LikuteiTorah.comLa Paracha ’hassidique

Torah Ohr · Parshas Beshalach · Maamar 5

לסוסתי ברכבי פרעה דמיתיך רעיתי

« À ma cavale, parmi les chars de Pharaon, je t’ai comparée, ma bien-aimée »

  • 20 paragraphes · 77 sections
  • environ 40 min d’étude
  • 95 sources

Commencer le maamar Télécharger le PDFPDF · 587 KB

Votre progression 0 sections sur 77

L’idée centrale

Les lettres des paroles d’une personne sont des « chevaux » qui la portent au-delà de sa propre compréhension : les « lettres femelles » de la prière s’élèvent d’en bas et attirent les « lettres mâles » de la Torah, en lesquelles l’essence même de D.ieu vient remplir le monde. Au-delà des deux se trouve l’ouverture de la mer, un éveil d’en haut qu’aucune initiative d’en bas ne pouvait susciter, et qui est la joie d’une mitsva.

Le maamar en bref

Le Cantique des Cantiques compare Israël aux chevaux de Pharaon, et le Zohar raconte comment Pharaon plaça d’abord des juments devant ses chars, puis inversa l’ordre. L’Admour Hazaken explique que les lettres sont des « chevaux » : l’intellect dirige la parole, mais les mots portent une personne au-delà de ce que l’intellect peut atteindre. Les « lettres femelles » sont l’élévation de la prière, un éveil d’en bas ; elles attirent les « lettres mâles », les lettres de la Torah, par lesquelles la lumière infinie se révèle ici-bas, de sorte que D.ieu Lui-même remplit le ciel et la terre, comme au Sinaï. La kelipa a ses équivalents : les paroles vaines et les paroles mauvaises attirent un flux enveloppant de vanité. Pharaon se servit des deux sortes de chevaux pour entraîner Israël dans la kelipa, et D.ieu les inversa au service de la sainteté. Chaque jour, une personne quitte Mitsrayim, les limites du monde : la contemplation pendant les prières du matin suscite un amour sans limites dans le Chema, qui attire l’amour d’en haut, de sorte que les paroles mêmes de D.ieu sont dans sa bouche. Plus élevée encore fut l’ouverture de la mer, où l’essence de D.ieu, pour qui le caché et le révélé sont identiques, se révéla sans aucun éveil d’en bas. Telle est la joie d’une mitsva, par laquelle Son essence est attirée ici-bas.

Plan

  1. Le verset et les chevauxLes juments et les étalons de Pharaon, et l’inversion de l’ordre dans la conduite de D.ieu lors de l’Exode et à la mer. Les lettres sont des chevaux qui portent l’intellect au-delà de lui-même ; dans la prière, elles ont besoin de la contemplation, et D.ieu désire la crainte à laquelle elles servent.¶1–2
  2. Les lettres femelles et mâlesLa prière s’élève d’en bas et attire les lettres de la Torah, par lesquelles D.ieu Lui-même remplit le ciel et la terre, comme lors du Don de la Torah.¶3–4
  3. Les chevaux de la kelipaLes paroles vaines et les paroles mauvaises attirent, depuis les profondeurs de la kelipa, un flux enveloppant de vanité. Pharaon cherchait à entraîner Israël dans la kelipa, et D.ieu inversa ses chevaux au service de la sainteté.¶5–7
  4. L’Exode quotidienChaque monde est Mitsrayim, un lieu de limites. La contemplation dans les Pesoukei Dezimra et les bénédictions précédant le Chema, au sujet des anges et des âmes innombrables qui ne vivent que par Son Nom, prépare le cri du cœur.¶8–11
  5. L’amour d’en bas et l’amour d’en hautUn amour sans limites dans le Chema attire l’amour d’en haut ; par les lettres de la Torah, les paroles de D.ieu sont dans la bouche d’une personne, et le Chema s’achève par la sortie des limites.¶12–13
  6. L’ouverture de la merUn éveil plus élevé d’en haut, qu’aucune initiative d’en bas ne suscite : l’essence de D.ieu, au-delà de l’enchaînement du caché et du révélé, fit de la mer elle-même une terre sèche.¶14–16
  7. La joie d’une mitsvaLa joie d’une mitsva atteint Son essence. Les mitsvot sont les membres du Roi, et la Torah, Son corps entier ; à la mer : « Pourquoi cries-tu vers Moi ? », car la chose dépendait d’Atika.¶17–20

Notions clés

Les lettres femellesאותיות נקבות
L’élévation d’en bas : les paroles de la prière, dans lesquelles l’initiative propre d’une personne, un éveil d’en bas, s’élève vers D.ieu.
Les lettres mâlesאותיות זכרים
L’attraction d’en haut : les lettres de la Torah, par lesquelles la lumière infinie, au-delà des mondes, se révèle ici-bas.
Un éveil d’en bas, un éveil d’en hautאתערותא דלתתא, אתערותא דלעילא
« Un esprit suscite un esprit » : l’initiative humaine attire une réponse divine. À la mer, il y eut un éveil d’en haut qu’aucune initiative d’en bas ne pouvait susciter.
Mitsrayim et meitzarimמצרים
L’Égypte comme limites de chaque monde créé ; l’Exode quotidien consiste à sortir de ces limites par un amour « de toute sa force ».
L’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout)השתלשלות
Des niveaux liés comme les maillons d’une chaîne, chacun étant caché par rapport à ce qui est en dessous de lui et révélé par rapport à ce qui est au-dessus de lui ; l’essence de D.ieu se situe au-delà de toute la chaîne.
La joie d’une mitsvaשמחה של מצוה
Une joie qui atteint l’essence même de D.ieu, « plus que l’abondance de tout » : la récompense des mitsvot, révélée lors de l’ouverture de la mer.
Atikaעתיקא
Le niveau dont dépendait, selon le Zohar, la délivrance à la mer ; le maamar l’appelle l’Essence de l’Émanateur suprême, au-delà de ce que la prière peut atteindre.

Aller au texte

Le verset et les chevaux ¶1–2

1לסוסתי ברכבי פרעה דמיתיך רעיתי. הנה רעיתי נמשלה לסוסי פרעה כמו שפרעה העמיד תחלה סוסים נקבות

« À ma jument parmi les chars de Pharaon, je t’ai comparée, ma bien-aimée. » Or, « ma bien-aimée » est comparée aux chevaux de Pharaon : de même que Pharaon plaça d’abord des juments,

Explication

Le maamar s’ouvre sur le Cantique des Cantiques 1:9, où D.ieu compare Sa bien-aimée, le peuple d’Israël, aux chevaux des chars de Pharaon. L’Admour Hazaken commence par un détail de l’Exode, tel que le rapporte le Zohar : Pharaon attela d’abord des juments à l’avant de ses chars.

ואח״כ היפך זכרים קודם לנקיבות כמ״ש בזהר פ׳ בשלח (ד׳ מז) כמו״כ בשעת יציאת מצרים נאמר וה׳ הולך לפניהם יומם וגו׳.

puis inversa [l’ordre], plaçant les mâles devant les femelles, comme il est écrit dans le Zohar, Parshas Beshalach (folio 47). De même, au moment de la sortie d’Égypte, il est dit : « Et D.ieu allait devant eux le jour », etc.

Explication

Selon le Zohar, Pharaon attela les juments à l’avant et les étalons derrière elles ; ceux-ci les pressaient, tandis que les juments s’élançaient. Lorsqu’il s’approcha d’Israël, il les échangea de place et mit les étalons devant, pour qu’ils livrent bataille. Le Zohar, puis l’Admour Hazaken à sa suite, met en parallèle ce changement d’ordre avec celui de la conduite de D.ieu envers Israël : au moment de la sortie d’Égypte, « D.ieu allait devant eux le jour » dans une colonne de nuée.

ואח״כ בשעת קריעת י״ס נאמר ויסע מלאך האלקים ההולך לפני מחנה כו׳ וילך מאחריהם כו׳. הנה צריך להבין מהו המשל והנמשל שנמשלה רעיתי לסוסי פרעה.

Puis, au moment de la séparation de la mer des Joncs, il est dit : « L’ange de D.ieu, qui allait devant le camp, se mit en mouvement », etc., « et alla derrière eux », etc. Or, il faut comprendre quelle est l’analogie et ce qu’elle représente lorsque « ma bien-aimée » est comparée aux chevaux de Pharaon.

Explication

À la mer, l’ordre fut inversé : l’ange de D.ieu, qui allait devant le camp d’Israël, se mit en mouvement et passa derrière eux. Devant ces deux inversions, l’Admour Hazaken demande ce que signifie réellement la comparaison du peuple juif aux chevaux de Pharaon.

הנה אותיות נקראו סוסים כמו הסוס שהאדם רוכב עליו ומוליכו כפי רצונו ואעפ״כ הסוס מוליך את האדם למקום רחוק מאד אשר בלתי אפשר להגיע לשם בלי סוס.

Or, les lettres sont appelées des chevaux. [C’est] comme un cheval que l’homme monte et dirige à sa guise ; pourtant, le cheval porte l’homme jusqu’en un lieu très éloigné, qu’il lui serait impossible d’atteindre sans cheval.

Explication

La réponse commence par une analogie : les lettres, éléments constitutifs de la parole, sont appelées des « chevaux ». Le cavalier dirige son cheval où il le souhaite, et pourtant le cheval le porte bien au-delà de l’endroit où il pourrait aller à pied.

כמו״כ השכל מנהיג את האותיות ורוכב עליהם שלפי ערך השכל כך הוא הדבור אעפ״כ ע״י האותיות מתעלה למעלה יותר מה שאין השכל יכול להשיג כלל.

De même, l’intellect dirige les lettres et les chevauche, car la parole est à la mesure de l’intellect ; néanmoins, par les lettres, on s’élève plus haut, jusqu’à ce que l’intellect ne peut absolument pas atteindre.

Explication

Il en va de même pour l’intellect et la parole : l’esprit dirige les mots, et l’on parle selon ce que l’on comprend. Pourtant, les mots peuvent élever l’homme au-delà de ce que son intelligence pourrait jamais atteindre par elle-même.

Le paragraphe 1 en bref

Ce paragraphe présente le verset et le récit du Zohar sur les juments et les étalons de Pharaon, les met en parallèle avec le changement d’ordre lors de la sortie d’Égypte et à la mer, puis amorce la réponse : les lettres sont des « chevaux » qui portent l’intellect au-delà de ses propres limites.

Pour aller plus loin

Les notes de Kehot citent d’autres transcriptions de ce maamar. L’une rapporte au nom du Maguid l’enseignement selon lequel les lettres sont appelées des chevaux ; une autre développe l’analogie en évoquant une haute montagne qu’un homme ne peut gravir seul, mais jusqu’à laquelle le cheval le porte, « de sorte que les lettres sont un véhicule pour l’intellect » ; une troisième indique que les lettres ont une source et une racine très élevées et qu’elles portent donc leur cavalier au galop vers un lieu élevé.

