Likkutei Torah · Parshas Va’eschanan · Maamar 5
ביאור הדברים ע״פ וידעת היום כו׳
Explication de « Et tu sauras en ce jour »
L’idée centrale
Il existe deux niveaux de connaissance de D.ieu : un Daat inférieur, issu de la compréhension, qui saisit D.ieu tel qu’Il remplit les mondes, et un Daat supérieur, enraciné en Kéter, qui atteint la lumière au-delà des mondes. « Et tu sauras en ce jour » nous appelle à faire pénétrer cette connaissance supérieure dans la foi, ici-bas, par la Torah et les mitsvot, préparant ainsi le temps où « la terre sera remplie de la connaissance ».
Le maamar en bref
Le Deutéronome dit : « Il t’a été donné de voir, afin que tu saches », puis répète : « Et tu sauras en ce jour » : pourquoi cette répétition ? L’Admour Hazaken commence par énoncer un principe : chaque attribut de sainteté a un pendant dans la kelipa, qui peut s’opposer à lui, et à lui seul. L’amour étranger s’oppose à l’amour saint ; ainsi, la frivolité des Philistins pouvait obstruer les puits d’Avraham, mais non ceux qu’Yits’hak, dont l’attribut est la crainte, creusa de nouveau ; et l’amour et la crainte réunis sont hors d’atteinte de l’autre côté. L’attribut de Yaakov, Tiferet, va plus loin : en tant que ligne médiane issue de Kéter, il unit ‘Hessed et Guevoura, et constitue ainsi la « vérité », sans interruption. Le rayonnement de Kéter est le Daat, qui confère aux émotions leur force vitale et leur permanence ; Moché est ce Daat au sein de Yaakov. Mal’hout, la foi, reçoit du Daat, mais, en tant que fin où le commencement est enchâssé, elle est une couronne qui contient Kéter lui-même, la lumière au-delà des mondes. Dans l’avenir, Mal’hout sera remplie de Daat ; à présent, par la Torah et les mitsvot, nous faisons pénétrer le Daat supérieur dans la foi, révélant que Havaya et Elokim sont un.
Plan
- La question et chaque force face à son pendantPourquoi cette seconde occurrence de « Et tu sauras » ? Chaque attribut de la kelipa ne peut s’opposer qu’à son pendant saint : l’amour étranger peut vaincre l’amour qui demeure seul, mais non l’amour uni à la crainte.¶1–3
- Les puits, les troupeaux et la barre médianeLes Philistins obstruèrent les puits d’Avraham, mais non ceux qu’Yits’hak creusa de nouveau ; l’amour et la crainte réunis font rouler la pierre ; Yaakov, la ligne médiane issue de Kéter, est la vérité sans interruption.¶4–5
- Yaakov comme vav du NomYaakov fait descendre la lumière de ‘Hokhma et de Bina jusqu’à Mal’hout, où le mal ne peut se nourrir ; c’est pourquoi son attribut est appelé vérité, et « le Saint béni soit-Il » désigne Tiferet.¶6–7
- Daat, Moché, et vérité par opposition à la foiLe rayonnement de Kéter dans Tiferet est le Daat, la force vitale des émotions ; le Daat est la vérité, car il voit la chose elle-même, tandis que Mal’hout est la foi, qui croit et reconnaît ; Moché est le Daat au sein de Yaakov.¶8–13
- Mal’hout comme couronneComme la lumière du soleil qui rebondit sur la terre, Mal’hout est Kéter remontant d’en bas ; la foi atteint la lumière au-delà des mondes, que le Daat ne peut saisir ; l’amour de Yaakov pour Ra’hel, et la stérilité de Ra’hel jusqu’à ce que le Daat suscite la compassion.¶14–20
- Le Temps à venir et les hauts et les bas de l’histoireDans l’avenir, Mal’hout sera remplie de Daat ; à présent, chaque révélation connaît des montées et des déclins, et la kelipa prend la forme opposée à la révélation de chaque époque : la croyance erronée au Premier Temple, la haine gratuite au Second.¶21–23
- Deux niveaux de Daat : la réponsePar la Torah et les mitsvot qui pénètrent dans la foi, « en ce jour », dans ce monde, le Daat supérieur, celui de la lumière au-delà des mondes, est introduit dans la foi : Havaya est Elokim.¶24–27
Notions clés
- Pendant (zeh le'umas zeh)זה לעומת זה
- Chaque attribut saint a une force correspondante dans la kelipa, qui peut s’opposer à lui, et à lui seul.
- Amour étrangerאהבה זרה
- Amour dirigé vers autre chose que D.ieu ; reflet inversé de l’amour saint, il peut parfois vaincre l’amour seul, mais non l’amour uni à la crainte.
- Véritéאמת
- L’attribut de Yaakov, Tiferet : la ligne médiane qui unit les deux côtés et tire sa source de Kéter ; elle n’a donc ni pendant ni interruption.
- Daat (connaissance)דעת
- Le noyau intérieur de Tiferet et le rayonnement de Kéter ; il confère aux émotions leur force vitale et leur permanence, et saisit la divinité comme si on la voyait.
- Foiאמונה
- Mal’hout : croire et reconnaître ce que l’on ne voit pas ; en tant que couronne, elle atteint la lumière au-delà des mondes.
- Lumière réfléchie (or ‘hozer)אור חוזר
- Lumière qui rebondit vers le haut depuis le terme d’une descente ; elle fait de Mal’hout une couronne remontant d’en bas.
- La lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin)סובב כל עלמין
- La lumière de D.ieu en tant qu’elle transcende les mondes ; le Daat ne peut la saisir, seule la foi permet de l’atteindre, et elle sera révélée dans le Temps à venir.
- Deux niveaux de Daatדעת תחתון ודעת עליון
- Le Daat inférieur, issu de Bina, saisit la lumière qui remplit les mondes ; le Daat supérieur, issu de Kéter, connaît la lumière qui les entoure.
La question et chaque force face à son pendant ¶1–3
Explication des propos sur le verset « Et tu sauras en ce jour », etc.
Ce titre indique que le discours est un biour, une explication qui développe le verset « Et tu sauras en ce jour et tu le prendras à cœur : Havaya est D.ieu » (Deutéronome 4:39). Tout le discours s’articule autour de ce que cette seconde injonction à « savoir » ajoute.
Le titre désigne le verset autour duquel s’articule toute l’explication : « Et tu sauras en ce jour » (Deutéronome 4:39).
Maré mekomot
- 1וידעת היום · Deuteronomy 4:39
2ולעיל מיניה כתיב אתה הראת לדעת12 וא״כ מהו עוד וידעת כו׳. הנה ע״ס [עשר ספירות] דקדושה וכנגד זה עשר כתרי מסאבותא והם זה לעומת זה3 אברהם חסד דקדושה וישמעאל חסד דלעומת זה.
Juste avant cela, il est écrit : « Il t’a été montré, afin que tu saches. » Si tel est le cas, que signifie donc le « Et tu sauras » qui suit, etc. ? Or, il existe dix Séfirot de sainteté et, leur correspondant, les dix couronnes d’impureté ; elles sont « l’une en face de l’autre ». Avraham est le 'Hessed (bonté) de sainteté, et Yichmaël est le 'Hessed du côté opposé.
Deutéronome 4:35 dit déjà : « Il t’a été montré, afin que tu saches que Havaya est D.ieu » ; l’Alter Rebbe demande donc ce qu’ajoute le « Et tu sauras » qui suit, en 4:39. Sa réponse, à la fin du discours, est qu’il existe deux niveaux de Daat (connaissance). Il commence par poser un principe : aux dix Séfirot de sainteté correspondent les « dix couronnes d’impureté », car D.ieu a fait « l’une en face de l’autre ». Avraham incarne le 'Hessed de sainteté, l’amour, et Yichmaël le 'Hessed du côté opposé.
ופי׳ אברהם שיצא ממנו ישמעאל45 שיצא ונפרד ממנו כפירוד הסיגים מן הכסף כו׳ יצחק גבורה דקדושה וכנגדו גבורה דקליפה.
Le sens de « Avraham, dont est sorti Yichmaël » est que celui-ci sortit et se sépara de lui, comme les scories sont séparées de l’argent, etc. Yits’hak est la Guevoura (retenue) de sainteté, et, lui correspondant, se trouve la Guevoura de kelipa.
Le Talmud et le Midrach parlent d’« Avraham, dont est sorti Yichmaël ». L’Alter Rebbe comprend « est sorti » comme une séparation : Yichmaël fut écarté d’Avraham, comme les scories sont éliminées de l’argent lors de son affinage. De même, Yits’hak incarne la Guevoura de sainteté, la crainte et la retenue, et il a lui aussi un pendant dans la kelipa, les forces qui dissimulent la divinité.
אבל אין ישמעאל כנגד יצחק. כי אין ביכולת כל מדה שבלעומת זה להיות מנגד רק למדה שכנגדו בקדושה.
Mais Yichmaël n’est pas en face de Yits’hak. Car aucun attribut du côté opposé n’a la capacité de s’opposer à autre chose qu’à l’attribut qui lui correspond dans la sainteté.
C’est la règle fondamentale de ce discours : chaque force du côté opposé ne peut s’opposer qu’à son propre pendant saint. Yichmaël, la corruption de l’amour, se dresse contre l’amour d’Avraham, mais il n’a aucune prise sur la crainte de Yits’hak.
Ce paragraphe pose la question qui ouvre le discours — pourquoi un second « Et tu sauras » ? — et énonce le principe selon lequel chaque attribut saint a dans la kelipa un pendant qui peut s’opposer à lui, et à lui seul.
« Les dix couronnes d’impureté » est le terme du Zohar pour désigner les dix Séfirot du côté opposé, qui reflètent les Séfirot saintes. Un discours de Likkutei Torah sur Shir HaShirim (cité dans la note de Kehot) ajoute qu’avant l’affinage, Yichmaël était inclus en Avraham, ce qui explique qu’il soit né avant Yits’hak, comme l’écorce précède le fruit. Ce n’est qu’après la séparation de Yichmaël qu’Avraham devint un « char » pour le 'Hessed d’Atsilout, comme l’argent après son affinage.
Maré mekomot
- 1
- 2וידעת · Deuteronomy 4:39
- 3זה לעומת זה · Ecclesiastes 7:14
- 4אברהם שיצא ממנו ישמעאל · Pesachim 56a:7
- 5אברהם שיצא ממנו ישמעאל · Vayikra Rabbah 36:5
3והאהבה זרה היא מנגד לאהבה דקדושה. וזהו זה לעומת זה. כי שתיהן הן מדות שוות רק חסד דקדושה הוא אהבה לאלקות והמנגד לזה הוא אהבה זרה חסד דקליפה.
L’amour étranger s’oppose à l’amour saint ; c’est là « l’un en regard de l’autre ». Car tous deux sont des attributs semblables, à ceci près que le 'Hessed de sainteté est l’amour de la divinité, tandis que ce qui s’y oppose est l’amour étranger, le 'Hessed de la kelipa.
L’amour étranger est un désir tourné vers tout ce qui n’est pas D.ieu. Il est le reflet exact de l’amour saint : tous deux relèvent de la même émotion, l’amour, et ne diffèrent que par leur objet ; c’est pourquoi ils peuvent s’affronter.
אבל אינה מנגדת לבחי׳ גבורה דקדושה שהוא מדת היראה והפחד, ור״ל [ורוצה לומר] שלגבי בחי׳ אהבה דקדושה תוכל האהבה זרה להתגבר לפעמים ע״ד ולאום מלאום יאמץ משא״כ ע״י שיצטרף ג״כ מדת היראה דקדושה
Mais il ne s’oppose pas au niveau de la Guevoura de sainteté, qui est l’attribut de la crainte et de l’effroi. C’est-à-dire que, face au niveau de l’amour saint, l’amour étranger peut parfois l’emporter, selon le verset : « Une nation sera plus forte que l’autre » ; mais il n’en va pas ainsi lorsque l’attribut de la crainte sainte s’y joint [à lui].
L’amour étranger n’a pas ce lien avec la crainte sainte. Lorsque l’amour de D.ieu demeure seul, l’amour étranger peut parfois l’emporter, comme D.ieu le dit à Rivka au sujet des jumeaux dans son ventre : « Une nation sera plus forte que l’autre » ; deux forces correspondantes s’élèvent et retombent l’une face à l’autre. Mais lorsque la crainte sainte se joint à l’amour, la situation change.
הנה לגבי בחינה זו אין כח כלל באהבה זרה לעמוד כלל והיינו לפי שאינה כלל הלעומת זה של היראה עד שיהי׳ [שיהיה] שייך ע״ז אפילו לעתים ענין ולאום מלאום יאמץ.1
Alors, face à ce niveau, l’amour étranger n’a absolument aucun pouvoir pour tenir tête. C’est parce qu’il n’est nullement le pendant de la crainte, de sorte que le principe de « Une nation sera plus forte que l’autre » pourrait s’appliquer à lui, même parfois.
L’amour uni à la crainte ne peut absolument pas être vaincu par l’amour étranger, car celui-ci ne comporte rien qui corresponde à la crainte. Là où il n’existe aucun pendant, il n’y a pas de rivalité ; même la supériorité occasionnelle décrite par le verset ne s’applique donc pas.
Ce paragraphe explique pourquoi l’amour de D.ieu seul est vulnérable, tandis que l’amour uni à la crainte est à l’abri : une force négative ne peut rivaliser qu’avec son pendant positif.
Maré mekomot
- 1
Les puits, les troupeaux et la barre médiane ¶4–5
4וזהו ענין שבארות שחפר אברהם סתמום פלשתים אחרי מות אברהם1 כי פלשתים לצנים2 היו בחי׳ הוללות ושמחה דקליפה
Voilà le sens des puits qu’Avraham avait creusés et que les Philistins bouchèrent après la mort d’Avraham. Car les Philistins étaient des railleurs, [ce qui correspond] au niveau de la frivolité et de la joie de la kelipa.
La Genèse 26:18 raconte qu’après la mort d’Avraham, les Philistins bouchèrent les puits qu’il avait creusés. Le Talmud qualifie les Philistins de railleurs ; dans les termes de l’Alter Rebbe, ils représentent la frivolité et la joie vide de la kelipa, qui sont le pendant de l’amour joyeux et débordant d’Avraham.
ולכן אחרי מות אברהם היינו בהסתלקות האהבה דקדושה יש יניקה לחיצונים מהבארות שהוא בחי׳ אהבה הנמשכת כמים שמבחי׳ אברהם והיינו להיותן לעומת זה של בחי׳ זו דקדושה
Ainsi, après la mort d’Avraham — c’est-à-dire lorsque l’amour saint s’est retiré —, les forces extérieures tirent leur subsistance des puits, qui représentent le niveau de l’amour s’écoulant comme l’eau, issu du niveau d’Avraham. En effet, elles sont le pendant de ce niveau de sainteté.
Un puits représente l’amour qui s’écoule comme l’eau, la qualité d’Avraham. Lorsque cet amour saint s’est retiré avec Avraham, les forces extérieures, les Philistins, ont pu s’en nourrir et l’entraver, car la joie frivole est le pendant direct de l’amour joyeux.
אבל ע״י חפירה דיצחק שחפר עוד הבארות הללו דאברהם לא נפסקה עוד נביעתם שאין להוללות ושמחה דקליפה יכולת כלל לעמוד נגד מדת היראה והפחד דקדושה שהרי אינן כלל לעומת זה של היראה כו׳.
Mais, grâce au creusement d’Its’hak, qui creusa de nouveau ces puits d’Avraham, leur écoulement ne fut plus interrompu. Car la frivolité et la joie de la kelipa n’ont absolument pas la capacité de tenir tête à l’attribut saint de crainte et d’effroi, puisqu’elles ne sont nullement le pendant de la crainte, etc.
Its’hak creusa de nouveau les mêmes puits, et dès lors ils continuèrent à couler. La raison en est que la qualité d’Its’hak est la crainte et l’effroi, et que la frivolité n’a aucun pouvoir de tenir tête à la crainte, puisqu’elle n’en est pas le pendant.
Et voyez ce qui est écrit au sujet du verset « Voici les générations d’Its’hak », ainsi qu’à la fin du discours commençant par « Et ce fut, lorsque Pharaon renvoya », etc., « D.ieu ne les conduisit pas par le chemin du pays des Philistins » ; voyez là-bas.
L’Alter Rebbe renvoie le lecteur à deux discours apparentés dans Torah Ohr : celui qui porte sur « Voici les générations d’Its’hak » (Genèse 25:19), et la fin de celui qui commence par « Et ce fut, lorsque Pharaon renvoya le peuple », lequel traite du fait que D.ieu ne conduisit pas Israël « par le chemin du pays des Philistins » (Exode 13:17).
ועמ״ש בפ׳ חקת ע״פ באר חפרוה שרים5 וע׳ בזהר פ׳ צו (דל״ב ע״א) ובפי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות] שם.
Et voyez ce qui est écrit dans la paracha ‘Houkat au sujet du verset « Le puits que les princes ont creusé » ; voyez également le Zohar, paracha Tsav (folio 32, côté a), ainsi que le commentaire du Ramaz à cet endroit.
Autres références : le discours de la paracha ‘Houkat sur le chant du puits, « Le puits que les princes ont creusé » (Nombres 21:18), et le Zohar de la paracha Tsav avec le commentaire de Rabbi Moché Zacuto (le Ramaz). Ce passage du Zohar lit « Et Its’hak creusa de nouveau les puits d’eau » (Genèse 26:18) comme une allusion à Hochana Rabba, le jour où est scellé le jugement commencé à Roch Hachana : Its’hak, la Guevoura, attire les forces de Guevoura vers la Communauté d’Israël afin d’éveiller les eaux, car la pluie descend sur le monde par l’intermédiaire de la Guevoura.
