Likkutei Torah · Parshas Re’eh · Maamar 6
ושמתי כדכד שמשותיך ושעריך לאבני אקדח וגו׳ (בישעיה…
« Je ferai tes fenêtres de kadkod, et tes portes de pierres d’ekdach »
L’idée centrale
La techouva élève l’âme au-dessus même de sa source dans la pensée de D.ieu, jusqu’à Son essence même, et la tsedaka, qui élève l’âme animale, rend cela possible. Les deux « soleils » du verset, celui de Havaya et celui de la tsedaka, ainsi que les deux pierres des anges, le shoham de Yossef et le yashfeh de Binyamin, représentent les deux voies par lesquelles la lumière de D.ieu atteint le monde : elle descend d’en haut et s’élève d’en bas ; dans les Temps futurs, elles s’accompliront toutes deux et s’uniront dans une « grande paix ».
Le maamar en bref
Isaïe promet que les fenêtres de Jérusalem seront en kadkod ; les anges se disputèrent pour savoir s’il s’agissait du shoham ou du yashfeh, et D.ieu dit : « Que ce soit comme ceci et comme cela. » Le pluriel shimchotayikh désigne deux soleils : celui de Havaya et celui de la tsedaka. Pour les expliquer, l’Admour Hazaken définit la techouva comme le retour de l’âme au-dessus de sa source dans la pensée de D.ieu, jusqu’à Son essence, par le don de soi de la Yé’hida au moment où l’on dit « Un » dans le Chema. Puisque l’autre côté a sa propre volonté irrationnelle, David pria pour que sa Yé’hida soit sauvée « des jeunes lions » ; la tsedaka, « avec tout ton argent », transforme l’âme animale et fait descendre la miséricorde mesure pour mesure. Les Treize Attributs de miséricorde d’Eloul sont l’éveil d’en haut qui rend la techouva possible ; le soleil guérisseur de la tsedaka brille en Eloul et celui de Havaya à Yom Kippour, ou bien, selon une autre lecture, le soleil de la tsedaka est la lumière supérieure des Temps futurs. Les pierres sont Yossef, qui fait descendre, et Binyamin, qui élève ; ces deux voies s’accompliront. Les portes de Bina et les chemins de 'Hokhma deviendront un amour ardent et intérieur, et la « grande paix » unira les deux voies.
Plan
- Le verset, la dispute des anges et les deux soleilsLe kadkod d’Isaïe, la dispute des anges au sujet du shoham et du yashfeh, et les deux « soleils » du pluriel shimchotayikh ; la question de la différence entre Eloul et les Dix Jours de techouva, et la techouva comme retour de l’âme.¶1
- La techouva au-dessus de la penséeLes âmes proviennent de la pensée de D.ieu ; de même qu’une idée est au-dessus de ses lettres et que le maskil est au-dessus de l’idée, la techouva élève l’âme au-dessus de la pensée : le hé supérieur retourne au youd, et la techouva s’élève jusqu’à Kéter.¶2–4
- L’essence, la Yé’hida et les jeunes lionsL’essence de D.ieu dépasse l’unique pensée de la création ; la Yé’hida aspire à Lui seul, comme dans le sacrifice de soi au moment de dire « Un » ; l’autre côté a sa propre volonté au-dessus de la raison, et l’amour « de toute ta force » est lié à l’argent.¶5
- La tsedaka et l’âme animaleLa tsedaka élève l’âme animale, dont les émotions sont plus fortes parce qu’elles proviennent de Tohou ; tournées vers la lumière, cette force rend le baal techouva supérieur, et D.ieu répond à la compassion pour les pauvres par de la compassion pour l’âme.¶6–10
- Les Treize Attributs de miséricorde d’EloulLa miséricorde durant les Dix Jours de techouva répond à la techouva, mais la techouva elle-même requiert l’éveil d’en haut d’Eloul ; d’où la tsedaka en Eloul et les demandes de miséricorde avant le Chema, afin de comprendre la grandeur de D.ieu.¶11–14
- Les vêtements de la Torah et de la tsedakaLa Amida fait descendre la divinité à travers des vêtements : la Torah, vêtement intérieur, et la tsedaka, vêtement extérieur ; les deux soleils brillent à travers cette mince séparation, le kadkod, et la tsedaka dissipe le nuage du péché.¶15–19
- La guérison dans ses ailes : deux lectures des soleilsLa techouva guérit ; l’amour et la crainte sont les ailes ; le soleil de la tsedaka est la révélation extérieure d’Eloul et celui de Havaya, la révélation intérieure de Yom Kippour ; ou bien le soleil de la tsedaka est la lumière cachée de l’avenir ; l’élévation de Neïla.¶20–22
- Shoham et yashfeh : Yossef et BinyaminLes noms des tribus sur les pierres précieuses, comme l’âme animale transformée en lumière ; Yossef fait descendre et Binyamin élève ; Mikhaël et Gavriel ; Moché et Éliyahou ; ces deux voies s’accompliront, comme dans le Chema du matin et du soir.¶23–32
- Portes de feu et pierres de désirLes cinquante portes de Bina allumeront un amour ardent qui fera fondre même un cœur de pierre ; les trente-deux chemins de 'Hokhma, la Torah et ses mesures, feront naître un amour caché de désir ; jusque-là, il faut ouvrir le cœur par la compassion.¶33–38
- Grande paixTrois niveaux de paix : celle de Yossef, celle de Binyamin, et l’union des deux par les pleurs et une grande miséricorde, lorsque D.ieu enseignera Israël.¶39–40
- RésuméLe kitzour reprend les cinq sections : les deux soleils et la techouva, la Yé’hida et la tsedaka, Eloul et les deux lectures, Yossef et Binyamin, puis les amours et les trois niveaux de paix.¶41–45
Notions clés
- Les deux soleilsשמש הוי׳ ושמש צדקה
- Le soleil de Havaya et celui de la tsedaka, suggérés par le pluriel shimchotayikh : les révélations des Dix Jours de techouva et d’Eloul ou, selon une seconde lecture, la lumière du présent et la lumière cachée de l’avenir.
- Yé’hidaיחידה
- Le niveau le plus élevé de l’âme, une volonté simple au-dessus de l’intellect qui n’aspire qu’à l’Unique ; elle est l’amour « de toute ta force » et le sacrifice de soi au moment de dire « Un ».
- Les jeunes lionsכפירים
- La source de la volonté impie au-dessus de la raison dans la sitra a'hra, avec sa force vitale irrésistible ; David pria pour que sa Yé’hida en soit sauvée.
- Tsedakaצדקה
- La charité, qui élève l’âme animale, fait descendre la miséricorde de D.ieu mesure pour mesure, est le vêtement extérieur de D.ieu et dissipe le nuage du péché.
- Les Treize Attributs de miséricordeי״ג מדות הרחמים
- La miséricorde divine sans limite : en Eloul, un éveil d’en haut qui rend la techouva possible, et durant les Dix Jours de techouva, la réponse à celle-ci.
- Tsadik supérieur et tsadik inférieurצדיק עליון וצדיק תחתון
- Yossef, qui fait descendre le flux du donneur au récepteur, et Binyamin, qui élève le récepteur vers le donneur ; le shoham et le yashfeh, Mikhaël et Gavriel.
- Les cinquante portes de Binaנ׳ שערי בינה
- Une compréhension ouverte qui se déverse dans les émotions ; dans l’avenir, elles allumeront l’amour ardent des « pierres d’ekdach ».
- Les trente-deux chemins de 'Hokhmaל״ב נתיבות החכמה
- Une sagesse cachée et de grande portée, qui est la Torah et ses mesures ; dans l’avenir, elle fera naître l’amour intérieur des « pierres de désir ».
Le verset, la dispute des anges et les deux soleils ¶1
1ושמתי כדכד12 שמשותיך ושעריך לאבני אקדח וגו׳ (בישעיה סי׳ נ״ד) ובגמרא (פרק חמישי דב״ב [דבבא בתרא]) אמר רבי שמואל בר נחמני פליגי3 בה תרי מלאכי ברקיעא גבריאל ומיכאל
« Je ferai tes fenêtres de kadkod, et tes portes de pierres d’akdah », etc. (Isaïe, chapitre 54). Et dans la Guemara (cinquième chapitre de Bava Batra), Rabbi Chmouel bar Na’hmani dit : deux anges dans le firmament, Gavriel et Mikhaël, sont en désaccord à ce sujet.
Le maamar s’ouvre sur la promesse d’Isaïe concernant Jérusalem reconstruite : ses fenêtres seront faites d’une gemme appelée kadkod, et ses portes, de pierres d’akdah. Le Talmud rapporte que deux anges, Gavriel et Mikhaël, étaient en désaccord sur la nature du kadkod.
(Et dans le Yalkout sur Isaïe, on lit « Mikhaël et Gavriel ».) L’un a dit : c’est du choham [onyx], l’autre a dit : c’est du yachfé [jaspe]. Le Saint béni soit-Il a dit : « Qu’il en soit ainsi et ainsi » (kedein ukedein).
Un ange a dit que le kadkod est du choham (onyx), l’autre qu’il s’agit de yachfé (jaspe), et D.ieu a tranché : « Qu’il en soit ainsi et ainsi » (kedein ukedein), jeu de mots sur le terme kadkod lui-même. Le Yalkout, anthologie de Midrach, donne les noms des deux anges dans l’ordre inverse.
ושמשותיך פי׳ הארת השמש6 (וכדפירש״י [וכדפירש רש״י]) (בישעיה שם)7 ובסנהדרין (דף ק׳ ע״א) חלונות שהשמש זורח בהם8 כו׳ ועיין ברבות בא פט״ו [פרק ט״ו / פרשה ט״ו].
« Tes fenêtres » (chimchossayikh) signifie l’éclat du soleil (chemech), comme l’explique Rachi (sur Isaïe, à cet endroit) ; et dans Sanhédrin (folio 100a) : des fenêtres par lesquelles le soleil brille, etc. Voir aussi [Midrach] Rabba, Bo, section 15.
L’Alter Rebbe comprend chimchossayikh comme étant apparenté à chemech, « soleil » : le terme désigne l’éclat du soleil, comme l’explique Rachi ; et Rachi, dans Sanhédrin, les appelle des fenêtres par lesquelles le soleil brille. Cette lecture prépare à comprendre le verset comme parlant de différentes sortes de « soleil ».
והנה כתיב כי שמש ומגן9 הו׳י אלקים (תלים סי׳ פ״ד) ששם הוי׳ נק׳ שמש וכתיב וזרחה לכם יראי שמי שמש צדקה ומרפא בכנפיה1011 במלאכי (סי׳ ג׳ כ׳ [כתב]).
Or, il est écrit : « Car Havaya Elokim est un soleil et un bouclier » (Psaumes, chapitre 84), [ce qui montre] que le Nom Havaya est appelé « soleil ». Et il est écrit : « Pour vous qui craignez Mon Nom, brillera un soleil de tsedaka (justice), avec la guérison dans ses ailes », dans Malachie (chapitre 3, [verset] 20).
Deux versets qualifient quelque chose de « soleil » : les Psaumes appellent le Nom Havaya un soleil, et Malachie promet un « soleil de tsedaka » qui apporte la guérison. Tsedaka signifie justice et, plus loin dans le maamar, est également interprété comme la charité.
הרי גם בחי׳ צדקה נק׳ שמש. וזהו ענין שמשותיך ב׳ בחי׳ שמש. ולהבין זה יש
Ainsi, le niveau de la tsedaka, lui aussi, est appelé « soleil ». Voilà le sens de chimchossayikh [au pluriel] : deux niveaux de « soleil ». Pour comprendre cela, il faut
Le pluriel chimchossayikh renvoie donc à deux « soleils » : le soleil de Havaya et le soleil de la tsedaka. Avant de les expliquer, l’Alter Rebbe soulève une question concernant le mois d’Eloul.
להבין תחלה מה שמבואר בספרים12 שבאלול מאירין י״ג מדות הרחמים עד ראש השנה ואחר כך בעשרת ימי תשובה חוזרין ומתגלים הי״ג מדות (וכמ״ש בזח״ב [בזהר חלק ב׳]13 ס״פ תרומה) (דף קע״ו ע״א).
comprendre d’abord ce qui est expliqué dans les sefarim : en Eloul, les Treize Attributs de Miséricorde brillent jusqu’à Roch Hachana ; ensuite, pendant les Dix Jours de Techouva, les Treize Attributs se révèlent à nouveau (comme il est écrit dans le Zohar, partie II, à la fin de la paracha Terouma) (folio 176a).
Les Treize Attributs de Miséricorde sont les treize qualités de compassion divine que D.ieu a proclamées à Moché (Exode 34:6–7). Les ouvrages de Kabbala enseignent qu’ils brillent durant le mois d’Eloul et se révèlent à nouveau pendant les Dix Jours de Techouva, de Roch Hachana à Yom Kippour ; l’Alter Rebbe cite à ce propos le Zohar.
ולכך אומרים ויעבור1415 הוי׳ כו׳ עד יוה״כ [יום הכפורים]. וצריך להבין מהו ההפרש שבין אותה ההתגלות שבאלול לאח״כ בעשי״ת [בעשרת ימי תשובה].16
C’est pourquoi nous disons : « Et Havaya passa », etc., jusqu’à Yom Kippour. Il faut comprendre quelle est la différence entre cette révélation en Eloul et celle qui a lieu ensuite, pendant les Dix Jours de Techouva.
Pour cette raison, les versets des Treize Attributs, qui commencent par « Et Havaya passa devant lui », sont récités dans les prières de Selihot, depuis Eloul jusqu’à Yom Kippour. La question est de savoir ce qui distingue la révélation d’Eloul de celle des Dix Jours de Techouva.
ויובן כל זה בהקדים ביאור ענין התשובה שאינה על עבירות דוקא שהרי ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] שיהיה כל ימיו בתשובה17
Tout cela se comprendra en expliquant d’abord la nature de la techouva (retour), qui ne concerne pas nécessairement les fautes ; en effet, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit qu’il faut être toute sa vie dans la techouva ;
Pour répondre à cette question, l’Alter Rebbe commence par définir la techouva. Celle-ci ne peut désigner uniquement le repentir des fautes, puisque le Talmud enseigne qu’une personne doit être toute sa vie dans la techouva.
Il s’agit plutôt du retour de l’âme : on revient et l’on élève son âme vers Lui, béni soit-Il, car la descente a pour but une élévation.
La techouva signifie littéralement « retour » : ramener l’âme vers D.ieu. L’âme n’est descendue dans un corps qu’en vue d’une élévation plus grande, et la techouva est cette élévation.
Ce paragraphe présente le verset et les deux questions du maamar : quels sont les deux « soleils » suggérés par le pluriel chimchossayikh, et en quoi la révélation des Treize Attributs en Eloul diffère-t-elle de celle des Dix Jours de Techouva ? La réponse commencera par une définition plus profonde de la techouva, comme retour et élévation de l’âme.
Selon la note du Kehot, un manuscrit consigne ce maamar comme un enseignement de l’Alter Rebbe donné le Chabbat Mevarchim Eloul 5570 (1810), le Chabbat qui bénit le mois d’Eloul, thème du maamar. La même note observe que la Guemara est citée ici selon des variantes présentes dans les anciennes éditions d’Ein Yaakov.
Maré mekomot
- 1ושמתי כדכד · חלק מהמאמר נדפס (בשינויים קלים) מגוכתי״ק כ״ק אדמו״ר הצ״צ בסה״מ תק״ע ע׳ קכו. בבוך 983 רשום: תורת אדמו״ר שבת מברכים אלול תק״ע. שם ע׳ קפה מאמר זה בארוכה מכ״ק אדמו״ר האמצעי. [נדפס גם במאמרי אדה״א דברים ח״ב ע׳ תכ]. וראה אוה״ת פ׳ ראה ע׳ תתיב ואילך.
- 2ושמתי כדכד · Isaiah 54:12
- 3
- 4שהם . . וישפה · בסה״מ תק״ע ע׳ קפה מבאר למה דוקא ב׳ אבנים אלו שהם מטור הרביעי היותר אחרונה.
- 5
- 6שמשותיך פי׳ הארת השמש · Rashi on Isaiah 54:12
- 7ושמשותיך פי׳ הארת השמש (וכדפרש״י בישעי׳ שם · באוה״ת פ׳ ראה ע׳ תשעב מבאר לשון רש״י באריכות שברש״י יש ב׳ פירושים וכאן מביא רק פי׳ הב׳, וראה שם ע׳ תשעג שמביא שבתיבת שמשותיך יש ג׳ פירושים.
- 8חלונות שהשמש זורח בהם · Rashi on Sanhedrin 103a:3–103b:1
- 9
- 10וזרחה לכם יראי שמי שמש צדקה ומרפא בכנפיה · Malachi 3:20
- 11וזרחה לכם יראי שמי שמש צדקה ומרפא בכנפיה · Shemot Rabbah 15:21
- 12מה שמבואר בספרים · ראה גם לקמן לב, ב. ובהנסמן לשם. וד״ה אני לדודי תשכ״ו (נדפס בסה״מ מלוקט ח״ד). ובמאמרי אדה״א דברים כרך ב ע׳ תכב ובמ״מ לשם.
- 13וכמ״ש בזח״ב . . קע״ז ע״א · ראה בהמ״מ למאמרי אדה״א דברים כרך ב ע׳ תכג.
- 14ולכך אומרים ויעבור ה׳ כו׳ עד יוהכ״פ · טור ושו״ע או״ח רסתקפ״א.
- 15ויעבור הוי׳ · Exodus 34:6
- 16להבין מהו ההפרש שבין אותה ההתגלות שבאלול לאח״כ בעשי״ת · ראה גם לקמן ד״ה אני לדודי הראשון. וראה אוה״ת שה״ש ע׳ תקנח.
- 17שיהי׳ כל ימיו בתשובה · Shabbat 153a
- 18כי ירידה צורך עליה היא · ראה לעיל פ׳ בלק עג, סע״א ”אך התירוץ האמיתי”.
- 19פ״ה דב״ב · עה, א. מעתיק לשון הגמרא בשינוים. והם ע״פ דפוסי עין יעקב הישנים (שנדפסו קודם זמן חיי אדה״ז). וכמה מהגירסאות נמצאים גם בדקדוקי סופרים.
- 20וכדפי׳ רש״י . . ועיין ברבות בא פט״ו · הלשון נעתק באוה״ת פ׳ ראה ע׳ תשעב. וראה גם באוה״ת נ״ך כרך א ע׳ תקלז.
- 21
La techouva au-dessus de la pensée ¶2–4
2ולהבין זה דלכאורה הרי בלא״ה [בלאו הכי] נש״י [נשמות ישראל] עלו במחשבה123 דהיינו שאינן כמו המלאכים צבא מעלה ומטה שמקור התהוותן מבחי׳ דבור העליון כדכתיב וברוח פיו כל צבאם.4
Pour comprendre cela : à première vue, les âmes d’Israël sont de toute façon « montées dans la pensée » ; autrement dit, elles ne sont pas comme les anges, les armées d’en haut et d’en bas, dont la source de création est le niveau de la parole suprême, comme il est écrit : « Par le souffle de Sa bouche, toute leur armée. »
L’Alter Rebbe précise la question. Le Midrach dit que les âmes d’Israël « sont montées dans la pensée », c’est-à-dire qu’elles prennent leur origine dans la pensée de D.ieu, contrairement aux anges et aux autres créations, qui proviennent de Sa « parole », le verbe créateur (« Par le souffle de Sa bouche, toute leur armée »).
אבל הנשמות נלקחו מאותיות מחשבתו ית׳ והן הן ס״ר אותיות שבתורה שהן כנגד ס״ר נשמות5
Mais les âmes ont été prises des lettres de Sa pensée, béni soit-Il, et ce sont précisément les six cent mille lettres de la Torah, qui correspondent aux six cent mille âmes
Les âmes sont prises des « lettres » de la pensée de D.ieu, lesquelles sont les six cent mille lettres de la Torah. Elles correspondent aux six cent mille âmes-racines d’Israël.
שבהם כלולים כל הנשמות שבאוצר להיותן ענפים וניצוצין המפשטים מהם וכנודע וא״כ הרי מקורן ושרשן הוא גבוה מאד נעלה ומהו העליה עוד.
dans lesquelles sont incluses toutes les âmes du trésor, puisqu’elles en sont des branches et des étincelles qui en émanent, comme on le sait. Si donc leur source et leur racine sont si hautes et si élevées, quelle ascension supplémentaire [peut-il encore y avoir] ?
Chaque âme individuelle du « trésor » céleste des âmes est une branche ou une étincelle de l’une de ces âmes-racines. Si la source de l’âme est déjà si élevée, quelle ascension plus haute la techouva pourrait-elle lui apporter ?
(ועמ״ש בפ׳ שלח ע״פ אני ה׳ אלקיכם כו׳ וע״פ מי מנה עפר יעקב6 וע״פ את שבתותי תשמרו כו׳).
(Voyez ce qui est écrit dans la paracha Chela'h à propos du verset « Je suis Havaya, votre D.ieu », etc., ainsi qu’à propos des versets « Qui a compté la poussière de Yaakov » et « Vous observerez Mes Chabbatot », etc.)
Le texte renvoie le lecteur à d’autres maamarim de Likkutei Torah qui traitent de la racine des âmes.
אך הנה מודעת זאת דכמו עד״מ בנפש יש כמה כחות שלמעלה מהמחשבה כי המחשבה אינה אלא לבוש להשכל השוא מתלבש בה ומתחלק באותיות
Cependant, il est bien connu que, par analogie, l’âme possède plusieurs forces qui dépassent la pensée ; car la pensée n’est qu’un vêtement de l’intellect, qui s’y revêt et se divise en lettres,
La réponse commence par une analogie tirée de l’âme humaine, qui possède des forces supérieures à la pensée. La pensée n’est qu’un « vêtement » de l’intellect : l’idée se revêt dans la pensée et se décompose en mots et en lettres.
אבל בעצם השכל הוא מהות אחר ונעלם ממנה כגון דבור תוספת ורא״ש7 שההשכלה עצמה אינה מסוג האותיות כלל ונעלית מהם במדרגה
mais l’intellect lui-même est d’une autre nature et lui demeure caché. Ainsi, un commentaire des Tosafot et du Roch : l’intuition elle-même n’appartient pas du tout à la catégorie des lettres et leur est supérieure en degré,
L’idée elle-même est d’une autre nature et demeure cachée à la pensée. L’exemple est un commentaire des Tosafot ou du Roch, commentateurs classiques du Talmud : l’intuition qui sous-tend le commentaire n’est nullement constituée de lettres et se situe au-dessus d’elles.
כי היא סברא רוחניות ונקודה א׳ רק שנתפסת ומתלבשת בתיבות וצירופי אותיות אלו ומתחלקות בהן כו׳.8
car elle est un raisonnement spirituel, un point unique, qui seulement est saisi et se revêt dans ces mots et ces combinaisons de lettres, et se divise en eux, etc.
Une intuition est un point unique de raisonnement spirituel. Elle ne se divise en mots particuliers que lorsqu’elle est saisie et exprimée en lettres.
Le paragraphe soulève la question : comment une âme enracinée dans la pensée de D.ieu peut-elle s’élever davantage ? Il amorce la réponse à l’aide de l’esprit humain, dans lequel l’intellect se situe au-dessus de la pensée qui le revêt.
La correspondance entre les six cent mille lettres de la Torah et les six cent mille âmes-racines, que la note de Kehot rattache au Megaleh Amukos et à d’autres ouvrages, sous-tend la description des âmes comme « lettres de Sa pensée ». La note du Rabbi (citée par Kehot) explique le choix des exemples : les Tosafot sont prolixes, et le Roch ainsi que le Ran rapportent très souvent le raisonnement même des Tosafot ; une même intuition apparaît donc sous différentes lettres.
Maré mekomot
- 1נש״י עלו במחשבה · Zohar I, 24a
- 2נש״י עלו במחשבה · Bereshit Rabbah 1:4
- 3נש״י עלו במחשבה · Tikkunei Zohar 23b:3–4
- 4וברוח פיו כל צבאם · Psalms 33:6
- 5ס״ר אותיות שבתורה שהן כנגד ס״ר נשמות · מגלה עמוקות אופן קפו (הובא בילקוט ראובני ר״פ בראשית. בילקוט חדש ערך תורה סקע״ח. ועוד). סידור מהר״י קאפיל ש׳ חהמ״צ. ועוד. וראה ז״ח עה״פ וזאת לפנים בישראל. ראה הערת כ״ק אדמו״ר בסה״מ תש״ח ע׳ 242 וש״נ. לקו״ש ח״ב ע׳ 419. וראה בסה״מ תקע ע׳ קפח דמבאר הגם שהתורה נק׳ ראשית.
- 6
- 7דבור תוספת ורא״ש . . והר״ן · בלקו״ת במדבר בשכל ובסברתו ולכן מביא ראשי הפרשנים, ומתחיל בתו׳ שיש בו ריבוי אותיות, משא״כ פרש״י, ועליו מונה הרא״ש והר״ן המביאים לעתים תכופות ביותר סברות התוס׳ גופא — הערת כ״ק אדמו״ר בסה״מ תש״י ע׳ 36.
