Likkutei Torah · Parshas Re’eh · Maamar 3
ביאור אחרי
Explication de « Après Havaya, votre D.ieu, vous marcherez »
L’idée centrale
Les six commandements du verset forment une échelle de service : contempler que tous les mondes ne proviennent que du « dos » de D.ieu (Mal'hout) suscite l’amour, puis la crainte, puis l’observance des mitsvot, protégées par la Torah. Ces quatre degrés sont les quatre lettres de Havaya, le service des justes ; celui qui transforme sa nature, « celui qui sert Elokim », s’élève au-dessus du Nom, vers « Un, mais non pas en nombre », et s’attache à Lui.
Le maamar en bref
Le maamar lit les six commandements de Deutéronome 13:5 comme six degrés ascendants. « Après Havaya » désigne Mal'hout, le « dos » de D.ieu, une simple lueur dont proviennent tous les mondes. Suivant l’Arizal, les trois « Saint » de la Kedoucha sont trois degrés de séparation : la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), dont seul un éclat pénètre les créatures, bien que la création par son intermédiaire soit encore quelque chose à partir de rien ; la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), qui crée par la seule volonté (« Il a ordonné et ils furent créés ») ; et Atik, qui n’a aucun rapport avec les mondes. La contemplation de cela suscite « vous marcherez », un amour qui doit être profond et naître de Bina ; les épreuves dissimulent D.ieu, et leur résistance révèle de hautes étincelles. « Et Lui, vous le craindrez » désigne la crainte, depuis la crainte extérieure de Mal'hout jusqu’à la crainte intérieure de 'Hokhma, enracinée dans le réchimou (ve’oso, os). « Vous garderez » et « vous écouterez » désignent les mitsvot et la Torah : les mitsvot sont des lumières dans des réceptacles qui ont besoin d’être protégés, et la Torah, lumière unique qui englobe tout et provient de la Volonté de toutes les volontés, les protège. Ces quatre degrés sont les lettres de Havaya. « Et Lui, vous servirez » désigne la transformation de sa nature, la cent unième répétition, qui attire ce qui est au-dessus du Nom : « Havaya est Un ».
Plan
- « Après Havaya » : Mal'hout et le sens de « Saint »« Après Havaya » désigne Mal'hout, le « dos » de D.ieu ; kadosh signifie séparé ; « Il a ordonné » se dit de l’essence, et bara des Noms ; même par la lumière qui remplit tous les mondes, la création est quelque chose à partir de rien ; la lumière qui remplit et celle qui entoure.¶1–2
- Le deuxième et le troisième « Saint »La lumière qui entoure, qui ne pénètre aucune créature, est la principale source de vie et le deuxième « Saint » ; la lumière qui remplit, dont seul un éclat pénètre, est le troisième : « Ton Nom est saint » et « Tu es saint ».¶3
- Atik et Arich Anpin : le premier « Saint »La lumière qui entoure comporte deux degrés : Arich Anpin, qui a un rapport avec les mondes, et Atik, qui les dépasse et unit la lumière qui entoure à celle qui remplit ; le « rien » considéré d’en bas et d’en haut ; les trois têtes d’Atika Kadicha selon l’Arizal.¶4–6
- Quelque chose à partir de rien au sein d’Atsilout'Hokhma provient du « rien » de Kéter ; la 'Hokhma cachée, la Couronne suprême et Atik sont les trois « Saint », les racines de la nourriture, du vêtement et de la maison.¶7
- « Vous marcherez » : l’amour par la contemplationContempler que tous les mondes ne sont que le « dos » de D.ieu suscite l’amour pour Lui seul ; les épreuves dissimulent D.ieu, et les surmonter révèle de hautes étincelles ; Daat se développe à partir de Bina comme un enfant grandit dans le sein de sa mère.¶8–9
- « Et Lui, vous le craindrez »Courir et revenir ; la crainte extérieure de Mal'hout et la crainte intérieure de 'Hokhma ; ve’oso comme os, le réchimou qui brille dans la 'Hokhma cachée ; la grande crainte de la sortie d’Égypte.¶10–11
- « Vous garderez » et « vous écouterez » : les mitsvot et la TorahLes mitsvot sont des lumières dans des réceptacles qui ont besoin de la protection des degrés enveloppants ; la Torah, lumière unique provenant de la Volonté de toutes les volontés, les protège et n’est pas éteinte par la faute ; pourtant, la Torah a besoin des mitsvot comme de ses réceptacles.¶12–16
- RésuméRécapitulation des sections 1 à 5 : création à partir de rien et les trois « Saint », les épreuves et la brisure de la kelipa, l’amour et la crainte, et la protection des mitsvot par la Torah.¶17–21
- « Et Lui, vous servirez » : transformer sa natureCelui qui sert Elokim répète cent une fois et transforme sa nature ; Elokim équivaut à hateva, la nature, l’enveloppe de Havaya ; cent fois atteint la lumière qui entoure, tandis que cent une fois, me’ayin, attire ce qui vient de « Un, mais non pas en nombre ».¶22–25
- Le Nom, le cinquième degré et le ChemaLes quatre premiers degrés sont les quatre lettres de Havaya ; servir et s’attacher se situent au-dessus du Nom, dans la ye'hida ; les six degrés correspondent aux six mots du Chema, et « Havaya est Un » est le degré atteint en transformant sa nature.¶26–29
Notions clés
- Après Havayaאחרי הוי׳
- Mal'hout, le « dos » de la Divinité : une simple lueur dont tous les mondes viennent à l’existence. Contempler que les mondes ne sont que ce « dos » suscite l’amour pour D.ieu Lui-même.
- Saint (kadosh)קדוש
- « Séparé ». Le triple « Saint » désigne trois degrés de la séparation de D.ieu d’avec les mondes : la lumière qui remplit, la lumière qui entoure et Atik, qui n’a absolument aucun rapport avec les mondes.
- « Il a ordonné et ils furent créés »כי הוא צוה ונבראו
- Cette expression se rapporte à l’essence de D.ieu, dont rien ne pénètre la créature ; le verbe bara, qui implique la présence de la puissance de l’Agent dans ce qui est agi, se rapporte à Ses Noms et à la lumière qui remplit.
- Quelque chose à partir de rien (yesh me’ayin)יש מאין
- Une création qui n’est pas un simple déploiement de cause à effet : même par la lumière qui remplit, la matière issue de lettres spirituelles est une création nouvelle, que seule la puissance propre de D.ieu peut faire advenir.
- Atik et Arich Anpinעתיק ואריך אנפין
- Les deux aspects de Kéter : Atik, le dernier degré de l’Émanateur, au-delà des mondes, et Arich Anpin, la racine de ce qui est émané, qui constitue la lumière qui entoure.
- Ve’oso comme os (un signe)ואותו — אות
- « Lui » se lit os, un signe : le réchimou qui demeura après le tsimtsoum et brille dans la 'Hokhma cachée, racine de la crainte supérieure ; et le signe parmi Ses myriades, « Un, mais non pas en nombre ».
- Une mitsva est une lampe et la Torah est lumièreנר מצוה ותורה אור
- Les mitsvot sont des réceptacles qui contiennent la lumière divine et ont besoin d’être protégés ; la Torah est la lumière unique qui englobe tout, issue de la Volonté de toutes les volontés, et qui les éclaire.
- Celui qui sert Elokim (oved Elokim)עובד אלקים
- Celui qui va au-delà de sa nature et de ses habitudes, comme dans la cent unième répétition. Puisque Elokim équivaut à hateva, la nature, il retire l’enveloppe qui dissimule Havaya et attire ce qui est au-dessus du Nom.
« Après Havaya » : Mal'hout et le sens de « Saint » ¶1–2
C’est le titre du discours : une explication (biour) du verset de la paracha de Re’é, « Après Havaya, votre D.ieu, vous marcherez ; vous Le craindrez, vous observerez Ses commandements, vous écouterez Sa voix, vous Le servirez et vous vous attacherez à Lui » (Deutéronome 13:5). Le discours examine le verset expression par expression, interprétant chacune comme un niveau distinct du service divin.
Le titre indique qu’il s’agit d’une explication (biour) du verset « Après Havaya, votre D.ieu, vous marcherez », dont le discours interprétera les six commandements comme six niveaux ascendants du service divin.
Maré mekomot
- 1ביאור אחרי · בסה״מ תקס״ה ח״ב ע׳ תשפו — הנחת כ״ק אדמו״ר האמצעי. בדרך מצותיך דף קפט, ב נמצא ביאור אחר ממה שנדפס כאן.
2א הנה פי׳ אחרי הוי׳ אלקיכם תלכו.12 שכל ההשתלשלות נמשך ונתהוה רק מבחי׳ מדת מלכותו ית׳ שהיא הנקראת אחרי הוי׳ בחי׳ אחוריים הארה בעלמא כו׳
(1) Voici maintenant le sens de « C’est après Havaya votre D.ieu que vous marcherez » : tout l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) se déploie et vient à l’existence uniquement à partir du niveau de l’attribut de Sa Mal’hout (souveraineté), qu’Il soit béni, appelé « après Havaya » : le niveau du revers (a’horayim), un simple rayonnement, etc.
Le verset « C’est après Havaya votre D.ieu que vous marcherez » (Deutéronome 13:5) est ici interprété dans un sens kabbalistique : « après Havaya » désigne le « revers » de D.ieu (a’horayim), Son attribut de Mal’hout (souveraineté). Toute la chaîne des mondes ne provient que de ce niveau extérieur de la divinité, qui n’est qu’une faible lueur de Sa lumière.
(Comme il est écrit dans la paracha Tetsavé, dans le discours commençant par « Souviens-toi de ce que… », etc., à propos du sens de « Havaya siège en Roi pour toujours » ; voir aussi le Zohar, Vayikra.)
Entre parenthèses, l’Admour Hazaken renvoie à son discours de Torah Ohr « Souviens-toi de ce qu’a fait [Amalek] », où il explique « Havaya siège en Roi pour toujours » (Psaumes 29:10). Il renvoie également au Zohar sur Vayikra, qui, comme il le dira plus loin, interprète « après Havaya » comme Mal’hout d’Atsilout.
(folio 20, au début du côté b). Et voir ce qui est écrit au sujet du [passage du] Zohar, Kedochim (folio 86, fin du côté a), à propos du verset : « Et après Moi, il n’y en aura pas. » Et c’est
La référence au Zohar est le folio 20b. Il ajoute une référence à son explication du Zohar sur Kedochim (folio 86a), concernant « Et après Moi, il n’y en aura pas » (Isaïe 43:10). Il poursuit alors en montrant que le même principe vaut à tous les niveaux.
כמו כן עד רום המעלות, כי גם הקו נמשך ע״י צמצום ומקום פנוי מבחי׳ מלכות דא״ס לבד,
de même jusqu’aux sommets les plus élevés ; car même le kav (ligne de lumière) se déploie, à travers le tsimtsoum (contraction) et l’espace vacant, uniquement à partir du niveau de la Mal’hout de l’Infini (Ein Sof).
Même le kav, cette fine ligne de Lumière infinie qui pénètre dans l’espace vacant après le tsimtsoum, émane uniquement de la Mal’hout de l’Infini. À tous les niveaux, donc, ce qui se déploie vers l’extérieur pour créer est la Mal’hout de D.ieu, Son « revers », et jamais Son essence.
(וזהו ענין אל תקרי שמות אלא שמות8 המבואר במ״א ע״פ ובבואה לפני המלך910 כו׳ ע״ש וכמ״ש ע״פ את שבתותי11 תשמרו בפי׳ וענין בורא קדושים ישתבח שמך כו׳ ע״ש.
(Et c’est là le sens de : « Ne lis pas chammot [désolations], mais chemot [noms] », expliqué ailleurs à propos du verset « Et lorsqu’elle se présenta devant le roi », etc. Voir là-bas. Et comme il est écrit à propos du verset « Vous garderez Mes Chabbatot », au sujet du sens et de la notion de « Créateur des êtres saints, que Ton Nom soit loué », etc. Voir là-bas.)
Une longue parenthèse commence ici. Le jeu de mots des Sages, « Ne lis pas chammot [désolations], mais chemot [noms] » (Berakhot 7b), relève de la même idée : les mondes proviennent des Noms de D.ieu, qui sont des expressions extérieures de Lui, et non de Son essence. L’Admour Hazaken renvoie à ses discours sur « Et lorsqu’elle se présenta devant le roi » (Esther 9:25) et « Vous garderez Mes Chabbatot », où il explique également la bénédiction « Créateur des êtres saints, que Ton Nom soit loué ».
ובזה יש להבין ענין ג״פ [ג׳ פעמים] קדוש ע״ד מ״ש האריז״ל [האר״י זכרונו לברכה] כדלקמן. דהנה פי׳ קדוש היינו מובדל שאינו כדמיון הנשמה שמתפעלת ממקרי הגוף לפי שמלובשת ממש כו׳ משא״כ אצלו ית׳ שהוא קדוש ומובדל כו׳.
Par là, on peut comprendre le sens des trois fois où l’on dit « Saint », suivant ce qu’a écrit l’Arizal, comme on l’expliquera plus loin. En effet, le sens de kadoch (saint) est « séparé » : ce n’est pas comme l’âme, qui est affectée par ce qui arrive au corps parce qu’elle y est véritablement investie, etc. ; tandis que Lui, qu’Il soit béni, est saint et séparé, etc.
Cela permettra d’expliquer pourquoi le mot « Saint » est prononcé trois fois (comme dans « Saint, saint, saint » des anges, Isaïe 6:3), conformément à l’enseignement de l’Arizal cité plus loin. « Saint » (kadoch) signifie « séparé » : l’âme est affectée par ce qui arrive à son corps parce qu’elle y est véritablement investie, mais D.ieu, qui donne la vie au monde, n’en est pas affecté.
וצ״ל מהו ענין כפילות הקדוש ג״פ [ג׳ פעמים]. אך הענין דהנה מבואר במ״א בד״ה וקבל היהודים1213 וע״פ קול דודי1415 פי׳ יהללו את שם16 הוי׳ כי הוא צוה ונבראו,
Il faut comprendre ce que signifie la répétition de « Saint » trois fois. Voici l’explication : il est expliqué ailleurs, dans le discours commençant par « Et les Juifs acceptèrent », et à propos du verset « La voix de mon bien-aimé », le sens de : « Qu’ils louent le Nom Havaya, car Il a ordonné et ils furent créés » :
Pourquoi « Saint » est-il répété trois fois ? Pour répondre, l’Admour Hazaken rappelle son explication, dans les discours « Et les Juifs acceptèrent » (Esther 9:23) et « La voix de mon bien-aimé » (Cantique des Cantiques 2:8), du verset « Qu’ils louent le Nom Havaya, car Il a ordonné et ils furent créés » (Psaumes 148:5).
כי הוא דהיינו עצמותו ומהותו ית׳ צוה ונבראו שלא שייך עליו ית׳ לומר לשון ברא17 לנוכח18 דמשמע שיש כח הפועל בנפעל ולא שייך זה
« car Il », c’est-à-dire Son essence et Son être, qu’Il soit béni, « a ordonné et ils furent créés » ; car, à Son propos, qu’Il soit béni, il ne convient pas d’employer le terme bara (« créa ») à la forme de la présence, ce qui laisse entendre que la puissance de l’Agent se trouve dans ce qui est fait ; or cela ne saurait s’appliquer
Le verset dit que « Lui », l’essence même de D.ieu, « a ordonné », et non qu’Il a « créé » (bara). Le terme bara décrit le Créateur comme présent dans ce qu’Il fait : il implique que la puissance de l’Agent est investie dans ce qui est fait, ce qu’on ne peut dire de l’essence de D.ieu.
אלא בשמותיו ית׳ כמ״ש בראשית ברא אלקים19 וזהו יהללו את שם בחי׳ שם בלבד שאינו מערךעצמותו ומהותו אבל כי הוא עצמותו ומהותו כביכול הוא רק כאלו צוה ונבראו ממילא כו׳ ע״ש.
sinon à Ses Noms, béni soit-Il, comme il est écrit : « Au commencement, Elokim créa. » C’est là le sens de « Qu’ils louent le Nom » : le niveau d’un nom seulement, qui n’est pas du même ordre que Son essence et Son être. Mais « car Lui », Son essence et Son être, pour ainsi dire, c’est seulement comme si « Il ordonna et ils furent créés » d’eux-mêmes, etc. ; voyez là-bas.
Une telle formulation ne convient qu’aux Noms de D.ieu, Ses puissances révélées, comme dans « Au commencement, Elokim créa » (Genesis 1:1), où la création est attribuée au Nom Elokim. C’est pourquoi le verset dit « Qu’ils louent le Nom » : un nom n’est pas du même ordre que l’essence de D.ieu, tandis que, pour l’essence elle-même, la création s’accomplit avec autant de facilité que si « Il ordonna et ils furent créés » d’eux-mêmes.
והנה גם לשון ברא לנוכח הוא מורה על התהוות יש מאין דוקא וכמ״ש הרמב״ן [הרבי משה בן נחמן] ר״פ בראשית. וצ״ל מאחר דפי׳ ברא לנוכח היינו שיש כח הפועל בנפעל איך נק׳ יש מאין.
Or, le terme bara, dans le sens de présence, désigne lui aussi précisément le fait de venir à l’existence comme quelque chose à partir de rien (yesh me’ayin), comme l’écrit le Ramban au début de Parshas Bereshis. Il faut comprendre : puisque le sens de bara dans le sens de présence est que la force de l’Agent est présente dans ce qui est agi, comment peut-on parler de quelque chose à partir de rien ?
Une difficulté se pose : le Ramban écrit au début de son commentaire sur la Genèse que bara signifie précisément faire advenir quelque chose à partir de rien (yesh me’ayin). Mais si bara implique que la force de l’Agent est présente dans ce qu’il produit, comment cela peut-il être appelé « à partir de rien » ?
אמנם הענין כמ״ש באגה״ק [באגרת הקודש] בד״ה איהו וחיוהי20 וגרמוהי חד דהיינו שהכלים דע״ס [דעשר ספירות] דאצילות הנק׳ גרמוהי הן אלקות לברוא יש מאין כמו הא״ס ולא בבחי׳ השתלשלות עילה ועלול לבד,
Cependant, l’explication est celle qui est donnée dans Iggeres HaKodesh, dans le passage commençant par « Lui, Ses forces vitales et Ses réceptacles sont un » : les réceptacles des Dix Séfirot du Monde d’Atsilout (Émanation), appelés « Ses réceptacles » (ihou vegarmohi), sont divins et peuvent créer quelque chose à partir de rien, comme l’Infini (Ein Sof), et non pas seulement selon un enchaînement descendant de cause à effet ;
La réponse se trouve dans l’épître « Lui, Ses forces vitales et Ses réceptacles sont un » (Tanya, Iggeres HaKodesh 20). Les réceptacles des Dix Séfirot d’Atsilout, appelés « Ses réceptacles », sont eux-mêmes divins et peuvent créer quelque chose à partir de rien, comme l’Infini ; la création n’est pas simplement un enchaînement de cause à effet.
כי ע״י סדר ההשתלשלות לבד אפילו צמצומים רבים לא יועילו להיות התהוות גשמיות מרוחניות, ולכן נקרא יש מאין ע״ש וכן כתבו ג״כ חכמי המחקר21 שהתהוות הגשמיות מרוחניות אין לך יש מאין גדול מזה,
car le seul ordre de l’hichtalchelout, même avec de nombreuses contractions, ne suffirait pas à faire advenir le physique à partir du spirituel. C’est pourquoi on parle de quelque chose à partir de rien ; voyez là-bas. Les sages de la recherche [philosophique] ont eux aussi écrit que, s’agissant du fait que le physique advienne à partir du spirituel, il n’est rien de plus grand que cela en fait de création de quelque chose à partir de rien ;
Aucun enchaînement de cause à effet, même à travers de nombreuses contractions, ne peut transformer l’esprit en matière ; c’est pourquoi la création est véritablement une création de quelque chose à partir de rien. Les philosophes eux-mêmes disent que l’avènement de la matière à partir de l’esprit est le plus grand exemple de création à partir de rien.
שהרי גם ריבוא רבבות ירידות והשתלשלות לא יועילו שיתהוה הגשמיות מהרוחניות, אלא שזהו רק כחו ויכולתו לבד יתברך שהוא הכל יכול והכח הזה בכלים דאצילות היינו לפי שבהן מלובש הארת הקו מאור א״ס שהאור מעין המאור כו׳
car même des myriades et des myriades de descentes et de degrés d’hichtalchelout ne suffiraient pas à faire advenir le physique à partir du spirituel. Cela ne relève que de Sa puissance et de Sa capacité à Lui seul, béni soit-Il, car Il est Tout-Puissant. Cette puissance se trouve dans les réceptacles d’Atsilout parce que le rayonnement du kav issu de la Lumière infinie (Or Ein Sof) y est revêtu, car la lumière est de même nature que le luminaire, etc.,
Des étapes de descente innombrables ne pourraient jamais faire devenir physique ce qui est spirituel ; seule la toute-puissance propre de D.ieu le peut. Les réceptacles d’Atsilout possèdent cette puissance parce que la lumière du kav, issue de la Lumière infinie, est revêtue en eux, et qu’une lumière partage la nature de sa source.
ומתייחד עמהן בבחינת איהו וגרמוהי חד ועל ידי זה בורא על ידן יש מאין. ובאמת גם התהוות נבראים רוחניים דבי״ע מהכלים דאצילות הוא בחינת יש מאין ולא דרך השתלשלות כמש״ש [כמה שכתוב שם] באגה״ק [באגרת הקודש] הנ״ל.
et il s’unit à eux selon le mode de « Lui et Ses réceptacles sont un » ; par là, Il crée à travers eux quelque chose à partir de rien. En vérité, même l’avènement des créatures spirituelles de Béria, Yetsira et Assiya à partir des réceptacles d’Atsilout relève d’une création de quelque chose à partir de rien, et non d’un processus d’hichtalchelout, comme il est écrit là-bas dans l’Iggeres HaKodesh mentionnée plus haut.
La lumière s’unit aux réceptacles (« Lui et Ses réceptacles sont un »), et D.ieu crée ainsi à travers eux. En fait, même les créatures spirituelles de Béria, Yetsira et Assiya proviennent des réceptacles d’Atsilout comme quelque chose à partir de rien, et non par une descente graduelle, comme l’explique cette même épître.
והנה מצד הארת הקו המלובש בכלים דאצילות שייך לומר ברא לשון נוכח שהרי הארה מהכלים ו גם אפילו הארה דהארה מהקו מלובש ממש בהנבראים להחיותם כמ״ש באגה״ק [באגרת הקודש] שם וכמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] ח״ב [חלק ב׳] פ״א בשם האריז״ל [האר״י זכרונו לברכה] שגם בדומם ממש מלובש אותיות הדבור מעשרה מאמרות22 כו׳
Or, du point de vue du rayonnement du kav revêtu dans les réceptacles d’Atsilout, il convient d’employer bara, terme exprimant la présence : en effet, un rayonnement provenant des réceptacles, et même un rayonnement du rayonnement du kav, est effectivement revêtu dans les créatures pour leur donner vie, comme il est écrit là-bas dans l’Iggeres HaKodesh, et comme il est écrit dans Sefer Shel Beinonim, deuxième partie, chapitre 1, au nom de l’Arizal : même dans la matière inanimée elle-même sont revêtues les lettres de la parole des Dix Paroles, etc.
Puisque la lumière du kav est présente dans les réceptacles d’Atsilout, et qu’un reflet de cette lumière pénètre chaque créature pour lui donner vie, le terme bara convient bien ici : la force du Créateur est présente dans la créature. Tanya (Shaar HaYichud VehaEmunah 1) rapporte au nom de l’Arizal que même la matière inanimée contient les lettres de la parole des Dix Paroles de la création.
והרי זה בחי׳ כח הפועל המלובש ממש בהנפעל כמש״ש [כמה שכתוב שם] פ״ג [פרק ג׳] ואעפ״כ [ואף על פי כן] התהוות הנפעל כמו האבן מבחינת כח הפועל המלובש בו שהן צרופי אותיות דבר ה׳ המלובש בו זהו ממש התהוות יש מאין
C’est là le niveau de la force de l’Agent effectivement revêtue dans ce qui est agi, comme il est écrit là-bas au chapitre 3. Malgré cela, l’avènement de ce qui est agi — par exemple, une pierre — à partir de la force de l’Agent revêtue en elle, c’est-à-dire les combinaisons des lettres de la parole de D.ieu qui y sont revêtues, est véritablement une création de quelque chose à partir de rien ;
C’est la « force de l’Agent présente dans ce qui est agi » décrite dans Shaar HaYichud VehaEmunah 3. Malgré cela, une pierre créée par les lettres de la parole de D.ieu présentes en elle est bien créée à partir de rien.
שהרי האותיות הם כחות אלקיים ושיתהוה מזה אבן גשמי עד״מ הרי זה ממש מאין ואפס כו׳ שהרי על פי דרך השתלשלות בלתי אפשר כלל וכלל שהכח הרוחני ונבדל מגדר הגשם יהיה ממנו לבד התהוות אבן גשמי עד״מ.
car les lettres sont des puissances divines, et qu’une pierre matérielle, par exemple, vienne à l’existence à partir d’elles relève véritablement du néant absolu, etc. En effet, selon l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), il est absolument impossible qu’une puissance spirituelle, étrangère à la nature de la matière, puisse à elle seule donner naissance à une pierre matérielle, par exemple.
Les lettres sont des puissances spirituelles et divines ; qu’une pierre matérielle en provienne relève donc de la création ex nihilo. Par le simple enchaînement descendant, une puissance spirituelle, qui dépasse toutes les limites de la matière, ne pourrait jamais produire à elle seule une pierre matérielle.
וזהו ענין קדוש דפי׳ מובדל כי אע״פ [אף על פי] שיש כח הפועל ממש בנפעל מ״מ כח זה הוא רק בחי׳ הארה בעלמא שאינו נוגע להארת הקו המלובש בע״ס [בעשר ספירות] דאצילות כי הוא רק
Et c’est là le sens de kadoch, qui signifie « séparé » : bien que la puissance de l’Agent soit effectivement présente dans ce qui est créé, cette puissance n’est pourtant qu’un simple rayonnement, qui ne touche pas au rayonnement du kav (ligne de lumière) revêtu dans les Dix Séfirot d’Atsilout ; car elle n’est qu’
Le sens de kadoch, « séparé », apparaît maintenant clairement. Bien que la puissance créatrice soit véritablement présente dans la créature, elle n’est qu’une lueur, qui ne touche pas à la lumière du kav telle qu’elle se trouve dans les Dix Séfirot d’Atsilout.
כמו זיו השמש מהשמש וע״ש באגה״ק [באגרת הקודש] שהוא רק הארה דהארה, והארה דהארה דהארה כו׳, ועוד זאת שגם כח הפועל מעשרה מאמרות וכלים דאצילות המלובש ממש בהנפעל שהם בי״ע אינו כלל כדמיון הנשמה המלובשת בגוף
comme le rayonnement du soleil issu du soleil ; voyez à ce sujet dans l’Iggeres HaKodesh, où il est expliqué qu’il ne s’agit que d’un rayonnement d’un rayonnement, puis d’un rayonnement d’un rayonnement d’un rayonnement, etc. De plus, même la puissance de l’Agent, issue des Dix Paroles et des réceptacles d’Atsilout, qui est effectivement revêtue dans ce qui est créé — à savoir Béria, Yetsira et Assiya —, n’est absolument pas comparable à l’âme revêtue dans le corps ;
Son rapport à sa source est comme celui de la lumière du soleil au soleil ; l’Iggeres HaKodesh la décrit comme « un rayonnement d’un rayonnement », et plus éloignée encore. De plus, même cette puissance présente dans les créatures de Béria, Yetsira et Assiya n’est pas comparable à une âme dans un corps.
שהרי אין שרש התהוות הגוף ועצמותו מנשמתו כו׳ מה שאין כן כח הפועל ורוח פיו ית׳ שבנפעל הוא מהוה את הנפעל מאין ליש23 כו׳ ולכן הנפעל בטל באמת לגבי כח הפועל שבו ולא
car la source de l’existence et de l’essence du corps ne vient pas de son âme, etc. En revanche, la puissance de l’Agent et le souffle de Sa bouche, béni soit-Il, présents dans ce qui est créé, font venir celui-ci à l’existence, du néant à l’être, etc. C’est pourquoi ce qui est créé est véritablement annulé devant la puissance de l’Agent qui est en lui, et non
Un corps ne tient pas son existence de son âme, tandis que la puissance de l’Agent, « le souffle de Sa bouche », fait venir la créature à l’existence, du néant à l’être. La créature est donc véritablement annulée devant la puissance qui est en elle.
כמו גוף לגבי הנשמה24 כמ״ש כ״ז [כל זה] בסש״ב [בספר של בינונים] ח״ב [חלק ב׳] פ״ג [פרק ג׳] וספ״ו, ועיין עוד באגה״ק [באגרת הקודש] קרוב לסופו בד״ה להבין מ״ש בפע״ח [בפרי עץ חיים]25 במש״ש [במה שכתוב שם] והיינו חיצוניות דחיצוניות דכלים כו׳ שהיא מסותרת לגמרי ברוח נפש דעשיה כהסתר והעלם הבורא מהנברא:)ב
comme le corps devant l’âme, ainsi qu’il est écrit dans Sefer Shel Beinonim, deuxième partie, chapitre 3 et fin du chapitre 6. Voyez également l’Iggeres HaKodesh, vers la fin, dans le passage intitulé « Pour comprendre ce qui est écrit dans Pri Etz Chaim », où il est dit qu’il s’agit de la dimension extérieure de la dimension extérieure des réceptacles, etc., entièrement dissimulée dans le roua’h et le néfech d’Assiya, comme le Créateur est caché et voilé à la créature.) (2)
Un corps n’est pas annulé devant son âme de cette manière, comme l’explique le Tanya dans Chaar HaYi’houd VehaEmouna, chapitres 3 et 6. L’Admour Hazaken cite également l’essai « Pour comprendre ce qui est écrit dans Pri Etz Chaim » (que l’édition Kehot situe dans Kuntres A’haron, imprimé après Iggeres HaKodesh) : la couche la plus extérieure des réceptacles est entièrement dissimulée dans les niveaux inférieurs d’Assiya, tout comme le Créateur est caché à Ses créatures. Le « (2) » final ouvre la deuxième section du discours.
