Likkutei Torah · Parshas Re’eh · Maamar 4
כי תשמע בקול ה׳ אלקיך לשמור את כל…
Quand tu écouteras la voix de Havaya, ton D.ieu
L’idée centrale
La crainte qui naît de la contemplation de la création n’est que la clé extérieure ; la Torah est la clé intérieure, par laquelle l’essence même de D.ieu — le « Je » qui ordonne « aujourd’hui » — se révèle dans l’âme. Cette lumière ne subsiste que dans les réceptacles des mitsvot accomplies dans ce monde, et elle a pour but un bitoul où le haut et le bas sont au même niveau : les deux « yeux » de D.ieu ne font qu’un.
Le maamar en bref
Le maamar explique le verset « Quand tu écouteras la voix de Havaya, ton D.ieu, pour observer tous Ses commandements… et faire ce qui est droit à Ses yeux », ainsi qu’une difficulté : D.ieu n’a qu’un seul « œil » sur ceux qui Le craignent, mais deux « yeux » sur les justes. La Torah et la crainte sont respectivement la clé intérieure et la clé extérieure évoquées par le Talmud. La contemplation de la manière dont D.ieu donne la vie aux mondes et aux anges suscite la crainte, mais elle n’atteint que Son rayonnement, la lumière dont les âmes jouissent dans le Monde futur. La Torah, le Nom de D.ieu, « appelle » Son essence même : écouter « dans la voix », c’est atteindre sa dimension intérieure, la Lumière infinie, devant laquelle tous les mondes ne sont rien. Il y a un ordre à respecter, la cour extérieure avant la cour intérieure : les Pessoukei dezimra, le Chema, puis la Amida ; et la Torah maintient tout au long de la journée le bitoul de la prière. La lumière de la Torah a besoin des mitsvot comme d’une lampe : la charité, qui représente l’ensemble des mitsvot, fait du cœur une demeure, et c’est dans les mitsvot accomplies « aujourd’hui » que l’essence de D.ieu se révèle, davantage que dans le Monde futur. Enfin, les deux yeux sont l’unité supérieure et l’unité inférieure, que la dimension intérieure de la Torah met au même niveau, « yashar ».
Plan
- Le verset, les deux yeux et les deux clésLa Torah est la clé intérieure et la crainte, la clé extérieure. Les mitsvot attirent le rayonnement dont on jouit au Gan Eden ; dans ce monde, où le corps le dissimule, il faut le faire apparaître en contemplant comment D.ieu donne la vie aux mondes et aux anges.¶1–2
- La crainte et la clé intérieureLa crainte suscitée par la création ne touche que le rayonnement de D.ieu. La clé intérieure révèle la Lumière infinie elle-même, devant laquelle ce monde et le Monde futur ne sont véritablement rien, de sorte que Lui seul existe à présent comme avant la Création.¶3
- La Torah appelle D.ieu Lui-mêmeL’amour est le désir que D.ieu se révèle à l’âme. Cela se réalise par la Torah, Sa « voix » et Son Nom, qui, étant Sa sagesse et Sa volonté, appelle et attire Son essence même : Il est proche de tous ceux qui L’appellent.¶4–6
- Dans la voix et l’ordre de la prière« Bekol », « dans la voix », désigne sa dimension intérieure. La cour extérieure est celle des Pessoukei dezimra, la cour intérieure celle du Chema, et la maison du roi, la Amida ; la Torah, qui est au-dessus du temps, maintient le bitoul de la prière fermement établi dans le cœur tout au long de la journée.¶7–8
- Les mitsvot, lampe de la lumière de la TorahLa Lumière infinie réside dans un cœur purifié par les commandements. La Torah seule est une lumière sans réceptacle ; les mitsvot, résumées par la charité et la bonté, en sont la lampe, et D.ieu a voulu que Son essence se révèle dans les mitsvot accomplies « aujourd’hui », tandis que le Monde futur n’est qu’un rayonnement.¶9–12
- Pourquoi le Monde futur exige des souffrancesLe rayonnement du Monde futur descend par de nombreux niveaux, et chaque âme doit être adaptée à la mesure qui lui correspond ; dans ce monde, l’essence se révèle, devant laquelle le petit et le grand sont égaux.¶13
- Les deux unités et les deux yeuxLe but de la Torah et des mitsvot est le bitoul. D.ieu regarde d’en haut vers le bas — c’est l’unité supérieure — ou d’en bas vers le haut — c’est l’unité inférieure ; ceux qui Le craignent reçoivent un seul œil, tandis que, chez les justes, les deux sont égaux, l’unité supérieure résidant dans l’unité inférieure.¶14–17
- Modim et faire ce qui est droitDans Modim, nous reconnaissons que tout est comme rien devant D.ieu ; la dimension intérieure de la Torah, où le haut et le bas sont égaux, révèle cela ici-bas comme dans les mondes supérieurs. C’est « faire ce qui est droit (yashar) » : mettre les deux yeux au même niveau.¶18
Notions clés
- Les clés intérieure et extérieureמפתחות הפנימיות ומפתחות החיצוניות
- L’image talmudique d’un trésorier : la Torah est la clé des portes intérieures, la crainte du Ciel celle de la porte extérieure. La crainte doit venir en premier, car sans elle, il n’y a pas d’accès.
- Rayonnement et illuminationזיו והארה
- Une simple lueur de la lumière de D.ieu, qui fait exister les mondes et dont les âmes jouissent dans le Monde futur ; elle n’est rien en comparaison de Son essence.
- Le « Je » lui-mêmeאנכי ממש
- L’essence même de D.ieu, par opposition à Son « Nom » ou à Son rayonnement. Elle se révèle par la Torah et est préservée dans les mitsvot accomplies « aujourd’hui », dans ce monde.
- Dans la voix, et non vers la voixבקול ולא לקול
- Écouter « la voix », c’est saisir le flux extérieur qui va du caché au révélé ; écouter « dans la voix », c’est atteindre ce qui est en elle, la Lumière infinie elle-même.
- La mitsva comme lampeנר לאור התורה
- De même qu’une flamme a besoin d’huile, d’une mèche et d’une lampe, la lumière révélée par la Torah a besoin des mitsvot, accomplies concrètement, pour la contenir et l’empêcher de se retirer à sa source.
- La charité, l’ensemble des mitsvotצדקה כללות המצות
- Chaque mitsva, comme la charité, attire la vie vers le bas ; la charité est donc appelée simplement « la mitsva » et représente toutes les mitsvot. Par elle, l’homme devient une demeure pour la Lumière infinie.
- L’unité supérieure et l’unité inférieureיחודא עילאה ויחודא תתאה
- L’unité supérieure, de haut en bas, considère que tout est comme rien devant D.ieu (le Nom Havaya) ; l’unité inférieure, de bas en haut, considère le monde comme une « réalité » qui s’annule devant Lui (le Nom Elokim). Ce sont les deux « yeux » de D.ieu.
Le verset, les deux yeux et les deux clés ¶1–2
« Lorsque tu écouteras la voix de Havaya, ton D.ieu, pour garder tous Ses commandements que je t’ordonne aujourd’hui, et faire ce qui est droit aux yeux de Havaya, ton D.ieu. »
Le maamar s’ouvre sur son verset, Deutéronome 13:19, tiré de la paracha de Réé. Chaque expression sera expliquée à son tour : écouter « la voix » désigne la Torah, garder « tous Ses commandements » désigne ce qui préserve la lumière de la Torah, et faire « ce qui est droit » désigne le but auquel tend l’ensemble du maamar.
הנה כתיב עין ה׳ אל יראיו5 וכתיב עיני ה׳ אל צדיקים.6 והענין יובן כי הנה התורה נקראת מפתחות הפנימיות והיראה נקרא מפתחות החיצוניות.
Or, il est écrit : « L’œil de Havaya est tourné vers ceux qui Le craignent », et il est écrit : « Les yeux de Havaya sont tournés vers les justes. » La question s’éclairera [comme suit] : la Torah est appelée « les clés intérieures », et la crainte est appelée « les clés extérieures ».
Deux versets des Psaumes parlent différemment du regard de D.ieu : un œil unique vers ceux qui Le craignent (Psaumes 33:18), et deux yeux vers les justes (Psaumes 34:16) ; la différence sera expliquée vers la fin du maamar. Pour commencer, on s’appuie sur une image talmudique : la Torah est la clé des portes intérieures, et la crainte de D.ieu, celle des portes extérieures.
Le maamar présente son verset et une énigme : un verset parle de l’œil unique de D.ieu tourné vers ceux qui Le craignent, un autre de Ses deux yeux tournés vers les justes. Il amorce sa réponse en présentant la Torah et la crainte comme les clés intérieures et extérieures.
Les notes de Kehot recensent d’autres versions de ce maamar : la transcription du Mitteler Rebbe dans Sefer HaMaamarim 5566, une édition sans les gloses dans le Torah Ohr de Lemberg 5611, les explications, gloses, résumés et notes du Tzemach Tzedek dans Or HaTorah, ainsi qu’une version plus longue parmi les maamarim du Mitteler Rebbe sur Devarim.
Maré mekomot
- 1כי תשמע · הנחת כ״ק אדמו״ר האמצעי בסה״מ תקס״ו ע׳ שכב. בלי הגהות בתו״א לעמבערג תרי״א כב, ב. ביאורים והגהות באוה״ת ראה ע׳ תשיב. באוה״ת דברים כרך ו ע׳ ב׳שכה עם הגהות אחרות. שם ע׳ ב׳שכט. שם ע׳ ב׳שלז קיצורים. הערות שם ע׳ ב׳שמ. עוד הגהות באוה״ת שה״ש כרך ג ע׳ תתקצו ואילך. במאמרי אדה״א דברים מאמר זה באריכות יותר.
- 2כי תשמע בקול ה׳ אלקיך · Deuteronomy 13:19
- 3
- 4
- 5עין ה׳ אל יראיו · Psalms 33:18
- 6עיני ה׳ אל צדיקים · Psalms 34:16
2ואמרו כל מי שיש בו תורה ואין בו יראת שמים דומה לגזבר שמסרו לידו מפתחות הפנימיות ומפתחות החיצוניות1 לא מסרו לידו2 כו׳.
Et [les Sages] ont dit : « Celui qui possède la Torah mais n’a pas la crainte du Ciel ressemble à un trésorier à qui l’on a remis les clés intérieures, mais pas les clés extérieures, etc. »
Le Talmud (Chabbat 31a–b) compare celui qui possède la Torah sans la crainte du Ciel à un trésorier auquel on a remis les clés des portes intérieures d’un trésor, mais pas celles de la porte extérieure : il ne peut pas y accéder. La Torah est la clé intérieure ; la crainte est la clé extérieure, qui doit ouvrir la première.
וביאור ענין זה הנה נודע ענין המצות דרמ״ח פיקודין אינון רמ״ח אברין דמלכא.34 שכמו שהאברים ממשיכים החיות של הנפש.
Pour expliquer cela : on sait, au sujet des mitsvot, que « les 248 commandements sont les 248 membres du Roi ». De même que les membres font circuler la force vitale de l’âme,
Pour expliquer cela, l’Admour Hazaken rappelle l’enseignement selon lequel les 248 commandements positifs sont « les 248 membres du Roi ». De même que les membres du corps sont les canaux par lesquels circule la vie de l’âme, chaque mitsva est un canal pour la lumière de D.ieu.
כך המצות ממשיכים חיי עולם הבא לצדיקים שיושבין ונהנין מזיו השכינה שהנאתם ותענוגם על ה׳ אור א״ס ב״ה שאין לו סוף כו׳21
les mitsvot font descendre la vie du Monde futur pour les justes, qui « s’assoient et jouissent du rayonnement de la Chekhina ». Car leur jouissance et leur plaisir en D.ieu, la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, qui n’a pas de fin, etc.,
De même, les mitsvot font descendre la vie du Monde futur, que le Talmud (Berakhot 17a) décrit comme le lieu où les justes s’assoient et jouissent du rayonnement de la Chekhina. La question est de savoir en quoi consiste véritablement cette jouissance, puisque D.ieu est infini.
ואין ערוך אליו ית׳ כלל אין זה אלא זיו והארה בעלמא להיות גילוי השגה בנשמות שהן בחי׳ נברא ומחודש יש מאין.
à qui, béni soit-Il, rien n’est comparable, n’est qu’un simple rayonnement et une illumination, afin que se révèle une compréhension dans les âmes, qui sont du niveau des créatures, nouvellement amenées à l’existence, quelque chose issu du néant.
Puisque D.ieu est infini et qu’il n’existe rien de comparable à Lui, ce dont les âmes jouissent dans le Monde futur ne peut être Lui-même ; ce n’est qu’un rayonnement, un reflet de Sa lumière. Ce reflet est à la mesure des âmes, qui sont des créatures, amenées à l’existence à partir du néant, afin qu’elles puissent le saisir.
והגרם להמשכה זו הם המצות שהם הממשיכות הזיו הזה בגן עדן וזיו זה הוא זיו המצות עצמן5 וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] שכר מצוה מצוה678 (וכמ״ש הענין בסש״ב [בספר של בינונים] פל״ט)9
Ce qui provoque cette émanation, ce sont les mitsvot : elles font descendre ce rayonnement dans le Gan Eden, et ce rayonnement est celui des mitsvot elles-mêmes, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « La récompense d’une mitsva, c’est la mitsva » (comme l’explique Sefer Shel Beinonim [Tanya], chapitre 39).
Ce sont les mitsvot qui font descendre ce rayonnement dans le Gan Eden, et ce rayonnement est en réalité la lumière des mitsvot elles-mêmes. C’est ainsi que l’Admour Hazaken comprend l’énoncé de la Michna : « La récompense d’une mitsva, c’est la mitsva » (Avot 4:2), comme il l’explique dans le Tanya, chapitre 39.
וע״ז נאמר ויניחהו בגן עדן לעבדה ולשמרה לעבדה במצות עשה10 כו׳ שע״י המצות עשה הוא עובד את הג״ע [הגן עדן] שממשיך בו את הזיו.
À ce sujet, il est dit : « Et Il le plaça dans le Gan Eden pour le travailler et le garder » ; « le travailler », par les commandements positifs, etc. Car, par les commandements positifs, on travaille le Gan Eden en y faisant descendre le rayonnement.
Le verset concernant Adam dans le Gan Eden (Genèse 2:15) exprime la même idée. Le Zohar interprète « le travailler » comme désignant les commandements positifs et « le garder » comme désignant les interdits ; en accomplissant les commandements positifs, une personne « travaille » le Gan Eden et y fait descendre le rayonnement.
והנה לפי שיפה שעה אחת בתשובה11 ומעשים טובים בעוה״ז מכל חיי עוה״ב [עולם הבא]12 אי לזאת מכ״ש [מכל שכן] וק״ו [וקל וחומר]
Or, puisque « une heure de techouva et de bonnes actions dans ce monde vaut mieux que toute la vie du Monde futur », il s’ensuit, à plus forte raison et a fortiori,
La Michna (Avot 4:17) enseigne qu’une heure de techouva et de bonnes actions dans ce monde vaut mieux que toute la vie du Monde futur. Si le Monde futur reçoit le rayonnement des mitsvot, alors, à plus forte raison, celui-ci doit être attiré dans ce monde.
