Likkutei Torah · Parshas Va’eschanan · Maamar 1
ואתחנן אל ה׳ וגו׳ אתה החילות וגו׳
« Et j’ai imploré Havaya… Tu as commencé »
L’idée centrale
Moché n’appelait tout ce qu’il avait vu qu’un « commencement », car au Sinaï, il avait reçu la Torah comme un pur éveil d’en haut, un don gratuit venant de l’essence même de D.ieu, que nul effort humain ne peut atteindre. Il implora pour que ce don soit attiré dans la Knesset Israël, dans le pays, mais cela ne se réalisa que par les mitsvot, un éveil d’en bas, jusqu’au temps à venir, où « ils verront face à face ».
Le maamar en bref
Pourquoi Moché qualifie-t-il la division de la mer, la Sortie d’Égypte et le Sinaï de simples « commencements » ? La réponse part de l’enseignement selon lequel, avant la Création, il y avait « Lui et Son Nom ». L’homme fut créé afin que D.ieu soit connu, et son âme est une lampe qui révèle le Nom Havaya dans ce monde obscur. La révélation n’est pas une connaissance abstraite de la présence de D.ieu, mais un éveil ressenti dans l’essence de l’âme ; c’est là la « bénédiction » de Baroukh Chéamar et de « Béni sois-Tu, Havaya ». Havaya dépasse l’enchaînement descendant des mondes, selon le rapport de cause à effet : les mondes sont créés à partir du néant par « Sa bonté », Son essence, au moyen des lettres du Nom, et « Son Nom » est la Lumière infinie, Sa capacité à Se révéler. L’amour atteint le cœur intérieur et le cœur extérieur par la prière, un éveil d’en bas. L’étude de la Torah attire un éveil d’en haut qu’aucun effort ne peut atteindre, un don gratuit ; tel fut le « Tu as commencé » du Sinaï. Moché, enraciné dans « Moi qui suis Moi », implora pour recevoir ce don et l’attirer dans le pays par la « vision ». Cela ne lui fut pas accordé alors : Israël entra dans le pays avec les mitsvot, précédées de bénédictions. Au temps à venir, « ils verront face à face ».
Plan
- Un simple commencement ?Comment Moché pouvait-il qualifier tous les miracles de simples commencements ? La réponse part de « avant la création du monde, il y avait Lui et Son Nom » : l’homme fut créé afin que D.ieu soit connu, et l’âme est la lampe de Havaya qui transforme les ténèbres de ce monde en lumière.¶1–2
- La bénédiction comme révélationBénir signifie attirer la divinité du monde caché dans le monde révélé. Savoir intellectuellement que D.ieu remplit tous les mondes et les entoure demeure un makif ; la révélation touche l’essence de l’âme. Les treize « Béni » de Baroukh Chéamar sont des écoulements semblables à des cheveux, et le treizième, « Béni sois-Tu, Havaya », les englobe tous.¶3–4
- Au-delà de l’enchaînement de cause à effetLes mondes se déploient degré après degré, comme la pensée se développe à partir de l’intellect et la parole à partir de la pensée. Mais la création à partir du néant ne peut passer par cet enchaînement, puisque rien de créé n’est comparable à D.ieu. Elle procède de « Sa bonté », de Son essence, par les lettres de Havaya ; « Lui » désigne l’essence et « Son Nom », la Lumière infinie.¶5–8
- L’amour dans deux cœurs« Tu aimeras » exprime le désir du cœur que Havaya réside en l’homme ; es, lu eis, montre que la révélation vient à l’intérieur du temps. Le cœur intérieur est ému par l’amour caché ; le cœur extérieur commence par se soumettre, puis transforme le feu de l’âme animale, par la prière, un éveil d’en bas.¶9–10
- La Torah, don d’en hautToute étude de la Torah, même celle de sujets sans portée pratique, attire un éveil d’en haut qu’aucun éveil humain ne peut atteindre, comme un don « du désert ». Tel fut le « Tu as commencé » du Sinaï. Même les mitsvot requièrent d’abord un éveil d’en haut, d’où la bénédiction qui les précède ; Moché voulait attirer le don du Sinaï dans la Knesset Israël.¶11–13
- Vision, grâce et don gratuitCet éveil d’en haut ne se saisit que par la « vision », un éclair qui dépasse l’intellect, que Moché eut le mérite de recevoir. Il implora « Havaya », puisant dans la grâce qui est à la source de Havaya, pour obtenir un don gratuit dépassant ce que les mitsvot peuvent atteindre. Cela ne lui fut pas accordé alors, et Israël entra dans le pays avec les mitsvot ; au temps à venir, « ils verront face à face ».¶14–16
Notions clés
- Éveil d’en haut (isarusa dile'eila)אתערותא דלעילא
- Une initiative divine qui n’attend pas l’effort humain. Dans sa forme suprême, venant de l’essence de D.ieu, elle est accordée comme un don gratuit par l’étude de la Torah, comme au Sinaï, et aucun éveil d’en bas ne peut l’atteindre.
- Éveil d’en bas (isarusa dilesata)אתערותא דלתתא
- Une initiative humaine, dans la prière et les mitsvot, qui suscite une réponse correspondante en haut, « comme dans l’eau, le visage répond au visage ». Elle aussi doit d’abord être mise en mouvement par un éveil d’en haut.
- Révélation (gilui)גילוי
- Une connaissance de D.ieu qui atteint l’essence de l’âme et éveille le cœur, par opposition à une connaissance qui ne fait qu’entourer l’homme d’en haut (makif) et le laisse inchangé. L’attirer vers le bas, voilà ce que signifie « bénir ».
- L’ordre de l’enchaînement descendant des mondes (seder hishtalshelus)סדר ההשתלשלות
- Le déploiement de niveaux, de la cause à l’effet, chacun révélant ce qui était caché dans celui qui le précède. Cet ordre ne s’applique qu’aux niveaux créés et émanés ; la création à partir du néant procède de l’essence de D.ieu, au-delà de l’enchaînement.
- Son Nomשמו
- La Lumière infinie telle qu’elle était contenue dans l’essence de D.ieu avant la Création : la capacité de l’essence à se révéler, comme un nom existe pour autrui.
- Un don gratuit (matnas chinam)מתנת חנם
- Ce qui est donné sans avoir été mérité, « sans mitsvot ». Dans sa supplication, Vaét’hanan, Moché demanda ce don à un niveau que les mitsvot ne peuvent atteindre.
- Vision (re'iyah)ראיה
- Une perception directe qui dépasse l’intellect, comme un éclair que l’esprit ne peut contenir. L’éveil d’en haut ne se saisit que de cette manière, et Moché eut le mérite de le recevoir.
Un simple commencement ? ¶1–2
« Et j’ai supplié Havaya », etc., « Tu as commencé », etc. [Il nous faut] comprendre ce que signifie « Tu as commencé ». N’y eut-il pas de nombreux miracles, tels que
Le maamar s’ouvre sur la supplication de Moché, au début de la paracha Vaet’hanan, pour obtenir la permission d’entrer dans le pays : « Et j’ai supplié Havaya en ce temps-là… Tu as commencé à montrer à Ton serviteur Ta grandeur » (Deutéronome 3:23–24). L’Admour Hazaken demande pourquoi Moché qualifie de simple « commencement » tout ce que D.ieu lui avait montré jusque-là.
קריעת ים סוף ויצ״מ [ויציאת מצרים] ומ״ת [ומתן תורה] ומלחמת עמלק וכיוצא בהם ואיך שייך לקרות כל זה התחלה בלבד. הנה ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] עד שלא נבה״ע [נברא העולם]45 הי׳ [היה] הוא ושמו בלבד.6
la séparation de la mer des Joncs, la sortie d’Égypte, le don de la Torah, la guerre contre Amalek et d’autres événements semblables ? Comment tout cela peut-il donc être appelé seulement un commencement ? Or, nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné : avant la création du monde, il n’y avait que Lui et Son Nom.
Moché avait déjà vu la séparation de la mer, la sortie d’Égypte, le don de la Torah et la victoire sur Amalek ; comment tout cela peut-il donc être appelé simplement un commencement ? La réponse s’appuiera sur un enseignement des Sages (Pirkei DeRabbi Eliezer, chapter 3) : avant la création du monde, il n’y avait que D.ieu et Son Nom.
Le maamar expose sa question : après tant de miracles, que veut dire Moché par « Tu as commencé » ? Un enseignement sur D.ieu et Son Nom avant la Création est introduit comme point de départ de la réponse.
Les notes du Kehot rapportent la remarque du Rabbi Rachab selon laquelle ce maamar est « mougah », c’est-à-dire révisé, et que la transcription du Rabbi Dovber apparaît dans Sefer HaMaamarim 5564. Un passage d’Or HaTorah cité dans les notes résume son thème : la prière est un éveil d’en bas qui suscite un éveil d’en haut, tandis que la Torah est un éveil d’en haut qui vient de lui-même ; Moché supplia de faire entrer lui-même Israël dans le pays afin d’attirer ce flux d’en haut, qui vient par la Torah, dans Knesset Israël.
Maré mekomot
- 1ואתחנן · הנחת כ״ק אדמו״ר האמצעי בסה״מ תקס״ד ע׳ קצו. מאמר זה בשינויים ותוס׳ הגהות וביאורים באוה״ת ואתחנן ע׳ מה ואילך. שם ע׳ קיג הגהה נוספת לסוף הביאור.
- 2ואתחנן אל ה׳ גו׳ אתה החילות · Deuteronomy 3:23
- 3ואתחנן אל ה׳ וגו׳ אתה החילות · Deuteronomy 3:23–24
- 4עד שלא נבה״ע הי׳ הוא ושמו · פדר״א פ״ג. וראה סה״מ באתי לגני ע׳ ר. והנסמן במאמרי אדה״ז — פרשיות לע׳ תקעב.
- 5עד שלא נבה״ע הי׳ הוא ושמו בלבד · Pirkei DeRabbi Eliezer 3:2
- 6ראה לעיל בהערות מכ״ק אדמו״ר מוהרש״ב נ״ע שכותב על מאמר זה · ”מוגה מרבינו נ״ע”. וכ״ה באוה״ת על מארז״ל וענינים ריש ע׳ קכח. ד״ה זה במאמרי אדה״א ע׳ קכ ובמאמרי אדה״א הנחות תקע״ז ע׳ רסא מיוסדים על מאמר זה. בד״ה ואתחנן מבאר שהתפלה היא אתעדל״ת לעורר אתעדל״ע, והתורה היא אתעדל״ע מצד עצמה מלמעלמ״ט, וע״ז ביקש משה ואתחנן שיכניס הוא את ישראל לארץ ואזי היה ממשיך בכנס״י הבחי׳ הזו דההמשכה מלמעלמ״ט שע״י התורה וע״י שראה הארץ מרחוק המשיך בחי׳ זו עכ״פ ביחידי סגולה שתורתם אומנתם — אוה״ת ויקרא כרך א ע׳ רנד. וראה גם סה״מ תרכ״ז ע׳ רסז. בד״ה ואתחנן דתקס״ג שלא נדפס בלקו״ת [סה״מ תקס״ג ע׳ תרסז] המשל בזה״ל שיחודם וקירובם זה עם זה הוא בשני אופנים אם שהתחתון יעלה למעלה אם שהעליון ירד למטה כו׳ ההפרש בין תפלה ובין תורה כו׳, יעו״ש. הובא באוה״ת [מקץ] (שמז רע״ב), יעו״ש. ועל״ק תקעו הב׳ רפ״ג — המשל רק. ובד״ה ושמתי כדכד הא׳ פ״ד הב׳ סופ״ג. ובתו״א וישב סד״ה ונתתי לך מהלכים. וע״ל פ׳ בהר ד״ה את שבתתי פ״ד (מב, סע״ג) כורע בברוך זוקף בשם. ועל״ק בי׳ שובה ישראל הא׳ (סה, ד). [כ].
2ולכאורה אינו מובן איך שייך קודם בריאת העולמות להיות בחי׳ שם להקב״ה ומי קראו בשמו.
À première vue, cela n’est pas compréhensible : comment peut-il y avoir, avant la création des mondes, un aspect de nom pour le Saint béni soit-Il ? Et qui L’a appelé par Son nom ?
Un nom est destiné à autrui : c’est par lui que l’on appelle quelqu’un et que l’on se réfère à lui. Avant la Création, il n’y avait personne pour appeler D.ieu par un nom ; que peut donc signifier alors « Son Nom » ?
אך הענין דהנה איתא בזוה״ק [בזוהר הקדוש] דתכלית בריאת האדם בגין לאשתמודע לי׳ וביאור הדברים כי הנה ירידות1 והשתלשלות המדרגות בצמצומים רבים היא צורך עליה
Mais voici l’explication. Il est enseigné dans le saint Zohar que la finalité de la création de l’homme est « qu’Il soit connu ». Le sens de ces paroles est le suivant : les descentes et l’enchaînement descendant des niveaux (hichtalchelout), à travers de nombreuses contractions (tsimtsoumim), ont pour but une élévation,
La réponse commence par l’enseignement du Zohar selon lequel l’homme a été créé « afin qu’Il soit connu », c’est-à-dire afin que D.ieu soit connu dans le monde. Toute la descente de la lumière divine, de niveau en niveau — chacun étant une contraction (tsimtsoum) du niveau qui le précède — est une descente en vue d’une élévation plus grande.
כדי לאתהפכא חשוכא לנהורא2 ולזה ברא אלקים את האדם על הארץ כי להיות עוה״ז הוא עולם השפל והחשך עב כפול ומכופל
afin de transformer l’obscurité en lumière. C’est pour cela que D.ieu créa l’homme sur la terre. Car ce monde est le monde inférieur, et l’obscurité y est épaisse, redoublée et multipliée,
Cette élévation consiste à transformer l’obscurité elle-même en lumière, expression empruntée au Zohar. Ce monde est le plus bas de tous les mondes, celui où la divinité est dissimulée avec le plus d’épaisseur ; l’homme y a été placé précisément pour accomplir cette tâche.
וצריך להרבות בנרות להאיר את החשך ע״כ ברא אלקים את האדם שהוא בחי׳ האור והנר כמ״ש נר הוי׳ נשמת אדם3 שהוא נר המאיר הארת שם הוי׳ בבחי׳ גילוי להאיר את העוה״ז ולאהפכא חשוכא לנהורא.4
et il faut multiplier les lampes pour éclairer l’obscurité. C’est pourquoi D.ieu créa l’homme, qui est l’aspect de la lumière et de la lampe, comme il est écrit : « La lampe de Havaya est l’âme de l’homme » ; c’est une lampe qui fait briller le rayonnement du Nom Havaya de manière révélée, afin d’éclairer ce monde et de transformer l’obscurité en lumière.
Une obscurité profonde requiert de nombreuses lampes, et l’âme humaine est une telle lampe : « La lampe de Havaya est l’âme de l’homme » (Proverbes 20:27). La tâche de l’âme est de faire briller ouvertement la lumière du Nom Havaya dans ce monde, en transformant son obscurité en lumière.
La réponse part de la finalité de la création : l’homme a été créé afin que D.ieu soit connu, et son âme est une lampe qui révèle la lumière de Havaya dans l’obscurité de ce monde.
La note de Kehot sur « transformer l’obscurité en lumière » renvoie à Zohar 1:4a, qui loue ceux « qui transforment l’obscurité en lumière et goûtent l’amertume comme une douceur ». Le maamar revient sur ce point au paragraphe 10, où il distingue la soumission de l’obscurité (iskafya) de sa transformation (is'hapcha).
Maré mekomot
- 1כי הנה ירידות · מובא באוה״ת דברים כרך ה ע׳ א׳תתקצא.
- 2לאתהפכא חשוכא לנהורא · Zohar I, 4a
- 3נר הוי׳ נשמת אדם · Proverbs 20:27
- 4
La bénédiction comme révélation ¶3–4
3וע״ז נאמר והיה ברכה.1 ברכה בקרב הארץ2 וכתיב כי הם זרע ברך3 ה׳ שהוא לשון המשכה כמו המבריך4 והמרכיב5 כו׳
C’est à ce sujet qu’il est dit : « Et tu seras une bénédiction », « une bénédiction au milieu du pays ». Il est aussi écrit : « Car ils sont la descendance que Havaya a bénie » ; [« bénie »] exprime l’idée d’un prolongement, comme dans « celui qui couche [une vigne] et celui qui greffe », etc.,
Avraham reçut la parole : « Et tu seras une bénédiction » (Genesis 12:2) ; Israël est appelé « une bénédiction au milieu du pays » (Isaiah 19:24) et « la descendance que Havaya a bénie » (Isaiah 61:9). L’Alter Rebbe comprend berakha, « bénédiction », comme une action qui fait descendre, à l’image de la havrakha du cultivateur (Mishnah Kilayim 7:1) : courber une vigne jusque dans la terre afin qu’elle y prenne racine.
