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Torah Ohr · Parshas Megillas Esther · Maamar 4

ומרדכי יצא מלפני המלך כו׳

« Mordekhaï sortit de devant le roi »

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L’idée centrale

En exil, les miracles et les réponses aux prières n’ont pas cessé : la rédemption vient du Nom Havaya, au-dessus des attributs révélés d’Avraham et d’Israël ; ses miracles sont donc revêtus de la nature, comme dans l’histoire de Pourim, et la Chekhina est avec Israël. La révélation ouverte qui suit vient par les vêtements de Mordekhaï, les six ordres de la Michna.

Le maamar en bref

Le maamar s’ouvre sur Mordekhaï qui sort de devant le roi, vêtu d’habits royaux, et relie Pourim à Yom Kippour, « un jour comme Pourim » : tous deux sont une élévation d’en bas, par la techouva et par le tirage au sort. Yom Kippour est le jour où les secondes Tables furent données ; lors du don de la Torah, D.ieu parla « face à face ». Puisque D.ieu n’a pas de corps, « face » désigne la volonté : au Sinaï, toute la volonté d’Israël se tourna vers D.ieu et le corps fut « de dos », si bien que la « face » de D.ieu se tourna vers eux. De même, aujourd’hui, les actes corporels doivent être accomplis « de dos », et non parce qu’ils seraient vils. Le maamar répond ensuite à celui qui s’efforce de s’attacher à D.ieu et ne voit rien. Autrefois, les attributs d’Avraham et d’Israël, relevant de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), étaient révélés, avec des miracles manifestes et la prophétie. La rédemption de l’exil vient de « Toi, Havaya, es notre Rédempteur », au-dessus de ces attributs ; ses miracles sont donc revêtus de la nature : D.ieu ne « dort » pas, et la Chekhina est en exil avec Israël. Mordekhaï, « abondant en bonté », prend Esther, et ses vêtements — les six ordres de la Michna — font venir la lumière de Pourim.

Plan

  1. Pourim, un jour comme Yom KippourCes deux jours sont une élévation d’en bas, par la techouva et par le tirage au sort ; même le péché peut s’élever, car, en haut, il n’y a pas de ténèbres. Pour comprendre cette élévation, il faut partir des secondes Tables données à Yom Kippour.¶1
  2. Face à faceAu Sinaï, la volonté d’Israël était entièrement tournée vers D.ieu et le corps était « de dos » ; D.ieu tourna donc Sa « face » vers eux. L’amour explique « l’apparence d’un homme » sur le trône. Aujourd’hui aussi, les actes corporels doivent être « de dos » ; à Pourim, cela s’accomplit par la pendaison de Haman et de ses fils.¶2–3
  3. Pourquoi ne voyons-nous rien ?Désespérer parce qu’on ne ressent rien est insensé. Le verset sur l’exil omet Yits’hak, par qui vient la rédemption ; les miracles manifestes et la prophétie appartenaient aux attributs révélés d’Avraham et d’Israël, tandis qu’en exil les signes sont présents, mais invisibles.¶4–6
  4. Au-dessus d’Avraham : des miracles revêtus de la natureLa rédemption vient du Nom Havaya, au-dessus même des Patriarches suprêmes ; ses miracles, jusqu’à la subsistance, sont donc revêtus de la nature. D.ieu ne dort pas et n’a pas changé ; la Chekhina est en exil avec Israël.¶7–9
  5. Esther, Mordekhaï et les six ordresEn exil, Israël est lui-même la prière. Lorsque le niveau d’Avraham a disparu, Mordekhaï, « abondant en bonté », prend Esther ; ses six vêtements, les six ordres de la Michna, font venir la révélation manifeste de Pourim.¶10–11

Notions clés

Face et dosפנים ואחור
Ce qu’une personne désire, elle lui fait face ; ce qui va contre sa volonté est « de dos ». Lorsque le corps est « de dos » et que la volonté se tourne vers D.ieu, le lien est face à face.
La lumière qui remplit tous les mondesממלא כל עלמין
La lumière divine qui pénètre chaque monde selon sa mesure. Autrefois, les attributs d’Avraham et d’Israël relevant de cette lumière étaient révélés, avec des miracles manifestes et la prophétie.
Le Nom Havaya : était, est et seraהוי׳ — היה הוה ויהיה
D.ieu au-delà du temps, au-dessus même des attributs suprêmes des Patriarches. La rédemption de l’exil vient de ce niveau ; ses miracles ne sont donc pas visibles de façon manifeste.
Un miracle revêtu de la natureנס המתלבש בדרך הטבע
En exil, les miracles et les réponses aux prières continuent, mais se produisent par l’intermédiaire d’événements naturels, comme dans toute l’histoire de la Méguila ; nous ne les voyons pas.
Chas : les six ordresששה סדרים
Les six ordres de la Michna, que le maamar interprète comme les six vêtements de Mordekhaï ; c’est par eux que vient la révélation de Pourim.

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Pourim, un jour comme Yom Kippour ¶1

1ומרדכי יצא מלפני המלך כו׳. הנה פורים הוא בחי׳ יוה״כ [יום הכפורים] כי יוה״כ [יום הכפורים] פירושו כמו פורים.

« Mordekhaï sortit de devant le roi », etc. Or, Pourim est du niveau de Yom Kippour, car « Yom HaKippourim » signifie « comme Pourim ».

Explication

Le maamar s’ouvre sur Esther 8:15, où Mordekhaï quitte la présence du roi vêtu d’habits royaux, puis revient à ce verset à la fin. Il commence par rapprocher Pourim de Yom Kippour à partir de son nom : Yom HaKippourim peut se lire Yom Ke-Pourim, « un jour comme Pourim ».

