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Likkutei Torah · Parshas Tazria · Maamar 6

בגמרא דב״מ פרק הפועלים קא מפלגי במתיבתא דרקיע…

Dans la Guemara, Bava Metzia, chapitre HaPoalim : « Ils étaient en désaccord dans l’Académie céleste… »

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L’idée centrale

D.ieu est « le Saint béni soit-Il » : « saint » désigne la lumière enveloppante de Kéter, et « béni », la lumière qui réside en 'Hokhma. L’Académie céleste, dont la compréhension relève de Bina, entendit la décision de D.ieu, « pur », seulement comme une lueur cachée de la lumière enveloppante, tandis que Rabbah bar Nachmani, dont l’âme provenait précisément de ce rayonnement, pouvait en trouver la raison dans la Torah elle-même.

Le maamar en bref

Le maamar explique le récit talmudique d’un désaccord dans l’Académie céleste au sujet d’un cas douteux de tsaraat : D.ieu dit « pur », l’Académie dit « impur », et Rabbah bar Nachmani fut appelé pour trancher. Il commence par définir le Nom « le Saint béni soit-Il » : « saint » désigne Kéter, la lumière qui entoure tous les mondes, et « béni » désigne 'Hokhma, la source de la lumière qui les remplit. Le « firmament » est Bina, le niveau de compréhension, qui rayonne dans le Gan Eden supérieur. L’étude de la Torah, prononcée à voix haute, attire une lumière d’au-dessus de l’ordre des mondes, ce qui explique comment les Sages accomplissaient des miracles. L’Admour Hazaken explique ensuite, à la suite du Maguid, que les attributs ne s’unissent que par la Lumière infinie, qui rayonne constamment en Tiferet (d’où le Nom Havaya), mais qui est absente de la kelipat nogah. La tsaraat est la fermeture de 'Hokhma, qui permet à la nogah de puiser dans la « peau » ; un cas douteux est pur, car cette impureté dépend du fait d’être connue. L’Académie, enracinée dans Bina, connaissait la décision de D.ieu, mais pas sa raison ; Rabbah bar Nachmani, qui portait une étincelle de Moché, la connaissait. Le maamar s’achève sur la question halakhique de « elle n’est pas au ciel ».

Plan

  1. Le désaccord au ciel et le Nom « le Saint béni soit-Il »Le récit du Talmud ; comment les Sages accomplissaient des merveilles ; « saint » désigne Kéter et sovev, et « béni » désigne 'Hokhma et memalé ; baroukh comme récepteur (Mal'hout) et comme source ('Hokhma).¶1–4
  2. L’Académie célesteLe firmament au-dessus des 'Hayot supérieures est Bina, la compréhension « figée » comme la glace ; il rayonne dans le Gan Eden supérieur. L’étude de la Torah pour elle-même y ajoute de la lumière, et la prière y prépare.¶5–8
  3. La Torah, la parole et les miraclesLa Torah réjouit le cœur parce qu’elle ne fait qu’un avec D.ieu ; la Torah prononcée à voix haute fait jaillir sa lumière cachée. Les Sages attirèrent une lumière au-dessus de l’ordre des mondes, de sorte qu’un fleuve put se diviser ; les mitsvot existent en Atsilout, et les âmes les étudient dans le Gan Eden.¶9–15
  4. La kelipat nogah d’Atsilout et le Nom HavayaComment peut-il y avoir une kelipa en Atsilout ? À la suite du Maguid, les attributs ne s’unissent que par la Lumière infinie, que Tiferet possède toujours et qui lui vaut ainsi le Nom Havaya ; la nogah est privée de cette union et d’une véritable annulation de soi : c’est donc une « écorce », moitié bonne et moitié mauvaise.¶16–22
  5. L’affection et la loi du poil blancLorsque la lumière d’Abba se retire, la nogah puise dans la « peau » de Zeir Anpin ; le kohen fait de nouveau descendre Abba. Un poil blanc signifie d’abord que la nogah ne puise que dans les « cheveux », et un cas douteux est pur, car cette impureté dépend du fait d’être connue.¶23–26
  6. Pourquoi l’Académie n’en connaissait pas la raisonLa lumière enveloppante ne rayonne dans le Gan Eden que de manière cachée ; l’Académie, enracinée dans Bina, connaissait donc la décision de D.ieu, mais pas sa raison. L’âme de Rabbah bar Nachmani, comme celle de Moché, provenait de ce rayonnement ; il en trouva donc la raison dans la Torah.¶27–30
  7. Le plaisir de D.ieu dans le Gan Eden et la décision halakhiqueLe plaisir que D.ieu éprouve auprès des justes provient d’Eden, au-dessus du firmament ; il est mérité en faisant descendre la Couronne par la Torah. Le Rambam tranche « impur », car la Torah « n’est pas au ciel », bien que le cas puisse être différent ici, où D.ieu Lui-même a dit « pur ».¶31–33

Notions clés

Saint et béni (kadoch, baroukh)קדוש ברוך
Les deux mots du Nom « le Saint béni soit-Il » : « saint » désigne Kéter, séparé au-dessus de l’enchaînement descendant et enveloppant les mondes ; « béni » désigne 'Hokhma, la source d’où la lumière descend pour les remplir.
L’Académie célesteמתיבתא דרקיע
Le Gan Eden supérieur, nommé d’après le « firmament » au-dessus des 'Hayot supérieures, qui est Bina : le niveau où l’intuition devient une compréhension établie, comme l’eau qui gèle en glace.
Lumière enveloppante et lumière intérieureאור מקיף ואור פנימי
Une lumière trop grande pour pénétrer un réceptacle l’entoure, tout en y rayonnant de manière cachée. L’Académie ne perçut la décision de D.ieu que sous cette forme de lueur cachée.
L’inclusion mutuelle des attributsהתכללות המדות
Des attributs opposés tels que 'Hessed et Guevoura ne peuvent s’unir que par la Lumière infinie qui rayonne en eux ; Tiferet, qui la possède toujours, porte le Nom Havaya.
La kelipat nogah d’Atsiloutקליפת נוגה דאצילות
Une « écorce » au niveau d’Atsilout, issue des réceptacles brisés de Tohou : elle reçoit une part de lumière divine, mais ses attributs restent séparés, si bien que la Lumière infinie ne fait que l’entourer.
Segirou, « fermeture »סגירו
Le mot du Targoum pour la tsaraat : la fermeture de la lumière d’Abba, 'Hokhma, vis-à-vis de Zeir Anpin, qui permet à la nogah de puiser sa vitalité dans la « peau ».
« Elle n’est pas au ciel »לא בשמים היא
La loi est tranchée par les sages d’en bas, selon la Torah telle qu’elle est descendue dans la lumière intérieure, et non selon les niveaux enveloppants, le « ciel ».

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Le désaccord au ciel et le Nom « le Saint béni soit-Il » ¶1–4

1בגמרא דב״מ [דבבא מציעא] פרק הפועלים קא מפלגי במתיבתא דרקיע אם בהרת קודמת לשער לבן טמא ואם שער לבן קודם לבהרת טהור ספק הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] אמר טהור וכולהו מתיבתא דרקיע אמרי טמא ואמרי מאן נוכח.

Dans la Guemara, [traité] Baba Metsia, chapitre HaPoalim : « Ils étaient en désaccord dans l’Académie céleste (Metivta deRakia) : si la tache blanche (baheret) avait précédé le poil blanc, le cas était impur ; si le poil blanc avait précédé la tache blanche, il était pur. En cas de doute, le Saint béni soit-Il dit : “Pur”, tandis que toute l’Académie céleste disait : “Impur.” Et ils dirent : “Qui tranchera ?”

Explication

Le maamar s’ouvre sur un récit du Talmud (Baba Metsia 86a) concernant une loi de tsaraat. Une tache blanche (baheret) avec des poils blancs en son sein est impure si la tache est apparue la première, et pure si les poils sont apparus les premiers ; en cas de doute, D.ieu trancha « pur », tandis que toute l’académie céleste trancha « impur », et l’on chercha quelqu’un pour les départager.

נוכח רבה בר נחמני דאמר רבה בר נחמני אני יחיד בנגעים אני יחיד באהלות כו׳

« Rabba bar Nahmani tranchera », car Rabba bar Nahmani avait dit : « Je suis unique dans [les lois] des affections lépreuses (negaïm) ; je suis unique dans [les lois] de l’impureté des tentes (ohalot) », etc.

Explication

Ils choisirent Rabba bar Nahmani, l’Amora qui s’était dit unique dans les lois des affections lépreuses et de l’impureté des tentes. Le Talmud poursuit en racontant qu’un messager fut envoyé pour le faire monter, mais que l’Ange de la Mort ne pouvait s’approcher de lui tant qu’il ne cessait pas d’étudier.

עד אמר טהור טהור, ובגמ׳ [ובגמרא] במסכת נזיר (דס״ה ע״ב) פי׳ הטעם דאמר קרא לטהרו או לטמאו הואיל ופתח בו הכתוב בטהרה תחלה (והובא בהר״ש [בהרבי שמעון] ספ״ד [סוף פרק ד׳] דנגעים).

jusqu’à : « il dit : “Pur, pur.” » Et dans la Guemara, au traité Nazir (65b), la raison est expliquée : car le verset dit « pour le déclarer pur ou pour le déclarer impur » ; puisque l’Écriture a commencé par la pureté. (Cette source est citée par Rabbénou Chimchon à la fin du chapitre 4 de Negaim.)

Explication

Au moment où son âme le quitta, il dit : « Pur, pur », approuvant ainsi la décision de D.ieu. Le Talmud, dans Nazir, en donne la raison : le verset (Lévitique 13:59) dit « pour le déclarer pur ou pour le déclarer impur » ; la pureté y étant mentionnée en premier, il enseigne que le cas douteux est pur.

וצריך להבין ענין התנאים ואמוראים שאנו רואים את המופתים העצומים שהיו יכולים לעשות כמו בר׳ [ברבי] פנחס בן יאיר

Or, il nous faut comprendre la question des Tannaïm et des Amoraïm : nous voyons les prodiges extraordinaires qu’ils étaient capables d’accomplir, comme Rabbi Pin’has ben Yaïr

Explication

Après avoir exposé ce récit, l’Admour Hazaken soulève une question plus générale : comment les Tannaïm (les Sages de la Michna) et les Amoraïm (les Sages du Talmud) pouvaient-ils accomplir de si extraordinaires prodiges ? Son premier exemple est Rabbi Pin’has ben Yaïr.

פ״ק [פרק קמא] דחולין שאמר גינאי נהרא חלוק לי מימיך ומיד נתקיים מה שבהתאסף יחד משה רבינו וששים רבוא ישראל גבי קריעת ים סוף היה זה פלא.

qui, dans le premier chapitre de Houlin, dit : « Ginai, fleuve, partage tes eaux pour moi », et aussitôt, cela s’accomplit : ce qui, lorsque Moché notre maître et les six cent mille d’Israël furent réunis lors de la séparation de la mer des Joncs, constitua un prodige.

Explication

Alors qu’il se rendait pour racheter des captifs, Rabbi Pin’has ben Yaïr ordonna au fleuve Ginai de se séparer devant lui, et celui-ci obéit (Houlin 7a). La séparation de la mer, prodige qui se produisit pour Moché avec l’ensemble des six cent mille d’Israël, se produisit aussitôt pour cet homme seul.

וכן אמרו זוטרא דבכו מחיה מתים וזכו לכ״ז [לכל זה] ע״י עסק תורתם. וצריך לבאר תחלה פי׳ קריאת שם הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] שקראו בו חז״ל [חכמינו זכרונם לברכה] את הבורא ית׳, וענין פי׳ מתיבתא דרקיע.

De même, ils dirent : « Le plus petit d’entre vous ressuscite les morts. » Et ils méritèrent tout cela grâce à leur étude de la Torah. Il nous faut d’abord expliquer le sens du nom « le Saint béni soit-Il » (HaKadoch Baroukh Hou), par lequel nos Sages, de mémoire bénie, désignèrent le Créateur, qu’Il soit béni, ainsi que le sens de « l’Académie céleste ».

Explication

Un deuxième exemple : le souverain romain Antonin dit à Rebbi : « Je sais que le plus petit d’entre vous ressuscite les morts » (Avoda Zara 10b). L’Admour Hazaken explique que les Sages méritèrent ces pouvoirs grâce à leur étude de la Torah et annonce deux notions à éclaircir d’abord : le nom « le Saint béni soit-Il » et l’expression « l’Académie céleste ».

והענין כי הנה קדוש הוא בחי׳ כתר (וכנודע מענין קדוש יהי׳ [יהיה] גדל פרע כו׳ שנאמר גבי נזיר וע״ש [ועיין שם] בלק״ת [בלקוטי תורה (להאריז״ל)]).

Voici l’explication : « saint » (kadoch) désigne le niveau de Kéter (la Couronne), comme on le sait à propos de « il sera saint, il laissera pousser sa chevelure », etc., paroles dites au sujet du nazir ; voir à ce propos le Likkutei Torah de l’Arizal.

Explication

L’explication commence par les deux mots du Nom. « Saint » relève de Kéter, la Couronne, qui se tient au-dessus des niveaux ordonnés. La preuve en est le nazir, que la Torah qualifie de « saint » dans le même verset où elle lui ordonne de laisser pousser les cheveux de sa tête (Nombres 6:5) ; le lecteur est renvoyé au Likkutei Torah de l’Arizal à ce sujet.

ואע״פ [ואף על פי] שלפעמים בחי׳ תפארת דאצילות נק׳ קדוש. זה הוא להיות כי שרש הת״ת [התפארת] הוא מבחי׳ כתר

Et bien que le niveau de Tiferet (beauté) du Monde d’Atsilout (Émanation) soit parfois appelé « saint », c’est parce que la racine de Tiferet procède du niveau de Kéter.

Explication

Une objection se présente : Tiferet d’Atsilout, l’attribut de l’harmonie, est parfois également appelé « saint ». La réponse est que Tiferet a elle-même sa racine en Kéter ; la sainteté qu’elle possède lui vient donc de là.

(כי הוא מקו האמצעי ולכן מת״ת [מתפארת] דאימא נעשה כתר לז״א [לזעיר אנפין]. ומת״ת [ומתפארת] דז״א [דזעיר אנפין] נעשה כתר לנוק׳ [לנוקבא] הרי כי התפארת שייך לבחי׳כתר) (ועיין ברבות פ׳ בלק ע״פ אשר בך אתפאר כו׳ עטרה ונתנה בראשו כו׳ ע״ש [עיין שם]).

(car il relève de la ligne médiane ; c’est pourquoi le Tiferet d’Imma devient le Kéter du Zeir Anpin, et le Tiferet du Zeir Anpin devient le Kéter de la Noukva ; ainsi, le Tiferet est lié au niveau de Kéter) (voir aussi le Midrach Rabba, parachat Balak, sur le verset « en toi, je me glorifierai », etc. : « une couronne, et Il la posa sur sa tête », etc. ; voir là-bas).

Explication

Le Tiferet se situe sur la ligne médiane des Séfirot, la colonne centrale qui remonte directement jusqu’à Kéter. Dans le système de l’Ari Zal, cela se manifeste dans la transmission des niveaux : le Tiferet d’Imma devient le Kéter du Zeir Anpin, et le Tiferet du Zeir Anpin devient le Kéter de la Noukva. Le Midrach associe également Israël, « en qui je me glorifie » (espa’er), racine du mot tiferet, à une couronne que le roi posa sur sa tête.

ועמ״ש מזה בביאור ע״פ הראיני את מראיך וגם כמו שיתבאר לקמן שבתפארת יש הארה גדולה מא״ס [מאין סוף] ב״ה יותר מבמדות חו״ג [חסד וגבורה] ועי״ז הוא הפועל התכללות מדות חו״ג [חסד וגבורה] כו׳

Voir ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication du verset « Fais-moi voir ton visage » ; et aussi, comme il sera expliqué plus loin, le Tiferet reçoit un grand rayonnement de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, davantage que les attributs de 'Hessed et de Guevoura ; c’est par ce rayonnement qu’il provoque l’inclusion mutuelle des attributs de 'Hessed et de Guevoura, etc.

Explication

L’Admour Hazaken renvoie à son explication de « Fais-moi voir ton visage » (Cantique des Cantiques 2:14) et annonce un point développé plus loin dans ce maamar : le Tiferet reçoit un rayonnement de l’Infini plus grand que celui reçu par 'Hessed et Guevoura, et ce rayonnement permet à ces deux attributs opposés de s’unir.

והארה זו זהו מבחי׳ הכתר. (וכמ״ש בזהר ס״פ תרומה דקע״ה ב׳ ע״פ והבריח התיכון כו׳).

Et ce rayonnement provient du niveau de Kéter. (Comme il est écrit dans le Zohar, à la fin de la parachat Terouma, 175b, à propos du verset « et la barre centrale », etc.)

Explication

Ce rayonnement supplémentaire dans le Tiferet provient de Kéter. Le Zohar interprète la « barre centrale » du Tabernacle, qui traversait toutes les planches « d’un bout à l’autre », comme désignant Yaakov, l’attribut du Tiferet, qui unit les deux côtés.

וכתר נק׳ קדוש דהיינו שהוא בחי׳ קדוש ומובדל ולמעלה מגדר ההשתלשלות. וברוך הוא בחי׳ חכמה שהוא ראשית ההשתלשלות וראשית הגילוי.

Kéter est appelé « saint », c’est-à-dire qu’il est le niveau de ce qui est saint et séparé, au-dessus des limites de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout). Et « béni » (baroukh) désigne le niveau de 'Hokhma (sagesse), qui est le commencement de l’enchaînement descendant et le commencement de la révélation.

Explication

Les deux mots sont maintenant définis. « Saint » signifie séparé : Kéter se situe au-delà des limites de l’enchaînement ordonné des niveaux. « Béni » désigne 'Hokhma, le premier point où la divinité commence à se révéler et d’où commence l’enchaînement ordonné de la descente.

נמצא קדוש הוא בחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] וברוך הוא בחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין]. וע״כ [ועל כן] קראו חז״ל [חכמינו זכרונם לברכה] בשם זה הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] שהוא ית׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] וממכ״ע [וממלא כל עלמין].

Il en ressort que « saint » désigne le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), et « béni », celui de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin). C’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont donné [à D.ieu] le nom de Saint béni soit-Il : car Lui, qu’Il soit béni, est sovev kol almin et memalé kol almin.

Explication

Ainsi, le nom « le Saint béni soit-Il » réunit les deux manières dont D.ieu se rapporte aux mondes : en tant que « saint », Il les transcende et les entoure tous (sovev) ; en tant que « béni », Il les remplit et leur donne la vie de l’intérieur (memalé). C’est pourquoi les Sages ont choisi ce nom pour le Créateur.

Le paragraphe 1 en bref

Ce paragraphe s’ouvre sur le récit talmudique du désaccord au sein de l’Académie céleste au sujet d’un cas douteux de tsaraat, puis demande comment les Sages de la Michna et du Talmud pouvaient accomplir des miracles grâce à leur Torah. Il amorce la réponse en expliquant le nom « le Saint béni soit-Il » : « saint » désigne Kéter, la lumière qui entoure tous les mondes, et « béni » désigne 'Hokhma, la lumière qui les remplit.

Pour aller plus loin

Les notes du Kehot montrent que ce thème revient ailleurs : le Tséma’h Tsédek le relie à Torah Ohr 49b, où le fait d’attirer le 'Hokhma supérieur est attribué aux Tannaïm, et le maamar du Rabbi Padah VeShalom de 5726 explique que la séparation du fleuve Ginai fut un véritable renouvellement, un changement jusque dans la racine et la source propres du fleuve, car ce que la Torah attire est au-dessus de l’hichtalchelout, comme ce maamar l’explique plus loin. Le Zohar cité à propos de 'Hokhma comme « commencement » (1:31b) dit que la Couronne suprême cachée vient en premier, mais n’est pas comptée ; c’est pourquoi le deuxième niveau, 'Hokhma, est appelé réchit.

Maré mekomot

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    פרק הפועלים · דף פו, א.
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    אם בהרת קודמת לשער לבן טמא ואם שער לבן קודם לבהרת טהור · Mishnah Negaim 4:11
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    קא מפלגי במתיבתא דרקיע אם בהרת קודמת לשער לבן טמא ואם שער לבן קודם לבהרת טהור ספק הקב״ה אמר טהור וכולהו מתיבתא דרקיע אמרי טמא ואמרי מאן נוכח · Bava Metzia 86a:6–7
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    זוטרא דבכו מחי׳ מתים · Avodah Zarah 10b:6
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    וזכו לכ״ז ע״י עסק תורתם · במאמרי אדה״א ויקרא-ב ע׳ תנז מבאר ”כי בחי׳ מס״נ שלהם על שקידת התורה לא הי׳ כמוהו עדיין” ע״ש.
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    שם הקב״ה . . הבורא ית׳ · ע׳ שה״ש ד״ה ששים המה מלכות הב׳ רפ״ג (מ, ג) [כ]. בארוכה בדרך מצותיך קב, ב. אוה״ת פנחס ע׳ א׳רי. וראה גם בסה״מ תרל״ד ע׳ צז ואילך.
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    קדוש הוא בחי׳ כתר · באוה״ת ויקרא-ג ע׳ א׳נג כ׳ ”וז״ל הפרדס קדוש הוא בכתר ובתפארת וביסוד, ה׳ ודברי הפרדס לכאורה מקורם מהזוהר פ׳ אמור” ע״ש.
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    קדש יהי׳ גדל פרע · Numbers 6:5
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    וכנודע מענין קדוש יהיה . . גבי נזיר · ראה אוה״ת ויקרא-א ע׳ קט.
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    כי הוא מקו האמצעי · ראה אגה״ק סי׳ יב, ובליקוט פי׳ שם.
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    מת״ת דאימא נעשה כתר לז״א · ע׳ ע״ח ש׳ מוחין דצלם רפ״ה ורפ״ז. ובש׳ דרושי הצלם דרוש ה — עט, ד. ובריש ש׳ מיעוט הירח פ״א. על״ק שה״ש מז, ג. [כ].
  17. 17
    ומת״ת דז״א נעשה כתר לנוק׳ · שם [ע״ח] ש׳ א״א ספ״ז. [כ].
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    ברבות פ׳ בלק · כ, טז.
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    אשר בך אתפאר · Isaiah 49:3
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    אשר בך אתפאר כו׳ עטרה ונתנה בראשו · Bamidbar Rabbah 20:19
  21. 21
    בביאור ע״פ הראיני את מראיך · אולי הכוונה ללקו״ת שה״ש כ, ד.
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    והבריח התיכון · Zohar, Terumah 94:908–96:918
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    וברוך . . חכמה · ראה ג״כ סה״מ תקס״ה ע׳ קסה ובהנסמן לשם.
  24. 24
    חכמה . . וראשית הגילוי · Zohar I, 31b
  25. 25
    קדוש הוא בחי׳ סוכ״ע וברוך הוא בחי׳ ממכ״ע · ראה לקו״ת שה״ש כא, ב. דרך מצותיך מז, א. קב, ב. אוה״ת פנחס ע׳ א׳ריא.
  26. 26
    נתבאר בד״ה פדה בשלום תשכ״ו (סה״מ מלוקט-ו ע׳ מז) · ”שע״י עסק התורה שלהם נעשה שינוי וחידוש בהעולם [חידוש אמיתי שלא הי׳ גם בשורש ומקור העולם]”. ובהערה 22 שם ”כמובן ממ״ש בלקו״ת שם (כג, א) דזה שע״י התורה עשו מופתים הוא לפי שהגילוי שנמשך ע״י התורה הוא מלמעלה מהשתלשלות”.
  27. 27
  28. 28

2והנה בתיבת ברוך יש ג״כ שני פירושים. הא׳ מלשון והמלך שלמה ברוך שהפי׳ שהוא נתברך והיינו שמקבל הברכה עד שנעשה ברוך.

Or, le mot baroukh (« béni ») a lui aussi deux sens. Le premier est celui de « et le roi Chlomo sera béni » : cela signifie qu’il a été béni, c’est-à-dire qu’il reçoit la bénédiction jusqu’à devenir béni.

Explication

L’Admour Hazaken montre maintenant que baroukh a lui-même deux sens. Dans « et le roi Chlomo sera béni » (I Rois 2:45), le terme est passif : il désigne celui qui a reçu une bénédiction et est ainsi devenu béni.

והפי׳ הב׳ היינו שהוא ברוך ר״ל [רוצה לומר] מקור הברכות שמברך את הכל וכמ״ש מזה ע״פ לבבתני אחותי כלה.

Le second sens est qu’Il est baroukh, c’est-à-dire la source des bénédictions, Celui qui bénit tout ; comme il est expliqué à ce sujet sur le verset « Tu as ravi mon cœur, ma sœur, [ma] fiancée ».

Explication

Dans le second sens, lorsqu’il est dit de D.ieu, baroukh désigne la source de toutes les bénédictions, Celui qui bénit tout. Pour davantage d’explications, l’Admour Hazaken renvoie à son discours sur « Tu as ravi mon cœur, ma sœur, fiancée » (Cantique des Cantiques 4:9).

ושני הפי׳ אמת כי הנה אע״פ [אף על פי] שנת׳ [שנתבאר] דחכמה נק׳ ברוך וכמ״ש בפע״ח [בפרי עץ חיים] שיסוד אבא נק׳ ברוך מ״מ [מכל מקום] לפעמים נקרא המלכות ברוך

Les deux sens sont vrais. En effet, bien qu’il ait été expliqué que 'Hokhma (sagesse) est appelée baroukh, comme il est écrit dans Pri Etz Chaim que le Yessod d’Abba est appelé baroukh, néanmoins Mal’hout (souveraineté) est parfois appelée baroukh,

Explication

Les deux sens s’appliquent à des niveaux différents. 'Hokhma est appelée baroukh, et Pri Etz Chaim désigne comme baroukh le Yessod d’Abba, le canal par lequel 'Hokhma se déverse ; pourtant, Mal’hout, la dernière des Séfirot, est elle aussi parfois appelée baroukh.

וזהו ענין והמלך שלמה ברוך (ועיין בזהר ר״פ בראשית ד״ג סע״א [סוף עמוד א] בענין אות ב׳ דהוא סימן ברכה ובזהר הרקיע שם שהיא בחי׳ מלכות כו׳. וכ״מ [וכן משמע] בזהר ר״פ ויגש דר״ה [דראש השנה] ע״ב ע״פ כי אתה אבינו)

et c’est là le sens de « et le roi Chlomo sera béni ». (Voir le Zohar, au début de la paracha Bereishis, fin de 3a, à propos de la lettre beit, qui est un signe de bénédiction ; et Zohar HaRakia à cet endroit, selon lequel elle correspond au niveau de Mal’hout, etc. La même idée ressort également du Zohar, au début de la paracha Vayigach, 205b, sur le verset « Car Tu es notre Père ».)

Explication

Mal’hout est le « roi Chlomo » qui est béni. La parenthèse rassemble des appuis dans le Zohar : au début de Bereishis, le monde est créé par la lettre beit, lettre de la bénédiction, et le commentaire Zohar HaRakia l’identifie à Mal’hout ; le début de Vayigach dans le Zohar, à propos de « Car Tu es notre Père » (Isaïe 63:16), suggère la même idée.

(ועיין במא״א [במאורי אור] אות ב׳ סל״ט וסל״ה ועיין בפ׳ פקודי דרס״א ע״א ובמק״מ [ובמקדש מלך] שם גבי ברוך).

(Voir Me’orei Or, lettre beit, sections 39 et 35 ; voir aussi la paracha Pekoudei, 261a, et le Mikdash Melekh à cet endroit, à propos de baroukh.)

Explication

D’autres références suivent : Me’orei Or, lexique des termes kabbalistiques, à la lettre beit, ainsi que le Zohar sur la paracha Pekoudei et le commentaire Mikdash Melekh, tous au sujet du sens de baroukh.

והוא כפי׳ הא׳ דברוך היינו שהוא מתברך ומקבל הברכה וכך המלכות היא מקבלת הברכה וההמשכה מלמעלה

Cela correspond au premier sens de baroukh, à savoir qu’il est béni et reçoit la bénédiction ; de même, Mal’hout reçoit la bénédiction et le flux qui lui est attiré d’en haut,

Explication

Mal’hout est baroukh dans le premier sens, celui qui reçoit : elle reçoit la bénédiction et le flux attiré d’en haut.

והיינו מבחי׳ חכמה שהוא נק׳ ברוך כפי׳ הב׳ מקור הברכה והיינו ר״ת [ראשי תיבות] ברוך ר אש ומקור כל ברכה כמ״ש בפרדס בערך ברוך.

c’est-à-dire du niveau de 'Hokhma, qui est appelée baroukh dans le second sens, celui de source de la bénédiction. Et c’est ce que signifient les initiales de baroukh : roch oumekor kol berakha, « la tête et la source de toute bénédiction », comme il est écrit dans le Pardes, à l’entrée baroukh.

Explication

Ce que reçoit Mal’hout provient de 'Hokhma, qui est baroukh dans le second sens, celui de source de la bénédiction. Le Pardes, citant les Tikkunei Zohar, interprète les lettres de baroukh comme les initiales de « la tête et la source de toute bénédiction ».

Le paragraphe 2 en bref

Ce paragraphe montre que baroukh a un sens réceptif (« béni ») et un sens donateur (« source de bénédiction »), et rattache chacun à un niveau : Mal’hout est « bénie » parce qu’elle reçoit, tandis que 'Hokhma, par l’intermédiaire du Yessod d’Abba, est « bénie » en tant que tête et source de toute bénédiction.

Pour aller plus loin

Me’orei Or (sec. 35, cité dans la note de Kehot) relie la berakha à Imma Ila’ah, le « bassin supérieur » où se rassemblent les eaux de 'Hokhma et qui bénit Mal’hout, le « bassin inférieur » ; c’est cette image que développe le paragraphe suivant. Le Zohar sur Pekoudei (261a) dit que la Chekhina est appelée baroukh lorsqu’elle contient toutes les bénédictions qui se sont déversées en elle.

Maré mekomot

  1. 1
    והנה בתיבת ברוך · מכאן נמצא גם באוה״ת סידור ע׳ קפב.
  2. 2
    והמלך שלמה ברוך · I Kings 2:45
  3. 3
    ע״פ לבבתני אחותי כלה · לקו״ת שה״ש כח, ד.
  4. 4
    וכמ״ש בפע״ח · שער הברכות פ״א-ב.
  5. 5
    יסוד אבא נק׳ ברוך · Pri Etz Chaim, Gate of Blessings 2:1
  6. 6
    אות ב׳ דהוא סימן ברכה · Zohar, Introduction 6:28–38
  7. 7
    וכ״מ בזהר ר״פ ויגש דר״ה ע״ב · ”שלכן נברא העולם בבית שיש בו סימן ברכה ולא נברא באלף בגין דלא למיהב דוכתא לסט״א דאקרי ארור” — ביאה״ז להצ״צ-א ע׳ תקעב ע״ש שלכאורה אינו מובן הלא האלף בכתר והב׳ בחכמה א״כ איך ארור יש לו יניקה ע״ש.
  8. 8
    כי אתה אבינו · Zohar, Vayigash 1:1–2:15
  9. 9
    כי אתה אבינו · Isaiah 63:16
  10. 10
    ועיין במא״א אות ב׳ סל״ט · מובא באוה״ת בראשית-ג דף תקנא, ב עם הגהות.
  11. 11
    סל״ה · וז״ל ברכה מצד אימא עילאה בריכה העליונה (ע׳ בסידור בדרוש ברכת הזימון. ובזהר ס״פ בא דמ״ב ע״ב מענין מקור מעין ים) ששם מימי החכמה נאספים לתוכה (ועיין זח״ב ס״פ בשלח דס״ג ע״ב כד ע״ק סדכ״ס בעי לברכא כו׳ אשרי כולא ואכליל כולא בהאי עמיקא עילאה) המברכת למ׳ בריכה התחתונה כו׳ עכ״ל. אוה״ת בראשית כרך-ג דף תקנא, ב. מובא גם באוה״ת שמות ע׳ פג.
  12. 12
    שם גבי ברוך · Zohar, Pekudei 52:796–807
  13. 13
    ר״ת ברוך · ת״ז ת״ע (קב, ב). [כ].
  14. 14
    ר״ת ברוך ר אש ומקור כל ברכה · Pardes Rimmonim 23:2:32
  15. 15
    כמ״ש בפרדס ערך ברוך · בשער ערה״כ.
  16. 16
  17. 17

3וכמו בריכה שממשיכים ממנה מים לכל אלא שהבריכה היינו ההמשכה שכבר נמשך מבחי׳ חכמה שנק׳ ברוך מקור הבריכה. וז״ש [וזהו שכתוב] בזהר איהו ברוך ואיהי ברכה.

