Torah Ohr · Parshas Toldos · Maamar 5
ראה ריח בני כריח שדה אשר ברכו ה׳
« Vois, le parfum de mon fils est comme le parfum d’un champ »
L’idée centrale
Its'hak voulait révéler en Essav lui-même une grande lumière enveloppante, mais une telle lumière ne peut transformer les ténèbres que par Yaakov. Yaakov, recevant la bénédiction « par ruse », fit descendre dans la Torah et les mitsvot matérielles une lumière qui dépasse tout l’ordre des mondes.
Le maamar en bref
Le maamar demande pourquoi Its'hak estimait Essav, alors qu’il savait aussi que celui-ci ne prononçait jamais le Nom de D.ieu. Essav est le rebut de la Guevoura d’Its'hak, et pourtant sa « tête » repose dans le sein d’Its'hak. À partir des onze épices de l’encens, l’Admour Hazaken explique que dix d’entre elles correspondent aux dix niveaux de kelipa, dont la force vitale sainte est « en exil » et engloutie, alimentant leur orgueil ; la onzième, l’oliban, est une lumière enveloppante qui les soutient d’en haut sans être engloutie. Cette racine enveloppante est la « tête » d’Essav : d’où ses questions pieuses, alors qu’au fond de lui-même il est dépourvu du Nom de D.ieu. Voyant Essav d’en haut, Its'hak voulait faire descendre en lui une grande lumière afin de libérer les étincelles qu’il détenait ; mais cela ne peut se faire que par Yaakov. Essav ne reçoit donc qu’un résidu et doit « servir son frère ». Le parfum est une élévation d’en bas, et faire descendre une lumière enveloppante requiert une élévation enveloppante : pour Yaakov, c’est la techouva de « ses rebelles », un retour qui dépasse tout réceptacle. La bénédiction fait descendre, par le pouvoir de mesure d’Its'hak, une lumière qui dépasse l’enchaînement des mondes jusque dans la Torah et les mitsvot matérielles. Elle fut donnée par ruse, à l’insu d’Its'hak, afin de réparer la ruse du serpent.
Plan
- La question : comment Its'hak voyait-il Essav ?Essav impressionnait Its'hak par ses questions pieuses, mais ne prononçait jamais le Nom de D.ieu. Il est le rebut de la Guevoura d’Its'hak, et pourtant sa « tête » repose dans le sein d’Its'hak.¶1
- Les onze épices et les kelipotDix épices correspondent aux dix niveaux de kelipa, dont la force vitale sainte est engloutie en exil ; la onzième, l’oliban, est une lumière enveloppante qui les domine. Cette racine enveloppante est la « tête » d’Essav.¶2–4
- Les étincelles en Essav et le dessein d’Its'hakEssav détient des étincelles saintes, de grandes âmes à venir. Its'hak voulait les libérer directement d’Essav au moyen d’un grand supplément de lumière, la « rosée » et l’« huile » suprêmes.¶5–6
- L’erreur d’Its'hak et la bénédiction effectivement reçue par EssavEssav ne peut être raffiné que par Yaakov ; Essav ne reçoit donc qu’une part de l’« abondance », la rosée seulement « d’en haut », et à condition qu’il serve son frère.¶7
- Le parfum comme élévation d’en basToute effusion d’en haut est suscitée par une élévation d’en bas ; une lumière enveloppante requiert une élévation enveloppante. Le parfum est cette élévation, et le « champ qu’a béni Havaya » est l’élévation de Mal'hout, qui a besoin d’une aide d’en haut.¶8–11
- Le parfum de Yaakov : les baalei techouvaPour Yaakov, lisons « ses vêtements » comme « ses rebelles », les baalei techouva, qui attirent une lumière dépassant tout réceptacle en méditant sur la grandeur de D.ieu et en criant de se trouver séparés de Lui.¶12–14
- Ce que la bénédiction ajoutait, et pourquoi elle fut donnée par ruseLa bénédiction fait descendre, par le pouvoir de mesure d’Its'hak, une lumière qui dépasse l’enchaînement des mondes jusque dans la Torah et les mitsvot matérielles. Elle fut donnée à l’insu d’Its'hak, réparant la ruse du serpent en faisant descendre le spirituel dans le matériel.¶15–16
Notions clés
- Oliban (levona)לבונה
- La onzième épice de l’encens : une lumière enveloppante qui soutient les kelipot d’en haut sans être absorbée par elles. C’est la « tête » d’Essav, qui demeure dans le domaine de la sainteté.
- Les dix couronnes d’impuretéיו״ד כתרין דמסאבותא
- Les dix niveaux de kelipa, qui reflètent les dix Séfirot saintes et attirent d’elles un faible rayonnement de vie.
- La force vitale en exilחיות בסוד גלות
- Une force vitale sainte captive dans la kelipa, qui y est engloutie et y nourrit l’orgueil au lieu de l’annulation de soi.
- Lumière enveloppante et lumière intérieureמקיף ופנימי
- La lumière intérieure pénètre dans un réceptacle selon sa capacité ; la lumière enveloppante est trop grande pour être contenue et agit sur lui depuis l’extérieur.
- Élévation des mayin noukvinהעלאת מ״ן
- L’élévation d’en bas (« eaux féminines ») qui appelle une effusion d’en haut ; sa nature, intérieure ou enveloppante, détermine ce qui est attiré vers le bas.
- Parfumריח
- Une lumière de retour qui s’élève d’en bas, liée à la Guevoura et au raffinement des étincelles tombées ; elle « restaure l’âme » et fait descendre la lumière enveloppante.
- Botzina dekardinusaבוצינא דקרדוניתא
- La « lampe des ténèbres », racine des Guevourot et de la ligne de mesure ; la source d’Its'hak, par laquelle une lumière supplémentaire atteint le monde matériel.
- Mazal et mériteמזלא / זכותא
- Le mérite suit la mesure ordonnée des mondes ; le mazal est une effusion qui provient de ce qui dépasse toute mesure et est accordée même à celui qui ne la mérite pas.
La question : comment Its'hak voyait-il Essav ? ¶1
1ראה ריח בני12 כריח שדה אשר3 ברכו ה׳. להבין דהא יצחק הבין שהוא עשו ואיך היה חשוב בעיניו כ״כ. גם באמת אינו מובן איך היה עשו בעיני יצחק.
« Vois, le parfum de mon fils est comme le parfum d’un champ que D.ieu a béni. » [Il faut] comprendre : Yits’hak comprit que c’était Essav ; comment donc celui-ci était-il si estimé à ses yeux ? En vérité, on ne comprend pas non plus quelle était l’opinion de Yits’hak sur Essav.
Le maamar s’ouvre sur les paroles de Yits’hak, qui sentit les vêtements du fils qu’il bénissait. La question est la suivante : Yits’hak croyait qu’Essav se tenait devant lui ; pourquoi le « parfum » d’Essav l’émut-il tant, et que pensait-il réellement de lui ?
Car, à un endroit, le verset dit : « car le gibier était dans sa bouche » ; il le trompait par des questions telles que : comment prélève-t-on la dîme sur la paille ? etc.
La Torah dit que Yits’hak aimait Essav « car le gibier était dans sa bouche » ; les Sages interprètent cela comme signifiant qu’Essav « capturait » son père par ses paroles, en posant des questions aux allures pieuses, par exemple comment prélever la dîme sur la paille — qui, en réalité, n’a pas besoin d’être soumise à la dîme. Yits’hak semblait donc penser qu’Essav veillait à l’observance des mitsvot.
Et, à un autre endroit, le verset dit : « La voix est la voix de Yaakov » ; c’est parce qu’il avait dit : « car Havaya, ton D.ieu, l’a fait se présenter à moi », etc., et il savait qu’Essav n’avait pas le Nom du Ciel à la bouche.
Pourtant, lorsque Yaakov déguisé dit : « Havaya, ton D.ieu, l’a fait se présenter à moi », Yits’hak soupçonna que ce n’était pas Essav, car Essav n’avait pas l’habitude de prononcer le Nom de D.ieu. Yits’hak connaissait donc aussi la grossièreté intérieure d’Essav ; les deux versets semblent se contredire.
אך הענין כי הנה עשו סוספיתא דדהבא10 פסולת הגבו׳ דיצחק שהוא בחי׳ מעלת הזהב על הכסף ומפסולת שלו יצא עשו ורישא דעשו בעטפוי דיצחק.11
Mais voici de quoi il s’agit : Essav est « le rebut de l’or » (sosfisa dedahava), le résidu de la Guevoura de Yits’hak, qui représente la supériorité de l’or sur l’argent ; Essav est issu de ce résidu. Et « la tête d’Essav [repose] dans le giron de Yits’hak ».
La réponse commence par une image kabbalistique : Essav est le « rebut » qui subsiste après l’affinage de l’or, et l’or représente la Guevoura, l’attribut de Yits’hak, qui, dans la sainteté, est supérieur à « l’argent » du ’Hessed. Essav est issu de ce rebut, mais sa « tête » repose dans le giron de Yits’hak : quelque chose au sommet d’Essav demeure enraciné dans la sainteté.
Le paragraphe pose la question du maamar : Yits’hak semble à la fois estimer Essav et connaître sa grossièreté. Il répond qu’Essav provient du rebut de la Guevoura de Yits’hak, tandis que sa « tête » demeure dans le giron de celui-ci.
