Likkutei Torah · Parshas Rosh Hashanah · Maamar 4
והיה ביום ההוא יתקע בשופר גדול ובאו האובדים…
« Et il adviendra en ce jour-là qu’un grand chofar retentira »
L’idée centrale
Le chofar de Roch Hachana fait descendre à nouveau la royauté de D.ieu, de la lumière qui entoure tous les mondes vers la lumière qui remplit tous les mondes, renouvelant la vie de l’année et comblant les brèches causées par le péché grâce au cri du cœur profond ; pourtant, même la lumière qui entoure tous les mondes reste définie par les mondes. Le « grand chofar » de l’Avenir fera descendre la quintessence de D.ieu, au-delà de tous les mondes, la Volonté de toutes les volontés ; il atteindra ainsi même les âmes les plus éloignées et suscitera une annulation de soi complète ainsi que la crainte.
Le maamar en bref
Le maamar demande pourquoi Isaïe qualifie de « grand » le chofar de l’Avenir, et comment Roch Hachana peut être à la fois « le commencement de Tes œuvres » et « un souvenir du premier jour ». Roch Hachana est la tête de l’année : chaque année, la royauté de D.ieu, force vitale de tous les mondes, se retire vers sa source et doit être à nouveau attirée vers le bas ; désormais, cela dépend de notre éveil d’en bas, par les versets de Royauté, de Souvenir et de Chofar. Le son sans paroles du chofar vient du cœur profond, de la Volonté suprême au-dessus de l’intellect, révélée par-dessus tout dans le cri du baal techouva ; il attire la lumière du Nom supérieur Havaya, au-dessus de 'Hokhma, et comble ainsi les brèches que le péché a causées dans le Nom inférieur, tandis que la corne physique de bélier fait descendre cette compassion dans la vie matérielle. Pourtant, tout cela provient du sovev kol almin, qui reste lié aux mondes. Le grand chofar attirera la quintessence au-delà des mondes, la Volonté de toutes les volontés : il n’a besoin ni des versets de Royauté ni de ceux du Souvenir, ne nomme personne qui le sonne, éveillera même ceux qui se sont perdus en « Assyrie » et en « Égypte », et suscitera un amour et une crainte complets. Le Jubilé et le son qui suit Néïla en sont des avant-goûts, et la paume de largeur du chofar d’aujourd’hui cédera la place à la « longueur des jours ».
Plan
- La tête de l’annéeDeux questions : l’une sur le grand chofar, l’autre sur « le commencement de Tes œuvres… un souvenir du premier jour » ; Roch Hachana est la tête d’où une nouvelle force vitale se déverse dans l’année, et cela dépend désormais de notre éveil d’en bas.¶1
- Royauté et SouvenirFaire de D.ieu un Roi attire à nouveau Sa Mal'hout, force vitale des mondes, depuis la lumière qui entoure tous les mondes vers la lumière qui réside en eux ; nous Lui demandons de « se souvenir » des mondes, qui ne sont rien devant Lui.¶2–4
- « Avec le chofar » : le cœur profondLe son simple du chofar vient du cœur profond, de la Volonté suprême au-dessus de 'Hokhma, révélée dans le cri du baal techouva ; il se situe au-dessus des lettres de la Torah, qui proviennent de 'Hokhma.¶5–6
- Combler les brèches ; la corne de bélierLa techouva et le chofar attirent la lumière du Havaya supérieur afin de combler les brèches causées par le péché dans le Nom inférieur ; la corne physique de bélier fait descendre une compassion abondante dans la vie matérielle.¶7
- Pourquoi le chofar de l’Avenir est grandMême la lumière qui entoure tous les mondes est définie par les mondes ; le grand chofar attire la quintessence au-delà d’eux, la Volonté de toutes les volontés et « Son grand Nom » ; ainsi, dans l’Avenir, il n’y aura que les versets du Chofar, sans que celui qui le sonne soit nommé.¶8
- Ils viendront se prosternerLe grand chofar atteint même les âmes perdues dans les plaisirs de l’« Assyrie » et écrasées dans les détroits de l’« Égypte » ; la montagne sainte et la crainte complète à Jérusalem ; le Jubilé et Néïla en sont des avant-goûts.¶9–11
- Havaya comme Elokim ; la paume de largeurPar « Havaya sera pour moi Elokim », le chofar de l’Avenir attire depuis un niveau au-dessus de Havaya ; la paume de largeur du chofar, de la souka et du loulav, le youd du tsimtsoum, cédera la place à la « longueur des jours », au-dessus des dix Séfirot.¶12–15
Notions clés
- La lumière qui remplit tous les mondes et la lumière qui entoure tous les mondesממלא כל עלמין וסובב כל עלמין
- Memalé est la force vitale de D.ieu, revêtue dans chaque monde selon la capacité de celui-ci, ce qui constitue Sa royauté ; sovev est la lumière qui se tient au-dessus des mondes et n’est pas modifiée par eux. Le chofar d’aujourd’hui attire sovev dans memalé.
- Faire de D.ieu un Roiכדי שתמליכוני עליכם
- La royauté de D.ieu est la force vitale des mondes et se retire chaque année vers sa source ; les versets de Royauté de Roch Hachana, qui constituent un éveil d’en bas, la font descendre à nouveau.
- La dimension intérieure du cœurפנימיות הלב
- La Volonté suprême au-dessus de l’intellect, par opposition au cœur extérieur, dont les sentiments suivent la compréhension. Elle se révèle dans le cri sans paroles de la techouva et dans le son simple du chofar.
- Les deux Noms Havayaשם הוי׳ דלעילא ושם הוי׳ דלתתא
- Le Havaya inférieur, dont les lettres sont les Séfirot de l’enchaînement descendant, est atteint par le péché ; le Havaya supérieur, la Volonté suprême au-dessus de 'Hokhma, est attiré par la techouva et le chofar afin de combler les brèches.
- La Volonté de toutes les volontésרעוא דכל רעוין
- La source de toute volonté, au-dessus de la dimension intérieure révélée aujourd’hui et au-dessus du sovev kol almin ; c’est la source du grand chofar de l’Avenir.
- Le grand chofarשופר גדול
- Le chofar de l’Avenir, qui attire la quintessence de D.ieu au-delà de la catégorie des mondes, « Son grand Nom » ; le chofar du Jubilé et le son qui suit Néïla en sont des avant-goûts.
- Paume de largeurטפח
- La mesure du chofar, de la souka et du loulav, tirée de « Ma main droite s’est étendue (tiph'ha) sur les cieux » : le youd de Havaya, le tsimtsoum. Dans l’Avenir, il cédera la place à la « longueur des jours », au-dessus des dix Séfirot.
La tête de l’année ¶1
1והיה ביום ההוא1 יתקע23 בשופר גדול456789101112 ובאו האובדים בארץ אשור13 והנדחים בארץ מצרים והשתחוו לה׳ בהר הקדש בירושלים.1415
« Et il arrivera en ce jour-là qu’un grand chofar sera sonné, et ceux qui étaient perdus dans le pays d’Assyrie et ceux qui étaient dispersés dans le pays d’Égypte viendront, et ils se prosterneront devant Havaya sur la montagne sainte, à Jérusalem. »
Le maamar s’ouvre sur Isaïe 27:13, une prophétie de la délivrance finale : un grand chofar retentira, et même les exilés perdus en Assyrie et dispersés en Égypte reviendront et se prosterneront devant D.ieu à Jérusalem. Chacune des expressions de ce verset (« grand chofar », « perdus », « dispersés », « se prosterneront », « montagne sainte », « Jérusalem ») sera expliquée à son tour.
יש להבין מ״ש בשופר גדול דמאי מעליותא דשופר גדול16 יותר על שופר שאינו גדול כמו בשופר של ר״ה [ראש השנה] של עתה
Il faut comprendre ce qui est dit : « un grand chofar ». En quoi un grand chofar est-il supérieur à un chofar qui n’est pas grand, tel le chofar de Roch Hachana à l’époque actuelle,
Première question : pourquoi le prophète qualifie-t-il de « grand » le chofar de l’avenir ? Celui que nous sonnons aujourd’hui à Roch Hachana n’est pas qualifié de grand ; quelle qualité supplémentaire aura donc le chofar futur ?
וכמו שנאמר ואד׳ הוי׳ בשופר יתקע17 ולא נזכר בשופר גדול [וקושיא זו מבואר בזהר פ׳ ואתחנן (דרס״ו ע״ב) וע״ש.18
alors qu’il est dit : « Ado-nai Havaya sonnera du chofar », sans qu’il soit fait mention d’un grand chofar ? (Cette question est expliquée dans le Zohar, Parachat Va’et’hanan (266b) ; voir là-bas.)
Zacharie 9:14 décrit également D.ieu sonnant du chofar, mais sans le qualifier de grand. L’Alter Rebbe relève que le Zohar sur la Parachat Va’et’hanan pose déjà la question de savoir quelle différence il y a entre un grand chofar et un petit, et répond qu’il s’agit du chofar céleste du Jubilé, par lequel les esclaves sont libérés.
עוד נזכר פסוק זה בגמרא (פ״ט דברכות נ״ו ב׳ פ״ק [פרק קמא] דר״ה [דראש השנה] י״א ב׳. סנהדרין ק״י ע״ב מכות כ״ד סע״א [סוף עמוד א]). רבות לך לך פמ״ב בענין והיה.
Ce verset est également mentionné dans la Guemara (Berakhot, chapitre 9, 56b ; Roch Hachana, chapitre 1, 11b ; Sanhédrin 110b ; Makot, fin de 24a) ; [dans le Midrach] Rabba, Le’h Le’ha, section 42, à propos de « Et il arrivera » ;
Cette note énumère d’autres endroits où le verset est cité. Dans le Talmud, il est cité à propos de celui qui rêve d’un chofar (Berakhot 56b), de la délivrance future au mois de Tichri (Roch Hachana 11b) et du retour des tribus perdues (Sanhédrin 110b, Makot 24a). Béréchit Rabba 42 le compte parmi les versets où le mot vehayah, « et il arrivera », annonce la joie.
ויצא פרשה ע׳ [עיין]. נשא פי״ג מדרש רות ס״פ ושם האיש אלימלך19 ובמדרש אסתר ע״פ ויהי בימי ענין השתחואה פ׳ וירא פנ״ו.20
Vayetse, section 70 ; Nasso, section 13 ; Midrach Ruth, à la fin de la section « Et le nom de l’homme était Élimélekh » ; et dans le Midrach Esther, sur le verset « Et il arriva aux jours de… ». À propos de la prosternation : Parachat Vayera, section 56.
La liste se poursuit : Béréchit Rabba sur Vayetse, où D.ieu dit à Yaakov que toutes les consolations de ses enfants viendront avec le mot vehayah qu’il avait lui-même employé ; Bamidbar Rabba sur Nasso ; le Midrach Ruth ; et le Midrach Esther, dont l’introduction oppose vayehi, terme associé au malheur, à vehayah. À propos de la prosternation, Béréchit Rabba 56 enseigne que les exilés ne seront rassemblés qu’au mérite de la prosternation, en citant ce verset.
בירושלים בקהלת רבה ס״פ כל הנחלים ועוד נזכר על פסוק זה והיה ביום ההוא כו׳ בזהר ח״א [חלק א׳] בפ׳ ויגש (דר״י [דרבינו יצחק] ע״א) ויחי (דר״נ ע״א).
À propos de « à Jérusalem » : Kohelet Rabba, à la fin de la section « Tous les fleuves ». Ce verset, « Et il arrivera en ce jour-là », etc., est également mentionné dans le Zohar, première partie, Parachat Vayigach (210a) et Vaye’hi (250a) ;
À propos du mot « Jérusalem », Kohelet Rabba, sur « Tous les fleuves vont à la mer », enseigne que le lieu où Israël se rassemble en ce monde est celui où il se rassemblera dans les temps à venir, et cite ce verset. Le Zohar cite également le verset en plusieurs endroits ; dans Vayigach, il dit que tout ce qui fut perdu dans l’exil reviendra.
בשלח (דמ״ו ע״ב) ויקרא ד״ו ע״ב] הנה בר״ה [בראש השנה] אנו אומרים זה היום21 תחלת מעשיך זכרון ליום ראשון22 ולכאורה יש כאן סתירה23 דלאו רישיה סיפיה
Béchala’h (46b) ; Vayikra, 6b.) Or, à Roch Hachana, nous disons : « Ce jour est le commencement de Tes œuvres, souvenir du premier jour. » Il semble qu’il y ait là une contradiction, car le début ne s’accorde pas avec la fin :
Après les dernières références au Zohar, commence la discussion proprement dite, avec une deuxième question tirée de la prière de Moussaf de Roch Hachana : « Ce jour est le commencement de Tes œuvres, souvenir du premier jour. » Les deux parties de cette phrase semblent se contredire.
כי זה היום תחלת מעשיך משמע תחלה ממש היינו שבו מחדש בכל שנה את העולם ואח״כ אומר זכרון ליום ראשון משמע שאינו
car « Ce jour est le commencement de Tes œuvres » implique un véritable commencement, c’est-à-dire qu’en ce jour Il renouvelle le monde chaque année ; puis l’on dit « souvenir du premier jour », ce qui implique que ce n’est pas
« Le commencement de Tes œuvres » semble désigner un véritable commencement : à chaque Roch Hachana, D.ieu crée de nouveau le monde. Mais le mot « souvenir » suggère que ce jour ne fait que commémorer un événement ancien.
אלא זכרון לזכור את יום ראשון שנברא בו העולם בששת ימי בראשית. אך הנה באמת שניהם אמת כי
mais un souvenir, pour se rappeler le premier jour, où le monde fut créé au cours des six jours de la Création. Pourtant, en vérité, les deux affirmations sont exactes, car
Si Roch Hachana ne fait que rappeler le premier jour de la Création, il n’est pas lui-même un commencement. L’Admour Hazaken répond que les deux descriptions sont exactes, chacune en son sens.
הנה ענין ר״ה [ראש השנה] שנק׳ ראש הוא עד״מ כמו הראש שבאדם הוא מקור החיות לכל האברים שבו ראשית גילוי כללות החיות וממנו נמשכים לכל האברים חיותם וקיומם בפרטות שמתחלה היו כלולים בראש ומוח בהעלם
le sens de Roch Hachana, qui est appelé « tête » (roch), est, par analogie, semblable à la tête d’une personne. Elle est la source de la force vitale (force vitale) de tous les membres ; en elle se produit la première révélation de la force vitale dans son ensemble, et c’est d’elle que sont attirées vers tous les membres, chacun en particulier, leur force vitale et leur existence, qui étaient d’abord incluses dans la tête et le cerveau, à l’état caché.
Il commence par le nom roch, « tête ». Chez une personne, la tête est la source de la vie de tout le corps : toute la force vitale y est d’abord rassemblée sous une forme cachée et générale, puis elle se diffuse de là vers chaque membre en particulier.
כי משכן נפש השכלית היא במוח וממנה מתשפשטות כחות הנפש לכל האברים מהעלם אל הגילוי לעין לראות ולרגל להלוך כו׳
Car le siège de l’âme intellectuelle se trouve dans le cerveau, et c’est de là que les facultés de l’âme se répandent dans tous les membres, passant de l’état caché à la révélation : l’œil, pour voir, le pied, pour marcher, etc.
L’âme intellectuelle réside dans le cerveau, et ses facultés se répandent de là vers les membres : la vue vers l’œil, la marche vers le pied. Ce qui est caché et général dans la tête se révèle sous une forme particulière dans chaque membre.
כך ר״ה [ראש השנה] הוא ראשית גילוי כללות החיות של כל השנה כי ואתה מחיה את כולם24 כתיב ובכל יום ויום חדשים לבקרים25 מתחדש החיות שחיות יום זה אינו כשל אתמול
De même, Roch Hachana est la première révélation de la force vitale de l’année entière dans son ensemble. Car il est écrit : « Et Tu leur donnes à tous la vie », et, chaque jour, « elles sont nouvelles chaque matin » : la force vitale se renouvelle, si bien que celle de ce jour n’est pas comme celle d’hier.
De la même manière, Roch Hachana est la tête de l’année, la première révélation de la force vitale de toute l’année comme une seule réalité. Néhémie 9:6 dit que D.ieu « leur donne à tous la vie », et Lamentations 3:23 dit que Ses bontés sont « nouvelles chaque matin » ; chaque jour reçoit ainsi une force vitale nouvelle qui lui est propre, et non celle d’hier.
וכן בפרט הימים טובים שבכל השנה שבהם נשמך חיות רב בתוספת עילוי מבימי החול כידוע הנה כל בחי׳ החיות הזה באים ונמשכים מבחי׳ ראש השנה והוא כוללם יחד
Il en va de même, en particulier, pour les fêtes de l’année, où une force vitale abondante est attirée vers le bas, avec une élévation supplémentaire par rapport aux jours de semaine, comme on le sait : tous ces niveaux de force vitale proviennent du niveau de Roch Hachana et en sont attirés, et celui-ci les inclut tous ensemble.
Les fêtes attirent une force vitale encore plus grande que les jours ordinaires. Toutes ces forces vitales, celles des jours comme celles des fêtes, proviennent de Roch Hachana, qui les contient toutes ensemble.
(כי פסח26 שבועות סוכות הם כנגד ג׳ אבות2728 אברהם הוא בחי׳ פסח לושי ועשי עגות29 והוא חסד דרועא ימינא.3031 שבועות מ״ת [מתן תורה] בקול השופר32 אילו של יצחק.33 וסוכות בחי׳ ויעקב נסע סכתה34 והמה תרין דרועין וגופא.35
(Car Pessa’h, Chavouot et Soukkot correspondent aux trois Patriarches. Avraham est le niveau de Pessa’h : « Pétrissez et faites des galettes » ; il est le 'Hessed (bonté), le bras droit. Chavouot : le Don de la Torah au son du chofar, le bélier de Yits’hak. Et Soukkot est le niveau de « Yaakov partit pour Soukkot ». Ceux-ci sont les deux bras et le corps.
Cette glose montre comment les fêtes se rapportent à Roch Hachana comme les membres à une tête. Comme le rapporte le Tour (Orach Chaim 417), Pessa’h correspond à Avraham, qui dit à cette fête : « Pétrissez et faites des galettes » ; Chavouot, à Yits’hak, puisque le chofar au Sinaï provenait du bélier offert à sa place ; et Soukkot, à Yaakov, qui « partit pour Soukkot ». Dans l’image kabbalistique du corps, ils représentent le 'Hessed, le bras droit, la Guevoura (retenue), le bras gauche, et Tiferet (beauté), le corps.
וחנוכה ופורים הם תרין ירכי קשוט וכ״ז [וכל זה] הוא בחי׳ הגוף אבל ר״ה [ראש השנה] הוא בחי׳ ראש שבו נכלל חיות כל הגוף והוא כנגד אדם הראשון ויוהכ״פ [ויום הכפורים] נק׳ ג״כ ראש השנה בכתוב36 והוא בחי׳ נשמה ופנימיות.
Et 'Hanouka et Pourim sont les « deux cuisses de vérité ». Tout cela relève du niveau du corps ; mais Roch Hachana relève du niveau de la tête, en laquelle est incluse la force vitale de tout le corps, et correspond à Adam, le premier homme. Yom Kippour est également appelé « Roch Hachana » dans l’Écriture, et relève du niveau de l’âme et de la dimension intérieure.
'Hanouka et Pourim correspondent à Netsa'h et Hod, ici appelés les « deux cuisses de vérité ». Toutes ces fêtes sont des membres, mais Roch Hachana est la tête qui contient la vie de tout le corps, et il correspond à Adam, créé à Roch Hachana. Yom Kippour est également appelé roch hachana dans Ézéchiel 40:1 (« au commencement de l’année, le dixième jour du mois ») ; il est l’âme, la dimension intérieure, de la tête.
שבבחי׳ הראש ג״כ יש פנימיות וחיצוניות וכ״כ [וכן כתב] בפע״ח [בפרי עץ חיים]37 שנסירת יוהכ״פ [יום הכפורים] בסוד הפנימית ובראש השנה בסוד החיצונית38 וע׳ בזהר בפ׳ אמור) (דצ״ו ע״ב) רישא וגלגלתא39 כו׳ ובמק״מ [ובמקדש מלך] שם.
Car le niveau de la tête possède lui aussi une dimension intérieure (pnimiyout) et une dimension extérieure ('hitsoniyout) ; et il est également écrit dans Pri Etz Chaim que la nesira (séparation) de Yom Kippour relève du secret de la dimension intérieure, tandis que celle de Roch Hachana relève du secret de la dimension extérieure. Voir aussi le Zohar, section Emor (96b), « la tête et le crâne », etc., ainsi que le Mikdash Melech à cet endroit.
La tête aussi possède une dimension intérieure et une dimension extérieure. Le Pri Etz Chaim de l’Ari enseigne que la nesira, la « séparation » kabbalistique de Mal'hout d’avec Zeir Anpin pendant les Jours redoutables, s’accomplit dans sa dimension extérieure à Roch Hachana et dans sa dimension intérieure à Yom Kippour. Le Zohar sur Emor, avec le commentaire du Mikdash Melech, est cité à propos des niveaux de la tête.
וע׳ באדר״ז [באדרא זוטא] דרפ״ח סע״א [סוף עמוד א] כי בו הוא שנמשך החיות ממקור החיים המחיה חיים א״ס ב״ה שלמעלה מבחי׳ זמן שלנו וחיות זה הוא עליון יותר וכולל כל חלקי החיות של השנה כאחד
Et voyez l’Idra Zouta, fin de 288a. Car c’est par lui que la force vitale est attirée depuis la Source de la vie, qui donne la vie aux vivants, l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, au-dessus du niveau de notre temps. Cette force vitale est supérieure et englobe en un tout toutes les parts de la force vitale de l’année,
Après une nouvelle référence à l’Idra Zouta, l’argument principal reprend. À Roch Hachana, la force vitale est attirée depuis la Source même de la vie, l’Infini, qui se situe au-dessus du temps tel que nous le connaissons ; cette force vitale contient en un tout toutes les parts de l’année à venir.
אלא שהם בו בהעלם עדיין כנ״ל במשל ואח״כ נמשכים מהעלם לגילוי בכל פרק ופרק כפי הראוי
mais celles-ci y sont encore dissimulées, comme [il a été expliqué] plus haut dans l’analogie ; ensuite, elles passent de la dissimulation à la révélation, à chaque période, selon ce qui convient.
Comme dans l’analogie de la tête, les détails de l’année y sont encore cachés à Roch Hachana. Ils se révèlent ensuite, chacun en sa saison.
אך שמתחלה מתחלק לי״ב חדשי השנה שביום ראשון שבחדש נמשך חיות כללי לחדש ונק׳ לכך ראש חדש
Toutefois, elle se divise d’abord en douze mois de l’année : le premier jour du mois, une force vitale générale pour le mois est attirée ; c’est pourquoi ce jour est appelé Roch ‘Hodech (la tête du mois),
La force vitale générale de l’année se divise d’abord en douze mois. Chaque mois reçoit une force vitale générale qui lui est propre le premier jour ; c’est pourquoi ce jour est appelé Roch ‘Hodech, la « tête » du mois.
שהוא חיות כללי לחדש40 וממנו מתחלק אח״כ לימים עד לשעות ולרגעים כו׳ וז״ש [וזהו שכתוב] רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] אדם נידון41 בכל יום הגם שבאמת ר״ה [ראש השנה] הוא יום הדין.
car il constitue la force vitale générale du mois ; puis celle-ci se divise en jours, jusqu’aux heures et aux instants, etc. C’est là le sens de l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « L’homme est jugé chaque jour », bien qu’en vérité Roch Hachana soit le jour du jugement.
À partir du mois, la force vitale se divise encore en jours, en heures et en instants. Cela explique l’enseignement du Talmud (Rosh HaShanah 16a) selon lequel « l’homme est jugé chaque jour », bien que Roch Hachana soit le jour du jugement.
אך הענין כי בראש השנה הוא הדין והמשפט לכל אחד ואחד על חיות הכללי אם להמשיך ראשית הגילוי של החיות הכללי ואעפ״כ [ואף על פי כן] יש ג״כ
L’explication est toutefois la suivante : à Roch Hachana ont lieu le jugement et la sentence de chacun concernant la force vitale générale : si la première révélation de cette force vitale générale lui sera accordée. Néanmoins, il y a aussi
Les deux jugements remplissent des fonctions différentes. À Roch Hachana, chacun est jugé quant à la force vitale générale : la première révélation de la vie pour toute l’année lui sera-t-elle accordée ou non ?
משפט בכל יום אם ראוי להיות לו השתלשלות מחיות הכללי לחיות הפרטי היינו שיומשך מההעלם אל הגילוי דעם היות שכבר נדון בר״ה [בראש השנה] בהמשכת חיות כללי
un jugement chaque jour : est-il digne que s’opère pour lui un enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), de la force vitale générale à la force vitale particulière, c’est-à-dire que celle-ci passe de la dissimulation à la révélation ? Car, bien qu’il ait déjà été jugé à Roch Hachana quant à l’octroi d’une force vitale générale,
Chaque jour a lieu un jugement supplémentaire : la force vitale générale descendra-t-elle progressivement jusqu’à la force vitale particulière de ce jour et se révélera-t-elle ? Recevoir la force vitale générale à Roch Hachana ne garantit pas encore qu’elle s’exprimera chaque jour.
הנה אפשר הוא שלא יומשך מחיות הכללי אל הגילוי בפרט כמו שאפשר שלא יומשך חיות מן המוח אל איזה אבר ולא תוכל העין לראות והרגל להלוך כו׳
il se peut qu’elle ne passe pas de la force vitale générale à une révélation particulière, tout comme il se peut que la force vitale ne soit pas transmise du cerveau à un membre, de sorte que l’œil ne puisse pas voir et le pied pas marcher, etc.,
Le corps offre une comparaison : le cerveau peut être vivant, mais la vie peut ne pas atteindre un membre particulier, si bien qu’un œil ne peut voir ou un pied ne peut marcher.
והחיות השייך לאותו אבר נשאר במוח בהעלם שנתעכב במוח ולא נמשך ומתפשט משם אל האברים וכך יכול
et la force vitale destinée à ce membre demeure dissimulée dans le cerveau, retenue dans le cerveau, sans être transmise ni se répandre de là vers les membres. De même, il se peut que
Dans un tel cas, la vie destinée à ce membre reste cachée dans le cerveau, retenue au lieu de se répandre. Il peut en aller de même pour la force vitale de l’année.
להיות שיהי׳ [שיהיה] נשאר החיות הפרטי החיות הכללי דר״ה [דראש השנה] ואז יקבל החסד ההוא בעולם העליון וע״ז הוא הדין בכל יום כו׳
que la force vitale particulière demeure [au sein] de la force vitale générale de Roch Hachana, et alors il recevra cette bonté dans le monde supérieur. C’est à ce sujet qu’a lieu le jugement chaque jour, etc.
La part particulière d’une personne peut rester cachée dans la force vitale générale de Roch Hachana. Le texte dit qu’elle reçoit alors cette bonté dans le monde supérieur ; le jugement quotidien détermine si elle se révèle ici-bas.
(ועמ״ש מזהבפ׳ קרח ע״פ ויגמול שקדים42 ועמ״ש בפ׳ ראה ע״פ וברכך43 בכל אשר תעשה) אבל בראש השנה נמשך החיות כללי לכל השנה והוא המשכת חיות חדש ממש
(Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans la paracha de Kora’h, à propos du verset « Et elle produisit des amandes mûres », ainsi que dans la paracha de Reé, à propos du verset « Et Il te bénira dans tout ce que tu feras ».) Mais à Roch Hachana, la force vitale générale pour toute l’année est attirée, et il s’agit de l’attraction d’une force vitale véritablement nouvelle.
Deux maamarim rédigés ailleurs sont cités : l’un sur le bâton d’Aharon qui « produisit des amandes mûres » (Kora’h), l’autre sur « Il te bénira dans tout ce que tu feras » (Reé). Le propos principal reprend : à Roch Hachana, la force vitale générale de toute l’année est attirée, et elle est véritablement nouvelle.
ולכן נקרא כל ר״ה [ראש השנה] תחלת מעשיך שנמשך אור וחיות מחדש להתהוות העולם כי בראש השנה דאשתקד לא נמשך החיות רק על שנה אחת44 מלמעלה מהזמן בזמן
C’est pourquoi chaque Roch Hachana est appelé « le commencement de Tes œuvres » : la lumière et la force vitale qui font advenir le monde sont attirées à nouveau. Car, à Roch Hachana de l’année passée, la force vitale n’a été attirée que pour une année, depuis ce qui est au-dessus du temps jusque dans le temps.
C’est pourquoi chaque Roch Hachana est appelé « le commencement de Tes œuvres » : la lumière et la vie qui font advenir le monde sont attirées à nouveau. La force vitale accordée à Roch Hachana de l’année passée est descendue de ce qui transcende le temps dans le temps, pour une année seulement.
וכן גם בתחלת בריאת העולם הי׳ [היה] המשכת החיות באותו ראש השנה על שנה א׳ מלמעלה מהזמן כמו שכתוב
Il en fut de même au commencement de la création du monde : l’attraction de la force vitale, lors de ce Roch Hachana, fut pour une année, depuis ce qui est au-dessus du temps, comme il est écrit :
Il en fut ainsi dès la création elle-même. La force vitale attirée lors du premier Roch Hachana fut également accordée pour une année, à partir d’un niveau supérieur au temps.
כי אלף שנים בעיניך45 כיום אתמול דהיינו שששה אלפי שנין דהוי עלמא46 הם ששה ימים בלבד (וע׳ בתשו׳ [בתשובות] הרשב״א [הרבי שלמה בן אדרת] ח״א [חלק א׳] סס״י [סוף סימן] ט׳ ורס״י [וריש סימן] תכ״ג)47
« Car mille ans sont à Tes yeux comme le jour d’hier » : c’est-à-dire que les six mille ans d’existence du monde ne sont que six jours. (Voyez aussi les Responsa du Rashba, partie I, fin du paragraphe 9 et début du paragraphe 423.)
Psaumes 90:4, « mille ans sont à Tes yeux comme le jour d’hier », signifie que, du point de vue de D.ieu, les six mille ans d’existence du monde (Roch Hachana 31a) sont comme six jours. L’Alter Rebbe renvoie également à deux responsa du Rashba.
אך גם זה הוא בחי׳ זמן ולמעלה מזה אין שום זמן כל עיקר וכולל כל הזמן שבמשך שיתא אלפי שני בסקירה א׳ ומשם נמשך החיות
Cependant, cela aussi relève du temps ; au-dessus de ce niveau, il n’y a absolument aucun temps, et tout le temps compris dans la durée des six mille ans y est inclus en un seul regard. C’est de là qu’est attirée la force vitale
Pourtant, même « mille ans comme un jour » reste une mesure du temps. Au-dessus se trouve un niveau où il n’y a absolument aucun temps, qui embrasse les six mille ans en un seul regard ; c’est de là que descend la force vitale de chaque année.
בר״ה [בראש השנה] על שנה א׳ ואח״כ בראש השנה שנק׳ חג שהחדש מתכסה בו4849 היינו שהחיות הראשון עולה ומתכסה ונכלל במקורו וע״י השופר והתפלות נמשך אור וחיות חדש50 ממש על שנה אחת
à Roch Hachana, pour une année. Puis, à Roch Hachana suivant, appelé « la fête où la lune est couverte », la première force vitale s’élève, est couverte et incluse dans sa source ; par le chofar et les prières, une lumière et une force vitale véritablement nouvelles sont attirées pour une année.
Roch Hachana est « la fête où la lune est couverte » (Roch Hachana 8a–b), car la lune est cachée au début du mois. L’Alter Rebbe donne à cela un sens intérieur : la force vitale de l’année précédente s’élève, est couverte et réintégrée à sa source ; par le chofar et les prières, une lumière et une vie entièrement nouvelles sont attirées pour l’année qui vient.
ולכן נק׳ תחלת מעשיך תחלה ממש ואעפ״כ [ואף על פי כן] הוא גם רק זכרון בלבד ליום ראשון כי בר״ה [בראש השנה] הראשון הי׳ [היה] כ״ז [כל זה] מצד עצמו כי חפץ חסד הוא51
C’est pourquoi il est appelé « le commencement de Tes œuvres », un véritable commencement. Malgré cela, il n’est aussi qu’un souvenir du premier jour, car, au premier Roch Hachana, tout cela venait de Lui-même, « car Il désire la bonté »,
Voilà pourquoi Roch Hachana est un véritable « commencement ». Pourtant, il n’est « qu’un souvenir » du premier jour, car au premier Roch Hachana D.ieu accorda la vie de Sa propre initiative, « car Il désire la bonté » (Michée 7:18).
אבל עכשיו באתעדל״ת [באתערותא דלתתא] תליא מילתא52 משנה שעברה וכמו שאנו רואים שלא כל השנים שוים יש שנה טובה ומתוקה53 ויש כו׳
Mais à présent, la chose dépend de l’éveil d’en bas (isarousa dilétaa) de l’année passée. Comme nous le voyons, les années ne se ressemblent pas toutes : il y a une année bonne et douce, et il y en a, etc. ;
En revanche, aujourd’hui, la vie de la nouvelle année dépend de l’éveil d’en bas, c’est-à-dire du service du peuple au cours de l’année passée. Voilà pourquoi les années diffèrent : certaines sont bonnes et douces, d’autres ne le sont pas.
והיינו מחמת שינוי אופן האתעדל״ת [האתערותא דלתתא] שמשנה שעברה איך ומה שהיא וא״כ הרי בחי׳ ר״ה [ראש השנה] דעתה הוא בחי׳ דין ומשפט ואע״פ [ואף על פי] שהחסד גובר על הדין שלכן קורין פרשת העקידה ויעקוד אברהם את יצחק בנו54
et cela tient au changement dans la manière dont s’est manifesté l’éveil d’en bas de l’année passée, à sa nature et à sa qualité. Dès lors, le niveau de Roch Hachana aujourd’hui est celui du jugement et du verdict. Et bien que la bonté l’emporte sur le jugement — raison pour laquelle nous lisons le passage de la Ligature : « Avraham lia son fils Yitzchak » —,
La différence entre les années tient à la qualité du service de l’année passée ; Roch Hachana aujourd’hui est donc un jour de jugement. La bonté l’emporte certes sur le jugement, raison pour laquelle le passage de la Ligature de Yitzchak (Genèse 22) est lu à Roch Hachana.
