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Likkutei Torah · Parshas Tazria · Maamar 3

שוש תשיש ותגל העקרה בקבוץ בניה לתוכה בשמחה

« Que la stérile se réjouisse grandement »

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L’idée centrale

Lorsque l’amour de la Communauté d’Israël est éveillé uniquement d’en haut, elle est appelée « stérile » et ne donne naissance qu’à l’amour inférieur, qui désire D.ieu pour son propre intérêt. Mais la joie d’une mitsva suscite une joie céleste qui attire une lumière de l’essence de D.ieu, au-delà de toute mesure ; alors, même dans ce cas, un « mâle » naît : le grand amour, qui désire D.ieu Lui-même et non même le Gan Eden.

Le maamar en bref

La bénédiction nuptiale demande que « la stérile » se réjouisse lorsque ses enfants sont rassemblés auprès d’elle, et le mot tasis peut signifier soit qu’elle se réjouit, soit que D.ieu la fait se réjouir. Mais comment une femme stérile peut-elle avoir des enfants ? Le Talmud enseigne que lorsque la femme émet sa semence la première, elle donne naissance à un mâle. Dans le service divin, la Communauté d’Israël est la femme. Lorsque son propre éveil d’en bas vient en premier, la réponse d’en haut provient de la dimension intérieure de la lumière et donne naissance au grand amour, le « mâle », qui désire D.ieu Lui-même et non même le rayonnement du Gan Eden, simple « part » de la récompense. Lorsque l’éveil vient d’abord d’en haut, il provient de la dimension extérieure et ne produit que l’amour inférieur, la « femelle », qui désire la proximité de D.ieu tout en restant elle-même ; puisque cette naissance ne lui appartient pas, elle est appelée stérile. Pourtant, la joie d’une mitsva suscite une joie céleste, qui attire une lumière de l’essence de D.ieu, au-delà de toute mesure, comme un roi joyeux se montre aux petits comme aux grands. Alors, même la stérile donne naissance à un mâle, et la joie protège également des chutes dans le service divin.

Plan

  1. La bénédiction et sa questionLa bénédiction nuptiale « Que la stérile se réjouisse grandement » ; les deux sens de tasis, intransitif (elle se réjouit) et transitif (Tu la fais se réjouir) ; comment une femme stérile peut-elle avoir des enfants à rassembler ? La règle du Talmud : lorsque la femme émet sa semence la première, elle donne naissance à un mâle ; lorsque c’est l’homme, à une femelle.¶1
  2. Le grand amour, le mâleLa Communauté d’Israël est la femme et D.ieu l’homme ; son éveil d’en bas, l’élévation des eaux féminines, entraîne une naissance mâle, le grand amour : « Qui ai-je au ciel ? Et avec Toi, je ne désire rien. » Même le plaisir du Gan Eden n’est que « avec Toi », le rayonnement de la Chekhina, créé par le youd ; le grand amour aspire à être absorbé dans « le corps du Roi », bien que l’âme n’y devienne rien, comme l’enseigne le chapitre 19 du Tanya. Il est « mâle », un Daat puissant qui choisit l’essentiel plutôt que le secondaire.¶2
  3. La récompense et l’amour inférieurLe grand amour sert « non en vue de recevoir une récompense » : peras, la récompense, n’est qu’une proussa, une part, une goutte dans l’océan à côté de l’essence de D.ieu. L’amour inférieur, la « femelle », aime en vue de la récompense : la proximité de D.ieu dans le Gan Eden, tandis que l’âme demeure elle-même : « Mon âme, je T’ai désiré », comme on aspire à sa propre vie ; il fait du secondaire l’essentiel, pour lui-même.¶3–4
  4. Qui suscite l’éveil en premierL’amour inférieur demeure encore la « nuit ». L’amour et la crainte qu’une personne suscite sont un éveil d’en bas en vue de l’amour et de la crainte d’en haut ; lorsque l’effort de la personne vient en premier, l’éveil d’en haut provient de la dimension intérieure de la lumière, « un esprit d’en haut est déversé », et le grand amour naît. Lorsque l’éveil d’en haut vient en premier, il provient de la dimension extérieure et ne donne naissance qu’à l’amour inférieur, une soif de D.ieu, comme l’enseigne le Zohar sur Tazria.¶5–6
  5. La stérileDans la situation où « l’homme émet sa semence en premier », la Communauté d’Israël est appelée stérile, puisque même la naissance de la femelle ne lui appartient pas. La bénédiction promet que, même alors, elle rassemblera ses enfants, un mâle, et indique comment : « dans la joie », par la joie d’une mitsva.¶7–8
  6. La puissance de la joie« Parce que vous n’avez pas servi […] avec joie […], vous servirez vos ennemis » : la punition concerne les fautes, que tout le monde commet, et la joie aurait suscité la joie en haut et annulé les jugements : « Dans la lumière du visage du Roi est la vie. » La règle du mâle et de la femelle ne s’applique que dans l’enchaînement mesuré des niveaux ; la joie d’une mitsva attire une lumière de l’essence de D.ieu, au-delà de toute mesure, comme un roi joyeux qui se montre aux petits comme aux grands, jusqu’à ce que toutes les lumières célestes se fondent et qu’il n’y ait plus ni haut ni bas.¶9
  7. La stérile se réjouitAinsi, même la stérile donne naissance à un mâle : « homme et homme est né en elle ». Les deux sens de tasis se réalisent : la Communauté d’Israël se réjouit d’une mitsva, et par cela D.ieu la fait se réjouir, « Lui qui réjouit Sion par ses enfants ». La joie empêche également les chutes dans le service divin, qui proviennent d’un service accompli en tant que soi ; le grand amour, l’Arbre de Vie, ne connaît aucun changement. La joie doit s’accompagner de crainte et d’annulation de soi.¶10

Notions clés

Grand amour (ahavah rabbah)אהבה רבה
L’amour « mâle », qui naît lorsque l’éveil d’en bas vient en premier : il désire D.ieu Lui-même et être absorbé en Lui, et non même le plaisir du Gan Eden. Il procède d’un Daat puissant qui choisit l’essentiel, et ne connaît aucun changement.
Amour inférieur (ahavah zuta)אהבה זוטא
L’amour « femelle », qui naît lorsque l’éveil d’en haut vient en premier : un désir véritable de proximité avec D.ieu, mais qui veut que l’âme demeure elle-même et jouisse du rayonnement du Gan Eden, la récompense.
Éveil d’en bas et éveil d’en hautאתערותא דלתתא ואתערותא דלעילא
L’effort propre d’une personne pour éveiller l’amour et la crainte, et la réponse ou l’initiative de D.ieu venant d’en haut. Dans le maamar, « la femme émet sa semence en premier » désigne l’éveil d’en bas qui vient en premier, et « l’homme émet sa semence en premier » désigne l’éveil d’en haut qui vient en premier.
« Avec Toi »עמך
Expression tirée de « Qui ai-je au ciel ? Et avec Toi, je ne désire rien » et de « Car auprès de Toi est la source de la vie » : ce qui est proche de D.ieu et annulé devant Lui, comme le rayonnement dont on jouit dans le Gan Eden, par opposition à D.ieu Lui-même.
Être absorbé dans le corps du Roiלאשתאבא בגופא דמלכא
Expression du Zohar désignant l’absorption complète de l’âme dans l’essence de D.ieu, où elle cesse d’exister en tant que soi, comme une bougie dans une torche.
Intérêt personnel (legarmeih)לגרמיה
L’amour ou le service « pour soi-même » : même un objectif spirituel, tel que la récompense du Gan Eden, lorsqu’il maintient le soi au centre. Il est la racine des changements et des chutes dans le service divin.
La joie d’une mitsvaשמחה של מצוה
La joie en D.ieu et dans l’accomplissement de Sa volonté. Elle suscite une joie céleste, qui attire une lumière de l’essence de D.ieu, au-delà de toute mesure, afin que même la « stérile » donne naissance à un mâle.
La ligne de mesure (kav hamiddah)קו המדה
La manière ordonnée et mesurée dont la lumière descend à travers l’enchaînement descendant des mondes, accordant d’en haut en fonction de ce qui est accompli en bas. La joie la dépasse.

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La bénédiction et sa question ¶1

1שוש תשיש ותגל העקרה בקבוץ בניה לתוכה בשמחה. הנה במלת תשיש יש ב׳ פירושים. הא׳ לשון פועל עומד וקאי על העקרה ותשיש לשון נקבה שהעקרה תשיש בעצמה ותגל בקבוץ בניה.

« Que la stérile se réjouisse grandement (sos tasis) et exulte dans la réunion de ses enfants en son sein, dans la joie. » Le mot tasis a ici deux interprétations. La première est celle d’un verbe intransitif, qui se rapporte à la stérile ; tasis est au féminin : la stérile se réjouira elle-même et exultera dans la réunion de ses enfants.

Explication

Le maamar s’ouvre sur l’une des sept bénédictions nuptiales, qui demande que la « stérile », Sion, se réjouisse tandis que ses enfants sont rassemblés de nouveau en elle. L’Admour Hazaken relève que le verbe tasis peut se comprendre de deux façons ; dans la première, il est intransitif et au féminin, et la stérile se réjouit d’elle-même.

והב׳ לשון פועל יוצא וקאי על הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] שאומר להקב״ה [להקדוש ברוך הוא] לנוכח אתה תשיש את העקרה וממילא היא תגל (כי נכח לזכר היא שוה עם לשון נקבה נסתרת כידוע).

La seconde interprétation est celle d’un verbe transitif, qui se rapporte au Saint béni soit-Il : on s’adresse au Saint béni soit-Il à la deuxième personne et l’on dit : « Tu réjouiras la stérile » ; dès lors, elle exultera naturellement. (Car, comme on le sait, la deuxième personne masculine a la même forme que la troisième personne féminine.)

