Likkutei Torah · Parshas Re’eh · Maamar 10
אני לדודי ודודי לי
Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi
L’idée centrale
Eloul est le moment où le Roi « est dans les champs » : avant la révélation de Roch Hachana et de Yom Kippour, la lumière de la face de D.ieu brille pour tous depuis le niveau de Kel, la Lumière infinie elle-même. Un Juif va à sa rencontre en recherchant l’étincelle perdue « de là » et en maintenant l’amour qu’il trouve dans les réceptacles de la Torah et de la bonté.
Le maamar en bref
« Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi » forme le mot Eloul. Eloul est l’éveil d’en bas ; Roch Hachana et Yom Kippour font descendre d’en haut la crainte et l’amour, et ce don requiert la préparation d’Eloul. Si les Treize Attributs de miséricorde brillent en Eloul, pourquoi n’est-ce pas une fête ? Parce qu’Eloul ressemble à un roi que l’on accueille dans les champs avant qu’il n’entre dans son palais : chacun peut venir, et il reçoit tous avec un visage souriant. La lumière qui brille alors provient du niveau de Kel, la Lumière infinie elle-même, et répond à l’étincelle de Kel en chaque Juif (Israël, sar Kel), qui est au-dessus de l’intellect et se révèle lorsque l’on met de côté sa propre volonté. En l’homme se trouvent une ville, un champ et un désert, et D.ieu ne réside pas dans le désert des actes et des paroles superflus. Le remède est : « Et tu chercheras de là » : examiner son passé, là où l’étincelle a été perdue, et éveiller de la compassion pour elle ; si rien ne s’éveille, blanchir le rouge du péché par le « feu d’en bas » du jeûne. Une fois l’amour caché trouvé, il faut le maintenir dans les réceptacles de la Torah et de la charité.
Plan
- Eloul : le Roi dans les champsEloul est l’éveil d’en bas qui prépare la révélation de Roch Hachana et de Yom Kippour. Les Treize Attributs brillent en Eloul, lorsque le roi reçoit chacun dans les champs, depuis le niveau de Kel, la Lumière infinie elle-même, qui est l’étincelle régnant en chaque Juif.¶1–2
- Le désert intérieur et la recherche « de là »L’homme possède une ville, un champ et un désert d’actes, de paroles et de pensées superflus, où D.ieu ne réside pas. Il faut rechercher la lumière cachée « de là », à l’endroit des kelipot où elle a été perdue, au moyen de paroles saintes, de la nefilat apayim et d’un examen sincère de soi.¶3–6
- La compassion et le feu d’en basLa compassion de Yaakov délivre de l’exil l’amour d’Avraham. Celui qui ne ressent rien doit comprendre, à l’exemple du membre sectionné, qu’il est coupé et a besoin d’une compassion encore plus grande ; si cela échoue aussi, le « feu d’en bas » du jeûne blanchit le rouge du péché, et la face de D.ieu brille.¶7
- Maintenir l’amour : Torah et bontéL’amour qui remonte à la Pensée primordiale, une fois trouvé, doit être maintenu dans des réceptacles : les lettres de la Torah écrite et de la Torah orale, comme le feu a besoin d’une mèche ; par la Torah et la charité, Israël « soutient » son Père dans les Cieux.¶8–9
- RésuméUn résumé du discours en trois parties, accompagné de nombreuses autres sources et références croisées.¶10–11
Notions clés
- Éveil d’en basאתערותא דלתתא
- L’initiative personnelle d’un homme dans sa démarche vers D.ieu. En Eloul, elle vient en premier et prépare la descente d’en haut à Roch Hachana et à Yom Kippour.
- Les Treize Attributs de miséricordeי״ג מדות הרחמים
- La révélation la plus élevée de la compassion divine. En Eloul, ils brillent comme pour les sujets d’un roi dans les champs ; à Yom Kippour, comme pour ceux qu’il reçoit dans son palais.
- Le niveau de Kelבחינת אל
- Le Nom divin par lequel commencent les Treize Attributs, qui est la Lumière infinie elle-même ; c’est de lui que provient l’étincelle régnant en chaque Juif.
- Israël : sar Kelישראל — שר אל
- Le nom interprété comme « Kel est souverain » : l’étincelle de divinité en chaque Juif, au-dessus de l’intellect, qui, par nature, attire l’âme à se consacrer à D.ieu.
- « Là » (sham)שם
- L’endroit éloigné des kelipot, où l’étincelle a été perdue et où il faut la rechercher ; il s’oppose à « ceci » (zeh), que l’on ne peut véritablement dire que de D.ieu.
- L’amour cachéאהבה המסותרת
- L’amour de D.ieu enraciné dans le fait qu’Israël s’est élevé dans la Pensée primordiale, caché en chaque Juif et, chez certains, perdu et en exil.
- Le feu d’en basאש שלמטה
- Le jeûne et les mortifications, qui réduisent la graisse et le sang provenant de la kelipat nogah et blanchissent le rouge du péché.
- Des réceptacles pour la lumièreכלים לאור ה׳
- La Torah et la charité ('Hessed), qui retiennent la lumière de la face de D.ieu afin qu’elle ne s’éloigne pas.
Eloul : le Roi dans les champs ¶1–2
1אני לדודי1 ודודי2 לי.3 ר״ת [ראשי תיבות] אלול.45 והענין כי באלול מתחיל6 בחי׳ אני לדודי דהיינו בחי׳ אתערותא דלתתא7 עד ר״ה [ראש השנה] ויוה״כ [ויום הכפורים]
« Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi » (Ani ledodi vedodi li) : les initiales du mot Eloul. L’explication est la suivante : en Eloul commence le niveau de « Je suis à mon bien-aimé », c’est-à-dire celui d’un éveil d’en bas, jusqu’à Roch Hachana et Yom Kippour,
Le maamar s’ouvre sur un verset du Cantique des Cantiques dont les quatre mots hébreux, Ani ledodi vedodi li, commencent par les lettres du mot Eloul (אלול), le mois qui précède Roch Hachana. Ses deux parties désignent deux étapes : en Eloul, l’initiative vient de l’homme, d’en bas, vers D.ieu — « Je suis à mon bien-aimé » — ce qui est appelé un éveil d’en bas ; cela se poursuit jusqu’à Roch Hachana et Yom Kippour.
שהם בחי׳ המשכת אלהותו ית׳ למטה בבחי׳ התגלות, כמ״ש שמאלו תחת לראשי8 וימינו תחבקני9 שמר״ה [שמראש השנה] עד יוה״כ [יום הכפורים] הוא בחינת שמאלו בחי׳ יראה לפי שאז הוא זמן התגלות מלכותו ית׳.
qui sont le niveau de l’effusion de Sa divinité, béni soit-Il, vers le bas, sous la forme d’une révélation. Comme il est écrit : « Sa main gauche est sous ma tête, et sa droite m’enlace » : de Roch Hachana à Yom Kippour correspond au niveau de « Sa main gauche », le niveau de la crainte, car c’est alors le moment où se révèle Sa souveraineté, béni soit-Il.
Roch Hachana et Yom Kippour constituent la seconde partie, « et mon bien-aimé est à moi » : D.ieu fait descendre Sa divinité dans le monde de manière manifeste. Dans le verset « Sa main gauche est sous ma tête, et sa droite m’enlace », la main gauche représente la crainte ; les jours de Roch Hachana à Yom Kippour correspondent à cette « main gauche », car la royauté de D.ieu s’y révèle.
ולכן קוראין לו המלך כי מלכותך מלכות כל עולמים. פי׳ שאפילו בעולמות הנעלמים תפול עליהם אימת המלך ופחדו (עיין בזהר פנחס דף רי״ד ע״ב ובהרמ״ז [ובהרב משה זכות] שם).1024
C’est pourquoi on L’appelle « le Roi », car « Ta royauté est la royauté de tous les mondes ». C’est-à-dire que même les mondes cachés sont saisis par la crainte du Roi et par son effroi (voir le Zohar, Pin’has, folio 214b, et le Ramaz là-bas).
C’est pourquoi, en ces jours, D.ieu est appelé « le Roi », selon les paroles du psaume : « Ta royauté est la royauté de tous les mondes ». L’Alter Rebbe comprend « tous les mondes » comme incluant même les mondes spirituels cachés, eux aussi saisis par la crainte du Roi ; il renvoie au Zohar sur Pin’has et au commentaire du Ramaz à cet endroit.
ומזה נמשך גם למטה על כללות נשמות ישראל לקבל עול מלכות שמים עליהם ותהיה יראתו11 על פניהם כל השנה
Et de là, cela se prolonge également vers le bas, sur l’ensemble des âmes d’Israël, afin qu’elles acceptent sur elles le joug de la royauté du Ciel et que Sa crainte soit sur leurs visages toute l’année ;
La royauté révélée en haut se prolonge jusqu’à l’ensemble des âmes juives ; elle leur permet d’accepter le joug de la royauté du Ciel et de garder la crainte de D.ieu avec elles tout au long de l’année. Les mots « que Sa crainte soit sur leurs visages » font écho à ce que Moché dit au peuple au Sinaï.
כי יראת ה׳ ואהבתו אינו עשויה ונטוע בלב האדם מכח עצמו כ״א מכח ההארה הנמשך עליו מלמעלה בעת וזמן התגלותו
car la crainte de D.ieu et l’amour pour Lui ne sont ni produits ni implantés dans le cœur de l’homme par sa propre force, mais par la force de l’illumination qui se prolonge sur lui d’en haut, au moment et à la période de Sa révélation,
La raison en est qu’un homme ne peut faire naître dans son cœur la véritable crainte et le véritable amour de D.ieu par sa seule force. Ceux-ci proviennent d’une illumination accordée d’en haut, aux moments où D.ieu se révèle.
דהיינו בר״ה [בראש השנה] בחי׳ יראה12 כו׳ (ועמ״ש בפ׳ תבא סד״ה ויקרא משה וע״פ כי תצא וע״פ לא תהיה משכלה ועקרה בפ׳ משפטים),
c’est-à-dire à Roch Hachana, le niveau de la crainte, etc. (Voir aussi ce qui est écrit dans la paracha Tavo, à la fin du discours commençant par « Et Moché appela », ainsi que sur le verset « Quand tu sortiras » et sur le verset « Il n’y aura ni fausse couche ni stérilité » dans la paracha Michpatim.)
À Roch Hachana, cette illumination est celle de la crainte. La parenthèse renvoie à trois autres discours sur ce thème : la fin du discours « Et Moché appela » dans la paracha Tavo, le discours sur « Quand tu sortiras » et le discours de la paracha Michpatim sur « Il n’y aura ni fausse couche ni stérilité dans ton pays ».
וזהו בחי׳ ודודי לי רק שצריך תחלה לעורר את האוי״ר [האהבה ויראה] על ידי אתערותא דלתתא שהיא באלול.13
Et c’est là le niveau de « et mon bien-aimé est à moi » ; seulement, il faut d’abord éveiller l’amour et la crainte par un éveil d’en bas, qui a lieu en Eloul.
Ce don de l’amour et de la crainte venant d’en haut correspond à « et mon bien-aimé est à moi ». Il nécessite toutefois une préparation : l’homme doit d’abord éveiller lui-même l’amour et la crainte — un éveil d’en bas — et c’est là le travail d’Eloul.
והנה נודע שבאלול הוא זמן התגלות י״ג מדות הרחמים,14 ולהבין זה כי למה הם ימות החול15 ואינם יו״ט [יום טוב]
Or, on sait qu’Eloul est le moment de la révélation des Treize Attributs de miséricorde. Pour comprendre cela : pourquoi ces jours sont-ils des jours de semaine et non des jours de fête ?
Les sources kabbalistiques enseignent qu’en Eloul sont révélés les Treize Attributs de miséricorde. Cela soulève une question : si tel est le cas, pourquoi les jours d’Eloul sont-ils des jours ordinaires de semaine et non des jours de fête ?
כמו שבתות16 ויום טוב שבהם התגלות אלהות בחי׳ הארת אלהותו ית׳ ובפרט בעת וזמן י״ג מדות שהם הארת העליונות מאד והם מתגלים ביוהכ״פ [ביום הכפורים] ובודאי יש הפרש גדול בין יוה״כ [יום הכפורים] ובין אלול.
comme les Chabbat et les jours de fête, où se révèle la divinité, au niveau du rayonnement de Sa divinité, béni soit-Il, et tout particulièrement au moment et à la période des Treize Attributs, qui constituent un rayonnement extrêmement élevé et se révèlent à Yom Kippour ? Il existe assurément une grande différence entre Yom Kippour et le mois d’Eloul.
Le Chabbat et les jours de fête sont marqués par une révélation de la divinité, et les Treize Attributs constituent une révélation particulièrement élevée ; à Yom Kippour, où ils se révèlent, le jour est effectivement saint. Puisqu’Eloul demeure un mois de jours ouvrables, il doit y avoir une grande différence entre la manière dont ils rayonnent à Yom Kippour et celle dont ils rayonnent en Eloul.
אך הנה יובן ע״פ משל למלך17 שקודם בואו לעיר יוצאין אנשי העיר18 לקראתו ומקבלין פניו בשדה19 ואז רשאין כל מי שרוצה2021 לצאת להקביל פניו הוא מקבל את כולם בסבר פנים יפות22 ומראה פנים שוחקות לכולם.2325262728
Mais cela se comprendra à l’aide de la parabole d’un roi : avant son arrivée dans la ville, les habitants de la ville vont à sa rencontre et l’accueillent dans les champs. À ce moment-là, quiconque le souhaite a le droit d’aller à sa rencontre ; il les reçoit tous avec bienveillance et adresse à tous un visage souriant.
La réponse est donnée sous la forme d’une parabole. Avant qu’un roi n’entre dans sa ville, ses habitants vont à sa rencontre dans les champs ; là, quiconque le souhaite peut venir, et le roi reçoit tout le monde avec chaleur et leur adresse à tous un visage souriant.
Le paragraphe expose les deux étapes de « Je suis à mon bien-aimé, et mon bien-aimé est à moi » : Eloul est le mois de l’initiative de l’homme, tandis que Roch Hachana et Yom Kippour sont ceux de la révélation venant d’en haut. Il demande ensuite pourquoi Eloul, période des Treize Attributs de miséricorde, n’est pas une fête, puis commence la parabole du roi dans les champs.
Le Zohar cité ici (Pin’has 214b) enseigne qu’à Roch Hachana le bras gauche est éveillé afin de recevoir la Matronita, la Chekhina, et que la crainte et le jugement reposent ainsi sur le monde entier ; à Yom Kippour, la gauche est placée sous sa tête : « Sa main gauche est sous ma tête. » La note de Kehot rapporte le Ramaz à cet endroit : cette « gauche » est Bina revêtue dans la Guevoura d’Arikh Anpin (le niveau extérieur de Kéter), d’où commence le rapprochement.
