Likkutei Torah · Parshas Va’eschanan · Maamar 3
ביאור ואתחנן
Explication de « Et j’ai imploré » (Vaét’hanan)
L’idée centrale
La supplication de Moché pour entrer dans le Pays était une demande visant à faire pénétrer dans l’Assemblée d’Israël une révélation de la « vision » : un éveil d’en haut, enraciné dans 'Hokhma et dans les Treize Attributs de Miséricorde, qui ne dépend d’aucun éveil d’en bas. Il n’en fit descendre que « l’audition » et une lumière enveloppante ; la révélation intérieure de la vision attend le Temps à venir.
Le maamar en bref
Le Biour commence par la formule de bénédiction : « Béni soit » fait descendre le Nom Havaya depuis un niveau au-dessus de l’enchaînement des mondes, de même que 'Hokhma provient de Kéter « quelque chose à partir de rien ». Israël le fait descendre d’en bas en affinant les étincelles par la prière et les mitsvot (mayin noukvin), ce qui suscite d’en haut les mayin doukhrin. La bénédiction que l’on dit avant une mitsva, instituée par les Sages, « les yeux de l’assemblée », fait descendre une lumière d’un niveau supérieur : le « regard » d’Arikh Anpin et d’Atik, qui donne sa force à l’union elle-même et se situe au-dessus de l’échange entre Tohou et Tikoun. Moché, le Yessod d’Abba, dont le niveau est celui de 'Hokhma et de la vision, voulut faire descendre cette vision dans le Pays et mettre Mal'hout face à face, mais il ne fit descendre que « l’audition » ; la vision est réservée au Machia’h. Sa supplication, vaét’hanan, demandait un don gratuit des Treize Attributs de Miséricorde, au-dessus du Nom Havaya ; c’est pourquoi il nomma Ado-nai et Havaya, les deux « pays des vivants ». Voir le Pays de loin ne lui donna qu’une lumière enveloppante, comme la bénédiction sur les mitsvot ; la lumière intérieure requiert un éveil d’en bas. Même la Torah n’est reçue pleinement qu’après la prière, et le souhait le plus profond de Moché était la vision dans l’étude de la Torah.
Plan
- TitreLe maamar explique la supplication de Moché : « Et j’ai imploré ». ¶1
- Bénédiction, regard et vision de Moché« Béni soit » fait descendre Havaya depuis un niveau au-dessus de l’enchaînement des mondes ; la bénédiction sur les mitsvot fait descendre la lumière du « regard » d’Arikh Anpin et d’Atik, au-dessus des mayin noukvin et des mayin doukhrin. Moché voulut faire descendre cette vision dans le Pays, mais ne fit descendre que l’audition ; la vision sera révélée par le Machia’h.¶2
- Le don gratuit des Treize AttributsVaét’hanan demande un don gratuit de la miséricorde au-dessus du Nom Havaya ; les Noms Ado-nai et Havaya sont les racines des deux pays des vivants, et « laisse-moi traverser » désigne le passage des Treize Attributs dans le Pays.¶3
- « Votre D.ieu » et « notre D.ieu » ; lumière enveloppante et lumière intérieureMoché, au niveau de Bina et de 'Hokhma, dit « votre D.ieu » à propos de Zeir Anpin et de Noukva. Voir le Pays de loin ne fit descendre qu’une lumière enveloppante, comme la bénédiction sur les mitsvot, tandis que la lumière intérieure requiert un éveil d’en bas ; même la Torah n’est reçue pleinement qu’après la prière.¶4
Notions clés
- Vision et regard (reïya, histaklout)ראיה / הסתכלות
- Une saisie de l’ensemble d’un seul coup, au-delà d’une compréhension progressive ; au-dessus d’Atsilout, c’est ainsi que l’union reçoit sa force. C’est une lumière enveloppante, qui n’est pas absorbée intérieurement.
- Éveil d’en haut et éveil d’en basאתערותא דלעילא / אתערותא דלתתא
- L’initiative divine et l’initiative humaine. La majeure partie du flux d’en haut répond au service de l’homme ; le niveau le plus élevé vient de lui-même, au-delà de tout éveil humain.
- Mayin noukvin et mayin doukhrinמיין נוקבין / מיין דוכרין
- Les « eaux féminines » et les « eaux masculines » : l’offrande ascendante des étincelles affinées par la prière et les mitsvot, et le flux d’en haut qui y répond. Elles appartiennent à Tohou et à Tikoun.
- Parsa (cloison)פרסא
- La cloison entre Kéter et 'Hokhma, qui fait que l’émergence de 'Hokhma est « quelque chose à partir de rien » ; dans le Nom Havaya, elle correspond au youd.
- Les Treize Attributs de Miséricordeי״ג מדות הרחמים
- La grande miséricorde au-dessus du Nom Havaya, source d’Atsilout, révélée en Tichri. La supplication de Moché la fait descendre.
- Lumière enveloppante et lumière intérieureאור מקיף / אור פנימי
- Une lumière qui entoure sans être absorbée, comme le fait de voir de loin ou la bénédiction sur une mitsva, et une lumière qui pénètre et est assimilée, comme le fait d’entrer dans le Pays ou d’accomplir la mitsva elle-même.
Titre ¶1
Le titre désigne ce maamar comme un Biour, une « explication », portant sur les premiers mots de la paracha : la supplication de Moché, « Et j’ai imploré Havaya en ce temps-là » (Deutéronome 3:23). Tout le Biour interprète cette supplication, ainsi que son désir de voir la Terre, comme une demande visant à attirer une révélation d’en haut au sein de l’Assemblée d’Israël.
Le titre introduit une explication de la supplication de Moché, qui demandait à entrer en Terre d’Israël, verset qui ouvre la paracha de Vaet’hanan.
La note de Kehot indique que ce maamar figure dans Sefer HaMaamarim 5564 sous la forme d’une transcription (hanakha) du Rabbi Dovber, le Mitteler Rebbe, puis de nouveau dans Or HaTorah du Tséma’h Tsédek sur Vaet’hanan, avec des variantes et des gloses supplémentaires.
Maré mekomot
- 1ביאור ואתחנן · בסה״מ תקס״ד ע׳ רג — הנחת כ״ק אדמו״ר האמצעי. בשינויים והגהות אחרות באוה״ת פ׳ ואתחנן ע׳ נח.
- 2
Bénédiction, regard et vision de Moché ¶2
2הנה ענין בא״י [ברוך אתה ה׳] שבברוך שאמר שהוא ענין ובטובו מחדש כו׳. כי הנה שם הוי׳ הוא באצילות
Or, le sens de « Béni sois-Tu, Havaya » dans Baroukh Chéamar est celui de « Et dans Sa bonté, Il renouvelle », etc. Car le Nom Havaya se trouve dans le Monde d’Atsilout (Émanation),
Le Biour commence par la formule « Béni sois-Tu, Havaya » de la prière du matin Baroukh Chéamar, et la relie aux mots « Et dans Sa bonté, Il renouvelle », tirés de la bénédiction qui précède le Chéma du matin et évoque le renouvellement de la création par D.ieu. Son point de départ est que le Nom Havaya appartient à Atsilout, le monde le plus élevé, encore uni à D.ieu.
והנה מחכמה ואילך הוא בחינת השתלשלות משא״כ החכמה מאין מצא1 שלא בבחי׳ השתלשלות כי יש פרסא המפסיק בין חכמה לכתר (וע׳ בזהר פרשה נח)
et, à partir de 'Hokhma (sagesse), commence le niveau de l'enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) ; 'Hokhma, en revanche, « est trouvée à partir du néant (ayin) », et non par voie d’hichtalchelout, car une parsa (cloison) sépare 'Hokhma de Kéter (la Couronne) (voir aussi le Zohar, Parachat Noa'h)
À partir de 'Hokhma (sagesse) et en descendant, chaque niveau procède du niveau supérieur par une descente graduelle. 'Hokhma elle-même, cependant, « est trouvée à partir du néant (ayin) » (Job 28:12) : une parsa, une cloison, la sépare de Kéter (la Couronne), qui lui est supérieur, de sorte qu’elle ne procède pas de Kéter par simple continuité.
(דס״ה א׳) ובמ״ש בביאור ע״פ כי ביום הזה יכפר2 בפרשת אחרי וכל זה אחר הצמצום ומקום פנוי כו׳
(65a), ainsi que dans ce qui est écrit dans l’explication du verset « Car en ce jour, il fera expiation », dans la Parachat A'harei. Tout cela se situe après le tsimtsoum (contraction) et l’espace vacant, etc.
Le texte renvoie au Zohar sur la Parachat Noa'h (65a), qui parle d’un tel voile, ainsi qu’à sa propre explication du verset « Car en ce jour, il fera expiation » (Lévitique 16:30), dans la Parachat A'harei. Il précise que tout cela se produit après le tsimtsoum, la contraction originelle de la Lumière infinie qui a laissé un « espace vacant » pour les mondes.
וע׳ בסש״ב [בספר של בינונים] ח״ב [חלק ב׳] פ״ט בהג״ה [בהגהה] שעל ידי זה משתנה השפע למהות אחר ולא בבחי׳ השתלשלות עילה ועלול שמחכמה ולמטה כו׳
Voir aussi Sefer Chel Beinonim [le Tanya], partie II, chapitre 9, dans la glose : par ce moyen, le flux (chefa) est transformé en une autre essence, et non selon l’enchaînement (hichtalchelout) de la cause à l’effet qui existe à partir de 'Hokhma et en descendant, etc.
Dans le Tanya, partie II, chapitre 9, une glose parle du tsimtsoum par lequel la lumière est contractée afin de s’investir dans les réceptacles des Séfirot. Le texte indique que, par une telle contraction, le flux devient quelque chose d’une essence différente, au lieu d’être un effet qui prolonge sa cause, comme cela se produit à partir de 'Hokhma et en descendant.
ולכן נקרא החכמה לגבי הכתר יש מאין וזהו ענין ובטובו מחדש ממש יש מאין והיינו ע״י יו״ד דשם הוי׳ שהוא בחי׳ הפרסא כו׳
C’est pourquoi 'Hokhma, par rapport à Kéter, est appelée « quelque chose à partir du néant » (yech méayin). Et tel est le sens de « Et dans Sa bonté, Il renouvelle » : quelque chose véritablement à partir du néant. Cela se fait par le youd du Nom Havaya, qui est le niveau de la parsa, etc.
En raison de cette rupture, 'Hokhma est, par rapport à Kéter, « quelque chose à partir du néant » ; c’est cela que signifie « Il renouvelle » : une création véritablement nouvelle. Dans le Nom Havaya, la cloison qui rend cela possible est le youd, sa première lettre.