L’expression « la tête d’Essav dans le giron de Yits’hak » rappelle la tradition, citée dans les notes de Kehot d’après le Targoum Yonatan ben Ouziel sur le récit de l’enterrement de Yaakov, selon laquelle la tête d’Essav roula jusque dans la grotte de Makhpéla et vint se poser sur les genoux de Yits’hak. L’interprétation ’hassidique voit dans cette « tête » la racine la plus élevée, englobante, d’Essav, qui ne quitta jamais la sainteté.
Maré mekomot
- 1ראה ריח בני · ב׳ נוסחאות אחרות בסה״מ תקס״ה ע׳ יז. הנחה אחרת מהמאמר עם הגהות באוה״ת כרך ד תתכט, ב. כרך ז תתתיט, א. ראה לעיל בציונים לכ״ק אדמו״ר זי״ע. מאמר זה נזכר באוה״ת ואתחנן כרך ו ע׳ ב׳תסז. ד״ה זה בסה״מ תרל״ט ח״א ע׳ כו מיוסד על מאמר זה. וראה במ״מ לשם. ראה עבודת הלוי לא, ב.
- 2ראה ריח בני · Genesis 27:27
- 3
- 4כי ציד בפיו · Genesis 25:28
- 5איך מעשרין את התבן · בלקו״ש חכ״ה ע׳ 121 מבאר הטעם שרימה ליצחק במצות מעשר דוקא ע״ש.
- 6הקל קול יעקב · Genesis 27:22
- 7כי הקרה ה׳ אלקיך · Genesis 27:20
- 8אין ש״ש שגור בפיו · Bereshit Rabbah 65:19–20
- 9וידע שעשו אין ש״ש שגור בפיו · Rashi on Genesis 27:21
- 10עשו סוספיתא דדהבא · Zohar I, 137b
- 11ורישא דעשו בעטפוי דיצחק · Genesis 50:17
Les onze épices et les kelipot ¶2–4
2ולהבין ענין רישא הנה יש י״א סממני הקטרת הצרי והצפורן כו׳ והם כנגד יו״ד כתרין דמסאבותא1 שהוא החיות שבקדושה המחי׳ את זלע״ז
Pour comprendre la notion de « tête », il existe onze épices de l’encens, « le baume et l’onycha », etc., correspondant aux dix couronnes de l’impureté (kisrin demisaavusa) ; celles-ci sont la force vitale de la sainteté qui donne vie à son opposé.
Pour expliquer ce qu’est la « tête » d’Essav, l’Admour Hazaken se tourne vers l’encens du Temple, composé de onze épices. Elles correspondent aux « dix couronnes de l’impureté », la structure du côté non saint, et représentent la force vitale issue de la sainteté qui fait vivre le côté que D.ieu a créé « opposé » à la sainteté.
כמו שיש בקדושה י״ס כך יש ממש בקליפה הארה מי״ס דקדושה. אך בקדושה עשר ולא תשע23 ולא4 י״א ובקליפה הוא י״א סממני הקטורת.
Car, de même qu’il existe dix Séfirot dans la sainteté, il existe exactement dans la kelipa une lueur issue des dix Séfirot de la sainteté. Mais, dans la sainteté, elles sont « dix et non neuf », ni onze ; tandis que, dans la kelipa, il s’agit des onze épices de l’encens.
La kelipa possède dix niveaux, car elle reçoit une lueur de chacune des dix Séfirot saintes. Sefer Yetsira affirme que la sainteté compte exactement dix Séfirot, « ni neuf ni onze » ; pourtant, l’encens comporte onze épices. Le paragraphe suivant explique la présence de la onzième, l’oliban.
Le paragraphe introduit le modèle de l’encens : dix épices correspondant aux dix niveaux de la kelipa, qui tirent leur force vitale des dix Séfirot de la sainteté, et une onzième épice qui les dépasse.
La note de Kehot explique qu’elles sont appelées « couronnes » parce qu’une couronne se place au-dessus de la tête et l’entoure ; elle évoque ainsi une lumière englobante. Le onzième élément indique une lumière qui soutient les kelipot depuis le haut sans pénétrer en elles.
Maré mekomot
- 1כתרין דמסאבותא · ונק׳ כתרין, דכתר הוא עטרה ע״ג הראש שהוא מקיף. ראה ד״ה פתח אליהו תש״ב ע׳ 82. בד״ה ויתן לך תשכ״ח הערה 17 (בסה״מ מלוקט חלק ד ע׳ סד) מציין ”ראה ע״ח שער יא (שער המלכים) פ״י. פע״ח שער ו׳ (שער הקדישים) פ״ד”.
- 2עשר ולא תשע · Zohar II, 187b
- 3עשר ולא תשע · Pardes Rimmonim 1:7–8
- 4עשר ולא תשע ולא י״א · Sefer Yetzirah 1:4
3והענין כי ע״י החיות1 שנמשך בקדושה הנה כתיב וצבא השמים לך משתחוים2 שהם בטלים מחמת שמשיגים החיות שנמשך עליהם מקדושתו ית׳ משא״כ הקליפות הם מגביהים א״ע כנשר3 כו׳
Voici l’explication : au sujet de la force vitale qui se déploie dans la sainteté, il est écrit : « Et l’armée des cieux se prosterne devant Toi », car ses membres sont annulés, puisqu’ils perçoivent la force vitale qui se déploie en eux depuis Sa sainteté, béni soit-Il. Les kelipot, en revanche, se dressent « comme l’aigle », etc.,
Dans la sainteté, les êtres créés — « l’armée des cieux » — se prosternent devant D.ieu, car ils perçoivent la force vitale divine qui les soutient et sont ainsi annulés devant elle. Les kelipot, bien qu’elles aussi soient maintenues en vie par la sainteté, font le contraire : elles se dressent « comme l’aigle », dans l’orgueil.
בחוצפה והיינו לפי שהחיות הנמשך אליהם הוא אצלם בסוד גלות4 ולפיכך הגם שנמשך אליהם מחיות דקדושה אינם בטלים ואדרבה מגביהים א״ע כנשר כו׳5 והחיות שנמשך להם הוא נבלע בתוכם.6
avec insolence. En effet, la force vitale qui se déploie en elles est, en leur sein, dans un état d’exil. C’est pourquoi, bien qu’elles reçoivent une force vitale de la sainteté, elles ne sont pas annulées. Au contraire, elles se dressent « comme l’aigle », etc., et la force vitale qui leur est accordée est absorbée en elles.
La raison en est que la force vitale sainte qui se trouve en elles est « en exil » : elle est captive et cachée, si bien qu’elles ne la ressentent pas comme divine. Au lieu de les rendre humbles, elle est absorbée en elles et nourrit leur sentiment de leur propre importance.
אך כיצד הם חיים וקיימים מקדושה מאחר שהחיות נבלע בתוכם הנה זהו ענין לבונה7 שבי״א סממני הקטורת שהוא אור המקיף עליהם מלמעלה8 ואינו נבלע בתוכם.
Mais alors, comment vivent-elles et subsistent-elles grâce à la sainteté, si la force vitale est absorbée en elles ? C’est là le sens de l’oliban (levona), parmi les onze épices de l’encens : il est la lumière englobante (Or Makif) qui se tient au-dessus d’elles et n’est pas absorbée en elles.
Une difficulté se présente : si la force vitale sainte est absorbée en elles, qu’est-ce qui les maintient en existence ? La réponse est la onzième épice, l’oliban : une lumière englobante qui rayonne sur elles depuis le haut et n’est jamais absorbée en elles.
Le paragraphe explique la différence entre la sainteté et la kelipa dans leur réception de la force vitale divine, puis introduit l’oliban comme une lumière englobante qui soutient les kelipot depuis le haut.
Les notes de Kehot établissent un lien avec Torah Ohr, Bereshis, où l’oliban est « entièrement bon », car il ne fait qu’entourer les kelipot et ne se mêle jamais à elles ; et avec Likkutei Torah, Tazria, qui cite ce maamar à propos de la Lumière infinie ne rayonnant sur les kelipot que comme un makif. D’après ce qu’indique la note, Or HaTorah sur les Neviim ajoute que ce makif est d’un niveau très élevé, enraciné dans la lumière englobante du monde de Tohou.
Maré mekomot
- 1והענין כי ע״י החיות · בכת״י 1099: על החיות. ראה אוה״ת תבוא ע׳ תתרעב.
- 2וצבא השמים לך משתחוים · Nehemiah 9:6
- 3מגביהים א״ע כנשר · Obadiah 1:4
- 4שהחיות . . אצלם בסוד גלות · ראה הערות וקיצורים לתניא לכ״ק אדמו״ר הצ״צ לפרק ו. ובליקוט פי׳ שם ובאוה״ת כאן.
- 5שו״ה ואדרבה — א״ע כנשר כו׳ · בבוך 1824 בשינוים: א״ע בחופצה וגסה״ר והיינו לפי שהחיות הנמשך אליהם הוא בסוד גלות נבלע בתוכם: הנה זהו.
- 6הוא נבלע בתוכם · מענין הבליעה — ראה בד״ה פתח אליהו תש״ב ע׳ 80.
- 7הנה זהו ענין לבונה · ראה לעיל ה, ג. המשך זאת חנוכת המזבח תר״מ סעי׳ יז. בלקו״ת שה״ש י, א מציין לכאן. מובא בביאוה״ז להצ״צ כרך ב ע׳ תתקמו. ושם מציין לאוה״ת חנוכה כרך ב רפב, ב.
- 8שהוא אור המקיף עליהם מלמעלה · ראה לקו״ת תזריע כג, ד. ובהמשך תער״ב ר״פ רי. באוה״ת נ״ך כרך א ע׳ תקלג מבאר שכאן נתבאר דזה המקיף הוא בחי׳ גבוה ושרשו ממקיף דתהו שלמעלה מהתיקון ע״ש.