Maré mekomot
- 1אני לדודי · נאמר בשנת תקנ״ז — ראה רשימת המאמרים בס׳ מאמרי אדה״ז הקצרים ע׳ תריח הע׳ 95 ולהלן ברשימת הכתבי-יד. באוה״ת במדבר כרך ז ע׳ א׳תתס מציין לד״ה זה ”אני לדודי דלאזני”. וראה מאמרי אדה״ז — פרשיות כרך ב ע׳ תתכה ד״ה ענין אלול ור״ה ויוה״כ. ביאור על מאמר זה נדפס באוה״ת ראה ע׳ תתב. בד״ה אני לדודי תשמ״ז מציין שמאמר זה ”והוא אבוהון דכל הדרושים עם התחלה זו”. וראה שם המאמר הב׳ ד״ה אני לדודי הקשר בין ב׳ הדרושים. ”ולהעיר ענין נפלא בדרוש . . שמתחיל ונדפס בדף לב, וי״ל בדא״פ שמספר לב יש בו תוכן מיוחד, כמדובר במ״א [— לקו״ש ח״ט ע׳ 156 הערה 23 ועוד] רמז הדבר שבפרק לב שבתניא [— שניתוסף כולו מאדה״ז לאחרי מהד״ק דסש״ב (ראה תניא מהדו״ק ע׳ רלו)] מבואר ענין ואהבת לרעך כמוך, משום שענין אהבת ישראל הוא הלב והעיקר, כמארז״ל זה כלל גדול בתורה, ועד״ז י״ל לגבי דף לב שבספר משנה תורה בלקו״ת שנסדר לדפוס ע״י הצ״צ והיינו בדף זה (בדרוש זה) הוא הלב של הלקו״ת דמשנה תורה. ואפילו את״ל שזה שדרוש זה נדפס בדף לב הי׳ אח״כ, מ״מ קרוב לומר, שמכיון שזהו ספר בתורה, ובפרט ע״פ תורת הבעש״ט הידוע [— כש״ט (הוצאת קה״ת) הוספות סקכ״ו ואילך וש״נ], אפשר ללמוד הוראה בעבודת האדם גם מפרטים כאלו” — ד״ה אני לדודי תשמ״ו (סה״מ מלוקט ח״א ע׳ תסח). באוה״ת פ׳ ראה כרך ו ע׳ ב׳שמט רשימה מכ״ק הצ״צ ממאמרים שבהם נתבארו עניני אלול. ושם מציין ”בלקו״ת פ׳ שופטים בד״ה אני לדודי ב׳ דרושים”. ד״ה זה נעתק בד״ה לך אמר לבי, ת״ש, עם שינויים. — טעם לכמה מהשינויים, נתבאר בשיחות ש״פ נצבים ה׳שי״ת. כמה ענינים שבדרוש זה נתבארו בלקו״ש ח״ב ע׳ 378, 637־ ח״ד ע׳ 1344-1342, 1346, עיי״ש. וי״ל, אשר מצד שייכות הפנימית דפ׳ ראה לאלול, מאמרי אלול שבלקו״ת (שסודר ע״י אדמו״ר הצ״צ) נכללו בפרשת ראה (ולא בפני עצמם, כדרושי ר״ה, שבת תשובה ועוד) — לקו״ש ח״ד ע׳ 1346. ראה גם ד״ה אני לדודי תשכ״ו (סה״מ מלוקט ח״ד ע׳ שסג). ד״ה אני לדודי תשמ״ב. לקו״ש ח״ד ע׳ 1339 ואילך. שיחת ש״פ שופטים תש״נ. ביאור אני לדודי הא׳ שלא נדפס כאן עיין בוך פערטעל ג׳ (שכג, א). יעו״ש. וע׳ לעיל ד״ה ושמתי כדכד הא׳ פ״ג בהמוקפים (כה, ג) קודם ד״ה ועוי״ל וד״ל. [כ]. כנראה הכוונה להנדפס באוה״ת פ׳ ראה ע׳ תתב.
- 2אני לדודי ודודי ר״ת אלול · אבודרהם סדר ר״ה ופירושה פ״א בשם הדרשנים. ראשית חכמה שער התשובה פ״ד קטו, ב. פע״ח שער ר״ה פ״א. ב״ח לטור או״ח סתקפ״א (ד״ה והעבירו), ועוד. — שיחת ש״פ שופטים תש״נ הערה 9. וראה בהנסמן בסה״מ מלוקט ח״ב ע׳ פב הערה 67. סה״מ מלוקט ח״ד ע׳ שסג. ריש מס׳ ר״ה בשל״ה הק׳ מקדמונים, יעו״ש. ועל״ק (סד, א) משער היחודים פ״ז. ובמ״ח, יעו״ש. ובפע״ח ריש ש׳ ר״ה. [כ]. ראה ד״ה אני לדודי תשל״ט (ע׳ רכב).
- 3אני לדודי ודודי לי · Song of Songs 6:3
- 4אני לדודי ודודי לי. ר״ת אלול · Reshit Chokhmah, Gate of Repentance 4:38
- 5אני לדודי ודודי לי. ר״ת אלול · Pri Etz Chaim, Gate of Rosh Hashana 1:3
- 6והענין כי באלול מתחיל כו׳ · ”דזה שבאלול הוא אתערותא דלתתא כו׳ הוא ביאור הענין דאני לדודי ודודי לי ר״ת אלול” — ד״ה אני לדודי תשכ״ו (סה״מ מלוקט ח״ד ע׳ שסג).
- 7דהיינו בחי׳ אתערותא דלתתא · משא״כ ר״ה ויוה״כ הם בחי׳ ודודי לי. וראה בלקו״ש חכ״ט ע׳ 171 הערה 37.
- 8שמאלו תחת לראשי · Song of Songs 8:3
- 9
- 10בזהר פנחס דף רי״ד ע״ב ובהרמ״ז שם · ”ע״פ חשף ה׳ זרוע קדשו כו׳ למיקם לה לכנס״י. ובהרמ״ז שם בינה המלבשת לגבורה דא״א וזהו שמאלו תחת לראשי שמשם התחלת הקירוב” — אוה״ת פ׳ לך לך כרך א עו, ב. אוה״ת ר״ה א׳תכה. וראה גם לקמן שה״ש נ, ג. ביהל אור ע׳ רטז ”ע״ד שמאלו תחת לראשי והוא גבורה דא״א כמ״ש הרמ״ז פנחס דף ריד, ב שסגולות הדין הקדוש הוא להעלות העולמות” ע״ש. ונזכר גם באוה״ת ויקרא כרך ג ע׳ תתקמז.
- 11
- 12וזמן התגלותו דהיינו בר״ה בחי׳ יראה · ”דבר״ה ויוה״כ הוא בחי׳ יראה (מצד התגלות מלכות ית׳) אבל מזה גופא שמקשר זמן זה עם ”ודודי לי” מובן שאז הוא (גם) ענין האהבה (וכן מפורש ס״פ תבא (שמציין בד״ה אני לדודי [— כאן] שם: שמקבלים דחילו ורחימו מלמעלה” — לקו״ש חכ״ט ע׳ 171 הערה 40.
- 13וזהו בחי׳ דודי לי רק שצריך תחלה לעורר . . שהיא באלול · ”כי האתעדל״ת שבאלול (אני לדודי) היא (גם) הקדמה לההמשכה (דודי לי) שבר״ה ויוהכ״פ. [ועפ״ז יומתק מ״ש בהמאמר שבכדי שיהיה ודודי לי בר״ה וביוהכ״פ צריך תחלה אתעדל״ת באלול — אף שמאמר זה מדבר בענין אלול, ולא בר״ה ויוהכ״פ — כי זהו ביאור על ענין אני לדודי ודודי לו ר״ת אלול]” — ד״ה אני לדודי תשכ״ו סעיף א (סה״מ מלוקט ח״ד ע׳ שסג). ראה גם לקו״ש חכ״ט ע׳ 163 ואילך שם ע׳ 171.
- 14שבאלול הוא זמן התגלות י״ג מדות הרחמים · ראה מ״ח מס׳ אלול פ״א, ג. פע״ח שכ״ד בתחילתו.
- 15למה הם ימות החול · נתבאר באוה״ת פ׳ ראה ע׳ תתב. לקו״ש ח״ד ע׳ 1343.
- 16ימות החול ואינם יו״ט כמו שבתות ויו״ט · ראה בספר השיחות תשמ״ט כרך ב ע׳ 686 הערה 107.
- 17ע״פ משל למלך · נתבאר בארוכה בשיחת ש״פ שופטים תש״נ (סה״ש תש״נ ח״ב ע׳ 645), בענין המשל דמלך בשדה דלכאורה הוא היפך סדר העבודה דחודש אלול המרומז בר״ת דאני לדודי ודודי לי, ע״ש. וראה משיחות ש״פ תבוא תנש״א הערה 127 למה שהמשל הזה הוא בדף לב ע״ש.
- 18יוצאין אנשי העיר · כי כאו״א מבנ״י מאנשי העיר מלכו של עולם הוא וכמש״נ בנים אתם לה׳ אלקיכם — לקו״ש ח״ט ע׳ 317.
- 19ומקבלין פניו בשדה · Job 28:5
- 20ואז רשאין כל מי שרוצה · ומוסיף ומבאר כ״ק מו״ח אדמו״ר — רשאים ויכולים (סד״ה לך אמר לבי השי״ת (סה״מ תש״י ע׳ 285) — שיחת ו׳ אלול תשל״ט הערה 47 — לקו״ש ח״ט ע׳ 312. ראה שם ע׳ 317. ד״ה אני לדודי תשמ״ב.
- 21ואז רשאין כל מי שרוצה · Shabbat 88a:5
- 22והוא מקבל את כולם בסבר פנים יפות · ”הכוונה בזה שמדגיש את כולם היא, שגם אלה שהם רק רוצים להקביל את פני המלך אלא שהם שבויים בידי יצרם וגם כשמתעורר אצלם רצון לעשות תשובה ולקבל עליהם עול מלכות שמים אין זה בא בפועל, גם אותם הוא מקבל בספר פנים יפות” — ד״ה אני לדודי תשכ״ו (הנ״ל). וראה בלקו״ש ח״ט ע׳ 312-13. בהערה.
- 23ומראה פנים שוחקות לכולם · ”דהחילוק בין מקבל (בסבר פנים יפות) למראה (פנים שוחקות) הוא, דלשון מקבל נופל על דבר שישנו מקודם (לפני שקיבל) והוא מקבל את הדבר, ומראה פנים שוחקות הוא שהפנים שוחקות שלו (שישנם גם לפני שמראה) הוא מראה ומגלה אותם לזולתו. וזהו דלאחרי שאומר שהמלך מקבל את כולם בספר פנים יפות מוסיף שהוא מראה פנים שוחקות לכולם”. — ד״ה אני לדודי — תשכ״ו (הנ״ל) סעי׳ ה.
- 24מלכותך מל׳ כל עולמים · Psalms 145:13
- 25בד״ה זה תשמ״ז מבאר · ”שבענין י״ג מדה״ר ישנם ב׳ קצוות, מצד אחד, הרי הם למעלה מסדר ההשתלשלות, ולאידך הרי הם נמשכים במדידה והגבלה, שלכן נקראים בשם מדות (י״ג מדות הרחמים” — (מהנחה בלתי מוגה). בענין ”התגלות י״ג מדות הרחמים” — ראה בארוכה בלקו״ש חכ״ט ע׳ 163 בהערות לשם. לקו״ש חי״ט ע׳ 159. ”והארת י״ג מדות הרחמים בחודש אלול הוא רק מפני שלפני כל אתעדל״ת צ״ל אתעדל״ע לפני׳” — לקו״ש חכ״ט ע׳ 171 הערה 37.
- 26
- 27
- 28
2ובלכתו העירה הרי הם הולכים אחריו. ואח״כ בבואו להיכל מלכותו אין נכנסים כ״א ברשות ואף גם זאת המובחרים שבעם ויחידי סגולה.
Lorsqu’il poursuit sa route vers la ville, ils marchent à sa suite. Ensuite, lorsqu’il arrive dans son palais royal, nul ne peut entrer sans permission, et même alors, [seuls] les meilleurs du peuple et quelques élus.
La parabole se poursuit. Lorsque le roi poursuit sa route vers la ville, le peuple le suit ; mais une fois qu’il est dans son palais, seuls ceux qui en ont reçu la permission peuvent entrer, et même alors, seuls quelques élus.
וכך הענין עד״מ בחודש אלול יוצאין להקביל אור פניו1 ית׳ בשדה, כי הנה כתיב יאר ה׳ פניו אליך שהוא ענין הארת י״ג מדות2 שיהי׳ [שיהיה] פנים בפנים
Il en va de même, par analogie, au mois d’Eloul : on sort à la rencontre de la lumière de Sa face, béni soit-Il, dans le champ. Car il est écrit : « Que Havaya fasse luire Sa face sur toi », ce qui désigne l’illumination des Treize Attributs, afin qu’elle soit face à face ;
Eloul est le roi dans le champ : on sort à la rencontre de la lumière de la face de D.ieu. La bénédiction sacerdotale « Que Havaya fasse luire Sa face sur toi » désigne l’illumination des Treize Attributs, une rencontre « face à face ».
דהיינו שיאיר גילוי פנימיות רצונו ית׳ למקור נש״י [נשמות ישראל] ע״י שיהיה עיקר פנימיות רצונו אליו ית׳ לדבקה בו בלב ונפש מעומקא דליבא במסירת נפש כמ״ש במ״א, והארה זו היא נמשכת מבחי׳ אל
c’est-à-dire que la révélation de la dimension intérieure (pnimiyout) de Sa volonté, béni soit-Il, luise vers la source des âmes d’Israël, par le fait que le cœur même de la dimension intérieure de [la] volonté [d’une personne] soit tourné vers Lui, béni soit-Il, afin de s’attacher à Lui de tout cœur et de toute âme, du plus profond du cœur, avec le sacrifice de soi (messirout néfech), comme cela est expliqué ailleurs. Cette illumination est attirée du niveau de Kel,
« Face à face » signifie que la dimension la plus intérieure de la volonté de D.ieu luit vers la source des âmes juives, en réponse à une personne qui tourne vers D.ieu le cœur même de sa propre volonté, afin de s’attacher à Lui du plus profond de son cœur, prête à se donner tout entière. Cette illumination provient du niveau du Nom Kel.