(ע׳ [עיין] מק״מ [מקדש מלך] שם שפי׳ דפרסא היינו מוחא סתימאה וי״ל [ויש לומר] דהיינו קרומא דאתחפייא על מו״ס [מוחא סתימאה] דאתכסייא האי ח״ס [חכמה סתימאה] בההוא קרומא ע״כ נק׳ הקרומא פרסא.
(Voir le Mikdash Mélekh à cet endroit, qui explique que la parsa désigne le Mo'ha Stima’a (cerveau caché). Et l’on peut dire qu’il s’agit de la membrane qui s’étend sur le Mo'ha Stima’a, car cette 'Hokhma cachée est recouverte par cette membrane ; c’est pourquoi la membrane est appelée parsa.)
Le Mikdash Mélekh, un commentaire du Zohar, identifie la parsa au Mo'ha Stima’a, le « cerveau caché ». L’Alter Rebbe suggère qu’il s’agit plus précisément de la membrane qui recouvre ce cerveau et voile la 'Hokhma cachée qu’il contient.
וגם פי׳ שם עוד בחי׳ פרסא שלמעלה גם ממו״ס [ממוחא סתימאה] גם בפרדס שער הצחצחות פ״ו פי׳ דהפרסא היינו הכתר בעצמו כו׳ וזהו דהיו״ד דשם הוי׳ הוא בחינת הפרסא כי היו״ד וקוצו הוא חכמה וכתר)
Il explique également à cet endroit un autre niveau de parsa, supérieur même au Mo'ha Stima’a. De même, dans le Pardes, Chaar HaTsa'htsa'hot, chapitre 6, il est expliqué que la parsa est Kéter lui-même, etc. Et tel est [le sens de] l’identification du youd du Nom Havaya au niveau de la parsa : le youd et sa pointe (kots) sont 'Hokhma et Kéter.)
Le Mikdash Mélekh parle aussi d’une parsa encore plus élevée, et le Pardes (Chaar HaTsa'htsa'hot, chapitre 6) identifie la parsa à Kéter lui-même. Voilà pourquoi le youd de Havaya est la parsa : le youd est 'Hokhma, et la petite pointe au-dessus de lui est Kéter.
וזהו ענין זרע ברך3 הוי׳ שממשיכים גילוי שם הוי׳ למטה דהיינו מלמעלה מהשתלשלות והיינו על ידי אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] בירורי רפ״ח ניצוצין בתפלה שהוא בחי׳ העלאת מ״ן [מיין נוקבין] ויצעקו אל4 ה׳ כו׳
Tel est le sens de « la descendance que Havaya a bénie » : ils attirent ici-bas la révélation du Nom Havaya, c’est-à-dire depuis ce qui est au-dessus de l’hichtalchelout. Cela se fait par un éveil d’en bas : le raffinement (birourim) des 288 étincelles dans la prière, qui est le niveau de l’élévation des mayin noukvin (eaux féminines), [comme dans] « Ils crièrent vers Havaya », etc.
Isaïe 61:9 appelle Israël « la descendance que Havaya a bénie » ; à la lumière de « Béni sois-Tu », le texte comprend ces mots comme désignant Israël attirant ici-bas la révélation de Havaya depuis ce qui se trouve au-dessus de l’enchaînement des mondes. Israël agit d’en bas, en raffinant les 288 étincelles déchues dans la prière, ce qui « élève les eaux féminines » (mayin noukvin), l’offrande ascendante qui suscite une réponse, comme dans « ils crièrent vers Havaya » (Psaumes 107:6).
וכן העשייה דמעשה המצות קלף התפילין כו׳ הם בירורי רפ״ח ועי״ז נמשך מ״ד [מיין דוכרין] משרשו מח״ס [מחכמה סתימאה].
De même, le travail impliqué dans l’accomplissement des mitsvot — le parchemin des tefillin, etc. — consiste à raffiner les 288 étincelles ; et, par là, les mayin doukhrin (eaux masculines) sont attirées depuis leur racine, depuis la 'Hokhma cachée.
Les mitsvot matérielles raffinent les mêmes 288 étincelles ; par exemple, la confection du parchemin des tefillin transforme une chose matérielle en un objet saint. En réponse, les « eaux masculines » (mayin doukhrin), le flux qui descend d’en haut, sont attirées depuis leur racine dans la 'Hokhma cachée.
והנה ענין ברכת המצות הוא המשכת אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] לפני אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] ולכן הוא עובר לעשייתן.5 והמשכה זו שרשה מבחי׳ שאין אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] מגעת שם
Or, la bénédiction sur les mitsvot consiste à attirer un éveil d’en haut avant l’éveil d’en bas ; c’est pourquoi elle est dite « avant leur accomplissement » (over la’assiyatan). Cet influx prend sa racine à un niveau que l’éveil d’en bas ne peut atteindre,
La bénédiction sur une mitsva attire un éveil d’en haut avant que la personne n’agisse ; c’est pourquoi les Sages ont institué qu’elle soit dite « avant (over) leur accomplissement ». Elle prend sa racine à un niveau qu’aucun éveil d’en bas ne peut atteindre.
וזהו שהברכות תקנו אותם החכמים שהם עיני העדה6 בחי׳ עיניך יונים והוא ע״ד מ״ש בע״ח [בעץ חיים] (שער א״א פי״ד [פרק י״ד / פרשה י״ד])
et c’est pourquoi les bénédictions furent instituées par les Sages, qui sont « les yeux de la communauté », le niveau de « tes yeux sont des colombes ». Cela s’accorde avec ce qui est écrit dans Etz Chaim (Shaar Arich Anpin, chapitre 14) :
C’est pour cette raison que les bénédictions furent instituées par les Sages, appelés « les yeux de la communauté » (d’après Nombres 15:24), et qu’ils constituent les « yeux » de « tes yeux sont des colombes » dans le Cantique des Cantiques. Le texte rapproche cela de ce qu’enseigne Etz Chaim sur le pouvoir du regard.
שע״י הסתכלו או״א [אבא ואימא]7 או זו״נ [זעיר אנפין ונוקבא] בא״א או הסתכלות א״א בהם נמשך אליהם כח הזווג כו׳ והענין כי הזווג דמ״ן [דמיין נוקבין] ומ״ד [ומיין דוכרין] הוא רק באצילות לבד
que, par le regard d’Abba et Imma ('Hokhma et Bina), ou de Zeir Anpin et Noukva, vers Arich Anpin, ou par le regard d’Arich Anpin vers eux, la force de l’union (zivoug) leur est attirée, etc. L’explication est que l’union des mayin noukvin et des mayin doukhrin n’a lieu que dans Atsilout ;
Etz Chaim (Shaar Arich Anpin, chapitre 14) évoque les partsoufim d’Abba et Imma, ou de Zeir Anpin et Noukva, qui regardent vers Arich Anpin, ou qu’Arich Anpin regarde, et qui reçoivent de ce regard la force de l’union (zivoug). L’union par les mayin noukvin et les mayin doukhrin, échange de flux ascendant et descendant, n’existe que dans Atsilout.
אבל למעלה מאצי׳ שם היחוד בבחי׳ הסתכלות לבד מפני שממקום גבוה כ״כ [כל כך] א״א להיות הגילוי רק ע״י בחי׳ ראיה לבד (וכמ״ש בסוף ביאור חכלילי עינים)8
mais au-dessus d’Atsilout, l’union s’opère uniquement par le regard, car, d’un lieu si élevé, la révélation ne peut se produire que par la vue seule (comme il est écrit à la fin de l’explication sur « rouge des yeux »).
Au-dessus d’Atsilout, un tel échange n’a pas lieu ; l’union s’y opère uniquement par le regard, car, depuis un niveau si élevé, la révélation ne peut se produire que par la vue. Le texte renvoie à la fin de son explication sur « rouge des yeux » (Genèse 49:12).
ובחי׳ הסתכלות זו שנמשך ההארה ממצחא דעתיקא לזו״נ [לזעיר אנפין ונוקבא] הוא גורם יחוד מ״ן [מיין נוקבין] ומ״ד [ומיין דוכרין] דזו״נ [דזעיר אנפין ונוקבא] כי להיות היחוד הוא ע״י המשכת המוחין חחלה
Ce regard, par lequel le rayonnement du front d’Atika est attiré vers Zeir Anpin et Noukva, provoque l’union des mayin noukvin et des mayin doukhrin de Zeir Anpin et Noukva ; car l’union s’opère d’abord par l’attraction de l’intellect (mo'hin),
Le rayonnement que ce regard attire du « front » d’Atika (Atik Yomin) vers Zeir Anpin et Noukva provoque leur union des mayin noukvin et des mayin doukhrin. Toute union dépend en effet d’abord de l’attraction de l’intellect (mo'hin) dans les partsoufim.
כמו עד״מ למטה הקטן אינו מוליד9 לפי שאין לו דעת10 שהמוחין שלו הם בקטנות ואינן בשלימות וכשנעשה גדול ומתחזקין המוחין שלו ונגדלים
comme on peut le comprendre par analogie dans le monde inférieur : un mineur n’engendre pas, parce qu’il n’a pas de Daat (connaissance), car son intellect est dans un état de petitesse et n’est pas complet ; lorsqu’il devient adulte, que son intellect se renforce et mûrit,
L’analogie est tirée de la vie humaine : un mineur ne peut engendrer (Sanhédrin 68b), car il n’a pas de Daat ; son intellect est encore petit et incomplet. En grandissant, il se renforce et mûrit.
אזי יש בו כח ההולדה וכך עד״מ יחוד עליון הוא ע״י המשכת מוחין עליונים לאו״א [לאבא ואימא] וזו״נ [וזעיר אנפין ונוקבא]
il a alors la capacité d’engendrer. De même, par analogie, l’union supérieure s’opère par l’attraction de l’intellect supérieur vers Abba et Imma, ainsi que vers Zeir Anpin et Noukva.
Une fois son esprit mûr, il a la capacité d’engendrer. De même, dans les mondes supérieurs, l’union dépend de l’attraction de l’intellect supérieur vers Abba et Imma, ainsi que vers Zeir Anpin et Noukva.
