note 10 : dans le Zohar, les vêtements sont des vêtements au sens littéral et l’odeur est une odeur au sens littéral, car le lien entre vêtements et odeur vaut pour tous les vêtements ; et la pensée, la parole et l’action sont appelées Yeriho, de réa’h (odeur), même avant la conquête et avant l’envoi des explorateurs là-bas.
Maré mekomot
- 1בריחא דלבושייכו · Zohar, Balak 4:24–6:33
- 2סד״ה ועתה יגדל נא · לעיל לט, ב ואילך.
- 3
Les jours et la vigilance dans la pensée ¶9–10
9והנה בחינת הלבושין הם נמשכים ע״י בחי׳ ימים שיש שס״ה ימים שהם שס״ה המשכות, כמו למשל שס״ה גידין שהדם והחיות היוצא מן הלב לכל האברים נמשך דרך הגידים [עמ״ש בד״ה לסוסתי בשיר השירים]
Or, le niveau des vêtements est attiré par le niveau des jours : il y a en effet 365 jours, qui correspondent à 365 attirances, comme, par exemple, les 365 tendons, par lesquels le sang et la force vitale qui sortent du cœur vers tous les membres sont acheminés [voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « À ma jument », dans le Cantique des Cantiques],
Les vêtements parviennent à l’âme à travers les jours, et l’année compte 365 jours, qui sont 365 canaux par lesquels la lumière est attirée vers le bas. Ils sont comparés aux 365 tendons par lesquels le sang et la vie du cœur atteignent chaque membre.
שהם בחי׳ גבורות שצריך האדם התגברות להתגבר לאכפייא לסט״א [לסטרא אחרא] בג׳ בחי׳ אלו שיהיו כל בחי׳ אלו דהיינו מחשבתו ודבורו ומעשיו לעבודת ה׳ לבד.
et ils sont le niveau des forces de rigueur (Guevourots) ; car l’homme doit déployer un grand effort pour l’emporter et soumettre la sitra a’hra (l’autre côté) dans ces trois niveaux, afin que tous ces niveaux — à savoir sa pensée, sa parole et ses actes — soient consacrés au seul service de D.ieu.
Ces canaux sont des forces de rigueur, car les vêtements se forment lorsqu’un homme s’efforce de vaincre la sitra a’hra. Il doit faire en sorte que toutes ses pensées, ses paroles et ses actions soient uniquement au service de D.ieu.
[ועיין בזח״ג [בזהר חלק ג] פנחס (דף רמ״ט ע״ב) ע״פ משכו וקחו1 מאי משכו כמאן דמשיך מאתר אחרא לאתר דא משכו יומין עילאין לגבי יומין תתאין2 יומין עילאין אינון שס״ו כחשבון משכו כו׳ ע״ש [עיין שם].
[Voir aussi le Zohar, partie III, Pin’has (folio 249, côté b), sur le verset « Tirez et prenez » : « Que signifie “tirez” ? Comme quelqu’un qui tire d’un autre endroit vers cet endroit : tirez les jours supérieurs vers les jours inférieurs. Les jours supérieurs sont au nombre de 366, valeur numérique de mich’khou (“tirez”), etc. » ; voir là-bas.
Cette note entre crochets cite le Zohar à propos de « Tirez (mich’khou) et prenez » : le mot mich’khou a pour valeur numérique 366, nombre des jours supérieurs, qui sont attirés vers le bas jusqu’aux jours inférieurs.
וע׳ [ועיין] בפרדס ערך ימי עולם ובזח״א [ובזהר חלק א] ויחי (דף רמ״ז ע״א) גבי שבעת ימים ושבעת ימים3 ובפ׳ מקץ (דר״ד סע״ב [סוף עמוד ב]) ובפ׳ בראשית (דנ״א סע״ב [סוף עמוד ב]) ובסה״מ [ובספר הדרת מלך] סי׳ קמ״א].
Voir aussi le Pardes, à l’entrée « Yemei Olam » (les jours du monde) ; le Zohar, partie I, Vaye’hi (folio 247, côté a), à propos de « sept jours et sept jours » ; ainsi que dans la paracha Mikets (folio 204, fin du côté b), dans la paracha Berechit (folio 51, fin du côté b), et dans Sefer Hadras Melech, section 141.]
La note indique d’autres références sur le thème des jours : le Pardes, à l’entrée « Yemei Olam », le Zohar à propos de « sept jours et sept jours », deux autres passages du Zohar et Sefer Hadras Melech.
