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Likkutei Torah · Parshas Masei · Maamar 5

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« Explication de ceci »

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L’idée centrale

Toute élévation doit d’abord être précédée d’une descente. Les étapes dans le désert, la bénédiction prononcée avant une mitsva et l’« écriture » des étapes par Moché montrent toutes que la lumière d’en haut doit d’abord descendre pour donner la force de s’élever ; l’écriture de Moché est le « sceau de vérité du Saint béni soit-Il », la lumière de la 'Hokhma cachée qui brille sans changement dans « la lumière de la face du Roi », et qui est attirée dans les âmes par l’étude de la Torah afin qu’elles puissent remonter vers leur source.

Le maamar en bref

Le biour commence par les étapes dans le désert. Avant le Sinaï, il n’y avait pas d’Arche ; pourtant, Moché et Israël pouvaient soumettre le désert proche des terres habitées, comme les kelipot encore proches de la kelipat noga ; le désert profond, où le mal est à sa pleine puissance, avait besoin de l’Arche. Les quarante-deux étapes correspondent au Nom de quarante-deux, une force d’élévation qui ne compte que six aspects de chaque attribut et omet Mal'hout, la révélation, que le Omer, une descente, compte bien. Chaque étape comportait une élévation et une descente, comme toute mitsva, et puisque la bénédiction vient « avant » l’acte, la lumière d’en haut doit venir en premier. Ainsi, « Moché écrivit leurs départs vers leurs étapes » : son écriture est « le sceau du Saint béni soit-Il est vérité », la 'Hokhma cachée, dont les Treize Attributs ne proviennent que comme les cheveux proviennent du cerveau, et qui brille sans changement dans le septième tikoun, le visage dépouillé, « la lumière de la face du Roi ». Révélée dans Zeir Anpin et Mal'hout, puis attirée vers le bas par l’étude de la Torah, cette vérité donne aux âmes le bitoul et la force de remonter vers leur source.

Plan

  1. L’Arche et les deux désertsLes étapes avant le Sinaï n’avaient pas besoin de l’Arche : Moché et Israël pouvaient soumettre par eux-mêmes le désert proche des terres habitées, comme les kelipot proches de noga, grâce aux mitsvot de Mara, tandis que le désert profond, où le mal est à sa pleine puissance, avait besoin de l’Arche. Le désert est la source des kelipot, à l’opposé de Jérusalem, et chaque Juif soumet son corps par itkafya ou ithapcha. Les quarante-deux étapes correspondent à Ana Bekoach, six mots dans chacune des sept lignes ; pourquoi le Omer en compte-t-il alors sept ?¶1–3
  2. Le Nom de quarante-deux et le OmerMal'hout est le lien par lequel chaque niveau devient la source du suivant. Le Nom de quarante-deux est une élévation, comme dans les quarante-deux mots de l’amour du Chéma « de toute ta force » ; il ne compte donc que l’essence de chaque attribut, qui est annulée dans l’Infini. Le Omer est une descente depuis la « main levée » de Pessa'h, et compte aussi le Mal'hout de chaque attribut. Une parenthèse distingue Ana Bekoach du quarante-deux des trois « mains », et les étapes montrent que toute descente est précédée d’une élévation.¶4–6
  3. La bénédiction avant la mitsvaToute mitsva attire la lumière en affinant la kelipat noga, mais la bénédiction fait d’abord descendre une lumière enveloppante, « avant » l’acte, qui le soulève. La formulation de la bénédiction décrit les étapes : « Béni sois-Tu » fait descendre, « qui nous a sanctifiés » exprime l’élévation de l’acte, et « et nous a ordonné » la réponse intérieure. La Torah et les mitsvot sont des lumières et des réceptacles, et chacune est supérieure à sa manière.¶7–9
  4. L’écriture de Moché et la 'Hokhma cachée« Et Moché écrivit leurs départs » désigne une descente qui donne la force de s’élever, et son écriture est le sceau de vérité. La 'Hokhma cachée, au-delà de toute raison, dépasse même les Treize Attributs, qui en émanent comme les cheveux du cerveau, car les attributs présupposent un monde. Dans le septième tikoun, « et vérité », les cheveux s’arrêtent et la 'Hokhma cachée brille sans changement.¶10–13
  5. La lumière de la face du RoiDe même que le visage d’un sage rayonne lorsqu’il saisit une idée nouvelle, la lumière du visage porte la sagesse elle-même : la « pomme parmi les arbres de la forêt », l’huile qui fait briller le visage. La vérité ne change jamais et ne cesse jamais de couler, car elle a sa racine dans Atika, où il n’y a pas de gauche. On ne l’appelle vérité que lorsqu’elle est révélée ; tel un sceau, elle est extérieure, et pourtant elle établit tout.¶14–20
  6. La vérité pour Yaakov et l’élévation des âmesLa vérité se révèle dans Zeir Anpin à travers son regard vers le visage d’Arich Anpin, puis passe à Mal'hout, la source de la création, où le sceau prend effet, comme à Neïla. Moché, l’écuyer du Roi, l’attira depuis la source des âmes, faisant naître le bitoul qui leur permet de s’élever « de toute ta force », comme un père se penche pour soulever son enfant. Elle est attirée vers le bas par l’étude de la Torah, puis « leurs étapes vers leurs départs » désigne le retour vers leur source.¶21–24

Notions clés

Kelipat nogaקליפת נוגה
L’« écorce lumineuse », mélange de bien et de mal qui se tient entre la sainteté et les trois kelipot entièrement impures. Ce qui en est proche peut encore être raffiné, de même que le désert proche des terres habitées pouvait être soumis sans l’Arche.
Le Nom de quarante-deuxשם מ״ב
La prière de quarante-deux mots Ana Bekoach, composée de sept lignes de six mots : une force d’élévation vers l’Infini, qui ne compte que l’essence de chaque attribut, et non sa révélation, son Mal'hout.
Élévation et descenteהעלאה והמשכה
Les deux mouvements de toute étape et de toute mitsva : s’élever depuis le bas et faire descendre la lumière. Une descente depuis En Haut doit d’abord avoir lieu pour rendre l’élévation possible.
Makif (lumière enveloppante)מקיף
Une lumière trop élevée pour pénétrer dans un réceptacle ; elle l’entoure et le soulève. La bénédiction sur une mitsva l’attire « avant » l’acte, c’est-à-dire au-dessus de lui.
Mayin noukvin et mayin doukhrinמיין נוקבין ומיין דוכרין
Les « eaux féminines », l’éveil qui s’élève d’en bas, et les « eaux masculines », la réponse venue d’en haut qui survient en réaction et brille intérieurement depuis un niveau supérieur au premier éveil.
La 'Hokhma cachéeחכמה סתימאה
La sagesse au-delà de toute raison et de toute compréhension, « sage, mais non d’une sagesse connue ». Elle est telle qu’Il est en Lui-même, au-delà des attributs, qui n’existent qu’en relation avec les mondes.
Les treize tikounim de la barbeי״ג תיקוני דיקנא
L’image de l’Idra pour les Treize Attributs de Miséricorde, qui émanent du cerveau caché uniquement comme les cheveux en émanent, par un mince filet contracté. Dans le septième, « et vérité », les cheveux s’arrêtent et le visage apparaît.
Le sceau de véritéחותמו של הקב״ה אמת
La lumière de la 'Hokhma cachée révélée dans le « visage », qui ne change pas et ne cesse jamais. Tel un sceau, elle est extérieure, et pourtant elle établit tout ; l’« écriture » de Moché l’attire dans les âmes.

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L’Arche et les deux déserts ¶1–3

1ביאור על זה

Explication à ce sujet

Explication

Le titre annonce un biour, une « explication » qui développe les idées du maamar précédent sur les étapes des enfants d’Israël dans le désert. Il abordera les étapes, le Nom de quarante-deux lettres et le verset : « Et Moché écrivit leurs départs selon leurs étapes. »

Le paragraphe 1 en bref

Le titre ouvre un biour, un discours explicatif qui approfondit le maamar précédent sur les étapes dans le désert.

2הנה גבי המסעות כתיב ויהי בנסוע הארון ויאמר משה קומה ה׳ ויפוצו אויביך כו׳. וצ״ל ענין המסעות שהיו עד מתן תורה שלא היה עדיין הארון.

Or, au sujet des étapes, il est écrit : « Et lorsque l’Arche partait, Moché disait : “Lève-toi, Havaya, et que Tes ennemis soient dispersés” », etc. Il faut comprendre la question des étapes qui eurent lieu jusqu’au don de la Torah, alors que l’Arche n’existait pas encore.

Explication

Chaque fois que l’Arche partait, Moché disait : « Lève-toi, Havaya, et que Tes ennemis soient dispersés » (Numbers 10:35) : c’est le déplacement de l’Arche qui repoussait les forces adverses. Mais la liste des étapes de la paracha Massei comprend celles qui eurent lieu avant le don de la Torah, alors que l’Arche n’avait pas encore été construite. Qu’est-ce qui soumettait donc ces forces à l’époque ?

אך הענין כי המסעות הראשונות היו במדבר הקרוב לישוב ולכן היו יכולים להכניעו משה רבינו ע״ה [עליו השלום] וישראל בעצמם

L’explication est la suivante : les premières étapes se déroulèrent dans le désert, près des lieux habités ; Moché, notre maître, que la paix soit sur lui, et Israël pouvaient donc le soumettre eux-mêmes,

Explication

La réponse commence ainsi : les premières étapes, de l’Égypte au Sinaï, traversèrent un désert proche des lieux habités. Là, Moché et le peuple avaient par eux-mêmes la force de soumettre « celui-ci », c’est-à-dire le désert et tout ce qu’il représente.

הגם שלא היה עדיין הארון עמהם משא״כ המסעות שאח״כ בתוך המדבר הרחוק מישוב היה צריך כדי להכניעו גם לארון דייקא וזהו ויהי בנסוע הארון כו׳.

bien que l’Arche ne fût pas encore avec eux. En revanche, pour les étapes qui suivirent, au cœur du désert, loin des lieux habités, il fallait, pour le soumettre, l’Arche elle-même également. C’est là le sens de : « Et lorsque l’Arche partait », etc.

Explication

Les étapes ultérieures s’enfonçaient dans le désert, loin de toute agglomération ; là, Moché et Israël ne suffisaient pas à eux seuls, et l’Arche devait elle-même prendre la tête. C’est pourquoi le verset « lorsque l’Arche partait » se rapporte à ces étapes.

Le paragraphe 2 en bref

Le paragraphe demande comment les étapes antérieures au Sinaï, lorsqu’il n’y avait pas d’Arche, purent venir à bout des forces adverses. Il répond que le désert proche des lieux habités était moins puissant et pouvait être soumis par Moché et Israël, tandis que le désert profond nécessitait l’Arche.

Maré mekomot

  1. 1
    הנה גבי המסעות · באוה״ת במדבר-ו ע׳ א׳תתקסו בשינויים והוספות. ראה גם מאמרי אדה״א פ׳ מסעי ע׳ תתעב ואילך.
  2. 2

3וכן הענין ג״כ למעלה כי הנה נוגה היא הממוצע בין הקדושה ובין קליפות הטמאות כי היא כלולה מטוב ורע

Il en va de même dans le domaine spirituel. Car Nogah (« éclat ») est l’intermédiaire entre la sainteté et les kelipot impures (écorces), puisqu’elle est composée de bien et de mal.

Explication

Le même schéma s’applique maintenant au domaine spirituel. Une kelipa (« écorce ») est une force qui dissimule la divinité ; kelipat Nogah, l’écorce « lumineuse », est un mélange de bien et de mal, et se tient ainsi entre la sainteté et les trois kelipot entièrement impures.

והוא מ״ש במרכבת יחזקאל רוח סערה וענן גדול ואש מתלקחת ונוגה לו סביב שאחר ק״נ [קליפת נוגה] מתחיל השתלשלות שלש קליפות הנ״ל שע״י ק״נ [קליפת נוגה] נמשך להם יניקה מהקדושה.

C’est ce qui est écrit dans la vision du Char d’Ye’hezkel : « un vent de tempête, un grand nuage et un feu flamboyant, et un éclat (Nogah) autour de lui ». Car après kelipat Nogah commence l’enchaînement descendant (hichtalchelout) des trois kelipot mentionnées plus haut, qui reçoivent leur nourriture de la sainteté par l’intermédiaire de kelipat Nogah.

Explication

La vision du Char d’Ye’hezkel (Ézéchiel 1:4) décrit un vent de tempête, un grand nuage et un feu flamboyant, puis « un éclat (Nogah) autour de lui ». Les trois premiers éléments correspondent aux trois kelipot impures ; à mesure que les niveaux descendent, elles viennent après Nogah, et toute nourriture qu’elles tirent de la sainteté leur parvient uniquement par son intermédiaire.

ולכן לא כולם שוים שהקרוב לנוגה יותר אין הרע בו בתוקף כ״כ [כל כך] כמו בהרחוק מנוגה

Elles ne sont donc pas toutes égales : dans celle qui est plus proche de Nogah, le mal n’est pas aussi puissant que dans celle qui en est éloignée.

Explication

Les kelipot impures ne sont donc pas toutes semblables. Plus l’une est proche de Nogah, plus son mal est faible ; plus elle en est éloignée, plus il est puissant.

(וז״ש [וזהו שכתוב] גבי עמלק ואחריתו עדי אובד וכמשנ״ת [וכמו שנתבאר] בד״ה חייב אינש לבסומי בפורי׳ [בפורים] ע״ש וזהו דלפעמים אמר שטן ופנינה לש״ש [לשם שמים] נתכוונו ובמ״א אמרו נתן עיניו במקדש ראשון כו׳ וכמ״ש במ״א).

(C’est [le sens de] ce qui est écrit au sujet d’Amalek : « et sa fin sera de périr à jamais », comme cela a été expliqué dans le discours commençant par « Une personne est tenue de s’enivrer à Pourim » ; voir là-bas. C’est pourquoi il a parfois été dit : « Le Satan et Penina ont agi pour la gloire du Ciel », tandis qu’ailleurs il a été dit : « Il porta ses regards sur le Premier Temple », etc., comme cela est expliqué ailleurs.)

Explication

Amalek, dont « la fin sera de périr à jamais » (Nombres 24:20), illustre le mal à son degré le plus puissant, qui ne peut être que détruit ; le discours de Pourim cité ici explique que la kelipa a, elle aussi, un « premier » et un « dernier ». Le Talmud dit en un endroit que le Satan et Penina « ont agi pour la gloire du Ciel » (Bava Batra 16a), et en un autre que le mauvais penchant « porta ses regards sur le Premier Temple » et le détruisit (Soucca 52a) : le premier enseignement parle du mal proche de sa racine, le second du mal qui en est éloigné.

ולכן אותן המסעות שהיו במדבר הסמוך לישוב היינו התחלת השתלשלות קליפות הטמאות הקרובים עדיין לנוגה ע״כ היו יכולים ס״ר נש״י [נשמות ישראל] ומשה ואהרן להכניעם גם קודם מ״ת [מתן תורה] ע״י שבעה מצות שנצטוו במרה שמירת שבת וכבוד אב

C’est pourquoi les étapes de voyage qui se déroulèrent dans le désert jouxtant les lieux habités — c’est-à-dire au début de l’enchaînement descendant des kelipot impures, encore proches de Nogah — purent être maîtrisées par les six cent mille âmes d’Israël, par Moché et par Aharon, même avant le Don de la Torah, grâce aux sept mitsvot qui leur furent ordonnées à Mara, à savoir le respect du Chabbat et l’honneur dû au père

Explication

Les premières étapes, près des lieux habités, correspondent au début de la descente des kelipot impures, encore proches de Nogah. Ainsi, même avant le Sinaï, le peuple, avec Moché et Aharon, put les maîtriser grâce aux mitsvot données à Mara ; le Talmud (Sanhédrin 56b) en compte dix données là-bas : les sept commandements adressés aux enfants de Noa’h, auxquels furent ajoutés les lois civiles, le Chabbat et l’honneur dû aux parents.

ואם וכמו שנא׳ [שנאמר] בהם בדברות האחרונות כאשר צוך ה׳ אלקיך ופירש״י [ופירש רש״י] דכאשר צוך היינו במרה.

et à la mère, comme il est dit à leur sujet dans la seconde [version des] Commandements : « comme Havaya, ton D.ieu, te l’a commandé » ; et Rachi explique que « comme Il te l’a commandé » fait référence à Mara.

Explication

La preuve que le Chabbat et l’honneur dû aux parents furent ordonnés à Mara se trouve dans la seconde formulation des Dix Commandements (Deutéronome 5) : ces deux commandements portent les mots « comme Havaya, ton D.ieu, te l’a commandé », et Rachi explique qu’ils font référence au commandement antérieur à Mara.

אבל המסעות שנסעו אח״כ בתוך המדבר הרחוק מישוב ששם מדור הקליפות הרחוקים מנוגה שהם תוקף הרע היה צריך כדי להכניעם ע״י בנסוע הארון ויאמר משה כו׳.

Mais pour les étapes de voyage qu’ils effectuèrent ensuite, au cœur du désert, loin des lieux habités, où résident les kelipot éloignées de Nogah — qui représentent la pleine puissance du mal —, il fallait, pour les maîtriser, que cela se fasse par « Lorsque l’Arche se mettait en marche, Moché disait », etc.

Explication

Les étapes ultérieures les conduisirent au cœur du désert, domaine des kelipot éloignées de Nogah, où le mal est à son apogée. Pour les maîtriser, il fallait l’Arche et l’appel de Moché : « Lève-toi, Havaya ».

וכל עיקר הכוונה בענין המסעות במדבר הוא להכניע אותו לפי שהוא מקור הקליפות לעומת בחי׳ ירושלים בקדושה

Or, le but essentiel des étapes de voyage dans le désert est de le maîtriser, car il est la source des kelipot, à l’opposé du niveau de Jérusalem dans la sainteté.

Explication

Le but de toutes les étapes était de maîtriser le désert lui-même, car il est la source des kelipot. Il est, du côté de l’impureté, le pendant de Jérusalem du côté de la sainteté.

(ועיין בזהר תרומה קנ״ז א׳ תצוה קפ״ד א׳ ב׳ ובע״ח [ובעץ חיים] שער הארת המוחין זו״נ [זעיר אנפין ונוקבא] פ״ה)

(Et voyez le Zohar, Terouma, 157a ; Tetsavé, 184a et b ; et Etz Chaim, Cha'ar He'arat HaMo'hin de Zeir Anpin et Noukva, chapitre 5.)

Explication

Le texte donne ses références. Le Zohar sur Terouma (2:157a) décrit comment D.ieu partagea la terre entre les terres habitées et les terres désolées, avec la Terre sainte au centre, Jérusalem au centre de la Terre et le Saint des saints au centre de Jérusalem ; le texte cite également le Zohar sur Tetsavé et la Porte de l'illumination des mo'hin dans Etz Chaim.

והוא סימן לדורות שעי״ז יוכל כל אחד מישראל לעבוד את ה׳ ולהכניע גופו באתכפיא או אתהפכא שזהו עיקר העבודה כו׳.

Et cela constitue un signe pour les générations : grâce à cela, chaque membre d’Israël peut servir D.ieu et soumettre son corps, par l’itkafia (soumission) ou l’ithap’ha (transformation), ce qui constitue l’essence du service, etc.

Explication

Les voyages sont un signe pour chaque génération : chaque Juif peut soumettre son corps de l’une de deux manières. L’itkafia consiste à réprimer les désirs du corps ; l’ithap’ha consiste à les transformer en sainteté, ce que le Zohar (1:4a, cité dans la note de Kehot) loue comme le fait de « transformer l’obscurité en lumière et l’amertume en douceur ».

והנה מ״ב מסעות הם כנגד שם מ״ב תיבות דאנא בכח גדולת כו׳ שהוא שבעה מדות עליונות חג״ת [חסד גבורה תפארת] נה״י [נצח הוד יסוד] ומלכות וכל אחת מהן כלולה מששה בחי׳ חג״ת [חסד גבורה תפארת] נה״י [נצח הוד יסוד] לבד

Or, les quarante-deux voyages correspondent au Nom de quarante-deux mots de « Ana bekoach gedulas », etc. Celui-ci correspond aux sept attributs supérieurs (midot) : 'Hessed, Guevoura, Tiferet, Netsa'h, Hod, Yessod et Mal'hout ; chacun d’eux est composé de six aspects seulement : 'Hessed, Guevoura, Tiferet, Netsa'h, Hod et Yessod.

Explication

Les quarante-deux voyages énumérés dans la paracha de Massé correspondent à la prière Ana Bekoach, un Nom de quarante-deux mots répartis en sept lignes de six mots. Ses sept lignes sont les sept attributs, de 'Hessed à Mal'hout, et les six mots de chaque ligne sont six aspects, de 'Hessed à Yessod, au sein de cet attribut.

לכן הוא שבעה פסוקים וכל פסוק יש בו רק ששה תיבות שבחי׳ השביעית שבכל מדה אינה

C’est pourquoi il y a sept versets et que chaque verset ne compte que six mots, car le septième aspect de chaque attribut n’est pas

Explication

Ainsi, seuls six aspects sont comptés au sein de chacun des sept attributs. Le septième, la Mal'hout de cet attribut, est omis.

בחשבון דשם מ״ב וצ״ל מפני מה בספירת העומר הם מ״ט ימים דהיינו שכל מדה משבעה מדות עליונות כלולה משבעה שסופרין ג״כ בחי׳ מלכות שבכל מדה.

compris dans le décompte du Nom de quarante-deux. Il faut comprendre pourquoi, lors du décompte de l’Omer, il y a quarante-neuf jours, c’est-à-dire que chacun des sept attributs supérieurs se compose de sept aspects, puisque nous comptons également l’aspect de Mal'hout au sein de chaque attribut.

Explication

Une question se pose. Lors du décompte de l’Omer, nous comptons quarante-neuf jours, sept fois sept ; chaque attribut inclut donc sa propre Mal'hout. Pourquoi celle-ci est-elle comptée là, mais pas dans le Nom de quarante-deux ?

Le paragraphe 3 en bref

Ce paragraphe transpose les deux types d’étapes de voyage dans le monde spirituel : le désert proche correspond aux kelipot encore proches de kelipat Nogah, le désert profond au mal dans toute sa puissance, et le désert dans son ensemble à la source des kelipot, à l’opposé de Jérusalem. Il relie ensuite les quarante-deux étapes au Nom de quarante-deux lettres et demande pourquoi ce Nom omet Mal’hout, alors que le compte de l’Omer l’inclut.

Pour aller plus loin

Dans le passage de Likkutei Torah sur ‘Houkat auquel renvoie la note de Kehot, l’Admour Hazaken rapporte les deux mêmes enseignements concernant le Satan et explique que la racine du mal, ce qui lui donne vie, est bonne ; ce n’est qu’en descendant à travers l’enchaînement des niveaux qu’elle devient un mal absolu. La gradation des kelipot selon leur distance de Nogah exprime la même idée.

Maré mekomot

  1. 1
    במרכבת יחזקאל רוח סערה · Ezekiel 1:4
  2. 2
    ואחריתו עדי אובד · Numbers 24:20
  3. 3
    בד״ה חייב אינש לבסומי · בתו״א צה, א.
  4. 4
    שטן ופנינה לש״ש נתכוונו · Bava Batra 16a:9–10
  5. 5
    נתן עיניו במקדש ראשון · סוכה נב, סע״א. ראה לעיל פ׳ חקת סב, א.
  6. 6
    נתן עיניו במקדש ראשון · Sukkah 52a:10
  7. 7
    שבעה מצות שנצטוו במרה · Sanhedrin 56b:22–23
  8. 8
    כאשר צוך ה׳ אלקיך · Deuteronomy 5:16
  9. 9
    היינו במרה · באוה״ת במדבר-ו ע׳ א׳תתקסז יש לכאן הוספה.
  10. 10
  11. 11
    או אתהפכא שזהו עיקר העבודה · Zohar I, 4a

Le Nom de quarante-deux et le Omer ¶4–6

4והענין כי הנה בחי׳ מלכות הוא הממוצע מלכות דאצילות נעשה עתיק לבריאה ומלכות דבריאה עתיק ליצירה כו׳ ומלכות דא״ס עתיק לאצילות שבחי׳ מלכות לבד שבעליון יורדת להיו ת עתיק ומקור לתחתון.

L’explication est que le niveau de Mal'hout est l’intermédiaire : Mal'hout d’Atsilout devient Atik (« l’Ancien ») pour Béria, et Mal'hout de Béria devient Atik pour Yetsira, etc. ; Mal'hout de l’Ein Sof devient Atik pour Atsilout. Car seul le niveau de Mal'hout du niveau supérieur descend pour devenir Atik et la source du niveau inférieur.

Explication

La réponse commence par Mal'hout, le dernier attribut de chaque ensemble, qui relie les niveaux. Mal'hout de chaque monde supérieur devient Atik, la racine intérieure, du monde qui lui est inférieur : Mal'hout d’Atsilout pour Béria, Mal'hout de Béria pour Yetsira, et Mal'hout de l’Ein Sof, l’Infini tourné vers ce qui est en dessous, pour Atsilout ; seule Mal'hout descend pour devenir la source du niveau suivant.

Le paragraphe 4 en bref

Mal'hout est le point où chaque niveau supérieur descend pour devenir la source du suivant ; elle est donc l’aspect de la descente et de la révélation. C’est la clé pour comprendre pourquoi le compte du Omer, qui attire la lumière vers le bas, en dénombre les jours.

5והנה שם מ״ב הוא בחי׳ עליות מלמטה למעלה שלכן בפ׳ שמע יש בה מ״ב תיבות מואהבת עד ובשעריך.

