Likkutei Torah · Parshas Nasso · Maamar 7
זאת חנוכת המזבח ביום המשח אתו מאת נשיאי…
« Voici la dédicace de l’autel, le jour où il fut oint »
L’idée centrale
Les sacrifices et la prière élèvent l’âme animale : par la contemplation, son propre désir, enraciné dans les anges du Char céleste, est éveillé et devient un amour ardent pour D.ieu, qui dépasse l’amour naturel de l’âme divine. Chaque nouveau commencement a d’abord besoin d’une « gloire » enveloppante ; c’est pourquoi l’encens et les réceptacles précieux des princes furent apportés le jour de l’onction, avant les « aliments » réguliers de l’autel.
Le maamar en bref
La Torah dit que la dédicace des princes eut lieu à la fois « le jour » où l’autel fut oint et « après ». Pour l’expliquer, le maamar demande ce que sont les sacrifices : le « pain » de l’autel, consumé par un feu venu d’en haut, sous la forme d’un lion, qui répondait au feu apporté d’en bas. La prière, qui tient lieu de sacrifices, élève l’âme animale : les Pessouké deZimra et les bénédictions du Chéma, par la contemplation de la grandeur de D.ieu et de Son amour pour Israël, transforment son propre désir ardent en amour de D.ieu au moment du Chéma. C’est pourquoi le mauvais penchant est « très bon » : soumis et transformé, il suscite la plus grande gloire, comme la lumière qui jaillit des ténèbres. L’âme animale peut accomplir cela parce qu’elle est enracinée dans l’« homme » au sein des Ofanim et des ‘Hayot, qui s’agitent devant le « saint » des Sérafim, une révélation qui dépasse leur compréhension ; leur tumulte appelle une réponse de l’« homme » sur le Trône. L’alimentation de l’autel est un niveau intérieur ; l’encens est enveloppant. Un commencement a besoin d’un supplément enveloppant, comme « Rendez à Havaya la gloire » précède les sept voix. Ainsi, l’encens et les réceptacles des princes furent apportés le jour de l’onction, et leurs sacrifices animaux après ce jour.
Plan
- La question : « le jour » ou « après » ?Un verset situe la dédicace des princes le jour de l’onction, un autre après celle-ci. Pour répondre, le maamar examine les sacrifices, le « pain » et l’« alimentation » de l’autel, consumés par un feu céleste sous la forme d’un lion.¶1–2
- La prière à la place des sacrificesLa prière élève l’âme animale : un cri du cœur, un amour qui veut se dépouiller de tout vêtement qui n’est pas consacré à D.ieu, puis l’ordre des Pessouké deZimra et des bénédictions du Chéma, qui montrent que D.ieu demeure seul et que Son Nom repose sur Israël, jusqu’à ce que son désir devienne amour de D.ieu au moment du Chéma.¶3–7
- Pourquoi le mal transformé est « très bon »L’ange de la mort, le mauvais penchant, est « très bon » lorsqu’il est soumis, car alors la gloire de D.ieu s’élève au plus haut, comme la lumière qui jaillit des ténèbres. L’amour ardent du pénitent est de l’or comparé à l’argent de l’amour naturel, allumé par la fournaise des louanges de la prière.¶8–10
- La racine de l’âme animale et le tumulte des OfanimL’âme animale humaine provient de l’« homme » au sein des ‘Hayot et des Ofanim. En entendant le triple « saint » des Sérafim, une révélation qui dépasse leur compréhension, ils s’agitent, tandis que les Sérafim, à sa source, restent immobiles ; ce tumulte d’en bas attire une réponse de l’« homme » sur le Trône.¶11–12
- Deux feux et deux sortes de sacrificesLe feu d’en bas attire le feu d’en haut, dans le Temple, dans la prière et dans l’offrande des âmes par Michaël. L’« alimentation » de l’autel est un niveau intérieur, tandis que l’encens, dont l’âme apprécie le parfum mais non le corps, est enveloppant ; les autels intérieur et extérieur correspondent aux cœurs intérieur et extérieur.¶13–14
- ‘Hinoukh : le don supplémentaire d’un commencementL’encens des princes sur l’autel extérieur fut une initiation unique, la ‘Hanouka entendue comme ‘hinoukh, à l’image du cadeau offert à un enfant qui commence à apprendre. De même, « Rendez à Havaya la gloire » précède les sept voix, et l’honneur précède l’union du fiancé et de la fiancée ; les réceptacles précieux des princes constituaient cette gloire.¶15–17
- L’huile d’onction et la réponseL’huile d’onction, une boisson mêlée de parfum, unit l’intérieur et l’enveloppant ; les sacrifices enveloppants reviennent donc au jour de l’onction, tandis que les sacrifices consommés viennent après. Cela explique aussi le Midrach selon lequel chaque prince est crédité d’avoir offert le premier jour et le dernier.¶18–19
Notions clés
- l’âme animaleנפש הבהמית
- L’âme qui anime le corps et ses pulsions. Chez l’être humain, c’est une âme intelligente, enracinée dans l’« homme » au sein des ‘Hayot du Char céleste ; elle peut donc être éveillée à un amour de D.ieu plus fort que l’amour naturel de l’âme divine.
- l’alimentation de l’autelאכילת מזבח
- La consommation des sacrifices sur l’autel par le feu venu d’en haut, le « lion qui mange les sacrifices ». C’est un niveau intérieur, comme un aliment absorbé, et, dans la prière, cela correspond à l’élévation de l’âme animale.
- enveloppant (makif)מקיף
- Une lumière trop grande pour être absorbée à l’intérieur et qui agit d’en haut. L’encens, dont l’âme apprécie le parfum mais non le corps, est le sacrifice enveloppant ; tout nouveau commencement a d’abord besoin d’une telle lumière supplémentaire.
- tumulteרעש
- L’agitation des Ofanim et des ‘Hayot lorsqu’ils perçoivent une révélation qui dépasse leur compréhension. Son équivalent dans l’âme est l’amour ardent de l’âme animale, « avec une force plus grande ».
- kadoch et kodechקדוש / קדש
- Kodech est la sainteté essentielle de D.ieu, au-delà de tout rapport avec les mondes ; kadoch, avec un vav, désigne ce qui en est attiré vers le bas. Les trois occurrences de « saint » sont trois étapes de descente, jusqu’à ce que les mondes puissent venir à l’existence.
- ‘hinoukh (initiation)חינוך
- La dédicace (‘hanouka) de l’autel comprise comme une initiation : le don supplémentaire qui inaugure une chose nouvelle, après quoi l’ordre habituel suffit.
- gloireכבוד
- Une illumination supplémentaire et enveloppante, attirée vers le bas avant une nouvelle descente ou une union, comme dans « Rendez à Havaya la gloire » avant les sept voix, et les réceptacles des princes façonnés « pour la gloire et pour la splendeur ».
- soumettre la sitra a’hraאתכפיא סטרא אחרא
- Vaincre et transformer le mauvais penchant, par quoi « la gloire du Saint béni soit-Il s’élève au-dessus » ; c’est pourquoi il est appelé « très bon ».
La question : « le jour » ou « après » ? ¶1–2
« Ceci est la dédicace de l’autel, le jour où il fut oint, par les princes d’Israël », etc. ; et il est écrit : « Ceci est la dédicace de l’autel après qu’il eut été oint. »
Le maamar s’ouvre sur deux versets tirés du récapitulatif de la Torah concernant les offrandes des princes lors de la dédicace de l’autel dans le Sanctuaire du désert (Nombres 7:84 et 7:88). Le premier dit que la dédicace eut lieu « le jour où il fut oint » ; le second, quelques versets plus loin, dit qu’elle eut lieu « après qu’il eut été oint ».
ויש להבין מ״ש בתחלה ביום המשח אותו דמשמע שהחנוכה של הנשיאים ומשיחת המזבח נעשה בפעם א׳ ושהם ענין א׳ דהא בהא תליא שהחנוכה עם המשיחה הם מישך שייך אהדדי.
Il faut à présent comprendre ce qui est dit d’abord : « le jour où il fut oint » ; cela implique que la dédicace des princes et l’onction de l’autel eurent lieu au même moment et qu’elles constituent une seule et même chose, l’une dépendant de l’autre, de sorte que la dédicace et l’onction sont liées l’une à l’autre.
La première formulation suggère que la dédicace des princes et l’onction de l’autel eurent lieu au même moment et constituent une seule et même chose, chacune étant liée à l’autre. Cela pose la question à laquelle le maamar va répondre.
Le maamar commence par une apparente contradiction dans le récit de la Torah concernant la dédicace de l’autel : « le jour où il fut oint », d’une part, et « après qu’il eut été oint », d’autre part.
La réponse apparaît à la fin du maamar (paragraphes 18–19) : les offrandes qui englobent les autres, l’encens et les ustensiles des princes, relèvent de l’onction elle-même et sont donc offertes « le jour où il fut oint » ; en revanche, les offrandes qui constituent la « nourriture » de l’autel furent apportées « après qu’il eut été oint ».
Maré mekomot
- 1זאת חנוכת המזבח · הג״ה באוה״ת במדבר ע׳ רפט. ובכרך ד א׳תסב. (הגהות וקיצורים ביאור — שם ע׳ א׳תסו). לד״ה זה ראה ד״ה זאת חנוכת המזבח תר״מ. בגוכי״ק אדהצ״צ בהגה״ה על לקו״ת ברכה צז, א (בוך 1135 טז, א) נזכר: ”לכה דודי — זאת חנוכת מלאזני”. ואולי קאי על מאמר זה (וראה להלן בהוספות ברשימת הכתבי-יד).
- 2
- 3זאת חנוכת המזבח אחרי המשח אותו · Numbers 7:88
- 4זאת חנוכח המזבח ביום . . אחרי · Numbers 7:84
2ואח״כ [ואחר כך] כתיב אחרי המשח אותו דמשמע שהמשיחה היא ענין בפ״ע [בפני עצמו] והיתה צריכה להיות קודם החנוכה שהחנוכה של קרבנות הנשיאים לא היו רשאים להביא אלא אחר משיחת המזבח.
Et ensuite, il est écrit : « après qu’il eut été oint », ce qui implique que l’onction constitue une chose en soi et devait avoir lieu avant l’inauguration, puisque les princes n’étaient pas autorisés à apporter leurs offrandes inaugurales avant l’onction de l’autel.
Le second verset, « après qu’il eut été oint », implique que l’onction était un acte distinct qui devait avoir lieu en premier. Les princes n’étaient pas autorisés à apporter leurs offrandes inaugurales tant que l’autel n’avait pas été oint.
אבל אין ענין החנוכה של הנשיאים עם קרבנותיהם שייך כלל לענין משיחת המזבח שזה ענין בפ״ע [בפני עצמו] וזה ענין בפ״ע [בפני עצמו].
Mais l’inauguration des princes avec leurs offrandes n’est nullement liée à l’onction de l’autel : ceci est une chose en soi, et cela en est une autre.
Selon cette interprétation, l’inauguration des princes n’a aucun rapport avec l’onction : chacune est une chose en soi. Le maamar doit montrer comment les deux versets peuvent être vrais.
אך להבין זה צריך להבין תחלה ענין הקרבנות בכללם מה ענינם כי הנה הקרבנות נק׳ בשם לחם כמ״ש את קרבני לחמי1 לאשי וארז״ל [ואמרו רבותינו זכרונם לברכה] בשתי אכילות הכתוב מדבר2 אכילת אדם ואכילת מזבח.
Mais, pour comprendre cela, il faut d’abord comprendre la nature des offrandes en général : en quoi consistent-elles ? Car les offrandes sont appelées « pain », comme il est écrit : « Mon offrande, Mon pain pour Mes sacrifices consumés par le feu » ; et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « L’Écriture parle de deux consommations : celle de l’homme et celle de l’autel. »
Avant de répondre, l’Admour Hazaken explique ce que sont les offrandes. La Torah les appelle le « pain » de D.ieu (Nombres 28:2), et les Sages, en interprétant le verset « s’il est mangé », disent que l’Écriture parle de deux sortes de consommation : celle de l’homme et celle de l’autel (Zevachim 13b).
אכילת מזבח היא שהיו מקריבים חלב ודם ע״ג [על גבי] המזבח והיה יורד אש מלמעלה3 כדמות אריה ותאכל את העולה4 ואת חלבי השלמים וזהו אריה דאכיל קרבנין56 הנז׳ [הנזכר] בזהר.7
La consommation de l’autel consistait à offrir la graisse et le sang sur l’autel ; alors, un feu descendait d’en haut sous la forme d’un lion et consumait l’holocauste ainsi que les graisses des sacrifices de paix. C’est là le « lion qui dévore les sacrifices » mentionné dans le Zohar.
La « consommation » de l’autel consistait à brûler la graisse et le sang : un feu descendait du ciel sous la forme d’un lion et consumait les offrandes, comme lorsque le feu descendit pour la première fois lors de l’inauguration du Sanctuaire (Lévitique 9:24). Le Zohar appelle ce feu céleste le « lion qui dévore les sacrifices ».
Le paragraphe précise la question et aborde les bases nécessaires : les offrandes comme « pain » de l’autel et sa « consommation ».
Le Talmud (Yoma 21b) compte parmi les miracles du feu de l’autel le fait qu’il se tenait accroupi comme un lion ; il enseigne aussi que, bien qu’un feu descendît du ciel, il était néanmoins une mitsva d’apporter également un feu ordinaire. Le maamar s’appuie sur ces deux éléments au paragraphe 13, où le feu d’en bas attire le feu d’en haut.
Maré mekomot
- 1את קרבני לחמי · Numbers 28:2
- 2בשתי אכילות הכתוב מדבר · Zevachim 13b:3
- 3והי׳ יורד אש מלמעלה · Yoma 21b
- 4ותאכל את העולה · Leviticus 9:24
- 5אריה דאכיל קרבנין · Zohar, Introduction 12:92–104
- 6אריה דאכיל קרבנין · Zohar, Vayikra 40:278–41:285
- 7ארי׳ דאכיל קורבנין הנז׳ בזהר · ח״א ו, ב. ח״ב רעח, ‘א. ח״ג יז, א. לג, א.
La prière à la place des sacrifices ¶3–7
3ויובן זה מענין התפלה שהיא כנגד הקרבנות1 ובהכרח שצ״ל [שצריך להיות / שצריך לומר / שצריך להבין] בתפלה ג״כ מעין בחי׳ הקרבנות ודוגמתם שלכן תיקנוה כנגד הקרבנות
Cela se comprendra à partir de la prière, qui correspond aux offrandes. Il faut donc nécessairement que la prière comporte elle aussi quelque chose qui relève du niveau des offrandes et leur ressemble ; c’est pourquoi on l’a instituée en correspondance avec les offrandes.
Le point s’éclairera à travers la prière, que les Sages ont instituée en correspondance avec les offrandes quotidiennes (Berakhot 26b). Si la prière a été instituée à leur place, elle doit comporter quelque chose de ce que les offrandes recelaient.
והיינו משום העלאת נפש הבהמית בתפלה שעיקרה בעבודה שבלב להפוך לבו מן הקצה אל הקצה ממה שהיה שקוע וטרוד כל היום במחשבות אדם ותחבולותיו2 ויצרי מעללי איש.
C’est-à-dire en raison de l’élévation de l’âme animale dans la prière, dont l’essence réside dans le service du cœur : faire passer le cœur d’un extrême à l’autre, après qu’il a été plongé et absorbé toute la journée dans les pensées de l’homme, ses stratagèmes et les penchants de ses actes ;
Ce que la prière partage avec les offrandes, c’est l’élévation de l’âme animale, l’âme qui anime le corps et ses pulsions. La prière est un « service du cœur » : elle transforme complètement le cœur, le détournant de son absorption, durant toute la journée, dans les pensées de l’homme et ses stratagèmes — formule tirée de la prière de Moussaf de Roch Hachana.