שהוא סוד התגברות החסדים דאברהם על הגבורות דיצחק והמתקת הדין אעפ״כ [אף על פי כן] אינו דומה ליום ראשון ממש שהי׳ [שהיה] חסד ממש
ce qui constitue le mystère de la prépondérance des bontés (hassadim) d’Avraham sur les rigueurs (guevourot) de Yitzchak, et de l’adoucissement du jugement ; néanmoins, cela ne ressemble pas au premier jour proprement dit, qui fut une bonté véritable,
Dans la Kabbale, Avraham représente les hassadim (bontés), et Yitzchak les guevourot (rigueurs) ; Avraham liant Yitzchak signifie que la bonté l’emporte sur le jugement et l’adoucit. Malgré cela, ce n’est pas la bonté pure du premier jour de la Création.
שהרי ההמשכה היתה מצד עצמו כי חפץ חסד הוא כי לא היה עדיין מי שיעורר כו׳
car l’influx fut alors accordé de Son propre chef, « car Il désire la bonté », puisqu’il n’y avait encore personne pour susciter, etc.
Le premier jour, l’influx fut accordé du propre chef de D.ieu, uniquement parce qu’Il désire la bonté. Il n’y avait encore personne ici-bas dont les actes auraient pu le susciter.
וכנגד בחי׳ זו נאמר זכרון ליום ראשון זכר בלבד ליום ראשון במה שאעפ״כ [שאף על פי כן] הגבורות נמתקים
Et c’est à ce niveau que correspond l’expression : « un souvenir du premier jour » : seulement un rappel du premier jour, en ce que, malgré tout, les rigueurs sont adoucies,
Ainsi, « un souvenir du premier jour » décrit le Roch Hachana présent. Il ne ressemble au premier jour que par le fait que le jugement y est encore adouci par la bonté.
אבל לא כשל יום ראשון ממש (וגם יש לומר פי׳ זכרון ליום ראשון שזוכרים ומעוררים את יום ראשון ומגבירים מדת החסד שבחי׳ יצחק יוכלל בבחי׳ אברהם55 אוהבי56 כו׳ וע׳ בזהר פ׳ ויקרא)
mais non à celui du premier jour proprement dit. (On peut également expliquer « un souvenir du premier jour » en ce sens que nous nous souvenons du premier jour et le suscitons, renforçant ainsi l’attribut de bonté, afin que le niveau de Yitzchak puisse être inclus dans le niveau d’« Avraham, qui M’aime », etc. Voir le Zohar, parachat Vayikra
Mais l’adoucissement d’aujourd’hui n’est pas la bonté pure du premier jour. La glose propose une seconde lecture : nous nous « souvenons » du premier jour et le suscitons ainsi, renforçant la bonté afin que le jugement de Yitzchak soit inclus dans l’amour d’Avraham (Isaïe 41:8 désigne Avraham comme celui « qui M’aime »).
(דף י״ח ע״א) ובפ׳ הרמ״ז [הרב משה זכות] שם ועמ״ש לקמן בד״ה ביום השע״צ [השמיני עצרת] בפי׳ זכרון ליום ראשון ובפי׳ זה היום כו׳
(p. 18a), ainsi que le commentaire du Ramaz à cet endroit ; voir aussi ce qui est écrit plus loin, dans le discours qui commence par « Le jour de Chemini Atseret », au sujet du sens de « un souvenir du premier jour » et de celui de « Ce jour », etc.)
La glose renvoie au Zohar sur Vayikra (18a), qui explique pourquoi la Ligature de Yitzchak est lue ce jour-là, ainsi qu’au commentaire du Ramaz. Elle renvoie aussi à un discours ultérieur de Likkutei Torah, « Le jour de Chemini Atseret », qui explique les deux expressions de la prière.
וז״ש [וזהו שכתוב] רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] אמרו לפני מלכיות57 בראש השנה כדי שתמליכוני עליכם58 אמרו דוקא שאתם צריכים לעורר זה באתעדל״ת [באתערותא דלתתא] עד שתמליכוני עליכם להיות נמשך גילוי החיות מדת מלכותו ית׳:59606162
Et c’est le sens de l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « Récitez devant Moi [des versets de] Royauté (Mal'houyot) à Roch Hachana, afin que vous Me fassiez Roi sur vous. » « Récitez » précisément : vous devez susciter cela par un éveil d’en bas, jusqu’à « ce que vous Me fassiez Roi sur vous », afin que soit attirée la révélation de la force vitale, l’attribut de Sa Mal'hout (souveraineté), béni soit-Il.
Le paragraphe s’achève sur l’enseignement du Talmud (Roch Hachana 16a) selon lequel D.ieu nous demande de réciter des versets de Royauté à Roch Hachana « afin que vous Me fassiez Roi sur vous ». Le mot « récitez » montre que l’éveil doit venir de nous, afin que la royauté de D.ieu, qui est la force vitale des mondes, soit attirée à nouveau.
Le paragraphe soulève deux questions : pourquoi le chofar futur est qualifié de « grand », et comment Roch Hachana peut être à la fois « le commencement de Tes œuvres » et un « souvenir du premier jour ». Il répond à la seconde. Roch Hachana est la « tête » de l’année, d’où se répand une nouvelle force vitale générale dans les mois, les jours et les instants ; il est donc un véritable commencement. Pourtant, il n’est qu’un « souvenir » de la création, car le renouvellement dépend aujourd’hui de notre éveil d’en bas, qui commence par faire de D.ieu notre Roi.
Les notes de Kehot relèvent que le Tour (Ora’h ‘Haïm 417) associe déjà les trois fêtes aux trois Patriarches, et que l’Arizal (Pri Ets ‘Haïm, Chaar Roch Hachana 1) distingue la nésira extérieure de Roch Hachana de la nésira intérieure de Yom Kippour. Le Likkoutei Si’hot tire une conséquence de l’expression « souvenir du premier jour » : même aujourd’hui, alors que le renouvellement dépend de l’éveil d’en bas, celui-ci a pour but de rappeler et de raviver le « Il désire la bonté » du premier jour.
Maré mekomot
- 1והי׳ ביום ההוא · הנחה אחרת בסה״מ תקע״א ע׳ ערב בכותרת: ”תורה שנאמרה שבת שלפני ר״ה שנת תקע״א לפ״ק”. הגהות וביאורים למאמר זה באוה״ת ר״ה ע׳ א׳תה. א׳תט. שם כרך ה ע׳ ב׳עז (המאמר בשינויים ותוס׳ הגהות). שם ע׳ ב׳פו. כרך ו ע׳ ב׳תצא. וראה אוה״ת נ״ך כרך ב ע׳ תשפח. נתבאר גם בד״ה זה — תשכ״ח (נדפס בסה״מ מלוקט ח״ו ע׳ ג ואילך). תשמ״ב.
- 2והי׳ ביום ההוא יתקע · Isaiah 27:13
- 3והיה ביום ההוא יתקע · Bamidbar Rabbah 13:5
- 4
- 5
- 6
- 7
- 8יתקע בשופר גדול · Zohar, Vaetchanan 18:124–20:134
- 9והיה ביום ההוא יתקע בשופר גדול · Bereshit Rabbah 42:3
- 10והיה ביום ההוא יתקע בשופר גדול · Bereshit Rabbah 70:6
- 11והיה ביום ההוא יתקע בשופר גדול · Zohar, Beshalach 4:52–5:63
- 12יתקע בשופר גדול · Zohar, Vayikra 10:80–11:88
- 13יתקע בשופר גדול ובאו האובדים בארץ אשור · Zohar, Vayigash 10:99–11:108
- 14והשתחוו לה׳ בהר הקדש בירושלים · Bereshit Rabbah 56:2
- 15והשתחוו לה׳ בהר הקדש בירושלים · Kohelet Rabbah 1:14
- 16דמאי מעליותא דשופר גדול · ראה גם באוה״ת ר״ה ע׳ ב׳עז. ד״ה והיה ביום ההוא תשמ״ב.
- 17ואד׳ ה׳ בשופר יתקע · Zechariah 9:14
- 18וקושיא זו מבואר בזהר פ׳ ואתחנן (דרס״ו ע״ב) וע״ש · ”מה לון ביה אי הוא רב או זעיר כו׳ ותירץ שההמשכה הוא מבחי׳ עליונה יותר” — אוה״ת ויקרא כרך ב ע׳ תקצג. וראה ביהל אור ע׳ קמח ושם מפרש ”כי שופר דעכשיו שיעורו רק טפח לפי שמקור ההמשכה מבחי׳ יו״ד דשם הוי׳ והיו״ד צמצום כו׳, אבל לע״ל התגלות כתר עליון שמו הגדול, ועי״ז יהי׳ עליות המל׳ ולא בבחי׳ הנה טפחות כו׳, כ״א אורך ימים נתת לו וזהו ע״י שופר גדול דוקא”. וראה שם ע׳ תנ עוד פי׳.
- 19
- 20ענין השתחואה פ׳ וירא פנ״ו · ראה לקמן סוכות פב, ב ובמ״מ לשם.
- 21בר״ה אנו אומרים זה היום · בתפלת מוסף.
- 22זה היום תחלת מעשיך זכרון ליום ראשון · Rosh Hashanah 27a:15–16
- 23ולכאורה יש כאן סתירה · ראה ד״ה והי׳ ביום ההוא — ר״ה תשמ״ב. ד״ה זה היום — כ״ט אלול תשמ״א.
- 24ואתה מחי׳ את כולם · Nehemiah 9:6
- 25חדשים לבקרים · Lamentations 3:23
- 26פסח · וע׳ ת״ז (קמח, א-ב. [תנ״ח צג, ג-ד]). [כ].
- 27פסח שבועות סוכות הם כנגד ג׳ אבות · Zohar III, 257b
- 28פסח שבועות סוכות הם כנגד ג׳ אבות · Tur, Orach Chayim 417
- 29לושי ועשי עוגות · Genesis 18:6
- 30חסד דרועא ימינא · ת״ז בהקדמה (פתח אלי׳).
- 31חסד דרועא ימינא · Tikkunei Zohar 17a:16–17
- 32מ״ת בקול השופר · Exodus 19:16
- 33אילו של יצחק · טואו״ח סי׳ תי״ז.
- 34
- 35תרין דרועין וגופא · ראה ת״ז בהקדמה שם.
- 36ויוהכ״פ נק׳ ג״כ ראש השנה בכתוב · Ezekiel 40:1
- 37וכ״כ בפע״ח · שער ר״ה ספ״א.
- 38בסוד הפנימית ובראש השנה בסוד החיצונית · Pri Etz Chaim, Gate of Rosh Hashana 1:9
- 39רישא וגלגלתא · Zohar, Emor 31:147–32:155
- 40ונק׳ לכך ראש חדש שהוא חיות כללי לחדש · עטרת ראש שער ר״ה ספ״ב. ומרומז גם במשנה (ריש מסכת ר״ה): באחד בניסן ר״ה למלכים ולרגלים — שרגל שבו הוא באמצע החודש (ראה גמרא שם ד, א) (ראה לקו״ש ח״ו ע׳ 409 הערה 4. שיחות ר״ח שבט תשמ״ו). — משיחת ש״פ עקב תנש״א.
- 41אדם נידון בכ״י · Rosh Hashanah 16a:6–7
- 42ע״פ ויגמול שקדים · לעיל קרח נה, ג.
- 43ובפ׳ ראה ע״פ וברכך · ראה אוה״ת פ׳ ראה ע׳ תשכב.
- 44רק על שנה אחת · ראה לעיל נו, ב.
- 45כי אלף שנים בעיניך · Psalms 90:4
- 46שששה אלפי שנין דהוי עלמא · Rosh Hashanah 31a:8–9
- 47בתשו׳ הרשב״א ח״א סס״י ט׳ ורס״י תכ״ג · ראה לקו״ש חכ״א ע׳ 450.
- 48בר״ה שנק׳ חג שהחודש מתכסה בו · ר״ה ח, סע״א. לעיל מו, ב.
- 49חג שהחדש מתכסה בו · Rosh Hashanah 8a:17–8b:1
- 50וע״י השופר והתפלות נמשך אור וחיות חדש · ראה בליקוט פירושים ומ״מ — חיטריק לאגה״ק סי׳ יד.
- 51כי חפץ חסד הוא · Micah 7:18
- 52ולכן . . ואעפ״כ הוא גם רק זכרון בלבד ליום ראשון . . באתעלד״ת תליא מילתא · מזה שהוא עכ״פ ”זכרון ליום ראשון”, מובן שגם עכשיו ש”באתעדל״ת תליא מילתא” — ענינה של האתעדל״ת הוא שעל ידה נזכר ונתעורר בחי׳ ”חפץ חסד” שהי׳ ”ביום ראשון” (ראה בארוכה עט״ר שער ר״ה פ״י). — לקו״ש ח״ט ע׳ 190.
- 53יש שנה טובה ומתוקה · ראה בלקו״ש ח״ט ע׳ 370 בשם לקו״י אגרות ע׳ שיא טובה מצד החסדים, מתוקה מצד הגבורות שנמתקו.
- 54ויעקוד אברהם את יצחק בנו · Genesis 22:9
- 55יצחק יוכלל בבחי׳ אברהם · Zohar, Vayikra 43:298–44:307
- 56אברהם אוהבי · Isaiah 41:8
- 57אמרו לפני מלכיות · Rosh Hashanah 16a:15–16
- 58כדי שתמליכוני עליכם · ראה לקו״ש ח״ט ע׳ 220.
- 59ויצא פ׳ ע׳ · ראה לקמן ס, ג.
- 60ויעקב נסה סכתה · Genesis 33:10
- 61בד״ה ביום השמ״ע · ראה לקמן פב, א ואילך.
- 62
Royauté et Souvenir ¶2–4
2ב והנה פי׳ שתמליכוני הוא כי נודע שיש ב׳ בחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] וסוכ״ע פי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] הוא החיות שמתלבש בעולמות לפי מדרגתם לכאו״א [לכל אחד ואחד] כפום שיעורא1 דילי׳ [דיליה] נשמות כך ומלאכים כך
2. Or, le sens de « que vous Me fassiez Roi » est le suivant. Il est connu qu’il existe deux niveaux : la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) et la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin). La lumière qui remplit tous les mondes est la force vitale qui se revêt dans les mondes selon leur niveau, en chacun d’eux « selon sa mesure propre » : les âmes d’une manière, les anges d’une autre.
La section 2 explique ce que signifie « faire D.ieu Roi ». Elle part de deux modes de lumière divine : memalé kol almin, la force vitale qui pénètre chaque monde selon sa capacité, « selon sa mesure propre », d’une manière pour les âmes et d’une autre pour les anges ; puis sovev kol almin, qui sera décrit plus loin.
והוא בחי׳ כח הפועל שמלובש בהנפעל בתוכו ממש עד שגם בגשמיות אין לך עשב2 שאין לו מזל המכה בו ואומר לו גדל3
C’est le niveau de la puissance du Créateur qui se revêt dans la créature, véritablement en son sein, si bien que même dans le domaine matériel, « il n’est pas un brin d’herbe qui n’ait un mazal (constellation) qui le frappe et lui dise : “Pousse !” »
Memalé est la puissance du Créateur présente au sein de la créature, qui lui donne l’existence de l’intérieur. Le Midrach (Bereishis Rabbah 10:6) dit que même chaque brin d’herbe possède un mazal, une force céleste, qui le frappe et lui dit de pousser.
שהוא בחי׳ המשכות החיות בפרט לעשב זה ביחוד וגבוה מעל גבוה שומר4 וגבוהים עליהם ובכאו״א [ובכל אחד ואחד] מהם לפי ערכו ומדרגתו כך הוא בחינת החיות מהבורא שנמשך
C’est le niveau de la diffusion de la force vitale, en particulier, à ce brin d’herbe précis. Et « un plus élevé que le haut veille, et il y en a de plus élevés encore au-dessus d’eux » ; en chacun d’eux, selon son rang et son niveau, telle est la force vitale du Créateur qui se diffuse
Il s’agit d’un flux de vie particulier à un brin d’herbe précis. Ecclésiaste 5:7 parle de « un plus élevé que le haut » qui veille, avec des êtres encore plus élevés au-dessus d’eux ; la force vitale du Créateur atteint ainsi chaque créature par une chaîne ordonnée de niveaux, chacun selon son rang.
בו כסדר המדרגות דכתיב ולכבודי בראתיו יצרתיו5 אף עשיתיו שהן ג׳ עולמות בי״ע ובפרט כמה עולמות וברואים לאין קץ ותכלית ממש וכח הבורא מלובש ממש
en lui selon l’ordre des degrés, comme il est écrit : « Pour Ma gloire, Je l’ai créé, Je l’ai formé, Je l’ai aussi fait », ce qui correspond aux trois mondes de Béria, Yetsira et Assiya ; et, en particulier, à d’innombrables mondes et créatures, véritablement sans fin ni limite. Et la puissance du Créateur est effectivement revêtue
Isaïe 43:7, « Je l’ai créé, Je l’ai formé, Je l’ai aussi fait », fait allusion aux trois mondes de Béria (Création), Yetsira (Formation) et Assiya (Action). Ils comprennent d’innombrables mondes et créatures, et la puissance du Créateur est véritablement présente en chacun d’eux.
בכל אחד ואחד מהם לפי ערכו כמשל התחלקות אופן החיות הנמשך מכח הצומח שבארץ לכמה מיני צמחים רבים שבעולם שונים זה מזה ובחינה זו נקרא ממכ״ע [ממלא כל עלמין]
en chacun d’eux selon son rang, comme dans l’analogie de la manière dont la force vitale qui procède de la puissance de croissance dans la terre se répartit entre les nombreuses espèces de plantes du monde, qui diffèrent les unes des autres. Ce niveau est appelé la lumière qui remplit tous les mondes.
L’analogie est celle de la puissance de croissance de la terre : une force unique s’exprime différemment dans chacune des nombreuses espèces de plantes. Cette force vitale, présente dans les créatures et différenciée selon chacune, est appelée la lumière qui remplit tous les mondes.
אבל בחי׳ סוכ״ע הוא האור והחיות שלמעלה מהשתלשלות והתלבשות בעולמות וכנגד בחי׳ זו הוא שנאמר אני הוי׳ לא שניתי6 ואמרו אתה הוא עד שלא7 נברא העולם ומשנברא כו׳
Mais le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes est la lumière et la force vitale qui se situent au-delà de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) et du fait de se revêtir dans les mondes. C’est à propos de ce niveau qu’il est dit : « Moi, Havaya, Je n’ai pas changé », et qu’ils ont dit : « Tu es Lui avant que le monde ait été créé, et depuis qu’il a été créé », etc.,
Sovev kol almin est la lumière qui demeure au-delà de la chaîne des mondes et ne se revêt pas en eux. À propos de ce niveau, Malachie 3:6 dit : « Moi, Havaya, Je n’ai pas changé », et la prière du matin dit : « Tu es Lui avant que le monde ait été créé, et Tu es Lui depuis qu’il a été créé. »
בשוה ממש שלכאורה אינו מובן איך הוא מאחר שאעפ״כ [שאף על פי כן] העולמות חיים וקיימים ממנו והיינו שכח הבורא מלובש בהם ממש א״כ ה״ז [הרי זה] שינוי מכמו שהי׳ [שהיה] קודם כו׳
exactement de la même manière. À première vue, cela est difficile à comprendre : comment cela se peut-il, puisque les mondes vivent et existent néanmoins de Lui, c’est-à-dire que la puissance du Créateur est effectivement revêtue en eux ? Si tel est le cas, il y a donc un changement par rapport à ce qu’Il était auparavant, etc.
Cela soulève une difficulté. Si les mondes vivent de D.ieu, Sa puissance étant effectivement revêtue en eux, comment peut-on dire que rien n’a changé en Lui après leur création ?
אלא מפני שההארה המחיה כל העולמות כולם היא רק הארה חיצונית בלבד מעצמותו ית׳ ואינה נוגעת בכו כלל ואינה פועלת שינוי בו כלל
Mais c’est parce que le rayonnement qui donne vie à tous les mondes n’est qu’un rayonnement extérieur de Son essence, béni soit-Il ; il ne Le touche nullement et n’entraîne en Lui aucun changement.
La réponse est que la lumière qui donne vie à tous les mondes n’est qu’un rayonnement extérieur de Son essence. Elle ne touche pas Son essence et n’y produit aucun changement.
כי חיות כל העולמות הוא רק כמ״ש אנא אמלוך8 שמדת מלכותו ית׳ בלבד מה שהוא ית׳ נק׳ מלך ומתנשא כביכול עליהם זהו גופא החיות שלהם ובחי׳ זו אינה נוגעת לעצמיותו כלל כמשל המלך ב״ו [בשר ודם]
Car la force vitale de tous les mondes n’est que ce qui est exprimé par « Je régnerai » : son attribut de Mal'hout (souveraineté) seul — le fait qu’Il soit appelé Roi et qu’Il s’élève, pour ainsi dire, au-dessus d’eux — constitue en soi leur force vitale. Et ce niveau ne touche aucunement à Son essence, comme dans l’analogie d’un roi de chair et de sang,
La vie des mondes provient uniquement de l’attribut de Mal'hout de D.ieu, la royauté, exprimée par les mots « Je régnerai » : le fait même qu’Il soit appelé leur Roi constitue leur force vitale. Comme pour un roi humain, ce titre n’atteint pas son être propre.
שהוא מהות בפ״ע [בפני עצמו] ומה שנק׳ מלך על המדינות הרי אין בבחינה זו התפשטות עצמותו ממש תוך המדינות רק ששמו נק׳ עליהם
qui est une entité en soi ; et le fait qu’il soit appelé roi des provinces ne signifie pas que son essence même se répande dans les provinces : seul son nom est appelé sur elles.
Un roi est une personne à part entière ; être appelé roi des provinces ne signifie pas que son essence se répande en elles. Seul son nom, son autorité, s’étend sur elles.
וזהו ענין שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] עד שלא נברא העולם היה הוא ושמו בלבד9 אבל עצמותו ית׳ מופלא ומרומם מהם ונק׳ סוכ״ע ולכן נק׳ הבריאה יש מאין פי׳
Tel est le sens de l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « Avant que le monde fût créé, Lui et Son Nom étaient seuls. » Mais Son essence est merveilleusement au-delà d’eux et s’élève au-dessus d’eux ; elle est appelée la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin). C’est pourquoi la création est appelée « quelque chose à partir du néant » (yesh me'ayin). Cela signifie :
Tel est le sens de l’enseignement de Pirkei deRabbi Eliezer selon lequel, avant la création, « Lui et Son Nom étaient seuls » : Son Nom, Sa royauté, est distinct de Son essence, qui demeure au-delà des mondes et est appelée sovev kol almin. C’est pourquoi la création est appelée « quelque chose à partir du néant » (yesh me'ayin).
כי בהשתלשלות עילה ועלול העילה מתפעל מהעלול ממנו והשפעותו בו גורם שינוי בו מפני שעצמות העילה ממש מתלבש בהעלול כמשל ההשתלשלות משכל למדות וממדות למחשבה שמהות השכל ממש מתלבש במדות וכן המדות במחשבה כו׳
que, dans un enchaînement de cause à effet, la cause est affectée par l’effet qui en procède, et son influence sur celui-ci entraîne un changement en elle, car l’essence même de la cause est investie dans l’effet. C’est comme dans l’analogie de la progression de l’intellect vers les attributs émotionnels (midot), puis des attributs émotionnels vers la pensée : la substance même de l’intellect est investie dans les attributs émotionnels, et de même les attributs émotionnels dans la pensée, etc.
Dans un enchaînement ordinaire de cause à effet, la cause est affectée par son effet, car son essence même est investie en lui. Ainsi, l’intellect pénètre dans les émotions qu’il suscite, et les émotions dans la pensée.
אבל יש מאין אינו כן אלא שחיות כל העולמות ואשר בהם הנמשך מן המאציל אינו ממהותו ועצמותו כלל רק מאין ממש
Mais il n’en va pas ainsi pour « quelque chose à partir du néant ». La force vitale de tous les mondes et de tout ce qu’ils contiennent, qui est attirée de l’Émanateur, ne provient nullement de Sa substance ni de Son essence, mais du néant véritable,
La création « quelque chose à partir du néant » est différente : la force vitale des mondes ne provient nullement de l’essence de l’Émanateur. Elle vient du « néant véritable », un niveau qui n’a aucun lien avec Son essence.
כי מדת מלכותו ית׳ בלבד מחי׳ אותם כנ״ל (ועמ״ש מזה ע״פ יביאו לבוש מלכות1011 גבי יחיד חי העולמים מלך כו׳)
car seul Son attribut de Mal'hout leur donne vie, comme il a été dit plus haut. (Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet sur le verset « Qu’on apporte un vêtement royal », à propos de « L’Unique, Vie des mondes, Roi », etc.)
C’est parce que seul Son attribut de royauté donne vie aux mondes. L’Alter Rebbe renvoie à son discours sur « Qu’on apporte un vêtement royal » (Esther 6:8), à propos de la bénédiction « L’Unique, Vie des mondes, Roi ».
והיא הנק׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] שהוא בחי׳ החיות המתלבש בעולמות כח הפועל בנפעל12 (וע׳ מזה בד״ה כי תצא כו׳) ובכל ר״ה [ראש השנה] היא שנמשכת מחדש
C’est ce qu’on appelle la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), c’est-à-dire le niveau de la force vitale investie dans les mondes, le pouvoir de l’Artisan dans l’œuvre façonnée. (Voir aussi à ce sujet le discours qui commence par « Quand tu sortiras », etc.) À chaque Roch Hachana, elle est attirée de nouveau,
Cette royauté, force vitale investie dans les mondes comme le pouvoir de l’Artisan dans l’œuvre façonnée, est ce qu’on appelle memalé kol almin. À chaque Roch Hachana, elle est attirée de nouveau.
כי בכל ר״ה [ראש השנה] לא נמשך בחי׳ מלוכה זו להיות אנא אמלוך רק על שנה א׳ ואח״כ חוז ר ועולה ונכלל במקורו בבחי׳ המלך המרומם לבדו מאז13
car à chaque Roch Hachana, ce niveau de royauté — le « Je régnerai » — n’est attiré que pour une seule année ; ensuite, il retourne à sa source, s’élève et s’y trouve inclus, au niveau du « Roi qui, seul, était exalté depuis les temps anciens »,
À chaque Roch Hachana, la royauté de D.ieu, le « Je régnerai », n’est attirée que pour une seule année. Ensuite, elle retourne à sa source et s’y trouve absorbée, au niveau que la bénédiction du matin appelle « le Roi qui, seul, était exalté depuis les temps anciens ».
כמו קודם שנברא העולם שהי׳ [שהיה] נכלל בחי׳ שמו בבחי׳ הוא לבדו הוא כו׳ וכמ״ש כי ה׳ אלקיך אש אוכלה הוא14 פי׳ כטבע האש שמסתלק למעלה ועמ״ש מזה בד״ה אתם נצבים
comme avant que le monde ne soit créé, lorsque le niveau de Son Nom était inclus dans le niveau de « Lui seul est », etc. Comme il est écrit : « Car Havaya, ton D.ieu, est un feu dévorant » ; c’est-à-dire, à l’image de la nature du feu, qui s’élève en se retirant. Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par « Vous vous tenez ».
C’est comme dans l’état qui précédait la Création, lorsque Son Nom était inclus dans « Lui seul ». Deutéronome 4:24 qualifie D.ieu de « feu dévorant », et l’Admour Hazaken interprète cela à partir de la nature du feu, qui s’élève en se retirant ; ainsi, la royauté de D.ieu se retire chaque année vers sa source.
ולכן אמרו לפני מלכיות כדי שתמליכוני עליכם15 שימשיכו הרצון למדת מלוכה להיות אנא אמלוך והיינו המשכת אור חדש מבחי׳ סוכ״ע בממכ״ע [בממלא כל עלמין]:
C’est pourquoi ils ont dit : « Récitez devant Moi [des versets de] royauté, afin que vous Me fassiez régner sur vous » : qu’ils attirent la volonté vers l’attribut de royauté, afin qu’il y ait « Je régnerai ». C’est-à-dire qu’ils attirent une lumière nouvelle du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) dans la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin).
Voilà pourquoi nous récitons des versets de royauté à Roch Hachana : « afin que vous Me fassiez régner sur vous », pour attirer à nouveau la volonté de D.ieu d’être Roi. Il s’agit d’attirer une lumière nouvelle de sovev kol almin dans memalé kol almin.
Le paragraphe explique « afin que vous Me fassiez Roi » : la force vitale des mondes (memalé kol almin) n’est que la Mal'hout de D.ieu, le fait qu’Il soit appelé leur Roi, un rayonnement extérieur qui ne touche pas Son essence (sovev kol almin) ; c’est pourquoi la création est « quelque chose à partir de rien ». Chaque année, cette royauté se retire dans sa source ; à Roch Hachana, les versets de la Royauté doivent donc la faire descendre à nouveau, de la lumière enveloppante vers la lumière présente au sein des mondes.
Pirkei deRabbi Eliezer 3, source de « Lui et Son Nom seuls », raconte ensuite que, lorsque D.ieu consulta la Torah au sujet de la création du monde, celle-ci répondit : s’il n’y a ni troupe ni camp pour le Roi, sur quoi règne-t-Il ? C’est là le « Je régnerai » que manifeste l’existence des mondes. Les notes de Kehot font remonter l’expression « la puissance du Créateur dans la créature » à Etz Chaim et aux Tikkunei Zohar (Tikkun 19).
Maré mekomot
- 1לכאו״א כפום שיעורא לדילי׳ · Zohar II, 103a
- 2אין לך עשב · Bereshit Rabbah 6:6
- 3אין לך עשב שאין לו מזל המכה בו ואומר לו גדל · Bereshit Rabbah 10:6
- 4וגבוה מעל גבוה שומר · Ecclesiastes 5:7
- 5ולכבודי בראתיו יצרתיו · Isaiah 43:7
- 6אני הוי׳ לא שניתי · Malachi 3:6
- 7עד שלא נבה״ע הי׳ הוא ושמו בלבד · פדר״א פ״ג. וראה ג״כ ת״ז תי״ט. וראה הקדמת השל״ה בתחלתה.
- 8אנא אמלוך · ע׳ נשא (כא, ד). וש״נ. [כ].
- 9עד שלא נברא העולם היה הוא ושמו בלבד · Pirkei DeRabbi Eliezer 3:2–3
- 10ע״פ יביאו לבוש מלכות · תו״א צ, ג.
- 11יביאו לבוש מלכות · Esther 6:8
- 12כח הפועל בנפעל · ע׳ ע״ח ש׳ ס׳ אבי״ע (פ״ב) קרוב לסופו. וע׳ שלח (מז, א). וע׳ ת״ז (תי״ט) מ, ב. [כ].
- 13המלך המרומם לבדו מאז · ברכת יוצר.
- 14כי ה׳ אלקיך אש אוכלה הוא · Deuteronomy 4:24
- 15אמרו לפני מלכיות כדי שתמליכוני עליכם · Rosh Hashanah 16a:15–16
3ואח״כ אמרו לפני מלכיות כדי שיעלה זכרונכם לטובה לפני.1 פי׳ עד״מ כי הזכרון שיצטרך לזכור על הדבר אינו שייך
Et ensuite : « Récitez devant Moi [des versets de] royauté, afin que votre souvenir s’élève favorablement devant Moi. » Le sens, par analogie : le souvenir, lorsqu’il est nécessaire de se rappeler quelque chose, s’applique
L’enseignement du Talmud passe ensuite aux versets du Souvenir : « afin que votre souvenir s’élève favorablement devant Moi ». (Le texte imprimé porte ici « Royauté », mais dans le Talmud, cette phrase se rapporte aux versets du Souvenir, les Zikhronot.) Pour l’expliquer, l’Admour Hazaken commence par examiner ce que signifie se souvenir pour une personne.
אלא על דבר הרחוק ממנו במקום או בערך שאז שייך לומר ע״ז לשון זכרון שיזכור עליו ולא ישכח מלבו משא״כ כשהדבר אצלו וסמוך אצלו אין שייך לשון זכרון כלל.
uniquement à une chose qui est éloignée de lui, par la distance ou par le rang ; alors il convient d’employer à son propos le terme de « souvenir », c’est-à-dire qu’il s’en souviendra et ne l’oubliera pas de son cœur. En revanche, lorsque la chose est avec lui et proche de lui, le terme de « souvenir » ne s’applique absolument pas.
On n’a besoin de se « souvenir » que d’une chose éloignée, par la distance ou par le rang, et que l’on pourrait oublier. Ce qui est à portée de la main n’a nul besoin d’être rappelé.
Ce paragraphe introduit les versets du Souvenir par une simple observation : le souvenir ne s’applique qu’à ce qui est éloigné. Cela prépare l’idée du paragraphe suivant : devant D.ieu, tous les mondes ne sont rien et sont éloignés de Lui ; nous Lui demandons donc de s’en « souvenir ».
Maré mekomot
- 1כדי שיעלה זכרונכם לטובה לפני · Rosh Hashanah 16a:15–16
4וכך יובן למעלה ענין זכרון שאנו אומרים בו ית׳ יעלה זכרוננו כו׳ הוא מפני שבאמת חיות כל העולמות הן עולמות התחתונים והן עולמות העליונים הרי באמת קמיה ית׳ הם כלא ממש חשיבא1 כטפה מאוקינוס
Ainsi comprend-on la notion de souvenir dans les mondes supérieurs. [La raison pour laquelle] nous disons à Son sujet, béni soit-Il : « Que notre souvenir s’élève », etc., est qu’en vérité, la force vitale de tous les mondes, aussi bien les mondes inférieurs que les mondes supérieurs, est réellement considérée devant Lui, béni soit-Il, comme absolument néant, telle une goutte dans l’océan.
L’analogie du souvenir s’applique maintenant aux mondes supérieurs. Nous demandons à D.ieu de se « souvenir » de nous, car devant Lui tous les mondes, supérieurs comme inférieurs, sont considérés comme absolument néant, telle une goutte dans l’océan, comme le dit le Zohar : « Tout est considéré comme néant devant Lui » ; en ce sens, ils sont éloignés de Lui.
כי כל עיקר חיותם הוא ממחשבה א׳ שעלה במחשבה לפניו להיות התהוות ואצילת העולמות ונק׳ מחשבה הקדומה וכמשל ביטול מחשבה א׳ לגבי כללות הנפש כו׳
Car toute leur force vitale provient d’une seule pensée qui s’éleva dans la pensée devant Lui, afin que les mondes viennent à l’existence et soient émanés ; elle est appelée la Pensée primordiale. Cela ressemble à l’exemple de l’annulation (bitoul) d’une seule pensée par rapport à l’âme dans son ensemble, etc.