והנה ידוע דיש ב׳ מיני המשכות מאור א״ס ב״ה בחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] ובחי׳ סוכ״ע ונק׳ פנימיים ומקיפים
Or, il est connu qu’il existe deux sortes d’émanations de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il : le niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) et celui de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin). Elles sont appelées lumières intérieures et lumières englobantes.
La deuxième section présente deux sortes de lumière divine : la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), appelée lumière « intérieure », et la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), appelée lumière « englobante ».
והנה כל הנ״ל מענין התלבשות הארת הקו בע״ס [בעשר ספירות] דאצילות שעי״ז מהוה בי״ע יש מאין זהו בחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] שהוא נמשך בבחי׳ התלבשות וכח הפועל בנפעל.
Or, tout ce qui a été dit plus haut au sujet du revêtement du rayonnement du kav dans les Dix Séfirot d’Atsilout, par lequel Il fait venir Béria, Yetsira et Assiya à l’existence en tant qu’être à partir du néant, relève du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes. Celle-ci se déploie selon le mode du revêtement, comme la puissance de l’Agent dans ce qui est créé.
Tout ce qui a été dit jusqu’ici — la lumière du kav revêtue dans les Dix Séfirot d’Atsilout, qui crée Béria, Yetsira et Assiya — relève de la lumière qui remplit tous les mondes. Elle agit en pénétrant ses créatures : la puissance de l’Agent est présente dans ce qui est créé.
אבל בחי׳ סכ״ע [סובב כל עלמין] הוא מה שאינו מתלבש כלל אפילו בע״ס [בעשר ספירות] דאצילות אלא שמהוה ומחיה ע״י בחי׳ מקיף לבד דהיינו כמ״ש כל אשר חפץ26 ה׳ עשה
Mais le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes est celui qui ne se revêt absolument pas, même pas dans les Dix Séfirot d’Atsilout ; au contraire, il fait venir à l’existence et donne la vie par le seul mode de l’enveloppement. C’est-à-dire, comme il est écrit : « Tout ce que D.ieu a voulu, Il l’a fait. »
La lumière englobante ne pénètre rien, pas même les Séfirot d’Atsilout ; elle crée et soutient « de l’extérieur ». C’est le sens de « Tout ce que D.ieu a voulu, Il l’a fait » (Psalms 135:6) : la seule volonté suffit à l’accomplir.
כי ע״י שעלה ברצונו להיות התהוות העולם עי״ז ממש נתהוה העולם, אף שאין הרצון מלובש כלל בהנברא שהרי הוא בחי׳ א״ס ואפילו בע״ס [בעשר ספירות] דאצילות אינו מתלבש כו׳
Car, du fait qu’il est apparu dans Sa volonté que le monde vienne à l’existence, le monde est précisément venu à l’existence par cela même, bien que la volonté ne soit nullement revêtue dans l’être créé, puisqu’elle relève du niveau de l’Infini (Ein Sof), et qu’elle n’est pas revêtue même dans les dix Séfirot d’Atsilout, etc.
Parce qu’il est apparu dans la volonté de D.ieu qu’un monde existe, celui-ci est venu à l’existence, bien que la volonté elle-même ne soit nullement présente dans le monde. Cette volonté relève de l’Infini et n’est revêtue même pas dans Atsilout.
וזהו כי לא מחשבותי מחשבותיכם27 שע״י שעלה במחשבה עי״ז נתהוו כו׳ וכמבואר ענין זה בביאור ע״פ יביאו לבוש מלכות,28
Et c’est là le sens de « Car Mes pensées ne sont pas vos pensées » : du fait qu’il est apparu dans [Sa] pensée, ils sont venus à l’existence par cela même, etc., comme cela est expliqué dans le commentaire sur le verset « Qu’on apporte un vêtement royal ».
Ainsi en va-t-il de « Car Mes pensées ne sont pas vos pensées » (Isaïe 55:8) : contrairement à la pensée humaine, la pensée de D.ieu, à elle seule, fait venir les choses à l’existence. L’Admour Hazaken renvoie à son explication de « Qu’on apporte un vêtement royal » (Esther 6:8), où ce thème est développé.
ונמצא כל נברא בפרט וכל העולמות בכלל יש בהם שני מיני חיות האחד הנמשך ומתלבש בתוכיותם
Il en résulte que chaque être créé en particulier, et tous les mondes dans leur ensemble, possèdent deux sortes de forces vitales : la première est attirée et revêtue en leur intériorité,
Il en résulte que chaque créature, et les mondes pris dans leur ensemble, possèdent deux sortes de forces vitales. La première se trouve à l’intérieur de la créature, revêtue dans son être même.
והוא מבחינת ממכ״ע [ממלא כל עלמין] ושרשו מהארת הקו שבע״ס [שבעשר ספירות] דאצילות וע״ז נאמר ברא לשון נוכח כנ״ל, והב׳ הוא בחי׳ המקיף מבחי׳ סוכ״ע
et elle relève du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), et sa racine se trouve dans le rayonnement du kav au sein des dix Séfirot d’Atsilout ; c’est à son sujet qu’il est dit bara, terme exprimant la présence, comme mentionné plus haut. La seconde est l’aspect de la lumière englobante, qui relève de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin),
Cette force vitale intérieure provient de la lumière qui remplit tous les mondes ; elle a sa racine dans le kav au sein des dix Séfirot d’Atsilout, et c’est à son sujet que la Torah dit bara. La seconde est la force vitale englobante, issue de la lumière qui entoure tous les mondes.
וכמאמר נשמה שנתת בי כו׳ ואתה משמרה בקרבי29 כו׳ וכמו שהוא בהנשמה כך בכללות הבריאה כו׳
comme dans la formule : « L’âme que Tu as placée en moi », etc., « et Tu la gardes en moi », etc. Et ce qui vaut pour l’âme vaut également pour la création dans son ensemble, etc.
La bénédiction du matin « L’âme que Tu as placée en moi… et Tu la gardes en moi » (Berachos 60b) exprime ces deux aspects : l’âme placée à l’intérieur et D.ieu qui la garde depuis au-delà. Ce qui vaut pour l’âme vaut pour toute la création.
והנה על זה נאמר כי הוא צוה ונבראו כי מבחינה זו דסוכ״ע אין שייך כלל התלבשות כח הפועל בהנפעל
Or, c’est à ce sujet qu’il est dit : « Car Il a ordonné et ils ont été créés » ; car, à ce niveau de la lumière qui entoure tous les mondes, il ne peut nullement être question que la force de l’Agent soit revêtue dans ce qui est agi,
Au sujet de la lumière englobante, l’Écriture dit : « Car Il a ordonné et ils ont été créés. » À ce niveau, la force de l’Agent n’est nullement revêtue dans ce qu’Il crée.
שהרי אינו מלובש כלל כ״א שעל ידי שעלה ברצונו שיהיה ההתהוות עי״ז דוקא נעשה ע״כ אין שייך ע״ז רק כמ״ש כי הוא צוה ועי״ז ונבראו כו׳.
puisqu’elle n’est nullement revêtue ; mais c’est uniquement parce qu’il est apparu dans Sa volonté que la venue à l’existence ait lieu que celle-ci s’est accomplie précisément par cela. Par conséquent, la seule expression qui puisse s’appliquer à ce sujet est, comme il est écrit : « Car Il a ordonné », et par cela même, « ils ont été créés », etc.
Puisque la lumière englobante ne pénètre pas dans les créatures, c’est uniquement la volonté de D.ieu qu’elles existent qui les fait venir à l’existence. Aussi, seule convient l’expression « Il a ordonné, et ils ont été créés ».
ועיין מ״ש מענין ממכ״ע [ממלא כל עלמין] וסוכ״ע בד״ה אלה מסעי3031 גבי ברכת המצות שיש בהם לשון נוכח ברוך אתה כו׳ ולשון נסתר אשר קדשנו כו׳ ע״ש.
Voyez également ce qui est écrit au sujet de la lumière qui remplit tous les mondes et de celle qui les entoure, dans le maamar intitulé « Voici les étapes », à propos des bénédictions sur les mitsvot, qui comportent une formulation d’adresse directe : « Béni sois-Tu », etc., et une formulation à la troisième personne : « qui nous a sanctifiés », etc. Voyez là-bas.
L’Admour Hazaken renvoie à son maamar « Voici les étapes » (Masei). Il y explique pourquoi une bénédiction dit « Béni sois-Tu » en s’adressant directement à D.ieu, mais « qui nous a sanctifiés » à la troisième personne : ces deux formulations correspondent à la lumière qui remplit les mondes et à celle qui les entoure.
Ce paragraphe établit que toute la création émane de la Mal’hout de D.ieu, Son « revers », et distingue deux façons dont Il crée : par la lumière qui remplit tous les mondes, investie dans les créatures (bara), et par la lumière qui les entoure, laquelle crée par la seule volonté (« Il a ordonné »). Dans les deux cas, la création est ex nihilo ; cette distinction prépare l’explication du triple « Saint ».
Igueret HaKodech 20, sur lequel s’appuie le paragraphe, affirme que seul D.ieu, dont l’existence vient de Lui-même, peut faire surgir quelque chose à partir du néant absolu ; les réceptacles d’Atsilout ne le peuvent que parce que la Lumière infinie est unie à eux (« Lui et Ses réceptacles ne font qu’un »). C’est pourquoi même la lumière qui remplit tous les mondes, bien qu’elle soit présente dans la créature, la crée néanmoins « à partir du néant ».
Maré mekomot
- 1אחרי הוי׳ אלקיכם תלכו · Deuteronomy 13:5
- 2אחרי הוי׳ אלקיכם תלכו · Zohar, Vayikra 49:342–51:352
- 3בד״ה זכור את · תו״א פה, א.
- 4וישב ה׳ מלך לעולם · Psalms 29:10
- 5ע״פ הזהר קדושים · ראה ביאוה״ז לאדה״א קלט, א. הנחה אחרת בסה״מ תקס״ה חלק ב ע׳ תסט. וראה אוה״ת פ׳ שמות ע׳ מז. וראה גם פ׳ משפטים ע׳ א׳רה.
- 6ואחרי לא יהיה · Zohar, Kedoshim 17:104–18:108
- 7ואחרי לא יהיה · Isaiah 43:10
- 8אל תקרא שמות אלא שמות · Berakhot 7b:10–11
- 9ע״פ ובבואה לפני המלך · תו״א צו, א.
- 10ובבואה לפני המלך · Esther 9:25
- 11ע״פ את שבתותי · לעיל פ׳ בהר מא, ב ואילך.
- 12בד״ה וקבל היהודים · תו״א צו, ג.
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- 14וע״פ קול דודי · לקמן שה״ש יד, ב.
- 15קול דודי · Song of Songs 2:8
- 16יהללו את שם הוי׳ כי הוא צוה ונבראו · Psalms 148:5
- 17לשון ברא · Ramban on Genesis 1:3
- 18לשון ברא לנוכח · ראה לקמן כו, ד. ראה באוה״ת פ׳ ראה ע׳ תרפא.
- 19בראשית ברא אלקים · Genesis 1:1
- 20באגה״ק בד״ה איהו וחיוהי · דף קכט, ב.
- 21וכן כתבו ג״כ חכמי המחקר · באוה״ת פ׳ ראה ע׳ תשפא כ׳ בשם הרמב״ם ובעל העיקרים [מ״א פכ״ג, ומ״ד פ״ג]. ראה גם בהמשך מים רבים תרל״ו פרק קנז ובסה״מ תשי״א לכ״ק מוהריי״צ ע׳ 14.
- 22שגם בדומם ממש מלובש אותיות הדבור מעשרה מאמרות · Tanya, Sha’ar HaYichud 1:5
- 23כח הפועל ורוח פיו ית׳ שבנפעל הוא מהוה את הנפעל מאין ליש · Tanya, Sha’ar HaYichud 3:1–2
- 24ולא כמו גוף לגבי הנשמה · Tanya, Sha’ar HaYichud 6:7
- 25בד״ה להבין מ״ש בפע״ח · קו״א דף קנח, א.
- 26כל אשר חפץ ה׳ עשה · Psalms 135:6
- 27כי לא מחשבותי מחשבותיכם · Isaiah 55:8
- 28יביאו לבוש מלכות · Esther 6:8
- 29נשמה שנתת בי כו׳ ואתה משמרה בקרבי · Berakhot 60b:4
- 30בד״ה אלה מסעי · לעיל פ׳ מסעי צא, ב ואילך.
- 31אלה מסעי · Numbers 33:1
Le deuxième et le troisième « Saint » ¶3
3והנה ידוע דעיקר ההתהוות והחיות הוא מבחי׳ סוכ״ע שהוא בחי׳ א״ס ממש וכמש״ש [וכמה שכתוב שם] ע״פ יביאו לבוש מלכות1 וכמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] פכ״ב
Or, il est connu que la source principale de l’existence et de la force vitale est le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), qui est véritablement le niveau de l’Infini (Ein Sof), comme cela est écrit là à propos du verset « Qu’on apporte un vêtement royal », et comme cela est écrit dans le Sefer Shel Beinonim, chapitre 22.
La source principale de l’existence du monde et de sa force vitale est la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), qui est l’Infini Lui-même et non une lumière qui pénètre dans les mondes. L’Admour Hazaken renvoie à son explication de « Qu’on apporte un vêtement royal » (Esther 6:8), ainsi qu’au Tanya, chapitre 22.
והנה רצון העליון הוא מקור החיים2 המהוה את כל העולמות כו׳ וזהו יש מאין דהיינו שאין שום התלבשות כלל בהנפעל מבחי׳ כח הפועל שבבחי׳ סוכ״ע
Or, la volonté suprême est la source de vie qui fait venir à l’existence tous les mondes, etc. C’est là le principe de quelque chose à partir de rien (yech méayin) : rien de la puissance de l’Agent, au niveau de la lumière qui entoure tous les mondes, ne s’enveloppe dans ce qui est produit.
Le Tanya qualifie là la volonté suprême de « source de vie » qui donne vie à tous les mondes. La création à partir de ce niveau est « quelque chose à partir de rien » au sens plein, car rien de la puissance de l’Agent ne s’enveloppe dans ce qu’Il produit.
(וגם מבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] אע״פ [אף על פי] שנמשך כח הפועל ומתלבש בהנפעל נק׳ יש מאין ממש כנ״ל) וזהו ענין הקדוש הב׳
(Et même à partir du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), bien que la puissance de l’Agent se déploie et s’enveloppe dans ce qui est produit, cela est appelé véritablement quelque chose à partir de rien, comme indiqué plus haut.) Tel est le sens du deuxième « Saint » :
Entre parenthèses, il ajoute que même la création par la lumière qui remplit tous les mondes, où la puissance de l’Agent pénètre effectivement dans la créature, est véritablement quelque chose à partir de rien, comme l’a montré la section 1. Il peut ainsi identifier le deuxième des trois « Saint ».
דהיינו בחי׳ סוכ״ע שהוא קדוש ומובדל מבחי׳ העלמין יותר מבחי׳ קדוש הג׳ שהוא בחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין]
à savoir le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes, qui est saint et séparé des mondes davantage que le niveau du troisième « Saint », lequel correspond à la lumière qui remplit tous les mondes ;
Le deuxième « Saint » correspond à la lumière qui entoure tous les mondes. Elle est séparée des mondes davantage encore que le niveau du troisième « Saint », qui est la lumière qui les remplit.
דהיינו שאפילו בחי׳ זיו והוד לא נמשך ממנו להתלבש בהעלמין בפנימיותם אלא שהוא אור מקיף ועד״ז נתבאר במ״א בפי׳ אתה קדוש ושמך קדוש.
c’est-à-dire que même un rayonnement et une splendeur ne se déploient pas à partir d’elle pour s’envelopper dans les mondes en leur dimension intérieure (pnimiyout) ; elle est plutôt une lumière enveloppante. Dans cette même perspective, cela a été expliqué ailleurs à propos du sens de « Tu es saint et Ton Nom est saint ».
Pas même un rayonnement de la lumière qui entoure les mondes ne pénètre en eux ; elle demeure à l’extérieur, en tant que lumière enveloppante. La même distinction est établie ailleurs à propos des paroles de la Amida : « Tu es saint et Ton Nom est saint ».
שמך קדוש היינו בחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] וכדכתיב כי נשגב שמו לבדו3 אלא הודו וזיוו של שמו נמשך ומתלבש בהעלמין וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] זיו השכינה4 זיו דייקא
« Ton Nom est saint » désigne le niveau de la lumière qui remplit tous les mondes, comme il est écrit : « Car Son Nom seul est exalté » ; seule la splendeur et le rayonnement de Son Nom se déploient et s’enveloppent dans les mondes, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « le rayonnement de la Chekhina » — « rayonnement », précisément.
« Ton Nom est saint » désigne la lumière qui remplit les mondes. Le verset « Car Son Nom seul est exalté » (Psaumes 148:13) signifie que le Nom Lui-même demeure exalté, et que seule Sa gloire et Son rayonnement pénètrent dans les mondes. De même, les Sages disent que les justes jouissent du « rayonnement de la Chekhina » (Berachos 17a) : il s’agit du rayonnement, et non de la Chekhina elle-même.
אבל אתה קדוש היינו שאפילו זיו והוד לא היו העולמות יכולים לקבל חיות ממנו בפנימיותם ותוכיותם
Mais « Tu es saint » signifie que les mondes ne pouvaient recevoir de force vitale à partir de ce niveau, pas même un rayonnement et une splendeur, dans leur dimension intérieure et leur intimité ;
« Tu es saint » va plus loin : cette expression désigne un niveau à partir duquel les mondes ne pouvaient recevoir de vie en eux-mêmes, pas même un rayonnement.
אלא שמחיה ומהוה אותם ע״י בחי׳ מקיף כנ״ל ועמ״ש מזה פ׳ וארא ע״פ לכן אמור לבני ישראל5 כו׳ וע ״פ אסרי לגפן6 בפי׳ ויחי:
au contraire, Il leur donne vie et les fait venir à l’existence par le biais d’une lumière enveloppante, comme indiqué plus haut. Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans la paracha de Vaéra, à propos du verset « C’est pourquoi, dis aux enfants d’Israël », etc., et à propos du verset « Attachant à la vigne », dans l’explication [de] Vayechi.
Ce niveau leur donne plutôt vie et existence de l’extérieur, sous la forme d’une lumière enveloppante. L’Admour Hazaken renvoie à ses discours sur « C’est pourquoi, dis aux enfants d’Israël » (Exode 6:6), dans Vaéra, et sur « Attachant son ânon à la vigne » (Genèse 49:11), dans Vayechi.
Ce paragraphe établit que la lumière qui entoure les mondes, et qui ne pénètre jamais en eux, est la source principale de leur existence. Il l’identifie au deuxième « Saint », tandis que la lumière qui remplit les mondes, dont seul un rayonnement pénètre en eux, correspond au troisième. Les expressions « Ton Nom est saint » et « Tu es saint » désignent ces deux mêmes niveaux.
Les trois occurrences de « Saint » ne sont pas une simple répétition : elles expriment trois degrés de séparation. La lumière qui remplit les mondes est séparée d’eux, car seul un rayonnement y pénètre ; la lumière qui les entoure est plus séparée encore, car pas même un rayonnement n’y pénètre ; quant au niveau du premier « Saint », expliqué dans le paragraphe suivant, il n’a aucun rapport avec les mondes.
Maré mekomot
- 1
- 2רצון העליון הוא מקור החיים · Tanya, Likkutei Amarim 22:6
- 3כי נשגב שמו לבדו · Psalms 148:13
- 4וכמארז״ל זיו השכינה · Berakhot 17a
- 5לכן אמור לבני ישראל · Exodus 6:6
- 6
Atik et Arich Anpin : le premier « Saint » ¶4–6
4ג והנה בבחי׳ סוכ״ע יש ג״כ ב׳ בחינות כי הנה כתר לשון כותרת שהוא סובב ומקיף
(3) Or, dans le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), il y a également deux niveaux. En effet, Kéter (la Couronne) est apparenté au mot kosseret, « couronne qui ceint » : il entoure et enveloppe.
La section 3 montre que la lumière enveloppante elle-même comporte deux niveaux. Kéter tire son nom de kosseret, une couronne qui ceint la tête ; par nature, il s’agit donc de quelque chose qui entoure.
והנה הכתר הוא הממוצע1 בין המאציל לנאצלים2 ויש בו ב׳ בחי׳ עתיק וא״א עתיק בחינה אחרונה שבמאציל וא״א בחינת שרש הנאצלים
Or, Kéter est l’intermédiaire entre l’Émanateur et les émanés, et comporte deux niveaux, Atik et Arikh Anpin : Atik est le dernier niveau de l’Émanateur, et Arikh Anpin est le niveau de la racine des émanés.
Kéter se tient entre l’Émanateur, D.ieu Lui-même, et les Séfirot émanées ; il comporte deux aspects : Atik, le dernier et le plus bas niveau de l’Émanateur, et Arikh Anpin, la racine de tout ce qui est émané. La note de Kehot renvoie le lecteur à l’Etz Chaim de l’Ari zal pour Kéter en tant qu’intermédiaire.
כי בחי׳ שרש הנאצלים יש לה איזה שייכות עם עלמין להיות ממנה התהוות הנאצלים בבחי׳ סוכ״ע שנק׳ ע״ש עלמין אלא שהוא סובב ומקיף מבחוץ ואינו נכנס בפנימית כו׳
Car le niveau de la racine des émanés a quelque lien avec les mondes, puisque c’est de lui que procède la venue à l’existence des émanés, selon le mode de la lumière qui entoure tous les mondes, appelée ainsi en référence aux mondes (almin) ; toutefois, elle les entoure et les enveloppe de l’extérieur et ne pénètre pas à l’intérieur, etc.
En tant que racine des émanés, Arikh Anpin a quelque lien avec les mondes, puisque les émanés viennent à l’existence à partir de lui. C’est pourquoi on l’appelle « sovev kol almin », une lumière nommée en référence aux mondes (almin), bien qu’elle ne fasse que les entourer de l’extérieur sans y pénétrer.
Mais le dernier niveau de l’Émanateur n’a absolument aucun rapport ni aucun lien avec la venue à l’existence des mondes, car Il est « Celui qui est exalté depuis les jours du monde » ;
Atik, le dernier niveau de l’Émanateur, n’a absolument aucun rapport avec la venue à l’existence des mondes. Il est « exalté depuis les jours du monde » : cette expression provient de la première bénédiction précédant le Chéma du matin.
אלא שהוא מקיף דמקיף וכמ״ש במ״א ע״פ מזמור שיר חנוכת הבית5 בענין ג׳ בחי׳ מזון לבוש בית והמקיף דמקיף הוא המחבר המקיף עם הפנימי כו׳
il n’est que l’enveloppant de l’enveloppant, comme il est écrit ailleurs au sujet du verset « Psaume, chant pour la dédicace de la Maison », à propos des trois niveaux : nourriture, vêtement et maison. L’enveloppant de l’enveloppant est ce qui relie l’enveloppant à l’intérieur, etc. ;
Atik est « l’enveloppant de l’enveloppant ». L’Admour Hazaken renvoie à son discours sur « Psaume, chant pour la dédicace de la Maison » (Psalms 30:1), où il est question de trois niveaux : la nourriture, qui pénètre ; le vêtement, qui entoure ; et la maison, qui entoure même le vêtement. Ce niveau le plus extérieur relie la lumière enveloppante à la lumière intérieure.
היינו שיהיה התחברות סובב וממלא שלום בפמליא של מעלה כו׳ וזהו שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] שהעוסק בתורה עושה שלום6 בפמליא של מעלה ובפמליא של מטה
c’est-à-dire, afin qu’il y ait une union de la lumière enveloppante et de la lumière qui remplit [les mondes] (sovev et memalé), une paix dans la famille d’en haut, etc. C’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : celui qui s’occupe de Torah fait régner la paix dans la famille d’en haut et dans la famille d’en bas ;
L’union de la lumière enveloppante et de la lumière qui remplit les mondes est appelée « paix dans la famille d’en haut ». C’est pourquoi les Sages disent que celui qui s’occupe de Torah fait régner la paix dans la famille d’en haut et dans la famille d’en bas (Sanhedrin 99b).
כי התורה נקרא משל הקדמוני בחי׳ קדמונו של עולם7 ע״כ ממשיך שלום בפמליא של מעלה כללות בחי׳ סובב וממלא וגם בפמליא של מטה היינו
car la Torah est appelée « le proverbe de l’Ancien », le niveau de l’Ancien du monde ; elle fait donc descendre la paix dans la famille d’en haut, entre la lumière enveloppante et la lumière qui remplit [les mondes] dans leur expression générale et collective, et aussi dans la famille d’en bas, c’est-à-dire,
La Torah peut accomplir cela parce qu’elle est appelée « le proverbe de l’Ancien » (I Samuel 24:14), expression que Rachi explique comme désignant la Torah, le proverbe de l’Ancien du monde, le Saint béni soit-Il. Provenant de ce niveau, la Torah fait régner la paix en haut, entre la lumière enveloppante et la lumière qui remplit les mondes dans leur expression générale et collective.
כי בכל נברא יש מב׳ בחי׳ הנ״ל וכמאמר ואתה נפחת בי8 ואתה משמרה בקרבי וכנ״ל וזהו ענין הקדוש הא׳ שהוא המשכת בחי׳ עתיק
car en chaque être créé se trouve [quelque chose] des deux niveaux mentionnés plus haut, comme le dit la formule : « Tu l’as insufflée en moi, et Tu la gardes en moi », ainsi qu’il a été dit plus haut. Tel est le sens du premier « Saint » : il s’agit de faire descendre le niveau d’Atik,
La paix en bas signifie que chaque créature possède les deux types de force vitale, intérieure et enveloppante, comme le dit la bénédiction du matin : « Tu l’as insufflée en moi, et Tu la gardes en moi » (Berachos 60b). Le premier « Saint » est la descente d’Atik.
שהיא המשכה גדולה ועצומה מאור א״ס ב״ה מה שהוא מובדל עדיין ומרומם מגדר עלמין כו׳ אלא שבחי׳ א״א הנמשך ממנו הוא בחי׳ סוכ״ע כו׳.910
qui est un influx considérable et puissant de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, [de] ce qui demeure encore séparé et élevé au-dessus des limites des mondes, etc. ; seul le niveau d’Arikh Anpin, qui en émane, est le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes, etc.
Il s’agit d’un influx considérable et puissant de la Lumière infinie, d’un niveau qui demeure séparé et élevé au-dessus des limites des mondes. Seul Arikh Anpin, qui émane d’Atik, est la lumière englobante qui se rapporte aux mondes.
Ce paragraphe distingue deux niveaux dans la lumière enveloppante : Arikh Anpin, racine des émanés, qui entoure les mondes, et Atik, niveau le plus bas de l’Émanateur, qui dépasse les mondes et relie la lumière enveloppante à la lumière intérieure. Atik est le premier « Saint », et la Torah, enracinée dans ce niveau, fait régner la paix en haut et en bas.
Les trois niveaux de nourriture, de vêtement et de maison, mentionnés ici, réapparaissent au paragraphe 7 comme racines des trois occurrences de « Saint » : la maison est l’enveloppant de l’enveloppant (Atik), le vêtement est la lumière enveloppante, et la nourriture est la lumière qui remplit les mondes.
Maré mekomot
- 1הכתר הוא הממוצע · ע״ח שמ״ב, פ״א (בדפוסים הראשונים שמ״א פ״ג). ע״ל בחקותי (מו, ג). וש״נ. [כ].
- 2הכתר הוא הממוצע בין המאציל לנאצלים · Sefer Etz Chaim 42:3
- 3המתנשא מימות עולם · ברכת יוצר.
- 4
- 5ע״פ מזמור שיר חנוכת הבית · לקמן פ׳ ברכה צח, ד ואילך.
- 6שהעוסק בתורה עושה שלום · Sanhedrin 99b:10–11
- 7משל הקדמוני בחי׳ קדמונו של עולם · Rashi on I Samuel 24:14
- 8וכמאמר ואתה נפחת בי · Berakhot 60b:4
- 9התו׳ נק׳ משל הקדמוני בחי׳ קדמונו של עולם · I Samuel 24:14
- 10
5והנה נודע מענין כי אל דעות1 שממטה למעלה כל מה שהוא למעלה יותר נק׳ אין לפי שאינו מושג וע״כ הגם שהתהוות הנבראים מבחי׳ מל׳ דאצי׳
Or, on sait, à propos de « Car Havaya est un D.ieu de connaissances », que, de bas en haut, tout ce qui est plus élevé est appelé « néant » (ayin), parce que cela n’est pas appréhendé. Aussi, bien que l’apparition des êtres créés provienne du niveau de Mal'hout du Monde d’Atsilout,
Le verset « Car Havaya est un D.ieu de connaissances » (I Samuel 2:3) parle de la connaissance au pluriel, et l’Admour Hazaken y voit deux façons de considérer les choses. De bas en haut, tout ce qui est plus élevé est appelé « néant » (ayin), car l’être inférieur ne peut l’appréhender ; or la création à partir de Mal'hout d’Atsilout, source de la lumière qui remplit tous les mondes, est déjà appelée quelque chose à partir du néant.