Or, le Nom de quarante-deux est le niveau des élévations d’en bas vers le haut. C’est pourquoi la section du Chéma compte quarante-deux mots, de « Et tu aimeras » jusqu’à « et à tes portes ».

Explication

Le Nom de quarante-deux est une force d’élévation, qui s’élève d’en bas vers le haut. C’est pourquoi la première section du Chéma, de « Et tu aimeras » à « et à tes portes », compte quarante-deux mots.

ולכאורה אינו מובן דהא פ׳ שמע הוא חסד ואהבת ושם מ״ב הוא גבורה אלא מפני שאהבה דפ׳ שמע נאמר בכל מאדך בלי גבול הכלי והוא בחי׳ העלאה והיינו ע״י שם מ״ב.

À première vue, cela n’est pas compréhensible : la section du Chéma relève de 'Hessed et dit « Et tu aimeras », tandis que le Nom de quarante-deux relève de Guevoura. Mais [c’est] parce qu’au sujet de l’amour de la section du Chéma, il est dit : « de toute ta force » (me'odekha), sans limite imposée par le réceptacle ; or, cela est le niveau de l’élévation, qui s’accomplit par le Nom de quarante-deux.

Explication

Cela semble étrange : la première section du Chéma, qui parle d’amour, relève de 'Hessed, tandis que le Nom de quarante-deux relève de Guevoura. La réponse est que son amour est « de toute ta force », un amour qui ne connaît pas la limite d’un réceptacle ; un tel amour sans borne constitue une élévation, portée par le Nom de quarante-deux.

משא״כ בפ׳ והיה אם שמוע שלא נאמר בכל מאדך והוא בחי׳ המשכה הוא שם ע״ב [שם ע״ב] וכמ״ש במ״א.

En revanche, dans la section « Et il arrivera, si vous écoutez », où il n’est pas dit « de toute ta force », et qui relève du niveau de l’effusion, il s’agit du Nom de soixante-douze, comme il est expliqué ailleurs.

Explication

La deuxième section, « Et il arrivera, si vous écoutez », ne dit pas « de toute ta force ». Elle relève de l’effusion, qui correspond au Nom de soixante-douze.

Le paragraphe 5 en bref

Ce paragraphe établit que le Nom de quarante-deux est une force d’élévation, comme le montrent les quarante-deux mots de la première section du Chéma : son amour « de toute ta force » est sans borne et s’élève donc.

Pour aller plus loin

Le maamar de Likkutei Torah sur Va'eschanan auquel renvoie la note soulève la même difficulté et y répond autrement : les lumières et les réceptacles ont échangé leurs places, de sorte que la lumière de 'Hessed repose dans le réceptacle de Guevoura, et la lumière de Guevoura dans le réceptacle de 'Hessed.

Maré mekomot

  1. 1
    בפ׳ שמע יש בה מ״ב תיבות · פע״ח שער הק״ש פי״ח.
  2. 2
    ולכאורה אינו מובן · ראה לקו״ת פ׳ ואתחנן יב, ד. שרש מצות התפלה פרק יב ואילך.
  3. 3
    בכל מאדך · Deuteronomy 6:5
  4. 4
    והיה אם שמוע · Deuteronomy 11:13

6ולפיכך השבעה מדות דשם מ״ב כלולים כ״א רק מששה בחי׳ שהם בחי׳ העצמיות של כל מדה והם המתעלים משא״כ הבחינה שביעית שבכל מדה שהוא ענין גילוי המדה כו׳

C’est pourquoi les sept attributs du Nom de quarante-deux sont chacun composés de six aspects seulement, qui sont l’aspect essentiel de chaque attribut et qui sont ceux qui s’élèvent ; en revanche, le septième aspect de chaque attribut concerne la révélation de l’attribut, etc.

Explication

Cela répond à la question. Les six aspects comptés dans chaque attribut du Nom de quarante-deux constituent l’essence propre de cet attribut, et ce sont eux qui s’élèvent ; le septième aspect, sa Mal'hout, est la révélation de l’attribut vers l’extérieur, et l’élévation ne l’inclut donc pas.

והיינו לפי שהעליות הוא באור א״ס ב״ה שהוא סתימו דכל סתימין שתהיינה הז׳ מדות בטלים בו ית׳ דלאו מכל אינון מדות איהו כלל כמ״ש לך ה׳ הגדולה כו׳

Cela tient au fait que les élévations ont lieu dans la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, qui est « le plus caché de tout ce qui est caché », si bien que les sept attributs s’annulent en Lui, béni soit-Il, car « Il n’est aucun de ces attributs », ainsi qu’il est écrit : « À Toi, Havaya, la grandeur », etc.

Explication

L’élévation mène à la Lumière infinie, « le plus caché de tout ce qui est caché », dans laquelle les attributs s’annulent, car « Il n’est aucun de ces attributs ». Le verset « À Toi, Havaya, la grandeur » (I Chronicles 29:11), qui poursuit en nommant les attributs un à un, les présente comme Lui appartenant entièrement.

והוא הפך מבחי׳ גילוי המדה שהוא בחי׳ יש כו׳ (ואפשר דלכן שם מ״ב הוא ג״כ בהויות דע״ב [דשם ע״ב] ס״ג [שם ס״ג] מ״ה [שם מ״ה] משא״כ בשם ב״ן [שם ב״ן] אין בו בחי׳ מ״ב כמ״ש בע״ח [בעץ חיים] שער כסה״כ [כסא הכבוד] ספ״ז ובפע״ח [ובפרי עץ חיים] שער הקדישים פ״א

Cela est à l’opposé du niveau de la révélation de l’attribut, qui est le niveau de l’existence distincte (yech), etc. (Et c’est peut-être pour cette raison que le Nom de quarante-deux se trouve également dans les Havayot de Av, Sag et Mah, tandis que le Nom de Ban ne comporte pas d’aspect de quarante-deux, comme il est écrit dans Etz Chaim, Sha'ar Kisei HaKavod (la Porte du Trône de Gloire), fin du chapitre 7, et dans Pri Etz Chaim, Sha'ar HaKaddishim, chapitre 1 :

Explication

La révélation est l’opposé de l’annulation : un attribut qui se manifeste au-dehors devient un yech, une existence ayant sa propre réalité. La parenthèse suggère que c’est pourquoi le Nom de quarante-deux se trouve dans les graphies du Nom Havaya appelées Av, Sag et Mah, mais pas dans Ban, comme l’indiquent Etz Chaim et Pri Etz Chaim.

כי שם מ״ב הוא בחינות עליות וזהו הפך שם ב״ן [שם ב״ן] שהוא בחי׳ מל׳ להיות גילוי כו׳. ועיין בפע״ח [בפרי עץ חיים] ש״ו [שער ו׳] פ״ד בענין ראשו כתם פ״ז [פרק ז׳] מ״ה [שם מ״ה] מ״ב כו׳ ועיין במק״מ [במקדש מלך] פ׳ שמות)

car le Nom de quarante-deux est le niveau des élévations, à l’opposé du Nom de Ban, qui est le niveau de Mal'hout, dont la fonction est la révélation, etc. Voir aussi Pri Etz Chaim, Sha'ar 6, chapitre 4, à propos de « Sa tête est comme l’or fin (kesem paz) » : paz (87) correspond à Mah (45) [et à] quarante-deux, etc. Voir aussi le Mikdash Melech, Parshas Shemos.)

Explication

Le Nom de quarante-deux correspond à l’élévation, tandis que Ban est le Nom de Mal'hout, dont la fonction est la révélation ; les deux sont donc opposés. Pri Etz Chaim (dans la Porte des chants, comme l’identifie la note de Kehot) interprète ainsi « Sa tête est comme l’or fin (kesem paz) » : paz vaut 87, soit Mah (45) et quarante-deux réunis.

(בדף ח׳) גבי עטרת פז. ועמ״ש בענין קי״ס [קריעת ים סוף] סד״ה הים ראה וינוס ההרים רקדו כו׳ ע״ש.

(au folio 8), à propos d’« une couronne d’or fin (paz) ». Voir aussi ce qui est écrit au sujet de la fente de la mer des Joncs, à la fin du discours commençant par « La mer vit et s’enfuit ; les montagnes bondirent », etc. Voir là-bas.

Explication

Pour approfondir, le texte renvoie au Mikdash Melech à propos d’« une couronne d’or fin (paz) », ainsi qu’à la fin d’un discours de Likkutei Torah sur la fente de la mer, « La mer vit et s’enfuit ».

אבל ספירת העומר הוא בחי׳ המשכות היום יום א׳ כו׳ יום לשון הארה וגילוי שנמשך מאצילות לבריאה ומבריאה ליצירה ומיצירה לעשיה עד שנמשך בנפש האדם

Mais le décompte du Omer correspond à des prolongements vers le bas : « Aujourd’hui, c’est le premier jour », etc. Le mot « jour » désigne une illumination et une révélation, qui se prolongent du Monde d’Atsilout vers Béria, de Béria vers Yetsira et de Yetsira vers Assiya, jusqu’à parvenir dans l’âme de l’homme.

Explication

Le Omer est l’opposé du Nom de quarante-deux : il s’agit d’un prolongement vers le bas. Chaque décompte nocturne, « Aujourd’hui, c’est le premier jour », emploie le mot « jour », qui désigne la lumière et la révélation, comme dans « D.ieu appela la lumière “jour” » (Genesis 1:5) ; cette lumière se prolonge à travers les quatre mondes jusqu’à l’âme humaine.

ולכן בכל מדה סופרין ז׳ בחינות שהרי העיקר בזה הוא להיות גילוי והמשכה למטה שזהו בחי׳ השביעית שבכל מדה גילוי המדה (וגם עומר שעורים הוא שם ב״ן [שם ב״ן]).

C’est pourquoi, pour chaque attribut, on compte sept aspects, car l’essentiel ici est qu’il y ait révélation et prolongement vers le bas ; cela correspond au septième aspect de chaque attribut, la révélation de l’attribut. (De plus, l’omer d’orge relève du Nom de Ban.)

Explication

Puisque le but du Omer est de faire descendre la lumière et de la révéler, chaque attribut est compté avec son septième aspect, sa Mal'hout, qui est la révélation de l’attribut. La parenthèse ajoute que l’omer, l’offrande d’orge, relève du Nom de Ban, le Nom de Mal'hout.

ומהיכן מתחילים לספור מיום ראשון של פסח והוא עצמו אינו מהמספר כי הוא מקור שממנו ממשיכים האורות שהוא ענין הספירה היום יום כנ״ל

Et d’où commence-t-on le décompte ? Du premier jour de Pessa'h ; pourtant, ce jour lui-même ne fait pas partie du décompte, car il est la source d’où se prolongent les lumières — ce qui constitue le décompte, « Aujourd’hui, c’est le jour… », comme indiqué plus haut.

Explication

Le décompte commence le premier jour de Pessa'h, mais ce jour n’est pas lui-même compté. Il est la source d’où se prolongent les lumières des quarante-neuf jours.

כי ביום א׳ דפסח כתיב ובני ישראל יוצאים ביד רמה פי׳ שהוא בבחינת רוממות למעלה מהחכמה.

Car, au sujet du premier jour de Pessa'h, il est écrit : « Et les enfants d’Israël sortaient la main levée (beyad ramah) » ; cela signifie qu’il s’agit du niveau de l’élévation (romemout), au-dessus de 'Hokhma (sagesse).

Explication

Au sujet de ce premier jour, la Torah dit que les Israélites sortirent « la main levée » (Exode 14:8). Le maamar y voit un niveau d’élévation supérieur à 'Hokhma, au-delà de l’intellect lui-même.

וזהו וספרתם לכם ממחרת השבת פי׳ מבחינה שלמעלה מהשבת ששבת הוא מוחין דאבא ויד רמה הוא בחינה שלמעלה מזה, ומבחינה זו תספרו מ״ט יום להיות בכל מדה ז׳ בחינות דוקא.

Et c’est là le sens de « Vous compterez pour vous à partir du lendemain du Chabbat » : c’est-à-dire à partir d’un niveau supérieur au Chabbat. Car le Chabbat relève des mo'hin d’Abba, et « la main levée » est un niveau supérieur à cela ; c’est à partir de ce niveau que vous compterez quarante-neuf jours, afin que chaque attribut comporte précisément sept aspects.

Explication

Ainsi, « à partir du lendemain du Chabbat » (Lévitique 23:15) désigne le niveau qui est supérieur au Chabbat. Le Chabbat relève des mo'hin d’Abba, c’est-à-dire de 'Hokhma ; la « main levée » est encore plus élevée, et c’est de là que sept aspects sont attirés dans chaque attribut, soit quarante-neuf jours en tout.

(ועיין לעיל בד״ה לבאר ענין המסעות נתבאר ענין שם מ״ב דמסעות שהם ו׳ מדות כל אחד כלול מז׳, והוא אינו כמש״כ [כמה שכתוב] שהם ז׳ מדות כ״א [כל אחד / כל אחת] כלול מששה.

(Voir plus haut, dans le discours qui commence par « Pour expliquer le sens des étapes », où il est expliqué que le Nom de quarante-deux des étapes consiste en six attributs, chacun composé de sept ; cela diffère de ce qui est écrit [ici], à savoir qu’il s’agit de sept attributs, chacun composé de six.)

Explication

Cette parenthèse relève une apparente contradiction. Le discours antérieur, « Pour expliquer le sens des étapes », décrit le Nom de quarante-deux des étapes comme six attributs de sept chacun, tandis qu’ici il s’agit de sept attributs de six chacun.

ויש לומר עפמ״ש [על פי מה שכתוב] בפע״ח [בפרי עץ חיים] שער הקדישים רפ״ב וז״ל [וזה לשונו] כי שם מ״ב של כוונת הקדיש אינו שם מ״ב הנודע אצלנו שהוא אנא בכח רק שם מ״ב דהויות כו׳

On peut expliquer cela d’après ce qui est écrit dans le Pri Etz Chaim, Sha'ar HaKaddishim, au début du chapitre 2, en ces termes : « Car le Nom de quarante-deux de l’intention du Kaddish n’est pas le Nom de quarante-deux qui nous est connu, à savoir Ana Bekoach, mais le Nom de quarante-deux des Havayot », etc.

Explication

La résolution vient du Pri Etz Chaim : le Nom de quarante-deux visé dans le Kaddish n’est pas l’Ana Bekoach bien connu, mais un autre Nom de quarante-deux, composé de Havayot, c’est-à-dire de graphies du Nom.

וע״ש דמ״ב דהוויות היינו ג׳ ידות יד הגדולה יד החזקה יד הרמה אשר כל יד הוא ב׳ פעמים ז׳. נמצא מ״ב דהויות היינו ו׳ בחינות כל אחד כלולה מז׳.

Voyez-y que les quarante-deux des Havayot sont les trois mains : la grande main, la main puissante et la main levée ; chaque main vaut deux fois sept. Il s’ensuit que les quarante-deux des Havayot correspondent à six aspects, chacun composé de sept.

Explication

Ce Nom correspond aux trois « mains » de la Torah : « la grande main » (Exode 14:31), « la main puissante » (Exode 6:1) et « la main levée » (Exode 14:8). Le mot yad, « main », vaut quatorze, soit deux fois sept ; les trois mains forment donc six groupes de sept, soit quarante-deux en tout.

והיינו מה שפי׳ שם בענין שם מ״ב. וענין ג׳ ידות אלו מבואר במ״א בדרוש פורים גבי כי יד על כס כו׳. ועמ״ש מזה ג״כ בביאור ע״פ נשא את כו׳ ע״ש.

C’est ce qui est expliqué là au sujet du Nom de quarante-deux. Le sens de ces trois mains est expliqué ailleurs, dans le discours de Pourim sur « Car une main est sur le trône », etc. Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication du verset « Fais le dénombrement » (Naso es), etc. Voyez-y.

Explication

Ainsi, le discours précédent parlait de ce second Nom. Les trois mains sont expliquées dans le discours de Pourim sur « Car une main est sur le trône » (Exode 17:16), ainsi que dans l’explication de « Fais le dénombrement », dans la paracha de Nasso.

ומה שפי׳ כאן בענין שם מ״ב זהו אנא בכח כו׳. ועיין עוד מענין שם מ״ב בפע״ח [בפרי עץ חיים] גבי כוונת פ׳ ראשונה דק״ש [דקריאת שמע] שבה שם מ״ב מבואר דשם מ״ב הוא בראש ז״א בכח״ב [בכתר חכמה בינה] כו׳. ועיין בזהר פ׳ תרומה)

En revanche, le Nom de quarante-deux dont il est question ici désigne Ana Bekoach, etc. Voyez encore ce qui concerne le Nom de quarante-deux dans le Pri Etz Chaim, à propos de l’intention de la première section du Chema, où figure le Nom de quarante-deux ; il y est expliqué que le Nom de quarante-deux se trouve dans la tête de Zeir Anpin, dans Kéter, 'Hokhma et Bina, etc. Voyez aussi le Zohar, paracha Terouma.)

Explication

Ici, en revanche, le Nom de quarante-deux désigne Ana Bekoach. Dans le Pri Etz Chaim, au sujet de la première section du Chema, il est situé dans la tête de Zeir Anpin, dans son Kéter, sa 'Hokhma et sa Bina.

(דקל״ב ע״ב) שמא דמ״ב אתוון רזא דיליה אבהן דקא מתעטרן בעלמא עילאה כו׳ עד דעתעטרא באין סוף ועמ״ש ע״ז בפרדס שער שלשים פ״ז [פרק ז׳].

(132b) : « Le Nom de quarante-deux lettres : son secret, ce sont les Patriarches, qui sont couronnés dans le monde supérieur », etc., jusqu’à « qu’il est couronné dans l’Infini (Ein Sof) ». Voyez ce qui est écrit à ce sujet dans le Pardes, Sha'ar 30, chapitre 7.

Explication

Le Zohar (2:132b) présente le Nom de quarante-deux lettres comme le secret des Patriarches, couronnés dans le monde supérieur jusqu’à ce qu’ils soient couronnés dans l’Infini, et ajoute qu’il « s’élève et ne descend pas » : c’est un Nom d’ascension. Le Pardes (Sha'ar 30, chapitre 7) commente cela.

ועיין עוד בזהר פ׳ אחרי (דע״ח א׳) וברע״מ [וברעיא מהימנא] פרשת בהר (דק״ח ע״ב) ובהרמ״ז [ובהרב משה זכות] ר״פ תצא ובפ׳ בראשית (דף ד׳ ע״א).

Voir encore le Zohar, Paracha Acharei (78a), le Raaya Mehemna, Paracha Behar (108b), le Ramaz au début de la Paracha Teitzei, ainsi que sur la Paracha Bereishis (folio 4a).

Explication

D’autres références concernant le Nom de quarante-deux : le Zohar sur Acharei, le Raaya Mehemna sur Behar, et le Ramaz (Rabbi Moshe Zacuto) au début de Teitzei et sur Bereishis.

והנה המסעות היה בכל אחד מהם חנייה אחר כך והוא המשכות האור למטה להכניע הקליפות

Or, après chacun des voyages, il y avait un campement ; celui-ci consistait à faire descendre la lumière en bas afin de soumettre les kelipot.

Explication

Revenons aux voyages : chacun était suivi d’un campement. Celui-ci consistait à faire descendre la lumière afin de soumettre les kelipot de cet endroit.

אך כדי שיהיה ההמשכה ממקום עליון מאד שעי״ז יוכנעו לזאת היה תחלה ההעלאה וכן בשם מ״ב שש כנפים כו׳

Mais, pour que cette descente provienne d’un lieu très élevé, afin qu’elles soient ainsi soumises, il fallait d’abord qu’il y ait une élévation. Il en va de même pour le Nom de quarante-deux : « six ailes », etc.

Explication

Mais, pour que la lumière provienne d’un lieu très élevé et soit assez puissante pour les soumettre, il fallait d’abord qu’il y ait une élévation ; le départ précédait donc le campement. Le texte voit le même schéma dans le Nom de quarante-deux et dans les « six ailes » des séraphins (Isaïe 6:2).

(ובשתים יעופף ובשתים דוקא העלאה והמשכה וזהו ג״כ ענין לוים וכהנים ובד״ה לבאר ענין המסעות נתבאר בענין קומה הוי׳ ויפוצו אויביך כו׳ שגם ע״י ההעלאה היה הכנעת הקליפות ע״ש):

(« Et avec deux, il volait » ; « avec deux » précisément : l’élévation et la descente. C’est aussi le sujet des Lévites et des Kohanim. Dans le discours qui commence par « Pour expliquer le sujet des voyages », il a été expliqué, à propos de « Lève-toi, Havaya, et que Tes ennemis soient dispersés », etc., que l’élévation elle-même soumettait également les kelipot ; voir là-bas.)

Explication

Parmi ces ailes, « avec deux, il volait » : deux précisément, pour l’élévation et la descente. Le texte voit la même paire chez les Lévites et les Kohanim, et rappelle que le discours précédent montrait que l’élévation elle-même, « Lève-toi, Havaya », soumettait aussi les kelipot.

Le paragraphe 6 en bref

Ce paragraphe répond à la question : le Nom de quarante-deux est une élévation vers l’Infini, où les attributs s’annulent ; son septième aspect, la révélation, est donc laissé de côté. Le Omer est un prolongement vers le bas : il compte ainsi les sept aspects de chaque attribut, en commençant par la « main levée » de Pessa'h. Le texte revient ensuite aux étapes du voyage : toute descente doit être précédée d’une élévation.

Pour aller plus loin

La longue parenthèse résout une contradiction avec le discours précédent en distinguant deux Noms de quarante-deux : Ana Bekoach, composé de sept lignes de six mots, et le Nom de quarante-deux associé aux Havayot évoquées dans le Kaddish, constitué de trois « mains » de quatorze (la valeur de yad), soit six groupes de sept. La description du Zohar du Nom de quarante-deux lettres, qui « s’élève et ne descend pas » et est couronné dans l’Infini, correspond à son rôle ici : celui de la force de l’élévation.

Maré mekomot

  1. 1
    בפע״ח ש״ו פ״ד · שער הזמירות. ראה גם אוה״ת פ׳ ויחי (בראשית-ב) ע׳ שפז, ב.
  2. 2
    ראשו כתם · Song of Songs 5:11
  3. 3
    פ״ז מ״ה מ״ב · באוה״ת פ׳ מסעי ע׳ א׳שעד יש הג״ה לכאן. וראה בכרך ו ע׳ א׳תתקסח.
  4. 4
    עטרת פז · Psalms 21:4
  5. 5
    סד״ה הים ראה · לקו״ת צו טז, ד. וראה באוה״ת במדבר-ו ע׳ א׳תתקסח השייכות לכאן.
  6. 6
  7. 7
    ובנ״י יוצאים ביד רמה · Exodus 14:8
  8. 8
    וספרתם לכם ממחרת השבת · Leviticus 23:15
  9. 9
    ז׳ בחינות דוקא · באוה״ת פ׳ מסעי ע׳ א׳שעד יש הג״ה לכאן.
  10. 10
    לעיל בד״ה לבאר ענין המסעות · פט, ד ואילך. ושם מוסיף שדרוש זה הוא אחרון. וראה בסה״מ תרכ״ז (הוצאת תשנ״ט) ע׳ קח.
  11. 11
    יד החזקה · Exodus 6:1
  12. 12
    יד הגדולה יד החזקה יד הרמה · Exodus 14:31
  13. 13
    בדרוש פורים גבי כי יד על כס · תו״א צה, ג.
  14. 14
    בביאור ע״פ נשא · לעיל כג, ב.
  15. 15
    ועיין בזהר פ׳ תרומה (דקל״ב ע״ב) · הלשון נעתק באוה״ת פ׳ מסעי ע׳ א׳שנא. ובפ׳ משפטים א׳קטו.
  16. 16
    שמא דמ״ב אתוון רזא דיליה אבהן דקא מתעטרן בעלמא עילאה · Zohar, Terumah 10:106–116
  17. 17
  18. 18
    לך ה׳ הגדולה · I Chronicles 29:11
  19. 19
    יום ל׳ הארה · Genesis 1:5
  20. 20

La bénédiction avant la mitsva ¶7–9

7ב והנה מבואר בפנים דענין מוצאיהם למסעיהם ומסעיהם למוצאיהם יש להבין מענין ברכת המצות, דהנה כמו שבמסעות היה נסיעה וחנייה כך במעשה המצוה יש ג״כ העלאה והמשכה

2. Or, le texte principal explique que la question des « départs vers leurs étapes » et des « étapes vers leurs départs » peut être comprise à partir de la bénédiction sur les mitsvot. En effet, de même que les voyages comportaient un départ et une halte, l’accomplissement d’une mitsva comporte lui aussi une élévation et un influx.

Explication

Deuxième section du biour. Le maamar principal indiquait que les « départs vers leurs étapes » et les « étapes vers leurs départs » (Nombres 33:2) peuvent être compris à partir de la bénédiction sur une mitsva : de même que chaque voyage comportait un départ et une halte, chaque mitsva comporte une élévation et un influx.

והיינו שהמשכת אור א״ס ב״ה שנמשך ע״י מעשה המצוה כמו טלית וציצית המשכת המקיף ובחי׳ ל״ב נתיבות חכמה ובתפילין המשכת מוחין.

C’est-à-dire que la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, est attirée par l’accomplissement de la mitsva : avec le talit et les tsitsit, il s’agit de l’influx de la lumière englobante (makif) et du niveau des trente-deux sentiers de 'Hokhma ; avec les tefilin, de l’influx des mo'hin.

