Likkutei Torah · Parshas Re’eh · Maamar 11
אני לדודי ודודי לי הרועה בשושנים
Je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi, lui qui fait paître parmi les roses
L’idée centrale
Au mois d’Eloul, les Treize Attributs de miséricorde, les roses aux treize pétales d’un verset dont les premiers mots forment le nom d’Eloul, brillent d’en haut afin qu’une personne puisse faire techouva : un retour qui attire une nouvelle lumière de l’Essence même de D.ieu et comble chaque manque laissé dans les mitsvot et dans l’étude de la Torah, que nul ne pourrait atteindre par ses propres forces.
Le maamar en bref
Pourquoi les Treize Attributs de miséricorde, les treize pétales de la rose, brillent-ils déjà au mois d’Eloul ? Le maamar expose d’abord deux modes de lumière divine : la lumière qui remplit tous les mondes, mesurée à chaque créature et saisie de l’intérieur, et la lumière qui entoure tous les mondes, égale pour tous et au-delà de toute compréhension. La Torah, nourriture de l’âme, relève du premier mode ; les mitsvot, ses vêtements, attirent le second. L’action est donc, sous un certain aspect, supérieure, mais l’étude l’est davantage, car seule la Torah relie les mitsvot matérielles à cette lumière. La techouva n’est possible que dans ce monde, où brille la lumière enveloppante et où elle peut transformer un homme entièrement mauvais en un homme entièrement juste ; le Monde futur, révélation mesurée, laisse chaque âme à sa place. Mais le péché laisse un manque que le pardon ne comble pas. Seule une nouvelle lumière issue de l’Essence de D.ieu peut le combler, et une personne ne peut atteindre seule une telle hauteur. C’est pourquoi, au mois d’Eloul, les Treize Attributs brillent comme miséricorde envers l’âme. Ces « roses » sont aussi « ceux qui étudient » : une techouva complète rétablit à la fois les mitsvot et la Torah, et les treize règles d’interprétation de la Torah font descendre cette miséricorde.
Plan
- La rose et le moisLes treize pétales de la rose sont les Treize Attributs de miséricorde, source de la techouva, révélés dès Roch ‘Hodech Eloul ; « Je suis à mon bien-aimé et mon bien-aimé est à moi » forme le nom d’Eloul.¶1
- Deux lumières et deux versetsPourquoi les Treize Attributs brillent au mois d’Eloul ; le débat sur la supériorité de l’étude ou de l’action ; la lumière qui remplit tous les mondes, graduée selon chaque créature, et la lumière qui entoure tous les mondes, égale pour tous ; « Je remplis les cieux et la terre » et « Sa gloire », qui désigne la Torah.¶2–4
- Nourriture et vêtementsLa Torah est la nourriture de l’âme, la lumière intérieure ; les mitsvot sont ses vêtements, la lumière enveloppante, supérieure au Gan Eden ; pourtant, l’étude est supérieure, car la Torah relie les mitsvot matérielles à cette lumière.¶5–6
- Pourquoi la techouva appartient à ce mondeLe Monde futur est une compréhension par la lumière divisée, où nul ne peut changer ; dans ce monde, la lumière enveloppante permet même à un homme entièrement mauvais de devenir entièrement juste, et l’âme descend afin de raffiner chaque jour une part.¶7–9
- Le manque que la miséricorde d’Eloul combleLe pardon laisse subsister le manque de lumière qui n’a pas été attirée ; seule une nouvelle lumière issue de l’Essence de D.ieu peut le combler. Nous demandons donc : « Ramène-nous à Toi », et, au mois d’Eloul, les Treize Attributs brillent comme miséricorde envers l’âme, au-delà de l’aide que les anges apportent tout au long de l’année.¶10
- Les roses et ceux qui étudientLes Sages lisent shoshanim, « roses », comme sheshonim, « ceux qui étudient » : une techouva complète rétablit à la fois les mitsvot et la Torah ; Sim’hat Torah est la joie qui s’ensuit ; et les treize règles d’interprétation de la Torah, issues des Treize Attributs, font passer la Torah écrite dans la Torah orale.¶11–13
Notions clés
- Les Treize Attributs de miséricorde (youd-gimel me’hilin dera’hamé)י״ג מכילין דרחמי
- Les treize attributs de miséricorde de D.ieu, dénombrés dans « Qui est un D.ieu comme Toi ? » et dans « D.ieu, miséricordieux et bienveillant ». Ils sont la source de la techouva et brillent dès Roch ‘Hodech Eloul ; le maamar les appelle les « roses » du verset.
- La lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin)ממלא כל עלמין
- Lumière divine qui pénètre chaque créature et lui donne vie selon sa mesure. Elle est saisie de l’intérieur, se divise en niveaux et est liée à la Torah et au Monde futur.
- La lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin)סובב כל עלמין
- Lumière divine qui demeure au-dessus des mondes, au-delà de toute compréhension, et qui se rapporte à tous de façon égale. Elle est attirée par les mitsvot et brille dans ce monde, ce qui rend la techouva possible.
- La techouva (retour)תשובה
- Il ne s’agit pas seulement de se repentir d’un péché, mais de revenir de son ancienne voie, tous les jours de sa vie. Une techouva complète attire une nouvelle lumière issue de l’Essence de D.ieu et comble chaque manque.
- Mayin noukvin (eaux féminines)מיין נוקבין
- L’aspiration qui s’élève d’en bas. L’âme divine la possède par nature, mais la techouva qui vient « avec une force accrue » nécessite une aide d’en haut.
- Shoshanim et sheshonimשושנים / ששונים
- Les Sages interprètent « roses » (shoshanim) comme « ceux qui étudient » (sheshonim). Les roses sont les Treize Attributs, issus de la lumière enveloppante ; ceux qui étudient sont la Torah, issue de la lumière qui remplit tous les mondes.
La rose et le mois ¶1
1אני לדודי1 ודודי לי2 הרועה בשושנים.3 הנה שושנה יש בה תליסר עלין45 כנגד י״ג מכילין דרחמי שבפסוק מי אל כמוך ושבפסוק אל רחום כו׳
« Je suis à mon Bien-aimé, et mon Bien-aimé est à moi, Lui qui fait paître parmi les roses. » Or, une rose a treize pétales, correspondant aux Treize Attributs de Miséricorde (youd-guimel mé’hilin dér a’hamé) du verset « Qui est un D.ieu comme Toi » et du verset « D.ieu, miséricordieux », etc.,
Le maamar s’ouvre sur le verset « Je suis à mon Bien-aimé, et mon Bien-aimé est à moi, Lui qui fait paître parmi les roses » (Chant des chants 6:3) et sur une image tirée du début du Zohar : une rose a treize pétales, correspondant aux Treize Attributs de Miséricorde. Ces treize attributs sont dénombrés en deux endroits : dans les paroles du prophète « Qui est un D.ieu comme Toi » (Mikha 7:18), et parmi les attributs que D.ieu révéla à Moché : « D.ieu, miséricordieux et bienveillant » (Exode 34:6).
שמשם הוא מקור התשובה להיות נושא עון כו׳ והם המתגלים בר״ח [בראש חודש] אלול שאז הוא בחי׳ עת רצון
car c’est de là que provient la source de la techouva, afin qu’Il « porte la faute », etc. Ce sont eux qui se révèlent à Roch ‘Hodech Eloul, car alors se manifeste le niveau d’un temps de faveur (et ratson).
Les Treize Attributs sont la source de la techouva, car ils comprennent la qualité de D.ieu qui consiste à « porter la faute ». Ils se révèlent à partir de Roch ‘Hodech Eloul ; c’est pourquoi Eloul est appelé « un temps de faveur » (et ratson), un temps où la volonté divine nous est ouverte.
כי מר״ח [מראש חודש] אלול עד אחר יוה״כ [יום הכפורים] הם מ׳ יום שעלה משה רבע״ה [רבינו עליו השלום] למרום לקבל לוחות האחרונות ומה ימים הראשונים ברצון67 כו׳, וז״ש [וזהו שכתוב] הרועה בשושנים אצל אני לדודי ודודי לי שהוא ר״ת [ראשי תיבות] אלול.8910
Car, de Roch ‘Hodech Eloul jusqu’après Yom Kippour, ce sont les quarante jours durant lesquels Moché, notre maître, que la paix soit sur lui, monta dans les hauteurs pour recevoir les dernières Tables ; et « de même que les premiers jours furent [des jours] de faveur », etc. C’est là le sens de ce qui est écrit : « Lui qui fait paître parmi les roses », à la suite de « Je suis à mon Bien-aimé, et mon Bien-aimé est à moi », dont les initiales forment le mot Eloul.
De Roch ‘Hodech Eloul jusqu’à Yom Kippour, Moché demeura sur la montagne pendant quarante jours afin de recevoir les secondes Tables, et Rachi relève que ces derniers quarante jours, comme les premiers, furent des jours de faveur. Les mots « Je suis à mon Bien-aimé, et mon Bien-aimé est à moi » (Ani ledodi vedodi li) forment, par leurs initiales, le mot Eloul, et le même verset ajoute : « Lui qui fait paître parmi les roses » ; le mois et la rose aux treize pétales sont ainsi liés.
L’ouverture relie Eloul aux Treize Attributs de Miséricorde par un même verset : ses premiers mots forment le mot Eloul, et ses « roses », chacune dotée de treize pétales, représentent les Treize Attributs, source de la techouva, qui rayonnent durant ce mois de faveur.
Le Zohar s’ouvre sur la rose parmi les épines : de même que la rose a treize pétales, l’Assemblée d’Israël est entourée de treize attributs de miséricorde. La note de Kehot cite le Rabbi à propos du lien entre ce maamar et le premier discours « Ani LeDodi », qui le précède : le premier expose l’idée générale d’Eloul, celle du roi qui vient à la rencontre de son peuple dans les champs, tandis que celui-ci explique le rayonnement des Treize Attributs et les détails du service divin, notamment l’étude de la Torah, seconde interprétation des treize pétales de la rose.
Maré mekomot
- 1אני לדודי · ראה לעיל בהערות וציונים מכ״ק אדמו״ר (יט, ב) שמציין לס׳ מאמרי אדה״ז הנחות הר״פ. ובשינויים בסידור רכה, כ. נאמר בשנת תקס״ז — ראה רשימת המאמרים בריש סה״מ תקס״ז הע׳ 87. קיצורים והערות באוה״ת פ׳ ראה ע׳ תתט, לד״ה אני לדודי . . השני. באוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תקנז. ראה עוד בהנסמן אודות מאמר זה להלן בהוספות להערות וציונים. וברשימת הכתבי-יד. בד״ה אני לדודי הב׳ תשמ״ז (הנחה בלתי מוגה) מבאר הקשר בין ב׳ הדרושים דלעיל לב, א וכאן. שכאן כמו בדרוש הראשון מבאר ענין הארת י״ג מדות הרחמים שבחודש אלול, ומבאר שזהו ענין הרועה בשושנים, שכשם השושנה יש לה תליסר עלין כך גם י״ג מדה״ר, וגם מוסיף ומבאר בארוכה הרמז השני שבמספר י״ג (של עלי השושנה) שהוא כנגד י״ג מדות שהתורה נדרשת בהם . . שבדרוש הראשון מבואר הכלל נקודת ענינו של אלול, משל המלך בשדה, ובדרוש השני מבוארים פרטי העבודה, שזה כולל גם לימוד התורה” ע״ש בארוכה.