Maré mekomot

  1. 1
    לסוסתי ברכבי פרעה · הנחת כ״ק אדמו״ר האמצעי בסה״מ תקס״ז ע׳ מ, רק חלק קטן. עוד הנחה במאמרי אדה״ז כתובים כרך ב (הוצאה שני׳) ע׳ קיז. עוד הנחה בהנחת הר״פ ע׳ יג. ראה לעיל בציונים לכ״ק אדמו״ר זי״ע. הג״ה באוה״ת בשלח ע׳ תקעז. ראה מאמרי אדה״ז כתובים כרך ב ע׳ ע. והנחת הר״פ בס׳ הנחות הר״פ ע׳ ח. בבוך 1113 גוכתי״ק הצ״צ נמצאים קיצורים וכנראה שהם שייכים לד״ה לסוסתי. ב. אותיו׳ נקבות וזכרים תפלה ותורה מכה״כ גלוי סובב (אך התורה משל הקדמוני וגלוי א״ס בתורה ע״י אותיו׳ ואתא מרבבו׳ קדש לכן תרכב על סוסיך אך תחלה צ״ל תפלה העלא׳ כו׳). ג. זלעו״ז — לכן הולך לפניהם כו׳ (ע״י התקשרו׳ בתפלה מתבטלי׳ המ״ז אותיו׳ נוקבין וכן ע״י עסק התורה דוכרין דקדושה מתבטלי׳ הרהורי׳ רעי׳) — כי י׳ חבל נחלתו וע״י עליי׳ שרש נש״י ממילא מתעלי׳ כו׳. ד. כמ״כ בכל יום יצ״מ מהתקשרו׳ הבלי עולם השכל מלך ושריו וושט ורידין תאוו׳. ויצ״מ ק״ש ע״י התבוננו׳ פד״ז הריבוי קדושי׳ נמשכי׳ רק משמך לא כח הפועל בנפעל לא שניתי המרומם לבדו והמתנשא מימות עולם. אלקי׳ חיים ומלך עולם. ומ״מ בלי גבול הקדושי׳ כו׳ לכן צעק לבי לצאת מגבול ק״ש מאדך סוסי׳ נוקבין ומזה והא״ש לאהבה אייתי רוח והחיות רו״ש ונתתי מטר יושב ושונה כנגדו ודברת הנהגה מלכתא אשר אנכי כו׳ וזהו אני כו׳.
  2. 2
    לסוסתי ברכבי פרעה · Song of Songs 1:9
  3. 3
    לסוסתי ברכבי פרעה · Zohar, Beshalach 5:63–7:71
  4. 4
    וה׳ הולך לפניהם · Exodus 13:21
  5. 5
    ויסע מלאך האלקים · Exodus 14:19
  6. 6
    אותיות נקראו סוסים · ראה בס׳ הנחות הר״פ ע׳ א בשם הה״מ.
  7. 7
    שו״ה האדם — הסוס מוליך את האדם למקום רחוק · בהנחת הר״פ ע׳ ח מביא המשל ”ד״מ הר גבוה ונישא אשר האדם לבדו לא יוכל לילך והסוס נושא אותו לשם כמו״כ אותי׳ הם מרכב לגבי השכל”.
  8. 8
    שו״ה שאין השכל — להשיג כלל · בבוך 1824 נוסף: ”(והנה יש שני מיני אותיות אותיות זכרים ואותיות נקבות והיינו סוסים זכרים וסו׳ נקבות)”. בהנחת הר״פ ע׳ ט מוסיף אחר הענין להשיג כלל ”וכמבואר לעיל ג״כ מזה בזהר פ׳ ויחי קצת באריכות מקור ושרש האותיות מאד נעלה ולבעבור זה אותי׳ נק׳ סוסים שהם מביאים במרוצה את רוכבו למקום גבוה ונעלה” — מה שכתב לעיל פ׳ ויחי, הכוונה להמאמר שנדפס בהנחת הר״פ ע׳ א, והנחת אדה״א בס׳ תקס״ז ע׳ יא, ובתוספות הגהות מכ״ק הצ״צ באוה״ת בראשית כרך א ע׳ תתשמב, ב.

2והיינו ע״י אותיות התפלה. אך אעפ״כ צ״ל התבוננות ג״כ. אם לא מי שערכו פחות מלהתבונן כלל שלזה בהכרח להעמיק אף בהאותיות לבד

C’est-à-dire par les lettres de la prière. Malgré cela, il faut également méditer, sauf dans le cas de quelqu’un dont la stature est trop modeste pour méditer, même un tant soit peu ; pour lui, il est nécessaire d’approfondir les lettres elles-mêmes.

Explication

Les chevaux qui transportent l’homme au-delà de son intellect sont les lettres des mots de la prière. Malgré cela, la prière doit aussi s’accompagner d’une méditation (hitbonenout) sur la grandeur de D.ieu ; seul celui qui est incapable de méditer doit mettre toute sa profondeur dans les mots eux-mêmes.

כמ״ש בא אתה וכל ביתך אל התבה וע״י האותיות יכול לעלות כאשר יבואר לקמן בעז״ה.

Comme il est écrit : « Viens, toi et toute ta maison, dans l’arche » ; grâce aux lettres, il peut s’élever, comme nous l’expliquerons plus loin, avec l’aide de D.ieu.

Explication

D.ieu dit à Noa'h d’entrer dans la teiva, l’arche ; dans l’enseignement 'hassidique, teiva se comprend aussi comme « mot », de sorte que le verset devient un appel à entrer tout entier dans les mots de la prière. Grâce aux lettres elles-mêmes, une telle personne peut s’élever, et l’Alter Rebbe promet de développer ce point plus loin.

אך אעפ״כ כתיב לא בגבורת הסוס יחפץ כו׳ שאעפ״כ אין רצון וחפץ ה׳ שורה בבחי׳ האותיות כנ״ל שהם רק בחי׳ שוקיים כ״א רוצה ה׳ את יראיו כו׳:

Cependant, il est écrit : « Il ne désire pas la vigueur du cheval », etc. : malgré cela, la volonté et le désir de D.ieu ne reposent pas sur le niveau des lettres mentionné plus haut, qui n’est que le niveau des « jambes » ; mais « D.ieu désire ceux qui Le craignent », etc.

Explication

Les lettres ne sont pourtant pas le but. Le psaume dit que D.ieu « ne désire pas la vigueur du cheval et ne prend pas plaisir aux jambes de l’homme ; D.ieu désire ceux qui Le craignent » : les lettres ne sont que des « jambes », un moyen de progresser, tandis que la volonté de D.ieu repose sur la crainte de Lui qu’elles servent.

Le paragraphe 2 en bref

Ce paragraphe identifie les « chevaux » aux lettres de la prière, indique qu’elles doivent s’accompagner de méditation et souligne que le désir de D.ieu ne porte pas sur les lettres elles-mêmes, mais sur la crainte de Lui.

Pour aller plus loin

Une transcription citée dans les notes de Kehot établit explicitement le lien : « Viens, toi et toute ta maison, dans l’arche » signifie que l’on passe par les lettres de la prière, qui sont appelées chevaux. Une glose dans Or HaTorah ajoute que le « mouvement » de l’âme n’a lieu que lorsqu’elle se revêt dans l’âme animale, tandis que les anges sont appelés « immobiles ».

Maré mekomot

  1. 1
    והיינו ע״י אותיות התפלה · בהנחת הר״פ ע׳ ט ”והנה כתיב בא אתה וכל ביתך אל התיבה, היינו ע״י אותיות התפלה הנק׳ סוסים”. באוה״ת פ׳ בשלח ע׳ תקעז נמצא הג״ה השייך לכאן: והנה הילוך זה דוקא ע״י התלבשות בנה״ב, משא״כ המלאכים נק׳ עומדים כי סוס שבו וע״י ההילוך היינו לפי שהוא משם ס״ג שלמעלה משם מ״ה, ועיין בד״ה ונתתי לך מהלכים, ובביאור ע״פ וקבל היהודים, עכ״ה. ראה גם הוספות לכש״ט (הוצאת קה״ת) סי׳ ז ואילך.
  2. 2
    בא אתה · Genesis 7:1
  3. 3
    לא בגבורת · Psalms 147:10
  4. 4
    רוצה ה׳ את יראיו · Psalms 147:11

Les lettres femelles et mâles ¶3–4

3והנה יש ב׳ מיני אותיות אותיות זכרים ואותיות נקבות אותיות נקבות היינו ההעלאה שממטה למעלה ע״י האותיות הנ״ל באתעדל״ת ועי״ז באתעדל״ת אתעדל״ע

Or, il existe deux sortes de lettres : les lettres masculines et les lettres féminines. Les lettres féminines désignent l’élévation du bas vers le haut par les lettres mentionnées précédemment, au moyen d’un éveil d’en bas ; et, par cet éveil d’en bas, [vient] un éveil d’en haut,

Explication

L’Alter Rebbe distingue à présent deux sortes de lettres. Les « lettres féminines » désignent le mouvement du bas vers le haut, l’initiative humaine de la prière ; cet éveil d’en bas suscite une réponse d’en haut.

כי רוח אייתי רוח ואמשיך רוח (כי דרכו של איש לחזר אחר אשה) המשכה מלמעלה למטה בבחי׳ סובב

car « un esprit suscite un esprit et fait naître un esprit » (car il est dans la voie de l’homme de rechercher la femme) : un influx du haut vers le bas, provenant du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin),

Explication

Le principe du Zohar, « un esprit suscite un esprit et fait naître un esprit », signifie qu’un éveil d’en bas suscite un éveil correspondant d’en haut ; la remarque entre parenthèses ajoute l’image talmudique selon laquelle il est dans la voie de l’homme de rechercher la femme. Ce qui descend en réponse provient du sovev, la lumière qui entoure tous les mondes au lieu de s’y investir.

שהוא בלי גבול דלית מחשבה תפיסא ביה למעלה מהשגה להיות בחי׳ גלוי למטה ע״י סוסים זכרים והיינו באותיות התורה להיות השמים והארץ אני מלא ממש.

qui est sans limite, car « aucune pensée ne peut Le saisir » ; Il est au-delà de toute compréhension, de sorte qu’Il soit révélé ici-bas par les chevaux masculins, c’est-à-dire par les lettres de la Torah, afin que s’accomplisse réellement : « Je remplis les cieux et la terre. »

Explication

Cette lumière est infinie, au-delà de la portée de toute pensée. Elle se révèle ici-bas par les « chevaux masculins », les lettres de la Torah, afin que les paroles de D.ieu, « Je remplis les cieux et la terre », s’accomplissent réellement.

דהנה לכאורה תמוה לפעמים כתיב מכה״א כבודו שאינו רק כבודו ולא מהותו ועצמותו ולפעמים אמר השמים והארץ אני מלא דהיינו מהו״ע שהוא בחי׳ אני ממש.

En effet, à première vue, cela est étonnant : il est parfois écrit : « Toute la terre est remplie de Sa gloire », ce qui désigne seulement Sa gloire, et non Son être et Son essence mêmes ; tandis qu’ailleurs Il dit : « Je remplis les cieux et la terre », c’est-à-dire Son être et Son essence mêmes, le niveau du « Moi » véritable.

Explication

Voici la difficulté : le verset d’Isaïe dit que « toute la terre est remplie de Sa gloire », ce qui ne désigne qu’un rayonnement de D.ieu, et non Son essence ; tandis que, chez Jérémie, D.ieu dit : « Je remplis les cieux et la terre », parlant de Lui-même. Qu’en est-il donc ?

אך שניהם אמת שבאמת אני מלא ממש. אך איך יוכל להתלבש בעולם הגשמי והשפל ומלא קליפות זהו

Pourtant, les deux sont vrais, car, en vérité, « Je remplis » réellement. Mais comment peut-Il s’investir dans le monde physique et inférieur, rempli de kelipot (écorces) ? Cela se fait

Explication

Les deux sont vrais : l’être même de D.ieu remplit bien le monde. La véritable question est de savoir comment Son essence peut s’investir dans un monde physique et inférieur, rempli de kelipot, les forces qui dissimulent la sainteté.