Tous les mondes tirent leur force vitale d’une seule pensée qui « s’éleva dans Sa pensée » afin de les faire venir à l’existence ; cette pensée est appelée la Pensée primordiale. De même qu’une pensée isolée n’est rien en comparaison de l’âme entière qui la pense, tous les mondes ne sont rien en comparaison de D.ieu.
והנה בר״ה [בראש השנה] שחוזר הכל לכמו שהיה לכן מבקשים שיזכור על המחשבה הקדומה ההיא שעלתה אז בתחילת אצילת העולמות כנ״ל
Or, à Roch Hachana, lorsque tout revient à son état initial, nous demandons donc qu’Il se souvienne de cette Pensée primordiale qui s’éleva alors, au début de l’émanation des mondes, comme mentionné ci-dessus.
À Roch Hachana, tout revient à son état d’avant la création, comme expliqué dans la section 1. Nous demandons donc à D.ieu de se souvenir de cette pensée originelle qui fit d’abord venir les mondes à l’existence.
כי מאחר שבאמת היא כלא ממש חשיבי ואינה ערוך אליו לכן מבקשים זכרנו שיזכור ע״ז ויחזור להתלבש בבחי׳ מחשבה הנ״ל.
Car, puisqu’en vérité tout est considéré comme absolument néant et n’a aucune commune mesure avec Lui, nous demandons donc : « Souviens-Toi de nous » — qu’Il s’en souvienne et se revête à nouveau du niveau de la pensée mentionnée ci-dessus.
Puisque les mondes sont comme néant et n’ont aucune commune mesure avec Lui, il faut qu’Il se « souvienne » d’eux. Nous disons : « Souviens-Toi de nous », Lui demandant de se revêtir à nouveau de cette pensée et de renouveler ainsi les mondes.
וז״ש [וזהו שכתוב] זוכר מעשה עולם ופוקד כל יצורי קדם וחותם זוכר הברית (וע׳ בפרדס בעה״כ [בערכי הכינויים]2 ערך זכירה וע׳ ברע״מ [ברעיא מהימנא] פ׳ פנחס) (דף רל״ט ע״א)
C’est le sens de ce qui est écrit : « Tu te souviens de l’œuvre du monde et rappelles toutes les créatures d’autrefois », et de la conclusion de la bénédiction : « qui se souvient de l’alliance ». (Voir aussi Pardes, Erchei HaKinuyim, entrée « Souvenir » (zechirah) ; et voir le Raaya Mehemna, Parshas Pinchas (page 239a),
La bénédiction du Souvenir, dans la prière de Moussaf, commence par : « Tu te souviens de l’œuvre du monde et rappelles toutes les créatures d’autrefois », et se conclut par : « qui se souvient de l’alliance ». La note renvoie à Pardes Rimonim, à l’entrée « souvenir », ainsi qu’au Raaya Mehemna sur Parshas Pinchas.
ובפ׳ עקב (דרע״א ע״א) ע״פ אזכיר את שמי3 ובפי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות] שם ועמ״ש בד״ה אסרי לגפן בפי׳ מקדשי שמך כו׳
et dans Parshas Ekev (271a), à propos du verset : « Je ferai mention de Mon Nom », ainsi qu’au commentaire du Ramaz à cet endroit ; et voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Attache son ânon à la vigne », au sujet du sens de « ceux qui sanctifient Ton Nom », etc.
La note renvoie également au Zohar sur Ekev, à propos d’Exode 20:21 : « En tout lieu où Je ferai mention de Mon Nom, Je viendrai à toi et te bénirai », ainsi qu’au commentaire du Ramaz. Elle renvoie ensuite à un discours commençant par « Attache son ânon à la vigne ».
וע׳ בזהר בפ׳ ויקהל (דף רי״ש ע״א)4 ספר זכרון5 תרין דרגין דאינון חד ורזא דא שם הוי׳ שם חד הוי׳ חד ובזהר פ׳ יתרו
Et voir le Zohar, Parshas Vayakhel (page 200a) : « Un livre de souvenir : deux niveaux qui n’en font qu’un ; et le mystère de cela est le Nom [et] Havaya : le Nom est un, Havaya est un. » Et dans le Zohar, Parshas Yisro
Dans le Zohar sur Vayakhel, l’expression de Malachie « livre de souvenir » (sefer zikaron) est interprétée comme désignant deux niveaux qui n’en font qu’un, faisant allusion au Nom et à Havaya, dont chacun est « un ». Les notes de Kehot, suivant le Tsema’h Tsédek, comprennent ces passages du Zohar comme situant le souvenir dans la Séfira de Yessod.
(דף ע׳ [עיין] ע״א)6 ועמש״ל [ועיין מה שכתוב לעיל] בפ׳ שלח ע״פ וזכרתם את כל מצות כו׳ למען תזכרו כו׳
(page 70a). Et voir ce qui est écrit plus haut, dans Parshas Shelach, à propos du verset : « Et vous vous souviendrez de tous les commandements », etc., « afin que vous vous souveniez », etc.,
La note renvoie également au Zohar sur Yisro ainsi qu’à un discours de Likkutei Torah sur les versets des tsitsit : « Et vous vous souviendrez de tous les commandements […] afin que vous vous souveniez. »
וסד״ה זכור את יום השבת בענין זכור ושמור כו׳ וע׳ עוד בזהר ח״א [חלק א׳] פ׳ וירא (דק״כ סע״ב [סוף עמוד ב]) ע״פ ויזכור אלקים כו׳
et à la fin du discours commençant par « Souviens-toi du jour du Chabbat », au sujet de « Souviens-toi » et « Garde », etc. Voir aussi le Zohar, partie I, parachat Vayera (fin de 120b), sur le verset « Et Elokim se souvint », etc.,
Il est fait mention du discours sur « Souviens-toi du jour du Chabbat », au sujet des deux mots « Souviens-toi » et « Garde », ainsi que du passage du Zohar sur Vayera, à propos de « Et Elokim se souvint ».
ובפ׳ ויצא (דקנ״ט ע״ב)7 ובפ׳ בשלח (דמ״ז ע״א) ע״פ ויזכור ימי עולם8 כו׳ ובמק״מ [ובמקדש מלך] שם וע׳ מענין ימי עולם בזח״ג [בזהר חלק ג] ס״פ נשא (דקמ״ה ע״ב)
et dans la parachat Vayétsé (159b), et dans la parachat Bechala'h (47a), sur le verset « Et il se souvint des jours d’autrefois », etc., ainsi que dans le Mikdash Melekh, à cet endroit. Voir aussi au sujet des « jours d’autrefois » dans le Zohar, partie III, à la fin de la parachat Nasso (145b).
D’autres passages du Zohar sont ensuite cités : Vayétsé, où, selon la note du Kehot, le souvenir de Ra’hel est attiré depuis Yessod ; Bechala'h, sur Isaïe 63:11, « Et il se souvint des jours d’autrefois », avec le Mikdash Melekh ; et la fin de Nasso, au sujet des « jours d’autrefois ».
ולכן קיי״ל [קיימא לן] דבר״ה [דבראש השנה] תוקעים בשל זכרים9 דהיינו שופר של איל וע׳ בזהר ח״א [חלק א׳] בפי׳ ויחי (דרמ״ו ע״א) דעלמא עילאה עלמא דדכורא איהו כו׳:10
C’est pourquoi nous statuons [selon la loi] que, à Roch Hachana, on sonne [du chofar] des mâles (zecharim), c’est-à-dire le chofar d’un bélier. Voir aussi le Zohar, partie I, dans la parachat Vayé'hi (246a), où il est dit que « le monde supérieur est un monde masculin », etc.
C’est pourquoi, conformément à la pratique que nous suivons (voir Roch Hachana 26b), le chofar de Roch Hachana est celui des zecharim, des mâles, c’est-à-dire la corne d’un bélier : zachar (« mâle ») a la même racine que zikaron (« souvenir »). Le passage du Zohar sur Vayé'hi est cité ; il qualifie le monde supérieur de « monde masculin ».
Ce paragraphe explique les versets du Souvenir : devant D.ieu, tous les mondes sont comme néant et ne sont soutenus que par une seule Pensée primordiale ; c’est pourquoi, à Roch Hachana, lorsque tout retourne à son origine, nous Lui demandons de se « souvenir » de cette pensée et de s’en revêtir à nouveau. Une longue note rassemble des sources kabbalistiques sur le souvenir, et le paragraphe s’achève sur la halakha selon laquelle le chofar de Roch Hachana est une corne de bélier, celle des « mâles » (zecharim), terme associé à zikaron.
Les notes de Kehot, suivant Or HaTorah, expliquent que, dans les sources citées ici, le souvenir relève de la Séfira de Yessod, « car c’est elle qui fait revenir toutes choses à la mémoire », et que le Zohar sur Vayetze parle du souvenir de Rachel, attiré de Yessod, le niveau de Mazla.
Maré mekomot
- 1קמי׳ . . כלא ממש חשיבא · Zohar I, 11b
- 2וע׳ בפרדס בעה״כ בערך זכירה · הלשון נעתק באוה״ת פ׳ יתרו כרך ז ע׳ ב׳תשד ”זכירה ביסוד כי הוא המזכיר כל הדברים”. וראה גם באוה״ת ר״ה ע׳ א׳תלז.
- 3אזכיר את שמי · Exodus 20:21
- 4וע׳ בזהר בפ׳ ויקהל (דף רי״ש ע״א) · מובן דזכרון הוא ביסוד — אוה״ת יתרו כרך ז ע׳ ב׳תשה. וראה אוה״ת ר״ה ע׳ א׳תלז.
- 5ספר זכרון · Malachi 3:16
- 6ובזהר פ׳ יתרו (דף ע׳ ע״א) · בענין ספר הזכרון ספר דההוא זכרון — אוה״ת יתרו כרך ז ע׳ ב׳תשה. וראה אוה״ת ר״ה ע׳ א׳תלז.
- 7ובפ׳ ויצא (דקנ״ט, ע״ב) · פי׳ ברחל זכירה שנמשך מהיסוד בחי׳ מזלא — אוה״ת בראשית פ׳ וירא כרך ד תשנב, ב. וראה שם תשנט, א.
- 8ויזכור ימי עולם · Isaiah 63:11
- 9דבר״ה תוקעים בשל זכרים · Rosh Hashanah 26b:8–9
- 10וע׳ בזח״א בפ׳ ויחי . . עלמא דדכורא · אוה״ת ר״ה כרך ה ע׳ ב׳פח. באוה״ת בראשית כרך ו תתשמב, ב מבאר הזהר בארוכה עם הגהות. נזכר גם לעיל בפ׳ מטות פב, ב.
« Avec le chofar » : le cœur profond ¶5–6
5ג ובמה בשופר הנה ענין השופר הוא שהוא קול פשוט שנמשך מהבל הלב ואינו כמו בחי׳ הדבור שהוא בחי׳ אותיות שנמשכים מן המוח
3. « Et avec quoi ? Avec le chofar. » Or, le chofar est un son simple, qui émane du souffle du cœur ; il n’est pas comme le niveau de la parole, qui consiste en des lettres émanant du cerveau.
La section 3 explique la fin de l’enseignement du Talmud : « Et avec quoi ? Avec le chofar. » Le son du chofar est un son simple, sans paroles, qui vient du souffle du cœur, contrairement à la parole, dont les lettres sont façonnées par l’intellect.
כי אותיות הדבור נמשכים מאותיות המחשבה ואותיות המחשבה נמשכים מהשכל כו׳ משא״כ הקול פשוט הוא נמשך מן הבל הלב והוא למעלה מהשכל כי בלב יש חיצוניות ופנימית1
Car les lettres de la parole émanent des lettres de la pensée, et les lettres de la pensée émanent de l’intellect, etc. ; en revanche, le son simple émane du souffle du cœur et se situe au-dessus de l’intellect. Car le cœur comporte une dimension extérieure et une dimension intérieure.
La parole procède des lettres de la pensée, et la pensée de l’intellect ; les mots sont donc formés par l’esprit. Le son dépourvu de mots vient du souffle du cœur et se situe au-dessus de l’intellect, car le cœur lui-même comporte une dimension extérieure et une dimension intérieure.
והנה חיצונית הלב הוא למטה מהשכל ומקבל ממנו כמ״ש לפי שכלו יהולל איש2 שהתפעלות המדות שבלב הוא לפי השכל וכנודע
Or, la dimension extérieure du cœur est inférieure à l’intellect et en reçoit son influence, comme il est écrit : « Un homme est loué selon son intelligence » : l’éveil des attributs émotionnels (midot) dans le cœur est conforme à l’intellect, comme on le sait.
Le cœur extérieur est inférieur à l’intellect et en reçoit son influence. Comme le dit Proverbes 12:8, « un homme est loué selon son intelligence » : les émotions qu’une personne éprouve suivent ce qu’elle comprend.
אך התפעלות זו שבמדות אלו הוא רק בחי׳ חיצונית הלב ונק׳ רצון התחתון שהוא בחי׳ רעותא דליבא3 הנולד ונמשך מבחי׳ התבוננות השכל
Mais cet éveil des attributs émotionnels n’est que le niveau de la dimension extérieure du cœur ; il est appelé la volonté inférieure, c’est-à-dire le niveau de re'usa deliba (le désir du cœur), qui naît de la contemplation intellectuelle et en procède.
L’émotion née de la contemplation appartient au cœur extérieur. Elle est appelée la « volonté inférieure », re'usa deliba, le désir du cœur qui se développe à partir de la compréhension.
אבל פנימית הלב שהוא הנק׳ רצון העליון אינו מקבל ונמשך מהשכל כלל אלא הוא גם למעלה מהשכל וזהו שנאמר לבבי דמשמע שני לבבות והיינו בחי׳ חיצוני׳ הלב ובחי׳ פנימית הלב כו׳
Mais la dimension intérieure du cœur, appelée la Volonté suprême, ne reçoit nullement de l’intellect et n’en procède en aucune manière ; elle se situe au contraire au-dessus même de l’intellect. C’est là [le sens de] ce qui est dit : levavi (« mon cœur »), expression qui implique deux cœurs, à savoir le niveau de la dimension extérieure du cœur et celui de sa dimension intérieure, etc.
Le cœur intérieur, appelé la Volonté suprême, ne procède nullement de l’intellect ; il se situe au-dessus de lui. C’est pourquoi l’Écriture emploie levavi, « mon cœur », avec une lettre redoublée, ce qui suggère deux cœurs, l’extérieur et l’intérieur.
(וכמ״ש במ״א פי׳ מ״ש יפה את רעיתי4 כתרצה.5 רעייתי מלשון רעותא דליבא שהוא רצון התחתון יהיה כתרצה רצון העליון שלמעלה מהשכל
(Comme il est expliqué ailleurs à propos de ce qui est écrit : « Tu es belle, mon aimée (ra'ayasi), comme Tirtzah » : ra'ayasi vient du terme re'usa deliba, qui désigne la volonté inférieure ; elle doit devenir « comme Tirtzah », la Volonté suprême qui se situe au-dessus de l’intellect.
La note cite une explication de Cantique des Cantiques 6:4 : « Tu es belle, mon aimée, comme Tirtzah ». Ra'ayasi (« mon aimée ») évoque re'usa, le désir inférieur du cœur, qui doit devenir « comme Tirtzah », mot associé à ratzon, la Volonté suprême au-dessus de la raison.
והיינו ע״י ויחד לבבי6 עמ״ש ע״פ ויקהל משה וע״פ מי מנה7 עפר יעקב8 ועמ״ש עוד מענין חיצוניות הלב ופנימית הלב בד״ה אתם נצבים ובביאור ע״פ לבבתני)
Et cela s’accomplit par « Unis mon cœur ». Voyez ce qui est écrit sur le verset « Et Moché rassembla », ainsi que sur le verset « Qui a compté la poussière de Yaakov ». Voyez également ce qui est écrit encore au sujet de la dimension extérieure et de la dimension intérieure du cœur dans le discours commençant par « Vous vous tenez », et dans l’explication sur le verset « Tu as ravi mon cœur ».
L’union des deux cœurs est exprimée par « Unis mon cœur » (Psaumes 86:11). La note renvoie à des discours sur le cœur extérieur et intérieur : ceux portant sur « Et Moché rassembla », « Qui a compté la poussière de Yaakov », « Vous vous tenez » et « Tu as ravi mon cœur ».
ומ״ש מוח שליט על הלב9 היינו על חיצוני׳ הלב שנולד מהשכל כנ״ל והמוח שליט עליו אבל פנימית הבל יותר גבוה מבחי׳ המוח
Et ce qui est dit, « Le cerveau domine le cœur », se rapporte à la dimension extérieure du cœur, qui naît de l’intellect, comme indiqué plus haut, et que le cerveau domine. Mais la dimension intérieure du cœur est supérieure au niveau du cerveau.
L’affirmation selon laquelle « le cerveau domine le cœur » (Zohar III, 224a) concerne le cœur extérieur, qui naît de l’intellect. Le cœur intérieur est supérieur au cerveau.
ולכן המוח מקבל מהלב כידוע שעיקר המזונות הם בלב ששם באים הדמים מהכבד שמקבל מאצטומכא ממובחר המאכל שמתהפך לדם בכבד וממנו נכנסים הדמים בלב והמוח מקבל חיות מהלב10 כו׳
C’est pourquoi le cerveau reçoit du cœur, comme on le sait : l’essentiel de la nourriture se trouve dans le cœur, car le sang y arrive depuis le foie, qui reçoit de l’estomac la partie la plus choisie des aliments, transformée en sang dans le foie ; de là, le sang pénètre dans le cœur, et le cerveau reçoit sa force vitale du cœur, etc.
C’est pourquoi, sur le plan physique, le cerveau reçoit du cœur. Les aliments sont raffinés dans l’estomac et le foie pour devenir du sang ; le sang pénètre dans le cœur, et le cerveau reçoit sa vie du cœur.
(ולכן נק׳ הקב״ה צור לבבי11 ואורייתא מחכמה נפקת שהוא בחי׳ מוח וכדלקמן) והנה קול פשוט זה דשופר הוא מבחי׳ פנימית הלב
(C’est pourquoi le Saint béni soit-Il est appelé « le Rocher de mon cœur », tandis que « la Torah vient de 'Hokhma », qui est le niveau du cerveau, comme [cela sera expliqué] plus loin.) Or, ce son simple du chofar provient du niveau de la dimension intérieure du cœur,
C’est pourquoi D.ieu est appelé « le Rocher de mon cœur » (Psaumes 73:26), le cœur intérieur, tandis que la Torah « vient de 'Hokhma », le niveau du cerveau, comme cela sera expliqué. Le son simple du chofar provient de ce cœur intérieur.
c’est-à-dire, comme il est écrit : « Leur cœur cria vers Ado-nai » : le cri du cœur provient du niveau de la dimension intérieure du cœur. (Voir aussi à ce sujet le Zohar, Partie II, parachat Chemot
La preuve en est le verset des Lamentations 2:18 : « Leur cœur cria vers Ado-nai » : un cri qui vient du cœur même, plus profond que les paroles. La note cite le Zohar sur Chemot, qui enseigne qu’un cri sans paroles dépasse toutes les prières, parce qu’il émane du cœur.
(די״ט סע״ב [סוף עמוד ב] ודף כ׳ ע״א) ובפרדס בעה״כ [בערכי הכינויים] ערך צעקה14 וע׳ במדרש רבה בשה״ש [בשיר השירים] ע״פ יונתי כו׳
(fin de 19b et page 20a), et dans le Pardes, Erchei HaKinuyim, à l’entrée « Cri » (tseaka) ; voir aussi le Midrach Rabba sur le Chir HaChirim, au verset « Ma colombe », etc.,
La note cite également le Pardes, à propos du terme « cri » (tseaka), et le Chir HaChirim Rabba sur le Cantique des Cantiques 2:14 : « Ma colombe… fais-moi entendre ta voix. »
השמיעני את קולך15 כו׳ עד וכשצעקו בנ״י [בני ישראל] לפני הקב״ה מיד ויושע ה׳ כו׳ ובשמות רבה פכ״א ע״פ מה תצעק אלי16 כבר שמעתי צעקתם כו׳
« Fais-moi entendre ta voix », etc., jusqu’à : « Lorsque les enfants d’Israël crièrent devant le Saint béni soit-Il, aussitôt “Havaya sauva” », etc. ; et dans Chemot Rabba, section 21, au sujet du verset « Pourquoi cries-tu vers Moi ? » : « J’ai déjà entendu leur cri », etc.
Comme le résume le texte, ce Midrach dit que dès qu’Israël cria devant D.ieu, Il le sauva. Chemot Rabba 21, au sujet de « Pourquoi cries-tu vers Moi ? » (Exode 14:15), dit que D.ieu avait déjà entendu leur cri.
וע׳ בזח״ב [בזהר חלק ב׳] בפ׳ בשלח (דנ״ב ע״ב) ובפי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות] שם ונמשך ונולד מחמת ההסתר וההפך בירידתו למטה שנתרחק מאד מאור פני מלך חיים17 א״ס ב״ה
Voir aussi le Zohar, Partie II, parachat Bechala'h (52b), ainsi que le commentaire du Ramaz à cet endroit.) Ce cri se manifeste et naît du fait de la dissimulation et de l’opposition, dans la descente de l’âme ici-bas, lorsqu’elle s’est éloignée à l’extrême de la lumière de la face du Roi de vie, l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il ;
Après la référence au Zohar sur Bechala'h et au Ramaz, le texte principal reprend : le cri intérieur naît de la descente de l’âme dans la dissimulation et l’opposition, loin de « la lumière de la face du Roi » (Proverbes 16:15), l’Infini.
שמחמת זה תגבר מאד בנפשם הצעקה לה׳ ותתגלה בחי׳ פנימי׳ [פנימיות / פנימית] הלב שיש בכאו״א [בכל אחד ואחד] מישראל לה׳ ית׳ למעלה מהשגתו כנ״ל והוא בחי׳ בע״ת [בעלי תשובה] בחילא יתיר18
et c’est pourquoi le cri de leur âme vers D.ieu s’intensifie grandement ; alors se révèle le niveau de la dimension intérieure du cœur, présente en chacun des enfants d’Israël envers D.ieu, qu’Il soit béni, au-delà de sa compréhension, comme mentionné plus haut. C’est là le niveau des baalei techouva, [qui viennent] « avec une force accrue ».
Sentant cet éloignement, le cri de l’âme vers D.ieu se fait puissant, et se révèle le cœur intérieur tourné vers D.ieu que possède chaque Juif, au-delà de sa compréhension. C’est le niveau des baalei techouva, qui, comme le dit le Zohar, viennent « avec une force accrue ».
ולכן ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] שאין צדיקים גמורים יכולים לעמוד במקומם כי דוקא מצד ההסתר תגדל הצעקה כו׳
C’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit que les justes parfaits ne peuvent se tenir à leur place, car c’est précisément en raison de la dissimulation que le cri s’intensifie, etc.
C’est pourquoi les Sages ont dit que les justes parfaits ne peuvent se tenir à la place des baalei techouva (Berachos 34b). Le cri de celui qui revient est plus puissant précisément parce qu’il jaillit de la dissimulation.
וזהו תכלית ירידת הנשמות בגופות לאתבא צדיקייא בתיובתא1920 כי בעוד שהיו בגן עדן היו כולם צדיקים שהיו נהנים מזיו השכינה21 שזהו מעשה הצדיקים שעבודתם בשכל
Et tel est le but de la descente des âmes dans des corps : « ramener les tsadikim à la techouva ». Car, lorsqu’elles étaient au Gan Eden, elles étaient toutes des tsadikim, qui « jouissent du rayonnement de la Chekhina » ; telle est l’œuvre des tsadikim, dont le service relève de l’intellect,
Tel est le but de la descente de l’âme dans un corps : « ramener les tsadikim à la techouva ». Au Gan Eden, toutes les âmes sont des tsadikim, qui « jouissent du rayonnement de la Chekhina » (Berachos 17a) : leur service relève de l’intellect.
כמו שכתוב דע את אלקי22 כו׳ ואח״כ בירידתם למטה בגוף ונפש הבהמית נעשו בחינת בעלי תשובה לשוב למעלה
comme il est écrit : « Connais le D.ieu de [ton père] », etc. Puis, lorsqu’elles descendent ici-bas, dans un corps et une âme animale, elles deviennent des baalei techouva, afin de retourner vers le haut,
Là-bas, leur service relève de l’intellect, comme dans « Connais le D.ieu de ton père » (1 Chronicles 28:9). En descendant dans un corps et une âme animale, elles deviennent des baalei techouva, qui s’efforcent de retourner vers le haut.
כי יש מסתיר ומעלים ומחמת זה תגדל הצעקה והיא בחינת פנימיות הלב וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה]23 הידוע דעיקר תשובה בלב פי׳
car quelque chose se dissimule et fait écran ; de ce fait, le cri s’intensifie, et c’est le niveau de la dimension intérieure du cœur. Comme le dit le célèbre enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : l’essence de la techouva est dans le cœur. Cela signifie que :
Ici-bas, quelque chose dissimule D.ieu et fait écran ; cette dissimulation intensifie le cri et révèle le cœur intérieur. Ainsi, lorsque les Sages disent que l’essence de la techouva est dans le cœur, ils parlent du cœur intérieur.
כי תשובה דוקא הוא התגלות פנימית הלב שהוא למעלה מבחי׳ צדיקים גמורים שהם מבחי׳ מוח כנ״ל והתשובה היא מזה עצמו בהתבוננו עוצם ריחוקו אשר ירד פלאים כו׳ ועל ג״ע [גן עדן] התחתון ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] מוטב דלידייני׳24 כו׳
la techouva, précisément, est la révélation de la dimension intérieure du cœur, qui est supérieure au niveau des tsadikim parfaits, lesquels relèvent du niveau du cerveau, comme mentionné plus haut. La techouva naît précisément de cette situation : lorsqu’on médite sur l’immensité de son éloignement, sur le fait d’être « descendu de manière stupéfiante », etc. Et, au sujet du Gan Eden inférieur, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Mieux vaut qu’il soit jugé », etc.,
La techouva est la révélation du cœur intérieur, qui est supérieure aux tsadikim parfaits, dont le service relève du cerveau. Elle naît de la réflexion sur l’ampleur de sa chute ; même à propos du Gan Eden inférieur, les Sages ont dit : « Mieux vaut qu’il soit jugé » et qu’il y entre (Chagigah 15b).
שכדאי כל יסורי גיהנם כו׳ וג״ע [וגן עדן] העליון הוא גבוה יותר לאין קץ וכ״ש [וכל שכן] שיש לבכות על ריחוקו מעצמות אור א״ס אשר יפה שעה אחת בתשובה25 ומע״ט [ומעשים טובים] בעוה״ז26 כו׳
car toutes les souffrances du Guéhinom en valent la peine, etc. Et le Gan Eden supérieur est infiniment plus élevé ; à plus forte raison faut-il pleurer sur son éloignement de l’essence de la Lumière infinie (Or Ein Sof), car « mieux vaut une heure de techouva et de bonnes actions dans ce monde », etc. ;
Le Gan Eden inférieur vaut toutes les souffrances du Guéhinom, et le Gan Eden supérieur est infiniment plus élevé ; combien plus faut-il pleurer d’être éloigné de l’essence de la Lumière infinie. Comme le dit la Michna (Avos 4:17) : « Mieux vaut une heure de techouva et de bonnes actions dans ce monde » que toute la vie du Monde à venir.
אשר מזה יהיה לבו צועק כו׳ וזהו ענין התקיעה קול פשוט מפנימי׳ [מפנימיות / מפנימית] הלב ואח״כ שברים גנוחי גנח היינו בחי׳ לב נשבר ותרועה ילולי יליל27 הוא בחי׳ התעוררות רחמים בבכיה כו׳
de là, son cœur poussera un cri, etc. Tel est le sens de la tekia : un son simple issu de la dimension intérieure du cœur. Viennent ensuite les chevarim, « des soupirs gémissants », qui représentent le cœur brisé ; puis la teroua, « des cris plaintifs », qui représente l’éveil de la compassion par les pleurs, etc.
Cette méditation fait crier le cœur. Telle est la succession des sonneries du chofar : la tekia, son simple issu du cœur intérieur ; les chevarim, « des gémissements » (Rosh HaShanah 33b), qui expriment un cœur brisé ; et la teroua, « des cris plaintifs », la compassion éveillée par les pleurs.
ומזה נולד ונמשך התקיעה השנית שהוא בחי׳ התגלות רצון העליון מלמעלה כי הנה הקב״ה נקרא צור לבבי.28293031
De là naît et se prolonge la seconde tekia, qui est la révélation de la Volonté suprême d’en haut. Car le Saint béni soit-Il est appelé « le Rocher de mon cœur ».
De ces sonneries naît la seconde tekia : la révélation de la Volonté suprême d’en haut, réponse de D.ieu au cri d’en bas. En effet, D.ieu est appelé « le Rocher de mon cœur », la source propre du cœur intérieur.
Ce paragraphe explique pourquoi le chofar est l’instrument de Roch Hachana : son son sans paroles vient du cœur intérieur, de la Volonté suprême au-dessus de l’intellect, et non du cœur extérieur qui suit la compréhension. Ce cœur intérieur se révèle particulièrement chez le baal techouva : la distance qui le sépare de D.ieu rend son cri plus puissant que celui du tsadik, et l’ordre teki’a, chevarim, terou’a, teki’a retrace ce cri et la réponse de D.ieu.
Les notes de Kehot relient les deux niveaux du cœur au discours de Likkutei Torah sur Balak : le point intérieur du cœur est le « grand amour » au-dessus de la raison, accordé d’en haut comme un don, tandis que le cœur extérieur est l’amour qui découle de la contemplation, chacun « selon sa mesure ». Le Zohar (I, 129b) dit que les baalei techouva se rapprochent du Roi par le désir du cœur et une grande force, et que les tsadikim parfaits n’ont pas le droit de se tenir à leur place.
Maré mekomot
- 1בלב יש חיצוניות ופנימית · ראה לעיל במפתח ענינים מכ״ק אדמו״ר ערך לב. וראה גם תו״א ז, ב.
- 2לפי שכלו יהולל איש · Proverbs 12:8
- 3חיצונית הלב ונק׳ רצון התחתון שהוא בחי׳ רעותא דליבא · ראה לעיל פ׳ בלק סז, ג. וראה גם אוה״ת ר״ה ע׳ א׳שפח.
- 4כמ״ש במ״א פי׳ מ״ש יפה את רעיתי · ראה לקמן שה״ש יג, ד ואילך.
- 5יפה את רעיתי כתרצה · Song of Songs 6:4
- 6ויחד לבבי · Psalms 86:11
- 7וע״פ מי מנה · לעיל פ׳ בלק סז, ג.
- 8
- 9מוח שליט על הלב · Zohar III, 224a
- 10כידוע שעיקר המזונות הם בלב . . והמוח מקבל חיות מהלב · ראה לקמן שה״ש לג, ד. אוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תקיח. פ׳ ואתחנן ע׳ רכא.
- 11צור לבבי · Psalms 73:26
- 12צעק לבם אל ה׳ · Lamentations 2:18
- 13צעק לבם אל ה׳ · Zohar, Shemot 49:354–50:364
- 14בזח״ב פ׳ שמות די״ט סע״ב ודף כ׳ ע״א ובפרדס בעה״כ ערך צעקה · נזכר גם לעיל מד, ב וש״נ.
- 15השמיעני את קולך · Song of Songs 2:14
- 16מה תצעק אלי · Exodus 14:15
- 17מאור פני מלך חיים · Proverbs 16:15
- 18בע״ת בחילא יתיר · Zohar I, 129b
- 19לאתבא צדיקייא בתיובתא · זח״ג (קנג, ב). ועל״ק שה״ש (נ, סע״ב). [כ].
- 20לאתבא צדיקייא בתיובתא · Zohar, Beha'alotcha 15:87–16:94
- 21נהנים מזיו השכינה · Berakhot 17a:12
- 22דע את אלקי · I Chronicles 28:9
- 23וכמארז״ל · ער״ח ש׳ התשובה (פ״ד) עיקר התשו׳ בכל לבבו (קלא, א). ושם (ספ״ז) מירוש׳ פ״ב תענית עה״פ וקרעו לבבכם אם קרעתם לבבכם בתשובה אין אתם קורעים בגדיכם כו׳, יעו״ש. [כ].
- 24מוטב דלדייני׳ · Chagigah 15b:3
- 25יפה שעה אחת בתשובה · אבות פ״ד, מי״ז.
- 26יפה שעה אחת בתשובה ומע״ט בעוה״ז · Pirkei Avot 4:17
- 27גנוחי גנח . . וילולי יליל · Rosh Hashanah 33b:10
- 28שאין צ״ג יכולים לעמוד במקומם · Berakhot 34b
- 29הקב״ה נק׳ צור לבבי · Psalms 73:26
- 30
- 31
6וג״כ לבבי בלשון רבים דמשמע ב׳ לבבות והיינו בחי׳ חיצונית ופנימית שבלב עד״מ הנ״ל וחיצונית הלב הוא למטה מהשכל כמ״ש בחכמה יסד ארץ1 כו׳
De plus, levavi (« mon cœur ») est au pluriel, ce qui implique deux cœurs, à savoir le niveau de la dimension extérieure et de la dimension intérieure du cœur, selon l’analogie mentionnée plus haut. La dimension extérieure du cœur est en dessous de l’intellect, comme il est écrit : « Il a fondé la terre par la 'Hokhma », etc.
Levavi, « mon cœur », est au pluriel, ce qui indique deux cœurs, l’extérieur et l’intérieur. Le cœur extérieur est en dessous de l’intellect, comme le dit Proverbes 3:19 : « Il a fondé la terre par la 'Hokhma » : le niveau inférieur est édifié par la sagesse.
אבל פנימית הלב הוא בחי׳ רצון העליון שלמעלה מהחכמה והחכמה נק׳ בחי׳ עשי׳ [עשיה] לגבי בחי׳ רצון העליון
Mais la dimension intérieure du cœur est le niveau de la Volonté suprême, qui est au-dessus de la 'Hokhma (sagesse) ; et la 'Hokhma est appelée le niveau de la « réalisation » (assiya) par rapport au niveau de la Volonté suprême,
Le cœur intérieur est la Volonté suprême, qui est au-dessus de la 'Hokhma. Par rapport à cette Volonté, même la 'Hokhma est appelée « réalisation » (assiya), un stade inférieur et plus défini.
