Torah Ohr · Parshas Yisro · Maamar 10
וכל העם רואים את הקולות ואת הלפידים ואת…
« Et tout le peuple vit les sons et les torches »
L’idée centrale
La Torah a donné à chacun, par les mitsvot matérielles, le « cheminement et le voyage » qu’Avraham avait atteint en esprit : le feu de l’âme aspirant à s’élever et l’eau qui attire vers le bas, unis par une paix venant d’au-dessus d’eux deux, le « lieu étroit » du chofar, source du plaisir. Cela ne devint possible qu’après l’Égypte, le creuset de fer, qui avait raffiné Israël et le monde, de sorte que les choses matérielles puissent devenir des réceptacles pour la Lumière infinie.
Le maamar en bref
Pourquoi la Torah fut-elle donnée avec un chofar ? Son son inspire la crainte, mais « chofar » signifie aussi « améliorez vos actes » : il attire le plaisir depuis sa source. Avraham observait spirituellement la Torah, « cheminant et voyageant » dans l’élan et le retour de l’âme : le feu du cœur aspirant à s’élever et l’eau de l’intellect qui s’annule, sans que l’un éteigne l’autre, jusqu’à ce qu’il devienne un char. Peu peuvent atteindre cela ; la Torah fut donc donnée sous forme de mitsvot matérielles, avec l’eau — la bonté attirée vers le bas — et le feu — les limites précises —, grâce auxquelles chacun peut attirer la Lumière infinie. Cela était impossible à l’époque d’Avraham : les éléments minéraux, végétaux et animaux auxquels recourent les mitsvot, bien qu’ayant une racine élevée, tombèrent lors du bris des réceptacles sous l’emprise des kelipot nogah. Le creuset d’Égypte raffina Israël et le monde ; l’exil actuel raffine les mitsvot en vue du Machia’h, et les souffrances raffinent les mitsvot propres à chacun. Le feu et l’eau sont unis par une paix venant du lieu étroit du chofar, révélée dans la prière. Le maamar interprète ensuite le verset du Sinaï, opposant Israël au mélange des nations et aux kelipot, qui sont dépourvus de bitoul, et s’achève sur Israël qui attire D.ieu Lui-même par la Torah.
Plan
- Pourquoi un chofar au Sinaï ?Le son simple du chofar inspire la crainte ; pourtant, comme le mot shaprou, « améliorez », il attire le plaisir depuis la source des plaisirs, dont la Don de la Torah avait besoin.¶1–2
- L’élan et le retour d’AvrahamAvraham observait spirituellement la Torah, « cheminant et voyageant » : le feu du cœur aspirant à s’élever et l’eau de l’intellect qui s’annule, sans que l’un éteigne l’autre, comme dans « Il fait la paix dans Ses hauteurs », jusqu’à ce qu’il devienne un char.¶3–7
- Le don de la Torah : les mitsvot matériellesTout le monde ne peut atteindre cela ; la Torah a donc donné des mitsvot matérielles, avec l’eau des ‘Hassadim et le feu de leurs détails précis, par lesquels chacun attire la Lumière infinie grâce à un éveil d’en bas. Pourquoi ne pas les avoir données à Avraham ?¶8–10
- Le raffinage du monde matérielLes éléments minéraux, végétaux et animaux utilisés pour les mitsvot ont leur racine dans Tohou, à un niveau supérieur à celui de l’homme, mais ils tombèrent sous l’emprise des kelipot nogah ; c’est pourquoi Moché ne mangea rien au Sinaï. Ce n’est qu’après que l’Égypte, le creuset de fer, eut raffiné Israël et le monde que les actes matériels purent devenir des mitsvot. L’exil actuel et les souffrances personnelles poursuivent ce raffinage.¶11–19
- La paix entre le feu et l’eauUne paix supérieure aux deux opposés les unit : le lieu étroit du chofar, d’où se déploient les Noms supérieur et inférieur Yah, révélé dans la Amida, où l’élan et le retour se rejoignent.¶20–22
- Interprétation du verset du SinaïLes sons sont les cinq eaux qui attirent vers le bas, les torches sont le feu qui s’élève, et la fumée est l’âme animale transformée ; le peuple qui vit est Israël, et ceux qui se tenaient à distance sont le mélange des nations.¶23–26
- Le bitoul et son absenceLa Lumière infinie réside dans ce qui s’annule devant elle ; le mélange des nations, les mazikin et les kelipot sont dépourvus de ce bitoul. D.ieu les gouverne donc par la « domination », et non par la « royauté » désirée.¶27–31
- Bénir D.ieu par la TorahIsraël « bénit » D.ieu en attirant Son être même par la Torah des cinq voix ; la matérialité ne constitue aucun obstacle devant Lui.¶32
Notions clés
- Élan et retour (ratso vachov)רצוא ושוב
- Le mouvement de l’âme qui aspire à s’élever pour être absorbée en D.ieu, puis revient à sa place et à sa tâche, comme les ‘Hayot de la vision de Ye’hezkel qui « couraient et revenaient ».
- Cheminement et voyageהלוך ונסוע
- La voie d’Avraham : un élan et un retour constants qui s’élèvent toujours plus haut, au-delà du niveau des anges, jusqu’à ce qu’il devienne un char pour la divinité.
- Feu et eauאש ומים
- Le feu est la soif du cœur pour D.ieu, qui s’élance vers le haut ; l’eau est la ‘Hokhma de l’intellect et son bitoul, qui attire vers le bas. Dans les mitsvot, l’eau est le flux des ‘Hassadim et le feu, les Guevourot de leurs détails précis.
- Le lieu étroitמן המצר
- Le niveau qui dépasse toute compréhension, source des plaisirs, représenté par l’extrémité étroite du chofar ; c’est de là que vient l’« expansion » qui unit les opposés.
- Les kelipot nogahקליפת נוגה
- L’« écorce lumineuse », mélange de bien et de mal qui donne vie aux choses matérielles permises ; elles doivent être raffinées avant de pouvoir devenir des réceptacles pour la Lumière infinie en tant que mitsvot.
- Le creuset de ferכור הברזל
- L’Égypte, dont la dure servitude raffina Israël et le monde comme un creuset sépare les scories du métal, rendant possible le don de la Torah ; l’exil actuel joue le même rôle en vue de l’époque du Machia’h.
- Annulation de soi (bitoul)ביטול
- Mettre de côté sa propre existence devant D.ieu ; la Lumière infinie ne réside que dans ce qui s’annule devant elle, ce qui définit le domaine de la sainteté.
- Le mélange des nations (erev rav)ערב רב
- Ceux qui quittèrent l’Égypte avec Israël mais qui, impressionnés seulement par la grandeur des créatures, ne « virent pas les sons » et se tinrent à distance.
Pourquoi un chofar au Sinaï ? ¶1–2
1וכל העם רואים1 את הקולות2 ואת הלפידים ואת קול3 השופר וגו׳ [וגומר]. להבין למה היה קול השופר במ״ת [במתן תורה].4 וכי לכלי שיר היו צריכין.
« Tout le peuple voyait les sons, les torches et le son du chofar », etc. [Il faut] comprendre pourquoi le son du chofar retentit lors du Don de la Torah. Avait-on besoin d’instruments de musique ?
Le maamar s’ouvre sur le verset décrivant Israël au Sinaï, qui « voyait les sons », et demande pourquoi le chofar retentit lors du Don de la Torah. La musique était-elle nécessaire ?
ועוד וכי אין כלי זמר משובח ממנו. הענין הנה קול השופר הוא קול פשוט ומטיל אימה שהוא קול חרדה5 וכמ״ש אם יתקע שופר בעיר6 ועם לא יחרדו.
Et de plus : n’existe-t-il pas d’instrument de musique plus harmonieux que lui ? Voici l’explication : le son du chofar est un son simple, qui inspire l’effroi, car c’est un son qui fait trembler, comme il est écrit : « Si l’on sonne du chofar dans une ville, le peuple ne tremblera-t-il pas ? »
Si le but était la musique, il existe des instruments plus harmonieux. La première réponse est que le son simple du chofar inspire l’effroi, comme le dit le prophète Amos : lorsqu’on sonne du chofar dans une ville, le peuple tremble.
Le maamar demande pourquoi la Torah fut donnée au son du chofar, et commence à répondre : le son simple du chofar inspire l’effroi et fait trembler.
Le Likkutei Torah sur Chela’h, cité dans la note de Kehot, résume ce maamar ainsi : la Torah fut donnée au son du chofar, qui inspire l’effroi, car l’acceptation du joug des mitsvot doit être semblable au service d’un serviteur ; pourtant, le chofar attire aussi le plaisir, la joie d’une mitsva. L’Or HaTorah, également cité, ajoute que l’effroi suscité par le chofar provient de « la domination et la crainte sont auprès de Lui », ce qui « établit la paix dans Ses hauteurs », et que l’étude de la Torah est elle-même une œuvre de paix.
Maré mekomot
- 1וכל העם רואים · נדפס גם בתו״א לעמבערג ו, ג בשינויים. הנחת כ״ק אדמו״ר האמצעי בסה״מ תקס״ה ח״ב ע׳ תרכח, ורשום ”חג השבועות”. ראה לעיל בציונים לכ״ק אדמו״ר זי״ע. המאמר עם הגהות וקיצורים באוה״ת יתרו ע׳ תתקעה. עוד הגהות בע׳ תתקסח. לכללות מאמר זה ראה במאמרי אדהאמ״צ במדבר ח״ב ע׳ תרפה. בסה״מ תרמ״ז. וביאור בד״ה זה דש״ק נשא תשמ״ו. פלח הרמון שמות ע׳ רנט.
- 2וכל העם רואים את הקולות · Exodus 20:18
- 3
- 4למה הי׳ קול השופר במ״ת · ראה באוה״ת יתרו ע׳ תתקסד בארוכה, וז״ל שם: ”אדמו״ר בת״א בד״ה וכל העם רואים את הקולות הקשה למה הי׳ צ״ל קול השופר במ״ת וע״ש התירוץ. ונ׳ שהכותב דודי הרי״ל ז״ל לא העתיק כל המכוון, והיינו שעיקר התורה היא וכל נתיבותי׳ שלום . . וזהו ענין השופר שקול השופר מטיל חרדה . . והוא ההמשכה מבחי׳ המשל ופחד עמו ועי״ז נעשה שלום והיינו עצמו ענין והנורא, וכיון שעסק התורה הוא בחי׳ השלום, לכן צ״ל ע״י קול השופר המשכה מבחי׳ המשל ופחד עמו”, ע״ש. וראה גם באוה״ת כרך ח ע׳ ג׳ד הטעם שצ״ל קול השופר במ״ת. במאמרי אדה״א במדבר ח״ב ע׳ תרפו הקושיא ”למה הוצרך להיות קול השופר בשעת מ״ת דאם בשביל שיר וניגון לעורר את הכוונה שבלב כמו הללוהו בתקע שופר כו׳ הלא בה׳ קולות דשאר כלי זמר כנבל וכינור הן יותר ערבים וטובים מקול השופר ואדרבה בקול השופר יש איום ופחד וחרדה גדולה . . ואם כדי להחרידם ולאיים עליהם להיות בהן יראה ופחד . . די הי׳ קולות וברקים ולפידים, וגם משמעות הענין שהי׳ קול השופר עיקר הקול המשמיע הדיבור שיוצא מפי הגבורה”. ועיין שם ע׳ תרפז. ובסה״מ תרמ״ז ע׳ צג.
- 5קול השופר . . קול חרדה · ראה בלקו״ת פ׳ שלח לט, א.
- 6אם יתקע שופר בעיר · Amos 3:6
2וכן במתן תורה כתיב ויהי קולות וברקים1 וגו׳ [וגומר] וקול שופר חזק מאד ויחרד וגו׳ [וגומר]. אך על כל זה נק׳ שופר על שם שפרו מעשיכם23 שהוא הממשיך תענוג שבו
De même, lors du Don de la Torah, il est écrit : « Il y eut des voix et des éclairs », etc., « et le son du chofar était très puissant, et [tout le peuple] trembla », etc. Pourtant, malgré tout cela, on l’appelle chofar en référence à « Améliorez (shaprou) vos actes », car c’est lui qui attire le plaisir qu’il contient,
Le verset du Sinaï décrit un son de chofar très puissant qui fit trembler le peuple. Pourtant, le mot chofar évoque aussi le jeu de mots des Sages, shaprou ma’asséïkhem, « améliorez (embellissez) vos actes » ; le chofar est ainsi également ce qui attire le plaisir.
ועל ידו נמשך למטה להיות התהוות תענוג כי הוא מבחי׳ מקור התענוגים והמשכה זו היתה צריכה להיות במתן תורה מבחינת כי עמך מקור חיים4 מקור התענוגים:
et par son intermédiaire [le plaisir] est attiré ici-bas, de sorte que le plaisir vienne à l’existence ; car il relève du niveau de la source des plaisirs. Cet influx devait se produire lors du Don de la Torah, à partir du niveau de « Car auprès de Toi est la source de la vie », la source des plaisirs.
Par l’intermédiaire du chofar, le plaisir est attiré ici-bas et vient à l’existence, car le chofar provient de la source de tous les plaisirs. Le Don de la Torah nécessitait cet influx depuis « la source de la vie », que le maamar appelle la source des plaisirs.
Le chofar a deux aspects : son son provoque le tremblement, tandis que son nom, rapproché de shaprou, « améliorez », montre qu’il attire le plaisir depuis la source des plaisirs, dont le Don de la Torah avait besoin.
Le Midrach sur les Psaumes qui propose le jeu de mots « améliorez vos actes » dit aussi, dans le même passage, que les paroles de la Torah furent données par le chofar, et cite « le son du chofar » au Sinaï.
Maré mekomot
- 1ויהי קולות וברקים · Exodus 19:16
- 2נק׳ שופר על שם שפרו מעשיכם · ראה מדרש תהלים פא, ד. וראה יהל אור ע׳ רפח.
- 3שפרו מעשיכם · Midrash Tehillim 81:3
- 4כי עמך מקור חיים · Psalms 36:10
L’élan et le retour d’Avraham ¶3–7
3וביאור ענין זה כי הנה צריך להבין ענין מתן תורה שהרי גם קודם מתן תורה היו צדיקים ונביאים.