וזה נמשך בהם ע״י ההסתכלות דא״א שעי״ז נמשך בהם הארה גדולה כמ״ש בע״ח [בעץ חיים] שם ובמ״מ מסכת זיווג או״א [אבא ואימא] לכן עי״ז נמשך בהם הכח לזיווג כו׳
Et cela est attiré en eux par le regard d’Arikh Anpin, car celui-ci y fait pénétrer un grand rayonnement, comme il est écrit dans Etz Chaim, à cet endroit, et dans Mishnas Chassidim, traité Zivug Abba ve-Imma ; c’est pourquoi il leur attire ainsi la force nécessaire à l’union, etc.
Cet intellect les atteint par le regard d’Arikh Anpin, qui leur apporte un grand rayonnement et, avec lui, la force nécessaire à l’union. Le texte cite à ce sujet Etz Chaim et Mishnas Chassidim, traité Zivug Abba ve-Imma.
ולכן עד״ז תקנו חכמים שנק׳ עיני העדה11 את ברכת המצות שהוא המשכת הכח להיות אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] ואתע דל״ע [אתערותא דלעילא] שע״י מעשה המצות
C’est pourquoi, de même, les Sages, appelés « les yeux de l’assemblée », ont institué la bénédiction sur les mitsvot, qui attire la force permettant qu’il y ait un éveil d’en bas et un éveil d’en haut, suscités par l’accomplissement des mitsvot,
De même, les Sages, « les yeux de l’assemblée », ont institué la bénédiction sur les mitsvot. Cette bénédiction attire la force qui rend possibles l’éveil d’en bas et l’éveil d’en haut suscités par l’accomplissement des mitsvot.
שהם בחי׳ מ״ן [מיין נוקבין] ומ״ד [ומיין דוכרין] שיש במעשה המצוה והמשכה זו דהברכ׳ היא מבחי׳ עיני העדה דוקא שיש בכחם להמשיך בחי׳ הסתכלות דעתיקא בזו״נ [בזעיר אנפין ונוקבא] שהוא הכח לזיווג מ״ן [מיין נוקבין] ומ״ד [ומיין דוכרין]
lesquels sont les mayin noukvine et les mayin doukh’ine présents dans l’accomplissement de la mitsva. Cet influx de la bénédiction provient précisément du niveau des « yeux de l’assemblée », qui ont le pouvoir d’attirer le regard d’Atika dans Zeir Anpin et Noukva ; c’est là la force nécessaire à l’union des mayin noukvine et des mayin doukh’ine.
L’accomplissement d’une mitsva implique à la fois les mayin noukvine et les mayin doukh’ine. Le pouvoir de la bénédiction de les réunir vient des Sages, en tant que « yeux » : ils peuvent attirer le regard d’Atika dans Zeir Anpin et Noukva.
כי בחי׳ ההסתכלות הוא למעלה מהמ״ן [מהמיין נוקבין] והמ״ד [והמיין דוכרין] עצמן שהם מבחי׳ תהו ותיקון והשבירה היה בעולם הנקודים ובירורי ניצוצים משבה״כ [משבירת הכלים] זהו ענין המ״ן [המיין נוקבין] ועי״ז נמשך מ״ד [מיין דוכרין] מעולם התיקון וזהו ענין אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] ואתעדל״ע [ואתערותא דלעילא] שע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא].
Car le niveau du regard est supérieur aux mayin noukvine et aux mayin doukh’ine eux-mêmes, qui relèvent de Tohou et de Tikoun. La brisure eut lieu dans le Monde de Nekoudim, et l’affinement des étincelles issues de la brisure des réceptacles constitue les mayin noukvine ; par ce moyen, les mayin doukh’ine sont attirés du Monde de Tikoun. Voilà ce qu’est l’éveil d’en bas et l’éveil d’en haut qui vient à la suite de l’éveil d’en bas.
Le regard est supérieur aux deux eaux elles-mêmes, qui relèvent de Tohou et de Tikoun : les réceptacles se brisèrent dans le Monde de Nekoudim (Tohou) ; l’élévation des étincelles issues de cette brisure constitue les mayin noukvine, auxquels répondent les mayin doukh’ine venant du Monde de Tikoun. Tel est le processus habituel de l’éveil d’en bas et de l’éveil d’en haut qui lui répond.
אבל בחי׳ עקודים הוא למעלה מהשבירה והתיקון. ומשם הוא ענין האתעדל״ע [האתערותא דלעילא] שלמעלה מאתעדל״ת [מאתערותא דלתתא] ועיין מה שכתוב ע״פ אכלוהו היום1213 בענין מן וזהו ענין ההסתכלות כו׳ אשר משם שורש ענין ברכת המצות
Mais le niveau d’Akoudim est au-dessus de la brisure et du Tikoun. C’est de là que vient l’éveil d’en haut, supérieur à l’éveil d’en bas. Voyez aussi ce qui est écrit à propos du verset « Mangez-en aujourd’hui », au sujet de la manne. Tel est le sens du regard, etc., dont procède la racine de la bénédiction sur les mitsvot.
Le Monde d’Akoudim, antérieur à la brisure, se situe au-dessus de la brisure comme du rétablissement ; de là vient un éveil d’en haut qui n’attend pas un éveil d’en bas. Ce niveau supérieur, également abordé par le texte à propos de la manne et du verset « Mangez-en aujourd’hui » (Exode 16:25), est le « regard » qui constitue la racine des bénédictions sur les mitsvot.
(וע׳ מ״ש במ״א בד״ה להבין מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] ע״פ כי טובים דודיך14 מיין15 ערבים עלי דברי סופרים יותר מיינה של תורה דקאי על ברכת המצות כו׳ ועמ״ש עוד מענין ערבים עלי ד״ס ע״פ ושאבתם מים בששון)1617
(Voyez aussi ce qui est écrit ailleurs, dans le maamar commençant par « Pour comprendre l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie », sur le verset « Car ton amour est meilleur que le vin » : « Les paroles des Scribes me sont plus agréables que le vin de la Torah » ; cela se rapporte à la bénédiction sur les mitsvot, etc. Voyez encore ce qui est écrit au sujet de « Les paroles des Scribes me sont plus agréables », à propos du verset « Vous puiserez de l’eau dans la joie ».)
Deux autres maamarim sont cités. Le premier porte sur « Car ton amour est meilleur que le vin » (Cantique des Cantiques 1:2) et sur l’enseignement selon lequel les paroles des Scribes sont plus agréables que le vin de la Torah ; il l’applique aux bénédictions sur les mitsvot, qui relèvent d’une institution rabbinique. Le second traite du verset « Vous puiserez de l’eau dans la joie » (Isaïe 12:3).
והנה זהו ענין בקשת משה אעברה נא ואראה את הארץ.18 כי משה הוא יסוד אבא וחכמה היא בחי׳19 ראיה20 וז״ש [וזהו שכתוב] במשה וירא ראשית לו21 ועד רום המעלות בכל העולמות הוא כן
Or, voilà le sens de la demande de Moché : « Laisse-moi, je te prie, traverser et voir le pays. » Car Moché est le Yessod d’Abba, et 'Hokhma est le niveau de la vue. C’est ce qui est écrit à propos de Moché : « Il vit pour lui le premier » ; et il en va ainsi jusqu’au sommet des degrés, dans tous les mondes.
Le texte applique maintenant tout ce qui précède à la demande de Moché : « Laisse-moi, je te prie, traverser et voir le pays » (Deutéronome 3:25). Moché est le Yessod d’Abba, le canal de 'Hokhma, et 'Hokhma est associée à la vue ; c’est pourquoi il est dit de lui : « Il vit pour lui le premier [réchit] » (Deutéronome 33:21). Cela vaut à tous les niveaux, jusqu’au plus élevé des mondes.
והנה בחי׳ מל׳ היתה בבחינת אב״א [אחור באחור] כ״ז [כל זה] משך דור המדבר (וע׳ בע״ח [בעץ חיים] של״א ושל״ז רפי״ו)
Or, le niveau de Mal'hout demeura dans l’état de dos à dos pendant toute la durée de la génération du désert (voyez Etz Chaim, portique 31, ainsi que portique 37, début du chapitre 16).
Durant les quarante années dans le désert, Mal'hout était « dos à dos » avec Zeir Anpin, sans union complète face à face. Le texte renvoie à Etz Chaim, portiques 31 et 37, à ce sujet.
ומרבע״ה [ומשה רבינו עליו השלום] רצה שיהיה החזרת פב״פ [פנים בפנים] שזהו ענין בואם לארץ על ידו דוקא ע״י ואראה את הארץ שימשיך בה מבחי׳ ראיה והסתכלות הנ״ל שהוא בחי׳ אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] שלמעלה מאתעדל״ת [מאתערותא דלתתא]22
Et Moché, notre maître, que la paix soit sur lui, voulait qu’ait lieu le retour face à face. C’est là le sens de leur entrée dans le Pays par son intermédiaire précisément, grâce à « que je voie le pays » : il y aurait attiré le niveau de la vision et de la contemplation mentionné plus haut, qui est un éveil d’en haut, supérieur à l’éveil d’en bas.
Moché voulait les ramener face à face ; c’est pourquoi l’entrée du peuple dans le Pays devait se faire par son intermédiaire. En voyant le Pays, il y aurait attiré la vision et la contemplation décrites plus haut, un éveil d’en haut qui dépasse tout éveil d’en bas.
(וע׳ מענין בחי׳ ראיה בע״ח [בעץ חיים] שער אח״פ [אוזן חוטם פה] פרק א׳ ופרק ג׳ ועמ״ש ע״פ השמים כסאי23 כו׳ ואל זה אביט24 כו׳)
(Au sujet du niveau de la vision, voir Etz Chaim, Shaar Ozen-Chotem-Peh [oreille, nez et bouche], chapitre 1 et chapitre 3 ; voir aussi ce qui est écrit sur le verset « Les cieux sont Mon trône », etc., « Mais c’est vers celui-ci que Je regarderai », etc.)
Pour en savoir davantage sur la vision, le texte cite Etz Chaim, le portail de l’oreille, du nez et de la bouche (Ozen-Chotem-Peh), chapitres 1 et 3. Il renvoie également à son discours sur « Les cieux sont Mon trône… mais c’est vers celui-ci que Je regarderai » (Isaïe 66:1–2).
ויובן קצת ענין בחי׳ ראיה מהו ברוחניות ממ״ש בפע״ח [בפרי עץ חיים] שט״ז פ״א שפעם א׳ נכנס ר׳ [רבי] אברהם הלוי אצל האריז״ל [האר״י זכרונו לברכה] ומצאו
On peut saisir quelque peu ce qu’est, dans la spiritualité, le niveau de la vision, d’après ce qui est écrit dans Pri Etz Chaim, Shaar 16, chapitre 1 : un jour, Rabbi Avraham HaLevi entra chez le saint Ari Zal et le trouva
Pour donner une idée de ce qu’est la « vision » spirituelle, le texte rapporte un épisode de Pri Etz Chaim (portail 16, chapitre 1). Rabbi Avraham HaLevi entra un jour chez le saint Ari Zal et le trouva endormi.