ויוה״כ [ויום הכפורים] הוא תשובה ששב ממטה למעלה ובפורים ג״כ כתיב פור הוא הגורל ממטה למעלה וכן ביוה״כ [ביום הכפורים] על שני השעירים גורלות כו׳.

Yom Kippour est la techouva (retour), par laquelle on revient d’en bas vers le haut. Pour Pourim aussi, il est écrit : « pur, c’est-à-dire le sort » : d’en bas vers le haut. De même, à Yom Kippour, il y avait « des sorts sur les deux boucs », etc.

Explication

Ce qui est commun aux deux jours est un mouvement d’ascension, d’en bas vers le haut. Yom Kippour est la techouva : l’homme revient vers D.ieu. Pourim tire aussi son nom du pur, le sort qui fut tiré devant Haman ; un sort monte d’en bas. Yom Kippour a également ses sorts : ceux qui étaient tirés pour ses deux boucs, l’un « pour D.ieu » et l’autre « pour Azazel ».

אך איך אפשר לעלות למעלה הלא יש עונות המבדילין ומעכבין לזה אמר לה׳ חטאת שאפי׳ [שאפילו] החטאת כשעולה לה׳ הוא כי למעלה גם חשך לא יחשיך ששם אין חשך שהכל אחד שם.

Mais comment est-il possible de s’élever vers le haut ? N’y a-t-il pas des fautes qui séparent et font obstacle ? À cela, [le grand prêtre] dit : « Pour D.ieu, un sacrifice pour la faute » : même la faute, lorsqu’elle s’élève vers D.ieu, le fait parce que, là-haut, « même les ténèbres n’obscurcissent pas » ; car là, il n’y a pas de ténèbres, puisque tout y est un.

Explication

La question est de savoir comment l’homme peut s’élever lorsque des fautes le séparent de D.ieu. La réponse s’appuie sur les paroles prononcées par le grand prêtre lorsqu’il plaçait le sort sur le bouc : « Pour D.ieu, un sacrifice pour la faute », comprises comme signifiant que même la faute s’élève vers D.ieu. La faute peut s’élever parce que, là-haut, comme le dit le verset, « même les ténèbres n’obscurcissent pas » : dans l’unité de D.ieu, rien n’est obscur.

אך זה אמת שלמעלה אין חשך אך איך אפשר לעלות למעלה. אך הנה ידוע שביוה״כ [שביום הכפורים] היה מ״ת [מתן תורה] לוחות אחרונות.

Il est certes vrai que là-haut, il n’y a pas de ténèbres ; mais comment est-il possible de s’élever vers le haut ? Or, on sait qu’à Yom Kippour eut lieu le Don de la Torah des secondes Tables.

Explication

Le fait qu’il n’y ait pas de ténèbres là-haut n’explique pas encore comment l’homme d’en bas peut y accéder. La réponse commence par le fait que Yom Kippour est le jour où furent données les secondes Tables, lors d’un second Don de la Torah.

Le paragraphe 1 en bref

Le maamar rapproche Pourim de Yom Kippour : tous deux sont une ascension d’en bas, par la techouva et par le sort. Il demande comment on peut s’élever alors que les fautes nous séparent, et commence sa réponse en rappelant que Yom Kippour est le jour où furent données les secondes Tables.

Pour aller plus loin

Le Tikkunei Zohar, cité dans la note de Kehot, dit que Pourim tire son nom de Yom HaKippourim et que, dans l’avenir, Yom HaKippourim passera de l’affliction au plaisir. Ici, le lien entre eux tient au sort qui, dans les deux cas, monte d’en bas.

Maré mekomot

  1. 1
    ומרדכי יצא · ראה לעיל בציונים לכ״ק אדמו״ר.
  2. 2
    ומרדכי יצא מלפני המלך · Esther 8:15
  3. 3
    פורים הוא בחי׳ יוה״כ · Tikkunei Zohar 57b:6–8
  4. 4
    יוה״כ פירושו כמו פורים · Tikkunei Zohar, Tikkun 21 · 60a:13–14
  5. 5
    פור הוא הגורל · Esther 3:7
  6. 6
  7. 7
    על שני השעירים · Leviticus 16:8
  8. 8
  9. 9
    גם חשך לא יחשיך · Psalms 139:12

Face à face ¶2–3

2ולכן הוא נבחר ליוה״כ [ליום הכפורים] ובשעת מ״ת [מתן תורה] נאמר פב״פ [פנים בפנים] דבר ה׳ עמכם. ולכאורה הלא אין לו דמות הגוף.

Et c’est pourquoi ce jour fut choisi pour Yom Kippour. Au moment du don de la Torah, il est dit : « D.ieu vous parla face à face. » Mais, à première vue, Il n’a assurément aucune ressemblance avec un corps !

Explication

Comme les secondes Tables furent données ce jour-là, celui-ci fut choisi pour Yom Kippour. Au Sinaï, la Torah dit que D.ieu parla « face à face », ce qui soulève une question : D.ieu n’a pas de corps ; que peut donc signifier le mot « face » ?

אך דהנה ידוע שהדבר שברצון נק׳ פנים ומה שהוא נגד רצונו נק׳ אחור ובשעת מ״ת [מתן תורה] היה כל רצון ישראל אליו ית׳ וכל עניני הגוף היה בבחי׳ אחור.

Mais voici l’explication : comme on le sait, ce qui est voulu est appelé « face », et ce qui va à l’encontre de la volonté est appelé « dos ». Au moment du don de la Torah, toute la volonté d’Israël était tournée vers Lui, béni soit-Il, tandis que tout ce qui concernait le corps relevait de l’aspect du « dos ».

Explication

La réponse est que « face » et « dos » désignent la volonté. Ce qu’une personne veut, elle lui fait face ; ce qu’elle ne veut pas, elle lui tourne le dos. Au Sinaï, toute la volonté d’Israël était tournée vers D.ieu, et tout ce qui était corporel était laissé derrière eux, comme un « dos ».

כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] על כל דבור פרחה נשמתם ובאמת היה להם גופים. אך לפי שכל עניני הגוף היה בבחי׳ אחור

Comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « À chaque parole, leurs âmes s’envolaient. » Pourtant, en vérité, ils avaient des corps. Mais, puisque tout ce qui concernait le corps relevait de l’aspect du « dos »,

Explication

Les Sages disent qu’à chaque parole prononcée au Sinaï, les âmes du peuple les quittaient. Ils avaient néanmoins des corps, mais ceux-ci n’avaient aucune place dans leur volonté.

ונמצא כמו שאין להם גופים וממילא היו בבחי׳ פנים כמים הפנים וגו׳ [וגומר] וכמ״ש ועל דמות הכסא דמות כמראה אדם ואיך שייך אצלו ית׳ כמראה אדם.

il s’ensuit que c’était comme s’ils n’avaient pas de corps et que, par conséquent, ils étaient dans l’aspect de la « face », [comme il est dit :] « Comme le visage dans l’eau », etc. Et, comme il est écrit : « Au-dessus de la ressemblance du trône, une ressemblance ayant l’apparence d’un homme. » Mais comment l’expression « ayant l’apparence d’un homme » peut-elle s’appliquer à Lui, béni soit-Il ?

Explication

C’était donc comme s’ils n’avaient pas de corps et faisaient entièrement face à D.ieu ; de même qu’un visage trouve son reflet dans l’eau, la « face » de D.ieu se tournait vers eux. Une seconde question se pose alors : Ézéchiel vit sur le trône « l’apparence d’un homme », alors que D.ieu n’a aucune forme.

אך הנה למשל כשאדם אוהב את חבירו חקוקה צורתו בלבו כאלו צורתו עליו.

Mais voici une analogie : lorsqu’une personne aime son prochain, l’image de celui-ci est gravée dans son cœur, comme si cette image se trouvait sur elle.

Explication

La réponse est donnée par une analogie fondée sur l’amour : lorsqu’une personne en aime une autre, l’image de la personne aimée est gravée dans son cœur, comme si elle reposait sur elle. L’analogie implique que l’« apparence d’un homme » sur le trône n’est pas la forme propre de D.ieu, mais, pour ainsi dire, l’image de ceux qu’Il aime.

Le paragraphe 2 en bref

L’expression « face à face » au Sinaï signifie que toute la volonté d’Israël était tournée vers D.ieu et que le corps était le « dos » ; D.ieu tourna donc Sa « face » vers eux. L’amour permet de comprendre comment « l’apparence d’un homme » peut être dite présente sur le trône.

Pour aller plus loin

L’analogie correspond à la fin du verset d’Ézéchiel, que le maamar ne cite pas : la ressemblance d’un homme est « au-dessus d’elle », de même que l’image de la personne aimée se trouve « sur » celle qui l’aime.

Maré mekomot

  1. 1
    פב״פ דבר ה׳ עמכם · Deuteronomy 5:4
  2. 2
    על כל דבור פרחה נשמתם · Shabbat 88b:6
  3. 3
  4. 4
    ועל דמות הכסא · Ezekiel 1:26

3ועכשיו ג״כ צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] כל דבר גופני בבחי׳ אחור כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] גבי זיווג כאלו כפאו שד. וק״ו [וקל וחומר] אצל שארי דברים ולא

Et maintenant encore, toute chose corporelle doit relever de l’aspect du « dos », comme nos Sages, de mémoire bénie, l’ont dit au sujet de l’union conjugale : « comme si un démon l’y avait contraint ». À plus forte raison en est-il ainsi des autres choses. Et ne…

Explication

Il en va de même aujourd’hui : tout acte corporel doit être accompli « par-derrière », sans désir personnel. Les Sages décrivent un saint sage dans l’union conjugale comme quelqu’un qu’« un démon aurait contraint » ; si cela est vrai de l’union, à plus forte raison l’est-ce des autres choses corporelles.

כמו שמדמין העולם שזהו דבר מאוס מפני שצריך טבילה אח״ז [אחר זה] לא כן כי הוא דבר גדול

comme les gens se l’imaginent, à savoir que c’est une chose répugnante parce qu’une immersion est nécessaire après cela. Il n’en est pas ainsi, car c’est une chose grande,

Explication

Ce n’est pas parce que l’union serait répugnante, comme le pensent les gens du fait qu’une immersion est nécessaire après elle. Le maamar dit le contraire : c’est une chose grande.

וגם למעלה הוא דבר גדול וק״ו [וקל וחומר] אצל אכילה וש״ד [ושארי דברים] שצ״ל [שצריך להיות / שצריך לומר / שצריך להבין] כאלו כפאו שד ולא לומר שזה אינו יכול לאכול כו׳. וממילא יהי׳ [יהיה] פב״פ [פנים בפנים] ובפורים ג״כ ע״י שתלו אותו ואת בניו למעלה מחמשים כנודע:

et, en haut aussi, c’est une chose grande. À plus forte raison en est-il ainsi de la nourriture et des autres choses, qui doivent être accomplies « comme si un démon l’y avait contraint », et il ne faut pas dire que celui-ci ne peut pas manger, etc. Dès lors, cela deviendra de soi-même face à face. Et à Pourim aussi, [cela s’est fait] en le pendant, lui [Haman], et ses fils au-dessus de cinquante, comme on le sait.