שצריך להמשיך המשכת הזיו לעבודתו ית׳ בעוה״ז ומה גם שעוה״ז13 הוא דומה לפרוזדור בפני עוה״ב [עולם הבא] שדומה לטרקלין והתקן עצמך בפרוזדור1415 כו׳
il faut faire descendre le rayonnement dans son service de D.ieu, béni soit-Il, en ce monde. D’autant plus que « ce monde est comme un vestibule devant le Monde futur », qui est comme une salle de banquet, et que « prépare-toi dans le vestibule », etc.
Une personne doit donc faire descendre ce rayonnement dans son service de D.ieu, ici et maintenant. L’image de la Michna (Avot 4:16) exprime la même idée : ce monde est le vestibule où l’on se prépare à la salle de banquet du Monde futur.
אלא שבעוה״ז אינו בבחי׳ נהנה מהשגה ותענוג נפלא כבעולם הבא דשכר מצוה בהאי עלמא ליכא16 רק בבחי׳ באמונתו יחיה17 יחיה ממש כמ״ש במ״א (ע״פ וידעת היום18 כו׳).
Seulement, dans ce monde, on ne se trouve pas au niveau où l’on jouit de la compréhension et d’un plaisir merveilleux, comme dans le Monde futur, car « il n’y a pas de récompense pour une mitsva en ce monde » ; on se trouve uniquement au niveau de « par sa foi, il vivra » — « vivra » au sens littéral — comme cela est expliqué ailleurs (à propos du verset « Et tu sauras aujourd’hui », etc.).
Il y a une différence : ici, la lumière des mitsvot n’est pas ressentie sous forme de compréhension et de plaisir, car « il n’y a pas de récompense pour une mitsva en ce monde » (Kiddushin 39b). Elle est saisie par la foi, comme dans « le juste vivra par sa foi » (Habacuc 2:4), et cette foi est véritablement la vie de l’âme ; l’Admour Hazaken fait référence à son maamar sur « Et tu sauras aujourd’hui ».
והנה העוה״ב [העולם הבא] שהוא משכן הנשמות בלא גופין מתגלה בחי׳ הזיו מן המצות בבחי׳ גילוי. אבל בעוה״ז שהנשמה מתלבשת בגוף צריך לשית עצות בנפשו להיות המשכה זו בגילוי הנפש
Or, dans le Monde futur, qui est la demeure des âmes sans corps, le rayonnement des mitsvot se révèle de manière manifeste. Mais dans ce monde, où l’âme est revêtue d’un corps, il faut « disposer des conseils dans son âme », afin que cet effluence se révèle dans l’âme.
Dans le Monde futur, où les âmes n’ont pas de corps, le rayonnement des mitsvot est révélé ouvertement. Dans ce monde, le corps le dissimule ; il faut donc « disposer des conseils dans son âme », expression tirée des Psaumes 13:3, en travaillant délibérément à rendre cette lumière perceptible en soi.
והיינו ע״י שיתבונן איך שהוא ית׳ ממלא כל עלמין אתה עשית את השמים19 ושמי השמים כו׳
C’est-à-dire en méditant sur la manière dont Lui, béni soit-Il, remplit tous les mondes (memalé kol almin) : « Tu as fait les cieux et les cieux des cieux », etc. ;
La manière d’y parvenir est la méditation : comment D.ieu remplit tous les mondes et leur donne la vie. Néhemie 9:6 exprime cette idée : « Tu as fait les cieux, les cieux des cieux », et toutes leurs armées.
יוצר משרתים ואשר משרתיו20 כולם עומדים ביראה ומשמיעים בקול כו׳ והאופנים וחיות הקדש ברעש גדול כו׳.222324
« Qui forme les anges serviteurs, et dont tous les serviteurs se tiennent avec crainte et proclament à haute voix », etc. ; « et les Ofanim et les ‘Hayout hakodech, dans un grand fracas », etc.
On médite aussi sur les anges, selon les termes de la bénédiction matinale précédant le Chéma (la bénédiction Yotser) : tous les anges serviteurs de D.ieu se tiennent avec crainte et proclament Ses louanges, et les Ofanim et les ‘Hayout hakodech s’élèvent dans un grand fracas. Voir qu’eux-mêmes se tiennent avec crainte conduit également l’homme à la crainte, comme le dit le paragraphe suivant.
Les mitsvot font descendre un rayonnement de la lumière de D.ieu, dont les âmes jouissent ouvertement dans le Monde futur et qui doit également être attiré dans le service d’une personne en ce monde. Puisque le corps le dissimule ici, il faut le faire apparaître en méditant à la manière dont D.ieu donne la vie à tous les mondes et aux anges.
Dans le Tanya, chapitre 39, cité par le texte, les âmes du Gan Eden jouissent du rayonnement de la Chekhina, la Lumière infinie telle qu’elle brille dans les Séfirot de Béria ou de Yetsira ; ce rayonnement « est celui de leur Torah et de leur service mêmes », car la récompense d’une mitsva est la mitsva elle-même. La note de Kehot sur l’énoncé talmudique relève que la Guemara lit « tout homme » (kol adam), tandis que les ouvrages hassidiques le citent généralement sous la forme « quiconque » (kol mi), comme ici.
Maré mekomot
- 1כל מי שיש בו תו׳ . . ומפתחות החיצוניות · שבת לא, סע״א-ב. ושם הגירסא ”כל אדם”, אבל בכ״מ בדא״ח מובא הגירסא כמו שהוא כאן.
- 2דומה לגזבר שמסרו לידו מפתחות הפנימיות ומפתחות החיצוניות לא מסרו לידו · Shabbat 31b:1
- 3דרמ״ח פיקודין . . אברין דמלכא · ראה ת״ז ת״ל.
- 4דרמ״ח פיקודין אינון רמ״ח אברין דמלכא · Tikkunei Zohar 74a:8
- 5זיו המצות עצמן · ראה דרך מצותיך כ, ב בהגהה. ד״ה אדון עולם סה״מ תש״ג ע׳ 14.
- 6שכר מצוה מצוה · אבות ד, ב.
- 7שכר מצוה מצוה · Pirkei Avot 4:2
- 8וזיו זה הוא זיו המצות עצמן וכמארז״ל שכר מצוה מצוה · Tanya, Likkutei Amarim 39:15
- 9בסש״ב פל״ט · ראה גם לעיל פ׳ בהר מב, ב. פ׳ מטות פג, א.
- 10לעבדה ולשמרה לעבדה במצות עשה · Tikkunei Zohar 62a:15–16
- 11שיפה שעה אחת בתשובה · אבות ד, יז.
- 12שיפה שעה אחת בתשובה ומעשים טובים בעוה״ז מכל חיי עוה״ב · Pirkei Avot 4:17
- 13ומה גם שעוה״ז · ראה תו״א לא, א. אוה״ת ויקרא כרך ב ע׳ תפב.
- 14והתקן עצמך בפרוזדור · אבות ד, טז.
- 15שעוה״ז הוא דומה לפרוזדור בפני עוה״ב שדומה לטרקלין והתקן עצמך בפרוזדור · Pirkei Avot 4:16
- 16דשכר מצוה בהאי עלמא ליכא · Kiddushin 39b:6–7
- 17באמונתו יחי׳ · Habakkuk 2:4
- 18כמ״ש במ״א (ע״פ וידעת היום) · לעיל פ׳ ואתחנן ד, ג. והנחת אדה״א בסה״מ תקס״ה ע׳ תשלב.
- 19אתה עשית את השמים · Nehemiah 9:6
- 20יוצר משרתים ואשר משרתיו · ברכת יוצר.
- 21לצדיקים שיושבים ונהנין מזיו השכינה · Berakhot 17a:12
- 22ויניחהו בג״ע לעבדה ולשמרה · Genesis 2:15
- 23לעבדה במ״ע · Zohar I, 27a
- 24
La crainte et la clé intérieure ¶3
3ומזה תפול על האדם ג״כ אימה ויראה והיא בחי׳ מפתחות החיצוניות שיראה זו לקוחה מבחינת חיצוניות היא בחינת זיו והארה בעלמא להיות התהוות העולמות וכל צבא מעלה שבהם וע״י נמשכה בחינת היראה וכמ״ש
De là, la crainte et l’effroi saisissent également l’homme. C’est le niveau des clés extérieures, car cette crainte provient du niveau de la dimension extérieure ('hitsoniyout), qui n’est qu’un éclat et un rayonnement, destiné à faire venir à l’existence les mondes et toutes les armées célestes qu’ils contiennent ; c’est par ce moyen que se prolonge le niveau de la crainte, comme il est écrit :
Contempler comment D.ieu donne vie aux mondes et aux armées célestes qui s’y trouvent conduit l’homme à la crainte et à l’effroi. Cette crainte est la « clé extérieure », car elle porte seulement sur la dimension extérieure de D.ieu : le simple rayonnement qui fait venir à l’existence les mondes et les anges.
כי אראה שמיך1 מעשה אצבעותיך כו׳ שאו מרום עיניכם2 וראו מי ברא אלה כו׳ ברוך שאמר והיה העולם שמה שברוך נלקח ממה שאמר והיה העולם שאין זה
« Quand je contemple Tes cieux, œuvre de Tes doigts », etc. ; « Levez les yeux vers les hauteurs et voyez : qui a créé ceux-ci ? », etc. ; « Béni soit Celui qui a parlé, et le monde est venu à l’existence » : autrement dit, « béni » découle de « qui a parlé, et le monde est venu à l’existence », car cela n’est
Ces versets suscitent la crainte par la contemplation de la création : « Quand je contemple Tes cieux, œuvre de Tes doigts » (Psaumes 8:4) et « Levez les yeux vers les hauteurs et voyez qui a créé ceux-ci » (Isaïe 40:26). De même, la prière du matin loue D.ieu comme « Celui qui a parlé, et le monde est venu à l’existence » : la louange « béni » découle du fait qu’Il a créé le monde, ce qui n’est qu’un rayonnement.
אלא זיו3 כו׳ ועמש״ל [ועיין מה שכתוב לעיל] ע״פ אחרי ה׳ אלקיכם תלכו. אבל העיקר הוא מפתחות הפנימיות בחי׳ מפתח לפתוח בגילוי בחי׳ פנימיות.
qu’un rayonnement, etc. Voyez aussi ce qui a été écrit plus haut au sujet du verset : « Après Havaya votre D.ieu vous marcherez. » Mais l’essentiel réside dans les clés intérieures : le niveau d’une clé qui ouvre et révèle le niveau de la dimension intérieure (pnimiyout).
L’Admour Hazakène renvoie au maamar précédent de cette paracha, sur « Après Havaya votre D.ieu vous marcherez » (Deutéronome 13:5). Mais l’essentiel est la clé intérieure, qui ouvre et révèle la dimension intérieure de D.ieu.
דהיינו גילוי אור א״ס ב״ה ממש שאינו בגדר עלמין כלל וכמ״ש אתה הוא4 ה׳ לבדך ממש
C’est-à-dire la révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, elle-même, laquelle n’entre nullement dans la catégorie des mondes, comme il est écrit : « Tu es Havaya, seul » — réellement seul,
La dimension intérieure est la Lumière infinie elle-même, qui n’entre nullement dans la catégorie des mondes. Nehemie 9:6 dit : « Tu es Havaya, seul », et l’Admour Hazakène souligne : réellement seul, même à présent.
כמו קודם שנברא העולם שהיה הוא לבדו ית׳ ואני ה׳ לא שניתי5 וגו׳ והיינו משום דכולא קמיה כלא6 וכאין ממש חשיבא.
comme avant que le monde ne soit créé, lorsqu’Il était seul, béni soit-Il ; et « Moi, Havaya, Je n’ai pas changé », etc. Cela tient au fait que « tout, devant Lui, est considéré comme rien », et comme véritable néant.
D.ieu est à présent aussi seul qu’avant la création du monde, comme le dit le verset : « Moi, Havaya, Je n’ai pas changé » (Malachie 3:6). C’est parce que, comme le dit le Zohar, tout est considéré comme rien devant Lui.
כי הנה כתיב כי ביה ה׳ צור עולמים ביו״ד נברא העוה״ב [העולם הבא]7 ובה׳ נברא העוה״ז שהן
Car il est écrit : « Car avec Yah, Havaya est le Rocher des mondes » : le monde futur a été créé avec le youd, et ce monde avec le hé. Ce sont
Les Sages (Menachos 29b) interprètent « avec Yah », en Isaïe 26:4, comme désignant les deux lettres du Nom Yah, avec lesquelles les deux mondes ont été créés : le monde futur avec le youd et ce monde avec le hé.
כמו אותיות היו״ד והה״א במחשבתו של אדם שבטילות לגבי כללות מחשבתו ושכלו ומכ״ש [ומכל שכן] לגבי מהותו ועצמותו כן ויותר מכן בטילות כל בחי׳ העוה״ז והעוה״ב [והעולם הבא] לגבי אור א״ס ב״ה בעצמו ובכבודו ואין עולות בשם עולמות כלל
comme les lettres youd et hé dans la pensée d’un homme, qui sont nulles par rapport à sa pensée et à son intellect pris dans leur ensemble, et à plus forte raison par rapport à son être et à son essence. De même, et plus encore, tous les niveaux de ce monde et du monde futur sont nuls par rapport à la Lumière infinie, béni soit-Il, en Son Être même et dans Sa Gloire ; ils ne sont nullement comptés sous le nom de « mondes »,
Deux lettres dans l’esprit d’un homme ne sont rien à côté de sa pensée dans son ensemble, et moins encore à côté de son être même. À bien plus forte raison, ce monde et le monde futur ne sont rien devant la Lumière infinie ; ils ne méritent même pas le nom de « mondes ».
שהם כאין ואפס ממש והיה כלא היה רק לשכך את האזן ע״ד משל גשמי איתא בכתבי האריז״ל [האר״י זכרונו לברכה] שהוא כדמיון טפה אחת בים אוקיינוס כו׳ ולכן גם עתה הוא לבדו יתברך.89
car ils sont véritablement comme rien et néant, comme s’ils n’avaient jamais existé. C’est uniquement pour apaiser l’oreille qu’on recourt à une analogie matérielle : les écrits de l’Arizal, de mémoire bénie, disent que cela ressemble à une seule goutte dans l’océan, etc. C’est pourquoi, à présent aussi, Lui seul est, béni soit-Il.
Ils sont absolument rien, comme s’ils n’avaient jamais existé. C’est seulement pour donner à l’oreille une image qu’elle puisse saisir que les écrits de l’Arizal les comparent à une seule goutte dans l’océan ; ainsi, D.ieu est seul à présent, comme avant la Création.
La crainte qui naît de la contemplation de la création est la clé extérieure, puisque la création n’est qu’un rayonnement de D.ieu. La clé intérieure révèle la Lumière infinie elle-même, devant laquelle tous les mondes ne sont rien ; Il est donc seul à présent, comme avant la Création.
Le « tout, devant Lui, est considéré comme rien » du Zohar (1:11b) y est dit à propos de la racine de la véritable crainte : craindre son Maître parce qu’Il est grand et règne sur tout, qu’Il est la racine de tous les mondes, et que tout est comme rien devant Lui. La note de Kehot indique que ce passage, depuis « et l’effroi ; c’est le niveau des clés extérieures » jusqu’à « cela n’est qu’un rayonnement », est cité dans l’Or HaTorah du Tséma’h Tsédek sur Korach.