איש איש כפי שיודע נגעי לבבו לצעוק אל ה׳ בצר לו בכל לב ונפש וכמ״ש צעק לבם3 וגו׳ [וגומר]
chacun selon ce qu’il connaît des tourments de son propre cœur, pour crier vers D.ieu dans sa détresse, de tout son cœur et de toute son âme, comme il est écrit : « Leur cœur a crié », etc. ;
Chacun, connaissant les tourments de son propre cœur, crie vers D.ieu dans sa détresse, de tout son cœur et de toute son âme. Ces mots font écho à la prière de Chlomo lors de l’inauguration du Temple (I Kings 8:38) et au verset « Leur cœur a crié » (Lamentations 2:18).
ולעורר את האהבה לה׳ בתשוקה וצמאון לדבקה בו ית׳ עד שתחפץ להתפשט מלבושים צואים4 הן הן המחשבות והדבורים והמעשים אשר לא לה׳ המה.
et éveiller l’amour pour D.ieu, avec le désir ardent et la soif de s’attacher à Lui, béni soit-Il, jusqu’à ce que [l’âme] désire se dépouiller de ses vêtements souillés. Ce sont précisément les pensées, les paroles et les actes qui ne sont pas pour D.ieu,
Le second mouvement de la prière consiste à éveiller l’amour et la soif de D.ieu, jusqu’à ce que l’âme veuille se dépouiller de ses « vêtements souillés », image tirée de Zacharie 3:4. Ces vêtements sont les pensées, les paroles et les actes qui ne sont pas consacrés à D.ieu.
הן בהיתר כו׳ שהן מלבושי נוגה שלפעמים עולה ונכללת בקדושה כאשר יפלס האדם מעגלי דרכיו5 שלא יהנה מהעוה״ז [מהעולם הזה] רק לש״ש [לשם שמים] להרחיב לבו ודעתו לה׳ ולתורתו כו׳
même lorsqu’il s’agit de choses permises, etc., qui sont des vêtements de noga ; celle-ci s’élève parfois et s’intègre à la sainteté lorsque l’homme pèse les voies qu’il suit, afin de ne tirer profit de ce monde que pour le Ciel, pour élargir son cœur et son esprit au service de D.ieu et de Sa Torah, etc.,
Cela inclut même les choses permises, qui sont revêtues de noga, le domaine intermédiaire qui n’est ni entièrement saint ni entièrement impur. Noga peut être élevée dans la sainteté lorsqu’une personne pèse ses voies et n’utilise ce monde que pour le Ciel, afin d’élargir son cœur et son esprit au service de D.ieu et de Sa Torah.
כמ״ש במ״א, משא״כ כשנמשך האדם אחר גופו לצורך עצמו ולהנאת עצמו מכוין אזי הוא יורד ונמשך למטה ומן ההיתר יסיתנו כו׳.678
comme il est expliqué ailleurs. En revanche, lorsque l’homme se laisse entraîner par son corps pour répondre à ses propres besoins et rechercher son propre plaisir, il descend et est entraîné vers le bas ; et, à partir de ce qui est permis, [le penchant] l’incitera, etc.
Mais lorsqu’une personne suit son corps pour ses propres besoins et son propre plaisir, elle s’abaisse avec lui. Le « etc. » complète le dicton bien connu : à partir de ce qui est permis, le penchant l’entraîne vers l’interdit.
La prière est présentée comme le pendant intérieur des offrandes : l’âme animale y est élevée, par le cri adressé à D.ieu et par un amour qui aspire à se dépouiller de tout vêtement qui n’est pas consacré à Lui.
L’image des « vêtements souillés » passe, par l’intermédiaire d’Etz Chaim (Sha’ar 50, chapter 3), dans le Tanya, chapter 9, où le penchant mauvais lui-même devient entièrement bon une fois dépouillé de ses vêtements, c’est-à-dire des plaisirs de ce monde. Ici, cette image s’applique aux choses permises, qui relèvent de noga et peuvent soit s’élever dans la sainteté, soit sombrer dans les kelipot impures.
Maré mekomot
- 1התפלה שהיא כנגד הקרבנות · Berakhot 26b:5–6
- 2מחשבות אדם ותחבולותיו · תפלת מוסף דר״ה.
- 3צעק לבם · Lamentations 2:18
- 4מלבושים צואים · Zechariah 3:4
- 5יפלס אדם מעגלי דרכיו · Proverbs 4:25
- 6בחפלה שעיקרה עבודה שבלב · Taanit 2a:11
- 7
- 8
4וזהו ענין בחי׳ הנוגה כשהיא יורדת ונכללת למטה בקליפות הטמאות לגמרי ועד״ז [ועל דרך זה] ניתקן ענין התפלה.
Et tel est le cas du niveau de noga lorsqu’il descend et s’inclut en bas dans les kelipot entièrement impures. C’est selon cette même logique que fut institué l’ordre de la prière.
C’est ainsi que noga tombe : lorsqu’elle est employée pour un plaisir égoïste, elle descend et se trouve absorbée dans les kelipot entièrement impures. L’ordre de la prière fut institué selon le même modèle que celui des offrandes, afin d’élever l’âme animale étape par étape.
ומתחלה יסדר אדם1 שבחו של מקום בפסוקי דזמרה בגדולת ורוממות א״ס [אין סוף] ב״ה לעורר התשוקה והצמאון בנפש הבהמית לאסתכלא ביקרא דמלכא2 בסידור שבחיו איך שהוא ברוך שאמר והיה העולם
Tout d’abord, l’homme doit exposer les louanges du Maître du monde dans les Pessouké deZimra (Versets de louange), en évoquant la grandeur et l’élévation de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, afin d’éveiller dans l’âme animale le désir et la soif de contempler la gloire du Roi, en exposant Ses louanges : comment Il est béni, « Celui qui a parlé, et le monde est venu à l’existence »,
La première étape consiste en les Pessouké deZimra, conformément à l’enseignement du Talmud selon lequel il faut d’abord exposer les louanges de D.ieu, puis prier (Avodah Zarah 7b). Le but est d’éveiller dans l’âme animale elle-même le désir « de contempler la gloire du Roi », en commençant par Baroukh Chéamar, qui bénit D.ieu, « Celui qui a parlé, et le monde est venu à l’existence ».
דהיינו באמירה אחת ובמאמר א׳ כו׳, וכמ״ש בזהר3 במחשבה א׳ ברא את העולם4 שהוא צופה ומביט עד סוף5 כל הדורות וקורא הדורות מראש6 וכולם נסקרים בסקירה אחת כו׳,
c’est-à-dire par une seule parole et par une seule énonciation, etc. ; et comme il est écrit dans le Zohar : « Par une seule pensée, Il créa le monde », car Il voit et contemple jusqu’à la fin de toutes les générations, « appelle les générations dès leur origine », et toutes sont examinées d’un seul regard, etc. ;
Le monde vint à l’existence par une seule énonciation, et le Zohar dit que D.ieu le créa par une seule pensée. D’un seul regard, Il voit toutes les générations jusqu’à la fin des temps, comme le dit la liturgie de Roch Hachana et comme l’exprime Isaïe : Il « appelle les générations dès leur origine » (Isaiah 41:4).
והוא יחיד חי העולמים מלך78 פי׳ יחיד שהוא לבדו הוא כמו קודם שנברא העולם וכמ״ש אתה הוא עד שלא9 נברא כו׳
et « Lui, l’Unique, la Vie des mondes, Roi ». Le sens de « l’Unique » est qu’Il est seul, comme [Il l’était] avant que le monde ne fût créé, ainsi qu’il est dit : « Tu es Celui qui était avant que [le monde] ne fût créé », etc. ;
Baroukh Chéamar décrit D.ieu comme « l’Unique, la Vie des mondes, Roi ». « L’Unique » signifie qu’Il demeure seul, exactement comme avant la création, ainsi que le dit la prière du matin : « Tu es Celui qui était avant que le monde ne fût créé ».
et comme il est écrit : « Moi, D.ieu, Je n’ai pas changé » : même après la création du monde, « il n’y a rien d’autre que Lui », et « Toi, Tu es D.ieu, seul »,
Le verset de Malachie, « Moi, D.ieu, Je n’ai pas changé », signifie que la création n’a entraîné aucun changement en Lui. Même à présent, « il n’y a rien d’autre que Lui » (Deuteronomy 4:35), et « Toi, Tu es D.ieu, seul » (Nehemiah 9:6).
כמו קודם שנברא העולם כי העולם אין תופס מקום כלל דכולא כלא ממש13 חשיבי לגביה.
comme avant que le monde ne fût créé ; car le monde n’occupe absolument aucune place, puisque tout est véritablement considéré comme néant par rapport à Lui.
La création n’occupe aucune « place » devant Lui, puisque tout est comme néant par rapport à Lui, comme le dit le Zohar. C’est pourquoi Il est toujours seul, comme avant la création.
לפי שאתה עשית את השמים ושמי כו׳ ואתה מחיה14 את כולם כו׳ וחי העולמים אינו
car « c’est Toi qui as fait les cieux et les cieux des… », etc., et « Tu donnes la vie à tous », etc. Or, « la Vie des mondes » n’est
Le même verset de Nehemiah poursuit en disant qu’Il a fait les cieux et qu’Il donne la vie à tous. Pourtant, le titre de « Vie des mondes » ne s’applique à Lui qu’en tant que « Roi ».
אלא בבחי׳ מלך שאין זה אלא לפי שנקרא שמו ומלכותו על המדינה כו׳ כמ״ש במ״א.
que le niveau de « Roi » : cela tient uniquement au fait que Son Nom et Sa souveraineté sont proclamés sur le royaume, etc., comme il est expliqué ailleurs.
Un roi n’est roi que parce que son nom et son règne sont proclamés dans un pays. De même, le fait que D.ieu donne la vie aux mondes relève de Son « Nom » et de Sa souveraineté, et non de Son essence, comme l’explique le paragraphe suivant.
משובח ומפואר עדי עד פי׳ למעלה עד אין קץ ולמטה עד אין תכלית בעילוי אחר עילוי
« Loué et glorifié à jamais » : c’est-à-dire, en haut, sans fin, et en bas, sans limite, dans une élévation après l’autre.
« Loué et glorifié à jamais » se comprend comme une louange sans limite dans les deux directions : sans fin vers le haut et sans borne vers le bas, s’élevant de niveau en niveau.
עד אין קץ ותכלית כמ״ש הכל ירוממוך סלה15 וכל החיים יודוך סלה16 וקדושים בכל יום יהללוך סלה פי׳ סלה בלי הפסק17 עד רום המעלות.18
sans fin ni limite, comme il est écrit : « Tous Te magnifieront, séla », « et tous les vivants Te remercieront, séla », et « les saints Te loueront chaque jour, séla ». Le sens de « séla » est : sans interruption, jusqu’au sommet même des niveaux.
Les prières disent que toutes les créatures Le magnifient et Le louent « séla », et le Talmud enseigne que « séla » signifie sans interruption (Eruvin 54a). Ainsi, leur louange s’élève sans pause jusqu’au sommet même des niveaux.
L’ordre de la prière commence ainsi : les louanges des Pessouké deZimra montrent que D.ieu demeure seul comme avant la création et que le fait de donner la vie aux mondes relève uniquement de Son « Nom » et de Sa royauté, tandis que Sa louange s’élève sans fin.
Le maamar examine attentivement la liturgie : « l’Unique » désigne la solitude immuable de D.ieu, « la Vie des mondes » est subordonnée à « Roi », et « séla » exprime l’élévation ininterrompue de la louange. Cela prépare le contraste établi ensuite entre Son essence et le simple rayonnement de Son Nom.
Maré mekomot
- 1מתחלה יסדר אדם · Avodah Zarah 7b:18
- 2לאסתכלא ביקרא דמלכא · Zohar I, 38a
- 3וכמ״ש בזהר במח׳ א׳ · ח״ב כ, א. על״ק עקב (טז, ד). וש״נ.
- 4במחשבה א׳ ברא את העולם · Zohar, Shemot 49:354–50:364
- 5צופה ומביט עד סוף · תפלת מוסף דר״ה.
- 6קורא הדורות מראש · Isaiah 41:4
- 7יחיד חי העולמים מלך · ברכת ברוך שאמר.
- 8יחיד חי העולמים מלך · Siddur Ashkenaz, Weekday, Shacharit, Pesukei Dezimra, Barukh She'amar 2
- 9אתה הוא עד שלא נבה״ע · תפלת שחרית. ראה של״ה ג, ב.
- 10אני ה׳ לא שניתי · Malachi 3:6
- 11אין עוד מלבדו · Deuteronomy 4:35
- 12אתה הוא ה׳ לבדך · Nehemiah 9:6
- 13דכולא כלא ממש קמי׳ חשיבי · Zohar I, 11b
- 14אתה עשית . . ואתה מחי׳ · Nehemiah 9:6
- 15הכל ירוממוך סלה · ברכת יוצר דשבת.
- 16וכל החיים יודוך סלה · נוסח תפלת שמו״ע.
- 17סלה בלי הפסק · Eruvin 54a:12–13
- 18וקדושים בכ״י יהללוך סלה · שם.
5ונודע כמה מיני עליות בג״ע [בגן עדן] תחתון ועליון ונו״ן אלפים יובלות1 ושמיטין כו׳ שהרבה מיני עילויים מעילויים שונים והכל נמשך
Et l’on sait combien il existe de sortes d’ascensions dans le Gan Eden inférieur et supérieur, ainsi que les cinquante mille jubilés et cycles sabbatiques, etc. : il existe de nombreuses sortes d’élévations, de degrés divers ; et tout cela découle
Les âmes du Gan Eden inférieur et supérieur s’élèvent par de nombreuses sortes d’ascensions ; la tradition parle d’ascensions s’étendant sur « cinquante mille jubilés » et des cycles sabbatiques. Le maamar indique maintenant d’où proviennent toutes ces différentes élévations.
רק מבחי׳ שמו הגדול בחי׳ שמו ומלכותו שאין זה רק בחי׳ זיו והארה בלבד כו׳
uniquement du niveau de Son grand Nom, du niveau de Son Nom et de Sa souveraineté, qui n’est rien de plus qu’un niveau de rayonnement et d’illumination seulement, etc.
Toutes proviennent uniquement de Son « grand Nom », de Son Nom et de Sa souveraineté, qui ne sont qu’un rayonnement et un éclat, et non Son essence. Même les ascensions spirituelles les plus élevées ont lieu dans ce rayonnement.
וכי נשגב שמו2 שאפי׳ [שאפילו] שמו הוא בבחי׳ לבדו רק הודו וזיוו של שמו על ארץ ושמים כו׳.
Et « car Son Nom est exalté » : même Son Nom est au niveau de « seul » ; seuls la splendeur et le rayonnement de Son Nom sont « sur la terre et le ciel », etc.
Le verset dit : « Son Nom seul est exalté ; Sa splendeur est sur la terre et le ciel » (Psaumes 148:13). À y regarder de près, même Son Nom est « seul », exalté au-dessus des mondes ; ce qui atteint la terre et le ciel n’est que la splendeur et le rayonnement du Nom.
Tous les mondes spirituels et leurs ascensions sans fin ne proviennent que du rayonnement du Nom de D.ieu ; et même ce Nom demeure exalté au-dessus d’eux.
Pour les « cinquante mille jubilés », la note de Kehot renvoie au Chakh sur la Paracha Behar.
Maré mekomot
- 1ונו״ן אלפים יובלות · ראה ש״ך פ׳ בהר ס, ד.