כללא דמילתא שישים האדם מחשבתו להתבונן אשר במחשבתו הקדושה ממשיך עליו מלמעלה בחינת לבוש להנשמה ולא שתהא כוונתו ע״מ [על מנת] לקבל פרס45 רק שעי״ז יוכלל באחד כנ״ל.6
En résumé, l’homme doit appliquer sa pensée à méditer sur le fait que, par sa pensée sainte, il attire sur lui d’en haut le niveau d’un vêtement pour l’âme. Son intention ne doit pas être de recevoir une récompense, mais uniquement que, par ce moyen, il soit inclus dans l’Un, comme mentionné plus haut.
Le point pratique est le suivant : lorsqu’un homme nourrit des pensées saintes, il doit savoir qu’il attire d’en haut un vêtement pour son âme. Il ne doit pas viser une récompense, comme l’enseigne la Michna en mettant en garde contre le fait de servir « afin de recevoir une récompense », mais seulement à être inclus dans l’Unité de D.ieu.
Les vêtements sont attirés à travers les jours, comme le sang circule par les tendons, grâce à l’effort nécessaire pour vaincre la sitra a’hra. L’homme doit nourrir des pensées saintes en sachant qu’elles habillent son âme, et viser non pas une récompense, mais à être inclus dans l’Un.
Dans le Zohar, à propos de « Tirez et prenez », les jours inférieurs sont parfois au nombre de 355 et s’élèvent à 365, « mich’khou moins un », lorsque la lune brille dans sa plénitude ; les jours supérieurs, au nombre de 366, sont attirés vers eux. Dans le Zohar sur Vaye’hi, les « sept jours et sept jours » du festin de Chlomo sont interprétés comme désignant le monde supérieur et le monde inférieur.
Maré mekomot
- 1משכו וקחו · Exodus 12:21
- 2משכו יומין עילאין לגבי יומין תתאין · Zohar, Pinchas 104:696–105:706
- 3שבעת ימים ושבעת ימים · Zohar, Vayechi 75:771–781
- 4ע״מ לקבל פרס · וראה אבות א, ג.
- 5ע״מ לקבל פרס · Pirkei Avot 1:3
- 6בד״ה לסוסתי בשה״ש · לקו״ת שם יא, ג.
10ובזה יהיה תמיד רצונו שלא ליפרד מאחדותו ית׳ ויתבונן ג״כ בזה לעו״ז [לעומת זה] דהיינו מחשבות רעות שהם לבושים טמאים להנשמה ולא כטעות הפתיים שקל בעיניהם לחשוב מחשבות חוץ מאחר שאינו למעשה כלל.
Et, par cela, sa volonté sera toujours de ne pas se séparer de l’unité de D.ieu, béni soit-Il. Il devra également méditer à ce sujet sous son aspect opposé, à savoir les pensées mauvaises, qui sont des vêtements impurs pour l’âme, et ne pas tomber dans l’erreur des esprits simples, à qui il semble peu important de penser à des pensées étrangères, sous prétexte qu’elles ne se traduisent jamais en actes.
Puisque la pensée sainte revêt l’âme de sainteté, le désir constant d’une personne doit être de ne jamais se séparer de l’unité de D.ieu. Elle doit également considérer l’aspect opposé : les pensées mauvaises sont des vêtements impurs pour l’âme, et les esprits simples ont tort de traiter à la légère les pensées étrangères sous prétexte qu’elles ne conduisent jamais à des actes.
De même que les pensées saintes revêtent l’âme de sainteté, les pensées mauvaises la revêtent d’impureté. Une pensée n’est donc jamais négligeable, même si elle ne se traduit jamais en acte.
La nudité d’Adam et les deux sortes d’espions ¶11
11וגם אמרו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] מחשבה רעה אין הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] מצרפה1 למעשה ומכש״כ [ומכל שכן] הרהורים רעים [נ״א בטלים] שאינם אפילו בכלל מחשבה רעה.
De plus, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Le Saint béni soit-Il ne joint pas une mauvaise pensée à l’acte » ; à plus forte raison, les pensées mauvaises [autre version : vaines], qui ne relèvent même pas de la catégorie des mauvaises pensées.
Les Sages enseignent que D.ieu ne considère pas une mauvaise pensée comme un acte ; les pensées vaines ou mauvaises sont plus légères encore. On pourrait en conclure que les pensées ont peu d’importance.
אבל באמת לאמיתו המחשבה בעצמה הנה היא לבוש הטומאה שמלבישה ומקיפה להנשמה מראשה ועד רגלה ואינה יכולה להכלל באחדותו
Mais, en vérité, la pensée elle-même est un vêtement d’impureté qui habille et enveloppe l’âme de la tête aux pieds, et celle-ci ne peut être incluse dans Son unité.