Explication de cette question : nous devons comprendre ce qu’a accompli le don de la Torah, car, même avant le don de la Torah, il y avait des justes et des prophètes,
Pour expliquer le chofar, le maamar commence par demander ce qui fut nouveau au Sinaï, puisqu’il y avait des justes et des prophètes bien avant.
כמו אדם הראשון חנוך מתושלח כו׳. ואברהם1 קיים כל התורה2 גם עד שלא ניתנה.3 כמ״ש וישמר משמרתי45 רק שהיה זה ברוחניות6 כו׳.
tels qu’Adam, le premier homme, ‘Hanokh, Metouchéla’h, etc. Avraham accomplit lui aussi toute la Torah avant même qu’elle ait été donnée, comme il est écrit : « Il a gardé Mes prescriptions » ; seulement, cela se faisait dans la spiritualité, etc.
Adam, ‘Hanokh et Metouchéla’h servirent D.ieu, et les Sages enseignent qu’Avraham observa toute la Torah avant qu’elle ne soit donnée, comme l’apprend le verset « il a gardé Mes prescriptions ». Toutefois, son observance était spirituelle.
ואיזו שינוי7 היה בנתינת התורה בגשמיות. אך הנה מעלת אברהם היתה הלוך ונסוע הנגבה89 שנעשה בחי׳ מרכבה לבחי׳ נגבה.
Quel changement le don de la Torah sous une forme matérielle a-t-il donc apporté ? Or, la distinction d’Avraham était qu’il « allait et poursuivait son chemin vers le sud » : il devint le niveau d’un char (merkava) pour le niveau du « sud ».
Si la Torah était déjà observée spirituellement, qu’a changé son don sous une forme matérielle ? La réponse commence par le cheminement d’Avraham « vers le sud » : dans la Kabbale, le sud correspond à ‘Hessed, l’attribut d’Avraham, et il en devint un « char », entièrement soumis à cette qualité divine, comme un char l’est à son conducteur.
ועד שנעשה מרכבה היה תמיד בבחי׳ הלוך ונסוע דהיינו בחינת רצוא ושוב (רק דגבי חיות המרכבה כתיב והחיות רצוא ושוב.10 ומדרגת אברהם היתה למעלה מהם נקרא בשם הלוך ונסוע)
Et, jusqu’à ce qu’il devînt un char, il était constamment au niveau de « aller et poursuivre son chemin », c’est-à-dire au niveau de « courir et revenir » (ratso vachov). (Toutefois, au sujet des ‘Hayot du Char, il est écrit : « Et les ‘Hayot couraient et revenaient » ; le rang d’Avraham se situait au-dessus du leur, [aussi] est-il désigné par l’expression « aller et poursuivre son chemin ». )
Le chemin d’Avraham pour devenir un char était un mouvement constant de l’âme, « courir et revenir » (ratso vachov) : aspirer vers le haut, vers D.ieu, puis revenir. Comme il se tenait au-dessus des ‘Hayot, les anges de la vision de Ye’hezkel qui « couraient et revenaient », la Torah le décrit par ses propres termes : « aller et poursuivre son chemin ».
Et que signifie « courir et revenir » ? Il est écrit : « Il fait la paix dans Ses hauteurs » : il y a du feu et de l’eau, et l’eau n’éteint pas le feu.
Pour expliquer le mouvement de courir et revenir, le maamar se tourne vers le verset « Il fait la paix dans Ses hauteurs », que le Midrach interprète comme la paix entre le feu et l’eau parmi les anges, où l’eau n’éteint pas le feu.
ולכאורה אינו מובן איך שייך לומר במרומיו אש ומים14 ומהו המים מכבין את האש עד שהוצרך לעשות שלום.
À première vue, cela n’est pas compréhensible : comment peut-on parler de feu et d’eau « dans Ses hauteurs » ? Et que signifie que l’eau éteint le feu, au point qu’il ait fallu faire la paix ?
Prise au sens littéral, cette idée est troublante : il n’y a pas de feu ni d’eau physiques dans les hauteurs ; quel conflit aurait donc nécessité la paix ?
אך הענין דאש ומים הן הם בחינת רצוא ושוב וכנודע שיסוד האש בלב15 ששם הצמאון בחינת רצוא.
Mais l’explication est que le feu et l’eau sont eux-mêmes les niveaux de « courir » et de « revenir ». Comme on le sait, l’élément du feu se trouve dans le cœur, où se trouve la soif : le niveau de « courir ».
La réponse est que le feu et l’eau sont des états spirituels. Le feu, dont l’élément se trouve dans le cœur, est la soif de l’âme pour D.ieu, son mouvement ascendant de « courir ».
Le maamar demande ce qu’a apporté le don de la Torah, puisque Avraham l’observait déjà sur le plan spirituel, puis commence sa réponse par le fait qu’Avraham « allait et poursuivait son chemin » : le mouvement de l’âme qui court et revient, identifié au feu et à l’eau du verset « Il fait la paix dans Ses hauteurs ».
Le Midrach cité par Kehot parle des ‘Hayot de feu sous un firmament de neige, ainsi que de Mikhaël, qui est neige, et de Gavriel, qui est feu : aucun ne nuit à l’autre. Le Tanya, chapitre 3, également cité dans la note, situe lui aussi l’élément du feu dans le cœur et la source de l’eau dans le cerveau, identifiant l’eau à 'Hokhma.
Maré mekomot
- 1אדם הראשון חנוך מתושלח כו׳ ואברהם · בסה״מ תקס״ה ח״ב ע׳ תרל: חנוך מתושלח ונח ואברהם ויצחק. במאמרי אדה״א במדבר ח״ב ע׳ תרחצ: כחנוך ומתושלח ונח. בד״ה ועשית חג שבועות תרמ״ח ע׳ רכ: מתושלח נח אברהם יצחק ויעקב. וראה לעיל סו, ג.
- 2ואברהם קיים כל התורה · Yoma 28b:9–10
- 3ואברהם קיים כל התורה גם עד שלא ניתנה · Kiddushin 82a:10
- 4וישמר משמרתי · תולדות כו, ה.
- 5וישמר משמרתי · Genesis 26:5
- 6רק שהיה זה ברוחניות · ראה סה״מ תרס״ה ע׳ רכ.
- 7ואיזו שינוי הי׳ בנתינת התורה בגשמיות · באוה״ת ע׳ תתקעז מציין ”ועמ״ש מזה לעיל ר״פ לך לך. בד״ה משה ידבר. בד״ה וקבל היהודים. בד״ה בשעה שהקדימו ישראל נעשה פ״א ופ״ג”. וראה גם סה״מ תרמ״ח ע׳ רכא.
- 8הלוך ונסוע הנגבה · לך לך יב, ט.
- 9
- 10והחיות רצוא ושוב · Ezekiel 1:14
- 11עושה שלום במרומיו · Job 25:2
- 12עושה שלום במרומיו · Bamidbar Rabbah 12:8
- 13ואין המים מכבין את האש · ראה הג״ה באוה״ת ע׳ תתקעז שמביא ראי׳ מכמה מדרשים.
- 14איך שייך לומר במרומיו אש ומים · במאמרי אדהאמ״צ במדבר ח״ב ע׳ תרצט: ”איך יתכן למעלה במלאכים עליונים בחי׳ הגשמה דאש ומים, וגם שהן נק׳ שר של אש ומים כו׳ ברוחני׳ דאש ומים”.
- 15שיסוד האש בלב · Tanya, Likkutei Amarim 3:11
4וכמאמר אם רץ לבך12 לבך דייקא והיינו ע״י בינה לבא שישים אל לבו ויתבונן בגדולת א״ס [אין סוף] ב״ה שכשמו כן הוא אין לו סוף ואין לו תכלית רק הודו על ארץ3 וגומר.
Comme le dit l’adage : « Si ton cœur s’élance » — ton cœur, précisément. C’est-à-dire par Bina (compréhension), [qui est] « le cœur » : il prend à cœur et médite la grandeur de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, qui est tel que Son Nom : Il n’a ni fin ni limite, et seul « Son éclat est sur la terre », etc.
L’élan du cœur vient de la méditation. La Kabbale appelle Bina, la compréhension profonde, « le cœur », car la compréhension éveille le cœur ; celui qui réfléchit au fait que D.ieu est véritablement sans fin, et que seul un reflet de Son éclat atteint la terre, en vient à aspirer à Lui.
Le cœur « s’élance » par Bina : méditer sur le fait que D.ieu est véritablement infini et que le monde ne reçoit de Lui qu’un reflet éveille l’aspiration de l’âme.
Comme le relève Or HaTorah dans la note de Kehot, le Sefer Yetsira imprimé dit : « Si ton cœur s’élance, retourne vers le Lieu », et le Tséma’h Tsédek suggère que le « Lieu » peut désigner la lumière qui remplit tous les mondes. Or HaTorah remarque également qu’ici, « Son éclat » (hodo) est compris comme un simple reflet, et non comme Son essence.
Maré mekomot
- 1אם רץ לבך · ס״י פ״א מ״ח. ראה אוה״ת יתרו ע׳ תתקעח. שמציין ”(בס״י, וצ״ע)”. ובעמוד תתקפא כ׳ ”ובס״י שלפנינו הגירסא ואם רץ לבך שוב למקום שכן נאמר רצוא ושוב ופי׳ מקום י״ל שהוא ממכ״ע”, ע״ש שמפרש ששניהם בחי׳ וענין אחד, ע״ש בארוכה. ובהערת כ״ק אדמו״ר זי״ע בסה״מ תרנ״ט ע׳ יא. וראה לעיל מה, ב.
- 2אם רץ לבך · Sefer Yetzirah 1:8
- 3הודו על ארץ · Psalms 148:13
Et « Ta royauté est la royauté de tous les mondes » : car la force vitale, l’existence et la venue à l’être de tous les mondes à partir du néant sont issues du niveau de Sa Mal’hout (souveraineté), béni soit-Il,
Tous les mondes, leur vie et leur création à partir du néant proviennent uniquement de la Mal’hout de D.ieu, Sa souveraineté, l’attribut par lequel Il se rapporte à ce qui est extérieur à Lui-même.
שהיא בחי׳ הארה בעלמא התפשטות לזולתו שאינו נוגע לעצמותו ומהותו כביכול כי הוא קדוש ומובדל מגדר עלמין לא בבחינת ממלא ולא בבחי׳ סובב.
qui n’est qu’un simple rayonnement, une extension vers ce qui est autre que Lui, sans toucher à Son essence et à Son être, pour ainsi dire ; car Il est saint et séparé de la catégorie des mondes, ni au niveau de la « lumière qui remplit » (memalé) ni à celui de la « lumière qui entoure » (sovev).
La Mal’hout n’est qu’un rayonnement qui s’étend vers ce qui est autre que D.ieu ; elle ne touche pas à Son essence. Dans Son essence, Il transcende entièrement les mondes, au-delà de la lumière qui les remplit comme de celle qui les entoure.
אשר ע״כ [על כן] תכלה ותכסוף נפשו ליכלל וליבטל במציאו׳ [במציאות] באור א״ס [אין סוף] ב״ה ממש לדבקה בו ממש.
C’est pourquoi son âme languira et aspirera à être incluse et annulée dans son existence même dans la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, afin de s’attacher véritablement à Lui.
Comprenant que toute la création n’est qu’un rayonnement de D.ieu, l’âme aspire à renoncer à son existence séparée dans la Lumière infinie elle-même et à s’attacher à Lui.
Contempler que tous les mondes ne reçoivent qu’un rayonnement de D.ieu, par Sa Mal’hout, tandis que Lui-même les transcende, conduit l’âme à aspirer à être absorbée en Lui : c’est la « course ».
Ce contraste entre « la royauté de tous les mondes » et la souveraineté propre de D.ieu revient au paragraphe 9, où le maamar relève que le verset dit « Ta royauté » : la racine des mitsvot est la souveraineté propre de D.ieu, qui n’est attirée vers le bas que pour régner sur les mondes.
Maré mekomot
- 1
6ולכן החיות רצוא ושוב1 כי בהיותם משיגים החיות הנמשך להם מקדושת א״ס [אין סוף] ב״ה שאין לו סוף ותחלה כו׳
C’est pourquoi « les Chayot courent et reviennent ». En effet, lorsqu’elles saisissent la force vitale qui leur est attirée depuis la sainteté de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, Lui qui n’a ni fin ni commencement, etc.,
C’est pourquoi les Chayot « courent et reviennent » : elles perçoivent que leur propre force vitale provient de la sainteté de l’Infini, qui n’a ni fin ni commencement.
הרי הם בוערים כמראה הלפידים בבחי׳ רצוא כי היא מתהלכת בין החיות2 שהחיות הנמשך להם היא היא מתהלכת תמיד בבחי׳ רצוא
elles brûlent « comme l’apparence de torches », au niveau de la « course », car « elle se déplace parmi les Chayot » : la force vitale qui leur est attirée est elle-même ce qui se déplace constamment au niveau de la « course »,
Percevant cela, elles brûlent comme des torches, dans un élan de désir. Le maamar comprend le feu de Ye’hezkel qui « se déplace parmi les Chayot » comme leur force vitale même, qui est constamment en mouvement de course.
ג״כ להיות ואל אישת תשוקתך3 ליבטל וליכלל באור א״ס [אין סוף] ב״ה ממש כשלהבת העולה מאיליה אך אח״כ [אחר כך] הם בחינת שוב וכמאמר אם רץ לבך שוב לאחד.4
afin d’être également dans l’état de « ton désir se portera vers ton mari » : être annulées et incluses dans la Lumière infinie (Or Ein Sof) même, béni soit-Il, comme une flamme qui s’élève d’elle-même. Mais ensuite, elles sont au niveau du « retour », selon l’adage : « Si ton cœur court, reviens vers l’Un. »
Leur désir, tel celui d’une flamme qui s’élève d’elle-même, est d’être absorbées dans la Lumière infinie. Le maamar l’exprime par les mots adressés à ‘Hava : « ton désir se portera vers ton mari » (le texte imprime ici אישת, au lieu de אישך dans le verset), le désir de l’inférieur pour sa source ; dans Torah Ohr sur Vayé’hi, ish, « mari », évoque esh, « feu ». Ensuite, elles « reviennent », comme dans la formule du Sefer Yetsira : « Si ton cœur court, reviens. »
ובחינת שוב הזה הוא מבחינת יסוד המים שבמוח בחי׳ חכמה כח מ״ה [מה] מה פשפשת מה ידעת כו׳. וזהו שוב לאחד שהשוב הוא ג״כ מבחינת אחד.
