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Likkutei Torah · Parshas Masei · Maamar 10

איתא במדרש תהלים ע״פ אחת שאלתי מאת ה׳…

Il est dit dans le Midrach Tehillim à propos de « Une chose, j’ai demandé »

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L’idée centrale

En haut, la crainte et l’amour ne font qu’un ; D.ieu ne demande donc que la crainte supérieure, et l’amour supérieur s’y joint de lui-même. C’est de là que David apprit à ne demander qu’« une chose ». En bas, où la crainte et l’amour sont presque opposés, l’homme doit d’abord adoucir son cœur par l’humilité, la crainte inférieure, afin que l’amour caché dans chaque âme puisse croître.

Le maamar en bref

Un Midrach rapporte que D.ieu demanda à David pourquoi il avait dit « Une chose, j’ai demandé », puis énuméré plusieurs requêtes. David répondit qu’il l’avait appris de D.ieu, qui ne demande à Israël que « de craindre », avant d’ajouter de nombreuses mitsvot. Le Maguid expliqua que les autres requêtes de David découlent de cette chose unique et viennent d’elles-mêmes. L’Admour Hazaken demande alors pourquoi David avait besoin de l’exemple de D.ieu, et répond en s’appuyant sur les lettres du Nom Havaya : la crainte, l’amour, la Torah et les mitsvot. Plus un niveau est élevé, plus grande est son unité. La crainte supérieure, qui est le but de toutes les mitsvot, se situe au-dessus de la Torah ; lorsqu’un homme l’atteint, l’amour supérieur, « l’amour dans les délices », vient de lui-même, car en haut, les deux ne se séparent jamais. En bas, dans le monde de la séparation, la crainte et l’amour sont presque opposés, et les beinonim doivent d’abord parvenir à un amour inférieur, la soif de l’âme pour D.ieu. Cela exige de « labourer » : adoucir le cœur en maîtrisant les désirs du monde et en s’humiliant, ce qui constitue la crainte inférieure. Enfin, la « maison de Havaya » de David désigne les lettres de la Torah, et sa « douceur », leur lumière ; pour les grands tsadikim, les deux ne font qu’un.

Plan

  1. La requête unique de DavidLe Midrach : D.ieu demande à David pourquoi « une chose » est devenue plusieurs requêtes, et David répond qu’il l’a appris du « seulement de craindre » que D.ieu demande Lui-même. Le Maguid explique que les autres requêtes découlent de la seule chose et viennent avec elle.¶1–2
  2. La crainte supérieure et l’amour supérieurLes lettres de Havaya correspondent à la crainte, à l’amour, à la Torah et aux mitsvot. La crainte supérieure, but des mitsvot, fait naître l’amour supérieur d’elle-même, car en haut ils ne font qu’un ; en bas, ils sont presque opposés, et les beinonim doivent d’abord parvenir à un amour inférieur, le « service de l’amour » qui ressemble à un labour.¶3
  3. Labourer le cœurL’amour caché dans chaque cœur est une étincelle céleste enfouie dans les kelipot. Maîtriser les désirs mondains et humilier le cœur — la crainte inférieure — l’adoucit, permettant ainsi à l’amour de croître.¶4
  4. La maison et sa douceurLa « maison de Havaya » de David désigne les lettres de la Torah, ses réceptacles, et sa « douceur », la lumière qui les habite ; pour de grands tsadikim, comme Rabbi Yehouda fils de Rabbi Ilai, les deux ne font qu’un. Le livre de Bamidbar s’achève.¶5–6

Notions clés

Crainte supérieure (crainte de la grandeur divine)יראה עליונה / יראת הרוממות
Crainte devant la grandeur de D.ieu, qui va jusqu’à l’annulation de l’être même ; elle est le but de toutes les mitsvot, mais tout le monde ne l’atteint pas.
Crainte inférieureיראה התחתונה
L’humilité et le cœur abaissé qui résultent du fait de s’abaisser ; c’est la première étape, qui précède l’amour.
Grand amour, amour dans les délicesאהבה רבה / אהבה בתענוגים
L’amour supérieur, le désir ardent de l’âme pour sa racine. Il ne peut être produit par l’effort humain ; il vient d’en haut à celui qui a atteint la crainte supérieure.
L’amour cachéהאהבה המסותרת
L’amour de D.ieu dissimulé dans chaque cœur, une étincelle céleste enfouie dans les kelipot, qui grandit à mesure que le cœur s’adoucit.
Beinonim (personnes intermédiaires)בינונים
Ceux qui doivent commencer d’en bas : d’abord un amour inférieur, « Mon âme a soif de Toi », auquel prépare la crainte inférieure.
Lettres et lumièresאותיות / אורות
Les lettres de la Torah en sont les réceptacles, ses « demeures », et sa douceur est la lumière qui les habite ; en haut, et pour les grands tsadikim, les deux ne font qu’un.