4ולפי שהוא אור המקיף מלמעלה מן הדעת שלהם ואינם מרגישים בו והחיות שנמשך להם בפנימית נבלע כנ״ל לפיכך הם מתגאים ומגביהים א״ע בחוצפה כנ״ל.
Et, parce qu’il s’agit d’une lumière englobante située au-dessus de leur perception et qu’elles ne la ressentent pas, tandis que la force vitale qui se déploie en elles intérieurement est absorbée, comme expliqué plus haut, elles deviennent orgueilleuses et se dressent avec insolence, comme expliqué plus haut.
Comme la lumière de l’oliban reste au-delà de la perception des kelipot, celles-ci ne la ressentent jamais ; quant à la force vitale intérieure, elle est absorbée. Rien, dans leur expérience, ne les rend donc humbles, et elles deviennent orgueilleuses et insolentes.
ובחי׳ לבונה הוא המחבר י״ס דקדושה להאיר לע״ס דמסאבותא והוא רישא דעשו דהיינו בחי׳ המקיף מלמעלה הוא נכלל בעטפוי דיצחק ממש בקדושה
Le niveau de l’oliban est ce qui relie les dix Séfirot de la sainteté, afin qu’elles rayonnent dans les dix Séfirot de l’impureté. Il est aussi « la tête d’Essav » : autrement dit, le niveau de la lumière englobante d’en haut est inclus dans « le giron de Yits’hak », véritablement au sein de la sainteté.
L’oliban est le lien qui permet aux Séfirot saintes de rayonner dans les Séfirot impures. Cette lumière englobante est « la tête d’Essav » : le point le plus élevé d’Essav, qui demeure dans la sainteté, dans le giron de Yits’hak.
ולכן מצד בחינת המקיף עשו שואל איך מעשרין את התבן ומצד הפנימיות אין ש״ש שגור בפיו:
C’est pourquoi, du côté du niveau de la lumière englobante, Essav demande comment prélever la dîme sur la paille ; mais, du côté de la dimension intérieure (pnimiyout), le Nom du Ciel n’est pas à sa bouche.
Cela résout la question initiale. Du fait de sa racine englobante, Essav avait réellement une attirance pour les mitsvot, comme le montre sa question sur la dîme ; mais son être intérieur, où la force vitale sainte était absorbée, ne faisait pas mention du Nom de D.ieu.
Le paragraphe applique ce modèle à Essav : sa « tête » est la lumière englobante qui demeure dans la sainteté, tandis que la force vitale sainte est absorbée en son être intérieur. Cela explique les deux aspects de la manière dont Yits’hak le voyait.
Les étincelles en Essav et le dessein d’Its'hak ¶5–6
Or, il est connu que la force vitale présente dans les dix couronnes de l’impureté s’explique par ce verset : « Il a englouti des richesses, il les vomira », et par celui-ci : « Le temps où l’homme domine l’homme tourne à son malheur. »
Les kelipot ont une force vitale parce qu’elles ont « englouti » des étincelles saintes, qu’elles devront finalement restituer (« il a englouti des richesses, il les vomira »). De même, le temps où le mal domine l’homme est « à son malheur » : son pouvoir prendra fin et le bien qu’il retient sera libéré.
Cela tient aux étincelles qui tombèrent en elles au commencement de la création du monde, lors du brisement des réceptacles (« et il régna, et il mourut », etc.), ainsi qu’au péché de l’Arbre de la connaissance,
Les étincelles tombèrent dans les kelipot de deux manières : lors du « brisement des réceptacles » au commencement de la création, auquel la Torah fait allusion par les rois d’Edom qui « régnèrent » puis « moururent », et par le péché d’Adam avec l’Arbre de la connaissance.
כמ״ש בס׳ הגלגולים5 ולפיכך נמשך להם החיות בם6 שהוא בסוד גלות כמארז״ל לא גלו ישראל7 אלא כדי להוסיף עליהם גרי׳ וכן בעשו היו ניצוצות כמו ר״מ
comme il est écrit dans Sefer HaGilgulim. C’est pourquoi la force vitale qui se déploie en elles s’y trouve en état d’exil, comme l’ont dit nos Sages de mémoire bénie : « Israël ne fut exilé que pour que des prosélytes s’ajoutent à eux. » De même, Essav contenait des étincelles, telles que Rabbi Meïr,
Parce que les étincelles sont captives, la force vitale des kelipot est « en exil ». Les Sages disent qu’Israël fut exilé pour rassembler des prosélytes ; cela signifie qu’il devait élever les étincelles dispersées parmi les nations. Essav, lui aussi, contenait des étincelles saintes, que la tradition identifie à de grandes âmes descendues de lui ou issues de son côté, à commencer par Rabbi Meïr.
ואונקלוס ושמעי׳ ואבטליון ועובדיה ומהם הי׳ ציד בפיו והי׳ רוצה יצחק להוציא ממנו בעצמו שלא ע״י יעקב
et Onkelos, Chémaya et Avtalyon, ainsi qu’Obadia ; et c’est d’elles que venait le « gibier dans sa bouche ». Yits’hak voulait les faire sortir d’Essav lui-même, et non par l’intermédiaire de Yaakov.
D’autres âmes de cette sorte furent Onkelos le prosélyte, les sages Chémaya et Avtalyon, ainsi que le prophète Obadia. Ces étincelles étaient à l’origine du « gibier dans sa bouche » d’Essav, de ses propos sur les mitsvot, et Yits’hak voulait les libérer directement d’Essav, sans l’intervention de Yaakov.
כי הרי גם עכשיו חיל בלע ויקיאנו רק שהוא ע״י יעקב שהוא בחי׳ ז״א שכל האורות שלמעלה נכללים בו והוא מתלבש ביצי׳ ביומין דחול בחי׳ עבדו זקן ביתו8 להעלות משם ולברר כנ״ל.9
Car, aujourd’hui encore, « il a englouti des richesses, il les vomira », mais cela se fait par l’intermédiaire de Yaakov, qui est le niveau de Zeir Anpin, dans lequel sont incluses toutes les lumières supérieures. Les jours de semaine, il s’habille dans Yetsira, le niveau de « son serviteur, l’ancien de sa maison », afin d’en élever les étincelles et de les raffiner, comme expliqué plus haut.
En général, les étincelles sont récupérées par l’intermédiaire de Yaakov, qui représente Zeir Anpin, la configuration en laquelle sont incluses toutes les lumières supérieures. Les jours de semaine, il descend dans le monde de Yetsira — le niveau d’Eliézer, « son serviteur, l’ancien de sa maison » — afin d’en élever et d’en raffiner les étincelles.
אך יצחק רצה שיהי׳ זה שלא ע״י ז״א רק שיהי׳ התגלות האורות העליונים בעשו עצמו והוא ענין תוס׳ ורבוי האור
Mais Yits’hak voulait que cela se produise non par l’intermédiaire de Zeir Anpin, mais par la révélation des lumières supérieures en Essav lui-même ; telle est la notion d’un supplément et d’un accroissement de lumière.
Yits’hak voulait une autre voie : que les lumières supérieures se révèlent au sein d’Essav lui-même, et non par l’intermédiaire de Zeir Anpin. Cela exigeait un supplément, une mesure plus grande de lumière.
כי הרי לברר הטוב מן הרע צריך להאיר שם אור רב כדי שיע״ז יקלוט וילקט כל הניצוצו׳ הנשפעים שמה.
Car, pour raffiner le bien du mal, une grande lumière doit y rayonner, afin qu’il puisse ainsi capter et recueillir toutes les étincelles qui s’y sont déversées.
Cette lumière supplémentaire est nécessaire, car séparer le bien du mal requiert une lumière puissante, capable d’en extraire et d’en recueillir toutes les étincelles qui y sont tombées.
Le paragraphe explique pourquoi Essav contient des étincelles saintes, et pourquoi Yits’hak voulait les faire sortir d’Essav lui-même, au moyen d’une grande lumière supplémentaire, plutôt que par l’intermédiaire de Yaakov.
Les deux causes de la chute des étincelles — le brisement des réceptacles et le péché de l’Arbre de la connaissance — sont toutes deux citées par la note de Kehot d’après Sefer HaGilgulim, ch. 2. L’idée que Yaakov (Zeir Anpin) descend dans Yetsira les jours de semaine pour raffiner les étincelles est opposée au Chabbat, où les mondes s’élèvent.
Maré mekomot
- 1חיל בלע ויקיאנו · Job 20:15
- 2ועת אשר שלט האדם · Ecclesiastes 8:9
- 3וימלך וימת · Genesis 36:33
- 4שו״ה וימלוך — כו׳ וגם · בבוך 1824 במקומו: והוא.
- 5בס׳ הגלגולים · פ״ב.
- 6שו״ה נמשך — בם · בבוך 1824: גם.
- 7לא גלו ישראל · Pesachim 87b
- 8עבדו זקן ביתו · Genesis 24:2
- 9שו״ה ביתו — כנ״ל · בבוך 1824: כו׳.
