Torah Ohr · Parshas Lech Lecha · Maamar 1
(ענין לך לך וילך למסעיו ממטה למעלה מלמעלה…
Le sujet de « Va-t’en » : « Il poursuivit ses étapes », d’en bas vers le haut et d’en haut vers le bas
L’idée centrale
Avram, av ram, est l’intellect caché au-delà de toute pensée, et sa mission est de descendre étape par étape jusqu’à ce que la sagesse et le plaisir cachés de D.ieu se révèlent jusque dans les actes physiques. Cette descente est en réalité une élévation : tout ce qui atteint le niveau le plus bas prend racine dans ce qui est le plus élevé, en Kéter, au-delà de la sagesse elle-même.
Le maamar en bref
Le maamar lit le nom Avram comme av ram, le « père élevé », un intellect caché à toute pensée, dont la tâche est de se révéler à travers l’enchaînement des mondes, jusqu’à Mal’hout. Le 'Hessed d’Avraham est une révélation qui relie, mais elle n’atteint les êtres créés qu’à travers une dissimulation et requiert la circoncision pour éliminer l’écorce qui lui fait obstacle ; la révélation donne à son tour le pouvoir d’élever les étincelles dispersées dans le monde, comme une bougie absorbée par une torche. Devenir Avraham, avec l’ajout du hé de Bina, semble être une descente, mais l’expansion de Bina provient d’Atik et de Kéter, au-dessus de 'Hokhma, comme un sage a besoin d’un esprit plus vaste pour expliquer une idée au moyen de paraboles. De même, la Torah, vêtue de mitsvot physiques, puise en Kéter, et une mitsva physique révèle davantage que la sagesse à sa place propre. Avraham n’observait la Torah qu’intérieurement ; son accomplissement extérieur et physique nécessitait une lumière venant d’au-dessus de l’enchaînement des mondes, attirée par la circoncision, le dur labeur en Égypte et le alef de « Ano’hi ». Le maamar conclut en lisant les étapes d’Avram, la séparation de Lot et les noms d’Avraham et de Sarah comme autant d’étapes de cette attraction vers le bas.
Plan
- Av ram : l’intellect caché se révèleAvram est l’intellect caché à toute pensée ; son 'Hessed doit se révéler à travers les mondes, par le biais de la dissimulation, afin qu’un monde créé puisse exister et s’annuler devant D.ieu.¶1–3
- La circoncision et le pouvoir d’affinerLa circoncision élimine la kelipat nogah ; la révélation qui en résulte élève les étincelles comme une bougie devant une torche, et l’appel d’Avram inaugure le Monde de la Rectification.¶4–6
- Le hé ajouté : la descente comme élévationLe hé d’Avraham est Bina, où Atik se révèle ; comme dans les paraboles de Chlomo et à la pointe du youd, l’expansion provient d’un niveau supérieur, Kéter.¶7–9
- La Torah et les mitsvot dans les objets physiquesLa sagesse suprême n’est saisie que lorsqu’elle est vêtue de mitsvot physiques, qui puisent en Kéter ; la tsedaka et les tefillin unifient les mondes supérieurs ; les Patriarches ont préparé la voie à la Torah.¶10–13
- L’accomplissement intérieur et extérieur de la TorahAvraham observait la Torah intérieurement ; son accomplissement physique nécessitait une lumière venant d’au-dessus de l’hichtalchelout, attirée par la circoncision, le labeur en Égypte et l’alef de Kéter au Sinaï.¶14–19
- Les étapes d’Avram, Lot et les nomsLe départ de 'Haran, la séparation d’avec Lot et les noms Avraham et Sarah se lisent comme le passage de la révélation, de l’intellect caché jusqu’à Mal’hout.¶20–22
Notions clés
- L’intellect cachéשכל הנעלם מכל רעיון
- Un niveau de l’esprit si profond qu’aucune pensée ne peut le saisir, supérieur même à 'Hokhma ; le maamar l’identifie à Avram, av ram.
- Atikעתיק
- Le niveau le plus intérieur de Kéter, source du plaisir divin, qui se révèle précisément en Bina.
- Kéter (la Couronne)כתר
- Le niveau qui se situe au-dessus de la sagesse ; parce qu’il transcende l’enchaînement des mondes, il peut atteindre jusqu’aux objets physiques.
- Kelipat nogahקליפת נוגה
- L’écorce translucide qui recouvre la sainteté, mais contient du bien susceptible d’être élevé ; elle est représentée par le prépuce retiré lors de la circoncision.
- Une bougie devant une torcheכנר בפני האבוקה
- L’image d’une lumière moindre absorbée dans une lumière plus grande : ainsi les étincelles de sainteté sont attirées dans la Chekhina révélée.
- Les dimensions intérieure et extérieureפנימיות וחיצוניות
- Avraham observait les mitsvot dans leur dimension intérieure et spirituelle ; leur accomplissement extérieur et physique ne devint possible qu’avec la Torah donnée au Sinaï.
Av ram : l’intellect caché se révèle ¶1–3
(Le sujet de « Va-t’en » [Le’h Le’ha] ; « Et il poursuivit ses étapes » — d’en bas vers le haut, d’en haut vers le bas, etc. ; « vers D.ieu qui lui était apparu », etc. ; « vers D.ieu », sans autre précision.)
Un titre qui énumère les versets que le maamar va expliquer : l’appel de D.ieu à Avram, « Va-t’en », et les voyages ultérieurs d’Avram, que l’Admour Hazaken interprète comme un mouvement à la fois d’en bas vers le haut et d’en haut vers le bas. Les deux autels qu’Avram bâtit, l’un « vers D.ieu qui lui était apparu » et l’autre simplement « vers D.ieu », représenteront un niveau révélé de divinité et un niveau supérieur, sans qualification.
La phrase d’ouverture nomme les thèmes de tout le maamar : la mission d’Avram de descendre et de révéler ce qui est caché, et le mouvement dans les deux sens entre les niveaux supérieurs et inférieurs.
Le mouvement « d’en bas vers le haut » et « d’en haut vers le bas » correspond aux deux directions du service divin : l’élévation de l’âme vers D.ieu et l’attraction de la divinité vers le bas, dans le monde. Le maamar soutiendra que la tâche d’Avraham était principalement la seconde.
Maré mekomot
- 1ענין לך לך · בס׳ הנחות הר״פ ע׳ ה בהתחלה: וילך למסעיו ממעלה למטה כו׳ עם איזה הגהות מהצ״צ. הנחת כ״ק אדמו״ר האמצעי באוה״ת כרך ו תתרעב, א (הנדפס מלקו״ת לג״פ פב, א) עם הגהות מהצ״צ. גוכתי״ק כ״ק אדמו״ר האמצעי בבוך 1025 קכז, ב. והוא משנת תקס״ז. ראה לעיל ציונים לכ״ק אדמו״ר זי״ע. עוד הגהות וקיצורים באוה״ת בכרך ד תרפה, א. תרפח, ב.
- 2
- 3ממטה למעלה · Zohar I, 78a
- 4מלמעלה למטה · Zohar, Achrei Mot 57:354–59:362
- 5לה׳ הנראה · Genesis 12:7
- 6בכמה מקומות מציינים לד״ה זה · בד״ה הנה אברם — לקו״ת שלח מה, ד. ואתחנן י, ג. ובכמה מקומות מציינים: בד״ה לך לך. בלקו״ת אמור לט, א מציין לכאן. לכללות מאמר זה ראה מאמרי אדה״ז פרשיות כרך א ע׳ פ. ד״ה לך לך תשל״ח (נדפס בלקו״ש ח״כ ע׳ 295).
- 7וממעלה למטה · ראה זח״ג (בסתרי תורה) עז, א.
2הנה אברם הוא השכל הנעלם מכל רעיון1 א״ב ר״ם2 וצ״ל בבחי׳ גילוי דהיינו להיות סדר השתלשלות מבחי׳ חכים ולא בחכמה ידיעה בבחי׳ ירידה ממדרגה למדרגה עד סוף כו׳
Or, Avram est l’intellect caché à toute pensée — av ram, « père exalté » ; et il doit accéder à un état de révélation, c’est-à-dire que s’établisse l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) à partir du niveau de « sage, mais non par une sagesse connaissable », selon une descente de degré en degré, jusqu’au terme, etc.
Le nom Avram est lu comme av ram, « père exalté » : un niveau d’intellect si profond qu’aucune pensée ne peut l’atteindre, supérieur même à 'Hokhma. La tâche d’Avram est de faire passer ce niveau caché dans la révélation, afin qu’il descende pas à pas à travers tous les mondes, jusqu’au plus bas.
והתכלית הוא להיות גילוי בבי״ע3 ג״ע עליון ותחתון תענוג הנבראים שיוכלו לקבל גילוי התענוג כו׳.
Et le but est qu’il y ait une révélation dans [les mondes de] Béria, Yetsira et Assiya — les Gan Eden supérieur et inférieur, le plaisir des êtres créés — afin qu’ils puissent recevoir la révélation du plaisir, etc.
Le but de cette descente est que la divinité soit révélée même dans les mondes créés inférieurs, Béria, Yetsira et Assiya. Là, elle est vécue comme le Gan Eden, où les âmes et les êtres créés reçoivent une révélation du plaisir divin.
Le paragraphe présente Avram comme l’« intellect caché » et définit sa mission : faire descendre ce qui est entièrement caché à travers l’enchaînement des mondes, afin que même les êtres créés puissent recevoir son plaisir.
« Sage, mais non par une sagesse connaissable » décrit une sagesse qui n’est pas encore une faculté définie. Les Rebbeim ultérieurs expliquent que l’« intellect caché à toute pensée » est même supérieur à 'Hokhma, car 'Hokhma, bien qu’elle soit la première des facultés intérieures, constitue déjà une révélation.
Maré mekomot
- 1שכל הנעלם מכל רעיון · ראה סה״מ תרנ״ז ע׳ קסד. ד״ה לך לך תרצ״ד, שכל העמוק ביותר שמוסתר ונעלם לגמרי נק׳ שכל הנעלם מכל רעיון להיות שגם אפס קצהו אינו מושג כלל. שהוא למעלה גם מבחי׳ חכמה, כי חכמה (עם היותה ראשית כל הכחות פנימיים) היא בחי׳ גילוי, משא״כ אב רם הוא שכל הנעלם מכל רעיון — ד״ה לך לך תשל״ח. וראה מאמרי אדה״א במדבר כרך א׳ ע׳ שי (במילואים למ״מ). ובד״ה ואברהם זקן תשל״ד (מהנחה בלתי מוגה) מבאר דענין שכל הנעלם מכל רעיון יש בו ב׳ נקודות מצד אחד הרי יש בו ההגדרה דשכל, אבל לאידך הרי הוא שכל באופן כזה שהוא נעלם מכל רעיון, ע״ש שמביא ראי׳ מסה״מ תרס״ו ע׳ פ. באוה״ת תולדות כרך ד תרפה, א מביא זה בשם: ברע״מ. וראה באמרי בינה ח״ג פרק קמא: ובלשון הגאונים.