ע״י שמלא כל הארץ כבודו ואין כבוד אלא תורה כבוד בגימ׳ ל״ב והם ל״ב נתיבות החכמה והיא חכמת התורה

par « toute la terre est remplie de Sa gloire », et il n’y a de gloire que la Torah. La valeur numérique de kavod (gloire) est trente-deux ; ce sont les trente-deux sentiers de 'Hokhma (sagesse), qui est la sagesse de la Torah ;

Explication

La réponse passe par Sa « gloire », et la Michna enseigne qu’« il n’y a de gloire que la Torah ». Le mot kavod (כבוד, gloire) a pour valeur numérique trente-deux (20+2+6+4), ce qui correspond aux trente-deux sentiers de la sagesse, qui sont la sagesse de la Torah.

כי אורייתא מחכמה נפקת ועי״ז יוכל להיות את השמים ואת הארץ אני מלא ממש ע״י התלבשותו באותיות התורה שהם אותיות זכרים המשכה מלמעלה למטה

car « la Torah procède de 'Hokhma ». Ainsi, « Je remplis les cieux et la terre » peut s’accomplir réellement : Il s’investit dans les lettres de la Torah, qui sont des lettres masculines, un influx du haut vers le bas.

Explication

Comme le dit le Zohar, la Torah procède de 'Hokhma. Parce que D.ieu s’investit dans les lettres de la Torah, les « lettres masculines » qui font descendre la lumière d’en haut, Son être même peut remplir les cieux et la terre.

וכמארז״ל כל היושב ושונה הקב״ה קורא ושונה כנגדו היינו מה שהוא קדוש ומובדל שאף בחי׳ חכמה נחשבת אצלו כבחי׳ עשי׳ גשמיית כמ״ש כלם בחכמה עשית ויומשך ויתגלה למטה ע״י אותיות התורה.

Et comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Quiconque s’assied et étudie, le Saint béni soit-Il lit et étudie en face de lui. » Cela signifie que Celui qui est saint et séparé — devant Qui même le niveau de 'Hokhma est considéré comme celui d’une action physique (Assiya), ainsi qu’il est écrit : « Tu les as tous faits avec sagesse » — est attiré et révélé ici-bas par les lettres de la Torah.

Explication

L’enseignement de Tanna Devei Eliyahou selon lequel, lorsqu’un homme étudie la Torah, D.ieu étudie en face de lui, illustre cet influx. D.ieu est si éloigné du monde que même 'Hokhma est pour Lui comme une action physique, ainsi que le dit le verset : « Tu les as tous faits avec sagesse » ; pourtant, Il se révèle ici-bas par les lettres de la Torah.

Le paragraphe 3 en bref

Ce paragraphe définit les lettres féminines, l’élévation de la prière d’en bas, et les lettres masculines, qui font descendre la lumière infinie. Il montre ainsi comment l’être même de D.ieu remplit le monde en s’investissant dans les lettres de la Torah.

Pour aller plus loin

Dans un passage parallèle de Torah Ohr (Vayeshev, 30b), l’Alter Rebbe explique la « gloire » comme l’investissement de D.ieu, relie kavod = 32 aux trente-deux sentiers de la sagesse parce que la Lumière infinie s’investit dans 'Hokhma, et cite le même verset : « Tu les as tous faits avec sagesse. » La formule « aucune pensée ne peut Le saisir » vient de la prière d’Élie dans le Tikkunei Zohar (Patach Eliyahu) ; le maamar l’identifie ici au sovev.

Maré mekomot

  1. 1
    והנה יש ב׳ מיני אותיות · ראה אוה״ת פ׳ בשלח ע׳ תרכה. המשך תרס״ו ע׳ רז ואילך [שם מיוסד על תו״ח בשלח קנ, א ואילך].
  2. 2
    רוח אייתי רוח · Zohar II, 162b
  3. 3
    דרכו של איש לחזר · Kiddushin 2b:13–14
  4. 4
    דלית מחשבה תפיסא ביה · Tikkunei Zohar 17a:10
  5. 5
    השמים והארץ אני מלא · Jeremiah 23:24
  6. 6
    מכה״א כבודו · Isaiah 6:3
  7. 7
    ואין כבוד אלא תורה · אבות ו, ג.
  8. 8
    ואין כבוד אלא תורה · Pirkei Avot 6:3
  9. 9
    אורייתא מחכמה נפקת · Zohar II, 121a
  10. 10
    אורייתא מחכמה נפקת · Zohar, Yitro 21:378–22:389
  11. 11
    כל היושב ושונה · ראה תדב״א רבה רפי״ח.
  12. 12
    כל היושב ושונה הקב״ה קורא ושונה כנגדו · Tanna DeBei Eliyahu Rabbah 18:1–2
  13. 13
    כלם בחכמה עשית · Psalms 104:24
  14. 14
    כבוד בגימט׳ ל״ב · ראה גם לעיל ל, ב. לקו״ת שה״ש מז, ג.

4וזהו שעל מתן תורה נאמר כי תרכב על סוסיך כו׳. והיינו בחי׳ סוסים זכרים הנ״ל.

Et c’est [pourquoi], à propos du don de la Torah, qu’il est dit : « Quand Tu chevauches Tes chevaux », etc. Il s’agit du niveau des chevaux mâles mentionnés plus haut.

Explication

L’image de ‘Habakouk, où D.ieu chevauche Ses chevaux, est appliquée au don de la Torah. Ce sont les « chevaux mâles » : les lettres de la Torah qui font descendre la lumière de D.ieu dans le monde.

וזהו מדלג על ההרים מקפץ כו׳ שהוא בבחי׳ דילוג ממקום למקום והיינו המשכה מלמעלה מבחי׳ סובב שיומשך ויתגלה למטה כמ״ש וירד ה׳ על הר סיני וכל העם רואים את הקולות כו׳.

Et c’est [le sens de] « bondissant par-dessus les montagnes, sautant », etc. : cela se fait par un saut d’un lieu à un autre, c’est-à-dire par un influx venant d’en haut, du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), afin qu’il descende et se révèle ici-bas, comme il est dit : « Et D.ieu descendit sur le mont Sinaï », et « Tout le peuple vit les voix », etc.

Explication

Le Cantique des Cantiques décrit le bien-aimé « bondissant par-dessus les montagnes, sautant par-dessus les collines » : un saut franchit les lieux intermédiaires. Ainsi, au Sinaï, la lumière du sovev kol almin, au-delà de l’enchaînement ordonné des mondes, descendit directement : « D.ieu descendit sur le mont Sinaï », et le peuple « vit les voix », percevant ce qui, ordinairement, ne peut qu’être entendu.

Le paragraphe 4 en bref

Le paragraphe identifie les chevaux mâles au don de la Torah, lorsque la lumière infinie de D.ieu franchit d’un bond tous les niveaux et se révéla au Sinaï.

Maré mekomot

  1. 1
    כי תרכב על סוסיך · Habakkuk 3:8
  2. 2
    מדלג על ההרים · Song of Songs 2:8
  3. 3
    וירד ה׳ על הר סיני · Exodus 19:20
  4. 4
    וכל העם רואים · Exodus 20:15

Les chevaux de la kelipa ¶5–7

5והנה זה לעו״ז עשה האלקים כמו שבקדושה יש ב׳ בחי׳ סוסים הנ״ל אתוון נוק׳ ואתוון דכורין מלמעלה למטה וממט׳ למעלה.

Or, « D.ieu a fait l’un en face de l’autre » : de même que, dans le domaine de la sainteté, il existe les deux sortes de chevaux mentionnées plus haut, les lettres féminines et les lettres masculines, allant d’en haut vers le bas et du bas vers le haut.

Explication

L’Ecclésiaste dit que D.ieu a fait une chose en face de l’autre : tout ce qui existe dans la sainteté a un correspondant du côté opposé. La sainteté possède deux sortes de chevaux : les lettres féminines, qui s’élèvent d’en bas, et les lettres masculines, qui descendent d’en haut.

כמו״כ בקליפות יש ג״כ ב׳ בחינות האותיות והיינו שע״י התקשרותו להבלי עולם בדב״ט ומכ״ש לה״ר והוא בחי׳ אותיות נקבות הנה האותיות מוליכים אותו למקום רחוק מאד.

De même, dans les kelipot (écorces), il existe également deux sortes de lettres. Autrement dit, par son attachement aux vanités du monde, dans des propos futiles — et à plus forte raison dans des paroles mauvaises —, qui relève du niveau des lettres féminines, les lettres le conduisent en un lieu très éloigné.

Explication

Les kelipot, les forces qui dissimulent la divinité, possèdent elles aussi les deux sortes de lettres. Leurs « lettres féminines » sont les propres paroles d’une personne, consacrées aux vanités du monde, aux propos futiles et, à plus forte raison, aux paroles mauvaises ; comme le cheval dans l’analogie, ces lettres l’emportent au loin, mais hors du domaine de la sainteté.

Le paragraphe 5 en bref

Le paragraphe se tourne vers le côté opposé à la sainteté, qui possède ses propres lettres féminines : les propos futiles et les paroles mauvaises, qui éloignent une personne de D.ieu.

Maré mekomot

  1. 1
    זה לעו״ז עשה האלקים · Ecclesiastes 7:14

6והיינו לעומק הקליפות בחי׳ מקיף שלהם שנק׳ פרעה עורף כו׳ להמשיך עליו המשכה מלמעלה מבחינת המקיף שלהם להקיפו ולהלבישו

C’est-à-dire, jusqu’au plus profond des kelipot (écorces), au niveau de leur lumière enveloppante, appelée Pharaon, « la nuque » (oref), etc. : faire descendre sur lui un influx d’en haut, du niveau de leur lumière enveloppante, afin de l’envelopper et de le revêtir.

Explication

Les paroles vaines entraînent l’homme au plus profond des kelipot, jusqu’à leur makif, leur niveau enveloppant. Dans l’enseignement de l’Ari Zal, ce niveau est appelé Pharaon, dont le nom contient les lettres de הערף, « la nuque » (l’arrière du cou) ; de là, un influx descend sur l’homme, l’entoure et le revêt.

והוא בחי׳ הבל ורעות רוח ונעשים לבושים צואים עליו והוא בחי׳ סוסים זכרים אותיות זכרים שנעשים ע״י אותיות נקבות הנ״ל כי בההפוך אמר ג״כ רוח אייתי רוח וכו׳.

Et c’est le niveau de la « vanité et poursuite du vent », et elles deviennent pour lui des vêtements souillés. C’est aussi le niveau des chevaux mâles, des lettres mâles, qui sont engendrés par les lettres femelles mentionnées plus haut ; car, dans le domaine opposé également, il est dit : « un esprit suscite un esprit », etc.

Explication

Ce qui l’entoure, c’est la « vanité et poursuite du vent », et cela devient pour lui des vêtements souillés. C’est la version de la kelipa des « chevaux mâles » : un influx venu d’en haut, suscité par les propres « lettres femelles » de l’homme, car la règle « un esprit suscite un esprit » s’applique aussi dans le domaine opposé.

Le paragraphe 6 en bref

Le paragraphe achève le parallèle dans la kelipa : les paroles vaines et mauvaises font descendre sur l’homme, depuis les profondeurs de la kelipa, un influx enveloppant de vanité, qui le revêt comme des vêtements souillés.

Pour aller plus loin

Au sujet de Pharaon comme « la nuque », la note de Kehot renvoie au Likkutei Torah de l’Ari Zal, au début de Vayeshev et de Chemot, ainsi qu’à de nombreux autres passages.