Et ce « retour » provient de l’élément de l’eau qui se trouve dans le cerveau, du niveau de 'Hokhma (sagesse), koach mah, « la force du “quoi” » : « Qu’as-tu examiné ? Que sais-tu ? », etc. C’est là le sens de « reviens vers l’Un » : le retour, lui aussi, provient du niveau de « Un ».
Le retour provient de l’élément de l’eau dans le cerveau, de 'Hokhma, comprise comme koach mah, « la force du “quoi” » : à son plus haut degré, la sagesse reconnaît qu’elle ne sait rien de D.ieu. Ainsi, le retour est lui aussi un retour « vers l’Un » : il constitue également une forme d’annulation de soi devant D.ieu.
Les Chayot courent parce qu’elles saisissent que leur vie vient de l’Infini et brûlent du désir d’y être absorbées ; elles reviennent par l’eau de 'Hokhma, dont l’humilité devant D.ieu fait du retour lui-même un rapprochement de « l’Un ».
Le Sefer Yetsira relie lui-même son instruction « si ton cœur court, reviens » au verset « les Chayot couraient et revenaient », lien sur lequel s’appuie ce paragraphe. Le Tanya, chapitre 3, cité dans les notes du paragraphe 3, désigne de même 'Hokhma par l’expression koach mah.
Maré mekomot
- 1
- 2היא מתהלכת בין החיות · Ezekiel 1:13
- 3ואל אישת תשוקתך · Genesis 3:16
- 4אם רץ לבך שוב לאחד · Sefer Yetzirah 1:8
7והנה בבחי׳ שוב בבחי׳ ומדרגה זו אין המים שבמוח מרוין את הצמאון שמיסוד האש שבלב להיות מכבין את האש לגמרי ולהיות נופל עי״ז ממדרגת הצמאון והתשוקה שבלב.
Or, au niveau du « retour », à ce niveau et à ce degré, l’eau du cerveau n’apaise pas la soif issue de l’élément de feu dans le cœur au point d’éteindre complètement le feu, de sorte qu’il tomberait alors du degré de la soif et de l’aspiration qui sont dans le cœur.
Dans le mouvement de retour, l’eau de l’intellect ne noie pas la soif du cœur. La compréhension n’éteint pas le feu et ne laisse pas la personne déchue de son aspiration.
כי הנה יש בכח הלב להתגבר עוד בבחי׳ אש וצמאון ולהוסיף מדורת אש השלהבת עזה ביתר שאת וכמ״ש בס״י [בספר יצירה] אש ממים1 כו׳. וכמה מיני אש.2 אש אוכלת ואש שותה.
Car le cœur a encore la capacité de s’intensifier dans le feu et la soif, et d’attiser davantage le brasier, une flamme ardente, avec une force toujours plus grande, comme il est écrit dans le Sefer Yetsira : « le feu à partir de l’eau », etc. Il existe plusieurs sortes de feu : un feu qui consume et un feu qui boit.
Au contraire, le cœur peut brûler avec une intensité encore plus grande, comme le Sefer Yetsira parle du feu qui vient « de l’eau » : les eaux de l’intellect nourrissent un nouveau feu. Le Talmud distingue plusieurs sortes de feu, parmi lesquelles un feu qui consume et un feu qui « boit », consumant l’eau au lieu d’être éteint par elle.
וכך היתה מעלת ומדת אברהם אבינו ע״ה [עליו השלום] הלוך ונסוע3 תמיד בבחי׳ רצוא ושוב4 אש ומים אש למעלה ממים ומים למעלה מאש עד רום המעלות עד שנעשה מרכבה:
Telle était la distinction et la qualité de notre père Avraham, que la paix soit sur lui : « aller et voyager » constamment, dans le mouvement de « course et retour », feu et eau, le feu au-dessus de l’eau et l’eau au-dessus du feu, jusqu’aux sommets les plus élevés, jusqu’à ce qu’il devienne un char.
Telle était la voie d’Avraham : courir et revenir sans cesse, le feu et l’eau s’élevant tour à tour l’un au-dessus de l’autre, toujours plus haut, jusqu’à ce qu’il devienne un char pour la Divinité.
Dans le véritable mouvement de course et de retour, l’eau de la compréhension n’éteint pas le feu de l’aspiration, mais le nourrit ; l’alternance du feu et de l’eau chez Avraham l’éleva toujours plus haut, jusqu’à ce qu’il devienne un char.
Dans le Sefer Yetsira, « le feu à partir de l’eau » est une étape de la création : à partir de lui, D.ieu grava le Trône de Gloire, les Séraphins, les Ofanim, les saintes 'Hayout et les anges de service. Le passage du Zohar cité par Kehot énumère cinq feux descendus sur l’offrande, parmi lesquels un feu qui consume mais ne boit pas et un feu qui boit mais ne consume pas.
Maré mekomot
- 1בס״י אש ממים · ראה הערת כ״ק אדמו״ר זי״ע בקונטרס בד קודש ע׳ 14. ראה בארוכה במאמרי אדה״א במדבר ח״ב ע׳ תשד ואילך.
- 2וכמה מיני אש · Yoma 21b:2
- 3הלוך ונסוע · Genesis 12:9
- 4
Le don de la Torah : les mitsvot matérielles ¶8–10
8אך הנה כל זה הוא במעלת ומדרגת רוחניות העולמות במעלת הצדיקים ההולכים לפני האלהים ומעלת מלאכי השרת.
Mais tout cela relève du rang et du degré de spiritualité des mondes : du rang des justes qui marchent devant D.ieu, et du rang des anges du service divin.
Tout cela, toutefois, est un service spirituel, qui appartient aux grands justes et aux anges.
אך לא כל אדם זוכה לזה שיערה עליו רוח ממרום1 לבא לבחי׳ ומדרגה זו להיות
Mais tout homme ne mérite pas qu’« un esprit d’en haut » soit répandu sur lui, pour parvenir à ce niveau et à ce degré, et être
Comme le dit Isaïe, tous ne reçoivent pas un « esprit répandu d’en haut » qui les élèverait à ce niveau.
תמיד בבחי׳ הלוך ונסוע2 לזה ניתנה התורה הן הם המצות גשמיים בעשיה גשמיית שבהן ועל ידם יוכל כל אדם ג״כ להיות בבחי׳ הלוך ונסוע.3
constamment dans une disposition de « marche et de voyage ». C’est pour cela que la Torah fut donnée : les mitsvot physiques accomplies par des actes physiques, dans lesquelles et par lesquelles tout homme, lui aussi, peut être dans une disposition de « marche et de voyage ».
C’est pour cela que la Torah fut donnée : les mitsvot physiques accomplies par des actes physiques, par lesquelles tout homme peut parvenir à la « marche et au voyage ». Or HaTorah, cité dans la note de Kehot, donne l’exemple de l’observance du Chabbat, par laquelle l’homme attire ce qu’Avraham attirait en courant et en revenant.
La course et le retour d’Avraham relèvent de l’élite spirituelle ; les mitsvot physiques de la Torah rendent ce même mouvement accessible à chacun.
Maré mekomot
- 1
- 2הלוך ונסוע · Genesis 12:9
- 3ועל ידם יוכל כל אדם ג״כ להיות בבחי׳ הלוך ונסוע · מבואר באוה״ת פ׳ יתרו ע׳ תתקפז ”כמו עד״מ ע״י מצות שמירת שבת ימשיך האדם מה שהמשיך אברהם ע״י רצוא ושוב”, ע״ש.
9והענין כי הנה בעשיה גשמית של התורה יש ג״כ בחי׳ אש ומים. כי הנה התורה היא מים שיורדת ממקום גבוה למקום נמוך.1 ונקרא אל תאמרו מים מים23 ב״פ [ב׳ פעמים] מים.
L’explication est la suivante : dans l’accomplissement matériel de la Torah, il existe également l’aspect du feu et de l’eau. En effet, la Torah est de l’eau, qui descend d’un lieu élevé vers un lieu inférieur. C’est ce qu’évoque l’expression « Ne dites pas : “De l’eau, de l’eau” » : le mot « eau » est répété deux fois.
Le feu et l’eau sont également présents dans la pratique matérielle de la Torah. La Torah est comparée à l’eau, qui coule d’un lieu élevé vers un lieu inférieur, et l’avertissement talmudique « Ne dites pas : “De l’eau, de l’eau” » est ici interprété à partir du mot répété : il y a deux eaux, l’eau supérieure et l’eau inférieure.
מים העליונים בחי׳ ים החכמה ויו״ד עלאה שהיא למעלה מבחי׳ גילוי התורה עצמה דאורייתא מחכמה נפקת4 שגילויה הוא מחכמה ולמטה5 וירדה ממקום גבוה למקום נמוך יו״ד תתאה.
Les eaux supérieures sont le niveau de la mer de 'Hokhma (sagesse) et du youd supérieur, qui se situe au-dessus du niveau de la révélation de la Torah elle-même ; car « la Torah émane de 'Hokhma », c’est-à-dire que sa révélation procède de 'Hokhma vers le bas, et qu’elle est descendue d’un lieu élevé vers un lieu inférieur, le youd inférieur.
Les eaux supérieures sont la « mer » de 'Hokhma, le youd supérieur, première lettre du Nom divin, qui se situe au-dessus de la Torah telle qu’elle est révélée. L’expression du Zohar « la Torah émane de 'Hokhma » signifie que la Torah se révèle à partir de 'Hokhma vers le bas et descend jusqu’au youd inférieur.
ומים תחתונים בסוף מעשה קיום המצות גשמיות בפועל ממש שהם בבחי׳ מלכותך מלכות כל עולמים.6 אבל על כל זה מלכותך כתיב (בכינוי ך׳).7
Les eaux inférieures se trouvent, à l’aboutissement, dans l’accomplissement concret des mitsvot matérielles, qui relèvent du niveau de « Ton règne est le règne de tous les mondes ». Pourtant, il est écrit « Ton règne » (avec le suffixe kaf, qui signifie « Ton »),
Les eaux inférieures correspondent à l’accomplissement effectif des mitsvot matérielles, qui relèvent de Mal'hout, « le règne de tous les mondes ». Mais le verset dit « Ton règne », et le suffixe « Ton » renvoie à D.ieu Lui-même.
ששרשם הוא מבחי׳ מים העליונים בחי׳ מלכותו של א״ס [אין סוף] ב״ה בעצמו ובכבודו כביכול8 רק שנמשך למטה להיות מלכות כל העולמים ומים התחתונים.
car leur racine se trouve dans le niveau des eaux supérieures, le niveau de la Mal'hout (souveraineté) de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, dans Son être propre et dans Sa gloire, pour ainsi dire ; seulement, elle est attirée vers le bas pour devenir le règne de tous les mondes et les eaux inférieures.
La racine des mitsvot se trouve dans les eaux supérieures, dans la souveraineté propre de D.ieu ; celle-ci est seulement attirée vers le bas pour devenir le règne qui gouverne les mondes et les eaux inférieures des actes matériels.
ודרך כלל רמ״ח מ״ע [מצות עשה] הם הן בחי׳ מים שהם חסדים לפי שבהם ועל ידם נמשך המשכת אוא״ס [אור אין סוף] ב״ה למטה
De manière générale, les 248 commandements positifs sont du niveau de l’eau, qui relève des 'Hassadim (bontés), car c’est en eux et par leur intermédiaire que la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, est attirée vers le bas,
De manière générale, les 248 commandements positifs sont « de l’eau » et relèvent des 'Hassadim, les bontés, car c’est par eux que la Lumière infinie est attirée vers le bas.
כמאמר אשר קדשנו במצותיו שע״י המצות נמשך קדש העליון דהיינו בחי׳ קדוש ומובדל כו׳ להיות שורה ומתגלה למטה וכל המשכה היא בחי׳ חסד ומים כו׳
comme le disent les mots [de la bénédiction] : « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements » : par les mitsvot, la sainteté suprême est attirée vers le bas, c’est-à-dire le niveau de « saint et séparé », etc., afin de résider et de se révéler ici-bas ; et toute attraction vers le bas relève du 'Hessed (bonté) et de l’eau, etc.
La bénédiction récitée avant une mitsva, « Qui nous a sanctifiés par Ses commandements », signifie que les mitsvot attirent ici-bas la sainteté transcendante de D.ieu, afin qu’elle y réside et s’y révèle. Toute attraction de ce type relève du 'Hessed et de l’eau.
אך יש בהם ג״כ בחי׳ אש גבורות וצמצומים להיות המצוה דוקא באופן זה ובענין זה שצוה עלינו, שמצותיו הוא בכך דוקא וכמו סוכה שהיא גבוה למעלה מעשרים אמה פסולה9
Cependant, elles comportent aussi l’aspect du feu, des Guevourot (retenues) et des contractions (tsimtsoumim) : la mitsva doit être accomplie précisément de cette manière et selon cette forme, comme Il nous l’a ordonné, car Son commandement doit être exécuté précisément ainsi. Par exemple, une soukka qui dépasse vingt coudées de hauteur est invalide,
Les mitsvot comportent également du feu, des Guevourot et des contractions : chacune doit être accomplie exactement comme elle a été ordonnée. Par exemple, une soukka de plus de vingt coudées de hauteur est invalide, comme le stipule la Michna.
וכן ציצית להיות החוטין שלמים וכיוצא בזה בכל המצות שפרטיהן ודקדוקיהן הן הם בחי׳ גבורות וצמצומים אלא שהם כלולים מחסדים ג״כ כו׳.
de même, les tsitsit, dont les fils doivent être intacts ; et il en va ainsi de toutes les mitsvot, dont les détails et les exigences précises sont eux-mêmes du niveau des Guevourot et des contractions, bien qu’elles comprennent également des 'Hassadim, etc.