- 2כי נשגב שמו . . וירם קרן · Psalms 148:13
6ואי לזאת תכלה ותכסוף אליו ית׳ נפש כל חי לדבקה בו ית׳ ובפרט בהזכירו כי נקרא שמו הגדול ומלכותו ית׳ עלינו ישראל בפרט וכמ״ש וירם קרן לעמו1 מגיד דבריו ליעקב23 כו׳
Et c’est pourquoi l’âme de tout être vivant languira et aspirera à Lui, qu’Il soit béni, pour s’attacher à Lui, qu’Il soit béni ; et cela tout particulièrement lorsqu’elle se rappellera que Son grand Nom et Sa royauté, qu’Il soit béni, reposent sur nous, Israël, de façon particulière, comme il est écrit : « Il a relevé la force de Son peuple », « Il proclame Ses paroles à Yaakov », etc. ;
En méditant cela, toute âme aspire à s’attacher à D.ieu, d’autant plus lorsqu’on se rappelle que Son grand Nom et Sa royauté reposent sur Israël en particulier. Les versets récités dans les Pessouké déZimra disent qu’Il a relevé la force de Son peuple (Psaumes 148:14) et qu’Il proclame Ses paroles à Yaakov (Psaumes 147:19).
וכתיב כי יעקב בחר לו45 יה ישראל לסגולתו ואומרים ברוך ה׳ אלקי ישראל67 דייקא אזי תתעורר השמחה בלב איש ישמח ישראל בעושיו89 בשמחה גדולה לאלקים
et il est écrit : « Car Yah a choisi Yaakov pour Lui-même, Israël pour Son trésor » ; et nous disons : « Béni soit Havaya, le D.ieu d’Israël », précisément Israël. Alors la joie s’éveillera dans le cœur de l’homme : « Qu’Israël se réjouisse en son Créateur », dans une grande joie en D.ieu,
Les Psaumes disent que D.ieu a choisi Yaakov et Israël comme Son trésor ; et, dans la prière, nous Le bénissons comme « le D.ieu d’Israël », en désignant précisément Israël. Cela éveille la joie dans le cœur : « Qu’Israël se réjouisse en son Créateur » (Psaumes 149:2).
שהשרה שכינתו בתוכנו וינהו כל10 בית ישראל אחרי ה׳ ואח״כ [ואחר כך] ברכות ק״ש [קריאת שמע] איך שהמלאכים מקדישים כו׳ ואהבת עולם אהבתנו חמלה גדולה ויתירה11 פי׳ יתירה מהמלאכים כו׳ כמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים].
Lui qui a fait résider Sa Chekhina parmi nous ; « et toute la maison d’Israël aspirait après Havaya ». Puis viennent les bénédictions du Chéma : comment les anges sanctifient, etc. ; et « Tu nous as aimés d’un amour éternel… d’une grande et surabondante compassion » ; « surabondante » signifie plus que pour les anges, etc., comme il est expliqué dans le Séfer Chel Beinonim (Tanya).
La joie est en D.ieu, qui a fait résider Sa Chekhina parmi Israël, de sorte que toute la maison d’Israël aspire après Lui (I Samuel 7:2). Viennent ensuite les bénédictions précédant le Chéma : la première décrit la sanctification des anges ; la seconde, Ahavat Olam, évoque la « grande et surabondante compassion » de D.ieu, que le Tanya explique comme dépassant la proximité qu’Il accorde aux anges.
Les louanges des Pessouké déZimra et les bénédictions du Chéma font passer l’âme de l’aspiration à la joie, lorsqu’elle voit que le Nom de D.ieu repose sur Israël et que Son amour pour eux dépasse même Son amour pour les anges.
Dans le chapitre 49 du Tanya, l’Admour Hazaken explique que la « grande et surabondante compassion » dépasse la proximité avec D.ieu dont jouissent toutes les armées célestes ; elle explique aussi pourquoi Il a contracté Sa lumière infinie en mondes finis, afin de rapprocher Israël de Lui. Ici, c’est la dernière étape avant le Chéma lui-même.
Maré mekomot
- 1וירם קרן לעמו · Psalms 148:14
- 2מגיד דבריו ליעקב · שם קמז, יט.
- 3מגיד דבריו ליעקב · Psalms 147:19
- 4כי יעקב בחר לו י״ה · שם קלה, ד.
- 5כי יעקב בחר לו יה ישראל לסגולתו · Psalms 135:4
- 6ברוך ה׳ אלקי ישראל · שם קו, מח.
- 7ברוך ה׳ אלקי ישראל · Psalms 106:48
- 8ישמח ישראל בעושיו · שם קמט, ב.
- 9ישמח ישראל בעושיו · Psalms 149:2
- 10וינהו כל ב״י אחרי ה׳ · I Samuel 7:2
- 11חמלה גדולה ויתירה · Tanya, Likkutei Amarim 49:11
7ומזה יעלה ויבא ויגיע למס״נ [למסירות נפש] בק״ש [בקריאת שמע] באחד ואהבת בכל לבבך בשני יצריך,1 דהיינו שגם כח המתאוה שבנפש הבהמית שבאדם המתאוה לדברים גשמיים
Et de là, il s’élèvera, parviendra et accédera au sacrifice de soi (messirout néfech) dans le Chema, au « Un », et à « Tu aimeras… de tout ton cœur », avec tes deux penchants ; c’est-à-dire que même la faculté de désir de l’âme animale en l’homme, qui désire les choses matérielles
De là, l’homme parvient au sacrifice de soi au mot « Un » du Chema, puis à l’amour exprimé par « de tout ton cœur », que les Sages interprètent comme « avec tes deux penchants », le bon et le mauvais (Berakhot 54a). Cela signifie que même le désir de l’âme animale pour les choses matérielles est inclus dans cet amour.
וצרכי גופו בתענוגות בני אדם ישוב אל2 ה׳ ויחפוץ בקרבת אלקים כי טוב שהוא מקור כל התענוגים וחיי החיים ב״ה ואזי יתענג על3 ה׳ ממש.
ainsi que les besoins de son corps et les plaisirs des hommes, se tourneront vers D.ieu et désireront la proximité de D.ieu, car elle est bonne, puisqu’Il est la source de tous les plaisirs et la Vie de toutes les vies, béni soit-Il ; alors il se délectera véritablement en D.ieu.
Le désir de l’âme animale pour les plaisirs corporels se tourne vers D.ieu et en vient à désirer la proximité avec Lui, car Il est la véritable source de tout plaisir et la Vie de toutes les vies. Alors, l’homme se délecte véritablement en D.ieu.
L’élévation de la prière atteint son sommet dans le Chema, où la faculté de désir propre à l’âme animale se transforme en amour de D.ieu, source de tout plaisir.
Tel est le sens intérieur de la « consommation » de l’autel : l’âme animale, offerte en sacrifice, est consumée dans l’amour. Les paragraphes suivants expliquent pourquoi cette transformation est qualifiée de « très bonne », au-delà de l’amour de l’âme divine.
Maré mekomot
- 1ואהבת בכל לבבך בשני יצריך · Deuteronomy 6:5
- 2ישוב אל ה׳ · Isaiah 55:7
- 3יתענג על ה׳ · Psalms 37:4
Pourquoi le mal transformé est « très bon » ¶8–10
8וע״ז [ועל זה] דרשו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] בפסוק וירא אלקים1 את כל אשר עשה והנה טוב מאד טוב זה מלאך חיים2 מאד זה מ״ה [שם מ״ה]3 כו׳
À ce sujet, nos Sages, de mémoire bénie, ont interprété le verset : « D.ieu vit tout ce qu’Il avait fait, et voici que cela était très bon » : « “Bon” désigne l’ange de la vie ; “très” désigne l’ange de la mort », etc.
Les Sages comprennent l’expression « très bon », à la fin du récit de la Création, comme incluant l’ange de la mort : « bon » désigne l’ange de la vie, « très » l’ange de la mort (Bereshit Rabbah 9:10). Le maamar s’appuie sur cet enseignement pour montrer ce qui est acquis lorsque l’âme animale est transformée.
ולכאורה יפלא הרי הוא המ״ה [השם מ״ה] הוא היצה״ר [היצר הרע] ומה היא טובתו ולא עוד אלא שנק׳ טוב מאד יותר ממלאך החיים.
À première vue, cela est étonnant : l’ange de la mort n’est-il pas, après tout, le mauvais penchant ? En quoi consiste donc sa bonté ? Bien plus, il est appelé « très bon », davantage que l’ange de la vie.
Cela soulève une difficulté, puisque l’ange de la mort est précisément le mauvais penchant. Comment peut-il être bon, et a fortiori « très bon », meilleur que l’ange de la vie ?
אלא הענין הוא שאין טובתו של היצה״ר [היצר הרע] כשהוא בתקפו אלא כד אתכפיא סט״א [סטרא אחרא]4 כו׳ דהיינו
Mais voici l’explication : la bonté du mauvais penchant ne réside pas dans le fait qu’il soit à son comble, mais plutôt « lorsque la sitra a'hra (l’autre côté) est soumise », etc. Autrement dit,
Le mauvais penchant est bon non lorsqu’il est puissant, mais lorsqu’il est soumis, selon l’expression du Zohar : « lorsque la sitra a'hra est soumise ». Sa valeur tient au fait qu’il soit vaincu et transformé.
שכאשר כח המתאוה שבלב האדם שמנפשו הבהמית מתהפך וישוב לאהבת ה׳ בכל לבבו שאזי גם היצה״ר [היצר הרע] שמשכנו בלב ששם משכן נפש הבהמית בחלל השמאלי
lorsque la faculté de désir qui se trouve dans le cœur de l’homme, et qui provient de son âme animale, se transforme et revient à l’amour de D.ieu de tout son cœur, alors même le mauvais penchant, dont la demeure est le cœur — car c’est là, dans la cavité gauche, que réside l’âme animale —,
Lorsque le désir qui habite le cœur d’une personne, et qui provient de l’âme animale, se transforme en amour de D.ieu de tout son cœur, le mauvais penchant lui-même se transforme. Il réside dans le cœur, dans la cavité gauche, où se trouve l’âme animale.
הנה מלאך רע בע״כ [בעל כרחך]5 יענה אמן ומסכים ומתרצה להודות על האמת כי הוא ית׳ חיי החיים ומקור התענוגים ואליו יאתה להיות כלתה נפשו לה׳6 בתשוקה וצמאון כו׳.
alors « l’ange mauvais, malgré lui, répond Amen », et consent, se résignant à reconnaître la vérité : qu’Il, béni soit-Il, est la Vie de la vie et la source des délices, et qu’il convient que l’âme aspire à D.ieu avec ardeur et soif, etc.
Alors, selon l’expression du Talmud, « l’ange mauvais, malgré lui, répond Amen » (Shabbat 119b). Il reconnaît que D.ieu est la Vie de la vie et la source de tout plaisir, et qu’il convient que l’âme aspire à Lui avec ardeur et soif (voir Psalms 84:3).
La transformation de l’âme animale explique pourquoi le mauvais penchant peut être appelé « très bon » : une fois soumis et tourné vers l’amour de D.ieu, il acquiesce lui-même à la vérité.
L’interprétation midrachique de « très bon » est ici comprise à la lumière du principe du Zohar selon lequel la soumission de la sitra a'hra entraîne la plus grande révélation de la gloire de D.ieu, ce que le paragraphe suivant expose.
Maré mekomot
- 1וירא אלקים · Genesis 1:31
- 2טוב זה מלאך חיים · ב״ר פט, י. ילקוט בראשית (ר׳ טז). ובזח״ב (סח, ב. קנ, א. קסג, א) [כ].
- 3טוב זה מלאך חיים מאד זה מ״ה · Bereshit Rabbah 9:10
- 4כד אתכפיא סט״א · Zohar II, 128b
- 5מלאך רע בע״כ · Shabbat 119b:3
- 6כלתה נפשי לה׳ · Psalms 84:3
9ובעבור זה אסתלק יקרא דקוב״ה [דקודשא בריך הוא] לעילא1 כי זה הוא תכלית המכוון בבריאת העולמות להיות יתרון זה בנפש הבהמית השבה אל ה׳ כיתרון ה אור הבא מן החושך כנודע וכמ״ש במ״א.
Et c’est pourquoi « la gloire du Saint béni soit-Il s’élève là-haut » ; car telle est la finalité de la création des mondes : que l’âme animale qui revient à D.ieu possède cet avantage, comme la supériorité de la lumière qui jaillit des ténèbres, ainsi qu’il est connu et expliqué ailleurs.
Lorsque la sitra a’hra est soumise, « la gloire du Saint béni soit-Il s’élève là-haut », comme le Zohar poursuit. Tel est précisément le but de la création des mondes : faire apparaître l’avantage particulier d’une âme animale qui revient à D.ieu, semblable à la supériorité de la lumière qui jaillit des ténèbres (Ecclésiaste 2:13).
ולכן הוא טוב מאד יותר ממלאך החיים שהוא בעצמו ממקור החיים והטוב, אבל מלאך רע שירד למדרגת מות ורע כשנתהפך לבחי׳ טוב וחיים הוא מעולה יותר כמשל יתרון האור כו׳
C’est pourquoi cela est « très bon », davantage que l’ange de vie, qui, par lui-même, provient de la source de la vie et du bien. Mais l’ange mauvais, qui est descendu au degré de la mort et du mal, lorsqu’il est transformé en bien et en vie, est supérieur, selon l’image de la supériorité de la lumière, etc.
L’ange de vie est bon de par sa source ; sa bonté n’apporte donc rien de nouveau. L’ange mauvais, lui, était tombé au degré de la mort et du mal ; lorsqu’il est transformé en bien et en vie, il dépasse l’ange de vie, comme la lumière qui jaillit des ténèbres est une lumière supérieure.
[ועמ״ש מזה בד״ה אלה מסעי2 וע׳ [ועיין] בזהר ר״פ יתרו דס״ח ע״ב34 ובפ׳ בהעלותך דף קנ״ג סע״ב [סוף עמוד ב] ומ״ש לקמן ע״פ והיה הבן הבכור לשניאה]5
[Voyez ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Voici les voyages » ; voyez également le Zohar, au début de la paracha Yitro, page 68b, et dans la paracha Behaalotekha, page 153, fin du côté b ; ainsi que ce qui est écrit plus loin sur le verset « Le fils premier-né appartient à celle qui est haïe ».]
La note entre crochets renvoie à d’autres développements : au maamar « Voici les voyages » dans la paracha Massé, à deux passages du Zohar et au maamar sur « Le fils premier-né appartient à celle qui est haïe » dans la paracha Ki Tétsé.
וגם כמ״ש בזה״ק [בזהר הקדוש] במקום שבע״ת [שבעלי תשובה] כו׳ דמשכין לי׳6 בחילא יתיר7 שהוא מחמת יותר תגבורת כו׳
Et aussi, comme il est écrit dans le saint Zohar : « À l’endroit où se tiennent les baalei techouva », etc., ils l’attirent « avec une force plus grande » ; cela tient à une intensité supérieure, etc.
Le Zohar explique également l’enseignement selon lequel les pénitents se tiennent là où les justes parfaits ne peuvent se tenir : ils l’attirent « avec une force plus grande ». Cela vient de l’intensité supérieure de leur amour.
שכאשר האהבה בתגבורת מבחי׳ רשפי אש האהבה8 היא כמעלת הזהב על הכסף היא האהבה שבטבעה כתולדתה שנמשלה למים משוך אחריך כמים9 כו׳.10
Car lorsque l’amour est intense, du niveau des « flammes ardentes de l’amour », cet amour est comparable à la supériorité de l’or sur l’argent ; [l’argent] désigne l’amour qui est dans [la nature de l’âme], tel qu’elle est née, et qui est comparé à l’eau : « entraîne-moi à ta suite comme l’eau », etc.
L’amour intense, semblable aux « flammes ardentes » (Cantique des Cantiques 8:6), est à l’amour naturel ce que l’or est à l’argent. L’amour naturel, inné dans l’âme, est comparé à l’eau, qui se laisse entraîner vers D.ieu, selon les paroles de la prière pour la pluie récitée à Chemini Atséret.
L’âme animale transformée suscite la plus grande révélation de la gloire de D.ieu, comme la lumière issue des ténèbres ; son amour, à l’image de celui des pénitents, est un amour de feu qui dépasse l’amour naturel de l’âme divine comme l’or surpasse l’argent.