Maré mekomot
- 1כי אראה שמיך · Psalms 8:4
- 2שאו מרום עיניכם · Isaiah 40:26
- 3ויראה והיא בחי׳ מפתחות החיצוניות . . שאין זה אלא זיו · קטע זה מובא באוה״ת פ׳ קרח ע׳ תרסב.
- 4אתה הוא ה׳ לבדך · Nehemiah 9:6
- 5ואני ה׳ לא שניתי · Malachi 3:6
- 6דכולא קמי׳ כלא · Zohar I, 11b
- 7ביו״ד נברא העוה״ב · Menachot 29b:13–14
- 8כי בי-ה ה׳ צור עולמים · Isaiah 26:4
- 9
La Torah appelle D.ieu Lui-même ¶4–6
4ואותו אנו מבקשים שיהיה בגילוי הנפש וכמ״ש ואהבת את1 הוי׳ אלהיך. פי׳ ואהבת מלשון אבה שהוא לשון חפץ ורצון שיהיה רצון הנפש שיהיה הוי׳ אלהיך בגילוי לנוכח.
Et c’est Lui que nous demandons de voir Se révéler dans l’âme, comme il est écrit : « Tu aimeras Havaya, ton D.ieu. » Le sens de « véahavta » (« tu aimeras ») vient du mot « avah », qui désigne le désir et la volonté : que la volonté de l’âme soit que Havaya, ton D.ieu, se révèle et soit présent devant [toi].
C’est D.ieu Lui-même, la Lumière infinie, que nous demandons de voir se révéler dans l’âme. L’Admour Hazaken rapproche « véahavta », « tu aimeras » (Deutéronome 6:5), de « avah », désirer : le commandement consiste à vouloir que Havaya se révèle comme « ton D.ieu », présent devant toi.
וכמ״ש בזוהר ע״פ ויקחו לי2 תרומה345 כי לי פי׳ אותי כו׳ דהיינו שיהיה גילוי אור א״ס ב״ה ממש על נפשו להיות ביטול הנפש אליו ית׳ בכל לבבך וגו׳
Comme il est écrit dans le Zohar à propos du verset « Qu’ils prennent pour Moi une offrande » : « pour Moi » (li) signifie « Moi » (oti), etc. C’est-à-dire qu’il y ait une révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, elle-même, sur l’âme, afin que l’âme s’annule devant Lui, béni soit-Il, « de tout ton cœur », etc.
Dans « Qu’ils prennent pour Moi une offrande » (Exode 25:2), « pour Moi » est interprété comme « Moi » : D.ieu se donne Lui-même. Le but est donc que la Lumière infinie elle-même se révèle sur l’âme, jusqu’à ce que celle-ci s’annule devant Lui et L’aime « de tout son cœur ».
(ועמ״ש בביאור ע״פ6 וארשתישך לי) והיינו ע״י התורה והיו הדברים האלה אשר אנכי מצוך היום7 אנכי ממש ולא בחי׳ שם בלבד שהוא בחי׳ זיו והארה
(Voyez aussi ce qui est écrit dans l’explication du verset « Je te fiancerai à Moi ».) Et cela se réalise par la Torah : « Et ces paroles que Je t’ordonne aujourd’hui seront… » : « Moi » (Anochi), au sens propre, et non le simple niveau d’un nom, qui est celui d’un rayonnement et d’une illumination,
Après avoir renvoyé à son explication de « Je te fiancerai à Moi » (Osée 2:21), l’Admour Hazaken indique que cette révélation vient par la Torah. Dans « ces paroles que Je t’ordonne aujourd’hui » (Deutéronome 6:6), le « Moi » (Anochi) désigne D.ieu Lui-même, et non simplement Son Nom, qui n’est qu’un rayonnement.
אלא עצמותו ומהותו כביכול מתגלה ע״י התורה כי התורה נקראת קול הקל קול יעקב8 כמו שהקול הוא ממשיך מהלב אל הדיבור והוא המחבר רוחניות עם גשמיות.
mais Son Essence et Son Être, pour ainsi dire, se révèlent par la Torah. Car la Torah est appelée « voix » : « La voix est la voix de Yaakov. » De même que la voix fait passer ce qui vient du cœur vers la parole et qu’elle relie la spiritualité à la matérialité,
Par la Torah, l’essence même de D.ieu se révèle, « pour ainsi dire ». La Torah est appelée « voix », comme dans « la voix est la voix de Yaakov » (Genèse 27:22) ; la voix d’une personne porte ce qui se trouve dans son cœur jusqu’à la parole, reliant ainsi le spirituel au physique.
כך התורה היא המשכת גילוי בחי׳ פנימיות שהוא אור א״ס ב״ה ממש להתלבש בגשמיות התורה ומצותיה הכתובים בה.
de même, la Torah fait descendre la révélation du niveau intérieur, qui est la Lumière infinie, béni soit-Il, elle-même, afin qu’elle s’enveloppe dans la matérialité de la Torah et des mitsvot qui y sont écrites.
De même, la Torah fait descendre le niveau intérieur, la Lumière infinie elle-même, afin qu’elle s’enveloppe dans la matérialité : les paroles de la Torah et les mitsvot qui y sont écrites.
La clé intérieure est la révélation de la Lumière infinie elle-même dans l’âme ; c’est ce que demande le commandement d’aimer D.ieu. Cette révélation vient par la Torah, dans laquelle l’essence même de D.ieu, le « Moi » de « que Je t’ordonne », se révèle et s’enveloppe dans le physique, comme la voix porte le cœur jusqu’à la parole.
La note de Kehot cite le Tanya, chapitre 47 : D.ieu a enveloppé Sa volonté et Sa sagesse, qui sont une avec Son essence, dans la Torah ; ainsi, en nous donnant la Torah, c’est comme s’Il Se donnait Lui-même. Le Zohar y est cité : « pour Moi » signifie « Moi ». Le Tséma'h Tsédek ajoute dans Or HaTorah que terouma, que le Targoum rend par afreshusa (une chose mise à part), désigne le rayonnement ; le verset dit « pour Moi une offrande », et non « pour Moi et une offrande », car tout ne fait qu’un.
Maré mekomot
- 1ואהבת את הוי׳ אלהיך · Deuteronomy 6:5
- 2בזהר ע״פ ויקחו לי · Zohar II, 140b
- 3ויקחו לי תרומה · Exodus 25:2
- 4ויקחו לי תרומה · Zohar, Terumah 2:12–4:23
- 5ויקחו לי תרומה · Yalkut Shimoni on Torah 364:1
- 6ועמ״ש בביאור ע״פ וארשתיך לי · לעיל פ׳ במדבר ט, ב.
- 7והיו הדברים האלה אשר אנכי מצוך היום · Deuteronomy 6:6
- 8הקל קול יעקב · Genesis 27:22
C’est pourquoi on parle de « lire (korei) dans la Torah », comme une personne qui appelle (korei) son ami à venir auprès d’elle ; car toute la Torah est constituée des Noms du Saint béni soit-Il.
Puisque la Torah fait descendre D.ieu Lui-même, son étude est appelée « lire » (korei) dans la Torah, le même mot que « appeler » : comme une personne qui appelle son ami à venir auprès d’elle. Car toute la Torah est constituée des Noms de D.ieu.
פי׳ כמו שע״י שם האדם קורין עצמותו ומהותו. כך ע״י התורה קוראין וממשיכין עצמות אור א״ס ב״ה
C’est-à-dire que, de même que le nom d’une personne permet d’appeler son essence et son être, de même, par la Torah, on appelle et l’on fait descendre l’essence de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il,
Le nom d’une personne l’appelle, lui-même, à répondre. De la même manière, la Torah, le Nom de D.ieu, appelle et fait descendre l’essence de la Lumière infinie.
כי היא שמו ית׳ שהיא חכמתו ורצונו ית׳ שאינו מובן ומושג בשכל אנושי שעל פי
car elle est Son Nom, béni soit-Il, c’est-à-dire Sa sagesse et Sa volonté, bénies soient-elles, que l’intellect humain ne comprend ni ne saisit ; car, selon
La Torah est le Nom de D.ieu parce qu’elle est Sa sagesse et Sa volonté, que l’intellect humain ne peut comprendre ni saisir.
שכל אנושי לא היה הדין נותן כך כמ״ש בתורה אלא שכך עלה ברצונו ית׳ וכך חייבה חכמתו ית׳ שהוא למעלה משכל והשגת הנבראים.
l’intellect humain, la raison n’aurait pas dicté [qu’il en soit] comme il est écrit dans la Torah ; mais ainsi en a-t-Il décidé dans Sa volonté, bénie soit-Il, et ainsi l’a exigé Sa sagesse, bénie soit-Il, qui dépasse l’intellect et la compréhension des êtres créés.
La raison humaine ne serait pas parvenue à la Torah telle qu’elle est écrite. Il en est ainsi parce que D.ieu l’a voulu et que Sa sagesse l’a exigé : une sagesse qui dépasse toute compréhension des êtres créés.
L’étude de la Torah est appelée « lire », le même mot que « appeler », parce que la Torah est le Nom de D.ieu : de même qu’un nom appelle la personne elle-même, la Torah appelle et fait descendre l’essence de la Lumière infinie. Elle peut le faire parce qu’elle est Sa sagesse et Sa volonté, qui dépassent toute compréhension des êtres créés.
Maré mekomot
- 1קורא בתורה · ראה ברכות רפ״ב. ובכ״מ.
- 2קורא בתורה · Mishnah Berakhot 2:1
- 3כל התורה שמותיו של הקב״ה · ע״ל פינחס (עו, ב). וש״נ. [כ].
6ולכך נקראת בבחי׳ שמו שבה ועל ידה יקראוהו להמשיך גילוי אור א״ס ב״ה ממש פותח את ידך1 ומשביע לכל חי רצון שנמשך רצון
C’est pourquoi elle est appelée le niveau de « Son Nom », car par elle et à travers elle, « on L’appelle», afin de faire descendre la révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, elle-même. « Tu ouvres Ta main et rassasies tout être vivant [de] volonté » : c’est-à-dire que la Volonté
Puisque la Torah appelle D.ieu Lui-même, elle est appelée Son « Nom ». L’Alter Rebbe comprend le verset des Psaumes 145:16, « Tu ouvres Ta main et rassasies tout être vivant [de] volonté », comme signifiant que la Volonté suprême elle-même est attirée vers chaque créature.
העליון לכל חי ורחמיו על כל מעשיו2 ארך אפים וגדל חסד3 להיות קרוב לכל קוראיו4 ולכל אשר יקראוהו דייקא אותו בעצמו ולא בחי׳ שם כו׳:
du Très-Haut est attirée vers tout être vivant ; et « Ses miséricordes sont sur toutes Ses œuvres », Il est « lent à la colère et grand en bonté », afin d’être « proche de tous ceux qui L’invoquent, de tous ceux qui L’appellent » : précisément « Lui », Lui-même, et non le niveau d’un nom, etc.
Le même psaume dit que les miséricordes de D.ieu sont sur toutes Ses œuvres, qu’Il est lent à la colère et grand en bonté, et qu’Il est « proche de tous ceux qui L’invoquent, de tous ceux qui L’appellent » (Psalms 145:18). L’Alter Rebbe souligne « Lui » (yikra’uhu) : celui qui appelle par l’intermédiaire de la Torah atteint D.ieu Lui-même, et pas seulement Son Nom.
Puisque la Torah est le Nom de D.ieu, c’est par elle que l’on « L’appelle », faisant descendre la Lumière infinie elle-même. Le Psaume 145 décrit cela : la Volonté suprême attirée vers chaque créature, et D.ieu proche de tous ceux qui L’appellent, Lui-même et non seulement Son Nom.
Maré mekomot
- 1פותח את ידיך · Psalms 145:16
- 2ורחמיו על כל מעשיו · Psalms 145:9
- 3ארך אפים וגדל חסד · Psalms 145:8
- 4לכל קוראיו · Psalms 145:18
Dans la voix et l’ordre de la prière ¶7–8
2. Et voici [le sens de] « Lorsque tu écouteras la voix (bekol) de Havaya, ton D.ieu » : car il est écrit « bekol » [dans la voix], et non « lekol » [à la voix], comme il est écrit : « Et Il dit : Si tu écoutes attentivement la voix (lekol) de Havaya, ton D.ieu », etc.
Le maamar revient à son verset. Deutéronome 13:19 dit « bekol », littéralement « dans la voix », tandis qu’Exode 15:26 dit « lekol », « à la voix » ; l’Admour Hazaken tire un enseignement de cette différence.
קול היינו המשכה מההעלם אל הגילוי ולקול פי׳ השמיעה וההבנה להמשכה זו והיינו לבחינת ההמשכה עצמה שהיא בחינת חיצוניות.
La « voix » désigne un dévoilement qui se dégage du caché pour apparaître au grand jour ; « lekol » signifie écouter et comprendre [en se tournant] vers ce dévoilement, c’est-à-dire vers le dévoilement lui-même, qui relève de la dimension extérieure ('hitsoniyout).
La voix fait passer au grand jour ce qui était caché en l’homme. Écouter « la voix », c’est entendre et comprendre ce mouvement vers l’extérieur lui-même, qui ne relève que de la dimension extérieure.
אבל בקול3 היינו בפנימית הקול כי תשמע שתהיה השמיעה בבחי׳ פנימית ההמשכה מה שנמשך מההעלם
Mais « bekol » signifie dans la dimension intérieure (pnimiyout) de la voix : « lorsque tu écouteras » signifie que l’écoute se situe au niveau de la dimension intérieure du dévoilement, de ce qui se dégage du caché,
Écouter « dans la voix », c’est entendre ce qui se trouve à l’intérieur de la voix : ce que celle-ci fait surgir du caché.
דהיינו בחינת אור א״ס ב״ה שיומשך גילוי זה על נפשו להיות בבחינת ביטול וזהו שאמרו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] ברבות ר״פ
c’est-à-dire le niveau de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il : que ce dévoilement soit attiré sur l’âme, afin qu’elle se trouve dans un état d’annulation de soi (bitoul). C’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit dans [le Midrach] Rabba, au début de la paracha
Ce qui se trouve à l’intérieur de la voix est la Lumière infinie elle-même ; le but est que son dévoilement atteigne l’âme et la conduise au bitoul. L’Admour Hazaken apporte à l’appui le Midrach Rabba sur la paracha Ki Tavo.
Ki Tavo, au sujet du verset : « Heureux l’homme qui m’écoute » : heureux l’homme au moment où ses écoutes sont pour Moi, etc. (Voir aussi le Zohar, Beha’aloscha.)
Le Midrach interprète « Heureux l’homme qui m’écoute » (Proverbes 8:34) comme signifiant : « heureux l’homme lorsque ses écoutes sont pour Moi » ; son écoute atteint D.ieu Lui-même. Le texte renvoie ensuite au Zohar, dans la paracha Beha’aloscha.
(דף קנ״ב ע״א) נשמתא דאמרן דא תפארת ישראל דאיהי אורייתא ממש ונודע דתפארת נקרא קול הקל קול יעקב8 כו׳.
(folio 152a) : « L’âme dont nous avons parlé : c’est Tiferet Israël, qui est la Torah elle-même. » Or, il est connu que Tiferet est appelée « voix » : « La voix est la voix de Jacob », etc.
Le Zohar en question (3:152a) décrit les couches de la Torah : un vêtement, un corps, une âme et l’âme de l’âme ; son « âme » est Tiferet Israël, la Torah elle-même. Tiferet, à son tour, est appelée « voix », comme dans « la voix est la voix de Jacob ».