Cela ressemble à un bassin (berekha), d’où l’on puise de l’eau pour tous. Mais le bassin est le flux qui a déjà été attiré depuis le niveau de 'Hokhma, appelé baroukh, la source du bassin. C’est [le sens de] ce qui est écrit dans le Zohar : « Lui est baroukh, et Elle est berakha. »

Explication

Un bassin (berekha) est un réservoir où l’on puise de l’eau pour tous. Mal'hout est un tel bassin : elle contient un flux déjà descendu de 'Hokhma, la source du bassin. Le Zohar dit donc : « Lui est baroukh et Elle est berakha » : le donneur masculin et la réceptrice féminine.

פי׳ איהי המל׳ [המלכות] נקרא ברכה שהיא בחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] מלכותך מלכות כל עולמים איהו היינו יסוד אבא נק׳ ברוך כי הוא מקור המשפיע בבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין].

Cela signifie que « Elle », Mal'hout, est appelée berakha (« bénédiction »), car elle est le niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) : « Ta royauté (mal'hout) est une royauté sur tous les mondes. » « Lui », c’est-à-dire Yessod d’Abba, est appelé baroukh, car il est la source de ce qui dispense au niveau de memalé kol almin.

Explication

L’Alter Rebbe comprend ainsi les paroles du Zohar : « Elle », Mal'hout, est la bénédiction qui remplit et fait vivre tous les mondes, comme dans « Ta royauté est une royauté sur tous les mondes » (Psalms 145:13) ; « Lui », Yessod d’Abba, est la source d’où émane cette lumière qui réside dans les mondes.

אכן למעלה מהחכמה אין יכול לבוא כלל בבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] רק סוכ״ע [סובב כל עלמין] כי אינו יכול לבוא בהתגלות כלל להיות בבחי׳ ממלא

Mais ce qui est au-dessus de 'Hokhma ne peut absolument pas venir au niveau de memalé kol almin ; il ne peut venir que comme la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), car il ne peut en aucun cas être révélé de manière à se trouver au niveau de la « plénitude » ;

Explication

Au-dessus de 'Hokhma, dans Kéter, la lumière ne peut absolument pas pénétrer dans les mondes comme une lumière qui y réside et les « remplit ». Elle ne peut avoir avec eux qu’un rapport de lumière environnante (sovev), car elle ne peut être révélée ouvertement en eux.

רק הוא סובב ומקיף והארתו זורחת בהעלם כידוע שאור הפנימי ואור המקיף דבקים זה בזה.

elle entoure et enveloppe, et son rayonnement brille de façon cachée ; car, comme on le sait, la lumière intérieure et la lumière environnante sont liées l’une à l’autre.

Explication

Une telle lumière enveloppe au lieu de pénétrer, et son effet à l’intérieur demeure caché. Cela est possible parce que, comme l’enseigne la Kabbale, la lumière intérieure et la lumière environnante sont liées l’une à l’autre.

אך כי אור המקיף אינו מאיר בתוך הכלי בבחי׳ פנימי׳ [פנימיות / פנימית] וגילוי כי אורו גדול ואין הכלי מגביל אורו כלל

Toutefois, la lumière environnante ne brille pas à l’intérieur du réceptacle de manière intérieure et révélée, car sa lumière est immense et le réceptacle ne la limite nullement ;

Explication

La lumière environnante ne peut briller ouvertement à l’intérieur d’un réceptacle, car elle est trop grande pour qu’un réceptacle puisse la contenir ou la délimiter.

אך אעפ״כ [אף על פי כן] הארה מאור המקיף זורח בתוך הכלי בהעלם שהרי המקיף מצחצח חצי הכלי מבחוץ כמ״ש במ״א.

néanmoins, un rayonnement de la lumière environnante brille à l’intérieur du réceptacle de façon cachée, car la lumière environnante polit la moitié du réceptacle depuis l’extérieur, comme cela est expliqué ailleurs.

Explication

Pourtant, quelque chose de cette lumière pénètre de manière cachée : les écrits de l’Ari Zal, cités dans les notes, décrivent la lumière environnante comme polissant de l’extérieur la moitié extérieure du réceptacle. Cette idée — la présence cachée de la lumière enveloppante à l’intérieur — deviendra centrale plus loin dans le maamar.

Le paragraphe 3 en bref

Ce paragraphe achève l’image : Mal'hout est le « bassin » de bénédiction qui remplit les mondes, et Yessod d’Abba en est la source ; ce qui est au-dessus de 'Hokhma n’entoure les mondes que de l’extérieur. Pourtant, sa lumière les atteint aussi de façon cachée, comme la lumière environnante qui polit le réceptacle depuis l’extérieur.

Pour aller plus loin

Dans les deux passages du Zohar (2:162a et 3:264b), baroukh désigne le « point supérieur » d’où s’écoulent toutes les bénédictions, et berakha en est le pendant féminin, appelé là le Monde futur ; l’Alter Rebbe applique ce couple à Yessod d’Abba et à Mal'hout. La note de Kehot ajoute la remarque d’Or HaTorah, d’après Zohar 2:63b, selon laquelle les bénédictions brillent dans Bina depuis Atik.

Maré mekomot

  1. 1
    וז״ש בזהר איהו ברוך ואיהי ברכה · Zohar II, 162a
  2. 2
    איהו ברוך ואיהי ברכה · Zohar, Vaetchanan 14:87–95
  3. 3
    מלכותך מלכות כל עולמים · Psalms 145:13
  4. 4
    המקיף מצחצח חצי הכלי מבחוץ · ע׳ ע״ח ריש ש׳ הכללים וסוף ש׳ השתל׳ י״ס. ובש׳ עקודים רפ״ב. וע׳ ש׳ עתיק רפ״ד. וע׳ תו״א מג״א בי׳ יביאו לבוש מלכות ושם בהוספות פ׳ ויקהל בי׳ ע״פ קחו מאתכם תרומה סי׳ ב׳. [כ].

4וז״ש [וזהו שכתוב] והחכמה מאין תמצא כי חכמה הוא ראשית הגילוי ולכן מחכמה ואילך שייך בחי׳ השתלשלות.

C’est [le sens de] ce qui est écrit : « Et 'Hokhma (sagesse) se trouve à partir du ayin (néant) » : car 'Hokhma est le commencement du dévoilement ; c’est pourquoi, à partir de 'Hokhma, l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) s’applique.

Explication

Le verset de Job (28:12), généralement lu comme une question — « Où la sagesse se trouve-t-elle ? » — est ici lu comme une affirmation : 'Hokhma se trouve « à partir du ayin », du néant. 'Hokhma est le premier point du dévoilement ; c’est donc avec elle que commence l’enchaînement ordonné de la descente.

שהבינה מקבלת מהחכמה ומבינה נמשך במדות דרך עילה ועלול ולכן נק׳ חכמה ברוך אבל החכמה מהכתר כתיב מאין תמצא שלא כדרך השתלשלות

Car Bina (compréhension) reçoit de 'Hokhma, et de Bina [le flux] se prolonge vers les attributs émotionnels (midot) par voie de cause à effet ; c’est pourquoi 'Hokhma est appelée « bénie ». Mais, au sujet de 'Hokhma [telle qu’elle procède] de Kéter, il est écrit : « elle se trouve à partir du ayin », non selon l’ordre de l’enchaînement descendant ;

Explication

À partir de 'Hokhma et vers le bas, tout procède selon un rapport de cause à effet : Bina reçoit de 'Hokhma, et les attributs émotionnels de Bina ; c’est pourquoi 'Hokhma est appelée « bénie », car elle est la source du flux. Mais 'Hokhma elle-même ne procède pas de Kéter selon une telle étape : elle émerge « à partir du néant », sans proportion entre les deux.

ולכן נאמר תמצא כו׳ וגם הכתר נמשך ממל׳ [ממלכות] דא״ס [דאין סוף] שהוא רק בחי׳ אור וזיו מהמאציל עצמו וכמשל הזיו שאינו פועל שינוי בהעצמיות כו׳

c’est pourquoi il est dit « se trouve », etc. Et Kéter (la Couronne) procède lui aussi de la Mal'hout de l’Infini (Ein Sof), qui n’est qu’un niveau de lumière et de rayonnement émanant de l’Émanateur Lui-même, comme dans l’image du rayonnement, qui n’entraîne aucun changement dans l’essence, etc.

Explication

Le mot « se trouve » suggère quelque chose qui apparaît, plutôt que quelque chose qui est produit par une cause. Kéter procède à son tour de la Mal'hout, l’aspect le plus bas, de l’Infini, qui n’est qu’une lumière et un rayonnement de l’Émanateur ; or un rayonnement, comme la lumière qui brille à partir de sa source, ne change en rien l’essence dont il émane.

(ולכן קראוהו חז״ל [חכמינו זכרונם לברכה] הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] שהוא בחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] מה שלמעלה מההשתלשלות וע״כ [ועל כן] נק׳ קדוש ועל זה נזכר לשון הודאה מודים אנחנו לך וכמ״ש מענין ברכה והודאה בביאור ע״פ אתה הצבת כל גבולות ארץ ובד״ה יהודה אתה ובחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] הוא מה שנמשך ע״ד [על דרך] ההשתלשלות ונק׳ ברוך.

(C’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, l’ont appelé le Saint béni soit-Il : Il est le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), ce qui se situe au-dessus de l’enchaînement descendant, et c’est pourquoi Il est appelé « saint ». À ce sujet, on emploie le langage de la reconnaissance : « Nous Te reconnaissons » (modim ana'hnu la'h), comme il est expliqué au sujet de la bénédiction et de la reconnaissance dans le commentaire du verset « Tu as établi toutes les frontières de la terre », ainsi que dans le discours commençant par « Yehouda, toi… ». Et le niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) est ce qui se prolonge selon l’ordre de l’enchaînement descendant ; il est appelé « béni ».

Explication

Cette parenthèse applique le propos au Nom. « Saint » désigne le niveau de sovev, au-dessus de l’enchaînement descendant ; la réponse à ce niveau est la reconnaissance — « Nous Te reconnaissons » (I Chroniques 29:13) — qui, dans la 'Hassidout, répond à ce qui dépasse l’entendement. « Béni » désigne memalé, la lumière qui descend à travers l’enchaînement. L’Alter Rebbe renvoie à deux discours qui expliquent la différence entre bénédiction et reconnaissance.

ולפי שהסובב מאיר בממלא רק שהארתו זורחת בהעלם ע״כ [על כן] ב׳ הבחי׳ קדוש ברוך הכל שם א׳ שהוא ית׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] וממכ״ע [וממלא כל עלמין]. ועמ״ש סד״ה את שבתותי תשמרו בפי׳ אני הוי׳ דכולא חד ע״ש [עיין שם].

Et puisque la lumière englobante brille dans la lumière qui remplit, mais que son rayonnement y brille de façon cachée, les deux niveaux, « saint » [et] « béni », constituent donc un seul Nom : Lui, béni soit-Il, est sovev kol almin et memalé kol almin. Voyez ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Gardez Mes Chabbatot », au sujet du sens de « Je suis Havaya » : tout est un ; voyez là-bas.

Explication

Puisque la lumière englobante brille bien dans la lumière qui réside dans les mondes, quoique de manière cachée, « saint » et « béni » ne sont pas deux Noms, mais un seul : D.ieu est à la fois sovev et memalé. L’Alter Rebbe renvoie à son explication de « Je suis Havaya » dans le discours « Gardez Mes Chabbatot », selon laquelle tout est un.

ולכאורה י״ל [יש לומר] שזהו ענין ג׳ בחי׳ שבקדושה קדוש ברוך ימלוך. קדוש בחי׳ כתר וממנו נמשך בחכמה וזהו ברוך ואח״כ [ואחר כך] נמשך לבחי׳ מל׳ [מלכות] כענין והמלך שלמה ברוך וזהו ימלוך.

À première vue, on peut dire que cela correspond aux trois niveaux de la Kedoucha : « Saint », « Béni », « Il régnera ». « Saint » est le niveau de Kéter ; de lui, [le flux] se prolonge dans 'Hokhma, et c’est là « Béni » ; ensuite, il se prolonge vers le niveau de Mal'hout (souveraineté), comme dans « et le roi Chlomo sera béni » ; c’est là « Il régnera ».

Explication

Il s’agit d’une proposition avancée avec réserve : les trois expressions de la prière de la Kedoucha — « Saint, saint, saint », « Bénie soit la gloire » et « Il régnera » — pourraient correspondre à Kéter, 'Hokhma et Mal'hout, tandis que la lumière descend de Kéter dans 'Hokhma, puis dans Mal'hout, appelée « bénie » dans le verset concernant le roi Chlomo.

אך בזהר הרקיע בפ׳ בראשית שם פי׳ ענין ימלוך שהוא בחי׳ המשכה עליונה בפ״ע [בפני עצמו] מלבד בחי׳ המשכה דברוך כו׳. וב׳ בחי׳ ברוך הנ״ל זהו ג״כ ענין פותח בברוך וחותם בברוך המבואר במ״א בד״ה להבין ענין הברכות):

Cependant, dans Zohar HaRakia, à cet endroit de la paracha Berechit, « Il régnera » est expliqué comme un prolongement supérieur distinct, en sus du prolongement de « Béni », etc. Les deux aspects de baroukh mentionnés ci-dessus correspondent également à « commencer par baroukh et conclure par baroukh », expliqué ailleurs, dans le discours commençant par « Pour comprendre le sens des bénédictions ».)

Explication

Toutefois, Zohar HaRakia explique « Il régnera » comme un prolongement supérieur distinct, et non simplement comme le sens de réception de « béni » ; la proposition reste donc ouverte. Les deux sens de baroukh expliquent aussi pourquoi de nombreuses bénédictions commencent et se terminent par baroukh, comme l’Alter Rebbe l’explique dans son discours « Pour comprendre le sens des bénédictions ».

Le paragraphe 4 en bref

Ce paragraphe fonde les deux expressions du Nom dans l’ordre des Séfirot : 'Hokhma, qui « se trouve à partir du néant », inaugure l’enchaînement de cause à effet et est « bénie », tandis que Kéter, qui la surpasse, est « saint ». Puisque la lumière englobante brille de façon cachée dans la lumière qui réside dans les mondes, « Saint » et « Béni » constituent un seul Nom.

Pour aller plus loin

Le discours de Torah Ohr cité à la fin explique que les Hommes de la Grande Assemblée instituèrent les bénédictions à l’époque du Second Temple afin de faire descendre un dévoilement de la foi qui, à l’époque du Premier Temple, brillait ouvertement dans les âmes d’Israël ; la bénédiction rend « béni » ce qui dépasse l’entendement, en le faisant descendre. La note de Kehot renvoie à la discussion du Rabbi (Likkutei Sichos vol. 7, p. 309) sur l’expression double « lumière et rayonnement » employée ici au sujet de la Mal'hout de l’Infini.

Maré mekomot

  1. 1
    והחכמה מאין תמצא · Job 28:12
  2. 2
    שהוא רק בחי׳ אור וזיו מהמאציל עצמו · ראה לקו״ש ח״ז ע׳ 309 בכפל הלשון אור וזיו.
  3. 3
    מודים אנחנו לך · דברי הימים-א כט, יג.
  4. 4
  5. 5
    בביאור ע״פ אתה הצבת · בסידור שער ל״ג בעומר שה, ד ואילך. באוה״ת נ״ך כרך-ב בתלים עה״פ.
  6. 6
    אתה הצבת כל גבולות ארץ · Psalms 74:17
  7. 7
    ובד״ה יהודה אתה · תו״א מה, א.
  8. 8
    סד״ה את שבתותי תשמרו · לקמן בהר מג, א.
  9. 9
    והמלך שלמה ברוך · I Kings 2:45
  10. 10
    בד״ה להבין ענין הברכות · תו״א ו, א.

L’Académie céleste ¶5–8

5ב וענין מתיבתא דרקיע הוא כי הנה כתיב ודמות על ראשי החיה רקיע כעין הקרח כו׳

2. Le sens de « l’Académie du Firmament » est le suivant : il est écrit : « Et il y avait la ressemblance d’un firmament au-dessus des têtes des créatures vivantes (’hayot), comme la couleur de la glace », etc.

Explication

La section 2 explique l’expression « l’Académie du Firmament ». Le point essentiel est la vision du Char céleste d’Ézéchiel : au-dessus des têtes des créatures vivantes (’hayot) se trouvait la ressemblance d’un firmament, comme une glace redoutable (Ézéchiel 1:22).

ויש חיוון תתאין וחיוון עילאין חיוון תתאין הם המרכבה דבי״ע [דבריאה יצירה עשיה] מחנה מיכאל מחנה גבריאל והרקיע שעל ראשיהם זהו מבחי׳ מלכות דאצילות וחיוון עילאין הם האבות

Il existe des ’hayot inférieures et des ’hayot supérieures. Les ’hayot inférieures sont le Char [des mondes de] Béria, Yetsira et Assiya, le camp de Mikhaël [et] le camp de Gavriel ; le firmament au-dessus de leurs têtes relève du niveau de Mal’hout (souveraineté) du Monde d’Atsilout (Émanation). Les ’hayot supérieures sont les Patriarches,

Explication

Il existe deux groupes de ’hayot. Les ’hayot inférieures sont les anges du Char céleste dans les mondes de Béria, Yetsira et Assiya, les camps des anges Mikhaël et Gavriel ; le firmament au-dessus d’eux est Mal’hout d’Atsilout. Les ’hayot supérieures sont les Patriarches.

אברהם יצחק ויעקב חג״ת [חסד גבורה תפארת] דאצי׳ [דאצילות] והרקיע שעל ראשם הוא בחי׳ בינה וכמ״ש בזהר בפ׳ ויקהל דרי״ג סע״א [סוף עמוד א] ע״פ השמים שמים ב׳ בחי׳ שמים היינו שמים עילאין ושמים תתאין והוא ב׳ בחי׳ רקיע הנ״ל.

Avraham, Yitz’hak et Yaakov, [qui sont] ’Hessed, Guevoura et Tiferet d’Atsilout ; le firmament au-dessus de leurs têtes est le niveau de Bina (compréhension). Comme il est écrit dans le Zohar, Parshas Vayakhel, à la fin de 213a, à propos du verset « Les cieux, les cieux » : il y a deux niveaux de cieux, à savoir les cieux supérieurs et les cieux inférieurs, qui correspondent aux deux niveaux de firmament mentionnés ci-dessus.

Explication

Avraham, Yitz’hak et Yaakov incarnent ’Hessed, Guevoura et Tiferet d’Atsilout, et le firmament au-dessus d’eux est Bina. Le Zohar distingue deux cieux dans « Les cieux, les cieux » (Psalms 115:16) : les cieux supérieurs et les cieux inférieurs, qui correspondent à ces deux firmaments.

Le paragraphe 5 en bref

Ce paragraphe identifie le « firmament » de l’Académie du Firmament : au-dessus des anges inférieurs, le firmament est Mal’hout d’Atsilout ; au-dessus des « ’hayot supérieures », les Patriarches, qui sont ’Hessed, Guevoura et Tiferet d’Atsilout, le firmament est Bina.

Pour aller plus loin

Le passage du Zohar cité (Vayakhel, 213a) parle d’un huitième firmament caché, « le firmament au-dessus des ’hayot supérieures », qui n’a pas de couleur, et comprend « Les cieux sont les cieux de D.ieu » comme s’y rapportant. Le Rabbi Maharach, cité dans la note de Kehot, explique que ce firmament ne fait pas partie des sept firmaments et se trouve au-dessus d’eux.

Maré mekomot

  1. 1
    ודמות על ראשי החי׳ · Ezekiel 1:22
  2. 2
    השמים שמים · Zohar, Vayakhel 25:353–363
  3. 3
    השמים שמים · Psalms 115:16
  4. 4
    בזהר פ׳ ויקהל דרי״ג סע״א · נתבאר במאמרי אדה״א ויקרא-ב ע׳ תסט ואילך.

6וכמ״ש בפרדס ערך רקיע ועמ״ש מענין זה ע״פ הנותן שלג כצמר והטעם שנק׳ הבינה רקיע הוא כמבואר במ״א ע״פ הללוהו ברקיע עוזו ענין ג׳ בחי׳ אור מים רקיע שהם ג׳ בחי׳ כח״ב [כתר חכמה בינה]

Comme il est écrit dans le Pardes, à l’entrée « Rakia » (« firmament ») ; et voyez ce qui est écrit à ce sujet sur le verset « Il donne la neige comme de la laine ». La raison pour laquelle Bina (compréhension) est appelée « firmament » est expliquée ailleurs, à propos du verset « Louez-Le dans le firmament de Sa puissance » : il s’agit des trois niveaux que sont la lumière, l’eau [et] le firmament, correspondant aux trois niveaux Kéter, 'Hokhma et Bina.

Explication

Le Pardes, encyclopédie kabbalistique de Rabbi Moché Cordovero, traite du terme « Rakia ». Ailleurs, à propos de « Louez-Le dans le firmament de Sa puissance » (Psaumes 150:1), le Rabbi Chnéour Zalman explique que la lumière, l’eau et le firmament, créés au cours des deux premiers jours de la Création, correspondent à Kéter, 'Hokhma et Bina ; c’est pourquoi Bina est appelée « firmament ».

כי עד״מ [על דרך משל] באדם האור הוא בחי׳ מקור החכמה ונק׳ משכיל שהוא מקור השכל ומה שאח״כ [שאחר כך] נמשך ממנו גילוי השכל נק׳ מים ואח״כ [ואחר כך] כשבא השכל לידי השגה ממש נק׳ רקיע.

Car, à titre d’analogie, chez l’être humain, la « lumière » est le niveau qui constitue la source de la sagesse ; elle est appelée maskil, la source de l’intellect. Ce qui en est ensuite tiré, à savoir le dévoilement de l’intellect, est appelé « eau » ; puis, lorsque l’intellect parvient à une compréhension effective, il est appelé « firmament ».

Explication

L’analogie porte sur l’esprit humain. La « lumière » est la source de l’intuition, le maskil, la faculté qui conçoit les idées ; le premier flux d’intuition qui en émane est « l’eau » ; lorsque cette intuition devient pleinement saisie, elle est « firmament ».

כי רקיע הוא כמ״ש רקיע כעין הקרח שהקרח היינו מה שנגלדו המים כי הנה מים ניידי. משא״כ הקרח א״א [אי אפשר] לשנותו ולהטותו.

Car le « firmament » est, comme il est écrit, « un firmament semblable à l’aspect de la glace » : la glace est de l’eau qui s’est solidifiée. L’eau, en effet, se déplace, tandis que la glace ne peut être modifiée ni déviée.

Explication

Pourquoi l’appelle-t-on « firmament » ? Parce que le firmament décrit par Ézéchiel est « semblable à la glace », c’est-à-dire à de l’eau solidifiée. L’eau coule et peut être orientée dans n’importe quelle direction, tandis que la glace est fixe ; de même, une idée une fois comprise est ferme et établie.

Le paragraphe 6 en bref

Ce paragraphe explique pourquoi Bina est appelée « firmament » : dans la séquence lumière, eau, firmament — Kéter, 'Hokhma, Bina — le firmament correspond au stade où l’intuition, encore fluide, devient une compréhension établie, comme l’eau qui se change en glace.

Pour aller plus loin

Le Tséma'h Tsédek (Or HaTorah sur Neviim et Ketouvim, cité dans les notes) résume cette section ainsi : Bina, appelée Rakia, est la source du Gan Éden supérieur, appelé l’Académie du Firmament, dont les membres comprennent selon ce qui leur parvient de Bina ; mais le Saint béni soit-Il est Kéter, appelé « saint », et 'Hokhma, appelée « béni », tous deux au-dessus de Bina. C’est pourquoi l’Académie a déclaré « impur », tandis que D.ieu a déclaré « pur ».

Maré mekomot

  1. 1
    ע״פ הנותן שלג כצמר · ראה סידור סג, ד. סה״מ תקס״ז ע׳ קכט ואילך.
  2. 2
  3. 3
    והטעם שנק׳ הבינה רקיע · ראה בביאה״ז להצ״צ-ב ע׳ תרמא במה שכתוב שם דכה״כ הוא בינה.
  4. 4
    ע״פ הללוהו ברקיע עוזו · Song of Songs 4:4
  5. 5
    הללוהו ברקיע עוזו · Psalms 150:1
  6. 6
    ענין ג׳ בחי׳ אור מים רקיע שהם ג׳ בחי׳ כח״ב · מובא באוה״ת נ״ך-א ומבאר ”ושם פ״ב [= הכוונה לכאן] דענין אמר ר״ת אור מים רקיע הוא כח״ב ובינה נק׳ רקיע היא מקור ג״ע העליון הנק׳ מתיבתא דרקיע ושם ענין קוב״ה אומר טהור וכולהו מתיבתא דרקיע אמרי טמא כי המתיבתא משיגים ע״פ מה שנשפע להם מהבינה הנק׳ רקיע, אבל קודב״ה הוא בחי׳ כתר הנק׳ קדוש וחכמה הנק׳ ברוך שלמעלה מבחי׳ בינה” ע״ש. בענין אור מים רקיע, ראה ביאוה״ז להצ״צ ע׳ תכב. סה״מ תרמ״ד ע׳ קצו. ובד״ה ואתה תצוה תרע״ה (בהמשך תרע״ב כרך ב ע׳ תתצ).
  7. 7

7וכך כשכבר נמשך השכל בבחי׳ ההשגה נק׳ קרח כו׳. ועמ״ש בד״ה ביום השמיני שלח בענין משליך קרחו כפתים.

De même, lorsque l’intellect a déjà été attiré au niveau de la compréhension, il est appelé « glace », etc. Voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Le huitième jour, il envoya », à propos de « Il lance sa glace comme des morceaux ».

Explication

L’intellect compris est comme de la glace, figée et ferme. L’Admour Hazaken renvoie à son discours de Chemini Atseret sur « Il lance sa glace comme des morceaux » (Psaumes 147:17), où la bonté supérieure, comparée à l’eau, « gèle » en descendant, afin que chacun puisse la saisir selon sa propre mesure.

ולכן בינה מקננא בכורסייא שהוא המאיר בג״ע [בגן עדן] העליון וע״ז [ועל זה] נאמר ונהר יוצא מעדן להשקות את הגן כי דוקא לאחר שנמשך בבחי׳ בינה והשגה אז יוכל להאיר לנשמות בג״ע [בגן עדן].

C’est pourquoi « Bina (compréhension) niche dans le Trône », et c’est elle qui illumine le Gan Eden supérieur. À ce sujet, il est dit : « Un fleuve sort d’Éden pour arroser le jardin » ; car ce n’est qu’après que [la lumière] a été attirée au niveau de Bina et de la compréhension qu’elle peut illuminer les âmes dans le Gan Eden.

Explication

D’où l’expression des Tikouné Zohar : « Bina niche dans le Trône » ; c’est Bina qui illumine le Gan Eden supérieur. « Un fleuve sort d’Éden pour arroser le jardin » (Genèse 2:10) : ce n’est qu’une fois que la lumière est passée par Bina et la compréhension qu’elle peut atteindre les âmes dans le jardin.

משא״כ בחי׳ חכמה הוא עדיין למעלה מההשגה (ועיין מזה בביאור ע״פ וידבר כו׳ אנכי כו׳ ובד״ה ראה אנכי נותן)

En revanche, le niveau de 'Hokhma (sagesse) est encore au-delà de la compréhension (voir à ce sujet l’explication du verset « Et [D.ieu] parla… “Je suis…” », ainsi que le discours commençant par « Vois, je donne »).

Explication

À l’inverse, 'Hokhma demeure au-delà de la compréhension : c’est un éclair d’intuition qui n’a pas encore été saisi. L’Admour Hazaken renvoie à ses explications sur le Don de la Torah (« Et D.ieu parla… Je suis ») et sur « Vois, je donne » (Deutéronome 11:26).

ולכן נק׳ ג״ע [גן עדן] העליון מתיבתא דרקיע כי רקיע נק׳ בחי׳ בינה שהוא הרקיע שע״ג [שעל גבי] חיוון עילאין כנ״ל והתפשטותה והמשכתה להאיר בג״ע [בגן עדן] העליון נק׳ מתיבתא דרקיע ודוקא מבחי׳ בינה שהוא בחי׳ רקיע

C’est pourquoi le Gan Eden supérieur est appelé « l’Académie du Firmament » : car le niveau de Bina est appelé « firmament », étant le firmament au-dessus des ‘hayot supérieures, comme mentionné plus haut ; son déploiement et sa descente pour illuminer le Gan Eden supérieur sont appelés « l’Académie du Firmament ». Et cela provient précisément du niveau de Bina, qui est le niveau du « firmament »,

Explication

C’est pourquoi le Gan Eden supérieur est appelé « l’Académie du Firmament » : sa lumière provient de Bina, le firmament au-dessus des ‘hayot supérieures, tandis que Bina se déploie et est attirée vers le bas pour illuminer le Gan Eden.

דהיינו כשנמשך האור בגדר השגה מזה יוכל להיות נמשך הג״ע [הגן עדן] שיהיו נהנין מזיו השכינה בבחי׳ השגה ממש

c’est-à-dire que lorsque la lumière est attirée dans les limites de la compréhension, le Gan Eden peut alors être attiré, afin que [les âmes] se délectent du rayonnement de la Chekhina (la Présence divine) dans une compréhension réelle.

Explication

Le Gan Eden n’existe que là où la lumière est entrée dans les limites de la compréhension, car sa récompense consiste à ce que les âmes « se délectent du rayonnement de la Chekhina » (Berachos 17a) en comprenant effectivement la divinité.

(ועמ״ש בד״ה לך לך ועיין בסש״ב [בספר של בינונים] ח״ב [חלק ב׳] ספ״ה ועיין בזהר הרקיע פ׳ ויקהל בדף רי״ב א׳).

(Voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Va vers toi » (Lech lecha) ; voir Sefer Shel Beinonim (Tanya), Partie II, fin du chapitre 5 ; et voir Zohar HaRakia, Parshas Vayakhel, au folio 212a.)

Explication

Cette parenthèse donne d’autres références : le discours « Va vers toi » (Lech lecha), le Tanya, Partie II (Shaar HaYichud VehaEmunah), fin du chapitre 5, et Zohar HaRakia sur Parshas Vayakhel.