- 8אני ה׳ אלקיכם · Numbers 15:41
3ולכן השכלה אחת שבדבור התוספת היא באותיות ותיבות אלו ובהרא״ש והר״ן [והרבינו נסים] השכלה זו עצמה היא באותיות ותיבות אחרים והיינו שהאותיות והתיבות לגבי השכל הן כמו לבוש לבד וכלבוש תחליפם.1
Ainsi, une même idée se trouve exprimée dans le commentaire des Tossafot au moyen de ces lettres et de ces mots, tandis que, dans le Roch et le Ran, cette même idée est exprimée au moyen d’autres lettres et d’autres mots. Autrement dit, les lettres et les mots, par rapport à l’intellect, ne sont qu’un vêtement, et « comme un vêtement, Tu les changes ».
La preuve qu’une idée dépasse les lettres qui l’expriment est la suivante : une même idée est formulée d’une manière dans les Tossafot et d’une autre dans le Roch et le Ran. Les mots sont comme un vêtement, que l’on peut changer sans que celui qui le porte change, comme le dit le verset : « Comme un vêtement, Tu les changes ».
ויש ג״כ בחי׳ שלמעלה מהשכל כי השכליים נובעים ומתחדשים תמיד חדשים לבקרים2 ומוכרח שיש מציאות איזה כוחות הנפש המהוה אותן
Il existe également un niveau qui dépasse l’intellect : les idées jaillissent et se renouvellent constamment, « nouvelles chaque matin », et il doit nécessairement exister une certaine force de l’âme qui les engendre ;
Plus haut encore se trouve la source de l’intellect. De nouvelles idées ne cessent de surgir, « nouvelles chaque matin » ; il doit donc y avoir dans l’âme une force qui les produit.
et c’est ce que l’on appelle maskil, forme causative, comme dans les expressions écrites : « Maskil d’Assaf », « Maskil d’Eitan l’Ezra’hite », « Au chef de chœur, maskil », etc.
Cette force est appelée maskil, une forme causative qui signifie « ce qui fait naître la compréhension ». Plusieurs psaumes portent le titre maskil, notamment ceux d’Assaf et d’Eitan l’Ezra’hite.
Ce paragraphe complète l’analogie : au-dessus des lettres de la pensée se trouve l’idée elle-même, et au-dessus de l’idée se trouve la force qui engendre les idées, appelée maskil.
Selon la note de Kehot, la version de Sefer HaMaamarim 5570 ajoute « De David, maskil » aux titres de psaumes énumérés ici. Dans le paragraphe suivant, le maskil est identifié au youd du Nom, à 'Hokhma, la source de l’intellect.
Maré mekomot
- 1וכלבוש תחליפם · Psalms 102:27
- 2חדשים לבקרים · Lamentations 3:23
- 3משכיל לאיתן האזרחי · Psalms 89:1
- 4משכיל לאסף, משכיל לאיתן האזרחי, למנצח משכיל · Psalms 74:1
- 5למנצח משכיל · Psalms 42:1
4ולכן נקרא הנפש נפש המשכלת וכמ״ש במ״א. כן ממש יובן למעלה עליית הנשמות אחר ירידתן ממקור חוצבן מחשבה עילאה להתלבש בגוף חומרי שהעלייה הוא למעלה מעלה מהמחשבה. וזהו ענין התשובה תשוב1 ה׳ עילאה לגבי יו״ד כו׳.
C’est pourquoi l’âme est appelée « l’âme intellective » (néfech hamaskélet), comme il est expliqué ailleurs. De même, on comprendra exactement ce qu’il en est en haut : après être descendues de leur source d’où elles furent taillées — la pensée supérieure — pour se revêtir d’un corps matériel, les âmes s’élèvent très haut, bien au-dessus de la pensée. Tel est le sens de la techouva : tachouv hé, le hé supérieur retourne au youd, etc.
L’âme est nommée d’après cette faculté : « l’âme intellective » (néfech hamaskélet), l’âme qui engendre la compréhension. De même en haut : l’âme descend de sa source dans la pensée supérieure de D.ieu pour entrer dans un corps, puis son retour l’élève bien au-dessus de la pensée. C’est là la techouva, que l’on lit tachouv hé, « le hé retourne ».
(כי מחשבה עילאה היא בחי׳ ה׳ עילאה דשם הוי׳ ותשוב ה׳ עילאה לגבי יו״ד היינו למעלה מבחי׳ מחשבה שהיו״ד עצמו הוא בחי׳ חכמה עילאה שנק׳ משכיל לאיתן2 כו׳ וקוצו של יו״ד הוא בחי׳ אין שממנו תמצא החכמ׳ [החכמה]3 וע׳ במ״ש הרמ״ז [הרב משה זכות] בפ׳ שלח)
(Car la pensée supérieure est le niveau du hé supérieur du Nom Havaya, et « le hé supérieur retourne au youd » signifie qu’il s’élève au-dessus du niveau de la pensée ; en effet, le youd lui-même est le niveau de la 'Hokhma supérieure (sagesse), appelée « un maskil d’Eisan », etc., et la pointe du youd est le niveau du aïn (néant), d’où « la 'Hokhma est trouvée ». Voir aussi ce qu’écrit le Ramaz sur la paracha de Chelah.)
Dans les quatre lettres du Nom Havaya, le hé supérieur représente la pensée supérieure, et le youd, la 'Hokhma supérieure, source de l’intuition, appelée « un maskil d’Eisan ». La techouva élève l’âme du hé au youd, au-dessus de la pensée, puis jusqu’à la pointe du youd, le niveau du aïn (« néant »), au-dessus de la 'Hokhma, d’où, comme le dit Job, la 'Hokhma est trouvée.
(דקנ״ט ע״א) בענין יו״ד של שם שקשור ממש בעולם א״ס בסוד קוצו של יו״ד כו׳
(folio 159a), au sujet du youd du Nom, qui est véritablement lié au monde de l’Ein Sof, selon le mystère de la pointe du youd, etc.
L’Alter Rebbe renvoie au Ramaz (Rabbi Moché Zacuto), qui écrit, dans un passage sur la paracha de Chelah, que le youd du Nom est lié au monde de l’Ein Sof selon le mystère de la pointe du youd.
עד יו״ד וקוצו א״ס ואצי׳ ה׳ עולם הבריאה הכולל יצירה ועשיה כו׳ ויש פרסא מבדלת כו׳
jusqu’à : « Le youd et sa pointe : l’Ein Sof et Atsilout ; le hé : le Monde de Béria, qui comprend Yetsira et Assiya », etc. ; « et il y a une parsa qui sépare », etc.
Le passage du Ramaz poursuit en présentant une carte du Nom : la pointe du youd et le youd correspondent à l’Ein Sof et à Atsilout, tandis que le hé correspond au Monde de Béria, qui comprend Yetsira et Assiya. Une « parsa » sépare Atsilout des mondes inférieurs.
ע״ש וע׳ בראשית חכמה פ״ב [פרק ב׳] משער התשובה במ״ש עוד ביארו בזהר שהתשובה עולה עד הכתר4 כו׳:
Voir là-bas. Voir aussi Reishit 'Hokhma, chapitre 2 de Cha'ar HaTechouva, où il est dit : « Ils ont expliqué en outre dans le Zohar que la techouva s’élève jusqu’à Kéter (la Couronne) », etc.
L’Alter Rebbe cite également Reishit 'Hokhma, un ouvrage classique de Kabbale et d’éthique, qui rapporte le Zohar selon lequel la techouva s’élève jusqu’à Kéter, la Couronne, au-dessus de la 'Hokhma. Cela confirme que la techouva élève l’âme au-dessus de la pensée.
Ce paragraphe applique l’analogie à l’âme en haut : sa descente de la pensée de D.ieu dans un corps rend possible son ascension au-dessus de la pensée. Tel est le sens intérieur de la techouva : le hé supérieur du Nom retourne au youd, puis, par lui, à la pointe du youd et à Kéter.
Le Zohar (Ra'aya Mehemna, Nasso) interprète la techouva comme tachouv hé, le retour du hé au vav ; ici, l’Alter Rebbe parle du retour du hé supérieur au youd, un retour au-dessus du niveau de la pensée. Reishit 'Hokhma fonde sur le Zohar de Vayikra (16a) l’idée que la techouva atteint Kéter : il y est dit que, lorsque les actes d’en bas sont rectifiés, le Saint Ancien est révélé. Le maamar cite plus loin le même passage du Zohar.
Maré mekomot
- 1התשובה תשוב ה׳ · Zohar III, 122a
- 2שנק׳ משכיל לאיתן · Psalms 89:1
- 3אין שממנו תמצא החכמה · Job 28:12
- 4עוד ביארו בזהר שהתשובה עולה עד הכתר · Reshit Chokhmah, Gate of Repentance 2:15–16
L’essence, la Yé’hida et les jeunes lions ¶5
5ב כי הנה אור א״ס ב״ה מרומם ומתנשא רבבות מדרגות עד אין קץ למעלה מהמחשבה ואפי׳ [ואפילו] מבחי׳ ח״ע [חכמה עילאה] כו׳ וכנודע ובמחשבה א׳ הוא סובב וממלא לכל העולמות
2. Car la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, est exaltée et élevée au-dessus de myriades de niveaux, sans fin, au-delà de la pensée, et même au-delà du niveau de la 'Hokhma supérieure (sagesse), etc., comme on le sait ; et, par une seule pensée, Il entoure et remplit tous les mondes,
La deuxième section commence à répondre à la question de savoir comment l’âme peut s’élever au-dessus de sa source dans la pensée de D.ieu. La Lumière infinie de D.ieu dépasse entièrement la pensée, et se situe même au-dessus de la 'Hokhma supérieure ; pourtant, une seule « pensée » de Sa part suffit à la fois à entourer tous les mondes et à les remplir (les deux modalités appelées sovev et memalé).
וכמאמר צופה ומביט עד סוף כל הדורות1 היה הוה ויהיה וג״ע [וגן עדן] ועוה״ב [ועולם הבא] ותחה״מ [ותחיית המתים] בכלל בסקירה אחת ממש והוא מ״ש בתחלת הע״ח [העץ חיים]2 כשעלה ברצונו3 כו׳
comme le dit l’expression : « Il voit et regarde jusqu’à la fin de toutes les générations » : ce qui fut, ce qui est et ce qui sera, ainsi que le Gan Eden, le Monde futur et la Résurrection des morts, tout cela inclus dans un seul regard, au sens propre. C’est ce qui est écrit au début d’Etz Chaim : « Quand cela s’éleva dans Sa volonté », etc.,
« Il voit et regarde jusqu’à la fin de toutes les générations » provient de la bénédiction Zichronot de la prière de Moussaf de Roch Hachana, et « ce qui fut, ce qui est et ce qui sera » de l’hymne Vechol Ma'aminim. Tout le temps, ainsi que le Gan Eden, le Monde futur et la Résurrection, se trouvent devant D.ieu dans un seul regard ; l’Etz Chaim de l’Ari zal ouvre également son exposé de la création par les mots : « Quand cela s’éleva dans Sa volonté. »
שברצון ומחשבה זו נאצלו כל העולמות הן אותם הנזכרים ומובארים בספרי האמת4 והן אותם שאינן גלוים וידועים מריש כל דרגין עד סוף כל דרגין כולן במחשבה5 א׳ נתהוו.
car c’est dans cette volonté et cette pensée que tous les mondes furent émanés, aussi bien ceux qui sont mentionnés et expliqués dans les livres de vérité que ceux qui ne sont ni révélés ni connus ; du commencement de tous les niveaux jusqu’à la fin de tous les niveaux, tous vinrent à l’existence en une seule pensée.
Dans cette volonté et cette pensée uniques, tous les mondes vinrent à l’existence, aussi bien ceux que décrit la Kabbale (« les livres de vérité ») que ceux qui n’ont jamais été révélés, depuis le niveau le plus élevé jusqu’au plus bas. Le Zohar dit lui aussi que tous les mondes apparurent en une seule pensée.
ולמשל כמו בנפש האדם כשחושב מחשבה א׳ זהו כלא ממש לגבי כללות המחשבה שיכול לחשוב מחשבות עד אין קץ ותכלית וכ״ש [וכל שכן] לגבי מהות ועצמות הנפש כו׳ (וע׳ מזה בד״ה אלה מסעי).
À titre d’analogie : dans l’âme humaine, lorsqu’on pense une seule pensée, celle-ci est véritablement comme rien en comparaison de la pensée dans son ensemble, qui peut concevoir des pensées sans fin ni limite ; à plus forte raison en comparaison de l’être et de l’essence de l’âme, etc. (Voir également à ce sujet le discours commençant par « Voici les étapes ».)
Une analogie tirée de l’âme humaine : une pensée n’est rien à côté de la faculté de l’âme de concevoir des pensées sans fin, et bien moins encore à côté de l’essence même de l’âme, qui dépasse la pensée. Le texte renvoie le lecteur au maamar commençant par « Voici les étapes » pour approfondir ce point.
כך הוא הארת החיות הנמשכת ממנו ית׳ לכללות העולמות כולן דכלא ממש חשיבא קמיה ית׳6 ואין ערוך אליו.
Il en va de même du rayonnement de force vitale qui est attiré de Lui, béni soit-Il, vers l’ensemble des mondes : cela est véritablement considéré comme rien devant Lui, béni soit-Il, et n’a aucune commune mesure avec Lui.
De même, toute la force vitale que D.ieu fait descendre pour soutenir chaque monde est, selon les termes du Zohar, « véritablement considérée comme rien devant Lui » et n’a aucune commune mesure avec Lui. Pour D.ieu, l’ensemble de la création est ce qu’une pensée fugitive est pour l’âme.
וע״כ לית מחשבה תפיסא ביה7 ולכן נק׳ ההמשכה בשם אור א״ס שהאור אינו פועל שינוי בעצם המאור כנודע ולהיות כן ה״ז [הרי זה] תכלית כל האדם להיות נכספה37
C’est pourquoi « aucune pensée ne peut Le saisir ». Ce qui émane de Lui est donc appelé Or Ein Sof, « la lumière de l’Infini », car la lumière ne modifie pas l’essence du luminaire, comme on le sait. Puisqu’il en est ainsi, tout le but de l’homme est que « son âme aspire
Puisqu’« aucune pensée ne peut Le saisir » (selon la prière d’Élie dans le Tikkouné Zohar), ce qui émane de Lui est seulement appelé la « lumière » de l’Infini : de même que les rayons ne changent rien au luminaire dont ils proviennent, la création ne change rien en D.ieu. Il s’ensuit que le véritable but de l’homme est cette aspiration que décrit le psaume : « mon âme aspire et languit même après… ».
וגם כלתה נפשו8 ליכלל בעצמותו ית׳ דוקא הבלתי בע״ג [בעלי גבול / בעל גבול] ולדבקה בו ולא ירצה9 אפילו לקבל פרס10 בג״ע [בגן עדן]
et languit même après… » pour être incluse dans Son essence, béni soit-Il, précisément, laquelle est sans limite, et pour s’attacher à Lui ; elle ne doit pas même vouloir recevoir une récompense dans le Gan Eden,
L’âme doit aspirer à être incluse dans l’essence même de D.ieu, qui est absolument sans limite, et à s’attacher à Lui ; elle ne doit même pas vouloir recevoir la récompense du Gan Eden. Ces mots rappellent l’enseignement de la Michna : ne pas servir « afin de recevoir une récompense ».
כי הוא זיו והארה11 בלבד וע״י צמצומים רבים וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] ביו״ד נברא העוה״ב [העולם הבא]12 כו׳. והיינו מ״ש לאשתאבא בגופא דמלכא13 בגופא דמלכא דוקא.
car ce n’est qu’un éclat et un rayonnement, produits au moyen de nombreuses contractions (tsimtsoumim), comme l’ont dit nos Sages de mémoire bénie : « Le Monde futur fut créé avec [la lettre] youd », etc. C’est là le sens de l’expression : « être absorbé dans le corps du Roi », dans le corps du Roi précisément.
Le Gan Eden n’est qu’un éclat et un rayonnement de D.ieu (le Talmud parle des justes qui y jouissent du rayonnement de la Chekhina), et il résulte de nombreuses contractions ; le Talmud enseigne que le Monde futur fut créé avec la lettre youd, la plus petite des lettres. L’expression du Zohar « être absorbé dans le corps du Roi » exprime ce que l’âme désire réellement : D.ieu Lui-même, et non Son rayonnement.
(ועמ״ש בד״ה אחריה׳ אלקיכם תלכו ולקמן בד״ה כי תצא ובד״ה שובה ישראל ובד״ה האזינו השמים).
(Voir ce qui est écrit dans le maamar commençant par « Après Havaya, votre D.ieu, vous marcherez », et plus loin dans le maamar commençant par « Lorsque tu sortiras », ainsi que dans les maamarim commençant par « Reviens, Israël » et « Écoutez, cieux ».)
Le texte renvoie à d’autres maamarim de Likkutei Torah sur le même thème : ceux qui portent sur « Après Havaya, votre D.ieu, vous marcherez », « Lorsque tu sortiras », « Reviens, Israël » et « Écoutez, cieux ».
וזהו ענין התשובה שהוא השבת הנפש דהיינו לשוב למעלה ממקור מחצב נפשו דהיינו למעלה מן המחשבה כנ״ל והוא העליה שאחר הירידה. ועמ״ש ע״פ ואלה מסעיהם למוצאיהם14.
Tel est le sens de la techouva : le retour de l’âme, c’est-à-dire son retour au-dessus de la source d’où elle a été taillée, autrement dit au-dessus de la pensée, comme indiqué plus haut ; c’est l’élévation qui suit la descente. Voir aussi ce qui est écrit sur le verset : « Et voici leurs étapes selon leurs départs. »
La techouva signifie pleinement le « retour » de l’âme : elle revient non seulement à sa source dans la pensée de D.ieu, mais au-dessus de cette source. C’est l’élévation pour laquelle l’âme est descendue, comme le maamar l’a dit au début ; le texte renvoie également à son commentaire sur « Et voici leurs étapes selon leurs départs ».
ושעת הכושר לזה הוא בק״ש [בקריאת שמע] באמרו אחד ואהבת כו׳ וכמבואר בספרים שצריך למסור נפשו באחד1516 ואין הכוונה על ציור ק״ה [קידוש השם] בפ״מ [בפועל ממש] בלבד17
Le moment propice à cela est celui de la lecture du Chema, lorsqu’on dit « Un » et « Tu aimeras », etc. ; comme l’expliquent les sefarim, on doit remettre son âme à [la prononciation du mot] « Un ». Il ne s’agit pas seulement de se représenter la sanctification du Nom par un acte concret,
Le moment propice à cette élévation est celui du Chema, lorsqu’on dit « Un » (e’had), puis « Tu aimeras ». Les ouvrages kabbalistiques enseignent qu’au mot « Un », l’homme doit remettre son âme à D.ieu. L’Admour Hazaken précise que cela signifie davantage que de se représenter une mort réelle pour la sanctification du Nom de D.ieu.
אלא גם ברוחניות והוא ביטול הנפש להתכלל באור ה׳ אחד והוא בחי׳ ומדרגת יחידה18 ועל זה אמר דוד המלך ע״ה [עליו השלום] (תהלים ל״ה) מכפירים יחידתי19 אודך בקהל רב20
mais aussi d’un point de vue spirituel : il s’agit de l’annulation de soi (bitoul) de l’âme, afin qu’elle soit incluse dans la lumière de D.ieu, qui est Un. C’est le niveau et le degré de Yé’hida ; à ce propos, le roi David, que la paix soit sur lui, dit (Psaumes 35) : « [Sauve] mon unique (ye’hidati) des jeunes lions ; je Te remercierai dans la grande assemblée. »
Cela signifie aussi un don de soi spirituel : l’annulation de soi de l’âme et son inclusion dans la lumière de D.ieu, qui est Un. Cela relève du niveau le plus élevé de l’âme, Yé’hida (« l’unique »), auquel le roi David fait allusion lorsqu’il appelle son âme « mon unique » (ye’hidati), dans le Psaume 35.
כי יש נרנח״י [נפש רוח נשמה חיה יחידה]21 חיה הוא בחי׳ חכמה כמ״ש והחכמה תחיה22 ונשמה הוא בחי׳ בינה שהוא בחי׳ השגה כו׳
Car il existe les niveaux de Nefech, Roua’h, Nechama, ‘Haya et Yé’hida. ‘Haya est le niveau de 'Hokhma, comme il est écrit : « La sagesse donne la vie (te’hayé) » ; Nechama est le niveau de Bina, c’est-à-dire de la compréhension, qui est la faculté de saisir, etc. ;
L’âme comporte cinq niveaux, du plus bas au plus élevé : Nefech, Roua’h, Nechama, ‘Haya et Yé’hida, comme les énumère le Midrach. ‘Haya correspond à 'Hokhma, car le verset associe la sagesse à la vie ; Nechama correspond à Bina, la faculté de comprendre.
mais Yé’hida est le niveau de la volonté simple, qui se situe au-dessus de 'Hokhma. Le nom Yé’hida est une forme féminine, désignant celle qui reçoit du Ya’hid, l’Unique,
Yé’hida est supérieure à 'Hokhma : c’est une volonté simple, dépourvue de tout raisonnement. Son nom est une forme féminine, et l’Admour Hazaken y voit une idée de réceptivité : Yé’hida est la partie de l’âme qui reçoit de D.ieu, le Ya’hid, « l’Unique ».
כי היא רק תשוקתה ליחידו שלעולם בלבד ליכלל בעצמותו ית׳ דוקא וכמ״ש מי לי בשמים25 ועמך לא חפצתי בארץ כו׳
car son seul désir est pour l’Unique du monde, et pour Lui seul : être incluse précisément dans Son essence, béni soit-Il. Comme il est écrit : « Qui ai-je dans les cieux ? Et, auprès de Toi, je ne désire rien sur terre », etc.
Tout ce à quoi aspire Yé’hida, c’est l’Unique Lui-même, afin d’être incluse dans Son essence. Le roi David exprime cette aspiration : « Qui ai-je dans les cieux ? Et, auprès de Toi, je ne désire rien sur terre. »
שמים וארץ ג״ע [גן עדן] עליון ותחתון בכלם לא חפצתי רק אותך ית׳ בלבד ועמ״ש ע״פ אחת היא יונתי26 ובחי׳ זו ישנה אפי׳ [אפילו] בפחותי הערך
Les cieux et la terre désignent le Gan Eden supérieur et le Gan Eden inférieur : en aucun d’eux je ne désire quoi que ce soit, seulement Toi, béni sois-Tu. Voir aussi ce qui est écrit sur le verset : « Une seule est ma colombe. » Ce niveau existe même chez les personnes de la plus basse condition,
L’Admour Hazaken interprète les « cieux » et la « terre » de ce verset comme le Gan Eden supérieur et le Gan Eden inférieur : à ce niveau, l’âme ne désire aucune récompense spirituelle, mais D.ieu seul. Il renvoie à son commentaire sur « Une seule est ma colombe », puis ajoute que ce niveau existe même chez les personnes les plus modestes.
כי כל אחד ואחד מישראל יש בו בטבעו בחי׳ מס״נ [מסירות נפש] ורצון זה שלמעלה מהשכל וכמבואר בספרים שגם מי שאין לו
Car chaque Juif, sans exception, possède par nature la qualité du sacrifice de soi (messirout néfech) et cette volonté qui dépasse l’intellect. Comme l’expliquent les ouvrages, même celui qui n’a rien
Tout Juif est, par nature même, capable de se sacrifier et possède une volonté qui dépasse l’intellect. Les ouvrages kabbalistiques enseignent que cela vaut même pour celui dont l’âme n’atteint que son niveau le plus bas, comme les mots suivants l’expliquent.
אלא נפש או נפש דנפש מ״מ גם בחי׳ יחידה כלולה בה27 (ועיין בשע״ק [בשערי קדושה] להרח״ו [להרבי חיים ויטאל] חלק שלישי שער ב׳).
d’autre que Nefech, ou Nefech de Nefech, possède néanmoins aussi en lui le niveau de Yé’hida (voir également Sha'arei Kedushah de Rabbi ‘Haïm Vital, troisième partie, porte 2).
Même celui qui ne possède que Nefech, ou seulement la partie la plus basse de Nefech (« Nefech de Nefech »), a aussi en lui le niveau de Yé’hida. Le Sha'arei Kedushah de Rabbi ‘Haïm Vital, qui enseigne que chaque niveau de l’âme comprend tous les autres, est cité à l’appui.