וא״כ מה שמלובש בפנימיות הקול זהו מש״ש [מה שכתוב שם] בזוהר ונשמתא לנשמתא דא הוא ע״ק [עתיקא קדישא] כו׳9 ועמ״ש בד״ה שימני כחותם
Si tel est le cas, ce qui est revêtu dans la dimension intérieure de la voix est ce qui est écrit là dans le Zohar : « Et l’âme de l’âme : c’est Atika Kadicha », etc. Voir aussi ce qui est écrit dans le discours intitulé « Place-moi comme un sceau »,
Si la voix est Tiferet, ce qui est revêtu à l’intérieur de la voix est l’« âme de l’âme », que le même Zohar appelle Atika Kadicha, la dimension intérieure de Kéter. L’Admour Hazaken renvoie également à son discours sur « Place-moi comme un sceau ».
כי יש תורה ויש תורה כו׳ נקרא קורא בתורה כו׳ ע״ש והוא ענין מש״כ [מה שכתוב] ולכן נקרא קורא בתורה כו׳ וזהו כי תשמע בקול כו׳.
car il y a Torah et Torah, etc., [et qu’elle] est appelée « lecture dans la Torah », etc. Voir là-bas. C’est là le sens de ce qui a été écrit [plus haut] : « C’est pourquoi elle est appelée “lecture dans la Torah” », etc. Et voici le sens de « Lorsque tu écouteras la voix (bekol) », etc.
Ce discours distingue deux niveaux de Torah (« il y a Torah et Torah ») et parle de l’étude comme d’une « lecture », c’est-à-dire comme d’un appel, ainsi qu’au paragraphe 5. Écouter « dans la voix », c’est atteindre D.ieu Lui-même à travers la Torah.
אך צריך להיות כסדר המדרגות תחלה מפתחות החיצוניות ואח״כ מפתחות הפנימיות כי הנה יש חצר החיצונה וחצר הפנימית10 כמ״ש במגלת אסתר11 ותעמוד בחצר בית המלך הפנימית12 והמן בא לחצר בית המלך החיצונה.13
Mais l’ordre des niveaux doit être respecté : d’abord les clés extérieures, puis les clés intérieures. Car il existe une cour extérieure et une cour intérieure, comme il est écrit dans le rouleau d’Esther : « Elle se tint dans la cour intérieure du palais du roi », et « Haman était entré dans la cour extérieure du palais du roi. »
Il y a pourtant un ordre : d’abord les clés extérieures, la crainte, et seulement ensuite les clés intérieures. Le Livre d’Esther parle d’une cour extérieure et d’une cour intérieure du palais du roi : Esther se tint dans la cour intérieure (Esther 5:1), et Haman entra dans la cour extérieure (Esther 6:4).
חצר החיצונה הוא בחי׳ פסוקי דזמרה שהם המדברים בשבח גדולת יוצר הכל והתפשטותו על כל הנבראים ואשר עשה את הנפלאות ואת הגדולות הללו את14 ה׳ מן השמים כו׳
La cour extérieure correspond au niveau des Pessouké déZimra (versets de louange), qui célèbrent la grandeur du Créateur de toute chose, Son déploiement parmi toutes les créatures, ainsi que les merveilles et les grandes œuvres qu’Il a accomplies : « Louez Havaya depuis les cieux », etc. ;
La cour extérieure correspond aux Pessouké déZimra, les psaumes de louange au début de la prière du matin. Ils célèbrent la grandeur de D.ieu en tant que Créateur, la manière dont Sa puissance s’étend à toutes les créatures, ainsi que Ses merveilles, comme dans « Louez Havaya depuis les cieux » (Psalms 148:1).
« C’est Toi qui as fait les cieux », etc. ; il en va de même du Chant entonné lors de la séparation de la mer des Joncs, qui révèle le miracle prodigieux dans ce monde-ci.
Les Pessouké déZimra comprennent également « C’est Toi qui as fait les cieux » (Nehemiah 9:6) et le Chant de la mer, qui célèbre le miracle manifeste de la séparation de la mer dans ce monde-ci. Tout cela considère D.ieu en tant qu’Il donne vie à la création et agit en son sein : c’est la cour extérieure.
Écouter « dans la voix » signifie atteindre ce qui se trouve à l’intérieur de la voix de la Torah : la Lumière infinie elle-même, qui conduit l’âme au bitoul. Il y a toutefois un ordre : d’abord le parvis extérieur, la crainte acquise dans les Pesoukei deZimra par la contemplation de la Création, puis seulement le parvis intérieur.
Le Zohar (3:152a) enseigne que les cieux et leurs armées sont le vêtement, la Communauté d’Israël est le corps, Tiferet Israël est l’âme et Atika Kadicha est l’âme de l’âme, « et tout est lié ensemble ». Les notes de Kehot ajoutent un parallèle dans Likkutei Torah, Roch Hachana, où « écoute ma voix (bekoli) » est interprété comme ce qui se trouve à l’intérieur de la voix : la dimension intérieure du cœur, au-dessus de la sagesse, qui ne peut être exprimée par des mots.
Maré mekomot
- 1כי תשמע בקול ה׳ אלהיך · Deuteronomy 13:19
- 2ויאמר אם שמוע תשמע לקול ה׳ אלקיך · Exodus 15:26
- 3קול היינו המשכה מההעלם אל הגילוי . . אבל בקול · ראה גם לקמן נד, ג.
- 4אשרי אדם · משלי (ח, לד). [כ].
- 5אשרי אדם שומע לי · Proverbs 8:34
- 6אשרי אדם שומע לי אשרי לאדם בשעה ששמועותיו לי · Devarim Rabbah 7:2
- 7ועיין בזהר בהעלותך · ראה המשך תער״ב ח״ג ע׳ א׳תלה. וראה גם לעיל פ׳ ויקרא ג, ב.
- 8הקל קול יעקב · Genesis 27:22
- 9מש״ש בזוהר ונשמתא לנשמתא דא הוא ע״ק כו׳ · ראה בהמשך תער״ב ח״ג ע׳ א׳תלה מה שכתב בשם המאו״א.
- 10חצר חיצונה וחצר הפנימית · ראה המשך תער״ב שם ע׳ א׳רסז.
- 11כמ״ש במגילת אסתר · ה, א.
- 12ותעמוד בחצר בית המלך הפנימית · Esther 5:1
- 13והמן בא לחצר בית המלך החיצונה · Esther 6:4
- 14הללו את ה׳ מן השמים · Psalms 148:1
- 15אתה עשית את השמים · Nehemiah 9:6
- 16
8וחצר הפנימית הוא קריאת שמע1 וברכותיה. והמלך יושב2 על כסא מלכותו בבית המלכות הוא בחי׳ תפלת שמונה עשרה שהוא בחי׳ ביטול כו׳
Et la cour intérieure est la récitation du Chéma et ses bénédictions. « Le roi était assis sur son trône royal dans la maison royale » : c’est le niveau de la prière de Chemoneh Essré, qui est celui de l’annulation de soi (bitoul), etc.
La cour intérieure est le Chéma et ses bénédictions, dans lesquels l’homme accepte le joug du Ciel. La « maison royale », où le roi est assis sur son trône (Esther 5:1), est la Chemoneh Essré, la prière dite debout, dans laquelle l’homme se tient dans le bitoul devant le Roi.
Et de là, « le roi tendit le sceptre d’or » : c’est le niveau et la qualité de l’or, à savoir les « flammes ardentes » de l’amour, etc.,
Depuis la maison royale, « le roi tendit le sceptre d’or » à Esther (Esther 5:2). L’or symbolise l’amour, les « flammes ardentes » du Cantique des Cantiques (8:6).
שהושיט והמשיך מבחינת בית לבחינת חצר הפנימית דהיינו שיהא גילוי אהבה זו גם בק״ש [בקריאת שמע] בקיום ואהבת5 כו׳.67
qu’il tendit et qu’il fit passer du niveau de la « maison » à celui de la « cour intérieure » ; c’est-à-dire que cet amour soit également révélé dans le Chéma, par l’accomplissement de « Tu aimeras », etc.
Le roi tend le sceptre de la « maison » vers la « cour intérieure » : l’amour du niveau de la Chemoneh Essré est attiré dans le Chéma, afin d’y être révélé lorsque l’homme accomplit « Tu aimeras ».
וזהו אשרי תבחר ותקרב8 ישכון חצריך ב׳ חצרות חצר החיצונה וחצר הפנימית והדר נשבעה בטוב ביתך בחינת בית בתפלת שמונה עשרה שהוא בחינת ביטול כו׳
Et c’est là le sens de : « Heureux celui que Tu choisis et rapproches ; il demeurera dans Tes cours » : deux cours, la cour extérieure et la cour intérieure ; puis : « nous serons rassasiés de la bonté de Ta maison » : le niveau de la « maison », dans la prière de Chemoneh Essré, qui est celui de l’annulation de soi, etc.
Psaumes 65:5 fait allusion au même ordre : « il demeurera dans Tes cours », au pluriel — la cour extérieure et la cour intérieure — puis « nous serons rassasiés de la bonté de Ta maison », qui désigne la Chemoneh Essré, le niveau du bitoul.
(ע׳ [עיין] בזוהר חיי שרה דף קכ״ט ע״ב מענין ישכון חצריך ועיין מ״ש ע״פ וארשתיך לי9 כו׳ בהפטרה דפרשת במדבר.
(Voir le Zohar, ‘Hayé Sarah, folio 129b, au sujet de « il demeurera dans Tes cours » ; et voir ce qui est écrit sur le verset « Je te fiancerai à Moi », etc., dans la haftara de la paracha Bamidbar.
L’Admour Hazaken renvoie au Zohar sur « il demeurera dans Tes cours » (1:129b), ainsi qu’à son explication de « Je te fiancerai à Moi » dans la haftara de la paracha Bamidbar.
גם ע״פ ויקהל משה מענין שער החצר הפנימית כו׳ וע״פ ויושט המלך10 לאסתר כו׳ ומענין שמו״ע [שמונה עשרה] שנק׳ בית ע״פ השמים כסאי1112 כו׳ איזה בית כו׳)
Voir également l’explication sur le verset « Moché rassembla », au sujet de la porte de la cour intérieure, etc. ; et sur le verset « Le roi tendit à Esther », etc. ; et au sujet de la Chemoneh Essré, appelée « maison », à propos du verset « Les cieux sont Mon trône », etc. : « quelle maison », etc.)
Il renvoie aussi aux discours sur « Moché rassembla », au sujet de la porte de la cour intérieure ; sur « Le roi tendit à Esther » ; et sur « Les cieux sont Mon trône… quelle maison » (Isaïe 66:1), où la Chemoneh Essré est appelée « maison ».
והנה המשכת ביטול זה להיות תקועה וקבועה בלב ונפש כל היום שלא יפסיקוהו ולא יטרידוהו מחשבות הזמן הטורדות כו׳
Or, attirer ce bitoul afin qu’il soit ancré et établi dans le cœur et l’âme toute la journée, sans que les pensées du moment, qui distraient, ne l’interrompent ni ne le perturbent, etc.,
Le bitoul atteint dans la prière doit se prolonger toute la journée et demeurer ancré dans le cœur, afin que les pensées distrayantes de la vie quotidienne ne viennent pas l’interrompre.
cela se fait par la Torah, ainsi qu’il est dit : « Tu en parleras lorsque tu seras assis dans ta maison et lorsque tu marcheras », etc. Et c’est là « tous ceux qui L’invoquent en vérité », et « il n’est pas de vérité »
Cela se réalise par l’étude de la Torah, qui se poursuit tout au long de la journée, comme il est dit : « Tu en parleras lorsque tu seras assis dans ta maison et lorsque tu marcheras » (Deutéronome 6:7). Invoquer D.ieu « en vérité » (Psaumes 145:18) signifie le faire par la Torah, car les Sages disent : « Il n’est de vérité que la Torah. »
אלא תורה141516 כו׳ כי שפת אמת דוקא תכון לעד17 כי האהבה המתגלה בתפלה לפי שהיא בזמן לכך חולפת ועוברת אחר התפלה.
mais la Torah… etc. ; car seule « la lèvre de vérité sera affermie pour toujours ». L’amour qui se révèle dans la prière, puisqu’il appartient au temps, passe donc et disparaît après la prière.
Seule l’expression « la lèvre de vérité sera affermie pour toujours » (Proverbes 12:19). L’amour qui se révèle dans la prière appartient à un moment déterminé ; il passe donc une fois la prière achevée.
אבל התורה היא למעלה מן הזמן אשר אנכי מצוך אנכי ממש הוא אור א״ס ב״ה הסובב כל עלמין
Mais la Torah est au-dessus du temps : « que Je te prescris » — « Moi » (Anochi), au sens littéral, c’est la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) ;
La Torah est au-dessus du temps, car le « Moi » de « que Je te prescris » désigne D.ieu Lui-même, la Lumière infinie qui entoure tous les mondes.
ולכך נאמר בה היום כי כל מקום שנאמר היום פי׳ לעולם ולעולמי עולמים שאין לו ביטול והפסק:19
et c’est pourquoi le mot « aujourd’hui » est employé à son sujet ; car partout où il est dit « aujourd’hui », cela signifie à jamais et pour l’éternité, sans cessation ni interruption.
C’est pourquoi le verset dit « aujourd’hui » : partout où il est dit « aujourd’hui », explique l’Admour Hazaken, cela signifie à jamais, sans cessation ni interruption.
La cour extérieure est le Pesouké déZimra, la cour intérieure le Chéma, et la maison royale la Chemoneh Essré, où l’âme atteint le bitoul et d’où l’amour se prolonge jusque dans le Chéma. Pour préserver ce bitoul toute la journée, au-delà du temps de la prière, il faut la Torah, qui est au-dessus du temps.
Les notes de Kehot rapportent le commentaire du Tséma’h Tsédek : jusqu’au Chéma, l’amour est celui que l’homme suscite en lui-même ; dans le Chéma, en revanche, un amour supérieur est attiré d’en haut dans l’âme. C’est le roi tendant le sceptre d’or depuis la maison royale, en Atsilout, jusqu’à la cour intérieure, le Monde de Béria. Elles citent également le Mikdash Melekh sur le Zohar, qui interprète le fait de tendre le sceptre comme l’union de la délivrance (la bénédiction de la Guéoula) et de la prière.
Maré mekomot
- 1וחצר הפנימית הוא ק״ש וברכותיה והמלך יושב . . שמו״ע · מובא באוה״ת פ׳ תצוה ע׳ א׳תקסד ושם מציין שכ״ה במק״מ פ׳ ויחי דרכ״ח ע״ב שזהו ענין ויושט המלך לאסתר את שרביט הזהב הוא ענין סמיכת גאולה לתפלה. וראה גם בתו״א צד, ג דשם מציין לכאן ומציין גם למק״מ הנ״ל. וראה הלשון מק״מ באוה״ת מג״א (הוצאה תש״נ) ע׳ קכ ומשם ויושט המלך.
- 2והמלך יושב · Esther 5:1
- 3ויושט המלך את שרביט הזהב · Esther 5:2
- 4רשפי אש האהבה · Song of Songs 8:6
- 5שיהא גילוי אהבה זו גם בק״ש בקיום ואהבת · כי עד ק״ש הוא האהבה שהאדם מעורר בנפשו, אבל בק״ש נמשך גלוי אהבה עליונה מלמעלה בנפש האדם, וה״ע ויושט המלך לאסתר את שרביט הזהב מבית המלכות שבאצי׳ לחצר הפנימי שהוא בחי׳ עולם הבריאה — אוה״ת שמות כרך ח ד״ה וידבר כו׳ וארא סעי׳ ב.
