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Likkutei Torah · Parshas Rosh Hashanah · Maamar 3

להבין המשנה [רפ״ד דר״ה] י״ט של ר״ה שחל…

« Comprendre la Michna : lorsque le jour de fête de Roch Hachana tombait un Chabbat »

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L’idée centrale

Le chofar fait descendre dans la royauté de D.ieu Son plaisir depuis une source plus élevée encore que le plaisir du Chabbat. Parce que le Chabbat révèle de lui-même le plaisir, les Sages purent écarter le chofar le Chabbat à l’époque du Second Temple, lorsque le niveau supérieur du chofar, enraciné dans Bina, ne pouvait s’étendre au-delà du Temple, « la porte du ciel » ; le loulav, qui opère une attraction d’un niveau inférieur, le pouvait, et ne fut donc pas concerné.

Le maamar en bref

Le maamar commence par une difficulté halakhique : lorsque Roch Hachana tombait un Chabbat, on ne sonnait le chofar que dans le Temple, tandis que le loulav était pris partout le premier jour de Soukkot ; et pourquoi les Sages auraient-ils renoncé à des mitsvot si élevées en raison d’un décret visant les négligents ? Pour répondre, l’Admour Hazaken explique Mal’hout. À la différence de l’unité supérieure de la cause et de l’effet, la royauté crée des êtres distincts qui s’inclinent de leur plein gré ; leur acceptation éveille la volonté et le plaisir de D.ieu d’être Roi, formant Kéter Mal’hout, que font descendre les dix versets de Mal’hiyot. Le chofar, corne de bélier dont le son est un cri sans paroles issu du point intérieur du cœur, atteint la source de ce plaisir, qui se révèle dans Bina. Le Chabbat, le plaisir de D.ieu dans la création rayonne de lui-même, si bien que le chofar est moins nécessaire ; pourtant, celui-ci attire un plaisir supérieur, issu de 'Hokhma et de Bina d’Arikh Anpin, c’est pourquoi la Torah le prescrit même alors. Le décret fut établi à l’époque du Second Temple, qui ne possédait pas Bina et ne pouvait la révéler qu’à l’intérieur du Temple. Le loulav, qui attire de Zeir Anpin vers Noukva, ne fut pas concerné, et le lien du chofar avec le tribunal explique l’ordonnance de Rabban Yo’hanan ben Zakkaï.

Plan

  1. Les questions : le chofar et le loulav le ChabbatLa décision de la Michna selon laquelle on sonnait le chofar le Chabbat uniquement dans le Temple, la question de Tossefot tirée du loulav, et la raison pour laquelle les Sages auraient privé même les justes de mitsvot si élevées.¶1
  2. Deux unitésL’unité supérieure de la cause et de l’effet, où l’inférieur demeure contenu dans le supérieur, et l’unité inférieure de la création ex nihilo, où un véritable « quelque chose » s’incline devant sa source ; cette dernière constitue l’essence de Mal’hout.¶2–3
  3. La royauté acceptée de plein gré et Kéter Mal’houtLes mondes reçoivent par l’intermédiaire de la royauté et existent donc comme des êtres distincts ; contrairement à la domination, la royauté exige une acceptation volontaire, donnée pour la première fois par Adam à Roch Hachana. Cette acceptation éveille la volonté et le plaisir de D.ieu d’être Roi, Kéter Mal’hout, qui descend d’Atik par l’intermédiaire des dix Mal’hiyot ; une explication entre crochets éclaire panai, « Ma face », ainsi que le nom Roch Hachana.¶4–9
  4. Le chofar : le bélier et le son simpleLa corne de bélier porte le bitoul de l’animal, enraciné dans Tohou au-dessus de Daat ; la tekia est un son sans paroles issu du point intérieur du cœur, au-delà des lettres de 'Hokhma, qui éveille Kéter ; son plaisir se révèle dans Bina puis passe à Mal’hout.¶10–12
  5. Pourquoi le chofar cède devant le ChabbatLe Chabbat, D.ieu « se repose », comme un artisan qui a achevé son ouvrage, et Son plaisir dans tout ce qu’Il a créé se révèle de lui-même dans 'Hokhma ; le chofar n’est donc pas nécessaire.¶13–14
  6. Pourquoi la Torah le prescrit néanmoins le ChabbatLe plaisir comporte des niveaux sans fin ; celui du Chabbat provient des sept Séfirot inférieures d’Arikh Anpin, la racine de ce qui est émané, tandis que le chofar attire celui de sa 'Hokhma et de sa Bina, le niveau le plus bas de l’Émanateur, comme le plaisir d’un roi voyant son fils revenir de loin.¶15–19
  7. Le Second Temple, le loulav et le tribunalLe Second Temple ne possédait pas le hé supérieur, Bina, et ne pouvait le révéler qu’en son sein, « la porte du ciel » ; le chofar fut donc écarté hors du Temple. Le loulav, qui va de Zeir Anpin à Noukva, pouvait encore être attiré partout ; et la racine du chofar dans la Guevoura d’Atik le relie au tribunal dans l’ordonnance de Rabban Yo’hanan ben Zakkaï.¶20–22

Notions clés

L’unité supérieure et l’unité inférieureיחודא עילאה ויחודא תתאה
Dans l’unité supérieure, l’inférieur est contenu dans le supérieur comme l’effet dans sa cause, de même que les Séfirot d’Atsilout ne font qu’un ; dans l’unité inférieure, la création surgit comme un « quelque chose » distinct à partir du néant, tout en s’inclinant devant sa source. La royauté relève de l’unité inférieure.
Royauté et dominationמלוכה וממשלה
La royauté n’existe qu’à l’égard de ceux qui l’acceptent de leur plein gré ; la domination est un pouvoir imposé contre la volonté des sujets. D.ieu est appelé « Roi » par ceux qui accomplissent Sa volonté.
Kéter Mal’houtכתר מלכות
La « couronne » de Mal’hout : la volonté et le plaisir suprêmes investis dans la royauté, qui descendent d’Atik et d’Arikh Anpin. Roch Hachana, « la tête de l’année », correspond à la descente de cette couronne.
Le son simpleקול פשוט
Le son sans paroles du chofar provient du point intérieur du cœur, au-delà des lettres de la parole enracinées dans 'Hokhma ; il éveille ainsi Kéter, qui est au-dessus de 'Hokhma.
Les deux aspects de Kéterב׳ בחינות שבכתר
Kéter, l’intermédiaire, contient le niveau le plus bas de l’Émanateur et la racine de ce qui est émané. Le plaisir du Chabbat provient du second ; le chofar attire le premier, qui est bien plus élevé.
Le hé supérieur et le hé inférieurה׳ עילאה וה׳ תתאה
Les deux lettres hé du Nom Havaya : Bina et Mal’hout. Le Premier Temple se situait au niveau du hé supérieur, et le Second au niveau du hé inférieur ; c’est pourquoi le plaisir du chofar, révélé dans Bina, ne pouvait se répandre dans le pays à l’époque du Second Temple.

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Les questions : le chofar et le loulav le Chabbat ¶1

1להבין המשנה [רפ״ד דר״ה [דראש השנה]] י״ט של ר״ה [ראש השנה] שחל להיות בשבת במקדש היו תוקעין אבל לא במדינה ומפרש בגמרא משום גזרה דרבה שמא יוליכנו ד״א [ד׳ אמות] בר״ה [בראש השנה]

Pour comprendre la Michna [au début du quatrième chapitre de Roch Hachana] : « Lorsque le Yom Tov de Roch Hachana tombait un Chabbat, on sonnait [du chofar] dans le Temple, mais pas dans les provinces. » La Guemara explique [que c’est] en raison du décret de Rabba : « de peur qu’on ne le transporte sur quatre coudées dans le domaine public ».

Explication

Le maamar s’ouvre sur la Michna au début du quatrième chapitre du traité Roch Hachana : lorsque Roch Hachana tombait un Chabbat, on sonnait du chofar dans le Temple, mais pas « dans les provinces », c’est-à-dire nulle part à l’extérieur du Temple. La Guemara attribue cela à un décret du sage Rabba : chacun a l’obligation d’entendre le chofar, mais tout le monde ne sait pas en sonner ; quelqu’un pourrait donc le transporter dans le domaine public jusqu’à un expert pour apprendre, ce qui est interdit Chabbat.

וי״ט ראשון של חג היו נוטלין את הלולב אפילו במדינה בזמן בהמ״ק [בית המקדש] משום די״ט הראשון הוא דאורייתא כו׳ וכבר הקשו התוס׳ [התוספות] רפ״ד דר״ה [דראש השנה] ורפ״ד דסוכה דמ״ש שופר מלולב ע״ש.

Et [lorsque] le premier Yom Tov de la fête [tombait un Chabbat], on prenait le loulav même dans les provinces, à l’époque du Saint Temple, parce que le premier Yom Tov relève de la Torah, etc. Tossefot a déjà soulevé la question, au début du quatrième chapitre de Roch Hachana et au début du quatrième chapitre de Soucca : en quoi le chofar diffère-t-il du loulav ? Voir là-bas.

Explication

Le loulav faisait l’objet d’un traitement différent : lorsque le premier jour de Souccot tombait un Chabbat, on le prenait même à l’extérieur du Temple, à l’époque du Temple, parce que le commandement de la Torah de prendre le loulav le premier jour s’applique partout. Tossefot soulève la question évidente : la même crainte de le transporter s’applique au loulav ; pourquoi donc a-t-on suspendu la sonnerie du chofar, mais pas la prise du loulav ?

עוד יש לעורר ולשום לב מה ראו חז״ל [חכמינו זכרונם לברכה] לעקור מ״ע [מצות עשה] דשופר ולולב אפילו ביום ראשון בגבולין עכ״פ [על כל פנים] אפילו בזמן שאין בהמ״ק [בית המקדש] משום גזרה דרבה בעלמא והלא החשש הוא להדיוטים וקלי

Il faut encore soulever une question et y réfléchir : qu’est-ce qui a conduit nos Sages, de mémoire bénie, à abolir le commandement positif du chofar et du loulav, même le premier jour, dans les régions éloignées, en tout cas, et même à une époque où il n’y a pas de Saint Temple, pour le seul motif du décret de Rabba ? La préoccupation ne concerne-t-elle pas [seulement] les ignorants et ceux qui ont l’esprit léger

Explication

Au-delà de la question juridique se pose une question plus profonde : pourquoi les Sages auraient-ils aboli un commandement positif de la Torah, celui du chofar et même celui du loulav le premier jour, hors du Temple et, à plus forte raison, de nos jours, alors qu’il n’y a pas de Temple, pour la seule raison d’un décret de précaution ? La crainte ne concerne que les « ignorants » et ceux qui ont « l’esprit léger » ; un discours ultérieur sur ce passage, cité dans les notes de Kehot, explique que les deux conditions sont nécessaires : ne pas savoir sonner du chofar et être assez négligent pour oublier que c’est Chabbat.

הדעת ואיך מנעו המצוה לגמרי מכמה צדיקים גדולים וטובים ובפרט מצות שופר ולולב שהרבה כוונות תלויות בהם ליודעי דעת שנוגעים עד רום המעלות. אך להבין כל זה צריך להקדים תחלה שרש ענין השופר.

d’esprit ? Comment ont-ils pu empêcher complètement l’accomplissement de la mitsva à tant de grands et bons tsadikim, et particulièrement des mitsvot du chofar et du loulav, auxquelles sont liées de nombreuses intentions (kavanot) pour ceux qui ont la connaissance, [intentions] qui atteignent les sommets les plus élevés ? Mais, pour comprendre tout cela, il nous faut d’abord introduire la racine de la question du chofar.