Explication

Dans la seconde lecture, tasis est transitif et s’adresse à D.ieu : « Tu réjouiras la stérile » ; son exultation découle alors de Son action. La parenthèse donne l’explication grammaticale : en hébreu, le même préfixe marque « tu » au masculin et « elle », de sorte qu’un seul mot peut porter l’un ou l’autre sens.

ולהבין זה יש להקדים תחלה ביאור ענין ותגל העקרה בקיבוץ בניה שאם היא עקרה שלא ילדה מאין לה בנים שיקבצו לתוכה.

Pour comprendre cela, il faut d’abord introduire l’explication de « la stérile exultera dans la réunion de ses enfants » : si elle est stérile et n’a pas enfanté, d’où lui viennent des enfants qui seraient rassemblés en son sein ?

Explication

Avant de choisir entre les deux lectures, le maamar soulève une question sur la bénédiction elle-même : une femme stérile n’a pas enfanté ; quels enfants pourraient donc être « rassemblés en son sein » ? La réponse montrera comment la Communauté d’Israël peut être « stérile » au sens spirituel tout en ayant des enfants.

והענין כי הנה ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] ע״פ אשה כי תזריע וילדה זכר אשה מזרעת תחלה יולדת זכר איש מזריע תחלה יולדת נקבה.

Voici l’explication : nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné à propos du verset « Lorsqu’une femme émet sa semence et donne naissance à un garçon » : « Si la femme émet sa semence la première, elle donne naissance à un garçon ; si l’homme émet sa semence le premier, elle donne naissance à une fille. »

Explication

L’élément déterminant est l’enseignement du Talmud sur le verset d’ouverture de la paracha de Tazria (Lévitique 12:2) : lorsque la femme émet sa semence la première, elle donne naissance à un garçon ; lorsque c’est l’homme qui le fait le premier, elle donne naissance à une fille. Le maamar appliquera cette règle au lien entre la Communauté d’Israël et D.ieu.

Le paragraphe 1 en bref

Le paragraphe présente la bénédiction nuptiale « Que la stérile se réjouisse grandement », expose les deux lectures de tasis (elle se réjouit ; Tu la réjouis), puis demande comment une femme stérile peut avoir des enfants à rassembler. Il pose les bases en citant l’enseignement talmudique selon lequel, lorsque la femme émet sa semence la première, elle donne naissance à un garçon.

Pour aller plus loin

Le Derech Mitzvosecha du Tséma’h Tsédek (137b, cité dans les notes de Kehot) rapporte que cet enseignement sur « Sos tasis » fut entendu durant l’hiver 5572 (1811–12), lors du mariage de son beau-frère et cousin, R. Na’houm. Une version plus développée figure parmi les discours nuptiaux du Mitteler Rebbe (Derushei Chasunah, vol. 1, p. 317 ff.) ; elle explique la première lecture ainsi : « c’est-à-dire que toi-même te réjouiras, et par là la stérile aussi exultera. »

Maré mekomot

  1. 1
    שוש תשיש · בדרמ״צ קלז, ב: ע״פ מה ששמענו בחורף תקע״ב בחתונת גיסי וב״ד ר׳ נחום נ״י ע״פ מ״ש שוש תשיש. ע״ש בדרמ״צ בארוכה. וראה בהנסמן בהוספות להערות וציונים ללקו״ת כאן. המאמר בארוכה בדרושי חתונה לאדה״א כרך-א ע׳ שיז ואילך.
  2. 2
    שוש תשיש ותגל העקרה · נוסח ברכת נישואין.
  3. 3
    שוש תשיש ותגל העקרה בקבוץ בניה לתוכה בשמחה · Ketubot 8a:4–5
  4. 4
    פועל עומד · ”כלומר תשיש אתה בעצמך ועי״ז תגל גם העקרה” — מאמרי אדה״א חתונה-א ע׳ שיז.
  5. 5
    ארז״ל ע״פ אשה כי תזריע · ע״ל ר״פ תזריע וש״נ. [כ].
  6. 6
  7. 7
    אשה מזרעת תחלה יולדת זכר איש מזריע תחלה יולדת נקבה · Berakhot 60a:14
  8. 8
    אשה מזרעת תחלה יולדת זכר איש מזריע תחלה יולדת נקבה · Niddah 31a:23–24
  9. 9
  10. 10

Le grand amour, le mâle ¶2

2ולהבין זה בעבודת ה׳. הנה נודע שכנ״י [שכנסת ישראל] נק׳ בשם אשה והקב״ה [והקדוש ברוך הוא] נק׳ בשם איש וכמ״ש ביום ההוא תקראי אישי כו׳,

Pour comprendre cela dans le service de D.ieu : on sait que la Communauté d’Israël (Knesset Israël) est désignée sous le nom de « femme », et que le Saint béni soit-Il est désigné sous le nom d’« homme » (ich), comme il est écrit : « En ce jour, tu m’appelleras Ichi [mon Homme] », etc.

Explication

Le maamar applique à présent la règle talmudique au service de D.ieu. La Communauté d’Israël, l’âme collective du peuple juif, est la « femme », et D.ieu est l’« homme » ; Osée annonce qu’Israël appellera D.ieu Ichi, « mon Homme » (Osée 2:18).

והנה כמו שבאיש ואשה עד״מ [על דרך משל] אשה מזרעת תחלה יולדת זכר, כך הנה בכנ״י [בכנסת ישראל] עם הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] כשהאשה היא כנ״י [כנסת ישראל] מזרעת תחלה

Or, de même que, dans le cas d’un homme et d’une femme, à titre d’analogie, lorsque la femme émet sa semence en premier, elle donne naissance à un garçon, de même, avec la Communauté d’Israël et le Saint béni soit-Il : lorsque la femme, c’est-à-dire la Communauté d’Israël, émet sa semence en premier,

Explication

Dans l’analogie humaine, l’enfant est de sexe masculin lorsque la femme émet sa semence en premier. De la même manière, lorsque la Communauté d’Israël, la « femme », fait le premier pas vers D.ieu, il en résulte une naissance « masculine ».

היינו בחי׳ אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] מלמטה למעלה בחי׳ ואל אישך תשוקתך שהוא ענין הנקרא בלשון הקבלה בשם העלאת מ״נ [מיין נוקבין], ואח״כ [ואחר כך] נמשך אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] והמשכת מ״ד [מיין דוכרין] אזי יולדת זכר,

c’est-à-dire le niveau de l’éveil d’en bas, de bas en haut, le niveau de « ton désir se portera vers ton mari » : c’est ce que le langage de la Kabbale appelle « l’élévation des mayin noukvin [eaux féminines] ». Ensuite, un éveil d’en haut est suscité et les mayin doukhrin [eaux masculines] sont attirées vers le bas ; alors elle donne naissance à un garçon ;

Explication

La semence émise en premier par la femme correspond à l’éveil d’en bas : l’effort propre d’une personne pour s’élever, comme le « désir vers ton mari » de Genèse 3:16. La Kabbale appelle cela l’élévation des mayin noukvin, les « eaux féminines », qui suscite les mayin doukhrin, les « eaux masculines », c’est-à-dire le flux venant d’en haut. Quand l’éveil d’en haut répond ainsi à un éveil d’en bas, un garçon naît.

דהיינו שמולדת בחי׳ אהבה בנש״י [בנשמות ישראל] שמבחי׳ דכר דהיינו בחי׳ אהבה רבה שהיא בחי׳ מי לי בשמים ועמך לא חפצתי, פי׳ אפילו מה שעמך בקרוב לך,

c’est-à-dire qu’elle donne naissance, dans les âmes d’Israël, à un amour du niveau masculin (dekhar), à savoir le niveau du grand amour (ahava rabba), qui est le niveau de « Qui ai-je dans les cieux ? Et avec Toi, je ne désire rien » ; cela signifie : même ce qui est auprès de Toi, dans Ta proximité.

Explication

Le « garçon » né de cette union est un amour dans les âmes d’Israël appelé grand amour (ahava rabba). Il s’exprime par les paroles du psalmiste : « Qui ai-je dans les cieux ? Et avec Toi, je ne désire rien » (Psaumes 73:25). Selon l’interprétation de l’Alter Rebbe, on ne désire absolument rien, pas même ce qui est « auprès de Toi », proche de D.ieu : on ne veut que D.ieu Lui-même.

והיינו מ״ש כי עמך מקור חיים שהם חיי העוה״ב [העולם הבא] ותענוג אלקי שנמשך לנשמות בג״ע [בגן עדן] להתענג על ה׳ מחמת השגתם והשכלתם בהשגה והשכלה מופלאת מאד, ועכ״ז [ועם כל זה] אין השגה זו מגעת

C’est là le sens de ce qui est écrit : « Car auprès de Toi est la source de la vie » : il s’agit de la vie du Monde futur et du plaisir divin qui est attiré vers les âmes dans le Gan Eden, afin qu’elles se délectent en D.ieu grâce à leur appréhension et à leur compréhension, d’une appréhension et d’une compréhension tout à fait prodigieuses. Malgré cela, cette appréhension n’atteint pas

Explication

Le verset « Car auprès de Toi est la source de la vie » (Psaumes 36:10) montre ce qui est « auprès de Toi » : la vie du Monde futur, le plaisir divin dont les âmes du Gan Eden jouissent grâce à leur compréhension prodigieuse de D.ieu. Aussi élevée soit-elle, cette compréhension demeure limitée.

אלא בבחי׳ עמך שהוא דבר הטפל ובטל אצלך ולא אתה ממש כי לית מחשבה תפיסא בי׳ [ביה] כלל

au-delà du niveau de « auprès de Toi », qui est quelque chose de secondaire et d’annulé devant Toi, et non pas Toi-même ; car « aucune pensée ne peut Le saisir », absolument pas.