- 2א״ב ר״ם · Zohar I, 79b
- 3להיות גילוי בבי״ע . . פתח האהל · כמ״ש בלקו״ת בדרוש עשי״ת ד״ה להבין פי׳ יג״מ מי כמוך כו׳ נושא עון ע״ש פ״ב . . זה נתחדש לאברהם וע׳ בלקו״ת להאריז״ל פ׳ לך לך נהנה מזיו השכינה וזהו גילוי החסדים, לזה נאמר והוא יושב פתח האוהל — מאמרי אדמו״ר הזקן הנחות הר״פ ע׳ ה׳.
Et c’est là le sens de « 'Hessed se révèle dans la bouche de l’amah » : la révélation du flux d’influence selon une modalité de liaison ; et « il était assis à l’entrée de la tente », etc.
Le Zohar dit que le 'Hessed se révèle dans la « bouche de l’amah », le Yessod, canal du don et de la liaison. Avraham, l’homme du 'Hessed, incarne ce flux de bonté qui relie celui qui donne à celui qui reçoit ; c’est pourquoi il est assis « à l’entrée de la tente », là où l’intérieur s’ouvre vers l’extérieur.
אך גילוי זה הוא ע״י צמצומים והעלם בחי׳ חשך דיצחק ויהי ערב ויהי בקר יום3 א׳
Mais cette révélation s’opère au moyen de contractions (tsimtsoumim) et d’une dissimulation — le niveau de l’obscurité de Yits’hak — « Et il y eut un soir et il y eut un matin, un jour »,
Cependant, la révélation du 'Hessed ne peut atteindre les êtres créés qu’au moyen de contractions et de dissimulation, associées à Yits’hak (Guevoura). Le verset de la création, « il y eut un soir et il y eut un matin », montre que l’obscurité, c’est-à-dire la dissimulation, vient d’abord, et la lumière ensuite.
כדי להיות בחי׳ יש ובו יהיה יום אחד המשכת אחד שיהיה היש בטל דהיינו שיהיה בחי׳ יש ובטל כו׳.4
afin qu’il y ait le niveau d’une [créature] existante (yech), et qu’en elle se trouve « un jour » — l’attraction de « Un » — pour que cette existence soit annulée ; c’est-à-dire qu’il y ait le niveau d’une existence et [pourtant] qu’elle soit annulée, etc.
La dissimulation existe afin qu’une « existence » créée (yech) puisse exister. Mais cette existence doit contenir « un jour » : l’Unité de D.ieu attirée en elle, de sorte qu’elle existe tout en étant simultanément annulée devant Lui.
Le paragraphe décrit le 'Hessed d’Avraham comme une révélation qui relie, et explique qu’elle n’atteint les êtres créés qu’au moyen de la dissimulation, afin qu’un monde réel puisse exister tout en étant annulé devant l’Unité de D.ieu.
L’association d’Avraham ('Hessed, révélation) à Yits’hak (Guevoura, obscurité et tsimtsoum) reflète l’enseignement kabbalistique selon lequel toute révélation aux êtres inférieurs requiert une contraction préalable ; le « jour un » de la création est interprété comme l’unité du yech créé avec l’Un divin.
Maré mekomot
- 1חסד אתגלי בפומא דאמה · Zohar III, 142a
- 2והוא יושב פתח האוהל · Genesis 18:1
- 3ויהי ערב ויהי בקר יום א׳ · Genesis 1:5
- 4כי אב המון גוים · Genesis 17:5
La circoncision et le pouvoir d’affiner ¶4–6
4והנה להיות גילוי זה צ״ל מצות מילה להסיר ערלה היא קליפת נוגה החופפת כו׳ שלא יהיה לה יניקה שא״א להמשיך בחי׳ גילוי בעודה שם כ״א כשיעור חיותה כו׳.
Or, pour que cette révélation advienne, il faut la mitsva de la circoncision, afin d’enlever le prépuce, qui est la kelipat nogah qui le recouvre, etc., et qu’elle n’en reçoive aucune vitalité ; car il est impossible d’attirer le niveau de révélation tant qu’elle est là, si ce n’est dans la mesure de sa force vitale, etc.
Pour que la divinité soit révélée, la mitsva de la circoncision est nécessaire. Le prépuce représente la kelipat nogah, l’« écorce translucide » qui recouvre la sainteté et en reçoit sa nourriture ; tant qu’elle est là, la révélation ne peut venir que dans la mesure limitée qui la maintient.
ולכן כתיב אחר מצות מילה כי אב המון גוים שלכאורה אינו מובן מה ענין גוים לכאן
C’est pourquoi il est écrit, après la mitsva de la circoncision : « Car [J’ai fait de toi] le père d’une multitude de nations » — ce qui, à première vue, n’est pas compréhensible : quel rapport les nations ont-elles avec cela ?
L’Admour Hazaken demande pourquoi, juste après le commandement de la circoncision, la Torah appelle Avraham « père d’une multitude de nations ». Quel rapport les nations ont-elles avec la circoncision ?
אלא שנעשה כח הבירור ע״י גילוי זה כי למה הצדיקים דומים1 בפני השכינה כנר בפני האבוקה שנכללים בבחי׳ בטול באבוקה.23
Mais c’est par cette révélation que s’acquiert le pouvoir de raffinement ; car « À quoi les justes ressemblent-ils devant la Chekhina ? À une bougie devant une torche », en ce qu’ils sont absorbés, dans un état d’annulation de soi (bitoul), dans la torche.
Il répond que la révélation produite par la circoncision donne le pouvoir de raffiner et d’élever. Comme le dit le Talmud, les justes devant la Chekhina sont comme une bougie devant une torche : la petite flamme est absorbée par la grande. De même, ce qui se trouve près de la lumière révélée y est attiré.
La circoncision retire l’écorce qui fait obstacle à la révélation, et la révélation qui en résulte donne à Avraham le pouvoir d’attirer vers la sainteté ce qui se trouve en dehors d’elle ; c’est pourquoi il devient le « père d’une multitude de nations ».
Dans la 'Hassidout, la kelipat nogah est l’écorce intermédiaire qui contient du bien mêlé au mal et peut être élevée vers la sainteté ; les trois kelipot entièrement impures ne le peuvent pas. L’image de la bougie absorbée par la torche décrit le bitoul : non pas une destruction, mais une inclusion dans une lumière plus grande.
Maré mekomot
- 1למה צדיקים דומים · Pesachim 8a:4
- 2שנכללים בבחי׳ בטול באבוקה · ראה לקו״ת ברכה צח, ב. בהנחת הר״פ נוסף: כשמקרבין נר לאבוקה בסמוך לה נסתלק השמן הנר ונכלל באבוקה, ככה ע״י מעשה הצדיקים נבררים הניצוצות מבי״ע ונכללים במל׳ דא״ס”. ובהנחת כ״ק אדה״א הנדפס באוה״ת תתרעב, ב (מלקו״ת לג״פ) בארוכה יותר.
- 3
5ואמרו גלו לאדום1 כו׳ כי לא גלו אלא כדי שיתוסף עליהם גרים2 והן הניצוצות3 שבק״נ שבמאכלים ומשקים שמתעלים להתכלל בקדושה מפני גילוי שכינה שעי״ז הם בטלים ונכללים כנר בפני אבוקה4 כו׳.
Et [les Sages] ont dit : « Ils furent exilés à Édom », etc., car « ils ne furent exilés que pour que des convertis s’ajoutent à eux » — et il s’agit des étincelles dans la kelipat nogah qui se trouvent dans les aliments et les boissons, et qui sont élevées pour être absorbées dans la sainteté, grâce à la révélation de la Chekhina ; par elle, elles sont annulées et absorbées, comme une bougie devant une torche, etc.
Le Talmud enseigne qu’Israël fut exilé parmi les nations uniquement afin que des convertis le rejoignent. L’Admour Hazaken en donne une interprétation intérieure : les « convertis » sont les étincelles de sainteté prises au piège dans la kelipat nogah, dans les aliments et les boissons permis de ce monde. Lorsque la Chekhina se révèle, ces étincelles s’annulent devant elle et sont absorbées dans la sainteté, comme une bougie devant une torche.
Le paragraphe prolonge l’image de la bougie et de la torche : l’exil a pour but d’élever les étincelles de sainteté dispersées dans le monde, qui sont absorbées dans la sainteté par la révélation de la Chekhina.
Cela suit l’enseignement de l’Ari zal selon lequel des étincelles de sainteté sont tombées dans les écorces lors du brisement des réceptacles, et que la consommation d’aliments permis au service de D.ieu les libère et les élève. Les « convertis » désignent ici principalement ces étincelles, selon l’interprétation intérieure de la tradition.
Maré mekomot
- 1גלו לאדום · נסמן לעיל לדף ה, א.
- 2לא גלו אלא כדי שיתוסף עליהם גרים · Pesachim 87b:14
- 3והן הניצוצות · ראה לקמן קיז, ב. נתבאר בארוכה בביאוה״ז לאדה״א קלו, א.
- 4ונכללים כנר בפני אבוקה · בהנחת הר״פ: ”נמצא כשנקרא אברהם בה׳ התגלות אור בבחי׳ מל׳ פתח האוהל אז נעשה אב המון גוים כי המון גוים נעשה גרים ונכללים בבחי׳ מל׳ אור הגוים הנבלעים בבי״ע משבירת הכלים”. וכן בהנחת אדה״א מדגיש ענין ”פתח האהל”.
Et c’est là le sens de ce passage : « Et D.ieu dit à Avram » — av ram — : il doit descendre et se déployer par étapes en état de révélation, afin qu’il y ait réparation et raffinement.
Voici le sens intérieur de l’appel de D.ieu à Avram : av ram, l’intellect caché, doit descendre par étapes dans la révélation. Le but est le tikoun (réparation) et le birour (raffinement) : réparer le monde et en extraire le bien.
כי עד אברם הי׳ שבה״כ דור המבול כו׳. ומאברם מתחיל עולם התיקון לך לך יציאת שם מ״ה המתקן ומברר כו׳.