L’Alter Rebbe répond que, malgré tout, la pensée elle-même est un vêtement impur qui enveloppe l’âme de la tête aux pieds. Tant qu’elle en est revêtue, l’âme ne peut être incluse dans l’unité de D.ieu.
ולכן יהיה בעיניו מחשבת חוץ כעבודת כוכבים היותר חמורה ממש מאחר שבזה נפרד מאחדותו ית׳ ויהיה ממארי דחושבנא לחשוב בכל יום ויום ממש כמה וכמה מחשבות שעברו בו ביום שהמחשבות הם לבושין כנ״ל.
C’est pourquoi une pensée étrangère doit lui paraître aussi grave que l’idolâtrie la plus sévère, au sens propre, puisqu’elle le sépare de Son unité, béni soit-Il. Il doit être parmi les « maîtres du bilan » (maré dé’houchbéna), faisant chaque jour le compte exact du nombre de pensées qui l’ont traversé ce jour-là, car les pensées sont des vêtements, comme il a été dit plus haut.
Voilà pourquoi une pensée étrangère doit paraître à une personne aussi grave que l’idolâtrie : toutes deux la séparent de l’unité de D.ieu. À l’exemple des « maîtres du bilan » du Zohar, elle doit passer en revue chaque jour le nombre de pensées qui lui ont traversé l’esprit, puisque chacune est un vêtement.
וזהו ימים יצרו ולא אחד בהם23 (בתלים סי׳ קל״ט ט״ז) שאמר אדם הראשון אחר שאכל מעץ הדעת גלמי ראו עיניך4.56
C’est là [le sens de] : « Des jours furent formés, et aucun d’eux n’était un » (Psaumes, chapitre 139, [verset] 16), paroles qu’Adam, le premier homme, prononça après avoir mangé de l’Arbre de la connaissance : « Tes yeux ont vu ma masse informe (golmi). »
Le verset des Tehillim, « Tes yeux ont vu ma masse informe… des jours furent formés, et aucun d’eux n’était un », est ici compris comme une parole d’Adam après qu’il eut mangé de l’Arbre de la connaissance, conformément au Midrash et au Zohar.
פי׳ שראיתי א״ע [את עצמו] ערום בלי לבוש כמו גולם כמ״ש כי עירום אנכי.7 ואמר ימים יצרו.
Le sens est : je me suis vu nu, sans vêtement, comme un golem, ainsi qu’il est écrit : « Car je suis nu. » Et il dit : « Des jours furent formés » :
Après la faute, Adam se vit nu, sans vêtements, comme un golem informe, ainsi qu’il le dit à D.ieu : « Car je suis nu. » « Des jours furent formés » signifie alors que ses jours lui avaient été donnés afin d’être formés en vêtements.
פי׳ שנתת לי ימים בחי׳ לבושין להלביש בהם הנשמה להמשיך על ידם בחי׳ אחד,8 אבל ולא אחד בהם פי׳ שאני הוא שלא המשכתי בהם בחי׳ אחד
c’est-à-dire : Tu m’as donné des jours, qui sont l’aspect de vêtements destinés à habiller l’âme, afin d’attirer par eux le niveau de l’Un ; mais « et aucun d’eux n’était un » signifie que c’est moi qui n’ai pas attiré en eux le niveau de l’Un.
L’aveu d’Adam est le suivant : Tu m’as donné des jours comme vêtements, afin d’y attirer l’Un, mais « aucun d’eux n’était un » : je n’ai attiré l’Un dans aucun d’eux. L’Alter Rebbe comprend ici « un » (e’had) comme désignant l’unité de D.ieu.
(ועיין מענין הפסוק גלמי פ״ד דסנהדרין) (דל״ח א׳) רבות בראשית (רפ״ח פכ״ד) תזריע פי״ד [פרק י״ד / פרשה י״ד] זח״א [זהר חלק א] בראשית (נ״ה ב׳) לך (ד״צ ע״ב).
(Voir au sujet du verset « ma masse informe », chapitre 4 de Sanhedrin) (38a) ; Rabbah, Bereishis (début de la section 8 ; section 24) ; Tazria, section 14 ; Zohar, partie I, Bereishis (55b) ; Lech (90b).
La note indique les endroits où le verset « ma masse informe » est commenté : le Talmud dans Sanhedrin, qui rapporte que la poussière d’Adam fut rassemblée de toute la terre, le Midrash Rabbah et le Zohar.
