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Likkutei Torah · Parshas Va’eschanan · Maamar 8

וזאת המצוה אשר צוה ה׳ כו׳

« Et voici le commandement que Havaya a ordonné… »

  • 23 paragraphes · 114 sections
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L’idée centrale

Les mitsvot « font » le Gan Eden en attirant la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) dans la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), et c’est la Torah qui porte cet influx jusqu’à l’acte matériel. Parce que les mitsvot s’accomplissent avec des choses matérielles élevées hors de kelipat noga, elles ont besoin d’une double protection : la Torah écrite de l’intérieur et la Torah orale de l’extérieur ; toutes deux reposent sur la crainte et sur un amour de D.ieu ressenti au cœur.

Le maamar en bref

Les versets qui précèdent le Chéma soulèvent deux questions : pourquoi la Torah parle-t-elle deux fois de « garder », et pourquoi les mitsvot qui s’appliquent partout sont-elles « à accomplir dans le pays » ? Le « pays » est le Gan Eden, dont les âmes, en tant qu’êtres créés, ne peuvent jouir par elles-mêmes ; les mitsvot le « font » en attirant la Volonté suprême, sovev kol almin, dans memalé kol almin. C’est l’unification que l’on énonce avant chaque mitsva, la formule de chaque bénédiction et le sens du Chéma : « Havaya est notre D.ieu » désigne le sovev, et « Havaya est Un » désigne sa révélation au sein du monde divisé. Ce monde, où le sovev se révèle et où la techouva est possible, est le lieu qui lui est destiné, et l’âme y descend pour servir avec la force accrue de celui qui revient vers D.ieu. L’influx passe par la Torah, qui donne vie aux mitsvot comme la nourriture donne vie à une personne. Parce que les mitsvot s’accomplissent avec des choses matérielles élevées depuis kelipat noga, elles ont besoin d’être protégées, de même que celui qui revient vers D.ieu a besoin d’une clôture plus solide. Cette protection est la Torah orale, une maison autour des vêtements des mitsvot, dont les décisions tiennent les forces extérieures à distance ; mais elle n’agit que si l’étude repose sur la crainte et l’amour de D.ieu.

Plan

  1. Deux questions, et le Gan Eden comme « pays »Pourquoi « garder » deux fois, et pourquoi « accomplir dans le pays » ? Le Gan Eden est appelé « pays » ; les âmes ne peuvent jouir de la divinité par elles-mêmes, aussi les mitsvot « font »-elles le Gan Eden. Deux niveaux de lumière divine sont introduits, à commencer par memalé, la force vitale qui remplit chaque créature selon une mesure graduée.¶1
  2. Sovev, le Saint et l’unificationMemalé est la Chekhina résidant au sein des mondes ; sovev est cette même lumière, sans division, « le Saint », séparé. Par les mitsvot et leurs bénédictions, le sovev est attiré et se révèle au sein de memalé, ce qui ajoute de la lumière dans le Gan Eden.¶2–4
  3. Le Chéma et la descente de l’âme« Havaya est notre D.ieu » désigne le sovev, et « Havaya est Un » sa révélation dans le monde divisé. L’amour auquel appelle le Chéma est le désir de cette révélation, que l’occultation et le mauvais penchant intensifient ; c’est pourquoi l’âme descend, afin de servir comme un baal techouva.¶5
  4. Ce monde, lieu du sovevL’amour sans limites et l’influx de l’essence de D.ieu appartiennent à « aujourd’hui », ce monde, où le sovev se révèle et où la techouva est possible. La Volonté suprême réside dans les mitsvot matérielles, dans la charité et dans les cent bénédictions quotidiennes.¶6–7
  5. Crainte inférieure et crainte supérieureLe verset ne demande « que » la crainte inférieure, qui provient de memalé. La crainte supérieure, issue du sovev, se révèle par l’étude de la Torah, comme ce fut le cas au Sinaï.¶8–9
  6. La Torah donne vie aux mitsvotLa racine des mitsvot, la Volonté suprême, ne se traduit en acte que par l’étude de la Torah, de même que la parole fait passer la volonté dans l’action : « la sagesse donne la vie à ceux qui la possèdent ». Ainsi, « accomplir dans le pays » désigne l’influx du sovev dans memalé et le Gan Eden, principalement par le Chéma.¶10–11
  7. Pourquoi les mitsvot ont besoin d’être protégéesLes mitsvot s’accomplissent avec des choses matérielles issues de kelipat noga ; une fois élevées, elles ont besoin, comme celui qui revient vers D.ieu ou les étincelles rachetées, d’une protection supplémentaire, afin que les forces extérieures ne s’en nourrissent pas. Concrètement, cela signifie accomplir la mitsva sans satisfaction de soi ni motif intéressé.¶12–16
  8. La Torah orale comme maison« Garder : c’est la Michna. » Si les mitsvot sont des vêtements, la Torah orale est la maison : ses rigueurs et ses décisions sont un rempart tiré des puissances supérieures de retenue, et la parole de D.ieu dans la bouche du sage tient les forces extérieures à distance. Mais pour bâtir, il faut d’abord aimer D.ieu.¶17–20
  9. La crainte d’abord ; l’ordre des versetsLa protection dépend de la crainte et du désir du cœur, qui font de la parole d’une personne un réceptacle pour la parole de D.ieu. Les versets se lisent dans l’ordre : attirer le sovev dans le « pays », puis assurer une double protection, de l’intérieur par la Torah écrite et de l’extérieur par la Torah orale.¶21–23

Notions clés

La lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin)ממלא כל עלמין
La force vitale de D.ieu lorsqu’elle pénètre chaque créature selon une mesure graduée : davantage dans les plantes que dans les pierres, davantage chez les Sérafim que chez les Ofanim. Elle est Sa « gloire » et Sa Chekhina, résidant au sein des mondes comme une âme dans un corps.
La lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin)סובב כל עלמין
La même Lumière infinie, présente à égalité dans tous les mondes, sans révélation ni division, « comme un cercle » où le haut et le bas sont semblables. Elle est appelée « le Saint », séparé, et constitue la Volonté suprême, racine des mitsvot.
L’unification du Saint béni soit-Il et de Sa Chekhinaיחוד קודשא בריך הוא ושכינתיה
L’influx du sovev qui se révèle au sein de memalé. C’est l’intention formulée avant chaque mitsva, le sens de « Béni sois-Tu, Havaya » et celui de « Havaya est Un ».
Gan Eden inférieur et supérieurגן עדן העליון והתחתון
Le Gan Eden inférieur est la récompense de l’accomplissement des mitsvot, et le Gan Eden supérieur celle de leur intention intérieure et de la Torah. Les âmes ne jouissent de la divinité là-bas que parce que les mitsvot y attirent la Volonté suprême.
Crainte inférieure et crainte supérieureיראה תתאה ויראה עילאה
La crainte inférieure provient de D.ieu tel qu’Il remplit les mondes ; c’est tout ce que le verset « demande ». La crainte supérieure provient de la révélation du sovev et se révèle par l’étude de la Torah, comme au Sinaï.
Kelipat nogaקליפת נוגה
Le domaine du bien et du mal mêlés, d’où les choses matérielles tirent leur force vitale. Puisque les objets des mitsvot en proviennent, ils ont besoin d’être protégés même après avoir été élevés dans la sainteté.
La protection (chemira)שמירה
La protection dont les mitsvot ont besoin pour que les forces extérieures ne tirent rien d’elles. Elle est assurée par la Torah orale, la « maison » entourant les vêtements des mitsvot, ainsi que par l’accomplissement de la mitsva sans intérêt personnel.
La techouva de la clôtureתשובת הגדר
S’éloigner du mal aussi radicalement que possible, jusqu’à ne même pas désirer la faute. Celui qui revient vers D.ieu en a davantage besoin que celui qui n’a jamais fauté, et il en va de même des étincelles élevées par les mitsvot.

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Deux questions, et le Gan Eden comme « pays » ¶1

1וזאת המצוה אשר צוה ה׳ כו׳. לעשות בארץ כו׳ למען תירא את ה׳ אלהיך לשמור את כל חקותיו כו׳

« Et voici le commandement que Havaya a ordonné », etc., « pour l’accomplir dans le pays », etc., « afin que tu craignes Havaya, ton D.ieu, et que tu gardes tous Ses statuts », etc. ;

Explication

Le maamar s’ouvre sur Deutéronome 6:1–2, les versets qui précèdent immédiatement le Chema : Moché dit à Israël que le commandement qu’il leur enseigne est « pour l’accomplir dans le pays », afin qu’ils craignent D.ieu et gardent Ses statuts. Les mots « pour l’accomplir dans le pays » et « garder » sont précisément ce que le maamar se propose d’expliquer.

ושמעת ישראל ושמרת לעשות כו׳ שמע ישראל ה׳ אלהינו ה׳ אחד. הנה צריך להבין כפל השמירות לשמור ושמרת.

« Et tu entendras, Israël, et tu garderas pour accomplir », etc. ; « Écoute, Israël : Havaya est notre D.ieu, Havaya est Un. » Il faut maintenant comprendre cette double [mention de la] garde : « garder » et « tu garderas ».

Explication

Le verset suivant ajoute « et tu garderas pour accomplir », puis vient le Chema lui-même. La première question est de savoir pourquoi la Torah parle deux fois de garder : « garder » au verset 2 et « tu garderas » au verset 3.

גם הנה וזאת המצוה קאי על פרשת ק״ש [קריאת שמע] שלאחרי׳ [שלאחריה] שמע ישראל וא״כ מהו לעשות בארץ.

De plus, « Et voici le commandement » se rapporte au passage du Chema qui suit, « Écoute, Israël » ; si tel est le cas, que signifie « pour l’accomplir dans le pays » ?

Explication

Une deuxième question se pose : « Et voici le commandement » introduit le passage du Chema qui suit. Pourquoi, alors, est-il dit « pour l’accomplir dans le pays », comme si ces mitsvot dépendaient de la Terre d’Israël ?

שהרי כל המצות הכתובים בפ׳ שמע ודברת בם כו׳ וקשרתם כו׳ הן חובת הגוף ונוהג בין בארץ בין בחו״ל [בחוץ לארץ].

Car toutes les mitsvot mentionnées dans le passage du Chema — « Tu en parleras », etc., « Tu les attacheras », etc. — sont des obligations personnelles et s’appliquent aussi bien en Terre d’Israël qu’en dehors de celle-ci.

Explication

Les mitsvot du passage du Chema, telles que parler de paroles de Torah (« tu en parleras ») et mettre les téfilines (« tu les attacheras »), sont des obligations qui incombent à la personne, et non à la terre. Le Talmud statue que ces mitsvot s’appliquent partout, en Terre d’Israël comme en dehors ; l’expression « dans le pays » semble donc déplacée.

אך הנה ג״ע [גן עדן] נק׳ ארץ וכמארזל כ״י [כנסת ישראל] יש להם חלק לעוה״ב [לעולם הבא] שנאמר ועמך כו׳ לעולם יירשו ארץ (בישעיה סי׳ סמ״ך כ״א) שג״ע [שגן עדן] התחתון הוא שכר מעשה המצות.

Cependant, le Gan Eden est appelé « terre », comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Tout Israël a une part dans le Monde futur, ainsi qu’il est dit : “Et ton peuple”, etc., “héritera de la terre pour toujours” » (Isaïe, chapitre 60, [verset] 21) ; car le Gan Eden inférieur est la récompense de l’accomplissement des mitsvot.

Explication

La réponse commence ici : « terre » peut désigner le Gan Eden, le paradis spirituel des âmes. La Michna prouve que « tout Israël a une part dans le Monde futur » à partir du verset « ils hériteront de la terre pour toujours » ; « terre » désigne donc la récompense de l’âme. L’Admour Hazaken ajoute que le Gan Eden inférieur est la récompense de l’accomplissement concret des mitsvot.

(וע׳ בהרמב״ם [בהרבי משה בן מימון] פ״ח מהל׳ [מהלכות / מהלכה] תשובה ה״ז [הרי זה]. ועמ״ש בד״ה וישב יעקב בענין ב״פ [ב׳ פעמים] בארץ הנאמר באותו פסוק)

(Voir aussi le Rambam, chapitre 8 des Lois de la techouva, halakha 7. Voir également ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et Yaakov demeura », au sujet de l’expression « dans le pays », répétée deux fois dans ce verset.)

Explication

Deux références sont indiquées entre parenthèses. Dans la halakha citée, le Rambam décrit le désir du roi David pour la vie du Monde futur en ces termes : « contempler la bonté de D.ieu dans le pays des vivants ». Le discours « Et Yaakov demeura », dans Torah Ohr, traite de la double expression « dans le pays » de Genèse 37:1 : « dans le pays des séjours de son père, dans le pays de Canaan ».

אבל ג״ע [גן עדן] העליון הוא שכר כוונת המצות והתורה וע״ז נאמר מי יעלה בהר ה׳ כו׳ נקי כפים כו׳ יעלה בחי׳ עליות בשבתות ור״ח [וראש חודש] כו׳

Mais le Gan Eden supérieur est la récompense de l’intention qui anime les mitsvot et la Torah ; c’est à ce sujet qu’il est dit : « Qui montera sur la montagne de Havaya ? », etc., « celui qui a les mains pures », etc. : « montera » désigne le niveau des ascensions des Chabbatot et de Roch ‘Hodech, etc.

Explication

Il existe également un Gan Eden supérieur, qui constitue la récompense de l’intention intérieure avec laquelle on accomplit les mitsvot et de l’étude de la Torah. L’Admour Hazaken interprète « Qui montera sur la montagne de D.ieu ? » (Psaumes 24) comme désignant les ascensions des âmes le Chabbat et à Roch ‘Hodech, décrites dans les sources mentionnées entre parenthèses à la suite.

(עיין מענין מי יעלה ברבות פ׳ וזאת הברכה. חיי שרה פנ״ט. וישלח ״פ פ״ב [פרק ב׳]. זח״א [זהר חלק א] וירא צ״ט א׳ ק׳ ב׳. קכ״ג סע״ב [סוף עמוד ב] מקץ ר״א א׳ תזריע מ״ה סע״ב [סוף עמוד ב] משפטים ק״כ ב׳.

(Voir à propos de « Qui montera » dans Midrash Rabbah, parachat Vezot Haberakha ; ‘Hayé Sarah, paracha 59 ; Vayichla’h, paracha 82. Zohar, partie I, Vayera 99a, 100b ; 123, fin du côté b ; Mikets 201a ; Tazria 45, fin du côté b ; Michpatim 120b.)

Explication

Cette parenthèse énumère les endroits où « Qui montera » est interprété. Le Midrash Rabbah applique ces mots à Moché, à Avraham et à Yaakov, et des passages du Zohar les appliquent à l’âme après qu’elle a quitté le corps : toutes les âmes ne se voient pas accorder le chemin qui mène vers le haut, et celle qui monte doit avoir les « mains pures », qui n’ont pas souillé le corps.

ועיין עוד מענין העלייה בשבתות ור״ח [וראש חודש] וירא קט״ז א׳ תרומה קנ״ו בע״ב נשא קמ״ה א׳ ועיין בגמרא פ״ז [פרק ז׳] דב״מ [דבבא מציעא] דפ״ה ע״ב כי סלקי למתיבתא דרקיעא)

Voir encore, au sujet de l’ascension les Chabbat et Roch ‘Hodech : Vayera 116a ; Terumah 156b ; Naso 145a. Voir aussi dans la Guemara, chapitre 7 de Bava Metzia, 85b : « lorsqu’ils montent à l’Académie céleste ».

Explication

Ces autres passages du Zohar décrivent les âmes des justes qui montent, les Chabbat et Roch ‘Hodech, pour contempler la gloire de leur Maître. Le Talmud, dans Bava Metzia, parle également des Sages qui « montent à l’Académie céleste ».

אך הנה להיותץ שהנשמות הם מחודשים ונבראו מאין ליש ואיל תוכל להשגי תענוג אלקות להיות נהנין מזיו ע״ז נאמר לעשות בארץ לעשות לשון תיקון

Cependant, puisque les âmes viennent nouvellement à l’existence et ont été créées de néant à quelque chose, elles ne peuvent atteindre le plaisir de la Divinité ni jouir de son rayonnement ; c’est à cela que se rapporte le verset : « faire dans le pays » : « faire » désigne une réparation,

Explication

C’est maintenant la raison pour laquelle les mitsvot sont nécessaires au Gan Eden. Les âmes sont des êtres créés, amenés du néant à l’existence ; elles ne peuvent donc, par elles-mêmes, saisir et goûter la Divinité, le « rayonnement de la Chekhina » dont le Talmud dit que les justes jouissent. C’est pourquoi le verset dit « faire dans le pays » : ici, « faire » signifie réparer et achever, afin de faire du Gan Eden un lieu où les âmes peuvent jouir de ce rayonnement.

כמו ועשתה את צפרניה שישראל ממשיכים את הזיו להיות נהנין כו׳ וכמ״ש וינחהו בג״ע [בגן עדן] לעבדה ולשמרה כו׳ לעבדה זו רמ״ח מ״ע [מצות עשה] כו׳

comme dans « elle fera ses ongles » ; autrement dit, Israël fait descendre le rayonnement afin d’en jouir, etc. Et comme il est écrit : « Il le plaça dans le Gan Eden pour le travailler et le garder », etc. : « le travailler », ce sont les 248 commandements positifs, etc.

Explication

Le fait que « faire » puisse signifier perfectionner est illustré par le verset concernant la femme captive : « elle fera ses ongles », c’est-à-dire qu’elle en prendra soin. De même, Adam fut placé dans le Gan Eden « pour le travailler et le garder » ; le Zohar explique que « le travailler » désigne les 248 commandements positifs, et « le garder », les interdictions. Le Gan Eden est ainsi « travaillé » par les mitsvot.