Explication

Par l’acte d’une mitsva, la Lumière infinie est attirée : par le talit et les tsitsit, une lumière englobante (makif) et les trente-deux sentiers de 'Hokhma ; par les tefilin, les mo'hin.

הנה המשכה זו הוא ע״י בירור ק״נ [קליפת נוגה] שהקלף דתפילין והצמר דציצית נלקחו מק״נ [מקליפת נוגה] וע״י קיום המצוה מבררים ק״נ [קליפת נוגה] ומעלים הניצוצים לשרשן.

Cet influx s’opère par le raffinement (birour) de kelipat noga. En effet, le parchemin des tefilin et la laine des tsitsit proviennent de kelipat noga ; en accomplissant la mitsva, nous raffinons kelipat noga et élevons les étincelles jusqu’à leur racine.

Explication

Cette lumière est attirée par le raffinement de kelipat noga. Le parchemin des tefilin et la laine des tsitsit proviennent d’animaux, qui relèvent de noga ; les utiliser pour une mitsva raffine noga et élève ses étincelles de sainteté jusqu’à leur racine.

Le paragraphe 7 en bref

La deuxième section du biour commence : comme les voyages, chaque mitsva comporte une élévation et un influx, et la lumière qu’une mitsva attire provient du raffinement de kelipat noga.

Maré mekomot

  1. 1
    מוצאיהם למסעיהם ומסעיהם למוצאיהם · Numbers 33:2

8והנה כדי שיהיה בירור והעלאה זו צ״ל תחלה המשכה מלמעלה כי אלמלא עוזרו כו׳ אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] לעורר אתעדל״ת [אתערותא דלתתא]

Or, pour que ce raffinement et cette élévation aient lieu, il faut d’abord qu’un influx descende d’en haut, car « s’Il ne lui venait pas en aide », etc. : un éveil d’en haut, qui suscite un éveil d’en bas.

Explication

Avant que puisse avoir lieu tout raffinement et toute élévation, il faut d’abord qu’un influx descende d’en haut. Comme le disent les Sages au sujet du combat de l’homme contre son mauvais penchant : « S’Il ne lui venait pas en aide », il ne pourrait pas en triompher. Un éveil d’en haut précède donc et suscite l’éveil d’en bas.

וזהו ענין ברכת המצות שהוא המשכת המקיף היינו הארת סוכ״ע שהוא המעלה ומגביה כו׳ (ועמ״ש במ״א בפ׳ מקץ בד״ה המגביהי לשבת כו׳ שכל בחי׳ מקיף הוא המעלה למעלה)

Tel est le sens de la bénédiction sur les mitsvot : elle consiste à faire descendre la lumière englobante (makif), c’est-à-dire le rayonnement de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), qui élève et fait monter, etc. (Voir aussi ce qui est écrit ailleurs, dans la paracha de Mikets, dans le discours commençant par « Qui siège en haut », etc. : tout niveau de makif élève vers le haut.)

Explication

La bénédiction récitée avant une mitsva est ce premier influx d’en haut. Elle fait descendre une lumière englobante (makif), un rayonnement de la lumière qui entoure tous les mondes ; or le makif est ce qui élève, comme l’explique le discours du texte sur « Qui siège en haut » (Psaumes 113:5).

ולכן הברכות על המצות הם מדרבנן שהם המשכת מקיפים וע״ז ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] ערבים עלי ד״ס עלי דוקא שהוא בחי׳ מקיף כו׳ וכמ״ש במ״א (בפ׳ שמות).

C’est pourquoi les bénédictions sur les mitsvot sont d’institution rabbinique : elles font descendre des lumières englobantes (makifim). À ce propos, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Les paroles des Scribes me sont chères » ; « me » précisément, car cela désigne le niveau du makif, etc., comme il est expliqué ailleurs (dans la paracha de Chemot).

Explication

Voilà pourquoi les bénédictions sur les mitsvot sont d’institution rabbinique, des « paroles des Scribes » : elles font descendre des makifim. C’est aussi pourquoi les Sages font dire à l’Assemblée d’Israël que les paroles des Scribes lui sont chères « au-dessus de moi » (alai) : « au-dessus » évoque ce qui entoure, comme le makif.

וזהו ענין מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] כל המצות מברך עליהן עובר לעשייתן דלכאורה הל״ל [הוה ליה למימר] כפשוטו קודם לעשייתן. ולמה אמרו לשון עובר ונצרכו אח״כ להוכיח דהאי עובר לישנא דאקדומי הוא אלא

Tel est aussi le sens de l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « Pour toutes les mitsvot, on récite la bénédiction over la’asiyasan » (« en passant devant leur accomplissement »). À première vue, il aurait été plus simple de dire : « avant leur accomplissement » (kodem). Pourquoi employer le terme over, au point qu’il leur faille ensuite démontrer que over exprime l’idée d’anticiper ? Mais…

Explication

Le Talmud (Pessa’him 7b) enseigne qu’on récite la bénédiction pour toute mitsva over la’asiyasan, « avant de l’accomplir », puis doit démontrer que over signifie « avant ». Pourquoi ne pas employer simplement kodem, le terme habituel pour « avant » ?

כי עובר לעשייתן הפי׳ שהוא בחי׳ מקיף למעשה המצוה המעלה העשייה (וכענין מ״ש נחלה עבר על נפשנו עמ״ש מזה סד״ה להבין ענין הפסוק מי אל כמוך, וכענין פי׳ עובר לסוחר באד״ר [באדרא רבא])

Over la’asiyasan signifie que la bénédiction est un makif qui entoure l’accomplissement de la mitsva et élève l’acte (comme dans « Le torrent aurait passé (avar) sur notre âme » ; voir ce qui est écrit à ce sujet à la fin du discours commençant par « Pour comprendre le sens du verset “Quel D.ieu est comme Toi” » ; et comme dans l’explication de « passer chez le marchand » (over lasocher) dans l’Idra Rabba).

Explication

Le terme over, « passer », évoque aussi le fait de passer au-dessus et d’entourer : la bénédiction est un makif qui enveloppe l’acte et l’élève. Voir « Le torrent aurait passé sur notre âme » (Psaumes 124:4), ainsi que l’explication de l’Idra Rabba sur « passer chez le marchand » (over lasocher) (Genèse 23:16).

(קכ״ח ב׳) ועיין בספר קול ברמה שם מלשון סחור סחור כו׳ וכענין ויעבור ה׳ על פניו כו׳, ועיין בזהר פ׳ לך לך דע״ט ע״ב.

(128b). Voir aussi le livre Kol BeRamah, à cet endroit : le terme sechor sechor (« tout autour »), etc. ; de même, « Et Havaya passa devant lui », etc. Voir également le Zohar, paracha de Lekh Lekha, 79b.

Explication

Le Kol BeRamah, commentaire de l’Idra, rapproche socher, « marchand », de sechor, le terme araméen signifiant « autour ». « Et Havaya passa devant lui » (Exode 34:6) est un autre emploi de « passer » dans ce sens ; le texte renvoie également au Zohar sur Lekh Lekha.

וזהו ג״כ ענין ההפרש בין ההמשכה שבתחלה לעורר המ״ן [המיין נוקבין] ובין המשכת מ״ד [מיין דוכרין] שנמשך אח״כ ע״י העלאת המ״ן [המיין נוקבין], שההמשכה ההיא שאח״כ מאיר ומתגלה בבחי׳ פנימית משא״כ ההמשכה שבתחלה מאיר רק בבחינת מקיף וחיצוניות

Tel est également le sens de la différence entre l’influx qui descend au début pour susciter les mayin noukvin (eaux féminines) et l’influx de mayin doukhrin (eaux masculines), qui descend ensuite en réponse à l’élévation des mayin noukvin : cet influx ultérieur rayonne et se révèle de manière intérieure, tandis que l’influx initial ne rayonne que sous forme de makif et dans la dimension extérieure ('hitsoniyout).

Explication

Cela explique aussi deux types d’influx. Le premier, qui suscite les mayin noukvin (les « eaux féminines », l’éveil d’en bas), ne rayonne que comme makif, depuis l’extérieur. Le second, les mayin doukhrin (« eaux masculines ») qui viennent en réponse aux mayin noukvin élevés d’en bas, rayonne intérieurement et se révèle.

וכמו וימינו תחבקני שמחבקה בחיצוניותה ועי״ז אשה מזרעת ומעלה מ״ן [מיין נוקבין] ועי״ז נמשך אח״כ מ״ד [מיין דוכרין] טפת דכר בפנימיותה להיות מזה הולדה

Comme dans « sa droite m’enlace » : il l’enlace extérieurement, et par là « la femme donne sa semence » et élève les mayin noukvin ; par là, les mayin doukhrin, la goutte masculine, descendent ensuite en elle intérieurement, afin qu’il en naisse un enfant.

Explication

L’image est tirée du Cantique des Cantiques : « sa droite m’enlace » (2:6). Le premier enlacement vient de l’extérieur et suscite la réponse propre de la femme, l’« élévation des mayin noukvin ». Ce n’est qu’ensuite que l’influx intérieur descend en elle, et c’est de là que naît un enfant.

וגם ע״י שאשה מזרעת תחלה יולדת זכר לפי שהמשכת מ״ד [מיין דוכרין] ואתעדל״ע [ואתערותא דלעילא] הנמשך ע״י קדימת האתעדל״ת [האתערותא דלתתא] הוא מבחי׳ גבוה יותר מהאתעדל״ע [מהאתערותא דלעילא] שבתחלה.

Et aussi, lorsque « la femme émet sa semence la première, elle enfante un garçon », c’est parce que l’attraction des mayin duchrin et l’éveil d’en haut qui se produit grâce à la primauté de l’éveil d’en bas proviennent d’un niveau plus élevé que l’éveil d’en haut du début.

Explication

Le Talmud dit : « Si la femme émet sa semence la première, elle enfante un garçon » (Berachos 60a). Dans les termes de ce maamar, la réponse d’en haut qui vient après un éveil d’en bas provient d’un niveau plus élevé que le premier éveil d’en haut qui l’a précédée.

Le paragraphe 8 en bref

Ce paragraphe explique pourquoi la bénédiction précède la mitsva : un éveil d’en haut doit d’abord susciter l’éveil d’en bas. La bénédiction fait descendre une lumière englobante qui élève l’acte, tandis que l’influx qui vient ensuite rayonne intérieurement et provient d’un niveau supérieur.

Pour aller plus loin

Dans Torah Ohr sur Chemot, auquel renvoie la note de Kehot, l’Admour Hazaken l’exprime explicitement : la mitsva elle-même fait descendre la lumière intérieure dans les réceptacles, tandis que la bénédiction fait descendre le makif, qui est supérieur. C’est pourquoi over la’asiyasan s’apparente à over lasocher, et pourquoi les paroles des Scribes sont chères « au-dessus de moi », et non « à moi ».

Maré mekomot

  1. 1
    המגביהי לשבת · Psalms 113:5
  2. 2
    ערבים עלי ד״ס · Shir HaShirim Rabbah 2:6–7
  3. 3
    ערבים עלי ד״ס · Avodah Zarah 35a:6
  4. 4
    וכמ״ש במ״א (בפ׳ שמות) · בתו״א נג, ב.
  5. 5
    כל המצות מברך . . לישנא דאקדומי הוא · Pesachim 7b:9–10
  6. 6
    ויעבור ה׳ על פניו · Exodus 34:6
  7. 7
    נחלה עבר על נפשנו · Psalms 124:4
  8. 8
    סד״ה להבין . . מי אל כמוך · לקו״ת דרושים לר״ה סב, ב.
  9. 9
    עובר לסוחר · Zohar, Idra Rabba 3:14–6:25
  10. 10
    מלשון סחור סחור · באוה״ת במדבר-ו א׳ ע׳תתקסט ושם ”בס׳ קול ברמה שם דתרגום סביב סחור וזהו עובר לסוחר שהוא בחי׳ מקיפים עליונים”.
  11. 11
    וימינו תחבקני · Song of Songs 2:6
  12. 12
    שאשה מזרעת תחלה · Berakhot 60a:14

9וכ״ז [וכל זה] מבואר בענין ברכת המצות שהברכה יש בה לשון נוכח ברוך אתה כו׳ והוא ההמשכה לעורר המ״ן [המיין נוקבין] ואח״כ לשון נסתר אשר קדשנו במצותיו שלשון נסתר מורה על בחי׳ גבוה יותר כענין הוא עשנו

Tout cela s’explique à propos de la bénédiction sur les mitsvot. La bénédiction comporte la deuxième personne : « Tu es béni », etc. ; c’est la descente qui suscite les mayin noukvin. Vient ensuite la troisième personne : « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements », car la troisième personne indique un niveau plus élevé, comme dans « C’est Lui qui nous a faits ».

Explication

La formulation de chaque bénédiction sur une mitsva montre les étapes du processus. Elle commence à la deuxième personne — « Tu es béni » —, première descente qui suscite les mayin noukvin ; elle se poursuit à la troisième personne — « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements » —, car parler de D.ieu comme de « Lui » désigne un niveau trop élevé pour qu’on s’adresse directement à Lui, comme dans « C’est Lui qui nous a faits » (Psaumes 100:3).

והיינו ההעלאת מ״ן [מיין נוקבין] של מעשה המצוה שעולה למעלה מעלה וכמ״ש בענין עלי באר כו׳ אח״כ וצונו הוא ענין המשכת מ״ד [מיין דוכרין] שנמשך אח״כ ע״י העלאת המ״ן [המיין נוקבין]

C’est-à-dire que l’élévation des mayin noukvin par l’accomplissement de la mitsva monte toujours plus haut, comme cela est expliqué à propos de « Monte, ô puits », etc. Ensuite, « et nous a ordonné » désigne la descente des mayin doukhrin, qui sont attirés à la suite de l’élévation des mayin noukvin.

Explication

Ce niveau supérieur est atteint grâce aux mayin noukvin que l’acte de la mitsva élève très haut, comme cela est expliqué à propos de « Monte, ô puits » (Nombres 21:17). Puis « et nous a ordonné » désigne les mayin doukhrin qui descendent en réponse.

כי וצונו לשון צוותא והתחברות שנמשך המ״ד [המיין דוכרין] בבחי׳ פנימיות כו׳ (וכמ״ש בלק״ת [בלקוטי תורה (להאריז״ל)] פ׳ בראשית בסוף ההקדמה לטעמי מצות שע״י המצוה נעשה יחוד זו״נ [זעיר אנפין ונוקבא]).

Car vetsivanou (« et nous a ordonné ») est apparenté à tsavta (compagnie) et signifie union : les mayin doukhrin sont attirés de manière intérieure, etc. (comme il est écrit dans le Likkutei Torah de l’Arizal, parachat Berechit, à la fin de l’introduction aux Taamei HaMitsvot : par la mitsva s’opère l’union de Zeir Anpin et de Noukva).

Explication

Vetsivanou, « et nous a ordonné », est rapproché de tsavta, « compagnie » et union : la lumière qui répond est attirée à l’intérieur. Le Likkutei Torah de l’Arizal ajoute que chaque mitsva réalise l’union de Zeir Anpin et de Noukva.

וכ מ״כ הוא ג״כ בענין הקרבנות שהן בחי׳ העלאת מ״ן [מיין נוקבין] מנפש הבהמית שבנוגה כו׳ ועי״ז נמשכים ויורדים מ״ד [מיין דוכרין] (עיין באגה״ק [באגרת הקודש] בד״ה למה נסמכה).

Il en va de même pour les sacrifices, qui relèvent de l’élévation des mayin noukvin provenant de l’âme animale qui se trouve dans noga, etc. Par ce moyen, les mayin doukhrin sont attirés et descendent (voir Igueret HaKodech, dans le discours commençant par « Pourquoi a-t-elle été juxtaposée »).

Explication

Les sacrifices agissent de la même manière. Le sacrifice d’un animal élève les mayin noukvin provenant de l’âme animale, dont la racine se trouve dans noga ; en réponse, les mayin doukhrin descendent. Le texte renvoie à la lettre de l’Igueret HaKodech qui commence par « Pourquoi a-t-elle été juxtaposée ».

אך ג״כ כדי שיהיה העלאת מ״ן [מיין נוקבין] הוא ע״י הכהן המקריב שהוא חסד עליון הנמשך להעלות המ״ן [המיין נוקבין] כו׳.

Cependant, ici aussi, l’élévation des mayin noukvin ne peut avoir lieu que par l’intermédiaire du Cohen qui offre [le sacrifice] ; celui-ci est le 'Hessed supérieur qui descend pour élever les mayin noukvin, etc.

Explication

Pourtant, même cette élévation s’opère par l’intermédiaire du Cohen qui apporte le sacrifice, et le Cohen est le 'Hessed supérieur qui descend. Une fois encore, c’est une descente d’en haut qui rend possible l’élévation.

וענין ההפרש בין תורה למצות שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] ויתר הקב״ה כו׳ ולא ויתר על ביטול תורה שהתורה היא בחי׳ אברים הפנימים שבהם תולה עיקר החיות ונקיבתם במשהו.

Quant à la différence entre la Torah et les mitsvot, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Le Saint béni soit-Il a passé sur… », etc., « mais Il n’a pas passé sur la négligence de la Torah » ; car la Torah correspond aux organes internes, dont dépend la force vitale essentielle, et une perforation, même minime, [rend l’animal impropre].

Explication

Considérons maintenant la différence entre la Torah et les mitsvot. Le Talmud de Jérusalem (Haguiga 1:7) dit que D.ieu a passé sur l’idolâtrie, les unions interdites et le meurtre, mais non sur le rejet de la Torah, car la Torah est comparable aux organes internes, dont dépend la vie ; la moindre perforation empêche l’animal de vivre (tréfa).

והמצות רמ״ח אברים דמלכא הם בחי׳ אברים החיצונים. הענין הוא כי יש למעלה אורות וכלים

Les mitsvot, elles, sont les « 248 organes du Roi » et correspondent aux organes externes. Cela s’explique ainsi : en haut, il y a des lumières et des réceptacles.

Explication

Les mitsvot, appelées « les 248 organes du Roi », sont comparables aux membres externes. Cela s’explique par le fait qu’en haut il y a des lumières et des réceptacles.

והנה התורה שהיא בחי׳ חכמה ושכל היינו שהיא מבחי׳ אורות והמצות שהן בחי׳ עשייה היינו שהן מבחי׳ כלים

Or, la Torah, qui relève de 'Hokhma et de l’intellect, appartient au niveau des lumières ; les mitsvot, qui relèvent de l’action, appartiennent au niveau des réceptacles.

Explication

La Torah, qui est sagesse et compréhension, appartient aux lumières ; les mitsvot, qui sont des actes, appartiennent aux réceptacles.

(ועיין בע״ח [בעץ חיים] שמ״א פ״ז [פרק ז׳] דיחוד אור א״ס בחכמה נק׳ איהו וחיוהי חד ונודע דחיוהי פי׳ אורות וגרמוהי פי׳ כלים).

(Et voir Etz Chaim, Sha'ar 41, chapitre 7, où il est dit que l’union de la Lumière infinie avec 'Hokhma est appelée « Lui et Ses forces vitales sont un » ; et l’on sait que « Ses forces vitales » désigne les lumières, tandis que garmohi désigne les réceptacles).

Explication

Etz Chaim appelle l’union de la Lumière infinie avec 'Hokhma « Lui et Ses forces vitales sont un ». « Ses forces vitales » désigne les lumières et garmohi, dans l’expression associée « Lui et Ses réceptacles sont un », désigne les réceptacles.

אך לפי שמ״מ שרש הכלים למעלה מן האורות. לכן פעמים אמרו שהמצות הם למעלה מהתורה וכל הלומד שלא לעשות נוח לו שנתהפכה שלייתו כו׳

Mais, néanmoins, puisque la racine des réceptacles est plus élevée que les lumières, les Sages ont parfois dit que les mitsvot sont supérieures à la Torah, et que « celui qui étudie sans avoir l’intention d’agir, mieux aurait valu pour lui que son placenta se retourne », etc.

Explication

La racine des réceptacles est plus élevée que les lumières. C’est pourquoi les Sages placent parfois les mitsvot au-dessus de la Torah et disent que celui qui étudie sans avoir l’intention d’agir aurait mieux fait que son placenta se retourne sur son visage (Vayikra Rabbah 35:7), afin qu’il ne naisse jamais.

כי המצות שהן מבחי׳ כלים הן לגבי התורה שהיא בחי׳ האורות כמשל השליא שמקפת את הולד שנוצרה תחלה מהטפה

Car les mitsvot, qui relèvent du niveau des réceptacles, sont, par rapport à la Torah, qui relève du niveau des lumières, comparables au placenta qui enveloppe l’enfant et qui s’est formé en premier à partir de la goutte.

Explication

Les mitsvot sont à la Torah ce que le placenta est à l’enfant : il enveloppe l’enfant et s’est formé en premier à partir de la goutte. De même, les réceptacles enveloppent les lumières et les précèdent.

(וכמ״ש באגה״ק [באגרת הקודש] ד״ה איהו וחיוהי כו׳ וזהו גם כן ענין כברייתו של עולם ברישא חשוכא שהוא שרש הכלים והדר נהורא בחי׳ אורות ועמ״ש מענין זה בביאור ע״פ וקבל היהודים כו׳).

(Comme il est écrit dans Iggeres HaKodesh, dans le discours intitulé « Lui et Ses forces vitales », etc. C’est aussi le sens de « comme lors de la création du monde : d’abord les ténèbres », qui sont la racine des réceptacles, « puis la lumière », le niveau des lumières. Voir ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication du verset « Et les Juifs prirent sur eux », etc.).

Explication

Iggeres HaKodesh explique cela dans la lettre « Lui et Ses forces vitales ». Il en va de même pour l’enseignement du Talmud : « comme lors de la création du monde : d’abord les ténèbres, puis la lumière » (Shabbos 77b) : les ténèbres, venues en premier, sont la racine des réceptacles, et la lumière représente les lumières.

והענין כי התורה הוא בחי׳ פנימיות והמצות הן בחי׳ חיצוניות אך שהוא חיצוניות עליון שלפיכך לא יוכל להתגלות רק החיצוניות כענין שתוק כך עלה במחשבה והוא בחי׳ גלגלתא

L’explication est que la Torah relève de la dimension intérieure (pnimiyout), tandis que les mitsvot relèvent de la dimension extérieure, mais d’une dimension extérieure suprême ; c’est pourquoi seule la dimension extérieure peut se révéler, comme dans « Tais-toi ! Ainsi en a-t-il été décidé dans la pensée », et cela correspond au niveau de la Goulgalta (le crâne).

Explication

La Torah est la dimension intérieure, et les mitsvot la dimension extérieure ; mais leur dimension extérieure est si élevée que seule son enveloppe extérieure peut se révéler, comme dans la réponse de D.ieu à Moché : « Tais-toi ! Ainsi en a-t-il été décidé dans la pensée » (Menachos 29b). Il s’agit du niveau de la Goulgalta, le « crâne », qui recouvre l’intellect suprême.

ולכן לפי שהן חיצוניות עליון מאד ע״כ מצד זה הן למעלה מהתורה (ועמ״ש בפ׳ מקץ בענין שמונה נסיכי אדם)

Ainsi, parce qu’elles constituent une dimension extérieure très élevée, les mitsvot sont, sous cet aspect, supérieures à la Torah (voir aussi ce qui est écrit dans la paracha Mikeitz au sujet des « huit princes des hommes »),

Explication

Sous cet aspect, en tant que dimension extérieure très élevée, les mitsvot sont supérieures à la Torah. Le texte renvoie à son développement sur les « huit princes des hommes » (Michée 5:4) dans la paracha Mikeitz.

כמו שהגולגולת מקפת על המוח שהוא בחי׳ חכמה (ועיין בפע״ח [בפרי עץ חיים] שכ״ב פ״ה בדפוס שקלאב) אך מ״מ לפי שהתורה היא מבחי׳ מוחא בחי׳ חכמה שהוא בחי׳ פנימיות

tout comme le crâne enveloppe le cerveau, qui relève du niveau de 'Hokhma (voir Pri Etz Chaim, Sha'ar 22, chapitre 5, dans l’édition de Shklov). Mais néanmoins, puisque la Torah relève du niveau du mo'ha (cerveau), du niveau de 'Hokhma, qui est celui de la dimension intérieure,

Explication

De même que le crâne enveloppe le cerveau, qui est 'Hokhma, les mitsvot enveloppent la Torah. La note de Kehot suggère qu’il faudrait lire Etz Chaim, la Porte des mo'hin du Tselem (Porte 23, chapitre 1 et fin du chapitre 2), bien que l’édition de Shklov de 5560 donne la référence citée ici. Le texte passe ensuite à l’autre aspect : la Torah provient du cerveau lui-même, 'Hokhma, la dimension intérieure.

לכן אמרו שהתורה היא למעלה מהמצות (ועמ״ש בפ׳ אחרי ע״פ כי ביום הזה יכפר כו׳ וגבי שבועות ע״פ וידבר אלקים)

les Sages ont donc dit que la Torah est supérieure aux mitsvot (voir aussi ce qui est écrit dans la paracha A'harei au sujet du verset « Car en ce jour, il fera expiation », etc., et, pour Chavouot, au sujet du verset « Et D.ieu parla »).

Explication

Sous cet aspect, en tant que dimension intérieure, les Sages disent que la Torah est supérieure aux mitsvot. Le texte renvoie à ses discours sur « Car en ce jour, il fera expiation » (Lévitique 16:30), dans A'harei, et sur « Et D.ieu parla », pour Chavouot.