בכדי להיות ברוך ה׳ מן העולם ועד העולם6 מעלמא דאתכסייא לעלמא דאתגלייא להיות הוי׳ בבחינת גילוי והממשיכים גילוי זה הם ישראל שהם זרע ברך ה׳ ונר ה׳ נשמת אדם ריבוא נשמות
afin qu’il y ait « Béni soit Havaya de monde en monde » : du monde caché au monde révélé, pour que Havaya soit révélé. Ceux qui font descendre cette révélation sont Israël, qui est « la descendance que Havaya a bénie » et « la lampe de Havaya, l’âme de l’homme » : des myriades d’âmes,
« Béni soit Havaya de monde en monde » (Psalms 106:48) est compris comme « du monde caché au monde révélé » : la bénédiction fait descendre la divinité de ce qui est caché vers ce qui est révélé. Ceux qui la font descendre sont le peuple juif, « la descendance que Havaya a bénie », chaque âme étant une « lampe de Havaya ».
שהם כמה ריבוא נרות שלפי ריבוי החשך ועביו הכפול ומכופל כך צל ריבוי הנרות בנשמות וגילוי זה הוא שיהיה התפעלות בלב האדם מקרב איש ולב עמוק7 לצאת הנפש מנרתקה ולהיות כלתה נפשי לה׳.8
qui sont autant de myriades de lampes. Car, à mesure que l’obscurité est abondante et épaisse, doublée et redoublée, il faut que les âmes comportent une abondance correspondante de lampes. Cette révélation consiste en un éveil dans le cœur de l’homme, « au plus profond de l’homme, et dans un cœur profond », qui fait sortir l’âme de son enveloppe et la met dans l’état où « mon âme languit » pour Havaya.
L’obscurité étant si grande, il faut de nombreuses âmes, c’est-à-dire de nombreuses lampes. La révélation est un éveil ressenti au plus profond du cœur (« au plus profond de l’homme et dans un cœur profond », Psalms 64:7), si puissant que l’âme aspire à sortir de son « enveloppe », le corps, comme dans « mon âme languit » (Psalms 84:3).
(ועמ״ש בד״ה רני ושמחי9 הראשון10 בענין נר הוי׳ נשמת אדם שנשמת אדם הוא בחי׳ נשימה ברצוא ושוב אז הוא בחי׳ נר להאיר ולהמשיך גילוי שם הוי׳ כו׳)
(Voir ce qui est écrit dans le premier discours commençant par « Chante et réjouis-toi », à propos de « La lampe de Havaya est l’âme de l’homme » : lorsque l’âme (nechama) de l’homme est de l’ordre du souffle (nechima), dans le mouvement de « course et retour », elle est alors de l’ordre d’une lampe, qui éclaire et fait descendre la révélation du Nom Havaya, etc.)
L’Alter Rebbe renvoie à son premier discours « Chante et réjouis-toi » (Torah Ohr, Miketz), où le mot nechama, « âme », est rapproché de nechima, « souffle ». À l’image du souffle qui sort et revient, l’âme se meut dans une « course et un retour » vers D.ieu puis vers l’extérieur ; elle devient ainsi une lampe qui fait descendre la lumière de Havaya.
ולא די בהתבוננות במחשבתו בלבד11 שהוא ית׳ ממלא כ״ע [כל עלמין] וסוכ״ע ולית אתר פנוי מיניה121314 שאין זה בחי׳ גילוי
Il ne suffit pas de contempler dans sa pensée seulement qu’Il, béni soit-Il, remplit tous les mondes (memalé kol almin) et entoure tous les mondes (sovev kol almin), et qu’« aucun lieu n’est dépourvu de Lui » ; car cela n’est pas le niveau de la révélation,
Il ne suffit pas de penser à la présence de D.ieu partout : qu’Il remplit tous les mondes (memalé), entoure tous les mondes (sovev), et qu’« aucun lieu n’est dépourvu de Lui » (Tikkunei Zohar). Le savoir ainsi acquis par la seule pensée n’est pas encore révélé.
אלא הוא בחי׳ עלמא דאתכסייא שהוא בבחי׳ העלם שאינו מתפשט ומאיר אל תוך נקודת לבבו
mais relève plutôt du monde caché, qui demeure dans un état de dissimulation et ne se répand pas pour éclairer le point de son cœur ;
Un tel savoir demeure dans le « monde caché » : il reste dissimulé et n’atteint pas le point du cœur, l’intériorité même de la personne.
אלא הוא רק בבחי׳ מקיף מלמעלה כנודע ממארז״ל [ממאמר רבותינו זכרונם לברכה] גנבא אפום מחתרתא15 כו׳ שאין נוגע אל עצמיות ומהות הנפש ממש להיות לאחדים ממש אלא הוא
il n’est que de l’ordre d’un makif, qui enveloppe d’en haut, comme on le sait d’après l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « Le voleur à l’entrée du tunnel », etc. Car cela ne touche pas véritablement l’essence et l’être de l’âme, de façon à devenir réellement un avec elle ; mais c’est
Cela reste un makif, une réalité qui plane au-dessus de la personne sans pénétrer en elle. L’enseignement des Sages au sujet du voleur (Berakhot 63a dans la version de l’Ein Yaakov) l’illustre : sur le point de commettre un cambriolage, il implore D.ieu de lui accorder la réussite. Il croit donc en D.ieu, mais cette croyance ne touche pas son essence et ne modifie pas sa conduite.
כמו דבר נפרד ועומד מלמעלה משא״כ בחי׳ גילוי הוא להיות נוגע אל עצמיות הנפש ממש כאשר ישים אל לבו איך שהוא ית׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] וסוכ״ע כו׳.
comme une chose distincte, qui se tient au-dessus. En revanche, le niveau de la révélation consiste à toucher véritablement l’essence de l’âme, lorsqu’il prend à cœur qu’Il, béni soit-Il, remplit tous les mondes et entoure tous les mondes, etc.
Une telle croyance reste séparée de la personne, comme une chose distincte qui se tient au-dessus d’elle. La révélation, au contraire, se produit lorsque le savoir que D.ieu remplit tous les mondes et les entoure atteint l’essence même de l’âme, parce que la personne le prend véritablement à cœur.
ואי לזאת לא תוכל הנפש שאת מהכיל התלבשותה בגוף הגשמי בחשך תאות העולם רק רוחו ונשמתו אליו יאסוף16 ותתאחד הנפש במקורה
Et c’est pourquoi l’âme ne peut supporter de demeurer revêtue du corps physique, dans l’obscurité des désirs du monde ; au contraire, « il rassemblerait son esprit et son âme auprès de Lui », et l’âme s’unirait à sa source.
Lorsque cette connaissance touche véritablement l’âme, celle-ci ne peut plus supporter de demeurer revêtue d’un corps, au milieu de l’obscurité des désirs du monde. Elle aspire à s’élever et à s’unir à sa source, selon les mots de Job 34:14 : « il rassemblerait son esprit et son âme auprès de Lui ».
(וזהו ענין בגין לאשתמודע לי׳ שהדעת הוא הכרה והרגשה17 ממש וכמ״ש לקמן ע״פ וידעת היום ועמ״ש בפ׳ חקת ע״פ ויקחו אליך18 ובפ׳ ואלה המשפטים19 כו׳) ועל דרך זה תיקנו קודם פסוקי דזמרה לומר ברוך שאמר והיה העולם.
(C’est là le sens de « afin qu’Il soit connu » : car le Daat (connaissance) est une reconnaissance et un ressenti véritables, comme il sera expliqué plus loin à propos du verset « Et tu connaîtras aujourd’hui » ; voir aussi ce qui est écrit dans la parachat 'Houkat à propos du verset « qu’ils t’apportent », ainsi que dans la parachat « Et voici les lois », etc.) Dans le même esprit, [les Sages] instituèrent de dire, avant les versets de louange (Pessouké deZimra) : « Béni soit Celui qui parla et le monde vint à l’existence ».
C’est là le sens des mots du Zohar : « afin qu’Il soit connu ». Le Daat n’est pas une simple information, mais une reconnaissance et un ressenti, comme le dit le Tanya (fin du chapitre 46) : « Daat est un terme qui désigne le ressenti dans l’âme. » Après avoir renvoyé à d’autres discours qui traitent de ce sujet, l’Alter Rebbe donne un exemple tiré de la prière : « Béni soit Celui qui parla et le monde vint à l’existence » (Baroukh chéamar), récité avant les versets de louange.
פי׳ להיות בחי׳ שאמר והיה העולם בבחי׳ ברוך וגילוי שיהיה נמשך התפעלות הלב ממה שאמר והיה העולם כי הוא אמר20 ויהי ובמאמר א׳ נברא העולם כו׳.21
C’est-à-dire : que le niveau de « Celui qui parla et le monde vint à l’existence » soit dans un état de bénédiction et de révélation, afin que le cœur soit ému par le fait qu’Il « parla et le monde vint à l’existence » ; car « Il parla et cela fut », et « le monde fut créé par une seule parole », etc.
« Béni » signifie ici qu’il est attiré vers le bas et révélé. La prière demande que le fait que D.ieu « parla et le monde vint à l’existence » par une seule parole soit révélé et ressenti dans le cœur, afin que celui-ci en soit ému.
La révélation n’est pas une connaissance abstraite de la présence de D.ieu, mais un éveil ressenti dans l’essence de l’âme. C’est faire descendre cette révélation que signifie « bénédiction », que signifie « afin qu’Il soit connu », et ce que demande la prière « Béni soit Celui qui a parlé ».
Le paragraphe oppose une connaissance qui n’enveloppe la personne que d’en haut, la laissant telle qu’elle était, à une connaissance qui touche l’essence de son âme et la transforme. La note de Kehot sur « il ne suffit pas de contempler dans sa pensée seulement » renvoie le lecteur à la longue série du Rabbi Rachab de 5672, où cette question est examinée en détail.
Maré mekomot
- 1והיה ברכה · Genesis 12:2
- 2ברכה בקרב הארץ · Isaiah 19:24
- 3כי הם זרע ברך ה׳ · Isaiah 61:9
- 4המבריך · Mishnah Kilayim 7:1
- 5המבריך והמרכיב · כלאים רפ״ז.
- 6ברוך ה׳ מן העולם ועד העולם · Psalms 106:48
- 7מקרב איש ולב עמוק · Psalms 64:7
- 8כלתה נפשי לה׳ · Psalms 84:3
- 9
- 10בד״ה רני ושמחי הראשון · תו״א לו, ב.
- 11ולא די בהתבוננות במחשבתו בלבד · ראה בארוכה בהמשך בששה״ק תער״ב ח״ג ע׳ א׳ת ואילך.
- 12לית אתר פנוי מיני׳ · ת״ז תנ״ז. ת״ע קכב, ב. וראה לעיל הוספות לויקרא נ, ב.
- 13לית אתר פנוי מיניה · Tikkunei Zohar 91b:6
- 14לית אתר פנוי מיניה · Tikkunei Zohar 122b:5
- 15גנבא אפום מחתרתא · Berakhot 63a
- 16רוחו ונשמתו אליו יאסוף · Job 34:14
- 17שהדעת . . והרגשה · Tanya, Likkutei Amarim 46:11
- 18בפ׳ חקת ע״פ ויקחו אליך · לעיל חקת סא, ב.
- 19ובפ׳ ואלה המשפטים · תו״א פ׳ משפטים.
- 20כי הוא אמר ויהי · Psalms 33:9
- 21ובמאמר א׳ נבה״ע · Zohar II, 20a
4וכן ברוך הוא שיהיה בחי׳ הוא בבחינת גילוי בלב שיהיה הבל מתפעל כו׳ ודרך כלל הם י״ג ברוך כנגד י״ג תקוני דיקנא1
De même, « Béni soit-Il » : que le niveau de « Il » soit révélé dans le cœur, afin que celui-ci soit ému, etc. En général, il y a treize [occurrences de] « Béni », correspondant aux treize tikkouné dikna (ornements de la barbe),
De même, « Béni soit-Il » demande que « Il », D.ieu désigné à la troisième personne, se révèle dans le cœur et l’émeuve. La prière Baroukh Chéamar comporte treize phrases commençant par « Béni », correspondant aux treize tikkouné dikna, les « ornements de la barbe » dont parle la Kabbale.
שהם בחי׳ שערות פי׳ שהם המשכות שנמשכו דרך בחינת שערות עד״מ כמו שער שאינו נוגע אל עצמות ומהות הגוף והראש אלא הוא מותרות.
qui sont le niveau des cheveux. C’est-à-dire qu’il s’agit de flux qui se sont déployés par le biais du niveau des cheveux. À titre d’analogie, ils ressemblent aux cheveux, qui ne touchent ni à l’essence ni à la nature du corps et de la tête, mais sont un surplus.
Les ornements de la barbe sont des cheveux, et l’Admour Hazaken explique l’importance de ce point : un cheveu pousse à partir du corps, mais ne fait pas partie de son essence ; il est un surplus. Ces flux sont déployés depuis leur source comme les cheveux poussent à partir de la tête, sans toucher à la source elle-même.
כך הנה ההמשכות אלו להיות גילוי בלב האדם הוא דבר שאינו נוגע אל עצמיות ומהות הדבר שממנו נמשך הגילוי שעצמיות הדבר
De même, ces flux, lorsqu’ils deviennent une révélation dans le cœur d’une personne, ne touchent pas à l’essence ni à la nature de la chose d’où la révélation est déployée. Car l’essence de la chose
De même, la révélation dans le cœur d’une personne est déployée à partir de la divinité sans affecter son essence. La source donne sans être changée par ce don.
שהוא מקור ההמשכה לא ישתנה בשום שינוי או גירעון ותוספת בפעולת ההמשכה בשינוי ההתפעלות והגילוי בלב (ועמ״ש במ״א ע״פ והיה לכם2 לציצית)
qui est la source du flux ne subit aucun changement, ni diminution ni ajout, du fait de l’acte de déploiement, malgré les variations de l’éveil et de la révélation dans le cœur. (Voir ce qui est écrit ailleurs au sujet du verset : « Et ce sera pour vous un tsitsit. »)
Que l’éveil du cœur soit grand ou petit, l’essence qui en est la source n’est ni diminuée ni augmentée. L’Admour Hazaken renvoie à son explication ailleurs du verset concernant le tsitsit (Nombres 15:39).
והנה י״ב ברוך הם בחי׳ המשכות פרטיות והי״ג הוא הכולל כל ההמשכות3 והוא ברוך אתה הוי׳ אמ״ה [אלקינו מלך העולם] פי׳ שיהיה בחי׳ הוי׳ בבחי׳ גילוי
Or, les douze [occurrences de] « Béni » sont des flux particuliers, et la treizième les englobe tous : c’est « Béni sois-Tu, Havaya, notre D.ieu, Roi de l’univers ». Autrement dit, que le niveau de Havaya soit révélé,
Douze des treize phrases commençant par « Béni » déploient des flux particuliers ; la treizième, la bénédiction « Béni sois-Tu, Havaya, notre D.ieu, Roi de l’univers », les englobe tous. Elle vise à révéler Havaya lui-même.
כאילו הוא לנוכח בחי׳ אתה להיות אלקינו שיתייחד עלינו שיהא שלנו ממש ובחי׳ הוי׳ הוא הכולל כל הבחי׳ הפרטיות הנאמרים בי״ב ברוך והוא ראשיתן ועיקרן:
comme s’Il était présent [devant nous], le niveau de « Toi » ; qu’Il soit « notre D.ieu », qu’Il s’unisse à nous, qu’Il soit véritablement nôtre. Et le niveau de Havaya englobe tous les aspects particuliers énoncés dans les douze [occurrences de] « Béni » ; il en est le commencement et l’essence.
« Toi » s’adresse directement à D.ieu, comme s’Il était présent, et « notre D.ieu » signifie qu’Il s’unit à nous et est véritablement nôtre. Havaya englobe tous les aspects particuliers mentionnés dans les douze autres occurrences et en est le commencement et l’essence.