שע״י המצות ממשיכים את הזיו ועונג העליון ועושין את בחי׳ ג״ע [גן עדן] (ועמ״ש מזה בד״ה אז ישיר כו׳ עלי באר בענין מעין גנים ובד״ה כי כארץ תוציא צמחה)

Car, par les mitsvot, on fait descendre le rayonnement et le plaisir suprême, et l’on crée le niveau du Gan Eden. (Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par « Alors [Israël] chanta », etc., « Jaillis, ô puits », au sujet de « une source de jardins », ainsi que dans le discours qui commence par « Car, comme la terre fait pousser sa végétation ».)

Explication

C’est donc par l’accomplissement des mitsvot que l’on fait descendre le rayonnement et le plaisir suprême et que, de cette manière, on « crée » le Gan Eden. La parenthèse renvoie à deux autres discours de Likkutei Torah qui développent cette idée.

וזהו ענין לשם יחוד קוב״ה [קודשא בריך הוא] שאומרים לפני כל מצוה ומצוה דהנה נודע שיש ב׳ בחי׳ בהשתלשלות ממכ״ע [ממלא כל עלמין] וסוכ״ע וכמ״ש תרי קראי כתוב א׳ אומר מלא כה״כ [כל הארץ כבודו] דמשמע כבודו וזיו בחי׳ לבוש מאני מכבדותא ולא עצמותו ית׳.

Tel est le sens de la formule « Pour l’unification du Saint béni soit-Il », que l’on prononce avant chaque mitsva. En effet, il est connu qu’il existe deux niveaux dans l’enchaînement descendant des mondes : la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) et la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), comme l’indiquent deux versets. L’un dit : « Toute la terre est remplie de Sa gloire » ; cela désigne Sa gloire et Son rayonnement, le niveau d’un vêtement — « des vêtements d’honneur » — et non Son essence, béni soit-Il.

Explication

La même idée permet d’expliquer la formule « Pour l’unification du Saint béni soit-Il », prononcée avant une mitsva. Pour l’expliquer, l’Alter Rebbe cite deux versets : « Toute la terre est remplie de Sa gloire » ne parle que de la « gloire » de D.ieu, de Son rayonnement, qui est comme un vêtement ; le Talmud rapporte que Rabbi Yo’hanan appelait ses vêtements « ceux qui m’honorent », d’où vient l’expression « vêtements d’honneur ».

וכתוב א׳ אומר את השמים ואת הארץ אני מלא. אני דייקא עצמותו (ועמ״ש מזה בד״ה אני לדודי) אך

Et un autre verset dit : « Je remplis les cieux et la terre » : « Je », précisément, [désigne] Son essence. (Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par « Je suis à mon Bien-Aimé ».) Cependant,

Explication

En revanche, le verset de Jérémie dit : « Je remplis les cieux et la terre » : « Je » désigne l’essence même de D.ieu, présente partout. Le discours « Je suis à mon Bien-Aimé », dans Likkutei Torah, oppose longuement les deux versets ; « cependant » introduit l’explication de chacun de ces niveaux.

הנה כי מכה״כ [מלא כל הארץ כבודו] היינו ממכ״ע [ממלא כל עלמין] שהוא בחי׳ החיות הנתפס תום עלמין להחיותן שהחיות מתמעט מיעוט אחר מיעוט עד בחי׳ דומם הוא חיות מועט היותר אחרון ובצומח החיות יותר מרובה

[L’idée est] que « Toute la terre est remplie de Sa gloire » désigne la lumière qui remplit tous les mondes, c’est-à-dire le niveau de la force vitale saisie au sein des mondes, qui leur donne vie. Cette force vitale diminue de degré en degré, jusqu’au niveau de l’inerte, dont la force vitale est la plus faible, la dernière ; dans le végétal, la force vitale est plus abondante,

Explication

La « gloire » qui remplit la terre est memalé kol almin : la force vitale contenue dans chaque créature et qui lui donne vie selon sa capacité. Cette force vitale diminue graduellement : l’inerte en reçoit le moins, tandis que les plantes en reçoivent davantage.

ולכן הוא צומח כו׳ שהחיות מתמעט בירידתו למטה מטה וכמ״ש שרפים עומידם ממעל לו כו׳

et c’est pourquoi il croît, etc. Car la force vitale diminue à mesure qu’elle descend toujours plus bas, comme il est écrit : « Les séraphins se tiennent au-dessus de Lui », etc.,

Explication

Cette force vitale plus abondante explique pourquoi les plantes poussent, contrairement aux pierres. La même diminution par degrés se retrouve parmi les anges : les séraphins, dont Isaïe dit qu’ils « se tiennent au-dessus », occupent le niveau supérieur.

שמשיגים חיות ואור האלקי שבתוכם משא״כ האופנים וחיות שאין משיגים החיות והאור אלקי שבתוכם יותר מועט ומצומצם

car ils appréhendent la force vitale et la lumière divine qui sont en eux ; en revanche, les Ofanim et les 'Hayot, qui n’appréhendent pas la force vitale et la lumière divine qui sont en eux, [laquelle est] plus ténue et plus restreinte,

Explication

Les Séraphins saisissent la lumière divine qui leur donne la vie. Les Ofanim et les 'Hayot, des catégories inférieures d’anges, ne la saisissent pas, car la lumière qui est en eux est plus ténue et plus contractée.

ולכן הם ברעש גדול כו׳ וה״ז [והרי זה] כדמיון הנשמה שממלא כל הגוף שהחיות הוא בהתחלקות ושינויים רב ים השכל שורה במוח ודבור בפה ויורד מטה ומתמעט כו׳. כח התנועה ביד וכח ההילוך ברגל.

et c’est pourquoi ils sont « dans un grand fracas », etc. Cela ressemble à l’âme, qui remplit tout le corps, où la force vitale se répartit selon de nombreuses variations : l’intellect réside dans le cerveau, la parole dans la bouche ; elle descend plus bas et diminue, etc. : le pouvoir du mouvement dans la main, et le pouvoir de marcher dans le pied.

Explication

Parce qu’ils ne saisissent pas cette lumière, les Ofanim et les 'Hayot sont décrits, dans la vision d’Ézéchiel et dans la bénédiction du matin qui précède le Chéma, comme se mouvant « dans un grand fracas ». L’âme dans le corps en fournit l’analogie : une seule âme remplit tout le corps, et pourtant chaque membre reçoit une mesure différente de sa force vitale : l’intellect dans le cerveau, la parole dans la bouche, le mouvement dans la main, la marche dans le pied.

Le paragraphe 1 en bref

Le paragraphe soulève deux questions à propos de Deutéronome 6 : pourquoi la « garde » est-elle mentionnée deux fois, et pourquoi les mitsvot du Chema sont-elles à « accomplir dans le pays » ? Il commence à y répondre : le « pays » désigne le Gan Eden, que les mitsvot « font » en attirant le plaisir divin. Pour expliquer comment cela se produit, il introduit les deux niveaux de lumière divine, memalé et sovev, et décrit le premier : la force vitale qui remplit chaque créature dans une mesure graduée.

Pour aller plus loin

Le Zohar, dans Terouma, cité dans les notes de Kehot, décrit les âmes des justes revêtues dans le Gan Eden inférieur, qui s’élèvent le Chabbat et à Roch ‘Hodech pour contempler la gloire de leur Maître et goûter au plaisir sublime ; c’est cette ascension que l’Admour Hazaken lit dans les mots « Qui montera ». Les deux versets, « plein de Sa gloire » et « Je remplis », deviennent les deux niveaux memalé et sovev, comme l’explique le discours « Je suis à mon bien-aimé ».

Maré mekomot

  1. 1
    וזאת המצוה · בסה״מ תקס״ח ע׳ שפ — הנחת כ״ק אדמו״ר האמצעי. ביאור על מאמר זה באוה״ת ואתחנן ע׳ קצז. וראה בהנסמן להלן י, רע״ב.
  2. 2
    למען תירא את ה׳ אלהיך לשמור את כל חקותיו · Deuteronomy 6:2
  3. 3
    ושמעת ישראל ושמרת לעשות · Deuteronomy 6:3
  4. 4
    שמע ישראל ה׳ אלהינו ה׳ אחד · Deuteronomy 6:4
  5. 5
    וזאת המצוה . . ה׳ אחד · Deuteronomy 6:1
  6. 6
    ודברת בם · Deuteronomy 6:7
  7. 7
    וקשרתם · Deuteronomy 6:8
  8. 8
    חובת הגוף ונוהג בין בארץ · Kiddushin 37a:10–11
  9. 9
    ג״ע נק׳ ארץ · ראה לקו״ש חי״ז ע׳ 346. ביאורים לפרקי אבות (משיחות כ״ק אדמו״ר) ע׳ 8. אוה״ת שלח ס״ע תנה.
  10. 10
    כ״י יש להם חלק לעוה״ב · סנהדרין רפי״א.
  11. 11
  12. 12
    כ״י יש להם חלק לעוה״ב שנאמר ועמך כו׳ לעולם יירשו ארץ · Sanhedrin 90a:15
  13. 13
    וע׳ בהרמב״ם פ״ח מהל׳ תשובה ה״ז · Mishneh Torah, Repentance 8:7
  14. 14
    בד״ה וישב יעקב · בתו״א פ׳ וישב.
  15. 15
    וישב יעקב · Genesis 37:1
  16. 16
    מי יעלה בהר ה׳ · Psalms 24:3
  17. 17
    מי יעלה בהר ה׳ כו׳ נקי כפים · Zohar, Vayera 5:88–92
  18. 18
    מי יעלה בהר ה׳ · Zohar, Chayei Sara 6:28–30
  19. 19
    מי יעלה בהר ה׳ · Zohar, Miketz 11:171–182
  20. 20
    מי יעלה בהר ה׳ כו׳ נקי כפים · Zohar, Tazria 14:60–17:70
  21. 21
    מי יעלה בהר ה׳ · Zohar, Mishpatim 18:485–19:494
  22. 22
    נקי כפים · Psalms 24:4
  23. 23
    מי יעלה ברבות · Bereshit Rabbah 59:5
  24. 24
    מי יעלה ברבות · Bereshit Rabbah 82:2
  25. 25
    מי יעלה ברבות פ׳ וזאת הברכה · Devarim Rabbah 11:2
  26. 26
    חיי שרה פנ״ט · מי יעלה זה אברהם שנא׳ ולך לך אל ארץ המורי׳ ע״ש.
  27. 27
    זח״א וירא צ״ט א׳ · כד נשמתא נפקת מהאי עלמא לא ידעת לאן אורחא סלקין לה דהא אורחא לסלקא לעילא לאתר דנהירו דנשמתין עילאין נהרין (ע׳ בהמפרשים שמשמע דיש דרך לעלות לנשמה שלא בדרך גיהנם ע״ש) לא אתיהיב לכלהו נשמתין ע״ש. — ביאור מחסיד בכת״י.
  28. 28
    ק׳ ב׳ · מי יעלה כו׳ נקי כפים דלא עביד בידוי טופסא (פי׳ דפוס צורות חיצוני׳ מהס״א ולא עשה בידיו דבר המטמאו ע״ש) כו׳ ולא סאיב בהו לגופא ע״ש. — ביאור מחסיד בכת״י.
  29. 29
    קכ״ג סע״ב · נשמתא בתר דעיילת תמן היא אזלת לסלקא לאתרה לעילא ולא למיחת לתתא אבל קודם שתעלה כו׳ נעשת אפוטרופס הגוף על יד דומה ומראה לו שראוי הוא לקבל שכר ארבע מאות עולמו׳ ע״ש ומסיים הה״ד מי יעלה ע״ש. — ביאור מחסיד בכת״י.
  30. 30
    מקץ ר״א א׳ · ומאן איהו דיקום תמן ויעבר בלא דחילו כד״א מי יעלה וגו׳ ע״ש ונשמתא דזכאה אעבר בלא דחילו, ומאן דאשתדל בצדקה ע״ש. — ביאור מחסיד בכת״י.
  31. 31
    תזריע מ״ה סע״ב · לה׳ הארץ ומלואה דא ארעא קדישא דאקרי ארץ החיים כו׳ ומלואה מאי היא אלא אלין נשמתא דצדיקייא כו׳ כי הוא על ימים יסדה כו׳ דכלהו נפקין מההוא נהר עילאה דנגיד כו׳ מעדן ומי יעלה וגו׳ נקי כפים ע״ש. — ביאור מחסיד בכת״י.
  32. 32
    משפטים ק״כ ב׳ · לבתר דיתבריר מתכנשין לההוא אתר דאקרי ירושלם כו׳ דאיהי בנוי׳ על הר ד׳ דאתמר בה מי יעלה ע״ש.
  33. 33
    וירא קט״ז א׳ · אתא בכל ירחא לסגדא קמי מלכא קדישא ב״ה דכתי׳ והי׳ מדי חדש בחדשו ע״ש.
  34. 34
    תרומה קנ״ו סע״ב · תמן נשמתהון דצדיקייא מתלבשן בגנתא דעדן דלתתא כו׳ ובשבתי מתפשטאן וסלקין למחמי ביקרא דמאריהון ולאתעדנא בעדונא עילאה כו׳ דכתי׳ והי׳ מדי חדש כו׳ ע״ש.
  35. 35
    נשא קמ״ה א׳ · קטורין (קשורין) צדיקייא בקרטופא דעטרין (בצרור העטרות) בריש ירחי ע״ש א״ל ואף כל אינון דלבר דכתי׳ והי׳ מידי חדש ע״ש.
  36. 36
    נשא קמ״ה א׳ · Zohar, Nasso 18:174–179
  37. 37
  38. 38
    להיות נהנין מזיו · Berakhot 17a
  39. 39
    ועשתה את צפרני׳ · Deuteronomy 21:12
  40. 40
    ויניחהו בג״ע לעבדה · Genesis 2:15
  41. 41
    לעבדה זו רמ״ח מ״ע · Zohar I, 27a
  42. 42
    בד״ה אז ישיר כו׳ עלי באר · לעיל פ׳ חקת סב, ב. ג״ע הוא תענוג הנשמות שנהנין מזיו כו׳ שבא לכלל גילוי השגת הנפש המשגת כו׳ והנה הוא ית׳ סתימא דכל סתימין ואיך יבוא לגילוי ההשגה אלא באתעדל״ת תליא מלתא בקיום התומ״צ שהמצות נתלבשו בדברי׳ גשמיים כו׳ שרשן כו׳ מאד נעלה כו׳ ממדריגה של רצון עליון ואור א״ס ב״ה כנודע ממשל נפילת החומה כו׳ והן הן הממשיכי׳ חיות ואוא״ס ב״ה להיות בגילוי ההשגה ע״ש.
  43. 43
    ובד״ה כי כארץ תוציא צמחה · לקמן פ׳ נצבים נ, ד. דעיקר הצמיחה הוא מכח הצומח שיש בארץ משי״ב והוא ממא׳ תדשא הארץ כו׳ והוא כח אלקי ממש כו׳ רק שמ״מ יש צורך בזריעה כו׳ לפי שאין הברכה שורה רק כשיש בחי׳ כלי כו׳ כמו״כ יובן למלעלה איך ממעשה מצוה שנתלבשה בעניני׳ גשמיי׳ יהי׳ הצמיחה להיות גילוי בחי׳ קדש העליון דהיינו משום שמצות הן בחי׳ זריעה שנזרעי׳ בארץ העליונה ונעוץ תחלתן בסופן בארץ העליונה נעוץ מתחלתן ממש קדש העליון וזהו כח הצומח שבה להצמיח גילוי אורו׳ עליוני׳ ע״י מעשה המצות ע״ש.
  44. 44
    שאומרים לפני כל מצוה ומצוה · ראה לקמן נה, ג. ובמ״מ לשם. לקו״ש חל״ט ע׳ 46 הערה 26. ראה סה״מ תש״ב ע׳ כז [נעתק לקמן נה, ג]. הנסמן במאמרי אדה״ז — פרשיות לע׳ תקצב.
  45. 45
    מאני מכבדותא · Shabbat 113a:14
  46. 46
    את השמים ואת הארץ אני מלא · Jeremiah 23:24
  47. 47
    בד״ה אני לדודי · לקמן לג, א ואילך. את השמים כו׳ אני מלא וכתי׳ מכה״כ ולא נז׳ שמים וגם ששם נא׳ אני כו׳ וכאן כ׳ כבודו. דיש ממכ״ע וסוכ״ע ממכ״ע הארת האלקו׳ הנמשך בנבראי׳ להחיותם כו׳ מתלבש בפנימיותם כו׳ והוא מתחלק לחלקי׳ כו׳ סוכ״ע הארת והשפעת אלקות שאינו נמשך ומתלבש בתוך כו׳ להיות מושג כו׳ אלא בבחי׳ מקיף עליהם מלמע׳ כו׳ שסובב לכולם בשוה ובו הוא שנא׳ את השמים ואת הארץ אני מלא דהיינו בחי׳ סוכ״ע דלית אתר פנוי מיני׳ ע״ש.
  48. 48
    שרפים עומדים ממעל לו · Isaiah 6:2
  49. 49
    האופנים . . ברעש גדול · Ezekiel 3:12
  50. 50
    ברעש גדול · Ezekiel 3:13
  51. 51
    ברבות ר״פ וזאת הברכה · מי יעלה בהר ה׳ רבנן אמרי מדבר במשה כו׳ ומשה עלה כו׳.
  52. 52
    וישלח ר״פ פ״ב · נר׳ דמפ׳ הפ׳ דמי יעלה על יעקב ע״ש.
  53. 53
    לעשות ל׳ תיקון · Bereshit Rabbah 11:6
  54. 54
    מלא כה״א כבודו · Isaiah 6:3

Sovev, le Saint et l’unification ¶2–4

2ובחינת החיות שבבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] נק׳ בשם שכינתי׳ לשון ושכנתי בתוכם כו׳ שהחיות מתלבש בעלמין כנשמה המתלבשת בגוף כו׳

Le niveau de la force vitale qui relève de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) est appelé « Sa Chekhina » (Présence divine), expression tirée de « Je résiderai parmi eux », etc. Car la force vitale s’enveloppe dans les mondes, comme l’âme s’enveloppe dans le corps, etc.