והנה זה לעומת זה עשה האלהים שגם בסט״א [בסטרא אחרא] יש בחי׳ יחידה זו שהיא בחי׳ רצון שלמעלה מהשכל
Or, « D.ieu a fait l’un à l’opposé de l’autre » : dans la sitra a’hra (l’autre côté) aussi se trouve ce niveau de Yé’hida, qui est celui d’une volonté dépassant l’intellect
L’Ecclésiaste dit : « D.ieu a fait l’un à l’opposé de l’autre » : ce qui existe dans la sainteté a un équivalent dans la sitra a’hra, le côté qui s’oppose à la sainteté. La sitra a’hra possède donc elle aussi une « Yé’hida », une volonté qui dépasse l’intellect.
והטעם וע״כ יכול להיות רצון חזק לאדם גם במילי דעלמא כענין רצון זה שבקדושה שלמעלה מהטעם אם ימשיך עליו עול דרך ארץ כו׳.
et la raison. C’est pourquoi un homme peut éprouver une volonté intense même pour des affaires matérielles, à l’image de cette volonté dans la sainteté qui dépasse la raison, s’il s’impose le joug des préoccupations matérielles, etc.
C’est pourquoi un homme peut désirer les choses matérielles d’une volonté intense, sans raison, à l’image de la volonté qui, dans la sainteté, dépasse la raison. Cela se produit lorsqu’il s’impose le joug des préoccupations matérielles.
(ע״ד הנזכר בפ׳ בשלח בד״ה לסוסתי28 ברכבי פרעה29 וכשנעשה התקשרות לה העולם כ״כ [כל כך] בחוזק עד שהוא בלי שכל כלל כו׳) ומקור בחינה זו נק׳ כפירים כי כחם רב ועצום ויש בהם תגבורת החיות כ׳ו.
(Cela correspond à ce qui est mentionné dans la paracha de Béchala’h, dans le discours commençant par « Ma jument parmi les chars de Pharaon » : lorsque l’attachement au monde devient si fort qu’il est entièrement dépourvu de raison, etc.) La source de ce niveau est appelée « jeunes lions » (kéfirim), car leur force est grande et puissante et ils possèdent une force vitale débordante, etc.
Dans Torah Ohr, Béchala’h, l’Admour Hazaken décrit comment l’attachement au monde peut devenir si fort qu’il dépasse toute raison. La source de cette volonté impure est appelée kéfirim, « jeunes lions », en raison de sa grande force et de sa vitalité débordante.
ועל זה ביקש דוד המלך ע״ה [עליו השלום] מכפירים יחידתי30 להיות בחי׳ היחידה רק בקדטשה בלבד ליחידו של עולם והוא בחי׳ ומדרגת אהבת בכל מאדך31
À ce sujet, le roi David, que la paix soit sur lui, demanda : « Sauve mon unique des jeunes lions », afin que le niveau de Yé’hida soit réservé à la sainteté seule, au Seul de l’univers. Tel est le niveau et le degré de l’amour « de toute ta force (meodékha) »,
Le roi David pria donc : « Sauve mon unique des jeunes lions », afin que la Yé’hida de son âme appartienne à la sainteté seule, au Seul de l’univers, et non aux « lions » impurs. Dans le Chéma, ce niveau est l’amour « de toute ta force » (bekhol meodékha).
כי בכך נפשך כולל ד׳ בחי׳ נרנ״ח [נפש רוח נשמה חיה] ובחי׳ בכל מאדך הוא בחי׳ יחידה כי מאד הוא בלי גבול כו׳
car « de toute ton âme » comprend les quatre niveaux Nefech, Roua’h, Nechama et ‘Haya, tandis que le niveau de « de toute ta force » est celui de Yé’hida, car meod signifie sans limite, etc.
L’Admour Hazaken rapporte le verset aux niveaux de l’âme : « de toute ton âme » comprend Nefech, Roua’h, Nechama et ‘Haya, tandis que « de toute ta force » correspond à Yé’hida. Le mot meod signifie « extrêmement », une mesure sans limite, ce qui convient à Yé’hida, la volonté illimitée de l’âme.
והיינו דאמרז״ל [דאמרו רבותינו זכרונם לברכה] בכל מאדך בכל ממונך32 ולכאורה הוא פלא33 מה ענין הממון לבחי׳ מאד שהוא בחי׳ ומדרגה היותר גבוה שבנפש בחי׳ יחידה.
C’est là le sens de l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « De toute ta force : de tous tes biens. » Cela semble étonnant : quel rapport l’argent a-t-il avec le niveau de meod, qui est le niveau et le degré le plus élevé de l’âme, celui de Yé’hida ?
La Michna interprète « de toute ta force » par « de tous tes biens ». Cela semble étrange : quel rapport l’argent a-t-il avec le niveau le plus élevé de l’âme ?
אך הענין כמ״ש צדקה תרומם גוי וחסד לאומים חטאת (במשלי סי׳ י״ד ל״ד) פי׳ חטאתם של ישראל הוא הגורם חסד לאומים.
Mais l’explication est celle-ci, comme il est écrit : « La Tsédaka élève une nation, et la bonté envers les nations est un péché » (Proverbes, chapitre 14, [verset] 34), ce qui signifie que c’est le péché d’Israël qui cause la bonté envers les nations.
La réponse part du verset des Proverbes : « La Tsédaka élève une nation, et la bonté envers les nations est un péché. » Le Rabbi Alter lit la seconde moitié comme un rapport de cause à effet : c’est le péché d’Israël qui entraîne un flux de vie, qualifié de « bonté », vers les « nations », que les mots suivants identifient à la sitra a'hra (l’autre côté).
כי אין צדיק בארץ אשר יעשה טוב ולא יחטא34 כו׳. ועי״ז נמשך חסד שהוא בחי׳ השפעה ח״ס דלי״ת לס״א [לסטרא אחרא]
Car « il n’est pas de juste sur terre qui fasse le bien sans pécher », etc. Et par cela est attiré un 'Hessed (bonté), qui est le niveau de l’octroi, « 'has dalet », « compassion pour le dalet », vers la sitra a'hra ;
Puisqu’« il n’est pas de juste sur terre qui fasse le bien sans pécher », chacun entraîne une part de ce flux. Le mot 'Hessed (חסד) se lit 'has dalet, « compassion pour le dalet » : un don à celui qui ne possède rien en propre — ici, la sitra a'hra, qui ne reçoit de vie que celle qui lui parvient de la sainteté.
כי ע״י כל חטא וחטא נעשה פגם בנפש ובמקור שורשה לפי שמתלבשת בנפש הבהמית והיא שמורידה וממשיכה בעמקי הקליפות והיכלות החיצונים כו׳.35363839
car, par chaque péché, une atteinte est portée à l’âme et à la source de sa racine, puisque celle-ci se revêt dans l’âme animale, et c’est [l’âme animale] qui la fait descendre et l’entraîne dans les profondeurs des kelipot et des palais extérieurs, etc.
Chaque péché porte atteinte à l’âme, et même à sa source dans les mondes supérieurs, car l’âme est revêtue dans l’âme animale, qui l’entraîne dans les profondeurs des kelipot et des « palais extérieurs », c’est-à-dire les domaines de l’impureté.
Ce paragraphe explique pourquoi la techouva peut élever l’âme au-dessus de sa source dans la pensée : l’essence de D.ieu dépasse à l’infini l’unique pensée dont procèdent tous les mondes et toutes les âmes, et la Yechida de l’âme aspire à cette essence même, comme dans le sacrifice de soi lors de la proclamation de « Un » dans le Chéma. Il montre ensuite qu’une volonté au-delà de la raison existe aussi du côté de l’impureté, ce qui explique pourquoi David pria pour sa Yechida, puis demande pourquoi les Sages associent l’amour « de toute ta force » à l’argent, amorçant la réponse par la tsedaka.
L’Ari zal (Etz Chaim, Sha'ar 42, chapter 1) décrit la Yechida comme une minuscule étincelle de divinité revêtue d’une très fine étincelle créée, qui contient les racines des quatre autres niveaux ; il parle également en ce passage de la « Nefesh de la Nefesh », dernière étincelle de l’âme, qui relie les niveaux spirituels au corps. C’est ce qui sous-tend l’affirmation selon laquelle même l’âme la plus basse inclut la Yechida.
Maré mekomot
- 1צופה ומביט עד סוף כל הדורות · נוסח ברכת זכרונות דר״ה.
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- 5כולן במחשבה אחת נתהוו · Zohar II, 20a
- 6דכלא ממש חשיבא קמי׳ ית׳ · Zohar I, 11b
- 7לית מחשבה תפיסא ביה · Tikkunei Zohar 17a:10–12
- 8נכספה וגם כלתה נפשו · Psalms 84:3
- 9ולא ירצה אפי׳ לקבל פרס · ראה אבות א, ג.
- 10ולא ירצה אפילו לקבל פרס · Pirkei Avot 1:3
- 11בג״ע כי הוא זיו והארה · Berakhot 17a
- 12ביו״ד נברא העוה״ב · Menachot 29b:13–14
- 13לאשתאבא בגופא דמלכא · Zohar I, 217b
- 14
- 15שצריך למסור נפשו באחד · ראה פע״ח שער הק״ש פי״ב. ב״ח בטאו״ח רסס״א.
- 16שצריך למסור נפשו באחד · Pri Etz Chaim, Gate of the Recitation of the Shema 12:4–5
- 17על ציור ק״ה בפ״מ בלבד · בסה״מ תק״ע ע׳ קכז נוסף ”לכומר וחרב בידו”.
- 18ואין הכוונה . . ומדרגת יחידה · ראה אוה״ת תרומה ע׳ א׳שסח.
- 19
- 20מכפירים יחידתי אודך בקהל רב · Psalms 35:17–18
- 21כי יש נרנח״י · Bereshit Rabbah 14:9
- 22והחכמה תחי׳ · Ecclesiastes 7:12
- 23ויחידה הוא ל׳ נקבה שמקבלת מיחיד · ראה ע״ח ש׳ דרושי אבי״ע פ״א. ”שלכן אין שייך שתהי׳ כנגדה בלעו״ז ד״ה לך לך תשל״ח (לקו״ש ח״כ ע׳ 296) ובהערה *12 מציין ”ראה ד״ה צהר תעשה תש״ז פ״ל (ע׳ 187). וראה גם ד״ה ועשית ציץ עת״ר (ע׳ קס)”.
- 24יחידה הוא לשון נקבה שמקבלת מיחיד · Sefer Etz Chaim 42:3
- 25מי לי בשמים · Psalms 73:25
- 26אחת היא יונתי · Song of Songs 6:9
- 27גם בחי׳ יחידה כלולה בה · Sha'arei Kedusha, Part 3 2:12–13
- 28בפ׳ בשלח בד״ה לסוסתי · תו״א סד, א.
- 29
- 30שגם בסט״א יש בחי׳ יחידה . . מכפירים יחידתי · ראה להלן לז, סע״ג.
- 31בכל מאדך · Deuteronomy 6:5
- 32בכל מאדך בכל ממונך · Berakhot 54a:6
- 33ולכאורה הוא פלא · מכאן נמצא גם בשרש מצות התפלה פרק מב.
- 34כי אין צדיק בארץ . . ולא יחטא · Ecclesiastes 7:20
- 35הי׳ הוה ויהי׳ · פיוט וכל מאמינים.
- 36בשעה״ק להרח״ו ח״ג שער ב · ”יש עוד אור הנק׳ מחצב הנשמות כו׳ נשמה מברי׳ וחי׳ מאצי׳ ויחידה מא״ק” — סה״מ תרע״ח ע׳ ריג.
- 37לית מח׳ תפיסא בי׳ · ת״ז בהקדמה (פתח אלי׳).
- 38זלעו״ז עשה האלקים · Ecclesiastes 7:14
- 39
La tsedaka et l’âme animale ¶6–10
6ואמנם הצדקה תרומם גוי זה ישראל1 כמ״ש ומי כעמך2 כו׳ והיינו נפש הבהמית שעל ידי הצדקה שאדם עושה נפרדת ונבדלת נפש הבהמית מן הרע הגמור ומתרוממת גם היא להיות כל מדותיה ולבושיה לה׳ לבדו.3
Cependant, « la tsedaka élève une nation » : il s’agit d’Israël, comme il est écrit : « Et qui est comme Ton peuple », etc. ; c’est-à-dire l’âme animale. Car, par la tsedaka qu’une personne pratique, l’âme animale se sépare et se détache du mal absolu, et elle aussi s’élève, de sorte que tous ses attributs et ses vêtements soient pour D.ieu seul.
À présent, la première moitié du verset est interprétée en faveur d’Israël : la « nation », c’est Israël, comme dans « Qui est comme Ton peuple Israël, une nation sur la terre ». En chaque personne, cela désigne l’âme animale : donner la tsedaka la sépare du mal absolu et l’élève elle aussi, jusqu’à ce que toutes ses émotions et ses « vêtements » — sa pensée, sa parole et son action — soient pour D.ieu seul.
Ce paragraphe donne à la première moitié du verset son sens : la tsedaka élève l’âme animale elle-même, la tirant du mal et la consacrant à D.ieu.
Maré mekomot
- 1ואמנם הצדקה תרומם גוי זה ישראל · ראה אגרות קודש לכ״ק אדמו״ר מוהריי״צ ח״ו ע׳ עד וש״נ.
- 2ומי כעמך · II Samuel 7:23
- 3
7והוא בחי׳ ומדרגת בע״ת [בעלי תשובה] שהפליגו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] במעלתן ואמרו במקום שבע״ת [שבעלי תשובה] עומדין1 כו׳ כי כל המדות שבנה״ב [שבנפש הבהמית]
Et tel est le niveau et le rang des baalei techouva, dont nos Sages, de mémoire bénie, ont exalté la grandeur en disant : « À l’endroit où se tiennent les baalei techouva », etc. Car tous les attributs (midot) de l’âme animale,
L’âme animale élevée de cette manière atteint le niveau des baalei techouva, ceux qui reviennent à D.ieu après avoir fauté, et que les Sages ont hautement loués : « À l’endroit où se tiennent les baalei techouva, les justes parfaits ne peuvent se tenir. » La raison commence par la nature des émotions de l’âme animale.
בעצם מציאותן הן תקיפין וחזקים יותר מהמדות הקדושות שבנפש האלקית וכמו בגשמיות שהבהמות וחיות המה בעלי כח וגבורה בטבעם יותר מבני אדם.
dans leur existence même, sont plus puissants et plus vigoureux que les attributs saints de l’âme divine, tout comme, dans le domaine matériel, les animaux domestiques et sauvages sont par nature dotés de plus de force et de vigueur que les êtres humains.
Par leur nature même, les émotions de l’âme animale sont plus puissantes que les émotions saintes de l’âme divine, tout comme les animaux sont physiquement plus forts que les êtres humains. Les paragraphes suivants expliquent pourquoi, et ce qui se produit lorsque cette force est orientée vers la sainteté.
Le paragraphe relie l’élévation de l’âme animale à la grandeur des baalei techouva : les émotions de l’âme animale sont plus puissantes que celles de l’âme divine.
Maré mekomot
- 1במקום שבע״ת עומדין · Berakhot 34b:22–23
8והטעם משום ששרשן ממקום גבוה מאד נעלה בחי׳ יד החזקה1 והן המלכים אשר מלכו לפני2 מלך מלך לבני ישראל למעלה מעלה ממקור נפשות ישראל הקדושות כו׳ רק שירדו ונפלו למטה מטה.
La raison en est que leur racine se trouve en un lieu très élevé et sublime, au niveau de « la main forte » ; ce sont « les rois qui régnèrent avant qu’un roi ne règne sur les enfants d’Israël », bien, bien au-dessus de la source des âmes saintes d’Israël, etc. ; seulement, elles descendirent et tombèrent très, très bas.
Leur force provient de leur racine, qui est plus élevée que celle des âmes saintes : « la main forte », expression tirée de l’Exode que la Kabbale interprète comme un niveau élevé de Guevoura, et « les rois qui régnèrent avant qu’un roi ne règne sur les enfants d’Israël », les rois d’Édom, que la Kabbale identifie au monde du Tohou, antérieur à notre monde organisé. Ces lumières tombèrent dans les lieux les plus bas, et ce qui est tombé conserve la puissance de sa haute racine.
Ce paragraphe explique pourquoi les émotions de l’âme animale sont si puissantes : elles proviennent d’une racine plus élevée que celle des âmes saintes, mais sont tombées jusqu’aux lieux les plus bas.
Dans l’enseignement de l’Arizal, les rois d’Édom qui « régnèrent avant qu’un roi ne règne sur les enfants d’Israël » représentent le monde du Tohou, dont les grandes lumières brisèrent leurs réceptacles ; leurs étincelles tombèrent et devinrent la force vitale de la kelipa. C’est pourquoi l’âme animale, une fois tournée vers la sainteté, peut susciter une force supérieure à celle de l’âme divine, comme l’explique le paragraphe suivant.
Maré mekomot
- 1בחי׳ יד החזקה · Exodus 6:1
- 2המלכים אשר מלכו לפני · Genesis 36:31
9ואמנם כד אתכפיא ואתהפכא מחשוכא לנהורא הרי נכלל בחי׳ תוקף זה בקדושה וזו היא מעלת בע״ת [בעלי תשובה] דבחילא יתיר1 וכמבואר במ״א.
Cependant, lorsqu’elle est soumise et transformée, de l’obscurité en lumière, cette force intense est incluse dans la sainteté ; telle est la supériorité des baalei techouva, [qui viennent] « avec une force plus grande », comme cela est expliqué ailleurs.
Lorsque la force de l’âme animale est soumise et transformée « de l’obscurité en lumière » (expression du Zohar), cette même force entre dans la sainteté. C’est pourquoi les baalei techouva s’élèvent plus haut : comme le dit le Zohar, ils s’approchent du Roi « avec une force plus grande ».
וזהו שביקש דוד להנצל מכפירים יחידתי2 כי יש בחי׳ יחידה שהוא תוקף והתגברות הרצון שלמעלה מהטעם גם בסט״א [בסטרא אחרא] ונק׳ כפירים כמ״ש הכפירים שואגים לטרף3 שהוא התגברות החיות גבור כארי45 כו׳ כנ״ל.6
Et c’est pourquoi David demanda à être sauvé, [disant :] « mon unique, des jeunes lions » : car il existe un niveau de Yé’hida, qui est la force et l’intensité de la volonté, au-dessus de la raison, également dans la sitra a’hra (l’autre côté) ; ce niveau est appelé « jeunes lions » (kefirim), comme il est écrit : « Les jeunes lions rugissent après leur proie », ce qui désigne l’intensité de la force vitale, « fort comme un lion », etc., comme mentionné plus haut.
Cela éclaire la prière de David, qui demandait à être sauvé « des jeunes lions » : la sitra a’hra possède elle aussi une « Yé’hida », une volonté intense qui dépasse la raison, appelée kefirim, « jeunes lions ». Le verset « Les jeunes lions rugissent après leur proie » et la Michna, avec « fort comme un lion », décrivent cette vitalité qui s’impose avec force.
Ce paragraphe explique que lorsque la force de l’âme animale est tournée vers la sainteté, le baal techouva sert avec une force plus grande, et pourquoi David priait pour que sa Yé’hida soit préservée des « jeunes lions » impurs.
Maré mekomot
- 1מעלת בע״ת דבחילא יתיר · Zohar I, 129b
- 2
- 3הכפירים שואגים לטרף · Psalms 104:21
- 4גבור כארי · אבות ה, כ.
- 5גבור כארי · Pirkei Avot 5:20
- 6
10ולזה אמר דוד מכפירים יחידתי1 שתהיה יחידתי מקושר בקשר אמיץ וחזק להשי״ת [להשם יתברך] לבדו ולא תפול ח״ו [חס ושלום] בידי החיצונים הכפירים.
C’est pourquoi David dit : « mon unique parmi les jeunes lions » : que ma Yé’hida soit liée par un lien ferme et puissant à D.ieu, béni soit-Il, seul, et ne tombe pas, à D.ieu ne plaise, entre les mains des forces extérieures, les jeunes lions.
La prière de David signifie : que ma Yé’hida soit fermement liée à D.ieu seul et ne tombe jamais entre les mains des « forces extérieures », ces jeunes lions impurs.
וזהו תרומם גוי שיתהפכו המדות שבנפש הבהמית לדבקה בו ית׳ והיינו ע״ י הצדקה דוקא כי במדה שאדם מודד מודדין לו23
Et c’est là [le sens de] « élève une nation » : que les attributs émotionnels (midot) de l’âme animale se transforment et s’attachent à Lui, béni soit-Il ; cela s’accomplit précisément par la tsédaka, car « selon la mesure dont une personne mesure, on la mesure »,
C’est également ainsi que « la tsédaka élève une nation » : les émotions de l’âme animale se transforment jusqu’à s’attacher à D.ieu. Cela s’accomplit précisément par la tsédaka, car D.ieu traite chacun mesure pour mesure, comme l’enseigne la Michna.
וכמו שהוא מרחם על העני להחיות נפשו ממתי רעב כך מלמעלה מתגלגלים רחמים המרובים ממקור הרחמים על נפשו לרוממה משפלותה וטומאתה וכמ״ש מחיה מתים4 כו׳ (ועמ״ש סד״ה ציון במשפט תפדה56 בענין ושביה בצדקה):
et de même qu’il a compassion du pauvre, pour faire revivre son âme parmi ceux qui meurent de faim, de même, d’En-Haut, d’abondantes miséricordes affluent de la source de la miséricorde vers son âme, afin de l’élever de son abaissement et de son impureté, comme il est dit : « Il fait revivre les morts », etc. (Voir aussi ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Sion sera rachetée par la justice », au sujet de « et ceux qui y reviendront par la tsédaka ».)
Celui qui a compassion d’un pauvre affamé et lui sauve la vie reçoit la même mesure d’En-Haut : une grande miséricorde, issue de la source de la miséricorde de D.ieu, se déverse sur sa propre âme et l’arrache à son abaissement et à son impureté, comme le loue la Amida : « Celui qui fait revivre les morts avec une grande miséricorde. » Le texte renvoie également à son développement sur « et ceux qui y reviendront par la tsédaka ».
Ce paragraphe montre pourquoi la tsédaka, en particulier, élève l’âme : D.ieu répond à la compassion par la compassion, faisant revivre l’âme du donateur comme celui-ci a maintenu le pauvre en vie.
Maré mekomot
- 1
- 2במדה שאדם מודד מודדין לו · סוטה פ״א, מ״ז.
- 3במדה שאדם מודד מודדין לו · Mishnah Sotah 1:7
- 4וכמ״ש מחי׳ מתים · נוסח התפלה.
- 5סד״ה ציון במשפט תפדה · לעיל פ׳ דברים א, ג.
- 6ציון במשפט תפדה · Isaiah 1:27
Les Treize Attributs de miséricorde d’Eloul ¶11–14
11ג וזהו ענין התגלות י״ג מדות הרחמים באלול שקודם עשי״ת [עשרת ימי תשובה]. כי הנה בעשי״ת [בעשרת ימי תשובה] מתגלים רחמים רבים אחר קדימת התשובה
3. Et voici le sens du dévoilement des Treize Attributs de miséricorde au mois d’Eloul, qui précède les Dix Jours de Techouva. Car, durant les Dix Jours de Techouva, d’abondantes miséricordes se dévoilent, après que la techouva a précédé,
La troisième section répond à la question posée au début au sujet d’Eloul. Durant les Dix Jours de Techouva, une grande miséricorde se dévoile, mais seulement après qu’une personne a d’abord fait techouva.
כי באתערותא דלתתא דוקא אזי הוא אתערותא דלעילא וכמבואר בזהר ע״פ אם ישים אליו לבו12 כו׳ רוח אייתי רוח ואמשיך רוח.
car c’est précisément par un éveil d’en bas que survient alors un éveil d’en haut, comme l’explique le Zohar à propos du verset « S’il dirige son cœur vers lui », etc. : « Un esprit suscite un esprit et attire un esprit. »
Cela suit le principe selon lequel un éveil d’en haut survient en réponse à un éveil d’en bas. Le Zohar interprète le verset de Job « S’il dirige son cœur vers lui » comme enseignant qu’un esprit qui s’élève d’en bas attire un esprit d’en haut.
Le paragraphe commence à répondre à la question concernant Eloul : la miséricorde des Dix Jours de Techouva répond à la techouva de la personne, qui constitue un éveil d’en bas.
Maré mekomot
- 1בזהר ע״פ אם ישים אליו לבו · Zohar II, 162b
- 2
12והנה כד אייתי רוח ממטה למעלה כאשר רצון לבו לה׳ בבחי׳ מאד בחילא יתיר אזי ימשיך
Or, lorsqu’on élève un esprit d’en bas vers le haut, lorsque la volonté de son cœur est tournée vers D.ieu au niveau de meod (« très »), « avec une force accrue », alors il attirera
Lorsque l’esprit d’une personne s’élève d’en bas, avec la volonté de son cœur tournée vers D.ieu au niveau de meod, sans limite et « avec une force accrue », elle attire d’en haut une réponse.