Likkutei Torah, Bamidbar, cité dans la note, développe la même idée : les émotions de l’âme animale sont naturellement plus puissantes que celles de l’âme divine, comme un animal est plus fort qu’un homme ; lorsqu’elles sont tournées vers D.ieu, elles deviennent donc « très bonnes ». Leur racine se trouve dans les faces du lion et du bœuf du Char céleste, sujet développé dans la section suivante.
Maré mekomot
- 1אסתלק יקרא דקוב״ה לעילא · Zohar, Terumah 6:38–7:45
- 2בד״ה ואלה מסעי · ראה לקמן מסעי צא, ג.
- 3בזהר ר״פ יתרו דס״ח ע״ב · ראה גם לעיל פ׳ במדבר יט, א.
- 4בזהר ר״פ יתרו דס״ח ע״ב · Zohar, Yitro 1:28–39
- 5ע״פ והיה הבן הבכור לשניאה · פ׳ כי תצא.
- 6בזה״ק במקום שבע״ת כו׳ דמשכין לי׳ · ח״א קכט, ב.
- 7דמשכין לי׳ בחילא יתיר · Zohar, Chayei Sara 16:121–17:127
- 8רשפי אש האהבה · Song of Songs 8:6
- 9משוך אחריך כמים · ברכת גשם דשמע״צ.
- 10כיתרון האור הבא מן החושך · Ecclesiastes 2:13
10והאהבה כרשפי אש נולדה מהתבוננות זו שבתפלה ופסוד״ז [ופסוקי דזמרה] בסידור שבחיו של מקום בעומק דעתו בגדולת א״ס [אין סוף] ב״ה ורוממותו לאין קץ ובברכת יוצר ואהבת עולם כו׳
Et l’amour comme des flammes jaillissantes naît de cette méditation dans la prière et dans les Pesouké deZimra (versets de louange), lorsqu’on expose les louanges du Maître du monde avec la profondeur de son intelligence, en contemplant la grandeur de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, et Son élévation sans limite, ainsi que dans la bénédiction « Qui forme [la lumière] » et dans « D’un amour éternel », etc.,
Cet amour ardent naît de la méditation dans la prière : dans les Pesouké deZimra, où l’on expose les louanges de D.ieu en méditant profondément sur Son infinie grandeur, ainsi que dans les bénédictions qui précèdent le Chema, Yotser et Ahavat Olam.
עד שיגיע לקיום מס״נ [מסירות נפש] באחד וקיום ואהבת כו׳ כנ״ל וכמ״ש במ״א1 ע״פ מצרף לכסף2 וכור לזהב ואיש לפי מהללו, פי׳ שבאיש3 לפי מהללו בק״ש [בקריאת שמע] ותפלה
jusqu’à parvenir à l’accomplissement du sacrifice de soi (messirout néfech) dans « Un » et à l’accomplissement de « Tu aimeras », etc., comme indiqué précédemment ; et comme il est expliqué ailleurs à propos du verset : « Le creuset est pour l’argent et le fourneau pour l’or, et l’homme selon sa louange. » Autrement dit, dans « l’homme selon sa louange », dans le Chema et la prière,
La méditation se poursuit jusqu’à ce que l’on parvienne au sacrifice de soi dans « Un » et à l’amour exprimé par « Tu aimeras ». L’Admour Hazaken rappelle son explication du verset « Le creuset est pour l’argent et le fourneau pour l’or, et l’homme selon sa louange » (Proverbes 27,21), où « l’homme selon sa louange » désigne les louanges du Chema et de la prière.
ופסוקי דזמרה נעשה מצרף וכור הן רשפי אש האהבה לכלות ולשרוף את כח המתאוה שבנפש הבהמית עד שישוב לאהבת ה׳ ולדבקה בו בתשוקה וצמאון ובכלות הנפש ממש:
et les versets des Pesouké deZimra deviennent un creuset et un fourneau : ce sont les flammes jaillissantes du feu de l’amour, destinées à consumer et à brûler la faculté de désir de l’âme animale, jusqu’à ce qu’elle revienne à l’amour de D.ieu et à l’attachement à Lui, avec une aspiration ardente et une soif, et avec une véritable expiration de l’âme.
Par ces louanges se forment le creuset et le fourneau : les flammes jaillissantes du feu de l’amour, qui consument les désirs de l’âme animale jusqu’à ce qu’elle revienne à l’amour de D.ieu et aspire à s’attacher à Lui. C’est le feu intérieur de la prière, qui correspond au feu de l’autel.
L’amour ardent naît de la méditation dans la prière, qui agit comme le fourneau du fondeur : il consume les désirs de l’âme animale et les transforme en amour de D.ieu.
L’évocation conjointe de l’argent et de l’or dans le verset rappelle le paragraphe précédent, où l’amour ardent est l’or et l’amour naturel de l’âme, l’argent ; les louanges de la prière sont le fourneau dans lequel le désir de l’âme animale est raffiné.
Maré mekomot
- 1וכמ״ש במ״א · ראה תו״א קיא, ג. בסה״מ תקס״ג ע׳ קעז. כתובים-ב ע׳ ריח. תורת חיים שמות דף תתקסז, א. אוה״ת שמות כי תשא ע׳ א׳תתמג, א׳תתפה. שמות-ז ע׳ ב׳תשפז.
- 2מצרף לכסף · Proverbs 27:21
- 3פי׳ שבאיש · ראה סה״מ תרכ״ז ע׳ רכו.
La racine de l’âme animale et le tumulte des Ofanim ¶11–12
11ב והנה הכח הזה לנפש הבהמית שתתפעל מגדולת א״ס [אין סוף] ב״ה ורוממותו עד שתתלהט ותתלהב בתשוקה וצמאון לה׳ ולדבקה בו12
2. Or, ce pouvoir qu’a l’âme animale d’être émue par la grandeur et la transcendance de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, jusqu’à s’embraser et s’enflammer de désir et de soif pour D.ieu et de désir de s’attacher à Lui,
Cette deuxième section demande d’où vient à l’âme animale le pouvoir d’être si émue par la grandeur de D.ieu qu’elle brûle du désir et de la soif de s’attacher à Lui. La question porte sur l’âme animale elle-même, et non pas seulement sur l’âme divine.
ית׳ עד שישוב ויתהפך כח המתאוה שבה לאהבת ה׳ הוא מפני ששרש נפש הבהמית שבאדם נלקחה מהאופנים וחיות הקדש שבמרכבה פני אריה ופני שור3 כו׳
béni soit-Il, au point que sa faculté de désir se détourne et se transforme en amour de D.ieu, cela vient de ce que la racine de l’âme animale de l’homme provient des Ofanim et des saintes Chayot du Char céleste, de la face du lion et de la face du bœuf, etc.
Son désir peut même se transformer en amour de D.ieu parce que sa racine se trouve dans les Ofanim et les saintes Chayot, les anges du Char céleste vus par Ye’hezkel, qui ont des faces de lion et de bœuf (Ézéchiel 1:10).
(הגם כי שרש כל נפש הבהמות הוא ג״כ מבחי׳ פני אריה פני שור ושרש נפש העופות מבחי׳ פני נשר כמ״ש במ״א, ובמה תפרד שרש וחיות נפש הבהמית שבאדם שבודאי אינה דומה לנפש שבבהמות ממש.
(Bien que la racine de l’âme de tous les animaux provienne elle aussi du niveau de la face du lion et de la face du bœuf, et que la racine de l’âme des oiseaux provienne du niveau de la face de l’aigle, comme il est expliqué ailleurs, en quoi la racine et la force vitale de l’âme animale de l’homme se distinguent-elles donc, puisqu’elles ne sont certainement pas semblables à l’âme des animaux proprement dits ?
Une longue parenthèse soulève une difficulté : les âmes des animaux ordinaires sont elles aussi enracinées dans les faces du lion et du bœuf, et celles des oiseaux dans la face de l’aigle. Dans ce cas, en quoi l’âme animale d’un être humain diffère-t-elle, puisqu’elle n’est assurément pas semblable à l’âme d’un animal ?
שהרי נפש הבהמית שבאדם היא נפש המשכלת ומדברת שגדלה וגבהה מעלתה לאין קץ על נפש שבבהמות ממש שאינה אלא נפש חיה בלבד ואין ערוך לחי עם מדבר כנודע.
Car l’âme animale de l’homme est une âme qui pense et parle, dont le rang est infiniment supérieur à celui de l’âme des animaux proprement dits, qui n’est qu’une âme vivante ; il n’y a aucune comparaison entre le vivant et l’être parlant, comme on le sait.
L’âme animale de l’homme est une âme qui pense et parle, infiniment supérieure à l’âme simplement vivante de l’animal. Il n’y a aucune comparaison entre les niveaux du « vivant » et du « parlant » dans la création.
אך הענין הוא שארבע חיות שבמרכבה ארבעה פנים לכל אחת מהנה ויש בכל אחת מהן דמות אדם וכמ״ש ודמות פניהם פני אדם ושרש וחיות נפש הבהמית שבאדם הוא מבחי׳ אדם שבחיות שבמרכבה
Or, voici ce qu’il en est : chacune des quatre Chayot du Char céleste possède quatre faces, et chacune d’elles comporte la ressemblance d’un homme, comme il est écrit : « Et la ressemblance de leurs faces : une face d’homme » ; la racine et la force vitale de l’âme animale de l’homme proviennent du niveau de l’« homme » au sein des Chayot du Char céleste,
La réponse est la suivante : chacune des quatre Chayot du Char céleste possède quatre faces, et chacune comporte la ressemblance d’un homme. L’âme animale humaine est enracinée dans l’« homme » au sein de ces Chayot.
כי גם בחי׳ פני שור ופני אריה כלולים מבחי׳ אדם וכמ״ש בזהר4 ושרש נפש הבהמות שמבחי׳ פני שור היינו מבחי׳ פני שור בעצם כו׳.5
car même les niveaux de la face du bœuf et de la face du lion sont inclus dans le niveau de l’homme, comme il est écrit dans le Zohar ; tandis que la racine de l’âme des animaux, issue du niveau de la face du bœuf, provient de la face du bœuf en elle-même, etc.
Même les faces du bœuf et du lion comprennent l’aspect de l’homme, comme le dit le Zohar. Les animaux ordinaires, en revanche, proviennent de la face du bœuf en elle-même, sans cet élément humain.
[ועמ״ש מזה בביאור ע״פ אני ישנה6 ובד״ה אם בחקתי תלכו7 ובד״ה בכ״ה בכסליו8 ובד״ה המגביהי לשבת]9 והנה האופנים וחיות הקדש10 ברעש גדול מתנשאים לעומת השרפים.11 וענין הרעש הוא מחמת ששומעים את השרפים שאומרים קדוש ג״פ [ג׳ פעמים] וזהו ענין לעומת השרפים.
[Et voyez ce qui est écrit à ce sujet dans le commentaire du verset « Je dors », dans le discours qui commence par « Si vous marchez dans Mes statuts », dans celui qui commence par « Le vingt-cinq Kislev », et dans celui qui commence par « Celui qui réside dans les hauteurs ».] Or, « les Ofanim et les saintes Chayot, dans un grand tumulte, s’élèvent face aux Sérafim ». Ce tumulte vient de ce qu’ils entendent les Sérafim proclamer trois fois « saint » ; tel est le sens de « face aux Sérafim ».
Après avoir renvoyé à d’autres développements, le texte cite la première bénédiction précédant le Chéma : les Ofanim et les saintes Chayot s’élèvent « dans un grand tumulte », face aux Sérafim. Leur tumulte vient de ce qu’ils entendent les Sérafim proclamer trois fois « saint ».
וביאור ענין זה כי הנה פי׳ וביאור מלת קדוש הוא לומר שהוא קדוש ומובדל בערך שאין לו ערך ויחוס בעלמין שאינו לא בגדר ממלא ולא בגדר סובב דלאו מכל מדות אלין12 כלל.13
Pour expliquer cela, le sens et l’explication du mot « saint » (kadoch) consistent à dire qu’Il est saint et séparé, à un degré tel qu’Il n’a aucune comparaison ni aucun rapport avec les mondes, n’étant ni dans la catégorie de la lumière qui remplit [tous les mondes] (memalé), ni dans celle de la lumière qui entoure [tous les mondes] (sovev), car Il n’est « aucunement de ces attributs ».
« Saint » (kadoch) signifie séparé et au-delà de tout rapport avec les mondes, qu’il s’agisse de la lumière qui les remplit ou de celle qui les entoure. Comme le dit le Tikkouné Zohar à propos de D.ieu, Il n’est « aucunement de ces attributs ».
אך קדוש בוי״ו הוא ענין המשכה מקדש עליון [ועיין מ״ש מזה בד״ה צאינה וראינה14 בענין שאו ידיכם קדש].
Mais kadoch, avec un vav, désigne un influx provenant du kodesh supérieur (sainteté). [Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Allez et contemplez », à propos de « Levez vos mains dans la sainteté ».]
Pourtant, kadoch, écrit avec un vav, désigne quelque chose qui est attiré depuis le kodesh supérieur, la sainteté elle-même, écrit sans vav. Le vav ajouté représente cet influx.
כי ענין קדש הוא מלה בגרמיה15 שהוא ענין עצמיות קדושת אור א״ס [אין סוף] ב״ה שכשמו כן הוא אין לו סוף ואין לו תכלה כו׳ ואין העולמות יכולים לקבל אור א״ס [אין סוף] ב״ה
Car le kodesh est une chose en soi : il est l’essence même de la sainteté de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, qui, comme son nom l’indique, est sans fin ni limite, etc. ; et les mondes ne peuvent recevoir la Lumière infinie, béni soit-Il,
Le kodesh, « une chose en soi », selon les termes du Zohar, est l’essence même de la sainteté de la Lumière infinie, qui est sans fin ni limite. Les mondes ne pourraient recevoir cette lumière telle qu’elle est.
כמו שהוא שהיו בטלים במציאות והיו כלא היו אלא ע״י צמצום גדול להמשיך התפשטות זיו והארה בלבד בבחי׳ קו וחוט כו׳ והוא ענין קדוש בוי״ו בבחינת המשכה
telle qu’elle est ; car ils seraient annulés de toute existence et comme s’ils n’avaient jamais existé. Cela n’est possible que grâce à un grand tsimtsoum (contraction), qui attire un simple prolongement de rayonnement et d’illumination, sous la forme d’un kav (ligne de lumière) et d’un fil, etc. ; c’est là kadoch avec un vav, dans son aspect d’influx.
Si la Lumière infinie se révélait telle qu’elle est, les mondes seraient annulés de toute existence. Seul un grand tsimtsoum permet d’attirer un simple rayon, comme une ligne ténue (kav) ; cet influx est kadoch avec un vav.
אך גם ההמשכה ההיא עדיין היא בבחי׳ קדוש ומובדל שאין העולמות יכולים להשיג עד שנעשה המשכה והארה דהארה והוא ענין קדוש השני המשכה והארה מקדוש הראשון. וכן ענין קדוש השלישי הוא ענין המשכה והארה דהארה שנמשך מקדוש הב׳.
Mais même cet influx demeure encore dans l’état de sainteté et de séparation, que les mondes ne peuvent saisir, jusqu’à ce qu’il se produise un influx et une illumination d’illumination ; c’est là le deuxième « saint », un influx et une illumination provenant du premier « saint ». De même, le troisième « saint » est un influx et une illumination d’illumination provenant du deuxième « saint ».
Même ce rayon demeure encore « saint et séparé », au-delà de la saisie des mondes ; il doit donc être à nouveau atténué, jusqu’à n’être plus qu’une lueur de lueur : c’est le deuxième « saint ». Le troisième « saint » est une lueur supplémentaire provenant du deuxième.