והנה הזוכים למדרגה זו דמתיבתא דרקיע שהוא בחי׳ גבוה מאד ששרשו רקיע דע״ג חיוון עילאין היינו בינה דאצי׳ [דאצילות] המאיר בג״ע [בגן עדן] העליון וקב״ה [וקודשא בריך הוא] אתי לאשתעשע עמהן בג״ע [בגן עדן] שהוא הארת כתר וחכמה דאצילות.

Or, ceux qui méritent ce rang de l’Académie du Firmament — un niveau très élevé, dont la racine est le firmament au-dessus des ‘hayot supérieures, c’est-à-dire Bina d’Atsilout, qui illumine le Gan Eden supérieur —, et pour qui « le Saint béni soit-Il vient se délecter avec eux » dans le Gan Eden, reçoivent le rayonnement de Kéter et de 'Hokhma d’Atsilout :

Explication

Ceux qui atteignent l’Académie du Firmament se tiennent à un niveau très élevé : leur racine est Bina d’Atsilout. Plus haut encore se trouve ce qui est décrit comme la venue du Saint béni soit-Il pour se délecter avec les justes dans le Gan Eden ; il s’agit d’un rayonnement de Kéter et de 'Hokhma d’Atsilout, au-delà de Bina.

כ״ז [כל זה] הוא בחי׳ עליונה מאד והיינו ע״י עסק התורה לשמה. שעי״ז ממשיכים תוספת אור בג״ע [בגן עדן] כמ״ש דרכיה דרכי נועם וכמ״ש בד״ה ראו כו׳.

tout cela constitue un niveau extrêmement élevé, auquel on accède par l’étude de la Torah pour elle-même. Par ce moyen, on attire une lumière supplémentaire dans le Gan Eden, comme il est écrit : « Ses voies sont des voies de douceur », et comme cela est expliqué dans le discours commençant par « Voyez… », etc.

Explication

Tout cela s’obtient par l’étude de la Torah pour elle-même, qui ajoute de la lumière dans le Gan Eden. La Torah est appelée une « voie » (« Ses voies sont des voies de douceur », Proverbes 3:17), et l’Admour Hazaken renvoie à son discours « Voyez que D.ieu vous a donné le Chabbat », qui explique pourquoi la Torah et les mitsvot sont appelées des voies.

Le paragraphe 7 en bref

Ce paragraphe explique l’appellation « Académie du Firmament » : le Gan Eden supérieur reçoit sa lumière de Bina, le « firmament », car les âmes qui s’y trouvent jouissent de la divinité par la compréhension, tandis que le délice du Saint béni soit-Il avec les justes est un rayonnement supérieur de Kéter et de 'Hokhma. Ces deux niveaux s’obtiennent par l’étude de la Torah pour elle-même.

Pour aller plus loin

La formule complète des Tikouné Zohar est : « Imma Ila’a niche dans le Trône, dans les trois Séfirot supérieures » (23a), et le Tséma’h Tsédek (Biurei HaZohar, cité dans les notes) identifie le Trône de Gloire à Bina. Dans Likkutei Torah, Shir HaShirim 4d, l’Admour Hazaken renvoie à nouveau à ce discours : le Gan Eden supérieur est appelé rakia, et la lumière de D.ieu ne l’atteint qu’au moyen de nombreuses contractions.

Maré mekomot

  1. 1
    בד״ה ביום השמיני שלח · לקו״ת שמע״צ פז, ב.
  2. 2
    ביום השמיני שלח · I Kings 8:66
  3. 3
    משליך קרחו כפתים · Psalms 147:17
  4. 4
    בינה מקננא בכורסיא · ת״ז ת״ו כג, א. וע׳ ע״ח ש׳ ס׳ אבי״ע ספ״ג. [כ].
  5. 5
    בינה מקננא בכורסייא · Tikkunei Zohar 23a:10–11
  6. 6
    ונהר יוצא מעדן · Genesis 2:10
  7. 7
    בביאור ע״פ וידבר כו׳ אנכי · Numbers 17:1
  8. 8
    ובד״ה ראה אנכי נותן · לקו״ת ראה יח, א ”ומבואר שם שזהו בחי׳ חכמה כח מה שלמעלה מההבנה וההשגה כו׳” — אוה״ת נ״ך-א ע׳ תרצט.
  9. 9
    ראה אנכי נותן · Deuteronomy 11:26
  10. 10
    שיהיו נהנין מזיו השכינה · Berakhot 17a:12
  11. 11
    בד״ה לך לך · תו״א יא, א.
  12. 12
    דרכי׳ דרכי נועם · Proverbs 3:17
  13. 13
    בד״ה ראו · לקו״ת בשלח א, א.

8וזה היה כל עסק התנאים והאמוראים ורב יהודה הי׳ [היה] מצלי מתלתין יום לתלתין יום, כי הנה ענין התורה והתפלה היינו שהתפלה היא

Telle était toute l’occupation des Tannaïm et des Amoraïm ; Rav Yehouda priait [seulement] une fois tous les trente jours. Car le rapport entre l’étude de la Torah et la prière est que la prière est,

Explication

L’étude de la Torah de cette nature constituait toute l’occupation des Tannaïm et des Amoraïm. Le Talmud rapporte que Rav Yehouda ne priait qu’une fois tous les trente jours (Rosh HaShanah 35a) ; l’Admour Hazaken explique à présent le rapport entre la Torah et la prière.

כמו עד״מ [על דרך משל] הקדמה והכנה לעסק התורה שהתפלה היא להתבונן בגדולת א״ס [אין סוף] ב״ה איך שלגדולתו אין חקר ואיך שכל השתלשלות העולמות מריש כל דרגין עד סוף כל דרגין מקור התהוותם וחיותם הוא

pour ainsi dire, un préambule et une préparation à l’étude de la Torah. Car la prière consiste à méditer sur la grandeur de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il : combien « Sa grandeur est insondable », et comment toute la chaîne descendante des mondes (hichtalchelout), depuis le sommet de tous les degrés jusqu’à leur terme, a pour source de son existence et de sa force vitale

Explication

La prière est le préambule et la préparation à l’étude de la Torah. Elle consiste à méditer sur la grandeur infinie de D.ieu (« Sa grandeur est insondable », Psaumes 145:3), et sur le fait que tous les mondes, du niveau le plus élevé au plus bas, tirent leur existence et leur vie d’un unique rayonnement de Sa lumière.

רק מהארה אחת לבד שהיא רק עד״מ [על דרך משל] כטפה נגד הים ויותר מזה אין ערוך כו׳,

un seul rayonnement, rien d’autre, qui n’est, pour ainsi dire, que comme une goutte comparée à la mer ; et plus encore, [car] il n’y a aucune comparaison, etc. ;

Explication

Ce rayonnement se compare à Lui comme une goutte à la mer ; et même cette comparaison est insuffisante, car, en vérité, il n’y a aucune comparaison possible.

ולכן כל הקרוב יותר קמי׳ [קמיה] ית׳ הוא יותר בבחי׳ ביטול מפני דקמיה דייקא כולא כלא חשיב ולית מחשבה תפיסא ביה כלל.

et c’est pourquoi tout ce qui est plus proche devant Lui, béni soit-Il, se trouve dans un état plus grand d’annulation de soi (bitoul), car c’est précisément « devant Lui » que « tout est considéré comme rien », et « aucune pensée ne peut Le saisir en aucune façon ».

Explication

Ainsi, plus un niveau est proche de D.ieu, plus il est annulé devant Lui (bitoul), car c’est précisément « devant Lui » que « tout est considéré comme rien », et qu’aucune pensée ne peut Le saisir en aucune façon.

Le paragraphe 8 en bref

Ce paragraphe commence à expliquer comment l’étude de la Torah élève une âme à une telle hauteur : la prière en est la préparation ; elle consiste à méditer sur la grandeur infinie de D.ieu, face à laquelle tous les mondes ne sont qu’une goutte, si bien que tout ce qui est plus proche de Lui est davantage annulé devant Lui.

Pour aller plus loin

Le Tséma’h Tsédek (Derech Mitzvosecha 103a, cité dans les notes) ajoute que Rabbi ‘Hiya bar Abba révisait lui aussi son étude tous les trente jours (Berachos 38b).

Maré mekomot

  1. 1
    ור״י הי׳ מצלי מתלתין יום · Rosh Hashanah 35a:8–9
  2. 2
    ענין התורה והתפלה · נתבאר בסה״מ תרל״ה-א ע׳ רכז ואילך.
  3. 3
    לגדולתו אין חקר · Psalms 145:3

La Torah, la parole et les miracles ¶9–15

9ומהתבוננות זו יומשך הדאגה והמרירות ע״ד [על דרך] משארז״ל [מה שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] אין מוסרין רזי תורה אלא למי שלבו דואג בקרבו. דבודאי אין ר״ל [רוצה לומר] עצבות ח״ו [חס ושלום] שהעצבות הרחיקו מאד חכמי האמת.

De cette contemplation découleront l’inquiétude et l’amertume, conformément à ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Les secrets de la Torah ne sont transmis qu’à celui dont le cœur est inquiet en lui. » Il ne s’agit certainement pas de tristesse, à D.ieu ne plaise, car les maîtres de la vérité se sont tenus très éloignés de la tristesse.

Explication

La contemplation dans la prière suscite inquiétude et amertume, et le Talmud (Chagigah 13a) fait d’un tel cœur une condition : les mystères de la Torah ne sont transmis qu’à celui « dont le cœur est inquiet en lui ». L’Alter Rebbe souligne qu’il ne s’agit pas de tristesse, que les kabbalistes, « les maîtres de la vérité », rejetaient entièrement.

אלא ר״ל [רוצה לומר] מה שידאוג לבו ויתמרמר ממה שא״א [שאי אפשר] להשיג גילוי עצמיות אלקותו ית׳ כי גם הגילוי שבעולמות עליונים הוא רק כטפה א׳ לבד כו׳

Il s’agit plutôt du fait que son cœur s’inquiète et s’attriste de ce qu’il est impossible de saisir une révélation de l’essence même de Sa divinité, qu’Il soit béni ; car même la révélation dans les mondes supérieurs n’est qu’une seule goutte, etc.,

Explication

Cette inquiétude est un désir ardent : le cœur souffre de ne pouvoir saisir une révélation de l’essence même de D.ieu, puisque toute la révélation dans les mondes supérieurs n’est qu’une goutte en comparaison de Lui.

כנ״ל. משא״כ בחי׳ א״ס [אין סוף] ב״ה ממש לית מחשבה תפיסא ביה כלל. וכ״ז [וכל זה] הוא ענין התפלה.

comme il a été dit plus haut ; tandis que l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, Lui-même, « aucune pensée ne peut Le saisir ». Tout cela relève de la prière.

Explication

L’Infini Lui-même échappe à toute pensée. La contemplation de cela, ainsi que l’amertume qu’elle suscite, constitue le travail de la prière.

וכמ״ש מזה בד״ה והיה מדי חדש בחדשו כו׳ בפי׳ וענין חולת אהבה. והנה בעסק התורה נאמר פקודי הוי׳ ישרים משמחי לב.

Comme cela est expliqué dans le discours commençant par « Et il arrivera que, de nouvelle lune en nouvelle lune », etc., à propos de l’explication et du sens de l’expression « malade d’amour ». Or, au sujet de l’étude de la Torah, il est dit : « Les préceptes de D.ieu sont droits, ils réjouissent le cœur. »

Explication

L’Alter Rebbe renvoie à son discours sur « de nouvelle lune en nouvelle lune » (Isaïe 66:23), qui décrit la Communauté d’Israël en semaine comme « malade d’amour », aspirant à D.ieu. L’étude de la Torah, en revanche, est décrite par le verset : « Les préceptes de D.ieu sont droits, ils réjouissent le cœur » (Psaumes 19:9).

(ועמ״ש בד״ה צו כו׳ את קרבני בפ׳ פנחס) ומדקאמר משמחי משמע שמתחלה לא היה כן והיינו מפני שלבו דואג בקרבו ע״ד [על דרך] הנ״ל.

(Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Ordonne… Mon offrande », dans la paracha Pin’has.) Et puisque le verset dit « ils réjouissent », cela laisse entendre qu’auparavant il n’en était pas ainsi, précisément parce que son cœur est inquiet en lui, comme indiqué plus haut.

Explication

« Ils réjouissent » implique que le cœur n’était pas joyeux auparavant : il abordait l’étude de la Torah inquiet et accablé par la contemplation de la prière. La parenthèse renvoie au discours « Ordonne… Mon offrande » dans Likkutei Torah, Pin’has.

ואעפ״כ [ואף על פי כן] ע״י עסק התורה ישמח לבו והיינו כי אע״ג [אף על גב] דלגדולתו אין חקר ולית מחשבה תפיסא ביה כלל.

Néanmoins, grâce à l’étude de la Torah, son cœur se réjouira. Cela signifie que, bien que « Sa grandeur soit insondable » et qu’« aucune pensée ne puisse Le saisir »,

Explication

Pourtant, l’étude de la Torah réjouit ce même cœur, bien que la grandeur de D.ieu soit insondable et qu’aucune pensée ne puisse Le saisir.

אבל ע״י עסק התורה שהנפש היא תפיסא בה אזי עי״ז היא תפיסא ומתלבשת בהקב״ה [בהקדוש ברוך הוא] ממש דאורייתא וקב״ה [וקודשא בריך הוא] כולא חד וכמ״ש בבינונים ח״א [חלק א׳] פ׳ ד׳ ה׳ ע״ש [עיין שם].

par l’étude de la Torah, que l’âme, elle, peut saisir, l’âme saisit ainsi le Saint béni soit-Il Lui-même et s’en revêt ; car « la Torah et le Saint béni soit-Il ne font qu’un », comme il est écrit dans [Séfer Chel] Beinonim, première partie, chapitres 4 [et] 5 ; voyez là-bas.

Explication

La raison en est que l’âme peut saisir la Torah et que la Torah est une avec D.ieu : en saisissant la Torah, l’âme saisit donc D.ieu Lui-même et s’en revêt. Le Tanya, chapitres 4 et 5, explique comment un esprit qui saisit un enseignement de Torah s’unit à la volonté et à la sagesse de D.ieu.

Le paragraphe 9 en bref

Ce paragraphe oppose la prière à l’étude de la Torah : la contemplation de l’infinité de D.ieu dans la prière laisse le cœur inquiet et plein d’aspiration, tandis que l’étude de la Torah le réjouit. En effet, la Torah, que l’âme peut saisir, est une avec D.ieu ; par elle, l’âme Le saisit véritablement.

Pour aller plus loin

Dans le discours cité de V’Zos HaBerachah (97b), l’état de « malade d’amour » en semaine est comparé à celui d’un villageois, impressionné par la grandeur du roi parce qu’elle lui est nouvelle. Le Chabbat, en revanche, ressemble à l’expérience du citadin, pour qui cette grandeur n’est pas nouvelle et qui se délecte simplement du rayonnement de la gloire du roi.

Maré mekomot

  1. 1
    אין מוסרין רזי תורה · Chagigah 13a:6
  2. 2
    שהעצבות הרחיקו מאד חכמי האמת · ראה אגה״ק סי׳ יא.
  3. 3
    שהעצבות הרחיקו מאד חכמי האמת · Tanya, Iggeres HaKodesh 11:4
  4. 4
    בד״ה והי׳ מידי חדש בחדשו · לקו״ת ברכה צז, ב.
  5. 5
    והיה מדי חדש בחדשו · Isaiah 66:23
  6. 6
    צו כו׳ את קרבני · Numbers 28:2
  7. 7
    לגדולתו אין חקר · Psalms 145:3
  8. 8
    דאורייתא וקוב״ה כולא חד · Zohar I, 24a
  9. 9
    דאורייתא וקב״ה כולא חד · Tanya, Likkutei Amarim 4:5
  10. 10
    פקודי ה׳ ישרים · Psalms 19:9
  11. 11
    בד״ה צו . . בפ׳ פנחס · לקו״ת פנחס עח, ב.

10ועמ״ש מזה בפ׳ אחרי ע״פ כי ביום הזה יכפר כו׳. וזהו ענין ישראל מתקשראן באורייתא ואורייתא בקוב״ה [בקודשא בריך הוא]

Voir ce qui est écrit à ce sujet dans la paracha A’haré, sur le verset : « Car en ce jour, Il fera expiation », etc. Telle est la signification de : « Israël est lié à la Torah, et la Torah au Saint béni soit-Il »:

Explication

L’Alter Rebbe renvoie à son maamar sur « Car en ce jour, Il fera expiation » (Lévitique 16:30). La Torah lie le Juif à D.ieu, comme le dit le Zohar : Israël est lié à la Torah, et la Torah au Saint béni soit-Il.

וכמו הקשר שמחבר שני דברים נפרדים להיות קשורים ומיוחדים יחד בקשר אמיץ וחזק כמו ונפש יהונתן נקשרה בנפש דוד.

comme un nœud qui unit deux choses séparées, de sorte qu’elles soient attachées et unies par un lien ferme et solide, ainsi qu’il est dit : « L’âme de Yehonatan fut liée à l’âme de David. »

Explication

Un nœud unit fermement deux choses séparées, comme le lien entre les âmes de Yehonatan et de David (I Samuel 18:1). De même, la Torah lie l’âme à D.ieu.

והנה מצות הקריאה בדבור בד״ת [בדברי תורה] הוא כי הנה מבואר בס״י [בספר יצירה] שעשר ספירות בלי מה כשלהבת קשורה בגחלת ועד״מ [ועל דרך משל] השלהבת כשהיא בתוך הגחלת היא בבחי׳ העלם

Or, [la raison de] la mitsva de lire à voix haute, en prononçant les paroles de Torah, est la suivante. Il est expliqué dans le Sefer Yetsira que « les dix Séfirot sans substance (beli mah) sont comme une flamme liée à un charbon ». À titre d’analogie, lorsque la flamme se trouve dans le charbon, elle est dans un état de dissimulation

Explication

Le maamar explique à présent pourquoi la Torah doit être prononcée à voix haute. Le Sefer Yetsira (1:7) compare les dix Séfirot à « une flamme liée à un charbon » : la flamme qui se trouve dans un charbon incandescent est présente, mais cachée.

(ועמ״ש סד״ה כי ביום הזה יכפר בענין בחי׳ צור עליון צור חיינו שהוא מקור ההויות כו׳) וכדי להמשיך השלהבת מההעלם אל הגילוי הוא ע״י רוח הנופח בכח.

(voir ce qui est écrit à la fin du maamar commençant par « Car en ce jour, Il fera expiation », au sujet du niveau du Rocher suprême, « le Rocher de nos vies », qui est la source de tout ce qui vient à l’existence, etc.). Pour faire sortir la flamme de la dissimulation et l’amener à la révélation, il faut un souffle (roua’h) qui souffle avec force.

Explication

La parenthèse renvoie au maamar de Yom Kippour sur le Rocher suprême, source de toute existence. Souffler fortement sur un charbon fait sortir la flamme cachée et la rend visible.

וכך עד״מ [על דרך משל] ע״י הבל פה של המדבר ד״ת [דברי תורה] שהוא בחי׳ לרוח ממללא עי״ז ממשיך אור התורה ממקורה מההעלם אל הגילוי

De même, à titre d’analogie, par le souffle de la bouche de celui qui prononce des paroles de Torah — ce qui correspond au niveau de « l’esprit parlant » (roua’h memalela) — il fait ainsi jaillir la lumière de la Torah de sa source, la faisant passer de la dissimulation à la révélation

Explication

De même, le souffle de celui qui prononce des paroles de Torah — l’« esprit parlant » que, selon Onkelos, D.ieu donna à l’homme (Genèse 2:7) — fait sortir la lumière de la Torah de sa source cachée et l’amène à la révélation.

(ועיין באגה״ק [באגרת הקודש] סד״ה ויעש דוד שם גבי ובאורייתא מתקיים עלמא כו׳ כי בדבורם ממשיכים כו׳).

(voir Igueret HaKodech, à la fin de la section commençant par « Et David se fit un nom », à propos de « et le monde est maintenu par la Torah », etc. : car par leur parole, ils font jaillir…, etc.).

Explication

La parenthèse cite Igueret HaKodech à propos de « le monde est maintenu par la Torah » : ceux qui étudient font jaillir la lumière divine par leur parole.

וזהו שמברכים נותן התורה לשון הוה. כי רוח שרשו גבוה מאד כמ״ש עד יערה עלינו רוח ממרום, וכמ״ש בס״י [בספר יצירה] עשר ספירות כו׳

C’est pourquoi nous bénissons [D.ieu en disant] « Qui donne la Torah », au présent. Car la racine du roua’h (souffle) est extrêmement élevée, comme il est dit : « jusqu’à ce qu’un esprit (roua’h) soit répandu sur nous d’en haut » ; et comme il est écrit dans le Sefer Yetsira : « les dix Séfirot », etc.,

Explication

C’est pourquoi la bénédiction sur la Torah dit « Qui donne la Torah » au présent : le don se renouvelle chaque fois que la Torah est prononcée. Le roua’h (souffle, esprit) a une racine très élevée, comme dans le verset : « jusqu’à ce qu’un esprit soit répandu sur nous d’en haut » (Isaïe 32:15).

כשלהבת קשורה בגחלת כו׳ אחת רוח אלקים חיים כו׳ שע״י הרוח נמשך אח״כ [אחר כך] גם בחי׳ אש שהוא גילוי בחי׳ השלהבת כו׳ ע״ש [עיין שם].

« comme une flamme liée à un charbon », etc. ; « Un : l’esprit du D.ieu vivant », etc. Car c’est par l’esprit que le niveau du feu est ensuite également attiré, lui qui est la révélation du niveau de la flamme, etc. Voir là-bas.

Explication

Dans le Sefer Yetsira, après avoir comparé les Séfirot à une flamme liée à un charbon, le premier des éléments est « l’esprit du D.ieu vivant » (1:9), puis vient le feu : l’esprit fait jaillir le feu, la flamme révélée. De même, le souffle de la parole révèle la lumière cachée dans la Torah.

Le paragraphe 10 en bref

Ce paragraphe explique pourquoi la Torah doit être étudiée à voix haute : la Torah lie Israël à D.ieu comme un nœud et, de même que le souffle sur un charbon fait apparaître la flamme qui s’y trouve cachée, le souffle de la parole fait passer la lumière de la Torah de la dissimulation à la révélation. C’est pourquoi nous bénissons D.ieu comme Celui qui « donne » la Torah au présent.

Pour aller plus loin

Le Rabbi Rachab (Hemshech 5672, cité dans les notes) résume ainsi cet enseignement : « le souffle de la parole fait passer la lumière de la Torah de la dissimulation à la révélation ». Dans Likkutei Torah, Soukkot (81c), l’Alter Rebbe relie la bénédiction au présent au verset « Et J’ai mis Mes paroles dans ta bouche » : D.ieu donne la Torah chaque jour, et celui qui étudie est comme quelqu’un qui répond après ce que D.ieu Lui-même dit.

Maré mekomot

  1. 1
    ע״פ כי ביום הזה יכפר · לקמן כה, ג.
  2. 2
    כי ביום הזה יכפר · Leviticus 16:30
  3. 3
    ישראל מתקשראן באורייתא · Zohar III, 73a
  4. 4
    ונפש יהונתן נקשרה · I Samuel 18:1
  5. 5
    ע״ס בלי מה · ס״י פ״א, מ״ז. ראה גם באוה״ת פ׳ פינחס ע׳ א׳קמז.
  6. 6
    עשר ספירות בלי מה כשלהבת קשורה בגחלת · Sefer Yetzirah 1:7
  7. 7
    סד״ה כי ביום הזה יכפר · לקמן כו, ג.
  8. 8
    והנה מצות הקריאה בדבור בד״ת . . ע״י רוח הנופח בכח · ”והיינו דרוח הדבור מוציא אור התורה מהעלם לגילוי כו׳” — המשך תער״ב ח״ג ע׳ א׳תו.
  9. 9
    לרוח ממללא · Genesis 2:7
  10. 10
    לרוח ממללא · Onkelos Genesis 2:7
  11. 11
    נותן התורה לשון הוה · ראה לקמן סוכות פא, ג. סה״מ תר״ל ע׳ ריא.
  12. 12
    עד יערה עלינו רוח ממרום · Isaiah 32:15
  13. 13
    אחת רוח אלקים חיים · Sefer Yetzirah 1:9

11ועמ״ש סד״ה ביום השמע״צ [השמיני עצרת] גבי ואשים דברי בפיך כו׳ מוצא פי ה׳ כו׳ ועמ״ש סד״ה ענין ק״ש [קריאת שמע] בפי׳ קורא בתורה. אך רוח זה הכל לפי מה שהוא אדם.

Voyez ce qui est écrit à la fin du discours intitulé « Le huitième jour, Atséret », à propos de « J’ai mis Mes paroles dans ta bouche », etc., [et] de « ce qui sort de la bouche de D.ieu », etc. ; voyez aussi ce qui est écrit à la fin du discours intitulé « Le sens de la récitation du Chema », sur le sens de « celui qui lit dans la Torah ». Mais ce souffle (roua’h) dépend entièrement de la personne qu’est celui qui parle.

Explication

Références supplémentaires : le discours sur Chemini Atséret, à propos de « J’ai mis Mes paroles dans ta bouche » (Isaïe 51:16) et de « ce qui sort de la bouche de D.ieu » (Deutéronome 8:3), ainsi que le discours sur le Chema, à propos de « celui qui lit dans la Torah ». La mesure dans laquelle le souffle de la parole fait jaillir la lumière dépend toutefois de celui qui parle.

והתנאים ואמוראים שהיו מבחי׳ מוחין דגדלות היה בכחם להמשיך בדיבורם בחי׳ גילוי אור התורה והשלהבת כו׳ שהוא בחי׳ שם הוי׳ כמ״ש כי הוי׳ אלקיך אש אוכלה הוא.

Les Tannaïm et les Amoraïm, qui relevaient du niveau de l’intellect développé (mo’hin de-gadlout), avaient le pouvoir d’attirer par leur parole la révélation de la lumière de la Torah et de la flamme, etc., qui est le niveau du Nom Havaya, comme il est écrit : « Car Havaya, ton D.ieu, est un feu dévorant. »

Explication

Les Tannaïm et les Amoraïm, dont l’intellect était celui de la « maturité intellectuelle » (mo’hin de-gadlout), pouvaient faire jaillir par leur parole la flamme même de la Torah, le Nom Havaya, dont il est dit : « Havaya, ton D.ieu, est un feu dévorant » (Deutéronome 4:24).

Le paragraphe 11 en bref

La puissance de la Torah parlée dépend de celui qui parle ; les Sages de la Michna et du Talmud, grâce à leur intellect développé, révélaient par leurs paroles le « feu » de la Torah, le Nom Havaya lui-même.

Maré mekomot

  1. 1
    סד״ה ביום השמע״צ · לקו״ת שמע״צ פד, ב.
  2. 2
    ואשים דברי בפיך · Isaiah 51:16
  3. 3
    מוצא פי ה׳ · Deuteronomy 8:3
  4. 4
    סד״ה ענין ק״ש בפי׳ קורא בתורה · לקו״ת ואתחנן יב, ג.
  5. 5
    והתנאים ואמוראים · ראה אוה״ת בראשית קכט, ב.
  6. 6
    כי ה״א אש אוכלה הוא · Deuteronomy 4:24

12וע״כ [ועל כן] היו יכולים לעשות נסים ומופתים גדולים. וזהו דאמר רפב״י [רבי פנחס בן יאיר] גינאי חלוק לי מימיך. והיינו כי ים ויבשה הוא עלמא דאתכסיא ועלמא דאתגליא והיינו ההעלם והגילוי שבסדר ההשתלשלות.

C’est pourquoi ils pouvaient accomplir de grands miracles et prodiges. C’est [le sens de] ce que dit Rabbi Pinhas ben Yaïr : « Ginai, partage tes eaux pour moi. » Autrement dit, la mer et la terre ferme correspondent au monde caché (alma de’iskasya) et au monde révélé (alma de’isgalya), c’est-à-dire au caché et au révélé dans l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout).

Explication

C’est ainsi que les Sages pouvaient accomplir des miracles, et le fleuve Ginai en montre la manière. Dans la Kabbala, la mer et la terre ferme représentent le monde caché (alma de’iskasya) et le monde révélé (alma de’isgalya), les niveaux caché et révélé au sein de l’enchaînement descendant.

אבל גילוי אור א״ס [אין סוף] שנמשך ע״י התורה הוא מלמעלה מסדר ההשתלשלות וקמי׳ [וקמיה] שוין ההעלם והגילוי שבהשתלשלות העולמות כו׳ שהוא בחי׳ למקצה השמים ועד קצה כו׳.

Mais la révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), qui est attirée par la Torah, provient d’au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes ; devant elle, le caché et le révélé dans l’enchaînement des mondes sont égaux, etc. C’est le niveau de « d’une extrémité des cieux à l’autre extrémité », etc.

Explication

La Lumière infinie que la Torah attire provient d’au-dessus de tout l’enchaînement des mondes ; devant elle, le caché et le révélé sont semblables. C’est le niveau que le verset désigne par « d’une extrémité des cieux à l’autre » (Deuteronomy 4:32).

Le paragraphe 12 en bref

Ce paragraphe explique les miracles des Sages : la lumière qu’attirait leur Torah se situait au-dessus de l’enchaînement des mondes, là où la « mer » cachée et la « terre ferme » révélée sont égales ; ainsi, sur leur parole, un fleuve pouvait devenir terre ferme.

Pour aller plus loin

La note de Kehot cite deux maamarim du Rabbi (Shir HaMaalos 5722 et Padah VeShalom 5726), qui discernent deux éléments dans le récit : un changement et une innovation dans le fleuve, qui n’existaient même pas dans sa racine et sa source, et qui reflètent la qualité de la prière ; et le fait que ce changement fut opéré par l’ordre de Rabbi Pinhas ben Yaïr, ce qui reflète la qualité de la bénédiction.

Maré mekomot

  1. 1
    וזהו דאמר רפב״י · Chullin 7a:2–3
  2. 2
    למקצה השמים ועד קצה · Deuteronomy 4:32

13וכמ״ש בזהר פ׳ תרומה דקל״ז סע״א [סוף עמוד א] קצה השמים דא עלמא עילאה והוא בחי׳ עלמא דאתכסיא כו׳.

Comme il est écrit dans le Zohar, parachat Terouma, fin de 137a : « L’extrémité des cieux : c’est le monde supérieur », qui est le niveau du monde caché, etc.

Explication

Le Zohar (2:137a) interprète « l’extrémité des cieux » comme « le monde supérieur », qui est le monde caché : même le domaine caché a une « extrémité », une limite.

משא״כ אור א״ס [אין סוף] ב״ה אין שייך בו בחי׳ קצה ח״ו [חס ושלום] שאינו בבחי׳ גבול ח״ו [חס ושלום]. ולכן ע״י המשכת האור שע״י התורה פעל שהנהר חלק לו מימיו כו׳

En revanche, pour la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, la notion d’« extrémité » ne s’applique aucunement, à D.ieu ne plaise, car elle n’est aucunement limitée, à D.ieu ne plaise. C’est pourquoi, par la propagation de la lumière qui s’opère par la Torah, il fit que le fleuve partage ses eaux pour lui, etc.,

Explication

La Lumière infinie n’a aucune « extrémité ». Ainsi, la lumière propagée par la Torah put faire que le fleuve se partage.