Les tsitsit doivent avoir des fils intacts, et chaque mitsva comporte de telles exigences précises. Ces limites relèvent des Guevourot, bien qu’elles soient également liées aux 'Hassadim.
Les mitsvot matérielles de la Torah comportent à la fois de l’eau et du feu : l’eau, les 'Hassadim par lesquels la Lumière infinie descend des eaux supérieures de 'Hokhma jusqu’aux eaux inférieures de l’action ; et le feu, les Guevourot qui se manifestent dans leurs exigences précises.
Or HaTorah, cité dans les notes de Kehot, ajoute que les vingt-quatre livres de l’Écriture ne sont qu’une « cruche » (kad, dont la valeur numérique est 24) des eaux de 'Hokhma, et que le suffixe de « Ton règne » fait allusion à Kéter. Il cite le Zohar, selon lequel les eaux supérieures proviennent de Kéter et sont donc appelées « sans fin », et explique qu’elles sont attirées depuis la Mal'hout de l’Infini.
Maré mekomot
- 1ממקום גבוה למקום נמוך · באוה״ת פ׳ ויצא כרך ה תתסג, א הגה״ה מכ״ק אדמו״ר הצ״צ: ”(ועמ״ש בלק״ת בד״ה ששת ימים תאכל מצות בענין יקוו המים אל מקום אחד, ובד״ה והי׳ מספר בנ״י ובזח״א בראשית יח, א)”.
- 2אל תאמרו מים מים · בלקו״ת שלח נא, ב מציין לכאן. וראה בהנסמן בסה״מ תרכ״ז (הוצאת תש״ס) ע׳ רסו.
- 3אל תאמרו מים מים · Chagigah 14b:8–9
- 4דאורייתא מחכמה נפקת · Zohar II, 121a
- 5שגילוי׳ הוא מחכמה ולמטה · באוה״ת שם: (וכענין ותמלא כדה שכ״ד ספרין דאורייתא הם רק כד מים החכמה).
- 6מלכותך מלכות כל עולמים · Psalms 145:13
- 7בכינוי ך · באוה״ת שם: (שהוא כתר כמ״ש בסידור ע״פ ארוממך אלקי המלך).
- 8בעצמו ובכבודו כביכול · באוה״ת שם: (כמ״ש בזח״ג פנחס דרנ״ח סע״א כ׳ מן כתר כו׳ ואלין אינון והמים אשר מעל השמים מים עליונים כו׳, ובגין דאינון מכתר אתקריאו שאין להם סוף דכתר אין סוף אתקרי עכ״ל היינו שנמשך ממל׳ דא״ס).
- 9סוכה שהיא גבוה למעלה מעשרים אמה פסולה · Mishnah Sukkah 1:1
10והרי נמצא שיש בתורה ג״כ בחי׳ אש ומים בעשיה גשמית ג״כ וע״י אתערותא דלתתא אתערותא דלעילא להיות ג״כ הלוך ונסוע וכח זה להיות נמשך אתערותא
Il apparaît donc que la Torah aussi comporte un aspect de feu et d’eau, même dans l’action matérielle ; et, par un éveil d’en bas, [survient] un éveil d’en haut, de sorte qu’il y ait également « aller et cheminer ». Et ce pouvoir, pour un éveil
Ainsi, la Torah comporte du feu et de l’eau jusque dans les actes matériels ; et puisque l’éveil d’en bas suscite un éveil d’en haut, une personne peut parvenir à « aller et cheminer » par les mitsvot.
דלעילא על ידי אתערותא דלתתא ניתן לישראל במתן תורה שזהו ענין נתינת התורה שניתן להיות נק׳ שם מצוה על דברים גשמיים להיות בהן כח זה שעל ידם יומשך אוא״ס [אור אין סוף] ב״ה.
d’en haut à être attiré par un éveil d’en bas fut donné à Israël lors du don de la Torah. Car c’est là le sens du don de la Torah : il fut accordé que le nom de « mitsva » puisse être appliqué à des choses matérielles, afin qu’elles possèdent ce pouvoir de faire descendre par leur intermédiaire la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il.
La capacité d’un acte humain à faire descendre une réponse divine fut donnée au Sinaï : le don de la Torah transforma les choses matérielles en « mitsvot », des réceptacles par lesquels la Lumière infinie est attirée.
אך להבין מאחר שגם ע״י בחי׳ התורה יבא ויגיע לבחי׳ הלוך ונסוע א״כ [אם כן] למה לא ניתנה התורה לאברהם שקיים כל התורה ברוחניותה ולמה לא ניתנה לו גם בגשמיותה:
Mais il faut comprendre : puisque, par la Torah aussi, on parvient au niveau de « aller et cheminer », pourquoi la Torah ne fut-elle pas donnée à Avraham, qui accomplit toute la Torah dans sa dimension spirituelle ? Pourquoi ne lui fut-elle pas donnée également dans sa dimension matérielle ?
Cela soulève une question : si les mitsvot matérielles de la Torah conduisent à l’état auquel Avraham était parvenu, pourquoi la Torah ne lui fut-elle pas donnée sous sa forme matérielle, à lui qui l’observait déjà dans sa dimension spirituelle ?
Au Sinaï, les choses matérielles reçurent le pouvoir de devenir des mitsvot faisant descendre la Lumière infinie en réponse à l’action humaine ; cela soulève la question de savoir pourquoi la Torah ne fut pas donnée ainsi à Avraham.
Le raffinage du monde matériel ¶11–19
11ולהבין זה1 צריך להקדים באור הטעם שיש הכח הגדול הזה במצות להיות על ידם דוקא המשכת אור א״ס [אין סוף] ב״ה
Pour comprendre cela, il faut d’abord expliquer pourquoi les mitsvot possèdent ce grand pouvoir : c’est précisément par elles que la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, est attirée vers le bas.
Pour répondre à cette question, le maamar commence par demander pourquoi les mitsvot ont le pouvoir d’attirer la Lumière infinie.
והרי כל המצות נעשים מדומם צומח חי כגון קרבן מנחה סולת מצומח וקרבנות בהמה ותפלין של קלף מעור בהמה כו׳ שהיו תחת ממשלת קליפת נוגה.
alors que toutes les mitsvot sont accomplies au moyen du minéral, du végétal et de l’animal. Ainsi, l’offrande végétale est faite de farine fine, issue du règne végétal ; les sacrifices sont des animaux ; et les téfilines sont faites de parchemin, tiré de la peau d’un animal, etc. — tous ces éléments relevaient de la domination de la kelipat noga (l’écorce « lumineuse »).
Chaque mitsva fait appel à des éléments des règnes minéral, végétal et animal : la farine pour les offrandes végétales, les animaux pour les sacrifices, le parchemin pour les téfilines. Avant d’être utilisés pour une mitsva, ils appartiennent à la kelipat noga, l’« écorce lumineuse », le domaine où les choses matérielles permises, mélange de bien et de mal, reçoivent leur force vitale.
Le maamar demande comment des mitsvot accomplies avec des matières physiques provenant de la kelipat noga peuvent attirer la Lumière infinie.
Kehot renvoie à la transcription par le Mitteler Rebbe de cette partie du maamar ainsi qu’à une explication supplémentaire, dont l’intitulé est donné comme prononcée le Chabbat de la paracha Chela’h. Il note également que le chapitre 167 de Hemshech Mayim Rabbim 5636 est fondé sur ce maamar.
Maré mekomot
- 1ולהבין זה · הנחת כ״ק אדמו״ר האמצעי בסה״מ תקס״ה ח״ב ע׳ תרלז, ועוד ביאור שם ע׳ תרנז ורשום ”ביאור לתורה דחג השבועות הנ״ל שבת פ׳ שלח לך”. קטע מובא באוה״ת דברים כרך ו ע׳ ב׳רחצ. בהמשך מים רבים תרל״ו פרק קסז מיוסד על מאמר זה.
12ואיך יהיו הקרבנות דוקא אשה ריח ניחוח לה׳ ריח היא העלאה ממטה למעלה. ניחוח לשון תרגום נחת דהיינו ירידה והמשכה מלמעלה למטה להוי״ה.
Comment donc les offrandes peuvent-elles être précisément « un sacrifice consumé par le feu, d’agréable odeur (rei’aḥ niḥoaḥ) pour D.ieu » ? Rei’aḥ, « odeur », désigne une élévation d’en bas vers le haut. Niḥoaḥ est le mot neḥas employé par le Targoum : il signifie une descente et un prolongement d’en haut vers le bas, « vers Havaya ».
Comment de telles choses peuvent-elles devenir « d’agréable odeur pour D.ieu » ? Le maamar interprète rei’aḥ, « odeur », comme une élévation d’en bas, et niḥoaḥ comme l’araméen neḥas, « descendre » : une offrande élève le matériel vers le haut et fait également descendre la divinité.
פי׳ להיות גלוי הוי״ה והמשכת אוא״ס [אור אין סוף] ב״ה בעלמא דאתגלייא שע״י הקרבנות נמשך גלוי אוא״ס [אור אין סוף] ב״ה למטה וכן ע״י מצות תפלין וציצית ממשיך אוא״ס [אור אין סוף] ב״ה על נפשו.
C’est-à-dire : qu’il y ait une révélation de Havaya et une continuation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, dans le monde révélé (alma de’isgalya) ; par les offrandes, une révélation de la Lumière infinie, béni soit-Il, est attirée ici-bas. De même, par les mitsvot des tefillin et des tsitsit, on attire la Lumière infinie, béni soit-Il, sur son âme.
L’offrande fait advenir une révélation de Havaya et de la Lumière infinie dans le « monde révélé », les mondes inférieurs ; de même, les tefillin et les tsitsit attirent la Lumière infinie sur l’âme de celui qui les accomplit.
אך הנה נודע שהחיות המלובש בדומם צומח חי. שרשו הוא מבחי׳ לפני מלך מלך1 וגו׳ [וגומר].
Or, il est connu que la force vitale investie dans le minéral, le végétal et l’animal a sa racine dans le niveau de « avant qu’un roi ne régnât », etc.
La réponse commence par un enseignement connu de la Kabbale : la force vitale des minéraux, des plantes et des animaux provient des rois qui régnèrent « avant qu’un roi ne régnât » sur Israël ; la Kabbale identifie cela au Monde du Tohou, dont les lumières étaient trop intenses pour ses réceptacles.
Les offrandes et les autres mitsvot élèvent toutes deux le matériel et attirent une révélation de Havaya ; cela est possible parce que la force vitale des choses matérielles a une racine très élevée, dans le Monde du Tohou.
Maré mekomot
- 1לפני מלך מלך · Genesis 36:31
Comme il est écrit : « Tu m’as formé derrière et devant » : « derrière » dans l’œuvre de la Création, car l’énoncé « Faisons l’homme » est le dernier de tous les énoncés ;
Le verset « Tu m’as formé derrière et devant » est ici interprété comme indiquant la place de l’homme dans la Création : il est venu « derrière », car l’énoncé qui l’a créé fut le dernier de tous.
שמאמר תוצא הארץ3 וגו׳ [וגומר] ונפש חיה וגו׳ [וגומר] קדמו לו. ולכך המאכל מחיה את האדם הגם דהיינו מוצא פי הוי״ה שבמאכל.
car les énoncés « Que la terre fasse germer », etc., et « être vivant », etc., le précédèrent. C’est pourquoi la nourriture donne la vie à l’homme, bien que cela se fasse [par] l’énoncé de la bouche de D.ieu qui se trouve dans la nourriture,
Les énoncés « Que la terre fasse germer » et « être vivant », qui firent apparaître les animaux, précédèrent celui de l’homme, ce qui indique une source plus élevée. C’est pourquoi la nourriture peut donner la vie à une personne : c’est l’énoncé divin contenu dans la nourriture qui la sustente.
L’homme fut créé en dernier, après les énoncés qui formèrent les plantes et les animaux ; cela révèle leur racine plus élevée et explique pourquoi la nourriture, par l’énoncé divin qui se trouve en elle, donne la vie à l’homme.
Maré mekomot
- 1אחור וקדם צרתני · Psalms 139:5
- 2נעשה אדם · Genesis 1:26
- 3תוצא הארץ · Genesis 1:24
14וכמ״ש כי על כל מוצא פי הוי״ה1 יחיה האדם. מ״מ [מכל מקום] הרי גם באדם יש מוצא פי הוי״ה ולמה לא יחיה על מוצא פי הוי״ה שבעצמו
comme il est écrit : « Car l’homme vit de tout ce qui sort de la bouche de D.ieu. » Pourtant, l’homme aussi porte en lui la parole de la bouche de D.ieu [qui réside en lui] ; pourquoi donc ne vivrait-il pas de la parole de la bouche de D.ieu qui est en lui-même ?
Le verset dit que l’homme vit de « tout ce qui sort de la bouche de D.ieu », ce que le maamar comprend comme la parole divine présente dans sa nourriture. Mais l’homme porte lui aussi en lui une parole divine ; pourquoi a-t-il donc besoin de celle qui se trouve dans sa nourriture ?
אלא דהיינו משום שמוצא פי הוי״ה שבמאכל גבוה ממוצא פי הוי״ה שבאדם כו׳ כמ״ש במ״א. אך על כל זה הרי המאכל נפל למטה בשבירת הכלים וירד תחת ממשלת נוגה.2
C’est plutôt parce que la parole de la bouche de D.ieu présente dans la nourriture est supérieure à celle qui se trouve dans l’homme, etc., comme cela est expliqué ailleurs. Pourtant, malgré tout, la nourriture est tombée lors de la brisure des réceptacles et est descendue sous la domination de Nogah.
La parole présente dans la nourriture est supérieure, comme cela est expliqué ailleurs. Pourtant, cette source supérieure est tombée lors de la brisure des réceptacles, le brisement kabbalistique du Monde de Tohou, et s’est retrouvée sous la domination des kelipot de Nogah.
La parole divine présente dans la nourriture est supérieure à celle qui se trouve dans l’homme, ce qui explique que la nourriture le soutienne ; mais, lors de la brisure des réceptacles, elle est tombée sous la domination de Nogah.