Car, jusqu’à Avram, il y eut le brisement des réceptacles — la génération du Déluge, etc. Avec Avram commence le Monde de la Rectification : « Va-t’en » (Le’h Le’ha) — l’émergence du Nom Mah, qui répare et raffine, etc.
Les générations antérieures à Avram, jusqu’au Déluge, correspondent au « brisement des réceptacles » kabbalistique, un état de désordre. Avec Avram commence le Monde de la Rectification ; « Va-t’en » est interprété comme l’émergence du Nom Mah, la puissance divine qui répare et raffine.
וצ״ל ירידה אחר ירידה מא״ב ר״ם בחי׳ יסוד אבא עד אל הארץ בחי׳ מל׳. אשר אראך.
Et il doit y avoir descente après descente, depuis av ram — le niveau du Yessod d’Abba — jusqu’à « la terre », le niveau de Mal'hout. « Que Je te montrerai. »
La descente est progressive, degré après degré : depuis av ram, identifié au Yessod d’Abba (l’issue de 'Hokhma), jusqu’à « la terre », qui représente Mal'hout, la Séfira la plus basse. « Que Je te montrerai » introduit ensuite le but de ce voyage.
פי׳ אראה ואגלה אותך בעצמך כלומר שאתה תבא לידי התגלות במצות מילה. והיה שמך אברהם2 אב המון גוים כו׳:
Cela signifie : Je te montrerai et te révélerai toi-même ; c’est-à-dire que tu viendras à la révélation par la mitsva de la circoncision. « Et ton nom sera Avraham, [car J’ai fait de toi] le père d’une multitude de nations », etc.
« Que Je te montrerai » se lit comme « Je te révélerai à toi-même » : l’intellect caché en Avram deviendra révélé par la mitsva de la circoncision. C’est pourquoi le verset relie la circoncision au nouveau nom d’Avraham, « père d’une multitude de nations ».
Le paragraphe interprète les versets d’ouverture de Le’h Le’ha comme la descente, étape par étape, de l’intellect caché jusqu’à Mal'hout, inaugurant l’ère de la rectification et aboutissant à la révélation par la circoncision.
Dans le système de l’Ari zal, le Nom Mah (Havaya épelé de manière à totaliser 45) est la puissance de tikoun qui répare les réceptacles brisés du Nom Ban. Lire le voyage d’Avram comme l’émergence de Mah situe Avraham au commencement du Monde de la Rectification.
Maré mekomot
- 1ויאמר ה׳ אל אברם · Genesis 12:1
- 2
Le hé ajouté : la descente comme élévation ¶7–9
7והנה לפ״ז היא ירידה להיות מא״ב ר״ם אברהם. אך הענין מה שנתוסף לו1 ה׳ הוא ה׳ עילאה2 ובזוהר3 אי׳ גבי ועבד הלוי הוא4.
Or, selon cela, devenir Avraham à partir de av ram constitue une descente. Mais voici l’explication : la lettre hei qui lui fut ajoutée est la hei supérieure. Et le Zohar dit, au sujet de « Et le Lévite accomplira le service, lui » :
Il pourrait sembler que devenir Avraham soit une descente depuis le niveau élevé de av ram. Mais le hei ajouté à son nom est le « hei supérieur », qui correspond à Bina ; et la lecture du Zohar d’un verset concernant les Lévites montre sa grandeur.
« Lui » — c’est Atika ; autrement dit, la révélation d’Atik se trouve précisément dans Bina, et non dans 'Hokhma, car 'Hokhma est appelée Eden, et Atik ne s’y révèle pas,
Le Zohar lit le mot « lui » (hou) dans ce verset comme désignant Atika, l’« Ancien », le niveau le plus intérieur de Kéter. Sa révélation se trouve précisément dans Bina, et non dans 'Hokhma, appelée « Eden », où Atik ne se révèle pas.
כי עתיק הוא מקור התענוגים והתענוג הוא למעלה מן החכמה8 ובחכמה עצמה שהיא בחי׳ נקודה עדיין לא בא לידי גילוי כ״א
car Atik est la source des plaisirs, et le plaisir est au-dessus de 'Hokhma ; et dans 'Hokhma elle-même, qui est le niveau d’un point, il n’est pas encore venu à la révélation, si ce n’est
Atik est la source de tout plaisir, et le plaisir se situe au-dessus de la sagesse. Dans 'Hokhma, qui n’est qu’un « point », une étincelle encore non développée, le plaisir ne peut pas encore se manifester.
ע״י בינה נקודה בהיכלא9 נקבה תסובב גבר10 שמקבלת הארת עתיקא. והענין כנודע שלהיות11 התפשטו׳ וירידת המדרגו׳ הוא דוקא ע״י בחי׳ ומדרגה יותר עליונה כו׳:
par l’intermédiaire de Bina — « un point dans un palais » ; « une femme entourera un homme » — car elle reçoit la lumière d’Atika. L’explication est, comme on le sait, que pour qu’il y ait expansion et descente des niveaux, cela vient précisément d’un niveau et d’un degré encore plus élevés, etc.
Le plaisir ne se manifeste que dans Bina, où le point de l’intuition se déploie dans un « palais » et devient intelligible. Le verset « une femme entourera un homme » suggère que Bina, le « féminin » réceptif, entoure et reçoit la lumière d’Atik. Le principe sous-jacent est que toute expansion et toute descente proviennent d’un niveau encore plus élevé.
Ce paragraphe montre que le hei ajouté à Avraham, le hei supérieur de Bina, n’est pas une descente mais une élévation, car c’est dans Bina que se révèle le plaisir d’Atik, qui est au-dessus de 'Hokhma elle-même.
Les Rebbeim des générations suivantes notent que le plaisir est éprouvé lorsqu’une chose est pleinement comprise, ce qui explique pourquoi Atik se révèle dans Bina. Le Tséma’h Tsédek rapporte également que l’inverse est parfois dit : la dimension intérieure d’Abba est la dimension intérieure d’Atik.
Maré mekomot
- 1מה שנתוסף לו ה׳ · באוה״ת ויחי שפ, א מציין לכאן.
- 2ה׳ עילאה · ע׳ באוה״ת פ׳ נצבים ע׳ א׳קד.
- 3ובזהר אי׳ · Zohar III, 178a
- 4
- 5ובזוהר אי׳ גבי ועבד הלוי הוא. הוא דא עתיקא · Zohar, Korach 8:37–41
- 6שהתגלות עתיק הוא בבינה · לקו״ת צו יא, א. במדבר יב, רע״ג. פ׳ עקב טו, ג. ר״ה נז, א מציין לכאן. ע׳ באוה״ת פ׳ חיי שרה קיט, ב. ובפ׳ ראה בתחלתו. ובדרושים ליוהכ״פ ע׳ א׳תקצג ”כי התענוג אינו אלא כשמושג הדבר” וע״ש בעמוד א׳תקצד. וראה בביאורי הזהר להצ״צ פ׳ אחרי עמוד שסד שלפעמים איתא להיפך דפנימי׳ אבא הוא פנימי׳ עתיק ע״ש. ראה ד״ה זה היום תר״ס ע׳ כב. בגוכתי״ק ליתא תי׳ ”דא” ותי׳ ”עתיק”. באוה״ת כאן תתרעז, א יש הגה״ה שמציין להנחת הר״פ.
- 7חכמה נק׳ עדן · Tikkunei Zohar, Tikkun 54 · 87b:7
- 8והתענוג הוא למעלה מן החכמה · ראה בספר יצירה פ״ב מ״ד ”אין טובה למעלה מענג”. ובאוה״ת בראשית כרך ג תקכג, ב מציין ע״ז לעיין באו״ת מהמגיד ר״פ לך לך שזה ע״ד אל יתהלל החכם כו׳ ע״ש.
- 9בינה נקודה בהיכלא · Zohar I, 6a
- 10נקבה תסובב גבר · Jeremiah 31:22
- 11והענין כנודע שלהיות התפשטות וירידת המדריגו׳ · בהבא לקמן ראה בהמשך מצה זו תר״מ ע׳ קסה בשינויים והופות. וראה תו״ח לך לך פא, ב ואילך. אוה״ת לך לך (כרך ד ע׳ תרצ, ב ואילך. כרך ו ע׳ תתרעג, א ואילך). וראה המשך תרס״ו ע׳ עח ואילך. ד״ה מעין גנים תרצ״א (סה״מ קונטרסים ח״א ע׳ 404 ואילך) ובכ״מ. לקו״ש ח״א ע׳ 42 הערה 32.
8ולהבין זה היטב1 הנה כתיב בשלמה וידבר שלשת אלפים משל.2 הענין הוא כמו שאנו רואין שהחכם אף שיודע דבר חכמה בעצמו3 אעפ״כ אינו יכול להסביר החכמה ההיא לזולתו עד שקודם
Pour bien comprendre cela, il est écrit au sujet de Chlomo : « Il prononça trois mille paraboles. » Voici l’explication : nous voyons qu’un sage, bien qu’il connaisse lui-même une idée de sagesse, ne peut néanmoins expliquer cette sagesse à autrui tant que, auparavant,
Pour éclaircir ce principe, l’Alter Rebbe se tourne vers le roi Chlomo, qui « prononça trois mille paraboles ». Connaître une idée ne revient pas à pouvoir l’expliquer à quelqu’un d’autre.
שהוא מסביר צריך לקשר דעתו בחוזק ולהתיישב איך ומה שיכול להסביר ולהשתלשל למטה בדברים תחתונים ולהלבישם במשל דהיינו שיהי׳ יכול למצוא דבר החכמה ההיא גם בדברים תחתונים.
avant de l’expliquer, il ne concentre pas fermement son esprit et ne réfléchit pas à la manière et aux éléments qu’il peut expliquer, à la façon de la faire descendre par étapes dans des choses inférieures et de la revêtir d’une parabole ; c’est-à-dire qu’il puisse retrouver cette idée de sagesse jusque dans des choses inférieures.
Avant d’expliquer, un maître doit concentrer intensément son esprit et déterminer comment l’idée peut être ramenée à des termes plus simples et revêtue d’une analogie, en retrouvant la même sagesse dans des choses inférieures.