ג״כ רוח דוגמתו מלמעלה למטה בחי׳ מאד העליון שבלי גבול והן הן י״ג מדות הרחמים שבפסוק מי אל כמוך נושא עון כו׳.1
également un esprit semblable, d’en haut vers le bas : le niveau du meod supérieur, qui est sans limite. Ce sont précisément les Treize Attributs de miséricorde dans le verset : « Qui est un D.ieu comme Toi, qui porte la faute », etc.
Ce qui descend reflète ce qui est monté : un meod supérieur, une miséricorde divine sans limite. Ce sont les Treize Attributs de miséricorde énumérés par Michée, qui commencent par : « Qui est un D.ieu comme Toi, qui porte la faute ».
אך גם בכדי שתהיה אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] זו שנשוב אל ה׳ בכל נפשנו ומאדנו צריך ג״כ התעוררות מלמעלה עד אשר ממרום יערה רוח ה׳ על ישראל עמו לעורר לבבם שיצעקו אל ה׳ מתוך תוכם נקודת לבבם.2
Mais, pour qu’il y ait cet éveil d’en bas, par lequel nous revenons à D.ieu de toute notre âme et de toute notre force, il faut aussi un éveil d’en haut, jusqu’à ce que, des hauteurs, l’esprit de D.ieu soit répandu sur Israël, Son peuple, afin d’éveiller leurs cœurs et qu’ils crient vers D.ieu du plus profond d’eux-mêmes, du point de leur cœur.
Pourtant, une personne ne peut même pas amorcer cet éveil d’en bas sans l’aide d’en haut : il faut d’abord que l’esprit de D.ieu soit répandu d’en haut, selon les paroles d’Isaïe, pour éveiller les cœurs. Alors, ils crient vers D.ieu depuis le point le plus intérieur du cœur.
Ce paragraphe décrit un flux dans les deux sens : l’amour sans limite d’en bas attire les Treize Attributs de miséricorde sans limite d’en haut, mais cet amour lui-même nécessite d’abord un éveil d’en haut.
Maré mekomot
- 1מי א-ל כמוך נושא עון · Micah 7:18
- 2
13וזהו ענין התגלות י״ג מדות הרחמים שבאלול שע״י הרחמים האלה קמה נפשו מנפילתה וגם נצבה1 ועולה לה׳ ברוח נדיב׳ [נדיבה] בבחי׳ מאד ממש בחילא יתיר כו׳. ולכן מבואר בדברי רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] שצריך להרבות בצדקה מר״ח [מראש חודש] אלול.2
Et tel est le sens de la révélation des Treize Attributs de miséricorde au mois d’Eloul : grâce à ces miséricordes, son âme se relève de sa chute, se redresse également et s’élève vers D.ieu dans un esprit généreux, au niveau même du meod, « avec une force accrue », etc. C’est pourquoi il est expliqué dans les paroles de nos Sages, de mémoire bénie, qu’il faut augmenter la tsédaka à partir de Roch ‘Hodech Eloul.
En Eloul, les Treize Attributs rayonnent pour susciter ce premier éveil : grâce à eux, l’âme « se relève et se redresse également » après sa chute — paroles tirées du rêve de Joseph — et s’élève vers D.ieu de son plein gré, au niveau du meod. Voilà pourquoi les paroles des Sages appellent à augmenter la tsédaka à partir de Roch ‘Hodech Eloul.
Ce paragraphe répond à la première partie de la question d’ouverture : les Treize Attributs en Eloul constituent l’éveil d’en haut qui rend possible la techouva, et l’on augmente la tsédaka en Eloul, car elle élève l’âme.
La note de Kehot cite le Levouch, qui trouve le nom Eloul (אלול) dans les initiales de « chacun à son ami, et des dons aux pauvres » (Esther 9:22), ainsi qu’un discours du Rabbi qui relève dans le mot Eloul trois acronymes correspondant à la Torah, à la prière et aux actes de bonté.
Maré mekomot
- 1קמה נפשו מנפילתה וגם נצבה · Genesis 37:7
- 2שצריך להרבות בצדקה מר״ח אלול · ראה אליהו רבא לשו״ע או״ח סי׳ תקפא בשם ספר אמרכל. לקו״ש חכ״ט ע׳ 272 שבתי׳ אלול הג׳ ר״ת בג׳ קוין תורה עבודה וגמ״ח. וסמך ע״ז אסתר (ט, כב) איש לרעהו ומתנות לאביונים ר״ת אלול, לבוש או״ח (סי׳ תקפא).
14והיינו מטעם הנ״ל כי צדקה תרומם ותגביה כו׳. ולכן תיקנו לנו אנשי כנסת הגדולה1 קודם ק״ש [קריאת שמע] בקשות התעוררות רחמים עלינו בשתים שלפניה והוא מה שאומרים אבינו אב הרחמן רחם עלינו ותן בלבנו בינה
Cela tient à la raison mentionnée plus haut : la tsedaka élève et exalte, etc. C’est pourquoi les Hommes de la Grande Assemblée ont institué pour nous, avant le Chema, des requêtes afin d’éveiller la miséricorde sur nous, dans les deux bénédictions qui le précèdent. C’est ce que nous disons : « Notre Père, Père miséricordieux, aie pitié de nous et mets dans notre cœur la compréhension
La tsedaka élève l’âme ; pour la même raison, les Hommes de la Grande Assemblée ont placé avant le Chema des bénédictions qui implorent la miséricorde. La deuxième bénédiction demande : « Notre Père, Père miséricordieux, aie pitié de nous et mets dans notre cœur la compréhension. »
להבין כו׳ וכן ברחמיך הרבים רחם עלינו ברחמיך הרבים דייקא וכמ״ש מזה בד״ה והנה מנורת זהב2
pour comprendre », etc. De même : « Dans Tes grandes miséricordes, aie pitié de nous » — « dans Tes grandes miséricordes » précisément, comme il est expliqué à ce sujet dans le discours commençant par « Et voici un chandelier tout en or ».
La première bénédiction demande également : « Dans Tes grandes miséricordes, aie pitié de nous », et l’Admour Hazaken insiste sur le mot « grandes ». Il renvoie à son explication dans le discours sur « Et voici un chandelier tout en or ».
כי אנחנו שכבר ירדנו בעולם השפל הרחק מאד מאור פני מלך חיים3 אין אנו משיגים ומכירים הרחמנות שעלינו
Car nous, qui sommes déjà descendus dans le monde inférieur, très loin de la lumière de la face du Roi de la vie, nous ne saisissons ni ne reconnaissons la pitié qui nous est due ;
Pourquoi devons-nous demander une grande miséricorde ? Ayant été amenés dans ce monde inférieur, loin de la lumière de la face du Roi, nous ne pouvons même pas ressentir combien nous sommes dignes de pitié.
אבל הוא ית׳ הוא היודע כו׳ וכולא קמיה כלא חשיבא ממש יודע גודל הרחמנות שעל הנשמות אשר ירדו
mais Lui, béni soit-Il, est Celui qui sait, etc., et devant Lui tout est véritablement considéré comme rien. Il connaît l’immensité de la pitié qui doit être éprouvée pour les âmes descendues
Seul D.ieu, devant qui tout est comme rien, connaît l’immensité de la pitié qui doit être éprouvée pour les âmes qui sont descendues.
מאיגרא רמה4 בסתר המדרגה5 בעוה״ז השפל ובגוף החומרי ונתרחקו מאד מאלקותו ית׳ וע״י רחמים רבים יתן בלבנו בינה להבין כו׳ היינו להבין דבר מתוך דבר.
« d’un toit élevé » dans « le creux du rocher », dans ce monde inférieur et dans le corps matériel, et qui se sont considérablement éloignées de Sa divinité, béni soit-Il. Par de grandes miséricordes, Il mettra dans notre cœur la compréhension pour comprendre, etc., c’est-à-dire comprendre une chose à partir d’une autre.
Les âmes sont tombées « d’un toit élevé » — selon l’expression du Talmud — dans « le creux du rocher » — selon le Cantique des Cantiques —, dans ce monde inférieur et dans un corps matériel, loin de la divinité. Nous demandons donc que, dans Sa grande miséricorde, D.ieu nous accorde la compréhension « pour comprendre une chose à partir d’une autre ».
פי׳ שמתוך דבר שהוא הארת אור א״ס הממלא כל עלמין אשר לגדולתו אין חקר6 ממש להחיות עולמות רבים עד אין קץ ותכלית ואעפ״כ [ואף על פי כן] הוא כאין ואפס ממש לגבי עצמותו ית׳ וכמשל ביטול דיבור א׳ כו׳.
C’est-à-dire : à partir d’une chose, qui est le rayonnement de la Lumière infinie (Or Ein Sof) qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), « dont la grandeur est insondable », et qui donne véritablement vie à de nombreux mondes, sans fin ni limite, et qui, malgré cela, est véritablement comme rien et néant par rapport à Son essence, béni soit-Il, comme dans l’analogie de l’annulation d’une seule parole, etc.
La « chose » désigne la lumière qui remplit tous les mondes, laquelle donne vie à d’innombrables mondes et « dont la grandeur est insondable », tout en étant comme rien par rapport à l’essence de D.ieu, de même qu’une parole est comme rien à côté de l’âme qui la prononce.
מזה יביך איך שעצמותו ית׳ הוא המרומם ונשגב לבדו (וע׳ בד״ה השמים כסאי)7 ואז לזאת תכסוף אליו נפש
À partir de cela, il comprendra que Son essence, béni soit-Il, est seule élevée et sublime (voir le discours commençant par « Les cieux sont Mon trône »). Alors, en conséquence, l’âme de tout être vivant aspirera à Lui
On comprend ainsi l’« autre chose » : seule l’essence propre de D.ieu est véritablement élevée. Le texte renvoie au discours « Les cieux sont Mon trône », qui ouvre Torah Ohr, puis décrit le désir que cette compréhension éveillera dans l’âme.
כל חי בבחי׳ מאדך בלי גבול ממש למסור נפשו ממש באחד האמיתי ובע״כ [ובעל כרחך] אתה חי89 כו׳ ואנו אין לנו לבקש כ״א קרבת אלקים10 ית׳ אלינו.
de tout être vivant, au niveau de « ta force », véritablement sans limite, jusqu’à livrer réellement son âme au Véritable Un, et « contre ton gré, tu vis », etc. Quant à nous, nous n’avons rien à demander sinon la proximité de D.ieu, béni soit-Il, auprès de nous.
Alors chaque âme aspire à D.ieu « de toute ta force », sans limite, prête à se livrer entièrement au Véritable Un, si bien que, selon les mots de la Michna, « contre ton gré, tu vis ». Tout ce que nous demandons, c’est la proximité de D.ieu.
Ce paragraphe explique les demandes de miséricorde qui précèdent le Chema : seule la grande miséricorde de D.ieu peut accorder la compréhension qui conduit l’âme à un amour sans limite et au sacrifice de soi dans le Chema.
Le discours d’ouverture de Torah Ohr auquel le texte renvoie explique que la demande « Père miséricordieux, aie pitié de nous et mets la compréhension dans notre cœur » attire la Bina, la méditation du cœur, depuis la miséricorde supérieure. Le chapitre 49 du Tanya, cité par Kehot, explique que les bénédictions précédant le Chema ont été instituées afin qu’un être de chair puisse parvenir à l’amour « de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force » : la première décrit l’annulation des anges devant la lumière de D.ieu, et la deuxième Son grand amour pour Israël.
Maré mekomot
- 1תקנו לנו אנשי כנסת הגדולה · ראה תניא פרק מט.
- 2בד״ה והנה מנורת זהב · לעיל בהעלותך לד, ד.
- 3מאור פני מלך חיים · Proverbs 16:15
- 4מאיגרא רמה · Chagigah 5b:16–17
- 5בסתר המדרגה · Song of Songs 2:14
- 6לגדולתו אין חקר · Psalms 145:3
- 7בד״ה השמים כסאי · תו״א א, א.
- 8ובע״כ אתה חי · אבות ספ״ד.
- 9ובע״כ אתה חי · Pirkei Avot 4:22
- 10קרבת אלקים · Psalms 73:28
Les vêtements de la Torah et de la tsedaka ¶15–19
15וזהו ענין שמ״ע [שמונה עשרה] שלאחר ק״ש [קריאת שמע] שהוא ביאור ופי׳ המס״נ [המסירות נפש] שבק״ש [שבקריאת שמע] שהמבוקש הוא להיות בא״י [ברוך אתה ה׳] אלקינו כו׳
Et telle est la signification de la Amida qui suit le Chema : elle explique et interprète le sacrifice de soi (messirout néfech) du Chema. Ce qui est recherché, c’est que l’on puisse dire : « Béni sois-Tu, Havaya, notre D.ieu », etc.
La Amida, récitée immédiatement après le Chema, explicite le but du sacrifice de soi du Chema. Ce que l’âme recherche s’exprime dans la formule de chaque bénédiction : « Béni sois-Tu, Havaya, notre D.ieu ».
ברוך הוא לשון בריכה והמשכה שיתגלה אלקותו ית׳ למטה מטה עד שיהיה בבחי׳ אתה לנוכח.
Baroukh (« béni ») est un terme apparenté à berékha, un bassin, et signifie également attirer vers le bas : que Sa divinité, béni soit-Il, se révèle tout en bas, jusqu’à atteindre le niveau de Atah, « Toi », à la deuxième personne,
Baroukh, « béni », est apparenté à berékha, un bassin, et signifie attirer vers le bas : que la divinité soit attirée vers le bas et révélée même dans le lieu le plus bas, jusqu’à ce que l’on puisse s’adresser à D.ieu en disant Atah, « Toi », comme à quelqu’un qui est présent.
Ce paragraphe lit les mots de la formule de bénédiction comme le but du sacrifice de soi du Chema : attirer la divinité vers le bas jusqu’à ce qu’elle soit ouvertement présente.
16ובחי׳ אלקינו שלנו ממש. ואמנם המלך אין רואים אותו כשהוא ערום12 ולזאת צריך לעשות בחינת לבושים וכלים מכלים שונים3 שיתגלה בהן אלקותו ית׳
et le niveau de notre Elokeinou, « notre D.ieu », qui est véritablement nôtre. Cependant, le roi n’est pas vu lorsqu’il est dévêtu ; il faut donc façonner des vêtements et des réceptacles, « des réceptacles de toutes sortes », dans lesquels Sa divinité, béni soit-Il, pourra se révéler.
Elokeinou, « notre D.ieu », désigne une divinité qui est véritablement nôtre. Mais on ne voit pas un roi dévêtu — comme le décide la Michna au sujet du roi — ; la divinité doit donc se révéler par des « vêtements » et des réceptacles de toutes sortes. « Des réceptacles de toutes sortes » est une expression tirée du Livre d’Esther.
והיינו מ״ש ודברת בם45 בדברי תורה כי התורה היא בחי׳ לבוש שבה מתלבש אור א״ס ב״ה וכמ״ש עוטה אור כשלמה.6
C’est ce que signifie ce qui est écrit : « Et vous en parlerez » — des paroles de Torah. Car la Torah est le niveau d’un vêtement dans lequel la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, se revêt, comme il est écrit : « Il s’enveloppe [Lui-même] de lumière comme d’un vêtement. »
Le premier de ces vêtements est la Torah : le texte interprète « Et vous en parlerez » comme une invitation à prononcer des paroles de Torah. La Torah est un vêtement dans lequel la Lumière infinie se revêt, comme le dit le Psaume au sujet de D.ieu : « Il s’enveloppe [Lui-même] de lumière comme d’un vêtement. »
Ce paragraphe explique que la divinité ne se révèle ici-bas qu’au moyen de vêtements, et désigne le premier d’entre eux : les paroles de Torah.
Maré mekomot
- 1המלך אין רואים אותו כשהוא ערום · סנהדרין פ״ב, מ״ה (כב, א).
- 2המלך אין רואים אותו כשהוא ערום · Mishnah Sanhedrin 2:5
- 3וכלים מכלים שונים · Esther 1:7
- 4ודברת בם בד״ת · Berakhot 21a
- 5ודברת בם · Deuteronomy 6:7
- 6עוטה אור כשלמה · Psalms 104:2
17והצדקה היא נקראת ג״כ בשם בחי׳ לבוש כמאמר לבושו צדקה.1 והענין הוא עד״מ מלך בשר ודם שיש לו לבושים פנימים שלבוש בהם כשיושב בהיכלו
La tsedaka, elle aussi, est appelée du nom de la qualité de vêtement, comme le dit la formule : « Son vêtement est la tsedaka. » Voici ce que cela signifie, par analogie : [c’est comme] un roi de chair et de sang, qui possède des vêtements intérieurs qu’il porte lorsqu’il siège dans son palais
La tsedaka aussi est appelée un vêtement, comme le dit l’hymne des fêtes solennelles Atah Hu Elokeinu : « Son vêtement est la tsedaka. » L’analogie est celle d’un roi humain, qui porte des vêtements intérieurs lorsqu’il se trouve dans son palais.
פנימה ויש לו לבושים חיצונים2 שלובש אותן כשיוצא לחוץ כך למעלה התורה היא בחי׳ לבוש הפנימי שאור א״ס שורה בה כמו שהוא מתגלה למעלה באצילות.
à l’intérieur, et des vêtements extérieurs qu’il revêt lorsqu’il sort. Il en va ainsi En haut : la Torah est la qualité du vêtement intérieur, dans lequel repose la Lumière infinie (Or Ein Sof), telle qu’elle se révèle en haut, dans Atsilout.
Lorsqu’il sort, il porte des vêtements extérieurs. Il en va ainsi En haut : la Torah est le vêtement intérieur de D.ieu, dans lequel repose la Lumière infinie, telle qu’elle se révèle dans Atsilout, le monde le plus élevé.
Ce paragraphe présente deux vêtements divins : la Torah, vêtement intérieur de la révélation de D.ieu en Atsilout, et la tsedaka, le vêtement extérieur.
Maré mekomot
- 1לבושו צדקה · פיוט (לר״ה ויוהכ״פ) אתה הוא אלקינו.
- 2עד״מ מלך בשר ודם שיש לו לבושים פנימים . . לבושים חיצונים · ראה ד״ה אני לדודי תשכ״ו (נדפס בסה״מ מלוקט ח״ד) סעי׳ ג.
18והצדקה היא לבוש החיצון דהיינו כשנמשך למטה מטה בעולמות הנפרדים בבי״ע וסביב רשעים יתהלכון1 הם היכלות ומדורות החיצונים המבקשים טרף ויניקה כו׳ ואז לבושו צדקה וכמ״ש וילבש צדקה כשריון ושריון קשקשים הוא לבוש וכמ״ש במ״א.2
Et la tsédaka est le vêtement extérieur : c’est-à-dire lorsque [la lumière] est attirée très, très bas, dans les mondes séparés, dans Béria, Yetsira et Assiya, et que « les méchants cheminent tout autour » — ce sont les palais et les demeures extérieurs, qui cherchent une proie et une nourriture, etc. — alors « Son vêtement est la tsédaka », comme il est écrit : « Il s’est revêtu de la tsédaka comme d’une cotte de mailles » ; et « une cotte de mailles à écailles » est un vêtement, comme cela est expliqué ailleurs.
La tsédaka est le vêtement extérieur que revêt la lumière de D.ieu lorsqu’elle descend dans les mondes séparés de Béria, Yetsira et Assiya, où « les méchants cheminent tout autour » : les domaines impurs qui cherchent à tirer leur nourriture de la sainteté. Là, « Son vêtement est la tsédaka », comme dit Isaïe : D.ieu « s’est revêtu de la tsédaka comme d’une cotte de mailles » ; or une cotte de mailles faite d’écailles est un vêtement, comme cela est expliqué ailleurs.
Le paragraphe explique pourquoi la tsédaka est le vêtement extérieur : c’est la forme que prend la lumière de D.ieu lorsqu’elle descend dans les mondes inférieurs, où les forces impures l’entourent.
Dans Iggeres HaKodesh, lettre 3, cité par Kehot, l’Alter Rebbe explique la comparaison des Sages entre la tsédaka et une cotte de mailles : de même que chaque écaille s’unit aux autres pour former l’armure, chaque pièce de monnaie s’ajoute aux autres pour constituer une somme importante ; et, de même que les écailles couvrent les ouvertures et empêchent toute flèche d’entrer, la tsédaka protège.
Maré mekomot
- 1וסביב רשעים יתהלכון · Psalms 12:9
- 2וילבש צדקה כשריון ושריון קשקשים הוא לבוש כמ״ש במ״א · Isaiah 59:17
19וזהו ענין ב׳ בחי׳ שמש1 שמש הוי׳ ושמש צדקה שהם מאירים ע״י כדכד היינו מחיצה דקה הלבוש דתורה כ״ד ספרין דאורייתא והלבוש דצדקה
Et voici le sens des deux niveaux du « soleil » : le soleil de Havaya et le soleil de la tsedaka, qui brillent à travers le kadkod, c’est-à-dire une mince cloison : le vêtement de la Torah — les vingt-quatre livres de la Torah, suggérés par les lettres kaf-dalet (24) — et le vêtement de la tsedaka.
Le kadkod du verset est maintenant expliqué : les deux « soleils », celui de Havaya et celui de la tsedaka, brillent à travers une mince cloison. Les cloisons sont les deux vêtements : la Torah, dont les vingt-quatre livres sont suggérés par les lettres kaf-dalet (24) de kadkod, et la tsedaka.
כי העוונות נקראים חשך וענן וכמ״ש מחיתי כעב פשעיך2 וכענן חטאתיך להיותן מסתירים על אור ה׳
Car les péchés sont appelés obscurité et nuage, comme il est écrit : « J’ai effacé tes transgressions comme un épais nuage, et tes péchés comme un nuage », puisqu’ils voilent la lumière de D.ieu ;
Les péchés sont appelés obscurité et nuage, comme dans la parole d’Isaïe : « J’ai effacé tes transgressions comme un épais nuage », parce qu’ils cachent la lumière de D.ieu.
ועל ידי הצדקה תאיר ותזרח הארה בנפשו להיות מתבטל ומתכלל באור א״ס ממטה למעלה וזהו וזרחה לכם יראי שמי שמש צדקה ומרפא בכנפיה.3
et, par la tsedaka, une lumière brillera et se lèvera dans son âme, de sorte qu’il s’annulera et s’inclura dans la Lumière infinie (Or Ein Sof), de bas en haut. Et c’est là le sens de : « Pour vous qui craignez Mon Nom, brillera un soleil de tsedaka, avec la guérison dans ses ailes. »
La tsedaka dissipe ce nuage, de sorte qu’une lumière brille dans l’âme et qu’elle s’élève d’en bas pour s’annuler et s’inclure dans la Lumière infinie. C’est le « soleil de tsedaka » de Malachie, avec « la guérison dans ses ailes » : le soleil qui brille à travers le vêtement de la tsedaka.
Ce paragraphe applique tout cela au verset : les deux soleils, Havaya et la tsedaka, brillent à travers de minces vêtements, la Torah et la tsedaka ; la tsedaka, en particulier, dissipe le nuage du péché, afin que l’âme puisse s’élever.
Le Tséma’h Tsédek, cité dans la note de Kehot d’après Or HaTorah, résume ainsi cette section : elle explique d’abord que le soleil de tsedaka, avec la guérison dans ses ailes, est la révélation d’Eloul, puis qu’ensuite, pendant les Dix Jours de Techouva et en particulier à Yom Kippour, le soleil de Havaya brille ; plus loin, le maamar propose une autre interprétation, selon laquelle le soleil de tsedaka est le niveau supérieur.
Maré mekomot
- 1וזהו ענין ב׳ בחי׳ שמש · ”ועמ״ש בלקו״ת בד״ה ושמתי כדכד שמשותיך פ״ג בענין ב׳ בחי׳ שמש, תחלה נת׳ דשמש צדקה מרפא בכנפיה זהו ההתגלות שבאלול, ואח״כ בעשי״ת ובפרט ביוהכ״פ מאיר בחי׳ שמש, הוי׳ אח״כ נז׳ שם ועוי״ל באופן אחר דשמש צדקה הוא בחי׳ עליונה יותר” — אוה״ת נ״ך כרך א ע׳ תקלט.
- 2מחיתי כעב פשעיך · Isaiah 44:22
- 3וזרחה לכם יראי שמי שמש צדקה ומרפא בכנפיה · Malachi 3:20
La guérison dans ses ailes : deux lectures des soleils ¶20–22
20והוא ע״ד מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] בפ״ב [בפרק ב׳] דיומא1 גדולה תשובה שמביאה רפואה לעולם2 כי העונות נקראים מכות ופצעים כמאמר הנביא מכף רגל ועד ראש אין בו מתום3 כו׳.
Cela s’inscrit dans le même ordre d’idées que l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie, au deuxième chapitre de Yoma : « Grande est la techouva, car elle apporte la guérison au monde. » En effet, les fautes sont appelées des coups et des blessures, comme l’a dit le prophète : « De la plante du pied jusqu’à la tête, il n’y a rien de sain en lui », etc.