Explication

Ce que les âmes appréhendent n’atteint que le niveau de « auprès de Toi » : quelque chose de secondaire par rapport à D.ieu et d’annulé devant Lui, mais non D.ieu Lui-même. Comme l’affirme le Tikkouné Zohar : « aucune pensée ne peut Le saisir », absolument pas.

אלא השגתם הוא בבחי׳ זיו השכינה זיו והארה בעלמא, ואי לזאת ועמך לא חפצתי אלא האהבה רבה היא ליבטל וליכלל באור א״ס [אין סוף] ב״ה ממש ולאשתאבא

Leur appréhension porte seulement sur le niveau du rayonnement de la Chekhina (la Présence divine), un simple rayonnement et une lueur. C’est pourquoi « avec Toi, je ne désire rien » : le grand amour consiste plutôt à être annulé et inclus dans la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, Lui-même, et à être absorbé

Explication

Dans le Gan Eden, les âmes n’appréhendent que le « rayonnement de la Chekhina », une lueur issue de la présence de D.ieu. Celui qui éprouve un grand amour dit donc : « Avec Toi, je ne désire rien » ; il veut être annulé et inclus dans la Lumière infinie elle-même, « être absorbé dans le corps du Roi », selon l’expression du Zohar.

בגופא דמלכא שלמעלה מעלה מבחי׳ זיו והארה, והגם שבבחי׳ זו א״א [אי אפשר] להיות ע״ד [על דרך] יושבין ונהנין מזיו כ״א [כי אם] אדרבה בחי׳ ביטול במציאות וכביטול והתכללות הנר באבוקה ()(וכמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] פי״ט)

dans le corps du Roi, bien au-dessus du niveau du rayonnement et de la lueur. Et bien qu’à ce niveau il ne soit pas possible de se trouver dans la condition de « s’asseoir et jouir du rayonnement », c’est au contraire une annulation de l’existence, comme l’annulation et l’inclusion d’une bougie dans une torche (ainsi qu’il est écrit dans le Sefer Shel Beinonim [Tanya], chapitre 19),

Explication

Le « corps du Roi » représente l’essence même de D.ieu, bien au-dessus de tout rayonnement. Là, l’âme ne peut pas continuer à « s’asseoir et jouir du rayonnement », comme le décrit le Talmud à propos des justes dans le Monde futur (Berakhot 17a) ; son existence même est au contraire annulée, comme la flamme d’une bougie qui se fond dans une torche, ainsi que l’explique le Tanya, chapitre 19.

הגם שתהי׳ [שתהיה] אין ואפס ותתבטל שם במציאות לגמרי כו׳, משא״כ בחי׳ יושבין ונהנין שמהותה ועצמותה

bien que [l’âme] ne soit rien ni néant et qu’elle soit là entièrement annulée dans son existence, etc. ; tandis qu’au niveau de « s’asseoir et jouir », son essence et son être [demeurent]

Explication

Dans les termes du Tanya, chapitre 19, l’âme aspire à cela même si elle devient là « rien ni néant ». En revanche, les âmes qui « s’assoient et jouissent » dans le Gan Eden demeurent intactes en tant qu’êtres existants.

כמו שהוא כו׳ אעפ״כ [אף על פי כן] זה רצונה וחפצה להתבטל במהותו ועצמותו מלהיות נהנין רק מזיו כו׳

tels qu’ils sont, etc. ; néanmoins, telle est sa volonté et son désir : être annulée dans Son essence et Son être, plutôt que de jouir seulement de Son rayonnement, etc.

Explication

Malgré cela, la volonté et le désir de l’âme sont d’être annulée dans l’essence même de D.ieu, plutôt que de jouir seulement de Son rayonnement. Le Tanya qualifie cette aspiration de partie intégrante de la nature même de l’âme.

(ועמ״ש בד״ה מצה זו בענין מוחין דאבא ומוחין דאימא ועמ״ש בפ׳ בהר בד״ה כי תבואו אל הארץ בענין ונפש כי תקריב).

(Voir ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Cette matsa », au sujet de l’intellect (mo'hin) d’Abba et de l’intellect d’Imma ; et voir ce qui est écrit dans la paracha Behar, dans le discours qui commence par « Quand vous entrerez dans le pays », au sujet de « Lorsqu’une âme apporte [une offrande] ».)

Explication

La parenthèse renvoie à deux maamarim de Likkutei Torah. « Cette matsa » (paracha Tsav) oppose l’intellect (mo'hin) d’Abba, révélé le Chabbat, à l’intellect d’Imma, révélé dans la joie des fêtes ; « Quand vous entrerez dans le pays » (paracha Behar) parle de l’âme qui s’offre dans la prière : « Lorsqu’une âme apporte une offrande » (Lévitique 2:1).

ואהבה זו נק׳ בחי׳ דכר כמו מעלת הזכר על הנקבה כי נשים דעתן קלות משא״כ הזכר שהוא בר דעת,

Cet amour est appelé le niveau du masculin (de'har), comme la supériorité du masculin sur le féminin ; car « l’esprit des femmes est léger », tandis que le masculin est celui qui possède la connaissance (bar Daat).

Explication

Le grand amour est appelé « masculin », car le masculin représente ici un esprit ferme. La formule talmudique « l’esprit des femmes est léger » (Chabbat 33b) est employée comme catégorie de l’âme : le mode « féminin » désigne un esprit facilement influencé, le « masculin » un bar Daat, celui dont la connaissance est fermement établie.

וזהו שבחי׳ אה״ר [אהבה רבה] הנ״ל נק׳ דכר שהוא דעת חזק שבוחר העיקר ולא הטפל הגם שלא יהי׳ [יהיה] בבחי׳ יש כו׳

C’est pourquoi le niveau du grand amour mentionné plus haut est appelé le masculin (de'har) : il est une connaissance (Daat) ferme, qui choisit l’essentiel et non le secondaire, bien qu’il ne soit pas au niveau d’un yesh, d’un être existant, etc.

Explication

Le grand amour est « masculin » parce qu’il procède d’un Daat ferme, d’une connaissance assurée qui choisit l’essentiel, D.ieu Lui-même, plutôt que le secondaire, Son rayonnement. Il fait ce choix même si, alors, la personne n’existera plus comme un yesh, un être qui se tient par lui-même.

ואינו חפץ הטפל אף שיהי׳ [שיהיה] נשאר על מהותו נהנין מזיו כו׳, ואע״פ [ואף על פי] שגם בחי׳ זו נק׳ מקור חיים וכדאי כל יסורים דגיהנם בשביל ליתי לג״ע [לגן עדן] אפ״ה [אפילו הכי] הוא

et il ne désire pas le secondaire, bien qu’avec lui il demeure dans sa propre essence, jouissant du rayonnement, etc. Et bien que ce niveau aussi soit appelé « la source de vie », et que « toutes les souffrances du Guehinom valent la peine pour parvenir au Gan Eden », néanmoins, il est

Explication

Il ne veut pas du secondaire, même si cela lui permettrait de demeurer lui-même et de jouir du rayonnement de D.ieu. Le Gan Eden est bien appelé « la source de vie », et il est dit que toutes les souffrances du Guehinom valent la peine pour y parvenir ; cela rappelle le souhait de Rabbi Meïr pour A'her, dans 'Haguiga 15b : qu’il soit jugé, puis qu’il accède au Monde futur.

רק בחי׳ עמך כנ״ל ואינו ערוך כלל לגבי אור א״ס [אין סוף] ב״ה כי ביו״ד נברא העוה״ב [העולם הבא], שכל בחי׳ העוה״ב [העולם הבא] אינו אלא בחי׳ נקודה.

seulement le niveau de « avec Toi », comme mentionné plus haut, et il n’est nullement comparable à la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il ; car « le Monde futur fut créé avec le youd », puisque tout le niveau du Monde futur n’est rien de plus que le niveau d’un point.

Explication

Même le Gan Eden n’est que « avec Toi » et n’est nullement comparable à la Lumière infinie. Le Talmud (Menachot 29b) dit que le Monde futur fut créé avec la lettre youd, la plus petite des lettres, un simple point ; ainsi, tout le Monde futur n’est qu’un « point » auprès de D.ieu.

Le paragraphe 2 en bref

Ce paragraphe applique la règle talmudique au service divin : lorsque la Communauté d’Israël s’éveille la première, elle « donne naissance » à un garçon, le grand amour qui désire D.ieu Lui-même, et non même les plaisirs du Gan Eden. Cet amour est qualifié de masculin parce qu’il naît d’une Daat ferme qui choisit l’essentiel plutôt que le secondaire, même au prix de soi-même.

Pour aller plus loin

Le Tanya, chapitre 19, cité par le maamar, décrit comme une inclination naturelle de l’âme son désir de s’attacher à sa source, même au prix de sa propre existence. Une note du Rabbi citée dans les notes Kehot (Sefer HaMaamarim Melukat, vol. 3, p. 104, n. 47) explique que ce désir dépasse l’intellect et suggère que, lorsque le Likkutei Torah attribue sa cause à une « Daat ferme », cela signifie que la volonté enracinée dans la nature de l’âme agit sur l’intellect. Le Likkutei Torah sur Vayikra (2c) utilise la même distinction pour expliquer pourquoi l’inspiration qui ne vient que d’en haut s’évanouit après la prière, tandis que l’amour né de l’effort propre de la personne constitue une « Daat ferme dans le service divin ».