ממכ״ע [ממלא כל עלמין] נקרא יש מאין מ״מ עיקר בחי׳ אין הוא בחי׳ סוכ״ע לפי שאינו מושג יותר שאינו מתלבש כלל וכמ״ש במ״א ע״פ היש הוי׳ בקרבנו אם אין2
la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), est appelée « quelque chose à partir du néant » ; néanmoins, le principal niveau de « néant » est celui de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), car il est encore moins appréhendable, puisqu’il ne s’habille nullement dans les mondes ; comme il est écrit ailleurs à propos du verset : « Havaya est-Il (hayech) parmi nous, ou non (ayin) ? »
Pourtant, du point de vue de ce qui est inférieur, le véritable « néant » est la lumière qui entoure tous les mondes, puisqu’elle ne pénètre jamais dans les mondes et échappe encore davantage à leur appréhension. Il renvoie à son explication du verset « Havaya est-Il parmi nous, ou non ? » (Exodus 17:7), qui oppose lui-même yéch (« est ») et ayin (« non »).
אך מלמעלה למטה הוא בהפך שכל מה שלמטה יותר נקרא אין משום דכלא חשיב ולכן אדרבה בחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] נקרא אין
Mais de haut en bas, c’est l’inverse : tout ce qui est plus bas est appelé « néant », parce que cela est « considéré comme rien ». C’est pourquoi, au contraire, le niveau de la lumière qui remplit tous les mondes est appelé « néant ».
De haut en bas, c’est l’inverse : tout ce qui est plus bas est appelé « néant », car, face à ce qui est plus élevé, cela ne compte pour rien. De ce point de vue, c’est la lumière qui remplit tous les mondes qui est appelée « néant ».
וזהו כי עמך מקור חיים3 היא בחי׳ מל׳ דאצי׳ מקור ממכ״ע [ממלא כל עלמין] נק׳ עמך שהוא טפל ובטל וכלא חשיב ונקרא אחרי הוי׳ בחי׳ אחוריים כו׳
Et c’est le sens de « Car auprès de Toi est la source de la vie » : le niveau de Mal'hout d’Atsilout, source de la lumière qui remplit tous les mondes, est appelé « auprès de Toi », car il est secondaire, annulé et considéré comme rien ; il est appelé « derrière Havaya », le niveau du revers, etc.
C’est pourquoi Mal'hout d’Atsilout, source de la lumière qui remplit tous les mondes, est appelée « auprès de Toi » dans le verset « Car auprès de Toi est la source de la vie » (Psalms 36:10) : elle Lui est secondaire, annulée et ne compte pour rien. Elle est aussi « derrière Havaya », le « revers » de D.ieu, thème de la section 1.
וגם אפי׳ [אפילו] בחי׳ סובב נקרא אין לגבי בחינה שאינו בגדר עלמין וכמאמר כתרא עילאה אע״ג [אף על גב] דאיהו אור צח4 אוכם הוא קדם עילת העילות5 כו׳
Et même le niveau de sovev est appelé « néant » par rapport à un niveau qui n’entre pas dans les limites des mondes ; ainsi que l’énonce l’adage : « La Couronne suprême, bien qu’elle soit une lumière pure, est noire devant la Cause des causes », etc. ;
Même la lumière qui entoure tous les mondes est appelée « néant » auprès du niveau qui n’entre absolument pas dans les limites des mondes. Ainsi, le Tikkunei Zohar enseigne que le Kéter suprême, bien qu’il soit une lumière pure, est noir devant la Cause des causes.
וכמ״ש ע״פ שחורה אני6 כו׳ וזהו שהבריאה נק׳ יש מאין היינו שמקור התהוות העלמין הוא מבחי׳ שנק׳ אין גם מלמעלה למטה כו׳.
et comme il est écrit à propos du verset « Je suis noire », etc. Et c’est pourquoi la création est appelée « quelque chose à partir du néant » : la source d’où les mondes viennent à l’existence est un niveau appelé « néant » même de haut en bas, etc.
Il renvoie également à son discours sur « Je suis noire » (Song of Songs 1:5). La création est appelée « quelque chose à partir du néant » parce que sa source est un niveau qui est « néant » même de haut en bas.
Le paragraphe explique la notion de « néant » (ayin) selon deux perspectives : de bas en haut, ce qui est plus élevé est « néant » parce que cela ne peut être appréhendé ; la lumière qui entoure tous les mondes est donc le véritable ayin. De haut en bas, ce qui est inférieur est « néant » parce que cela ne compte pour rien ; Mal'hout et la lumière qui remplit les mondes sont donc ayin, et même la lumière qui entoure les mondes est ayin face à ce qui dépasse les mondes. La création « à partir du néant » provient d’un niveau qui est « néant » dans ce second sens.
Maré mekomot
- 1כי אל דעות · I Samuel 2:3
- 2היש הוי׳ בקרבנו אם אין · Exodus 17:7
- 3כי עמך מקור חיים · Psalms 36:10
- 4כתרא עילאה אע״ג דאיהו אור צח · ת״ז ת״ע דקל״ה רע״ב [ב].
- 5כתרא עילאה אע״ג דאיהו אור צח אוכם הוא קדם עילת העילות · Tikkunei Zohar 135b:1
- 6שחורה אני · Song of Songs 1:5
6ועמ״ש ע״פ ואהיה אצלו אמון12 בפי׳ אחור וקדם צרתני3 דגבי תורה וע״פ שובה ישראל4 בפי׳ וראית את אחורי5 כו׳
Et voyez ce qui est écrit au sujet du verset « J’étais auprès de Lui comme un nourrisson », à propos du sens de « Tu m’as formé par derrière et par devant », concernant la Torah ; et au sujet du verset « Reviens, Israël », à propos du sens de « Tu verras Mon dos », etc.
L’Alter Rebbe renvoie à son discours sur « J’étais auprès de Lui comme un nourrisson » (Proverbes 8:30), qui explique « Tu m’as formé par derrière et par devant » (Psaumes 139:5) comme se rapportant à la Torah, ainsi qu’à son discours « Reviens, Israël », consacré à « Tu verras Mon dos » (Exode 33:23). Tous deux traitent du « dos » et du « visage » de D.ieu, thème de « après Havaya ».
והנה בפע״ח [בפרי עץ חיים] שער חזרת העמידה פ״ד בכת״י [בכתב יד] קודש האריז״ל [האר״י זכרונו לברכה] וז״ל [וזה לשונו] והנה ג׳ קדושות לג׳ רישין דע״ק [דעתיקא קדישא].6 א׳ לההוא דלא אתיידע כלל. הב׳ לכתר עילאה.
Or, dans Pri Etz Chaim, Sha’ar Chazaras HaAmidah (la Porte de la répétition de la Amida), chapitre 4, dans le manuscrit de la sainte main de l’Arizal, voici ses paroles : « Les trois [proclamations de] “Saint” correspondent aux trois têtes d’Atika Kadicha : la première à Celui qui n’est nullement connu ; la deuxième à la Couronne supérieure ;
Il cite à présent les propres paroles de l’Arizal, tirées de Pri Etz Chaim et copiées d’après le manuscrit de sa main : les trois « Saint » correspondent aux trois têtes d’Atika Kadicha : la première à la tête « qui n’est nullement connue », et la deuxième à la Couronne supérieure.
הג׳ למו״ס [למוחא סתימאה] חכמה קדמאה עכ״ל [עד כאן לשונו] והיינו כי רדל״א [רישא דלא אתידע] היינו עתיק בחינה תחתונה שבמאציל וכתר עילאה היינו כתר דא״א סוכ״ע והיינו ב׳ בחי׳ הנ״ל דסוכ״ע.
la troisième à Mocha Stima’ah (le cerveau caché), la 'Hokhma primordiale. » Fin de citation. Cela signifie que la Tête inconnue (Reisha deLo Isyada) est Atik, le niveau inférieur de l’Émanateur ; et que la Couronne supérieure est le Kéter d’Arikh Anpin, la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) ; ce sont là les deux niveaux de la lumière qui entoure tous les mondes mentionnés plus haut.
La troisième correspond à Mocha Stima’ah, « le cerveau caché », la 'Hokhma primordiale ; les paroles de l’Arizal s’achèvent là. L’Alter Rebbe identifie la Tête inconnue à Atik, le niveau inférieur de l’Émanateur, et la Couronne supérieure au Kéter d’Arikh Anpin, la lumière qui entoure tous les mondes : ce sont les deux niveaux de la lumière enveloppante décrits dans la section 3.
אמנם מ״ש הג׳ למו״ס [למוחא סתימאה] אף דמו״ס [דמוחא סתימאה] הוא בחי׳ חכמה שבכתר בחי׳ סוכ״ע היינו לפי שהוא דיבר בשרש בחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] שבעולם האצי׳.
Cependant, quant à ce qu’il écrit : « la troisième à Mocha Stima’ah », bien que Mocha Stima’ah soit le niveau de 'Hokhma au sein de Kéter, le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes, c’est parce qu’il parlait de la racine du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) dans le Monde d’Atsilout (Émanation).
Mocha Stima’ah est la 'Hokhma au sein de Kéter et relève donc elle aussi de la lumière qui entoure les mondes. Si l’Arizal la rattache néanmoins au troisième « Saint », c’est qu’il parle de la racine de la lumière qui remplit les mondes d’Atsilout, laquelle, comme l’explique le paragraphe suivant, procède de la 'Hokhma cachée.
Après d’autres renvois concernant le « dos » et le « visage » de D.ieu, le paragraphe cite l’enseignement de l’Arizal selon lequel les trois « Saint » correspondent aux trois têtes d’Atika Kadicha, puis les rapporte aux niveaux déjà décrits : Atik, le Kéter d’Arikh Anpin et Mocha Stima’ah, en tant que racine de la lumière qui remplit les mondes.
Maré mekomot
- 1ע״פ ואהיה אצלו אמון · לעיל פ׳ במדבר יח, ב.
- 2
- 3אחור וקדם צרתני · Psalms 139:5
- 4שובה ישראל · Hosea 14:2
- 5וראית את אחורי · Exodus 33:23
- 6ג׳ קדושות לג׳ רישין דע״ק. א׳ לההוא דלא אתיידע כלל. הב׳ לכתר עילאה. הג׳ למו״ס חכמה קדמאה · Pri Etz Chaim, Gate of the Repetition of the Silent Prayer 4:1–2
Quelque chose à partir de rien au sein d’Atsilout ¶7
7והנה כמו שבי״ע ממש התהוותם יש מאין מבחי׳ מל׳ דאצילות שהוא מקור בחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] דבי״ע כמ״כ [כמו כן] באצי׳ יש ג״כ בי״ע
Or, de même que Béria, Yetsira et Assiya elles-mêmes viennent à l’existence comme quelque chose à partir de rien, depuis le niveau de Mal'hout du Monde d’Atsilout, qui est la source du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) de Béria, Yetsira et Assiya, de même, en Atsilout, il y a aussi Béria, Yetsira et Assiya :
Béria, Yetsira et Assiya viennent à l’existence comme quelque chose à partir de rien, depuis Mal'hout d’Atsilout, la source de leur lumière qui remplit. De même, au sein même d’Atsilout, il existe des niveaux qui correspondent à Béria, Yetsira et Assiya.
היינו או״א [אבא ואימא] הם בריאה דאצילות וכמ״ש והחכמה מאין תמצא1 שהיא נק׳ בריאה יש מאין וזהו ענין בורא קדושים ישתבח שמך23 כמ״ש במ״א
c’est-à-dire qu’Abba et Imma ('Hokhma et Bina) sont la Béria d’Atsilout, comme il est écrit : « Et 'Hokhma sera trouvée me’ayin (à partir de rien) » ; car elle est appelée Béria (création), quelque chose à partir de rien. Tel est le sens de « Créateur des êtres saints, que Ton Nom soit loué », comme il est écrit ailleurs.
Abba et Imma, 'Hokhma et Bina, sont « la Béria d’Atsilout » : 'Hokhma est appelée création, quelque chose à partir de rien, comme dans « Et 'Hokhma sera trouvée à partir de rien (me’ayin) » (Job 28:12). Tel est le sens de « Créateur des êtres saints », dans la bénédiction du matin : même les niveaux saints d’Atsilout sont « créés » à partir de rien.
וגם קנה חכמה קנה בינה4 ב״פ [ב׳ פעמים] קנה בגימט׳ [בגימטריא] יש56 והאין שממנו תמצא החכמה הוא בחי׳ כתר
Et aussi : « Acquiers 'Hokhma, acquiers Bina » : le mot kneh (« acquiers »), répété deux fois, équivaut en guématria à yesh (« quelque chose »). Et le ayin (« rien ») à partir duquel 'Hokhma est trouvée est le niveau de Kéter (la Couronne) ;
De même, « Acquiers 'Hokhma, acquiers Bina » (Proverbes 4:5) : le mot kneh (« acquiers », 155) apparaît deux fois, et deux fois 155 font 310, la valeur numérique de yesh (« quelque chose »). Le ayin (« rien ») à partir duquel 'Hokhma est trouvée est Kéter.
והוא ג״כ ע״י ב׳ המשכות ממלא וסובב א״פ [אור פנימי] וא״מ [ואור מקיף] וח״ס [וחכמה סתימאה] הוא מקור לבחי׳ הא״פ [האור פנימי] וכמ״ש בע״ח [בעץ חיים] שער א״א פ״ד
et cela aussi se fait par deux émanations, celle qui remplit et celle qui entoure, la lumière intérieure (Or Pnimi) et la lumière enveloppante (Or Makif) ; et la 'Hokhma cachée (Hokhma Stimaa) est la source du niveau de la lumière intérieure, comme il est écrit dans Etz Chaim, Chaar Arikh Anpin, chapitre 4.
Cela aussi se produit par deux émanations, celle qui remplit et celle qui entoure, c’est-à-dire la lumière intérieure et la lumière enveloppante. La 'Hokhma cachée (Hokhma Stimaa) au sein de Kéter est la source de la lumière intérieure, comme l’explique Etz Chaim dans le Chaar d’Arikh Anpin.
וגם כי או״א [אבא ואימא] יונקים מב׳ מזלות ונוצר ונקה ששרשן ממו״ס [ממוחא סתימאה] וז״ש [וזהו שכתוב] בזהר ח״ג [חלק ג׳] (דרפ״ט) דח״ס [דחכמה סתימאה] הוא רישא דכל רישא לשאר חכמות.7
De plus, Abba et Imma tirent leur nourriture des deux mazalot, Notser et Nakeh, dont la racine se trouve dans Mo’ha Stimaa (le cerveau caché). C’est pourquoi il est écrit dans le Zohar, partie III (folio 289), que la 'Hokhma cachée est « la tête de toute tête » pour les autres [niveaux de] 'Hokhma.
En outre, Abba et Imma tirent leur nourriture des deux « mazalot », canaux d’influence appelés Notser et Nakeh, dont la racine se trouve dans Mo’ha Stimaa. Ainsi, le Zohar appelle la 'Hokhma cachée « la tête de toute tête » pour tous les autres niveaux de 'Hokhma.
וזהו ענין הקדוש הג׳ כי ההמשכה רק מבחי׳ שערות וח״ס [וחכמה סתימאה] עצמה הוא קדוש ומובדל וכתרא עילאה הוא בחי׳ מקיף וסובב כתר לשון כותרת כו׳ ועתיק הוא בחי׳ מקיף למקיף
Tel est le sens du troisième « Saint » : l’émanation ne procède que du niveau des cheveux, tandis que la 'Hokhma cachée elle-même est sainte et séparée. La Couronne suprême est le niveau de la lumière enveloppante et qui entoure ; le mot Kéter est apparenté à kosseret (couronne qui entoure), etc. Et Atik est le niveau de l’enveloppement de l’enveloppement.
C’est là le troisième « Saint » : ce qui émane de la 'Hokhma cachée ne passe que par les « cheveux », fins canaux de lumière, tandis que la 'Hokhma cachée elle-même demeure sainte et séparée. La Couronne suprême est la lumière enveloppante, comme le suggère le mot Kéter (couronne qui entoure), et Atik est l’enveloppement de l’enveloppement.
וזהו ענין ג״פ [ג׳ פעמים] קדוש והם ג׳ המשכות להיות שרש ג׳ בחי׳ בית לבוש מזון דכללות העולמות בית נק׳ בחי׳ מקיף למקיף כו׳ ולבוש הוא בחי׳ מקיף וסוכ״ע וכמ״ש במ״א ע״פ יביאו לבוש מלכות8.
Tel est le sens des trois « Saint » : ils correspondent à trois émanations, qui constituent la racine des trois niveaux que sont la maison, le vêtement [et] la nourriture pour l’ensemble des mondes. La « maison » est appelée le niveau de l’enveloppement de l’enveloppement, etc. ; et le « vêtement » est le niveau de l’enveloppement, la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), comme il est écrit ailleurs à propos du verset : « Qu’on apporte un vêtement royal. »
Il s’agit des trois fois où l’on dit « Saint » : trois émanations qui sont les racines de la maison, du vêtement et de la nourriture pour l’ensemble des mondes. La maison est l’enveloppement de l’enveloppement ; le vêtement est la lumière enveloppante, sovev kol almin, comme l’explique le commentaire sur « Qu’on apporte un vêtement royal » (Esther 6:8).
Ce paragraphe montre que le même processus de « quelque chose à partir de rien » se retrouve au sein d’Atsilout : 'Hokhma émerge du « rien » de Kéter, par l’intermédiaire de la 'Hokhma cachée (source de la lumière intérieure) et des niveaux enveloppants qui la surplombent. Les trois « Saint » correspondent ainsi à la 'Hokhma cachée, à la Couronne suprême et à Atik, racines de la nourriture, du vêtement et de la maison.
Le passage de Pri Etz Chaim cité dans la note de Kehot explique le calcul : Kéter contient 620 lumières (valeur numérique du mot Kéter) et en donne la moitié, yesh (310), à Abba et Imma, répartie entre « acquiers 'Hokhma » et « acquiers Bina ». Le « rien » de Kéter devient ainsi le « quelque chose » de 'Hokhma et de Bina.
Maré mekomot
- 1והחכמה מאין תמצא · Job 28:12
- 2בורא קדושים ישתבח שמך · ברכת יוצר.
- 3בורא קדושים ישתבח שמך · Siddur Ashkenaz, Weekday, Shacharit, Blessings of the Shema, First Blessing before Shema 3
- 4קנה חכמה קנה בינה · Proverbs 4:5
- 5ב״פ קנה בגימט׳ יש · פע״ח ש׳ תפלת ר״ה, פ״ג. [כ].
- 6קנה חכמה קנה בינה ב״פ קנה בגימט׳ יש · Pri Etz Chaim, Gate of the Prayers of Rosh Hashana 3:16
- 7דח״ס הוא רישא דכל רישא לשאר חכמות · Zohar, Idra Zuta 4:37–10:49
- 8
« Vous marcherez » : l’amour par la contemplation ¶8–9
8ומזון היינו בחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] ודרך פרט ממל׳ דאצי׳ לבי״ע נמשכים ג״כ ג׳ בחי׳ אלו שהרי נעשית עתיק וכתר לבריאה שהוא נק׳ מקיף כו׳ ע״ד שמל׳ דא״ק [דאדם קדמון] נעשה עתיק וכתר לאצי׳
Et la « nourriture » désigne le niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin). En particulier, depuis Mal'hout d'Atsilout vers Béria, Yetsira et Assiya, ces trois niveaux sont également attirés ; car elle devient Atik et Kéter pour Béria, lequel est appelé enveloppant, etc., de même que Mal'hout d'Adam Kadmon devient Atik et Kéter pour Atsilout ;
La nourriture est la lumière qui remplit les mondes. En particulier, les mêmes trois niveaux sont attirés depuis Mal'hout d'Atsilout vers Béria, Yetsira et Assiya : Mal'hout devient leur Atik et leur Kéter, leurs niveaux enveloppants, tout comme Mal'hout d'Adam Kadmon devient l'Atik et le Kéter d'Atsilout.
וגם מתלבשת בפנימיותם (וע׳ מ״ש ע״פ מי מנה1 בפי׳ והים עליהם מלמעלה2 ומ״ש בפסוק ויקהל משה3 וע״פ קחו מאתכם תרומה4 כו׳ ובביאור ע״פ ועתה יגדל נא5 כו׳
et elle s'habille également dans leur dimension intérieure (pnimiyout). (Voir aussi ce qui est écrit sur le verset « Qui a compté », à propos du sens de « Et la mer était au-dessus d'eux, par le haut » ; et ce qui est écrit sur le verset « Et Moché rassembla » ; et sur le verset « Prenez parmi vous une offrande », etc. ; ainsi que dans l'explication sur le verset « Et maintenant, je t'en prie, que [cela] grandisse », etc. ;
Mal'hout d'Atsilout s'habille également dans les mondes inférieurs comme leur lumière intérieure. Entre parenthèses, l'Admour Hazaken énumère des maamarim à ce sujet : sur « Qui a compté » (Nombres 23:10), où il explique « et la mer était au-dessus d'eux, par le haut » (II Chroniques 4:4) ; sur « Et Moché rassembla » (Exode 35:1) ; sur « Prenez parmi vous une offrande » (Exode 35:5) ; et sur « Et maintenant, je t'en prie, que [cela] grandisse » (Nombres 14:17).
וע״פ כי אתה נרי6 כו׳ ומ״מ עיקר הפי׳ בפסוק אחרי7 הוי׳ קאי על מל׳ דאצילות כמבואר בזהר) (ויקרא דף כ׳ ע״ב) וכדלקמן גבי ואותו תיראו כו׳.
et sur le verset « Car Tu es ma lampe », etc. Néanmoins, le sens principal du verset « Après Havaya » se rapporte à Mal'hout d'Atsilout, comme l'explique le Zohar (Vayikra, folio 20b), et comme [cela sera expliqué] plus loin à propos de « et Lui, vous le craindrez », etc.
La liste s'achève par le maamar sur « Car Tu es ma lampe » (II Samuel 22:29). Malgré cela, le sens principal de « après Havaya » dans notre verset est Mal'hout d'Atsilout, comme l'explique le Zohar sur Vayikra (folio 20b) et comme il sera montré plus loin à propos de « et Lui, vous le craindrez ».
וזהו אחרי כו׳ תלכו היינו שכאשר יתבונן ויבין שכל השתלשלות העולמות אינן אלא מבחי׳ זיו והארה ונק׳ אחרי ה׳ ע״ד וראית את אחורי8
C'est là le sens de « Après », etc., « vous marcherez » : autrement dit, lorsqu'on médite et comprend que tout l'enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) ne provient que d'un reflet et d'un rayonnement, appelé « après Havaya », à l'image de « Et tu verras Mon dos » —
Nous en venons maintenant au service de « Après… vous marcherez » : une personne médite et comprend que l'ensemble de l'enchaînement des mondes ne provient que d'un reflet et d'un rayonnement de la divinité, appelé « après Havaya ». Tel est le sens de « Et tu verras Mon dos » (Exode 33:23).
ועמ״ש עוד בד״ה שובה ישראל עד9 מענין פי׳ אחוריים ופנים מזה יומשך בחי׳ תלכו והוא בחי׳ אהבה ותשוקה נפלאה אליו ית׳ לבדו מקורא ושרשא דכולא
et voir aussi ce qui est écrit dans le maamar commençant par « Reviens, Israël, jusqu'à », au sujet du sens de « dos » et de « face ». De là découlera le niveau de « vous marcherez », c'est-à-dire un amour et un désir merveilleux pour Lui seul, béni soit-Il, « la source et la racine de tout ».
Après avoir renvoyé à un autre de ses maamarim, « Reviens, Israël, jusqu'à » (Osée 14:2), qui traite du dos et de la face de D.ieu, l'Admour Hazaken en énonce le résultat : cette méditation fait naître « vous marcherez », un amour et un désir merveilleux pour D.ieu seul, « la source et la racine de tout ».
אך היינו דוקא ע״י שיתבונן ויעמיק בזה בשכלו ותבונתו מקרב איש ולב עמוק10 כי אם אין בינה אין דעת וגם אם אין דעת אין בינה.11
Mais cela ne se produit que si l'on médite et approfondit cette idée par son intellect et sa compréhension, depuis « l'intérieur de l'homme et un cœur profond » ; car « s'il n'y a pas de Bina (compréhension), il n'y a pas de Daat (connaissance) », et aussi : « s'il n'y a pas de Daat, il n'y a pas de Bina ».
Cet amour ne vient que lorsqu'on médite profondément, avec son intellect et sa compréhension, depuis « l'intérieur de l'homme et un cœur profond » (Psaumes 64:7). Car « s'il n'y a pas de Bina, il n'y a pas de Daat », et « s'il n'y a pas de Daat, il n'y a pas de Bina » (Avot 3:17) : la compréhension et l'attachement intérieur dépendent l'un de l'autre.
Ce paragraphe applique les trois niveaux aux mondes inférieurs, où Mal'hout d'Atsilout devient leur Atik, leur Kéter et leur lumière intérieure. Il présente ensuite le premier service évoqué par le verset : méditer sur le fait que les mondes ne sont que le « dos » de D.ieu éveille le mouvement de « marcher », c'est-à-dire un amour et un désir pour Lui seul, à condition que cette méditation soit profonde.
Le Zohar sur Vayikra (3:20b) cite précisément ce verset après avoir décrit le roi David comme celui qui « gardait la porte du Roi » : la Torah enseigne les voies du saint Roi « afin que nous sachions comment marcher après Lui, comme il est dit : “Après Havaya, votre D.ieu, vous marcherez.” » L'Admour Hazaken comprend ici « après Havaya » comme désignant Mal'hout d'Atsilout.
Maré mekomot
- 1מי מנה · Numbers 23:10
- 2
- 3ויקהל משה · Exodus 35:1
- 4קחו מאתכם תרומה · Exodus 35:5
- 5ועתה יגדל נא · Numbers 14:17
- 6כי אתה נרי · II Samuel 22:29
- 7בפסוק אחרי הוי׳ קאי על מל׳ דאצילות כמבואר בזהר · Zohar, Vayikra 47:334–49:342
- 8וראית את אחורי · Exodus 33:23
- 9שובה ישראל עד · Hosea 14:2
- 10מקרב איש ולב עמוק · Psalms 64:7
- 11אם אין בינה אין דעת וגם אם אין דעת אין בינה · Pirkei Avot 3:17
9וביאור ענין כי מנסה כו׳ לדעת1 כו׳ הנה בחינת הנסיונות הם הסתר פנים ובהסתר עצמו יש אלהות ואנכי הסתר אסתיר2 כו׳
Et l’explication de « Car [Il] vous met à l’épreuve », etc., « pour savoir », etc. : les épreuves sont [un état de] dissimulation de la Face, et dans cette dissimulation même se trouve la divinité : « Et Moi, Je dissimulerai assurément », etc.
L’Alter Rebbe explique maintenant le verset qui précède le nôtre : « Car Havaya, votre D.ieu, vous met à l’épreuve, pour savoir » (Deutéronome 13:4). Les épreuves sont une dissimulation de la Face de D.ieu, mais la divinité se trouve au cœur même de cette dissimulation : le verset dit « Et Moi (Ano’hi), Je dissimulerai assurément » (Deutéronome 31:18), ce qui signifie que le « Moi » est présent dans la dissimulation.
וכתיב ה׳ אמר לו קלל34 וע״כ כח ה׳ שיש בנסיון הוא המביא לידי דעת וגלוי אלהות כשעובר עליו כל הנסיון ועומד בנסיונו שבכל הנסיונות יש כח ה׳ המחיה את הדבר ההוא שמביא הנסיון עליו
Et il est écrit : « Havaya lui a dit : “Maudis.” » Par conséquent, c’est la puissance de D.ieu présente dans l’épreuve qui conduit à la connaissance (Daat) et à la révélation de la divinité, lorsque toute l’épreuve est passée et qu’il y a résisté ; car, dans chaque épreuve, la puissance de D.ieu donne vie à la chose même qui la lui fait subir.
De même, le roi David dit de Chimi, qui le maudit : « Havaya lui a dit : “Maudis.” » (II Samuel 16:10). La puissance de D.ieu présente dans l’épreuve conduit l’homme à Daat, à une révélation de la divinité, une fois qu’il a traversé toute l’épreuve et y a résisté ; car, dans chaque épreuve, c’est la puissance de D.ieu qui donne vie à la chose même qui le met à l’épreuve.
Et c’est là le sens de « Car Havaya lui a dit : “Maudis.” » Où le lui a-t-Il dit, à Chimi ? La pensée qui est venue à l’esprit et au cœur de Chimi est plutôt descendue de D.ieu ; et le souffle de Sa bouche,
Où D.ieu a-t-Il dit à Chimi de maudire ? La pensée qui est entrée dans son cœur et son esprit est plutôt descendue de D.ieu.
המחיה כל צבאם החיה רוחו של שמעי בשעה שדיבר דברים אלו לדוד כי אלו נסתלק רוח פיו ית׳ מרוחו של שמעי לא יוכל לדבר מאומה
qui donne vie à toute leur armée, donna vie à l’esprit de Chimi au moment où il adressa ces paroles à David ; car si le souffle de Sa bouche, béni soit-Il, s’était retiré de l’esprit de Chimi, celui-ci n’aurait rien pu dire du tout.