Maré mekomot
- 1כי על כל מוצא פי הוי״ה · Deuteronomy 8:3
- 2פי — כמ״ש במ״א · ראה לעיל סה, ד. לקו״ת עקב יד, א. מטות פא, ב. מאמרי אדהאמ״צ במדבר ח״ב ע׳ תשנג ואילך.
15ולכך נתגשם מאד ומגשם את האדם האוכלו שמוריד את נפשו להמשיך אחר גשמיות העולם ואפי׳ [ואפילו] הצדיק שאוכל לשובע נפשו1 כו׳ כמ״ש באור ענין זה במ״א2 מ״מ [מכל מקום] יותר היה יפה לו בלא המאכל.3
C’est pourquoi elle est devenue très grossière et rend grossier celui qui la mange, en faisant descendre son âme pour qu’elle se laisse entraîner par la matérialité du monde. Même le juste qui « mange pour satisfaire son âme », etc., comme il est expliqué ailleurs à propos de ce sujet, serait néanmoins mieux sans nourriture.
Étant tombée si bas, la nourriture est grossière et rend grossier celui qui la mange, l’entraînant vers la matérialité du monde. Même un juste qui mange seulement « pour satisfaire son âme », afin de servir D.ieu, serait mieux sans nourriture s’il n’en avait pas besoin, comme l’ajoute une version ultérieure de ce maamar.
Parce que la nourriture est tombée dans le noga, elle rend celui qui la mange grossier ; ainsi, même un juste serait mieux sans elle.
Maré mekomot
- 1הצדיק שאוכל לשובע נפשו · Proverbs 13:25
- 2כמ״ש באור ענין זה במ״א · ראה לעיל טו, ג-ד. סה, ד. בהמשך מים רבים תרל״ו שם נמצא במקומו: ולא מפני תאוות לבו וצרכי תענוגי גופו הגשמי: מ״מ.
- 3בלא המאכל · בסה״מ תרל״ו נוסף: היינו אם לא היה מצטרך לו כלל.
16ולכך משה רבינו ע״ה [עליו השלום] לא אכל בהר כל ארבעים יום הגם שמעלתו גבוה מאד מ״מ [מכל מקום] מצד חומריות המאכל וגסותו לא אכל ואפי׳ [ואפילו] מן שנק׳ לחם
C’est pourquoi Moché notre maître, que la paix soit sur lui, ne mangea pas sur la montagne pendant les quarante jours. Bien que son niveau fût très élevé, néanmoins, en raison de la matérialité et de la grossièreté de la nourriture, il ne mangea pas ; même la manne, appelée « pain
C’est pourquoi Moché ne mangea pas pendant ses quarante jours sur le mont Sinaï : malgré son niveau élevé, la grossièreté de la nourriture aurait constitué un obstacle.
אבירים1 לחם שמלאכי השרת ניזונים הימנו לא אכל איש זה משה2 לפי שרצה לקבל את התורה שהיא למעלה ממדרגת המלאכים שהרי הם בקשו תנה הודך על השמים3 כו׳.
des puissants », le pain dont se nourrissent les anges du service, cet « homme », Moché, n’en mangea pas, car il voulait recevoir la Torah, qui est au-dessus du niveau des anges ; ceux-ci avaient en effet demandé : « Place Ta splendeur dans les cieux », etc.
Il ne mangea pas même la manne, le « pain des puissants » du psaume dont se nourrissent les anges ; le psaume poursuit : « un homme en mangea », et le maamar explique que cet « homme », Moché, n’en mangea pas. Car il devait recevoir la Torah, qui est supérieure aux anges : ceux-ci avaient demandé à D.ieu de « placer Ta splendeur dans les cieux », afin que la Torah demeure en haut et ne leur soit pas donnée.
Moché s’abstint même de la manne sur le Sinaï, car recevoir la Torah, qui est supérieure aux anges, exigeait d’être libéré d’une nourriture qui n’avait pas encore été raffinée.
Le Likkutei Torah sur Bamidbar, cité par Kehot, explique que, bien que la racine de la manne soit très élevée, en descendant à travers les mondes inférieurs, elle passe par leurs réceptacles extérieurs, où le bien et le mal sont mêlés ; le moment n’étant pas encore venu où la kelipa noga serait entièrement raffinée, même la manne aurait constitué un voile pour Moché au moment où il recevait la Torah.
Maré mekomot
- 1לחם אבירים · Psalms 78:25
- 2לא אכל איש זה משה · וכ״ה בלקו״ת במדבר ז, ב. ראה לעיל טז, א. ובהנסמן שם מלקוטי שיחות ח״ד ע׳ 1037. וראה לקמן פט, א.
- 3תנה הודך על השמים · Psalms 8:2
17ולכך לא ניתנה תורה עדיין בימי אברהם כי בימי אברהם עדיין לא נתברר ונזדכך חומריות העולם להיות המשכת אוא״ס [אור אין סוף] ב״ה ע״י מעשה המצות גשמיות שנלקחו מתחת ממשלת קליפת נוגה.
C’est pourquoi la Torah ne fut pas encore donnée du temps d’Avraham : à cette époque, la matérialité du monde n’avait pas encore été triée et affinée, de sorte que la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, puisse être attirée vers le bas par l’accomplissement des mitsvot physiques, qui avaient été prises sous la domination de la kelipat noga.
La Torah ne pouvait donc pas être donnée du temps d’Avraham : la matérialité du monde n’était pas encore suffisamment affinée pour que les mitsvot physiques, prises sous la domination de la kelipat noga, attirent vers le bas la Lumière infinie.
ולא היו יכולין לקבל הארת א״ס [אין סוף] ב״ה להיות נק׳ עליהם שם מצות עד אחר יציאת מצרים שמצרים הוא כור הברזל12
Et ils ne pouvaient recevoir l’illumination de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, de sorte que le nom de « mitsvot » leur soit attribué, avant l’Exode d’Égypte. Car l’Égypte est « la fournaise de fer »,
Les choses physiques ne pouvaient pas encore recevoir la lumière de l’Infini et devenir des « mitsvot » avant l’Exode, car l’Égypte était « la fournaise de fer », qui les avait affinées.
כמו מצרף לכסף וכור לזהב3 והיינו כדי להיות הגו סיגים מכסף4 שהכור הוא המפריד הסיגים5 דהיינו שלא יהיה תערובת פסולת בכסף וזהב.67
comme « le creuset pour l’argent et la fournaise pour l’or ». C’est-à-dire, afin de « retirer les scories de l’argent » : c’est la fournaise qui sépare les scories, de sorte qu’il n’y ait aucun mélange de déchets dans l’argent et l’or.
Comme le dit le livre des Proverbes, « le creuset pour l’argent et la fournaise pour l’or » : une fournaise sépare les scories, afin qu’aucun déchet ne reste mêlé au métal précieux.
La Torah ne put être donnée qu’après que l’Égypte, la « fournaise de fer », eut affiné la matérialité du monde, comme une fournaise sépare les scories de l’argent et de l’or.
Igueret HaKodech 12, cité par Kehot, utilise le même verset : par la contemplation de la grandeur de D.ieu, le bien est trié et le mal séparé, comme les scories sont séparées de l’argent et de l’or dans le creuset et la fournaise.
Maré mekomot
- 1שמצרים הוא כור הברזל · Jeremiah 11:4
- 2מצרים הוא כור הברזל · Deuteronomy 4:20
- 3מצרף לכסף וכור לזהב · Proverbs 17:3
- 4הגו סיגים מכסף · Proverbs 25:4
- 5המפריד הסיגים · ראה אגה״ק סי׳ יב.
- 6ולא היו יכולין לקבל הארת אוא״ס ב״ה · בהמשך מים רבים תרל״ו בסוף פרק קסז נמצא קיצור להמבואר מתחילת הקטע: קיצור. בכדי להבין למה נתלבשו המצות בדצ״ח גשמי׳, יבאר איך כי שורש דצ״ח הם הגבה מאד נעלה ממדבר, ועכ״ז נפל בשב״כ ונתגשם תחת ממשלת ק״נ, ולכן לא אכל משה בהר אפי׳ מן שהוא לחם שמה״ש ניזונים, לפי שהיה צריך לקבל תורה שגבוה ממה״ש שביקשו ולא ניתן להם התורה, ולכן גם בימי האבות לא נזדכך דצ״ח שיהיו כלים להשראת עצמיות אוא״ס, ע״כ.
- 7בהמשך תרל״ו שם נוסף · כמ״ש בפ׳ ואתחנן ד, כ ויוציא אתכם מכור הברזל ממצרים.
18וכך הוא מצרים כור הברזל שזיכך את ישראל ע״י קושי השעבוד בחומר ובלבנים1 להיות נפרד הרע מן הטוב ויתפרדו כל פועלי און2
De même, l’Égypte, la fournaise de fer, épura Israël par la dureté de l’asservissement « dans le mortier et les briques », afin que le mal se sépare du bien et que « tous ceux qui commettent l’iniquité soient dispersés »,
Le dur labeur « dans le mortier et les briques » était la fournaise de l’Égypte : il épura Israël en séparant le mal du bien, afin que « tous ceux qui commettent l’iniquité soient dispersés ».
car, lorsque le mal accomplit des actes mauvais, il s’épuise et disparaît, ainsi qu’il est écrit : « Je dépenserai Mes flèches », etc. ; « Mes flèches sont épuisées », etc.
Le mal s’épuise par les méfaits qu’il commet lui-même. Le Talmud interprète « Je dépenserai Mes flèches » comme signifiant : « Mes flèches seront épuisées, mais pas eux » : les épreuves s’épuisent, tandis que les personnes subsistent.
L’asservissement en Égypte épura Israël en séparant le bien du mal, car le mal est consumé par le tort même qu’il cause.
Maré mekomot
- 1בחומר ובלבנים · Exodus 1:14
- 2ויתפרדו כל פועלי און · Psalms 92:10
- 3חצי אכלה וגו׳ חיצי כלים · Deuteronomy 32:23
- 4חיצי כלים · בהמשך תרל״ו הנ״ל נוסף כאן: כי יזדכך הטוב שבהם ויתפרדו מן הרע, והרע שהם החיצים פועלים הרע יהיו כלים ונאבדים אחרי גמר פעולתם: וכמשל העלוקה.
19וכמשל עלוקה1 שכאשר מוצצת דם האדם מיד מתה. וכאשר נזדככו ישראל נזדכך ג״כ העולם וגשמיותו וחומריותו כי כל העולם תלוי בישראל וכמ״ש גם את העולם נתן בלבם.2
Comme dans l’analogie de la sangsue, qui meurt aussitôt qu’elle suce le sang d’une personne. Lorsque Israël fut raffiné, le monde lui aussi fut raffiné, dans sa dimension physique et matérielle, car le monde entier dépend d’Israël, comme il est écrit : « Il a aussi mis le monde dans leur cœur. »
La sangsue meurt après avoir sucé le sang : le mal, une fois qu’il a accompli son œuvre, est consumé. Et puisque le monde entier dépend d’Israël, comme il est écrit : « Il a mis le monde dans leur cœur », le raffinement d’Israël en Égypte a également raffiné le monde matériel.
ואזי נתבררו ג״כ מצות מעשיות להיות נק׳ בשם מצות שבהם וע״י תהיינה המשכת אוא״ס [אור אין סוף] ב״ה גם באכילת קרבנות והקרבת מנחה סלת שמצומח הוא אשה ריח ניחוח לה׳
Alors, les mitsvot pratiques furent elles aussi purifiées, de sorte qu’elles puissent être appelées « mitsvot », et qu’en elles et par elles puisse s’opérer un influx de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il : même dans la consommation des sacrifices et dans l’offrande d’un sacrifice de farine fine, qui provient du règne végétal, il est dit : « C’est un sacrifice consumé par le feu, une odeur agréable à D.ieu »
Alors, les actes matériels purent devenir de véritables mitsvot, des réceptacles pour la Lumière infinie. Même la consommation de la viande des sacrifices et l’offrande de farine provenant du monde végétal devinrent « une odeur agréable à D.ieu ».
(ואף שגם האבות הקריבו ג״כ קרבנות מ״מ [מכל מקום] לא הקריבו אלא עולות ולא זבחים הנאכלים ולא מנחות שמצומח).
(Et bien que les Patriarches aient eux aussi offert des sacrifices, ils n’offraient cependant que des holocaustes, et non des sacrifices dont on mange, ni des offrandes de farine, qui proviennent du règne végétal.)
Les Patriarches offraient bien des sacrifices, mais uniquement des holocaustes, entièrement brûlés sur l’autel ; ils n’offraient jamais de sacrifices destinés à être consommés, ni d’offrandes de farine provenant des végétaux.
À la lumière de tout ce qui précède, plusieurs difficultés exposées dans les livres trouveront leur explication, par exemple : pourquoi Yaakov épousa-t-il deux sœurs, et pourquoi Amram épousa-t-il sa tante ?
Cela répond également à des questions soulevées dans les livres : si les Patriarches observaient la Torah, comment Yaakov a-t-il pu épouser deux sœurs, et Amram sa tante ? La réponse qui se dégage ici est qu’avant le Sinaï, les mitsvot étaient observées dans leur dimension spirituelle, car les choses matérielles ne pouvaient pas encore devenir des mitsvot.
וכמו שהיה מצרים כור הברזל להיות ע״י זה מתן תורה כך גלות אדום הוא כור הברזל להיות עי״ז ימות המשיח.
Et de même que l’Égypte fut le creuset de fer en vue du Don de la Torah, l’exil d’Édom est le creuset de fer en vue des jours du Machia’h.
Le creuset de l’Égypte prépara le Don de la Torah ; de même, l’exil actuel d’Édom est un creuset purificateur qui prépare les jours du Machia’h.
שהרי המצות אינן בטלות לימות המשיח6 לכולי עלמא והמצות יזדככו יותר בבחי׳ פנימיות וכמ״ש ומלאה הארץ דעה.7
Car, selon toutes les opinions, les mitsvot ne seront pas annulées aux jours du Machia’h ; elles seront davantage raffinées, au niveau de la dimension intérieure (pnimiyout), comme il est écrit : « La terre sera remplie de la connaissance. »
Selon toutes les opinions, les mitsvot demeureront aux jours du Machia’h, mais elles seront davantage raffinées et révéleront leur dimension intérieure, lorsque « la terre sera remplie de la connaissance » de D.ieu.