כענין הפך ים ליבשה שעלמא דאתכסיא ועלמא דאתגליא שוין נגד המשכה זו שמלמעלה מסדר ההשתלשלות וכמ״ש במ״א ע״פ

comme dans « Il transforma la mer en terre sèche » : le monde caché et le monde révélé sont égaux par rapport à cette propagation, qui provient de ce qui est au-dessus de l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), comme il est expliqué ailleurs à propos du verset

Explication

Comme dans « Il transforma la mer en terre sèche » (Psaumes 66:6) : devant cette lumière, qui est au-dessus de l’ordre des mondes, le caché et le révélé sont égaux, si bien que la mer peut devenir terre.

כי טובים דודיך מיין כו׳ (ועמ״ש סד״ה ואלה שמות ובד״ה באתי לגני בענין עמקו מחשבותיך ובד״ה ואהיה אצלו אמון בענין זמירות היו לי חקיך כו׳).

« Car ton amour est meilleur que le vin », etc. (Voyez ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Et voici les noms », ainsi que dans le discours commençant par « Je suis venu dans Mon jardin », à propos de « Tes pensées sont très profondes », et dans le discours commençant par « J’étais auprès de Lui comme un nourrisson (amon) », à propos de « Tes statuts furent pour moi des chants », etc.)

Explication

L’Admour Hazakène renvoie à ses discours sur « Car ton amour est meilleur que le vin » (Cantique des Cantiques 1:2), « Et voici les noms », « Je suis venu dans Mon jardin » (à propos de « Tes pensées sont très profondes ») et « J’étais auprès de Lui comme un nourrisson » (à propos de « Tes statuts furent pour moi des chants »).

והנה הנשמות האלו הם הזוכים ללמוד במתיבתא דרקיע כי הנה התורה ישנה ג״כ באצי׳ [באצילות] ובבי״ע [ובבריאה יצירה עשיה]

Or, ces âmes sont celles qui ont le mérite d’étudier dans l’Académie céleste. En effet, la Torah existe également dans le Monde d’Atsilout (Émanation) et dans les mondes de Béria, Yetsira et Assiya,

Explication

Le maamar revient à l’Académie : les âmes qui font descendre une telle lumière par la Torah sont celles qui étudient dans l’Académie céleste. La Torah existe non seulement dans ce monde, mais dans chaque monde, depuis Atsilout jusqu’à Béria, Yetsira et Assiya.

כמו עד״מ [על דרך משל] מצות ציצית שהיא מצמר הכבשים וענין זה באצי׳ [באצילות] היינו כמ״ש והכשבים הפריד יעקב וכתיב ושער רישי׳ [רישיה] כעמר נקא וכמ״ש במ״א, וכן ד׳ פרשיות דתפילין הם באצי׳ [באצילות] ד׳ מוחין כו׳

comme, par exemple, la mitsva des tsitsit, qui sont en laine de mouton ; cette notion existe dans Atsilout, comme il est écrit : « Yaakov sépara les agneaux », et il est écrit : « et les cheveux de Sa tête étaient comme de la laine pure », comme il est expliqué ailleurs. De même, les quatre sections des tefillin correspondent, dans Atsilout, aux quatre mo'hin, etc.,

Explication

Les tsitsit sont faits de laine de mouton ; dans Atsilout, cela correspond aux « agneaux » que Yaakov sépara (Genèse 30:40) et aux « cheveux comme de la laine pure » de l’Ancien des jours (Daniel 7:9). Les quatre sections des tefillin correspondent dans Atsilout aux quatre mo'hin : 'Hokhma, Bina et les deux aspects de Daat.

וקשר של תפלין שהוא ד׳ הוא למעלה בחי׳ חיצוניות מל׳ [מלכות] דתבונה והוא שכמו למטה הרצועות עושין מעור החיצון. משא״כ הקלף שכותבין עליו הפרשיות נעשה ע״י גרירה ותיקון של העור כו׳.

et le nœud des tefillin, qui a la forme d’un [dalet], est, en haut, le niveau de la dimension extérieure ('hitsoniyout) de Mal'hout de Tevouna. C’est comme ici-bas : les lanières sont faites de la couche extérieure de la peau, tandis que le parchemin sur lequel on écrit les sections est obtenu en grattant et en préparant la peau, etc.

Explication

Le nœud des tefillin de la tête, qui a la forme de la lettre dalet, correspond en haut à la dimension extérieure de Mal'hout de Tevouna, un aspect inférieur de Bina. Ici-bas également, les lanières sont faites de la couche extérieure de la peau, tandis que le parchemin destiné aux sections est obtenu en grattant et en affinant la peau.

Le paragraphe 13 en bref

Ce paragraphe achève l’explication du miracle : devant la Lumière infinie, le caché et le révélé sont égaux. Il revient ensuite à l’Académie : ces âmes étudient la Torah telle qu’elle existe dans Atsilout, où chaque mitsva a son correspondant dans les mondes supérieurs, comme le montrent les tsitsit et les tefillin.

Pour aller plus loin

Dans Likkutei Torah, Emor (39a), cité dans la note, l’Admour Hazakène explique « Yaakov sépara les agneaux » : Yaakov, le pilier central, fait descendre de Kéter et de 'Hokhma vers Zeir Anpin ; « sépara » signifie qu’il fit descendre cela dans le monde de la séparation, afin que l’annulation de soi des mondes supérieurs atteigne également les niveaux inférieurs.

Maré mekomot

  1. 1
    קצה השמים דא עלמא עילאה · Zohar, Terumah 16:192–202
  2. 2
    הפך ים ליבשה · Psalms 66:6
  3. 3
    כי טובים דודיך מיין · Song of Songs 1:2
  4. 4
    סד״ה ואלה שמות · אולי הכוונה לתו״א נב, ד ואילך.
  5. 5
    ובד״ה באתי לגני · לקו״ת שה״ש לא, ד ואילך.
  6. 6
    באתי לגני · Song of Songs 5:1
  7. 7
    עמקו מחשבותיך · Psalms 92:6
  8. 8
    ואהיה אצלו אמון · Proverbs 8:30
  9. 9
    זמירות היו לי חקיך · Psalms 119:54
  10. 10
    וענין זה באצי׳ · ראה אוה״ת ויקרא-ב ע׳ תקצא ואילך.
  11. 11
    והכשבים הפריד יעקב · Genesis 30:40
  12. 12
    ושער רישי׳ כעמר נקא · Daniel 7:9
  13. 13
    ובד״ה ואהי׳ אצלו אמון · לקו״ת במדבר יז, ד.

14וכך למעלה הקשר היא בחי׳ הלבוש החיצון שבמל׳ [שבמלכות] דתבונה שהיא בחי׳ לבוש המחשבה. ויש כמה בחי׳ בלבושים דמחשבה עד״מ [על דרך משל] באדם כשמחשבתו היא בדבר חכמה בחכמה אלקית

De même, en haut, le nœud correspond au niveau du vêtement extérieur de Mal'hout (souveraineté) de Tevouna, qui est le niveau du vêtement de la pensée. Il existe plusieurs niveaux dans les vêtements de la pensée. À titre d’analogie, chez une personne, lorsque sa pensée porte sur un sujet de sagesse, sur la sagesse divine,

Explication

En haut, le nœud est le vêtement extérieur de Mal'hout de Tevouna, appelé « le vêtement de la pensée ». Pour l’expliquer, l’Admour Hazaken se tourne vers les vêtements de la pensée chez une personne, qui diffèrent selon l’objet de sa pensée.

שהיא התורה ה״ז [הרי זה] בחי׳ לבוש פנימי שבמחשבה שנפשו מלובשת במחשבה זו שהיא מאד נעלה, ופעמים חושב חכמות אחרים הנצרכים לחכמת התורה

qui est la Torah, il s’agit du niveau du vêtement intérieur de la pensée, car son âme est revêtue de cette pensée, qui est très élevée. Parfois, il pense à d’autres branches de la sagesse nécessaires à la sagesse de la Torah,

Explication

Penser à la sagesse divine, la Torah, constitue le vêtement intérieur de la pensée, dans lequel l’âme est revêtue de quelque chose de très élevé. Penser à d’autres branches du savoir dont la Torah a besoin relève d’un vêtement inférieur.

כמו תכונה או דקדוק וכה״ג [וכהאי גוונא] והם לבושים בינונים ופעמים חושב בענינים גשמיים שהם לבושים גסים שבמחשבה כו׳.

comme l’astronomie ou la grammaire, et autres domaines semblables ; ce sont des vêtements intermédiaires. Parfois, il pense à des sujets matériels, qui sont les vêtements grossiers de la pensée, etc.

Explication

L’astronomie et la grammaire, qui servent la Torah, sont des vêtements intermédiaires ; les pensées portant sur des sujets matériels sont les vêtements grossiers, les plus extérieurs, de la pensée.

Le paragraphe 14 en bref

Le paragraphe explique par analogie le « vêtement extérieur » de la pensée : la pensée d’une personne comporte des vêtements intérieurs, intermédiaires et grossiers, selon qu’elle porte sur la Torah, sur des connaissances qui servent la Torah ou sur des sujets matériels.

Pour aller plus loin

À la fin du chapitre 8 du Tanya (cité dans la note), il est dit que les autres branches de la sagesse sont permises lorsqu’on les utilise comme un moyen de gagner sa vie afin de servir D.ieu, ou que l’on sait les employer au service de D.ieu ou de Sa Torah ; c’est pourquoi le Rambam et le Ramban s’y sont consacrés.

Maré mekomot

  1. 1
    ויש כמה בחי׳ בלבושים דמחשבה · ראה אמרי בינה שער הק״ש פל״א ואילך. לקו״ש ח״ז ע׳ 310.
  2. 2
    חכמות אחרים הנצרכים לחכמת התורה · Tanya, Likkutei Amarim 8:9–10

15וכמ״כ [וכמו כן] עד״ז [על דרך זה] יובן למעלה שבמל׳ [שבמלכות] דתבונה יש ג׳ עורות פנימי׳ [פנימיות / פנימית] אמצעי׳ וחיצוניות. והיינו ג׳ בחי׳ לבושים לאור הבינה

De même, il sera compris en haut qu’en Mal’hout (souveraineté) de Téouna, il y a trois peaux — intérieure, intermédiaire et extérieure —, c’est-à-dire trois niveaux de vêtements pour la lumière de Bina (compréhension),

Explication

La même structure existe en haut : Mal’hout de Téouna, l’aspect le plus bas de Bina, comporte trois « peaux », intérieure, intermédiaire et extérieure, qui sont trois vêtements pour la lumière de Bina.

וכמו שבמחשבה יש ג״כ בחי׳ מחדומ״ע [מחשבה דיבור ומעשה] כמ״ש במ״א ובחי׳ לבוש החיצון זהו הנק׳ קשר של ד׳ שבתפלין שהוא עד״מ [על דרך משל] עור החיצון כו׳ והוא בחי׳ לבוש החשמ״ל שמחיצוניות בינה כו׳.

tout comme, dans la pensée également, il existe les niveaux de la pensée, de la parole et de l’action, ainsi qu’il est expliqué ailleurs. Le niveau du vêtement extérieur est ce qu’on appelle le nœud en forme de dalet des tefillin, qui est, par analogie, la peau extérieure, etc. ; c’est le niveau du vêtement du Chashmal, qui provient de la dimension extérieure ('hitsoniyout) de Bina, etc.

Explication

Cela correspond à la pensée d’une personne, qui comporte elle-même des aspects de pensée, de parole et d’action. Le vêtement le plus extérieur est le nœud des tefillin de la tête, la « peau extérieure » ; dans les termes de la Kabbale, c’est le vêtement appelé Chashmal, un mot tiré de la vision d’Ézéchiel, qui provient de la dimension extérieure de Bina.

והנה אמרז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] אשרי מי שבא לכאן ותלמודו בידו (ועמ״ש בפי׳ ענין זה ע״פ כי תבואו אל הארץ בפ׳ בהר) שעי״ז זוכה ללמוד ג״כ בג״ע [בגן עדן] מהו ענין ציצית ותפילין באצילות כו׳ וכן בכל המצות.

Or, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Heureux celui qui vient ici avec son étude en main » (voir aussi ce qui est écrit pour expliquer cette idée sur le verset « Quand vous viendrez dans le pays », dans la paracha Behar) : grâce à cela, il mérite également d’étudier au Gan Eden ce que sont les tsitsit et les tefillin dans Atsilout, etc., et de même pour toutes les mitsvot.

Explication

Les Sages ont dit : « Heureux celui qui vient ici avec son étude en main » (Pesachim 50a). L’Admour Hazaken explique que celui qui a étudié dans ce monde les lois des tsitsit et des tefillin mérite d’apprendre au Gan Eden ce qu’ils sont dans Atsilout, et il en va de même pour chaque mitsva ; il renvoie à son discours sur « Quand vous viendrez dans le pays » (Likkutei Torah, Behar).

אך יש כמה מקומות למעלה שלומדים שם וכמ״ש בזהר ועמ״ש בפ׳ מקץ בד״ה מזוזה מימין ונ״ח משמאל בענין וידבר שלשת אלפים משל כו׳ ומתיבתא דרקיע הם הנשמות שבג״ע [שבגן עדן] העליון אשר שם מאיר חב״ד [חכמה בינה ודעת] דאצילות כנ״ל:

Cependant, il existe en haut plusieurs lieux où l’on étudie, comme l’écrit le Zohar ; voir aussi ce qui est écrit dans la paracha Mikets, dans le discours qui commence par « La mezouza à droite et la lampe de ‘Hanouka à gauche », au sujet de « Il prononça trois mille paraboles », etc. Et l’Académie céleste désigne les âmes du Gan Eden supérieur, où brillent 'Hokhma, Bina et Daat du Monde d’Atsilout (Émanation), comme mentionné plus haut.

Explication

Il existe en haut plusieurs lieux d’étude, comme le décrit le Zohar. L’Académie céleste désigne les âmes du Gan Eden supérieur, où brillent 'Hokhma, Bina et Daat d’Atsilout ; l’Admour Hazaken renvoie également à son discours de ‘Hanouka dans Torah Ohr sur les « trois mille paraboles » de Chlomo (I Kings 5:12).

Le paragraphe 15 en bref

Le paragraphe achève l’exemple des tefillin — leur nœud est le vêtement extérieur de Bina, le Chashmal — puis explique que celui qui a étudié les mitsvot ici apprend leur signification supérieure au Gan Eden. L’Académie céleste est le Gan Eden supérieur, illuminé par 'Hokhma, Bina et Daat d’Atsilout.

Pour aller plus loin

Dans le discours de Torah Ohr cité (Mikeitz 42b), la mezouza, placée à droite, représente une élévation d’en bas vers en haut, comme les mitsvot, tandis que la lampe de ‘Hanouka, placée à gauche, représente l’attraction vers le bas de la lumière de la Torah, puisque les Grecs cherchèrent à faire oublier la Torah à Israël.

Maré mekomot

  1. 1
    לבוש החשמ״ל · ראה תו״א יב, ד. סה״מ תקס״ב ע׳ רנג ואילך. אוה״ת ויקרא נז.
  2. 2
    אשרי מי שבא לכאן · Pesachim 50a:7–8
  3. 3
    ע״פ כי תבואו · לקו״ת בהר מ, ד.
  4. 4
    כי תבואו אל הארץ · Leviticus 25:2
  5. 5
    בד״ה מזוזה מימין · תו״א מב, ב.
  6. 6
    מזוזה מימין ונ״ח משמאל · Shabbat 22a:2
  7. 7
    וידבר שלשת אלפים משל · I Kings 5:12

La kelipat nogah d’Atsilout et le Nom Havaya ¶16–22

16ג ומעתה נחזור לעניננו להבין ענין לימוד זה דבהרת איך שייך למעלה בג״ע [בגן עדן]. אך הנה מתחלה צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] מה דאיתא בע״ח [בעץ חיים] שמ״ח ושמ״ט פ״ג [פרק ג׳] שקליפת נוגה דאצי׳ [דאצילות] היא טו״ר [טוב ורע] חציה טוב וחציה כלפי חוץ רע.

3. À présent, revenons à notre sujet, afin de comprendre cette étude de la bahéret : comment peut-elle s’appliquer en haut, dans le Gan Eden ? Mais il nous faut d’abord comprendre ce qui est rapporté dans Etz Chaim, Chaar 48 et Chaar 49, chapitre 3 : la kelipa noga (l’écorce lumineuse) d’Atsilout est à la fois bien et mal, une moitié étant bonne et l’autre, tournée vers l’extérieur, mauvaise.

Explication

La section 3 revient à la question principale : comment les lois de la bahéret, une affection corporelle, peuvent-elles être étudiées dans le Gan Eden ? Elle commence par une difficulté kabbalistique : dans son Etz Chaim, le Ari Zal parle de la kelipa noga, l’« écorce lumineuse », même en Atsilout, dont une moitié est bonne et l’autre, tournée vers l’extérieur, mauvaise.

דלכאורה אין זה מובן כלל איך שייך כלל לומר קליפת נוגה דאצילות הלא נודע פי׳ אצי׳ [אצילות] שהוא בחי׳ אלקות כמבואר במ״א שהוא מלשון ויאצל מן הרוח דגבי משה.

Car, à première vue, cela est tout à fait incompréhensible : comment peut-on seulement parler d’une kelipa noga du Monde d’Atsilout (Émanation) ? On sait que le sens d’Atsilout est le niveau de la divinité ; comme il est expliqué ailleurs, ce terme vient de l’expression « et Il préleva (vaya’étzel) sur l’esprit », au sujet de Moché.

Explication

Cela est difficile à comprendre, puisque Atsilout désigne la divinité elle-même. Le mot vient de l’expression « et Il préleva (vaya’étzel) sur l’esprit » (Nombres 11:25), à propos de l’esprit prélevé de Moché pour les anciens : cette émanation demeure proche de sa source et unie à elle.

Le paragraphe 16 en bref

La section 3 entreprend d’expliquer comment les lois de la bahéret s’appliquent dans le Gan Eden, et commence par une difficulté : comment peut-il y avoir une kelipa, dont une moitié est mauvaise, en Atsilout, qui est la divinité elle-même ?

Maré mekomot

  1. 1
    איך שייך למעלה בג״ע · ראה אוה״ת ויקרא-ב ע׳ תעג.
  2. 2
    שו״ה הלא — כמבואר במ״א · ראה תו״א יד, א.
  3. 3
    ויאצל מן הרוח · Numbers 11:25

17וא״כ [ואם כן] איך שייך לומר קליפות דאצי׳ [דאצילות]. ומכ״ש [ומכל שכן] ענין חציה רע. עוד צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] מה דאיתא בזהר ובע״ח [ובעץ חיים] שער לאה ורחל פ״ז [פרק ז׳]. שסיבת הנגעים הוא מחמת הסתלקות אור אבא.

Si tel est le cas, comment peut-on parler de kelipot (écorces) d’Atsilout ? Et à plus forte raison, comment peut-on dire que la moitié d’entre elles est mauvaise ! Il faut également comprendre ce qui est rapporté dans le Zohar et dans Etz Chaim, Shaar Leah et Rachel, chapitre 7 : la cause des affections (negaïm) est le retrait de la lumière d’Abba.

Explication

La difficulté se précise : des kelipot dans Atsilout, et la moitié d’entre elles serait mauvaise ! Une deuxième question se pose : le Zohar et l’Arizal (Shaar Leah et Rachel, chap. 7) enseignent que les affections de tsaraat sont causées par le retrait de la lumière d’Abba, c’est-à-dire de 'Hokhma.

וזהו דתרגום צרעת סגירותא שכאשר נעלם ונסגר אור אבא ואינו מאיר בז״א [בזעיר אנפין] אז נמשך ובא בחי׳ הנגע.

C’est pourquoi le Targoum traduit tsaraat par segirouta (« fermeture ») : lorsque la lumière d’Abba est cachée et fermée, et qu’elle ne brille pas dans Zeir Anpin (les attributs émotionnels), l’aspect de l’affection est alors suscité et apparaît.

Explication

C’est pourquoi le Targoum traduit tsaraat par segirou, « fermeture » : l’affection apparaît lorsque la lumière d’Abba est fermée et ne brille pas dans Zeir Anpin, les attributs émotionnels.

ולכן נאמר והובא אל הכהן כי כהן שרשו מחכמה שתיקון הנגע הוא ע״י שממשיכים בחי׳ אור אבא

C’est pourquoi il est dit : « Il sera amené au kohen », car la racine du kohen se trouve dans 'Hokhma (sagesse) ; le remède à l’affection consiste à faire descendre la lumière d’Abba,

Explication

La Torah dit donc que la personne atteinte « sera amenée au kohen » (Lévitique 13:2) : le kohen a sa racine dans 'Hokhma, et le remède consiste à faire descendre de nouveau la lumière d’Abba.

וזהו ע״י הכהן (וע׳ [ועיין] בזח״א [בזהר חלק א] בראשית ל״א א׳ ע״פ לעומת המסגרת. דא הוא אתר סגיר דלא פתיחא היינו חכ״ע [חכמה עילאה] שנק׳ עדן עין לא ראתה.

et cela se fait par l’intermédiaire du kohen. (Voir le Zohar, Partie I, Bereishis, 31a, sur le verset « en face du cadre (misgeret) » : « C’est un lieu fermé qui n’est pas ouvert », c’est-à-dire la 'Hokhma suprême, appelée Eden, [dont il est dit :] « aucun œil n’a vu » ;

Explication

Cette longue parenthèse apporte un appui à l’explication. Le Zohar (1:31a) interprète « le cadre » (misgeret) comme « un lieu fermé qui n’est pas ouvert » : la 'Hokhma suprême, appelée Eden, dont il est dit : « aucun œil n’a vu » (Isaïe 64:3).

בר בשביל חד דקיק פי׳ בסה״מ [בספר הדרת מלך] סי׳ קט״ז דהיינו יסוד דאבא דאתיידע בגניזו לגביה דהיינו שמאיר בבינה ובזו״נ [ובזעיר אנפין ונוקבא]. וכמ״ש בע״ח [בעץ חיים] שמ״ז פ״ג [פרק ג׳] בפי׳ כולם בחכמה עשית.

« sauf par un sentier étroit », ce que Sefer Hadras Melech, section 116, explique comme étant le Yessod d’Abba, « qui est connu dans le secret à son égard », c’est-à-dire qu’il brille dans Bina, ainsi que dans Zeir Anpin et Noukva. Comme il est écrit dans Etz Chaim, Shaar 47, chapitre 3, au sujet du sens de « Tu as tout fait avec 'Hokhma » :

Explication

Il ne s’ouvre que par « un sentier étroit », que Sefer Hadras Melech explique comme étant le Yessod d’Abba, par lequel la 'Hokhma brille dans Bina, ainsi que dans Zeir Anpin et Noukva. L’Arizal explique de la même manière « Tu as tout fait avec 'Hokhma » (Psaumes 104:24).

כי באצילות אור א״ס [אין סוף] מתלבש בחכמה ועל ידו מאיר בכל האצי׳ [האצילות] כו׳. אכן פי׳ סגירותא היינו שנסגר אור אבא לגמרי ואינו מאיר גם ע״י שביל דקיק הנ״ל.

en Atsilout, la Lumière infinie (Or Ein Sof) est revêtue dans 'Hokhma, et c’est par elle qu’elle brille dans toute Atsilout, etc. Mais le sens de segirouta est que la lumière d’Abba est complètement fermée et ne brille même pas par le sentier étroit mentionné plus haut.

Explication

En Atsilout, la Lumière infinie est revêtue dans 'Hokhma et brille par son intermédiaire dans tout le reste. Segirou, « fermeture », signifie que la lumière d’Abba est entièrement fermée et ne brille même pas par ce sentier étroit.

וע״דמש״ש בע״ח [בעץ חיים] שהבריאה אינה מקבלת רק מהבינה לבד כו׳ ע״ש [עיין שם] וכשנסגר אור אבא עד״ז [על דרך זה] מבחי׳ ז״א [זעיר אנפין] דאצי׳ [דאצילות] מזה נמשך בחי׳ הנגע ועיין במא״א [במאורי אור] אות נון סעיף ז׳.

Cela correspond à ce qui est écrit là dans Etz Chaim : le Monde de Béria ne reçoit que de Bina seule, etc. Voir là-bas. Et lorsque la lumière d’Abba est fermée de cette manière à l’égard du niveau de Zeir Anpin d’Atsilout, l’aspect de l’affection en découle. Voir aussi Me’orei Or, lettre noun, section 7.

Explication

De même que l’Arizal enseigne que le Monde de Béria ne reçoit que de Bina, lorsque la lumière d’Abba est fermée à l’égard de Zeir Anpin d’Atsilout, Zeir Anpin se trouve réduit à Bina seule, et l’affection en résulte. Le lecteur est également renvoyé à Me’orei Or.

והתיקון לזה הוא ע״י הכהן י״ל [יש לומר] ע״ד [על דרך] מ״ש בזח״ב [בזהר חלק ב׳] יתרו ס״ז ב׳ שהכהן משמש וממשיך מבחי׳ קדש הקדשים שהם ג״ר [ג׳ ראשונות] כח״ב [כתר חכמה בינה] ובפ׳ עקב דף רע״א סע״א [סוף עמוד א] גבי ברוך אתה.

On peut expliquer que le remède à cela par l’intermédiaire du kohen suit le principe de ce qui est écrit dans le Zohar, Partie II, Yisro, 67b : le kohen officie et fait descendre le niveau du Saint des Saints, qui correspond aux trois premières [Séfirot] — Kéter, 'Hokhma et Bina. Voir aussi la paracha Eikev, folio 271a, fin, à propos de « Béni sois-Tu » :

Explication

Pourquoi le kohen est-il le remède ? Selon le Zohar (2:67b), le kohen officie et fait descendre le niveau du Saint des Saints, que l’Alter Rebbe identifie aux trois premières Séfirot : Kéter, 'Hokhma et Bina.

אתה כהן לעולם שבחי׳ הכהן הנק׳ אתה ממשיך מבחי׳ ברוך חכמה עילאה כו׳ ועיין עוד בפ׳ בלק דקצ״ג ע״ב).

« Tu (Atah) es kohen pour toujours » : le niveau du kohen, qui est appelé Atah (« Tu »), attire depuis le niveau de Baroukh (« Béni »), la 'Hokhma suprême, etc. Voir aussi plus loin dans la paracha de Balak, 193b.

Explication

Le Zohar sur Ekev (3:271a) interprète la formule de bénédiction « Béni sois-Tu » à la lumière de « Tu es kohen pour toujours » (Psaumes 110:4) : le kohen, appelé atah (« Tu »), attire depuis baroukh (« Béni »), la 'Hokhma suprême. Ainsi, le kohen attire depuis la 'Hokhma.

אבל כאשר נסגר ונעלם אור אבא שהוא בחי׳ חכמה עילאה אזי אע״פ [אף על פי] שיאיר אור הבינה בז״א [בזעיר אנפין] עכ״ז [עם כל זה] יכול להיות התהוות הנגעים

Mais lorsque la lumière d’Abba, qui est le niveau de la 'Hokhma suprême, est occultée et dissimulée, alors, même si la lumière de Bina brille dans le Zeir Anpin, des afflictions peuvent néanmoins apparaître.

Explication

Lorsque la lumière d’Abba, la 'Hokhma suprême, est occultée, des afflictions peuvent apparaître même si la lumière de Bina continue de briller dans le Zeir Anpin.

(כי בינה דינין מתערין מינה יען שהוא מקור ליש כו׳) וגם זה לכאורה תמוה איך יכול להיות שאע״פ [שאף על פי] שיאיר אור הבינה אעפ״כ [אף על פי כן] יוכל להיות הנגע.

(Car « de Bina les jugements sont éveillés », puisqu’elle est la source du yesh (existence), etc.) Cela aussi semble, à première vue, étonnant : comment se peut-il que l’affliction apparaisse alors même que la lumière de Bina brille ?

Explication

Bina à elle seule ne suffit pas, car « de Bina les jugements sont éveillés » (Zohar 3:10b) : elle est la source du yesh, de l’existence séparée. Pourtant, l’Alter Rebbe demande comment une affliction peut apparaître alors que la lumière de Bina brille.

ונקדים מ״ש בע״ח [בעץ חיים] דשם אל בחסד ושם אלקים בגבורה ושם הוי׳ בתפארת והרי שם הוי׳ הוא ראשון וגדול מכל השמות ולמה תפארת

Commençons par rappeler ce qui est écrit dans Etz Chaim : le Nom Kel se trouve dans 'Hessed, le Nom Elokim dans Guevoura, et le Nom Havaya dans Tiferet. Or, le Nom Havaya est le premier et le plus grand de tous les Noms ; pourquoi donc Tiferet,

Explication

Pour répondre, il rapporte d’abord l’enseignement de l’Arizal selon lequel le Nom Kel se trouve dans 'Hessed, Elokim dans Guevoura et Havaya dans Tiferet. Mais Havaya est le premier et le plus grand des Noms.

שהוא שלישי בסדר המשכת המדות עליונות שסדרן חג״ת [חסד גבורה תפארת] הנה הוא נק׳ בשם עליון וגבוה מספירת חסד שהוא ראשון בהמדות.

qui occupe la troisième place dans l’ordre de l’émanation des attributs suprêmes — dont l’ordre est 'Hessed, Guevoura, Tiferet — est-il appelé d’un Nom plus élevé et plus sublime que la Séfira de 'Hessed, qui est la première parmi les attributs ?

Explication

Pourquoi donc Tiferet, troisième dans l’ordre 'Hessed, Guevoura, Tiferet, porte-t-il un Nom plus élevé que 'Hessed, le premier des attributs ? La réponse permettra d’expliquer l’affliction.

Le paragraphe 17 en bref

Le paragraphe soulève une deuxième question : la tsaraat provient de la fermeture de la lumière d’Abba ('Hokhma), et le kohen y remédie en faisant descendre 'Hokhma ; pourtant, les affections apparaissent alors même que Bina brille. Pour l’expliquer, l’Alter Rebbe demande pourquoi c’est Tiferet, et non 'Hessed, qui porte le Nom suprême, Havaya.

Pour aller plus loin

Le Zohar (3:49b) explique la tsaraat comme « la fermeture de la lumière suprême, la fermeture de la bonté suprême, qui ne descend pas dans le monde ». Le kohen d’en bas est, quant à lui, prêt « à ouvrir cette fermeture » et à allumer les lampes, afin que les bénédictions se trouvent en haut et en bas et que l’affection disparaisse.

Maré mekomot

  1. 1
    דאיתא בזהר · ח״ג מז, א. מט, ב [כ].
  2. 2
    צרעת סגירותא · Zohar, Tazria 20:87–22:96
  3. 3
    צרעת סגירותא · Zohar, Tazria 25:134–27:143
  4. 4
    והובא אל הכהן · Leviticus 13:2
  5. 5
    דא הוא אתר סגיר דלא פתיחא · Zohar, Bereshit 32:330–35:339
  6. 6
    עין לא ראתה · Isaiah 64:3
  7. 7
    כולם בחכמה עשית · Psalms 104:24
  8. 8
    קדש הקדשים · Zohar, Yitro 1:8–18
  9. 9
    אתה כהן לעולם · Zohar, Eikev 1:2–12
  10. 10
    אתה כהן לעולם · Psalms 110:4
  11. 11
    בינה דינין מתערין מינה · Zohar III, 10b
  12. 12
    מ״ש בע״ח · ש׳ השמות פ״ג ופ״ו. וע׳ בפרדס להרמ״ק ז״ל ש׳ השמות פ״ה (א-ל) שם אלקים שם (פ״ז-ח) ושם הוי׳ בת״ת (שם פ״י וי״א) ובזח״ג (רצו, א). [כ].
  13. 13
    שם אל בחסד ושם אלקים בגבורה ושם הוי׳ בתפארת · Zohar, Vayikra 24:160–170

18ותירץ ע״ז [על זה] המגיד זצוק״ל [זכר צדיק וקדוש לברכה] כי הלא ידוע שענין שבה״כ [שבירת הכלים] שהיה בעולם התהו הוא מחמת שהיה כל מדה בפני עצמה

Le Maguid, que le souvenir du juste et saint soit une bénédiction, répondit à cela : comme on le sait, le brisement des réceptacles (chevirat hakélim) qui eut lieu dans le Monde du Tohou (Chaos) tenait au fait que chaque attribut se tenait à part,

Explication

La réponse vient du Maguid de Mézéritch, le maître de l’Admour Hazaken. Le brisement des réceptacles dans le Monde du Tohou (« Chaos ») eut lieu parce que chaque attribut se tenait isolément.