Le Talmud dit : « Grande est la techouva, car elle apporte la guérison au monde. » La guérison convient ici, car les fautes sont comme des blessures, comme Isaïe décrit le peuple, qui n’a « rien de sain » de la plante du pied jusqu’à la tête.
והיינו לפי שע״י כל חטא וחטא נעשה פגם בנפש4 ומשפעת כח וחיות לקליפות ועל ידי התשובה הוא מביא רפואה שתצא הנפש מטומאתה וחלאתה ותעלה לקדושה ליכלל באור ה׳ אחד כנ״ל.
C’est-à-dire que chaque faute, sans exception, fait une blessure dans l’âme et transmet force et vitalité aux kelipot ; par la techouva, on apporte la guérison, afin que l’âme sorte de son impureté et de sa souillure, s’élève vers la sainteté et soit incluse dans la lumière de D.ieu [qui est] Un, comme mentionné plus haut.
Chaque faute blesse l’âme et nourrit les kelipot de force et de vitalité. La techouva guérit cette blessure : l’âme quitte son impureté, s’élève vers la sainteté et est incluse dans la lumière de D.ieu, comme expliqué précédemment.
Ce paragraphe relie la « guérison » évoquée dans le verset de Malachie à l’enseignement du Talmud selon lequel la techouva apporte la guérison : la faute est une blessure de l’âme, et la techouva la guérit.
Maré mekomot
- 1מארז״ל בפ״ב דיומא · (פו, א) ושם אי׳ רפאות. [כ].
- 2גדולה תשובה שמביאה רפואה לעולם · Yoma 86a:14–15
- 3מכף רגל ועד ראש אין בו מתום · Isaiah 1:6
- 4שע״י כל חטא וחטא נעשה פגם בנפש · ראה תו״א ח, א.
21וזהו ומרפא בכנפיה1 כי הכנפים הם המעופפים ומעלים את העוף. וכך הוא האוי״ר [האהבה ויראה] הם בחי׳ גדפין.2
Et c’est là le sens de « la guérison dans ses ailes » : les ailes sont ce qui permet à l’oiseau de voler et de s’élever ; de même, l’amour et la crainte sont le niveau des « ailes » (gadfin).
Les « ailes » du verset de Malachie sont maintenant expliquées. Les ailes élèvent l’oiseau, et l’amour et la crainte sont les « ailes » (gadfin) de l’âme, qui élèvent le service de l’homme.
ובהם ועל ידם הוא ההעלאה ובאתערותא דלתתא אתערותא דלעילא נמשכים מלמעלה י״ג מדות הרחמים שהם בחי׳ מאד העליון שבלי גבול.
C’est par elles et au moyen d’elles que s’effectue l’élévation ; et, par un éveil d’en bas, un éveil d’en haut, les Treize Attributs de miséricorde sont attirés d’en haut : ils sont le niveau du meod suprême, qui est sans limite.
L’amour et la crainte élèvent l’âme d’en bas, et cet éveil d’en bas suscite un éveil d’en haut : les Treize Attributs de miséricorde, le meod suprême sans limite.
וזהו בחי׳ שמש הב׳ הנקרא שמש הוי׳ כו׳ (וזהו ענין ההפרש בין התגלות י״ג מדות שבחדש אלול. וכמ״ש לקמן ע״פ אני לדודי.
Et c’est là le niveau du second soleil, appelé le soleil de Havaya, etc. (C’est là le sens de la différence entre les dévoilements des Treize Attributs au mois d’Eloul — comme cela sera expliqué plus bas à propos du verset « Je suis à mon bien-aimé »,
Cette attraction est le second soleil, le soleil de Havaya. Une longue parenthèse explique maintenant la différence entre le dévoilement des Treize Attributs en Eloul et celui des Dix jours de techouva, comme dans le maamar sur « Je suis à mon bien-aimé », plus loin dans la paracha.
שהוא עד״מ המלך כשהוא בחוץ בשדה קודם בואו להיכלו. ושם יוצאים לקבל פניו. ואז הוא לבוש עד״מ לבוש החיצון. וזהו בחי׳ וילבש צדקה כו׳ וכובע ישועה בראשו.3
qui est, par analogie, comme un roi lorsqu’il se trouve dehors, dans les champs, avant d’entrer dans son palais. Là, on sort à sa rencontre ; alors, par analogie, il porte le vêtement extérieur. C’est là le niveau de « Il revêtit la tsedaka », etc., et « un casque de salut sur Sa tête ».
En Eloul, le Roi est « dans les champs », avant d’entrer dans Son palais, et chacun peut sortir à Sa rencontre ; alors, Il porte Son vêtement extérieur. Ce vêtement extérieur est la tsedaka, comme dans le verset d’Isaïe : « Il revêtit la tsedaka comme une cuirasse, et un casque de salut sur Sa tête. »
וזהו בחי׳ שמש צדקה4 וכדכתיב עטרת תפארת שיבה5 בדרך צדקה תמצא. ואמנם התגלות י״ג מדות בעשי״ת [בעשרת ימי תשובה] ובפרט ביוהכ״פ [ביום הכפורים] זהו עד״מ הזוכה לקבל פני המלך בהיכל מלכותו ושם הוא לבוש לבושים הפנימיים
Et c’est là le niveau du soleil de tsedaka, comme il est écrit : « Les cheveux blancs sont une couronne de gloire ; elle se trouve sur la voie de la tsedaka. » Cependant, le dévoilement des Treize Attributs durant les Dix jours de techouva, et en particulier à Yom Kippour, est, par analogie, comme celui qui a le mérite de rencontrer le roi dans son palais royal ; là, il porte les vêtements intérieurs ;
Ce dévoilement d’Eloul est le soleil de tsedaka, et les Proverbes disent qu’une couronne de gloire « se trouve sur la voie de la tsedaka ». Durant les Dix jours de techouva, et en particulier à Yom Kippour, c’est comme si l’on était reçu par le Roi à l’intérieur de Son palais, où Il porte Ses vêtements intérieurs.
וזהו בחי׳ שמש הוי׳ והוא ג״כ בחי׳ תורה שנק׳ שמש כמ״ש לשמש שם אהל בהם והוא כחתן67 כו׳ והתורה נק׳ חתן וכמ״ש במ״א בשיר השירים ע״פ לסוסתי ועיין בזהר ר״פ בהעלותך
et c’est là le niveau du soleil de Havaya. C’est aussi le niveau de la Torah, qui est appelée « soleil », comme il est écrit : « Il a dressé une tente pour le soleil en eux », et « il est comme un fiancé », etc. La Torah est appelée « fiancé », comme il est expliqué ailleurs, dans Chir HaChirim, à propos du verset « À ma jument » ; voir aussi le Zohar, au début de la paracha Behaalotekha.
Ce dévoilement intérieur est le soleil de Havaya, qui est aussi la Torah : le Psaume 19 parle du soleil « comme d’un fiancé », et la Torah est appelée fiancé. Le texte renvoie à son développement dans Chir HaChirim et au Zohar sur Behaalotekha.
והיינו בחי׳ שמש הוי׳ כדכתיב תורת הוי׳ תמימה ועמ״ש ע״פ ואתחנן כו׳ אתה החלות8910 כו׳. וכמ״ש בזהר תרומה) (דקע״ז א׳) שהתגלות זו דאתה החלות הוא בעשי״ת [בעשרת ימי תשובה]
C’est là le niveau du soleil de Havaya, comme il est écrit : « La Torah de Havaya est parfaite. » Voir aussi ce qui est écrit à propos du verset « Et j’ai supplié », etc., « Tu as commencé », etc. Comme il est écrit dans le Zohar, Terouma) (folio 177a) : ce dévoilement de « Tu as commencé » a lieu durant les Dix jours de techouva,
Le même psaume poursuit : « La Torah de Havaya est parfaite », établissant ainsi le lien entre la Torah et le soleil de Havaya. Le Zohar associe les paroles de Moché « Tu as commencé [à montrer à Ton serviteur Ta grandeur] » à Yom Kippour, et donc aux Dix jours de techouva.
וגם לוחות אחרונות ניתנו ביוהכ״פ [ביום הכפורים]:(ועוי״ל [ועוד יש לומר] באופן אחר דשמש צדקה הוא בחי׳ עליונה יותר כי שמש הוי׳ היינו בחי׳ שמש במגן11 חמה בנרתקה אבל שמש צדקה ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] בפ״ק [בפרק קמא] דעכומ״ז [דעבודת כוכבים ומזלות] היינו מה שלעתיד הקב״ה מוציא חמה מנרתקה.12
et les secondes Tables furent également données à Yom Kippour. (On peut aussi expliquer autrement : le soleil de tsedaka est un niveau plus élevé. Car le soleil de Havaya désigne le soleil accompagné d’un bouclier, le soleil dans son fourreau ; mais le soleil de tsedaka, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie, au premier chapitre d’Avoda Zara, désigne ce qui se produira dans les temps futurs : le Saint béni soit-Il fera sortir le soleil de son fourreau.)
Les secondes Tables furent, elles aussi, données à Yom Kippour. Une seconde interprétation commence alors : le soleil de Havaya est « un soleil et un bouclier », un soleil qui demeure dans son fourreau, tandis que le soleil de tsedaka est celui que, selon le Talmud, D.ieu fera sortir de son fourreau dans les temps futurs.
ועמ״ש בזה בד״ה תקעו בחודש.13 גם ברבות בא פט״ו [פרק ט״ו / פרשה ט״ו]14 משמע דשמש צדקה היינו מ״ש ואור החמה יהיה שבעתים15 כאור שבעת הימים16 וע׳ בפ׳ משפטים פל״א17 ובזח״א [ובזהר חלק א] מקץ)
Et voir ce qui est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par « Sonnez du chofar à la Nouvelle Lune ». [Le Midrach] Rabba, Bo, section 15, laisse également entendre que le soleil de la tsedaka est ce dont il est écrit : « Et la lumière du soleil sera sept fois plus éclatante, comme la lumière des sept jours » ; voir aussi la paracha de Michpatim, section 31, et le Zohar, partie I, Mikets).
Le texte renvoie au discours « Sonnez du chofar à la Nouvelle Lune » à ce sujet et cite le Midrach, qui relie le soleil de la tsedaka à la promesse d’Isaïe selon laquelle la lumière du soleil sera sept fois plus éclatante. Il renvoie aussi au Midrach sur Michpatim et au Zohar sur Mikets.
(דר״ג ע״ב) דשמש צדקה היינו אור שגנזו הקב״ה.1819 וכ״כ [וכן כתב] ר״פ אמור (דפ״ח א׳) ועיין בפ׳ פקודי (דף רכ״ד ע״ב).
(folio 203b) : le soleil de la tsedaka est la lumière que le Saint béni soit-Il a cachée. Il en est également ainsi au début de la paracha d’Emor (folio 88a) ; voir aussi la paracha de Pekoudei (folio 224b).
Le Zohar sur Mikets dit que le soleil de la tsedaka est la lumière que D.ieu a cachée depuis le jour où le monde fut créé ; le Zohar sur Emor dit la même chose. Le Zohar sur Pekoudei explique le verset « un soleil et un bouclier ».
וא״כ הוא למעלה מבחי׳ שמש הוי׳. והיינו כמ״ש במ״א בד״ה אשירה להוי׳ בענין ושמרו דרך הוי״ה לעשות צדקה.20
Si tel est le cas, il se situe au-dessus du niveau du soleil de Havaya. C’est ce qui est expliqué ailleurs, dans le discours qui commence par « Je chanterai pour Havaya », à propos de « Ils garderont la voie de Havaya pour pratiquer la tsedaka » :
Selon cette interprétation, le soleil de la tsedaka est supérieur au soleil de Havaya. Le texte renvoie à son explication de « Ils garderont la voie de Havaya pour pratiquer la tsedaka », dans le discours « Je chanterai pour Havaya ».
שע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] בצדקה עי״ז אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] להיות דרך הוי׳ פי׳ דרך ומבוא להיות שם הוי״ה וע״ז נאמר חנון ורחום הוי׳ שהקדים בחינת חנון ורחום להיות הוי׳ שהן הן י״ג מכילין דרחמי מקור האצילות כו׳ ע״ש.2122
Par l’éveil d’en bas suscité par la tsedaka, il y a ainsi un éveil d’en haut, afin que soit « la voie de Havaya », c’est-à-dire une voie et une entrée permettant au Nom Havaya d’être. À ce propos, il est dit : « Clément et miséricordieux est Havaya » : le niveau de « clément et miséricordieux » a été placé avant Havaya, afin qu’il y ait Havaya ; ce sont précisément les Treize Attributs de miséricorde (me’hilin derachamé), la source d’Atsilout, etc. Voir là-bas.
La tsedaka, éveil d’en bas, ouvre « la voie de Havaya », un chemin par lequel le Nom Havaya peut se révéler. C’est pourquoi le verset place « clément et miséricordieux » avant Havaya : les Treize Attributs de miséricorde, source d’Atsilout, viennent d’abord et rendent possible la révélation de Havaya.
Ce paragraphe explique « la guérison dans ses ailes » et les deux soleils. Selon la première interprétation, le soleil de tsedaka est le dévoilement extérieur d’Eloul, et le soleil de Havaya, le dévoilement intérieur des Dix jours de techouva et de la Torah. Selon une seconde interprétation, le soleil de tsedaka, attiré par la charité, est le niveau supérieur : la lumière cachée qui brillera dans les temps futurs.
Le Zohar sur Pekoudé interprète « un soleil et un bouclier » comme les Noms Havaya et Elokim, ce qui correspond à l’image du soleil de Havaya comme soleil dans son fourreau. Le Talmud (Avodah Zarah 3b) dit que, dans les temps futurs, D.ieu fera sortir le soleil de son fourreau et que les justes en seront guéris.
Maré mekomot
- 1ומרפא בכנפיה · Malachi 3:20
- 2וכך הוא האוי״ר הם בחי׳ גדפין · ראה תניא פרק מ.
- 3וכובע ישועה בראשו · Isaiah 59:17
- 4שמש צדקה · Shemot Rabbah 31:10
- 5עטרת תפארת שיבה · Proverbs 16:31
- 6לשמש שם אהל בהם והוא כחתן · Psalms 19:5
- 7לשמש שם אהל בהם והוא כחתן · Psalms 19:5–6
- 8ע״פ ואתחנן כו׳ אתה החלות · לעיל פ׳ ואתחנן.
- 9אתה החלות · Deuteronomy 3:24
- 10אתה החלות · Zohar, Sifra DiTzniuta 2:13–3:26
- 11שמש במגן · Zohar, Pekudei 12:70–13:80
- 12הקב״ה מוציא חמה מנרתקה · Avodah Zarah 3b:18
- 13בד״ה תקעו בחודש · לקמן דרושים לר״ה נה, א.
- 14גם ברבות בא פט״ו · נזכר גם לקמן ל, ד. ראה הלשון באוה״ת נ״ך כרך א ע׳ תקלז ובאוה״ת בראשית כרך א פח, ב.
- 15ואור החמה יהיה שבעתים · Shemot Rabbah 15:21
- 16ואור החמה יהיה שבעתים כאור שבעת הימים · Isaiah 30:26
- 17וע׳ בפ׳ משפטים פל״א · נזכר גם לקמן ל, ד. ”עד בא השמש עד שיבא משיח שנאמר וזרחה לכם יראי שמי שמש צדקה” — אוה״ת נ״ך כרך א ע׳ תקלז. וראה גם אוה״ת בראשית כרך א פט, א.
- 18אור שגנזו הקב״ה · Zohar, Miketz 14:228–15:238
- 19אור שגנזו הקב״ה · Zohar, Kedoshim 21:133–134
- 20ושמרו דרך הוי״ה לעשות צדקה · Genesis 18:19
- 21תורת הוי׳ תמימה · Psalms 19:8
- 22פ״ק דע״ז . . הקב״ה מוציא חמה · ג, סע״ב.
22והיינו יג״מ [י״ג מדות] המתגלים ביוהכ״פ [ביום הכפורים] שהוא בחי׳ לפני הוי׳ תטהרו למעלה משם הוי״ה ועמ״ש סד״ה וכל בניך בענין בצדקה תכונני.1
C’est-à-dire les Treize Attributs qui se révèlent à Yom Kippour, lequel est le niveau de « Devant Havaya, vous serez purifiés », au-dessus du Nom Havaya. Voyez aussi ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Et tous tes enfants », au sujet de « Par la tsédaka, tu seras établie ».
Ces Treize Attributs de Yom Kippour relèvent de « Devant Havaya, vous serez purifiés » : un niveau « devant », au-dessus du Nom Havaya lui-même. Le texte renvoie à son explication de la parole d’Isaïe : « Par la tsédaka, tu seras établie », dans le discours « Et tous tes enfants ».
וכמ״ש במ״ע בענין זורע צדקות מצמיח ישועות התגלות שע״ה נהורין. ועמ״ש בד״ה והיה מדי חדש2 בענין שמש בשבת צדקה לעניים.3
Et comme il est écrit dans M.A., au sujet de « Il sème les tsédakot, fait germer les délivrances » : la révélation des lumières chin-ayin-hé (375). Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et il arrivera, de nouvelle lune en nouvelle lune », au sujet de « Le soleil de Chabbat est une tsédaka pour les pauvres ».
Le texte renvoie également à une explication, dans un ouvrage qu’il désigne par l’abréviation M.A., de « Il sème les tsédakot, fait germer les délivrances » — paroles de la prière du matin — comme révélation des lumières qu’il désigne par chin-ayin-hé. Il renvoie aussi à son explication de la parole talmudique : « Le soleil de Chabbat est une tsédaka pour les pauvres ».
ולפ״ז [ולפי זה] שמש הוי׳ היינו מ״ש הוי׳ אל רחום וחנון.4 ועמ״ש בזה סד״ה ואתחנן אל ה׳
Selon cela, le soleil de Havaya désigne ce qui est écrit : « Havaya, D.ieu, miséricordieux et gracieux. » Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet à la fin du discours commençant par « Et j’ai imploré Havaya ».
Selon cette seconde lecture, le soleil de Havaya désigne la révélation nommée dans « Havaya, D.ieu, miséricordieux et gracieux », qui ouvre les Treize Attributs. Le texte renvoie à son explication, à la fin du discours « Et j’ai imploré ».
וזהו ענין ושמתי כדכד שמשותיך דהיינו ב׳ בחי׳ שמש הא׳ מלמעלה למטה המאיר בחדש אלול.
Tel est le sens de « Je ferai tes fenêtres de kadkod » : il y a deux niveaux de « soleil ». Le premier, de haut en bas, illumine au mois d’Eloul ;
Le pluriel shimchotaïkh, « tes soleils », dans « Je ferai tes fenêtres de kadkod », désigne deux soleils. Le premier illumine de haut en bas pendant le mois d’Eloul.
והב׳ מלמטה למעלה שהוא בחי׳ העליות שבר״ה [שבראש השנה] ויוהכ״פ [ויום הכפורים] והוא ענין שמש הוי׳ ושמש צדקה וכנ״ל
et le second, de bas en haut, est le niveau des élévations de Roch Hachana et de Yom Kippour. C’est là le soleil de Havaya et le soleil de tsédaka, comme indiqué plus haut.
Le second va de bas en haut : ce sont les élévations de Roch Hachana et de Yom Kippour. Elles correspondent au soleil de Havaya et au soleil de tsédaka décrits plus haut.
(וז״ש [וזהו שכתוב] בירושלמי דאמר רב כד תחמי שמשא5 בריש דקלא6 הב לי גולתא דניצלי נעילת שערים. כי בנעילה הוא עליית ז״א78 הנק׳ שמשא910 בדיקנא דא״א וזהו בריש דיקלא11 ע״ד צדיק כתמר יפרח12 כארז בלבנון כו׳)
(C’est ce que rapporte le Talmud de Jérusalem : Rav disait : « Quand tu verras le soleil au sommet des palmiers, donne-moi mon manteau, afin que je prie Néïla. » Car, à Néïla, Zeir Anpin, appelé « le soleil », s’élève dans la barbe d’Arikh Anpin ; c’est là le sens de « au sommet du palmier », comme dans : « Le juste fleurira comme un palmier, comme un cèdre du Liban », etc.)
Le Talmud de Jérusalem rapporte que Rav disait à Yom Kippour : quand tu verras le soleil au sommet des palmiers, donne-moi mon manteau afin que je prie Néïla. L’Alter Rebbe interprète cette parole à la lumière de la Kabbale : à Néïla, Zeir Anpin, appelé « le soleil », s’élève dans la barbe d’Arikh Anpin ; le « palmier » désigne le tsadik, comme dans « Le juste fleurira comme un palmier ».
(בזהר ויקרא דט״ז ע״א) צדיק הוא בעל צדקה בחינת שמש צדקה. וכתיב אעלה בתמר1314 וע׳ בזהר ח״ג [חלק ג׳] (דרפ״ג א׳) והוא מעין בחי׳ ואור החמה יהיה שבעתים15 כאור כו׳.
(Dans le Zohar, Vayikra, folio 16a.) Un tsadik est un homme qui pratique la tsédaka, le niveau du soleil de tsédaka. Il est écrit : « Je monterai sur le palmier » ; voyez le Zohar, partie III (folio 283a). Cela s’apparente au niveau de « Et la lumière du soleil sera sept fois plus intense, comme la lumière », etc.
Le Zohar sur Vayikra applique ce verset au tsadik, et un tsadik est celui qui pratique la tsédaka, le niveau du soleil de tsédaka. Le verset « Je monterai sur le palmier » exprime la même élévation, avant-goût de la lumière septuple du soleil dans l’avenir.
ועלייה זו הוא מלמטה למעלה עליית הכלים לגבי אורות עליונים שזהו ענין שבת ויוהכ״פ [ויום הכפורים] כמ״ש באגה״ק [באגרת הקודש] בסופו16
Cette élévation va de bas en haut : les réceptacles s’élèvent vers les lumières supérieures. C’est là le caractère de Chabbat et de Yom Kippour, comme il est écrit à la fin d’Iggeres HaKodesh.
Cette élévation va de bas en haut : les réceptacles montent vers les lumières supérieures. Telle est la nature de Chabbat et de Yom Kippour, comme l’écrit l’Alter Rebbe à la fin d’Iggeres HaKodesh.
והנה ב׳ בחי׳ שמש אע״פ [אף על פי] שעכשיו יש ג״כ הארות אלו כנ״ל מ״מ הן רק בפנימית העולמות
Or, concernant les deux niveaux du « soleil » : bien que ces illuminations soient également présentes à présent, comme mentionné plus haut, elles ne se trouvent néanmoins que dans la dimension intérieure (pnimiyout) des mondes ;
À présent également, les deux soleils brillent, comme expliqué plus haut, mais seulement dans la dimension intérieure des mondes, à l’abri des regards.
mais, dans le Temps à venir, « ils verront œil à œil ». De plus, dans le Temps à venir, les deux niveaux de « soleil » mentionnés plus haut se trouveront à des niveaux infiniment élevés.
Dans le Temps à venir, ils seront visibles ouvertement, « œil à œil », comme le dit Isaïe. Les deux soleils brilleront alors à des niveaux infiniment élevés.
Le paragraphe achève l’interprétation de « tes fenêtres » comme désignant deux soleils : l’un est attiré vers le bas en Eloul, l’autre s’élève à Roch Hachana et à Yom Kippour. Il illustre l’élévation de Néïla par le récit du Talmud de Jérusalem, puis ajoute que ces deux soleils, désormais dissimulés dans les mondes, se révéleront ouvertement dans les temps futurs.
L’Arizal (Etz Chaim 21:2) interprète kadkod comme kaf-dalet, kaf-dalet, soit deux fois vingt-quatre, et appelle « soleil » le corps de Tiferet de Zeir Anpin. Selon Pri Etz Chaim, à Néïla, Zeir Anpin, Noukva et Imma se trouvent tous dans la barbe d’Arikh Anpin : c’est l’élévation décrite dans ce paragraphe.
Maré mekomot
- 1בצדקה תכונני · Isaiah 54:14
- 2בד״ה והיה מדי חדש בחדשו · סידור ולקמן ברכה צז, ב.
- 3שמש בשבת צדקה לעניים · Taanit 8b:12
- 4ה׳ א-ל רחום וחנון · Exodus 34:6
- 5בירושלמי דאמר רב כד תחמי שמשא · תענית פ״ד, ה״א. ברכות (פ״ד, ה״א) ד׳ אמסט׳. ועיין ירושלמי יומא.
- 6כד תחמי שמשא בריש דקלא · Jerusalem Talmud Taanit 4:1
- 7בנעילה הוא עליית ז״א · ראה פע״ח שער יוהכ״פ פ״ה. מ״ח מס׳ יומא י, ג.
- 8בנעילה הוא עליית ז״א · Pri Etz Chaim, Gate of Yom Kippur 5:4
- 9ז״א הנק׳ שמשא · ע״ח שכ״א, פ״ב. ובכ״מ.
- 10ז״א הנק׳ שמשא · Sefer Etz Chaim 21:2
- 11וזהו בריש דיקלא · ראה ביהל אור ע׳ שלה.