Les treize « Béni » de Baroukh Chéamar sont treize flux de révélation, semblables aux cheveux qui poussent à partir de la tête sans toucher à son essence ; la treizième formule, « Béni sois-Tu, Havaya », les englobe tous.
Les notes de Kehot renvoient à deux passages d’Or HaTorah : l’un (Va’eschanan, p. 47) explique une difficulté soulevée par cette correspondance avec les treize tikkouné dikna, et l’autre (Nach, vol. 2, p. 770) identifie la treizième formule, qui englobe tous les flux, à « mazal notser hesed ».
Maré mekomot
- 1כנגד י״ג תקוני דיקנא · באוה״ת פ׳ ואתחנן ע׳ מז מבאר צ״ע שיש כאן.
- 2
- 3והי״ג הוא הכולל כל ההמשכות · ראה אוה״ת נ״ך כרך ב ע׳ תשע שזהו ענין מזל נוצר חסד ע״ש.
Au-delà de l’enchaînement de cause à effet ¶5–8
5ב וביאור ענין1 זה יובן במאמר ובטובו מחדש2 בכל יום תמיד מעשה בראשית כי צריך להבין מהו מחדש והלא כל הימים שוים ויום זה דומה ליום של אתמול.
2. L’explication de cela se comprendra à partir de la parole : « Dans Sa bonté, Il renouvelle chaque jour, continuellement, l’œuvre de la Création. » Il faut comprendre ce que signifie « renouvelle » : tous les jours ne sont-ils pas semblables, et ce jour ne ressemble-t-il pas à celui d’hier ?
Une nouvelle section commence. Chaque matin, dans la bénédiction qui précède le Chema (la bénédiction de Yotser), nous disons que D.ieu « dans Sa bonté, renouvelle chaque jour, continuellement, l’œuvre de la Création » ; mais si chaque jour ressemble au précédent, qu’est-ce qui est renouvelé ?
אלא הענין כי יש בחי׳ שנק׳3 סדר ההשתלשלות מעילה לעילה ויש בחי׳ שנק׳ למעלה מדרך סדר ההשתלשות.
L’explication est qu’il existe un niveau appelé l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes (seder hichtalchelout), de cause en cause, et un niveau qui est au-delà de l’ordre de cet enchaînement.
La réponse distingue deux modes d’action divine : l’enchaînement ordonné des mondes (seder hichtalchelout), où chaque niveau est causé par celui qui le précède, et un niveau qui dépasse entièrement cet enchaînement ordonné.
מה שהוא בבחינת סדר ההשתלשלות דרך כלל הוא עד״מ כמו אצל האדם שכל ומדות ומחשבה ודבור שהשכל מוליד המדות ומהם נעשה המחשבה כו׳.
Ce qui relève de l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes est, dans les grandes lignes et à titre d’analogie, comparable à l’intellect, aux attributs émotionnels (midot), à la pensée et à la parole chez l’homme : l’intellect donne naissance aux attributs émotionnels, et ceux-ci engendrent la pensée, etc.
L’enchaînement ordonné ressemble au fonctionnement de l’esprit humain : l’intellect donne naissance aux émotions, celles-ci à la pensée, et la pensée à la parole. Chaque étape est déjà présente sous une forme cachée dans celle qui la précède.
כך הענין בהשתלשלות העולמות וריבוי ירידות המדריגות מעילה לעילה נקרא עד״מ בחי׳ כי לא מחשבותי מחשבותיכם4 שיש למעלה ג״כ כביכול בחינת מחשבה
Il en va ainsi dans l’enchaînement des mondes et leurs nombreux degrés de descente, de cause en cause : à titre d’analogie, cela relève de l’aspect exprimé par « Car Mes pensées ne sont pas vos pensées », car, là-haut aussi, il y a, pour ainsi dire, un aspect de pensée,
La descente des mondes, degré après degré, est comparée à cela. Le verset d’Isaïe « Car Mes pensées ne sont pas vos pensées » (Isaïe 55:8) implique que, là-haut aussi, il y a une « pensée », pour ainsi dire, bien qu’elle ne soit pas semblable à la nôtre.
אלא שאינה מחשבה גשמיות כמו אצל האדם ח״ו [חס ושלום] כי מחשבת האדם אינה פועלת כלום מה שאין כן במחשבה שלמעלה נבראו העולמות
mais ce n’est pas une pensée matérielle comme celle de l’homme, à D.ieu ne plaise. Car la pensée de l’homme n’accomplit rien, tandis que les mondes furent créés par la pensée d’en haut ;
La différence est que la pensée humaine, à elle seule, n’accomplit rien en dehors de l’homme, tandis que la « pensée » de D.ieu fait advenir les mondes.
וכן בדבור בדבר ה׳ שמים נעשו5 אלא בחינת מחשבה ודבור הוא בחינת גילוי העולמות שיצאו מכח אל הפועל ומההעלם אל הגילוי כדרך שהמחשבה הוא בחינת
et de même par la parole : « Par la parole de Havaya les cieux furent faits. » Cependant, les niveaux de pensée et de parole sont les niveaux de la révélation des mondes, qui sont passés du potentiel à l’actuel et du caché au révélé, de même que la pensée est l’aspect de
Il en va de même de la parole divine : « Par la parole de Havaya les cieux furent faits » (Psaumes 33:6). La « pensée » et la « parole » divines désignent les étapes par lesquelles les mondes passent du potentiel à l’actuel et du caché au révélé, de même que la pensée révèle ce qui était contenu dans l’intellect.
גילוי השכל והדבור הוא גילוי המחשב׳ וכמה בחי׳ ומיני מדריגות ירידות והשתלשלות במדרגות רבים ועצומים וצמצומים שונים וכולם נק׳ מחשבה וכמ״ש בזהר6 דכמה מחשבתין למחשבתין כו׳
la révélation de l’intellect, et la parole est la révélation de la pensée. Il existe de nombreux aspects et sortes de niveaux, de descentes et d’enchaînements, à travers de nombreux degrés immenses et diverses contractions (tsimtsoumim) ; tous sont appelés « pensée », comme le dit le Zohar : « combien de pensées dans les pensées », etc.,
De même que la parole révèle la pensée, chaque étape révèle celle qui la précède. Il existe d’innombrables étapes et contractions de ce genre, toutes appelées « pensée » ; comme le dit le Zohar, il y a de nombreuses « pensées », l’une au-dessus de l’autre.
דא מוחא לדא78910 כו׳ וכן בבחי׳ דבור והתחלקות רבוי המדרגות האלו הם במלאכים וגם בנשמות שיש מיכאל ואברהם בבחי׳ מחשבה ויש בבחי׳ דבור.
« ceci est le cerveau de cela », etc. Il en va de même de l’aspect de la parole. Cette division en de nombreux niveaux se trouve parmi les anges et aussi parmi les âmes : il y a un Michael et un Avraham au niveau de la pensée, et il y a [un Michael et un Avraham] au niveau de la parole.
« Ceci est le cerveau de cela » : chaque niveau constitue le noyau intérieur du niveau qui se trouve au-dessous de lui, et il en va de même pour la « parole ». Cette stratification existe aussi bien parmi les anges que parmi les âmes : il y a un Michael (un ange) et un Avraham (une âme) au niveau de la « pensée », et de nouveau au niveau de la « parole ».
Pour expliquer « Il renouvelle dans Sa bonté », l’Alter Rebbe décrit d’abord l’enchaînement ordonné des mondes : chaque monde se déploie à partir de celui qui le précède, comme la pensée se déploie à partir de l’intellect et la parole à partir de la pensée, en d’innombrables étapes, parmi les anges comme parmi les âmes.
Les notes de Kehot indiquent qu’une partie de cette section est citée dans le Sefer HaMaamarim 5635 du Rabbi Maharach et que le Tséma’h Tsédek, la citant dans Or HaTorah, note que ce maamar est « édité par notre Rabbi, de mémoire bénie ». L’expression « ceci est le cerveau de cela » vient du Zohar (1:20a), qui décrit chaque niveau, depuis le point suprême vers le bas, comme un cerveau à l’intérieur d’un cerveau, l’un dans l’autre.
Maré mekomot
- 1וביאור ענין · חלק מסעי׳ זה מובא בסה״מ תרל״ה כרך א ע׳ סא ואילך. וראה סה״מ תרע״ח ע׳ קמז ואילך.
- 2ובטובו מחדש בכי״ת · ברכת יוצר. ראה תו״א סג, א.
- 3כי יש בחי׳ שנק׳ דרך סדר השתלשלות . . והחכמה מאין תמצא · מובא בקיצור באוה״ת — ענינים ע׳ קכז ומציין שם כ״ק אדמו״ר הצ״צ שמאמר זה ”מוגה מרבינו ז״ל”. וראה בהנסמן לעיל לתחילת המאמר.
- 4כי לא מחשבותי מחשבותיכם · Isaiah 55:8
- 5בדבר ה׳ שמים נעשו · Psalms 33:6
- 6וכמ״ש בזהר · Tikkunei Zohar, Tikkun 69
- 7דא מוחא לדא · זח״א (כ, א). זח״ב (קמ, ב). הובא בפרדס ש׳ ערכי הכנויים פי״ג ערך מוח. וע׳ בפ׳ שלח (נ׳ ד). [כ].
- 8דא מוחא לדא · Zohar, Bereshit 9:106–10:117
- 9דא מוחא לדא · Zohar, Terumah 26:261–28:270
- 10דא מוחא לדא · Pardes Rimmonim 23:13
6ובחי׳ מחשבה מעולם שלמטה נק׳ בחי׳ דבור לגבי עולם שלמעלה ממנו עד רום המעלות דא מוחא לדא כו׳
Et le niveau de la pensée d’un monde inférieur est appelé le niveau de la parole par rapport au monde qui lui est supérieur, jusqu’aux plus hauts degrés : « celui-ci est le cerveau de celui-là », etc.
Dans cet enchaînement, ce qui compte comme « pensée » dans un monde inférieur n’est que « parole », une expression extérieure, par rapport au monde qui lui est supérieur, et ainsi de suite jusqu’aux niveaux les plus élevés. Chaque niveau supérieur est le « cerveau », le noyau intérieur, de celui qui se trouve en dessous.
ובלשון גמרא נק׳ בתי גוואי ובתי בראי1 הם בחי׳ פנימיות ובחי׳ חיצוניות ופנימיות שלמטה נקרא חיצוניות לגבי שלמעל׳ [שלמעלה] ממנו ועד״ז כמה ריבוא השתלשלות המדרגות עצמו מספר וכמ״ש היש מספר לגדודיו2 כו׳.
Dans le langage du Talmud, ils sont appelés les « chambres intérieures » et les « chambres extérieures » : elles correspondent à la dimension intérieure (pnimiyout) et à la dimension extérieure ('hitsoniyout) ; et la dimension intérieure de ce qui est en bas est appelée dimension extérieure par rapport à ce qui est au-dessus d’elle. De même, il existe des myriades d’enchaînements de degrés, en nombre incalculable, comme il est écrit : « Y a-t-il un nombre à ses légions ? », etc.
Le Talmud (Chagigah 5b) parle des « chambres intérieures » et des « chambres extérieures » de D.ieu, qui correspondent aux dimensions intérieure et extérieure. Ce qui est intérieur à un niveau est extérieur par rapport au niveau supérieur ; les niveaux sont ainsi en nombre incalculable, comme les « légions » dont parle Job (Job 25:3).
אך כל זה נק׳ בחי׳ השתלשלות בסדר המדרגו שיציאתן מההעלם אל הגילוי3 הוא שבחי׳ ומדרגות ההעלם מוציא מה שהיה בכחו בהעלם להיות בבחי׳ גילוי הגם שהכח שבהעלם הוא ביתר שאת ומעלה מבחי׳ הגילוי שנחשב ירידה כו׳
Mais tout cela est appelé l’aspect de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), selon l’ordre des degrés : leur passage de la dissimulation à la révélation signifie que les aspects et les degrés dissimulés font apparaître ce qui était en leur pouvoir, à l’état caché, pour le faire accéder à la révélation. Bien que le pouvoir dissimulé soit d’une dignité et d’une supériorité bien plus grandes que l’aspect révélé, lequel est considéré comme une descente, etc.,
Dans cet enchaînement ordonné, chaque révélation était déjà présente, cachée, dans sa source ; le niveau supérieur ne fait qu’exprimer ce qu’il contenait en puissance. Le pouvoir dissimulé est supérieur à ce qu’il révèle, car le fait d’être révélé constitue une descente.
מ״מ הרי הכח שבהעלם הוא המקור לבחי׳ הגילוי ויש בכח ההוא בחי׳ הגילוי כ״כ [כל כך] אלא שהוא בהעלם וכמשל השכל ומדות ומחשבה הנ״ל ובחי׳ השתלשלות הלזו לא שייך
néanmoins, le pouvoir dissimulé est la source de l’aspect révélé, et il contient cet aspect révélé dans la même mesure, mais à l’état caché, comme dans l’analogie de l’intellect, des attributs émotionnels et de la pensée mentionnée plus haut. Cet aspect de l’enchaînement descendant des mondes ne s’applique pas
Pourtant, le pouvoir caché est la source directe de la révélation et la contient tout entière, mais sous une forme dissimulée, comme l’intellect contient les émotions et les pensées qu’il produira par la suite. Ce type d’enchaînement a toutefois une portée limitée.
אלא בבחי׳ הנאצלים והנבראים כי גבוה מעל גבוה שומר4 כו׳. אבל לגבי המאציל עצמו ית׳ אין ערוך אליו ית׳ כלל.
au-delà du niveau des êtres émanés et créés, car « celui qui est plus haut que le haut veille », etc. Mais, par rapport à l’Émanateur Lui-même, béni soit-Il, il n’y a absolument aucune commune mesure avec Lui, béni soit-Il.
Cela ne s’applique qu’entre les niveaux émanés et créés, où « celui qui est plus haut que le haut veille » (Ecclésiaste 5:7), chaque niveau se tenant au-dessus d’un autre. Mais D.ieu Lui-même, l’Émanateur, n’a absolument aucune commune mesure avec quelque niveau que ce soit ; l’enchaînement de cause à effet ne peut donc conduire de Lui aux mondes.
Chaque niveau de l’enchaînement est une « parole » par rapport au niveau supérieur et contient les niveaux inférieurs sous une forme dissimulée ; mais ce type de déploiement n’existe qu’entre les niveaux émanés et créés, tandis que D.ieu Lui-même n’a aucune commune mesure avec eux.
Les notes de Kehot consignent une discussion du Tséma’h Tsédek : Torah Ohr (Mishpatim) présente Atsilout comme une simple révélation de ce qui était caché, tandis qu’un discours de 5563 présente la création elle-même comme une révélation de ce qui était caché. Il explique que ce maamar suit l’opinion de Recanati, puis conclut que l’opinion principale est celle exposée ici : ce qui est créé ex nihilo n’était pas contenu auparavant dans sa source, bien que les premiers kabbalistes aient considéré que les dix Séfirot d’Atsilout étaient d’abord contenues dans leur Émanateur.
Maré mekomot
- 1בתי גוואי ובתי בראי · Chagigah 5b:12
- 2היש מספר לגדודיו · Job 25:3
- 3שיציאתן מההעלם אל הגילוי · באוה״ת ענינים ע׳ קכח מבאר זה ”כלומר שבאמת נתהוו כולם מאין ליש ע״י מה שעלה במחשבה אצלו להיות התהוות העולמות שעי״ז נתהוו כולן, רק שתועלת בחי׳ השתלשלות הוא גילוי העולמות שיצאו מכח אל הפועל ומההעלם אל הגילוי כו׳ שצ״ל לזה ירידות והשתלשלות מדריגות רבי׳ ועצומים” ע״ש. בסה״מ תקס״ג ע׳ תז ובאוה״ת סידור ע׳ רכ כ׳ דכאן נתבאר דגילוי ההעלם זהו סדר השתלשלות עו״ע, והחידוש יש מאין זהו מה שלא היה כלול תחלה, והקשה מהמבואר בתקס״ג שברא לשון גילוי ההעלם, ומפרש ”העיקר כמבואר בד״ה ואתחנן דעל הבריאה יש מאין אי שייך לומר כלל שהיו כלולים תחלה בהעלם במקורו . . אך כ״ז בבריאת העולמות יש מאין דהיינו בי״ע, אבל ענין ע״ס דאצי׳ שפיר יש דעות למקובלים הראשונים שהע״ס היו כלולים תחלה במאצילן ואח״כ נמשכו מההעלם אל הגילוי” ע״ש בארוכה. באוה״ת פ׳ ואתחנן ע׳ רכז מבאר בארוכה שלכאורה יש סתירה מכאן למ״ש בתו״א בביאור ע״פ ואלה המשפטים בענין פי׳ אצילות שהוא רק מההעלם אל הגילוי. ומבאר דמ״ש כאן הוא לפי דעת הר״מ מרקאנטי ע״ש. באוה״ת סידור ע׳ רכ מציין לכמה מקומות בדא״ח דשם מבואר דבריאה יש מאין הוא גילוי ההעלם, ומסיים שם ולכן העיקר כמבואר בד״ה ואתחנן דעל הבריאה יש מאין אין שייך לומר כלל שהיו כלולים תחלה בהעלם במקורן, ומציין ללקו״ת ר״ה נה, א. הענין נתבאר בארוכה בסה״מ תרע״ח ע׳ קמח ואילך, אף שאינו מזכיר הצ״ע מהצ״צ, אבל מבאר באריכות ההפרש בין עו״ע ליש מאין.