Explication

Comment les Sages ont-ils donc pu empêcher complètement l’accomplissement de la mitsva par de grands tsadikim, auxquels cette préoccupation ne s’applique pas, et surtout pour des mitsvot comme celles du chofar et du loulav, dont les kavanot — les intentions intérieures connues des maîtres de la Kabbale — atteignent les plus hauts niveaux spirituels ? Pour répondre, l’Alter Rebbe commence par expliquer la racine du chofar.

Le paragraphe 1 en bref

Le maamar s’ouvre sur une énigme halakhique : on ne sonne pas du chofar hors du Temple lorsque Roch Hachana tombe un Chabbat, alors que l’on prenait le loulav hors du Temple lorsque le premier jour de Souccot tombait un Chabbat. La question prend ensuite une dimension spirituelle : pourquoi renoncer à des mitsvot si élevées, même pour les justes, en raison d’un décret visant les négligents ? La réponse exige de comprendre d’abord la racine du chofar.

Pour aller plus loin

Une note de Kehot cite le Likkutei Sichos (vol. 12, p. 37) pour l’explication intérieure que développe ce maamar : ne pas sonner du chofar Chabbat ne constitue pas véritablement une mise à l’écart de la mitsva, car ce que le chofar fait descendre vient de lui-même le Chabbat. Le maamar précisera que le chofar atteint un niveau qui dépasse même le plaisir du Chabbat ; c’est pourquoi la Torah elle-même le prescrit encore lorsque Roch Hachana tombe Chabbat, tandis que le décret des Sages s’explique par l’état spirituel de l’époque du Second Temple.

Maré mekomot

  1. 1
    להבין המשנה · נאמר בשנת תקע״א. ראה ברשימת המאמרים שבסו״ס תק״ע ע׳ רצ. הנחת אדהאמ״צ נדפס בסידור רמ, ג. ראה שם ע׳ קס קטע ענין ב׳ בחי׳ מל׳, ובהערה בשולי הגיליון. ראה מאמר זה בשינויים באוה״ת דברים כרך ה ע׳ ב׳קו ואילך. כרך ו ע׳ ב׳תעו. ר״ה ע׳ א׳רצג ואילך. נתבאר בד״ה יו״ט של ר״ה תשל״ג (סה״מ מלוקט ח״ג ע׳ רצג ואילך).
  2. 2
    רפ״ד דר״ה · כט, ב.
  3. 3
    יו״ט של ר״ה · לכאורה תי׳ ”יו״ט” מיותר. וראה בלקו״ש חי״ט ע׳ 605 שכ׳ ”וי״ל דנפק״מ כשבאו עדים מן המנחה ולמעלה דיו״ט הוא למחר — גם תק״ש למחר” ע״ש.
  4. 4
  5. 5
    במקדש היו תוקעין אבל לא במדינה · ראה לקמן נז, ג במ״מ הטעם על פי נגלה.
  6. 6
    גזרה דרבה שמא · Rosh Hashanah 29b:10
  7. 7
    שמא יוליכנו ד״א בר״ה · בד״ה זה תשל״ג הנ״ל מחזק יותר הקושיא ”ובפרט עכשיו, שאין מצוי שיהי׳ רה״ר מה״ת [ובהערה מוסיף: ראה שו״ע אדה״ז או״ח הל׳ שבת סי׳ שמ״ה סי״א וש״נ. ולהעיר מהמשך יו״ט של ר״ה תש״ג בתחלתו ”איך דחו כו׳ שלא לבוא לידי חשש איסור שבות”] והגזירה שמא יעבירנו הוא רק שלא יבוא לאיסור דרבנן”.
  8. 8
    דמ״ש שופר מלולב · Tosafot on Rosh Hashanah 29b:5:1
  9. 9
    מה ראו חז״ל לעקור · בד״ה יו״ט של ר״ה תשמ״ג (נדפס בסה״מ מלוקט ח״א ע׳ תכא) מציין בהערה 5 שכן הוא הלשון בסידור, אבל באוה״ת ר״ה כרך ה ע׳ ב׳קט ובד״ה זה תרנ״ט. תרס״ה. תש״ג ועוד הלשון: איך דחו, ע״ש.
  10. 10
    והלא החשש הוא להדיוטים · וכ״ה בהמשך תרס״ו בתחלתו. וראה לקו״ש חל״ט ע׳ 193. ”אפ״ל שהקושיא היא למה עקרו את המצוה מאלו שאין לחשוש בהן שיעבירו ד״א — בשביל ההדיוטים כו׳ . . אבל בסידור [רמ, ג] ועוד — אינו מסיים ”והלא החשש הוא להדיוטים כו׳” ומזה משמע שהקושיא היא גם על מה שביטלו את המצוה מאלו שיש עליהם חשש זה. ומ״ש בלקו״ת [כאן] ובתרס״ו [בתחלתו] ”והלא החשש הוא כו׳” — היינו רק בכדי לחזק את הקושיא. ובהמשך ר״ה תש״ג בתחלתו מפורש: ועוד זאת כו׳” — לקו״ש ח״ז ע׳ 52 הערה 25.
  11. 11
    להדיוטים וקלי הדעת · ”ויש לומר: הדיוטים שאין יודעים דיני תק״ש. וקלי הדעת — שלכן יש לחשוש שיעבירו ד״א ברה״ר” — ד״ה יו״ט של ר״ה תשל״ג הנ״ל הערה 7. ”ומובן הדיוק בזה, שבכדי שיחול עליו החשש צ״ל בו שתי התנאים, שיהי׳ הדיוט, דהיינו אף שיודע שיש עליו חיוב לתקוע בשופר מ״מ אינו יודע איך לתקוע, שזהו מצב של הדיוטים וגם צריך להיות קל הדעת, ומצד קלות הדעת שלו יכול להיות שישכח על איסור שבת ויעבור ד״א ברה״ר” — ד״ה יו״ט של ר״ה תשל״ב (מהנחה בלתי מוגה).
  12. 12
    מה ראו . . גדולים וטובים · שההסבר בזה (בפנימיות הענינים), דמה שאין תוקעין בר״ה שחל בשבת אין זה דיחוי של (תוקף) מצות תקיעת שופר, אלא שאז אין צורך (כ״כ) בתקיעת שופר, כי ההמשכות שנמשכות ע״י תק״ש נמשכות הן ביום השבת מצ״ע בלא תקיעת שופר. — לקו״ש חי״ב ע׳ לז. ראה סידור רמ, ג ואילך. ד״ה יו״ט של ר״ה כ״ט אלול תשל״ט.

Deux unités ¶2–3

2והוא ע״פ שיבואר ג״כ ענין בחי׳ מלכיות בר״ה [בראש השנה] שהוא ענין בחי׳ בנין הנוק׳ [הנוקבא] כידוע.

Cela [sera compris] à la lumière de ce qui sera également expliqué au sujet du niveau de Mal'houyot (les versets de la royauté) à Roch Hachana, qui correspond au niveau de la construction de Noukva (le féminin), comme on le sait.

Explication

La réponse apparaîtra à travers le sens de Mal'houyot, les versets de la royauté de D.ieu récités dans la prière de Moussaf de Roch Hachana. En termes kabbalistiques, il s’agit de la « construction de Noukva » : la reconstitution, à chaque Roch Hachana, de Mal'hout d’Atsilout, l’attribut divin de la royauté qui est à l’origine des mondes créés.

דהנה נודע ההפרש שבין יחודא עילאה ליחודא תתאה בהיות שיש ב׳ מיני השתלשלות הא׳ הנק׳ בלשון הפרדס בחי׳ עילה ועלול שכל עלול מוקף מעילתו

Car on connaît la différence entre l’unité supérieure (yi'houda ila'a) et l’unité inférieure (yi'houda tata'a) : il existe deux sortes d’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout). La première est celle que le Pardès désigne sous le nom de niveau de cause et d’effet, où tout effet est entouré par sa cause ;

Explication

Il existe deux façons dont un niveau supérieur fait advenir un niveau inférieur, et elles correspondent à deux sortes d’unité. La première, que le Pardès (l’ouvrage kabbalistique de Rabbi Moché Cordovéro) appelle « cause et effet », est une descente où l’effet ne quitte jamais sa cause : celle-ci le contient et l’entoure entièrement.

והוא ענין העיגולים שבע״ח [שבעץ חיים] שהעיגול העליון מקיף לכל צד להעיגול שבתוכו דהיינו שהעיגול שבתוכו הוא נכלל ובטל אליו

c’est le cas des cercles (igoulim) décrits dans Etz ‘Haïm : le cercle supérieur entoure de toutes parts le cercle qui se trouve en lui ; autrement dit, le cercle intérieur est inclus dans le cercle supérieur et s’annule devant lui.

Explication

Etz ‘Haïm, les enseignements de l’Ari Zal consignés par Rabbi ‘Haïm Vital, décrit la première émanation comme des cercles concentriques de lumière (igoulim). Chaque cercle extérieur entoure de toutes parts celui qui se trouve à l’intérieur ; le cercle intérieur est donc contenu dans le cercle extérieur et s’annule devant lui.

והענין הוא עד״מ הרב שתופס ומשיג את כל השגת התלמיד המקבל ממנו מכל צד ופנה שמפני קוטן שכל והשגת התלמיד בעיני הרב נתפס ומוקף בשכל הרב המשפיע ונכלל בו כי בכלל מאתים מנה

L’idée est, par analogie, celle d’un maître qui saisit et comprend tout ce que comprend l’élève qui reçoit de lui, sous tous les angles et de tous les côtés : du fait de la petitesse de l’intellect et de la compréhension de l’élève aux yeux du maître, cette compréhension est saisie et entourée par l’intellect du maître qui la transmet, et incluse en lui, car « cent est inclus dans deux cents ».

Explication

Voici une analogie humaine : le maître saisit tout ce que comprend son élève, sous tous les angles, car la compréhension de l’élève est petite en comparaison de la sienne. Comme le dit le Talmud : « cent est inclus dans deux cents » ; la quantité supérieure contient la quantité inférieure.

ונמצא שהשגת התלמיד אינה בבחי׳ יש ודבר נפרד לעצמה רק שהיא כלולה ובטלה בהשגת הרב והב׳ שהעלול יוצא לידי גילוי בפ״ע [בפני עצמו] שזהו אינו

Il en résulte que la compréhension de l’élève n’est pas un yesh (un existant), une chose distincte en soi ; elle est plutôt incluse dans la compréhension du maître et s’y annule. La seconde [sorte], quant à elle, est celle où l’effet se manifeste de façon indépendante, ce qui n’est pas

Explication

La compréhension de l’élève n’est donc pas, aux yeux du maître, une « chose » (yesh) distincte ; elle est entièrement contenue dans la sienne. La seconde sorte de descente est différente : l’effet apparaît au grand jour comme une chose en soi.

כמו התכללות העלול בתוך העלה כמו אותיות השכל הכלולים בשכל עד״מ אלא נהפוך הוא שהעילה מתלבשת בהעלם בתוך העלול

comme lorsque l’effet est inclus dans la cause, à l’image, par exemple, des lettres de l’intellect incluses dans l’intellect ; au contraire, la cause s’habille de façon cachée dans l’effet,

Explication

Dans la seconde sorte, l’effet n’est pas absorbé dans sa cause comme le sont les « lettres » d’une pensée, les mots intérieurs par lesquels elle prend forme, dans la pensée elle-même. Au contraire, ici, la cause se dissimule à l’intérieur de l’effet.