Le souffle de la bouche de D.ieu, qui donne vie à toutes choses, donna vie à l’esprit de Chimi à l’instant où il parla. S’il s’était retiré de lui, Chimi n’aurait pas pu prononcer un seul mot.
וזהו כי ה׳ אמר לו ממש בעת ההיא לקלל את דוד כו׳ (ועיין בע״ח [בעץ חיים] שמ״ח פ״ב [פרק ב׳]) והטעם שהנסיונות מביאין לידי גילוי אלהות כי
Et c’est là le sens de « Car Havaya lui a dit » : littéralement, à cet instant même, de maudire David, etc. (Voir aussi Etz Chaim, Sha’ar 48, chapitre 2.) La raison pour laquelle les épreuves conduisent à la révélation de la divinité est que…
Ainsi, « Havaya lui a dit » s’entend littéralement : à cet instant précis, c’est la puissance de D.ieu qui permit à Chimi de maudire David. Après avoir cité Etz Chaim (Porte 48, chapitre 2), l’Alter Rebbe demande pourquoi les épreuves conduisent à une révélation de la divinité.
הנה הנסיונות וההסתר פנים הוא מעולם התהו מלפני מלך מלך7 שירדו ונתלבשו בקליפות והקליפה היא המסתרת (ועיין בזהר וירא דקי״ט ע״ב)8 וכששוברין הקליפה ע״י שעומד בנסיון
les épreuves et la dissimulation de la Face proviennent du Monde du Tohou, des [rois] « qui régnèrent avant qu’un roi ne règne », lesquels descendirent et s’habillèrent dans les kelipot (écorces) ; et c’est la kelipa qui dissimule (voir aussi le Zohar, Vayera, folio 119b). Lorsque la kelipa est brisée en résistant à l’épreuve,
Les épreuves et la dissimulation de la Face de D.ieu proviennent du Monde du Tohou, représenté par les rois qui régnèrent « avant qu’un roi ne règne » sur Israël (Genèse 36:31), dont les étincelles tombèrent et s’habillèrent dans les kelipot ; c’est la kelipa qui dissimule. Lorsqu’un homme résiste à l’épreuve, il brise la kelipa.
נמצא הפרי בתוכו הוא כח ה׳ המוסתר ומלובש שם ה׳ אמר לו קלל שבא לידי גילוי
on y découvre le fruit qu’elle contient : la puissance de D.ieu, qui y était cachée et enveloppée ; « Havaya lui a dit : “Maudis” » vient alors à se révéler.
On découvre alors le fruit contenu dans l’écorce : la puissance de D.ieu qui y était cachée et enveloppée, ce « Havaya lui a dit : “Maudis” » qui se révèle.
לפי שכח ה׳ המלובש בו הוא מלמעלה מעלה כנודע ממשל נפילת החומה9 שהאבן העליון יותר נופל למטה יותר וכמ״ש ועברתי בארץ מצרים אני
car la puissance de D.ieu qui y est enveloppée provient d’un niveau extrêmement élevé, comme on le sait par l’analogie d’un mur qui s’écroule : la pierre la plus haute tombe le plus bas. Et comme il est écrit : « Je passerai à travers le pays d’Égypte » : « Moi… »
Cela se révèle parce que la puissance de D.ieu enveloppée dans l’épreuve provient d’un niveau extrêmement élevé. C’est comme un mur qui s’écroule : la pierre qui se trouvait le plus haut tombe le plus bas. C’est aussi comme « Je passerai à travers le pays d’Égypte » (Exode 12:12), que la Haggada interprète ainsi : « Moi, et non un ange » ; D.ieu Lui-même y descendit.
ולא מלאך1011 שכדי שירד וישתלשל גם למקום הקליפות צריך להיות ממקום גבוה מאד נעלה עד שיגיע שיהיה גילוי אלהות גם במקום הקליפות
et non un ange » ; car, pour qu’elle descende et soit entraînée jusqu’au lieu des kelipot, elle doit provenir d’un lieu très élevé et sublime, jusqu’à parvenir [au point] où la divinité se révèle même dans le lieu des kelipot.
Pour descendre et atteindre même le lieu des kelipot, une force doit provenir d’un lieu très élevé et sublime. Alors seulement la divinité peut s’y révéler aussi.
ולכן אותו הכח מביא לידי דעת לפי שהוא מרפ״ח ניצוצין מעולם התהו עקודים נקודים כו׳ וס״ג [ושם ס״ג] מעולה ממ״ה [משם מ״ה] כו׳ ועמ״ש ע״פ וידעת היום והשבות.12
C’est pourquoi cette force conduit à la connaissance, car elle provient des 288 étincelles du Monde du Tohou, des mondes d’Akoudim, de Nekoudim, etc. ; et [le Nom] Sag est supérieur à [le Nom] Mah, etc. Voyez aussi ce qui est écrit à propos du verset : « Et tu sauras aujourd’hui, et tu prendras [cela] à [cœur]. »
Cette force conduit une personne à Daat parce qu’elle provient des 288 étincelles du Monde du Tohou (les mondes d’Akoudim et de Nekoudim), et le Nom Sag, associé au Tohou, est supérieur au Nom Mah, associé au monde du Tikoun (réparation). L’auteur renvoie à son discours sur « Et tu sauras aujourd’hui, et tu prendras cela à cœur » (Deutéronome 4:39).
רק אם אין בינה אין דעת13 כו׳ שכל ההולדה הוא מבינה שהפסולת נברר בדם נדות והולד נגדל בט׳ חדשים שמתחלה היתה
Mais « s’il n’y a pas de Bina, il n’y a pas de Daat », etc. : car toute naissance procède de la Bina, en laquelle les déchets sont séparés dans le sang menstruel, et l’enfant grandit pendant neuf mois ; car, au début, il n’était
Mais « s’il n’y a pas de Bina, il n’y a pas de Daat » : toute naissance procède de la Bina, la « mère ». Dans l’analogie de la grossesse, ce qui est impropre est séparé, tandis que l’enfant grandit pendant neuf mois, à partir d’une simple goutte.
רק טפה ואח״כ נעשה הולדת אברים בבחי׳ פרצוף ובמעי אמו אוכל מה שאמו אוכלת14 ואח״כ יוצא
qu’une goutte ; ensuite, ses membres se forment en une configuration complète (partsouf) ; dans le ventre de sa mère, il se nourrit de ce dont sa mère se nourrit ; puis il sort
Ses membres se forment alors en une structure complète (partsouf) et, dans le ventre, il se nourrit de ce dont sa mère se nourrit (Niddah 30b) ; ensuite, il naît.
ונפרד לעצמו וככל המשל הזה הוא בחסידות ביראה ואהבה שמתחלה היתה האהבה מסותרת נקודה אחת ואח״כ נגדלה להגדיל מדורת אש האהבה בהתלהבות כו׳
et devient un être distinct, à part. Il en va de même, selon toute cette analogie, de la 'Hassidout, dans la crainte et l’amour : au début, l’amour était caché, réduit à un point unique ; ensuite, il grandit, faisant croître le brasier du feu de l’amour dans l’ardeur, etc.
Une fois né, l’enfant est un être distinct. Il en va de même de l’amour et de la crainte dans le service de D.ieu : au début, l’amour est caché, réduit à un point unique ; puis il grandit jusqu’à devenir un feu ardent d’amour.
וכן היראה וזהו שלאה אם הבנים ילדה ששה בנים הם נקראים בחי׳ אהבה ובת הוא מדת מלכות ושמה דינה דינא דמלכותא דינא1516
Il en va de même de la crainte. C’est pourquoi Léa, « la mère des enfants », mit au monde six fils, qui sont appelés le niveau de l’amour, et une fille, qui est l’attribut de Mal'hout (souveraineté). Elle s’appelait Dinah : « la loi (dina) du royaume est loi. »
Il en va de même de la crainte. C’est pourquoi Léa, qui représente la Bina, « la mère des enfants », mit au monde six fils, le niveau de l’amour, et une fille, Dinah, qui représente Mal'hout, comme l’énonce la règle : « la loi (dina) du royaume est loi » (Gittin 10b).
(וכמ״ש ע״פ אמר עם הספר1718 שהבירור הוא במחשבה שהיא בחינת בינה על ייד התלבשות החכמה שם כו׳ והוא כענין כולם בחכמה עשית19 בבינה20 וכמ״ש במ״א בפי׳ ברוך עושה בראשית):2122
(Et comme il est écrit à propos du verset « Il dit avec le livre », le raffinement s’opère dans la pensée, qui est le niveau de la Bina, par l’enveloppement de la 'Hokhma en elle, etc. ; cela est comparable à « Tu les as tous faits avec la 'Hokhma », [et] avec la Bina, comme il est écrit ailleurs au sujet du sens de « Béni soit Celui qui fait l’œuvre de la Création ».)
Entre parenthèses, l’Alter Rebbe renvoie à son discours sur « Il dit avec le livre » (Esther 9:25) : le raffinement (birour) s’opère dans la pensée, qui est la Bina, par la 'Hokhma qui s’y enveloppe. Cela est comparable à « Tu les as tous faits avec la 'Hokhma » (Psaumes 104:24), et avec la Bina, comme il l’explique ailleurs au sujet de la bénédiction « Béni soit Celui qui fait l’œuvre de la Création ».
Ce paragraphe explique pourquoi les épreuves (« Car Havaya, votre D.ieu, vous met à l’épreuve, pour savoir ») conduisent à Daat : lorsque la kelipa est brisée, la puissance cachée de D.ieu dans l’épreuve, qui a sa source dans les étincelles élevées du Tohou, se révèle. Il ajoute que Daat doit se développer à travers Bina, comme un enfant grandit dans sa mère, afin que l’amour et la crainte passent d’un point caché à un embrasement.
Le Zohar sur Michpatim (2:107b), auquel renvoie la note de Kehot, demande pourquoi Chimi, un érudit en Torah, s’en prit à David, et répond que cette impulsion lui fut insufflée dans le cœur d’ailleurs, pour le bien de David, puisqu’elle le poussa à achever sa techouva. C’est pourquoi David dit : « Car Havaya lui a dit : “Maudis.” »
Maré mekomot
- 1כי מנסה כו׳ לדעת · Deuteronomy 13:4
- 2ואנכי הסתר אסתיר · Deuteronomy 31:18
- 3ה׳ אמר לו קלל · שמואל-ב טז, יו״ד.
- 4ה׳ אמר לו קלל · II Samuel 16:10
- 5והיכן אמר לשמעי · וע׳ זח״ב (קז, ב). [כ].
- 6כי ה׳ אמר לו קלל והיכן אמר לשמעי · Zohar, Mishpatim 3:248–258
- 7מלפני מלך מלך · Genesis 36:31
- 8ועיין בזהר וירא דקי״ט ע״ב · Zohar, Vayera 33:494–35:506
- 9ממשל נפילת החומה · נ״ב ע׳ ב״מ (קטז, ב) בחבטא אי בחבסא. וע׳ רש״י במתני׳ ד״ה רואים. [כ].
- 10ועברתי בארץ מצרים אני ולא מלאך · Zohar, Vayera 27:413–416
- 11אני ולא מלאך · Jerusalem Talmud Sanhedrin 2:3
- 12וידעת היום והשבות · Deuteronomy 4:39
- 13אם אין בינה אין דעת · Pirkei Avot 3:17
- 14ובמעי אמו אוכל מה שאמו אוכלת · Niddah 30b:18
- 15דינא דמלכותא דינא · Gittin 10b:12–14
- 16דינא דמלכותא דינא · Zohar, Mishpatim 14:443–15:451
- 17ע״פ אמר עם הספר · תו״א צו, א ואילך.
- 18אמר עם הספר · Esther 9:25
- 19כולם בחכמה עשית · Psalms 104:24
- 20כולם בחכמה עשית בבינה · Zohar I, 43a
- 21ועברתי באמ״צ אני ולא מלאך · Exodus 12:12
- 22
« Et Lui, vous le craindrez » ¶10–11
10ד והנה תלכו הוא בחי׳ רצוא ואח״כ ואותו תיראו הוא בחי׳ שוב והענין כי הנה נודע מ״ש דשם הוי׳ הוא דחילו ורחימו רחימו ודחילו ו״ה הוא בחי׳ אהבה ויראה ז״א הוא אהבה זוטא
(4) Or, « vous marcherez » est le niveau de l’élan (ratso), puis « et c’est Lui que vous craindrez » est le niveau du retour (chov). L’explication est la suivante : on sait, d’après ce qui est écrit, que le Nom Havaya est « crainte et amour, amour et crainte ». Vav-hé sont le niveau de l’amour et de la crainte : Zeir Anpin (les attributs émotionnels) est l’amour mineur (ahava zouta).
La section 4 passe à la phrase suivante. « Vous marcherez » désigne le ratso, l’âme qui s’élance vers D.ieu, et « et c’est Lui que vous craindrez » désigne le chov, son retour. Le Nom Havaya est « crainte et amour, amour et crainte » : ses deux dernières lettres, vav et hé, sont l’amour et la crainte, vav représentant Zeir Anpin, l’amour mineur (ahava zouta).
(ולכן נק׳ זעיר) ויראה היא המלכות יראה חיצונית מהתפשטות מלכותו כמ״ש בהערה לתיקון חצות1 ובזו היראה קודם לאהבה ממטה למעלה ויראה זו אינה כתובה בתורה כאן
(et c’est pourquoi il est appelé zeïr, « petit »), et la crainte est Mal'hout, une crainte extérieure, née de la manifestation de Sa souveraineté, comme il est écrit dans la note sur Tikkun Chatzos. Dans cet ordre, la crainte précède l’amour, de bas en haut. Or cette crainte n’est pas mentionnée ici dans la Torah.
Zeir Anpin est appelé zeïr, « petit », parce que son amour est cet amour mineur, et le hé final est Mal'hout, une crainte extérieure ressentie devant la manifestation de la souveraineté de D.ieu, comme l’explique la note de l’Admour Hazaken sur Tikkun Chatzos. Dans cette paire inférieure, la crainte précède l’amour, de bas en haut ; pourtant, cette crainte n’est pas mentionnée dans notre verset.
(שהרי התחלת הפסוק מבחי׳ תלכו שהוא אהבה ואע״ג [ואף על גב] דההתחלה צ״ל מבחי׳ יראה דיקא כי זה השער2 כו׳ דיראה היא תרעא לאעלאה אך הוא כמ״ש בזהר פ׳ בא) (דל״ח ע״ב) ובאתר דאשתכחי דכר ונוק׳ [ונוקבא] לית שבחא
(car le verset commence par le niveau de « vous marcherez », qui est l’amour ; et bien que le commencement doive précisément relever du niveau de la crainte, car « C’est la porte », etc., puisque la crainte est « la porte pour entrer » — cela s’explique toutefois comme il est écrit dans le Zohar, Parachat Bo) (folio 38b) : « Dans un lieu où se trouvent un mâle et une femelle, la louange n’est […] »
Le verset commence par « vous marcherez », qui désigne l’amour, bien que le service doive commencer par la crainte, « la porte » (Psaumes 118:20), puisque la crainte est le seuil par lequel on entre. L’Admour Hazaken répond en invoquant une règle du Zohar sur Bo (folio 38b), au sujet d’un lieu où le mâle et la femelle se trouvent ensemble.
אלא לדכורא3 וה״נ [והכי נמי] כיון שנאמר תלכו שהיא בחי׳ אהבה שנק׳ דכר זכר חסדו4 א״צ [אין צריך / אינו צריך] להזכיר היראה שנק׳ נוק׳ [נוקבא] אשה יראת5 ה׳
[…] que pour le mâle. De même ici : puisqu’il est dit « vous marcherez », ce qui est le niveau de l’amour, appelé mâle, [comme dans] « Il s’est souvenu (zakhar) de Sa bonté », il n’est pas nécessaire de mentionner la crainte, appelée femelle (Noukva), [comme dans] « une femme qui craint Havaya »,
La règle est que la louange est attribuée uniquement au mâle. Puisque le verset dit « vous marcherez », c’est-à-dire l’amour, appelé mâle (comme dans « Il s’est souvenu [zakhar] de Sa bonté », Psaumes 98:3), il n’est pas nécessaire de mentionner la crainte, appelée femelle (comme dans « une femme qui craint Havaya », Proverbes 31:30).
כי היראה צ״ל כלולה באהבה לאכללא שמאלא בימינא כו׳ ועוד י״ל [יש לומר] שיראה זו נרמזת כאן בתיבת אחרי הוי׳
car la crainte doit être incluse dans l’amour, « afin d’inclure la gauche dans la droite », etc. On peut aussi dire que cette crainte est ici suggérée par les mots « après Havaya »,
La crainte doit de toute façon être incluse dans l’amour, « afin d’inclure la gauche dans la droite ». Une autre réponse est que cette crainte inférieure est suggérée par les mots « après Havaya ».
שהיא בחי׳ מלכות ואח״כ אהבה רבה היא בינה וחכמה יראה פנימית היא בחי׳ יראו את6 ה׳ משא״כ יראה חיצוניות הוא בחי׳ ייראו מה׳.7
qui est le niveau de Mal'hout. Ensuite, le grand amour (ahava rabba) est Bina, et 'Hokhma est la crainte intérieure, qui est le niveau de « Craignez (yir’ou et) Havaya », tandis que la crainte extérieure est le niveau de « Qu’ils craignent de (yir’ou mi-) Havaya ».
« Après Havaya » désigne Mal'hout, la crainte inférieure. Au-dessus d’elle viennent le grand amour (ahava rabba), qui est Bina, et la crainte intérieure, qui est 'Hokhma. La crainte intérieure est « Craignez (et) Havaya » (Psaumes 34:10), tandis que la crainte extérieure est « Qu’ils craignent de Havaya » (Psaumes 33:8).
אבל יראו את ה׳ היינו להיות בחי׳ את הטפל8 שהוא בחי׳ ביטול והוא בחי׳ אצילות.
Mais « Craignez et Havaya » signifie se trouver au niveau de et, la particule subordonnée, qui est le niveau de l’annulation de soi (bitoul) ; c’est le niveau d’Atsilout,
« Craignez et Havaya » signifie devenir comme la particule et, qui n’est que secondaire par rapport au mot qu’elle relie : cela correspond à l’annulation de soi (bitoul). Une telle annulation relève du niveau d’Atsilout.
שהוא בחי׳ חכמה דכללות העולמות כי בדרך כלל אצי׳ הוא חכמה כי אבא שרש האצי׳ ובינה אימא מקננא בכורסייא910 כמ״ש בע״ח [בעץ חיים] שמ״ז פ״ג [פרק ג׳]11
qui est le niveau de 'Hokhma de l’ensemble des mondes ; car, en général, Atsilout est 'Hokhma, puisque Abba est la racine d’Atsilout, tandis que Bina est « Imma fait son nid dans le Trône », comme il est écrit dans Etz Chaim, Sha’ar 47, chapitre 3.
Atsilout est la 'Hokhma de tous les mondes : en général, Atsilout est 'Hokhma, puisque Abba ('Hokhma) est la racine d’Atsilout, tandis que Bina est « Imma fait son nid dans le Trône », c’est-à-dire dans le Monde de Béria. Etz Chaim (Sha’ar 47, chapitre 3) rapporte cette expression du Tikkunei Zohar.
(ואפ״ל [ואפשר לומר] שזהו ואותו תיראו בחי׳ יראו את שבטל לבחי׳ ואותו כו׳ וע׳ בזהר ח״א [חלק א׳]) (דצ״ד ע״א)
(Et l’on peut dire que c’est là « et Lui [ve’oto], vous craindrez » : le niveau de « craignez es », qui est annulé devant le niveau de ve’oto, etc. Voir le Zohar, première partie) (folio 94a)
L’Admour Hazaken suggère que c’est là « et Lui [ve’oto], vous craindrez » : la crainte de « craignez es », qui est annulée devant le niveau appelé ve’oto, « Lui ». À cet égard, il renvoie à un passage du Zohar (première partie, folio 94a).
selon le verset « Lui [oto] et Sa demeure », etc. De plus, ve’oto se rattache à ot, un signe et une marque, comme il est écrit : « C’est un signe entre Moi et les enfants d’Israël. »
Ce passage du Zohar explique les paroles de David : « Lui et Sa demeure » (II Samuel 15:25), en reliant oto à ot, le signe de l’alliance. Un autre sens de ve’oto est ot, un signe et une marque, comme dans « C’est un signe entre Moi et les enfants d’Israël » (Exodus 31:17).
ופי׳ כידוע דכשהיה הצמצום הראשון להיות מקום פנוי כו׳ נשאר רשימו מהאור שנסתלק כו׳ ואח״כ נמשך קו כו׳
L’explication est la suivante, comme on le sait : lorsque le premier tsimtsoum (contraction) eut lieu pour créer un espace vide, etc., il resta un réchimou (empreinte) de la lumière qui s’était retirée, etc. ; ensuite, un kav (ligne de lumière) fut attiré, etc.
Comme on le sait, lorsque le premier tsimtsoum créa un espace vide, il y demeura un réchimou, une empreinte de la lumière qui s’était retirée, puis le kav fut attiré.
ועל זה אמר ואותו היינו אות ורושם הנ״ל תיראו כי אות14 היא ביני ובין כו׳
C’est à ce propos qu’il est dit : « Et Lui [ve’oto] », c’est-à-dire le signe et la marque mentionnés plus haut, « vous craindrez », car « c’est un signe entre Moi et », etc.
C’est à cela que renvoie ve’oto : le signe et l’empreinte, le réchimou, « vous craindrez ». La preuve en est le verset : « car c’est un signe entre Moi et » les enfants d’Israël.
(וענין שייכות יראה עילאה הנ״ל לבחי׳ אות ורושם הנ״ל אפ״ל [אפשר לומר] ע״ד מ״ש בזהר ח״ג [חלק ג׳]) (קכ״ח סע״ב [סוף עמוד ב]) גבי חכמה סתימאה
(Le lien entre la crainte supérieure mentionnée plus haut et le niveau du signe et de la marque mentionnés plus haut peut s’expliquer à la lumière de ce qui est écrit dans le Zohar, troisième partie) (folio 128, fin du côté b), au sujet de la 'Hokhma cachée :
Comment la crainte supérieure se rattache-t-elle à ce signe et à cette empreinte ? L’Admour Hazaken l’explique à partir d’un passage du Zohar (troisième partie, folio 128b), dans l’Idra, concernant la 'Hokhma cachée.
והיינו דתנינן ברישומי אתוון תי״ו רשים רישומ׳ [רישומא]15 לעתיק יומין16 ועמ״ש בביאור האדרא מהאריז״ל [מהאר״י זכרונו לברכה]17 ובפע״ח [ובפרי עץ חיים]18 ובמשנת חסידים בענין כוונת תשר״ק19 הנזכר במוסף שבת שהוא סוד הארת כ״ב אתוון במוחא עילאה20 כו׳ ע״ש
« Et voici ce que nous avons appris au sujet des empreintes des lettres : le tav a tracé une empreinte pour Atik Yomin. » Voir aussi ce qui est écrit dans le commentaire de l’Idra de l’Arizal, dans Pri Etz Chaim et dans Mishnas Chassidim, au sujet de l’intention de Tashrak (les lettres tav-chin-rech-kouf) mentionnée dans le Moussaf de Chabbat, qui est le mystère de l’illumination des vingt-deux lettres dans le cerveau supérieur, etc. ; voir là-bas.
Le Zohar dit ici : « Comme nous l’avons appris au sujet des empreintes des lettres : le tav a tracé une empreinte pour Atik Yomin. » Il renvoie au commentaire de l’Idra de l’Arizal, à Pri Etz Chaim et à Mishnas Chassidim, au sujet de l’intention de la prière de Moussaf de Chabbat, dont les expressions suivent l’alphabet à rebours (tav, chin, rech, kouf), mystère des vingt-deux lettres qui illuminent le cerveau supérieur.
נמצא בחי׳ אות ורשימו הנ״ל מאיר בח״ס [בחכמה סתימאה] וח״ס [וחכמה סתימאה] היא שרש בחי׳ יראה עילאה כמ״ש במ״א
Il en ressort que le niveau du signe et du réchimou mentionnés plus haut illumine la 'Hokhma cachée, et que la 'Hokhma cachée est la racine du niveau de la crainte supérieure, comme il est écrit ailleurs.
Ainsi, le signe et le réchimou illuminent la 'Hokhma cachée, et celle-ci est la racine de la crainte supérieure, comme cela est expliqué ailleurs.
ולכן שפיר שייך ואותו דייקא תיראו כו׳ שהיראה בושת ששרשה מח״ס [מחכמה סתימאה] ננמשכת מבחי׳ ואותו ועמ״ש עוד מענין דחילו ורחימו רחימו ודחילו בביאור ע״פ כי אתה נרי21 בפ׳ מקץ.2223
C’est pourquoi il convient tout à fait de dire précisément : « Et Lui [ve’oto], vous craindrez », etc., car la crainte de la honte, dont la racine se trouve dans la 'Hokhma cachée, découle du niveau de ve’oto. Voir aussi ce qui est écrit au sujet de « la crainte et l’amour, l’amour et la crainte », dans l’explication du verset « Car Tu es ma lampe », dans la paracha de Mikets.
Le verset dit donc à juste titre : « Et Lui [ve’oto], vous craindrez » : la crainte de la honte (yirat bochech), enracinée dans la 'Hokhma cachée, découle du niveau de ve’oto. Il renvoie à son explication de « Car Tu es ma lampe », dans la paracha de Mikets, au sujet de « la crainte et l’amour, l’amour et la crainte ».
Ce paragraphe explique « et c’est Lui que vous craindrez » comme le retour (chov) qui suit l’amour de « vous marcherez », et distingue la crainte inférieure et extérieure de Mal'hout, suggérée par « après Havaya », de la crainte supérieure et intérieure de 'Hokhma, « Craignez et Havaya ». Le mot ve’oto, lu comme ot (signe), indique le réchimou qui brille dans la 'Hokhma cachée, racine de la crainte supérieure.
Le paragraphe interprète les quatre lettres du Nom Havaya comme « crainte et amour, amour et crainte » : yod est 'Hokhma, la crainte intérieure ; le premier hé est Bina, le grand amour ; vav est Zeir Anpin, l’amour mineur ; et le hé final est Mal'hout, la crainte extérieure. La note de Kehot ajoute, d’après Sefer HaErchim Chabad, que « la tav fit une empreinte pour Atik Yomin » admet deux interprétations : Mal'hout de l’Infini devenant Atik pour Adam Kadmon, ou bien aussi Atik d’Atsilout.
Maré mekomot
- 1בהערה לתיקון חצות · בסידור אדה״ז.
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- 3ובאתר דאשתכחי דכר ונוק׳ לית שבחא אלא לדכורא · Zohar, Bo 5:129–6:141
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- 5אשה יראת ה׳ · Proverbs 31:30
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- 8את הטפל · Bava Kamma 41b
- 9ובינה אימא מקננא בכורסייא · Sefer Etz Chaim 47:3–4
- 10אימא מקננא בכורסייא · Tikkunei Zohar 23a:10–11
- 11כמ״ש בע״ח שמ״ז פ״ג · והוא מת״ז ת״ו.
- 12אותו ואת נוהו · II Samuel 15:25
- 13אות היא ביני ובין בנ״י · Exodus 31:17
- 14
- 15תי״ו רשים רישמו׳ לע״י · ראה אוה״ת בראשית כרך א קנג, ב. ראה בספר הערכים — חב״ד כרך ז מערכת אות ת׳ במילואים הערה 34 שיש בזה ב׳ פירושים א׳ שהכוונה היא למה שמלכות דא״ס נעשית עתיק לא״ק. והב׳ גם בנוגע לעתיק דאצילות ע״ש.
- 16תי״ו רשים רישומ׳ לעתיק יומין · Zohar, Idra Rabba 3:14–6:25
- 17בביאור האדרא מהאריז״ל · לזח״ג קכח, ב. ראה לעיל בהר מג, ג. הוספות נג, ב.
- 18ובפע״ח · ש׳ השבת פ״כ ד״ה ואמנם.
- 19ובמ״ח בענין כוונת תשר״ק · שחרית דשבת יו״ד, ד. ראה לקוטי לו״י — אגרות ע׳ קד.
- 20ובפע״ח ובמשנת חסידים בענין כוונת תשר״ק הנזכר במוסף שבת שהוא סוד הארת כ״ב אתוון במוחא עילאה · Pri Etz Chaim, Gate of the Sabbath 20:4
- 21כי אתה נרי · II Samuel 22:29
- 22
- 23
Et sur le sujet de « Et avec une grande crainte : c’est la révélation de la Chekhina », voir le verset « Six jours, tu mangeras des matsot », à propos de Pessa'h, ainsi que le verset « La voix de mon bien-aimé », etc.,
À propos des mots de la Haggada « Et avec une grande crainte (ou-ve-mora gadol) : c’est la révélation de la Chekhina », qui commentent Deutéronome 26:8, l’Alter Rebbe renvoie à ses maamarim sur « Six jours, tu mangeras des matsot » (Deutéronome 16:8), à propos de Pessa'h, et sur « La voix de mon bien-aimé » (Cantique des Cantiques 2:8).
בשיר השירים ושם נת׳ [נתבאר] מורא גדול נמשך ע״י גילוי בחי׳ מלך מלכיכ המלכים מלכות דא״ס כו׳
dans le Cantique des Cantiques. Il y est expliqué que la grande crainte est suscitée par la révélation du niveau du « Roi des rois des rois », la Mal'hout (souveraineté) de l'Infini (Ein Sof), etc.