- 2
- 3הרועה בשושנים · ”בד״ה אני לדודי הראשון [— לעיל לב, א] אינו מעתיק התיבות ”הרועה בשושנים” (המרמזות על י״ג מדות הרחמים), ובד״ה אני לדודי השני מעתיקו — אף שגם במאמר הא׳ מבאר אודות הארת י״ג מדות הרחמים — כי נקודה העיקרית של מאמר הראשון (שהיא המודגשת תיכף בתחילת המאמר) היא ע״ד תוכנו של חודש אלול — אתעדל״ת (אלא שאח״כ מבאר ג״כ ע״ד האתעדל״ע (לעורר עבודת אלול) — הארת י״ג מדות הרחמים). משא״כ במאמר השני, שעיקרו בא לבאר ענין הארת י״ג מדות הרחמים דאלול”. — לקו״ש חכ״ט ע׳ 164 הערה 21. ראה שיחת ר״ח אלול תשמ״ז.
- 4שושנה יש בה תליסר עלין · הקדמת הזהר בתחלתה. וראה ביאוה״ז לכ״ק אדה״א בתחלתו. ביאוה״ז להצ״צ כרך ב׳ ע׳ תקצט ואילך. הובא ריש הקדמת זהר בראשית ר׳ חזקי׳ פתח, תליס׳ עלין תליסר מכילן דרחמי. וע׳ ת״ז ריש תכ״א. וע׳ זח״ג (רלג, ב). [כ].
- 5שושנה יש בה תליסר עלין · Zohar, Introduction 1:1–2:4
- 6מ׳ יום שעלה משה . . ומה הראשונים ברצון · ראה רש״י דברים ט, יח.
- 7ומה ימים הראשונים ברצון · Rashi on Deuteronomy 9:18
- 8שהוא ר״ת אלול · נסמן לעיל לב, א.
- 9מי א-ל כמוך · Micah 7:18
- 10א-ל רחום וחנון · Exodus 34:6
Deux lumières et deux versets ¶2–4
2וצריך להבין מהו ענין י״ג מדות הרחמים בחדש אלול בשלמא בעשי״ת [בעשרת ימי תשובה] יתכן שהם ימי סליחה ומחילה ולכך אומרים בעשי״ת [בעשרת ימי תשובה] ויעבור12 הוי׳ כו׳
Il nous faut maintenant comprendre ce que signifie la présence des Treize Attributs de miséricorde durant le mois d’Eloul. Certes, durant les Dix Jours de Techouva, cela se comprend, puisqu’ils sont des jours de pardon et de rémission ; c’est pourquoi, durant ces jours, nous disons : « Et Havaya passa », etc.
La question est la suivante : pourquoi les Treize Attributs de miséricorde se révèlent-ils déjà en Eloul ? Durant les Dix Jours de Techouva, de Roch Hachana à Yom Kippour, cela se comprend, puisqu’ils sont des jours de pardon et de rémission ; c’est pourquoi nous récitons alors « Et Havaya passa devant lui », le verset qui introduit les Treize Attributs.
והענין הוא דהנה התשובה אינה על עוונות דוקא3 שהרי צריך להיות כל ימיו בתשובה4 אלא בחי׳ תשובה הוא ששב מדרכו הראשון וכמ״ש והחזירנו בתשובה שלימה5 לפניך כו׳.
Le sujet est le suivant : la techouva (retour) ne concerne pas spécifiquement les fautes, car il faut être en techouva tous les jours de sa vie. Le niveau de la techouva consiste plutôt à revenir de sa voie antérieure, comme il est dit : « Ramène-nous à une techouva complète devant Toi », etc.
La réponse commence par élargir la notion de techouva. Elle ne concerne pas seulement les fautes, puisque les Sages disent qu’une personne doit être en techouva tous les jours de sa vie ; la techouva signifie revenir de la voie que l’on suivait auparavant, comme nous le demandons dans la Amida quotidienne : « Ramène-nous à une techouva complète devant Toi. »
וביאור הענין הנה בדברי חז״ל [חכמינו זכרונם לברכה] (ספ״ק [סוף פרק קמא] דקדושין) יש ב׳ דעות אחד אומר תלמוד גדול ואחד אומר מעשה גדול ונמנו וגמרו תלמוד גדול שמביא לידי מעשה.6
Pour expliquer le sujet, les paroles de nos Sages, de mémoire bénie (à la fin du premier chapitre de Kiddouchin), rapportent deux opinions : l’une affirme que l’étude est supérieure, l’autre que l’action est supérieure. Ils votèrent et conclurent : l’étude est supérieure, car elle mène à l’action.
Pour éclairer cette question, l’Alter Rebbe se tourne vers le débat talmudique (Kiddouchin 40b) sur la supériorité de l’étude ou de l’action. Les Sages votèrent que l’étude est supérieure, parce qu’elle conduit une personne à l’action.
ולהבין ענין מחלקותם ובמאי קא מיפלגי יש להקדים להבין תחלה מ״ש את השמים ואת הארץ אני מלא7 והלא כתיב מכה״כ [מלא כל הארץ כבודו] ולא נזכר שמים וגם ששם נאמר אני מלא וכאן כתיב כבודו.
Pour comprendre leur désaccord et ce qui les oppose, il faut d’abord examiner ce qui est écrit : « Je remplis les cieux et la terre. » Pourtant, n’est-il pas écrit : « Toute la terre est remplie de Sa gloire », sans que les cieux soient mentionnés ? De plus, là, il est dit « Je remplis », tandis qu’ici il est écrit « Sa gloire ».
Avant d’expliquer le débat, il soulève une question à propos de deux versets. D.ieu dit : « Je remplis les cieux et la terre » (Jérémie 23:24), tandis que les anges disent seulement : « Toute la terre est remplie de Sa gloire » (Isaïe 6:3) : le second verset omet les cieux et parle de « Sa gloire » plutôt que de D.ieu Lui-même.
אך הנה ידוע דיש ממכ״ע [ממלא כל עלמין] וסוכ״ע ופי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] הוא בחי׳ הארת האלהות הנמשך בנבראים להחיותם מע״מ [מעשרה מאמרות] יהי אור8 כו׳
Or, il est connu qu’il existe la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) et la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin). La lumière qui remplit tous les mondes désigne le niveau du rayonnement de la Divinité qui se déploie dans les êtres créés pour leur donner la vie, à partir des Dix Paroles : « Que la lumière soit », etc.,
La réponse repose sur deux modes de lumière divine. Memalé kol almin, la lumière qui remplit tous les mondes, est la Divinité qui pénètre les créatures pour leur donner la vie, par l’intermédiaire des Dix Paroles de la création, telles que « Que la lumière soit » (Genèse 1:3).
בדבר9 ה׳ כו׳ שהוא מתלבש בפנימיותם ותוך תוכם ממש שנמשך בקרבם להיות חיות להם והוא מתחלק לחלקים להיות מחיה כל חד לפום שיעורא דיליה.1011
« Par la parole de Havaya », etc. Elle s’investit dans leur dimension intérieure (pnimiyout), jusque dans leur cœur le plus intime ; elle se déploie en eux pour leur servir de force vitale et se divise en parts, afin de donner vie à chacun « selon sa mesure ».
Cette lumière, qui vient « par la parole de Havaya » (Psaumes 33:6), s’investit dans l’être le plus intime de chaque créature et devient sa force vitale. Elle se divise en parts et donne à chaque créature la vie « selon sa mesure », selon l’expression du Zohar.
Ce paragraphe demande pourquoi les Treize Attributs de miséricorde se révèlent en Eloul, définit la techouva comme un retour qui ne se limite pas aux fautes et introduit le débat talmudique sur la supériorité de l’étude ou de l’action. Pour résoudre la question, il commence à distinguer la lumière qui remplit tous les mondes, laquelle pénètre chaque créature selon sa mesure, de la lumière qui entoure tous les mondes.
Les deux versets posent le cadre de tout le maamar. « Je remplis les cieux et la terre » désignera la lumière qui entoure tous les mondes, égale partout, tandis que « Sa gloire », qui remplit la terre seulement, désignera la lumière qui remplit tous les mondes selon une mesure déterminée. Elles correspondent à la lumière attirée par les mitsvot et à celle de l’étude de la Torah, puis aux deux significations des « roses ».
Maré mekomot
- 1אומרים בעשי״ת ויעבור ה׳ · ראה טושו״ע או״ח רסתקפ״א.
- 2ויעבור הוי׳ · Exodus 34:6
- 3דהנה התשובה אינה על עוונות דוקא · ראה בהנסמן להלן בהוספות להערות וציונים. וראה גם ס׳ מאמרי אדה״ז הקצרים ע׳ תקפד.
- 4כל ימיו בתשובה · Shabbat 153a
- 5והחזירנו בתשובה שלמה · תפלת ש״ע דחול.
- 6תלמוד גדול שמביא לידי מעשה · Kiddushin 40b:8–9
- 7את השמים ואת הארץ אני מלא · Jeremiah 23:24
- 8יהי אור · Genesis 1:3
- 9בדבר ה׳ · Psalms 33:6
- 10כל חד לפום שיעורא דילי׳ · Zohar I, 103a
- 11מלא כל הארץ כבודו · Isaiah 6:3
3ועד״מ בגשמיות בדצח״מ [בדומם צומח חי מדבר] שהדומם הגם שנתהוה ג״כ מע״מ [מעשרה מאמרות] ונמשך בו ג״כ חיות אלקות מאותו המאמר
À titre d’analogie, dans le monde matériel, parmi les règnes minéral, végétal, animal et parlant, le minéral, bien qu’il soit lui aussi venu à l’existence par les Dix Paroles et que la force vitale divine soit également attirée en lui par cette même parole,
Une analogie tirée du monde matériel, qui comprend quatre règnes : minéral, végétal, animal et parlant (l’être humain). Même une pierre est venue à l’existence par les Dix Paroles et reçoit une force vitale divine de la même parole que tout le reste.