ובזה יוכל להיות בחי׳ הוי׳ להיות כל הנמצאים העליונים שישיגו יקר תפארת גדולתו ורוממותו לאין קץ באיזה השגה ותפיסה ויתענגו על ה׳ בהשגתם תענוג נפלא [ועמ״ש מענין ג״פ [ג׳ פעמים] קדוש בביאור ע״פ אחרי16 ה׳ אלקיכם תלכו
C’est ainsi que peut exister le niveau de Havaya, avec tous les êtres supérieurs, qui saisiront l’éclat précieux de Sa grandeur et de Sa hauteur infinies selon une certaine mesure de compréhension et de saisie, et qui prendront, grâce à cette compréhension, un plaisir merveilleux en D.ieu. [Voir aussi ce qui est écrit au sujet des trois occurrences de « saint » dans le commentaire sur le verset « Vous marcherez après Havaya, votre D.ieu »,
C’est seulement alors que peut exister « Havaya », la création des êtres supérieurs, capables de saisir quelque chose de la grandeur de D.ieu et d’en éprouver un plaisir merveilleux. Le verset « Saint, saint, saint est Havaya Tsevaot » décrit ainsi la descente depuis la sainteté essentielle de D.ieu jusqu’aux mondes créés.
ובד״ה רני ושמחי17 בת] ואעפ״כ [ואף על פי כן] נק׳ צבאות אות הוא בצבא דיליה18 שאי נו בבחי׳ השגה אלא עד״מ [על דרך משל] בבחי׳ אות אחת מענין שלם בהשכלה והשגה שלימה שהאות ההוא אין לו ערך להיות נק׳ עליו כלל שם השגה אלא רמז בעלמא.
et dans le discours commençant par « Réjouis-toi et exulte, fille de Sion ».] Pourtant, malgré cela, Il est appelé Tsevaot : « Il est un ot (signe) dans Son tsava (armée). » Autrement dit, cela ne relève pas de la compréhension ; c’est comparable à une seule lettre d’un sujet entier, compris et appréhendé pleinement. Cette lettre n’a aucun rapport avec le sujet, au point que le terme « compréhension » ne puisse absolument pas lui être appliqué : elle n’en est qu’une simple allusion.
Malgré cela, D.ieu est appelé Tsevaot, que l’on peut lire comme « Il est un ot (signe) dans Son armée » : ce que les armées saisissent est comparable à une seule lettre (ot) d’une idée entière. Une lettre isolée ne donne aucune véritable compréhension d’une idée ; elle n’en est qu’une allusion.
וכך הוא ענין השגת העולמות ואפילו עולמות עליונים מאחר שהן בבחי׳ נבראים ומחודשים מאין ליש אין להם תפיסה והשגה בו ית׳ בעצמו ובכבודו שאתה הוא עד שלא נברא העולם כו׳
Il en va ainsi de la compréhension des mondes : même les mondes supérieurs, puisqu’ils sont des êtres créés et renouvelés, passant du néant à l’existence, ne peuvent Le saisir ni Le comprendre tel qu’Il est Lui-même et dans Sa gloire, « Toi, Tu es le même avant que le monde ne soit créé », etc. ;
Il en va ainsi de tous les mondes, même des plus élevés : étant des êtres créés, amenés du néant à l’existence, ils ne peuvent saisir D.ieu tel qu’Il est en Lui-même, tel qu’Il était avant la création.
ואין להם תפיסה אלא בחיות המתפשט בעולמות להחיותם ולהוותם מאין ליש שהוא בבחי׳ אות אחת ביו״ד נברא העוה״ב [העולם הבא]19 ובה׳ העוה״ז [העולם הזה] ואין להם השגה אלא בבחי׳ יו״ד כו׳.
ils ne saisissent que la force vitale qui se répand dans les mondes afin de leur donner vie et de les faire exister, du néant à l’existence ; celle-ci est comparable à une seule lettre : « Le monde futur fut créé avec le youd, et ce monde avec le hé ». Ils ne comprennent que le niveau du youd, etc.
Ils ne saisissent que la force vitale qui se répand en eux pour les maintenir en vie, laquelle est comparable à une seule lettre. Le Talmud enseigne que ce monde fut créé avec la lettre hé et le monde futur avec le youd (Menachos 29b) ; même les créations les plus élevées ne saisissent pas davantage que le niveau du youd.
והנה כאשר האופנים שומעים את השרפים אומרים כן מרעישים בקול רעש גדול מחמת ששומעים דבר גדול שהוא למעלה מהשגתם שאינו נתפס ונקלט בהשגתם בבחי׳ פנימית
Or, lorsque les Ofanim entendent les Seraphim dire ainsi, ils font grand tumulte et élèvent une immense clameur, car ils entendent une chose sublime, qui dépasse leur compréhension et ne peut être saisie ni intégrée intérieurement par leur entendement,
Lorsque les Ofanim entendent les Seraphim proclamer « saint », ils sont saisis d’un grand tumulte. Ce qu’ils entendent dépasse de très loin leur compréhension et ne peut être assimilé intérieurement.
רק בבחי׳ מקיף שאין כח בבחי׳ כלי השגתם להכיל ההשגה הגדולה והנוראה ההיא אלא נשאר עליהם בבחי׳ מקיף ומ״מ [ומכל מקום] בבחי׳ מקיף משיגים שיש דבר גדול ונורא ונמשך מזה רשימו לבחי׳ פנימית להיות בבחי׳ רעם ורעש לבד
mais seulement de manière englobante (makif) ; car les réceptacles de leur compréhension n’ont pas la capacité de contenir cette compréhension sublime et redoutable, qui demeure au-dessus d’eux sous une forme englobante. Néanmoins, sous cette forme englobante, ils saisissent qu’il existe quelque chose de sublime et de redoutable, et il en découle une empreinte (réchimou) qui pénètre dans le niveau intérieur, de sorte qu’il n’en résulte que tonnerre et tumulte.
Cela demeure au-dessus d’eux comme une lumière englobante (makif), trop vaste pour les réceptacles de leur entendement. Ils perçoivent néanmoins l’existence de quelque chose de sublime et de redoutable, et son empreinte pénètre vers l’intérieur, produisant seulement tonnerre et tumulte.
כי כל דבר חידוש שאינו מושג בשכל רק שמ״מ [שמכל מקום] שומע בבחי׳ מקיף ונכנס רשימו לבחי׳ פנימי׳ [פנימיות / פנימית] נעשה מזה התפעלות בבחי׳ פנימי׳ [פנימיות / פנימית] לומר ראה זה חדש הוא20 שאין כח בשכלו לתפוס ולהשיג הדבר ההוא
Car, lorsqu’une chose nouvelle échappe à l’intellect, mais qu’on l’entend néanmoins de manière englobante et qu’une empreinte en pénètre le niveau intérieur, il en naît une émotion intérieure qui fait dire : « Voyez, ceci est nouveau ! », car son intellect n’a pas la capacité de saisir et de comprendre cette chose
C’est ainsi que fonctionne toute chose véritablement nouvelle : lorsqu’on ne peut la comprendre, mais qu’on en perçoit quelque chose au-delà de soi, son empreinte suscite une émotion intérieure qui fait dire : « Voyez, ceci est nouveau ! » (Ecclésiaste 1:10). L’esprit est ému précisément parce qu’il ne peut saisir cette chose.
כמו שהוא בעצמו ומזה מתהוה הרעש שמחמת גודל עוצם הפלאת הדבר הנורא שאין כח בשכלו לתפוס כו׳ יתהוה לו רעש גדול כו׳
telle qu’elle est en elle-même. C’est de là que naît le tumulte : l’intensité extrême du caractère merveilleux de cette chose redoutable, que son intellect n’a pas la capacité de saisir, etc., suscite en lui un grand tumulte, etc.
La crainte qu’inspire une chose trop merveilleuse pour être contenue par l’esprit est ce qui suscite le grand tumulte.
והשרפים לפי ששרשם ממקום הרעש ההיא כמ״ש שרפים עומדים ממעל לו21 ואין השגה זו חידוש אצלם כל כך [והוא ענין מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] גבי ישעיה כבן כרך שראה22 את המלך כו׳ וכמ״ש במ״א] לכן אינם מרעישים כי
Mais les Seraphim, dont la racine se trouve dans le lieu même de ce tumulte, comme il est écrit : « Des Seraphim se tenaient au-dessus de Lui », ne trouvent pas cette compréhension si nouvelle [et c’est là le sens de l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie, au sujet de Yechayahou : « comme un citadin qui a vu le roi », etc., ainsi qu’il est expliqué ailleurs]. C’est pourquoi ils ne font pas de tumulte, car
Les Seraphim se tiennent « au-dessus de Lui » (Isaïe 6:2), à la source de cette révélation ; elle ne leur paraît donc pas si nouvelle et ils ne font pas de tumulte. De même, les Sages comparent Yechayahou, qui décrit brièvement sa vision, à un citadin qui voit souvent le roi (Haguiga 13b).
לכן נק׳ שמם שרפים שכבר נשרפו כו׳ [וכיוצא בזה גבי חברי דניאל שלא השיגו המראה רק דמזלייהו חזי23 נפלה חרדה גדולה עליהם יותר מדניאל שראה את המראה כמ״ש במ״א].24
c’est pourquoi ils sont appelés Seraphim, car ils ont déjà été consumés, etc. [Il en va de même pour les compagnons de Daniel : ils ne saisirent pas la vision ; seul « leur mazal vit », et pourtant une grande terreur s’abattit sur eux, plus grande que sur Daniel, qui avait vu la vision, comme il est expliqué ailleurs.]
Ils sont appelés Seraphim, « ceux qui brûlent », car ils ont déjà été consumés par leur proximité avec D.ieu. De même, les compagnons de Daniel ne virent pas la vision, mais leur mazal — la source de leur âme en haut — la vit ; ils furent pourtant plus terrifiés que Daniel lui-même (Méguila 3a).
ולפי שנה״ב [שנפש הבהמית] שרשה מבחי׳ אופנים וחיות ע״כ [על כן] יש בה הכח הזה שתתפעל בבחי׳ רעש. וזהו ענין בחילא יתיר. טוב מאוד יותר מבחי׳ אהבת הנה״א [הנפש האלקית] בעצמה:)25
Et puisque la racine de l’âme animale se trouve dans le niveau des Ofanim et des 'Hayout, elle possède donc cette capacité d’être émue sous forme de tumulte. C’est là le sens de « avec une force accrue » : « très bon », davantage que le niveau de l’amour de l’âme divine elle-même.)
Puisque l’âme animale a sa racine dans les Ofanim et les 'Hayout, elle possède elle aussi cette capacité d’être saisie de tumulte. C’est là la « force accrue » mentionnée précédemment, et la raison pour laquelle son amour est « très bon », davantage que l’amour propre de l’âme divine.
ג והנה ע״י הרעש נעשה כמים הפנים לפנים26 כן לב האדם לאדם. פי׳ האדם27 לאדם כי יש אדם שעל דמות הכסא28 דמות כמראה אדם.
3. Or, le tumulte produit cet effet : « Comme l’eau reflète le visage, ainsi le cœur de l’homme répond à l’homme. » Le sens de « l’homme répond à l’homme » est qu’il existe un « homme » au-dessus, au-dessus de l’image du Trône : « une ressemblance ayant l’apparence d’un homme ».
Troisième section : le tumulte fait advenir « Comme l’eau reflète le visage, ainsi le cœur de l’homme répond à l’homme » (Proverbes 27:19). Il existe un « homme » en haut, sur le Trône, comme Ye'hezkel l’a vu : « une ressemblance ayant l’apparence d’un homme » (Ézéchiel 1:26).
ויש בחי׳ אדם שמתחת לכסא ואפילו הג׳ חיות פני אריה פני שור פני נשר הם בבחי׳ אדם וכמ״ש במרכבת יחזקאל ודמות פניהם29 פני אדם כו׳
Il existe un niveau d’« homme » au-dessous du Trône ; même les trois ‘Hayot — la face du lion, la face du taureau [et] la face de l’aigle — sont au niveau de l’« homme », comme il est écrit au sujet du Char d’Ézéchiel : « Quant à la forme de leurs faces, elles avaient une face d’homme », etc.,
Il existe aussi un « homme » au-dessous du Trône : les ‘Hayot elles-mêmes, dont les faces comprennent toutes une face d’homme, comme dans la vision du Char d’Ézéchiel.
לארבעתן כו׳ [ועיין מזה בזהר פ׳ במדבר דקי״ח ע״ב30 ובפי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות] שם ובזהר פ׳ תזריע
« pour les quatre », etc. [Voir à ce sujet le Zohar, parachat Bamidbar, page 118b, ainsi que le commentaire du Ramaz (Rabbi Moché Zacuto) à cet endroit ; et le Zohar, parachat Tazria,
Le verset poursuit : « pour les quatre » : la face humaine se trouve chez les quatre ‘Hayot. Le passage entre crochets renvoie au Zohar sur Bamidbar, avec le commentaire du Ramaz à cet endroit, ainsi qu’au Zohar sur Tazria.
דמ״ח סע״א [סוף עמוד א] ובפ׳ בראשית די״ח סע״ב [סוף עמוד ב]]31 וכמים הפנים לפנים כן לב האדם שלמעלה על הכסא לאדם שמתחת לכסא באתעדל״ת [באתערותא דלתתא] דיליה בבחי׳ רעש גדול כנ״ל.
page 48, fin du côté a ; et parachat Berechit, page 18, fin du côté b.] Et « comme l’eau reflète le visage, ainsi le cœur de l’homme » qui est en haut, sur le Trône, répond à l’homme qui est au-dessous du Trône, par son éveil d’en bas (l’éveil d’en bas), sous la forme d’un grand tumulte, comme mentionné plus haut.
De même qu’un visage se reflète dans l’eau, l’« homme » d’en haut répond à l’« homme » d’en bas. L’éveil d’en bas — le grand tumulte des Ofanim et de l’âme animale qui y est enracinée — suscite une réponse de l’« homme » sur le Trône.
L’âme animale peut se transformer parce que sa racine se trouve dans les anges du Char céleste. Leur « tumulte » devant une révélation qui dépasse leur compréhension leur inspire, ainsi qu’à elle, un amour d’« une force accrue » ; ce tumulte d’en bas suscite une réponse de l’« homme » sur le Trône, en haut.
Les trois occurrences de « saint » sont interprétées comme trois étapes de la descente depuis la sainteté essentielle de D.ieu (kodesh) jusqu’à la lumière qui fait exister les mondes ; dans son commentaire de « Chantez et réjouissez-vous », Torah Ohr les relie aux trois premières lettres du Nom Havaya, tandis que le hei final est la parole, source des mondes. Le contraste entre les Sérafim paisibles et les Ofanim tumultueux est parallèle à celui qui oppose l’amour naturel de l’âme divine à l’amour ardent de l’âme animale.
Maré mekomot
- 1ולדבקה בו · Deuteronomy 11:21
- 2ולדבקה בו · Deuteronomy 30:20
- 3פני ארי׳ פני שור · Ezekiel 1:10
- 4וכמ״ש בזהר · ח״ג (קיח, ב. מח, סע״א). [כ].
- 5מבחי׳ פני שור בעצם כו׳ · ראה לעיל בהוספות יח, ג בהערות שנעתקו מכ״ק אדמו״ר מוהרש״ב נ״ע.
- 6בביאור ע״פ אני ישנה · לקמן שה״ש לה, א ואילך.
- 7ובד״ה אם בחקתי תלכו · לעיל בחקתי מז, ג. וראה במ״מ לשם.
- 8זבד״ה בכ״ה בכסלו · תו״א וישב כט, ב ואילך.
- 9ובד״ה המגביהי לשבת · תו״א לח, ב.
- 10האופנים וחיות הקודש · ברכת יוצר. ההפרש בין אופנים לשרפים ראה גם לקמן פ׳ שלח מז, א. האזינו עד, ג. סה״מ תקס״ב ע׳ מו ואילך. אוה״ת תרומה ע׳ א׳קסד ואילך.
- 11האופנים וחיות הקדש ברעש גדול מתנשאים לעומת השרפים · Siddur Ashkenaz, Weekday, Shacharit, Blessings of the Shema, First Blessing before Shema 6–8
- 12דלאו מכל מדות אלין · ת״ז בהקדמה (פתח אלי׳).