Maré mekomot

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    כי עמך מקו״ח · שם לו, י. ראה לקו״ת בשלח א, ג. בחוקותי נא, ד.
  5. 5
    כי עמך מקור חיים · Psalms 36:10
  6. 6
    לית מחשבה תפיסא בי׳ כלל · ת״ז בהקדמה.
  7. 7
    לית מחשבה תפיסא בי׳ כלל · Tikkunei Zohar 17a:10–12
  8. 8
    ולאשתאבא בגופא דמלכא · Zohar I, 217b
  9. 9
    יושבין ונהנין מזיו · Berakhot 17a:12
  10. 10
    (וכמ״ש בסש״ב פי״ט) · ”דזה שנשמת האדם רוצה לידבק בשרשה ומקורה בה׳ חיי החיים ב״ה הגם שתהי׳ אין ואפס ותתבטל שם במציאות לגמרי, הוא טבע שלמעלה מהשכל, דהגם שזה שרוצה לידבק בה׳ הוא מפני שהוא ”חיי החיים” (תכלית העילוי), מ״מ, מכיון שהוא יהי׳ עי״ז אין ואפס, הרצון לידבק בשרשו הוא טבע שלמעלה מהשכל. ואולי י״ל דמ״ש בלקו״ת שם שהסיבה לרצון זה הוא ”דעת חזק” [ובפרט שבלקו״ת גופא מציין לתניא שם] — הכוונה היא, דהרצון שמצד טבע הנשמה פועל על השכל”, סה״מ מלוקט-ג הנ״ל ע׳ קד הערה 47.
  11. 11
    הגם שתהי׳ אין ואפס ותתבטל שם במציאות לגמרי · Tanya, Likkutei Amarim 19:4
  12. 12
    בד״ה מצה זו · לעיל יא, ד.
  13. 13
    בפ׳ בהר בד״ה כי תבואו אל הארץ · לקמן מ, ג.
  14. 14
    נשים דעתן קלות · Shabbat 33b:6
  15. 15
    נק׳ דכר שהוא דעת חזק שבוחר העיקר ולא הטפל · ראה בד״ה ביום עשתי עשר יום תשל״א (נדפס בסה״מ מלוקט-ג ע׳ קג הערה 46).
  16. 16
    שגם — וכדאי כל יסורים דגיהנם · Chagigah 15b
  17. 17
    ביו״ד נברא העוה״ב · Menachot 29b:13–14
  18. 18
    שכנס״י נק׳ אשה . . והקב״ה נק׳ איש · ראה לקו״ש חי״ז ע׳ קמז.

La récompense et l’amour inférieur ¶3–4

3ולכן לא יחפוץ לעשות הטפל עיקר בשביל הלגרמיה שלו. וזהו הנק׳ במשנה שלא על מנת לקבל פרס שבחי׳ נהנין מזיו נק׳ פרס שאינו רק פרוסה מלשון הלא פרוס לרעב לחמך,

Il ne voudra donc pas faire du secondaire l’essentiel pour son propre intérêt (legarmeih). C’est ce que la Michna appelle « ne pas agir en vue de recevoir une récompense (peras) » : le niveau du « jouir de Son rayonnement » est appelé peras, car ce n’est rien de plus qu’un morceau (proussa), selon l’expression : « N’est-ce pas partager (paros) ton pain avec l’affamé ? »

Explication

Puisque celui qui éprouve un grand amour désire D.ieu Lui-même, il ne fera pas de ce qui est secondaire — sa propre jouissance — l’essentiel pour son propre intérêt. La Michna (Avos 1:3) nous demande de servir « sans agir en vue de recevoir une récompense (peras) », et l’Admour Hazaken entend dans peras le mot proussa, un simple morceau, comme dans les paroles d’Isaïe : « partager (paros) ton pain avec l’affamé » (Isaïe 58:7).

ולכן אינו חפץ בפרוסה זו וזיו זה כ״א [כי אם] לאשתאבא בגופא דמלכא בבחי׳ ביטול בעצמיות אור א״ס [אין סוף] ב״ה כו׳, אשר שם פרוסה הנ״ל כלא ממש חשיבי כטפה באוקיינוס.

Il ne désire donc ni ce morceau ni ce rayonnement, mais seulement être absorbé dans le corps du Roi, dans un état d’annulation de soi (bitoul), au sein même de l’essence de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, etc. Là, le morceau mentionné plus haut est véritablement « considéré comme rien », tel une goutte dans l’océan.

Explication

Jouir du rayonnement de D.ieu dans le Gan Eden n’est qu’un « morceau » de Sa lumière. Celui qui éprouve un grand amour désire plutôt être absorbé dans l’essence de D.ieu, où ce morceau ne compte absolument pour rien, tel une goutte dans l’océan.

משא״כ בחי׳ יולדת נקבה זהו בחי׳ אהבה זוטא שהאהבה היא על מנת לקבל פרס בג״ע [בגן עדן]

En revanche, le niveau de « celle qui met au monde une femelle » correspond à un amour moindre (ahava zouta), un amour qui vise à recevoir une récompense dans le Gan Eden ;

Explication

À l’inverse, la naissance de la « femelle » correspond à l’ahava zouta, l’amour moindre. Cet amour aime D.ieu afin de recevoir une récompense, la jouissance du Gan Eden.

דהיינו שחפץ קרבת אלהים ולדבקה בו, דהיינו שתשאר עצמות ומהות הנפש כמו שהיא דבוקה בו ית׳ בג״ע [בגן עדן].

c’est-à-dire qu’il désire être proche de D.ieu et s’attacher à Lui ; autrement dit, que l’essence et l’être de l’âme demeurent tels qu’ils sont, attachés à Lui, béni soit-Il, dans le Gan Eden.

Explication

L’amour moindre est un véritable désir d’être proche de D.ieu et de s’attacher à Lui. Mais il souhaite que l’âme demeure elle-même, un être distinct attaché à D.ieu dans le Gan Eden, plutôt que d’être annulée en Lui.

Le paragraphe 3 en bref

Ce paragraphe associe le grand amour au service de D.ieu « sans agir en vue de recevoir une récompense » : la récompense du Gan Eden n’est qu’un « morceau », tandis que le grand amour désire l’essence de D.ieu. L’amour moindre, figuré par la « femelle », aspire à être proche de D.ieu tout en demeurant lui-même.

Pour aller plus loin

Cette lecture fait de l’enseignement éthique de la Michna la description de deux formes d’amour : même le désir d’une récompense spirituelle, la jouissance du Gan Eden, reste une forme de préoccupation de soi (legarmeih), face à l’amour qui ne désire que D.ieu. Les notes de Kehot renvoient à une autre explication de « ne pas agir en vue de recevoir une récompense » dans les discours de l’Admour Hazaken sur les paroles des Sages (p. 88), ainsi qu’à l’explication de ce passage dans les discours de mariage du Mitteler Rebbe (p. 321).

Maré mekomot

  1. 1
    שלא על מנת לקבל פרס · Pirkei Avot 1:3
  2. 2
    הלא פרוס לרעב לחמך · Isaiah 58:7
  3. 3
    שלא ע״מ לקבל פרס · אבות א, ג. ראה הביאור בדרושי חתונה לאדה״א שם ע׳ שכא. עוד פי׳ במאמרי אדה״ז על מארז״ל ע׳ פח.

4וזהו בחי׳ נפשי אויתיך כאדם המתאוה לחיי נפשו כו׳ ולכן בוחר יותר בבחי׳ הפרס שהוא רק זיו והארה ביו״ד נברא כו׳

C’est le niveau de « Mon âme, je T’ai désiré », comme une personne qui aspire à la vie de son âme, etc. C’est pourquoi il préfère le niveau de la récompense, qui n’est qu’un rayonnement et une lueur, « créé avec le yod », etc.,

Explication

L’amour inférieur est décrit par « Mon âme, je T’ai désiré » (Isaïe 26:9), que le Tanya, chapitre 44, explique comme le désir de D.ieu à la manière dont une personne aspire à la vie de sa propre âme. Puisque cet amour recherche la vie pour soi-même, il préfère la récompense, le rayonnement du Monde futur, qui fut « créé avec le yod », simple point.

כדי לישאר על מהותו ועצמותו של הנפש ואינו חפץ לאשתאבא וליבטל כהתכללות נר באבוקה בעצמיות

afin de demeurer dans sa propre essence et son propre être, ceux de l’âme, et il ne désire pas être absorbé et annulé, comme une bougie qui se fond dans une torche, dans l’essence même

Explication

Une personne animée par cet amour veut conserver sa propre existence en tant qu’âme. Elle ne veut pas être absorbée et annulée dans l’essence de D.ieu, comme une bougie engloutie par une torche.

אור א״ס [אין סוף] ב״ה, ונק׳ בחי׳ אהבה זוטא זו בשם נקבה שדעתה קלה שעושה את הטפל עיקר דהיינו ע״מ [על מנת] לקבל פרס בשביל הלגרמיה שלו.

de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il. Ce niveau d’amour inférieur est appelé « femelle », dont l’esprit est léger, car il fait du secondaire l’essentiel : autrement dit, [il agit] afin de recevoir une récompense, pour son propre intérêt (legarmeih).

Explication

L’amour inférieur est donc appelé « femelle », dont l’esprit est « léger » : il fait de l’élément secondaire — la récompense — la chose principale. Il agit en vue d’une récompense, pour son propre intérêt (legarmeih).

Le paragraphe 4 en bref

Ce paragraphe identifie l’amour inférieur à « Mon âme, je T’ai désiré » : un amour de D.ieu comme de sa propre vie, qui choisit la récompense du Gan Eden afin de demeurer une âme distincte. Parce qu’il place le secondaire au premier plan, il est appelé « femelle ».

Pour aller plus loin

Le Tanya, chapitre 44, comprend « Mon âme, je T’ai désiré » ainsi : puisque Toi, D.ieu, Tu es mon âme et ma véritable vie, je Te désire comme une personne aspire à sa propre vie. Ici, l’Alter Rebbe situe cet amour au-dessous du grand amour : aussi précieux soit-il, il veut encore que l’âme continue à vivre en tant que soi-même.