וכן בפרט כל אדם היסורים שלו לזכך מצותיו8 אשר יעשה אותם האדם שיהיו מתוקנים להיות עולה ונכלל באור אין סוף ב״ה:9
Il en va de même, en particulier, pour chaque personne : ses souffrances ont pour fonction de raffiner les mitsvot qu’elle accomplit, « que l’homme mettra en pratique », afin qu’elles soient rectifiées, s’élèvent et soient incluses dans la Lumière infinie, béni soit-Il.
Il en va de même pour chaque individu : les souffrances qui lui sont propres raffinent les mitsvot qu’il accomplit, afin qu’elles s’élèvent et soient absorbées dans la Lumière infinie.
Le raffinement d’Israël en Égypte raffina le monde, de sorte que les actes matériels puissent devenir des mitsvot. De même, l’exil actuel raffine les mitsvot en vue des jours du Machia’h, et les souffrances de chacun raffinent ses propres mitsvot.
Le Tanya, chapitre 37, cité dans la note de Kehot par l’intermédiaire d’Or HaTorah, explique que la venue des jours du Machia’h dépend de nos actes et de notre service durant tout l’exil, et que les âmes d’Israël sont la force vitale du monde entier, créé pour elles. Igueret HaKodech 26, également cité, explique que la déclaration des Sages selon laquelle « les mitsvot seront annulées dans l’avenir » concerne la résurrection des morts, et non les jours du Machia’h qui la précèdent.
Maré mekomot
- 1וכמשל עלוקה · Avodah Zarah 12b
- 2גם את העולם נתן בלבם · Ecclesiastes 3:11
- 3קושיות המבוארים בספרים · Genesis 32:5
- 4ועמרם נשא דודתו · Exodus 6:20
- 5נשא יעקב ב׳ אחיות ועמרם נשא דודתו · Ramban on Genesis 26:5
- 6המצות אינן בטלות לימות המשיח · ראה אגה״ק סי׳ כו.
- 7ומלאה הארץ דעה · Isaiah 11:9
- 8לזכך מצותיו · באוה״ת מקץ תתקעה, א: לזכך מדותיו.
- 9וכמו שהי׳ מצרים . . לזכך מצותיו · מובא באוה״ת מקץ כרך ה תתקעה, א. ע״ש.
La paix entre le feu et l’eau ¶20–22
20ונחזור לעניננו שנתינת התורה בבחי׳ אש ומים1 למטה שע״י זה יהיה הלוך ונסוע כנ״ל. אך איך יהיו שני הפכים אש ומים ואין המים מכבין כו׳.
Revenons à notre sujet : le don de la Torah est, en bas, au niveau du feu et de l’eau, afin que, par cela, il y ait « cheminement et voyage », comme mentionné plus haut. Mais comment deux opposés, le feu et l’eau, peuvent-ils coexister sans que l’eau éteigne le feu, etc. ?
Revenant au thème principal, la Torah a fait descendre le feu et l’eau dans le monde matériel, afin que chacun puisse parvenir au « cheminement et au voyage ». Mais comment de tels opposés peuvent-ils coexister sans que l’eau éteigne le feu ?
ועל זה נאמר עושה שלום במרומיו שהשלום הוא כולל ב׳ הפכים והוא המחבר שניהם לפי שהוא גדול משניהם והם בטלים ונכללים בו.2
À ce sujet, il est dit : « Il établit la paix dans Ses hauteurs » : la paix englobe deux opposés et les unit tous deux, car elle est supérieure à l’un comme à l’autre, et ils s’annulent et sont inclus en elle.
La réponse est la paix : « Il établit la paix dans Ses hauteurs. » Ici, la paix n’est pas un compromis entre les opposés ; elle procède d’un niveau supérieur à l’un comme à l’autre, où tous deux s’annulent et sont inclus, ce qui permet de les unir.
Le feu et l’eau peuvent coexister dans la Torah et ses mitsvot grâce à la « paix », un niveau supérieur à ces deux opposés qui les englobe et les unit.
Le Tséma’h Tsédek, dans Biurei HaZohar cité par Kehot, suggère que cette paix se situe au-dessus tant de l’émanation vers le bas que de l’ascension ; peut-être s’agit-il du niveau de « Je suis » et de « Tu n’auras pas », entendus directement de D.ieu, et de « Souviens-toi » et « Garde », prononcés en une seule énonciation. Or HaTorah relie cela aux akoudim, les dix Séfirot liées dans un seul réceptacle, sans division, racine de la paix et de l’inclusion mutuelle en Atsilout.
Maré mekomot
- 1בבחי׳ אש ומים . . וזהו בחי׳ קול השופר · ראה אוה״ת יתרו ע׳ תקכב.
- 2עושה שלום במרומיו . . והם בטלים ונכללים בו · Job 25:2
21וזהו בחי׳ קול השופר כי שופר תוקעין אותו מפיו הקצר והקול יוצא ומתרחב ויוצא בסופו במקום הרחב. ועל זה נאמר מן המצר קראתי1 יה ענני במרחב יה.
Et tel est le niveau du son du chofar. Car on sonne le chofar par son ouverture étroite ; le son s’en échappe en s’élargissant, puis sort à son extrémité, à l’endroit le plus large. À ce sujet, il est dit : « Du lieu étroit, j’ai appelé Yah ; Yah m’a répondu avec ampleur. »
C’est le sens du chofar : on souffle dans son extrémité étroite, puis le son s’élargit et sort par son extrémité large. Le psaume dit la même chose : « Du lieu étroit, j’ai appelé Yah ; Yah m’a répondu avec ampleur. »
פי׳ מן המצר מקום צר שאינו מושג ולית מחשב׳ תפיסא ביה שהוא למעלה מכל ההשגות והוא ענין שופר שפרו מעשיכם2 ממשיך תענוג.
Cela signifie que le « lieu étroit » est un lieu si étroit qu’il ne peut être appréhendé, où « aucune pensée ne peut Le saisir », car il est au-dessus de toute compréhension. Tel est le sens de chofar, associé à « améliorez (chaprou) vos actes » : il attire le plaisir vers le bas.
Le « lieu étroit » désigne le niveau qui dépasse toute compréhension, où « aucune pensée ne peut Le saisir ». De là, le chofar, au sens de chaprou, « améliorez », attire le plaisir vers le bas.
אבל בעצמו הוא קול פשוט מקור התענוגים כי עמך מקור חיים3 כתיב בחי׳ עמך בטל ונכלל באוא״ס [באור אין סוף] ב״ה ממש ומשם קראתי יה יו״ד עלאה
Mais en lui-même, c’est un son simple, la source des plaisirs, car il est écrit : « Car auprès de Toi est la source de la vie » : c’est le niveau de « auprès de Toi », annulé et inclus dans la Lumière infinie (Or Ein Sof) elle-même, béni soit-Il. Et c’est de là que « j’ai appelé Yah » : le youd supérieur,
En lui-même, le son du chofar est simple, source de tous les plaisirs : c’est le niveau de « auprès de Toi », annulé et inclus dans la Lumière infinie elle-même. De là, il est appelé dans les lettres du Nom Yah, en commençant par le youd supérieur.
בחי׳ חכמה וה׳ עלאה בינה היא רחובות הנהר הרחבת הדעת במה שמתבונן כו׳ (דהיינו שכבר יש בחי׳ השגה. משא״כ חכמה היא בחי׳ ברק כמ״ש במ״א).
le niveau de 'Hokhma (sagesse) ; et le hé supérieur, Bina (compréhension), correspond aux « étendues du fleuve », à l’élargissement de l’esprit dans ce que l’on médite, etc. (Autrement dit, il y a déjà là un niveau de compréhension, tandis que 'Hokhma est le niveau de l’éclair, comme cela est expliqué ailleurs.)
Le youd supérieur est 'Hokhma, une intuition qui jaillit comme l’éclair ; le hé supérieur est Bina, la vaste étendue de la compréhension, que la Kabbale appelle les « étendues du fleuve ».
דהיינו שמשם התחלת התהוות חכמה ועדן ותורה להיות לעבדה ולשמרה4 ולעשות גן עדן וגלוי תענוג והשגת הנשמות ועי״ז ענני במרחב יה.
C’est-à-dire que c’est de là que commence l’émergence de 'Hokhma, d’Éden et de la Torah, afin de « la travailler et de la garder », et de faire le Jardin d’Éden, la révélation du plaisir et la compréhension des âmes. Et c’est par cela que « Yah m’a répondu avec ampleur ».
C’est ici que commencent 'Hokhma, « Éden » et la Torah. Les mots « la travailler et la garder », qui concernent Adam en Éden, décrivent le service qui fait advenir le Jardin d’Éden, où les âmes goûtent au plaisir et à la compréhension ; par tout cela, « Yah m’a répondu avec ampleur ».
כי כמו שיש י״ה עלאין כך יש בחי׳ י״ה תתאין5 יו״ד בחי׳ בטול מים התחתונים חכמה תתאה יו״ד בראש ויו״ד בסוף6 וה׳ הוא בחי׳ אש וצמאון שבלב שכל זה נמשך מן המצר הוא קול השופר הנ״ל.
Car, de même qu’il existe le Yah supérieur [youd-hé], il existe aussi le niveau du Yah inférieur : le youd est le niveau de l’annulation de soi (bitoul), des eaux inférieures, de la 'Hokhma inférieure — un youd au début et un youd à la fin — ; et le hé est le niveau du feu et de la soif dans le cœur. Tout cela est attiré depuis le « lieu étroit », qui est le son du chofar mentionné plus haut.
Il existe aussi un Yah inférieur : son youd est l’annulation de soi des eaux inférieures, la 'Hokhma inférieure, que le maamar décrit comme un youd au début et un youd à la fin ; son hé est la soif ardente du cœur. Tous deux sont attirés depuis le lieu étroit, le chofar.
Le chofar, étroit à une extrémité et large à l’autre, illustre la manière dont le plaisir est attiré depuis le niveau qui échappe à toute appréhension — le « lieu étroit » — jusque dans l’ampleur du Nom Yah, supérieur et inférieur : 'Hokhma et Bina en haut, bitoul et aspiration en bas.
Le Likkutei Torah sur Nitsavim, cité par Kehot, applique ce verset aux fêtes : le « lieu étroit » est le chofar de Roch Hachana, étroit à une extrémité, et l’« ampleur » est Soukot, la révélation d’une bonté abondante ; ce passage renvoie au présent maamar.
Maré mekomot
- 1מן המצר קראתי · Psalms 118:5
- 2שופר שפרו מעשיכם · Midrash Tehillim 81:3
- 3כי עמך מקור חיים · Psalms 36:10
- 4לעבדה ולשמרה · Genesis 2:15
- 5י״ה עלאין . . י״ה תתאין · בסה״מ תרכ״ז (הוצאת תש״ס) ע׳ פו מציין לכאן: ”ענני במרחב י״ה שפי׳ שם על חכמה תתאה”. בלקו״ת נצבים מח, ג מציין לכאן.
- 6חכמה תתאה יו״ד בראש יו״ד בסוף · ראה אוה״ת בשלח כרך ז ע׳ ב׳תרעה. נ״ך ע׳ רח בענין זה. ובסה״מ תרל״ב ח״ב ע׳ תפט.
22ודרך כלל הוא בחי׳ תפלה בלחש כי ק״ש [קריאת שמע] וברכותיה יוצר משרתים והאופנים ברעש גדול בוערת כמראה לפידים.1
En général, cela correspond au niveau de la prière récitée à voix basse. Car, dans le Chema et ses bénédictions, « Qui forme les anges de service » et « les Ofanim avec un grand bruit », [ils sont] ardents « comme l’apparence de torches ».
Dans la prière quotidienne, le Chema et ses bénédictions, qui décrivent la louange tumultueuse des anges, correspondent à l’« élan » ardent. La Amida silencieuse, récitée à voix basse, correspond au niveau supérieur du chofar.
וע״ז [ועל זה] נאמר ותחת הרקיע כנפיהם ישרות2 שכנפיהם נק׳ עפיפתם ברצוא ממטה למעלה ברשפי אש שלהבת ובוערות וכל זה הוא תחת הרקיע שהרקיע נטוי על ראשם כעין הקרח הנורא.3 בחי׳ קרח הוא בחי׳ בטול.
À ce sujet, il est dit : « Et sous le firmament, leurs ailes étaient droites » : leurs « ailes » désignent leur envol dans l’« élan » du bas vers le haut, dans des éclats de feu et de flamme, ardents ; et tout cela se trouve sous le firmament, car le firmament est étendu au-dessus de leurs têtes « comme la glace redoutable ». Le niveau de la glace est celui de l’annulation de soi (bitoul).
Ye'hezkel vit les ailes des 'Hayot tendues droites sous le firmament : leur envol vers le haut, dans un ardent désir. Au-dessus d’elles se trouvait un firmament semblable à une glace redoutable, qui symbolise l’annulation de soi.
אבל כאשר ויהי קול מעל לרקיע אשר על ראשם4 הוא קול השופר שהוא למעלה מעלה גם מבחי׳ הרקיע והיא בעמדם בתפלה
Mais lorsque « il y eut une voix au-dessus du firmament qui était au-dessus de leurs têtes », il s’agit de la voix du chofar, qui est bien au-dessus même du niveau du firmament ; et cela se produit « lorsqu’elles se tenaient debout », dans la prière,
Au-dessus de ce firmament se trouvait une voix, que le maamar identifie au chofar, plus élevée que le firmament lui-même. Les mots « lorsqu’elles se tenaient debout » se rapportent à la prière, la Amida, la prière dite debout.