- 12צדיק כתמר יפרח · Psalms 92:13
- 13אעלה בתמר · Song of Songs 7:9
- 14אעלה בתמר · Zohar, Ki Teitzei 28:138–30:146
- 15ואור החמה יהיה שבעתים · Isaiah 30:26
- 16באגה״ק בסופו · קו״א ד״ה להבין מ״ש בפע״ח (קנז, ב).
- 17עין בעין יראו · Isaiah 52:8
- 18לפני הוי׳ תטהרו · Leviticus 16:30
- 19
- 20
Shoham et yashfeh : Yossef et Binyamin ¶23–32
23ד וזהו ענין חד אמר שהם וחד אמר ישפה ושניהם דברי אלקים חיים. דהנה כתיב ופתחת עליהם שמות בני1 ישראל וכתיב ונשא אהרן את שמות בני2 ישראל כו׳
4. Et tel est le sens de « L’un a dit : choham, et l’autre a dit : yachpé », et tous deux sont les paroles du D.ieu vivant. Car il est écrit : « Tu y graveras les noms des enfants d’Israël », et il est écrit : « Aharon portera les noms des enfants d’Israël », etc.,
La quatrième section revient au désaccord des anges au sujet du choham et du yachpé ; comme le dit le Talmud à propos de tels désaccords, les deux opinions sont « les paroles du D.ieu vivant ». Elle s’ouvre sur les versets concernant les pierres où étaient gravés les noms des tribus et qu’Aharon portait.
« en souvenir devant Havaya » : car les noms des tribus étaient inscrits sur les douze pierres du pectoral, dans l’ordre de leur naissance : odem (rubis) pour Réouven, etc. ;
Aharon portait les noms « en souvenir devant Havaya ». Les douze pierres du pectoral portaient les noms des tribus dans l’ordre de leur naissance, comme l’explique Rachi : l’odem (rubis) pour Réouven, et ainsi de suite.
et Aharon, « le garçon d’honneur de la Reine (Matronita) », les élevait devant D.ieu, très haut, bien au-dessus du niveau du Nom Havaya, comme il est expliqué ailleurs.
Le Zohar appelle Aharon « le garçon d’honneur de la Reine » (chouchvina deMatronita), la Reine étant Mal’hout. Par l’intermédiaire du pectoral, il élevait les âmes des tribus devant D.ieu, très haut, bien au-dessus du niveau du Nom Havaya.
Ce paragraphe ouvre la quatrième section : le désaccord au sujet du choham et du yachpé sera expliqué à partir des pierres du pectoral, qui portaient les noms des tribus et qu’Aharon élevait devant D.ieu.
La note du Kehot cite un discours du Rabbi (Likkutei Sichos vol. 36) sur deux explications proposées par les commentateurs de Rachi concernant « dans l’ordre de leur naissance » : l’ordre dans lequel les fils sont nés, ou leur ordre de naissance au sein de chacune des mères.
Maré mekomot
- 1ופתחת עליהם שמות בנ״י · Exodus 28:9
- 2ונשא אהרן את שמות בנ״י · Exodus 28:29
- 3כסדר תולדותם אודם לראובן · רש״י שמות כח, כא. ראה לקו״ש חל״ו ע׳ 146 ואילך שיש במפרשי רש״י ב׳ פי׳, א׳ ”כתולדותם” — כסדר שנולדו, והב׳ כפי סדר הולדתם ע״י האמהות, ע״ש בארוכה בשיטת רש״י והרמב״ם.
- 4כסדר תולדותם אודם לראובן · Rashi on Exodus 28:21
- 5ואהרן שושבינא דמטרוניתא · Zohar III, 20a
- 6שושבינא דמטרוניתא · Zohar, Korach 5:22–7:29
- 7שושבינא דמטרוניתא · Zohar, Chukat 3:16–4:25
- 8ושניהם דא״ח · Eruvin 13b:10
Or, le fait que les noms des tribus aient été gravés précisément sur des pierres précieuses s’explique, par analogie, à partir des réalités matérielles : la raison pour laquelle les trésors des rois et les objets de valeur
Pourquoi les noms ont-ils été gravés précisément sur des pierres précieuses ? La réponse part du monde matériel, où « le trésor des rois » (expression tirée de l’Ecclésiaste) et les objets précieux sont faits de pierres précieuses.
יקר באבנים טובות דוקא ומה שדמיהן מרובים עד שלא יעריכום כסף וזהב הוא רק מפני שהוא דבר פלא שהאבן הדומם יהיה זך ובהיר להאיר כאש.
sont précisément des pierres précieuses, et que leur prix soit si élevé que l’argent et l’or ne puissent leur être comparés, tient uniquement à ceci : c’est une chose merveilleuse qu’une pierre inanimée soit pure et brillante, et qu’elle rayonne comme le feu.
Les pierres précieuses ne sont estimées au-delà de l’argent et de l’or qu’en raison de leur caractère merveilleux : une pierre inanimée, pure et brillante, qui rayonne comme le feu. Le paragraphe suivant applique cela à la transformation de l’âme animale.
Le paragraphe commence à expliquer pourquoi les noms des tribus figuraient sur des pierres précieuses : la valeur d’une pierre précieuse tient au prodige d’une pierre sans vie qui rayonne.
Maré mekomot
- 1על אבנים טובות דייקא · Sotah 36a:12
- 2סגולת מלכים · Ecclesiastes 2:8
25וכך הנה התהפכות נפש הבהמית שבישראל מחשוכא לנהורא ועליותן למעלה ליכלל באור ה׳ לאשתאבא בגופא דמלכא כו׳.
De même, la transformation de l’âme animale en Israël, qui passe de l’obscurité à la lumière, ainsi que son élévation vers les hauteurs pour être incluse dans la lumière de D.ieu, « afin d’être absorbée dans le corps du Roi », etc.
L’analogie s’applique à présent : lorsque l’âme animale d’un Juif se transforme, passant de l’obscurité à la lumière, et s’élève pour être incluse dans la lumière de D.ieu, « absorbée dans le corps du Roi », c’est un prodige semblable à celui d’une pierre inanimée qui brille.
וע״ז היה ענין החשן שהיה אהרן מעלה אותו לפני ה׳ הנה זהו דבר הפלא ופלא ונמשל כאבן טוב נדמו
C’est à ce propos qu’intervenait le pectoral, qu’Aharon élevait devant D.ieu : voilà une chose extraordinairement merveilleuse, et elle est comparée à une pierre précieuse ; ils lui sont comparés.
C’est ce qu’exprimait le pectoral lorsque Aharon l’élevait devant D.ieu, avec les noms des tribus inscrits sur ses pierres. L’âme animale transformée est un prodige et est comparée à une pierre précieuse ; la formulation rappelle le verset des Psaumes « il est comparé aux bêtes », ici renversé.
וגם שהאבנים טובות גדילים ונמשכים מן הכוכבים1 וכתיב בישראל והנכם כיום ככובי השמים2 בפ׳ דברים וע״ש במדרש רבה.34
De plus, les pierres précieuses croissent et proviennent des étoiles, et il est écrit au sujet d’Israël : « Et voici, vous êtes aujourd’hui comme les étoiles des cieux », dans la paracha de Devarim ; voyez aussi le Midrash Rabbah à cet endroit.
On dit également que les pierres précieuses croissent sous l’influence des étoiles, et Israël est comparé aux étoiles des cieux, comme le dit Moché dans Devarim. Le texte renvoie au Midrash Rabbah sur ce verset.
Le paragraphe applique l’analogie : l’âme animale transformée en lumière est semblable à une pierre inanimée qui brille, ce qui explique pourquoi les noms des tribus étaient gravés sur des pierres précieuses ; et, comme les pierres précieuses, Israël est lié aux étoiles.
Plus loin dans Likkutei Torah, sur Re’eh (27b), passage cité par Kehot, il est expliqué que les pierres précieuses ne proviennent pas des étoiles visibles, que l’on peut compter, mais des étoiles cachées, qui sont innombrables : parce qu’une pierre est inanimée, au niveau le plus bas, elle reçoit la lumière d’étoiles supérieures aux étoiles visibles, et leur nombre infini rend compte des nuances innombrables des pierres précieuses.
Maré mekomot
- 1שהאבנים טובות גדילים ונמשכים מן הכוכבים · באוה״ת פ׳ שמות ע׳ לג ובפ׳ תצוה ע׳ א׳תרמז מציין לזח״ב פ׳ תרומה דף קע, א. וראה לקמן כז, ב. ראה המשך מים רבים תרל״ו פרק קפ.
- 2והנכם כיום ככובי השמים · Deuteronomy 1:10
- 3וע״ש במדרש רבה · Devarim Rabbah 1:10
- 4והנכם היום ככוכבי השמים בפ׳ דברים · א, י.
26והנה לפי סדר תולדות השבטים וסדר אבני החשן יוסף ובנימין שנולדו באחרונה חקוקים על ב׳ אבנים האחרונים שבטור הרביעי
Or, selon l’ordre des naissances des tribus et celui des pierres du pectoral, Yossef et Binyamin, qui naquirent en dernier, sont gravés sur les deux dernières pierres de la quatrième rangée,
En suivant l’ordre des naissances des tribus, qui est aussi celui des pierres du pectoral, Yossef et Binyamin, les plus jeunes, figurent sur les deux dernières pierres de la quatrième rangée.
שהם וישפה.123 וכמ״ש בהרמב״ם [בהרבי משה בן מימון] פ״ט מהל׳ [מהלכות / מהלכה] כלי המקדש וברבות ס״פ תצוה ופ׳ במדבר פרשה ב׳.
qui sont le choham et le yachfé, comme il est écrit dans le Rambam, chapitre 9 des Lois des ustensiles du Sanctuaire, ainsi que dans [le Midrach] Rabba, à la fin de Tetsavé et dans Bamidbar, section 2.
Ces deux pierres sont le choham et le yachfé, précisément celles au sujet desquelles les anges se disputaient. Le Rambam et le Midrach confirment que le nom de Yossef était gravé sur le choham et celui de Binyamin sur le yachfé.
Le paragraphe montre que les deux pierres au sujet desquelles les anges se disputaient portaient les noms de Yossef et de Binyamin.
Maré mekomot
- 1
- 2שהם וישפה · Shemot Rabbah 38:9
- 3ישפה · Bamidbar Rabbah 2:7
27והנה יוסף הצדיק הוא בחי׳ המשכה והשפעה מלמעלה למטה1 כי יוסף הוא מלשון תוספת אור הבא מלמעלה וכמ״ש ויוסף הוא המשביר כו׳ ויכלכל יוסף2 את אביו3 כו׳. ועמ״ש ע״פ ויגש אליו יהודה.4
Or, Yosef le juste représente le niveau de l’influx et de la transmission de haut en bas, car le nom Yosef vient du terme tosefet (« addition »), une lumière qui vient d’en haut, comme il est écrit : « Yosef était celui qui approvisionnait », etc., et « Yosef entretint son père », etc. Voir aussi ce qui est écrit sur le verset : « Yehouda s’approcha de lui. »
Yosef représente l’influx venant d’en haut : son nom vient de tosefet, « addition », une lumière supplémentaire qui vient d’en haut. Il approvisionnait tout le pays et entretenait son père ; le texte renvoie à son développement sur « Yehouda s’approcha de lui ».
Ce paragraphe identifie Yosef à l’influx de la divinité de haut en bas.
Maré mekomot
- 1והנה יוסף הצדיק הוא בחי׳ המשכה והשפעה מלמעלה למטה · מובא באוה״ת פ׳ תצוה ע׳ א׳תרסח ומציין לכאן.
- 2ויוסף הוא המשביר וכו׳ ויכלכל יוסף · Genesis 42:6
- 3ויכלכל יוסף את אביו · Genesis 47:12
- 4ויגש אליו יהודה · Genesis 44:18
28והיינו שכל ההמשכות וגילוי אלקות בנבראים הוא ע״י נשמת יוסף ובנימין הצדיק הוא העלאה מלמטה למעלה
Autrement dit, tout le déversement et toute la révélation de la divinité dans les êtres créés s’opèrent par l’âme de Yossef. Et Binyamin le tsadik représente l’élévation d’en bas vers le haut ;
Toute révélation de la divinité dans les êtres créés s’opère par l’âme de Yossef. Binyamin représente le mouvement opposé : l’élévation d’en bas vers le haut.
והיינו שהתעלות כל הנבראים ליכלל תחת כנפי השכינה הוא ע״י נשמת בנימין בן ימין בנו של אברהם איש החסד ימין מקרבת1 וכמ״ש והוכן בחסד כסאו.2
autrement dit, l’élévation de tous les êtres créés, afin qu’ils soient inclus sous les ailes de la Chekhina, s’opère par l’âme de Binyamin, ben yamin (« fils de la droite »), fils d’Avraham, l’homme de bonté, [car] « la droite rapproche », comme il est écrit : « Son trône sera affermi par la bonté. »
L’élévation de toutes les créatures, afin qu’elles soient incluses sous les ailes de la Chekhina, s’opère par l’âme de Binyamin, dont le nom signifie « fils de la droite ». Le côté droit correspond au 'Hessed, l’attribut d’Avraham : comme le disent les Sages, « la droite rapproche », et Isaïe dit : « Son trône sera affermi par la bonté. »
וע״כ שניהם קרויין צדיקים כי צדיק הוא בחי׳ התקשרות משפיע ומקבל אלא שיוסף הוא צדיק עליון שמקשר המשפיע למקבל וממשיך השפע מלמעלה למטה.
C’est pourquoi tous deux sont appelés tsadikim, car un tsadik représente le niveau du lien entre celui qui donne et celui qui reçoit ; cependant, Yossef est le tsadik supérieur, qui relie celui qui donne à celui qui reçoit et attire le flux d’en haut vers le bas,
Tous deux sont appelés tsadik, car un tsadik — en Kabbale, la Séfira de Yessod — est le lien entre celui qui donne et celui qui reçoit. Yossef est le « tsadik supérieur », qui relie celui qui donne à celui qui reçoit et fait descendre le flux.
ובנימין הוא צדיק תחתון שמקשר המקבל להמשפיע ומעלהו ממטה למעלה ועליהם נאמר צדיקים לעולם יירשו ארץ3 תרין צדיקים כו׳
et Binyamin est le tsadik inférieur, qui relie celui qui reçoit à celui qui donne et l’élève d’en bas vers le haut. À leur sujet, il est dit : « Les justes hériteront de la terre pour toujours » : deux tsadikim, etc.
Binyamin est le « tsadik inférieur », qui relie celui qui reçoit à celui qui donne et l’élève. Tous deux sont désignés dans les mots « Les justes hériteront de la terre pour toujours », où le pluriel « les justes » est interprété comme désignant deux tsadikim.
(ועמ״ש מענין יוסף ובנימין בביאור ע״פ כי תשמע בקול4 בענין עיני ה׳ אל צדיקים5 ועמ״ש ע״פ בפ׳ תרומה בביאור ע״פ מי יתנך כאח לי)6
(Et voyez ce qui est écrit au sujet de Yossef et de Binyamin dans l’explication du verset « Si tu écoutes la voix », à propos de « Les yeux de Havaya sont tournés vers les justes » ; voyez également ce qui est écrit dans la paracha Terouma, dans l’explication du verset « Ah ! que tu sois pour moi comme un frère ».)
Le texte renvoie à son développement sur Yossef et Binyamin dans l’explication de « Si tu écoutes la voix », à propos du verset « Les yeux de Havaya sont tournés vers les justes », ainsi qu’à la paracha Terouma, à propos de « Ah ! que tu sois pour moi comme un frère ».
והייינו דקמפלגי תרין מלאכים ברקיעא חד אמר שהם כו׳ פי׳ שהחלוקת הוא באופן וסדר הגילוי אלקות שיהי׳ [שיהיה] על״ל [לע״ל] בב״א [במהרה בימינו אמן] דכתיב עין בעין יראו.7
Et c’est là le différend des deux anges dans le firmament : l’un dit « choham », etc. Cela signifie que leur désaccord porte sur la manière et l’ordre de la révélation de la divinité qui aura lieu dans le Monde futur, bientôt et de nos jours, amen, comme il est écrit : « Ils verront œil à œil. »
Il s’agit du différend des anges : le choham est la pierre de Yossef et le yachfé, celle de Binyamin. Ils ne sont pas d’accord sur la manière et l’ordre de la révélation de la divinité dans le Monde futur, lorsque, comme le dit Isaïe, « ils verront œil à œil ».
כי הנה יש ב׳ מיני התגלות אם שיתעלו העולמות או שיהי׳ [שיהיה] המשכות אלקות בגילוי רב בהם מלמעלה למטה.
Car il existe deux sortes de révélation : soit les mondes s’élèvent, soit la divinité y est attirée d’en haut vers le bas et s’y révèle grandement.
La révélation peut se produire de deux façons : les mondes peuvent s’élever vers la divinité, ou la divinité peut descendre dans les mondes et s’y révéler grandement.
ועד״מ שני בני אדם אחד עומד בהר גבוה והב׳ בבקעה מקום מדרון ושפל שיש ב׳ אופנים בקירובם או שיעלה התחתון או שירד העליון.
À titre d’analogie : deux hommes, l’un debout sur une haute montagne et l’autre dans une vallée, lieu en pente et bas ; il existe deux manières pour eux de se rapprocher : soit celui qui est en bas monte, soit celui qui est en haut descend.
Une analogie : un homme se tient sur une haute montagne et un autre dans une vallée basse. Ils peuvent se rejoindre soit en faisant monter celui qui est en bas, soit en faisant descendre celui qui est en haut.
Ce paragraphe présente Yossef comme le tsadik qui fait descendre le flux et Binyamin comme le tsadik qui élève. Il explique ainsi le différend des anges par les deux manières dont la divinité se révélera dans l’avenir.
Maré mekomot
- 1ימין מקרבת · Sotah 47a
- 2והוכן בחסד כסאו · Isaiah 16:5
- 3צדיקים לעולם יירשו ארץ · Isaiah 60:21
- 4כי תשמע בקול · Deuteronomy 13:19
- 5עיני ה׳ אל צדיקים · Psalms 34:16
- 6מי יתנך כאח לי · Song of Songs 8:1
- 7עין בעין יראו · Isaiah 52:8
29והנה מיכאל שמדתו בחי׳ חסד בחר שוהם שהוא מדרגתו של יוסף הצדיק דהיינו שיהי׳ [שיהיה] גילוי אלקות מלמעלה למטה והגם שלא ישתנו העולמות ממדרגתם כ״כ [כל כך] לפי ערך הגילוי האור אעפ״כ [אף על פי כן] יהיה בהם הגילוי הגדול והעצום
Or, Mikhaël, dont l’attribut est le niveau de 'Hessed (bonté), choisit le shoham, qui est le niveau de Yossef le tsadik : il y aura une révélation de la divinité d’en haut vers le bas ; et bien que les mondes ne changent pas beaucoup de leur niveau, à proportion de la révélation de la lumière, néanmoins, la révélation grande et puissante sera en eux.
Mikhaël, l’ange de 'Hessed (bonté), choisit le shoham, la pierre de Yossef : une révélation d’en haut vers le bas. Ainsi, les mondes ne changeraient pas beaucoup de leur niveau à proportion de la lumière, et pourtant une révélation grande et puissante brillerait en eux.
והיינו דכתיב לעתיד לבוא ונגלה כבוד1 הוי׳ וראו כל בשר כו׳ וגבריאל שמדתו בחי׳ גבורה בחר ישפה בחינת בנימין הצדיק
Et c’est ce qui est écrit au sujet des temps futurs : « La gloire de Havaya sera révélée, et toute chair verra », etc. Et Gavriel, dont l’attribut est le niveau de Guevoura (retenue), choisit le yachpé, le niveau de Binyamin le tsadik :
C’est la promesse d’Isaïe pour l’avenir : « La gloire de Havaya sera révélée, et toute chair verra. » Gavriel, l’ange de Guevoura (retenue), choisit le yachpé, la pierre de Binyamin.
דהיינו שיתעלו העולמות ויזדככו זיכוך ועילוי רב עד שיהיו בחי׳ כלי הראוי לקבל הגילוי העצום ההוא וכמשל הנכנס לבית המלך להיכל מלכותו פנימה.
c’est-à-dire que les mondes s’élèveront et seront raffinés d’un grand raffinement et d’une grande élévation, jusqu’à devenir le niveau d’un réceptacle apte à recevoir cette révélation puissante, comme dans la parabole de celui qui entre dans la maison du roi, jusque dans son palais royal intérieur.
La voie de Gavriel est que les mondes eux-mêmes s’élèvent et soient grandement raffinés, jusqu’à devenir des réceptacles capables de recevoir cette révélation puissante, comme celui qui est introduit dans le palais intérieur du roi.
Le paragraphe expose les deux perspectives : Mikhaël, de 'Hessed, voit la révélation future descendre dans les mondes tels qu’ils sont ; Gavriel, de Guevoura, voit les mondes raffinés et élevés afin de la recevoir.
Maré mekomot
- 1ונגלה כבוד הוי׳ וראו כל בשר · Isaiah 40:5
30והוא כעין שהיה משה בהר שנאמר ומשה עלה1 כו׳ שאז לחם לא אכל2 כו׳ ואפי׳ [ואפילו] מן שנק׳ לחם אבירים3 שמלאכי השרת ניזונין בו4 לא אכל כו׳ משא״כ כשהיה למטה אכל.
Cela ressemble à ce qui se passa pour Moché sur la montagne, comme il est dit : « Et Moché monta », etc., lorsqu’« il ne mangea pas de pain », etc. ; même la manne, appelée « pain des puissants », dont se nourrissent les anges de service, il n’en mangea pas, etc. ; tandis que, lorsqu’il était en bas, il mangeait.
La voie de Gavriel ressemble à celle de Moché sur le mont Sinaï, où « il ne mangea pas de pain », pas même la manne, le « pain des puissants » dont, comme le dit le Talmud, se nourrissent les anges de service. En bas, en revanche, il mangeait bien.
והגם שמעלתו ואכילתו גבוה מאד שהרי גם כשהיה למטה ואכל הי׳ [היה] הגוף טהור ומזוכך כך כך עד שתמיד היה מוכן לנבואה עצומה וגילוי אור ה׳ מבחי׳ אצילות בלי שום הכנה כו׳.
Et bien que son niveau et sa manière de manger fussent très élevés, car même lorsqu’il était en bas et mangeait, son corps était d’une pureté et d’un raffinement tels qu’il était toujours prêt à recevoir une prophétie sublime et la révélation de la lumière de D.ieu du niveau d’Atsilout, sans aucune préparation, etc.,
Même en bas, Moché mangeait à un niveau très élevé : son corps était si pur qu’il était toujours prêt à recevoir la prophétie, une révélation venant d’Atsilout, sans aucune préparation.
Le paragraphe présente Moché comme modèle de l’élévation : même son corps raffiné s’élevait à un état supérieur sur la montagne.
Maré mekomot
- 1ומשה עלה · Exodus 19:3
- 2לחם לא אכל · Exodus 34:28
- 3לחם אבירים · Psalms 78:25
- 4לחם אבירים שמלאכי השרת ניזונין בו · Yoma 75b:11
31ועכ״ז [ועם כל זה] כשעלה בהר לא אכל כו׳. ועד״ז ענין אליהו שעלה בסערה השמימה.1 וכך הוא ענין עליות העולמות שיתעלו ויזדככו הכלים והגוף וכמ״ש בע״ח [בעץ חיים] דעשיי׳ [דעשייה] נכלל ביצי׳ [ביצירה] ויצירה בבריאה כו׳. ועד״ז יש עליות אין קץ כו׳.
Néanmoins, lorsqu’il monta sur la montagne, il ne mangea pas, etc. Dans le même ordre d’idées, il est question d’Éliyahou, qui monta au ciel dans une tempête. Il en va de même des ascensions des mondes : les réceptacles et le corps s’élèveront et se raffineront, comme il est écrit dans Etz Chaim, que le monde d’Assiya sera inclus dans celui de Yetsira, et Yetsira dans celui de Béria, etc. Dans le même ordre d’idées, il y a des ascensions sans fin, etc.
Pourtant, sur la montagne, il ne mangea absolument pas ; de même, Éliyahou monta au ciel dans une tempête. Ainsi, les mondes aussi s’élèveront, leurs réceptacles et leur « corps » se raffinant ; chaque monde sera inclus dans celui qui lui est supérieur — Assiya dans Yetsira, et Yetsira dans Béria — comme le décrit Etz Chaim, dans des ascensions sans fin.
Ce paragraphe étend l’exemple de Moché et d’Éliyahou à l’ascension future de tous les mondes, selon le point de vue de Gavriel.
Maré mekomot
- 1בסערה השמימה · II Kings 2:11
32וזהו בחי׳ ישפה יש פה ואמר הקב״ה להוי כדין וכדין שיתקיימו בק הבחינות ושיהיו שני המדרגות מלמעלה למטה ומלמטה למעלה וכמ״ש במ״א ע״פ והתהלכתי בתוככם1 כו׳ ב׳ בחי׳ הילוך כו׳.