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La requête unique de David ¶1–2

1איתא במדרש תהלים ע״פ אחת שאלתי מאת ה׳ וגו׳ והובא בילקוט אמר הקב״ה לדוד בתחלה אתה אומר אחת שאלתי שבתי בבית ה׳ ואח״כ אתה שואל כמה שאלות ולחזות בנועם ה׳ ולבקר בהיכלו וגו׳

Il est rapporté dans le Midrach Tehilim, sur le verset « Une seule chose j’ai demandée à Havaya », etc., et cité dans le Yalkout : le Saint béni soit-Il dit à David : « Au début, tu dis : “Une seule chose j’ai demandée : demeurer dans la maison de Havaya”, puis tu présentes plusieurs demandes : “contempler la douceur de Havaya et visiter Son Sanctuaire”, etc. »

Explication

Le maamar s’ouvre sur un Midrach concernant Psaumes 27:4. David y dit avoir demandé à D.ieu « une seule chose », puis en énumère plusieurs : demeurer dans la maison de D.ieu, contempler Sa douceur et visiter Son Sanctuaire. D.ieu fait remarquer à David cette apparente contradiction.

והשיבו דוד ממך למדתי בתחלה לא באת עלי אלא באחת שנאמר ועתה ישראל מה ה׳ אלקיך שואל מעמך כי אם ליראה ואח״כ פתחת עלינו במצות הרבה שנאמר ללכת בכל דרכיו ולדבקה בו וגו׳.

David Lui répondit : « Je l’ai appris de Toi. Au début, Tu ne m’as demandé qu’une seule [chose], ainsi qu’il est dit : “Et maintenant, Israël, que te demande Havaya, ton D.ieu, sinon de Le craindre ?” Puis Tu as fait surgir devant nous de nombreuses mitsvot, ainsi qu’il est dit : “marcher dans toutes Ses voies et s’attacher à Lui”, etc. »

Explication

David répond qu’il l’a appris de D.ieu Lui-même : dans Deutéronome 10:12, D.ieu ne demande d’abord à Israël qu’une seule chose, « Le craindre », puis énonce de nombreuses mitsvot. À première vue, cette réponse ne fait que montrer le même schéma dans les paroles de D.ieu, sans l’expliquer ; le maamar entreprend de l’expliquer.

Le paragraphe 1 en bref

Le maamar s’ouvre sur un Midrach : D.ieu demande à David pourquoi il dit avoir demandé « une seule chose », puis énumère plusieurs demandes. David répond qu’il l’a appris de D.ieu, qui ne demande à Israël que « de Le craindre », avant d’ajouter de nombreuses mitsvot.

Pour aller plus loin

Dans le Midrach Tehilim, la réponse de David se termine par : « Il suffit au serviteur d’être comme son maître. » La note de Kehot consigne des variantes de cette réponse : le Yalkout donne « Au début, Tu as dit », et l’édition de Buber du Midrach Tehilim porte « à nous ».

Maré mekomot

  1. 1
    איתא במדרש תהלים · הגהות אחדות באוה״ת מסעי ע׳ א׳תטז. וראה ד״ה אחת שאלתי בסה״מ תקס״ג ח״ב ע׳ תשד ואילך. אוה״ת עקב ע׳ תקעח. שם ע׳ תקפג ואילך. יהל אור עה״פ. ד״ה אני לדודי תרכ״ט. ד״ה ועתה ישראל — תשל״ז (סה״מ מלוקט ח״ב).
  2. 2
    והובא בילקוט · עה״פ רמז תשו.
  3. 3
    אחת שאלתי · Psalms 27:4
  4. 4
  5. 5
    בתחלה אתה אומר . . ולבקר בהיכלו · ראה לקו״ש ח״ט ע׳ 170.
  6. 6
    לא באת עלי · ביל״ש הגירסא: בתחלה אמרת. אבל במדרש תהלים באבער: לנו.
  7. 7
    ועתה ישראל מה ה״א · Deuteronomy 10:12
  8. 8
    ללכת בכל דרכיו · שם.
  9. 9
    והשיבו דוד . . ולדבקה בו וגו׳ · בד״ה ועתה ישראל — תשל״ז הקשה ”דלכאורה תשובת דוד ממך למדתי אינה מתרצת זה שאמר אחת שאלתי אלא שאומרת שהשאלה היא על הקב״ה שבתחלה אומר כי אם ליראה, ואח״כ פתח במצוות הרבה”.
  10. 10