ימים יצרו וירא (צ״ט א׳) חיי (קכ״א ע״ב). ובהרמ״ז [ובהרב משה זכות] שם ויחי (דרכ״ד סע״א [סוף עמוד א] דרל״ג ב׳).9
[Au sujet de] « Des jours furent formés » : Vayera (99a) ; Chayei (121b). Et dans le Ramaz, à cet endroit. Vayechi (224, fin de a ; 233b).
Le texte poursuit en indiquant les passages du Zohar qui expliquent « Des jours furent formés » et le commentaire du Ramaz à leur sujet. Dans Vayechi, le Zohar dit que lorsqu’une personne mérite, par ses bonnes actions en ce monde, ses jours sont bénis en haut.
וזהו בחי׳ מרגלים10 ששלח יהושע111213 לרגל את יריחו דהיינו בחינת ריח הנ״ל לרגל ולהבחין בחי׳ הלבושין שמבחינת ריח הנ״ל (ועמ״ש בפ׳ חיי שרה בד״ה עיין בע״ח [בעץ חיים] שמ״ט פ״ה).
Et tel est le niveau des espions que Yehoshoua envoya reconnaître Yeri'ho, c’est-à-dire le niveau de l’odeur mentionné plus haut : reconnaître et discerner les vêtements issus du niveau de l’odeur mentionné plus haut. (Voir aussi ce qui est écrit dans la paracha 'Hayé Sarah, dans le discours qui commence par […]; voir Ets 'Haïm, cha’ar 49, chapitre 5.)
Les espions de Yehoshoua correspondent au niveau de l’odeur : Yeri'ho, dont le nom évoque le réa'h, représente ce rayonnement semblable à une odeur. Chacun doit « reconnaître » et examiner les vêtements de son âme, issus de ce niveau.
ובחי׳ מרגלים ששלח משה לתור את ארץ כנען דהיינו לבחון את מהות אהוי״ר [אהבה ויראה] וזהו א״א [אי אפשר]
Quant au niveau des espions que Moché envoya explorer le pays de Canaan, il s’agit d’examiner la nature essentielle de l’amour et de la crainte ; or cela est impossible
Les espions de Moché furent envoyés explorer le pays de Canaan, qui représente l’examen de la nature véritable de l’amour et de la crainte de D.ieu. Pour la plupart des gens, un tel examen est impossible.
אלא בבחי׳ משה בחי׳ חמה שהוא מחכמה כמאמרם ז״ל [זכרונו לברכה / זכרונם לברכה] פני משה כפני חמה14 ואינו שוה לכל נפש
sauf au niveau de Moché, le niveau du soleil (hamma), qui procède de 'Hokhma (sagesse), comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Le visage de Moché était comme le visage du soleil » ; et ce niveau n’est pas à la portée de chaque âme.
Cela relève du niveau de Moché, dont le visage était « comme le visage du soleil ». L’Admour Hazaken explique que ce soleil, hamma, procède de 'Hokhma, la sagesse. Toute âme ne peut atteindre ce niveau.
ולכן לא היה צווי ע״ז [על זה] לכל אדם כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] אני איני מצוה לך15 (ועיין בסש״ב [בספר של בינונים] פרק י״ד)16
C’est pourquoi il n’y eut pas d’ordre à ce sujet pour chacun, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Je ne te l’ordonne pas » (voir aussi Sefer Shel Beinonim [Tanya], chapitre 14) ;
C’est pourquoi D.ieu ne l’ordonna pas : « Je ne te l’ordonne pas » signifie que ce n’est pas une obligation pour tous. Le chapitre 14 du Tanya explique que le niveau du beinoni est accessible à chacun, tandis que la perfection du tsadik ne l’est pas.
משא״כ בחי׳ המרגלים ששלח יהושע יש לכל אדם לרגל ולחשוב שלא תהיה נשמתו ערומה בלי לבושין שהן מחשבות התורה והמצות כנ״ל
en revanche, pour le niveau des espions que Yehoshoua envoya, chacun doit reconnaître et considérer que son âme ne soit pas nue, privée de vêtements, lesquels sont les pensées de Torah et les mitsvot, comme mentionné plus haut.
Les espions de Yehoshoua sont différents : chacun doit vérifier que son âme ne reste pas nue, privée des vêtements que sont les pensées de Torah et les mitsvot.
(וברבות נזכר ענין וישלח יהושע ר״פ שלח. ברות ריש פרשה ב׳ המה היוצרים17 אלו המרגלים הה״ד [הדא הוא דכתיב] וישלח יהושע18 כו׳ זח״ב [זהר חלק ב׳] ס״פ תרומה בספד״צ [בספרא דצניעותא] ספ״ד [ספרא דצניעותא] ח״ג [חלק ג׳] אחרי)
(Dans Rabbah, la question de « Yehoshoua envoya » est mentionnée au début de la paracha Chela'h. Dans Ruth [Rabbah], au début de la section 2 : « Ce sont les potiers (hayotzrim) : ce sont les espions, ainsi qu’il est écrit : “Yehoshoua envoya”, etc. » Zohar, partie II, fin de la paracha Terouma, dans le Sifra deTzniusa, fin du chapitre 4. Partie III, A'harei.)