- 13דלאו מכל מדות אלין כלל · Tikkunei Zohar 17b:5–7
- 14בד״ה צאינה וראינה · לקמן שה״ש כא, ג.
- 15קדש הוא מלה בגרמי׳ · Zohar III, 94b
- 16בביאור ע״פ אחרי ה׳ · לקמן פ׳ ראה כ, ד ואילך.
- 17ובד״ה רני ושמחי · תו״א לו, ב.
- 18צבאו׳ אות הוא בצבא דילי׳ · Chagigah 16a
- 19ביו״ד נברא העוה״ב · Menachot 29b:13–14
- 20ראה זה חדש הוא · Ecclesiastes 1:10
- 21שרפים עומדים ממעל לו · Isaiah 6:2
- 22ישעי׳ כבן כרך שראה · Chagigah 13b:5
- 23חברי דניאל . . דמזלייהו חזי · Megillah 3a:13–14
- 24כמ״ש במ״א] · ראה תניא פרק כג.
- 25מבחי׳ אהבת הנה״א בעצמה · קיצור — באוה״ת במדבר-ד ע׳ א׳תסב.
- 26כמים הפנים לפנים · Proverbs 27:19
- 27פי׳ האדם · ראה אוה״ת בשלח ע׳ תעז ואילך.
- 28על דמות הכסא · Ezekiel 1:26
- 29ודמות פניהם · Ezekiel 1:10
- 30בזהר פ׳ במדבר דקי״ח ע״ב · Zohar, Bamidbar 3:27–38
- 31ובפ׳ בראשית די״ח סע״ב · Zohar, Bereshit 7:70–8:83
12ופי׳ פניהם פני אדם1 היינו שבפנימיותם דבחי׳ אופנים וחיות הוא בחי׳ אדם וכמ״כ [וכמו כן] בנה״ב [בנפש הבהמית] שבאדם בפנימיותה היא נפש השכלית.
Et le sens de « leurs faces : une face d’homme » est que, dans la dimension intérieure des Ofanim et des 'Hayot, se trouve le niveau de l’« homme » ; de même, chez l’homme, la dimension intérieure de l’âme animale est l’âme intellectuelle.
La face d’homme des 'Hayot signifie que leur dimension intérieure est l’« homme ». De même, chez une personne, l’âme animale est, dans son essence, l’âme intellectuelle.
ועמ״ש בד״ה וספרתם לכם2 בענין ופניהם וכנפיהם3 שהטעם על ופניהם הוא בזקף גדול שהוא הפסק להפסיק בין ופניהם לוכנפיהם כו׳
Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Vous compterez pour vous-mêmes », à propos de « leurs faces et leurs ailes » : la raison pour laquelle « leurs faces » porte l’accentuation zakef gadol, qui marque une pause séparant « leurs faces » de « leurs ailes », etc. ;
Le maamar « Vous compterez pour vous-mêmes », consacré au compte du Omer, explique les paroles de Ye'hezkel : « leurs faces et leurs ailes étaient séparées au-dessus » (Ezekiel 1:11). Le signe d’accentuation sur « leurs faces » est un zakef gadol, une note de pause qui sépare les faces des ailes.
ע״ש [עיין שם] ועי״ז אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] בבחי׳ הנה״ב [הנפש הבהמית] והשכלית זהו בחי׳ לב האדם התחתון אל האדם כו׳4 נמשך אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] מלמעלה. וביאור ענין אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] זו יובן ג״כ בענין הקרבנות.
voyez là-bas. Par cet éveil d’en bas dans l’âme animale et l’âme intellectuelle — c’est là le niveau du « cœur de l’homme » inférieur tourné vers l’« homme », etc. — un éveil d’en haut est attiré depuis les hauteurs. Le sens de cet éveil d’en haut se comprend également à partir de la question des sacrifices.
Par cet éveil d’en bas, dans l’âme animale et l’âme intellectuelle, le « cœur » de l’homme inférieur se tourne vers l’« homme » d’en haut, et un éveil d’en haut est attiré en réponse. Cet éveil d’en haut peut se comprendre à travers les sacrifices.
כי הנה הקרבנות להקריב חלב ודם של הבהמה ע״ג [על גבי] המזבח הוא ג״כ בחי׳ העלאה דנפש הבהמה ששרשה מחיות ואופנים מבחי׳ פני שור כו׳.
En effet, les sacrifices — offrir sur l’autel la graisse et le sang de l’animal — sont également un niveau d’élévation de l’âme de l’animal, dont la racine provient des 'Hayot et des Ofanim, du niveau de la face du bœuf, etc.
Offrir sur l’autel la graisse et le sang d’un animal élève également l’âme de cet animal, dont la racine se trouve dans les 'Hayot et les Ofanim, dans la face du bœuf.
L’essence intérieure de l’âme animale est humaine et intellectuelle ; son éveil d’en bas, comme l’élévation d’un animal sur l’autel, attire un éveil d’en haut.
Maré mekomot
- 1פניהם פני אדם · Ezekiel 1:10
- 2בד״ה וספרתם לכם · לעיל פ׳ במדבר י, א.
- 3ופניהם וכנפיהם · Ezekiel 1:11
- 4בחי׳ לב האדם התחתון אל האדם כו׳ · באוה״ת במדבר-ד ע׳ א׳תסב יש הגה״ה לכאן.
Deux feux et deux sortes de sacrifices ¶13–14
13והנה היו מביאים אש שלמטה ועי״ז נחית אשא עילאה אריה דאכיל קרבנין12 אריה מלך3 שבחיות להתכלל באש שלמעלה.
Or, on apportait un feu d’en bas, et par là le feu d’en haut descendait — le « lion qui dévore les sacrifices », le lion, roi des animaux (’hayot) — afin qu’il s’unisse au feu d’en haut.
Dans le Temple, on apportait d’en bas un feu ordinaire sur l’autel et, par là, le feu d’en haut descendait : le « lion qui dévore les sacrifices ». Le lion est le « roi des animaux » (’Haguiga 13b), et le feu d’en bas était absorbé dans le feu d’en haut.
וכך ג״כ בתפלה בהעלאת נה״ב [נפש הבהמית] יש ג״כ ב׳ בחי׳ אשות הנ״ל העלאה והמשכה וכ״ז [וכל זה] נק׳ אכילת מזבח וכן הענין ג״כ למעלה בנשמות שמיכאל כה״ג [כהן גדול] מקריב4 ע״ג [על גבי] המזבח5
De même, dans la prière, lorsqu’on élève l’âme animale, il y a aussi les deux niveaux de feu mentionnés plus haut : une élévation et un influx d’en haut ; tout cela est appelé la consommation de l’autel. Il en va de même également en haut, pour les âmes que Michaël, le Kohen Gadol (Grand Prêtre), offre sur l’autel ;
La prière comporte les mêmes deux feux : l’élévation de l’âme animale d’en bas et l’influx du feu d’en haut ; tous deux sont appelés la « consommation » de l’autel. De même, dans les mondes célestes, l’ange Michaël, le Kohen Gadol céleste, offre les âmes sur l’autel supérieur.
כי הנשמות הן בחי׳ נבראים מאין ליש וע״י מיכאל נקרבים למעלה מעלה ליכלל באצי׳ [באצילות] דאיהו וחיוהי6 וגרמוהי חד:7
car les âmes sont au niveau des êtres créés, [amenés] du néant à l’existence, et, par Michaël, elles sont offertes toujours plus haut, afin de s’unir à Atsilout, où « Lui, Ses forces vitales et Ses réceptacles sont un ».
Les âmes sont des êtres créés, amenés à l’existence à partir du néant ; par Michaël, elles sont élevées toujours plus haut, jusqu’à être absorbées en Atsilout, le monde où D.ieu, Ses forces vitales et Ses réceptacles sont un.
Les deux feux de l’offrande, celui d’en bas et celui d’en haut, se retrouvent dans la prière et dans les mondes célestes, où Michaël élève les âmes jusqu’à l’unité d’Atsilout.
Pour l’offrande des âmes par Michaël, la note de Kehot cite le Zohar (3:33a; 1:80a) et les Tossafot à la fin de Menachot. « Lui, Ses forces vitales et Ses réceptacles sont un » provient de l’introduction au Tikkunei Zohar (3b), où cette formule décrit les dix Séfirot d’Atsilout.
Maré mekomot
- 1ארי׳ דאכיל קרבנין · Zohar I, 6b
- 2אריה דאכיל קרבנין · Zohar, Vayikra 40:278–41:285
- 3ארי׳ מלך שבחיוח · Chagigah 13b:5–6
- 4בנשמות שמיכאל כה״ג מקריב · Zohar III, 33a
- 5שמיכאל כה״ג מקריב ע״ג המזבח · Zohar, Tzav 20:135–145
- 6באצי׳ דאיהו וחיוהי · ת״ז בהק׳ (ג, ב). באוה״ת במדבר-ד ע׳ א׳תסב נמצא הג״ה וקיצור לכאן.
- 7דאיהו וחיוהי וגרמוהי חד · Tikkunei Zohar 3b:9–10
14והנה הקרבת הקרבנות ע״ג [על גבי] המזבח נק׳ בשם אכילה כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] בשתי אכילות הכתוב מדבר1 א׳ אכילת אדם וא׳ אכילת מזבח לפי שהיא בחי׳ פנימית2 אכלתי יערי עם דבשי3 (ועמ״ש בד״ה ואם האכל יאכל בפ׳ שלח).4
Or, le fait d’apporter les offrandes sur l’autel est appelé « manger », comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « L’Écriture parle de deux sortes de consommation : l’une, celle de l’homme, et l’autre, celle de l’autel », car cela relève d’un niveau intérieur : « J’ai mangé mon rayon de miel avec mon miel » (voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et si l’on en mange effectivement », dans la paracha de Chelah).
La consommation des offrandes par l’autel est appelée « manger » (Zevachim 13b), car elle relève d’un niveau intérieur : comme la nourriture, elle est prise à l’intérieur. Le verset dit donc : « J’ai mangé mon rayon de miel avec mon miel » (Cantique des Cantiques 5:1).
אבל יש בחינה אחרת והיא בחי׳ מקיף שהיא ענין הקטרת שהוא רק ריח שהנשמה נהנית ממנו ולא הגוף56 שאינו נכנס בגוף כלל בבחי׳ פנימית רק בבחי׳ מקיף מלמעלה7
Mais il existe un autre niveau, celui de l’enveloppement (makif), qui correspond à l’encens : il ne s’agit que d’un parfum, dont l’âme jouit, et non le corps ; car il ne pénètre nullement dans le corps de manière intérieure, mais seulement de manière enveloppante, depuis le haut.
Il existe un autre niveau, l’enveloppement (makif) : l’encens. Selon les Sages, c’est du parfum que l’âme jouit, et non le corps (Berakhot 43b) ; il ne pénètre pas à l’intérieur du corps, mais agit sur lui depuis le haut.
(ונתבאר מזה בביאור ע״פ באתי לגני8 גבי אריתי מורי וכמו שהחוטם הוא למעלה מהחיך כו׳. ועמ״ש ע״פ ראה ריח בני בפ׳ תולדות9 ע״ש [עיין שם] בענין העלאת מ״ן [מיין נוקבין] שבבחי׳ מקיף, ועיין בזהר ס״פ ויקהל)
(Cela a été expliqué dans le commentaire du verset « Je suis venu dans mon jardin », à propos de « J’ai cueilli ma myrrhe », ainsi que dans l’image du nez, qui est au-dessus du palais, etc. Voir aussi ce qui est écrit sur le verset « Vois, le parfum de mon fils », dans la paracha de Toldot ; voir là-bas au sujet de l’élévation des mayin noukvin (eaux féminines) qui relève de l’enveloppement. Voir également le Zohar, à la fin de la paracha de Vayakhel.)
Cela est expliqué dans le discours sur « Je suis venu dans mon jardin », à propos de « J’ai cueilli ma myrrhe », ainsi que dans l’image du nez, organe de l’odorat, situé au-dessus du palais, organe du goût. Le discours sur « Vois, le parfum de mon fils » traite de l’élévation des mayin noukvin, l’aspiration de l’âme vers le haut, comme d’un niveau enveloppant.
(דרי״ט10 א׳) מענין קטרת ובפ׳ בהעלותך (דקנ״א ע״ב) ושם מבואר ג״כ מענין מזבח הפנימי ומזבח החיצון
(page 219a), au sujet de l’encens ; et dans la paracha de Beha’alotekha (page 151b), où sont également expliqués l’autel intérieur et l’autel extérieur,
Le Zohar traite de l’encens à la fin de Vayakhel et dans la paracha de Beha’alotekha, où il explique aussi l’autel intérieur, sur lequel l’encens était brûlé, et l’autel extérieur, qui recevait les offrandes animales.
והיינו בחינת פנימית הלב וחיצונית הלב ועמ״ש בד״ה מי מנה עפר יעקב11 בענין ויחד לבבנו כו׳
c’est-à-dire le niveau de la dimension intérieure (pnimiyout) du cœur et celui de sa dimension extérieure ('hitsoniyout). Voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Qui a compté la poussière de Yaakov », au sujet de « et unis notre cœur », etc. ;
Les autels intérieur et extérieur correspondent aux dimensions intérieure et extérieure du cœur. On trouvera davantage à ce sujet dans le discours sur « Qui a compté la poussière de Yaakov », à propos de la prière « et unis notre cœur ».
ע״ש [עיין שם] ועמ״ש עוד מענין קטרת לעיל ע״פ נשא את ראש בני גרשון,12 ובד״ה בכ״ה בכסלו13 וע׳ [ועיין] מ״ש הרמ״ז [הרב משה זכות] ס״פ בא14 ע״פ הרע״מ [הרעיא מהימנא] שם ד״מ ע״ב.
voir là-bas. Voir aussi ce qui est écrit plus haut au sujet de l’encens, sur le verset « Élève la tête des fils de Guerchon », ainsi que dans le discours commençant par « Le vingt-cinq Kislev » ; voir enfin ce que le Ramaz (Rabbi Moché Zacuto) écrit à la fin de la paracha de Bo, sur la Raaya Mehemna qui s’y trouve, page 40b.
D’autres références concernant l’encens suivent : le maamar donné plus haut dans cette paracha sur « Élève la tête des fils de Guerchon », le discours « Le vingt-cinq Kislev » et le Ramaz sur la Raaya Mehemna à la fin de la paracha de Bo.
Deux sortes d’offrandes sont distinguées : la « consommation » par l’autel, qui relève d’un niveau intérieur, et l’encens, qui relève d’un niveau enveloppant, dont l’âme jouit du parfum, contrairement au corps. Elles correspondent respectivement aux autels intérieur et extérieur, ainsi qu’aux dimensions intérieure et extérieure du cœur.
Le Tséma’h Tsédek, citant ce passage dans Or HaTorah, soulève une difficulté : l’âme est elle-même une lumière intérieure au corps ; si elle jouit du parfum, comment celui-ci peut-il être enveloppant ? Il répond qu’il est enveloppant uniquement par rapport au corps, tandis que, pour l’âme, il constitue un plaisir véritable.
Maré mekomot
- 1בשתי אכילות הכתוב מדבר · Zevachim 13b:3
- 2לפי שהיא בחי׳ פנימית · ראה באוה״ת שה״ש-ב ע׳ תפג.
- 3אכלתי יערי עם דבשי · Song of Songs 5:1
- 4בד״ה ואם האכל יאכל בפ׳ שלח · לקמן מא, ד ואילך.
- 5אבל יש בחינה אחרת והיא בחי׳ מקיף . . שהנשמה נהנית ממנו ולא הגוף · מובא באוה״ת ויקרא-א ע׳ רצב וכתב ע״ז ”וצ״ע שהרי הנשמה עכ״פ נהנית ממנו והנשמה היא אור פנימי המלובש תוך הגוף. וא״כ הא״פ נהנה מן הריח רק הגוף אינו נהנה ממנו, וא״כ איך הוא מקיף, אלא צ״ל רק להגוף נחשבו מקיף אבל להנשמה הגם שהיא או״פ זהו הנאה ממש” ע״ש.