כמו שנמשך חיות אלהות בצומח וחי מ״מ חיותו מצומצם זעיר זעיר והצומח יש בו חיות יותר והחי יותר גם מן הצומח והמדבר יותר כו׳
de même que la force vitale divine est attirée dans le végétal et l’animal, sa force vitale y est néanmoins extrêmement contractée, très infime. Le végétal possède davantage de force vitale, l’animal davantage encore que le végétal, et le parlant davantage encore, etc.
Dans le minéral, cette force vitale est toutefois si contractée que sa vie est à peine perceptible. Les plantes manifestent davantage de vie, les animaux davantage que les plantes, et les êtres humains plus que tous.
ולפי ערך זה גם בעולמות הרוחניים יש התחלקות מדרגות רבות ולכולם נמשך חיות משונה ונבדל מחיות הנמשך לזולתו והיינו ממדת מל׳ ית׳ שהוא הנק׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] שמתלבש בתוך תוך העולמות ממש
À proportion de cela, dans les mondes spirituels aussi, il existe une division en de nombreux niveaux, et une force vitale différente et distincte de celle qui est attirée vers les autres est attirée dans chacun d’eux. Cela provient de l’attribut de Sa Mal'hout (souveraineté), béni soit-Il, appelé la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), laquelle s’enveloppe au cœur même des mondes.
Les mondes spirituels sont eux aussi divisés en de nombreux niveaux, et chacun reçoit une force vitale différente de celle de tous les autres. Cette force vitale graduée et propre à chacun provient de l’attribut de Mal'hout de D.ieu, appelé memalé kol almin, la lumière qui remplit tous les mondes, car elle s’enveloppe en eux.
אבל בחי׳ סוכ״ע הוא בחי׳ השפעה והארת אלקות שאינו נמשך ונתלבש בתוך העולמות בבחי׳ גילוי להיות מושג בהשגתם
Mais le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) est un niveau de flux et de rayonnement de divinité qui n’est ni attiré ni enveloppé dans les mondes sous une forme révélée, de manière à être saisi par leur compréhension ;
Sovev kol almin, la lumière qui entoure tous les mondes, est différente : elle ne pénètre pas dans les mondes sous une forme révélée qu’ils pourraient saisir.
אלא הוא בבחי׳ מקיף עליהם מלמעלה וע״כ נק׳ סוכ״ע שסובב לכולם בשוה שאין בו התחלקות מאחר שאינו מתלבש בבחי׳ גילוי בהשגה שיתכן לומר שלזה הוא מאיר ומתגלה כך ולזה כך כו׳.
elle se trouve plutôt dans la modalité d’une [lumière] enveloppante (makif) au-dessus d’eux, d’en haut. C’est pourquoi elle est appelée la lumière qui entoure tous les mondes : elle les entoure tous de manière égale, sans aucune division en elle, puisqu’elle ne s’enveloppe pas en eux sous une forme révélée dans la compréhension, de sorte qu’on pourrait dire qu’elle brille et se révèle ainsi à celui-ci, et de telle autre manière à celui-là, etc.
Au contraire, elle les « entoure » d’en haut, comme une lumière enveloppante (makif). Puisqu’elle n’est ni absorbée ni saisie, on ne peut dire qu’elle est davantage accordée à l’un et moins à l’autre ; elle se rapporte également à tous les mondes, d’où son nom de sovev, « qui entoure ».
À l’aide des quatre règnes de la nature, ce paragraphe définit la lumière qui remplit tous les mondes comme une force vitale proportionnée à la mesure de chaque créature et provenant de la Mal'hout de D.ieu ; la lumière qui entoure tous les mondes, elle, demeure au-delà de la compréhension et se rapporte donc à tous de manière égale.
La lumière intérieure (pnimi) et la lumière enveloppante (makif) sont des catégories fondamentales de la 'Hassidout : ce qui pénètre un réceptacle doit être mesuré à sa capacité, tandis que ce qui demeure au-delà de lui l’affecte dans son ensemble sans se diviser. La suite du maamar s’appuie sur cette distinction pour expliquer la puissance de la techouva.
4וע״כ הוא שוה ומשוה1 כו׳ ובו הוא שנאמר את השמים ואת הארץ אני מלא2 דהיינו בחי׳ סוכ״ע דלית אתר פנוי מיניה345 ומ״ש
C’est pourquoi il est « égal et rend égal », etc. C’est à son propos qu’il est dit : « Je remplis les cieux et la terre » ; c’est-à-dire le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), car « aucun lieu n’est dépourvu de Lui ». Et ce qui est écrit,
Puisque la lumière qui entoure tous les mondes est la même partout, elle « est égale et rend égal » — expression tirée du chant des grandes fêtes « Vechol Ma’aminim ». C’est ce que D.ieu veut dire par « Je remplis les cieux et la terre » : la lumière qui entoure tous les mondes, dont les Tikkouné Zohar disent qu’« aucun lieu n’est dépourvu de Lui ».
מכה״כ [מלא כל הארץ כבודו] הוא בחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] שנק׳ כבוד והנה ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] אין כבוד אלא תורה67 (ועמ״ש ע״פ כי על כל כבוד חופה).89
« Toute la terre est pleine de Sa gloire » désigne le niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), appelée « gloire ». Or, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Il n’est de gloire que la Torah » (voir aussi ce qui est écrit sur le verset : « Car sur toute la gloire, il y aura un dais »).
« Toute la terre est pleine de Sa gloire » désigne plutôt la lumière qui remplit tous les mondes, appelée « gloire ». Les Sages disent : « Il n’est de gloire que la Torah » (Pirkei Avos 6:3) ; cette lumière est donc liée à la Torah. La parenthèse renvoie à l’explication de l’Admour Hazaken sur « Car sur toute la gloire, il y aura un dais » (Isaiah 4:5).
Cela s’explique par le fait que « la Torah procède de 'Hokhma (sagesse) », car les trente-deux sentiers émanent de 'Hokhma. Comme dans l’analogie d’un chemin et d’un sentier, aménagés pour permettre de passer
La Torah appartient à la lumière qui remplit tous les mondes car, comme le dit le Zohar, « la Torah procède de 'Hokhma », et les trente-deux sentiers émanent de 'Hokhma. Un chemin est aménagé pour permettre de passer d’un endroit précis à un autre.
בו ממקום למקום כך מבחי׳ חכמה עילאה נמשכת ההשפעה בבחי׳ התחלקות להיות ממכ״ע [ממלא כל עלמין] עד שיומשך בגשמיות ממש בפרטות דיני התורה כשר ופסול כו׳
par lui d’un endroit à un autre, de même, depuis le niveau de la 'Hokhma suprême, le flux se déploie selon une division en différentes parties, pour constituer la lumière qui remplit tous les mondes, jusqu’à s’étendre à la matérialité concrète, dans les détails des lois de la Torah — ce qui est valide et ce qui ne l’est pas, etc.,
De même, le flux issu de la 'Hokhma suprême descend par des voies distinctes, divisées et détaillées, ce qui caractérise la lumière qui remplit tous les mondes. Il atteint jusqu’aux réalités physiques, dans les lois détaillées de la Torah, déterminant ce qui est valide et ce qui ne l’est pas.
שהם בענינים גשמיים תרומות ומעשרות כו׳ וכנודע אבל ע״י המצות נמשך גילוי אור מבחי׳ סוכ״ע שהוא בחי׳ המקיף.1213
qui concernent des réalités matérielles, telles que les téroumot et les dîmes, etc., comme on le sait. Mais par les mitsvot est attirée une révélation de lumière provenant du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes, c’est-à-dire du niveau de la lumière enveloppante (makif).
Ces lois portent sur des réalités matérielles, comme la térouma et les dîmes prélevées sur les produits agricoles. Les mitsvot, en revanche, attirent une révélation provenant de la lumière qui entoure tous les mondes, le niveau enveloppant (makif).
Ce paragraphe rapporte les deux lumières à deux versets : « Je remplis les cieux et la terre » désigne la lumière enveloppante, identique partout, tandis que « Sa gloire » désigne la lumière qui remplit tous les mondes. Cette gloire est la Torah, qui procède de 'Hokhma par des voies distinctes et se déploie jusque dans les lois détaillées ; les mitsvot, quant à elles, attirent la lumière enveloppante.
Le principe du Zohar selon lequel « la Torah procède de 'Hokhma » sous-tend cette distinction : la Torah, en tant que sagesse, peut être saisie par l’intellect ; elle relève donc de la lumière intérieure et mesurée. Les mitsvot, accomplies avec des réalités physiques, attirent en revanche une lumière qui dépasse la compréhension et que l’intellect ne peut contenir.
Maré mekomot
- 1שוה ומשוה · פיוט וכל מאמינים.
- 2את השמים ואת הארץ אני מלא · Jeremiah 23:24
- 3דלית אתר פנוי מיני׳ · ת״ז תנ״ז. ת״ע קכב, ב [כ].
- 4דלית אתר פנוי מיניה · Tikkunei Zohar 91b:6
- 5דלית אתר פנוי מיניה · Tikkunei Zohar 122b:5
- 6אין כבוד אלא תורה · Zohar III, 81b
- 7אין כבוד אלא תורה · Pirkei Avot 6:3
- 8ע״פ כי על כל כבוד חופה · לקמן שה״ש מז, ב.
- 9כי על כל כבוד חופה · Isaiah 4:5
- 10דאורייתא מחכמה נפקת · Zohar, Yitro 21:378–22:389
- 11דאורייתא מחכמה נפקת · Zohar, Kedoshim 1:6–3:13
- 12אבל ע״י המצות נמשך גילוי אור מבחי׳ סוכ״ע שהוא בחי׳ המקיף · באוה״ת פ׳ ראה ע׳ תתט כ׳ ”וצ״ע בענין המקיף שאין הכלי מתפעל ממנו, דמ״מ אפ״ל שקרוב יותר מבחי׳ מה שסוכ״ע מחי׳ גם את הרע והמ״י” ע״ש.
- 13דאורייתא מחכ׳ נפקת · Zohar II, 121b
Nourriture et vêtements ¶5–6
Le propos est le suivant : il est connu que la Torah devient la nourriture de l’âme divine, comme il est écrit : « Et Ta Torah est au-dedans de mes entrailles. » C’est comme, à titre d’analogie,
La différence entre la Torah et les mitsvot est expliquée au moyen de deux images. L’étude de la Torah devient la nourriture de l’âme divine, comme le dit le verset : « Ta Torah est au-dedans de mes entrailles » (Psaumes 40:9).
המזון שנכנס בתוך תוך האדם ונעשה חיות בפנימיותו וכך ע״י התורה נמשך גילוי הארת החכמה להיות מושג בהשגה ממש ואשים דברי בפיך3
un aliment qui pénètre au plus profond de l’être humain et devient force vitale en lui. De même, par la Torah, se révèle le rayonnement de 'Hokhma (sagesse), afin qu’il puisse être véritablement saisi par l’intelligence : « Et J’ai mis Mes paroles dans ta bouche. »
L’aliment pénètre au plus profond de l’être humain et devient sa force vitale même. De même, l’étude de la Torah attire une révélation de la sagesse de D.ieu, que l’intelligence saisit véritablement, comme D.ieu le dit : « J’ai mis Mes paroles dans ta bouche » (Isaïe 51:16).