כמו כח המשכיל בשכל או שכל במדות וכה״ג [וכהאי גוונא] שהשכל או המדות הן הם היש ומורגשים וכח המשכיל או השכל שופע בהן בהעלם בבחי׳ אין כו׳

comme la faculté intellectuelle dans l’intellect, ou l’intellect dans les attributs émotionnels (midot), et ainsi de suite : l’intellect ou les attributs émotionnels sont eux-mêmes le yesh et sont ressentis, tandis que la faculté intellectuelle ou l’intellect se déverse en eux de façon cachée, au niveau du aïn (néant), etc.

Explication

Les exemples sont la faculté de l’âme à concevoir des idées, cachée dans chaque idée, et l’intellect caché dans les émotions. Ce que ressent la personne, c’est l’idée ou l’émotion, qui constitue le « quelque chose » (yesh) ressenti ; sa source se déverse en elle sans être visible, comme « rien » (aïn).

(וזהו כענין המבואר במ״א בההפרש שבין נוני ימא שהם מובלעים תמיד במקורם ואינו דבר נפרד ממנו שבהפרדם מהים הם מתים.

(C’est en ce sens que l’on peut comprendre ce qui est expliqué ailleurs au sujet de la différence entre les poissons de la mer, qui restent toujours absorbés dans leur source et ne constituent pas une chose distincte d’elle, si bien qu’ils meurent lorsqu’ils sont séparés de la mer,

Explication

Cette illustration entre parenthèses montre que les poissons demeurent toujours immergés dans la mer, leur source, et n’existent pas indépendamment d’elle, comme le prouve le fait qu’ils meurent lorsqu’on les retire de l’eau. Ils représentent la première sorte d’unité, dans laquelle l’effet reste absorbé dans sa cause.

ובין בריות שבארץ שהם בחי׳ יש ודבר נפרד מהארץ עיין מזה בביאורי הזהר פ׳ בשלח בד״ה עוד י״ל [יש לומר] מאמר הנ״ל באופן אחר. וע׳ באגה״ק [באגרת הקודש] סי׳ י״ד בפי׳ ארץ אשר כו׳ מראשית השנה.

et les créatures terrestres, qui sont au niveau du yesh et constituent une entité séparée de la terre. Voyez à ce sujet Biurei HaZohar, Paracha Béchala'h, dans le discours commençant par « On peut encore expliquer autrement l’enseignement précité ». Voyez également Iggeres HaKodesh, section 14, sur l’explication de « Un pays qui… depuis le commencement de l’année ».

Explication

Les créatures terrestres, en revanche, vivent sur la terre comme des entités indépendantes, image du second type. La parenthèse renvoie au Biurei HaZohar sur la Paracha Béchala'h et à Iggeres HaKodesh 14, qui explique le verset concernant la Terre d’Israël, sur laquelle les yeux de D.ieu reposent « depuis le commencement de l’année », comme la « terre supérieure », renouvelée par une lumière nouvelle à chaque Roch Hachana.

וא״ש [ואתי שפיר] לפי הנ״ל שעיקר בנין הנוק׳ [הנוקבא] שבר״ה [שבראש השנה] הוא בבחינת היותה ארץ שהוא יחו״ת [יחודא תתאה] להיות מאין ליש. משא״כ בחינת ים זהו בחינת יחודא עילאה וזהו ענין כי לאלקים מגיני ארץ מאד נעלה.

À la lumière de ce qui précède, on comprend bien que l’essentiel de la construction de Noukva à Roch Hachana relève de son aspect de « terre » (erets), qui est l’unité inférieure : être amenée de néant à l’existence. En revanche, l’aspect de « mer » correspond à l’unité supérieure. Tel est le sens de : « Car les boucliers de la terre appartiennent à Elokim ; Il est infiniment élevé. »

Explication

Cela explique pourquoi la construction de Noukva à Roch Hachana est décrite comme celle de la « terre » : elle relève de l’unité inférieure, la création d’une existence à partir du néant, tandis que la « mer » représente l’unité supérieure. Le verset « les boucliers de la terre appartiennent à Elokim » s’accorde avec cela : Elokim, le Nom associé à la dissimulation, est le « bouclier » de la terre, tandis que D.ieu Lui-même demeure « infiniment élevé » au-dessus d’elle.

וע״ש סי׳ כ׳ היש הנפרד כו׳ לא מיניה ולא מקצתיה מהערך שמהעלול אל העילה וזהו לה׳ הארץ ומלואה כו׳ כי הוא על ימים יסדה כו׳ דהיינו להיות עכ״פ [על כל פנים] ביטול היש).

Voyez également là-bas, section 20 : « L’entité séparée, etc. » n’a ni l’ensemble ni même la moindre part de la relation qui unit l’effet à sa cause. Tel est le sens de : « À Havaya appartient la terre et tout ce qu’elle contient, etc., car Il l’a fondée sur les mers, etc. » : c’est-à-dire que l’existence soit, à tout le moins, annulée.)

Explication

Iggeres HaKodesh 20 indique que le yesh créé est si séparé qu’il ne possède même pas la moindre trace de la relation entre un effet et sa cause. Pourtant, le Psaume 24 dit que la terre appartient à D.ieu parce qu’« Il l’a fondée sur les mers » : l’existence séparée repose sur l’unité supérieure, de sorte que le yesh puisse au moins être annulé devant Lui.

והנה על בחי׳ ראשונה א רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] קרסולי החיות כנגד כולן שוקי החיות כנגד כולן קרני החיות כו׳

Or, au sujet du premier niveau, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Les chevilles des 'Hayout équivalent à toutes les autres ; les jambes des 'Hayout équivalent à toutes les autres ; les cornes des 'Hayout, etc. »

Explication

Revenons au premier type d’unité. Le Talmud décrit les dimensions situées au-dessus des cieux : les « chevilles des 'Hayout », les créatures saintes de la vision du Char d’Ézéchiel, mesurent autant que tout ce qui se trouve en dessous d’elles ; il en va de même des jambes, et ainsi de suite jusqu’aux cornes.

שכל הגבוה גבוה מחבירו מקיף את חבירו עד שהתחתון בטל אליו ונחשב כלא ממש לגבי העליון

Car tout ce qui est supérieur à son prochain l’enveloppe, jusqu’à ce que l’inférieur soit annulé devant lui et soit considéré comme n’étant véritablement rien par rapport au supérieur.

Explication

Voici le principe qui sous-tend la description talmudique : tout ce qui est supérieur enveloppe ce qui se trouve en dessous, au point que l’inférieur n’est absolument rien à côté du supérieur.

ולכן אמרו שקרסולי ושוקי החיות שהן בחי׳ נה״י [נצח הוד יסוד] שהוא הבחינה היותר אחרונה שבחיות כוללות כל המדרגות שלמטה מהם וקרני החיות הן בבחי׳ כתר שבראש הוא כולל יותר כו׳

C’est pourquoi ils ont dit que les chevilles et les jambes des 'Hayout, qui relèvent de Netsa'h, Hod et Yessod, le tout dernier niveau parmi les 'Hayout, englobent tous les niveaux qui leur sont inférieurs ; et les cornes des 'Hayout, qui relèvent du niveau de Kéter (la Couronne) situé sur la tête, englobent davantage, etc.

Explication

Les chevilles et les jambes correspondent à Netsa'h, Hod et Yessod, les Séfirot les plus basses parmi les 'Hayout ; pourtant, elles contiennent à elles seules tout ce qui se trouve en dessous d’elles. Les cornes, qui s’élèvent au-dessus de la tête, correspondent à Kéter, la « Couronne », et en contiennent davantage encore.

וזו היא בחי׳ יחו״ע [יחודא עילאה] בע״ס [בעשר ספירות] דאצילות דאיהו וחיוהי חד דהיינו יחוד וביטול התחתון בעליון שהגם שיש ע״ס [עשר ספירות] חכמה חסד כו׳

Tel est le niveau de l’unité supérieure dans les dix Séfirot d’Atsilout, où « Lui et Ses forces vitales sont un » : autrement dit, l’union et l’annulation de l’inférieur dans le supérieur. Car bien qu’il y ait dix Séfirot, 'Hokhma, 'Hessed, etc.,

Explication

C’est ainsi que fonctionne l’unité supérieure dans les dix Séfirot d’Atsilout, dont les Tikkunei Zohar disent : « Lui et Ses forces vitales sont un. » Les Séfirot sont distinctes, mais chacune des inférieures est unie à celle qui la précède et s’annule en elle.

וחסד ענף החכמה שנמשך מבחינת החכמה להיות נאצל גם בחינת החסד אין בחינה זו מורגשת להיות יש ודבר בפ״ע [בפני עצמו]

et que 'Hessed soit une branche de 'Hokhma, issue du niveau de 'Hokhma afin que le niveau de 'Hessed soit lui aussi émané, ce niveau n’est pas ressenti comme un yesh, comme une entité en soi ;

Explication

'Hessed (bonté) est une branche de 'Hokhma (sagesse) : elle émane de 'Hokhma. Pourtant, elle n’est pas ressentie comme une entité indépendante.

רק שמ״מ חסד כלול ומוקף בבחי׳ החכמה והחכמה מקפת אותו מכל צד ופנה [וכמ״ש בד״ה יביאו לבוש מלכות בענין אברהם אבר מה

Mais le 'Hessed demeure néanmoins inclus et enveloppé dans le niveau de la 'Hokhma, et la 'Hokhma l’enveloppe de tous côtés et sous tous ses aspects. [Comme il est expliqué dans le discours commençant par « Qu’on apporte des vêtements royaux », au sujet d’Avraham : ever mah (« un membre de mah »),

Explication

Le 'Hessed reste entièrement contenu dans la 'Hokhma et entouré par elle. L’Alter Rebbe cite le discours de Torah Ohr « Qu’on apporte des vêtements royaux », qui interprète le nom Avraham, le patriarche du 'Hessed, comme ever mah, « un membre de mah ».

שהוא בחי׳ חסד נק׳ אבר וכלי להתלבשות בחי׳ חכמה כח מה והוא בטל לגבי החכמה כביטול העלול בעילתו]

car lui, étant le niveau du 'Hessed, est appelé un membre et un réceptacle pour l’investissement du niveau de la 'Hokhma, ko’ach mah (« la puissance de mah »), et il est annulé par rapport à la 'Hokhma comme l’effet est annulé par rapport à sa cause.]

Explication

Les lettres de 'Hokhma peuvent se lire ko’ach mah, « la puissance de “quoi ?” », exprimant l’ouverture de la 'Hokhma, qui s’efface elle-même. Avraham, le 'Hessed, est le « membre » ou le réceptacle par lequel agit cette puissance de mah ; il s’annule devant la 'Hokhma comme l’effet s’annule devant sa cause.

אבל בחינת יח״ת [יחודא תתאה] דמל׳ דאצי׳ בבי״ע הוא גילוי אור האלקי להוות הבריאה מאין ליש ודבר בפ״ע [בפני עצמו] ממש שהבריאה היא יש גמור בבחי׳ מוגבל שאין לו ערוך כלל וכלל לבחי׳ הבורא שהוא בלתי מוגבל

Mais le niveau de l’unité inférieure de Mal'hout d’Atsilout dans les mondes de Béria, de Yetsira et d’Assiya est la révélation de la lumière divine qui fait venir la création à l’existence, du néant (ayin) à l’être (yech), comme une entité véritablement indépendante ; car la création est un yech absolu, dans un état limité, qui n’a absolument aucune commune mesure avec le niveau du Créateur, qui est illimité.