Maré mekomot

  1. 1
    נפשי אויתיך · Isaiah 26:9
  2. 2
    כאדם המתאוה לחיי נפשו · Numbers 8:3
  3. 3
    ביו״ד נברא · Menachot 29b:13–14

Qui suscite l’éveil en premier ¶5–6

5וזהו נפשי אויתיך בלילה שבחי׳ אהבה זו נק׳ עדיין לילה היא אהבה של חושך כו׳.

C’est là le sens de « Mon âme, je T’ai désiré dans la nuit » : ce niveau d’amour est encore appelé « nuit » ; c’est un amour d’obscurité, etc.

Explication

Le verset se termine par « dans la nuit », et l’Admour Hazaken y voit une description de l’amour lui-même, qui est d’un degré inférieur. C’est encore la « nuit », un amour d’obscurité, en comparaison de l’amour immense.

וזהו הפי׳ שכשהאשה מזרעת תחלה יולדת זכר. משא״כ איש מזריע תחלה יולדת נקבה. כי הנה נודע שהאוי״ר [שהאהבה ויראה] שהאדם מעורר בנפשו הם רק אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] לאהוי״ר [לאהבה ויראה] הבאים מלמעלה בבחי׳ אתעדל״ע [אתערותא דלעילא]

C’est là le sens de [l’enseignement selon lequel] lorsque la femme émet sa semence en premier, elle donne naissance à un garçon, tandis que [lorsque] l’homme émet sa semence en premier, elle donne naissance à une fille. Car il est connu que l’amour et la crainte qu’une personne suscite dans son âme ne sont qu’un éveil d’en bas en vue de l’amour et de la crainte qui viennent d’en haut, sous la forme d’un éveil d’en haut.

Explication

Le maamar explique à présent la règle talmudique. Tout l’amour et toute la crainte qu’une personne suscite en elle-même ne sont qu’un éveil d’en bas, qui fait surgir l’amour et la crainte d’en haut, accordés sous la forme d’un éveil d’en haut.

(כמ״ש ע״פ וארא אל אברהם ובהערה לתיקון חצות), ולכן אם האתעדל״ת [האתערותא דלתתא] קדמה תחלה שמייגע א״ע [את עצמו] להוליד אהוי״ר [אהבה ויראה] מרוח בינתו כו׳

(comme cela est expliqué à propos du verset « Je suis apparu à Abraham », ainsi que dans la note sur Tikkun Chatzos). Par conséquent, si l’éveil d’en bas vient en premier, lorsque l’on fait effort pour faire naître l’amour et la crainte de l’esprit de sa compréhension, etc.,

Explication

La parenthèse renvoie à l’explication du verset « Je suis apparu à Abraham » (Exode 6, 3) et à la note sur Tikkun Chatzos, la lamentation de minuit. Lorsque l’éveil d’en bas vient en premier, la personne s’applique à faire naître l’amour et la crainte de « l’esprit de sa compréhension », par sa propre méditation.

אזי נמשך האתעדל״ע [האתערותא דלעילא] מבחינה ומדרגה גבוה מפנימית האור והחיות שמאיר אור א״ס [אין סוף] ב״ה בכנ״י [בכנסת ישראל], ועי״ז יולדת זכר שיערה עליו רוח ממרום להיות האהבה בבחי׳ אהבה רבה למעלה מהשגת נפשו שיחפוץ ליכלל ולאשתאבא כו׳.

alors l’éveil d’en haut est attiré d’un niveau et d’un degré élevés, de la dimension intérieure de la lumière et de la force vitale par lesquelles la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, éclaire la Communauté d’Israël ; et par cela, elle donne naissance à un garçon : « un esprit d’en haut sera répandu sur lui », de sorte que l’amour soit du degré de l’amour immense, au-delà de la compréhension de son âme, et qu’il désire être inclus et absorbé, etc.

Explication

Dans ce cas, l’éveil d’en haut vient d’un niveau élevé : de la dimension intérieure de la lumière par laquelle la Lumière infinie éclaire la Communauté d’Israël. C’est la naissance « masculine » : « un esprit d’en haut sera répandu » (Isaïe 32, 15), et l’amour devient un amour immense, au-delà de la compréhension propre de l’âme : celle-ci désire être incluse et absorbée en D.ieu.

אך לפעמים הגם שאין אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] מלמטה עכ״ז [עם כל זה] נמשך אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] תחלה לעורר אתעדל״ת [אתערותא דלתתא], וזהו הנק׳ איש מזריע תחלה.

Mais parfois, même en l’absence d’éveil d’en bas, un éveil d’en haut est néanmoins attiré en premier afin de susciter un éveil d’en bas ; c’est ce que l’on appelle « l’homme émet sa semence en premier ».

Explication

Parfois, il n’y a aucun éveil d’en bas, et D.ieu envoie d’abord un éveil d’en haut afin d’en susciter un chez la personne. C’est ce que le Talmud appelle « l’homme émet sa semence en premier ».

Le paragraphe 5 en bref

Ce paragraphe explique la règle en termes de service divin : lorsque l’effort de la personne vient en premier, la réponse d’en haut vient de la dimension intérieure de la lumière et produit un amour immense, une naissance « masculine » ; lorsque l’éveil vient d’en haut en premier, c’est le cas où « l’homme émet sa semence en premier ».

Pour aller plus loin

Ce schéma repose sur le principe qu’un éveil d’en bas suscite un éveil d’en haut. Le point remarquable est que la réponse supérieure, issue de la dimension intérieure de la lumière, vient précisément lorsque l’effort humain précède ; tandis qu’un don d’en haut qui vient sans effort demeure à l’extérieur, comme l’explique le paragraphe suivant.

Maré mekomot

  1. 1
    נפשי אויתיך בלילה · Isaiah 26:9
  2. 2
    וארא אל אברהם · Exodus 6:3
  3. 3
    ובהערה לתיקון חצות · סידור עב, א.
  4. 4
    שיערה עליו רוח ממרום · Isaiah 32:15

6ואתעדל״ע [ואתערותא דלעילא] זו כיון שנמשכה בלי אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] אינה רק מבחי׳ חיצוניות האור והחיות שמאיר א״ס [אין סוף] ב״ה, ולכן אעפ״י [אף על פי] שהיא מעוררת ג״כ התהוות אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] ונעשה בחי׳ הולדה מאחר שיש אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] ואתעדל״ת [ואתערותא דלתתא],

Puisque cet éveil d’en haut (l’éveil d’en haut) est attiré sans éveil d’en bas, il ne relève que de l’aspect extérieur (’hitsoniyout) de la lumière et de la force vitale par lesquelles l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, rayonne. Ainsi, bien qu’il suscite lui aussi la venue à l’existence d’un éveil d’en bas, et qu’une naissance ait lieu, puisqu’il y a [à la fois] un éveil d’en haut et un éveil d’en bas,

Explication

Un éveil d’en haut qui survient sans aucun éveil d’en bas ne provient que de l’aspect extérieur (’hitsoniyout) de la lumière par laquelle l’Infini rayonne. Il suscite bien un certain éveil d’en bas chez la personne ; puisque les deux éveils sont alors présents, il y a effectivement une « naissance » de l’amour.

אך ההולדה היא רק בחי׳ נקבה שהוא האהבה זוטא הנ״ל לרוות צמאונה לבד ולא להשתפך נפשה בביטול ההשגה כנר בפני האבוקה.

mais la naissance ne relève que du niveau féminin : il s’agit de l’amour moindre (ahava zouta) mentionné plus haut, qui ne vise qu’à étancher sa soif, et non à voir son âme se répandre dans l’annulation de la compréhension, comme une flamme devant une torche.

Explication

Ce qui naît, toutefois, n’est que « féminin » : c’est l’amour moindre, un amour qui veut étancher sa propre soif de D.ieu. Il ne va pas jusqu’au point où l’âme se répand et où sa compréhension s’annule, comme une flamme devant une torche.

ועיין בזהר פ׳ תזריע דמ״ה סע״א [סוף עמוד א] ועמ״ש סד״ה והיה מספר בענין בת קול מכרזת, ועמ״ש בד״ה שבת שבתון הוא.

Voir le Zohar, Parachat Tazria, folio 45, fin du côté a ; voir ce qui est écrit à la fin du discours qui commence par « Et le nombre [des enfants d’Israël] sera », au sujet de « une voix céleste (bat kol) proclame » ; et voir ce qui est écrit dans le discours qui commence par « C’est un Chabbat de repos complet ».

Explication

Le Zohar sur Tazria (3:45a) décrit le même schéma : lorsque la Communauté d’Israël éveille d’abord son désir, tout est comblé du côté droit ; lorsque le Saint béni soit-Il éveille d’abord, tout se trouve du côté féminin. Le maamar renvoie également aux explications données sur « Et le nombre des enfants d’Israël sera » (Osée 2:1), à propos d’une voix céleste qui proclame, et sur « C’est un Chabbat de repos complet ».

Le paragraphe 6 en bref

Ce paragraphe explique pourquoi « l’homme émet sa semence en premier » ne produit qu’une « femelle » : un éveil d’en haut qui survient sans effort humain provient de l’aspect extérieur de la lumière ; l’amour qu’il suscite n’est donc que l’amour moindre, une soif de D.ieu qui laisse le moi intact.

Pour aller plus loin

Le Zohar sur Tazria (3:45a) enseigne cela en des termes presque identiques. Dans le Likkutei Torah sur Bamidbar (« Et le nombre des enfants d’Israël sera »), l’Admour Hazaken relie « l’homme émet sa semence en premier, elle enfante une femelle » à l’époque où le Saint Temple n’est pas debout, lorsque l’éveil d’en haut doit venir en premier.