כדכתיב כולם בחכמה עשית2 וכנודע ובחי׳ התקיעה שהוא קול פשוט הוא בחי׳ התגלות פנימצית הלב שהוא בחי׳ רצון העליון שלמעלה מהחכמה הנ״ל וע״ז נאמר (בזכרי׳ [בזכריה] סי׳ ט׳) ואד׳ הוי׳ בשופר יתקע3
comme il est écrit : « Tu les as tous faits par la 'Hokhma », comme on le sait. Le niveau de la tekia, qui est un son simple, est celui de la révélation de la dimension intérieure du cœur, c’est-à-dire le niveau de la Volonté suprême, qui est au-dessus de la 'Hokhma mentionnée plus haut. C’est à ce sujet qu’il est dit (Zacharie, chapitre 9) : « Et Ado-nai Havaya fera retentir le chofar » :
Cela ressort des Psaumes 104:24 : « Tu les as tous faits par la 'Hokhma. » La tekia, un son simple, révèle le cœur intérieur, la Volonté suprême qui est au-dessus de la 'Hokhma ; c’est à ce sujet que Zacharie 9:14 dit : « Et Ado-nai Havaya fera retentir le chofar. »
כמו עד״מ התקיעה שהיא קול פשוט מפנימית הלב כך עד״מ הוא בחי׳ המשכה וגילוי רצון העליון ב״ה והוא למעלה מבחי׳ האותיות שנמשכים מהחכמה
De même que, selon l’analogie, la tekia est un son simple provenant de la dimension intérieure du cœur, de même, selon l’analogie, elle représente le niveau de l’émanation et de la révélation de la Volonté suprême, béni soit-Il ; celle-ci est au-dessus du niveau des lettres qui émanent de la 'Hokhma.
De même que notre tekia, dépourvue de mots, provient du cœur intérieur, de même le « son du chofar » de D.ieu représente l’émanation et la révélation de Sa Volonté suprême. Cette Volonté est au-dessus des lettres, qui proviennent de la 'Hokhma.
כי אורייתא מחכמה נפקת ועיקרה בחי׳ אותיות וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] כל התורה כולה שמותיו של הקב״ה והיינו בחי׳ האותיות שבתורה וע״ש זה נק׳ מקרא לשון קריאה4 שקוראו בשמותיו ועי״ז פונה עצמו כו׳7
Car « la Torah émane de la 'Hokhma », et son essence réside dans le niveau des lettres. Comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Toute la Torah n’est que les noms du Saint béni soit-Il » ; cela désigne le niveau des lettres de la Torah. C’est pour cette raison qu’elle est appelée Mikra (Écriture), terme dérivé de « appeler » (keria), car on L’appelle par Ses noms et, par ce moyen, Il se tourne, etc.
La Torah « émane de la 'Hokhma » et consiste essentiellement en lettres ; comme le dit le texte, toute la Torah est constituée des noms du Saint béni soit-Il (la note de Kehot rattache cette formule à l’introduction du Ramban à la Torah). C’est pourquoi l’Écriture est appelée Mikra, de keria, « appel » : en la lisant, on appelle D.ieu par Ses noms.
וע״כ הנגיעה פוסל בה וכן חסר ויתיר5 כי הדקדוק הוא בהאותיות והיינו לפי דמחכמה נפקת שמשם נמשכי׳ [נמשכים / נמשכין] האותיות (וכמ״ש במ״א בד״ה לסוסתי בפ׳ בשלח)6
C’est pourquoi le contact [entre les lettres] la rend invalide, de même qu’une lettre manquante ou ajoutée, car la précision porte sur les lettres ; cela tient au fait qu’elle émane de la 'Hokhma, d’où proviennent les lettres. (Comme il est expliqué ailleurs, dans le discours commençant par « À ma cavale », dans la paracha de Bechala'h.)
Puisque l’essence de la Torah réside dans ses lettres, un rouleau de la Torah est invalide si des lettres se touchent, ou si une lettre manque ou est ajoutée (la note cite le Choul'han Arou'h, Yoré Déa 274). Cette précision découle de la source de la Torah dans la 'Hokhma, d’où proviennent les lettres ; la glose renvoie au discours de Torah Ohr « À ma cavale ».
אבל בחי׳ רצון העליון הוא בחי׳ פנימית הלב שהוא בחי׳ קול פשוט שלמעלה מהאותיות כנ״ל וזהו ענין ובמה בשופר:
Mais le niveau de la Volonté suprême est celui de la dimension intérieure du cœur, c’est-à-dire celui d’un son simple qui est au-dessus des lettres, comme mentionné plus haut. Tel est le sens de : « Et avec quoi ? Avec le chofar. »
La Volonté suprême, quant à elle, est le cœur intérieur, un son simple qui se situe au-dessus des lettres. C’est pourquoi l’instrument de Roch Hachana est le chofar, comme le dit le Talmud : « Et avec quoi ? Avec le chofar. »
Ce paragraphe situe le chofar au-dessus des lettres de la Torah : la Torah, composée de lettres qui émanent de la 'Hokhma, exige une exactitude jusque dans chaque lettre, tandis que le son sans paroles du chofar révèle le cœur intérieur et la Volonté suprême, au-dessus de la 'Hokhma. Ainsi, le « son du chofar » de D.ieu (Zacharie 9:14) révèle Sa Volonté, ce qui explique pourquoi le Talmud répond : « Avec le chofar. »
Les notes de Kehot rattachent la formule « toute la Torah n’est que les noms du Saint béni soit-Il » à l’introduction du Ramban à la Torah et au Zohar (III, 73a), et renvoient aux Biouré HaZohar du Tsema'h Tsédek pour l’explication de Mikra comme « appel ».
Maré mekomot
- 1בחכמה יסד ארץ · Proverbs 3:19
- 2כולם בחכמה עשית · Psalms 104:24
- 3ואד׳ הוי׳ בשופר יתקע · Zechariah 9:14
- 4מקרא לשון קריאה · ראה ביאוה״ז להצ״צ כרך ב ע׳ תרכ.
- 5הנגיעה פוסל בה וכן חסר ויתיר · שו״ע יו״ד סער״ד, ד-ה.
- 6בד״ה לסוסתי בפ׳ בשלח · תו״א סג, ד.
- 7כל התו׳ כולה שמותיו · Zohar III, 73a
Combler les brèches ; la corne de bélier ¶7
7ד והנה עוד זאת שעי״ז הוא ממלא כל הפגמים שנעשו על ידי העוונות משנה העברה
4. Or, voici encore un autre effet : par ce moyen, il comble toutes les lacunes causées par les fautes de l’année écoulée.
La section 4 ajoute un autre effet du chofar : il comble toutes les lacunes causées par les fautes de l’année écoulée.
כי הפגמים שברמ״ח מ״ע [מצות עשה] ושס״ה ל״ת [לא תעשה] היינו בבחי׳ חכמה שממנה נמשכת התורה כנ״ל ועד שם מגיעים הפגמים כו׳ וע״י השופר שנמשך הארה מבחי׳ רצון העליון שלמעלה מהחכמה כנ״ל
Car les lacunes touchant les 248 commandements positifs et les 365 interdits se trouvent au niveau de 'Hokhma, dont la Torah tire son origine, comme indiqué plus haut, et les lacunes atteignent jusque-là, etc. Or, par le chofar, une lumière est attirée du niveau de la Volonté suprême, qui est au-dessus de 'Hokhma, comme indiqué plus haut,
Les fautes causent des lacunes dans les 248 commandements positifs et les 365 interdits, qui découlent de 'Hokhma, la source de la Torah ; le dommage atteint donc jusqu’à 'Hokhma. Le chofar attire une lumière de la Volonté suprême, qui est au-dessus de 'Hokhma.
לכן הוא ממלא כל הפגמים שנעשו בחכמה ומאיר אור חדש ביתר שאת ויתר עז1 כמשל הנהר שנחרב ויבש שחופרים בעומק יותר וממלא החסרון
il comble donc toutes les lacunes causées en 'Hokhma et fait briller une lumière nouvelle « avec une plus grande élévation et une plus grande force », selon l’image d’un fleuve dévasté et asséché : on creuse plus profondément, et cela comble le manque,
Parce que sa source est plus élevée que le lieu du dommage, le chofar peut combler les lacunes et même faire briller une lumière nouvelle, « avec une plus grande élévation et une plus grande force » (Genèse 49:3). L’image est celle d’un fleuve asséché : en creusant plus profondément, on atteint la source, qui le remplit à nouveau.
וגם ביתר שאת כו׳ כי תלת קשרין מתקשראן דא בדא2 ישראל באורייתא ואורייתא בקב״ה [בקודשא בריך הוא] והיינו כששומר דרכי התורה והמצות
et aussi « avec une plus grande élévation », etc. Car « trois liens sont liés les uns aux autres : Israël à la Torah, et la Torah au Saint béni soit-Il » ; cela signifie que l’on observe les voies de la Torah et les mitsvot.
Le fleuve n’est pas seulement rempli à nouveau : il peut aussi dépasser son état antérieur. Le Zohar enseigne que trois éléments sont liés les uns aux autres : Israël à la Torah, et la Torah au Saint béni soit-Il ; ce lien subsiste tant que l’on suit les voies de la Torah.
אבל אם ח״ו [חס ושלום] פגם באיזו מצוה הרי נחלש הקשר הלז דישראל מתקשראן באורייתא ואזי אין עצה כ״א ע״י התשובה מעומקא דליבא שעי״ז מדלג שור וממשיך מבחי׳ קוב״ה [קודשא בריך הוא]
Mais si, à D.ieu ne plaise, il a causé une lacune dans quelque mitsva, ce lien d’« Israël lié à la Torah » s’affaiblit ; il n’y a alors d’autre remède que la techouva du plus profond du cœur, par laquelle on « franchit un mur » et l’on attire du niveau du « Saint béni soit-Il »,
Une faute affaiblit le lien entre Israël et la Torah. Le seul remède est la techouva du plus profond du cœur, qui, comme le fait de « franchir un mur », dépasse le lien endommagé et attire directement du Saint béni soit-Il.
שהוא בחי׳ סוכ״ע שנק׳ קדוש ומובדל ובו מתקשרא אורייתא שהיא בחי׳ חכמה כו׳ ועי״ז שקוב״ה [שקודשא בריך הוא] מאיר באורייתא וישראל
qui est le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), appelée sainte et séparée, et à laquelle est liée la Torah, qui est le niveau de 'Hokhma, etc. Et, par ce moyen, le Saint béni soit-Il fait briller sa lumière dans la Torah et en Israël,
Ici, le « Saint béni soit-Il » désigne sovev kol almin, la lumière transcendante, appelée « sainte » au sens de séparée, à laquelle la Torah, qui est 'Hokhma, est elle-même liée. Lorsqu’Il fait briller sa lumière dans la Torah et en Israël, le lien est rétabli d’en haut.
Il comble alors toutes les lacunes et tous les manques, comme le dit la formule : « Tu es la perfection de tous ; Tu es Celui qui remplit tous les Noms », etc.
Toutes les lacunes et tous les manques sont alors comblés, comme dans Pata’h Eliyahou : « Tu es Celui qui remplit tous les Noms ; Tu es la perfection de tous. » Le texte ajoute que lorsqu’Il se retire d’eux, tous les Noms restent comme un corps sans âme.
וזהו ויעבור הוי׳ על פניו ויקרא הוי׳ הוי׳ כו׳ ופסיק טעמא בגווייהו56 כי יש ב׳ בחי׳ שמות הוי׳ א׳ בהשתלשלות יו״ד חכמה ה״א בינה כו׳
Et c’est là le sens de : « Havaya passa devant lui (al panav) et proclama : “Havaya, Havaya” », etc., la cantillation marquant une pause entre les deux. Car il existe deux niveaux des Noms Havaya : l’un se trouve dans l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) : le youd correspond à 'Hokhma, le hé à Bina, etc.
Cela explique Exode 34:6, l’ouverture des Treize Attributs de miséricorde : « Havaya passa devant lui et proclama : “Havaya, Havaya”. » La cantillation sépare les deux Noms, car il existe deux niveaux de Havaya ; l’un se trouve dans l’enchaînement descendant des mondes, ses lettres correspondant aux Séfirot : le youd à 'Hokhma, le hé à Bina, et ainsi de suite.
ושם הם הפגמים על ידי תורה ומצות כמ״ש בכהאריז״ל [בכתבי האריז״ל] בקריאת שמע שעל המטה אם פגמתי באות יו״ד בביטול ק״ש [קריאת שמע] כו׳
Et il y a là les défauts [causés] par la Torah et les mitsvot, comme il est écrit dans les écrits de l’Ari zal, dans le Chema récité au coucher : « Si j’ai porté atteinte à la lettre youd en négligeant la récitation du Chema », etc.
C’est ce Nom, au sein de l’enchaînement descendant, que les fautes affectent. Le Chema du coucher de l’Ari zal comprend cette confession : « Si j’ai porté atteinte à la lettre youd en négligeant la récitation du Chema. »
כי מצות ק״ש [קריאת שמע] הוא ליחדא בהוי׳ אחד7 איך שאין עוד מלבדו8 וכולא כלא ממש חשיבי והמבטל זה פוגם באות יו״ד
Car la mitsva de réciter le Chema consiste à unifier [D.ieu] dans « Havaya est Un » : à reconnaître qu’« il n’est rien d’autre que Lui » et que tout est considéré comme n’étant véritablement rien. Celui qui néglige cela porte atteinte à la lettre youd,
La mitsva du Chema consiste à unifier D.ieu, à prendre conscience qu’« il n’est rien d’autre que Lui » (Deutéronome 4:35) et que tout est véritablement rien devant Lui. Celui qui néglige cela porte atteinte au youd.
qui est le niveau de 'Hokhma, le niveau de l’annulation de soi (bitoul), koach mah (« la puissance du quoi »), comme il est écrit : « Et la 'Hokhma se trouve à partir du néant » ; elle est constamment attirée et engendrée à partir du niveau du néant, etc.
Le youd représente la 'Hokhma, le niveau du bitoul, appelé koach mah, la puissance du « quoi », car la 'Hokhma est constamment engendrée à partir du néant, comme le verset de Job 28:12 est lu : « La 'Hokhma se trouve à partir du néant. »
וע״י ביטול מ״ע [מצות עשה] ואהבת את11 ה׳ פוגם באות ה׳ שהוא בחינת בינה לבא אה״ר [אהבה רבה] כו׳ וע״י ביטול תלמוד תורה פוגם באות ו׳ שהוי״ו הוא המשכה קו ארוך מיו״ד שבראשו
Et, en négligeant le commandement positif « Tu aimeras Havaya », on porte atteinte à la lettre hé, qui est le niveau de Bina, « le cœur », l’amour immense (ahava raba), etc. Et, en négligeant l’étude de la Torah, on porte atteinte à la lettre vav, car le vav est un long trait qui se prolonge à partir du youd placé à son sommet ;
Négliger le commandement « Tu aimeras Havaya » (Deutéronome 6:5) porte atteinte au premier hé, Bina, appelée « le cœur », source de l’amour immense. Négliger l’étude de la Torah porte atteinte au vav, qui est un long trait descendant à partir du youd placé à son sommet.
כי כל התורה הוא בחי׳ המשכות מחכמה עילאה והמבטל תלמוד תורה מקצר ההמשכות ופוגם באות ו׳ וע״י ביטול מצות מעשיות באות ה׳ אחרונה של שם
car toute la Torah est le niveau des prolongements issus de la 'Hokhma suprême ; celui qui néglige l’étude de la Torah interrompt ces prolongements et porte atteinte à la lettre vav. Et, en négligeant les mitsvot pratiques, [on porte atteinte] au hé final du Nom,
Toute la Torah est un prolongement issu de la 'Hokhma suprême ; négliger son étude interrompt donc ce trait. Négliger les mitsvot pratiques porte atteinte au hé final du Nom.
שהוא בחי׳ עשיה כידוע אך כ״ז [כל זה] הוא בבחי׳ שם הוי׳ דלתתא שהוא בחי׳ התהוות ההשתלשלות כנ״ל
qui est le niveau de l’action (Assiya), comme on le sait. Mais tout cela relève du niveau du Nom Havaya inférieur, qui est le niveau de la venue à l’existence de l’enchaînement descendant, comme indiqué plus haut.
Le hé final correspond à l’action (Assiya). Tous ces défauts se situent dans le Nom Havaya inférieur, celui qui fait advenir l’enchaînement des mondes.
אבל שם הוי׳ דלעילא עם היות שנקרא ג״כ הוי׳ ע״ש [על שם] התהוות שממנו ית׳ מ״מ הוא בחי׳ גילוי אור עליון שלמעלה מהשתלשלות והוא בחי׳ רצון העליון הנ״ל שהוא למעלה מעלה מן החכמה
Mais le Nom Havaya supérieur, bien qu’il soit lui aussi appelé Havaya en raison de la venue à l’existence qui procède de Lui, béni soit-Il, est néanmoins le niveau de la révélation d’une lumière suprême qui dépasse l’enchaînement descendant ; il est le niveau de la Volonté suprême mentionnée plus haut, très, très au-dessus de la 'Hokhma.
Le Nom supérieur est lui aussi appelé Havaya, « celui qui fait advenir », car toute existence vient de Lui ; mais il désigne la révélation d’une lumière suprême qui dépasse l’enchaînement descendant. C’est la Volonté suprême, très au-dessus de la 'Hokhma.
ולכן פסיק טעמא בגווייהו כו׳ אך ענין ויקרא הוי׳ הוי׳ היינו שהוא ית׳ קורא וממשיך12 מבחי׳ שם הוי׳ הראשון שלמעלה מהשתלשלות כנ״ל להיות מתגלה בהוי׳ שבבחינת השתלשלות
C’est pourquoi une pause cantillatoire les sépare, etc. Quant à l’expression « Et Havaya proclama : “Havaya, Havaya” », elle signifie que Lui, béni soit-Il, appelle et attire à Lui le niveau du premier Nom Havaya, qui dépasse l’enchaînement descendant, comme indiqué plus haut, afin qu’il se révèle dans Havaya au niveau de l’enchaînement descendant.
C’est pourquoi la cantillation sépare les deux Noms : ils correspondent à des niveaux différents. D.ieu « proclame » le premier Havaya, le Nom supérieur, et l’attire afin qu’il se révèle dans le Havaya inférieur, au sein de l’enchaînement descendant.
(ועיין מזה13 באדר״ר [באדרא רבא]) (דקל״ח ע״א) וע׳ בספר רוח דוד שם פי׳ שהשם הראשון הוא למעלה מהשתלשלות כו׳
(Voir à ce sujet l’Idra Rabba (138a), ainsi que le livre Ruach David, où il est expliqué que le premier Nom se situe au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes, etc.
La note cite l’Idra Rabba, où le Zohar traite de la pause entre les deux Noms, ainsi que le commentaire Ruach David, qui explique que le premier Nom est celui qui se situe au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes.
וכן פי׳ המק״מ [המקדש מלך] בסוף ספר הדרת פ״מ ובביאור האדרא בספר קול ברמה14 משמע דהשם השני הוא למעלה מהשתלשלו ת והוא מהפע״ח [מהפרי עץ חיים] שער הסליחות פ״ב [פרק ב׳] וע׳ בזהר ס״פ תרומה (דקע״ה ע״ב)
Le Mikdash Melech l’explique également, à la fin du livre הדרת פ״מ. Mais, dans l’explication de l’Idra du livre Kol BeRamah, il semble que le second Nom se situe au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes ; c’est aussi ce qui ressort de Pri Etz Chaim, Sha'ar HaSelichos, chapitre 2. Voir également le Zohar, à la fin de la paracha Terouma (175b),
Le Mikdash Melech est du même avis, à la fin du livre cité sous le titre הדרת פ״מ, mais l’explication de l’Idra dans Kol BeRamah laisse entendre le contraire : le second Nom serait le plus élevé, conformément à Pri Etz Chaim, Sha'ar HaSelichos. D’autres passages du Zohar sont mentionnés.
ובפ׳ בראשית (ד״כ ע״א)15 ובפע״ח [ובפרי עץ חיים] שער הנ״ל רפ״ח ובע״ח [ובעץ חיים] שער א״א למלאות כל הפגמים והחסרונות שנעשו בו ע״י העונות כו׳
ainsi que dans la paracha Berechit (20a), dans Pri Etz Chaim, le chapitre précité, au début du chapitre 8, et dans Etz Chaim, Sha'ar Arich Anpin.) [Afin] de réparer tous les défauts et toutes les lacunes qui y ont été causés par les fautes, etc.
La note se termine par Pri Etz Chaim et par Sha'ar Arich Anpin d’Etz Chaim. Le but de l’effusion du Nom supérieur est de réparer tous les défauts et toutes les lacunes que les fautes ont causés dans le Nom inférieur.
וכמבואר למעלה במשל הנהר שיבש שע״י שמוציאים וחופרים מהמעיין מתמלא הנהר כו׳ וזהו ענין התשובה שע״י התשובה קוראים וממשיכים מבחי׳ הוי׳ שלמעלה מסדר ההשתלשלות וכמ״ש ממעמקים קראתיך16 הוי׳
Comme l’explique plus haut l’image du fleuve asséché : en dégageant et en creusant jusqu’à la source, on remplit le fleuve, etc. Tel est le sens de la techouva : par la techouva, on appelle et l’on attire du niveau de Havaya qui se situe au-dessus de l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes, comme il est écrit : « Des profondeurs, je T’ai appelé, Havaya. »
Il s’agit à nouveau de l’image du fleuve : en creusant jusqu’à la source, on remplit le fleuve asséché. La techouva appelle et attire du Havaya qui se situe au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes, comme il est dit dans les Psaumes 130:1 : « Des profondeurs, je T’ai appelé, Havaya. »
ולכן אומרים היג״מ [הי״ג מדות] בעשי״ת [בעשרת ימי תשובה] כי אז נמשך בחי׳ התגלות הוי׳ שלמעלה מההשתלשלות שהוא בחי׳ רצון העליון שלמעלה מהחכמה ע״י השופר קול פשוט שהוא התגלות פנימית הלב כנ״ל
C’est pourquoi nous récitons les Treize Attributs [de miséricorde] durant les Dix Jours de Techouva : alors se révèle le niveau de Havaya qui se situe au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes, c’est-à-dire le niveau de la Volonté suprême, au-dessus de 'Hokhma. Cette révélation s’opère par le chofar, son simple, qui révèle la dimension intérieure du cœur, comme mentionné plus haut.
Voilà pourquoi les Treize Attributs de miséricorde, qui commencent par « Havaya, Havaya », sont récités durant les Dix Jours de Techouva. Alors se révèle le Havaya supérieur, la Volonté suprême au-dessus de 'Hokhma, par le chofar, son simple de la dimension intérieure du cœur.
C’est pourquoi le chofar doit nécessairement provenir d’un bélier ou d’un bouquetin ; celui d’une vache est invalide, car il est écrit : « la face d’un bœuf à gauche »,
Cela explique également la halakha (Rosh HaShanah 26a) selon laquelle le chofar doit provenir d’un bélier ou d’un bouquetin, et non d’une vache. Dans la vision du Char d’Ézéchiel (1:10), « la face d’un bœuf » se trouve à gauche.
שהוא בחי׳ גבורות וא״א להמשיך על ידו בחי׳ רחמים רבים הנ״ל שהוא בחי׳ פנימית הלב רצון העליון
car cela correspond au niveau des rigueurs (guevourot), et il est impossible d’attirer par ce moyen le niveau de la compassion abondante mentionnée plus haut, qui correspond à la dimension intérieure du cœur, à la Volonté suprême.
Le côté gauche correspond aux guevourot, à la rigueur. Il ne permet pas d’attirer la compassion abondante de la dimension intérieure du cœur et de la Volonté suprême.
Car, au contraire, « la gauche repousse », etc. C’est plutôt par le chofar d’un bélier, car « Yaakov sépara les agneaux » : ils portent en eux un niveau de compassion,
Comme le dit le Talmud (Sotah 47a), « la gauche repousse ». On utilise la corne d’un bélier parce que les moutons portent en eux la compassion, comme dans « Yaakov sépara les agneaux » (Genesis 30:40).
שהיא מדתו של יעקב21 וכנראה בחוש שיש להם קול רחמנות שמעורר רחמים (ועמ״ש מזה בד״ה והניף הכהן אותם כו׳ על שני כבשים בפ׳ אמור)
qui est l’attribut de Yaakov ; comme on peut le constater concrètement, ils ont une voix plaintive qui éveille la compassion. (Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Et le Cohen les agitera », etc., « avec les deux agneaux », dans la Parachat Emor.)
La compassion (rachamim) est l’attribut de Yaakov, et les moutons ont manifestement une voix plaintive qui éveille la pitié. Cette note renvoie au discours sur les deux agneaux agités par le Cohen, dans la Parachat Emor.
ולכן עי״ז ממשיכים התגלות רצון העליון ורחמים רבים שלמעלה מהשתלשלות (ועמ״ש ע״פ כנשר יעיר כו׳ וע״פ ביום השלישי יקימנו כו׳)
C’est pourquoi, par ce moyen, on fait descendre la révélation de la Volonté supérieure et l’abondante compassion qui se situe au-delà de l’enchaînement descendant des mondes. (Voir aussi ce qui est écrit sur le verset « Comme un aigle qui réveille », etc., et sur le verset « Au troisième jour, Il nous relèvera », etc.)
Ainsi, par le son du chofar, on fait descendre la révélation de la Volonté supérieure et l’abondante compassion qui se situe au-delà de l’enchaînement descendant des mondes. Deux autres discours sont cités, sur « Comme un aigle qui réveille son nid » et « Au troisième jour, Il nous relèvera ».
והנה הגם שעיקר ההמשכה ע״י פנימית הלב צעק לבם עכ״ז [עם כל זה] הוא ע״י התקיעה בשופר דוקא מטעם כי עשיה היא לעילא ועמ״ש מזה בד״ה יביאו לבוש מלכות כו׳
Or, bien que l’essentiel de cette descente s’opère par la dimension intérieure du cœur — « leur cœur cria » —, elle s’accomplit néanmoins précisément par la sonnerie du chofar, car l’action atteint les hauteurs ; voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Qu’on apporte des vêtements royaux », etc.
Pourquoi utiliser un chofar matériel, si l’essentiel de cette descente provient du cri du cœur, « leur cœur cria » ? Tout d’abord, parce que l’acte lui-même atteint les hauteurs. La note renvoie au discours « Qu’on apporte des vêtements royaux ».
ועוד מפני שהתגלות פננימית רצון העליון מלמעלה צ״ל נמשך למטה להתלבש בגשמיות כמאמר כתבנו בספר חיים טובים כתבנו בספר פרנסה כו׳
De plus, parce que la révélation de la dimension intérieure de la Volonté supérieure d’En Haut doit être amenée ici-bas, pour se revêtir dans la matérialité, comme le dit la prière : « Inscris-nous dans le livre d’une vie heureuse », « Inscris-nous dans le livre de la subsistance », etc.,
Deuxièmement, la révélation de la Volonté supérieure intérieure doit descendre jusqu’aux réalités matérielles. C’est pourquoi nous prions dans Avinou Malkenou : « Inscris-nous dans le livre d’une vie heureuse », « Inscris-nous dans le livre de la subsistance ».
להיות מזונות גשמיים להאדם שזהו על ידי רחמים רבים הנ״ל שנמשכים ומתלבשים כל כך מטה מטה בגשמיות עד שיהיה התגלות רחמנותם בהשפעה גשמיות
afin que l’homme dispose d’une subsistance matérielle ; cela se fait par l’abondante compassion mentionnée plus haut, qui descend et se revêt si bas, dans la matérialité, que sa compassion se révèle sous la forme d’une bienfaisance matérielle.
La nourriture et la subsistance matérielles proviennent de cette même abondante compassion, qui descend si bas qu’elle s’exprime par une bénédiction matérielle.
וכן גם כללות רחמים הנמשכים בר״ה [בראש השנה] למתק הדינים היינו ג״כ שנמשכים למטה ע״ד הנ״ל כי הרי עיקר הדין שבר״ה [שבראש השנה] הוא על הגופות אם יחי׳ [יחיה] אם ימות
De même, la compassion dans son expression générale, qui est amenée à Roch Hachana pour adoucir les jugements, descend elle aussi ici-bas, de la manière mentionnée plus haut. Car le jugement principal de Roch Hachana porte sur les corps : vivra-t-il ou mourra-t-il,
La compassion qui adoucit les jugements de Roch Hachana doit elle aussi descendre jusque dans le domaine matériel. Car le jugement principal de Roch Hachana concerne le corps : une personne vivra-t-elle ou mourra-t-elle ?
היינו אם תתקיים ותהיה הנפש בגוף או תסתלק ממנו משא״כ דין הנפשות הוא אחר המיתה כו׳
c’est-à-dire si l’âme subsistera et demeurera dans le corps, ou si elle le quittera ; en revanche, le jugement des âmes a lieu après la mort, etc.
Autrement dit, il s’agit de savoir si l’âme restera dans le corps ou le quittera. Le jugement des âmes en tant que telles a lieu après la mort.
וכמ״ש בהגמי״י [בהגהות מיימוניות]22 פ״ג [פרק ג׳] מהלכות תשובה בשם הרמב״ן [הרבי משה בן נחמן] שאין אדם נידון בר״ה [בראש השנה] אלא לעניני עוה״ז כו׳
Comme il est écrit dans les Hagahos Maimoniyos, chapitre 3 des Lois de la Techouva, au nom du Ramban : l’homme n’est jugé à Roch Hachana que pour les affaires de ce monde, etc. ;
Cela suit les Hagahos Maimoniyos sur les Lois de la Techouva du Rambam, chapitre 3, qui cite le Ramban : à Roch Hachana, l’homme n’est jugé que sur les affaires de ce monde. La note de Kehot cite la remarque du Rabbi selon laquelle les Hagahos Maimoniyos parlent du jugement en général, tandis que Likkutei Torah écrit « le jugement principal ».
ע״ש וא״כ גם הרחמים הממתיקים את הדינים היינו שהרחמים נמשכים כ״כ [כל כך] למטה עד שמתלבשים בגשמיות
Voir là-bas. Si tel est le cas, la compassion qui adoucit également les jugements signifie que la compassion est attirée si bas qu’elle se revêt de matérialité.
La compassion qui adoucit les jugements doit donc descendre jusque dans la matérialité, afin de s’y revêtir.
ולכן צריך לתקוע הקול פשוט הנ״ל דוקא בשופר גשמי של כבש ואיל וכיוצא שיש בו רחמים ועי״ז מתעורר כן מלמעלה שיהיו הרחמים רבים הנ״ל נמשכים ומתגשמים עד שיהיו השפעותם בגשמיות23 שהוא ענין רחמים גשמיים
C’est pourquoi il faut faire retentir le son simple mentionné ci-dessus précisément au moyen d’un chofar matériel, fait d’une brebis ou d’un bélier, et ainsi de suite, qui comporte de la compassion. Par cela, la même chose est éveillée d’En-Haut : que l’abondante compassion mentionnée ci-dessus soit attirée vers le bas et devienne matérielle, jusqu’à ce que ses bienfaits se manifestent dans la matérialité, ce qui constitue la compassion matérielle.
C’est pourquoi le son simple doit être produit au moyen d’une corne matérielle, celle d’une brebis ou d’un bélier, un animal qui comporte de la compassion. Cela éveille la même chose En-Haut : l’abondante compassion est attirée vers le bas jusqu’à devenir une bénédiction matérielle.
כי השפעת חיים גשמיים היינו בחי׳ בהמיות ונעשה ג״כ ע״י התקיעה והתעוררות רחמים בקרן הכבשים שהוא בהמיות כו׳
Car le don de la vie matérielle relève du niveau de l’animalité (behemiout), et il est lui aussi suscité par la sonnerie et l’éveil de la compassion au moyen de la corne des brebis, qui relève de l’animalité, etc.
La vie matérielle relève du niveau de « l’animalité » (behemiout) ; elle vient donc de la sonnerie d’une corne animale et de l’éveil de la compassion par son intermédiaire.
(וזהו כמ״ש רוח האדם העולה היא24 למעלה ורוח הבהמה היורדת היא למטה לארץ. פי׳ רוח האדם העולה זהו כענין והרוח תשוב אל האלקים25
(Et c’est ce qui est écrit : « L’esprit de l’homme qui s’élève vers le haut, et l’esprit de la bête qui descend vers le bas, vers la terre. » Cela signifie que « l’esprit de l’homme qui s’élève » correspond à ce qui est exprimé par « Et l’esprit retourne à D.ieu »,
Cette explication relie cela à Ecclésiaste 3:21 : « l’esprit de l’homme qui s’élève vers le haut, et l’esprit de la bête qui descend vers le bas, vers la terre ». L’élévation de l’esprit de l’homme correspond à « l’esprit retourne à D.ieu » (Ecclésiaste 12:7).
והיינו בבחי׳ תשובה כמ״ש לקמן בד״ה האזינו השמים ועליה זו היא למעלה מעלה לעורר גילוי רצון העליון כו׳ וע׳ בזהר ר״פ צו שבחי׳ קול השופר נק׳ רוח
c’est-à-dire au niveau de la techouva (retour), comme il sera expliqué plus loin, dans le discours commençant par « Écoutez, cieux » ; et cette élévation atteint des hauteurs très élevées, afin d’éveiller la révélation de la Volonté suprême, etc. Voir aussi le Zohar, au début de la paracha Tsav, où il est dit que le niveau du son du chofar est appelé roua’h (esprit).
Ce retour est la techouva, une élévation suffisamment haute pour éveiller la révélation de la Volonté suprême. Le Zohar, au début de Tsav, appelle roua’h, « esprit », le son du chofar.
אך כדי שיהי׳ [שיהיה] נמשך משם ההמשכה בהשפעות גשמיים שזהו בחי׳ בהמיות זהו ע״י בחי׳ ורוח הבהמה היורדת למטה לארץ שהיא בחי׳ ארץ העליונה והארץ הדום רגלי26 כמ״ש בד״ה כי תצא
Mais pour que l’influx soit attiré de là dans des bienfaits matériels, qui relèvent du niveau de l’animalité, cela se fait par le niveau de « l’esprit de la bête qui descend vers le bas, vers la terre », qui est le niveau de la terre supérieure, et « la terre est le marchepied de Mes pieds », comme il est expliqué dans le discours commençant par « Lorsque tu sortiras ».