Explication

L’unité inférieure est différente : Mal'hout d’Atsilout, lorsqu’elle se révèle dans les trois mondes inférieurs de Béria, de Yetsira et d’Assiya, fait venir la création à l’existence à partir du néant, comme une entité réellement distincte. Un être créé est limité, et le limité n’a absolument aucune commune mesure avec le Créateur illimité.

ואם היה נמשך בבחי׳ עו״ע [עילה ועלול] הרי היה בבחי׳ בלתי גבול ג״כ אך אע״פ [אף על פי] שהוא הבריאה מאין ליש גמור עכ״ז [עם כל זה] היא בבחי׳ ביטול לאין

Et si elle avait été transmise selon le mode de la cause à l’effet, elle aurait elle aussi été illimitée. Pourtant, bien que la création vienne du néant à un yech absolu, elle demeure dans un état d’annulation (bitoul) devant le néant (ayin),

Explication

Si les mondes étaient apparus comme des effets issus d’une cause, ils partageraient l’illimitation de cette cause. Pourtant, bien qu’ils aient été créés comme un « être » véritable à partir du néant, ils restent annulés devant le « néant », leur source divine qui les fait venir à l’existence.

וכמו וצבא השמים לך משתחוים כו׳ והוא עיקר בחי׳ המל׳ להיות יש ושיהיה היש בטל כו׳:

comme il est dit : « Et l’armée des cieux se prosterne devant Toi », etc. Telle est l’essence même du niveau de Mal'hout : qu’il y ait un yech et que ce yech soit annulé, etc.

Explication

La prière du livre de Nehemia dit : « L’armée des cieux se prosterne devant Toi » : des êtres distincts qui se prosternent de leur propre gré. Telle est l’essence de Mal'hout, la royauté : il faut qu’il y ait un « être », un sujet distinct du roi, et que cet être s’annule devant lui.

Le paragraphe 2 en bref

Pour expliquer le chofar, l’Admour Hazaken présente d’abord deux sortes d’unité : l’unité supérieure de la cause et de l’effet, où l’inférieur reste contenu dans le supérieur (les cercles, le maître et l’élève, les ‘Hayot, les Séfirot d’Atsilout), et l’unité inférieure de la création ex nihilo, où la créature est un véritable « quelque chose » qui s’incline néanmoins devant sa source. Mal'hout, reconstruite à neuf à Roch Hachana, relève de la seconde : une existence distincte qui accepte la royauté de D.ieu.

Pour aller plus loin

Igueret Hakodech 20, cité deux fois dans ce passage, explique qu’un yesh créé ne peut provenir d’aucune lumière qui serait liée à lui comme une cause à son effet ; il ne peut provenir que de l’essence même de D.ieu, qui seule peut faire surgir quelque chose à partir du néant absolu. C’est pourquoi l’unité inférieure n’est pas un rapport de cause à effet et que la créature, incapable de percevoir sa source, doit être amenée à s’incliner devant elle, comme un peuple accepte un roi.

Maré mekomot

  1. 1
    שיש ב׳ מיני השתלשלות · בארוכה נתבאר באוה״ת ואתחנן ע׳ קצז ואילך. ר״ה ע׳ א׳רצג. ראה לעיל פ׳ שלח לז, ג ואילך.
  2. 2
    בחי׳ עילה ועלול · בארוכה בסה״מ תרס״ה ע׳ עג ואילך. ראה שרש מצות התפילה פרק כג (קכח, א).
  3. 3
    והוא ענין העיגולים שבע״ח · ראה סה״מ תרנ״ט ע׳ יא.
  4. 4
    שהעיגול שבתוכו הוא נכלל ובטל אליו · ראה ביאוה״ז להצ״צ ע׳ ו. אוה״ת נשא ע׳ רנד.
  5. 5
    בכלל מאתים מנה · Bava Kamma 74a:11–13
  6. 6
    בביאורי הזהר פ׳ בשלח · לאדה״א מב, ג. וראה ביאוה״ז להצ״צ כרך א ע׳ רז ואילך.
  7. 7
    ארץ אשר כו׳ מראשית השנה · Deuteronomy 11:12
  8. 8
    כי לאלקים מגיני ארץ · Psalms 47:10
  9. 9
    וע״ש סי׳ כ׳ · הכוונה לאגה״ק סי׳ כ.
  10. 10
    לה׳ הארץ ומלואה · Psalms 24:1
  11. 11
    כי הוא על ימים יסדה · Psalms 24:2
  12. 12
    קרסולי החיות כנגד כולן · Chagigah 13a:4
  13. 13
    וקרני החיות הן בבחי׳ כתר שבראש · ובד״ה כי תשא תשל״א (נ׳ בקונטרס כ״ב שבט תנש״א) מבאר שצריך ביאור ”הרי זה שהקרן הוא למעלה מהראש הוא (לא רק מהמוח שבראש אלא) גם מהגולגולת” ע״ש בארוכה.
  14. 14
    דאיהו וחיוהי חד · ת״ז בהקדמה ד״ה פתח אליהו.
  15. 15
    דאיהו וחיוהי חד · Tikkunei Zohar 3b:2–3
  16. 16
    וחסד ענף החכ׳ · ראה מא״א אות ח׳, סמ״ה ובמקומות המצויינים ביאיר נתיב שם.
  17. 17
    בד״ה יביאו לבוש מל׳ · תו״א צ, א.
  18. 18
    וצבא השמים לך משתחוים · Nehemiah 6:6
  19. 19
    וצבא השמים לך משתחוים · Nehemiah 9:6

3קיצור ענין ההפרש בין יחו״ע [יחודא עילאה] ליחו״ת [ליחודא תתאה]. כמו בין עילה ועלול שהעלול מוקף מעילתו. ובטל אצלו. ובין יש מאין. וע׳ באגה״ק [באגרת הקודש] סי׳ כ׳:

Résumé : le point de différence entre l’unité supérieure et l’unité inférieure : comme [la différence] entre la cause et l’effet, où l’effet est enveloppé par sa cause et annulé devant elle, et [celle] entre quelque chose et le néant. Voir Igueret HaKodech, section 20.

Explication

Résumé des deux unités. Dans l’unité supérieure, comme dans le rapport entre la cause et l’effet, l’effet est entouré par sa cause et annulé devant elle ; dans l’unité inférieure, quelque chose est créé à partir du néant, comme l’explique Igueret HaKodech 20.

Le paragraphe 3 en bref

Le résumé rappelle la distinction entre l’unité supérieure, fondée sur le rapport entre la cause et l’effet, et l’unité inférieure, qui correspond à la création à partir du néant.

La royauté acceptée de plein gré et Kéter Mal’hout ¶4–9

4ב ולהבין זה בתוספת ביאור הנה נודע שבחי׳ המל׳ היא בחי׳ הרוממות וההתנשאות שבודאי בבחי׳ ההתנשאות הרי האור מובדל ומרומם בערך והעולמות מקבלים רק מבחינת המלוכה כמ״ש מלכותך מלכות כל עולמים

2. Pour comprendre cela plus amplement, avec une explication supplémentaire : il est connu que le niveau de Mal'hout (souveraineté) est celui de l'élévation et de la majesté. Car, assurément, à ce niveau de majesté, la lumière est séparée et élevée au-dessus des mondes, qui ne reçoivent que du niveau de la royauté, comme il est écrit : « Ta royauté est la royauté sur tous les mondes. »

Explication

La section 2 approfondit la même idée en partant de la nature de Mal'hout, la royauté. Un roi est élevé au-dessus de son peuple et se tient à distance de lui ; de même, les mondes ne reçoivent leur force vitale que de la royauté de D.ieu, et non directement de Ses autres attributs, comme le dit le verset : « Ta royauté est la royauté sur tous les mondes. »

והיינו דבחינת מלכות דאצילות נעשה ע״י לבריאה כו׳ וע״כ בחינת החיות של העולמות הוא מבחינת יש מאין משא״כ אם היו מקבלים מבחינת ז״א בחינות המדות דאצילות עצמן

Cela signifie que le niveau de Mal'hout d'Atsilout devient Atik Yomin pour Béria, etc. C'est pourquoi la force vitale des mondes relève du mode de l'existence de quelque chose à partir du néant (yéch méayin) ; tandis que s'ils recevaient du niveau de Zeir Anpin, des attributs émotionnels de l'Atsilout eux-mêmes,

Explication

Dans les termes de la Kabbale, Mal'hout d'Atsilout, dernière Séfira du monde de l'Émanation, devient Atik Yomin, la source intérieure cachée, du monde de Béria qui lui est inférieur. C'est pourquoi les êtres créés existent comme « quelque chose à partir du néant ». L'autre possibilité, recevoir directement de Zeir Anpin, les attributs émotionnels d'Atsilout, sera examinée ensuite.

כמו החסד שהוא עצמו יורד כו׳ היה בא בבחי׳ קירוב ע״ד עו״ע [עילה ועלול] וה״ז [והרי זה] כמו יש מיש כו׳ ולא היה בבחי׳ יש גמור ודבר בפ״ע [בפני עצמו]

comme le 'Hessed, qui descend lui-même, etc., [la force vitale] se serait manifestée dans une relation de proximité, selon le rapport de cause à effet ; cela aurait été comme quelque chose provenant de quelque chose, etc., et non comme un véritable yéch, une chose existant par elle-même.

Explication

Si les mondes avaient reçu d'un attribut tel que le 'Hessed, descendant tel quel, la relation aurait été de proximité, comme celle de la cause à l'effet : « quelque chose provenant de quelque chose ». Les mondes n'auraient alors pas constitué une existence véritablement indépendante.

אך לפי שמקבלים ע״י בחינת המל׳ שהיא בחי׳ התנשאות והסתלקות נעשה צמצום החיות הנמשך בהם עד שנתהוו בבחי׳ יש בגבול ותכלית כו׳

Mais, puisqu'ils reçoivent par l'intermédiaire du niveau de Mal'hout, qui est celui de la majesté et du retrait, la force vitale qui se déploie en eux subit un tsimtsoum, jusqu'à ce qu'ils soient devenus un yéch, limité et fini, etc.

Explication

Parce que Mal'hout est par nature majestueuse et retirée, comme un roi qui se tient à distance, la force vitale qui passe par elle est contractée. Il en résulte des créatures qui existent comme un « quelque chose » limité et fini.

ומ״מ הם בבחי׳ ביטול לאין שהיא המל׳ כי וכולם מקבלים עליהם עול מלכות שמים ומחמת אימת מלכות דאצילות נעשה בחינת ביטול היש

Néanmoins, ils sont dans un état d'annulation de soi devant le néant, qui est Mal'hout, car « tous acceptent sur eux-mêmes le joug du royaume des Cieux » ; et, sous l'effet de la crainte de la royauté d'Atsilout, l'annulation du yéch se produit.

Explication

Pourtant, cette même royauté qui rend les créatures distinctes les fait aussi s'incliner. La bénédiction matinale précédant le Chéma dit des armées célestes : « tous acceptent sur eux-mêmes le joug du royaume des Cieux » ; et la crainte du Roi annule chez la créature le sentiment de son existence indépendante.

כי בחינת המלכות הם מקבלים עליהם ברצון כמ״ש שום תשים עליך מלך מדעתך ומרצונך כו׳

Car ils acceptent sur eux-mêmes le niveau de la royauté de leur plein gré, comme il est écrit : « Tu établiras certainement un roi au-dessus de toi » — de ton propre esprit et de ta propre volonté, etc.