והנה גם בחינת יצחק שהוא מדת היראה ופחד דקדושה כשהיא רק לבדה יש לה ג״כ מנגד מבחי׳ הגבורה דקליפה
Or, le niveau d’Its’hak lui aussi, c’est-à-dire l’attribut saint de crainte et d’effroi, lorsqu’il est seul, a également un opposant, issu du niveau de la Guevoura de la kelipa,
Voici maintenant une précision : la crainte d’Its’hak, lorsqu’elle se tient seule, a elle aussi un pendant, la Guevoura de la kelipa.
וכמו יראה רעה או כעס וכו׳ כי אף שע״פ רוב יש כח ועוז בכל מדה דקדושה לבטל המדה דקליפה המנגדת לה
comme la crainte mauvaise ou la colère, etc. Car, bien que, le plus souvent, chaque attribut de sainteté ait le pouvoir et la force d’annuler l’attribut de la kelipa qui s’oppose à lui,
Ce pendant se manifeste sous la forme d’une crainte mauvaise — une crainte dirigée vers autre chose que D.ieu — ou de colère, deux déformations de la Guevoura. En règle générale, tout attribut saint est assez puissant pour annuler son pendant négatif.
כי יש יתרון לצד הקדושה על הקליפה כיתרון האור6 מהחושך. עכ״ז [עם כל זה] לפעמים נאמר ולאום מלאום יאמץ כנ״ל.7
car le côté de la sainteté a l’avantage sur la kelipa, « comme la lumière l’emporte sur les ténèbres » ; néanmoins, il est parfois dit : « Une nation sera plus forte que l’autre nation », comme mentionné plus haut.
La sainteté l’emporte sur la kelipa comme la lumière l’emporte sur les ténèbres (Ecclésiaste 2:13), car une faible lumière dissipe beaucoup d’obscurité. Pourtant, comme dans le cas des deux nations dans le ventre de Rivka, il arrive que le pendant l’emporte.
Les puits d’Avraham et d’Its’hak illustrent le principe suivant : la frivolité des Philistins pouvait entraver l’amour débordant d’Avraham, mais non les puits qu’Its’hak, dont la qualité est la crainte, creusa de nouveau ; pourtant, la crainte seule peut elle aussi, parfois, être vaincue par son propre pendant.
Un discours du Rabbi cité dans les notes de Kehot (Likkutei Sichos, vol. 15) explique que la frivolité ne peut tenir tête à la crainte sainte, car elle n’est « nullement le pendant de la crainte », et relève que ce discours ajoute un point supplémentaire : la crainte seule a elle aussi un opposant, et seuls l’amour et la crainte réunis sont à l’abri de leurs opposants.
Maré mekomot
- 1שבארות שחפר אברהם סתמום פלשתים אחרי מות אברהם · Genesis 26:18
- 2פלשתים לצנים היו · Avodah Zarah 19a:2–3
- 3אלה תולדות יצחק · Genesis 25:19
- 4ויהי בשלח פרעה כו׳ ולא נחם אלקים דרך ארץ פלשתים · Exodus 13:17
- 5
- 6
- 7
5והיינו דוקא נגד מדה א׳ דקדושה אבל ע״י הצטרפות והתכללות גם המדה השנית דקדושה להיות התכללות אהוי״ר [אהבה ויראה] אז לא יוכלו המנגדים שבלעומת זה לנגוע בהן.
Cela ne vaut que face à un seul attribut de sainteté. Mais, par la jonction et l’inclusion du second attribut de sainteté également, de sorte que l’amour et la crainte s’incluent mutuellement, les opposants du côté opposé ne peuvent alors les atteindre.
La vulnérabilité décrite jusqu’ici ne concerne que le cas où un attribut de sainteté se tient seul. Lorsque l’amour et la crainte sont réunis, chacun étant inclus dans l’autre, les forces de l’autre côté ne peuvent absolument pas les atteindre, car une telle combinaison n’a pas d’équivalent.
וע״ז נאמר ונאספו שמה1 כל העדרים וגללו את האבן מע״פ הבאר כו׳ כל העדרים דייקא היינו התכללות המדות ואזי וגללו את לב האבן2 המטמטם הלב כו׳.
À ce sujet, il est dit : « Tous les troupeaux se rassembleraient là, et ils rouleraient la pierre de l’ouverture du puits », etc. « Tous les troupeaux », précisément : c’est-à-dire l’inclusion mutuelle des attributs ; alors, « ils rouleraient » « le cœur de pierre » qui engourdit le cœur, etc.
L’Alter Rebbe interprète ainsi Genèse 29:3 : les bergers ne pouvaient rouler la lourde pierre qui couvrait le puits qu’une fois « tous les troupeaux » rassemblés, autrement dit lorsque tous les attributs sont réunis. La pierre est le « cœur de pierre » (Ézéchiel 11:19), l’insensibilité qui empêche le cœur de ressentir D.ieu ; elle est écartée lorsque l’amour et la crainte s’unissent.
אמנם כ״ז [כל זה] במדות חו״ג [חסד וגבורה] אבל בחי׳ יעקב הוא בריח התיכון ומדתו אמת3 שהוא הארה מכתר.
Cependant, tout cela s’applique aux attributs de 'Hessed (bonté) et de Guevoura (retenue). Mais le niveau de Yaakov est « la barre médiane », et son attribut est la vérité, qui est un rayonnement de Kéter (la Couronne).
Même réunis, l’amour et la crainte restent deux attributs joints l’un à l’autre. La qualité de Yaakov est différente : il est « la barre médiane » du Tabernacle, qui traversait toutes les planches (Exode 26:28), et son attribut est la vérité, un rayonnement de Kéter, le niveau qui se situe au-dessus de l’intellect comme des émotions.
והיינו להיות כי התפארת הוא המחבר חו״ג [חסד וגבורה]4 וזהו ענין יושב אהלים5678910 כמ״ש בזהר ס״פ תרומה (דקע״ה ע״ב).11 ויקרא (י״ב ב׳).12 וישלח (קס״ז ב׳).13
Cela s’explique par le fait que Tiferet (beauté) est ce qui unit 'Hessed et Guevoura. Tel est le sens de « demeurant sous des tentes », comme il est écrit dans le Zohar, à la fin de la paracha Terouma (folio 175, verso) ; Vayikra (12b) ; Vayichla’h (167b).
Tiferet, la Séfira de Yaakov, est par nature le point de rencontre de 'Hessed et de Guevoura. C’est pourquoi Yaakov est appelé « demeurant sous des tentes », au pluriel (Genèse 25:27) : le Zohar explique qu’il se tient à la fois des deux côtés.
ועיין ברבות תולדות פ׳ ס״ג יושב אהלים שני אוהלים14 אהלו של שם ואהלו של עבר, רומז ג״כ לשני משכנין עילאין15 תשב״כ [תורה שבכתב] ותשבע״פ [ותורה שבעל פה].
Voir aussi Midrach Rabba, Toldot, section 63 : « demeurant sous des tentes » — deux tentes, celle de Chem et celle de Ever. Cela fait également allusion aux deux demeures célestes : la Torah écrite et la Torah orale.
Le Midrach dit que les deux tentes étaient les maisons d’étude de Chem et de Ever. L’Alter Rebbe ajoute que les deux tentes font également allusion aux « deux demeures célestes » du Zohar, qui correspondent à la Torah écrite et à la Torah orale.
ואפשר תשב״כ [תורה שבכתב] נק׳ אהלו של שם16 שכל התורה היא שמותיו17 של הקב״ה (וע׳ זח״א [זהר חלק א] בראשית ד״נ ע״ב.18
Il se peut que la Torah écrite soit appelée « la tente de Chem », car toute la Torah est constituée des Noms du Saint béni soit-Il. (Voir aussi le Zohar, partie I, Berechit, folio 50, verso.
Il suggère pourquoi la Torah écrite serait appelée « la tente de Chem » : chem signifie « nom », et toute la Torah est constituée des Noms de D.ieu. Il ouvre ensuite une parenthèse contenant d’autres références, en commençant par un passage du Zohar qui explique comment Yaakov unit la Torah écrite et la Torah orale.
וע׳ עוד מענין יושב אוהלים ברבות וישלח פע״ט19 בחקתי ס״פ ל״ו. במדבר20 פרשה ג׳ דרי״ד א׳. נשא פי״ג21 גבי ביום השני הקריב נתנאל22. ובפ׳ דברים).23
Voir aussi, sur le thème de « demeurant sous des tentes », Midrach Rabba : Vayichla’h, section 79 ; Be’houkotaï, fin de la section 36 ; Bamidbar, section 3 (folio 214, recto) ; Nasso, section 13, à propos de « Le deuxième jour, Netanel présenta son offrande » ; et la paracha Devarim.)
La liste se poursuit avec des Midrachim sur « demeurant sous des tentes » : parce qu’il demeurait sous des tentes, Yaakov revint chez lui « entier » (Beréchit Rabba 79) ; il se rapprocha de D.ieu en demeurant sous des tentes (Bamidbar Rabba 3) ; ces tentes sont associées à la tribu d’Issachar, dont le prince Netanel présenta son offrande le deuxième jour (Bamidbar Rabba 13) ; et, dans Devarim Rabba, Essav se plaint que « celui qui demeure sous des tentes » lui a pris à la fois son droit d’aînesse et sa bénédiction.
וכיון שכן שהוא כלול חו״ג [חסד וגבורה] ע״כ לא יוכלו החיצונים לינק ממנו וכמ״ש כי לא יכול לו24 וכתיב כי שרית25 כו׳
Puisqu’il en est ainsi — puisqu’il comprend 'Hessed et Guevoura —, les forces extérieures ne peuvent donc puiser en lui, comme il est écrit : « car il ne put l’emporter sur lui », et il est écrit : « car tu as lutté », etc.
Parce que Yaakov comprend à la fois 'Hessed et Guevoura, les forces extérieures ne trouvent aucun attribut isolé auquel s’accrocher. Ainsi, l’ange qui lutta avec lui « ne put l’emporter sur lui » (Genèse 32:26), et il lui fut dit : « car tu as lutté avec D.ieu et avec des hommes, et tu l’as emporté » (Genèse 32:29).
ולכן הוא בלבדו גלל האבן26 מע״פ הבאר27 כו׳ ולכך נק׳ מדה זו אמת כמ״ש שפת אמת תכון לעד28 שאין למדה זו הפסק מחמת הלעומת זה כו׳.
C’est pourquoi lui seul roula la pierre qui recouvrait l’ouverture du puits, etc. Et c’est pour cette raison que cet attribut est appelé vérité, comme il est écrit : « La lèvre de vérité sera établie pour toujours » ; cet attribut ne connaît aucune interruption du fait de la force opposée, etc.
C’est pourquoi Yaakov seul roula la pierre qui recouvrait le puits (Genèse 29:10), tâche qui aurait autrement nécessité la réunion de tous les bergers. Son attribut est appelé vérité car, comme le dit Proverbes 12:19, « la lèvre de vérité sera établie pour toujours » : aucune force opposée ne peut l’interrompre.
משא״כ במדות חו״ג [חסד וגבורה] שהן כל א׳ רק קו אחד כו׳, ולכן יוכל להיות שם שינויים והפסק ואין זה אמת גמור משא״כ בבחי׳ יעקב
Il n’en va pas ainsi des attributs de 'Hessed et de Guevoura, dont chacun n’est qu’une seule ligne, etc. ; ils peuvent donc connaître des changements et des interruptions, et ne constituent pas une vérité parfaite — contrairement au niveau de Yaakov.
'Hessed et Guevoura représentent chacune une seule ligne, la droite ou la gauche ; chacune peut donc être interrompue et modifiée par son opposée, et ce qui peut changer n’est pas une vérité parfaite. La ligne médiane de Yaakov n’est pas soumise à cela.
וזהו תתן אמת ליעקב,2930 ועיין באגה״ק [באגרת הקודש] סד״ה זורע31 צדקה שכר אמת,3233 ובעבודת ה׳ ענין תפארת היינו כשמתבונן בתפארת יקר גדולתו ית׳ שאין לה קץ ותכלית
Tel est le sens de « Tu accorderas la vérité à Yaakov ». Voir aussi Iggeres HaKodesh, à la fin du discours commençant par « Celui qui sème la charité, une récompense de vérité ». Dans le service de D.ieu, Tiferet (beauté) consiste à contempler la beauté de la gloire de Sa grandeur, béni soit-Il, qui n’a ni fin ni limite.
Cela explique le verset « Tu accorderas la vérité à Yaakov » (Michée 7:20). Dans Iggeres HaKodesh, épître 6, l’Alter Rebbe explique que l’attribut de Yaakov est la compassion, et que l’amour et la crainte qui viennent ensuite d’en haut, comme un don, sont ceux qu’on appelle vérité. Dans le service personnel, Tiferet consiste à contempler la grandeur infinie de D.ieu.
(Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet sur le verset : « Et, la quatrième année, tout son fruit sera saint ».) Et toute la chaîne descendante des mondes (hichtalchelout) n’est que comme une seule goutte, etc.
La parenthèse renvoie au discours sur le fruit de la quatrième année, dans Kedoshim, où la quatrième année correspond à Tiferet. La contemplation se poursuit : toute la chaîne des mondes est comme une seule goutte devant la grandeur infinie de D.ieu.
מזה יעורר רחמים רבים על נפשו שירדה בסתר המדרגות36 ועמ״ש סד״ה במדבר סיני37 מענין בחי׳ רחמים ובד״ה כנשר יעיר.3839
À partir de là, il éveillera une grande compassion pour son âme, qui est descendue dans le secret des degrés. Voir aussi ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Dans le désert du Sinaï », au sujet du niveau de la compassion, ainsi que dans le discours commençant par « Comme un aigle qui incite… ».
En considérant la grandeur de D.ieu et combien l’âme est descendue dans un lieu obscur et caché, on est porté à éprouver une grande compassion pour sa propre âme. Cette compassion est la qualité de Yaakov, comme l’expliquent les discours cités de Bamidbar et de Ha’azinou.
וכ״ה ג״כ בענין הנהגת המדות עליונות דתפארת שהוא קו האמצעי הוא מחבר חו״ג [חסד וגבורה] וגם מבריח מן הקצה העליונה עד הקצה החחתונה.40414243444546474849505152
Il en va de même dans la conduite des attributs supérieurs : Tiferet, qui est la ligne médiane, relie 'Hessed et Guevoura et s’étend aussi de l’extrémité la plus haute à l’extrémité la plus basse.
Il en va de même pour les attributs supérieurs : Tiferet, la ligne médiane, unit 'Hessed et Guevoura et s’étend aussi du niveau le plus élevé au plus bas, comme la barre centrale du Tabernacle, qui allait d’une extrémité à l’autre.
Ce paragraphe montre que l’amour et la crainte réunis ne peuvent être atteints par l’autre côté. L’attribut de Yaakov, Tiferet ou la vérité, va plus loin encore : c’est une ligne médiane unique, issue de Kéter, qui unit les deux côtés ; elle n’a donc ni équivalent ni interruption.
Le Zohar, à la fin de Terouma, associe « demeurant sous des tentes » à la barre médiane : Yaakov « tient à ce côté et à cet autre côté », entier vis-à-vis d’Atika Kadicha comme de Zeir Anpin, vis-à-vis de 'Hessed supérieur comme de Guevoura supérieure. Le Tanya, chapitre 13, appelle également la vérité l’attribut de Yaakov, la barre médiane qui traverse le milieu de chaque niveau, du plus élevé au plus bas.
Maré mekomot
- 1ונאספו שמה · Genesis 29:3
- 2לב האבן · Ezekiel 11:19
- 3יעקב הוא בריח התיכון ומדתו אמת · Zohar I, 139a
- 4התפארת הוא המחבר חו״ג · ראה זח״ג כח, סע״א. ס׳ מאמרי אדה״ז — ענינים ע׳ נח ובהנסמן שם.
- 5יושב אהלים · Genesis 25:27
- 6יושב אהלים · Zohar, Terumah 94:908–96:918
- 7יושב אוהלים · Bereshit Rabbah 79:3
- 8יושב אוהלים · Bamidbar Rabbah 3:2
- 9יושב אוהלים · Bamidbar Rabbah 13:15
- 10יושב אוהלים · Devarim Rabbah 1:15
- 11כמ״ש בזהר ס״פ תרומה (דקע״ה ע״ב) · יושב אהל לא כתיב אלא ישב אהלים תרי דאחיד להאי ואחיד להאי . . דתנינן מאי איש תם כתרגומו שלים, שלים מכלא שלים לתרין סטרין לעתיקא קדישא ולזעיר אפין שלים לחסד עלאה ולגבורה עלאה כו׳ (נר׳ דמרמז דזה ב׳ הענינים דמדתו אמת שהוא הארה מכתר. והיינו להיות כי הת״ת הוא המחבר חו״ג) — ביאור מחסיד בכת״י.
- 12ויקרא (י״ב ב׳) · עושה שלום במרומיו דא יעקב דכתיב תתן אמת ליעקב. וכתיב והאמת והשלום אהבו דאמת ושלום קשור דא בדא . . יעקב איהו עביד שלום כמה דאמרן בגין דאחיד להאי ולהאי. ואח״כ מביא מזהר וישלח לאחר הזהר תרומה ויקרא — ביאור מחסיד בכת״י.