ולכן התורה היא מזון לנפש שהתגלותה בג״ע [בגן עדן] בבחי׳ פנימית בטעם ושכל משא״כ מהמצות נעשים לבושים שאינן יכולים להאיר רק בדרך לבוש שהוא בחי׳ חיצוניות כו׳:

Et c’est pourquoi la Torah est une nourriture pour l’âme, dont la révélation dans le Gan Eden se fait de manière intérieure, par la raison et l’intellect ; tandis que les mitsvot deviennent des vêtements, qui ne peuvent briller que sous la forme d’un vêtement, c’est-à-dire selon la dimension extérieure, etc.

Explication

La Torah est donc la nourriture de l’âme : dans le Gan Eden, elle se révèle de manière intérieure, sous forme de raison et de compréhension. Les mitsvot deviennent là les vêtements de l’âme ; elles ne brillent que comme le fait un vêtement, de l’extérieur. La note de Kehot renvoie au Zohar (2:210a) et à Etz Chaim (Gate 44, chapter 3) à ce sujet.

Le paragraphe 9 en bref

Ce paragraphe lit les termes de la bénédiction comme les étapes du processus : « Tu es béni » désigne la descente, « Qui nous a sanctifiés » l’élévation de l’acte, et « et nous a ordonné » la réponse intérieure. Il explique ensuite pourquoi la Torah et les mitsvot sont toutes deux qualifiées de supérieures : la Torah est la lumière intérieure, tandis que les mitsvot sont des réceptacles, dont la racine est plus élevée, dans une dimension extérieure si sublime que seul son aspect extérieur peut se manifester.

Pour aller plus loin

Ces deux hiérarchies ne se contredisent pas. Du point de vue de la révélation, la Torah, en tant que 'Hokhma, est le noyau intérieur, et les mitsvot en sont l’enveloppe ; du point de vue de leur racine, les réceptacles proviennent de la Gougalta, le « crâne » qui surplombe l’intellect supérieur, et se situent donc plus haut, comme les ténèbres précédèrent la lumière dans la Création et comme l’arrière-faix se forme avant l’enfant. La note de Kehot ajoute que la formulation du Talmud de Jérusalem est « leur rejet de la Torah », comme au début de la Pesikhta d’Eikha Rabba.

Maré mekomot

  1. 1
    הוא עשנו · Psalms 100:3
  2. 2
    וכמ״ש בענין עלי באר · ראה לקו״ת חקת סד, סע״ב.
  3. 3
    עלי באר · Numbers 21:17
  4. 4
    שארז״ל ויתר הקב״ה · ירוש׳ פ״א דחגיגה ה״ז, שם אי׳ ”על מאסם בתורה”, יעו״ש. וכ״ה ריש פתיחתא דאיכ״ר. [כ].
  5. 5
    ויתר הקב״ה כו׳ ולא ויתר על ביטול תורה · Jerusalem Talmud Chagigah 1:7
  6. 6
    וכל הלומד . . נוח לו שנתהפכה שלייתו · Vayikra Rabbah 35:7
  7. 7
    וכמ״ש באגה״ק · דף קלא, א.
  8. 8
    כברייתו של עולם · Shabbat 77b:8
  9. 9
    וקבל היהודים · Esther 9:23
  10. 10
    שתוק כך עלה במחשבה · Menachot 29b:5
  11. 11
    שמונה נסיכי אדם · Micah 5:4
  12. 12
    בפע״ח שכ״ב פ״ה · צ״ל ע״ח ש׳ מוחין דצלם שהוא שכ״ג פ״א וספ״ב, כנלע״ד. [כ]. ובדפוס שקלאוו תק״ס הוא [בע״ח] כמו שנסמן בפנים.
  13. 13
    כי ביום הזה יכפר · Leviticus 16:30
  14. 14
    התורה היא מזון . . מהמצות נעשים לבושים · Zohar II, 210a

L’écriture de Moché et la 'Hokhma cachée ¶10–13

10ג ומעתה נחזור לעניננו לענין המסעות שהיה בהם נסיעה וחנייה העלאה והמשכה. וכמו שבמצות צ״ל עוד המשכה בתחלה כדי להיות ההעלאה וזהו ענין ברכת המצות עובר לעשייתן.

3. Et maintenant, revenons à notre sujet, celui des voyages, qui comportaient un départ et une halte, une élévation et une descente. De même que, pour les mitsvot, un influx doit également être attiré au préalable afin que l’élévation puisse avoir lieu — c’est là le sens de la bénédiction sur les mitsvot, qui doit « précéder leur accomplissement » (over la’asiyasan),

Explication

La section 3 revient aux voyages. Pour les mitsvot, un influx doit d’abord être attiré : la bénédiction est dite « avant » l’acte, afin que l’élévation puisse suivre. Le texte applique maintenant le même ordre aux voyages.

כמו כן הוא בענין המסעות. וזהו ענין ויכתוב משה את מוצאיהם למסעיהם שהוא המשכה תחלה מלמעלה מבחי׳ מוצאיהם דנש״י [דנשמות ישראל] למסעיהם היינו ליתן כח ועוז להיות ההעלאה.

il en va de même pour les voyages. Tel est le sens de « Et Moché écrivit leurs départs vers leurs voyages » : un influx est d’abord attiré d’en haut, depuis le niveau des départs des âmes d’Israël, « vers leurs voyages », c’est-à-dire pour leur donner la force et l’énergie nécessaires à l’élévation.

Explication

Il s’agit de « Et Moché écrivit leurs départs vers leurs voyages » (Nombres 33:2) : un influx est d’abord attiré d’en haut, depuis les « départs », la source des âmes d’Israël, « vers leurs voyages », afin de donner au peuple la force de s’élever.

ופי׳ ויכתוב משה היינו חותמו של הקב״ה אמת (עיין ברבות שמות פ׳ ה׳ ע״פ חסד ואמת נפגשו ואמת זה משה ועיין בהרמ״ז [בהרב משה זכות] פ׳ ואתחנן) (דרס״א ע״א) וזו משה אמת כו׳

Le sens de « Et Moché écrivit » est que « le sceau du Saint béni soit-Il est vérité » (voir Shemot Rabba, paracha 5, sur le verset « La bonté et la vérité se sont rencontrées » : « et la vérité, c’est Moché » ; voir également le Ramaz sur la paracha Vaet’hanan) (261a) : « Et ceci, c’est Moché, vérité », etc. ;

Explication

L’« écriture » de Moché est liée à l’affirmation selon laquelle « le sceau du Saint béni soit-Il est vérité ». Le texte cite le Midrach (Shemot Rabba 5), sur « La bonté et la vérité se sont rencontrées », qui identifie la vérité à Moché, ainsi que le Ramaz sur Vaet’hanan, qui dit la même chose.

ע״ש, וגם ויכתוב היינו כמו כתב סופר שבמשנה סוף גיטין ופי׳ בגמרא חתם סופר וכן בקרא וכתב דגבי ספר כריתות לפ״ד ר׳ [רבי] מאיר בגמרא פירושו חתמו כו׳.

voir là-bas. En outre, « écrivit » peut signifier la même chose que « le scribe écrivit » dans la Michna à la fin de Gittin, que la Guemara explique par « le scribe signa ». De même, dans le verset « et il écrira », à propos de l’acte de divorce, selon l’avis de Rabbi Meïr dans la Guemara, le sens est « il signera », etc.

Explication

« Écrire » peut également signifier signer, comme le fait un sceau. La Michna, à la fin de Gittin, considère valide un acte de divorce où il est écrit « le scribe écrivit, et un témoin » ; la Guemara comprend que « le scribe signa ». Et au sujet du verset « et il écrira », concernant l’acte de divorce, la Guemara explique, selon Rabbi Meïr, qu’il s’agit d’une signature : selon lui, ce sont les témoins signataires qui rendent le divorce effectif.

ויובן בהקדים כי יש ב׳ בחי׳ חכמה וכמ״ש באד״ר [באדרא רבא] (קכ״ח ב׳) היינו כי חכמה דאצילות אתפשט ונפיק לל״ב שבילין וע״ז נאמר ונהר יוצא מעדן

Cela se comprendra en introduisant d’abord l’existence de deux niveaux de 'Hokhma, comme il est écrit dans l’Idra Rabba (128b) : la 'Hokhma d’Atsilout se déploie et s’étend en trente-deux sentiers, et c’est à son propos qu’il est dit : « Un fleuve sort d’Éden. »

Explication

Pour expliquer ce sceau, le texte introduit d’abord deux niveaux de 'Hokhma. La 'Hokhma révélée d’Atsilout se déploie en trente-deux sentiers, comme l’enseigne l’Idra Rabba ; c’est là le sens de « Un fleuve sort d’Éden » (Genèse 2:10).

אך חכמה סתימאה הוא בחי׳ דלא אתפתח שהוא למעלה מהשכל וההשגה וזהו ענין שתוק כך עלה במחשבה (מנחות כ״ט ב׳) שאין הפי׳ כך עלה בלי טעם ח״ו [חס ושלום].

Mais la 'Hokhma cachée (’Hokhma Stima’a) est le niveau qui « ne s’est pas ouvert », au-delà de l’intellect et de la compréhension. Tel est le sens de « Tais-toi ! Ainsi en a-t-il été décidé dans la pensée » (Menachot 29b) : cela ne signifie pas qu’il en a été décidé ainsi sans raison, à D.ieu ne plaise.

Explication

Au-dessus se trouve la 'Hokhma cachée (’Hokhma Stima’a), qui « ne s’est pas ouverte » : elle dépasse l’intellect et la compréhension. Lorsque D.ieu dit à Moché : « Tais-toi ! Ainsi en a-t-il été décidé dans la pensée » (Menachot 29b), cela ne signifie pas qu’il n’y avait aucune raison, à D.ieu ne plaise.

אלא שהטעם ההוא נעלם מאד ולא ניתן להשגה עד שנראה למטה כי אין טעם ברצון, והוא בחי׳ חכמה סתימאה

Au contraire, cette raison est extrêmement cachée et inaccessible à la compréhension, si bien qu’en bas il semble que la volonté n’ait pas de raison ; tel est le niveau de la 'Hokhma cachée

Explication

La raison existe, mais elle est si profondément cachée qu’elle ne peut absolument pas être saisie ; en bas, il semble alors que la volonté soit sans raison. Cette raison cachée est la 'Hokhma cachée.

(שנק׳ מחשבה בזהר פ׳ נח) (דס״ה ע״ב) ועמ״ש מזה בביאור ע״פ אם בחקותי ובד״ה ענין ק״ש [קריאת שמע].

(que le Zohar, dans la paracha Noa’h, appelle « pensée ») (65b). Voir également ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication du verset « Si vous suivez Mes décrets », ainsi que dans le discours intitulé « Le sens de la récitation du Chema ».

Explication

Le texte précise que le Zohar, dans la paracha Noa’h, appelle cette 'Hokhma cachée « pensée ». Il renvoie également aux explications sur « Si vous suivez Mes décrets » et « Le sens de la récitation du Chema ».

ולכן גם משה שקיבל התורה ואורייתא מחכמה נפקת הוא בחי׳ חכמה דאצי׳ לא יוכל להשיג כלל הטעם שבמחשבה העליונה שהיא בחי׳ א״ס שכל העולמות דאבי״ע [דאצילות בריאה יצירה עשיה] אינן ערוך אליו ית׳.

C’est pourquoi même Moché, qui reçut la Torah, et dont il est dit que « la Torah procède de ’Hokhma », c’est-à-dire du niveau de la ’Hokhma du Monde d’Atsilout, ne pouvait nullement saisir la raison qui se trouve dans la Pensée supérieure, laquelle relève de l’Infini (Ein Sof), auprès de qui tous les mondes d’Atsilout, de Béria, de Yetsira et d’Assiya ne sont rien, béni soit-Il.

Explication

Ainsi, même Moché, qui reçut la Torah, laquelle « procède de ’Hokhma » (Zohar 2:121a), la ’Hokhma d’Atsilout, ne pouvait saisir la raison contenue dans cette Pensée supérieure. Elle relève de l’Infini, auprès de qui les quatre mondes ne sont rien.

(וזהו ענין מאד עמקו מחשבותיך וכדלקמן). והנה י״ג מדות הרחמים שהן י״ג ת״ד [תיקוני דיקנא] הן נמשכים ממוחא סתימאה

(C’est là le sens de : « Tes pensées sont très profondes », comme [cela sera expliqué] plus loin.) Or, les Treize Attributs de miséricorde, qui sont les treize tikounim de la barbe (tikouné dikna), émanent du cerveau caché (Mo’ha Stima’a).

Explication

C’est ce que signifie : « Tes pensées sont très profondes » (Psaumes 92:6), comme cela sera expliqué plus loin. Or, les Treize Attributs de miséricorde, appelés dans l’Idra les treize tikounim (agencements) de la barbe, émanent de ce cerveau caché, le Mo’ha Stima’a.

(ולכן גם למטה באדם צמיחת הזקן הוא אחר שיש לו גדלות המוחין וכמבואר בש״ע א״ח [אורח חיים]) (סי׳ נ״ג ס״ח) שהשנים שראוי להתמלאות בהם זקנו הוא אחר עשרים שנה.

(C’est pourquoi, ici-bas également, chez l’homme, la barbe pousse après qu’il a atteint la maturité intellectuelle (gadlout hamohin), comme l’explique le Choul’han Aroukh, Ora’h ‘Haïm) (chapitre 53, paragraphe 8) : l’âge auquel il convient que sa barbe soit fournie est après vingt ans.

Explication

Ici-bas également, la barbe d’un homme ne devient fournie qu’après qu’il a atteint la maturité intellectuelle : le Choul’han Aroukh (Ora’h ‘Haïm 53) évoque l’âge auquel la barbe devient fournie, après vingt ans. La note de Kehot ajoute Massekhet Soferim ainsi que le Tour et le Choul’han Aroukh sur ‘Hochen Michpat.

ומבואר בע״ח [בעץ חיים] סוף שכ״ד בענין הטעם דלמכור בנכסי אביו עד שיהיה בן עשרים שנה שאז נתיישבה דעתו כמ״ש בגמרא (ב״ב [בבא בתרא] קנ״ו ב׳) ובהרמב״ם [ובהרבי משה בן מימון]

Et il est expliqué dans Etz ‘Haïm, à la fin du Cha’ar 24, au sujet de la raison pour laquelle [on ne peut] vendre les biens de son père avant l’âge de vingt ans : c’est alors que son esprit s’est affermi, comme il est écrit dans la Guemara (Bava Batra 156b) et dans le Rambam :

Explication

Etz ‘Haïm, à la fin du Cha’ar 24 (Derouché HaTselem, comme le précise la note de Kehot), explique la règle selon laquelle on ne peut vendre les terres héritées de son père avant l’âge de vingt ans, lorsque son esprit s’est affermi, comme l’enseignent le Talmud (Bava Batra 156a ; le texte imprimé indique 156b) et le Rambam.

והיינו לפי שאז נמשכים בו ב׳ מקיפים דאבא ל׳ [לשון] מ׳ כו׳ ואחר שנכנסו אלו המקיפים אז נתמלא זקנו כמ״ש בפע״ח [בפרי עץ חיים] ש״י [שער י׳] פ״ו שלכך אומרים יג״מ [י״ג מדות] אחר שמ״ע [שמונה עשרה] כו׳.

car c’est alors que les deux lumières englobantes (makifim) d’Abba, le lamed et le mem, etc., sont attirées en lui ; et, une fois ces lumières englobantes entrées, sa barbe devient fournie, comme il est écrit dans Pri Etz ‘Haïm, Cha’ar 10, chapitre 6 : c’est pourquoi l’on récite les Treize Attributs après la Chemoné Essré, etc.

Explication

À vingt ans, nous dit-on, les deux lumières englobantes (makifim) d’Abba, le lamed et le mem, entrent en lui ; sa barbe ne devient fournie qu’alors. Pri Etz ‘Haïm explique que c’est pourquoi l’on récite les Treize Attributs après la Chemoné Essré.

אך מ״מ המשכתן ממו״ס [ממוחא סתימאה] הוא רק בבחי׳ שערות לבד והיינו לפי כי הגם שהן מדות עליונות מאד מ״מ להיות התהוות בחי׳ מדות מאור א״ס ב״ה דלאו מכל אלין מדות איהו כלל, אינו

Toutefois, leur émanation depuis le cerveau caché ne se fait que sous la forme de simples cheveux. En effet, même si ce sont des attributs extrêmement élevés, néanmoins, pour que des attributs puissent émaner de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, dont il est dit qu’Il « n’est aucun de ces attributs », cela ne peut

Explication

Pourtant, les Treize Attributs émanent du cerveau caché seulement à la manière des cheveux, par un simple écoulement. Aussi élevés soient-ils, des attributs ne peuvent simplement émaner de la Lumière infinie, dont le Tikouné Zohar dit qu’Il « n’est aucun de ces attributs ».

אלא ע״י צמצומים עצומים כי הרי לא שייך בחי׳ מדות רחום וחנון, אלא א״כ שייך בחי׳ עולם ובריות שתפול עליהם מדת הרחמים.

[être possible] que par d’immenses contractions (tsimtsoumim). Car les attributs de « Compatissant et gracieux » ne peuvent s’appliquer que s’il existe un monde et des créatures sur lesquelles puisse s’exercer l’attribut de miséricorde.

Explication

Ils n’émanent qu’au moyen d’immenses contractions (tsimtsoumim). Un attribut tel que « Compatissant et gracieux » n’a de sens que s’il existe un monde, avec des créatures auxquelles la compassion puisse s’exercer.

Le paragraphe 10 en bref

Revenant aux voyages, le paragraphe identifie l’« écriture » de Moché au sceau de la vérité, puis commence à l’expliquer à partir de deux niveaux de 'Hokhma : la 'Hokhma révélée d’Atsilout et la 'Hokhma cachée, au-delà de la raison. Les Treize Attributs de miséricorde ne proviennent de la 'Hokhma cachée que comme des cheveux, par une grande contraction, car les attributs présupposent l’existence d’un monde.

Pour aller plus loin

L’image de la barbe pour désigner les Treize Attributs traverse l’Idra : les cheveux ne reçoivent du cerveau qu’un filet contracté ; aussi élevés soient-ils, les attributs demeurent donc éloignés de la 'Hokhma cachée. Le signe halakhique selon lequel la barbe se développe à vingt ans, lorsque les makifim d’Abba pénètrent, permet à l’Etz ‘Haïm de relier le signe corporel à cette étape spirituelle.

Maré mekomot

  1. 1
    חסד ואמת נפגשו · Psalms 85:11
  2. 2
  3. 3
    שבמשנה סוף גיטין · פד, ב. [כ].
  4. 4
    ופי׳ בגמרא חתם סופר · שם פח, א.
  5. 5
    חתם סופר · Gittin 88a:10–12
  6. 6
    פירושו חתמו · שם ג, ב. כא, ב.
  7. 7
    פירושו חתמו · Gittin 21b
  8. 8
    אתפשט ונפיק לל״ב שבילין · Zohar, Idra Rabba 3:14–6:25
  9. 9
    ונהר יוצא מעדן · Genesis 2:10
  10. 10
  11. 11
    בביאור ע״פ אם בחקותי · לקו״ת פ׳ בחקותי מז, א.
  12. 12
    ובד״ה ענין ק״ש · לקו״ת ואתחנן יא, ג.
  13. 13
    אורייתא מחכמה נפקת · Zohar II, 121a
  14. 14
    מאד עמקו מחשבותיך · Psalms 92:6
  15. 15
    אחר עשרים שנה · ראה מס׳ סופרים פי״ד הי״ז. טושו״ע חו״מ סל״א סעי׳ א-ב.
  16. 16
    בע״ח סוף שכ״ד · שער דרושי הצלם.
  17. 17
    למכור בנכסי אביו עד שיהיה בן עשרים שנה · Bava Batra 156a:3–4
  18. 18
    ובהרמב״ם · הל׳ מכירה פ״ט הי״ג.
  19. 19
    בפע״ח ש״י פ״ו · ראה לעיל פ׳ במדבר ב, א. אוה״ת בראשית-ז דף תשפ, ב. המשך מים רבים — תרל״ו פמ״ד. וראה במאמרי אדה״א ויקרא-ב ע׳ תקכה.
  20. 20
    דלאו מכל אלין מדות · ת״ז בהקדמה (פתח אלי׳).
  21. 21
    דלאו מכל אלין מדות איהו כלל · Tikkunei Zohar 17b:5–7
  22. 22

11וכמ״ש באוצ״ח [באוצרות חיים] בתחלתו כי אם אין בעולם מי שיקבל רחמים ממנו איך יקרא רחום. וזהו זכור רחמיך ה׳ וחסדיך

Comme il est écrit au début d’Otzros Chaim : car s’il n’y avait personne dans le monde pour recevoir de la miséricorde de Lui, comment pourrait-Il être appelé Miséricordieux ? Et c’est le sens de : « Souviens-Toi de Tes miséricordes, Havaya, et de Tes bontés,

Explication

Otzros Chaim explique : s’il n’y avait personne dans le monde pour recevoir de la miséricorde, comment D.ieu pourrait-Il être appelé Miséricordieux ? Le verset dit donc : « Souviens-Toi de Tes miséricordes, Havaya, et de Tes bontés » (Psalms 25:6).

כי מעולם המה שהמדות אלו הם בגדר עלמין וכמ״ש במ״א שאפילו בחי׳ סוכ״ע זהו בגדר עלמין וא״כ לגבי מהותו ועצמותו ית׳ שאינו בגדר עלמין כלל.

car elles sont me’olam (« depuis le monde ») » : ces attributs sont dans les limites des mondes ; et, comme cela est expliqué ailleurs, même le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) est dans les limites des mondes. Dès lors, par rapport à Son Être et à Son Essence, béni soit-Il, qui ne se situe absolument pas dans les limites des mondes.

Explication

Le verset se termine par « car elles sont me’olam », généralement traduit par « depuis toujours », mais lu ici comme « depuis le monde » : ces attributs existent dans les limites des mondes. Même la lumière qui entoure tous les mondes se rapporte encore aux mondes ; ces attributs ne peuvent donc pas décrire l’Être propre de D.ieu, qui est entièrement au-delà des mondes, comme le développe le paragraphe suivant.

Le paragraphe 11 en bref

Le verset « Souviens-Toi de Tes miséricordes… car elles sont me’olam » montre que les attributs de miséricorde relèvent du domaine des mondes, en deçà de l’Essence de D.ieu.

Maré mekomot

  1. 1
    זכור רחמיך ה׳ · Psalms 25:6

12וגם עכשיו אפילו שנתהוו העולמות מ״מ כולא קמיה כלא חשיב דהיינו שבאמת הוא לבדו הוא

Et même maintenant, bien que les mondes soient venus à l’existence, néanmoins, « tout devant Lui est considéré comme rien » : en vérité, Lui seul est,

Explication

Même maintenant que les mondes existent, « tout devant Lui est considéré comme rien » (Zohar 1:11b). En vérité, Lui seul existe.

כמו קודם שנברא העולם וכל הנבראים בטלים במציאות כביטול זיו השמש כשהוא תוך גוף השמש ואין נופל עליהם שם יש כלל כמ״ש באריכות בסש״ב [בספר של בינונים] ח״ב [חלק ב׳] פ״ג [פרק ג׳] וח״א [וחלק א׳] פ״כ.

comme avant la création du monde, et tous les êtres créés sont annulés dans leur existence même, à l’image de l’annulation du rayonnement du soleil lorsqu’il se trouve dans le corps du soleil ; le terme yesh (une chose existante) ne s’applique absolument pas à eux, comme cela est expliqué longuement dans Sefer Shel Beinonim, partie II, chapitre 3, et partie I, chapitre 20.

Explication

C’est comme avant la création : toutes les choses créées sont annulées dans leur existence même, à l’image d’un rayon de soleil tant qu’il se trouve encore dans le corps du soleil, où il n’est absolument pas une chose distincte. Sefer Shel Beinonim (Tanya), partie II, chapitre 3, et partie I, chapitre 20, l’expliquent longuement.

א״כ קמיה ית׳ ממש כמו שהוא לבדו הוא לא שייך כלל מדות אלו אף שהם מדות היותר עליונים דמ״מ מעולם המה.

Ainsi, devant Lui, béni soit-Il, tel qu’Il est véritablement, Lui seul étant, ces attributs ne s’appliquent absolument pas, bien qu’ils soient les attributs les plus élevés, car ils sont néanmoins « méolam » (issus du monde).

Explication

Ainsi, devant Lui tel qu’Il est véritablement, même les attributs les plus élevés ne s’appliquent pas, car ils sont encore « issus du monde ». Ils n’existent qu’en relation avec les mondes.

משא״כ בחי׳ חכמה סתימאה הוא בחי׳ חכים ולא בחכמה ידיעא שהוא כמו שהוא ית׳ לבדו הוא גם אלו לא ברא העולמות כלל (עיין מזה סד״ה ואלה שמות).

En revanche, le niveau de la 'Hokhma cachée est celui de « sage, mais non d’une sagesse connue » : c’est tel qu’Il est, béni soit-Il, Lui seul étant, même s’Il n’avait créé aucun monde (voir à ce sujet la fin du discours commençant par « Et voici les noms »).

Explication

La 'Hokhma cachée est différente. Elle est « sage, mais non d’une sagesse connue » (Tikkunei Zohar 17b) : une sagesse telle qu’Il est en Lui-même, et telle qu’elle serait même s’Il n’avait créé aucun monde.

וזהו פי׳ וענין קדש מלה בגרמיה המבואר בזהר אמור (דף צ״ד) שהיא בחינה שאינה שייכה לעולמות כלל והיינו מלה בגרמיה.