Explication

Cette acceptation est volontaire. Le commandement de la Torah : « Tu établiras certainement un roi au-dessus de toi » implique que le roi est établi selon l'esprit et la volonté propres du peuple.

[כי ל׳ [לשון] מלוכה אינו נופל רק על המקבלים ברצון עול מלכותו משא״כ בלתי רצון נק׳ ממשלה שמושל בע״כ [בעל כרחך]

[Car le terme « royauté » (meloukha) ne s'applique qu'à ceux qui acceptent de leur plein gré le joug de sa royauté ; tandis que, sans [leur] consentement, on parle de « domination » (memchala), car il gouverne [sur eux] contre leur volonté.

Explication

Cette note entre crochets distingue meloukha, la royauté, qui n'existe qu'à l'égard de ceux qui l'acceptent volontairement, de memchala, la domination, imposée aux sujets contre leur volonté.

ולכן בר״ה [בראש השנה] שאז נברא אדה״ר [אדם הראשון] שהוא בעל בחירה וקיבל עול מלכותו ית׳ ברצון אז נתגלה מדת מלכותו יתברך משא״כ קודם בריאת אדה״ר [אדם הראשון] שהיו

C'est pourquoi, à Roch Hachana, lorsque fut créé Adam, le premier homme, qui possède le libre arbitre et accepta volontairement le joug de Sa royauté, qu'Il soit béni, Son attribut de royauté, qu'Il soit béni, se révéla ; tandis qu'avant la création d'Adam, lorsque

Explication

La royauté de D.ieu ne fut donc révélée pour la première fois qu'à Roch Hachana, jour où Adam fut créé. Adam possédait le libre arbitre et accepta de son plein gré la royauté de D.ieu.

רק בהמות וחיות שאינן בעלי בחירה לא היה עדיין התפשטות מדת מלכותו ית׳. וע״כ ג״כ בכל ר״ה [ראש השנה] צ״ל התחדשות מדת מלכותו ית׳] ומלכותו ברצון קבלו עליהם כו׳.

seuls les animaux domestiques et sauvages, qui ne jouissent pas du libre arbitre, n’avaient pas encore connu l’extension de Son attribut de royauté, béni soit-Il. C’est pourquoi, également, à chaque Roch Hachana, Son attribut de royauté, béni soit-Il, doit être renouvelé.] Et « ils acceptèrent volontairement sur eux Sa royauté », etc.

Explication

Avant Adam, il n’y avait que des animaux, qui ne jouissent pas du libre arbitre ; la royauté de D.ieu ne s’était donc pas encore répandue dans la création. C’est pourquoi elle doit être renouvelée à chaque Roch Hachana. Les mots de conclusion sont tirés de la prière du soir, qui dit au sujet d’Israël à la mer : « Ils acceptèrent volontairement sur eux Sa royauté. »

Le paragraphe 4 en bref

Mal'hout est majesté : parce que les mondes reçoivent leur force vitale par la royauté de D.ieu, et non directement de Ses attributs émotionnels, ils existent comme des êtres véritablement distincts, tout en s'inclinant devant Lui. La véritable royauté exige une acceptation volontaire ; c'est pourquoi la royauté de D.ieu ne fut révélée que lorsque fut créé Adam, doué du libre arbitre, à Roch Hachana, et pourquoi elle doit être renouvelée chaque année.

Pour aller plus loin

La note de Kehot sur les « animaux domestiques et sauvages » cite Or HaTorah, qui ajoute que les anges eux aussi sont dépourvus de libre arbitre ; seule l'acceptation volontaire de l'homme peut donc révéler la royauté de D.ieu. Le Siddour im Da'h, également cité dans les notes, explique que l'acceptation volontaire d'un roi par un peuple passe par la raison et la compréhension, tandis que la domination est imposée par la force, contre la volonté du sujet.

Maré mekomot

  1. 1
    מלכותך מלכות כ״ע · Psalms 145:13
  2. 2
    וכולם מקבלים עליהם עול מ״ש · ברכת יוצר.
  3. 3
    שום תשים עליך מלך · Deuteronomy 17:15
  4. 4
    מלוכה . . ברצון . . ממשלה שמושל בע״כ · ראה גם סידור עם דא״ח נג, ג ”שהרי המקבל מקבל עליו עול מלכות ברצון, ורצון זה בא ע״י התלבשות בטעם ודעת . . אבל הממשלה שהוא הנק׳ שליטה הוא בלתי רצון המקבל אלא ע״פ הכרח ובע״כ של המקבל הוא שולט עליו ומתנשא עליו” ע״ש. וראה ביהל אור ע׳ פה בישראל ענין המלוכה ובאומות העולם ממשלה ע״ש.
  5. 5
    בהמות וחיות שאינן בעלי בחירה · ראה אוה״ת ר״ה ע׳ א׳רצה ”וגם המלאכים”. וראה בד״ה מן המיצר תר״ס ע׳ ח.
  6. 6
    ומלכותו ברצון קבלו עליהם · ברכת אמת ואמונה. וראה לעיל מא, ד ובמ״מ לשם.

5והנה ע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] ביטול הרצון למדת מלכותו ית׳ לקבל מלכותו ברצון מעורר למעלה בחי׳ הרצון העליון במדת המלוכה להיות הרצון המאציל עליון ב״ה להתלבש במדת מלכותו ית׳ והוא הנק׳ התהוות כתר מלכות כידוע

Or, par l’éveil d’en bas, l’annulation de [sa] volonté devant l’attribut de royauté de D.ieu, béni soit-Il, et l’acceptation volontaire de Sa royauté, le niveau de la volonté suprême est éveillé en haut dans l’attribut de royauté, de sorte que la volonté de l’Émanateur suprême, béni soit-Il, s’enveloppe dans Son attribut de royauté, béni soit-Il. C’est ce que l’on appelle la formation de Kéter Mal’hout (la Couronne de la royauté), comme on le sait.

Explication

L’éveil d’en bas d’une personne, qui met de côté sa propre volonté et accepte volontairement la royauté de D.ieu, suscite une réponse en haut : la volonté suprême vient résider dans l’attribut de royauté. Dans la Kabbale, cela s’appelle la formation de Kéter Mal’hout, la « Couronne de la royauté » : Mal’hout reçoit une couronne de volonté divine.

(ועמ״ש בד״ה תקעו בחדש. שבכל השנה המשכה זו הוא על ידי הביטול בעסק התורה והמצות שהם רצונו וחכמתו ית׳ וזהו שמברכים על כל מצוה ברוך אתה ה׳ אלקינו מלך העולם כו׳ אך רצון עליון זה הוא המלובש בח״ע [בחכמה עילאה].

(Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Sonnez du chofar à la nouvelle lune » : durant toute l’année, cette effusion s’opère par l’annulation de soi dans l’étude de la Torah et l’accomplissement des mitsvot, qui sont Sa volonté et Sa sagesse, béni soit-Il. C’est pourquoi nous prononçons sur chaque mitsva la bénédiction : « Béni sois-Tu, Havaya, notre D.ieu, Roi du monde », etc. Mais cette volonté suprême est celle qui est enveloppée dans la 'Hokhma supérieure (’Hokhma Ilaa).

Explication

Entre parenthèses, l’Alter Rebbe renvoie au discours « Sonnez du chofar à la nouvelle lune » : tout au long de l’année, cette effusion provient de l’annulation de soi dans l’étude de la Torah et l’accomplissement des mitsvot, qui expriment la volonté et la sagesse de D.ieu. Voilà pourquoi la bénédiction prononcée sur chaque mitsva qualifie D.ieu de « Roi du monde » ; mais la volonté qui s’exprime là est celle qui est déjà enveloppée dans la 'Hokhma supérieure.

ואמנם בר״ה [בראש השנה] ההמשכה מבחי׳ עליונה יותר שברצון עליון מה שאינו מלובש כלל בח״ע [בחכמה עילאה] וההמשכה זו הוא ע״י רצון עליון שבנפש והוא ענין קול השופר כו׳ ע״ש).

À Roch Hachana, cependant, l’effusion provient d’un niveau plus élevé de la volonté suprême, de celui qui n’est nullement enveloppé dans la 'Hokhma supérieure. Cette effusion s’opère par la volonté suprême de l’âme, et c’est là le sens du son du chofar, etc. Voyez là-bas.)

Explication

À Roch Hachana, un niveau plus élevé de la volonté suprême est attiré, qui n’est nullement enveloppé dans la 'Hokhma. On l’atteint par la volonté la plus profonde de l’âme, qui se situe au-delà de l’intellect ; elle s’exprime par le son sans paroles du chofar.

וביאור הדברים הנה עד״מ בנפש האדם אנו רואים שבכל מדותיו אין עיקר התפשטותם תלוי רק ע״פ הרצון והתענוג המלובש בבהם

Pour expliquer cela : à titre d’analogie, nous voyons, dans l’âme humaine, que l’expression essentielle de tous ses attributs émotionnels dépend uniquement de la volonté et du plaisir qui sont enveloppés en eux.

Explication

L’âme humaine fournit une analogie : les attributs émotionnels d’une personne, comme la bonté, ne s’expriment que dans la mesure où sa volonté et son plaisir y sont investis.

כמו שאף שמטבע הטוב להטיב מכל מקום אם אין רצונו מסכמת בהטבת והשפעת החסד זו מטעמו הכמוס להעלות כך ברצונו לא ישפיע כלל וכמ״כ [וכמו כן] במדת המלוכה לפניו יתברך

Ainsi, bien qu’il soit dans la nature du bon de faire le bien, si sa volonté ne consent pas à ce bienfait et à cette effusion de bonté, parce qu’une raison qui lui est cachée l’amène à vouloir qu’il en soit ainsi, il ne donnera rien. Il en va de même de l’attribut de royauté devant Lui, béni soit-Il,

Explication

Même une personne dont la nature est de faire le bien ne donnera pas si sa volonté n’y consent pas ; et sa volonté peut la retenir pour une raison qui lui est propre et cachée. Il en va de même de l’attribut de royauté de D.ieu.

שהיא בחי׳ ההתנשאות על זולתו תלוי ברצון המאציל ב״ה וזהו אמרו לפני מלכיות שצריך לעורר רצון עליון להיות בבחי׳ המלוכה

qui est le niveau de l’élévation au-dessus d’autrui : il dépend de la volonté de l’Émanateur, béni soit-Il. C’est là le sens de « Dites devant Moi [des versets de] royauté » : il faut éveiller la volonté suprême afin qu’elle prenne le niveau de la royauté,

Explication

La royauté, qui consiste à s’élever au-dessus des autres, dépend de la volonté de l’Émanateur d’être Roi. C’est pourquoi le Talmud fait dire à D.ieu : « Dites devant Moi [des versets de] royauté, afin que vous Me fassiez Roi sur vous » : il faut éveiller la volonté suprême pour qu’elle prenne le niveau de la royauté.

דהיינו התלבשות אור א״ס ב״ה בע״ס [בעשר ספירות] דמל׳ ע״כ או מרים עשרה פסוקים להביא המשכה מן התנ״ך [התורה נביאים כתובים] דאורייתא מחכמה נפקת כו׳ להיות נעוץ תחלתן בסופן כ״ע [כתר עליון] איהו כתר מל׳ כו׳

c’est-à-dire l’enveloppement de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, dans les dix Séfirot de Mal’hout. C’est pourquoi nous récitons dix versets, afin d’attirer une effusion du Tanakh, car « la Torah émane de la 'Hokhma », etc., de sorte que « leur commencement est enchâssé dans leur fin » : Kéter Elyon est Kéter Mal’hout, etc.