- 6בקיום ואהבת כו׳ · מובא באוה״ת מג״א לד״ה ויושט המלך לאסתר. ומציין למק״מ פ׳ ויחי דף רכח, ב שכתב ויושט המלך לאסתר ה״ס סמיכת גאולה לתפלה, כי גאולה מוריד הארה מלמעלה למעלה את התפלה יסוד המל׳ באצילות כו׳, ואח״כ עולה התפלה עם הגאולה עצמה כו׳. ע״ש.
- 7ואהבת כו׳ · Deuteronomy 6:5
- 8אשרי תבחר ותקרב · Psalms 65:5
- 9ע״פ וארשתיך לי · Numbers 10:3
- 10ע״פ ויושט המלך · תו״א צד, ג
- 11ע״פ השמים כסאי · תו״א פ׳ בראשית.
- 12השמים כסאי · Isaiah 66:1
- 13אשר יקראוהו באמת · Psalms 145:18
- 14ואין אמת אלא תורה · Tikkunei Zohar, Tikkun 21 · 50a:20–22
- 15ואין אמת אלא תורה · Jerusalem Talmud Rosh Hashanah 3:9
- 16ואין אמת אלא תורה · Eikhah Rabbah, Petichta 2
- 17שפת אמת . . תכון לעד · Proverbs 12:19
- 18ע״י התו׳ שנאמר ודברת בם · Deuteronomy 6:7
- 19
Les mitsvot, lampe de la lumière de la Torah ¶9–12
9ג אך הנה יסוד התורה הוא מיוסד על מצות עשה ומצות לא תעשה הכתובים בה
3. Cependant, le fondement de la Torah repose sur les commandements positifs et les commandements négatifs qui y sont écrits.
Une nouvelle section commence. La Torah elle-même est bâtie sur ses commandements positifs et négatifs.
ולכך אין אור א״ס ב״ה שורה ומתגלה על פי התורה להיות קבוע בלב ונפש כ״א בקיום מצות עשה ומצות לא תעשה ובערת הרע1 כו׳
C’est pourquoi la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, ne réside pas et ne se révèle pas par l’étude de la Torah de manière à s’établir dans le cœur et dans l’âme, si ce n’est par l’accomplissement des commandements positifs et des commandements négatifs, ainsi que par « tu élimineras le mal », etc.
Ainsi, la lumière attirée par l’étude de la Torah s’installe et demeure dans le cœur uniquement lorsque l’on observe les commandements, en accomplissant les commandements positifs et en s’abstenant de transgresser les interdits, et que l’on « élimine le mal » (Deutéronome 13:6).
כי לא יגורך רע2 וטהור עינים מראות ברע3 וכמשל הבית שרוצה להכניס שם את המלך שצריך כיבוד וריחוץ שיהיה מנוקה מכל דבר מלוכלך שלא ימצא בו שום ניוול ואשפה כך
Car « le mal ne séjournera pas auprès de Toi », et [Tes] « yeux sont trop purs pour regarder le mal ». C’est comme une maison dans laquelle on souhaite faire entrer le roi : il faut la balayer et la laver, afin qu’elle soit débarrassée de toute souillure et qu’on n’y trouve ni laideur ni détritus. De même,
D.ieu ne réside pas avec le mal : « le mal ne séjournera pas auprès de Toi » (Psaumes 5:5), et Ses « yeux sont trop purs pour regarder le mal » (Habacuc 1:13). Une maison destinée à recevoir un roi doit d’abord être balayée et lavée, afin d’être débarrassée de toute tache et de tout détritus.
כדי שיהי׳ [שיהיה] הלב משכן ומכון להשראת גילוי אור א״ס בתוכו ובפנימיותו צריך לטהר את הלב מכל רע הן בסור מרע גמור באיסור כו׳ והן בכיבוש מדות רעות בנפש
pour que le cœur devienne un sanctuaire et une demeure où puisse résider la révélation de la Lumière infinie, en son sein et dans sa dimension intérieure, il faut purifier le cœur de tout mal : aussi bien en s’écartant du mal manifeste, de ce qui est interdit, etc., qu’en maîtrisant les mauvais traits de caractère de l’âme,
De même, pour que le cœur devienne une demeure pour la Lumière infinie révélée, il faut le purifier de tout mal : en évitant les fautes manifestes, mais aussi en maîtrisant les mauvais traits de caractère.
כמו כעס כו׳ ולא תתורו אחרי לבבכם4 ואחרי עיניכם אשר אתם זונים כו׳ שקראם הכתוב בלשון זונים כמו זונה שאסורה לבעלה אחרי אשר הוטמאה5 וגו׳.
comme la colère, etc. ; et « vous ne vous égarerez pas à la suite de votre cœur et de vos yeux, après lesquels vous vous égarez (zonim) », etc. L’Écriture les désigne par le terme « zonim », comme une femme infidèle (zonah), qui est interdite à son mari « après s’être souillée », etc.
La colère est un exemple de pareil trait de caractère. La Torah avertit : « vous ne vous égarerez pas à la suite de votre cœur et de vos yeux » (Nombres 15:39), en employant le terme qui désigne une femme infidèle à son mari, laquelle lui est interdite « après s’être souillée » (Deutéronome 24:4) ; s’égarer à la suite du cœur et des yeux rend le cœur impropre à accueillir la présence de D.ieu.
La lumière de la Torah ne prend demeure dans le cœur que lorsque celui-ci a été purifié par l’observance des commandements. À l’image d’une maison préparée pour recevoir un roi, le cœur doit être débarrassé aussi bien des fautes manifestes que des mauvais traits de caractère, car D.ieu ne réside pas avec le mal.
La note de Kehot observe que, dans Habacuc, le mot est écrit tehor sans vav et ra sans la préposition bet, et renvoie à Minchas Shai à cet endroit. Au sujet de Deutéronome 24:4, elle renvoie également à Sotah 26b, cité dans le commentaire de Rachi à cet endroit.
Maré mekomot
- 1ובערת הרע · Deuteronomy 13:6
- 2לא יגורך רע · Psalms 5:5
- 3וטהור עינים מראות ברע · Habakkuk 1:13
- 4ולא תתורו אחרי לבבכם · Numbers 15:39
- 5זונה שאסורה לבעלה אחרי אשר הוטמאה · Deuteronomy 24:4
10ולכן אמרו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] כל האומר אין לי אלא תורה1 אפילו תורה אין לו כי התורה בבחינה זו אשר אינה בטהרת הלב נקרא בחינת תרעא לדרתא23 שהיא למטה ממדרגת היראה כו׳.
C’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Celui qui dit : “Je n’ai que la Torah” ne possède même pas la Torah. » Car la Torah à ce niveau, lorsqu’elle n’est pas accompagnée de la pureté du cœur, est appelée le niveau de « la porte de la cour », qui est inférieur au niveau de la crainte, etc.
Cela découle du paragraphe précédent : la lumière de la Torah ne repose pas dans un cœur qui n’a pas été purifié par les mitsvot. Le Talmud (Yevamos 109b) dit que celui qui prétend n’avoir que la Torah ne possède même pas la Torah ; une Torah sans cœur purifié est, selon l’image de Rabbi Yannai (Shabbos 31b), une porte construite pour une cour qui n’existe pas, la cour représentant la crainte du Ciel.
וזהו לשמור את כל מצותיו את פי׳ כמכו עם (כמו הולך את חכמים יחכם4 פי׳ עם חכמים)
Et c’est là le sens de « garder (et) tous Ses commandements » : « et » signifie « avec » (comme dans « Celui qui marche avec (et) les sages deviendra sage », c’est-à-dire avec les sages) ;
L’Alter Rebbe interprète maintenant la suite du verset cité dans le maamar. Le petit mot « et », placé avant « tous Ses commandements », peut signifier « avec », comme dans Proverbes 13:20 : « Celui qui marche avec les sages deviendra sage. »
דהיינו שעם המצות תהיה בחי׳ שמירה לבחינת המשכת אשר אנכי מצוך היום הנמשכת ע״י התורה להיות לה שמירה וקיום בלב בל תמוט עולם ועד.5
c’est-à-dire qu’avec les mitsvot doit se trouver l’aspect de la préservation de « ce que Je t’ordonne aujourd’hui », qui est attiré par la Torah, afin qu’il soit préservé et demeure dans le cœur, « sans jamais vaciller, à jamais ».
Selon cette lecture, le verset signifie que les mitsvot doivent accompagner la Torah et la garder : la révélation du « Je » de D.ieu, attirée par l’étude de la Torah, a besoin des mitsvot pour être fermement préservée dans le cœur. Les mots conclusifs reprennent la description de la terre dans Psaumes 104:5 : « sans jamais vaciller, à jamais ».
כי הנה במצות יש ב׳ בחינות כי המות הם רמ״ח אברין הממשיכים החיות של הנפש והב׳
Car les mitsvot comportent deux aspects : [premièrement,] les mitsvot sont les 248 membres qui attirent la force vitale de l’âme ; et deuxièmement,
Les mitsvot accomplissent deux fonctions. La première, expliquée au paragraphe 2, est qu’elles sont comme les 248 membres du Roi, des canaux par lesquels s’écoule la force vitale.
שהם כלים לאור הנאחז ודולק שם שמבלעדי השמן והפתילה אין האור מאיר כלל וכן מבלעדי המנורה ישפך השמן ולא יומשך אחר הפתילה ויסתלק האור.
elles sont des réceptacles pour la lumière qui s’y attache et y brûle. Car sans l’huile et la mèche, la lumière ne brille pas du tout ; de même, sans la lampe, l’huile se répandrait et ne serait pas attirée vers la mèche, et la lumière s’éteindrait.
Le second aspect est que les mitsvot sont des réceptacles qui retiennent la lumière, comme une lampe. Une flamme a besoin d’huile et d’une mèche pour brûler ; l’huile, elle, a besoin de la lampe pour être contenue. Sans la lampe, l’huile se répand, la mèche n’est plus alimentée et la flamme s’éteint.
כך המצוה היא בחי׳ נר לאור התורה שאור א״ס ב״ה הנמשך ומתגלה בתורה אין לו קיום אמיתי כ״א ע״י המצות שהן בחי׳ שמירה וקיום
Ainsi, la mitsva est le niveau de la lampe pour la lumière de la Torah : la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, qui est attirée et révélée dans la Torah, n’a de véritable permanence que grâce aux mitsvot, qui sont le niveau de la préservation et de la permanence
Appliqué ici, cela signifie que la Torah est la lumière et la mitsva sa lampe, dans l’esprit du verset : « Une mitsva est une lampe et la Torah est lumière » (Proverbes 6:23). La Lumière infinie révélée par l’étude de la Torah ne peut demeurer sans les mitsvot qui la retiennent.
לאור התורה שיהא נשמר ומתקיים על ידן בקיום המצות במעשה בפועל ממש וע״ז נאמר והיה מעשה הצדקה שלום6 מעשה דוקא שצדקה היא כללות המצות.
de la lumière de la Torah, afin qu’elle soit préservée et demeure grâce à elles, par l’accomplissement concret des mitsvot. C’est à ce propos qu’il est dit : « L’acte de la charité sera la paix » : l’acte, précisément, car la charité est l’expression générale et collective (klalus) des mitsvot.
La lumière n’est préservée que lorsque les mitsvot sont effectivement accomplies. Isaïe 32:17, « L’acte de la charité sera la paix », met l’accent sur « l’acte » ; la charité est mise en évidence parce qu’elle constitue l’expression générale de toutes les mitsvot, comme l’explique le paragraphe suivant.
La Torah sans les mitsvot est comme une lumière sans lampe : la Lumière infinie qu’elle attire n’a pas de prise durable dans le cœur. En lisant « et » au sens de « avec », l’Alter Rebbe trouve cette idée dans le verset lui-même : la lumière de la Torah est préservée lorsque les mitsvot l’accompagnent et sont concrètement accomplies.
Dans le Talmud (Yevamos 109b), la raison invoquée est le verset « vous les étudierez et les accomplirez » : celui qui ne s’applique pas à accomplir ne s’applique pas à étudier. La note de Kehot cite Sefer HaMaamarim 5636, qui remarque que le discours « Ki Sishma » s’efforce de justifier cette lecture de l’enseignement — « la porte de la cour » — et qu’il existe une autre approche, dans le discours qui commence par « Vaydaber… Anochi ».
Maré mekomot
- 1כל האומר אין לי אלא תורה · Yevamot 109b:4–5
- 2כל האומר . . בחי׳ תרעא לדרתא · ראה סה״מ תרל״ו ח״ב ע׳ שו: בדרוש כי תשמע . . דחק להעמיד פי׳ כל האומר . . בחי׳ תרעא לדרתא . . ויש לו עוד שיטה אחרת כמ״ש בד״ה וידבר כו׳ אנכי.
- 3תרעא לדרתא · Shabbat 31b:1
- 4הולך את חכמים יחכם · Proverbs 13:20
- 5בל תמוט עולם ועד · Psalms 104:5
- 6והי׳ מעשה הצדקה שלום · Isaiah 32:17
C’est pourquoi on l’appelle simplement « mitsva », comme il est écrit dans Nehemia : « Nous nous sommes imposé des commandements, afin de donner un tiers de sicle », etc. Car
Parce que la tsédaka englobe toutes les mitsvot, on l’appelle simplement « la mitsva », comme c’est le cas dans tout le Talmud de Jérusalem (ainsi que dans le Tanya, chapitre 37). Nehemia 10:33 appelle également « commandements » le don annuel d’un tiers de sicle destiné au service du Temple.
כמו שהצדקה היא השפעת והמשכת החיות להחיות רוח שפלים4 כך הוא קיום כל המצות כולם נקראים על שם צדקה וכתיב בצדקה תכונני.56
de même que la tsédaka consiste à donner et à faire descendre la force vitale afin de « ranimer l’esprit des humbles », de même en est-il de l’accomplissement de toutes les mitsvot : toutes sont désignées sous le nom de tsédaka. Et il est écrit : « Par la tsédaka, tu seras affermie (tikonani). »
La tsédaka donne la vie aux pauvres, « afin de ranimer l’esprit des humbles » (Isaïe 57:15). De même, chaque mitsva fait descendre dans le monde une force vitale divine ; toutes les mitsvot portent donc aussi le nom de « tsédaka ». Et Isaïe 54:14 dit : « Par la tsédaka, tu seras affermie. »
פי׳ תכונני שע״י הצדקה תעשה מכון ומשכן להשראת אור א״ס ב״ה שאין לו קיום ומצב לעמוד על כנו אלא ע״י הצדקה שהוא בחי׳ כללות המצות שהן הן השומרים ומקיימים את האור.
Le sens de « tikonani » est que, par la tsédaka, vous deviendrez un lieu établi (makhon) et une demeure où résidera la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il. Celle-ci ne peut avoir ni permanence ni assise pour se tenir fermement à sa place que par la tsédaka, qui constitue leur expression générale et collective : celle de toutes les mitsvot, car ce sont elles qui gardent la lumière et la font perdurer.