Dans le maamar sur le Cantique des Cantiques, il explique que la grande crainte découle de la révélation du « Roi des rois des rois », la Mal'hout de l'Infini, qui eut lieu lors de la sortie d'Égypte.
וזהו ממש ענין הרשיטמו שבמו״ס [שבמוחא סתימאה] כי הרשימו הוא מבחינת מלכות דא״ס כמ״ש בביאור האדרא מהאריז״ל [מהאר״י זכרונו לברכה] שם
C’est précisément là le sujet du réchimou (empreinte) dans le Mo'ha Stima'a (le cerveau caché) : le réchimou relève du niveau de la Mal'hout de l'Infini, comme il est écrit dans le commentaire de l'Idra par le AriZal, à cet endroit.
C’est exactement le réchimou dans le Mo'ha Stima'a, le cerveau caché ; le réchimou provient de la Mal'hout de l'Infini, comme le dit à cet endroit le commentaire du AriZal sur l'Idra.
ולכן מזה נמשך בחי׳ מורא גדול שהוא בחי׳ ח״ס [חכמה סתימאה] כו׳ ומורא גדול לשון זכר משא״כ יראה תתאה היא בחי׳ נוקבא כנ״ל.
C’est pourquoi il en découle le niveau de la grande crainte, qui est le niveau de la 'Hokhma (sagesse) cachée, etc. Et l’expression mora gadol (« grande crainte ») est au masculin, tandis que la crainte inférieure relève du niveau de Noukva (le féminin), comme indiqué plus haut.
Ainsi, la grande crainte découle du réchimou ; elle est le niveau de la 'Hokhma cachée. Mora gadol (« grande crainte ») est grammaticalement au masculin, tandis que la crainte inférieure est féminine, Noukva, comme indiqué au paragraphe précédent.
לפ״ז [לפי זה] פי׳ אחרי הוי׳ ואותו היינו בחינת מלכות דאצילות ומלכות דא״ס כו׳ ועמ״ש במ״א מענין
Selon cela, le sens de « après Havaya » et de « et Lui » est le niveau de la Mal'hout d'Atsilout (Émanation) et celui de la Mal'hout de l'Infini, etc. Voir aussi ce qui est écrit ailleurs au sujet de
Ainsi, « après Havaya » désigne la Mal'hout d'Atsilout, et « et Lui » désigne la Mal'hout de l'Infini. L’Alter Rebbe renvoie ensuite à d’autres développements sur la manière dont la crainte et la sagesse dépendent l’une de l’autre.
אם אין יראה אין חכמה אם אין חכמה אין יראה5 גבי חג השבועות6 על פסוק וידבר אלקים7 כו׳ ועמ״ש בד״ה וידעת היום89 ע״ש:
« S’il n’y a pas de crainte, il n’y a pas de sagesse ; s’il n’y a pas de sagesse, il n’y a pas de crainte », à propos de la fête de Chavouot, sur le verset « Et Elokim parla », etc. Voir aussi le maamar qui commence par « Et tu sauras en ce jour » ; voir là-bas.
La Michna dit : « S’il n’y a pas de crainte, il n’y a pas de sagesse ; s’il n’y a pas de sagesse, il n’y a pas de crainte » (Avot 3:17). Ce point est expliqué dans le maamar de Chavouot sur « Et Elokim parla » (Exode 20:1), ainsi que dans le maamar « Et tu sauras en ce jour ».
Ce paragraphe rattache la crainte supérieure de « et Lui, tu craindras » à la « grande crainte » de la sortie d’Égypte, à la révélation de la Mal'hout de l'Infini, qui est le réchimou dans la 'Hokhma cachée. Ainsi, « après Havaya » désigne la Mal'hout d'Atsilout, et ve'oto, la Mal'hout de l'Infini.
Maré mekomot
- 1ובמורא גדול · Deuteronomy 26:8
- 2ששת ימים תאכל מצות · Deuteronomy 16:8
- 3
- 4ע״פ קול דודי כו׳ בשה״ש · לקמן שה״ש טו, ב.
- 5אם אין יראה אין חכמה אם אין חכמה אין יראה · Pirkei Avot 3:17
- 6גבי חג השבועות ע״פ וידבר אלקים · Numbers 15:4
- 7וידבר אלקים · Exodus 20:1
- 8בד״ה וידעת היום · ראה לעיל ואתחנן ו, ג.
- 9וידעת היום · Deuteronomy 4:39
« Vous garderez » et « vous écouterez » : les mitsvot et la Torah ¶12–16
12ה ואת מצותיו תשמרו הנה השמירה היא ע״י המקיף וכנודע מענין ואתה משמרה בקרבי1 והיינו בחי׳ חיה יחידה שאינם מתלבשים בכלים
(5) « Et vous garderez Ses commandements » : Or, la garde s’exerce par l’intermédiaire de l’[Or] Makif, comme on le sait au sujet de « et Tu le gardes en moi » ; c’est-à-dire au niveau de 'haya [et] ye'hida, qui ne sont pas revêtus dans des réceptacles,
La section 5 explique « Et vous garderez Ses commandements ». La garde s’exerce par ce qui entoure, comme dans la bénédiction du matin « et Tu le gardes en moi » : les niveaux de l’âme appelés 'haya et ye'hida, qui ne sont pas revêtus dans les réceptacles du corps.
אלא שהם בחי׳ מקיפים והם בחי׳ השמירה לנר״נ [לנפש רוח נשמה] המתלבשים בכלים נשמה במוח כו׳ כי אור מקיף מצחצח חצי הכלי מבחוץ וגם המקיף מסמא עיני החיצונים2 נמצא ע״י המקיף אין החיצונים יכולים להתקרב כו׳.
mais sont des niveaux environnants ; ils assurent la garde de néfech, roua'h et nechama, qui sont revêtus dans des réceptacles — la nechama dans le cerveau, etc. Car la lumière environnante polit la moitié du réceptacle de l’extérieur, et la lumière environnante aveugle également les yeux des forces extérieures ; ainsi, grâce à la lumière environnante, les forces extérieures ne peuvent pas s’approcher, etc.
Ces niveaux demeurent environnants et protègent les trois niveaux revêtus dans des réceptacles : néfech, roua'h et nechama (la nechama dans le cerveau, et ainsi de suite). Une lumière environnante « polit » le réceptacle de l’extérieur et aveugle les yeux des forces extérieures, de sorte qu’elles ne peuvent s’approcher.
Ce paragraphe introduit « Et vous garderez Ses commandements » en définissant la garde comme l’action de niveaux environnants : 'haya et ye'hida de l’âme, qui restent en dehors des réceptacles du corps et protègent les niveaux intérieurs des forces extérieures.
Maré mekomot
- 1ואתה משמרה בקרבי · Berakhot 60b:4
- 2המקיף מסמא עיני החיצונים · ראה סהמ״צ להצ״צ מצות וידוי ותשובה. שם מצות קרבן פסח.
13והנה השמירה צריך לא״פ [לאור פנימי] כשנתלבשו בכלים כי אז צריך שמירה לפי שע״י הפגם ח״ו [חס ושלום] כלי נמשך יניקה גם מן האור המלובש בה
Or, une garde est nécessaire pour la lumière intérieure (Or pnimi) une fois qu’elle a été revêtue dans des réceptacles ; car elle a alors besoin d’être protégée, puisque, par une imperfection du réceptacle, à D.ieu ne plaise, les forces extérieures peuvent puiser jusque dans la lumière qui y est revêtue,
La lumière intérieure doit être protégée une fois revêtue dans des réceptacles. Une imperfection du réceptacle peut, à D.ieu ne plaise, permettre aux forces extérieures de puiser jusque dans la lumière qui y est revêtue.
כמו ע״י שחותך ידו יוצא דם כמ״ש במ״א משא״כ כשאורות כלולים עדיין במאצילן וכן אורות מקיפים לא שייך בהם פגם ויניקה כו׳
tout comme le sang sort lorsqu’on se coupe la main, ainsi qu’il est écrit ailleurs ; en revanche, une imperfection et une prise de nourriture ne peuvent atteindre les lumières tant qu’elles sont encore incluses dans leur Émanateur, ni les lumières enveloppantes, etc.
C’est comme une coupure à la main, par laquelle le sang s’écoule. Les lumières encore incluses dans leur Émanateur, ainsi que les lumières enveloppantes, ne peuvent être altérées ni faire l’objet d’une prise de nourriture de cette manière.
והנה המצות נקרא רמ״ח אברים דמלכא1 שהם המשכות אורות בכלים (ע׳ [עיין] באגה״ק [באגרת הקודש] בסופו בד״ה להבין מ״ש בפע״ח [בפרי עץ חיים] שכל המצות לתקן רמ״ח אברי ז״א ע״י המשכת אור א״ס ב״ה בהן23 כו)15
Or, les mitsvot sont appelées « les 248 membres du Roi », car elles font descendre des lumières dans des réceptacles. (Voir Iggeres HaKodesh, à la fin, dans le passage qui commence par « Pour comprendre ce qui est écrit dans Pri Etz Chaim » : toutes les mitsvot ont pour but de rectifier les 248 membres de Zeir Anpin (les attributs émotionnels), en y faisant descendre la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, etc.)
Les mitsvot sont appelées « les 248 membres du Roi » — expression tirée du Tikkunei Zohar — parce qu’elles font descendre des lumières dans des réceptacles. Entre parenthèses, l’Alter Rebbe cite le maamar « Pour comprendre ce qui est écrit dans Pri Etz Chaim », imprimé après Iggeres HaKodesh : toutes les mitsvot rectifient les 248 membres de Zeir Anpin en y faisant descendre la Lumière infinie.
וזהו כי נר מצוה4 כי בלשון תורה נק׳ נר הכלי שבתוכה הנר הדולק כמ״ש נרות המערכה5 וגם הנרות הדולקים שבהכלי נק׳ נרות כמ״ש בהעלותך את הנרות6
C’est là le sens de « Car une mitsva est une lampe (ner) » : dans le langage de la Torah, le réceptacle qui contient la lumière brûlante est appelé ner, comme il est écrit : « les lampes de l’arrangement » ; les lumières brûlantes contenues dans le réceptacle sont, elles aussi, appelées nerot (lampes), comme il est écrit : « Quand tu élèveras les lampes ».
C’est le sens de « Car une mitsva est une lampe » (Proverbes 6:23). Dans le langage de la Torah, ner (« lampe ») désigne aussi bien le réceptacle qui contient la lumière brûlante — comme dans « les lampes de l’arrangement » (Exode 39:37) — que les lumières brûlantes elles-mêmes, comme dans « Quand tu élèveras les lampes » (Nombres 8:2).
והיינו שבמצות יש שני בחינות שהם בחינת כלים וגם על ידן נמשכים אורות המתלבשים בהכלים וע״כ צריכים שמירה
Autrement dit, les mitsvot comportent deux aspects : elles sont des réceptacles, et c’est aussi par leur intermédiaire que des lumières sont attirées et revêtues dans ces réceptacles ; c’est pourquoi elles ont besoin d’être protégées.
Les mitsvot ont donc deux aspects : elles sont des réceptacles, et des lumières sont attirées par leur intermédiaire puis revêtues dans ces réceptacles. Voilà pourquoi elles ont besoin d’être protégées.
וזהו ואת מצותיו תשמרו והיינו על ידי ובקולו תשמעו היא התורה שנק׳ ותורה אור בחי׳ מקור האור הנמשך בהנרות (ע׳ [עיין] בזהר ר״פ בהעלותך ובהרמ״ז [ובהרב משה זכות] שם)
C’est là le sens de « Et vous garderez Ses commandements » : cela se fait par « et vous écouterez Sa voix », qui désigne la Torah, appelée « et la Torah est lumière » ; elle est le niveau de la source de la lumière attirée dans les lampes. (Voir le Zohar, au début de la paracha Beha’alote’ha, ainsi que le Ramaz à cet endroit.)
« Et vous garderez Ses commandements » : cette garde s’accomplit par la suite du verset, « et vous écouterez Sa voix », qui désigne la Torah, appelée « et la Torah est lumière » ; elle est la source de la lumière qui brille dans les lampes. Le texte renvoie au Zohar, au début de Beha’alote’ha, et au commentaire du Ramaz à cet endroit.
והיינו שהיא בחינת אור מקיף שלמעלה מבחינת הכלים ואברים כ׳ו כי הגם דאורייתא מחכמה נפקת נפקת דייקא אכן שרשה למעלה מהחכמה כו׳
Autrement dit, elle relève du niveau de la lumière enveloppante, supérieur à celui des réceptacles et des membres, etc. Car, bien que « la Torah procède de 'Hokhma » — et le terme « procède » est précis —, sa racine se trouve néanmoins au-dessus de 'Hokhma, etc.
La Torah est une lumière enveloppante, au-dessus du niveau des réceptacles et des membres. Bien que « la Torah procède de 'Hokhma », le terme même « procède » indique que sa racine se trouve au-dessus de 'Hokhma.
והיינו שהיא מבחי׳ מקיפים למ״ד ומ״ם כו׳ עמ״ש בביאור ע״פ כי תצא כו׳ וזהו ג״כ פי׳ ותורה אור
Autrement dit, elle relève des niveaux enveloppants représentés par les lettres lamed et mem, etc. Voir ce qui est écrit dans l’explication du verset « Quand tu sortiras », etc. C’est également le sens de « et la Torah est lumière » :
La Torah prend sa source dans les niveaux enveloppants, symbolisés par les lettres lamed et mem, comme l’explique l’Alter Rebbe à propos de « Quand tu sortiras ». C’est également le sens de « et la Torah est lumière ».
כי המצות שהם בחי׳ אורות המתלבשים בכלים מתחלקים לתרי״ג בחי׳ רמ״ח מ״ע [מצות עשה] כו׳ היינו לכל כלי וכלי אור בפ״ע [בפני עצמו] כו׳
Car les mitsvot, qui sont le niveau des lumières revêtues dans des réceptacles, se divisent en 613 niveaux, 248 commandements positifs, etc. ; autrement dit, à chaque réceptacle correspond une lumière qui lui est propre, etc.
Les mitsvot, lumières revêtues dans des réceptacles, se divisent en 613 niveaux — 248 commandements positifs et les autres —, chaque réceptacle ayant sa propre lumière.
אבל התורה שהיא בחי׳ מקיף היא בחי׳ אור אחד ר״ל [רוצה לומר] למעלה מבח׳ התחלקות כו׳ ועמ״ש בפ׳ וארא7 סוף דבור הראשון וארא אל כו׳ שהתורה הוא המשכת בחי׳ יחיד אנכי מי שאנכי כו׳
Mais la Torah, qui est le niveau de l'enveloppement, est le niveau d'une seule lumière, c'est-à-dire au-delà du niveau de la division, etc. Voir ce qui est écrit dans la paracha de Vaéra, à la fin du premier discours, « Et Je suis apparu à… », etc. : la Torah est le prolongement du niveau de l'Un unique, « Anokhi (Moi), Celui que Je suis », etc. ;
La Torah, lumière enveloppante, est une seule lumière, au-delà de toute division ; c'est pourquoi le verset dit « lumière » au singulier. Il renvoie à la fin du premier discours de Vaéra, « Et Je suis apparu à… », où la Torah est expliquée comme le prolongement de l'Un unique, « Anokhi, Celui que Je suis ».
ע״ש (וז״ש [וזהו שכתוב] באדרא דנשא8 דקכ״ט א׳ חד ארחא דנהיר כו׳ לתרי״ג ארחין דאורייתא דפליג בז״א9 דכתיב ביה כל ארחות10 כו׳ ואיתא שם הפי׳ בספר רוח דוד ובביאור האדרא מהאריז״ל [מהאר״י זכרונו לברכה] שבז״א נתגלים התרי״ג מצות עצמם כו׳
voir là-bas. (Et c'est ce qui est écrit dans l'Idra de Nasso, folio 129a : « Un seul chemin qui brille », etc., « vers les 613 chemins de la Torah, qui sont répartis dans Zeir Anpin, dont il est écrit : “Tous les chemins” », etc. L'explication se trouve là-bas dans le livre Roua'h David et dans le commentaire de l'Idra par l'Arizal : dans Zeir Anpin, les 613 mitsvot elles-mêmes se révèlent, etc. ;
Dans une longue parenthèse, il cite l'Idra de Nasso (folio 129a) : « Un seul chemin qui brille » se divise en 613 chemins de la Torah dans Zeir Anpin, à propos duquel il est écrit : « Tous les chemins de Havaya » (Psaumes 25:10). Roua'h David et le commentaire de l'Idra par l'Arizal expliquent que les 613 mitsvot elles-mêmes se révèlent dans Zeir Anpin.
וז״ש [וזהו שכתוב] כל ארחות כו׳ ובא״א כתיב וארח צדיקים כאור נוגה11 הולך ואור כו׳ אורח ואור לשון יחיד כי שם נעלמים ובז״א מתגלים ונעשים התרי״ג מצות עכ״ד [עד כאן דבריו].
et c'est ce qui est écrit : « Tous les chemins », etc. Mais, au sujet d'Arikh Anpin, il est écrit : « Le chemin des justes est comme la lumière éclatante, qui va en s'intensifiant », etc. : « chemin » et « lumière » sont au singulier, car là, ils sont cachés, tandis que dans Zeir Anpin, ils se révèlent et deviennent les 613 mitsvot. Fin de ses paroles.
Au sujet d'Arikh Anpin, en revanche, il est écrit : « Le chemin des justes est comme la lumière éclatante, qui va en s'intensifiant » (Proverbes 4:18) : « chemin » et « lumière » sont au singulier, car là les mitsvot sont cachées comme une seule entité ; ce n'est que dans Zeir Anpin qu'elles deviennent les 613 mitsvot.
ואמנם התורה נמשכה ממו״ס [ממוחא סתימאה] דא״א וזהו ותורה אור לשון יחיד וזהו ענין המבואר במ״א שהתורה היא בחי׳ רעוא דכל רעוין
En effet, la Torah est tirée du Mo'ha Stima'a (cerveau caché) d'Arikh Anpin ; c'est là le sens de « et la Torah est lumière », au singulier. C'est aussi ce qui est expliqué ailleurs : la Torah est le niveau de la Volonté de toutes les volontés (Ra'ava de'Hol Ra'avin),
La Torah est tirée du Mo'ha Stima'a d'Arikh Anpin, ce qui explique qu'elle soit appelée « lumière » au singulier. C'est l'enseignement selon lequel la Torah est « la Volonté de toutes les volontés » (Ra'ava de'Hol Ra'avin), la volonté divine la plus intérieure.
שהיא ממשכת הנהגת הרצון עליון לתוך הרצון המתפשט בתוך המצות עיין בד״ה בשעה שהקדימו ישראל נעשה לנשמע ע״ש באריכות וזהו שהמצוה נק׳ נר והתורה היא האור המאירה את הנר בחי׳ דעדכ״ר [רעוא דכל רעוין] הוא מקור הרצון שבמצות כו׳
qui fait pénétrer la conduite de la Volonté suprême dans la volonté qui se déploie au sein des mitsvot. Voir le discours qui commence par « Lorsque les enfants d'Israël ont dit “Nous ferons” avant “Nous écouterons” », où cela est expliqué longuement. C'est pourquoi la mitsva est appelée une lampe, et la Torah la lumière qui illumine la lampe : le niveau de la Volonté de toutes les volontés, qui est la source de la volonté présente dans les mitsvot, etc.
La Torah fait pénétrer la conduite de la Volonté suprême dans la volonté qui se déploie au sein des mitsvot, comme l'explique longuement le discours « Lorsque les enfants d'Israël ont dit “Nous ferons” avant “Nous écouterons” ». La mitsva est donc la lampe, et la Torah, la lumière qui l'éclaire : la Volonté de toutes les volontés, source de la volonté présente dans les mitsvot.
ועמ״ש ע״פ ויקהל משה שבחי׳ כתר דז״א הנק׳ רצון הוא הכלי לבחי׳ רצון עליון רעוא דכל רעוין כתר דא״א שהוא בחי׳ האור כו׳ ע״ש ועמש״ל [ועיין מה שכתוב לעיל] שהתורה נק׳ משל הקדמוני בחי׳ קדמונו של עולם כו׳)
Voir aussi ce qui est écrit sur le verset « Et Moché rassembla » : le niveau de Kéter de Zeir Anpin, appelé volonté, est le réceptacle du niveau de la Volonté suprême, la Volonté de toutes les volontés, Kéter d'Arikh Anpin, qui est le niveau de la lumière, etc. Voir là-bas. Voir également ce qui a été dit plus haut : la Torah est appelée « la parabole de l'Ancien », le niveau de l'Ancien du monde, etc.)
De même, dans le discours sur « Et Moché rassembla », Kéter de Zeir Anpin, appelé volonté, est le réceptacle de la Volonté suprême, la Volonté de toutes les volontés, Kéter d'Arikh Anpin, qui est la lumière. Il rappelle aussi que la Torah est appelée « la parabole de l'Ancien », l'Ancien du monde, comme expliqué dans la section 3.
והנה עיקר שמירה זו היינו לבחי׳ ההארה הנמשך מהמצוה לנפש האדם כו׳. וענין הארה זו שנמשך מן המצוה על הנפש יובן ע״ד מאמרז״ל [מאמרו רבותינו זכרונם לברכה] שבשעת מ״ת [מתן תורה] כפה עליהם הר כגיגית12 כו׳
Or, cette garde concerne essentiellement le niveau de l'illumination que la mitsva fait pénétrer dans l'âme de l'homme, etc. Le sens de cette illumination que la mitsva fait pénétrer dans l'âme peut se comprendre à la lumière de l'enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : au moment du Don de la Torah, « Il suspendit la montagne au-dessus d'eux comme un tonneau », etc.
Cette garde concerne avant tout l'illumination qu'une mitsva fait pénétrer dans l'âme d'une personne. On peut comprendre cette illumination à partir de l'enseignement des Sages selon lequel, au Sinaï, D.ieu « suspendit la montagne au-dessus d'eux comme un tonneau » (Chabbat 88a).
ומכאן מודעא רבא לאורייתא וידוע פי׳ וענין כפה עליהם הר שהוא בחי׳ וימינו תחבקני13 דהיינו התגלות אהבה העליונה לישראל כמ״ש אהבתי אתכם אמר14 ה׳.
« Et de là [vient] une grande contestation au sujet de la Torah. » Le sens et la portée de « Il tint la montagne au-dessus d’eux » sont connus : cela correspond au niveau de « sa droite m’étreint », c’est-à-dire à la révélation de l’amour suprême pour Israël, comme il est écrit : « Je vous ai aimés, dit Havaya. »
Les Sages ajoutent que de là vint « une grande contestation au sujet de la Torah », puisqu’elle avait été acceptée sous la contrainte. Tenir la montagne au-dessus d’eux correspond à « sa droite m’étreint » (Cantique des Cantiques 2:6) : la révélation de l’amour suprême de D.ieu pour Israël, comme dans « Je vous ai aimés, dit Havaya » (Malachi 1:2).
Ce paragraphe explique pourquoi les mitsvot doivent être protégées : en tant que lumières revêtues dans des réceptacles — les « 248 membres du Roi » —, elles peuvent être altérées, tandis que la Torah, lumière enveloppante unique issue de la Volonté de toutes les volontés, les protège. Ainsi, « vous garderez Ses commandements » s’accomplit par « vous écouterez Sa voix », et ce qui est protégé est l’illumination qu’une mitsva attire dans l’âme, comme l’amour révélé au Sinaï.
« Car une mitsva est une lampe et la Torah est lumière » est interprété avec précision : la lampe est un réceptacle qui contient une flamme, tandis que la lumière est la source de la flamme. Les mitsvot sont des réceptacles pour la volonté divine, et la Torah est la volonté supérieure qui les éclaire ; le « chemin unique » de l’Idra, qui devient 613 chemins, exprime la même idée sous sa forme kabbalistique.
Maré mekomot
- 1רמ״ח אברים דמלכא · Tikkunei Zohar 74a:8
- 2ע״י המשכת אור א״ס ב״ה בהן · ראה לעיל פ׳ שלח מו, ב. ובליקוטי פי׳ לקו״א שם.
- 3שכל המצות לתקן רמ״ח אברי ז״א ע״י המשכת אור א״ס ב״ה בהן · Tanya, Part V; Kuntres Acharon 4:11
- 4כי נר מצוה · Proverbs 6:23
- 5נרות המערכה · Exodus 39:37
- 6בהעלותך את הנרות · Numbers 8:2
- 7בפ׳ וארא · תו״א נה, ב.
- 8באדרא דנשא · ראה סה״מ תרפ״ט ע׳ 5.
- 9חד ארחא דנהיר כו׳ לתרי״ג ארחין דאורייתא דפליג בז״א · Zohar, Idra Rabba 6:25–7:37
- 10כל ארחות · Psalms 25:10
- 11וארח צדיקים כאור נוגה · Proverbs 4:18
- 12בשעת מ״ת כפה עליהם הר כגיגית · Shabbat 88a:5
- 13וימינו תחבקני · Song of Songs 2:6
- 14אהבתי אתכם אמר ה׳ · Malachi 1:2
- 15המצות נק׳ רמ״ח אברים דמלכא · ראה ת״ז ת״ל.
14וע״י זה ממילא נתעורר האהבה ג״כ בנש״י [בנשמות ישראל] ע״ד כמים הפנים לפנים כן לב האדם1 כו׳ עד שבאו לכלות הנפש
Et par là, l’amour s’éveilla aussi spontanément dans les âmes d’Israël, selon le principe de « Comme l’eau reflète le visage, ainsi le cœur de l’homme… », etc., jusqu’à ce qu’elles en viennent à l’extinction de l’âme (klot hanefech).
Par cette révélation de l’amour d’en haut, l’amour s’éveilla spontanément dans les âmes d’Israël, « comme l’eau reflète le visage, ainsi le cœur de l’homme reflète celui de son prochain » (Proverbes 27:19), jusqu’à ce que leurs âmes s’éteignent dans leur ardent désir (klot hanefech).
וזהו המודעא רבא דהיינו שאתעדל״ת [שאתערותא דלתתא] זו שלהם לא היה בבחירה ורצון כ״א שע״י הגילוי מלמעלה נמשך ממילא בלבם כ״כ [כל כך] כך כו׳
Et c’est là le « grand acte de contrainte » : leur éveil d’en bas ne procédait ni d’un choix ni de leur volonté, mais la révélation d’en haut le faisait naître spontanément dans leur cœur, avec une telle intensité, etc.
Voilà ce qu’est le « grand acte de contrainte » : leur éveil d’en bas ne venait pas d’un libre choix ni de leur volonté, mais la révélation d’en haut le faisait naître spontanément dans leur cœur, avec une force irrésistible.
וכך מעין זה יובן ג״כ בענין קיום המצות שהם המשכת רצון עליון ממש וה׳ חסדים וימינו תחבקני התגלות אהבה עליונה כו׳
De même, on comprendra aussi qu’il en va ainsi de l’accomplissement des mitsvot : elles attirent la Volonté suprême elle-même et les cinq 'Hassadim (bontés), « et Sa droite m’étreint », c’est-à-dire la révélation de l’amour suprême, etc.
Il en va de même, dans une certaine mesure, de l’accomplissement des mitsvot. Elles attirent la Volonté suprême elle-même et les cinq 'Hassadim (bontés), « Sa droite m’étreint » : il s’agit d’une révélation de l’amour suprême.
לכן עי״ז נתעורר ג״כ רצון האדם אליו ית׳ כמים הפנים כו׳ וזהו פקדת הארץ ותשוקקיה2 כו׳ וזהו אשר אנכי מצוך היום על לבבך3 כו׳
C’est pourquoi, par là, la volonté de l’homme envers Lui, béni soit-Il, s’éveille également : « Comme l’eau reflète le visage… », etc. Et c’est là : « Tu as visité la terre et tu l’as fait désirer », etc. Et c’est là : « que je t’ordonne aujourd’hui, sur ton cœur », etc.
La volonté propre de l’homme envers D.ieu s’éveille donc en retour, « comme l’eau reflète le visage ». C’est le sens de « Tu as visité la terre et tu l’as fait désirer » (Psaumes 65:10), et de « que je t’ordonne aujourd’hui, sur ton cœur » (Deutéronome 6:6) : le commandement atteint le cœur.
וע״ז אמרו עבירה מכבה מצוה45 שע״יט [שעל ידי] העבירה שהיא נגד רצון העליון ב״ה נכבה הארה זו שנמשך לו מרצון העליון על נפשו כו׳
À ce sujet, les Sages ont dit : « Une transgression éteint une mitsva » ; car, par la transgression, qui va à l’encontre de la Volonté suprême, béni soit-Il, cette illumination que la Volonté suprême avait attirée sur son âme s’éteint, etc.
C’est pourquoi les Sages ont dit : « Une transgression éteint une mitsva » (Sotah 21a). Le péché, parce qu’il s’oppose à la Volonté suprême, éteint l’illumination que la mitsva avait attirée de la Volonté suprême sur l’âme.
משא״כ בהמצוה עצמה שהיא רמ״ח אברים דמלכא לא שייך כיבוי ח״ו [חס ושלום] וז״ש [וזהו שכתוב] שחת לו לא בניו מומם6 וכתרגומו חבילו להון לא ליה.7
En revanche, il ne peut être question d’extinction, à D.ieu ne plaise, de la mitsva elle-même, qui est l’un des 248 membres du Roi. C’est ce qui est écrit : « La corruption n’est pas la Sienne ; la faute est celle de Ses enfants », et le Targoum le rend ainsi : « Ils se sont nui à eux-mêmes, pas à Lui. »
La mitsva elle-même, l’un des 248 membres du Roi, ne peut être éteinte, à D.ieu ne plaise. Aussi est-il écrit : « La corruption n’est pas la Sienne ; la faute est celle de Ses enfants » (Deutéronome 32:5), que le Targoum rend ainsi : « Ils se sont nui à eux-mêmes, pas à Lui. »
אמנם אין עבירה מכבה תורה כי התורה היא מבחי׳ רעוא דכל רעוין כו׳ שמשם נמשך בחי׳ נושא עון.