6וזהו ויתן לך האלקים מטל השמים1 הוא טלא דעתיקא דנטיף לז״א בחי׳ שמים. ומשמני הארץ שמן הוא חכמה2 ואבא יסד ברתא3 הנקרא ארץ ורצה להמשיך בחי׳ הטל והשמן דלעילא שעי״ז יהי׳ העלאת הניצוצים
Telle est la signification de : « Et que Elokim te donne de la rosée des cieux » : il s’agit de « la rosée d’Atika qui s’écoule vers Zeir Anpin », le niveau des « cieux ». « Et de la graisse de la terre » : l’huile est la 'Hokhma, et « Abba fonda la fille », appelée « terre ». Yits’hak voulait faire descendre le niveau de la rosée et de l’huile supérieures, afin que les étincelles puissent ainsi s’élever,
La bénédiction de Yits’hak est interprétée comme une cartographie des lumières supérieures. La « rosée des cieux » est la « rosée d’Atika » du Zohar, qui s’écoule dans Zeir Anpin, appelé « cieux » ; la « graisse de la terre » est l’huile, symbole de la 'Hokhma, qui fonde Mal'hout, « la fille », appelée « terre ». Yits’hak voulait faire descendre ces lumières supérieures afin que les étincelles s’élèvent.
comme nous le voyons, à titre d’analogie : lorsque le soleil brille sur la terre, dans la chaleur du jour, il en aspire l’humidité, et « une vapeur s’élevait de la terre » ;
Première analogie : la chaleur du soleil aspire l’humidité de la terre et la fait monter sous forme de vapeur. Une lumière puissante venant d’en haut attire vers elle ce qui se trouve en bas.
וכן בנר לפני האבוקה הגדולה שואבת אור הנרות כך ע״י הארה עליונה הבאה בתוס׳ ורבוי מלמעלה שואב ולוקט כל הניצוצין שנפלו למטה.
de même, une bougie placée devant une grande torche voit sa lumière attirée par celle-ci. Ainsi, par une illumination supérieure qui vient d’en haut avec un supplément et un accroissement, toutes les étincelles tombées en bas sont attirées et recueillies.
Deuxième analogie : une petite flamme placée près d’une grande torche est attirée vers celle-ci. De la même manière, une grande lumière supplémentaire venant d’en haut attirerait et rassemblerait les étincelles tombées.
אך הארה זו צריך להיות בתוס׳ ורבוי דייקא בחי׳ ברכה שהיא למעלה מסדר ההשתלשלות שלפי סדר ההשתלשלות לא הי׳ עשו כדאי לו.
Mais cette illumination doit précisément venir avec un supplément et un accroissement : c’est le niveau de la « bénédiction », qui dépasse l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) ; car, selon cet ordre, Essav n’aurait pas été digne de la recevoir.
Une telle lumière ne peut venir selon l’ordre normal des mondes, car, selon cet ordre, Essav ne pourrait jamais en être digne. Elle doit être une « bénédiction », un don d’en haut, au-delà de l’ordre établi de l’hichtalchelout.
Le paragraphe explique le contenu de la bénédiction que Yits’hak voulait donner : la « rosée » et l’« huile » supérieures, une grande lumière venue d’en haut qui élèverait les étincelles par sa propre force.
La note de Kehot cite Me'orei Or (lettre shin, 48) pour l’huile en tant que 'Hokhma. L’analogie de la bougie devant une torche correspond à Torah Ohr, Bereshis 6a, où les étincelles étaient rassemblées d’elles-mêmes à l’époque du Temple.
Maré mekomot
- 1ויתן לך האלקים מטל השמים · Genesis 27:28
- 2שמן הוא חכמה · מאו״א אות ש, מח.
- 3ואבא יסד ברתא · Zohar III, 248b
- 4שו״ה שאנו — כשהשמש · בבוך 1824: כמו ע״י שהשמש.
- 5ואד יעלה מן הארץ · Genesis 2:6
L’erreur d’Its'hak et la bénédiction effectivement reçue par Essav ¶7
7וזהו ואברככה לפני1 ה׳. לפני הוי׳ דוקא והרצון שהי׳ ליצחק להמשיך לעשו עצמו שלא ע״י יעקב הוא מפני שראה אותו מלמעלה למטה
C’est [le sens de] « et je te bénirai devant D.ieu » : précisément « devant Havaya ». Le désir de Yitz’hak de faire descendre [la bénédiction] directement sur Essav, et non par l’intermédiaire de Yaakov, venait de ce qu’il le voyait d’en haut vers le bas,
Yitz’hak dit à Essav qu’il le bénirait « devant Havaya », le Nom qui se situe au-dessus de l’ordre des mondes. Il voulait lui donner directement cette bénédiction parce qu’il considérait Essav depuis le haut, à partir de sa racine la plus élevée.
ע״י בחי׳ לבונה2 שהוא בחי׳ המקיף ע״כ רצה להמשיך בו בחי׳ גלוי המקיף בתוס׳ ורבוי אור.
par le niveau de l’encens, qui est le niveau de la lumière enveloppante ; c’est pourquoi il voulait faire descendre en lui la révélation de la lumière enveloppante, avec un ajout et un accroissement de lumière.
Yitz’hak voyait Essav à travers son encens, sa racine enveloppante dans la sainteté ; il voulait donc révéler cette lumière enveloppante en Essav, avec un grand accroissement de lumière.
אך מ״מ טעה בזה שאין עשו כדאי בבחי׳ זו כ״א ע״י יעקב שלפי שאם הי׳ החיות נמשך אל עשו יבלע ח״ו כמקדם או שלא יהיה מבחי׳ עשו כלום
Néanmoins, il se trompa sur ce point, car Essav n’est pas digne de ce niveau si ce n’est par l’intermédiaire de Yaakov. Si la force vitale était attirée vers Essav, elle serait engloutie, à D.ieu ne plaise, comme auparavant, ou bien il ne resterait absolument rien du niveau d’Essav ;
Mais Yitz’hak se trompait : Essav ne pouvait recevoir cela que par l’intermédiaire de Yaakov. Donnée directement, la lumière serait soit engloutie en Essav comme auparavant, alimentant son orgueil, soit le submergerait, de sorte qu’il ne resterait plus rien de lui.
אבל שיהא לאהפכא חשוכא לנהורא ומרירו למיתקא א״א כ״א ע״י יעקב ז״א דקדושה שע״י יתברר מעשו ויוכלל בקדושה
mais le « retournement des ténèbres en lumière et de l’amertume en douceur » ne peut avoir lieu que par l’intermédiaire de Yaakov, le Zeir Anpin de sainteté, par lequel [ce qui se trouve] en Essav sera raffiné et inclus dans la sainteté.
Le véritable objectif est de transformer les ténèbres en lumière et l’amertume en douceur, afin que ce qui se trouve en Essav soit raffiné et devienne partie intégrante de la sainteté. Cela ne peut se produire que par l’intermédiaire de Yaakov, le Zeir Anpin de sainteté.
ולכן הסכים יצחק ג״כ לברכת יעקב אח״כ ולעשו אמר הנה משמני הארץ3 כו׳ משמני מקצת שמני45 (וליעקב א׳ ומשמני בתוס׳ וא״ו)
C’est pourquoi Yitz’hak approuva ensuite également la bénédiction de Yaakov. Et à Essav, il dit : « Voici, de la richesse de la terre », etc. : mishmanei, [c’est-à-dire] une part de la richesse (alors qu’à Yaakov il dit « et de la richesse », ou-mishmanei, avec un vav supplémentaire),
Yitz’hak approuva donc plus tard la bénédiction de Yaakov. La différence de formulation montre la différence entre les bénédictions : Essav reçut mishmanei, « de la richesse », seulement une partie de celle-ci, tandis que Yaakov reçut ou-mishmanei, « et de la richesse », avec un vav supplémentaire, ce qui signifie davantage.
דהיינו מתמצית הנשאר משמן שנמשך אל הארץ שם יהיה מושבך בחי׳ פנימי׳ ומטל השמים של יעקב יומשך לך ג״כ
c’est-à-dire du résidu qui reste de l’huile attirée vers la terre : là « sera ta demeure », le niveau intérieur. Et « de la rosée des cieux » de Yaakov, [quelque chose] te sera également accordé,
La part d’Essav dans l’« huile » n’est que ce qui reste après qu’elle est descendue vers la terre ; telle est sa « demeure », son niveau intérieur. Il recevra aussi quelque chose de la « rosée des cieux » de Yaakov.
אבל אינו אלא מעל דהיינו בחי׳ מקיף בלבד (משא״כ6 ביעקב ויתן לך) ובתנאי ואת אחיך תעבוד7 שתהי׳ בטל אל בחי׳ יעקב שע״י יהי׳ עליי׳ דוקא כנ״ל:8910
mais seulement « d’en haut » : c’est-à-dire le niveau de la lumière enveloppante seule (contrairement à Yaakov : « Et que [D.ieu] te donne ») ; et à condition que « tu serves ton frère » : que tu sois annulé devant le niveau de Yaakov, car c’est précisément par ce biais qu’aura lieu l’élévation, comme expliqué ci-dessus.
Mais cela ne parvient à Essav que « d’en haut », sous la forme d’une lumière enveloppante, tandis que Yaakov le reçoit effectivement comme un don. Et cela lui est accordé à condition qu’Essav « serve son frère » : ce n’est qu’en s’effaçant devant Yaakov qu’il peut s’élever.
Ce paragraphe explique l’erreur de Yitz’hak et sa correction : Essav ne peut s’élever que par l’intermédiaire de Yaakov, et les bénédictions que Yitz’hak leur adresse reflètent cette différence.
L’expression « retournement des ténèbres en lumière et de l’amertume en douceur » est celle du Zohar pour désigner le raffinement du mal, plutôt que sa simple destruction. La note Kehot (20:69) confirme que la parenthèse « contrairement à Yaakov : Et que D.ieu te donne » figure également dans des manuscrits rédigés du vivant de l’Alter Rebbe.