- 13וישלח (קס״ז ב׳) · ”פי׳ יושב אוהלים בגין דאיהו יתיב בתרין משכנין עילאין ופי׳ במק״מ שז״א שהוא יעקב הוא בין שני ההי״ן מקבל מן ה׳ הראשונה ונותן לה׳ האחרונה” — יהל אור ע׳ מג. איש תם יושב אוהלים גבר שלים בגין דאיהו יתיב בתרין משכנין [בניצוצי אורות — בינה ומל׳] עלאין ואשלים להאי גיסא ולהאי גיסא. (דמתחיל בענין אוהלי תרין משכנין) וע״ז מביא גם הרבות. — ביאור מחסיד בכת״י.
- 14יושב אהלים שני אוהלים · Bereshit Rabbah 63:10
- 15שני משכנין עילאין · Zohar, Vayishlach 2:38–3:46
- 16תושב״כ נק׳ אהלו של שם · ראה אוה״ת תולדות קמה, א.
- 17שכל התורה היא שמותיו · לעיל [פינחס] (עו, רע״ב). וש״נ. [כ].
- 18זח״א בראשית ד״נ ע״ב · דמבאר איך שיעקב מחבר תושב״כ ותושבע״פ ודו״ק היטב — ביאור מחסיד בכת״י.
- 19ברבות וישלח פע״ט · לפי שכתוב יעקב איש תם יושב אוהלים לפיכך ויבא יעקב שלם (הרי מקשר ענין יושב אוהלים לויבא יעקב שלם. וזכות הוא לו מה שהי׳ (?) — ביאור מחסיד בכת״י.
- 20בחקתי ס״פ לו במדבר פ״ג · יעקב בחרו הקב״ה שנא׳ כי יעקב בחר לו כו׳ אבל לא קירבו אלא הוא קירב א״ע שנאמר ויעקב איש תם יושב אהלים (הרי יושב אהלים באהלי שם דזהו שקירב א״ע.) וגם במד״ר בחקתי מזכיר זה לזכות דאמר שם עד מתי זכות אבות קיימת . . שנאמר ויעקב איש תם — ביאור מחסיד בכת״י.
- 21נשא פי״ג · ויעקב איש תם יושב אהלים ואמ׳ יוכר באהלים, ג״כ ראי׳ דאהלים הוא אהלי תורה ודו״ק — ביאור מחסיד בכת״י.
- 22
- 23ובפ׳ דברים · התחיל עשו צוח כו׳ בא וראה מה עשה לו . . ויעקב איש תם יושב אוהלים לא די שצחק לי על שמכרתי בכורתי עתה לקח ברכתי ע״ש — ביאור מחסיד בכת״י.
- 24כי לא יכול לו · Genesis 32:26
- 25כי שרית · Genesis 32:29
- 26וכיון שכן שהוא כולל חו״ג . . ולכן הוא בלבדו גלל האבן · ראה לקו״ש ח״כ ע׳ 126 הערה 21. שם ע׳ 408 הערה 175.
- 27גלל האבן מע״פ הבאר · Genesis 29:10
- 28שפת אמת תכון לעד · Proverbs 12:19
- 29תתן אמת ליעקב · Micah 7:20
- 30תתן אמת ליעקב · Zohar, Vayikra 25:191–27:200
- 31באגה״ק סד״ה זורע צדקות שכר אמת · יש ב׳ מיני דו״ר הראשונות הן הנולדות מהתבונה כו׳ והאחרונות הן הבאות אח״כ מלמעלה בבחי׳ מתנה כו׳ ודאי אין ערוך כלל בין הראשונות שהן תולדות השכל הנברא לגבי האחרונות שהן מהבורא ית״ש ולכן הן הן הנקראות בשם אמת כי חותמו של הקב״ה אמת שהוא אמת האמיתי, וכל האמת שבנבראים כלא חשיבי קמיה, אך איזה הדרך שיזכה האדם לאמת ה׳, הנה הוא ע״י שיעורר ר״ר לפני ה׳ על הניצוץ שבנפשו שהיא מדתו של יעקב מבריח מהקצה אל הקצה כו׳ דהיינו מרום המעלות עד למטה מטה להמשיך אמת ה׳ לעולם השפל הזה החשוך כו׳ (א״כ זהו מה שע״י מדתו של יעקב ממשיכים האמת מלמעלה, ולכן הוא דאינו נפסק כו׳) — ביאור מחסיד בכת״י.
- 32באגה״ק סד״ה זורע צדקה שכר אמת · בפי׳ תתן אמת ליעקב דיש ב׳ מיני דו״ר הראשונות הן הנולדות מהתבונה והדעת כו׳ והאחרונות הן הבאות אח״כ מלמעלה בבחי׳ מתנה כו׳ ולכן הן הן הנקראים בשם אמת כו׳ ע״ש” — אוה״ת דרושים לסוכות ע׳ א׳תשצו.
- 33זורע צדקה שכר אמת · Proverbs 11:18
- 34ע״פ ובשנה הרביעית · לעיל פ׳ קדושים כט, ד.
- 35ובשנה הרביעית יהיה כל פריו קדש · Leviticus 19:24
- 36בסתר המדרגות · Song of Songs 2:14
- 37ועמ״ש סד״ה במדבר סיני · Numbers 3:1
- 38ובד״ה כנשר יעיר · לקמן האזינו עח, א. הרחמים על ניצוץ אלקות והרחמנות אינו על גופו ונה״ב, אלא כמ״ש וישוב אל ה׳ וירחמהו דהיינו על ניצוץ אלקות שנפל מאיגרא רמה כו׳ בהתלבשותה בגוף הגשמי בעוה״ז שמחמת זה נמשך אחר חומריות הגוף — ביאור מחסיד בכת״י.
- 39כנשר יעיר · Deuteronomy 32:11
- 40אברהם חסד דקדושה · Zohar I, 41a
- 41ישמעאל חסד דלעו״ז · ראה עמה״מ שי״ד פ׳ קכה (קיד, א).
- 42אברהם שיצא ממנו · Vayikra Rabbah 36:5
- 43שיצא ונפרד · וכן לקמן שה״ש ט, ד. וראה בלקו״ש ח״כ ע׳ 101. חכ״ה ע׳ 255 הערה 35.
- 44יצחק גבורה דקדושה · מא״א אות יו״ד, סמ״ד.
- 45אין ביכולת כל מדה שבלעומת זה להיות מנגד רק למדה שכנגדו בקדושה · ”ובתו״ח שם [— תולדות קמד, ב] (פ״ז) שמצד היראה והפחד דיצחק [לא רק שא״א להיות ממנה יניקה לקליפת פלשתים, אלא יתירה מזו] ”לא יוכל לישב במושב ליצים וישנא מאוד ההוללות” — לקו״ש חט״ו ע׳ 120 הערה 17.
- 46שבארות שחפר אברהם סתמום פלשתים · Genesis 26:18
- 47פלשתים לצנים היו · Avodah Zarah 19a:2–3
- 48שאין להוללות ושמחה דקליפה יכולת כלל לעמוד נגד מדת היראה והפחד דקדושה · ”הוא לפי׳ ש”אינן כלל לעומת זה של היראה [ושם [— בלקו״ת], שגם היראה כשהיא רק לבדה יש לה ג״כ מנגד מבחי׳ הגבורה דקליפה ורק ע״י הצטרפות והתכללות ב׳ המדות דקדושה (אהבה ויראה) ”אז (דוקא) לא יוכלו המנגדים שבלעומת זה לנגוע בהן”]”. — לקו״ש חט״ו ע׳ 120 הערה 20 ע״ש באריכות ההפרש שבין הלקו״ת לביאה״ז מאדה״א פא, א.
- 49ע״פ אלה תולדות יצחק · תו״א יז, ג. וראה גם בתו״ח ר״פ תולדות קמג, ג ואילך.
- 50וסד״ה ויהי בשלח פרעה · תו״א סא, ג ואילך. וראה אוה״ת בשלח ע׳ שסז.
- 51כיתרון האור מהחושך · Ecclesiastes 2:13
- 52
Yaakov comme vav du Nom ¶6–7
6וע׳ במק״מ [במקדש מלך] פ׳ וישלח קס״ז פי׳ שהוא הוי״ו דשם הוי׳ שממשיך מבחי׳ י״ה לבחי׳ ה׳ אחרונה.
Et voyez le Mikdash Melech sur la paracha Vayichla'h, [folio] 167, qui explique qu’il est le vav du Nom Havaya, lequel attire du niveau de youd-hé vers le niveau du hé final.
Le Mikdash Melech, commentaire classique du Zohar, explique la déclaration du Zohar selon laquelle Yaakov réside entre deux demeures : Yaakov est le vav, troisième lettre du Nom Havaya. Le vav, ligne verticale droite, attire ce qui provient des deux premières lettres, youd et hé ('Hokhma et Bina), vers le hé final (Mal'hout).
ומבואר במ״א בענין הללו י״ה כי ע״י המשכה מבחי׳ י״ה שהוא בחי׳ אור א״ס המלובש בחו״ב [בחכמה ובינה] עי״ז דוקא נמשך שלא יהי׳ [יהיה] יניקה למדות הרעות כמ״ש ימותו ולא1 בחכמה כו׳
Il est aussi expliqué ailleurs, à propos de « Hallelou Yah », que c’est précisément par l’attraction depuis le niveau de youd-hé — qui est le niveau de la Lumière infinie (Or Ein Sof) revêtue dans 'Hokhma et Bina — que les attributs mauvais ne reçoivent aucune nourriture, comme il est écrit : « Ils meurent, et non par la sagesse », etc.
Ailleurs, à propos de « Hallelou Yah » (« louez Yah »), l’Admour Hazaken explique que youd-hé est la Lumière infinie revêtue dans 'Hokhma et Bina, et que l’attraction depuis ce niveau ne laisse rien aux attributs mauvais dont ils puissent se nourrir. Job 4:21 dit des méchants : « Ils meurent, et non par la sagesse » : là où 'Hokhma est présente, le mal n’a aucune force vitale.
ולכן נק׳ מדת יעקב אמת ועיין בזח״ג [בזהר חלק ג] ר״פ ויקרא23 ע״פ ונתתם לי אות אמת45 ובפרדס בעה״כ [בערכי הכינויים] ערך אמת6
C’est pourquoi l’attribut de Yaakov est appelé vérité. Voyez aussi le Zohar, troisième partie, au début de la paracha Vayikra, à propos du verset : « Et donnez-moi un signe de vérité », ainsi que le Pardes, Erchei HaKinuyim, à l’entrée « Emes ».
Parce que Yaakov attire depuis youd-hé, où le mal n’a aucune prise, son attribut est appelé vérité. Le Zohar interprète la demande de Ra'hav d’obtenir « un signe de vérité » (Josué 2:12) comme désignant la lettre vav, et le Pardes, dans son lexique des termes kabbalistiques, indique que la « vérité » se rapporte à Tiferet.
ולכן שם הקב״ה שכינו חז״ל [חכמינו זכרונם לברכה] לו ית׳ הוא בהתלבשותו ית׳ במדת תפארת דאצילות וכמ״ש מזה במ״א ע״פ הזהר פ׳ חיי שרה (דקכ״ג ע״א)7 גבי קב״ה [קודשא בריך הוא] דאתכליל מאתר עילאה8 כו׳:
C’est pourquoi le nom « le Saint béni soit-Il », que nos Sages, de mémoire bénie, Lui ont donné, se rapporte à Lui, béni soit-Il, lorsqu’Il est revêtu dans l’attribut de Tiferet d’Atsilout, comme il est expliqué ailleurs à ce sujet, à propos du Zohar, paracha 'Hayé Sarah (folio 123, côté a), concernant « le Saint béni soit-Il, qui est inclus depuis un lieu supérieur », etc.
Le nom familier que les Sages donnent à D.ieu, « le Saint béni soit-Il », se rapporte spécifiquement à D.ieu lorsqu’Il est revêtu dans Tiferet d’Atsilout, l’attribut de Yaakov. Le Zohar, dans 'Hayé Sarah, parle du « Saint béni soit-Il, qui est inclus depuis un lieu supérieur », et l’Admour Hazaken explique ailleurs ce passage.
Ce paragraphe fonde la vérité de Yaakov dans la structure du Nom divin : en tant que vav, il attire la lumière de 'Hokhma et Bina vers Mal'hout, et le mal ne peut se nourrir là où 'Hokhma est présente ; c’est aussi pourquoi le nom donné par les Sages, « le Saint béni soit-Il », se rapporte à Tiferet.
Une explication manuscrite citée dans les notes de Kehot rapporte la question du Rabbi Dovber dans Biurei HaZohar : pourquoi le Zohar désigne-t-il le « Saint béni soit-Il » comme celui qui est inclus depuis le haut, plutôt que 'Hokhma et Bina ? La réponse qui y est donnée est que ce nom se rapporte au kav, la ligne de la Lumière infinie, qui brille dans Zeir Anpin davantage que dans tous les autres partsoufim.
Maré mekomot
- 1ימותו ולא בחכ׳ · Job 4:21
- 2בזח״ג ר״פ ויקרא · ראה ביאה״ז לאדה״א ר״פ ויקרא. וביאוה״ז להצ״צ כרך א ע׳ שיג ואילך.
- 3ועיין בזח״ג ר״פ ויקרא · ב, א ונתתם לי אות אמת דא אות ו׳ כו׳ ואי תימא שאר אתוון לאו אינון אמת, אין, אלא אות דא אקרי אמת ובניצוצי אורות שהוא הת״ת — ביאור מחסיד בכת״י.
- 4ונתתם לי אות אמת · Joshua 2:12
- 5ונתתם לי אות אמת · Zohar, Vayikra 1:1–7
- 6ובפרדס בעה״כ ערך אמת · כל המפרשים הסכימו היות התיבה זו רומז על ת״ת . . זולתי הרמב״ן — ביאור מחסיד בכת״י.
- 7ע״פ הזהר פ׳ חיי שרה (דקכ״ג ע״א) · ביאוה״ז לאדה״א יב, ד יש להבין למה דוקא הזכיר קוב״ה דאתכליל כו׳ ולא חו״ב כו׳ קוב״ה הכוונה על קו וחוט אור א״ס נאצלה מן המאציל והוא מאיר בז״א יותר מבכל הפרצופים. והטעם ידוע לפי שאוא״ס בכל ספי׳ וספי׳ וכמ״ש אנת מלגאו כל ספי׳ ומלבר כו׳, אמנם מאחר שכל ספי׳ מיוחדת לעצמה ואין בחכמה אלא חכמה ולא בינה כו׳ — ביאור מחסיד בכת״י.
- 8דאתכליל מאתר עילאה · Zohar, Chayei Sara 5:23–6:28
7קיצור. ענין שמדת יעקב תפארת נקרא אמת אך משום שבחי׳ יעקב יש לה קיום יותר בעבודה ומשום שהוא קו האמצעי בריח התיכון:
Résumé : La raison pour laquelle l’attribut de Yaakov, Tiferet (beauté), est appelé vérité : le niveau de Yaakov a davantage de permanence dans le service [divin], et Yaakov est la ligne médiane, « la barre centrale ».
Le résumé donne deux raisons pour lesquelles l’attribut de Yaakov est appelé vérité : dans le service d’une personne, il perdure, sans les interruptions qui affectent l’amour ou la crainte lorsqu’ils sont seuls ; et il est la ligne médiane, la barre centrale qui relie les côtés et s’étend du haut vers le bas.
Résumé de la première section : le Tiferet de Yaakov est vérité, car il perdure et parce qu’il est la ligne médiane.
Daat, Moché, et vérité par opposition à la foi ¶8–13
8ב והנה הארה זו שמאיר בתפארת היינו בחי׳ דעת כן הוא בפרדס שער שלישי פ״ח [פרק ח׳] וגם ע״פ קבלת האריז״ל [האר״י זכרונו לברכה] הוא כן
2. Or, ce rayonnement qui brille dans Tiferet (beauté) est le niveau de Daat (connaissance). Il en est ainsi dans le Pardes, troisième Sha'ar, chapitre 8 ; et il en est également ainsi selon la Kabbale de l’Arizal, de mémoire bénie,
La section 2 demande quelle est la nature du rayonnement en Tiferet, le rayonnement de Kéter qui lui confère la vérité. La réponse est qu’il s’agit de Daat ; l’Alter Rebbe cite le Pardes de Rabbi Moché Cordovero et la Kabbale de l’Arizal comme étant du même avis.
שהרי כשאין הכתר נמנה בחשבון הי״ס [הי׳ ספירות] אנו מונין הדעת במקומו1 וע׳ מזה בע״ח [בעץ חיים] שער כ״ב פ״א2 אות ב׳ ואות ד׳
car lorsque Kéter (la Couronne) n’est pas compté dans le décompte des dix Séfirot, nous comptons Daat à sa place. Voyez à ce sujet Etz Chaim, Sha'ar 22, chapitre 1, item 2 et item 4.
Dans le système de l’Arizal, les dix Séfirot sont comptées soit avec Kéter, soit avec Daat à sa place, mais jamais avec les deux à la fois ; cela montre que Daat est l’expression intérieure de Kéter. La note de Kehot explique que le numéro du Sha'ar suit l’édition de Shklov de 1800 ; dans les éditions actuelles d’Etz Chaim, le passage se trouve au Sha'ar 23, et le chapitre doit être le 5, et non le 1.
והנה הדעת הוא קיום המדות וחיותם וכמ״ש בע״ח [בעץ חיים]3 שם שהוא נשמה דז״א4 כמו שעתיק יומין הוא נשמה לכל האצילות.
Or, Daat est ce qui assure la permanence des attributs émotionnels (midot) et leur force vitale, comme il est écrit à cet endroit dans Etz Chaim : Daat est l’âme de Zeir Anpin, tout comme Atik Yomin est l’âme de tout Atsilout.
Daat est ce qui maintient les attributs émotionnels en vie et leur donne de durer. Etz Chaim explique que Daat n’est pas compté parmi les Séfirot parce qu’il est une âme dépourvue de réceptacle : il est l’âme de Zeir Anpin, les attributs émotionnels, tout comme Atik Yomin, le niveau intérieur de Kéter, est l’âme de tout Atsilout.