Explication

La force vitale de memalé kol almin, qui pénètre dans les mondes et réside en eux comme une âme dans un corps, est appelée « Sa Chekhina ». Le mot vient de chakan, « résider », comme dans « Qu’ils Me fassent un sanctuaire, et Je résiderai parmi eux ».

ובחי׳ סוכ״ע הוא ג״כ חיות ואור א״ס בתוך כל העולמות אלא שאינו בבחי׳ גילוי והתחלקות ריבוי ומיעוט שהחיות ההוא שוה ומשוה קטן וגדול כו׳

Et le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) est également une force vitale et la Lumière infinie (Or Ein Sof) au sein de tous les mondes ; seulement, elle n’est pas dans un état de révélation ni divisée en quantité plus ou moins grande, car cette force vitale est égale et rend égaux le petit et le grand, etc.

Explication

Sovev kol almin est également une force vitale divine et la Lumière infinie présente dans tous les mondes ; elle n’est pas située hors d’eux dans l’espace. La différence est qu’elle n’est ni révélée ni répartie, en plus grande quantité pour une créature et moindre pour une autre : selon les termes du piyout « Et tous croient », elle traite le petit et le grand de la même manière.

ונק׳ סובב כמו העיגול עד״מ שמעלה ומטה שוים שבחי׳ זו נק׳ קוב״ה [קודשא בריך הוא] קדוש ומובדל שאינו נתפס בבחי׳ עלמין כלל מלשון אל תגע בי

Elle est appelée « entourante » (sovev), par analogie avec un cercle, où le haut et le bas sont égaux. Car ce niveau est appelé « le Saint béni soit-Il » : saint et séparé, puisqu’il n’est nullement saisi dans le niveau des mondes ; [« saint »] au sens de « Ne me touche pas,

Explication

Elle est appelée « entourante » par analogie avec un cercle, où aucun point n’est plus haut ou plus bas qu’un autre. Ce niveau est appelé « le Saint béni soit-Il », car « saint » signifie séparé : il n’est nullement saisi dans les mondes.

כי קדשתיך או הגבל את ההר וקדשתו וכן קדושים תהיו מובדלי׳ [מובדלים] תהיו שבחי׳ המובדל ומופרש נק׳ בלה״ק [בלשון הקודש] בשם קדש.

car Je suis plus saint que vous », ou « Fixe des limites autour de la montagne et sanctifie-la » ; et de même, « Vous serez saints » [signifie] « Vous serez séparés ». Car le niveau de ce qui est séparé et distinct est appelé, dans la Langue sainte, « saint ».

Explication

Trois versets montrent que kadoch signifie « séparé » : « Ne me touche pas, car Je suis plus saint que vous » (le verset dit lui-même : « Ne t’approche pas de moi »), la limite autour du mont Sinaï — « Fixe des limites autour de la montagne et sanctifie-la » — et « Vous serez saints », compris comme « Vous serez séparés ». Ainsi, dans la Langue sainte, « saint » désigne ce qui se tient à l’écart.

Le paragraphe 2 en bref

Ce paragraphe définit les deux niveaux. Memalé est la Chekhina, la force vitale qui réside dans chaque monde sous une forme mesurée et différenciée ; sovev est la Lumière infinie, présente également dans tous les mondes, sans révélation ni division, et appelée « le Saint », le niveau qui demeure séparé.

Pour aller plus loin

Les deux appellations réunies forment la formule « le Saint béni soit-Il et Sa Chekhina » : la lumière transcendante et indivise, et la lumière qui réside dans les mondes sous une forme mesurée. Leur « unification », expliquée dans le paragraphe suivant, consiste à faire descendre sovev dans la révélation au sein de memalé.

Maré mekomot

  1. 1
    ושכנתי בתוכם · Exodus 25:8
  2. 2
    שוה ומשוה קטן וגדול · בפיוט וכל מאמינים.
  3. 3
    אל תגע בי כי קדשתיך · Isaiah 65:5
  4. 4
    הגבל את ההר וקדשתו · Exodus 19:23
  5. 5
    קדושים תהיו · Leviticus 19:2

3וזהו ענין לשם יחוד קובה״ו [קודשא בריך הוא ושכינתיה] שע״י המצות ממשיכים בחי׳ סוכ״ע בחי׳ קדוש להיות בגילוי בבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין].

Et tel est le sens de « Pour l’unification du Saint béni soit-Il et de Sa Chekhina (Présence divine) » : par les mitsvot, on fait descendre le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), le niveau de « saint », afin qu’il se révèle dans le niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin).

Explication

La formule « pour l’unification du Saint béni soit-Il et de Sa Chekhina » prend maintenant tout son sens. Par les mitsvot, le niveau saint, séparé, de sovev kol almin est attiré dans la révélation au sein de memalé kol almin, unissant ainsi « le Saint béni soit-Il » à « Sa Chekhina ».

וזהו ענין כוונות ברכות המצות בא״י [ברוך אתה ה׳] אמ״ה [אלקינו מלך העולם] היינו שבחי׳ הוי׳ סוכ״ע יהיה בבחי׳ ברכה והמשכה בגילוי בבחי׳ אתה לנוכח ועי״ז נמשך תוספת אור בג״ע [בגן עדן] וכדלקמן:

Et tel est le sens des intentions qui accompagnent les bénédictions sur les mitsvot : « Béni sois-Tu, Havaya, notre D.ieu, Roi du monde ». Le niveau de Havaya, la lumière qui entoure tous les mondes, doit être dans un état de « bénédiction » et d’influx, en se révélant au niveau de « Toi », [à la deuxième personne] ; par là, une lumière supplémentaire est attirée dans le Gan Eden, comme [il sera expliqué] plus loin.

Explication

La bénédiction récitée sur une mitsva exprime la même intention : « Béni » signifie faire descendre, « Havaya » désigne le niveau transcendant de sovev, et « Toi » s’adresse à D.ieu à la deuxième personne, comme à Celui qui est présent et révélé. La bénédiction demande donc que sovev soit attiré et révélé ; c’est ainsi qu’une lumière supplémentaire est ajoutée dans le Gan Eden, comme le maamar l’expliquera.

Le paragraphe 3 en bref

La formule prononcée avant une mitsva et les termes de la bénédiction qui l’accompagne expriment une même idée : la mitsva attire la lumière cachée qui entoure les mondes (sovev) et la révèle dans la lumière qui remplit les mondes (memalé), ajoutant ainsi de la lumière dans le Gan Eden.

4קיצור. שע״י המצות ממשיכים תוספת אור בג״ע [בגן עדן] ע״י שממשיכים מבחי׳ סוכ״ע בממכ״ע [בממלא כל עלמין]:

Résumé : Par les mitsvot, on attire un supplément de lumière dans le Gan Eden, en attirant du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) vers la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin).

Explication

Résumé de la première section : les mitsvot ajoutent de la lumière dans le Gan Eden parce qu’elles attirent de sovev, la lumière qui entoure les mondes, vers memalé, la lumière qui remplit les mondes.

Le paragraphe 4 en bref

Résumé en une ligne de la première section du maamar.

Le Chéma et la descente de l’âme ¶5

5ב והנה כללות ענין המשכה זו מסובב בממלא זהו מבואר בק״ש [בקריאת שמע] הוי׳ אלקינו הוי׳ אחד פי׳ הוי׳ אלקינו הוא בחי׳ סוכ״ע.

2. Or, dans son expression générale et collective, le sujet de cet influx de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) vers la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) est exposé dans le Chema : « Havaya est notre D.ieu, Havaya est Un. » Le sens est le suivant : « Havaya, notre D.ieu » désigne le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes.

Explication

La deuxième section commence. L’influx de sovev vers memalé, considéré dans son ensemble, s’exprime dans les paroles du Chema : « Havaya est notre D.ieu, Havaya est Un. » La première expression, « Havaya, notre D.ieu », désigne sovev, la lumière transcendante.

והוי׳ אחד הוא להיות המשכה מסוכ״ע בממכ״ע [בממלא כל עלמין] (וכמ״ש מזה בד״ה לבתתני אחותי כלה) כי אחד החי״ת היינו ז׳ רקיעים וארץ והד׳ הוא ד׳ רוחות העולם

Et « Havaya est Un » signifie qu’un influx se produise de la lumière qui entoure tous les mondes vers la lumière qui remplit tous les mondes (comme cela est expliqué à ce sujet dans le discours commençant par « Tu as ravi mon cœur, ma sœur, [ma] fiancée »). Car, dans « Un » (e'had), le het représente les sept cieux et la terre, tandis que le dalet représente les quatre directions du monde,

Explication

La deuxième expression, « Havaya est Un », désigne l’influx de sovev vers memalé. Les lettres de e'had (« Un ») le montrent : le het, dont la valeur numérique est huit, représente les sept cieux et la terre, et le dalet, dont la valeur est quatre, les quatre directions. Le Talmud parle de s’attarder sur ce mot jusqu’à avoir proclamé D.ieu Roi en haut, en bas et dans les quatre directions.

שהוא בחי׳ התחלקות הנמשך מבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] בטלים ונכללים בתוך האלף הוא ההמשכה מסוכ״ע שהוא בלתי התחלקות ע״כ נק׳ אלף

ce qui constitue le niveau de la division qui est attirée du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes ; [ces éléments] sont annulés et inclus dans le alef, lequel représente l’influx de la lumière qui entoure tous les mondes, qui est sans division. C’est pourquoi il est appelé alef.

Explication

Les cieux, la terre et les directions sont la multiplicité divisée qui découle de memalé. Tout cela est annulé et inclus dans le alef, dont la valeur numérique est un : la lumière indivisée de sovev, que le alef représente donc.

(ועמ״ש בד״ה שובה ישראל גבי אמרו אליו כל) ומה שנראה העולם ליש ודבר הוא מפני

(Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Reviens, Israël », au sujet de « Dites-Lui : “Tout…” ».) Et si le monde apparaît comme une réalité existante, comme une entité, c’est parce que

Explication

Le discours « Reviens, Israël » explique les mots « Dites-Lui : “Tout” » : D.ieu est appelé « Tout » parce que la Lumière infinie, qui transcende 'Hokhma, englobe tout sans division. Le Rabbi Chnéour Zalman demande maintenant pourquoi, si tout est annulé dans l’unité de D.ieu, le monde nous apparaît comme une existence séparée et indépendante.

כי בשכמל״ו [ברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד] אין מלך בלא עם כו׳ ואי לזאת ואהבת לשון אבה הוא רעותא דליבא שהוי׳ בחי׳ סוכ״ע יהיה בחי׳ אלקיך לנוכח בגילוי

« Béni soit le Nom de la gloire de Son règne à jamais » : car il n’y a pas de roi sans peuple, etc. C’est pourquoi « Tu aimeras » (ve'ahavta) exprime le désir (avah) : c’est la volonté du cœur que Havaya, le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes, devienne « ton D.ieu », à la deuxième personne, et se révèle

Explication

La réponse réside dans la royauté de D.ieu, louée par ces mots : « Béni soit le Nom de la gloire de Son règne à jamais » : « il n’y a pas de roi sans peuple », un peuple distinct du roi ; ainsi, Mal'hout fait naître des créatures qui se ressentent comme séparées. C’est pourquoi le Chema poursuit par « Tu aimeras », que le Rabbi Chnéour Zalman relie à avah, « désirer » : le désir du cœur que Havaya, transcendant, devienne « ton D.ieu », présent et révélé à toi.

(ע״י שמאיר בבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] שזהו ענין יחוד קוב״ה [קודשא בריך הוא] ושכינתיה) משא״כ בחי׳ סוכ״ע עצמו בחי׳ הוי׳ אלקינו הנאמר בפסוק שמע הוא בחי׳ העלם כו׳.

(par le fait que cette lumière brille au niveau de la lumière qui remplit tous les mondes, ce qui constitue le sens de l’union du Saint béni soit-Il et de Sa Chekhina [Présence divine]) ; en revanche, le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes en soi, le niveau de « Havaya, notre D.ieu » énoncé dans le verset du Chema, est le niveau du voilement, etc.

Explication

Cette révélation advient lorsque sovev brille au sein de memalé ; c’est là le sens de l’« union du Saint béni soit-Il et de Sa Chekhina ». Sovev en soi, appelé « Havaya, notre D.ieu » dans le premier verset du Chema, demeure caché.

בכל לבבך בשני יצריך שע״י היצה״ר [היצר הרע] דוקא שהוא בחי׳ ההעלם וההסתר של אור האלקי עי״ד [על ידו] יהי׳ [יהיה] צעק לבם אל ה׳.

« De tout ton cœur » : avec tes deux penchants. Car c’est précisément par le mauvais penchant, qui est le niveau du voilement et de la dissimulation de la lumière divine, que « leur cœur cria vers Havaya ».

Explication

La Michna interprète « de tout ton cœur » (levav'kha, avec une lettre doublée) comme signifiant « avec tes deux penchants », le bon et le mauvais. Le mauvais penchant dissimule la lumière divine ; précisément, cette dissimulation pousse le cœur à crier vers D.ieu, comme dans « leur cœur cria vers Havaya ».

וזהו חומת בת ציון הורידי כנחל דמעה (איכה ב׳ י״ח) שע״י בחי׳ החומה וההסתר אור אלקי עי״ז ויצעקו אל ה׳ בצר להם.

Et c’est là le sens de : « Muraille de la fille de Sion, laisse couler tes larmes comme un torrent » (Lamentations 2:18) : par le niveau du mur et le voilement de la lumière divine, « ils crièrent vers Havaya dans leur détresse ».

Explication

Le même verset des Lamentations poursuit : « Muraille de la fille de Sion » : le « mur » est le voilement de la lumière divine, et c’est ce voilement qui provoque le cri, comme dans « ils crièrent vers Havaya dans leur détresse ».

וזהו תכלית ירידת הנשמה בעוה״ז להיות בבחי׳ בע״ת [בעלי תשובה] דמשכין ליה בחילא יתיר מקום שבע״ת [שבעלי תשובה] עומדין כו׳

Et telle est la finalité de la descente de l’âme dans ce monde : atteindre le niveau des baalei techouva (ceux qui reviennent à D.ieu), qui L’attirent vers le bas avec une force accrue ; « à l’endroit où se tiennent ceux qui reviennent à D.ieu », etc.

Explication

C’est pourquoi l’âme descend dans ce monde : pour devenir un baal techouva, dont le retour attire la divinité vers le bas « avec une force accrue », comme l’enseigne le Zohar. Le Talmud enseigne qu’à l’endroit où se tiennent ceux qui reviennent à D.ieu, même les justes parfaits ne peuvent se tenir.

כי הנשמה קודם ירידתה לעוה״ז היתה בחי׳ צדיק גמור וירדה לעוה״ז להיות בחי׳ בע״ת [בעלי תשובה] בחילא יתיר.

Car avant sa descente dans ce monde, l’âme était au niveau d’un juste parfait ; elle descendit dans ce monde pour atteindre le niveau d’un baal techouva, « avec une force accrue ».

Explication

Avant sa descente, l’âme était parfaitement juste. Elle descend dans un monde de dissimulation afin que, en surmontant celle-ci, elle puisse servir D.ieu en tant que baal techouva, avec la force accrue que seul le retour apporte.

Le paragraphe 5 en bref

Le Chema lui-même exprime l’influx de sovev vers memalé : « Havaya, notre D.ieu » désigne sovev caché, et « Havaya est Un » sa révélation au sein du monde divisé. L’amour auquel le Chema appelle est le désir de cette révélation, désir que le voilement de ce monde et le mauvais penchant rendent plus intense ; c’est pourquoi l’âme descend, afin de servir avec la force accrue d’un baal techouva.

Pour aller plus loin

Dans le discours « Tu as ravi mon cœur » (Likkutei Torah, Shir HaShirim, cité dans la note de Kehot), « Havaya, notre D.ieu » désigne sovev en soi, l’union d’Abba et Imma, « les choses cachées », avant qu’il ne soit attiré dans memalé ; sa révélation au sein de memalé est appelée l’union de Zeir Anpin et de Noukva.