- 6ריח שהנשמה נהנית ממנו ולא הגוף · Berakhot 43b:3
- 7בבחי׳ מקיף מלמעלה · באוה״ת במדבר-ד ע׳ א׳תסב נמצא הג״ה לכאן.
- 8בביאור ע״פ באתי לגני · לקו״ת שה״ש לג, א.
- 9ע״פ ראה ריח בני בפ׳ תולדות · תו״א כ, ד.
- 10בזהר ס״פ ויקהל (דרי״ט א׳) · מובא גם לעיל כב, ד. אוה״ת בראשית-א דף קנב, א. תצוה ע׳ תשס.
- 11בד״ה מי מנה עפר יעקב · לקמן סז, ג.
- 12ע״פ נשא את ראש בני גרשון · לעיל כב, ד.
- 13ובד״ה בכ״ה בכסלו · תו״א כט, ד. וראה באוה״ת במדבר-ד ע׳ א׳תסה מה שהעתיק מתו״א.
- 14וע׳ מ״ש הרמ״ז ס״פ בא · ראה לעיל כב, ד. ובמ״מ לשם.
‘Hinoukh : le don supplémentaire d’un commencement ¶15–17
15והנה הקטרת לא היתה קריבה על מזבח החיצון כ״א [כי אם] על מזבח הפנימי.1 אך ורק בנשיאים היתה הוראת שעה שהקריבו קטרת ע״ג [על גבי] מזבח החיצון.
Or, l’encens n’était pas offert sur l’autel extérieur, mais seulement sur l’autel intérieur. Ce n’est que dans le cas des princes qu’il y eut une décision exceptionnelle, valable pour cette occasion, leur permettant d’offrir l’encens sur l’autel extérieur.
L’encens était normalement brûlé uniquement sur l’autel intérieur, en or, à l’intérieur du Sanctuaire. Seuls les princes bénéficièrent d’une décision particulière pour cette occasion, les autorisant à offrir l’encens sur l’autel extérieur.
C’était pour la dédicace de l’autel. Le terme ‘Hanouka, « dédicace », dérive du mot ‘Hinoukh, « éducation », comme dans « Éduque un jeune selon sa voie » ;
C’était pour la dédicace de l’autel. Le mot ‘Hanouka, « dédicace », est apparenté à ‘Hinoukh, « éducation », comme dans « Éduque un jeune selon sa voie » (Proverbes 22,6).
והיינו כמשל התינוק שמחנכין אותו ללמוד נותנין לו מתנה יתירה כדי להרגילו להתחיל בלימוד משא״כ כשהוא כבר הרגיל א״ע [את עצמו] והתחיל כו׳.
c’est-à-dire, selon l’analogie du jeune enfant que l’on forme à l’étude : on lui donne un cadeau supplémentaire afin de l’habituer à commencer à étudier ; en revanche, lorsqu’il s’y est déjà habitué et qu’il a commencé, etc.
Lorsqu’un enfant est initié à l’étude, on lui donne un cadeau supplémentaire pour l’habituer à commencer ; une fois qu’il est habitué à étudier, cela n’est plus nécessaire. La dédicace de l’autel constitue une initiation semblable.
L’offrande d’encens des princes sur l’autel extérieur était un acte exceptionnel de dédicace, ‘Hanouka au sens de ‘Hinoukh : l’encouragement supplémentaire accordé au début.
La note de Kehot renvoie à d’autres développements sur ‘Hanouka comme ‘Hinoukh : le Shaarei Orah sur ‘Hanouka du Rabbi Dovber, un discours de 5635 et des interventions du Rabbi dans Likkutei Sichos.
Maré mekomot
- 1כ״א על מזבח הפנימי · ראה הגהה לכאן באוה״ת במדבר-ד ע׳ א׳תסד.
- 2מלשון חינוך · וראה גם בשערי אורה ד״ה בכ״ה בכסלו פל״ז. סה״מ תרל״ה-ב ע׳ של ואילך. לקו״ש חכ״ה ע׳ 383 ואילך. וראה לקו״ש חל״ב ע׳ 105 הערה 72.
- 3חנוך לנער ע״פ דרכו · Proverbs 22:6
16והיינו שהחינוך ללמוד אינו ע״י הלימוד בלבד שזהו דבר ההוה לו תמיד אלא שמחנכין אותו ע״י איזו תוספת
C’est-à-dire que l’on n’initie pas [un enfant] à l’étude par l’étude seule, qui est pour lui la chose habituelle en tout temps ; on l’initie plutôt par quelque ajout,
On n’initie pas un enfant à l’étude par l’étude seule, qui constitue son habitude quotidienne. Il faut quelque chose de plus.
כמו איזו התקרבות או איזו מתנה כו׳ אך לאחר שכבר חינכו אותו די בדבר ההוה תמיד והיינו משום שכל התחלות קשות.
comme une certaine proximité ou un cadeau, etc. Mais, une fois qu’on l’a déjà initié, la chose habituelle suffit. C’est parce que « tous les commencements sont difficiles ».
Cet ajout peut consister en une certaine proximité ou en un cadeau. Une fois l’enfant initié, la routine suffit, car « tous les commencements sont difficiles » et seul le début nécessite une aide supplémentaire.
ולכן כדי שתהיה ההתחלה צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] ע״י חינוך. (וכמ״ש במ״א בד״ה בכ״ה בכסלו1 הנ״ל בענין חנוך לנער ע״פ דרכו).
C’est pourquoi, pour qu’il y ait un commencement, il faut passer par le ‘hinoukh (éducation). (Comme il est expliqué ailleurs, dans le maamar intitulé « Le vingt-cinquième jour de Kislev » mentionné plus haut, à propos de « Éduque un jeune selon sa voie ».)
Ainsi, tout commencement doit passer par le ‘hinoukh, une initiation. L’Alter Rebbe renvoie à son maamar pour ‘Hanouka, « Le vingt-cinquième jour de Kislev », consacré au verset « Éduque un jeune selon sa voie ».
וזהו ג״כ ענין הבו לה׳ כבוד כו׳ ואחר כך קול ה׳ על המים23 כו׳ ז׳ קולות ופי׳ קול הוא המשכה כמו קול גשמי היוצא מן הלב אל הדבור
Et c’est également le sens de « Rendez à Havaya la gloire », etc., puis « La voix de Havaya est sur les eaux », etc. : les sept voix. Le sens de « voix » est celui d’une extension, comme une voix physique qui part du cœur pour aller vers la parole ;
Le psaume 29 suit le même schéma : d’abord « Rendez à Havaya la gloire », puis les sept « voix de Havaya », qui commencent par « La voix de Havaya est sur les eaux ». Une « voix » désigne une extension, comme la voix physique qui porte le sentiment du cœur jusqu’à la parole.
והנה הוא המחבר המדה שבלב עם הדבור להיות נראים ונתגלים אופן המדות שבלב למהות אחר בדבור וה״ז [והרי זה] בחי׳ ירידה ממהות מדה למהות דבור.
car c’est elle qui relie l’attribut du cœur à la parole, de sorte que la forme des attributs émotionnels (midot) du cœur devienne visible et se révèle sous une autre modalité, dans la parole ; c’est là un niveau de descente, de la modalité d’un attribut à celle de la parole.
La voix relie le sentiment du cœur à la parole, de sorte que l’émotion devienne visible sous une autre forme, celle des mots. C’est une descente d’une modalité — l’émotion — à une autre, la parole.
וירידה והמשכה זו היא ע״י הקול. ועד״ז [ועל דרך זה] כל ירידה והמשכה ממהות למהות אחר נק׳ בשם קול.
Cette descente et cette extension s’accomplissent par la voix. De même, toute descente et toute extension d’une modalité à une autre sont appelées « voix ».
Cette descente s’accomplit par la voix ; ainsi, toute descente d’une modalité d’être à une autre est appelée « voix ».
וזהו ענין קלא פנימאה דלא אשתמע45 הוא בחי׳ המשכה משכל למדות כו׳ (ועמ״ש מזה בשה״ש [בשיר השירים] ע״פ קול דודי67 הנה זה בא).
Et c’est le sens de « la voix intérieure qui ne s’entend pas » : c’est le niveau d’une extension de l’intellect vers les attributs émotionnels, etc. (Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le Cantique des cantiques, sur le verset « La voix de mon bien-aimé ! Le voici qui vient. »)
La « voix intérieure qui ne s’entend pas » du Zohar désigne l’extension de l’intellect vers l’émotion, avant que quoi que ce soit ne parvienne à la parole. Le maamar sur « La voix de mon bien-aimé », dans le Cantique des cantiques, traite longuement de ce sujet.
וזהו ענין ז׳ קולות שהם ז׳ בחינות המשכות וירידות בז׳ המדות. מים הוא חסד וכח הוא בחי׳ גבורה כו׳.
Et c’est le sens des sept voix : elles sont sept niveaux d’extensions et de descentes dans les sept attributs. « Eaux » désigne le ‘Hessed (bonté), et « puissance » est le niveau de la Guevoura (retenue), etc.
Les sept voix du psaume sont sept extensions dans les sept attributs émotionnels. La voix « sur les eaux » correspond au ‘Hessed, la voix « avec puissance » à la Guevoura, et ainsi de suite pour les sept.
וההמשכה הוא מעלמא דאתכסיא89 שלמעלה מהמדות (וכענין שבעה ושבעה מוצקות10 לנרות ששבעת הנרות הן שבעה מדות והמוצקות הן המשכות ממד רגות עליונות להמדות ע׳ [עיין] בזהר ס״פ מקץ)11 (דר״ד סע״ב [סוף עמוד ב])12 ועמ״ש בד״ה כי עמך מקור חיים.
Et cet influx descend du monde caché (alma de’iskasya), qui est au-dessus des attributs — comme dans le cas des « sept, et sept conduits pour les lampes » : les sept lampes sont les sept attributs, et les conduits sont des influx provenant de niveaux supérieurs vers les attributs ; voir le Zohar, à la fin de la paracha de Mikets (p. 204, fin du côté b). Voir aussi ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Car auprès de Toi est la source de la vie ».
Ces influx proviennent du « monde caché » (alma de’iskasya), le niveau qui se situe au-dessus des attributs. De même, Zekharia vit sept lampes alimentées par sept conduits (Zekharia 4:2) : les lampes représentent les sept attributs, et les conduits leur apportent la lumière depuis des niveaux supérieurs, comme l’explique le Zohar à la fin de Mikets.
וכ״ה עוד בזהר דשבעה מוצקות הן שבעה הבלים כו׳ ועיין מענין שבעה הבלים בזהר פ׳ תזריע דמ״ז ע״ב13 וכל המשכה הוא ע״י שם הוי׳ יו״ד צמצום כו׳
Il en est également ainsi dans le Zohar, où les sept conduits sont appelés sept souffles, etc. Voir à propos des sept souffles le Zohar, paracha de Tazria, p. 47b. Tout influx passe par le Nom Havaya : le youd correspond au tsimtsoum (contraction), etc.
Le Zohar appelle aussi les sept conduits « sept souffles ». Tout influx passe par le Nom Havaya, dont la première lettre, le youd, représente le tsimtsoum, la contraction.
ולכן בכדי שיהיה ירידה והשפלה זו מבחי׳ שם הוי׳ בז׳ קולות האלו מקדימים בחי׳ הבו לה׳ כבוד הוא ענין מקיף והארה יתירה כדי להיות נמשך אח״כ [אחר כך] הז׳ קולות.
C’est pourquoi, pour que cette descente et cet abaissement du niveau du Nom Havaya dans ces sept voix puissent avoir lieu, le niveau de « Rendez gloire à Havaya » est d’abord nécessaire : il s’agit d’un aspect enveloppant (makif) et d’un supplément de lumière, afin que les sept voix puissent ensuite recevoir leur influx.
Pour rendre possible cette descente du Nom Havaya dans les sept voix, le psaume commence par « Rendez gloire à Havaya ». La gloire est une lumière supplémentaire, enveloppante, qui rend cette descente possible.
והכבוד הזה צריך להמשיך מתחלה קודם הז׳ קולות14 (בר״ח [בראשית חכמה] פ״ב [פרק ב׳] משער היראה הביא מהרע״מ [מהרעיא מהימנא] פ׳ פנחס דרנ״ה ע״ב בענין הראני נא את כבודך15 שהוא בחי׳ כתר עליון כו׳ וע׳ [ועיין] בזהר בהעלותך דקנ״ד16 א׳ בענין קרנו תרום בכבוד17
Cette gloire doit être attirée dès le début, avant les sept voix. (Dans Reishit 'Hokhma, chapitre 2 de Chaar HaYira, l’auteur cite le Raaya Mehemna, paracha de Pin'has, p. 255b, à propos de « Montre-moi, je Te prie, Ta gloire » : il s’agit du niveau de Kéter suprême, etc. Voir aussi le Zohar, Beha'alotekha, p. 154a, à propos de « Sa corne s’élèvera dans la gloire » ;
Cette gloire doit être attirée avant les sept voix. Reishit 'Hokhma cite le Raaya Mehemna, selon lequel la « gloire » de « Montre-moi, je Te prie, Ta gloire » est Kéter suprême ; le Zohar, dans Beha'alotekha, traite également de « Sa corne s’élèvera dans la gloire ».
והיינו כי פי׳ הבו לה׳ כבוד היינו איך שבאמת למעלה הוא היש וכולא קמיה כלא ממש חשיבא ועמ״ש בביאור ע״פ כי ביום הזה יכפר מענין כבוד חכמים ינחלו18 כו׳ ע״ש [עיין שם])
c’est-à-dire que le sens de « Rendez gloire à Havaya » est qu’en vérité, en haut, Lui seul est l’existence (yech), tandis que « tout, devant Lui, est véritablement considéré comme néant ». Voir ce qui est écrit dans l’explication du verset « Car en ce jour Il fera expiation », à propos de « Les sages hériteront de la gloire », etc. ; voir là-bas.)
« Rendez gloire à Havaya » signifie reconnaître qu’en vérité, en haut, Lui seul existe véritablement et que tout, devant Lui, est néant. L’explication de « Car en ce jour Il fera expiation » développe cette idée à propos de « Les sages hériteront de la gloire ».
וכן הוא הענין שנותנין מתנה לכבוד חתן וכלה לפי שנעשה יחוד חדש כי חתן חות דרגא וכלה כלתה נפשי ממטה למעלה.
Il en va de même lorsqu’on donne un présent en l’honneur d’un marié et d’une mariée : c’est parce qu’une nouvelle union se réalise. En effet, le terme ‘hatan (marié) signifie « descendre d’un degré » (hat daraga), tandis que kalla (mariée) signifie « mon âme languit » (kaltah nafchi), depuis le bas vers le haut.
Il en va de même du présent offert en l’honneur d’un marié et d’une mariée : leur mariage constitue une nouvelle union. L’Admour Hazaken interprète ‘hatan (marié) comme une descente d’un degré, depuis le haut, et kalla (mariée) comme l’aspiration de l’âme vers le haut, depuis le bas.
והם שני הפכים שמתייחדים וכדי להמשיך יחוד חדש כזה צריך להמשיך תחלה בחי׳ כבוד שהיא תוספת הארה בבחי׳ מקיף.
Ils sont deux opposés qui s’unissent ; pour attirer une union nouvelle de cette sorte, il faut d’abord attirer le niveau de kavod (gloire), qui est un supplément de lumière sous une forme enveloppante.
Le marié et la mariée sont deux opposés — la descente et l’ascension — qui s’unissent. Pour susciter une union nouvelle de cette sorte, il faut d’abord attirer le kavod, l’honneur ou la gloire, qui est une lumière supplémentaire et enveloppante.