- 4כי גבוה מעל גבוה שומר · Ecclesiastes 5:7
7וא״א להיות בריאות העולמות כלל בדרך ההשתלשלות מעילה לעילה כי אין ערוך נברא לגבי בורא
Et il est absolument impossible que les mondes soient créés par voie d’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), de cause en cause, car une créature n’a aucune commune mesure avec le Créateur,
La création ne peut donc pas s’accomplir au moyen d’une chaîne ordonnée de causes et d’effets. Un effet est toujours comparable à sa cause, tandis que rien de créé n’est comparable à son Créateur.
ית׳ ואיך יקבלו חיותם מכח עצמותו ומהותו כבי׳ [כביה] ואיך יתכן להיות בחי׳ כח עצמותו כבי׳ [כביה] לצאת מההעלם אל הגילוי להיות מזה כח נברא כו׳
béni soit-Il. Comment pourraient-ils donc recevoir leur force vitale de la puissance de Son essence et de Son être, pour ainsi dire ? Et comment la puissance de Son essence pourrait-elle, pour ainsi dire, sortir de la dissimulation pour se révéler, de sorte qu’il en résulte une puissance créée, etc. ?
Comment les créatures pourraient-elles recevoir leur vie de l’essence même de D.ieu, et comment Son essence pourrait-elle se « révéler » sous la forme d’une chose créée ? Dans l’enchaînement, une révélation n’est que ce qui était dissimulé dans sa source, mais l’essence de D.ieu ne contient pas les choses créées de cette manière.
כי הוא רם ונשא למעלה עד אין קץ ואי אפשר להיות התהוות נברא אפי׳ [אפילו] בריבוי השתלשלות אין קץ לפי שאינו בגדר זה של ההש תלשלות [וזהו ענין אנת הוא חד ולא בחושבן12 שאין ערוך כו׳
Car Il est élevé et sublime, au-dessus de tout, sans limite, et la venue à l’existence d’une créature est impossible, même au moyen d’une multitude infinie d’enchaînements descendants des mondes, car Il n’entre pas dans cette catégorie d’enchaînement descendant des mondes. [Et tel est le sens de : « Tu es Un, mais non selon le nombre » : rien n’est comparable, etc.,
D.ieu est infiniment sublime ; ainsi, même une série infinie d’étapes ne pourrait jamais conduire de Lui à une créature : Il est entièrement en dehors de la catégorie de l’enchaînement. D’où la formule du Tikkouné Zohar : « Tu es Un, mais non selon le nombre » : Il n’est pas le premier d’une série.
וכמשנ״ת [וכמו שנתבאר] לקמן ד״ה ענין ק״ש [קריאת שמע] ובד״ה היום הזה מצוך ובד״ה פתח אליהו]3 אלא בריאת העולמות הוא ע״י בחי׳
comme cela sera expliqué plus loin, dans le discours commençant par « Le sens de la lecture du Chéma », dans celui commençant par « Ce jour, [Havaya, ton D.ieu,] te commande », et dans celui commençant par « Élie ouvrit ».] Mais la création des mondes s’accomplit par le niveau de
L’Admour Hazaken renvoie à d’autres discours qui expliquent cette idée plus en détail. La création s’accomplit plutôt par l’intermédiaire d’un autre niveau.
כי ובטובו מחדש שבטובו פי׳ טוב שלו עצמו דהיינו בחי׳ עצמותו כבי׳ [כביה] הרי זה מחדש מעשה בראשית שנעשה חדש ממש4 מאין ליש וכמ״ש והחכמה מאין תמצא.5
« Et dans Sa bonté Il renouvelle. » Car « dans Sa bonté » désigne Sa bonté propre, c’est-à-dire le niveau de Son essence, pour ainsi dire : c’est elle qui renouvelle l’œuvre de la Création, de sorte qu’elle devient véritablement nouvelle, de rien en quelque chose, comme il est écrit : « Et la sagesse se trouve à partir du néant (me’ayin). »
Ce niveau est « Sa bonté », Sa bonté propre, c’est-à-dire Son essence même. Seule l’essence peut produire quelque chose de véritablement nouveau, quelque chose à partir de rien ; ainsi le verset « La sagesse, d’où (me’ayin) se trouve-t-elle ? » (Job 28:12) se lit comme signifiant que la sagesse elle-même vient de ayin, le néant.
שהחכמה הוא בחי׳ ראשית678910 והיא תמצא מאין בבחי׳ התחדשות11 שנעשה דבר חדש מה שלא היה בכח המקור המוציאו
Car 'Hokhma est le niveau de « commencement », et elle se trouve à partir du néant, par une véritable nouveauté : une chose nouvelle vient à l’existence, qui n’était pas contenue dans la puissance de la source qui la fait émaner.
'Hokhma est le « commencement » de toute chose ; elle vient du néant comme une véritable innovation : il s’agit d’une chose qui n’était pas contenue dans sa source, à la différence de l’enchaînement ordonné, où l’effet était déjà dissimulé dans sa cause.
והוא ע״י בחי׳ יו״ד שהוא בחי׳ צמצום ואח״כ הו״ה ה״א הוא התפשטות אורך ורוחב ויש ה׳ עילאה וה׳ תתאה עלמא דאתכסייא ועלמא דאתגלייא.12
Et cela s’accomplit par le niveau de la lettre youd, qui est celui du tsimtsoum (contraction), puis viennent [les lettres] hé, vav, hé : le hé est une expansion en longueur et en largeur. Il y a un hé supérieur et un hé inférieur : le monde dissimulé et le monde révélé,
Cela se produit au moyen des lettres du Nom Havaya : le youd, point unique, représente le tsimtsoum (contraction), tandis que le hé, avec sa longueur et sa largeur, représente l’expansion. Le premier hé est « le monde dissimulé » et le dernier, « le monde révélé ».
La création ex nihilo ne peut constituer un maillon de la chaîne des causes et des effets ; elle procède de l’essence de D.ieu, de « Sa bonté », et s’accomplit par les lettres du Nom Havaya : d’abord la contraction, puis l’expansion.
La note de Kehot sur l’expression « véritablement nouvelle » renvoie à Iggeres HaKodesh 20, où l’Admour Hazaken écrit que D.ieu, dont l’existence procède de Sa propre essence et qui n’est causé par rien avant Lui, est seul à pouvoir créer quelque chose à partir du néant absolu, « sans qu’aucune autre cause ne précède cette existence ». Le couple « monde dissimulé » et « monde révélé » est constitué de termes du Zohar, que le maamar identifie ici au hé supérieur et au hé inférieur du Nom.
Maré mekomot
- 1אנת הוא חד ולא בחושבן · ת״ז בהקדמה (פתח אלי׳).
- 2אנת הוא חד ולא בחושבן · Tikkunei Zohar 17a:9–11
- 3ובד״ה פתח אליהו · בתו״א מג, ג.
- 4מחדש מעשה בראשית שנעשה חדש ממש · ראה אגה״ק סי׳ כ (דף קכט, ב). ”גבי בלא סיבה אחרת קודמת ליש הזה” — אוה״ת סדור ע׳ רכ.
- 5והחכמה מאין תמצא · Job 28:12
- 6שהחכמה . . ראשית · ראה זח״א לא, רע״ב. ת״ז רת״ל. פרדס שער ג פ״ג ע״ח שער דרושי אבי״ע פ״א.
- 7שהחכמה הוא בחי׳ ראשית · Zohar, Bereshit 35:339–36:352
- 8שהחכמה הוא בחי׳ ראשית · Tikkunei Zohar 73a:4
- 9שהחכמה הוא בחי׳ ראשית · Pardes Rimmonim 3:4–5
- 10שהחכמה הוא בחי׳ ראשית · Sefer Etz Chaim 42:3
- 11שו״ה שהחכמה — בבחי׳ התחדשות · באוה״ת ואתחנן ע׳ רכז מבאר בארוכה ההפרש למה שמבואר בתו״א משפטים עו, ב שענין אצילות הוא גילוי ההעלם, שכאן מבאר לפי דעת הר״א מריקנטי ובתו״א מבאר לפי דעת הפרדס ע״ש.
- 12עלמא דאתכסייא ועלמא דאתגלייא · זח״א (יא, א).
8והוי״ו המחברם כו׳. וזהו בחי׳ הוי״ה שאומרים ברוך אתה הוי״ה שיהי׳ [שיהיה] בחי׳ הוי׳ בבחי׳ גילוי שהוא מקורא דכולא דהיינו להיות התפעלות הלב ממה שהוא ית׳ למעלה מבחי׳ ההשתלשלות ואין ערוך אליו ית׳
et le vav qui les relie, etc. Et c’est là le niveau de Havaya dont nous disons : « Béni sois-Tu, Havaya » : que le niveau de Havaya, qui est « la source de tout », soit révélé ; autrement dit, que le cœur soit éveillé par [le fait] qu’Il est, béni soit-Il, au-dessus du niveau de l’hichtalchelout, et que rien ne peut Lui être comparé, béni soit-Il ;
Le vav relie les deux hé, complétant le Nom Havaya, « la source de tout ». Lorsque nous disons « Béni sois-Tu, Havaya », nous demandons que cela soit révélé : que le cœur soit éveillé par la connaissance que D.ieu est au-delà de toute la chaîne des niveaux et de toute comparaison.
אלא שמהווה כל העולמות בבחי׳ הוי״ה ע״י בחי׳ צמצום והתפשטות כו׳ כנ״ל [וזהו עד שלא נברא העולם1 היה הוא ושמו בלבד.2
pourtant, Il fait exister tous les mondes par le niveau de Havaya, au moyen du niveau de contraction et d’expansion, etc., comme indiqué plus haut. [Et c’est là le sens de : « Avant que le monde ne fût créé, Lui et Son Nom étaient seuls. »
Pourtant, ce même D.ieu fait exister tous les mondes par le Nom Havaya, au moyen de la contraction et de l’expansion. Cela explique également la parole qui ouvre le maamar : « Avant que le monde ne fût créé, Lui et Son Nom étaient seuls. »
הוא היינו מהותו ועצמותו3 ית׳ ושמו הוא האור והגילוי4 שהוא ג״כ א״ס ונק׳ אא״ס [אור אין סוף] שהיה כלול בעצמותו
« Lui » désigne Son être et Son essence, béni soit-Il ; et « Son Nom » désigne la lumière et la révélation, qui sont également infinies (Ein Sof) et sont appelées la Lumière infinie (Or Ein Sof), laquelle était incluse dans Son essence ;
« Lui » désigne l’essence même de D.ieu. « Son Nom » désigne la lumière et la révélation qui émanent de Lui, lesquelles sont elles-mêmes infinies et sont appelées la Lumière infinie (Or Ein Sof) ; avant la Création, elles étaient contenues dans Son essence.
דהיינו מה שיש ביכולת במהותו ועצמותו כביכול שיומשך ממנו גילוי אור א״ס ויכולת זו נק׳ שמו5 ועמ״ש מזה בד״ה קול דודי6 ובפ׳ פנחס7 ד״ה צו את בנ״י [בני ישראל]].
c’est-à-dire qu’il y a dans Son être et Son essence, pour ainsi dire, la capacité de faire émaner de Lui une révélation de la Lumière infinie, et cette capacité est appelée « Son Nom ». Voyez ce qui est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par « La voix de mon bien-aimé », ainsi que dans la paracha de Pin’has, dans le discours qui commence par « Ordonne aux enfants d’Israël ».]
« Son Nom » désigne la capacité, au sein de Son essence, de faire rayonner la Lumière infinie. Cela répond à la question initiale : un « nom » existait avant la Création en tant que potentiel de révélation, avant qu’il n’y eût quelqu’un pour L’appeler ainsi.
La bénédiction « Béni sois-Tu, Havaya » demande que D.ieu soit révélé comme étant au-delà de tous les niveaux, tout en les faisant tous exister par Son Nom. La parole introductive s’en trouve expliquée : « Lui » désigne l’essence, et « Son Nom », la Lumière infinie, c’est-à-dire la capacité de l’essence à se révéler.
Les notes de Kehot citent le Chla, par l’intermédiaire d’Or HaTorah, et Sefer HaMaamarim 5666 : le mot Hou, « Lui », est un acronyme de « Lui et Son Nom sont un ». Dans Or HaTorah, le Tséma’h Tsédek explique que « Son Nom » désigne ici les dix Séfirot cachées dans leur Émanateur, qui sont à D.ieu ce que le nom d’une personne est à cette personne.
Maré mekomot
- 1עד שלא נברא העולם · פדר״א פ״ג. וראה לעיל פ׳ בהר מא, ג. מג, ב ובמ״מ לשם.
- 2עד שלא נברא העולם היה הוא ושמו בלבד · Pirkei DeRabbi Eliezer 3:2–3
- 3הוא היינו מהותו ועצמותו · ראה באוה״ת ענינים ע׳ קלט בשם השל״ה ובסה״מ תרס״ו ע׳ קפג ”הוא” ר״ת הוא ושמו אחד. וע״ש הביאור. וראה בארוכה בסה״מ תרנ״ו ע׳ שעה ואילך.
- 4ושמו הוא האור והגילוי · באוה״ת סידור ע׳ רכ מבאר שזה קאי על ע״ס הגנוזות במאצילן שהם לגבי הקב״ה כערך שם האדם אל האדם. וראה גם אוה״ת ענינים ע׳ קמ. המשך תרס״ו ע׳ קפג.
- 5ויכולת זו נק׳ שמו · ראה סה״מ תרנ״ו ע׳ שפא ואילך.
- 6בד״ה קול דודי · לקמן שה״ש יד, ג.
- 7ובפ׳ פנחס בד״ה צו את בנ״י · לעיל פנחס עז, ג.
L’amour dans deux cœurs ¶9–10
9וזהו ואהבת את1 הוי׳ אלקיך פי׳ ואהבת אהבה מלשון אבה2 והה׳ הנוספת הוא בחי׳ הבל הלב שאבה פי׳ רצון המוח3
Et voici [le sens de] « Et tu aimeras Havaya, ton D.ieu ». Explication : ve-ahavta, ahava (amour), vient du mot ava (vouloir), et le hé supplémentaire représente le niveau du souffle (hével) du cœur ; car ava signifie la volonté de l’intellect,
C’est ainsi que l’Alter Rebbe interprète « Et tu aimeras Havaya, ton D.ieu » (Deutéronome 6:5). Ahava, l’amour, vient de ava, vouloir ; la lettre hé supplémentaire évoque le souffle chaleureux du cœur, puisque ava, à lui seul, désigne la volonté de l’intellect.
ואהבה הוא רצון הלב ואהבת שיהיה הרצון והתשוקה שבלב להיות הוי׳ שיהי׳ [שיהיה] בחי׳ הוי׳ עצמו שורה בך להיו אלוה שלך ממש שיתאחד בך בבחי׳ גילוי
et l’ahava est la volonté du cœur. « Et tu aimeras » : que la volonté et le désir du cœur soient dirigés vers Havaya, c’est-à-dire que le niveau de Havaya Lui-même réside en toi, qu’Il soit véritablement ton D.ieu et s’unisse à toi de manière révélée.
L’ahava est donc une volonté qui a pénétré le cœur. Le commandement d’aimer demande que le cœur aspire réellement à ce que Havaya Lui-même réside en la personne et soit son propre D.ieu, uni à elle ouvertement.