Maré mekomot

  1. 1
    בד״ה לבבתני אחותי כלה · ראה לקמן שה״ש כט, א ה׳ אלקינו בחי׳ סוכ״ע בעצמו (והיינו ענין יחוד או״א שהמשכה זו מגילוי זה נק׳ סוכ״ע קודם שנמשך עדיין בבחי׳ ממכ״ע או״א הנסתרות כו׳ והמשכת סוכ״ע כשבא בגילוי בממכ״ע זהו הנק׳ יחוד זו״נ) ע״ש.
  2. 2
    לבתתני אחותי כלה · Song of Songs 4:9
  3. 3
    אחד . . ז׳ רקיעים . . ד׳ רוחות העולם · סמ״ק סי׳ קד. והובא בב״י או״ח ר״ס סא. ע׳ ברכות (יג, ב). [כ].
  4. 4
    אחד החי״ת היינו ז׳ רקיעים וארץ והד׳ הוא ד׳ רוחות העולם · Berakhot 13b:18
  5. 5
    בד״ה שובה ישראל · לקמן ש״ש סז, ד אמרו אליו כל לפי שאתה כל וכללות הכל דהיינו בחי׳ אוא״ס ב״ה הסוכ״ע שלמע׳ מהחכ׳ כי מחכ׳ ולמטה יש התחלקו׳ כו׳ אבל למע׳ מן החכ׳ אין שום התחלקו׳ ולכן תשא כו׳.
  6. 6
    שובה ישראל · Hosea 14:2
  7. 7
    אמרו אליו כל · Hosea 14:3
  8. 8
    אין מלך בלא עם · עמק המלך שער שעשועי המלך רפ״א. ס׳ החיים פ׳ גאולה פ״ב. בחיי וישב לח, ל. ראה לעיל ה, ד.
  9. 9
    אין מלך בלא עם · Rabbeinu Bahya, Bereshit 38:30
  10. 10
    בכל לבבך · Deuteronomy 6:5
  11. 11
    בכל לבבך בשני יצריך · ברכות פ״ט, מ״ה.
  12. 12
    בכל לבבך בשני יצריך · Mishnah Berakhot 9:5
  13. 13
  14. 14
    ויצעקו אל ה׳ בצר להם · Psalms 107:6
  15. 15
    בע״ת דמשכין לי׳ בחילא יתיר · Zohar I, 129b
  16. 16
    מקום שבע״ת עומדין כו׳ · Berakhot 34b:22–23
  17. 17
    הוי׳ אלקינו הוי׳ אחד · Deuteronomy 6:4

Ce monde, lieu du sovev ¶6–7

6וזהו בחי׳ בכל מאדך בלי גבול והיינו בעוה״ז דייקא לפי שבעוה״ז הוא בחי׳ סוכ״ע. וזהו אשר אנכי מצוך היום בחי׳ אנכי מי שאנכי כו׳ מצוך היום דייקא.

Et tel est le niveau de « de toute ta force », sans limite ; cela se trouve précisément dans ce monde, car c’est dans ce monde que se trouve le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin). Et telle est l’expression « que Je te commande aujourd’hui » : le niveau du « Je » (Ano’hi), « Qui Je suis », etc. ; « Je te commande aujourd’hui », précisément.

Explication

Le « de toute ta force » du Chema (me’odekha, littéralement « ton beaucoup ») désigne un amour sans limite, qui appartient à ce monde, où se trouve sovev, qui est sans limite. Dans « que Je te commande aujourd’hui », le « Je » (Ano’hi) est l’essence même de D.ieu, « Qui Je suis », et « aujourd’hui » souligne qu’il s’agit de ce monde.

היום לעשותם בעוה״ז שבעוה״ב [שבעולם הבא] אין שם בחי׳ תשובה. משא״כ בעוה״ז מרשע גמור יכול להיות צדיק גמור

« Aujourd’hui, pour les accomplir », dans ce monde, car dans le Monde futur, il n’existe pas de niveau de techouva (retour) ; tandis que dans ce monde, celui qui est complètement mauvais peut devenir parfaitement juste.

Explication

Les Sages comprennent « aujourd’hui, pour les accomplir » ainsi : aujourd’hui, dans ce monde, est le temps d’accomplir les mitsvot, et demain, dans le Monde futur, celui d’en recevoir la récompense. Dans le Monde futur, il n’y a pas de techouva, tandis que dans ce monde, même celui qui est complètement mauvais peut devenir parfaitement juste.

והיינו לפי שבעוה״ז עולם היותר שפל מתגלה בחי׳ סוכ״ע וכחשיכה כאורה בלי שום בחי׳ הסתר כלל שוה ומשוה קטן וגדול כו׳

Et cela parce que, dans ce monde, le plus bas des mondes, le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes se révèle, et que « l’obscurité est comme la lumière », sans aucun niveau de dissimulation : « Il rend égaux et met sur le même plan le petit et le grand », etc.

Explication

Cela est possible parce que sovev se révèle dans ce monde, le plus bas des mondes, et que devant sovev « l’obscurité est comme la lumière » : il traite de la même façon le petit et le grand. Ainsi, celui qui est tombé très bas peut s’élever très haut.

(וכמ״ש מזה בד״ה צו את בנ״י [בני ישראל] כו׳ את קרבני לחמי) וזהו אשר אנכי מצוך היום ולהיות המשכת בחי׳ סוכ״ע בגילוי בבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] היא ע״י תומ״צ [תורה ומצות] דייקא

(Comme cela est expliqué à ce sujet dans le maamar qui commence par « Ordonne aux enfants d’Israël », etc., « Mon offrande, Mon pain ».) Et telle est l’expression « que Je te commande aujourd’hui ». Et [la raison pour laquelle] l’attraction du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes se révèle dans le niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), c’est précisément par la Torah et les mitsvot

Explication

Le maamar « Ordonne aux enfants d’Israël… Mon offrande, Mon pain » dans Likkutei Torah développe cette idée. Et puisque l’attraction de sovev dans la révélation au sein de memalé ne s’opère que par la Torah et les mitsvot, qui sont accomplies dans ce monde, il est dit : « que Je te commande aujourd’hui ».

כי המצות הן רצה״ע [רצון העליון] בחי׳ סוכ״ע שורה ומתלבש בתפילין ומזוזות ע״ג [על גבי] קלף גמיש שכותב ה׳ אחד ע״ג [על גבי] קלף

car les mitsvot sont la Volonté suprême, le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes, qui réside et s’habille dans les téfilines et les mezouzot, sur un parchemin matériel ; car on écrit « Havaya est Un » sur du parchemin ;

Explication

Les mitsvot sont la Volonté suprême, qui est sovev et réside dans des objets matériels tels que les téfilines et les mezouzot. Les mots « Havaya est Un » sont écrits sur du parchemin ordinaire et matériel.

וכן בכל המצות ובפרט מעשה הצדקה כסף וזהב גשמיים ע״י שורה בו אור אלקי וממשיך בחי׳ חסד עליון.

et il en va ainsi pour toutes les mitsvot, et tout particulièrement pour l’acte de charité : l’argent et l’or matériels ; par [cela], une lumière divine y réside et attire le niveau du 'Hessed supérieur (bonté).

Explication

Il en va de même pour chaque mitsva, et tout particulièrement pour la charité : la lumière divine réside dans l’argent et l’or matériels qui sont donnés, et le don attire le 'Hessed supérieur, la bonté de D.ieu.

Le paragraphe 6 en bref

Les expressions du Chema « de toute ta force » et « que Je te commande aujourd’hui » montrent que l’amour sans limite et l’attraction de l’essence même de D.ieu appartiennent à ce monde, où sovev se révèle et où la techouva est possible. Cette attraction s’opère par la Torah et les mitsvot, dans lesquelles la Volonté suprême réside au sein de réalités matérielles.

Pour aller plus loin

Dans le passage sur « Ano’hi, Qui Je suis », cité dans la note de Kehot (Likkutei Torah, Devarim), « que Je te commande » se comprend comme « Moi, Qui Je suis, Son essence », et metzavekha (« Je te commande ») comme un terme exprimant le lien, et non comme relevant du niveau du « Nom de la gloire de Son royaume » ; « aujourd’hui » signifie dans ce monde, et non « demain », dans le Monde futur, qui est uniquement destiné à recevoir la récompense.

Maré mekomot

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    בכל מאדך · Deuteronomy 6:5
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    צו את בנ״י כו׳ את קרבני לחמי · Numbers 28:2

7והיינו לפי שבחי׳ סוכ״ע מעלה ומטה רוחני׳ [רוחניים] וגשמיים שוין. וזשארז״ל [וזהו שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] חייב אדם לברך מאה ברכות בכל יום שזהו ענין הברכות המשכות בחי׳ סוכ״ע להיות בגילוי בבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין]. בא״י [ברוך אתה ה׳] שבחי׳ הוי׳ סוכ״ע יהיה בגילוי ברוך אתה כו׳.

Cela s’explique par le fait que, au niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), le spirituel et le matériel, le haut et le bas, sont égaux. C’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « L’homme est tenu de réciter cent bénédictions chaque jour » ; car tel est le sens des bénédictions : faire descendre le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes afin qu’il se révèle au niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin). « Béni sois-Tu, Havaya » : que le niveau de Havaya, la lumière qui entoure tous les mondes, se révèle. « Béni sois-Tu », etc.

Explication

Puisque, pour sovev kol almin, le haut et le bas, le spirituel et le matériel, sont semblables, cette lumière peut résider dans les choses matérielles. C’est pourquoi les Sages ont prescrit cent bénédictions par jour : chacune fait descendre sovev kol almin et le révèle au sein de memalé kol almin. Dans les mots « Béni sois-Tu, Havaya », on demande que Havaya, jusque-là caché, se révèle sous la forme de « Toi ».

Le paragraphe 7 en bref

Puisque sovev kol almin est également présent dans le matériel et le spirituel, les mitsvot et les cent bénédictions quotidiennes peuvent le faire descendre et le révéler au sein du monde.

Maré mekomot

  1. 1
    חייב אדם לברך מאה ברכות בכ״י · Menachot 43b:15–17

Crainte inférieure et crainte supérieure ¶8–9

8וזהו ועתה ישראל מה ה׳ אלקיך שואל מעמך כי אם ליראה את ה׳ אלקיך כו׳

Et c’est là le sens de : « Et maintenant, Israël, que te demande Havaya, ton D.ieu, sinon de craindre Havaya, ton D.ieu », etc.

Explication

Le maamar se tourne vers un autre verset du Deutéronome : « Que te demande D.ieu, sinon de Le craindre ? » Lui aussi sera interprété à travers les deux niveaux, memalé et sovev.

דלכאורה אינו מובן איך היראה היא מלתא זוטרתא כ״כ [כל כך] עד שאמר כי אם ליראה כו ׳.

Car, à première vue, on ne comprend pas comment la crainte serait une chose si peu importante, au point qu’il est dit : « sinon de craindre », etc.

Explication

Le Talmud pose la question évidente : la crainte du Ciel est-elle une chose si peu importante que le verset puisse dire « seulement » ? L’Alter Rebbe soulève ici cette question.

אך כי פי׳ ליראה את ה׳ אלקיך הנה מבואר למעלה דאלקיך היינו בחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] והוי׳ אלקיך הוא המשכת סובב בממלא וא״כ כיון דהיראה יומשך מבחי׳ זו דממכ״ע [דממלא כל עלמין] היא בחי׳ יראה תתאה

Cependant, le sens de « craindre Havaya, ton D.ieu » est [le suivant] : il a été expliqué plus haut que « ton D.ieu » désigne le niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), et que « Havaya, ton D.ieu » désigne le déversement de la lumière qui entoure [tous les mondes] dans la lumière qui remplit [tous les mondes]. Dès lors, puisque la crainte sera suscitée par ce niveau de la lumière qui remplit tous les mondes, elle relève de la crainte inférieure (yira tata’a).

Explication

La réponse est la suivante : « ton D.ieu » (Elokecha) désigne le memalé, et « Havaya, ton D.ieu » désigne le sovev déversé dans le memalé. La crainte qui vient du memalé, de D.ieu en tant qu’Il remplit le monde et lui donne la vie, est la « crainte inférieure » (yira tata’a).

אבל יש בחי׳ יראה עילאה הנמשך מבחי׳ גילוי סוכ״ע עצמו ע״ד החרדה שנפלה על חברי דניאל משום דמזלייהו חזי דהיינו מבחי׳ מקיף כו׳.

Mais il existe le niveau de la crainte supérieure (yira ila’a), qui est suscitée par la révélation de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) elle-même, à l’image du tremblement qui s’abattit sur les compagnons de Daniel, parce que « leur mazal vit », c’est-à-dire à partir du niveau de l’enveloppement (makif), etc.

Explication

Il existe aussi une « crainte supérieure » (yira ila’a), qui provient de la révélation du sovev lui-même. Le Talmud explique que les compagnons de Daniel tremblèrent bien qu’ils n’aient pas vu la vision, parce que « leur mazal vit », c’est-à-dire la racine de leur âme au-dessus d’eux ; une telle crainte provient du niveau enveloppant (makif).

לכן ז״ש [זהו שכתוב] שאינו שואל מעמך כי אם ליראה יראה תתאה כי על יראה עילאה ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] אם אין חכמה אין יראה שבחי׳ יראה זו נמשך על ידי עסק התורה לפי שאי אפשר להיות התגלות בחי׳ זו בנפש

C’est pourquoi il est dit qu’Il ne te demande que « de craindre » : il s’agit de la crainte inférieure. Car, au sujet de la crainte supérieure, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « S’il n’y a pas de sagesse, il n’y a pas de crainte » ; car ce niveau de crainte est suscité par l’étude de la Torah, puisqu’il est impossible que ce niveau se révèle dans l’âme

Explication

Le verset ne demande « que » la crainte inférieure. La crainte supérieure dépend de la sagesse, comme le dit la Michna : « S’il n’y a pas de sagesse, il n’y a pas de crainte », car elle vient de l’étude de la Torah et ne peut se révéler d’elle-même dans l’âme.

אלא בבחי׳ מזלייהו והוא נמשך בנפש על ידי עסק התורה דישראל מתקשראן באורייתא וכמ״ש במ״א

sinon au niveau de « leur mazal » ; et il est suscité dans l’âme par l’étude de la Torah, car Israël est lié à la Torah, comme cela est expliqué ailleurs,

Explication

Elle ne se révèle qu’à travers le « mazal » de l’âme, sa racine transcendante, qui est attirée dans l’âme par l’étude de la Torah, car Israël est lié à la Torah, comme le dit le Zohar.

בד״ה וידבר אלקים את כל הדברים האלה לאמר ובשעת מ״ת [מתן תורה] היה גילוי בחי׳ יראה עילאה הנמשך מבחי׳ אנכי מי שאנכי בחינת והנורא

dans le discours qui commence par : « Et D.ieu prononça toutes ces paroles, en disant. » Au moment du Don de la Torah, il y eut une révélation du niveau de la crainte supérieure, suscitée par le niveau de « Moi » (Ano’hi), « Celui que Je suis », le niveau de « et redoutable ».

Explication

Lors du Don de la Torah, la crainte supérieure se révéla ; elle venait de « Moi » (Ano’hi), l’essence même de D.ieu, le niveau désigné dans les prières comme « le Redoutable ». Le discours « Et D.ieu prononça toutes ces paroles » l’explique.

ולכן ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] שעל כל דבור פרחה נשמתן כו׳. אך עכ״ז [עם כל זה] אינו שואל מעמך כי אם ליראה היינו בחי׳ יראה תתאה:

C’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit qu’à chaque parole, leurs âmes s’envolaient, etc. Mais malgré cela, Il ne te demande que « de craindre », c’est-à-dire le niveau de la crainte inférieure.

Explication

C’est pourquoi les Sages disent que les âmes du peuple s’envolaient à chaque parole divine : la crainte supérieure dépassait ce que l’âme pouvait supporter. Malgré cela, le verset ne demande à l’homme que la crainte inférieure.

Le paragraphe 8 en bref

Les deux niveaux sont appliqués à la crainte : « craindre Havaya, ton D.ieu » ne demande que la crainte inférieure, qui vient du memalé. La crainte supérieure, qui vient de la révélation du sovev, dépend de l’étude de la Torah ; celle-ci révèle la racine transcendante de l’âme, comme cela se produisit au Sinaï.

Pour aller plus loin

Le Tanya, chapitres 23 et 43 (cités dans les notes de Kehot), expose ces deux mêmes niveaux : la crainte inférieure vient de la contemplation de la grandeur de D.ieu, de la façon dont Il remplit tous les mondes et l’ensemble de l’enchaînement des mondes ; la crainte supérieure, au sujet de laquelle il est dit « S’il n’y a pas de sagesse, il n’y a pas de crainte », est une crainte plus grande, que tous les esprits ne peuvent supporter. Le Tanya ajoute que la Torah est appelée « une porte vers la cour » de cette crainte.

Maré mekomot

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    ועתה ישראל מה ה׳ אלקיך · Deuteronomy 10:12
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    איך היראה היא מלתא זוטרתא כ״כ · Berakhot 33b:24–25
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    החרדה שנפלה על חברי דניאל משום דמזלייהו חזי · Megillah 3a:11
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    דמזלייהו חזי . . מקיף · וע׳ בסש״ב (ספכ״ג). [כ].
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    כי על יראה עילאה ארז״ל אם אין חכמה כו׳ · Numbers 16:2
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    אם אין חכמה אין יראה · אבות פ״ג, מי״ז.
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    אם אין חכמה אין יראה · Pirkei Avot 3:17
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    וידבר אלקים את כל הדברים האלה לאמר · Exodus 20:1
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    על כל דיבור פרחה נשמתן · Shabbat 88b:6

9קיצור. והמשכה זו היא בק״ש [בקריאת שמע] ואהבת את ה׳ אלקיך מאה ברכות. ליראה את ה׳ אלקיך:

Résumé : Cet influx se réalise dans le Chema, « Tu aimeras Havaya, ton D.ieu » ; dans les cent bénédictions ; et dans « craindre Havaya, ton D.ieu ».

Explication

Résumé de la deuxième section : cet influx s’opère par le « Tu aimeras Havaya, ton D.ieu » du Chema, par les cent bénédictions quotidiennes et par « craindre Havaya, ton D.ieu ».

Le paragraphe 9 en bref

Résumé en une ligne de la deuxième section du maamar.

La Torah donne vie aux mitsvot ¶10–11

10ג אך הנה המשכת שרש המצות אשר קדשנו כו׳ להיות בגילוי למטה במעשה המצות הוא ע״י תורה וכמ״ש ודברת בם כו׳ לשון ידבר שהוא מענין הנהגה והמשכה ואחר כך וקשרתם וכתבתם כו׳.

3. Cependant, la transmission de la racine des mitsvot — « qui nous a sanctifiés », etc. — afin qu’elle se révèle ici-bas dans l’accomplissement des mitsvot, se fait par la Torah, comme il est écrit : « Tu en parleras », etc. Le terme vedibarta est apparenté à yadber (« Il conduit »), qui exprime l’idée de conduire et de transmettre ; puis viennent : « Tu les attacheras » et « Tu les écriras », etc.