שהוא ראשית כל הי״ג מדות3 ומקורן וכללותן, וכמ״ש אל ה׳ ויאר לנו4 שהוא בחי׳ אור א״ס ב״ה עצמו ממש וכמ״ש כי הוי׳ אלהיך אש אוכלה הוא.
qui est le commencement des Treize Attributs, leur source et leur expression générale et collective ; comme il est écrit : « Havaya est Kel, et Il nous a éclairés », ce qui désigne le niveau de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, elle-même, véritablement ; et comme il est écrit : « Car Havaya, ton D.ieu, est un feu dévorant. »
Kel est le premier des Treize Attributs, leur source et ce qui les englobe tous. Le verset « Havaya est Kel, et Il nous a éclairés » montre que la lumière provient de Kel, qui est la Lumière infinie elle-même ; cette lumière est aussi appelée « un feu dévorant ».
פי׳ כמו למשל זיו ואור האש היוצא מן האש עצמו שבכללותו אין בו שום התחלקות בינו לזיו ואור הנמשך ממנו.
C’est-à-dire, par exemple, comme l’éclat et la lumière du feu qui émanent du feu lui-même, lequel, considéré dans son expression générale et collective, ne présente aucune distinction entre lui-même et l’éclat et la lumière qui en émanent.
L’image du feu l’explique. L’éclat et la lumière qui émanent d’une flamme ne sont pas, dans leur expression générale et collective, séparés de celle-ci ; ils sont le feu lui-même qui se répand.
כך כביכול הארת פנים המאיר לכללות ישראל הוא מבחי׳ אל שהוא בחי׳ אור א״ס ב״ה עצמו ממש
De même, pour ainsi dire, l’illumination de la face qui luit vers Israël dans son ensemble provient du niveau de Kel, qui est le niveau de la Lumière infinie, béni soit-Il, elle-même, véritablement
De même, pour ainsi dire, l’illumination de la face de D.ieu qui luit vers tout Israël au mois d’Eloul n’est pas un rayon atténué. Elle provient de Kel, la Lumière infinie elle-même.
(עמ״ש בביאור ע״פ וכל העם רואים5 את הקולות בפי׳ מן המצר קראתי6 וע׳ בד״ה אתם נצבים78 במש״ש [במה שכתוב שם] ולכן נק׳ אל עליון כו׳ ובד״ה להבין פי׳ וענין י״ג מדות9 ובד״ה וארשתיך לי10 בענין לבי ובשרי ירננו אל אל חי),11
(Voir ce qui est écrit dans l’explication du verset « Et tout le peuple voyait les sons », au sujet du sens de « Du lieu étroit, j’ai appelé » ; et voir dans le discours commençant par « Vous êtes debout », à l’endroit où il est écrit : « Et c’est pourquoi Il est appelé Kel Elyon », etc. ; ainsi que dans le discours commençant par « Comprendre le sens et la portée des Treize Attributs » ; et dans le discours commençant par « Je te fiancerai à Moi », au sujet de « Mon cœur et ma chair chantent de joie vers le Kel vivant »).
Cette parenthèse énumère quatre discours qui développent cette idée : l’explication de Torah Ohr sur « Et tout le peuple voyait les sons » (au sujet de « Du lieu étroit, j’ai appelé ») ; le discours « Vous êtes debout », sur la raison pour laquelle Il est appelé Kel Elyon ; le discours sur les Treize Attributs ; et le discours « Je te fiancerai à Moi », au sujet de « Mon cœur et ma chair chantent de joie vers le Kel vivant ».
ולכן נק׳ ישראל מלשון שר אל והיו״ד מורה על התמדת הפעולה כמו ככה יעשה כו׳.12
Et c’est pourquoi Israël est appelé ainsi, du terme sar Kel ; le youd indique la continuité de l’action, comme dans « Ainsi ferait-il », etc.
C’est pourquoi un Juif est appelé Israël : ce nom contient sar Kel, « Kel gouverne ». Le youd initial, préfixe de l’imparfait hébreu, indique une action qui se poursuit, comme dans l’expression décrivant l’habitude d’Iyov : « Ainsi ferait-il » constamment ; de même, Kel gouverne constamment le Juif.
ופי׳ שבחי׳ אל הוא שר ומושל בקרבו (ועיין בזהר קדושים דפ״ו ע״א בראשית דף ח׳ ע״א ויגש ד׳ ר״ה ע״ב נשא קל״ב א׳ ובפי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות] ר״פ שמיני),
Le sens est que le niveau de Kel est un prince et un souverain en lui (voir aussi le Zohar, Kedoshim, folio 86a ; Bereshis, folio 8a ; Vayigash, folio 205b ; Nasso, 132a ; ainsi que le commentaire du Ramaz au début de la paracha de Shemini) ;
Autrement dit, le niveau de Kel règne et gouverne en chaque Juif. Le texte énumère des passages du Zohar et du commentaire du Ramaz ; le Zohar sur Kedoshim, par exemple, dit que le Saint béni soit-Il appela Yaakov « Kel ».
דהיינו שיש בכל נפש מישראל ניצוץ אלהות ממש המחיה נפשו האלהית ומושך בטבעו למעלה לאור באור החיים13 למסור נפשו אליו ית׳ והוא למעלה מן החכמה ודעת שבנפשו,
c’est-à-dire qu’en chaque âme d’Israël se trouve une étincelle réelle de divinité, qui donne vie à son âme divine et l’attire naturellement vers le haut, « pour être illuminée de la lumière de vie », afin de se donner à Lui, béni soit-Il ; cela se situe au-dessus de la 'Hokhma (sagesse) et de la Daat (connaissance) de son âme.
En pratique, chaque âme juive contient une étincelle réelle de divinité qui donne vie à l’âme divine et l’attire naturellement vers le haut, « pour être illuminée de la lumière de vie », afin de se donner à D.ieu. Cette attraction dépasse la sagesse et la compréhension de l’âme.
כי על ידי החכמה והדעת לא היה משיג בחי׳ זו לבטל ולהפקיר א״ע [את עצמו] מכל וכל בשבילו ית׳ וזהו בנים אתם14 להוי׳ אלקיכם
Car, par la 'Hokhma et la Daat, il n’atteindrait pas ce niveau qui consiste à s’annuler et à se déposséder entièrement pour Lui, béni soit-Il. Et c’est là [le sens de] « Vous êtes des enfants pour Havaya, votre D.ieu » :
Le raisonnement seul ne pourrait jamais conduire une personne à s’effacer et à se donner entièrement à D.ieu ; cette force vient de l’étincelle de Kel, qui est au-dessus de l’intellect. C’est le sens du verset : « Vous êtes des enfants pour Havaya, votre D.ieu ».
כי ברא כרעא דאבוה1516 הוא שנכלל ברצונו של אביו בלי שום טעם ודעת כמו בחי׳ רגל שבטל לגבי ראש ואין לו רצון שלו כלל.
car « le fils est la jambe de son père » : il est inclus dans la volonté de son père sans aucune raison ni compréhension, comme le pied, qui s’annule devant la tête et n’a absolument aucune volonté propre.
L’expression « le fils est la jambe de son père » (que l’on trouve, par exemple, dans les Tossafot sur Yevamos 3a) signifie que le fils est un prolongement de son père. Il est inclus dans la volonté de son père sans avoir besoin de raisons, comme le pied suit la tête et n’a aucune volonté propre.
וזהו בטל רצונך מפני רצונו1718 שבכדי שיאיר אל האדם בחי׳ פנימיות רצונו ית׳ צריך לבטל כל רצונותיו שלא יהי׳ [יהיה] לו רצון אחר כלל:192021
Et c’est là le sens de « Annule ta volonté devant Sa volonté » : pour que le niveau de la dimension intérieure de Sa volonté, béni soit-Il, illumine une personne, celle-ci doit annuler tous ses propres désirs, afin de n’avoir aucune autre volonté.
C’est le « Annule ta volonté devant Sa volonté » de la Michna. Pour que la dimension la plus intérieure de la volonté de D.ieu illumine une personne, celle-ci doit mettre de côté tous ses propres désirs, jusqu’à n’avoir d’autre volonté que celle de D.ieu.
Ce paragraphe applique la parabole : Eloul est le roi dans le champ, lorsque la lumière de la face de D.ieu, les Treize Attributs, luit depuis le niveau de Kel, la Lumière infinie elle-même. Il relie cette lumière à l’étincelle de Kel présente en chaque Juif, suggérée par le nom Israël (sar Kel), qui dépasse l’intellect et se révèle lorsqu’une personne met de côté sa propre volonté.
La note de Kehot sur Kel comme « le commencement de tous les Treize Attributs » relève qu’il existe plusieurs avis quant au point où commencent les Treize Attributs, et que ce maamar suit l’avis selon lequel ils commencent par le Nom Kel. L’analogie du feu explique pourquoi l’illumination d’Eloul, bien qu’elle se manifeste « dans le champ », est la Lumière infinie elle-même et non une lumière d’un degré inférieur.
Maré mekomot
- 1יאר ה׳ פניו אליך · Numbers 6:25
- 2שהוא ענין הארת י״ג מדות · ”כמ״ש לפנ״ז ש”באלול הוא זמן התגלות י״ג מדות הרחמים” — שיחת ש״פ שופטים תש״נ. ובהערה שם ”ראה פע״ח שער ר״ה בתחילתו, משנת חסידים מסכת אלול פ״א ג׳”. ובד״ה אני לדודי — תשכ״ו הנ״ל מוסיף ”שהגם שבאלול הוא אני לדודי, אתערותא דלתתא, מ״מ, האתערותא דלתתא של האדם, ובפרט כשהוא רחוק מאלקות, הוא ע״י התעוררות ונתינת כח מלמעלה, וגילוי י״ג מדות הרחמים שבאלול” ע״ש.
- 3והארה זו . . מבחי׳ אל שהוא ראשית כל הי״ג מדות · ”כנודע שיש כמה שיטות בזה, מהי התחלת י״ג מדה״ר וכאן קאי להשיטה שההתחלה היא בשם אל” — ד״ה אני לדודי תשמ״ז (מהנחה בלתי מוגה). וראה לקו״ש ח״ד ע׳ 1348 ואילך. ראה אוה״ת פ׳ בהעלותך ע׳ תו.
- 4א-ל ה׳ ויאר לנו · Psalms 118:27
- 5בביאור ע״פ וכל העם רואים · תו״א עד, ב.
- 6מן המצר קראתי · Psalms 118:5
- 7בד״ה אתם נצבים · לקמן פ׳ נצבים מד, ג.
- 8אתם נצבים · Deuteronomy 29:9
- 9ובד״ה להבין פי׳ וענין י״ג מדות · לקמן ר״ה ס, ד.
- 10ובד״ה וארשתיך לי · Numbers 8:2
- 11לבי ובשרי ירננו אל אל חי · Psalms 84:3
- 12ככה יעשה כו׳ · Job 1:5
- 13
- 14בנים אתם לה״א · Deuteronomy 14:1
- 15ברא כרעא דאבוה · Yevamot 3a:2–4
- 16ברא כרעא דאבוה · Tosafot on Yevamot 3a
- 17בטל רצונך מפני רצונו · אבות ב, ד.
- 18בטל רצונך מפני רצונו · Pirkei Avot 2:4
- 19כי ה׳ אלקיך אש אוכלה הוא · Deuteronomy 4:24
- 20
- 21
Le désert intérieur et la recherche « de là » ¶3–6
3ב והנה יש באדם בחי׳ עיר מושב. ובחי׳ שדה ומדבר. מדבר היא ארץ לא זרועה1 שהם המעשים והדבורים והמחשבות אשר לא לה׳ המה.
2. Or, en l’homme, il y a le niveau d’une ville habitée, ainsi que celui d’un champ et d’un désert. Le désert est « une terre non ensemencée » : ce sont les actes, les paroles et les pensées qui ne sont pas pour D.ieu.
La deuxième section commence par appliquer à l’homme les lieux de la parabole : il y a en lui une ville habitée, un champ et un désert. Le désert est « une terre non ensemencée » : il désigne tous les actes, les paroles et les pensées qui ne sont pas dirigés vers D.ieu.
אין צריך לומר אם פגם במחשבה דבור ומעשה אלא אפילו גם עניני היתר רק שהם ענינים שאינם צריכין לעבודת ה׳ ודברים בטלים הרי לאו אורחא דמלכא לאשתעי במילי דהדיוטא.2
Il va sans dire [qu’il en est ainsi] s’il a causé une atteinte par la pensée, la parole ou l’action ; mais même les choses permises, simplement parce qu’elles ne sont pas nécessaires au service de D.ieu, ainsi que les paroles vaines : car « il n’est pas dans la manière d’un roi de parler des affaires des gens ordinaires ».
Cela inclut non seulement les péchés par la pensée, la parole et l’action, mais aussi les activités permises qui ne servent à rien dans le service de D.ieu, ainsi que les paroles vaines. De tels propos sont indignes, car, selon les mots du Zohar, « il n’est pas dans la manière d’un roi de parler des affaires des gens ordinaires ».
Le paragraphe ouvre la deuxième section en transposant à l’homme les lieux de la parabole : ville, champ et désert. Le désert désigne tout acte, toute parole et toute pensée qui ne sont pas pour D.ieu, même lorsqu’il s’agit de choses permises mais superflues.
Dans le passage du Zohar cité dans la note de Kehot (Beha'aloscha, 3:149b), ce principe est énoncé à propos de la Torah elle-même : un roi humain ne parlerait pas des affaires des gens ordinaires, et moins encore ne les consignerait par écrit ; les récits de la Torah ne peuvent donc être de simples histoires.
Maré mekomot
- 1
- 2לאו אורחא . . דהדיוטא · Zohar III, 149b
4וזהו אשר לא ישב אדם שם.1 פירוש אדם הוא כמ״ש ועל דמות הכסא דמות כמראה אדם2 וגו׳ לא ישב שם כי ועשו לי מקדש3 ושכנתי בתוכם כתיב.