C’est là le sens et la notion de « Kodech est une chose en soi », expliqué dans le Zohar, Emor (folio 94) : il s’agit d’un niveau qui n’a absolument aucun rapport avec les mondes, et c’est cela, « une chose en soi ».

Explication

C’est le sens de l’affirmation du Zohar : « Kodech (sainteté) est une chose en soi » (Zohar 3:94b). Il s’agit d’un niveau qui n’a absolument aucun rapport avec les mondes.

ולא כמו המדות שהם תוארים פעול מאחרים כמ״ש בהג״ה [בהגהה] באוצ״ח [באוצרות חיים] בתחלתו בשם המפרשים. ולכן המשכת י״ג מדות מח״ס [מחכמה סתימאה] אינה

Cela n’est pas comme les attributs, qui sont des descriptions provoquées par autrui, comme l’indique la note au début de Otzros Chaim au nom des commentateurs. C’est pourquoi la transmission des Treize Attributs depuis la 'Hokhma cachée n’est pas

Explication

Les attributs, en revanche, sont des descriptions qui naissent d’autrui, de ceux qui les reçoivent, comme l’indique la note au début de Otzros Chaim au nom des commentateurs. Les Treize Attributs ne sont donc transmis depuis la 'Hokhma cachée que de manière limitée, comme l’explique la partie suivante.

אלא בבחי׳ י״ג ת״ד [תיקוני דיקנא] עד״מ שהשערות אין להם ערך ויחוס כלל עם המוחין שבראש ואין עיקר חיות המוחין מתפשט בהם כלל

autre que selon le mode des treize tikounim de la barbe. À titre d’analogie, les cheveux n’ont aucune comparaison ni aucun rapport avec le cerveau (mo'hin) dans la tête, et la force vitale essentielle du cerveau ne se répand absolument pas en eux ;

Explication

Ils ne viennent que selon le mode des treize tikounim de la barbe. Les cheveux n’ont aucun rapport avec le cerveau dans la tête, et la vie véritable du cerveau ne se répand pas en eux.

שהרי אם יחתוך האדם שער ראשו לא ירגיש המוח כאב כלל שאין מתפשט בהם אלא הארה מצומצמת בעלמא להיות להם רק יניקה ואחיזה במוחין.

car si une personne coupe les cheveux de sa tête, le cerveau ne ressent aucune douleur, puisque seul un faible reflet, simplement contracté, se répand en eux, juste assez pour qu’ils reçoivent leur nourriture du cerveau et y prennent appui.

Explication

Lorsqu’une personne se coupe les cheveux, le cerveau ne ressent aucune douleur, car seul un faible reflet contracté parvient aux cheveux. Il suffit à ceux-ci pour puiser leur nourriture dans le cerveau et s’y rattacher.

כך הוא עד״מ ההארה הנמשכת מח״ס [מחכמה סתימאה] להיות התהוות יג״מ [י״ג מדות] שהן מקור לבחי׳ עלמין אבי״ע [אצילות בריאה יצירה עשיה] כו׳

Ainsi en est-il, par analogie, de l’illumination tirée de la 'Hokhma cachée pour donner naissance aux Treize Attributs, qui sont la source des mondes d’Atsilout, de Béria, de Yetsira et d’Assiya, etc. ;

Explication

De même, seul un reflet est tiré de la 'Hokhma cachée afin de donner naissance aux Treize Attributs. Ceux-ci sont à leur tour la source des mondes d’Atsilout, de Béria, de Yetsira et d’Assiya.

ולהיות התהוות בחי׳ יש ושהיש בטל כו׳ הוא רק מבחי׳ זיו והארה בעלמא ע״י צמצוצים עצומים כו׳ (ועיין בסש״ב [בספר של בינונים] ח״ב [חלק ב׳] פ״ט בהג״ה [בהגהה]).

et la venue à l’existence du niveau de yesh (existence), ainsi que l’annulation du yesh, etc., ne procèdent que d’un simple rayonnement et d’un simple reflet, par le biais de contractions considérables, etc. (voir aussi Sefer Shel Beinonim, Part II, chapter 9, in the gloss).

Explication

Pour créer un yesh, une chose qui semble exister par elle-même, puis pour que ce yesh soit annulé, il suffit d’un simple rayonnement, transmis au moyen de contractions considérables. Le texte renvoie à une note dans Tanya, Part II, chapter 9.

וזהו זכור רחמיך כו׳ שהזכרון אינו שייך אלא על דבר הרחוק ממנו במקום או במעלה כו׳, וזהו מה גדלו מעשיך ה׳ מאד עמקו מחשבותיך כי

Et c’est là le sens de « Souviens-Toi de Tes miséricordes », etc., car le souvenir ne s’applique qu’à ce qui est éloigné de soi, par la distance ou par le rang, etc. Et c’est là le sens de « Que Tes œuvres sont grandes, Havaya ; Tes pensées sont très profondes. » Car

Explication

C’est pourquoi le verset dit : « Souviens-Toi de Tes miséricordes » : on ne se souvient que de ce qui est éloigné, par la distance ou par le rang, et les attributs sont éloignés de Son Essence. De même, « Que Tes œuvres sont grandes, Havaya ; Tes pensées sont très profondes » (Psalms 92:6).

הנה התהוות כל העולמות עליונים ותחתונים אבי״ע [אצילות בריאה יצירה עשיה] אשר זהו ענין מה גדלו מעשיך הוא מהמדות עליונות שהם מקורות לבחי׳ עלמין. והם לגבי מחשבתו ית׳ כמו שער האדם לגבי מוחין שלו עד״מ.

la venue à l’existence de tous les mondes, supérieurs et inférieurs, Atsilout, Béria, Yetsira et Assiya, qui constitue le sens de « Que Tes œuvres sont grandes », procède des attributs supérieurs, qui sont les sources des mondes. Par rapport à Sa Pensée, béni soit-Il, ils sont comme les cheveux d’un homme par rapport à son cerveau, par analogie.

Explication

Tous les mondes, supérieurs et inférieurs — « Tes œuvres » — procèdent des attributs supérieurs, les sources des mondes. Et ces attributs sont à Sa Pensée ce que les cheveux d’un homme sont à son cerveau.

א״כ מזה נתבונן גדולת עומק מחשבתו ית׳ ומעלתה לאין קץ ותכלית על מעלת חיות כל העולמות כו׳ ועיין מזה באג״ה [באגרת הקודש] בסופו ד״ה דוד זמירות קרית להו.

Dès lors, nous pouvons contempler la grandeur et la profondeur de Sa Pensée, béni soit-Il, ainsi que sa supériorité, sans fin ni limite, sur le niveau de la force vitale de tous les mondes, etc. Voir aussi à ce sujet, à la fin d’Iggeres HaKodesh, le discours qui commence par « David, vous les avez appelés des chants. »

Explication

On peut ainsi contempler l’infinie profondeur de Sa Pensée, qui dépasse la force vitale de tous les mondes. Le texte renvoie à la lettre à la fin d’Iggeres HaKodesh qui commence par « David, vous les avez appelés des chants. »

Le paragraphe 12 en bref

Ce paragraphe distingue la 'Hokhma cachée des attributs. Les attributs, même les plus élevés, n’existent qu’en relation avec les mondes et proviennent de la 'Hokhma cachée comme les cheveux proviennent du cerveau, tandis que la 'Hokhma cachée est telle qu’Il est en Lui-même ; cela explique « Souviens-toi de Tes compassions » et « Tes pensées sont très profondes ».

Pour aller plus loin

Les paroles du Zohar, « Kodech est une chose en soi », et celles du Tikkunei Zohar, « sage, mais non d’une sagesse connue », désignent le même niveau : une 'Hokhma qui n’est pas une relation à quoi que ce soit en dehors d’elle. Les attributs, en revanche, sont nommés d’après leur effet sur autrui, raison pour laquelle ils présupposent un monde.

Maré mekomot

  1. 1
    כולא קמי׳ כלא חשיב · Zohar I, 11b
  2. 2
    חכים ולא בחכ׳ ידיעא · ת״ז שם.
  3. 3
    חכים ולא בחכמה ידיעא · Tikkunei Zohar 17b:3–4
  4. 4
    קדש מלה בגרמיה · Zohar, Emor 24:111–25:123
  5. 5
    זכור רחמיך · Psalms 25:6
  6. 6
    מה גדלו מעשיך · Psalms 92:6

13והנה תיקון השביעי מי״ג ת״ד [תיקוני דיקנא] הוא ואמת שהוא מדה השביעי דיג״מ [די״ג מדות] שאמר משה. ויש להבין על דרך שהקשה בזהר ר״פ ויקרא ואי תימא שאר אתוון לאו אינון אמת כו׳.

Or, le septième des treize tikounim de la barbe est « et vérité » (veemet), qui est le septième attribut des Treize Attributs prononcés par Moché. Il faut comprendre cela à la lumière de la question soulevée dans le Zohar, au début de la paracha Vayikra : « Et si tu dis : les autres lettres ne sont-elles pas vérité ? », etc.

Explication

Le septième des treize tikounim de la barbe est « et vérité », le septième des Treize Attributs prononcés par Moché (Exode 34:6). Mais tous les attributs ne sont-ils pas vrais ? Au début de Vayikra, le Zohar pose une question du même ordre lorsqu’il qualifie la lettre vav de « signe de vérité » : les autres lettres ne sont-elles donc pas vérité ?

אך הענין כי בתיקון השביעי נמשך ומתגלה אור הח״ס [החכמה סתימאה] שלא ע״י צמצום דבחי׳ שערות וכמ״ש באדרא (קל״א ע׳ [עיין] וקל״ג ב׳) תיקונא שביעאה פסיק שערא ואתחזין תרין תפוחין כו׳

L’explication est la suivante : dans le septième tikoun, la lumière de la 'Hokhma cachée est attirée et révélée sans passer par la contraction du niveau des cheveux, comme il est écrit dans l’Idra (131, et 133b) : « Le septième tikoun : les cheveux cessent, et deux pommes apparaissent », etc. ;

Explication

La réponse est que, dans le septième tikoun, la lumière de la 'Hokhma cachée brille sans passer par la contraction des cheveux. L’Idra dit : « Le septième tikoun : les cheveux s’arrêtent, et deux pommes apparaissent », c’est-à-dire les deux joues dénudées du visage.

הה״ד [הדא הוא דכתיב] באור פני מלך חיים, פי׳ פסיק שערא היינו כמו שבפנים אין שום צמיחת שערות וע״כ נקרא בחי׳ זו ואמת היינו גילוי האמת

comme il est écrit : « Dans la lumière du visage du Roi est la vie. » Le sens de « les cheveux cessent » est que, sur le visage, aucune chevelure ne pousse ; c’est pourquoi ce niveau est appelé « et vérité », c’est-à-dire la révélation de la vérité,

Explication

L’Idra applique à ce tikoun le verset : « Dans la lumière du visage du Roi est la vie » (Proverbes 16:15). « Les cheveux cessent » signifie que le visage lui-même est dépourvu de toute pousse de cheveux ; ce niveau est donc celui de la « vérité », la vérité révélée telle qu’elle est.

כמו שהוא לבדו הוא ואין זולתו וזו היא מדרגת החכמה שנק׳ מלה בגרמיה וכמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] פל״ה בהג״ה [בהגהה] שמעתי ממורי כו׳

telle qu’Il est seul et qu’il n’y a rien en dehors de Lui. C’est là le niveau de la 'Hokhma, qui est appelée « une chose en elle-même », comme il est écrit dans le Sefer Shel Beinonim, chapitre 35, dans la glose : « J’ai entendu de mon maître », etc. ;

Explication

Cette vérité signifie qu’Il existe seul et qu’il n’y a rien en dehors de Lui : c’est le niveau de la 'Hokhma, appelée « une chose en elle-même ». Le Tanya, chapitre 35, comporte à ce sujet une glose qui commence par : « J’ai entendu de mon maître. »

ע״ש ובחי׳ זו נמשך ומתגלה בתיקון הז׳ כיון שבו מאיר אור הח״ס [החכמה סתימאה] שלא ע״י צמצום השערות.

voir là-bas. Ce niveau est attiré et révélé dans le septième tikoun, car la lumière de la 'Hokhma cachée y brille sans passer par la contraction des cheveux.

Explication

Ce niveau est révélé dans le septième tikoun parce que la lumière de la 'Hokhma cachée y brille sans passer par les cheveux.

משא״כ בשאר תיקונים שהם בחי׳ המדות אף שהם מדות היותר עליונות ורב חסד כו׳ מ״מ כיון ששייכים לבחי׳ עלמין אין בהם גילוי עצמיות חכמה סתימאה שהוא

Il n’en va pas ainsi des autres tikounim, qui sont le niveau des attributs : même s’il s’agit des attributs les plus élevés, « abondants en bonté », etc., puisqu’ils relèvent du niveau des mondes, la révélation de l’essence de la 'Hokhma cachée ne s’y trouve pas, à savoir

Explication

Les autres tikounim correspondent aux attributs. Même les plus élevés d’entre eux, comme « abondants en bonté », se rapportent aux mondes ; l’essence de la 'Hokhma cachée ne s’y révèle donc pas.

כמו שהוא לבדו הוא אחד האמת ואין עוד כלל והיינו לפי שההמשכה רק ע״י בחי׳ שערות כנ״ל,

qu’Il est seul, l’Unique véritable, et qu’il n’existe absolument rien d’autre. Cela tient au fait que l’influx ne se transmet que par le niveau des cheveux, comme mentionné plus haut ;

Explication

Cette essence signifie qu’Il est seul, l’Unique véritable, et qu’il n’existe absolument rien d’autre. Elle ne se manifeste pas dans les autres tikounim, car leur lumière ne se transmet que par les cheveux.

(וקרוב לזה כתב הרמב״ם [הרבי משה בן מימון] בפי׳ אמת וז״ל [וזה לשונו] הוא שהנביא אומר וה׳ אלקים אמת, כלומר אין שם מצוי אמת מלבדו כמותו שכל הנמצאים צריכים לו והוא ברוך הוא אין צריך להם ולא לאחד מהם לפיכך אין אמיתתו כאמיתת אחד מהם עכ״ד [עד כאן דבריו])

(Le Rambam a écrit quelque chose de proche à propos du sens de « vérité ». Voici ses termes : « C’est ce que dit le prophète : “Et Havaya, D.ieu, est vérité” : cela signifie qu’aucun être existant n’est véritable comme Lui, car tous les êtres existants ont besoin de Lui, tandis que Lui, béni soit-Il, n’a besoin ni d’eux ni d’aucun d’entre eux. C’est pourquoi Sa vérité n’est pas semblable à la vérité de l’un d’entre eux. » Jusque-là ses paroles.)

Explication

Le Rambam (Lois des fondements de la Torah 1:4) dit quelque chose de proche : « Et Havaya, D.ieu, est vérité » (Jérémie 10:10) signifie que rien d’autre n’est véritable comme Lui, puisque tout a besoin de Lui et que Lui n’a besoin de rien. La note de Kehot précise que la citation réunit des mots de la halakha 4 et des mots de la halakha précédente ; elle remarque aussi que l’auteur a écrit avec précision « jusque-là ses paroles », et non « jusque-là son langage ».

(ועיין ברבות וישלח פרשה פ״א מענין חותמו של הקב״ה אמת ובשה״ש [ובשיר השירים] רבה ע״פ לסוסתי ברכבי שהוא ע״ש אני ראשון ואני אחרון כו׳ ועמ״ש מזה בד״ה ראשי המטות):

(Voir Berechit Rabba, Vayichla'h, paracha 81, au sujet de « le sceau du Saint béni soit-Il est la vérité », ainsi que Chir Hachirim Rabba, sur le verset « À ma jument parmi mes chars », où il est dit que cela renvoie à « Je suis le premier et Je suis le dernier », etc. Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Les chefs des tribus ».)

Explication

Le Midrach enseigne que « le sceau du Saint béni soit-Il est la vérité » (Berechit Rabba sur Vayichla'h, ainsi que Chir Hachirim Rabba sur « À ma jument »). Emèt s’écrit avec la première, la médiane et la dernière lettre de l’alphabet, en référence à « Je suis le premier et Je suis le dernier ».

Le paragraphe 13 en bref

Ce paragraphe explique pourquoi le septième tikoun de la barbe est appelé « vérité » : les cheveux y cessent et le visage apparaît ; la lumière de la 'Hokhma cachée brille donc sans contraction et révèle qu’Il est seul véritable. Les autres tikounim, étant des attributs liés aux mondes, ne peuvent manifester cela.

Pour aller plus loin

La note de Kehot renvoie aux Biurei HaZohar du Tséma’h Tsédek et à Or HaTorah, qui développent la question posée ici : pourquoi le septième tikoun, précisément, est-il appelé « et vérité » ? Dans l’Idra elle-même, le sixième tikoun, « abondant en bonté », est appelé le « 'Hessed de vérité » de l’Ancien des Anciens ; le maamar reprend cette idée plus loin.

Maré mekomot

  1. 1
    ואמת · Exodus 34:6
  2. 2
    על דרך שהקשה בזהר · ראה ביאוה״ז להצ״צ ח״א ע׳ שיד. אוה״ת פ׳ מסעי (כרך ו) ע׳ א׳תתקעג מפרש הקושיא ”וכך צ״ל כאן בענין הי״ג ת״ד למה תיקון השביעי דייקא נק׳ ואמת”.
  3. 3
    תיקונא שביעאה פסיק שערא ואתחזין תרין תפוחין · Zohar, Idra Rabba 10:73–11:89
  4. 4
    באור פני מלך חיים · Proverbs 16:15
  5. 5
    כתב הרמב״ם · ריש ה׳ יסוה״ת (פ״א, ה״ד) עד תי׳ כמותו, [שבשו״ה אין] ומתי׳ שכל הנמצאים וכו׳ עד אחד מהם [שבשו״ה מהם] הוא מלעיל מזה (בה״ג). ומדויק היטיב שכ׳ אדמו״ר בלשונו הזהב עכ״ד ולא עכ״ל, והמבין יבין. [כ]. ראה ד״ה כל המרחם — תש״ט סעיף א.
  6. 6
    הוא שהנביא אומר וה׳ אלקים אמת · Mishneh Torah, Foundations of the Torah 1:4
  7. 7
    וה׳ אלקים אמת · Jeremiah 10:10
  8. 8
  9. 9

La lumière de la face du Roi ¶14–20

14ד וענין פי׳ ההארה שבתיקון השביעי שנק׳ באור פני מלך יובן ע״ד דאיתא צהבו פניו של רבי אבהו מחמת שמצא תוספתא חדתא (וכ״ה בנדרים) (דמ״ט ב׳) גבי ר׳ [רבי] יהודא חכמת אדם תאיר פניו

4. Le sens de l’illumination du septième tikoun, appelé « dans la lumière du visage du Roi », se comprendra à partir de ce qui est rapporté : le visage de Rabbi Abahou rayonna parce qu’il avait trouvé une nouvelle Tosefta (il en est de même dans Nedarim, 49b), au sujet de Rabbi Yehouda : « La sagesse d’un homme fait rayonner son visage. »

Explication

La section 4 demande en quoi consiste l’illumination du septième tikoun, « la lumière du visage du Roi ». La réponse s’appuie d’abord sur les Sages : le Talmud de Jérusalem raconte que le visage de Rabbi Abahou rayonna parce qu’il avait trouvé une Tosefta, et la Guemara dans Nedarim rapporte que le visage de Rabbi Yehouda rayonnait, ce qui est expliqué par : « La sagesse d’un homme fait rayonner son visage » (Ecclésiaste 8:1).

ולכן הי׳ [היה] פניו צהובין הרי אור החכמה והשכל מאיר פניו ממש, והגם דמה שתאיר פניו אינו רוחני

C’est pourquoi son visage rayonnait : la lumière de la sagesse et de l’intellect illumine réellement le visage. Et bien que ce qui illumine son visage ne soit pas spirituel,

Explication

Son visage rayonnait parce que la lumière de la sagesse et de la compréhension illumine réellement le visage. Ce rayonnement n’est pas quelque chose de spirituel comme l’est la pensée elle-même.

כמו השכל שבמוח כ״א הארה גשמיות מ״מ היא למעלה הרבה מבחי׳ היניקה מהמוח שבשערות שהם רק מותרי מוחין לבד

comme l’intellect dans le cerveau, mais plutôt une illumination physique, elle est néanmoins très supérieure au niveau de la nourriture que les cheveux tirent du cerveau, car ceux-ci ne sont que le surplus des mo’hin,

Explication

C’est un rayonnement physique, à la différence de l’intellect dans le cerveau. Pourtant, il est bien supérieur à la nourriture que les cheveux tirent du cerveau, car les cheveux ne sont que le surplus des mo’hin.

וגם שהם רק בחי׳ צומח לבד שאינן ערוך לעצמות בחי׳ המדבר משא״כ הארה שהחכמה תאיר פניו הרי היא נמשכת דוקא מעצמיות החכמה ממש שלפי שמצא תוספתא חדתא ע״כ דוקא יאירו פניו

et ceux-ci ne sont, de plus, qu’au niveau du végétal, sans commune mesure avec l’essence du niveau du parlant. En revanche, l’illumination par laquelle la sagesse fait rayonner son visage provient précisément de l’essence même de la sagesse : c’est justement parce qu’il avait trouvé une nouvelle Tosefta que son visage rayonnait.

Explication

Les cheveux ne sont eux aussi qu’au niveau du « végétal », une chose qui pousse, sans commune mesure avec l’essence de l’homme en tant qu’être « parlant ». Le rayonnement du visage, en revanche, provient de l’essence même de la sagesse : c’est précisément parce qu’il avait trouvé un nouvel enseignement que son visage rayonnait.

וגם שההארה היא בפנים שזהו עיקר מקום גילוי החיות כו׳, ועד״מ זה יובן למעלה ענין באור פני מלך חיים שהוא התגלות הארה עליונה מחכמה סתימאה ממש למעלה מעלה מבחי׳ שערות כו׳.

De plus, l’illumination se manifeste sur le visage, qui est le principal lieu où la force vitale se révèle, etc. À partir de cette analogie, on comprendra en haut le sens de « La vie est dans la lumière du visage du Roi » : il s’agit de la révélation d’une illumination supérieure provenant de la 'Hokhma cachée elle-même, bien, bien au-dessus du niveau des cheveux, etc.

Explication

Le rayonnement se manifeste aussi sur le visage, principal lieu où la vie se révèle. Ainsi, en haut, « la lumière du visage du Roi » est un rayonnement révélé provenant de la 'Hokhma cachée elle-même, bien au-dessus du niveau des cheveux.

וזהו כי באור פניך נתת לנו תורת חיים. (ולכן אע״ג [אף על גב] דתיקון ג׳ מי״ג ת״ד [תיקוני דיקנא] ג״כ פנוי משערות כמ״ש בזהר)

Et c’est le sens de : « Car dans la lumière de Ton visage, Tu nous as donné une Torah de vie. » (C’est pourquoi, bien que le troisième des treize tikounim de la barbe soit lui aussi dépourvu de cheveux, comme il est écrit dans le Zohar)

Explication

C’est ce que nous disons dans la bénédiction Sim Chalom : « Car dans la lumière de Ton visage, Tu nous as donné une Torah de vie. » La parenthèse relève que le troisième tikoun de la barbe est lui aussi dépourvu de cheveux, selon le Zohar.

(שם קל״א א׳) מ״מ שאני תיקון השביעי שבו נמשך ומתגלה אור הח״ס [החכמה סתימאה] כמו שחכמת אדם תאיר פניו פניו דייקא ע״כ נק׳ ואמת.

(ibid., 131a), le septième tikoun est néanmoins différent : c’est en lui que la lumière de la 'Hokhma cachée est amenée et révélée, comme dans « La sagesse d’un homme fait rayonner son visage » : son visage précisément. C’est pourquoi il est appelé « et vérité ».

Explication

Le Zohar (3:131a) décrit le troisième tikoun comme un passage sous le nez où les poils s’interrompent. Le septième, toutefois, est différent, car la lumière de la 'Hokhma cachée y est amenée jusque sur le visage lui-même, comme dans « La sagesse d’un homme fait rayonner son visage » ; c’est pourquoi il est appelé « et vérité ».

וכן בתורה כתיב תורת אמת היתה בפיהו אמת קנה כו׳. והרמ״ז [והרב משה זכות] ר״פ ויקרא כתב שדעת דעתיק המאיר ברישא דאריך מאיר בתיקון השביעי דדעת אסהיד באנפין כו׳.

De même, au sujet de la Torah, il est écrit : « Une Torah de vérité était dans sa bouche » et « Achète la vérité », etc. Le Ramaz écrit au début de la paracha Vayikra que le Daat d’Atik, qui illumine la tête d’Arich, illumine le septième tikoun, car « Daat témoigne sur le visage », etc.

Explication

De même, la Torah est appelée vérité : « Une Torah de vérité était dans sa bouche » (Malachie 2:6) et « Achète la vérité » (Proverbes 23:23). Le Ramaz écrit que le Daat d’Atik, qui illumine la tête d’Arich Anpin, illumine le septième tikoun, car « Daat témoigne sur le visage ».

Le paragraphe 14 en bref

À travers l’image du visage d’un sage qui rayonne à la découverte d’un nouvel enseignement, ce paragraphe explique le septième tikoun : les cheveux ne reçoivent du cerveau qu’un faible apport, tandis que le rayonnement du visage provient de l’essence même de la sagesse. Ainsi, « la lumière du visage du Roi » révèle la 'Hokhma cachée.