Explication

La troisième partie commence. La racine des mitsvot, la sainteté évoquée dans la bénédiction « qui nous a sanctifiés par Ses commandements », ne se révèle dans l’acte matériel que par la Torah. Ainsi, dans le Chéma, « Tu en parleras » — l’étude de la Torah — précède « tu les attacheras » et « tu les écriras » — les téfilines et la mezouza. L’Admour Hazaken rapproche vedibarta de yadber, « Il conduit », un terme qui exprime l’idée de conduire et de transmettre.

כי הנה התורה הוא מזון לנפש והמצות הם לבושים וכמו המזון שמחיה את האדם כך

Car la Torah est la nourriture de l’âme, et les mitsvot sont ses vêtements ; et de même que la nourriture donne vie à une personne, ainsi…

Explication

La Torah est la nourriture de l’âme, qui pénètre en elle, tandis que les mitsvot sont ses vêtements, qui l’enveloppent. De même que la nourriture maintient une personne en vie, la Torah donne vie aux mitsvot.

ע״י תורה טעמי המצות נמשך שרש המצות אשר קדשנו במצותיו רצה״ע [רצון העליון] להיות שורה ומתגלה במעשה המצות וכמ״ש החכמה תחיה בעליה בקהלת סי׳ ז׳ י״ב.

par la Torah, les raisons des mitsvot — la racine des mitsvot, « qui nous a sanctifiés par Ses commandements », la Volonté suprême — sont transmises afin qu’elles résident et se révèlent dans l’accomplissement des mitsvot, comme il est écrit : « La sagesse donne vie à ceux qui la possèdent » (Kohelet, chapitre 7, [verset] 12).

Explication

L’étude de la Torah, qui enseigne les raisons des mitsvot, fait descendre leur racine, la Volonté suprême, afin qu’elle réside dans l’acte et s’y révèle. Kohelet l’exprime dans le verset : « La sagesse donne vie à ceux qui la possèdent. »

שהמצות נקרא בעליה דחכמה דתרגום בעל לשון מרא ורבון דהיינו שיש לו ממשלה על בחי׳ חכמה שהמצות הם מבחינת רצה״ע [רצון העליון] שלמעלה מבחי׳ חכמה ואורייתא מחכמה נפקת ואעפ״כ [ואף על פי כן] החכמה תחיה כי התורה היא פירוש

Car les mitsvot sont appelées les « maîtres » de la sagesse, puisque le Targoum [araméen] rend ba'al par « maître » et « seigneur » ; cela signifie qu’elles ont autorité sur le niveau de la sagesse ('Hokhma). En effet, les mitsvot relèvent du niveau de la Volonté suprême, qui est au-dessus du niveau de la sagesse, tandis que « la Torah procède de la sagesse ». Pourtant, « la sagesse donne vie », car la Torah est l’explication…

Explication

Les mitsvot sont les « maîtres » de la sagesse, puisque ba'al signifie aussi maître, comme le rend le Targoum : la Volonté suprême, dont procèdent les mitsvot, est supérieure à la sagesse, source de la Torah. Malgré cela, la sagesse, qui est inférieure, « donne vie » à ces maîtres supérieurs, car la Torah explique les mitsvot.

וביאור טעמי המצות ולכן ע״י התורה דוקא נמשך שרש המצות ורצה״ע [ורצון העליון] להיות בגילוי בבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין]

et l’élucidation des raisons des mitsvot. C’est pourquoi c’est précisément par la Torah que la racine des mitsvot et la Volonté suprême sont transmises afin de se révéler au niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin).

Explication

Puisque la Torah explique les raisons des mitsvot, c’est précisément par elle que leur racine, la Volonté suprême, se révèle au sein du memalé, la lumière qui se trouve dans les mondes.

(וכמ״ש במ״א בד״ה מנורת זהב כולה מענין החכמה תחיה בעליה ועמ״ש ע״פ אני לדודי בפי׳ נמנו וגמרו גדול תלמוד שמביא לידי מעשה

(Comme cela est expliqué ailleurs, dans le discours qui commence par « Un candélabre entièrement d’or », à propos de « la sagesse donne vie à ceux qui la possèdent » ; et voyez ce qui est écrit au sujet du verset « Je suis à mon bien-aimé », dans l’explication de : « Ils votèrent et conclurent : l’étude est supérieure, car elle conduit à l’action ».

Explication

Deux discours parallèles sont cités : l’un sur « Un candélabre entièrement d’or », qui traite de « la sagesse donne vie à ceux qui la possèdent » ; l’autre sur « Je suis à mon bien-aimé », qui explique la conclusion du Talmud selon laquelle l’étude est supérieure parce qu’elle conduit à l’action.

כי א״א להיות התעוררות המשכת בחי׳ סוכ״ע ע״י המצות שהם מדברים גשמיים ציצית מצמר אם לא ע״י התורה שהיא הממוצע המחברם כמו עד״מ באדם שהדיבור הוא הממוצע המחבר ומוציא מהעלם לגילוי רצונו וחפצו.

Car il est impossible que les mitsvot, qui s’accomplissent au moyen d’objets matériels — par exemple des tsitsit en laine — éveillent la transmission du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), si ce n’est par la Torah, qui est l’intermédiaire les reliant. À titre d’exemple, chez une personne, la parole est l’intermédiaire qui relie et fait passer sa volonté et son désir de l’état caché à l’état révélé.

Explication

Les mitsvot s’accomplissent avec des objets matériels, tels que des tsitsit en laine, et ne peuvent à elles seules éveiller la transmission du sovev. La Torah est l’intermédiaire qui relie la Volonté suprême à l’objet matériel, tout comme, chez une personne, la parole fait passer une volonté intérieure de l’état caché à l’état révélé.

ור״ל [ורוצה לומר] כמו שגילוי והמשכת הרצון במעשה הוא ע״י הדבור והדבור נלקח מהשכל כמ״כ [כמו כן] המשכת רצה״ע [רצון העליון] במעשה המצות הוא ע״י הדבור בד״ת [בדברי תורה] דאורייתא מחכמה נפקת). וזהו ענין לעשות בארץ פי׳ להמשיך בבחי׳ המצות רצון העליון בחי׳ סוכ״ע

C’est-à-dire que, de même que la révélation et la transmission de la volonté dans l’action se font par la parole, et que la parole provient de l’intellect, de même la transmission de la Volonté suprême dans l’accomplissement des mitsvot se fait par la parole, dans les paroles de Torah, car « la Torah procède de la sagesse ».) Telle est la signification de « accomplir dans le pays » : transmettre la Volonté suprême — le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes — dans le domaine des mitsvot…

Explication

L’analogie s’achève : la volonté atteint l’action par la parole, et la parole puise dans l’intellect ; de même, la Volonté suprême atteint l’acte de la mitsva par la parole, par l’énoncé des paroles de Torah, qui procèdent de la sagesse de D.ieu. Après la parenthèse, « accomplir dans le pays » est expliqué comme la transmission de la Volonté suprême, le sovev, dans les mitsvot.

(וגם כמש״ל [כמה שכתוב לעיל] דארץ היינו ג״ע [גן עדן] וצריך לעשות ולתקן היינו להמשיך בו מבחי׳ רצה״ע [רצון העליון] כי ההארה שנברא בג״ע [בגן עדן] הוא רק זיו השכינה ונמשך מב׳ אותיות בי״ה ה׳ צור עולמים ביו״ד נברא העוה״ב [העולם הבא]

(Et aussi, comme expliqué plus haut, « la terre » désigne le Gan Eden, et il faut « faire » et rectifier [cela], c’est-à-dire y attirer quelque chose du niveau de la Volonté suprême. Car la lumière qui fut créée dans le Gan Eden n’est que le rayonnement de la Chekhina (la Présence divine), et elle provient de deux lettres : « Car par Yah (youd-hé), Havaya forma les mondes » ; le Monde futur fut créé par la lettre youd.

Explication

L’interprétation précédente, selon laquelle « la terre » désigne le Gan Eden, convient également : la lumière créée dans le Gan Eden n’est que le « rayonnement de la Chekhina ». Le Talmud comprend « par Yah, Havaya forma les mondes » en ce sens que ce monde fut créé par la lettre hé et le Monde futur par la lettre youd.

אבל ע״י המצות נמשך עצם רצה״ע [רצון העליון] דכלא חשיבי האותיות הנ״ל אצלו או כמשל שאיןם ערוך תענוג ומתיקות המלובש בפרי כתפוח וכה״ג [וכהאי גוונא] לגבי עצם מקור הכח הצומח שממנו נמשכים טעמי׳ [טעמיה] אלו כמ״ש במ״א)

Mais par les mitsvot, l’essence même de la Volonté suprême est attirée vers le bas ; devant elle, les lettres susmentionnées sont considérées comme rien. Ou bien, selon l’analogie, il n’y a aucune comparaison entre le plaisir et la douceur contenus dans un fruit, tel une pomme ou un fruit semblable, et la source même de la force de croissance dont proviennent ces saveurs, comme cela est expliqué ailleurs.)

Explication

Toutefois, par les mitsvot, l’essence même de la Volonté suprême est attirée dans le Gan Eden, et auprès d’elle, ces lettres créatrices ne comptent pour rien. L’analogie : le goût d’une pomme n’est rien en comparaison de la force de croissance d’où proviennent toutes ces saveurs.

ולכך נאמר וזאת המצוה אשר צוה ה׳ לעשות בארץ ואח״כ כתיב שמע ישראל והיא מצות ק״ש [קריאת שמע] ואח״כ ודברת בם מצות ת״ת [תלמוד תורה] והכל חובת הגוף הוא ונוהג בין בארץ בין בחוץ לארץ.

C’est pourquoi il est dit : « Et voici le commandement que Havaya a ordonné d’accomplir dans le pays », puis il est écrit : « Écoute, Israël », ce qui est la mitsva de réciter le Chema, puis : « Et tu en parleras », la mitsva d’étudier la Torah ; tout cela relève d’une obligation personnelle, qui s’applique aussi bien dans le Pays qu’en dehors du Pays.

Explication

Revenons à la question initiale : le verset dit « d’accomplir dans le pays », puis mentionne le Chema et l’étude de la Torah, des mitsvot qui s’appliquent partout.

אלא דפי׳ לעשות בארץ היינו להמשיך אור הסוכ״ע בממכ״ע [בממלא כל עלמין] הנקרא ארץ והוא בחי׳ ג״ע [גן עדן] התחתון כנ״ל.

Mais le sens de « d’accomplir dans le pays » est d’attirer la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) dans la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), appelée « terre » ; c’est le niveau du Gan Eden inférieur, comme indiqué plus haut.

Explication

La réponse est la suivante : « accomplir dans le pays » signifie attirer le sovev dans le memalé, appelé « terre », qui correspond au Gan Eden inférieur, comme expliqué au début.

ועיקר כללות המשכה זו היינו מצות ק״ש [קריאת שמע] כמש״ל [כמה שכתוב לעיל] שזהו פי׳ הוי׳ אחד כו׳. וכמ״כ [וכמו כן] הוא ע״י כל המצות רק בק״ש [בקריאת שמע] הוא עיקר המשכה זו

Et cette attraction dans son ensemble s’effectue principalement par la mitsva de réciter le Chema, comme expliqué plus haut : telle est la signification de « Havaya est Un », etc. Il en va de même pour toutes les mitsvot, mais c’est dans le Chema que cette attraction s’effectue principalement.

Explication

Le Chema est le principal moyen de cette attraction, puisque ses paroles, « Havaya est Un », l’expriment, comme l’expliquait la deuxième section. Chaque mitsva l’opère également, mais c’est principalement dans le Chema.

ולכן נאמר ג״כ בק״ש [בקריאת שמע] ודברת בם דהיינו בד״ת [בדברי תורה] כי המשכה זו ע״י המצות הוא התורה כנ״ל:

C’est pourquoi il est également dit dans le Chema : « Et tu en parleras », c’est-à-dire que tu en parleras dans les paroles de Torah ; car cette attraction, opérée par les mitsvot, passe par la Torah, comme indiqué plus haut.

Explication

Voilà pourquoi le Chema dit également : « Et tu en parleras », en référence à l’étude de la Torah. L’attraction opérée par toutes les mitsvot dépend de la Torah.

Le paragraphe 10 en bref

La Volonté suprême, qui constitue la racine des mitsvot, ne parvient à l’acte matériel que par l’étude de la Torah, qui est aux mitsvot ce que la parole est à l’action et la nourriture à une personne : « la sagesse donne vie à ceux qui la possèdent ». Cela répond à la deuxième question : « accomplir dans le pays » signifie transmettre le sovev dans le memalé et dans le Gan Eden, principalement par le Chéma, qui parle donc aussi de l’étude de la Torah.

Pour aller plus loin

Dans le discours parallèle sur la ménora (Likkutei Torah, Beha'aloscha, cité dans la note de Kehot), les mitsvot telles qu’elles sont en haut sont supérieures à la Torah ; pourtant, leur révélation dans l’âme divine se fait par la Torah. Par elle, la personne en vient à accepter le joug du Ciel, ce qui attire dans le youd-hé du Nom Havaya, tandis que la Torah et les mitsvot attirent de là vers son vav-hé.

Maré mekomot

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    ואורייתא מחכמה נפקת · Zohar, Yitro 21:378–22:389
  6. 6
    בד״ה מנורת זהב · לעיל פ׳ בהעלותך לה, א בהקיצור המצות כמו שהן למע׳ הן למע׳ מהתו׳. אך כדי להמשיך הגילוי בנה״א הוא ע״י התו׳ כי החכ׳ תחי׳ ועל ידה יבא לקבלת עומ״ש שקדם לעול מצות וקבלת עומ״ש ממשיך ממקור הראשון להיות נמשך בבחי׳ י״ה דש׳ הוי׳ וע״י תומ״צ ממשיכים משם בבחי׳ ו״ה ע״ש.
  7. 7
    מנורת זהב כולה · Zechariah 4:2
  8. 8
    נמנו וגמרו גדול תלמוד שמביא לידי מעשה · Kiddushin 40b:8
  9. 9
    בי״ה ה׳ צור עולמים · Isaiah 26:4
  10. 10
    ביו״ד נברא העוה״ב · Menachot 29b:13–14
  11. 11
    וזאת המצוה אשר צוה ה׳ לעשות בארץ · Deuteronomy 6:1
  12. 12
    שמע ישראל · Deuteronomy 6:4
  13. 13
    ודברת בם מצות ת״ת · Berakhot 21a
  14. 14
    חובת הגוף הוא ונוהג בין בארץ בין בחוץ לארץ · Kiddushin 37a:3–4

11קיצור. אך הנה כדי להמשיך גילוי רצון העליון בנפש ע״י המצות הוא ע״י התורה וע״ז נאמר החכמה תחיה בעליה:

Résumé : Cependant, pour faire pénétrer dans l’âme le dévoilement de la Volonté suprême au moyen des mitsvot, il faut passer par la Torah. C’est à ce propos qu’il est dit : « La sagesse donne vie à ceux qui la possèdent. »

Explication

Résumé de la troisième section : la Volonté suprême ne se dévoile dans l’âme au moyen des mitsvot que par l’intermédiaire de la Torah, comme l’enseigne le verset : « La sagesse donne vie à ceux qui la possèdent. »

Le paragraphe 11 en bref

Résumé en une ligne de la troisième section du maamar.

Pourquoi les mitsvot ont besoin d’être protégées ¶12–16

12לשמור את כל מצותיו כו׳ ושמרת לעשות ענין השמירה הוא להיות כי מעשה המצות הם נעשים בדברים גשמיים כסף וזהב שעושין בהן צדקה וקלף גשמי לסת״מ [לספרי תורה תפילין ומזוזות] ושאר דברים תחתונים

« Pour garder tous Ses commandements », etc., « et tu veilleras à les accomplir » : la notion de garde tient au fait que les mitsvot s’accomplissent au moyen d’objets physiques : l’argent et l’or avec lesquels on fait la charité, le parchemin matériel des rouleaux de la Torah, des tefillin et des mezouzot, ainsi que d’autres choses inférieures.

Explication

Le maamar répond maintenant à la première question, celle de la double mention de la « garde ». Les mitsvot s’accomplissent au moyen d’objets physiques : l’argent et l’or destinés à la charité, le parchemin des rouleaux de la Torah, des tefillin et des mezouzot, et d’autres objets inférieurs.

שהם נמשכים מק״נ [מקליפת נוגה] כי אין לך עשב מלמטה שאין לו מזל מלמעלה המכה בו ואומר לו גדל.

qui proviennent de la kelipat noga ; car « il n’est pas une herbe ici-bas qui n’ait au-dessus d’elle un mazal qui la frappe et lui dise : “Pousse !” »

Explication

Ces choses tirent leur force vitale de la kelipat noga, le domaine où le bien et le mal sont mêlés et qui peut être orienté dans un sens comme dans l’autre. Le Midrach enseigne que chaque brin d’herbe a au-dessus de lui un mazal qui le frappe et lui ordonne de pousser.

פי׳ מזל הוא שר המשפיע אותו עשב וע״י שעושים בו המצוה נכלל חיות זה בקדושת ה׳ אחד ועל זה נאמר ורעי את גדיותיך על משכנות הרועים.

Le sens de mazal est le ministre (sar) qui dispense son influence à ce brin d’herbe ; et, lorsqu’on accomplit la mitsva avec lui, cette force vitale est incluse dans la sainteté du D.ieu Un. C’est à ce sujet qu’il est dit : « Fais paître tes chevreaux près des demeures des bergers. »

Explication

Le mazal est le ministre angélique qui transmet la force vitale à l’herbe. Lorsqu’une mitsva est accomplie avec un objet matériel, sa force vitale est absorbée dans la sainteté de D.ieu ; c’est ce qu’évoque l’expression « fais paître tes chevreaux près des demeures des bergers ».