Cependant, une transgression n’éteint pas la Torah, car la Torah relève du niveau de la Volonté de toutes les volontés, etc. ; c’est de là que se déploie le niveau de « Celui qui porte la faute ».
Mais « une transgression n’éteint pas la Torah » (Sotah 21a), car la Torah provient de la Volonté de toutes les volontés, le niveau d’où se déploie l’attribut divin de « Celui qui porte la faute ».
כי הנה ידוע שכדי להיות המחילה וסליחה ע״י תשובה שהיא החזרת הרצון שנסתלק ע״י העבירה
Car il est connu que le pardon et la rémission obtenus par la techouva (retour) consistent à rétablir la volonté qui s’était retirée du fait de la transgression,
Le pardon et la rémission s’obtiennent par la techouva, qui rétablit la volonté divine retirée à cause du péché.
הנה הוא ע״י המשכות מבחי׳ רצון העליון שלמעלה יותר מבחי׳ הרצון שבמצות והוא בחי׳ רעדכ״ר [רעוא דכל רעוין] שאין שם לעומת זה8 כו׳
Cela se fait par des émanations provenant du niveau de la Volonté suprême, qui est plus élevé que le niveau de la volonté présente dans les mitsvot ; c’est le niveau du Désir de tous les désirs, où il n’y a pas de « l’un opposé à l’autre », etc.
Une telle restauration exige une émanation provenant d’un niveau de la Volonté suprême plus élevé que la volonté investie dans les mitsvot : le Désir de tous les désirs, où il n’y a pas de « l’un opposé à l’autre » (Ecclésiaste 7:14), aucun côté opposé que le péché pourrait affecter.
ומשם שרש התורה וכמ״ש ע״פ ואתחנן910 שהתורה נמשכה מבחי׳ שאין אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] מדעת שם כי היא מבחי׳ מקיפים עליונים אשר שם נאמר לא הביט און ביעקב11 כו׳.12
Et c’est de là que provient la racine de la Torah. Comme il est écrit au sujet du verset « Et j’ai supplié », la Torah est attirée d’un niveau qu’un éveil d’en bas n’atteint pas, car elle provient des lumières enveloppantes supérieures, dont il est dit : « Il n’a pas contemplé d’iniquité en Yaakov », etc.
C’est là la racine de la Torah. Comme cela est expliqué au sujet de « Et j’ai supplié », la Torah est attirée d’un niveau qu’un éveil d’en bas ne peut atteindre : les lumières enveloppantes supérieures, dont il est dit : « Il n’a pas contemplé d’iniquité en Yaakov » (Nombres 23:21).
Ce paragraphe explique ce que protège la garde : l’illumination qu’une mitsva attire dans l’âme, qui éveille chez l’homme son propre amour, comme au Sinaï, et qu’un péché peut éteindre, mais non la mitsva elle-même. La Torah, enracinée dans la Volonté de toutes les volontés, au-delà de toute opposition, n’est pas éteinte par le péché et constitue la source du pardon.
Maré mekomot
- 1כמים הפנים לפנים כן לב האדם · Proverbs 27:19
- 2פקדת הארץ ותשוקקי׳ · Psalms 65:10
- 3אשר אנכי מצוך היום על לבבך · Deuteronomy 6:6
- 4עבירה מכבה מצוה · נסמן לעיל כ, א. וש״נ.
- 5עבירה מכבה מצוה · Sotah 21a:9–10
- 6שחת לו לא בניו מומם · Deuteronomy 32:5
- 7חבילו להון לא ליה · Onkelos Deuteronomy 32:5
- 8לעומת זה · Ecclesiastes 7:14
- 9ע״פ ואתחנן · לעיל פ׳ ואתחנן.
- 10ואתחנן · Deuteronomy 3:23
- 11לא הביט און ביעקב · Numbers 23:21
- 12ה׳ צלך · Psalms 121:5
15וזהו שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] כל הקורא ושונה הקב״ה קורא ושונה כנגדו כנגדו דייקא ע״ד ה׳ צלך1 שהוא בחי׳ צל ומקיף מה שאינו יכול להיות מתלבש בכלים כו׳. ועמ״ש ע״פ ביום השמע״צ [השמיני עצרת] בפי׳ ואשים דברי בפיך ובצל ידי כסיתיך.2
Et c’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Celui qui lit et étudie, le Saint béni soit-Il lit et étudie en face de lui » ; « en face de lui » précisément, à la manière de « Havaya est ton ombre » : c’est le niveau d’une ombre et d’une lumière enveloppante, qui ne peut être investie dans des réceptacles, etc. Voyez aussi ce qui est écrit au sujet du verset « Au huitième jour, une assemblée » (Chemini Atséret), sur le sens de « J’ai mis Mes paroles dans ta bouche, et à l’ombre de Ma main Je t’ai couvert ».
Les Sages disent que lorsqu’une personne lit et étudie la Torah, le Saint béni soit-Il lit et étudie « en face d’elle ». « En face » évoque « Havaya est ton ombre » (Psalms 121:5) : une ombre entoure au lieu de pénétrer ; elle représente une lumière enveloppante qui ne peut être investie dans des réceptacles. Il renvoie à son explication de Chemini Atséret sur « J’ai mis Mes paroles dans ta bouche, et à l’ombre de Ma main Je t’ai couvert » (Isaiah 51:16).
Ce paragraphe confirme que l’étude de la Torah attire une lumière enveloppante : D.ieu étudie « en face » de la personne, comme une ombre qui l’entoure au lieu de pénétrer en elle.
Maré mekomot
- 1ה׳ צלך · Psalms 121:5
- 2ואשים דברי בפיך ובצל ידי כסיתיך · Isaiah 51:16
16ומ״מ כל האומר אין לי אלא1 תורה אפי׳ [אפילו] תורה אין לו וכמ״ש במ״א2 כו׳ כי התורה אשר אינה בטהרת הלב נקראת רק תרעא לדרתא34 כו׳
Néanmoins, « celui qui dit : “Je n’ai que la Torah” ne possède même pas la Torah », comme il est écrit ailleurs, etc. ; car une Torah qui n’est pas étudiée dans la pureté du cœur n’est appelée que « porte donnant sur la cour », etc.
La Torah seule ne suffit pas : « Celui qui dit : “Je n’ai que la Torah” ne possède même pas la Torah » (Yevamos 109b). Une Torah étudiée sans pureté du cœur n’est qu’une « porte donnant sur la cour » (Shabbos 31b), une entrée qui ne mène à rien.
וגם כי בצדקה תכונני5 כתיב כו׳ כי לית ברכתא שריא אלא6 כו׳ לכך א״א להיות המשכת המקיפים העליונים שע״י דבור התורה
Il est également écrit : « Par la tsedaka, tu seras affermie », etc. ; car « la bénédiction ne repose que », etc. C’est pourquoi il est impossible que s’opère le déversement des lumières englobantes supérieures qui passe par la parole de Torah
L’Écriture dit aussi : « Par la tsedaka, tu seras affermie » (Isaiah 54:14), et le Zohar enseigne que la bénédiction ne repose que sur quelque chose, jamais dans un lieu vide. Les lumières englobantes supérieures que les paroles de Torah attirent ne peuvent donc venir d’elles-mêmes.
אלא כשיש מכון להשראה זהו דהיינו בחי׳ כלי וא״פ [ואור פנימי] שע״י המצות רמ״ח אברים דמלכא כו׳
à moins qu’il n’y ait un lieu approprié (makhon) pour cette résidence, à savoir le niveau d’un réceptacle et d’une lumière intérieure, qui viennent par les mitsvot, les 248 membres du Roi, etc.
Elles ne viennent que là où se trouve un lieu approprié (makhon) pour les accueillir — écho à « tu seras affermie », tikonani — : un réceptacle contenant une lumière intérieure, constitué par les mitsvot, les 248 membres du Roi.
Et voyez ce qui est écrit dans le même esprit à la fin du discours qui commence par « Tu feras des vêtements sacrés », au sujet de la bénédiction sur les mitsvot, etc. ; voyez également ce qui est écrit au début de la Parshas Vayikra, sur le verset « Il appela Moché », etc.
L’Admour Hazaken renvoie à la fin du discours « Tu feras des vêtements sacrés », au sujet des bénédictions sur les mitsvot, ainsi qu’au début de la Parshas Vayikra, sur « Il appela Moché ».
Ce paragraphe complète les précédents : la lumière englobante de la Torah ne peut résider que là où les mitsvot ont préparé des réceptacles et une lumière intérieure. L’étude de la Torah sans les mitsvot et sans pureté du cœur ne possède donc même pas la Torah.
Maré mekomot
- 1כל האומר אין לי אלא תו׳ · Yevamot 109b:4–5
- 2וכמ״ש במ״א · ראה לקמן כג, ב.
- 3תרעא לדרתא · שבת לא, רע״ב.
- 4תרעא לדרתא · Shabbat 31b:1
- 5בצדקה תכונני · Isaiah 54:14
- 6כי לית ברכתא שריא אלא · Zohar II, 87b
- 7ועשית בגדי קדש · Exodus 28:2
- 8ר״פ ויקרא · לעיל פ׳ ויקרא.
- 9ויקרא אל משה · Leviticus 1:1
Résumé ¶17–21
17קיצור(א) ענין ההתבוננות שהבריאה יש מאין וזהו אחרי הוי״ה הוא ענין ג׳ פעמים קדוש עד שאח״כ נמשך הוי׳ צבאות שמהוה צבאי צבאות וכמ״ש מזה בד״ה זאת חנוכת המזבח.
Résumé. (1) Le sujet de la contemplation selon laquelle la création est quelque chose à partir du néant, et cela est « après Havaya ». Il s’agit du triple « Saint », jusqu’à ce que, par la suite, le Nom Havaya Tsevaot (des armées) soit attiré, Lui qui fait exister des armées d’armées, comme il est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Voici la dédicace de l’autel ».
Voici le début du résumé (Kitzour) du discours, section 1. Son thème est la contemplation selon laquelle la création est quelque chose à partir du néant, ce qui est « après Havaya » ; il s’agit du triple « Saint », après quoi vient « Havaya Tsevaot », le Nom qui fait exister des armées d’armées, comme l’explique le discours « Voici la dédicace de l’autel ».
והענין דכתיב כי הוא צוה ונבראו1 וכתיב ברא לנוכח היינו כח הפועל בנפעל2 כמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] ח״ב [חלק ב׳] פ״א ופ״ג [ופרק ג׳] ועמ״ש מזה בד״ה אני ה׳ אלקיכם דפ׳ ציצית3 ובשה״ש [ובשיר השירים] בד״ה מי יתנך4 כאח לי.5
Et voici l’explication : il est écrit : « Car Il a ordonné et ils furent créés », et il est écrit bara, au sens d’une présence, c’est-à-dire la puissance de l’Agent dans ce qui est soumis à son action, comme il est écrit dans Sefer Shel Beinonim, partie II, chapitres 1 et 3. Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Je suis Havaya votre D.ieu », dans la section de tsitsit, ainsi que dans Shir HaShirim, dans le discours commençant par « Si seulement tu étais comme un frère pour moi ».
L’idée est que l’Écriture dit à la fois « Car Il a ordonné et ils furent créés » et bara, le verbe qui exprime la présence et implique la puissance de l’Agent au sein de ce qui est soumis à son action (Tanya, Chaar HaYi’houd VehaEmouna, chapitres 1 et 3). Il renvoie au discours « Je suis Havaya votre D.ieu », dans la section de tsitsit, ainsi qu’au discours de Shir HaShirim « Si seulement tu étais comme un frère pour moi ».
Le résumé reprend d’abord la section 1 : contempler la création à partir du néant, c’est être « après Havaya » et le triple « Saint », qui s’appuie sur les deux expressions « Il a ordonné » et bara.
Maré mekomot
- 1כי הוא צוה ונבראו · Psalms 148:5
- 2כח הפועל בנפעל · Tanya, Sha’ar HaYichud 3:1–2
- 3בד״ה אני ה׳ . . דפ׳ ציצית · לעיל פ׳ שלח מז, א.
- 4ובשה״ש בד״ה מי יתנך · לקמן שה״ש מד, ג.
- 5מי יתנך כאח לי · Song of Songs 8:1
18ואעפ״כ [ואף על פי כן] נקרא יש מאין ממש שלהיות התהוות הגשמיות מן המאמר ואותיות רוחניים המלובשים בו ה״ז [הרי זה] בריאה חדשה מאין ואפס ממש
Néanmoins, cela est appelé véritablement « quelque chose à partir du néant », car l’apparition du matériel à partir de la parole et des lettres spirituelles qui y sont revêtues constitue une création nouvelle, véritablement à partir du néant et du rien,
Même ainsi, la création par la lumière qui remplit les mondes est appelée véritablement « quelque chose à partir du néant ». Que le matériel apparaisse à partir d’une parole et des lettres spirituelles qui y sont revêtues constitue une création entièrement nouvelle à partir du néant.
ולא השתלשלות מההעלם אל הגילוי לבד ועמ״ש מזה בד״ה ואתחנן בפי׳ המחדש בטובו1 ומקור להמשכה והתהוות זו
et non pas seulement un enchaînement descendant du caché vers le révélé. Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Et j’ai imploré », au sujet du sens de « Qui, dans Sa bonté, renouvelle ». La source de cette émanation et de cette création
Il ne s’agit pas simplement d’un passage du caché au révélé, comme l’explique le discours « Et j’ai imploré » à propos des mots « qui, dans Sa bonté, renouvelle » la création chaque jour. La partie suivante indique la source de cette création.
הוא מהארת הקו המלובש בע״ס [בעשר ספירות] דאצילות וע״ז ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] בעשרה דברים נברא העולם בחכמה2 בתבונה ובדעת כו׳ (פ״ב [פרק ב׳] דחגיגה י״ב א׳). וע״ז נאמר ברא לשון נוכח.
est le rayonnement du kav (ligne de lumière) revêtu dans les dix Séfirot du Monde d’Atsilout (Émanation). À ce sujet, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Le monde fut créé par dix choses : par la sagesse, par la compréhension et par la connaissance », etc. (Haguiga, chapitre 2, 12a). Et c’est à ce sujet qu’il est dit bara, un terme de présence.
Sa source est la lumière du kav revêtue dans les dix Séfirot d’Atsilout. À ce sujet, les Sages ont dit : « Le monde fut créé par dix choses : par la sagesse, par la compréhension et par la connaissance… » (Haguiga 12a). À ce sujet, l’Écriture emploie bara, le verbe de présence.
וזהו ענין קדוש השלישי שהוא״ו דקדוש זהו המשכה מבחי׳ קדש והוא הארת הקו להיות מקור לבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] ואעפ״כ [ואף על פי כן] הוא קדוש ומובדל
Voilà le sens du troisième « Saint » : le vav de kadosh représente une émanation depuis le niveau de kodesh ; il s’agit du rayonnement du kav, qui devient la source du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) ; et pourtant, il est saint et séparé,
C’est là le troisième « Saint » : le vav qui prolonge kadosh (saint) au-delà de kodesh (sainteté) symbolise une émanation depuis kodesh, la lumière du kav qui devient la source de la lumière qui remplit les mondes. Malgré cela, elle demeure sainte et séparée.
כי רק הארה דהארה לבד נמשך להיות מלובש בכלים דע״ס [דעשר ספירות] דבי״ע ועמ״ש מענין וא״ו דקדוש בד״ה צאינה וראינה3 (ב) וכ״ז [וכל זה] הוא נקרא ממכ״ע [ממלא כל עלמין]
car seul un rayonnement d’un rayonnement est émané afin d’être revêtu dans les réceptacles des dix Séfirot de Béria, Yetsira et Assiya. Voyez aussi ce qui est écrit au sujet du vav de kadosh dans le discours commençant par « Sortez et voyez ». (2) Tout cela est appelé la lumière qui remplit tous les mondes ;
Elle demeure séparée, car seul un reflet d’un reflet est attiré vers le bas pour être revêtu dans les réceptacles des dix Séfirot de Béria, Yetsira et Assiya ; il renvoie au discours « Sortez et voyez », qui traite du vav de kadosh. Commence alors la section 2 du résumé : tout cela est appelé la lumière qui remplit les mondes.
אבל בחינת סוכ״ע הוא מה שאינו מתלבש כלל אפילו בע״ס [בעשר ספירות] דאצילות אלא שמהוה ומחיה על ידי בחינת מקיף לבד ע״ד כל אשר חפץ4 ה׳ עשה.
mais le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) est celui qui n’est revêtu nulle part, pas même dans les dix Séfirot d’Atsilout ; au contraire, il fait être et donne vie par le seul biais de l’enveloppement, selon le verset : « Tout ce que Havaya a désiré, Il l’a fait »,
À l’inverse, la lumière qui entoure les mondes n’est revêtue même pas dans les dix Séfirot d’Atsilout ; elle crée et donne vie par le seul enveloppement, comme dans le verset : « Tout ce que Havaya a désiré, Il l’a fait » (Psaumes 135:6).
וע״ד כי לא מחשבותי מחשבותיכם5 בביאור ע״פ יונתי בחגוי.67 ועל זה נאמר כי הוא צוה ונבראו8 וזהו ענין שהבריאה יש מאין ממש.
et selon le verset : « Car Mes pensées ne sont pas vos pensées », comme il est expliqué sur le verset « Ma colombe, dans les fentes ». À ce sujet, il est dit : « Car Il a ordonné, et elles furent créées » ; voilà le sens de la création véritablement à partir du néant,
Il en va de même du verset « Car Mes pensées ne sont pas vos pensées » (Isaïe 55:8), comme il est expliqué à propos de « Ma colombe, dans les fentes du rocher ». De ce niveau, il est dit : « Car Il a ordonné, et elles furent créées » ; ici, la création est véritablement quelque chose à partir du néant.
שמבחינה זו אין שום התלבשות כח הפועל בנפעל וזהו ענין הקדוש השני. שקודם הקדוש השלישי:(ג) והנה בבחי׳ סוכ״ע יש ג״כ ב׳ בחינות.
car, à ce niveau, la force de l’Agent n’est nullement revêtue dans ce qui est créé. Voilà le sens du deuxième « Saint », qui précède le troisième « Saint ». (3) Or, dans le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes, il existe également deux niveaux.
À ce niveau, rien de la force de l’Agent n’est revêtu dans ce qu’Il produit ; voilà le sens du deuxième « Saint », qui précède le troisième. La section 3 du résumé commence alors : dans la lumière qui entoure les mondes, il existe à nouveau deux niveaux.
וזהו ענין גאה גאה.9 דהיינו ב׳ הבחי׳ שבכתר עליון ונקרא בגמרא שני כתרים10 א׳ כנגד נעשה ואחד כנגד נשמע אשר הבחינה הראשונה לא שייך כלל
Et telle est la signification de « Il s’est élevé, élevé » (ga’oh ga’ah) : à savoir, les deux niveaux de Kéter suprême (la Couronne), que la Guemara appelle les « deux couronnes », l’une correspondant à « nous ferons » et l’autre à « nous entendrons ». À propos du premier niveau, il ne convient nullement de dire
Cette expression redoublée « Il s’est élevé, élevé » (Exode 15:1) désigne les deux niveaux de Kéter suprême, que la Guemara appelle les « deux couronnes » : l’une pour « nous ferons » et l’autre pour « nous entendrons » (Shabbos 88a). Le premier de ces niveaux ne peut absolument pas être qualifié d’« entourant tous les mondes ».
לומר עליה סובב כל עלמין לפי שאינו בגדר עלמין כלל ועמ״ש מזה ג״כ בד״ה והיה ביום ההוא יתקע בשופר גדול11 רק שהוא המחבר סוכ״ע וממכ״ע [וממלא כל עלמין].
qu’il « entoure tous les mondes », car il ne relève absolument pas des limites des mondes. Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par « Et il arrivera, en ce jour-là, qu’un grand chofar sera sonné » ; toutefois, c’est lui qui relie la lumière qui entoure tous les mondes et la lumière qui remplit tous les mondes.
Cela tient au fait qu’il ne relève absolument pas des limites des mondes, comme l’explique également le discours « Et il arrivera, en ce jour-là, qu’un grand chofar sera sonné ». Son rôle est uniquement de relier la lumière qui entoure les mondes à celle qui les remplit.
Le résumé reprend les sections 1 à 3 : la création par la lumière qui remplit les mondes demeure une création nouvelle à partir du néant et constitue le troisième « Saint » ; la lumière qui entoure les mondes, qui crée par la seule volonté, constitue le deuxième ; et cette lumière enveloppante comporte deux niveaux, dont le plus élevé transcende les mondes et relie la lumière enveloppante à la lumière qui remplit les mondes.
Maré mekomot
- 1
- 2
- 3צאינה וראינה · Song of Songs 3:11
- 4כל אשר חפץ ה׳ עשה · Psalms 135:6
- 5כי לא מחשבותי מחשבותיכם · Isaiah 55:8
- 6בביאור ע״פ יונתי בחגוי הסלע · לקמן שה״ש יז, ג ואילך.
- 7יונתי בחגוי · Song of Songs 2:14
- 8כי הוא צוה ונבראו · Psalms 148:5
- 9גאה גאה · Exodus 15:1
- 10שני כתרים א׳ כנגד נעשה · Shabbat 88a:7
- 11והיה ביום ההוא יתקע בשופר גדול · Isaiah 27:13
19וגם בחינה זו הוא רק המשכה מאור א״ס ב״ה וזהו ענין הקדוש הראשון. ומלמעלה למטה נק׳ סוכ״ע בחי׳ אין לגבי בחי׳ זו היינו שהוא רק הארה כו׳ וכ״ש [וכל שכן] בחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] וזהו ענין שהבריאה היא יש מאין.
Et ce niveau aussi n’est qu’un influx provenant de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il ; tel est le sens du premier « Saint ». Et, de haut en bas, la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) est appelée le niveau du « néant » par rapport à ce niveau, c’est-à-dire qu’elle n’est qu’un rayonnement, etc. ; à plus forte raison en est-il ainsi du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin). Tel est le sens de la création comme « quelque chose à partir du néant ».
Ce niveau suprême aussi n’est qu’un influx provenant de la Lumière infinie, et c’est le premier « Saint ». De haut en bas, même la lumière qui entoure les mondes est « néant » devant lui, puisqu’elle n’est qu’un reflet ; à plus forte raison en est-il ainsi de la lumière qui les remplit. C’est pourquoi la création est dite « quelque chose à partir du néant ».
Ce résumé achève la section 3 : même le niveau qui dépasse les mondes n’est qu’un influx provenant de la Lumière infinie ; devant lui, tout ce qui est lié aux mondes est « néant », d’où l’expression « à partir du néant » pour la création.
20וזהו ענין אחרי הוי׳ אלקיכם תלכו1 וענין בורא קדושים ישתבח שמך.2 וענין א״ת [אל תקרי] שמות אלא שמות.3
Et tel est le sens de « Vous marcherez à la suite de Havaya, votre D.ieu », ainsi que de « Créateur des êtres saints, que Ton Nom soit loué », et de « Ne lis pas shammot (désolations), mais shemot (noms) ».
Le résumé rassemble les différents fils : tout cela explique « Vous marcherez à la suite de Havaya, votre D.ieu », la bénédiction « Créateur des êtres saints, que Ton Nom soit loué », ainsi que l’enseignement des Sages : « Ne lis pas shammot, mais shemot » (Berachos 7b).
אך היינו ע״י כי מנסה כו׳ לדעת4 כו׳ ע״ד כי ה׳ אמר לו קלל5 שע״י שעומד בנסיון שובר הקליפה ואזי דוקא נתגלה הפרי.
Mais cela se réalise par « Car [Il] vous met à l’épreuve », etc., « pour savoir », etc., selon le sens de « Car Havaya lui a dit : “Maudis” » : en résistant à l’épreuve, on brise la kelipa (écorce), et alors seulement le fruit se révèle.
Cependant, cette marche s’accomplit par « Car Havaya vous met à l’épreuve, pour savoir » : comme dans « Havaya lui a dit : “Maudis” », celui qui résiste à l’épreuve brise la kelipa, et ce n’est qu’alors que le fruit se révèle.
ומבואר במ״א איך קליפה קדמה לפרי. דהיינו שהאור והחיות המלובש בתוכם בבחינת הסתר משבה״כ [משבירת הכלים] נפל שמה ממדרגות עליונות וגבוהות מאד.
Il est expliqué ailleurs comment « l’écorce précède le fruit » : c’est-à-dire que la lumière et la force vitale qui y sont revêtues dans un état de dissimulation y sont tombées à la suite du brisement des réceptacles, depuis des niveaux supérieurs et très élevés.
Il est expliqué ailleurs comment « l’écorce précède le fruit » : la lumière et la force vitale cachées dans les kelipot y sont tombées lors du brisement des réceptacles, depuis des niveaux très élevés.
לכן דוקא ע״י שבירת הקליפה מתגלה בחי׳ הדעת וזהו ענין מי יתן טהור מטמא.6 ועמ״ש בד״ה בשלח פרעה7 את העם:8
C’est pourquoi c’est précisément en brisant la kelipa que le niveau de Daat (connaissance) se révèle. Tel est le sens de « Qui fera sortir le pur de l’impur ? » Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Lorsque Pharaon renvoya le peuple ».
C’est donc précisément en brisant la kelipa que le daat se révèle. C’est là le sens de « Qui fera sortir le pur de l’impur ? » (Job 14:4) ; il renvoie au discours « Lorsque Pharaon renvoya le peuple ».
Le résumé relie la méditation sur « à la suite de Havaya » au thème des épreuves : y résister brise la kelipa et révèle la lumière élevée qui y était cachée, faisant ainsi apparaître le daat.
Maré mekomot
- 1אחרי הוי׳ אלקיכם תלכו · Deuteronomy 13:5
- 2בורא קדושים ישתבח שמך · Siddur Ashkenaz, Weekday, Shacharit, Blessings of the Shema, First Blessing before Shema 3
- 3א״ת שמות אלא שמות · Berakhot 7b:10–11
- 4כי מנסה כו׳ לדעת · Deuteronomy 13:4
- 5כי ה׳ אמר לו קלל · II Samuel 16:10
- 6מי יתן טהור מטמא · Job 14:4
- 7בד״ה בשלח פרעה · בתו״א פ׳ בשלח.
- 8בשלח פרעה את העם · Exodus 13:17
21(ד) תלכו היינו ב׳ בחינות אהבה עמ״ש בד״ה להבין קישור וחבור הזכרת ברית ותורה בברכת הארץ.
(4) « Vous marcherez » désigne deux niveaux d’amour ; voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Pour comprendre le lien et l’union entre la mention de l’alliance et celle de la Torah dans la bénédiction pour la Terre ».
La section 4 du résumé : « vous marcherez » désigne deux niveaux d’amour. Il renvoie au discours qui explique pourquoi l’alliance et la Torah sont mentionnées ensemble dans la bénédiction pour la Terre, dans le Birkat Hamazon.
ואח״כ ואותו תיראו יראה פנימית יראו את1 ה׳ ועמ״ש סד״ה בשעה שהקדימו ישראל נעשה. גם פי׳ ואותו לשון אות ורושם.
Et ensuite, « et Lui, vous le craindrez » : la crainte intérieure, « Craignez es Havaya » ; voir aussi ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Lorsque les enfants d’Israël proclamèrent d’abord “Nous ferons” ». De plus, le sens de ve’oto est apparenté à ot, un signe et une marque.
Puis, « et Lui, vous le craindrez » désigne la crainte intérieure : « Craignez es Havaya » (Psaumes 34:10), comme il est expliqué à la fin du discours « Lorsque les enfants d’Israël proclamèrent d’abord “Nous ferons” ». De plus, ve’oto est apparenté à ot, un signe et une marque.
ועמ״ש סד״ה ואתה מרבבות קדש23 בפי׳ מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] אות הוא בצבא שלו:(ה)4 ואת מצותיו תשמרו המצות נקראו רמ״ח אברים שהם המשכת אורות בכלים עמ״ש בד״ה אלה פקודי המשכן.56
Voir aussi ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Et Il est venu des saintes myriades », au sujet du sens de l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « Il est un signe (ot) parmi Son armée. » (5) « Et vous observerez Ses commandements » : les mitsvot sont appelées les 248 membres, car elles consistent à attirer des lumières dans des réceptacles ; voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Voici les comptes du Michkan ».
Il renvoie à la fin du discours « Et Il est venu des saintes myriades », qui traite de l’enseignement des Sages : « Il est un signe parmi Son armée. » La section 5 du résumé : dans « Et vous observerez Ses commandements », les mitsvot sont appelées les 248 membres ; elles attirent des lumières dans des réceptacles, comme l’explique le discours « Voici les comptes du Michkan ».
ומשם ע״י הפגם נמשך יניקה לחיצונים ע״ד שופך דם האדם באדם7 ועמ״ש מזה בביאור ע״פ בשעה שהקדימו הנ״ל.
Et de là, par une faute, une nourriture est attirée vers les forces extérieures, à la manière de : « Qui verse le sang de l’homme, son sang sera versé par l’homme. » Voir ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication sur « Lorsque [les enfants d’Israël] proclamèrent d’abord “Nous ferons” », mentionnée plus haut.