Maré mekomot
- 1ואברככה לפני ה׳ · Genesis 27:7
- 2שו״ה יעקב — לבונה · בבוך 1824 נוסף: שבו.
- 3הנה משמני הארץ · Genesis 27:39
- 4משמני מקצת שמני · ראה ב״ר פ׳ ס״ז.
- 5משמני מקצת שמני · Bereshit Rabbah 67:6
- 6(משא״כ . .) · המוסגר נמצא גם בכת״י שנכתבו בחיי אדה״ז.
- 7ואת אחיך תעבוד · Genesis 27:40
- 8שו״ה אחיך — שע״י יהי׳ עלייה דוקא כנ״ל · בבוך 1824: שע״י דוקא יהי׳ עלי׳ כו׳. וזהו ויתן לך האלהי׳ גם בבחי׳ צמצום וקאי על בחי׳ הוי׳ שלמעלה בפסוק אשר ברכך הוי׳ ועתה מבואר הכתבו הנה יצחק רצה להמשיך בחי׳ מ״ן בבחי׳ פנימי׳ אבל להמשכת המקיף צ״ל בעלאות מ״ן: כנודע.
- 9שו״ה יהיה — מבחי׳ · בבוך 1824: בבחי׳.
- 10וליעקב אמר ומשמני · Genesis 27:28
Le parfum comme élévation d’en bas ¶8–11
8ועתה יבואר1 הכתוב ראה ריח בני כו׳. כי הנה יצחק רצה להמשיך בחי׳ מקיף ולבונה כנ״ל וכל המשכה הוא ע״י העלאת מ״ן כנודע.2
Nous allons maintenant expliquer le verset : « Vois, le parfum de mon fils », etc. Yitz’hak voulait faire descendre le niveau de la lumière enveloppante et de l’encens, comme expliqué ci-dessus ; or toute descente a lieu par une élévation des mayin noukvin (eaux féminines), comme on le sait.
Le maamar revient à présent au verset lui-même. Yitz’hak voulait faire descendre la lumière enveloppante, l’« encens » ; et, dans la Kabbale, tout flux d’en haut (« eaux masculines ») est suscité par une élévation correspondante venant d’en bas, les « eaux féminines » (mayin noukvin).
והנה להמשכת מ״ד של פנימי׳ די בהעלאת מ״ן בבחי׳ פנימי׳ אבל להמשכ׳ מ״ד של מקיף צ״ל העלאת מ״ן ג״כ בבחי׳ מקיף.3
Pour faire descendre les mayin doukhrin (eaux masculines) du niveau intérieur, une élévation des mayin noukvin au niveau intérieur suffit ; mais pour faire descendre les mayin doukhrin du niveau enveloppant, il faut également une élévation des mayin noukvin au niveau enveloppant.
L’élévation venant d’en bas doit correspondre à ce qu’elle fait descendre. Une lumière intérieure ne requiert qu’un éveil intérieur, tandis que, pour faire descendre une lumière enveloppante, l’éveil venant d’en bas doit lui aussi être de nature enveloppante.
Ce paragraphe énonce le principe qui guidera la suite du maamar : faire descendre une lumière enveloppante requiert une élévation « enveloppante » venant d’en bas.
Maré mekomot
- 1שו״ה ועתה יבואר · בבוך 1824: ועתה מבואר.
- 2רצה להמשיך . . כנודע · בבוך 1824 הנוסח במקומו: ”רצה להמשיך בחי׳ מ״ן בבחי׳ פנימי׳ אבל להמשכת המקיף צ״ל העלאות מ״ן כנודע”.
- 3בהעלאת מ״ן בבחי׳ פנימי׳ . . העלאת מ״ן ג״כ בבחי׳ מקיף · ראה לקמן כ, ד במ״מ ד״ה ויש.
Le parfum est à présent l’élévation des mayin noukvin, qui est le niveau de la lumière réfléchie (or ‘hozer). Elle provient des Guevourot, comme on le constate : une pomme douce n’a pas de parfum ;
Le parfum est l’élévation venant d’en bas, la « lumière réfléchie » qui remonte vers sa source. Il provient de Guevoura, le côté de la force et de la sévérité : une pomme douce n’a pas d’odeur.
רק החמוץ וכל הדברים החריפים יש בהם ריח חזק. והוא לפי שהעלאת מ״ן הוא בירורים מניצוצות שנפלו בשבה״כ.
seuls les aliments acides et toutes les choses piquantes ont un parfum puissant. Cela tient au fait que l’élévation des mayin noukvin consiste en le raffinement (birourim) des étincelles tombées lors du brisement des réceptacles.
Seuls les aliments acides et les choses piquantes dégagent une forte odeur. La raison en est que l’élévation venant d’en bas est constituée du raffinement des étincelles tombées ; celles-ci proviennent du brisement des réceptacles, qui relève du jugement sévère. Le parfum est donc associé à ce qui est piquant et sévère.
ולכן בכל המצות לא נאמר ריח ניחוח2 כמו בקרבנות שהוא ע״י שמעלין נפש הבהמה ומתהפך ועולה ונכלל באש שלמעלה.
C’est pourquoi, parmi toutes les mitsvot, il n’est pas dit « parfum agréable », contrairement aux offrandes, qui [agissent] en élevant l’âme de l’animal ; celle-ci se transforme, s’élève et est incluse dans le feu d’en haut.
Voilà pourquoi la Torah parle d’un « parfum agréable » à propos des offrandes, mais pas des autres mitsvot. Une offrande élève l’âme vitale de l’animal, qui se transforme et s’absorbe dans le feu d’en haut : c’est un raffinement venant d’en bas, et donc un « parfum ».
Ce paragraphe identifie le parfum à l’élévation venant d’en bas et au raffinement des étincelles, ce qui explique pourquoi la Torah l’associe aux sacrifices.
Maré mekomot
- 1העלאת מ״ן שהוא בחי׳ אור חוזר · בלקו״ת נשא כט, א מציין לכאן.
- 2ריח ניחוח · Leviticus 1:9
10והנה הריח משיב את הנפש דהיינו מה שהיה בתחלה בבחי׳ הסתלקות המוחין חוזר ומאיר כאדם שהוא נרדם וע״י הריח הוא חוזר ומקיץ.
Le parfum restaure à présent l’âme : c’est-à-dire que ce qui se trouvait d’abord dans un état de retrait des mo’hin se remet à briller ; ainsi, une personne qui est tombée dans un profond sommeil revient à elle et se réveille grâce au parfum.
Le parfum « restaure l’âme » : quelqu’un qui s’est évanoui, dont l’esprit s’est retiré, est ranimé par une odeur.
דהיינו ע״י השינה היה השכל בהעלם. ואח״כ כשניער משנתו הנה השכל מאיר בו בגילוי והכל נעשה ע״י הריח שהוא אור החוזר ממטה למעלה.
Autrement dit, pendant le sommeil, l’intellect était caché ; ensuite, à son réveil, l’intellect brille en lui de façon manifeste. Tout cela se produit par le parfum, qui est une lumière réfléchie, allant du bas vers le haut.
Pendant le sommeil, l’esprit est caché ; au réveil, il brille à nouveau de façon manifeste. C’est le parfum, une lumière qui s’élève d’en bas, qui provoque ce phénomène.
וזהו ענין נח״ר לפני שאמרתי ונעשה רצוני. והנה עשו לא היה בו בחי׳ גילוי פנימי׳ כי הפנימי׳ שלו נבלע כנ״ל רק שהוא בחי׳ המקיף ולבונה.
C’est le sens de « satisfaction devant Moi, car J’ai parlé et Ma volonté s’est accomplie ». Or Essav n’avait en lui aucune révélation du niveau intérieur, car son niveau intérieur était englouti en lui, comme expliqué ci-dessus ; il n’avait que le niveau de la lumière enveloppante et de l’encens.
Les Sages désignent par « parfum agréable » de l’offrande la satisfaction de D.ieu que Sa volonté ait été accomplie : une réponse venant d’en bas qui « réveille » le plaisir d’en haut. Essav, toutefois, ne possédait aucune sainteté intérieure révélée, car celle-ci était engloutie en lui ; tout ce qu’il avait était sa racine enveloppante, l’encens.
C’est le sens de « et il sentit le parfum de ses vêtements » : [les vêtements] sont le niveau des lumières enveloppantes, d’où viendrait un parfum, c’est-à-dire une élévation des mayin noukvin, afin de faire descendre la lumière enveloppante de « la rosée des cieux ».
Yitz’hak sentit donc les « vêtements » d’Essav : les vêtements enveloppent le corps et représentent les lumières enveloppantes. Ils devaient produire un parfum, une élévation venant d’en bas, capable de faire descendre la lumière enveloppante de « la rosée des cieux ».
Ce paragraphe montre comment le parfum ranime une vie cachée. Il interprète le fait que Yitz’hak ait senti les « vêtements » comme un éveil enveloppant destiné à faire descendre la bénédiction enveloppante.
Maré mekomot
- 1וירח את ריח בגדיו · Genesis 27:27
- 2והנה ריח · לקמן פ, ג מציין לכאן.
11כריח שדה אשר ברכו1 ה׳. הנה השדה הוא בחי׳ מל׳ דאצי׳ שיש בה ג״כ בחי׳ העלאת מ״ן ויש בזה ב׳ בחי׳2 הא׳ היא העלאת מ״ן בטבעה ומאליה וממילא כמ״ש למען יזמרך3 כבוד ולא ידם.