Et telle est [la signification de] « là où aucun homme (adam) n’habitait ». Le sens est le suivant : « homme » renvoie à ce qui est écrit : « Et au-dessus de la forme du trône, une forme semblable à l’apparence d’un homme », etc. ; [Il] n’y habitait pas, car il est écrit : « Ils Me feront un Sanctuaire, et Je résiderai au milieu d’eux. »
Jérémie décrit le désert comme un pays « où aucun homme (adam) n’habitait ». L’Admour Hazaken comprend le terme « homme » comme désignant l’« homme » céleste qu’Ézéchiel vit « au-dessus de la forme du trône », figure de la présence révélée de D.ieu : D.ieu ne réside pas dans le désert des actes et des paroles vides, car Il ne réside que là où l’on édifie pour Lui un Sanctuaire : « Ils Me feront un Sanctuaire, et Je résiderai au milieu d’eux. »
ועצה היעוצה לזה הנה כתיב ובקשתם משם4 את הוי׳ אלהיך. פי׳ כי הנה כתיב וירא אלהים את האור כי טוב ופירשו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה]59
Et voici le conseil à suivre : il est écrit : « Et tu rechercheras Havaya, ton D.ieu, depuis là. » L’explication est la suivante : il est écrit : « Et D.ieu vit la lumière, qu’elle était bonne », et nos Sages, de mémoire bénie, ont expliqué…
Le conseil se trouve dans le verset : « Et tu rechercheras Havaya, ton D.ieu, depuis là. » Pour l’expliquer, l’Admour Hazaken se tourne vers la lumière du premier jour de la Création — « Et D.ieu vit la lumière, qu’elle était bonne » — et vers l’interprétation qu’en donnent les Sages.
כי טוב לגנוז6 שבחי׳ אור שהוא בחי׳ הארת פנימיות רצונו ית׳ יש בכל אחד ואחד מישראל אלא שהוא בבחי׳ הסתר והעלם מאד בטבעו
« …qu’il était bon de la cacher. » Autrement dit, le niveau de la « lumière », qui est l’illumination de la dimension intérieure (pnimiyout) de Sa volonté, béni soit-Il, se trouve en chaque Juif, mais, par nature, demeure dans un état de profonde dissimulation et de grand retrait ;
Les Sages (dans le Zohar) interprètent « qu’elle était bonne » comme signifiant « qu’il était bon de la cacher » : cette lumière primordiale fut mise en réserve. En chaque Juif, cette lumière est l’illumination de la dimension la plus intérieure de la volonté de D.ieu ; par nature, elle reste profondément cachée en lui.
וצריך לגלות אוצר של יראת שמים7 (ועמ״ש במ״א בפי׳ מי גילה לבני רז זה8 והיינו אור האהבה המסותרת), ויש מי שהוא בבחי׳ אבידה אצלו ובחי׳ גלות.
et il faut révéler le « trésor de la crainte du Ciel » (voir ce qui est écrit ailleurs au sujet du sens de « Qui a révélé ce secret à Mes enfants ? » : il s’agit de la lumière de l’amour caché). Chez certains, elle est dans un état de perte, et dans un état d’exil.
La tâche de chacun est de faire apparaître ce trésor caché. Le Talmud l’appelle « un trésor de crainte du Ciel », le seul trésor que D.ieu garde dans Son dépôt. La parenthèse l’identifie à ce que le Talmud appelle « ce secret » d’Israël : avoir dit « nous ferons » avant « nous entendrons », ce qui correspond à l’amour caché en chaque Juif. Chez certains, cette lumière intérieure n’est pas seulement cachée, elle est aussi perdue, en exil.
וע״ז נאמר ובקשתם שתבקש ותחפש ואין חיפוש אלא אחר אבידה דהיינו דבר שהוא אבודה אצלו בבחי׳ גלות שהוא בחי׳ ניצוץ אלהות הנ״ל.
C’est à ce sujet qu’il est dit : « Et tu rechercheras » : il faut rechercher et fouiller, et l’on ne fouille qu’à la recherche de ce qui a été perdu. Il s’agit donc de ce qui est perdu pour lui, dans un état d’exil : le niveau de l’étincelle de divinité mentionnée plus haut.
C’est à une telle personne que le verset dit : « Et tu rechercheras » : rechercher implique de fouiller, et l’on ne fouille qu’à la recherche de ce qui a été perdu. Ce qu’elle a perdu et doit retrouver, c’est l’étincelle de divinité exilée décrite plus haut.
וזהו את הוי׳ אלהיך שהוא נמשך מבחי׳ אל השורה בכל אדם להחיות נפשו האלהית.10
Et telle est la signification de « Havaya, ton D.ieu » : [l’étincelle] provient du niveau de Kel, qui réside en chaque personne afin de donner vie à son âme divine.
C’est pourquoi le verset dit : « Havaya, ton D.ieu » : l’étincelle provient du niveau de Kel, qui réside en chaque personne afin de donner vie à son âme divine.
Ce paragraphe explique pourquoi D.ieu ne réside pas dans le « désert » des actes vides, puis présente le remède : « Et tu rechercheras… depuis là ». Il faut rechercher la lumière cachée — parfois même perdue — de la volonté intérieure de D.ieu, l’étincelle de Kel qui est en soi.
Le passage du Zohar cité dans la note Kehot (1:45b) interprète « Et D.ieu vit la lumière, qu’elle était bonne » comme signifiant « qu’il était bon de la cacher » : voyant les actes des méchants, D.ieu mit cette lumière en réserve pour les justes. L’Admour Hazaken trouve cette lumière mise en réserve en chaque Juif, sous la forme de l’amour caché, qui se révèle lorsqu’on la recherche.
Maré mekomot
- 1אשר לא ישב אדם שם · Jeremiah 2:6
- 2ועל דמות הכסא דמות כמראה אדם · Ezekiel 1:26
- 3ועשו לי מקדש · Exodus 25:8
- 4ובקשתם משם · Deuteronomy 4:29
- 5ופירשו רז״ל · זח״א (מה, ב). ובח״ב (רב, ב). [כ].
- 6וירא אלהים את האור כי טוב ופירשו רז״ל כי טוב לגנוז · Zohar, Bereshit 70:139–148
- 7
- 8מי גילה לבני רז זה · Shabbat 88a:8
- 9וירא אלקים את האור · Genesis 1:4
- 10
Or, le verset dit : « Et vous chercherez de là-bas. » « De là-bas » précisément, car, de même qu’il est impossible de chercher un objet perdu et de le retrouver ailleurs qu’à l’endroit où il a été perdu,
L’Admour Hazaken souligne les mots « de là-bas » (micham). On ne peut retrouver un objet perdu qu’en cherchant à l’endroit où il a été perdu.
כך לא ישיג אור פני ה׳ ושתהיה אהבתו אליו ויראתו על פניו2 כ״א אחר החיפוש תחלה במקום שנאבדה
de même, il ne pourra atteindre la lumière de la face de D.ieu, ni avoir son amour dirigé vers Lui et sa crainte devant Sa face, qu’après avoir d’abord cherché à l’endroit où il les a perdus,
De même, une personne ne peut atteindre la lumière de la face de D.ieu, un amour qui la tourne vers D.ieu et une crainte qui se pose sur son visage, avant d’avoir d’abord cherché là où elle les a perdus.
לו ע״ד מ״ש נחפשה דרכינו3 כו׳ שיפשפש במעשיו ודבוריו ומחשבותיו4 שעברו וחלפו מיום היותו אשר לא טובים וזהו ובקשתם משם.
selon le sens de ce qui est écrit : « Examinons nos voies », etc. : qu’il passe en revue ses actes, ses paroles et ses pensées passés, depuis le jour où il est venu au monde, qui n’étaient pas bons. Voilà ce que signifie : « Et vous chercherez de là-bas. »
C’est cette recherche que demande le livre des Lamentations avec les mots : « Examinons nos voies » : il doit considérer avec honnêteté tous ses actes, paroles et pensées passés, depuis le jour où il est venu au monde, qui n’étaient pas bons. C’est cela, « chercher de là-bas ».
כי לשון זה הוא דבר שיכול ממש להראות עליו באצבעו אשר יאמר עליו כי הוא זה וא״א לומר כך רק על הקב״ה5 כמ״ש זה אלי ואנוהו67
Car le terme « ceci » (zé) [désigne] une chose que l’on peut véritablement montrer du doigt, en disant à son sujet : « C’est ceci » ; et l’on ne peut le dire qu’au sujet du Saint béni soit-Il, comme il est écrit : « Ceci est mon D.ieu, et je Le glorifierai »,
Pourquoi cet endroit est-il appelé « là-bas » ? Le mot « ceci » (zé) désigne quelque chose que l’on peut montrer du doigt en disant : « C’est ceci » ; en vérité, on ne peut le dire qu’au sujet du Saint béni soit-Il. Au bord de la mer, Israël dit : « Ceci est mon D.ieu, et je Le glorifierai » et, comme l’explique Rachi, le désigna du doigt.
כי מלא כל הארץ כבודו,8 אבל מקום ומשכן הקליפות נק׳ שם כלומר עמוק מאד למטה.
car « toute la terre est remplie de Sa gloire ». Mais l’endroit et la demeure des kelipot (écorces) sont appelés « là-bas » (cham), c’est-à-dire très loin en bas.
D.ieu est « ceci », présent et proche, car « toute la terre est remplie de Sa gloire ». L’endroit où les kelipot, les forces qui dissimulent la divinité, ont leur demeure est appelé « là-bas » (cham) : loin, très loin en bas.
Ce paragraphe explique pourquoi la recherche doit se faire « de là-bas » : ce qui a été perdu doit être recherché à l’endroit où il l’a été, au moyen d’un examen honnête de son passé ; « là-bas » (cham), à la différence de « ceci » (zé), désigne l’endroit éloigné des kelipot.
Le contraste entre zé et cham prépare le paragraphe suivant, qui porte sur l’élévation de ce qui est tombé « là-bas » et sur « Et nous, Il nous a fait sortir de là-bas ». La note de Kehot ajoute que le véritable sens de zé, « ceci », ne s’applique qu’à l’Essence même de D.ieu.
Maré mekomot
- 1ובקשתם משם · Deuteronomy 4:29
- 2ויראתו על פניו · Exodus 20:17
- 3נחפשה דרכינו · Lamentations 3:40
- 4שיפשפש במעשיו ודבוריו ומחשבותיו · ראה סה״מ עת״ר ע׳ סא ואילך.
- 5וא״א לומר כך רק על הקב״ה · ראה ד״ה זה היום תחלת מעשיך תשל״ג דאמיתית הענין ד”זה” הוא רק בהעצמות. ד״ה בחודש השלישי תשל״ט סעי׳ י׳ (סה״מ מלוקט ח״ד ע׳ רסו).
- 6כמ״ש זה אלי ואנוהו · Exodus 15:2
- 7זה אלי ואנוהו · Rashi on Exodus 15:2
- 8מלא כל הארץ כבודו · Isaiah 6:3
6וזהו שדרשו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] ע״פ קראו שם פרעה1 כו׳ העביר המועד ר״ל [רוצה לומר] הדרך של המועד ושמחה העביר לשמחה של הוללות
Et voici ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont interprété au sujet du verset : « Ils crièrent là : Pharaon… », « il a laissé passer le temps fixé (moed) » : c’est-à-dire qu’il a détourné la voie de la fête et sa joie pour en faire une joie de frivolité.
Nos Sages ont interprété le verset au sujet de Pharaon : « Ils crièrent là : Pharaon, roi d’Égypte, est un tapage ; il a laissé passer le temps fixé (moed). » L’Alter Rebbe comprend ainsi le rôle de « là » : cela détourne la voie de la fête et sa joie sainte pour en faire une joie de frivolité.
Et voici le sens de « Dans ce désert, ils prendront fin (yitamu) » : c’est-à-dire par la parole des lettres de la prière, qui est le niveau de « ce désert (midbar) », comme il est écrit : « Ceci est mon D.ieu », etc. ;
Le verset « Dans ce désert (bamidbar hazeh), ils prendront fin » est compris comme un remède. Midbar (« désert ») a la même racine que dibbour (« parole »), et « ceci » rappelle « Ceci est mon D.ieu » ; ainsi, la parole sainte des lettres de la prière constitue ce « midbar ».
וכן בעסק התורה כמ״ש בפ׳ מטות בפי׳ לאמר זה הדבר5 כו׳ עי״ז יתמו היינו כמ״ש בזהר שלח קס״ג ב׳6 שהוא בחי׳ תמים תהיה7 כו׳
et de même par l’étude de la Torah, comme il est expliqué dans la paracha Matot au sujet de « en disant : “Voici la parole” », etc. Par ce moyen, « ils prendront fin (yitamu) », c’est-à-dire, comme il est écrit dans le Zohar, paracha Chelah, 163b, que cela relève du niveau de « Tu seras intègre (tamim) », etc.
Il en va de même des paroles de l’étude de la Torah, comme cela est expliqué dans la paracha Matot au sujet de « en disant : “Voici la parole” ». Par la parole sainte, « ils prendront fin (yitamu) » : le Zohar sur Chelah relie ce terme à « Tu seras intègre (tamim) avec Havaya ton D.ieu » ; la note de Kehot rectifie la référence du folio en 162b.
ושם ימותו הוא נפילת אפים8 שהוא העלאת ניצוצים שנפלו בבחי׳ שם ע״י אליך910 ה׳ נפשי אשא11 כו׳ וז״ש [וזהו שכתוב] ואותנו הוציא משם12 כי באמת הוציא אותנו מבחי׳ שם לדבקה בו ית׳.
Et « là, ils mourront » désigne la nefilat apayim (« la prosternation sur le visage »), qui est l’élévation des étincelles tombées dans le niveau de « là », par « Vers Toi, Havaya, j’élève mon âme », etc. Et c’est là le sens de ce qui est écrit : « Et nous, Il nous a fait sortir de là », car, en vérité, Il nous a fait sortir du niveau de « là » afin que nous nous attachions à Lui, béni soit-Il.
Le verset poursuit : « et là, ils mourront ». Cela désigne la nefilat apayim, la prière récitée le visage incliné, au cours de laquelle on est prêt à remettre son âme et l’on dit : « Vers Toi, Havaya, j’élève mon âme » ; ainsi, on élève les étincelles tombées « là ». Tel est le sens de « Et nous, Il nous a fait sortir de là » : D.ieu nous a fait sortir de « là » afin que nous nous attachions à Lui.
אך מי שפוגם באיזו מחשבה או דבור וכ״ש [וכל שכן] מעשה הנה על זה נאמר ובקשתם משם
Mais celui qui cause une tache par quelque pensée ou parole, et à plus forte raison par un acte, c’est à son sujet qu’il est dit : « Et vous chercherez de là »,
Celui qui a causé une tache par une pensée ou une parole, et à plus forte raison par une action, est celui auquel s’adresse le verset : « Et vous chercherez de là ».
דהיינו שיפשפש במעשיו כו׳ אשר לא טובים, ועי״ז יתמרמר לבו בקרבו וישוב אל13 ה׳ וירחמהו דהיינו שיעורר רחמים רבים עלניצוץ אלהות שבתוכו בבחי׳ גלות.
c’est-à-dire qu’il examine ses actes, etc., qui n’étaient pas bons ; par ce moyen, son cœur s’emplira d’amertume en lui, et « il retournera vers Havaya, et Il aura pitié de lui » : c’est-à-dire qu’il éveillera une grande miséricorde envers l’étincelle de divinité en lui, qui se trouve en état d’exil.