2ואמר הרב המגיד ז״ל [זכרונו לברכה / זכרונם לברכה] נ״ע [נשמתו עדן] הטעם שבאמת שאל רק דבר אחד לבד והדברים הנוספים מסתעפים מזה

Et le Rav, le Maguid, de mémoire bénie, dont l’âme repose dans l’Éden, dit que la raison en est qu’en vérité, il n’a demandé qu’une seule chose, et que les choses supplémentaires en découlent.

Explication

Le Maguid de Mézéritch, le maître de l’Admour Hazaken, répond que David n’a réellement demandé qu’une seule chose. Les demandes supplémentaires ne sont pas des ajouts, mais découlent de cette chose unique.

הדבר שמוכרחים להיות ממילא בהיות הדבר הזה מפני שהכל אחד ולא הוצרך לבקש רק דבר אחד וממילא באים עם זה שאר הדברים.

chose : elles doivent nécessairement advenir d’elles-mêmes lorsque cette chose est présente, car tout est un ; il n’avait donc pas besoin de demander plus d’une chose, et les autres choses viennent d’elles-mêmes avec elle.

Explication

Dès que cette chose unique est présente, les autres doivent en découler d’elles-mêmes, car, à la racine, elles ne font qu’un. David n’avait donc besoin de demander qu’une seule chose ; le reste venait avec elle.

Le paragraphe 2 en bref

La réponse du Maguid : David a demandé une seule chose, et les autres demandes en sont les ramifications, qui en découlent d’elles-mêmes parce que tout est un.

Maré mekomot

  1. 1
    ואמר הרב המגיד · מובא גם באוה״ת עקב ע׳ תקעה. ראה ד״ה אחת שאלתי — בסה״מ תער״ב-ב ע׳ א׳קיד. ד״ה ועתה ישראל תשל״ז סעי׳ ג (בסה״מ מלוקט-ב ע׳ שכו).

La crainte supérieure et l’amour supérieur ¶3

3וצריך ביאור לדבריו שלזה לא היה צריך דוד ללמוד מה׳ שהרי באמת לא שאל רק שאלה אחת.

Ses paroles demandent une explication : [si tel est le cas,] David n’avait pas besoin d’apprendre cela de D.ieu, puisque, en vérité, il n’avait formulé qu’une seule demande.

Explication

L’Alter Rebbe remet en question la réponse du Maguid : si David n’avait réellement demandé qu’une seule chose, il n’avait rien à apprendre de l’exemple de D.ieu, et sa réponse — « Je l’ai appris de Toi » — était superflue.

אך הענין הוא ידוע י׳ יראה ה׳ אהבה ו׳ תורה ה׳ מצות והיותר למעלה יותר ענין אחדות והיראה עליונה הוא למעלה מן התורה כמ״ש

Mais voici de quoi il s’agit : on sait que le youd correspond à la crainte, le hé à l’amour, le vav à la Torah, et le [hé] final aux mitsvot ; et plus un niveau est élevé, plus il relève de l’unité. La crainte supérieure est au-dessus de la Torah, comme il est écrit :

Explication

La réponse commence par un enseignement connu selon lequel les quatre lettres du Nom Havaya correspondent à quatre aspects du service divin : le youd à la crainte, le premier hé à l’amour, le vav à la Torah et le hé final aux mitsvot. Plus un niveau est élevé, plus il est unifié ; la crainte supérieure, le youd, se situe même au-dessus de la Torah.