Cette note rassemble des sources au sujet des espions de Yehoshoua. Le Midrach Rabbah sur Chela'h s’ouvre sur eux, et Ruth Rabbah interprète « Ce sont les potiers » dans Divrei HaYamim comme se rapportant à ces espions.
(ד״ס ע״ב ודס״ב ב׳) פ׳ שלח (ק״ס ע״ב) וע׳ [ועיין] בשל״ה [בשני לוחות הברית] פ׳ בשלח19 (דף שי״ד ב׳) סד״ה אמנם יש מה שפי׳ מאמר הזהר הנ״ל.
(folio 60, côté b, et folio 62, côté b) ; paracha Chela'h (folio 160, côté b). Voir aussi le Shelah, paracha Bechala'h (folio 314, côté b), à la fin du passage commençant par « Cependant, il y a », où il explique la déclaration du Zohar mentionnée plus haut.
La note poursuit avec le Zohar dans A'harei et Chela'h, ainsi qu’avec le Shelah, où il explique la déclaration du Zohar à leur sujet.
ואפשר לומר פי׳ הרבות המה היוצרים ע״פ מ״ש למעלה שהם מרגלים לבחי׳ ימים יצרו גם לבחינת וייצר
On peut dire que le sens de la formule du Rabbah, « Ce sont les potiers (hayotzrim) », correspond à ce qui a été écrit plus haut : ils sont des espions du niveau des « jours qui furent formés (youtsarou) », ainsi que du niveau de « Il forma (vayyitser) ».
L’Admour Hazaken propose sa propre lecture de « Ce sont les potiers (yotzrim) » : les espions examinent ce qui est « formé », à la fois les jours formés en vêtements et la formation de l’homme lui-même.
ה׳ אלקים את האדם וייצר בשני יודין שפירשו ברבות בראשית ר״פ י״ד ב׳ יצירים יצר טוב ויצר הרע20 וצ״ל [וצריך להיות / וצריך לומר / וצריך להבין] היצה״ר [היצר הרע] כפוף ובטל ליצ״ט [ליצר טוב]
« Havaya Elokim forma l’homme » : vayyitser, écrit avec deux yod, ce que [les Sages] expliquent dans Rabbah, Bereishis, début de la section 14 : deux penchants, le bon penchant et le mauvais penchant. Et le mauvais penchant doit s’incliner et s’annuler devant le bon penchant ;
Dans le verset « Havaya Elokim forma l’homme », vayyitser s’écrit avec deux yod, que le Midrach interprète comme désignant deux penchants, le bon et le mauvais. Le mauvais penchant doit s’incliner et céder la place au bon.
ולכן אחד מן היודין נקוד ונרגש והשני נסתר רמז שחפץ ה׳ שיצה״ר [שיצר הרע] יהיה נכלל ביצ״ט [ביצר טוב] ונכפף לו.
c’est pourquoi l’un des yod est vocalisé et se fait entendre, tandis que l’autre est caché : cela fait allusion au fait que D.ieu désire que le mauvais penchant soit inclus dans le bon penchant et s’incline devant lui.
L’un des deux yod est vocalisé et se fait entendre, tandis que l’autre est muet. Cela indique que D.ieu veut que le mauvais penchant soit absorbé dans le bon penchant et se soumette à lui.
כ״כ [כל כך] הרמ״ז [הרב משה זכות] בפ׳ תזריע21 (דמ״ו ע״ב) והכנעה זו זהו ע״י שמירת המחשבה דבור ומעשה כמ״ש בבינונים וע״ז [ועל זה] אמר המה היוצרים שהם המרגלים ושלוחים להבחין בחי׳ הלבושים דמחודומ״ע [דמחשבה דבור ומעשה].
C’est ce qu’écrit le Ramaz dans Parshas Tazria (folio 46, side b). Et cette soumission s’obtient en veillant sur la pensée, la parole et l’action, comme il est écrit dans [Sefer Shel] Beinonim. C’est à ce propos qu’il est dit : « Ce sont les potiers » : ce sont les espions et les émissaires chargés de discerner les vêtements de la pensée, de la parole et de l’action.