Il doit examiner ses actes passés qui n’étaient pas bons, jusqu’à ce que son cœur s’emplisse d’amertume ; alors, « il retournera vers Havaya, et Il aura pitié de lui ». Autrement dit, il éveillera une grande miséricorde divine envers l’étincelle de divinité en lui qui se trouve en exil.
Ce paragraphe montre comment ce qui est tombé « là » est délivré : la parole sainte de la prière et de la Torah met fin au « désert », la nefilat apayim élève les étincelles tombées, et celui qui a fauté doit examiner son passé jusqu’à ce que son cœur s’emplisse d’amertume et qu’il éveille la miséricorde envers l’étincelle exilée en lui.
Le Zohar cité au sujet de la nefilat apayim (3:120b) explique qu’après la Amida, l’homme se prosterne sur son visage comme s’il quittait le monde et confie son âme, en disant : « Vers Toi, Havaya, j’élève mon âme. » Pri Etz Chaim décrit cela comme une descente, dans l’intention, jusqu’au lieu des kelipot, afin de recueillir et d’élever les étincelles qui y sont retenues ; c’est le sens de « là, ils mourront » dans le verset.
Maré mekomot
- 1שדרשו רז״ל ע״פ קראו שם פרעה · Jeremiah 46:17
- 2במדבר הזה יתמו · Numbers 14:35
- 3במדבר הזה יתמו · Zohar, Sh'lach 13:119–128
- 4זה אלי · Exodus 15:2
- 5לאמר זה הדבר · Numbers 30:2
- 6קס״ג ב׳ · קסב, ב כצ״ל. [כ].
- 7תמים תהיה · Deuteronomy 18:13
- 8נפילת אפים · Shulchan Arukh, Orach Chayim 131:1–2
- 9הוא נפילת אפים . . אליך ה׳ · Zohar III, 120b
- 10העלאת ניצוצים שנפלו בבחי׳ שם ע״י אליך ה׳ נפשי אשא · Pri Etz Chaim, Gate of Putting Down the Head 2:12
- 11אליך ה׳ נפשי אשא · Psalms 25:1
- 12ואותנו הוציא משם · Deuteronomy 6:23
- 13וישוב אל ה׳ וירחמהו · Isaiah 55:7
La compassion et le feu d’en bas ¶7
7ועל זה נאמר ליעקב אשר פדה1 את אברהם23 כי מדת יעקב הוא מדת רחמנות4 שעי״ז פודה מהגלות מדת אהבה5 היא מדתו של אברהם אבינו ע״ה [עליו השלום], כי
Et c’est à ce sujet qu’il est dit : « À Yaakov, qui a délivré Avraham » ; car l’attribut de Yaakov est celui de la compassion, grâce auquel il délivre de l’exil l’attribut de l’amour, qui est celui d’Avraham notre père, que la paix soit sur lui ; car
C’est de cette compassion que parle le prophète lorsqu’il évoque « Yaakov, qui a délivré Avraham ». L’attribut de Yaakov est la compassion (ra’hamim), et c’est par elle que l’attribut de l’amour, celui d’Avraham, est délivré de l’exil.
לכן נק׳ אבינו כו׳ ולהיות ברא כרעא דאבוה להבטל ולהכלל ברצונו ית׳ (ועמ״ש בפי׳ ובקשתם משם ע״פ וישב יעקב ובמ״ש ע״פ כנשר יעיר6 בפי׳ דרשו כו׳ בהמצאו).7
c’est pourquoi celui-ci est appelé « notre père », etc., et [pourquoi nous devons être] « le fils, jambe de son père », nous annuler et nous inclure dans Sa volonté, béni soit-Il (voir aussi ce qui est écrit sur le sens de « Et vous chercherez de là-bas », à propos du verset « Et Yaakov s’installa », ainsi que ce qui est écrit à propos du verset « Comme un aigle éveille son nid », sur le sens de « Cherchez… tant qu’Il peut être trouvé »).
Avraham, dont l’attribut est l’amour, est appelé « notre père », et l’amour constitue le lien du fils qui est « la jambe de son père », annulé et inclus dans la volonté de D.ieu (comme il est expliqué au paragraphe 2). La parenthèse renvoie aux discours sur « Et Yaakov s’installa » et sur « Comme un aigle éveille son nid », où est expliqué « Cherchez Havaya tant qu’Il peut être trouvé ».
אך האדם אשר יפשפש במעשיו ולא יתעורר בו מדת רחמנות ולא יתמרמר לבו בקרבו עם היות שמעמיק במחשבתו איך נפל ניצוץ אלהות בגלות בתוך נפשו זאת ישים אל לבו ונשא עליו המשל הזה,
Mais si une personne examine ses actes sans que l’attribut de la compassion s’éveille en elle, et sans que son cœur s’emplisse d’amertume, bien qu’elle réfléchisse profondément à la manière dont une étincelle de divinité est tombée en exil au sein de son âme, qu’elle prenne cela à cœur et applique à elle-même cette parabole :
Que doit faire celui qui examine ses actes et réfléchit profondément à la manière dont une étincelle de divinité est tombée en exil en lui, mais n’éprouve ni compassion ni amertume ? Qu’il considère la parabole suivante.
כי היות טבע האדם כשכואב לו אפילו צפורן רגלו מחמת שנגף באבן מרגיש הכאב במוחו ומצטער.
la nature humaine est telle que, lorsque même l’ongle de son orteil lui fait mal parce qu’il l’a heurté contre une pierre, il ressent la douleur dans son cerveau et en est affligé.
Lorsqu’un orteil est blessé, même à l’ongle, en heurtant une pierre, la douleur est ressentie dans le cerveau et l’être tout entier en est affligé.
אך היינו כשאבר הנגוף עודנו מחובר בו טרם נחתך, אבל כשחותכין את האבר אין המוח מרגיש את הכאב מפני שהוא נכרת ונפרד משרשו.
Cela n’est vrai que tant que le membre blessé reste attaché à lui, avant d’avoir été coupé. Mais lorsque le membre est coupé, le cerveau ne ressent pas la douleur, car il a été sectionné et séparé de sa racine.
Cela n’est vrai que tant que le membre reste attaché. Une fois coupé, le cerveau ne ressent plus rien, car le membre a été sectionné et séparé de sa racine.
כך אנחנו בנ״י [בני ישראל] מחוברים ודבקים בו ית׳ ולכן צריכים אנחנו להרגיש הכאב והפגם שפגמנו והורדנו בגלות ניצוץ אלהותו ית׳
De même, nous, les enfants d’Israël, sommes liés à Lui et attachés à Lui, béni soit-Il ; nous devons donc ressentir la douleur et le dommage que nous avons causés en portant l’étincelle de Sa divinité, béni soit-Il, en exil.
Les Juifs sont liés à D.ieu et attachés à Lui. Nous devons donc ressentir la douleur et le dommage que nous avons causés en portant Son étincelle en exil.
כי אע״פ [אף על פי] שחטא8 כו׳ ויש לו בחי׳ ניצוץ אלהות הנ״ל ואיננו מסתלק ממנו אלא שהוא בגלות, ולא עוד
Car « même s’il a péché », etc., il possède le niveau de l’étincelle de divinité mentionnée plus haut, et celle-ci ne le quitte pas ; elle est seulement en exil. Et plus encore,
Comme le dit le Talmud : « Même s’il a péché, il reste Israël » ; l’étincelle de divinité ne quitte jamais un Juif, elle est seulement en exil.
אלא שעדיין נקרא במעלות ומדריגות השר שהוא בחי׳ ישראל הנ״ל, כי אינו דומה מעלת השר עם היותו בשביה למעלת ההדיוט,
il est toujours désigné par les rangs et les degrés du prince (sar), qui est le niveau d’Israël mentionné plus haut ; car la condition d’un prince, même lorsqu’il est captif, n’est pas celle d’un homme du commun,
Bien plus, il conserve le rang de sar, le prince, qui est le niveau d’Israël (sar Kel) expliqué précédemment. Un prince captif n’est toujours pas comme un homme du commun.
כי עדיין ניכר וידוע מעלתו של השר ובתנועה א׳ יכול שיהפך מן ההיפך אל ההיפך לגמרי לחזור לקדמותו כו׳,
car le rang du prince est encore reconnu et connu, et par un seul mouvement, il peut être retourné de l’extrême à son opposé complet, pour retrouver son état antérieur, etc.
Son rang princier est encore reconnu et, d’un seul mouvement, il peut être complètement retourné, d’un extrême à l’autre, et rétabli dans sa position antérieure.
אך מה שאינו מרגיש בנפשו הכאב והפגם היינו מפני שפגם כ״כ [כל כך] עד שנפרד ונכרת משרשו לגמרי,
Mais s’il ne ressent pas dans son âme la douleur et l’atteinte, c’est parce qu’il s’est tellement abîmé qu’il a été entièrement séparé et retranché de sa racine.
S’il ne ressent aucune douleur ni aucun dommage dans son âme, c’est parce qu’il s’est tellement abîmé qu’il a été entièrement coupé de sa racine, comme le membre amputé.
ומזה אדרבה יעורר רחמים יותר גדולים עם היות שאינו מרגיש הרחמנות על עצמו כמ״ש במ״א על מאמר ברחמיך הרבים9 רחם עלינו,10 פי׳ מפני שאנחנו אין שכלנו הדל משיג גודל הרחמנות וכו׳.
Et, au contraire, cela doit l’amener à éveiller une compassion encore plus grande, bien qu’il ne ressente pas de compassion pour lui-même, comme cela est expliqué ailleurs à propos des paroles : « Dans Ta grande miséricorde, prends-nous en pitié » ; c’est-à-dire que, pour nous, notre pauvre intellect ne saisit pas l’immensité de cette compassion, etc.
Cette insensibilité même doit l’amener à éveiller une compassion encore plus grande, bien qu’il n’éprouve aucune compassion pour lui-même. C’est ainsi qu’il est expliqué ailleurs au sujet de la prière : « Dans Ta grande miséricorde, prends-nous en pitié » : nous demandons une grande compassion, car notre intellect limité ne peut saisir combien cette compassion doit être grande.
כי מדת רחמנות מדתו של יעקב מבריח מן הקצה11 אל הקצה, (שעם היות שהוא כמשל שנפרד ונכרת משרשו לגמרי אעפ״כ [אף על פי כן] ע״י הרהור תשובה1213 א׳ ישוב ויתדבק בשרשו.
Car l’attribut de compassion, l’attribut de Yaakov, « s’étend d’une extrémité à l’autre » (de sorte que, bien qu’il soit, comme dans la parabole, entièrement séparé et retranché de sa racine, néanmoins, par une seule pensée de techouva, il reviendra et s’attachera à sa racine.
L’attribut de compassion de Yaakov est semblable à la barre centrale du Michkan, qui « s’étendait d’une extrémité à l’autre » : il atteint même l’extrême le plus éloigné. Ainsi, même celui qui est entièrement coupé de sa racine peut y revenir et s’y attacher par une seule pensée de techouva, comme le Talmud évoque celui qui aurait eu « une pensée de techouva à l’esprit ».
וכמ״ש בפרשה במדבר בד״ה וידבר14 כו׳ לגלגלתם כמו ד״מ [דרך משל] אם היה נמצא ברפואות לחבר גופו אל ראשו כך הוא ענין נשיאת ראש כו׳
Comme cela est expliqué dans la paracha Bamidbar, dans le discours commençant par « Et Il parla », etc., à propos de « selon leurs têtes (legoulguelotam) » : de même que, par analogie, si l’on trouvait parmi les remèdes [un moyen] de rattacher le corps à sa tête, ainsi en va-t-il de « l’élévation de la tête », etc. ;
La parenthèse renvoie au discours de la paracha Bamidbar sur « selon leurs têtes (legoulguelotam) ». Le recensement, appelé « élévation de la tête », est comparé à un remède qui pourrait rattacher un corps à sa tête coupée : il reconnecte l’âme ici-bas à sa racine d’en haut.
ע״ש, ובד״ה ביום השמיני עצרת15 ואפילו חייבי כריתות דכתיב בהו ונכרתה כו׳ ועל זה אמר הכתוב כי אבי ואמי עזבוני16 מכל מקום וה׳ יאספני), ואם גם בזאת לא יתעורר בו מדת רחמנות הנ״ל
voir là-bas. Et dans le discours commençant par « Le huitième jour, une assemblée » : même ceux qui sont passibles de karèt, dont il est écrit « et elle sera retranchée », etc. C’est à leur sujet que le verset dit : « Car mon père et ma mère m’ont abandonné » ; néanmoins, « Havaya me recueillera ». Si même cela n’éveille pas en lui l’attribut de compassion mentionné plus haut,
Il est également fait référence au discours sur Chemini Atséret : même ceux qui sont passibles de karèt, dont les âmes sont « retranchées », peuvent être recueillis à nouveau, comme le dit le verset : « Car mon père et ma mère m’ont abandonné, mais Havaya me recueillera. » Si même cela n’éveille pas sa compassion, il reste encore un autre conseil.
הנה זאת העצה היעוצה דהנה כתיב הרועה בשושנים17 ופי׳ בזהר (שמות דף עשרים) מה שושנה אתהפך מגוון סומק לגוון חוור ע״י אשא כו׳.
voici le conseil qui est donné : il est écrit : « celui qui fait paître parmi les roses (chochanim) », et le Zohar l’explique (Chemot, folio 20) : de même que la rose passe d’une teinte rouge à une teinte blanche par le feu, etc.,
Le conseil vient du verset « celui qui fait paître parmi les roses » et du commentaire que le Zohar en donne : la rose, qui est rouge, ne devient blanche que par le feu.
כך הנה כתיב אם יהיו חטאיכם כשנים כשלג ילבינו שהחטא נקרא אדום18 וכן כל המעשים והדבורים והמחשבות שבכל עניני העולם נק׳ גם כן אדום לפי שהמה מחשבות היצר ותחבולותיו יתהפך לגוון חוור
ainsi est-il écrit : « Si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige. » Car le péché est appelé « rouge » ; de même, les actes, les paroles et les pensées concernant toutes les affaires du monde sont eux aussi appelés « rouges », car ce sont les pensées du [mauvais] penchant et ses machinations ; [ils] seront transformés en une teinte blanche,
Ainsi, Isaïe dit : « Si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige. » Le péché est « rouge », de même que les actes, les paroles et les pensées d’une personne concernant les affaires du monde, qui sont le produit des machinations du mauvais penchant ; eux aussi peuvent devenir blancs.