Maré mekomot

  1. 1
    שנק׳ פרעה עורף · ראה לקו״ת להאריז״ל ר״פ וישב ור״פ שמות. ובכ״מ.
  2. 2
    רוח אייתי רוח · Zohar, Terumah 64:660–66:669

7והנה פרעה רדף אחר ישראל בשעת יצ״מ כמ״ש וירדף פרעה שרצה להוריד ולהמשיך את נש״י לתוך עומק הקליפות.

Or, Pharaon poursuivit Israël au moment de la sortie d’Égypte, comme il est écrit : « Et Pharaon poursuivit », car il voulait faire descendre et entraîner les âmes d’Israël dans les profondeurs des kelipot (écorces).

Explication

La poursuite d’Israël par Pharaon après la sortie d’Égypte est comprise comme une tentative d’entraîner les âmes d’Israël dans les profondeurs de la kelipa.

וע״כ העמיד סוסים נקבות תחלה בכדי שעי״ז יהי׳ המשכה מלמעלה ג״כ מעומק הקליפות כי דרכו של איש כו׳.

C’est pourquoi il plaça d’abord des chevaux femelles, afin que, par là, un flux soit également attiré d’en haut, depuis les profondeurs des kelipot, car « telle est la voie de l’homme », etc.

Explication

C’est pourquoi il plaça les juments en tête : il cherchait ainsi à susciter de son côté un éveil d’en bas, qui attirerait un flux depuis les profondeurs de la kelipa, de même que « telle est la voie de l’homme » qui recherche une femme.

אך הקב״ה הפך ועשה את הסוסים שני אותיות האלו באלקות בכדי להיות המשכת אלקות למטה כנ״ל.

Mais le Saint béni soit-Il renversa [la situation] et fit que ces deux [sortes de] lettres des chevaux soient du côté de la divinité, afin qu’un flux de divinité soit attiré vers le bas, comme mentionné plus haut.

Explication

D.ieu détourna le dessein de Pharaon : Il fit que les deux sortes de « chevaux », les lettres femelles et les lettres mâles, agissent dans la sainteté, afin que la divinité soit attirée dans le monde.

וזהו וה׳ הולך לפניהם יומם כו׳ ואח״כ בשעת קי״ס נעשה להפך ויסע מלאך וילך מאחריהם כנ״ל:

Et c’est là le sens de : « Et D.ieu marchait devant eux le jour », etc. ; puis, au moment de l’ouverture de la mer des Joncs, l’ordre s’inversa : « Et l’ange se mit en mouvement et marcha derrière eux », comme mentionné plus haut.

Explication

Cette inversion apparaît dans les versets : lors de la sortie d’Égypte, D.ieu marchait devant Israël ; à la mer, l’ordre s’inversa et l’ange se mit en mouvement pour marcher derrière eux. Le changement d’ordre dans la conduite de D.ieu reflète celui que Pharaon avait opéré avec ses chevaux.

Le paragraphe 7 en bref

Le paragraphe applique l’analogie à la sortie d’Égypte elle-même : Pharaon tenta d’utiliser les deux sortes de chevaux pour entraîner Israël dans la kelipa, mais D.ieu renversa la situation et les utilisa pour attirer la divinité vers le bas.

Pour aller plus loin

Le résumé de ce maamar, écrit de la main du Tséma’h Tsédek et cité dans les notes de Kehot, ajoute que l’attachement à D.ieu dans la prière annule les lettres femelles opposées et que, par l’étude de la Torah, les lettres mâles de la sainteté, les pensées mauvaises sont annulées.

Maré mekomot

  1. 1
    כי דרכו של איש · Kiddushin 2b:8–9
  2. 2
    וה׳ הולך לפניהם יומם · Exodus 13:21
  3. 3
    ויסע מלאך וילך מאחריהם · Exodus 14:19

L’Exode quotidien ¶8–11

8והנה כ״ז הוא ע״פ תורה. וכמו״כ הוא ע״פ עבודת ה׳ כי הנה בכל נפש ישראל צ״ל בכל יום בחי׳ יצ״מ וקי״ס כמ״ש למען תזכר את יום צאתך מארץ מצרים וגו׳.

Or, tout cela se rapporte à la Torah. Il en va de même pour le service de D.ieu : dans chaque âme juive, il doit y avoir chaque jour l’aspect de la sortie d’Égypte et de l’ouverture de la mer des Joncs, comme il est écrit : « Afin que tu te souviennes du jour où tu es sorti du pays d’Égypte », etc.

Explication

L’Alter Rebbe passe du récit de la Torah au service intérieur de chaque Juif : chaque jour doit comporter sa propre sortie d’Égypte et sa propre ouverture de la mer. La Torah commande de se souvenir du jour de la sortie « tous les jours de ta vie ».

וכמארז״ל בכל יום יהיה בעיניך כאלו היום יצאת מאמ״צ וגם בק״ש אומרים בכל יום אני הוי״ה אלקיכם כו׳

Et comme l’ont enseigné nos Sages, de mémoire bénie : chaque jour, vous devez vous considérer comme si vous étiez sortis aujourd’hui du pays d’Égypte. De même, dans le Chema, nous disons chaque jour : « Je suis Havaya, votre D.ieu », etc.,

Explication

Les Sages enseignent qu’une personne doit se considérer chaque jour comme si elle était sortie d’Égypte ce jour même. Le Chema, récité quotidiennement, s’achève par les paroles de D.ieu : « Je suis Havaya, votre D.ieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte. »

מארץ מצרים כו׳ וגם באמוי״צ נאמר וים סוף להם בקעת כו׳ שצ״ל בכל יום שני בחינות הנ״ל

« du pays d’Égypte », etc. Et dans Emes Veyatziv, il est également dit : « Et la mer des Joncs, Tu l’as fendue pour eux », etc. Car les deux aspects mentionnés précédemment doivent être présents chaque jour.

Explication

La bénédiction qui suit le Chema du matin, Emes Veyatziv, parle elle aussi de l’ouverture de la mer. Ainsi, la sortie d’Égypte comme la mer ont leur place dans la prière de chaque jour.

כי כל העולמות נק׳ מצרים שהם מבחי׳ מצרים וגבולי׳ כמו מן הארץ לרקיע מהלך ת״ק שנה כו׳

Car tous les mondes sont appelés Mitsrayim (Égypte), puisqu’ils relèvent des meitzarim (étroits) et des limites, comme dans l’expression : « De la terre au firmament, il y a un trajet de cinq cents ans », etc.,

Explication

Pourquoi cela doit-il se produire chaque jour ? Mitsrayim, l’Égypte, s’interprète comme meitzarim, étroits et limites, et tout monde créé est limité. Le Talmud mesure même la distance entre la terre et le firmament comme un trajet de cinq cents ans : immense, mais fini.

וכן שית אלפי שנין הוי עלמא כו׳ וגלות מצרים נק׳ ההתקשרות בזה העולם הגשמי והמוגבל ומלך מצרים נק׳ השכל של הבלי העולם.

et de même : « Le monde existe pendant six mille ans », etc. L’exil d’Égypte désigne l’attachement à ce monde matériel et limité, et « le roi d’Égypte » désigne l’intellect occupé par les vanités du monde.

Explication

Le temps lui aussi est limité : le monde existe pendant six mille ans. L’exil intérieur en Égypte est l’attachement d’une personne à ce monde matériel limité, et « le roi d’Égypte » désigne l’intellect occupé par ses vanités.

Le paragraphe 8 en bref

Ce paragraphe transpose le récit en service quotidien : chaque monde est Mitsrayim, un lieu de limites, et l’exil d’une personne est son attachement à un monde limité, gouverné par un intellect absorbé par ses vanités.

Pour aller plus loin

Les notes de Kehot citent le texte parallèle dans Or HaTorah, qui précise que tel est le sens de Mitsrayim, dérivé de meitzarim, « étroits et limites », et explique que « le roi d’Égypte » désigne la sagesse de la kelipa.

Maré mekomot

  1. 1
    למען תזכר את יום צאתך · Deuteronomy 16:3
  2. 2
    אני הוי״ה אלקיכם · Numbers 15:41
  3. 3
    מן הארץ לרקיע מהלך ת״ק שנה · Chagigah 13a:3
  4. 4
    שית אלפי שנין הוי עלמא · ראש השנה לא, ג.
  5. 5
    שית אלפי שנין הוי עלמא · Rosh Hashanah 31a:8–9
  6. 6
    בזה העולם הגשמי והמוגבל · באוה״ת פ׳ בא כרך ז ע׳ ב׳תריא מוסיף: ”(דזהו פי׳ מצרים לשון מצרים וגבולים, וע׳ בלקו״ת בשה״ש בד״ה קול דודי)”.
  7. 7
    ומלך מצרים נק׳ השכל של הבלי העולם · באוה״ת שם ”(א״כ מפרש מלך מצרים חכמה דקליפה)”. ע״ש עוד.

9וכשנעשה התקשרות לזה העולם כ״כ בחוזק עד שהוא בלי שכל כלל בלי טעם ודעת נק׳ אז וימת מלך מצרים

Et lorsque l’attachement à ce monde devient si puissant qu’il est entièrement dépourvu d’intellect, de raison et de connaissance, cela est alors appelé : « Le roi d’Égypte mourut. »

Explication

L’Alter Rebbe décrit une étape supplémentaire de l’Égypte intérieure : le lien d’une personne avec le monde peut devenir si puissant qu’il ne répond plus à aucun raisonnement. C’est ce que désigne « le roi d’Égypte mourut » : l’intellect du monde, le « roi », ne gouverne plus, et l’attachement ne repose sur aucune raison.

ואזי ויאנחו בנ״י מן העבודה ויזעקו שנעשה צעק לבם בק״ש בבחי׳ ובכל מאדך שהוא בלי גבול

Alors, « les enfants d’Israël soupirèrent à cause du travail et poussèrent des cris » : leur cœur en vint à crier dans le Chéma, au niveau de « et de toute ta force », qui est sans limite ;

Explication

Dans le verset, après la mort du roi d’Égypte, les enfants d’Israël soupirèrent à cause de leur travail et poussèrent des cris. Dans le service d’une personne, cela correspond au cri du cœur dans le Chéma, au niveau de « de toute ta force » (be’hol me’odekha), un amour sans limite.

דהיינו לצאת מן החושך וגבול הנק׳ מצרים רק להיות צעק לבם למהותו ועצמותו ממש והוא בחי׳ יצ״מ. אך איך יבא לבחי׳ בכל מאדך הנ״ל. הנה זהו ע״י התבוננות בפסוד״ז מב״ש וכו׳.

c’est-à-dire sortir des ténèbres et des limites appelées Mitsrayim, afin que leur cœur crie uniquement vers Son être et Son essence mêmes. Tel est le niveau de la sortie d’Égypte. Mais comment parvenir au niveau de « de toute ta force » mentionné plus haut ? C’est par la méditation dans les Pesouké Dézimra, à partir de Baroukh Chéamar, etc.

Explication

Un tel amour fait éclater les ténèbres et les limites de « Mitsrayim » et crie uniquement vers l’être et l’essence mêmes de D.ieu ; c’est la sortie d’Égypte quotidienne. On y parvient par la méditation dans les Pesouké Dézimra, les psaumes de louange récités à partir de Baroukh Chéamar, avant le Chéma.

Le paragraphe 9 en bref

Ce paragraphe décrit la sortie d’Égypte quotidienne : du plus profond attachement au monde jaillit le cri du cœur dans le Chéma, un amour « de toute ta force », sans limite, auquel on parvient par la méditation dans les prières du matin.

Pour aller plus loin

Le Likkutei Torah sur Re’eh renvoie à ce passage même du maamar : puisque D.ieu a fait l’un à l’opposé de l’autre, l’autre côté possède lui aussi une volonté qui dépasse la raison ; une personne peut donc désirer les choses matérielles avec une force qui dépasse toute raison. Le texte identifie ensuite l’amour « de toute ta force » à la ye’hida, le niveau le plus élevé de l’âme, car me’od, « force », est sans limite.

