LikuteiTorah.comLa Paracha ’hassidique

Likkutei Torah · Parshas Chukas · Maamar 2

א ביאור ע״פ זאת חקת כו׳

Explication de « Ceci est le décret », etc.

  • 46 paragraphes · 240 sections
  • environ 140 min d’étude
  • 238 sources

Commencer le maamar Télécharger le PDFPDF · 1.4 MB

Votre progression 0 sections sur 240

L’idée centrale

Dans « Ceci est le décret de la Torah que Havaya a ordonné, en disant », le Nom désigne Atik, et « ordonné » (tsiva) signifie joindre (tsavta) : par la vache rousse, la racine « gravée » de la Torah en Kéter est jointe à lemor, 'Hokhma. La cendre de la vache, qui rassemble tous les niveaux de la création, est la « course » ascendante de l’âme, et l’eau vive issue de Kéter est le « retour » ; seule cette force venant d’au-delà de 'Hokhma peut transformer l’impur en pur.

Le maamar en bref

L’explication s’ouvre sur la règle de l’Idra selon laquelle deux Noms Havaya dans un même verset désignent Zeir Anpin et Atik. Dans « que Havaya a ordonné, en disant », les lettres du Nom d’Atik sont jointes à lemor, 'Hokhma, tout comme les Dix Commandements furent liés aux Dix Paroles. La vache rousse réalise cela. Les quatre niveaux de la création se trouvent réunis en elle : la vache vivante, le cèdre et l’hysope qui poussent, et le ver écarlate, dont la force réside dans sa bouche ; mais, dans leurs racines, l’ordre est inversé, car les lettres, l’« inanimé », procèdent de Kéter, au-dessus de 'Hokhma. La combustion libère de leur mal les étincelles de Tohou dans les kelipot nogah, comme une personne consume ses désirs mondains jusqu’à ce que la volonté de son âme animale devienne amour de D.ieu. L’eau vive versée sur la cendre, la « course », est le « retour » de l’étude de la Torah, attiré depuis Kéter ; la cendre demeure sur l’eau afin que la course ne s’éteigne pas. Le ver écarlate, la parole de Torah et de prière enracinée en Atik, qui n’a pas de « dos », prive les kelipot de leur nourriture. « Décret » signifie gravure : la Torah est gravée en Kéter et écrite en 'Hokhma et Bina. Seul Kéter, l’Unique, peut transformer l’impur en pur ; c’est pourquoi le visage de Moché pâlit jusqu’à la vache rousse.

Plan

  1. Deux Noms et le sens de « en disant »Le premier Havaya est Zeir Anpin et le second Atik. Lemor est 'Hokhma, l’amira, la parole intérieure qui précède le dibbour de Bina, comme dans l’interprétation du Maguid sur les Dix Commandements ; « ordonné » signifie « joindre », et les lettres d’un monde supérieur deviennent la source de 'Hokhma en bas.¶1–3
  2. Inanimé, végétal, vivant et parlantChaque niveau supérieur inclut les niveaux inférieurs. Dans l’âme, les lettres sont inanimées, les émotions végétales, l’intellect vivant et Kéter, la source de la parole, parlant ; dans les mondes supérieurs, les lettres sont des « pierres » et Zeir Anpin est le végétal, que le cèdre et l’hysope embrassent. Dans leurs racines, l’ordre est inversé : les lettres proviennent d’Avira et de Radla, au-dessus de 'Hokhma.¶4–12
  3. La cendre, la ligne gauche et les kelipot nogahLa cendre est le mayin noukvin de tous les niveaux et l’eau vive le mayin doukhrin : ratso vachov. Les forces extérieures se nourrissent de la ligne gauche ; la vache, le féminin de nogah, est préparée hors du camp, son sang est aspergé en direction du Saint des saints et son corps est brûlé, ne laissant que son essence, les étincelles de Tohou, tandis que parah devient efer.¶13–19
  4. Consumer les désirs de l’âme animaleLes émotions de l’âme animale sont dépouillées des désirs mondains, jusqu’à ce que sa volonté même devienne amour de D.ieu, « de vos deux inclinations », au-delà du penchant au bien. Vient ensuite le « retour », l’eau vive de l’étude de la Torah dans les réceptacles de ses lettres, tandis que la cendre demeure au-dessus afin que le feu ne soit pas éteint.¶20–23
  5. Le ver écarlateTola, lié par ses lettres et sa valeur numérique au sacrifice quotidien et au Nom de quarante-deux lettres, est une force de Guevoura qui sépare la sainteté de l’impureté. Sa force réside dans la bouche : la prière et la Torah prononcées, enracinées en Kéter, la « main levée ». La fierté sainte suscite « Il est hautement exalté », la face d’Atik, dont ne peuvent recevoir ni l’orgueilleux ni Pharaon, qui ne tirent leur nourriture que du « dos ».¶24–32
  6. Lettres gravées et lettres écrites‘Houkat signifie gravure. Kéter est comme des lettres gravées dans une pierre précieuse, ne faisant qu’un avec la Lumière infinie et n’étant que légèrement obscurcies ; 'Hokhma et Bina sont comme des lettres d’encre qui cachent le parchemin, la Torah écrite de feu noir sur feu blanc. Par la vache, la racine gravée se révèle dans la Torah écrite, ce qui explique pourquoi Chlomo dit : « cela est loin de moi ».¶33–40
  7. Du pur issu de l’impur'Hokhma ne peut que discerner le bien du mal ; transformer l’impur en pur, comme dans l’impureté de la mort issue du brisement des réceptacles, exige Kéter, l’Arbre de vie et l’Unique. Ainsi, la « sagesse » désigne Kodachim et la « connaissance », Taharot, et le visage de Moché pâlit jusqu’à la section de la vache ; suivent les références de clôture.¶41–46

Notions clés

Ratso vachov (course et retour)רצוא ושוב
L’aspiration de l’âme vers le haut et son retour pour agir en bas. La cendre de la vache est la course ; l’eau vive versée sur elle est le retour par l’étude de la Torah, sans éteindre la course.
Amira et dibbour (parole intérieure et parole prononcée)אמירה ודבור
L’amira est la parole intérieure du cœur, en 'Hokhma ; le dibbour est la parole prononcée, qui révèle à autrui, en Bina. Lemor, « en disant », désigne donc 'Hokhma.
Inanimé, végétal, vivant, parlantדומם צומח חי מדבר
Les quatre catégories de la création, chacune comprenant celles qui lui sont inférieures : dans l’âme, les lettres, les émotions, l’intellect et la source de la parole en Kéter. Dans leurs racines, l’ordre est inversé.
Kelipat nogah (l’écorce lumineuse)קליפת נוגה
Le domaine situé entre la sainteté et les kelipot impures, où le bien et le mal sont mêlés ; il est la racine des désirs permis que l’on poursuit pour soi-même. Son essence est constituée des étincelles de Tohou, libérées par la combustion.
Mayin noukvin et mayin doukhrin (eaux féminines et masculines)מיין נוקבין ומיין דוכרין
L’élévation d’en bas qui suscite une réponse, et le flux qui descend en retour : ici, la cendre et l’eau vive.
Lettres gravées et lettres écritesאותיות החקיקה ואותיות הכתב
Les lettres gravées appartiennent à la pierre elle-même ; les lettres écrites sont de l’encre, étrangère au parchemin et le cachant. Kéter relève des premières, 'Hokhma et Bina des secondes.
Atik, la face entièreעתיק
Le niveau le plus intérieur de Kéter, qui n’a absolument pas de « dos » ; les kelipot, qui ne tirent leur nourriture que du dos, ne peuvent donc rien en recevoir.

Aller au texte

Deux Noms et le sens de « en disant » ¶1–3

1א ביאור ע״פ זאת חקת כו׳. הנה מבואר באדרא (קל״ח ע״ב) שבכל מקום שנמצא שם הוי׳ ב׳ פעמים

1. Explication sur « Ceci est le statut de », etc. Il est expliqué dans l’Idra (138b) que partout où le Nom Havaya apparaît deux fois

Explication

Ce maamar est une explication sur les premiers mots de la paracha ‘Houkat : « Ceci est le statut de la Torah. » Il commence par une règle tirée de l’Idra Rabba du Zohar : lorsque le Nom Havaya apparaît deux fois, les deux occurrences ne désignent pas le même niveau.

בפסוק אחד הפי׳ הוא דהשם הראשון הוא בז״א [בזעיר אנפין] והב׳ הוא בעתיק ואע״ג [ואף על גב] דהכל אחד אך הוא בחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] וסוכ״ע [וסובב כל עלמין]

dans un même verset, le sens est que le premier Nom se rapporte au Zeir Anpin (les attributs émotionnels) et le second à Atik. Et bien que tout soit un, il s’agit néanmoins du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) et de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin).

Explication

Le premier Havaya désigne le Zeir Anpin, la configuration des attributs émotionnels divins, et le second Atik, le niveau le plus intérieur de Kéter, au-dessus d’Atsilout. D.ieu est un, mais les deux Noms représentent deux manières dont Sa lumière se rapporte aux mondes : memalé kol almin, la lumière qui pénètre chaque monde et le remplit selon sa mesure, et sovev kol almin, la lumière qui demeure au-delà d’eux.

(ועמש״ל [ועיין מה שכתוב לעיל] פ׳ מקץ ע״פ כי אתה נרי הוי׳ והוי׳ יגיה חשכי דג״כ הפי׳ ב׳ שמות הוי׳ כנ״ל, אך שם שני השמות הם סמוכים זה לזה ממש, אך כאן אע״פ [אף על פי] שאינן סמוכין רק

(Et voyez ce qui est écrit plus haut, dans la paracha Mikets, à propos du verset : « Car Tu es ma lampe, Havaya, et Havaya éclaire mes ténèbres » : là aussi, le sens est celui de deux Noms Havaya, comme indiqué ci-dessus. Mais là, les deux Noms se suivent immédiatement, tandis qu’ici, bien qu’ils ne soient pas côte à côte, mais seulement

Explication

La parenthèse renvoie au discours de Torah Ohr sur le verset de Mikets : « Car Tu es ma lampe, Havaya, et Havaya éclaire mes ténèbres » (2 Samuel 22:29), qui interprète de la même façon les deux Noms. Dans ce verset, les deux Noms se suivent ; dans le verset de ‘Houkat, plusieurs mots les séparent.

שהם בפסוק אחד מ״מ [מכל מקום] הפי׳ הוא חד לז״א [לזעיר אנפין] וחד לע״ק [לעתיקא קדישא] וכמ״ש בביאור האדרא מהאריז״ל [מהאר״י זכרונו לברכה] שם ובהגהות הרב ר׳ [רבי] צמח שם כ׳ [כתב] שאינו כלל גמור בכל הפסוקים אלא כשיש בפסוק הבנה לסבול כלל זה כו׳).

présents dans un même verset, le sens est néanmoins que l’un se rapporte au Zeir Anpin et l’autre à Atika Kadicha, comme il est écrit dans l’explication de l’Idra par l’Arizal, à cet endroit. Dans ses gloses, le Rav Rabbi Tséma’h écrit que ce n’est pas une règle absolue pour tous les versets : elle ne s’applique que lorsque le sens du verset peut admettre une telle règle, etc.)

Explication

Dans le verset de ‘Houkat, les deux Noms sont séparés par plusieurs mots, et pourtant l’Arizal, dans son commentaire sur l’Idra, applique la règle à tout verset où le Nom apparaît deux fois. La glose de Rabbi Tséma’h la restreint : elle ne vaut que lorsque le sens du verset peut admettre une telle lecture.

וזהו וידבר הוי׳ אל משה דשם הוי׳ זה הוא בז״א [בזעיר אנפין]. זאת חקת התורה אשר צוה הוי׳ היינו שם הוי׳ דעתיק לאמר הוא בחי׳ חכמה שנקרא אמירה, וכמ״ש בזהר פ׳ בראשית (דכ״ב ע״א)

Et c’est là le sens de « Et Havaya parla à Moché » : ce Nom Havaya se rapporte au Zeir Anpin. « Ceci est le statut de la Torah qu’a ordonné Havaya » : c’est-à-dire le Nom Havaya d’Atik. « En disant » (lemor) désigne le niveau de 'Hokhma (sagesse), appelé amira (parole), comme il est écrit dans le Zohar, paracha Béréchit (22a),

Explication

Ainsi, dans « Et Havaya parla à Moché » (Nombres 19:1), le Nom se rapporte au Zeir Anpin, tandis que dans « le statut de la Torah qu’a ordonné Havaya » (Nombres 19:2), il se rapporte à Atik. Le dernier mot du verset, lemor (« en disant »), fait allusion à 'Hokhma, que le Zohar appelle amira.

ע״פ ויאמר אלקים. הוה אמר אבא באמירה כו׳ והוא למעלה מבחי׳ הדבור שהוא מבחי׳ בינה.

à propos du verset « Et Elokim dit » : « Abba dit par amira », etc. Et cela est au-dessus du niveau de la parole (dibbour), qui relève du niveau de Bina (compréhension).

Explication

Dans le récit de la Création du Zohar, Abba ('Hokhma) « dit » à Imma (Bina) par amira, une parole intérieure et silencieuse, et Bina la met en œuvre. L’amira est donc supérieure au dibbour, la parole articulée, qui relève de Bina.

וכמו שפי׳ המגיד נ״ע [נשמתו עדן] במ״ש גבי עשרת הדברות וידבר אלקים את כל הדברים האלה לאמר

C’est ce qu’expliqua le Maguid, que son âme repose en Éden, au sujet de ce qui est écrit à propos des Dix Commandements (Aseret Hadibrot) : « Et Elokim prononça toutes ces paroles, en disant » :

Explication

Le Maguid de Mézéritch, maître de l’Alter Rebbe, interpréta le verset « Et Elokim prononça toutes ces paroles, en disant » (Exode 20:1), qui introduit les Dix Commandements. Le verset emploie les deux verbes : « prononça » (vayedaber) et « en disant » (lemor).

דהיינו שהקב״ה [שהקדוש ברוך הוא] חיבר וקשר את עשרת הדברות אל בחי׳ לאמר היינו עשרה מאמרות שנאמרו בשימ״ב [בששת ימי בראשית]. וכמ״ש בזהר ויקרא (די״א ע״ב) איך עשרת הדברות מכוונים נגד עשרה מאמרות.

c’est-à-dire que le Saint béni soit-Il relia et rattacha les Dix Commandements au niveau de « en disant » (lemor), c’est-à-dire aux Dix Paroles (Asara Maamarot) prononcées durant les six jours de la Création. Comme il est écrit dans le Zohar, Vayikra (11b), les Dix Commandements correspondent aux Dix Paroles.

Explication

Selon l’interprétation du Maguid, « prononça » désigne les Dix Commandements et « en disant », les Dix Paroles par lesquelles le monde fut créé en six jours ; D.ieu relia les uns aux autres. Le Zohar, dans Vayikra, met lui aussi en parallèle les « dix paroles dans l’œuvre de la Création » et les « dix paroles lors du don de la Torah, à savoir les Dix Commandements ».

אך ההפרש בין דבור לאמירה הוא כי אמירה הוא בלב ודבור הוא בפה שהוא בחי׳ ההתגלות לזולתו.

Mais la différence entre la parole et le dire est que le dire se trouve dans le cœur, tandis que la parole est dans la bouche, et relève de la révélation à autrui.

Explication

Amira est le dire intérieur du cœur, comme lorsqu’on « dit en son cœur ». Dibour est la parole prononcée par la bouche, qui a pour but de révéler sa pensée à quelqu’un d’autre.

כך עד״מ [על דרך משל] למעלה יש ב׳ בחי׳ עשרה מאמרות ועשרת הדברות. עשרה מאמרות הם בחכמה דאצי׳ [דאצילות] וכנ״ל בשם הזהר בראשית (דכ״ב).

De même, par analogie, il existe en haut deux niveaux : les Dix Paroles et les Dix Commandements. Les Dix Paroles relèvent de 'Hokhma du Monde d’Atsilout (Émanation), comme il a été mentionné plus haut au nom du Zohar, Bereishis (22).

Explication

Les mêmes deux niveaux existent en haut. Les Dix Paroles de la Création relèvent de 'Hokhma d’Atsilout, conformément au Zohar cité plus haut, selon lequel Abba parle par amira.

ועשרת הדברות הוא בבינה שהוא בחי׳ התגלות [וכ״מ [וכן משמע] באדרא (דקל״ג ריש ע״א) עיין שם מענין אמירה ודיבור וכ״כ [וכן כתב] במק״מ [במקדש מלך] בויקרא שם

Et les Dix Commandements relèvent de Bina, qui est le niveau de la révélation. [Cela ressort également de l’Idra (début de 133a) ; voyez-y ce qui concerne le dire et la parole. Le Mikdash Melech a également écrit, sur Vayikra, à cet endroit,

Explication

Les Dix Commandements, énoncés à haute voix devant tout Israël, relèvent de Bina, le niveau où les choses accèdent à la révélation. L’Idra Rabba établit la même distinction, comme le cite la note de Kehot : amira n’exige pas d’élever la voix, tandis que dibour élève la voix et proclame ; le Mikdash Melech, un commentaire sur le Zohar, dit la même chose au nom de Rabbi Chaim Vital.

בשם הרח״ו [הרבי חיים ויטאל], וקרוב לזה מבואר בפרדס ש״ב [של בינונים] פ״ה, ועיין עוד מענין אמירה ודבור בהרמ״ז [בהרב משה זכות] ר״פ אמור ועמ״ש ע״פ ובבואה לפני המלך אמר עם הספר כו׳].

au nom de Rabbi Chaim Vital. Une idée proche est expliquée dans le Pardes, Sha'ar 2, chapitre 5. Voyez aussi ce qui concerne le dire et la parole dans le Ramaz, au début de Parshas Emor ; et voyez ce qui est écrit sur le verset : « Et lorsqu’elle se présenta devant le roi, il dit avec la lettre (sefer) », etc.]

Explication

Autres sources : le Pardes Rimonim de Rabbi Moshe Cordovero, qui traite des Dix Commandements et des Dix Paroles comme des dix Séfirot, et le Ramaz (Rabbi Moshe Zacuto) sur le Zohar, au début d’Emor. Le discours sur Esther 9:25 évoqué (« il dit avec la lettre ») n’a pas été retrouvé, comme l’indique la note de Kehot.

ולכן נאמר בעשרת הדברות וידבר אלקים כו׳ לאמר. שחיבר את עשרת הדברות שמבחי׳ בינה לאמר לבחי׳ ע״מ [עשרה מאמרות] דחכמה [כי חו״ב [חכמה ובינה] הם תרין ריעין כו׳,

C’est pourquoi il est dit à propos des Dix Commandements : « Et Elokim parla », etc., « en disant » : Il a ainsi relié les Dix Commandements, qui relèvent du niveau de Bina, au « dire », c’est-à-dire au niveau des Dix Paroles de 'Hokhma. [Car 'Hokhma et Bina sont « deux compagnons », etc. ;

Explication

'Hokhma et Bina sont « deux compagnons » qui ne se séparent jamais ; les Dix Commandements, qui relèvent de Bina, peuvent donc être reliés aux Dix Paroles, qui relèvent de 'Hokhma. C’est ce lien qu’exprime le mot lemor au début des Dix Commandements.

ובזה מתורץ הלאמר דבעשרת הדברות שהוא מיותר לכאורה. כיון שכל ישראל שמעו מפי הקב״ה [הקדוש ברוך הוא]. עמש״ל [עיין מה שכתוב לעיל] מזה בשה״ש [בשיר השירים] בד״ה ששים המה מלכות].

Cela permet donc de résoudre la difficulté posée par le mot « en disant » dans les Dix Commandements, qui semble à première vue superflu, puisque tout Israël les a entendus de la bouche du Saint béni soit-Il. Voyez ce qui a été écrit plus haut à ce sujet dans Shir HaShirim, dans le discours commençant par « Il y a soixante reines ».]

Explication

Cela répond à une question connue : lemor signifie généralement « dire [cela] à d’autres », comme lorsque Moché transmit les paroles de D.ieu, mais tout Israël entendit directement les Dix Commandements de D.ieu. Ici, lemor signifie le lien avec 'Hokhma, et le discours « Il y a soixante reines », dans Shir HaShirim, soulève précisément cette question.

Le paragraphe 1 en bref

Ce paragraphe expose la clé du maamar : les deux Noms Havaya des premiers versets de ‘Houkat désignent le Zeir Anpin et Atik, et lemor renvoie à 'Hokhma (amira, parole intérieure), au-dessus du dibbour de Bina, comme le Maguid l’expliqua au sujet de lemor dans les Dix Commandements.

Pour aller plus loin

L’Idra Rabba (Zohar 3:138b) énonce cette règle à propos de ‘Habacuc 3:2 : « Havaya, j’ai entendu Ton annonce… Havaya, Ton œuvre » : partout où le Nom apparaît deux fois, l’un se rapporte au Zeir Anpin et l’autre à Atika d’Atikin, « bien que tout soit un ». L’Alter Rebbe l’applique aux deux Noms des versets de ‘Houkat, comme le fait l’Arizal, tout en signalant la réserve de Rabbi Tséma’h : cette règle ne vaut pas pour tous les versets.

Maré mekomot

  1. 1
    ביאור ע״פ זאת חוקת · בסה״מ תקס״ה-ב ע׳ תרפ הנחת כ״ק אדמו״ר האמצעי. הגהות להביאור באוה״ת חקת ע׳ תשסא. המאמר עם הוספות והגהות שם ע׳ תשסח. מאוה״ת במדבר כרך-ו ע׳ א׳תתעט נראה שהי׳ סברא לפני הצ״צ להעמיד מאמר זה בתו״א לד׳ פרשיות, דשם מציין לד״ה ה׳ יחתו מריביו בשם לקמן פ׳ נשא. וכן נמצאים כמה מאמרים מהצ״צ על פרה אדומה בכרכי כת״י בחומש שמות. וביאור מהצ״צ השייך לקמן נח, ג באוה״ת חקת כרך-ו ע׳ א׳תתעז. ג״ז בהכת״י בהביכעל הנ״ל [ראה בהמ״מ לעיל נו, רע״א] מבואר באריכות מן (קטז, ב-קיט, ב), עיי״ש. [כ].
  2. 2
    והב׳ הוא בעתיק · ראה ד״ה אני ישנה — תרנ״א ע׳ צח.
  3. 3
    ועמש״ל פ׳ מקץ · תו״א מא, ג. וראה באוה״ת שמות כרך-ז ע׳ ב׳תקסד.
  4. 4
    כי אתה נרי הוי׳ והוי׳ יגיה חשכי · II Samuel 22:29
  5. 5
    חד לז״א וחד לע״ק · Zohar, Idra Rabba 31:238–32:248
  6. 6
    וידבר הוי׳ אל משה · Numbers 19:1
  7. 7
  8. 8
    זאת חקת התורה אשר צוה הוי׳ · Numbers 19:2
  9. 9
    הוה אמר אבא באמירה · Zohar, Bereshit 13:153–14:164
  10. 10
    וכמו שפי׳ המגיד נ״ע במ״ש . . וידבר אלקים · ראה גם אוה״ת יתרו ע׳ תתעג. שם כרך ח ע׳ ב׳תתקפד. לקו״ש ח״א ע׳ 148.
  11. 11
  12. 12
    בזהר ויקרא (די״א ע״ב) · ראה אוה״ת תשא ע׳ א׳תתנא.
  13. 13
    איך עשרת הדברות מכוונים נגד עשרה מאמרות · נתבאר באוה״ת יתרו ע׳ תתעג. כרך-ז ע׳ ב׳תרפד. כרך-ח ע׳ ב׳תתקפה. ושם כתב הצ״צ שמפרש בענין אחר ממה שכתב כאן ע״ש.
  14. 14
    איך עשרת הדברות מכוונים נגד עשרה מאמרות · Zohar, Vayikra 24:170–25:179
  15. 15
    עשרה מאמרות ועשרת הדברות · Pardes Rimmonim 2:5–6
  16. 16
    וכ״מ באדרא (דקל״ג ריש ע״א) · ”תאנא מה בין דבור לאמירה אמירה הוא דלא בעי לארמא קלא דבור בעי לארמא קלא ולאכרזא מילין” — אוה״ת שמות כרך-ז ע׳ ב׳תרפד. וראה גם סה״מ תרנ״א ע׳ קס. סה״מ תרפ״ה ע׳ רצז.
  17. 17
    מענין אמירה ודיבור · Zohar, Idra Rabba 13:123–15:134
  18. 18
    בהרמ״ז ר״פ אמור · באוה״ת כאן ע׳ תשסח ”גבי אמור אל הכהנים ובזהר שם דפ״ח ע״ב אמור בלחישו כו׳”. ובאוה״ת שמות כרך-ז ע׳ ב׳תרפח ”וכן מבואר בזהר ר״פ אמור . . ע״ש בהרמ״ז, ויותר מבואר בהרמ״ז ר״פ אחרי שהאריך מאד”.
  19. 19
    ע״פ ובבואה לפני המלך · צ״ע מקומו. ההפרש בין אמירה לדיבור נתבאר בסה״מ אתהלך ע׳ קד ואילך.
  20. 20
  21. 21
  22. 22
    בד״ה ששים המה מלכות · לקמן שה״ש מ, ב.
  23. 23
    כמ״ש הפי׳ בלק״ת · בטעמי המצות פ׳ חוקת.
  24. 24
    והיתה לעדת בנ״י למשמרת · Numbers 19:9
  25. 25
    חו״ב הן תרין ריעין · Zohar III, 4a

2והנה צוה הוא לשון צוותא שהוא ענין התקשרות והתחברות וזהו הפי׳ אשר צוה הוי׳ לאמר להיות התקשרות והתחברות הוי׳ דעתיק לבחי׳ לאמר הוא החכמה

Or, le terme tsiva (« a ordonné ») est une expression de tsavta (« jonction »), qui désigne le fait de se lier et de s’unir. Tel est le sens de « que Havaya a ordonné, en disant » : que le Havaya d’Atik se lie et s’unisse au niveau de « dire », qui est 'Hokhma (sagesse) ;

Explication

Le verbe tsiva (« a ordonné ») est rapproché de tsavta, « jonction » ; ainsi, « que Havaya a ordonné, en disant » décrit un lien. Le Nom Havaya d’Atik est uni à lemor, qui est 'Hokhma.

והיינו המשכת וגילוי סכ״ע [סובב כל עלמין] בממכ״ע [בממלא כל עלמין], והיינו ג״כ שיהיה המשכת התורה ממקורה ושרשה שלמעלה מהחכמה בחכמה כי אורייתא מחכמה נפקת אבל שרשה גבוה למעלה מהחכמה וממשיכים ממקורה ושרשה בח״ע [בחכמה עילאה].

c’est-à-dire le déploiement et la révélation de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) dans la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin). Cela signifie également que la Torah soit déployée depuis sa source et sa racine, qui sont au-dessus de 'Hokhma, jusque dans 'Hokhma. Car « la Torah émane de 'Hokhma », mais sa racine est très au-dessus de 'Hokhma, et l’on fait descendre sa source et sa racine dans la 'Hokhma supérieure (Hokhma Ila’a).

Explication

Ce lien permet à sovev kol almin, la lumière qui transcende les mondes, d’être attirée dans memalé kol almin, la lumière qui est en eux. Le Zohar dit : « La Torah émane de 'Hokhma », mais sa racine est au-dessus de 'Hokhma ; la jonction attire cette racine dans la 'Hokhma supérieure.

ועמ״ש ע״פ ואהיה אצלו אמון בענין אני תורתך שעשעתי כו׳ ועל המשכה זו נאמר אשר צוה הוי׳ לאמר וכנ״ל.

Voyez également ce qui est écrit à propos du verset « Alors j’étais auprès de Lui comme un enfant nourri », au sujet de « Moi, Ta Torah, j’étais Ton délice », etc. C’est de ce déploiement qu’il est dit : « que Havaya a ordonné, en disant », comme mentionné précédemment.

Explication

Le renvoi concerne le discours sur « Alors j’étais auprès de Lui comme un enfant nourri » (Proverbes 8:30), où la Torah se décrit comme le délice de D.ieu avant la création du monde. Il traite lui aussi de la racine de la Torah, qui est au-dessus de 'Hokhma, et que les mots « que Havaya a ordonné, en disant » font descendre.

ו ביאור הענין הוא כי יש ד׳ בחי׳ טנת״א [טעמים נקודות תגין אותיות] טעמים בחכמה ונקודות בבינה ותגין בז״א [בזעיר אנפין] ואותיות במלכות.

Et l’explication est qu’il existe quatre niveaux : les ta’amim, les nekoudot, les taguim et les otiyot : les signes de cantillation (ta’amim) dans 'Hokhma, les signes vocaliques (nekoudot) dans Bina (compréhension), les couronnes (taguim) dans Zeir Anpin (les attributs émotionnels) et les lettres (otiyot) dans Mal’hout (souveraineté).

Explication

Pour expliquer cette jonction, l’Admour Hazaken s’appuie sur les quatre éléments d’un mot de Torah : les ta’amim (signes de cantillation), les nekoudot (signes vocaliques), les taguim (couronnes sur les lettres) et les otiyot (lettres). En Kabbala, ils correspondent à 'Hokhma, Bina, Zeir Anpin et Mal’hout, du plus intérieur — la mélodie — au plus extérieur — les lettres.

Le paragraphe 2 en bref

Ce paragraphe comprend « a ordonné » au sens de « a uni » : le Nom Havaya d’Atik est lié à 'Hokhma, attirant sovev dans memalé et la racine de la Torah dans 'Hokhma. Il introduit ensuite les quatre niveaux — ta’amim, nekoudot, taguim et otiyot — pour expliquer comment cela se produit.

Pour aller plus loin

Dans le Zohar (2:85a), un avis enseigne que « la Torah émane de la 'Hokhma supérieure », un autre qu’elle émane de Bina, et Rabbi Yehouda conclut qu’elle est incluse dans les deux. Le maamar souligne que sa source et sa racine se situent plus haut encore, et que lemor est le canal qui fait descendre cette racine dans 'Hokhma.

Maré mekomot

  1. 1
    אורייתא מחכמה נפקת · Zohar, Mishpatim 20:500–502
  2. 2
  3. 3
    טנת״א טעמים בחכמה · ראה בפרדס שער כז פ״ג. ובשער הטעמים פ״ה. וראה באוה״ת שמות-ז ע׳ ב׳תקעה. ביאה״ז להצ״צ כרך-א ע׳ שיט אוה״ת דברים כרך-ה ע׳ ב׳ מח.
  4. 4
    אורייתא מחכ׳ נפקת · Zohar II, 85a
  5. 5
    ע״פ ואהי׳ אצלו אמון · ראה לעיל פ׳ במדבר יח, ג.

3והנה הגם שחכמה הוא בחי׳ טעמים אעפ״כ [אף על פי כן] לגבי העולם שלמעלה ממנו היא בחי׳ מקבל מאותיות שבעולם העליון

Or, bien que 'Hokhma (sagesse) soit le niveau des signes de cantillation (taamim), elle est néanmoins, par rapport au monde qui lui est supérieur, au niveau de celle qui reçoit des lettres du monde supérieur.

Explication

'Hokhma correspond aux taamim, le plus élevé des quatre niveaux dans son propre monde. Pourtant, comparée au monde qui lui est supérieur, elle est réceptrice, et ce qu'elle reçoit, ce sont les lettres, le niveau le plus bas, de ce monde supérieur.

כי בחי׳ אותיות שבעולם העליון נעשים מקור החכמה לעולם התחתון כמו מלכות דאצי׳ [דאצילות] שנעשית עתיק לבריאה כו׳ וכמו עד״מ [על דרך משל] דבור הרב נעשה מקור לשכל התלמיד.

Car le niveau des lettres du monde supérieur devient la source de 'Hokhma pour le monde inférieur, de même que Mal'hout (souveraineté) du Monde d'Atsilout (Émanation) devient Atik pour le Monde de Béria (Création), etc. ; et de même, à titre d'analogie, la parole du maître devient une source pour l'intellect de l'élève.

Explication

Dans la Kabbale, le niveau le plus bas d'un monde supérieur devient le niveau le plus élevé du monde inférieur : Mal'hout d'Atsilout devient Atik, le Kéter intérieur, du Monde de Béria. De même, les paroles prononcées par un maître, expression extérieure de son esprit, deviennent le point de départ de la compréhension de l'élève.

וזהו אשר צוה הוי׳ היינו בחי׳ דבור ואותיות שם הוי׳ שלמעלה מאצילות מזה נעשה בחי׳ לאמר מקור לחכמה דאצילות

Et c'est là [le sens de] « que Havaya a ordonné » : cela désigne le niveau de la parole et des lettres du Nom Havaya qui est au-dessus d'Atsilout. De là est constitué le niveau de « dire », source de 'Hokhma d'Atsilout.