ויצונו ה׳ לעשות את כל החקים האלה ליראה את ה׳ אלקינו, הרי כל שמירת המצות אינם רק להגיע למדרגת היראה ההיא והוא יראת הרוממות

« Et Havaya nous a ordonné d’accomplir tous ces statuts, afin de craindre Havaya notre D.ieu. » Ainsi, l’observance des mitsvot n’a d’autre but que d’atteindre ce niveau de crainte, qui est la crainte de [Sa] grandeur ;

Explication

Le verset dit que D.ieu a ordonné « tous ces statuts » afin de « craindre Havaya notre D.ieu » : les mitsvot sont donc le moyen, et cette crainte en est le but. On l’appelle « crainte de la grandeur », la crainte éprouvée devant la grandeur de D.ieu.

ולא כל אדם זוכה לזה היראה ואהבה העליונה שלמעלה מיראה זו היא אהבה רבה אשר אינה באה מעבודת האדם ויגיעתו כ״א השפעה עליונה כאשר יגיע האדם אל היראה עליונה ממילא תבוא עליו האהבה הזאת המופלגת

et tout le monde ne mérite pas cette crainte. L’amour supérieur, qui est au-dessus de cette crainte, est le grand amour (ahava rabba), qui ne découle pas du service et des efforts de l’homme, mais [est] un don d’En-Haut : lorsqu’un homme atteint la crainte supérieure, cet amour sublime lui advient de lui-même,

Explication

Peu de personnes atteignent cette crainte supérieure. Au-dessus d’elle se trouve l’amour supérieur, ahava rabba (« grand amour »), que nul effort humain ne peut produire : c’est un don d’En-Haut qui advient de lui-même à celui qui a atteint la crainte supérieure.

והיא כלות הנפש לשרשו והיא אהבה בתענוגים ולמעלה היראה והאהבה הנ״ל הם כולא חד תרין ריעין דלא מתפרשין

et il est le désir ardent de l’âme de retourner à sa racine (kelot hanéfech), et il est l’amour des délices (ahava beta’anouguim). En haut, la crainte et l’amour mentionnés plus haut ne font qu’un, « deux compagnons qui ne se séparent jamais »,

Explication

Cet amour est le désir ardent de l’âme de se fondre dans sa source ; on l’appelle « amour des délices » (Cantique des Cantiques 7:7). Dans les mondes supérieurs, la crainte et l’amour ne sont nullement séparés, mais toujours unis, comme deux compagnons qui ne se séparent jamais.

כי היותר למעלה הוא באחדות יותר משא״כ למטה הוא עולם הפירוד היראה והאהבה הם כמעט שני הפכים, היראה צריך שיגיע האדם מתחלה להשפיל א״ע [את עצמו] במדרגת השפלות עד מאד

car plus un niveau est élevé, plus il est unifié ; tandis qu’en bas, dans le monde de la séparation, la crainte et l’amour sont presque deux contraires. Pour ce qui est de la crainte, il faut d’abord que l’homme s’abaisse profondément, jusqu’à un état d’extrême humilité,

Explication

Plus on s’élève, plus l’unité augmente ; en bas, dans le monde de la séparation, la crainte et l’amour sont presque opposés. La crainte commence lorsque l’homme s’abaisse et se rend profondément humble.

ומזה יבוא ליראה התחתונה, ואהבה שלמעלה ממנו הוא השמחה ישמח ישראל בעושיו וזאת האהבה היא למטה מיראה העליונה שע״י האהבה הזאת יוכל להגיע למעט מן היראה העליונה שהוא בטל במציאות כו׳.

et c’est ainsi qu’il parviendra à la crainte inférieure. L’amour qui lui est supérieur est la joie : « Qu’Israël se réjouisse en son Créateur. » Cet amour demeure inférieur à la crainte supérieure, car, grâce à lui, on peut parvenir à une petite mesure de la crainte supérieure, qui consiste à être annulé dans [sa propre] existence, etc.

Explication

Cette humilité conduit à la crainte inférieure. Au-dessus d’elle se trouve un amour qui s’exprime par la joie, comme dans « Qu’Israël se réjouisse en son Créateur » ; cet amour reste inférieur à la crainte supérieure, mais il permet d’atteindre une petite mesure de cette crainte, laquelle consiste à être annulé dans sa propre existence.