שהוא בחינת כשלג ילבינו על ידי בחי׳ אש. והנה יש אש שלמעלה ואש שלמטה ואש שלמעלה לא כל אדם זוכה לזה.
qui est le niveau de « ils deviendront blancs comme la neige », par le niveau du feu. Or, il y a un feu d’en haut et un feu d’en bas ; quant au feu d’en haut, tous ne le méritent pas.
Ce blanchiment se produit par le feu. Il y a un feu d’en haut et un feu d’en bas, et tous ne méritent pas le feu d’en haut.
אך אש שלמטה הוא ענין סיגופים ותעניות למעט חלבו ודמו19 שהם מסטרא דק״נ [דקליפת נוגה] ואז יאר ה׳ פניו בחי׳ הארת פנים כנ״ל:202122
Mais le feu d’en bas consiste en des mortifications et des jeûnes, afin de réduire sa graisse et son sang, qui relèvent de la kelipat noga ; alors « Havaya fera briller Son visage », le niveau de l’illumination du visage, comme mentionné plus haut.
Le feu d’en bas consiste en des mortifications et des jeûnes, qui réduisent la graisse et le sang d’une personne, dont la source est la kelipat noga, le domaine où le bien et le mal sont mêlés. Alors, « Havaya fera briller Son visage » : c’est l’illumination du visage évoquée dans la première section.
Ce paragraphe s’adresse à celui qui s’examine sans rien ressentir. La compassion de Yaakov s’étend d’une extrémité à l’autre ; ainsi, même celui qui est coupé de sa racine peut revenir par une seule pensée de techouva. Et si même la compassion ne l’émeut pas, il existe le « feu d’en bas » du jeûne, qui blanchit le rouge du péché comme le feu blanchit la rose.
Le passage du Zohar cité (2:20a–b) compare le pécheur, qualifié de « rouge », à une offrande dont la graisse et le sang sont brûlés sur l’autel jusqu’à ce que le rouge devienne blanc. Il enseigne que celui qui jeûne offre sa propre graisse et son propre sang dans le feu de son corps affaibli ; le Talmud rapporte une prière semblable de Rav Chéchet (Berakhot 17a). Le passage du Zohar sur la techouva cité dans la note Kehot (1:129a) ajoute que les maîtres de la techouva se rapprochent de D.ieu « en une heure, en un jour, en un instant ».
Maré mekomot
- 1
- 2ליעקב אשר פדה את אברהם · Isaiah 55:7
- 3ליעקב אשר פדה את אברהם · Sanhedrin 19b:18
- 4מדת יעקב . . רחמנות · ראה פרדס שם ערך אהבה. קה״י בערכו.
- 5אהבה . . אאע״ה · ראה פרדס שם ערך אהבה. קה״י בערכו.
- 6כנשר יעיר · Deuteronomy 32:11
- 7דרשו כו׳ בהמצאו · Isaiah 55:6
- 8אע״פ שחטא · Sanhedrin 44a
- 9
- 10ברחמיך הרבים רחם עלינו · ברכת יוצר.
- 11מדתו של יעקב מבריח מן הקצה · Zohar I, 1b
- 12ע״י הרהור תשובה א׳ ישוב · Avodah Zarah 10b
- 13ע״י הרהור תשובה א׳ · Kiddushin 49b:4–5
- 14וכמ״ש בפרשה במדבר בד״ה וידבר · Numbers 1:2
- 15
- 16כי אבי ואמי עזבוני · Psalms 27:10
- 17הרועה בשושנים · Song of Songs 6:3
- 18אם יהיו חטאיכם כשנים כשלג ילבינו שהחטא נקרא אדום · Zohar, Shemot 49:354–50:364
- 19ותעניות למעט חלבו ודמו · Berakhot 17a:5
- 20אם יהיו חטאיכם . . ילבינו · Isaiah 1:18
- 21
- 22יאר ה׳ פניו · Numbers 6:25
Maintenir l’amour : Torah et bonté ¶8–9
3. Mais il est encore un autre [conseil] qu’il faut se donner : ce qui est écrit, « Dans les marchés et dans les rues, je chercherai celui qu’aime mon âme », etc.,
La troisième section apporte encore un conseil, tiré du Cantique des Cantiques : « Dans les marchés et dans les rues, je chercherai celui qu’aime mon âme. »
עד שמצאתי את שאהבה נפשי אחזתיו ולא ארפנו עד שהבאתיו אל בית אמי ואל חדר הורתי.2
« Jusqu’à ce que j’aie trouvé celui qu’aime mon âme ; je l’ai saisi et ne le laisserai pas partir, jusqu’à ce que je l’aie conduit dans la maison de ma mère et dans la chambre de celle qui m’a conçu. »
Le verset se poursuit ainsi : « Jusqu’à ce que j’aie trouvé celui qu’aime mon âme ; je l’ai saisi et ne le laisserai pas partir, jusqu’à ce que je l’aie conduit dans la maison de ma mère et dans la chambre de celle qui m’a conçu. » Chaque expression sera appliquée à la quête de l’âme.
L’explication : « qu’aime mon âme » (she’ahavah nafshi), [vocalisé] avec un kamats, exprime l’idée de « déjà » : ce que [mon âme] a déjà aimé. C’est-à-dire qu’Israël s’est élevé dans la Pensée primordiale ;
Dans « celui qu’aime mon âme » (she’ahavah nafshi), le verbe est vocalisé avec un kamats, ce qui lui donne le sens du passé : celui que mon âme a déjà aimé. Cela fait référence au fait qu’Israël s’est élevé dans la Pensée primordiale de D.ieu, avant la création.
וזהו בחינת טהורה היא5 קודם אתה בראת כמ״ש ע״פ יונתי בחגוי הסלע6 ומבחי׳ זו נמשך בה אור הגנוז היא בחי׳ אהבה המסותרת כנ״ל בפי׳ את האור
et c’est le niveau de « elle est pure », avant « Tu l’as créée », comme cela est expliqué à propos du verset « Ma colombe, dans les fentes du rocher ». De ce niveau, la lumière cachée est attirée en elle, c’est-à-dire le niveau de l’amour caché, comme expliqué plus haut au sujet du sens de « la lumière,
C’est l’état de l’âme désigné dans la bénédiction matinale Elokaï Nechama par les mots « [que Tu m’as donnée] est pure », qui précèdent « Tu l’as créée ». De ce niveau, la lumière cachée est attirée dans l’âme sous forme d’amour caché, comme expliqué plus haut (paragraphe 4) au sujet de « la lumière, qu’il était bon de cacher ».
qu’il était bon », de la cacher, etc. Ainsi, « celui qu’aime mon âme » désigne celui qu’elle aime depuis longtemps ; une idée semblable est expliquée à propos du verset « Vois, moi… », concernant le sens de « d’Eitan haEzra’hi », etc.
Voilà pourquoi il est dit « celui qu’aime mon âme » au passé : il s’agit d’un amour ancien. Une idée semblable est expliquée dans le discours sur « Vois, moi… », au sujet de l’expression « d’Eitan haEzra’hi ».
אך יש מי שאהבה זו היא בבחינת אבידה אצלו ובבחי׳ גלות כנ״ל ועל זה נאמר אבקשה את שאהבה נפשי, והנה בחינת החיפוש הוא בשווקים וברחובות במקום האבדה,
Mais il est des personnes chez qui cet amour se trouve dans un état de perte et d’exil, comme mentionné plus haut. C’est à leur sujet qu’il est dit : « Je chercherai celui qu’aime mon âme. » Or, la recherche a lieu « dans les marchés et dans les rues », là où la chose a été perdue ;
Chez certaines personnes, cet amour est perdu et en exil ; c’est à leur sujet qu’il est dit : « Je chercherai celui qu’aime mon âme. » La recherche se déroule « dans les marchés et dans les rues », là où il a été perdu.
אך אף גם אם מצא את האבדה הנה לא יתקיים בו אור ה׳ בלתי כלים כי זה גורם הסתלקות האור כנודע,
Mais même s’il a retrouvé la chose perdue, la lumière de D.ieu ne subsistera pas en lui sans réceptacles, car cela provoque le retrait de la lumière, comme on le sait.
Pourtant, même après avoir retrouvé l’amour perdu, la lumière de D.ieu ne demeurera pas dans une personne sans réceptacles pour la contenir ; comme on le sait, une lumière dépourvue de réceptacle se retire.
ולכן העצה לעשות כלים לאור ה׳ והם אותיות התורה כי בית אמי זו תורה שבכתב וחדר הורתי זו תורה שבעל פה910 וכמ״ש
C’est pourquoi le conseil est de façonner des réceptacles pour la lumière de D.ieu, et ce sont les lettres de la Torah. Car « la maison de ma mère » désigne la Torah écrite, et « la chambre de celle qui m’a conçu » désigne la Torah orale. Et comme il est écrit,
Il faut donc façonner des réceptacles pour la lumière de D.ieu ; ce sont les lettres de la Torah. « La maison de ma mère » désigne la Torah écrite, et « la chambre de celle qui m’a conçu » désigne la Torah orale.
כי הוי׳ אלהיך אש אוכלה הוא וכשם שא״א לאש להאחז בלי פתילה או שום דבר הנאחז בו.
« Car Havaya, ton D.ieu, est un feu dévorant » ; et de même qu’il est impossible au feu de prendre sans mèche, ou sans quelque chose auquel il puisse s’attacher,
D.ieu est appelé « un feu dévorant », et un feu ne peut s’attacher à rien sans mèche ni combustible auquel se fixer.
כך אחזתיו ולא ארפנו עד שהבאתיו כו׳. עמ״ש מזה בד״ה במדבר סיני באהל מועד,11 וכדאיתא בזהר12 על פסוק הרועה בשושנים שושנים ששונה הלכות כו׳.13
ainsi : « Je l’ai saisi et ne le laisserai pas aller jusqu’à ce que je l’aie amené », etc. Voyez ce qui est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par « Dans le désert du Sinaï, dans la Tente d’Assignation » ; et comme on le trouve dans le Zohar à propos du verset « qui fait paître parmi les roses » : chochanim (roses), [à lire comme] ché-choné halakhot (celui qui étudie les lois), etc.
L’amour qui a été trouvé doit donc être « saisi » et « introduit » dans la Torah, sa mèche, afin qu’il ne s’évanouisse pas. Le texte renvoie au discours sur « Dans le désert du Sinaï, dans la Tente d’Assignation », ainsi qu’à l’interprétation du Zohar de « qui fait paître parmi les roses (chochanim) » : il s’agit de ceux qui étudient (ché-chonim) les lois.
Le paragraphe apporte un troisième conseil : l’amour caché, qui remonte à la Pensée primordiale, doit, une fois retrouvé, être fermement retenu au moyen de réceptacles — les lettres de la Torah écrite et de la Torah orale — comme le feu a besoin d’une mèche.
Le Zohar cité dans la note Kehot (3:40b) interprète « la Torah et le commandement » comme désignant la Torah écrite et la Torah orale, et relie « la chambre de celle qui m’a conçu » à la source cachée d’où émane la Torah écrite. Dans le Zohar sur Chemot (2:20b), les roses de « qui se nourrit parmi les roses » sont interprétées comme désignant « ceux qui étudient la Torah ».
Maré mekomot
- 1בשווקים וברחובות אבקשה את שאהבה נפשי · Song of Songs 3:2–4
- 2בשווקים וברחובות אבקשה . . חדר הורתי · Song of Songs 3:2
- 3ישראל עלו במחשבה · ראה ב״ר רפ״א.
- 4ישראל עלו במחשבה הקדומה · Bereshit Rabbah 1:4
- 5בחי׳ טהורה היא · ברכת אלקי נשמה.
- 6יונתי בחגוי הסלע · Song of Songs 2:14
- 7ראה אנכי · Deuteronomy 11:26
- 8לאיתן האזרחי · Psalms 89:1
- 9וחדר . . תורה שבעל פה · ע׳ זח״ג (מ, ב). [כ].
- 10וחדר הורתי זו תורה שבעל פה · Zohar, Shmini 9:87–13:96
- 11במדבר סיני באהל מועד · Numbers 1:1
- 12וכדאיתא בזהר ע״פ הרועה · Zohar II, 20b
- 13כי ה״א אש אוכלה הוא · Deuteronomy 4:24
9ולכן כתיב הרועה כי ישראל מפרנסין לאביהם שבשמים1 מפני שע״י עסק התורה שהוא רצונו יתברך רוח אייתי רוח2
C’est pourquoi il est écrit : « celui qui nourrit » (haro’é), car Israël nourrit leur Père qui est aux cieux : par l’étude de la Torah, qui est Sa volonté, béni soit-Il, « un esprit apporte un esprit
C’est pourquoi le verset parle de « celui qui nourrit » : comme le dit le Zohar, Israël « nourrit leur Père qui est aux cieux ». L’étude de la Torah est la volonté de D.ieu et, comme le dit ailleurs le Zohar, un esprit d’en bas « apporte un esprit » d’en haut.
ואמשיך רוח להיות שורה ומתגלה בו בחינת פנימיות רצונו ית׳, כמו שע״י אכילת האדם מחבר נשמתו בגופו שיתפשטו בו כוחות נשמתו בהרחבה.
et attire un esprit », afin que le niveau de la dimension intérieure (pnimiyout) de Sa volonté, béni soit-Il, repose en lui et s’y révèle ; de même que, par la nourriture qu’il prend, l’homme rattache son âme à son corps, de sorte que les forces de son âme s’y déploient largement.
Par l’étude de la Torah, la dimension la plus intérieure de la volonté de D.ieu vient reposer et se révéler. La comparaison est celle de la nourriture : manger unit l’âme au corps, de sorte que les forces de l’âme s’y déploient librement.
כך כביכול ישראל מפרנסין לאביהם שבשמים על ידי התורה ומצות שהם רצונו ית׳ רוח אייתי רוח ואמשיך רוח להיות שורה ומתגלה בחינת הארת רצה״ע [רצון העליון] בהארת פנים כו׳
De même, pour ainsi dire, Israël nourrit leur Père qui est aux cieux par la Torah et les mitsvot, qui sont Sa volonté, béni soit-Il : « un esprit apporte un esprit et attire un esprit », afin que l’illumination de la Volonté suprême repose et se révèle dans le rayonnement du visage, etc.,
De même, pour ainsi dire, Israël « nourrit » leur Père qui est aux cieux par la Torah et les mitsvot, qui sont Sa volonté, et attire ainsi la lumière de la Volonté suprême dans le rayonnement de Son visage, les Treize Attributs.