שהיה ישן והקיץ ואמר ששמע בישיבה של מעלה סודות ורזין עילאין בפרש בלק ובלעם שאם הי׳ [היה] דורש שמונים שנה רצופים יומם ולילה לא יוכל להשלים.
endormi. Il se réveilla et dit qu’il avait entendu, dans l’Académie céleste, des secrets et des mystères suprêmes sur la paracha de Balak et Bilaam ; même s’il les avait exposés pendant quatre-vingts années consécutives, jour et nuit, il n’aurait pas pu en venir à bout.
À son réveil, le saint Ari Zal dit qu’il avait entendu, dans l’Académie céleste, des secrets de la Torah sur la paracha de Balak et Bilaam. Ils étaient si vastes que même quatre-vingts années d’exposé ininterrompu, jour et nuit, n’auraient pas suffi à les épuiser.
ואיך הוא זה שישיג בשני שעות מה שצריך זמן פ׳ שנה25 ויותר לאומרם. הענין כי השגה וגילוי זה נק׳ בחי׳ ראיה שהוא למעלה מבחי׳ תבונה והשגה ממש
Comment pouvait-il saisir en deux heures ce qui aurait nécessité quatre-vingts années et davantage pour être exposé ? L’explication est que cette saisie et cette révélation sont appelées le niveau de la vision, qui est supérieur au niveau de l’entendement (tevouna) et de la compréhension proprement dite.
Comment pouvait-il assimiler en deux heures ce qui aurait demandé quatre-vingts années à exposer ? Parce qu’une telle saisie est une « vision » : elle embrasse tout d’un seul coup, au-delà de l’entendement et de la compréhension progressive.
(וכמ״כ [וכמו כן] יש ב׳ בחי׳ אלו בהשגות עליונות למעלה בג״ע [בגן עדן] ג״כ מה שהוא נמשך בחי׳ השגה ממש ומה שהוא למעלה מההשגה ונקרא וה׳ עליהם יראה ויצא כברק חצו26 בבחי׳ ברק המבריק על השגתו.
(De même, ces deux niveaux se trouvent aussi dans les perceptions supérieures, dans le Gan Eden : d’une part, ce qui se déploie sous forme de compréhension proprement dite ; d’autre part, ce qui est au-delà de la compréhension et est appelé : « Et Havaya apparaîtra au-dessus d’eux, et Sa flèche s’élancera comme l’éclair », à la manière d’un éclair qui jaillit sur sa compréhension.)
Ces deux niveaux existent également dans les perceptions des âmes au Gan Eden : la compréhension proprement dite et ce qui la dépasse. Ce niveau supérieur est décrit par « Havaya apparaîtra au-dessus d’eux, et Sa flèche s’élancera comme l’éclair » (Zacharie 9:14) : un éclair jaillit sur la compréhension.
וכמ״ש על פ׳ אז ישיר ישראל כו׳ עלי באר27 כו׳ וכן איתא בע״ח [בעץ חיים] שער אח״פ [אוזן חוטם פה] פ״ג [פרק ג׳] דראיה היא בחי׳ מקיף כו׳ ועד״ז יובן ענין השגת האריז״ל [האר״י זכרונו לברכה] הנ״ל שהיא בבחי׳ ראיה כו׳.
Comme il est écrit sur le verset « Alors Israël chanta », etc., « Jaillis, ô puits », etc. De même, il est enseigné dans Etz Chaim, Shaar Ozen-Chotem-Peh, chapitre 3, que la vision est le niveau du makif, etc. On comprendra ainsi la perception du saint Ari Zal mentionnée plus haut : elle relevait de la vision, etc.
Le texte renvoie à son discours sur « Alors Israël chanta… Jaillis, ô puits » (Nombres 21:17), ainsi qu’à Etz Chaim (portail d’Ozen-Chotem-Peh, chapitre 3), où il est enseigné que la vision est un makif, une lumière enveloppante qui n’est pas intégrée intérieurement. La saisie du saint Ari Zal était de cette nature.
וזהו ענין וירא ראשית לו ובחי׳ זו רצה להמשיך בכנס״י [בכנסת ישראל] וזהו ענין ואראה את הארץ כו׳ ועיין מה שכתוב מענין זה בביאור ענין קי״ס [קריעת ים סוף]28 ושם נתבאר שזהו בחי׳ עדן והוא שיתגלה לע״ל [לעתיד לבוא] ע״י משיח וז״ש [וזהו שכתוב] בזהר ואתחנן)
C’est là le sens de « Il vit le premier pour lui-même ». Ce niveau, il voulait l’attirer dans l’Assemblée d’Israël (Knesset Yisrael) ; c’est là le sens de « que je voie le pays », etc. Voir ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication du passage de la Mer des Joncs : il y est expliqué qu’il s’agit du niveau d’Eden, qui sera révélé dans les temps futurs par l’intermédiaire du Machia’h. C’est ce qui est dit dans le Zohar, Vaetchanan)
Cette « vision » est ce que signifie « Il vit le premier pour lui-même », et Moché voulait l’attirer dans l’Assemblée d’Israël en voyant le Pays. L’explication du passage de la Mer des Joncs dans Likkutei Torah, Tsav, identifie ce niveau à Eden, qui sera révélé par l’intermédiaire du Machia’h dans les temps futurs.
(דר״ס ע״ב)29 סיומא מלכא משיחא הוא30 כו׳ ע״ש וז״ש [וזהו שכתוב] במשה ועתה ישראל שמע31 כו׳ כי לא פעל המשכת בחי׳ ראיה הנ״ל בכנס״י [בכנסת ישראל] אלא בחי׳ שמיעה. אכן לע״ל [לעתיד לבוא] יתגלה בחי׳ זו כנ״ל:323334
(260b) : « L’achèvement, c’est le roi Machia’h », etc. ; voir là-bas. Et c’est ce qui est écrit au sujet de Moché : « Et maintenant, Israël, écoute », etc. : car il n’a pas accompli l’attirance du niveau de la vue mentionné plus haut dans l’Assemblée d’Israël, mais seulement celle du niveau de l’ouïe. Cependant, dans les temps à venir, ce niveau sera révélé, comme mentionné plus haut.
Le Zohar sur Va’eschanan (260b) dit que Moché était le commencement et que « l’achèvement, c’est le roi Machia’h ». Moché dit donc à Israël : « Et maintenant, Israël, écoute » (Deutéronome 4:1) : il ne pouvait attirer dans le peuple que l’« ouïe », et non la « vue », qui sera révélée dans les temps à venir.
La bénédiction sur les mitsvot, instituée par les Sages appelés « les yeux de l’assemblée », suscite un éveil d’en haut enraciné dans le « regard », supérieur à l’échange des mayin noukvin et des mayin doukhrin propre à Tohou et à Tikoun. Moché, le Yessod d’Abba, voulait attirer ce « regard » dans le Pays, mais n’y attira que « l’ouïe » ; le regard attend le Temps à venir et le Machia'h.
La structure suit l’Arizal : l’union par les mayin noukvin et les mayin doukhrin appartient à Atsilout, le Monde de Tikoun, tandis qu’au-dessus, la révélation se fait par le seul regard, comme l’indique Etz 'Haïm (Chaar Arikh Anpin 14) à propos d’Abba et Imma contemplant le Front d’Arikh Anpin. La note de Kehot renvoie le lecteur au Hemshekh 5672 du Rabbi Rachab, vol. 3, pour un long développement de cet enseignement. Le discours de Torah Ohr cité à propos de « plus doux pour moi » explique qu’une mitsva attire une lumière intérieure, tandis que sa bénédiction attire une lumière enveloppante ; le texte revient sur ce point dans sa dernière section.
Maré mekomot
- 1החכמה מאין מצא · Job 28:12
- 2כי ביום הזה יכפר · Leviticus 16:30
- 3זרע ברך הוי׳ · Isaiah 61:9
- 4ויצעקו אל ה׳ · Psalms 107:6
- 5עובר לעשייתן · Pesachim 7b:9–10
- 6עיני העדה · Numbers 15:24
- 7שע״י הסתכלו או״א או זו״נ בא״א · Sefer Etz Chaim 13:14
- 8חכלילי עינים · Genesis 49:12
- 9הקטן אינו מוליד · Sanhedrin 68b:8–10
- 10שאין לו דעת · Yevamot 104b:8–9
- 11חכמים שנק׳ עיני העדה · נסמן לעיל ב, ד.
- 12ע״פ אכלוהו היום · תו״א בשלח סה, ג.
- 13אכלוהו היום · Exodus 16:25
- 14ע״פ כי טובים דודיך · תו״א שמות נג, ב.
- 15כי טובים דודיך מיין · Song of Songs 1:2
- 16ע״פ ושאבתם מים בששון · לקמן דרושים לסוכות פ, ב.
- 17ושאבתם מים בששון · Isaiah 12:3
- 18אעברה נא ואראה את הארץ · Deuteronomy 3:25
- 19וחכמה היא בחי׳ ראי׳ · ראה פרדס שער ערכי הכנויים מערכת ראי׳.
- 20וחכמה היא בחי׳ ראיה · Pardes Rimmonim 23:20:1
- 21וירא ראשית לו · Deuteronomy 33:21
- 22שימשיך בה מבחי׳ ראיה . . שלמעלה מאתעדל״ת · מובא באוה״ת ויקרא כרך א ע׳ יח.
- 23השמים כסאי · Isaiah 66:1
- 24ואל זה אביט · Isaiah 66:2
- 25שפעם א׳ נכנס ר׳ אברהם . . פ׳ שנה · וע׳ לעיל פ׳ צו ד״ה והניף ספ״ה (יז, ב). וש״נ. [כ]. ראה בסה״מ תקס״ד ע׳ שכט בהערה לע׳ רג, מאמרי אדה״ז — פרשיות ע׳ תסד. באוה״ת כאן ע׳ נט-ס מובא הסיפור בשינויים בכמה פרטים.
- 26
- 27אז ישיר ישראל כו׳ עלי באר · Numbers 21:17
- 28בביאור ענין קי״ס · ד״ה והניף לעיל פ׳ צו יז, א. אוה״ת ואתחנן ע׳ קז ”בד״ה הנה ענין ים סוף”. וראה במ״מ לכת״י שבכמה כת״י נרשם התחלה זו לד״ה והניף הנ״ל.