והיינו מבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] שמתלבש בעלמין בבחי׳ פנימי׳ [פנימיות / פנימית] ממש אבל המצות נעשים לבושים4 לנפש האלקית שהוא
C’est-à-dire du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), laquelle s’intègre aux mondes de manière véritablement intérieure. Mais les mitsvot deviennent des vêtements pour l’âme divine ; c’est
Cette absorption intérieure relève de la lumière qui remplit tous les mondes et pénètre les mondes de l’intérieur. Les mitsvot, en revanche, deviennent des vêtements pour l’âme divine, comme l’enseigne le Zohar.
כמו עד״מ הלבוש הוא על גוף האדם מלמעלה ואינו נכנס בפנימיותו וכך ההמשכה הנמשכת ע״י המצות הוא בבחי׳ מקיף מפני שהיא מבחי׳ סוכ״ע
comme, à titre d’analogie, un vêtement qui recouvre le corps d’une personne par l’extérieur et ne pénètre pas en elle. De même, le flux attiré par les mitsvot est de l’ordre d’une lumière englobante (makif), car il provient du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin),
Un vêtement recouvre le corps de l’extérieur et ne le pénètre pas. De même, la lumière attirée par les mitsvot demeure englobante (makif), car elle provient de la lumière qui entoure tous les mondes.
שהוא למעלה מהשגה וע״כ הלבושים יותר יקרים בטבעם מהמזון להיות שבשרשם הם יותר נעלים [ועמ״ש מזה בד״ה מזמור שיר חנוכת הבית56 בענין ג׳ בחינות מזון לבוש בית].
qui est au-dessus de la compréhension. C’est pourquoi les vêtements sont, par nature, plus précieux que la nourriture, puisque leur racine est plus élevée. [Voyez également ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Psaume, chant pour l’inauguration de la Maison », à propos des trois niveaux : nourriture, vêtement et maison.]
Cette lumière est au-dessus de la compréhension ; les vêtements sont donc, par nature, plus précieux que la nourriture, car leur racine est plus élevée. Le passage entre crochets renvoie au discours sur « Psaume, chant pour l’inauguration de la Maison » (Psaumes 30:1), qui traite de trois niveaux : nourriture, vêtement et maison.
La Torah est la nourriture de l’âme : elle est absorbée et saisie, à l’image de la lumière qui remplit tous les mondes. Les mitsvot sont ses vêtements : elles entourent l’âme d’en haut, à l’image de la lumière qui entoure tous les mondes, et leur racine est donc plus élevée.
Les notes de Kehot citent le Zohar à l’appui des deux images : la Torah comme nourriture de l’âme et les mitsvot comme ses vêtements. L’idée qu’un vêtement est plus précieux que la nourriture inverse l’ordre habituel : ce qui ne peut être intériorisé reflète une source plus élevée que ce qui peut l’être.
Maré mekomot
- 1שהתו׳ נעשה מזון לנפש האלקית · Zohar II, 210a
- 2ותורתך בתוך מעי · Psalms 40:9
- 3ואשים דברי בפיך · Isaiah 51:16
- 4המצות נעשים לבושים · זח״ב רי, סע״א.
- 5בד״ה מזמור שיר חנוכת הבית · לקמן פ׳ ברכה צח, ד ואילך.
- 6מזמור שיר חנוכת הבית · Psalms 30:1
6וז״ש [וזהו שכתוב] במצו׳ [במצות] תחת אשר לא עבדת1 כו׳ מרב כל פי׳ רב כל הוא בחי׳ ג״ע [גן עדן] [עמ״ש בד״ה ואתה תצוה] השגת אלקות.
Et c’est [le sens de] ce qui est écrit au sujet des mitsvot : « Parce que tu n’as pas servi », etc., « plus qu’une abondance de tout ». Cela signifie que « l’abondance de tout » (rov kol) désigne le niveau du Gan Eden [voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et toi, tu ordonneras »], c’est-à-dire la compréhension de la divinité.
La même idée explique le verset sur les mitsvot : « Parce que tu n’as pas servi Havaya, ton D.ieu, avec joie et allégresse de cœur, plus qu’une abondance de tout » (Deutéronome 28:47). « Une abondance de tout » désigne le Gan Eden, où l’on comprend la divinité ; la joie éprouvée dans l’accomplissement d’une mitsva doit même dépasser cela. Le renvoi entre crochets concerne le discours « Et toi, tu ordonneras ».
שהמצות הם יותר גבוהים שהם מבחי׳ מקיפים שלמעלה מג״ע [מגן עדן] שהוא השגה בבחי׳ פנימי׳ [פנימיות / פנימית] ומצד זה אמר האומר מעשה גדול מן התלמוד
Car les mitsvot sont supérieures, puisqu’elles proviennent du niveau des lumières enveloppantes (makifim), qui se situe au-dessus du Gan Eden, où la compréhension se fait de manière intérieure. C’est pour cette raison que celui qui a déclaré que l’action est supérieure à l’étude l’a dit.
Les mitsvot sont supérieures parce qu’elles proviennent des lumières enveloppantes, qui se situent au-dessus du Gan Eden, où la divinité est saisie intérieurement. C’est pourquoi un Sage a estimé que l’action est supérieure à l’étude.
אך אעפ״כ [אף על פי כן] נמנו וגמרו תלמוד גדול שמביא לידי מעשה,2 והענין כי א״א להיות התעוררות המשכת סוכ״ע ע״י המצות מעשיות
Pourtant, ils votèrent et conclurent que l’étude est supérieure, car elle conduit à l’action. Voici ce que cela signifie : les mitsvot pratiques ne peuvent susciter le dévoilement de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin),
Pourtant, les Sages conclurent que l’étude est supérieure, parce qu’elle conduit à l’action. La raison en est que les mitsvot pratiques ne peuvent, à elles seules, susciter et faire descendre la lumière qui entoure tous les mondes.
שהם מדברים גשמיים ציצית מצמר צדקה בממון גשמי אם לא ע״י התורה שהיא הממוצע המחברם וכמו עד״מ באדם שהדבור הוא הממוצע המחבר ומוציא העלם המחשבה לידי גילוי כו׳:
puisqu’elles portent sur des choses matérielles (des tsitsit en laine, la tsedaka donnée avec de l’argent matériel), si ce n’est par l’intermédiaire de la Torah, qui les relie ; de même, par analogie, chez l’être humain, la parole est l’intermédiaire qui relie et fait passer la pensée cachée à l’état de dévoilement, etc.
Les mitsvot s’accomplissent au moyen de choses matérielles, comme des tsitsit en laine ou de la tsedaka donnée en argent matériel ; seule la Torah peut les relier à cette lumière sublime. La Torah est l’intermédiaire, tout comme la parole fait passer la pensée cachée d’une personne au grand jour.
Ce paragraphe résout le débat : l’action est supérieure parce que les mitsvot attirent la lumière enveloppante, qui dépasse la compréhension du Gan Eden ; mais l’étude est supérieure, car sans la Torah comme intermédiaire, les mitsvot matérielles ne pourraient faire descendre cette lumière.
L’analogie avec la parole est précise : la pensée est cachée et la parole la fait apparaître ; de même, la Torah, sagesse de D.ieu formulée en paroles, relie la lumière enveloppante cachée à l’acte matériel de la mitsva.
Maré mekomot
- 1תחת אשר לא עבדת · Deuteronomy 28:47
- 2תלמוד גדול שמביא לידי מעשה · Kiddushin 40b:8–9
Pourquoi la techouva appartient à ce monde ¶7–9
7ב והנה כתיב היום לעשותם.1 היום דוקא שבעוה״ז הוא הנק׳ עולם המעשה ויכולים לעשות תשובה2 משא״כ בעוה״ב [בעולם הבא]
2. Or, il est écrit : « Aujourd’hui, pour les accomplir. » Aujourd’hui précisément, car ce monde est appelé le monde de l’action, et [en lui] on peut faire techouva (retour), contrairement au Monde futur :
La section 2 explique pourquoi la techouva n’est possible que dans ce monde. Les Sages comprennent « aujourd’hui, pour les accomplir » (Deutéronome 7:11) comme signifiant qu’aujourd’hui — ce monde — est destiné à l’accomplissement, et que demain — le Monde futur — est destiné à la récompense ; ce monde est le monde de l’action, où l’homme peut encore revenir.
הנה כמו שהוא כך ישאר שאין לו כח להפוך עצמו מכמו שהוא אם לא שיסירו ממנו הלבושים הצואים ע״י כף הקלע3 כו׳
là, tel qu’il est, il restera, car il n’a pas le pouvoir de se transformer par rapport à ce qu’il est, à moins que ses vêtements souillés ne lui soient retirés au moyen du creux de la fronde (kaf hakela), etc. ;
Dans le Monde futur, l’homme demeure tel qu’il est et ne peut se transformer lui-même. Il ne peut être transformé que de l’extérieur, lorsque ses vêtements souillés lui sont retirés par le « creux de la fronde » (1 Samuel 25:29), purification que l’âme traverse après la mort.
אבל הוא עצמו אינו יכול והטעם הוא משום שבעה״ב [שבעולם הבא] אמרו יושבין ונהנין4 שהוא לפי שמשיגים אלקות בבחי׳ השגה וגילוי ממש וא״כ הוא מבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] שמתלבש בבחי׳ גילוי ובבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] הוא בבחי׳ התחלקות כנ״ל.
mais lui-même ne le peut pas. La raison en est que, du Monde futur, ils ont dit : « Ils sont assis et jouissent » ; c’est parce qu’ils saisissent la divinité par une compréhension et une révélation véritables. Dès lors, cela relève du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), laquelle est revêtue sous une forme révélée ; et la lumière qui remplit tous les mondes est caractérisée par la division, comme mentionné plus haut.
La raison en est que, du Monde futur, les Sages ont dit que les justes « sont assis et jouissent » de l’éclat de la Chekhina (Berachos 17a), c’est-à-dire qu’ils saisissent ouvertement la divinité. Une telle compréhension révélée relève de la lumière qui remplit tous les mondes, laquelle se divise en niveaux distincts.
Ce paragraphe oppose ce monde, le monde de l’action où la techouva est possible, au Monde futur, où l’homme demeure à son niveau, car la divinité y est saisie par la lumière qui remplit tous les mondes, laquelle répartit toute chose en niveaux fixes.
La compréhension fixe un être à sa place : celui qui saisit la divinité à un niveau donné est défini par ce niveau. C’est la lumière enveloppante, qui n’est pas saisie, qui permet à l’homme de dépasser son niveau, comme l’explique le paragraphe suivant.