פי׳ גדיותיך הוא מלשון גדא דהר שבגמרא שהוא ל׳ [לשון] מזל מלשון העורכים לגד שלחן דהיינו מעשה המצות

Le sens de « tes chevreaux » (gediyosayich) se rattache à l’expression « le gada de la montagne » dans la Guemara, terme désignant un mazal, et à l’expression « ceux qui dressent une table pour Gad » ; cela désigne donc l’accomplissement des mitsvot,

Explication

Gediyosayich, « tes chevreaux », est rapproché de gad, « fortune », comme dans l’expression talmudique « le gada de la montagne » et celle d’Isaïe « ceux qui dressent une table pour Gad », deux termes désignant un mazal. Les « chevreaux » représentent ainsi les actes des mitsvot, qui élèvent ce que les mazalot soutiennent.

שהם נתלבשו בדברים גשמיי׳ [גשמיים] תחתונים שנמשכים מן המזלות והמזלות מקבלים מן שמרי האופנים וע״י העלאה זו של המצות הם מתעלים על משכנות הז׳ רועים אברהם ויצחק כו׳

qui sont revêtus d’objets matériels inférieurs, provenant des mazalot, lesquels reçoivent des scories des Ofanim ; et, par cette élévation des mitsvot, ils sont élevés jusqu’aux « demeures » des sept « bergers », Avraham, Yits’hak, etc.,

Explication

Ces actes font intervenir des objets inférieurs qui proviennent des mazalot, lesquels reçoivent eux-mêmes des scories des anges Ofanim. Par les mitsvot, ils sont élevés jusqu’aux « demeures des bergers », les sept bergers, à commencer par Avraham et Yits’hak.

שנק׳ רועים על שם שממשיכים בחי׳ עונג העליון ואוי״ר [ואהבה ויראה] לכנ״י [לכנסת ישראל] וכמ״ש במ״א בד״ה אם לא תדעי לך.

qui sont appelés « bergers » parce qu’ils attirent le niveau du plaisir suprême, ainsi que l’amour et la crainte, vers la Communauté d’Israël (Knesset Israël), comme il est expliqué ailleurs, dans le discours qui commence par « Si tu ne le sais pas ».

Explication

Les bergers sont ainsi appelés parce qu’ils « nourrissent » Knesset Israël, l’âme collective d’Israël, en y attirant le plaisir suprême, l’amour et la crainte. Le discours « Si tu ne le sais pas » dans Torah Ohr l’explique.

Le paragraphe 12 en bref

La nécessité de « garder » les mitsvot vient de ce qu’elles s’accomplissent au moyen d’objets matériels, qui tirent leur force vitale des kelipot noga par l’intermédiaire des mazalot. La mitsva élève cette force vitale vers la sainteté, jusqu’aux « demeures des bergers » ; mais c’est son origine inférieure qui explique qu’elle doive être gardée.

Pour aller plus loin

Dans le discours « Si tu ne le sais pas » (Torah Ohr, Vayetzei, cité dans la note de Kehot), les patriarches sont eux-mêmes le char, tandis que nous n’atteignons que les « demeures des bergers », les réceptacles de leurs attributs, tels que le 'Hessed, le bras droit, réceptacle d’Avraham. En faisant « paître les chevreaux » là, on peut parvenir à un niveau supérieur, « au-dessus » des demeures : le lieu où se trouvent les bergers eux-mêmes.

Maré mekomot

  1. 1
    שו״ה לשמור את כל חוקותיו · סעיף זה הובא בהמשך מים רבים תרל״ו פרק רא.
  2. 2
    לשמור את כל מצותיו · Deuteronomy 6:2
  3. 3
    ושמרת לעשות · Deuteronomy 6:3
  4. 4
    ענין השמירה · ”ולכאורה צ״ל למה מעשה המצות צריכים שמירה” — המשך מים רבים שם.
  5. 5
    אין לך עשב מלמטה · Bereshit Rabbah 10:6
  6. 6
    אין לך עשב מלמטה שאין לו מזל מלמעלה המכה בו ואומר לו גדל · Zohar, Addenda, Volume I 1:1
  7. 7
    ורעי את גדיותיך על משכנות הרועים · Song of Songs 1:8
  8. 8
    גדא דהר שבגמרא · Chullin 40a
  9. 9
    העורכים לגד שלחן · Isaiah 65:11
  10. 10
    הז׳ רועים אברהם יצחק וכו׳ · Sukkah 52b:13
  11. 11
    בד״ה אם לא תדעי לך · תו״א ויצא כג, ג: על משכנות הרועים פי׳ רועים הם ז׳ רועים אברהם .ֿ. ונק׳ רועים ע״ש שממשיכין בחי׳ עונג העליון לכנס״י. והנה האבות הן הן המרכבה. אבל אנו אין לנו כח זה אלא במשכנות הרועים בחי׳ כלים מכלים שונים .ֿ. חסד דרועא ימינא הוא כלי לבחי׳ אברהם אוהבי .ֿ. שם תרעה את גדיותיך ועי״ז תזכה להגיע ולבא למדרגה גדולה מזו להיות על משכנות הרועים ולמעלה מבחי׳ משכנות דהיינו למקום הרועים עצמן.

13והנה מאחר שמ״מ הם נלקחים מדברים תחתונים רק שנמשך בהם רצה״ע [רצון העליון] כו׳ ע״כ צריכים הם שימור שלא יומשך מזה יניקה לחיצונים ח״ו [חס ושלום]

Or, puisqu’elles sont néanmoins tirées de choses inférieures, et que seule la Volonté suprême se trouve attirée en elles, etc., elles ont donc besoin d’être protégées, afin que les forces extérieures n’en tirent aucune nourriture, à D.ieu ne plaise.

Explication

Bien que la mitsva attire la Volonté suprême dans ces choses physiques, celles-ci proviennent néanmoins d’une source inférieure. Elles ont donc besoin d’être protégées, afin que les forces extérieures, les kelipot, n’en tirent pas leur nourriture.

כי הבחינה שהיה מבחי׳ תערובות טו״ר [טוב ורע] אע״פ [אף על פי] שנתברר ונתעלה צריך הוא שמירה שלא יהיה מזה יניקה כנ״ל.

Car un niveau qui relevait d’un mélange de bien et de mal, même après avoir été raffiné et élevé, a besoin d’être protégé afin qu’il n’en soit tiré aucune nourriture, comme il a été dit plus haut.

Explication

Tout ce qui était autrefois un mélange de bien et de mal a besoin d’être protégé, même après avoir été raffiné et élevé, afin que le mal ne puisse pas s’en nourrir de nouveau.

משא״כ בחינת הטוב בעצם א״צ [אין צריך / אינו צריך] שימור כ״כ [כל כך] כי רחוק הוא בעצם מן הרע וזהו שנאמר שומר את גרים דאין ר״ל [רוצה לומר] גרים ממש דוקא כ״א אמ״ש [את מה שכתוב] תלה עושה משפט לעשוקים כו׳

En revanche, le niveau du bien en soi n’a pas besoin d’être autant protégé, car il est par essence éloigné du mal. C’est ce que signifie « Il protège les étrangers » (gerim) : il ne s’agit pas spécifiquement de véritables étrangers, mais de ce qui est écrit auparavant : « Il rend justice aux opprimés », etc.,

Explication

Ce qui est bon en soi a moins besoin d’être protégé, car il est naturellement éloigné du mal. Voilà le sens de « Il protège les gerim » dans le Psaume 146 : les gerim ne désignent pas seulement les convertis proprement dits, mais aussi ceux qui sont mentionnés plus tôt dans le psaume, les « opprimés » auxquels D.ieu rend justice.

שהם הניצוצים שנפלו בשבה״כ [בשבירת הכלים] או ע״י חטא אדה״ר [אדם הראשון] שהם עשוקים בידי החיצונים והש״י [והשם יתברך] מרחם עליהם במשפט דאיהו רחמי להעלותם לשרשם.

à savoir les étincelles qui sont tombées lors du brisement des réceptacles ou à la suite de la faute d’Adam, le premier homme, et qui sont opprimées entre les mains des forces extérieures ; D.ieu, béni soit-Il, a compassion d’elles par la « justice », qui est miséricorde, afin de les élever jusqu’à leur racine.

Explication

Les « opprimés » sont les étincelles de sainteté qui sont tombées lors du brisement des réceptacles ou à la suite de la faute d’Adam et qui sont retenues captives par les forces extérieures. D.ieu a compassion d’elles par la « justice » qui, dans le langage du Zohar, signifie la miséricorde, et les élève jusqu’à leur source.

Le paragraphe 13 en bref

Les choses élevées à partir d’un mélange de bien et de mal doivent être protégées même après avoir été raffinées. Cette idée est lue dans le Psaume 146 : les « gerim » que D.ieu protège sont les étincelles « opprimées », tombées dans les kelipot et en voie de rédemption.

Pour aller plus loin

Le lien avec les gerim devient explicite dans le paragraphe suivant : le Talmud dit qu’Israël n’a été exilé que pour que des convertis (gerim) viennent s’ajouter à lui, et l’Alter Rebbe comprend ces gerim comme les étincelles élevées par les mitsvot.

Maré mekomot

  1. 1
    שומר את גרים · Psalms 146:9
  2. 2
    עושה משפט לעשוקים · Psalms 146:7
  3. 3
    במשפט דאיהו רחמי · Zohar III, 85b
  4. 4
    במשפט דאיהו רחמי · Tikkunei Zohar 17b:5–7

14וע״ז ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] לא גלו ישראל אלא כדי כו׳ שהם ניצוצין אלו המתעלים ע״י קיום המצות בדברים גשמיים

À ce sujet, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Israël n’a été exilé que pour… », etc. ; il s’agit de ces étincelles, qui sont élevées par l’accomplissement des mitsvot au moyen d’objets matériels.

Explication

Le Talmud dit qu’Israël a été exilé parmi les nations « uniquement afin que des convertis s’ajoutent à lui ». L’Admour Hazaken interprète ces « convertis » comme les étincelles élevées par l’accomplissement des mitsvot au moyen d’objets matériels.

ולכך נאמר בזה שומר את גרים פי׳ שגם לאחר שנתבררו מצטרכים לבחי׳ שמירה מעולה שלא יהיו חוזרים ונופלים

C’est pourquoi il est dit à leur sujet : « Il garde les gerim » ; c’est-à-dire que, même après avoir été affinées, elles ont besoin d’une protection supérieure, afin de ne pas retomber.

Explication

D’où l’expression « Il garde les gerim » : même après avoir été affinées, les étincelles ont besoin d’une protection particulière pour ne pas retomber.

וכמו עד״מ האדם שחטא ואשם וחזר בתשובה צריך שמירה מעולה שלא יחזור לסורו משא״כ מי שלא טעם טעם חטא שאין צריך לשמירה כ״כ [כל כך].

De même, par analogie, un homme qui a péché et s’est rendu coupable, puis a fait techouva (retour), a besoin d’une protection supérieure pour ne pas revenir à ses anciennes voies ; tandis que celui qui n’a jamais goûté au péché n’a pas besoin d’être protégé autant.

Explication

L’exemple est celui d’un pénitent : puisqu’il a péché une fois, il a besoin de garanties plus fortes pour ne pas revenir à ses anciennes voies que celui qui n’a jamais goûté au péché.

Le paragraphe 14 en bref

Les étincelles affinées, ces « convertis » pour lesquels Israël est parti en exil, ont besoin d’une protection supérieure afin de ne pas retomber, tout comme un pénitent doit faire preuve d’une vigilance plus grande que celui qui n’a jamais péché.

Maré mekomot

  1. 1
    לא גלו ישראל אלא כדי כו׳ · Pesachim 87b:14

15וכידוע שזהו ענין תשובת הגדר כי יש תשובת המשקל והיא שכפי הנאה שנהנה בעבירה כן לפי ערך זה יש לו להצטער בדאגת הלב כנגד החשק והתאוה אשר נהנה.

Et, comme on le sait, c’est là le sens de la « techouva de la clôture ». Car il existe la « techouva de la balance » : dans la mesure du plaisir qu’il a éprouvé dans la transgression, il doit ressentir une douleur correspondante, dans l’angoisse du cœur, en proportion du désir et de l’envie dont il a joui.

Explication

La nécessité d’une vigilance supplémentaire est rapprochée d’une distinction connue concernant la techouva. La « techouva de la balance » met en regard la douleur du regret et le plaisir procuré par la faute, mesure pour mesure.

את תשובת הגדר וא להתרחק ביותר עד קצה האחרון מהרע כדי שלא יתאוה לעבירה ח״ו [חס ושלום] והבעל תשובה צריך לזה יותר ממי שלא חטא כו׳

Mais la techouva de la clôture consiste à s’éloigner du mal de manière extrême, jusqu’à la limite la plus éloignée, afin de ne pas désirer la transgression, à D.ieu ne plaise ; le baal techouva (pénitent) en a davantage besoin que celui qui n’a pas péché, etc.

Explication

La « techouva de la clôture » consiste à ériger une clôture loin du mal et à se tenir à l’extrême opposé, au point de ne même pas désirer la faute. Celui qui a péché a davantage besoin de cette clôture que celui qui n’a jamais péché.

וכן אמר הה״ק [הרב הקדוש] המגיד נ״ע [נשמתו עדן] שאע״פ [שאף על פי] שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] אל יאמר אדם אי אפשי בבשר כו׳ אלא אפשי ומה אעשה ואבי שבשמים גזר עלי היינו במי שלא חטא מעולם

C’est ainsi que l’a enseigné le saint Rav, le Maguid, que son âme soit dans l’Éden : bien que nos Sages, de mémoire bénie, aient dit : « Qu’un homme ne dise pas : “Je n’ai pas envie de viande”, etc., mais plutôt : “J’en ai envie, mais que puis-je faire ? Mon Père dans les Cieux me l’a interdit” », cela s’applique à celui qui n’a jamais péché ;

Explication

Le Maguid de Mézéritch, maître de l’Admour Hazaken, a précisé l’enseignement des Sages selon lequel on ne doit pas dire : « La viande interdite m’est répugnante », mais : « J’en aurais envie, mais mon Père dans les Cieux me l’a interdite. » Selon lui, cet enseignement s’applique à celui qui n’a jamais péché.

אבל הבע״ת [הבעלי תשובה] צ״ל כל מיני רע ואיסורים מאוסים אצלו ושיאמר אי אפשי כו׳ בכדי שלא יפול ח״ו [חס ושלום].

mais, pour le baal techouva, toute forme de mal et toute interdiction doivent lui être répugnantes, et il doit dire : « Je n’en ai pas envie », etc., afin qu’il ne tombe pas, à D.ieu ne plaise.

Explication

Le baal techouva, en revanche, doit trouver véritablement répugnants tout mal et toute interdiction, et dire : « Je n’en veux pas », afin de ne pas retomber.

נמצא מבואר שמי שהיה כבר למטה במדרגה צריך שמירה יתירה אף גם לאחר שנתעלה ומכל זה נוכל

Il ressort donc clairement que celui qui s’est trouvé auparavant à un niveau inférieur a besoin d’une vigilance accrue, même après s’être élevé. Et, de tout cela, nous pouvons

Explication

Le principe qui se dégage est que celui qui s’est trouvé à un niveau inférieur a besoin d’une vigilance accrue, même après s’être élevé. Cela éclaire la « garde » dont il est question à propos des mitsvot.

להבין ענין לשמור הנז׳ [הנזכר] גבי עשיית המצות דאע״פ [דאף על פי] שהמצות הם המשכות קדושה עליונה מבחי׳ סוכ״ע אשר קדשנו במצותיו ממש שהקב״ה מניח תפילין וכו׳.

comprendre le sens de « garder », mentionné à propos de l’accomplissement des mitsvot : bien que les mitsvot attirent une sainteté supérieure depuis le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements » au sens littéral, car le Saint béni soit-Il met les téfilines, etc.,

Explication

Les mitsvot attirent une sainteté supérieure depuis le sovev. « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements » doit être compris au sens littéral, puisque le Talmud dit que D.ieu Lui-même, pour ainsi dire, met les téfilines.

אך לפי שנתלבש דוקא האור העליון בדברים גשמיים שהן מבחי׳ ק״נ [קליפת נוגה] כנ״ל ע״כ צריכים שמירה

néanmoins, puisque la lumière supérieure s’est précisément revêtue dans des choses matérielles, qui relèvent du niveau de la kelipa noga, comme indiqué plus haut, elles ont donc besoin d’être gardées,

Explication

Pourtant, la lumière supérieure se revêt dans des choses matérielles, qui relèvent de la kelipa noga, comme cela a été expliqué précédemment ; elles ont donc besoin d’être gardées.

שלא יהיה מזה יניקת החיצונים ח״ו [חס ושלום] מפני שהניצוצים האלו היו עשוקים אצלם ועכשיו יצאו משם ונתבררו ע״כ צריכים שמירה לבלתי יתערב בהם יניקת החיצונים

afin que les forces extérieures n’en tirent pas de vitalité, à D.ieu ne plaise ; car ces étincelles étaient captives chez elles, et elles en sont maintenant sorties et ont été raffinées. Elles ont donc besoin d’être gardées, afin qu’aucune vitalité des forces extérieures ne se mêle à elles.

Explication

Les étincelles présentes dans ces choses étaient captives des forces extérieures ; elles en ont maintenant été libérées et raffinées. Comme un pénitent, elles ont besoin d’être gardées, afin que les forces extérieures ne leur reprennent pas leur vitalité.

והוא שלא יתפעל האדם בעצמו בעשותו המצוה להחזיק טובה לעצמו או להיות תפארת וגדלות ממנה או שאר איזה פנייה ח״ו [חס ושלום] כי מי יעלה בהר ה׳ נקי כפים ובר לבב.