- 29בזהר ואתחנן דר״ס ע״ב · בג״כ משה שירותא הוא בעלמא ואיתימא מאן הוה סיומא כו׳ סיומא דמלכא משיחא הוא” — אוה״ת ואתחנן ע׳ קז.
- 30סיומא מלכא משיחא הוא · Zohar, Vaetchanan 2:9–4:17
- 31ועתה ישראל שמע · Deuteronomy 4:1
- 32בע״ח שע״י הסתכלות . . כח הזווג . . בחי׳ ראי׳ לבד · ראה בארוכה המשך בששה״ק תער״ב ח״ג ע׳ א׳ת ואילך.
- 33ובמ״ח מס׳ זיווג או״א · פ״א אות ד.
- 34
Le don gratuit des Treize Attributs ¶3
3ב וזהו ואתחנן1 אל2 ה׳ שהוא ענין מתנת חנם. והמגיד נ״ע [נשמתו עדן] פי׳3 במ״ש (במדבר י״א ה׳) זכרנו את הדגה אשר נאכל במצרים חנם4.
2. Et voici [le sens de] « Et j’ai imploré (va’etchanan) Havaya » : il s’agit d’un don gratuit (matnas ‘hinam). Le Maguid, que son âme repose en Éden, a expliqué le verset (Nombres 11:5) : « Nous nous souvenons du poisson que nous mangions en Égypte gratuitement (‘hinam). »
La section 2 comprend « Et j’ai imploré (va’etchanan) Havaya » (Deutéronome 3:23) comme une demande de don gratuit (matnas ‘hinam), va’etchanan ayant la même racine que ‘hinam, « gratuitement ». Le Maguid expliqua cette idée à partir du verset : « Nous nous souvenons du poisson que nous mangions en Égypte gratuitement » (Nombres 11:5).
דפרש״י [דפירש רש״י / דפירוש רש״י] חנם מן המצות5 דהיינו שנמשך השפע ממקום גבוה שלמעלה מאתעדל״ת [מאתערותא דלתתא] אשר אין מגיע לשם העלאת מ״ן [מיין נוקבין] ממעשה המצות
Rachi explique : « Gratuitement, sans les mitsvot » ; c’est-à-dire que le flux était attiré depuis un lieu élevé, au-dessus de l’éveil d’en bas (isarouta dile tata), que l’élévation des mayin noukvin (eaux féminines) résultant de l’accomplissement des mitsvot ne peut atteindre.
Rachi explique « gratuitement » par « sans les mitsvot ». Le Maguid comprend que, en Égypte, le flux provenait d’un niveau supérieur à tout éveil d’en bas, que les mayin noukvin élevées par l’accomplissement des mitsvot ne peuvent atteindre.
(Voir le Zohar, Parachat Behar, 108a ; et voir ce qui est écrit sur le verset « Et voici les lois… » : « et la septième année, il sortira libre, gratuitement (’hinam) » ; voir là-bas.)
Le Zohar sur Behar (108a) comprend « gratuitement » comme « sans bénédiction », car en Égypte, ils n’étaient soumis à aucun joug d’en haut. Le texte renvoie aussi au discours sur « Et voici les lois », à propos du serviteur hébreu qui « la septième année sortira libre, gratuitement (’hinam) » (Exode 21:2).
והנה כתיב חנון ורחום הוי׳ וכתיב הוי׳ רחום וחנון והענין שיש בחי׳ מדת רחמים הנמשכת משם הוי׳ וא״ז נאמר הוי׳ רחום וחנון כו׳
Or il est écrit : « Clément et miséricordieux est Havaya », et il est écrit : « Havaya est miséricordieux et clément. » Voici l’explication : il existe un niveau de l’attribut de miséricorde qui émane du Nom Havaya ; c’est à son sujet qu’il est dit : « Havaya est miséricordieux et clément », etc. ;
Deux versets présentent les mêmes mots dans un ordre différent : « Clément et miséricordieux est Havaya » et « Havaya est miséricordieux et clément. » Lorsque le Nom vient en premier, le verset parle de la miséricorde qui émane du Nom Havaya.
אך יש בחי׳ רחמים שלמעלה משם הוי׳ שהם בחי׳ רחמים גדולים וע״ז נאמר חנון ורחום הוי׳ שהקדים בחי׳ חנון ורחום להיות הוי׳ (וכמ״ש במ״א ע״פ אשירה להוי׳8 ע״ש)
mais il existe un niveau de miséricorde qui est au-dessus du Nom Havaya : le niveau de la grande miséricorde (ra’hamim gedolim). C’est à son sujet qu’il est dit : « Clément et miséricordieux est Havaya » ; les termes « clément et miséricordieux » précèdent le Nom, afin que Havaya advienne (comme il est écrit ailleurs à propos du verset « Je chanterai pour Havaya » ; voir là-bas).
Lorsque « clément et miséricordieux » précède le Nom, ces termes désignent la « grande miséricorde », un niveau supérieur à Havaya, d’où Havaya elle-même vient à exister. Le texte renvoie à ce sujet au discours de Torah Ohr sur « Je chanterai pour Havaya ».
והיינו פי׳ ואתחנן אל ה׳ ולא נאמר כדכתיב גבי שלמה אשר התחננתי לפני9 הוי׳ מפני שבחי׳ החנון שנאמר בשלמה היא למטה משם הוי׳ וכענין הוי׳ רחום וחנון
Tel est donc le sens de « Et j’ai imploré Havaya » ; il n’est pas dit, comme à propos de Chlomo : « que j’ai imploré devant Havaya », car le niveau de la grâce évoquée à propos de Chlomo est inférieur au Nom Havaya, comme dans « Havaya est miséricordieux et clément » ;
L’expression de Moché, « J’ai imploré Havaya », diffère donc de celle de Chlomo : « que j’ai imploré devant Havaya » (1 Rois 8:59). La grâce associée à la supplication de Chlomo est inférieure au Nom, comme dans « Havaya est miséricordieux et clément ».
אבל ואתחנן אל ה׳ היינו שמשה המשיך מבחי׳ י״ג מדות הרחמים מקור האצילות אל בחי׳ הוי׳.
mais « Et j’ai imploré Havaya » signifie que Moché a attiré depuis le niveau des Treize Attributs de Miséricorde, source d’Atsilout, jusqu’au niveau de Havaya.
Par sa supplication « à Havaya », Moché a attiré les Treize Attributs de Miséricorde, source d’Atsilout, vers le Nom Havaya. Il s’agit de la miséricorde qui se tient au-dessus du Nom.
וזהו אל הוי׳ בעת ההיא שהוא בחי׳ זו״נ [זעיר אנפין ונוקבא] שע״י כח המשכה זו נמשך ונעשה יחוד זו״נ [זעיר אנפין ונוקבא] וכנז״ל [וכנזכר לעיל]
Et tel est le sens de « vers Havaya en ce temps-là », qui désigne le niveau de Zeir Anpin et Noukva : par la force de cette attraction, l’union de Zeir Anpin et de Noukva est suscitée et réalisée, comme mentionné précédemment.
« Vers Havaya en ce temps-là » désigne Zeir Anpin et Noukva ensemble. La force que Moché a attirée suscite leur union, comme dans le regard décrit dans la section précédente.
(ועפ״ז [ועל פי זה] יובן ג״כ מ״ש בספ״ד [בספרא דצניעותא]) (תרומה קע״ז10 א׳) בהאי זמנא אד׳11 ה׳ אתה החלות121314 כו׳
(Et, selon cela, on comprendra également ce qui est dit dans le Sifra deTzniusa) (Terumah 177a) : « En ce temps-là, “Ado-nai Havaya, Tu as commencé”, etc. »
Le Sifra deTzniusa, une section du Zohar (Terumah 177a), rapporte les paroles de Moché, « Ado-nai Havaya, Tu as commencé » (Deutéronome 3:24), à un « temps » particulier. Le texte indique que ce qu’il vient d’expliquer éclaire ce passage.
דקאי על התגלות י״ג מדות הרחמים שבחדש תשרי ע״ש דלכאורה אינו מובן15 איך מרומז כאן ענין התגלות ההוא ולפמש״כ [ולפי מה שכתוב] א״ש [אתי שפיר]
ce qui se rapporte à la révélation des Treize Attributs de miséricorde au mois de Tichri ; voir là-bas. À première vue, on ne comprend pas comment cette révélation est évoquée ici ; mais, selon ce qui a été écrit, cela s’éclaire [bien] :
Le Zohar rapporte ces paroles à la révélation des Treize Attributs de miséricorde au mois de Tichri. À première vue, on ne voit pas clairement comment les paroles de Moché y font allusion, mais à la lumière de ce qui précède, cela s’éclaire.
כי זהו ענין אתה החלות דר״ל [דרוצה לומר] שאתה הוא המחיל מעצמך כי הוא בחי׳ אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] שלמעלה מאתעדל״ת [מאתערותא דלתתא] והיינו ענין י״ג מדות הרחמים
car telle est la signification de « Tu as commencé » : c’est-à-dire que Tu es Celui qui commence de Lui-même, car il s’agit du niveau de l’éveil d’en haut (l’éveil d’en haut) qui dépasse l’éveil d’en bas ; telle est la signification des Treize Attributs de miséricorde.
« Tu as commencé » signifie que D.ieu commence de Lui-même : un éveil d’en haut qui n’attend pas un éveil d’en bas. Telle est la nature des Treize Attributs de miséricorde.
וזהו ג״כ ענין ואתחנן כנ״ל וענין מ״ש ב׳ שמות אלו אד׳ ה׳ אתה החלות יובן עפמ״ש [על פי מה שכתוב] במ״א ע״פ כי כארץ תוציא צמחה1617 כו׳
Telle est également la signification de « Et je suppliai », comme indiqué plus haut. Quant à la raison pour laquelle ces deux Noms sont mentionnés, « Ado-nai Havaya, Tu as commencé », elle s’éclairera d’après ce qui est écrit ailleurs au sujet du verset « Car, comme la terre fait pousser sa végétation », etc.,
C’est également ce que signifie « Je suppliai ». La raison pour laquelle les deux Noms Ado-nai et Havaya sont associés est expliquée dans le discours sur le verset « Car, comme la terre fait pousser sa végétation… ainsi Ado-nai Havaya fera germer la justice et la louange » (Isaïe 61:11).