C’est le commentaire du Ramaz sur Parshas Tazria. Le mauvais penchant est soumis en veillant sur la pensée, la parole et l’action, comme l’explique Sefer Shel Beinonim (Tanya), et les espions, les « formateurs », sont envoyés pour examiner ces vêtements.
ולפי פשוטו של הרבות דפי׳ המה היוצרים מלשון יוצר כלי חרש כמ״ש מרגלים חרש.22 י״ל [יש לומר] ע״פ מ״ש במא״א [במאורי אור] אות פ׳ סעי׳ [סעיף] נ׳.
Et selon le sens simple de Rabbah, qui explique « Ce sont les potiers » au sens d’un potier (yotser) fabriquant des récipients en terre cuite (cheres), comme il est écrit : « des espions, cheresh », on peut l’expliquer d’après ce qui est écrit dans Me'orei Or, lettre Pei, section 50 :
Selon le sens simple du Midrach, les espions se sont fait passer pour des potiers, fabricants d’objets en terre cuite (cheres), ce qui correspond à « des espions, cheresh ». L’Alter Rebbe explique cela à partir d’un passage de Me'orei Or.
פכים קטנים23 שחזר עליהם יעקב24 הם ניצוצים שנפלו בשבירת הכלים מעולם התהו וידוע שע״י המצות מעלים הניצוצים הנ״ל שנפלו לשרשן וע״כ [ועל כן] המה היוצרים כלים הנ״ל.25
les petites cruches pour lesquelles Yaakov revint sont les étincelles tombées lors du bris des réceptacles du Monde de Tohu ; et l’on sait que, par les mitsvot, on élève à leur racine les étincelles susmentionnées qui sont tombées. C’est pourquoi « ils sont les potiers » de ces réceptacles.
Yaakov revint chercher de petites cruches, qui, selon Me'orei Or, représentent les étincelles tombées lorsque les réceptacles du Monde de Tohu se brisèrent. Puisque les mitsvot élèvent ces étincelles jusqu’à leur racine, ceux qui les accomplissent sont les « potiers » de ces réceptacles.
Une pensée importe même lorsqu’elle ne devient jamais un acte, car elle habille l’âme ; l’aveu d’Adam, « aucun d’eux n’était un », décrit une âme laissée nue. Les espions de Moché, qui examinent l’amour et la crainte, relèvent du seul niveau de Moché ; mais les espions de Yehoshoua, qui examinent les vêtements de la pensée, de la parole et de l’action, sont la tâche de chacun. Dans cette perspective, les « potiers » du Midrash sont compris comme une allusion à ces vêtements.
Le Zohar, dans A’harei, parle de deux gardiens qui espionnent chaque jour le pays, secret des « deux hommes envoyés comme espions ». Dans son discours de 5742, cité par Kehot, le Rabbi explique que la référence au Tanya, chapitre 14, permet au Tséma’h Tsédek de résoudre la difficulté : comment l’amour et la crainte peuvent-ils être laissés au seul niveau de Moché ? La mesure du beinoni — le service par la pensée, la parole et l’action — appartient à chacun, tandis que la perfection du tsadik n’est pas à la portée du libre choix de tous.
Maré mekomot
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- 4
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- 8להמשיך על ידם בחי׳ אחד · ראה סה״מ תש״ט ע׳ 77. בלקו״ת שה״ש כב, ב (מובא ביהל אור ע״פ) ”כי מים הם לבושים והם יוצרו בכדי שיהי׳ אחד מאיר בהם
- 9פ״ד דסנהדרין (דל״ח א׳) . . ויחי . . דרל״ג ב׳ · כל המראה מקומות נזכרים גם ביהל אור ע׳ תקכד.
- 10וזהו בחי׳ מרגלים · מובא באוה״ת נ״ך-א ע׳ א.
- 11וישלח יהושע · Bamidbar Rabbah 16:1
- 12וישלח יהושע · Zohar, Achrei Mot 11:76–12:86
- 13וישלח יהושע · Zohar, Sh'lach 10:67–75
- 14פני משה כפני חמה · Bava Batra 75a:16
- 15אני איני מצוה לך · Rashi on Numbers 13:2
- 16ועיין בסש״ב פרק י״ד · ראה אוה״ת שלח ע׳ תלט. תמג. ציון זה נתבאר בארוכה בד״ה וישלח יהושע תשמ״ב. שבציון זה מיישב כ״ק הצ״צ הקושיא איך אפ״ל שהעבודה דאהוי״ר אינה אלא בבחי׳ משה ולא הי׳ ציווי ע״ז לכל אדם ועל זה מציין כ״ק הצ״צ לתניא פי״ד דשם מבואר שמדת הבינוני שהיא מדת כל אדם ואחרי׳ כל אדם ימשוך היא העבודה במדו״מ, אבל שלימות העבודה שהיא בבחי׳ צדיק הרי אין לאדם משפט הבחירה ע״ז ע״ש בארוכה.