Explication

Dans le verset, « que Havaya a ordonné » désigne la parole et les lettres du Nom Havaya au-dessus d'Atsilout. Ces lettres deviennent lemor (« dire »), la source de 'Hokhma d'Atsilout.

(ועמ״ש בפ׳ שלח ע״פ ועתה יגדל כו׳ כאשר דברת לאמר, ובפרשה במדבר בד״ה וארשתיך לי בפי׳ את ה׳ האמרת היום ועמ״ש בפי׳ ברוך שאמר והיה העולם):

(Et voyez ce qui est écrit dans la paracha Chela'h sur le verset « Et maintenant, que soit grande… », « comme Tu l'as dit, en disant » ; et dans la paracha Bamidbar, dans le discours commençant par « Et Je te fiancerai à Moi », au sujet du sens de « Tu as exalté Havaya aujourd'hui » (he'emarta) ; et voyez ce qui est écrit sur le sens de « Béni soit Celui qui a dit, et le monde fut ».)

Explication

La parenthèse énumère d'autres endroits qui traitent de lemor et d'amira : le discours de Chela'h sur « Et maintenant, que la force de mon Seigneur soit grande, comme Tu l'as dit, en disant » ; le discours « Et Je te fiancerai à Moi », au sujet de « Tu as exalté Havaya aujourd'hui », un verbe formé sur la racine d'amira ; et l'explication de « Béni soit Celui qui a dit, et le monde fut ».

Le paragraphe 3 en bref

'Hokhma, le niveau le plus élevé dans son propre monde, reçoit des lettres du monde qui lui est supérieur, car le niveau le plus bas d'un degré supérieur devient la source du degré suivant. Ainsi, les lettres du Nom Havaya au-dessus d'Atsilout deviennent lemor, la source de 'Hokhma d'Atsilout.

Maré mekomot

  1. 1
    בפ׳ שלח ע״פ ועתה יגדל · לעיל לט, ב.
  2. 2
    ועתה יגדל כו׳ כאשר דברת לאמר · Numbers 14:17
  3. 3

Inanimé, végétal, vivant et parlant ¶4–12

4ב והנה כ״ז [כל זה] היה נמשך ע״י מעשה פרה אדומה. דהנה כתיב ולקח הכהן עץ ארז ואזוב ושני תולעת והשליך אל תוך שרפת הפרה כו׳ ולקחו לטמא מעפר שרפת החטאת ונתן עליו מים חיים אל כלי.

2. Or, tout cela était attiré par le rite de la vache rousse. Car il est écrit : « Le kohen prendra du bois de cèdre, de l’hysope et de l’écarlate du ver (chni tola’at), et les jettera au milieu du brasier où brûle la vache », etc. ; et : « On prendra, pour la personne impure, de la poussière provenant de la combustion du sacrifice expiatoire, et on y mettra de l’eau vive dans un récipient. »

Explication

La section 2 commence ainsi : toute l’union décrite plus haut est produite par le rite de la vache rousse (Nombres 19). Les versets décrivent le bois de cèdre, l’hysope et la teinture écarlate provenant du ver, jetés dans le brasier où brûle la vache, puis les cendres prises pour une personne rendue impure par contact avec un mort, sur lesquelles on verse de l’« eau vive », c’est-à-dire de l’eau de source, dans un récipient.

Le paragraphe 4 en bref

Le paragraphe relie l’« union » du verset au rite de la vache rousse proprement dit et cite les versets concernant le cèdre, l’hysope, l’écarlate, les cendres et l’eau vive, que la suite du maamar interprète l’un après l’autre.

Maré mekomot

  1. 1
    ולקח הכהן עץ ארז ואזוב ושני תולעת והשליך אל תוך שרפת הפרה · Numbers 19:6
  2. 2
    ולקחו לטמא מעפר שרפת החטאת ונתן עליו מים חיים אל כלי · Numbers 19:17
  3. 3

5ולהבין זה יש להקדים כי הנה נודע שיש ד׳ בחי׳ מדבר חי צומח דומם [שהם ג״כ כנגד ד׳ בחי׳ טנת״א [טעמים נקודות תגין אותיות]] והעליון מהם כולל את התחתון ג״כ.

Pour comprendre cela, il faut d’abord poser en préambule que, comme on le sait, il existe quatre niveaux : le parlant (medaber), le vivant (haï), le végétal (tsoméa’h) et l’inerte (domem) [qui correspondent également aux quatre niveaux des taamim, nekoudot, taguin et otiot] ; et le niveau supérieur comprend aussi celui qui lui est inférieur.

Explication

Les quatre catégories de la création dans la pensée classique sont le parlant (l’homme), le vivant (les animaux), le végétal (les plantes) et l’inerte (les minéraux). Etz Chaim les relie aux quatre niveaux des taamim, nekoudot, taguin et otiot, et chaque catégorie supérieure contient en elle les catégories inférieures.

כמו הנה הדומם שהוא בחי׳ האחרונה ותחתונה מד׳ בחי׳ הנ״ל ע״כ [על כן] אינו רק בבחינתו לבד שהוא דומם אבל בחי׳ צומח חי כו׳ הוא בבחי׳ הסתלקות ממנו.

Ainsi, l’inerte, qui est le dernier et le plus bas des quatre niveaux mentionnés ci-dessus, ne se trouve qu’à son propre niveau, celui de l’inerte ; quant aux niveaux du végétal, du vivant, etc., ils en sont absents, comme s’ils s’en étaient retirés.

Explication

L’inerte, étant le niveau le plus bas, ne possède que son propre niveau. La croissance et la vie en sont « retirées » : elles lui font défaut.

Le paragraphe 5 en bref

Ce paragraphe présente l’échelle en quatre niveaux — parlant, vivant, végétal et inerte — ainsi que le principe selon lequel chaque niveau supérieur comprend les niveaux inférieurs, en commençant par l’inerte, qui ne possède que son propre niveau.

Maré mekomot

  1. 1
    מדבר חי צומח דומם · Sefer Etz Chaim 42:3
  2. 2
    שהם ג״כ כנגד ד׳ בחי׳ טנת״א · ע״ח שער דרושי אבי״ע פ״א.
  3. 3
    והעליון מהם כולל את התחתון ג״כ · ראה אוה״ת ויקרא-ב ע׳ תקפט. שמות כרך-ז ע׳ א׳ג.

6והצומח כמו האילנות והעשבים יש בהן חיות יותר מבדומם שהוא כח הצמיחה ומ״מ [ומכל מקום] הוא כולל ג״כ בחי׳ דומם

Le végétal, comme les arbres et les herbes, possède davantage de force vitale que l’inerte, à savoir la force de croissance ; néanmoins, il comprend également le niveau de l’inerte.

Explication

Les plantes ont davantage de vitalité que les minéraux, à savoir la capacité de croître. Pourtant, le niveau de l’inerte est toujours présent en elles.

שהרי עצמיות העץ זולת כח הצמיחה שבו הוא כמו בחי׳ דומם אלא שנוסף ע״ז [על זה] שיש בו ג״כ כח הצמיחה

Car la substance même de l’arbre, abstraction faite de la force de croissance qu’il contient, est semblable au niveau de l’inerte ; seulement, en plus de cela, il possède également la force de croissance.

Explication

Le bois d’un arbre, considéré indépendamment de sa croissance, est une matière semblable à la pierre ; la croissance est un élément qui s’y ajoute.

ועל שם שנוסף בו על הדומם בחי׳ זו שצומח נק׳ צומח [וכמ״ש בע״ח [בעץ חיים] בסופו שהדומם אין בו רק נפש המרכבת

Et parce que ce niveau — le fait qu’il croisse — s’ajoute en lui à l’inerte, il est appelé « végétal ». [Comme il est écrit à la fin d’Etz Chaim, que l’inerte ne possède que l’âme combinante,

Explication

La plante est désignée par ce qu’elle ajoute : le fait de croître. La partie entre crochets cite la dernière section d’Etz Chaim : un minéral ne possède que l’« âme combinante ».

דהיינו כח ההרכבה המרכיב ומחבר בו הד׳ יסודות שהוא מורכב מהם והנפש שבצומח יש בה

c’est-à-dire la force de combinaison, qui assemble et unit en lui les quatre éléments dont il est composé. Quant à l’âme du végétal, elle possède

Explication

Selon la science de l’époque, tout corps est composé de quatre éléments : le feu, l’air, l’eau et la terre. L’âme combinante est la force qui les maintient unis en un seul corps. L’âme d’une plante comporte deux couches.

ב׳ בחי׳ הא׳ החיצוני׳ [החיצונים] שבו הוא הנפש המרכבת שבה כענין נפש הדומם ונוסף בה בחינה יותר פנימי׳ [פנימיות / פנימית] הנק׳ נפש הצומחת אבל אין בו נפש החיונית].

deux niveaux : le premier, son niveau extérieur, est l’âme combinante qui est en lui, semblable à l’âme de l’inerte ; s’y ajoute un niveau plus intérieur, appelé l’âme végétative ; mais il ne possède pas d’âme vitale.]

Explication

Sa couche extérieure est la même âme combinante que possède une pierre ; sa couche intérieure est l’âme végétative (néfech hatsoméa'h). Il ne possède pas l’âme vitale des animaux, l’âme de la vie et de la volonté.

Le paragraphe 6 en bref

À travers l’exemple du végétal, ce paragraphe montre qu’un niveau supérieur contient le niveau inférieur : le bois est une matière inerte à laquelle s’ajoute la force de croissance, comme Etz Chaim décrit les deux couches de l’âme de la plante.

Maré mekomot

  1. 1
    הא׳ החיצוני׳ שבו הוא הנפש המרכבת שבה כענין נפש הדומם ונוסף בה בחינה יותר פנימי׳ הנק׳ נפש הצומחת · Sefer Etz Chaim 50:10

7והחי יש בו כ״ז [כל זה] ונוסף ע״ז [על זה] נפש החיונית והרצונית משא״כ בצומח ודומם וע״ש [ועל שם] זה נק׳ חי אבל מכל מקום כלול בו ג״כ בחינת צומח ודומם כי בכלל מאתים מנה.

L’être vivant possède tout cela, auquel s’ajoute l’âme vitale et volontaire, ce qui n’est pas le cas des végétaux et des êtres inanimés ; c’est pour cette raison qu’on l’appelle « vivant ». Néanmoins, les niveaux du végétal et de l’inanimé sont également inclus en lui, car « cent est inclus dans deux cents ».

Explication

Les animaux possèdent tout ce que possèdent les végétaux et, en outre, une « âme vitale et volontaire », c’est-à-dire la faculté de se déplacer de leur propre volonté, dont les végétaux et les minéraux sont dépourvus ; c’est pourquoi on les appelle « vivants ». Pourtant, les niveaux du végétal et de l’inanimé sont toujours présents en eux, comme le dit l’expression talmudique : « cent est inclus dans deux cents ».

Le paragraphe 7 en bref

Le paragraphe poursuit la progression : l’être vivant contient en lui les niveaux du végétal et de l’inanimé, auxquels s’ajoute l’âme vitale.

8והיינו שיש חיות קטנים וגדולים והקטנים הולכים ומתגדלים וזהו בחי׳ צומח שיש בחי.

Cela signifie qu’il existe des animaux petits et grands, et que les petits ne cessent de grandir ; c’est là le niveau du végétatif présent dans l’animal.

Explication

Les animaux grandissent, passant de la petite taille à la grande. Cette croissance constitue le niveau du « végétatif » au sein de l’être vivant.

וגם יש בו בחי׳ דומם ע״ד [על דרך] הנ״ל שבצומח יש בחי׳ דומם, ויותר נראה זה בעצמות שבגוף הבעל חי שהן בחי׳ דומם מצד עצמן רק שמ״מ [שמכל מקום] הן בחי׳ צומח וחי ג״כ.

Il comporte aussi le niveau de l’inerte, selon ce qui a été dit plus haut, à savoir que le végétatif contient le niveau de l’inerte. Cela se voit encore davantage dans les os du corps de l’animal : ils sont en eux-mêmes du niveau de l’inerte, mais ils relèvent néanmoins aussi des niveaux du végétatif et du vivant.

Explication

Les animaux contiennent aussi le niveau de l’inerte, que l’on voit surtout dans leurs os, qui sont comme la pierre en eux-mêmes. Pourtant, les os grandissent et font partie d’un corps vivant ; les trois niveaux se rencontrent donc en eux.

והמדבר שיש בו נפש השכלית המדברת מ״מ [מכל מקום] כולל הוא ג״כ בו בחי׳ דצ״ח [דומם צומח חי] שהרי הוא חי והקטן מתגדל כו׳.

Quant à l’être parlant, qui possède l’âme intellectuelle et parlante, il inclut néanmoins lui aussi les niveaux de l’inerte, du végétatif et du vivant ; car, après tout, il est vivant, et le petit grandit, etc.

Explication

L’homme, l’« être parlant », possède une âme intellectuelle et parlante ; lui aussi contient les trois niveaux inférieurs : il est vivant et grandit, passant de l’enfance à l’âge adulte.

Le paragraphe 8 en bref

Ce paragraphe montre que l’animal contient le végétatif et l’inerte, et que l’homme contient les trois niveaux inférieurs.

Maré mekomot

  1. 1
    ויותר נראה זה בעצמות שבגוף הבעל חי · וכ״ה לקמן ברכה צה, ג. וראה באוה״ת ויקרא-ב ע׳ תקפט ובפ׳ יתרו ע׳ א׳ג.

9והנה כמו שהמדבר שהוא האדם כלול מד׳ בחי׳ דצח״מ [דומם צומח חי מדבר] גשמיים כמו כן בכחות הנפש המדברת יש ג״כ בחי׳ התכללות מדצ״ח [מדומם צומח חי].

Or, de même que l’être parlant, c’est-à-dire l’homme, est composé des quatre niveaux physiques — l’inerte, le végétal, l’animal et le parlant —, de même les forces de l’âme parlante comprennent elles aussi l’inerte, le végétal et l’animal.

Explication

De même que le corps humain comprend les quatre niveaux physiques, les forces de l’âme parlante comprennent l’inerte, le végétal et l’animal. Les paragraphes qui suivent indiquent à quel niveau correspond chacune des forces de l’âme.

מחשבה ודיבור ומעשה כולם הם בחי׳ דומם [ע׳ [עיין] בד״ה אם בחקותי] שהרי מאות ודבור אחד לא יתהווה אות ודבור אחר וכשמדבר דבור אחר זהו המשכה אחרת מכח הדבור

La pensée, la parole et l’action relèvent toutes du niveau de l’inerte [voir le discours commençant par « Si vous marchez selon Mes statuts »] ; en effet, d’une lettre et d’un mot ne peuvent naître une autre lettre et un autre mot, et lorsque l’on prononce un autre mot, il s’agit d’une nouvelle émanation de la force de la parole.

Explication

La pensée, la parole et l’action sont « inertes », car une lettre ou un mot, une fois formé, n’en engendre pas un autre ; chaque nouveau mot est un nouvel acte de la force de la parole. Le renvoi entre crochets désigne le discours « Si vous marchez selon Mes statuts », qui traite des lettres gravées dans la pierre et des lettres écrites à l’encre.

אבל מדבור זה שיצא ממנו לא שייך שום הגדלה וכמו שהוא כך ישאר וכן באותיות המחשבה ואין בהם גידול וצמיחה לכן נק׳ דומם.

Mais dans ce mot qui est sorti de lui, aucune croissance ne peut s’appliquer : tel il est, tel il demeurera. Il en va de même pour les lettres de la pensée : elles ne croissent ni ne se développent. C’est pourquoi elles sont appelées inertes.

Explication

Un mot, une fois prononcé, demeure exactement tel qu’il est et ne croît pas ; il en va de même pour les lettres de la pensée. Puisqu’elles ne connaissent aucune croissance, elles sont appelées inertes.

Le paragraphe 9 en bref

Ce paragraphe commence à établir la correspondance entre les quatre niveaux et l’âme : la pensée, la parole et l’action sont inertes, car les mots, une fois formés, ne croissent pas.

Pour aller plus loin

La note de Kehot cite le Torah ‘Haïm du Mitteler Rebbe : la parole aussi peut porter une grande vitalité, suffisante pour émouvoir le cœur d’autrui, mais seulement lorsqu’il s’agit de paroles qui viennent du cœur, car celles-ci portent la lumière et la vie des émotions.

Maré mekomot

  1. 1
    בד״ה אם בחקותי · לעיל פ׳ בחקותי מה, א.
  2. 2
    שהרי מאות ודיבור אחד לא יתהווה אות ודבור אחר · בתורת חיים בראשית דף כג, ב כ׳ ”(ואע״פ שגם בדבור יש חיות רב עד שפועלים בלב זולתו. זהו בדברים היוצאים מן הלב דוקא שזהו אור וחיות התפעלות המדות)”. וראה שם דף קסד, ב. באוה״ת בראשית כרך-ו דף תתשמג, א ”שהמדות נק׳ צומח שההתפעלות יש בה צמיחה וגידול ע״ש.

10והמדות הם בחי׳ צומח שיש בהם צמיחה מקטנות לגדלות למשל אצל הקטן המדות שלו לדברים קטנים וכשמתגדל יהיו המדות יותר במעלה לפי ערכו, ואפילו בגדול בתחלה המדה וההתפעלות קטנה כמו נצוץ אש ואח״כ [ואחר כך] מתרחבת ומתגדלת.

Et les attributs émotionnels (midot) correspondent au niveau du végétatif, car ils croissent, passant de la petitesse à la grandeur. Par exemple, chez un enfant, ses attributs émotionnels portent sur de petites choses ; lorsqu’il grandit, ses attributs émotionnels s’élèvent selon sa mesure. Même chez un adulte, au début, l’attribut et l’émotion sont petits, comme une étincelle de feu, puis ils s’élargissent et grandissent.

Explication

Les émotions sont le « végétatif » : elles se développent, passant du petit au grand. Les sentiments d’un enfant s’attachent à de petites choses et s’élèvent à mesure qu’il mûrit ; même chez un adulte, l’émotion commence petite, comme une étincelle, puis s’élargit.

והשכל הוא בחי׳ חי כמ״ש והחכמה תחיה (וראי׳ [וראיה] לדבר כשכותבין השכל ומדברים השכל השכל יותר ניכר בדבור מבכתב וכ״ז [וכל זה] מחמת ששכל בחי׳ חי ודבור אינו כ״כ [כל כך] בחי׳ דומם כמעשה ע״כ [על כן] ניכר השכל יותר בדבור. מ״כ).

Et l’intellect correspond au niveau du vivant, comme il est écrit : « Et la sagesse donne la vie » (et une preuve à l’appui : lorsqu’on écrit une idée et lorsqu’on expose cette idée oralement, elle est plus perceptible à l’oral que par écrit ; tout cela tient au fait que l’intellect correspond au niveau du vivant, tandis que la parole relève moins du niveau de l’inerte que l’action ; c’est pourquoi l’intellect est plus perceptible à l’oral. J’ai trouvé cela écrit).

Explication

L’intellect est le « vivant », comme le dit l’Ecclésiaste : « La sagesse donne la vie. » La note apporte une preuve : une idée se fait mieux saisir lorsqu’elle est exprimée oralement que lorsqu’elle est écrite, car la parole, bien qu’inerte, l’est moins que l’écriture, qui relève d’une certaine forme d’action ; ainsi, l’intellect vivant se manifeste davantage à travers elle.

וכתר שלמעלה מהשכל הוא בחי׳ מדבר שהדבור עצמו הוא בחי׳ דומם כנ״ל. אמנם בחי׳ מדבר הוא בחי׳ כתר שבו יוכל לדבר וראי׳ [וראיה] מהקטן שמבין כל דבר ואינו יכול לדבר עד שמתגדל מעט

Et Kéter (la Couronne), qui est au-dessus de l’intellect, correspond au niveau du parlant ; car la parole elle-même correspond au niveau de l’inerte, comme indiqué plus haut. Toutefois, le niveau du parlant est celui de Kéter, grâce auquel on peut parler. On en a pour preuve le jeune enfant, qui comprend toute chose mais ne peut pas parler avant d’avoir un peu grandi ;

Explication

Kéter, le niveau qui se trouve au-dessus de l’intellect, correspond au « parlant ». Cela peut sembler étrange, puisque la parole elle-même vient d’être qualifiée d’inerte ; mais le pouvoir de parler vient de Kéter, comme le montre le jeune enfant, qui comprend beaucoup avant de pouvoir parler.

והיינו מפני שהדבור הוא ממקום גבוה יותר מהשכל המובן ומושג וכמבואר באגה״ק [באגרת הקודש] בד״ה ויעש דוד שם.

et cela parce que la parole provient d’un lieu plus élevé que l’intellect compris et appréhendé, comme cela est expliqué dans Iggeres HaKodesh, dans l’épître qui commence par « Et David se fit un nom ».

Explication

La capacité de parler provient d’un lieu plus élevé que l’intellect que l’on comprend et appréhende. Iggeres HaKodesh, dans l’épître qui commence par « Et David se fit un nom », explique que la formation des lettres de la parole n’est pas produite par l’intellect.

Le paragraphe 10 en bref

Dans l’âme, les émotions correspondent au végétatif et l’intellect au vivant, tandis que Kéter, source du pouvoir de la parole, correspond au parlant, car ce pouvoir provient d’un niveau supérieur à l’intellect compris.

Maré mekomot

  1. 1
    והמדות הם בחי׳ צומח · ראה בתורת חיים שם.
  2. 2
    כמ״ש והחכמה תחי׳ · Ecclesiastes 7:12
  3. 3
    ויעש דוד שם · Tanya, Iggeres HaKodesh 5:1
  4. 4
    ויעש דוד שם · II Samuel 8:13

11וכמ״כ [וכמו כן] יובן למעלה שבחינת אותיות מחשבה ודבור שלמעלה הם בחי׳ דומם ולכן נק׳ בס״י [בספר יצירה] אבנים שתי אבנים בונות שני בתים כו׳,

De même, on comprendra qu’en haut, le niveau des lettres de la pensée et de la parole est celui de l’inerte. C’est pourquoi, dans le Sefer Yetsira, elles sont appelées des pierres : « Deux pierres bâtissent deux maisons », etc.

Explication

La même échelle s’applique en haut. Les lettres de la pensée et de la parole divines sont « inertes » ; c’est pourquoi le Sefer Yetsira appelle les lettres des « pierres » : « Deux pierres bâtissent deux maisons », ce qui signifie que deux lettres peuvent être combinées de deux façons.

והמדות עליונות הם בחי׳ צומח שכמו בצומח יש גידול וצמיחה כך בז״א [בזעיר אנפין] שנק׳ צומח יש בו קטנות וגדלות שיש מוחין דקטנות ומוחין דיניקה ומוחין דגדלות ראשון וגדלות שני כו׳.

Les attributs émotionnels supérieurs (midot) sont, quant à eux, le niveau du végétal : de même que le végétal croît et pousse, Zeir Anpin (les attributs émotionnels), appelé « végétal », connaît une petitesse et une grandeur ; il y a en effet les mo'hin de la petitesse, les mo'hin de la tétée, puis les mo'hin de la première grandeur et de la seconde grandeur, etc.

Explication

Les attributs émotionnels supérieurs, Zeir Anpin, correspondent au « végétal ». Zeir Anpin se développe par étapes : des mo'hin de la petitesse et de la tétée jusqu’à un premier, puis un second degré de grandeur, à mesure que l’intellect d’un enfant mûrit.

וזהו ג״כ ענין עץ ארז ואזוב שהי׳ [שהיה] משליך לתוך שרפת הפרה שארז הוא היותר גדול שבצומח ואזוב הוא הנמוך שבמין הצומח כמ״ש מן הארז אשר בלבנון ועד האזוב אשר יוצא בקיר

C’est également le sens du bois de cèdre et de l’hysope que l’on jetait dans le feu où brûlait la génisse : le cèdre est le plus grand des végétaux, tandis que l’hysope est le plus petit de cette espèce, comme il est écrit : « Du cèdre qui est au Liban jusqu’à l’hysope qui pousse sur le mur ».

Explication

Cela explique le cèdre et l’hysope jetés dans le feu où brûlait la génisse. Le cèdre est la plus haute des plantes et l’hysope la plus basse, comme le dit le verset sur la sagesse de Chlomo : « du cèdre du Liban jusqu’à l’hysope qui pousse sur le mur » (1 Kings 5:13). Ensemble, ils couvrent ainsi toute l’étendue du « végétal », les attributs émotionnels.

(וכמ״ש בזהר פ׳ תזריע דמ״ח ע״א) (ובזהר פ׳ מצורע) (דנ״ג ע״ב) פי׳ דארז ואזוב הוא ת״ת [תפארת] ויסוד כן פי׳ הפרדס והמק״מ [והמקדש מלך], ואולם הרמ״ז [הרב משה זכות] פי׳ דעץ ארז הוא הדעת,

(comme il est écrit dans le Zohar, parachat Tazria, 48a) (et dans le Zohar, parachat Metsora) (53b). Le sens est que le cèdre et l’hysope correspondent à Tiferet (beauté) et à Yessod (fondement) ; c’est ainsi que l’expliquent le Pardes et le Mikdash Melech. Toutefois, le Ramaz explique que le bois de cèdre correspond à Daat (connaissance).

Explication

Le Zohar sur Tazria comprend ce verset comme désignant le niveau le plus haut et le plus bas ; le Zohar sur Metsora traite du cèdre et de l’hysope employés dans la purification du lépreux. Le Pardes et le Mikdash Melech expliquent que le cèdre et l’hysope correspondent aux Séfirot Tiferet et Yessod, tandis que, pour le Ramaz, le cèdre correspond à Daat.

והנה בזהר שם כ׳ [כתב] שהם ב׳ ווין ובזהר פ׳ יתרו (דס״ח ע״א) כ׳ [כתב] דב׳ ווין הנ״ל זהו בחי׳ משה ויוסף ושם נת׳ [נתבאר] דהוא יסוד אבא ויסוד ז״א [זעיר אנפין], ואפשר לכוונו עם פי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות]

Or, le Zohar à cet endroit écrit qu’ils sont deux vav ; et le Zohar, parachat Yitro (68a), écrit que les deux vav mentionnés plus haut correspondent au niveau de Moché et de Yossef. Il y est expliqué qu’il s’agit de Yessod de Abba et de Yessod de Zeir Anpin. On peut concilier cela avec l’explication du Ramaz,

Explication

Le Zohar à cet endroit les appelle deux vav, l’un supérieur et l’autre petit ; le vav, dont la valeur numérique est six, représente les six attributs émotionnels. Dans Yitro, le Zohar dit que Moché et Yossef relèvent du « secret de la lettre vav-vav, deux vav réunis » ; cela est expliqué comme Yessod de Abba et Yessod de Zeir Anpin, ce qui peut se concilier avec l’explication du Ramaz.

כי יסוד אבא הוא דעת דז״א [דזעיר אנפין] והחכמה נקרא חי כמ״ש והחכמה תחיה, וזהו ענין מים חיים הנובעים מתחת לארץ. כך הוא החכמה מאין תמצא מבחינת כתר שנק׳ מקור חיים.

car Yessod de Abba est le Daat de Zeir Anpin. Et 'Hokhma (sagesse) est appelée « vivante », comme il est écrit : « Et la sagesse donne la vie » ; c’est là le sens de « l’eau vive », qui jaillit des profondeurs de la terre. Il en va de même pour 'Hokhma : « la sagesse se trouve à partir du ayin (néant) », du niveau de Kéter (la Couronne), appelé « la source de vie ».

Explication

Yessod de Abba est le Daat de Zeir Anpin ; le cèdre peut donc représenter les deux. 'Hokhma est « vivante », comme « l’eau vive » qui jaillit des profondeurs : selon l’interprétation de « la sagesse se trouve à partir du ayin (néant) », 'Hokhma jaillit de Kéter, le « néant », qui est appelé « la source de vie ».

Le paragraphe 11 en bref

En haut, les lettres sont inertes et Zeir Anpin est végétal ; c’est pourquoi le cèdre et l’hysope, les deux extrêmes du monde végétal, sont brûlés avec la génisse. 'Hokhma est vivante, comme l’eau de source puisée à sa source en Kéter.

Pour aller plus loin

Le Zohar sur Metsora interprète le cèdre et l’hysope employés dans la purification du lépreux comme deux vav, l’un supérieur et « un petit vav qui nourrit la Communauté d’Israël ». Dans ses entrées, le Pardes identifie l’hysope à Yessod, puisqu’il s’écoule vers Mal'hout, et le cèdre à Tiferet, « dans le secret de Daat », qui s’élève pour puiser au « Liban », Kéter ; sa propre formulation lie déjà le cèdre à Daat.

Maré mekomot

  1. 1
    נק׳ בס״י אבנים שתי אבנים · פ״ד, מי״ב.
  2. 2
    שתי אבנים בונות שני בתים · Sefer Yetzirah 4:12
  3. 3
    מן הארז אשר בלבנון · מ״א ה, יג.
  4. 4
    מן הארז אשר בלבנון ועד האזוב אשר יוצא בקיר · I Kings 5:13
  5. 5
    מן הארז אשר בלבנון ועד האזוב אשר יוצא בקיר · Zohar, Tazria 22:105–23:115
  6. 6
    דארז ואזוב · Zohar, Metzora 4:18–7:25
  7. 7
    דארז ואזוב הוא ת״ת ויסוד · Pardes Rimmonim 23:1:91
  8. 8
    כן פי׳ הפרדס · בעה״כ.
  9. 9
    והמק״מ · Zohar II, 180b
  10. 10
    הרמ״ז פי׳ · שם סע״א.
  11. 11
    דב׳ ווין הנ״ל זהו בחי׳ משה ויוסף · Zohar, Yitro 1:18–28
  12. 12
    והחכמה תחי׳ · Ecclesiastes 7:12
  13. 13
    החכמה מאין תמצא · Job 28:12
  14. 14

12והכתר נק׳ מדבר שהוא למעלה מבחי׳ חי וכנ״ל שע״ז [שעל זה] נאמר כי עמך מקור חיים. וגם נקרא בשם מדבר ע״ש [על שם] היותו מקור הדבור. אף שהדבור הוא בחינת דומם.

Et Kéter (la Couronne) est appelé « celui qui parle », car il se situe au-dessus du niveau du vivant, comme indiqué plus haut. C’est à son sujet qu’il est dit : « Car auprès de Toi est la source de la vie. » Il est également appelé « celui qui parle » parce qu’il est la source de la parole, bien que celle-ci soit du niveau de l’inerte.

Explication

Kéter est d’abord appelé « celui qui parle » parce qu’il se situe au-dessus du « vivant », 'Hokhma : à propos de Kéter, il est dit : « Car auprès de Toi est la source de la vie » (Psalms 36:10), source de la vie qu’est 'Hokhma. Il est aussi appelé « celui qui parle » parce qu’il est la source de la parole. Cela est surprenant, puisque la parole vient d’être qualifiée d’inerte.

אלא משום דנעוץ תחלתן בסופן וסופן בתחלתן דייקא שהמל׳ [שהמלכות] שרשה מכתר ולכן בע״ס [בעשר ספירות] דאו״ח [דאור חוזר] המל׳ [המלכות] הוא כתר כמ״ש בע״ח [בעץ חיים] ולכך המלך לובש הכתר והעטרה.

Mais [cela s’explique] par le principe selon lequel « leur commencement est enchâssé dans leur fin, et leur fin dans leur commencement », précisément : la racine de Mal'hout (souveraineté) procède de Kéter. Ainsi, dans les dix Séfirot de la lumière réfléchie (Or Hozer), Mal'hout est Kéter, comme il est écrit dans Etz Chaim ; c’est pourquoi le roi porte la couronne et le diadème.

Explication

La réponse repose sur le principe du Sefer Yetzirah : « leur fin est enchâssée dans leur commencement, et leur commencement dans leur fin ». Mal'hout, la Séfira la plus basse, a sa racine en Kéter, la plus élevée ; dans l’ordre de la lumière réfléchie, qui s’élève d’en bas, Mal'hout occupe la place de Kéter. C’est pourquoi le roi (Mal'hout) porte la couronne (Kéter).

לכן שרש הדבור נמשך מבחינת כתר דוקא שנק׳ ע״ש [על שם] זה מדבר ולכן האותיות הם מקיפי׳ [מקיפים] על השכל ומלבישים אותו כי שרשם מלמעלה מהחכמה.

La racine de la parole découle donc précisément du niveau de Kéter, appelé « celui qui parle » pour cette raison. De même, les lettres entourent l’intellect et le revêtent, car leur racine se situe au-dessus de 'Hokhma (sagesse).