וזהו מה ה׳ אלקיך שואל מעמך כ״א ליראה העליונה הנ״ל וממילא בא אל האהבה העליונה הנ״ל

Tel est le sens de : « Que demande Havaya ton D.ieu de toi, sinon de craindre » — [c’est-à-dire] la crainte supérieure mentionnée plus haut ; et, de lui-même, on parvient alors à l’amour supérieur mentionné plus haut,

Explication

Cela explique le verset : « Que demande Havaya ton D.ieu de toi, sinon de craindre » : D.ieu ne demande que la crainte supérieure et, dès qu’on l’atteint, l’amour supérieur vient de lui-même. Cette demande unique comprend tout le reste.

כי דרכו של איש לחזור אחר אשה כי כולא חד למעלה כמבואר בלק״א [בלקוטי אמרים]. (ועמ״ש מזה בהערה לתיקון חצות).

car « il est dans la nature de l’homme de rechercher une femme », puisque, en haut, tout est un, comme cela est expliqué dans Likkutei Amarim [le Tanya]. (Et voyez ce qui est écrit à ce sujet dans la note sur Tikkun Chatzos.)

Explication

Le Talmud dit qu’il est dans la nature de l’homme de rechercher une femme ; le Tanya, chapitre 43, applique cela à l’amour, appelé « homme », qui vient de lui-même à la crainte, appelée « femme », car, en haut, ils sont un. Le texte renvoie également le lecteur à la note sur Tikkun Chatzos, la lamentation récitée à minuit sur la destruction du Temple.

אבל הבינונים צריכים להגיע מתחלה לאהבה שלמטה מן היראה העליונה הנ״ל והיא צמאה לך נפשי וגו׳.

Mais les beinonim (les personnes intermédiaires) doivent d’abord parvenir à l’amour qui est inférieur à la crainte supérieure mentionnée précédemment, et qui est « Mon âme a soif de Toi », etc.

Explication

Les beinonim (« personnes intermédiaires », selon le terme du Tanya), qui ne sont pas des tsadikim, ne peuvent commencer par la crainte supérieure. Ils doivent d’abord parvenir à un amour inférieur : la soif de D.ieu qu’éprouve l’âme, exprimée par « Mon âme a soif de Toi ».

ועליה רמז בזוהר לית פולחנא כפולחנא דרחימותא כי הוא כמ״ש לרפויא ארעא פי׳ עבודת הקרקע היא חרישתה שתתרכך להצמיח הזרעים שבתוכה. משא״כ אם היא קשה אין מצמחת מה שזורעין בה.

C’est à cet [amour] que le Zohar fait allusion en disant : « Il n’est pas de service comme le service de l’amour. » Car cela s’apparente à ce qui est dit : « ameublir la terre » ; c’est-à-dire que le travail du sol consiste à le labourer, afin qu’il s’assouplisse et fasse germer les graines qu’il renferme. En revanche, s’il est dur, il ne fait pas germer ce qui y est semé.

Explication

Le Zohar qualifie cet amour de « service » suprême, et l’Alter Rebbe comprend le mot « service » dans son sens agricole : le Talmud décrit le labour comme le fait d’« ameublir la terre ». Une terre dure ne peut faire pousser ce qui y est semé ; il faut donc d’abord l’assouplir en la labourant.

Le paragraphe 3 en bref

L’Alter Rebbe répond en distinguant différents niveaux. En haut, la crainte supérieure et l’amour supérieur ne font qu’un ; demander la crainte entraîne donc aussi l’amour. En bas, ils sont presque opposés, et les beinonim doivent d’abord cultiver un amour inférieur qui, tel un labour, assouplit la terre.

Pour aller plus loin

Le Tanya, Iggeret HaKodech, épître 18, présente les deux mêmes amours : « l’amour des délices », qu’aucun effort ne peut atteindre et qui advient à l’homme d’En-Haut après qu’il a peiné dans la crainte de la grandeur, « car telle est la voie de l’homme : poursuivre », et l’amour caché dans le cœur de tout Israël, qui, lorsqu’il se révèle, est décrit par « Mon âme a soif ». Or HaTorah (Nach, vol. 1, p. 624), cité dans la note du Kehot, explique que la crainte supérieure est le réceptacle qui reçoit la 'Hokhma supérieure et qu’elle provient de Bina ; puisque Abba (la 'Hokhma) revêt le 'Hessed d’Arich Anpin, l’amour des délices vient par l’intermédiaire de la crainte supérieure.