- 17המה היוצרים · I Chronicles 4:23
- 18המה היוצרים אלו המרגלים הה״ד וישלח יהושע · Ruth Rabbah 2:1
- 19(וברבות . . בשל״ה פ׳ בשלח · המ״מ נעתקו באוה״ת נ״ך-א ע׳ א. ושם מציין גם לשל״ה פ׳ וישב.
- 20ב׳ יצירים יצר טוב ויצר הרע · Bereshit Rabbah 14:4
- 21כ״כ הרמ״ז בפ׳ תזריע · הלשון נעתק באוה״ת פ׳ בלק ע׳ תתקנב ”וייצר בשני יודי״ן שהם נמשכים מחו״ג מים ואש, אבל אחד מן היודי״ן נקוד ונרגש והשני נסתר רמז שחפץ ה׳ שהיצה״ר יהי׳ נכלל ביצ״ט ויכנע לו” ע״ש.
- 22מרגלים חרש · Joshua 2:1
- 23פכים קטנים · חולין צא, סע״א.
- 24פכים קטנים שחזר עליהם יעקב · Chullin 91a:22–23
- 25וייצר ה״א את האדם · Genesis 2:7
Cheresh : pensée et silence ¶12–13
12וגם כמ״ש אנחנו החומר ואתה יוצרנו12 ועיין מזה ברבות כי תשא פמ״ו3 ועיין ברבות בראשית פי״ד [פרק י״ד / פרשה י״ד] ע״פ ככלי יוצר4
Et aussi, comme il est écrit : « Nous sommes l’argile, et Tu es notre Potier (yotzrenou) » ; voir à ce sujet Rabbah, Ki Sisa, section 46, ainsi que Rabbah, Bereishit, section 14, sur le verset « comme un vase de potier ».
Un autre verset fondé sur le mot yotser, « potier », est : « Nous sommes l’argile, et Tu es notre Potier. » L’Admour Hazakène renvoie au Midrach Rabbah sur Ki Sisa et au Bereishit Rabbah sur le verset « comme un vase de potier ».
וזהו המה היוצרים כו׳ מיהו שם אמר ככלי חרס אין כתיב כאן אלא ככלי יוצר א״כ [אם כן] א״א [אי אפשר] לומר כן פי׳ מרגלים חרש.
Et c’est là le sens de « ce sont les potiers », etc. Toutefois, il est dit là-bas : « Il n’est pas écrit ici “comme un vase d’argile (cheres)”, mais “comme un vase de potier” » ; dès lors, il est impossible d’expliquer ainsi « les espions, cheresh ».
On pourrait penser que ces mots expliquent « ce sont les potiers » comme désignant le cheresh des espions. Mais ce Midrach distingue « un vase d’argile » (cheres) d’un « vase de potier » ; cheresh dans « les espions, cheresh » ne peut donc pas être interprété comme un ouvrage de potier.
אך פי׳ חרש לשון מחשבה כמו אל תחרוש על רעך.5 היינו כי צריך להיות ממארי דחושבנא ולחשוב מחשבות להזהר בלבושי הנפש מחודומ״ע [מחשבה דבור ומעשה] שתהיינה בבחי׳ ריח ניחוח לה׳6 כנ״ל.
Mais cheresh signifie la pensée, comme dans « Ne médite pas (tacharosh) contre ton prochain ». Autrement dit, il faut être parmi les « maîtres du bilan » et réfléchir afin de veiller aux vêtements de l’âme — la pensée, la parole et l’action — pour qu’ils soient au niveau d’« un parfum agréable pour Havaya », comme mentionné plus haut.
Cheresh signifie plutôt la pensée, comme dans « Ne médite pas (tacharosh) contre ton prochain ». Le travail des espions est celui des « maîtres du bilan » : réfléchir avec soin aux vêtements de l’âme — pensée, parole et action — afin qu’ils soient « un parfum agréable pour Havaya ».
Puisque le Midrach distingue les vases d’argile des vases de potier, cheresh est ici interprété comme la pensée : les espions représentent la réflexion attentive qui veille à ce que les vêtements de l’âme soient un parfum agréable devant D.ieu.
Dans Bereishis Rabbah, Rabbi Yitzchak relève que le verset ne dit pas : « comme des vases d’argile, Tu les briseras », mais : « comme des vases de potier » ; les vases de potier qui n’ont pas encore été cuits peuvent être réparés.