כן אד׳ ה׳ יצמיח צדקה ותהלה שב׳ שמות אלו שם אד׳ הוא המאיר בר״ה [בראש השנה] ושם הוי׳ בניקוד אלקים הוא המאיר ביוה״כ [ביום הכפורים] והם המצמיחים וממשיכים אור וגילוי י״ג מדות הרחמים כו׳ ע״ש ועוי״ל [ועוד יש לומר] כי
« ainsi Ado-nai Havaya fera germer la justice et la louange » : de ces deux Noms, le Nom Ado-nai est celui qui brille à Roch Hachana, et le Nom Havaya, vocalisé avec les voyelles d’Elokim, est celui qui brille à Yom Kippour ; ce sont eux qui font germer et attirent la lumière et la révélation des Treize Attributs de miséricorde, etc. ; voir là-bas. On peut également expliquer que,
Là-bas, les deux Noms sont associés aux Grandes Fêtes : Ado-nai brille à Roch Hachana, et Havaya, vocalisé avec les voyelles d’Elokim, brille à Yom Kippour ; ensemble, ils font germer et descendre la lumière des Treize Attributs. Le texte propose ensuite une autre explication.
הנה באברהם אצל ברית בין הבתרים כשנאמר לו לתת לך את הארץ הזאת הזכיר גם כן ב׳ שמות אלו אד׳ הוי׳ במה אדע18
voici qu’Avraham, lors de l’Alliance entre les morceaux, lorsqu’il lui fut dit : « pour te donner ce pays », mentionna lui aussi ces deux Noms : « Ado-nai Havaya, comment saurai-je
Lors de l’Alliance entre les morceaux, lorsque D.ieu promit à Avraham « pour te donner ce pays » (Genèse 15:7), Avraham employa lui aussi les deux Noms dans sa réponse : « Ado-nai Havaya, comment saurai-je… »
que j’en hériterai ? » C’est parce que ces deux Noms sont eux-mêmes la racine du « pays des vivants », appelé « les pays des vivants » : deux pays, Mal'hout (souveraineté) et Bina (compréhension).
La question d’Avraham, « … que j’en hériterai ? » (Genèse 15:8), concernait le Pays. Les deux Noms sont la racine du « pays des vivants », que l’Écriture désigne au pluriel comme « les pays des vivants » : deux pays, Mal'hout et Bina.
כדפי׳ בפרדס בעה״כ [בערכי הכינויים] ערך ארץ21 וכמ״ש ע״פ וללבן שתי בנות2223 והן הן ב׳ שמות הנ״ל כנודע וע׳ מענין בארצות החיים24 בזהר ס״פ תרומה (דקע״ח סע״ב [סוף עמוד ב])25
Comme l’explique le Pardes, Erchei HaKinuyim, à l’entrée « Eretz » (pays) ; et comme il est écrit au sujet du verset « Et Lavan avait deux filles » ; ce sont les deux Noms mentionnés plus haut, comme on le sait. Voir aussi, à propos de « dans les pays des vivants », le Zohar, à la fin de Parshas Terumah (fin de 178b).
Le Pardes (Erchei HaKinuyim, à l’entrée « Eretz ») indique que le « pays des vivants » s’applique à Bina et à Mal'hout. Le texte renvoie également à son discours sur « Et Lavan avait deux filles » (Genèse 29:16), où Léa et Rachel représentent ces deux « pays », ainsi qu’au Zohar, à la fin de Terumah (178b).
ולכן משה שביקש ליכנס לארץ לכן הזכיר ג״כ ב׳ שמות אלו דייקא ועיין עוד מענין אתה החילות בפ׳ שמות (י״ג26 א׳) פ׳ שלח (קע״ד27 א׳)
Ainsi, Moché, qui demanda à entrer dans le pays, mentionna donc précisément ces deux Noms. Voir aussi, sur le sujet de « Tu as commencé », Parachat Chemot (13a), Parachat Chelah (174a),
Moché demanda à entrer dans le pays et employa donc ces deux mêmes Noms. Le texte renvoie également le lecteur aux développements du Zohar sur « Tu as commencé », dans Parachat Chemot (13a) et Chelah (174a).
ומענין ואתחנן בפ׳ פינחס (רכ״ו28 א׳ ודר״ס ע״ב) וענין אעברה נא יש לפרש ג״כ על המשכות י״ג מדות הרחמים וע״ד שפי׳ פ׳ לך לך (דע״ט ע״ב)
et sur le sujet de « Et je suppliai » dans Parachat Pin'has (226a et 260b). « Que je passe, je te prie » peut aussi s’expliquer comme se rapportant à l’attirance vers le bas des Treize Attributs de miséricorde, dans la ligne de ce qui est expliqué dans Parachat Le'h Le'ha (79b)
Le texte renvoie également au Zohar sur « Et je suppliai », dans Pin'has (226a) et Vaét'hanan (260b). « Que je passe » peut aussi se rapporter à l’attirance vers le bas des Treize Attributs de miséricorde, suivant le Zohar sur Le'h Le'ha (79b).
à propos de ce qui est écrit : « Et Avram passa à travers le pays » : il est écrit ici « passa », et il est écrit là-bas : « Et Havaya passa devant lui et proclama », etc. ;
Ce Zohar relie « Et Avram passa à travers le pays » (Genèse 12:6) à « Et Havaya passa devant lui et proclama » (Exode 34:6), le verset qui ouvre les Treize Attributs de miséricorde. Le mot commun « passa » unit les deux passages.
ע״ש בפי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות] וכך הפי׳ כאן בענין אעברה נא להמשיך מבחי׳ ויעבור כו׳ אל הארץ והיינו ע״י ואראה כו׳ וכנ״ל.33
voir là-bas le commentaire du Ramaz. Le sens est donc ici le même, à propos de « Que je passe, je te prie » : attirer vers le bas, jusqu’au pays, le niveau de « Et Il passa », etc. ; cela se réalise par « et que je voie », etc., comme mentionné plus haut.
Le texte renvoie au commentaire du Ramaz sur ce passage du Zohar. Ainsi, « que je passe » de Moché signifie attirer dans le pays le « passage » des Treize Attributs ; cela devait se réaliser par le fait qu’il le voie.
Par sa supplication va’etchanan, Moché demande un don gratuit provenant des Treize Attributs de Miséricorde, au-dessus du Nom Havaya : un éveil d’en haut qui ne dépend pas d’un éveil d’en bas. Il nomme donc Ado-nai et Havaya, racines des deux « terres des vivants », Mal’hout et Bina, cherchant à attirer cette miséricorde dans la Terre.
Le discours de Torah Ohr sur « Je chanterai pour Havaya » appelle les attributs de miséricorde qui précèdent le Nom dans « Clément et miséricordieux est Havaya » les treize mesures de miséricorde, source d’Atsilout : une compassion sans commune mesure avec son objet, attirée dans le Nom Havaya par un éveil d’en bas, au moyen de la tsedaka et du michpat. La note de Kehot cite le Zohar sur Pin’has : celui qui souhaite unir les lettres doit supplier et implorer ; c’est pourquoi Moché dit : « Et j’ai imploré Havaya », en mentionnant le Nom Ado-nai.
Maré mekomot
- 1ואתחנן · Zohar, Pinchas 42:237–57:348
- 2ואתחנן אל ה׳ · Deuteronomy 3:23
- 3והמגיד נ״ע פי׳ · ראה גם אוה״ת שה״ש ע׳ תשמח, וע׳ א׳ג.
- 4
- 5חנם מן המצות · Rashi on Numbers 11:5:1
- 6ואלה המשפטים · Exodus 21:1
- 7
- 8ע״פ אשירה להוי׳ · תו״א סג, ב.
- 9אשר התחננתי לפני הוי׳ · I Kings 8:59
- 10מ״ש בספ״ד (תרומה קע״ז א׳) · נעתק באוה״ת ואתחנן ע׳ קיט ע״ש.
- 11בהאי זמנא אד׳ ה׳ אתה החלות · Zohar, Sifra DiTzniuta 2:13–3:26
- 12אד׳ ה׳ אתה החלות · Deuteronomy 3:24
- 13אתה החילות · Zohar, Shemot 22:213–23:222
- 14אתה החילות · Zohar, Sh'lach 45:309–314
- 15דלכאורה אינו מובן · ראה שם באוה״ת.
- 16ע״פ כי כארץ תוציא צמחה · לקמן פ׳ נצבים נא, א.
- 17כי כארץ תוציא צמחה · Isaiah 61:11
- 18לתת לך . . במה אדע · Genesis 15:7
- 19במה אדע כי אירשנה · Genesis 15:8
- 20הארץ החיים · Pardes Rimmonim 23:1:213
- 21בפרדס בעה״כ ערך ארץ · ”ארץ החיים יתייחס על מל׳ ובינה המל׳ שמקבלת מעץ החיים שהוא ז״א ע״י היסוד הנקרא אל חי” — אוה״ת בראשית כרך ה תתצה, א.
- 22ע״פ וללבן שתי בנות · תו״א כב, ד.
- 23
- 24בארצות החיים · Psalms 116:9
- 25בזהר ס״פ תרומה (דקע״ח סע״ב) · ביהל אור ע׳ תמד על הפסוק בארצות החיים מעתיק מהזהר: ”יהי רקיע ויהי מבדיל בין מים למים בין קדש ובין קדה״ק בין עתיקא לז״א וסמוך לזה אתהלך לפני ה׳ בארצות החיים משמע כנ״ל דב׳ ארצות הא׳ הגילוי מז״א שהוא ענין חיים הב׳ מע״ק חיי החיים כו׳”. ”בענין יהי רקיע כו׳ והיינו כי בבינה נמשך ממו״ס” — אוה״ת בראשית כרך ה תתצה, א. ובהקיצור שם ”ב׳ ארצות החיים מל׳ נקראת ארץ החיים שמקבלת החיים מז״א הנק׳ עץ החיים ובינה נק׳ ארץ החיים שמקבלת מבחי׳ כי עמך מקור חיים והוא בחי׳ שלמעלה מעץ החיים”.
- 26בפ׳ שמות (י״ג א׳) · נעתק באוה״ת ואתחנן ע׳ קיט.
- 27פ׳ שלח (קע״ד א׳) · נעתק באוה״ת ואתחנן ע׳ קיט.
- 28בפ׳ פינחס (רכ״ו א׳ ודר״ס ע״ב) · ”זח״ג פנחס דרכ״ו א׳ ומאן דבעי לייחדא אתוון צריך בתחנה ובתחנונים. ובג״ד ואתחנן אל ה׳ באד׳ לשכינתא בתחנונים ולקב״ה ברחמי כו׳” — אוה״ת ואתחנן ע׳ קיח.