Le paragraphe identifie le rayonnement de Kéter qui brille dans Tiferet à Daat, lequel prend la place de Kéter dans le décompte des Séfirot et constitue l’âme et la force vitale des attributs émotionnels.
Etz Chaim en donne la raison : nous ne comptons que ce qui possède un réceptacle, et Daat est une âme dépourvue de réceptacle, tout comme Atik Yomin n’a aucun réceptacle. Le discours de Likkutei Torah sur Balak cité dans les notes applique le même principe à la prière : celle-ci n’est pas comptée parmi les mitzvos de la Torah parce qu’elle en est l’âme.
Maré mekomot
- 1אנו מונין הדעת במקומו · Sefer Etz Chaim 23:5
- 2בע״ח שער כ״ב פ״א · בדפוס שקלאוו תק״ס. [לפננו שער כ״ג] צ״ל פ״ה ולא פ״א. [כ].
- 3וכמ״ש בע״ח · ”בענין הדעת שאינו במנין ע״ס כי אין אנו מונין אלא מה שיש בו כלי, אבל הדעת בחי׳ נשמה בלי כלי”. — לעיל בלק עא, ב. וראה ביאוה״ז להצ״צ כרך א ע׳ סד. אוה״ת משפטים ע׳ א׳קו. וראה גם בביאוה״ז להצ״צ כרך א ע׳ ערה ואילך בענין הנ״ל.
- 4וכמ״ש בע״ח שם שהוא נשמה דז״א · אולי הכוונה לשער כג דכתב שם אבל הדעת הוא בחי׳ נשמה דז״א ואין אנו מונין אלא מה שיש בו כלי אבל הדעת (הוא) נשמה בלי כלי וכן בכל כללות האצי׳ עתיק יומין הוא בחי׳ נשמה לכל האצי׳ ואין בחי׳ כלי כלל — ביאור מחסיד בכת״י.
9והענין כי עד״מ שאנו רואין למטה שהמדות הן לפי הדעת כי התינוק מדותיו הם בקטנות מאד שמתאוה לדברים קטנים מאד
Voici l’explication. À titre d’analogie, nous voyons ici-bas que les attributs émotionnels (midot) sont fonction de Daat (connaissance). Les attributs d’un jeune enfant sont très limités, car il désire des choses tout à fait insignifiantes,
Pour montrer que Daat est la force vitale des attributs émotionnels, l’Alter Rebbe prend un exemple de la vie humaine : les émotions d’une personne ne sont qu’à la mesure de sa compréhension. Les désirs d’un jeune enfant portent sur des choses insignifiantes.
כמו לשחוק באגוזים וכיוצא וכשיגדל ויתחזק שכלו ודעתו יוקטן בעיניו שחוק ההוא ויתאוה למנעלים יפים או בגדים נאים וכיוצא ואח״כ כשיגדל יותר יתבזה אצלו זה הדבר ג״כ ויתאוה לממון כו׳
comme jouer avec des noix et autres choses semblables. Lorsqu’il grandit et que son intellect et son Daat se fortifient, ce jeu lui paraît insignifiant, et il désire de belles chaussures, de beaux vêtements et autres choses semblables. Puis, lorsqu’il grandit encore, cette chose aussi lui devient méprisable, et il désire de l’argent, etc.,
L’enfant aime jouer avec des noix ; en grandissant, ce jeu lui paraît futile et il désire de belles chaussures et de beaux vêtements. Plus tard, ces choses lui semblent sans valeur, et il désire de l’argent.
ואח״כ לכבוד וכל זה מחמת גידול דעתו שלפי ערך הדעת כך הם המדות עד כשיתחזק הדעת יומשך שיהי׳ [שיהיה] המדות לאלקות וע׳ מזה בפי׳ המשניות להרמב״ם [להרבי משה בן מימון] (בסנהדרין פרק חלק).
puis de l’honneur. Tout cela tient au développement de son Daat : les attributs sont à la mesure du Daat ; lorsque celui-ci se fortifie, il s’ensuit que les attributs seront dirigés vers la divinité. Voir à ce sujet le Commentaire de la Michna du Rambam (Sanhédrin, chapitre Chelek).
Plus tard encore, il désire l’honneur. Chaque progrès de son Daat élève l’objet de son désir, jusqu’à ce que, lorsque son Daat est suffisamment fort, ses émotions se tournent vers D.ieu Lui-même. Dans son introduction au chapitre Chelek de Sanhédrin, le Rambam décrit la même progression : un enfant est attiré vers l’étude par des noix et des sucreries, puis par des vêtements, de l’argent et l’honneur, jusqu’à ce qu’il en vienne à servir D.ieu pour Lui-même.
והנה קטן אין לו דעת כמ״ש בגמרא (בגיטין דכ״ב סע״ב [סוף עמוד ב]) וביבמות (דק״ד ע״ב) דלאו בני1 דעה נינהו2 נמצא שמחמת קטנות הדעת נמשך שהמדות הם בקטנות מאד.
Or, un mineur n’a pas de Daat, comme il est dit dans la Guemara (Gittin, folio 22, fin du côté b) et dans Yevamos (folio 104, côté b) : « car ils ne sont pas des personnes douées de discernement ». Il s’ensuit que, du fait de la faiblesse de son Daat, ses attributs sont très limités.
La loi juive considère qu’un mineur est dépourvu de daat, c’est-à-dire de discernement juridique, comme le dit le Talmud au sujet des enfants : « ils ne sont pas des personnes douées de discernement ». Parce que son Daat est limité, ses émotions le sont également.
לפי שהדעת הוא קיום המדות וחיותן3 וע׳ מזה באגה״ק [באגרת הקודש] בד״ה להבין משל ומליצה45 כו׳ בענין הספירות.
Car Daat assure la permanence des attributs et leur force vitale. Voir à ce sujet Iggeret HaKodesh, dans le discours qui commence par « Pour comprendre une parabole et une figure », etc., à propos des Séfirot,
Voici le principe sous-jacent : Daat assure aux émotions leur permanence et leur force vitale. L’Alter Rebbe renvoie à Iggeret HaKodesh, épître 15, qui explique les Séfirot par analogie avec les facultés de l’âme humaine.
ובסש״ב [ובספר של בינונים] ח״א [חלק א׳] ספ״ג [סוף פרק ג׳] ולכן נקרא הדעת אמת שהוא עצמות ומהות הדבר ממש משא״כ מלכות נקראת אמונה כמו שמאמין באמיתת הדבר
ainsi que dans Sefer Shel Beinonim, première partie, fin du chapitre 3. C’est pourquoi Daat est appelé vérité : il est l’essence et l’être même de la chose. En revanche, Mal’hout (souveraineté) est appelée foi, comme lorsqu’on croit à la vérité d’une chose ;
Il renvoie également au Tanya, chapitre 3, qui se termine par les mots : « Daat assure la permanence des attributs et leur force vitale. » C’est pourquoi Daat est appelé vérité : il saisit la chose elle-même. Mal’hout, en revanche, est appelée foi : elle tient pour vraie une chose sans la voir.
אבל דעת הוא אמתת הדבר עצמו וכמש״ל [וכמה שכתוב לעיל] שדעת הוא לשון הכרה והרגשה כאלו רואה כו׳.
mais Daat est la vérité de la chose elle-même — comme cela a été expliqué plus haut, Daat désigne la reconnaissance et le ressenti, comme si l’on voyait, etc.
Daat est la vérité même, saisie de l’intérieur. Comme cela a été expliqué plus haut, Daat signifie reconnaissance et ressenti, comme si l’on voyait réellement ce que l’on connaît.
À travers l’évolution des désirs d’un enfant, ce paragraphe montre que les émotions suivent Daat. Il explique ensuite que Daat est appelé vérité parce qu’il saisit la chose elle-même, tandis que Mal’hout, la foi, ne fait que croire en elle.
Le chapitre 3 du Tanya relie Daat aux mots « Et Adam connut ‘Hava » : il s’agit d’un lien de l’intellect, fort et ferme, avec la grandeur de D.ieu. Sans cela, même celui qui est sage et comprend ne fera naître ni amour ni crainte véritables, mais seulement des idées creuses.
Maré mekomot
- 1
- 2
- 3הדעת הוא קיום המדות וחיותן · Tanya, Likkutei Amarim 3:14–15
- 4
- 5להבין משל ומליצה · Tanya, Iggeres HaKodesh 15:1–2
Comme il est écrit à propos du verset « Et voici les lois », au sujet de « entendre ne saurait se comparer à voir » : c’est Daat (connaissance) qui amène à être comme si l’on voyait, etc.
Le discours de Torah Ohr sur « Et voici les lois » (Exode 21:1) invoque l’enseignement selon lequel entendre ne saurait se comparer à voir : ce que l’on voit est certain d’une manière que ce que l’on entend ne l’est pas. Daat est la faculté qui rend la perception du divin aussi vive que la vue.
וכמ״ש בפרדס שם שהדעת ממשיך מכתר וחכמה כו׳ ונודע דחכמה היא בחי׳ ראיה וזהו שנק׳ אמת ר״ל [רוצה לומר] כאלו רואה אמתת הדבר עצמו.3
Et comme il est écrit dans le Pardes, à cet endroit, que Daat puise en Kéter (la Couronne) et en 'Hokhma (sagesse), etc. Or, il est connu que 'Hokhma est le niveau de la vue. C’est pourquoi elle est appelée vérité : autrement dit, comme si l’on voyait la vérité de la chose elle-même.
Le Pardes enseigne que Daat puise en Kéter et en 'Hokhma, et que 'Hokhma est la faculté de la vue, comme dans « Qui est sage ? Celui qui voit ce qui est en train de naître » (cité à la fin du traité Tamid). Daat est donc appelée vérité parce qu’elle perçoit la vérité elle-même.
Daat est appelée vérité parce que, puisant en 'Hokhma, la faculté de la vision intérieure, elle permet à l’homme de saisir le divin comme s’il le voyait.
Le passage de Torah Ohr cité dans les notes ajoute que, sans un tel Daat, même une grande compréhension et la foi que possède chaque Juif ne sont qu’une « couronne » enveloppante ; Daat fait entrer la connaissance à l’intérieur, de sorte que le monde ne dissimule plus le divin, et que l’amour et la crainte qu’elle suscite sont incomparables.
Maré mekomot
- 1ע״פ ואלה המשפטים · תו״א פ׳ משפטים עה, א. וראה אוה״ת פ׳ משפטים ע׳ א׳קיב.
- 2ואלה המשפטים · Exodus 21:1
- 3ונודע שחכמה היא בחי׳ ראי׳ · Zohar II, 116b
11וזהו שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] משה אמת ותורתו אמת12 כי משה מלגאו ויעקב מלבר3 פי׳ יעקב הוא תפארת ומשה הוא הדעת וכמ״ש מזה ע״פ את הכבש האחד תעשה בבקר4 כו׳
C’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Moché est vérité et sa Torah est vérité. » Car « Moché est à l’intérieur et Yaakov à l’extérieur » : c’est-à-dire que Yaakov est Tiferet (beauté) et Moché est Daat (connaissance), comme il est écrit à ce sujet à propos du verset : « Tu feras un agneau le matin », etc. ;
Lorsque l’assemblée de Kora’h fut engloutie par la terre, on l’entendit s’écrier : « Moché est vérité et sa Torah est vérité » (Midrash Tanhouma, Kora’h 11 ; Bava Batra 74a). Les Tikkouné Zohar disent : « Moché est à l’intérieur et Yaakov à l’extérieur » : Yaakov est Tiferet, et Moché en est le noyau intérieur, Daat. Ainsi, la vérité attribuée à Moché est la vérité de Yaakov à son niveau profond.
ע״ש, וע״כ נק׳ משה אמת וגם כי דעת עליון דז״א שרשו מתיקון ואמת שבי״ג מדה״ר [מדות הרחמים] דא״א כמ״ש במ״א.
voir là-bas. C’est pourquoi Moché est appelé vérité. En outre, le Daat supérieur de Zeir Anpin prend sa racine dans le tikoun « et vérité », parmi les Treize Attributs de Miséricorde d’Arikh Anpin, comme il est écrit ailleurs.
Il y a donc deux raisons pour lesquelles Moché est appelé vérité : il est le Daat au cœur du Tiferet de Yaakov, et le Daat supérieur de Zeir Anpin prend lui-même sa racine dans l’attribut de « vérité » parmi les Treize Attributs de Miséricorde, qui sont, dans la Kabbale, les treize tikounim d’Arikh Anpin, le niveau extérieur de Kéter.
Ce paragraphe explique pourquoi les Sages qualifient Moché de « vérité » : il est Daat, le noyau intérieur du Tiferet de Yaakov, et le Daat supérieur prend lui-même sa racine dans l’attribut de « vérité » parmi les Treize Attributs de Miséricorde.
Le discours de Likkutei Torah sur Pin’has cité dans les notes explique que l’éveil de la compassion provient de Daat, de la saisie de la grandeur de la Lumière infinie ; Moché attire Daat dans les âmes d’Israël et, par son intermédiaire, elles accèdent à la qualité de compassion de Yaakov.
Maré mekomot
- 1משה אמת ותורתו אמת · Bava Batra 74a:5
- 2משה אמת ותורתו אמת · Midrash Tanchuma, Korach 11:1
- 3כי משה מלגאו ויעקב מלבר · Tikkunei Zohar, Tikkun 13 · 29a:7–8
- 4ע״פ את הכבש האחד תעשה בבקר · לעיל פ׳ פינחס עח, ד: וזהו משה מלגאו ויעקב מלבר . . התעוררו׳ רחמנו׳ זו הוא מצד הדעת שהיא השגה בגדולת אוא״ס ב״ה כו׳ דשם היתה נשמתה כלולה כו׳ וירדה כו׳ מטה מטה יעורר ר״ר בלבו מאד מאד כו׳ והנה המשכת הדעת בנש״י הוא ע״י משה רע״מ כו׳ ועי״ז נמשך להיות בחי׳ יעקב בחי׳ הרחמנות ע״ש.
De plus, la vérité est le niveau de « Je n’ai pas changé ». De même, dans le service de D.ieu d’une personne, c’est par Daat (connaissance) que les attributs d’amour et de crainte acquièrent leur stabilité,
Une raison supplémentaire pour laquelle la vérité relève de Daat : la vérité est ce qui ne change pas, comme le dit D.ieu : « Moi, Havaya, Je n’ai pas changé » (Malachie 3:6). Dans le service d’une personne, c’est Daat qui donne à l’amour et à la crainte leur persévérance.
שלא ישתנו המדות מחמת גשמיות העולם וכמוצא מים אשר לא יכזבו מימיו2 כו׳ וכמ״ש במ״א בדג״ה [בד״ה] ואלה המשפטים3 וע״פ מים רבים4 וגבי ענין הלולב ומיניו.5
afin que les attributs ne changent pas sous l’effet de la matérialité du monde, « comme une source dont les eaux ne déçoivent pas », etc. — comme il est écrit ailleurs, dans le discours qui commence par « Et voici les lois », ainsi que sur le verset « Des eaux nombreuses », et à propos du loulav et de ses espèces.
Les sentiments issus d’une inspiration passagère s’effacent sous la pression de la vie matérielle ; ceux qui prennent racine dans Daat demeurent, « comme une source dont les eaux ne déçoivent pas » (Isaïe 58:11), une source qui ne tarit jamais. L’Alter Rebbe renvoie à des discours qui développent cette idée : « Et voici les lois », « Des eaux nombreuses » et le discours sur le loulav.
והיינו בחי׳ אמת הפך הכזב אך בחי׳ אמונה היינו אע״פ [אף על פי] שאינו משיג להיות כאלו רואה כו׳ ועכ״ז [ועם כל זה] מאמין ומקבל האמת.
Cela correspond au niveau de la vérité, l’opposé du mensonge. Mais le niveau de la foi signifie que, bien qu’il ne parvienne pas [à une compréhension] telle qu’il voie, pour ainsi dire, etc., il croit néanmoins et accepte la vérité.
Il s’agit ici de la vérité opposée au « mensonge » d’une source qui se tarit. La foi est différente : celui qui n’est pas parvenu au point de « voir » croit néanmoins et accepte la vérité.
ועד״ז נק׳ המל׳ דאצי׳ אמונה וכמ״ש בזהר פ׳ בלק (דקצ״ח ע״ב) אמונה בשעתא דאתחבר בה אמת6 כו׳ כדין אקרי אמונה.
De même, la Mal'hout d’Atsilout est appelée foi, comme il est écrit dans le Zohar, parachat Balak (folio 198, côté b) : « La foi — au moment où la vérité s’unit à elle, etc., alors elle est appelée foi. »
Parmi les Séfirot, la Mal'hout d’Atsilout est appelée foi (émouna). Le Zohar dit que Mal'hout est appelée foi lorsque la vérité s’unit à elle : elle reçoit la vérité de Zeir Anpin.
והיינו כי דעת הוא בחי׳ יחו״א [יחודא עילאה] דכולא קמיה כלא חשיב7 שכל מה שלמטה הוא בחי׳ אין ממש.
Cela s’explique parce que Daat est le niveau de l’unité supérieure (yi'houda ila'a), où « tout est considéré comme rien devant Lui » ; ainsi, tout ce qui est en dessous est véritablement néant.
Daat relève de l’« unité supérieure », le point de vue de D.ieu, où « tout est considéré comme rien devant Lui » et tout ce qui est en dessous est véritablement néant.