Par une faute, une nourriture s’écoule de là vers les forces extérieures, comme dans : « Qui verse le sang de l’homme, son sang sera versé par l’homme » (Genèse 9:6). Il renvoie à l’explication sur « Lorsque les enfants d’Israël proclamèrent d’abord “Nous ferons” », mentionnée plus haut.
והיינו מבחי׳ נר״נ [נפש רוח נשמה] המלובש בכלים. ולכן צ״ל ואת מצותיו תשמרו והיינו ע״י המקיפים חיה יחידה
Cela concerne le niveau de néfech, roua’h et nechama, qui sont investis dans des réceptacles. C’est pourquoi il faut « observer Ses commandements » ; cela se fait grâce aux niveaux enveloppants, ‘haya [et] ye’hida ;
Cela s’applique à néfech, roua’h et nechama, qui sont investis dans des réceptacles. C’est pourquoi « Et vous observerez Ses commandements » est nécessaire : cela se fait grâce aux niveaux enveloppants, ‘haya et ye’hida.
וזהו ע״י ובקולו תשמעו היא התורה שכל העוסק בתורת עולה8 כאלו הקריב עולה אף בזה״ז [בזמן הזה] כי היא למעלה מבחינת אורות שבכלים.
et cela se fait par « et vous écouterez Sa voix », qui est la Torah : car « quiconque s’occupe de la Torah de l’holocauste est considéré comme s’il avait offert un holocauste », même à l’époque actuelle ; car elle est au-dessus du niveau des lumières dans des réceptacles.
Cette observation s’accomplit par « et vous écouterez Sa voix », c’est-à-dire la Torah. Ainsi, « quiconque s’occupe de la Torah de l’holocauste est considéré comme s’il avait offert un holocauste » (Menachot 110a), même à notre époque, car la Torah est au-dessus du niveau des lumières dans des réceptacles.
(ועמ״ש בד״ה וזאת המצוה כו׳ לשמור את כל חקותיו כו׳ ושמרת לעשות כו׳ ע״ש) ועיקר השמירה צ״ל לבחינת נר מצוה
(Voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et voici le commandement », etc., au sujet de « observer toutes Ses lois », etc., et de « vous observerez pour accomplir », etc. ; voir là-bas.) Et c’est principalement le niveau de « une mitsva est une lampe » qu’il faut garder,
Entre parenthèses, il renvoie au discours « Et voici le commandement », à propos de « observer toutes Ses lois » et de « vous observerez pour accomplir ». C’est principalement « une mitsva est une lampe » qu’il faut garder.
היינו לבחינת ההארה הנמשך מהמצוה בנר״נ [בנפש רוח נשמה] של האדם ועיין בזח״ג [בזהר חלק ג] נשא (קכ״ט ב׳) ע״פ שומר ישראל.910 ובפ׳ האזינו (דף רכ״ט א׳):
c’est-à-dire le niveau de l’illumination que la mitsva attire dans le néfech, le roua’h et la nechama d’une personne. Voir le Zohar, partie III, Nasso (129b), sur le verset « Gardien d’Israël », ainsi que dans la paracha Haazinou (folio 229a).
Cela signifie que l’on garde l’illumination que la mitsva attire dans le néfech, le roua’h et la nechama d’une personne. Il renvoie au Zohar, partie III, sur Nasso (folio 129b), à propos de « le Gardien d’Israël », ainsi qu’à un passage de Haazinou.
Le résumé reprend les sections 4 et 5 : « vous marcherez » désigne l’amour, et « et Lui, vous le craindrez » la crainte intérieure liée à ot, le signe. Les mitsvot, lumières dans des réceptacles, nécessitent la protection des niveaux enveloppants, qui s’obtient par la Torah ; c’est surtout l’illumination de la mitsva dans l’âme qu’il faut garder.
Maré mekomot
- 1יראו את ה׳ · Psalms 34:10
- 2סד״ה ואתה מרבבות קדש · לקמן פ׳ ברכה צג, ד.
- 3ואתה מרבבות קדש · Deuteronomy 33:2
- 4אות הוא בצבא שלו · Chagigah 16a:1–3
- 5בד״ה אלה פקודי המשכן · לעיל פ׳ פקודי ג, ב.
- 6אלה פקודי המשכן · Exodus 38:21
- 7שופך דם האדם באדם · Genesis 9:6
- 8שכל העוסק בתורת עולה · Menachot 110a:13–14
- 9שומר ישראל · Psalms 121:4
- 10שומר ישראל · Zohar, Idra Rabba 7:37–8:50
« Et Lui, vous servirez » : transformer sa nature ¶22–25
22ו ואפ״ל [ואפשר לומר] עוד בענין ואותו תעבודו ע״ד מ״ש ושבתם וראיתם בין צדיק לרשע בין1 עובד אלקים לאשר לא עבדו.23
(6) On peut encore expliquer, au sujet de « et Lui, vous servirez », dans l’esprit de ce qui est écrit : « Alors vous discernerez de nouveau entre le juste et le méchant, entre celui qui sert Elokim et celui qui ne L’a pas servi ».
La section 6 aborde « et Lui, vous servirez » à travers le verset : « Alors vous discernerez de nouveau entre le juste et le méchant, entre celui qui sert Elokim et celui qui ne L’a pas servi » (Malachie 3:18).
(במלאכי סי׳ ג׳ י״ח) ואמרו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] (פרק קמא דחגיגה דף ט׳ ע״ב)4 עובד ואשר לא עבדו תרוייהו צדיקי גמורי נינהו ואינו דומה שונה פרקו
(Malachie, chapitre 3, [verset] 18.) Et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit (premier chapitre de ‘Haguiga, folio 9b) : « Celui qui sert » et « celui qui ne L’a pas servi » sont tous deux parfaitement justes ; mais il n’y a pas de comparaison entre celui qui révise son chapitre
Les Sages (‘Haguiga 9b) expliquent que « celui qui sert » et « celui qui ne L’a pas servi » sont tous deux parfaitement justes. La différence entre eux tient au nombre de fois où chacun révise son étude.
מאה פעמים לשונה פרקו מאה פעמים ואחד. ועיין מזה בסש״ב [בספר של בינונים] פט״ו [פרק ט״ו / פרשה ט״ו]. עכ״פ [על כל פנים] דבחינת עובד אלקים הוא למעלה מבחינת צדיק גמור.
cent fois et celui qui révise son chapitre cent une fois. » Voyez aussi à ce sujet le Sefer Shel Beinonim, chapitre 15. En tout cas, le niveau de « celui qui sert Elokim » est supérieur à celui d’un juste parfait.
Celui qui révise son chapitre cent fois ne peut être comparé à celui qui le révise cent une fois, comme le développe également le Tanya, chapitre 15. Ainsi, le niveau de « celui qui sert Elokim » est supérieur à celui d’un juste parfait.
Ce paragraphe introduit la cinquième expression, « et Lui, vous servirez », à travers la distinction talmudique entre « celui qui sert Elokim » et « celui qui ne L’a pas servi », tous deux parfaitement justes : celui qui révise son étude une fois de plus, la cent uneième fois, se situe à un niveau supérieur.
Maré mekomot
- 1
- 2ושבתם וראיתם בין צדיק לרשע בין עובד אלקים לאשר לא עבדו · Malachi 3:18
- 3בין עובד אלקים לאשר לא עבדו · Tanya, Likkutei Amarim 15:1–2
- 4פרק קמא דחגיגה דף ט׳ ע״ב · הלשון נעתק באוה״ת נ״ך כרך א ע׳ תקלב.
23וזהו שאחר ד׳ מדרגות. תלכו. תיראו. תשמורו. תשמעו. שזהו ודאי בחינת צדיק גמור. נאמר אח״כ ואותו תעבודו שזהו בחי׳ שלמעלה במדרגה יותר. והיינו על ידי שמהפך טבעו מלשון עורות עבודים.
Et c’est pourquoi, après quatre niveaux — « vous marcherez », « vous craindrez », « vous garderez », « vous écouterez » — qui correspondent certainement au niveau de celui qui est parfaitement juste, il est dit ensuite : « et Lui, vous servirez », ce qui est un niveau supérieur. Cela s’accomplit en transformant sa nature, comme l’évoque l’expression « des peaux tannées » (avoudim).
Après quatre niveaux — « vous marcherez, vous craindrez, vous garderez, vous écouterez » — qui décrivent certainement une personne parfaitement juste, le verset ajoute : « et Lui, vous servirez », un niveau supérieur. Le service (avoda) consiste à transformer sa nature, comme les peaux que l’on « travaille » (avoudim) jusqu’à ce qu’elles soient tannées et que leur nature change.
ועיין מ״ש בביאור על פסוק מים רבים בפ׳ תולדות שעל זה שאל רבי חנינא בן תרדיון מה אני לחיי העולם הבא דהיה מסתפק שמא הטבע שלו גורם שקידתו בתורה אף במס״נ [במסירות נפש] כו׳
Voyez aussi ce qui est écrit dans l’explication du verset « Des eaux abondantes », dans la paracha Toldot : c’est à ce sujet que Rabbi Hanina ben Teradyon demanda : « Qu’en sera-t-il de moi dans la vie du monde à venir ? » Il doutait que sa nature fût peut-être la cause de son assiduité dans l’étude de la Torah, même avec le sacrifice de soi (messirout néfech), etc.
L’Admour Hazaken renvoie à son explication du verset « Des eaux abondantes », dans la paracha Toldot : c’est pourquoi Rabbi Hanina ben Teradyon demanda : « Qu’en sera-t-il de moi dans la vie du monde à venir ? » (Avoda Zara 18a). Il se demandait si son assiduité dans l’étude de la Torah, même avec le sacrifice de soi, ne provenait pas de sa nature.
ואם כן עדיין מסופק אם שינה טבעו לגמרי להיות בבחינת עובד אלקים דשמא הוא עדיין בחינת אשר לא עבדו אף שהיה צדיק גמור.1
Et si tel était le cas, il doutait encore d’avoir entièrement transformé sa nature pour atteindre le niveau de « celui qui sert Elokim » ; peut-être était-il encore au niveau de « celui qui ne L’a pas servi », bien qu’il fût parfaitement juste.
Si c’était le cas, il ne pouvait être certain d’avoir entièrement transformé sa nature et d’être devenu « celui qui sert Elokim » ; peut-être était-il encore « celui qui ne L’a pas servi », bien qu’il fût parfaitement juste.
Ce paragraphe définit le service supérieur — « et Lui, vous servirez » — comme une transformation de sa nature, à l’image des peaux tannées. Il l’illustre par le doute de Rabbi Hanina ben Teradyon : même son étude de la Torah empreinte de sacrifice de soi pouvait-elle provenir de sa nature ?
Maré mekomot
- 1שאל ר״ח בן תרדיון · Avodah Zarah 18a:6
24והנה אלקים גימטריא הטבע12 היינו כי שמש ומגן3 הוי״ה אלקים ששם אלקים הוא מגן ונרתק המסתיר על גילוי שם הוי׳ ומזה נמשך מה שעולם כמנהגו נוהג4 שבחי׳ זו נקרא הטבע.
Or, Elokim a pour valeur numérique hateva (« la nature »). C’est-à-dire : « Car Havaya Elokim est un soleil et un bouclier » : le Nom Elokim est un bouclier et un fourreau qui dissimule la révélation du Nom Havaya ; de là vient que « le monde suit son cours », et ce niveau est appelé la nature.
Le Nom Elokim a la valeur numérique de hateva, « la nature » (86). Dans « Car Havaya Elokim est un soleil et un bouclier » (Psalms 84:12), Elokim est le bouclier et le fourreau qui dissimulent la lumière de Havaya, comme un fourreau dissimule le soleil ; de là vient que « le monde suit son cours », et cela s’appelle la nature.
אף שהוא באמת הכל משם הוי׳ המחדש בטובו בכל יום תמיד מעשה בראשית56 רק שנמשך ע״י מגן ונרתק המכסה ומסתירועיין מענין הטבע בשו״ת [בשאלות ותשובות] ח״צ [חכם צבי] סי׳ י״ח7 קרוב למ״ש.
Bien qu’en vérité, tout provienne du Nom Havaya, « qui, dans Sa bonté, renouvelle chaque jour, continuellement, l’œuvre de la création », cela n’est attiré que par l’intermédiaire d’un bouclier et d’un fourreau qui recouvrent et dissimulent. Voir aussi, au sujet de la nature, les Responsa du Chacham Tzvi, section 18, [qui est] proche de ce qui est écrit [ici].
En vérité, tout provient du Nom Havaya, « qui, dans Sa bonté, renouvelle chaque jour, continuellement, l’œuvre de la création » ; cela ne vient que par l’intermédiaire d’un bouclier et d’un fourreau qui recouvrent et dissimulent. Il renvoie aux Responsa du Chacham Tzvi (section 18) qui, comme le cite la note de Kehot, qualifie la « nature » de terme forgé par des savants tardifs, puisque tout vient de D.ieu.
לכן ע״י שהאדם הוא עוסק בעבודת הש״י [השם יתברך] יותר מטבעו ומשנה טבעו נקרא עובד אלקים היינו שלא יהיה הסתר הנרתק
C’est pourquoi, lorsqu’une personne s’adonne au service de D.ieu, béni soit-Il, au-delà de sa nature et qu’elle transforme sa nature, elle est appelée « serviteur d’Elokim » ; autrement dit, afin que le fourreau ne dissimule plus ;
Ainsi, lorsqu’une personne sert D.ieu au-delà de sa nature et transforme celle-ci, elle est appelée « serviteur d’Elokim » : par son service, le fourreau de la nature ne dissimule plus.
לכן עי״ז זוכה למ״ש אח״כ וזרחה לכם יראי שמי8 שמש צדקה ומרפא9 שהוא ענין מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] הקב״ה מוציא חמה מנרתקה10 (בפ״ק [בפרק קמא] דע״ז דף ד׳ ע״א).11
c’est pourquoi, grâce à cela, elle mérite ce qui est écrit ensuite : « Et pour vous qui craignez Mon Nom, se lèvera un soleil de justice, avec la guérison », ce qui correspond à l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « Le Saint béni soit-Il fait sortir le soleil de son fourreau » (au premier chapitre d’Avodah Zarah, folio 4a).
Grâce à cela, elle mérite ce que dit ensuite le verset : « Mais pour vous qui craignez Mon Nom, se lèvera un soleil de justice, avec la guérison » (Malachi 3:20). Cela correspond à l’enseignement des Sages : « Le Saint béni soit-Il fait sortir le soleil de son fourreau », que la note de Kehot situe dans Avodah Zarah 3b ; là, les justes en sont guéris.
ועיין מזה ברבות ויצא12 פע״ח ובפ׳ בא פט״ו [פרק ט״ו / פרשה ט״ו]13 משפטים פל״א (דקמ״ט ע״א). ובזח״א [ובזהר חלק א] מקץ (דר״ג ע״ב) ובפרשה אמרו (דפ״ח ע״א).
Voir aussi à ce sujet Midrash Rabbah, Vayetzei, section 78 ; Parshas Bo, section 15 ; Mishpatim, section 31 (folio 149a). Et le Zohar, partie I, Mikeitz (folio 203b), ainsi que la paracha Emor (folio 88a).
Il donne d’autres sources sur ce thème : Midrash Rabbah (Bereishis, section 78 ; Shemos, sections 15 et 31) et le Zohar sur Mikeitz (partie I, folio 203b) et sur Emor (partie III, folio 88a).
וזהו ענין אינו דומה שונה פרקו מאה פעמים כו׳ וכמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] שע״י זו האחד היתירה על מאה מהפך טבעו והרגלו14 כו׳.
Voilà le sens de : « Celui qui révise son chapitre cent fois n’est pas comparable », etc. ; et, comme il est écrit dans Sefer Shel Beinonim, c’est par cette fois supplémentaire au-delà de cent qu’il transforme sa nature et son habitude, etc.
Voilà le sens de : « Celui qui révise son chapitre cent fois ». Tanya explique que cette fois supplémentaire au-delà de cent transforme la nature et l’habitude d’une personne.
ועיין במהרש״א [במהרש״א] בח״א [בחידושי אגדות] שם שפי׳ דמספר מאה זהו מגיע עד נר״נ [נפש רוח נשמה] שהם בסוד יחידות עשירות מאות וזהו ענין מאה ברכות.
Voir aussi le Maharsha, dans Chiddushei Aggados, à cet endroit : il explique que le nombre cent atteint jusqu’à nefesh, roua’h et nechama, qui correspondent aux unités, dizaines et centaines ; voilà le sens des cent bénédictions.
Le Maharsha, dans son commentaire sur l’Aggadah à cet endroit, explique que le nombre cent atteint jusqu’à nefesh, roua’h et nechama, qui correspondent aux unités, dizaines et centaines. Voilà le sens des cent bénédictions récitées chaque jour.
אבל השונה פעם אחת יותר מזה הוא חלק אלוה ממעל15 כו׳ ע״ש. ובשל״ה [ובשני לוחות הברית]16 במסכת שבועות שלו (דקפ״ב ע״א) כ׳ [כתב]
Mais celui qui révise une fois de plus que cela est « une part de D.ieu d’en haut », etc. ; voir là-bas. Et le Shelah, dans son traité Shavuos (folio 182a), écrit :
Celui qui révise une fois de plus atteint la racine de l’âme, « une part de D.ieu d’en haut » (Job 31:2). Le Shelah, dans la partie de son ouvrage intitulée Maseches Shavuos (folio 182a), établit un lien similaire au sujet de cent et un.
que [dans] « Et la 'Hokhma (sagesse) se trouve meayin », meayin est le nombre cent un, etc. Or, le sens de meayin est connu : c’est le niveau qui est au-dessus de la 'Hokhma.
Il écrit que dans « Et la 'Hokhma se trouve meayin » (Job 28:12), meayin (מאין) a pour valeur numérique cent un. Comme on le sait, ayin (« néant ») est le niveau au-dessus de la 'Hokhma.
וזהו הנמשך ע״י שעובד אלקים ומשנה טבעו שהוא ביטול היש ומשנה מבחינת יש לאין ועי״ז ממשיך מבחי׳ אין תמצא.
Et c’est ce qui est attiré par le service d’Elokim et le changement de sa nature : l’annulation de soi (bitoul) du yesh (« quelque chose »), le passage du niveau de yesh à celui d’ayin (« néant »). Par cela, il attire du niveau de « d’ayin sera trouvée ».
C’est ce que l’on attire en servant Elokim et en changeant sa nature : l’annulation du yesh, le passage de « quelque chose » à « néant ». Ainsi, on attire du niveau de « d’ayin sera trouvée ».
והנה ארז״פ [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] פ״ק [פרק קמא] דקדושין19 (ד״ל ע״ב) ע״פ ושמתם סם תם נמשלה התורה לסם חיים.20 ועזח״ג [ועיין זהר חלק ג׳] ר״פ חקת (דקע״ט סע״ב [סוף עמוד ב]) מענין סמא דחיי.2122
Or, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit au premier chapitre de Kiddushin (folio 30b), à propos du verset « Et vous placerez (vesamtem) » : sam tam (« un élixir parfait »), « la Torah est comparée à un élixir de vie (sam chayim) ». Voir aussi le Zohar, partie III, au début de la Paracha ‘Houkat (folio 179, fin du côté b), au sujet de « l’élixir de vie » (samma dechayei).
Les Sages (Kiddushin 30b) lisent « et vous placerez (vesamtem) » comme sam tam, « un élixir parfait » : la Torah est comparée à un élixir de vie. L’Admour Hazakène cite aussi le Zohar au début de ‘Houkat (partie III, folio 179b), au sujet de « l’élixir de vie » (samma dechayei).
וה״ע [וזהו ענין] רפואה כמ״ש ולכל בשרו מרפא.23 והנה בזח״ ב תרומה (קכ״ז ע״ב) סמ״ך מ״ם כו׳ רזא דאינון מאה ברכאן24 כו׳
Et c’est là le sujet de la guérison, comme il est écrit : « et la guérison pour toute sa chair ». Or, dans le Zohar, partie II, Terouma (127b) : « samekh, mem », etc., « le mystère des cent bénédictions », etc. ;
Un élixir apporte la guérison, comme dans « et la guérison pour toute sa chair » (Proverbes 4:22). Le Zohar sur Terouma (partie II, folio 127b) parle des lettres samekh et mem comme du « mystère des cent bénédictions » : samekh (60) et mem (40) font cent.
ובמק״מ [ובמקדש מלך] ובהרמ״ז [ובהרב משה זכות] שם דבחי׳ מ״ם זהו תבונה ובחינת סמ״ך זהו בינה עילאה25 המקבלת מששה ספירות ראשונות דחכמה כו׳ והוא ב׳ בחינות דעולם הנשמות דהיינו ג״ע [גן עדן] ועולם התחייה.
et dans le Mikdash Melekh et le Ramaz, au même endroit, il est expliqué que le niveau de mem est Tevouna, et que le niveau de samekh est la Bina supérieure, qui reçoit des six premières Séfirot de la 'Hokhma, etc. ; ce sont les deux niveaux du Monde des Âmes, à savoir le Gan Eden et le Monde de la Résurrection.
Le Mikdash Melekh et le Ramaz expliquent au même endroit que mem est Tevouna et que samekh est la Bina supérieure, qui reçoit des six premières Séfirot de la 'Hokhma. Ce sont les deux niveaux du Monde des Âmes : le Gan Eden et le Monde de la Résurrection.
ואפ״ל [ואפשר לומר] שזהו ענין מ״ס [מוחא סתימאה] וסמ״ך שבלולות בנס היו עומדים כו׳ וזהו ענין סם חיים בחי׳ הנ״ל דמאה ברכות שהם סמ״ך ומ״ם כו׳
Et l’on peut dire que c’est le sens du mem fermé (mem setouma) et du samekh des Tables, qui « tenaient par miracle », etc. Et c’est là le sens de sam chayim : le niveau mentionné plus haut des cent bénédictions, qui sont samekh et mem, etc.
Il suggère que c’est là le sens du mem final et du samekh des Tables, qui « tenaient par miracle » (Chabbat 104a). C’est sam chayim, « l’élixir de vie » : les cent bénédictions, samekh et mem, qui forment le mot sam.
ומבואר במ״א ע״פ מאמר הזח״א [הזהר חלק א] פ׳ חיי (קכ״ג26 א׳) בענין חיי שרה מאה שנה2728 ששרש מאה ברכות הוא המשכות מבחי׳ א״א דהיינו מבחי׳ סוכ״ע.
Et il est expliqué ailleurs, à propos du passage du Zohar, partie I, Paracha ‘Hayé Sarah (123a), sur le sujet de « La vie de Sarah fut de cent ans », que la racine des cent bénédictions est un influx attiré du niveau d’Arikh Anpin, c’est-à-dire du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin).
Il est expliqué ailleurs, à propos du passage du Zohar sur « La vie de Sarah fut de cent ans » (partie I, folio 123a), que la racine des cent bénédictions est un influx attiré d’Arikh Anpin, la lumière qui entoure tous les mondes.
אך ע״י שעובד אלקים ומשנה טבעו להיות שונה פרקו מאה פעמים ואחד ממשיך עוד מבחי׳ שלמעלה מבחי׳ סוכ״ע שהוא בחי׳ חד ולא בחושבן2930 כו׳ וכנ״ל בענין הקדוש הראשון ועמ״ש ע״פ ואתה מרבבות קדש.3132
Mais par le service d’Elokim et le changement de sa nature, en révisant son chapitre cent une fois, il attire davantage du niveau qui est au-dessus de celui de la lumière qui entoure tous les mondes, lequel est le niveau de « Un, mais non par le nombre », etc., comme mentionné plus haut à propos du premier « Saint ». Voir aussi ce qui est écrit à propos du verset « Et Il vint des saintes myriades ».
Mais celui qui sert Elokim et change sa nature en révisant son chapitre cent une fois attire davantage encore, du niveau au-dessus de la lumière qui entoure tous les mondes : « Un, mais non par le nombre », le niveau du premier « Saint ». Il renvoie au maamar « Et Il vint des saintes myriades ».
Le paragraphe explique que « servir Elokim », c’est transformer sa nature, puisque Elokim — dont la valeur numérique est hateva, la nature — est le fourreau qui dissimule Havaya. Cent révisions, comme les cent bénédictions (samech-mem, sam chayim), atteignent la lumière environnante ; mais la cent unième, me’ayin (101), puise à ce qui se trouve au-delà : « Un, mais non selon le nombre ».
La note de Kehot rassemble des développements ultérieurs de la ‘Hassidout ‘Habad sur l’idée du Chacham Tzvi : tout est miracle, mais des miracles constants ; dans Or HaTorah, la nature est comparée à un dé qui frappe les pièces de monnaie (matbe’a), tandis que c’est D.ieu qui agit par son intermédiaire ; et ces miracles constants ont été établis ainsi depuis toujours, d’où leur nom : « le cours habituel du monde ».
Maré mekomot
- 1אלקים גימטריא הטבע · פרדס שי״ב, פ״ב. ובשל״ה ש׳ האותיות אות קדושה בהגהה ד״ה והנה מוסיף על הראשונות (פט, א) משמע קצת שכן הוא בזהר. ר״ח ש׳ האהבה (ספ״א [ד״ה וכדי]). ש׳ התשובה (פ״ו [ד״ה והמרגיל]). ובכ״ד. וע׳ תשו׳ חכם צבי (יח). ובשל״ה הק׳ תושב״כ ר״פ וארא בנר מצוה [שח, ב]. וע׳ בסש״ב ח״ב (רפ״ו). [כ].
- 2אלקים גימטריא הטבע · Pardes Rimmonim 12:2–3
- 3כי שמש ומגן הוי׳ אלקים · Psalms 84:12
- 4עולם כמנהגו נוהג · Avodah Zarah 54b:14–15
- 5המחדש בטובו בכל יום תמיד מעשה בראשית · ברכת יוצר.
- 6המחדש בטובו בכל יום תמיד מעשה בראשית · Siddur Ashkenaz, Weekday, Shacharit, Blessings of the Shema, First Blessing before Shema 8
- 7ועיין מענין הטבע בשו״ת ח״צ סי׳ י״ח · הלשון נעתק באוה״ת נ״ך כרך ב ע׳ תתקעז. ”לשון טבע בתשו׳ ח״צ כ׳ שהוא שם מחודש מחכמים האחרונים, דבאמת אינו שייך ענין הטבע כלל דהלא הכל הוא מאתו ית׳ וכמ״ש המכסה שמים בעבים המכין לארץ מטר המצמיח כו׳, ומה שייך לומר טבע דהכל הוא מאתו ית׳. ואו׳ שהכל הוא ניסים רק שהן ניסים תכופים כו׳” — סה״מ תרע״ח ע׳ פח ואילך. וראה ד״ה פתח אלי׳ תשט״ו סעי׳ ה (סה״מ מלוקט ח״ה ע׳ קח). וראה באוה״ת שה״ש כרך א ע׳ שיד-טו שמפרש שזהו כמו דפוס מטבעות בכלי. אבל הקב״ה פועל בהן. וכ״כ ביהל אור ע׳ קנד. ובאוה״ת בראשית כרך ז ע׳ תתשסא ”ואף שהם הכל ניסים תכופים . . אלא שהוסדו להיות כן תמיד ונק׳ מנהגו של עולם”.
- 8וזרחה לכם יראי שמי · Malachi 3:20
- 9וזרחה לכם יראי שמי שמש צדקה ומרפא · Zohar, Emor 1:1–2:6
- 10הקב״ה מוציא חמה מנרתקה · Avodah Zarah 3b:18
- 11(בפ״ק דע״ז דף ד׳ ע״א) · צ״ל ג, סע״ב.
- 12ועיין מזה ברבות ויצא . . ובפ׳ אמור · הלשונות נעתקו באוה״ת נ״ך כרך א ע׳ תקלז.
- 13ובפ׳ בא פט״ו · ראה אוה״ת פ׳ ראה ע׳ תשעב.
- 14שע״י זו האחד היתירה על מאה מהפך טבעו והרגלו · Tanya, Likkutei Amarim 15:10
- 15חלק אלוה ממעל · Job 31:2
- 16ועיין במהרש״א בח״א . . ובשל״ה · ראה הלשון באוה״ת נ״ך כרך א ע׳ תקלב.
- 17החכמה מאין תמצא · Job 28:12
- 18והנה פי׳ מאין · ראה אוה״ת פ׳ האזינו ע׳ א׳תרנב.
- 19ארז״ל פ״ק דקדושין · נתבאר באוה״ת פ׳ עקב ע׳ תריח.
- 20ושמתם סם תם נמשלה התורה לסם חיים · Kiddushin 30b:3
- 21ועזח״ג ר״פ חקת . . סמא דחיי · נתבאר באוה״ת פ׳ עקב ע׳ תריח.
- 22סמא דחיי · Zohar, Chukat 1:1–2:4
- 23ולכל בשרו מרפא · Proverbs 4:22
- 24סמ״ך מ״ם כו׳ רזא דאינון מאה ברכאן · Zohar, Terumah 4:23–5:30
- 25ובהרמ״ז שם דבחי׳ מ״ם זהו תבונה ובחינת סמ״ך זהו בינה עילאה · בארוכה בד״ה ואלה המשפטים תקס״ב. אוה״ת פ׳ עקב ע׳ תריט. פ׳ כי תצא ע׳ תתקנד. וראה גם סה״מ תרנ״ז ע׳ קסו. וד״ה שיר המעלות ממעמקים תרס״ד. ד״ה העושה סוכתו תרע״ד.
- 26ע״פ מאמר הזח״א פ׳ חיי קכ״ג א׳ · ראה ביאוה״ז להצ״צ כרך א ובאוה״ת פ׳ בראשית כרך א פ׳ חיי שרה. וראה אוה״ת פ׳ עקב ס״ע תריט.