Explication

La parole relève de Mal'hout, dont la racine se trouve en Kéter ; c’est pourquoi Kéter est appelé « celui qui parle ». Pour la même raison, les lettres, bien qu’inférieures à l’intellect, l’entourent et le revêtent, puisque leur racine est au-dessus de 'Hokhma.

וע״כ [ועל כן] אותיות התורה שרשם מבחי׳ ומדרגה גבוה יותר מהחכמה שבהן דאורייתא מחכמה נפקת והאותיות שרשם מבחינה שלמעלה מהחכמה כו׳.

C’est pourquoi les lettres de la Torah ont leur racine dans un niveau et un degré supérieurs à la 'Hokhma qu’elles véhiculent : « la Torah procède de 'Hokhma », mais les lettres ont leur racine dans un niveau qui se trouve au-dessus de 'Hokhma, etc.

Explication

Les lettres de la Torah ont une racine plus élevée que la sagesse qu’elles portent. La sagesse de la Torah « procède de 'Hokhma », tandis que ses lettres viennent d’au-dessus de 'Hokhma.

(ובזה א״ש [אתי שפיר] הא דע״ה [דעם הארץ] עולה לתורה ומברך אע״פ [אף על פי] שאינו מבין פי׳ המלות אלא משום דהקריאה באותיות תשב״כ [תורה שבכתב] נקרא קורא בתורה אף שאינו מבין כלל פי׳ המלובש בהן וכמ״ש במ״א.

(Cela permet de bien comprendre pourquoi une personne sans instruction monte à la Torah et récite la bénédiction, bien qu’elle ne comprenne pas le sens des mots : lire les lettres de la Torah écrite est considéré comme lire la Torah, même si elle ne comprend absolument pas le sens qu’elles revêtent, comme il est expliqué ailleurs.

Explication

Une illustration halakhique ouvre une longue parenthèse : une personne sans instruction qui ne comprend pas les mots peut tout de même être appelée à la Torah et réciter la bénédiction. Lire les lettres de la Torah écrite constitue en soi une « lecture de la Torah », même sans saisir le sens qu’elles revêtent.

ועמש״ל [ועיין מה שכתוב לעיל] בפ׳ בראשית בד״ה וייצר מענין שייכות בחי׳ דומם למדבר דוקא שלכן גוף של אדה״ר [אדם הראשון] היה תחלה בחי׳ דומם כו׳ ע״ש [עיין שם], ואע״ג [ואף על גב] שנת׳ [שנתבאר] למעלה שהמדבר כולל כל הג׳ בחי׳ דצ״ח [דומם צומח חי] וכן החי כולל ג״כ צומח ודומם.

Voyez également ce qui est écrit plus haut, dans la paracha Bereishis, dans le maamar commençant par « Et Il forma », au sujet du lien entre le niveau de l’inerte et celui de celui qui parle ; c’est pourquoi le corps d’Adam, le premier homme, fut d’abord du niveau de l’inerte, etc. Voyez là-bas. Et bien qu’il ait été expliqué plus haut que celui qui parle inclut les trois niveaux de l’inerte, du végétal et du vivant, et que le vivant inclut lui aussi le végétal et l’inerte,

Explication

Le maamar sur « Et Il forma », dans Bereishis (dans Torah Ohr), relie l’inerte à celui qui parle : le corps d’Adam était d’abord inerte, avant que l’âme parlante n’y entre. Une question commence alors : il a été dit que chaque niveau supérieur inclut les niveaux qui lui sont inférieurs.

וכן הצומח כולל בחי׳ דומם עד״מ [על דרך משל] המדות שנק׳ צומח כוללים ג״כ בחי׳ דומם היינו בחי׳ אותיות כי בהתפעלות המדה כלול בה בחי׳ אותיות בהעלם.

de même, le végétal inclut le niveau de l’inerte. Ainsi, par exemple, les attributs émotionnels (midot), qui sont appelés « végétal », incluent eux aussi le niveau de l’inerte, c’est-à-dire le niveau des lettres ; en effet, lorsque l’attribut est éveillé, les lettres y sont incluses de façon latente ;

Explication

Les émotions, le « végétal », incluent donc l’« inerte », c’est-à-dire les lettres. Lorsqu’une émotion s’éveille, les mots sont déjà latents en elle.

והשכל שהוא בחי׳ חי כלול בו ג״כ בחי׳ צומח ודומם שהן המדות שבשכל והאותיות, וזהו ענין מלוי יו״ד שהוא ו׳ ד׳ הוא״ו הוא ששה מדות והד׳ הוא בחינת דבור שהיו כלולים תחלה בי׳ [ביה] שהוא חכמה ואח״כ [ואחר כך] צמחו המדות ונולדו מהשכל כו׳

et l’intellect, qui est du niveau du vivant, inclut lui aussi les niveaux du végétal et de l’inerte, à savoir les attributs émotionnels présents dans l’intellect et les lettres. C’est là le sens de l’épellation (milouï) de yud, qui est vav, dalet : le vav représente les six attributs émotionnels, et le dalet le niveau de la parole. Tous étaient d’abord inclus dans le yud, qui est 'Hokhma ; ensuite, les attributs émotionnels ont germé et sont nés de l’intellect, etc. ;

Explication

L’intellect, le « vivant », contient les deux : les émotions présentes dans l’intellect et les lettres. L’épellation complète de la lettre yud (י-ו-ד) l’illustre : le yud est 'Hokhma ; dans son épellation figurent un vav, qui représente les six attributs émotionnels, et un dalet, qui représente la parole. Tous deux étaient d’abord contenus dans 'Hokhma, puis les attributs émotionnels ont « germé » à partir d’elle.

וכן עד״ז [על דרך זה] הכתר שהוא בחינת מדבר כולל כל הג׳ בחי׳ הנ״ל שהם חכמה ומדות ואותיות הנק׳ דצ״ח [דומם צומח חי], וזהו ענין מו״ס [מוחא סתימאה] שבכתר ומדות דא״א [דאריך אנפין] כו׳ ובודאי בחי׳ החי הכלול במדבר גבוה לאין קץ מבחי׳ החי עצמו.

De même, Kéter, qui est le niveau du parlant, comprend les trois niveaux mentionnés précédemment : 'Hokhma, les attributs émotionnels et les lettres, appelés l'inerte, le végétal et l'animal. C'est là le sens de Mo'ha Stima'a (le cerveau caché) dans Kéter et des attributs émotionnels d'Arich Anpin, etc. Assurément, le niveau de l'animal inclus dans le parlant est infiniment supérieur au niveau de l'animal en tant que tel,

Explication

De même, Kéter, le « parlant », contient 'Hokhma, les émotions et les lettres, comme dans le cerveau caché (Mo'ha Stima'a) au sein de Kéter et dans les attributs d'Arich Anpin. Ce qu'un niveau supérieur contient est infiniment plus élevé que le niveau inférieur considéré en lui-même.

וכעד״ז [וכעל דרך זה] בכל המדרגות מה שהעליון כולל הבחי׳ תחתונו׳ [תחתונות] הם שם משובחים הרבה מבחי׳ התחתונות ממש. וא״כ [ואם כן] כיון שגם החכמה שרשה מהכתר כמו שהאותיות שרשן מכתר איך יהיה באותיות בחי׳ גבוה יותר מהחכמה.

Et de même à tous les niveaux : les niveaux inférieurs que comprend le niveau supérieur y sont bien plus éminents que les niveaux inférieurs en tant que tels. Dès lors, puisque 'Hokhma aussi a sa racine en Kéter, tout comme les lettres ont leur racine en Kéter, comment les lettres pourraient-elles comporter un niveau supérieur à celui de 'Hokhma ?

Explication

Cela vaut à chaque niveau. D'où la question : si 'Hokhma et les lettres ont toutes deux leur racine en Kéter, pourquoi la racine des lettres serait-elle plus élevée que celle de 'Hokhma ?

ושלכך נקרא הכתר מדבר דוקא ע״ש [על שם] הדבור הנמשך ממנו ולא ע״ש [על שם] החכמה שנמשך ג״כ ממנו. אמנם י״ל [יש לומר] ששרש האותיות בכתר הוא מבחי׳ עליונה יותר משרש החכמה שם.

Et [comment se fait-il] que Kéter soit donc appelé précisément « parlant », en raison de la parole qui en émane, et non en raison de 'Hokhma, qui en émane également ? Toutefois, on peut dire que la racine des lettres en Kéter provient d'un niveau plus élevé que la racine de 'Hokhma qui s'y trouve.

Explication

Une deuxième formulation de la question : pourquoi Kéter est-il désigné par la parole plutôt que par 'Hokhma, qui en émane également ? La réponse est qu'au sein même de Kéter, la racine des lettres est plus élevée que celle de 'Hokhma.

כי אע״ג [אף על גב] שלמטה החכמה גבוה יותר מהאותיות. אבל בשרשן הוא להפך. דשם האותיות גבוה יותר כו׳. וכך נת׳ [נתבאר] לקמן ע״פ וידבר משה אל ראשי המטות כו׳ בענין דצ״ח [דומם צומח חי] כו׳.

Car bien qu'en bas 'Hokhma soit supérieure aux lettres, à leur racine, c'est l'inverse : là, les lettres sont supérieures, etc. C'est ainsi qu'il est expliqué plus loin, à propos du verset : « Moché parla aux chefs des tribus », etc., au sujet de l'inerte, du végétal et de l'animal, etc.

Explication

En bas, 'Hokhma est supérieure aux lettres, mais à leur racine, l'ordre est inversé. La même idée est expliquée dans le discours sur « Moché parla aux chefs des tribus » (Nombres 30:2), à propos de l'inerte, du végétal et de l'animal.

והענין א״ש [אתי שפיר] עפמ״ש [על פי מה שכתוב] הרמ״ז [הרב משה זכות] ר״פ ויקרא דשרש האותיות נמשכים מבחי׳ אוירא שלמעלה ממו״ס [ממוחא סתימאה] ועמ״ש מזה בדרוש דמזוזה מימין ונ״ח משמאל ובד״ה לריח שמניך טובים,

La chose se comprend bien d'après ce qu'écrit le Ramaz au début de la paracha Vayikra : la racine des lettres provient du niveau d'Avira (l'« air »), qui est au-dessus de Mo'ha Stima'a. Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours sur « La mezouza à droite et la lampe de 'Hanouka à gauche », ainsi que dans le discours qui commence par « Tes parfums ont une bonne odeur »,

Explication

Le Ramaz écrit que les lettres ont leur racine dans Avira, l'« air » situé au-dessus de Mo'ha Stima'a, le cerveau caché d'Arich Anpin. Le sujet est également abordé dans le discours sur la règle talmudique « la mezouza à droite et la lampe de 'Hanouka à gauche », et dans celui qui commence par « Tes parfums ont une bonne odeur » (Cantique des Cantiques 1:3).

והרי א״כ [אם כן] הוא למעלה משרש החכמה ששרשה ממו״ס [ממוחא סתימאה] דאריך שהוא חכמה שבכתר וג״ז [וגם זה] ע״י מזלות ושערות והאותיות שרשן מבחינת אוירא שלמעלה ממו״ס [ממוחא סתימאה].

et, dès lors, cette racine est supérieure à celle de 'Hokhma, dont la racine provient de Mo'ha Stima'a d'Arich, qui est la 'Hokhma de Kéter ; et cela aussi, par l'intermédiaire des mazalot et des cheveux. Les lettres, quant à elles, ont leur racine dans le niveau d'Avira, qui est au-dessus de Mo'ha Stima'a.

Explication

La racine de 'Hokhma est Mo'ha Stima'a d'Arich Anpin, la sagesse au sein de Kéter ; même cette influence n'atteint 'Hokhma que par l'intermédiaire des mazalot et des cheveux, canaux étroits dans l'image kabbalistique de la « tête » divine. La racine des lettres, Avira, est au-dessus de Mo'ha Stima'a lui-même.

וכ״ה ג״כ בצומח וחי דאע״ג [דאף על גב] דלמטה החי גבוה יותר מהצומח וכן השכל שנק׳ חי הוא גבוה מהמדות שנק׳ צומח מ״מ [מכל מקום] בשרשן הז״א [הזעיר אנפין] גבוה יותר מחו״ב [מחכמה ובינה] כדאיתא באדר״ז [באדרא זוטא] דרצ״ב או״א [אבא ואימא] אתכלילו במזלא וביה תליין וביה אחידן.

Il en va de même du végétal et de l'animal : bien qu'en bas l'animal soit supérieur au végétal, et que, de même, l'intellect, appelé « vivant », soit supérieur aux attributs émotionnels, appelés « végétal », néanmoins, à leur racine, Zeir Anpin (les attributs émotionnels) est supérieur à 'Hokhma et Bina, comme il est dit dans l'Idra Zouta (292) : « Abba et Imma ('Hokhma et Bina) sont inclus dans le mazla, et ils en dépendent et s'y attachent ;

Explication

La même inversion vaut pour le végétal et l'animal : en bas, l'intellect est supérieur aux émotions, mais à la racine, Zeir Anpin (les émotions) est supérieur à 'Hokhma et Bina. L'Idra Zouta dit qu'Abba et Imma sont inclus dans le mazla et en dépendent.

ז״א [זעיר אנפין] בעתיקא אחיד ותליא ופי׳ שם האריז״ל [האר״י זכרונו לברכה] שאו״א [שאבא ואימא] מושפעי׳ [מושפעים] מהחכמה שבכתר ע״י מזלא כנ״ל, ואמנם הז״א [הזעיר אנפין] מושפע יותר מלמעלה מן הכתר דא״א [דאריך אנפין] עצמו ומזה הצד לפעמים הז״א [הזעיר אנפין] מעולה יותר מאו״א [מאבא ואימא] עכ״ל [עד כאן לשונו], ועמש״ל [ועיין מה שכתוב לעיל] מזה בפ׳ יתרו בענין האבות הן הן המרכבה.

Zeir Anpin est attaché à Atika et en dépend. » L'Arizal explique là qu'Abba et Imma reçoivent leur influence de la 'Hokhma de Kéter par l'intermédiaire du mazla, comme indiqué plus haut, tandis que Zeir Anpin reçoit une influence provenant d'encore plus haut, de Kéter d'Arich Anpin lui-même ; sous cet aspect, Zeir Anpin est parfois supérieur à Abba et Imma. Fin de citation. Voyez aussi ce qui est écrit plus haut à ce sujet, dans la paracha Yitro, au sujet de « Les Patriarches sont eux-mêmes le char ».

Explication

Zeir Anpin, en revanche, est directement attaché à Atika. Comme l'explique l'Arizal, Abba et Imma reçoivent leur influence de la 'Hokhma de Kéter par l'intermédiaire du mazla, tandis que Zeir Anpin la reçoit de Kéter d'Arich Anpin lui-même ; à cet égard, il leur est donc supérieur. Le discours de Torah Ohr sur Yitro, au sujet de « Les Patriarches sont eux-mêmes le char », traite de cette idée.

נמצא בשרשם הצומח גבוה מהחי ועמ״ש גבי תנופת שתי הלחם ע״ג [על גבי] שני הכבשים. ואמנם הדומם שרשו גבוה גם מהצומח כי האותיות שרשם מאוירא כנ״ל אשר שם הוא גילוי בחי׳ רדל״א [רישא דלא אתידע] שלמעלה גם מהכתר דא״א [דאריך אנפין].

Il en ressort qu’à leur racine, le végétal est supérieur à l’animal. Voyez aussi ce qui est écrit au sujet de l’élévation des deux pains au-dessus des deux agneaux. Toutefois, l’inerte a une racine plus élevée encore que le végétal, car les lettres ont leur racine dans l’Avira, comme mentionné plus haut, où se révèle le niveau de Radla (la Tête qui n’est pas connue), supérieur même à Kéter d’Arich Anpin.

Explication

Ainsi, à la racine, le végétal est supérieur à l’animal, comme dans l’élévation des deux pains — issus du blé, le végétal — au-dessus des deux agneaux — des animaux — à Chavouot. L’inerte est plus élevé encore, ayant sa racine dans l’Avira, où se révèle Radla, la « Tête qui n’est pas connue », la plus élevée des « têtes », supérieure même à Kéter d’Arich Anpin.

וכ״מ [וכן משמע] בע״ח [בעץ חיים] שער א״א [אריך אנפין] פ״ב [פרק ב׳] דהמל׳ [דהמלכות] שרשה מרדל״א [מרישא דלא אתידע] והמל׳ [והמלכות] הוא בחי׳ דומם ודבור ועמ״ש במ״א ע״פ מזמור שיר חנוכת הבית בענין מזון לבוש בית כו׳):

Cela ressort également d’Etz Chaim, Sha'ar Arich Anpin, chapitre 2, selon lequel la racine de Mal'hout vient de Radla ; et Mal'hout est le niveau de l’inerte et de la parole. Voyez aussi ce qui est écrit ailleurs sur le verset « Psaume, chant pour la dédicace de la Maison », à propos de la nourriture, du vêtement et de la maison, etc.)

Explication

Etz Chaim laisse entendre que Mal'hout, qui correspond à l’inerte et à la parole, a sa racine dans Radla ; la longue parenthèse se termine ainsi. La dernière référence renvoie au discours sur « Psaume, chant pour la dédicace de la Maison » (Psalms 30:1), au sujet des trois besoins que sont la nourriture, le vêtement et la maison.

Le paragraphe 12 en bref

Kéter est appelé « celui qui parle » parce que la parole, Mal'hout, a sa racine en Kéter, « la fin enchâssée dans le commencement ». Les lettres de la Torah ont ainsi une racine au-dessus de sa sagesse ; une longue parenthèse montre que, dans leurs racines, l’ordre de l’inerte, du végétal et du vivant est inversé.

Pour aller plus loin

Dans les niveaux inférieurs, le vivant se trouve au-dessus du végétal, et le végétal au-dessus de l’inerte ; dans leurs racines, c’est l’inverse. L’inerte (les lettres, Mal'hout) provient d’Avira et de Radla, au-dessus de Mocha Stima'ah ; le végétal (Zeir Anpin) dépend directement d’Atika ; et le vivant ('Hokhma, Abba et Imma) ne reçoit que par l’intermédiaire des mazla. C’est le développement kabbalistique du principe selon lequel « leur fin est enchâssée dans leur commencement ».

Maré mekomot

  1. 1
    כי עמך מקור חיים · Psalms 36:10
  2. 2
    נעוץ תחלתן בסופן · ס״י פא, מ״ז.
  3. 3
    דנעוץ תחלתן בסופן וסופן בתחלתן · Sefer Yetzirah 1:7
  4. 4
    דאורייתא מחכמה נפקת · Zohar, Yitro 21:378–22:389
  5. 5
    וידבר משה אל ראשי המטות · Numbers 30:2
  6. 6
    מזוזה מימין ונ״ח משמאל · Shabbat 22a:2
  7. 7
    לריח שמניך טובים · Song of Songs 1:3
  8. 8
    או״א אתכלילו במזלא וביה תליין וביה אחידן. ז״א בעתיקא אחיד ותליא · Zohar, Idra Zuta 23:105–24:113
  9. 9
    מזמור שיר חנוכת הבית · Psalms 30:1

La cendre, la ligne gauche et les kelipot nogah ¶13–19

13ג וזהו ענין מעשה פרה כי האפר הוא העלאת מ״ן [מיין נוקבין] וכלול בזה המ״ן [המיין נוקבין] מכל ג׳ בחי׳ דצ״ח [דומם צומח חי], שהפרה היא חי ונעשה אפר

3. Et voici le sens du rituel de la vache : la cendre est l’élévation de mayin noukvin (eaux féminines), et cette élévation comprend les mayin noukvin provenant des trois niveaux, l’inanimé, le végétal et l’animal. Car la vache est un être vivant, puis elle devient cendre ;

Explication

La section 3 interprète la vache. Sa cendre est le mayin noukvin, les « eaux féminines », terme kabbalistique désignant une élévation d’en bas qui suscite un flux d’en haut. Cette élévation rassemble les trois niveaux inférieurs : la vache, qui est un animal, relève du vivant, et elle est brûlée pour devenir cendre.

וגם עץ ארז ואזוב שהן בחי׳ צומח והצומח כולל בעצם ג״כ בחינת דומם ושני תולעת הוא בחי׳ דבור שכחו בפיו

de même, le bois de cèdre et l’hysope, qui relèvent du niveau végétal — lequel inclut aussi, par son essence même, le niveau de l’inanimé —, tandis que le cramoisi du ver relève du niveau de la parole, car sa force est dans sa bouche ;

Explication

Le cèdre et l’hysope sont des plantes : ils relèvent du végétal, et les plantes incluent l’inanimé. La teinture cramoisie provient d’un ver, dont « la force est dans sa bouche » ; elle représente donc la parole.

נמצא הוא שרשו נגד בחי׳ מדבר וגם האותיות הדבור עצמן הם בחי׳ דומם וכ״ז [וכל זה] היינו מפני שמעשה פרה הוא כללות בחינת רצוא ושוב

il s’ensuit que sa racine correspond au niveau du parlant ; et les lettres mêmes de la parole relèvent aussi du niveau de l’inanimé. Tout cela tient au fait que le rituel de la vache exprime de manière générale le niveau de « l’élan et du retour » (ratso vachov),

Explication

Ainsi, la racine du ver correspond au parlant, tandis que les lettres mêmes de la parole sont inanimées. Tous ces niveaux sont inclus parce que le rituel de la vache incarne dans son ensemble le ratso vachov, « l’élan et le retour » des créatures vivantes dans la vision d’Ézéchiel : elles s’élèvent dans leur aspiration, puis redescendent.

ולכן נקרא חקת התורה ע״כ [על כן] נעשה האפר שהוא הרצוא מכללות הבחי׳ שבעולם דומם צומח חי כו׳

et c’est pourquoi on l’appelle « le statut de la Torah ». C’est donc à partir de l’ensemble des niveaux du monde — l’inanimé, le végétal, l’animal, etc. — que la cendre, qui est l’« élan », est produite ;

Explication

Parce qu’il incarne ce mouvement dans son ensemble, on l’appelle « le statut de la Torah ». Ainsi, la cendre, l’« élan » vers le haut, est produite à partir de tous les niveaux du monde : l’inanimé, le végétal et l’animal.

לכן עי״ז אח״כ [אחר כך] בקידוש מי חטאת ונתן עליו מים חיים הוא המשכת מ״ד [מיין דוכרין] מבחי׳ והחכמה תחיה שהוא מבחי׳ מו״ס [מוחא סתימאה] כו׳,

c’est pourquoi, par la suite, lors de la sanctification des eaux de purification (mé hatsat), lorsqu’« il y mettra de l’eau vive », s’opère, par ce moyen, l’effusion de mayin doukhrin (eaux masculines) depuis le niveau de « la sagesse donne la vie », qui relève du niveau de Mo’ha Stima’a (le cerveau caché), etc.

Explication

Vient ensuite le « retour » : on met de l’eau vive sur la cendre, ce qui constitue une effusion de mayin doukhrin, les « eaux masculines », la réponse qui vient d’en haut. Elle provient de 'Hokhma, qui « donne la vie », et trouve sa racine dans Mo’ha Stima’a, le cerveau caché au sein de Kéter.

ומכ״ז [ומכל זה] יובן ג״כ ענין אשר צוה הוי׳ לאמר שמבחינת אותיות דעתיק נמשך להיות מקור לחכמה הנקרא אמירה

Et tout cela permet également de comprendre le sens de « que Havaya a ordonné, en disant » : du niveau des lettres d’Atik, un flux est attiré vers le bas afin de devenir une source pour 'Hokhma, qui est appelée amira (parole) ;

Explication

Cela explique également « que Havaya a ordonné, en disant ». Un flux descend des lettres d’Atik pour devenir la source de 'Hokhma, appelée amira.

דהיינו שבחינת אותיות אלו הם למעלה מהחכמה דהיינו שרש האותיות כמו שהן בבחינת כתר שע״ש [שעל שם] זה נקרא הכתר מדבר

c’est-à-dire que le niveau de ces lettres est au-dessus de 'Hokhma : il s’agit de la racine des lettres telles qu’elles se trouvent au niveau de Kéter (la Couronne), raison pour laquelle Kéter est appelé « parlant » ;

Explication

Il s’agit des lettres dans leur racine en Kéter, au-dessus de 'Hokhma. C’est en raison de cette racine que Kéter est appelé le « parlant ».

רק שבהשפלתן למטה בבחי׳ מלכות אז הם לבושים או בתים לבחי׳ חכמה אכן כמו שהן עדיין כלולים בשרשן הרי הם למעלה מבחינת החכמה כנ״ל

mais, lorsqu’elles descendent plus bas, au niveau de Mal'hout (souveraineté), elles deviennent des vêtements ou des maisons pour le niveau de 'Hokhma ; toutefois, tant qu’elles restent incluses dans leur racine, elles sont au-dessus du niveau de 'Hokhma, comme indiqué précédemment.

Explication

Lorsque les lettres descendent jusqu’à Mal'hout, elles deviennent des vêtements ou des « maisons » qui contiennent 'Hokhma, et lui sont donc inférieures. Dans leur racine, cependant, elles demeurent au-dessus de 'Hokhma.

לכן אמר אשר צוה הוי׳ לאמר שיהיה צוותא והמשכה מבחי׳ אותיות שם הוי׳ דעתיק אל בחינת החכמה

C’est pourquoi il est dit : « que Havaya a ordonné, en disant » : qu’il y ait une jonction (tsavta) et un influx depuis le niveau des lettres du Nom Havaya d’Atik vers le niveau de 'Hokhma ;

Explication

Ainsi, « a ordonné, en disant » signifie une jonction (tsavta) et un influx depuis les lettres du Nom Havaya d’Atik vers 'Hokhma.

וזהו לאמר (ואפשר לומר דפי׳ קידוש מי חטאת היינו שעי״ז ההעלאת מ״ן [מיין נוקבין] דאפר הפרה עי״ז ממשיכים מבחי׳ קדש העליון טלא דבדולחא בהמים חיים היינו התלבשות גבורה דעתיק במו״ס [במוחא סתימאה]

et c’est là le sens de « en disant ». (On peut aussi dire que la sanctification des eaux de purification consiste en ceci : par l’élévation des mayin noukvin provenant de la cendre de la vache, on attire du niveau du Kodech supérieur (sainteté), la « rosée cristalline » (tala d’vedol’ha), dans l’eau vive ; c’est-à-dire l’enveloppement de Guevoura d’Atik dans la Mo’ha Stima’a ;

Explication

Une parenthèse suggère ce qu’est la « sanctification » de l’eau de purification : par l’élévation de la cendre, un influx est attiré de la « sainteté supérieure », la « rosée cristalline » de l’Idra du Zohar, dans l’eau vive. Il s’agit de la Guevoura d’Atik enveloppée dans la Mo’ha Stima’a.

והיינו שממשיכים מבחי׳ מדבר מקור הדבור בחינת כי עמך מקור חיים משם ממשיכים בהמים חיים שהוא בחינת ח״ע [חכמה עילאה] הנקרא חי והחכמה תחי׳. ואח״כ [ואחר כך] מזים מזה לדחות רוח הטומאה ע״י המשכת כתר וח״ע [וחכמה עילאה] כו׳).

c’est-à-dire qu’on attire du niveau du parler, la source de la parole, le niveau de « Car auprès de Toi est la source de la vie » ; de là, on attire dans l’eau vive, qui est le niveau de la 'Hokhma supérieure (’Hokhma Ila’a), appelée « vivante » : « et la sagesse donne la vie ». Ensuite, on en asperge pour repousser l’esprit d’impureté, par l’influx de Kéter et de la 'Hokhma supérieure, etc.)

Explication

L’influx vient du « parler », Kéter, « la source de la vie », et pénètre dans l’eau vive, qui est la 'Hokhma supérieure. L’aspersion de cette eau repousse ensuite l’esprit d’impureté, car elle attire Kéter et la 'Hokhma supérieure.

ולהבין מעט מזעיר בענין הפרה. הנה נודע כי מקו השמאל הוא יניקת החיצונים רישי׳ [רישיה] דעשו בעטפוי דיצחק, וזהו ענין סוספיתא דדהבא

Pour comprendre quelque peu le sujet de la vache, voici : il est connu que les forces extérieures (’hitsonim) tirent leur subsistance de la ligne de gauche : « la tête d’Essav dans le giron d’Its’hak ». C’est là le sens de la « scorie de l’or ».

Explication

Considérons à présent de plus près la vache elle-même. Les forces extérieures, les kelipot, tirent leur subsistance de la ligne de gauche, la Guevoura, comme l’exprime l’image du Targoum : la tête d’Essav reposant dans le giron d’Its’hak, qui incarne la Guevoura ; le Zohar appelle cela « la scorie de l’or ».

והיינו לפי שבחינת ומדרגת הגבורות וקו השמאל הוא להיות בבחי׳ אור חוזר ורצוא והסתלקות ליכלל באור א״ס [אין סוף] ב״ה והוא הפך בחינת ההמשכה והגילוי למטה.

Cela tient au fait que le niveau et le rang des Guevourot et de la ligne de gauche consistent à être dans l’état de lumière réfléchie (or 'hozer), dans une « course » et un retrait, afin de s’inclure dans la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il ; c’est l’opposé du niveau de l’influx et de la révélation vers le bas.

Explication

Cela tient au fait que la nature des Guevourot est de s’élever, comme une lumière réfléchie, dans une « course » et un retrait, cherchant à s’inclure dans la Lumière infinie. C’est l’opposé du fait d’attirer la lumière vers le bas et de la révéler en bas.

Le paragraphe 13 en bref

La cendre de la vache est l’élévation (mayin noukvin) de tous les niveaux — l’inanimé, le végétal, l’animal et le parlant —, tandis que l’eau vive est la descente (mayin doukhrin) issue de 'Hokhma et de Kéter. C’est là le ratso vachov et l’union évoqués par « ordonné, en disant ». Le paragraphe commence ensuite à expliquer comment les forces extérieures tirent leur vitalité de la ligne de gauche.

Pour aller plus loin

Dans le Targoum Yonatan (Genesis 50:13), la tête tranchée d’Essav roule jusqu’à la grotte de Makhpéla et vient reposer dans le sein d’Its’hak ; la 'Hassidout interprète cela comme indiquant la racine d’Essav dans la Guevoura d’Its’hak. Le Zohar (2:224b) enseigne que tout ce qui se propage vers le bas à partir de l’or, la gauche, devient « scorie d’or », tandis que l’argent, la droite, demeure bon en se propageant.

Maré mekomot

  1. 1
    רצוא ושוב · Ezekiel 1:14
  2. 2
    חקת התורה · Numbers 19:2
  3. 3
    ונתן עליו מים חיים · Numbers 19:17
  4. 4
    והחכמה תחיה · Ecclesiastes 7:12
  5. 5
    כי עמך מקור חיים · Psalms 36:10
  6. 6
    רישי׳ דעשו בעטפוי דיצחק · ל׳ ת״י בויחי, בראשית (מט, כא [ב]). ושם (נ, יג). [כ]. ראה סידור כד, א, ובתו״א פ׳ לך לך פט, ד בשם הזהר.
  7. 7
    רישי׳ דעשו בעטפוי דיצחק · Targum Jonathan on Genesis 50:13
  8. 8
    וזהו ענין סוספיתא דדהבא · Zohar II, 224b
  9. 9
    אור חוזר ורצוא והסתלקות · ראה ע״ח שער מ״ן ומ״ד פי״ד.

14ומה שנמשך מהגבורות למטה הוא בצמצום מאד לכך ברבוי הצמצוצים נמשך מזה למטה גבורות קשות ויניקת החיצונים.

Et ce qui est attiré vers le bas depuis les Guevouro est soumis à une très grande contraction ; c’est pourquoi, à travers les nombreuses contractions, il en résulte en bas des Guevouro rigoureuses et une nourriture pour les forces extérieures.

Explication

La lumière des Guevouro n’atteint les mondes inférieurs qu’au prix d’une contraction intense. Les nombreuses contractions produisent des Guevouro rigoureuses, dont se nourrissent les forces extérieures.

משא״כ מקו הימין שבחי׳ ומדרגת החסד וקו הימין הוא להיות המשכת וגילוי אור א״ס [אין סוף] ב״ה למטה בחי׳ אור ישר

Il n’en va pas ainsi de la ligne droite : le niveau et le rang de ‘Hessed (bonté), la ligne droite, consistent à attirer et révéler en bas la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, sous forme de lumière directe (or yachar) ;

Explication

La ligne droite, ‘Hessed, est à l’opposé. Sa nature est d’attirer et de révéler en bas la Lumière infinie, sous forme de « lumière directe ».