Et Mal'hout est l’unité inférieure (yi'houda tata'a), la source de Béria, Yetsira et Assiya, afin qu’il y ait quelque chose à partir du néant — que, en bas, il y ait le « quelque chose », etc. — car « il n’est pas de roi sans peuple ».
Mal'hout est l’« unité inférieure », la source des trois mondes inférieurs, où les créatures sont produites comme « quelque chose à partir du néant » et se perçoivent comme quelque chose. La royauté de D.ieu nécessite de tels sujets distincts, car « il n’est pas de roi sans peuple ».
אך עכ״ז [עם כל זה] הרי נמשך מיחו״ע [מיחודא עילאה] ביחו״ת [ביחודא תתאה] וזהו ענין המשכת אמת באמונה להיות ג״כ גילוי הדע דיחו״ע [דיחודא עילאה] גם ביחות והיינו בבחי׳ אמונה כמו שמאמין באמתת הדבר כו׳
Néanmoins, l’unité supérieure est bien attirée dans l’unité inférieure. C’est là le sens de l’introduction de la vérité dans la foi : le Daat de l’unité supérieure se révèle aussi dans l’unité inférieure, sous la forme de la foi, lorsque l’on croit à la vérité d’une chose, etc.
Malgré tout, l’unité supérieure se prolonge dans l’unité inférieure. C’est la vérité introduite dans la foi : le Daat de l’unité supérieure se révèle au sein de l’unité inférieure, non pas comme une vision directe, mais sous forme de foi, en croyant à la vérité.
וזהו ג״כ איהי בהוד וכמ״ש ג״כ במ״א בדרוש בהמ״ז [ברכת המזון]10 בענין לחם מן השמים ולחם מן הארץ כו׳ וז״ש [וזהו שכתוב] גבי יהושע ונתתה מהודך עליו11
C’est également le sens de « Elle est dans Hod (splendeur) », comme il est aussi écrit ailleurs, dans le discours sur le Birkat Hamazon, à propos du pain venu du ciel et du pain venu de la terre, etc. C’est ce qui est écrit au sujet de Yehochoua : « Tu mettras sur lui une part de ta splendeur. »
L’expression « elle est dans Hod » décrit cela : Mal'hout reçoit par l’intermédiaire de Hod, la reconnaissance. Le discours sur le Birkat Hamazon, dans le Siddour, en traite en termes de pain venu du ciel et de pain venu de la terre. De même, il fut dit à Moché de mettre « une part de ta splendeur (hod) » sur Yehochoua (Nombres 27:20).
כי משה הוא הדעת ונק׳ שמש יחו״ע [יחודא עילאה] ויהושע הוא פני לבנה12 בחי׳ יחו״ת [יחודא תתאה] אלא שמקבל מיחו״ע [מיחודא עילאה] מבחי׳ הוד דוקא וכנודע ההפרש בין ברכה להודאה
Car Moché est Daat et est appelé le soleil, l’unité supérieure ; et Yehochoua est « la face de la lune », le niveau de l’unité inférieure, mais il reçoit de l’unité supérieure précisément du niveau de Hod, comme on le sait, selon la différence entre bénédiction et reconnaissance.
Moché est Daat, le soleil, l’unité supérieure ; Yehochoua avait « la face de la lune », comme l’ont dit les anciens (Bava Basra 75a) : l’unité inférieure, qui reçoit de l’unité supérieure uniquement par l’intermédiaire de Hod. Cela correspond à la différence connue entre la bénédiction (berakha), qui fait descendre dans la révélation, et la reconnaissance (hoda’a).
כי הודאה הוא הגם שמודים שהאמת הוא כמו שהוא קמיה מ״מ אינו בגילוי ממש. וזהו דאיהי אמונה היא בהוד כו׳:
Car la reconnaissance signifie que, bien que l’on reconnaisse que la vérité est telle qu’elle est devant Lui, elle n’est néanmoins pas effectivement révélée. Et c’est là [le sens de l’affirmation] que celle-ci, la foi, se trouve en Hod, etc.
La reconnaissance consiste à admettre qu’une chose est vraie devant D.ieu, même si elle ne se révèle pas à soi-même. C’est pourquoi la foi, Mal’hout, est « en Hod » : elle tient pour vraie cette vérité en la reconnaissant, plutôt qu’en la voyant.
Ce paragraphe oppose vérité et foi : Daat, l’unité supérieure, saisit la divinité comme vérité, stable et immuable ; Mal'hout, l’unité inférieure, reçoit cette vérité sous forme de foi, reconnaissant ce qu’elle ne voit pas, comme Yehochoua reçut de Moché par l’intermédiaire de Hod.
Le Zohar (Balak) dit que Mal'hout est appelée émouna, foi, lorsque émèt, vérité, s’unit à elle. Le Talmud interprète « une part de ta splendeur » comme « non pas toute ta splendeur » : les anciens de cette génération dirent que le visage de Moché était comme le soleil et celui de Yehochoua comme la lune.
Maré mekomot
- 1לא שניתי · Malachi 3:6
- 2וכמוצא מים אשר לא יכזבו מימיו · Isaiah 58:11
- 3בד״ה ואלה המשפטים · תו״א פ׳ משפטים.
- 4וע״פ מים רבים · תו״א פ׳ תולדות.
- 5וגבי ענין הלולב ומיניו · סידור בד״ה להבין ענין הלולב. וראה לקמן דרושים לר״ה נז, ד. ראה בביאוה״ז להצ״צ כרך א ע׳ רעו שמבאר באריכות.
- 6אמונה בשעתא דאתחבר בה אמת · Zohar, Balak 19:252–262
- 7דכולא קמי כלא חשיב · Zohar I, 11b
- 8אין מלך בלא עם · עמה״מ ש׳ שעשועי המלך רפ״א. ס׳ החיים פ׳ הגאולה פ״ב. בחיי וישב לח, ל. פדר״א (פ״ג). [כ]. הנסמן במאמרי אדה״ז — פרשיות לע׳ תרלא.
- 9אין מלך לבא עם · Rabbeinu Bahya, Bereshit 38:30
- 10בדרוש בהמ״ז · בסידור עם דא״ח.
- 11ונתת מהודך עליו · Numbers 27:20
- 12ויהושע הוא פני לבנה · Bava Batra 75a:16
13קיצור. ענין משה מלגאו ויעקב מלבר כי משה הוא הדעת שהוא פנימית בחי׳ יעקב. וענין אמ ואמונה:
Résumé : Le sens de « Moché est à l’intérieur et Yaakov à l’extérieur » : Moché est Daat (connaissance), qui constitue la dimension intérieure (pnimiyout) du niveau de Yaakov. Et la question de la vérité et de la foi.
Ce résumé rappelle les deux points de cette section : Moché, Daat, est la dimension intérieure de Yaakov, Tiferet ; et Daat est la vérité, tandis que Mal'hout est la foi.
Résumé de la section 2 : Daat, Moché, est le noyau intérieur de Tiferet de Yaakov, et Daat est la vérité, tandis que Mal'hout est la foi.
Mal’hout comme couronne ¶14–20
14ג והנה מל׳ נקראת עטרה שהיא בחי׳ כתר בבחי׳ א׳ כמ״ש מזה בביאור ע״פ מנורת זהב1 כולה2 ובביאור ע״פ הראיני את מראיך.3
3. Or, Mal'hout (souveraineté) est appelée une couronne (atara), car sous un certain aspect elle est le niveau de Kéter (la Couronne), comme cela est expliqué dans le commentaire sur le verset « Un chandelier entièrement d’or », ainsi que dans le commentaire sur le verset « Fais-moi voir ton visage ».
La section 3 aborde Mal'hout. Elle est appelée atara, une couronne, car sous un certain aspect elle est Kéter lui-même : le dernier niveau reflète le premier. L’Alter Rebbe renvoie à ses discours sur « Un chandelier entièrement d’or » (Zacharie 4:2) et « Fais-moi voir ton visage » (Cantique des Cantiques 2:14).
והוא כמשל השמש שכאשר זורח למטה יש שלשה אוירים ואויר התחתון הוא חם כמו העליון משא״כ האמצעי קר לפי שכאשר זורח על הארץ מכה בכח ונעשה אור חוזר.
C’est comme dans l’analogie du soleil : lorsqu’il brille vers le bas, il y a trois [couches d’]air, et l’air le plus bas est aussi chaud que le plus haut, tandis que celui du milieu est froid. En effet, lorsqu’il brille sur la terre, il la frappe avec force et devient une lumière réfléchie.
Une analogie tirée de la nature : l’air près de la terre est chaud comme celui qui se trouve très haut, tandis que la couche intermédiaire est froide, car les rayons du soleil frappent le sol avec force et sont renvoyés sous forme de lumière réfléchie. Le point le plus bas reçoit ainsi une force qui manque au niveau intermédiaire.
Le paragraphe introduit l’idée que Mal'hout, le niveau le plus bas, est une couronne parce qu’elle possède quelque chose de Kéter. Cela est illustré par la lumière du soleil qui frappe la terre et se réfléchit.
Le discours de Likkutei Torah sur « Un chandelier entièrement d’or » explique que le but du service divin est de faire descendre une révélation de la divinité depuis ce qui est caché au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes, comme ce sera le cas à l’Époque future, car l’enchaînement descendant des mondes lui-même ne descend que du dernier niveau, très contracté.
Maré mekomot
- 1בביאור ע״פ מנורת זהב · לעיל פ׳ בהעלותך לו, א.
- 2מנורת זהב כולה · Zechariah 4:2
- 3הראיני את מראיך · Song of Songs 2:14
15ועד״ז יובן למעלה שלפי שבחי׳ המל׳ היא סופא דכל דרגין ונק׳ ארץ ובה סיום הארת הקו מאור א״ס המלובש בא״א
De même, on peut comprendre ce qui se passe dans les mondes supérieurs : puisque le niveau de Mal'hout (souveraineté) est « le terme de tous les degrés » et est appelé « terre », c’est en lui que s’achève le rayonnement du kav (ligne de lumière) issu de la Lumière infinie (Or Ein Sof), qui est revêtue dans Arich Anpin,
L’analogie est maintenant appliquée aux mondes supérieurs. Mal'hout est « le terme de tous les degrés » et est appelée « terre » ; le kav, ligne de lumière infinie qui descend à travers tous les partsoufim d’Atsilout — Arich Anpin, Abba et Imma, Zeir Anpin et Noukva —, parvient à son terme en Mal'hout.
ואו״א [ואבא ואימא] וזו״נ [וזעיר אנפין ונוקבא] דאצילות וה״ז [והרי זה] כמשל השמש שבסוף וסיום זריחתו על הארץ מכה בכח יותר ונעשה אור חוזר1 עד שאויר התחתון חם כמו אויר העליון כו׳
Abba et Imma, ainsi que Zeir Anpin et Noukva d’Atsilout : cela ressemble à l’analogie du soleil qui, à la fin et au terme de son rayonnement, frappe la terre avec une force accrue et devient une lumière de retour, au point que l’air le plus bas est aussi chaud que l’air le plus élevé, etc. —
Comme lorsque la lumière du soleil frappe la terre, le terme d’une descente produit l’impact le plus fort : la lumière y repart vers le haut sous forme de lumière de retour, et le point le plus bas acquiert la chaleur du point le plus élevé.
כך הארת הקו מאיר באור חוזר ממל׳ דאצילות ומל׳ דאצילות הוא בחי׳ כתר מלמטה למעלה.
ainsi, le rayonnement du kav brille sous forme de lumière de retour depuis la Mal'hout d’Atsilout, et la Mal'hout d’Atsilout est le niveau de Kéter (la Couronne) considéré de bas en haut.
Ainsi, le kav, parvenu à son terme en Mal'hout d’Atsilout, brille en remontant sous forme de lumière de retour ; dans la perspective de ce mouvement ascendant, Mal'hout est elle-même Kéter, la couronne, le premier niveau lorsque l’on compte à partir du bas.
Le paragraphe applique l’analogie du soleil : parce que Mal'hout est le point où s’achève la descente du kav, la lumière en repart sous forme de lumière de retour ; ainsi, Mal'hout devient Kéter lorsque l’on compte de bas en haut.
Igueret HaKodech, épître 31, citée dans la note de Kehot, indique que tout flux de vie allant du supérieur vers l’inférieur suit le modèle du Sefer Yetsira : « leur commencement est enchâssé dans leur fin, et leur fin dans leur commencement » ; les écrits de l’Ari zal appellent cela « lumière directe » et « lumière de retour ».
Maré mekomot
- 1ונעשה אור חוזר · ראה באגה״ק סי׳ לא בשם כתבי האריז״ל.
16וזהו ענין נעוץ תחלתן בסופן12 בסופן דייקא וכדפי׳ באגה״ק [באגרת הקודש] ד״ה איהו וחיוהי. וזהו ענין כתר מלכו3
Tel est le sens de « leur commencement est enchâssé dans leur fin » — « dans leur fin » précisément — comme l’explique Iggeres HaKodesh, dans le discours qui commence par « Lui et Ses forces vitales ». Tel est le sens de « Kéter de Mal'hout »,
Le Sefer Yetsira dit des Séfirot que « leur commencement est enchâssé dans leur fin » : le niveau le plus élevé est enraciné dans le plus bas. Iggeres HaKodesh, épître 20, explique que Kéter est appelé « le Kéter de Mal'hout » parce qu’il contient le dernier niveau de l’Infini, sa Mal'hout ; et, de même, Mal'hout d’Atsilout est à son tour appelée une couronne lorsque l’on remonte depuis le bas.
וגם שהיא למעלה מן הדעת. עטרת תפארת4 לעמוסי בטן5 בשרשה שהיא משם ס״ג [שם ס״ג] שלמעלה ממ״ה [משם מ״ה] כו׳.
et aussi en ce qu’elle est au-dessus de Daat (connaissance). [Elle est] « une couronne de beauté (Tiferet) pour ceux qui furent portés depuis le sein maternel », à sa racine, car elle provient du Nom Sag, qui est au-dessus de [la Nom] Mah, etc.
Mal'hout est également au-dessus de Daat. À sa racine, elle est la « couronne de beauté pour ceux qui furent portés depuis le sein maternel » de la bénédiction sur la nouvelle lune (Sanhédrin 42a), car elle provient du Nom Sag, une source plus élevée que le Nom Mah.
והיינו כי היא עטרה לבחינת תפארת כמ״ש בזהר ר״פ תזריע6 (דמ״ב ע״ב) שזהו פי׳ עטרת תפארת.
Cela signifie qu’elle est une couronne pour le niveau de Tiferet, comme l’écrit le Zohar au début de la paracha Tazria (folio 42, côté b) : tel est le sens de « couronne de beauté ».
Au début de Tazria, le Zohar comprend « une couronne de beauté (Tiferet) » comme désignant Mal'hout, couronne de Tiferet, à l’image de « une femme vaillante est la couronne de son mari », où Tiferet est le mari.
Il a été expliqué plus haut que la dimension intérieure (pnimiyout) de Tiferet est Daat. Voir aussi le Zohar, à la fin de la paracha Michpatim (folio 123, côté a) : « Mais Daat », etc.
Il a été montré plus haut que Daat est le noyau intérieur de Tiferet. Le Zohar, à la fin de Michpatim, dit la même chose : la « bouche » du Roi est Daat, dissimulé dans la bouche du Roi, qui est appelé Tiferet.
וא״כ המל׳ שהיא עטרה לתפארת היינו ג״כ להדעת והיינו מאחר שהיא בחי׳ כתר מלמטה למעלה אשר הכתר הוא למעלה מהדעת.
Si tel est le cas, Mal'hout, qui est une couronne pour Tiferet, est aussi une couronne pour Daat. Cela tient au fait qu’elle est le niveau de Kéter lorsque l’on remonte depuis le bas, et que Kéter est au-dessus de Daat.
Si Mal'hout couronne Tiferet, elle couronne également Daat, qui se trouve au sein de Tiferet. Cela est possible parce que, lorsque l’on remonte depuis le bas, Mal'hout est Kéter, et Kéter est au-dessus de Daat.
ועמוסי בטן הם ז״ת [ז׳ תחתונות] דאימא מדות שבשכל כו׳ וע׳ בזהר בראשית (די״ג סע״א [סוף עמוד א]) בפי׳ העמוסים מני בטן9101112 משא״כ הדעת המתפשט במדות עיקר קבלתו מהבינה
« Ceux qui furent portés depuis le sein maternel » sont les sept Séfirot inférieures d’Imma, les attributs émotionnels au sein de l’intellect, etc. Voir aussi le Zohar, Berechit (folio 13, fin du côté a), à propos du sens de « ceux qui furent portés depuis le sein maternel ». En revanche, le Daat qui se déploie dans les attributs émotionnels reçoit principalement de Bina (compréhension),
« Ceux qui furent portés depuis le sein maternel » (Isaïe 46:3) sont les sept Séfirot inférieures d’Imma, Bina : les émotions telles qu’elles existent au sein de l’intellect. Le Zohar dit que les âmes d’Israël proviennent de l’intérieur du corps de l’arbre supérieur et sont donc appelées « ceux qui furent portés depuis le sein maternel ». En revanche, le Daat qui s’étend dans les émotions reçoit principalement de Bina.
car « sans Bina, il n’y a pas de Daat », si ce n’est que, dans Bina, est revêtue la radiance de Kéter, comme il est écrit ailleurs à propos du verset « Va pour toi ».
« Sans Bina, il n’y a pas de Daat » (Avot 3:17) : Daat dépend de Bina, mais Bina elle-même porte une radiance de Kéter, comme l’explique le discours de Torah Ohr sur « Va pour toi ». Ainsi, Daat ne reçoit qu’une lumière indirecte de Kéter.