L’Admour Hazaken interprète « tikonani » (« tu seras affermie ») comme se rattachant au terme makhon, un lieu établi : grâce à la tsédaka, une personne devient une demeure stable pour la Lumière infinie. La lumière n’a de place stable que par la tsédaka — c’est-à-dire par les mitsvot prises dans leur ensemble — qui la protègent et la maintiennent en place.
La tsédaka est appelée simplement « la mitsva », car chaque mitsva, comme la tsédaka, fait descendre la vie. Ainsi, « par la tsédaka, tu seras affermie » signifie que, par l’ensemble des mitsvot, une personne devient une demeure durable pour la Lumière infinie.
Le Tanya, chapitre 37, auquel renvoie la note de Kehot, explique qu’en accomplissant une mitsva, une personne fait descendre la révélation de la Lumière infinie afin qu’elle s’enveloppe dans les réalités matérielles de ce monde au moyen desquelles la mitsva est accomplie, par exemple l’argent de la tsédaka, à condition qu’il ne soit pas volé. Il explique également que la perfection des jours du Machia’h dépend de ce travail accompli tout au long de l’exil.
Maré mekomot
- 1נק׳ בשם מצוה סתם · Tanya, Likkutei Amarim 37:19
- 2בנחמי׳ והעמדנו עלינו מצות · י, לג.
- 3
- 4להחיות רוח שפלים · Isaiah 57:15
- 5בצדקה תכונני · ישעי׳ נד, יס.
- 6בצדקה תכונני · Isaiah 54:14
12ולכן אמרו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] כל האומר אין לי אלא תורה1 כו׳ שהפירוש הפשוט הוא שצריך שיעסוק בתורה ובגמילות חסדים ולא בתורה לבדה.
C’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Quiconque dit : “Je n’ai que la Torah” », etc. Le sens simple est qu’il faut s’adonner à la Torah et aux actes de bonté, et non à la Torah seule.
L’Admour Hazaken revient à l’enseignement de Yevamot 109b. Dans son sens simple, il enseigne que l’étude de la Torah doit aller de pair avec les actes de bonté.
והענין כי התורה לבדה הוא אור בלא כלי ואין לה קיום כ״א ע״י גמילות חסדים כללות המצות.
Le propos est que la Torah seule est une lumière sans réceptacle, et qu’elle ne peut subsister qu’au moyen des actes de bonté, expression générale et collective des mitsvot.
La raison intérieure est que la Torah seule est une lumière sans réceptacle, et qu’une lumière sans réceptacle ne dure pas. Les actes de bonté, qui représentent l’ensemble des mitsvot, en sont le réceptacle.
(ועיין מ״ש ע״פ אם בחקתי תלכו2 ואת מצותי תשמרו3 ג״כ שהשמירה היא ע״י המצות והיינו שע״י הכלים נשמר ומתקיים האור כו׳.
(Voyez aussi ce qui est écrit sur le verset : « Si vous marchez selon Mes statuts et gardez Mes commandements », où il est également expliqué que la préservation s’accomplit par les mitsvot ; c’est-à-dire que, grâce aux réceptacles, la lumière est préservée et subsiste, etc.
Une longue parenthèse commence ici. Elle renvoie d’abord au maamar sur Lévitique 26:3, « Si vous marchez selon Mes statuts et gardez Mes commandements », où la « préservation » s’accomplit également par les mitsvot, réceptacles qui préservent la lumière.
אמנם לעיל ע״פ אחרי הוי׳ אלקיכם תלכו4 נתבאר שע״י התורה הוא השמירה לנר מצוה5 ולפ״ז [ולפי זה] היה אפשר לפרש כאן הפסוק כפשוטו
Cependant, plus haut, à propos du verset « C’est après Havaya, votre D.ieu, que vous marcherez », il a été expliqué que c’est la Torah qui préserve la « lampe de la mitsva ». Selon cela, on aurait pu interpréter ici le verset dans son sens simple :
Mais, dans le maamar précédent de cette paracha, sur « C’est après Havaya, votre D.ieu, que vous marcherez » (Deutéronome 13:5), les rôles sont inversés : c’est la Torah qui y protège la « lampe de la mitsva ». Selon cette approche, le verset du présent maamar pourrait se lire dans son ordre simple.
כי תשמע בקול שהוא בחי׳ תורה שעי״ז יומשך לשמור את כל מצותיו שהתורה היא השמירה לנר מצוה כו׳ וע׳ פנים לתורה6789 וגם כי פי׳ השמירה הנזכר כאן ר״ל [רוצה לומר] שלא יסתלק האור לשרשו
« Lorsque tu écouteras la voix », qui est le niveau de la Torah, alors, par ce moyen, il sera attiré de quoi « garder tous Ses commandements », car la Torah préserve la lampe de la mitsva, etc. Or, la Torah a soixante-dix facettes. En outre, la « préservation » mentionnée ici signifie que la lumière ne se retire pas vers sa source,
Selon cette lecture, écouter la voix — la Torah — conduit à garder les commandements, puisque la Torah les protège ; et comme la Torah a « soixante-dix facettes », les deux lectures sont valables. De plus, les deux « préservations » sont différentes : ici, « préserver » signifie empêcher la lumière de se retirer vers sa source.
וזה הוא ע״י הכלים דוקא וכמשנ״ת [וכמו שנתבאר] בביאור ע״פ וקבל היהודים בפי׳ ענין נעשה ונשמע כו׳ ע״ש וע״פ והארץ הדום רגלי10 כו׳ ולעיל ר״ל [רוצה לומר] השמירה מבחי׳ עבירה מכבה מצוה11 דהיינו מיניקת החיצונים מהא״פ [מהאור פנימי] והכלי.
et cela s’accomplit précisément par les réceptacles, comme cela a été expliqué dans le commentaire sur le verset « Et les Juifs acceptèrent », à propos de la signification de « Nous ferons et nous entendrons », etc. Voyez là-bas, ainsi que le commentaire sur le verset « Et la terre est Mon marchepied », etc. Plus haut, en revanche, il s’agissait de préserver de l’aspect où « une faute éteint une mitsva », c’est-à-dire de l’absorption de nourriture par les forces extérieures, au détriment de la lumière intérieure (ou pnimi) et du réceptacle.
C’est aux réceptacles qu’il revient de maintenir la lumière en place, comme l’expliquent les discours sur « Et les Juifs acceptèrent » (à propos de « Nous ferons et nous entendrons ») et sur « Et la terre est Mon marchepied ». Le maamar précédent évoquait une autre forme de préservation : protéger de ce que les Sages appellent « une faute éteint une mitsva », c’est-à-dire empêcher les forces extérieures, les kelipot, de puiser leur nourriture dans la lumière intérieure et son réceptacle.
ושמירה זו הוא דייקא ע״י אורות מקיפים כו׳ ועיין מ״ש בפ׳ ואתחנן ע״פ וזאת המצוה כו׳ לשמור את כל חקותיו כו׳ ושמרת כו׳ ב׳ שמירות. ועיין מ״ש ע״פ תשמרו להקריב12 כו׳ שמור זו משנה כו׳).
Or, cette préservation s’accomplit précisément par les lumières enveloppantes, etc. Voyez aussi ce qui est écrit dans la paracha Vaet’hanan, sur le verset « Et voici le commandement », etc., « pour garder tous Ses statuts », etc., « et tu garderas », etc. : il s’agit de deux préservations. Voyez également ce qui est écrit sur le verset « Vous garderez, pour offrir », etc. : « “Garder” désigne la Michna », etc.)
Cette protection s’exerce par les lumières enveloppantes, qui protègent des influences extérieures. La parenthèse se termine par une référence au maamar de Vaet’hanan sur « Et voici le commandement » (Deutéronome 6:1–3), qui distingue deux formes de préservation, ainsi qu’au maamar sur « Vous garderez, pour offrir » (Nombres 28:2), où le terme « garder » est associé à l’étude de la Michna.
ובזה יובן מ״ש כי אם בזאת יתהלל המתהלל13 השכל14 וידוע אותי1516 כי אני ה׳ עושה חסד משפט וצדקה בארץ.1718
On comprendra ainsi ce qui est écrit : « Que celui qui se glorifie se glorifie de ceci : de comprendre et de Me connaître, que Je suis Havaya, qui exerce la bonté, la justice et la charité sur la terre. »
Le principe selon lequel la lumière de la Torah a besoin des réceptacles des mitsvot éclaire à présent Jérémie 9:23 : on ne doit se glorifier que de comprendre et de connaître D.ieu, « car Je suis Havaya, qui exerce la bonté, la justice et la charité sur la terre ».
ולכאורה אינו מובן כי השכל וידוע אותי היינו להיות דעת19 אלהים אצלו ומאי מסיים כי אני20 ה׳ עושה חסד כו׳.
À première vue, cela n’est pas compris : « me comprend et me connaît » signifie avoir la connaissance de D.ieu ; pourquoi le verset conclut-il donc : « que Je suis Havaya, qui exerce la bonté », etc. ?
La difficulté est la suivante : « me comprendre et me connaître » relève de l’intellect, de la connaissance de D.ieu. Pourquoi, dès lors, le verset s’achève-t-il par des actes de bonté, de justice et de charité ?
אך עם הנ״ל יובן כי השכל וידוע אותי. פי׳ אותי ממש הוא אור א״ס ב״ה ממש עצמותו ומהותו כביכול המתגלה בתורה ועיין ברבות נשא ר״פ עשירי.
Mais, à la lumière de ce qui a été dit plus haut, on comprendra : « me comprend et me connaît » signifie « Moi » au sens littéral, c’est-à-dire la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, Lui-même, Son essence et Son être, pour ainsi dire, qui se révèle dans la Torah. Voir aussi [Midrach] Rabba, Nasso, au début du [chapitre] dix.
La réponse : « Moi » désigne D.ieu Lui-même, Son essence même telle qu’elle se révèle dans la Torah, à l’instar du « Je » de « que Je vous ordonne », expliqué plus haut. Le Midrach au début de Bamidbar Rabba 10 cite également ce verset et explique la « connaissance » comme la reconnaissance de son Créateur.
אך אין זה קיום אמיתי כ״א ע״י עשיית חסד משפט וצדקה שהם בחי׳ כלים והטעם שהם דייקא בחי׳ כלים מפרש הכתוב
Mais cela ne peut se maintenir véritablement que par l’accomplissement de la bonté, de la justice et de la charité, qui sont le niveau des réceptacles. Et la raison pour laquelle ce sont précisément elles qui constituent le niveau des réceptacles, le verset l’explique :
Cette connaissance de D.ieu Lui-même ne se maintient que par les actes de bonté, de justice et de charité, qui en sont les réceptacles. Pourquoi les actes, en particulier, en sont-ils les réceptacles ? Le verset lui-même l’explique dans ses derniers mots.
כי באלה חפצתי כלומר שכך עלה ברצונו ית׳ להיות המצות דוקא בחי׳ כלים לגילוי אור א״ס ב״ה אשר אנכי מצוך היום שבבחי׳ היום לעשותם21 הוא גילוי אנכי ממש דהיינו מהותו ועצמותו כביכול
« Car c’est en ces choses que Je prends plaisir » : autrement dit, telle est la volonté qui s’est élevée devant Lui, béni soit-Il : que les mitsvot, précisément, soient le niveau de réceptacles de la révélation de la Lumière infinie, béni soit-Il. « Que Je vous ordonne aujourd’hui » : au niveau de « aujourd’hui, pour les accomplir », se révèle le « Je » (Ano’hi) même, c’est-à-dire Son être et Son essence, pour ainsi dire
« Car c’est en ces choses que Je prends plaisir » : la volonté de D.ieu est simplement que les mitsvot soient les réceptacles de Sa lumière, selon une raison qui dépasse la logique humaine. C’est pourquoi le verset du maamar dit « que Je vous ordonne aujourd’hui », faisant écho à « aujourd’hui, pour les accomplir » (Deutéronome 7:11) : dans l’accomplissement des mitsvot en ce monde, le « Je » même de D.ieu se révèle.
(ועיין ברבות סוף קהלת בפ׳ ויותר שהיה קהלת חכם ובפ׳ נח ס״פ ל״ה משפטים פ״ל זח״ב [זהר חלק ב׳] קכ״ב סע״א [סוף עמוד א] קנ״ח ב׳22 ח״ג [חלק ג׳] ק״י ע״א רנ״ו ע״ב) משא״כ עולם הבא הוא גילוי זיו והארה בעלמא.
(voir aussi [Midrach] Rabba, à la fin de Kohelet, sur « Et de plus, parce que Kohelet était sage », ainsi que dans la paracha Noa’h, à la fin du chapitre 35 ; Michpatim, chapitre 30 ; Zohar, partie II, fin de 122a et 158b ; partie III, 110a et 256b), tandis que le Monde futur n’est que la révélation d’un rayonnement et d’un éclat.
Après d’autres références au Midrach et au Zohar, le contraste est établi : le Monde futur ne révèle qu’un rayonnement de la lumière de D.ieu, tandis que les mitsvot accomplies « aujourd’hui », en ce monde, révèlent Son essence.
ובזה יובן מ״ש מי יעלה בהר23 ה׳ ומי יקום במקום קדשו נקי כפים24 כו׳ שלא כל האדם זוכה לעוה״ב [לעולם הבא]
On comprendra ainsi ce qui est écrit : « Qui montera sur la montagne de Havaya, et qui se tiendra en Son lieu saint ? Celui qui a les mains pures », etc. : tout homme ne mérite pas le Monde futur
Cela explique également Psaumes 24:3–4 : tout le monde ne peut pas « monter sur la montagne de Havaya » ; seul le peut celui « qui a les mains pures ». De même, tout homme ne mérite pas le Monde futur sans avoir d’abord été purifié.
כי אם ע״י יסורים של גיהנם ונהר דינור25 כו׳ וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] שלש מתנות טובות26 נתן הקב״ה לישראל וכולם לא נתנו אלא ע״י יסורים.27 עולם הבא תורה וארץ ישראל.
si ce n’est au prix des souffrances du Guéhinom et du fleuve de feu (Nehar Dinour), etc. Ainsi que l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Le Saint béni soit-Il a donné à Israël trois bons présents, et tous ne furent donnés qu’au prix de souffrances : le Monde futur, la Torah et la Terre d’Israël. »
Beaucoup n’y accèdent qu’au prix des souffrances du Guéhinom et du « fleuve de feu » que Daniel vit couler devant le trône de D.ieu (Daniel 7:10). Le Talmud (Berachos 5a) enseigne que le Monde futur, tout comme la Torah et la Terre d’Israël, n’est donné qu’au prix de souffrances ; le paragraphe suivant demande pourquoi il en est ainsi.
La Torah seule est une lumière sans réceptacle ; les mitsvot, dont les actes de bonté expriment l’ensemble, sont le réceptacle qui la préserve. Cela explique pourquoi Jérémie associe « Me connaître » à la bonté, à la justice et à la charité : D.ieu a voulu que Son essence même, révélée dans la Torah, soit retenue par les mitsvot accomplies « aujourd’hui » dans ce monde, tandis que le Monde futur, même atteint au prix des souffrances, ne révèle qu’un rayonnement.
Un discours de Sefer HaMaamarim 5568, cité dans la note de Kehot, suggère que « comprendre et connaître » désigne l’attraction de la sagesse vers le bas, afin d’affiner le monde par l’accomplissement des mitsvot, ce qui est supérieur à la sagesse en elle-même. C’est pourquoi le verset ajoute : « qui exerce la bonté, la justice et la charité sur la terre » ; car, en haut aussi, l’intention essentielle est la bonté, la justice et la charité sur la terre. Le Zohar (Part II, 122a), cité dans le texte, appelle la bonté, la justice et la charité « les parures du Roi ».