Pour aller plus loin

La note de Kehot relève que le Talmud de Jérusalem et Vayikra Rabbah qualifient d’« ancienne Tosefta » celle que Rabbi Abahou a trouvée, alors que le texte dit ici « nouvelle ». Dans le Talmud de Jérusalem (Chabbat 8:1), les élèves de Rabbi Yo’hanan virent le visage de Rabbi Abahou rayonner. Rabbi Yo’hanan lui demanda quel nouvel enseignement il avait entendu ; il répondit : « Une ancienne Tosefta », et Rabbi Yo’hanan lui appliqua le verset : « La sagesse d’un homme fait rayonner son visage. »

Maré mekomot

  1. 1
    צהבו פניו של ר׳ אבהו · Shabbat 8a
  2. 2
    תוספתא חדתא · וכ״ה בנדרים בירושלמי ובויק״ר ”תוספתא עתיקא”.
  3. 3
    חכמת אדם תאיר פניו · Ecclesiastes 8:1
  4. 4
    חכמת אדם תאיר פניו · Jerusalem Talmud Shabbat 8:6–7
  5. 5
    חכמת אדם תאיר פניו · Nedarim 49b:9
  6. 6
    באור פני מלך חיים · Proverbs 16:15
  7. 7
    כי באור פניך נתת לנו · ברכת שים שלום.
  8. 8
    תורת אמת היתה בפיהו · Malachi 2:6
  9. 9
    אמת קנה · משלי (כג, כג).
  10. 10
    אמת קנה · Proverbs 23:23

15ועיין מ״ש במבוא שערים ש״ג ח״ב [חלק ב׳] פ״ב [פרק ב׳] והנה בעתיק אין בו שערות כו׳. וזהו ענין כתפוח בעצי היער דפי׳ הרח״ו [הרבי חיים ויטאל] הובא בספר נשמת דוד על

Voyez aussi ce qui est écrit dans Mevo She'arim, Sha'ar 3, Part 2, chapitre 2 : « Or, dans Atik, il n’y a pas de cheveux », etc. Tel est le sens de « Comme une pomme parmi les arbres de la forêt », selon l’explication de Rabbi Chaim Vital, citée dans le livre Nishmas David sur

Explication

Mevo She'arim enseigne que, dans Atik, il n’y a pas de cheveux. Cela explique « Comme une pomme parmi les arbres de la forêt » (Cantique des Cantiques 2:3), selon l’explication de Rabbi Chaim Vital, citée dans le livre Nishmas David sur le Cantique des Cantiques.

שיר השירים בעצי היער הם שערות דדיקנא והתפוח הוא תיקון השביעי ובו מתגלית הארה כל שבעה תיקונין דגלגלתא. כן דודי ז״א כו׳ כי הארת פנים דא״א מאיר בפנים דז״א כדלקמן.

le Cantique des Cantiques : « les arbres de la forêt » sont les cheveux de la barbe, et « la pomme » est le septième tikoun ; en elle se révèle le rayonnement des sept tikounim de la Gulgalta. « Ainsi est mon bien-aimé » désigne Zeir Anpin, etc., car le rayonnement du visage d'Arikh Anpin illumine le visage de Zeir Anpin, comme [cela sera expliqué] plus loin.

Explication

« Les arbres de la forêt » sont les cheveux de la barbe, et « la pomme » est le septième tikoun, en lequel se révèle la lumière des sept tikounim de la Gulgalta. « Ainsi est mon bien-aimé » désigne Zeir Anpin, car la lumière du visage d'Arikh Anpin illumine le visage de Zeir Anpin, comme cela sera expliqué.

Le paragraphe 15 en bref

Le verset « Comme une pomme parmi les arbres de la forêt » est interprété comme la « pomme » dépourvue de cheveux, le septième tikoun, au milieu des cheveux de la barbe ; sa lumière se déverse ensuite dans le visage de Zeir Anpin.

Maré mekomot

  1. 1

16ומה שנמשלו לעצי היער היינו כמו שהשערות עד״מ הם רק בחי׳ צומח לבד שבמדבר ואינן ערוך למהות האדם עצמו בחי׳ מדבר

La raison pour laquelle ils sont comparés aux arbres de la forêt est que les cheveux, par analogie, ne sont que du niveau végétatif au sein de l’être parlant, et ne sont nullement comparables à l’essence de l’homme lui-même, au niveau de l’être parlant.

Explication

Les cheveux sont comparés aux arbres de la forêt parce que les cheveux relèvent du végétal, comme les plantes, tandis que l’homme est un être parlant. Les cheveux n’ont aucun rapport avec ce qu’est véritablement l’homme.

ואמנם תיקון הז׳ נק׳ תפוח שיש בו טוב טעם ומראה וריח וכך ההארה דבחי׳ אור פני כו׳

Mais le septième tikoun est appelé « pomme », car elle possède une saveur, un aspect et un parfum agréables ; de même, l’illumination du niveau de « la lumière du visage », etc.,

Explication

Le septième tikoun est appelé « pomme », car une pomme est agréable par sa saveur, son aspect et son parfum. De même, le rayonnement de « la lumière du visage » porte la sagesse elle-même, et non un simple filet de celle-ci.

שחכמת אדם ממש תאיר פניו כו׳ להצהיל פנים משמן הוא בחי׳ שמן משחת קדש שהוא ח״ס [חכמה סתימאה] כו׳.

en ce sens que la sagesse même de l’homme fait rayonner son visage, etc. : « pour faire briller le visage par l’huile » désigne le niveau de « l’huile d’onction sainte », qui est la 'Hokhma cachée, etc.

Explication

« Pour faire briller le visage par l’huile » (Psaumes 104:15) : l’huile est « l’huile d’onction sainte » (Exode 30:25), qui représente la 'Hokhma cachée. Ainsi, le visage rayonnant est éclairé par la 'Hokhma cachée elle-même.

וזהו ענין תפארת שיבה (משלי ט״ז ל״א) שהוא בחי׳ הדרת פנים עמ״ש מזה במ״א בפ׳ וישב בד״ה בכ״ה בכסלו וע״ש פי׳ עטרת תפארת שיבה

Et c’est là le sens de « la gloire des cheveux blancs » (Proverbes 16:31), qui correspond au niveau de « la splendeur du visage » (hadras panim). Voyez ce qui est écrit à ce sujet ailleurs, dans la paracha Vayeishev, dans le discours commençant par « Le vingt-cinquième de Kislev », et voyez là-bas l’explication de « Les cheveux blancs sont une couronne de gloire » :

Explication

Il s’agit également de « la gloire des cheveux blancs » (Proverbes 16:31), qui est « la splendeur du visage » (hadras panim). Le discours de 'Hanouka « Le vingt-cinquième de Kislev », dans Torah Ohr, explique comment « Les cheveux blancs sont une couronne de gloire » se rapporte à cela.

שהוא ענין כובע ישועה להמשיך בחי׳ הדרת פנים, וכ״ז [וכל זה] בדרך צדקה תמצא שבה ועל ידה נמשך בחי׳ עטרת תפארת (ע׳ [עיין] בזהר ח״ג [חלק ג׳] מ״ב ב׳ ודל״ו סע״א [סוף עמוד א])

c’est le sens de « un casque de salut », qui attire le niveau de la splendeur du visage ; et tout cela « se trouve dans la voie de la tsedaka (justice) », car c’est en elle et par elle qu’est attiré le niveau de la « couronne de gloire » (voir le Zohar, Partie III, 42b, et 36, fin du côté a).

Explication

Il y est question de « un casque de salut » (Isaïe 59:17), qui attire la splendeur du visage. Le verset poursuit : « cela se trouve dans la voie de la tsedaka » ; par la justice et la charité est attirée la « couronne de gloire ». Le texte cite le Zohar, Partie III, 42b et 36a.

ועיין באג״ה [באגרת הקודש] סד״ה וילבש צדקה כשריון ועמ״ש בביאור ע״פ שוש אשיש כו׳ כי הלבישני בגדי ישע כו׳.

Voyez aussi Iggeres HaKodesh, à la fin du discours commençant par « Il revêtit la tsedaka comme une cotte de mailles », et voyez ce qui est écrit dans l’explication du verset « Je me réjouirai grandement », etc., « car Il m’a revêtu de vêtements de salut », etc.

Explication

Pour approfondir, le texte renvoie à la lettre d’Iggeres HaKodesh sur « Il revêtit la tsedaka comme une cotte de mailles », ainsi qu’à son explication de « Je me réjouirai grandement… car Il m’a revêtu de vêtements de salut » (Isaïe 61:10).

והנה בפי׳ האדרא מתלמידי האריז״ל [האר״י זכרונו לברכה] בספר קול ברמה פי׳ ענין ואמת לפי שאינו משתנה כלל וכבר נודע שכל אמת תליא בעתיקא עכ״ל [עד כאן לשונו], פי׳ כמ״ש אני הוי׳ לא ש ניתי שאין שום שינוי כו׳

Or, dans le commentaire sur l’Idra par les disciples de l’Ari zal, de mémoire bénie, dans le livre Kol BeRamah, il est expliqué que « et vérité » signifie qu’elle ne change absolument pas ; « et l’on sait déjà que toute vérité dépend d’Atika ». Fin de citation. Cela signifie, comme il est écrit : « Moi, Havaya, je n’ai pas changé » : il n’y a aucun changement, etc.

Explication

Kol BeRamah, commentaire sur l’Idra par les disciples de l’Ari zal, explique que « et vérité » désigne ce qui ne change jamais, et ajoute que « toute vérité dépend d’Atika ». Cela renvoie à « Moi, Havaya, je n’ai pas changé » (Malachie 3:6).

וגם ע״ד מוצא מים אשר לא יכזבו מימיו הרי האמת הוא שאין שום הפסק להשפעתו לאפוקי נהרות המכזבים בפ״ח [בפרק ח׳] דמסכת פרה.

Et aussi, selon l’expression « une source d’eau dont les eaux ne tarissent pas (yechazvu) » : la vérité consiste donc en ce que son écoulement ne connaît aucune interruption, contrairement aux « rivières qui tarissent », au chapitre 8 du traité Para.

Explication

La vérité est également comparable à « une source d’eau dont les eaux ne tarissent pas » (Isaïe 58:11) : son écoulement ne s’interrompt jamais. À l’inverse, les « eaux qui tarissent » sont des cours d’eau qui s’assèchent, que la Michna (Para 8:9) déclare impropres à l’eau de purification.

וזהו שאמרה השונמית לאלישע אל תכזב בשפחתך. דאין ר״ל [רוצה לומר] שלא האמינה לדבריו אלא דכוונתה שלא יומשך נשמתו ממקום שאין לו קיום והמשכה.

Et voici ce que la femme chounamite dit à Élicha : « Ne trompez pas votre servante. » Cela ne signifie pas qu’elle ne croyait pas à ses paroles ; elle voulait plutôt que l’âme de son fils ne soit pas attirée d’un lieu dépourvu de permanence et de continuité.

Explication

La femme chounamite dit à Élicha : « Ne trompez pas votre servante » (II Kings 4:16). Elle ne doutait pas de sa parole ; elle demandait que l’âme de son fils ne provienne pas d’une source dépourvue de permanence, susceptible de faire défaut.

ויובן עפמ״ש [על פי מה שכתוב] בענין זה בזהר בשלח (דמ״ד ע״ב). וז״ש [וזהו שכתוב] דכל אמת תליא בעתיקא כי למטה בז״א שיש ימינא ושמאלא

On comprendra cela à la lumière de ce qui est écrit à ce sujet dans le Zohar, Beshalach (44b). C’est ce que signifie l’affirmation selon laquelle « toute vérité dépend d’Atika » : car, en bas, dans Zeir Anpin, il y a une droite et une gauche,

Explication

Le Zohar sur Beshalach (2:44b) dit que l’enfant mourut parce qu’il avait été donné à elle, et non à son mari ; il était ainsi lié au côté féminin, où la mort attend. « Toute vérité dépend d’Atika », car, en bas, dans Zeir Anpin, il y a un côté droit et un côté gauche.

לכן לפעמים מדת הדין מעכבת וגורם מניעת השפע ח״ו [חס ושלום]. משא״כ בע״ק [בעתיקא קדישא] דלית שמאלא בהאי עתיקא ע״כ אין שום הפסק ומניעה להשפעתו

de sorte que parfois l’attribut de rigueur retient le flux et en provoque l’interruption, à D.ieu ne plaise. En revanche, dans Atika Kadicha, puisqu’« il n’y a pas de gauche dans cet Atika », il n’y a donc absolument aucune interruption ni retenue dans son flux.

Explication

Là où il y a un côté gauche, l’attribut de rigueur peut retenir le flux, à D.ieu ne plaise. Dans Atika Kadicha, « il n’y a pas de gauche » (Zohar 3:129a) ; rien n’interrompt ni ne retient donc jamais son flux.

וזהו ענין מקור מים חיים שתמיד נובעים, וע״ז ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] כל מקום שנאמר לי אין לו הפסק לעולם וכמ״ש במ״א בענין וארשתיך לי לעולם כו׳ וזהו אהבת עולם אהבתנו כו׳, ועיין מ״ש בפ׳ יתרו בד״ה

Tel est le sens de « la source des eaux vives », qui jaillissent sans cesse. À ce propos, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Partout où il est dit “pour Moi”, cela ne connaîtra jamais d’interruption », comme il est expliqué ailleurs à propos de « Je te fiancerai à Moi pour toujours », etc. Et c’est là « Tu nous as aimés d’un amour éternel », etc. Voyez aussi ce qui est écrit dans la paracha Yitro, dans le discours qui commence par

Explication

C’est la « source des eaux vives » (Jeremiah 2:13), qui jaillissent sans cesse. Les Sages ont dit que partout où il est dit « pour Moi », cela ne cesse jamais (Vayikra Rabbah 2:2), comme dans « Je te fiancerai à Moi pour toujours » (Hosea 2:21) ; c’est aussi ce que nous disons : « Tu nous as aimés d’un amour éternel. »

הנה להבין שרש ענין מתן תורה בפי׳ וענין כי לא אדם הוא להנחם, ולכן נק׳ בחי׳ זו אמת.

« Or, pour comprendre la racine du sujet du don de la Torah », au sujet du sens et de la portée de « Car Il n’est pas un homme pour se raviser. » C’est pourquoi ce niveau est appelé « vérité ».

Explication

Le texte renvoie à son discours dans la paracha Yitro sur la racine du don de la Torah, au sujet de « Car Il n’est pas un homme pour se raviser » (I Samuel 15:29). Pour toutes ces raisons, ce niveau est appelé « vérité ».

Le paragraphe 16 en bref

Ce paragraphe développe l’image : les cheveux sont comme les arbres de la forêt, tandis que le septième tikoun est une pomme parfumée, et le visage est éclairé par la 'Hokhma cachée. Il explique ensuite que la « vérité » est ce qui ne change jamais et dont l’écoulement ne s’interrompt pas, car elle prend sa source en Atika, où aucun côté gauche ne vient retenir le flux.

Pour aller plus loin

Le passage de Likkutei Torah sur Matos auquel renvoie la note de Kehot rassemble ces thèmes : le fils de la Chounamite venait du côté féminin, un lieu sujet au changement ; les eaux qui tarissent sont impropres à l’eau de purification, qui requiert une eau vive, comme l’Arbre de Vie, « un lieu qui ne change pas » ; et « Moi, Havaya, je n’ai pas changé » exprime l’essence de la vérité.

Maré mekomot

  1. 1
    מדבר — ומראה וריח · ע׳ מג״א [מגן אבות ברדיטשוב תרס״ב] ר״פ תולדות. [כ].
  2. 2
    להצהיל פנים משמן · Psalms 104:15
  3. 3
    שמן משחת קודש · Exodus 30:25
  4. 4
    שהוא ח״ס · מאו״א אות ק׳ ס״ז ובי״נ שם. וראה הערת כ״ק אדמו״ר בספר המאמרים ה׳תש״ח ע׳ 163.
  5. 5
    בד״ה בכ״ה בכסלו · תו״א כט, ג. ובשערי אורה שער חנוכה יד, א. ראה אוה״ת נ״ך-א ע׳ תריב.
  6. 6
  7. 7
    כובע ישועה · Isaiah 59:17
  8. 8
    באג״ה סד״ה וילבש צדקה · סי׳ ג׳ (קד, א).
  9. 9
    בביאור ע״פ שוש אשיש · לקו״ת פ׳ נצבים מט, ד.
  10. 10
    כי הלבישני בגדי ישע · Isaiah 61:10
  11. 11
    מוצא מים אשר לא יכזבו מימיו · Isaiah 58:11
  12. 12
    אל תכזב בשפחתך · II Kings 4:16
  13. 13
    בזהר בשלח · ראה לעיל פ׳ מטות פג, ד.
  14. 14
    דכל אמת תליא בעתיקא · ראה יהל אור קיט, פט.
  15. 15
    דלית שמאלא בהאי עתיקא · Zohar III, 129a
  16. 16
    מקור מים חיים · Jeremiah 2:13
  17. 17
    כל מקום שנאמר לי · Vayikra Rabbah 2:2
  18. 18
    וכמ״ש במ״א בענין וארשתיך לי לעולם · לעיל פ׳ במדבר ט, ג.
  19. 19
    וארשתיך לי לעולם · Hosea 2:21
  20. 20
    אהבת עולם אהבתנו · ברכת ק״ש של שחרית.
  21. 21
    כי לא אדם הוא להנחם · I Samuel 15:29
  22. 22
    אני ה׳ לא שניתי · Malachi 3:6
  23. 23
    בפ״ח דמס׳ פרה · מ״ט.
  24. 24
    כ״מ שנא׳ לי אין לו הפסק · ויק״ר פ״ב סי׳ ב. ובקה״ר פ״ז. וע׳ בלקח טוב ר״פ תרומה. ושם בתנחומא ובילקוט. וע׳ ספרי בהעלותך פצ״ב [יא, טז] ”קיים לעולם ולעולמי עולמים”. וע׳ במדרש שמואל פי״ט, יעו״ש. [כ].
  25. 25
  26. 26
  27. 27

17והנה מזה יובן תוספת ביאור למה שנתבאר למעלה דח״ס [דחכמה סתימאה] עצמה היא בחי׳ דלאו מכל אלין מדות איהו כלל

Or, de là, on comprendra un éclaircissement supplémentaire de ce qui a été expliqué plus haut : la 'Hokhma cachée elle-même est le niveau de « Lui n’est aucun de ces attributs »,

Explication

Cela complète ce qui a été dit plus haut : la 'Hokhma cachée elle-même est le niveau de « Lui n’est aucun de ces attributs », selon l’expression du Tikkouneï Zohar. Ce niveau est celui de la vérité.

וזהו בחי׳ אמת, אין הכוונה ח״ו [חס ושלום] שמבחי׳ אמת לא נמשכו הפעולות והטובות הבאות מהמדות רחום וחנון לפי דכולא קמיה כלא חשיב.

et c’est là le niveau de vérité. Il ne faut pas entendre, à D.ieu ne plaise, que les actes et les bienfaits issus des attributs « Compatissant et Gracieux » ne procèdent pas du niveau de vérité, au motif que « tout est considéré comme néant devant Lui ».

Explication

Mais cela ne signifie pas, à D.ieu ne plaise, que la vérité ne dispense aucun des bienfaits issus de « compatissant et gracieux », comme si, puisque « tout est considéré comme néant devant Lui », rien ne s’écoulait de Lui vers les mondes.

דחלילה לחשוב כן וכמ״ש הרמב״ם [הרבי משה בן מימון] שכל הנמצאים לא נמצאו אלא מאמתת המצאו דייקא. וכנ״ל דפי׳ אמת היינושאין טובו והשפעתו פוסק לעולם ולא יכזבו מימיו ח״ו [חס ושלום].

Car il serait interdit de le penser, comme l’écrit le Rambam : tous les êtres n’existent que par la vérité de Son existence, précisément. Et comme on l’a dit plus haut, la « vérité » signifie que Sa bonté et Son influence ne cessent jamais, et que « ses eaux ne tarissent pas », à D.ieu ne plaise.

Explication

À D.ieu ne plaise. Comme l’écrit le Rambam (Lois des fondements de la Torah 1:1), tout ce qui existe n’existe que par la vérité de Son existence ; et la vérité, comme expliqué plus haut, signifie que Sa bonté ne cesse jamais, telle une eau qui ne tarit pas.

וכן מבואר בזהר באריכות שם (דקל״ג ב׳) וכל טיבו לא פסיק כו׳ וכדכתיב באור פני מלך חיים, רק הכוונה שההשפעה והאור נמשך שלא ע״ד ההשפעה הנמשכת מבחי׳ מדות שהעולמות תופסים מקום עד ששייך שם מדות אלו,

C’est également expliqué longuement dans le Zohar, à cet endroit (133b) : « toute bonté ne cesse pas », etc., comme il est écrit : « Dans la lumière du visage du Roi est la vie. » Mais l’intention est que l’influence et la lumière se répandent non pas selon le mode de l’influence qui procède du niveau des attributs, où les mondes occupent une place, au point que ces attributs s’y appliquent,

Explication

L’Idra l’expose longuement : « toute bonté ne cesse pas » (Zohar 3:133b), comme dans « Dans la lumière du visage du Roi est la vie ». Cela signifie seulement que cette influence ne se répand pas selon le mode par lequel les attributs donnent, mode qui suppose des mondes occupant une place propre et appelant ainsi les attributs.

אלא שבאות כל הטוב והאור שלא ע״י בחי׳ התפעלות המדות כלל, וזהו ענין באור פני מלך חיים

mais que tout le bien et la lumière viennent sans aucune mise en mouvement des attributs ; et c’est là le sens de « Dans la lumière du visage du Roi est la vie ».

Explication

Au contraire, tout le bien et la lumière viennent sans aucune mise en mouvement (hitpaalout) des attributs. C’est cela, « Dans la lumière du visage du Roi est la vie ».

וזהו ענין דבחי׳ אמת היינו לא שניתי שאין שום שינוי והתפעלות כו׳ והוא מקור הטוב דכל טיבו לא פסק כו׳

C’est là le sens du niveau de vérité : « Je n’ai pas changé », c’est-à-dire qu’il n’y a aucun changement ni aucune mise en mouvement, etc. ; et ce niveau est la source du bien, car « toute bonté ne cesse pas », etc.

Explication

Ainsi, le niveau de vérité est « Je n’ai pas changé » (Malachie 3:6) : il n’y a ni changement ni mise en mouvement. Et il est aussi la source de tout bien, car « toute bonté ne cesse pas ».

והגם שבאמת גם המדות דאצילות אינן כלל מערך וסוג המדות דבי״ע ואין המדה בחי׳ התפעלות ושינוי ח״ו [חס ושלום] וכמ״ש באג״ה [באגרת הקודש] ד״ה להבין משל ומליצה בשם המגיד נ״ע [נשמתו עדן] בפי׳ מ״ש אברהם ואנכי עפר ואפר כו׳ ע״ש.

Et bien que, en vérité, même les attributs d’Atsilout ne soient nullement du même ordre ni de la même catégorie que les attributs de Béria, Yetsira et Assiya, et que l’attribut [là-bas] ne soit pas un état de mise en mouvement et de changement, à D.ieu ne plaise, comme il est écrit dans Igueret HaKodech, le discours intitulé « Comprendre la parabole et l’allégorie », au nom du Maguid, que son âme repose en Éden, dans son explication des paroles d’Avraham : « Et moi, je suis poussière et cendre », etc. ; voyez là-bas.

Explication

Certes, même les attributs d’Atsilout n’ont rien de commun avec les émotions des mondes inférieurs et n’impliquent ni changement ni mise en mouvement, à D.ieu ne plaise. Igueret HaKodech l’explique dans la lettre « Comprendre la parabole et l’allégorie », en citant le Maguid au sujet des paroles d’Avraham : « Je suis poussière et cendre » (Genèse 18:27).

Le paragraphe 17 en bref

Ce paragraphe prévient un malentendu : appeler « vérité » la 'Hokhma cachée, au-delà des attributs, ne signifie pas qu’elle retient le bien. Tout bien en émane sans interruption, mais non par la mise en mouvement des attributs qui se rapportent aux mondes.

Pour aller plus loin

La première halakha du Rambam fonde cette idée : tout ce qui existe tire son existence de la vérité de Son existence. Ainsi, le niveau de vérité, bien qu’au-delà des attributs, est la source de tout bien et donne sans être mû, conformément à « Je n’ai pas changé ».

Maré mekomot

  1. 1
    דלאו מכל אלין מדות · ת״ז בהק׳ (פתח אלי׳). [כ].
  2. 2
    דלאו מכל אלין מדות איהו כלל · Tikkunei Zohar 17b:5–7
  3. 3
    וכמ״ש הרמב״ם שכל הנמצאים · הל׳ יסוה״ת פ״א, ה״א.
  4. 4
    שכל הנמצאים לא נמצאו אלא מאמתת המצאו · Mishneh Torah, Foundations of the Torah 1:1
  5. 5
    ולא יכזבו מימיו · Isaiah 58:11
  6. 6
    וכל טיבו לא פסיק · Zohar, Idra Rabba 15:134–17:147
  7. 7
    באור פני מלך חיים · Proverbs 16:15
  8. 8
    לא שניתי · Malachi 3:6
  9. 9
    ואנכי עפר ואפר · Genesis 18:27

18ועמ״ש מזה בפ׳ יתרו בדרוש הראשון שע״פ זכור את יום השבת כו׳ ועמ״ש במ״א בד״ה פתח אליהו בפ׳ וירא שהשתלשלות המדות דבי״ע ממדות דאצילות הוא ע״ד משארז״ל [מה שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] אין לך כל עשב כו׳

Et voyez ce qui est écrit à ce sujet dans la paracha Yitro, dans le premier discours sur le verset « Souviens-toi du jour du Chabbat », etc. ; voyez aussi ce qui est écrit ailleurs, dans le discours commençant par « Éliyahou ouvrit », dans la paracha Vayéra : l’enchaînement descendant (hichtalchelout) des attributs de Béria, Yetsira et Assiya à partir des attributs d’Atsilout s’effectue selon le principe de ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Il n’est pas une seule pousse d’herbe », etc. ;

Explication

Le texte renvoie au premier discours sur « Souviens-toi du jour du Chabbat » dans la paracha Yitro, ainsi qu’au discours « Éliyahou ouvrit » dans la paracha Vayéra. Il y est expliqué que les attributs des mondes inférieurs descendent de ceux d’Atsilout, comme dans l’enseignement des Sages : « Il n’est pas une pousse d’herbe qui n’ait un mazal au-dessus d’elle, lequel la frappe et lui dit : “Pousse !” » (Bereishis Rabbah 10:6).