ולא היה התכללות המדות זה עם זה וענין עולם התיקון הוא שנעשה התכללות המדות שזה צריך לזה חסד כלול עם גבורה וגבורה עם חסד וע״י מה נעשה ההתכללות

sans qu’il y ait d’inclusion réciproque des attributs les uns dans les autres. Le Monde du Tikoun (Rectification) se caractérise par l’inclusion réciproque des attributs, de sorte que chacun a besoin de l’autre : le 'Hessed est inclus dans la Guevoura, et la Guevoura dans le 'Hessed. Et par quoi cette inclusion réciproque s’opère-t-elle ?

Explication

Dans le Monde du Tikoun (« Rectification »), les attributs sont inclus les uns dans les autres : chacun a besoin de l’autre, si bien que le 'Hessed contient la Guevoura et la Guevoura contient le 'Hessed. Mais comment des opposés peuvent-ils s’unir ?

שהרי התכללות זו הוא ענין חיבור ב׳ הפכים חו״ג [חסד וגבורה] אש ומים הנה זהו ע״י הארת אור א״ס [אין סוף] המאיר בהן שעי״ז הם בבחי׳ ביטול לאור א״ס [אין סוף] ב״ה המאיר בהן ועי״ז יוכלו להתחבר יחדיו.

Car cette inclusion réciproque consiste à unir deux opposés, le 'Hessed et la Guevoura, le feu et l’eau. Elle s’opère par le rayonnement de la Lumière infinie (Or Ein Sof) qui brille en eux : ainsi se trouvent-ils dans un état d’annulation de soi (bitoul) devant la Lumière infinie, béni soit-Il, qui brille en eux, et peuvent-ils dès lors s’unir.

Explication

Le 'Hessed et la Guevoura sont opposés, comme l’eau et le feu. Ils ne peuvent s’unir que grâce à la Lumière infinie qui brille en eux ; devant elle, tous deux sont annulés (bitoul). C’est dans cette annulation commune qu’ils peuvent s’unir.

וזהו ענין עושה שלום במרומיו והיינו שלא תהיה כל מדה בתגבורת עד שלא תוכל להתחבר עם מדה שכנגדה כמו שהיה בעולם התהו כ״א [כי אם] שתתכלל ג״כ עם הפכה מחמת הביטול כו׳.

Tel est le sens de « Il fait la paix dans Ses hauteurs » : aucun attribut ne doit dominer au point de ne pouvoir s’unir à l’attribut qui lui est opposé, comme c’était le cas dans le Monde du Tohou ; mais il doit aussi être inclus avec son contraire, grâce à l’annulation de soi, etc.

Explication

C’est le sens de « Il fait la paix dans Ses hauteurs » (Job 25:2) : aucun attribut ne domine au point d’exclure son opposé, comme cela se produisit dans le Tohou ; par l’annulation de soi, chacun inclut au contraire son opposé.

Le paragraphe 18 en bref

Ce paragraphe expose le principe du Maguid : le Tohou se brisa parce que chaque attribut se tenait isolément, tandis que le Tikoun consiste en l’inclusion réciproque d’attributs opposés. Celle-ci n’est possible que grâce à la Lumière infinie qui brille en eux : devant elle, ils s’annulent et peuvent ainsi s’unir.

Maré mekomot

  1. 1
    ותירץ ע״ז המגיד זצוק״ל · מובא גם בביאוה״ז ח, ג. ראה מגיד דבריו ליעקב (הוצאת קה״ת) בהוספות סי׳ כט וסי׳ לו. ראה גם יהל אור ע׳ תקנב. אוה״ת בראשית תרסז, א. ד״ה מצה זו תר״ם ע׳ עב. בהנסמן במאמרי אדה״ז-פרשיות דלהלן.
  2. 2
    עושה שלום במרומיו · Job 25:2

19והנה עם היות כי מדות חו״ג [חסד וגבורה] דאצי׳ [דאצילות] מאיר בהן אור א״ס [אין סוף] ב״ה כי איהו וגרמוהי חד אעפ״כ [אף על פי כן] נק׳ כל מדה בשם בפ״ע [בפני עצמו] היינו זה בחי׳ חסד

Or, bien que la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, brille dans les attributs de 'Hessed et de Guevoura d’Atsilout, car « Lui et Ses réceptacles » (ihou vegarmohi) ne font qu’un, néanmoins chaque attribut est désigné par un nom qui lui est propre : celui-ci est le niveau de 'Hessed,

Explication

Même dans Atsilout, où la Lumière infinie brille dans les attributs — comme le dit le Tikouné Zohar : « Lui et Ses réceptacles ne font qu’un » —, chaque attribut conserve son propre Nom et son identité. L’un d’eux est l’attribut de 'Hessed.

ולכן הוא שם אל כדכתיב חסד אל כל היום וזה הוא בחי׳ גבורה ונק׳ שם אלקים הרי מ״מ [מכל מקום] הם ב׳ בחי׳ הפכיים

et c’est pourquoi c’est le Nom Kel, comme il est écrit : « La bonté de Kel dure tout le jour » ; et celui-ci est le niveau de Guevoura et est appelé le Nom Elokim. Ainsi, ils restent malgré tout deux niveaux opposés.

Explication

'Hessed porte le Nom Kel, comme dans le verset : « La bonté de Kel dure tout le jour » (Psalms 52:3), et Guevoura porte le Nom Elokim. Ce sont donc toujours deux qualités opposées.

והיינו משום דכאשר מאיר אור א״ס [אין סוף] ב״ה בהמדות עליונות בבחי׳ גילוי רב אזי דוקא נעשה ההתכללות ויחוד המדות להיות לאחדים ממש.

Cela s’explique par le fait que, lorsque la Lumière infinie, béni soit-Il, brille dans les attributs supérieurs avec une grande révélation, c’est précisément alors que se produit leur inclusion mutuelle et leur unification, de sorte qu’ils ne font véritablement qu’un.

Explication

La raison en est que seule une grande révélation de la Lumière infinie dans les attributs les inclut mutuellement et les unit, de sorte qu’ils ne font véritablement qu’un ; autrement, chacun conserve son caractère propre.

Le paragraphe 19 en bref

Ce paragraphe précise le principe du Maguid : même dans Atsilout, 'Hessed (Kel) et Guevoura (Elokim) restent distincts et opposés ; ils ne deviennent véritablement un que lorsque la Lumière infinie brille en eux avec une grande révélation.

Maré mekomot

  1. 1
    איהו וגרמוהי חד · תקו״ז בהקדמה ג, ב.
  2. 2
    איהו וגרמוהי חד · Tikkunei Zohar 3b:9–10
  3. 3
    חסד א-ל כל היום · Psalms 52:3

20וזהו פי׳ הוי׳ אחד שהוא ענין להיות יחוד המדות ממש שלא יהיו ענפין מתפרדין והיינו ע״י המשכת אור א״ס [אין סוף] ב״ה בהם דלאו מכל אינון מדות איהו כלל

Tel est le sens de « Havaya est Un » : les attributs sont véritablement unis, de sorte qu’ils ne soient pas des « branches séparées ». Cela se réalise par l’émanation en eux de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, car « Il n’est aucun de ces attributs ».

Explication

Tel est le sens de « Havaya est Un » (Deutéronome 6:4) : les attributs deviennent véritablement un, et non des « branches séparées », grâce à la Lumière infinie qui se révèle en eux ; car, comme le dit le Tikkouné Zohar, Lui-même n’est aucun de ces attributs.

כי החי״ת מורה על ז׳ רקיעים והארץ שהוא בחי׳ מעלה ומטה והד׳ הוא ד׳ רוחות העולם מזרח מערב צפון ודרום

Car le ‘Het [de e’had] désigne les sept firmaments et la terre, qui correspondent à la dimension du haut et du bas, tandis que le Dalet désigne les quatre directions du monde : l’est, l’ouest, le nord et le sud ;

Explication

Les lois de la récitation du Chema expliquent les lettres de e’had, « un » : le ‘Het, dont la valeur est huit, représente les sept firmaments et la terre, le haut et le bas ; le Dalet, dont la valeur est quatre, représente les quatre directions du monde.

והיינו בחי׳ ששה קצוות ששרשן מששה מדות עליונות וע״י גילוי אור א״ס [אין סוף] ב״ה בהן שזהו ענין אלף אלופו של עולם מתייחדי׳ [מתייחדים] באחד ממש

c’est-à-dire les six extrémités, dont la racine se trouve dans les six attributs supérieurs. Par la révélation en eux de la Lumière infinie, béni soit-Il — ce qui correspond à l’Alef, Alouf, le Maître du monde —, ils sont unis pour ne faire véritablement qu’un.

Explication

Ensemble, ces éléments constituent les six extrémités, enracinées dans les six attributs supérieurs. L’Alef, lu Alouf, « Maître » du monde, représente la Lumière infinie qui se révèle en eux et les unit pour ne faire véritablement qu’« un ».

אמנם כאשר אין מאיר בהן א״ס [אין סוף] ב״ה בגילוי רב רק כפי בחי׳ האור השייך להמדה ההיא בפרט אזי הן המדות חסד בחי׳ בפ״ע [בפני עצמו] וגבורה בפ״ע [בפני עצמו].

Cependant, lorsque l’Infini, béni soit-Il, ne brille pas en eux avec une grande révélation, mais seulement selon le niveau de lumière qui appartient à cet attribut particulier, alors ‘Hessed est un niveau en soi et Guevoura un niveau en soi.

Explication

Ordinairement, chaque attribut ne reçoit que la lumière qui lui appartient ; alors ‘Hessed et Guevoura demeurent séparés, chacun en soi.

רק כאשר נצרך שיהיה התכללות אז מאיר בהן אור א״ס [אין סוף] בגילוי רב יותר מכפי מדתם ועי״ז תוכלל המדה בהפכה להיות לאחדים ממש

Ce n’est que lorsqu’une inclusion mutuelle est nécessaire que la Lumière infinie brille en eux avec une révélation plus grande, au-delà de leur mesure propre ; ainsi, l’attribut est-il inclus dans son contraire, et ils ne font véritablement qu’un.

Explication

Lorsqu’une inclusion mutuelle est nécessaire, la Lumière infinie brille en eux au-delà de leur mesure propre ; alors chaque attribut est inclus dans son contraire et ils ne font véritablement qu’un.

נמצא אור א״ס [אין סוף] ב״ה אין מאיר בהם בתמידות (ר״ל [רוצה לומר] בגילוי רב) רק לפרקים בעת רצון כאשר נצרך שיתכללו זה בזה ביחוד גמור.

Il s’ensuit que la Lumière infinie, béni soit-Il, ne brille pas en eux constamment — c’est-à-dire avec une grande révélation —, mais seulement à certains moments, à un moment de faveur, lorsqu’ils doivent être inclus l’un dans l’autre dans une unité complète.

Explication

Ainsi, chez ‘Hessed et Guevoura, cette grande révélation n’est pas constante. Elle ne se produit qu’à certains moments, à un « moment de faveur », lorsqu’ils doivent être unis dans une unité complète.

והנה יחוד והתכללות זו בין המדות חו״ג [חסד וגבורה] הוא ע״י התפארת שמדתו הוא שהוא ממוצע בין חו״ג [חסד וגבורה]

Or, cette unité et cette inclusion mutuelle entre les attributs de ‘Hessed et de Guevoura se réalisent par Tiferet (beauté), dont la qualité est de servir d’intermédiaire entre ‘Hessed et Guevoura,

Explication

L’union de ‘Hessed et de Guevoura se réalise par Tiferet, dont la nature même est de servir d’intermédiaire entre eux.

והוא בחי׳ התכללות ובו הוא שנמשך ומאיר ההארה מא״ס [מאין סוף] ב״ה בגילוי רב וכמשנ״ת [וכמו שנתבאר] למעלה דת״ת [דתפארת] נק׳ קדוש ע״ש [על שם] שנמשך בו מבחי׳ כתר שהוא למעלה מסדר ההשתלשלות

qui est le niveau de l’inclusion mutuelle ; c’est en lui que le rayonnement de l’Infini, béni soit-Il, est attiré et brille avec une grande révélation. Comme cela a été expliqué plus haut, Tiferet est appelé « saint » parce qu’il reçoit du niveau de Kéter (la Couronne), qui est au-dessus de l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout).

Explication

Tiferet est l’inclusion mutuelle elle-même, et c’est en lui que le rayonnement de l’Infini est attiré avec une grande révélation. Comme expliqué au début du maamar, Tiferet est appelé « saint » parce qu’il reçoit de Kéter, qui se situe au-dessus de l’ordre de la descente.

(וע׳ [ועיין] באג״ה [באגרת הקודש] בד״ה והיה מעשה הצדקה שלום ובזח״ב [ובזהר חלק ב׳] תרומה קע״ה ב׳ ע״פ והבריח התיכון) וע״י גילוי זה נעשה התכללות ההפכיים דהיינו שהוא המחבר חו״ג [חסד וגבורה] וממשיך בהם גילוי זה.

(Voir Igueret HaKodech, dans le passage commençant par « L’œuvre de la tsedaka sera la paix », et le Zohar, partie II, Terouma, 175b, sur le verset « et la barre du milieu ».) Par cette révélation s’opère l’inclusion mutuelle des opposés : elle unit 'Hessed et Guevoura et fait pénétrer en eux cette révélation.

Explication

Les références renvoient à Igueret HaKodech, sur « L’œuvre de la tsedaka sera la paix » (Isaïe 32:17), et au Zohar, sur « la barre du milieu ». Cette révélation unit les opposés, 'Hessed et Guevoura, et fait pénétrer la lumière en eux.

ונמצא א״כ [אם כן] מאחר שכל בחי׳ ומהות מדת התפארת הוא ענין התכללות המדות ביחוד גמור ממש מוכרח שיהיה בו הארת אור א״ס [אין סוף] בתמידות מאחר שזהו מדת ת״ת [תפארת]

Il en résulte donc que, puisque toute la nature et l’essence de l’attribut de Tiferet (beauté) consistent dans l’inclusion mutuelle des attributs en une unité véritable et complète, l’éclat de la Lumière infinie (Or Ein Sof) doit nécessairement y être constamment présent, puisque telle est la nature de l’attribut de Tiferet,

Explication

Puisque toute l’essence de Tiferet réside dans l’union des attributs, l’éclat de la Lumière infinie doit y être constamment présent, et non seulement par moments.

היינו ההתכללות (ועי׳ [ועיין] בהרמ״ז [בהרב משה זכות] פ׳ יתרו בדף ע״ח והנה בכל תפארת יש כללות חו״ג [חסד וגבורה] כאחד כו׳).

à savoir l’inclusion mutuelle (voir aussi le Ramaz, parachat Yitro, folio 78 : « Or, en chaque Tiferet, 'Hessed et Guevoura sont réunis dans leur expression générale et collective, comme un seul tout », etc.).

Explication

L’attribut de Tiferet consiste précisément dans l’inclusion mutuelle. Dans son commentaire du Zohar, le Ramaz (Rabbi Moché Zacuto) note qu’en chaque Tiferet, 'Hessed et Guevoura sont réunis comme un seul.

וההתכללות אין יכול להיות בלתי הארת אור א״ס [אין סוף] ולכן נק׳ תפארת בשם עליון וגבוה מכל המדות היינו שם הוי׳ מאחר שמוכרח שיהיה בו גילוי אור א״ס [אין סוף] בתמידות (ועמ״ש בד״ה החלצו)

Or, l’inclusion mutuelle ne peut exister sans l’éclat de la Lumière infinie. C’est pourquoi Tiferet est désigné par un Nom plus sublime et plus élevé que tous les attributs, à savoir le Nom Havaya, puisqu’une révélation de la Lumière infinie doit nécessairement y être constamment présente (voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Armez-vous »).

Explication

L’inclusion mutuelle est impossible sans la Lumière infinie, et Tiferet en bénéficie constamment ; c’est pourquoi Tiferet porte le Nom le plus élevé, Havaya. Cela répond à la question de savoir pourquoi c’est Tiferet, et non 'Hessed, qui porte ce Nom.

משא״כ בחו״ג [בחסד וגבורה] שאין בהם הארת אור א״ס [אין סוף] עד״ז [על דרך זה] שבת״ת [שבתפארת] רק בעת שנמשך היחוד שזהו ענין אמליכתיה למעלה ולמטה ולד׳ רוחות שאזי נעשה התכללות המדות שיתכללו זב״ז [זה בזה] ביחוד גמור ולא בתמידות כנ״ל:

En revanche, dans 'Hessed et Guevoura, l’éclat de la Lumière infinie n’est pas présent de cette manière, comme il l’est dans Tiferet, si ce n’est au moment où l’unité est attirée vers le bas ; c’est là le sens de « Tu l’as établi Roi en haut et en bas, et dans les quatre directions ». Alors s’opère l’inclusion mutuelle des attributs, qui sont inclus les uns dans les autres en une unité complète ; mais cela n’est pas constant, comme on l’a dit plus haut.

Explication

'Hessed et Guevoura ne reçoivent la Lumière infinie de cette manière que lorsque l’unité est attirée vers le bas, comme lorsqu’on proclame D.ieu Roi « en haut et en bas, et dans les quatre directions » dans le Chema (Berachos 13b). Alors, ils sont unis, mais pas constamment.

Le paragraphe 20 en bref

Ce paragraphe explique pourquoi Tiferet porte le Nom Havaya : les attributs ne deviennent un que par une grande révélation de la Lumière infinie, que ‘Hessed et Guevoura ne reçoivent qu’à certains moments, tandis que Tiferet, dont l’essence est leur union, la reçoit constamment.

Pour aller plus loin

Dans le discours sur Matot cité (Likkutei Torah, Matos 86a), l’Alter Rebbe relie cela au péché de la haine gratuite à l’époque du Second Temple : la discorde est l’opposé de la sainteté divine, qui est unité et inclusion mutuelle, comme dans « Havaya est Un » et « Lui et Ses réceptacles ne font qu’un ». C’est pourquoi Hillel a qualifié « Ce qui t’est odieux, ne le fais pas à ton prochain » de fondement de toute la Torah.

Maré mekomot

  1. 1
    הוי׳ אחד · Deuteronomy 6:4
  2. 2
    דלאו מכל אינון מדות · ת״ז בהקדמה.
  3. 3
    דלאו מכל אינון מדות איהו כלל · Tikkunei Zohar 17b:5–7
  4. 4
    החי״ת מורה על ז׳ רקיעים והארץ שהוא בחי׳ מעלה ומטה והד׳ הוא ד׳ רוחות העולם · Shulchan Arukh HaRav, Orach Chayim 61:6
  5. 5
    בגילוי רב יותר מכפי מדתם · ראה בד״ה באתי לגני תשל״ח (סה״מ מלוקט-ג ע׳ סא הערה 43).
  6. 6
    והיה מעשה הצדקה שלום · Isaiah 32:17
  7. 7
    והיה מעשה הצדקה שלום · Tanya, Iggeres HaKodesh 12:1
  8. 8
    והבריח התיכון · Zohar, Terumah 94:908–96:918
  9. 9
    בתמידות — בד״ה החלצו · לקו״ת מטות פו, א.
  10. 10
    ביחוד — כנ״ל · ראה להלן בהוספות להערות וציונים.
  11. 11
    ח׳ מורה על ז״ר וארץ . . אלופו ש״ע · סמ״ק קד. שו״ע או״ח סס״א ס״ו. שו״ע אדמה״ז שם.
  12. 12
    אמליכתי׳ למע׳ . . רוחות · Berakhot 13b:15–16

21והנה עפ״ז [על פי זה] יובן ענין ק״נ [קליפת נוגה] דאצילות שנק׳ בשם קליפה הגם שהוא בבחי׳ אצילות ומאחר שהוא בבחי׳ אצילות הרי עכצ״ל [על כרחך צריך לומר] שהיא מקבלת הארת אלקות ואעפ״כ [ואף על פי כן] נק׳ בשם ק״נ [קליפת נוגה].

À présent, à la lumière de ce qui précède, nous comprendrons la notion de kelipat noga (l’écorce lumineuse) du Monde d’Atsilout (Émanation) : elle est appelée kelipa, bien qu’elle se trouve au niveau d’Atsilout ; et puisqu’elle se trouve au niveau d’Atsilout, il faut nécessairement dire qu’elle reçoit un rayonnement de divinité ; pourtant, elle est appelée kelipat noga.

Explication

Nous pouvons ainsi comprendre kelipat noga d’Atsilout. Elle appartient à Atsilout et doit donc recevoir un certain rayonnement divin, mais elle est néanmoins appelée kelipa, une écorce.

והענין כי בחי׳ התכללות שיש בע״ס [בעשר ספירות] דאצילות שמאיר הארת אור א״ס [אין סוף] ועי״ז הם מתכללים זע״ז [זה עם זה / זה על זה] כנ״ל זו הבחינה אינה כלל בנוגה דאצילות.

Voici l’explication : l’inclusion mutuelle qui existe dans les Dix Séfirot d’Atsilout, où rayonne la Lumière infinie (Or Ein Sof), de sorte qu’elles s’incluent les unes dans les autres, comme nous l’avons vu plus haut, est un niveau qui fait totalement défaut dans le noga d’Atsilout.

Explication

Ce qui caractérise les Séfirot de la sainteté d’Atsilout, c’est leur inclusion mutuelle, produite par le rayonnement de la Lumière infinie en elles. Cette qualité est entièrement absente du noga d’Atsilout.

אלא שהמדות שבק״נ [שבקליפת נוגה] דאצי׳ [דאצילות] הם ענפין מתפרדין שהחסד אינו מתכלל עם הגבורה ואינן מתייחדין כלל זה עם זה.

Au contraire, les attributs du kelipat noga d’Atsilout sont des « branches séparées » : le 'Hessed ne s’inclut pas dans la Guevoura, et ils ne s’unissent nullement l’un à l’autre.

Explication

Dans le noga, les attributs sont des « branches séparées » : son 'Hessed n’inclut pas la Guevoura, et les deux ne s’unissent nullement.

Le paragraphe 21 en bref

Ce paragraphe résout la première difficulté : kelipat noga peut exister dans Atsilout parce que, bien qu’elle reçoive un rayonnement divin, elle est dépourvue de l’inclusion mutuelle qu’apporte la Lumière infinie ; ses attributs demeurent donc séparés.

Maré mekomot

  1. 1
    שהוא — מאיר עליהם בבחי׳ מקיף לבד · ראה המשך תער״ב סעי׳ רי.
  2. 2
    שהוא — ע״פ ראה ריח בני · תו״א כ, ג.

22וכנודע שהפסולת משבה״כ [משבירת הכלים] דעולם התהו נפל בק״נ [בקליפת נוגה] וראשיתם ק״נ [קליפת נוגה] דאצילות והרי בעולם התהו לא היה בחי׳ התכללות וכ״ש [וכל שכן] אחר שבה״כ [שבירת הכלים] כו׳.

Comme on le sait, les déchets issus du brisement des réceptacles (chevirat hakélim) du Monde de Tohou tombèrent dans la kelipa Nogah, dont le niveau le plus élevé est la kelipa Nogah d’Atsilout. Or, dans le Monde de Tohou, il n’y avait pas d’interinclusion, et cela est d’autant plus vrai après le brisement des réceptacles, etc.

Explication

Comme l’enseigne l’Arizal, les débris des réceptacles brisés de Tohou tombèrent dans la kelipa Nogah, dont le niveau le plus élevé est celui de Nogah d’Atsilout. Dès l’origine, Tohou ne comportait aucune interinclusion, et il en fut encore moins ainsi après le brisement de ses réceptacles.

ולכן אין אור א״ס [אין סוף] נמשך ומתלבש בהן כלל ע״ד [על דרך] התלבשותו באצי׳ [באצילות] דקדושה מחמת שאינן כלי לגילוי אור א״ס [אין סוף] שאינו שורה אלא במקום הביטול ובמקום ההתכללות כו׳

C’est pourquoi la Lumière infinie (Or Ein Sof) ne s’attire pas en eux et ne s’y revêt nullement comme elle se revêt dans l’Atsilout de sainteté, car ils ne sont pas des réceptacles aptes à la révélation de la Lumière infinie, laquelle ne réside que là où il y a annulation de soi (bitoul) et interinclusion, etc. ;

Explication

La Lumière infinie ne se revêt donc pas dans ces kelipot comme elle le fait dans l’Atsilout de sainteté. Elles ne sont pas des réceptacles aptes à la recevoir, car elle ne réside que là où se trouvent l’annulation de soi et l’interinclusion.

רק שהוא מאיר עליהם בבחי׳ מקיף לבד וכמ״ש במ״א ע״פ ראה ריח בני כו׳ וע״כ [ועל כן] נקראו קליפות שהקליפה היא שאין לה טעם ולחלוחית כו׳

elle ne fait que briller sur eux comme une lumière enveloppante (makif), ainsi qu’il est expliqué ailleurs à propos du verset : « Vois, le parfum de mon fils », etc. C’est pourquoi on les appelle des kelipot, car une kelipa (écorce) est une chose dépourvue de goût et d’humidité, etc.,

Explication

Elle ne brille sur eux que de l’extérieur, comme une lumière enveloppante, ainsi qu’il est expliqué au sujet de « Vois, le parfum de mon fils » (Genèse 27,27). Voilà pourquoi on les appelle des kelipot : comme l’écorce d’un fruit, elles n’ont ni goût ni humidité.

כמו בהפרי (וי״ל [ויש לומר] כי שם מ״ה [שם מ״ה] נק׳ שקיו דאילנא בחי׳ לחלוחית והמשכת אור א״ס [אין סוף] שעי״ז נעשה התכללות אמיתי׳ [אמיתית] להיות לאחדים עד״מ [על דרך משל] טבע המים לדבק שחלקי הקמח נעשים גוש אחד ע״י המים.

comme l’écorce du fruit. (On peut dire que le Nom Mah est appelé « l’irrigation de l’arbre » : c’est le niveau de l’humidité et de l’effusion de la Lumière infinie, par laquelle se produit une véritable interinclusion, de sorte qu’ils deviennent un. À titre d’analogie, l’eau a la propriété de lier : les particules de farine deviennent une seule masse grâce à l’eau.

Explication

La parenthèse ajoute une image kabbalistique : dans le Tikouné Zohar, le Nom Mah est appelé « l’irrigation de l’arbre », l’humidité de la Lumière infinie qui rend possible une véritable union. De même que l’eau lie les particules de farine pour en faire une seule pâte, cette humidité unit les attributs.

וגילוי זה היינו ע״י שמתחלה הם בבחי׳ תיקון ע״ד [על דרך] רך כקנה כו׳ שעי״ז אח״כ [אחר כך] קוב״ה [קודשא בריך הוא] שרי באתר שלים והוא גילוי שם מ״ה [שם מ״ה] מלגיו דאיהואורח אצילות ואיהו שקיו דאילנא כו׳

Cette révélation se produit parce qu’ils se trouvent d’abord dans un état de rectification (tikoun), à la manière de ce qui est « souple comme un roseau », etc. Ainsi, par la suite, « le Saint béni soit-Il réside dans un lieu entier » ; c’est là la révélation intérieure du Nom Mah, « qui est la voie d’Atsilout et l’irrigation de l’arbre », etc.

Explication

Cette révélation se produit lorsque les attributs sont d’abord rectifiés et deviennent « souples comme un roseau » (Taanit 20b), cédant plutôt que demeurant rigides. Alors « le Saint béni soit-Il réside dans un lieu entier », et le Nom Mah, « la voie d’Atsilout », se révèle en eux.

משא״כ בק״נ [בקליפת נוגה] דאצי׳ [דאצילות] שהוא מבחי׳ עולם התוהו מבחי׳ שבה״כ [שבירת הכלים] שאין בהם ההתכללות כלל וגם הביטול הוא בבחי׳ יש כנודע מענין ראו מ״ה [שם מ״ה] שעושה יש ודבר מהביטול שלו כו׳.

Il n’en va pas ainsi de la kelipa Nogah d’Atsilout, qui provient du niveau du Monde de Tohou, du brisement des réceptacles : en eux, il n’y a aucune interinclusion. Même leur annulation de soi relève de la qualité de yéch (existence propre), comme on le sait au sujet de « Voyez : mah ! », qui fait de sa propre annulation de soi un yéch, une « chose », etc.

Explication

Nogah d’Atsilout provient de Tohou et du brisement des réceptacles, là où il n’y a aucune interinclusion. Même son annulation de soi est une forme d’affirmation de soi : elle fait de son propre état de « néant » une « chose ».

ע״כ [על כן] אין נמשך בהם כלל בחי׳ שם מ״ה [שם מ״ה] מלגיו ולכן נק׳ קליפות שאין בהם לחלוחית מבחי׳ שקיו דאילנא כו׳)

C’est pourquoi le niveau intérieur du Nom Mah ne s’attire nullement en eux ; ils sont donc appelés des kelipot, car ils sont dépourvus de l’humidité provenant du niveau de « l’irrigation de l’arbre », etc.)

Explication

Le Nom Mah, cette humidité intérieure, ne parvient donc nullement à ces kelipot. On les appelle des écorces, car elles sont dépourvues de l’humidité de « l’irrigation de l’arbre ».

ומק״נ [ומקליפת נוגה] דאצי׳ [דאצילות] נמשך אח״כ [אחר כך] בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] בחי׳ יש ממש וצבא השמים כו׳. ובזה יובן ג״כ מה דאיתא שק״נ [שקליפת נוגה] חצי׳ [חציה] טוב וחצי׳ [וחציה] רע.

De la kelipa Nogah d’Atsilout est ensuite attiré vers Béria, Yetsira et Assiya le niveau de yéch véritable, ainsi que « l’armée des cieux », etc. Cela permet aussi de comprendre ce qui est dit : la kelipa Nogah est pour moitié bonne et pour moitié mauvaise.

Explication

De Nogah d’Atsilout proviennent, dans les mondes inférieurs, une existence véritable et « l’armée des cieux », c’est-à-dire les puissances célestes. Cela explique également comment Nogah peut être pour moitié bonne et pour moitié mauvaise.

והענין כנודע שהתהוות הרע הוא מחמת שבה״כ [שבירת הכלים] שהי׳ [שהיה] בעולם התהו והשבירה הי׳ [היה] מחמת שהיו ענפין מתפרדין ומזה נתהווה אח״כ [אחר כך] בהשתלשלות בחי׳ הרע.

L’explication, comme on le sait, est la suivante : le mal est apparu à la suite du brisement des réceptacles dans le Monde du Tohou, et ce brisement eut lieu parce que les attributs étaient des « branches séparées » ; c’est de là que le niveau du mal apparut ensuite dans l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout).

Explication

Le mal apparut à la suite du brisement des réceptacles du Tohou, qui se brisèrent parce que leurs attributs étaient des « branches séparées ». De là, le mal émergea ensuite dans l’enchaînement descendant des mondes.