Maré mekomot
- 1כל האומר אין לי אלא תורה · Yevamot 109b:4–5
- 2ע״פ אם בחקתי תלכו · לעיל פ׳ בחקתי מה, ג.
- 3אם בחקתי תלכו ואת מצותי תשמרו · Leviticus 26:3
- 4אחרי הוי׳ אלקיכם תלכו · Deuteronomy 13:5
- 5נר מצוה · Proverbs 6:23
- 6וע׳ פנים לתורה · Bamidbar Rabbah 13:15
- 7וע׳ פנים לתורה · Bamidbar Rabbah 13:16
- 8וע׳ פנים לתורה · Zohar, Vayikra 47:334–49:342
- 9וע׳ פנים לתורה · Zohar, Sh'lach 9:59–10:67
- 10והארץ הדום רגלי · Isaiah 66:1
- 11עבירה מכבה מצוה · Sotah 21a:9–10
- 12תשמרו להקריב · Numbers 28:2
- 13כי אם בזאת יתהלל המתהלל · Jeremiah 9:23
- 14כי אם בזאת יתהלל המתהלל השכל · Bereshit Rabbah 35:3
- 15השכל וידוע אותי · Bamidbar Rabbah 10:1
- 16כי אם בזאת יתהלל המתהלל השכל וידוע אותי · Zohar, Terumah 54:585–593
- 17משפט וצדקה בארץ · Shemot Rabbah 30:16
- 18עושה חסד משפט וצדקה בארץ · Zohar, Mishpatim 20:511–21:519
- 19היינו להיות דעת אלקים · ביהל אור ע׳ שיא מביא בשם רד״ק שכתב בשם חכם א׳ ”דהשכל וידוע הוא היותר עליון שבמדריגות החכמה, וכענין כתר תורה” ע״ש.
- 20ומאי מסיים כי אני ה׳ עושה חסד · ואפ״ל כי השכל וידוע זהו המשכת החכמה למטה לברר בירורי׳ ולמעלה הוא ענין נובלות חכמה שלמעלה תורה. וכן עד״ז למטה הוא שיכניס החכמה שמשיג באלקות יכניסה בקיום המעשה המצות כנ״ל [שם בתקס״ח] בענין שכל טוב לכל עושיהם זהו הנק׳ השכל וידוע אותי, ע״ד בכל דרכיך דעהו. ולכן ע״ז בא הטעם כי אני ה׳ עושה כו׳ שכמ״כ למעלה עיקר המכוון להיות חסד ומשפט וצדקה בארץ וזהו ארץ קדמה, וכן הוא ענין המשכת החכמה לברר בירורי׳ ע״י מעשה זהו גבוה מעצם החכמה — סה״מ תקס״ח כרך ב ע׳ תשכז. ראה אוה״ת נ״ך כרך ב ע׳ תתעח ואילך.
- 21היום לעשותם · Deuteronomy 7:11
- 22קנ״ח ב׳ · ראה ביאור ע״ז באוה״ת נ״ך כרך ב ע׳ תתעז.
- 23מי יעלה בהר ה׳ · Psalms 24:3
- 24נקי כפים · Psalms 24:4
- 25ונהר דינור · Daniel 7:10
- 26שלש מתנות טובות · ברכות ה, סע״א.
- 27שלש מתנות טובות נתן הקב״ה לישראל וכולם לא נתנו אלא ע״י יסורים · Berakhot 5a:20–21
Pourquoi le Monde futur exige des souffrances ¶13
13ויסורי עוה״ב [עולם הבא] הם כפלי כפלים מיסורי עוה״ז עד שאין ערך כו׳ ולכאורה אינו מובן שהרי אמרו
Et les souffrances du Monde à venir sont maintes fois supérieures à celles de ce monde, au point qu’il n’y a aucune comparaison, etc. À première vue, cela ne se comprend pas, car [les Sages] ont dit :
Les souffrances par lesquelles une âme accède au Monde à venir sont bien plus grandes que toutes les souffrances de ce monde, au-delà de toute comparaison. Cela soulève une difficulté, fondée sur le propos des Sages cité dans la partie suivante.
יפה שעה אחת1 בתשובה ומע״ט [ומעשים טובים] בעוה״ז מכל חיי עוה״ב [עולם הבא]2 ולמה בעוה״ז יכול להיות בתשובה ומעשים טובים ואין צורך יסורים כ״כ [כל כך] לחיי עוה״ב [עולם הבא].
« Une heure de techouva et de bonnes actions dans ce monde vaut mieux que toute la vie du Monde à venir. » Pourquoi, alors, peut-on accomplir dans ce monde la techouva et de bonnes actions sans avoir besoin de souffrances, [alors qu’il faut] tant [de souffrances] pour la vie du Monde à venir ?
La Michna (Avot 4:17) enseigne qu’une heure de techouva et de bonnes actions dans ce monde vaut mieux que toute la vie du Monde à venir. Si l’on accède ici à ce qui est supérieur par la seule techouva et par de bonnes actions, pourquoi le Monde à venir, qui est moindre, exige-t-il tant de souffrances ?
אך הענין הוא לפי שעוה״ב [שעולם הבא] הוא גילוי הזיו שהגילוי הזה הוא דרך ירידת והשתלשלות המדרגות
Mais voici l’explication : le Monde à venir est la révélation du rayonnement, et cette révélation s’opère par la descente et l’enchaînement descendant des niveaux (hichtalchelout),
La réponse est la suivante : le Monde à venir est une révélation du rayonnement de D.ieu, et celui-ci ne parvient aux âmes qu’en descendant à travers une longue chaîne de niveaux.
שהן רבות ושונות וכדי להיות גילוי זה לכל אחד ואחד כאוי לו לפי מעשיו ומדרגתו מוכרח הוא לסבול יסורים כ״כ [כל כך] לפי ערך כו׳
qui sont nombreux et variés ; et pour que cette révélation se produise pour chacun, comme il convient à ses actes et à son niveau, il lui faut nécessairement endurer tant de souffrances, à la mesure de sa condition, etc.
Ces niveaux étant nombreux et différents, chaque âme reçoit la révélation qui correspond à ses actes et à sa position. Pour être ajustée à sa mesure exacte, l’âme doit subir des souffrances en proportion.
אבל בעוה״ז שהוא גילוי אנכי ממש ה נה עליו ית׳ נאמר גם חשך לא יחשיך3 כו׳ וקרוב ה׳ לכל קוראיו לכל אשר יקראוהו באמת4
Mais dans ce monde, où se révèle le « Moi » même (Anochi), voici qu’il est dit de Lui, béni soit-Il : « Même les ténèbres ne sont pas obscures », etc., et : « Havaya est proche de tous ceux qui L’invoquent, de tous ceux qui L’invoquent avec vérité. »
Dans ce monde, par les mitsvot, c’est le « Moi » même de D.ieu qui se révèle, et devant Lui tous les niveaux sont égaux : « même les ténèbres ne sont pas obscures » pour Lui (Psaumes 139:12). Il est donc proche de tous ceux qui L’invoquent avec vérité (Psaumes 145:18), quel que soit leur niveau, et aucun long processus de raffinement n’est nécessaire.
כי הוא השוה ומשוה קטן וגדול5 והמלאכים שואלים איה מקום כבודו היינו אור א״ס ב״ה ממש שאינו מושג כו׳
Car Il est Celui qui est égal et rend égaux le petit et le grand. Les anges demandent : « Où est le lieu de Sa gloire ? » C’est-à-dire la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, elle-même, qui ne peut être appréhendée, etc.
Comme le dit le piyout « Vechol Maaminim », Il est égal et rend égaux le petit et le grand. Les anges demandent : « Où est le lieu de Sa gloire ? », car l’essence de D.ieu, la Lumière infinie elle-même, échappe à leur entendement.
(משא״כ בבחי׳ הזיו הרי והאופנים ברעש גדול6 כו׳ יהללו את שם7 ה׳) ואומרים מלא כל הארץ.8 הלזו הגשמית. כבודו:
(À la différence du niveau du rayonnement, où, voici, « les Ofanim, dans un grand tumulte », etc. ; « qu’ils louent le Nom de Havaya ».) Et ils disent : « Toute la terre » — cette terre physique — « est pleine de Sa gloire. »
À l’inverse, c’est le rayonnement que les Ofanim louent « dans un grand tumulte » (dans les bénédictions précédant le Chema, après Ézéchiel 3:13), et à son sujet Psaumes 148:5 dit : « Qu’ils louent le Nom de Havaya » : le Nom que le maamar a décrit comme un simple rayonnement. Pourtant, les anges disent aussi que « toute la terre est pleine de Sa gloire » (Isaïe 6:3), cette terre physique : l’essence qu’ils ne peuvent appréhender est présente ici.
Pourquoi le Monde à venir, qui est inférieur à une heure de bonnes actions accomplies ici, exige-t-il de si grandes souffrances ? Parce qu’il n’est qu’un rayonnement, reçu par l’intermédiaire de nombreux niveaux descendants, chacun selon la mesure qui lui est propre ; tandis que dans ce monde se révèle l’essence de D.ieu, devant laquelle le petit et le grand sont égaux, et qui remplit cette terre physique même.
Maré mekomot
- 1יפה שעה אחת · לעיל כב, ד. וש״נ.
- 2יפה שעה אחת בתשובה ומע״ט בעוה״ז מכל חיי עוה״ב · Pirkei Avot 4:17
- 3גם חושך לא יחשיך · Psalms 139:12
- 4קרוב ה׳ לכל קוראיו לכל אשר יקראוהו באמת · Psalms 145:18
- 5השוה ומשוה קטן וגדול · פיוט וכל מאמינים.
- 6והאופנים ברעש גדול · Ezekiel 3:13
- 7יהללו את שם ה׳ · Psalms 148:5
- 8מלא כל הארץ · Isaiah 6:3
Les deux unités et les deux yeux ¶14–17
14ד אך הנה תכלית המכוון בכי תשמע בקול ה׳ אלהיך הוא המשכת בחינת אור א״ס
4. Cependant, l’intention ultime de « Lorsque tu écouteras la voix de Havaya, ton D.ieu », qui consiste à faire descendre le niveau de la Lumière infinie (Or Ein Sof),
La section 4 commence par énoncer le but. Écouter « la voix », c’est-à-dire étudier la Torah, fait descendre ouvertement la Lumière infinie dans l’âme.
ב״ה בגילוי על נפשו ובשמירת כל מצותיו להיות כלי ואור לגילוי זה הוא כדי להיות בחי׳ ביטול כו׳ וזהו לעשות הישר בעיני ה׳ כו׳.1
béni soit-Il, en révélation sur l’âme, et de garder tous Ses commandements, afin d’être un réceptacle et une lumière pour cette révélation, est que se réalise le niveau de l’annulation de soi (bitoul), etc. Et c’est là « faire ce qui est droit aux yeux de Havaya », etc.
Garder tous les commandements en fait le réceptacle qui contient cette lumière révélée. Le but de l’un et de l’autre est le bitoul, l’annulation de soi de l’âme devant D.ieu, et c’est ce que le verset appelle « faire ce qui est droit aux yeux de Havaya ».
Les deux parties du verset — la Torah, qui fait descendre la lumière, et les mitsvot, qui la contiennent — servent un seul but : le bitoul, qui est le sens de « faire ce qui est droit aux yeux de Havaya ».
Maré mekomot
- 1כי תשמע בקול ה׳ אלהיך · Deuteronomy 13:19
15וביאור ענין זה1 הנה כתיב אל דעות ה׳ ב׳ דעות יחודא עילאה ויחודא תתאה יחודא עילאה מלמעלה למטה דכולא קמיה כל׳ [כלשון]2 כו׳.
L’explication de cette question est la suivante : il est écrit : « Un D.ieu de connaissances (de’ot) est Havaya » : deux connaissances, l’unité supérieure (yi’houda ila’a) et l’unité inférieure (yi’houda tata’a). L’unité supérieure va du haut vers le bas : « tout est comme rien devant Lui », etc.
Dans le chant de Hannah, D.ieu est appelé « un D.ieu de connaissances » (I Samuel 2:3), au pluriel. L’Alter Rebbe y voit deux manières de connaître l’unité de D.ieu. Dans l’unité supérieure, considérée du haut vers le bas, rien n’existe en dehors de Lui : comme le dit le Zohar, tout est comme rien devant Lui.
ויחודא תתאה ממטה למעלה בחי׳ יש מאין כו׳ כמ״ש במ״א ושתיהם הם כחות אלהות יחודא תתאה בשם אלקים המצמצם ומפריד להיות עלמא דפרודא בחי׳ יש כו׳ שיהיה ביטול היש דוקא ויחודא עילאה בשם הוי׳ כו׳.3
L’unité inférieure va du bas vers le haut : le niveau de quelque chose issu du néant, etc., comme il est expliqué ailleurs. Toutes deux sont des forces divines : l’unité inférieure relève du Nom Elokim, qui contracte et sépare, afin qu’existe un monde de séparation, le niveau du « quelque chose » (yech), etc., et qu’il y ait précisément l’annulation du « quelque chose » ; l’unité supérieure relève du Nom Havaya, etc.
Dans l’unité inférieure, considérée du bas vers le haut, le monde existe comme un « quelque chose » créé à partir du néant, et son unité avec D.ieu consiste en ce que ce « quelque chose » s’annule devant Lui. Toutes deux sont des forces divines : le Nom Elokim contracte et voile, permettant à un monde d’êtres distincts de paraître afin qu’il puisse s’annuler ; le Nom Havaya est l’unité supérieure.
Il existe deux manières de connaître l’unité de D.ieu : du haut, où les mondes sont comme rien devant Lui (le Nom Havaya), et du bas, où ils existent comme un « quelque chose » qui doit s’annuler devant Lui (le Nom Elokim).
Maré mekomot
- 1וביאור ענין זה · ראה אוה״ת פ׳ כי תשא ע׳ ב׳לו.
- 2דכולא קמי׳ כלא · Zohar I, 11b
- 3א-ל דעות ה׳ · I Samuel 2:3
16וזהו משמים הביט1 ה׳ השקיפה ממעון קדשך2 מן השמים ה׳ משמים השקיף3 כו׳. פי׳ שנתלבש במדה זו להשגיח משמים4 מלמעלה למטה
Et c’est là le sens de « Du ciel, Havaya regarda », « Regarde depuis Ta demeure sainte, depuis les cieux », « Havaya regarda depuis les cieux », etc. C’est-à-dire qu’Il se revêtit de cet attribut afin de veiller depuis les cieux, d’en haut vers le bas,
Plusieurs versets évoquent D.ieu qui regarde depuis les cieux : Psaumes 33:13, Deutéronome 26:15 et Psaumes 14:2. « Depuis les cieux » signifie que D.ieu se revêt de l’attribut qui veille d’en haut vers le bas.
דהיינו בחינת יחודא עילאה שלפעמים מתלבש במדה זו ולפעמים מתלבש ומשגיח במדה שממטה למעלה בחי׳ יחודא תתאה.
c’est-à-dire le niveau de l’unité supérieure (yi'houda ila'a). Car parfois Il se revêt de cet attribut, et parfois Il se revêt de l’attribut qui va du bas vers le haut et veille au moyen de celui-ci : le niveau de l’unité inférieure (yi'houda tata'a).