Maré mekomot

  1. 1
    וימת מלך מצרים ואזי ויאנחו בנ״י מן העבודה ויזעקו · Exodus 2:23
  2. 2
    צעק לבם · Lamentations 2:18
  3. 3
    ובכל מאדך · Deuteronomy 6:5
  4. 4
    שו״ה הבלי — וכשנעשה התקשרות · ראה לקו״ת ראה כה, א.

10והעיקר הוא בברכות ק״ש בשתים שלפניה כו׳ והיינו בורא קדושים ישתבח שמך לעד. הנה לעד הוא בלי גבול.

Et l’essentiel se trouve dans les bénédictions du Chema, les « deux qui le précèdent », etc. ; c’est-à-dire : « Créateur des êtres saints, que Ton Nom soit loué à jamais. » Or, « à jamais » signifie sans limite.

Explication

La contemplation essentielle intervient dans les deux bénédictions qui précèdent le Chema. La première parle de D.ieu comme du « Créateur des êtres saints » et dit : « que Ton Nom soit loué à jamais (la’ad) » ; l’Alter Rebbe interprète « à jamais » comme « sans limite ».

כי הנה הארץ הגשמית היא בבחי׳ גבול ממש אבל ברוחניות והיינו מלאכים ונשמות הם בלי גבול ממש כמ״ש היש מספר לגדודיו כו׳ שהם בלי גבול.

Car la terre matérielle est véritablement limitée ; mais, dans la spiritualité — c’est-à-dire les anges et les âmes —, ils sont véritablement sans limite, comme il est écrit : « Y a-t-il un nombre à Ses légions ? », etc., car ils sont sans limite.

Explication

La terre matérielle est limitée, mais les êtres spirituels, les anges et les âmes, sont innombrables, comme le dit Job : « Y a-t-il un nombre à Ses légions ? »

Le paragraphe 10 en bref

Ce paragraphe renvoie aux bénédictions qui précèdent le Chema : elles décrivent les anges et les âmes, des êtres innombrables, louant le Nom de D.ieu « à jamais ».

Maré mekomot

  1. 1
    בשתים שלפניה · Mishnah Berakhot 1:4
  2. 2
    היש מספר לגדודיו · Job 25:3

11ועי״ז ישתבח שמך לעד שחיותם אינו אלא מבחי׳ שמו לבד שאינו כמו כח הפועל בנפעל שמתלבש ממש בנפעל בבחי׳ שינוי אבל לפניו אין שינוי כלל.

Et par cela, « que Ton Nom soit loué à jamais » : car leur force vitale provient uniquement du niveau de Son Nom, lequel n’est pas comme la puissance de l’artisan dans l’objet qu’il a façonné, puissance qui est véritablement revêtue dans l’objet façonné et subit une transformation ; mais devant Lui, il n’y a absolument aucun changement.

Explication

Tous ces êtres innombrables tirent leur vie uniquement du « Nom » de D.ieu, expression de Lui, et non de Son essence. Cela n’est pas comparable à un artisan dont la puissance s’investit dans son ouvrage et se transforme à son contact : D.ieu, Lui, n’est nullement changé par la création.

כמ״ש אני הוי״ה לא שניתי כו׳ המרומם לבדו מאז שכמו שקודם בריאת העולמו׳ היה הוא מרומם לבדו כן עתה הוא בלי שינוי כלל המתנשא מימו״ע רק חיות כל העולמות אינו

Comme il est écrit : « Moi, Havaya, Je n’ai pas changé », etc. « Lui qui, seul, était exalté depuis toujours » : de même qu’avant la création des mondes, Lui seul était exalté, ainsi, à présent, Il est sans aucun changement, « Lui qui est élevé depuis les jours d’antan ». Cependant, la force vitale de tous les mondes n’est rien

Explication

La parole de Malachie, « Moi, Havaya, Je n’ai pas changé », l’exprime, tout comme les mots de la prière du matin : « Lui qui, seul, était exalté depuis toujours… Lui qui est élevé depuis les jours d’antan ». De même qu’Il était seul avant la création, Il l’est à présent.

אלא מבחי׳ שמו נק׳ עליהם שהוא מלך עליהם כמאמר אלקים חיים ומלך עולם היינו שמחיה כל העולמות רק בבחי׳ שהוא מלך עליהם שמו לבד ואעפ״כ הוא בלי גבול ששמו הוא ג״כ בלי גבול.

d’autre que le niveau de Son Nom, qui est invoqué sur eux, en ce qu’Il est leur Roi, comme le dit le verset : « D.ieu vivant et Roi éternel » ; c’est-à-dire qu’Il donne vie à tous les mondes uniquement en tant qu’Il est leur Roi, par Son Nom seul. Et pourtant, cela est sans limite, car Son Nom, lui aussi, est sans limite.

Explication

Les mondes vivent parce que Son Nom est « invoqué sur eux » en tant que leur Roi ; Jérémie Le désigne comme le « D.ieu vivant et Roi éternel », qui donne vie en tant que Roi. Son Nom, lui aussi, étant sans limite, les êtres qu’Il soutient sont innombrables.

וזהו בורא קדושים ישתבח שמך לעד כו׳ כנ״ל אבל מהותו ועצמותו רם ומתנשא כו׳:

Et c’est là le sens de : « Créateur des êtres saints, que Ton Nom soit loué à jamais », etc., comme expliqué ci-dessus ; mais Son être même et Son essence sont élevés et exaltés, etc.

Explication

Tel est le sens de la bénédiction : les « êtres saints » sans nombre ne louent que Son Nom, tandis que Son être même et Son essence sont élevés et exaltés au-dessus de tout cela.

Le paragraphe 11 en bref

Ce paragraphe explique que toute la création, y compris les anges et les âmes innombrables, ne reçoit la vie que du Nom de D.ieu, tandis que Lui-même demeure inchangé et exalté au-dessus d’elle.

Pour aller plus loin

Plus loin, dans Torah Ohr (Megillas Esther), l’Admour Hazaken explique que le terme « créer » implique la puissance de l’artisan dans l’objet façonné, ce qui ne s’applique qu’aux Noms de D.ieu ; de Son essence, il est dit : « Il ordonna, et ils furent créés », et même le niveau de sovev n’est que « Son Nom seul ».

Maré mekomot

  1. 1
    כח הפועל בנפעל · ראה לקמן צו, ג במ״מ.
  2. 2
    אני ה׳ לא שניתי · Malachi 3:6
  3. 3
    אלקים חיים ומלך עולם · Jeremiah 10:10

L’amour d’en bas et l’amour d’en haut ¶12–13

12והנה אחר שיתבונן כל זאת ואזי ממילא יתעורר מזה בק״ש להיות ואהבת כו׳. בכל מאדך בלי גבול לצאת מהחשך כו׳

Or, après avoir médité tout cela, on en sera alors naturellement éveillé, dans le Chema, à « Et tu aimeras », etc., « de toute ta force », sans limite, afin de sortir des ténèbres, etc.,

Explication

Après avoir médité que toute la création, si vaste soit-elle, n’est que Son Nom, l’homme est éveillé, dans le Chema, à « Tu aimeras… de toute ta force », un amour sans limite qui aspire à sortir des ténèbres de la limitation.

ורק להיות צעק לבם למהותו ועצמותו ממש באתעדל״ת והוא בחי׳ אתוון נוקבין ועי״ז באתעדל״ת אתעדל״ע לעורר האהבה למעלה ג״כ והוא פ׳ שניה שבק״ש שהוא לאהבה את ה׳ אלקיכם וגו׳

et uniquement afin que « leur cœur crie » vers Son être et Son essence mêmes, par un éveil d'en bas. C’est le niveau des lettres féminines. Et par là, un éveil d'en bas suscite un éveil d'en haut, afin d’éveiller aussi l’amour en haut. C’est la deuxième section du Chema, qui dit : « aimer Havaya, votre D.ieu », etc.

Explication

Le cœur crie vers l’essence de D.ieu seule ; c’est l’éveil d’en bas, les « lettres féminines ». Il suscite un éveil d’en haut, l’amour du côté de D.ieu, qu’expriment les mots de la deuxième section du Chema : « aimer Havaya, votre D.ieu ».

דאינו לשון שם דבר כמו לאהוב רק לאהבה לעשו׳ אהבה למעלה שיומשך אלקות למטה הוי״ה אלקיך ממש.

Car ce n’est pas un substantif verbal comme le'ehov (« aimer »), mais le'ahavah : susciter l’amour en haut, afin que la divinité soit attirée ici-bas : Havaya, véritablement votre D.ieu.

Explication

L’Admour Hazakène comprend le'ahavah non comme le verbe « aimer », mais comme « en vue de l’amour » : susciter l’amour en haut, afin que la divinité descende ici-bas et que Havaya, le Nom qui transcende le monde, devienne véritablement « votre D.ieu ».

דהנה לאו מכל אלין מדות כלל ואיך יהיה אהבה למעל׳ רק ע״י אתעדל״ת בבחי׳ אהבה מלמטה אתוון נוקבין ואהבת וגו׳ אזי ממילא נעשה אהבה למעלה ג״כ כי רוח אייתי רוח כו׳.

Car Il n’est « nullement de ces attributs » ; comment donc l’amour pourrait-il exister en haut ? Uniquement par un éveil d'en bas, sous la forme de l’amour d’en bas, les lettres féminines, « Et tu aimeras », etc. ; alors, naturellement, l’amour se suscite aussi en haut, car « un esprit suscite un esprit », etc.

Explication

D.ieu en Lui-même n’est « nullement de ces attributs » : l’amour et les autres attributs ne s’appliquent pas à Lui. L’amour en haut ne se suscite qu’en réponse à notre amour d’en bas, selon le principe : « un esprit suscite un esprit ».

Le paragraphe 12 en bref

Ce paragraphe montre comment la méditation conduit à l’amour sans limite de la première section du Chema : un éveil d’en bas qui suscite l’amour d’en haut, exprimé dans la deuxième section.

Maré mekomot

  1. 1
    בכל מאדך · Deuteronomy 6:5
  2. 2
    לאהבה את ה׳ אלקיכם · Deuteronomy 11:13
  3. 3
    לאו מכל אלין מדות כלל · Tikkunei Zohar 17b:5–7
  4. 4
    רוח אייתי רוח · Zohar, Terumah 64:660–66:669

13וזהו והחיות רו״ש שהוא אותיות נקבות ואותיות זכרים וזה נקרא אותיות זכרים דהיינו המשכה מלמעלה למטה שיהיה הוי״ה אלקיך ממש

Et c’est là [le sens de] « Les ‘hayot (créatures saintes) couraient et revenaient » : il s’agit des lettres féminines et des lettres masculines. Celles-ci sont appelées lettres masculines, c’est-à-dire un influx du haut vers le bas, afin que Havaya soit véritablement ton D.ieu.

Explication

Ézéchiel vit les ‘hayot, les créatures saintes, « courir et revenir ». Leur course vers le haut correspond aux lettres féminines ; leur retour vers le bas, aux lettres masculines : l’influx venant d’en haut, afin que Havaya devienne véritablement « ton D.ieu ».