- 27חיי שרה מאה שנה · Genesis 23:1
- 28חיי שרה מאה שנה · Zohar, Chayei Sara 5:23–6:28
- 29חד ולא בחושבן · ת״ז בהקדמה (פתח אלי׳).
- 30חד ולא בחושבן · Tikkunei Zohar 17a:9–11
- 31ואתה מרבבות קדש · Deuteronomy 33:2
- 32מ״ם וסמ״ך שבלוחות בנס היו עומדים · Shabbat 104a:1
25ואפשר שזהו פי׳ סם חיים. וזהו ואותו תעבודו פי׳ ואותו ע״ד אות היא ברבבה שלו1 שהוא בחי׳ חד ולא בחושבן.2
Et peut-être est-ce là le sens de sam chayim (élixir de vie). Et c’est là « et Lui (ve’oto), vous servirez » : ve’oto s’entend comme dans « Il est un signe (ot) parmi Ses myriades », ce qui correspond au niveau de « Un, mais non pas en nombre »,
Peut-être est-ce là le sens de sam chayim. Et c’est là « et Lui (ve’oto), vous servirez » : ve’oto est à rapprocher de l’expression des Sages « Il est un signe (ot) parmi Ses myriades » (Chagigah 16a), qui correspond au niveau de « Un, mais non pas en nombre ».
והיינו על ידי תעבודו בבחי׳ עובד אלקים. ועמ״ש בפ׳ ויצא בד״ה ושבתי בשלום3 כו׳ והיה הוי״ה לי לאלקים.
et cela s’accomplit par « vous servirez », au niveau de « celui qui sert Elokim ». Voir aussi ce qui est écrit dans la paracha de Vayétsé, dans le maamar commençant par « Et je reviendrai en paix… », « alors Havaya sera Elokim pour moi ».
On accède à ce niveau par « vous servirez », en étant « celui qui sert Elokim ». Il renvoie à son maamar sur la paracha de Vayétsé, « Et je reviendrai en paix… alors Havaya sera Elokim pour moi » (Genesis 28:21).
Ce paragraphe interprète ve’oto, dans « et Lui, vous servirez », comme ot, le signe de D.ieu parmi Ses myriades, au niveau de « Un, mais non pas en nombre ». On y accède en servant Elokim et en transformant sa nature.
Maré mekomot
- 1אות הוא ברבבה שלו · Chagigah 16a
- 2חד ולא בחושבן · Tikkunei Zohar 17a:9–11
- 3ושבתי בשלום · Genesis 28:21
Le Nom, le cinquième degré et le Chema ¶26–29
26ועפ״ז [ועל פי זה] י״ל [יש לומר] שזהו ההפרש בין בחי׳ ואותו תעבודו לבחי׳ ד׳ מדרגות הראשונות כי ד׳ בחי׳ תלכו תיראו תשמרו תשמעו י״ל [יש לומר] שהן נגד ד׳ אותיות הוי״ה. כי תלכו תיראו זהו רצוא ושוב שהוא בחי׳ י״ה שהן אהוי״ר [אהבה ויראה].
Et selon cela, on peut dire que telle est la différence entre le niveau de « et Lui, vous servirez » et celui des quatre premiers niveaux. En effet, on peut dire que les quatre niveaux — « vous marcherez », « vous craindrez », « vous garderez », « vous écouterez » — correspondent aux quatre lettres du [Nom] Havaya. Car « vous marcherez » et « vous craindrez » relèvent de l’élan et du retour (ratso vachov), qui sont le niveau de youd-hé, c’est-à-dire l’amour et la crainte.
Cela explique la différence entre « et Lui, vous servirez » et les quatre premiers niveaux : « vous marcherez, vous craindrez, vous garderez, vous écouterez » correspondent aux quatre lettres du Nom Havaya. « Vous marcherez » et « vous craindrez » relèvent de l’élan et du retour (ratso vachov), les lettres youd et hé, qui sont l’amour et la crainte.
Ce paragraphe met en correspondance les quatre premières injonctions du verset avec les quatre lettres de Havaya, en commençant par youd-hé, qui représentent l’amour et la crainte de l’élan et du retour, afin de préparer l’idée que la cinquième injonction, « et Lui, vous servirez », se situe au-dessus du Nom.
Et ensuite, « vous garderez » [et] « vous écouterez », la Torah et les mitsvot, relèvent du vav-hé, comme il est écrit à propos du verset : « Et tous tes enfants seront enseignés par Havaya. » Et cela correspond au niveau
Ensuite, « vous garderez » et « vous écouterez », les mitsvot et la Torah, correspondent au vav et au hé du Nom, comme il est expliqué à propos de « Et tous tes enfants seront enseignés par Havaya » (Isaïe 54:13). Ces quatre niveaux relèvent ensemble du juste parfait dont parle le verset de Malachie.
ומדרגת ושבתם וראיתם בין צדיק לרשע2 שעל זה נאמר וזרחה לכם יראי שמי שמש צדקה3 כו׳ גילוי שמש הוי׳. שלא יהיה מסתיר הנרתק ומגן כו׳.
et au degré de « Alors vous reviendrez et vous discernerez entre le juste et le méchant », à propos duquel il est dit : « Et pour vous qui craignez Mon Nom, se lèvera un soleil de justice », etc. : la révélation du « soleil » de Havaya, de sorte que l’écran et le bouclier ne le dissimulent pas, etc.
Il s’agit du niveau de « Alors vous reviendrez et vous discernerez entre le juste et le méchant » (Malachie 3:18), suivi de « Mais pour vous qui craignez Mon Nom, se lèvera un soleil de justice » (Malachie 3:20) : le « soleil » de Havaya se révèle, et l’écran et le bouclier d’Elokim ne le dissimulent plus.
אך בחי׳ ואותו תעבודו שזהו למעלה מבחי׳ צדיק כנ״ל זהו כענין עד יעבור עמך4 הוי׳ למעלה מבחי׳ שם הוי׳ ואפשר שע״ז רומז קוצו של יו״ד דשם הוי׳ וע״ש בד״ה ולא אבה5 בפ׳ כי תצא.
Mais le niveau de « et c’est Lui que vous servirez », qui est au-dessus du niveau du juste, comme indiqué plus haut, est analogue à « Jusqu’à ce que passe Ton peuple, Havaya » : au-dessus du niveau du Nom Havaya. Peut-être cela est-il suggéré par la pointe du youd du Nom Havaya. Voir à ce sujet, à la fin du discours commençant par « Mais [il] ne voulut pas », dans la paracha Ki Tétsé,
Mais « et c’est Lui que vous servirez », qui est au-dessus du niveau du juste, est analogue à « jusqu’à ce que passe Ton peuple, Havaya » (Exode 15:16), compris comme un passage au-delà du niveau du Nom Havaya. Cela est peut-être suggéré par la pointe du youd du Nom ; il renvoie au discours « Mais [il] ne voulut pas », dans la paracha Ki Tétsé.
וסד״ה קדש ישראל67 בעניין ד׳ הידות כו׳ והחמישית כו׳. וזהו הבחי׳ החמישית ואותו תעבודו ועי״ז ובו תדבקון כו׳
et à la fin du discours commençant par « Israël est saint », à propos des quatre parts, etc., et de la cinquième, etc. Voilà le cinquième niveau, « et c’est Lui que vous servirez », et par cela, « et c’est à Lui que vous vous attacherez », etc.
Il renvoie aussi à la fin du discours « Israël est saint », à propos des quatre parts et de la cinquième. Il s’agit du cinquième niveau, « et c’est Lui que vous servirez », qui conduit à « et c’est à Lui que vous vous attacherez ».
והוא בחי׳ פנימית הכתר ע״ד שפי׳ בזח״ג [בזהר חלק ג] פ׳ אחרי (דס״ו ע״ב)8 בענין בי נשבעתי91011 ובפ׳ נשא (דק״ל ע״א)
C’est le niveau de la dimension intérieure (pnimiyout) de Kéter (la Couronne), conformément à l’explication du Zohar, partie III, paracha A’haré (folio 66b), à propos de « Par Moi-même, J’ai juré », et dans la paracha Nasso (folio 130a).
Ce cinquième niveau est la dimension intérieure de Kéter, comme l’explique le Zohar à propos de « Par Moi-même, J’ai juré » (Genèse 22:16), dans A’haré (partie III, folio 66b) et dans l’Idra de Nasso (folio 130a).
וע׳ בע״ח [בעץ חיים] שמ״א פ״ג [פרק ג׳] שיש ה׳ בחי׳ נרנח״י [נפש רוח נשמה חיה יחידה] ובתוך הבחינה החמשית שהוא יחידה מלובש הבחי׳ תחתונה דאור א״ס12 כו׳ וזהו ענין הב׳ כתרים כו׳
Voir Etz ‘Haïm, portail 41, chapitre 3 : il existe cinq niveaux, néfech, roua’h, nechama, ‘haya et ye’hida ; et, à l’intérieur du cinquième niveau, qui est ye’hida, est revêtu le niveau inférieur de la Lumière infinie (Or Ein Sof), etc. Voilà ce que désignent les deux couronnes, etc.,
Etz ‘Haïm enseigne que l’âme comporte cinq niveaux : néfech, roua’h, nechama, ‘haya et ye’hida ; et que, dans le cinquième, ye’hida, est revêtu le niveau inférieur de la Lumière infinie. Cela correspond aux deux couronnes, les deux niveaux de Kéter décrits plus haut.
כנ״ל ועי״ז והיה הוי׳ לי לאלקים13 שמה שעתה הוא שם הוי׳ יהיה בחינת אלקים לגבי גילוי זה והיינו ע״י שהוא בבחי׳ עבד עובד אלקים
comme indiqué plus haut. Par cela, « Havaya sera pour moi Elokim » : ce qui est maintenant le Nom Havaya sera le niveau d’Elokim par rapport à cette révélation. Cela vient de ce qu’il est au niveau d’un serviteur, « celui qui sert Elokim » ;
Il en résulte : « Alors Havaya sera pour moi Elokim » (Genèse 28:21) : ce qui est maintenant le Nom Havaya sera comme Elokim, un simple voile, en comparaison de cette révélation. Cela vient de ce que l’on est un serviteur, « celui qui sert Elokim ».
והיינו שעבודתו הוא שיהיה בחי׳ והיה הוי׳ לי לאלקים כו׳ ואפ״ל [ואפשר לומר] שזהו פי׳ המדרש תלים שהביא הבחיי פ׳ בשלח ע״פ עזי וזמרת14 יה
c’est-à-dire que son service consiste à faire advenir le niveau de « Havaya sera pour moi Elokim », etc. On peut dire que telle est l’explication du Midrash Tehillim cité par Rabbénou Ba’hya dans la paracha Béchala’h, à propos du verset « Ma force et mon chant, c’est Yah » :
Son service consiste à faire advenir « Havaya sera pour moi Elokim ». L’Admour Hazaken suggère que cela explique le Midrash Tehillim cité par Rabbénou Ba’hya dans Béchala’h à propos de « Ma force et mon chant, c’est Yah » (Exode 15:2).
אבל לעוה״ב [לעולם הבא] בשש אותיות שנאמר כי ביה15 הוי׳ צור עולמים16 כו׳ (ועיין זח״ב [זהר חלק ב׳] תרומה קס״ה ב׳)
« Mais dans le Monde à venir, avec six lettres, comme il est dit : “Car en Yah, Havaya, est le Rocher des mondes” », etc. (Voir aussi le Zohar, Part II, Terouma, 165b.)
Ce Midrach dit que, dans le Monde à venir, D.ieu sera loué au moyen de six lettres, comme il est dit : « Car en Yah, Havaya, est le Rocher des mondes » (Isaïe 26:4) : Yah compte deux lettres et Havaya, quatre. Il renvoie au Zohar sur Terouma (Part II, folio 165b).
והיינו ע״י ששה מדרגות שפרט כאן תלכו תיראו תשמרו תשמעו תעבודו תדבקון והש״ך [והשפתי כהן] כאן פי׳ ששה דברים שבפסוק זה תלכו עד תדבקון הם כנגד ששה תיבות שבפסוק שמע ישראל.1718
Cela se réalise par les six niveaux énumérés ici : « vous marcherez », « vous craindrez », « vous observerez », « vous écouterez », « vous servirez », « vous vous attacherez ». Le Chakh (Siftei Kohen) explique ici que les six éléments de ce verset, de « vous marcherez » à « vous vous attacherez », correspondent aux six mots du verset « Écoute, Israël ».
Les six lettres viennent par les six niveaux énumérés dans notre verset : marcher, craindre, observer, écouter, servir et s’attacher. Le Chakh (Siftei Kohen), commentant ce verset, dit que ces six éléments correspondent aux six mots de « Écoute, Israël, Havaya est notre D.ieu, Havaya est Un ».
ועיין בפע״ח [בפרי עץ חיים] שער ק״ש [קריאת שמע] שעהמ״ט [שעל המטה] ר״פ י״א בענין רומח19 ואפשר לכוון הששה תיבות דפסוק שמע עם ששה בחינות הנ״ל.
Voir aussi Pri Etz Chaim, Sha’ar Krias Shema She’al HaMitah (la porte du Chema du coucher), début du chapitre 11, à propos du romach (« la lance »). Il est possible de faire correspondre les six mots du verset Chema aux six niveaux mentionnés ci-dessus.
Il renvoie à Pri Etz Chaim, la porte du Chema du coucher, chapitre 11, à propos du romach (« la lance »), les 248 mots du Chema et ses six premiers mots. Il suggère que les six mots du Chema peuvent être mis en correspondance avec les six niveaux de notre verset.
כי שמע היינו שם ע׳ [עיין] וכמש״ל [וכמה שכתוב לעיל] בפ׳ ואתחנן בד״ה שמע ישראל ע״ש וא״כ זהו בחי׳ ומדרגת אחרי ה׳ אלקיכם
Car Chema signifie chem ayin (le Nom de soixante-dix), comme il est écrit plus haut, dans la paracha Vaet'hanan, dans le discours commençant par « Écoute, Israël » ; voir là-bas. Si tel est le cas, cela correspond au niveau et au degré de « Après Havaya votre D.ieu
Le mot Chema (שמע) signifie chem ayin, « le Nom de soixante-dix », comme il est expliqué plus haut, dans Vaet'hanan, dans le discours « Écoute, Israël ». Le mot Chema correspond donc à « Après Havaya votre D.ieu vous marcherez ».
תלכו ותיבת ישראל זהו ענין ואותו תיראו כמ״ש ברבות פ׳ ויחי פצ״ח שמעו אל ישראל20 שבשמים אביכם21 וכן איתא בפרקי דר״א [דרבי אליעזר] שהקב״ה נקרא ישראל.
vous marcherez ». Et le mot « Israël » correspond à « et Lui, vous le craindrez », comme il est écrit dans Midrash Rabbah, paracha Vayé'hi, section 98 : « Écoutez Israël, votre Père céleste » ; et l’on trouve de même dans Pirkei deRabbi Eliezer que le Saint béni soit-Il est appelé Israël.
Le mot « Israël » correspond à « et Lui, vous le craindrez ». Le Midrash Rabbah sur Vayé'hi interprète « Écoutez Israël, votre père » comme désignant Israël dans les cieux ; et Pirkei deRabbi Eliezer dit que le Saint béni soit-Il est appelé Israël.
Le paragraphe rattache les quatre premiers niveaux du verset aux quatre lettres de Havaya et au service du juste parfait ; le cinquième, « et c’est Lui que vous servirez », se situe au-dessus du Nom, dans la dimension intérieure de Kéter et dans la ye’hida de l’âme, par laquelle « Havaya sera pour moi Elokim ». Il commence ensuite à mettre en correspondance les six commandements du verset et les six mots du Chéma.
L’Idra (Zohar 3:130a) dit que le Nom de l’Ancien est caché à tous et n’est explicitement mentionné dans la Torah qu’en un seul endroit, lorsque D.ieu jura à Avraham : « Par Moi-même, J’ai juré. » C’est pourquoi l’Admour Hazaken le cite à propos de la dimension intérieure de Kéter, que l’on atteint par « et c’est Lui que vous servirez ».
Maré mekomot
- 1וכל בניך למודי הוי״ה · Isaiah 54:13
- 2ושבתם וראיתם בין צדיק לרשע · Malachi 3:18
- 3וזרחה לכם יראי שמי שמש צדקה · Malachi 3:20
- 4עד יעבור עמך ה׳ · Exodus 15:16
- 5ולא אבה · Deuteronomy 23:6
- 6סד״ה קדש ישראל · לעיל פ׳ פנחס פ, ד.
- 7קדש ישראל · Jeremiah 2:3
- 8בזח״ג פ׳ אחרי (דס״ו ע״ב) ובפ׳ נשא (דק״ל ע״א) · בפי׳ בי נשבעתי, ראה אוה״ת פ׳ בלק ע׳ א׳כג ופ׳ תבוא ע׳ תתרעז.
- 9בי נשבעתי · Genesis 22:16
- 10בזח״ג פ׳ אחרי (דס״ו ע״ב) בענין בי נשבעתי · Zohar, Achrei Mot 29:182–31:193
- 11בי נשבעתי · Zohar, Idra Rabba 8:50–9:63
- 12שיש ה׳ בחי׳ נרנח״י ובתוך הבחינה החמשית שהוא יחידה מלובש הבחי׳ תחתונה דאור א״ס · Sefer Etz Chaim 42:3
- 13והי׳ ה׳ לי לאלקים · Genesis 28:21
- 14עזי וזמרת יה · Exodus 15:2
- 15כי ביה הוי׳ צור עולמים · Zohar, Terumah 73:716–725
- 16בי״ה ה׳ צור עולמים · Isaiah 26:4
- 17והש״ך כאן פי׳ ששה דברים . . שמע ישראל · ראה אוה״ת כאן ע׳ תרפד. וראה גם סה״מ תרל״ו ח״ב ע׳ שמב. שנג.
- 18שמע ישראל · Deuteronomy 6:4
- 19
- 20שמעו אל ישראל · Genesis 49:2
- 21שמעו אל ישראל שבשמים אביכם · Bereshit Rabbah 98:3
28והיינו בחי׳ כי שרית עם אליקם1 שמשתרר ומושל על שם אלקים. ואח״כ תיבות הוי׳ אלקינו זהו ענין ההמשכה שע״י תורה ומצות.
Et c’est le niveau de « Car tu as lutté avec Elokim » : celui qui exerce sa domination et son pouvoir sur le Nom Elokim. Puis, les mots « Havaya, notre D.ieu » désignent l’effusion qui s’opère par la Torah et les mitsvot.
« Israël » signifie « car tu as lutté avec Elokim » (Genèse 32:29) : celui qui exerce sa domination sur le Nom Elokim, le voile de la nature. Ensuite, les mots « Havaya, notre D.ieu » désignent l’effusion qui s’opère par la Torah et les mitsvot.
וזהו ענין תשמרו תשמעו. ועמ״ש גבי ציון במשפט תפדה2 בענין שבחי ירושלים את3 הוי׳ הללי אלקיך ציון בד״ה ברבות פ׳ עקב.4 .
Et c’est là le sens de « vous garderez » [et] « vous écouterez ». Voyez aussi ce qui est écrit au sujet de « Sion sera rachetée par la justice », à propos de « Loue Havaya, Jérusalem ; loue ton D.ieu, Sion », dans le discours qui commence par « Dans le Midrach Rabba, paracha Ekev ».
Il s’agit de « vous garderez » et « vous écouterez ». Il renvoie à son développement sur « Sion sera rachetée par la justice » (Isaïe 1:27) et sur « Loue Havaya, Jérusalem ; loue ton D.ieu, Sion » (Psaumes 147:12), dans le discours qui commence par « Dans le Midrach Rabba, paracha Ekev ».
Le paragraphe poursuit le rapprochement entre le Chema et le verset : « Israël », celui qui l’emporte sur Elokim, correspond à « et tu Le craindras » ; et « Havaya, notre D.ieu », l’effusion qui s’opère par la Torah et les mitsvot, correspond à « vous garderez » et « vous écouterez ».
Maré mekomot
- 1כי שרית עם אלקים · Genesis 32:29
- 2ציון במשפט תפדה · Isaiah 1:27
- 3שבחי ירושלים את הוי׳ הללי אלקיך ציון · Psalms 147:12
- 4בד״ה ברבות פ׳ עקב · לעיל פ׳ דברים.
29ואח״כ הוי׳ אחד זהו ענין ואותו תעבודו כו׳ כי הנה מבואר בביאור ע״פ חקת התורה בענין ב׳ שמות הוי׳ בפסוק אחד שהשם הא׳ באצילות יו״ד חכמה ה׳ בינה כו׳
Et ensuite, « Havaya est Un » correspond à « et c’est Lui que vous servirez », etc. Car il est expliqué dans le commentaire sur le verset « La loi de la Torah », au sujet des deux Noms Havaya dans un même verset, que le premier Nom est dans le Monde d’Atsilout (Émanation) : le youd correspond à 'Hokhma (sagesse), le hé à Bina (compréhension), etc. ;
Alors, « Havaya est Un » correspond à « et c’est Lui que vous servirez ». Comme il est expliqué au sujet de « La loi de la Torah », lorsque le Nom Havaya apparaît deux fois dans un même verset, le premier se situe dans Atsilout, le youd correspondant à 'Hokhma, le hé à Bina, et ainsi de suite.
והשם השני הוא למעלה מאצילות ועד״ז י״ל [יש לומר] גם כאן דפי׳ הוי׳ אלקינו היינו המשכת אור א״ס המלובש בע״ס [בעשר ספירות] דרמ״ח פקודין
et le second Nom est au-dessus d’Atsilout. De même, on peut dire ici aussi que le sens de « Havaya notre D.ieu » est l’émanation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), revêtue dans les dix Séfirot, [comme dans] « les 248 commandements
Le second Nom se situe au-dessus d’Atsilout. Il en va donc ainsi ici : « Havaya notre D.ieu » désigne l’émanation de la Lumière infinie, revêtue dans les dix Séfirot par l’intermédiaire des 248 commandements.
אינון רמ״ח אברים דמלכא1 ואח״כ בחי׳ הוי׳ אחד בחינה שלמעלה מאצילות אנת הוא חד ולא בחושבן2 כו׳ וזהו ע״י ואותו תעבודו ובו תדבקון לשנות טבעו
qui sont les 248 membres du Roi ». Et ensuite, le niveau de « Havaya est Un » est un niveau au-dessus d’Atsilout : « Tu es Un, mais non dans le nombre », etc. Cela s’accomplit par « et c’est Lui que vous servirez » et « à Lui vous vous attacherez », en transformant sa propre nature.
Ces commandements sont « les 248 membres du Roi ». Puis, « Havaya est Un » désigne un niveau au-dessus d’Atsilout : « Tu es Un, mais non dans le nombre ». On y accède par « et c’est Lui que vous servirez » et « à Lui vous vous attacherez », c’est-à-dire en transformant sa propre nature.
וזהו ענין למס״נ [למסירות נפש] באחד3 וברבות פ׳ ואתחנן אמרו דפסוק שמע ישראל הוא קבלת השני דברות אנכי ולא יהיה לך ששמעו מפי הקב״ה והיינו
C’est là le sens du sacrifice de soi (messirout néfech) dans [le mot] « Un ». Dans le Midrach Rabba, section Vaet’hanan, il est dit que le verset « Écoute, Israël » correspond à l’acceptation des deux paroles « Je suis » et « Tu n’auras pas », qu’ils entendirent de la bouche du Saint béni soit-Il. C’est-à-dire que
C’est pourquoi on donne sa vie (messirout néfech) au moment de prononcer le mot « Un ». Le Midrach Rabba sur Vaet’hanan enseigne que le Chema correspond à l’acceptation des deux premiers Commandements, « Je suis » et « Tu n’auras pas », qu’Israël entendit de D.ieu Lui-même.
כי הוי׳ אלהינו הוא קבלת הדבור אנכי הוי׳ אלקיך והוי׳ אחד הוא קבלת דבור ולא יהיה לך וכ״ה בשל״ה [בשני לוחות הברית] במסכת תמיד שלו (דרנ״ב סע״ב [סוף עמוד ב]) בשם הרמב״ן [הרבי משה בן נחמן] שהובא ברד״א [באבודרהם] גבי ק״ש [קריאת שמע]
« Havaya notre D.ieu » est l’acceptation de la parole « Je suis Havaya, ton D.ieu », et « Havaya est Un » est l’acceptation de la parole « Tu n’auras pas ». Il en est de même dans le Chéla, dans son traité Tamid (folio 252, fin du côté b), au nom du Ramban, cité dans l’Aboudraham à propos de la récitation du Chema.
« Havaya notre D.ieu » est l’acceptation de « Je suis Havaya, ton D.ieu », et « Havaya est Un », celle de « Tu n’auras pas [d’autres dieux] ». C’est ce qu’écrit le Chéla dans son traité Tamid (folio 252b) au nom du Ramban, comme le rapporte l’Aboudraham à propos du Chema.
והנה דבור אנכי כולל כל רמ״ח מ״ע [מצות עשה] ודבור לא4 יהיה לך כולל כל שס״ה ל״ת [לא תעשה].
Or, la parole « Je suis » comprend les 248 commandements positifs, et la parole « Tu n’auras pas » comprend les 365 interdictions.
Le Commandement « Je suis » comprend les 248 commandements positifs, et « Tu n’auras pas » comprend les 365 interdictions.
ומבואר במ״א דבחי׳ ל״ת [לא תעשה] זהו ענין אתכפיא וביטול יותר ממ״ע [ממצות עשה] ולכן ע״י ל״ת [לא תעשה] ממשיכים בחינה גבוה יותר ועמ״ש מזה בד״ה ולא אבה5 הוי׳ אלקיך לשמוע אל בלעם לכן עד״ז ג״כ א״ש [אתי שפיר] ענין הנזכר:6
Il est expliqué ailleurs que le niveau des interdictions relève de la soumission (itkafya) et d’une annulation de soi plus grande que celle qu’impliquent les commandements positifs ; c’est pourquoi les interdictions permettent d’attirer un niveau supérieur. Voyez ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Mais Havaya, ton D.ieu, ne voulut pas écouter Bilam ». Ainsi, dans cette perspective, le sujet mentionné [plus haut] se comprend également.
Il est expliqué ailleurs que les interdictions impliquent une soumission de soi (itkafya) et une annulation de soi plus grande que les commandements positifs ; c’est pourquoi elles permettent d’attirer un niveau supérieur. Voyez le discours « Mais Havaya, ton D.ieu, ne voulut pas écouter Bilam ». De même, « Havaya est Un », qui correspond à l’acceptation des interdictions, se situe au-dessus de « Havaya notre D.ieu ».
Le paragraphe achève la mise en correspondance : « Havaya est Un », le Nom qui se situe au-dessus d’Atsilout, correspond à « et c’est Lui que vous servirez » et à « à Lui vous vous attacherez », c’est-à-dire à la transformation de la nature et au sacrifice de soi. De même que « Tu n’auras pas », à la racine des interdictions, permet d’attirer un niveau supérieur à « Je suis », « Havaya est Un » se situe au-dessus de « Havaya notre D.ieu ».
Maré mekomot
- 1רמ״ח פקודין אינון רמ״ח אברים דמלכא · Tikkunei Zohar 74a:8
- 2אנת הוא חד ולא בחושבן · Tikkunei Zohar 17a:9–11
- 3
- 4אנכי כולל כל רמ״ח מ״ע ודבור לא יהי׳ לך כולל כל שס״ה ל״ת · Zohar II, 91a
- 5ולא אבה הוי׳ אלקיך לשמוע אל בלעם · Deuteronomy 23:6
- 6וזהו״ע למסור נפשו באחד · פע״ח שער הק״ש פי״ב. ב״ח לטואו״ח רסס״א.
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Une personne doit contempler profondément, par son esprit et son cœur, que tous les mondes ne proviennent que du « dos » de D.ieu, jusqu’à aspirer à D.ieu seul, et laisser cet amour se muer en crainte, depuis la crainte de la souveraineté de D.ieu jusqu’à la crainte intérieure de l’annulation de soi. Elle doit observer les mitsvot et protéger, par l’étude de la Torah, la lumière qu’elles apportent à son âme, sans jamais se reposer sur la Torah sans les mitsvot. Lorsqu’elle est mise à l’épreuve, elle doit savoir que la puissance de D.ieu est cachée dans l’épreuve et que la surmonter révèle la Divinité. Au-delà de tout cela, elle doit servir D.ieu au-delà de sa nature et de ses habitudes, par la « cent unième » répétition, jusqu’à ce que sa nature soit transformée et qu’elle s’attache à Lui, prête à se donner entièrement au mot « Un ».
Questions à discuter
- Pourquoi l’essence de D.ieu est-elle décrite par « Il a ordonné et ils furent créés » plutôt que par bara, et pourquoi la création par bara est-elle encore « quelque chose à partir de rien » ?
- Comment les trois « Saint » de la Kedoucha correspondent-ils à la lumière qui remplit, à la lumière qui entoure et à Atik ?
- Pourquoi une épreuve contient-elle une puissance de D.ieu plus élevée que la vie ordinaire, et comment la surmonter conduit-elle une personne à Daat ?
- Pourquoi les mitsvot ont-elles besoin d’être protégées tandis que la Torah n’est pas éteinte par la faute, et pourquoi la Torah a-t-elle tout de même besoin des mitsvot ?
- Qu’est-ce qui distingue un juste parfait de « celui qui sert Elokim », et pourquoi la cent unième répétition fait-elle la différence ?