ע״ש וכ״ש [וכל שכן] וק״ו [וקל וחומר] המדות שלמעלה מהאצילות שגבהו דרכיהן למעלה מעלה מהמדות דאצילות וכמ״ש במ״א ע״פ ה׳ יחתו מריביו.

voyez là-bas. À plus forte raison, selon un raisonnement a fortiori, en va-t-il des attributs qui sont au-dessus d’Atsilout : leurs voies sont exaltées bien, bien au-dessus des attributs d’Atsilout, comme il est expliqué ailleurs à propos du verset : « Havaya : ceux qui luttent contre Lui seront brisés. »

Explication

Si les attributs d’Atsilout sont déjà si élevés par rapport à ceux des mondes inférieurs, à plus forte raison les attributs qui sont au-dessus d’Atsilout, dont les voies sont plus élevées encore. Le texte renvoie à son explication du verset « Havaya : ceux qui luttent contre Lui seront brisés » (I Samuel 2:10).

אך עכ״ז [עם כל זה] לגבי אמתת אור א״ס ב״ה בעצמו לא שייך כלל גם מהות מדות שלמעלה מהאצי׳ כנ״ל והמשכת הי״ג מדות הוא ע״י בחי׳ שערות כו׳

Mais malgré tout, par rapport à la vérité de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, en Elle-même, même l’essence des attributs qui sont au-dessus d’Atsilout ne s’applique aucunement, comme mentionné plus haut ; et le déploiement des Treize Attributs se fait par le niveau des cheveux, etc.,

Explication

Malgré tout, par rapport à la vérité de la Lumière infinie elle-même, même les attributs qui sont au-dessus d’Atsilout ne s’appliquent pas. Les Treize Attributs ne se déploient que comme des cheveux, ainsi qu’il a été expliqué plus haut.

כנ״ל וזהו הטוב כי לא כלו רחמיך שבחינת ובטובו הוא עדיין למעלה מהמדות הנק׳ כי לא כלו רחמיך שהן יג״מ [י״ג מדות]

comme mentionné plus haut. Et c’est là le sens de « Le Bon, car Tes miséricordes ne s’épuisent pas » : le niveau de « et par Sa bonté » est encore au-dessus des attributs désignés par « car Tes miséricordes ne s’épuisent pas », lesquels sont les Treize Attributs ;

Explication

Cela explique les mots de la bénédiction de Modim : « Le Bon, car Tes miséricordes ne s’épuisent pas. » La « bonté », comme dans « et par Sa bonté », se situe au-dessus des attributs, tandis que les « miséricordes » sont les Treize Attributs.

אלא שמבחי׳ ובטובו נמשכים היג״מ [הי״ג מדות] להיות כי לא כלו רחמיך ופי׳ כי לא כלו היינו כמ״ש באדרא (דקל״ג ע״ב)

mais c’est du niveau de « et par Sa bonté » que les Treize Attributs se déploient, de sorte que « Tes miséricordes ne s’épuisent pas ». Le sens de « ne s’épuisent pas » est celui qu’enseigne l’Idra (133b) :

Explication

C’est de cette bonté que les Treize Attributs se déploient, de sorte que « Tes miséricordes ne s’épuisent pas ». Le sens de « ne s’épuisent pas » est expliqué par l’Idra.

דחסד דעתיק הוא חסד דקשוט דהיינו חסד של אמת ופי׳ תלמידי האריז״ל [האר״י זכרונו לברכה] שאינו נפסק לעולם כו׳.

le 'Hessed d’Atik est un « 'Hessed de vérité » ('Hessed di-kchot), c’est-à-dire une bonté véritable ; et les disciples de l’Arizal, de mémoire bénie, ont expliqué qu’elle ne cesse jamais, etc.

Explication

L’Idra (Zohar 3:133b) appelle le 'Hessed d’Atik un « 'Hessed de vérité » ('Hessed di-kchot), et les disciples de l’Arizal expliquent qu’il ne cesse jamais. C’est une bonté qui ne fait jamais défaut.

ואפשר ג״כ הפי׳ שתיקון ואמת עם היותו למעלה מהמדות אעפ״כ [אף על פי כן] מאיר ג״כ הארתו בכל המדות וכמ״ש חסד ואמת נפגשו

Il se peut aussi que le sens soit que le tikoun « et vérité », bien qu’il soit au-dessus des attributs, répand néanmoins aussi son rayonnement dans tous les attributs, comme il est écrit : « 'Hessed et vérité se sont rencontrés » ;

Explication

Peut-être aussi le tikoun « et vérité », bien qu’il soit au-dessus des attributs, rayonne-t-il en chacun d’eux. C’est le sens de « 'Hessed et vérité se sont rencontrés » (Psalms 85:11).

וזהו ענין כתפוח בעצי היער כנ״ל ולכן נקרא החסד חסד דקשוט חסד של אמת ממש.

et c’est là le sens de « Comme une pomme parmi les arbres de la forêt », comme mentionné plus haut. C’est pourquoi le 'Hessed est appelé « 'Hessed de vérité », une bonté véritable au sens propre.

Explication

C’est aussi le sens de « Comme une pomme parmi les arbres de la forêt » : la lumière de la pomme atteint les cheveux qui l’entourent. Le 'Hessed est donc appelé « 'Hessed de vérité », une bonté véritable au sens propre.

Le paragraphe 18 en bref

Ce paragraphe établit une hiérarchie des niveaux : les attributs d’Atsilout sont très supérieurs à ceux des mondes inférieurs, et les attributs qui sont au-dessus d’Atsilout le sont davantage encore ; pourtant, même ces derniers ne s’appliquent pas à l’Infini lui-même. Le texte comprend « Le Bon, car Tes miséricordes ne s’épuisent pas » comme une bonté supérieure aux attributs qui se déverse en eux, et le « 'Hessed de vérité » comme une bonté illuminée par le tikoun de vérité.

Pour aller plus loin

La note de Kehot relève que l’idée selon laquelle le tikoun « et vérité » rayonne dans tous les attributs est citée dans le Or HaTorah du Tséma'h Tsédek sur Vayikra. Dans l’Idra elle-même, le « 'Hessed de vérité » de l’Ancien des anciens est le sixième tikoun, celui qui précède immédiatement les « pommes » proprement dites du septième.

Maré mekomot

  1. 1
    זכור את יום השבת · Exodus 20:8
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    הטוב כי לא כלו רחמיך · ברכת מודים.
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    דחסד דעתיק הוא חסד דקשוט · Zohar, Idra Rabba 15:134–17:147
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    שתיקון ואמת . . למעלה מהמדות · מובא באוה״ת ויקרא-ב ע׳ תרכז.
  7. 7
    חסד ואמת נפגשו · Psalms 85:11
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    כתפוח בעצי היער · Song of Songs 2:3

19וזהו ענין חותמו של הקב״ה אמת כי הנה עיקר בחי׳ אמת היינו כשמשיג החכמה ויודע שכן הוא משא״כ כשהיא עדיין בבחי׳ העלם ועין לא ראתה הרי אין ידוע האמת,

Tel est le sens de l’expression : « Le sceau du Saint béni soit-Il est vérité. » Car l’essence même du niveau de vérité réside dans le fait que l’on saisit la sagesse et que l’on sait qu’il en est ainsi. En revanche, tant qu’elle demeure cachée, et que « nul œil ne l’a vue », la vérité n’est pas connue.

Explication

« Le sceau du Saint béni soit-Il est vérité. » La vérité au plein sens du terme, c’est lorsque la sagesse est saisie et que l’on sait qu’il en est ainsi ; tant qu’elle est cachée, « nul œil ne l’a vue » (Isaïe 64:3), et la vérité n’est pas connue.

ולכן חכמה סתימאה עצמה כמו שהיא נעלמת ולא שכיח ולא אתפתח אין שייך לקרותה עדיין אמת עד שנמשך ממנה הארה וגילוי בבחי׳ תרין תפוחין שהוא בחי׳ אור פני מלך.

C’est pourquoi la 'Hokhma (sagesse) cachée elle-même, tant qu’elle demeure cachée — « introuvable et non dévoilée » —, ne peut pas encore être appelée vérité. Il faut qu’une illumination et une révélation en émanent, au niveau des « deux pommes », qui est celui de « la lumière du visage du Roi ».

Explication

Ainsi, la 'Hokhma cachée en elle-même, « introuvable et non dévoilée », ne peut pas encore être appelée vérité. Elle le devient lorsque sa lumière est attirée et révélée dans les « deux pommes », la lumière du visage du Roi.

Le paragraphe 19 en bref

La vérité requiert une révélation : la 'Hokhma cachée n’est appelée vérité que lorsqu’elle rayonne sur le visage, dans les « deux pommes » du septième tikoun.

Maré mekomot

  1. 1
    חותמו של הקב״ה אמת · נסמן לעיל צא, ד.
  2. 2
    ועין לא ראתה · Isaiah 64:3

20וע״כ נק׳ חותמו כמו חותם האדם שהוא רק בחי׳ עשייה. וכך עד״מ ההארה שבפנים היא כמו עשייה לגבי עצם החכמה שבמוח האדם שממנה תאיר פניו.

C’est pourquoi on l’appelle « Son sceau », comme le sceau d’une personne, qui n’est que du niveau de l’action. Ainsi, à titre d’analogie, l’illumination du visage est comme une action par rapport à l’essence de la sagesse dans le cerveau d’une personne, d’où son visage rayonne.

Explication

C’est pourquoi on l’appelle Son « sceau ». Le sceau d’une personne n’est qu’un acte, une chose extérieure ; de même, l’éclat du visage est comme un acte comparé à la sagesse elle-même dans le cerveau, d’où le visage rayonne.

אלא שמ״מ הרי החותם הוא קיום על כל דבר והכל הולך אחר החיתום. וכמ״כ [וכמו כן] למעלה בחי׳ הארת פנים נמשך מכח עצמיות הח״ס [החכמה סתימאה] כנ״ל במשל

Pourtant, le sceau est ce qui donne sa validité à toute chose, et « tout dépend du sceau ». De même, en haut, le niveau de l’illumination du visage provient de la puissance de l’essence de la 'Hokhma cachée, comme dans l’analogie évoquée plus haut ;

Explication

Pourtant, c’est le sceau qui donne sa validité à un document, et « tout dépend du sceau » (Berachos 12a). De même, la lumière du visage provient de la puissance de l’essence même de la 'Hokhma cachée, comme l’a montré l’analogie.

לכן הגם שנחשב בחי׳ עשייה לגבי מהות ועצמיות הח״ס [החכמה סתימאה] מ״מ זהו קיום הכל וזהו ענין וחתמנו בספר החיים וחתמנו בספר פרנסה כו׳ כי באור פני מלך חיים:

c’est pourquoi, bien qu’elle soit considérée comme du niveau de l’action par rapport à la nature et à l’essence de la 'Hokhma cachée, elle donne néanmoins sa validité à tout. Tel est le sens de « scelle-nous dans le livre de la vie », « scelle-nous dans le livre de la subsistance », etc., car « dans la lumière du visage du roi est la vie ».

Explication

Ainsi, bien qu’elle compte comme « action » par rapport à la 'Hokhma cachée elle-même, elle donne sa validité à tout. C’est pourquoi nous prions : « scelle-nous dans le livre de la vie », « dans le livre de la subsistance » ; car « dans la lumière du visage du roi est la vie ».

Le paragraphe 20 en bref

La lumière du visage est appelée un « sceau » parce que, comme un sceau, elle est extérieure, un acte, par rapport à la sagesse dont elle provient ; pourtant, tout dépend d’elle, car tout suit le sceau.

Maré mekomot

  1. 1
    והכל הולך אחר החיתום · Berakhot 12a:15–17
  2. 2
    באור פני מלך חיים · Proverbs 16:15

La vérité pour Yaakov et l’élévation des âmes ¶21–24

21ה והנה כתיב תתן אמת ליעקב פי׳ יעקב הוא ז״א ובו הוא עיקר בחי׳ אמת כי היג״מ [הי״ג מדות] אל רחום כו׳ ואמת כו׳

5. Or, il est écrit : « Tu donneras la vérité à Yaakov. » Cela signifie que Yaakov est Zeir Anpin, et que c’est en lui que se trouve principalement le niveau de vérité. Car les Treize Attributs, « D.ieu, compatissant », etc., « et vérité », etc.,

Explication

La section 5 commence par « Tu donneras la vérité à Yaakov » (Michée 7:20). Yaakov représente Zeir Anpin, les attributs émotionnels, et c’est là que se trouve principalement le niveau de vérité.

שאמר משה היינו שהמשיך היג״מ [הי״ג מדות] מא״א [מאריך אנפין] לז״א להיות גם בו י״ג מדות (כמ״ש באדרא דנשא דקל״א ע״ב ודקל״ח ע״א) ואז נק׳ ואמת.

que Moché a énoncés signifie qu’il a attiré les Treize Attributs depuis Arikh Anpin vers Zeir Anpin, afin qu’il y ait également en lui treize attributs (comme il est écrit dans l’Idra de Nasso, 131b et 138a), et alors il est appelé « et vérité ».

Explication

Lorsque Moché a énoncé les Treize Attributs, « D.ieu, compatissant… et vérité » (Exode 34:6), il les a attirés depuis Arikh Anpin vers Zeir Anpin, de sorte que Zeir Anpin possède lui aussi treize attributs, comme le décrit l’Idra de Nasso. Alors il est appelé « et vérité ».

והגם שהאמת הוא למעלה בעתיקא ושם דייקא מקור האמת וכנ״ל אך אינו בגילוי עדיין אבל כשנמשך בז״א הוא מתגלה ואז שייך לקרותו ואמת שאז נודע האמת,

Et bien que la vérité se trouve en haut, dans Atika, où se trouve précisément la source de la vérité, comme il a été mentionné plus haut, elle n’y est pas encore révélée ; mais lorsqu’elle est attirée dans Zeir Anpin, elle se révèle, et alors on peut l’appeler « et vérité », car c’est alors que la vérité devient connue.

Explication

La vérité elle-même se trouve en haut, dans Atika, sa source, mais elle n’y est pas encore révélée. Lorsqu’elle est attirée dans Zeir Anpin, elle se révèle et devient connue ; ce n’est qu’alors qu’on peut l’appeler vérité.

וזהו ענין אסתכלותא דז״א בפנים דא״א ועי״ז מקבל ק״נ [קליפת נוגה] ור״כ נהורין כו׳ (וע״ש בפ׳ נשא) (קל״א א׳) מתרי תפוחין כו׳

Et c’est là le sens du regard (istaklouta) de Zeir Anpin vers le visage d’Arikh Anpin, grâce auquel il reçoit cent cinquante et deux cent vingt lumières, etc. (voir là-bas, dans la paracha Nasso) (131a) : « Des deux pommes », etc.,

Explication

Cela se produit par le « regard » de Zeir Anpin vers le visage d’Arikh Anpin, grâce auquel il reçoit des lumières, 150 et 220, soit ensemble les 370 lumières de ce visage. L’Idra dit que le visage de Zeir Anpin resplendit à partir des deux belles pommes de ce visage.

נהירין אנפוי דז״א וכ״ה דקל״ג ב׳ ודקל״ו ב׳ נהירין אנפוהי כו׳ ועיין (דקל״ה סע״ב [סוף עמוד ב]) ואריכין כו׳

« le visage de Zeir Anpin resplendit » ; il en est de même en 133b et 136b : « Son visage resplendit », etc. Voir aussi (135, fin du côté b) : « et ils s’allongent », etc.,

Explication

Le texte indique encore deux passages de l’Idra où le visage resplendit. En 135b, l’Idra dit que, lorsque cela est nécessaire, le visage de Zeir Anpin s’étend et s’allonge (arikh).

בגין דאשגח כו׳ והיינו שז״א נמשך לו ק״נ [קליפת נוגה] מהש״ע [מהש״ע (370)] נהורין שבפנים דא״א וע״כ נק׳ זעיר לפי שנשאר אר״ך אורות

« parce qu’Il regarde », etc. Cela signifie que 150 des 370 lumières du visage d’Arikh Anpin sont attirées vers Zeir Anpin ; c’est pourquoi il est appelé Zeir (« petit »), car il reste arikh (220) lumières

Explication

L’Idra dit que cela se produit « parce qu’il regarde » le visage de l’Ancien des Anciens et qu’il prend le monde en compassion. Habituellement, Zeir Anpin reçoit 150 des 370 lumières du visage d’Arikh Anpin ; c’est pourquoi il est appelé Zeir, « petit », car les 220 qui restent sont les lumières arikh, « longues ».

מהש״ע [מהש״ע (370)] נהורין שלא נמשכו בו אכן לפעמים משפיע לו א״א כל הש״ע [הש״ע (370)] נהורין וזהו ואריכין כו׳ וע׳ בע״ח [בעץ חיים] סוף שער א״א ועיין באדר״ז [באדרא זוטא] דרפ״ח ב׳.

des 370 lumières qui n’ont pas été attirées en lui. Mais parfois, Arikh Anpin lui transmet les 370 lumières, et c’est là « et ils s’allongent », etc. Voir Etz Chaim, fin de Sha'ar Arich Anpin, ainsi que l’Idra Zouta, 288b.

Explication

Mais parfois, Arikh Anpin lui transmet les 370 lumières, et alors son visage devient « long ». Le texte renvoie à la fin de la Porte d’Arikh Anpin de Etz Chaim et à l’Idra Zouta.

Le paragraphe 21 en bref

La vérité se révèle dans Zeir Anpin lorsque Moché y attire les Treize Attributs depuis Arikh Anpin. Cela se produit par le regard de Zeir Anpin vers le visage d’Arikh Anpin, dont il reçoit habituellement 150 des 370 lumières, et parfois leur totalité, lorsque son visage devient « long ».

Pour aller plus loin

L’Idra Rabba (3:135b) dit que, depuis le crâne, 150 myriades de mondes se déploient jusqu’à son visage ; c’est pourquoi il est appelé Zeir Anpin, tandis qu’en cas de nécessité son visage s’étend et s’allonge, « parce qu’il regarde le visage de l’Ancien des Anciens et prend le monde en compassion ». La note de Kehot ajoute que Or HaTorah donne la référence à Etz Chaim ainsi : « à la fin du chapitre 15, c’est-à-dire lorsqu’il regarde le front d’Arikh Anpin ».

Maré mekomot

  1. 1
    תתן אמת ליעקב · Micah 7:20
  2. 2
    אסתכלותא דז״א בפנים דא״א · ראה ההגהה בס׳ פלח הרמון שמות ע׳ שסב.
  3. 3
    נהירין אנפוהי · Zohar, Idra Rabba 28:199–29:209
  4. 4
    נהירין אנפוי דז״א · Zohar, Idra Rabba 10:73–11:89
  5. 5
    בגין דאשגח · Zohar, Idra Rabba 24:177–25:188
  6. 6
    ועיין בע״ח סוף שער א״א · ”ספט״ו דהיינו כשמסתכל במצחא דא״א” — אוה״ת במדבר-ו ע׳ א׳תתקעז.
  7. 7
    א-ל רחום · Exodus 34:6

22ועוד יש דברים בגו והוא כי מז״א נמשך ג״כ למל׳ שהיא מקור דבי״ע הארת פנים שנמשך בו מא״א [מאריך אנפין].

Et il y a encore quelque chose de plus profond : de Zeir Anpin est également transmise à Mal'hout, qui est la source de Béria, Yetsira et Assiya, l’illumination du visage qui lui a été transmise depuis Arikh Anpin.

Explication

Il y a là encore un aspect supplémentaire. Zeir Anpin transmet à Mal'hout, source des mondes de Béria, Yetsira et Assiya, la lumière du visage qu’il a reçue d’Arikh Anpin.

וזהו עיניך יונים כמו זוג יונים שמסתכלים תמיד זה על זה ומתענגים כו׳, וכך המל׳ מקבלת הארת פנים דז״א מה שמאיר בו פנים דא״א

C’est le sens de « Tes yeux sont des colombes » : comme un couple de colombes qui se contemplent constamment et prennent plaisir l’une à l’autre, etc. Ainsi, Mal'hout reçoit l’illumination du visage de Zeir Anpin, c’est-à-dire ce que le visage d’Arikh Anpin fait luire en lui.

Explication

C’est le sens de « Tes yeux sont des colombes » (Cantique des Cantiques 1:15) : comme un couple de colombes qui se contemplent constamment avec plaisir, Mal'hout reçoit la lumière du visage de Zeir Anpin, celle que le visage d’Arikh Anpin fait luire en lui.

(וזהו ענין יאר ה׳ פניו אליך כדפי׳ באדרא פ׳ נשא) (קל״ג ב׳) ובזהר ואתחנן (דרס״א א׳) גבי פנים בפנים דבר כו׳ בפי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות] שהפנים דא״א נתלבשו בפנים דז״א ודבר עמכם.

(C’est le sens de « Que D.ieu fasse luire Son visage vers toi », comme l’explique l’Idra, dans la paracha Nasso) (133b) ; et dans le Zohar, Va’et’hanan (261a), à propos de « Face à face, Il parla », etc., selon l’explication du Ramaz : le visage d’Arikh Anpin s’était revêtu du visage de Zeir Anpin, et c’est ainsi qu’Il vous parla.

Explication

C’est aussi le sens de « Que D.ieu fasse luire Son visage vers toi » (Nombres 6:25), comme l’explique l’Idra. Le Ramaz explique le Zohar au sujet de « Face à face, Il parla » (Deutéronome 5:4) : le visage d’Arikh Anpin s’était revêtu du visage de Zeir Anpin, et c’est ainsi qu’Il parla à Israël.

ובמק״מ [ובמקדש מלך] פי׳ ז״א נתלבש במל׳ כו׳ והוא הארת פנים דא״א שנמשך לישראל ע״י זו״נ [זעיר אנפין ונוקבא] כו׳ ושם במל׳ הוא עיקר החותם וזהו שבנעילה דיוהכ״פ [דיום הכפורים] אומרים וחתמנו בספר החיים כו׳

Et dans le Mikdash Melekh, il est expliqué que Zeir Anpin s’était revêtu de Mal'hout, etc. : c’est l’illumination du visage d’Arikh Anpin qui est transmise à Israël par l’intermédiaire de Zeir Anpin et de Noukva, etc. C’est là, dans Mal'hout, que se trouve principalement le sceau. C’est pourquoi, à Neïla de Yom Kippour, nous disons : « et scelle-nous dans le livre de vie », etc.

Explication

Le Mikdash Melekh ajoute que Zeir Anpin s’était revêtu de Mal'hout, de sorte que la lumière du visage d’Arikh Anpin parvient à Israël par l’intermédiaire de Zeir Anpin et de Noukva. Le sceau se trouve principalement en Mal'hout ; c’est pourquoi, à Neïla de Yom Kippour, nous disons : « et scelle-nous dans le livre de vie ».

כי מל׳ דאצילות היא מקור הנבראים ועלייתה בנעילה הוא למעלה מעלה עד דיקנא דא״א ומבחי׳ הארת פנים נמשך בה בחי׳ חותמו של הקב״ה אמת וזהו תתן אמת ליעקב כו׳.

Car Mal'hout d’Atsilout est la source des êtres créés, et son élévation à Neïla s’effectue toujours plus haut, jusqu’à la barbe d’Arikh Anpin. Du niveau de l’illumination du visage lui est transmis le niveau appelé « le sceau du Saint béni soit-Il, qui est vérité ». C’est le sens de « Tu donneras la vérité à Yaakov », etc.

Explication

Mal'hout d’Atsilout est la source de tous les êtres créés, et à Neïla elle s’élève jusqu’à la barbe d’Arikh Anpin. De la lumière du visage lui est transmis « le sceau du Saint béni soit-Il, qui est vérité » ; c’est le sens de « Tu donneras la vérité à Yaakov ».

(לפ״ז [לפי זה] א״ש [אתי שפיר] כפשוטו שנק׳ חותם שהוא בחי׳ עשייה כי המל׳ היא בחי׳ עשייה שבאצי׳ לגבי הכתר שנק׳ אצילות שבאצילות.

(D’après cela, on comprend simplement pourquoi on l’appelle un « sceau », qui relève du niveau de l’action : Mal'hout est le niveau de l’action au sein d’Atsilout, par rapport à Kéter, qui est appelé Atsilout d’Atsilout.)

Explication

Cela explique aussi simplement pourquoi la vérité est appelée un « sceau », qui relève de l’action : Mal'hout est le niveau de « l’action » au sein d’Atsilout, par rapport à Kéter, appelé « l’Atsilout d’Atsilout ».