ועי״ז יכולים לומר אח״כ ונתתי עשב בשדך ונתתי מטר ארצכם וגו׳ דלכאורה איך אומרים ונתתי כו׳ אלא רק מחמת שנמשך מלמעלה להיות הוי״ה אלקיכם ממש

Et c’est ainsi que l’on peut dire ensuite : « Et Je donnerai de l’herbe dans ton champ », et « Je donnerai la pluie de votre pays », etc. Car, à première vue, comment peut-on dire « Et Je donnerai » ? C’est uniquement parce qu’un influx est descendu d’en haut, afin que Havaya soit véritablement votre D.ieu,

Explication

C’est pourquoi, dans le deuxième paragraphe du Chema, on peut dire les paroles mêmes de D.ieu : « Je donnerai la pluie… Je donnerai de l’herbe. » Comment une personne peut-elle parler à la première personne de D.ieu ? Uniquement parce que la divinité a été attirée d’en haut.

וע״י התלבשותו באותיות התורה שהן אתוון דכורין שהקב״ה יושב ושונה כנגדו שקדוש ומובדל ממש מתלבש באותיות התורה להיות ואשים דברי בפיך ממש

et parce qu’Il s’est revêtu des lettres de la Torah, qui sont des lettres masculines ; car le Saint béni soit-Il « est assis et étudie face à lui » : Celui qui est véritablement saint et séparé se revêt des lettres de la Torah, de sorte que « J’ai mis Mes paroles dans ta bouche » soit véritablement réalisé,

Explication

L’influx descendant passe par les lettres de la Torah, les lettres masculines, dans lesquelles D.ieu « est assis et étudie face à » celui qui étudie. Alors, les paroles d’Isaïe « J’ai mis Mes paroles dans ta bouche » sont littéralement vraies : les paroles mêmes de D.ieu sont dans la bouche de la personne.

כמ״ש ודברת בם ולא נאמר ודברת אותם והיינו בם ממש מתניתין מלכתא מאן מלכי רבנן שהוא

comme il est écrit : « Et tu parleras en elles » ; il n’est pas dit : « Et tu les parleras ». C’est-à-dire : « en elles », au sens littéral. « Notre Michna est une reine » ; « Qui sont les rois ? Les Sages. » C’est-à-dire,

Explication

Le Chema dit vedibarta bam, « tu parleras en elles », et non « tu les parleras » : celui qui parle est à l’intérieur des paroles, qui sont celles de D.ieu. Dans le même esprit, le Talmud enseigne : « Notre Michna est une reine » et « Qui sont les rois ? Les Sages. »

כמו מלך שגוזר ומצוה על מדינתו ברצונו כך הם רבנן גוזרים על כשר פסול טמא וטהור שהוא דברי בפיך ממש

de même qu’un roi décrète et donne des ordres à son pays selon sa volonté, les Sages décrètent ce qui est valide ou invalide, impur ou pur ; c’est véritablement « Mes paroles dans ta bouche ».

Explication

Comme la parole d’un roi fait loi dans son pays, les Sages statuent sur ce qui est valide ou invalide, impur ou pur. Leurs décisions portent la volonté de D.ieu, car Ses paroles sont dans leur bouche.

וזהו הדברים האלה אשר אנכי מי שאנכי מצוך כו׳ ועי״ז יכולים לומר אח״כ ונתתי מטר כו׳

Et c’est là [le sens de] « Ces paroles que Moi » — Moi, qui Je suis — « te prescris », etc. Et c’est ainsi que l’on peut dire ensuite : « Et Je donnerai la pluie », etc.

Explication

Le Chema dit : « Ces paroles que Moi (Ano’hi) te prescris », et l’Admour Hazaken ajoute : « Moi, qui Je suis » : Celui qui prescrit est l’essence même de D.ieu. C’est pourquoi nous pouvons ensuite dire en Son nom : « Je donnerai la pluie. »

ובק״ש חותמים אני הוי״ה אלקיכם אשר הוצאתי אתכם מארץ מצרים שהוא בחי׳ יציאה מן מצרים וגבולים ורק להיות הוי״ה אלקיכם כו׳.

Et dans le Chema, nous concluons : « Je suis Havaya, votre D.ieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte » ; cela correspond à la sortie des métsarim, des étroitesses et des limites, afin que Havaya seul soit votre D.ieu, etc.

Explication

Le Chema s’achève par : « Je suis Havaya, votre D.ieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte » : sortir des métsarim, des étroitesses et des limites, afin que Havaya seul soit « votre D.ieu ».

והוא אתעדל״ע אותיות זכרים שבאים אחרי אתעדל״ת אותיות נקבות כי דרכו של איש כנ״ל:

Et c’est là un éveil d’en haut, les lettres masculines, qui viennent après un éveil d’en bas, les lettres féminines ; car « telle est la voie de l’homme », comme mentionné plus haut.

Explication

Tout cela est un éveil d’en haut, les lettres masculines, qui vient en réponse à l’éveil d’en bas, les lettres féminines, car « telle est la voie de l’homme » que de rechercher une femme.

Le paragraphe 13 en bref

Ce paragraphe expose la seconde moitié du processus : après l’amour qui vient d’en bas, l’essence de D.ieu est attirée vers le bas par les lettres de la Torah, de sorte que la personne puisse prononcer les paroles mêmes de D.ieu, comme le fait le Chema dans ses deuxième et troisième paragraphes.

Pour aller plus loin

Ailleurs dans Torah Ohr (Shemos, 49b), l’Admour Hazaken explique pourquoi les Michnayot sont comparées à des reines ; et, au début de l’ouvrage (Bereishis, 1a), il interprète « Et ces paroles que Moi (Ano’hi), Moi qui Je suis, te prescris » comme l’influx de la révélation de D.ieu par laquelle la Torah vient à l’existence.

Maré mekomot

  1. 1
    והחיות רו״ש · Ezekiel 1:14
  2. 2
    ונתתי עשב בשדך · Deuteronomy 11:15
  3. 3
    ונתתי מטר ארצכם · Deuteronomy 11:14
  4. 4
    יושב ושונה כנגדו · Tanna DeBei Eliyahu Rabbah 18:1–2
  5. 5
    ואשים דברי בפיך · Isaiah 51:16
  6. 6
    ודברת בם · Deuteronomy 6:7
  7. 7
    מתניתין מלכתא · Beitzah 28b:14–15
  8. 8
    מאן מלכי רבנן · Gittin 62a:14
  9. 9
    הדברים האלה אשר אנכי · Deuteronomy 6:6
  10. 10
    אנכי מי שאנכי · נסמן לעיל א, א.
  11. 11
    אני הוי״ה אלקיכם אשר הוצאתי אתכם מארץ מצרים · Numbers 15:41
  12. 12
    כי דרכו של איש · Kiddushin 2b:8–9

L’ouverture de la mer ¶14–16

14אך הנה יש עוד אתעדל״ע שהם אותיות זכרים שהם באי׳ שלא על ידי אתעדל״ת כלל שהם אותיות נקבות.

Mais il existe encore un autre éveil d’en haut, constitué de lettres masculines, qui ne vient nullement à la suite d’un éveil d’en bas, constitué de lettres féminines.

Explication

Il existe un autre éveil d’en haut qu’aucun éveil d’en bas ne suscite : des « lettres masculines », qui ne sont précédées d’aucune « lettre féminine ».

והוא בחי׳ קריעת ים סוף כי הנה ענין ים הוא שכל מה שיש ביבשה יש בים שכל הברואים שיש בים ישנם ג״כ ביבשה

Il s’agit du niveau de la scission de la mer des Joncs. En effet, le concept de la mer est que tout ce qui existe sur la terre ferme existe aussi dans la mer : toutes les créatures qui vivent dans la mer existent également sur la terre ferme,

Explication

Il s’agit de la scission de la mer. Le Talmud enseigne que tout ce qui existe sur la terre ferme existe aussi dans la mer : les mêmes sortes de créatures vivent dans les deux.

אלא שבים הם נעלמים ומכוסים וביבשה הם באתגלייא כמו״כ למעלה ג״כ יש בחי׳ ים ובחי׳ יבשה עלמא דאתכסייא ועלמא דאתגלייא וכמו״כ באדם שהוא עולם קטן יש ג״כ שכל ומדות מחשבה דבור ומעשה.

mais, dans la mer, elles sont cachées et recouvertes, tandis que, sur la terre ferme, elles sont révélées. De même, il existe aussi, en haut, le niveau de la mer et le niveau de la terre ferme : le monde caché (alma d’iskasya) et le monde révélé (alma d’isgalya). De même encore, chez l’homme, qui est un petit monde, il y a également l’intellect et les attributs émotionnels (midot), la pensée, la parole et l’action.

Explication

Dans la mer, elles sont recouvertes par l’eau et cachées ; sur la terre, elles sont bien visibles. De même, en haut, il y a une « mer » et une « terre ferme », le monde caché et le monde révélé. Et l’homme, « petit monde », possède la même structure dans son intellect, ses émotions, sa pensée, sa parole et son action.

שכל הוא בחי׳ עלמא דאתכסייא כי הוא בהעלם ומדות הם בחינת עלמא דאתגלייא שהם בחי׳ גלוי לגבי השכל.

L’intellect est le niveau du monde caché, car il est dissimulé ; les attributs émotionnels, eux, sont le niveau du monde révélé, car ils constituent une forme de révélation par rapport à l’intellect.

Explication

L’intellect est le monde caché, à l’œuvre au sein de l’esprit, tandis que les émotions sont le monde révélé : elles manifestent au-dehors ce que l’intellect contient en lui.

Le paragraphe 14 en bref

Ce paragraphe présente un éveil supérieur d’en haut, qui n’est pas suscité par un éveil d’en bas, et prépare à l’expliquer à travers la scission de la mer : la mer et la terre ferme représentent le caché et le révélé, en haut comme chez l’homme.

Pour aller plus loin

Le Likkutei Torah sur le Shir HaChirim cite ce passage et ajoute que de tels influx proviennent du niveau d’Atika, et que c’est de là que viennent le pouvoir et la force nécessaires à l’ascension du « cheval » de l’éveil d’en bas.

Maré mekomot

  1. 1
    יש עוד אתעדל״ע . . שלא ע״י אתעדל״ת כלל · בלקו״ת שה״ש יא, ד מציין ע״ז: והיינו המשכות מבחינת עתיקא כו׳ ע״ש והנה משם הוא שנמשך הכח ועוז לעליית הסוס דאתעדל״ת.
  2. 2
    אך הנה יש עוד אתעדל״ע שהם אותיות זכרים · מובא באוה״ת תשא ע׳ א׳תתקסז. ובסה׳מ תרכ״ז ע׳ קנא.
  3. 3
    שכל מה שיש ביבשה יש בים · Chullin 127a:12–14
  4. 4
    באדם שהוא עולם קטן · Tikkunei Zohar, Tikkun 69 · 100a:6
  5. 5
    באדם שהוא עולם קטן · Midrash Tanchuma, Pekudei 3:3–4
  6. 6
    שהוא עולם קטן · Tikkunei Zohar 100a:6

15ומחשבה נק׳ ג״כ בחי׳ גילוי לגבי השכל ודבור הוא יותר בחי׳ גילוי אף לגבי המחשבה כמו״כ למעלה יש מחשבה

La pensée aussi est appelée un niveau de révélation par rapport à l’intellect ; la parole est un niveau de révélation encore plus marqué, même par rapport à la pensée. De même, en haut, il existe une pensée.

Explication

Chez l’être humain, la pensée est plus révélée que l’intellect, et la parole l’est davantage encore. Il en va de même en haut : il existe une « pensée » divine.

ואף דכתיב כי לא מחשבותי מחשבותיכם עכ״ז הוא כערך האדם למטה שמחשבתו נק׳ העלם לגבי דבורו. כך למעלה יש בחי׳ העלם שהוא בחי׳ מחשבה.