Maré mekomot
- 1היום לעשותם · Deuteronomy 7:11
- 2בעוה״ז . . ויכולים לעשות תשובה · Avodah Zarah 3a
- 3כף הקלע · I Samuel 25:29
- 4שבעוה״ב אמרו יושבין ונהנין · Berakhot 17a
8וע״כ אם הוא בבחי׳ זו א״א לו להפך לבחי׳ אחרת אחרי שהם מחולקים ונבדלים זה מזה וכאו״א [וכל אחד ואחד] על מקומו בא,
Par conséquent, s’il se trouve à ce niveau, il ne peut être transformé en un autre niveau, puisque ceux-ci sont divisés et distincts les uns des autres, et que chacun vient à sa place propre.
Puisque la lumière qui remplit tous les mondes divise toute chose en niveaux distincts, un être qui se trouve à un niveau ne peut en devenir un autre ; chacun « vient à sa place propre ».
אבל בעולם הזה יש בחי׳ הארת סוכ״ע1 ואע״פ [ואף על פי] שהוא בבחי׳ העלם שאינ׳ [שאינם] משיגים בו מ״מ פועל הוא כאן ולפי שהוא בחי׳ סוכ״ע ששוה ומשוה
Mais dans ce monde, il existe le niveau du rayonnement de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin). Bien qu’elle soit dans un état de dissimulation, de sorte qu’ils ne la saisissent pas, elle agit néanmoins ici. Et parce qu’elle est le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes, laquelle « est égale et rend égaux »,
Dans ce monde, cependant, brille la lumière qui entoure tous les mondes. Bien qu’elle soit cachée et ne soit pas saisie, elle agit ici ; et parce qu’elle s’applique à tous de la même manière, elle « est égale et rend égaux », le petit comme le grand.
ואם צדקת2 מה תתן לו כו׳ וע״כ יכולים לעשות תשובה שאף שהוא כעת רשע גמור והוא למטה מטה יכול להתהפך להיות צ״ג [צדיק גמור / צדיקים גמורים]3 מצד הארת הסובב כו׳
et « Si tu es juste, que lui donnes-tu ? », etc. C’est pourquoi l’on peut faire techouva (retour) : bien qu’il soit à présent tout à fait méchant et se trouve au plus bas, il peut être transformé et devenir parfaitement juste grâce au rayonnement de la lumière qui entoure [tous les mondes], etc.
Job dit : « Si tu es juste, que lui donnes-tu ? » (Job 35:7) : devant la lumière qui entoure tous les mondes, le juste et le méchant sont égaux. C’est pourquoi la techouva est possible : celui qui est tout à fait méchant et se trouve au plus bas peut devenir parfaitement juste, comme le laisse entendre la décision talmudique concernant celui qui a peut-être eu la pensée de faire techouva (Kiddushin 49b).
וכמ״ש במ״א באריכות ע״פ צו את בנ״י [בני ישראל]4 ואמרת אליהם את קרבני לחמי5 כו׳ ע״ש, וז״ש [וזהו שכתוב] חז״ל [חכמינו זכרונם לברכה] יפה שעה אחת בתשובה6 ומע״ט [ומעשים טובים] בעוה״ז מכל חיי העוה״ב [העולם הבא]7
comme il est expliqué longuement ailleurs, à propos du verset : « Ordonne aux enfants d’Israël et dis-leur : Mon offrande, Mon pain », etc. ; voyez là-bas. Et c’est [le sens de] ce qu’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Une heure de techouva et de bonnes actions dans ce monde vaut mieux que toute la vie du monde futur. »
L’Admour Hazaken renvoie à son développement plus détaillé sur « Ordonne aux enfants d’Israël… Mon offrande, Mon pain » (Nombres 28:2). Cela explique également la Michna : « Une heure de techouva et de bonnes actions dans ce monde vaut mieux que toute la vie du monde futur » (Pirkei Avos 4:17).
כי חיי העוה״ב [העולם הבא] הוא רק מבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] שהוא ע״י גבורות וצמצומים ביו״ד נברא העוה״ב [העולם הבא]8 כו׳. אבל בתורה ומע״ט [ומעשים טובים] בעוה״ז הוא מבחי׳ סוכ״ע.
Car la vie du monde futur provient uniquement du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), à travers des rigueurs (guevourot) et des contractions (tsimtsoumim) : « le monde futur fut créé avec le youd », etc. Mais la Torah et les bonnes actions accomplies dans ce monde proviennent du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes.
La vie du monde futur provient uniquement de la lumière qui remplit tous les mondes, à travers des rigueurs et des contractions ; le Talmud (Menachos 29b) dit que le monde futur fut créé avec la lettre youd, la plus petite des lettres. En revanche, la Torah et les bonnes actions accomplies dans ce monde proviennent de la lumière qui entoure tous les mondes.
Puisque la lumière qui entoure tous les mondes brille dans ce monde et considère tous les êtres de manière égale, même celui qui est tout à fait méchant peut devenir parfaitement juste. C’est pourquoi une heure de techouva et de bonnes actions ici vaut mieux que toute la vie du monde futur, qui ne procède que de la lumière mesurée qui remplit tous les mondes.
Le Tséma’h Tsédek, dans les notes citées par les éditeurs de Kehot, demande comment la lumière enveloppante, qui brille également sur tous les mondes, peut être dite briller dans ce monde et non dans le monde futur. Il répond qu’il existe un makif proche et un makif lointain, et que le makif proche brille dans ce monde, mais non dans le monde futur.
Maré mekomot
- 1אבל בעולם הזה יש בחי׳ הארת סוכ״ע · באוה״ת פ׳ ראה ע׳ תתט (הערות למאמר זה) כ׳: ”לכאורה קשה הרי סוכ״ע מאיר לכל העולמות בהשוואה א׳ א״כ איך שייך לומר שמאיר בעוה״ז ולא בעוה״ב” ע״ש שמבאר שיש מקיף הקרוב ומקיף הרחוק. ומקיף הקרוב מאיר בעוה״ז ולא בעוה״ב”.
- 2ואם צדקת · Job 35:7
- 3כעת רשע גמור . . להיות צ״ג · Kiddushin 49b:4–5
- 4ע״פ צו את בנ״י · לעיל פ׳ פנחס עה, ב.
- 5צו את בנ״י ואמרת אליהם את קרבני לחמי · Numbers 28:2
- 6יפה שעה אחת בתשובה · אבות ד, יז.
- 7יפה שעה אחת בתשובה ומע״ט בעוה״ז מכל חיי העוה״ב · Pirkei Avot 4:17
- 8ביו״ד נברא העוה״ב · Menachot 29b:13–14
9וזהו עיקר כוונת ירידת הנפש להתלבש בגוף החומרי משום שבעוה״ז יש הארת סוכ״ע אשר לזאת תוכל לברר ולהפך מרע לטוב כו׳
Et telle est l’intention essentielle de la descente de l’âme, qui se revêt dans le corps matériel : c’est que, dans ce monde, il y a le rayonnement de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), grâce auquel elle peut raffiner et transformer le mal en bien, etc.
Tel est le but essentiel de la descente de l’âme dans un corps matériel : dans ce monde seulement brille la lumière qui entoure tous les mondes, donnant à l’âme le pouvoir de raffiner le monde et de transformer le mal en bien.
ולפי ערך זה נותנים לאדם שני חייו במספר וקצבה לזה ע׳ [שבעים] שנה ולזה פ׳ כו׳ היינו כפי מספר מה שצריך לברר1 ולהפך מרע לטוב כו׳
Et c’est en fonction de cela que les années de vie d’une personne lui sont accordées selon un nombre et une mesure : à l’un soixante-dix ans, à un autre quatre-vingts, etc. — c’est-à-dire selon le nombre de choses qu’il lui faut raffiner et transformer du mal en bien, etc.,
C’est pourquoi une durée de vie déterminée est accordée à chacun — soixante-dix ans à l’un, quatre-vingts à un autre — selon la mesure de ce qu’il lui faut raffiner et transformer.
שכל יום מברר ומהפך חלק א׳. עד שבשני חייו נשלם מה שהיה צריך לברר שבשביל זה ירדה הנפש לעוה״ז:
car chaque jour, il raffine et transforme une part. Ainsi, au terme des années de sa vie, s’achève ce qu’il devait raffiner, et c’est pour cela que l’âme est descendue dans ce monde.
Chaque jour, une personne raffine et transforme une part, de sorte qu’au terme de ses années elle a achevé la tâche pour laquelle son âme est descendue dans ce monde.
L’âme descend dans le corps parce que c’est seulement ici, où brille la lumière qui entoure tous les mondes, que le mal peut être transformé en bien. La durée de chaque vie est mesurée selon la part qu’il lui faut raffiner, à raison d’une part par jour.
Le discours au début de Ki Seitzei, cité dans la note de Kehot, ajoute que les jours de la vie d’une personne sont comptés (« les jours de nos années sont de soixante-dix ans ») et que le mauvais penchant se renforce à nouveau chaque jour ; la personne doit donc chaque jour faire descendre un feu d’en haut. L’âme divine elle-même n’a pas besoin d’être réparée.
Maré mekomot
- 1כפי מספר מה שצריך לברר שבכל יום מברר · ראה לקמן פ׳ תצא לד, ג ואילך.
Le manque que la miséricorde d’Eloul comble ¶10
10ג אך אם פגם ע״י איזו חטא שהוריד והמשיך חיות לסט״א [לסטרא אחרא] שלא בירר והיפך כנ״ל כל מה שהיה צריך ע״ז הוא ענין התשובה והחזירנו בתשובה שלמה לפניך.
3. Mais s’il a causé une imperfection par quelque faute, en ce qu’il a fait descendre et attiré une force vitale vers la sitra a’hra (l’autre côté), sans purifier ni transformer, comme indiqué plus haut, tout ce qu’il aurait dû purifier et transformer, alors il s’agit de la techouva : « Ramène-nous à une techouva complète devant Toi. »
La section 3 aborde l’échec. Si, par une faute, une personne a dirigé une force vitale vers la sitra a’hra (l’autre côté), au lieu de purifier ce qu’elle devait purifier, le remède est la techouva, que nous demandons chaque jour : « Ramène-nous à une techouva complète devant Toi. »
והנה הגם שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] לא זז משם עד שמוחלין לו,1 הנה הרי מ״מ אף שמוחלין לו החסרון במקומו עומד מה שלא השלים ההמשכה שהיה ממשיך כו׳.
Or, bien que nos Sages, de mémoire bénie, aient dit : « Il ne bouge pas de là avant qu’on lui ait pardonné », néanmoins, même s’il lui est pardonné, le manque demeure : il n’a pas achevé l’effusion qu’il aurait opérée, etc.