והנה משבה״כ [משבירת הכלים] דעולם התהו נפלו בנוגה דאצילות ולכן אף שמקבלת מאצילות וע״כ [ועל כן] חציה דכלפי פנים הוא טוב

Or, à la suite du brisement des réceptacles du Monde du Tohou, [des fragments] tombèrent dans la noga d’Atsilout. Ainsi, bien qu’elle reçoive d’Atsilout, et que, par conséquent, sa moitié tournée vers l’intérieur soit bonne,

Explication

Les fragments des réceptacles brisés tombèrent dans la noga d’Atsilout. Comme elle reçoit d’Atsilout, sa moitié intérieure est bonne.

אך מחמת שגם בחציה זו אין בה בחי׳ ההתכללות כלל וממילא אין מאיר בה גילוי אור א״ס [אין סוף] בבחינת פנימי כנ״ל

pourtant, comme même dans cette moitié il n’y a aucune inclusion mutuelle, la révélation de la Lumière infinie n’y brille donc pas de manière intérieure, comme mentionné plus haut,

Explication

Mais même cette moitié intérieure est dépourvue d’inclusion mutuelle ; la Lumière infinie ne brille donc pas en elle de manière intérieure.

לכן יכול להיות שחציה כלפי חוץ רע (וכמו שמעולם התהו נתהוו הקליפות כו׳. ובזה יובן מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] ברבות ס״פ נשא ס״פ י״ד ע״פ ולא קם נביא עוד בישראל כמשה.

elle peut donc avoir une moitié tournée vers l’extérieur qui soit mauvaise (de même que les kelipot apparurent à partir du Monde du Tohou, etc.). On comprendra ainsi l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie, dans Midrash Rabbah, à la fin de Parachat Nasso, fin de la section 14, sur le verset : « Il ne s’est plus levé en Israël de prophète comme Moché » :

Explication

Sa moitié tournée vers l’extérieur peut donc être mauvaise, de même que les kelipot apparurent à partir du Tohou. La parenthèse aborde ensuite le Midrash sur « Il ne s’est plus levé de prophète en Israël comme Moché » (Deutéronome 34:10).

בישראל לא קם אבל באו״ה [באיסור והיתר] קם כו׳ זה בלעם בן בעור כו׳ והנה נבואת משה היה מאצילות. וא״כ [ואם כן] איך באו״ה [באיסור והיתר] קם נביא כמשה. אלא הענין שנבואת בלעם היה מק״נ [מקליפת נוגה] דאצילות כו׳):

« En Israël, il ne s’en est pas levé, mais parmi les nations du monde, il s’en est levé », etc. ; « c’est Bilaam, fils de Beor », etc. Or, la prophétie de Moché provenait d’Atsilout. Comment donc un prophète comme Moché a-t-il pu se lever parmi les nations du monde ? L’explication est que la prophétie de Bilaam provenait de la kelipat noga d’Atsilout, etc.)

Explication

Le Midrash dit qu’un prophète s’est levé parmi les nations : Bilaam. Puisque la prophétie de Moché provenait d’Atsilout, comment Bilaam a-t-il pu l’égaler ? La réponse est que sa prophétie provenait de la kelipat noga d’Atsilout, au niveau le plus élevé d’Atsilout, mais en dehors de la sainteté.

Le paragraphe 22 en bref

Ce paragraphe explique pourquoi Nogah d’Atsilout est une « écorce » : elle provient des réceptacles brisés de Tohou et est dépourvue d’interinclusion et de véritable annulation de soi ; la Lumière infinie ne fait donc que l’envelopper. Sa moitié intérieure est bonne parce qu’elle reçoit de l’Atsilout, tandis que sa moitié extérieure peut être mauvaise ; c’est ainsi que la prophétie de Bilam put rivaliser avec celle de Moché.

Pour aller plus loin

Le Midrach lui-même (Bamidbar Rabbah 14:20) donne une raison pour laquelle un tel prophète apparut parmi les nations : afin qu’elles ne puissent prétendre que, si elles avaient eu un prophète comme Moché, elles auraient servi D.ieu. Il énumère ensuite les différences entre la prophétie de Moché et celle de Bilam.

Maré mekomot

  1. 1
    ראה ריח בני · Genesis 27:27
  2. 2
    נק׳ שקיו דאילנא · ת״ז בהקדמה.
  3. 3
    שקיו דאילנא · Tikkunei Zohar 17a:19–22
  4. 4
    רך כקנה · Taanit 20b:3
  5. 5
    כנודע מענין ראו מ״ה · ועל״ק פ׳ בהר ד״ה את שבתותי רפ״ה [כ]. להלן מג, א וש״נ.
  6. 6
    שק״נ חצי׳ טוב וחצי׳ רע · ע״ח שמ״ט.
  7. 7
    ולא קם נביא עוד בישראל כמשה · Deuteronomy 34:10
  8. 8
    בישראל לא קם אבל באו״ה קם כו׳ זה בלעם בן בעור · Bamidbar Rabbah 14:20

L’affection et la loi du poil blanc ¶23–26

23ד ועפ״ז [ועל פי זה] יובן ג״כ מש״ל [מה שכתוב לעיל] בשם הזהר וע״ח [ועץ חיים] שבהסתלקות אור אבא מז״א [מזעיר אנפין] הוא סיבת התהוות הנגע,

4. À la lumière de cela, on comprendra également ce qui a été dit plus haut au nom du Zohar et d’Etz Chaim : le retrait de la lumière d’Abba de Zeir Anpin (les attributs émotionnels) est la cause de l’apparition de l’affliction.

Explication

La section 4 résout la seconde difficulté : pourquoi le retrait de la lumière d’Abba de Zeir Anpin provoque la tsaraat, comme l’enseignent le Zohar et Etz Chaim.

והענין כי התלבשות אור א״ס [אין סוף] הוא בחכמה דוקא כמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] פרק ל״ה בהג״ה [בהגהה] ולכן כדי שיהי׳ [שיהיה] התכללות גמור בז״א [בזעיר אנפין] הוא ע״י גילוי אור אבא

Voici l’explication : la Lumière infinie (Or Ein Sof) se revêt spécifiquement dans 'Hokhma (sagesse), comme il est écrit dans Sefer Shel Beinonim (Tanya), chapitre 35, dans la glose. Par conséquent, l’interinclusion complète de Zeir Anpin ne peut se produire que par la révélation de la lumière d’Abba.

Explication

La Lumière infinie se revêt spécifiquement dans 'Hokhma (Tanya, chapitre 35, dans la glose). Ainsi, l’union complète des attributs de Zeir Anpin, qui dépend de la Lumière infinie, s’accomplit par la révélation d’Abba, qui est 'Hokhma.

(והגם שהוא ע״י תפארת היינו כמ״ש בפע״ח [בפרי עץ חיים] גבי קדוש דיוצר דפי׳ שת״ת [שתפארת] הנק׳ וי״ו עולה ומקבל הארה מחכמה עילאה הנק׳ קדש ועי״ז נק׳ קדוש. ועמ״ש מזה בביאור ע״פ ונקדשתי בתוך בנ״י [בני ישראל] בפ׳ אמור.

(Et bien que cela s’accomplisse par Tiferet, c’est en ce sens qu’il est écrit dans Pri Etz Chaim, au sujet du kadosh de la bénédiction de Yotser : le sens est que Tiferet, appelé vav, s’élève et reçoit un rayonnement de la 'Hokhma supérieure, appelée kodesh, et c’est ainsi qu’il est appelé kadosh. Voyez ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication du verset « Je serai sanctifié parmi les enfants d’Israël », dans la paracha Emor.)

Explication

Une objection se présente : précédemment, l’union était attribuée à Tiferet. La réponse se trouve dans Pri Etz Chaim, au sujet du mot kadosh dans la bénédiction de Yotser : Tiferet, la lettre vav, s’élève pour recevoir de la 'Hokhma supérieure, appelée kodesh, et devient ainsi kadosh, kodesh avec un vav. Même Tiferet unit donc les attributs en vertu de 'Hokhma.

והגם דלעיל אמרנו דקדוש נק׳ הת״ת [התפארת] ע״ש [על שם] שמקבל מבחי׳ כתר היינו כי אור הכתר מאיר באצי׳ [באצילות] ע״י חכמה עילאה כמ״ש בע״ח [בעץ חיים] דאור א״ס [אין סוף] מתלבש באצי׳ [באצילות] בחכמה לבדו כו׳)

Et bien que nous ayons dit plus haut que Tiferet est appelé « saint » parce qu’il reçoit du niveau de Kéter, c’est parce que la lumière de Kéter brille dans Atsilout par l’intermédiaire de la 'Hokhma supérieure, comme il est écrit dans Etz Chaim : la Lumière infinie se revêt dans Atsilout uniquement dans 'Hokhma, etc.)

Explication

Plus haut, Tiferet était appelé « saint » parce qu’il reçoit de Kéter ; mais la lumière de Kéter elle-même ne brille dans Atsilout que par l’intermédiaire de la 'Hokhma supérieure. En effet, comme l’enseigne Etz Chaim, la Lumière infinie se revêt dans Atsilout uniquement dans 'Hokhma.

ולכן כאשר מאיר אור אבא שבו מלובש אור א״ס [אין סוף] ב״ה ועי״ז נעשה ההתכללות ויחוד ע״ס [עשר ספירות] דאצי׳ [דאצילות] אזי עי״ז לא תוכל קליפת נוגה דאצי׳ [דאצילות] להיות לה יניקה מבחי׳ עור אדם העליון

Par conséquent, lorsque brille la lumière d’Abba, en laquelle se revêt la Lumière infinie, béni soit-Il, et que, de ce fait, s’accomplissent l’interinclusion et l’union des dix Séfirot d’Atsilout, la kelipat nogah d’Atsilout ne peut alors tirer sa vitalité du niveau de la peau de l’Homme supérieur,

Explication

Lorsque brille la lumière d’Abba, porteuse de la Lumière infinie, et que les dix Séfirot d’Atsilout sont unies, la nogah d’Atsilout ne peut tirer sa vitalité de la « peau » de l’Homme supérieur, c’est-à-dire de l’enveloppe extérieure de Zeir Anpin.

דהיינו בחי׳ ז״א [זעיר אנפין] לפי שבה אין מאיר שום הארת אור א״ס [אין סוף] שיתכללו יחד כי שרש נוגה הוא משבה״כ [משבירת הכלים] מעולם התהו שאין בה התכללות.

c’est-à-dire du niveau de Zeir Anpin, car en elle [la nogah] ne brille aucun rayonnement de la Lumière infinie qui permette [à ses attributs] de s’inclure les uns dans les autres. En effet, la racine de la nogah provient du bris des réceptacles du Monde de Tohou, dans lequel il n’y a pas d’interinclusion.

Explication

La nogah ne peut s’attacher à un Zeir Anpin uni, car elle-même, enracinée dans les réceptacles brisés de Tohou, ne comporte aucune interinclusion et ne reçoit aucun rayonnement de la Lumière infinie qui puisse l’unir.

אמנם בהסתלקות אור אבא מז״א [מזעיר אנפין] ואזי לא יש בחי׳ התכללות במדות דאצילות וכנ״ל שעיקר ההתכללות הוא ע״י הארת אור א״ס [אין סוף] שמאיר ע״י החכמה.

Cependant, lorsque la lumière d’Abba se retire de Zeir Anpin, il n’y a alors plus d’interinclusion dans les attributs d’Atsilout, comme il a été dit plus haut : l’interinclusion s’accomplit principalement par le rayonnement de la Lumière infinie qui brille par l’intermédiaire de 'Hokhma.

Explication

Mais lorsque la lumière d’Abba se retire de Zeir Anpin, les attributs d’Atsilout perdent leur interinclusion, qui dépend de la Lumière infinie brillant par l’intermédiaire de 'Hokhma.

Le paragraphe 23 en bref

La section 4 explique pourquoi le retrait d’Abba provoque l’affliction : les attributs ne sont unis que par la Lumière infinie, qui brille par l’intermédiaire de 'Hokhma. Tant qu’Abba brille, la nogah, dépourvue d’interinclusion, ne peut s’attacher à Zeir Anpin ; quand Abba se retire, les attributs perdent leur union.

Pour aller plus loin

Dans le discours sur Emor cité (33b), l’Alter Rebbe comprend « Je serai sanctifié parmi les enfants d’Israël » comme la préparation du réceptacle : le point intérieur du cœur brûle du désir de la sainteté de D.ieu, à l’image des Séraphins. Ensuite, « Je suis D.ieu qui vous sanctifie » fait descendre cette sainteté dans toutes les mitsvot, comme des réceptacles d’argent que l’on chauffe d’abord au feu avant de les façonner.

Maré mekomot

  1. 1
    היינו כמ״ש בפע״ח · שער הק״ש פ״ב.
  2. 2
    ע״פ ונקדשתי בתוך בנ״י · לקמן בפ׳ אמור לג, ב.
  3. 3
    ונקדשתי בתוך בנ״י · Leviticus 22:32
  4. 4
    כמ״ש בע״ח דאור א״ס . . בחכמה · ש׳ ס׳ אבי״ע פ״ו. ובסש״ב ח״א פל״ה בהגה. [כ].

24ואזי מחמת שאין בה התכללות זו אזי יוכל להיות יניקה לק״נ [לקליפת נוגה] דאצי׳ [דאצילות] מעור המל׳ [המלכות] או מז״א [מזעיר אנפין]. וזהו ענין הנגע שהוא מה שיונקים ק״נ [קליפת נוגה] דאצילות יניקה מעור זו״נ [זעיר אנפין ונוקבא] דאצילות.

Alors, faute de cette inclusion mutuelle, la kelipa noga (l’écorce lumineuse) d’Atsilout peut puiser sa vitalité dans la « peau » de Mal’hout ou de Zeir Anpin. Tel est le sens de l’affliction : la kelipa noga d’Atsilout puise sa vitalité dans la « peau » de Zeir Anpin et de Noukva d’Atsilout.

Explication

Lorsque Zeir Anpin est dépourvu de cette union, la noga d’Atsilout peut puiser sa vitalité dans la « peau » de Mal’hout ou de Zeir Anpin. Telle est l’affliction dans les mondes supérieurs : la noga se nourrit de la « peau » de Zeir Anpin et de Noukva d’Atsilout.

ולכן התיקון לזה הוא והובא אל הכהן שהוא המשכת אור אבא שהוא דוחה החיצונים והיינו שלא יהיה יניקת הקליפות רק משערות דנוק׳ [דנוקבא] ולא מהעור עצמו.

C’est pourquoi le remède consiste en « il sera amené au kohen », c’est-à-dire en l’émanation de la lumière d’Abba, qui repousse les forces extérieures, afin que les kelipot ne puisent leur vitalité que dans les cheveux de Noukva, et non dans la peau elle-même.

Explication

Le remède consiste donc en « il sera amené au kohen » (Lévitique 13:2) : l’émanation de la lumière d’Abba, qui repousse les forces extérieures, afin que les kelipot ne puisent leur vitalité que dans les « cheveux » de Noukva, et non dans la peau elle-même.

Le paragraphe 24 en bref

Ce paragraphe définit l’affliction dans les mondes supérieurs comme le fait que la noga d’Atsilout puise sa vitalité dans la « peau » de Zeir Anpin et de Noukva lorsque Abba se retire. Le remède apporté par le kohen consiste à faire émaner de nouveau Abba, afin que la noga ne puisse puiser sa vitalité que dans les « cheveux ».

Pour aller plus loin

Le Rabbi Rachab (maamar Amar LiTzafon Teni, 5650, cité dans les notes) observe qu’ici, le fait que la lumière d’Abba repousse l’affliction signifie que les kelipot ne puisent leur vitalité que dans les cheveux de Noukva, et non dans la peau ; il énumère d’autres endroits où ce point est expliqué différemment.

Maré mekomot

  1. 1
    והובא אל הכהן · Leviticus 13:2
  2. 2
    שלא יהי׳ יניקת הקליפות רק משערות דנוק׳ · בד״ה אמר לצפון תני — תר״ן ע׳ שצ כ׳ דכאן מבואר שדחיית הנגע נעשה ע״י אור אבא הוא שלא ינקו מהעור כ״א מהשערות דנוקבא, ומציין לכמה מקומות שמבואר באופן אחר ע״ש.

25והנה הנגע הוא בהרת לבנה ועד״מ [ועל דרך משל] למטה באדם הוא ענין הסתלקות הדם מאותו מקום כי הדם הוא הנפש.

Or, l’affliction est une baheret blanche. À titre d’analogie, dans l’homme ici-bas, cela correspond au retrait du sang de cet endroit, car « le sang, c’est l’âme ».

Explication

L’affliction est une tache blanche (Lévitique 13:4). Dans le corps humain, la blancheur signifie que le sang s’est retiré de cet endroit, et « le sang, c’est l’âme » (Deutéronome 12:23), lui qui véhicule la vie.

ועמ״ש בביאור בשעה שהקדימו נעשה ובד״ה לסוסתי וכך למעלה בחי׳ החכמה תחיה והוא בחי׳ אדם א׳ דם ובהסתלקות אור אבא הוא ענין הסתלקות בחי׳ והחכמה תחי׳ מאותו בחי׳ עור.

Voir ce qui est écrit dans l’explication de « Lorsqu’ils firent précéder “nous ferons” », ainsi que dans le discours commençant par « À ma jument ». De même, en haut, le niveau de 'Hokhma est « et la 'Hokhma donne la vie » ; c’est le niveau d’Adam, alef [et] dam (« sang »). Le retrait de la lumière d’Abba correspond au retrait du niveau de « et la 'Hokhma donne la vie » de ce niveau de peau.

Explication

En haut, la 'Hokhma est ce qui « donne la vie » (Ecclésiaste 7:12), et adam, « homme », est formé de alef joint à dam, « sang » : la 'Hokhma est présente dans le sang. Le retrait d’Abba est celui de cette 'Hokhma vivifiante de cette « peau ». L’Admour Hazaken renvoie à deux discours pour davantage d’explications.

וזהו ענין הבהרת ועמ״ש מזה ג״כ סד״ה ביום השמע״צ [השמיני עצרת] שהבהרת הוא ענין שמעכב ההשפעה והמשכת החיות וע׳ [ועיין] במא״א [במאורי אור] אות ב׳ ס״ח.

Tel est le sens de la baheret. Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet à la fin du discours commençant par « Au huitième jour, Atzeret » : la baheret est ce qui entrave le flux d’influence et la transmission de la force vitale. Voir également Me’orei Or, lettre beit, section 8.

Explication

C’est là le sens de la baheret : elle entrave le flux d’influence et celui de la force vitale, comme l’explique la fin du discours sur Chemini Atzeret.

ואח״כ [ואחר כך] כשיש שער לבן יונקי׳ [יונקים] ק״נ [קליפת נוגה] מהעור ע״י השער לבן כו׳ ולכן צריך הסגר (ופי׳ וענין עור יובן ע״ד [על דרך] שנת׳ [שנתבאר] למעלה בענין פי׳ קשר של תפילין למעלה שהוא מבחי׳ עור כו׳.

Ensuite, lorsqu’il y a un poil blanc, les kelipot nogah puisent leur nourriture dans la peau par l’intermédiaire du poil blanc, etc. Il faut donc mettre la personne en quarantaine. (Le sens et la signification de la « peau » seront compris à la lumière de ce qui a été expliqué plus haut au sujet de la signification du nœud des tefillin en haut, lequel relève du niveau de la peau, etc.)

Explication

Puis, lorsqu’apparaît un poil blanc, les kelipot nogah puisent dans la peau par l’intermédiaire du poil ; c’est pourquoi la personne atteinte doit être mise en quarantaine. La « peau » en haut se comprend à l’image du nœud des tefillin expliqué précédemment, qui relève du niveau de la peau.

ועד״ז [ועל דרך זה] יובן גם כאן פי׳ וענין יניקת ק״נ [קליפת נוגה] דאצילות מעור דז״א [דזעיר אנפין]. ועיין בע״ח [בעץ חיים] בדרוש הנגעים שם ולכן תמורת ג׳ אורות אשר יוצאין ומתקנין את לאה ורחל כו׳

De la même manière, on comprendra ici aussi le sens et la signification de la nourriture que les kelipot nogah d’Atsilout puisent dans la peau de Zeir Anpin. Voir Etz Chaim, dans le discours sur les afflictions, à cet endroit : « Et c’est pourquoi, à la place de trois lumières qui sortent et rectifient Léa et Ra’hel », etc.

Explication

De la même manière, les kelipot nogah d’Atsilout puisent dans la « peau » de Zeir Anpin. L’exposé de l’Arizal sur les afflictions dans Etz Chaim parle de lumières qui sortent afin de rectifier Léa et Ra’hel, deux configurations de la Mal'hout féminine.

ואל תתמה בזה כי הנגע אינו טומאה בעצמה רק בחי׳ דינא קשיא כו׳ ע״ש [עיין שם] והיינו שמהנגע נמשך אח״כ [אחר כך] יניקה לק״נ [לקליפת נוגה] דאצילות כו׳ וזהו הטומאה כשמטמאים הנגע ועיין בהרמ״ז [בהרב משה זכות] ס״פ תזריע).

« Ne vous étonnez pas de cela, car l’affliction n’est pas en elle-même une impureté, mais seulement un niveau de jugement rigoureux », etc. Voir là-bas. Cela signifie que l’affliction devient ensuite une source de nourriture pour les kelipot nogah d’Atsilout, etc. Telle est l’impureté lorsqu’on déclare l’affliction impure. Voir également le Ramaz à la fin de la paracha Tazria.)

Explication

Etz Chaim ajoute que l’affliction n’est pas en elle-même une impureté : elle n’est qu’un jugement rigoureux. L’impureté est la nourriture que les kelipot nogah en tirent ensuite ; c’est cela que signifie le fait de déclarer l’affliction impure.

ובזה יובן ענין אם שער לבן קודם לבהרת טהור כי כך הוא הדבר שיש יניקה לק״נ [לקליפת נוגה] דאצי׳ [דאצילות] משערות דנוק׳ [דנוקבא]

On comprendra ainsi le sens de la loi : « Si le poil blanc a précédé la baheret, la personne est pure. » En effet, les choses se passent ainsi : les kelipot nogah d’Atsilout puisent effectivement leur nourriture dans les poils de Noukva,

Explication

On peut maintenant expliquer la loi : si le poil blanc est apparu avant la tache, la personne est pure. Car les kelipot nogah d’Atsilout puisent toujours une certaine nourriture dans les « poils » de Noukva.

כי מאחר שהקב״ה [שהקדוש ברוך הוא] ברא אותן ממילא מוכרח להיות להם יניקה והיינו מבחי׳ השפעה אחרונה דאצי׳ [דאצילות].

car, puisque le Saint béni soit-Il les a créées, il faut nécessairement qu’elles reçoivent une nourriture, à savoir du dernier flux d’influence d’Atsilout,

Explication

Puisque D.ieu a créé les kelipot, elles doivent nécessairement recevoir une certaine subsistance, laquelle provient du tout dernier flux d’influence d’Atsilout.

דהיינו בחי׳ שערות שהן גדילי׳ [גדילים] מהעור והשערות הוא בחי׳ היותר אחרונה ולמטה מטה מהעור שהרי מהעור יצא דם ע״י נקב

C’est-à-dire le niveau des poils, qui poussent à partir de la peau. Les poils constituent le niveau ultime, plus bas encore que la peau ; car le sang sort de la peau lorsqu’on la perce.

Explication

Ce dernier écoulement est le « poil », qui pousse à partir de la peau et se situe plus bas qu’elle. La peau conserve encore la vie : si on la perce, du sang en sort.

(וא״כ [ואם כן] מלובש בו עצמיות האור והחיות מבחי׳ ח״ע [חכמה עילאה] המלובש בהדם ועיין בלק״ת [בלקוטי תורה (להאריז״ל)] פ׳ וירא גבי ענין הדפק כו׳) משא״כ השערות

(Et, si tel est le cas, l’essence même de la lumière et de la force vitale du niveau de la 'Hokhma supérieure, qui est enclôtie dans le sang, y est enclôtie ; voir aussi le Likkutei Torah de l’Ari zal, parachat Vayera, à propos du pouls, etc.) Il n’en va pas ainsi des poils.

Explication

La peau contient donc l’essence même de la lumière et de la vie de la 'Hokhma supérieure, qui est enclôtie dans le sang ; le Likkutei Torah de l’Ari zal, sur Vayera, en traite à propos du pouls. Le poil ne contient pas une telle vie.

ולכן מהשערות ניתן להם יניקה וכיון ששער לבן קדמה לבהרת אין להם יניקה בהעור רק מהשערות ולכן הוא טהור.

C’est pourquoi ils reçoivent leur nourriture des poils ; et puisque le poil blanc a précédé la baheret, ils ne reçoivent aucune nourriture de la peau, mais seulement des poils ; la personne est donc pure.

Explication

Les kelipot peuvent donc recevoir leur nourriture du poil. Si le poil blanc est apparu en premier, elles ne tirent leur nourriture que du poil, et non de la peau ; la personne est alors pure.

אבל אם בהרת קדמה לשער לבן היינו שיש יניקה לנוגה דאצי׳ [דאצילות] מעור הנוק׳ [הנוקבא] כי תרגום צרעת סגירו. סגירו דנהורא שהן מוחין דאבא שלא נתגלו בזו״נ [בזעיר אנפין ונוקבא].

Mais si la baheret a précédé le poil blanc, cela signifie que le nogah d’Atsilout reçoit sa nourriture de la peau de la Noukva ; car le Targoum traduit tsaraat par seguirou : « la fermeture de la lumière », c’est-à-dire les mo'hin d’Abba qui n’ont pas été révélés dans Zeir Anpin et Noukva.

Explication

Mais si la tache est apparue en premier, le nogah reçoit sa nourriture de la « peau » de la Noukva elle-même. Le Targoum appelle la tsaraat segu irou, et le Zohar la nomme « la fermeture de la lumière » : les mo'hin d’Abba qui n’ont pas été révélés dans Zeir Anpin et Noukva.

Le paragraphe 25 en bref

Ce paragraphe rapporte la loi à la structure supérieure : la tache blanche est le retrait de la vie que donne la 'Hokhma de la « peau », et le poil blanc est le canal par lequel les kelipot nogah puisent. Si le poil est apparu en premier, les kelipot nogah ne puisent que dans les « poils », leur part ultime qui leur est assignée, et la personne est pure ; si la tache est apparue en premier, elles se nourrissent de la peau elle-même, et la personne est impure.

Pour aller plus loin

Une note de Kehot relève que, dans Etz Chaim, le texte porte « les lumières, etc., qui… » plutôt que « trois lumières qui… ». Dans le discours sur Bamidbar cité (14c), l’Admour Hazaken explique que les lois de la Torah prennent racine dans les « poils » de la Couronne, qui poussent à partir de sa sagesse cachée, tandis que les mitsvot proviennent de son niveau extérieur.

Maré mekomot

  1. 1
    בהרת לבנה · Leviticus 13:4
  2. 2
    כי הדם הוא הנפש · Deuteronomy 12:23
  3. 3
    בביאור בשעה שהקדימו · לקו״ת במדבר יד, ג.
  4. 4
    בשעה שהקדימו נעשה · Shabbat 88a:7–8
  5. 5
    לסוסתי · Song of Songs 1:9
  6. 6
    סד״ה ביום השמע״צ · לקו״ת שמע״צ פו, א.
  7. 7
    בדרוש הנגעים שם · ש׳ לאה ורחל פ״ז. [כ].
  8. 8
    ג׳ אורות אשר · אורות כו׳ אשר. [כ].
  9. 9
    בלקו״ת פ׳ וירא · ראה הלשון באוה״ת שה״ש-ב ע׳ תפו. נזכר גם לעיל פ׳ פקודי ז, ד. פ׳ אמור לח, ב. סה״מ תקס״ה-א ע׳ תלג. לבן — במ״א ע״פ עד הגל:
  10. 10
    צרעת סגירו · Onkelos Leviticus 13:2
  11. 11
    סגירו דנהורא · Zohar, Tazria 25:134–27:143
  12. 12
    החכ׳ תחי׳ · Ecclesiastes 7:12

26וזהו ענין הבהרת שהיא המעכבת סיבוב והילוך והתפשטות הנפש והחיות במקום זה. וברוחניות למעלה זהו ענין עיכוב ומניעת התגלות המוחין דאבא כו׳ וכן ענין כל הד׳ מראות נגעים.

Tel est le sens de la bahéret : elle entrave la circulation, le mouvement et la diffusion de l’âme et de la force vitale en cet endroit. Sur le plan spirituel, en haut, cela correspond à l’entrave et à l’empêchement de la révélation de l’intellect (mo’hin) d’Abba, etc., et il en va de même pour les quatre apparences d’afflictions.

Explication

La bahéret, une tache blanche, entrave l’afflux de vie vers cet endroit. En haut, elle correspond à l’entrave de la révélation des mo’hin, l’intellect, d’Abba ; il en va de même pour les quatre apparences d’afflictions énumérées dans la Michna.

ולכן כשהבהרת קדמה לשער לבן אזי יונק ק״נ [קליפת נוגה] דאצי׳ [דאצילות] מעצמיות עור הנוק׳ [הנוקבא] ע״י השער לבן כו׳ שהיניקה נק׳ ע״ש [על שם] שער לבן

C’est pourquoi, lorsque la bahéret a précédé le poil blanc, la kelipat noga d’Atsilout puise sa nourriture dans l’essence même de la peau de Noukva, par l’intermédiaire du poil blanc, etc. ; cette nourriture est désignée par le nom de poil blanc.

Explication

Ainsi, lorsque la tache est apparue avant le poil blanc, la noga d’Atsilout puise sa nourriture dans la substance même de la « peau » de Noukva. Elle le fait par l’intermédiaire du poil blanc, qui donne son nom à cette nourriture.

(כי זה לעומ״ז [לעומת זה] עשה וכנודע מענין לבן ויעקב שיש לובן העליון בקדושה בגדי לבן ושער רישי׳ [רישיה] כעמר נקא. ולעומת זה ג״כ לבן דקליפה כו׳ וכמ״ש בפרדס ש״ג פ״ז [פרק ז׳] וכמ״ש ג״כ במ״א ע״פ עד הגל כו׳)

(Car « Il a fait l’un en face de l’autre », comme on le sait au sujet de Lavan et de Yaakov : il existe une blancheur supérieure dans la sainteté, les vêtements blancs et « les cheveux de Sa tête comme une laine pure » ; en face d’elle, il existe aussi le « blanc » (lavan) de la kelipa, etc., comme il est écrit dans le Pardes, Shaar 3, chapitre 7, et comme cela est également expliqué ailleurs au sujet du verset « Le monceau est témoin », etc.)

Explication

La sainteté et la kelipa se reflètent l’une l’autre : « D.ieu a fait l’un en face de l’autre » (Ecclésiaste 7:14). Il existe une blancheur sainte : les vêtements blancs du grand prêtre et les cheveux « comme une laine pure » de l’Ancien des jours (Daniel 7:9) ; en face d’elle se trouve le « blanc » de la kelipa, représenté par Lavan (« blanc ») opposé à Yaakov.

והנה מק״נ [מקליפת נוגה] דאצי׳ [דאצילות] נמשך אח״כ [אחר כך] גם בעשיי׳ [בעשייה] ששם הם עומקי׳ [עומקים] הקליפות. ולכן אם בהרת קודמת לשער לבן הוא טמא וצריך תיקון ע״י הסגר כו׳.

Or, à partir de la kelipat noga d’Atsilout, [une nourriture] se prolonge ensuite également dans Assiya, où se trouvent les profondeurs des kelipot. Par conséquent, si la bahéret a précédé le poil blanc, la personne est impure et doit être rectifiée par la mise en quarantaine, etc.