Et c’est là le niveau de Yachpé : yesh pé, « il y a une bouche ». Le Saint béni soit-Il dit : « Qu’il en soit ainsi et ainsi » : que les deux niveaux se maintiennent, et que les deux degrés soient présents, de haut en bas et de bas en haut, comme il est expliqué ailleurs à propos du verset « Je marcherai au milieu de vous », etc. : deux sortes de marche, etc.
Le nom Yachpé se lit yesh pé, « il y a une bouche ». La décision de D.ieu — « Qu’il en soit ainsi et ainsi » — signifie que les deux voies s’accompliront, de haut en bas et de bas en haut ; le texte renvoie à l’explication du verset « Je marcherai au milieu de vous », qui évoque deux sortes de marche.
וזהו ענין כ״ד כ״ד ב״פ [ב׳ פעמים] כד אותיות דבשכמל״ו [דברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד] דק״ש [דקריאת שמע] של שחרית וערבית כי שחרית הוא בחי׳ המשכה מלמעלה למטה במדת מלכותו ית׳
Et c’est là le sens de kaf-dalet, kaf-dalet : deux fois les vingt-quatre lettres de « Béni soit le Nom de la gloire de Son royaume à jamais » dans le Chema du matin et du soir. Car le matin est le niveau d’un influx de haut en bas, dans l’attribut de Sa souveraineté, qu’Il soit béni,
C’est aussi pourquoi le mot kadkod s’écrit kaf-dalet, kaf-dalet, soit deux fois vingt-quatre : les lettres de « Béni soit le Nom de la gloire de Son royaume à jamais », récité dans le Chema du matin et du soir. Le Chema du matin fait descendre la souveraineté de D.ieu de haut en bas.
כי הוא מבחינת חסד כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] אברהם תיקן תפלת שחרית2 שנאמר וישכם אברהם בבקר3 כו׳ וערבית הוא בחי׳ עליות המל׳ ממטה למעלה ושניהם כאחד טובים4 כו׳.
car il relève du niveau du 'Hessed (bonté), comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Avraham institua la prière du matin, comme il est dit : “Avraham se leva de bon matin” », etc. ; et le soir est le niveau des élévations de Mal'hout (souveraineté), de bas en haut ; et « les deux sont également bons », etc.
Le matin relève du 'Hessed, car Avraham, l’homme de bonté, institua la prière du matin. Le soir correspond à l’élévation de Mal'hout de bas en haut et, selon les mots de l’Ecclésiaste, « les deux sont également bons ».
(ועיין מ״ש סד״ה וידעת היום5 להיות שהיום הוא עם הלילה כו׳ ברישא חשוכא והדר נהורא6 כו׳ ע״ש ובד״ה רני ושמחי7 בענין רננא ברמשא ושמחה בצפרא וע׳ זח״א [זהר חלק א])
(Voyez aussi ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Sache aujourd’hui », selon lequel le jour va avec la nuit, etc. : « d’abord l’obscurité, puis la lumière », etc. ; voyez là-bas. Et dans le discours commençant par « Chante et réjouis-toi », au sujet du « chant joyeux le soir et de la joie le matin » ; voyez aussi le Zohar, Part I.)
Le texte renvoie à d’autres développements : le jour et la nuit vont ensemble, comme le dit le Talmud, « d’abord l’obscurité, puis la lumière », dans le discours « Sache aujourd’hui » ; et le discours « Chante et réjouis-toi » traite du « chant joyeux le soir et de la joie le matin ».
(Chayei Sarah, 133a), au sujet de la prière du soir ; et voyez ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Et le nombre des enfants d’Israël sera », au sujet de « Car grand est le jour ».
Le texte renvoie également au Zohar sur Chayei Sarah au sujet de la prière du soir, ainsi qu’à son développement sur « Car grand est le jour » dans le discours « Et le nombre des enfants d’Israël sera ».
Le paragraphe présente la décision de D.ieu — « ainsi et ainsi » : les deux voies, descendante et ascendante, s’accompliront. Cela est suggéré par kadkod, deux fois vingt-quatre, en référence aux deux récitations quotidiennes de « Béni soit le Nom » dans le Chema du matin et du soir.
Maré mekomot
- 1והתהלכתי בתוככם · Leviticus 26:12
- 2אברהם תיקן תפלת שחרית · Berakhot 26b:5–6
- 3וישכם אברהם בבקר · Genesis 19:27
- 4ושניהם כאחד טובים · Ecclesiastes 11:6
- 5וידעת היום · Deuteronomy 4:39
- 6ברישא חשוכא והדר נהורא · Shabbat 77b:8
- 7רני ושמחי · Zechariah 2:14
- 8בענין תפלת ערבית · Zohar, Chayei Sara 23:243–24:254
- 9והיה מספר בני ישראל · Hosea 2:1
- 10כי גדול יום · Hosea 2:2
Portes de feu et pierres de désir ¶33–38
33ה ושעריך לאבני אקדח1 אלו נו״ן שערי בינה כו׳. פי׳ כמו השער שמשמש כניסה ויציאה כך יש נו״ן שערי בינה שבהם נכנסת ההמשכה הנמשכת ונשפעת בהן מהחכמה
5. « Et tes portes seront des pierres d’ekdach » : ce sont les cinquante portes de Bina (compréhension), etc. Cela signifie que, de même qu’une porte sert à entrer et à sortir, il y a cinquante portes de Bina, par lesquelles pénètre le flux qui se déploie et se répand en elles depuis 'Hokhma (sagesse),
La cinquième section explique les mots « tes portes seront des pierres d’ekdach » : les portes sont les cinquante portes de Bina (compréhension). Une porte sert à entrer et à sortir, et le flux provenant de 'Hokhma pénètre par les portes de Bina.
דהיינו מבחי׳ האין שלמעלה מהשגה בההשגה כו׳ וגם מהם יוצאת ההשפעה המושפעת מן הבינה שהוא בחי׳ השגה והתבוננות בהמדות שיהיו המדות מתפעלים מהשגת השכל
c’est-à-dire depuis le niveau du ayin (« néant »), qui est au-dessus de la compréhension, vers la compréhension, etc. ; et, par elles aussi, sort le flux dispensé par Bina, qui est le niveau de la compréhension et de la contemplation, vers les attributs émotionnels (midot), afin que ceux-ci soient éveillés par la compréhension intellectuelle,
Ce qui pénètre, c’est l’intuition de 'Hokhma, qui provient du « néant » (ayin) situé au-dessus de la compréhension et entre dans celle-ci. Ce qui sort des portes de Bina, c’est sa contemplation, qui se répand dans les émotions afin que celles-ci soient animées par ce que l’intellect a saisi.
וכמ״ש בזהר ע״פ נודע בשערים בעלה2 כל חד לפום שיעורא דיליה לפום מאי דמשער בלבי׳3 כו׳. ועמ״ש מענין נש״ב [נ׳ שערי בינה] בד״ה עיני כל ובד״ה וספרתם לכם.
comme il est écrit dans le Zohar, à propos du verset « Son époux est connu aux portes » : chacun selon sa mesure, selon ce qu’il estime dans son cœur, etc. Voyez aussi ce qui est écrit au sujet des cinquante portes de Bina dans le discours commençant par « Les yeux de tous » et dans celui commençant par « Vous compterez pour vous-mêmes ».
Le Zohar interprète « Son époux est connu aux portes » ainsi : D.ieu est connu de chacun selon ce qu’il « estime » (meshaer) dans son cœur, jeu de mots avec she’arim, « portes ». Le texte renvoie à son exposé sur les cinquante portes de Bina dans les discours « Les yeux de tous » et « Vous compterez pour vous-mêmes ».
Le paragraphe ouvre la cinquième section, consacrée à la seconde expression du verset : les portes sont les cinquante portes de Bina, par lesquelles l’intuition de 'Hokhma pénètre dans l’intellect et la compréhension se déverse dans les émotions.
Maré mekomot
- 1ושעריך לאבני אקדח · Isaiah 54:12
- 2נודע בשערים בעלה · Proverbs 31:23
- 3לפום מאי דמשער בלבי׳ · Zohar, Vayera 9:153–164
34והנה כעת בגלות מחמת כי הלב מטומטמת אין המוח שליט עליה כ״כ [כל כך] שתתפעל מחמת השגת השכל
À présent, en exil, parce que le cœur est obstrué (metoumtam), l’intellect ne le gouverne pas suffisamment pour qu’il soit ému par la compréhension intellectuelle ;
Les « pierres d’ekdaḥ » sont maintenant expliquées. En exil, le cœur est « obstrué », si bien que l’intellect ne peut le gouverner assez pour l’émouvoir par ce qu’il comprend.
car « une faute obstrue le cœur de l’homme », etc., et il est appelé « cœur de pierre ». Mais, dans le Temps à venir, lorsque Sa divinité, béni soit-Il, sera révélée et que nos cœurs seront purifiés,
Comme le dit le Talmud, la faute obstrue le cœur, qu’Ézéchiel appelle « un cœur de pierre ». Dans le Temps à venir, lorsque la divinité sera révélée et que les cœurs seront purifiés, cela changera.
alors il sera dit : « Et tes portes seront des pierres d’ekdaḥ. » Ekdaḥ vient du terme employé dans « Car un feu s’est allumé (kadḥa) », dans la paracha Haazinou, [et] « comme le feu embrase (kekdoaḥ) les broussailles », etc.
Alors le verset s’accomplira. Ekdaḥ est rattaché à la racine de « embraser », comme dans « Car un feu s’est allumé dans Ma colère » (Haazinou) et dans « comme le feu embrase les broussailles » d’Isaïe ; selon la note de Kehot, Or HaTorah rapporte cette lecture au nom d’Ibn Ezra.
(בישעיה רסי׳ [ריש סימן] ס״ד) והיינו על ידי השערים דבינה הנמשכות במדות גם לב האבן תתלהב ותתלהט
(dans Isaïe, au début du chapitre 64). C’est-à-dire que, par les portes de Bina qui se prolongent dans les attributs émotionnels (midot), même le cœur de pierre sera embrasé et enflammé ;
Le second verset se trouve dans Isaïe 64. Par les portes de Bina, la contemplation se déversera dans les émotions, jusqu’à ce que même un cœur de pierre brûle d’amour pour D.ieu.
כי אפי׳ [אפילו] אם אבן הוא נימוח7 ע״י התבוננות לפי שאז לא יהיה שום מונע ומסתיר כלל. וזהו בחי׳ אהבה בתגבורת עצומה עד אשר מים רבים לא יוכלו לכבות8 את האהבה.
car « même s’il est de pierre, il fond » par la contemplation, puisqu’alors rien ne fera obstacle ni ne voilera quoi que ce soit. Tel est le niveau d’un amour d’une intensité puissante, jusqu’à ce que « les grandes eaux ne puissent éteindre l’amour ».
Comme le dit le Talmud : « S’il est de pierre, il fond », ici par la contemplation, puisqu’alors rien ne voilera la divinité. C’est un amour si intense que, selon les mots du Cantique des Cantiques, « les grandes eaux ne peuvent l’éteindre ».
ולכן נמשלה לאבני אקדח שהארתן חזקה מהארת האש שהרי מים מכבים אש אבל הארת אבן טוב מים רבים לא יוכלו לכבותה כו׳.
C’est pourquoi il est comparé aux pierres d’ekdaḥ, dont l’éclat est plus puissant que celui du feu : l’eau éteint le feu, mais l’éclat d’une pierre précieuse, « les grandes eaux ne peuvent l’éteindre », etc.
Voilà pourquoi il est comparé aux pierres d’ekdaḥ : l’éclat d’une gemme est plus puissant que le feu, car l’eau éteint le feu, mais ne peut éteindre l’éclat d’une gemme.
Ce paragraphe explique les « portes de pierres d’ekdaḥ » : dans le futur, la contemplation de Bina embrasera même un cœur de pierre d’un amour que, comme l’éclat d’une gemme, aucune eau ne peut éteindre.
Maré mekomot
- 1עבירה מטמטמת לבו של אדם · Yoma 39a:2–3
- 2ונק׳ לב האבן · Ezekiel 11:19
- 3ושעריך לאבני אקדח · Isaiah 54:12
- 4אקדח הוא מלשון כי אש קדחה · באוה״ת פ׳ ראה ע׳ תשעג מביא זה בשם האבן עזרא.
- 5כי אש קדחה · Deuteronomy 32:22
- 6כקדוח אש המסיס · Isaiah 64:1
- 7אם אבן הוא נימוח · Sukkah 52b:2
- 8מים רבים לא יוכלו לכבות · Song of Songs 8:7
35והנה אקדח הוא מלשון עתיד כי בחי׳ זו תהיה לע״ל [לעתיד לבוא] דוקא אבל כעת בגלות הוא לב האבן כפשוטו.
Or, ekdach est au futur, car ce niveau ne se manifestera précisément que dans le Temps à venir ; mais à présent, en exil, c’est un cœur de pierre au sens littéral.
Ekdach est une forme au futur, « j’embraserai », puisque cet amour ardent appartient au Temps à venir. À présent, en exil, le cœur est littéralement un cœur de pierre.
וזהו העבודה לייגע ע״א לפתוח לבו על ידי התעוררות רחמים על ניצוץ אלקות שבנפשו כו׳ ועמ״ש בפ׳ חקת ע״פ באר חפרוה שרים12 כו׳.
Et tel est le service : faire effort pour ouvrir son cœur en éveillant de la compassion pour l’étincelle de divinité qui se trouve dans son âme, etc. Voir aussi ce qui est écrit dans la Parachat Chukas, au sujet du verset : « Le puits que les princes ont creusé », etc.
Le service actuel consiste donc à s’efforcer d’ouvrir son cœur en éveillant de la compassion pour l’étincelle de divinité qui se trouve dans son âme. Le texte renvoie à son développement sur « Le puits que les princes ont creusé », dans la Parachat Chukas.
Le paragraphe se tourne vers le présent : jusqu’à la venue du Temps à venir, l’homme doit s’efforcer d’ouvrir son cœur par la compassion pour l’étincelle divine qui est en lui.
Maré mekomot
- 1בפ׳ חקת ע״פ באר חפרוה שרים · לעיל שם סב, ד.
- 2באר חפרוה שרים · Numbers 21:18
36וכל גבולך לאבני חפץ1 הם ל״ב נתיבות החכמה כי הנה הטעם שההמשכות הנמשכים מבינה נקראו שערים ושמחכמה נקראו נתיבות הוא להיות
« Et toutes tes frontières seront de pierres précieuses » (avnei chefetz) : ce sont les trente-deux sentiers de 'Hokhma (sagesse). La raison pour laquelle ce qui émane de Bina est appelé « portes », tandis que ce qui émane de 'Hokhma est appelé « sentiers », est
La troisième expression du verset, « Et toutes tes frontières seront de pierres précieuses » (avnei chefetz), fait référence aux trente-deux sentiers de 'Hokhma. L’Admour Hazaken explique pourquoi le flux de Bina est appelé « portes », et celui de 'Hokhma, « sentiers ».
כי השערים משמשים כניסה ויציאה לרבים ואינם הולכים למרחוק וכך מבחי׳ בינה נמשכה ההשפעה במדות בגילוי רב ובינה עד הוד בלבד אתפשטת אבל הנתיב מצער הוא והולך למרחוק לשדות ומדבריות.
que les portes servent à l’entrée et à la sortie d’un grand nombre de personnes et ne mènent pas loin ; de même, depuis le niveau de Bina, le flux se déverse dans les attributs émotionnels avec une grande révélation, et « Bina ne s’étend que jusqu’à Hod ». Mais un sentier est étroit et mène loin, vers les champs et les régions désertiques.
Une porte est large et sert au passage d’un grand nombre de personnes, mais ne mène pas loin ; de même, le flux de Bina atteint les émotions ouvertement et, selon l’expression kabbalistique, Bina ne s’étend que jusqu’à Hod. Un sentier est étroit, mais mène loin, vers les champs et les régions désertiques.
Ce paragraphe explique la troisième expression du verset : les « frontières » sont les trente-deux sentiers de 'Hokhma qui, contrairement aux portes ouvertes de Bina, sont étroits et dissimulés, mais vont loin.
Maré mekomot
- 1וכל גבולך לאבני חפץ · Isaiah 54:12
37וכך ההמשכה מחכמה נמשכת בבחי׳ העלם והסתר וגם למרחוק והוא התורה שהיא גדולת חכמתו ית׳ ונתלבשה בדברים גשמיים פאה וביכורים תרומות ומעשרות וקרבנות כו׳.
De même, l’émanation issue de 'Hokhma (sagesse) se poursuit sous une forme voilée et cachée, et jusque dans le lointain. C’est la Torah, qui est la grandeur de la sagesse de D.ieu, béni soit-Il, et qui s’habille dans des réalités matérielles : la pe’a, les prémices, la terouma, les dîmes, les sacrifices, etc.
Le flux de 'Hokhma est caché et atteint le lointain : c’est la Torah, la sagesse de D.ieu, habillée dans des réalités matérielles telles que la pe’a, les prémices, la terouma, les dîmes et les sacrifices.
וזהו ג״כ פי׳ גבולך כי כל התורה היא ג״כ בשיעורים וגבולים כך כשר וכך פסול כמוכ סוכה שהיא גבוה1 למעלה מעשרים אמה פסולה.2 וכן ביטול בס׳ וערלה במאתים34 וכיוצא.
C’est aussi le sens de « tes frontières » (gevoulaïkh) : toute la Torah comporte également des mesures et des limites, de sorte que telle chose est valide et telle autre invalide. Par exemple, une soucca qui dépasse vingt coudées de hauteur est invalide ; de même, l’annulation d’un élément interdit dans soixante, et l’orla dans deux cents, et ainsi de suite.
Voilà pourquoi le verset parle de « frontières » : la Torah établit des mesures et des limites précises. Une soucca de plus de vingt coudées de hauteur est invalide ; un mélange interdit est annulé dans soixante, et l’orla dans deux cents.
Le paragraphe identifie les voies de 'Hokhma qui atteignent le lointain aux lois de la Torah, lesquelles font descendre la sagesse de D.ieu dans des réalités matérielles et des limites précises.
Maré mekomot
- 1סוכה שהיא גבוה למע׳ מכ׳ אמה פסולה · סוכה רפ״א.
- 2סוכה שהיא גבוה למעלה מעשרים אמה פסולה · Mishnah Sukkah 1:1
- 3ביטול בס׳ וערלה במאתים · Chullin 98a
- 4וערלה במאתים · Mishnah Orlah 2:1
38והנה לעתיד כתיב וכל גבולך יהיה לאבני חפץ1 שע״י הנתיבות דחכמה הנמשכים במדות גם לב האבן תהיה חפיצה ושוקקה לדבקה בו ית׳
Or, au sujet du Temps à venir, il est écrit : « Toutes tes frontières seront des pierres précieuses du désir » (avnei chefetz) : grâce aux sentiers de 'Hokhma qui se déploient dans les attributs émotionnels, même le cœur de pierre désirera et aspirera à s’attacher à Lui, béni soit-Il.
Isaïe promet que, dans l’avenir, « toutes tes frontières » seront des « pierres du désir » (avnei chefetz) : grâce aux sentiers de 'Hokhma, même le cœur de pierre désirera et aspirera à s’attacher à D.ieu.
והיא האהבה פנימיות שלמעלה במדרגה מאהבה ברשפי אש2 הנק׳ אבני אקדח הנולדים משערים דבינה שהוא אהבה חיצוניות בהגלות נגלות3 לעין כל
Et c’est là l’amour intérieur, qui est d’un niveau supérieur à l’amour « aux flammes de feu », appelé « pierres d’ekdach », né des portes de Bina ; celui-ci est un amour extérieur, « manifesté ouvertement » aux yeux de tous ;
Il s’agit de l’amour intérieur, supérieur à l’amour ardent (« aux flammes de feu », selon les termes du Cantique des Cantiques), qui naît des portes de Bina. Cet amour ardent est extérieur et se manifeste clairement.
אבל החפיצה היא אהבה פנ ימית ואם שהיא מסותרת ואינה נגלית לעין הרואה (ועמ״ש בד״ה וידעת היום4 בענין וכל הלבבות ייראוך וכל קרב וכליות יזמרו)
mais le désir (hafitsa) est un amour intérieur ; bien qu’il soit caché et ne se révèle pas aux yeux de celui qui regarde (voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Sache aujourd’hui », au sujet de « Tous les cœurs Te craindront, et toutes les entrailles et les reins chanteront »),
L’amour du désir est intérieur et caché ; les autres ne peuvent le voir. Le texte renvoie à l’explication de « Tous les cœurs Te craindront, et toutes les entrailles et les reins chanteront », tiré de la prière de Nichmat, dans le discours « Sache aujourd’hui ».
אבל היא מתוך תוך קרבו ועמוקה כ״כ [כל כך] עמוק עמוק5 עד אשר יכולה נפשו להסתלק מחמתה לגמרי כאשר לא תשיג די מבוקשה.
il vient pourtant du plus profond de son être et est si profond — « profond, profond » — que son âme pourrait en expirer entièrement si elle n’obtenait pas suffisamment ce qu’elle recherche.
Pourtant, cet amour jaillit des profondeurs mêmes de la personne ; il est si profond que son âme pourrait expirer si elle n’obtenait pas ce à quoi elle aspire.
וכעין המעשה באדם6 א׳ שהעלה בלבו טינא כו׳ כי זהו פי׳ חפץ הוא החשק מופלג בפנימיות עד אשר נדבקה נפשו ממש באותו דבר שחושק כמו שנאמר גבי שכם כי חפץ בבת יעקב7 כ׳ו.
Cela ressemble à l’histoire d’un homme dont le cœur tomba malade [de désir], etc. Car tel est le sens de chefetz : un désir d’une intensité extrême, si intérieur que l’âme s’attache véritablement à la chose désirée, comme il est dit au sujet de Chekhem : « car il désirait (hafets) la fille de Yaakov », etc.
Le Talmud raconte l’histoire d’un homme dont le cœur tomba malade d’un désir si intense qu’il était près de mourir. Chefetz désigne un désir si intérieur que l’âme s’attache à ce qu’elle désire, comme le dit la Torah à propos de Chekhem, qui « désirait » la fille de Yaakov.
Ce paragraphe oppose deux amours : l’amour ardent et visible, né de Bina (« pierres d’ekdach »), et l’amour plus profond et caché du désir, né de 'Hokhma (« pierres du désir »), qui, dans l’avenir, emplira même un cœur de pierre.
Maré mekomot
- 1וכל גבולך יהיה לאבני חפץ · Isaiah 54:12
- 2ברשפי אש · Song of Songs 8:6
- 3בהגלות נגלות · II Samuel 6:20
- 4בד״ה וידעת היום · לעיל ואתחנן ח, ב ואילך.
- 5עמוק עמוק · Ecclesiastes 7:24
- 6המעשה באדם א׳ שהעלה בלבו טינא · Sanhedrin 75a:2
- 7כי חפץ בבת יעקב · Genesis 34:19
Grande paix ¶39–40
39ובחי׳ אהבה בחפיצה וחשיקה זו נמשכת מבחי׳ נתיבות החכמה דוקא שהוא בחי׳ העלם ונולדה ממנו האהבה בתעלומות לבו
Et ce niveau d’amour, fait de désir et de nostalgie, découle précisément du niveau des sentiers de 'Hokhma (sagesse), qui relève de l’occultation ; c’est de lui que naît l’amour dans les replis cachés de son cœur ;
Cet amour de désir provient des sentiers de 'Hokhma, qui sont cachés ; il naît donc dans les replis cachés du cœur.
אבל מבחי׳ בינה שהוא ההשגה בגילוי נולדה האהבה ברשפי אש מתגבורת יסוד האש האלקי שבנפש ונק׳ אבני אקדח כנ״ל. (עמש״ל [עיין מה שכתוב לעיל] מענין זה על פרשה ראה אנכי1 נותן כו׳).
tandis que du niveau de Bina (compréhension), qui est une compréhension dévoilée, naît l’amour « en flammes ardentes », sous l’effet de l’intensité de l’élément du feu divin dans l’âme ; cet amour est appelé « pierres d’éqdah », comme mentionné plus haut. (Voyez ce qui a été écrit plus haut à ce sujet, à propos de la paracha « Vois, je place devant vous », etc.)
L’amour ardent provient de Bina, la compréhension dévoilée, et de la puissance du « feu » divin dans l’âme ; il correspond aux « pierres d’éqdah ». Le texte renvoie à son développement antérieur sur « Vois, je place devant vous », au début de la paracha de Reéh.