Et bien qu’il soit écrit : « Car Mes pensées ne sont pas vos pensées », il y a néanmoins une analogie avec l’homme ici-bas, dont la pensée est appelée un état de dissimulation par rapport à sa parole. De même, en haut, il existe un niveau de dissimulation, qui est le niveau de la pensée.

Explication

Les pensées de D.ieu ne sont pas comme les nôtres, comme le dit Isaïe ; pourtant, la comparaison vaut sous ce rapport : de même que la pensée d’une personne est cachée par rapport à sa parole, la « pensée » de D.ieu est un niveau de dissimulation par rapport à Sa « parole ».

כמ״ש בזוהר כמה מחשבתין אית כו׳ שהוא מחשבה למחשבה שמה שנק׳ העלם לגבי למטה הימנו נק׳ בחי׳ גילוי לגבי מדרגה העליון ממנו

Comme il est écrit dans le Zohar : « Combien de pensées il y a », etc. : il s’agit d’une pensée par rapport à une pensée ; car ce qui est appelé dissimulation par rapport à ce qui est en dessous est appelé un niveau de révélation par rapport au rang qui est au-dessus.

Explication

Le Zohar parle de « combien de pensées il y a », une pensée au-dessus d’une autre. Chaque niveau est caché par rapport à celui qui est en dessous et révélé par rapport à celui qui est au-dessus.

וכן גבוה מעל גבוה שהתחתון הוא בחי׳ גילוי לגבי העליון ממנו שהוא בחי׳ העלם ממנו וזה נק׳ השתלשלות העולמות שהוא כמו שלשלת שכ״א אחוז בחבירו.

Il en va de même, toujours plus haut : le niveau inférieur est un niveau de révélation par rapport à celui qui est au-dessus de lui, lequel constitue pour lui un niveau de dissimulation. C’est ce qu’on appelle l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), qui ressemble à une chaîne (chalshelet), chaque [maillon] étant attaché au suivant.

Explication

C’est le principe du « toujours plus haut » : chaque niveau inférieur est la révélation d’un niveau supérieur. On appelle cela hichtalchelout, terme apparenté à chalshelet, une chaîne, car chaque niveau est relié au suivant comme les anneaux d’une chaîne.

כמו כן השתלשלות כל העולמות שהוא גבוה מעל גבוה עילה ועלול העלם וגילוי כו׳ אבל לגבי מהותו ועצמותו עצמות המאציל שלמעלה מעלה מהשתלשלות העולמות

De même, l’enchaînement descendant de tous les mondes s’élève toujours plus haut : cause et effet, dissimulation et révélation, etc. Mais par rapport à Son être même et à Son essence, à l’Essence de l’Émanateur, qui est très au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes,

Explication

Tout l’ordre des mondes est construit de cette façon, comme une succession de cause et d’effet, de dissimulation et de révélation. Mais l’essence propre de D.ieu, l’Émanateur, se situe très au-dessus de cet enchaînement.

שהם נעלמים אין שייך לפניו כלל מעלה ומטה גם חשך לא יחשיך ממך ולילה כיום יאיר כו׳:

lesquels sont cachés, les notions de supérieur et d’inférieur n’ont absolument aucune pertinence devant Lui : « Même l’obscurité n’est pas obscure pour Toi, et la nuit brille comme le jour », etc.

Explication

Devant Lui, les distinctions entre supérieur et inférieur, caché et révélé, ne s’appliquent absolument pas, comme le dit le psaume : « Même l’obscurité n’est pas obscure pour Toi, et la nuit brille comme le jour. »

Le paragraphe 15 en bref

Ce paragraphe décrit l’enchaînement des mondes comme une succession de niveaux de dissimulation et de révélation, puis situe l’essence de D.ieu au-dessus de cet enchaînement, là où le caché et le révélé ne font qu’un.

Pour aller plus loin

Dans Likkutei Torah (Va’eschanan), l’Admour Hazaken explique l’hichtalchelout à l’image d’une chaîne dont les anneaux se tiennent les uns aux autres, lumière et lumière de lumière, depuis l’intellect jusqu’aux émotions, puis à la pensée et à la parole. Il souligne également que « Mes pensées ne sont pas vos pensées », car la parole de D.ieu crée, ce que la parole humaine ne peut faire.

Maré mekomot

  1. 1
    כי לא מחשבותי מחשבותיכם · Isaiah 55:8
  2. 2
    כמ״ש בזוהר כמה מחשבתין אית · Tikkunei Zohar, Tikkun 69 · 103a:6
  3. 3
    כמה מחשבתין אית · Tikkunei Zohar 115a:1
  4. 4
    גבוה מעל גבוה · Ecclesiastes 5:7
  5. 5
    כמו שלשלת שכ״א אחוז בחבירו · ראה לקו״ת ואתחנן יב, א. ברכה צח, ב. אוה״ת ואתחנן כרך ה ע׳ ב׳ד.
  6. 6
    גם חשך לא יחשיך ממך ולילה כיום יאיר · Psalms 139:12

16והנה בשעת קי״ס הי׳ התגלות מהותו ועצמותו ממש שלמעלה מהשתלשלות ועי״ז ים ויבשה שוין ממש ונעשה מים יבשה מהעלם גילוי

Or, au moment de la scission de la mer des Joncs, il y eut une révélation de Son être et de Son essence mêmes, au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) ; grâce à cela, la mer et la terre ferme furent véritablement égales, et la mer devint terre ferme : le caché devint révélé.

Explication

Lors de la scission de la mer, l’essence même de D.ieu, qui se situe au-dessus de tout l’enchaînement des mondes, fut révélée. À ce niveau, le caché — la mer — et le révélé — la terre ferme — sont identiques ; la mer elle-même devint donc terre ferme : le caché devint révélé.

וזהו הפך ים ליבשה בנהר יעברו ברגל ויעברו בתוך הים ביבשה דייקא שההעלם נעשה גילוי ע״י גילוי עצמותו שהעלם וגילוי שוין ממש.

C’est là le sens de « Il transforma la mer en terre ferme ; ils traversèrent le fleuve à pied », et de « Ils traversèrent au milieu de la mer », précisément « sur la terre ferme » : le caché devint révélé par la révélation de Son essence, car le caché et le révélé sont véritablement égaux.

Explication

Les versets l’énoncent avec précision : « Il transforma la mer en terre ferme », et Israël traversa « au milieu de la mer sur la terre ferme », au sein même de la mer. Le caché lui-même devint révélé, car, pour l’essence de D.ieu, le caché et le révélé sont véritablement égaux.

Le paragraphe 16 en bref

Ce paragraphe explique la scission de la mer comme la révélation de l’essence de D.ieu, devant laquelle le caché et le révélé sont égaux ; ainsi, la mer elle-même devint terre ferme.

Maré mekomot

  1. 1
    הפך ים ליבשה בנהר יעברו ברגל · Psalms 66:6
  2. 2
    ויעברו בתוך הים ביבשה · Nehemiah 9:11

La joie d’une mitsva ¶17–20

17וזהו שם נשמחה בו ממש במהותו ועצמותו ממש והוא בחי׳ שמחה של מצוה. כי הנה כתיב תחת אשר לא עבדת את ה׳ אלקיך בשמחה וכו׳

Et c’est là [le sens de] « Là, nous nous sommes réjouis en Lui » : véritablement en Lui, dans Son être et Son essence mêmes. C’est le niveau de la joie d’une mitsva. Car il est écrit : « Parce que tu n’as pas servi Havaya, ton D.ieu, dans la joie », etc.,

Explication

Le même psaume poursuit : « Là, nous nous sommes réjouis en Lui » : en Lui, dans l’essence même de D.ieu, révélée à la mer. C’est là, dit l’Admour Hazaken, le niveau de la joie d’une mitsva ; il cite le reproche de la Torah pour ne pas avoir servi D.ieu dans la joie.

מרוב כל שרוב כל נק׳ השתלשלות כל העולמות שהם רוב מאד כגלדי בצלים גבוה מעל גבוה כו׳

« …plus que l’abondance de tout » (merov kol) ; car « l’abondance de tout » désigne l’enchaînement descendant de tous les mondes, qui sont extrêmement nombreux, comme les couches d’un oignon, toujours plus haut, etc. ;

Explication

Le verset s’achève par merov kol, littéralement « du fait de l’abondance de tout ». « L’abondance de tout » désigne l’enchaînement des mondes, nombreux et superposés comme les couches d’un oignon, chaque niveau étant plus élevé que celui qui le précède.

אבל השמחה של מצוה היא בבחי׳ עצמותו ממש שהוא מרוב כל למעלה מהשתלשלות כל העולמות.

mais la joie d’une mitsva se situe au niveau de Son essence même, qui est « plus que l’abondance de tout », au-delà de l’enchaînement descendant de tous les mondes.

Explication

L’Admour Hazaken interprète merov kol comme « au-delà de toute l’abondance » : la joie d’une mitsva atteint l’essence même de D.ieu, qui dépasse toute l’abondance des mondes.

Le paragraphe 17 en bref

Ce paragraphe relie la joie éprouvée à la mer à la joie d’une mitsva, qui atteint l’essence de D.ieu, au-delà de toute l’abondance de l’enchaînement des mondes.

Maré mekomot

  1. 1
    שם נשמחה בו · Psalms 66:6
  2. 2
    תחת אשר לא עבדת . . מרוב כל · Deuteronomy 28:47
  3. 3
    אבל השמחה של מצוה · ראה לקו״ת שה״ש ד״ה צאינה וראינה דרוש הראשון.

18וזהו ושמחת לפני הוי׳ אלקיך שהוא בחי׳ שמחה של מצות התורה שהוא לפני הוי׳ ממשיכי׳ כו׳.

Et c’est là [le sens de] « Tu te réjouiras devant Havaya ton D.ieu » : il s’agit du niveau de la joie des mitsvot de la Torah, qui est « devant Havaya » ; nous attirons [cela] vers le bas, etc.

Explication

La Torah ordonne : « Tu te réjouiras devant Havaya ton D.ieu. » La joie des mitsvot de la Torah est « devant Havaya » ; dans ce contexte, cela désigne l’essence de D.ieu, au-delà même du Nom, qui est attirée vers le bas par les mitsvot.

כי הנה אנו אומרים אק״ב כו׳ דרמ״ח מצות הן רמ״ח אברים דמלכא והוא כמשל אברים של אדם

Car nous disons : « Qui nous a sanctifiés par Ses mitsvot », etc., puisque les 248 mitsvot sont les 248 membres du Roi. Cela s’éclaire par l’image des membres d’un être humain :

Explication

Avant d’accomplir une mitsva, nous bénissons D.ieu : « Qui nous a sanctifiés par Ses mitsvot. » Les 248 mitsvot sont appelées les 248 « membres du Roi » ; l’Alter Rebbe l’explique au moyen d’une parabole tirée du corps humain.

הנה הנשמה אין יכולים לאוחזה ולתופסה כלל רק אעפ״כ כשנוטלין את האדם בידו הימנית או השמאלית ומושכין אותו ממקום למקום.

À présent, l’âme ne peut être ni saisie ni appréhendée d’aucune manière ; pourtant, lorsqu’on prend une personne par la main droite ou la main gauche et qu’on la tire d’un endroit à un autre,

Explication

Personne ne peut saisir l’âme d’un autre. Mais si l’on prend celui-ci par la main droite ou la main gauche et qu’on le tire, il vient avec nous.