Il s’agit de ceci : lorsqu’une personne accomplit une mitsva, elle ne doit pas être remuée intérieurement au point de s’attribuer un mérite, d’en tirer gloire et grandeur, ni d’agir avec quelque autre arrière-pensée que ce soit, à D.ieu ne plaise. Car « Qui montera sur la montagne de Havaya ? Celui qui a les mains propres et le cœur pur. »

Explication

Concrètement, cette vigilance signifie qu’une personne ne doit pas éprouver de satisfaction personnelle lorsqu’elle accomplit une mitsva, en tirer de la fierté ou de la gloire, ni agir avec quelque autre arrière-pensée. Le Psaume 24 exige « des mains propres et un cœur pur ».

פי׳ בר לבב שהוא בלי שום תערובת זר ח״ו [חס ושלום] (ועיין מה שכתוב בד״ה כה תברכו גבי וישמרך וב״ה קול דודי בענין ושמרתם את המצות כו׳ שנאמר בפ׳ בא) (י״ב י״ז).

Le sens de « pur de cœur » est qu’il ne comporte aucun mélange étranger, à D.ieu ne plaise. (Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Ainsi vous bénirez », à propos de « et qu’Il te garde », ainsi que dans le discours commençant par « La voix de mon bien-aimé », au sujet de « Vous garderez les matsot », etc., qui est dit dans la Paracha Bo.) (12:17).

Explication

Un cœur pur ne comporte aucun mélange étranger. La parenthèse cite deux discours : l’un sur la bénédiction sacerdotale, qui interprète « et qu’Il te garde » comme une protection contre la satisfaction de soi ; l’autre sur « La voix de mon bien-aimé », qui comprend « gardez les matsot » comme une mise en garde contre le « levain » de l’orgueil.

וברבות פרשה עקב נראה דמפרש ושמרתם את המצות היינו כל מצותיו ית׳. ועיין בזוהר חלק ב׳ תרומה (קל״א א׳) בעין ליל שמורים:

Et dans le Midrach Rabba, Paracha Ekev, il semble que « Vous garderez les matsot » soit expliqué comme désignant tous Ses commandements, qu’Il soit béni. Voyez aussi le Zohar, partie II, Terouma (131a), à propos d’« une nuit de veille ».

Explication

Le Midrach interprète « gardez les matsot » (hamatsot) comme « les mitsvot », ces mots étant écrits avec les mêmes lettres ; la nécessité de la vigilance s’applique donc à chaque mitsva. Le Zohar enseigne de même que la nuit requiert une veille, comme l’indique l’expression « une nuit de veille ».

Le paragraphe 15 en bref

La double « garde » est expliquée à partir de la techouva : de même qu’un pénitent a besoin d’une clôture plus solide que celui qui n’a jamais péché, les objets matériels des mitsvot, élevés hors de la kelipa noga, ont besoin d’être gardés. Concrètement, cela signifie accomplir la mitsva sans autosatisfaction, orgueil ni arrière-pensée.

Pour aller plus loin

Dans le discours sur la bénédiction sacerdotale (Likkutei Torah, Nasso, cité dans la note de Kehot), « Que D.ieu te bénisse » désigne l’élévation des étincelles de l’âme et de la nourriture, qui s’élèvent chaque jour par la prière, comme un éveil d’en bas ; « et qu’Il te garde » désigne la protection nécessaire contre les « destructeurs », les forces extérieures, afin qu’elles ne tirent aucune vitalité de cet amour parce qu’une personne s’en attribuerait le mérite, car « qui montera… »

Maré mekomot

  1. 1
    תשובת המשקל · ראה סה״מ עת״ר ע׳ סא.
  2. 2
    והבעל תשובה צריך לזה יותר ממי שלא חטא · היינו רק במדריגה תחתונה דתשובה (כמפורש בסה״מ תש״ה ע׳ 42). אבל במדריגה עליונה דתשובה, הרי אדרבה הבע״ת יותר ”מובטח” מצדיק” — לקו״ש חכ״ט ע׳ 235 הערה 50. וראה לקו״ש חל״ט ע׳ 97.
  3. 3
    וכן אמר הה״ק המגיד · ראה לקו״א להה״מ כו, ג (הוצאת קה״ת). ראה עד״ז בכתר שם טוב (הוצאת קה״ת) סי׳ שצח. מים רבים תרל״ו פרק רא. סה״מ תש״ד ע׳ 136. ד״ה באתי לגני תשי״ג. נתבאר בלקו״ש ח״ד ע׳ 1182 ואילך. חי״ח ע׳ 121. חל״ט ע׳ 97.
  4. 4
    אל יאמר אדם אי אפשי בבשר · Rashi on Leviticus 20:26
  5. 5
    כל מיני רע ואיסורים מאוסים · Bamidbar Rabbah 8:2
  6. 6
    שהקב״ה מניח תפילין · Berakhot 6a:17–18
  7. 7
    צריכים שמירה שלא יהיה מזה יניקת החיצונים · ראה גם לקמן פ׳ ראה כ, א.
  8. 8
    מי יעלה בהר ה׳ · Psalms 24:3
  9. 9
    נקי כפים ובר לבב · Psalms 24:4
  10. 10
    בד״ה כה תברכו · לעיל נשא כו, ג יברכך ה׳ להיות ריבוי העלאות ניצוצות הן כחו׳ נפה״א והבהמיות שבאדם ושבמאכלי׳ כו׳ ועולות למעלה בכל יום באתעדל״ת ע״י התפלה כו׳ והנה על ברכה זו שהיא מאתעדל״ת נא׳ וישמרך שהיא צריכה שימור מן המזיקי׳ הם החיצוני׳ כו׳ שלא יהי׳ להם יניקה מאה׳ זו להיות מחזיק טובה כו׳ כי מי יעלה כו׳. — ביאור מחסיד בכת״י.
  11. 11
    כה תברכו · Numbers 6:23
  12. 12
    וישמרך · Numbers 6:24
  13. 13
    ובד״ה קול דודי · לקמן שה״ש טו, א וצריכה שמור ושמרתם את המצות שלא תבא לידי חימוץ ח״ו הגבהה והתנשאות ע״ש.
  14. 14
    קול דודי · Song of Songs 2:8
  15. 15
    ושמרתם את המצות · Exodus 12:17
  16. 16
    וברבות פרשה עקב · מאמונתן של בו״ד אתה יודע אמונתו של הקב״ה שנאמן לשלם לישראל שכר מצות שהן עושין מנין שנא׳ (שמות יב) ושמרתם את המ’צות ע״ש (הרי דמפ׳ המ’צות כמו המְצות, וא״כ מה שמפ׳ בקול דודי בשימור המ’צות שייך ג״כ בכל המְצות).
  17. 17
    ושמרתם את המצות היינו כל מצותיו · Devarim Rabbah 3:3
  18. 18
    בזח״ב תרומה (קל״א א׳) · ליל אצטריך לנטורא דכתי׳ ליל שמורים (הרי מפ׳ שצריך שמירה כמבו׳ כאן ודוק).
  19. 19
    ליל שמורים · Exodus 12:42
  20. 20
    שאמרו רז״ל . . אלא אפשי . . ואבי שבשמים · ספרא קדושים כ, כו. הובא ברש״י שם. על״ק האזינו הב׳ (עד, א). וש״נ. [כ].
  21. 21
  22. 22

16קיצור. ענין לשמור את כל חוקותיו כו׳:

Résumé : Le sens de « garder tous Ses statuts », etc.

Explication

Le résumé de cette partie : ce que signifie « garder tous Ses statuts ».

Le paragraphe 16 en bref

Un résumé en une ligne de l’explication du terme « garder ».

La Torah orale comme maison ¶17–20

17ד אך הנה כיון שאפילו מעשה המצות צריכים לבחי׳ שמירה א״כ איך וע״י מה יהיה בחי׳ שמירה זו אך הענין כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] שמור זו משנה וכמ״ש במ״א ע״פ תשמרו להקריב לי.

4. Cependant, puisque même l’accomplissement des mitsvot a besoin d’être gardé, comment et par quoi cette protection peut-elle donc être assurée ? Le sujet s’explique ainsi, selon l’enseignement de nos Sages de mémoire bénie : « “Garde” désigne la Michna », comme il est expliqué ailleurs à propos du verset : « Vous garderez, afin de M’offrir. »

Explication

La quatrième section commence. Si même les mitsvot ont besoin d’être gardées, comment cela se fait-il ? Les Sages enseignent que « garde » désigne la Michna, la Torah orale, et le verset « Vous garderez, afin de M’offrir » est expliqué ailleurs dans le même sens.

ולכן השמירה הוא על ידי עסק התורה שבעל פה שבה ועל ידה יוכל להיות השמירה (ועמ״ש בד״ה אחרי ה׳ אלקיכם תלכו גבי ואת מצותיו תשמרו ובקולו תשמעו ע״ש)

La protection s’exerce donc par l’étude de la Torah orale : c’est en elle et par elle que cette protection peut être assurée. (Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Après Havaya, votre D.ieu, vous marcherez », au sujet de « vous garderez Ses commandements et vous écouterez Sa voix » ; voyez là-bas.)

Explication

La protection vient donc de l’étude de la Torah orale. Le discours « Après Havaya, votre D.ieu, vous marcherez » explique « vous garderez Ses commandements » par « vous écouterez Sa voix », la voix de la Torah.

והענין דהנה המצות הם בחי׳ לבושים לנפש דהיינו שהוא המשכת בחי׳ סוכ״ע בממכ״ע [בממלא כל עלמין] וזהו בחי׳ לבוש שהוא המקיף להגוף. אך שמירת הגוף והלבוש הוא על ידי בית וזהו בחי׳ התרוה.

Voici l’explication : les mitsvot sont les vêtements de l’âme, c’est-à-dire qu’elles attirent le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) dans celui de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin). Tel est le niveau d’un vêtement, qui enveloppe le corps. Or, la protection du corps et du vêtement s’effectue par une maison ; la maison correspond au niveau de la Torah.

Explication

Les mitsvot sont les vêtements de l’âme, car elles attirent le sovev, la lumière qui entoure les mondes, dans le memalé, celle qui les remplit, de même qu’un vêtement enveloppe le corps. Le corps et ses vêtements sont protégés par une maison ; cette maison est la Torah.

Le paragraphe 17 en bref

La protection dont les mitsvot ont besoin vient de la Torah orale. Si les mitsvot sont les vêtements de l’âme, la Torah est la maison qui abrite à la fois le corps et les vêtements.

Pour aller plus loin

Le discours cité ici (Likkutei Torah, Re'eh) explique qu’une transgression éteint la lumière qu’une mitsva allume dans l’âme, mais non la mitsva elle-même, tandis qu’elle ne peut éteindre la Torah. Les mitsvot sont donc gardées par « Sa voix », la voix de la Torah, car « une mitsva est une lampe et la Torah est une lumière ».

Maré mekomot

  1. 1
    שמור זה משנה · Kiddushin 37a
  2. 2
    שמור זו משנה · Rashi on Deuteronomy 12:28
  3. 3
    שמור זו משנה · Rashi on Deuteronomy 4:6
  4. 4
    ע״פ תשמרו להקריב לי · לעיל פ׳ פנחס עו, ב. ”וצריך שלא יהי׳ מאבד ח״ו בחי׳ י״ה שנותני׳ לו והיינו ע״י שמור זו משנה”.
  5. 5
    תשמרו להקריב לי · Numbers 28:2
  6. 6
    בד״ה אחרי ה׳ אלקיכם תלכו · לקמן פ׳ ראה כ, א המצות צריכות שמירה דהיינו הנר שנמשך מהן וכענין לא כאברהם שיצא ממנו ישמעאל כו׳ ואמרז״ל עבירה מכבה מצוה שמכבה את הנר ונשקע אש האה׳ ועז״נ ואת מצותי תשמרו שלא יבא לידי איבוד ח״ו והיינו ע״י ובקולו תשמעו קול התו׳ כו׳ ואינה מכבה תו׳ ע״ש. — ביאור מחסיד בכת״י.
  7. 7
    אחרי ה׳ אלקיכם תלכו · Deuteronomy 13:5

18וכמ״ש בזהר דאורייתא היכלא עילאה דקודשא בריך הוא וגם ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] מיום שחרב בית המקדש אין לו להקדוש ברוך הוא בעולמו

Comme il est écrit dans le Zohar, la Torah est le palais céleste du Saint béni soit-Il. Nos Sages, de mémoire bénie, ont également dit : « Depuis le jour où le Saint Temple a été détruit, le Saint béni soit-Il n’a dans Son monde

Explication

Le Zohar appelle la Torah le palais céleste de D.ieu, et le Talmud dit que, depuis la destruction du Temple, D.ieu n’a dans Son monde que les quatre coudées de la halakha.

אלא ד׳ אמות של הלכה הרי ד״א [ד׳ אמות] של הלכה הם נגד בחי׳ בית המקדש שהוא בחי׳ בית וכמ״ש וכל בניך למודי ה׳ ורב

que les quatre coudées de la halakha. » Ainsi, les quatre coudées de la halakha correspondent au niveau du Saint Temple, qui est celui d’une maison. Et comme il est écrit : « Tous tes enfants seront instruits par Havaya, et grande

Explication

Les quatre coudées de la halakha prennent donc la place du Temple : elles sont la « maison » de D.ieu. Le verset d’Isaïe, « Tous tes enfants seront instruits par Havaya », introduit l’interprétation des Sages qui suit.

שלום בניך אל תקרא בניך אלא בוניך כו׳ שישראל הם הבונים את ההיכל והיינו על ידי תורה שבע״פ [שבעל פה].

sera la paix de tes enfants » : « Ne lis pas “tes enfants” (banayich), mais “tes bâtisseurs” (bonayich) », etc. ; car Israël bâtit le palais, et cela se fait par la Torah orale.

Explication

Le Talmud lit banayich, « tes enfants », comme bonayich, « tes bâtisseurs » : les érudits en Torah bâtissent le palais de D.ieu, et ils le bâtissent par la Torah orale.

Le paragraphe 18 en bref

La Torah, et plus particulièrement la halakha de la Torah orale, est la maison de D.ieu dans le monde, à la place du Temple ; ceux qui l’étudient en sont les bâtisseurs.

Maré mekomot

  1. 1
    וכמ״ש בזהר דאורייתא היכלא עילאה דקוב״ה · Zohar II, 200a
  2. 2
    מיום שחרב ביהמ״ק אין לו להקב״ה בעולמו · Berakhot 8a:18–19
  3. 3
    וכל בניך למודי ה׳ · Isaiah 54:13
  4. 4
    א״ת בניך אלא בוניך · Berakhot 64a:14

19ולכך על ידי זה יהיה שמירה לבחי׳ לבושים דמעשה המצות שלא יהיה מהם יניקת החיצונים על ידי שמירה דבחי׳ בית הנ״ל.

Ainsi, il y aura une protection du niveau des vêtements que constituent l’accomplissement des mitsvot, afin que les forces extérieures ne puissent pas en tirer leur nourriture, grâce à la protection du niveau de la « maison » mentionnée plus haut.

Explication

Ainsi, la « maison » de la Torah orale protège les « vêtements » des mitsvot, afin que les forces extérieures ne puissent pas s’en nourrir.

וביאור הענין הוא כי הנה כל התורה שבעל פה הוא להחמיר חומרות ודקדוקי סופרים שלא לעשות.

L’explication est la suivante : toute la Torah orale consiste à imposer des rigueurs et les précisions des Sages, [en indiquant ce qu’il ne faut] pas faire.

Explication

La Torah orale consiste en grande partie en rigueurs et en précisions établies par les Sages, qui définissent ce qu’il ne faut pas faire.

וכן במצות עשה אם עושה כך כשרה ואם לאו פסולה ואינה מצוה כלל. שזהו יסוד כל התורה שבעל פה להחמיר על דברי תורה שלא לעשות

Il en va de même pour les commandements positifs : si on l’accomplit de cette manière, il est valide ; sinon, il est invalide et ne constitue nullement une mitsva. Car tel est le fondement de toute la Torah orale : se montrer rigoureux quant aux paroles de la Torah, [en indiquant ce qu’il ne faut] pas faire.

Explication

Même pour les mitsvot positives, elle définit précisément quand un commandement est valide et quand il est invalide, ne constituant alors nullement une mitsva. Son fondement est de se montrer rigoureux quant aux paroles de la Torah et de délimiter ce qu’il ne faut pas faire.

ועל זה ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] ערבים עלי דברי סופרים יותר מיינה של תורה כי זהו עיקר הסייג והשמירה לד״ת [לדברי תורה] (ועמ״״ש בד״ה ושמע אביה).

À ce sujet, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Les paroles des Scribes me sont plus chères que le vin de la Torah », car elles constituent la principale clôture et protection des paroles de la Torah. (Voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et son père entend ».)

Explication

C’est pourquoi les Sages disent que les paroles des Scribes leur sont plus chères que « le vin de la Torah » : elles sont la clôture et la protection des paroles de la Torah. Le discours « Et son père entend » approfondit ce sujet.

כי הוא בחי׳ גבורות עליונות מבחי׳ חכמה עילאה שמהם נעשה בחי׳ החותם והחומה שלא יהיה יניקת החיצונים מהמצוה והרצון עליון.

Car il s’agit du niveau des Guevourot supérieures, issues du niveau de la 'Hokhma supérieure ; c’est d’elles que sont formés le sceau et le mur, afin que les forces extérieures ne puissent pas tirer leur nourriture de la mitsva ni de la Volonté suprême.

Explication

Ces limites proviennent des Guevourot supérieures, les forces de retenue présentes dans la 'Hokhma supérieure. Elles forment un sceau et un mur, empêchant les forces extérieures de tirer leur nourriture de la mitsva et de la Volonté suprême qui y réside.