ויובן זה ג״כ למטה על פי מ״ש לעיל בפנים כי באדם הדעת והרגשה הוא בבחי׳ ממלא כל עלמין
Cela peut également se comprendre à notre niveau, conformément à ce qui a été écrit plus haut dans le texte principal : chez l’homme, Daat et le ressenti relèvent du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin),
On peut observer la même chose chez l’homme. Daat et la compréhension ressentie ne s’appliquent qu’à la divinité telle qu’elle remplit les mondes, où elle peut être saisie en leur sein.
אבל בבחי׳ סוכ״ע לא שייך דעת והרגשה כו׳ אלא זהו היא בחינת אמונה להאמין בה׳ שהוא יתברך אינו בגדר עלמין כו׳ וע׳ מ״ש בפ׳ בשלח ע״פ וירא ישראל1617 כו׳ בפי׳ ויאמינו בהוי׳ ע״ש.
Mais, s’agissant du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), Daat et le sentiment ne s’appliquent pas, etc. Il s’agit plutôt du niveau de la foi : croire en D.ieu, qu’Il soit béni, qu’Il n’entre pas dans la catégorie des mondes, etc. Voyez aussi ce qui est écrit dans la paracha de Béchala’h, à propos du verset « Israël vit », etc., dans l’explication de « et ils crurent en Havaya » ; voyez là-bas.
La Divinité, en tant qu’elle entoure les mondes et dépasse toutes leurs limites, ne peut être ni connue ni ressentie ; on ne peut que croire en Elle. La foi consiste à croire que D.ieu est entièrement au-delà de la catégorie des mondes, comme l’explique le discours de Torah Ohr sur « Israël vit… et ils crurent en Havaya » (Exode 14:31).
נמצא מובן מזה שבחי׳ סוכ״ע מאיר ומתגלה בבחי׳ אמונה דייקא יותר מבדעת שבדעת אין הגילוי רק מבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין].1819
On comprend donc de là que le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes brille et se révèle précisément dans le niveau de la foi, davantage que dans Daat ; car, dans Daat, la révélation ne provient que du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes.
Ainsi, la lumière qui transcende les mondes se révèle davantage dans la foi que dans Daat, car Daat n’atteint que la lumière qui remplit les mondes. C’est l’équivalent humain de Mal’hout : la foi est une couronne qui se situe au-dessus de Daat.
Ce paragraphe explique pourquoi Mal'hout, appelée foi, est une couronne même pour Daat et Tiferet : lorsque l’on remonte depuis le bas, elle est Kéter ; et, chez l’homme, la foi atteint la lumière transcendante, que Daat, qui ne saisit que la lumière immanente, ne peut atteindre.
Le Tséma'h Tsédek, cité dans les notes de Kehot, compare cela à « une femme vaillante est la couronne de son mari », en précisant que, dans la Kabbale, son mari est Daat. Iggeres HaKodesh 20 fonde cette inversion : Kéter fait le lien entre l’Émanateur et l’émané, et contient le dernier niveau de l’Infini, qui est sa Mal'hout ; c’est pourquoi Mal'hout d’Atsilout est à son tour une couronne lorsque l’on remonte depuis le bas.
Maré mekomot
- 1נעוץ תחלתן בסופן · Sefer Yetzirah 1:7
- 2נעוץ תחלתן בסופן · Tanya, Iggeres HaKodesh 20:14
- 3כתר מלכו · Tikkunei Zohar 17a:18–20
- 4עטרת תפארת · Zohar, Tazria 1:2–3:11
- 5עטרת תפארת לעמוסי בטן · Sanhedrin 42a:5
- 6כמ״ש בזהר ר״פ תזריע · ”כמו עט״ב כי נודע בשערים בעלה דעת כו׳ אבל עטרה כו׳” — אוה״ת פ׳ ואתחנן ע׳ קעד.
- 7ס״פ משפטים (דקכ״ג ע״א) אלא דעת · מאי פומא אלא דעת גניז בפומא דמלכא דמקרי ת״ת ע״ש.
- 8אלא דעת · Zohar, Mishpatim 22:528–536
- 9בזהר בראשית (די״ג סע״א) בפי׳ העמוסים מני בטן · העמוסים מני בטן וכמה אידרין כו׳ בכל גדפא כו׳ ומנייהו נפקו רוחין לאפרשא לכל אינון גיורין כו׳ וכלהו עאלין תחות גדפוי דשכינתא ולא יתיר. אבל נשמתא דישראל נפקא מגו גופא דההוא אילנא ומתמן פרחין נשמתין לגו האי ארץ כו׳ ואקרון העמוסים מני בטן ולא מגדפין לבר.
- 10העמוסים מני בטן · ישעי׳ (מו, ג). [כ].
- 11העמוסים מני בטן · Isaiah 46:3
- 12העמוסים מני בטן · Zohar, Introduction 26:220–28:232
- 13אם אין בינה אין דעת · אבות ג, יז.
- 14אם אין בינה אין דעת · Pirkei Avot 3:17
- 15כמ״ש במ״א ע״פ לך לך · תו״א ר״פ לך לך.
- 16בפ׳ בשלח ע״פ וירא ישראל · תו״א פ׳ בשלח סד, א.
- 17וירא ישראל · Exodus 14:31
- 18כתר מלכות · ת״ז בהקדמה (פתח אלי׳).
- 19
17ומעין זה יובן הנמשל למעלה איך שבמל׳ מאיר בחי׳ כתר יותר מבדעת ותפארת כו׳. וכמ״ש ג״כ בפרדס בעה״כ [בערכי הכינויים] ערך עטרה ובשער המציאות פ״ד בענין ארץ שהיא המל׳ קדמה לשמים שהוא ת״ת [תפארת] בשרשה
Dans le même esprit, on peut comprendre l’analogue dans les mondes supérieurs : comment le niveau de Kéter (la Couronne) brille davantage en Mal’hout (souveraineté) qu’en Daat (connaissance) et en Tiferet (beauté), etc. C’est également ce qui est écrit dans le Pardes, Erchei HaKinuyim, à l’entrée « Atarah », et dans Sha'ar HaMetziyus, chapitre 4, au sujet de la « terre », qui est Mal’hout, précédant les « cieux », qui sont Tiferet, dans leur racine.
De même, Kéter brille davantage en Mal’hout qu’en Daat et en Tiferet. Le Pardes le dit également dans son lexique, à l’entrée « Atarah » (couronne), ainsi que dans Sha'ar HaMetziyus, où il est dit que la « terre », Mal’hout, précède les « cieux », Tiferet, dans sa racine.
וזהו בחכמה יסד ארץ1 והיינו אמונה הנק׳ ארץ שרשה מחכמה עילאה שלמעלה מהתבונה והדעת וכונן שמים שהוא פארת בתבונה אם אין בינה אין דעת2 כו׳
C’est là le sens de : « Par la sagesse, Il a fondé la terre » : c’est-à-dire que la foi, appelée « terre », a sa racine dans la 'Hokhma supérieure, qui est au-dessus de la compréhension et de Daat. « Et Il a établi les cieux », qui sont Tiferet, « par la compréhension » : « S’il n’y a pas de Bina, il n’y a pas de Daat », etc.
Proverbes 3:19 dit : « Par la sagesse, Il a fondé la terre ; Il a établi les cieux par la compréhension. » La terre, Mal’hout ou la foi, est enracinée dans la 'Hokhma supérieure, au-dessus de la compréhension et de Daat ; les cieux, Tiferet, sont établis par la compréhension et en dépendent, comme l’enseigne : « S’il n’y a pas de Bina, il n’y a pas de Daat. »
ואע״ג [ואף על גב] דלעיל נתבאר שהדעת ות״ת [ותפארת] נק׳ אמת והמלכות נק׳ אמונה שהיא בחי׳ מקבל מן האמת.
Et bien qu’il ait été expliqué plus haut que Daat et Tiferet sont appelés vérité, tandis que Mal’hout est appelée foi, laquelle est le niveau qui reçoit de la vérité,
L’Alter Rebbe anticipe une objection : il a dit plus haut que Daat et Tiferet sont la vérité, tandis que Mal’hout, la foi, ne fait que recevoir de la vérité.
מ״מ כן הוא ודאי שהיא בחי׳ מקבל מז״א אבל עכ״ז [עם כל זה] מאיר בה ג״כ מבחי׳ כתר שהוא מקור ושרש האמת דז״א כנודע
néanmoins, il en est certainement ainsi : elle est bien le niveau qui reçoit de Zeir Anpin, mais malgré cela, [la lumière] du niveau de Kéter brille également en elle ; Kéter est la source et la racine de la vérité de Zeir Anpin, comme on le sait.
Les deux aspects sont vrais. Mal’hout reçoit bien de Zeir Anpin, mais elle reçoit aussi de Kéter, qui est la source et la racine de la vérité même de Zeir Anpin.
וגם בחי׳ אמת שרשו מהאר ת פנים דעתיקא כמ״ש בזח״ג [בזהר חלק ג] (נשא קל״ג ב׳) אשר הארה זו מאיר ג״כ במל׳ יותר ועל זה נאמר בשה״ש [בשיר השירים] הנך יפה רעיתי3.4
De plus, le niveau de vérité a sa racine dans le rayonnement du visage d’Atika, comme il est écrit dans le Zohar, Partie III (Naso, 133b) ; ce rayonnement brille également davantage en Mal’hout. C’est à son sujet qu’il est dit dans le Cantique des Cantiques : « Voici, tu es belle, ma bien-aimée. »
La vérité est enracinée dans le « rayonnement du visage d’Atika », le niveau le plus intérieur de Kéter, comme l’enseigne le Zohar dans Naso ; et ce rayonnement brille davantage en Mal’hout. C’est pourquoi le Cantique des Cantiques loue la bien-aimée, Mal’hout ou la Communauté d’Israël : « Voici, tu es belle. »
וזהו ענין שנשבחו האמהות ביפת תואר ויפת מראה5 דלכאורה תמוה מהו שיכתב זה בתורה אלא דהפי׳ שהיה בהם הארת הכתר שמאיר במל׳ דאצילות בבחי׳ נעוץ תחלתן בסופן כו׳.6
C’est là le sens des éloges adressés aux Matriarches, qualifiées de « belles de forme et belles d’apparence ». À première vue, cela semble étonnant : pourquoi cela serait-il écrit dans la Torah ? Mais l’explication est qu’elles portaient en elles le rayonnement de Kéter, qui brille dans la Mal’hout d’Atsilout selon le principe : « leur commencement est enchâssé dans leur fin », etc.
Cela résout une difficulté : pourquoi la Torah louerait-elle la beauté des Matriarches (Sarah en Genèse 12:11 et Rachel en Genèse 29:17) ? Leur beauté était le rayonnement de Kéter brillant en Mal’hout, le commencement enchâssé dans la fin.
Ce paragraphe montre que Kéter brille davantage en Mal’hout qu’en Daat et en Tiferet ; ainsi, Mal’hout reçoit de Zeir Anpin tout en portant aussi directement la lumière de Kéter. C’est ce qui donne son sens à la beauté louée chez les Matriarches.
La note du Kehot mentionne les trois Matriarches dont la Torah loue l’apparence : Sarah (Genèse 12:11), Rivkah (Genèse 24:16) et Rachel (Genèse 29:17).
Maré mekomot
- 1בחכמה יסד ארץ · Proverbs 3:19
- 2אם אין בינה אין דעת · Pirkei Avot 3:17
- 3
- 4בשה״ש הנך יפה רעיתי · א, טו.
- 5יפת תואר ויפת מראה · Genesis 29:17
- 6שנשתבחו האמהות ביפ״ת ויפ״מ · Genesis 12:11
18ועמ״ש גבי פסח סד״ה קול דודי1 בענין מקפץ על הגבעות2 כו׳. וזהו ענין ויאהב יעקב את רחל3 היינו בחי׳ מל׳ בחי׳ אמונה ויעקב הוא בחי׳ תפארת המקבל מהדעת
Et voyez aussi ce qui est écrit au sujet de Pessa’h, à la fin du discours commençant par « La voix de mon bien-aimé », à propos de « sautant par-dessus les collines », etc. Voilà le sens de « Yaakov aima Rachel » : Rachel représente le niveau de Mal’hout (souveraineté), le niveau de la foi ; et Yaakov représente le niveau de Tiferet (beauté), qui reçoit de Daat (connaissance),
L’Alter Rebbe renvoie au discours de Pessa’h « La voix de mon bien-aimé » (Cantique des Cantiques 2:8), qui interprète « sautant par-dessus les collines » comme une révélation passant par les Matriarches. Il explique ensuite « Yaakov aima Rachel » (Genèse 29:18) : Rachel représente Mal’hout, la foi, et Yaakov, Tiferet, qui reçoit de Daat.
שהוא הארת הכתר ע״י ויאהב יעקב את רחל היא בחי׳ אמונה שמאיר בה בחי׳ הכתר ממש סוכ״ע כי נעוץ תחלתן בסופן כנ״ל.
qui est le rayonnement de Kéter (la Couronne). Par « Yaakov aima Rachel », il faut entendre qu’elle représente le niveau de la foi, en lequel brille Kéter lui-même, la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), car « leur commencement est enchâssé dans leur fin », comme mentionné précédemment.
Daat n’est qu’un rayonnement de Kéter, tandis que Rachel, la foi, contient Kéter lui-même, la lumière qui entoure tous les mondes, puisque le commencement est enchâssé dans la fin. L’amour de Yaakov pour Rachel exprime ainsi le lien entre Tiferet, qui ne reçoit la lumière de Kéter que par l’intermédiaire de Daat, et la foi, en laquelle brille Kéter lui-même.
L’amour de Yaakov pour Rachel est l’amour de Tiferet, qui reçoit un rayonnement de Kéter par l’intermédiaire de Daat, pour Mal’hout, la foi, en laquelle brille Kéter lui-même, la lumière transcendante.
La note manuscrite sur « La voix de mon bien-aimé » ajoute que, du haut vers le bas, les Patriarches donnaient et les Matriarches recevaient ; mais, du bas vers le haut, en tant que lumière de retour, les Matriarches se tenaient plus haut, car la fin contient quelque chose du commencement. À l’Ère future, « une femme courtisera un homme » : celle qui reçoit s’élèvera au-dessus de celui qui donne.
Maré mekomot
- 1סד״ה קול דודי · לקמן שה״ש טו, ג. ברבקה נאמר טובת מראה מאד בל״ג ותרד העינה ותמלא כו׳, שהיתה ג״כ בחי׳ משפיע כו׳ שבחי׳ חכמה כ״ד ספרים הי׳ ירידה לגבה כו׳ שלשה הטעימן כו׳ מעין עוה״ב כו׳ והנה לעתיד כתי׳ נקבה תסובב גבר יתעלה בחי׳ המקבל ויהי׳ למע׳ מבחי׳ דכר המשפיע א״ח טע״ב. ומפני כו׳ הטעימן כו׳ הי׳ אצלם ג״כ בחי׳ זו ע״ש דאף שודאי האמהות היו בחי׳ נוק׳ כו׳ רק שיש ב׳ בחי׳ מלמעלמ״ט היו האבות משפיעים והאמהו׳ מקבלים. אבל מלמטלמ״ע בבחי׳ או״ת היו האמהות למע׳ במדרי׳ סוף מעשה כו׳ שיש בסוף מבחי׳ תחלה ע״ש — ביאור מחסיד בכת״י.
- 2מקפץ על הגבעות · Song of Songs 2:8
- 3ויאהב יעקב את רחל · Genesis 29:18
19וזהו ג״כ ענין מאמר רחל ליעקב הבה לי בנים1 כי הבנים היינו אהבה ויראה ועיקר הולדה שלהם הוא מהדעת מה שאין כן מהאמונה בעצמה בלי המשכת הדעת היא עטרה ובחי׳ מקיף לבד
C’est aussi le sens des paroles de Rachel à Yaakov : « Donne-moi des enfants. » Car les enfants sont l’amour et la crainte, et leur naissance provient principalement de Daat (connaissance). En revanche, la foi à elle seule, sans que Daat soit attiré en elle, est une couronne et seulement un niveau enveloppant,
La supplique de Rachel, « Donne-moi des enfants » (Genèse 30:1), se comprend de la même façon. Les « enfants » sont l’amour et la crainte, qui naissent principalement de Daat. La foi seule, sans que Daat soit attiré en elle, demeure une couronne, une lumière enveloppante qui ne pénètre pas à l’intérieur.
ולא נמשך מזה הולדת המדות אהוי״ר [אהבה ויראה] והיינו מחמת טרדות העוה״ז והסתר הגוף ונה״ב [ונפש הבהמית] שעל ידי זה היא בחי׳ כרחל לפני גוזזיה2 נאלמה ולכן ורחל עקרה3 כו׳.
et elle ne donne pas lieu à la naissance des attributs émotionnels d’amour et de crainte. Cela est dû aux préoccupations de ce monde et à l’occultation du corps et de l’âme animale, qui la réduisent au niveau de « pareille à une brebis (ra’hel) devant ceux qui la tondent, elle est muette ». C’est pourquoi « Rachel était stérile », etc.
La foi, à elle seule, ne donne pas naissance à l’amour et à la crainte, car les distractions de ce monde ainsi que l’occultation du corps et de l’âme animale la réduisent au silence : elle est « pareille à une brebis (ra’hel) devant ceux qui la tondent, muette » (Isaïe 53:7). C’est pourquoi « Rachel était stérile » (Genèse 29:31).
אך ע״י התעוררות רחמים רבים ע״י הדעת המתבונן בגדולת ה׳ אזי נמשך ההולדה מבחי׳ רחל שהיא בחי׳ אמונה
Mais par l’éveil d’une grande compassion, grâce à Daat qui contemple la grandeur de D.ieu, la naissance provient alors du niveau de Rachel, qui est le niveau de la foi ;
Lorsque Daat contemple la grandeur de D.ieu et éveille une grande compassion pour l’âme, Rachel, qui représente la foi, donne alors naissance.