כי לזה צריך חכם גדול שיוכל להלביש חכמתו גם בדברים תחתונים שלמטה ממנו. רק שלמה המלך ע״ה ברוב בינתו היה יכול למצוא שלשת אלפים משל
Car il faut pour cela un grand sage, capable de revêtir sa sagesse même dans des choses inférieures, situées plus bas que lui. Seul le roi Chlomo, que la paix soit sur lui, grâce à l’immensité de son intelligence, pouvait trouver trois mille paraboles,
Cela exige une intelligence véritablement exceptionnelle. L’immense compréhension de Chlomo lui permit de trouver trois mille paraboles pour une seule idée.
דהיינו ג׳ אלפים מדרגות שלמטה ממנו גם שם היה יכול למצוא ולהראות אותו דבר חכמה בעצמה שהיה יודע.
c’est-à-dire trois mille niveaux situés au-dessous de lui ; jusque-là, il pouvait retrouver et montrer cette même idée de sagesse qu’il connaissait.
Les trois mille paraboles correspondent à trois mille niveaux descendants ; à chacun, Chlomo pouvait encore retrouver et montrer précisément la sagesse qu’il connaissait.
לכן כשנצרך להשתלשל המדרגה שתהיה ההתבוננות בהרחבה צריך שיהיה מן מקור עליון הגבוה ביותר מבחי׳ חכמה ואז יכול להיות התגלות בינה
Par conséquent, lorsqu’un niveau doit descendre par étapes afin que la contemplation se déploie largement, il doit provenir d’une source supérieure, bien plus élevée que le niveau de 'Hokhma ; alors Bina peut se révéler.
La leçon est la suivante : pour qu’une idée descende et se déploie en une compréhension vaste et détaillée (Bina), son pouvoir doit provenir d’une source supérieure à l’intuition initiale ('Hokhma).
אבל מן חכמה עצמה אין יכול לירד להשתלשל ממנה בחי׳ בינה רק שרש בינה והתגלותה היא התגלות עתיק בה וע״י נשתלשלה ונתגלה בהרחבה.
Mais le niveau de Bina ne peut pas descendre et se déployer par étapes à partir de 'Hokhma elle-même. Au contraire, la racine de Bina et sa révélation sont la révélation d’Atik en elle ; c’est par ce moyen qu’elle descend par étapes et se révèle dans toute son ampleur.
Bina ne peut pas simplement découler de 'Hokhma. Sa racine est la révélation d’Atik, qui est au-dessus de 'Hokhma, en elle ; c’est ainsi qu’elle se développe et se déploie largement.
À l’aide de la parabole d’un maître qui doit puiser dans un pouvoir plus profond pour expliquer son intuition, ce paragraphe montre que l’expansion de Bina ne provient pas de 'Hokhma, mais d’Atik, qui lui est supérieur.
L’analogie exprime un principe 'hassidique : la capacité de faire descendre une idée à des niveaux inférieurs tout en la préservant intacte révèle une maîtrise qui dépasse l’idée elle-même. Ainsi, la descente vers Bina, comme l’ajout du hei au nom d’Avraham, révèle une source supérieure.
Maré mekomot
- 1ולהבין זה היטב · מכאן עד סיום המאמר הוא מהנחת הר״פ ע׳ ו. בבוך 1135 לה, ב בגוכתי״ק כתב הצ״צ אחר המאמר שמכאן הוא הנחת הר״פ והוא ביאור. וגם בקטע זה יש הוספות מהצ״צ.
- 2וידבר שלשת אלפים משל · I Kings 5:12
- 3שהחכם אף שיודע דבר חכמה בעצמו · ראה בארוכה באוה״ת מסעי ע׳ א׳תלא.
9ואף כאן להיות הארת הבינה אורך ורוחב מבחי׳ יו״ד חכמה בחי׳ נקודה כו׳ הוא ע״י גילוי בחי׳ עליונה1 יותר היא בחי׳ עתיק בחי׳ קוצו של יו״ד שעי״ז מתפשט היו״ד בה״א.
De même ici : pour que la lumière de Bina, avec sa longueur et sa largeur, procède du niveau du youd — 'Hokhma, le niveau d’un point, etc. —, il faut la révélation d’un niveau encore supérieur, à savoir le niveau d’Atik, celui de la pointe du youd ; c’est par elle que le youd se déploie en hei.
Il en va de même pour les lettres du Nom divin : le youd, simple point, correspond à 'Hokhma ; le hei, qui a longueur et largeur, à Bina. Le youd ne peut se déployer en hei que par sa « pointe » (kots), qui correspond à Atik, un niveau supérieur à 'Hokhma.
וכמבואר בפרדס2 שהיו״ד יש לו ג׳ קוצין ומקוץ התחתון נמשך הה׳ ובקוץ התחתון יש בחי׳ הקוץ העליון
Comme l’explique le Pardes, le youd a trois pointes ; le hei est tiré de la pointe inférieure, et cette pointe inférieure contient en elle un aspect de la pointe supérieure.
Le Pardes de Rabbi Moché Cordovero explique que le youd a trois pointes ; le hei est tiré de la pointe inférieure, laquelle contient en elle un aspect de la pointe supérieure.
ונמצא שיש הארת קוץ העליון בבינה ולכן ירידה זו היא בחי׳ עילוי מאוד שנמשך אור הכתר ולכן וילך למסעיו מנגב.
Il s’ensuit que la lumière de la pointe supérieure se trouve dans Bina. Cette descente est donc une très grande élévation, car la lumière de Kéter est attirée vers le bas. C’est pourquoi « il poursuivit ses étapes depuis le Néguev » —
Bina, le hei, porte donc une lumière provenant de la pointe supérieure, Kéter. Voilà pourquoi la descente de av ram à Avraham est en réalité une grande élévation : elle fait descendre la lumière de Kéter. Cela est également suggéré par les étapes d’Avram « depuis le Néguev ».
'Hessed. « Jusqu’à Beit El » — Mal'hout. De haut en bas et de bas en haut : de « vers D.ieu qui lui était apparu », etc., à « vers D.ieu », sans précision.
Les étapes du voyage sont mises en correspondance avec les Séfirot : le Néguev (le sud) est 'Hessed, et Beit El est Mal'hout. Le voyage va de haut en bas et de bas en haut : de l’autel « vers D.ieu qui lui était apparu » (un niveau révélé) à l’autel « vers D.ieu » simplement (le niveau supérieur, sans qualification).
À travers l’image du youd et de ses pointes, ce paragraphe montre que Bina reçoit une lumière de Kéter ; la descente vers Avraham est ainsi une élévation. Il interprète aussi les étapes du voyage d’Avram comme un mouvement entre les Séfirot.
Dans Likkutei Torah (Matos), l’Alter Rebbe cite Rabbi ‘Haïm Vital, selon lequel la pointe inférieure du youd est Daat, qui relie 'Hokhma et Bina. La note de Kehot indique également que le passage allant de « Comme l’explique le Pardes » jusqu’à la fin de cette section est une glose du Tséma’h Tsédek.
Maré mekomot
- 1הוא ע״י גילוי בחי׳ עליונה · בלקו״ת הוספות לויקרא נד, ג. בלק עה, ב מציין לכאן.
- 2וכמבואר בפרדס · שער האותיות ס״פ יג. מכאן עד סיום הקטע — הגהת כ״ק הצ״צ. בהנחת הר״פ כאן מתי׳ ואף כאן, עד התחלת הקטע ”והנה להבין” ”וזהו ענין קוצו של י׳ העליון היינו י׳ חכמה אך שיתגלה בחי׳ בינה הוא ע״י הארת קוץ העליון על היו״ד הארת הכתר נתגלה קוץ התחתון באות ה׳ עילאה היינו בינה וזהו ויאמר ה׳ אל אברם ע״י בחי׳ כתר נעשה אברהם ה׳ עילאה בינה ומזה נשתלשל ונגלה החסדים עד ה׳ תתאה בחי׳ מל׳ ואז וילך למסעיו ממעלה למטה וממטה למעלה הנ״ל”: והנה אמרו נובלות חכמה. מכאן עד סיום הקטע שונה מהנחת הר״פ ע״ש ע׳ ו. בלקו״ת מטות פו, ב מציין לכאן. ושם מביא דעת הרח״ו: שקוץ התחתון הוא הדעת והיינו שהדעת מחבר חו״ב. ע״ש. וראה לקו״ת שלח מו, ב.
- 3וילך למסעיו מנגב. חסד. ועד בית אל · Genesis 13:3
- 4מלה׳ הנראה · Genesis 12:7
- 5מלה׳ הנראה כו׳ · ראה ביאור ע״ז באוה״ת פ׳ לך לך כרך ד תרפח, ב (מלקו״ת לג׳ פרשיות עט, ג). ספר המאמרים תש״ב ע׳ 100.
La Torah et les mitsvot dans les objets physiques ¶10–13
10והנה להבין זה בעבודה1 הנה אמרו נובלות חכמה של מעלה תורה23 שהתורה שהיא בדברים גשמיים היא מבחי׳ חכים ולא בחכמה ידיעא כי
Pour comprendre cela dans le service divin, les Sages ont dit : « Les fruits tombés de la sagesse d’en haut sont la Torah » ; autrement dit, la Torah, qui est revêtue de choses matérielles, relève du niveau de « sage, mais non d’une sagesse connaissable ». Car
L’Alter Rebbe applique maintenant cela au service divin de l’homme. Les Sages appellent la Torah le « fruit tombé » (novlot) de la sagesse supérieure : ce qui est descendu d’en haut. Pourtant, la Torah, revêtue de choses matérielles, provient du niveau de sagesse le plus élevé, « sage, mais non d’une sagesse connaissable ».
הנה חכמה עליונה אין לה השגה רק דוקא בהתלבשותה בדברים גשמיים שאזי בלקיחת האתרוג עד״מ מאחר שהחכמה מלובשת בו ה״ז כאלו אוחז בחכמה העליונה.4
la 'Hokhma supérieure ne peut être appréhendée qu’à condition d’être revêtue de choses matérielles ; ainsi, lorsqu’on prend l’étrog, par exemple, puisque la sagesse en est revêtue, c’est comme si l’on saisissait la 'Hokhma supérieure.
La sagesse supérieure, telle qu’elle est, ne peut absolument pas être appréhendée ; on ne peut s’en saisir que lorsqu’elle est revêtue de choses matérielles. Ainsi, lorsqu’une personne prend l’étrog à Souccot, puisque la sagesse de D.ieu en est revêtue, c’est comme si elle tenait la sagesse supérieure elle-même.
Ce paragraphe met le principe en pratique : par les mitsvot matérielles, qui revêtent la sagesse divine la plus élevée, l’homme peut véritablement saisir cette sagesse.