Pour que cette révélation descende et devienne une bénédiction matérielle, il faut « l’esprit de la bête qui descend vers la terre ». Cette « terre » est la terre supérieure, dont il est dit : « la terre est le marchepied de Mes pieds » (Isaïe 66:1).
ולכן גם המלאכים נקראים בשם בהמה פני ארי׳ [אריה] פני שור כו׳ לפי שהמלאכים הם שלוחי השפע להיות נמשך ההשפעה בעוה״ז גשמי ועמ״ש מזה בד״ה מה יפו פעמיך בנעלים27 והם מקבלים מבחי׳ בהמה רבה28
C’est pourquoi les anges aussi sont appelés « bête » : « la face d’un lion, la face d’un bœuf », etc. En effet, les anges sont les messagers de l’influx, afin que le bienfait soit attiré dans ce monde matériel (voir ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Que tes pas sont beaux dans tes sandales ») ; et ils reçoivent du niveau de la grande bête (behemah rabbah),
C’est pourquoi les anges sont désignés par des noms d’animaux : « la face d’un lion, la face d’un bœuf » (Ézéchiel 1:10). Ils sont les messagers qui transmettent l’influx divin dans ce monde matériel. Ils reçoivent du niveau de behemah rabbah, « la grande bête », expression tirée de Jonas 4:11.
שהוא כללות השפע המתלבש בבי״ע וזהו אדם ובהמה תושיע29 הוי׳ דהיינו על ידי ב׳ בחי׳ הנ״ל דאדם ובהמה כו׳ וכן מדת מלכותו ית׳ נקראת בשני שמות אלו דאדם ובהמה וכמ״ש במ״א)
qui est l’influx dans son expression générale et collective, tel qu’il se revêt dans Béria, Yetsira et Assiya. C’est là le sens de « Tu sauves l’homme et la bête, Havaya » : c’est-à-dire par les deux niveaux mentionnés ci-dessus, ceux de « l’homme » et de « la bête », etc. De même, Son attribut de Mal’hout, béni soit-Il, est appelé par ces deux noms, « l’homme » et « la bête », comme il est expliqué ailleurs.)
La grande bête désigne l’influx divin dans son expression générale et collective, tel qu’il se revêt dans Béria, Yetsira et Assiya. Psaumes 36:7, « Tu sauves l’homme et la bête, Havaya », fait allusion à ces deux niveaux, et la Mal’hout de D.ieu est désignée par les deux noms, « l’homme » et « la bête ».
וזהו ויעבור הוי׳ על פניו ויקרא כו׳ פי׳ שגילוי זה הוא שעבר על פניו30 דהיינו שלא כפי הראוי להיות מבחי׳ פניו
Et voici [le sens de] « Havaya passa devant lui (al panav) et proclama », etc. Le sens est que cette révélation consiste en ce qu’Il passa au-delà de Son visage (panav), c’est-à-dire qu’elle ne provient pas du niveau de Son visage, comme il conviendrait.
On peut désormais lire autrement le verset d’Exode 34:6 : « Havaya passa au-delà de Son visage (panav). » Cette révélation dépasse le niveau du « visage » de D.ieu, plutôt que d’en émaner.
כי בחי׳ פניו שהוא פנימיות אינו יכול להתלבש כ״כ [כל כך] למטה ועמ״ש במ״א דפניו הם בחי׳ ע״ס [עשר ספירות]
Car le niveau de Son visage, qui est la dimension intérieure, ne peut être revêtu si bas. Et voyez ce qui est écrit ailleurs : Son visage est le niveau des dix Séfirot.
Son « visage » est Sa dimension intérieure, qui, comme il est expliqué ailleurs, correspond aux dix Séfirot ; celle-ci ne peut être revêtue si bas.
אבל מלמעלה יותר יכול להשפיל א״ע [את עצמו] גם למטה (ועמ״ש בד״ה יביאו לבוש מלכות הנזכרלמעלה ועמ״ש לקמן סד״ה להבין פי׳ הפסוק מי אל כמוך כו׳) וזהו ויעבור הוי׳ שעבר דרך פניו מלמעלה יותר כו׳ וד״ל [ודי למבין]:313233
Mais, d’un niveau plus élevé, Il peut s’abaisser jusque dans les régions inférieures. (Et voyez ce qui est écrit dans le discours commençant par « Qu’on apporte un vêtement royal », mentionné plus haut ; et voyez ce qui est écrit plus bas, à la fin du discours commençant par « Pour comprendre le sens du verset : “Quel est le D.ieu pareil à Toi ?” », etc.) Et voici le sens de « Havaya passa » : Il passa au-delà de Son visage, depuis un niveau plus élevé, etc. Cela suffit à qui comprend.
Mais un niveau supérieur à celui du visage peut s’abaisser jusqu’aux degrés les plus bas. Ainsi, « Havaya passa » signifie que la révélation venait d’au-dessus de Son visage et pouvait donc atteindre les bénédictions matérielles.
Ce paragraphe explique comment le chofar répare les dommages causés par les fautes : celles-ci portent atteinte au Nom Havaya dans l’enchaînement descendant des mondes, dont la racine est en 'Hokhma ; mais la techouva et le chofar attirent la Havaya supérieure, la Volonté suprême, qui comble chaque lacune, comme l’illustre la répétition « Havaya, Havaya » dans les Treize Attributs. Le paragraphe explique ensuite pourquoi le chofar doit être une corne de bélier matérielle : la compassion la plus élevée doit descendre jusque dans la vie matérielle, et seul un niveau au-dessus du « visage » divin peut descendre aussi bas.
La note de Kehot cite le Rabbi Rachab (Sefer HaMaamarim 5665), selon lequel « négliger la récitation du Chéma » ne signifie pas seulement omettre de le réciter, mais aussi manquer son service intérieur : unifier D.ieu même du point de vue des mondes, de sorte qu’ils ne constituent pas une existence séparée, mais soient entièrement annulés. L’Idra Rabba (138a) relève que chaque fois qu’un nom est répété, comme « Avraham, Avraham », une pause sépare les deux occurrences ; au sujet du Nom divin, le Tsemah Tsédek cite cette formule : « le premier est complet et le dernier est complet en tous. »
Maré mekomot
- 1
- 2תלת קשרין מתקשראן דא בדא · Zohar III, 73a
- 3אנת הוא שלימו דכולהו אנת הוא ממלא · ת״ז בהקדמה (פתח אלי׳).
- 4אנת הוא שלימו דכולהו אנת הוא ממלא כל שמהן · Tikkunei Zohar 17b:2–3
- 5ופסיק טעמא בגווייהו · זח״ג (קלח, א). [כ].
- 6ופסיק טעמא בגווייהו · Zohar, Idra Rabba 30:230–31:238
- 7בביטול ק״ש . . כי מצות ק״ש הוא ליחדא בהוי׳ אחד · בד״ה ולקחתם לכם תרס״ה ע׳ לג כ׳ ”אין הכוונה בביטול ק״ש בפו״מ שלא קרא ק״ש, אלא הכוונה על העדר העבודה דק״ש כו׳, דהנה מצות ק״ש היא מצות לייחדו והיינו לייחדו גם מצד העולמות דגם לאחר שנבראו העולמות אינם בבחי׳ מציאות יש ודבר נפרד כ״א בטילים ומיוחדים בתכלית כו׳” ע״ש.
- 8שאין עוד מלבדו · Deuteronomy 4:35
- 9חכמה . . כח מ״ה · Zohar III, 34a
- 10והחכמה מאין תמצא · Job 28:12
- 11ואהבת את ה׳ · Deuteronomy 6:5
- 12אך ענין ויקרא הוי׳ הוי׳ . . קורא וממשיך · ראה אוה״ת שמות כרך ז ע׳ ב׳תקסד שם מציין לכאן, ובעוד כמה מקומות בענין זה.
- 13ועיין מזה באד״ר (דקל״ח ע״א) · ”קדמאה שלים בתראה שלים בכולהו” — אוה״ת פ׳ וארא כרך ז ע׳ ב׳תקסד. באוה״ת פ׳ תשא ע׳ ב׳סב מביא קטע מכאן.
- 14ובביאור האדרא בספר קול ברמה · מובא גם באוה״ת פ׳ תשא ע׳ ב׳סב.
- 15וע׳ בזהר ס״פ תרומה (דקע״ה ע״ב) ובפ׳ בראשית (ד״כ ע״א) · הלשון נעתק באוה״ת תשא ע׳ ב׳סב. וראה גם בפ׳ וארא כרך ז ע׳ ב׳תקסד.
- 16ממעמקים קראתיך · Psalms 130:1
- 17צ״ל השופר של איל . . של פרה פסול · Rosh Hashanah 26a:5–6
- 18פני שור מהשמאל · Ezekiel 1:10
- 19שמאל דוחה · Sotah 47a:6–7
- 20והכשבים הפריד יעקב · Genesis 30:40
- 21רחמנות שהיא מדתו של יעקב · קה״י ערך יעקב (ד).
- 22עיקר הדין שבר״ה הוא על הגופות . . וכמ״ש בהגמי״י · בספר השיחות תנש״א ע׳ 36. ובמכתב כללי לר״ה תנש״א (מיום כ״ה אלול תש״נ, נדפס הספר השיחות תנש״א כרך ב ע׳ 869) בהערה בשולי הגליון, מציין שבלקו״ת כותב ”ועיקר הדין” אבל בהגמי״י ”אדם נדון כו׳” דין סתם ע״ש.
- 23ולכן צריך לתקוע . . השפעותם בגשמיות · ראה עד״ז בעטרת ראש שער ר״ה פי״ט. ד״ה וביום שמחתכם — תש״מ.
- 24רוח האדם העולה היא למע׳ · Ecclesiastes 3:21
- 25והרוח תשוב אל האלקים · Ecclesiastes 12:7
- 26והארץ הדום רגלי · Isaiah 66:1
- 27בד״ה מה יפו פעמיך בנעלים · לקמן שה״ש מג, ג.
- 28בהמה רבה · Jonah 4:11
- 29אדם ובהמה תושיע הוי׳ · Psalms 36:7
- 30ויעבור הוי׳ על פניו · Exodus 34:6
- 31בכהאריז״ל בקשעהמ״ט אם פגמתי באות יו״ד · פע״ח שט״ז, פ״ב ופ״ח.
- 32אומרים הי״ג מדות בעשי״ת · ראה שו״ע או״ח סתר״ב.
- 33כתבנו בס׳ חיים · אבינו מלכנו לעשי״ת.
Pourquoi le chofar de l’Avenir est grand ¶8
5. Or, tout cela relève du niveau du chofar de Roch Hachana, à propos duquel il est dit : « Et Ado-nai Havaya fera retentir le chofar », etc.
La section 5 revient à la question initiale. Tout ce qui a été dit jusqu’ici concerne le chofar de Roch Hachana, dont Zacharie 9:14 dit : « Et Ado-nai Havaya fera retentir le chofar. »
(ועמ״ש ע״פ כי כארץ תוציא צמחה23 כו׳ כן אד׳ הוי׳ יצמיח כו׳ שזהו ההתגלות שבר״ה [שבראש השנה] כו׳ ע״ש) אבל לעתיד לבא כתיב והיה ביום ההוא יתקע בשופר גדול4
(Voyez aussi ce qui est écrit à propos du verset : « Car, de même que la terre fait pousser sa végétation », etc., « ainsi Ado-nai Havaya fera germer », etc. — cela désigne la révélation de Roch Hachana, etc. ; voyez là-bas.) Mais, au sujet du temps futur, il est écrit : « Et il arrivera en ce jour-là qu’un grand chofar retentira. »
La parenthèse renvoie au discours sur Isaïe 61:11 : « Car, de même que la terre fait pousser sa végétation… ainsi Ado-nai Havaya fera germer la justice », qui décrit la révélation de Roch Hachana. Mais, au sujet du temps futur, Isaïe parle d’un « grand chofar ».
והענין כי הנה כבר נת׳ [נתבאר] ענין שופר דר״ה [דראש השנה] שהוא להמשיך להיות בחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] שהוא ענין התהוות מדת מלכותו ית׳ כאמרם ז״ל [זכרונו לברכה / זכרונם לברכה] אמרו לפני מלכיות5 כו׳
Voici ce qu’il faut comprendre : le sens du chofar de Roch Hachana a déjà été expliqué. Il vise à attirer le niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), c’est-à-dire à faire advenir l’attribut de Mal'hout du Saint béni soit-Il, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Récitez devant Moi [des versets de] royauté », etc.,
Comme cela a été expliqué, le chofar de Roch Hachana attire la royauté de D.ieu afin qu’elle devienne memalé kol almin, la force vitale présente dans les mondes. Tel est le but des versets de royauté : « afin que vous Me proclamiez Roi ».
וכן למלאות כל הפגמים שנעשו בשם הוי׳ שבבחי׳ השתלשלות שהוא ג״כ בחי׳ ממלא כנ״ל יו״ד בחכמה כו׳
et il vise aussi à réparer tous les défauts causés dans le Nom Havaya au niveau de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), qui relève également du niveau de la lumière qui remplit [tous les mondes], comme indiqué plus haut : le youd dans 'Hokhma, etc.
Il répare aussi les défauts causés dans le Nom Havaya au sein de l’enchaînement descendant des mondes, qui relève également du niveau de memalé, avec son youd dans 'Hokhma, et ainsi de suite.
וההמשכה היא מבחי׳ סוכ״ע שהוא רצון העליון ועי״ז הוא ממלא כל שמהן6 כו׳ וזהו ענין שופר (ועמ״ש מזה בד״ה תקעו בחדש שופר ובד״ה שוש אשיש)
Or, l’attraction vient du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), qui est la Volonté suprême ; par ce moyen, Il « remplit tous les Noms », etc. Tel est le sens du chofar. (Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par « Sonnez du chofar au renouvellement de la lune », et dans celui qui commence par « Je me réjouirai grandement ».)
L’attraction vient de sovev kol almin, la Volonté suprême, qui « remplit tous les Noms ». La parenthèse renvoie aux discours « Sonnez du chofar au renouvellement de la lune » et « Je me réjouirai grandement ».
אמנם עכ״ז [עם כל זה] נקרא שופר סתם ולא שופר גדול והענין כי הנה גם בחי׳ סוכ״ע אע״פ [אף על פי] שהוא בחינה מה שאינו מתלבש ונתפס בתוך העולמות
Cependant, malgré tout cela, on l’appelle simplement « chofar », et non « grand chofar ». Voici ce qu’il faut comprendre : même le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes, bien qu’il ne soit ni revêtu dans les mondes ni saisi par eux,
Pourtant, on l’appelle seulement « chofar », et non « grand chofar ». La raison en est que même sovev kol almin, bien qu’il ne soit ni revêtu dans les mondes ni saisi par eux, a sa propre limite.
והוא בחי׳ לא שניתי7 כו׳ כמבואר למעלה עכ״ז [עם כל זה] מאחר שהוא בחי׳ סובב ומקיף לעלמין א״כ הוא בגדר בחי׳ עלמין
et qu’il relève du niveau de « Je n’ai pas changé », etc., comme cela a été expliqué plus haut, reste néanmoins, puisqu’il entoure et enveloppe les mondes, dans la catégorie des niveaux propres aux mondes.
Sovev est le niveau de « Je n’ai pas changé », mais il demeure défini par son rapport aux mondes : on l’appelle la lumière qui les « entoure ». Il reste donc dans la catégorie des mondes.
וכמו עד״מ השמים והארץ שהשמים מקיפים את הארץ וכל אשר עליה וסובבים סביב הארץ תמיד שאע״פ [שאף על פי] שמאוד גבוה שמים מעל הארץ עד שהארץ היא
C’est comparable, par analogie, au ciel et à la terre : le ciel entoure la terre et tout ce qui s’y trouve, et tourne constamment autour de la terre. Or, bien que le ciel soit très élevé au-dessus de la terre, au point que la terre est
Une analogie : le ciel encercle la terre et tout ce qui s’y trouve, et il est immensément plus élevé qu’elle, à tel point que la terre est comme un grain de moutarde comparée au ciel.
רק כגרגיר חרדל לגבי השמים8 עכ״ז [עם כל זה] יש להם ערך זה לזה עד שמוכרח שגם השמים יש להם תכלית וגבול כיון שהם המקיפים הארץ כו׳
seulement comme un grain de moutarde par rapport aux cieux ; néanmoins, ils sont en rapport l’un avec l’autre, au point que les cieux eux aussi doivent avoir une fin et une limite, puisqu’ils entourent la terre, etc.,
Pourtant, le ciel et la terre restent proportionnés l’un à l’autre. Puisque les cieux entourent la terre, ils doivent eux aussi avoir une fin et une limite.
רק שאעפ״כ [שאף על פי כן] גבהו שמים מעל הארץ9 כו׳ ועד״ז יובן ג״כ הנמשל בענין סוכ״ע וממכ״ע [וממלא כל עלמין] דאע״פ [דאף על פי] שבחי׳ סוכ״ע הוא בבחי׳ אין סוף לגבי ההארה המתלבשת בעולמות להיות ממכ״ע [ממלא כל עלמין] ולא
seulement, malgré cela, « les cieux sont plus élevés que la terre », etc. De même, on comprendra aussi l’analogue concernant la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) et la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) : bien que le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes soit infini par rapport au rayonnement qui se revêt dans les mondes pour être la lumière qui les remplit, et qu’il ne soit pas
Pourtant, « les cieux sont plus élevés que la terre » (Isaïe 55:9). Il en va de même pour l’analogue : sovev kol almin est infini par rapport au rayonnement qui se revêt dans les mondes en tant que memalé kol almin.
כמו בגשמיות שהשמים הם בעלי גבול ממש עכ״ז [עם כל זה] מאחר שהוא בחי׳ סובב ומחיה לעלמין בבחי׳ מקיף עכ״פ [על כל פנים] הוא בערך וגדר בחי׳ עלמין
comme dans le domaine matériel, où les cieux sont effectivement limités, néanmoins, puisqu’il s’agit du niveau qui entoure les mondes et leur donne vie sous la forme d’une lumière enveloppante, il est du moins en rapport avec le niveau des mondes et appartient à sa catégorie.
Sovev kol almin n’est pas limité comme le sont les cieux matériels. Pourtant, puisqu’il entoure les mondes et leur donne vie en tant que lumière enveloppante, il reste en rapport avec eux et appartient à leur catégorie.
אבל עצמותו ית׳ מובדל לגמרי מגדר בחי׳ עלמין אפילו מלהיות מאיר בבחי׳ סובב ומקיף כו׳ ויתגלה לע״ל [לעתיד לבוא] כי
Mais Son essence, béni soit-Il, est entièrement séparée de la catégorie des mondes, même de celle qui consiste à rayonner sous la forme d’une lumière enveloppante, etc. ; elle sera révélée dans les Temps futurs. Car
L’essence de D.ieu, en revanche, est entièrement au-delà de la catégorie des mondes, au-delà même du fait de rayonner vers eux sous la forme d’une lumière enveloppante. Cette essence sera révélée dans les Temps futurs.
הנה כתיב הללוהו כרוב גודלו10 פי׳ שיש הרבה מיני גודלו זה למעלה מזה עד אין קץ ותכלית
il est écrit : « Louez-Le selon l’abondance de Sa grandeur » ; cela signifie qu’il existe de nombreuses formes de Sa grandeur, l’une au-dessus de l’autre, sans fin ni limite.
Psaumes 150:2, « Louez-Le selon l’abondance de Sa grandeur », implique qu’il existe de nombreuses formes de grandeur divine, l’une au-dessus de l’autre, sans fin.
ולכן נאמר כרוב גודלו ולא נאמר כגודל גודלו ומה שעתה הוא בחי׳ סובב ומקיף יתגלה לעתיד בבחי׳ פנימי
C’est pourquoi il est dit « selon l’abondance de Sa grandeur », et non « selon la grandeur de Sa grandeur ». Ce qui est maintenant le niveau de la lumière enveloppante sera révélé dans l’avenir comme lumière intérieure.
Le verset dit donc « l’abondance de Sa grandeur », et non « la grandeur de Sa grandeur », comme s’il n’y en avait qu’une seule. Ce qui est maintenant une lumière enveloppante sera révélé dans l’avenir comme une lumière intérieure.
וזהו ענין והיה ביום ההוא והוא ע״ד מ״ש ואמר ביום ההוא הנה אלקינו זה11 שבחי׳ הוא בחי׳ סתים
Et tel est le sens de « Et il adviendra en ce jour-là ». Cela rejoint ce qui est écrit : « Et l’on dira en ce jour-là : “Voici, ceci (zé) est notre D.ieu” » : le niveau de hou (« Lui »), le niveau caché,
C’est le sens de « en ce jour-là ». Isaïe 25:9 dit : « En ce jour-là, on dira : “Voici, ceci (zé) est notre D.ieu” » : le niveau appelé hou, « Lui », le niveau caché, deviendra zé.
דהיינו בחי׳ סוכ״ע כמ״ש בספ״ד [בספרא דצניעותא] ס״פ תרומה (דקע״ז ע״ב) ע״פ הוא עשנו12 הוא אקרי מאן דסתים ולא שכיח כו׳
c’est-à-dire le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes, comme il est écrit dans le Sifra deTzniusa, à la fin de la paracha Terouma (177b), à propos du verset « C’est Lui (hou) qui nous a faits » : « Hou désigne celui qui est caché et ne se trouve pas », etc.,
Hou correspond à sovev kol almin, comme l’explique le Sifra deTzniusa à propos de Psaumes 100:3, « C’est Lui (hou) qui nous a faits » : hou désigne celui qui est caché et ne se trouve pas.
יהיה לע״ל [לעתיד לבוא] בבחי׳ זה שהוא בחי׳ התגלות לנוכח וע׳ בזהר פ׳ שלח (דקע״א ע״א) מענין ביום ההוא ובפרדס שער י״ד פ״ג [פרק ג׳]13
sera, dans le Temps à venir, au niveau de zeh (« ceci »), qui est celui d’une révélation face à face. Voir le Zohar, parachat Chela’h (171a), au sujet de « en ce jour-là », ainsi que le Pardes, porte 14, chapitre 3.
Dans l’avenir, cela deviendra zeh, « ceci », un mot employé pour désigner ce qui est présent devant les yeux. La note cite le Zohar sur Chela’h à propos de « ce jour-là » et le Pardes, porte 14.
והנה אז כאשר יומשך בחי׳ סוכ״ע להיות בבחי׳ גילוי ממש אזי יומשך בחי׳ סובב מבחי׳ עליונה יותר
Or donc, lorsque le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes sera attiré vers le bas pour devenir une révélation véritable, le niveau de l’entourant sera alors attiré d’un niveau supérieur.
Lorsque le sovev kol almin lui-même se révélera dans l’avenir, une nouvelle lumière englobante sera attirée d’un niveau bien plus élevé.
(דהיינו מבחי׳ שאינו בגדר עלמין כלל ועמ״ש מזה בביאור ע״פ הבאים ישרש יעקב1415 כו׳ שזהו ענין השמים החדשים כו׳ ע״ש והיינו בחי׳ אשר אני עושה16 אני דייקא הוא המאציל עליון ב״ה כו׳ משא״כ בשמים דעכשיו כתיב ואת כל אלה ידי עשתה17 כו׳
(C’est-à-dire d’un niveau qui n’entre nullement dans la catégorie des mondes. Voir ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication du verset « Ceux qui viendront, Yaakov les fera prendre racine », etc. : il s’agit de « nouveaux cieux », etc. Voir là-bas. C’est le niveau de « que Moi, Je fais » : « Moi » précisément, le suprême Emanateur, béni soit-Il, etc. En revanche, au sujet des cieux actuels, il est écrit : « Et tout cela, Ma main l’a fait », etc.)
Ce niveau supérieur n’entre nullement dans la catégorie des mondes. C’est le sens de « les nouveaux cieux […] que Moi, Je fais » (Isaïe 66:22) : « Moi » en personne, le suprême Emanateur, tandis qu’au sujet des cieux actuels, il est dit : « Tout cela, Ma main l’a fait » (Isaïe 66:2).
וההפרש זה בין בחי׳ ידי עשתה לבחי׳ אשר אני ממש עושה יובן עפמ״ש [על פי מה שכתוב] בד״ה ויושט המלך לאסתר18 בענין ההפרש בין בחי׳ שרביט הזהב אשר בידו19 ובין מ״ש אח״כ ויושט המלך כו׳ ע״ש ג״כ מענין זה)
La différence entre le niveau de « Ma main l’a fait » et celui de « que Moi-même Je fais » se comprendra d’après ce qui est écrit dans le discours commençant par « Le roi tendit à Esther », au sujet de la différence entre le niveau du « sceptre d’or qui était dans sa main » et ce qui est écrit ensuite : « Le roi tendit », etc. Voir également là-bas à ce sujet.)
La différence entre « Ma main l’a fait » et « que Moi-même Je fais » est expliquée dans le discours de Torah Ohr sur Esther 5:2. Il établit un contraste entre « le sceptre d’or qui était dans sa main », dont Esther ne pouvait toucher que l’extrémité, et ce qui est écrit ensuite.
ואזי יתקע בשופר גדול פי׳ דכמו בשופר דר״ה [דראש השנה] עכשיו הוא בחי׳ ההמשכה מסוכ״ע בממכ״ע [בממלא כל עלמין] כן גם לע״ל [לעתיד לבוא] שיומשך מבחי׳ עליונה הרבה יותר להיות בבחי׳ סובב אזי ג״כ השופר יהיה המשכה מבחי׳ ומדרגה העליונה העצומה ההיא
Alors « un grand chofar sera sonné ». Cela signifie que, de même qu’aujourd’hui le chofar de Roch Hachana correspond à l’attraction du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes dans celui de la lumière qui remplit tous les mondes, de même, dans le Temps à venir, lorsque [la lumière] sera attirée d’un niveau bien plus élevé pour devenir un niveau englobant, le chofar sera lui aussi une attraction de cet immense niveau, si élevé.
Alors « un grand chofar sera sonné ». De même que le chofar d’aujourd’hui attire le sovev dans le memalé, dans l’avenir, lorsqu’un niveau bien plus élevé deviendra la lumière englobante, le chofar attirera de cet immense niveau.
ולכן נקרא שופר גדול שהוא המשכה מבחי׳ שאינו בגדר עלמין כנ״ל ולגדולתו אין חקר20 למעלה מעלה מבחי׳ ההמשכה שמבחי׳ שופר סתם כי
C’est pourquoi il est appelé « grand chofar » : il attire du niveau qui n’entre pas dans la catégorie des mondes, comme indiqué plus haut, et « Sa grandeur est insondable », très, très au-dessus du niveau de l’attraction provenant du chofar ordinaire. Car
Voilà pourquoi il est appelé « grand » : il attire d’un niveau qui dépasse la catégorie des mondes, dont « la grandeur est insondable » (Psaumes 145:3), très au-dessus du chofar ordinaire.
הנה מצות אינן בטילות לע״ל [לעתיד לבוא]21 (צ״ע [צריך עיון] בגמרא בנדה) (דס״א ע״ב)22 מיהו בסדרי טהרה בחידושיו23 שם בשם הרשב״א [הרבי שלמה בן אדרת] והר״ן [והרבינו נסים] העלה כמש״כ [כמה שכתוב] רק שלא יהיה באופן שהוא עתה שתוקעים מלכיות וזכרונות ואח״כ שופרות
les mitsvot ne seront pas abolies dans le Temps à venir (cela demande à être examiné à la lumière de la Guemara, dans Nida (61b) ; toutefois, le Sidrei Taharah, dans ses commentaires sur ce passage, rapporte au nom du Rashba et du Ran la conclusion que j’ai écrite), mais elles ne seront pas pratiquées comme aujourd’hui, où l’on sonne pour les Mal’houyot (versets de royauté) et les Zikhronot (versets du souvenir), puis pour les Chofarot (versets du chofar) ;
Le chofar existera encore alors, car les mitsvot ne seront pas abolies dans le Temps à venir. Le texte relève que le Talmud (Nida 61b) semble dire le contraire, mais que le Sidrei Taharah, suivant le Rashba et le Ran, conclut comme indiqué. Ce qui changera, c’est la forme : aujourd’hui, on sonne pour les versets de royauté et de souvenir avant les versets du chofar.
אבל לע״ל [לעתיד לבוא] יהיה שופרות בלבד ונקרא גם לכך שופר גדול והטעם מובן ע״פ הנ״ל כי עתה צריך להיות ההמשכה בבחי׳ ממלא ולכך צ״ל מלכיות כדי שתמליכוני כו׳
mais, dans le Temps à venir, il n’y aura que les Chofarot ; c’est aussi pour cette raison qu’il sera appelé « grand chofar ». La raison se comprend d’après ce qui précède : aujourd’hui, l’attraction doit se faire au niveau de la lumière qui remplit [tous les mondes], et il faut donc les Mal’houyot, « afin que vous Me proclamiez Roi », etc.,
Dans l’avenir, il n’y aura que les Chofarot, ce qui explique aussi pourquoi il sera appelé « grand chofar ». Aujourd’hui, l’attraction doit se faire dans le memalé ; les versets de royauté sont donc nécessaires : « afin que vous Me proclamiez Roi ».
וההמשכה היא למלא כל הפגמים כנ״ל משא״כ לע״ל [לעתיד לבוא] שמה שעכשיו הוא בחי׳ סוכ״ע יומשך בגילוי בבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] ממש א״צ [אין צריך / אינו צריך] מלכיות וזכרונות (וע׳ בלק״ת [בלקוטי תורה (להאריז״ל)] בזכריהע״פ ביום ההוא יהיה) רק שופרות בלבד שהשופר הוא גילוי פנימית כנ״ל.
Et cet influx vise à combler toutes les déficiences, comme mentionné plus haut. En revanche, dans le monde futur, lorsque ce qui est aujourd’hui le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes sera révélé dans le niveau de la lumière qui remplit tous les mondes proprement dite, il n’y aura pas besoin de Mal’houyot et de Zikhronot (voir aussi le Likkutei Torah de l’Ari zal, sur Zacharie, au verset « En ce jour-là, il y aura ») : seuls les Chofarot suffiront, car le chofar révèle la dimension intérieure, comme mentionné plus haut.
L’influx d’aujourd’hui sert également à combler les déficiences. Dans le monde futur, lorsque ce qui est aujourd’hui sovev sera révélé au sein même de memalé, il n’y aura pas besoin de Royauté ni de Souvenir : seul le chofar sera nécessaire, car il révèle la dimension intérieure. La note renvoie au Likkutei Torah de l’Ari zal sur Zacharie.
אך נקרא שופר גדול הגם דבאמת כל שופר הוא גילוי פנימית וכמ״ש גבי שופר אשרי העם יודעי
Mais on l’appelle un « grand chofar », bien qu’en vérité tout chofar révèle la dimension intérieure, comme il est écrit à propos du chofar : « Heureux le peuple qui connaît… »
Tout chofar, même celui d’aujourd’hui, révèle la dimension intérieure. Le Psaume 89:16 dit du chofar : « Heureux le peuple qui connaît la teroua », comme le poursuit la partie suivante.
תרועה24 ה׳ באור פניך יהלכון וכתיב ואור פניך כי רציתם25 (תלים מ״ד [מיין דוכרין]) שהוא בחי׳ התגלות רצון העליון שהוא נקרא פניך
« …la teroua ; Havaya, ils marcheront à la lumière de Ta face. » Et il est écrit : « Et la lumière de Ta face, car Tu leur as accordé Ta faveur » (Psaumes 44) ; cela désigne le niveau de la révélation de la Volonté suprême, appelée « Ta face »,
Le verset poursuit : « ils marcheront à la lumière de Ta face ». Psaumes 44:4, « la lumière de Ta face, car Tu leur as accordé Ta faveur », montre que la « face » de D.ieu désigne Sa volonté (ratzon), la Volonté suprême.
דהיינו שהוא בחי׳ פנימית אלקותו ית׳ דהיינו בחי׳ סובב (וע׳ מענין אשרי העם יודעי תרועה זח״ג [זהר חלק ג] בפ׳ ויקרא)
c’est-à-dire le niveau de la dimension intérieure de Sa divinité, béni soit-Il, autrement dit le niveau de la lumière qui entoure [tous les mondes]. (Voir aussi, au sujet de « Heureux le peuple qui connaît la teroua », le Zohar, IIIe partie, dans la paracha Vayikra
Il s’agit de la dimension intérieure de la divinité, sovev kol almin. La note rassemble ensuite des passages du Zohar sur « Heureux le peuple qui connaît la teroua », en commençant par la paracha Vayikra.
(י״ח ב׳ צ״ט ב׳ קמ״ח סע״ב [סוף עמוד ב]) ומענין באור פניך יהלכון שם (דקמ״ט ע״א) גבי כדין באור פני כו׳
(18b ; 99b ; fin de 148b) ; et, au sujet de « ils marcheront à la lumière de Ta face », au même endroit (149a), sur « alors, à la lumière de la face de… », etc.,
La note poursuit avec d’autres passages du Zohar sur « ils marcheront à la lumière de Ta face ».
ובפי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות] שם (ודרל״א ע״ב) גבי באור פני כו׳ ור״פ בא (דל״ב ע״ב) ובפי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות] שם וע׳ עוד בפ׳ ויקרא (דט״ו ע״ב)
et dans le commentaire du Ramaz au même endroit ; (et 231b), au sujet de « à la lumière de la face de… », etc. ; et au début de la paracha Bo (32b), ainsi que dans le commentaire du Ramaz au même endroit. Voir encore la paracha Vayikra (15b),
La note énumère d’autres passages du Zohar accompagnés du commentaire du Ramaz, notamment sur Bo et Vayikra.
גבי ישר יחזו פנימו26 ובפי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות] שם ועמ״ש לעיל בפ׳ ראה ע״פ לעשות הישר כו׳
au sujet de « Les hommes droits contempleront Sa face », ainsi que dans le commentaire du Ramaz au même endroit ; et voir ce qui est écrit plus haut, dans la paracha Re’eh, au verset « accomplir ce qui est droit », etc.
Parmi ces références figure le Zohar sur Psaumes 11:7 : « Les hommes droits contempleront Sa face ». Est également cité un discours du Likkutei Torah sur Re’eh, au sujet de « accomplir ce qui est droit ».
ומענין ואור פניך כי רציתם נזכר בזח״ב [בזהר חלק ב׳] בפ׳ בשלח דנ״ט ע״ב אך זה נקרא שופר סתם
Et le sujet de « Et la lumière de Ta face, car Tu leur as accordé Ta faveur » est mentionné dans le Zohar, IIe partie, dans la paracha Beshalach, 59b.) Mais cela s’appelle un chofar ordinaire.