ועיין בפע״ח [בפרי עץ חיים] שער תפלת ר״ה [ראש השנה] פ״ד בכוונת מלך עוזר ומושיע ומגן כי יש לה עתה אור כל הש״ע רבוי נהורין שבפנים דא״א כו׳ נמצא כו׳ ע״ש ועיין פע״ח [פרי עץ חיים] שער יוה״כ [יום הכפורים] פ״ה).

Voir Pri Etz Chaim, Sha’ar Tefillat Roch Hachana, chapitre 4, concernant l’intention de « Roi, aide, sauve et protège » : elle possède alors la lumière des 370 myriades de lumières qui se trouvent dans le visage d’Arikh Anpin, etc. Il s’ensuit, etc. Voir là-bas. Voir aussi Pri Etz Chaim, Sha’ar Yom HaKippourim, chapitre 5.)

Explication

Pri Etz Chaim, au sujet de l’intention de « Roi, aide, sauve et protège » à Roch Hachana, indique que Mal'hout possède alors la lumière des 370 myriades de lumières dans le visage d’Arikh Anpin. Le texte cite également Pri Etz Chaim au sujet de Yom Kippour.

וזהו ענין ויכתוב משה את מוצאיהם למסעיהם כי משה הוא שושבינא דמלכא שמנהיג המשכת אור א״ס והמשיך מבחי׳ מוצאיהם שהוא ענין מקור נשמות ישראל מלשון מוצא מים, והיינו כי

C’est le sens de « Moché écrivit leurs départs selon leurs étapes ». Car Moché est le « chouchvina demalka » — le compagnon du Roi —, qui conduit la transmission de la Lumière infinie (Or Ein Sof) ; il la transmit depuis le niveau de « leurs départs », qui est la source des âmes d’Israël, le terme étant apparenté à motsa mayim (« une source d’eau »). En effet,

Explication

C’est le sens de « Moché écrivit leurs départs selon leurs étapes ». Moché est le « compagnon du Roi », qui conduit la transmission de la Lumière infinie ; il la transmit depuis « leurs départs », la source des âmes d’Israël, comme dans motsa mayim, « une source d’eau ».

הנה עצם הנשמות הם עלו במחשבה אכן מקורם הוא בעצמות א״ס ב״ה בעל המחשבה בעל הרצון.

Les âmes elles-mêmes « sont montées dans la pensée », mais leur source se trouve dans l’Essence de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, Maître de la pensée et Maître de la volonté.

Explication

Les âmes elles-mêmes « sont montées dans la pensée », mais leur source est plus élevée encore : l’Essence de l’Infini, Maître de la pensée et de la volonté.

Le paragraphe 22 en bref

Ce paragraphe prolonge la transmission de la lumière du visage : elle passe de Zeir Anpin à Mal'hout, source de la création, où le « sceau » prend effet, comme à Neïla. Le texte revient ensuite au verset : Moché, le compagnon du Roi, transmit cette lumière depuis la source des âmes dans l’Infini.

Pour aller plus loin

Dans le maamar principal auquel renvoie la note de Kehot, Moché est le compagnon du Roi et Aharon le compagnon de la Reine, qui l’élève vers l’Époux. Moché fait descendre l’Infini dans les mondes, et c’est lui qui « écrivit », car il relève du niveau de 'Hokhma, où « le sceau du Saint béni soit-Il, qui est vérité » correspond à la révélation de la Lumière infinie dans 'Hokhma.

Maré mekomot

  1. 1
    עיניך יונים · Song of Songs 1:15
  2. 2
    יאר ה׳ פניו אליך · Numbers 6:25
  3. 3
    יאר ה׳ פניו אליך · Zohar, Idra Rabba 15:134–17:147
  4. 4
    פנים בפנים דבר · Deuteronomy 5:4
  5. 5
    ובזהר ואתחנן (דרס״א א׳) . . בפי׳ הרמ״ז · ראה אוה״ת פ׳ נשא ע׳ ערה.
  6. 6
    תתן אמת ליעקב · Micah 7:20
  7. 7
    ועיין בפע״ח שער יוהכ״פ · ראה באוה״ת שם.
  8. 8
    בפע״ח שער תפלת ר״ה · באוה״ת במדבר-ו ע׳ א׳תתקעח נעתק הלשון.
  9. 9
    ויכתוב משה את מוצאיהם למסעיהם · Numbers 33:2
  10. 10
    משה הוא שושבינא דמלכא · נסמן לעיל צא, ד.
  11. 11

23והמשכה זו ממוצאיהם הוא כדי למסעיהם שעי״ז יוכלו להתעלות מלמטה למעלה בבחי׳ בכל מאדך היינו להיות התגברות האהבה דנפש האלקית עד ש גם היצה״ר [היצר הרע]

Et cette effusion depuis leurs points de départ est « pour leurs étapes » : afin que, par cela, ils puissent s’élever d’en bas vers le haut, au niveau de « de toute ta force (me’odekha) » ; c’est-à-dire que l’amour de l’âme divine s’intensifie, jusqu’à ce que même le mauvais penchant

Explication

Cette effusion depuis leur source est « pour leurs étapes » : elle donne aux âmes la force de s’élever d’en bas vers le haut et d’aimer « de toute ta force ». Il s’agit d’un amour de l’âme divine si puissant qu’il triomphe même du mauvais penchant.

ישוב לאהבת ה׳ שאז הוא בחי׳ טוב מאד, שכדי להיות העלאה זו צ״ל תחלה המשכת כח מלמעלה וכמ״ש ואנכי תרגלתי לאפרים קחם על זרועותיו שכאשר

se tourne vers l’amour de D.ieu ; alors, c’est le niveau de « très bon ». Pour qu’une telle élévation puisse avoir lieu, il faut d’abord qu’une force soit attirée d’en haut, comme il est écrit : « Et Moi, J’ai appris à Éphraïm à marcher, le prenant dans Mes bras » ; car lorsque

Explication

Alors, même le mauvais penchant se tourne vers l’amour de D.ieu, et cela devient « très bon ». Une telle élévation exige d’abord qu’une force soit attirée d’en haut, comme dans le verset : « Et Moi, J’ai appris à Éphraïm à marcher, le prenant dans Mes bras » (Osée 11:3).

האב רוצה להגביה ולעלות בנו הקטן אליו הוא ע״י שמשפיל קומתו אליו ואז מגביהו על זרועותיו כו׳ ועמ״ש ע״פ זה בד״ה קדש ישראל בפ׳ פינחס.

un père veut soulever son jeune fils et l’élever jusqu’à lui, il s’abaisse à sa hauteur, puis le soulève dans ses bras, etc. Voyez ce qui est écrit à propos de ce verset dans le discours intitulé « Israël est saint », dans la paracha Pin’has.

Explication

Lorsqu’un père veut élever son jeune enfant jusqu’à lui, il se penche vers lui, puis le prend dans ses bras. Le texte renvoie au discours « Israël est saint », dans la paracha Pin’has, qui traite de ce verset.

(והנה הענין שהכח לההעלאה הוא ע״י ההמשכה מבחי׳ חותמו של הקב״ה אמת הוא מובן ממשנ״ת [ממה שנתבאר] למעלה דבחי׳ אמת היינו כמו שהוא לבדו הוא ואין זולתו

(À présent, on comprend que la force permettant l’élévation vient de l’effusion issue du niveau de « le sceau du Saint béni soit-Il est vérité », à partir de ce qui a été expliqué plus haut : le niveau de vérité signifie qu’Il est seul et qu’il n’y a rien d’autre que Lui ;

Explication

Pourquoi la force permettant l’élévation vient-elle de « le sceau du Saint béni soit-Il est vérité » ? Parce que, comme expliqué plus haut, la vérité signifie qu’Il est seul et qu’il n’existe rien d’autre que Lui.

ולכן חכמה עילאה נק׳ אמת לפי שזהו מדרגת החכמה שהיא בחי׳ ביטול ממש וכמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] פל״ה בהג״ה [בהגהה].

c’est pourquoi la 'Hokhma supérieure est appelée vérité, car tel est le degré de la 'Hokhma : le niveau de l’annulation effective (bitoul), comme il est écrit dans Sefer Shel Beinonim, chapitre 35, dans la glose.

Explication

La 'Hokhma supérieure est donc appelée vérité, car la 'Hokhma est le niveau de l’annulation complète (bitoul), comme l’explique le Tanya dans la glose au chapitre 35.

ולכן מבחי׳ אמת נמשך המשכת הביטול ג״כ למטה להיות ביטול היש ולכן הכח להיות ההעלאה והביטול הוא ע״י ויכתוב משה שהמשיך גם למטה מבחינת אמת וכמ״ש ואמת ה׳ לעולם.

C’est pourquoi, à partir du niveau de vérité, le bitoul est également attiré ici-bas, afin d’annuler le yesh, l’existence distincte. La force permettant l’élévation et le bitoul vient donc de « Et Moché écrivit », car il fit descendre aussi ici-bas le niveau de vérité, comme il est écrit : « Et la vérité de Havaya est éternelle. »

Explication

La vérité fait donc descendre ici-bas le bitoul, afin d’annuler le yesh, le sentiment d’exister séparément. La force de s’élever et de s’annuler vient de « Et Moché écrivit », car Moché fit descendre la vérité ici-bas, comme dans le verset : « La vérité de Havaya est éternelle » (Psaumes 117:2).

ועמ״ש עוד במ״א מענין המשכת הביטול מח״ע [מחכמה עילאה] למטה שעי״ז יהיה הכח להיות ביטול היש והוא ע״פ והיה לכם לציצית כו׳ ע״ש.

Voyez aussi ce qui est écrit ailleurs au sujet de l’effusion du bitoul depuis la 'Hokhma supérieure vers les degrés inférieurs, afin que cette effusion donne la force d’annuler le yesh ; cela se trouve dans le commentaire du verset « Et ce sera pour vous des tsitsit », etc. Voyez là-bas.

Explication

Le texte renvoie à son explication du verset « Et ce sera pour vous des tsitsit » (Nombres 15:39). Il y est question de faire descendre le bitoul depuis la 'Hokhma supérieure, afin que le yesh puisse être annulé.

אך להבין ענין שמוצאיהם ושרשם של נש״י [נשמות ישראל] הוא מבחי׳ אמת, היינו כנ״ל שמוצאיהם ושרשם הוא בעצמות א״ס ב״ה בעל הרצון כו׳

Mais pour comprendre pourquoi les points de départ et la racine des âmes d’Israël sont issus du niveau de vérité, il faut considérer ce qui a été dit plus haut : leurs points de départ et leur racine se trouvent dans l’Essence de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, Maître de la volonté, etc.,

Explication

Pourquoi la source et la racine des âmes d’Israël sont-elles appelées vérité ? Parce que, comme indiqué, leur racine se trouve dans l’Essence de l’Infini, Maître de la volonté.

שהוא בחי׳ מוצא מים אשר לא יכזבו מימיו שהוא בחי׳ אמת וכמ״ש אותי עזבו מקור מים חיים וגם כח היחוד דזו״נ [דזעיר אנפין ונוקבא] שמשם נמשכו הנשמות עצמן הוא בא ונמשך ע״י הסתכלות בא״א.)

qui est le niveau de « la source d’eau dont les eaux ne tarissent pas », qui est le niveau de la vérité, comme il est écrit : « Ils M’ont abandonné, Moi, la source des eaux vives. » De même, la force de l’union de Zeir Anpin et de Noukva, d’où les âmes elles-mêmes sont attirées, vient et se transmet par le regard porté sur Arich Anpin.)

Explication

Cette racine est « la source d’eau dont les eaux ne tarissent pas », le niveau de la vérité, comme dans « Ils M’ont abandonné, Moi, la source des eaux vives » (Jérémie 2:13). L’union même de Zeir Anpin et de Noukva, d’où proviennent les âmes, puise sa force dans le regard porté sur Arich Anpin.

(ועיין בזהר שלח קס״ג ב׳ אמת כלול דו״נ [דכר ונוקבא] כחדא כו׳ ועיין בזח״ב [בזהר חלק ב׳] בשלח נ״ז ב׳ יתרו פ״ט א׳ צ׳ סע״א [סוף עמוד א] בענין אמת ליעקב זח״א [זהר חלק א] לך לך צ״ו א׳ ח״ג [חלק ג׳] ויקרא י״ב ב׳ אחרי ע״ג ב׳ נשא קל״א ב׳ קל״ד א׳.

(Voir le Zohar, Shelach, 163b : « La vérité inclut le masculin et le féminin ensemble », etc. Voir aussi le Zohar, Part II, Beshalach, 57b ; Yisro, 89a et 90, fin du côté a, à propos de « la vérité pour Yaakov » ; Zohar, Part I, Lech Lecha, 96a ; Part III, Vayikra, 12b ; Acharei, 73b ; Naso, 131b et 134a ;

Explication

Le texte énumère des passages du Zohar consacrés à la vérité, notamment Shelach (3:163b) : « La vérité inclut le masculin et le féminin ensemble », à propos de « Tu donneras la vérité à Yaakov. »

ואתחנן רס״ז א׳ האזינו רצ״ז א׳) ועמ״ש ע״פ ואלה המשפטים איך שמשה ממשיך הדעת לנש״י [לנשמות ישראל] והמשכה זו הוא ענין כי תקנה עבד עברי היינו מבחי׳ בעבר הנהר ישבו אבותיכם כו׳ ע״ש.

Va'eschanan, 267a ; Ha'azinu, 297a.) Voir aussi ce qui est écrit au sujet du verset « Et voici les lois » : Moshe y attire le Daat (connaissance) vers les âmes d’Israël ; et cette transmission correspond à « Si tu acquiers un serviteur hébreu (ivri) », c’est-à-dire au niveau de « Vos pères habitaient de l’autre côté (ever) du fleuve », etc. ; voir là-bas.

Explication

Après cette liste, le texte renvoie au discours sur « Et voici les lois » (Exode 21:1), où Moshe attire le Daat vers les âmes d’Israël. Cette transmission est évoquée par « Si tu acquiers un serviteur hébreu (ivri) », à partir de « Vos pères habitaient de l’autre côté (ever) du fleuve » (Josué 24:2).

וזהו ענין מוצאיהם שמבחי׳ עבר הנהר כו׳ והמשכת הדעת הוא ממש מתיקון ואמת וכמ״ש הרמ״ז [הרב משה זכות] ר״פ ויקרא.

Et tel est le sens de « leurs départs » : ils relèvent du niveau de « l’autre côté du fleuve », etc. ; et la transmission du Daat provient précisément du tikkun « et vérité », comme l’écrit le Ramaz au début de la paracha Vayikra.

Explication

Ainsi, « leurs départs » relèvent du niveau de « l’autre côté du fleuve », d’au-delà. Et la transmission du Daat provient du tikkun « et vérité » lui-même, comme l’écrit le Ramaz au début de Vayikra.

Le paragraphe 23 en bref

L’effusion depuis la source donne aux âmes la force de s’élever dans un amour « de toute ta force », comme un père qui s’abaisse pour soulever son enfant. La vérité confère cette force, car elle signifie qu’Il est seul ; faire descendre cette vérité apporte le bitoul qui permet à l’homme de s’élever au-delà de lui-même.

Pour aller plus loin

La note de Kehot cite Or HaTorah sur la lecture du Zohar de « Tu donneras la vérité à Yaakov » comme « incluant ensemble le masculin et le féminin », et rapporte sa remarque selon laquelle de nombreuses références du Zohar à des versets dans cet ouvrage proviennent du livre Beis Aharon, qui indique, pour chaque verset, où le Zohar le mentionne.

Maré mekomot

  1. 1
    בכל מאדך · Deuteronomy 6:5
  2. 2
    ואנכי תרגלתי לאפרים · Hosea 11:3
  3. 3
    בד״ה קדש ישראל בפ׳ פינחס · לעיל פ, ב.
  4. 4
    חכמה עילאה נק׳ אמת · ראה אוה״ת תצוה ע׳ א׳תשמז. יתרו ע׳ תתצד.
  5. 5
    וכמ״ש בסש״ב פל״ה בהג״ה · ראה שם בליקוט פירושים לתניא.
  6. 6
    והיה לכם לציצית · Numbers 15:39
  7. 7
    מוצא מים אשר לא יכזבו מימיו · Isaiah 58:11
  8. 8
    אותי עזבו מקור מ״ח · Jeremiah 2:13
  9. 9
    בזהר שלח קס״ג ב׳ · ”פי׳ תתן אמת ליעקב כלל דכר ונוק׳ כחדא כו׳ ומשם יובן ג״כ מ״ש בזח״ב נז, ב” — אוה״ת במדבר-ו ע׳ א׳תתקעח, ושם בע׳ א׳תתקעט אחר המ״מ מציין: ”(אמת ניתן לכתוב שהמראה מקומות בזהר על כמה פסוקים שנזכרו בחיבור זה נלקח מספר בית אהרן שמראה על כל פסוק מקום שנזכר בזהר בדף פלוני עמוד פלוני כו׳ עיין עליו)”. וראה גם באוה״ת פ׳ מסעי ע׳ א׳שעה.
  10. 10
    אמת כלול דו״נ כחדא · Zohar, Sh'lach 13:119–128
  11. 11
    ע״פ ואלה המשפטים · תו״א פ׳ משפטים.
  12. 12
  13. 13
    כי תקנה עבד עברי · Exodus 21:2
  14. 14
    בעבר הנהר ישבו · Joshua 24:2
  15. 15
    ואמת ה׳ לעולם · Psalms 117:2
  16. 16

24והנה המשכת אתערותא דלעילא זו דבחי׳ ויכתוב משה את מוצאיהם הוא ע״י עסק התורה וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] המאור שבה מחזירן למוטב.

Or, cette attraction de cet éveil d’en haut, du niveau de « Et Moché écrivit leurs départs », s’opère par l’étude de la Torah, comme l’ont dit nos Sages de mémoire bénie : « La lumière qu’elle contient les ramène au bien. »

Explication

Cet éveil d’en haut — « Et Moché écrivit leurs départs » — est attiré par l’étude de la Torah. Comme l’ont dit les Sages au sujet de la Torah : « La lumière qu’elle contient les ramène au bien. »

ולכן נק׳ תורת אמת ובאור פניך נתת לנו תורת חיים. וזהו כתבם על לוח לבך דהיינו כדפי׳ בענין ויכתוב משה שהוא המשכת חותמו של הקב״ה.

C’est pourquoi elle est appelée « une Torah de vérité », et « dans la lumière de Ta face, Tu nous as donné une Torah de vie ». C’est là le sens de « Écris-les sur la tablette de ton cœur » : comme cela a été expliqué à propos de « Et Moché écrivit », il s’agit de l’attraction du sceau du Saint béni soit-Il.

Explication

C’est pourquoi elle est appelée « une Torah de vérité », et « dans la lumière de Ta face, Tu nous as donné une Torah de vie ». « Écris-les sur la tablette de ton cœur » désigne cette même écriture, l’attraction du sceau du Saint béni soit-Il.

ועיין מ״ש בפ׳ בראשית סד״ה להבין ענין הברכות בפי׳ חתום תורה בלמודי כו׳ וזהו ענין חותם בברוך כו׳

Voyez ce qui est écrit dans la parachat Berechit, à la fin du discours commençant par « Pour comprendre le sens des bénédictions », dans l’explication de « Scelle la Torah parmi Mes disciples », etc. C’est là le sens du sceau par « Béni sois-Tu », etc. ;

Explication

Le texte renvoie à la fin de son discours sur les bénédictions, dans la parachat Berechit, au sujet de « Scelle la Torah parmi Mes disciples » (Isaïe 8:16). Il y explique pourquoi une bénédiction se « scelle » par « Béni sois-Tu ».

ע״ש (ועיין מזה בזהר ס״פ צו דל״ה א׳ ועמ״ש בפ׳ מקץ בד״ה רני ושמחי בת בפי׳ תתן אמת ליעקב כו׳ מימי קדם).

Voyez là-bas. (Voyez aussi à ce sujet le Zohar, fin de la parachat Tzav, 35a ; et voyez ce qui est écrit dans la parachat Mikets, dans le discours commençant par « Chante et réjouis-toi, fille [de Sion] », dans l’explication de « Tu donneras la vérité à Yaakov », etc., « depuis les jours d’autrefois ».)

Explication

Le texte cite également le Zohar à la fin de Tzav, ainsi que son discours « Chante et réjouis-toi, fille de Sion » (Zacharie 2:14), dans la parachat Mikets, au sujet de « Tu donneras la vérité à Yaakov… depuis les jours d’autrefois ».

ועוד יובן ענין זה איך שהמשכה זו הוא ע״י עסק התורה עפמ״ש [על פי מה שכתוב] במ״א סד״ה וידבר דבמדבר סיני.

On comprendra encore cette idée — comment cette attraction s’opère par l’étude de la Torah — à la lumière de ce qui est écrit ailleurs, à la fin du discours commençant par « Et Il parla », sur « dans le désert du Sinaï »,

Explication

Le texte indique que la manière dont l’étude de la Torah attire cette lumière est expliquée plus avant, à la fin de son discours sur « Et Il parla… dans le désert du Sinaï ».

ובד״ה וידבר דעשרת הדברות שע״י עסק התורה נמשך בחי׳ מזליה ומקור דהנשמה להיות בנשמה המלוב שת בגוף כו׳ ע״ש וזהו ממש ענין המשכה מבחי׳ מוצאיהם למסעיהם כו׳.

et dans le discours commençant par « Et Il parla », sur les Dix Commandements : par l’étude de la Torah, le niveau du mazal de l’âme et sa source sont attirés afin d’être présents dans l’âme revêtue du corps, etc. Voyez là-bas. C’est précisément le sens de l’attraction depuis le niveau de « leurs départs vers leurs étapes », etc.

Explication

Cela est également expliqué dans le discours sur « Et D.ieu parla », à propos des Dix Commandements : par l’étude de la Torah, le mazal de l’âme — sa racine en haut — est attiré dans l’âme revêtue du corps. C’est exactement l’attraction depuis « leurs départs » vers « leurs étapes ».

והנה אח״כ נאמר ואלה מסעיהם למוצאיהם היינו בחי׳ ההעלאה מלמטה למעלה (ועמ״ש ע״פ יונתי בחגוי כו׳ בפי׳ ולכי לך):

Or, il est dit ensuite : « Et voici leurs étapes vers leurs départs », ce qui correspond au niveau de l’élévation du bas vers le haut. (Voyez aussi ce qui est écrit sur le verset « Ma colombe, dans les fentes », etc., à propos du sens de « et va pour toi ».)

Explication

Le verset dit ensuite : « Et voici leurs étapes vers leurs départs » (Nombres 33:2) : il s’agit de l’élévation du bas, qui remonte vers sa source. Le texte renvoie à son explication de « Ma colombe, dans les fentes du rocher » (Cantique des Cantiques 2:14), au sujet des mots « et va pour toi ».

Le paragraphe 24 en bref

L’attraction depuis la source des âmes — « Et Moché écrivit » — s’opère par l’étude de la Torah, d’où le nom de Torah de vérité. La seconde moitié du verset, « leurs étapes vers leurs départs », désigne alors la remontée de l’âme vers sa source.

Maré mekomot

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Maamar terminé ?

Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.

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Dans la avoda

Le maamar en tire lui-même la leçon : les étapes sont « un signe pour les générations » que chaque Juif peut soumettre son corps, par itkafya ou par ithapcha. La force nécessaire vient d’abord d’en haut, et est attirée vers le bas avant tout par l’étude de la Torah, qui inscrit le sceau de vérité « sur la tablette de ton cœur » ; grâce à cela, une personne peut s’élever dans un amour « de toute ta force », jusqu’à ce que même le mauvais penchant se tourne vers l’amour de D.ieu.

Questions à discuter

  1. Pourquoi Moché et Israël pouvaient-ils soumettre le désert proche des terres habitées sans l’Arche, mais pas le désert profond ? Que nous apprend cela sur les différentes puissances du mal ?
  2. Pourquoi le Nom de quarante-deux ne compte-t-il que six aspects de chaque attribut, tandis que le Omer en compte sept ?
  3. Pourquoi la bénédiction doit-elle précéder la mitsva, et qu’expriment respectivement « Béni sois-Tu », « qui nous a sanctifiés » et « et nous a ordonné » ?
  4. Pourquoi le septième tikoun de la barbe, où les cheveux s’arrêtent, est-il appelé « vérité », et en quel sens la vérité est-elle un « sceau » ?
  5. Comment l’étude de la Torah fait-elle descendre la force qui permet à une personne de s’élever « de toute ta force » ?

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Sommaire

Likkutei Torahלקוטי תורה

Parshas Maseiמסעי

  1. 1אלה מסעי בני ישראל אשר יצאו…“These are the journeys of the children of Israel who went out…”
  2. 2אלה מסעי בני ישראל אשר יצאו…These Are the Journeys of the Children of Israel
  3. 3לבאר ענין המסעות במדברTo Explain the Journeys in the Wilderness
  4. 4אלה מסעי בנ״י כו׳ ויכתב משה…“These are the journeys of the children of Israel… And Moshe wrote their goings-forth according to their journeys”
  5. 5ביאור על זה“An explanation of this”
  6. 6וירד הגבול ומחה על כתף ים…“And the border shall descend and shall touch upon the shoulder of the Sea of Kinneres”
  7. 7לבאר הדברים בענין וירד הגבול הנה…To explain the matters concerning “And the border shall descend”
  8. 8ביאור עוד לענין מוצאיהם למסעיהם ומסעיהם…A Further Explanation of “Their Goings Forth to Their Journeys, and Their Journeys to Their Goings Forth”
  9. 9ענין נחלת יעקב“The Inheritance of Yaakov”
  10. 10איתא במדרש תהלים ע״פ אחת שאלתי…It Is Stated in Midrash Tehillim on “One Thing I Have Asked”