Tout nouveau commencement nécessite une lumière supplémentaire qui englobe : le cadeau offert à l’enfant, la « gloire » qui précède les sept voix du psaume 29 et le cadeau offert aux mariés montrent tous que le kavod doit précéder une nouvelle descente ou une nouvelle union.
Les sept voix du psaume 29 sont interprétées comme les sept attributs émotionnels, qui s’étendent depuis le monde caché situé au-dessus d’eux par l’intermédiaire du Nom Havaya. La « gloire », que le Raaya Mehemna associe au Kéter supérieur, vient d’abord en tant que lumière enveloppante qui rend cette descente possible.
Maré mekomot
- 1בד״ה בכ״ה בכסלו · תו״א כט, ד. וראה גם לקו״ת נשא צח, א. ברכה צח, ב ואילך.
- 2הבו לה׳ כבוד . . קול ה׳ על המים · Psalms 29:1
- 3קול ה׳ על המים · Psalms 29:3
- 4קלא פנימאה דלא אשתמע · זח״א (נ, ב) [כ].
- 5קלא פנימאה דלא אשתמע · Zohar, Bereshit 83:235–86:248
- 6בשה״ש ע״פ קול דודי · לקו״ת שה״ש טו, ב.
- 7
- 8עלמא דאתכסיא · זח״א (יח, א. קנב, א. קנח, ב). ובזח״ב (כט, ב). [כ].
- 9מעלמא דאתכסיא · Zohar, Bereshit 6:60–7:70
- 10שבעה ושבעה מוצקות · Zechariah 4:2
- 11בזהר ס״פ מקץ · Zohar, Miketz 15:261–269
- 12בזהר ס״פ מקץ (דר״ד סע״ב) · בענין שבעה ושבעה מוצקות ראה אוה״ת ויקרא-א ע׳ רעט. ביאוה״ז להצ״צ-ב ע׳ תתעז.
- 13בזהר פ׳ תזריע דמ״ז ע״ב · ראה אוה״ת ויקרא-א ע׳ רפ ואילך. ובביאוה״ז להצ״צ-ב ע׳ תתעז ואילך. ע׳ תתפא ואילך נזכר גם לעיל פ׳ במדבר יב, ד.
- 14להמשיך מתחילה קודם הז׳ קולות · באוה״ת במדבר-ד ע׳ א׳תסה נמצא הגה״ה.
- 15הראני נא את כבודך · Exodus 33:18
- 16בזהר בהעלותך דקנ״ד א׳ · Zohar, Beha'alotcha 15:87–16:94
- 17קרנו תרום בכבוד · Psalms 112:9
- 18כבוד חכמים ינחלו · Proverbs 3:35
17ועד״ז [ועל דרך זה] הקריבו הנשיאים בחנוכת המזבח קערות ומזרקי כסף וכפות זהב אף שמנחת נדבה מביאה בכפיפה מצרית1 רק הנשיאים עשו לכבוד ולתפארת
De même, lors de l’inauguration de l’autel, les princes offrirent des coupes et des bassins d’argent, ainsi que des cuillers d’or, bien qu’une offrande volontaire de farine soit apportée dans une corbeille égyptienne ; les princes, eux, agirent « pour la gloire et la splendeur ».
À l’image du présent offert pour inaugurer un enfant, les princes apportèrent des coupes et des bassins d’argent, ainsi que des cuillers d’or, lors de l’inauguration de l’autel. Une offrande volontaire de farine pouvait être apportée dans une simple corbeille égyptienne, mais les princes agirent « pour la gloire et la splendeur ».
וזה היה ג״כ ענין הקרבת הקטרת על מזבח החיצון שאינו דבר ההוה כלל שדבר ההוה היינו קרבנות תמידין כו׳ רק כמו שמחנכין התינוק ע״י מתנה יתירה דוקא.
Tel fut également le sens de l’offrande de l’encens sur l’autel extérieur, qui n’était nullement une pratique régulière — la pratique régulière étant les sacrifices quotidiens, etc. — mais relevait plutôt de l’inauguration d’un jeune enfant, que l’on forme précisément au moyen d’un présent supplémentaire.
Brûler de l’encens sur l’autel extérieur sortait également de l’ordinaire, puisque le service régulier y consistait en les sacrifices quotidiens. C’était le présent supplémentaire d’une inauguration, comme celui que l’on offre à un enfant qui commence à apprendre.
כך היה ענין הקרבת הקטרת שהוא המשכת בחי׳ מקיפים וכך הוא ענין הכבוד שעי״ז יוכל להיות אח״כ [אחר כך] סדר הקרבנות תמידין כסדרן2 וכו׳ זהו ענין חינוך המזבח כנודע:3
Ainsi en allait-il de l’offrande de l’encens, qui consiste à attirer le niveau des lumières enveloppantes (makifim) ; ainsi en va-t-il de la gloire, grâce à laquelle l’ordre des sacrifices pouvait ensuite être établi, « les sacrifices quotidiens selon leur ordre », etc. Tel est le sens de l’inauguration de l’autel, comme on le sait.
L’encens attirait la lumière enveloppante, tout comme la gloire des ustensiles précieux ; grâce à eux, l’ordre régulier des sacrifices pouvait ensuite suivre. Voilà ce que signifie l’inauguration de l’autel.
Les ustensiles précieux des princes et l’encens offert sur l’autel extérieur constituaient la « gloire » supplémentaire, enveloppante, d’une inauguration ; ils rendaient possible le service régulier qui suivait.
Dans une note citée par Kehot (Likkutei Sichos, vol. 7, p. 205), le Rabbi examine l’affirmation selon laquelle une offrande volontaire de farine peut être apportée dans une corbeille égyptienne, alors que le Talmud (Sotah 14b) considère un tel récipient comme impropre, en raison des mots : « Présente-la donc à ton gouverneur. » S’appuyant sur le Kesef Mishneh, il explique que cette disqualification ne relève pas de la Torah.
Maré mekomot
- 1שמנחת נדבה מביאה בכפיפה מצרית · בלקו״ת נשא (כט, ב) שמנחת נדבה מביאה בכפיפה מצרית, שזהו דלא כמפורש בסוטה (יד, ב) דפסול — הרי מפורש שם שהטעם דהקריבהו נא לפחתך גו׳, ואיסור זה אינו מן התורה (כס״מ הל׳ איס״מ פ״ב ה״י (ודלא כי״א מהאחרונים דאסור מה״ת — דלפ״ז אינו מובן הא דעניים מביאים בכורים בסלי נצרים של ערבה (בכורים פ״ג מ״ח) שבודאי פחותים מנצרי דקל (דהיינו כפיפה מצרית, כפרש״י בסוטה שם) דסברת הקריבהו שייך גם באינו קרב על המזבח ממש, וק״ל)) — לקו״ש ח״ז ע׳ 205.
- 2תמידין כסדרן · תפלת מוסף.
- 3זהו ענין חינוך המזבח כנודע · קיצור באוה״ת במדבר-ד ע׳ א׳תסה.
L’huile d’onction et la réponse ¶18–19
18אך כדי להיות המשכת קטרת שהוא בחי׳ מקיף צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] משיחת המזבח בשמן המשחה. כי שמן המשחה הוא ממוצע בין פנימי למקיף
Mais, pour que puisse s’opérer l’attraction de l’encens, qui relève de l’aspect englobant (makif), l’autel doit être oint avec l’huile d’onction. Car l’huile d’onction est un intermédiaire entre l’intérieur et l’englobant ;
Pour que la lumière englobante de l’encens puisse être attirée, il fallait d’abord oindre l’autel avec l’huile d’onction. L’huile est un intermédiaire entre l’intérieur et l’englobant.
כי שמן הוא משקה ובשמן המשחה היה מעורב בשמים ראש1 מר דרור קנמן בשם2 כו׳ שהוא ענין הריח הרי שהיה תערובות בחי׳ פנימי ומקיף.
car l’huile est une boisson, et l’huile d’onction était mélangée à des « aromates de choix : myrrhe fluide… cannelle odorante », etc., ce qui relève du parfum ; il y avait donc un mélange des aspects intérieur et englobant.
L’huile est une boisson, quelque chose que l’on absorbe, à l’image de l’aspect intérieur ; pourtant, l’huile d’onction était mélangée à des aromates odorants, de la myrrhe et de la cannelle (Exode 30:23), et le parfum relève de l’aspect englobant. L’huile d’onction réunit ainsi l’intérieur et l’englobant.
L’huile d’onction, boisson mêlée de parfum, fait le lien entre l’intérieur et l’englobant ; c’est pourquoi elle devait précéder l’encens.
Au sujet des aromates mêlés à l’huile d’onction, la note de Kehot renvoie au Derech Mitzvosecha du Tséma’h Tsédek.
Maré mekomot
- 1היה מעורב בשמים ראש · ראה דרך מצותיך עב, ב.
- 2בשמים ראש מר דרור וקנמן בשם · Exodus 30:23
19ומ״מ [ומכל מקום] בחי׳ מקיף נקרב ביום המשח שהכל בחי׳ א׳. משא״כ שאר הקרבנות שהם אכילת המזבח ולזבח השלמים כל הבקר לעולה1 כו׳ היה אחרי המשח.
Néanmoins, le niveau englobant fut offert « le jour où il fut oint », car tout cela relève d’un seul et même niveau. En revanche, les autres offrandes, qui constituent la « nourriture de l’autel », « et pour le sacrifice des offrandes de paix », « tout le bétail pour l’holocauste », etc., furent apportées « après qu’il eut été oint ».
Puisque l’huile d’onction inclut le niveau englobant, les offrandes englobantes se rattachent à l’onction elle-même et purent être apportées « le jour où il fut oint », comme une seule et même chose. Les offrandes qui constituent la « nourriture » de l’autel — les offrandes de paix et « tout le bétail pour l’holocauste » (Nombres 7:87) — furent apportées « après qu’il eut été oint ».
שמתחלה היה צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] בחי׳ המקיף לחינוך ואח״כ [ואחר כך] היתה אכילת המזבח ולכך בקרבנות שהם אכילת המזבח כתיב אחרי המשח אותו. ובקטרת והבאת הקערות שהם בבחי׳ מקיף ובחי׳ כבוד כתיב ביום המשח.2
Car il fallait d’abord que le niveau englobant soit présent pour l’inauguration (hinoukh), et ensuite venait la nourriture de l’autel. C’est pourquoi, au sujet des offrandes qui constituent la nourriture de l’autel, il est écrit : « après qu’il eut été oint » ; et au sujet de l’encens et de l’apport des coupes, qui relèvent du niveau englobant et du niveau de gloire, il est écrit : « le jour où il fut oint ».
Le niveau englobant vint d’abord, pour l’inauguration, et la nourriture de l’autel ne vint qu’ensuite. Ainsi, la Torah dit « après qu’il eut été oint » à propos des offrandes de nourriture, et « le jour où il fut oint » à propos de l’encens et des coupes, qui relèvent du niveau englobant et du niveau de gloire. Cela répond à la question par laquelle le maamar a commencé.
(ואפשר עד״ז [על דרך זה] יש לפרש מ״ש ברבות נשא פרשה י״ג וז״ל [וזה לשונו] כתיב זאת חנוכת המזבח ביום המשח אותו והלא קערה אחת היתה ומזרק אחד היה וכף אחת היתה ביום המשח אותו3 מה ת״ל קערות כסף שתים עשרה וגו׳ [וגומר]
(On pourrait peut-être expliquer dans ce sens ce qui est dit dans le [Midrach] Rabbah, Nasso, section 13 ; voici ses paroles : « Il est écrit : “Telle fut l’inauguration de l’autel, le jour où il fut oint.” Or, le jour où il fut oint, il n’y avait eu qu’une seule coupe, un seul bassin et une seule cuillère. Pourquoi donc le verset dit-il : “douze coupes d’argent”, etc. ?
L’Admour Hazaken suggère que cela explique également un passage du Midrach (Bamidbar Rabbah 13:9). Celui-ci demande : le jour de l’onction, une seule coupe, un seul bassin et une seule cuillère furent apportés ; pourquoi le verset parle-t-il donc de douze ?
אלא העלה עליהם כאלו כולם הקריבו ביום ראשון וביום אחרון4 עכ״ל [עד כאן לשונו]. וכ״ה עוד שם פ׳ י״ד ובשה״ש [ובשיר השירים] ע״פ כולך יפה רעיתי56
Mais Il le leur imputa comme si tous avaient apporté leurs offrandes le premier jour et le dernier jour. » Fin de citation. On trouve la même idée là-bas, à la section 14, ainsi que dans [le Midrach] Shir HaShirim, sur le verset : « Tu es toute belle, mon bien-aimé. »
Le Midrach répond que D.ieu leur imputa leurs actes comme si chacun d’eux avait apporté son offrande le premier jour et le dernier jour. Le même enseignement figure dans Bamidbar Rabbah 14 et dans Shir HaShirim Rabbah, sur les mots « Tu es toute belle, mon bien-aimé ».
והיינו שבחי׳ הקטרת והבאת הקערות של כולם הוא בבחי׳ ביום המשח אותו וע״ז [ועל זה] אמר כאילו הקריבו כולם ביום ראשון ובחי׳ הקרבנות ולזבח השלמים הוא בכולן בבחי׳ אחרי המשח אותו וזהו וביום אחרון):
Cela signifie que le niveau de l’encens et de l’apport des coupes de tous les princes relève de « le jour où il fut oint » ; c’est à ce propos qu’il est dit : « comme si tous avaient apporté leurs offrandes le premier jour ». Quant au niveau des offrandes, « et pour le sacrifice des offrandes de paix », il relève pour chacun d’eux de « après qu’il eut été oint » ; c’est cela, « et le dernier jour ».)
L’encens et les coupes de tous les princes sont considérés comme relevant de « le jour où il fut oint », c’est-à-dire du premier jour ; les offrandes de paix de chacun relèvent de « après qu’il eut été oint », c’est-à-dire du dernier jour. Ainsi, les deux versets s’appliquent à chaque prince.
Le maamar résout la question initiale : les offrandes englobantes se rattachent au jour de l’onction, tandis que les offrandes qui constituent la « nourriture » de l’autel viennent après. Cela explique également le Midrach, selon lequel il est imputé à chaque prince d’avoir apporté son offrande le premier jour et le dernier jour.
Maré mekomot
- 1כל הבקר לעולה · Numbers 7:87
- 2כתיב ביום המשח · באוה״ת במדבר-ד ע׳ א׳תסו נמצא הג״ה לכאן.
- 3והלא קערה אחת היתה ומזרק אחד היה וכף אחת היתה ביום המשח אותו · Bamidbar Rabbah 13:9
- 4העלה עליהם כאלו כולם הקריבו ביום ראשון וביום אחרון · Bamidbar Rabbah 14:13
- 5
- 6ובשה״ש ע״פ כולך יפה רעיתי · Shir HaShirim Rabbah 4:7:1
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Dans la prière, énoncez les louanges de D.ieu dans les Pessouké deZimra et les bénédictions du Chéma avec une profonde concentration, jusqu’à ce que même le désir de plaisirs matériels de l’âme animale se transforme en amour de D.ieu au moment de « Un » et de « Tu aimeras… de tout ton cœur ». N’utilisez les choses permises que pour le service du Ciel, afin qu’elles soient élevées vers la sainteté et ne vous entraînent pas vers le bas.
Questions à discuter
- Pourquoi l’amour de l’âme animale transformée est-il appelé « très bon », davantage que l’amour propre de l’âme divine ?
- Comment la différence entre les Sérafim et les Ofanim explique-t-elle la force particulière de l’âme animale ?
- En quel sens l’« alimentation » de l’autel est-elle un niveau intérieur, tandis que l’encens est un niveau enveloppant ?
- Pourquoi chaque commencement a-t-il besoin d’une lumière supplémentaire et enveloppante, et où le maamar trouve-t-il ce modèle ?
- Comment la distinction entre les sacrifices enveloppants et les sacrifices intérieurs résout-elle la difficulté entre « le jour où il fut oint » et « après qu’il fut oint » ?