לכן אף כשנמשך בהשתלשלות למטה לא יוכל להיות מזה יניקת החיצונים כי נמשך הביטול למטה כו׳ (וע׳ [ועיין] בזהר פקודי) (דף רכ״ד ע״ב) ובמ״ש הרמ״ז [הרב משה זכות] שם כי הימין כו׳

c’est pourquoi, même lorsqu’elle est attirée vers le bas à travers l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), les forces extérieures ne peuvent pas s’en nourrir, car l’annulation de soi (bitoul) est elle aussi attirée vers le bas, etc. (Voir le Zohar, Pekudei), (page 224b), ainsi que ce que le Ramaz y écrit, à savoir que la droite, etc.,

Explication

Ainsi, même lorsque ‘Hessed descend à travers l’enchaînement des mondes, les forces extérieures ne peuvent s’en nourrir, car son bitoul, son annulation de soi devant D.ieu, descend avec elle. Le Zohar, dans Pekudei, enseigne que tout ce qui se déploie vers le bas depuis la droite demeure bon ; le Ramaz ajoute qu’aucune kelipa ne provient de la droite.

אבל השמאל כו׳ ועמ״ש ע״פ מאמר הזהר פ׳ אחרי (דע״ט ב׳) הביאו עלי כפרה כו׳ דבגינהון אתער כו׳

mais la gauche, etc. Voir aussi ce qui est écrit à propos de la parole du Zohar, parachat Acharei (79b) : « Apportez une expiation pour Moi », etc., « car c’est à cause d’elles qu’est éveillé », etc.,

Explication

La gauche, en revanche, devient du rebut en se déployant vers le bas, selon les termes du Ramaz cités dans la note de Kehot. Le texte renvoie également à l’explication du Zohar, dans Acharei, sur « Apportez une expiation pour Moi » — l’offrande de Roch ‘Hodech — et sur ceux « à cause desquels » l’autre côté est éveillé.

דממש״ש [דממה שכתוב שם] יובן איך מקו השמאל יש מקום ליניקת החיצונים והעיקר ביצירה ועשיה לפי ששם הגבורות הם יותר בהתחלקות מן החסדים משא״כ בב ריאה וכ״ש [וכל שכן] באצילות ששם שמאלא אתכליל בימינא ממש.

car ce qui est écrit là permet de comprendre comment la ligne gauche ouvre la voie à la nourriture des forces extérieures, principalement dans le Monde de Yetsira (Formation) et le Monde d’Assiya (Action), car là, les Guevouro sont davantage séparées des ‘Hassadim ; il n’en va pas ainsi dans le Monde de Béria (Création), et à plus forte raison dans le Monde d’Atsilout (Émanation), où « la gauche est véritablement incluse dans la droite ».

Explication

Cette explication montre comment la ligne gauche ouvre la voie aux forces extérieures, principalement dans Yetsira et Assiya, où les Guevouro sont davantage séparées des ‘Hassadim. Cela est bien moins le cas en Béria et pas du tout en Atsilout, puisque « la gauche est incluse dans la droite ».

וזהו ענין הפרה אדומה דקבילת משמאלא מבחי׳ פני שור מהשמאל כי הפרה הוא בחי׳ נוק׳ [נוקבא] דנוגה (כמ״ש הרח״ו [הרבי חיים ויטאל] בטעמי מצות פ׳ חקת).

Tel est le sens de la vache rousse, qui « reçoit de la gauche », du niveau de « la face d’un bœuf à gauche » ; car la vache est le niveau de la Noukva (le féminin) de nogah (comme l’écrit Rabbi ‘Haïm Vital dans Ta’amei HaMitsvot, parachat ‘Houkat).

Explication

La vache rousse « reçoit de la gauche », de « la face d’un bœuf à gauche » dans la vision du Char d’Ézéchiel. Rabbi ‘Haïm Vital explique que la vache est l’aspect féminin de la kelipat nogah.

והנה נודע שקליפת נוגה היא בחינה ממוצעת בין קליפות הטמאות לגמרי ובין בחי׳ הקדושה היינו כי קליפות הטמאות לגמרי הם שורש היצה״ר [היצר הרע] של הרע הגמור

Or, on sait que la kelipat nogah (l’écorce lumineuse) est un niveau intermédiaire entre les kelipot totalement impures et le niveau de la sainteté. Autrement dit, les kelipot totalement impures sont la racine du penchant au mal manifeste,

Explication

La kelipat nogah, l’« écorce lumineuse », se tient entre la sainteté et les trois kelipot totalement impures, qui sont la racine de l’inclination au mal manifeste.

כמו רציחה וניאוף וגזל ולשון הרע ודומיהן וקליפת נוגה הוא שורש היצר הרע של תאוות היתר כשהן שלא לשם שמים כי אם להנאת גופו.

tel que le meurtre, l’adultère, le vol, la médisance et autres actes semblables ; quant à la kelipat nogah, elle est la racine du penchant au mal qui pousse aux désirs permis lorsqu’ils ne sont pas orientés vers le Ciel, mais uniquement vers le plaisir du corps.

Explication

Le meurtre, l’adultère, le vol et la médisance sont des exemples de mal manifeste. La kelipat nogah est la racine de l’inclination aux plaisirs permis lorsqu’on les recherche pour le plaisir du corps et non pour le Ciel.

כי היא כלולה מטו״ר [מטוב ורע] שפנימיותה יורד ונמשך מבחינת טוב ומתלבש ברע וע״י הטוב שבה היא מקבלת החיות מבחי׳ הקדושה וזהו דקבילת מבחינת פני שור שבמרכבה.

Car elle est composée de bien et de mal : sa dimension intérieure descend et se prolonge depuis le niveau du bien, puis se revêt dans le mal ; et, par le bien qui est en elle, elle reçoit la force vitale du niveau de la sainteté. C’est là [le sens de] sa « réception » depuis le niveau de la « face du bœuf » dans le Char.

Explication

Nogah est un mélange : son noyau intérieur est bon, tiré de la sainteté et revêtu de mal. Par ce bien, elle reçoit sa vitalité de la sainteté ; c’est ce que signifie « recevoir de la face du bœuf » dans le Char.

Le paragraphe 14 en bref

Les forces extérieures tirent leur nourriture de la ligne gauche, car Guevoura tend vers le haut et ne descend qu’au prix d’une contraction, tandis que la lumière directe de ‘Hessed entraîne son bitoul dans sa descente. La vache appartient à la gauche, en tant qu’aspect féminin de la kelipat nogah, le domaine mêlé des choses permises.

Pour aller plus loin

Dans le maamar cité par la note de Kehot (5650), le Rabbi Rachab le formule nettement : de la ligne droite ne provient que la kelipat nogah, et non les trois kelipot totalement impures ; celles-ci proviennent de la ligne gauche.

Maré mekomot

  1. 1
    לא יוכל להיות מזה יניקת החיצונים · ראה בד״ה אמר לצפון תני — תר״ן ע׳ שצ ”דמקו הימין נמשך רק ק״נ ולא גקה״ט לגמרי, וגקה״ט הן מקו השמאל”.
  2. 2
    וע׳ בזהר פקודי (דף רכ״ד ע״ב ובמ״ש הרמ״ז · ”כי הימין אין ממנה קליפה אבל השמאל עצמו בתפשטותו למטה נעשה סיגים כו׳” — ביאה״ז לצ״צ-א ע׳ שעג סה״מ תר״ן ע׳ שצ. ראה גם לעיל נו, ג.
  3. 3
    ועמ״ש . . פ׳ אחרי (דע״ט ב׳) הביאו עלי כפרה · ביאה״ז לאדה״א עו, ג. ועם הגהות בביאה״ז להצ״צ-א ע׳ שסב ואילך. הנחה אחרת (נדפס מגוכתי״ק הצ״צ) במאמרי אדה״ז ש״ס וזהר ע׳ ערב.
  4. 4
    הביאו עלי כפרה כו׳ דבגינהון אתער · Zohar, Achrei Mot 72:405–75:413
  5. 5
    פני שור מהשמאל · Ezekiel 1:10
  6. 6

15והיא משפעת לקליפות הטמאות וחיצונים ע״י הרע שבה, נמצא היא מחברת שיומשך יניקה מע״ס [מעשר ספירות] דקדושה לעשר כתרי מסאבותא שהן שורש הרע הגמור כנ״ל. ולתקן זה באה מצות פרה אדומה.

Et elle transmet un influx aux kelipot impures et aux forces extérieures par le mal qui est en elle. Il s’ensuit qu’elle établit un lien par lequel une nourriture est attirée des dix Séfirot de sainteté vers les « dix couronnes d’impureté », qui sont la racine du mal absolu, comme mentionné plus haut. C’est pour rectifier cela qu’a été instituée la mitsva de la vache rousse.

Explication

Par son côté mauvais, noga transmet un influx aux kelipot impures ; elle relie ainsi les dix Séfirot saintes aux « dix couronnes d’impureté », la racine du mal absolu. La mitsva de la vache rousse vient réparer ce lien.

לכן נעשית מחוץ למחנה כי באצילות איהו וגרמוהי חד ושמאלא אתכליל בימינא ואין שם יניקה

C’est pourquoi elle est accomplie hors du camp : car, dans le Monde d’Atsilout (Émanation), « Lui et Ses réceptacles sont un » (ihou vegarmohi had), et « la gauche est incluse dans la droite » ; il n’y a là aucune nourriture.

Explication

C’est pourquoi la vache est préparée hors du camp. Dans Atsilout, une telle nourriture n’existe pas, car « Lui et Ses réceptacles sont un » et « la gauche est incluse dans la droite ».

וגם חוץ מבריאה [שאפילו ק״נ [קליפת נוגה] דבריאה הוא רובו טוב עדיין רק ביצי׳ [ביצירה] חציו טוב וחציו רע ובעשי׳ [ובעשיה] רובו ככולו רע רק מעט טוב מעורב בתוכו כו׳ כמ״ש במ״ח בסדר נזיקין].

et aussi hors de Béria [car même la kelipat noga de Béria est encore majoritairement bonne ; ce n’est qu’en Yetsira qu’elle est pour moitié bonne et pour moitié mauvaise, et en Assiya qu’elle est principalement, pour ainsi dire, entièrement mauvaise, avec seulement un peu de bien mêlé en elle, etc., comme il est écrit dans Michnat ‘Hassidim, dans l’Ordre de Nezikin].

Explication

Elle est également « hors de » Béria, où noga est encore majoritairement bonne. Dans Yetsira, noga est pour moitié bonne et pour moitié mauvaise ; dans Assiya, elle est presque entièrement mauvaise, avec un peu de bien mêlé en elle, comme l’explique Michnat ‘Hassidim, ouvrage kabbalistique organisé en ordres à la manière de la Michna, dans son Ordre de Nezikin.

Le paragraphe 15 en bref

La kelipat noga relie la sainteté aux kelipot impures, et la vache rousse répare ce lien ; elle est préparée hors du camp, au-delà d’Atsilout et de Béria, où cette nourriture n’existe pas ou presque pas.

Maré mekomot

  1. 1
    לכן נעשית מחוץ למחנה · Numbers 19:3
  2. 2
    איהו וגרמוהי חד · Tikkunei Zohar 3b:9–10

16וגם שנעשית חוץ לפרגוד ומסך המבדיל בין הקדושה לחול, לתקן ולהחזיר היניקה הנמשך ממנה משם לחיצונים.

Et cela se fait aussi au-delà de la cloison (pargod) et de l’écran qui séparent le sacré du profane, afin de réparer et de ramener la vitalité qui en est tirée, de là, vers les forces extérieures.

Explication

La vache est également préparée au-delà de la « cloison et de l’écran » qui séparent le sacré du profane. Son but est de récupérer le flux qui passe de là vers les forces extérieures.

והיינו בתחלה ההזאה להוציא הטוב והוא פנימי ק״נ [קליפת נוגה] להחזירו לשרשו להקדושה ולכן היה מזה כנגד בית קדש הקדשים

Cela signifie que, d’abord, l’aspersion fait ressortir le bien — la dimension intérieure (pnimiyout) de la kelipa noga (l’écorce lumineuse) — afin de le ramener à sa racine, dans la sainteté. C’est pourquoi il aspergeait en direction du Saint des Saints,

Explication

Vient d’abord l’aspersion du sang, qui fait ressortir le bien, le noyau intérieur de noga, et le ramène à la sainteté. C’est pourquoi le kohen aspergeait en direction du Saint des Saints.

כדאיתא בפ״ג [בפרק ג׳] דפרה מ״ט ובפ״ב [ובפרק ב׳] דמדות (ועמש״ל [ועיין מה שכתוב לעיל] פ׳ מסעי בענין וירד הגבול הירדנה. ענין ירדן שנוטל מזה ונותן לזה) ואח״כ [ואחר כך] ושרף את הפרה לתקן חיצונית ק״נ [קליפת נוגה].

comme il est rapporté au chapitre 3 de Parah, michna 9, et au chapitre 2 de Middos (voir aussi ce qui a été écrit plus haut, dans la paracha de Massei, au sujet de « La frontière descendra vers le Jourdain » : le sens du Yarden, qui prend à l’un et donne à l’autre) ; puis vient « Il brûlera la vache », afin de réparer la dimension extérieure ('hitsoniyout) de la kelipa noga.

Explication

La michna (Parah 3:9) rapporte qu’il aspergeait sept fois en direction du Saint des Saints, et Middos 2:4 que le mur oriental était bas, afin que le kohen, depuis le mont des Oliviers, puisse voir l’entrée du Sanctuaire. La parenthèse renvoie au discours sur le Jourdain dans Massei, qui « prend à l’un et donne à l’autre » ; ensuite, « il brûlera la vache » répare la partie extérieure de noga.

והנה גוף הבעל חי ג״כ כלול מד׳ יסודות ארמ״ע [אש רוח מים עפר]. אך רוב בנין הגוף הוא מן העפר ולכן נאמר לאדם ואל עפר תשוב.

Or, le corps d’un animal, lui aussi, est composé des quatre éléments : le feu, l’air, l’eau et la terre. Mais la majeure partie de la structure du corps provient de la terre (afar) ; c’est pourquoi il fut dit à l’homme : « Et à la poussière (afar) tu retourneras. »

Explication

Le corps d’un animal, comme tout corps physique, est constitué de feu, d’air, d’eau et de terre, mais surtout de terre. C’est pourquoi il fut dit à Adam : « À la poussière tu retourneras. »

ונמצא עצמיות גוף הפרה הוא היסוד העפר רק שהורכב ג״כ עוד מג׳ יסודות אש רוח מים.

Il s’ensuit que la substance essentielle du corps de la vache est l’élément terre ; il n’est simplement composé aussi que des trois autres éléments : le feu, l’air et l’eau.

Explication

Ainsi, la substance essentielle de la vache est la terre, à laquelle les trois autres éléments sont incorporés. Cela prépare l’explication de l’effet de la combustion.

Le paragraphe 16 en bref

La vache est préparée au-delà de la frontière de la sainteté : l’aspersion en direction du Saint des Saints ramène à sa source le bien intérieur de noga, tandis que la combustion en répare la partie extérieure. Le paragraphe note ensuite que le corps d’un animal est essentiellement constitué de terre.

Maré mekomot

  1. 1
  2. 2
    וירד הגבול הירדנה · Numbers 34:12
  3. 3
  4. 4
    ושרף את הפרה · Numbers 19:5
  5. 5
    ואל עפר תשוב · Genesis 3:19

17וכששרפו הפרה נשאר האפר שהוא העצמיות שלה יסוד העפר שבה ושאר הג׳ יסודות אר״מ [אש רוח מים] שהורכבה מהן מתפרדים ממנו ע״י השריפה,

Lorsque l’on brûla la vache, il resta la cendre, qui est sa substance essentielle, l’élément de terre qu’elle contient ; les trois autres éléments — le feu, l’air et l’eau — dont elle était composée s’en séparent par la combustion.

Explication

Lorsque la vache fut brûlée, ce qui resta fut la cendre, sa substance essentielle, l’élément de terre. Les trois autres éléments — le feu, l’air et l’eau — s’en séparèrent dans le feu.

וכן בנמשל האפר הוא העצמיות של הפרה כי שרש התהוות ק״נ [קליפת נוגה] הוא מעולם התהו מחמת שבירת הכלים שנפלו רפ״ח ניצוצין בק״נ [בקליפת נוגה].

De même, dans ce qui est illustré (le nimchal), la cendre est l’essence de la vache. En effet, la racine de la formation de la kelipat noga (l’écorce lumineuse) se trouve dans le Monde du Tohou, à la suite de la brisure des réceptacles, lors de laquelle 288 étincelles tombèrent dans la kelipat noga.

Explication

Il en va de même pour ce que la vache représente. La kelipat noga prit naissance dans le Monde du Tohou (« chaos ») : lorsque ses réceptacles se brisèrent, 288 étincelles de sainteté tombèrent dans la noga, et ces étincelles en constituent l’essence.

Le paragraphe 17 en bref

La combustion réduit la vache à son essence, la terre ; de même, l’essence de la kelipat noga réside dans les étincelles saintes qui y tombèrent lors de la brisure des réceptacles.

18וזהו העצמיות שלה עד״מ [על דרך משל] דהיינו שזהו העיקר רק שע״י השבירה נמשך שנתערבו ברע וזהו עד״מ [על דרך משל] בחי׳ הרכבה, ושרפת הפרה הוא

Et telle est son essence, à titre d’analogie : c’est-à-dire que c’est là l’essentiel ; seulement, du fait de la brisure, ils se sont mêlés au mal. Voilà, à titre d’analogie, le niveau de la composition. Et la combustion de la vache rousse est

Explication

Ces étincelles constituent l’essence du nogah, sa part essentielle ; seule la brisure les a mêlées au mal. Ce mélange correspond à la composition des éléments dans l’analogie.

שעי״ז יופרד הרע שנתערב בהניצוצים דתהו ויסתלק מהטוב ע״ד [על דרך] ובערת הרע מקרבך ואז ישאר האפר שהוא העצמיות דהיינו הניצוצים דתהו כמו שהן בלתי תערובות הרע.

ce par quoi le mal qui s’est mêlé aux étincelles de Tohou sera séparé et se retirera du bien, selon le verset : « Tu élimineras le mal du milieu de toi » ; alors restera la cendre, qui est l’essence, c’est-à-dire les étincelles de Tohou telles qu’elles sont, sans mélange de mal.

Explication

La combustion de la vache rousse sépare le mal des étincelles de Tohou, comme dans les mots : « Tu élimineras le mal du milieu de toi ». Ce qui reste, la cendre, ce sont les étincelles dans leur état pur.

Le paragraphe 18 en bref

La combustion de la vache rousse représente la séparation du mal d’avec les étincelles de Tohou ; les étincelles, la « cendre », demeurent pures.

Maré mekomot

  1. 1
    ובערת הרע מקרבך · Deuteronomy 13:6

19וזהו פי׳ אפר הפרה שמבחי׳ פר ה׳ נעשה פר א׳ כו׳. [וגם שמתעלה ב״ן [שם ב״ן] לשרשו בס״ג [בשם ס״ג] ושם ב״ן [שם ב״ן] הוא מילוי ההי״ן וס״ג [ושם ס״ג] הוא מילוי יודי״ן אך הוא״ו הוא מילוי אל״ף כו׳].

Et tel est le sens de « la cendre de la vache » (efer hapara) : du niveau de par avec un hé (para), cela devient par avec un alef (efer), etc. [Et aussi, le Nom Ban s’élève jusqu’à sa racine dans le Nom Sag. Le Nom Ban est une épellation avec des hé, et Sag une épellation avec des youd, mais le vav s’épelle avec un alef, etc.]

Explication

Jeu de mots : para (פרה, vache) est par avec un hé, tandis que efer (אפר, cendre) est le même par avec un alef ; la combustion transforme donc le hé en alef. Le passage entre crochets ajoute le parallèle kabbalistique : le Nom Ban (Havaya épelé avec des hé, de valeur 52) s’élève jusqu’à sa racine dans le Nom Sag (épelé avec des youd, de valeur 63), dont seul le vav s’épelle avec un alef.

Le paragraphe 19 en bref

Le passage de para à efer, du hé à l’alef, reflète l’élévation du Nom Ban jusqu’à sa racine en Sag : la combustion ramène le noga à sa source supérieure.

Consumer les désirs de l’âme animale ¶20–23

20ובעבודת ה׳ היינו כי המדות דנה״ב [דנפש הבהמית] הן ג״כ מק״נ [מקליפת נוגה] ושרש שרשן מעולם התהו כנ״ל וצריך לשרוף ולכלות הרע שנתערב בהן

Et dans le service de D.ieu, cela signifie que les attributs émotionnels (midot) de l’âme animale proviennent eux aussi de kelipa noga (l’écorce lumineuse), et que la racine de leur racine se trouve dans le Monde de Tohou, comme indiqué plus haut ; il faut brûler et consumer le mal qui s’est mêlé à eux,

Explication

Voici ce que cela signifie dans le service de D.ieu de chacun. Les émotions de l’âme animale proviennent elles aussi de kelipa noga, et leur racine ultime se trouve dans Tohou ; il faut brûler le mal qui s’y est mêlé.

דהיינו מה שהמשיך והטה מדותיו לתאוות עוה״ז [עולם הזה] ונעשה המדה מעורבת ברע הרבה רובה ככולה רע כו׳,

c’est-à-dire le fait qu’il a dirigé et incliné ses attributs émotionnels vers les désirs de ce monde, si bien que l’attribut s’est trouvé mêlé à beaucoup de mal et est devenu, pour l’essentiel, comme entièrement mauvais, etc. ;

Explication

Ce mal tient à la manière dont une personne a dirigé ses émotions vers les désirs de ce monde, jusqu’à ce qu’une émotion soit devenue mauvaise pour l’essentiel.

והיינו בהפריד הלבושים צואים שהן התאוות שהטה לבו עליהן בל יזכרו בל יפקדו ולא יעלו על לב והרשעה כולה בעשן תכלה.

cela consiste à séparer les « vêtements souillés », qui sont les désirs vers lesquels il a incliné son cœur : « ils ne seront ni mentionnés ni rappelés », « ils ne viendront pas à l’esprit », et « toute méchanceté s’évanouira comme une fumée ».

Explication

Brûler signifie se dépouiller de ces « vêtements souillés », les désirs, afin qu’ils ne soient ni mentionnés ni rappelés et qu’ils ne viennent pas à l’esprit ; ces mots s’inspirent de Jérémie 3:16. « Toute méchanceté s’évanouira comme une fumée » est une expression des prières des Jours redoutables.

Le paragraphe 20 en bref

Dans le service de D.ieu, brûler signifie éliminer les désirs de ce monde qui ont revêtu les émotions de l’âme animale.

Maré mekomot

  1. 1
    בל יזכרו ובל יפקדו · Jeremiah 3:16
  2. 2
    והרשעה כולה בעשן תכלה · תפלת ימים נוראים.

21ויופרדו ממדותיו. שלא ימשיך עוד מדותיו אליהן ולהסיח דעתו מהן לגמרי ואז אח״כ [אחר כך] עצם המדות דנה״ב [דנפש הבהמית] יהופכו לקדושה ממש להיות מזה אהבה רבה אליו ית׳ ע״ד [על דרך] יתרון האור מהחשך וצעק לבו אל ה׳ בחילא יתיר.

Et elles seront séparées de ses attributs émotionnels (midot) : il ne dirigera plus ses attributs émotionnels vers elles et en détournera entièrement son esprit. Alors, par la suite, l’essence même des attributs émotionnels de l’âme animale se transformera en sainteté véritable, de sorte qu’en naîtra un amour abondant (ahavah rabbah) pour Lui, béni soit-Il, selon le principe de « la lumière qui tire avantage des ténèbres » ; son cœur criera vers D.ieu avec une force accrue (b'cheila yatir).

Explication

Une fois les désirs séparés de ses émotions et écartés de son esprit, les émotions mêmes de l’âme animale se transforment en sainteté. Elles deviennent un amour abondant pour D.ieu, avec la force particulière de « la lumière qui vient des ténèbres » : un cœur qui crie vers D.ieu avec une force accrue.

Le paragraphe 21 en bref

Lorsque les désirs sont consumés, les émotions de l’âme animale elles-mêmes deviennent un amour puissant pour D.ieu, de même que la lumière est d’autant plus précieuse lorsqu’elle émerge des ténèbres.

Maré mekomot

  1. 1
    יתרון האור מן החושך · Ecclesiastes 2:13

22וז״ש [וזהו שכתוב] בזהר בפי׳ בכל לבבך בשני יצריך ודא הוא רזא. וצ״ל [וצריך להיות / וצריך לומר / וצריך להבין] מהו הרזא דלכאורה פשוט הוא מאד שתהיה האהבה להקב״ה [להקדוש ברוך הוא] בשני יצריך כמ״ש בגמ׳ [בגמרא]

Et tel est [le sens de] ce qui est écrit dans le Zohar, dans son explication de « de tout ton cœur (levavcha) » : « avec tes deux inclinations ; et c’est là un mystère ». Il nous faut comprendre quel est ce mystère, car, à première vue, il est tout à fait évident que l’amour du Saint béni soit-Il doit s’exprimer avec les deux inclinations, comme il est dit dans la Guemara ;

Explication

Le Zohar interprète « de tout ton cœur » (levavcha, écrit avec deux lettres beit) comme signifiant « avec tes deux inclinations », et qualifie cela de mystère. Cela paraît pourtant évident, puisque le Talmud (Berachos 54a) l’enseigne déjà.

אלא שהוא לפי שאינו מובן איך היצה״ר [היצר הרע] והתאוה שהי׳ [שהיה] לו בעוה״ז [בעולם הזה] תוכל אהבה זו ממש להתהפך וליכלל בקדושה להיות אהבה רבה לה׳ ולא עוד

mais c’est parce qu’on ne comprend pas comment le mauvais penchant et le désir qu’il avait pour ce monde-ci — comment cet amour même pourrait se transformer et être inclus dans la sainteté, pour devenir un amour abondant pour D.ieu ; et pas seulement cela,

Explication

Le mystère consiste à comprendre comment le désir même de l’âme animale pour ce monde peut se transformer et devenir un amour abondant pour D.ieu.

אלא שאז הוא נעלה אפילו מהיצ״ט [מהיצר טוב] כי עולה בשרשו בס״ג [בשם ס״ג] שלמעלה משם מ״ה [שם מ״ה], אך מ״מ [מכל מקום] באמת כך הוא דכאשר הכלים של הרצון דנה״ב [דנפש הבהמית] יכלו וישרפו

mais alors il est plus élevé même que le bon penchant, car il s’élève jusqu’à sa racine dans Sag, qui est au-dessus du Nom Mah. Néanmoins, en vérité, il en est bien ainsi : lorsque les réceptacles de la volonté de l’âme animale sont consumés et brûlés,

Explication

Un tel amour est plus élevé même que celui du bon penchant, car il s’élève jusqu’à sa racine dans le Nom Sag, qui est supérieur au Nom Mah. Il apparaît lorsque les « réceptacles » de la volonté de l’âme animale sont consumés.

דהיינו להיות עוצם עיניו מראות ברע ומחשבתו מלהרהר ונשאר רק האפר הוא הרצון עצמו אז יוכל להתהפך להיות רצון זה עצמו לה׳ ית׳

c’est-à-dire lorsqu’il ferme les yeux pour ne pas regarder le mal et détourne sa pensée de toute méditation à ce sujet, de sorte qu’il ne reste que la cendre, qui est la volonté elle-même ; alors celle-ci peut se transformer, et cette volonté même se tourner vers D.ieu, béni soit-Il.

Explication

Brûler les réceptacles signifie fermer les yeux pour ne pas regarder le mal et détourner son esprit de toute pensée à ce sujet (Isaïe 33:15). Ce qui reste est la « cendre », la volonté elle-même, qui peut alors se tourner entièrement vers D.ieu.

וזהו בחי׳ ומדרגת תשובה מאהבה כו׳, וזהו ענין אפר במקום הנחת תפילין כמ״ש לתת להם פאר תחת אפר אל״ף הוא המתקה דה״ג [דחמש גבורות] מנצפ״ך בגימ׳ [בגימטריא] פר.

Tel est le niveau et le degré de la techouva par amour, etc. Tel est aussi le sens de la cendre à l’endroit où l’on pose les tefillin, comme il est écrit : « leur donner la splendeur (pe’er) à la place de la cendre (efer) » : la lettre alef adoucit les cinq Guevourot, Mantsepach, dont la valeur numérique est égale à par (280).

Explication

Il s’agit de la techouva par amour. Lors du deuil de Jérusalem, on met de la cendre sur la tête, à l’endroit où l’on pose les tefillin ; Isaïe promet une « splendeur (pe’er) à la place de la cendre (efer) ». Les deux mots sont formés des mêmes lettres, la lettre alef « adoucissant » les cinq Guevourot, les cinq lettres finales de Mantsepach, dont la valeur numérique est 280.

ופי׳ וענין המיתוק היינו לאהפכא מרירו למיתקו (ופי׳ זה מבואר בפ׳ מקץ בד״ה נר חנוכה כו׳ מזוזה מימין כו׳)

Le sens et la nature de cet adoucissement consistent à « transformer l’amertume en douceur » (cette explication est développée dans la paracha de Mikets, dans le discours commençant par « La lampe de Hanouka », etc., « la mezouza à droite », etc.).

Explication

« Adoucir », c’est transformer l’amertume en douceur, selon l’expression araméenne bien connue. Le discours de Mikets sur la lampe de Hanouka et la mezouza explique cette notion.

ומחשוכא לנהורא כו׳ וז״ל [וזה לשונו] הרח״ו [הרבי חיים ויטאל] בשער תיקון עונות ספ״ב [סוף פרק ב׳] ואחר שנשרפו הדינין ונעשו אפר מתמתקים

« et les ténèbres en lumière », etc. Voici les paroles de Rabbi Haïm Vital dans Sha'ar Tikkun Avonos, à la fin du chapitre 2 : « Après que les jugements ont été brûlés et sont devenus cendre, ils sont adoucis ;

Explication

L’expression se poursuit ainsi : « et les ténèbres en lumière ». Rabbi Haïm Vital écrit dans Sha'ar Tikkun Avonos que les jugements, une fois brûlés et réduits en cendre, sont adoucis ; la note de Kehot indique que ce passage est imprimé dans Sha'ar HaYichudim (Koretz, 5543).

ולכן היו שורפים הפרה אדומה. ונותנים אפר במצח כי שמה התחלת היסוד לעורר הזיווג כי הגבורות הם מ״ן [מיין נוקבין] עכ״ל [עד כאן לשונו],

c’est pourquoi l’on brûlait la vache rousse. On met de la cendre sur le front, car c’est là que commence le Yessod (fondement), afin d’éveiller l’union, puisque les Guevourot sont des mayin nukvin (eaux féminines). » Fin de citation.

Explication

C’est pourquoi l’on brûlait la vache rousse et l’on mettait de la cendre sur le front. C’est là que commence le Yessod, afin d’éveiller l’union dans les mondes supérieurs, puisque les Guevourot sont des « eaux féminines », l’élévation qui suscite le flux d’en haut.

ובזה יובן ענין נתינת האפר ע״ג [על גבי] מים חיים. כי הנה האפר הוא בירור המדות דנה״ב [דנפש הבהמית] להיות בשני יצריך והוא בחי׳ רצוא.

On comprendra ainsi la signification du dépôt de la cendre sur l’eau vive. Car la cendre correspond à l’affinement des attributs émotionnels de l’âme animale, afin d’être « avec tes deux inclinations » ; elle est le niveau de la « course » (ratso).

Explication

On peut à présent comprendre le dépôt de la cendre avec l’eau vive. La cendre correspond à l’affinement des émotions de l’âme animale, afin que l’on aime D.ieu « avec les deux inclinations » ; elle est la « course » vers le haut.

Le paragraphe 22 en bref

Le « mystère » du Zohar, qui consiste à aimer D.ieu avec les deux inclinations, est que la volonté de l’âme animale, une fois ses réceptacles brûlés, se transforme en un amour plus élevé que celui du bon penchant ; la cendre — les jugements brûlés puis adoucis — devient une « splendeur à la place de la cendre ».

Pour aller plus loin

La note de Kehot cite Me'orei Or : « la cendre de la vache : Mantsepach, leurs scories ont été brûlées et adoucies ; par, avec le kollel, équivaut à efer ». Autrement dit, par (280), augmenté d’une unité pour le mot lui-même, vaut 281, comme efer ; la cendre est donc constituée des cinq Guevourot dont les scories ont été brûlées.