וזהו אני חומה שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] זו תורה ומשמע ביבמות (דס״ב ב׳) דקאי על תשבע״פ [תורה שבעל פה] שהרי אמרו בלא חומה דכתיב נקבה תסובב גבר והיינו בחי׳ תורה שבע״פ [שבעל פה].

C’est là le sens de « Je suis un mur », dont nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « C’est la Torah ». Il ressort de Yevamot (62b) que cela désigne la Torah orale, car ils ont dit « sans mur », comme il est écrit : « Une femme entourera un homme » ; il s’agit du niveau de la Torah orale.

Explication

Ainsi, « Je suis un mur » désigne la Torah, et le Talmud dans Yevamot laisse entendre qu’il s’agit de la Torah orale : un homme célibataire vit « sans mur », car « une femme entourera un homme ». La Torah orale est ce mur féminin qui entoure.

ועמ״״ש בד״ה וכל בניך בענין אל תקרא בניך אלא בוניך והנה על ידי הדבור בתורה שבע״פ [שבעל פה] באמרו פטור וחייב טמא וטהור אסור ומותר נעשה בחי׳

Voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et tous tes enfants », au sujet de « Ne lis pas “tes enfants”, mais “tes bâtisseurs” ». Or, par la parole dans la Torah orale, lorsqu’on dit « exempté » et « tenu de payer », « impur » et « pur », « interdit » et « permis », se produit le niveau de

Explication

Le discours « Et tous tes enfants » développe l’idée de « tes bâtisseurs ». Lorsqu’un érudit statue « exempté » ou « tenu de payer », « impur » ou « pur », « interdit » ou « permis », ses paroles créent des distinctions et des séparations.

ההבדלה וההפרשה שלא יוכלו לקבל היניקה והאחיזה ח״ו [חס ושלום] וכמ״ש ודברי אשר שמתי בפיך אני המשנה המדברת בפיך אלו ואלו דברי אלקים חיים הוא הוא המדבר בפיכם.

la distinction et la séparation, afin qu’elles ne puissent pas recevoir de nourriture ni s’y agripper, à D.ieu ne plaise. Comme il est écrit : « Et Mes paroles que J’ai placées dans ta bouche » ; « Je suis la Michna qui parle dans ta bouche » ; « Les unes comme les autres sont les paroles du D.ieu vivant » : c’est Lui qui parle dans votre bouche,

Explication

Ces séparations empêchent les forces extérieures de s’agripper, car les paroles de la halakha sont les paroles de D.ieu dans la bouche de l’homme : « Mes paroles que J’ai placées dans ta bouche » ; « Je suis la Michna qui parle dans ta bouche », comme le maguid céleste le dit à Rabbi Yossef Karo ; et « les unes comme les autres sont les paroles du D.ieu vivant ».

Le paragraphe 19 en bref

La Torah orale protège les mitsvot, car ses décisions, ses rigueurs et ses distinctions forment un mur issu des forces supérieures de retenue. Lorsqu’un érudit statue, la parole de D.ieu dans sa bouche sépare la sainteté de ce qui chercherait à s’en nourrir.

Pour aller plus loin

Dans le discours « Et tous tes enfants » (Likkutei Torah, Re'eh, cité dans la note Kehot), l’Alter Rebbe rapporte l’enseignement talmudique « Les érudits de la Torah accroissent la paix dans le monde » et demande pourquoi la preuve doit s’appuyer sur la lecture « tes bâtisseurs », alors que « enseignés par Havaya » désigne déjà les érudits.

Maré mekomot

  1. 1
    ערבים עלי ד״ס יותר מיינה ש״ת · Avodah Zarah 35a:6
  2. 2
    בד״ה ושמע אביה · לעיל מטות פה, א.
  3. 3
    ושמע אביה · Numbers 30:5
  4. 4
    אני חומה · Song of Songs 8:10
  5. 5
    נקבה תסובב גבר · Jeremiah 31:22
  6. 6
  7. 7
    בד״ה וכל בניך · לקמן פ׳ ראה כט, א ואילך.
  8. 8
    ודברי אשר שמתי בפיך · Isaiah 59:21
  9. 9
    אני המשנה המדברת · מגיד מישרים ס׳ ויקרא בתחלתו, ובכ״מ.
  10. 10
    אלו ואלו דא״ח · Eruvin 13b:10

20ולא דברי בית שמאי ובית הלל עצמן. לכך הנה עי״ז נעשו החיצונים רחוקים ולא יהיה להם אחיזה מהאור הנמשך ע״י קיום המצות.

et non les paroles de Beit Chammaï et de Beit Hillel eux-mêmes. C’est pourquoi, par là, les forces extérieures sont éloignées et ne peuvent s’attacher à la lumière attirée par l’accomplissement des mitsvot.

Explication

C’est D.ieu qui parle à travers les paroles de Beit Chammaï et de Beit Hillel, et non les Sages seuls. C’est pourquoi leurs décisions tiennent les forces extérieures à distance, afin qu’elles ne puissent s’attacher à la lumière attirée par les mitsvot.

וה״ז [והרי זה] כדמיון הבית עד״מ שנעשה למחסה ולמסתור מזרם וממטר ולכך ת״ח [תלמיד חכם / תלמידי חכמים] נק׳ בוניך שהם הבונים את הבית ע״י דיבורם דברי אלקים חיים המדבר בפיהם.

Cela ressemble à une maison, à titre d’analogie, qui est faite « pour servir d’abri et de refuge contre l’orage et la pluie ». C’est pourquoi les érudits de la Torah sont appelés « tes bâtisseurs » : ils bâtissent la maison par leur parole, les paroles du D.ieu vivant qui parle en leur bouche.

Explication

C’est la « maison » de l’analogie, un abri « contre l’orage et la pluie ». Les érudits de la Torah sont appelés « tes bâtisseurs » parce qu’ils bâtissent cette maison par leur parole, qui est celle du D.ieu vivant en leur bouche.

אך עכ״ז [עם כל זה] אם ה׳ לא יבנה בית כו׳ שתחלה צ״ל בבחינת וכל בניך למודי הוי׳

Cependant, malgré cela, « Si Havaya ne bâtit pas une maison », etc. ; car il faut d’abord atteindre le niveau de « Et tous tes enfants seront enseignés par Havaya »,

Explication

Pourtant, « Si Havaya ne bâtit pas une maison, ses bâtisseurs peinent en vain. » Il faut d’abord faire partie de ceux qui sont « enseignés par Havaya ».

דהיינו להיות ואהבת את הוי׳ אלקיך בכל לבבך רעותא דלבא שיחפוץ באמת לאמתו בעומק הלב גילוי אלקות בחי׳ סוכ״ע רוח אייתי רוח ואמשיך כו׳ ועי״ז יוכל להיות בחינת בוניך משא״כ אם לומד בפ״ע [בפני עצמו] אינו ממשיך כלום.

c’est-à-dire qu’il y ait « Tu aimeras Havaya, ton D.ieu, de tout ton cœur » : la volonté du cœur, qu’il désire en vérité absolue, au plus profond de son cœur, la révélation de la divinité, le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) ; « un esprit suscite un esprit et l’attire », etc. Par cela, il peut atteindre le niveau de « tes bâtisseurs » ; mais s’il étudie [la Torah] pour elle-même, il n’attire rien.

Explication

Cela signifie accomplir « Tu aimeras Havaya, ton D.ieu, de tout ton cœur » : éprouver au plus profond du cœur un véritable désir de la révélation de sovev. Comme le dit le Zohar, un esprit d’en bas suscite et attire un esprit d’en haut ; ce n’est qu’alors que l’on peut être un « bâtisseur », tandis que l’étude sans ce désir n’attire rien.

Le paragraphe 20 en bref

Les érudits de la Torah bâtissent la « maison » protectrice par leur parole, qui est la parole de D.ieu ; mais cela n’est possible que si leur étude procède d’un amour et d’un désir profonds de la divinité, qui attirent l’esprit d’en haut.

Maré mekomot

  1. 1
    למחסה ולמסתור מזרם וממטר · Isaiah 4:6
  2. 2
    אם ה׳ לא יבנה · Psalms 127:1
  3. 3
    וכל בניך למודי הוי׳ · Isaiah 54:13
  4. 4
    ואהבת את הוי׳ אלקיך בכל לבבך · Deuteronomy 6:5
  5. 5
    רוח אייתי רוח ואמשיך · Zohar II, 162b

La crainte d’abord ; l’ordre des versets ¶21–23

21וזהו למען תירא את ה׳ אלקיך כו׳ לשמור כו׳ שכדי שיהיה בחי׳ בית ושמירה ע״י עסק התשבע״פ [התורה שבעל פה] הוא ע״י למען תירא את הוי׳ כו׳ אבל האומר אין לי אלא תורה אפילו תורה אין לו.

Et c’est là le sens de : « afin que tu craignes Havaya, ton D.ieu », etc., « pour garder », etc. : car, pour que le niveau d’une maison et d’une protection soit assuré par l’étude de la Torah orale, il faut que ce soit par « afin que tu craignes Havaya », etc. Mais « celui qui dit : “Je n’ai que la Torah”, ne possède même pas la Torah. »

Explication

Cela explique l’ordre du verset introductif : « afin que tu craignes Havaya, ton D.ieu » précède « pour garder ». La « maison » et la protection qu’apporte la Torah orale dépendent d’abord de la crainte de D.ieu ; comme le dit le Talmud, celui qui prétend n’avoir que la Torah ne possède même pas la Torah.

Le paragraphe 21 en bref

L’étude de la Torah ne protège les mitsvot que si elle repose sur la crainte de D.ieu ; c’est pourquoi le verset place « afin que tu craignes » avant « pour garder ».

Maré mekomot

  1. 1
    למען תירא את ה׳ אלקיך · Deuteronomy 6:2
  2. 2
    האומר אין לי אלא תורה · Yevamot 109b:4–5

22והטעם הוא שהרי עיקר כח השמירה הוא לפי שדבור זה הוא דבר ה׳ המדבר בתוך פיו וכמאמר מתניתין מלכתא כמלך הגוזר שלא יקרב זר כו׳.

La raison en est que la principale force de protection tient au fait que cette parole est la parole de D.ieu qui parle dans sa bouche ; comme le dit l’expression : « La Michna est une reine », telle un roi qui décrète qu’aucun étranger ne doit s’approcher, etc.

Explication

La protection opère parce que la parole de Torah est la parole même de D.ieu qui parle dans la bouche de la personne. La Michna est appelée « reine » et, tel un roi qui interdit à tout étranger de s’approcher, elle tient les forces extérieures à distance.

וכדי שיהיה בחי׳ דבור של האדם כלי לדבר ה׳ הוא ע״י היראה ורעותא דליבא דוקא שחפץ באמת לגילוי זה.

Et pour que la parole d’une personne devienne un réceptacle pour la parole de D.ieu, il faut précisément la crainte et la volonté du cœur, c’est-à-dire qu’elle désire véritablement cette révélation.

Explication

Pour que la parole d’une personne devienne un réceptacle pour la parole de D.ieu, il lui faut la crainte et la volonté du cœur, ainsi qu’un désir véritable de cette révélation.

Le paragraphe 22 en bref

La force protectrice de l’étude de la Torah vient de la parole de D.ieu qui parle à travers l’étudiant ; cela requiert la crainte de celui-ci et son ardent désir de la divinité.

Maré mekomot

  1. 1
    מתניתין מלכתא · Beitzah 28b:14–15

23וזהו סדר הפסוקים וזאת המצוה אשר צוה ה׳ לעשות בארץ היינו המשכת גילוי רצה״ע [רצון העליון] ב״ה בחי׳ סוכ״ע בממכ״ע [בממלא כל עלמין] הנק׳ ארץ ואח״כ למען תירא כו׳ לשמור.

Et voici l’ordre des versets : « Et voici le commandement que Havaya a ordonné d’accomplir dans le pays » désigne l’attraction de la révélation de la Volonté suprême, béni soit-Il, le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), dans la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), appelée « pays » ; puis vient « afin que tu craignes », etc., « pour garder ».

Explication

Les versets se lisent maintenant dans l’ordre : « accomplir dans le pays » désigne l’attraction de la Volonté suprême, sovev, dans memalé, appelé « pays » ; puis « afin que tu craignes… pour garder » désigne la garde, qui repose sur la crainte.

ועוד ושמרת לעשות היינו ב׳ שמירות שמירה מבפנים ומבחוץ בחי׳ מזון ובחי׳ בית והיינו ע״י תשב״כ [תורה שבכתב] ותשבע״פ [ותורה שבעל פה] ודברת בם כו׳ לשמור ושמרת כו׳:

En outre, « et tu garderas afin d’accomplir » : il s’agit de deux gardes, l’une de l’intérieur et l’autre de l’extérieur, le niveau de la nourriture et celui de la maison ; cela se fait par la Torah écrite et la Torah orale : « Tu en parleras », etc. ; « pour garder » et « tu garderas », etc.

Explication

« Pour garder » et « tu garderas » désignent deux gardes : celle de l’intérieur, par la Torah écrite, qui est la nourriture de l’âme, et celle de l’extérieur, par la Torah orale, qui est sa maison. Toutes deux sont suggérées dans « Tu en parleras », c’est-à-dire l’étude de la Torah, qui répond à la première question du maamar.

Le paragraphe 23 en bref

Le paragraphe final rassemble les réponses : « accomplir dans le pays » désigne, par les mitsvot, l’attraction de sovev dans memalé et dans le Gan Eden ; la double mention de la garde désigne les deux formes de garde, la Torah écrite, à l’intérieur, et la Torah orale, à l’extérieur, toutes deux reposant sur la crainte.

Maré mekomot

  1. 1
    וזאת המצוה אשר צוה ה׳ לעשות בארץ · Deuteronomy 6:1
  2. 2
    למען תירא · הנחת כ״ק אדמו״ר האמצעי בסה״מ תקס״ח ע׳ שפז — ושם הוא ביאור על ד״ה וזאת המצוה דלעיל. מאמר זה נמצא בבוך 1101 גוכי״ק הצ״צ (חלק מהלקו״ת עם הגהות) ורשום בראשו: ביאור ע״פ וזאת המצוה. ובמ״א נזכר בגוכי״ק הצ״צ (ביכל 1122 ריד, א): ביאור ע״פ וזאת המצוה המתחיל למען תירא. באוה״ת דברים כרך ז ע׳ ב׳שיג מציין מאמר זה ”ביאור נחמו דתקס״ח”. הגהה למאמר זה נדפס באוה״ת דברים כרך ו ע׳ ב׳רל. חלק מהמאמר נמצא בהמשך מים רבים תרל״ו פרקים קצה-רא.
  3. 3
    ושמרת לעשות · Deuteronomy 6:3
  4. 4
    ודברת בם · Deuteronomy 6:7

Maamar terminé ?

Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.

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Dans la avoda

Accomplissez les mitsvot avec des choses matérielles et bénissez D.ieu à leur propos, avec l’intention de révéler le D.ieu caché. Protégez-les de l’intérieur comme de l’extérieur : par l’étude de la Torah, en particulier de la Torah orale et de ses lois précises, et en accomplissant chaque mitsva sans satisfaction de soi, orgueil ni motif intéressé, comme celui qui revient vers D.ieu se tient loin de la faute. Tout cela repose sur la crainte et sur un profond désir de la divinité ; l’étude qui en est dépourvue « n’attire rien ».

Questions à discuter

  1. Pourquoi les âmes du Gan Eden ne peuvent-elles jouir de la divinité sans les mitsvot accomplies dans ce monde ?
  2. Comment le maamar interprète-t-il « Havaya est notre D.ieu, Havaya est Un » comme désignant deux niveaux de lumière divine, et qu’ajoute l’amour du Chéma ?
  3. Pourquoi les mitsvot, bien qu’elles attirent la sainteté la plus élevée, ont-elles besoin d’une protection plus grande que ce qui est bon par nature ? Comment celui qui revient vers D.ieu l’illustre-t-il ?
  4. En quel sens la Torah orale est-elle une « maison » pour les mitsvot, et pourquoi l’étude de la Torah sans crainte « n’attire-t-elle rien » ?
  5. Qu’est-ce qui distingue la crainte inférieure demandée par le verset de la crainte supérieure révélée au Sinaï ?

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Sommaire

Likkutei Torahלקוטי תורה

Parshas Va’eschananואתחנן

  1. 1ואתחנן אל ה׳ וגו׳ אתה החילות…“And I pleaded with Havayah … You have begun”
  2. 2קיצור מהדרוש ע״פ ואתחנן אל ה׳A Summary of the Discourse on “And I Pleaded with Havayah”
  3. 3ביאור ואתחנןAn explanation of “And I pleaded” (Va’eschanan)
  4. 4וידעת היום והשבות אל לבבך וגו׳“And you shall know this day, and take it to your heart”
  5. 5ביאור הדברים ע״פ וידעת היום כו׳An Explanation of “And You Shall Know This Day”
  6. 6להבין בתוספת ביאור ע״פ וידעת היום…To understand, with additional explanation, the verse “Know this day…”
  7. 7וידעת היום והשבות אל לבבך כי…“Know this day and return it to your heart that Havayah is Elokim…”
  8. 8וזאת המצוה אשר צוה ה׳ כו׳“And this is the commandment which Havayah commanded…”
  9. 9למען תירא את הוי׳ אלקיךSo that you will fear Havayah your G‑d
  10. 10שמע ישראל הוי׳ אלקינו הוי׳ אחד…Hear, O Israel, Havayah is our G‑d, Havayah is One
  11. 11ענין ק״ש אחד ואהבת כו׳The Subject of the Shema: “One” and “You Shall Love”
  12. 12ואהבת את הוי׳ אלקיך כו׳“And you shall love Havayah your G‑d”