Et voici [le sens de] « et Havaya, ton D.ieu » : es est comme et, comme dans « un temps (et) pour aimer », [écrit] avec un ayin, car il s’agit du niveau de la révélation, de façon à former un ordre de temps.
Le mot es placé avant « Havaya, ton D.ieu », marqueur grammatical sans sens propre, est lu comme et, « temps », comme dans « un temps pour aimer » (Ecclésiaste 3:8). La révélation s’inscrit dans le cadre du temps, en moments mesurés.
שהזמן הוא בחי׳ נברא7 שהזמן לא שייך אלא במדת מלכותו ית׳ מלך מלך וימלוך משא״כ למעלה וכמ״ש מזה סד״ה שובה ישראל עד.
Car le temps relève d’une chose créée : le temps ne s’applique qu’à l’attribut de Sa Mal'hout (souveraineté), béni soit-Il : « Il est Roi, Il fut Roi et Il régnera » ; il n’en est pas ainsi en haut. Voyez ce qui est écrit à ce sujet à la fin du discours commençant par « Reviens, ô Israël, jusqu’à [Havaya, ton D.ieu] ».
Le temps lui-même est créé : il relève uniquement de la Mal'hout de D.ieu, de Sa souveraineté sur les mondes, comme dans « Il est Roi, Il fut Roi et Il régnera », au présent, au passé et au futur. Au-dessus de la Mal'hout, il n’y a pas de temps ; l’Alter Rebbe renvoie à la fin du discours « Reviens, ô Israël ».
אלא שבחי׳ גילוי זה במקורו קודם שבא לידי גילוי הזמן נק׳ את באלף כמו את בשרו את הטפל8 לבשרו כך בחי׳ גילוי במקורו הוא הטפל לההעלם
Cependant, ce niveau de révélation, à sa source, avant qu’il ne parvienne à la révélation du temps, est appelé es avec un alef, comme dans « es besaro » (sa chair) : es désigne ce qui est accessoire à sa chair. De même, le niveau de révélation à sa source est accessoire à la dissimulation,
À sa source, avant d’entrer dans le temps, la révélation est es, écrit avec un alef. Les Sages (Bava Kamma 41b) enseignent que le es de « es besaro », « sa chair », inclut ce qui est accessoire à la chair ; de même, la révélation à sa source est accessoire à l’essence cachée dont elle procède.
כי הוא גילוי כח ההעלם9 כנ״ל ועמ״ש עוד מענין את הטפל ע״פ וידעת היום והמשכת גילוי בחי׳ הוי׳ יהי׳ [יהיה] בכל לבבך10 תוך שני לבבות11 פנימיות וחיצוניות
car elle est la révélation de la puissance de la dissimulation, comme indiqué plus haut ; voyez aussi ce qui est écrit au sujet de es, qui désigne ce qui est accessoire, sur le verset « Et tu sauras en ce jour ». Et la révélation du niveau de Havaya sera attirée « de tout ton cœur » : à l’intérieur de deux cœurs, l’intérieur (pnimiyout) et l’extérieur ('hitsoniyout),
La révélation n’est que la puissance cachée qui se manifeste au-dehors, comme expliqué précédemment. L’amour doit être attiré « de tout ton cœur » : la Michna (Berachos 9:5) lit levavcha comme désignant les deux penchants ; ici aussi, il y a deux cœurs, les dimensions intérieure et extérieure du cœur.
שהם שהם בחי׳ בתי גוואי ובתי בראי עמ״ש בפ׳ ראה ע״פ כי תשמע בקול פנימיות הלב הוא התפעלות מבחי׳ עצמותו ומהותו ית׳ דלית מחשבה תפיסא בך כלל.12131415
qui sont les niveaux des « chambres intérieures » et des « chambres extérieures » (voyez ce qui est écrit dans la paracha de Re'eh sur le verset « Lorsque tu écouteras la voix »). La dimension intérieure du cœur est un éveil provenant du niveau de Son essence et de Son être, béni soit-Il, [dont il est dit :] « Aucune pensée ne peut Te saisir, en aucune façon. »
Les deux cœurs correspondent aux « chambres intérieures » et aux « chambres extérieures » mentionnées précédemment. Le cœur intérieur est éveillé par l’essence même de D.ieu, dont les Tikkunei Zohar disent : « Aucune pensée ne peut Te saisir, en aucune façon. »
« Et tu aimeras » signifie que le cœur veut que Havaya Lui-même réside en la personne ; es, lu comme et, « temps », indique que la révélation se manifeste dans le temps, tandis qu’à sa source elle est es avec un alef, accessoire à l’essence cachée ; et l’amour doit remplir à la fois le cœur intérieur et le cœur extérieur.
Les notes de Kehot citent le Mitteler Rebbe : la volonté commence dans l’intellect, et non dans le cœur, car dès qu’une personne pense, elle s’éveille à une volonté et à un grand désir qui dépassent l’intellect et la raison. Le passage du Zohar que les notes citent au sujet de es et de et (2:155b) dit : « Il y a et et il y a et », « un temps pour aimer et un temps pour haïr », et appelle le et supérieur « le mystère de la foi ».
Maré mekomot
- 1ואהבת את ה׳ אלקיך · Deuteronomy 6:5
- 2אהבה מלשון אבה · ראה אוה״ת תשא ע׳ ב׳נד. וראה ג״כ תו״א לט, א. לעיל נשא כו, ב. ספר החקירה צב, א.
- 3שאבה פי׳ רצון המוח · ”שידוע שהרצון הוא מתחיל בכלי המוח דוקא ולא בלב והוא במחשבה שיחשוב מיד יתפעל ברצון וחשק גדול למעלה מהשכל וטעם כידוע” — מאמרי אדה״א פ׳ ואתחנן ע׳ קלג.
- 4את כמו עת · הובא בזהר תרומה (קנה, ב). וע״ל פקודי (ו, ב). [כ].
- 5את כמו עת · Zohar, Terumah 47:534–48:544
- 6עת לאהוב · Ecclesiastes 3:8
- 7שהזמן הוא בחי׳ נברא · ראה לקו״ש|ח״י ע׳ 176. בתניא שער היחוד והאמונה פ״ח ובליקוט פי׳ — חיטריק לשם.
- 8את בשרו את הטפל · Bava Kamma 41b:5–7
- 9ואהבת . . גילוי כח ההעלם · ראה אוה״ת כי תשא ע׳ ב׳נד.
- 10בכל לבבך · Mishnah Berakhot 9:5
- 11בכל לבבך תוך שני לבבות · ראה ברכות פ״ט, מ״ה.
- 12דלית מחשבה תפיסא בך כלל · Tikkunei Zohar 17a:10–12
- 13העולם נק׳ מלשון העלם · נסמן לקמן עקב יג, ג.
- 14אתה הראת לדעת · Deuteronomy 4:35
- 15דלית מח׳ תפיסא בך כלל · ת״ז בהקדמה (פתח אלי׳).
10וכמ״ש אתה הראת לדעת כי1 ה׳ הוא האלהים אין עוד והראת הוא בחי׳ גילוי בבחי׳ פנימיות הלב והוא מבחי׳ האהבה המסותרת שבטבע כל אדם כו׳
Comme il est écrit : « Il t’a été montré, afin que tu saches que Havaya est Elokim ; il n’y en a pas d’autre. » « Il t’a été montré » désigne la révélation dans la dimension intérieure (pnimiyout) du cœur ; elle provient de l’amour caché qui est dans la nature de chaque personne, etc.,
« Il t’a été montré, afin que tu saches que Havaya est Elokim ; il n’y en a pas d’autre » (Deutéronome 4:35) décrit la révélation dans la dimension intérieure du cœur. Elle provient de l’amour caché qui fait partie de la nature de chaque personne.
ורשימו נשאר כל היום אפילו אחר התפלה כו׳ וחיצוניות הלב הוא שנתפשט האהבה לאכפייא לסט ״א ולאהפכא כו׳ מתחלה לאכפייא
et son empreinte demeure toute la journée, même après la prière, etc. La dimension extérieure ('hitsoniyout) du cœur est celle où l’amour se déploie pour soumettre la sitra a'hra (l’autre côté) et la transformer [etc.] : d’abord la soumettre,
Son empreinte demeure chez la personne toute la journée, même après la prière. L’amour de la dimension extérieure du cœur se déploie pour faire face à la sitra a'hra, le côté opposé à la sainteté : d’abord la soumettre (itkafya), puis la transformer (it’hap’ha).
כדכתיב עוצם עיניו מראות ברע2 וכתיב ולא תתורו אחרי לבבכם3 שירצה להיות גם הגילוי בחי׳ הוי׳ שהנה העולם נק׳ מלשון העלם שמעלים ומסתיר אור ה׳ מלהיות בגילוי וצריך לאכפייא כו׳ ואח״כ לאתהפכא חשוכא לנהורא.
comme il est écrit : « Il ferme les yeux pour ne pas voir le mal », et il est écrit : « Vous ne vous égarerez pas à la suite de votre cœur », afin qu’il désire également que le niveau de Havaya se révèle. Car le monde (olam) tire son nom du mot helem (dissimulation), puisqu’il dissimule et cache la lumière de Havaya, l’empêchant de se révéler ; il faut donc le soumettre, etc., puis transformer les ténèbres en lumière.
Soumettre signifie refuser de regarder le mal (Isaïe 33:15) et de s’égarer à la suite des désirs du cœur (Nombres 15:39), afin que Havaya se révèle également dans la dimension extérieure du cœur. Cela est nécessaire parce que olam, « monde », vient de helem, « dissimulation » : le monde cache la lumière de D.ieu. Ce n’est qu’après l’avoir soumis que l’on peut transformer les ténèbres en lumière.
פי׳ שהכח יסוד האש הטבעי שבנפשו הטבעית להתאוות כל תאוה יתהפך מן החושך של עוה״ז הגשמי להיות מתאווה לדבקה בו ית׳ כי יסוד האש הוא טבעי בתגבורת החום ועי״ז מתאווה כל תאוה שנמשך אחריו.
C’est-à-dire que la force de l’élément naturel du feu dans son âme naturelle, qui la pousse à désirer toutes sortes de désirs, sera transformée : des ténèbres de ce monde matériel, elle passera au désir de s’attacher à Lui, béni soit-Il. Car l’élément du feu est naturellement caractérisé par une chaleur intense, et c’est par elle qu’il désire toutes sortes de choses et se laisse entraîner à leur suite.
Transformer signifie que le feu naturel de l’âme animale, sa chaleur et son appétit pour toutes sortes de plaisirs, se détourne du monde matériel pour devenir un désir de s’attacher à D.ieu. Le feu brûle naturellement avec ardeur, et cette chaleur est ce qui fait naître les convoitises.
אך כשמסיר החמימות מלמשוך אחרי העוה״ז ע״י שמקרר אצלו תאוות עוה״ז ומואס ברע הנה עי״ז מאליו וממילא יהי׳ [יהיה] התגברות החום הטבעי באלהות עמ״ש בפ׳ שלח בד״ה בפ׳ נסכים4
Mais lorsqu’il détourne cette chaleur de l’attrait de ce monde, en refroidissant en lui les désirs de ce monde et en prenant le mal en aversion, alors, de ce fait, la chaleur naturelle s’intensifiera spontanément et tout naturellement dans le domaine de la Divinité. Voir ce qui est écrit dans la paracha de Chela’h, dans le maamar qui commence par « Dans la paracha des libations ».
Quand une personne refroidit son désir des choses de ce monde et en vient à prendre le mal en aversion, cette même chaleur naturelle se tourne d’elle-même vers la Divinité. L’Admour Hazaken renvoie au maamar sur les libations dans la paracha de Chela’h.
והיינו להיות ואהבת בכל לבבך שיתאווה להיות גילוי בחי׳ עלמא דאתכסייא בעלמא דאתגלייא ולאהפכא חשוכא לנהורא הוא ע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] בתפלה בבחי׳ צעקל לבם
C’est ainsi qu’il en vient à « Tu aimeras de tout ton cœur » : il désire que le monde caché se révèle dans le monde révélé et que les ténèbres soient transformées en lumière. Cela se réalise par un éveil d’en bas dans la prière, dans l’esprit de « leur cœur criait »,
C’est là l’amour « de tout ton cœur » : désirer que le monde caché se révèle dans le monde révélé et que les ténèbres deviennent lumière. Cela vient par un éveil d’en bas dans la prière, par le cri du cœur, comme dans « leur cœur criait » (Lamentations 2:18).
כדכתיב ויצעקו אל5 ה׳ בצר להם להיות ממארי דחושבנא6 ואז עי״ז רוח אייי רוח ואמשיך רוח להיות ברכה והמשכה בגילוי ברוך אתה הוי׳ כו׳:78
comme il est écrit : « Ils crièrent vers Havaya dans leur détresse », afin de compter parmi les « maîtres du bilan ». Alors, par cela, « l’esprit suscite l’esprit et attire l’esprit », pour qu’il y ait bénédiction et flux révélé : « Béni sois-Tu, Havaya », etc.
« Ils crièrent vers Havaya dans leur détresse » (Psaumes 107:6) décrit celui qui fait un examen sincère de son âme, l’un des « maîtres du bilan » du Zohar. Alors, comme le dit le Zohar, « l’esprit suscite l’esprit » : l’éveil de la personne attire un éveil correspondant d’en haut, la bénédiction et la révélation de « Béni sois-Tu, Havaya ».
L’amour de la dimension intérieure du cœur provient de l’amour caché qui est en chaque personne ; l’amour de la dimension extérieure du cœur doit d’abord soumettre, puis transformer le feu naturel de l’âme animale, par la prière, un éveil d’en bas qui attire la révélation de Havaya.
Le passage du Zohar à l’origine de « l’esprit suscite l’esprit » (2:162b) donne comme preuve le verset « s’il tourne son cœur vers Lui, Il rassemble son esprit et son âme auprès de Lui », le même verset que celui cité au paragraphe 3. Le passage de Likkutei Torah sur les libations auquel renvoient les notes relie l’élément du feu de l’âme au feu descendu du ciel sur l’autel pour consumer les offrandes, ainsi qu’aux séraphins, anges du feu divin.
Maré mekomot
- 1אתה הראת לדעת כי ה׳ הוא האלהים אין עוד · Deuteronomy 4:35
- 2עוצם עיניו מראות ברע · Isaiah 33:15
- 3ולא תתורו אחרי לבבכם · Numbers 15:39
- 4בפ׳ שלח בד״ה בפ׳ נסכים · לעיל פ׳ שלח מ, ב. וראה באוה״ת סידור ע׳ נט.
- 5ויצעקו אל ה׳ בצר להם · Psalms 107:6
- 6להיות ממארי דחושבנא · Zohar III, 178a
- 7צעק לבם · Lamentations 2:18
- 8רוח אייתי רוח ואמשיך רוח · Zohar II, 162b
La Torah, don d’en haut ¶11–13
11ג אך ות״ת [ותלמוד תורה] כנגד כולם.12 כי הנה לימוד התורה הוא מצות והגית בו יומם ולילה3 אפילו בדבר שעדיין אינו יודע אם יוצא ממנו הפסק דין למעשה כגון כל קושיות הגמרא שאינן אליבא דהלכתא
3. Cependant, « l’étude de la Torah équivaut à toutes les autres ». Car l’étude de la Torah est la mitsva de « Tu la méditeras jour et nuit », même lorsqu’il s’agit d’un sujet dont on ne sait pas encore s’il permet de dégager une décision pratique, comme toutes les questions de la Guemara qui ne suivent pas la halakha,
Une troisième section commence par la Michna (Peah 1:1) : « l’étude de la Torah équivaut à toutes les autres ». Le commandement « tu la méditeras jour et nuit » (Josué 1:8) s’applique à toute étude, même aux discussions de la Guemara qui ne conduisent pas à la halakha finale.
וגם אפילו מי שאינו מבין הפסק דין מתוך הגמרא וגם אפילו בדבר שאינו נוגע למעשה כלל ועמ״ש מזה בפ׳ אחרי ע״פ כי ביום הזה יכפר
et même lorsqu’on ne comprend pas la décision pratique à partir de la Guemara, et même lorsqu’il s’agit d’un sujet qui n’a absolument aucune incidence pratique ; voir ce qui est écrit à ce propos dans la paracha A’harei, sur le verset « Car en ce jour, il fera expiation ».