La note de Kehot rapporte qu’une analogie est ajoutée dans le Hemshekh « Matsa Zou » 5640 du Rabbi Maharach : on ne peut lire les lettres gravées sur une gemme éclatante à cause de son éclat, mais on peut les lire une fois imprimées dans de la cire. De même, la sagesse supérieure n’est « lisible » que lorsqu’elle est imprimée dans les mitsvot matérielles.
Maré mekomot
- 1והנה להבין זה בעבודה · קטע מכאן מובא בהמשך בד״ה מצה זו תר״מ פרק כד ע׳ קסה בשינויים.
- 2נובלות חכמה של מעלה תורה · Bereshit Rabbah 17:5
- 3נובלות חכמה של מעלה תורה · Bereshit Rabbah 44:17
- 4כאלו אוחז בחכמה העליונה · בהמשך מצה זו תר״מ ע׳ קסה נוסף: ועד״מ אותיות החקוקי׳ על האבן טוב מחמת רוב בהירות האבן טוב א״א לקרוא אותם, כ״א דוקא כשחותמים על השעוה אז יכולים לקרות אותם:
Or, la 'Hokhma supérieure est attirée dans les choses matérielles par la lumière de Kéter, car « la Torah émane de 'Hokhma » sous son aspect révélé,
Comment la sagesse supérieure descend-elle dans les choses matérielles ? Par la lumière de Kéter, qui est au-dessus de la sagesse. L’énoncé du Zohar selon lequel la Torah « émane de 'Hokhma » ne décrit que son niveau révélé.
אבל מקורה הוא למעלה שתרי״ג מצות דאורייתא וז׳ דרבנן הם תר״ך עמודי אור3 והוא מארחין לבנונית דגלגלתא4 בחי׳ כתר שהוא מל׳ דא״ס ועי״ז נמשך למטה כ״כ.
mais sa source est plus élevée : les 613 mitsvot de la Torah et les sept mitsvot rabbiniques sont les 620 colonnes de lumière, et elles proviennent des « sentiers de blancheur du Crâne (Gulgalta) », le niveau de Kéter, qui est la Mal'hout de l’Infini (Ein Sof) ; c’est ainsi qu’elles sont attirées si bas.
Sa source est plus élevée : les 613 commandements de la Torah et les sept commandements rabbiniques donnent le nombre 620, valeur numérique de Kéter, et sont appelés les 620 « colonnes de lumière ». Ils proviennent des « sentiers de blancheur » du Gulgalta, le « crâne » de Kéter, qui est la Mal'hout de l’Infini ; parce qu’ils proviennent d’un niveau si élevé, ils peuvent atteindre un niveau si bas.
Ce paragraphe explique que la Torah peut pénétrer jusque dans les choses matérielles parce que sa source se trouve dans Kéter, au-dessus de 'Hokhma.
La « Mal'hout de l’Infini » désigne l’aspect le plus bas du niveau qui se trouve au-dessus de tous les mondes ; il devient le Kéter d’Atsilout. Ce qui atteint le niveau le plus bas a sa racine au niveau le plus élevé, car seul un niveau qui dépasse toutes les gradations peut être présent de manière égale à tous les niveaux.
Maré mekomot
- 1והנה המשכת . . אורייתא מחכמה נפקת · Zohar II, 121a
- 2אורייתא מחכמה נפקת · Zohar, Yitro 21:378–22:389
- 3שתרי״ג מצות . . וז׳ . . תר״ך עמודי אור · פרדס שער ח׳ פ״ג.
- 4והוא מארחין לבנונית דגלגלתא · Zohar III, 129a
12ולכן גילוי חכמה עליונה המלובשת בפ׳ קדש12 עד״מ הוא יותר מגילוי החכמה עצמה במקומה העליון לפי שנמשך ע״י הכתר שלמעלה מהחכמה.
Par conséquent, la révélation de la 'Hokhma supérieure revêtue, par exemple, du passage de « Kadech » est plus grande que la révélation de 'Hokhma elle-même à sa place supérieure, car elle est attirée par Kéter, qui est au-dessus de 'Hokhma.
« Kadech » est l’un des passages de la Torah inscrits sur le parchemin des tefilin. Puisque la sagesse de D.ieu atteint ce parchemin par Kéter, qui est au-dessus de la sagesse, sa révélation y est plus grande que celle de la sagesse dans son propre lieu élevé.
ולכן נעשה יחוד עליון ע״י דברים גשמיים כמו ע״י צדקה נעשה יחוד עליון באצי׳ למעלה מג״ע תענוג הנשמות
C’est pourquoi une unification supérieure est produite par des choses matérielles ; ainsi, par la tsedaka, une unification supérieure est produite dans Atsilout — au-dessus du Gan Eden, où les âmes prennent plaisir,
Voilà pourquoi les mitsvot matérielles peuvent produire une « unification supérieure », une union de niveaux divins, dans les hauteurs d’Atsilout. Donner la tsedaka, par exemple, a un effet au-dessus du Gan Eden, où les âmes jouissent du rayonnement de la Divinité.
שהוא בבריאה ומל׳ דאצילות נעשה עתיק דבריאה כו׳ שמצדק נעשה צדקה ד נעשה ה כמ״ש בזהר3 עד לא קבילת דכר4 כו׳.
qui se trouve dans Béria — et la Mal'hout d’Atsilout devient l’Atik de Béria, etc. ; ainsi, de tsédek naît tsedaka : le dalet devient un hei, comme le dit le Zohar : « Tant qu’elle n’a pas reçu de mâle », etc.
Le Gan Eden se trouve dans le Monde de Béria, dont la source la plus intérieure (son Atik) est le niveau le plus bas d’Atsilout, Mal'hout. Par la tsedaka, Mal'hout est élevée et parachevée : tsédek (צדק, justice), qui se termine par un dalet, devient tsedaka (צדקה) en recevant un hei. Le Zohar dit qu’avant de recevoir du principe masculin, le principe donateur, elle est un dalet pauvre.
Ce paragraphe en tire la conséquence : puisque la Torah descend par Kéter, une mitsva matérielle telle que les tefilin ou la tsedaka révèle davantage et unifie à un niveau plus élevé que la sagesse en son propre lieu.
La lettre dalet (ד) évoque dalout, la pauvreté : Mal'hout ne possède rien par elle-même. Le hei ajouté à tsedaka est l’influx qu’elle reçoit, en parallèle du hei ajouté au nom d’Avraham. La note de Kehot renvoie au Zohar pour cette image.
Maré mekomot
- 1המלובשת בפ׳ קדש · ע׳ באוה״ת פ׳ ראה ע׳ תשנז.
- 2בפ׳ קדש · Exodus 13:2
- 3כמ״ש בזהר · ח״ב לח, ב.
- 4כמ״ש בזהר עד לא קבילת דכר · Zohar, Bo 5:129–6:141
13ולכן לא נאמר בתורה מעלת אברהם שהיה מאכיל אורחים כו׳ עד שבא לא״י1 ולא בחו״ל הגם שכבר היה בן ע״ה כו׳
C’est pourquoi la Torah ne mentionne pas la vertu d’Avraham, qui nourrissait les hôtes, etc., avant qu’il ne soit arrivé en Terre d’Israël, et non en dehors de la Terre, bien qu’il eût déjà soixante-quinze ans, etc.
La Torah loue l’hospitalité d’Avraham seulement après son arrivée en Terre d’Israël, alors qu’il avait déjà soixante-quinze ans lorsqu’il y parvint. Cela suggère que sa bonté, auparavant, n’avait pas le même effet.
אלא שמתחלה אף אם היה עושה לא היה ממשיך כלום2 ולא היה נוגע ליחוד עליון עד שויאמר ה׳ אל אברם3 במאמר זה ויאמר ה׳ מאציל עליון המשיך אל א״ב ר״ם4 לך לך כו׳
Mais, au début, même s’il agissait ainsi, il ne faisait descendre rien du tout et ne touchait pas à l’unité supérieure, jusqu’à « Et D.ieu dit à Avram » : par cette parole, « Et D.ieu dit », l’Émanateur suprême fit descendre vers av ram « Va-t’en », etc.,
Avant l’appel de D.ieu, ses bonnes actions ne faisaient pas descendre la divinité et n’avaient pas d’effet sur l’unité supérieure. Ce n’est qu’avec « Et D.ieu dit à Avram : Va-t’en » que l’Émanateur suprême fit descendre la puissance de la descente dans av ram.
להיות ירידה והשתלשלות כו׳ ואזי נמשך להיות יחוד עליון תלוי במעשה התחתונים ועיקר גילוי היחוד הוא ע״י התורה.
afin qu’il y ait descente et enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), etc. Alors fut attiré [un influx] permettant que l’unité supérieure dépende des actes de ceux d’en bas ; et la révélation essentielle de cette unité se fait par la Torah.
Dès lors, l’unité d’en haut pouvait dépendre des actes des hommes d’en bas. La Torah est le principal moyen par lequel cette unité se révèle.
אך האבות עשו הכנה לבחי׳ התורה כמ״ש ותורה שם בישראל5 ע״י ישראל. כי ע״י אברהם נמשך קו ימין חסד כו׳.
Mais les Patriarches préparèrent le niveau de la Torah, comme il est écrit : « Il établit la Torah en Israël » — par Israël. Car, par Avraham, fut attirée la ligne de droite, le 'Hessed, etc.
Les Patriarches préparèrent la voie à la Torah. Le verset « Il établit la Torah en Israël » se comprend comme signifiant que la Torah fut instaurée par « Israël », c’est-à-dire par les Patriarches eux-mêmes ; par Avraham fut attirée la « ligne de droite » des Séfirot, le 'Hessed.
וזהו ענין ס׳ בראשית שאין בו מצות התורה רק פ׳ אברהם ופ׳ יצחק כו׳ שהם קודם התורה והם הם שהמשיכו להיות בחי׳ התורה כו׳:6
Tel est le sens du livre de Bereishis, qui ne contient pas de mitsvot de la Torah, mais seulement la paracha d’Avraham et la paracha d’Yitzchak, etc., lesquelles précèdent la Torah ; ce sont elles qui ont attiré [l’influx] permettant que soit établi le niveau de la Torah, etc.
Cela explique pourquoi le livre de Bereishis contient presque aucune mitsva : il relate les histoires d’Avraham et d’Yitzchak, qui vécurent avant le don de la Torah, mais qui firent descendre ce qui rendit la Torah possible.
Ce paragraphe soutient que seul l’appel de D.ieu donna aux actes d’Avraham le pouvoir d’agir sur les mondes supérieurs, et que les Patriarches préparèrent le terrain pour la Torah, principal canal de cette unité.