Le Talmud (Yoma 86a) dit que celui qui revient après avoir négligé un commandement positif est pardonné avant même de quitter sa place. Pourtant, le pardon ne comble pas ce qui manque : la lumière divine qu’il aurait dû faire descendre par cette mitsva n’a jamais été attirée.
אך זהו ענין התשובה שאנו מבקשים והחזירנו בתשובה שלמה לפניך פי׳ לפנימיותך שהוא למעלה גם מבחי׳ סוכ״ע שאינו נק׳ סובב ומקיף אלא לגבי עלמין
Mais telle est la techouva que nous demandons : « Ramène-nous à une techouva complète devant Toi » — c’est-à-dire vers Ta dimension intérieure (pnimiyout), qui est plus élevée encore que le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), car elle n’est appelée « entourant » et « enveloppante » que par rapport aux mondes,
La techouva que nous demandons est « devant Toi » (lefanecha), qu’on comprend comme « vers Ta dimension intérieure (pnimiyout) ». Celle-ci est plus élevée encore que la lumière enveloppante, qui n’est dite « enveloppante » que par rapport aux mondes qu’elle entoure.
אבל עצמותו ומהותו ית׳ הוא למעלה גם מזה וע״י התשובה שימשיך אור חדש ע״י גילוי עצמותו ית׳ ימלא כל הפגמים והחסרונות כו׳
mais Son Essence et Son Être, béni soit-Il, sont plus élevés encore. Et, par la techouva, par laquelle il attirera une lumière nouvelle grâce à la révélation de Son Essence, béni soit-Il, il comblera toutes les imperfections et toutes les lacunes, etc.
L’Essence même de D.ieu est au-dessus de tout cela. La techouva attire une lumière nouvelle par la révélation de Son Essence, et cette lumière nouvelle comble chaque imperfection et chaque lacune.
אך איך יכול האדם לעורר כ״כ [כל כך] למעלה בעצמותו ית׳ להמשיך אור חדש ממנו אך ע״ז הוא מבקש והחזירנו בתשובה כו׳
Mais comment l’homme peut-il éveiller un niveau aussi élevé, dans Son Essence, béni soit-Il, afin d’en attirer une lumière nouvelle ? C’est précisément pourquoi il demande : « Ramène-nous à la techouva », etc.,
Mais comment l’homme pourrait-il éveiller un niveau aussi élevé, l’Essence même de D.ieu ? C’est pourquoi nous demandons à D.ieu Lui-même de nous ramener.
השיבנו אליך2 כלומר אתה תערה עלינו רוח ממרום3 ותשפיע עלינו רחמים רבים ממקור הרחמים מבחי׳ י״ג מכילין מי אל כמוך נושא עון4 כו׳
« Ramène-nous à Toi » : cela signifie que Tu déverseras sur nous un esprit venu d’en haut et nous prodigueras une grande miséricorde depuis la source de la miséricorde, depuis le niveau des Treize Attributs (youd-gimel me’hilin) : « Qui est un D.ieu comme Toi, qui porte la faute », etc.,
« Ramène-nous à Toi » (Lamentations 5:21) signifie : déverser sur nous un esprit venu d’en haut (Isaïe 32:15) et nous accorder une grande miséricorde depuis la source de la miséricorde, les Treize Attributs de « Qui est un D.ieu comme Toi, qui porte la faute » (Michée 7:18).
שיהיו אנחנו יכולים לעשות תשובה וזהו ענין הארת י״ג מכילין דרחמי בחדש אלול שהוא הכנה שיהיו יכולים לעשות תשובה להיות אני לדודי כו׳
afin que nous puissions faire techouva. Telle est la signification du rayonnement des Treize Attributs de Miséricorde au mois d’Eloul : il constitue une préparation, afin qu’ils puissent faire techouva et parvenir à « Je suis à mon Bien-Aimé », etc.
Les Treize Attributs rayonnent en Eloul comme une préparation venant d’en haut, afin que nous puissions faire techouva et parvenir à « Je suis à mon Bien-Aimé ». Cela répond à la question initiale : pourquoi rayonnent-ils dès le mois d’Eloul ?
ואף שבכל השנה אומרים י״ג מדות הרחמים ה׳ ה׳ אל רחום5 כו׳ הם רק הרחמנות על חיי הגוף בלבד
Et bien que, tout au long de l’année, nous récitions les Treize Attributs de Miséricorde : « Havaya, Havaya, D.ieu, compatissant », etc., il ne s’agit que de la compassion pour la vie du corps, et rien de plus ;
Les Treize Attributs récités tout au long de l’année, « Havaya, Havaya, D.ieu, compatissant » (Exode 34:6), expriment une miséricorde qui concerne la vie du corps.
אבל י״ג מכילין דרחמי המאירים בחדש אלול הם הרחמים על חיי הנפש לעוררה בתשובה וז״ש [וזהו שכתוב] הרועה בשושנים6 פי׳ רועה שמפרנס את ישראל להיות יכולים לעשות תשובה הוא רועה ומפרנס אותם בשושנים כי
Mais les Treize Attributs de miséricorde qui brillent au mois d’Eloul sont la miséricorde pour la vie de l’âme, afin de l’éveiller à la techouva. Et c’est [le sens de] ce qui est écrit : « Celui qui fait paître parmi les roses » ; cela signifie que le Berger qui nourrit Israël, afin qu’ils puissent faire techouva, les fait paître et les nourrit avec les roses. Car
Ceux qui brillent en Eloul sont la miséricorde pour la vie de l’âme, qui l’éveille à la techouva. C’est le sens de « Celui qui fait paître parmi les roses » : le Berger donne à Israël la possibilité de revenir et le nourrit des « roses », les Treize Attributs.
הנה בכל השנה אנו אומרים בק״ש [בקריאת שמע] ונתתי עשב בשדך לבהמתך7 פי׳ בהמתך היינו נה״ב [נפש הבהמית] ונפש השכלית שבכדי שיהיו גם הם מסכימים שיהיה ואהבת את ה׳ כו׳
Tout au long de l’année, nous disons dans le Chéma : « Je donnerai de l’herbe dans ton champ à ton bétail. » Cela signifie que « ton bétail » désigne l’âme animale et l’âme intellectuelle ; afin qu’elles aussi donnent leur accord, de sorte qu’il y ait « Tu aimeras Havaya », etc.,
Pendant l’année, nous disons dans le Chéma : « Je donnerai de l’herbe dans ton champ à ton bétail » (Deutéronome 11:15). Le « bétail » désigne l’âme animale et l’âme intellectuelle, qu’il faut également amener à consentir à « Tu aimeras Havaya, ton D.ieu ».
תקנו לומר תחלה קודם התפלה ברכת יוצר שתים לפני׳ [לפניה]8 והאופנים וחיות כו׳ ופסוד״ז [ופסוקי דזמרה] שהוא בחי׳ האריכות בהתבוננות גדולת ה׳ ית׳ עד שגם נה״ב [נפש הבהמית] והשכלית יסכימו שלו יאתה כו׳
On institua de dire d’abord, avant la prière, la bénédiction de Yotser, les deux bénédictions qui la précèdent, ainsi que « Et les Ofanim et les ‘Hayot », etc., et les Pessoukei deZimra (Versets de louange), qui consistent en une longue méditation sur la grandeur de D.ieu, qu’Il soit béni, jusqu’à ce que même l’âme animale et l’âme intellectuelle reconnaissent qu’« il convient à Lui », etc.
C’est pourquoi les Sages instituèrent, avant le Chéma et la Amida, la bénédiction de Yotser, l’une des deux bénédictions qui précèdent le Chéma, avec son récit des anges, des Ofanim et des ‘Hayot saintes, ainsi que les Versets de louange. Ce sont de longues méditations sur la grandeur de D.ieu, afin que même l’âme animale et l’âme intellectuelle reconnaissent qu’un tel amour Lui convient.
אבל בשביל התעוררות האהבה בנפש האלקית עצמה א״צ [אין צריך / אינו צריך] להתבוננות כ״כ [כל כך] שהרי נר ה׳ נשמת אדם9 שכך מוטבע בכל נפשות ישראל בטבע תולדותם ממקורם להיות חפצם ותשוקתם ליכלל באור ה׳ ולדבקה בו וז״ש [וזהו שכתוב] ונתתי עשב בשדך לבהמתך.
Mais pour éveiller l’amour dans l’âme divine elle-même, il n’est pas nécessaire de méditer autant, car « l’âme de l’homme est la lampe de Havaya » : telle est la disposition naturelle de toutes les âmes d’Israël, depuis leur origine, que leur désir et leur aspiration soient de s’inclure dans la lumière de D.ieu et de s’attacher à Lui. Et c’est [le sens de] ce qui est écrit : « Je donnerai de l’herbe dans ton champ à ton bétail. »
L’âme divine n’a pas besoin d’une méditation aussi longue, puisque « l’âme de l’homme est la lampe de Havaya » (Proverbes 20:27) : par nature, elle aspire à s’inclure dans la lumière de D.ieu et à s’attacher à Lui, comme une flamme qui s’élève. Le verset parle donc de nourrir le « bétail », et non l’âme divine.
פי׳ עשב הם המלאכים שלוחי ההשפעה10 שבהם וע״י נמשך ההשפעה מלמעלה להיות לו כח ועוז להפך נה״ב [נפש הבהמית] וכמ״ש בזהר פ׳ בראשית (די״ח ע״ב)11
Cela signifie que « l’herbe » désigne les anges, messagers de l’influx, en qui et par l’intermédiaire desquels l’influx est attiré d’en haut, afin qu’il ait la force et la vigueur de transformer l’âme animale, comme il est écrit dans le Zohar, Parachat Beréchit (folio 18b),
« L’herbe » désigne les anges, les canaux par lesquels l’influx divin descend, donnant à l’homme la force de transformer son âme animale. L’Admour Hazaken cite à ce sujet le Zohar (1:18b).
ע״פ מצמיח חציר לבהמה12 אלף טורין13 כו׳ ועשב לעבודת האדם כו׳ [ועמ״ש בד״ה כי תצא14 מענין שתים לפניה דק״ש [דקריאת שמע]] וכ״ז [וכל זה] הוא בכל השנה דוקא
à propos du verset : « Il fait pousser l’herbe pour le bétail » — « mille montagnes », etc. — « et l’herbe pour le service de l’homme », etc. [Voir également ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Quand tu sortiras », au sujet des deux bénédictions qui précèdent le Chéma.] Tout cela concerne précisément le cours de l’année entière.
Le Zohar commente le verset « Il fait pousser l’herbe pour le bétail, et les plantes pour le service de l’homme » (Psaumes 104:14), en évoquant « mille montagnes ». Le passage entre crochets renvoie au discours « Quand tu sortiras », au début de Ki Tétsé, sur les deux bénédictions qui précèdent le Chéma ; tout cela appartient à l’ordre de l’année entière.