Maré mekomot

  1. 1
    ועיין — סד״ה והי׳ מספר · Numbers 6:3
  2. 2
    והיה מספר · Hosea 2:1

La stérile ¶7–8

7והנה כשכנס״י [כשכנסת ישראל] היא בבחי׳ זו דאיש מזריע תחלה נקראת עקרה ואע״ג [ואף על גב] שיולדת נקבה שהיא בחי׳ אהבה זוטא נקראת עקרה כאילו אינה יולדת כלל,לפי שגם הולדה זו לא נמשך בה מצד עצמה ע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] שלה,

Or, lorsque la Communauté d’Israël se trouve à ce niveau où « l’homme émet sa semence le premier », elle est appelée stérile. Et bien qu’elle donne naissance à une fille — qui représente le niveau de l’amour moindre —, elle est appelée stérile, comme si elle ne donnait pas du tout naissance, car cette naissance aussi ne lui a pas été suscitée de son propre côté, par son propre éveil d’en bas,

Explication

Lorsque la Communauté d’Israël se trouve dans l’état où « l’homme émet sa semence le premier », elle est appelée « stérile ». Bien qu’elle donne naissance à une « fille », qui représente l’amour moindre, c’est comme si elle n’avait rien enfanté, car cet amour ne provient pas de son propre éveil d’en bas.

רק שנמשך ע״י קדימת האתעדל״ע [האתערותא דלעילא] דאיש מזריע תחלה, א״כ [אם כן] אין נק׳ ההולדה על שמה, ולכן נקראת עקרה.

mais seulement par la primauté de l’éveil d’en haut, lorsque « l’homme émet sa semence le premier ». Ainsi, cette naissance n’est pas attribuée à son nom, et c’est pourquoi elle est appelée stérile.

Explication

La naissance a eu lieu uniquement parce que l’éveil d’en haut l’a précédée. Elle ne lui est donc pas attribuée, et elle est appelée stérile.

Le paragraphe 7 en bref

Le paragraphe répond à la question initiale : comment une femme « stérile » peut-elle avoir des enfants ? La Communauté d’Israël est appelée stérile lorsque son amour provient uniquement d’un éveil d’en haut, car une telle naissance n’est pas attribuée à son nom.

8וע״ז [ועל זה] אמר ותגל העקרה בקבוץ בניה פי׳ שאף גם כשהיא בבחינת עקרה אלא שהאתעדל״ע [שהאתערותא דלעילא] מקדים לבוא לעורר אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] אעפ״כ [אף על פי כן] יהיה קבוץ בניה

À ce propos, il est dit : « Et la stérile exultera en rassemblant ses enfants. » C’est-à-dire que même lorsqu’elle est au niveau de la stérile, et que seul l’éveil d’en haut (l’éveil d’en haut) vient d’abord susciter l’éveil d’en bas (l’éveil d’en bas), il y aura néanmoins le rassemblement de ses enfants,

Explication

Tel est le sens de la bénédiction : « Et la stérile exultera en rassemblant ses enfants. » Même lorsque la Communauté d’Israël est « stérile » et que l’éveil d’en haut vient en premier, elle aura néanmoins des enfants rassemblés auprès d’elle.

דהיינו שתהיה יולדת זכר, ואיך יהיה זה, לזה אמר בשמחה שע״י השמחה של מצוה יוכל להיות בחי׳ זו, דאע״ג [דאף על גב] שאיש מזריע תחלה עכ״ז [עם כל זה] תהי׳ [תהיה] יולדת זכר.

c’est-à-dire qu’elle donnera naissance à un mâle. Comment cela se produira-t-il ? À cela, il est dit : « dans la joie » : grâce à la joie d’une mitsva, ce niveau pourra se manifester, de sorte que, même si l’homme émet sa semence en premier, elle donnera néanmoins naissance à un mâle.

Explication

Ces « enfants » sont une naissance masculine, un grand amour. Les derniers mots de la bénédiction, « dans la joie », indiquent comment cela se produit : grâce à la joie d’une mitsva, elle peut donner naissance à un mâle, même lorsque « l’homme émet sa semence en premier ».

Le paragraphe 8 en bref

Ce paragraphe interprète la bénédiction comme une promesse : même lorsque la Communauté d’Israël est « stérile », elle donnera naissance à un mâle, à un grand amour, et cela se produira « dans la joie », grâce à la joie d’une mitsva.

La puissance de la joie ¶9

9והענין דהנה כתיב תחת אשר לא עבדת את ה׳ אלהיך בשמחה ובטוב לבב מרוב כל ועבדת את אויביך וגו׳ [וגומר].

L’explication est la suivante : il est écrit : « Parce que tu n’as pas servi Havaya ton D.ieu avec joie et le cœur heureux, au milieu de l’abondance de toutes choses, tu serviras tes ennemis », etc.

Explication

Pour expliquer la force de la joie, le maamar cite l’avertissement contenu dans les réprimandes de la paracha Ki Tavo : « Parce que tu n’as pas servi Havaya ton D.ieu avec joie et le cœur heureux… tu serviras tes ennemis » (Deutéronome 28:47–48).

דלכאורה משמע אע״פ [אף על פי] שעובד אלקים רק שאין העבודה בשמחה וטוב לבב אזי יומשך העונש ועבדת את אויביך, וזה אינו מובן כי מפני מה יהי׳ [יהיה] העונש המר הזה מחמת חסרון השמחה לבד.

À première vue, cela signifie que même si l’on sert D.ieu, mais que le service n’est pas accompli avec joie et le cœur heureux, le châtiment « tu serviras tes ennemis » s’ensuivra. Or cela est difficile à comprendre : pourquoi ce châtiment si amer devrait-il venir du seul fait que la joie fait défaut ?

Explication

Si on le lit simplement, le verset semble dire que même celui qui sert D.ieu, mais sans joie, sera puni en étant asservi à ses ennemis. Cela est difficile à comprendre : pourquoi un châtiment si amer devrait-il venir du seul manque de joie ?

אך הענין כמ״ש כי אדם אין צדיק בארץ אשר יעשה טוב ולא יחטא ומחמת זה נמשך העונש ואעפ״כ [ואף על פי כן] אילו הי׳ [היה] עובד את

Mais l’explication est celle-ci, comme il est écrit : « Car il n’est pas de juste sur terre qui fasse le bien sans pécher » ; c’est à cause de cela que le châtiment s’ensuit. Néanmoins, s’il avait servi

Explication

La réponse est que le châtiment est en réalité dû aux péchés, car « il n’est pas de juste sur terre qui fasse le bien sans pécher » (Ecclésiaste 7:20). La joie aurait pu l’empêcher.

ה׳ בשמחה של מצוה הי׳ [היה] גדול כח שמחה זו שמעורר השמחה למעלה כביכול והיא מבטלת הדינים כו׳ כי באור פני מלך חיים כו׳

D.ieu avec la joie d’une mitsva, la force de cette joie aurait été grande, car elle aurait éveillé la joie en haut, pour ainsi dire, et celle-ci aurait annulé les jugements, etc. Car « dans la lumière du visage du Roi est la vie », etc.

Explication

S’il avait servi D.ieu avec la joie d’une mitsva, sa joie aurait éveillé la joie en haut, et la joie d’en haut annule les jugements. Comme le dit le verset : « Dans la lumière du visage du Roi est la vie » (Proverbes 16:15) : lorsque le visage du Roi rayonne, il y a la vie plutôt que le jugement.

(וע׳ [ועיין] בזהר פ׳ תצוה דף קפ״ד ע״ב), משא״כ תחת אשר לא עבדת בשמחה כו׳ נמשך העונש על העוונות אשר אין צדיק בארץ כו׳ כנ״ל.

(Voir à ce sujet le Zohar, paracha Tetsavé, folio 184, côté b.) En revanche, « parce que tu n’as pas servi avec joie », etc., le châtiment s’ensuit pour les péchés, [car] « il n’est pas de juste sur terre », etc., comme indiqué plus haut.

Explication

Le Zohar (2:184b) enseigne que la joie d’une personne ici-bas suscite une autre joie, supérieure, et que le monde inférieur reçoit d’en haut selon le visage qu’il présente. Sans joie, le châtiment pour les péchés, auxquels nul n’échappe entièrement, prend effet.

ועד״ז [ועל דרך זה] יובן גם כאן כי הנה כל הנ״ל מה שיש הפרש בין אשה כי תזריע שאז יולדת זכר ובין איש מזריע תחלה שאינה יולדת

De même, on comprendra aussi ce qui suit : tout ce qui a été dit plus haut au sujet de la différence entre « lorsqu’une femme émet sa semence », auquel cas elle donne naissance à un mâle, et « l’homme émet sa semence d’abord », auquel cas elle ne donne pas naissance

Explication

Le même principe s’applique à la femme et à l’homme. La différence décrite plus haut entre « lorsqu’une femme émet sa semence », ce qui donne naissance à un mâle, et « l’homme émet sa semence d’abord », ce qui donne naissance à une femelle seulement, ne vaut que dans certaines conditions.

אלא נקבה, זהו דוקא כאשר אור א״ס [אין סוף] ב״ה נמשך בדרך וסדר הדרגת ההשתלשלות שע״פ מאמר קו המדה שכך היא המדה שאם אשה מזרעת תחלה ואכשור

à autre chose qu’à une femelle — cela n’est vrai que lorsque la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, est attirée selon la voie et l’ordre de la progression graduelle de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), conformément au principe du kav hamida (ligne de mesure) : telle est en effet la mesure, que si la femme émet sa semence d’abord et que les générations sont méritantes,

Explication

Cette différence ne vaut que lorsque la Lumière infinie descend à travers l’enchaînement ordonné, étape par étape, des mondes (hichtalchelout). Cet ordre suit la « ligne de mesure » (kav hamida), une mesure précise selon laquelle ce qui est donné d’en haut correspond à ce qui est accompli ici-bas.