Le Hemshech « Matzah Zu » 5640 ajoute un Midrash (Bereishis Rabbah 63:3) selon lequel tous les Patriarches sont appelés « Israël », ce qui appuie la lecture de « par Israël » comme signifiant « par les Patriarches ». La note de Kehot rapporte que le Tséma’h Tsédek disait qu’il fallait expliquer pourquoi les premiers actes d’Avraham ne firent rien descendre.
Maré mekomot
- 1ולכן לא נאמר בתורה . . שהי׳ מאכיל אורחים כו׳ עד שבא לא״י · ראה אוה״ת לך לך כרך ד תרפב, א. כרך ו תתרעה, א. תתרעו, א. לקו״ש חט״ו ע׳ 160 הערה 28. כרך כה ע׳ 47 ואילך.
- 2לא הי׳ ממשיך כלום · עיין אוה״ת בראשית כרך ד פ׳ לך לך תרפב, א סעי׳ ב׳ שצ״ל הטעם לזה. ובלקו״ש חט״ו ע׳ 84 הערה 13.
- 3ויאמר ה׳ אל אברם · Genesis 12:1
- 4א״ב ר״ם · בהמשך מצה זו תר״מ נוסף: בחי׳ שכל הנעלם מכל רעיון.
- 5ותורה שם בישראל · Psalms 78:5
- 6ומל׳ דאצי׳ נעשה עתיק לבריאה · נסמן לקמן לה, ד. קיג, ב.
L’accomplissement intérieur et extérieur de la Torah ¶14–19
14אך לפ״ז1 צריך להבין מדוע לא זכו ישראל לקבל התורה עד שהיו בגלות מצרים2 וימררו בחומר ובלבנים3 הלא כבר זכו ע״י אבות.
Mais, selon cela, il faut comprendre pourquoi Israël ne mérita de recevoir la Torah qu’après avoir été en exil en Égypte, où « ils leur rendirent la vie amère avec le mortier et les briques » ; n’y avait-il pas déjà mérité [la Torah] par l’intermédiaire des Patriarches ?
Une question se pose : si les Patriarches avaient déjà préparé la Torah, pourquoi Israël ne la reçut-il qu’après le dur esclavage d’Égypte, avec son « mortier et ses briques » ?
וגם איך היה יכול לעשות כל היחודים קודם שנימול כי המילה ניתנה לו אח״כ כשהיה בן צ״ט שנה.4
Et aussi, comment pouvait-il accomplir toutes les unités avant d’être circoncis, puisque la circoncision ne lui fut donnée que plus tard, lorsqu’il eut quatre-vingt-dix-neuf ans ?
Deuxième question : Avraham ne fut circoncis qu’à quatre-vingt-dix-neuf ans. Comment pouvait-il provoquer des unités en haut auparavant, si la circoncision est ce qui rend possible la révélation ?
רק דאיתא קיים אברהם כל התורה5 כולה ואיך הניח תפילין אשר נזכר שם יציאת מצרים ואז עדיין לא היה כלל גלות מצרים. אך באמת יש פנימי׳ וחיצוני׳ והקיום שלו היה בפנימי׳.
Or, il est enseigné qu’Avraham observa toute la Torah ; comment mit-il les téfilines, où est mentionnée la sortie d’Égypte, alors qu’il n’y avait pas encore eu le moindre exil en Égypte ? Mais, en vérité, il existe une dimension intérieure et une dimension extérieure, et il observa [la Torah] dans sa dimension intérieure.
La Michna affirme qu’Avraham observa toute la Torah, et pourtant les téfilines mentionnent la sortie d’Égypte, qui n’avait pas encore eu lieu. La réponse est que les mitsvot comportent une dimension intérieure et une dimension extérieure, et qu’Avraham les observa dans leur dimension intérieure, spirituelle.
Le paragraphe soulève les difficultés que suscite l’argument précédent et donne la clé de leur réponse : l’observance de la Torah par Avraham était intérieure, et non encore extérieure.
La note de Kehot rapporte que, dans la transcription de Rabbi Pinchas, cette section est marquée « biour » (explication), et que l’Or HaTorah du Tséma’h Tsédek suggère la même chose.
Maré mekomot
- 1אך לפ״ז · במאמרי אדמו״ר הזקן — הנחות הר״פ ז״ל ע׳ ז׳ נרשם ע״ז: ביאור. וכן באוה״ת כרך ו תתרעז, ב משמע שזהו ביאור.
- 2מדוע לא זכו ישראל . . בגלות מצרים · בסה״מ תרס״ט ע קלט מציין לכאן.
- 3וימררו בחומר ובלבנים · Exodus 1:14
- 4כשהיה בן צ״ט שנה · Genesis 17:24
- 5קיים אברהם כל התורה · Kiddushin 82a:10
15ויאמר הוי״ה היינו התגלות והמשכת אא״ס כ״ע מלמעלה למטה בבחי׳ פנימי׳ אבל שיוכל להתגלות גם בחיצונית שיהיה בדבר גשמי בקלף ממש גילוי אלקות כנ״ל.
« Et Havaya dit » désigne la révélation et l’attraction de la Lumière infinie (Or Ein Sof), du Kéter suprême, d’en haut vers le bas, dans la dimension intérieure. Mais pour qu’elle puisse aussi se révéler dans la dimension extérieure — afin qu’une révélation de la divinité se manifeste dans un objet matériel, sur du parchemin véritable, comme expliqué ci-dessus —
« Et Havaya dit » à Avram signifie que la lumière infinie de D.ieu, depuis Kéter, fut attirée jusqu’à lui dans la dimension intérieure. Mais pour que la divinité se révèle dans la dimension extérieure, dans des objets matériels comme le parchemin des téfilines, quelque chose de plus est nécessaire.
אין זה דרך השתלשלו׳ רק ע״י וימררו חייהם כו׳ בכל עבודה קשה1 נעשה התגלות מבחי׳ למעלה מהשתלשלות
cela ne se fait pas par l’enchaînement descendant des mondes ; ce n’est que par « Ils leur rendirent la vie amère », etc., « par un dur labeur », qu’une révélation provenant d’un niveau au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes se produit,
Cela ne peut se produire par la descente ordinaire, étape par étape, des mondes. Cela ne se produisit qu’au moyen de l’esclavage amer d’Égypte, qui fit descendre une révélation provenant d’un niveau au-dessus de tout l’enchaînement des mondes.
כי אז יוכל להתגלות גם למטה מהשתלשלות כי שם מעלה ומטה שוין גם חכמה לבחי׳ עשי׳ יחשב כולם בחכמה עשית.2
car alors elle peut aussi se révéler plus bas que l’enchaînement descendant des mondes ; à ce niveau, le haut et le bas sont égaux — même 'Hokhma est considérée comme le niveau d’Assiya : « Tu les as tous faits avec sagesse ».
Un niveau au-dessus de l’enchaînement peut se révéler même en dessous de celui-ci, car pour lui, le haut et le bas sont identiques. Le verset « Tu les as tous faits avec sagesse » indique que, depuis cette hauteur, 'Hokhma et Assiya (l’action) sont égales.
Le paragraphe répond à la première question : pour révéler la divinité dans les mitsvot matérielles, il faut un niveau supérieur à l’enchaînement descendant des mondes, et c’est le dur labeur d’Égypte qui le fit descendre.
L’idée qu’un niveau transcendant l’enchaînement des mondes est également présent à son sommet et à sa base est un principe récurrent dans la 'Hassidout ; l’Admour Hazaken emploie ailleurs la même lecture de « Tu les as tous faits avec sagesse », par exemple dans Likkutei Torah Tazria.
Maré mekomot
- 1וימררו חייהם כו׳ בכל עבודה קשה · Exodus 1:14
- 2כולם בחכמה עשית · Psalms 104:24
16וזהו כי עגולי אריך מקיפי׳ רגלי עשיי׳ היינו שההמשכ׳ והתגלות הוא מן מקיף עליון הכולל אבי״ע כו׳ ואז יכול להשתלשל רצונו ית׳ גם בדבר גשמי בקלף וכדומה.
Tel est le sens de l’enseignement selon lequel « les cercles d’Arich entourent les pieds d’Assiya » : l’attraction et la révélation proviennent de la lumière enveloppante supérieure qui inclut Atsilout, Béria, Yetsira et Assiya, etc. Alors Sa volonté, béni soit-Il, peut descendre par étapes jusque dans un objet matériel, comme du parchemin, et ainsi de suite.
Un enseignement kabbalistique affirme que les « cercles » (les lumières enveloppantes) d’Arich Anpin entourent même les « pieds » d’Assiya, le monde le plus bas. La révélation provient d’une lumière enveloppante qui inclut également les quatre mondes, de sorte que la volonté de D.ieu peut descendre jusque dans le parchemin et d’autres objets matériels semblables.
אבל אברהם לא המשיך רק בבחי׳ פנימית1 מלמעלה לכן לא הי׳ עדיין התגלות במעש׳ המצות בגשמיות ממש בבחינ׳ חיצונית רק הקיום שלו כל התורה היה בבחי׳ פנימית.
Mais Avraham n’attira [l’influx] que dans la dimension intérieure, d’en haut ; il n’y avait donc pas encore de révélation dans l’accomplissement véritablement matériel des mitsvot, dans la dimension extérieure. Son observance de toute la Torah relevait uniquement de la dimension intérieure.
Avraham ne fit descendre la divinité que dans la dimension intérieure. À son époque, il n’y avait donc pas encore de révélation à travers l’accomplissement matériel des mitsvot ; son observance de la Torah était intérieure.
Le paragraphe explique la lumière enveloppante qui atteint les objets matériels, puis la distingue de l’observance intérieure de la Torah par Avraham, qui n’était pas encore matérielle.
Maré mekomot
- 1בבחי׳ פנימית · עי׳ באוה״ת פ׳ ראה ע׳ תשנט, ד״ה אנכי תרצ״ט.
17וכשהיה בן צ״ט1 ניתנה לו במתנ׳ מצות מילה במעשה ממש בכדי שיולד ממנו יצחק שיצא מאתו אח״כ יעקב תמים ובניו יקבלו התורה2 בהתגלות חיצונית מצות מעשה ממש
Lorsqu’il eut quatre-vingt-dix-neuf ans, la mitsva de la circoncision lui fut donnée en cadeau, dans un acte véritable, afin qu’Yitzchak naisse de lui, et que Yaakov, l’intègre, naisse ensuite de celui-ci ; ses fils recevraient alors la Torah sous la forme d’une révélation extérieure — des mitsvot accomplies par des actes concrets.