ואזי הם אהוי״ר [אהבה ויראה] הנמשכים מבחי׳ סוכ״ע שהם בחי׳ אהוי״ר [אהבה ויראה] היותר עליונים. וזהו ענין יוסף שהוא בחי׳ צדיק עליון אהבה בתענוגים4 כו׳:
et ce sont alors l’amour et la crainte qui proviennent du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) ; ils constituent l’amour et la crainte les plus élevés. Tel est le sens de Yossef, qui est le niveau du tsadik supérieur, « l’amour dans les délices », etc.
L’amour et la crainte qui naissent alors proviennent de la lumière qui entoure tous les mondes ; ils sont donc l’amour et la crainte les plus élevés. C’est Yossef, fils de Rachel, qui correspond au niveau du tsadik supérieur, « l’amour dans les délices » (Cantique des Cantiques 7:7).
Chez une personne préoccupée par les affaires du monde, la foi seule demeure stérile ; Daat, par la contemplation qui éveille la compassion, la fait donner naissance à l’amour et à la crainte. Puisqu’ils proviennent de la lumière transcendante, ceux-ci sont les plus élevés qui soient.
Maré mekomot
- 1הבה לי בנים · Genesis 30:1
- 2כרחל לפני גוזזי׳ · Isaiah 53:7
- 3ורחל עקרה · Genesis 29:31
- 4אהבה בתענוגים · Song of Songs 7:7
20קיצור. ענין שהאמונה נקראת עטרה. עטרת תפארת נעוץ תחלתן בסופן:
Résumé : Pourquoi la foi est appelée une couronne. « Une couronne de beauté » ; « leur commencement est enchâssé dans leur fin ».
Résumé de la section 3 : la foi est appelée une couronne ; Mal’hout est « une couronne de beauté », couronnant Tiferet ; et tout cela découle de « leur commencement est enchâssé dans leur fin ».
Résumé de la section 3 : la foi, Mal’hout, est une couronne, car le commencement est enchâssé dans la fin.
Le Temps à venir et les hauts et les bas de l’histoire ¶21–23
21ד אך הנה כעת מקבלת מז״א אבל לעתיד לבוא כי מלאה הארץ דעה1234 שיהיו שוים בקומתם5 ויהיה בה השפעת הדעת6 ותגדל עד בחי׳ הכתר שיהיו שניהם בכתר אחד
4. Cependant, à présent, [Mal'hout] reçoit de Zeir Anpin. Mais dans les Temps futurs, « car la terre sera remplie de connaissance », ils seront égaux par leur stature : le flux de Daat (connaissance) s’y trouvera et croîtra jusqu’au niveau de Kéter (la Couronne), de sorte qu’ils partageront tous deux une seule couronne.
La section 4 se tourne vers l’avenir. À présent, Mal'hout, la foi, reçoit de Zeir Anpin ; dans les Temps futurs, lorsque « la terre sera remplie de connaissance » (Isaïe 11:9), Mal'hout sera égale à Zeir Anpin. Le Talmud raconte que le soleil et la lune furent créés égaux jusqu’à ce que la lune demande : « Deux rois peuvent-ils partager une seule couronne ? » (Chullin 60b) ; dans l’avenir, cette égalité sera rétablie, Daat se déversant dans Mal'hout et l’élevant jusqu’à Kéter.
(בזהר דרשו פסוק כי מלאה הארץ דעה בהשמטות דחלק7 א׳ סס״י [סוף סימן] כ״ה על נסוך8 במים בחג כמ״ש בסיפיה דקרא כמים לים מכסים9 והיינו לפי שעי״ז ממשיכים ח״ע [חכמה עילאה] במל׳ כו׳
(Dans le Zohar, dans les Hashmatot [Addenda] de la première partie, à la fin de la section 25, ils interprètent le verset « Car la terre sera remplie de connaissance » comme se rapportant à la libation d’eau de la fête, ainsi qu’il est écrit à la fin du verset : « comme les eaux couvrent la mer ». C’est parce que, par ce moyen, la 'Hokhma supérieure est attirée dans Mal'hout (souveraineté), etc.
Cette longue parenthèse rassemble des sources du Zohar. Les Hashmatot, les addenda au Zohar, appliquent « la terre sera remplie de connaissance » à la libation d’eau de la fête de Souccot, puisque le verset se termine par « comme les eaux couvrent la mer » : le versement de l’eau attire la 'Hokhma supérieure dans Mal'hout.
וגם כי כמים לים מכסים היינו עלמא דאתכסיא שהוא סוכ״ע שם הוי׳ דלעילא שלעתיד יומשך גילוי זה בארץ שהיא עלמא דאתגליא והיינו שמה שעכשיו הוא בחי׳ סוכ״ע יומשך בגילוי להיות ממכ״ע [ממלא כל עלמין] ובז״ג [ובזהר גדול]10 ח״א [חלק א׳])
Et aussi parce que « comme les eaux couvrent la mer » désigne le monde caché (alma de'iskasya), qui est la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), le Nom Havaya supérieur ; dans les Temps futurs, cette révélation sera attirée dans la terre, qui est le monde révélé (alma de'isgalya). Autrement dit, ce qui se situe à présent au niveau de la lumière qui entoure tous les mondes sera attiré et révélé, devenant la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin). Et dans le Zohar principal, partie I)
L’eau qui couvre la mer représente également le « monde caché », la lumière transcendante, le niveau supérieur de Havaya. Dans l’avenir, elle sera révélée dans la « terre », le monde révélé : ce qui transcende à présent les mondes les remplira ouvertement.
(דל״ח ע״א) פי׳ שזהו ענין וידע אדם עוד את אשתו11 שנאמר אלע״ל [על לעתיד לבוא]. עוד נז׳ [נזכר] במ״ה [במדרש הנעלם] פ׳ חיי שרה (דקר״ה א׳)
(folio 38, côté a), il explique que telle est la signification de « Et Adam connut encore sa femme », paroles qui se rapportent aux Temps futurs. Cela est encore mentionné dans le Midrash HaNe'elam, parachat 'Hayé Sarah (folio 125, côté a) ;
L’Alter Rebbe rapporte l’interprétation du Zohar de « Et Adam connut encore sa femme » (Genèse 4:25), comme se rapportant aux Temps futurs ; « connut » fait écho à Daat, et la femme à Mal'hout. Cette idée est de nouveau mentionnée dans le Midrash HaNe'elam sur 'Hayé Sarah.
ועיין בפי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות] שם דשרש המשכה זהו הוא גילוי דעת דעתיק (וע״ש במ״ה דק״ל סע״א [סוף עמוד א] ודק״מ סע״א [סוף עמוד א]12 ובזהר פ׳ ויקרא דכ״ג ע״א13 יתרו דס״ח ע״א)1415
et voir le commentaire du Ramaz à cet endroit, selon lequel la racine de ce flux est la révélation du Daat d’Atik. (Voir aussi, dans le Midrash HaNe'elam, folio 130, fin du côté a, et folio 140, fin du côté a ; et dans le Zohar, parachat Vayikra, folio 23, côté a ; Yitro, folio 68, côté a.)
Le Ramaz, Rabbi Moshe Zacuto, commente que la racine de ce flux est la révélation du Daat d’Atik, le niveau le plus intérieur de Kéter. Les autres passages du Zohar indiquent qu’aux jours du Machia'h, les secrets profonds de la Torah seront révélés et que la connaissance remplira alors le monde « comme les eaux couvrent la mer ».
ועמ״ש במ״א בענין שבעת ימי המילואים כו׳ למלאות פגימת הלבנה כו׳ שהוא המשכה וגילוי סוכ״כ [סובב כל עלמין] בממכ״ע [בממלא כל עלמין] וכענין וכבוד ה׳ מלא ע״ש.
Et voir ce qui est écrit ailleurs au sujet des sept jours des milouïm (inauguration), etc., pour combler le défaut de la lune, etc. : il s’agit de l’attraction et de la révélation de la lumière qui entoure tous les mondes dans la lumière qui remplit tous les mondes, comme dans « et la gloire de Havaya remplit » ; voir là-bas.
Ailleurs, l’Alter Rebbe explique que les sept jours des milouïm, l’inauguration du Tabernacle, comblent le défaut de la lune : ils attirent la lumière transcendante dans la lumière immanente, comme lorsque « la gloire de Havaya remplit » le Tabernacle. « La terre sera remplie de connaissance » doit être compris de la même manière.
ועד״ז ג״כ יש לפרש ענין כי מלאה הארץ דעה כו׳. וכמו במנחת שבת עליית המל׳ וכן בנעילת יוהכ״פ [יום הכפורים]
Dans cette même perspective, on peut également expliquer le sens de « car la terre sera remplie de connaissance », etc. Il en va de même pour l’élévation de Mal'hout à Min'ha de Chabbat, ainsi qu’à Neïla de Yom Kippour,
Il existe dès à présent des moments où Mal'hout s’élève, comme à Min'ha de Chabbat et à Neïla de Yom Kippour, les heures culminantes de la semaine et de l’année.
אלא שאח״כ יש ירידה לפי שכהיום בבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] יש עליות וירידות שבזמן מתן תורה היו פב״פ [פנים בפנים] כו׳
mais ensuite survient une descente. Car à présent, au niveau de la lumière qui remplit tous les mondes, il y a des élévations et des descentes : au moment du don de la Torah, ils étaient « face à face », etc.,
Mais aujourd’hui, chaque élévation est suivie d’une descente, car ce que nous recevons provient de la lumière immanente, qui est sujette au changement. Au Sinaï, le peuple se tenait « face à face » avec D.ieu.
ואח״כ בחטא העגל כו׳ ואח״כ בזמן בית ראשון הכל שינוי זמנים מתחלפים בכל דור (וע׳ בס׳ חסד לאברהם בתחלתו מונה והולך שינויי הזמנים)
Et ensuite, lors de la faute du Veau, etc., puis à l’époque du Premier Temple — tout cela correspond à des changements d’époque, qui alternent à chaque génération (voir aussi le livre Chesed LeAvraham, au début, où sont énumérés les changements d’époque).
Vint ensuite la chute liée à la faute du Veau, puis la période du Premier Temple, et ainsi de suite : chaque génération connaît ses élévations et ses déclins. L’ouvrage kabbalistique Chesed LeAvraham énumère au début ces périodes changeantes.
והיינו לפי שההמשכה מבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] וכמו עד״מ פרצוף אדם למטה ראש ורגל ויש בטן ומעיים שיש בהם צואה ואעפ״כ [ואף על פי כן] יש חיות מעט מזעיר כו׳
Cela s’explique par le fait que l’effusion provient du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) — comme, à titre d’analogie, la forme d’un être humain ici-bas : [il y a] une tête et un pied, un ventre et des intestins, qui contiennent des excréments, et pourtant il s’y trouve une quantité infime de force vitale, etc.
La raison en est que la lumière immanente pénètre le monde comme la vie dans un corps : elle est présente dans la tête et dans le pied, et même dans le ventre et les intestins, avec leurs déchets, où ne se trouve qu’une infime mesure de vie. Lorsque la lumière est ainsi diminuée, le changement et le déclin deviennent possibles.
ועפ״ז [ועל פי זה] יובן ג״כ מה שבזמן חורבן בית ראשון היו נביאי השקר ובזמן חורבן בית שני שנאת חנם לפי שהתגברות
Selon cela, on comprendra également pourquoi, à l’époque de la destruction du Premier Temple, il y avait des prophètes de mensonge, et qu’à l’époque de la destruction du Second Temple, il y avait une haine gratuite. Car le renforcement de
Cela explique pourquoi le Premier Temple fut détruit à une époque de faux prophètes, et le Second à cause de la haine gratuite.
הקליפה הוא זה לעומת זה ובזמן בית ראשון שהיתה שכינה בין שני בדי ארון16 והיה גילוי אלקות כו׳ היה התגברות הקליפה כנגד אלקות באמונות כוזבות.
la kelipa est « l’un en regard de l’autre ». À l’époque du Premier Temple, lorsque la Chekhina (la Présence divine) se trouvait entre les deux barres de l’Arche et qu’il y avait une révélation de la divinité, etc., le renforcement de la kelipa contre la divinité prenait la forme de croyances mensongères.
La kelipa se renforce toujours comme le pendant de la sainteté propre à son époque. Au Premier Temple, lorsque la Chekhina résidait entre les barres de l’Arche et que la divinité se révélait ouvertement, la force opposée prit la forme de croyances mensongères, l’idolâtrie s’opposant directement à la divinité.
ולכן היו הנשים שהיו מבכות את התמוז17 (ביחזקאל סי׳ ח׳ ובירמיה סי׳ מ״ד) שאמרו ומן אז חדלנו לקטר למלכת השמים18 כו׳
C’est pourquoi il y avait des femmes qui pleuraient le Tammouz (Ézéchiel, chapitre 8, et Jérémie, chapitre 44), et qui disaient : « Depuis que nous avons cessé d’offrir de l’encens à la reine du ciel », etc.,
Les prophètes décrivent ainsi des femmes pleurant le Tammouz, une idole (Ézéchiel 8:14), et les gens en Égypte qui dirent à Yirmeyahu que depuis qu’ils avaient cessé d’offrir de l’encens à « la reine du ciel », une déesse païenne, ils avaient tout perdu (Jérémie 44:18).
חסרנו כל שהיו אמונתם מהיפך להיפך (וחסרו כל מפני שלא עבדו את ה׳ מרב כל19 והם האמינו להפך כי עזב ה׳ את הארץ תחת יד המזלות כו׳)
« nous avons manqué de tout » ; car leur croyance s’était retournée en son contraire absolu. (Ils avaient manqué de tout parce qu’ils n’avaient pas servi D.ieu « dans l’abondance de tout », et ils croyaient le contraire : que « Havaya a abandonné le pays », [le laissant] sous le pouvoir des constellations, etc.)
Leur croyance était l’inverse exact de la vérité : ils avaient manqué de tout parce qu’ils n’avaient pas servi D.ieu « dans l’abondance de tout » (Deutéronome 28:47), mais ils en concluaient, comme le disaient les gens à l’époque de Ye'hezkel, que « Havaya a abandonné le pays » au pouvoir des astres, et se tournaient vers les idoles.
וכן נביאי השקר לא היו בעלי מופתים כלל וכמ״ש ביחזקאל (סי׳ י״ג) בשעלי שעורים ובפתותי לחם20 להמית נפשות אשר לא תמותנה21 כו׳ בכזבכם ע״ש בפרש״י [בפירש רש״י / בפירוש רש״י].
De même, les prophètes de mensonge n’accomplissaient absolument aucun prodige, comme il est écrit dans Ézéchiel (chapitre 13) : « pour des poignées d’orge et des morceaux de pain, afin de faire mourir des âmes qui ne mourraient pas », etc., « par vos mensonges » ; voir là-bas le commentaire de Rachi.
Les faux prophètes n’accomplissaient aucun prodige. Ye'hezkel réprimande ceux qui prophétisaient mensongèrement « pour des poignées d’orge et des morceaux de pain », annonçant par leurs mensonges qui mourrait et qui vivrait ; Rachi explique que les morceaux de pain étaient le paiement qu’ils recevaient.
ונביאי האמת ודאי היו בעלי מופתים כמו ירמיה ויחזקאל הגם שלא היו כ״כ [כל כך] כמו אליהו כו׳ ואעפ״כ [ואף על פי כן] האמינו בשקר דוקא.22
Et les vrais prophètes accomplissaient certainement des prodiges, comme Yirmeyahu et Ye'hezkel, même s’ils n’en accomplissaient pas autant qu’Eliyahou, etc. ; et pourtant, ils croyaient précisément au mensonge.
Les vrais prophètes accomplissaient bien des prodiges, parmi eux Yirmeyahu et Ye'hezkel, quoique pas dans la mesure d’Eliyahou ; et pourtant, le peuple choisissait de croire au mensonge. L’attrait pour la fausse croyance était le pendant de la révélation manifeste propre à cette époque.
Ce paragraphe décrit l’avenir, lorsque Mal'hout, la foi, sera remplie de Daat et s’élèvera jusqu’à Kéter. Il oppose cet avenir au présent, où les révélations connaissent des élévations et des déclins parce qu’elles proviennent de la lumière immanente ; à l’époque du premier Temple, où la divinité se manifestait ouvertement, la force opposée prenait la forme d’une croyance erronée.
Les sources du Zohar rassemblées ici relient « la terre sera remplie de connaissance » à la libation d’eau de Souccot, à la révélation des secrets profonds de la Torah aux jours du Machia'h (Zohar 3:23a), ainsi qu’aux enseignements de Rabbi Chimon, qui illumineront le monde jusqu’à la venue du Machia'h (Zohar 2:68a). Le Ramaz situe la racine de cette connaissance future dans le Daat d’Atik.
Maré mekomot
- 1כי מלאה הארץ דעה · Isaiah 11:9
- 2כי מלאה הארץ דעה · Zohar, Chayei Sara 19:196–200
- 3כי מלאה הארץ דעה · Zohar, Vayikra 58:386–60:396
- 4כי מלאה הארץ דעה · Zohar, Yitro 1:18–28
- 5שיהיו שוים בקומתם · Chullin 60b
- 6שיהיו שוים . . ויהיה בה השפעת הדעת · ראה באוה״ת פ׳ ואתחנן ע׳ קעה.
- 7בהשמטות דחלק א׳ סס״י כ״ה · הלשון נעתק באוה״ת נ״ך כרך א ע׳ קפח ואילך.
- 8על ניסוך המים · באוה״ת נ״ך ע׳ קפט מציין ע״ז: ”ועיין מענין ניסוך המים בלקו״ת בד״ה ושאבתם מים בששון דרוש השני”.