Maré mekomot

  1. 1
    וז״ש בזהר · ע׳ ח״ב (כז, א). ושם (כו, ב). ועל״ק ואתחנן (ז, ד). וש״נ. [כ].
  2. 2
    בכל לבבך בשני יצריך ודא הוא רזא · Zohar, Vaera 10:93–13:104
  3. 3
    בשני יצריך כמ״ש בגמ׳ · Berakhot 54a:6
  4. 4
    עוצם עיניו מראות ברע · Isaiah 33:15
  5. 5
    לתת להם פאר תחת אפר · Isaiah 61:3
  6. 6
    מנצפ״ך בגימ׳ פר · מאו״א אות א׳ סעי׳ קיד ”אפר פרה מנצפ״ך נשרפו סיגיהם ונמתקו פ״ר עם הכולל גי׳ אפר” — אוה״ת חקת ע׳ תת. וראה גם בטעמי המצות בלקו״ת להאריז״ל ר״פ חקת.
  7. 7
    וז״ל הרח״ו בשער תיקון עונות ספ״ב · נדפס בשער היחודים קארעץ תקמ״ג דף לא, ד.

23ואח״כ [ואחר כך] צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] בחי׳ שוב וזהו ענין ונתן עליו מים חיים אל כלי מים הוא בחי׳ חכמה,

Et ensuite, il faut le niveau du « retour » (chov) ; c’est là le sens de « il mettra sur elle de l’eau vive dans un récipient ». L’eau est le niveau de 'Hokhma (sagesse) ;

Explication

Après la « course », le « retour » doit suivre : tel est le sens de « il mettra sur elle de l’eau vive dans un récipient ». L’eau représente 'Hokhma.

אך מים חיים שהם הנובעי׳ [הנובעים] מתחת לארץ היינו המשכת ונביעת החכמה שנמשך ונובע מבחי׳ הכתר שנק׳ מקור מים חיים

mais l’eau vive, qui jaillit sous la terre, désigne l’émanation et le jaillissement de 'Hokhma, qui se déploie et jaillit du niveau de Kéter (la Couronne), appelé « la source de l’eau vive »,

Explication

L’eau « vive », l’eau de source qui jaillit du sous-sol, est 'Hokhma telle qu’elle jaillit de sa source en Kéter, appelé « la source de l’eau vive ».

והוא סתימא דכל סתימין והוא בחי׳ החכמה שבתורה ומים חיים אלו צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] אל כלי דוקא

et cette source est « le plus caché de tous les cachés » (stima d’khol stimin) ; c’est le niveau de la sagesse qui se trouve dans la Torah. Or, cette eau vive doit être [mise] précisément « dans un récipient » :

Explication

Cette source est « le plus caché de tous les cachés », et ce qui en émane est la sagesse contenue dans la Torah. Cette eau doit être mise précisément « dans un récipient ».

היינו אותיות התורה מס׳ [מסכת] ברכות מס׳ [מסכת] שבת שהם כלים לאור א״ס [אין סוף] ב״ה המלובש שם, ועסק התורה זהו בחי׳ שוב להיות המשכת אור א״ס [אין סוף] ב״ה למטה.

c’est-à-dire dans les lettres de la Torah, les traités Berachos et Shabbos, qui sont des réceptacles pour la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, qui y est revêtue. L’étude de la Torah est le niveau du « retour » : elle fait descendre la Lumière infinie, béni soit-Il, ici-bas.

Explication

Les réceptacles sont les lettres de la Torah, les traités Berachos et Shabbos, qui contiennent la Lumière infinie revêtue en elles. L’étude de la Torah est le « retour » : elle fait descendre la Lumière infinie ici-bas.

ומ״מ [ומכל מקום] צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] האפר ע״ג [על גבי] מים חיים שגם אחר בחי׳ השוב לא יתכבה הרצוא ויהי׳ [ויהיה] רשומו ניכר

Néanmoins, la cendre doit se trouver au-dessus de l’eau vive : même après le niveau du « retour », la « course » ne doit pas s’éteindre, et son empreinte doit rester perceptible

Explication

Pourtant, la cendre doit demeurer avec l’eau : même après le « retour », la « course » ne doit pas s’éteindre et son empreinte doit encore se faire sentir.

(ועמש״ל [ועיין מה שכתוב לעיל] פ׳ יתרו בד״ה וכל העם רואים את הקולות כו׳ מענין זה איך שאין המים מכבין האש כו׳):

(Voir aussi ce qui est écrit plus haut, dans la paracha de Yitro, dans le discours commençant par « Et tout le peuple vit les voix », etc., à propos de cette idée : l’eau n’éteint pas le feu, etc.)

Explication

Le discours de Torah Ohr dans la paracha de Yitro, sur « Et tout le peuple vit les voix », explique comment l’eau n’éteint pas le feu.

Le paragraphe 23 en bref

L’eau vive versée sur la cendre représente le « retour » : par l’étude de la Torah, la sagesse de la Torah, issue de Kéter, est attirée dans les réceptacles que sont ses lettres ; tandis que la cendre qui demeure montre que l’aspiration vers le haut doit subsister au sein même du retour.

Maré mekomot

  1. 1
    ונתן עליו מים חיים אל כלי · Numbers 19:17
  2. 2
    וכל העם רואים את הקולות · Exodus 20:15

Le ver écarlate ¶24–32

24ד ועתה יש להבין ביאור ענין תולעת שני, והענין עפמ״ש [על פי מה שכתוב] בפע״ח [בפרי עץ חיים] שער ה׳ פ״ג [פרק ג׳] בפרשת עולת התמיד ובמ״ח שם עולת

4. Et maintenant, il faut comprendre l’explication de la question du ver écarlate (tola’at chani). Cela s’éclaire d’après ce qui est écrit dans Pri Etz Chaim, Sha'ar 5, chapter 3, à propos de la section de l’holocauste perpétuel (olat hatamid), et dans Mishnas Chassidim, au sujet du mot olat…

Explication

La section 4 aborde le ver écarlate, tola’at chani. Elle s’appuie sur Pri Etz Chaim (Sha'ar 5, chapter 3), à propos de l’offrande quotidienne, ainsi que sur le commentaire de Mishnas Chassidim concernant le mot olat.

שהם אותיות תולע ומספרו אבגית״ץ שהוא חסד שבגבורות סוד תולעת יעקב כו׳ להקריב אותיות להרקיב כו׳ ע״ש [עיין שם] במ״ח.

…a les mêmes lettres que tola (ver), et sa valeur numérique est [celle de] Avgitatz, qui correspond au 'Hessed au sein des Guevourot, le mystère du « ver de Yaakov », etc. L’hakcriv (« offrir ») a les mêmes lettres que l’harkiv (« faire pourrir »), etc. Voir là-bas dans Mishnas Chassidim.

Explication

Olat (עולת) a les mêmes lettres que tola (תולע, ver), et sa valeur, 506, est égale à celle d’Avgitatz (אבגית״ץ), les six premières lettres du Nom de quarante-deux lettres, qui correspond au 'Hessed au sein des Guevourot, « le ver de Yaakov ». L’hakcriv, « offrir », a les mêmes lettres que l’harkiv, « faire pourrir ».

והרמ״ז [והרב משה זכות] בפ׳ צו (בדף כ״ז) כ׳ [כתב] שלהיותו שם גבורה סגולתו להפריד הקדושה מן הטומאה ולהעלות ממטה למעלה כו׳

Et le Ramaz, dans Parshas Tzav (à la page 27), a écrit que, puisqu’il s’agit d’un Nom de Guevoura, son pouvoir particulier est de séparer la sainteté de l’impureté et d’élever ce qui est en bas vers le haut, etc.

Explication

Le Ramaz explique que, puisqu’il s’agit d’un Nom de Guevoura, son pouvoir particulier est de séparer la sainteté de l’impureté et d’élever ce qui est en bas.

ע״ש [עיין שם] וכמ״ש ג״כ בפ׳ מסעי בענין מ״ב מסעות שהיו ג״כ להכניע הקליפות ולהעלות הקדושה וכמ״ש

Voir là-bas. Et comme il est également écrit dans Parshas Masei, au sujet des quarante-deux étapes, qui visaient elles aussi à soumettre les kelipot et à élever la sainteté, comme il est écrit :

Explication

Le maamar sur Masei explique de la même façon les quarante-deux étapes d’Israël dans le désert : elles visaient elles aussi à soumettre les kelipot et à élever la sainteté.

ויהי בנסוע הארון ויאמר משה קומה ה׳ ויפוצו אויביך כו׳ ולכך הי׳ [היה] ג״כ מ״ב מסעות שהוא בחי׳ שם מ״ב דאנא בכח גדולת ית״ץ כו׳.

« Or, lorsque l’Arche se mettait en marche, Moché disait : “Lève-toi, Havaya, et que Tes ennemis soient dispersés” », etc. C’est pourquoi il y eut également quarante-deux étapes, correspondant au niveau du Nom de quarante-deux [lettres] de « Ana bechoa’h gedoulat yeminekha tatir tsroura (Nous T’implorons : par la grande puissance de Ta droite, délivre la captive) », etc.

Explication

Lorsque l’Arche se mettait en marche, Moché disait : « Lève-toi, Havaya, et que Tes ennemis soient dispersés » (Nombres 10:35). Les quarante-deux étapes correspondent au Nom de quarante-deux lettres, dont la première ligne est la prière Ana bechoa’h, « Nous T’implorons : par la grande puissance de Ta droite, délivre la captive ».

Le paragraphe 24 en bref

Le ver écarlate (tola) est relié, par ses lettres et sa valeur numérique, à l’offrande quotidienne et au Nom de quarante-deux lettres (Avgitatz), une force de Guevoura qui sépare la sainteté de l’impureté et soumet les kelipot, comme le firent les quarante-deux étapes.

Maré mekomot

  1. 1
    ובמ״ח שם · תפלת העשי׳ ד, ד.
  2. 2
    תולעת יעקב · Isaiah 41:14
  3. 3
    ויהי בנסוע הארון · Numbers 10:35

25והנה ענין בחי׳ זו בעבודת ה׳ הוא כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] מה תולעת זו אינה מכה ארזים אלא בפה כך ישראל אין להם

Or, le sens de ce niveau dans le service de D.ieu est celui qu’enseignent nos Sages, de mémoire bénie : « De même que ce ver ne frappe les cèdres que de sa bouche, ainsi Israël n’a rien… »

Explication

Dans le service de D.ieu d’une personne, le « ver » désigne d’abord la prière. Les Sages comparent Israël à un ver qui abat les cèdres par sa seule bouche, car la force d’Israël réside dans la prière.

אלא תפלה כו׳ וכמ״ש ג״כ בפ׳ אלה מסעי הנ״ל איך בק״ש [בקריאת שמע] ותפלה שייך בחי׳ ההעלאה דמ״ב מסעות הנ״ל ע״ש [עיין שם] באריכות.

…que la prière », etc. Et comme il est également écrit dans la paracha Eileh Masei, mentionnée plus haut, au sujet de la manière dont le niveau de l’élévation correspondant aux quarante-deux étapes évoquées plus haut s’applique au Chéma et à la prière ; voir là-bas le développement détaillé.

Explication

Le maamar sur Eileh Masei explique en détail comment l’élévation correspondant aux quarante-deux étapes s’applique au Chéma et à la prière.

אמנם באמת כמו כן קאי בחי׳ תולעת יעקב על עסק התורה בדיבור פה וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] (מ״ק [מועד קטן] י״ו ב׳) גבי דוד כשהיה יושב ועוסק בתורה היה מעדן עצמו כתולעת.

Cependant, en vérité, le niveau du « ver de Yaakov » désigne également l’étude de la Torah par la parole de la bouche, comme l’ont enseigné nos Sages, de mémoire bénie (Moed Katan 16b) à propos de David : lorsqu’il s’asseyait et s’adonnait à l’étude de la Torah, il se faisait souple comme un ver.

Explication

Le « ver de Yaakov » désigne aussi l’étude de la Torah à voix haute. Le Talmud (Moed Katan 16b) dit que, lorsque David s’asseyait et étudiait la Torah, il se faisait souple comme un ver.

והענין שהתורה נק׳ עוז ותושיה דהיינו שהדבור בתורה נותן עוז וכח לנפש האלקית שתוכל לעלות ולהתכלל בא״ס [באין סוף] ב״ה ומחלשת כח הנפש הבהמית המונעת העלאה ודביקות זו כו׳

Le sens en est que la Torah est appelée « force et sagesse » (oz ve-touchiya) : autrement dit, la parole de Torah donne force et vigueur à l’âme divine, afin qu’elle puisse s’élever et être incluse dans l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il ; et elle affaiblit la force de l’âme animale, qui empêche cette élévation et cette adhésion, etc.

Explication

La Torah est appelée « force » (oz) et touchiya, terme que le Talmud interprète comme « affaiblissement » : prononcer des paroles de Torah fortifie l’âme divine afin qu’elle s’élève et se fonde dans l’Infini, et affaiblit l’âme animale qui la retient.

וזהו שבחי׳ עולת תמיד עולת אותיות תולע היא העשויה בהר סיני כו׳ בקבלת התורה שכח זה להיות הלכה היוצאה מפיהם דבר ה׳ ממש זהו ניתן להם בזמן קבלת התורה,

Et c’est pourquoi le niveau de l’holocauste perpétuel, olat, dont les lettres sont celles de tola, est « celui qui fut offert au mont Sinaï », etc., lors du don de la Torah : car ce pouvoir — que la halakha sortant de leur bouche soit véritablement la parole de D.ieu — leur fut donné au moment du don de la Torah.

Explication

Voilà pourquoi l’holocauste quotidien, olat, dont les lettres sont celles de tola, est « celui qui fut offert au mont Sinaï ». Lors du don de la Torah, Israël reçut le pouvoir de faire que la halakha prononcée par eux soit véritablement la parole de D.ieu.

וזהו ענין לאמר דוידבר אלקים את כל הדברים האלה לאמר וכמ״ש במ״א בפ׳ יתרו בד״ה בחדש השלישי כו׳.

Et tel est le sens du « pour dire » dans « Et Elokim prononça toutes ces paroles, pour dire », comme il est expliqué ailleurs, dans la paracha Yitro, dans le maamar commençant par « Au troisième mois », etc.

Explication

Le texte dit que c’est là le sens de lemor (« pour dire ») dans « Et Elokim prononça toutes ces paroles, pour dire » : Israël aussi prononcerait la parole de D.ieu. Le maamar de Torah Ohr sur Yitro commençant par « Au troisième mois » l’explique.

Le paragraphe 25 en bref

Le ver, dont la force réside dans sa bouche, représente la prière et, plus encore, la Torah prononcée à voix haute, qui fortifie l’âme divine et affaiblit l’âme animale. Ce pouvoir fut donné au Sinaï ; il constitue le lemor des Dix Commandements.

Maré mekomot

  1. 1
  2. 2
    התו׳ נק׳ עוז ותושי׳ · Vayikra Rabbah 31:5
  3. 3
    העשויה בהר סיני · Numbers 28:6
  4. 4
    וידבר אלקים את כל הדברים האלה לאמר · Exodus 20:1

26וזהו הפי׳ של אנא בכח גדולת ימינך תתיר צרורה. דהנה כתיב ימינך ה׳ נאדרי בכח ימינך ה׳ תרעץ אויב.

Et telle est la signification de « Nous T’en supplions, par la grande puissance de Ta droite, délie celle qui est liée » (Ana bekoa'h gedoulat yeminekha tatir tseroura). Car il est écrit : « Ta droite, Havaya, est glorieuse en puissance ; Ta droite, Havaya, brise l’ennemi. »

Explication

La première ligne d’Ana bekoa'h, « par la grande puissance de Ta droite, délie celle qui est liée », fait écho au Chant de la mer : « Ta droite, Havaya, est glorieuse en puissance ; Ta droite, Havaya, brise l’ennemi. »

שע״י שהימין נאדר בכח שהוא התורה כמ״ש קול ה׳ בכח כי אורייתא מחכמה נפקת והימין שהוא החסד מקבל מהחכמה.

C’est-à-dire que la droite est « glorieuse en puissance » (koa'h) grâce à la Torah, comme il est écrit : « La voix de Havaya retentit avec puissance », car « la Torah émane de 'Hokhma (sagesse) », et la droite, qui est 'Hessed (bonté), reçoit de 'Hokhma

Explication

La droite est « glorieuse en puissance » grâce à la Torah, comme dans « la voix de Havaya retentit avec puissance » : la Torah émane de 'Hokhma, et la droite, 'Hessed, reçoit de 'Hokhma.

[וגם יש בחי׳ ורב חסד שמתלבש בחכמה כו׳] עי״ז דוקא תרעץ אויב הוא היצר הרע.

[et il existe aussi le niveau de « grande abondance de bonté » (verav 'hessed), qui se revêt dans 'Hokhma, etc.], c’est précisément ainsi qu’« elle brise l’ennemi », c’est-à-dire le mauvais penchant.

Explication

L’ajout entre crochets précise que la « grande abondance de bonté » (verav 'hessed), l’un des Treize Attributs de miséricorde, se revêt dans 'Hokhma. C’est uniquement par la Torah que la droite « brise l’ennemi », le mauvais penchant.

כי מצד עצמות אור א״ס [אין סוף] הרי גם שממית בידים תתפש כו׳, ולכן אמר אויב ארדוף אשיג כו׳, אלא ע״י התורה שהיא החכמה נעשה ההבדלה

Car, du point de vue de l’essence de la Lumière infinie (Or Ein Sof), après tout, même « l’araignée se saisit de ses mains », etc. C’est pourquoi il est dit : « L’ennemi disait : “Je poursuivrai, je rattraperai” », etc. Mais c’est par la Torah, qui est 'Hokhma, que s’opère la séparation,

Explication

Du point de vue de l’essence de la Lumière infinie, rien n’est exclu : même l’« araignée » des Proverbes, qui « se saisit de ses mains », se trouve dans les palais du Roi. C’est pourquoi l’ennemi, à la mer, pouvait se vanter : « Je poursuivrai. » Seule la Torah, qui est 'Hokhma, sépare le bien du mal.

וכדכתיב משם אורידך נאם הוי׳ נאם הוא בחי׳ דבור של התורה כו׳ ולכן נק׳ החכמה דין כמ״ש האריז״ל [האר״י זכרונו לברכה] שבחי׳ גבורה דעתיק מלובש במו״ס [במוחא סתימאה].

comme il est écrit : « De là, Je te ferai descendre, dit (neoum) Havaya » ; neoum désigne le niveau de la parole de la Torah, etc. C’est pourquoi 'Hokhma est appelée « jugement » (din), comme l’a écrit l’Ari zal : le niveau de Guevoura d’Atik se revêt dans Mo'ha Stima'a (le cerveau caché).

Explication

Comme le dit Obadia : « De là, Je te ferai descendre, dit (neoum) Havaya », et neoum désigne la parole de la Torah. Voilà pourquoi 'Hokhma est appelée « jugement » (din) : selon l’enseignement de l’Ari zal, la Guevoura d’Atik se revêt dans Mo'ha Stima'a, la racine de 'Hokhma.

Le paragraphe 26 en bref

Ana bekoa'h demande que la droite, fortifiée par la Torah, qui est 'Hokhma, délie celle qui est liée et brise l’ennemi : la Lumière infinie, en tant que telle, n’exclut rien, mais 'Hokhma, qui contient le jugement, sépare le bien du mal.

Pour aller plus loin

Le passage de Torah Ohr cité dans la note de Kehot explique que les premiers kabbalistes considéraient 'Hokhma comme entièrement 'Hessed, puisqu’elle est la source de 'Hessed, jusqu’à ce que le 'Hayat (Rabbi Yehouda 'Hayat) y découvre aussi le jugement, ce pour quoi l’Ari zal le félicita. Tout au long de l’exil, le raffinement — séparer le mal du bien — s’accomplit par 'Hokhma, car « c’est par 'Hokhma qu’ils sont raffinés ».

Maré mekomot

  1. 1
    כי אורייתא מחכמה נפקת · Zohar, Yitro 21:378–22:389
  2. 2
    שממית בידים תתפש · Proverbs 30:28
  3. 3
    אמר אויב ארדוף אשיג · Exodus 15:9
  4. 4
    משם אורידך נאום ה׳ · Obadiah 1:4
  5. 5
    ולכן נק׳ החכמה דין כמ״ש האריז״ל · ראה תו״א ה, ד בשם החייט ”ושבחו האר״י ז״ל”. ביאוה״ז לצ״צ-ב ע׳ תרצה.
  6. 6
    קול ה׳ בכח · Psalms 29:4
  7. 7
    ימינך ה׳ נאדרי בכח ימינך ה׳ תרעץ אויב · Exodus 15:6

27וזהו אנא בכח גדולת ימינך תתיר כו׳ ר״ל [רוצה לומר] ע״י שהימין נאדר בכח גדולת שהיא התורה והיינו ע״י הקל קול יעקב עי״ז תתיר צרורה ותרעץ אויב,

Et c’est là le sens de « Nous T’en prions, par la grande puissance de Ta droite, délivre… » : c’est-à-dire que, par la droite qui se glorifie dans la « grande puissance », laquelle est la Torah — autrement dit, par « la voix est la voix de Yaakov » —, Tu « délivres le captif » et « brises l’ennemi ».

Explication

Ainsi, Ana bekoa’h signifie que, par la Torah — la « grande puissance » de la droite, qui est « la voix de Yaakov » dans l’étude et la prière —, le captif est délivré et l’ennemi brisé.

וזהו בחי׳ תולעת יעקב שמכה ומרקיב הארז כמו שכתוב אח״כ [אחר כך] קרע שטן וכמ״ש יכלו שוטני נפשי.

Et c’est là le niveau du « ver de Yaakov », qui frappe le cèdre et le fait pourrir, comme il est écrit ensuite : kra satan (« déchire le Satan »), et comme il est écrit : « Que soient consumés ceux qui s’opposent à mon âme. »

Explication

C’est le « ver de Yaakov », qui frappe le cèdre et le fait pourrir. Les mots suivants d’Ana bekoa’h ont pour initiales kra satan, « déchire le Satan », et le Psaume dit : « Que soient consumés ceux qui s’opposent à mon âme. »

והנה ענין אין כחו אלא בפיו שהוא הדבור דוקא באותיות התורה והתפלה הוא כמבואר לעיל שהדבור נמשך מבחינת כתר שהוא בחי׳ מדבר

Or, le sens de « sa force ne réside que dans sa bouche » — c’est-à-dire la parole précisément, dans les lettres de la Torah et de la prière — est celui qui a été expliqué plus haut : la parole émane du niveau de Kéter (la Couronne), qui est le niveau de celui qui parle,

Explication

Pourquoi la force du ver réside-t-elle dans sa bouche ? Parce que la parole, dans les lettres de la Torah et de la prière, provient de Kéter, le niveau de « celui qui parle », comme cela a été expliqué plus haut.

כי נעוץ תחלתן בסופן דוקא (וזהו שהמל׳ [שהמלכות] הנקרא תולעת יעקב וגם הת״ת [התפארת] נקרא תולע כמ״ש בפרדס בערך תולעת והם דבורי התפלה והתורה שרשן מהכתר הנקרא מדבר).

car « leur commencement est précisément inséré dans leur fin ». (Et c’est pourquoi Mal’hout (souveraineté) est appelée « le ver de Yaakov », et Tiferet (beauté) est également appelée tola, comme il est écrit dans le Pardes, à l’entrée tola’at ; ce sont les paroles de la prière et de la Torah, dont la racine provient de Kéter, appelé « celui qui parle ».)

Explication

« Leur commencement est inséré dans leur fin » : Mal’hout, le niveau le plus bas, a sa racine en Kéter. C’est pourquoi Mal’hout est appelée « le ver de Yaakov », et le Pardes dit que Tiferet est également appelée tola ; il s’agit des paroles de la prière et de la Torah, dont la racine se trouve en Kéter.

והוא ע״ד [על דרך] מ״ש במיכה (סי׳ ה׳) תרום ידך על צריך וכל אויביך יכרתו, שמבחי׳ תרום ידך היינו יד הרמה

Cela correspond à ce qui est écrit dans Michah (chapter 5) : « Ta main s’élèvera au-dessus de tes adversaires, et tous tes ennemis seront retranchés » : du niveau de « Ta main s’élèvera », c’est-à-dire la main élevée,

Explication

Michah dit : « Ta main s’élèvera au-dessus de tes adversaires, et tous tes ennemis seront retranchés. » La « main élevée » est Kéter.

שהוא בחי׳ כתר נמשך להיות וכל אויביך יכרתו וכמ״ש ג״כ ביצ״מ [ביציאת מצרים] ובנ״י [ובני ישראל] יוצאים ביד רמה וזהו ג״כ מ״ש והיה כאשר ירים משה ידו וגבר ישראל כו׳

qui est le niveau de Kéter, émane la force par laquelle « tous tes ennemis seront retranchés ». De même, il est écrit au sujet de la sortie d’Égypte : « Les enfants d’Israël sortirent la main haute » ; et c’est aussi le sens de ce qui est écrit : « Et lorsque Moché levait la main, Israël l’emportait », etc.

Explication

C’est de Kéter que vient la force qui retranche les ennemis, comme lors de la sortie d’Égypte, où « les enfants d’Israël sortirent la main haute », et dans la guerre contre Amalek, où « Moché levait la main et Israël l’emportait ».

וכמ״ש רמה ידך בל יחזיון וכתיב הסוררים אל ירומו כו׳, והענין ע״פ המבואר במ״א ע״פ ויקח המן את הלבוש ואת הסוס.

Comme il est écrit : « Ta main est élevée, mais ils ne voient pas », et il est écrit : « Que les rebelles ne s’élèvent pas », etc. Le sens s’éclaire à la lumière de ce qui est expliqué ailleurs au sujet du verset : « Haman prit le vêtement et le cheval » :

Explication

De même : « Ta main est élevée, mais ils ne voient pas » (Isaïe 26:11), et « Que les rebelles ne s’élèvent pas » (Psaumes 66:7). L’idée est expliquée dans le discours sur « Haman prit le vêtement et le cheval ».

איך שע״י שהאדם מעורר בנפשו בחינת גאות דקדושה שלא ירצה להשפיל א״ע [את עצמו] בתאוות עוה״ז [עולם הזה] עי״ז מעורר למעלה גם כן בחינת כי גאה גאה ותרגומו איתגאי על גיוותניא כלומר שמתגאה ומסלק השפעתו מן הגאים

lorsqu’un homme éveille dans son âme le niveau de l’orgueil saint, de sorte qu’il ne veuille pas s’abaisser aux désirs de ce monde, il éveille par cela aussi, en haut, le niveau de « car Il s’est hautement élevé » (ki ga’oh ga’ah), que le Targoum rend par « Il s’élève au-dessus des orgueilleux » ; c’est-à-dire qu’Il s’élève et retire Son influx aux orgueilleux,

Explication

Lorsqu’un homme éveille en lui un orgueil saint et refuse de s’abaisser aux désirs de ce monde, il éveille en haut le niveau de « car Il s’est hautement élevé », que le Targoum Onkelos rend par « Il s’élève au-dessus des orgueilleux ». D.ieu affirme alors Sa grandeur et retire Son influx aux orgueilleux.

דהיינו הרשעים האומרים ידינו רמה ולא ה׳ פעל כל זאת בפ׳ האזינו (ל״ב כ״ז) וכן לי יאורי ואני עשיתני (ביחזקאל כ״ט ג׳)

à savoir les méchants qui disent : « Notre main est haute, et ce n’est pas Havaya qui a fait tout cela », dans la paracha Haazinou (32:27), et de même : « Mon fleuve est à moi, et c’est moi qui me suis fait » (Ézéchiel 29:3).

Explication

Les « orgueilleux » sont les méchants qui disent : « Notre main est haute, et ce n’est pas Havaya qui a fait tout cela », ainsi que Pharaon, qui disait : « Mon fleuve est à moi, et c’est moi qui me suis fait ».

ולכן נאמר כי גאה גאה גבי נס דקי״ס [דקריעת ים סוף] שהשפיל הגאים והטביע המצרים בים והגביה שפלים והיינו ע״י בחי׳ גאה גאה.

C’est pourquoi il est dit « car Il s’est élevé hautement » à propos du miracle de la scission de la mer : Il a humilié les orgueilleux, noyé les Égyptiens dans la mer et élevé les humbles ; cela s’accomplit par le niveau de « s’est élevé hautement ».

Explication

C’est pourquoi le Chant de la mer commence par « car Il s’est élevé hautement » : là, D.ieu a humilié les orgueilleux Égyptiens dans la mer et élevé les humbles.

והא דלפעמים מצינו בהפך דאדרבה מחמת הגדולה יוכל להיות נמשך חיות גם לקליפות לפי שמצד הגדולה הוא כלא חשיב ואין תופס מקום לדקדק וכמ״ש שממית בידים תתפש כו׳

Quant au fait que l’on trouve parfois le contraire, à savoir que, bien au contraire, en raison de Sa grandeur, une force vitale peut être attirée même vers les kelipot, puisque, du point de vue de cette grandeur, tout est considéré comme négligeable et qu’il n’y a pas lieu d’être pointilleux, comme il est écrit : « L’araignée se saisit de ses mains », etc.,

Explication

On dit parfois le contraire : en raison de la grandeur de D.ieu, la force vitale atteint même les kelipot, car devant Sa grandeur tout est comme rien et il n’y a pas lieu d’être pointilleux, comme dans le cas de l’« araignée » au palais du roi.

זהו דוקא כביכול כשאינו מתגאה ומתרומם אז הוא בלי דקדוק וכיון דכולא קמיה כלא לכן יכולים הכל לקבל,

cela ne vaut que lorsque, pour ainsi dire, Il ne s’élève ni ne Se magnifie ; alors, Il ne se montre pas pointilleux, et puisque « tout devant Lui est comme rien », tous peuvent donc recevoir.

Explication

Cela ne vaut que lorsque, pour ainsi dire, D.ieu n’affirme pas Son élévation. Son influx est alors accordé sans exigence particulière et, puisque tout est comme rien devant Lui, tous peuvent recevoir.

אבל ע״י בחי׳ גאה גאה אז יקפיד שלא יקבלו הגאים הרשעים וזהו ה׳ רמה ידך בל יחזיון פי׳ דוקא כאשר רמה ידך עי״ז בל יחזיון כו׳.

Mais par le niveau de « s’est élevé hautement », Il veille alors à ce que les orgueilleux, les méchants, ne reçoivent pas. C’est le sens de : « Havaya, Ta main s’est élevée, mais ils ne voient pas » : c’est précisément lorsque « Ta main s’est élevée » que, par cela, « ils ne voient pas », etc.

Explication

Lorsqu’Il est « élevé hautement », Il veille à ce que les orgueilleux et les méchants ne reçoivent pas. Tel est le sens de : « Havaya, Ta main s’est élevée, mais ils ne voient pas » : lorsque Sa main s’élève, ils ne peuvent recevoir.

Le paragraphe 27 en bref

La force du ver réside dans la parole, dont la racine est en Kéter, la « main élevée ». Lorsqu’un homme éveille en lui un orgueil saint, la grandeur divine (ga’oh ga’ah) retire Son influx aux orgueilleux, contrairement à l’influx indifférencié de Sa grandeur, dont même les kelipot reçoivent leur part.

Maré mekomot

  1. 1
    הקל קול יעקב · תולדות כז, כב.
  2. 2
    הקל קול יעקב · Genesis 27:22
  3. 3
    יכלו שוטני נפשי · Psalms 71:13
  4. 4
    תרום ידך על צריך וכל אויביך יכרתו · Micah 5:8
  5. 5
    ובנ״י יוצאים ביד רמה · Exodus 14:8
  6. 6
    והיה כאשר ירים משה ידו וגבר ישראל · Exodus 17:11
  7. 7
    רמה ידך בל יחזיון · Isaiah 26:11
  8. 8
    הסוררים אל ירומו · Psalms 66:7
  9. 9
    ויקח המן את הלבוש ואת הסוס · Esther 6:11
  10. 10
    כי גאה גאה · Exodus 15:1
  11. 11
    איתגאי על גיוותניא · Onkelos Exodus 15:1
  12. 12
    ידינו רמה ולא ה׳ פעל כל זאת · Deuteronomy 32:27
  13. 13
  14. 14
    והי׳ כאשר ידים משה ידו · שם יז, יא.