Maré mekomot

  1. 1
    י׳ יראה · ע׳ זח״ג (קכב, ב) ברע״מ שם (קכג, ב). [כ].
  2. 2
    ויצונו ה׳ לעשות את כל החקים · Deuteronomy 6:24
  3. 3
    י׳ יראה ה׳ אהבה ו׳ תורה ה׳ מצות · Zohar, Nasso 4:30–38
  4. 4
    י׳ יראה ה׳ אהבה ו׳ תורה ה׳ מצות · Zohar, Nasso 4:49–59
  5. 5
    והיא אהבה בתענוגים · באוה״ת נ״ך כרך א ע׳ תרכד מבואר ”יראה עילאה שהיא כלי קיבול לחכמה עילאה וכן פי׳ בפרדס ערך יראה שהיא הבינה. ולפ״ז אתי שפיר מ״ש בלק״ת ס״פ מסעי בד״ה איתא במדרש תלים . . בענין שע״י יראה עילאה יבא אהבה בתענוגים כי דרכו של איש לחזור כו׳ וכן פי׳ באג״ה . . בד״ה מה יפית ומה נעמת אהבה בתענוגים, והיינו כי אבא מלביש חסד דא״א ובינה מלבשת גבורה דא״א ולכן מבחי׳ בינה נמשך יראה עילאה” ע״ש.
  6. 6
    אהבה בתענוגים · Song of Songs 7:7
  7. 7
    כולא חד תרין ריעין דלא מתפרשין · בד״ה ואתם תהיו — תר״ס ע׳ קנא שמפרש ”והיינו דכשיש בחי׳ יראה עילאה ממילא באה האהבה בתענוגים וא״צ עבודה ויגיעה לזה כ״א באה ממילא אחרי בחי׳ יראה עילאה וכמ״ש באגה״ק [סי׳ יח]”.
  8. 8
    ישמח ישראל בעושיו · Psalms 149:2
  9. 9
    מה ה׳ אלקיך שואל מעמך · Deuteronomy 10:12
  10. 10
    דרכו של איש לחזור · Kiddushin 2b:13–14
  11. 11
    כמבואר בלק״א · פרק מג.
  12. 12
    בהערה לתיקון חצות · בסידור עם דא״ח קנב, א.
  13. 13
    צמאה לך נפשי · Psalms 63:2
  14. 14
    לית פולחנא כפולחנא דרחימותא · Zohar III, 267a
  15. 15
    לרפויא ארעא · Moed Katan 2b:4

Labourer le cœur ¶4

4וכן הענין בזאת האהבה המסותרת בלב כל אחד ואחד יעקב חבל נחלתו ניצוץ עליון, אך שהיא מלובשת מאד בעמקי הקליפות וצריך להעלותה לשרשה

Il en va de même pour cet amour caché dans le cœur de chacun — « Jacob est le lot de Son héritage » —, qui est une étincelle supérieure ; mais il est profondément enveloppé dans les kelipot (écorces), et il faut le faire remonter à sa racine ;

Explication

Il en va de même pour l’amour caché dans le cœur de chaque Juif, car chaque âme est « le lot de Son héritage », une étincelle d’en haut. Mais cet amour se trouve enfoui profondément dans les kelipot, ces écorces qui dissimulent la sainteté, et il faut le faire remonter à sa source.

וצריך להיות רך בתחלה פי׳ כמו חרישה שמרככין ארעא כדי שתצמיח הזרעים, פי׳ להתגבר על חפציו ותשוקתו בעניני עוה״ז וכל תאוותיו ולעמוד על נפשו שלא לפנות לבבו אליהם ולשבור לבבו בשביל חפצו לדבקה בה׳ אלקים,

et il faut d’abord être tendre, c’est-à-dire comme le labourage, qui ameublit la terre afin que les graines puissent y germer. Autrement dit, il faut dominer ses désirs et ses aspirations pour les choses de ce monde, ainsi que toutes ses convoitises, et veiller sur son âme afin de ne pas tourner son cœur vers elles, et briser son cœur par désir de s’attacher à Havaya Elokim ;

Explication

De même que la terre doit être labourée avant que les graines puissent pousser, l’homme doit d’abord devenir « tendre ». Cela signifie qu’il lui faut dominer ses désirs et ses convoitises pour les choses de ce monde, se garder de tourner son cœur vers elles et briser son cœur par désir de s’attacher à D.ieu.