Explication

Concrètement, la Lumière infinie doit s’envelopper dans les dix Séfirot de Mal’hout ; d’où les dix versets de royauté, tirés des Écritures, qui émanent de la 'Hokhma. Ainsi, « leur commencement est enchâssé dans leur fin », comme l’enseigne le Séfer Yetsira au sujet des Séfirot, et le niveau le plus élevé, Kéter Elyon, ne fait qu’un avec le plus bas, Kéter Mal’hout, comme l’enseignent les Tikouné Zohar.

והנה כדי להמשיך בחי׳ ענג ורצון זה צריך בהכרח להמשיך ממקור כל התענוגים רעוא דכל רעוין דעתיקא סתימו דכל סתימין כו׳

Or, afin d’attirer ce plaisir et cette volonté, il faut nécessairement attirer depuis la source de tous les plaisirs, « la volonté de toutes les volontés » d’Atika, « le caché de tous les cachés », etc.

Explication

Pour attirer la volonté et le plaisir dans la royauté, il faut atteindre leur source ultime : Atika, le niveau le plus intérieur de Kéter, que le Zohar appelle « la volonté de toutes les volontés », cachée au-delà de tout ce qui est caché.

דהיינו שכך עלה ברצונו העליון במקור כל התענוגים הנעלם שיהיה ענג לפניו בבחי׳ מלוכה דוקא

C’est-à-dire qu’il en fut ainsi décidé dans Sa volonté suprême, dans la source cachée de tous les plaisirs : qu’il y ait plaisir devant Lui précisément dans [l’état de] la royauté ;

Explication

L’idée est que, dans cette source cachée de tous les plaisirs, il fut décidé dans la volonté de D.ieu de prendre plaisir précisément à la royauté.

דהיינו להמשיך רצון וענג להיות רצון המאציל בזה שיהיה חפץ ומתענג בזה אנא אמלוך כו׳

c’est-à-dire faire descendre volonté et plaisir, afin que l’Émanateur veuille cela, qu’Il le désire et y prenne plaisir : « Je régnerai », etc.

Explication

Autrement dit, volonté et plaisir doivent être attirés vers le bas, afin que D.ieu désire être Roi et y prenne plaisir, disant, pour ainsi dire : « Je régnerai. »

ועיקר הענג שבמלוכה העליונה עד רום המעלות היינו שיהיה יש ושיהיה היש בטל בקבלת עול מלכותו ברצון כו׳ ועמ״ש מזה בד״ה צאינה וראינה גבי פי׳ במלך שלמה מלך שהשלום שלו.

Et l’essence du plaisir dans la royauté suprême, jusqu’aux sommets les plus élevés, est qu’il y ait un yesh, et que le yesh s’annule en acceptant volontairement le joug de Sa royauté, etc. Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Sortez et contemplez », à propos de l’explication de « le roi Chlomo » : le Roi à qui appartient la paix.

Explication

Ce qui procure à D.ieu du plaisir dans la royauté, même au niveau le plus élevé, c’est qu’un « quelque chose » s’annule en acceptant volontairement Son joug. L’Alter Rebbe renvoie à son discours sur le verset « Sortez et contemplez… le roi Chlomo », où Chlomo est compris comme « le Roi à qui appartient la paix ».

Le paragraphe 5 en bref

L’acceptation volontaire de la royauté de D.ieu éveille Sa volonté suprême à s’investir dans la royauté et forme ainsi Kéter Mal’hout. De même que les attributs d’une personne n’agissent que dans la mesure où sa volonté y est investie, la royauté de D.ieu dépend de Sa volonté, qu’il faut attirer depuis sa source la plus profonde, le plaisir d’Atika ; et ce qui Lui plaît dans la royauté est un « quelque chose » qui s’annule.

Pour aller plus loin

Les dix versets de Mal’hiyout correspondent aux dix Séfirot de Mal’hout ; comme ils proviennent des Écritures, qui émanent de la 'Hokhma, ils relient la fin des Séfirot à leur commencement, selon l’image du Séfer Yetsira d’une flamme attachée à son charbon. La parenthèse oppose la volonté exprimée dans la Torah et les mitsvot durant toute l’année, déjà enveloppée dans la 'Hokhma, à la volonté supérieure atteinte à Roch Hachana par le chofar, que le maamar va ensuite expliquer.

Maré mekomot

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    שמטבע הטוב להיטיב · עמק המלך ש׳ שעשועי המלך רפ״א. שומר אמונים ויכוח שני, סי״ד.
  2. 2
    אמרו לפני מלכיות · Rosh Hashanah 16a:15–16
  3. 3
    אומרים עשרה פסוקים · Rosh Hashanah 32a:6–7
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    דאורייתא מחכמה נפקת · Zohar II, 121a
  5. 5
    נעוץ תחלתן בסופן · ס״י פ״א, מ״ז.
  6. 6
    נעוץ תחלתן בסופן · Sefer Yetzirah 1:7
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    כ״ע איהו כתר מל׳ · ת״ז בהקדמה (פתח אלי׳).
  8. 8
    כ״ע איהו כתר מל׳ · Tikkunei Zohar 17a
  9. 9
    אנא אמלוך · ע׳ נשא (כא, ד) וש״נ. [כ].
  10. 10

6והנה בתחלת בריאת העולמות נמשך הענג והרצון העליון מאליו מצד עצמו כי חפץ חסד הוא

Or, au début de la création des mondes, le plaisir et la volonté suprêmes se sont répandus d’eux-mêmes, de leur propre chef, « car Il désire la bonté ».

Explication

Lorsque les mondes furent créés pour la première fois, la volonté et le plaisir de D.ieu se manifestèrent d’eux-mêmes, sans aucun éveil d’en bas, car, comme le dit le prophète Mikha : « Il désire la bonté ».

אבל אח״כ במעשה התחתונים תליא מילתא בהעלאת מ״ן [מיין נוקבין] לעורר רצון העליון ע״י ביטול רצון שלמטה כו׳ וזה נעשה בר״ה [בראש השנה] שאומרים י׳ מלכיות להיות בחי׳ בנין המל׳ ממקור הראשון

Mais ensuite, « la chose dépend » des actes des êtres inférieurs, de l’élévation des mayin noukvin (eaux féminines), afin d’éveiller la volonté suprême par l’annulation de la volonté d’en bas, etc. Cela se fait à Roch Hachana, lorsque nous récitons les dix [versets de] Mal’houyot, afin que s’opère l’édification de Mal’hout à partir de sa source première,

Explication

Dès lors, « la chose dépend » de ce que font ceux d’en bas : « l’élévation des mayin noukvin (eaux féminines) », terme kabbalistique désignant un éveil d’en bas qui suscite une réponse d’en haut, réalisé ici en mettant de côté sa propre volonté. Cela se fait à Roch Hachana, par les dix versets de Mal’houyot, qui édifient à nouveau Mal’hout à partir de sa source la plus première.

דהיינו להמשיך כתר מל׳ שעי״ז עיקר בניינה [ומטעם הנ״ל שעיקר המדה תלויה בהמשכת הרצון ב״ה ועמ״ש מזה בד״ה בהעלותך שזהו ענין אל מול פני המנורה כו׳ דהיינו כתר שבמל׳.

c’est-à-dire faire descendre Kéter de Mal’hout, ce par quoi son édification s’accomplit principalement. [Car, pour la raison mentionnée plus haut, l’attribut dépend essentiellement de la transmission de la volonté du Béni soit-Il. Voyez à ce sujet ce qui est écrit dans le maamar commençant par « Lorsque tu élèveras », où il est expliqué que tel est le sens de « vers la face de la menorah », etc., c’est-à-dire Kéter au sein de Mal’hout.

Explication

Mal’hout est édifiée principalement par la transmission de Kéter de Mal’hout, sa couronne de volonté, car, comme cela a été expliqué, un attribut n’agit que par la volonté qui y est investie. La parenthèse s’ouvre ici : l’Admour Hazaken renvoie à son maamar sur Beha’alotekha, qui explique « vers la face de la menorah » comme désignant Kéter au sein de Mal’hout.

Le paragraphe 6 en bref

Lors de la création, le désir de D.ieu pour la royauté se manifesta spontanément ; depuis lors, il dépend de l’éveil d’en bas. À Roch Hachana, les dix versets de Mal’houyot font descendre Kéter de Mal’hout, la volonté qui édifie à nouveau Mal’hout à partir de sa source première.

Pour aller plus loin

La parenthèse ouverte à la fin de ce paragraphe se poursuit dans les deux suivants : elle développe le thème de Kéter de Mal’hout comme la « face » (panim) du Roi, puis celui du nom « Roch Hachana », la tête de l’année, avant que l’argument principal ne reprenne.

Maré mekomot

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    אל מול פני המנורה · Numbers 8:2

7ועמ״ש בביאור ע״פ יביאו לבוש מלכות. גבי בחינת פני היא כתר מלכות לפי שהמלכות ל״ל [לית ליה / לית לה] מגרמה כלום ומקבלת מעשר מלכיות שלכן אומרים בר״ה [בראש השנה] יו״ד מלכיות וכתר מקבלת ממלכות שבכתר וזו היא בחי׳ פני.

Et voyez ce qui est écrit dans l’explication du verset « Qu’on apporte des vêtements royaux », au sujet du niveau de panai (« Mon visage ») : il s’agit de Kéter Mal'hout, car Mal'hout « ne possède rien par elle-même » et reçoit des dix [niveaux de] Mal'hout ; c’est pourquoi, à Roch Hachana, nous récitons dix [versets de] Mal'houyot. Et son Kéter, elle le reçoit de la Mal'hout qui se trouve dans Kéter ; tel est le niveau de panai.

Explication

La parenthèse se poursuit par une citation de l’explication de l’Admour Hazaken sur le verset « Qu’on apporte des vêtements royaux » (Torah Ohr, Megillat Esther). Mal'hout « ne possède rien par elle-même » : tout ce qu’elle possède, elle le reçoit des dix niveaux de Mal'hout. C’est pourquoi on récite dix versets de Mal'houyot, et elle reçoit sa couronne, Kéter Mal'hout, de la Mal'hout qui se trouve dans Kéter. Cette couronne est appelée panai, « Mon visage ».

עכ״ל [עד כאן לשונו]. וז״ש [וזהו שכתוב] לך אמר לבי בקשו פני ועיין בהרמ״ז [בהרב משה זכות] פ׳ אמור (דצ״ג ע״ב) שפי׳ כן דהיינו כתר מל׳ והיינו ע״י את פניך הוי׳ אבקש.

Fin de la citation. Et tel est [le sens de] ce qui est écrit : « Mon cœur t’a dit : “Cherchez Mon visage” » ; voyez aussi le Ramaz sur la paracha Emor (93b), qui l’explique ainsi, c’est-à-dire comme Kéter Mal'hout. Et cela s’attire par « Je rechercherai Ton visage, Havaya »,

Explication

La citation s’achève, et l’Admour Hazaken applique son explication au verset « Mon cœur t’a dit : “Cherchez Mon visage” » : le Ramaz (Rabbi Moché Zacuto, commentateur du Zohar) explique que « Mon visage » désigne Kéter Mal'hout. Celui-ci s’attire par la seconde partie du verset : « Je rechercherai Ton visage, Havaya. »

שהם ע״ס [עשר ספירות] שמיו״ד מלכיות שבהם נעשה בנין הנוק׳ [הנוקבא]. א״נ [אי נמי] את פניך הוי׳ היינו אורות אריך ועתיק כמש״ש [כמה שכתוב שם] הרמ״ז [הרב משה זכות]

qui sont les dix Séfirot provenant des dix Mal'houyot, par lesquelles se construit la Noukva. Autre explication : « Ton visage, Havaya » désigne les lumières d’Arikh et d’Atik, comme l’écrit le Ramaz à cet endroit ;

Explication

« Ton visage, Havaya » désigne les dix Séfirot provenant des dix Mal'houyot, les niveaux à partir desquels se construit la Noukva, c’est-à-dire Mal'hout. Autre explication, suivant le Ramaz : « Ton visage » désigne les lumières d’Arikh Anpin et d’Atik, les niveaux extérieur et intérieur de Kéter.