28ונראה לבאר זה עפמ״ש [על פי מה שכתוב] האריז״ל [האר״י זכרונו לברכה] בפי׳ עבדים היינו לפרעה היונק מעורף דא״א [דאריך אנפין] דדוקא מבחינת עורף ואחוריים דכתר משם יוכל גם פרעה שאמר לי יאורי כו׳

Et il semble [possible] de l’expliquer d’après ce que l’Ari Zal écrit au sujet de « Nous étions esclaves de Pharaon », qui tire sa nourriture de la nuque (oref) d’Arikh Anpin : c’est précisément du niveau de la nuque et de l’arrière de Kéter (la Couronne) que Pharaon lui-même, qui disait : « Mon fleuve est à moi », etc., peut aussi

Explication

L’Ari Zal explique « Nous étions esclaves de Pharaon » en comprenant Pharaon (פרעה) comme ha’oref, « la nuque » : Pharaon tirait sa nourriture de la nuque d’Arikh Anpin. Seuls l’arrière et la nuque de Kéter permettent même à Pharaon, qui disait : « Mon fleuve est à moi », de recevoir.

גם כן לקבל חיות ויניקה משא״כ כשנמשך השפע מבחינת פנים כתיב יאר ה׳ פניו אליך דוקא, וזהו רמה ידך שנמשך מבחינת פנים אזי בל יחזיון.

recevoir une force vitale et une nourriture ; il n’en va pas ainsi lorsque le flux est attiré du niveau de la face (panim), car il est écrit à ce sujet : « Que Havaya fasse rayonner sa face vers toi », précisément. Et c’est là « Ta main est élevée » : le flux est attiré du niveau de la face, et alors « ils ne voient pas ».

Explication

Lorsque le flux provient de la « face » de Kéter, c’est comme le dit la bénédiction sacerdotale : « Que Havaya fasse rayonner sa face vers toi », précisément « vers toi », et Pharaon ne peut pas en tirer sa nourriture. C’est là « Ta main est élevée » : un flux provenant de la face, que les méchants « ne voient pas ».

Le paragraphe 28 en bref

L’enseignement de l’Ari Zal, selon lequel Pharaon tirait sa nourriture de la nuque d’Arikh Anpin, l’explique : les méchants ne reçoivent que de l’« arrière » de Kéter, et non de sa « face », qui est la « main élevée ».

Maré mekomot

  1. 1
    עפמ״ש האריז״ל בפי׳ עבדים היינו · פע״ח שכ״א, פ״ו. ראה בארוכה בסידור שער חג המצות רצג, ג. וראה לעיל פ׳ אמור לט, א.
  2. 2
    עבדים היינו לפרעה · Deuteronomy 6:21
  3. 3
    יאר ה׳ פניו אליך · Numbers 6:25

29וגם י״ל [יש לומר] כי הנה פי׳ גאה גאה הוא ע״ד [על דרך] אדון הנפלאות דהיינו שאפי׳ [שאפילו] בחי׳ פלא נחשב אצלו ית׳ כעשיה גשמיות כמ״ש עושה פלא וכמש״ל [וכמה שכתוב לעיל] בפ׳ בשלח בד״ה אשירה כו׳

On peut également dire que le sens de « hautement exalté » (ga'oh ga'ah) s’apparente à celui de « Maître des merveilles » : même le niveau du merveilleux est considéré par Lui, qu’Il soit béni, comme une action matérielle, ainsi qu’il est écrit : « accomplissant des merveilles » (oseh fele), comme cela a été expliqué plus haut, dans la paracha de Béchala’h, dans le discours commençant par « Je chanterai », etc.

Explication

Une autre explication de ga'oh ga'ah : l’expression s’apparente à « Maître des merveilles », dans la bénédiction de Yotser du matin, car pour D.ieu, même un prodige n’est pas davantage qu’une action ordinaire, comme dans « accomplissant des merveilles » (Exode 15:11). Le discours de Béchala’h commençant par « Je chanterai » explique cela.

ובחי׳ ומדרגה זו הוא הנקרא עתיק יומין המתנשא מימות עולם שהוא בחי׳ העליונה שבכתר סתימא דכל סתימין, וכמ״ש ג״כ בזוהר (בשלח דף נ״ב) גבי קי״ס [קריעת ים סוף] בעתיקא תליא מילתא.

Ce niveau et ce rang sont appelés Atik Yomin (l’Ancien des jours), « qui s’élève au-dessus des jours du monde » ; c’est le niveau le plus élevé de Kéter (la Couronne), « le plus caché de tous les cachés ». Ainsi est-il également écrit dans le Zohar (Béchala’h, page 52), à propos de la scission de la mer : « la chose dépend d’Atika ».

Explication

Ce niveau est Atik Yomin, « l’Ancien des jours » (Daniel 7:9), « qui s’élève au-dessus des jours du monde », comme le dit la bénédiction de Yotser : le niveau le plus élevé de Kéter, « le plus caché de tous les cachés ». Le Zohar dit que la scission de la mer « dépend d’Atika ».

והענין כי בחי׳ עתיק היינו פנימית הכתר דהיינו שכולו פנים ואין בו בחי׳ אחוריים כלל כמ״ש בע״ח [בעץ חיים] שער עתיק פ״ב [פרק ב׳],

Le sens en est que le niveau d’Atik est la dimension intérieure (pnimiyout) de Kéter : il est entièrement face, et ne comporte aucun aspect de « dos », comme il est écrit dans Etz Chaim, Sha'ar Atik, chapitre 2.

Explication

Atik est la dimension intérieure de Kéter, entièrement « face » et sans aucun « dos ». Dans Sha'ar Atik, Etz Chaim explique qu’aucun dos n’est révélé en Atik, de sorte que tout y est appelé face.

ולכן נאמר ע״ז [על זה] גאה גאה גיאה על גיוותניא שמבחינה זו אין שום יניקה לקליפות ורשעים שיניקתם מצד גדולתו ית׳ מ״מ [מכל מקום] הוא

C’est pourquoi il est dit à ce sujet : « hautement exalté », « Il est exalté au-dessus des exaltés » ; car, à partir de ce niveau, les kelipot et les méchants ne reçoivent absolument aucune nourriture ; leur nourriture, qui provient du côté de Sa grandeur, qu’Il soit béni, n’en provient néanmoins

Explication

C’est pourquoi il est dit au sujet d’Atik : « hautement exalté », « exalté au-dessus des exaltés ». Les kelipot et les méchants ne reçoivent absolument aucune nourriture de ce niveau, car ce qu’ils tirent de la grandeur de D.ieu ne leur parvient que par le « dos ».

רק מבחינת אחוריים וכיון שבב חי׳ זו אין שייך שום אחוריים כלל ממילא א״א [אי אפשר] להיות להם יניקה.

que du niveau du dos ; et puisque, dans ce niveau, aucun dos n’a place, il s’ensuit qu’ils ne peuvent tout simplement pas en recevoir de nourriture.

Explication

Puisqu’il n’y a aucun « dos » à ce niveau, ils ne peuvent tout simplement pas en tirer quoi que ce soit.

Le paragraphe 29 en bref

Ga'oh ga'ah désigne Atik Yomin, le niveau le plus intérieur de Kéter, entièrement « face » et dépourvu de « dos ». Les kelipot, qui ne tirent leur nourriture que du dos, n’en reçoivent donc rien ; c’est pourquoi la scission de la mer « dépend d’Atika ».

Maré mekomot

  1. 1
    גאה גאה · Exodus 15:1
  2. 2
    אדון הנפלאות · ברכת יוצר.
  3. 3
    עושה פלא · Exodus 15:11
  4. 4
    הנק׳ עתיק יומין · Daniel 7:9
  5. 5
    המתנשא מימות עולם · ברכת יוצר.
  6. 6
    בעתיקא תליא מילתא · Zohar, Beshalach 13:178–14:190
  7. 7
    כמ״ש בע״ח שער עתיק פ״ב · Sefer Etz Chaim 12:2
  8. 8
    גיאה על גיוותניא · Onkelos Exodus 15:1

30ויניקת פרעה הוא רק מעורף דא״א [דאריך אנפין] כי בא״א [באריך אנפין] שייך פנים ואחוריים אזי מבחי׳ העורף יוכל פרעה לינק

Et la nourriture de Pharaon ne vient que de la nuque d’Arikh Anpin : car en Arikh Anpin, il y a les notions de face et de dos ; Pharaon peut donc recevoir sa nourriture du niveau de la nuque.

Explication

La nourriture de Pharaon provient uniquement de la nuque d’Arikh Anpin, le niveau extérieur de Kéter, qui comporte une face et un dos.

דהיינו שמעוצם הגדולה דכולא קמיה כלא חשיב יוכל גם פרעה לקבל והיינו דוקא כשנמשך השפע דרך אחוריים

C’est-à-dire que, de l’immensité de la grandeur devant laquelle « tout est considéré comme rien », même Pharaon peut recevoir ; mais cela n’est possible que lorsque le flux est transmis par le dos,

Explication

Puisque devant la grandeur de D.ieu, « tout est considéré comme rien », même Pharaon peut recevoir, mais seulement lorsque le flux passe par le dos.

דהיינו כמאן דשדי בתר כתפין משא״כ כשנמשך מבחי׳ פנים דא״א [דאריך אנפין] ברצון וחשק וחפץ ע״ז [על זה] נאמר ויוציאנו ה׳ אלקינו כו׳ (וכמ״ש באריכות במ״א ע״פ מאמר עבדים היינו הנ״ל).

c’est-à-dire comme quelqu’un qui jette [quelque chose] par-dessus son épaule. Il n’en va pas ainsi lorsque le flux provient du niveau de la face d’Arikh Anpin, avec volonté, aspiration et désir : c’est alors qu’il est dit : « Et Havaya, notre D.ieu, nous fit sortir », etc. (comme cela est expliqué longuement ailleurs au sujet du passage « Nous étions esclaves », mentionné plus haut).

Explication

C’est comme quelqu’un qui lance quelque chose par-dessus son épaule sans regarder. Lorsque le flux provient de la face d’Arikh Anpin, avec volonté et désir, alors « Havaya, notre D.ieu, nous fit sortir » (comme le dit la Haggada, après Deutéronome 6:21), et Pharaon perd son emprise.

וזהו וברוב גאונך תהרוס קמיך. ברוב גאונך דייקא שהוא בחי׳ גאה גאה שמבחי׳ זו ודאי תהרוס קמיך דמשם א״א [אי אפשר] להם לינק מטעם הנ״ל (ועיין בזהר פ׳ בשלח דף נ״ח ע״ב ודו״ק [ודוק])

C’est là le sens de : « Et par la grandeur de Ton exaltation, Tu renverses ceux qui se dressent contre Toi » : c’est précisément « par la grandeur de Ton exaltation », qui correspond au niveau de « hautement exalté » ; de ce niveau, Tu renverses assurément « ceux qui se dressent contre Toi », car ils ne peuvent pas en tirer leur nourriture, pour la raison évoquée plus haut (voir aussi le Zohar, Parachat Béchala’h, page 58b, et examinez cela attentivement).

Explication

« Par la grandeur de Ton exaltation, Tu renverses ceux qui se dressent contre Toi » (Exode 15:7) : cela renvoie à ga’oh ga’ah, Atik, d’où ils ne peuvent rien tirer. Le Zohar, sur ce verset de Béchala’h, parle de D.ieu qui s’élève « toujours plus haut » et se revêt d’exaltation.

וזהו ג״כ מ״ש במ״א בפי׳ ישא ה׳ פניו אליך כלומר שישא ויגביה פניו לבחי׳ שאין שם בחי׳ אחוריים כלל ועי״ז יומשך ההשפעה אליך דייקא.

C’est également le sens de ce qui est expliqué ailleurs à propos de « Que Havaya fasse rayonner Son visage vers toi » : c’est-à-dire qu’Il élève et porte Son visage vers un niveau où il n’existe absolument aucune notion de dos ; ainsi, le flux sera transmis précisément « vers toi ».

Explication

De même, « Que Havaya fasse rayonner Son visage vers toi » (Nombres 6:26) signifie que D.ieu élève Son visage vers un niveau où il n’y a absolument aucun dos, de sorte que le flux parvienne précisément « vers toi ».

וזהו רם ונשא כו׳ משפיל גאים כו׳ כה אמר רם ונשא כו׳ ואת דכא ושפל רוח כו׳.

C’est là le sens de : « Élevé et exalté », etc., « Il abaisse les orgueilleux », etc. ; « Car ainsi parle Celui qui est élevé et exalté », etc., « et [Je demeure] avec celui qui est brisé et humble d’esprit », etc.

Explication

Ainsi, la prière après le Chema appelle D.ieu « élevé et exalté… qui abaisse les orgueilleux », et Isaïe dit : « Ainsi parle Celui qui est élevé et exalté… [Je demeure] avec celui qui est brisé et humble d’esprit. » Son exaltation abaisse les orgueilleux et atteint les humbles.

כי רמה ידך דייקא אז בל יחזיון וכמ״ש ג״כ במ״א בפי׳ כי יד על כס יה שהוא בחי׳ יד רמה דייקא כו׳

Car, précisément lorsque « Ta main s’élève », alors « ils ne voient pas ». Et de même, il est expliqué ailleurs au sujet de « Car une main est sur le trône de Kah » que cela correspond au niveau de la main levée, précisément, etc. ;

Explication

Lorsque Sa main est « levée », les impies « ne voient pas ». La même idée apparaît dans l’explication de « Car une main est sur le trône de Kah » (Exode 17:16), dit à propos de la guerre contre Amalek : il s’agit de la main levée.

ע״ש [עיין שם] באריכות בד״ה חייב אינש לבסומי בפוריא. גם י״ל [יש לומר] כי יד רמה היינו ת״ת [תפארת] שבכתר כו׳ שהת״ת [שהתפארת] עולה עד כו׳.

voir là-bas longuement, dans le discours qui commence par « Il incombe à chacun de s’enivrer à Pourim ». On peut aussi dire que la main levée désigne Tiferet au sein de Kéter, etc., car Tiferet s’élève jusqu’à…, etc.

Explication

Cette explication se trouve dans le discours de Torah Ohr qui commence par « Il incombe à chacun de s’enivrer à Pourim ». Selon une autre explication, la « main levée » est Tiferet au sein de Kéter, car Tiferet s’élève très haut ; le texte laisse la suite inexprimée par « etc. ».

Le paragraphe 30 en bref

Pharaon ne tirait sa nourriture que du « dos » d’Arikh Anpin, où le flux vient sans égard particulier. Lorsque le flux provient de la « face », et surtout d’Atik, les orgueilleux sont renversés et le flux n’atteint que ceux auxquels il est destiné.

Maré mekomot

  1. 1
    כשנמשך השפע דרך אחוריים · ראה אוה״ת ראה ע׳ תתט.
  2. 2
    וברוב גאונך תהרס קמיך · Exodus 15:7
  3. 3
    וברוב גאונך תהרוס קמיך · Zohar, Beshalach 20:307–23:316
  4. 4
    ישא ה׳ פניו אליך · Numbers 6:26
  5. 5
    רם ונשא כו׳ משפיל גאים · ברכת אמת ויציב.
  6. 6
    כה אמר רם ונשא · Isaiah 57:15
  7. 7
    רמה ידך דייקא אז בל יחזיון · Isaiah 26:11
  8. 8
    כי יד על כס יה · Exodus 17:16
  9. 9
    במ״א בפי׳ כי יד על כיס י-ה . . בד״ה חייב אינש · תו״א מג״א צה, ג ואילך.
  10. 10
    חייב אינש לבסומי בפוריא · Megillah 7b:7–8
  11. 11
    ויוציאנו ה״א · Deuteronomy 6:21

31ומכ״ז [ומכל זה] יובן ענין תולעת יעקב שהוא בחי׳ דבור התורה והתפלה ששרשו מבחינ׳ [מבחינת / מבחינה] הנ״ל שממשיך מבחי׳ פנימית הכתר וכמ״ש לקמן בפי׳ חקת התורה וכמ״ש באגה״ק [באגרת הקודש] סד״ה דוד זמירות קרית להו בענין הלוחות שהיו נקראים משני עבריהם

Et de tout cela se comprend la notion du « ver de Yaakov », qui correspond au niveau de la parole de la Torah et de la prière, dont la racine relève du niveau mentionné plus haut, car elle attire depuis la dimension intérieure (pnimiyout) de Kéter (la Couronne), comme il sera expliqué plus bas au sujet du sens de « la loi de la Torah », et comme il est écrit dans Iggeres HaKodesh, à la fin de l’épître commençant par « David, vous les avez appelées des chants », à propos des Tables, qui se lisaient de part et d’autre ;

Explication

Le « ver de Yaakov », c’est-à-dire la parole de la Torah et de la prière, puise dans la dimension intérieure de Kéter, comme il sera expliqué au sujet de « la loi de la Torah ». Iggeres HaKodesh explique la même chose à propos des Tables, dont les lettres pouvaient se lire des deux côtés.

דהיינו לומר ששרשן מבחי׳ ע״י שכולו בחי׳ פנים ואין בו בחי׳ אחוריים כלל כנ״ל ולכן זהו בחינת עולת תמיד כו׳ להקריב.

c’est-à-dire que leur racine relève du niveau d’Atik Yomin, qui est entièrement du niveau de la face et ne comporte absolument aucun aspect de revers, comme mentionné plus haut. C’est pourquoi cela correspond au niveau de l’holocauste perpétuel (olas tamid), etc., l’hakrive (offrir) :

Explication

Leur racine est Atik Yomin, qui est tout entier face et ne comporte aucun revers. Cela correspond à l’holocauste perpétuel (olas tamid) et à l’hakrive, « offrir ».

אותיות תולע כו׳ להרקיב שלא יומשך השפע לקליפות שרש היצר הרע המגביהים א״ע [את עצמו] כנשר לינק מבחי׳ עורף כו׳

les lettres de tola, etc., l’harkive (faire pourrir), afin que le flux ne se déverse pas vers les kelipot, racine du mauvais penchant, qui se dressent comme un aigle pour puiser au niveau de la nuque, etc.

Explication

Olas contient les lettres de tola, et l’hakrive celles de l’harkive, « faire pourrir » : cela empêche le flux de parvenir aux kelipot, qui « se dressent comme un aigle » pour puiser à la nuque.

ועל זה נאמר משם אורידך נאם ה׳ נאם הוא הדבור כנ״ל (ועמש״ל [ועיין מה שכתוב לעיל] פרשה וישלח על פ׳ ויאבק כו׳).

Et c’est à leur sujet qu’il est dit : « De là, Je te ferai descendre, dit Havaya » ; neoum (« dit ») désigne la parole, comme mentionné plus haut (et voyez ce qui est écrit plus haut, dans la paracha de Vayichla’h, au sujet du verset « Et [un homme] lutta », etc.).

Explication

C’est à leur sujet qu’il est dit : « De là, Je te ferai descendre, dit Havaya » (Obadiah 1:4), et neoum, « dit », désigne la parole. Le discours sur Vayichla’h, à propos de la lutte de Yaakov, traite de ce sujet.

גם יובן זה על דרך מה שכתוב במ״א שהתורה נקרא משל הקדמוני שלהיות נמשך גילוי אור מבחי׳ קדמונו של עולם שלמעלה מבחינת סוכ״ע [סובב כל עלמין] וממכ״ע [וממלא כל עלמין] הוא דוקא ע״י התורה שהיא בחי׳ משל ולבוש לבחי׳ זו כו׳.

Cela se comprend également à la lumière de ce qui est écrit ailleurs : la Torah est appelée « la parabole de l’Ancien des jours » (mechal hakadmoni). En effet, la révélation de la lumière issue du niveau de « l’Ancien du monde », qui dépasse les niveaux de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) et de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), ne peut être attirée que par la Torah, qui constitue une parabole et un vêtement pour ce niveau, etc.

Explication

La Torah est appelée « la parabole de l’Ancien des jours » (1 Samuel 24:14), comme l’explique Rachi : la parabole de « l’Ancien du monde ». Elle est la parabole et le vêtement par lesquels se révèle la lumière de ce niveau, qui dépasse à la fois sovev kol almin et memalé kol almin.

Le paragraphe 31 en bref

La parole de la Torah et de la prière a sa racine en Atik, qui est tout entier face ; elle « fait donc pourrir » la nourriture des kelipot et les fait descendre. La Torah, « la parabole de l’Ancien des jours », est le vêtement par lequel se révèle cette lumière suprême.

Maré mekomot

  1. 1
    משני עבריהם · Exodus 32:15
  2. 2
    משם אורידך נאם ה׳ · Obadiah 1:4
  3. 3
    ויאבק · Genesis 32:25
  4. 4
    שהתורה נקרא משל הקדמוני · Rashi on I Samuel 24:14
  5. 5
    שהתורה נקרא משל הקדמוני · Rashi on Exodus 21:16
  6. 6
    התו׳ נק׳ משל הקדמוני · I Samuel 24:14

32והנה ר״ת [ראשי תיבות] אנא בכח כו׳ הוא גימטריא תולע ור״ת [וראשי תיבות] שועתנו קבל ושמע צי״ת הוא גימטריא תולעת.

Or, les initiales de « Ana b’khoah », etc., ont pour valeur numérique tola, et les initiales de « Shavateinou kabel ouchma tza’akateinou yodéa ta’aloumoteinou » (« Accueille notre supplication et entends notre cri, Toi qui connais les choses cachées ») ont pour valeur numérique tola’at.

Explication

Il s’agit d’une guématria : les initiales du premier vers d’Ana b’khoah (אבגית״ץ) totalisent 506, tout comme tola (תולע). Les initiales du dernier vers, « Shavateinou kabel ouchma tza’akateinou yodéa ta’aloumoteinou » (שקוצי״ת), totalisent 906, tout comme tola’at (תולעת).

ענין ב׳ בחי׳ תולע ותולעת יש לומר שהן ב׳ בחי׳ דהיינו אותיות התורה ואותיות התפלה

Quant au sens des deux niveaux, tola et tola’at, on peut dire qu’ils correspondent à deux niveaux, à savoir les lettres de la Torah et les lettres de la prière ;

Explication

Tola et tola’at désignent donc deux niveaux : les lettres de la Torah et les lettres de la prière.

כי בכח גדולת ימינך כו׳ קאי על אותיות ודבור בתורה כנ״ל ושועתנו קבל כו׳ זהו ענין התפלה. ועיין בלק״ת [בלקוטי תורה (להאריז״ל)] מהאריז״ל [מהאר״י זכרונו לברכה] פ׳ תרומה ד״ה ותולעת שני.

car « par la grande puissance de Ta droite », etc., se rapporte aux lettres et à la parole dans la Torah, comme indiqué plus haut, tandis que « Accueille notre supplication », etc., relève de la prière. Voir aussi le Likkutei Torah de l’Ari zal, paracha Terouma, dans le passage commençant par « Et l’écarlate du ver ».

Explication

Le premier vers, « par la grande puissance de Ta droite », se rapporte à la Torah, comme expliqué plus haut ; le dernier vers, « Accueille notre supplication », à la prière. Le Likkutei Torah de l’Ari zal sur Terouma traite de « l’écarlate du ver ».

עוי״ל [עוד יש לומר] בפי׳ אין כחו אלא בפיו כי גם למעלה איתא דעת גניז בפומא וז״ש [וזהו שכתוב] מפיו דעת כו׳ (עיין נדה דף ע׳ [עיין]).

On peut encore expliquer le sens de « sa force réside uniquement dans sa bouche » : car, en haut également, il est dit : « Daat est cachée dans la bouche » ; c’est le sens de ce qui est écrit : « De Sa bouche vient la connaissance », etc. (voir Nida, page 70).

Explication

Une autre raison pour laquelle la force du ver réside dans sa bouche : en haut aussi, « Daat est cachée dans la bouche », comme le dit le livre des Proverbes : « De Sa bouche vient la connaissance » (Proverbes 2:6), verset que le Talmud cite dans Nida 70b.

וזהו ענין השלכת שני תולעת לתוך שרפת הפרה כי שרפת הפרה היינו להחזיר היניקה של החיצונים

C’est là le sens du fait de jeter l’écarlate du ver dans le feu de la vache : car brûler la vache consiste à ramener la vitalité que tirent les forces extérieures,

Explication

C’est pourquoi la teinture écarlate du ver est jetée dans le feu de la vache. La combustion ramène la vitalité que les forces extérieures ont puisée.

דהיינו בירור ותיקון ק״נ [קליפת נוגה] (שעי״ז ג״כ לא יוכלו הקליפות שלמטה מק״נ [מקליפת נוגה] לינק מהקדושה שיניקתם הוא ע״י אמצעות בחי׳ ק״נ [קליפת נוגה] כנ״ל)

c’est-à-dire le raffinement et la rectification de kelipat noga (l’écorce lumineuse) — grâce à quoi, également, les kelipot situées en dessous de kelipat noga ne pourront pas puiser dans la sainteté, car elles en tirent leur vitalité par l’intermédiaire du niveau de kelipat noga, comme indiqué plus haut ;

Explication

Ce retour consiste à raffiner kelipat noga. Une fois noga raffinée, les kelipot inférieures, qui ne se nourrissent que par son intermédiaire, ne peuvent plus non plus puiser dans la sainteté.

אכן כדי שלא יקבלו עוד יניקה לזה היה השני תולעת שמרקיב ומכלה יניקתם (וע׳ [ועיין] בזהר פ׳ ויחי) (דרל״ח ע״ב) ע״פ

mais, afin qu’elles ne reçoivent plus de vitalité, il y avait l’écarlate du ver, qui pourrit et consume la vitalité qu’elles tirent (voir à ce sujet le Zohar, paracha Vayé’hi) (238b), à propos du verset

Explication

L’écarlate du ver les empêche de recevoir davantage de vitalité : elle la « pourrit » et la consume. Le Zohar sur Vayé’hi en parle à propos du verset « Car toute sa maison est vêtue d’écarlate ».

כי כל ביתה לבוש שנים, וגם י״ל [יש לומר] שזהו ג״כ שלא יגביהו א״ע [את עצמו] כנשר לקבל יניקה מלמעלה כו׳

« Car toute sa maison est vêtue d’écarlate (shanim). » On peut aussi dire que cela vise également à les empêcher de s’élever comme l’aigle pour recevoir de la vitalité d’en haut, etc.,

Explication

Le Zohar y interprète « écarlate » (shanim) comme un vêtement de jugement sévère. Le ver empêche aussi les kelipot de « s’élever comme l’aigle » pour puiser en haut.

וכמ״ש במ״א ע״פ ואשמיד פריו ממעל ושרשיו מתחת כו׳ ועמ״ש סד״ה נאוו לחייך בתורים מענין כחוט השני שפתותיך כו׳:

comme il est écrit ailleurs à propos du verset : « J’ai détruit son fruit d’en haut et ses racines d’en bas », etc. Et voyez ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Tes joues sont belles avec leurs rangées [de joyaux] », au sujet de « Tes lèvres sont comme un fil écarlate », etc.

Explication

Le discours sur « J’ai détruit son fruit d’en haut et ses racines d’en bas » (Amos 2:9) traite de cela. Il en va de même de la fin du discours « Tes joues sont belles avec leurs rangées » (Song of Songs 1:10), à propos de « Tes lèvres sont comme un fil écarlate » (Song of Songs 4:3).

Le paragraphe 32 en bref

Tola et tola’at, qui correspondent par guématria aux initiales du premier et du dernier vers d’Ana b’khoah, représentent les lettres de la Torah et celles de la prière. Dans le feu de la vache, l’écarlate du ver « pourrit » la vitalité des kelipot, afin qu’elles ne puissent plus puiser dans la sainteté.

Maré mekomot

  1. 1
    מפיו דעת · Proverbs 2:6
  2. 2
  3. 3
    כי כל ביתה לבוש שנים · Proverbs 31:21
  4. 4
    כי כל ביתה לבוש שנים · Zohar, Vayechi 60:597–607
  5. 5
    ואשמיד פריו ממעל ושרשיו מתחת · Amos 2:9
  6. 6
    סד״ה נאוו לחייך בתורים · לקו״ת שה״ש יג, ג.
  7. 7
    נאוו לחייך בתורים · Song of Songs 1:10
  8. 8
    כחוט השני שפתותיך · Song of Songs 4:3

Lettres gravées et lettres écrites ¶33–40

33ה וזהו ענין חקת התורה. לשון חקיקה. והענין הוא שהחקיקה הוא גבוה יותר מאותיות הכתב, ולכן בלוחות כתיב חרות על הלוחות שנמשכו משרש התורה כמו שהיא בבחי׳ אותיות החקיקה.

5. Et voici le sens de « le statut de la Torah » (houkat) : ce terme évoque la gravure (hakika). Le sens est que la gravure est d’un niveau supérieur aux lettres écrites ; c’est pourquoi, au sujet des Tables, il est écrit : « gravé sur les Tables », car elles provenaient de la racine de la Torah telle qu’elle se trouve au niveau des lettres gravées.

Explication

Section 5 : houkat, « statut », est apparenté à hakika, « gravure ». Les lettres gravées sont supérieures aux lettres écrites ; ainsi, les Tables étaient « gravées » (Exode 32:16) et provenaient de la racine de la Torah, où ses lettres sont gravées.

Le paragraphe 33 en bref

Le mot houkat est compris comme signifiant « gravure » : il désigne un niveau de la Torah supérieur aux lettres écrites, comme celles des Tables de l’Alliance.

Maré mekomot

  1. 1
    חרות על הלוחות · Exodus 32:16

34ותורה שבכתב היינו אחר התלבשותה בבחינת אותיות הכתב ובפרה אדומה נאמר זאת חקת התורה שבה ועל ידה ממשיכים מבחינת חקת התורה להיות נמשך ומתגלה למטה

La Torah écrite est [la Torah] après qu’elle s’est revêtue du niveau des lettres écrites. À propos de la vache rousse, il est dit : « Ceci est le statut de la Torah », car, en elle et par son intermédiaire, on fait descendre du niveau du « statut (gravure) de la Torah », afin qu’il descende et se révèle ici-bas.

Explication

La Torah écrite est la Torah après qu’elle s’est revêtue de lettres écrites. La vache rousse, « le statut (gravure) de la Torah », fait descendre le niveau gravé pour qu’il se révèle.

וזהו אשר צוה הוי׳ שיהיה בחי׳ צוותא וחיבור משם הוי׳ דעתיק אשר הוא בחינת ומדרגת אותיות החקיקה. לאמר בבחי׳ חכמה שזהו בחי׳ תשב״כ [תורה שבכתב].

Et c’est là le sens de « que Havaya a ordonné » : qu’il y ait un niveau d’union (tsavta) et de connexion avec le Nom Havaya d’Atik, qui est le niveau et le degré des lettres gravées ; « disant » : dans le niveau de 'Hokhma (sagesse), qui est le niveau de la Torah écrite.

Explication

Ainsi, « que Havaya a ordonné » signifie une union du Nom Havaya d’Atik, le niveau des lettres gravées, avec lemor, qui est 'Hokhma, le niveau de la Torah écrite.

Le paragraphe 34 en bref

Par la vache rousse, la racine « gravée » de la Torah en Atik est unie à 'Hokhma, la Torah écrite : c’est là le sens de « que Havaya a ordonné, disant ».

Maré mekomot

  1. 1
    זאת חקת התורה · Numbers 19:2

35ובאמת בחי׳ ומדרגה הנקרא למעלה חקת התורה דהיינו ענין אותיות החקיקה שלמעלה הוא גבוה יותר ממדרגת החקיקה שנתגלה בהלוחות דאע״פ [דאף על פי] שהאותיות

Et, en vérité, le niveau et le degré appelés en haut « le statut (gravé) de la Torah », c’est-à-dire la notion des lettres gravées en haut, sont supérieurs au degré de gravure révélé dans les Tables. Car bien que les lettres

Explication

Le « gravé » de la Torah telle qu’elle est en haut est supérieur même à la gravure révélée sur les Tables de l’Alliance. Le texte explique maintenant pourquoi.

היו חקוקים מיניה וביה מ״מ [מכל מקום] עכ״פ [על כל פנים] נחסר מהאבן במקום האות, משא״כ בחי׳ חקת התורה כמו שהיא למעלה במקורה ושרשה בא״ס [באין סוף] ב״ה אורייתא וקב״ה [וקודשא בריך הוא] כולא חד.

aient été gravées dans la pierre même, néanmoins, quoi qu’il en soit, quelque chose manquait à la pierre à l’emplacement de la lettre. Il n’en va pas ainsi du niveau du « statut de la Torah » tel qu’il est en haut, dans sa source et sa racine en l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, [où] « la Torah et le Saint béni soit-Il sont absolument un ».

Explication

Sur les Tables, les lettres étaient gravées dans la pierre même, et pourtant de la pierre avait été retirée à l’emplacement de chacune d’elles. En haut, à la racine de la Torah dans l’Infini, rien ne manque, car « la Torah et le Saint béni soit-Il sont absolument un ».