À quatre-vingt-dix-neuf ans, Avraham reçut la circoncision comme une mitsva matérielle, un « cadeau » d’en haut. Elle avait pour but la naissance d’Yitzchak, puis de Yaakov, dont les fils recevraient la Torah sous la forme de mitsvot accomplies par des actes matériels.
לכן לא קבל אברהם התורה לפי שיצא ממנו ישמעאל וכו׳ רק אחר שנימול ונולד יצחק אחר המילה אז יוכל להוליד יעקב תמים אשר קבלו בניו התור׳ במצו׳ מעשה.
C’est pourquoi Avraham ne reçut pas la Torah, car Yichmaël naquit de lui, etc. Ce n’est qu’après sa circoncision et la naissance d’Yitzchak, survenue après la circoncision, qu’il put engendrer Yaakov, l’intègre, dont les fils reçurent la Torah sous la forme de mitsvot pratiques.
Voilà pourquoi Avraham lui-même ne reçut pas la Torah : Yichmaël naquit de lui avant sa circoncision. Ce n’est qu’après celle-ci qu’Yitzchak naquit, puis vint Yaakov, dont les enfants reçurent la Torah des mitsvot pratiques.
הארה מן העגולי׳ כו׳ אף בבחי׳ חיצונית כי לנגדו למעלה מן השתלשלות מעלה ומטה הכל חד כו׳
Une lumière provenant des cercles, etc., même dans la dimension extérieure ; car, devant Lui, au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes, le haut et le bas ne font qu’un, etc.
La circoncision fit descendre une lumière provenant des « cercles » enveloppants jusque dans la dimension extérieure, car devant D.ieu, au-dessus de l’enchaînement des mondes, le haut et le bas ne font qu’un.
(ועמ״ש ע״פ משה ידבר34 שם נת׳ היטב ההפרש בין מה שקיים אברהם כל התורה כו׳ למ״ת עולה בקנה א׳ עם מ״ש כאן):5
(Et voyez ce qui est écrit à propos du verset « Moïse parlait » : la différence entre le fait qu’Avraham observa toute la Torah, etc., et le don de la Torah y est expliquée clairement, conformément à ce qui est écrit ici.)
Renvoi entre parenthèses à un autre maamar de Torah Ohr (sur « Moïse parlait »), qui explique la différence entre l’observance de la Torah par Avraham et le don de la Torah au Sinaï.
Le paragraphe répond à la deuxième question : la circoncision, donnée à quatre-vingt-dix-neuf ans, fit descendre la lumière enveloppante dans les actes matériels et prépara la lignée qui recevrait la Torah des mitsvot pratiques.
La note de Kehot rapporte que la parenthèse finale est une glose du Tséma’h Tsédek ; elle figure dans la transcription de Rabbi Pinchas, mais est absente du manuscrit 2062, une copie de cette transcription.
Maré mekomot
- 1וכשהיה בן צ״ט · Genesis 17:24
- 2ניתנה לו במתנה מצות מילה . . יקבלו התורה · להעיר מלקו״ת פ׳ תזריע בד״ה למנצח על השמינית פ״ב (כא, א) גבי ולכן הי׳ אברהם נביא גם קודם המילה וכו׳, וראה ביאורי הזהר לכ״ק הצ״צ ע׳ רנג.
- 3ע״פ משה ידבר · לקמן סז, ד. וראה באוה״ת בראשית כרך ד תרפב, א.
- 4משה ידבר · Exodus 19:19
- 5(ועמ״ש . . מ״ש כאן) · זהו הגהת הצ״צ, ונדפס גם בהנחות הר״פ ע׳ ז, אבל בכת״י 2062 (שהוא כת״י מעתיק מהנחת הר״פ) ליתא.
18וזהו הוא עשנו ולא אנחנו1 ולו קרי בוי״ו וכתיב לא באל״ף וביאור הענין2 כי איך יכול להיות שנהי׳ אנחנו עמו על ידי השתלשלות רק כי הוא עשנו ולא באל״ף זהו בחי׳ כתר
Tel est le sens de « Il nous a faits, et non pas nous » : le mot lo se lit avec un vav et s’écrit avec un alef. Voici l’explication : comment pourrions-nous devenir « Son peuple » par l’enchaînement descendant des mondes ? Seulement parce que « Il nous a faits » — avec lo écrit avec un alef ; cela correspond au niveau de Kéter,
Dans le verset « Il nous a faits et nous sommes à Lui », le mot lo se lit avec un vav (לו, « à Lui »), mais s’écrit avec un alef (לא, « non »). Comment des créatures pourraient-elles devenir « Son peuple » par l’enchaînement ordinaire des mondes ? Uniquement par l’alef, qui représente Kéter.
כי א׳ רישא דאתוון כתר ועי״ז יכול להיות ולו בוי״ו אנחנו עמו כי מאחר שזהו למעלה מן השתלשלות הארתו יכול להיות גם למטה מן השתלשלות.
car l’alef est le commencement des lettres — Kéter ; c’est ainsi que nous pouvons être « à Lui » (lo, avec un vav), « Son peuple ». Puisque ce niveau est au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes, sa lumière peut aussi atteindre ce qui est en dessous de cet enchaînement.
Alef, première lettre, est le « commencement des lettres », Kéter. Parce que Kéter se situe au-dessus de l’enchaînement des mondes, sa lumière peut également atteindre ce qui est en dessous ; nous pouvons donc véritablement être « à Lui ».
À travers les formes écrite et lue d’un même mot des Psaumes, le paragraphe montre que notre proximité avec D.ieu provient de Kéter, qui, étant au-dessus de l’enchaînement des mondes, atteint ce qui est en dessous.
Dans Torah Ohr (Yitro), l’Admour Hazaken interprète de la même façon le verset analogue « ולו נתכנו עלילות » : lo avec un alef désigne les commandements négatifs, et lo avec un vav les commandements positifs ; ensemble, ils rendent l’unité inférieure égale à l’unité supérieure.
Maré mekomot
- 1הוא עשנו ולא אנחנו · Psalms 100:3
- 2וביאור הענין · ע׳ יהל אור במילואים ע׳ תשב.
19ולכן כשנתנה התורה ונצטוו מצות במעשה ממש מצוה הראשונה היא מתחלת באל״ף אנכי1 כו׳. כי שיקויים המצות במעשה ויעשה יחודים
C’est pourquoi, lorsque la Torah fut donnée et que des mitsvot furent prescrites dans l’action concrète, le premier commandement commence par un alef : « Anochi », etc. Pour que les mitsvot soient accomplies dans l’action et que des unifications soient opérées
Ainsi, lorsque la Torah fut donnée sous forme de commandements à accomplir concrètement, le tout premier commandement commença par un alef : « Anochi » (« Je suis »). L’accomplissement concret des mitsvot et les unifications opérées par leur intermédiaire…
ע״י קיום מצות במעשה אי אפשר רק שיתגלה הארה מבחי׳ כתר כו׳ לכן מצוה ראשונה מתחלת באל״ף בחי׳ כתר הארה מלבנונית הכתר כו׳.
par l’accomplissement concret des mitsvot ne sont possibles que si une lumière du niveau de Kéter se révèle, etc. C’est pourquoi le premier commandement commence par un alef — le niveau de Kéter — une lumière issue de la blancheur de Kéter, etc.
…ne sont possibles que si une lumière de Kéter se révèle. Le premier commandement s’ouvre donc par un alef, qui représente Kéter, la lumière de la « blancheur » de Kéter.
Ce paragraphe applique l’idée du lien entre alef et Kéter au Sinaï : les Dix Commandements commencent par un alef parce que les mitsvot concrètes ne peuvent agir que grâce à une lumière provenant de Kéter.
Maré mekomot
- 1אנכי · Exodus 20:2
Les étapes d’Avram, Lot et les noms ¶20–22
20וזהו ואברם בן ע״ה שנה בצאתו מחרן1 היינו כי ממוחין למדות צריך לילך דרך הגרון ואחר שירד ממדרגת מוחין ועדיין לא נעשו מדות קודם שיבאו להלב נק׳ אז חרן וכשהיה אברם בן ע״ה
Et voici le sens de : « Avram avait soixante-quinze ans lorsqu’il quitta 'Haran » : de l’intellect (mo'hin) aux attributs émotionnels (midot), il faut passer par la gorge ; après être descendu du niveau des mo'hin, mais avant d’être devenu midot, c’est-à-dire avant d’atteindre le cœur, ce stade est appelé 'Haran. Et lorsqu’Avram eut soixante-quinze ans —
Le départ d’Avram de 'Haran à l’âge de soixante-quinze ans est interprété ici de manière intérieure. Entre l’intellect (mo'hin) et les émotions (midot) se trouve un passage : la « gorge », stade où la pensée a quitté l’intellect sans être encore devenue un sentiment dans le cœur. Cet état intermédiaire est appelé 'Haran.
היינו ז״פ עשר2 בחי׳ חיצוני׳ וה׳ חסדי׳ בחינת פנימי׳ יצא מחרן שבא הארה והתגלות מחכמה למדות.
c’est-à-dire sept fois dix, le niveau extérieur, et cinq 'Hassadim, le niveau intérieur : il quitta 'Haran, car une lumière et une révélation descendirent de 'Hokhma aux midot.
Soixante-quinze correspond à sept fois dix — les sept midot dans leur aspect extérieur — auxquels s’ajoutent cinq, les cinq 'Hassadim (bontés), dans leur aspect intérieur. Le départ de 'Haran à cet âge signifie qu’une lumière issue de 'Hokhma parvint enfin aux midot.
Ce paragraphe interprète le départ d’Avram de 'Haran comme le passage d’une intuition de l’intellect aux émotions.
Maré mekomot
- 1ואברם בן ע״ה שנה בצאתו מחרן · Genesis 12:4
- 2וכשהיה אברם בן ע״ה היינו ז״פ עשר · מובא באוה״ת בראשית כרך ז תתשעד, א.
Or, de même qu’il est dit que « la tête d’Essav [reposait] sur les genoux d’Its’hak », de même, avant le tri, Lot était inclus dans Avraham dans la sainteté,
Le Targoum rapporte que la tête d’Essav fut ensevelie sur les genoux d’Its’hak : quelque chose d’Essav avait donc sa racine dans la sainteté. De même, avant d’être trié, Lot était contenu dans Avraham dans la sainteté.
comme les scories qui, avant la fusion et le raffinage, sont mêlées à l’or. Et Lot a pour valeur numérique [45, comme] Mah — le versant extérieur du Nom Mah.