והנה סיפיה דקרא וכל בניך למודי2 ה׳ ורב שלום בניך. וארז״ל [ואמרו רבותינו זכרונם לברכה] אין רבים פחות משלשה.3
Or, la fin du verset dit : « Et tous tes enfants seront instruits par Havaya, et grande (rav) sera la paix de tes enfants. » Et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « “Nombreux” (rabim) signifie au moins trois. »
La fin du verset dit : « Tous tes enfants seront instruits par Havaya, et grande sera la paix de tes enfants. » « Grande » (rav) implique l’idée de nombreux, et les Sages enseignent que « nombreux » signifie au moins trois.
והענין כי יש ג׳ בחי׳ בשלום שהוא התקשרות המשפיע עם המקבל והם ג״פ [ג׳ פעמים] שלום עליכם שאומרים בשעת קידוש לבנה.
L’explication est qu’il existe trois niveaux de paix, laquelle est le lien entre celui qui donne et celui qui reçoit ; ils correspondent aux trois fois où l’on dit « La paix soit sur vous » lors de la sanctification de la lune.
La paix comporte donc trois niveaux. Elle est le lien entre celui qui donne et celui qui reçoit ; ses trois niveaux correspondent aux trois fois où l’on dit « La paix soit sur vous » lors de la sanctification de la lune.
הא׳ הוא בחי׳ יוסף צדיק עליון שהוא המשים שלום ע״י שמקשר המשפיע אל המקבל מלמעלה למטה.
Le premier est le niveau de Yossef, le tsadik supérieur, qui établit la paix en reliant celui qui donne à celui qui reçoit, du haut vers le bas.
Le premier est Yossef, le tsadik supérieur, qui établit la paix en reliant celui qui donne à celui qui reçoit, du haut vers le bas.
Le paragraphe rattache les deux formes d’amour à 'Hokhma et à Bina, puis passe à la fin du verset, « grande paix », qui implique trois niveaux de paix, en commençant par celui de Yossef.
Maré mekomot
- 1
- 2וכל בניך למודי ה׳ ורב שלום בניך · Isaiah 54:13
- 3אין רבים פחות משלשה · Leviticus 15:25
40והב׳ הוא בחי׳ בנימין הצדיק תחתון שגם הוא משים שלום ע״י שמקשר המקבל להמשפיע ומעלהו ממטה למעלה וקישור וחיבור של שניהם הוא בחינה שלישית בשלום.
Le second est le niveau de Binyamin, le tsadik inférieur, qui lui aussi fait la paix en liant celui qui reçoit à celui qui donne et en l’élevant d’en bas vers le haut. Le lien et l’union entre les deux constituent un troisième niveau de paix.
Le second est Binyamin, le tsadik inférieur, qui fait la paix en liant celui qui reçoit à celui qui donne et en l’élevant. Le lien entre ces deux niveaux constitue le troisième niveau de paix.
והוא מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] שלום בפמליא של מעלה1 ושלום בפמליא של מטה2 וקישור וחיבור פמליא של מעלה בשל מטה הוא ע״י בחי׳ שלישית (ויש לומר שהוא ע״ד הנזכר בענין לעשות הישר3 כו׳ סד״ה כי תשמע).
C’est là le sens de l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « La paix dans la suite céleste et la paix dans la suite terrestre » ; l’union de la suite céleste avec la suite terrestre s’opère par le troisième niveau (et l’on peut dire que cela rejoint ce qui est évoqué à propos de « faire ce qui est droit », etc., à la fin du discours commençant par « Si vous écoutez »).
Les Sages parlent de la paix dans la suite céleste et dans la suite terrestre ; les unir l’une à l’autre constitue le troisième niveau. L’Alter Rebbe suggère un rapprochement avec son développement sur « faire ce qui est droit », dans le discours « Si vous écoutez ».
C’est le sens de ce qui est écrit : « Il se jeta au cou de Binyamin, son frère, et pleura, et Binyamin pleura sur son cou » ; puis il est écrit : « Il pleura sur eux », etc.
Cela est suggéré par la rencontre de Yossef et de Binyamin : Yossef se jeta au cou de Binyamin et pleura, Binyamin pleura sur le sien, puis Yossef pleura sur tous ses frères.
וענין הבכיה הוא כי א״א להיות קישור וחיבור מדרגה התחתונה בעליונה הימנה בין ע״י עליית התחתון ובין ע״י ירידת העליון אם לא ע״י התעוררות רח״ר [רחמים רבים] והיינו ע״י הבכי׳ כנ״ל וכמ״ש לע״ל [לעתיד לבוא] בבכי יבואו6 כו׳.
Le sens de ces pleurs est qu’il est impossible à un niveau inférieur de s’unir et de se lier au niveau qui lui est supérieur, que ce soit par l’élévation du niveau inférieur ou par la descente du niveau supérieur, sans un éveil d’une grande miséricorde ; autrement dit, sans les pleurs, comme indiqué plus haut. C’est ce qui est écrit à propos du temps futur : « Ils viendront en pleurant », etc.
Les pleurs, qui suscitent une grande miséricorde, sont ce qui unit un niveau inférieur à un niveau supérieur, que le niveau inférieur s’élève ou que le niveau supérieur descende. Ainsi Jérémie dit de la rédemption future : « Ils viendront en pleurant ».
(ועמ״ש מזה בפ׳ וישלח סד״ה ויקח מן הבא בידו מנחה7 וע״פ וקבל היהודים)8 והנה תחלה כתיב וכל בניך למודי ה׳
(Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans la paracha Vayichla’h, à la fin du discours commençant par « Il prit de ce qui lui était venu en main un présent », ainsi qu’à propos du verset « Et les Juifs acceptèrent ».) Or, il est d’abord écrit : « Tous tes enfants seront enseignés par Havaya »,
Le texte renvoie aux développements à ce sujet dans Vayichla’h, sur « Il prit de ce qui lui était venu en main un présent », et sur « Et les Juifs acceptèrent ». Il rappelle ensuite que le verset dit d’abord : « Tous tes enfants seront enseignés par Havaya ».
כי אימתי יהיה רב שלום כשהם למודי הוי׳ כמ״ש ודברי אשר שמתי בפיך9 כו׳ אני המשנה המדברת10 כו׳ כמ״ש במ״א וד״ל [ודי למבין]:
car quand y aura-t-il une « grande paix » ? Lorsqu’ils seront « enseignés par Havaya », comme il est écrit : « Et Mes paroles que J’ai placées dans ta bouche », etc. ; « Je suis la Michna qui parle », etc., comme cela est expliqué ailleurs ; ceci suffira à qui comprend.
La grande paix advient lorsque le peuple d’Israël est « enseigné par Havaya » et que les paroles de D.ieu sont dans sa bouche, comme le dit Isaïe : « Mes paroles que J’ai placées dans ta bouche. » Selon la note de Kehot, les mots « Je suis la Michna qui parle » proviennent du Maggid Meisharim.
Le paragraphe complète les trois niveaux de paix : l’union des voies de Yossef et de Binyamin, qui s’accomplit par les pleurs et une grande miséricorde. Il relie ensuite la « grande paix » au fait que le peuple d’Israël soit enseigné par D.ieu à travers la Torah.
Maré mekomot
- 1שלום בפמליא של מעלה · Sanhedrin 90b:4
- 2שלום בפמליא של מעלה ושלום בפמליא של מטה · Sanhedrin 99b:10–11
- 3לעשות הישר · Deuteronomy 13:19
- 4ויפול על צוארי בנימין אחיו ויבך ובנימין בכה על צואריו · Genesis 45:14–15
- 5ויפול על צוארי בנימין אחיו . . ויבך עליהם · Genesis 45:14
- 6בבכי יבואו · Jeremiah 31:8
- 7ויקח מן הבא בידו מנחה · Genesis 32:14
- 8וקבל היהודים · Esther 9:23
- 9ודברי אשר שמתי בפיך · Isaiah 59:21
- 10אני המשנה המדברת · מגיד מישרים ריש פ׳ ויקרא. ועוד.
Résumé ¶41–45
41קיצור
Résumé
Ici commence le résumé (kitsour) du maamar, présenté sous forme de points succincts.
Titre du résumé des idées principales du maamar.
42(א) ענין שמשותיך שמש הוי׳ ושמש צדקה. יג״מ [י״ג מדות] שמאירים בר״ח [בראש חודש] אלול והרי עיקר התגלותם ביום הכפורים ובעשי״ת [ובעשרת ימי תשובה].
(1) Le sujet de « tes soleils » (shimshosayich) : le soleil de Havaya et le soleil de la tsedaka. Les Treize Attributs, qui brillent à Roch 'Hodech Eloul ; pourtant, leur révélation principale a lieu à Yom Kippour et durant les Dix Jours de Techouva.
Premier point du résumé : shimshosayich signifie deux soleils, le soleil de Havaya et le soleil de la tsedaka. Les Treize Attributs brillent à Roch 'Hodech Eloul, mais leur révélation principale a lieu à Yom Kippour et durant les Dix Jours de Techouva.
ועיין בזח״ב [בזהר חלק ב׳] משפטים (קט״ו סע״ב [סוף עמוד ב]) פקודי (רכ״ד סע״ב [סוף עמוד ב])1 אמור (ד״ק ע״ב)2 ענין התשובה כי נש״י [נשמות ישראל] עלו במחשבה והחכמה היא למעלה מהמחשבה ויש בחי׳ למעלה מהחכמה:
Voyez aussi le Zohar, Part II, Mishpatim (fin de 115b), Pekudei (fin de 224b), Emor (folio 100b). Le sujet de la techouva : les âmes d’Israël se sont élevées dans la pensée, et 'Hokhma est au-dessus de la pensée ; il existe un niveau au-dessus de 'Hokhma.
Le résumé ajoute trois références au Zohar à propos de ce point (la dernière, Emor, se trouve en fait dans la troisième partie du Zohar), puis rappelle le fondement de la techouva : les âmes se sont élevées dans la pensée de D.ieu, 'Hokhma est au-dessus de la pensée, et il existe un niveau encore supérieur.
Premier point du résumé : les deux soleils et la révélation des Treize Attributs, ainsi que le fondement de la techouva, qui consiste en une élévation au-dessus de la pensée et de 'Hokhma.
Maré mekomot
- 1פקודי (רכ״ד סע״ב) · Zohar, Pekudei 12:70–13:80
- 2אמור (ד״ק ע״ב) · Zohar, Emor 38:202–40:226
43(ב) והתשובה הוא אליך ה׳ נפשי אשא.1 אליך ממש וזהו למס״נ [למסירות נפש] באחד. הווא בחינת יחידה שהיא תתכלל באחד. עמ״ש ע״פ אחת היא יונתי.2
(2) Et la techouva, c’est : « Vers Toi, Havaya, j’élève mon âme » : vers Toi, véritablement. C’est là se donner tout entier (messirout néfech) dans « Un ». C’est le niveau de Yé’hida, qui sera incluse dans l’Un. Voir ce qui est écrit à propos du verset : « Unique est ma colombe ».
Le deuxième point du résumé : la techouva, c’est « Vers Toi, Havaya, j’élève mon âme », vers D.ieu Lui-même ; c’est se donner tout entier dans « Un » du Chéma. C’est la Yé’hida de l’âme, destinée à être incluse dans l’Un.
אך צ״ל ומכפירים יחידתי.3 כי אריה כתר דקליפה עמ״ש סד״ה וידבר דעשה״ד [דעשרת הדברות].4 והיינו ע״י וצדקה תרומם.5
Mais il faut aussi « et des jeunes lions, mon unique », car le lion est le Kéter (la Couronne) de kelipa ; voir ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Et [D.ieu] parla », sur les Dix Commandements. Cela se réalise par « et la tsédaka élève ».
Mais la prière de David est également nécessaire : « mon unique, des jeunes lions », car le lion représente le Kéter, le niveau le plus élevé, de kelipa. On y parvient par la tsédaka, qui « élève » ; le texte renvoie à un discours sur les Dix Commandements.
וזהו בכל מאדך בכל6 ממונך:(ג) וזהו ענין התגלות יג״מ [י״ג מדות] שבאלול וע״ד שתיקנו התעוררות רחמים בשתים שלפניה דק״ש [דקריאת שמע].
Et c’est là « de toute ta force » : « de tout ton argent ». (3) Telle est la signification de la révélation des Treize Attributs en Eloul, et cela rejoint l’institution de l’éveil de la miséricorde dans les deux [bénédictions] qui précèdent le Chéma,
C’est pourquoi « de toute ta force » est interprété comme « de tout ton argent ». Le troisième point : la révélation des Treize Attributs en Eloul s’apparente aux demandes de miséricorde que les Sages ont instituées dans les deux bénédictions précédant le Chéma.
שיוכל לבא לק״ש [לקריאת שמע] ושמ״ע [ושמונה עשרה]. וזהו ענין שמש צדקה7891011 המרפא. ואח״כ באתעדל״ת [באתערותא דלתתא] אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] זהו ענין שמש הוי׳.
afin que l’on puisse parvenir au Chéma et à la Chemone Esré. Telle est la signification du soleil de la tsédaka qui guérit. Ensuite, par l’éveil d’en bas vient un éveil d’en haut : telle est la signification du soleil de Havaya.
Ces deux éléments permettent de parvenir au Chéma et à la Amida ; c’est le soleil guérisseur de la tsédaka. Ensuite, l’éveil d’en bas suscite un éveil d’en haut : le soleil de Havaya.
או י״ל [יש לומר] שמש צדקה זהו ענין הקב״ה מוציא חמה12 מנרתקה.13 ועמ״ש בביאור ע״פ אחרי14 הוי׳ גבי בין עובד אלקים לאשר לא עבדו15
On peut aussi dire que le soleil de la tsédaka désigne « le Saint béni soit-Il retire le soleil de son étui ». Voir aussi ce qui est écrit dans l’explication du verset « Après Havaya », à propos de « entre celui qui sert D.ieu et celui qui ne L’a pas servi ».
Selon l’autre interprétation, le soleil de la tsédaka est le soleil que D.ieu retirera de son étui dans l’avenir. Le texte renvoie à l’explication du verset de Malachie « entre celui qui sert D.ieu et celui qui ne L’a pas servi », dans le discours « Après Havaya ».
(ועיין מענין שמש צדקה16 ברבות משפטים פל״א קמ״ט א׳ ויצא פס״ח וישלח פע״ח רות מ״ו ג׳ בפסוק ויען בועז קהלת ס״פ וזרח השמש וס״פ לך אכול בשמחה בגמ׳ [בגמרא] פ״ק [פרק קמא] דתענית ח׳ ב׳ פ״ק [פרק קמא] דנדרים ח׳ ב׳ פ״ק [פרק קמא] דע״ז [דעבודה זרה] ד״ד ע״א.
(Voir au sujet du soleil de la tsédaka dans [Midrach] Rabba : Michpatim, section 31 (149a) ; Vayétsé, section 68 ; Vayichla’h, section 78 ; Ruth (46c), à propos du verset « Boaz répondit » ; Kohélet, à la fin de « Et le soleil se lève » et à la fin de « Va, mange avec joie » ; dans la Guemara, premier chapitre de Ta’anit, 8b ; premier chapitre de Nedarim, 8b ; premier chapitre d’Avoda Zara, folio 4a.)
Le texte énumère les passages du Midrach et du Talmud qui parlent du soleil de la tsédaka : le Midrach Rabba sur Michpatim, Vayétsé, Vayichla’h, Ruth et Kohélet, ainsi que le Talmud dans Ta’anit, Nedarim et Avoda Zara.
זח״א [זהר חלק א] וירא צ״ח א׳ חיי קל״א א׳ ח״ב [חלק ב׳] בשלח נ״ט סע״א [סוף עמוד א] ויקהל רי״א ב׳ ח״ג [חלק ג׳] אמור פ״ח א׳ נשא קל״ב ב׳):
Zohar, partie I : Vayéra, 98a ; ‘Hayé [Sarah], 131a ; partie II : Béchala’h, fin de 59a ; Vayakhel, 211b ; partie III : Emor, 88a ; Nasso, 132b.)
Le texte énumère également des passages des trois volumes du Zohar qui parlent du soleil de la tsédaka.
Les deuxième et troisième points du résumé : la techouva comme don de soi de l’âme dans « Un », protégée des « jeunes lions » par la tsédaka ; puis les deux soleils : le soleil guérisseur de la tsédaka en Eloul et le soleil de Havaya qui vient ensuite, ou, selon l’autre interprétation, le soleil de la tsédaka comme lumière supérieure de l’avenir.
Plusieurs des sources citées associent le soleil de la tsédaka à la guérison : le Talmud (Nedarim 8b) applique « un soleil de tsédaka, avec la guérison dans ses ailes » à ceux qui craignent de prononcer le Nom de D.ieu en vain, et le Zohar (Idra Rabba) évoque une lumière semblable au soleil ardent qui se lèvera sur le monde avec la guérison.
Maré mekomot
- 1אליך ה׳ נפשי אשא · Psalms 25:1
- 2אחת היא יונתי · Song of Songs 6:9
- 3מכפירים יחידתי · Psalms 35:17
- 4סד״ה וידבר דעשה״ד · לעיל פ׳ במדבר.
- 5צדקה תרומם · Proverbs 14:34
- 6בכל מאדך בכל ממונך · Berakhot 54a:6
- 7
- 8שמש צדקה · Shemot Rabbah 31:10
- 9שמש צדקה · Zohar, Beshalach 23:316–326
- 10שמש צדקה · Zohar, Kedoshim 21:133–134
- 11שמש צדקה · Zohar, Idra Rabba 11:112–13:123
- 12
- 13הקב״ה מוציא חמה מנרתקה · Avodah Zarah 3b:18
- 14אחרי הוי׳ · Deuteronomy 13:5
- 15בין עובד אלקים לאשר לא עבדו · Malachi 3:18
- 16ועיין מענין שמש וצדקה · רוב המ״מ מובאים גם באוה״ת נ״ך כרך א ע׳ תקלו ואילך ושם מועתק גם הלשון. וראה גם באוה״ת פ׳ וירא פח, ב. ואילך.
44(ד) וזהו ענין שהם וישפה שהם יוסף ובנימין. כי יוסף הוא המשכה מלמעלה למטה ובנימין הוא עליות מלמטה למעלה והיינו כענין ב׳ בחי׳ שמש הנ״ל.
(4) Et voici ce que signifie le shoham et le yashfeh, qui sont Yossef et Binyamin : Yossef correspond à un influx qui descend d’en haut vers le bas, et Binyamin à des ascensions du bas vers le haut ; c’est comme les deux niveaux du « soleil » mentionnés plus haut.
Quatrième point du résumé : le shoham et le yashfeh sont Yossef et Binyamin, qui correspondent à la descente et à l’ascension, comme les deux soleils.
וזהו כענין מיכאל וגבריאל. להיות כדין וכדין1 וזהו כדכד ב״פ [ב׳ פעמים] כד אותיות דבשכמל״ו [דברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד] שחרית וערבית.
Et cela correspond à Michaël et Gavriel : que ce soit « ainsi et ainsi ». C’est cela, le kadkod : deux fois les vingt-quatre lettres de « Béni soit le Nom de la gloire de Son royaume à jamais », récité le matin et le soir.
Ils correspondent également à Michaël et Gavriel, et le fait que D.ieu statue « ainsi et ainsi » maintient les deux. Kadkod, deux fois vingt-quatre, fait allusion aux deux récitations quotidiennes de « Béni soit le Nom de la gloire de Son royaume », le matin et le soir.
(ועיין מענין בנימין במא״א [במאורי אור] אות ב׳ סעיף ס״ב ומענין כדכד שם אות2 כ״ף ס״ל ובאות דל״ת סל״ג):
(Et voir, au sujet de Binyamin, Me'orei Or, lettre beit, section 62 ; et, au sujet du kadkod, là, lettre kaf, section 30, et lettre dalet, section 33.)
Le texte renvoie à Me'orei Or, un lexique des termes kabbalistiques, au sujet de Binyamin et du kadkod.
Quatrième point du résumé : les deux pierres, Yossef et Binyamin, Michaël et Gavriel, représentent les deux directions de la révélation, qui se réaliseront toutes deux.
Maré mekomot
- 1כדין וכדין · Bava Batra 75a:9
- 2ומענין כדכד שם אות כ׳ ס״ל · מובא גם באוה״ת נ״ך כרך ב ע׳ תתכט.
(5) Et alors, du niveau de « et tes portes », les cinquante portes de Bina, seront tirées les « pierres d’éclat », terme [issu de] « comme le feu s’embrase » (kekdoa’h) : c’est l’amour « en flambées de feu ».
Cinquième point : des cinquante portes de Bina viendront les « pierres d’éclat », du radical de l’embrasement, comme dans « comme le feu s’embrase » : un amour semblable à des flambées de feu.
« Et toutes tes frontières », qui sont les trente-deux sentiers de 'Hokhma, seront des « pierres de désir » (avnei chefets), à la manière d’« une terre de désir ». « Et une grande paix » : « “Nombreux” n’est pas inférieur à trois. »
Des trente-deux sentiers de 'Hokhma viendront les « pierres de désir », comme dans « une terre de désir » de Malachie. Et « une grande paix » implique trois niveaux, puisque « nombreux » n’est pas inférieur à trois.
כי כדין וכדין זהו ב׳ בחי׳ מה שכל א׳ בפ״ע [בפני עצמו] היא שלום והתחברות עליון ותחתון.
Car « ainsi et ainsi », ce sont deux niveaux, dont chacun, pris en lui-même, est la paix et l’union du supérieur et de l’inférieur.
« Ainsi et ainsi » désigne deux niveaux de paix, chacun étant une union du supérieur et de l’inférieur : l’un fait descendre et l’autre s’élève.
אך קשר וחיבור ב׳ הבחי׳ יחד ע״ד עושה שלום5 בין מיכאל וגבריאל67 זהו בחי׳ ג׳. ועמ״ש בפי׳ שלום שלום לרחוק ולקרוב8 בד״ה וידעת היום:9
Mais la liaison et l’union de ces deux niveaux ensemble, à la manière de « Celui qui fait la paix » entre Mikhaël et Gavriel, constitue le troisième niveau. Voyez aussi ce qui est écrit sur le sens de « Paix, paix au lointain et au proche » dans le discours qui commence par « Sache aujourd’hui ».
L’union de ces deux voies constitue le troisième niveau, comme D.ieu, qui « fait la paix » entre Mikhaël et Gavriel, ainsi que le rapporte le Midrach. Le texte renvoie à son explication de « Paix, paix au lointain et au proche » dans le discours « Sache aujourd’hui ».
Cinquième point du résumé : les amours futures issues de Bina et de 'Hokhma, ainsi que les trois niveaux de paix, le troisième unissant les deux voies de Mikhaël et Gavriel.
Le Midrach (Devarim Rabbah 5:12) dit que Mikhaël est entièrement neige et Gavriel entièrement feu, et qu’ils se tiennent pourtant côte à côte sans se nuire ; telle est la paix que D.ieu « fait dans Ses hauteurs », modèle du troisième niveau, qui unit les deux voies de révélation.
Maré mekomot
- 1כקדוח אש · Isaiah 64:1
- 2ברשפי אש · Song of Songs 8:6
- 3ארץ חפץ · Malachi 3:12
- 4ורב שלום · Isaiah 54:13
- 5עושה שלום · Job 25:2
- 6עושה שלום בין מיכאל וגבריאל · Bamidbar Rabbah 12:10
- 7עושה שלום בין מיכאל וגבריאל · Bamidbar Rabbah 12:8
- 8שלום שלום לרחוק ולקרוב · Isaiah 57:19
- 9וידעת היום · Deuteronomy 4:39
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
L’homme doit donner son âme à D.ieu Lui-même, sans attendre aucune récompense, au moment où il dit « Un » dans le Chema, et préserver cette volonté au-dessus de la raison afin qu’elle ne soit pas entraînée dans les passions du monde. Le moyen en est la tsedaka, surtout à partir de Roch 'Hodech Eloul : avoir compassion des pauvres attire la compassion de D.ieu sur sa propre âme et élève l’âme animale vers la sainteté. Tant que le cœur est encore « de pierre », il faut s’efforcer de l’ouvrir en éveillant la compassion pour l’étincelle de divinité dans son âme, et demander la miséricorde, comme avant le Chema, afin de comprendre la grandeur de D.ieu.
Questions à discuter
- Pourquoi la techouva peut-elle élever une âme au-dessus de sa source dans la pensée de D.ieu, et comment l’exemple de Tosafot, du Roch et du Ran aide-t-il à l’expliquer ?
- Qu’est-ce que la Yé’hida, et pourquoi David doit-il prier pour qu’elle soit sauvée « des jeunes lions » ?
- Comment le don d’argent, « de toute ta force », peut-il atteindre le niveau le plus élevé de l’âme ?
- Quelles sont les deux lectures du soleil de Havaya et du soleil de la tsedaka, et comment expliquent-elles la différence entre Eloul et les Dix Jours de techouva ?
- Mikhaël choisit la voie de Yossef, qui fait descendre, et Gavriel celle de Binyamin, qui élève. Pourquoi D.ieu dit-Il « comme ceci et comme cela », et qu’est-ce qui unit ces deux voies ?