Maré mekomot
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- 5אל תחרוש על רעך · Proverbs 3:29
- 6ריח ניחוח לה׳ · Leviticus 1:9
13ועמ״ש בד״ה על כן יאמרו המושלים בואו חשבון1 כו׳ גם חרש2 ענין שתיקה כדפרש״י [כדפירש רש״י / כדפירוש רש״י] ע״ד [על דרך] מ״ש ברבות פ׳ וישב פ״ד ע״פ מאלמים אלומים3 משתוקיתא דאימא קמה4 וכן ברבות באסתר ע״פ אין אסתר מגדת.5
Et voyez ce qui est écrit dans le discours commençant par « C’est pourquoi les gouvernants disent : Venez à ‘Hechbon », etc. ‘Héresh désigne aussi le silence, comme l’explique Rachi, conformément à ce qui est dit dans le Midrach Rabba, paracha Vayéchev, section 84, à propos de « liant des gerbes » (me’almim alumim) : « Le silence de la mère se leva » ; et de même dans le Midrach Rabba sur Esther, à propos de « Esther ne révéla pas ».
L’Admour Hazakène renvoie d’abord à son discours sur « C’est pourquoi les gouvernants disent : Venez à ‘Hechbon », où ‘Hechbon, qui signifie un compte, rappelle les « maîtres du calcul ». Il donne ensuite un troisième sens de ‘héresh : le silence, comme l’indique Rachi lorsqu’il explique qu’on demanda aux explorateurs de faire comme s’ils étaient sourds. Le Midrach parle du « silence de la mère », Ra’hel, transmis à ses descendants jusqu’à Esther, qui « ne révéla pas » ses origines.
ישפה יש פה ושותק6 כו׳ ועיין בפי׳ המשניות להרמב״ם [להרבי משה בן מימון] ספ״ק [סוף פרק קמא] דאבות על המשנה ולא מצאתי לגוף טוב משתיקה:7
« Yachpé : yéch pé (il y a une bouche), et pourtant il se tait », etc. Voyez aussi le Commentaire de la Michna du Rambam, à la fin du premier chapitre des Avot, sur la michna : « Je n’ai rien trouvé de meilleur pour le corps que le silence. »
La pierre de Binyamin sur le pectoral était le yachpé, qu’on lit yéch pé, « il y a une bouche », car il connaissait la vente de Yossef, mais garda le silence. L’Admour Hazakène renvoie également au commentaire du Rambam sur la michna des Avot : « Je n’ai rien trouvé de meilleur pour le corps que le silence. »
Le maamar s’achève sur un troisième sens de ‘héresh, le silence, étayé par le Midrach sur les descendants silencieux de Ra’hel et par l’éloge du silence dans la michna.
Le Midrach Esther Rabba fait remonter ce silence de Ra’hel, qui se tut lorsqu’elle vit les présents de fiançailles dans la main de sa sœur, à Binyamin, puis à Chaoul, qui ne révéla pas à son oncle qu’il avait été désigné pour la royauté, et enfin à Esther. Dans Béréchit Rabba, à propos du rêve de Yossef sur les gerbes, celui qui devait prendre sa défense est appelé « le silence de la mère ».
Maré mekomot
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Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Une personne doit se pénétrer de cette idée : toute pensée sainte attire d’en haut un vêtement pour son âme. Elle doit penser, parler et agir dans la Torah et les mitsvot, non pour recevoir une récompense, mais afin d’être incluse dans l’unité de D.ieu. Elle doit considérer une pensée étrangère avec autant de gravité que l’idolâtrie et, comme l’un des « maîtres du compte », passer en revue chaque jour les pensées qui l’ont traversée, afin que son âme ne demeure pas dénudée.
Questions à discuter
- Pourquoi les espions de Yehoshoua avaient-ils besoin de l’ordre de D.ieu, alors que ceux de Moché étaient laissés à sa discrétion, et que signifie chaque sorte d’exploration dans la vie intérieure d’une personne ?
- Comment une mitsva accomplie avec des pièces d’argent et de cuivre peut-elle attirer la même divinité qu’une mitsva accomplie en pensée ou en parole ?
- Pourquoi une âme sans vêtements ne peut-elle être incluse dans l’unité de D.ieu, et comment la Torah et les mitsvot changent-elles cela ?
- Si D.ieu ne compte pas une pensée mauvaise comme un acte, pourquoi le maamar traite-t-il une pensée étrangère avec autant de gravité que l’idolâtrie ?
- Comment les interprétations de cheresh comme poterie, comme pensée et comme silence décrivent-elles chacune le travail des espions ?