Il était comme des scories mêlées à l’or avant le raffinage. Lot (לוט) a pour valeur numérique 45, comme Mah, le Nom de la rectification ; il en est le « versant extérieur », son aspect le plus externe.
אך הוא מקור חו״ב דקליפה לכן נק׳ לוט לשון קללה ולכן הלך לוט את אברהם קודם הבירור
Mais il est la source de la 'Hokhma et de la Bina de la kelipa ; c’est pourquoi il est appelé Lot, terme évoquant la malédiction. Voilà pourquoi Lot accompagna Avraham avant le tri.
Lot est également à l’origine de la 'Hokhma et de la Bina de la kelipa, l’intellect du côté opposé à la sainteté ; son nom évoque une malédiction. C’est pourquoi il accompagna Avraham avant que le tri n’ait lieu.
ולכן יצא מלוט עמון ומואב אשר יצאה מהם רות המואביה5 ונעמה העמוני׳6 כי מואב חכ׳ דקליפה7 ונעמה הוא לשון נועם8 בינה התגלות עתיק בבינה
C’est pourquoi d’Amon et de Moav, issus de Lot, vinrent Ruth la Moabite et Naama l’Ammonite ; car Moav correspond à la 'Hokhma de la kelipa, et Naama évoque le noam, l’agrément — la Bina, où l’Atik se révèle.
De Lot vinrent Amon et Moav, puis Ruth la Moabite et Naama l’Ammonite, toutes deux ancêtres de la maison de David. Moav correspond à la 'Hokhma de la kelipa ; Naama, dont le nom vient de noam (agrément), correspond à la Bina, où l’Atik se révèle.
וע״י בירור יצאה רות המואביה ונעמה העמוני׳ מן חו״ב דקליפה ואחר הבירור נפרדו סיגי לוט מאברהם:9
Par le tri, Ruth la Moabite et Naama l’Ammonite sortirent de la 'Hokhma et de la Bina de la kelipa ; après le tri, les scories de Lot se séparèrent d’Avraham.
Grâce au tri, Ruth et Naama, âmes saintes, furent extraites de cet intellect de la kelipa. Une fois le bien séparé, les scories de Lot se détachèrent d’Avraham.
Ce paragraphe explique le lien de Lot avec Avraham comme celui du bien mêlé aux scories avant le tri, dont furent ensuite extraites des âmes saintes telles que Ruth et Naama.
Cela suit l’enseignement de l’Arizal, cité dans les notes Kehot, selon lequel Moav correspond à la 'Hokhma de la kelipa et Naama à l’agrément de la Bina. Le Rabbi relève qu’il faudrait peut-être lire ici « argent » plutôt qu’« or », puisque l’argent correspond au niveau d’Avraham ('Hessed). Les descendants de Lot ne sont décrits ici que selon les termes spirituels de cette tradition.
Maré mekomot
- 1רישא דעשו בעטפוי דיצחק · Genesis 50:13
- 2רישא דעשו בעטפוי דיצחק · Targum Jonathan on Genesis 50:13
- 3מעורבים הם עם זהב · כן הוא בכ״מ, ולכאורה צ״ל: כסף שהרי הוא מדריגת אברהם — הערת כ״ק אדמו״ר זי״ע בהנחות הר״פ ז״ל ע׳ קצב לעמוד ח׳.
- 4ולוט בגי׳ מ״ה · מאו״א ל, כז. וביאיר נתיב שם מציין לכמה מקומות בכתבי האריז״ל.
- 5רות המואביה · Ruth 1:22
- 6ונעמה העמוני׳ · I Kings 14:21
- 7מואב חכ׳ דקליפה · לקו״ת להאריז״ל פ׳ וירא. מאו״א אות מ׳ סעיף פה. וראה גם לקו״ת חקת סו, ג.
- 8הוא לשון נועם · לקו״ת להאריז״ל פ׳ וירא.
- 9נפרדו סיגי לוט מאברהם · Genesis 13:11
22ויאהל אברם עד מקום שכם1 כתפין חו״ג דנוק׳ ואלון מורה ת״ת דנוק׳ כי כל המשכות והתגלות הי׳ אברהם ממשיך להמלכות מן שכל הנעלם לכן אמר לו ישמעאל יחיה לפניך2
« Avram dressa sa tente jusqu’au lieu de Chekhem » — les épaules : le 'Hessed et la Guevoura de la Noukva ; « et Elon Moré » — la Tiferet de la Noukva. Car Avraham faisait descendre toute l’influx et toute la révélation vers Mal'hout depuis l’intellect caché. C’est pourquoi il lui dit : « Puissé Ismaël vivre devant Toi ! »
Le parcours d’Avram dans le pays est mis en correspondance avec les Séfirot de la Noukva (Mal'hout considérée comme une configuration complète) : Chekhem, qui signifie aussi « épaule », correspond à son 'Hessed et à sa Guevoura, les deux bras ; Elon Moré correspond à sa Tiferet. Tout ce qu’Avraham faisait descendre depuis l’intellect caché atteignait Mal'hout ; c’est pourquoi il pouvait implorer pour Ismaël, espérant lui aussi l’élever.
כי אחרי שנקרא אברהם בה״א3 שעי״ז המשיך התגלות בבחי׳ מל׳ ונתנה לו המילה הי׳ יכול להעלות נצוצות כנר בפני אבוקה שיהיו נכללי׳ בבחי׳ מל׳ כו׳ וכמ״ש ואת הנפש אשר עשו4 וכו׳.
Car après avoir été appelé Avraham, avec un hé, grâce auquel il fit descendre la révélation dans le niveau de Mal'hout, et après avoir reçu la circoncision, il put élever les étincelles comme une bougie devant une torche, afin qu’elles soient absorbées dans le niveau de Mal'hout, etc., comme il est écrit : « et les âmes qu’ils avaient faites », etc.
Une fois qu’Avram fut devenu Avraham, avec l’ajout du hé, et qu’il eut reçu la circoncision, il put faire descendre la révélation dans Mal'hout et élever les étincelles de sainteté autour de lui, les absorbant comme une bougie dans une torche. Le verset concernant « les âmes qu’ils avaient faites » à 'Haran — les personnes qu’Avraham et Sarah rapprochèrent de D.ieu — est interprété dans cette perspective.
גם שרי היתה נקראת מקודם ביו״ד מורה על צמצום ואח״כ כשהיתה צריכה להוליד את יצחק היתה נק׳ בה״א בהרחבה להורות על המשכה והתגלות.5
Sarai aussi était d’abord appelée ainsi avec un youd, qui indique le tsimtsoum ; puis, lorsqu’elle devait donner naissance à Its’hak, elle fut appelée avec un hé, signe d’expansion, pour indiquer l’influx et la révélation.
Le nom de Sarai changea lui aussi : son youd, petit point, symbolisait la contraction ; lorsqu’elle devait donner naissance à Its’hak, elle devint Sarah avec un hé, lettre plus ample, symbolisant l’expansion et la révélation.
וזהו ויקרא שם אברם בשם6 ה׳. ויקרא היינו המשכה מא״ב ר״ם שכל הנעלם המשכ׳ מיסוד אבא לע״ס דנוק׳ הנק׳ שם ה׳ כו׳:
Et c’est là le sens de : « Avram appela là-bas par le Nom de D.ieu. » « Il appela » signifie faire descendre depuis av ram, l’intellect caché : un influx de Yessod d’Abba vers les dix Séfirot de la Noukva, appelées « le Nom de D.ieu », etc.
« Avram appela là-bas par le Nom de D.ieu » est interprété comme une descente : depuis av ram, l’intellect caché (Yessod d’Abba), vers les dix Séfirot de la Noukva, appelées « le Nom de D.ieu ». Voilà, en bref, le thème de ce maamar : rendre manifeste ce qui était caché, jusque dans Mal'hout.
Le paragraphe final présente les voyages d’Avraham, son nom, celui de Sarah et son invocation du Nom de D.ieu comme les étapes d’un même processus : faire descendre l’intellect caché dans Mal'hout afin que les étincelles du monde puissent être élevées.
Le Rabbi (Likkutei Sichos) déduit de ce passage qu’Avraham ne put élever les étincelles qu’après avoir reçu son nom, et relève ailleurs que les convertis qu’Avraham avait faits auparavant ne perdurèrent pas. Le passage du youd au hé dans le nom de Sarah suit l’Arizal, comme l’indique la note Kehot.
Maré mekomot
- 1ויאהל אברם עד מקום שכם · Genesis 12:6
- 2לו ישמעאל יחי׳ לפניך · Genesis 17:18
- 3כי אחרי שנקרא אברהם בה״א · בלקו״ש חט״ו ע׳ 177 הערה 40 מדייק מכאן שרק אחרי שנק׳ אברהם הי׳ יכול להעלות נצוצות, ומציין ללקו״ש ח״י ע׳ 89 הערה 14 דשם מבאר שלהגרים דגייר אברהם לא הי׳ להם המשך וקיום ע״ש.
- 4ואת הנפש אשר עשו · Genesis 12:5
- 5בה״א . . המשכה והתגלות · ראה לקו״ת להאריז״ל ס״פ מקץ וטעמי המצות ס״פ לך לך.
- 6ויקרא שם אברם בשם ה׳ · Genesis 13:4
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
La sagesse suprême ne peut être saisie en elle-même, mais seulement lorsqu’elle est vêtue de mitsvot physiques : prendre le etrog, mettre les tefillin, donner la tsedaka. Une personne devrait donc voir dans la mitsva physique non pas un abaissement du spirituel, mais le lieu où la sagesse la plus élevée de D.ieu est effectivement présente, et par lequel des unifications dans les mondes supérieurs sont réalisées.
Questions à discuter
- Pourquoi le maamar insiste-t-il sur le fait que devenir « Avraham » n’est pas une descente par rapport à « Avram », mais une élévation ?
- Comment la parabole des trois mille paraboles de Chlomo montre-t-elle que l’expansion dépend d’une source supérieure ?
- Pourquoi dit-on que la divinité présente dans le parchemin des tefillin est plus grande que la sagesse à sa place propre dans les mondes supérieurs ?
- Quelle est la différence entre la manière dont Avraham observait la Torah et celle dont Israël l’observa après le Sinaï ?
- Quel rôle la dissimulation et les épreuves — l’obscurité d’Its’hak, le labeur en Égypte — jouent-elles pour rendre la révélation possible ?