« La lumière de Ta face, car Tu leur as accordé Ta faveur » est également abordé dans le Zohar sur Beshalach. Tout cela, toutefois, n’est appelé qu’un chofar ordinaire.
אבל שופר שלעתיד יהיה בחי׳ המשכה מבחי׳ רעוא דכל רעוין27 שהוא בחי׳ הרצון המקור לרצונות והוא למעלה מבחי׳ הפנימית הלז הנמשך עתה כו׳ והיינו למעלה מבחי׳ סוכ״ע.
Mais le chofar du Futur sera le niveau d’un influx provenant du niveau de Raava deKhol Réevin (la Volonté de toutes les volontés), qui est le niveau de la volonté source des volontés ; il se situe au-dessus de cette dimension intérieure qui se déverse à présent, etc., c’est-à-dire au-dessus du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes.
Le chofar du Futur tirera de Raava deKhol Réevin, la Volonté de toutes les volontés, source de toute volonté. Il est supérieur à la dimension intérieure qui se révèle à présent, ainsi qu’au sovev kol almin.
(ולכן נקרא שופר גדול שלמעלה מבחי׳ פנימית דהיינו רצון העליון סתם הנק׳ שופר סתם כי הוא בחי׳ רעוא דכל רעוין.
(C’est pourquoi il est appelé « grand chofar », car il se situe au-dessus de la dimension intérieure, c’est-à-dire de la Volonté suprême tout simplement, appelée chofar tout simplement ; car il est le niveau de la Volonté de toutes les volontés.
C’est pourquoi il est appelé « grand » : il se situe au-dessus de la dimension intérieure, la Volonté suprême en tant que telle, qui est le chofar tout simplement. Le grand chofar est la Volonté de toutes les volontés.
ועמ״ש מענין רעוא דכל רעוין בד״ה למנצח על השמינית ועמ״ש עוד מענין סוכ״ע ומ ה שלמעלה מבחי׳ סובב בד״ה מזמור שיר חנוכת הבית כו׳ ועמ״ש בפ׳ שלח בד״ה אני דפ׳ ציצית בפי׳ וענין שמו הגדול
Et voyez ce qui est écrit au sujet de la Volonté de toutes les volontés dans le discours commençant par « Au chef des chantres, sur la huitième », ainsi que ce qui est écrit par ailleurs au sujet de la lumière qui entoure tous les mondes et de ce qui se situe au-dessus du niveau de la lumière qui entoure [les mondes], dans le discours commençant par « Psaume, chant pour l’inauguration de la Maison », etc. Voyez aussi ce qui est écrit dans la paracha Chela’h, dans le discours commençant par « Je suis », sur le passage des tsitsit, à propos de l’explication et du sens de « Son grand Nom »,
La note renvoie à des discours sur la Volonté de toutes les volontés (« Au chef des chantres, sur la huitième »), sur ce qui est au-dessus du sovev (« Psaume, chant pour l’inauguration de la Maison ») et sur « Son grand Nom » (dans Chela’h, à propos du passage des tsitsit).
שהוא התגלות אור א״ס שלמעלה מבחי׳ שם הוי׳ יו״ד צמצום כו׳ ע״ש ולכן נקרא שמו הגדול ועד״ז י״ל [יש לומר] ג״כ פי׳ שופר גדול וגם לפמ״ש [לפי מה שכתוב] המקובלים הראשונים28 דשמו גימטריא רצון.29
qui est la révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), au-dessus du niveau du Nom Havaya, [dont] le youd est le tsimtsoum (contraction), etc. Voyez là-bas. C’est pourquoi il est appelé « Son grand Nom ». De même, on peut aussi expliquer le sens de « grand chofar ». Et cela s’accorde également avec ce que les premiers kabbalistes ont écrit : chemo (« Son Nom ») a la valeur numérique de ratson (« volonté ).
« Son grand Nom » est la révélation de la Lumière infinie au-dessus du Nom Havaya, dont le youd signifie déjà le tsimtsoum (contraction). On peut expliquer de même le « grand chofar » ; les premiers kabbalistes ont également relevé que chemo (« Son Nom ») a la valeur numérique de ratson (« volonté »), 346.
ועמ״ש בפ׳ בשלח בד״ה וירא ישראל30 בענין בחי׳ רצון שיש בו ג״כ צמצום בחי׳ יו״ד כו׳ אמנם בחי׳ רעוא דכל רעוין זהו מבחי׳ שמו הגדול.
Et voyez ce qui est écrit dans la paracha Bechala’h, dans le discours commençant par « Israël vit », au sujet du niveau de la volonté, qui comporte également un tsimtsoum, le niveau du youd, etc. Cependant, le niveau de la Volonté de toutes les volontés relève du niveau de « Son grand Nom ».
Un discours de Torah Ohr sur « Israël vit » explique que la volonté comporte elle aussi un tsimtsoum, un youd. La Volonté de toutes les volontés, en revanche, relève du niveau de « Son grand Nom », au-delà de tout youd.
ועמ״ש עוד בפ׳ חקת בביאור ע״פ בואו חשבון31 בענין כל פרוטה מצטרפת לחשבון גדול32 כו׳ והנה ז״ש [זהו שכתוב] ג״כ לע״ל [לעתיד לבוא] וברחמים גדולים אקבצך33 דהיינו שנמשכים מבחי׳ שופר גדול שממשיך בחינת רחמים גדולים ועיין מזה ברע״מ [ברעיא מהימנא] פ׳ תצא)
Voyez aussi ce qui est écrit dans la paracha 'Houkat, dans le commentaire sur le verset « Venez à 'Hechbon », au sujet de « chaque petite pièce s’ajoute pour former un grand compte », etc. C’est également ce qui est écrit au sujet du Temps à venir : « Et avec une grande compassion, Je te rassemblerai » ; c’est-à-dire que ces influx proviennent du niveau du grand chofar, qui fait descendre le niveau d’une grande compassion. Voyez à ce sujet le Raaya Mehemna, paracha Tetsé
La note renvoie également au commentaire sur « Venez à 'Hechbon », à propos de « chaque petite pièce s’ajoute pour former un grand compte » (Bava Batra 9b). Isaïe 54:7, « avec une grande compassion, Je te rassemblerai », parle du Futur : le grand chofar fait descendre une grande compassion.
(דרע״ז ע״א) ובפי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות] שם ובכסא מלך פי׳ רחמים גדולים34 הוא פנימית עתיק ועמ״ש סד״ה בעצם היום35 נמול אברהם בפי׳ וענין גדולה מילה שנכרתו עליה י״ג בריתות36 כו׳.
(277a), ainsi qu’au commentaire du Ramaz à cet endroit ; et, dans le Kisei Melekh, il est expliqué que la « grande compassion » est la dimension intérieure d’Atik. Voyez aussi ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « En ce jour même, Avraham fut circoncis », sur l’explication et le sens de « Grande est la circoncision, car treize alliances furent conclues à son sujet », etc.)
Le Raaya Mehemna, le Ramaz et le Kisei Melekh sont cités ; le Kisei Melekh explique que la « grande compassion » est la dimension intérieure d’Atik. La note renvoie aussi à un discours sur la circoncision : « Grande est la circoncision, car treize alliances furent conclues à son sujet » (Nedarim 31b).
והנה בזהר בפ׳ ואתחנן (דרס״ו ע״ב) פי׳ מ״ש והיה ביום ההוא יתקע מאי ביום ההוא37 כו׳
Or, dans le Zohar, paracha Vaet'hanan (266b), il est expliqué ce qui est écrit : « Et il adviendra en ce jour qu’[un grand chofar] sera sonné » : « Que signifie “en ce jour” ? », etc.,
Le Zohar sur Vaet'hanan s’interroge sur ce verset même : « Que signifie “en ce jour” ? »
כד״א [כמה דאת אמר] והיה יום אחד הוא יודע לה׳38 ועיין מזה באדרא (דקל״ד ב׳) ועמ״ש מזה בביאור ע״פ והיה מספר בנ״י [בני ישראל] שזהו ענין כי גדול יום39 כו׳
comme il est dit : « Il y aura un jour unique, connu de Havaya. » Voyez à ce sujet l’Idra (134b), ainsi que ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication du verset « Le nombre des enfants d’Israël sera… » : c’est là le sens de « Car grand est le jour… », etc. ;
Il répond par le verset de Zacharie 14:7 : « Il y aura un jour unique, connu de Havaya. » L’Admour Hazaken relie cela à son explication d’Osée 2:2 : « Car grand est le jour. »
ע״ש ועפ״ז [ועל פי זה] יובן דשייך שבבחי׳ ביום ההוא דהיינו בחי׳ כי גדול יום יתקע בשופר גדול דייקא וזהו ענין כרוב גודלו כו׳ וכנ״ל
voyez là-bas. À la lumière de cela, on comprendra qu’il convient que, au niveau de « en ce jour-là », c’est-à-dire au niveau de « Car grand est le jour », « un grand chofar soit sonné » — grand précisément. C’est là le sens de « selon l’abondance de Sa grandeur », etc., comme mentionné plus haut.
Ainsi, « ce jour-là » est le « grand jour », et il convient donc qu’un chofar « grand » y soit sonné. C’est l’« abondance de Sa grandeur » des Psaumes 150.
וזהו ג״כ דגבי שופר סתם כתיב ואד׳ הוי׳ בשופר יתקע משא״כ גבי שופר גדול כתיב יתקע ולא נזכר מי התוקע40
C’est aussi pourquoi, au sujet du chofar ordinaire, il est écrit : « Ado-nai Havaya fera sonner le chofar », tandis qu’au sujet du grand chofar, il est écrit : « Il sera sonné », sans préciser qui le sonne ;
Cela explique aussi pourquoi Zacharie nomme celui qui sonne le chofar ordinaire — « Ado-nai Havaya » —, tandis qu’Isaïe dit seulement que le grand chofar « sera sonné », sans préciser qui le sonne.
אלא לפי שהוא המשכה וגילוי מבחי׳ סתימא דכל סתימין מבחי׳ שמו הגדול שלמעלה משם אד׳ והוי׳ כו׳.
mais [c’est] parce qu’il s’agit d’un influx et d’une révélation provenant du niveau de Stima deChol Stimin (le plus caché de tous les cachés), du niveau de « Son grand Nom », qui est au-dessus des Noms Ado-nai et Havaya, etc.
Le grand chofar provient des niveaux du plus caché de tous les cachés, de « Son grand Nom », au-dessus d’Ado-nai et de Havaya ; aucun Nom ne peut donc être mentionné comme sa source.
גם י״ל [יש לומר] ע״ד מ״ש בפ׳ אחרי סד״ה כי ביום הזה יכפר41 שלא נאמר ג״כ מי המכפר
On peut également l’expliquer dans le même sens que ce qui est écrit dans la paracha A'harei, à la fin du discours commençant par « Car en ce jour, Il fera expiation » : là non plus, il n’est pas dit qui fait expiation ;
Un parallèle se trouve dans un discours de la paracha A'harei sur Lévitique 16:30 : « Car en ce jour, Il fera expiation pour vous. » Le verset ne précise pas qui fait expiation.
והיינו לפי שהוא מבחי׳ לפני הוי׳ תטהרו שהוא בחינה שלא נתפס בשום אות ורמיזא כלל כו׳ ע״ש:42
et cela parce que ce niveau relève de « devant Havaya, vous serez purifiés » : c’est un niveau qui n’est saisi par aucune lettre ni aucune allusion, etc. Voyez là-bas.
C’est parce que l’expiation provient du niveau de « devant Havaya, vous serez purifiés », au-delà du Nom lui-même, un niveau qui n’est saisi par aucune lettre ni aucune allusion.
Ce paragraphe répond à la question initiale : le chofar actuel attire de sovev kol almin, qui reste défini par son rapport aux mondes, tandis que le grand chofar du temps futur attirera de l’essence de D.ieu, au-delà de la catégorie des mondes — la Volonté de toutes les volontés et « Son grand Nom ». C’est pourquoi il est « grand », pourquoi, dans le temps futur, les versets du chofar seront récités sans ceux de la royauté et du souvenir, et pourquoi Isaïe ne précise pas qui le fait retentir.
La note de Kehot cite le Rabbi (discours « Vehayah bayom hahu », 5728), qui renvoie à l’Ateres Rosh du Rabbi Dovber : yitaka, avec un kamats sous le tav, implique que le chofar retentira de lui-même. L’éveil provoqué par le chofar ordinaire atteint ceux qui sont relativement proches, tandis que le grand chofar éveillera même ceux qui sont perdus en Assyrie et rejetés en Égypte. Concernant la question de savoir si les mitsvot seront abolies dans le temps futur, les notes renvoient à Iggeres HaKodesh 26, ainsi qu’à de longs développements dans Or HaTorah et dans les discours du Rabbi.
Maré mekomot
- 1ואד׳ הוי׳ בשופר יתקע · Zechariah 9:14
- 2ע״פ כי כארץ תוציא צמחה · לעיל נא, ד. וראה בד״ה שובה ישראל תשל״ז הערה 6 (נדפס בסה״מ מלוקט ח״ד ע׳ ט).
- 3כי כארץ תוציא צמחה · Isaiah 61:11
- 4
- 5אמרו לפני מלכיות · Rosh Hashanah 16a:15–16
- 6ממלא כל שמהן · Tikkunei Zohar 17b:2–3
- 7לא שניתי · Malachi 3:6
- 8שהארץ . . לגבי השמים · ע״ל מסעי (פח, ג), שם אי׳ נגד עולם הגלגלים, יעו״ש. [כ].
- 9גבהו שמים מעל הארץ · Isaiah 55:9
- 10הללוהו כרוב גודלו · Psalms 150:2
- 11ואמר ביום ההוא הנה אלקינו זה · Isaiah 25:9
- 12הוא עשנו · Psalms 100:3
- 13ובפרדס שער י״ד פ״ג · ראה אוה״ת פ׳ תצא ע׳ תתעו.
- 14ע״פ הבאים ישרש יעקב · תו״א נד, ג.
- 15הבאים ישרש יעקב · Isaiah 27:6
- 16אשר אני עושה · Isaiah 66:22
- 17ואת כל אלה ידי עשתה · Isaiah 66:2
- 18בד״ה ויושט המלך לאסתר · תו״א צד, ב.
- 19שרביט הזהב אשר בידו · Esther 5:2
- 20ולגדולתו אין חקר · Psalms 145:3
- 21מצות אינן בטילות לע״ל · ראה אגה״ק סכ״ו (קמה, א). לקו״ש ח״ה ע׳ 244. חט״ו ע׳ 141 וש״נ. חי״ט ע׳ 183. סה״ש תשנ״ב ע׳ 27 ואילך. בארוכה נתבאר באוה״ת ר״ה ע׳ ב׳קיג. פ׳ בשלח ע׳ תעה ואילך. וראה המשך תער״ב פרק קצג.
- 22צ״ע בגמרא בנדה (דס״א ע״ב) · ”אמר רב יוסף זאת אומרת מצוות בטילות לעתיד לבוא”. וראה בסה״ש תשנ״ב ע׳ 29 הערה 25. שם ע׳ 30 לשון הגמרא.
- 23בסדרי טהרה בחידושיו · נדפסו בסוף הל׳ יו״ד חידושים על מס׳ נדה דשם מבאר בארוכה בשיטת הרשב״א והר״ן. וראה בסה״ש תשנ״ב ע׳ 28 הערה 22 שמציין לספרים שנסמנו בספר שדי חמד כללים מ ע״ש. וראה שם ע׳ 30 הערה 39 שתירוצו עולה רק לגירסת הרא״ש ע״ש.
- 24אשרי העם יודעי תרועה · Psalms 89:16
- 25
- 26ישר יחזו פנימו · Psalms 11:7
- 27רעוא דכל רעוין · זח״ב (פח, ב). [כ].
- 28המקובלים הראשונים · עבודת הקודש ח״א רפ״ב בשם תלמיד הרמב״ן. וראה באוה״ת ענינים ע׳ קפב שמביא דעת המגן דוד שחולק על זה. ובע״ח שמ״א פ״ג הביא ב׳ דעות אלו ע״ש בארוכה.
- 29שמו גימטריא רצון · פע״ח ש׳ הק״ש (ס״פ כח). [כ].
- 30בד״ה וירא ישראל · תו״א סב, א.
- 31בביאור ע״פ בואו חשבון · לעיל פ׳ חקת סו, ד.
- 32כל פרוטה מצטרפת לחשבון גדול · Bava Batra 9b:1
- 33וברחמים גדולים אקבצך · Isaiah 54:7
- 34ובכסא מלך פי׳ רחמים גדולים · ראה הלשון באוה״ת נ״ך כרך א ע׳ רסו.
- 35סד״ה בעצם היום · תו״א יג, ג.
- 36גדולה מילה שנכרתו עליה י״ג בריתות · Nedarim 31b:8–9
- 37והיה ביום ההוא יתקע מאי ביום ההוא · Zohar, Vaetchanan 18:124–20:134
- 38והיה יום אחד הוא יודע לה׳ · Zechariah 14:7
- 39כי גדול יום · Hosea 2:2
- 40כתיב יתקע ולא נזכר מי התוקע · ”ואדמו״ר האמצעי [בספר עטרת ראש שער ר״ה פכ״ב] מוסיף עוד דיוק בזה שנאמר יתקע לשון יתקע (תי״ו בקמ״ץ) מורה שיתקע מעצמו. ונקודת הביאור (בהדרושים) [לקו״ת שם ס, א עט״ר שם] היא, דההתעוררות שעל ידי שופר סתם הוא לאלה שהם בקירוב קצת, ובכדי לעורר את האובדים בארץ אשור והנדחים בארץ מצרים שגם הם יתעוררו לבוא לירושלים ולהשתחוות לה׳, הוא על ידי שופר גדול” — ד״ה והיה ביום ההוא תשכ״ח, נדפס בסה״מ מלוקט ח״ו ע׳ ג.
- 41
- 42
Ils viendront se prosterner ¶9–11
9ו ואזי כתיב ובאו כו׳ והשתחוו לה׳.1 כי הנה גבי שופר סתם כתיב אשרי העם2 יודעי תרועה באור פניך יהלכון שעם היות שהוא גילוי פנימית מ״מ יש בו בחי׳ הילוך עדיין
6. Et alors, il est écrit : « Ils viendront », etc., « et se prosterneront devant Havaya. » Car, au sujet du chofar ordinaire, il est écrit : « Heureux le peuple qui connaît la teroua ; à la lumière de Ta face, ils marcheront » : bien qu’il s’agisse de la révélation de la dimension intérieure, il s’y trouve néanmoins encore le niveau de la marche.
La section 6 explique les mots suivants du verset : « et ils viendront… et se prosterneront devant Havaya ». Au sujet du chofar ordinaire, les Psaumes 89:16 disent : « Heureux le peuple qui connaît la teroua ; à la lumière de Ta face, ils marcheront » : même lorsque la dimension intérieure est révélée, il y a encore une « marche », un mouvement de niveau en niveau.
אבל בגילוי והמשכה שופר גדול דלע״ל [דלעתיד לבוא] שהוא בחי׳ גילוי רעוא דכל רעוין מקור כל הפנימית אזי ובאו כו׳
Mais avec la révélation et l’effusion du grand chofar du Temps à venir, qui est le niveau de la révélation de la Volonté de toutes les volontés (Ra’ava de’Hol Ra’avin), la source de toute dimension intérieure, alors « ils viendront », etc.,
Avec le grand chofar de l’Avenir, la révélation de la Volonté de toutes les volontés, source de toute dimension intérieure, ils ne se contenteront plus de marcher, mais « viendront ».
והשתחוו השתחוואה הוא בחי׳ ביטול כו׳ (ועמ״ש סד״ה וכל העם רואים3 כו׳ וקול השופר כו׳ גבי ויהי קול מעל לרקיע4 כו׳ וסד״ה השמים כסאי5 כו׳)
« Et ils se prosterneront » : la prosternation est le niveau de l’annulation de soi (bitoul), etc. (Voir aussi ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Et tout le peuple vit », etc., « et le son du chofar », etc., à propos de « Et il y eut une voix au-dessus du firmament », etc., ainsi qu’à la fin du discours commençant par « Les cieux sont Mon trône », etc.)
Et ils « se prosterneront » ; se prosterner, c’est le bitoul, l’annulation complète de soi devant D.ieu. La note renvoie aux dernières pages de deux discours de Torah Ohr, l’un sur les voix et le chofar au Sinaï, l’autre sur « Les cieux sont Mon trône ».
ואזי ג״כ ובאו האובדים בארץ אשור והנדחים בארץ מצרים והשתחוו כ׳ו דהיינו אפילו הנשמות שירדו למטה מטה ונבלעו בתוך אשור ומצרים והשופר דעכשיו אינו מעוררם
Alors aussi, « ceux qui étaient perdus dans le pays d’Assyrie et ceux qui étaient dispersés dans le pays d’Égypte viendront et se prosterneront », etc. : c’est-à-dire même les âmes qui sont descendues très bas et ont été englouties en Assyrie et en Égypte, que le chofar d’aujourd’hui ne réveille pas ;
Alors, même « ceux qui étaient perdus dans le pays d’Assyrie et ceux qui étaient dispersés dans le pays d’Égypte » viendront et se prosterneront. Il s’agit des âmes qui sont tombées très bas et ont été englouties en Assyrie et en Égypte, que le chofar d’aujourd’hui ne peut pas réveiller.
אבל כאשר יתקע בשופר גדול גם הם יתעוררו כו׳ (כן פי׳ בספר טו״ב סי׳ תקפ״ו. ועמ״ש כה״ג [כהאי גוונא] בד״ה שחורה אני6 ונאוה7 בפי׳ וירא ישראל את היד הגדולה אשר עשה8 ה׳ במצרים
mais lorsque le grand chofar retentira, elles aussi seront éveillées, etc. (C’est ainsi que l’explique le livre טו״ב, section 586. Voir aussi ce qui est écrit dans le même sens dans le discours commençant par « Je suis noire, mais belle », à propos de l’explication de « Et Israël vit la grande main que Havaya avait déployée en Égypte »,
Lorsque le grand chofar retentira, elles aussi seront éveillées. La note renvoie au livre טו״ב (§586) à l’appui de cette explication, ainsi qu’à un discours sur « Je suis noire, mais belle », qui explique Exode 14:31 : « Et Israël vit la grande main que Havaya avait déployée en Égypte. »
דהיינו שאפילו בבחי׳ מצרים יש בחי׳ המשכת והתפשטות בחינת היד הגדולה שנמשכה ונתפשטה עד למטה מאד אפילו בבחי׳ מצרים דהיינו שנמשך חסד עליון כ״כ [כל כך] שאפילו בבחי׳ נפש השפלה ממדרגות תחתונות שבעשייה ומלובשת בגשמיות נופלין הרהורי תשובה
c’est-à-dire que, même au niveau de l’Égypte, il y a le niveau de l’effusion et de l’expansion de la grande main, qui s’est déversée et étendue jusqu’à un niveau très bas, jusque dans le niveau de l’Égypte ; autrement dit, la bonté supérieure est dispensée si bas que, même dans une âme humble, appartenant aux niveaux les plus bas d’Assiya et revêtue de matérialité, surgissent des pensées de techouva.
L’Admour Hazaken explique là que « la grande main », la bonté supérieure, s’est étendue très bas, jusque dans « l’Égypte », de sorte que des pensées de techouva surgissent même dans une âme humble, située aux niveaux les plus bas d’Assiya et revêtue de matérialité.
וזהו ענין היד הגדולה נמצא לפי שהיא בחי׳ יד הגדולה שהוא בחי׳ עליונה מאד על כן נמשכה ומתפשטת כ״כ [כל כך] למטה שאפילו בבחי׳ נפש השפלה כו׳
Tel est le sens de « la grande main ». Il apparaît donc que, parce qu’elle est le niveau de la grande main, un niveau très élevé, elle se déverse et s’étend si bas que même le niveau d’une âme humble peut être atteint, etc.
Le principe est que, parce que la grande main provient d’un niveau très élevé, elle peut atteindre les niveaux les plus bas. L’élévation de sa source lui permet de pénétrer jusqu’aux profondeurs.
ועד״ז ממש הוא כאן שלפי שיהיה המשכה מבחי׳ שופר גדול רעדכ״ר [רעוא דכל רעוין] לכך יעורר אפילו מבחי׳ אשור ומצרים כו׳ ועיין מענין היד הגדולה בר״מ [ברעיא מהימנא] פ׳ כי תצא)
Il en va exactement de même ici : parce qu’il y aura une effusion depuis le niveau du grand chofar, la Volonté de toutes les volontés, il pourra donc réveiller même ceux qui se trouvent au niveau de l’Assyrie et de l’Égypte, etc. Voir aussi, sur le sujet de « la grande main », le Raaya Mehemna, Parashat Ki Seitzei
Il en va de même ici : parce que le grand chofar provient de la Volonté de toutes les volontés, il réveillera même ceux qui se trouvent en Assyrie et en Égypte. La note renvoie au Raaya Mehemna sur Ki Seitzei à propos de « la grande main ».
(דרע״ז ע״א)9 שהוא ג״כ בחי׳ רחמים גדולים ולפי פירוש הרמ״ז [הרב משה זכות] שם הוא ממש ענין אחד עם בחינת שופר גדול ע״ש
(277a), qui est lui aussi le niveau d’une grande compassion ; et, selon le commentaire du Ramaz à cet endroit, il s’agit véritablement d’une seule et même notion que le grand chofar ; voir là-bas.)
Là-bas, « la grande main » désigne également une grande compassion ; selon le commentaire du Ramaz, il s’agit exactement de la même notion que le grand chofar.
והנה דרך כלל יש בהם ב׳ בחי׳ הא׳ האובדים בארץ אשור אשר הוא בחי׳ תענוג מלשון אשרי יושבי10 כו׳
Or, de manière générale, il y a parmi eux deux niveaux. Le premier : « ceux qui se sont perdus dans le pays d’Achour (Assyrie) », ce qui correspond au niveau du plaisir, le terme étant apparenté à ashrei (« heureux ») : « Heureux ceux qui demeurent », etc. ;
Dans les grandes lignes, il existe deux catégories d’âmes égarées. La première, « ceux qui se sont perdus dans le pays d’Achour », se rapporte au plaisir : Achour évoque ashrei, « heureux », comme dans Psaumes 84:5 : « Heureux ceux qui demeurent dans Ta maison. »
באשרי כי אשרוני בנות11 כו׳ ובקדושה העליונה זהו ענין אשר קדשנו במצותיו12 כו׳ ובזהר ויחי (דרמ״ז ע״א)13
« Dans mon bonheur (be’achri), car les filles me diront heureuse », etc. Et, dans la sainteté supérieure, cela correspond à l’expression « qui (acher) nous a sanctifiés par Ses mitsvot », etc. Et dans le Zohar, Vayechi (247a),
Léa donna à son fils le nom d’Acher en disant : « Dans mon bonheur (be’achri), car les filles me diront heureuse » (Genèse 30:13). Dans le domaine de la sainteté, cela correspond au mot asher de la bénédiction : « qui (asher) nous a sanctifiés par Ses mitsvot. »
ע״פ מאשר שמנה לחמו14 ומאי איהו עלמא דאתי כו׳ ע״ש ועמ״ש מזה בד״ה ביום השע״צ [השמיני עצרת] בענין אשר נשבעת לאבותינו מימי קדם15
à propos du verset « D’Acher, son pain sera riche » : « Et qu’est-ce donc ? Le Monde futur », etc. ; voir là-bas. Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Le jour de Chemini Atséret », à propos de « que (acher) Tu as juré à nos pères depuis les jours anciens ».
Le Zohar sur Vayechi interprète Genèse 49:20, « D’Acher, son pain sera riche », comme désignant le Monde futur. La note renvoie aussi au discours « Le jour de Chemini Atséret », à propos de Michée 7:20 : « que (acher) Tu as juré à nos pères. »
וזה לעומת זה16 בחי׳ אשור היינו תענוגי עוה״ז שנתהוו מפסולת התענוג עליון ממה שנפל בשבירת הכלים כו׳
Et, par opposition, le niveau d’Achour désigne les plaisirs de ce monde, qui sont issus du rebut du plaisir supérieur, de ce qui est tombé lors de la brisure des réceptacles, etc.
À l’opposé de la sainteté (« l’un en face de l’autre », Ecclésiaste 7:14) se trouve Achour, qui représente les plaisirs de ce monde. Ceux-ci sont issus du rebut du plaisir supérieur, de ce qui est tombé lors de la « brisure des réceptacles », l’explication kabbalistique de la chute de fragments de sainteté dans les mondes inférieurs.
(וע׳ בזהר בראשית דמ״ט ע״א גבי ואשרה אתקרי כו׳ ובספר טו״ב סי׳ תרמ״ט האריך בזה וע׳ בזהר ויקרא דכ״ג ע״א)
(Voir à ce sujet le Zohar, Bereishis, 49a, à propos de « et elle est appelée Achéra », etc. ; dans le livre טו״ב, section 649, l’auteur développe longuement ce sujet ; voir aussi le Zohar, Vayikra, 23a.)
La note renvoie au Zohar sur Bereishis, à propos du nom Achéra, au livre טו״ב (§649), qui développe longuement ce sujet, ainsi qu’au Zohar sur Vayikra.
ופי׳ האובדים בארץ אשור היינו שמחמת שרודף אחר תענוגי עולם הזה למלאות תאוותו הרעה נאבד ונשקע הניצוץ אלקות שבנפשו17 וממנו יונקים הקליפות וסט״א [וסטרא אחרא] כו׳
Et le sens de « ceux qui se sont perdus dans le pays d’Assyrie » est que, parce qu’un homme court après les plaisirs de ce monde afin de satisfaire son mauvais désir, l’étincelle de divinité qui est dans son âme se perd et s’enfonce ; les kelipot et la sitra a’hra (l’autre côté) en tirent leur nourriture, etc.,
Celui qui court après les plaisirs de ce monde pour satisfaire un mauvais désir perd l’étincelle de divinité qui est dans son âme ; celle-ci s’enfonce, et les kelipot ainsi que la sitra a’hra, les forces opposées à la sainteté, s’en nourrissent.
וכמ״ש וישמן ישורון ויבעט18 שמנת עבית כשית וע״מש [ועמ״ש] מזה סד״ה קדש ישראל כו׳ בפ׳ פנחס ואלו נק׳ אובדים שמאבדים את עצמן לדעת ח״ו [חס ושלום]
comme il est écrit : « Yechouroun s’est engraissé et a regimbé ; tu t’es engraissé, tu t’es épaissi, tu es devenu gras. » Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet à la fin du discours commençant par « Israël est saint », etc., dans la paracha Pin’has. Ceux-là sont appelés « égarés » (ovdim), car ils se détruisent sciemment, à D.ieu ne plaise.
Il s’agit de Deutéronome 32:15 : « Yechouroun s’est engraissé et a regimbé. » De telles personnes sont appelées ovdim, « égarés », car elles se détruisent sciemment, à D.ieu ne plaise.
(ועמ״ש בד״ה כנשר יעיר19 גבי מחל לנו כי פשענו כו׳ עד דרשו ה׳ בהמצאו ע״ש)
(Et voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Comme un aigle réveille », à propos de « Pardonne-nous, car nous avons transgressé », etc., jusqu’à « Recherchez Havaya lorsqu’Il se laisse trouver » ; voir là-bas.)
La note cite le discours « Comme un aigle réveille », depuis « Pardonne-nous, car nous avons transgressé » jusqu’à Isaïe 55:6, « Recherchez Havaya lorsqu’Il se laisse trouver ».
והב׳ הם הנדחים בארץ מצרים פי׳ מצרים לשון מיצר שמחמת המצור והמצוק אין להם לב לדעת כו׳ וכמ״ש גבי ישראל בהיותם במצרים ולא שמעו אל משה מקצר רוח20
Et les seconds sont « ceux qui ont été rejetés au pays d’Égypte (Mitsrayim) ». Le sens est le suivant : Mitsrayim vient du terme métsar (étroitesse), car, du fait du siège et de la détresse, ils n’ont pas de cœur pour connaître, etc., comme il est écrit au sujet d’Israël lorsqu’il était en Égypte : « Ils n’écoutèrent pas Moché, par manque de souffle »,
La deuxième catégorie est celle de « ceux qui ont été rejetés au pays d’Égypte ». Mitsrayim évoque métsar, l’étroitesse : accablés par le siège et la pression, ils n’ont pas de cœur pour connaître D.ieu, à l’image d’Israël en Égypte, qui « n’écoutèrent pas Moché, par manque de souffle » (Exode 6:9).
דהיינו מחמת רוב הצרה כדפרש״י [כדפירש רש״י / כדפירוש רש״י] שם ובת״א [ובתרגום אונקלוס] ולא קבילו מן משה מעיק רוח כו׳ ועד״ז נאמר (בישעיה סי׳ נ״ט) ושכרת ולא מיין.21
c’est-à-dire à cause de l’intensité de la détresse, comme Rachi l’explique là-bas ; et, dans le Targoum Onkelos : « Ils n’acceptèrent pas ce que disait Moché, à cause de l’oppression de l’esprit », etc. De même, il est dit (dans Isaïe, chapitre 59) : « Tu es ivre, mais non de vin. »
Rachi explique que cela résulte d’une grande détresse, et le Targoum Onkelos rend l’expression par « l’oppression de l’esprit ». Isaïe parle de même de celui qui est « ivre, mais non de vin » ; le texte cite le chapitre 59, mais ces mots se trouvent en Isaïe 51:21.
ופי׳ שמבולבל כשכור ולא משתיית היין כ״ מצרה ויגון וכמ״ש בת״י [בתרגום יונתן] שם דרויא מן עקא כו׳
Le sens est qu’il est confus comme un homme ivre, non parce qu’il a bu du vin, mais à cause de la détresse et du chagrin, comme le dit le Targoum Yonatan à cet endroit : « ceux qui sont ivres de détresse », etc.
Autrement dit, il est confus comme un homme ivre, non à cause du vin, mais de la détresse et du chagrin. Le Targoum Yonatan rend l’expression par « ivre de détresse ».