« Comme le parfum d’un champ que Havaya a béni. » Le champ est le niveau de Mal’hout d’Atsilout, où se trouve également une élévation des mayin noukvin. Il y a en cela deux niveaux. Le premier est une élévation des mayin noukvin qui se fait par nature, d’elle-même et spontanément, comme il est écrit : « Afin que [ma] gloire Te chante et ne se taise pas. »
Le « champ » représente Mal’hout d’Atsilout, le niveau récepteur, qui s’élève lui aussi vers D.ieu. Elle le fait de deux façons. La première est naturelle et constante, comme dans le verset : « afin que [ma] gloire Te chante et ne se taise pas. »
קארי תדיר4 לנהורא עלאה ולא שכיך כו׳ והוא העלאת מ״ן לפנימי׳ דהיינו לעורר המשכת הקו. ויש העלאת5 מ״ן שצריך סיוע מלמעלה שאין כח בה להעלות מ״ן מעצמה.
« Elle appelle sans cesse la lumière supérieure et ne s’arrête pas », etc. C’est une élévation des mayin noukvin vers le niveau intérieur, c’est-à-dire pour susciter la descente du kav (ligne de lumière). Il existe aussi une élévation des mayin noukvin qui nécessite une aide d’en haut, car elle n’a pas le pouvoir de l’élever d’elle-même.
Le Tikkouné Zohar décrit Mal’hout comme appelant sans cesse la lumière supérieure, sans jamais se reposer ; cette élévation fait descendre le kav, la ligne ordonnée de lumière qui pénètre dans les mondes. Le second type d’élévation nécessite une aide d’en haut, car Mal’hout ne peut le produire par elle-même.
והוא בחי׳ מקיף שהוא בחי׳ גילוי אור א״ס ב״ה בעצמו (שהקו6 מאיר לתוך מקום החלל עצמו)
Il s’agit du niveau de la lumière enveloppante, c’est-à-dire de la révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof) elle-même, béni soit-Il (car le kav brille dans le lieu de l’espace vide lui-même).
Cette seconde élévation vise la lumière enveloppante : la révélation de la Lumière infinie elle-même, qui, comme le précise la parenthèse, brille dans l’espace vide lui-même, et pas seulement à travers le kav mesuré.
והנה העלאת מ״ן של בחי׳ פנימי׳ הוא בחי׳ בארה של מרים7 שהוא מעיין הנובע מאליו משא״כ העלאת מ״ן של המקיף כתיב באר חפרוה שרים.8
L’élévation des mayin noukvin du niveau intérieur est celle du puits de Myriam, une source qui jaillit d’elle-même ; en revanche, au sujet de l’élévation des mayin noukvin de la lumière enveloppante, il est écrit : « Un puits que des princes ont creusé. »
Une élévation intérieure ressemble au puits de Myriam, qui jaillissait de lui-même. Une élévation enveloppante ressemble à un puits qu’il a fallu creuser, « des princes » s’en étant chargés : elle requiert un effort et une aide d’en haut.
ויכרו שם עבדי יצחק9 באר. עבדי יצחק הן המשכות מבחי׳ יצחק שהוא עיקר האבות10 מבחי׳ בוצינא דקרדוניתא11 מקור הגבורות כמ״ש כי אתה אבינו.1213
« Et là, les serviteurs de Yitz’hak creusèrent un puits. » Les serviteurs de Yitz’hak sont les flux émanant du niveau de Yitz’hak, qui est le principal des Patriarches, du niveau du botsina de-kardounita (la « lampe de ténèbres »), source des Guevourot, comme il est écrit : « Car Tu es notre père. »
Les serviteurs de Yitz’hak qui « creusèrent un puits » sont les forces émanant de Yitz’hak, le principal des Patriarches, enracinées dans la « lampe de ténèbres » (botsina de-kardounita), source des Guevourot et de toute mesure. Les Sages appliquent à Yitz’hak les mots « Car Tu es notre père ».
ולכן כתיב ויריבו רעי גרר14 לאמר לנו המים שבחי׳ המקיף נמשך גם אליהם מלמעלה שאינו נבלע כמו בחי׳ פנימי׳ שלהם כנ״ל. וזהו אשר ברכו הוי״ה שהוא ע״י סיוע מלמעלה כנ״ל:
C’est pourquoi il est écrit : « Les bergers de Guérar se disputèrent, disant : “L’eau est à nous” » : car le niveau de la lumière enveloppante leur parvient également d’en haut, puisqu’il n’est pas englouti comme l’est leur niveau intérieur, ainsi qu’expliqué ci-dessus. C’est le sens de « que Havaya a béni » : cela se produit grâce à une aide d’en haut, comme expliqué ci-dessus.
Les bergers de Guérar se disputèrent au sujet de l’eau parce que la lumière enveloppante atteint même les impurs, depuis en haut, sans être engloutie comme l’est leur force vitale intérieure. « Que Havaya a béni » signifie que ce second type d’élévation se produit grâce à une aide d’en haut.
Ce paragraphe distingue une élévation naturelle et intérieure de Mal’hout d’une élévation enveloppante, qui nécessite une aide d’en haut. Il interprète à cette lumière « un champ que Havaya a béni » ainsi que les puits de Yitz’hak.
La note Kehot cite Derekh Mitsvoteikha qui, en référence à ce passage, identifie l’élévation enveloppante au service de D.ieu « de toutes tes forces » (be’khol me’odekha). L’expression « appelle sans cesse la lumière supérieure » vient du Tikkouné Zohar, tikoun 5, comme le rapporte la note.
Maré mekomot
- 1כריח שדה אשר ברכו ה׳ · Genesis 27:27
- 2ויש בזה ב׳ בחי׳ · ”שם [הכוונה לכאן] נת׳ ג״כ ענין ב׳ מיני העלאת מ״ן, הא׳ לעורר בחי׳ מקיפים, הב׳ לעורר בחי׳ פנימיים, ונת׳ שם [הכוונה לכאן] ג״כ שענין העלאת מ״ן דמקיפים היינו בחי׳ מאדך, ולפענ״ד ג״כ שזהו כענין ב׳ מיני העלאת מ״ן דאו״כ הנ״ל ודו״ק כי בשניהם הכוונה א׳ רק שהלשון מחולק” — דרך מצותיך קסה, ב. באוה״ת חוקת ע׳ תתפ [שם מציין לד״ה זה משנת תקס״ה], דברים כרך ז ע׳ ב׳רסז מציין לכאן.
- 3למען יזמרך · Psalms 30:13
- 4קארי תדיר · Tikkunei Zohar, Tikkun 5
- 5שו״ה מ״ן — המשכת הקו. ויש העלאת . . · בבוך 1824 הקטע זה בשינוי: ויש העלאת מ״ן של המקיף וכתיב באר חפרוה שרים ויכרו שם עבדי יצחק שצריך סיוע מלמעלה שאין כח בה להעלות מ״ן בעצמו והוא לבחי׳ המקיף שהוא בחי׳ אוא״ס עצמו כשהקו מאיר לתוך מקום החלל: והנה מ״ן.
- 6(שהקו . .) · בבוך 1824 בלי מוסגר.
- 7בארה של מרים · בלקו״ת חקת סד ג מציין לכאן. בענין בארה של מרים ראה בלקו״ת חקת סד, ג הנסמן לעיל. אוה״ת חקת ע׳ תתסו ואילך.
- 8באר חפרוה שרים · Numbers 21:18
- 9ויכרו שם עבדי יצחק · Genesis 26:25
- 10מבחי׳ יצחק שהוא עיקר האבות · Zohar III, 99b
- 11בוצינא דקרדוניתא · ראה במ״מ לקמן לט, א.
- 12והנה העלאת . . אתה אבינו · ראה קטע זה באוה״ת פ׳ חקת ע׳ תתמג ע״ש.
- 13כי אתה אבינו · Isaiah 63:16
- 14ויריבו רעי גרר · Genesis 26:20
Le parfum de Yaakov : les baalei techouva ¶12–14
12והנה כ״ז הוא הבנת הפסוק לפי דעתו של יצחק שהבין שעשו היה לפניו. אך באמת היה זה יעקב. ואיך יבואר בחי׳ זו על יעקב:
Tout ce qui précède est l’explication du verset selon le point de vue de Yitz’hak, car il comprenait qu’Essav se tenait devant lui. Mais, en vérité, c’était Yaakov. Comment, dès lors, expliquer ce niveau en ce qui concerne Yaakov ?
Jusqu’ici, le verset a été interprété du point de vue de Yitz’hak, puisqu’il pensait bénir Essav. Mais c’était en réalité Yaakov ; le maamar demande donc à présent comment le « parfum » et la bénédiction enveloppante s’appliquent à Yaakov.
Un tournant : le maamar passe de l’intention de Yitz’hak à l’égard d’Essav à la signification de la bénédiction pour Yaakov, qui en fut le véritable destinataire.
Il est dit dans le Midrach : « Et il sentit le parfum de ses vêtements (begadav) » : [lisez] bogdav, « ses rebelles » ; [il s’agit du] niveau des baalei techouva (ceux qui reviennent), qui est celui de la lumière englobante, car ils l’attirent avec une force accrue.
Le Midrach lit « ses vêtements » (begadav) comme « ses rebelles » (bogdav) : même les pécheurs parmi les descendants de Yaakov dégagent un parfum. Ce sont les baalei techouva, ceux qui reviennent à D.ieu, qui relèvent du niveau englobant, car ils attirent la lumière divine avec une force accrue.