- 29ויעבר אברם בארץ · Genesis 12:6
- 30כתיב הכא ויעבר וכתיב התם ויעבר ה׳ על פניו · Zohar, Lech Lecha 9:60–10:68
- 31ויעבר ה׳ על פניו · Exodus 34:6
- 32בזהר פ׳ בהר דק״ח ע״א · ”כתיב זכרנו את הדגה אשר נאכל במצרים חנם בלא ברכה דלא הוו עלן במצרים עול דלעילא” — אוה״ת בהעלותך ע׳ שפה.
- 33
« Votre D.ieu » et « notre D.ieu » ; lumière enveloppante et lumière intérieure ¶4
Or, on comprendra ainsi pourquoi, dans la majeure partie du Michné Torah [Deutéronome], il est dit « Havaya, ton D.ieu », tandis que dans le verset « Écoute, Israël », il est dit « Havaya, notre D.ieu ».
Cette même idée explique une formule récurrente dans le Deutéronome (Michné Torah) : Moché dit généralement « Havaya, ton D.ieu », mais dans le Chéma, il dit « Havaya, notre D.ieu » (Deutéronome 6:4).
והענין דהוי׳ אלקיך היינו הלבשות אור א״ס במוחין דזו״נ [דזעיר אנפין ונוקבא] שמשם מקבלים כל נשמות ישראל ובאי הארץ.
L’explication est que « Havaya, ton D.ieu » désigne l’investissement de la Lumière infinie (Or Ein Sof) dans l’intellect (mo’hin) de Zeir Anpin et de Noukva, d’où reçoivent toutes les âmes d’Israël, ainsi que ceux qui entrèrent dans le Pays.
« Havaya, ton D.ieu » désigne la Lumière infinie telle qu’elle est investie dans l’intellect (mo’hin) de Zeir Anpin et de Noukva. C’est de là que reçoivent toutes les âmes d’Israël, y compris la génération qui entra dans le Pays.
אבל מרבע״ה [משה רבינו עליו השלום] שזכה לבינה2 נקרא איש אלקים3 שהיה למעלה מבחי׳ מל׳ דאצי׳ שהיא בחי׳ דבור והיה כבד פה4 שלא יכול להשפיל א״ע [את עצמו] בבחי׳ דבור רק שכינה מדברת מתוך גרונו של משה5
Mais Moché, notre maître, que la paix soit sur lui, qui atteignit Bina (compréhension), est appelé « un homme de D.ieu (ich Elokim) », car il se situait au-dessus du niveau de Mal’hout d’Atsilout, qui est le niveau de la parole ; et il avait « la bouche lourde », car il ne pouvait s’abaisser au niveau de la parole ; c’est plutôt la Chekhina (la Présence divine) qui parlait de la gorge de Moché.
Moché atteignit Bina (le Talmud dit que les cinquante portes de la compréhension lui furent toutes données, sauf une, Roch Hachana 21b) et est appelé « l’homme de D.ieu » (Deutéronome 33:1), car il se tenait au-dessus de Mal’hout d’Atsilout, le niveau de la parole. C’est pourquoi il avait « la bouche lourde » (Exode 4:10) : il ne pouvait s’abaisser jusqu’à la parole, et la Chekhina parlait de sa gorge.
ולכן אמר על מוחין דזו״נ [דזעיר אנפין ונוקבא] הוי׳ אלקיך דייקא כי משה עצמו זכה לבינה שמקבל מאו״א [מאבא ואימא] ששם גילוי אור א״ס יור כו׳ (וע׳ בע״ח [בעץ חיים] שער רחל ולאה ספ״ו ועיין בסה״מ [בספר הדרת מלך] סי׳ קנ״ו דפ״ו ע״ב)
C’est pourquoi, parlant de l’intellect de Zeir Anpin et de Noukva, il dit précisément « Havaya, ton D.ieu », car Moché lui-même atteignit Bina et recevait donc d’Abba et Imma (‘Hokhma et Bina), où la Lumière infinie se révèle davantage, etc. (Voir aussi Etz ‘Haïm, Cha’ar Ra’hel et Léa, fin du chapitre 6 ; voir également Sefer Hadras Melekh, section 156, folio 86b.)
Ainsi, lorsqu’il parlait du niveau de Zeir Anpin et de Noukva, il disait « ton D.ieu » : c’était le niveau du peuple, non le sien, car Moché se tenait au niveau de Bina et recevait donc d’Abba et Imma, où la Lumière infinie se révèle davantage. Le texte cite Etz ‘Haïm (le Portail de Ra’hel et Léa) et Hadras Melekh à ce sujet.
ואמנם בפסוק ראשון דק״ש [דקריאת שמע] שמע ישראל שהוא יחוד או״א [אבא ואימא] אמר הוי׳ אלקינו כו׳ וזהו שבמשה נאמר וירא ראשית לו6 הוא בחי׳ ח״ע [חכמה עילאה]
Cependant, dans le premier verset du Chéma, « Écoute, Israël », qui est l’union d’Abba et Imma, il dit « Havaya, notre D.ieu », etc. C’est pourquoi il est dit de Moché : « Il vit le commencement pour lui-même » ; il s’agit du niveau de la ‘Hokhma supérieure (‘Hokhma Ila’a).
Dans le premier verset du Chéma, qui parle de l’union d’Abba et Imma, un niveau qui est aussi le sien, il dit « Havaya, notre D.ieu ». Cela correspond à « Il vit le commencement (réchit) pour lui-même » : le niveau de Moché est celui de la ‘Hokhma supérieure (‘Hokhma Ila’a).
ולכן משה רצה וראאה את הארץ בחי׳ ארץ חפץ7 היא כנס״י [כנסת ישראל] שימשיך בה מבחי׳ זו דייקא.
C’est pourquoi Moché demanda : « Laisse-moi, je te prie, voir le Pays », le niveau de « terre de désir », qui est la Communauté d’Israël : il voulait y attirer précisément de ce niveau.
Moché voulut donc « voir le Pays ». Le Pays est la Communauté d’Israël, appelée « terre de désir » (Malachie 3:12), et il voulait y attirer précisément de ce niveau de ‘Hokhma.
אך לא פעל זאת שיעבור בארץ שאז היה משפיע בה בבחי׳ א״פ [אור פנימי] כ״א ראה אותה מרחוק שעי״ז הראי׳ [הראיה] מרחוק נמשך לה בחי׳ אור מקיף
Mais il n’obtint pas cela, à savoir entrer dans le Pays, car il lui aurait alors dispensé une lumière intérieure (Or Pnimi) ; au contraire, il le vit de loin, et cette vision à distance y attira le niveau de lumière enveloppante (Or Makif),
Il ne lui fut pas accordé d’entrer dans le Pays, ce qui y aurait fait pénétrer la lumière intérieurement (Or Pnimi). Il le vit seulement de loin, et cette vision à distance y attira une lumière enveloppante (Or Makif).
ולא בחי׳ א״פ [אור פנימי] ממש והוא ענין ברכת המצות שהוא אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] בבחי׳ מקיף עובר לעשייתן ע״ד עובר לסוחר8 כו׳
et non une véritable lumière intérieure. C’est là le sens de la bénédiction sur les mitsvot : un éveil d’en haut (hit’arouta dilé’éla) sous la forme d’un Or Makif, « over la’assiyatan » (avant leur accomplissement), comme dans « over laso’her » (ayant cours auprès du marchand), etc.
Cela ressemble à la bénédiction sur les mitsvot : un éveil d’en haut sous la forme d’un Or Makif. Le mot talmudique désignant « avant » dans « avant leur accomplissement » est over, le même mot que dans over laso’her, l’argent « ayant cours auprès du marchand » et passant de main en main (Genèse 23:16) : une lumière qui passe au-dessus et enveloppe, plutôt qu’elle ne pénètre.
מה שאין כן להיות הגילוי אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] בבחי׳ פנימי׳ [פנימיות / פנימית] ממש אינו אלא ע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] תחלה והוא הנמשך ע״י קיום המצו ועמ״ש בביאור ע״פ אלה מסעי9 כו׳
Alors que, pour que la révélation de l’éveil d’en haut se fasse véritablement de manière intérieure, cela ne peut se produire qu’au moyen d’un éveil d’en bas qui précède, et c’est ce qui est attiré par l’accomplissement des mitsvot. Voir aussi ce qui est écrit dans l’explication du verset « Voici les étapes », etc.
Pour que l’éveil d’en haut se révèle intérieurement, il faut d’abord un éveil d’en bas, c’est-à-dire l’accomplissement concret des mitsvot. Le texte renvoie à son explication sur « Voici les étapes » (Nombres 33:1).
(וע׳ מ״ש בביאור ע״פ צאינה וראינה.10 והנה הגם שתורה צוה לנו משה11 מורשה והרי התורה היא אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] שלמעלה מאתעדל״ת [מאתערותא דלתתא] וא״כ איך לא נתקיימה בקשה זו עכשיו וגם הרי כבר ניתנה התורה קודם שביקש משה ואתחנן כו׳
(Voir aussi ce qui est écrit dans l’explication du verset « Sortez et voyez ». Or, bien que « Moché nous a ordonné la Torah, héritage », et que la Torah soit un éveil d’en haut, supérieur à l’éveil d’en bas, comment se fait-il donc que cette demande ne se soit pas réalisée à présent ? De plus, la Torah avait déjà été donnée avant que Moché ne demande : « Et j’ai supplié », etc.
Dans une longue parenthèse, après avoir renvoyé à son explication sur « Sortez et voyez » (Cantique des Cantiques 3:11), le texte pose une question. La Torah que Moché a donnée (Deutéronome 33:4) est elle-même un éveil d’en haut, au-delà de tout éveil d’en bas ; pourquoi sa demande ne s’est-elle donc pas réalisée par son intermédiaire, d’autant plus que la Torah avait été donnée avant qu’il ne supplie ?
אלא הענין שהרי ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] כל האומר אין לי אלא תורה12 אפילו תורה אין לו. כי גם המשכה זו שע״י התורה צ״ל ע״י שיתפלל תחלה מקרב איש ולב עמוק13 וכמ״ש במ״א שזהו ענין קומי לך רעיתי14 כו׳
Mais voici l’explication : nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Celui qui dit : “Je n’ai que la Torah”, n’a même pas la Torah. » Car même cette attraction, qui se fait par la Torah, doit être précédée d’une prière venant du « for intérieur de l’homme et d’un cœur profond », comme il est écrit ailleurs : c’est là le sens de « Lève-toi, va, mon bien-aimé », etc. :
Les Sages ont dit que celui qui affirme : « Je n’ai que la Torah » est dépourvu même de Torah (Yevamot 109b). Même la lumière de la Torah doit être préparée par une prière venant du « for intérieur de l’homme et d’un cœur profond » (Psaumes 64:7) ; c’est là le sens de « Lève-toi, va, mon bien-aimé » (Cantique des Cantiques 2:10).