והענין הוא עפמ״ש [על פי מה שכתוב] בזהר (ר״פ בראשית דט״ו) בריש הורמנתא דמלכא גליף גליפו בטהירו עילאה. וגליף הוא חקיקה כי תרגום ופתחת עליו פתוחי ותגלוף כו׳

La notion s’éclaire par ce qui est écrit dans le Zohar (au début de la paracha Berechit, 15) : « Au commencement de l’autorité du Roi (b’reich hormenouta d’malka), Il grava une gravure dans la splendeur suprême. » Gelif signifie gravure (hakika), car le Targoum traduit « tu graveras sur lui des gravures » par vesiglof, etc.

Explication

Le Zohar ouvre Berechit par ces mots : « Au commencement de l’autorité du Roi, Il grava une gravure dans la splendeur suprême. » Gelif signifie graver, comme Onkelos emploie la même racine pour traduire « tu graveras » sur la plaque d’or du Grand Prêtre.

(ופי׳ בריש הורמנתא דמלכא פי׳ באשל אברהם שזהו בחינת מלך מה״מ [מלאך המות] דהיינו בחי׳ מל׳ [מלכות] דא״ס [דאין סוף] דהיינו מה שעלה ברצונו הפשוט שיהיה מלך שמו נקרא, ועמ״ש מזה בד״ה כי כארץ תוציא צמחה גבי ענין פי׳ המלך הקדוש שאומרים בעשי״ת [בעשרת ימי תשובה]).

(Quant au sens de « au commencement de l’autorité du Roi », l’Eshel Avraham explique qu’il s’agit du niveau du Roi des rois des rois, c’est-à-dire du niveau de Mal’hout (souveraineté) de l’Infini : ce qui s’éleva dans Sa volonté simple, que « Roi » soit Son nom. Voir également ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Car comme la terre fait pousser sa croissance », au sujet du sens de « le Roi saint », que nous disons pendant les Dix Jours de Techouva.)

Explication

L’Eshel Avraham explique que « l’autorité du Roi » désigne Mal’hout de l’Infini, le premier mouvement de la volonté simple de D.ieu à être Roi. Le discours sur « Car comme la terre fait pousser sa croissance » examine pourquoi, pendant les Dix Jours de Techouva, nous disons « le Roi saint ».

והענין הוא כמו עד״מ [על דרך משל] הרושם וחוקק באבן טוב המאיר ומבהיק מאד איזה אותיות או רישומים אזי במקום החקיקה והרשימה אין מבהיק ומאיר כ״כ [כל כך]

La notion est comparable, à titre d’analogie, à quelqu’un qui marque et grave des lettres ou des motifs dans une pierre précieuse qui brille et scintille intensément : à l’endroit de la gravure et des marques, elle ne scintille et ne brille pas autant

Explication

L’analogie est la suivante : lorsque des lettres sont gravées dans une gemme éclatante, les endroits gravés brillent moins que le reste de la pierre.

כמו שמבהיק ומאיר האבן טוב במקום שלא נעשה בו חקיקות ורישומים ששם הוא בהיר ביותר משא״כ במקום שנעשו בו חקיקות נחשך אורו מעט,

que là où aucune gravure ni aucune marque n’a été faite dans la pierre précieuse, où elle est la plus brillante. En revanche, à l’endroit où des gravures ont été faites, son éclat s’assombrit quelque peu.

Explication

La surface intacte est la plus brillante ; là où elle est gravée, son éclat s’atténue légèrement.

אבל מ״מ [מכל מקום] חקיקה זו היא באבן טוב עצמו ואין כאן עוד שום דבר בלעדו זולתי הוא לבד רק שנחשך בהירתו מעט, וכך עד״מ [על דרך משל] כשנאצל מהאור א״ס [אין סוף]

Néanmoins, cette gravure est dans la pierre précieuse elle-même : il n’y a là rien d’autre qu’elle, elle seule, si ce n’est que son éclat s’est quelque peu assombri. De même, à titre d’analogie, lorsque fut émané de la Lumière infinie (Or Ein Sof)

Explication

Pourtant, la gravure est la gemme elle-même ; rien ne s’y ajoute, son éclat est seulement légèrement atténué. Il en va de même pour l’émanation de Kéter.

(פי׳ אור א״ס [אין סוף] היינו עד״מ [על דרך משל] אור וזיו הנמשך ממנו ית׳ כמ״ש במ״א) בחי׳ כתר שהוא בחי׳ פרצופי עתיק ואריך נק׳ גליף גליפו שהחקיקה היא מיניה וביה

(« Lumière infinie » désigne, par analogie, une lumière et un rayonnement qui émanent de Lui, béni soit-Il, comme cela est expliqué ailleurs), le niveau de Kéter (la Couronne), qui est celui des configurations (partsoufim) d’Atik et d’Arikh, est appelé « Il grava une gravure », car la gravure est issue de lui-même et en lui-même,

Explication

Une parenthèse précise qu’ici, la « Lumière infinie » désigne une lumière et un rayonnement émanant de D.ieu. Kéter, les configurations d’Atik et d’Arikh Anpin, est appelé « gravure », car il est de même substance que sa source.

והיינו הך ממש כי הם נקרא ג״כ א״ס [אין סוף] והם למעלה מעלה מבחי׳ עולם האצילות (וע׳ [ועיין] בהרמ״ז [בהרב משה זכות] פ׳ שלח בדף קנ״ט בפי׳ תלת עלמין אית ליה לקב״ה [לקודשא בריך הוא]).

Et c’est précisément la même chose : eux aussi sont appelés Ein Sof, et ils sont très, très au-dessus du niveau du Monde d’Atsilout (Émanation) (voir le Ramaz, parachat Chelakh, p. 159, au sujet de « Le Saint béni soit-Il possède trois mondes »).

Explication

Kéter est uni à la Lumière infinie et est lui-même appelé Ein Sof, très au-dessus du Monde d’Atsilout. Le Ramaz, dans son commentaire sur Chelakh, examine l’affirmation selon laquelle le Saint béni soit-Il possède « trois mondes ».

אך מ״מ [מכל מקום] לגבי אור א״ס [אין סוף] נקרא הכתר ג״כ בשם חשך וכמ״ש בת״ז [בתיקוני זהר] כתרא עילאה אע״ג [אף על גב] דאיהו אור צח אוכם אוכם קדם עילת העילות,

Cependant, malgré tout, par rapport à la Lumière infinie, Kéter aussi est appelé « obscurité », comme il est écrit dans le Tikkunei Zohar : « La Couronne suprême, bien qu’elle soit une lumière limpide, est noire, noire devant la Cause des causes. »

Explication

Pourtant, par rapport à la Lumière infinie elle-même, Kéter est « obscurité » : le Tikkunei Zohar dit que la Couronne suprême, bien qu’elle soit une lumière limpide, est « noire, noire devant la Cause des causes ».

וזהו כמשל שבמקום החקיקה נחשך בהירות האבן טוב ואינו כמו בהירות האבן טוב שלא במקום החקיקה שהוא האור א״ס [אין סוף] שלמעלה מבחי׳ אצילות הכתר דלית מחשבה תפיסא ביה כלל, ובמקום החקיקה

C’est comme dans l’analogie : à l’endroit de la gravure, l’éclat de la pierre précieuse s’obscurcit et n’est pas semblable à l’éclat de la pierre précieuse là où elle n’est pas gravée. Celui-ci correspond à la Lumière infinie, qui est au-dessus de l’émanation de Kéter et dont « aucune pensée ne peut saisir quoi que ce soit » ; et à l’endroit de la gravure,

Explication

Dans l’analogie, l’éclat de la gemme non gravée représente la Lumière infinie au-dessus de Kéter, dont « aucune pensée ne peut saisir quoi que ce soit », selon les termes de la prière d’Élie dans le Tikkunei Zohar.

שהוא אצילות עתיק ואריך נקרא אוכם אוכם לגבי האור עצמו ועי״ז יוכל להיות מקור ושרש להתהוות ע״ס [עשר ספירות] דאצי׳ [דאצילות].

qui est l’émanation d’Atik et d’Arikh, il est appelé « noir, noir » par rapport à la lumière elle-même. C’est ainsi qu’il peut être la source et la racine de l’avènement des dix Séfirot d’Atsilout.

Explication

La partie gravée est l’émanation d’Atik et d’Arikh, « noire » en comparaison de la lumière elle-même. Parce qu’elle est ainsi assombrie, elle peut être la source des dix Séfirot d’Atsilout.

אבל מ״מ [מכל מקום] הרי חקיקה וגליפו זו היא למעלה מעלה מבחי׳ אותיות הכתב, על דרך משל שבחקיקת האותיות עם היות שעי״ז נתגלה ונתהוה בחי׳ אותיות שזהו עד״מ [על דרך משל] אצילות עתיק ואריך.

Cependant, malgré tout, cette gravure et cette ciselure se situent très, très au-dessus du niveau des lettres écrites. À titre d’analogie, dans la gravure des lettres, bien que le niveau des lettres soit ainsi révélé et vienne à l’existence — ce qui correspond, par analogie, à l’émanation d’Atik et d’Arikh —,

Explication

Cette gravure se situe néanmoins très au-dessus des lettres écrites. Lorsque les lettres sont gravées, elles apparaissent et viennent à l’existence, comme Atik et Arikh sont émanés.

מ״מ [מכל מקום] האותיות הן מיניה וביה שלא נוסף עליו דבר ולא חסר דבר כלל זולת האבן טוב לבדו רק שנחשך בהירתו קצת.

les lettres sont néanmoins issues de la pierre précieuse elle-même et sont en elle : rien ne lui a été ajouté et rien ne lui manque, il n’y a que la pierre précieuse, si ce n’est que son éclat s’est quelque peu assombri.

Explication

Pourtant, les lettres sont la gemme elle-même : rien n’y est ajouté et il n’y a rien d’autre que la gemme ; seul son éclat est légèrement assombri.

כך עד״מ [על דרך משל] בחי׳ הכתר הוא בחי׳ א״ס [אין סוף] ממש רק שלגבי אמתת האור א״ס [אין סוף] נקרא חשך כו׳,

Ainsi, par analogie, le niveau de Kéter est véritablement le niveau de l’Infini (Ein Sof) lui-même ; seulement, par rapport à la réalité véritable de la Lumière infinie, il est appelé « obscurité », etc.,

Explication

Ainsi, Kéter est l’Infini lui-même ; il n’est appelé « obscurité » que par rapport à la véritable Lumière infinie.

מה שאין כן אותיות הכתב שכותב ע״ג [על גבי] הספר בדיו הרי הדיו הוא דבר זר ממש בעצם מהקלף

ce qui n’est pas le cas des lettres écrites à l’encre sur le parchemin : l’encre est, par essence, une substance tout à fait étrangère au parchemin,

Explication

Les lettres écrites sont différentes : l’encre est une substance étrangère au parchemin.

וגם שהדיו שחור מסתיר לגמרי על לבנונית הקלף שתחת הדיו עד שאינו נראה כלל לובן הקלף שתחת האות.

Et aussi, l’encre noire cache complètement la blancheur du parchemin qui se trouve sous l’encre, au point que le blanc du parchemin sous la lettre n’est nullement visible.

Explication

Et l’encre noire cache complètement le parchemin blanc qui se trouve dessous.

Le paragraphe 35 en bref

La gravure dans une gemme illustre Kéter (Atik et Arikh) : il est un avec la Lumière infinie et son éclat n’est qu’à peine atténué, contrairement aux lettres d’encre, étrangères au parchemin qu’elles recouvrent. Ainsi, la racine de la Torah dans Kéter est « gravée » et supérieure même aux Tables.

Pour aller plus loin

La formule des Tikouné Zohar, « noir, noir devant la Cause des causes », fait écho à la parole d’Élie : « aucune pensée ne peut Te saisir ». Même Kéter, qui est lui-même appelé Ein Sof, est obscurité en comparaison de ce qui le dépasse. C’est ainsi que le niveau gravé est à la fois un avec sa source et la racine des Séfirot.

Maré mekomot

  1. 1
    אורייתא וקוב״ה כולא חד · Zohar I, 24a
  2. 2
    אורייתא וקב״ה כולא חד · Zohar, Beshalach 25:339–26:348
  3. 3
    בריש הורמנתא דמלכא גליף גליפו בטהירו עילאה · Zohar, Bereshit 1:1–2:7
  4. 4
    ופתחת עליו פתוחי · Exodus 28:36
  5. 5
    ותגלוף · Onkelos Exodus 28:36
  6. 6
    בד״ה כי כארץ תוציא צמחה · לקמן פ׳ נצבים נ, ב.
  7. 7
    כי כארץ תוציא צמחה · Isaiah 61:11
  8. 8
    והענין הוא כמו עד״מ · ראה סה״מ תרפ״ט ע׳ 254.
  9. 9
    בת״ז כתרא עילאה · ת״ע (קלה, ב).
  10. 10
  11. 11
    דלית מחשבה תפיסא בי׳ · שם בהקדמה (פתח אלי׳).
  12. 12
    דלית מחשבה תפיסא ביה כלל · Tikkunei Zohar 17a:10–12

36וזהו בחינת חו״ב [חכמה ובינה] דאצילות שבהתלבשות התורה בחו״ב [בחכמה ובינה] כמאמר אורייתא מחכמה נפקת נק׳ תושב״כ [תורה שבכתב], כמשל אותיות הכתב הנ״ל כי החכ׳ [החכמה] היא כעשי׳ [כעשיה] גופני׳ לגבי אוא״ס [אור אין סוף] ב״ה

Et tel est le niveau de 'Hokhma (sagesse) et de Bina (compréhension) du Monde d'Atsilout (Émanation) : lorsque la Torah s’y revêt en 'Hokhma et Bina, comme le dit l’expression « La Torah procède de 'Hokhma », elle est appelée la Torah écrite, selon l’analogie des lettres écrites mentionnée plus haut. Car 'Hokhma est comparable à une action physique au regard de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il,

Explication

'Hokhma et Bina d’Atsilout sont les lettres « écrites » : dès lors que la Torah s’y revêt, elle est la Torah écrite. Comparée à la Lumière infinie, même 'Hokhma est comme une action physique.

שהוא מרומם למעלה מעלה ממהות וגדר בחי׳ חכמה, ומה שאעפ״כ [שאף על פי כן] נמשך ומתלבש אור א״ס [אין סוף] בחו״ב [בחכמה ובינה] ה״ז [הרי זה] כמשל שמתלבש הקלף באותיות שעושים עליו מדיו שהדיו אינו מערך ומהות הקלף הלבן כלל.

qui est infiniment élevée au-dessus de l’essence et de la définition du niveau de 'Hokhma. Et le fait que, néanmoins, la Lumière infinie se prolonge et se revête en 'Hokhma et Bina, c’est comme l’analogie du parchemin qui se revêt des lettres tracées sur lui avec de l’encre : l’encre n’est nullement de l’ordre ni de l’essence du parchemin blanc.

Explication

La Lumière infinie est infiniment au-dessus de la nature même de 'Hokhma. Le fait qu’elle se revête en 'Hokhma et Bina est comparable au parchemin qui se revêt de lettres d’encre, étrangères à sa substance blanche.

Le paragraphe 36 en bref

'Hokhma et Bina sont comme des lettres d’encre sur du parchemin, étrangères à la Lumière infinie dont elles sont le vêtement ; c’est pourquoi la Torah telle qu’elle se trouve en elles est appelée la Torah écrite.

Maré mekomot

  1. 1
    אורייתא מחכמה נפקת · Zohar, Yitro 21:378–22:389

37ולא כמו בחקיקה שהאותיות הם דבר א׳ ממש עם האבן טוב וגם אין האות מסתיר כלל.

Et ce n’est pas comme dans la gravure, où les lettres ne font véritablement qu’un avec la pierre précieuse, et où la lettre ne la dissimule nullement.

Explication

La gravure est différente : les lettres ne font qu’un avec la pierre précieuse et n’en dissimulent rien.

וקצת יוכלו למצוא משל ע״ז [על זה] כמו גילוי השכל לגבי מהות הנפש שהיא באמת למעלה מהשכל הרי הוא

On peut trouver une analogie approximative à cela, par exemple dans la révélation de l’intellect par rapport à l’essence de l’âme, qui est en vérité au-dessus de l’intellect : [l’intellect révélé] est

Explication

Une analogie approximative dans l’âme : l’intellect révélé comparé à l’essence de l’âme, qui est au-dessus de l’intellect.

כמו מהות בפ״ע [בפני עצמו] רק שהנפש פועלת על ידו משא״כ בחי׳ כח השכל שבנפש זהו התפשטות אור הנפש עצמו כו׳ ולכן הכתר שנק׳ רצה״ע [רצון העליון] נמשל לאותיות החקיקה וחו״ב [וחכמה ובינה] נקרא אותיות הכתב כו׳.

comme une entité en soi, par laquelle seule l’âme agit ; tandis que le niveau de la faculté intellectuelle dans l’âme est l’extension de la lumière de l’âme elle-même, etc. C’est pourquoi Kéter (la Couronne), qui est appelé la Volonté suprême, est comparé aux lettres gravées, tandis que 'Hokhma et Bina sont appelées les lettres écrites, etc.

Explication

L’intellect révélé est comme une entité distincte par laquelle l’âme agit, tandis que la faculté intellectuelle de l’âme est l’extension de sa propre lumière. Ainsi, Kéter, la Volonté suprême, est comparable aux lettres gravées, et 'Hokhma et Bina aux lettres écrites.

Le paragraphe 37 en bref

Dans l’âme, l’intellect révélé est comme une entité distincte, tandis que la faculté intellectuelle est la lumière propre de l’âme ; de même, Kéter est comparable aux lettres gravées, et 'Hokhma et Bina aux lettres écrites.

38והגם שבאצילות איהו וגרמוהי חד, זהו לגבי בריאה יצירה עשיה שהן בחינת נברא ויש לכן לגבי בי״ע [בריאה יצירה עשיה] נקרא אצילות איהו וגרמוהי חד.

Et bien qu’en Atsilout, « Lui et Ses réceptacles » (ihou vegarmohi) ne fassent qu’un, cela vaut par rapport à Béria, Yetsira et Assiya, qui sont du niveau du créé et du « quelque chose » (yesh). C’est pourquoi, par rapport à Béria, Yetsira et Assiya, Atsilout est appelé « Lui et Ses réceptacles » ne font qu’un.

Explication

On dit qu’en Atsilout, « Lui et Ses réceptacles » ne font qu’un par rapport à Béria, Yetsira et Assiya, les mondes des êtres créés qui se ressentent comme un « quelque chose ». Comparé à eux, Atsilout ne fait qu’un avec D.ieu.

אבל לגבי עתיק וא״א [ואריך אנפין] נק׳ אפילו החכמה שהיא ראשית האצילות בשם בריאה יש מאין כמ״ש והחכמה מאין תמצא יש מאין.

Mais par rapport à Atik et à Arich Anpin, même 'Hokhma (sagesse), qui est le commencement d’Atsilout, est appelée du nom de Béria, « quelque chose à partir du néant », comme il est écrit : « Et la sagesse se trouve à partir du néant (ayin) » — quelque chose à partir du néant.

Explication

Par rapport à Atik et à Arich Anpin, cependant, même 'Hokhma, le commencement d’Atsilout, est une « création », quelque chose à partir du néant, selon la lecture de « la sagesse se trouve à partir du néant (ayin) ».

והיינו בחינת כלים דע״ס [דעשר ספירות] דאצילות שנק׳ כלים שא״ס [שאין סוף] ב״ה פועל על ידן, ולכן התורה שהיא נמשכה מחכמה דאצילו׳ [דאצילות] המתלבשת בבינה שחו״ב [שחכמה ובינה] הם

Il s’agit du niveau des réceptacles des Dix Séfirot d’Atsilout, qui sont appelés réceptacles parce que l’Infini, béni soit-Il, agit par leur intermédiaire. C’est pourquoi la Torah, qui émane de la 'Hokhma d’Atsilout et se revêt dans la Bina (compréhension), car 'Hokhma et Bina sont

Explication

Il s’agit des « réceptacles » des Séfirot d’Atsilout, par lesquels l’Infini agit. La Torah, qui émane de la 'Hokhma d’Atsilout, se revêt dans la Bina.

תרין ריעין דלא מתפרשין ועיקר בחינת התהוות אותיות הוא בבינה שנקרא ספר (כמ״ש במ״א ע״פ אמר עם הספר ועיין בזח״ב [בזהר חלק ב׳] ויקהל ד״ר ע״א מענין תשב״כ [תורה שבכתב])

« deux compagnons qui ne se séparent jamais », et le niveau essentiel de la formation des lettres se trouve dans la Bina, appelée sefer (livre) (comme il est écrit ailleurs à propos du verset « il parla avec la lettre (sefer) », et voir le Zohar, Partie II, Vayakhel, 200a, sur le sujet de la Torah écrite),

Explication

'Hokhma et Bina sont « deux compagnons qui ne se séparent jamais », et c’est principalement dans la Bina que les lettres se forment ; elle est appelée sefer, « livre ». D’où la référence au discours sur « il parla avec la lettre (sefer) » et au Zohar, dans Vayakhel, à propos de la Torah écrite.

נק׳ תשב״כ [תורה שבכתב] באש שחורה ע״ג [על גבי] אש לבנה, דכמו שאותיות שמהדיו מסתירים לובן הקלף שתחתיו כך מה שנמשך אור א״ס [אין סוף] ב״ה אש לבנה להיות מושג בחו״ב [בחכמה ובינה] דאצילות זהו הסתר והעלם ממש

est appelée la Torah écrite, feu noir sur feu blanc. De même que les lettres tracées à l’encre cachent la blancheur du parchemin qui se trouve dessous, ainsi, lorsque la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il — le feu blanc — est attirée pour être saisie dans la 'Hokhma et la Bina d’Atsilout, cela constitue une dissimulation et un voilement véritables ;

Explication

Ainsi, la Torah est la Torah écrite, « feu noir sur feu blanc », selon la description du Midrach. Tout comme l’encre cache le parchemin, la Lumière infinie, le « feu blanc », est cachée lorsqu’elle devient saisissable dans la 'Hokhma et la Bina.

כי אור א״ס [אין סוף] ב״ה אין שייך לומר בו השגה והבנה כלל אלא רק ע״י צמצום האור כו׳.

car, au sujet de la Lumière infinie, béni soit-Il, on ne peut nullement parler de saisie ni de compréhension, si ce n’est au moyen d’une contraction (tsimtsoum) de la lumière, etc.

Explication

La Lumière infinie en tant que telle ne peut être saisie ni comprise d’aucune manière ; elle ne peut l’être qu’au moyen du tsimtsoum, une contraction de la lumière.

Le paragraphe 38 en bref

Par rapport à Atik, même 'Hokhma est un réceptacle et une « création ». La Torah qui se trouve dans la 'Hokhma et la Bina — principalement dans la Bina, le « livre » — est donc la Torah écrite : le feu noir qui voile le feu blanc de la Lumière infinie.

Maré mekomot

  1. 1
    והחכמה מאין תמצא · Job 28:12
  2. 2
    תרין רעין דלא מתפרשין · Zohar III, 4a
  3. 3
    ע״פ אמר עם הספר · תו״א צו, ב.
  4. 4
    אמר עם הספר · Esther 9:25
  5. 5
    בזח״ב ויקהל ד״ר ע״א · ראה לקמן סוכות פ, א.
  6. 6
    באש שחורה ע״ג אש לבנה · Devarim Rabbah 3:12

39ועמ״ש בד״ה שחורה אני ונאוה בפי׳ וענין מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] בשה״ש [בשיר השירים] רבה ס״פ ראשו כתם פז אמר רשב״ל [רבי שמעון בן לקיש] תורה שנתן הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] היתה עורה של אש לבנה וכתובה באש שחורה כו׳

Et voyez ce qui est écrit dans le discours commençant par « Je suis noire, mais belle », au sujet du sens et de la teneur de l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie, dans Chir Hachirim Rabba, à la fin de la section « Sa tête est comme l’or le plus pur » : « Rabbi Rech Lakich a dit : “La Torah que le Saint béni soit-Il donna avait un parchemin de feu blanc et était écrite avec du feu noir”, etc. ;

Explication

Le discours « Je suis noire, mais belle », dans Likkutei Torah sur Chir Hachirim, explique l’enseignement des Sages dans Chir Hachirim Rabba : Rabbi Rech Lakich a dit que la Torah donnée par D.ieu avait un parchemin de feu blanc et était écrite avec du feu noir.

הה״ד [הדא הוא דכתיב] מימינו אש דת, ונתבאר שם עד״מ [על דרך משל] אותיות המחשבה המלבישים את השכל כו׳ וזהו ענין תש ב״כ וענין המשל לאותיות החקיקה.

comme il est écrit : « De Sa droite, une loi de feu. » Et il y est expliqué, au moyen de l’analogie des lettres de la pensée qui revêtent l’intellect, etc. ; c’est là le sujet de la Torah écrite et de l’analogie des lettres gravées.

Explication

Le Midrach relie cela au verset : « De Sa droite, une loi de feu » (Deutéronome 33:2). Ce discours recourt à l’analogie des lettres de la pensée qui revêtent l’intellect pour expliquer la Torah écrite et l’analogie des lettres gravées.

זהו מש״ש [מה שכתוב שם] וצמצום הזה הוא כמו במשל בחי׳ אותיות שבנפש כדי להיות גילוי אותיות ממש במחשבה ודבור שבחינת צמצום והתהוות אותיות שבנפש זהו משל לבחינת אותיות החקיקה שלמעלה

C’est ce qui est écrit là-bas. Cette contraction est comparable, dans l’analogie, au niveau des lettres dans l’âme, afin que de véritables lettres se révèlent dans la pensée et la parole ; car le niveau de contraction et de formation des lettres dans l’âme est une analogie du niveau des lettres gravées en haut,

Explication

Il est expliqué là-bas que cette contraction est comparable à la formation des lettres dans l’âme, afin que de véritables lettres puissent apparaître dans la pensée et la parole. Cette formation intérieure des lettres est une analogie des lettres gravées en haut.

שהם מקור ושרש להיות אחר כך ניתנה התשב״כ [התורה שבכתב] באש שחורה ע״ג [על גבי] אש לבנה (ועיין מזה ג״כ בזח״ג [בזהר חלק ג] נשא קל״ב א׳. נשא קל״ב א׳. שופטים ער״ה א׳):

qui sont la source et la racine à partir desquelles la Torah écrite fut ensuite donnée en feu noir sur feu blanc (voyez aussi à ce sujet le Zohar, partie III, Nasso, 132a ; Nasso, 132a ; Choftim, 275a).

Explication

Les lettres gravées en haut sont la source à partir de laquelle la Torah écrite fut ensuite donnée en feu noir sur feu blanc. Le Zohar, dans Nasso, dans l’Idra, dit que la Torah fut donnée en feu noir sur feu blanc.

Le paragraphe 39 en bref

Ce paragraphe renvoie au discours sur « Je suis noire, mais belle » au sujet de la Torah de feu noir sur feu blanc : la formation intérieure des lettres dans l’âme illustre les lettres gravées en haut, qui sont la source de la Torah écrite.

Maré mekomot

  1. 1
    בד״ה שחורה אני ונאוה · לקו״ת שה״ש ד, ב.
  2. 2
    שחורה אני ונאוה · Song of Songs 1:5
  3. 3
    ראשו כתם פז · Song of Songs 5:11
  4. 4
    תורה שנתן הקב״ה היתה עורה של אש לבנה וכתובה באש שחורה · Shir HaShirim Rabbah 5:16
  5. 5
    מימינו אש דת · Deuteronomy 33:2
  6. 6
    באש שחורה ע״ג אש לבנה · Zohar, Idra Rabba 11:100–112

40והנה בפרה אדומה נאמר זאת חקת התורה שע״י רצוא ושוב דאפר הפרה ומים חיים כנ״ל עי״ז נמשך מבחי׳ אותיות החקיקה דעתיק ואריך דאצילות.

Or, au sujet de la vache rousse, il est dit : « Ceci est le statut de la Torah » : car, par le mouvement de « course et retour » des cendres de la vache et de l’eau vive, comme mentionné plus haut, il est attiré du niveau des lettres gravées d’Atik et d’Arich du Monde d’Atsilout (Émanation).

Explication

La vache rousse est « le statut de la Torah » car, par son mouvement de « course et retour », les cendres et l’eau vive attirent un influx des lettres gravées d’Atik et d’Arich Anpin.

ולזה אמר עליה שלמה המלך ע״ה [עליו השלום] אמרתי אחכמה והיא רחוקה ממני (בקהלת סי׳ ז׳ כ״ג) שהיא למעלה רחוק מן החכמה דאצילות אלא שעי״ז נמשך המשכת אור עתיק וא״א [ואריך אנפין] בחו״ב [בחכמה ובינה]

C’est pourquoi le roi Chlomo, que la paix soit sur lui, a dit à son sujet : « J’ai dit : “Je deviendrai sage”, mais elle est loin de moi » (Kohelet, chapitre 7:23) : car elle se situe au-dessus, loin de la 'Hokhma d’Atsilout ; mais, par son entremise, la lumière d’Atik et d’Arich Anpin est attirée dans la 'Hokhma et la Bina (compréhension).

Explication

C’est pourquoi Chlomo a dit à son sujet : « J’ai dit : “Je deviendrai sage”, mais elle est loin de moi » : la racine de la vache se trouve au-dessus de la 'Hokhma d’Atsilout. Pourtant, par son entremise, la lumière d’Atik et d’Arich atteint la 'Hokhma et la Bina.

וזהו ג״כ פי׳ חקת התורה שיהי׳ [שיהיה] נמשך התורה משרשה ומקורה שבבחי׳ גליף גליפו בטהירו עילאה להתלבש ולהתגלות בתשב״כ [בתורה שבכתב] שהן חו״ב [חכמה ובינה] דאצילות. וזהו אשר צוה הוי׳ לאמר כנ״ל.

Et c’est aussi le sens de « le statut de la Torah » : que la Torah soit attirée depuis sa racine et sa source, qui se situent au niveau de « Il grava une gravure dans le resplendissement suprême », afin de se revêtir et de se révéler dans la Torah écrite, qui correspond à la 'Hokhma et à la Bina d’Atsilout. C’est là le sens de « que Havaya a ordonné, en disant », comme mentionné plus haut.

Explication

Ainsi, « le statut de la Torah » signifie que la Torah est attirée depuis sa racine, où « Il grava une gravure dans le resplendissement suprême », afin de se revêtir et de se révéler dans la Torah écrite, la 'Hokhma et la Bina d’Atsilout. C’est là le sens de « que Havaya a ordonné, en disant ».

(ועיין מענין אחכמה והיא רחוקה ממני בזח״ג [בזהר חלק ג] פינחס דרכ״ג סע״א [סוף עמוד א] ח״א [חלק א׳] ר״פ תולדות קל״ה א׳. ויחי דרכ״ה סע״ב [סוף עמוד ב] רבות פ׳ חקת ובקהלת רבה על פסוק זה ד׳ ק״ד א׳ ב׳ פ״ק [פרק קמא] דיומא י״ד א׳ פ״ק [פרק קמא] דנדה ט׳ א׳):

(Voir aussi, au sujet de « Je deviendrai sage, mais elle est loin de moi », le Zohar, partie III, Pin’has, fin de 223a ; partie I, début de la paracha Toldot, 135a ; Vayé’hi, fin de 225b ; le Midrach Rabba, paracha ‘Houkat ; ainsi que Kohélet Rabba sur ce verset, page 104a–b ; le premier chapitre de Yoma, 14a ; le premier chapitre de Niddah, 9a.)

Explication

Les références citées examinent les paroles de Chlomo. Le Zohar, dans Pin’has, dit que la sagesse de Chlomo était la 'Hokhma inférieure et qu’au sujet de la 'Hokhma supérieure il a dit : « elle est loin de moi » ; le Midrach sur ‘Houkat applique le verset à la vache rousse, de même que le Talmud dans Yoma et Niddah, à propos des lois de son aspersion.

Le paragraphe 40 en bref

La vache attire les lettres gravées d’Atik et d’Arich dans la 'Hokhma et la Bina ; c’est pourquoi elle est « le statut de la Torah », et pourquoi Chlomo, dont la sagesse se situait à un niveau inférieur, a dit à son sujet : « elle est loin de moi ».

Maré mekomot

  1. 1
  2. 2
  3. 3
    אמרתי אחכמה והיא רחוקה ממני · Ecclesiastes 7:23
  4. 4
    אחכמה והיא רחוקה ממני · Zohar, Pinchas 32:178–35:188
  5. 5
    אחכמה והיא רחוקה ממני · Bamidbar Rabbah 19:3
  6. 6
    גליף גליפו בטהירו עילאה · Zohar, Bereshit 1:1–2:7
  7. 7
    ועיין מענין אחכמה . . בזח״ג פינחס דרכ״ג סע״א · ”שחכמת שלמה היא חכמה תתאה אבל חכמה עילאה דאצילות על זה אמר אמרתי אחכמה והיא רחוקה ממני” — אוה״ת נ״ך כרך ב ע׳ א׳קכח. ”מה כתיב אמרתי אחכמה והיא רחוקה ממני והא כתיב וה׳ נתן חכמה לשלמה ובעא לסלקא מתתא לעילא דאתרחיקת מיניה כו׳” — אוה״ת נ״ך כרך א ע׳ ס.
  8. 8
    ובקה״ר ע״פ זה · פר׳ ז.