דרי שיש אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] יומשך אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] מבחי׳ עליונה עד שתהי׳ [שתהיה] יולדת זכר בחי׳ אה״ר [אהבה רבה], משא״כ כשלא אכשור דרי וליכא אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] אזי המדה שנמשך האתעדל״ע [האתערותא דלעילא] רק מבחי׳ חיצוניות עד שאינה יולדת אלא נקבה.

il y a un éveil d’en bas (l’éveil d’en bas), un éveil d’en haut (l’éveil d’en haut) sera attiré depuis un niveau supérieur, jusqu’à ce qu’elle donne naissance à un mâle, le niveau du grand amour ; en revanche, lorsque les générations ne sont pas méritantes et qu’il n’y a pas d’éveil d’en bas, la mesure veut que l’éveil d’en haut soit attiré seulement depuis le niveau de la dimension extérieure ('hitsoniyout), de sorte qu’elle donne naissance à une femelle seulement.

Explication

Selon cette mesure, lorsque les générations sont méritantes et qu’il y a un éveil d’en bas, l’éveil d’en haut vient d’un niveau supérieur, et le grand amour — un « mâle » — naît. Lorsqu’elles ne sont pas méritantes et qu’il n’y a pas d’éveil d’en bas, l’éveil d’en haut ne vient que de la dimension extérieure, et seule une « femelle » naît.

משא״כ ע״י שמחה של מצוה שמעורר בחי׳ שמחה העליונה שהשמחה גורם הגילוי והוא שהאור בא ונמשך

En revanche, par la joie d’une mitsva, qui éveille le niveau de la joie suprême — car la joie provoque le dévoilement, c’est-à-dire que la lumière vient et se déverse,

Explication

La joie d’une mitsva agit autrement. Elle éveille la joie suprême, et la joie provoque le dévoilement : la lumière vient et se déverse en dehors de l’ordre habituel.

מעצמות המאציל בתוספות ועילוי רב שלא כדרך וסדר ההדרגה ע״ד [על דרך] דוגמא בחי׳ השמחה במלך ב״ו [בשר ודם] שיוצא אז חוץ לגדרו והגבלת המדות

depuis l’essence de l’Émanateur, avec une grande augmentation et une grande élévation, non selon la voie et l’ordre de la gradation. À titre d’illustration, on peut prendre l’état de joie d’un roi de chair et de sang, qui alors dépasse ses limites et le cadre de ses attributs mesurés,

Explication

La lumière que la joie dévoile provient de l’essence même de l’Émanateur, D.ieu en tant que source de toute émanation ; elle se déploie avec une grande abondance, et non selon l’ordre gradué. L’illustration est celle d’un roi humain dont la joie le porte au-delà de ses limites habituelles et de sa conduite mesurée.

ולכן יוכל להתגלות לקטן כמו לגדול בשוה ממש, כמ״כ [כמו כן] למעלה ממש בבחי׳ התגלות שמחה עליונה,

et il peut donc se dévoiler au petit comme au grand, en toute égalité ; de même, véritablement, En Haut, lors du dévoilement de la joie suprême,

Explication

Dans sa joie, un tel roi peut se montrer au petit comme au grand, en parfaite égalité. Il en va de même En Haut lorsque la joie suprême se dévoile.

הנה אז מתחברים ומתערבים ומתכללים יחד כל האורות עליונים עד שאין שום הפרש בין מעלה ומטה ימין ושמאל כו׳.

alors toutes les lumières supérieures s’unissent, se mêlent et s’incluent ensemble, au point qu’il n’y a absolument aucune différence entre le haut et le bas, la droite et la gauche, etc.

Explication

Lorsque la joie suprême se dévoile, toutes les lumières supérieures s’unissent et se mêlent, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus aucune différence entre le haut et le bas, la droite et la gauche. Dans cet état, la règle de la mesure ne détermine plus ce qui naît.

Le paragraphe 9 en bref

Le paragraphe explique la force de la joie. En règle générale, la lumière d’en haut suit une mesure ; ainsi, un éveil d’en haut sans effort ne fait naître qu’une « femelle ». Mais la joie d’une mitsva suscite la joie céleste, qui attire la lumière depuis l’essence de D.ieu, au-delà de toute mesure, comme un roi joyeux qui dépasse ses limites, de sorte que toutes les distinctions entre les niveaux s’effacent.

Pour aller plus loin

Le passage du Zohar cité par le maamar (2:184b) s’ouvre sur le verset « Servez D.ieu dans la joie » (Psaumes 100:2) : la joie d’une personne attire une joie supérieure, et le monde inférieur, « la pierre précieuse », reçoit d’en haut selon la lumière de son propre visage. Une note de Kehot renvoie au Likkutei Torah sur le Cantique des Cantiques (23d, section 5), où cet enseignement sur « Sos tasis » est davantage expliqué par le rapprochement entre deux sortes d’éveil d’en haut et la différence entre la Torah et les mitsvot, chacune ayant un avantage sur l’autre.

Maré mekomot

  1. 1
    והענין דהנה כתיב · ראה בסה״מ תש״י ע׳ 207 בהערה.
  2. 2
    תחת אשר . . בשמחה · Deuteronomy 28:47
  3. 3
    ועבדת את אויביך · Deuteronomy 28:48
  4. 4
    כי אדם אין צדיק בארץ · Ecclesiastes 7:20
  5. 5
    באור פני מלך · Proverbs 16:15
  6. 6
    אשה כי תזריע · Leviticus 12:2
  7. 7
    שמחה של מצוה . . זכר · הביאור ע״ז — נמצא בלקו״ת שה״ש כג, ד אות ה.

La stérile se réjouit ¶10

10ואזי נמשך שאף עקרה תקבץ בניה דהיינו שאע״פ [שאף על פי] שהיא בבחי׳ עקרה ואיש מזריע תחלה עכ״ז [עם כל זה] תהיה יולדת זכר כו׳ וכמ״ש בד״ה רני ושמחי בת כו׳ שזהו ענין איש ואיש יולד בה כו׳ ע״ש [עיין שם].

Et alors, il advient que même la stérile rassemble ses enfants : autrement dit, bien qu’elle soit au niveau d’une stérile et que l’homme émette sa semence en premier, elle donnera néanmoins naissance à un mâle, etc. Comme cela est expliqué dans le maamar commençant par « Chante et réjouis-toi, fille [de Sion] », etc. : tel est le sens de « Un homme et un homme est né en elle », etc. Voir là-bas.

Explication

La joie fait que même la « stérile » rassemble ses enfants : même lorsque l’homme émet sa semence en premier, un mâle naît. Le maamar de Torah Ohr sur « Chante et réjouis-toi, fille de Sion » (Zacharie 2:14) explique que telle est la signification de « Un homme et un homme est né en elle » (Psaumes 87:5).

וזהו שאנו מבקשים שוש תשיש ותגל העקרה כו׳ שע״י השמחה של מצוה מלמטה שהעקרה היא כנ״י [כנסת ישראל] תשיש ותגל בעצמה בשמחה של מצוה עי״ז מעוררים גילוי שמחה עליונה

C’est ce que nous demandons : « Que la stérile se réjouisse grandement (sos tasis) et exulte », etc. : par la joie d’une mitsva ici-bas, lorsque la stérile, qui est la Communauté d’Israël, se réjouit et exulte elle-même de la joie d’une mitsva, la révélation de la joie suprême est éveillée.

Explication

C’est ce que demande la bénédiction nuptiale. Selon la première lecture de tasis, la stérile, qui est la Communauté d’Israël, se réjouit et exulte elle-même de la joie d’une mitsva ici-bas ; par cela, la révélation de la joie d’en haut est éveillée.

(וכמ״ש במ״א ע״פ שוש אשיש בהוי׳ ע״ש [עיין שם]), ועי״ז אתה תשיש ותגל העקרה והוא ענין משמח ציון בבניה כו׳.

(Comme cela est expliqué ailleurs au sujet du verset « Je me réjouirai grandement en Havaya » ; voir là-bas.) Par cela, « Tu la réjouiras, et la stérile exultera ». Tel est le sens de « Il réjouit Sion par ses enfants », etc.

Explication

Le maamar renvoie à son explication, ailleurs, de « Je me réjouirai grandement en Havaya » (Isaïe 61:10). La seconde lecture s’accomplit alors : D.ieu la réjouit, et la stérile exulte, comme le conclut la bénédiction : « qui réjouit Sion par ses enfants ».

ולכן ע״י השמחה ג״כ לא יהי׳ [יהיה] בחי׳ ועבדת את אויביך שכל בחי׳ שינו יים והנפילה מעבודת ה׳ מגדלות לקטנות גם הנפילה בתאוות שזהו ענין ועבדת את אויביך כ״ז [כל זה] הוא

C’est pourquoi, grâce à la joie, il n’y aura pas non plus le niveau de « Tu serviras tes ennemis ». Car toutes les formes de changement, la chute dans le service de D.ieu, de l’état de grandeur (gadlout) à celui d’étroitesse (katnout), ainsi que la chute dans les désirs — ce que signifie « Tu serviras tes ennemis » —, tout cela

Explication

La joie protège également contre « Tu serviras tes ennemis ». Les changements et les chutes dans le service divin, de l’état d’esprit élargi (gadlout) à l’état resserré (katnout), et même la chute dans les désirs, sont ce que le verset entend par le service des ennemis.

רק תחת אשר לא עבדת בשמחה כ״א [כי אם] בבחי׳ יש מי שאוהב ומשיג שהוא בחי׳ לגרמיה ומזה נמשך הנפילה כו׳

ne survient que « parce que tu n’as pas servi avec joie », mais plutôt dans l’état d’un yéch, d’un être qui aime et comprend, c’est-à-dire au niveau de l’intérêt personnel (legarmeih) ; c’est de là que découle la chute, etc.