ואזי תרפינה כנפיהם שבטל ונכלל גם בחי׳ הרצוא גם בחי׳ השוב5 ומיוחדים ביחוד גמור ואינו עולה לא בשם רצוא
et alors « elles abaissaient leurs ailes » : le niveau de l’« élan » comme celui du « retour » sont annulés et inclus, et ils sont unis dans une union parfaite, sans être désignés par le nom d’« élan »
Alors, les 'Hayot abaissent leurs ailes : l’élan et le retour sont tous deux absorbés dans une union parfaite, qui ne porte ni l’un ni l’autre de ces noms.
ולא בשם שוב ומשם ענני במרחב להיות גלוי הוי״ה גם בהתרחבות הלב וזהו או יחזיק במעוזי יעשה שלום לי.
ni par le nom de « retour ». Et de là vient : « Il me répondit dans l’expansion », afin que Havaya se révèle aussi dans l’élargissement du cœur. Et c’est là le sens de : « Ou qu’il saisisse Ma forteresse, afin de faire la paix avec Moi ;
De là vient l’expansion : Havaya se révèle même dans un cœur élargi. C’est la paix dont parle Isaïe.
שלום יעשה לי. שלום בפמליא של מעלה ושל מטה6 דהיינו שיהיה מעלה ומטה שוין וכמו שהיה במצר כך במרחב כנ״ל:7
il fera la paix avec Moi » : la paix dans la cour céleste et dans la cour terrestre, c’est-à-dire que le haut et le bas soient égaux ; et, comme cela se passait dans l’étroitesse, qu’il en soit ainsi dans l’expansion, comme mentionné plus haut.
Le Talmud interprète le verset comme parlant de la paix dans les cours céleste et terrestre ; le maamar explique que cela signifie que le haut et le bas deviennent égaux : l’étroitesse se révèle dans l’expansion.
Dans la prière, l’ardent désir du Chema se situe « sous le firmament », tandis que la Amida atteint la « voix au-dessus du firmament », le chofar, où l’élan et le retour se fondent dans une union qui apporte la paix entre le haut et le bas.
Maré mekomot
- 1בוערת כמראה לפידים · Ezekiel 1:13
- 2ותחת הרקיע כנפיהם ישרות · Ezekiel 1:23
- 3כעין הקרח הנורא · Ezekiel 1:22
- 4ויהי קול מעל לרקיע אשר על ראשם · Ezekiel 1:25
- 5עפיפתם . . גם בחי׳ השוב · ראה אוה״ת תרומה ע׳ א׳תקיז.
- 6או יחזיק במעוזי . . שלום בפמליא של מעלה ושל מטה · Isaiah 27:5
- 7והיא — שבטל ונכלל · ראה ד״ה חייב אדם לברך תרל״ח ע׳ לט.
Interprétation du verset du Sinaï ¶23–26
Et c’est là le sens de : « Tout le peuple voyait les sons, les torches et le son du chofar. » Les « sons » sont des prolongements vers le bas, comme la voix physique,
On peut maintenant comprendre le verset d’ouverture. Les « sons » qu’Israël vit sont des prolongements vers le bas, comme une voix.
שהוא ענין המשכת ההבל מהלב להוציא בפה בדבור. וכך על דרך משל המשכת אור א״ס [אין סוף] ב״ה מההעלם אל הגלוי נק׳ בשם קול.2
qui consiste à faire monter le souffle du cœur pour le faire sortir par la bouche dans la parole. De même, par analogie, le prolongement de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, de l’occultation à la révélation est appelé kol, « voix ».
La voix porte le souffle du cœur vers l’extérieur, par la bouche, jusqu’à la parole ; de même, le passage de la Lumière infinie de l’occultation à la révélation est appelé une « voix ».
Les « sons » du Sinaï sont des prolongements de la Lumière infinie, de l’occultation à la révélation, comme la voix porte le souffle du cœur jusqu’à la parole.
Maré mekomot
- 1וכל העם רואים את הקולות ואת הלפידים ואת קול השופר · Exodus 20:15
- 2מההעלם אל הגילוי נק׳ בשם קול · ראה לקו״ת נשא כט, סע״א ואילך, ועוד.
24וקולות לשון רבים כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] זוכה לתורה שניתנה1 בחמשה קולות הם ה׳ פעמים מים2 כמו שיש ה׳ פעמים אור כו׳.
Et « sons » est au pluriel, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Il mérite la Torah, qui fut donnée au milieu de cinq sons. » Ceux-ci correspondent aux cinq occurrences de « eau », tout comme il y a cinq occurrences de « lumière », etc.
Le pluriel « sons » renvoie aux cinq voix avec lesquelles, selon les Sages, la Torah fut donnée. Le maamar les identifie aux cinq mentions de « l’eau », tout comme il y a cinq mentions de « lumière ».
ומים הם המשכות החסדים שיורדים ממקום גבוה למקום נמוך דהיינו גלוי המשכת אוא״ס [אור אין סוף] ב״ה במעשה המצות. ואת הלפידים דהיינו בחי׳ אש בוערות כמראה הלפידים3 ברצוא ותשוקה ממטה למעלה.
L’eau est l’influx des 'Hassadim (bontés), qui descendent d’un lieu élevé vers un lieu bas ; c’est-à-dire la révélation de l’influx de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, dans l’accomplissement des mitsvot. « Et les torches » : c’est-à-dire le niveau du feu, brûlant « comme l’apparence de torches », dans un « élan » et un désir ardent qui montent d’en bas vers le haut.
L’eau est le flux descendant des 'Hassadim, la révélation de la Lumière infinie par les mitsvot ; les « torches » représentent le feu du désir ardent qui s’élève vers le haut.
וכל העם ראו והשיגו עין בעין רואים את הנשמע45 והכל היה מפני קול השופר שקול השופר שהוא מן המצר הוא מקור התענוגים וממנו נמשך מים ואש שהם הפכים כו׳ כנ״ל:
Et tout le peuple vit et saisit, face à face, « voyant ce qui est entendu ». Tout cela était dû au son du chofar : car le son du chofar, qui vient « du lieu étroit », est la source des plaisirs, et c’est de lui que découlent l’eau et le feu, qui sont opposés, etc., comme il a été dit plus haut.
Au Sinaï, le peuple saisit tout cela avec une clarté absolue, « voyant ce qui est entendu ». Tout provenait du chofar, la source étroite des plaisirs, d’où découlent à la fois l’eau et le feu.
Les cinq « sons » du Sinaï correspondent aux cinq eaux : l’influx descendant de la Lumière infinie à travers les mitsvot. Les « torches » représentent le feu ascendant du désir ardent ; tous deux découlent du chofar, la source des plaisirs.
Rachi explique « voir les sons » par « voir ce qui est entendu », chose impossible partout ailleurs. Or HaTorah, cité par Kehot, étaye l’identification des voix à l’eau par le verset « La voix de D.ieu est sur les eaux ».
Maré mekomot
- 1זוכה לתורה שניתנה בה׳ קולות · Berakhot 6b:30
- 2הם ה׳ פעמים מים · באוה״ת פ׳ יתרו ע׳ תתקס מביא ראי׳ ”ונלע״ד ראי׳ לד׳ אדמ״ו נ״ע דה׳ קולות הם ה״פ מים מהפסוק קול ה׳ על המים, הרי מבואר ומפורש שבחי׳ קול הוא על המים”. ע״ש בארוכה.
- 3בוערות כמראה הלפידים · Ezekiel 1:13
- 4רואים את הנשמע · ראה רש״י יתרו כ, טו. וראה לקו״ש כרך ו ע׳ 120 בהערה בדיוק לשון המכילתא.
- 5רואים את הנשמע · Rashi on Exodus 20:15
« Et la montagne fumait. » La fumée apparaît lorsqu’un feu s’empare d’une chose matérielle qui contient l’élément de la terre.
« Et la montagne fumait » : la fumée apparaît lorsqu’un feu s’empare d’une chose matérielle contenant l’élément de la terre.
וכך ע״ד [על דרך] משל התהפכות נפש הבהמית שמנוגה לסטרא דקדושה נקרא בשם עשן. וטבע העשן שעולה כשמתקרב לאש מדליק ומאחיז את האש בדבר שהעשן יוצא ממנו.
De même, par analogie, la transformation de l’âme animale, qui passe de la kelipat noga au côté de la sainteté, est appelée « fumée ». La fumée, par nature, s’élève : lorsqu’elle s’approche d’un feu, elle l’attise et fait que le feu s’empare de la chose dont elle émane.
Dans l’âme, la « fumée » désigne l’âme animale qui passe de la kelipat noga à la sainteté. La fumée qui s’élève peut, en s’approchant d’une flamme, rallumer la chose dont elle provient ; de même, l’âme animale transformée attire le feu sur elle-même.
La fumée du Sinaï est l’âme animale transformée, passant de la kelipat noga à la sainteté ; comme la fumée qui rallume sa source, elle attire le feu vers le bas.
La note de Kehot sur le feu qui s’empare d’une chose matérielle renvoie à l’enseignement talmudique selon lequel seul notre feu est un feu qui « consume ».
Maré mekomot
- 1ואת ההר עשן · הנחת כ״ק אדהאמ״צ בסה״מ תקס״ה ח״ב ע׳ תרמב, ורשום ”חג השבועות”. עם הגהות באוה״ת פ׳ יתרו ע׳ תתקצד.
- 2ואת ההר עשן · Exodus 20:15
- 3שנאחז האור בדבר גשמי · Yoma 21b
26וכך ע״י ההר עשן נעשה המשכת קולות ולפידים שהם בחי׳ רצוא ושוב דסטרא דקדושה כנ״ל.
De même, par « la montagne fumante », s’opère l’émanation des « sons » et des « torches », qui correspondent aux niveaux de « course » et de « retour » du côté de la sainteté, comme mentionné plus haut.
Ainsi, la transformation de l’âme animale fait émaner les « sons » et les « torches », c’est-à-dire la course et le retour propres à la sainteté.
וירא העם וינועו.1 הנה העם האמור למעלה ברישיה דקרא וכל העם רואים וגו׳ [וגומר] קאי על ישראל.
« Le peuple vit et trembla. » Or, le « peuple » mentionné plus haut, au début du verset, dans les mots « Et tout le peuple voyait », etc., désigne Israël.
Le verset commence et se termine par « le peuple ». Le premier, celui qui « vit les sons », désigne Israël.
Mais la fin du verset, « Le peuple vit et trembla », désigne le mélange des peuples (erev rav), qui ne vit pas les sons, mais seulement « se tint à distance ».
Le second, celui qui trembla et se tint à distance, désigne le mélange des peuples, les gens des autres nations qui quittèrent l’Égypte avec Israël ; ils ne virent pas les sons.
La transformation de l’âme animale fait émaner les sons et les torches ; et les deux occurrences de « le peuple » dans le verset distinguent Israël, qui vit les sons, du mélange des peuples, qui se tint à distance.
Le Likkutei Torah sur Bamidbar, cité par Kehot, rapporte cette explication : le mélange des peuples ne voulait pas recevoir l’émanation ni l’annulation de soi, préférant recevoir de la force vitale extérieure afin de demeurer des êtres distincts, tout en étant impressionné de loin par la grandeur de D.ieu.
Maré mekomot
- 1וירא העם וינועו · Exodus 20:15
- 2הנה העם . . קאי על ערב רב · בתו״א דפוס לעמבערג שנת תור״ה ז, א נדפס קטע זה בתור הגה״ה.
- 3קאי על ערב רב . . ויעמדו מרחוק · ראה לקו״ת פ׳ במדבר ד, ב בסוף העמוד. ענין ערב רב, ראה מאמרי אדה״ז פרשיות ח״א ע׳ רמז. שלה. נביאים ע׳ קסד. אוה״ת נ״ך כרך ג ד״ה וכל בניך.
Le bitoul et son absence ¶27–31
27וביאור ענין זה הנה קולות הם המשכות מאור א״ס [אין סוף] ב״ה. דהיינו מה שאור א״ס [אין סוף] ב״ה שורה ומתגלה במה שבטל אליו ית׳. ובטול זה מפני מה שמתפעל הנפש מקרב איש ולב עמוק.1
Explication de cette idée : les « voix » sont des émanations de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il ; autrement dit, la Lumière infinie, béni soit-Il, réside et se révèle en tout ce qui s’annule devant Lui, béni soit-Il. Et cette annulation vient de ce que l’âme est émue « des profondeurs de l’intériorité de l’homme et de la profondeur du cœur ».
« Voir les voix », c’est recevoir la Lumière infinie, qui ne réside que là où se trouve l’annulation de soi. Cette annulation naît lorsque l’âme est émue depuis ses profondeurs les plus intimes, « l’intériorité de l’homme et la profondeur du cœur ».
Les « voix » sont la Lumière infinie qui réside en tout ce qui s’annule devant D.ieu ; cette annulation vient de ce que l’âme est émue dans ses profondeurs.
Maré mekomot
- 1מקרב איש ולב עמוק · Psalms 64:7
28ולהיות הנפש בחי׳ נברא ובעל גבול ותתפעל מא״ס [מאין סוף] ב״ה שאינו בבחי׳ גבול ולית מחשבה תפיסא ביה כלל הרי זה בחי׳ קול והמשכה מא״ס [מאין סוף] ובלי גבול לבחי׳ גבול.
Et pour l’âme, qui est un être créé et limité, d’être émue par l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, qui n’est pas limité et que « nulle pensée ne peut saisir » absolument, voilà le niveau d’une « voix » et d’un prolongement de l’infini et de l’illimité vers le limité.
Pour une âme créée et limitée, être émue par l’Infini sans limites, que « nulle pensée ne peut saisir », constitue en soi une « voix » : un prolongement de l’infini vers le fini.
אבל ערב רב לא1 היה בהם כח והתפעלות זו מהתבוננות בגדולת א״ס [אין סוף] ב״ה בעצמו כביכול.
Mais le mélange des nations n’avait pas cette capacité ni cette émotion provenant de la contemplation de la grandeur de l’Infini, béni soit-Il, Lui-même, pour ainsi dire.
Le mélange des nations n’avait pas la capacité d’être ému par la contemplation de D.ieu Lui-même.