והיינו לפי שמשם נמשך להיות הכתר שבמל׳ כנ״ל והוא הנק׳ פני. וזהו ענין ראש השנה.

et cela parce que c’est de là que s’attire ce qui devient le Kéter de Mal'hout, comme indiqué plus haut ; c’est lui qui est appelé panai. Tel est le sens de Roch Hachana :

Explication

Ces lumières sont la source d’où s’attire le Kéter de Mal'hout, et ce Kéter est appelé panai, « Mon visage ». Cela explique également le nom de Roch Hachana.

שנה הוא בחי׳ מל׳ וראש השנה היינו גלגלתא וכתר שבמל׳ וע׳ מזה בפי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות] בפ׳ תצא (דרע״ז ע״ב)

l’année (chana) est le niveau de Mal'hout, et la tête de l’année (Roch Hachana) est la Goulgalta (le crâne) et le Kéter de Mal'hout. Voyez à ce sujet le commentaire du Ramaz sur la paracha [Ki] Tétsé (277b).

Explication

« L’année » (chana) correspond à Mal'hout, et sa « tête » est la Goulgalta, le « crâne » ou la couronne de Mal'hout. Roch Hachana est donc le jour où s’attire le Kéter de Mal'hout, comme l’écrit également le Ramaz sur la paracha Ki Tétsé.

וזהו ענין תחלת מעשיך כי המל׳ היא בחינת עשייה שבאצילות ותחלת מעשיך היינו כתר דנוק׳ [דנוקבא] שהוא תחילת בחי׳ עשייה הנ״ל.

Et tel est le sens de « le commencement de Tes œuvres » : Mal'hout est le niveau d’Assiya au sein d’Atsilout, et « le commencement de Tes œuvres » désigne le Kéter de la Noukva, qui est le commencement du niveau d’Assiya mentionné plus haut.

Explication

La prière de Roch Hachana appelle ce jour « le commencement de Tes œuvres ». Mal'hout est le niveau d’action (Assiya) au sein d’Atsilout, l’attribut par lequel D.ieu crée les mondes, et le commencement de cette action est le Kéter de la Noukva.

וזכרון ליום ראשון י״ל [יש לומר] דהיינו כתר הכללי בחי׳ א״א שנק׳ יום ראשון שלמעלה מההשתלשלות כמ״ש סד״ה ביום השע״צ [השמיני עצרת].

Et « un souvenir du premier jour » peut s’expliquer comme désignant le Kéter général, le niveau d’Arikh Anpin, appelé « le premier jour », puisqu’il est au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), comme il est écrit à la fin du discours qui commence par « Au jour de Chemini Atséret ».

Explication

La prière se poursuit par les mots « un souvenir du premier jour ». Le « premier jour » peut désigner le Kéter général, le niveau d’Arikh Anpin, appelé « le premier jour » parce qu’il se situe au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes, comme l’explique la fin du discours sur Chemini Atséret.

Le paragraphe 7 en bref

Dans la suite de la parenthèse, l’Admour Hazaken identifie Kéter Mal'hout à panai, « Mon visage », dans le verset « Cherchez Mon visage », qui s’attire des lumières d’Arikh Anpin et d’Atik. Sur cette base, il interprète le nom Roch Hachana, « la tête de l’année », comme le Kéter de Mal'hout, et les mots de la prière « le commencement de Tes œuvres, un souvenir du premier jour » comme l’attraction de cette couronne depuis le Kéter général, au-dessus.

Pour aller plus loin

Une note de Kehot cite le maamar « Lecha Amar Libi » 5651 du Rabbi Rachab, qui renvoie à ce passage et concilie celui-ci avec les Biouré HaZohar du Tséma'h Tsédek, où ce qui doit s’attirer à Roch Hachana est décrit comme la Goulgalta de Zeir Anpin plutôt que celle de Mal'hout.

Maré mekomot

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    לך אמר לבי בקשו פני · תהלים כז, כ.
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    וראש השנה היינו גלגתא וכתר שבמל׳ · ראה ביאוה״ז להצ״צ כרך א ע׳ תיא. ובארוכה בד״ה לך אמר לבי תרנ״א ע׳ טז מציין לכאן, ושם מציין לביאוה״ז להצ״צ כרך א ע׳ תיא דבר״ה צריכים להמשיך בחי׳ גלגלתא דז״א, ע״ש שמתווך בין ב׳ הפירושים. וראה לעיל מא, ג ובמ״מ לשם.

8והיינו שממל׳ שבכתר נמשך להיות כתר שבמל׳ כנ״ל. ועיין בע״ח [בעץ חיים] שער א״א ספ״ב [סוף פרק ב׳] דהמל׳ שרשה למעלה מט״ס [מט׳ ספירות] דא״א עצמן אלא מבחינת עתיק כו׳ וזהו זכרון ליום ראשון.

C’est-à-dire que de la Mal'hout qui est dans Kéter est tiré [ce qui devient] le Kéter qui est dans Mal'hout, comme indiqué plus haut. Voir aussi Etz Chaim, Shaar Arich Anpin, à la fin du chapitre 2 : la racine de Mal'hout est plus élevée que les neuf Séfirot d’Arich Anpin lui-même ; elle provient plutôt du niveau d’Atik, etc. Et c’est là « un souvenir du premier jour ».

Explication

Le Kéter qui est dans Mal'hout est tiré de la Mal'hout qui est dans Kéter, l’aspect le plus bas de la couronne. Etz Chaim enseigne que la racine de Mal'hout se trouve au-dessus des neuf Séfirot d’Arich Anpin, en Atik, et que cette racine est le « premier jour » dont Mal'hout se « souvient » à Roch Hachana.

ועמ״ש בפי׳ המלות ע״פ ארוממך אלקי המלך] כי הנה ר״ה [ראש השנה] זה היום תחלת מעשיך זכרון ליום ראשון וע״כ נק׳ ר״ה [ראש השנה] ראש גילוי החיות דרך כללות על כל השנה.

Voir aussi ce qui est écrit dans l’explication des mots du verset « Je T’exalterai, mon D.ieu, le Roi. »] Car Roch Hachana est « ce jour, le commencement de Tes œuvres, un souvenir du premier jour » ; c’est pourquoi Roch Hachana est appelé la tête de la révélation de la force vitale, dans son expression générale et collective, pour toute l’année.

Explication

Le crochet se ferme par une référence à l’explication par l’Admour Hazaken des mots de la prière « Je T’exalterai, mon D.ieu, le Roi. » L’argument principal reprend : Roch Hachana est « le commencement de Tes œuvres », et c’est donc la « tête » (roch) de l’année, d’où se révèle, dans son expression générale et collective, la force vitale de toute l’année.

Le paragraphe 8 en bref

Le crochet se termine en établissant que le Kéter de Mal'hout prend racine en Atik, au-dessus d’Arich Anpin, puis l’argument principal reprend : Roch Hachana, « le commencement de Tes œuvres », est la tête d’où se révèle la force vitale de toute l’année.

Maré mekomot

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    דהמל׳ שרשה למעלה מט״ס דא״א עצמן אלא מבחינת עתיק · Sefer Etz Chaim 13:2
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    ועמ״ש בפי׳ המלות ע״פ ארוממך · סדור עם דא״ח מו, א ואילך.
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    ארוממך אלקי המלך · Psalms 145:1
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    זה היום תחלת מעשיך זכרון ליום ראשון · Rosh Hashanah 27a:15–16

9וכח זה ניתן לישראל להיותם מקבלים מלכותו ית׳ ברצון משא״ כ בבחי׳ שנקרא מושל וממשלתך בכל דור ודור אפילו דור המבול ודור הפלגה שמרדו בה׳ מ״מ מלכותו בכל משלה כתיב ובחי׳ ממשלה בע״כ [בעל כרחך]

Et ce pouvoir a été donné à Israël, car ils acceptent volontairement Sa royauté, béni soit-Il. Il n’en va pas ainsi au niveau où Il est appelé « souverain » : « Ta domination s’étend à chaque génération ». Même sur la génération du Déluge et celle de la Dispersion, qui se sont rebellées contre D.ieu, il est néanmoins écrit : « Sa royauté domine sur tout » ; et le niveau de la domination s’exerce contre [leur] volonté.

Explication

Le pouvoir d’accepter volontairement la royauté de D.ieu a été donné à Israël. La « domination » de D.ieu s’étend à chaque génération, y compris à celle du Déluge et à celle de la Dispersion — les bâtisseurs de la tour de Babel — qui se sont rebellées contre Lui. Sur elles aussi, « Sa royauté domine (mashala) sur tout », mais cette domination leur est imposée contre leur volonté.

ולכן אפי׳ [אפילו] בלעם אמר לא אוכל לעבור את פי ה׳ כי רוח המושל עליו יעלה בע״כ [בעל כרחך] (ועיין בפ׳ מקץ קצ״ה ע״א)

C’est pourquoi même Bilam dit : « Je ne peux transgresser la parole de Havaya », car « l’esprit du souverain » s’élève au-dessus de lui contre sa volonté. (Voir aussi la paracha de Mikets, 195a.)

Explication

Même Bilam dut reconnaître : « Je ne peux transgresser la parole de Havaya » ; « l’esprit du souverain » s’éleva au-dessus de lui contre sa volonté. Il s’agit là de domination, et non de royauté. L’Alter Rebbe renvoie au Zohar sur la paracha de Mikets (195a), qui, comme le note Yahel Or, laisse entendre que le « roi » est Zeir Anpin et le « souverain des peuples » Mal'hout.

אבל להיות נק׳ בשם מלך לקבל ברצון נעשה ע״י עושי רצונו דוקא [ועמ״ש בד״ה אתם נצבים בפי׳ למען הקים אותך לו לעם]:

Mais le fait d’être appelé « Roi », accepté volontairement, ne se réalise que par ceux qui accomplissent Sa volonté. [Voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Vous êtes debout », au sujet de l’explication de « afin de t’établir comme Son peuple ».]

Explication

Mais pour être appelé « Roi », c’est-à-dire souverain accepté volontairement, cela ne peut se faire que par ceux qui accomplissent Sa volonté. L’Alter Rebbe renvoie à son discours « Vous êtes debout », où il explique le verset « afin de t’établir comme Son peuple ».

Le paragraphe 9 en bref

L’acceptation volontaire de la royauté de D.ieu est un don propre à Israël. Sur les autres, y compris les générations rebelles et Bilam, D.ieu exerce Sa domination, qui s’impose contre leur volonté ; le titre de « Roi » ne vient que de ceux qui accomplissent Sa volonté.

Pour aller plus loin

La note de Kehot cite Yahel Or, où le Tséma’h Tsédek observe que, dans le Zohar sur Mikets, le « roi » désigne Zeir Anpin et le « souverain des peuples » Mal'hout ; la distinction entre royauté et domination apparaît ainsi également parmi les Séfirot elles-mêmes.