Explication

Tout cela ne survient que « parce que tu n’as pas servi avec joie » : on a servi en tant que yéch, un être en soi qui aime et comprend, c’est-à-dire en servant pour son propre intérêt (legarmeih). C’est de ce sentiment de soi que découle la chute.

אבל ע״י השמחה בה׳ לא יהיו שינוים אלו כו׳ (ועיין בפ׳ ויחי דרכ״א ובפ׳ אמור דק״ז בענין אתר דמשתני והיינו בחי׳ אהבה זוטא שמבחי׳ נשים דעתן קלות בבחי׳ לגרמיה

Mais, par la joie en D.ieu, ces changements n’auront pas lieu, etc. (Voir [le Zohar] dans la paracha Vayé’hi, folio 221, et dans la paracha Emor, folio 107, à propos du « lieu qui change » (atar demichtané) ; il s’agit du niveau de l’amour moindre, issu du niveau de « les femmes ont l’esprit léger », dans l’état d’intérêt personnel (legarmeih) ;

Explication

La joie en D.ieu empêche ces changements. La parenthèse renvoie au Zohar (Vayé’hi, folio 221 ; Emor, folio 107), au sujet du « lieu qui change » : il s’agit de l’amour moindre, enraciné dans « les femmes ont l’esprit léger » et dans le souci de soi, et qui, de ce fait, est changeant.

לכך יש בה שינויים וכמ״ש ע״פ חכלילי עינים משא״כ בבחי׳ אהבה רבה שמבחי׳ דכר אין בה שינויים ונק׳ עץ חיים וכמ״ש בד״ה מקושש עצים והשמחה בה׳ מרחקת ג״כ מן התאוות כמ״ש בד״ה ה׳ לי בעוזרי.

c’est pourquoi il connaît des changements, comme cela est expliqué au sujet du verset « Ses yeux sont rouges ». En revanche, le niveau du grand amour, issu du niveau masculin (de’har), ne connaît aucun changement et est appelé l’Arbre de Vie, comme cela est expliqué dans le maamar commençant par « Celui qui ramassait du bois ». La joie en D.ieu éloigne également des désirs, comme cela est expliqué dans le maamar commençant par « Havaya est pour moi parmi ceux qui me secourent ».

Explication

L’amour moindre est changeant, comme l’explique Torah Ohr au sujet de « Ses yeux sont rouges [de vin] » (Genèse 49:12), tandis que le grand amour, le « mâle », ne change pas et est appelé l’Arbre de Vie, comme l’explique le maamar sur « Celui qui ramassait du bois » (Nombres 15:32). La joie en D.ieu éloigne aussi des désirs, comme l’explique le maamar sur « Havaya est pour moi parmi ceux qui me secourent » (Psaumes 118:7).

ועמ״ש בביאור ע״פ צאינה וראינה מענין זה ועמ״ש ג״כ פ׳ בשלח ע״פ ולא נחם אלקים דרך ארץ פלשתים וע״פ אסרי לגפן כו׳ שהשמחה צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] כלולה ביראה וביטול כו׳) (ועמ״ש עוד מזה בשה״ש [בשיר השירים] בביאור ע״פ צאינה וראינה):

Et voyez ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication du verset « Sortez et voyez » ; voyez aussi ce qui est écrit dans la paracha Bechala'h au sujet du verset « D.ieu ne les conduisit pas par le chemin du pays des Philistins », ainsi qu’au sujet du verset « Attachant au cep », etc. : la joie doit être incluse dans la crainte et l’annulation de soi (bitoul), etc.) (Et voyez encore ce qui est écrit à ce sujet dans le Cantique des Cantiques, dans l’explication du verset « Sortez et voyez ».)

Explication

D’autres développements sont indiqués : l’explication de « Sortez et voyez » (Cantique des Cantiques 3:11), ainsi que Torah Ohr sur « D.ieu ne les conduisit pas par le chemin du pays des Philistins » (Exode 13:17) et sur « Attachant au cep » (Genèse 49:11). Ils enseignent que la joie doit être incluse dans la crainte et l’annulation de soi (bitoul).

Le paragraphe 10 en bref

Ce paragraphe achève l’interprétation de la bénédiction : la joie de la Communauté d’Israël dans une mitsva éveille la joie suprême, puis D.ieu fait réjouir la « stérile », de sorte que même sans éveil préalable d’en bas, un mâle — le grand amour — naît. La joie protège aussi contre les montées et les chutes du service divin, qui proviennent d’un service marqué par le sentiment de soi, à condition qu’elle soit unie à la crainte et à l’annulation de soi.

Pour aller plus loin

Une note de Kehot cite le Likkutei Si'hot (vol. 12, p. 69, n. 37) : le grand amour ne connaît pas de changements parce qu’il provient du niveau de ye'hida, le point le plus intérieur de l’âme (Likkutei Torah, Ki Tetsé 37c). Le maamar de Torah Ohr sur Bechala'h, cité à la fin, avertit qu’une joie dépourvue d’annulation de soi peut devenir la réjouissance effrénée des « Philistins » de la kelipa. C’est pourquoi D.ieu ne conduisit pas Israël directement vers la joie ; la voie juste est une joie qui découle du service divin.

Maré mekomot

  1. 1
    בד״ה רני ושמחי בת · תו״א לז, ג.
  2. 2
    רני ושמחי בת · Zechariah 2:14
  3. 3
    איש ואיש יולד בה · Psalms 87:5
  4. 4
    שוש תשיש ותגל העקרה · Ketubot 8a:4–5
  5. 5
    ע״פ שוש אשיש · ראה לקו״ת נצבים מז, א ואילך.
  6. 6
    שוש אשיש בהוי׳ · Isaiah 61:10
  7. 7
    ועבדת את אויביך · Deuteronomy 28:48
  8. 8
    תחת אשר לא עבדת בשמחה · Deuteronomy 28:47
  9. 9
    בפ׳ ויחי דרכ״א · בזהר. ראה גם באוה״ת בראשית כרך-ד דף תתקעו, ב.
  10. 10
    ע״פ חכלילי עינים · תו״א מז, א ואילך.
  11. 11
    חכלילי עינים · Genesis 49:12
  12. 12
    בבחי׳ אהבה רבה שמבחי׳ דכר אין בה שינויים · ”והטעם שבאה״ר אין שייך שינויים הוא להיותה מבחי׳ יחידה (לקו״ת תצא לז, ג)” — לקו״ש חי״ב ע׳ 69 הערה 37.
  13. 13
    בד״ה מקושש עצים · לקו״ת שלח מב, ג.
  14. 14
    מקושש עצים · Numbers 15:32
  15. 15
    בד״ה ה׳ לי בעוזרי · לקו״ת שמע״צ פח, ד ואילך.
  16. 16
    ה׳ לי בעוזרי · Psalms 118:7
  17. 17
    בביאור ע״פ צאינה וראינה · לקו״ת שה״ש כז, ב.
  18. 18
    צאינה וראינה · Song of Songs 3:11
  19. 19
    ועמ״ש . . ע״פ ולא נחם · תו״א סא, ד.
  20. 20
    ולא נחם אלקים דרך ארץ פלשתים · Exodus 13:17
  21. 21
    וע״פ אסרי לגפן · תו״א מו, ג.
  22. 22
    אסרי לגפן · Genesis 49:11

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Dans la avoda

Servez D.ieu avec joie, de la joie d’une mitsva. Une telle joie suscite une joie céleste ; ainsi, même lorsque l’inspiration d’une personne lui est venue d’en haut et non de son propre effort, elle peut encore faire naître le grand amour, et elle protège des chutes dans le service divin, de la grandeur à la petitesse et jusque dans les désirs, qui proviennent d’un service accompli avec un sentiment de soi. Cette joie doit s’accompagner de crainte et d’annulation de soi. Il convient également de faire des efforts pour éveiller soi-même l’amour et la crainte, et de diriger son amour vers D.ieu Lui-même, non vers une récompense.

Questions à discuter

  1. Quels sont les deux sens de tasis, et comment la conclusion du maamar montre-t-elle qu’ils se réalisent tous deux, l’un conduisant à l’autre ?
  2. Pourquoi l’amour qui désire D.ieu Lui-même, même au prix de l’abandon de soi, est-il appelé « mâle », tandis que l’amour qui désire le plaisir du Gan Eden est appelé « femelle » ?
  3. Pourquoi un éveil d’en haut qui vient sans effort personnel ne provient-il que de la dimension extérieure de la lumière, tandis que celui qui répond à un éveil d’en bas provient-il de sa dimension intérieure ?
  4. En quel sens la Communauté d’Israël est-elle « stérile », même lorsqu’elle donne naissance à l’amour inférieur ?
  5. Comment la joie d’une mitsva dépasse-t-elle la « ligne de mesure », et pourquoi protège-t-elle des hauts et des bas du service divin ?

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Sommaire

Likkutei Torahלקוטי תורה

Parshas Tazriaתזריע

  1. 1אשה כי תזריע וילדה זכר כו׳“When a Woman Emits Seed and Gives Birth to a Male”
  2. 2עולם לאכסדרה הוא דומה ורוח צפונית…“The World Is Like an Exedra”
  3. 3שוש תשיש ותגל העקרה בקבוץ בניה…“May the Barren One Greatly Rejoice”
  4. 4וביום השמיני ימול וגו׳“And on the Eighth Day He Shall Be Circumcised”
  5. 5אדם כי יהיה בעור בשרו“When a Man Shall Have in the Skin of His Flesh”
  6. 6בגמרא דב״מ פרק הפועלים קא מפלגי…In the Gemara, Bava Metzia, chapter HaPoalim: “They were disputing in the Academy of the Firmament…”