Explication

C’est également une chose grande en haut, où la Kabbale parle de l’union entre les attributs divins ; à plus forte raison, la nourriture et les autres choses doivent-elles être accomplies « comme si l’on y était contraint », bien que ces quelques mots — « ne pas dire que celui-ci ne peut pas manger » — semblent avertir que ce n’est pas une raison pour refuser de manger. Lorsque le corps est « par-derrière », le lien avec D.ieu est face à face. À Pourim, cela s’est produit par la pendaison de Haman et de ses fils « au-dessus de cinquante », ce qui rappelle la potence de cinquante coudées qu’Haman avait préparée ; le maamar présente ce point comme connu.

Le paragraphe 3 en bref

Même aujourd’hui, les actes corporels doivent relever du « dos » et être accomplis sans intérêt personnel, non parce qu’ils seraient vils, mais afin que le lien avec D.ieu soit face à face. À Pourim, cela s’est produit par la pendaison de Haman et de ses fils.

Maré mekomot

  1. 1
    כמארז״ל . . כאלו כפאו שד · Nedarim 20b
  2. 2
    תלו אותו ואת בניו · Esther 9:25

Pourquoi ne voyons-nous rien ? ¶4–6

4אך הנה ידוע שכאו״א [שכל אחד ואחד] בכלל ובפרט רוצה תמיד לדבק בבורא ית׳ ומתאמץ בכל מה דאפשר ואינו משיג שום דבר. ויש שוטים שנופלים מזה.

Or, on sait que chacun, dans son ensemble comme dans son individualité, désire toujours s’attacher au Créateur, qu’Il soit béni, et s’y efforce de toutes les manières possibles, sans toutefois rien atteindre. Il en est qui, par sottise, se laissent abattre par cela.

Explication

Une nouvelle section commence. Tous, le peuple dans son ensemble comme chaque personne, désirent s’attacher à D.ieu et font de grands efforts, mais ont le sentiment de ne rien atteindre ; certains perdent sottement courage à cause de cela.

אבל זהו שטות גדול כי זה צריך לידע שאנו צועקים בגלות כי אברהם לא ידענו וישראל לא יכירנו ויצחק לא קאמר.

Mais c’est là une grande sottise, car il faut savoir ceci : en exil, nous nous écrions : « Car Avraham ne nous a pas connus, et Yisrael ne nous reconnaît pas » ; Yits’hak n’est pas mentionné.

Explication

Ce désespoir est une grande erreur. En exil, nous nous écrions, selon les paroles d’Isaïe : « Car Avraham ne nous a pas connus, et Yisrael ne nous reconnaît pas » ; le maamar relève que le verset nomme Avraham et Yisrael (Yaakov), mais omet Yits’hak.

Le paragraphe 4 en bref

Le maamar aborde le cas de celui qui s’efforce de s’attacher à D.ieu et a l’impression de ne parvenir à rien, et qualifie de sottise le désespoir que cela suscite. La clé réside dans le verset de l’exil, qui nomme Avraham et Yisrael, mais non Yits’hak.

Maré mekomot

  1. 1
    כי אברהם לא ידענו וישראל לא יכירנו · Isaiah 63:16

5ואיתא בגמ׳ [בגמרא] שיצחק עתיד לגאול אותנו כידוע שמקודם היה כל דבר בהתגלות ומה שהיו שואלים היו נותנים להם הן בגשמי והן ברוחני וגם היה להם נביאים וכ״ז [וכל זה] הוא מחמת שהיה בהתגלות מדת אברהם וישראל בבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין].

Et l’on trouve dans la Guemara qu’Its’hak nous délivrera à l’avenir. Comme on le sait, autrefois, tout se manifestait ouvertement : tout ce qu’ils demandaient leur était accordé, tant dans le domaine matériel que dans le domaine spirituel ; ils avaient aussi des prophètes. Tout cela tient à ce que l’attribut d’Avraham et de Yisrael se manifestait ouvertement, au niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin).

Explication

La Guemara rapporte qu’à l’avenir, Avraham et Yaakov ne plaideront pas en faveur d’Israël, mais qu’Its’hak le fera ; le maamar résume cela par les mots : « Its’hak nous délivrera ». Autrefois, tout se manifestait : les prières pour les besoins matériels et spirituels étaient exaucées, et il y avait des prophètes. Cela tenait à ce que les attributs d’Avraham et de Yisrael se manifestaient ; ils relèvent de la lumière qui remplit tous les mondes, celle qui pénètre chaque monde selon sa mesure.

Le paragraphe 5 en bref

La Guemara rattache la délivrance future à Its’hak. Autrefois, les attributs d’Avraham et de Yisrael, relevant de la lumière qui remplit tous les mondes, se manifestaient ; les prières étaient donc exaucées ouvertement et il y avait des prophètes.

Pour aller plus loin

Dans la Guemara, après avoir plaidé en faveur d’Israël, Its’hak le renvoie à D.ieu, et ils disent : « Toi, D.ieu, Tu es notre Père, notre Rédempteur » : en définitive, la délivrance est attribuée à D.ieu Lui-même. Le maamar reprend ce verset au paragraphe 7.

Maré mekomot

  1. 1
    שיצחק עתיד לגאול אותנו · Shabbat 89b:2–3

6ומפני זה היו יכולים לראות נסים בהתגלות כמו קי״ס [קריעת ים סוף] ויצ״מ [ויציאת מצרים]. אבל בגלות הזה אותותינו לא ראינו שאין אנו יכולים לראות האותות ולא מפני שאין אותות ח״ו [חס ושלום] רק שאין אנו יכולים לראות האותות.

Et c’est pourquoi ils pouvaient voir des miracles manifestes, tels que la scission de la mer des Joncs et la sortie d’Égypte. Mais, dans cet exil, « Nos signes, nous ne les avons pas vus » : nous ne sommes pas capables de voir les signes, non pas parce qu’il n’y aurait pas de signes, à D.ieu ne plaise, mais uniquement parce que nous ne sommes pas capables de les voir.