Explication

À partir de la noga d’Atsilout, cette nourriture se prolonge jusqu’à Assiya, où les kelipot sont les plus profondes. Ainsi, si la tache est apparue en premier, la personne est impure et doit suivre le remède de la quarantaine.

ספק קוב״ה [קודשא בריך הוא] אמר טהור. וכולהו מתיבתא דרקיע אמרי טמא. כי ע״פ ההשגה של המתיבתא הרי כך הוא דין תורה דכל ספיקא דאורייתא לחומרא.

[Dans un cas de] doute, « le Saint béni soit-Il a dit : “Pur”, tandis que toute l’Académie céleste a dit : “Impur”. » Car, selon la compréhension de l’Académie, telle est la loi de la Torah : tout doute portant sur une loi de la Torah est tranché avec rigueur.

Explication

Voici le différend lui-même : dans le cas douteux, D.ieu a dit « pur », tandis que l’Académie a dit « impur ». Celle-ci s’est fondée sur la règle générale selon laquelle un doute concernant une loi de la Torah est tranché avec rigueur (Beitzah 3b).

אבל הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] אמר טהור היינו שכאן אין מטמא אא״כ [אלא אם כן] ודאי הבהרת קדמה אבל אם הוא ספק שאין נודע לנו אם הבהרת קדמה טהור הוא.

Mais le Saint béni soit-Il a dit : « Pur » ; cela signifie qu’ici, la personne n’est rendue impure que si la bahéret est certainement apparue en premier. En revanche, s’il y a un doute et que nous ne savons pas si la bahéret est apparue en premier, elle est pure.

Explication

La décision de D.ieu signifie qu’ici, une personne ne devient impure que s’il est certain que la tache est apparue en premier ; si cela n’est pas établi, elle est pure.

אף שיוכל להיות שהבהרת קדמה מ״מ [מכל מקום] כאן הוא גזה״כ [גזירת הכתוב] שכל שהוא ספק אצלנו ולא נודע לנו שהבהרת קדמה אינו טמא.

Même s’il se peut que la bahéret soit apparue en premier, néanmoins, ici, il s’agit d’un décret de l’Écriture : tant que nous ignorons que la bahéret est apparue en premier, la personne n’est pas impure.

Explication

Même si la tache est peut-être apparue en premier, l’Écriture décrète que, dans ce cas, un doute ne rend pas impur.

והיינו או משום שכל שלא נודע שהבהרת קדמה אין נמשך להם יניקה יותר מהראוי או שלא יהיה מיניקה זו התעוררות דינים

Cela s’explique soit par le fait que, tant qu’il n’est pas établi que la bahéret est apparue en premier, elles ne puisent pas davantage de nourriture qu’il ne convient, soit par le fait que cette nourriture ne suscite pas de rigueurs.

Explication

Deux raisons sont avancées : tant que cela n’est pas établi, les kelipot ne puisent pas davantage de nourriture que ce qui leur est attribué ; ou bien la nourriture qu’elles puisent ne suscite pas de rigueurs.

(ויש למצוא קצת טעם לזה בהא דבידיעה תליא מילתא בספק זה שבטומאת צרעת, והוא ע״פ מ״ש הרמ״ז [הרב משה זכות] ס״פ תזריע וז״ל [וזה לשונו] והבן ענין גדול שאין טומאת הצרעת ככל שאר טומאות שזו אין טומאתה נודעת ולא מטמאה עד שיבוא הכהן כנודע כו׳ עכ״ל [עד כאן לשונו].

(On peut trouver quelque raison à cela — à savoir que, dans ce doute concernant l’impureté de la tsaraat, la question dépend de la connaissance — à partir de ce que le Ramaz écrit à la fin de la parachat Tazria. Voici ses paroles : « Comprends une chose importante : l’impureté de la tsaraat n’est pas comme toutes les autres impuretés, car son impureté n’est pas connue et elle ne rend pas impur tant que le prêtre n’est pas venu, comme on le sait », etc. Fin de citation.

Explication

À l’appui, le Ramaz (Rabbi Moché Zacuto) explique que la tsaraat diffère de toutes les autres impuretés : elle ne rend impur qu’une fois que le prêtre est venu et que son impureté est connue. Son impureté dépend de la connaissance.

וע״ש [ועיין שם] הטעם ע״פ הע״ח [העץ חיים]. וא״כ [ואם כן] הרי אפי׳ [אפילו] בצרעת שהיא ראויה להיות ודאי טמא עכ״ז [עם כל זה] גזה״כ [גזירת הכתוב] הוא שאינה מטמא עד שיבוא הכהן ויוודע טומאתה מהכהן כו׳,

Voyez là-bas la raison, selon l’Etz Haïm. Ainsi, même dans le cas d’une tsaraat qui devrait certainement être considérée comme impure, la Torah décrète néanmoins qu’elle ne rend pas impur tant que le prêtre n’est pas venu et que son impureté n’a pas été établie par le prêtre, etc. ;

Explication

Ainsi, même un cas qui devrait certainement être impur ne l’est pas tant que le prêtre ne le sait pas et ne le déclare pas : telle est la règle décrétée par la Torah. Le Ramaz en explique la raison en s’appuyant sur l’Etz Haïm.

לכן שפיר י״ל [יש לומר] הטעם דספק זה טהור משום דכל שהוא ספק ולא נודע שהבהרת קדמה טהור), וכה״ג [וכהאי גוונא] הוא ענין ספק ממזר דארז״ל [דאמרו רבותינו זכרונם לברכה] ממזר ודאי לא יבא אבל ספק ממזר כשר מדאורייתא לבוא בקהל:

c’est pourquoi l’on peut fort bien dire que ce doute est pur parce que tout ce qui est douteux — lorsqu’on ne sait pas que la baheret est apparue en premier — est pur.) Un cas analogue est celui du mamzer dont le statut est douteux ; nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : un mamzer certain ne peut pas entrer [dans l’assemblée], mais un mamzer dont le statut est douteux peut, selon la loi de la Torah, entrer dans l’assemblée.

Explication

Il s’ensuit qu’un cas inconnu, qui demeure douteux, est pur. Le même principe se retrouve dans le cas d’un mamzer dont le statut est douteux : la Torah interdit seulement à un mamzer certain d’entrer dans l’assemblée, tandis que, selon la loi de la Torah, un mamzer au statut douteux peut y entrer (Kiddushin 73a).

Le paragraphe 26 en bref

Le paragraphe applique cette analyse à la halakha et au différend évoqué plus haut : lorsque la tache apparaît en premier, la noga puise sa nourriture dans la peau de Noukva et la personne est impure. L’Académie a appliqué la règle générale selon laquelle les doutes portant sur la Torah sont tranchés avec rigueur ; D.ieu a toutefois statué « pur », car l’impureté de la tsaraat dépend du fait que l’antériorité de la tache soit établie, comme dans le cas du mamzer dont le statut est douteux.

Pour aller plus loin

La note du Kehot indique que cette comparaison entre le cas douteux de la tsaraat et celui du mamzer au statut douteux est également mentionnée dans les responsa du Tséma’h Tsédek (Even HaEzer, sec. 327).

Maré mekomot

  1. 1
    הד׳ מראות נגעים · Mishnah Negaim 1:1
  2. 2
    זה לעומ״ז עשה · Ecclesiastes 7:14
  3. 3
    ושער רישי׳ כעמר נקא · Daniel 7:9
  4. 4
    עד הגל · Genesis 31:52
  5. 5
    ספק קוב״ה אמר טהור. וכולהו מתיבתא דרקיע אמרי טמא · Bava Metzia 86a:7–8
  6. 6
    ספיקא דאורייתא לחומרא · Beitzah 3b:6–7
  7. 7
    וכה״ג הוא ענין ספק ממזר · ענין זה נזכר בשו״ת צמח צדק חלק אהע״ז סי׳ שכז (בהוצאת תשנ״ה).
  8. 8
    ממזר ודאי לא יבא · Kiddushin 73a

Pourquoi l’Académie n’en connaissait pas la raison ¶27–30

27ה אך להבין הענין שהמתיבתא דרקיעא אע״פ [אף על פי] שזכו לגילוי זה דקוב״ה [דקודשא בריך הוא] אמר טהור. עכ״ז [עם כל זה] הטעם לא ידעו עד שאמרו מאן נוכח כו׳.

5. Mais il faut comprendre ceci : bien que l’Académie céleste ait mérité cette révélation, lorsque le Saint béni soit-Il dit : « Pur », elle n’en connaissait néanmoins pas la raison, si bien qu’elle demanda : « Qui décidera ? », etc.

Explication

La section 5 demande : si l’Académie a été gratifiée d’entendre D.ieu dire « Pur », pourquoi n’en connaissait-elle pas la raison, au point qu’il lui fallait quelqu’un pour décider ?

והענין כי הנה מבואר למעלה כי התנאים ואמוראים היו תורתם אומנתם הכל להמשיך מכתר עליון מלמעלה למטה מבחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] לבחי׳ מל׳ [מלכות] שהוא בחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין].

Voici l’explication. Il a été expliqué plus haut que, pour les Tannaïm et les Amoraïm, dont la Torah était l’occupation, tout consistait à faire descendre la lumière depuis le Kéter supérieur, d’en haut vers le bas, du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) au niveau de Mal'hout (souveraineté), qui est celui de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin).

Explication

Comme expliqué précédemment, les Tannaïm et les Amoraïm, dont toute l’occupation était la Torah, faisaient descendre la lumière depuis le Kéter supérieur, du niveau enveloppant (sovev) vers Mal'hout, le niveau qui réside dans les mondes (memalé).

והנה בחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] א״א [אי אפשר] שיאיר בהכלי בהתגלות ממש בהשגה אפילו בג״ע [בגן עדן] עד תח״ה [תחיית המתים] (וכמ״ש באגה״ק [באגרת הקודש] ד״ה נודע דבאתעדל״ת [דבאתערותא דלתתא] כו׳ ע״ש [עיין שם]), רק הארתו מאיר בהעלם

Or, le niveau de sovev kol almin ne peut éclairer le réceptacle en se révélant véritablement, dans la compréhension, même au Gan Eden, jusqu’à la Résurrection des morts (comme il est écrit dans Iggeres HaKodesh, dans le passage qui commence par « Il est connu que par un éveil d’en bas », etc. ; voir là-bas) ; seule son illumination brille de manière cachée,

Explication

Mais la lumière enveloppante ne peut se révéler ouvertement dans un réceptacle, dans la compréhension, même au Gan Eden, jusqu’à la Résurrection des morts, comme l’explique Iggeres HaKodesh. Seule son illumination y brille de manière cachée.

כי מחמת שהאור פנימי והאור מקיף הם דבקים יחד זה עם זה לכן הארה מן המקיף זורח בפנימי בהעלם וכמש״ל [וכמה שכתוב לעיל]

car la lumière intérieure et la lumière enveloppante étant étroitement unies l’une à l’autre, une illumination de la lumière enveloppante brille dans la lumière intérieure de manière cachée, comme il a été écrit plus haut.

Explication

Cela est possible parce que les lumières intérieure et enveloppante sont unies l’une à l’autre ; ainsi, la lumière enveloppante brille dans la lumière intérieure de manière cachée, comme expliqué au début.

(ועמ״ש בביאור ע״פ יביאו לבוש מלכות בענין שהמקיף מצחצח חצי הכלי כו׳. ועי׳ [ועיין] בפע״ח [בפרי עץ חיים] בשער השבת פי״ב בענין סכך הסוכה שצ״ל [שצריך להיות / שצריך לומר / שצריך להבין] לכתחלה בענין שיהיו כוכבים נראים מתוכו שהם ניצוצי החסדים המאירים ממקומם דרך הנקבים כו׳

(Voir ce qui est écrit dans l’explication du verset « Qu’on apporte un vêtement royal », à propos de la manière dont la lumière enveloppante polit la moitié du réceptacle, etc. Voir aussi Pri Etz Chaim, Shaar HaShabbos, chapitre 12, à propos du sekhakh de la soukka, qui doit idéalement être disposé de sorte que les étoiles soient visibles à travers lui : ce sont des étincelles des 'Hassadim qui brillent depuis leur lieu à travers les ouvertures, etc. ;

Explication

La parenthèse cite le discours sur « Qu’on apporte un vêtement royal » (Esther 6:8), au sujet de la lumière enveloppante qui polit la moitié du réceptacle. Pri Etz Chaim enseigne que le sekhakh de la soukka, qui représente les lumières enveloppantes, devrait idéalement laisser voir les étoiles à travers lui ; ces étoiles sont des étincelles de bonté qui brillent à travers les interstices.

והסכך הוא בחי׳ מקיפים כנודע אלא שמ״מ [שמכל מקום] הארת המקיף מאיר בהא״פ [בהאור פנימי] וזהו ענין הנקבים כו׳ ועמ״ש באגה״ק [באגרת הקודש] ע״פ וילבש צדקה כשריון) וידוע כי היום לעשותם ולמחר לקבל שכרם.

et le sekhakh est le niveau des lumières enveloppantes, comme on le sait ; néanmoins, l’illumination de la lumière enveloppante brille dans la lumière intérieure, et telle est la signification des ouvertures, etc. Voir ce qui est écrit dans Iggeres HaKodesh sur le verset « Il revêtit la justice comme une armure ».) Or, on sait que « aujourd’hui, il faut les accomplir, et demain, en recevoir la récompense ».

Explication

Les interstices du sekhakh montrent que la lumière enveloppante brille néanmoins dans la lumière intérieure. Vient alors le principe essentiel : « Aujourd’hui, il faut les accomplir, et demain, en recevoir la récompense » (Eruvin 22a) : ce monde est consacré à l’accomplissement des mitsvot, et le monde futur à la réception de leur récompense.

ולכן בג״ע [בגן עדן] כשלמדו התורה שם ע״ד [על דרך] קיבול שכר הנה עם היות כי אע״פ [אף על פי] שאור המתגלה בג״ע [בגן עדן] הוא מבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין].

C’est pourquoi, au Gan Eden, lorsqu’ils y étudiaient la Torah comme moyen de recevoir la récompense, bien que la lumière révélée au Gan Eden provienne du niveau de memalé kol almin,

Explication

Au Gan Eden, où l’étude de la Torah est reçue comme une récompense, la lumière qui se révèle relève du niveau qui réside dans les mondes (memalé).

אעפ״כ [אף על פי כן] מחמת שהא״מ [שהאור מקיף] שהוא סוכ״ע [סובב כל עלמין] זורח בהא״פ [בהאור פנימי] לכן ראו אור הזורח מסוכ״ע [מסובב כל עלמין] והיינו קוב״ה [קודשא בריך הוא] אומר טהור.

néanmoins, puisque la lumière enveloppante, qui est sovev kol almin, brille dans la lumière intérieure, ils virent la lumière qui brille depuis sovev kol almin ; c’est là le sens de : « Le Saint béni soit-Il dit : “Pur.” »

Explication

Pourtant, parce que la lumière enveloppante brille secrètement dans la lumière intérieure, les âmes qui s’y trouvaient percevaient aussi la lumière de sovev ; c’est ce que signifie : « Le Saint béni soit-Il dit : “Pur.” »

Le paragraphe 27 en bref

La section 5 commence à expliquer pourquoi l’Académie entendit le verdict de D.ieu sans en connaître la raison : la lumière qui se révèle au Gan Eden relève du niveau qui réside dans les mondes, tandis que la lumière enveloppante que l’étude de la Torah des Sages faisait descendre n’y brille que de manière cachée. L’Académie percevait cette lumière comme « le Saint béni soit-Il dit : “Pur.” »

Pour aller plus loin

Le Rabbi (Kuntres Torah Chadashah Me’iti Teitzei, 5751, cité dans les notes) demande comment l’Académie pouvait trancher à l’encontre de ce qu’elle avait entendu D.ieu dire. Il répond que son jugement devait suivre sa propre compréhension : puisqu’elle ne saisissait pas la raison de D.ieu, elle devait trancher selon ce que sa compréhension tenait pour juste ; il renvoie au présent passage.

Maré mekomot

  1. 1
    הטעם לא ידעו · ”לכאורה כששומעים שהקב״ה אומר כך, איך אומרים דלא כהקב״ה — אלא כיון שהפס״ד שלהם צ״ל ע״פ דעתם, לכן, כשלא השיגו בדעתם הטעם של הקב״ה, הוכרחו לפסוק כפי שמתקבל בדעתם (ראה לקו״ת תזריע כד, ב ואילך)” — קונטרס בענין תורה חדשה מאתי תצא — תנש״א הערה 61.
  2. 2
    ע״פ יביאו לבוש מלכות · תו״א צב, ב.
  3. 3
    יביאו לבוש מלכות · Esther 6:8
  4. 4
    וילבש צדקה כשריון · Isaiah 59:17
  5. 5
    היום לעשותם · Deuteronomy 7:11
  6. 6
    ולמחר לקבל שכרם · Eruvin 22a:5–6

28וכנ״ל שקדוש הוא בחי׳ כתר סוכ״ע [סובב כל עלמין] אשר ע״פ הארת הכתר והחכמה שמאיר בג״ע [בגן עדן] דין הוא שספק זה טהור אכן לא השיגו

Comme mentionné plus haut, « saint » désigne le niveau de Kéter (la Couronne), sovev kol almin ; et, selon le rayonnement de Kéter et de 'Hokhma qui brille dans le Gan Eden, la loi est que ce cas de doute est pur. Cependant, ils comprirent

Explication

Comme indiqué au début, « saint » désigne Kéter, la lumière qui entoure tous les mondes. Grâce au rayonnement de Kéter et de 'Hokhma qui brille dans le Gan Eden, le cas douteux est pur, mais l’Académie n’en saisit qu’une partie.

רק גילוי הרצון שכך טהור אבל האור והפנימי׳ [והפנימיות / והפנימית] והטעם של הרצון מדוע ספק זה הוא טהור לא השיגו.

seulement la volonté révélée, à savoir que le cas est pur ; mais ils ne comprirent ni la lumière, ni la dimension intérieure, ni la raison de cette volonté, c’est-à-dire pourquoi ce cas de doute est pur.

Explication

Ils ne saisirent que la volonté révélée, selon laquelle le cas est pur, mais non la lumière intérieure et la raison de cette volonté.

והיינו מחמת כי התגלות הנ״ל הוא מבחי׳ מקיף וסוכ״ע [וסובב כל עלמין] שאינו זורח בהא״פ [בהאור פנימי] רק בהעלם ולא בהתגלות ממש

Cela tient au fait que cette révélation provient du niveau enveloppant [de la lumière] et de sovev kol almin, qui ne brille dans la lumière intérieure que de manière cachée, et non dans une révélation effective

Explication

Cela tient au fait que la révélation provenait du niveau enveloppant, qui ne brille dans la lumière intérieure que de manière cachée, et non ouvertement.

(ולכן השיגו הפסק דין שספק זה טהור אכן הטעם שהוא הפנימיות לא השיגו וכמו ע״ד [על דרך] גולגלת׳ [גולגלתא] דחפיא על מוחא.

(C’est pourquoi ils comprirent la décision selon laquelle ce cas de doute est pur, mais ils n’en comprirent pas la raison, qui relève de la dimension intérieure ; cela s’apparente à « le crâne (Goulgalta) qui recouvre le cerveau ».

Explication

Ils connaissaient donc la décision, mais non sa raison intérieure. L’image est celle du « crâne qui recouvre le cerveau » : le niveau extérieur de Kéter, la Goulgalta, recouvre sa sagesse intérieure et cachée.

שמו״ס [שמוחא סתימאה] שהוא פנימי׳ [פנימיות / פנימית] הכתר לא יכול לבא בגילוי כלל עד לע״ל [לעתיד לבוא] שיתגלו טעמי תורה והגילוי שבתורה שלפנינו הוא מבחי׳ גלגלתא שהוא הרצון בחי׳ חיצוניות כו׳ אלא שזהו בהיום לעשותם

Car le cerveau caché (Mo'ha Stima'a), qui est la dimension intérieure de Kéter, ne peut aucunement se révéler avant le Monde futur, où les raisons de la Torah seront dévoilées. La révélation de la Torah telle qu’elle se présente à nous provient du niveau de la Goulgalta, qui est la volonté, le niveau de la dimension extérieure ('hitsoniyout), etc. Mais cela relève de « aujourd’hui, pour les accomplir ».

Explication

Le Mo'ha Stima'a, le cerveau caché et la dimension intérieure de Kéter, ne sera révélé que dans le Monde futur, lorsque les raisons de la Torah seront dévoilées. La Torah qui nous est révélée maintenant provient de la Goulgalta, la volonté de D.ieu, le niveau extérieur : elle nous indique ce que nous devons faire, la tâche d’« aujourd’hui ».

אך כמ״כ [כמו כן] בג״ע [בגן עדן] הגם שהוא בחי׳ לקבל שכרם אבל להיות ששם הגילוי מבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] ומבחינת סוכ״ע [סובב כל עלמין] אינו מאיר כ״א [כי אם] בבחי׳ העלם מה שהמקיף זורח הארה בא״פ [באור פנימי].

Il en va de même dans le Gan Eden : bien qu’il soit le niveau de « recevoir leur récompense », puisque la révélation qui s’y trouve relève du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), et que, du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), ne brille que, de manière cachée, le rayonnement que la lumière enveloppante fait pénétrer dans la lumière intérieure,

Explication

Le Gan Eden est le lieu où l’on « reçoit sa récompense », mais la révélation qui s’y trouve relève du niveau immanent ; la lumière enveloppante n’y brille que de manière cachée, par le rayonnement qu’elle fait pénétrer dans la lumière intérieure.

לכן ענין גילוי זה שאינו גילוי גמור היינו ע״ד [על דרך] הגילוי מבחי׳ גלגלתא דחפיא על מו״ס [מוחא סתימאה] שידעו הפסק דין שכך טהור והטעם שמבחי׳ מו״ס [מוחא סתימאה] לא השיגו כלל)

cette révélation, qui n’est pas complète, s’apparente donc à la révélation du niveau de la Goulgalta qui recouvre le Mo'ha Stima'a : ils connaissaient la décision selon laquelle le cas est pur, mais ils ne comprirent absolument pas la raison, qui relève du niveau du Mo'ha Stima'a.)

Explication

La révélation qui s’y trouvait était donc incomplète, comme la Goulgalta qui recouvre le Mo'ha Stima'a : ils connaissaient la décision, « pur », mais non sa raison, qui relève du cerveau caché.

ואדרבה ע״פ ההשגה שבמתיבתא דרקיעא שהוא מבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] כנ״ל שהרקיע הוא מבחי׳ בינה כו׳. הנה ע״פ השגה זו אמרו כלהו טמא כדין ספיקא דאורייתא לחומרא.

Au contraire, selon la compréhension de l’Académie céleste, qui relève du niveau de memalé kol almin, comme mentionné plus haut — car le firmament relève du niveau de Bina (compréhension), etc. —, ils dirent tous : « impur », conformément à la règle selon laquelle un doute portant sur une loi de la Torah est tranché avec rigueur.

Explication

Leur propre compréhension, issue de Bina, le « firmament », au niveau de memalé, les conduisit à la conclusion opposée : « impur », selon la règle qui veut qu’un doute concernant une loi de la Torah soit tranché avec rigueur.

אמרו מאן נוכח נוכח רבה בר נחמני דאמר רב״נ [רבה בר נחמני] אני יחיד בנגעים כו׳ ולכן ידע הדין על מקורו.

Ils dirent : « Qui tranchera ? Rabbah bar Nachmani tranchera », car Rabbah bar Nachmani disait : « Je suis unique [dans les lois] des affections lépreuses », etc. ; il connaissait donc la loi à sa source.

Explication

Ils demandèrent donc qui trancherait, et la réponse fut : Rabbah bar Nachmani, « unique dans les affections lépreuses », qui connaissait la loi à sa source, comme l’explique le paragraphe suivant.

Le paragraphe 28 en bref

Ce paragraphe explique pourquoi l’Académie connaissait la décision de D.ieu, mais non sa raison : la décision provenait du niveau enveloppant de Kéter, qui ne brille dans le Gan Eden que de manière cachée, comme le niveau extérieur de la Couronne recouvrant le cerveau caché. Selon leur propre compréhension, issue de Bina, ils conclurent à l’impureté ; il leur fallut donc Rabbah bar Nachmani, qui connaissait la loi à sa source.

Maré mekomot

  1. 1
    לע״ל שיתגלו טעמי תורה · ראה רש״י שה״ש א, ב.
  2. 2
    מאן נוכח נוכח רבה בר נחמני · Bava Metzia 86a:7–8

29ומצא פסוק ודרש שגם בתורה כתוב שאין טמא אא״כ [אלא אם כן] ודאי בהרת קדמה אבל ספיקו טהור.

Et il trouva un verset et l’interpréta ainsi : il est également écrit dans la Torah que le cas n’est impur que s’il est certain que la baheret est apparue en premier, tandis qu’en cas de doute, il est pur.

Explication

Rabba bar Na'hmani trouva un verset et l’interpréta ainsi : la Torah elle-même enseigne que la personne n’est impure que s’il est certain que la tache est apparue en premier, tandis qu’en cas de doute, elle est pure. C’est la déduction tirée de « pour le déclarer pur ou pour le déclarer impur », citée au début du maamar.

משא״כ לפי השגת המתיבתא דרקיעא לא מצאו זה בתורה שיהיה ספיקו טהור רק ששמעו ע״ד [על דרך] קיבול שכר בג״ע [בגן עדן] שקוב״ה [שקודשא בריך הוא] אמר טהור.

En revanche, selon la compréhension de l’Académie céleste, ils ne trouvèrent pas dans la Torah que le cas devait être pur en cas de doute ; ils entendirent seulement, à titre de récompense au Gan Eden, que le Saint béni soit-Il avait dit : « Pur. »

Explication

L’Académie ne trouva aucun enseignement de ce genre dans la Torah. Elle entendit seulement, dans le cadre de sa récompense au Gan Eden, que D.ieu avait dit : « Pur. »

אבל לפי השגתם בתורה נראה להם שהוא טמא והיינו לפי שהשגתם בג״ע [בגן עדן] הוא מבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] כו׳.

Mais selon leur compréhension de la Torah, le cas leur semblait impur ; cela tient au fait que leur compréhension au Gan Eden relève du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), etc.

Explication

Selon leur propre compréhension de la Torah, le cas leur semblait impur, car leur compréhension au Gan Eden provient du niveau qui réside dans les mondes, memalé kol almin.

Le paragraphe 29 en bref

Ce paragraphe oppose Rabba bar Na'hmani, qui trouva dans la Torah la source permettant de considérer comme pur le cas douteux, à l’Académie, qui entendit seulement le verdict de D.ieu et qui, selon sa propre compréhension, jugeait le cas impur.

30ועפ״ז [ועל פי זה] נראה להם שספק זה צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] טמא כנ״ל. ומה שלמעלה מבחי׳ השגה נק׳ עדן שע״ז [שעל זה] ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] עין לא ראתה כו׳ והיא בחי׳ המקיף רק מ״מ [מכל מקום] מה שזורח המקיף בבחי׳ פנימי בהעלם זה ראו בג״ע [בגן עדן]

Selon cela, il leur semblait que ce doute devait être impur, comme indiqué plus haut. Ce qui est au-dessus du niveau de la compréhension est appelé Eden, à propos duquel nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Aucun œil n’a vu », etc. C’est le niveau de la lumière enveloppante ; néanmoins, ce qu’elle fait rayonner à l’intérieur, de manière cachée, c’est cela qu’ils ont vu dans le Gan Eden.

Explication

Ce qui est au-dessus de la compréhension est appelé Eden, dont il est dit : « Aucun œil n’a vu » (Isaïe 64:3 ; Berachos 34b) : c’est le niveau enveloppant. Ce que l’Académie a vu dans le Gan Eden n’était que le reflet caché de cette lumière enveloppante à l’intérieur de la lumière intérieure.

לכן השיגו שקוב״ה [שקודשא בריך הוא] אמר טהור אבל טעם ע״ז [על זה] לא השיגו כי המקיף אין זורח בהא״פ [בהאור פנימי] והכלי רק בבחי׳ העלם.

C’est pourquoi ils saisirent que le Saint béni soit-Il avait dit : « Pur », mais ils n’en saisirent pas la raison, car la lumière enveloppante ne rayonne dans la lumière intérieure et dans le réceptacle que de manière cachée.

Explication

Ils saisirent donc que D.ieu avait dit : « pur », mais non pourquoi, puisque la lumière enveloppante ne rayonne dans la lumière intérieure et dans le réceptacle que de manière cachée.

אכן רב״נ [רבה בר נחמני] שהוא יחיד בנגעים פי׳ שמדרגתו הוא מבחי׳ הארה זו עצמה ממש מה שהמקיף זורח בהא״פ [בהאור פנימי] וע״כ [ועל כן] נק׳ יחיד

Mais Rabbah bar Nachmani, qui était « unique en matière de nega’im », avait un rang issu précisément de ce rayonnement même : celui que la lumière enveloppante fait rayonner dans la lumière intérieure. C’est pourquoi il est appelé « unique »,

Explication

Rabbah bar Nachmani était « unique en matière de nega’im » parce que son âme même provenait de ce rayonnement, celui de la lumière enveloppante dans la lumière intérieure.

שהוא למעלה ממדרגת שאר כל החכמים שהם מבחי׳ הא״פ [האור פנימי] ומה שהמקיף זורח בהא״פ [בהאור פנימי] הוא בבחי׳ העלם מהם,

car il se situe au-dessus du rang de tous les autres sages, qui relèvent du niveau de la lumière intérieure et pour lesquels ce que la lumière enveloppante fait rayonner dans la lumière intérieure demeure caché ;

Explication

Cela le plaçait au-dessus de tous les autres sages, dont les âmes provenaient de la lumière intérieure et auxquels le rayonnement de la lumière enveloppante était caché.

אבל רב״נ [רבה בר נחמני] הוא עצמו מבחי׳ הארה זו דהא״מ [דהאור מקיף] מה שזורח בהא״פ [בהאור פנימי] כו׳ וע״כ [ועל כן] מצא טעמו ממש שע״פ הדין הכתוב ומפורש בתורה צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] ספק זה טהור הואיל ופתח בו הכתוב בטהרה תחלה כו׳.

mais Rabbah bar Nachmani relève lui-même de ce rayonnement de la lumière enveloppante, de ce qui rayonne dans la lumière intérieure, etc. C’est pourquoi il en trouva la raison véritable : selon la loi écrite et explicitement énoncée dans la Torah, ce doute doit être pur, « puisque l’Écriture a commencé par la pureté », etc.

Explication

Comme il relevait lui-même de ce rayonnement, il put trouver la raison véritable dans la Torah écrite : le doute est pur « puisque l’Écriture a commencé par la pureté » (Nazir 65b).

(וענין בחי׳ זו שנשמתו הוא מהארת המקיף י״ל [יש לומר] ע״ד [על דרך] מ״ש ע״פ אז ישיר משה בענין מן המים משיתיהו דגבי משה דהיינו מבחי׳ עלמא דאתכסייא שהוא בחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] משם נמשך נשמת משה

(On peut expliquer cette notion, selon laquelle son âme provient du rayonnement de la lumière enveloppante, à partir de ce qui est écrit au sujet du verset « Alors Moché chanta », à propos de « car je l’ai tiré de l’eau », au sujet de Moché : son âme fut tirée du niveau du monde caché, qui est le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) ;

Explication

Une telle âme peut se comprendre à partir de Moché. Le discours sur « Alors Moché chanta » explique « car je l’ai tiré de l’eau » (Exode 2:10) : l’âme de Moché provenait de « l’eau », le monde caché, sovev kol almin.