ואלו נק׳ נדחים ולע״ל [ולעתיד לבוא] יתעלו כולם להיות ובאו כו׳ והשתחוו כו׳ וז״ש [וזהו שכתוב] (בהושע סס״י [סוף סימן] י״א) יחרדו כצפור ממצרים וכיונה מארץ אשור22 כו׳
Et ceux-là sont appelés « les rejetés ». Dans le monde futur, ils seront tous élevés, de sorte qu’« ils viendront », etc., et « ils se prosterneront », etc. C’est le sens de ce qui est écrit (à la fin du chapitre 11 d’Osée) : « Ils viendront en tremblant comme un oiseau d’Égypte, et comme une colombe du pays d’Assyrie », etc.,
Ceux-là sont « les rejetés ». Dans l’avenir, tous seront élevés pour « venir » et « se prosterner », comme le dit Osée 11:11 : « Ils viendront en tremblant comme un oiseau d’Égypte et comme une colombe du pays d’Assyrie. »
והיינו ע״י כי הוא ישאג23 פי׳ הוא היינו בחי׳ מאן דסתים כו׳ הוא דא עתיקא עיין באדר״ז [באדרא זוטא] (דר״צ ע״א) ופי׳
et cela se fera par « car Lui (Hou) rugira ». Le sens est que Hou désigne le niveau de « Celui qui est caché », etc. ; « Hou, c’est Atika ». Voir l’Idra Zouta (290a). Et le sens de
Cela se produit par « car Lui (Hou) rugira » (Osée 11:10). Hou, « Lui », désigne le niveau caché ; l’Idra Zouta dit : « Hou, c’est Atika », l’Ancien, le niveau le plus intérieur.
כי הוא ישאג היינו ענין והיה ביום ההוא יתקע בשופר גדול כו׳ ועי״ז יחרדו כו׳ שהוא בחי׳ ביטול והשתחוואה24 וכמ״ש גבי שופר ויחרד כל העם25 כו׳
« car Lui rugira » désigne ce qui est exprimé par « Et il arrivera en ce jour-là qu’un grand chofar sera sonné », etc. Par cela, « ils trembleront », etc., ce qui correspond au niveau de l’annulation de soi et de la prosternation, comme il est écrit au sujet du chofar : « Tout le peuple trembla », etc.
« Car Lui rugira » désigne le grand chofar. Par lui, « ils trembleront », ce qui signifie l’annulation de soi et la prosternation, comme au Sinaï, où « tout le peuple trembla » au son du chofar (Exode 19:16).
Et il est écrit : « Un chofar sera-t-il sonné dans la ville sans que le peuple tremble ? » Le sens de « dans la ville » est le niveau de « la ville de notre D.ieu », le monde de la parole, source de Béria, Yetsira et Assiya, etc.
Amos 3:6 demande : « Un chofar sera-t-il sonné dans la ville sans que le peuple tremble ? » La « ville » est « la ville de notre D.ieu », le monde de la parole, source des mondes de Béria, Yetsira et Assiya.
והשופר הוא קול והמשכה להיות בנין עולם הדבור שהוא בחי׳ עיר כו׳ אך חרדה וביטול זה היינו בבחי׳ ועם וכמ״ש למען הקים אותך לו לעם28 כו׳
Et le chofar est une voix et un flux qui se prolonge, pour édifier le monde de la parole, qui est le niveau de la « ville », etc. Mais ce tremblement et cette annulation de soi relèvent du niveau du « peuple », comme il est écrit : « afin de t’établir pour Lui comme peuple », etc.
La voix du chofar édifie le monde de la parole, la « ville ». Mais ce tremblement et cette annulation s’appliquent au « peuple », à ceux qui sont déjà liés à D.ieu, comme dans « afin de t’établir pour Lui comme peuple » (Deutéronome 29:12).
אבל כדי שיומשך חרדה וביטול זה גם בבחי׳ האובדים והנדחים זהו ע״י שופר גדול כי הוא ישאג ועי״ז יחרדו כצפור ממצרים כו׳
Mais pour que ce tremblement et cette annulation de soi se prolongent également jusqu’au niveau des « perdus » et des « exilés », il faut le grand chofar, « car Il rugira » ; alors, « ils viendront en tremblant comme un oiseau d’Égypte », etc.
Pour que les perdus et les exilés tremblent et soient eux aussi annulés, le grand chofar est nécessaire : « car Il rugira », et alors « ils viendront en tremblant comme un oiseau d’Égypte ».
כי גם מצרים ואשור בטלים ומבוטלים בהגלות נגלות גילוי אור א״ס ב״ה עצמו דקמיה כחשכה כאורה29 ואז יהיה בקרבך קדוש
Car l’Égypte et l’Assyrie aussi sont annulées et entièrement annulées lorsque se révèle la révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof) elle-même, béni soit-Il, devant laquelle « les ténèbres sont comme la lumière ». Alors, « le Saint sera au milieu de toi »,
Même l’Égypte et l’Assyrie sont annulées lorsque la Lumière infinie elle-même se révèle, devant laquelle « les ténèbres sont comme la lumière » (Psaumes 139:12). Alors, comme le dit Osée 11:9, « le Saint sera au milieu de toi ».
ולא אבא בעיר30 פי׳ שיש בחי׳ צירופי אותיות והמשכות הנמשכים בלעומת זה ונקראים ג״כ עיר דהיינו בחינה שאמרו דור הפלגה נעשה לנו עיר ומגדל31 כו׳
« et Je ne viendrai pas dans la ville ». Cela signifie qu’il existe un niveau de combinaisons de lettres et de flux qui se prolongent vers le côté opposé ; eux aussi sont appelés « ville », c’est-à-dire le niveau auquel la génération de la Dispersion dit : « Construisons-nous une ville et une tour », etc.
Le verset poursuit : « et Je ne viendrai pas dans la ville ». Il existe aussi une « ville » impure, faite de combinaisons de lettres et de flux dirigés vers le côté opposé, comme la ville et la tour de la génération de la Dispersion (Genèse 11:4).
וע׳ בזהר פ׳ נח (דע״ה)32 אכן לעתיד לבא שיתעלו כל הנשמות אזי יהיה בקרבך קדוש ולא יומשך ההשפעה לבחי׳ עיר הנ״ל:33343536
Voyez aussi le Zohar, parachat Noa'h (75). Mais, dans les temps futurs, lorsque toutes les âmes s’élèveront, alors « le Saint sera au milieu de toi », et le flux ne se prolongera pas vers le niveau de la « ville » mentionné plus haut.
La note cite le Zohar sur Noa'h. Dans les temps futurs, lorsque toutes les âmes seront élevées, le Saint sera au milieu d’elles et aucun flux n’atteindra cette « ville » impure.
Ce paragraphe explique les mots « ils viendront… et se prosterneront » : le grand chofar, issu de la Volonté de toutes les volontés, conduit à une annulation complète de soi et atteint même les âmes les plus basses, celles qui sont perdues dans les plaisirs d’« Ashour » et celles qui sont écrasées dans les étroitesses de l’« Égypte », que le chofar d’aujourd’hui ne peut atteindre. Plus la source de la révélation est élevée, plus bas elle peut parvenir, jusqu’à ce que même la « ville » opposée ne reçoive plus de vitalité.
La note du Kehot ajoute une remarque du Rabbi (Sefer HaSichos 5751) sur l’enfoncement de l’étincelle divine, en citant le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken : un esprit d’impureté ne désire se poser que sur un réceptacle saint, dans un lieu que la sainteté a quitté. Le texte lui-même indique, à la suite du Ramaz, que « la grande main » du Raaya Mehemna et le grand chofar sont une seule et même chose, tous deux relevant d’une grande compassion.
Maré mekomot
- 1ובאו כו׳ והשתחוו לה׳ · Isaiah 27:13
- 2
- 3סד״ה וכל העם רואים · תו״א עד, ב.
- 4ויהי קול מעל לרקיע · Ezekiel 1:25
- 5וסד״ה השמים כסאו · תו״א בתחלתו.
- 6בד״ה שחורה אני · לקמן שה״ש ו, סע״ד ואילך.
- 7
- 8וירא ישראל את היד הגדולה אשר עשה ה׳ במצרים · Exodus 14:31
- 9בר״מ פ׳ כי תצא (דרע״ז ע״א) · ראה אוה״ת פ׳ בשלח ע׳ תל.
- 10אשרי יושבי · Psalms 84:5
- 11באשרי כי אשרוני בנות · Genesis 30:13
- 12אשר קדשנו במצותיו · עת״ז (ת״ל) עד, ב. וריש (תט״ל). [כ].
- 13ובזהר ויחי (דרמ״ז ע״א) · הלשון עם הגהות בביאוה״ז להצ״צ כרך ב ע׳ תשמ. וראה אוה״ת פ׳ ויחי כרך ב שפה, א. אוה״ת פ׳ שופטים ע׳ תתיח.
- 14מאשר שמנה לחמו · Genesis 49:20
- 15אשר נשבעת לאבותינו מימי קדם · Micah 7:20
- 16וזה לעומת זה · Ecclesiastes 7:14
- 17ופי׳ האובדים . . ונשקע הניצוץ אלקות שבנפשו · בסה״ש תנש״א ע׳ 372 בשולי העמוד מציין ע״ז: ”להעיר ש”רוח הטומאה . . אינה מתאווה לשרות אלא בכלי של קודש במקום קדושה שנסתלקה משם כו׳” (שו״ע אדה״ז או״ח (מהדו״ת) סוס״ד, וראה בארוכה אוה״ח ר״פ חוקת” עכ״ל.
- 18וישמן ישורון ויבעט · Deuteronomy 32:15
- 19בד״ה כנשר יעיר · לקמן פ׳ האזינו עח, א ואילך.
- 20ולא שמעו אל משה מקוצר רוח · Exodus 6:9
- 21ושכרת ולא מיין · Isaiah 51:21
- 22יחרדו כצפור ממצרים וכיונה מארץ אשור · Hosea 11:11
- 23כי הוא ישאג · Hosea 11:10
- 24ועי״ז יחרדו כו׳ שהוא בחי׳ ביטול והשתחוואה · בענין חרדה ראה מאמרי אדה״ז אתהלך ע׳ קכב.
- 25ויחרד כל העם · Exodus 19:16
- 26אם יתקע שופר בעיר · Amos 3:6
- 27עיר אלקינו · Psalms 48:2
- 28למען הקים אותך לו לעם · Deuteronomy 29:12
- 29כחשכה כאורה · Psalms 139:12
- 30בקרבך קדוש ולא אבוא בעיר · Hosea 11:9
- 31נעשה לנו עיר ומגדל · Genesis 11:4
- 32וע׳ בזהר פ׳ נח דע״ה · מובא גם בתו״א יא, ב. וראה הלשון במאמרי אדה״ז פרשיות פ׳ נח ע׳ סב. אוה״ת בראשית כרך ו תתרע, א. המשך זאת חנוכת המזבח תר״מ סעי׳ יד. ובאוה״ת נ״ך כרך א ע׳ תקג.
- 33בד״ה ביום השמע״צ · לקמן פג, ג.
- 34
- 35
- 36דרשו ה׳ בהמצאו · Isaiah 55:6
10בהר הקדש הנה ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] כאברהם שקראו הר1 כי באברהם כתיב הלוך ונסוע הנגבה2 בחי׳ אהבה נק׳ הר
« Sur la montagne sainte » : nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Comme Avraham, qui l’appela “montagne”. » Car il est écrit au sujet d’Avraham : « allant et poursuivant son chemin vers le sud » ; le niveau de l’amour est appelé « montagne »,
« Sur la montagne sainte » : le Talmud (Pesachim 88a) dit qu’Avraham appela « montagne » le lieu du Temple. Avraham, dont il est dit qu’il allait « poursuivant son chemin vers le sud » (Genesis 12:9), incarne l’attribut de l’amour ; c’est pourquoi l’amour est appelé « montagne ».
כמו הר שבולט מארץ המישור והר הקודש הוא האהבה שבבחי׳ ביטול כי קדש הוא בחי׳ חכמה3
comme une montagne qui s’élève au-dessus d’une plaine ; et « la montagne sainte », c’est l’amour qui relève du niveau de l’annulation de soi (bitoul), car « saint » désigne le niveau de 'Hokhma.
L’amour se distingue comme une montagne qui s’élève au-dessus d’une plaine. « La montagne sainte » est l’amour uni à l’annulation de soi, car « saint » désigne le niveau de 'Hokhma, le niveau du bitoul.
(ועמ״ש בד״ה בהעלותך4 את הנרות בענין אהרן חייך שלך גדול משלהם כו׳ ואפשר זהו בחי׳ אהרן א׳ הר ן׳ וכנודע דבחי׳ אהרן ממשישך אה״ר [אהבה רבה] שלמעלה מבחי׳ חסד לאברהם5 כמש״ש [כמה שכתוב שם] וזהו ענין הר הקדש כו׳ ועמ״ש בד״ה קול דודי כו׳ מדלג על ההרים כו׳):
(Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Lorsque tu feras monter les lampes », au sujet de « Aharon, par ta vie, la tienne est plus grande que la leur », etc. Peut-être est-ce le niveau d’Aharon : alef, har (« montagne »), noun. Comme on le sait, le niveau d’Aharon attire l’amour immense (ahava rabba), qui dépasse le niveau de la « bonté envers Avraham », comme il est écrit là-bas. C’est là le sens de « la montagne sainte », etc. Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « La voix de mon Bien-Aimé », etc. : « Il franchit les montagnes », etc.)
La remarque établit un lien avec un discours sur Aharon, à qui D.ieu dit : « La tienne est plus grande que la leur », et suggère que son nom contient har, « montagne ». Aharon attire l’ahava rabba, un amour immense qui dépasse la bonté d’Avraham ; cela pourrait être « la montagne sainte ».
Le paragraphe explique l’expression « sur la montagne sainte » : la montagne représente l’amour, comme dans l’expression d’Avraham, et « la montagne sainte » est un amour uni à l’annulation de soi de 'Hokhma. La remarque suggère qu’il s’agit de l’amour immense (ahava rabba) d’Aharon, supérieur à la bonté d’Avraham.
Maré mekomot
- 1כאברהם שקראו הר · Pesachim 88a:4
- 2הלוך ונסוע הנגבה · Genesis 12:9
- 3קדש הוא בחי׳ חכמה · מא״א אות ק, ס״ז.
- 4בד״ה בהעלותך · ראה לעיל פ׳ בהעלותך לא, ג.
- 5חסד לאברהם · Micah 7:20
11בירושלים יראה שלם1 שלימות היראה2 כי עתה כתי׳ [כתיב] להודיע לבני האדם3 גבורותיו וכבוד הדר מלכותו פי׳ הדר מלכותו הוא ההידור בנבראים המתהווים ממדת מל׳ ית׳
« À Jérusalem » (Yerouchalayim) : yira chalem, « crainte complète », la plénitude de la crainte. Car il est maintenant écrit : « Faire connaître aux fils de l’homme Ses actes de puissance (guevourotav), et la gloire de la splendeur de Son royaume. » Le sens de « la splendeur de Son royaume » est la splendeur des créatures qui viennent à l’existence à partir de Son attribut de Mal’hout, béni soit-Il,
« À Jérusalem » (Yerouchalayim) se lit yira chalem, « crainte complète », selon le Midrach, qui rapporte qu’Avraham appela le lieu Yiré et Chem, Chalem. À présent, dit le Psaume 145:12, D.ieu fait connaître « Ses actes de puissance » et « la splendeur de Son royaume » : cette splendeur est la vaste multitude des créatures qui viennent à l’existence à partir de Sa Mal’hout.
כמ״ש אלף אלפים ישמשוני׳ [ישמשוניה]4 לגדוד א׳ ולגדודיו אין מספר5 שזהו בחי׳ הידור עצום מאד ומ״מ הוא ע״י שמתחלה להודיע לבני האדם דבורותיו שהתהוותם הוא ע״י בחי׳ גבורות וצמצומים
comme il est écrit : « Mille milliers Le servent », pour une seule troupe, et Ses troupes sont innombrables, ce qui constitue un niveau de très grande splendeur. Néanmoins, cela passe par le fait que, d’abord, [il y a] « faire connaître aux fils de l’homme Ses actes de puissance » : leur venue à l’existence procède du niveau des guevourot (rigueurs) et des contractions (tsimtsoumim).
Daniel 7:10 parle de « mille milliers » qui Le servent, et le Talmud (Haguiga 13b) précise qu’il ne s’agit que d’une seule troupe, tandis que Ses troupes sont innombrables. Cette splendeur n’existe pourtant que parce qu’Il fait d’abord connaître Ses « actes de puissance », les guevourot et les contractions par lesquelles les créatures viennent à l’existence.
כי אילו היה מדת מלכותו יתב׳ [יתברך] מתגלה עליהם כמו שהיא לא היו יכולים לקבל כלל והיו מתבטלים במציאותם ממש וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] הושיט אצבעו הקטנה ביניהם6
Car si Son attribut de Mal’hout, béni soit-Il, se révélait à elles tel qu’il est, elles ne pourraient nullement le recevoir et seraient véritablement annulées hors de l’existence, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Il étendit parmi elles Son petit doigt »,
Si la royauté de D.ieu se révélait aux créatures telle qu’elle est véritablement, elles ne pourraient la recevoir et cesseraient tout simplement d’exister. Comme le dit le Talmud (Sanhédrin 38b), lorsque les anges s’opposèrent à la création de l’homme, D.ieu étendit parmi eux Son petit doigt et les brûla.
שהיא בחי׳ מל׳ מדריגה העשירי׳ [העשיריות] שבי״ס [שבי׳ ספירות] ושרפן שנתבטלו לגמרי כי אין בע״ג [בעלי גבול / בעל גבול] יכול לקבל בחיט׳ א״ס
qui est le niveau de Mal’hout, le dixième niveau des Dix Séfirot, « et Il les brûla », de sorte qu’ils furent entièrement annulés ; car un être fini ne peut recevoir le niveau de l’Infini (Ein Sof).
Le « petit doigt » est Mal’hout, le dixième et dernier des Dix Séfirot. Même celui-ci les consuma, car un être fini ne peut recevoir l’Infini.
אלא שהן הן גבורותיו7 שמצמצם עצמו שלא יהיה מדת מלכותו בגילוי כ״כ [כל כך] ואז יהיה הפחד והיראה בגבול כפי שיוכלו הנבראים שאת
Mais ce sont là Ses actes de puissance : Il se contracte Lui-même, de sorte que Son attribut de Mal’hout ne soit pas aussi révélé ; alors la crainte et l’effroi sont limités, à la mesure de ce que les créatures peuvent supporter.
Ainsi, « ce sont là Ses actes de puissance » : Il se contracte Lui-même afin que Sa royauté ne soit pas trop révélée. La crainte et l’effroi sont alors limités à la mesure de ce que les créatures peuvent supporter.
וזה לא נק׳ יראה שלם כי אין היראה בשלימות אבל לעתיד ע״י ואת רוח הטומאה אעביר8 כו׳ יהיה בחי׳ יראה שלם
Cela n’est pas appelé « crainte complète », car la crainte n’est pas dans sa plénitude. Mais, dans le Futur, lorsque « J’écarterai l’esprit d’impureté », etc., il y aura le niveau de la crainte complète.
Une telle crainte n’est pas une « crainte complète », car elle est limitée. Dans le Futur, lorsque D.ieu écartera « l’esprit d’impureté du pays » (Zacharie 13:2), il y aura une crainte complète.
(והיינו בחי׳ הר הקדש שהוא אהבה עליונה מאד וגם כלולה עם בחי׳ שלימות היראה ועמ״ש בד״ה וידעת היום9 בענין התכללות אהוי״ר [אהבה ויראה] גבי וכל הלבבות ייראוך וכל קרב וכליות יזמרו כו׳
(C’est là le niveau de la « montagne sainte », qui est un amour extrêmement élevé et qui est également inclus dans le niveau de la plénitude de la crainte. Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Et tu sauras aujourd’hui », à propos de l’inclusion mutuelle de l’amour et de la crainte, concernant « Et tous les cœurs Te craindront, et les reins et les entrailles chanteront », etc.,
Cet état futur unit la « montagne sainte », un amour extrêmement élevé, à la plénitude de la crainte. La note renvoie à un discours sur l’inclusion mutuelle de l’amour et de la crainte, à propos de la prière : « Tous les cœurs Te craindront, et les entrailles chanteront à Ton Nom. »
ולקמן בד״ה ביום השמע״צ [השמיני עצרת] ועמ״ש בד״ה קול דודי הנ״ל גבי מדלג כו׳ ומקפץ כו׳ וע׳ בזהר וישב)
et plus loin, dans le discours qui commence par « Le jour de Chemini Atseret ». Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours qui commence par « La voix de mon bien-aimé », mentionné plus haut, à propos de « sautant », etc., et de « bondissant », etc. Voyez également le Zohar, Vayéchev)
Le texte renvoie également aux discours « Le jour de Chemini Atseret » et « La voix de mon bien-aimé », à propos de « sautant » et de « bondissant », ainsi qu’au Zohar sur Vayéchev.
(דקפ״ג סע״ב [סוף עמוד ב])10 בענין ירושלים הבנויה כעיר שחוברה לה יחדיו ע״ש ואפשר לומר דבחי׳ זו יהיה ע״י שופר גדול.1112
(fin de 183b), au sujet de « Jérusalem, bâtie comme une ville qui est unie en elle-même » ; voir là.) On peut dire que ce niveau sera atteint grâce au grand chofar.
Ce passage du Zohar traite de Psaumes 122:3 : « Jérusalem, bâtie comme une ville unie en elle-même. » L’Admour Hazaken suggère que ce niveau achevé sera atteint grâce au grand chofar.
והנה בזמן שבהמ״ק [שבית המקדש] קיים היה נוהג מצות יובלות ועיקר שופר נאמר בתורה גבי יובל והעברתם שופר תרועה13 כו׳
Or, à l’époque où le Temple était debout, la mitsva des années de Jubilé était en vigueur ; et la mention principale du chofar dans la Torah se rapporte au Jubilé : « Vous ferez retentir le chofar de teroua », etc.,
À l’époque du Temple, le Jubilé était en vigueur, et la mention principale du chofar dans la Torah concerne le Jubilé : « Vous ferez retentir le chofar de teroua » (Lévitique 25:9).
ביוה״כ [ביום הכפורים] תעבירו שופר כו׳ והיינו ביוה״כ [ביום הכפורים] של שנת היובל ועי״ז וקראתם דרור בארץ14 כו׳ ונפטרו עבדים לבתיהן כו׳
« le jour de Yom Kippour, vous ferez retentir le chofar », etc., c’est-à-dire le Yom Kippour de l’année du Jubilé ; et, par cela, « vous proclamerez la liberté dans le pays », etc., et les esclaves étaient libérés et retournaient chez eux, etc.
Le chofar du Jubilé retentissait à Yom Kippour de l’année du Jubilé. Alors, « vous proclamerez la liberté dans le pays » (Lévitique 25:10), et les esclaves rentraient chez eux en hommes libres.
והענין שהוא מבחי׳ שופר גדול כי ענין יציאת העבדים לחירות היינו ע״י גילוי מבחי׳ עלמא דחירו כמ״ש בזהר פ׳ תצוה (דקפ״ג ע״א) ובפ׳ אמור (דצ״ב ע״ב)15
L’explication est que cela relève du niveau du grand chofar. En effet, la libération des esclaves et leur accès à la liberté se font par une révélation du niveau d’alma decheiru (le monde de la liberté), comme il est écrit dans le Zohar, Parachat Tetsavé (183a) et Parachat Emor (92b).
Le chofar du Jubilé relève du niveau du grand chofar, car la libération des esclaves découle d’une révélation d’alma decheiru, « le monde de la liberté », comme l’enseigne le Zohar dans Tetsavé et Emor.
וגילוי והמשכה זו זהו בחי׳ שופר גדול וכמ״ש בזהר בשלח (דמ״ו ע״ב) ויקרא (ד״ו ע״ב)16 ואתחנן (דרס״ו ע״ב)17 והוא מעין הגילטי שיהיה לע״ל [לעתיד לבוא]
Cette révélation et cette effusion constituent le niveau du grand chofar, comme il est écrit dans le Zohar, Bechala'h (46b), Vayikra (6b) et Vaet'hanan (266b) ; et cela est un avant-goût de la révélation qui aura lieu dans les temps futurs.
Cette révélation est le grand chofar, comme le dit le Zohar dans Bechala'h, Vayikra et Vaet'hanan, où le grand chofar d’Isaïe est identifié au chofar du Jubilé, par lequel les esclaves sont libérés. C’est un avant-goût de la révélation future.
ולכן נאמר יובל הוא קדש תהי׳ [תהיה] לכם18 והוא כענין בחי׳ הר הקדש כו׳ הנ״ל וע׳ מענין יובל בזח״ג [בזהר חלק ג] (דק״ח סע״ב [סוף עמוד ב] ודק״ט ע״א) ובאדר״ז [ובאדרא זוטא] (דר״צ סע״ב [סוף עמוד ב]).
C’est pourquoi il est dit : « C’est un Jubilé ; il sera saint pour vous » ; cela est semblable au niveau de « la montagne sainte », etc., mentionné plus haut. Voir aussi au sujet du Jubilé dans le Zohar, partie III (fin de 108b et 109a), et dans l’Idra Zouta (fin de 290b).
C’est pourquoi la Torah dit : « C’est un Jubilé ; il sera saint pour vous » (Lévitique 25:12), à l’image de « la montagne sainte ». La note indique d’autres passages du Zohar au sujet du Jubilé.
ח״ב [חלק ב׳] (פ״ג [פרק ג׳] ב׳19 פ״ה ב׳ רי״א א׳ מ״ו ב׳) וע׳ בפרדס בעה״כ [בערכי הכינויים] ערך יובל ובשער י״ג ספ״ג [סוף פרק ג׳] ופ״ד וספ״ז
Partie II (83b, 85b, 211a, 46b). Voir aussi le Pardes, Erchei HaKinuyim, entrée « Jubilé » (yovel), ainsi que Sha'ar 13, fin du chapitre 3, chapitre 4 et fin du chapitre 7.
Le texte poursuit en indiquant des passages du Zohar, partie II, ainsi que dans le Pardes, l’entrée « Jubilé » et Sha'ar 13.
ולכן עיקר מצות יובל לא20 היה רק בבית ראשון ולא בבבית שני אלא שמ״מ מונין היו אותו כדי לקדש שמיטות
C’est pourquoi la mitsva du Jubilé ne s’appliquait pleinement qu’à l’époque du Premier Temple, et non à celle du Second Temple ; néanmoins, on le comptait afin de sanctifier les années de Chémita.
C’est pourquoi le Jubilé n’était pleinement observé qu’à l’époque du Premier Temple, et non à celle du Second ; à cette dernière époque, on ne faisait que le compter afin de fixer les années de Chémita (Arachin 32b).
Et même à l’époque du Premier Temple, cela ne s’appliquait que lorsque « tous ses habitants sont sur elle », car alors elle est au niveau de « comme une ville qui est unie », etc.,
Même à l’époque du Premier Temple, cela ne s’appliquait que lorsque « tous ses habitants sont sur elle », c’est-à-dire lorsque tout le peuple se trouvait dans son pays : c’était alors le niveau d’« une ville unie ».
כנ״ל והיינו בחי׳ המשכת ה׳ עילאה בה׳ תתאה כמ״ש בע״ח [בעץ חיים] ובזהר פ׳ שמות (ד״ט ע״ב)
comme mentionné plus haut ; cela correspond au niveau de l’effusion de la hé supérieure dans la hé inférieure, comme il est écrit dans Etz Chaim et dans le Zohar, Parachat Chemot (9b) ;
Cette union est l’effusion de la hé supérieure dans la hé inférieure, de Bina dans Mal'hout, comme l’expliquent Etz Chaim et le Zohar sur Chemot.
ע״ש במק״מ [במקדש מלך] וגילוי זה דבחי׳ עלמא דחירו עיקרו בחי׳ ה׳ עילאה ועמ״ש במ״א ההפרש בתקיעת שופר
voir là-bas, dans le Mikdash Melech. Cette révélation du niveau du monde de la liberté relève essentiellement du niveau de la hé supérieure. Voir aussi ce qui est écrit ailleurs au sujet de la différence dans la sonnerie du chofar
La révélation du « monde de la liberté » relève essentiellement de la hé supérieure. La note renvoie à un autre discours sur la manière dont la sonnerie du chofar de Roch Hachana différait elle aussi entre les époques du Premier et du Second Temple.
דראש השנה גם כן בין זמן בית ראשון לזמן בית שני והוא בד״ה יו״ט [יום טוב] של ר״ה [ראש השנה] שחל להיותץ בשבת במקדש היו23 תוקעין אבל לא במדינה.
de Roch Hachana, également, entre l’époque du Premier Temple et celle du Second Temple ; cela se trouve dans le discours commençant par « Lorsque la fête de Roch Hachana tombait un Chabbat, on sonnait dans le Temple, mais pas dans le pays. »
Ce discours porte sur la Michna (Roch Hachana 4:1) : « Lorsque Roch Hachana tombait un Chabbat, on sonnait dans le Temple, mais pas dans le pays. »
ועכשיו שבעוונותינו חרב בהמ״ק [בית המקדש] אעפ״כ [אף על פי כן] יש לנו יוה״כ [יום הכפורים] שבו מאיר בחי׳ עלמא דחירו בחי׳ יובל כמ״ש באדר״ז [באדרא זוטא] (דר״צ סע״ב [סוף עמוד ב]) ובפ׳ בא (דל״ט ע״ב) ובפרשה אחרי (דס״ט ע״ב) ובפ׳ אמור (דק״ב ב׳)
Et maintenant que, à cause de nos fautes, le Saint Temple est détruit, nous avons néanmoins Yom Kippour, où brille le niveau du monde de la liberté, le niveau du Jubilé, comme il est écrit dans l’Idra Zouta (fin de 290b), dans la Parachat Bo (39b), dans la Parachat A’haré (69b) et dans la Parachat Emor (102b).
Maintenant que le Temple est détruit, nous avons néanmoins Yom Kippour, où brille le « monde de la liberté », la lumière du Jubilé, comme l’enseigne le Zohar en plusieurs endroits.
ולכן תוקעים ביוהכ״פ [ביום הכפורים] אחר נעילה תקיעה אחת והוא מבחי׳ שופר גדול כי תקיעות דר״ה [דראש השנה] זהו בחי׳ שופר סתם שע״ז נאמר ואדני הוי׳ בשופר יתקע24 כנ״ל26
C’est pourquoi, à Yom Kippour, après Neïla, nous sonnons une tekia unique, qui relève du niveau du grand chofar. Les sonneries de Roch Hachana relèvent en effet du niveau du chofar ordinaire, dont il est dit : « Et Ado-nai Havaya sonnera du chofar », comme mentionné plus haut ;
C’est pourquoi une tekia unique est sonnée à la fin de Neïla, à Yom Kippour (le Rama, Ora'h 'Haïm 623, selon la note de Kehot) : elle relève du niveau du grand chofar. Le chofar de Roch Hachana est le chofar ordinaire : « Et Ado-nai Havaya sonnera du chofar. »
אבל ביוהכ״פ [ביום הכפורים] שמאיר בו בחי׳ יובל עלמא דחירו היינו בחי׳ התגלות זו דשופר גדול והיינו בחי׳ נעילה שאז הוא העלייה הגדולה
mais Yom Kippour, où brille le niveau du Jubilé, le monde de la liberté, relève de cette révélation du grand chofar ; cela correspond au niveau de Neïla, car c’est alors qu’a lieu la grande élévation,
À Yom Kippour brille la lumière du Jubilé, la révélation du grand chofar, dont le sommet est Neïla, la grande élévation.
והוא בחי׳ התגלות זו דשופר גדול וע״כ הוא גמר חתימה ויש בחי׳ ביטול בנבראים ע״ד מ״ש בשופר גדול והשתחוו לה׳ כו׳ ועמ״ש מענין יובל שהוא בחי׳ שבת שבתון בד״ה מקושש עצים25 בפ׳ שלח.
et cela relève de cette révélation du grand chofar. C’est pourquoi il s’agit du sceau final, et les créatures connaissent un niveau d’annulation de soi, conformément à ce qui est dit au sujet du grand chofar : « et ils se prosterneront devant Havaya », etc. Voir aussi ce qui est écrit au sujet du Jubilé, qui est le niveau d’« un Chabbat de repos absolu » (Chabbat Chabbaton), dans le discours commençant par « Ramasser du bois », dans la Parachat Chela’h.
Ainsi, Neïla est le sceau final, et les créatures connaissent l’annulation de soi, à l’image de la « prosternation devant Havaya » associée au grand chofar. La note renvoie à un discours sur la Parachat Chela’h qui présente le Jubilé comme « un Chabbat de repos absolu ».
אך באמת כל זה הוא רק הארה מבחי׳ שופר גדול ועיקר התגלות עצמותו יהיה לע״ל [לעתיד לבוא] בב״א [במהרה בימינו אמן] כי אז יתקע בשופר גדול ממש:27
Mais en vérité, tout cela n’est qu’un rayonnement du niveau du grand chofar, et la révélation essentielle de Son essence aura lieu dans les temps futurs, promptement de nos jours, amen ; car alors, « un grand chofar retentira » véritablement.
Pourtant, tout cela ne constitue que des lueurs du grand chofar. La pleine révélation de Son essence se produira dans les temps futurs, lorsque le grand chofar retentira réellement.
Le paragraphe interprète « Jérusalem » comme la crainte complète, possible seulement lorsque la royauté de D.ieu se révèle pleinement, et la relie au grand chofar. Le chofar du Jubilé, qui libérait les esclaves, ainsi que la sonnerie unique après la Néïla à Yom Kippour, préfigurent le grand chofar, dont la révélation complète est réservée au Futur.
Les notes de Kehot citent un discours du Rabbi (10 Tevet 5739) : la plénitude de la crainte consiste notamment en ce qu’elle soit complète chez chaque Juif, de sorte que même le plus léger parmi les légers, lorsque quelque chose touche à sa judéité et qu’il ne se leurre pas en se disant qu’il est « encore dans son judaïsme » (Tanya, chap. 14), donne sa vie même pour un simple acte. À propos des anges brûlés, les notes renvoient à Likkutei Torah sur Emor : la lumière révélée à eux dépassait ce qu’ils pouvaient contenir ; ils furent donc consumés et inclus dans l’unité de D.ieu.
Maré mekomot
- 1בירושלים יראה שלם · Taanit 16a
- 2בירושלים יראה שלום שלימות היראה · . . אַז פון די ענינים אין שלימות היראה איז אויך, אַז די יראה איז בשלימות באַ יעדער אידן, און ווי מען זעט בפועל, אַז אפילו אַ קל שבקלים, בשעת עס קומט צו אַן ענין וואָס ער ווייסט אַז דאָס רירט אָן זיין אידישקייט, און נאַרט זיך ניט אַז ”עודנו ביהדותו” [ל׳ אדה״ז בתניא פי״ד (יט, ב)] איז ער זיך מוסר נפש אפילו אויף נאָר אַ מעשה (בלי אמונה) און אפילו אויף ערקתא דמסאנא (סנהדרין עד, רע״ב). — שיחת עשרה בטבת תשל״ט.