אבל בחדש אלול כתיב הרועה בשושנים שהן בחי׳ י״ג מכילין דרחמי המאירים ומתגלים בחדש אלול להיות עושים תשובה שימולא כל החסרונות.
Mais au mois d’Eloul, il est écrit : « Celui qui fait paître parmi les roses » ; celles-ci sont le niveau des Treize Attributs de miséricorde, qui brillent et se révèlent au mois d’Eloul afin qu’ils fassent techouva et que toutes les déficiences soient comblées.
En Eloul, cependant, il est question de « Celui qui fait paître parmi les roses » : les Treize Attributs de miséricorde se révèlent afin que les hommes puissent faire une techouva qui comble chaque manque.
[והמשכה זו דשושנים היא צריכה גם בשביל הנה״א [הנפש האלקית] עצמה כי הגם שכך מוטבע בכל נפש כו׳ כנ״ל, אך הענין כי יש העלאת מ״ן [מיין נוקבין] שנמשך מצד עצם הנפש בטבעה ומאליה.
[Cet influx des « roses » est également nécessaire à l’âme divine elle-même. Car, bien que cela soit ainsi implanté dans chaque âme, etc., comme dit plus haut, le fait est qu’il existe une élévation des mayin noukvin (eaux féminines) qui provient de l’essence même de l’âme, selon sa nature et spontanément ;
Ajout entre crochets : l’âme divine elle-même a également besoin de cette aide d’en haut. Son aspiration naturelle est une élévation des mayin noukvin (eaux féminines), un désir qui s’élève de l’essence même de l’âme.
אבל כדי לבא לבחי׳ העלאת מ״ן [מיין נוקבין] דבחי׳ תשובה שהוא בחילא יתיר15 למעלה מכדי שתוכל הנפש שאת ע״ז צריך להיות המשכה מלמעלה דייקא,
Mais, pour parvenir au niveau de l’élévation des mayin noukvin du niveau de la techouva, qui se fait « avec une force accrue », au-delà de ce que l’âme est capable de supporter, il faut pour cela un influx venant d’en haut, précisément.
La techouva consiste toutefois en une élévation des mayin noukvin « avec une force accrue » (Zohar 1:129b), au-delà de ce que l’âme peut supporter par elle-même ; c’est pourquoi un influx venant d’en haut est nécessaire.
ויובן זה ממ״ש במ״א ע״פ כריח שדה אשר ברכו1617 ה׳ והיינו להיות ריח בוגדיו18 שהוא בחי׳ תשובה ע״ז צ״ל אשר ברכו ה׳
Cela se comprendra d’après ce qui est écrit ailleurs au sujet du verset : « Comme le parfum d’un champ que Havaya a béni » ; c’est-à-dire que, pour qu’il y ait « le parfum de ses traîtres » (bogdav), qui est le niveau de la techouva, il faut pour cela « que Havaya a béni »,
Ceci est expliqué dans le discours de l’Alter Rebbe sur « Comme le parfum d’un champ que Havaya a béni » (Genesis 27:27). Le Midrash lit « le parfum de ses vêtements » (begadav) comme « le parfum de ses traîtres » (bogdav) : même ceux qui se sont rebellés dégagent un parfum lorsqu’ils reviennent, et cette techouva nécessite « que Havaya a béni ».
שהוא סיוע מלמעלה כו׳ ע״ש וזהו ענין השיבנו אליך כו׳, ועל המשכה זו שמלמעלה נאמר הרועה בשושנים].
ce qui constitue une aide venant d’en haut, etc. ; voir là-bas. Tel est le sens de « Ramène-nous à Toi », etc. ; et de cet influx venant d’en haut, il est dit : « Celui qui fait paître parmi les roses. »]
Cette bénédiction est une aide venant d’en haut. C’est ce que nous demandons dans « Ramène-nous à Toi », et c’est l’influx venant d’en haut qui est appelé « Celui qui fait paître parmi les roses ».
Ce paragraphe explique que la techouva doit combler le manque laissé par la faute, que le pardon seul ne peut réparer ; cela nécessite une lumière nouvelle issue de l’Essence de D.ieu. Comme l’homme ne peut atteindre seul un niveau aussi élevé, les Treize Attributs rayonnent en Eloul pour l’éveiller à la techouva. Contrairement à l’aide apportée tout au long de l’année par les anges à l’âme animale, les « roses » d’Eloul expriment une miséricorde envers l’âme elle-même.
Le maamar de Torah Ohr cité ici distingue deux élévations des mayin noukvin par le « champ », Mal’hout d’Atsilout : l’une s’élève par sa propre nature, tandis que l’autre ne peut s’élever par elle-même et a besoin d’une aide d’en haut, qui attire la lumière enveloppante ; la techouva relève du second type. Le Tséma’h Tsédek note qu’ailleurs « l’herbe » (esev) est interprétée comme ayin-beit et chin, tandis qu’ici elle désigne l’influence des ‘Hayot du Char céleste et des Ofanim ; il laisse la différence à approfondir.
Maré mekomot
- 1לא זז משם עד שמוחלין לו · Yoma 86a:7
- 2השיבנו אליך · Lamentations 5:21
- 3אתה תערה עלינו רוח ממרום · Isaiah 32:15
- 4מי אל כמוך נושא עון · Micah 7:18
- 5ה׳ ה׳ אל רחום · Exodus 34:6
- 6הרועה בשושנים · Song of Songs 6:3
- 7ונתתי עשב בשדך לבהמתך · Deuteronomy 11:15
- 8שתים לפניה · Mishnah Berakhot 1:4
- 9נר ה׳ נשמת אדם · Proverbs 20:27
- 10עשב הם המלאכים שלוחי ההשפעה · באוה״ת כאן ע׳ תתי כ׳ ”וע׳ בד״ה ואלה המשפטים [— בתו״א] שם פי׳ עשב ע״ב שין, וכאן מפרש שזהו השפעה מחיות המרכבה ומבחי׳ אופנים, וצ״ע”.
- 11וכמ״ש בזהר פ׳ בראשית די״ח ע״ב · נתבאר בביאוה״ז להצ״צ כרך א ע׳ ז ובכרך ב ע׳ תרז ואילך, ושם מציין ללקו״ת פ׳ אמור לו, א.
- 12מצמיח חציר לבהמה · Psalms 104:14
- 13מצמיח חציר לבהמה אלף טורין · Zohar, Bereshit 7:70–8:83
- 14בד״ה כי תצא · לקמן ר״פ כי תצא.
- 15תשובה שהיא בחילא יתיר · Zohar I, 129b
- 16ע״פ כריח שדה אשר ברכו ה׳ · תו״א כ, ד.
- 17כריח שדה אשר ברכו ה׳ · Genesis 27:27
- 18ריח בוגדיו · Bereshit Rabbah 65:22
Les roses et ceux qui étudient ¶11–13
11והנה ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] א״ת [אל תקרי] שושנים אלא ששונים1 פי׳ ששונים הוא בחי׳ תורה מענין קורא ושונה כו׳
Or, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Ne lis pas shoshanim (des roses), mais sheshonim (ceux qui étudient). » Le sens est que sheshonim désigne le niveau de la Torah, selon l’expression « lit et étudie », etc.
Les Sages lisent « ses lèvres sont des roses (shoshanim) » comme « ceux qui étudient (sheshonim) » (Chabbat 30b). Sheshonim désigne l’étude de la Torah, d’après l’expression « lit et étudie ».
והענין כי התשובה צ״ל למלא כל החסרונות הן החסרון שנעשה בהעדר המצות שמונע ומחסיר גילוי
Le propos est que la techouva doit combler toutes les lacunes : aussi bien celle qui résulte de l’absence des mitsvot, laquelle empêche et amoindrit la révélation
La techouva doit combler toutes les lacunes. L’une d’elles vient des mitsvot qui n’ont pas été accomplies, ce qui empêche la révélation que seules les mitsvot font venir.
אור דסוכ״ע הנמשך ע״י המצות והן החסרון שנעשה ע״י התורה שהיא מקור בחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] וז״ש [וזהו שכתוב] והחזירנו בתשובה שלימה לפניך שלימה דייקא כו׳
de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), attirée par les mitsvot, que celle qui résulte de [la négligence de] la Torah, laquelle est la source du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin). C’est là le sens de ces mots : « Ramène-nous à une techouva complète devant Toi » : complète, précisément, etc.
Cette révélation est la lumière qui entoure tous les mondes ; l’autre lacune vient de la Torah négligée, et la Torah est la source de la lumière qui remplit tous les mondes. C’est pourquoi nous demandons une « techouva complète » : complète, car elle englobe les deux.
וז״ש [וזהו שכתוב] הרועה בשושנים שבכלל זה יש ב׳ המדרגות שושנה כפשוטו הוא התעוררות י״ג מכילין דרחמי שהם מבחי׳ סוכ״ע וששונים מבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] כו׳.
C’est là le sens de ce qui est écrit : « Celui qui fait paître parmi les roses » : les deux niveaux y sont inclus. La « rose », au sens littéral, est l’éveil des Treize Attributs de miséricorde, qui relèvent du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes ; et sheshonim relève du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes, etc.
« Celui qui fait paître parmi les roses » inclut les deux niveaux : les roses au sens littéral sont les Treize Attributs de miséricorde, issus de la lumière qui entoure tous les mondes, tandis que « ceux qui étudient » relèvent de la lumière qui remplit tous les mondes.
En lisant aussi shoshanim comme sheshonim, ce paragraphe montre que le verset englobe les deux lacunes que la techouva doit combler : celle des mitsvot, liée à la lumière qui entoure tous les mondes, et celle de la Torah, liée à la lumière qui remplit tous les mondes.
Ce passage revient au débat entre l’étude et l’action : puisque les mitsvot attirent la lumière qui entoure tous les mondes et que la Torah attire la lumière intérieure, une techouva complète doit restaurer les deux ; la double lecture de shoshanim les désigne toutes deux.
Maré mekomot
- 1א״ת שושנים אלא ששונים · Shabbat 30b:6
12וזהו ענין שמח״ת [שמחכמה תתאה] שאחר ר״ה [ראש השנה] ויו״כ [ויום כפור] שהוא בחי׳ המשכה שמחה של מצוה על כללות השנה
Et telle est la signification de Sim'hat Torah, qui vient après Roch Hachana et Yom Kippour : c’est le niveau où la joie d’une mitsva est attirée sur l’année dans son ensemble.
Cela explique également Sim'hat Torah, qui suit Roch Hachana et Yom Kippour : elle attire la joie d’une mitsva sur l’année dans son ensemble.
כי מאחר שבכל השנה עושים חסרון ופגם בהארת סוכ״ע ע״י שאין מקיימים המצות כהלכתן וכאשר נמשך בר״ה [בראש השנה] ויוה״כ [ויום הכפורים] מלוי החסרון אז נעשה בחינת שמחה של מצוה כו׳.