והיינו מה שהמקיף זורח בפנימי שהרי מן המים משיתיהו ליבשה כו׳. ועמ״ש ג״כ ע״פ ואלה המשפטים שמשה שרשו מבחי׳ עגולים ומקיפים סוכ״ע [סובב כל עלמין] כו׳.

et c’est là ce que la lumière enveloppante fait rayonner dans la lumière intérieure, car « je l’ai tiré de l’eau » pour le conduire sur la terre ferme, etc. Voyez également ce qui est écrit au sujet du verset « Et voici les lois » : la racine de Moché relève des cercles et des lumières enveloppantes, sovev kol almin, etc.

Explication

Le fait d’être tiré de l’eau pour parvenir sur la terre ferme représente le rayonnement de la lumière enveloppante dans la lumière intérieure. Le discours sur « Et voici les lois » (Exode 21:1) indique lui aussi que la racine de Moché se trouve dans les « cercles » et les lumières enveloppantes.

ועמ״ש בפ׳ יתרו סד״ה מראיהם ומעשיהם בפי׳ ענין משה שפיר קאמרת ומשם יובן שיכול להיות בחי׳ המשכת ניצוץ משה ממש ברבה בר נחמני וזהו שהי׳ [שהיה] ג״כ יחיד בבחי׳ זו דהיינו שהוא מבחי׳ הארת המקיף כו׳.)

Voyez ce qui est écrit dans la paracha Yitro, à la fin du discours commençant par « Leur apparence et leurs actes », sur le sens de « Moché, tu as bien parlé ». On comprendra de là qu’une étincelle véritable de Moché peut être attirée en Rabbah bar Nachmani ; c’est pourquoi lui aussi était « unique » à ce niveau, c’est-à-dire qu’il relevait du rayonnement de la lumière enveloppante, etc.)

Explication

Les Amoraïm disaient à un collègue : « Moché, tu as bien parlé » (Shabbos 101b), et le discours « Leur apparence et leurs actes » montre qu’une étincelle véritable de Moché peut être attirée en un sage. Ainsi, Rabbah bar Nachmani, porteur de l’étincelle de Moché, était « unique » à ce niveau de la lumière enveloppante.

(ועיין מ״ש מענין עדן בביאור ענין קי״ס [קריעת ים סוף] גבי והניף ידו על הנהר). והנה לתוספת ביאור בענין קוב״ה [קודשא בריך הוא] אומר טהור י״ל [יש לומר] עפמ״ש [על פי מה שכתוב] בזהר פ׳ בא דל״ו ע״ב בשעתא דקוב״ה [דקודשא בריך הוא] אתחזי על גנתא כו׳ עד ולא מתפרש מעדן.

(Voir aussi ce qui est écrit au sujet d’Éden dans l’explication de la traversée de la mer des Joncs, à propos de « Il étendra la main sur le fleuve ».) À présent, pour apporter un éclairage supplémentaire sur « le Saint béni soit-Il dit : “Pur” », on peut l’expliquer à partir de ce qui est écrit dans le Zohar, paracha Bo, 36b : « Lorsque le Saint béni soit-Il apparaît au-dessus du jardin », etc., jusqu’à « et il ne se sépare pas d’Éden ».

Explication

Pour en savoir davantage sur Éden, l’Admour Hazaken renvoie à son explication de la traversée de la mer et de la prophétie future « Il étendra la main sur le fleuve » (Isaïe 11,15). Il ajoute ensuite une explication tirée du Zohar : « Lorsque le Saint béni soit-Il apparaît au-dessus du jardin… il ne se sépare pas d’Éden ».

נמצא שהתגלו׳ [שהתגלות] זו הוא מבחי׳ עדן שהוא בחי׳ חכמה וכתר משא״כ השגת המתיבתא דרקיעא בעצמם בג״ע [בגן עדן] הוא נמשך מבחי׳ בינה דאצי׳ [דאצילות] שהיא בחי׳ רקיע העליון כו׳.

Il en ressort que cette révélation relève du niveau d’Éden, qui est celui de 'Hokhma (sagesse) et de Kéter (la Couronne), tandis que la compréhension propre à l’Académie du Firmament dans le Gan Éden découle du niveau de Bina d’Atsilout, qui est celui du firmament supérieur, etc.

Explication

L’apparition de D.ieu dans le jardin provient donc d’Éden, qui correspond à 'Hokhma et à Kéter, tandis que la compréhension propre à l’Académie dans le Gan Éden provient de Bina d’Atsilout, le firmament supérieur.

אבל בחי׳ הגילוי דקב״ה [דקודשא בריך הוא] אתי לאשתעשע עם צדיקייא בג״ע [בגן עדן] זהו הגילוי מלמעלה מעלה מבחי׳ בינה.

Mais le niveau de révélation par lequel « le Saint béni soit-Il vient se délecter avec les justes dans le Gan Éden » est une révélation qui se situe bien au-dessus du niveau de Bina.

Explication

La révélation par laquelle « le Saint béni soit-Il vient se délecter avec les justes dans le Gan Éden » est donc bien supérieure à Bina. C’est pourquoi l’Académie entendit le jugement de D.ieu sans en saisir la raison.

Le paragraphe 30 en bref

Ce paragraphe explique pourquoi seul Rabbah bar Nachmani pouvait trancher : l’Académie, dont la compréhension relevait de Bina, ne percevait la décision de D.ieu que comme un reflet caché de la lumière enveloppante, tandis que l’âme de Rabbah bar Nachmani, comme celle de Moché, provenait de ce rayonnement même ; il pouvait donc trouver dans la Torah la raison de la décision.

Pour aller plus loin

Le Rabbi (Likkutei Sichos vol. 12, p. 68, cité dans les notes) ajoute que Rabbah bar Nachmani pouvait trancher parce que son âme était alors encore revêtue d’un corps physique ; et le discours de l’Alter Rebbe Ushavsah de 5562 (imprimé dans Derech Mitzvosecha 167b) indique que seuls ceux d’en bas, revêtus d’un corps, ont le pouvoir de trancher une loi en cas de doute : les kelipot dissimulent cette loi, et ceux qui sont dans un corps peuvent raffiner et élever ce qui est tombé lors du brisement.

Maré mekomot

  1. 1
    ארז״ל עין לא ראתה · Isaiah 64:3
  2. 2
    אבל רב״נ הוא עצמו מבחי׳ הארה זו דהא״מ מה שזורח בהא״פ כו׳ וע״כ מצא טעמו ממש · ראה לקו״ש-יב ע׳ 68 דזה שהי׳ יכול להכריע ולפסוק בזה הוא מפני שנשמתו למטה היתה מלובשת בגוף גשמי. ראה גם ד״ה פדה בשלום — תשמ״ו. ד״ה קדש ישראל — תשמ״ז. בד״ה ושבתה — תקס״ב (נדפס בדרך מצותיך קסז, ב) ”(ולפי שרבה הי׳ יחיד בנגעים ואהלות לכן שאלו ממנו ספק זה, כי לתחתונים דוקא יש כח זה לפסוק הדין שמסתפקים בו מחמת שהקליפות מעלימי׳ על הלכה זו והתחתונים יש בהן כח לברר ולהעלות מהשבירה לפי שהן מלובשים בגוף כו׳ כמ״ש באגה״ק בביאור מאמר הר״מ פ׳ נשא והמשכילים...)”.
  3. 3
    הואיל ופתח בו הכתוב בטהרה תחלה · Nazir 65b:5–6
  4. 4
    אז ישיר משה · Exodus 15:1
  5. 5
    מן המים משיתיהו · Exodus 2:10
  6. 6
    ע״פ ואלה המשפטים · תו״א עה, ד.
  7. 7
    ואלה המשפטים · Exodus 21:1
  8. 8
    סד״ה מראיהם ומעשיהם · תו״א סט, ג.
  9. 9
    מראיהם ומעשיהם · Ezekiel 1:16
  10. 10
    משה שפיר קאמרת · Shabbat 101b:3
  11. 11
    בביאור ענין קי״ס גבי והניף ידו על הנהר · ראה לעיל צו יז, א.
  12. 12
    והניף ידו על הנהר · Isaiah 11:15
  13. 13
    בזהר פ׳ בא דל״ו ע״ב · ראה גם לקמן שה״ש מח, ד.
  14. 14
    בשעתא דקוב״ה אתחזי על גנתא · Zohar, Bo 4:92–5:101
  15. 15

Le plaisir de D.ieu dans le Gan Eden et la décision halakhique ¶31–33

31ועמ״ש ע״פ באתי לגני כו׳ וע״פ הזהר בפ׳ בראשית דכ״ז ע״ב אעשה לו עזר בענין מעלת גילוי זה דקב״ה [דקודשא בריך הוא] אתי כו׳.

Voyez ce qui est écrit au sujet du verset « Je suis venu dans Mon jardin », etc., et au sujet du Zohar, dans la paracha Berechit, 27b, [à propos de] « Je lui ferai une aide », concernant la supériorité de cette révélation, à savoir que « le Saint béni soit-Il vient », etc.

Explication

La supériorité de cette révélation — D.ieu venant se délecter avec les justes — est abordée dans le discours « Je suis venu dans Mon jardin » (Chant des Cantiques 5:1) et dans le Zohar sur « Je lui ferai une aide » (Genèse 2:18).

וזהו ג״כ כענין המבואר במ״א ע״פ ויהי קול מעל לרקיע. דפי׳ קול ר״ל [רוצה לומר] המשכה וגילוי מלמעלה מבחי׳ הרקיע והפרסא והוא מבחי׳ סכ״ע [סובב כל עלמין].

C’est également semblable à ce qui est expliqué ailleurs au sujet du verset « Et il y eut une voix au-dessus du firmament » : « voix » signifie un influx et une révélation d’au-dessus du niveau du firmament et de la cloison (parsa), provenant du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin).

Explication

Cela ressemble à « une voix au-dessus du firmament » (Ézéchiel 1:25) : la « voix » est une révélation provenant d’au-dessus du firmament et de la cloison (parsa) entre les niveaux, issue du sovev kol almin.

Le paragraphe 31 en bref

Le paragraphe étaye l’idée que le plaisir de D.ieu auprès des justes provient d’au-dessus du « firmament », en le comparant à la « voix au-dessus du firmament » d’Ézéchiel, révélation issue du sovev kol almin.

Maré mekomot

  1. 1
    באתי לגני · Song of Songs 5:1
  2. 2
    וע״פ הזהר בפ׳ בראשית דכ״ז ע״ב · ביאה״ז לכ״ק אדה״א ב, ג.
  3. 3
    אעשה לו עזר · Genesis 2:18
  4. 4
    ע״פ ויהי קול מעל לרקיע · אוה״ת במדבר ע׳ א׳תכט. ובאוה״ת שמות-ח ע׳ א׳תתקעז עם הגהות.
  5. 5
    ויהי קול מעל לרקיע · Ezekiel 1:25

32וכך ענין גילוי זה היא מלמעלה משרש השגת המתיבתא דרקיע ששרש השגתם מבחי׳ רקיע העליון דבינה.

Ainsi, cette révélation provient d’un niveau supérieur à la racine de la compréhension de l’Académie du Firmament, dont la compréhension prend racine dans le niveau du firmament supérieur de Bina.

Explication

Cette révélation se situe au-dessus de la racine de la compréhension de l’Académie, qui réside dans le firmament supérieur, Bina.

אבל המשכה זו מבחי׳ עדן זהו מעל לרקיע כו׳ וכ״ז [וכל זה] נמשך להם ע״י שבעסק תורתם בהיום לעשותם המשיכו ג״כ מבחי׳ כתר עליון מבחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] ועי״ז זוכים ג״כ בג״ע [בגן עדן] לגילוי הארה זו להיות קב״ה [קודשא בריך הוא] אתי לאשתעשעא כו׳.

Mais cet influx provenant du niveau d’Éden se trouve « au-dessus du firmament », etc. Tout cela leur est attiré parce que, par leur étude de la Torah, durant le « aujourd’hui, pour les accomplir », ils ont également attiré l’influx du niveau de Kéter supérieur (la Couronne), du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin). Grâce à cela, ils méritent aussi, dans le Gan Éden, la révélation de ce rayonnement, de sorte que « le Saint béni soit-Il vient se délecter », etc.

Explication

L’influx provenant d’Éden se trouve « au-dessus du firmament ». Les Sages le méritent parce que, par leur étude de la Torah dans ce monde — le temps du « pour les accomplir » —, ils ont attiré l’influx de la Couronne supérieure, le sovev ; ainsi, dans le Gan Éden, ils méritent que D.ieu « vienne se délecter » avec eux.

(ועמ״ש בד״ה כי כאשר השמים החדשים בענין ויניחהו בג״ע [בגן עדן] לעבדה כו׳) עוי״ל [עוד יש לומר] עפמ״ש [על פי מה שכתוב] במ״א בד״ה צאינה וראינה בפי׳ שאו ידיכם קדש וברכו את הוי׳ כו׳.

(Voyez ce qui est écrit dans le discours commençant par « Car, de même que les nouveaux cieux », au sujet de « Il le plaça dans le Gan Éden pour le travailler », etc.) On peut aussi l’expliquer à la lumière de ce qui est écrit ailleurs, dans le discours commençant par « Sortez et voyez », au sujet du sens de « Élevez vos mains dans la sainteté et bénissez Havaya », etc.

Explication

Autres références : le discours « Car, de même que les nouveaux cieux » (Isaïe 66:22), à propos de « Il le plaça dans le Gan Éden pour le travailler » (Genèse 2:15). Une autre explication s’appuie sur le discours « Sortez et voyez » (Cantique des Cantiques 3:11), à propos de « Élevez vos mains dans la sainteté et bénissez D.ieu » (Psaumes 134:2).

וזהו שנק׳ הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] ע״ש [עיין שם] באריכות וברכה זו הוא ע״י עסק התורה כמ״ש בזהר ויקרא די״ג א׳ ולכן מברכתם יבורכו גם הם אשר לכן הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] אתי לאשתעשעא עם צדיקייא בג״ע [בגן עדן] כו׳.

C’est pourquoi Il est appelé « le Saint béni soit-Il » ; voyez là-bas l’explication détaillée. Cette bénédiction vient par l’étude de la Torah, comme il est écrit dans le Zohar, Vayikra, 13a ; et c’est pourquoi « par leur bénédiction, eux aussi seront bénis ». Voilà pourquoi le Saint béni soit-Il vient se délecter avec les justes dans le Gan Éden, etc.

Explication

Il y est expliqué qu’il faut bénir le « Saint », c’est-à-dire attirer Son influx, et pourquoi D.ieu est appelé « le Saint béni soit-Il ». Cette bénédiction vient par l’étude de la Torah ; ceux qui bénissent sont eux-mêmes bénis. Ainsi, D.ieu vient se délecter avec les justes dans le Gan Éden.

וע׳ [ועיין] בהרמ״ז [בהרב משה זכות] פ׳ כי תצא בד׳ רע״ח א׳ כ׳ [כתב] מתיבתא דקב״ה [דקודשא בריך הוא] הוא בבריאה ששם ג״ע [גן עדן] העליון ומתיבתא דרקיע הוא ביצירה. (ועיין בזהר בפ׳ בלק דר״ג ע״ב).

Voyez le Ramaz, Parachat Ki Seitzei, au folio 278a ; il écrit que l’Académie du Saint béni soit-Il se trouve en Béria, où se trouve le Gan Éden supérieur, et que l’Académie du Firmament se trouve en Yetsira. (Voyez aussi le Zohar, Parachat Balak, 203b.)

Explication

Le Ramaz situe l’Académie du Saint béni soit-Il en Béria, où se trouve le Gan Éden supérieur, et l’Académie du Firmament en Yetsira.

והנה הרמב״ם [הרבי משה בן מימון] ספ״ב [סוף פרק ב׳] מהט״צ [מהלכות טומאת צרעת] פסק כהמתיבתא דספיקו טמא וכ׳ [וכתב] הכ״מ משום דת״ק ור׳ [ורבי] יהושע פליגי בזה ספ״ד [סוף פרק ד׳] דנגעים והלכה כת״ק ואע״ג [ואף על גב] דקוב״ה [דקודשא בריך הוא] אמר טהור לא בשמים היא כו׳.

Or, le Rambam, à la fin du chapitre 2 des Lois de l’impureté de la tsaraat, a tranché conformément à l’Académie : son doute est impur. Le Kessef Michné écrit que c’est parce que le Tanna Kama et Rabbi Yehochoua sont en désaccord à ce sujet à la fin du chapitre 4 de Negaim, et que la loi suit le Tanna Kama. Et bien que le Saint béni soit-Il ait dit : « Pur », « elle n’est pas dans les cieux », etc.

Explication

Passons maintenant à la loi pratique. Le Rambam (Lois de la tsaraat 2:9) tranche conformément à l’Académie : le doute est impur. Le Kessef Michné explique que la Michna (Negaim 4:11) rapporte un désaccord entre le premier Tanna et Rabbi Yehochoua, que la loi suit le premier Tanna, et que le « pur » de D.ieu ne tranche pas la loi, puisque la Torah « n’est pas dans les cieux » (Deutéronome 30:12).

אמנם בהר״ש [בהרבי שמעון] ספ״ד [סוף פרק ד׳] דנגעים משמע דהל׳ [דהלכות / דהלכה] כר׳ [כרבי] יהושע משום דקוב״ה [דקודשא בריך הוא] אמר טהור כו׳ הענין י״ל [יש לומר] ע״פ מ״ש במ״א בענין שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] על ר״מ [רבי מאיר] שהיה אומר על טמא טהור ומראה לו פנים כו׳

Cependant, il ressort de Rabbeinou Chimchon, à la fin du chapitre 4 de Negaim, que la loi suit Rabbi Yehochoua, parce que le Saint béni soit-Il a dit : « Pur », etc. On peut l’expliquer à la lumière de ce qui est écrit ailleurs au sujet de ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit de Rabbi Meïr : il disait de l’impur qu’il était « pur » et lui en montrait une raison valable (panim), etc.

Explication

Rabbeinou Chimchon laisse toutefois entendre que la loi suit Rabbi Yehochoua, parce que D.ieu a dit : « Pur ». Pour expliquer ces deux opinions, l’Admour Hazaken cite ce que les Sages ont dit de Rabbi Meïr : il pouvait déclarer pur ce qui était impur et « en montrer une raison valable » (Erouvin 13b).

כי החכמה היא נמשכת מלמעלה דרך שערות שהם י״ג ת״ד [תיקוני דיקנא] זקן שקנה חכמה. שרש י״ג מדות שהתורה נדרשת בהם והשערות הם צמצומים.

Car la sagesse est attirée d’En Haut par des cheveux, qui sont les treize tikounim de la barbe : zaken, « celui qui a acquis la sagesse » ; ils sont la racine des treize principes par lesquels la Torah est interprétée. Les cheveux sont des contractions (tsimtsoumim).

Explication

La sagesse descend par des « cheveux », les treize tikounim de la barbe d’Arikh Anpin. Zaken, « ancien », s’écrit avec les mêmes lettres que zakan, « barbe », et désigne « celui qui a acquis la sagesse » (Kiddouchin 32b). Ils sont la racine des treize principes par lesquels la Torah est interprétée ; les cheveux sont des contractions, des canaux étroits.

אבל כשהחכמה היא בכתר שם היא בהרחבה גדולה בחי׳ א״ס [אין סוף] וזהו ענין ומראה לו פנים שהי׳ [שהיה] מאיר וממשיך מבחי׳ הפנים דא״א [דאריך אנפין] שהוא פנוי משערות ולמעלה מבחי׳ הצמצומים (ועמ״ש מזה באריכות בביאור ע״פ אלה מסעי).

Mais lorsque la sagesse se trouve en Kéter, elle est alors dans une grande expansion, au niveau de l’Infini (Ein Sof). Tel est le sens de « lui montrer une face » : il faisait briller et attirait du niveau de la Face (panim) d’Arikh Anpin, qui est dépourvu de cheveux et se situe au-dessus du niveau des contractions (voir aussi ce qui est écrit à ce sujet en détail dans l’explication du verset « Voici les étapes »).

Explication

Tant que la sagesse se trouve dans la Couronne, elle est vaste et sans limites. Rabbi Meïr « montrait une face », car il puisait à la « Face » d’Arikh Anpin, dépourvue de cheveux et au-dessus de toutes les contractions.

ע״כ [על כן] היה יכול לומר גם על הטמא טהור כו׳ וזה היה ענין ר״מ [רבי מאיר]. אבל רוב החכמים שבדורו לא היו משיגים התורה רק

C’est pourquoi il pouvait dire même de l’impur : « pur », etc. Tel était le rôle de Rabbi Meïr. Mais la plupart des sages de sa génération ne saisissaient la Torah que

Explication

Rabbi Meïr pouvait donc déclarer que même l’impur était pur. En revanche, la plupart des sages de sa génération ne saisissaient la Torah que sous une forme plus limitée.

כמו שכבר נמשכה בחכמה דאצי׳ [דאצילות] המקבלת ע״י שערות י״ג ת״ד [תיקוני דיקנא] וזהו נובלות חכמה שלמעלה תורה כו׳ וכמ״ש בביאור ע״פ תורה צוה לנו משה.

dans la mesure où elle avait déjà été attirée dans la 'Hokhma d’Atsilout, qui reçoit par l’intermédiaire des cheveux des treize Tikounim de la barbe. Tel est le sens de « le fruit immature de la sagesse supérieure est la Torah », etc., comme cela est expliqué dans l’explication du verset « Moché nous a ordonné la Torah ».

Explication

Ils ne la saisissaient que telle qu’elle est attirée dans la 'Hokhma d’Atsilout par l’intermédiaire des « cheveux », les treize Tikounim ; cette Torah est « le fruit immature de la sagesse supérieure » (Bereishis Rabbah 17:5).

Le paragraphe 32 en bref

Ce paragraphe explique que les Sages méritent que D.ieu se délecte avec eux dans le Gan Éden parce que, par leur étude de la Torah, ils attirent l’influx de la Couronne. Il aborde ensuite le désaccord halakhique : le Rambam tranche « impur », car la Torah « n’est pas dans les cieux », tandis que Rabbeinou Chimchon suit le « pur » de D.ieu. L’Admour Hazaken commence à expliquer cela à partir de Rabbi Meïr, dont la sagesse provenait de la « Face » supérieure, au-delà des contractions.

Pour aller plus loin

Le Talmud explique (Erouvin 13b) pourquoi la loi n’a pas été fixée selon Rabbi Meïr : ses collègues ne pouvaient saisir la profondeur de son raisonnement, point développé dans le paragraphe suivant. Dans le discours « Moché nous a ordonné la Torah » (Likkutei Torah, V’Zos HaBerachah 95a), l’Admour Hazaken explique que la 'Hokhma supérieure est « sage, mais non d’une sagesse connaissable », au-delà de la compréhension, et que la Torah en est le « fruit non mûr », ce qui en est attiré.

Maré mekomot

  1. 1
    בד״ה כי כאשר השמים · ראה תו״א ב, ד.
  2. 2
    כי כאשר השמים החדשים · Isaiah 66:22
  3. 3
    ויניחהו בג״ע לעבדה · Genesis 2:15
  4. 4
    בד״ה צאינה וראינה · לקו״ת שה״ש כא, ב.
  5. 5
    צאינה וראינה · Song of Songs 3:11
  6. 6
    שאו ידיכם קדש וברכו את הוי׳ · Psalms 134:2
  7. 7
  8. 8
    ספ״ד דנגעים · במאמרי אדהאמ״צ ע׳ תפג מוסיף: ועיי׳ בתוס׳ יו״ט וכו׳.
  9. 9
    לא בשמים היא · Deuteronomy 30:12
  10. 10
    ארז״ל על ר״מ שהי׳ אומר · Eruvin 13b:3
  11. 11
    זקן שקנה חכמה · Kiddushin 32b:8
  12. 12
    יג״מ שהתורה נדרשת · ברייתא דר״י ת״כ ר״פ ויקרא.
  13. 13
    בביאור ע״פ אלה מסעי) · לקו״ת מסעי צג, א ואילך.
  14. 14
    אלה מסעי · Numbers 33:1
  15. 15
    רוב החכמים שבדורו לא היו משיגים התורה רק . . בחכ׳ דאצי׳ · ראה לעיל ד, א הערה שכל. וראה הערת כ״ק אדמו״ר במאמרי אדה״ז תקס״ב ע׳ שיד.
  16. 16
    נובלות חכמה שלמע׳ תורה · Bereshit Rabbah 17:5
  17. 17
    בביאור ע״פ תורה צוה לנו משה · לקו״ת ברכה צה, א ואילך.
  18. 18
    תורה צוה לנו משה · Deuteronomy 33:4
  19. 19
  20. 20

33ולכן לא קבעו הלכה כמותו כי אחרי רבים להטות ועיין במדרש תלים ע״פ אמרות ה׳ כו׳

C’est pourquoi ils n’ont pas fixé la halakha conformément à son avis, car « il faut suivre la majorité pour trancher » ; voir aussi le Midrach Tehillim sur le verset « Les paroles de D.ieu… », etc.

Explication

C’est pourquoi la halakha n’a pas été fixée selon Rabbi Meïr : « il faut suivre la majorité pour trancher » (Exode 23:2). Le Midrach Tehillim, à propos de « Les paroles de D.ieu sont des paroles pures… affinées sept fois », enseigne que la Torah fut donnée avec quarante-neuf arguments pour déclarer pur et quarante-neuf pour déclarer impur, et que la décision fut laissée à la majorité.

מזוקק שבעתים כו׳ וזהו ענין לא בשמים היא כי שמים הם מקיפים דחיה ויחידה. והתורה כבר נמשכה מהמקיפים לתוך א״פ [אור פנימי] במדות דאצילות.

« affinées sept fois », etc. Voilà le sens de « elle n’est pas dans le ciel » : le « ciel » désigne les niveaux englobants de 'Haya et Ye'hida, et la Torah a déjà été tirée des niveaux englobants vers la lumière intérieure, dans les attributs du Monde d’Atsilout (Émanation).

Explication

Voilà ce que signifie « elle n’est pas dans le ciel » : le « ciel » désigne les niveaux englobants de l’âme, 'Haya et Ye'hida, tandis que la Torah a déjà été tirée de ces niveaux vers la lumière intérieure, les attributs d’Atsilout, où elle est tranchée par la compréhension.

ועפ״ז [ועל פי זה] יש לפרש דעת הרמב״ם [הרבי משה בן מימון] דפסק כת״ק. כי רבה שהיה יחיד בנגעים ואהלות היינו מבחי׳ המקיף דחיה יחידה.

À la lumière de cela, on peut expliquer l’avis du Rambam, qui a tranché comme le Tanna Kama : Rabba, qui était « unique en matière de plaies et de tentes », relevait du niveau de la lumière englobante de 'Haya et Ye'hida ;

Explication

Cela explique la décision du Rambam en faveur du premier Tanna : Rabba bar Na'hmani, unique en matière de plaies et de tentes, puisait dans les niveaux englobants de 'Haya et Ye'hida.

ואעפ״כ [ואף על פי כן] אחרי רבים להטות ומ״מ [ומכל מקום] באמת י״ל [יש לומר] דהכא שאני דאין זה דומה להא דאחרי רבים להטות דהיינו דוקא בפלוגתא דחכמי המשנה זע״ז [זה עם זה / זה על זה] אבל הכא שאני דקוב״ה [דקודשא בריך הוא] אומר טהור כו׳:

et néanmoins, « il faut suivre la majorité pour trancher ». Pourtant, en vérité, on peut dire qu’ici, le cas est différent : cela ne se compare pas à « il faut suivre la majorité pour trancher », qui ne s’applique qu’à une controverse entre les sages de la Michna ; ici, le cas est différent, car le Saint béni soit-Il dit : « Pur », etc.

Explication

Même ainsi, la halakha suit la majorité, dont la compréhension relève de la lumière intérieure. Pourtant, le Rabbi Alter Rebbe suggère que ce cas pourrait être différent : le principe « il faut suivre la majorité » régit les controverses entre les sages eux-mêmes, mais ici, D.ieu Lui-même a dit « pur », ce qui appuierait l’avis de Rabbeinou Chimchon.

Le paragraphe 33 en bref

Le maamar s’achève sur la question halakhique : selon le principe « elle n’est pas dans le ciel », la halakha suit la majorité des sages, dont la compréhension porte sur la Torah telle qu’elle est tirée dans la lumière intérieure ; le Rambam tranche donc « impur ». Le Rabbi Alter Rebbe suggère toutefois qu’un cas où D.ieu Lui-même a dit « pur » pourrait être différent.

Maré mekomot

  1. 1
    אחרי רבים להטות · Exodus 23:2
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    אחרי רבים להטות · Midrash Tehillim 12:3
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    מזוקק שבעתים · Psalms 12:7
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    לא בשמים היא · Deuteronomy 30:12
  5. 5
    במדרש תהלים ע״פ אמרות ה׳ · יב, ז.

Maamar terminé ?

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Dans la avoda

La prière prépare à l’étude de la Torah : méditer sur la grandeur infinie de D.ieu, devant laquelle tous les mondes ne sont qu’une seule goutte, fait naître un désir ardent et une « inquiétude » du cœur qui n’est pas de la tristesse. L’étude de la Torah réjouit alors ce cœur, car l’âme peut saisir la Torah, et la Torah et D.ieu ne font qu’un ; par elle, l’âme saisit donc D.ieu Lui-même. La Torah doit être prononcée à voix haute, car le souffle de la parole attire sa lumière cachée et la révèle ; elle doit aussi être étudiée pour elle-même, ce qui ajoute de la lumière dans le Gan Eden.

Questions à discuter

  1. Pourquoi le maamar identifie-t-il « saint » à Kéter et « béni » à 'Hokhma, et comment cela explique-t-il que les Sages aient choisi le Nom « le Saint béni soit-Il » ?
  2. Pourquoi Bina est-elle appelée un « firmament », et que nous enseigne l’image de l’eau qui gèle en glace au sujet de la compréhension ?
  3. Comment la méditation dans la prière peut-elle susciter une « inquiétude » qui n’est pas de la tristesse, et pourquoi l’étude de la Torah réjouit-elle ensuite le cœur ?
  4. Selon la réponse du Maguid, pourquoi Tiferet, et non 'Hessed, porte-t-elle le Nom Havaya, et comment cela explique-t-il la kelipat nogah d’Atsilout ?
  5. Pourquoi l’Académie pouvait-elle entendre D.ieu dire « pur » sans en connaître la raison, et qu’est-ce qui permit à Rabbah bar Nachmani de trancher ?

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Sommaire

Likkutei Torahלקוטי תורה

Parshas Tazriaתזריע

  1. 1אשה כי תזריע וילדה זכר כו׳“When a Woman Emits Seed and Gives Birth to a Male”
  2. 2עולם לאכסדרה הוא דומה ורוח צפונית…“The World Is Like an Exedra”
  3. 3שוש תשיש ותגל העקרה בקבוץ בניה…“May the Barren One Greatly Rejoice”
  4. 4וביום השמיני ימול וגו׳“And on the Eighth Day He Shall Be Circumcised”
  5. 5אדם כי יהיה בעור בשרו“When a Man Shall Have in the Skin of His Flesh”
  6. 6בגמרא דב״מ פרק הפועלים קא מפלגי…In the Gemara, Bava Metzia, chapter HaPoalim: “They were disputing in the Academy of the Firmament…”