אזי נמשכה הנשמה ג״כ ממקום למקום אף שהנשמה בעצמה אין יכולים לאוחזה כלל רק שע״י שהתלבשות הנשמה היא בהאברים עי״כ נמשכה הנשמה ג״כ ממילא.

alors l’âme aussi est entraînée d’un endroit à un autre, bien que l’âme elle-même ne puisse absolument pas être saisie ; simplement, parce que l’âme est revêtue dans les membres, elle aussi est ainsi entraînée, tout naturellement.

Explication

Son âme vient avec lui, bien qu’on ne puisse pas la saisir elle-même, parce qu’elle est revêtue dans ses membres. De même, l’essence de D.ieu ne peut être appréhendée ; pourtant, elle est entraînée par les mitsvot, ces « membres » dans lesquels elle est revêtue.

Le paragraphe 18 en bref

Ce paragraphe explique comment les mitsvot attirent l’essence de D.ieu : elles sont les « membres » du Roi et, de même que l’âme accompagne les membres dans lesquels elle est revêtue, Il est attiré par les mitsvot.

Pour aller plus loin

Le passage du Tikkunei Zohar auquel renvoie la note de Kehot relie la bénédiction « Qui nous a sanctifiés » aux 248 commandements et parle de « chaque membre du Roi ».

Maré mekomot

  1. 1
    ושמחת לפני ה׳ אלקיך · Deuteronomy 12:18
  2. 2
    דרמ״ח מצות הן רמ״ח אברים דמלכא · Tikkunei Zohar, Tikkun 30 · 74a:8

19וכמו״כ המצות הם אברין דמלכא כמו חסד דרועא ימינא שע״י הצדקה וחסד שנותנים למטה לעני ממשיכי׳ את עצמותו כביכול ע״י התלבשותו בבחי׳ חסד דרועא ימינא

De même, les mitsvot sont les « membres du Roi ». Par exemple, « ‘Hessed (bonté) est le bras droit » : par la charité et la bonté que l’on témoigne ici-bas à un pauvre, on attire Son essence même, pour ainsi dire, par le fait qu’Il s’habille dans le niveau de ‘Hessed, « le bras droit ».

Explication

Chaque mitsva correspond à un « membre ». Dans l’image kabbalistique, le ‘Hessed, la bonté, est le bras droit ; ainsi, donner la charité et témoigner de la bonté à un pauvre attire l’essence de D.ieu ici-bas, pour ainsi dire, par le fait qu’Il s’habille dans le ‘Hessed.

וכן גבורה דרועא שמאלא וכמארז״ל איזהו גבור הכובש את יצרו כמו לכבוש איזה תאוה כו׳ שעי״ז ממשיכים אותו מלמעלה ג״כ עי״ז. גבורה דרועא שמאלא.

De même, « Guevoura (retenue) est le bras gauche », comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Qui est fort ? Celui qui maîtrise son penchant », par exemple en maîtrisant un désir quelconque, etc. Par cela, on L’attire également d’en haut, par ce moyen : « Guevoura est le bras gauche ».

Explication

La Guevoura, retenue et force, est le bras gauche. La Michna qualifie de fort celui qui maîtrise son penchant ; vaincre un désir attire également D.ieu ici-bas, par l’intermédiaire de la Guevoura.

Le paragraphe 19 en bref

Ce paragraphe associe les mitsvot aux membres du Roi : la bonté envers le pauvre attire D.ieu ici-bas par le ‘Hessed, le bras droit, et la maîtrise d’un désir par la Guevoura, le bras gauche.

Maré mekomot

  1. 1
    חסד דרועא ימינא · Tikkunei Zohar 17a:16–17
  2. 2
    איזהו גבור הכובש את יצרו · אבות ד, א.
  3. 3
    איזהו גבור הכובש את יצרו · Pirkei Avot 4:1

20וכן ת״ת עמודא דאמצעיתא שהוא בחי׳ תורה שהוא כמו שנוטלין את האדם בכל גופו. ועי״ז מוליכים אותו למקום שרוצים כמו״כ ע״י תורה ממשיכין את עצמותו כביכול למטה.

De même, « Tiferet est la colonne médiane », ce qui correspond au niveau de la Torah ; c’est comme saisir une personne par tout son corps et, de la sorte, la conduire à l’endroit où l’on veut. De même, par la Torah, on fait descendre ici-bas Son essence, pour ainsi dire.

Explication

Tiferet, la colonne médiane, correspond au corps dans son ensemble, et c’est la Torah. Saisir une personne par tout son corps permet de l’amener où l’on veut ; ainsi, par la Torah, l’essence de D.ieu, pour ainsi dire, est attirée vers le bas.

וזהו שמחה של מצוה שהוא מתן שכרן של מצות שהוא בחי׳ גלוי עצמותו שהי׳ אז התגלות בשעת קי״ס

Et c’est là la joie d’une mitsva, qui est l’octroi de la récompense des mitsvot et correspond au niveau de la révélation de Son essence, laquelle se révéla alors, au moment de l’ouverture de la mer des Joncs.

Explication

La joie d’une mitsva est l’octroi de sa récompense : la révélation de l’essence de D.ieu. Cette révélation eut lieu lors de l’ouverture de la mer.

וזהו שם נשמחה בו בעצמותו ממש והוא בחי׳ אתעדל״ע בחי׳ אותיות זכרים שבא שלא באתעדל״ת כלל כי אין אתעדל״ת יכול לעורר כלל.

Et c’est là [le sens de] « Là, nous nous réjouirons en Lui » : en Son essence même. Cela correspond à un éveil d’en haut, au niveau des lettres masculines, qui vient sans aucun éveil d’en bas, car un éveil d’en bas ne peut nullement le susciter.

Explication

Ainsi, le verset « Là, nous nous réjouirons en Lui » se rapporte à Son essence même. Il s’agissait d’un éveil d’en haut, de lettres masculines sans lettres féminines les précédant, car aucun éveil d’en bas ne peut le faire surgir.

וזהו ויאמר ה׳ אל משה מה תצעק אלי בעתיקא תליא מילתא שהוא עצמות המאציל העליון שאין אתעדל״ת יכול לעורר כלל אלא ה׳ ילחם לכם ואתם תחרישון:

Et c’est là [le sens de] « D.ieu dit à Moché : “Pourquoi cries-tu vers Moi ?” » : « L’affaire dépend d’Atika [l’Ancien] », qui est l’Essence de l’Émanateur suprême, qu’aucun éveil d’en bas ne peut nullement susciter ; au contraire, « D.ieu combattra pour vous, et vous, vous garderez le silence. »

Explication

Au bord de la mer, D.ieu dit à Moché : « Pourquoi cries-tu vers Moi ? » Le Zohar explique que « l’affaire dépend d’Atika », l’Ancien, que l’Alter Rebbe identifie à l’Essence de l’Émanateur, hors de portée de toute prière. C’est pourquoi il fut dit à Israël : « D.ieu combattra pour vous, et vous, vous garderez le silence. »

Le paragraphe 20 en bref

Ce paragraphe conclut le maamar : l’étude de la Torah et la joie d’une mitsva font descendre l’essence de D.ieu, qui se révéla à la mer par un éveil d’en haut qu’aucune prière d’en bas ne pouvait susciter.

Pour aller plus loin

La note de Kehot renvoie à Torah Ohr sur Toldos, où l’Alter Rebbe dit que les mitsvot pratiques sont très élevées dans leur dimension intérieure et leur racine, de sorte que la divinité qu’une mitsva fait descendre provient de la mitsva elle-même, et non du service de la personne. Likkutei Torah sur Chir Hachirim ajoute que c’est d’Atika, que nul éveil d’en bas ne peut atteindre, que vient la force permettant à l’éveil d’en bas lui-même de s’élever.

Maré mekomot

  1. 1
    שם נשמחה בו · Psalms 66:6
  2. 2
    כי אין אתעדל״ת יכול לעורר כלל · ע׳ לעיל בפ׳ תולדות כ, א: כי ענין המצות מעשיות הם הגבה למעלה מעלה בפנימיותם ושרשם. ע׳ לקו״ת בד״ה ואתחנן. וע׳ באוה״ת דרושים לר״ה ע׳ א׳שה.
  3. 3
    ויאמר ה׳ אל משה מה תצעק אלי · Exodus 14:15
  4. 4
    ויאמר . . מה תצעק אלי . . בעתיקא תליא מילתא · Zohar II, 48a
  5. 5
    ה׳ ילחם לכם ואתם תחרישון · Exodus 14:14

Maamar terminé ?

Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.

Télécharger le PDFPDF · 587 KB

Dans la avoda

Chaque jour, une personne doit quitter son propre Égypte : par la contemplation dans les Pesoukei Dezimra et les bénédictions précédant le Chema, elle parvient à aimer D.ieu « de toute sa force » dans le Chema, et cet amour attire l’amour de D.ieu ici-bas. Ses paroles sont des chevaux : les paroles vaines et les paroles mauvaises l’entraînent dans la kelipa, tandis que les lettres de la prière et de la Torah l’élèvent ; et, par la Torah, les paroles mêmes de D.ieu sont dans sa bouche. Par chaque mitsva — donner la charité, vaincre un désir, étudier la Torah — elle attire ici-bas l’essence de D.ieu, et la joie de la mitsva en est la récompense.

Questions à discuter

  1. Pourquoi le maamar appelle-t-il les lettres des « chevaux », et en quel sens les mots peuvent-ils porter une personne au-delà de sa propre compréhension ?
  2. Qu’est-ce qui distingue les « lettres femelles » de la prière des « lettres mâles » de la Torah, et en quoi chacune dépend-elle de l’autre ?
  3. Pourquoi un lien au monde est-il si puissant que son absence totale de raison est appelée « le roi d’Égypte mourut », et qu’en découle-t-il dans le Chema ?
  4. Pourquoi l’ouverture de la mer fut-elle un éveil d’en haut qu’aucune initiative d’en bas ne pouvait susciter, et que nous enseigne sur la prière la phrase « Pourquoi cries-tu vers Moi ? » ?
  5. En quoi la joie d’une mitsva est-elle sa récompense, et comment la parabole de l’âme et des membres explique-t-elle la manière dont une mitsva attire D.ieu ici-bas ?

Langue

Taille du texte

Thème

Comment j’étudie

Calendrier

Afficher

Abréviations

Touchez une abréviation de l’hébreu pour la voir écrite en entier.

PDF

CompletHébreu, traduction, explications et notes · PDF · 587 KBLe texte seulL’hébreu et la traduction · PDF · 185 KB
Les livres entiers, prêts à imprimer

Langue

EnglishEspañolFrançaisעבריתPortuguêsРусский

Envoyez-nous une suggestion

Corrections, idées, questions. Le nom et l’e-mail sont facultatifs ; laissez un e-mail si vous souhaitez une réponse.

Le message part par e-mail à l’éditeur, avec la page où vous êtes. Rien n’est publié.

Sommaire

Torah Ohrתורה אור

Parshas Beshalachבשלח

  1. 1ויהי בשלח פרעה את העם ולא…“And it came to pass, when Pharaoh sent the people away”
  2. 2וירא ישראל את היד הגדולה אשר…“And Israel saw the great hand”
  3. 3אז ישיר משה ובני ישראל את…“Then Moshe and the Children of Israel sang”
  4. 4אשירה לה׳ כי גאה גאה וגו׳“I will sing to G‑d, for He is exalted, exalted”
  5. 5לסוסתי ברכבי פרעה דמיתיך רעיתי“To My mare in Pharaoh’s chariots have I likened you, My beloved”
  6. 6ביאור על הנ״לAn Explanation of the Above
  7. 7ויאמר משה אכלהו היום כו׳“And Moshe said, ‘Eat it today’”
  8. 8להבין ענין לחם משנה“To understand the matter of lechem mishneh”