Explication

Parce que ces attributs étaient révélés, les gens voyaient des miracles manifestes, tels que la scission de la mer et la sortie d’Égypte. Dans cet exil, comme le déplore le psaume, « Nos signes, nous ne les avons pas vus » ; le maamar le comprend exactement ainsi : les signes sont là, mais nous ne pouvons pas les voir.

Le paragraphe 6 en bref

Les miracles manifestes appartenaient à l’époque où les attributs d’Avraham et d’Israël étaient révélés. En exil, les miracles continuent ; ce qui nous manque, c’est la capacité de les voir.

Maré mekomot

  1. 1
    אותותינו לא ראינו · Psalms 74:9
  2. 2
    שאין אנו יכולים לראות האותות · מובא ביהל אור ע׳ רסז.

Au-dessus d’Avraham : des miracles revêtus de la nature ¶7–9

7ואדרבה הן הן נוראותיו הן הן גבורותיו כו׳ ואין עוד נביא ולא אתנו יודע עד מה.

Au contraire : ces mêmes choses sont Ses actes redoutables ; ces mêmes choses sont Ses actes puissants, etc. Et « il n’y a plus de prophète, et nul parmi nous ne sait jusqu’à quand ».

Explication

Au contraire, les miracles cachés sont eux-mêmes les actes redoutables et puissants de D.ieu. Ces paroles font écho à la réponse des Sages à ceux qui demandaient où étaient Sa puissance et Sa crainte tandis que des étrangers se livraient à la débauche dans Son Temple et réduisaient Ses enfants en esclavage : Sa retenue est Sa puissance, et la survie d’un peuple parmi les nations est Sa crainte. Le verset poursuit : « il n’y a plus de prophète », et nul ne sait combien de temps durera l’exil.

וזהו מחמת שאברהם לא ידענו כי אתה ה׳ גואלנו היה הוה ויהיה וזהו למעלה מאברהם שאפי׳ [שאפילו] אברהם וישראל שלמעלה הם בחי׳ נבראים

Et cela tient au fait qu’« Avraham ne nous a pas connus », car « Toi, Havaya, Tu es notre Rédempteur » : Il était, Il est et Il sera. Cela est au-dessus d’Avraham, car même Avraham et Israël d’en haut sont du niveau des êtres créés,

Explication

La raison, selon les termes du verset, est qu’« Avraham ne nous a pas connus » : la rédemption vient de « Toi, Havaya, Tu es notre Rédempteur », et le Nom Havaya signifie « Il était, Il est et Il sera », D.ieu au-delà du temps. Cela est au-dessus d’Avraham, puisque même Avraham et Israël d’en haut — les attributs divins qu’ils représentent — sont considérés devant Lui comme des êtres créés.

כמ״ש כי ששת ימים עשה ה׳ שאפי׳ [שאפילו] ששת ימים העליונים הם בחי׳ עשייה אצלו ית׳.

comme il est écrit : « Car six jours D.ieu fit » : même les six jours supérieurs sont, par rapport à Lui, béni soit-Il, du niveau de l’action.

Explication

La preuve en est le verset « Car six jours D.ieu fit », lu tel qu’il est écrit, sans « pendant » : les six jours supérieurs, les six attributs émotionnels, sont eux-mêmes quelque chose que D.ieu a fait.

אבל כשאתה ה׳ גואלנו א״א [אי אפשר] לראות הנסים בהתגלות. אבל באמת אפי׳ [אפילו] כהיום שהפרנסות דחוקים הוא ממש כמו קי״ס [קריעת ים סוף]. אך שמתלבש דרך הטבע.

Mais lorsque [c’est] « Toi, Havaya, Tu es notre Rédempteur », il est impossible de voir les miracles dans une révélation manifeste. Pourtant, en vérité, même aujourd’hui, alors qu’il est difficile de gagner sa subsistance, cela est véritablement comparable à l’ouverture de la mer des Joncs ; seulement, cela est revêtu de la voie naturelle.

Explication

Lorsque la rédemption vient de Havaya Lui-même, au-dessus des attributs, ses miracles ne peuvent être vus de façon manifeste. Pourtant, même aujourd’hui, quand il est difficile de gagner sa subsistance, chaque subsistance est véritablement un miracle comparable à l’ouverture de la mer, à laquelle les Sages comparent la subsistance de l’homme ; elle est simplement revêtue de la nature.

Le paragraphe 7 en bref

La rédemption de l’exil vient du Nom Havaya, au-dessus même des attributs supérieurs d’Avraham et d’Israël ; ses miracles ne sont donc pas vus de façon manifeste. Même une subsistance difficile à gagner est un miracle comparable à l’ouverture de la mer, revêtu de la nature.

Pour aller plus loin

Les premiers mots font écho au Talmud (Yoma 69b), où les Hommes de la Grande Assemblée commencent eux aussi par « Au contraire » : la patience de D.ieu envers les méchants est Sa puissance, et la survie d’Israël parmi les nations est Sa crainte. Dans la Kabbale, Avraham, Its’hak et Yaakov (Israël) correspondent à 'Hessed, Guevoura et Tiferet, trois des six « jours » supérieurs ; le maamar peut donc qualifier de créés Avraham et Israël d’en haut, qui font partie de ce que « D.ieu fit ». La rédemption, en revanche, est attribuée au Nom Havaya lui-même, qui est au-delà du temps.

Maré mekomot

  1. 1
    ואין עוד נביא ולא אתנו יודע עד מה · Psalms 74:9
  2. 2
    כי אתה ה׳ גואלנו · Isaiah 63:16
  3. 3
    שמתלבש דרך הטבע · ראה לקו״ש חי״ז ע׳ 154.