Cela s’applique même à celui qui ne parvient pas à tirer la décision de la Guemara, ainsi qu’aux sujets qui n’ont absolument aucune incidence pratique. L’Alter Rebbe renvoie à son explication dans la paracha A’harei sur « Car en ce jour, il fera expiation ».
והענין כי תלמוד תורה הוא רק המשכה מאתעדל״ע [מאתערותא דלעילא] וכמ״ש ודברי אשר שמתי בפיך4 והמשכה זו נעשית שלא ע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] שאין אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] יכולה להשיגה5
L’explication est que l’étude de la Torah n’est qu’une émanation suscitée par un éveil d’en haut (l’éveil d’en haut), comme il est écrit : « Et Mes paroles que J’ai placées dans ta bouche. » Cette émanation s’opère non par un éveil d’en bas (l’éveil d’en bas), car un éveil d’en bas ne peut l’atteindre ;
Pourquoi toute étude compte-t-elle ? Parce que l’étude de la Torah fait descendre un éveil d’en haut, l’initiative propre de D.ieu, comme dans « Mes paroles que J’ai placées dans ta bouche » (Isaïe 59:21). Aucun effort humain d’en bas ne peut atteindre seul ce niveau.
רק ע״י לימוד התורה בצירופי אותיו הוא ממשיך וכמ״ש קרוב ה׳ לכל קוראיו6 לכל אשר יקראוהו באמת ואין אמת
c’est seulement par l’étude de la Torah, à travers les combinaisons de ses lettres, qu’on la fait descendre, comme il est écrit : « Havaya est proche de tous ceux qui L’invoquent, de tous ceux qui L’invoquent en vérité » ; or, il n’est de vérité
On ne la fait descendre que par l’étude, à travers les lettres et les mots mêmes de la Torah. « Havaya est proche de tous ceux qui L’invoquent en vérité » (Psaumes 145:18), et les Sages enseignent qu’il n’y a de « vérité » que la Torah.
que la Torah. Voir ce qui est écrit dans l’explication du verset « Voici les étapes… et Moché écrivit », etc. : par la Torah, on invoque et l’on fait descendre le niveau de Havaya.
Ainsi, par l’étude de la Torah, on « invoque » D.ieu et l’on fait descendre le niveau de Havaya. L’Alter Rebbe renvoie à son explication sur « Voici les étapes… et Moché écrivit ».
L’étude de la Torah est singulière : contrairement à la prière, qui est un éveil d’en bas, elle fait descendre un éveil d’en haut, inaccessible à l’effort humain, et cela par chaque mot étudié, qu’il conduise ou non à une décision pratique.
La prière et la Torah représentent ainsi deux directions de l’union : dans la prière, ce qui est en bas s’élève ; dans la Torah, ce qui est en haut descend. C’est l’analogie citée dans les notes de Kehot à partir d’un discours de 5563. « Il n’est de vérité que la Torah » apparaît dans le Talmud de Jérusalem (Rosh Hashanah 3:8) ainsi que dans le Midrach sur Eikha.
Maré mekomot
- 1ות״ת כנגד כולם · פאה א, א.
- 2ות״ת כנגד כולם · Mishnah Peah 1:1
- 3והגית בו יומם ולילה · Joshua 1:8
- 4ודברי אשר שמתי בפיך · Isaiah 59:21
- 5והענין . . שאין אתעדל״ת יכולה להשיגה · ראה אוה״ת כי תצא ע׳ תתקלב.
- 6קרוב ה׳ לכל קוראיו · Psalms 145:18
- 7ואין אמת אלא תו׳ · ירוש׳ ר״ה פ״ג, ה״ח. חגיגה ג, ח. איכ״ר פתיחתא ב. ת״ז ת״נ. ובכ״מ.
- 8ואין אמת אלא תורה · Jerusalem Talmud Rosh Hashanah 3:9
- 9ואין אמת אלא תורה · Eikhah Rabbah, Petichta 2
- 10בביאור ע״פ אלה מסעי · לעיל פ׳ מסעי צג, ג ואילך.
C’est pourquoi [celui qui étudie] est appelé korei baTorah, « celui qui appelle dans la Torah », comme il est expliqué ailleurs. Et tel est [le sens de] : « Ces paroles que Moi (Anochi) Je t’ordonne aujourd’hui seront sur ton cœur, et tu en parleras », etc. :
Parce que l’étude de la Torah « appelle » D.ieu, comme on vient de l’expliquer, l’étude est désignée par le mot korei, qui signifie à la fois « lire » et « appeler ». L’Alter Rebbe interprète maintenant le verset du Chéma : « Ces paroles que Je t’ordonne aujourd’hui seront sur ton cœur, et tu en parleras » (Deutéronome 6:6–7), dans cette perspective.
שגם הדברים אשר אנכי מי שאנכי4 מצוך יהי׳ [יהיה] מאליהם וממילא על לבבך ע״י ודברת בם כי ודברת מלשון הנהגה והמשכה כמו ידבר עמים5 לכומר
même les paroles qu’Anochi, « Moi, qui suis Moi », t’ordonne seront d’elles-mêmes et spontanément sur ton cœur, par « et tu en parleras » (vedibarta). Car vedibarta exprime l’idée de conduire et d’entraîner, comme dans « Il conduira (yadber) les peuples ». C’est-à-dire :
Anochi, « Moi », se lit Anochi mi she’Anochi, « Moi, qui suis Moi » : il s’agit de l’essence même de D.ieu. Les paroles qu’Il ordonne se fixeront d’elles-mêmes sur le cœur par vedibarta, « tu en parleras », car la racine d-b-r signifie aussi conduire et entraîner, comme dans « Il conduira (yadber) les peuples » (Psaumes 47:4).
כי בם בעצמם תדבר ותמשיך בחי׳ אנכי מי שאנכי שהוא בחי׳ אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] שנעשית שלא ע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] כלל מפני שהיא למעלה מעלה מאתעדל״ת [מאתערותא דלתתא] (וז״ש [וזהו שכתוב] בפ׳ תרומה)
que, par elles, par les paroles elles-mêmes, tu conduiras et feras descendre le niveau de « Moi, qui suis Moi », qui est le niveau de l’éveil d’en haut (l’éveil d’en haut), lequel se produit sans aucun éveil d’en bas, car il est infiniment supérieur à l’éveil d’en bas. (C’est ce qui est écrit dans la paracha Terouma)
En prononçant des paroles de Torah, l’homme conduit et fait descendre l’essence même de D.ieu. C’est un éveil d’en haut qui ne dépend d’aucun éveil d’en bas, car il dépasse de très loin tout ce que l’effort humain pourrait atteindre.
(קכ״ח6 א׳) אשתדלותא דאורייתא7 כו׳ וזהו ענין ותורתך חנני8 (בתלים קי״ט כ״ט) אתה חוננת׳ [חוננתני] למדע תורתך והיינו כדלקמן בפי׳ ואתחנן מתנת חנם.
(128a) : « L’effort dans la Torah », etc. Tel est aussi le sens de : « Et accorde-moi gracieusement Ta Torah » (Psaumes 119:29) : « Tu nous as accordé la connaissance de Ta Torah. » Cela rejoint ce qui sera expliqué plus loin, dans l’interprétation de « Va’et’hanan » comme désignant un don gratuit.
Le Zohar (Terouma, 128a) oppose l’effort consacré à la Torah, qui peut être reçu gratuitement, à l’effort consacré à une mitsva, qui ne doit pas être accompli « pour rien ». De même, le Psalmiste demande : « Accorde-moi gracieusement Ta Torah » (Psaumes 119:29), et, dans l’insertion de Havdala de la Amida, nous disons : « Tu nous as accordé la connaissance de Ta Torah ». La Torah est un don de grâce, comme le maamar l’expliquera en interprétant « Va’et’hanan » comme un don gratuit.
ועמ״ש בפ׳ במדבר ענין וממדבר מתנה כי בחי׳ מדבר הוא כמ״ש במדבר כו׳ בארץ אשר לא עבר בה איש
Voyez aussi ce qui est écrit dans la paracha Bamidbar au sujet de « et du désert, un don ». Car l’aspect du « désert » correspond à ce qui est écrit : « dans le désert », etc., « dans un pays que nul homme n’a traversé »
L’Alter Rebbe renvoie à son développement, dans la paracha Bamidbar, sur « et du désert, un don » (Nombres 21:18). Jérémie (2:6) décrit le « désert » comme « un pays que nul homme n’a traversé ».
ולא ישב אדם שם9 פי׳ שאין האתעדל״ת [האתערותא דלתתא] של האדם מגעת שם כלל והיינו כי ענין אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] הוא כמ״ש כמים הפנים10 כו׳
et où nul homme (adam) n’a habité. » Cela signifie que l’éveil d’en bas de l’homme n’atteint absolument pas cet endroit. En effet, l’éveil d’en bas fonctionne comme il est écrit : « Comme dans l’eau, le visage [répond au visage] », etc. :
La suite du verset, « et où nul homme (adam) n’a habité », signifie que l’éveil d’en bas de l’homme n’atteint pas ce niveau. Ordinairement, l’éveil d’en bas fonctionne comme un reflet : « Comme dans l’eau, le visage répond au visage » (Proverbes 27:19).
כן האתעדל״ת [האתערותא דלתתא] של לב האדם מעורר אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] מבחי׳ אדם העליון משא״כ בבחי׳ כי לא אדם הוא11 אין אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] מגעת שם
de même, l’éveil d’en bas du cœur de l’homme suscite un éveil d’en haut à partir du niveau de l’Homme supérieur (Adam). En revanche, au niveau de « car Il n’est pas un homme », l’éveil d’en bas ne parvient pas jusque-là.
De même qu’un visage se reflète dans l’eau, l’éveil du cœur de l’homme suscite un éveil correspondant en haut, à partir de l’« Homme supérieur », c’est-à-dire les attributs divins tels qu’ils correspondent à la forme humaine. Mais le niveau de « car Il n’est pas un homme » (I Samuel 15:29) ne reflète rien ; aucun éveil d’en bas ne peut donc l’atteindre.
וזהו ולא ישב אדם שם כו׳ אלא שנמשך12 אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] מצד עצמו בבחי׳ מתנה והוא ענין המשכה שע״י עסק התורה שנאמר בה וממדבר מתנה13 כו׳ וזהו
Tel est le sens de « et où nul homme n’a habité », etc. : l’éveil d’en haut se trouve alors attiré de lui-même, comme un don. C’est là l’influx suscité par l’étude de la Torah, au sujet de laquelle il est dit : « et du désert, un don », etc. Et c’est là
À partir de ce niveau, l’éveil d’en haut se déverse de lui-même, comme un don. C’est ce que l’étude de la Torah attire, d’où le verset qui dit à son sujet : « et du désert, un don ».
כי באור פניך נתת לנו14 תורת חיים (ועמ״ש בפ׳ ראה ע״פ אחרי15 ה׳ כו׳ תלכו בענין ובקולו תשמעו ובד״ה בשעה שהקדימו ישראל16 נעשה לנשמע גבי שבועות. ובאג״ה [ובאגרת הקודש] בסופו ד״ה דוד זמירות קרית להו)
« Car par la lumière de Ta face, Tu nous as donné une Torah de vie. » (Voir ce qui est écrit dans la paracha de Reé, sur le verset « C’est après Havaya », etc., « que vous marcherez », au sujet de « et que vous écouterez Sa voix » ; ainsi que dans le discours qui commence par « Lorsque les enfants d’Israël firent précéder “nous ferons” à “nous écouterons” », pour Chavouot ; et dans Iggeres HaKodesh, à la fin, le discours qui commence par « David, vous les avez appelés des chants ».)
C’est ainsi que nous disons dans la bénédiction Sim Chalom : « Car par la lumière de Ta face, Tu nous as donné une Torah de vie » : la Torah est donnée par la « face » même de D.ieu. L’Alter Rebbe renvoie à d’autres développements dans la paracha de Reé, dans un discours pour Chavouot et à la fin d’Iggeres HaKodesh.
וזהו אתה החילות להראות את עבדך כי משה קיבל תורה מסיני1718 ושם הוא אתה החילות אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] לבד וע׳ בסד״צ [בספרא דצניעותא] (תרומה קע״ו א׳) (וברבות כאן אתה החלות כו׳ אתה התחלת לבוא אצלי כו׳)
Et c’est là le sens de « Tu as commencé à montrer à Ton serviteur » : Moché reçut la Torah au Sinaï, et là, « Tu as commencé » désigne l’éveil d’en haut seul. Voir aussi le Sifra DiTzniusa (Terumah 176a). (Et dans le Midrash Rabbah, ici : « Tu as commencé », etc. : « Tu as commencé à venir à moi », etc.)
Cela explique « Tu as commencé à montrer à Ton serviteur » : Moché reçut la Torah au Sinaï (Avot 1:1), dans une révélation venue entièrement d’en haut, par le seul éveil d’en haut. Le texte renvoie également au Sifra DiTzniusa et au Midrash sur ce verset, qui l’interprète ainsi : « Tu as commencé à venir à moi. »
וגם לבחי׳ אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] להיות אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] צריך להיות תחלה אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] שהוא בחי׳ ב״ק [בת קול] יוצאת מהר חורב1920 כו׳ הארה מלמעלה להיות הרהורי תשובה כו׳.
Et même pour que l’éveil d’en bas suscite un éveil d’en haut, il faut d’abord un éveil d’en haut : c’est l’aspect de « une voix céleste sort du mont Horeb », etc., une illumination venue d’en haut, afin que naissent des pensées de techouva (retour), etc.
Même lorsqu’un éveil d’en bas suscite une réponse d’en haut, il faut d’abord qu’il soit lui-même mis en mouvement par un éveil d’en haut. C’est la voix céleste qui « sort du mont Horeb » chaque jour (Avot 6:2), une illumination venue d’en haut qui fait naître des pensées de techouva.
ועד״ז תקנו חכמים ברכות המצות עובר לעשייתן21 כי אשר קדשנו במצותיו פי׳ שע״י המצות שהם בחי׳
Dans le même esprit, les Sages ont institué que les bénédictions sur les mitsvot soient récitées avant leur accomplissement. Car « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements » signifie que, par les mitsvot, qui sont l’aspect de
Le même principe explique pourquoi les Sages ont institué une bénédiction avant chaque mitsva (Pessa'him 7b). « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements » signifie que les mitsvot, qui constituent un éveil d’en bas, font descendre la sainteté.
אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] שנעשים בדב רים גשמים ציצית של צמר ותפילין של קלף סוכה לולב כו׳ נעשה אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] והוא להיות שורה קדושה עליונה.
l’éveil d’en bas, accompli au moyen d’objets matériels — des tsitsit de laine, des téfilines de parchemin, une soucca, un loulav, etc. —, un éveil d’en haut se produit : la sainteté supérieure vient alors résider.
Les mitsvot s’accomplissent au moyen d’objets matériels : des tsitsit de laine, des téfilines de parchemin, une soucca, un loulav. Par leur intermédiaire, la sainteté supérieure vient résider : c’est un éveil d’en haut qui répond à celui d’en bas.
אך כדי להיות קדשנו במצותיו וצונו22 להיות אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] גורם ומעורר אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] הוא ע״י אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] תחלה
Mais pour qu’il y ait « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné », et que l’éveil d’en bas provoque et suscite un éveil d’en haut, il faut d’abord un éveil d’en haut,
Mais pour que l’éveil d’en bas de la mitsva puisse produire cet effet, un éveil d’en haut doit d’abord intervenir.
שהיא ההארה הבאה מלמעלה להיות בא״י [ברוך אתה ה׳] אמ״ה [אלקינו מלך העולם] שיהי׳ [שיהיה] ברוך ונמשך בחי׳ גילוי הוי׳ למטה שעי״ז אשר קדשנו במצותיו וצונו.23
à savoir l’illumination qui vient d’en haut, afin que l’on puisse dire : « Béni sois-Tu, Havaya, notre D.ieu, Roi du monde » ; que la révélation du niveau de Havaya soit bénie et attirée ici-bas, afin que, par cela, il y ait « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements et nous a ordonné ».
Ce premier éveil d’en haut passe par la bénédiction elle-même : « Béni sois-Tu, Havaya » ; la révélation de Havaya est attirée ici-bas, afin que la mitsva qui suit puisse nous sanctifier.
L’étude de la Torah attire l’essence de D.ieu comme un don gratuit venu d’en haut, qu’aucun éveil humain ne peut atteindre, comme Moché la reçut au Sinaï ; même les mitsvot, qui constituent un éveil d’en bas, nécessitent d’abord un éveil d’en haut, d’où la bénédiction qui précède chaque mitsva.