Car, tout au long de l’année, on cause un manque et une altération dans le rayonnement de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), en n’accomplissant pas les mitsvot comme il convient. Lorsque la réparation du manque est attirée à Roch Hachana et à Yom Kippour, il en résulte alors le niveau de la joie d’une mitsva, etc.
Pendant l’année, on altère la lumière enveloppante en n’accomplissant pas correctement les mitsvot. Lorsque Roch Hachana et Yom Kippour comblent ce manque, la joie d’une mitsva en découle.
[ועוד יובן ענין שושנים ששונים ע״ד משנ״ת [מה שנתבאר] בד״ה ואכלת ושבעת וברכת12 בענין הזכרת ברית ותורה בברכת הארץ
[La signification des « roses » (shoshanim) et de ceux « qui étudient » (sheshonim) sera également comprise à la lumière de ce qui a été expliqué dans le discours commençant par « Et tu mangeras, tu seras rassasié et tu béniras », au sujet de la mention de l’alliance et de la Torah dans la bénédiction pour la terre,
Une seconde explication, entre crochets, des « roses » et de ceux « qui étudient », fondée sur le discours concernant « Et tu mangeras, tu seras rassasié et tu béniras » (Deutéronome 8:10). Elle porte sur la règle selon laquelle la bénédiction pour la terre, dans le Birkat Hamazon, doit mentionner l’alliance (la circoncision) et la Torah.
וצריך שיקדים ברית לתורה3 שזו ניתנה בג׳ בריתות וזו ניתנה בי״ג בריתות ומבואר שם דענין י״ג בריתות הם י״ג מדה״ר [מדות הרחמים].
et l’on doit mentionner l’alliance avant la Torah, car celle-ci a été donnée avec trois alliances, tandis que celle-là a été donnée avec treize alliances ; il est expliqué là-bas que les treize alliances correspondent aux Treize Attributs de Miséricorde.
Le Talmud enseigne qu’il faut mentionner l’alliance avant la Torah, puisque la Torah a été donnée avec trois alliances et la circoncision avec treize. Ce discours explique que les treize alliances correspondent aux Treize Attributs de Miséricorde.
Sim'hat Torah est la joie qui vient après que Roch Hachana et Yom Kippour ont comblé les manques de l’année dans l’accomplissement des mitsvot. Commence ensuite une seconde explication : l’alliance précède la Torah, car elle a été donnée avec treize alliances, qui correspondent aux Treize Attributs de Miséricorde.
Le discours sur Eikev auquel le Alter Rebbe fait référence explique que la bénédiction pour la terre attire le flux de l’unité supérieure, dans la bénédiction « Qui nourrit », vers l’unité inférieure. C’est pourquoi celui qui omet l’alliance et la Torah ne s’est pas acquitté de son obligation.
Maré mekomot
- 1בד״ה ואכלת ושבעת וברכת · לעיל פ׳ עקב יד, ד ואילך. באוה״ת כאן מציין לפ״ג ופ״ד שם.
- 2ואכלת ושבעת וברכת · Deuteronomy 8:10
- 3וצריך שיקדים ברית לתורה · Berakhot 48b:13
13והמשכתם הוא ע״י התורה כו׳ וז״ש [וזהו שכתוב] ג״כ ומל ה׳ אלקיך את לבבך ואת לבב1 זרעך. שיש בזה ר״ת [ראשי תיבות] אלול.2
Et leur influx s’opère par la Torah, etc. C’est aussi le sens de ce qui est écrit : « Havaya, ton D.ieu, circoncira ton cœur et le cœur de ta descendance » ; les initiales de ces mots forment également le mot Eloul.
L’influx des Treize Attributs passe par la Torah. Le verset « Havaya, ton D.ieu, circoncira ton cœur et le cœur de ta descendance » (Deutéronome 30:6) contient également les initiales du mot Eloul : et levavkha ve-et levav.
והיינו לבוא לבחי׳ פנימית הלב3 וכמ״ש באגה״ק [באגרת הקודש] בד״ה אין ישראל נגאלין אלא בצדקה. והמשכה זו היא מבחי׳ י״ג בריתות שהן י״ג מדה״ר [מדות הרחמים].
C’est-à-dire parvenir au niveau de la dimension intérieure (pnimiyout) du cœur, comme cela est expliqué dans Iggeret HaKodech, dans le discours qui commence par « Israël ne sera délivré que par la charité ». Cet influx provient du niveau des treize alliances, qui sont les Treize Attributs de Miséricorde.
La circoncision du cœur consiste à atteindre sa dimension intérieure, lieu de l’amour, comme cela est expliqué dans Iggeret HaKodech, dans la section qui commence par « Israël ne sera délivré que par la charité ». Cet influx provient des treize alliances, les Treize Attributs de Miséricorde.
אך המשכה זו הוא ע״י התורה וזהו ענין שושנים וששונים בהלכות וגם כי י״ג מדות שהתורה נדרשת בהן45 הם6 מבחינת י״ג מדה״ר [מדות הרחמים]
Mais cet influx s’opère par la Torah ; c’est là le sens de « chochanim » (des roses) et « cheshonim », ceux qui étudient les lois. En outre, les treize principes (midot) par lesquels la Torah est interprétée proviennent du niveau des Treize Attributs (midot) de Miséricorde ;
Cependant, cet influx passe par la Torah : « des roses » et « ceux qui étudient » les lois. Les treize principes par lesquels la Torah est interprétée proviennent également des Treize Attributs de Miséricorde ; le même mot, midot, désigne les deux.
ולכן נז׳ [נזכר] בגמרא ורחמנא אמר78 והיינו שבהם ועל ידם ההמשכה מתשב״כ [מתורה שבכתב] שהיא חכמה עילאה לתשבע״פ [לתורה שבעל פה] שהיא ח״ת [חכמה תתאה] וזהו והדרת פני זקן9 זה שקנה חכמה10 כי הן י״ג ת״ד [תיקוני דיקנא]:111213
C’est pourquoi la Guemara mentionne : « et le Miséricordieux a dit ». Autrement dit, c’est en eux et par leur intermédiaire que s’opère l’influx de la Torah écrite, qui est la 'Hokhma supérieure, vers la Torah orale, qui est la 'Hokhma inférieure ('Hokhma Tata’a). C’est là le sens de « Tu honoreras le visage du vieillard » : « celui qui a acquis la sagesse », car ils sont les treize tikounim de la barbe (tikouné dikna).
C’est pourquoi le Talmud parle des paroles de la Torah comme de ce que « le Miséricordieux a dit » (Rachmana amar) : par les treize principes, la miséricorde de D.ieu fait passer la 'Hokhma supérieure de la Torah écrite à la 'Hokhma inférieure de la Torah orale. Ainsi, « Tu honoreras le visage du vieillard » (Lévitique 19:32) renvoie à celui qui est « celui qui a acquis la sagesse » (Kiddouchin 32b), et désigne les treize tikounim de la barbe, la forme kabbalistique des Treize Attributs.
Ce dernier paragraphe relie la miséricorde en treize aspects d’Eloul à la Torah : « Havaya circoncira ton cœur » forme également le mot Eloul, et l’influx des Treize Attributs nous parvient par les treize principes d’interprétation de la Torah, qui transmettent la Torah écrite à la Torah orale.
Les notes de Kehot citent les enseignements de l’Arizal dans le Pri Etz Chaim à l’appui de ces deux liens : la Torah inférieure, interprétée au moyen de treize principes, reçoit des treize attributs supérieurs de la Torah écrite ; les Treize Attributs sont les treize tikounim de la barbe de Zeir Anpin. Elles signalent également que le Sefer HaMaamarim de 5626 rapporte, au nom du Maguid, le lien entre les treize principes et les Treize Attributs.
Maré mekomot
- 1את לבבך ואת לבב · Kitzur Ba'al HaTurim on Deuteronomy 30:6
- 2ר״ת אלול · בעה״ט שם. וכ״ה באבודרהם ס׳ תפלת ר״ה. ב״ח לטור או״ח סתקפ״א. ר״ח שער התשובה פ״ד (ד״ה עוד). של״ה ריש מס׳ ר״ה (ריג, א) ועוד” — לקו״ש חכ״ט ע׳ 170 הערה 29 וראה בפנים שם.
- 3לבוא לבחי׳ פנימית הלב · שזהו עבודת האהבה. ועיג״כ לקו״ת [— ראה] יט, א (בהקיצור לפ״ג. וראה שם בפנים המאמר). וראה אוה״ת [— פ׳ נצבים] ע׳ א׳רכג.
- 4י״ג מדות שהתורה נדרשת בהן · Bava Batra 111a:1–2
- 5י״ג מדות שהתורה נדרשת בהן · Pri Etz Chaim, Gate of the World of Action 6:3
- 6י״ג מדות שהתורה נדרשת בהן הם מבחי׳ י״ג מדה״ר · ראה בסה״מ תרכ״ו (הוצאת תשמ״ט) ע׳ דש בשם הרב המגיד נ״ע.
- 7ורחמנא אמר · Sanhedrin 36a
- 8ורחמנא אמר · Rosh Hashanah 16a
- 9והדרת פני זקן · Leviticus 19:32
- 10זה שקנה חכמה · Kiddushin 32b:8
- 11כי הן י״ג ת״ד · ראה פע״ח ש׳ סליחות, פ״ד.
- 12כי הן י״ג ת״ד · Pri Etz Chaim, Gate of Confession 4
- 13ומל ה״א את לבבך ואת לבב · Deuteronomy 30:6
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
La techouva ne concerne pas seulement les péchés : une personne devrait revenir de son ancienne voie tous les jours de sa vie. Au mois d’Eloul, lorsque les Treize Attributs de miséricorde brillent d’en haut, elle devrait demander à D.ieu de la ramener et de rendre son retour complet, en rétablissant ce qui manque tant dans les mitsvot que dans l’étude de la Torah, puisque la Torah est le canal par lequel cette miséricorde est attirée vers le bas.
Questions à discuter
- Pourquoi la lumière enveloppante permet-elle à une personne de s’élever au-dessus de son niveau, tandis que la lumière qui remplit tous les mondes maintient-elle chaque être à sa place ?
- En quel sens les mitsvot sont-elles supérieures à l’étude de la Torah, et en quel sens l’étude est-elle supérieure ?
- Si celui qui revient est aussitôt pardonné, quel manque subsiste encore, et qu’est-ce qui peut le combler ?
- L’âme divine aspire à D.ieu par nature. Pourquoi a-t-elle malgré tout besoin d’une aide d’en haut pour faire techouva ?
- Quel lien existe-t-il entre les treize règles d’interprétation de la Torah et les Treize Attributs de miséricorde ?