- 3להודיע לבני האדם · Psalms 145:12
- 4אלף אלפים ישמשוני׳ · Daniel 7:10
- 5לגדוד א׳ ולגדודיו אין מספר · Chagigah 13b:13
- 6הושיט אצבעו הקטנה ביניהם · Sanhedrin 38b:5
- 7הן הן גבורותיו · Yoma 69b:15
- 8ואת רוח הטומאה אעביר · Zechariah 13:2
- 9בד״ה וידעת היום · לעיל פ׳ ואתחנן ה, א.
- 10וע׳ בזהר וישב (דקפ״ג סע״ב) · ראה יהל אור ע׳ תפ.
- 11שופר גדול · Zohar, Vayikra 10:80–11:88
- 12שופר גדול · Zohar, Vaetchanan 18:124–20:134
- 13והעברתם שופר תרועה · Leviticus 25:9
- 14וקראתם דרור בארץ · Leviticus 25:10
- 15ובפ׳ אמור (דצ״ב ע״ב) · ראה הלשון באוה״ת ויקרא כרך ב ע׳ תרו.
- 16ויקרא (ד״ו ע״ב) · ראה אוה״ת ר״ה ע׳ א׳שנו דשם נתבאר ב׳ פירושים בקול השופר ע״ש.
- 17ואתחנן (דרס״ו ע״ב) · ראה הלשון באוה״ת ר״ה כרך ה ע׳ ב׳פח.
- 18יובל הוא קדש תהי׳ לכם · Leviticus 25:12
- 19ח״ב (פ״ג ב׳ · ראה הלשון באוה״ת פ׳ בשלח ע׳ שעה.
- 20עיקר מצות יובל לא הי׳ רק בבי״ר · Arakhin 32b:16–17
- 21בזמן שכל יושבי׳ עלי׳ · שם.
- 22כעיר שחוברה לה יחדיו · Psalms 122:3
- 23
- 24ואדני הוי׳ בשופר יתקע · Zechariah 9:14
- 25בד״ה מקושש עצים · לעיל שלח מב, ד.
- 26תוקעים ביוה״כ אחר נעילה · שו״ע או״ח סס״י תרכג ברמ״א.
- 27
Havaya comme Elokim ; la paume de largeur ¶12–15
12ז והנה ברבות פ׳ ויצא פ׳ ע׳ [עיין]1 אתה אמרת והיה2 הוי׳ לי לאלקים חייך כל טובות וכו׳ והיה ביום ההוא יתקע בשופר גדול כו׳
7. Or, dans [le Midrach] Rabba, Parachat Vayetsé, section 70 : « Tu as dit : “Et Havaya sera Elokim pour moi” ; par ta vie, tous les bienfaits… », etc. ; « Et il arrivera en ce jour-là qu’un grand chofar sera sonné… », etc.
La section 7 rapporte le Midrach (Berechit Rabba 70:6) : Yaakov dit : « Et Havaya sera Elokim pour moi » (Genèse 28:21), et D.ieu répondit que tous les bienfaits qu’Il accorderait aux enfants de Yaakov viendraient avec ce même mot, vehayah, notamment : « Et il arrivera en ce jour-là qu’un grand chofar sera sonné. »
דהנה מבואר לעיל דענין שופר של ראש השנה הוא להמשיך להיות בחינת ממכ״ע [ממלא כל עלמין] והוא ענין שם אדני.
Car il est expliqué plus haut que le chofar de Roch Hachana a pour fonction d’attirer la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), afin que ce niveau soit présent ; c’est là le sens du Nom Ado-nai,
Pour expliquer le lien, l’Admour Hazakène rappelle que le chofar de Roch Hachana attire memalé kol almin, qui correspond au Nom Ado-nai.
שהוא בחי׳ מל׳ וכמ״ש סד״ה כי כארץ תוציא צמחה בענין כן אדני3 הוי׳ יצמיח צדקה כו׳ ובד״ה אדני שפתי תפתח.4
qui est le niveau de Mal’hout, comme il est écrit à la fin du discours commençant par « Car, comme la terre fait pousser sa végétation », à propos de « ainsi Ado-nai Havaya fera germer la justice », etc., et dans le discours commençant par « Ado-nai, ouvre mes lèvres ».
Le Nom Ado-nai correspond au niveau de Mal’hout, la royauté de D.ieu. Il renvoie à ses discours sur « ainsi Ado-nai Havaya fera germer la justice » (Isaïe 61:11) et « Ado-nai, ouvre mes lèvres » (Psaumes 51:17).
Ce paragraphe ouvre une nouvelle explication du grand chofar à partir des paroles de Yaakov : « Et Havaya sera Elokim pour moi », que le Midrach rattache à ce verset. Il rappelle que le chofar de ce jour attire le Nom Ado-nai, Mal’hout, le niveau de memalé kol almin.
Dans le Likkutei Torah sur Matot, cité dans les notes, l’Admour Hazakène rapporte le même Midrach : D.ieu a repris les paroles des Patriarches pour en faire une clé de la rédemption de leurs enfants. Il le fait dans une discussion sur le chant du Futur, qui sera un chant masculin (chir), contrairement au chant féminin (chira) de la rédemption d’Égypte.
Maré mekomot
- 1ברבות ויצא פ׳ ע׳ · ראה לעיל פ׳ מטות פג, ד. פ׳ ראה ל, ד ובמ״מ לשם.
- 2אתה אמרת והיה הוי׳ לי לאלקים חייך כל טובות · Bereshit Rabbah 70:6
- 3כן אדני הוי׳ יצמיח צדקה · Isaiah 61:11
- 4אדני שפתי תפתח · Psalms 51:17
13והמשכה זו היינו משם הוי׳ שהוא סובב כל עלמין שיהיה נמשך ומאיר בשם אדני. וזהו ואדני הוי׳ בשופר יתקע.
Et cet influx vient du Nom Havaya, qui est la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), afin qu’il soit attiré et brille dans le Nom Ado-nai. C’est là [le sens de] « Et Ado-nai Havaya fera retentir le chofar. »
L’influx du chofar actuel vient du Nom Havaya, sovev kol almin, vers le Nom Ado-nai. Tel est le sens de « Et Ado-nai Havaya fera retentir le chofar » (Zacharie 9:14) : les deux Noms se tiennent côte à côte, unis par le chofar.
שע״י השופר מתייחד שם אדני שהוא כסא דין כי אדני אותיות דינא1 עם שם הוי׳ שהוא מדת הרחמים. וכמ״ש ברבות אמור ס״פ כ״ט והוא עומד מכסא דין לכסא רחמים2 כו׳.
Car, par le chofar, le Nom Ado-nai, qui est le Trône du Jugement — puisque les lettres de Ado-nai forment dina (« jugement ») —, est uni au Nom Havaya, qui est l’attribut de miséricorde. Ainsi qu’il est écrit dans [le Midrach] Rabbah, Emor, fin de la section 29 : « Et Il se lève du Trône du Jugement pour le Trône de Miséricorde », etc.
Par le chofar, le Nom Ado-nai, le Trône du Jugement (ses lettres forment dina, « jugement »), est uni à Havaya, l’attribut de miséricorde. Comme le dit le Midrach (Vayikra Rabbah 29), lorsque Israël sonne du chofar, D.ieu se lève du Trône du Jugement et s’assied sur le Trône de Miséricorde.
וביאור הדברים יובן ע״פ המבואר לעיל (בד״ה תקעו בחודש שופר פי׳ בחדש זמן חידוש לבנה)
L’explication de la chose se comprend à la lumière de ce qui est exposé plus haut (dans le discours commençant par « Sonnez du chofar à la nouvelle lune » : le sens de ba’hodech est le moment du renouvellement de la lune),
C’est expliqué dans le discours précédent, « Sonnez du chofar à la nouvelle lune », où ba’hodech est compris comme le moment du renouvellement de la lune.
בענין מתחלה עלה במחשבה לברוא את העולם במדת הדין3 כמ״ש בראשית ברא אלקים4 ראה שאין העולם מתקיים שיתף עמו מדת הרחמים
au sujet de : « Au commencement, il fut pensé de créer le monde selon l’attribut de jugement, comme il est écrit : “Au commencement, Elokim créa” ; Il vit que le monde ne pourrait subsister, [et] Il lui associa l’attribut de miséricorde »,
Là, l’Alter Rebbe cite le commentaire de Rachi sur Genèse 1:1, « Au commencement, Elokim créa » : D.ieu pensa d’abord créer le monde selon l’attribut de jugement ; voyant qu’il ne pourrait subsister, Il lui associa la miséricorde.
והוא ענין יחוד שם הוי׳ בשם אלקים ואדני שעי״ז נמשך הביטול להיות היש בטל לאין וכללות יחוד זה והמשכה זו הוא בר״ה [בראש השנה] ע״י השופר כו׳ ע״ש.
et cela correspond à l’union du Nom Havaya avec les Noms Elokim et Ado-nai, par laquelle l’annulation de soi (bitoul) est attirée, afin que le yesh (« quelque chose ») soit annulé dans le ayin (« néant »). Cette union et cet influx dans leur expression générale se produisent à Roch Hachana, par le chofar, etc. ; voir là-bas.
Cette union est celle de Havaya avec les Noms Elokim et Ado-nai ; elle attire l’annulation de soi dans la création, afin que le yesh (« quelque chose ») soit annulé dans le ayin (« néant »). Cette union dans son ensemble se réalise à Roch Hachana, par le chofar.
וזהו והוי״ה עליהם יראה5 ויצא כברק חצו ע׳ [עיין] בת״ז [בתיקוני זהר] תקון למ״ד (דע״ז [דעבודה זרה] ב׳)6 וברבות בא פט״ו [פרק ט״ו / פרשה ט״ו]7 והיינו ע״י ואדני הוי׳ בשופר יתקע כנ״ל.
C’est là [le sens de] « Et Havaya apparaîtra au-dessus d’eux, et Sa flèche partira comme l’éclair » (voir Tikkunei Zohar, Tikkun 30 (77b), et [le Midrach] Rabbah, Bo, section 15) ; cela se réalise par « Et Ado-nai Havaya fera retentir le chofar », comme il a été dit plus haut.
Tel est le sens du même verset de Zacharie : « Et Havaya apparaîtra au-dessus d’eux, et Sa flèche partira comme l’éclair », cité avec Tikkunei Zohar et Shemos Rabbah. Cela se réalise par « Et Ado-nai Havaya fera retentir le chofar ».
וכ״ז [וכל זה] הוא עכשיו אכן לעתיד לבא שנאמר והיה הוי׳ לי לאלקים8 שבחי׳ שם הוי׳ היינו מה שעכשיו הוא בחי׳ סובב כל עלמין יהיה לעתיד בבחינת ממלא כל עלמין ע״ד בחי׳ ומדרגת שם אלקים.
Tout cela concerne le présent. Mais, dans le Temps à venir, où il est dit : « Et Havaya sera pour moi Elokim », le niveau du Nom Havaya — c’est-à-dire ce qui est aujourd’hui le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes — sera, dans l’avenir, au niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), à l’instar du niveau et du degré du Nom Elokim.
Tout cela concerne le présent. Dans l’avenir, comme Yaakov l’a dit : « Havaya sera pour moi Elokim », le Nom Havaya, aujourd’hui transcendant (sovev), sera révélé au sein des mondes (memalé), à la manière dont Elokim l’est aujourd’hui.
Ce paragraphe explique que le chofar de Roch Hachana unit Havaya, miséricorde et transcendance, à Ado-nai et Elokim, jugement et lumière au sein des mondes, afin que la création soit annulée devant sa source. Dans l’avenir, « Havaya sera pour moi Elokim » : Havaya lui-même deviendra la lumière qui réside dans les mondes, comme Elokim l’est aujourd’hui.
Les notes renvoient à Likkutei Torah sur Va'eschanan, où « Sa flèche partira comme l’éclair » décrit une révélation fugitive, qui n’est pas saisie par la pensée, comme les éclairs du Sinaï évoqués par Tikkunei Zohar (Tikkun 30).
Maré mekomot
- 1אדני אותיות דינא · זח״א (קיח, א). [כ].
- 2והוא עומד מכסא דין לכסא רחמים · Vayikra Rabbah 29
- 3מתחלה עלה במחשבה לברוא את העולם במדת הדין · Rashi on Genesis 1:1
- 4בראשית ברא אלקים · Genesis 1:1
- 5והוי׳ עליהם יראה · Zechariah 9:14
- 6בת״ז תיקון למ״ד (דע״ז ב׳) · וראה לעיל פ׳ ואתחנן ג, ב. הלשון באוה״ת נ״ך כרך א ע׳ תקיח.
- 7וברבות בא פט״ו · ראה הלשון באוה״ת נ״ך כרך א ע׳ תקיח.
- 8והי׳ הוי׳ לי לאלקים · Genesis 28:21
14ויהיה גילוי אלקות כמ״ש ונגלה כבוד1 הוי׳ כו׳ ואזי יצטרך להיות ההמשכה ע״י השופר מבחי׳ אור א״ס ממש שלמעלה משם הוי׳ להמשיך האור בשם הוי׳.
Et il y aura une révélation de la Divinité, comme il est écrit : « La gloire de Havaya sera révélée », etc. Alors, le flux devra être attiré par le chofar depuis le niveau de la Lumière infinie elle-même (Or Ein Sof), qui est au-dessus du Nom Havaya, afin de faire descendre la lumière dans le Nom Havaya,
Dans le monde futur, il y aura une révélation manifeste de la Divinité : « La gloire de Havaya sera révélée » (Isaïe 40:5). Le chofar devra alors attirer la lumière infinie elle-même, qui est au-dessus du Nom Havaya, dans Havaya.
ע״ד שממשיכים בשופר של ראש השנה משם הוי׳ בשם אדני ואלקים כנ״ל. וכיון שכן והיה ביום ההוא יתקע בשופר גדול.2
à la manière dont, avec le chofar de Roch Hachana, nous attirons le flux du Nom Havaya dans les Noms Ado-nai et Elokim, comme mentionné plus haut. Et puisque cela est ainsi : « En ce jour-là, un grand chofar sera sonné. »
Cela correspond au chofar actuel, qui attire le flux de Havaya dans Ado-nai et Elokim. Puisque le chofar du monde futur attirera le flux depuis un niveau supérieur à Havaya, il sera un « grand chofar ».
והענין דהנה ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] בפ״ג [בפרק ג׳] דנדה (כ״ו3 א׳) חמשה שיעורן טפח4 שופר דופן סוכה לולב כו׳
L’explication est la suivante : nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné au chapitre 3 de Niddah (26a) : « Cinq [choses] ont pour mesure un téfa'h : le chofar, la paroi d’une soukka, le loulav », etc.
Pour expliquer cela, l’Admour Hazaken cite le Talmud (Niddah 26a) : cinq choses ont pour mesure un téfa'h, parmi lesquelles le chofar, la paroi d’une soukka et le loulav.
וכל אלו להמשיך האור בבחי׳ מלכות מתחלה בראש השנה ויום הכפורים בבחי׳ שמאלו תחת לראשי.5
Toutes ces choses servent à attirer la lumière dans le niveau de Mal'hout : d’abord, à Roch Hachana et à Yom Kippour, dans le niveau de « Sa main gauche est sous ma tête »,
Toutes ces choses attirent la lumière dans Mal'hout. À Roch Hachana et à Yom Kippour, cela correspond au niveau de « Sa main gauche est sous ma tête » (Chant des Cantiques 2:6).
ואח״כ בסוכות בבחי׳ וימינו תחבקני וכמ,ש מזה בד״ה ושאבתם מים בששון ובד״ה ביום השמיני עצרת ובד״ה שוש אשיש גבי בכסה ליום חגנו.6
puis, à Soukkot, dans le niveau de « et Sa main droite m’étreint », comme il est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Vous puiserez de l’eau avec joie », dans celui commençant par « Le jour de Chemini Atséret », ainsi que dans celui commençant par « Je me réjouirai grandement », à propos de « au moment où la lune est couverte, pour le jour de notre fête ».
À Soukkot, cela correspond au niveau de « et Sa main droite m’étreint ». La note cite trois discours : « Vous puiserez de l’eau avec joie », « Le jour de Chemini Atséret » et « Je me réjouirai grandement », à propos de « au moment où la lune est couverte, pour le jour de notre fête ».
Ce paragraphe énonce le principe suivant : le chofar d’aujourd’hui attire le flux de Havaya dans Ado-nai et Elokim, mais, dans le monde futur, lorsque Havaya elle-même sera révélée, le chofar devra attirer le flux depuis la Lumière infinie, au-dessus de Havaya ; c’est pourquoi il sera « grand ». Le texte introduit ensuite la mesure d’un téfa'h, commune au chofar, à la soukka et au loulav, qui attirent la lumière dans Mal'hout au cours des fêtes.
Les notes de Kehot indiquent que le Yahel Or du Tséma'h Tsédek et le Hemshech 5672 du Rabbi Rachab citent également la liste talmudique des choses dont la mesure est un téfa'h.
Maré mekomot
- 1ונגלה כבוד ה׳ · Isaiah 40:5
- 2והיה ביום ההוא יתקע בשופר גדול · Isaiah 27:13
- 3ארז״ל פ״ג דנדה (כ״ו א׳) · מובא גם ביהל אור ע׳ קמז. ראה בהמשך תער״ב ח״ג ע׳ א׳רלא.
- 4
- 5שמאלו תחת לראשי · Song of Songs 2:6
- 6בכסה ליום חגנו · Psalms 81:4
Et ces effusions s’opèrent par le chofar, la soukka et le loulav ; c’est pourquoi leur mesure est d’un téfa’h (palme), en référence à « Ma main aussi a fondé la terre, et Ma main droite a déployé (tip’ha) les cieux ».
Ces effusions s’opèrent par le chofar, la soukka et le loulav ; leur mesure est donc d’un téfa’h, une palme, en allusion à Isaïe 48:13 : « Ma main aussi a fondé la terre, et Ma main droite a déployé (tip’ha) les cieux ».
אשר טפחה מלשון טפח והוא כף היד שמודדים בו הטפחים. והם בחי׳ עשר ספירות במספר עשר אצבעות3 חמש כנגד חמש4 כו׳.
Car tip’ha vient du terme téfa’h, qui désigne la paume de la main, avec laquelle on mesure les palmes. Elles correspondent au niveau des Dix Séfirot, selon le nombre des dix doigts, cinq en regard de cinq, etc.
Tip’ha vient de téfa’h, la paume avec laquelle on mesure les palmes. Les dix doigts des mains, « cinq en regard de cinq » (Sefer Yetsira), correspondent aux Dix Séfirot.
גם ב׳ ידות אלו שהן ימין ושמאל הם סוכ״ע וממכ״ע [וממלא כל עלמין]. וקרוב לזה פי׳ בלק״ת [בלקוטי תורה (להאריז״ל)] מהאריז״ל [מהאר״י זכרונו לברכה] ע״פ
De même, ces deux mains, la droite et la gauche, correspondent à la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) et à la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin). Une explication proche se trouve dans le Likkutei Torah de l’Ari zal, sur le verset
Les deux mains, droite et gauche, correspondent au sovev kol almin et au memalé kol almin, les cieux et la terre du verset. Le Likkutei Torah de l’Ari zal donne une explication similaire d’un verset des Psaumes.
הנה טפחות5 נתת ימי6 (בתהלים סי׳ ל״ט) יעו״ש [יעויין שם] וע׳ מענין ידי כו׳ וימיני טפחה פ״ב [פרק ב׳] דחגיגה (י״ב ב׳)
« Voici, Tu as donné à mes jours la mesure d’une palme » (Psaumes, chapitre 39) ; voir là-bas. Et voir au sujet de « Ma main », etc., et de « Ma main droite a déployé » : ‘Haguiga, chapitre 2 (12b) ;
Ce verset est Psaumes 39:6 : « Voici, Tu as donné à mes jours la mesure d’une palme. » La note énumère ensuite des sources au sujet de « Ma main… et Ma main droite a déployé », en commençant par ‘Haguiga, chapitre 2.
פ״ק [פרק קמא] דכתובות (דף ה׳ סע״א [סוף עמוד א]) ומ״ש ע״ז בביאור ע״פ נשא את ראש בני גרשון בענין מקדש ה׳ כוננו ידיך.7
Kétoubot, chapitre 1 (fin de la page 5a) ; et ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication sur le verset « Fais le dénombrement des fils de Guerchon », au sujet de « Le Sanctuaire, Ado-nai, que Tes mains ont établi » ;
Kétoubot 5a enseigne que les actes des justes sont plus grands que la création du ciel et de la terre : au sujet du ciel et de la terre, il est écrit « Ma main », tandis qu’au sujet du Sanctuaire, il est écrit « que Tes mains ont établi » (Exode 15:17). Est également cité un discours sur « Fais le dénombrement des fils de Guerchon ».
רבות בראשית (ספ״א [סוף פרק א׳]) זח״א [זהר חלק א] (ד״ל ע״א) ח״ב [חלק ב׳] שמות (ד״כ ע״א) בא (ל״ז ב׳) יחרו (פ״ג [פרק ג׳] ב׳). ח״ג [חלק ג׳] פנחס (רמ״ז א׳).
[Midrach] Rabba, Béréchit (fin de la section 1) ; Zohar, partie I (30a) ; partie II, Chemot (20a), Bo (37b), Yitro (83b) ; partie III, Pin’has (247a).
D’autres sources sont indiquées dans Béréchit Rabba et dans le Zohar.
וזהו שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] גבי כוס של ברכה ומגביהו מן הקרקע טפח8 ספ״ז דברכות (דנ״א סע״א [סוף עמוד א]) ופי׳ מהרש״א [מהרש״א] ע״ש כוס ישועות אשא.9
Et c’est le sens de ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit au sujet de la coupe de bénédiction : « on la soulève d’une palme au-dessus du sol » (fin du chapitre 7 de Béra’hot, fin de 51a) ; et le Maharsha l’explique en référence à « Je lèverai la coupe des délivrances ».
La même idée explique la règle talmudique concernant la coupe de bénédiction (Béra’hot 51a) : on « la soulève d’une palme au-dessus du sol ». Le Maharsha relie cela à Psaumes 116:13 : « Je lèverai la coupe des délivrances ».
והיינו כי כוס גימטריא אלקים10 הוא בחי׳ אף ידי יסדה ארץ. ואשא לחברו לשם הוי׳ ע״ש מ״ש ארוממך אלקי המלך.11
Cela signifie que kos (« coupe ») a la valeur numérique de Elokim, qui correspond au niveau de « Ma main aussi a fondé la terre ». Et « je lèverai » signifie la joindre au Nom Havaya, en référence à ce qui est écrit : « Je T’exalterai, mon D.ieu (Elokai), le Roi ».
Kos, « coupe », a la valeur numérique de Elokim (86), ce qui correspond à « Ma main a fondé la terre ». « Je lèverai » signifie la joindre au Nom Havaya, comme dans Psaumes 145:1 : « Je T’exalterai, mon D.ieu, le Roi ».
ולכן מגביהו מן הקרקע טפח לחברו לבחי׳ וימיני טפחה שמים גם טפח זה רומז לבחי׳
C’est pourquoi on le soulève d’une largeur de main au-dessus du sol, afin de le joindre au niveau de « et ma droite a déployé les cieux ». Cette largeur de main fait également allusion au niveau de
La coupe est donc soulevée d’une largeur de main au-dessus du sol, la joignant à « ma droite a déployé les cieux ». Cette largeur de main fait également allusion à un niveau supplémentaire.
כי כל בשמים ובארץ12 דאחיד בשמיא ובארעא כו׳ ובזח״ג [ובזהר חלק ג] שופטים (דרע״ג סע״ב [סוף עמוד ב])13 פי׳ ומסלקו מן הקרקע טפח בסוד יו״ד כו׳
« car tout ce qui est dans les cieux et sur la terre », « qui tient aux cieux et à la terre », etc. Et dans le Zohar, troisième partie, Choftim (fin de 273b), il est expliqué que « il l’élève d’une largeur de main au-dessus du sol » relève du mystère du youd, etc.
Ce niveau est « car tout ce qui est dans les cieux et sur la terre » (1 Chroniques 29:11), qui tient ensemble les cieux et la terre. Le Zohar, à propos de Choftim, explique que la largeur de main relève du mystère du youd.
וזה יובן ע״פ מ״ש סד״ה המגביהי לשבת1415 שמגביה הה״א ע״י היו״ד שבתוך הה״א שבו ועל ידו נעשה מן דל״ת ה״א ועי״ז הוא עליית המלכות בסוכ״ע
Cela se comprendra d’après ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Celui qui siège dans les hauteurs » : Il élève le hé au moyen du youd qui se trouve à l’intérieur du hé, grâce auquel et par lequel un hé est formé à partir d’un dalet ; c’est ainsi que Mal'hout s’élève dans la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin).
Le discours « Celui qui siège dans les hauteurs » (Psaumes 113:5) explique que le hé est un dalet avec un youd à l’intérieur, et que le youd élève le dalet au rang de hé. C’est l’élévation de Mal'hout dans sovev kol almin.
וזהו ומגביהו טפח כו׳ ועד״ז הוא מצות מזוזה לקובעה בטפח הסמוך לרה״ר [לרשות הרבים]16 פ״ג [פרק ג׳] דמנחות (ל״ג ב׳) וכן בנר חנוכה17 בטפח הסמוך לפתח18 (שבת כ״ב א׳).
Tel est le sens de « il l’élève d’une largeur de main », etc. De même, la mitsva de mezouza consiste à la fixer dans la largeur de main la plus proche du domaine public (chapitre 3 de Menachos, 33b) ; de même, la lampe de Hanouka doit être placée dans la largeur de main la plus proche de la porte (Chabbath 22a).
C’est là le sens de « l’élever d’une largeur de main ». De même, la mezouza est placée dans la largeur de main la plus proche du domaine public (Menachos 33b), et la lampe de Hanouka dans la largeur de main la plus proche de la porte (Chabbath 22a).
ועמ״ש בענין מזוזה ונר חנוכה בד״ה נר חנוכה כו׳ כדי שתהא מזוזה מימין ונר חנוכה משמאל ומ״ש מענין פתח בד״ה קול דודי19 הנה זה בא בשה״ש [בשיר השירים].
Voir également ce qui est écrit au sujet de la mezouza et de la lampe de Hanouka dans le discours commençant par « La lampe de Hanouka », etc., à propos de « afin que la mezouza soit à droite et la lampe de Hanouka à gauche » ; et ce qui est écrit au sujet de la porte dans le discours commençant par « La voix de mon Bien-aimé, le voici qui vient », dans le Cantique des Cantiques.
La note cite le discours de Torah Ohr sur la lampe de Hanouka, qui explique pourquoi « la mezouza est à droite et la lampe de Hanouka à gauche », ainsi qu’un discours sur le Cantique des Cantiques au sujet de la porte.
וזהו ששופר דר״ה [דראש השנה] שיעורו טפח להיות ההמשכה מסוכ״ע בממכ״ע [בממלא כל עלמין] מבחינת וימיני טפחה שמים והיינו מ״ש שהטפח הוא בחינת יו״ד
C’est pourquoi le chofar de Roch Hachana a pour mesure une largeur de main : afin que s’opère l’effusion de la lumière qui entoure tous les mondes vers la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), à partir du niveau de « et ma droite a déployé les cieux ». Tel est le sens de ce qui est écrit : la largeur de main correspond au niveau du youd ;
Le chofar de Roch Hachana mesure donc une largeur de main : il attire sovev kol almin vers memalé kol almin, à partir de « ma droite a déployé (tiph'ha) les cieux ». La largeur de main correspond au niveau du youd.
והיינו שההמשכה מבחינת יו״ד דשם הוי׳ והיו״ד בחי׳ צמצום ועמ״ש בד״ה ולא אבה הוי׳ אלקיך לשמוע אל בלעם וכל זה בשופר דעכשיו שההמשכה היא משם הוי׳ בשם אד׳ כנ״ל ע״כ שיעורו טפח בחי׳ יו״ד כו׳
c’est-à-dire que l’effusion provient du niveau du youd du Nom Havaya, et que le youd est le niveau du tsimtsoum (contraction). Voir également ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et Havaya, ton D.ieu, n’a pas voulu écouter Bilam ». Tout cela concerne le chofar d’aujourd’hui, où l’effusion va du Nom Havaya au Nom Ado-nai, comme indiqué précédemment ; c’est pourquoi sa mesure est d’une largeur de main, correspondant au niveau du youd, etc.
Autrement dit, l’effusion d’aujourd’hui provient du youd du Nom Havaya, et le youd correspond au tsimtsoum, à la contraction. Puisque le chofar d’aujourd’hui attire de Havaya vers Ado-nai, sa mesure est d’une largeur de main, correspondant au youd.
אבל לע״ל [לעתיד לבוא] שבחי׳ הוי״ה יהיה בבחי׳ אלקים וההמשכה יהיה מעצמות אור א״ס שלמעלה משם הוי״ה ועי״ז יהיה עליות המל׳ ולא בבחי׳
Mais dans le Temps à venir, lorsque le niveau de Havaya sera au niveau d’Elokim et que l’effusion proviendra de l’essence de la Lumière infinie (Or Ein Sof), qui est au-dessus du Nom Havaya, alors Mal'hout s’élèvera grâce à cela, et non au niveau de
Dans le Futur, Havaya se trouvera au niveau d’Elokim, et l’effusion proviendra de l’essence de la Lumière infinie, au-dessus de Havaya. Alors, l’élévation de Mal'hout ne sera plus mesurée en largeurs de main.
הנה טפחות נתת ימי אלא ע״ד אורך ימים נתת לו20 מבחי׳ אריך אנפין לכן יתקע בשופר גדול מבחי׳ שלמעלה מע״ס [מעשר ספירות]
« Voici, Tu as fait de mes jours des empans », mais plutôt dans le sens de « Tu lui as donné la longueur des jours », du niveau d’Arikh Anpin (la Longue Face) ; c’est pourquoi « on sonnera du grand chofar », du niveau qui est au-dessus des dix Séfirot,
Ce ne sera pas « Tu as fait de mes jours des empans », mais « Tu lui as donné la longueur des jours » (Psalms 21:5), provenant d’Arikh Anpin, la « Longue Face », le niveau de Kéter. C’est pourquoi le chofar du Futur sera « grand », provenant d’un niveau au-dessus des dix Séfirot.
qui sont au nombre des dix doigts, etc. Et voyez ce qui est écrit sur le verset « Qui a compté la poussière de Yaakov », à propos de « Et devant l’Un, que comptez-vous ? »
Les dix Séfirot se comptent comme les dix doigts. Comme l’enseigne le Sefer Yetzirah : « Et devant l’Un, que comptez-vous ? » Le grand chofar provient de l’Un qui est au-delà de tout dénombrement.
Ce paragraphe explique pourquoi le chofar a pour mesure une palme : le téfa’h est la main qui « a déployé les cieux », le youd de Havaya, la contraction par laquelle le chofar d’aujourd’hui attire la lumière qui entoure les mondes dans la lumière qui les pénètre. Dans l’avenir, l’effusion viendra de la Lumière infinie au-dessus des Dix Séfirot, « longueur des jours » au-delà de toute palme ; c’est pourquoi le chofar sera « grand ».
Les notes de Kehot rapportent que le Yahel Or du Tséma’h Tsédek reprend le contenu de ce passage. Dans les discours apparentés de Torah Ohr, la mezouza, comme les mitsvot, est une élévation d’en bas, tandis que la Torah est une effusion d’en haut.
Maré mekomot
- 1אף ידי יסדה ארץ · Isaiah 48:13
- 2
- 3והם בחי׳ עשר ספירות במספר עשר אצבעות · בספר יצירה.
- 4עשר אצבעות חמש כנגד חמש · Sefer Yetzirah 1:3
- 5בלקו״ת מהאריז״ל ע״פ הנה טפחות · מובא ביהל אור ע׳ קמז תוכן הענין דכאן.
- 6הנה טפחות נתת ימי · Psalms 39:6
- 7מקדש ה׳ כוננו ידיך · Exodus 15:17
- 8
- 9כוס ישועות אשא · Psalms 116:13
- 10כוס גימטריא אלקים · בר״מ זח״ג (קמה, סע״א). [כ].
- 11ארוממך אלקי המלך · Psalms 145:1
- 12כי כל בשמים ובארץ · I Chronicles 29:11
- 13ובזח״ג שופטים (דרע״ג סע״ב) · ראה באוה״ת בראשית כרך ב שלב, ב. בהמשך תער״ב ח״ג ע׳ א׳רלא.
- 14סד״ה המגביהי לשבת · תו״א לח, ד.
- 15המגביהי לשבת · Psalms 113:5
- 16בטפח הסמוך לרה״ר · Menachot 33b:2–3
- 17בד״ה נר חנוכה · תו״א מב, ג.
- 18
- 19בד״ה קול דודי · לקמן שה״ש טו, ב.
- 20אורך ימים נתת לו · Psalms 21:5
- 21ולפני אחד מה אתה סופר · Sefer Yetzirah 1:7
- 22
- 23
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Une personne doit méditer sur la profondeur de la descente de son âme, venue de D.ieu, et laisser cette distance éveiller le cri du cœur profond, au-dessus de la raison, qui atteint plus haut que le service intellectuel du tsadik. À Roch Hachana, elle doit susciter un éveil d’en bas et faire de D.ieu un Roi, afin que la vie de la nouvelle année soit attirée vers le bas ; et la mitsva doit être accomplie avec un chofar physique, afin que la compassion divine atteigne la vie matérielle.
Questions à discuter
- Comment Roch Hachana peut-il être à la fois un véritable « commencement » et seulement un « souvenir » du premier jour ?
- Pourquoi le cri du baal techouva atteint-il un niveau supérieur au service intellectuel du tsadik accompli ?
- Si l’essentiel de l’attraction vers le bas provient du cri du cœur, pourquoi le chofar doit-il être une corne physique de bélier ?
- En quel sens même le sovev kol almin reste-t-il « dans la catégorie des mondes », et que révélera au-delà de lui le grand chofar ?
- Pourquoi Isaïe ne dit-il pas qui sonne le grand chofar, alors que Zacharie nomme Ado-naï Havaya ?