קומי לך זהו ענין התפלה ועי״ז אח״כ תהיה רעיתי בחי׳ לכו לחמו15 שהוא עסק התורה כמשנ״ת [כמו שנתבאר] ע״פ יונתי בחגוי הסלע16 כו׳ והגם שהתורה היא באמת המשכה ממקום שלמעלה מאתעדל״ת [מאתערותא דלתתא] אך שהוא כמ״ש ע״פ פתחי לי אחותי רעיתי.17
« Lève-toi, va » désigne la prière, et, grâce à cela, vient ensuite « mon bien-aimé » (ra’yati), le niveau de « Venez, mangez de mon pain », qui désigne l’étude de la Torah, comme cela a été expliqué au sujet du verset « Ma colombe, dans les fentes du rocher », etc. Et bien que la Torah soit, en vérité, une attraction provenant d’un lieu supérieur à l’éveil d’en bas, cela se fait néanmoins comme il est écrit au sujet du verset « Ouvre-moi, ma sœur, mon bien-aimé ».
« Lève-toi, va » désigne la prière ; ensuite vient « mon bien-aimé » (ra’yati), que le texte associe à « Venez, mangez de mon pain » (Proverbes 9:5), c’est-à-dire à l’étude de la Torah, comme cela a été expliqué au sujet de « Ma colombe, dans les fentes du rocher » (Cantique des Cantiques 2:14). La Torah provient véritablement d’un niveau supérieur à l’éveil d’en bas, mais elle agit néanmoins comme dans « Ouvre-moi, ma sœur, mon bien-aimé » (Cantique des Cantiques 5:2).
שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] פתחי לי כחודה של מחט ואני אפתח לך כפתחו של אולם שעם היו פתחו של אולם לא היה לו דלתות והוא פתוח תמיד שהוא רומז להמשכת אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] שאינו תלוי במעשה התחתונים
Car nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Ouvre-moi comme le trou d’une aiguille, et Moi, Je t’ouvrirai comme l’entrée de l’Oulam. » Or, bien que l’entrée de l’Oulam n’ait pas eu de portes et soit toujours restée ouverte — ce qui fait allusion à l’attraction d’un éveil d’en haut qui ne dépend pas des actes de ceux d’en bas —,
Les Sages ont interprété ce verset : D.ieu dit : « Ouvre-moi comme le trou d’une aiguille, et Moi, Je t’ouvrirai comme l’entrée de l’Oulam. » L’entrée de l’Oulam du Temple n’avait pas de portes et restait toujours ouverte ; cela fait allusion à un éveil d’en haut qui ne dépend pas des actes de ceux d’en bas.
אך מ״מ אינה שורה ומתגלה אלא כשיש שלימות למטה שהרי א״א להגיע לפתחו של אולם עד שיפתח תחלה הפתחים שיש להן דלתות שהיו קודם האולם שזהו ענין אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] פתחי לי כו׳.
néanmoins, cette lumière ne réside et ne se révèle que lorsque la perfection est atteinte en bas ; car il est impossible d’arriver à l’entrée de l’Oulam avant d’ouvrir d’abord les portes munies de battants qui se trouvent avant l’Oulam. Tel est le sens de l’éveil d’en haut : « Ouvre-moi », etc.
Pourtant, cette lumière ne réside et ne se révèle que lorsque la perfection est atteinte en bas : on ne peut parvenir à l’entrée ouverte de l’Oulam sans ouvrir d’abord les portes munies de battants qui se trouvent devant elle. C’est le sens de « Ouvre-moi » : l’ouverture en bas qui permet à l’éveil d’en haut de se révéler.
וכך להיות מגיע להמשכת אור זה שע״י התורה שהיא אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] מבחי׳ עליונה מאד הוא ע״י פתחי לי תחלה וה״ע [וזהו ענין] התפלה כו׳ ועם היות שגם ע״י התורה לבד גם בלי הקדם התפלה נמשך ג״כ המשכה עליונה מבחי׳ אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] לבד
De même, pour parvenir à l’attraction de cette lumière qui vient par la Torah, laquelle est un éveil d’en haut provenant d’un niveau extrêmement élevé, il faut d’abord « Ouvre-moi » ; c’est là le sens de la prière, etc. Et bien que, par la Torah seule, même sans qu’une prière la précède, une attraction élevée soit également attirée, provenant uniquement du niveau de l’éveil d’en haut,
De même, pour parvenir à la lumière très élevée qui vient par la Torah, il faut d’abord « ouvrir », et cette ouverture est la prière. La Torah étudiée sans prière préalable attire elle aussi une lumière élevée, provenant du seul éveil d’en haut.
אך עכ״ז [עם כל זה] הרי נודע שיש מעלות ומדרגות אין קץ בהמשכה זו ולכן לא דמי התורה שקודם התפלה לעסק התורה שאחר התפלה כמ״ש במ״א שזהו מאמר אבא בנימין על תפלתי שתהא סמוכה למטתי18 כו׳ ועמ״ש סד״ה אדם כי יקריב מכם.19
néanmoins, on sait qu’il existe dans cette attraction des niveaux et des degrés infinis. La Torah qui précède la prière ne peut donc être comparée à l’étude de la Torah qui suit la prière, comme il est écrit ailleurs : tel est le sens de la parole d’Abba Binyamin, « que ma prière soit proche de mon lit », etc. Voir aussi ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Lorsqu’un homme parmi vous présentera une offrande ».
Cependant, cette attraction comporte des degrés infinis ; la Torah étudiée avant la prière ne peut donc être comparée à celle étudiée après la prière. C’est ce qu’exprime la préoccupation d’Abba Binyamin : que sa prière soit proche de son lit (Berakhot 5b). Le texte renvoie également à la fin de son discours sur « Lorsqu’un homme parmi vous présentera une offrande » (Lévitique 1:2).
אך עיקר בקשת משה היה להמשיך בחי׳ ראיה בעסק התורה על דרך מה שאמר דעה״ע גל עיני ואביטה נפלאות מתורתך:)2021
Mais l’essentiel de la requête de Moché était d’attirer le niveau de la vision dans l’étude de la Torah, à la manière de ce que dit le roi David, que la paix soit sur lui : « Ouvre mes yeux, et je contemplerai les merveilles de Ta Torah. »)
La requête principale de Moché était cependant d’attirer la « vision » dans l’étude de la Torah elle-même. C’est comme la prière du roi David : « Ouvre mes yeux, et je contemplerai les merveilles de Ta Torah » (Psalms 119:18).
Moché, au niveau de Bina et de la ‘Hokhma, ne vit le Pays que de loin et y attira ainsi une lumière enveloppante, comme la bénédiction sur les mitsvot, tandis qu’une lumière intérieure exige d’abord un éveil d’en bas. Même la Torah, qui est un don d’en haut, n’est pleinement reçue qu’après la prière, et le désir le plus profond de Moché était d’introduire la « vision » dans l’étude de la Torah.
Le Or HaTorah du Tséma’h Tsédek (Na’h, vol. 1, p. 368) cite l’idée que voir de loin n’attire qu’une lumière enveloppante, et ajoute qu’elle s’applique également à l’attraction de la ‘Hokhma vers Mal’hout. L’image de la Salle sans porte, à laquelle on n’accède qu’en passant par les portes qui la précèdent, exprime l’équilibre du maamar : l’éveil d’en haut ne dépend pas de ceux d’en bas, mais il ne se pose et ne se révèle que par l’éveil d’en bas.
Maré mekomot
- 1שמע ישראל · Deuteronomy 6:4
- 2מרבע״ה שזכה לבינה · Rosh Hashanah 21b
- 3נק׳ איש אלקים · Deuteronomy 33:1
- 4והי׳ כבד פה · Exodus 4:10
- 5שכינה מדברת מתוך גרונו של משה · Zohar III, 219a
- 6וירא ראשית לו · Deuteronomy 33:21
- 7ארץ חפץ · Malachi 3:12
- 8עובר לסוחר · Genesis 23:16
- 9אלה מסעי · Numbers 33:1
- 10צאינה וראינה · Song of Songs 3:11
- 11שתורה צוה לנו משה · Deuteronomy 33:4
- 12כל האומר אין לי אלא תורה · Yevamot 109b:4–5
- 13מקרב איש ולב עמוק · Psalms 64:7
- 14קומי לך רעיתי · Song of Songs 2:10
- 15לכו לחמו · Proverbs 9:5
- 16יונתי בחגוי הסלע · Song of Songs 2:14
- 17פתחי לי אחותי רעיתי · Song of Songs 5:2
- 18על תפלתי שתהא סמוכה למטתי · Berakhot 5b:21–22
- 19אדם כי יקריב מכם · Leviticus 1:2
- 20גל עיני ואביטה נפלאות מתורתך · Psalms 119:18
- 21שעי״ז הראיה מרחוק . . ולא אור פנימי ממש · מובא באוה״ת נ״ך כרך א ע׳ שסח ומוסיף ”וקאי גם כן על ההמשכה מחכמה במל׳”.
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Le maamar en tire sa propre leçon : la Torah, bien qu’elle soit un don d’en haut, n’est reçue pleinement qu’après une prière du fond du cœur, comme dans « Ouvre pour Moi comme le chas d’une aiguille ». La Torah étudiée après la prière ne peut être comparée à celle étudiée avant elle, et le but le plus profond est de faire pénétrer la « vision » dans son étude : « Ouvre mes yeux, afin que je contemple les merveilles de Ta Torah. »
Questions à discuter
- Pourquoi dit-on la bénédiction sur une mitsva avant l’acte, et que nous enseigne le mot « sur » (« passage ») quant à la nature de la lumière qu’elle fait descendre ?
- En quoi la « vision » diffère-t-elle de la compréhension, comme l’illustre le récit des deux heures de sommeil de l’Arizal ?
- Pourquoi Moché disait-il « Havaya votre D.ieu » tout au long du Deutéronome, mais « Havaya notre D.ieu » dans le Chéma ?
- Si la Torah est un don d’en haut, pourquoi la prière doit-elle la précéder, et qu’ajoute la parabole de l’entrée ouverte de la salle ?
- Quelle est la différence entre « J’ai imploré Havaya » de Moché et « que j’ai imploré devant Havaya » de Chlomo ?