Or HaTorah, cité dans les notes, s’appuie sur cette idée pour expliquer la distinction du Zohar : une mitsva doit être accomplie avec son propre effort et ses propres moyens, non avec des moyens empruntés ou gratuitement, puisque son effet dépend entièrement d’un éveil d’en bas ; tandis que la Torah, éveil d’en haut qui survient sans éveil d’en bas, peut même être reçue gratuitement. Le Tséma’h Tsédek relie également à ce maamar la phrase « Tu nous as accordé la connaissance de Ta Torah », dans l’insertion de Havdala de la Amida : la grâce (hanina) est un don gratuit.
Maré mekomot
- 1והיו הדברים האלה וגו׳ ודברת בם · Deuteronomy 6:6
- 2
- 3והיו הדברים האלה אשר אנכי מצוך היום על לבבך ודברת בם · Deuteronomy 6:6–7
- 4אנכי מי שאנכי · נסמן לעיל פינחס פ, ב.
- 5ידבר עמים · Psalms 47:4
- 6וז״ש בפ׳ תרומה (קכ״ח א׳) אשתדלותא דאורייתא · ”כל מאן דבעי זכה בה כו׳ בלא אגרא כלל אבל אשתדלותא דקוב״ה דקיימא בעובדא אסיר לנטלא ליה למגנא ובריקנייא בגין דלא זכי בההוא עובדא כלל כו׳ וע״ש דמוכח לון מקראי, ולא נת׳ שם היטב הטעם במפרשי הזהר מ״ש התורה ממצות, והוא מובן היטב לפי הנ״ל דלהיות מעשה המצות נמשך עיקר האתעדל״ע ע״י אתעדל״ת דוקא וכיון שצ״ל אתעדל״ת דוקא א״כ צ״ל האתעדל״ת בכל הבחי׳ ולא די שישאל לולב וינענע או שישאל תפילין מאחרים, רק יוצא ממונו ע״ז שהוא בחי׳ בכל מאדך שבזה מראה האתעדל״ת שמתעורר לעשות כל מה שביכלתו . . משא״כ ברקנייא ומגנא אין כאן אתערותא כ״כ אא״כ א״א לו . . משא״כ בתורה שהיא בחי׳ אתעדל״ע הנמשך בלי אתעדל״ת הלכך אפי׳ במגנא שפיר דמי דאין שום קפידא ע״ז” — אוה״ת פ׳ ואתחנן ע׳ נג ע״ש בארוכה.
- 7אשתדלותא דאורייתא · Zohar, Terumah 5:30–6:38
- 8
- 9במדבר . . בארץ לא עבר בה איש . . שם · Jeremiah 2:6
- 10כמים הפנים · Proverbs 27:19
- 11כי לא אדם הוא · I Samuel 15:29
- 12אין אתעדל״ת מגעת שם . . אלא שנמשך אתעלד״ע · ראה ביהל אור ע׳ תלה שמציין שזה נק׳ חן ע״ש.
- 13וממדבר מתנה · Numbers 21:18
- 14כי באור פניך נתת לנו · ברכת שים שלום.
- 15בפ׳ ראה ע״פ אחרי ה׳ · לקמן כ, ב.
- 16ובד״ה בשעה שהקדימו ישראל · לעיל פ׳ במדבר.
- 17משה קיבל תורה מסיני · אבות רפ״א.
- 18משה קיבל תורה מסיני · Pirkei Avot 1:1
- 19ב״ק יוצאת מהר חורב · Berakhot 3a
- 20ב״ק יוצאת מהר חורב · Pirkei Avot 6:2
- 21ברכות המצות עובר לעשייתן · Pesachim 7b:9–10
- 22אך כדי להיות קדשנו במצותיו וצונו · ראה אוה״ת תצוה ע׳ א׳תרי.
- 23אתה חוננתנו · נוסח ההבדלה בחונן הדעת. באוה״ת סידור ע׳ נט מציין לכאן ”בתורה ע״פ ואתחנן נת׳ פי׳ אתה חוננתנו למדע תורתך נז׳ לשון חנינה אתורה וכן אנו אומרים באהבת עולם כן תחננו ותלמדנו, כי חנינה היינו מתנת חנם והוא אתעדל״ע בלי אתעדל״ת וזהו בחי׳ תורה כי תפלה ההמשכה ע״י אתעדל״ת רשפי אש דמאדך, משא״כ בתורה רק ע״י קורא בתורה כו׳ וז״ש תהלים קי״ט ותורתך חנני”.
13ולכן תקנו הברכה קודם המצוה שע״י הברכה היא שנעשית ההמשכה להיות עשיית המצוה באתעדל״ת [באתערותא דלתתא] גורם אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] ועמ״ש בד״ה ביום השמע״צ [השמיני עצרת] בענין גדול תלמוד1 שמביא לידי מעשה
C’est pourquoi ils ont institué la bénédiction avant la mitsva : c’est par la bénédiction que s’accomplit l’attraction vers le bas, afin que l’accomplissement de la mitsva, en tant qu’éveil d’en bas, suscite un éveil d’en haut. Voyez ce qui est écrit dans le discours commençant par « Le jour de Chemini Atséret », à propos de l’enseignement : « Grande est l’étude, car elle mène à l’action. »
C’est pourquoi la bénédiction précède la mitsva : elle attire vers le bas la lumière d’en haut, qui permet à la mitsva, éveil d’en bas, de susciter un éveil d’en haut. L’Admour Hazaken renvoie à son discours pour Chemini Atséret sur l’enseignement talmudique : « Grande est l’étude, car elle mène à l’action. »
וזהו שביקש משה אעברה נא ואראה את הארץ2 כו׳ כי ארץ העליונה הוא3 כנסת ישראל שנק׳ ארץ חפץ4 ורצה משה להמשיך בה בחי׳ אתה החילות שהוא בחינת אתערותא דלעילא הנעשית שלא ע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא]:5
Et c’est là ce que Moché demanda : « Laisse-moi, je te prie, passer et voir le pays », etc. Car le « pays » supérieur est Knesset Israël, qui est appelée « un pays de délices », et Moché voulait y attirer le niveau de « Tu as commencé », qui est l’éveil d’en haut survenant sans éveil d’en bas.
On comprend à présent la supplication de Moché : « Laisse-moi, je te prie, passer et voir le pays » (Deutéronome 3:25). Le « pays » supérieur est Knesset Israël, l’âme collective d’Israël, appelée « un pays de délices » (Malachie 3:12), et Moché voulait y attirer le niveau de « Tu as commencé », l’éveil d’en haut qui ne nécessite aucun éveil d’en bas.
La bénédiction qui précède une mitsva attire l’éveil d’en haut qui rend la mitsva effective ; Moché demanda à entrer dans le Pays afin d’attirer dans Knesset Israël l’éveil d’en haut qui vient de lui-même, comme au Sinaï.
Les notes de Kehot indiquent qu’Or HaTorah (Va'eschanan, p. 55 ff.) explique longuement le désir de Moché d’attirer cet éveil d’en haut dans Knesset Israël. Une autre note renvoie à un discours de 5567 qui enseigne qu’à l’époque future l’action aura une prééminence, car le niveau appelé Ban s’élèvera alors au-dessus de Mah, étant élevé au niveau de Sag.
Maré mekomot
- 1בענין גדול תלמוד · ע׳ בתורת שבת נחמו דתקס״ז [ראה סה״מ תקס״ז ע׳ שיז] ענין מעשה גדול לע״ל כו׳ שיהי׳ ב״ן גדול ממ״ה. כי יתעלה בבחי׳ ס״ג. ועד״ה קול דודי משמח חתן עם הכלה יעו״ש ועיין אור התורה בראשית (מ, סע״ב) וע״ל רד״ה אם בחקותי הב׳ [ב].
- 2אעברה נא ואראה את הארץ · Deuteronomy 3:25
- 3כי ארץ העליונה הוא כנס״י · מובא באוה״ת פ׳ שלח ע׳ תסב.
- 4ארץ חפץ · Malachi 3:12
- 5ורצה משה להמשיך בה . . בחי׳ אתעדל״ע . . שלא ע״י אתעדל״ת · נתבאר בארוכה באוה״ת פ׳ ואתחנן ע׳ נה ואילך.
Vision, grâce et don gratuit ¶14–16
14ד והנה בחי׳ אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] בבחי׳ זו לא תמשך למטה להיות בבחי׳ גילוי ממש בשכל והשגת המחשבה ממש כי לית מחשבה תפיסא בך כלל.
4. Or, l’éveil d’en haut de ce niveau ne se propage pas vers le bas de manière à se révéler véritablement dans l’intellect et dans la saisie effective de la pensée, car « aucune pensée ne peut Te saisir en aucune façon ».
Une quatrième section commence. Cet éveil d’en haut, qui provient de l’essence de D.ieu, ne peut se propager dans l’intellect de manière à être compris, car, selon les mots cités précédemment, « aucune pensée ne peut Te saisir en aucune façon ».
ואינו נתפס כ״א בבחי׳ ראיה והסתכלות הלב וכמ״ש עיניך יונים12 דהיינו כשכנ״י [כשכנסת ישראל] היא בבחי׳ יונתי תמתי345 שאז היא במדרגה עליונה מא נעלה
Il n’est saisi que par la vue et le regard du cœur, comme il est écrit : « Tes yeux sont des colombes » ; c’est-à-dire lorsque Knesset Israël est dans l’état de « ma colombe, ma parfaite », car elle se trouve alors à un niveau très élevé,
Il ne peut être saisi que par une sorte de « vision », un regard intérieur du cœur, comme dans « Tes yeux sont des colombes » (Cantique des Cantiques 1:15). Cela se produit lorsque Knesset Israël atteint le niveau élevé appelé « ma colombe, ma parfaite » (Cantique des Cantiques 5:2).
ואזי היא בבחי׳ עינים שהוא בחי׳ הסתכלות לבד שאין המשכה זו נתפסת בגילוי וההתלבשות בהמחשבה כ״א הארה בעלמא כענין מ״ש ויצא כברק חצו6
et elle est alors dans l’aspect des « yeux », qui ne consiste qu’en un regard ; car cette propagation n’est pas saisie dans la révélation ni revêtue dans la pensée, mais n’est qu’un simple éclat, comme il est écrit : « Sa flèche jaillira comme l’éclair »,
À ce niveau, elle est « les yeux » : un pur regard, sans que la chose soit saisie par la pensée. Ce qui se propage n’est qu’un éclat fugitif, comme l’éclair évoqué par « Sa flèche jaillira comme l’éclair » (Zacharie 9:14).
שהוא כעין ברק המבריק במוחו שהוא למעלה מכדי השגתו שאין כח השגת מוחו יכול להכיל.
ce qui est comme un éclair qui jaillit dans son esprit, dépassant ce qu’il peut saisir, car la capacité de compréhension de son esprit ne peut le contenir.
C’est comme un éclair dans l’esprit : une intuition qui dépasse ce que l’esprit peut saisir et que sa faculté de compréhension ne peut contenir.
L’éveil d’en haut qui provient de l’essence de D.ieu ne peut être compris par l’intellect ; il n’est perçu que comme une « vision », un éclair fugitif qui dépasse l’entendement.
La « vision » désigne ici une perception directe qui dépasse l’intellect : on voit la chose sans la saisir par la pensée. La note de Kehot renvoie le lecteur au discours « Az Yashir Yisrael » dans Likkutei Torah, Parshas Chukas, pour l’image de l’éclair.
Maré mekomot
- 1עיניך יונים · Song of Songs 1:15
- 2עיניך יונים · Song of Songs 4:1
- 3יונתי תמתי · שם ה, ב. ו, ט.
- 4יונתי תמתי · Song of Songs 5:2
- 5יונתי תמתי · Song of Songs 6:9
- 6ויצא כברק חצו · Zechariah 9:14
Et c’est pourquoi « il resta stupéfait pendant environ une heure ». Voilà pourquoi il est écrit : « et laisse-moi voir le pays » : Moché voulait faire descendre ce niveau selon la modalité de la vision.
Un tel éclair laisse l’esprit stupéfait, comme dans « il resta stupéfait pendant environ une heure » (Daniel 4:16, cité dans le Talmud, Chullin 21a). Moché demanda à « voir » le pays parce qu’il voulait y faire pénétrer ce niveau sous la modalité de la vision.
ואנכה״ג [ואנשי כנסת הגדולה] שתקנו הברכות של המצות להמשיך בחי׳ אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] הם הנק׳ חכמים עיני העדה34 שהם מבחי׳ עיניך יונים להמשיך הארה מבחי׳ ראי׳ [ראיה] והסתכלות
Et les Hommes de la Grande Assemblée, qui instituèrent les bénédictions sur les mitsvot afin de faire descendre le niveau de l’éveil d’en haut, sont ceux que l’on appelle les Sages, « les yeux de la communauté » ; ils relèvent du niveau de « tes yeux sont des colombes » et font descendre un rayonnement du niveau de la vision et de la contemplation.
Les Hommes de la Grande Assemblée, qui instituèrent les bénédictions sur les mitsvot afin de faire descendre l’éveil d’en haut, sont les Sages appelés « les yeux de la communauté » (voir Taanis 24a). Ils relèvent du niveau de « tes yeux sont des colombes » et font descendre un rayonnement du niveau de la vision.
(ועמ״ש בד״ה לבבתני גבי באחד מעיניך5 וע״פ לעשות הישר בעיני ה׳ וזהו אתה החילות להראת את עבדך דלפי פשוטו אינו מובן מהו לעבדך דייקא והרי גם לכל ישראל הראה הוא ית׳ כל האותות והמופתים ובמ״ת [ובמתן תורה] פב״פ [פנים בפנים] דבר ה׳ עמכם כתיב
(Voir ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Tu m’as ravi le cœur », à propos de « par l’un de tes yeux », ainsi qu’à propos du verset « faire ce qui est droit aux yeux de Havaya ». Voilà ce que signifie « Tu as commencé à montrer à Ton serviteur » : selon son sens littéral, on ne comprend pas pourquoi il est dit « à Ton serviteur » en particulier, puisque Lui aussi, béni soit-Il, montra à tout Israël tous les signes et les prodiges ; et, au sujet du don de la Torah, il est écrit : « Havaya vous parla face à face ».
Dans une parenthèse, l’Alter Rebbe renvoie à son discours sur « Tu m’as ravi le cœur par l’un de tes yeux » (Cantique des Cantiques 4:9). Il demande ensuite pourquoi l’expression « montrer à Ton serviteur » distingue Moché, alors que tout Israël vit les signes et les prodiges et qu’au Sinaï, D.ieu leur parla « face à face » (Deutéronome 5:4).
אלא כי פי׳ להראות הוא כמ״ש וירא ראשית לו6 שמשה זכה לבחי׳ ראיה הנ״ל שהיא הנמשכת מבחי׳ אתה החילות כו׳ כנ״ל וע״כ אעברה נא ואראה את הארץ להמשיך בה ג״כ בחי׳ ראיה זו כנ״ל)
Mais « montrer » signifie comme il est écrit : « Il vit pour lui-même la première part » : Moché mérita le niveau de vision mentionné plus haut, qui découle du niveau de « Tu as commencé », comme indiqué plus haut. C’est pourquoi il dit : « Laisse-moi, je Te prie, traverser et voir le pays », afin d’y faire également pénétrer ce niveau de vision, comme indiqué plus haut.)
« Montrer » renvoie à la vision particulière que Moché mérita, comme dans « Il vit pour lui-même la première part » (Deutéronome 33:21). Cette vision découle de « Tu as commencé », l’éveil d’en haut, et Moché voulait aussi la faire pénétrer dans le Pays.
וכדי להמשיך בחינה זהו הקדים משה ואמר ואתחנן אל הוי׳ והענין כי הנה בשלמה7 כשבנה בהמ״ק [בית המקדש] כתיב אשר התחננתי לפני89 הוי׳ וכאן כתיב אל הוי׳.
Et afin de faire descendre ce niveau, Moché commença par dire : « Et je suppliai Havaya. » Voici ce qu’il en est : au sujet de Chlomo, lorsqu’il bâtit le Temple, il est écrit : « pour laquelle j’ai supplié devant Havaya », tandis qu’ici il est écrit : « vers (el) Havaya ».