Du pur issu de l’impur ¶41–46

41ו והנה ברבות ר״פ חקת. זאת חקת ז״ש [זהו שכתוב] מי הכתוב מי יתן טהור מטמא לא אחד (באיוב י״ד ד׳) כגון אברהם מתרח.

6. Or, dans le Midrach Rabbah, au début de la paracha ‘Houkat : « Ceci est le statut » : c’est ce que dit le verset : « Qui fera sortir le pur de l’impur ? Personne » (Job 14:4) ; par exemple, Avraham de Téra’h,

Explication

La section 6 se tourne vers le Midrach au début de ‘Houkat, qui relie « Ceci est le statut » à la question de Job : « Qui fera sortir le pur de l’impur ? Personne ! » Son premier exemple est Avraham, né de Téra’h.

חזקיה מאחז כו׳ העוה״ב [העולם הבא] מהעוה״ז [מהעולם הזה] כו׳ מי עשה כן מי צוה כן מי גזר כן לא יחידו של עולם.

‘Hizkiyahou d’A’haz, etc. ; le monde futur de ce monde-ci, etc. Qui a fait cela ? Qui l’a ordonné ? Qui l’a décrété ? N’est-ce pas l’Unique du monde ? »

Explication

Les exemples suivants sont ‘Hizkiyahou issu d’A’haz et le monde futur issu de ce monde-ci. Le Midrach conclut : qui a fait cela, qui l’a ordonné, qui l’a décrété ? N’est-ce pas l’Unique du monde ?

הנה ענין מי יתן טהור מטמא אפ״ל [אפשר לומר] על מה שנתברר מג״ק [מג׳ קליפות] שלמטה מנוגה. וכמו אברהם מתרח שתרח היה עובד עבודת כוכבים כו׳.

Or, l’expression « Qui fera sortir le pur de l’impur ? » peut se comprendre comme désignant ce qui a été raffiné à partir des trois kelipot situées au-dessous de noga, comme Avraham issu de Téra’h, car Téra’h adorait les idoles, etc.

Explication

Cette idée du « pur issu de l’impur » pourrait désigner ce qui est raffiné à partir des trois kelipot totalement impures, situées au-dessous de noga, comme Avraham, fils d’un idolâtre.

אך קשה דג״ק [דג׳ קליפות] אין להם בירור עתה עד לע״ל [לעתיד לבוא]. וע׳ [ועיין] מענין מי יתן טהור מטמא בזח״ב [בזהר חלק ב׳]

Mais cela pose difficulté, car les trois kelipot ne peuvent être raffinées à présent, pas avant le monde futur. Voir aussi, au sujet de « Qui fera sortir le pur de l’impur ? », le Zohar, partie II

Explication

Mais les trois kelipot impures ne peuvent être raffinées à présent ; cela ne sera possible que dans le monde futur. Le Zohar, dans Pekoudei, et le Tikkouné Zohar traitent également de la question « Qui fera sortir le pur de l’impur ? ».

(פקודי דרל״ז סע״א [סוף עמוד א]. ובת״ז [ובתיקוני זהר] תקון כ׳ דמ״ב ע״א) ועיין בבה״ז [בביאורי הזהר] ר״פ חקת בענין מים חיים היינו בחי׳ והחכמה מאין תמצא.

(Pekoudei, fin de 237a ; et dans le Tikkouné Zohar, Tikkoun 20, 42a). Voir aussi le Biouré HaZohar, au début de la paracha ‘Houkat, au sujet de l’eau vive : elle correspond au niveau de « La sagesse se trouve à partir du néant (ayin) ».

Explication

Comme le cite la note de Kehot, le Zohar dans Pekoudei dit que la vache rousse soumet tous les côtés de l’impureté, et le Mikdach Mélekh explique que noga, une fois brûlée et mêlée à de l’eau, est raffinée : « le pur issu de l’impur ». Le Biouré HaZohar sur ‘Houkat explique que l’eau vive correspond à la 'Hokhma, qui « se trouve à partir de ayin ».

ופי׳ שלכך צריכים כפרה להמשיך מבחי׳ אין שהוא הכתר מפני שיש הפרש בין זו שמטהרים הטמא

Et il explique que c’est pourquoi une expiation (kapara) est nécessaire : pour attirer depuis le niveau de ayin (néant), qui est Kéter (la Couronne), car il y a une différence entre le fait de purifier celui qui est devenu impur

Explication

Il explique pourquoi une kapara, une expiation, est nécessaire pour attirer depuis ayin, Kéter : purifier celui qui a été rendu impur par le mort diffère de tout autre raffinement.

מת לשאר הבירורים שמבררים טוב מן רע ואוכל מהפסולת ששם הוא בחי׳ בירור לבד. אבל לא שנהפך הפסולת לאוכל והרע לטוב.

par le mort, et les autres raffinements, où l’on sépare le bien du mal et la nourriture des déchets : là, il ne s’agit que d’un raffinement, et non d’une transformation des déchets en nourriture ni du mal en bien.

Explication

Le raffinement ordinaire ne fait que séparer le bien du mal et la nourriture des déchets. Les déchets ne sont pas transformés en nourriture, pas plus que le mal en bien.

Le paragraphe 41 en bref

Le « pur issu de l’impur » du Midrach ne relève pas du raffinement ordinaire, qui ne fait que séparer le bien du mal : il s’agit d’une transformation de l’impur, qui nécessite un influx de Kéter, le « néant » situé au-dessus de la 'Hokhma.

Maré mekomot

  1. 1
    ברבות ר״פ חקת · יט, ג. מכאן עד תי׳ ”סד״ה ולא אבה” מובא באוה״ת חקת ע׳ תשעה-ו.
  2. 2
    מי יתן טהור מטמא · Zohar, Pekudei 36:315–37:325
  3. 3
  4. 4
    מי עשה כן מי צוה כן מי גזר כן לא יחידו של עולם · Bamidbar Rabbah 19:1
  5. 5
    פקודי דרל״ז סע״א · ”כגוונא דא פרה אדומה תמימה כו׳ בגין לאכפייא כל סטרי מסאבא דלא ישלטון כו׳ מי יתן טהור מטמא כו׳ רזא דא הכי הוא דדא איהו טהור דנפק מטמא, ופי׳ במק״מ שהיא ק״נ שאחר שנשרפת ונותנים עליהם מים היא מתבררת והיא טהור דנפיק מטמא” — אוה״ת נ״ך-א ע׳ תרנז ע״ש שמבאר זה ע״פ מ״ש בתו״א בד״ה ויאבק איש.
  6. 6
    והחכמה מאין תמצא · Job 28:12
  7. 7
    ובת״ז תי׳ כ׳ דמ״ב ע״א · ”בענין פרה אדומה שעלי׳ נאמר מי יתן טהור מטמא כו׳” — אוה״ת נ״ך-א ע׳ תרנח ע״ש בארוכה.

42וזהו יוכל להיות ע״י החכמה לבד כי בחכמה אתברירו. אבל כאן לטהר טמא מת וטומאת מת נמשך משבה״כ [משבירת הכלים] שנא׳ [שנאמר] בהם וימלוך וימת כו׳

Cela peut se faire par la seule 'Hokhma (sagesse), car « c’est par la 'Hokhma qu’ils sont raffinés ». Mais ici, pour purifier celui qui est impur au contact d’un mort — car l’impureté du mort provient du brisement des réceptacles, dont il est dit : « Il régna… et il mourut », etc. —

Explication

Le raffinement ordinaire peut se faire par la seule 'Hokhma, car « c’est par la 'Hokhma qu’ils sont raffinés ». La purification de l’impureté liée à la mort est différente, puisque cette impureté provient du brisement des réceptacles, les rois d’Édom qui « régnèrent… et moururent ».

שנפלו למטה מטה מק״נ [מקליפת נוגה] וכן מעה״ד [מעץ הדעת] טו״ר [טוב ורע] כו׳ ולטהר בחי׳ טומאה זו הרי הטמא נהפך לטהור ואין זה

— qui tombèrent très, très bas, au-dessous de la kelipat noga (l’écorce lumineuse) ; il en va de même de l’Arbre de la connaissance du bien et du mal, etc. Or, pour purifier ce niveau d’impureté, l’impur est transformé en pur ; ce n’est donc pas

Explication

Ces réceptacles tombèrent très bas, au-dessous de la noga, et il en va de même du mélange de bien et de mal issu de l’Arbre de la connaissance. Purifier cette impureté signifie que l’impur lui-même devient pur, ce qui dépasse le simple raffinement.

כמו בירור הנ״ל ע״כ [עד כאן] זה א״א [אי אפשר] להמשיך מהחכמה כ״א [כי אם] מבחי׳ שלמעלה מהשבירה והתיקון בחינת כתר שע״ז [שעל זה] נאמר ולקח מעץ החיים וחי לעולם כו׳ ומשם נמשך להעביר רוח הטומאה. עכ״ד [עד כאן דבריו].

— comme le raffinement mentionné plus haut. C’est pourquoi cela ne peut être attiré de la 'Hokhma, mais seulement du niveau qui se situe au-dessus du brisement et de la réparation (tikoun), le niveau de Kéter (la Couronne), dont il est dit : « et prendre de l’Arbre de vie… et vivre éternellement », etc. C’est de là qu’est attirée la force permettant d’écarter l’esprit d’impureté. Fin de ses paroles.

Explication

Cela ne peut donc venir de la 'Hokhma, mais seulement de Kéter, au-dessus du brisement comme de la réparation (tikoun) : l’« Arbre de vie », dont il est dit : « et vivre éternellement ». C’est de là que provient la force permettant d’écarter l’esprit d’impureté ; ici s’achève la citation de Biurei HaZohar.

Le paragraphe 42 en bref

L’impureté de la mort provient du brisement des réceptacles et de la faute de l’Arbre de la connaissance, en dessous de la noga ; sa purification exige un flux provenant de Kéter, l’Arbre de vie, qui se situe au-dessus du brisement comme de la réparation.

Maré mekomot

  1. 1
    ולקח מעץ החיים וחי לעולם · Genesis 3:22

43ועפ״ז [ועל פי זה] י״ל [יש לומר] שזהו ענין חכמת זה סדר קדשים ודעת זה סדר טהרות כי הקרבנות זהו ענין בירור ק״נ [קליפת נוגה] ובחכמה אתברירו

Et selon cela, on peut dire que tel est le sens de « la sagesse, c’est l’Ordre de Kodashim, et la connaissance, l’Ordre de Taharos » : les offrandes relèvent de l’affinement de la kelipa noga (l’écorce lumineuse), et « c’est par la ’Hokhma (sagesse) qu’elles sont affinées » ;

Explication

Cela explique l’interprétation du Talmud (Chabbat 31a) selon laquelle la « sagesse » désigne l’Ordre de Kodashim, celui des offrandes, et la « connaissance », l’Ordre de Taharos, celui des lois de pureté. Les offrandes affinent la noga, et cet affinement s’opère « par la ’Hokhma ».

וזהו חכמת זה סדר קדשים ומ״מ [ומכל מקום] בירור זה דקדשים הוא ע״י החכמה משא״כ בירור דחולין שנעשו עטה״ק [על טהרת הקודש] הוא ע״י הבינה כו׳

et tel est donc le sens de « la sagesse, c’est l’Ordre de Kodashim ». Néanmoins, cet affinement de Kodashim s’opère par la ’Hokhma, tandis que l’affinement des aliments profanes préparés selon les exigences de pureté du sacré s’opère par la Bina (compréhension), etc.

Explication

La « sagesse » correspond donc à Kodashim. L’affinement des aliments profanes consommés selon les exigences de pureté des aliments sacrés s’opère par la Bina.

אך ודעת זה סדר טהרות כי להיות הטמא נעשה טהור זהו ע״י הדעת שהוא ממשיך מהכתר ועמ״ש מזה בביאור ע״פ אני ה׳ אלקיכם דפ׳ ציצית.

Mais « et la connaissance, c’est l’Ordre de Taharos » : car le passage de l’impur au pur s’opère par la Daat (connaissance), qui attire un influx depuis Kéter (la Couronne). Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication sur « Je suis Havaya votre D.ieu », dans la section de Tsitsit.

Explication

La pureté, c’est-à-dire le passage de l’impur au pur, s’opère par la Daat, qui attire un influx depuis Kéter ; la « connaissance » correspond donc à Taharos. L’explication sur « Je suis Havaya votre D.ieu », dans la section de Tsitsit, traite de ce sujet.

Le paragraphe 43 en bref

Kodashim, le travail d’affinement, relève de la ’Hokhma, tandis que Taharos, le passage de l’impur au pur, relève de la Daat, qui attire un influx depuis Kéter.

Maré mekomot

  1. 1
    חכמת זה סדר קדשים · שבת לא, סע״א. [כ].
  2. 2
    חכמת זה סדר קדשים ודעת זה סדר טהרות · Shabbat 31a:10
  3. 3
    ועמ״ש מזה בביאור ע״פ . . דפ׳ ציצית · לעיל פ׳ שלח נ, א ואילך. באוה״ת מביא במקום זה: ”כמ״ש ע״פ והי׳ אמונת עתך כו׳ חכמה ודעת”. בביאור בשעה שהקדימו: לעיל פ׳ במדבר טו, א.
  4. 4
    אני ה׳ אלקיכם · Numbers 15:41

44וזהו מי יתן טהור מטמא לא אחד יחידו של עולם שהוא כתר הנק׳ יחיד משם דוקא נמשך בחי׳ זו משא״כ מהחכמה הוא רק בחכמה אתברירו כו׳.

Et c’est là le sens de : « Qui fera sortir le pur de l’impur ? N’est-ce pas l’Un ? » — l’Unique du monde, qui est Kéter (la Couronne), appelé « Unique » (Yahid). C’est précisément de là que se dégage ce niveau, tandis que de 'Hokhma (sagesse) ne vient que « par 'Hokhma ils sont affinés », etc.

Explication

Ainsi, « Qui fera sortir le pur de l’impur ? N’est-ce pas l’Un ? » désigne Kéter, appelé Yahid, « Unique ». Seul Kéter peut être la source de cette transformation ; de 'Hokhma ne vient que l’affinement.

גם י״ל [יש לומר] מי יתן היינו בחי׳ מ״י וכמ״ש בביאור בשעה שהקדימו ישראל נעשה בענין מ״ש מי יתן והיה לבבם כו׳ ע״ש [עיין שם].

On peut aussi dire que « Qui (mi) donnera » désigne le niveau de Mi, comme il est écrit dans l’explication sur « Lorsque les enfants d’Israël firent précéder “nous ferons” », à propos de ce qui est écrit : « Qui donnera qu’ils aient un tel cœur », etc. Voir là-bas.

Explication

On peut aussi comprendre mi yitein (« qui donnera ») comme une allusion au niveau appelé Mi, « Qui ». L’explication sur le fait qu’Israël ait dit « nous ferons » avant « nous écouterons » en traite à propos de « Qui donnera qu’ils aient un tel cœur » (Deutéronome 5:26).

וזהו מאמר המדרש רבה כאן (פ׳ חקת דרע״ג סע״ד) אם נטמא זה במה תהא טהרתו לא השיבו באותו שעה נתכרכמו פניו של משה כיון שהגיע לפ׳ פרה אדומה כו׳

Et c’est là le propos du Midrach Rabbah ici (Parachat ‘Houkat, page 273, fin de la colonne d) : « Si celui-ci devient impur, par quoi pourra-t-il être purifié ? » Il ne lui répondit pas. À ce moment-là, le visage de Moché devint pâle. Lorsqu’il parvint au passage de la vache rousse, etc.

Explication

Le Midrach raconte que, lorsque D.ieu enseigna à Moché l’impureté des kohanim, Moché demanda : « Si celui-ci devient impur, comment pourra-t-il être purifié ? » D.ieu ne répondit pas, et le visage de Moché pâlit, jusqu’à ce qu’ils parviennent au passage de la vache rousse.

דמזה שנתכרכמו פניו מוכח שמשה רבע״ה [רבינו עליו השלום] היה קסבר שאין לו טהרה וקשה מהיכי תיתי כן.

Le fait que son visage devint pâle prouve que Moché, notre maître — que la paix soit sur lui — pensait qu’il n’existait pas de purification pour lui ; et cela pose difficulté : d’où lui serait venue une telle idée ?

Explication

Le visage pâle de Moché montre qu’il pensait qu’une telle impureté ne pouvait être purifiée. La question est de savoir pourquoi il l’aurait pensé.

Le paragraphe 44 en bref

« N’est-ce pas l’Un ? » désigne Kéter, l’Unique, source de la transformation de l’impur en pur ; le récit du Midrach sur le visage pâle de Moché soulève la question de savoir pourquoi il pensait qu’il n’existait aucune purification.

Maré mekomot

  1. 1
    מי יתן טהור מטמא לא אחד · Job 14:4
  2. 2
    בשעה שהקדימו ישראל נעשה · Shabbat 88a:7–8
  3. 3
    מי יתן והיה לבבם · Deuteronomy 5:26
  4. 4
    אם נטמא זה במה תהא טהרתו לא השיבו באותו שעה נתכרכמו פניו של משה כיון שהגיע לפ׳ פרה אדומה · Bamidbar Rabbah 19:4

45ולפי הנ״ל א״ש [אתי שפיר] כי התורה נמשכה מחכמה עילאה ובחכמה אתברירו להבדיל בין הטהור לטמא כו׳

Mais, à la lumière de ce qui précède, cela se comprend bien : car la Torah est attirée de la 'Hokhma supérieure ('Hokhma Ila'a), et « par la 'Hokhma, ils sont affinés », afin de distinguer le pur de l'impur, etc. ;

Explication

La réponse est que la Torah provient de la 'Hokhma supérieure et que « par la 'Hokhma, ils sont affinés » : la Torah peut ainsi distinguer le pur de l'impur.

אבל זה שיהי׳ [שיהיה] טהור מטמא זה א״א [אי אפשר] להיות ע״י החכמה ע״כ [על כן] נתכרכמו פניו עד שהגיע לפ׳ פרה שהיא המשכת מים חיים מבחינת עץ החיים מהכתר שמשם נמשך להיות מי יתן טהור מטמא כו׳.

mais qu'une chose pure provienne d'une chose impure, cela ne peut se produire par la 'Hokhma. C'est pourquoi son visage pâlit, jusqu'à ce qu'il parvienne à la section de la vache, qui est l'attraction d'une eau vive depuis le niveau de l'Arbre de Vie, depuis Kéter (la Couronne), d'où découle la possibilité de « faire sortir une chose pure d'une chose impure », etc.

Explication

Mais transformer l'impur en pur ne peut provenir de la 'Hokhma. Le visage de Moché pâlit donc jusqu'à la section de la vache, qui attire l'eau vive depuis l'Arbre de Vie, Kéter, source de « faire sortir une chose pure d'une chose impure ».

Le paragraphe 45 en bref

Moché, dont la Torah provient de la 'Hokhma, vit comment distinguer le pur de l'impur, mais non comment rendre pur ce qui est impur, jusqu'à ce que la vache rousse révèle un flux provenant de Kéter.

Maré mekomot

  1. 1
    מי יתן טהור מטמא · Job 14:4

46ויש להעיר מענין שלש הפוכות ויהפוך כו׳ את הקללה לברכה כו׳ עמ״ש מזה סד״ה ולא אבה בפ׳ תצא.

Et il convient de relever le sujet des trois renversements — « Et Il renversa », etc., « la malédiction en bénédiction », etc. Voir ce qui est écrit à ce sujet à la fin du discours qui commence par « Et Il ne voulut pas », dans la paracha de Teitzei.

Explication

Une note finale compare les « trois renversements » énumérés par le Talmud (Berachos 55b), des versets où D.ieu transforme le mal en bien, parmi lesquels : « Havaya, ton D.ieu, a transformé pour toi la malédiction en bénédiction » (Deuteronomy 23:6). Le discours sur ce verset dans Teitzei, « Et Il ne voulut pas », traite de ce sujet.

ועמ״ש עוד בענין מי יתן טהור מטמא בת״א [בתורה אור] פ׳ וישלח סד״ה ויקח מן הבא בידו מנחה. ובד״ה וישלח יעקב ועיין במא״א [במאורי אור] אות ח׳ סעיף ו׳.

Et voir également ce qui est écrit sur le sujet de « Qui peut faire sortir le pur de l’impur » dans Torah Ohr, paracha de Vayishlach, à la fin du discours qui commence par « Et il prit de ce qui lui était venu en main un présent », ainsi que dans le discours qui commence par « Et Yaakov envoya » ; voir aussi Me'orei Or, lettre ‘het, section 6.

Explication

Sur « le pur de l’impur », voir les discours de Torah Ohr dans Vayishlach au sujet du présent de Yaakov à Essav et de « Et Yaakov envoya ». Yaakov y élève les « eaux féminines » vers la lumière qui entoure tous les mondes de Tohou, où « les ténèbres et la lumière sont semblables », de sorte que même les animaux impurs pour les offrandes de Tikkoun pouvaient faire partie de son présent ; Me'orei Or interprète la parole des Sages selon laquelle « le porc deviendra pur à l’avenir » comme faisant référence à la kelipa de noga.

(וע׳ [ועיין] עוד מענין מי יתן טהור בזח״א [בזהר חלק א] וירא ק״ב ב׳. ח״ב [חלק ב׳] יתרו ס״ט ב׳ ח״ג [חלק ג׳] תזריע מ״ח ב׳)

(Et voir également sur le sujet de « Qui peut faire sortir le pur » dans le Zohar, Part I, Vayera, 102b ; Part II, Yisro, 69b ; Part III, Tazria, 48b.)

Explication

Le Zohar emploie lui aussi l’expression « Qui peut faire sortir le pur de l’impur », comme le cite la note de Kehot : à propos d’Avraham, issu de Terach (Vayera) ; de la sainteté qui se trouvait dans le buisson d’épines (Yisro) ; et de la pureté qui provient du côté de l’impureté (Tazria).

ומענין זאת חקת התורה ויקחו אליך פרה ברבות (ס״פ בא פי״ט קל״ה ד׳) ויובן ע״פ מ״ש בזח״ג [בזהר חלק ג] פנחס (דף רמ״ד ע״ב).

Et sur le sujet de « Voici le statut de la Torah… qu’ils prennent pour toi une génisse », dans le Rabbah (fin de la paracha de Bo, chapitre 19, page 135, colonne d) ; cela se comprendra d’après ce qui est écrit dans le Zohar, Part III, Pinchas (page 244b).

Explication

Sur « Voici le statut de la Torah… qu’ils prennent pour toi une génisse », voir le Midrash Rabbah à la fin de Bo, à comprendre à la lumière du Zohar dans Pinchas.

רבות תצוה ר״פ ל״ח פ׳ אמור ספ״ל (דר״א א׳). נשא פי״ג (דרנ״ג ד׳) ע״פ ביום השני הקריב נתנאל:

Rabbah sur Tetzaveh, début du chapitre 38 ; paracha d’Emor, fin du chapitre 30 (page 201a) ; Nasso, chapitre 13 (page 253, colonne d), sur le verset : « Le deuxième jour, Nesanel offrit. »

Explication

D’autres passages du Midrash Rabbah sont mentionnés, sur Tetzaveh, Emor et Nasso ; le dernier porte sur « Le deuxième jour, Nesanel offrit » (Numbers 7:18).

Le paragraphe 46 en bref

Le paragraphe final énumère d’autres références, dans Torah Ohr, le Zohar et le Midrash, concernant la transformation de la malédiction en bénédiction et de l’impur en pur.

Pour aller plus loin

La note de Kehot cite Torah Ohr : l’élévation des mayin noukvin de Tikkoun est connue à partir des offrandes de la Torah, mais l’élévation vers le monde de Tohou n’était connue que de Yaakov. C’est pourquoi il envoya même des chameaux, qui sont impurs parmi les offrandes de Tikkoun ; parmi les offrandes de Tohou, « qui peut faire sortir le pur de l’impur ? », car là, les ténèbres et la lumière sont semblables.

Maré mekomot

  1. 1
    מענין שלוש הפוכות · Berakhot 55b:7–8
  2. 2
    ויהפוך כו׳ את הקללה לברכה · Deuteronomy 23:6
  3. 3
    מי יתן טהור · Zohar, Vayera 6:105–7:140
  4. 4
    מי יתן טהור · Zohar, Yitro 1:50–3:59
  5. 5
    מי יתן טהור · Zohar, Tazria 23:115–24:123
  6. 6
    בת״א פ׳ וישלח סד״ה ויקח מן הבא בידו מנחה · תו״א כו, א וז״ל ”והנה העלאת מ״ן של התיקון גלוי וידוע לנו ע״פ התורה פרים בני בקר שנים כו׳, משא״כ העלאת מ״ן לעולם התהו כו׳ ולכן הקריב גם גמלים שהם טמאים בקרבנות דתיקון, אך בקרבנות דתהו כתיב מי יתן טהור מטמא כו׳ ששם כחשיכה כאורה כו׳ קטן וגדול שם הוא כו׳ השוה ומשוה כו׳ עכ״ל” — אוה״ת נ״ך-א ע׳ תרנה.
  7. 7
    ויקח מן הבא בידו מנחה · Genesis 32:14
  8. 8
    ובד״ה וישלח יעקב · תו״א כה, א וז״ל ”אבל יעקב העלה מ״ן לבחי׳ המקיף דתהו שהוא אור גדול בבחי׳ א״ס כו׳ לכן אין שם הצמצומים והדקדוקים, כי א״ס ב״ה הוא כל יכול לסבול הכל אף טמאין כו׳ וכמארז״ל עתיד חזיר ליטהר עכ״ל” — אוה״ת נ״ך-א ע׳ תרנה.
  9. 9
    עיין במא״א אות ח׳ סעיף ו׳ · ”חזיר נק׳ קליפת נוגה ולכן במיתוקה עתידה לחזור ותהי׳ קדושה ושם זה בחי׳ חכמה דקליפה”. וע״פ התו״א וישלח כה, ב מובן מה שמציין כאן להמאו״א. ומה שמציין בתו״א למאמרז״ל עתיד חזיר ליטהר. ובאוה״ת נ״ך-א ע׳ תרנו מציין ”אמנם במאו״א אות ח׳ סעיף ואו פי׳ עתיד חזיר ליטהר קאי על ק״נ, ובמדרש תלים סי׳ קמ״ו ע״פ ה׳ מתיר אסורים יש שני דיעות אם האיסורים יהיו נעשים היתר לע״ל שי״א חס ושלום כו׳, ויש להעיר מזה לענין פרה אדומה שנזכר ברבות ר״פ חקת מי יתן טהור מטמא, לפי ששם הוא ג״כ בחי׳ ומראה לו פנים והיינו ענין מים חיים דוקא”. וראה גם אוה״ת ויקרא-א ע׳ רלט.
  10. 10
    וע׳ עוד מענין מי יתן טהור · ראה סה״מ תרל״ד ע׳ רסט.
  11. 11
    בזח״א וירא ק״ב ב׳ · ”מי יתן טהור כו׳ טהור דא אברהם דנפק מתרח. דהיינו טהור מטמא כמ״ש ברבות פ׳ חקת” — אוה״ת נ״ך-א ע׳ תרנו.
  12. 12
    ח״ב יתרו ס״ט ב׳ · ”ע״פ מתוך הסנה, הסנה ודאי הוה בגו ההוא קדושה ואתדבק בי׳ כו׳ ורזא דא מי יתן טהור מטמא” — אוה״ת נ״ך-א ע׳ תרנז. וראה גם סה״מ תרל״ד ע׳ רסט.
  13. 13
    ח״ג תזריע מ״ח ב׳ · ”ע״פ ואיש כי ימרט ראשו קרח הוא טהור הוא, דלא טהור אלא כד נפיק מסטרא דמסאבא כו׳ דכתיב מי יתן טהור מטמא” — אוה״ת נ״ך-א ע׳ תרנח. וראה שם ע׳ תרנו.
  14. 14
    זאת חקת התורה ויקחו אליך פרה · Numbers 19:2
  15. 15
    רבות (ס״פ בא פי״ט קל״ה ד׳) · הלשון נעתק באוה״ת פ׳ חקת ע׳ תשעג.
  16. 16
    רבות תצוה . . פ׳ אמור ספ״ל . . נשא פי״ג · נעתקו באוה״ת ע׳ תשעד ואילך.
  17. 17
    ביום השני הקריב נתנאל · Numbers 7:18

Maamar terminé ?

Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.

Télécharger le PDFPDF · 1.4 MB

Dans la avoda

Une personne doit « consumer » les désirs mondains qui ont revêtu les émotions de son âme animale, détourner ses yeux du mal et chasser de son esprit de telles pensées, jusqu’à ce que sa volonté même se transforme en un amour abondant de D.ieu, « de tout votre cœur, de vos deux inclinations ». Elle doit alors « revenir » par l’étude de la Torah, en attirant la Lumière infinie dans ses lettres, tout en maintenant vivante la flamme de cette aspiration. Les paroles de Torah et de prière prononcées à voix haute, ainsi qu’une fierté sainte qui refuse de s’abaisser aux désirs de ce monde, privent les kelipot de leur nourriture.

Questions à discuter

  1. Pourquoi le maamar situe-t-il l’amira (la parole intérieure) au-dessus du dibbour (la parole prononcée), et comment cela explique-t-il le mot lemor dans « que Havaya a ordonné, en disant » ?
  2. En quel sens les lettres sont-elles « inanimées » tout en étant enracinées plus haut que 'Hokhma, le « vivant » ?
  3. Comment la combustion de la vache en cendre illustre-t-elle le raffinement des émotions de l’âme animale, et pourquoi la cendre doit-elle demeurer au-dessus de l’eau vive ?
  4. Pourquoi la force du ver écarlate est-elle « uniquement dans sa bouche », et que nous enseigne cela sur le fait de prononcer à voix haute les paroles de Torah et de prière ?
  5. Quelle est la différence entre discerner le bien du mal et transformer l’impur en pur, et pourquoi Moché ne pouvait-il pas trouver la seconde opération en 'Hokhma ?

Langue

Taille du texte

Thème

Comment j’étudie

Calendrier

Afficher

Abréviations

Touchez une abréviation, ou activez En entier. Un Kindle ne peut pas s’arrêter sur un mot : c’est ainsi qu’on les lit.

PDF

CompletHébreu, traduction, explications et notes · PDF · 1.4 MBLe texte seulL’hébreu et la traduction · PDF · 523 KB
Les livres entiers, prêts à imprimer

Langue

EnglishEspañolFrançaisPortuguêsРусский

Envoyez-nous une suggestion

Corrections, idées, questions. Laissez votre e-mail pour que nous puissions vous répondre.

Le message part par e-mail à l’éditeur, avec la page où vous êtes. Rien n’est publié.

Sommaire

Likkutei Torahלקוטי תורה

Parshas Chukasחקת

  1. 1וידבר הוי׳ וגו׳ זאת חקת התורה…“And Havayah spoke… This is the statute of the Torah which Havayah commanded, saying”
  2. 2א ביאור ע״פ זאת חקת כו׳An explanation on “This is the statute,” etc.
  3. 3ויקחו אליך פרה אדומה“And they shall take to you a red heifer” (Numbers 19:2)
  4. 4תוספת ביאור מעט ע״פ ויקחו אליך…A brief additional explanation on “That they take to you a heifer” (Numbers 19:2)
  5. 5ויקחו אליך פרה אדומה תמימה אשר…“And let them take to you a red heifer, perfect” (Numbers 19:2)
  6. 6והזה הטהור על הטמא ביום השלישי…“And the pure one shall sprinkle upon the impure one on the third day and on the seventh day” (Numbers 19:19)
  7. 7ויעש משה נחש נחשת וישימהו על…“And Moshe made a copper serpent and set it upon the pole” (Numbers 21:9)
  8. 8אז ישיר ישראל את השירה הזאת…“Then Israel sang this song: Spring up, O well” (Numbers 21:17)
  9. 9ביאור ענין עלי באר כו׳An explanation of the matter of “Rise up, O well,” etc.
  10. 10על כן יאמרו המושלים באו חשבון…“Therefore the rulers will say: Come to Cheshbon” (Numbers 21:27)
  11. 11ביאור ע״פ על כן יאמרו המושלים…An explanation on the verse “Therefore the moshlim say: ‘Come to Cheshbon’”