ומה שיחרוש גופו ביותר וישבר בענין זה כן מצמיח יותר האהבה המסותרת הנ״ל, ועבודה זו נקראת בחינת יראה התחתונה הקודמת לאהבה זו והוא השפלות והכנעת לבו כמ״ש רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] אין עומדין להתפלל אלא מתוך כובד ראש.

et plus il labourera son corps et le brisera à cet égard, plus l’amour caché mentionné précédemment germera. Ce service est appelé le niveau de la crainte inférieure, qui précède cet amour ; il consiste en l’humilité et l’abaissement de son cœur, comme l’ont dit nos Sages de mémoire bénie : « On ne se tient pour prier qu’avec gravité d’esprit (koved rosh). »

Explication

Plus l’homme « laboure » son corps et brise son emprise de cette manière, plus l’amour caché croît. Ce travail préparatoire est la crainte inférieure qui précède cet amour : l’humilité et un cœur abaissé, à l’image de la gravité d’esprit que les Sages exigent avant la prière.

Le paragraphe 4 en bref

L’image du labourage est appliquée à l’âme : l’amour caché en chaque Juif est enfoui dans les kelipot, et seul un cœur rendu tendre par l’humilité et la maîtrise de soi, c’est-à-dire par la crainte inférieure, permet à cet amour de croître.

Pour aller plus loin

Dans l’épître 18 de l’Iggeret HaKodesh du Tanya, ce même amour est décrit comme caché dans le cœur de tout Israël et maintenu en exil dans le corps, où la kelipa peut exercer son pouvoir sur lui. Le travail prescrit est celui qui est décrit ici : dominer la kelipa et la chasser de la pensée, de la parole et de l’action, afin que l’amour caché puisse se révéler.

Maré mekomot

  1. 1
    יעקב חבל נחלתו · Deuteronomy 32:9
  2. 2
    אין עומדין להתפלל אלא מתוך כובד ראש · Mishnah Berakhot 5:1

La maison et sa douceur ¶5–6

5ומן פסוק ועתה ישראל למד דוד המלך ע״ה [עליו השלום] בבקשתו שבקש רק דבר אחד שבתי בבית ה׳ פי׳ אותיות התורה הם נקראים בתים כנודע והם הכלים

Et c’est du verset « Et maintenant, Israël » que le roi David, que la paix soit sur lui, apprit [cela] dans sa requête : il ne demanda qu’une seule chose, « que je demeure dans la maison de Havaya ». C’est-à-dire que les lettres de la Torah sont appelées « maisons », comme on le sait, et qu’elles sont les réceptacles ;

Explication

Revenant au Midrach : à partir du verset « Et maintenant, Israël », David apprit à ne demander qu’une seule chose : « que je demeure dans la maison de Havaya ». Les « maisons » sont les lettres de la Torah, qui servent de réceptacles.

ולחזות בנועם ה׳ היא המתקה עמ״ש בביאור ע״פ באתי לגני והם האורות שבתוך הכלים ולמעלה הם כולם אחדות אחד משא״כ למטה הם נפרדים יש שלומד באותיות כו׳.

et « contempler la douceur de Havaya » est l’adoucissement — voir ce qui est écrit dans le Biour sur le verset « Je suis venu dans Mon jardin » — et elles sont les lumières qui se trouvent dans les réceptacles. En haut, elles sont toutes une seule unité, tandis qu’en bas elles sont séparées : il en est un qui étudie [seulement] les lettres, etc.

Explication

« Contempler la douceur de Havaya » désigne la douceur de la Torah, la lumière qui se trouve dans ces réceptacles que sont les lettres ; au sujet de l’« adoucissement », le texte renvoie à l’explication (Biour) du verset « Je suis venu dans Mon jardin ». En haut, les lettres et la lumière ne font qu’un, mais en bas, elles peuvent être séparées : une personne peut étudier les lettres de la Torah sans sa lumière intérieure.

וכן מצינו ברבי יהודה בר׳ [ברבי] אלעאי שהיו פניו צהובים מטוב לבו מרוב השמחה והאורה שבתורה שבע״פ [שבעל פה] מפני שהיו צדיקים מופלגים והיו להם הפנימית והאותיות כולא חד וכו׳ וד״ל [ודי למבין]:

Et nous trouvons de même chez Rabbi Yehouda, fils de Rabbi Ilaï, dont le visage rayonnait de la joie de son cœur, en raison de l’abondance de joie et de lumière dans la Torah orale ; car ils étaient des tsadikim hors du commun, et, pour eux, la dimension intérieure et les lettres ne faisaient qu’un, etc. Cela suffit à qui comprend.