שבזוהר אמר3 ע״פ ואברהם זקן4 בא בימים5 כו׳. זכאין אינון מארי דתיובתא דמשכין כו׳. פי׳ למעלה מכדי שתוכל הנפש שאת שאין לו בחי׳ כלי להכיל.
Car le Zohar dit, à propos de « Et Avraham était âgé, avancé en jours », etc. : « Heureux sont les maîtres de la techouva, qui attirent… », etc. Cela signifie [qu’ils attirent] au-delà de ce que l’âme est capable de supporter, car elle ne possède aucun niveau de réceptacle pour le contenir.
Le Zohar loue les baalei techouva, qui attirent la lumière avec une force accrue. Autrement dit, ils atteignent un niveau supérieur à ce que l’âme peut contenir : une lumière qui n’a aucun « réceptacle » pour la contenir ; c’est là ce que signifie « englobant ».
Ce paragraphe applique à Yaakov l’idée du « parfum » englobant : ses « vêtements » sont les baalei techouva, dont le retour attire une lumière qui dépasse toute mesure.
Or HaTorah, comme l’indique la note de Kehot, relie les « vêtements » aux « rebelles » : à cause de la trahison (begida) liée à l’Arbre de la connaissance, les hommes eurent besoin de vêtements.
Maré mekomot
- 1אי׳ במדרש . . ריח בגדיו, בוגדיו · Sanhedrin 37a:7–8
- 2וירח את ריח בגדיו. בוגדיו · Bereshit Rabbah 65:22–23
- 3שבזהר אמר · Zohar I, 129b
- 4שבזוהר אמרו ע״פ ואברהם זקן · נסמן לעיל טז, א.
- 5ואברהם זקן בא בימים · Genesis 24:1
14וכמעשה דר״א בן דורדייא.1 משא״כ באברהם כתיב בא בימים.2 בחי׳ כלי ולבוש כו׳. והעלאת מ״ן כזה שהוא בחי׳ מקיף3 הוא מפני שמתבונן בגדולת א״ס ב״ה בעצמו ובכבודו.
Comme dans l’histoire de Rabbi Elazar ben Dordaya. En revanche, au sujet d’Avraham, il est écrit : « avancé en jours » : le niveau d’un réceptacle et d’un vêtement, etc. Une telle élévation des mayin noukvin, qui est du niveau de la lumière englobante, vient de ce que l’on médite sur la grandeur de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, dans Son essence et dans Sa gloire.
Rabbi Elazar ben Dordaya, après une vie de péché, fit techouva avec une telle intensité qu’il mourut en pleurant et fut déclaré destiné au Monde futur : un retour qui dépasse tout « réceptacle ». En revanche, Avraham était « avancé en jours » : ses jours formaient un réceptacle et un vêtement mesurés. Cette élévation englobante vient de la méditation sur la grandeur de l’Infini Lui-même.
כי אני הוי״ה לא שניתי4 כתיב רק הודו על ארץ ושמים.5 וירם קרן לעמו6 כו׳. ונק׳ בחי׳ בע״ת אף מי שאין עבירות בידו.7
Car il est écrit : « Car Moi, Havaya, Je n’ai pas changé » ; seul « Son éclat est au-dessus de la terre et du ciel, et Il a relevé la corne de Son peuple », etc. Et l’on est appelé un baal techouva même si l’on n’a commis aucune faute,
D.ieu Lui-même ne change pas ; Son « éclat » ne se reflète qu’au-dessus de la terre et du ciel, et Il « a relevé la corne de Son peuple ». En méditant sur cela, une personne peut être appelée baal techouva même sans avoir commis aucune faute.
רק צועק על הפירוד כו׳. והוא בחי׳ ריח שהיא העלאת מ״ן לבחי׳ מקיף להמשיך בחי׳ מקיף דלעילא מטל השמים כו׳:
mais il crie au sujet de la séparation, etc. Tel est le niveau du parfum : l’élévation des mayin noukvin vers le niveau englobant, afin d’attirer le niveau englobant supérieur, à partir de « la rosée des cieux », etc.
Une telle personne crie parce qu’elle est séparée de D.ieu. Ce cri est le « parfum » : une élévation englobante qui attire d’en haut la lumière englobante, la « rosée des cieux ».
Ce paragraphe montre à quoi ressemble, dans le service de l’homme, une élévation englobante : une techouva qui dépasse toute mesure, née de la méditation sur l’essence de D.ieu, et accessible même à celui qui n’a pas péché.
Ici, la techouva est un « retour » au sens plein : non seulement le regret du péché, mais aussi le cri face à l’éloignement de D.ieu, conformément à l’idée plus générale de la techouva dans le Tanya.
Maré mekomot
- 1וכמעשה דר״א בן דורדייא · Avodah Zarah 17a:12
- 2באברהם כתיב בא בימים · Genesis 24:1
- 3והעלאת מ״ן כזה שהוא בחי׳ מקיף · מובא בלקו״ת שה״ש לז, ב.
- 4אני ה׳ לא שניתי · Malachi 3:6
- 5הודו על ארץ ושמים · Psalms 148:13
- 6וירם קרן לעמו · Psalms 148:14
- 7בע״ת אף מי שאין עבירות בידו · Shabbat 153a
Ce que la bénédiction ajoutait, et pourquoi elle fut donnée par ruse ¶15–16
15אך להבין כ״ז והלא יעקב הוא בחי׳ קדושה ובלא״ה נמשכים בו כל האורות עליונים א״א ואו״א כנ״ל.
Mais, pour comprendre tout cela : Yaakov n’est-il pas du niveau de la sainteté ? Même sans cela, toutes les lumières supérieures, Arikh Anpin, Abba et Imma, sont attirées en lui, comme expliqué plus haut.
Une question se pose : Yaakov est saint et reçoit déjà toutes les lumières supérieures, Arikh Anpin (la « Longue Face », le niveau intérieur de Kéter), ainsi qu’Abba et Imma. Qu’est-ce que la bénédiction pouvait donc ajouter ?
אך הברכה היא בתוס׳ ורבוי המשכה מלמעלה מסדר ההשתלשלו׳ שאינו לפי ערך ההשתלשלו׳ כדי להיות ורב דגן ותירוש1 אלו הלכות ואגדות שנתלבשו בלבושים גשמיים זרעים בחסד כו׳
La bénédiction apporte toutefois un supplément et un accroissement de l’effusion venant d’au-delà de l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), sans proportion avec cet enchaînement, afin qu’il y ait « abondance de blé et de vin » : ce sont les halakhot et les aggadot, revêtues d’habits matériels ; « Zera'im » dans 'Hessed, etc.
La réponse est qu’une bénédiction apporte une lumière supplémentaire qui vient d’au-delà de l’enchaînement ordonné des mondes, sans proportion avec celui-ci. « Abondance de blé et de vin » désigne les lois et les récits de la Torah, revêtus d’habits matériels, comme l’ordre de Zera'im (Semences), qui correspond à 'Hessed.
וכן כל התורה ספורי מעשיות כו׳ וכן נביאים שופטים מעשה דשמשון ופלגש בגבעה וכן כל מעשה המלכים וספורי מעשיות שבגמ׳ דרבב״ח2 ודומיהן הכל מרומז בהן סודות התורה, ועד״ז ג״כ מעשה המצות
De même pour toute la Torah : ses récits, etc. ; de même pour les Prophètes, les Juges, l’histoire de Shimshon et celle de la concubine à Givah ; de même pour les actes des rois et les récits de la Guemara concernant Rabbah bar bar Chanah et ses semblables : tous recèlent des allusions aux secrets de la Torah. Il en va de même également des actes concrets des mitsvot,
Il en va de même des récits de la Torah, des épisodes relatés dans les Prophètes — Shimshon, la concubine de Givah, les actes des rois — et des récits étonnants de Rabbah bar bar Chanah dans la Guemara : tous recèlent les secrets de la Torah. Il en va de même des mitsvot accomplies avec des objets matériels.
שע״י סוכה ולולב וציצית ותפילין גשמיים יהיה המשכת אוא״ס ב״ה שלמע׳ מעלה מהשתלשלו׳ שלפי ערך וסדר השתלשלות בעשי׳ החיות מצומצם מאד ובכדי שיאיר אור רב מאא״ס ב״ה בעצמו ובכבודו הוא
car, par une soucca et un loulav matériels, par les tsitsit et les tefillin, l’effusion de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, qui se situe au-dessus, bien au-dessus de l’hichtalchelout, sera attirée. En effet, selon la mesure et l’ordre de l’hichtalchelout, la force vitale en Assiya est très contractée ; et, pour qu’une grande lumière de l’Infini béni soit-Il Lui-même, dans Son essence et dans Sa gloire, y brille, il faut
Par une soucca, un loulav, des tsitsit et des tefillin matériels, la Lumière infinie située au-dessus de l’enchaînement des mondes est attirée. Selon l’ordre normal, la force vitale qui atteint le monde d’Assiya est très limitée.
ע״י יצחק דייקא שהוא שרש הגבורות בוצינא דקרדוניתא שהוא קו המדה3 שמודד להיות חכם כו׳ ומשם נמשך תוס׳ אור וגילוי גם בעשי׳ הגשמי׳.4
que cela se fasse précisément par Yits'hak, qui est la racine des Guevourot, la botsina de-kardounita, la ligne de mesure qui détermine « d’être sage », etc. De là aussi, un supplément de lumière et de révélation est attiré jusque dans l’Assiya matérielle.