8ולכן ביטל יוחנן כה״ג [כהן גדול] את המעוררים שהיו אומרים עורה למה תישן ה׳ והוא ביטל שא״צ [שאין צריך / שאינו צריך] לעוררו כי

Et c’est pourquoi Yo’hanan, le Cohen Gadol (Grand Prêtre), abolit les « éveilleurs », qui disaient : « Réveille-toi ! Pourquoi dors-Tu, D.ieu ? » Il abolit [cette pratique], car il n’est pas nécessaire de Le réveiller ; car

Explication

Pour cette raison, Yo’hanan, le Cohen Gadol, abolit les « éveilleurs », les Lévites qui disaient chaque jour dans le Temple : « Réveille-toi ! Pourquoi dors-Tu, D.ieu ? » Il estimait que D.ieu n’a pas besoin d’être réveillé.

הנה לא ינום ולא יישן רק שאין אנו רואים כנ״ל. כי באמת אני ה׳ לא שניתי.

« voici, Il ne somnole ni ne dort » ; c’est seulement que nous ne voyons pas, comme mentionné plus haut. Car, en vérité, « Moi, D.ieu, Je n’ai pas changé. »

Explication

Comme le dit le verset, D.ieu ne somnole ni ne dort ; il semble seulement en être ainsi parce que nous ne voyons pas, comme expliqué plus haut. « Moi, D.ieu, Je n’ai pas changé » : rien n’a changé en Lui, seulement dans ce que nous percevons.

אך מפני שנאמר על גלות הזה נפלה לא תוסיף קום שהוא סוכ״ע [סובב כל עלמין] וממכ״ע [וממלא כל עלמין] שא״א [שאי אפשר] לעלות למעלה אך אפשר להיות קרוב.

Mais, puisqu’il est dit de cet exil : « Elle est tombée, elle ne se relèvera plus », ce qui désigne la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) et la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) : il est impossible de s’élever au-dessus, mais il est possible d’être proche.

Explication

La dissimulation vient du fait que cet exil est décrit par les mots : « Elle est tombée, elle ne se relèvera plus. » Le maamar relie cela à la lumière qui entoure tous les mondes et à celle qui les remplit : dans cet état, il est impossible de s’élever au-dessus, mais il est possible d’être proche.

Le paragraphe 8 en bref

D.ieu ne « dort » jamais ; Il demeure inchangé, et seule notre vision fait défaut. De cet exil, il est dit : « Elle est tombée, elle ne se relèvera plus » : il n’y a pas d’élévation au-dessus, mais la proximité reste possible.

Pour aller plus loin

Ici, le verset décrit cet exil. Les deux passages signalés dans la note de Kehot comprennent « elle ne se relèvera plus » comme une promesse pour l’avenir : il ne sera plus nécessaire de s’élever d’en bas vers le haut, car la divinité sera révélée en bas ; le passage de Torah Ohr ajoute que l’obscurité elle-même sera transformée en lumière.

Maré mekomot

  1. 1
    ולכן ביטל . . את המעוררים · סוטה מז, סע״א. ראה לקו״ת שה״ש ו, ג שמציין לכאן.
  2. 2
    ביטל יוחנן כה״ג את המעוררים · Sotah 47a:20
  3. 3
    שהיו אומרים עורה למה תישן · Sotah 48a:7
  4. 4
    עורה למה תישן · Psalms 44:24
  5. 5
    הנה לא ינום ולא יישן · Psalms 121:4
  6. 6
    אני ה׳ לא שניתי · Malachi 3:6
  7. 7
    נפלה לא תוסיף קום · עמוס, ה, ב. ראה לקמן צד, ב. לקו״ת פ׳ כי תצא מא, ב.
  8. 8
    נפלה לא תוסיף קום · Amos 5:2

9ומפני זה הנס מתלבש בדרך הטבע וכן בפורים כל מעשה המגילה בדרך הטבע וכן מה שאנו צועקים ואין נענים לא שאין אנו נענין

Et c’est pourquoi le miracle se revêt de la voie de la nature. De même, à Pourim, toute l’histoire de la Méguila s’est déroulée par la voie de la nature. Et pareillement, lorsque nous crions et ne sommes pas exaucés, ce n’est pas que nous ne soyons pas exaucés,

Explication

C’est pourquoi, en exil, un miracle se revêt de la nature, et toute l’histoire de Pourim s’est ainsi déroulée par des événements naturels. Il en va de même pour la prière : lorsque nous crions et semblons ne pas être exaucés, ce n’est pas qu’il n’y ait pas de réponse.

רק שאין אנו רואים ואדרבה ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] גלו לבבל שכינה עמהם וגם נאמר ואני בתוך הגולה שכנסת ישראל נק׳ אני וכתיב ואני תפלה.

mais seulement que nous ne le voyons pas. Bien au contraire, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Ils furent exilés à Babylone : la Chekhina (la Présence divine) était avec eux. » Il est également dit : « Et moi, j’étais au milieu de l’exil », car la Knesset Israël (l’Assemblée d’Israël) est appelée « Moi » ; et il est écrit : « Et moi, je suis prière. »

Explication

Nous ne le voyons tout simplement pas. Bien au contraire, les Sages enseignent que lorsque Israël fut exilé à Babylone, la Chekhina partit avec lui ; et les mots d’Ézéchiel, « J’étais au milieu de l’exil », sont interprétés comme désignant la Knesset Israël, appelée « Moi », le même « Moi » que dans « Et moi, je suis prière ».

Le paragraphe 9 en bref

En exil, le miracle comme la réponse à la prière sont cachés dans la nature, comme dans l’histoire de Pourim. Pourtant, la Chekhina, la Knesset Israël, est elle-même en exil avec Israël.

Pour aller plus loin

La Kabbale emploie à la fois « Knesset Israël » et « Moi » (Ani) comme noms de Mal'hout, la Chekhina. Ainsi, le « Moi » qui se trouve « au milieu de l’exil » est la Chekhina elle-même, qui partit en exil avec Israël.