Pour faire descendre cela, Moché commença par « Vaet'hanan », implorant la grâce. Au sujet de Chlomo, lorsqu’il bâtit le Temple, il est question d’une supplication « devant Havaya » (1 Kings 8:59), tandis que Moché supplia el Havaya, « vers Havaya » ; cette différence est significative.
והענין כי הנה כתיב ה׳ אל רחום וחנון10 כו׳ וכתיב חנון ורחום1112 ה׳ אך הנה פי׳ הוי׳ אל רחום וחנון שמבחי׳ הוי׳ מקור כל ההתהוות13 נמשכו המדות להיות חנון ורחום.
Voici ce qu’il en est. Il est écrit : « Havaya, D.ieu, miséricordieux et gracieux », etc., et il est écrit : « Gracieux et miséricordieux est Havaya. » Or, « Havaya, D.ieu, miséricordieux et gracieux » signifie que les attributs émotionnels descendent du niveau de Havaya, source de toute venue à l’existence, pour devenir gracieux et miséricordieux.
Deux versets ordonnent les termes différemment. Dans « Havaya, D.ieu, miséricordieux et gracieux » (Exode 34:6), Havaya vient en premier : les attributs de grâce et de miséricorde découlent de Havaya, source de toute existence.
אבל חנון ורחום14 ה׳ פי׳ שכדי להיות בחי׳ הוי׳ שהוא בחי׳ צמצום והתפשטות כו׳ כל זה הוא מחמת שהוא חנון ורחום כו׳ כמ״ש במ״א סד״ה שובה ישראל.1516
Mais « Gracieux et miséricordieux est Havaya » signifie que si le niveau de Havaya existe — niveau qui est celui de la contraction et de l’expansion, etc. —, c’est parce qu’Il est gracieux et miséricordieux, etc., comme cela est expliqué ailleurs, à la fin du discours qui commence par « Reviens, Israël ».
Dans « Gracieux et miséricordieux est Havaya » (Psaumes 111:4, 145:8), la grâce vient en premier : Havaya elle-même, la contraction et l’expansion qui font advenir les mondes, n’existe que parce que D.ieu est gracieux et miséricordieux. Moché puisa à cette grâce supérieure.
Moché voulait faire pénétrer dans le Pays la « vision » de l’éveil d’en haut ; c’est pourquoi il supplia « vers Havaya », faisant appel à la grâce qui est la source même de Havaya, supérieure à la grâce que Chlomo invoqua « devant Havaya ».
Or HaTorah, cité dans les notes, explique que la grâce de Chlomo se situait sous le Nom Havaya : c’était la miséricorde qui découle de Havaya d’Atsilout. Moché, en revanche, puisa aux treize attributs de miséricorde d’Arich Anpin et les fit descendre jusqu’à Havaya, qui est Zeir Anpin ; la grâce parmi les attributs de Zeir Anpin ne saurait être comparée à ces attributs. Ainsi, Havaya dans le premier verset est le Nom au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes, tandis que Havaya dans le second verset est celui de Zeir Anpin, source de cet enchaînement.
Maré mekomot
- 1אשתומם כשעה חדא · Chullin 21a:2–3
- 2אשתומם כשעה חדא · Daniel 4:16
- 3חכמים עיני העדה · Taanit 24a
- 4חכמים עיני העדה · Sefer Etz Chaim 8:4
- 5באחד מעיניך · Song of Songs 4:9
- 6וירא ראשית לו · Deuteronomy 33:21
- 7כי הנה בשלמה · נתבאר באוה״ת כי תשא ע׳ ב׳מו ”בשלמה שהי׳ למטה ממדריגת משה נאמר בו אשר התחננתילפני הוי׳ ולא אל הוי׳ מפני שבחי׳ החנינה זו שבשלמה הוא למטה משם הוי׳ דהיינו מדת הרחמים והחנינה המושפעת משם הוי׳ דאצי׳ . . אבל במשה נאמר בו ואתחנן אל הוי׳ שהמשיך מי״ג מדה״ר דא״א אל הוי׳ שהוא בחי׳ ז״א כו׳, ובודאי עם היות שגם במדות דז״א שייך בחי׳ חנון מ״מ אין זה ערך לי״ג ת״ד דא״א ממש”.
- 8אשר התחננתי לפני ה׳ · מ״א ח, נט.
- 9אשר התחננתי לפני הוי׳ · I Kings 8:59
- 10ה׳ א-ל רחום וחנון · Exodus 34:6
- 11חנון ורחום ה׳ · Psalms 111:4
- 12חנון ורחום ה׳ · Psalms 145:8
- 13מקור כל ההתהוות · ראה באוה״ת פ׳ כי תשא ע׳ ב׳מו מבאר: ”(ר״ל שם הוי׳ שלמעלה מהשתלשלשות כמ״ש הוי׳ הוי׳ ופסיק טעמא בינייהו וכמ״ש [תו״א סב, א] בד״ה וירא ישראל כו׳ וייראו העם את הוי׳ ויאמינו בהוי׳ ע״ש)”.
- 14אבל חנון ורחום ה׳ פי׳ שכדי להיות בחי׳ הוי׳ · באוה״ת כי תשא ע׳ ב׳מו מבאר: ”(ר״ל שם הוי׳ דז״א שהוא מקור ההשתלשלות)”.
- 15סד״ה שובה ישראל · לקמן ש״ש סה, ב. וראה יהל אור ע״פ חנון ורחום ע׳ תרעה. אוה״ת ויגש תתקפד, ב.
- 16פנים בפנים · Deuteronomy 5:4
16וזהו ואתחנן אל הוי׳ שהמשכתי מבחי׳ חנון כדי להיות בחי׳ הוי׳. וזהו שאמרו אין ואתחנן אלא מתנת חנם123 כו׳.
Et c’est là le sens de « Et j’ai imploré Havaya » : j’ai attiré du niveau de « clément », afin qu’il y ait le niveau de Havaya. C’est également le sens de ce qu’ont dit [les Sages] : « Vaet’hanan ne signifie rien d’autre qu’un don gratuit », etc.
L’imploration « Vaet’hanan » est maintenant expliquée : Moché a attiré du niveau de « clément », qui est la source même de Havaya. Comme l’enseignent le Sifrei et Rachi, le mot Vaet’hanan signifie demander un don gratuit.
פי׳ חנם בלא מצות45 דהיינו שהמשיך מבחי׳ גבוה ונעלה מאד למעלה מעלה מבחי׳ המצות שאין המצות מגיעות שם (ועמ״ש ע״פ ובשביעית יצא לחפשי חנם)67
Le sens de « gratuit » (hinam) est « sans mitsvot » : autrement dit, il a attiré d’un niveau très élevé, bien au-dessus du niveau des mitsvot, que les mitsvot n’atteignent pas. (Voir ce qui est écrit sur le verset : « Et la septième année, il sortira libre, gratuitement. »)
« Gratuit » (hinam) signifie « sans mitsvot » : ce n’est le mérite d’aucun acte. Moché a attiré d’un niveau bien au-delà de tout ce que les mitsvot peuvent atteindre ; l’Admour Hazaken renvoie à son explication de « la septième année, il sortira libre, gratuitement » (Exode 21:2), où hinam se comprend également comme « sans mitsvot ».
שהוא בחי׳ מדרגת ומעלת מקור אור התורה ושרשה לעילא שהוא בחי׳ ומדריגת משה שנא׳ [שנאמר] עליו אנכי עומד בין8 ה׳ וביניכם להגיד לכם את דבר ה׳ כו׳ שהי׳ [שהיה] שרש נשמתו מבחי׳ אנכי מי שאנכי
Il s’agit du niveau et du rang de la source de la lumière de la Torah et de sa racine en haut, qui sont le niveau et le rang de Moché, dont il est dit : « Moi (Ano’hi), je me tenais entre Havaya et vous, pour vous rapporter la parole de Havaya », etc. : la racine de son âme provenait du niveau de « Moi, Celui qui suis Moi ».
Ce niveau est la source et la racine de la lumière de la Torah ; c’est aussi le niveau propre de Moché. Il pouvait dire : « Moi (Ano’hi), je me tenais entre Havaya et vous » (Deutéronome 5:5), car son âme avait sa racine dans Anokhi, « Moi, Celui qui suis Moi », l’essence de D.ieu.
ולכן היה בו כח להמשיך בחי׳ הוי׳ שהוא בחי׳ אתעדל״ע [אתערותא דלעילא]9 בעת ההיא פי׳ שיהי׳ [שיהיה] בחי׳ עלמא דאתכסייא שהוא נק׳ בשם ההיא להיות בגילוי בבחי׳ עת לאהוב
C’est pourquoi il avait le pouvoir d’attirer le niveau de Havaya, qui est le niveau de l’éveil d’en haut, « en ce temps-là » (baet hahihi) : c’est-à-dire que le niveau du monde caché, désigné par le nom hahi (« celui-là »), se révèle sous la forme de « un temps (et) pour aimer ».
Moché pouvait donc attirer l’éveil d’en haut « en ce temps-là » (Deutéronome 3:23). Hahi, « celui-là », qui désigne ce qui n’est pas présent, nomme le monde caché ; Moché souhaitait le révéler comme « un temps (et) pour aimer », selon l’interprétation de et donnée plus haut.
(והוא ע״ד מ״ש בזהר פ׳ שלח) (דף קע״ז א׳) בפי׳ יום ההוא כו׳ דאחיד סיפא בשירותא וע׳ מזה ג״כ בפרדס.
(Cela correspond à ce qui est écrit dans le Zohar, parachat Chela’h) (folio 177a), dans l’interprétation de « ce jour », etc. : « il relie la fin au commencement ». Voir également à ce sujet le Pardes.
L’Admour Hazaken compare cela à l’interprétation du Zohar, selon laquelle « ce jour » relie la fin au commencement. Il renvoie également le lecteur au Pardes.
והיינו לפי שאתה החילות שכבר התחלת להיות אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] לבד. והנה אז לא נתקיימה בקשה זו שיהי׳ [שיהיה] אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] לבדה בבחי׳ גילוי
Et cela tient au fait que « Tu as commencé » : Tu as déjà commencé, de sorte qu’il y ait un éveil d’en haut seul. Or, à ce moment-là, cette demande ne fut pas exaucée : que l’éveil d’en haut seul se révèle ;
L’imploration de Moché s’appuyait sur les mots « Tu as commencé » : au Sinaï, D.ieu avait déjà commencé par un éveil d’en haut seul. Mais sa demande — que cet éveil d’en haut se révèle à lui seul — ne fut pas exaucée à ce moment-là.
אלא אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] להיות אתערותא דלתא שעל ידי גילוי אתערותא דלתתא זו יהי׳ [יהיה] גילוי אתערותא דלעילא.
mais un éveil d’en haut destiné à susciter un éveil d’en bas, afin que, par la révélation de cet éveil d’en bas, l’éveil d’en haut se révèle.
Ce qui fut accordé à la place, c’est un éveil d’en haut qui devait susciter un éveil d’en bas ; ainsi, par la révélation de l’éveil d’en bas, l’éveil d’en haut se révélerait.
וזו היתה מדריגת יהושע וכל ישראל שנכנסו לארץ וקיימו מצות באתעדל״ת [באתערותא דלתתא] וכן עד״ז הברכות של המצות שהם בחי׳ אתערותא דלעילא לאתעדל״ת [לאתערותא דלתתא].
Tel était le niveau de Yehochoua et de tout Israël, qui entrèrent dans le pays et accomplirent les mitsvot dans le cadre d’un éveil d’en bas ; de même, selon ce modèle, les bénédictions sur les mitsvot, qui constituent un éveil d’en haut destiné à susciter l’éveil d’en bas.
Tel était le niveau de Yehochoua et du peuple qui entra dans le pays : ils accomplissaient les mitsvot, ce qui constitue un éveil d’en bas. Les bénédictions sur les mitsvot suivent le même modèle : un éveil d’en haut qui rend possible l’éveil d’en bas.
Mais, au temps futur, il est écrit : « Car ils verront œil à œil », etc. (Voir aussi Parshas Nasso, 137a, 130a.)
Mais, au temps futur, « ils verront œil à œil » (Isaïe 52:8) : l’éveil d’en haut sera vu directement, dans la « vision » que Moché avait demandée. L’Alter Rebbe fait référence au Zohar sur Parshas Nasso.
Moché implora un don gratuit : un éveil d’en haut qui dépasse les mitsvot et prend racine dans l’origine de son âme, « Moi, Celui qui suis Moi ». Sa demande ne fut pas accordée alors ; Israël entra dans le pays avec les mitsvot, qui constituent un éveil d’en bas. Mais, dans les temps futurs, on verra « œil à œil ».
Or HaTorah, cité dans les notes, interprète dans le Zohar « ils verront œil à œil » comme la révélation de l’« œil ouvert » d’Arikh Anpin dans les yeux de Zeir Anpin. Le passage de Torah Ohr sur « gratuit, sans mitsvot » ajoute que, même si nous ne soutenons pas que les mitsvot seront abolies dans les temps futurs, elles s’accompliront alors d’une autre manière : non pas en allant « de force en force » par des ascensions et des descentes, mais dans le repos de la vie éternelle.
Maré mekomot
- 1אין ואתחנן אלא מתנת חנם · ספרי ר״פ ואתחנן. רש״י ר״פ ואתחנן. [כ].
- 2אין ואתחנן אלא מתנת חנם · Sifrei Devarim 26
- 3אין ואתחנן אלא מתנת חנם · Rashi on Deuteronomy 3:23:1
- 4פי׳ חנם בלא מצות · ספרי במדבר יא, ה פי׳ פז.
- 5חנם בלא מצות · Sifrei Bamidbar 87
- 6ע״פ ובשביעית יצא לחפשי חנם · ראה תו״א עו, ג.
- 7ובשביעית יצא לחפשי חנם · Exodus 21:2
- 8אנכי עומד בין ה׳ וביניכם · Deuteronomy 5:5
- 9שהוא בחי׳ אתעדל״ע · באוה״ת פ׳ כי תשא שם מוסיף ”שלמעלה מאתעדל״ת עכ״ל”. [— מלקו״ת כאן].
- 10כי עין בעין יראו · Isaiah 52:8
- 11כי עין בעין יראו · Zohar, Idra Rabba 8:50–9:63
- 12כי עין בעין יראו · Zohar, Idra Rabba 29:209–220
- 13וע׳ בפ׳ נשא קל״ז ע״א · ”בפי׳ הפסוק עיניך תראינה ירושלים נוה שאנן לעת״י אתמר” — אוה״ת ואתחנן ע׳ פט.
- 14בפ׳ נשא קל״ז ע״א ק״ל ע״א · בזהר. באוה״ת נ״ך כרך א ע׳ רסד מציין נשא דק״ל ע״א פי׳ כי עין בעין יראו היינו התגלות עינא פקיחא דא״ק שיתגלה בעינים דז״א . . בדף קל״ז ע״א ג״כ ע״ד הנ״ל”.
Maamar terminé ?
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Dans la avoda
Ne vous contentez pas de savoir intellectuellement que D.ieu remplit tous les mondes et les entoure ; prenez cela à cœur jusqu’à ce que cela touche l’âme et l’éveille, comme le demande Baroukh Chéamar, récité avant les Pessouké deZimra. Dans la prière, criez du fond du cœur : commencez par soumettre le désir pour les choses de ce monde, puis tournez-en le feu vers D.ieu. Étudiez aussi chaque partie de la Torah, même celles qui n’ont aucune portée pratique, car, par ses paroles mêmes, l’homme attire l’essence de D.ieu comme un don gratuit qu’aucun effort personnel ne pourrait lui permettre d’atteindre.
Questions à discuter
- Pourquoi le fait de savoir que D.ieu remplit tous les mondes et les entoure n’est-il pas encore une « révélation », et que montre le voleur à l’entrée du tunnel au sujet d’une telle connaissance ?
- En quoi la création à partir du néant diffère-t-elle de l’enchaînement de cause à effet, et pourquoi les mondes ne peuvent-ils pas provenir de D.ieu par cet enchaînement ?
- Pourquoi l’étude de la Torah, même celle de sujets sans portée pratique, attire-t-elle ce que la prière et les mitsvot ne peuvent attirer ?
- Si les mitsvot sont un éveil d’en bas, pourquoi une bénédiction, qui est un éveil d’en haut, doit-elle les précéder ?
- Que demanda Moché en implorant « Havaya » plutôt que « devant Havaya », et pourquoi cela fut-il laissé pour le temps à venir ?