Pour qu’une grande lumière de l’Infini Lui-même y brille, elle doit passer par Yits'hak, racine des Guevourot, la botsina de-kardounita : la « ligne de mesure » qui fixe la part de chacun, par exemple s’il sera sage. C’est de cette source de mesure que vient la capacité d’apporter une lumière supplémentaire jusque dans l’Assiya matérielle.
Ce paragraphe répond à la question de ce que la bénédiction ajoutait pour Yaakov : une lumière qui dépasse l’enchaînement des mondes, attirée jusque dans la Torah et les mitsvot matérielles par le pouvoir de mesure de Yits'hak.
La note de Kehot indique que Likkutei Torah, Nasso cite ce passage et l’explique différemment, en laissant la question ouverte ; elle suggère que les deux explications pourraient concorder : la source de cette lumière est au-dessus de la « ligne de mesure », mais elle doit néanmoins descendre par son intermédiaire.
Maré mekomot
- 1ורב דגן ותירוש · Genesis 27:28
- 2וספורי מעשיות שבגמ׳ דרבב״ח · Bava Batra 73b
- 3ובכדי שיאיר אור רב . . שהוא קו המדה · בלקו״ת נשא כז, ד מביא קטע זה דשם מבואר באופן אחר והניח בצ״ע. ביהל אור ע׳ תנט מציין לכאן ”בענין הברכה של יצחק שורש קו המדה שיהי׳ בבחי׳ ברכה” וע״ז מציין קודם מגמרא ב״ב דף פח, ב.
- 4בעשי׳ הגשמי׳ . . ואף גם זאת · בבוך 1824: בעשי׳ הגשמי׳ כי זאת הי׳ בלי דעתו של יצחק רק בא במרמה כו׳ שא״א להתלבש.
16וזהו ויתן לך האלקים1 גם בבחי׳ צמצום2 וקאי ויתן על בחי׳ הוי״ה האמור למעלה בפ׳ אשר ברכו3 ה׳ ואף גם זאת בלי דעתו של יצחק4 רק בא אחיך במרמה5
Tel est le sens de « Et qu’Elokim te donne » : également au niveau du tsimtsoum (contraction). Le mot « donne » se rapporte au niveau de Havaya mentionné plus haut dans le verset « que Havaya a béni ». Et cela aussi [se produisit] à l’insu de Yits'hak : seul « ton frère est venu avec ruse »,
La bénédiction commence par « Qu’Elokim te donne » : Elokim est le Nom du tsimtsoum, l’autolimitation de D.ieu ; la bénédiction atteint ainsi jusqu’au niveau contracté et matériel. « Donne » fait descendre la lumière de Havaya, mentionnée dans le verset précédent (« que Havaya a béni »), la lumière venant d’au-delà de l’enchaînement des mondes. Yaakov la reçut à l’insu de Yits'hak, par la « ruse ».
שא״א להתלבש בבחי׳ הדעת וכענין שאמרו לאו בזכותא תליא מילתא6 אלא במזלא תליא מילתא כי ענין בזכותא הוא לפ״ע ההשתלשלות שכך ראוי לו
car cela ne peut être revêtu dans le niveau de Daat (connaissance) ; comme le dit l’enseignement : « La chose ne dépend pas du mérite, mais du mazal. » Car le « mérite » est proportionné à l’hichtalchelout : cela lui revient comme il se doit,
Il fallait que cela se produise à l’insu de Yits'hak, car une lumière aussi élevée ne peut être contenue dans le Daat, la connaissance consciente. Le Talmud enseigne que certaines choses dépendent non du mérite, mais du mazal, une racine plus élevée : le mérite suit la mesure ordonnée des mondes, c’est-à-dire ce à quoi une personne a droit.
משא״כ במזלא הוא למעלה מלפ״ע אף שאינו ראוי כו׳ והיה צריך לזה לתקן חטא עה״ד78 שהיה ג״כ במרמה ופתוי של נחש
alors que le mazal se situe au-delà de toute proportion, même si l’on n’en est pas digne, etc. Cela était nécessaire pour réparer la faute de l’Arbre de la connaissance, qui fut elle aussi commise par la ruse et la séduction du serpent,
Le mazal donne au-delà de toute mesure, même à celui qui ne le mérite pas. La ruse était nécessaire pour réparer la faute de l’Arbre de la connaissance, qui fut elle aussi commise par ruse : par la séduction du serpent.
שע״י נתגשמו העולמות ונעשה עירוב גשמיות ברוחניות9 ולתקן זה עשה מהפוך אל הפוך והמשיך רוחניות ואורות העליונים שיהיה נמשך גם לגשמיות.
par laquelle les mondes se matérialisèrent et un mélange de matérialité et de spiritualité se produisit. Pour réparer cela, il fit l’inverse exact et attira la spiritualité et les lumières supérieures, afin qu’elles soient également attirées dans la matérialité.
Cette faute matérialisa les mondes et mêla le matériel au spirituel. Pour la réparer, Yaakov fit de la ruse l’inverse de ce qu’elle avait été : à la ruse, il opposa la ruse, en attirant la spiritualité et les lumières supérieures jusque dans la matérialité elle-même.
משא״כ אלו לא קבל יעקב הברכות היה נמשך מן התורה רק ברוחניות לבד כמו שהוא למעלה וכדה על שכמה10 כו׳:1112
En revanche, si Yaakov n’avait pas reçu les bénédictions, [la lumière] de la Torah n’aurait été attirée que dans la seule spiritualité, telle qu’elle est en haut, comme « et sa cruche sur son épaule », etc.
Sans les bénédictions reçues par Yaakov, la lumière de la Torah serait restée purement spirituelle, telle qu’elle est en haut : comme la cruche de Rivka portée haut, « sur son épaule ». Grâce aux bénédictions, elle descend dans l’étude matérielle de la Torah et dans l’accomplissement matériel des mitsvot.
Le dernier paragraphe explique pourquoi la bénédiction fut donnée par la ruse et à l’insu de Yits'hak : une lumière qui dépasse toute mesure ne peut passer par la connaissance consciente, et la ruse de Yaakov répara celle du serpent en attirant la lumière suprême dans le monde matériel.
Likkutei Torah, V'Zos HaBerachah cite ce passage et le compare à l’enseignement de la Tosefta sur « une mitsva qui vient à notre insu », puisque la racine de ces bénédictions est la « rosée qui s’écoule d’Atika ». Or HaTorah, comme le rapporte la note de Kehot, déduit de ce passage qu’avant le serpent, le bien et le mal n’étaient pas mêlés : les kelipot se trouvaient sous les mondes saints et ne s’élevèrent qu’à la suite de la faute d’Adam.
Maré mekomot
- 1ויתן לך האלקים · Genesis 27:28
- 2ויתן לך האלקים גם בבחי׳ צמצום · ראה סידור שער התקיעות. ד״ה פדה בשלום תש״ג.
- 3אשר ברכו ה׳ · Genesis 27:27
- 4ואף גם זאת בלי דעתו של יצחק · בלקו״ת ברכה צט, ג מציין לכאן, שזהו ע״ד התוספתא פ״ג דפיאה שמצוה זו שלא לדעתנו ומסיים ”והיינו לפי ששרש ברכות אלו הוא ג״כ מבחי׳ טלא דנטיף מעתיקא” ע״ש.
- 5בא אחיך במרמה · Genesis 27:35
- 6לאו בזכותא תליא מילתא · Moed Katan 28a:13
- 7והי׳ צריך לזה לתקן חטא עה״ד · Zohar II, 141b
- 8לתקן חטא עה״ד · Tanya, Iggeres HaKodesh 7
- 9ונעשה עירוב גשמיות ברוחניות · Tikkunei Zohar, Tikkun 40 · 80a:6
- 10וכדה על שכמה · Genesis 24:15
- 11וכדה על שכמה כו׳ · בבוך 1824 נוסף: ”כמ״ש במ״א” ראה לקו״ת ברכה צה, ד.
- 12בעשי׳ הגשמי׳ . . ואף גם זאת · בבוך 1824: בעשי׳ הגשמי׳ כי זאת הי׳ בלי דעתו של יצחק רק בא במרמה כו׳ שא״א להתלבש.
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Un « parfum » enveloppant s’élève du baal techouva : celui qui médite sur la grandeur de l’Infini lui-même et crie de se trouver séparé de Lui. À ce titre, chacun peut être appelé baal techouva, même sans avoir commis de péchés. Et grâce à l’étude de la Torah et à l’accomplissement des mitsvot matérielles (soucca, loulav, tsitsit, téfilines), une lumière qui dépasse tout l’ordre des mondes est attirée dans le monde matériel.
Questions à discuter
- Comment le modèle des onze épices explique-t-il à la fois les questions pieuses d’Essav et l’absence du Nom de D.ieu sur ses lèvres ?
- Pourquoi la force vitale sainte rend-elle humble l’armée céleste, mais rend-elle orgueilleuses les kelipot ?
- En quoi Its'hak se trompait-il en voulant bénir directement Essav, et comment les paroles mêmes de la bénédiction donnée à Essav montrent-elles que cette erreur fut corrigée ?
- Pourquoi faire descendre une lumière enveloppante requiert-il une élévation enveloppante d’en bas, et comment la techouva constitue-t-elle une telle élévation même pour quelqu’un qui n’a pas de péchés ?
- Pourquoi fallait-il que la bénédiction soit donnée par ruse et à l’insu d’Its'hak, et comment cela répare-t-il la faute de l’Arbre de la Connaissance ?