ע״י אותיות התורה גם ע״י מצות הצדקה שהוא מדת החסד שהוא חיצוניות וכלי לבחי׳ האור והאהבה בחי׳ פנימיותו וכמ״ש כי באור פניך נתת לנו3 תורת חיים ואהבת חסד.
par les lettres de la Torah, ainsi que par la mitsva de la charité, qui est l’attribut de 'Hessed (bonté), dimension extérieure ('hitsoniyout) et réceptacle du niveau de la lumière et de l’amour, niveau de sa dimension intérieure ; comme il est écrit : « Car, par la lumière de Ton visage, Tu nous as donné une Torah de vie et un amour de bonté. »
Cette lumière est attirée par les lettres de la Torah et par la charité, qui est 'Hessed : la bonté est la forme extérieure et le réceptacle de la lumière et de l’amour qui en constituent le noyau intérieur. La prière l’exprime ainsi : « Car, par la lumière de Ton visage, Tu nous as donné une Torah de vie et un amour de bonté. »
פי׳ כי לאור פני ה׳ שהוא בחי׳ האור יש שני כלים שהם תורה וחסד כנ״ל:
Cela signifie que la lumière du visage de D.ieu, qui est le niveau de la lumière, possède deux réceptacles, à savoir la Torah et 'Hessed, comme il a été mentionné plus haut.
La lumière du visage de D.ieu possède donc deux réceptacles, la Torah et 'Hessed, comme le montrent les mots de la prière.
Ce paragraphe explique l’expression « celui qui nourrit » : par la Torah et la charité, qui sont la volonté de D.ieu, Israël « nourrit leur Père qui est aux cieux » et attire Sa volonté intérieure afin qu’elle repose ici-bas, de même que la nourriture rattache l’âme au corps. La Torah et la bonté sont les deux réceptacles de la lumière de Son visage.
Le Zohar sur Vayikra (3:7b) enseigne que lorsqu’il y a de la nourriture en bas, il y en a en haut, comme un roi qui ne s’attable pour son propre repas qu’une fois celui de ses serviteurs préparé. Dans le Zohar sur Terumah (2:162b), « un esprit attire un esprit et apporte un esprit » enseigne que tout dépend de la volonté : quiconque aime le Saint béni soit-Il éveille Sa main droite en sa faveur.
Maré mekomot
- 1ישראל מפרנסין לאביהם שבשמים · Zohar III, 7b
- 2רוח אייתי רוח · Zohar II, 162b
- 3כי באור פניך נתת לנו · ברכת שים שלום.
Résumé ¶10–11
10קיצור מד״ה אני לדודי
Résumé du discours commençant par « Je suis à mon bien-aimé ».
Ici commence un résumé (kitsour) du discours, qui en reprend brièvement les points principaux et ajoute d’autres références.
Titre introduisant le résumé du discours.
11(א) באלול מתחיל בחי׳ אני לדודי1 דהיינו אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] ובראש השנה ויום הכפורים הוא ודודי לי היינו המשכת אלקותו למטה מתחלה שמאלו תחת לראשי2 יראה.
(1) En Eloul commence le niveau de « Je suis à mon bien-aimé », c’est-à-dire un éveil d’en bas ; et à Roch Hachana et à Yom Kippour, c’est « et mon bien-aimé est à moi », c’est-à-dire la descente de Sa divinité ici-bas : d’abord, « Sa gauche est sous ma tête », la crainte.
La première section du résumé reprend l’ouverture : Eloul est « Je suis à mon bien-aimé », l’éveil d’en bas, tandis que Roch Hachana et Yom Kippour sont « et mon bien-aimé est à moi », la descente de la divinité, qui commence par « Sa gauche est sous ma tête », la crainte.
באלול יג״מ [י״ג מדות] וא״כ למה אינם יו״ט [יום טוב] (ע׳ [עיין] כה״ג [כהאי גוונא] גבי פורים בד״ה חייב אינש כו׳ עד דלא ידעי).3
En Eloul, les Treize Attributs ; si tel est le cas, pourquoi ces jours ne sont-ils pas des jours de fête ? (Voir un cas analogue à propos de Pourim, dans le discours qui commence par « Une personne est tenue », etc., « jusqu’à ce qu’elle ne sache plus ».)
La question est la suivante : les Treize Attributs se révèlent en Eloul ; pourquoi ses jours ne sont-ils donc pas des jours de fête ? Une discussion parallèle sur Pourim se trouve dans le discours consacré à l’énoncé talmudique : « Une personne est tenue [de boire à Pourim] jusqu’à ce qu’elle ne sache plus. »
אך זהו כמו עד״מ מלך שיוצאים להקביל פניו בשדה. יאר ה׳ פניו הוא ענין יג״מ [י״ג מדות].
Mais cela s’explique par l’analogie d’un roi que l’on va accueillir dans les champs. « Que Havaya fasse rayonner Son visage » désigne les Treize Attributs.
La réponse est donnée par la parabole du roi que l’on accueille dans les champs. Le verset « Que Havaya fasse rayonner Son visage » fait référence aux Treize Attributs.
ובחי׳ יאר היינו מ״ש אל ה׳ ויאר לנו4 עמ״ש מזה בד״ה ראשי המטות,5 וזהו ישראל ישר אל (עמ״ש בפי׳ לעשות הישר6 סד״ה כי תשמע בקול) שבחינת אל הוא שר ומושל בקרבו:(ב)
Et le niveau du « rayonnement » correspond à ce qui est écrit : « Havaya est Kel, et Il nous a éclairés » ; voir à ce sujet le discours qui commence par « Les chefs des tribus ». C’est là le sens de Yisrael : yashar Kel (voir ce qui est écrit sur le sens de « faire ce qui est droit » à la fin du discours qui commence par « Lorsque tu écouteras la voix »), car le niveau de Kel est celui d’un prince et d’un souverain en son sein. (2)
Le « rayonnement » est la lumière évoquée par « Havaya est Kel, et Il nous a éclairés », dont il est question dans le discours sur « Les chefs des tribus ». Le nom Yisrael se lit aussi yashar Kel, « droit vers Kel » ; il renvoie au discours sur « faire ce qui est droit », car Kel règne au-dedans du Juif. Le signe (2) ouvre la deuxième section du résumé.
והנה יש באדם בחי׳ עיר מושב כמ״ש סד״ה בפ׳ נסכים7 בפי׳ ארץ מושבותיכם,8 ובחינת שדה עמ״ש בת״א [בתורה אור] פ׳ חיי ע״פ ויצא יצחק לשוח בשדה.9
Or, il existe chez l’homme le niveau d’une ville habitée, comme l’explique la fin du discours sur la section des libations, à propos du sens de « le pays de vos demeures » ; et le niveau d’un champ : voir ce qui est écrit dans Torah Ohr, Parachat ‘Hayé Sarah, sur le verset « Yits’hak sortit pour méditer dans le champ ».
Deuxième section : il existe chez l’homme une ville habitée ; voir à ce sujet le discours sur les libations (« le pays de vos demeures »). Il existe aussi un champ ; voir Torah Ohr, ‘Hayé Sarah, à propos de Yits’hak qui sortit « pour méditer dans le champ ».
ובחינת מדבר זהו ארץ לא זרועה10 (עמ״ש בד״ה אלה מסעי11 ומ״ש מענין זריעה בד״ה האזינו השמים12 ובד״ה בשלח פרעה ובד״ה ששים המה מלכות)13
Et le niveau du désert, c’est « une terre qui n’a pas été ensemencée » (voir ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Voici les étapes », et ce qui est écrit sur la question des semailles dans les discours qui commencent par « Écoutez, ô cieux », « Lorsque Pharaon renvoya » et « Il y a soixante reines »),
Il y a également un désert, « une terre qui n’a pas été ensemencée ». La parenthèse énumère des discours sur les étapes dans le désert et sur l’idée des semailles.
« où aucun homme n’a habité », à l’inverse de ce qui est écrit : « D.ieu habiterait-il vraiment sur la terre ? » Le remède à cela est ce qui est écrit : « Et tu chercheras à partir de là. »
Dans le désert, « aucun homme n’a habité » ; c’est l’inverse de l’étonnement de Chlomo : « D.ieu habiterait-il vraiment sur la terre ? » Le remède est : « Et tu chercheras à partir de là. »
כי את האור כי טוב18 לגנוז בחי׳ אל ה׳ ויאר לנו שבבחינת ישר אל. אך יש מי שהוא בבחינת אבידה אצלו.
Car « la lumière, qui était bonne » fut mise en réserve : c’est le niveau de « Havaya est Kel, et Il nous a éclairés », qui se trouve au niveau de yashar Kel. Mais chez certains, elle se trouve dans un état de perte,
La lumière mise en réserve est le niveau de « Havaya est Kel, et Il nous a éclairés », présent en Yisrael, yashar Kel. Pourtant, chez certaines personnes, elle s’est perdue.
ע״ד איזהו שוטה המאבד19 שם מה שנותנין לו. וע״ד מ״ש ובאו האובדים בארץ אשור.20 וכתיב תעיתי כשה21 אובד.22
à la manière de : « Qui est un sot ? Celui qui perd là ce qu’on lui donne » ; et à la manière de ce qui est écrit : « Ceux qui se sont perdus au pays d’Achour viendront » ; et il est écrit : « J’ai erré comme une brebis perdue. »
Trois paroles au sujet de la perte : la définition talmudique du sot, celui qui perd ce qu’on lui donne — le mot « là », sham, dans le texte ne figure pas dans la formulation du Talmud — ; la parole d’Isaïe : « ceux qui se sont perdus au pays d’Achour » ; et celle du psalmiste : « J’ai erré comme une brebis perdue. »
ועיין מזה בגמ׳ [בגמרא] ספ״ג [סוף פרק ג׳] דמכות23 (דף כ״ד סע״א [סוף עמוד א]) ובמהרש״א [ובמהרש״א] שם בח״א [בחידושי אגדות] ועיין ברבות פ׳ קרח24 ובפ׳ בשלח25 ס״פ כ״ד מה הצאן כו׳
Voyez à ce sujet la Guemara, à la fin du troisième chapitre de Makkot (folio 24, fin du côté a), ainsi que le Maharsha à cet endroit, dans les ‘Hidouchei Aggadot ; voyez également le Midrach Rabbah sur la paracha de Kora’h et sur la paracha de Bechala’h, à la fin du chapitre 24 : « De même que les brebis… »,
Pour davantage à ce sujet : à la fin du troisième chapitre de Makkot, le Talmud interprète « Vous vous perdrez parmi les nations » comme « à la manière d’un objet perdu que l’on recherche », comme dans « J’ai erré comme une brebis perdue ; cherche Ton serviteur », et le Maharsha commente ce passage. Le Midrach sur Kora’h et sur Bechala’h ajoute : « De même que les brebis… »
אף ישראל אע״פ [אף על פי] שחוטאין26 כו׳ ע״ש וזהו כשה אובד. וצריך לחפש במקום שנאבדה שיפשפש במעשיו, וזהו ובקשתם משם, וישוב אל27 ה׳ וירחמהו,
« ainsi Israël, bien qu’ils pèchent », etc. ; voyez là-bas. C’est là « comme une brebis perdue ». Il faut chercher à l’endroit où elle s’est perdue, c’est-à-dire examiner ses actes ; c’est là « Et vous chercherez de là » et « il retournera vers Havaya, et Il aura pitié de lui »,
« …ainsi Israël, bien qu’ils pèchent », le Saint béni soit-Il continue de les conduire comme un troupeau. C’est cela, la « brebis perdue » : il faut chercher où elle s’est perdue, en examinant ses actes, et « retourner vers Havaya, et Il aura pitié de lui ».
(ומזה יבא לבחי׳ שמע שם ע׳ [עיין] וגם יתעלה בחי׳ מדבר הנ״ל להיות ומדברך נאוה28 כמ״ש בד״ה במדבר סיני באהל מועד29 שע״י התשובה יבא לבחינת מדבר אשר לא ישב אדם שם שלמעלה ממדרגת אדם ונק׳ במדבר הגדול והנורא).
(et de là, il parviendra au niveau de Chéma : sham [et] la lettre ayin. Le niveau du désert mentionné plus haut sera également élevé, pour devenir « et ta parole (midbare’h) est belle », comme il est expliqué dans le discours commençant par « Dans le désert du Sinaï, dans la Tente d’assignation » : grâce à la techouva (retour), on parvient au niveau d’un désert « où aucun homme n’a habité », qui est au-dessus du degré de l’homme et est appelé « le grand et redoutable désert »).
De là, on parvient au niveau de Chéma : les lettres de שמע sont celles de sham, « là », auxquelles s’ajoute la lettre ayin. Le désert lui-même est élevé et devient « ta parole (midbare’h) est belle » : grâce à la techouva, on atteint un désert supérieur, « où aucun homme n’a habité », parce qu’il est au-dessus du niveau de l’homme, et qui est appelé « le grand et redoutable désert ».
אך האדם אשר לא ירגיש הרחמנות בנפשו זהו מפני שנפגם כ״כ [כל כך] עד שנפרד ונכרת משרשו,
Mais si une personne ne ressent pas la compassion dans son âme, c’est parce qu’elle a été si profondément altérée qu’elle s’est séparée de sa racine et en a été retranchée
Celui qui ne ressent pas de compassion dans son âme a été si profondément altéré qu’il est retranché de sa racine.
(וכרת הואנגד בחי׳ כתר כמ״ש במא״א [במאורי אור] אות כ׳ סט״ו) ומזה אדרבה יעורר עליו רחמים יותר גדולים, ועי״ז יש תקוה.
(et le kares correspond au niveau de Kéter (la Couronne), comme il est écrit dans Me'orei Or, lettre kaf, section 15) ; de là, au contraire, qu’il suscite sur lui-même une miséricorde encore plus grande, et ainsi il y a de l’espoir.
Le mot kares (כרת), qui signifie être retranché, est formé des mêmes lettres que Kéter (כתר), et le lexique kabbalistique Me'orei Or, cité dans le résumé, indique qu’il correspond à Kéter. Il doit donc susciter sur lui-même une miséricorde encore plus grande ; ainsi, il y a de l’espoir.
וזהו הרועה בשושנים בחי׳ יג״מ [י״ג מדות]. ועוד פי׳ בשושנים ע״ד אם יהיו חטאיכם כשנים30 מבחי׳ אדום כשלג ילבינו.