וכמו עד״מ [על דרך משל] שעיקר התפעלות שלהם הוא שמתפעלים מהליכת הגלגלים2 וגדלם וגבהם שיעור גדול כל כך ואין זה אלא בחי׳ יש
Ainsi, à titre d’exemple, leur émotion principale venait de ce qu’ils étaient impressionnés par le mouvement des sphères célestes, par leur taille et par leur hauteur, si considérables ; mais cela n’est que le niveau du yesh (existence),
Ils n’étaient impressionnés que par de vastes créatures, comme le mouvement et l’immense taille des sphères célestes. C’est une admiration pour l’existence créée (yesh), et non pour D.ieu.
אבל מבחי׳ א״ס [אין סוף] ב״ה שאין לו סוף וכו׳ לא נמשך להם התפעלות כלל. ולכן אמרו ערב רב אלהים אשר ילכו3 לפנינו4 שיראוהו בעין גשמי:
tandis que du niveau de l’Infini, béni soit-Il, qui n’a pas de fin, etc., aucune émotion ne leur parvenait. C’est pourquoi le mélange des nations dit : « Des dieux qui marcheront devant nous », afin de le voir de leurs yeux physiques.
Comme rien de l’Infini ne les émouvait, ils demandèrent « des dieux qui marcheront devant nous », une divinité qu’ils puissent voir de leurs yeux physiques.
L’âme d’Israël est émue par l’Infini lui-même ; cela constitue une « voix » qui se prolonge de l’infini vers le fini. Le mélange des nations, lui, n’était ému que par la grandeur des créatures et voulait donc un dieu qu’il puisse voir.
Maré mekomot
- 1אבל ערב רב לא הי׳ בהם כח והתפעלות · ראה סה״מ תקס״ה.
- 2שמתפעלים מהליכת הגלגלים · ראה אוה״ת תשא ע׳ א׳תתקפו.
- 3אלהים אשר ילכו בפנינו · תשא לב, א.
- 4אלהים אשר ילכו לפנינו · Exodus 32:1
29ובזה יובן מה שאמרו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] על המזיקין שאלמלא ניתן רשות לעין1 כו׳. ואעפ״כ [ואף על פי כן] אין עושים כלום מפני מורא שמים. וכדאיתא בגמרא אלמלא מכרזי עלך ברקיע כו׳.2
Nous comprendrons ainsi ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit au sujet des mazikin (esprits nuisibles) : « Si l’œil en recevait la permission… », etc. Pourtant, ils ne font rien, par crainte du Ciel, comme il est rapporté dans la Guemara : « Si l’on ne proclamait pas à ton sujet dans le Ciel… », etc.
Le même principe explique le cas des mazikin, êtres spirituels nuisibles. Le Talmud dit que si l’œil pouvait les voir, aucune créature ne pourrait leur résister ; pourtant, ils ne font rien sans permission. Un démon dit ainsi à un sage que, si une proclamation céleste n’avait pas été faite à son sujet, elle lui aurait causé du tort.
ומאחר שיש להם מורא שמים כל כך עד שלא יוכלו לעבור את פי ה׳ הרי בחינה זו גדולה משל אדם שהוא בעל בחירה וא״כ [ואם כן] למה נקראו מזיקין.
Or, puisqu’ils éprouvent une telle crainte du Ciel qu’ils ne peuvent transgresser la parole de D.ieu, ce niveau est supérieur à celui de l’homme, qui possède le libre arbitre. Pourquoi, dès lors, les appelle-t-on mazikin, « nuisibles » ?
Si les mazikin craignent tellement le Ciel qu’ils ne peuvent désobéir à D.ieu, ils sembleraient supérieurs à l’homme, qui peut choisir de pécher. Pourquoi, alors, les appelle-t-on « nuisibles » ?
אך הענין שזהו כלל גדול שעיקר ההפרש בין סטרא דקדושה ובין קליפה וסטרא אחרא שהמלאכים ונשמות דסטרא דקדושה יש להם בטול מהמשכת אור א״ס [אין סוף] ב״ה בעצמו ובכבודו כביכול.
Mais voici l’explication : c’est là un grand principe. La différence essentielle entre le côté de la sainteté, d’une part, et kelipa et la sitra a'hra (l’autre côté), d’autre part, est que les anges et les âmes du côté de la sainteté possèdent une annulation de soi (bitoul) provenant de l’émanation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, en Son être propre et dans Sa gloire, pour ainsi dire.
Le grand principe est le suivant : ce qui caractérise le côté de la sainteté, tant chez les anges que chez les âmes, c’est l’annulation de soi qui découle de la réception de la Lumière infinie elle-même.
Les mazikin obéissent à D.ieu par crainte, mais ne sont pas saints. Le maamar explique que la sainteté se définit par le bitoul qui découle de la réception de la Lumière infinie elle-même.
Maré mekomot
- 1שאלמלא ניתן רשות לעין · Berakhot 6a:2–4
- 2אלמלא מכרזי עלך ברקיע כו׳ · Pesachim 112b:17
30ולכן בטול המלאכים גדול עד למאד שתפול עליהם אימתה ופחד1 אשר לא יוכלו שאת כי המשכה זו מאור א״ס [אין סוף] ב״ה עצמו היא אצלם בבחי׳ גילוי.
C’est pourquoi l’annulation des anges est extrêmement grande, au point que « terreur et effroi s’abattent sur eux », et qu’ils ne peuvent le supporter ; car cette émanation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, Lui-même, leur est révélée.
La Lumière infinie étant révélée aux anges, leur annulation est écrasante, comme la « terreur et l’effroi » décrits dans le Cantique de la mer.
משא״כ הקליפות וסטרא אחרא יניקתם ואחיזתם מעלמא דפרודא שאין המשכת אור א״ס [אין סוף] ב״ה שורה ומתגלה בהם כלל בבחי׳ א״ס [אין סוף] שהרי תופסים מקום דקרו ליה2 אלהא דאלהיא.
Il n’en va pas ainsi des kelipot et de la sitra a’hra : leur subsistance et leur emprise proviennent du monde de la séparation (alma deperuda), où l’émanation de la Lumière infinie, béni soit-Il, ne réside ni ne se révèle en eux sous son aspect infini, en aucune façon ; car ils se considèrent comme ayant une existence propre, puisqu’« ils Le nomment le D.ieu des dieux ».
La kelipa et la sitra a’hra tirent leur force vitale du « monde de la séparation », où la Lumière infinie n’est pas révélée. Elles ne reconnaissent D.ieu que comme la plus haute des puissances, Le nommant « le D.ieu des dieux », tandis qu’à leurs propres yeux, elles-mêmes demeurent quelque chose.
L’annulation des anges est écrasante parce que la Lumière infinie leur est révélée ; les kelipot tirent leur subsistance du monde de la séparation, où elle n’est pas révélée, et se considèrent donc comme existant à côté de D.ieu.
Maré mekomot
- 1שתפול עליהם אימתה ופחד · Exodus 15:16
- 2דקרו לי׳ אלקא דאלקיא · Menachot 110a:5–6
31ועל זה נאמר מלכותך מלכות כל עולמים1 וממשלתך בכל דור ודור שכל עולמות עליונים מקבלים מבחי׳ מלכותו ית׳
À ce sujet, il est dit : « Ta royauté est la royauté de tous les mondes, et Ta domination s’étend à chaque génération » : tous les mondes supérieurs reçoivent du niveau de Sa Mal’hout (souveraineté), qu’Il soit béni,
Le verset distingue la « royauté » sur « tous les mondes » de la « domination » dans « chaque génération ». Les mondes supérieurs reçoivent de la Mal’hout de D.ieu.
שממליכים אותו ומלכותו קבלו עליהם ברצון לכך חל עליהם שם מלוכה כמו במלך בשר ודם שנק׳ מלך שכאשר בני המדינה המליכוהו עליהם.
car ils Le proclament roi et acceptent volontairement Sa royauté ; le nom de « royauté » s’applique donc à eux. Il en va comme pour un roi de chair et de sang, qui est appelé roi lorsque les habitants du pays l’ont proclamé roi sur eux.
Ils acceptent volontairement Son règne et, comme dans le cas d’un roi humain, la royauté n’existe que lorsque le peuple accepte le roi sur lui.
משא״כ בכל דור ודור שהם עלמא דפרודא לא יחול עליהם שם מלוכה אלא ממשלה2 שהוא בעל כרחם.
Il n’en va pas ainsi pour « chaque génération », qui constitue le monde de la séparation : le nom de « royauté » ne s’applique pas à elle ; seule s’applique la « domination », qui s’exerce contre sa volonté.
« Chaque génération » désigne le monde de la séparation, qui ne L’accepte pas volontairement ; D.ieu y règne donc par la « domination », contre sa volonté.
Les mondes supérieurs acceptent volontairement la royauté de D.ieu : il s’agit donc de « royauté ». Le monde de la séparation est gouverné contre sa volonté : il s’agit de « domination ».
Kehot relève que la transcription du Rabbi précédent précise la question à laquelle répond le paragraphe suivant : comment peut-on parler de « bénédiction », c’est-à-dire d’un accroissement, dans la Lumière infinie elle-même, qui n’a besoin d’aucun accroissement ?
Maré mekomot
- 1מלכותך מלכות כל עולמים · Psalms 145:13
- 2ממשלה — וזהו ומברכים · מובא באוה״ת פ׳ כי תשא ע׳ א׳תתפא. וראה בסהמ״צ להצ״צ מצות מחצית השקל סה, א. בסה״מ תקס״ה ח״ב ע׳ תרמו מפרש הקושיא ”לכאורה אינו מובן לשון ברכה ורבוי בעצמות אור א״ס ב״ה דכלום הוא צריך להגדלה ורבוי מאחר שהוא בחי׳ א״ס כו׳ כידוע”.
Bénir D.ieu par la Torah ¶32
32וזהו ומברכים אותך יתברך שמך בפי כל חי פי׳ שאנחנו בני ישראל מברכים וממשיכים אותך ממש
Et c’est là le sens de : « et Te bénissant, que Ton Nom soit béni par la bouche de tout être vivant ». Autrement dit, nous, les enfants d’Israël, Te bénissons et Te faisons réellement descendre,
Les mots de la prière après le repas, « et Te bénissant, que Ton Nom soit béni par la bouche de tout être vivant », signifient que le peuple d’Israël « bénit » D.ieu au sens où il Le fait descendre.
דהיינו המשכת אור א״ס [אין סוף] ב״ה בעצמו ובכבודו יתברך וברכה והמשכה זו היא בקולות דהיינו בתורה שניתנה בה׳ קולות ה׳ המשכות.
c’est-à-dire que nous faisons descendre la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, en Son être propre et dans Sa gloire, béni soit-Il. Cette bénédiction et cette descente s’accomplissent par les « voix », c’est-à-dire par la Torah, qui fut donnée avec cinq voix, cinq descentes.
Cette descente de la Lumière infinie elle-même s’accomplit par les « voix », la Torah ayant été donnée avec cinq voix.
הגם שהתורה מלובש׳ בענייני׳ [בעניינים] גשמיים וגם אנחנו מלובשים בגוף הגשמי הנה לפניו יתברך כחשכה כאורה.1
Bien que la Torah soit revêtue de sujets matériels et que nous aussi soyons revêtus d’un corps matériel, devant Lui, béni soit-Il, « les ténèbres sont comme la lumière ».
Bien que la Torah et le peuple juif soient tous deux revêtus d’une forme matérielle, devant D.ieu, les ténèbres et la lumière sont semblables : le monde matériel ne fait donc pas obstacle à Sa présence.
וכל היושב ושונה2 הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] שונה כנגדו3 כו׳. ודברי אשר שמתי בפיך4 ויתברך שמו בפי כל חי ששאר כל חי מברכים רק שמך בלבד:
Et « quiconque s’assied et étudie, le Saint béni soit-Il étudie face à lui », etc. Et : « les paroles que J’ai placées dans ta bouche ». Et : « que Son Nom soit béni par la bouche de tout être vivant » : car tous les autres êtres vivants ne bénissent que Ton Nom seul.
Lorsqu’une personne étudie, D.ieu « étudie face à elle », et Ses paroles sont dans notre bouche. Les autres êtres bénissent uniquement Son « Nom », Son expression extérieure, tandis qu’Israël fait descendre Son être même.
Israël « bénit » D.ieu en faisant descendre la Lumière infinie elle-même par la Torah des cinq voix. Le monde matériel ne fait pas obstacle à Sa présence, tandis que les autres êtres ne bénissent que Son Nom.
Maré mekomot
- 1כחשכה כאורה · Psalms 139:12
- 2וכל היושב ושונה · תדב״א רבה רפי״ח.
- 3וכל היושב ושונה הקב״ה שונה כנגדו · Tanna DeBei Eliyahu Rabbah 18:1
- 4ודברי אשר שמתי בפיך · Isaiah 59:21
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Chacun, et pas seulement ceux qui ont des aptitudes spirituelles particulières, peut atteindre l’élan et le retour d’Avraham par les mitsvot matérielles accomplies exactement comme elles ont été prescrites : leurs détails précis sont le feu, et la divinité qu’elles attirent vers le bas est l’eau. Les épreuves, qu’elles touchent le peuple ou l’individu, sont un creuset qui raffine les mitsvot de chacun, afin qu’elles s’élèvent dans la Lumière infinie. Et l’ardente aspiration suscitée par le Chema doit mener au bitoul paisible de la Amida, où l’aspiration et le calme ne font plus qu’un.
Questions à discuter
- Pourquoi l’observance spirituelle d’Avraham, aussi élevée fût-elle, ne pouvait-elle accomplir ce que les mitsvot matérielles données au Sinaï accomplissent ?
- Comment l’« eau » de la compréhension peut-elle renforcer le « feu » de l’aspiration du cœur au lieu de l’éteindre ?
- Que signifie le fait que la paix provient d’un niveau supérieur aux deux opposés, et comment les extrémités étroite et large du chofar l’illustrent-elles ?
- Pourquoi la Torah ne put-elle être donnée qu’après l’exil d’Égypte, et que déduit le maamar de cela au sujet de l’exil actuel et des souffrances personnelles ?
- Selon l’opposition que le maamar établit entre Israël et le mélange des nations, qu’est-ce qui distingue le fait d’être impressionné par les créations de D.ieu du fait d’être touché par D.ieu Lui-même ?