Explication

Rabbi Yehouda, fils de Rabbi Ilaï, illustre l’état supérieur : son visage rayonnait de joie, sous l’effet de la joie et de la lumière de la Torah orale. Pour ces tsadikim hors du commun, la lumière intérieure et les lettres ne faisaient qu’un ; les lettres portaient donc leur lumière avec elles.

Le paragraphe 5 en bref

Le maamar applique son principe à la requête de David : la « maison de Havaya » désigne les lettres de la Torah, les réceptacles, et la « douceur de Havaya », la lumière qui se trouve en elles. Pour des tsadikim hors du commun, tels que Rabbi Yehouda, fils de Rabbi Ilaï, les deux ne font qu’un ; ainsi, l’unique requête de David contenait aussi l’autre.

Maré mekomot

  1. 1
    ועתה ישראל · Deuteronomy 10:12
  2. 2
    שבתי בבית ה׳ · Psalms 27:4
  3. 3
    באתי לגני · Song of Songs 5:1
  4. 4
    בפ׳ שמות ע״פ איה סופר · בתו״א נג, ב ”איה הוא בחי׳ העיגול הגדול בחי׳ סובב”.

6סליק ספר במדבר

Le Livre de Bamidbar est achevé.

Explication

Formule de clôture : avec ce maamar s’achèvent les discours de Likkutei Torah sur le Livre de Bamidbar.

Le paragraphe 6 en bref

Formule de clôture marquant la fin du Livre de Bamidbar dans Likkutei Torah.

Maamar terminé ?

Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.

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Dans la avoda

Avant d’espérer atteindre l’amour exalté de D.ieu, adoucissez votre cœur : surmontez l’attrait des besoins et des désirs mondains, refusez de tourner votre cœur vers eux et abordez la prière avec humilité et gravité d’esprit. Plus un homme se « laboure » ainsi, plus l’amour caché dans son âme grandit ; et celui qui atteint la crainte supérieure verra l’amour supérieur venir à lui de lui-même.

Questions à discuter

  1. Si David ne demandait réellement qu’une seule chose, pourquoi devait-il l’apprendre des paroles de D.ieu à Israël ?
  2. Pourquoi la crainte et l’amour ne font-ils qu’un en haut, alors qu’ils sont presque opposés dans le monde de la séparation ?
  3. Pourquoi l’amour supérieur ne peut-il être produit par l’effort, tandis que l’amour inférieur doit être cultivé ?
  4. Comment l’image du labour explique-t-elle la place de l’humilité dans le dévoilement de l’amour caché ?
  5. Que signifie le fait que, pour les grands tsadikim, les lettres de la Torah et sa lumière intérieure ne font qu’un ?

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Sommaire

Likkutei Torahלקוטי תורה

Parshas Maseiמסעי

  1. 1אלה מסעי בני ישראל אשר יצאו…“These are the journeys of the children of Israel who went out…”
  2. 2אלה מסעי בני ישראל אשר יצאו…These Are the Journeys of the Children of Israel
  3. 3לבאר ענין המסעות במדברTo Explain the Journeys in the Wilderness
  4. 4אלה מסעי בנ״י כו׳ ויכתב משה…“These are the journeys of the children of Israel… And Moshe wrote their goings-forth according to their journeys”
  5. 5ביאור על זה“An explanation of this”
  6. 6וירד הגבול ומחה על כתף ים…“And the border shall descend and shall touch upon the shoulder of the Sea of Kinneres”
  7. 7לבאר הדברים בענין וירד הגבול הנה…To explain the matters concerning “And the border shall descend”
  8. 8ביאור עוד לענין מוצאיהם למסעיהם ומסעיהם…A Further Explanation of “Their Goings Forth to Their Journeys, and Their Journeys to Their Goings Forth”
  9. 9ענין נחלת יעקב“The Inheritance of Yaakov”
  10. 10איתא במדרש תהלים ע״פ אחת שאלתי…It Is Stated in Midrash Tehillim on “One Thing I Have Asked”