Et c’est là « celui qui fait paître parmi les roses », le niveau des Treize Attributs. Autre explication de « parmi les roses » : à la manière de « Si vos péchés sont comme l’écarlate », issus du niveau du rouge, « ils deviendront blancs comme la neige »,
« Celui qui fait paître parmi les roses » correspond au niveau des Treize Attributs. Selon une seconde interprétation, le rouge des roses qui devient blanc évoque : « Si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige. »
כמו שושנה אתהפך מגוון סומק לגוון חוור31 ע״י אש ועמ״ש מענין אש בד״ה והיה לכם לציצית32 ובפ׳ בהר ע״פ כי תבואו כו׳ ושבתה הארץ33 כו׳ ועי״ז יאר ה׳ פניו.
comme la rose, qui passe d’une teinte rouge à une teinte blanche par le feu. Voyez aussi ce qui est écrit au sujet du feu dans le discours commençant par « Et cela sera pour vous des tsitsit », ainsi que dans la paracha de Behar, sur le verset « Quand vous viendrez », etc. : « la terre se reposera », etc. Grâce à cela, « Havaya fera luire Sa face ».
La rose passe du rouge au blanc par le feu. Le résumé renvoie aux discours sur le feu, « Et cela sera pour vous des tsitsit » et, dans la paracha de Behar, « Quand vous viendrez… la terre se reposera » ; grâce à cela, « Havaya fera luire Sa face ».
גם י״ל [יש לומר] שושנים רומז לבחי׳ ברזא סומקא לסוסיא חיוורא34 וזהו ג״כ ענין לשון של זהורית כו׳
On peut également dire que les chochanim évoquent le niveau de « la lanière rouge sur le cheval blanc » ; c’est aussi le sens de la bande de laine écarlate, etc. ;
Les roses peuvent également évoquer l’image talmudique de « la lanière rouge sur le cheval blanc », le rouge se détachant sur le blanc, ainsi que la bande de laine écarlate.
וה״ע [וזהו ענין] בגדי לבן ובגדי זהב35 כמ״ש ברע״מ [ברעיא מהימנא] פ׳ פנחס (דף רנ״ה ע״ב) ועמ״ש בד״ה למנצח על השמינית וכענין מ״ש בדוד אדמוני עם יפה עינים36 ועמ״ש בביאור ע״פ וכל37 בניך:(ג)
et c’est là le sens des vêtements blancs et des vêtements d’or, comme il est écrit dans le Raaya Mehemna, Paracha Pin’has (folio 255b). Voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Au chef des chantres, sur la sheminit » ; de même, ce qui est écrit au sujet de David : « roux, aux beaux yeux » ; et voir ce qui est écrit dans l’explication du verset « Et tous tes enfants ». (3)
Il s’agit du thème des vêtements blancs et des vêtements d’or du Grand Prêtre, abordé dans le Raaya Mehemna sur Pin’has, ainsi que de David, « roux, aux beaux yeux ». Le repère (3) ouvre la troisième partie du résumé.
ועוד צ״ל מ״ש אחזתיו ולא ארפנו38 כו׳ כי שאהבה נפשי בקמץ הוא לשון כבר. ע״ד כבר היו לעולמים כי ישראל עלו במחשבה הקדומה.
En outre, il faut comprendre ce qui est écrit : « Je l’ai saisi et ne le laisserai pas partir », etc. En effet, « chéahava nafchi », avec un kamats, exprime l’idée de « déjà », comme dans « cela existe déjà depuis des temps anciens » ; car Israël est apparu dans la Pensée primordiale.
Troisième partie : après avoir trouvé l’amour, il faut en venir à « Je l’ai saisi et ne le laisserai pas partir ». Chéahava, avec un kamats, signifie « déjà », comme dans « cela existe déjà depuis des temps anciens » : Israël est apparu dans la Pensée primordiale.
וזהו ואני בתוך הגולה על נהר כבר,39404142 ועיין מענין כבר ברבות בראשית פט״ז43 ובזהר בראשית (ד״ו ע״ב)44
C’est là le sens de « J’étais parmi les exilés, près du fleuve Kevar ». Voir aussi ce qui concerne Kevar dans Bereshit Rabbah, chapitre 16, et dans le Zohar, Bereshit (folio 6b),
Cela est suggéré par les mots d’Ézéchiel « près du fleuve Kevar », dont le nom signifie « déjà ». Le résumé renvoie au Midrash Rabbah sur Bereshit, chapitre 16, et au Zohar (1:6b), au sujet du fleuve Kevar.
ובמק״מ [ובמקדש מלך] והרמ״ז [והרב משה זכות] שם ובזח״ג [ובזהר חלק ג] פנחס (דרמ״ז ע״א)45 ועמ״ש בת״א [בתורה אור] בד״ה ואלה המשפטים גבי כי תקנה עבד עברי.46
ainsi que dans le Mikdash Melekh et le Ramaz, à cet endroit, et dans le Zohar, partie III, Pin’has (folio 247a) ; voir aussi ce qui est écrit dans Torah Ohr, dans le discours commençant par « Et voici les ordonnances », à propos de « Si tu acquiers un serviteur hébreu ».
Cela renvoie également aux commentaires du Zohar Mikdash Melekh et Ramaz, au Zohar sur Pin’has (247a), ainsi qu’au discours de Torah Ohr sur « Et voici les ordonnances », à propos de « Si tu acquiers un serviteur hébreu ».
ואחר שימצא גילוי אהבה זו צ״ל אחזתיו כו׳ ולהביאו אל בית אמי זו תורה שבכתב47 עיין זח״ב [זהר חלק ב׳] ויקהל (דף ריש).
Une fois révélée cette qualité d’amour, il faut dire : « Je l’ai saisi », etc., et le conduire « dans la maison de ma mère » — c’est la Torah écrite. Voir le Zohar, partie II, Vayakhel (folio 200).
Une fois cet amour révélé, il faut le saisir et le conduire « dans la maison de ma mère », qui est la Torah écrite. Le résumé renvoie au Zohar sur Vayakhel, folio 200 (écrit ריש, la lettre rech, dont la valeur numérique est 200), où le livre céleste est appelé Torah écrite.
וחדר הורתי זו תשבע״פ [תורה שבעל פה], ועמ״ש בד״ה ראה אנכי גבי ונר דלוק על ראשו ומלמדין אותו48 כו׳, ועמ״ש בד״ה ועשית בגדי קדש לאהרן אחיך.49
Et « dans la chambre de celle qui m’a conçu », c’est la Torah orale. Voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Vois, moi… », à propos de « une lampe est allumée au-dessus de sa tête et on lui enseigne », etc. ; voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Tu feras des vêtements sacrés pour Aharon ton frère ».
« La chambre de celle qui m’a conçu » désigne la Torah orale. Le résumé renvoie au discours « Vois, moi… », à propos de la description talmudique de l’enfant dans le ventre maternel : « une lampe est allumée au-dessus de sa tête » tandis qu’« on lui enseigne » toute la Torah ; il renvoie aussi au discours sur les vêtements sacerdotaux.
וזהו ענין הרועה בשושנים ששונים הלכות50 ישראל מפרנסין ומתפרנסין עמ״ש בפי׳ רעיתי בד״ה אני ישנה,51 ובפי׳ לכו לחמו בלחמי52 בד״ה יונתי בחגוי.
Et c’est là le sens de « qui fait paître parmi les roses (chochanim) » : ceux qui étudient (chéchonim) les lois. Israël nourrit et est nourri ; voir ce qui est écrit sur le sens de « ma compagne » dans le discours commençant par « Je dors », et sur le sens de « Venez, mangez de mon pain » dans le discours commençant par « Ma colombe, dans les fentes ».
« Qui fait paître parmi les roses (chochanim) » désigne ceux qui étudient (chéchonim) les lois. Israël nourrit D.ieu et est nourri par Lui ; le résumé renvoie aux discours « Je dors » (sur « ma compagne ») et « Ma colombe » (sur « Venez, mangez de mon pain »).
Et au sujet des deux réceptacles, la Torah et le 'Hessed (bonté), voir ce qui est écrit dans l’explication du verset « Je suis Havaya, votre D.ieu », dans la section des tsitsit, à la fin.
Au sujet des deux réceptacles de la lumière, la Torah et le 'Hessed, voir la fin de l’explication de « Je suis Havaya, votre D.ieu » dans la section des tsitsit.
Le résumé reprend les trois sections du maamar : Eloul, le roi dans les champs et l’étincelle de Kel en Yisrael ; la recherche « à partir de là », avec compassion et avec feu ; et la préservation de l’amour retrouvé dans les réceptacles de la Torah et de la bonté. Il ajoute un ensemble de sources et de renvois.
Les notes du Kehot retracent plusieurs des sources du résumé. Yahel Or, citant le Maharsha sur Makot, explique que l’« agneau » des lois de la Torah sur les objets perdus fait allusion à Knesset Israël, appelé « un mouton égaré », dont le propriétaire, le Saint béni soit-Il, cherche à le ramener de son égarement.
Maré mekomot
- 1אני לדודי · Song of Songs 6:3
- 2שמאלו תחת לראשי · Song of Songs 2:6
- 3חייב אינש כו׳ עד דלא ידעי · Megillah 7b:7–8
- 4אל ה׳ ויאר לנו · Psalms 118:27
- 5ראשי המטות · Numbers 30:2
- 6לעשות הישר · Deuteronomy 13:19
- 7סד״ה בפ׳ נסכים · לעיל שלח מ, א ואילך.
- 8ארץ מושבותיכם · Numbers 15:2
- 9ויצא יצחק לשוח בשדה · Genesis 24:63
- 10ארץ לא זרועה · Jeremiah 2:2
- 11אלה מסעי · Numbers 33:1
- 12האזינו השמים · Deuteronomy 32:1
- 13ששים המה מלכות · Song of Songs 6:8
- 14אשר לא ישב אדם שם · Jeremiah 2:6
- 15האמנם ישב אלקים על הארץ · מ״א ח, כז ושם כתיב ”כי” האומנם. [כ].
- 16האמנם ישב אלקים על הארץ · I Kings 8:27
- 17ובקשתם משם · Deuteronomy 4:29
- 18את האור כי טוב · Genesis 1:4
- 19איזהו שוטה המאבד · Chagigah 4a:1–2
- 20ובאו האובדים בארץ אשור · Isaiah 27:13
- 21
- 22תעיתי כשה אובד · Psalms 119:176
- 23בגמרא ספ״ג דמכות . . ובמהרש״א בח״א · ”כאבידה המתבקשת דכתיב תעיתי כשה אובד בקש עבדך כו׳, וע׳ במהרש״א שם שע״ז רומז שה דאבידה שארז״ל פרק אלו מציאות שה דאבידה שארז״ל פרק אלו מציאות שה דאבידה קשיא שהוא מיותר, אלא דרומז על כנס״י הנק׳ שה פזורה והם הם שה דאבידה שבתורה שהש״י הוא בעלי׳ של אותו השה ומבקש להוציאו מאבידתו כו׳” — יהל אור ע׳ תעז.
- 24ועי׳ ברבות פ׳ קרח · יח, יא.
- 25ברבות פ׳ קרח ובפ׳ בשלח · ראה יהל אור ע׳ תעז.
- 26מה הצאן כו׳ אף ישראל אע״פ שחוטאין · Shemot Rabbah 24:3
- 27וישוב אל ה׳ וירחמהו · Isaiah 55:7
- 28ומדברך נאוה · Song of Songs 4:3
- 29במדבר סיני באהל מועד · Numbers 1:1
- 30אם יהיו חטאיכם כשנים · Isaiah 1:18
- 31שושנה אתהפך מגוון סומק לגוון חוור · Zohar II, 20a
- 32והיה לכם לציצית · Numbers 15:39
- 33כי תבואו כו׳ ושבתה הארץ · Leviticus 25:2
- 34ברזא סומקא לסוסיא חיורא · Chagigah 9b:12
- 35בגדי לבן ובגדי זהב · Zohar, Pinchas 120:811–121:822
- 36אדמוני עם יפה עינים · I Samuel 16:12
- 37בביאור ע״פ וכל בניך · לעיל לא, ב.
- 38אחזתיו ולא ארפנו · Song of Songs 3:4
- 39ואני בתוך הגולה על נהר כבר · Ezekiel 1:1
- 40נהר כבר · Bereshit Rabbah 16:3–4
- 41ואני בתוך הגולה על נהר כבר · Zohar, Introduction 12:92–104
- 42ואני בתוך הגולה על נהר כבר · Zohar, Pinchas 96:656–97:662
- 43ברבות בראשית פט״ז · נעתק באוה״ת נ״ך כרך א ע׳ שצ.
- 44ובזהר בראשית ד״ו ע״ב · הלשון באוה״ת שה״ש ע׳ קל. ע״ש. אוה״ת נ״ך כרך א ע׳ שצ.
- 45ובזח״ג פנחס דרמ״ז ע״א · הלשון באוה״ת נ״ך ע׳ שצא, נזכר לעיל פ׳ בלק עד, ג. אוה״ת פ׳ בלק ע׳ א׳לד.
- 46כי תקנה עבד עברי · Exodus 21:2
- 47בית אמי זו תורה שבכתב · Zohar, Vayakhel 7:98–10:107
- 48ונר דלוק על ראשו ומלמדין אותו · Niddah 30b:19–20
- 49ועשית בגדי קדש לאהרן אחיך · Exodus 28:2
- 50הרועה בשושנים ששונים הלכות · Zohar, Shemot 50:364–51:374
- 51אני ישנה · Song of Songs 5:2
- 52לכו לחמו בלחמי · Proverbs 9:5
- 53יאר ה׳ פניו · Numbers 6:25
- 54כבר היו לעולמים · Ecclesiastes 1:10
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
En Eloul, chacun doit aller à la rencontre du Roi : examiner ses actes, ses paroles et ses pensées passés « de là », là où l’étincelle a été perdue, et éveiller de la compassion pour l’étincelle divine en exil. S’il ne ressent rien, il doit prendre cet engourdissement même comme une raison d’éprouver une compassion encore plus grande ; si cela non plus ne l’éveille pas, il reste le « feu d’en bas » du jeûne. Et une fois l’amour trouvé, il doit le maintenir fermement par l’étude de la Torah et la charité.
Questions à discuter
- Pourquoi Eloul n’est-il pas une fête, bien que les Treize Attributs de miséricorde y brillent, et comment la parabole du roi dans les champs répond-elle à cette question ?
- Que signifie le fait que l’étincelle de Kel en chaque Juif soit supérieure à 'Hokhma et à Daat, et pourquoi faut-il mettre de côté sa propre volonté pour qu’elle brille ?
- Pourquoi faut-il chercher « de là », et quelle est la différence entre « ceci » (zeh) et « là » (sham) ?
- Selon la parabole du membre sectionné, que doit conclure celui qui examine ses actes sans éprouver de douleur, et que doit-il faire ?
- Pourquoi l’amour trouvé a-t-il besoin de réceptacles, et pourquoi la Torah et la charité sont-elles les deux réceptacles ?