Veiller d’en haut vers le bas correspond à l’unité supérieure. À d’autres moments, D.ieu veille par l’intermédiaire de l’attribut opposé, du bas vers le haut, qui correspond à l’unité inférieure.
La manière dont D.ieu veille sur le monde revêt deux formes, correspondant aux deux unités : d’en haut vers le bas, l’unité supérieure, et du bas vers le haut, l’unité inférieure. À différents moments, Il se revêt de l’une ou de l’autre.
Maré mekomot
- 1משמים הביט ה׳ · Psalms 33:13
- 2השקיפה ממעון קדשך · Deuteronomy 26:15
- 3ה׳ משמים השקיף · Psalms 14:2
- 4פי׳ שנתלבש במדה זו להשגיח משמים · אוה״ת פ׳ וירא (קג, א ואילך). וראה שומר אמונים (להר״י אירגס) בסופו. כן נסמן בלקו״ש ח״ל ע׳ 150 הערה 26.
17וזהו עין ה׳ אל יראיו12 שליראיו שהן בבחי׳ מפתחות החיצוניות הוא משגיח בבחי׳ עין אחת או יחודא עילאה או יחודא תתאה משא״כ אל הצדיקים שהן בבחינת התקשרות עמוד אחד וצדיק שמו3
Et c’est là le sens de « L’œil de Havaya est tourné vers ceux qui Le craignent » : envers ceux qui Le craignent, lesquels sont au niveau des clés extérieures, Il veille sur eux selon le niveau d’un seul œil, soit l’unité supérieure (yi'houda ila'a), soit l’unité inférieure (yi'houda tata'a). En revanche, envers les justes, qui sont au niveau d’un lien (hiskachrout), « une seule colonne, et Tsadik est son nom »,
Cela explique l’« œil » unique du verset des Psaumes 33:18. Ceux qui Le craignent n’ont que la clé extérieure de la crainte ; D.ieu veille donc sur eux d’un seul œil, selon l’unité supérieure ou l’unité inférieure. Les justes sont liés à D.ieu ; le Talmud (Chagigah 12b) dit que le monde repose sur « une seule colonne, et Tsadik est son nom ».
כי כל בשמים ובארץ4 ותרגום אונקלוס5 דאחיד בשמיא וכו׳ הוא בבחי׳ עיני ה׳ שאלו השני בחי׳ עינים הן שוין ממטה למעלה כמו מלמעלה למטה
« car tout est dans les cieux et sur la terre », qu’Onkelos traduit par « qui se tient attaché dans les cieux », etc. : cela relève du niveau des « yeux de Havaya ». Car ces deux niveaux d’yeux sont égaux, du bas vers le haut comme du haut vers le bas.
L’expression « car tout est dans les cieux et sur la terre » (I Chronicles 29:11) est rendue dans le Targoum par « qui se tient attaché dans les cieux et sur la terre » : le juste tient ensemble ces deux éléments. Ainsi, envers les justes, D.ieu veille avec « les yeux de Havaya » (Psalms 34:16), c’est-à-dire les deux yeux, car pour eux, le mouvement du haut vers le bas et celui du bas vers le haut sont égaux.
(ועד״ז הוא מאמר המדרש סוף6 שיר השירים רבה בשעה שישראל עושין רצונו של מקום הקב״ה מביט אליהם בשתי עיניו הה״ד [הדא הוא דכתיב] עיני ה׳ אל צדיקים7 ובשעה שאין עושין רצונו של הקב״ה הוא מביט עליהם בעינו אחת הה״ד [הדא הוא דכתיב] עין ה׳ אל יראיו)
(Dans le même ordre d’idées, le Midrach, à la fin de Shir HaShirim Rabbah, enseigne : Lorsque Israël accomplit la volonté de Celui qui est partout, le Saint béni soit-Il les regarde de Ses deux yeux, ainsi qu’il est dit : « Les yeux de Havaya sont tournés vers les justes » ; et lorsqu’ils n’accomplissent pas la volonté du Saint béni soit-Il, Il les regarde d’un seul œil, ainsi qu’il est dit : « L’œil de Havaya est tourné vers ceux qui Le craignent ».)
Le Midrach, à la fin de Shir HaShirim Rabbah, compare D.ieu à un cerf qui dort en gardant un œil ouvert : lorsque Israël accomplit Sa volonté, Il les regarde de Ses deux yeux, comme dans « les yeux de Havaya sont tournés vers les justes » ; lorsqu’ils ne l’accomplissent pas, Il les regarde d’un seul œil, comme dans « l’œil de Havaya est tourné vers ceux qui Le craignent ».
Et comme il est écrit : « Les droits contempleront Son visage » : véritablement yashar [de niveau], de sorte que, du bas vers le haut également, se révèle le niveau de l’annulation de soi (bitoul) exprimée par « tout est considéré comme rien devant Lui » ; et comme il est écrit,
Le verset des Psaumes 11:7, « les droits contempleront Son visage », est interprété en donnant à yashar le sens de « de niveau » ou « égal » : chez les justes, le bitoul de « tout est comme rien devant Lui » se révèle également du bas vers le haut, de sorte que les deux regards sont de niveau.
כי עין בעין יראו10 וכו׳ דהיינו עין שמלמעלה למטה בעין שמלמטה למעלה וכמ״ש בזהר הקדוש למהוי אחד באחד1112 שבבחי׳ יחודא תתאה שורה ומתגלה יחודא עילאה.
« Car œil dans œil ils verront », etc. : c’est-à-dire que l’œil qui regarde du haut vers le bas se trouve dans l’œil qui regarde du bas vers le haut. Et comme il est écrit dans le saint Zohar : « pour être un dans un » ; ainsi, au niveau de l’unité inférieure, l’unité supérieure réside et se révèle.
De même, « œil dans œil ils verront » (Isaiah 52:8) : l’œil qui regarde vers le bas rencontre celui qui regarde vers le haut. Le Zohar (Part II, 135a) appelle cela « être un dans un » : l’unité supérieure réside dans l’unité inférieure.
כי בלא גילוי בחינת יחודא תתאה תחלה אינו שורה ומתגלה יחודא עילאה כמאמר קוב״ה [קודשא בריך הוא] אחד13 לעילא לא יתיב כו׳.14
Car sans que le niveau de l’unité inférieure se révèle d’abord, l’unité supérieure ne réside pas et ne se révèle pas, selon l’enseignement : « Le Saint béni soit-Il, Un en haut, ne siège pas », etc.
L’ordre est important : l’unité inférieure doit d’abord se révéler, et c’est seulement alors que l’unité supérieure réside en elle. Le même passage du Zohar enseigne que le Saint béni soit-Il, qui est Un en haut, ne siège pas sur Son trône de gloire tant qu’il n’y a pas en bas une unité semblable à la Sienne.
L’œil unique tourné vers ceux qui Le craignent et les deux yeux tournés vers les justes correspondent aux deux unités : ceux qui sont au niveau de la crainte reçoivent l’une ou l’autre, tandis que chez les justes elles se révèlent ensemble, l’unité supérieure résidant dans l’unité inférieure, « œil dans œil ».
La note de Kehot cite Yahel Or, qui remarque que ce Midrach va à l’encontre du Zohar, dans Naso (Part III, 129b), où l’« œil » au singulier et les « yeux » au pluriel désignent deux niveaux différents, Arich Anpin et Zeir Anpin. Une autre note de Kehot signale que l’attribution de ce Targoum à Onkelos est une erreur d’imprimerie et renvoie à Likkutei Torah, Eikev, ainsi qu’aux sources qui y sont indiquées.
Maré mekomot
- 1עין ה׳ אל יריאיו · Psalms 33:18
- 2עין ה׳ אל יראיו · Zohar, Idra Rabba 7:37–8:50
- 3עמוד אחד וצדיק שמו · Chagigah 12b:3
- 4כי כל בשמים ובארץ · I Chronicles 29:11
- 5ותרגום אונקלוס · וע״ל עקב (טו, רע״ב). וש״נ כי טה״ד. [כ]. וראה במ״מ לשם.
- 6מאמר המדרש סוף שה״ש רבה · מובא גם ביהל אור ע׳ קכב ומציין שם שזה נגד הזהר פ׳ נשא קכט, ב. ע״ש. וראה לקו״ש ח״ל ע׳ 150 הערה 28.
- 7עיני ה׳ אל צדיקים · Psalms 34:16
- 8ישר יחזו פנימו · Psalms 11:7
- 9דכולא קמיה כלא חשיב · Zohar, Introduction 20:188–22:199
- 10כי עין בעין יראו · Isaiah 52:8
- 11בזוה״ק למהוי אחד באחד · ח״ב קלה, א.
- 12למהוי אחד באחד · Zohar, Terumah 13:153–14:164
- 13קוב״ה אחד · זהר שם.
- 14
Modim et faire ce qui est droit ¶18
18וע״ז אומרים מודים אנחנו לך כו׳ כאדם שמודה לחבירו שאמת הוא כמו שהוא אומר כך מודים אנחנו לך שאמת הוא דכולא קמיה כלא1 כו׳.
Et c’est à ce sujet que nous disons : « Nous Te remercions » (modim), etc. : comme une personne qui reconnaît envers son prochain qu’il en est véritablement comme il le dit, ainsi « nous reconnaissons envers Toi » qu’il est vrai que « tout devant Lui est comme rien », etc.
Dans la bénédiction Modim de la Amida, nous « reconnaissons » D.ieu, comme une personne reconnaît la véracité des paroles d’autrui. Ce que nous reconnaissons, c’est qu’en vérité, tout devant Lui est comme rien.
ולא כאשר נראה לעיני בשר יש מאין כו׳ ומאן דלא כרע במודים2 כו׳ שצריך להיות בבחי׳ הודיה עכ״פ [על כל פנים].
et non pas comme cela paraît aux yeux de la chair, une existence à partir du néant, etc. Et « celui qui ne s’incline pas à Modim », etc. : car il faut, à tout le moins, être au niveau de la reconnaissance.
Cela contredit l’apparence du monde aux yeux physiques, comme s’il s’agissait d’une « existence » ayant une réalité propre. Le Zohar et le Talmud parlent sévèrement de celui qui ne s’incline pas à Modim ; il faut au moins reconnaître cette vérité.
אך להיות גילוי ממש בבחי׳ ביטול זה למטה כמו למעלה הוא ע״י התורה כי תשמע בקול3 ה׳ אלהיך בפנימיות הקול שפנימיות זו
Mais pour que cette annulation de soi (bitoul) soit véritablement révélée ici-bas comme en haut, cela se fait par la Torah : « Lorsque tu écouteras la voix (bekol) de Havaya, ton D.ieu », dans la dimension intérieure (pnimiyout) de la voix. Cette dimension intérieure
Reconnaître ne signifie pas encore révéler. Pour que ce bitoul soit véritablement révélé ici-bas comme en haut, la Torah est nécessaire : écouter « dans la voix », c’est-à-dire dans sa dimension intérieure.
היינו אור א״ס ב״ה ממש שלמעלה מעלה מסדר ההשתלשלות ושם מעלה ומטה שוים לכך נמשך משם להיות גילוי ביטול זה למטה כמו למעלה.
est la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, elle-même, qui est très au-dessus de l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), et là, le haut et le bas sont égaux. C’est pourquoi, de là, cela se prolonge afin que cette annulation de soi soit révélée ici-bas comme en haut.
La dimension intérieure de la voix de la Torah est la Lumière infinie elle-même, très au-dessus de tout l’enchaînement des mondes, là où le haut et le bas sont identiques. Tiré de là, le bitoul est révélé ici-bas comme en haut.
וזהו לעשות הישר בעיני ה׳ אלהיך פי׳ הישר כמו ישר יחזו פנימו4 דהיינו לעשות ב׳ בחי׳ עינים בבחי׳ ישר בהשואה א׳ למהוי אחד באחד5 ועין בעין יראו6 וגו׳:
Et c’est là le sens de « faire ce qui est droit aux yeux de Havaya, ton D.ieu » : « ce qui est droit » (hayashar), comme dans « Les hommes droits contempleront Son visage » ; c’est-à-dire établir les deux niveaux des yeux dans la qualité de yashar, dans une égalité unique, « pour être un dans l’Un », et « œil dans œil, ils verront », etc.
Tel est le sens des derniers mots du verset : « faire ce qui est droit (hayashar) aux yeux de Havaya, ton D.ieu ». Comme dans « les hommes droits (yashar) contempleront Son visage », il s’agit de rendre égaux les deux « yeux », « un dans l’Un », « œil dans œil ».
Modim reconnaît que tout est comme rien devant D.ieu, mais, pour que ce bitoul soit révélé ici-bas comme en haut, il faut la dimension intérieure de la Torah, la Lumière infinie, où le haut et le bas sont égaux. C’est cela « faire ce qui est droit (yashar) à Ses yeux » : rendre les deux yeux égaux, si bien que le maamar s’achève là où il a commencé.
Le Talmud (Bava Kamma 16a) dit qu’après sept ans, la colonne vertébrale de celui qui ne s’est pas incliné à Modim devient un serpent ; le Zohar (Part II, 100a; Part III, 164a) ajoute qu’un tel corps ne se relèvera pas lors de la résurrection. La note de Kehot cite également le Pri Chadash sur Orach Chaim 113.
Maré mekomot
- 1דכולא קמיה כלא · Zohar, Introduction 20:188–22:199
- 2ומאן דלא כרע במודים · Zohar II, 100a
- 3כי תשמע בקול ה׳ אלהיך · Deuteronomy 13:19
- 4ישר יחזו פנימו · Psalms 11:7
- 5למהוי אחד באחד · Zohar, Terumah 13:153–14:164
- 6ועין בעין יראו · Isaiah 52:8
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Commencez par parvenir à la crainte en contemplant comment D.ieu donne la vie à tous les mondes et aux anges, comme dans les Pessoukei dezimra ; puis élevez-vous, par le Chema, jusqu’au bitoul de la Amida. Maintenez ce bitoul tout au long de la journée en étudiant la Torah, qui est au-dessus du temps. Purifiez le cœur afin que la lumière de D.ieu puisse y résider : détournez-vous des fautes manifestes et maîtrisez les mauvais traits de caractère, tels que la colère. Ne vous contentez pas de la Torah seule, mais agissez : accomplissez concrètement les mitsvot, avant tout la charité et la bonté, qui soutiennent la lumière de la Torah. Et, au moins dans Modim, reconnaissez véritablement que tout est comme rien devant Lui.
Questions à discuter
- Pourquoi la crainte est-elle appelée la clé extérieure et la Torah la clé intérieure, et pourquoi faut-il d’abord ouvrir la porte extérieure ?
- Quelle est la différence entre écouter « la voix » et écouter « dans la voix », et comment la Torah, en tant que Nom de D.ieu, « appelle-t-elle » Son essence même ?
- Pourquoi la lumière de la Torah a-t-elle besoin des mitsvot comme d’une lampe, et pourquoi la charité est-elle désignée comme représentant l’ensemble des mitsvot ?
- Si une heure de bonnes actions dans ce monde vaut mieux que toute la vie du Monde futur, pourquoi le Monde futur exige-t-il tant de souffrances ?
- Comment l’œil unique et les deux yeux correspondent-ils à l’unité supérieure et à l’unité inférieure, et que signifie les mettre « au même niveau » ?