- 9כמים לים מכסים · Zohar, Toldot 8:69–72
- 10ובז״ג · — ובזהר גדול — נעתק באוה״ת נ״ך כרך א ע׳ קפט עם הגהות.
- 11וידע אדם עוד את אשתו · Genesis 4:25
- 12ודק״מ סע״א · דתנינן ארבע תקופות כו׳ יעברו הצדיקי׳ לע״ל. הא׳ אותו זמן ישגא החכמה בעולם וישיגו השגה מה שלא השיגו בזה העולם כו׳ השגת הצדיקי׳ לע״ל יותר ממלאכי השרת דכתי׳ כמים לים מכסים ע״ש — ביאור מחסיד בכת״י.
- 13ובזהר פ׳ ויקרא דכ״ג ע״א · אמר ר׳ יהודה זמין קוב״ה לגלאה רזין עמיקין דאורייתא בזמנא דמלכא משיחא בגין דמלאה הארץ כו׳ — ביאור מחסיד בכת״י.
- 14עוד נז׳ במ״ה . . דק״ל . . דס״ח ע״א · — במדרש הנעלם. נעתקו באוה״ת נ״ך כרך א ע׳ קפט ואילך. ”מסיים כי מלאה הארץ דעה את ה׳ שאותם המים תמיד מגדילים הידיעה בעולם” — ביאור מחסיד בכת״י.
- 15יתרו דס״ח ע״א · ארים ידוי על רישי׳ ר׳ אבא ובכה א׳ נהירו דאורייתא סלקא השתא עד רום רקיע דכרסייא עילאה לבתר דיסתלק מר מעלמא מאן ינהיר נהירו דאורייתא ווי לעלמא דישתאר יתום מינך אבל מילין דמר יתנהירו בעלמא עד דייתי מלכא משיחא וכדין כתי׳ ומלאה הארץ דעה את ה׳. ע״ש — ביאור מחסיד בכת״י.
- 16ובזמן בית ראשון שהיתה שכינה בין שני בדי ארון · Bereshit Rabbah 4:4
- 17הנשים שהיו מבכות את התמוז · Ezekiel 8:14
- 18ומן אז חדלנו לקטר למלכת השמים · Jeremiah 44:18
- 19מרב כל · Deuteronomy 28:47
- 20בשעלי שעורים ובפתותי לחם · Rashi on Ezekiel 13:19
- 21בשעלי שעורים ובפתותי לחם להמית נפשות אשר לא תמותנה · Ezekiel 13:19
- 22במדרש הנעלם דק״ל סע״א · וישב יצחק עם באר לחי ראי עם ידיעת החי שהוא חי העולמים לדעת ולהשיג מה שלא השיג בעוה״ז הה״ד כי מלאה הארץ דעה ע״ש — ביאור מחסיד בכת״י.
22ובבית שני שפסקו מהם וחסרו ה׳ דברים לפי שלא היה גילוי בחי׳ ה׳ ראשונה דשם הוי׳ למטה ועמ״ש מזה בד״ה יו״ט [יום טוב] של ר״ה [ראש השנה]
Dans le Second Temple, lorsque cinq choses cessèrent d’être présentes et firent défaut, parce qu’il n’y avait pas en bas de révélation du niveau du premier hé du Nom Havaya — et voir ce qui est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par « Le jour de fête de Roch Hachana » —
Dans le Second Temple, cinq choses qui avaient été présentes dans le Premier Temple manquaient, parmi lesquelles l’Arche, la Chekhina et l’esprit saint de prophétie. L’Admour Hazaken explique cela par l’absence, en bas, d’une révélation du premier hé du Nom Havaya, le niveau de Bina, comme il le développe dans le discours « Le jour de fête de Roch Hachana ».
ולכן לא היתה ג״כ לעומת זה התגבכרות הקליפה כ״כ [כל כך] באמונות כוזבות שנגד אמונת ה׳ אלא באמונת אנשי רכיל1 במילי דעלמא שזהו ענין שנאת חנם שהוא כנגד הטבע שישנא איש את רעהו אם לא גמלו רעה2
c’est pourquoi, en correspondance, le renforcement de la kelipa ne se manifesta pas non plus autant dans de fausses croyances opposées à la foi en D.ieu, mais plutôt dans le fait de croire des colporteurs au sujet des affaires de ce monde. C’est là la haine gratuite, qui est contraire à la nature : qu’un homme haïsse son prochain si celui-ci ne lui a fait aucun mal.
La révélation de la divinité étant moindre, la force qui s’y oppose s’attaquait moins à la foi en D.ieu et prenait une autre forme : croire des colporteurs au sujet de choses ordinaires. C’est là la haine gratuite, qui va à l’encontre de la nature, car une personne ne hait pas naturellement quelqu’un qui ne lui a fait aucun mal.
אך ע״י אנשי רכיל ששקר ענו בחבירו שדורש רעתו נעשה שונאו והוא שנאת חנם ע״פ האמת שחבירו לא פשע כלום.
Mais, par l’intermédiaire de colporteurs qui portèrent un faux témoignage contre son prochain, en prétendant que celui-ci cherchait à lui nuire, il en vient à le haïr ; c’est là la haine gratuite, puisque, en vérité, son prochain n’a commis aucune faute.
La haine ne naît que lorsque des colporteurs disent faussement à une personne que son prochain complote contre elle. Comme elle repose sur des mensonges au sujet de quelqu’un qui, en vérité, n’a rien fait de mal, elle est « gratuite ».
Dans le Second Temple, en raison d’une révélation moindre, la force correspondante de la kelipa ne se manifesta pas par une fausse croyance au sujet de D.ieu, mais par le fait de croire des mensonges au sujet de son prochain, ce qui engendra la haine gratuite.
Maré mekomot
- 1אנשי רכיל · Ezekiel 22:9
- 2אם לא גמלו רעה · Proverbs 3:30
23והנה כל עליות וירידות הם בבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] שעדיין יש מקום לרע לשלוט כמו שיש בטן וחואה ואעפ״כ [ואף על פי כן] עוברת חיות מועט
Or, toutes les montées et les descentes relèvent du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), où le mal a encore la possibilité de dominer — tout comme il y a un ventre et des excréments, et qu’une force vitale réduite les traverse néanmoins,
Toutes ces montées et ces descentes relèvent de la lumière immanente, qui atteint même les lieux les plus bas et laisse ainsi au mal la possibilité de dominer, tout comme le ventre et ses déchets ne reçoivent qu’une faible force vitale.
וכן שערות נמשך בהם חיות מצומצם משא״כ סוכ״ע כתיב ואת רוח הטומאה אעביר1 שאז יהיה גילוי סוכ״ע.
et de même, une force vitale contractée est attirée dans les cheveux. En revanche, au sujet de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), il est écrit : « Et je ferai disparaître l’esprit d’impureté », car alors la lumière qui entoure tous les mondes se révélera.
Les cheveux, eux aussi, ne reçoivent qu’une force vitale très contractée. Mais au sujet de la lumière transcendante, il est dit : « Et je ferai disparaître de la terre l’esprit d’impureté » (Zacharie 13:2) : lorsqu’elle se révélera dans l’avenir, le mal n’aura plus aucune place.
Les montées et les descentes, ainsi que la domination du mal, relèvent de la lumière immanente ; la révélation de la lumière transcendante dans l’avenir fera disparaître entièrement l’impureté.
Maré mekomot
- 1ואת רוח הטומאה אעביר · Zechariah 13:2
Deux niveaux de Daat : la réponse ¶24–27
Cette révélation, dans les Temps futurs, s’accomplit par « aujourd’hui, pour les accomplir », par la Torah et les mitsvot. « Et voici le commandement », etc., « à accomplir dans le pays » : il faut qu’il y ait
Cette révélation future est suscitée dès maintenant par la Torah et les mitsvot : « aujourd’hui, pour les accomplir » (Deutéronome 7:11). Et « voici le commandement… à accomplir dans le pays » (Deutéronome 6:1) : les mitsvot doivent être accomplies « dans le pays », c’est-à-dire attirées dans le niveau de la foi, qui est appelé terre.
המשכת התורה ומצות בבחי׳ אמונה להיות ורעה אמונה3 כו׳ והוא המשכת סוכ״ע. וזהו וידעת היום והשבות4 להמשיך בהאמונה בחי׳ דעת בבחי׳ סוכ״ע.
une diffusion de la Torah et des mitsvot dans le niveau de la foi, afin qu’il y ait « demeure dans le pays et nourris la foi », etc. ; c’est là la diffusion de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin). Et tel est [le sens de] « Tu sauras aujourd’hui et tu le feras revenir [à ton cœur] » : attirer dans la foi le niveau de Daat (connaissance), au niveau de la lumière qui entoure tous les mondes.
La Torah et les mitsvot doivent être attirées dans la foi, la « terre », comme dans « demeure dans le pays et nourris la foi » (Psaumes 37:3) ; cela attire la lumière transcendante. Tel est le sens de « Tu sauras aujourd’hui » : introduire Daat dans la foi, un Daat de la lumière transcendante.
La révélation future se prépare dès maintenant, par la Torah et les mitsvot attirées dans la foi ; « Tu sauras aujourd’hui » signifie attirer dans la foi Daat, la connaissance supérieure de la lumière transcendante.
Maré mekomot
- 1היום לעשותם · Deuteronomy 7:11
- 2וזאת המצוה כו׳ לעשות בארץ · Deuteronomy 6:1
- 3ורעה אמונה · Psalms 37:3
- 4וידעת היום והשבות · Deuteronomy 4:39
25ועמ״ש בביאור ע״פ מים רבים בענין שיש שני בחי׳ דעת. דעת תחתון ודעת עליון. דעת תחתון הוא הנמשך מהבינה
Et voyez aussi ce qui est écrit dans l’explication sur le verset « Les grandes eaux », au sujet des deux niveaux de Daat (connaissance) : le Daat inférieur et le Daat supérieur. Le Daat inférieur est celui qui découle de Bina (compréhension),
L’Admour Hazaken renvoie à son explication sur « Les grandes eaux » (Cantique des Cantiques 8,7), qui distingue deux niveaux de Daat. Le Daat inférieur découle de Bina, la compréhension.
כמאמר אם אין בינה אין דעת1 והוא הדעת בבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] אך דעת העליון הוא הנמשך מבחי׳ כתר ממש שהוא בחי׳ סוכ״ע כו׳ ע״ש.
comme le dit l’adage : « Sans Bina, il n’y a pas de Daat » ; c’est le Daat au niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin). Mais le Daat supérieur est celui qui découle du niveau de Kéter (la Couronne) lui-même, lequel est le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), etc. ; voyez là-bas.
Le Daat inférieur dépend de la compréhension, comme l’indique l’adage : « Sans Bina, il n’y a pas de Daat » ; il saisit la divinité telle qu’elle remplit les mondes. Le Daat supérieur provient directement de Kéter et consiste en une connaissance de la lumière qui entoure tous les mondes.
Il existe deux niveaux de Daat : un niveau inférieur, qui naît de Bina et atteint la lumière immanente, et un niveau supérieur, issu de Kéter, qui atteint la lumière transcendante.
Maré mekomot
- 1אם אין בינה אין דעת · Pirkei Avot 3:17
26וזהו ענין ב׳ בחי׳ דעת שבפסוק אתה הראת לדעת1 ובפסוק וידעת היום כנ״ל. וזהו וידעת היום היום דוקא בעוה״ז
Voilà ce que signifient les deux niveaux de Daat dans les versets « Tu as été montré, afin de savoir » et « Et tu sauras aujourd’hui », comme indiqué plus haut. Voilà le sens de « Et tu sauras aujourd’hui » : « aujourd’hui » précisément, dans ce monde.
La question initiale trouve maintenant sa réponse. « Tu as été montré, afin de savoir » (Deutéronome 4:35) désigne le Daat inférieur ; « Et tu sauras aujourd’hui » (Deutéronome 4:39) désigne le Daat supérieur. « Aujourd’hui » souligne qu’il s’agit de ce monde, de la vie présente.
כי עולם הבא ר״ל [רוצה לומר] ג״ע [גן עדן] הוא עולם הדין מבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] שרחוק מאד מבחי׳ סוכ״ע משא״כ בעוה״ז הגם שהוא בהעלם מ״מ עכ״פ [על כל פנים] נמשך הוא ע״י התורה ומצות כו׳
Car le Monde futur — c’est-à-dire le Gan Eden — est un monde de jugement, relevant du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), très éloigné du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin). En revanche, dans ce monde, bien qu’elle soit cachée, cette lumière est néanmoins, au moins, attirée par la Torah et les mitsvot, etc.
Le Gan Eden, le Monde futur des âmes, est un monde de jugement et de récompense qui reçoit de la lumière immanente ; il est éloigné de la lumière transcendante. Dans ce monde, quoique la lumière transcendante soit cachée, elle est néanmoins attirée par la Torah et les mitsvot.
ועמ״ש מזה בפ׳ פינחס ע״פ צו את בני ישראל ואמרת אליהם את קרבני2 כו׳ ולכן היום בעוה״ז דוקא תוכל להמשיך בחי׳ סוכ״ע להיות ורעה אמונה3
Voyez ce qui est écrit à ce sujet dans la paracha Pin’has, sur le verset « Ordonne aux enfants d’Israël et dis-leur : “Mon offrande…” », etc. C’est pourquoi, « aujourd’hui », dans ce monde précisément, vous pouvez attirer le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes, afin qu’il y ait « et nourris la foi ».
Le maamar de Pin’has sur « Ordonne aux enfants d’Israël… Mon offrande » (Nombres 28:2) développe ce point. C’est donc précisément « aujourd’hui », dans ce monde, que l’on peut attirer la lumière transcendante et « nourrir la foi ».
וזהו כי הוי׳ הוא האלקים4 וכדפי׳ בזהר ח״ג [חלק ג׳] (דקמ״ג ע״א) הוי׳ עתיק יומין הוא סוכ״ע הוא האלקים וכולא הוא חד5 כו׳:
Et voilà le sens de « car Havaya est Elokim », comme l’explique le Zohar, partie III (folio 143, côté a) : « Havaya » — Atik Yomin, qui est la lumière qui entoure tous les mondes — « est Elokim, et tout est un », etc.
C’est la fin du verset : « car Havaya est Elokim ». Le Zohar l’interprète ainsi : Havaya, Atik Yomin, la lumière transcendante, est un avec Elokim, la puissance qui se dissimule à l’intérieur des mondes ; « tout est un ». Le Daat supérieur fait connaître, dans ce monde, l’unité du transcendant et de l’immanent.
Ce paragraphe répond à la question initiale : « Tu as été montré, afin de savoir » désigne le Daat inférieur, tandis que « Et tu sauras aujourd’hui » désigne le Daat supérieur, attiré dans la foi en ce monde par la Torah et les mitsvot, et révélant que Havaya, le transcendant, et Elokim, l’immanent, sont un.
Le Zohar (3:143a) cite le verset entier : « Et tu sauras aujourd’hui et tu le prendras à cœur », puis explique : « Havaya : Atik Yomin est Elokim, et tout est un. Béni soit Son Nom à jamais et pour toujours. »
Maré mekomot
- 1אתה הראת לדעת · Deuteronomy 4:35
- 2צו את בני ישראל ואמרת אליהם את קרבני · Numbers 28:2
- 3ורעה אמונה · Psalms 37:3
- 4כי הוי׳ הוא האלקים · Deuteronomy 4:39
- 5עתיק יומין הוא סוכ״ע הוא האלקים וכולא הוא חד · Zohar, Idra Rabba 46:325–50:335
27קיצור. ענין ומלאה הארץ דעה. והיינו על ידי וידעת היום והשבות ורעה אמונה:
Résumé : Le sens de « la terre sera remplie de la connaissance ». Cela se réalise par « Tu sauras aujourd’hui et tu prendras [cela à cœur] » et par « nourris la foi ».
Résumé de la section 4 : dans l’avenir, « la terre sera remplie de la connaissance », et cela se prépare dès maintenant par « Tu sauras aujourd’hui », en faisant pénétrer le Daat supérieur dans la foi, ainsi que par « nourris la foi ».
Résumé de la section 4 : la plénitude future de la connaissance est suscitée dès maintenant en faisant pénétrer le Daat dans la foi.
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
L’amour de D.ieu n’est assuré que lorsqu’il est uni à la crainte. On atteint la vérité de Yaakov en méditant sur la grandeur infinie de D.ieu, devant laquelle tous les mondes ne sont qu’une seule goutte, jusqu’à éprouver une grande compassion pour sa propre âme, descendue si bas. Et « en ce jour », dans ce monde, chacun doit faire pénétrer le Daat dans la foi par la Torah et les mitsvot, afin que la foi ne demeure pas une couronne éloignée, mais donne naissance au plus haut amour et à la plus haute crainte.
Questions à discuter
- Pourquoi l’amour étranger peut-il parfois vaincre l’amour saint, alors qu’il est totalement impuissant face à l’amour uni à la crainte ?
- Qu’est-ce qui fait de l’attribut de Yaakov la « vérité », et pourquoi ‘Hessed et Guevoura, pris séparément, ne sont-ils pas la vérité complète ?
- Comment Mal’hout, la foi, peut-elle être inférieure au Daat en tant que réceptacle, et pourtant supérieure à lui en tant que couronne ?
- Selon le maamar, pourquoi les forces qui s’opposent à la sainteté ont-elles pris la forme de la croyance erronée au Premier Temple et de la haine gratuite au Second ?
- Qu’ajoute « en ce jour » à « Et tu sauras », et pourquoi le Daat supérieur ne peut-il être attiré vers le bas que dans ce monde ?