Maré mekomot

  1. 1
    גלו לבבל שכינה עמהם · Megillah 29a:4
  2. 2
    ואני בתוך הגולה · Ezekiel 1:1
  3. 3
    ואני תפלה · Psalms 109:4

Esther, Mordekhaï et les six ordres ¶10–11

10ובדורות הראשונים כשהיו מתפללים היו נענים אבל עכשיו ואני תפלה שאני בעצמי תפלה מלשון נפתולי.

Et dans les premières générations, lorsqu’ils priaient, ils étaient exaucés ; mais à présent : « Et moi, je suis prière », c’est-à-dire que je suis moi-même prière, [tefila] au sens de naftoulé.

Explication

Dans les premières générations, les prières étaient exaucées ouvertement. À présent s’applique le verset « Et moi, je suis prière » : la Knesset Israël est elle-même prière, tefila, un mot que le maamar relie à naftoulé, le terme employé par Rachel lorsqu’elle nomma Naftali, que la ‘Hassidout interprète comme une idée d’union. Son être même est lié à D.ieu, même lorsqu’aucune réponse n’est visible.

ולכן כתיב ובמות אביה ואמה. שזהו בחי׳ אברהם כידוע. לקחה מרדכי שהוא רב חסד. אך

Et c’est pourquoi il est écrit : « À la mort de son père et de sa mère » : c’est le niveau d’Avraham, comme on le sait. « Mordekhaï la prit » : lui qui est abondant en bonté. Mais

Explication

C’est pourquoi la Meguila dit d’Esther : « À la mort de son père et de sa mère », et le maamar identifie son père et sa mère au niveau d’Avraham, qui n’est désormais plus révélé. Puis « Mordekhaï la prit », Mordekhaï étant « abondant en bonté » (rav ‘hessed).

כמ״ש והנערה יפת תאר וטובת מראה דהיינו כשעושה רצונה לקחה לו לבת א״ת [אל תקרי] לבת אלא לבית שנתגלה ע״י כידוע וההתגלות בא מחמת ומרדכי יצא מלפני המלך בלבוש היינו על ידי ש״ס [ששה סדרים].

comme il est écrit : « La jeune fille était belle de forme et agréable à voir », c’est-à-dire lorsque sa volonté est accomplie : « il la prit pour lui comme fille ». Ne lisez pas « comme fille », mais « comme maison », car Atik Yomin (l’Ancien des Jours) fut révélé, comme on le sait. Et cette révélation vient de « Mordekhaï sortit de devant le roi en vêtement », c’est-à-dire par le Chass (les six ordres de la Michna).

Explication

Le verset dit aussi qu’Esther était « belle de forme et agréable à voir » ; on l’interprète ici comme le moment où sa volonté est accomplie. Alors Mordekhaï « la prit pour lui comme fille », ce que les Sages interprètent comme « comme maison », c’est-à-dire comme épouse ; le maamar dit qu’Atik Yomin, la dimension intérieure de Kéter (la Couronne), fut ainsi révélé. Cette révélation vient de « Mordekhaï sortit de devant le roi » revêtu de ses vêtements, qui correspondent aux six ordres de la Michna.

מלכות זה סדר זרעים כמ״ש כי כארץ תוציא צמחה וכתיב אמת מארץ תצמח. תכלת זה סדר מועד לשון זמן.

« Mal’hout » (souveraineté) : c’est l’ordre de Zeraïm [Semences], comme il est écrit : « Car la terre fait pousser ses produits », et il est écrit : « La vérité germera de la terre. » « Tekhelet » (bleu) : c’est l’ordre de Moed [Temps fixés], un terme qui désigne le temps.

Explication

Chaque vêtement du verset est associé à un ordre de la Michna. Mal’hout, le « royal » de l’« habit royal », correspond à Zeraïm, l’ordre consacré à l’agriculture, car Mal’hout est la « terre », et les deux versets parlent de ce qui pousse de la terre ; tekhelet, « bleu », correspond à Moed, l’ordre des fêtes, dont le nom désigne un temps fixé.

Le paragraphe 10 en bref

En exil, la prière d’Israël est son lien même avec D.ieu. L’histoire d’Esther l’illustre : lorsque « le père et la mère », le niveau d’Avraham, ont disparu, Mordekhaï, « abondant en bonté », la prend auprès de lui, et la révélation vient par ses vêtements, les six ordres de la Michna.

Pour aller plus loin

La ‘Hassidout distingue la bonté d’Avraham, qui se déploie dans l’enchaînement ordonné des mondes, de la « bonté abondante » (rav ‘hessed), qui se situe bien au-dessus de cet ordre. La Guemara citée dans la note de Kehot sur le paragraphe 11 associe les six ordres aux six mots d’un verset : « foi » à Zeraïm, « tes temps » à Moed, et ainsi de suite ; le maamar les associe de la même manière aux vêtements de Mordekhaï. « Atik Yomin fut révélé » interprète l’abréviation ע״י, qui peut également signifier על ידי, « par l’intermédiaire de » ; ici, « par l’intermédiaire de » n’aurait pas de complément, tandis que la proposition suivante écrit על ידי en toutes lettres.

Maré mekomot

  1. 1
    ואני תפלה · Psalms 109:4
  2. 2
    נפתולי · Genesis 30:8
  3. 3
    ובמות אבי׳ ואמה · Esther 2:7
  4. 4
    א״ת לבת אלא לבית · Megillah 13a:14
  5. 5
    ומרדכי יצא מלפני המלך בלבוש · Esther 8:15
  6. 6
    זה סדר זרעים · Shabbat 31a:10
  7. 7
    כי כארץ תוציא צמחה · Isaiah 61:11
  8. 8
    אמת מארץ תצמח · Psalms 85:12

11וחור זה סדר נשים. ועטרת זהב גדולה זה סדר נזיקין. ותכריך בוץ לשון בד זה סדר קדשים.

« Et blanc » : c’est l’ordre de Nachim [Femmes]. « Et une grande couronne d’or » : c’est l’ordre de Nezikin [Dommages]. « Et un manteau de fin lin » : bouts, terme désignant le « bad » [lin] ; c’est l’ordre de Kodachim [Choses saintes].

Explication

« Blanc » désigne Nachim, l’ordre qui traite du mariage ; « une grande couronne d’or » désigne Nezikin, l’ordre des dommages et des tribunaux ; et « un manteau de fin lin » (bouts) désigne Kodachim, l’ordre des offrandes du Temple, car bouts est un autre terme pour « bad », le lin des vêtements des prêtres.

וארגמן זה סדר טהרות שלפי שיש בה כמה גוונים ואח״כ [ואחר כך] יבא בהתגלות והעיר שושן צהלה ושמחה ליהודים היתה אורה כו׳:

« Et pourpre » : c’est l’ordre de Taharot [Purifications], car il comporte plusieurs couleurs. Puis viendra la révélation manifeste : « Et la ville de Chouchan se réjouit et fut dans l’allégresse ; les Juifs eurent de la lumière », etc.

Explication

« Pourpre » (argaman) désigne Taharot, l’ordre des lois de pureté, car il comprend de nombreuses couleurs. Après les vêtements vient la révélation manifeste de Pourim : « La ville de Chouchan se réjouit et fut dans l’allégresse ; les Juifs eurent de la lumière. »

Le paragraphe 11 en bref

Les derniers vêtements complètent les six ordres de la Michna ; avec eux vient la révélation manifeste et la joie de Pourim : « les Juifs eurent de la lumière ».

Pour aller plus loin

La note de Kehot cite Or HaTorah : les Sages désignent Taharot comme « connaissance » (Daat), et Daat relie 'Hokhma (sagesse) et Bina (compréhension) aux attributs émotionnels ; voilà pourquoi Taharot est appelé argaman, une pourpre qui comprend de nombreuses couleurs.

Maré mekomot

  1. 1
    וארגמן זה סדר טהרות · באוה״ת פ׳ תרומה ע׳ א׳תקה ”והיינו כמארז״ל [שבת לא, א] ודעת זה סדר טהרות והדעת מחבר חו״ב עם המדות ולכן נק׳ ארגמן שכולל גוונים הרבה” ע״ש.
  2. 2
    זה סדר טהרות · Shabbat 31a:10
  3. 3
    והעיר שושן צהלה ושמחה · Esther 8:15
  4. 4
    ליהודים היתה אורה · Esther 8:16

Maamar terminé ?

Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.

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Dans la avoda

Accomplissez les actes corporels — l’union conjugale, le fait de manger et le reste — « de dos », « comme si vous y étiez contraint », mais non comme s’il s’agissait de choses répugnantes, afin que votre lien avec D.ieu soit face à face. Et ne perdez pas courage lorsque vos efforts pour vous attacher à D.ieu semblent ne rien produire : en exil, la réponse et le miracle sont présents, mais cachés dans la nature, et la Chekhina est avec nous.

Questions à discuter

  1. Pourquoi le maamar dit-il que Pourim est « comme » Yom Kippour, et quel lien y a-t-il entre la techouva et le tirage au sort ?
  2. Comment le maamar explique-t-il l’expression « face à face » au Sinaï sans attribuer de corps à D.ieu, et comment applique-t-il cette idée au fait de manger et aux autres actes corporels d’aujourd’hui ?
  3. Pourquoi les miracles de la rédemption de l’exil ne peuvent-ils pas être vus de façon manifeste, s’ils viennent d’un niveau supérieur aux miracles de la sortie d’Égypte ?
  4. Que signifie le fait qu’en exil, Knesset Israël est « elle-même la prière », et comment cela répond-il à celui qui crie vers D.ieu sans voir de réponse ?
  5. Comment le maamar met-il en correspondance les vêtements de Mordekhaï et les six ordres de la Michna, et pourquoi la lumière de Pourim vient-elle par leur intermédiaire ?

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Sommaire

Torah Ohrתורה אור

Parshas Megillas Estherמגלת אסתר

  1. 1יביאו לבוש מלכות אשר לבש בו…“Let them bring royal apparel that the king has worn”
  2. 2ביאור על הנ״לAn Explanation of the Above
  3. 3תוספת ביאור ע״פ יביאו לבוש מלכותAn Additional Explanation on “Let Them Bring Royal Apparel”
  4. 4ומרדכי יצא מלפני המלך כו׳“And Mordechai Went Out from Before the King”
  5. 5כי אברהם לא ידענו כו׳ אתה…“For Abraham Has Not Known Us … You, G‑d, Are Our Father”
  6. 6ויושט המלך לאסתר את שרביט הזהב…“And the king extended to Esther the golden scepter”
  7. 7ותסף אסתר ותדבר לפני המלך ותפל…And Esther Again Spoke Before the King
  8. 8חייב אינש לבסומי בפוריא עד דלא…A person is obligated to become intoxicated on Purim
  9. 9ובבואה לפני המלך אמר עם הספר…“And when she came before the king, he said with the book”
  10. 10וקבל היהודים את אשר החלו לעשות“And the Jews Accepted What They Had Begun to Do”
  11. 11ביאור על הנ״לAn Explanation of the Above
  12. 12חייב אינש לבסומי בפוריא עד דלא…A Person Is Obligated to Become Intoxicated on Purim
  13. 13ובזה הנערה באה וגו׳“And with This the Maiden Came”