Maré mekomot

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    וממשלתך בכל דור ודור · Psalms 145:13
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    אפי׳ דור המבול ודור הפלגה שמרדו בה׳ · Bereshit Rabbah 5:1
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    מלכותו בכל משלה · Psalms 103:19
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    לא אוכל לעבור את פי ה׳ · Numbers 22:18
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    רוח המושל · Ecclesiastes 10:4
  6. 6
    ועיין בפ׳ מקץ קצ״ה ע״א · ביהל אור ע׳ תרפה מציין דשם ”משמע מלך הוא ז״א ומושל עמים זהו המל׳”.
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    למען הקים אותך לו לעם · Deuteronomy 29:12

Le chofar : le bélier et le son simple ¶10–12

10קיצור. מל׳ רוממות ומ״מ נמשך ביטול ומלכותו ברצון קבלו. ועי״ז מעוררים הרצון שיומשך להיות כתר דנוק׳ [דנוקבא] והמשכה זו צ״ל מא״א [מאריך אנפין] ועתיק רצון ותענוג העליון.

Résumé : Mal'hout est élévation et, néanmoins, elle suscite l'annulation de soi (bitoul), comme dans « Ils acceptèrent volontiers Sa royauté ». Cela éveille la volonté, afin qu'elle se déploie et devienne le Kéter de Noukva ; ce déploiement doit venir d'Arikh Anpin et d'Atik, la volonté et le plaisir suprêmes.

Explication

Résumé de la section 2 : Mal'hout est élévation, et pourtant elle suscite l'annulation de soi, comme dans « Ils acceptèrent volontiers Sa royauté ». Cette acceptation éveille la volonté qui devient le Kéter de Noukva ; cette volonté doit être attirée d'Arikh Anpin et d'Atik, la volonté et le plaisir suprêmes.

ג והנה כל המשכת ענג ורצון עליון במדת המלוכה ממקור כל התענוגים הוא ע״י השופר שהוא של איל

3. Or, tout ce déploiement du plaisir et de la volonté suprêmes dans l'attribut de la royauté, depuis la source de tous les plaisirs, s'opère par le chofar, qui est fait d'une corne de bélier.

Explication

La section 3 explique le rôle du chofar : tout ce déploiement de la volonté et du plaisir suprêmes dans la royauté, depuis leur source la plus profonde, s'opère par le chofar, qui est une corne de bélier, comme l'enseigne le Talmud : « Sonnez devant Moi dans un chofar de bélier. »

והענין כי הנה שרש נפש הבהמה הוא מבחי׳ פני אריה פני שור כו׳ שבמרכבה ששרשם מבחי׳ בהמות בהררי אלף שמבחי׳ התהו

L'explication est la suivante : la racine de l'âme animale se trouve dans le niveau de « la face du lion » et de « la face du bœuf », etc., dans le Char (Merkava), dont la racine se trouve dans le niveau des « bêtes sur mille montagnes », lui-même issu du niveau du Tohou (chaos).

Explication

Pourquoi une corne d'animal ? Les âmes animales ont leur racine dans « la face du lion » et « la face du bœuf », figures du Char d'Ézéchiel, dont la propre racine est « les bêtes sur mille montagnes » : le monde du Tohou, monde primordial aux lumières intenses.

והנה ידוע שמפני שהאורות דתהו היו בריבוי ותוקף גדול לא יכלו הכלים לסבול האור וע״כ נפלו הכלים ונשברו ומקום נפילתן היה בעולם הבריאה והן הן המרכבה דפני אריה פני שור כו׳

Or, on sait que, les lumières du Tohou étant d'une grande abondance et d'une grande intensité, les réceptacles ne purent supporter la lumière. Les réceptacles tombèrent donc et se brisèrent ; le lieu de leur chute fut le Monde de Béria, et ce sont eux-mêmes le Char de « la face du lion », de « la face du bœuf », etc.

Explication

Dans le Tohou, les lumières étaient si abondantes et si intenses que les réceptacles ne pouvaient les contenir et se brisèrent : c'est la « brisure des réceptacles ». Les réceptacles brisés tombèrent dans le Monde de Béria et devinrent la « face du lion » et la « face du bœuf » du Char.

ולכן טבע הבהמה בבחי׳ ביטול גדול יותר מהאדם [ועמ״ש בזה בפ׳ אמור בד״ה והניף הכהן אותם כו׳ על שני כבשים כו׳] מפני שהאדם יש לו דעת מעולם התיקון

C'est pourquoi la nature de l'animal est caractérisée par une annulation de soi plus grande que celle de l'homme [et voyez ce qui est écrit à ce sujet dans la paracha Emor, dans le maamar commençant par « Le prêtre les agitera, etc., au sujet des deux agneaux », etc.], car l'homme possède Daat, qui vient du monde du Tikoun (rectification),

Explication

L'animal possède donc une plus grande annulation de soi que l'homme, qui a Daat, une conscience de soi, provenant du Tikoun, le monde rectifié aux réceptacles équilibrés. Le passage entre crochets renvoie au maamar de la paracha Emor sur l'agitation des deux agneaux à Chavouot.

אבל הבהמה הוא למטה מן הדעת והיינו מפני שרשה שהוא למעלה מן הדעת מבחי׳ עולם התהו כו׳

tandis que l'animal se situe en deçà de Daat. Cela tient à sa racine, qui est au-dessus de Daat, dans le niveau du monde du Tohou, etc.

Explication

L'animal se situe en deçà de Daat, sans compréhension consciente de soi, précisément parce que sa racine dans le Tohou est au-dessus de Daat.

ולכן תוקעין בשופר של בהמה דוקא שיש בה בחי׳ ביטול יותר לעורר בחי׳ ביטול שלמעלה מן הדעת והיא עצמו הטעם בענין התקיעה

C'est pourquoi on sonne précisément dans un chofar fait d'une corne d'animal, qui possède un plus grand niveau d'annulation de soi, afin d'éveiller le niveau d'annulation de soi qui est au-dessus de Daat. C'est précisément là aussi la raison de la tekia (la sonnerie) :

Explication

Voilà pourquoi le chofar doit provenir d'un animal : sa plus grande annulation de soi éveille l'annulation de soi qui est au-dessus de Daat. La même raison explique la nature de la sonnerie elle-même.

שהוא קול פשוט היוצא מהבל הלב שעדיין לא בא לידי גילוי באותיות כלל מפני שהוא מבחי׳ פנימית נקודת הלב שאינו בא כלל לידי גילוי אותיות עדיין

c'est un son simple qui sort du souffle du cœur, lequel n'est pas encore révélé par des lettres, car il provient de la dimension intérieure du point du cœur, qui ne se révèle pas encore du tout sous forme de lettres.

Explication

La tekia est un son simple, un souffle du cœur qui n'a pas encore pris forme en lettres ou en mots, car il provient du point intérieur du cœur, plus profond que la parole.

כי האותיות שרשם בחכמה שבממוח ובחי׳ הבל הזה היוצא בבחינת קול פשוט הוא בבחינת פנימית נקודת הלב שלמעלה מהחכמה שבמוח כו׳

Car la racine des lettres se trouve dans la 'Hokhma (sagesse) du cerveau, tandis que ce souffle qui s’exhale sous la forme d’un son simple relève de la dimension intérieure du point du cœur, qui est au-dessus de la 'Hokhma du cerveau, etc.

Explication

Les lettres ont leur racine dans la 'Hokhma, l’intellect du cerveau, tandis que le souffle simple du chofar provient du point intérieur du cœur, qui est même au-dessus de la 'Hokhma.

וביאור זה הנה ידוע שיש ב׳ מיני קול הא׳ הנקרא קול הדבור שגם הוא יוצא מהבל הלב

Voici l’explication : il est connu qu’il existe deux sortes de sons. Le premier est ce que l’on appelle le son de la parole, qui provient lui aussi du souffle du cœur,

Explication

Deux sortes de sons proviennent du souffle du cœur. La première est le son de la parole.

אך הוא מבחי׳ חיצונית הלב שהן בחינות המדות שבלב הנמשכות מהמוחין דחו״ב [דחכמה ובינה] עד למטה מן הדעת שהדעת ממשיך השכל שבמוח אל הלב.

mais il relève de la dimension extérieure du cœur, c’est-à-dire des attributs émotionnels (midot) qui se trouvent dans le cœur et sont attirés depuis l’intellect (mo'hin) de la 'Hokhma et de la Bina jusqu’en dessous de la Daat, car la Daat fait descendre l’intellect qui se trouve dans le cerveau vers le cœur.

Explication

La parole provient de la dimension extérieure du cœur, de ses émotions, façonnées par la 'Hokhma et la Bina, puis amenées dans le cœur par la Daat. C’est pourquoi la parole prend la forme de lettres.

אבל בחי׳ קול פשוט היוצא מהבל הפנימי שבעומקא דלבא שהוא למעלה מן השכל להיותו פנימית הרצון שבלתי מוגבל בשכל שלכן הוא קול פשוט וכמו צעקה פתאומית שבאה מנקודת עומק הלב להיות ההתפעלות בעצם הנפש ממש

Mais le son simple provient du souffle intérieur, au plus profond du cœur, qui est au-dessus de l’intellect, puisqu’il est la dimension intérieure de la volonté, laquelle n’est pas limitée par l’intellect. C’est pourquoi il s’agit d’un son simple, comme un cri soudain qui jaillit du point le plus profond du cœur, lorsque l’émotion touche l’essence même de l’âme,

Explication

Le son simple provient du souffle intérieur, au plus profond du cœur : il est l’expression de la volonté intérieure, que l’intellect ne limite pas. C’est pourquoi il demeure sans paroles, comme un cri soudain jailli de l’essence même de la personne.

כמו צעק לבם אל ה׳ ובחינת צעקה זו היא למעלה משרש האותיות שבחכמה [ועמ״ש מזה באריכות ג״כ בד״ה תקעו בחדש הנ״ל] וע״י שתוקעים בו תקיעה

comme dans « Leur cœur cria vers D.ieu ». Un tel cri est au-dessus de la racine des lettres qui se trouve dans la 'Hokhma [et voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet en détail dans le maamar commençant par « Sonnez du chofar à la nouvelle lune », mentionné plus haut]. Et, en sonnant une tekia

Explication

Les Lamentations disent : « Leur cœur cria vers D.ieu » : un tel cri provient d’au-dessus de la racine des lettres dans la 'Hokhma. La même idée est expliquée en détail dans le maamar « Sonnez du chofar à la nouvelle lune ».

של מצוה בקול פשוט וברעותא דלבא שבבחי׳ למעלה מן הדעת ולמעלה מבחי׳ אותיות מעורר ג״כ למעלה בחי׳ כתר שלמעלה מהחכמה ודעת ונמשך ענג בבחינת מלוכה להיות מתענג מביטול היש

de la mitsva avec un son simple et le désir du cœur (re'outa deliba), qui relève d’un niveau supérieur à la Daat et au-delà des lettres, on éveille également en haut le niveau de Kéter (la Couronne), qui est au-dessus de la 'Hokhma et de la Daat ; le plaisir est alors attiré dans le niveau de la Royauté, de sorte que [D.ieu] prend plaisir à l’annulation du yesh.

Explication

En sonnant une tekia de la mitsva avec un son simple et un désir intérieur, au-dessus de la Daat et des lettres, on éveille en haut le niveau de Kéter, qui dépasse la 'Hokhma et la Daat. Le plaisir se répand alors dans la Royauté : D.ieu prend plaisir à l’annulation du yesh.

ולכן תוקעים בשופר שצדו א׳ קצר והב׳ רחב ע״ד שנאמר מן המצר קראתי י״ה ענני במרחב י״ה וד״ל [ודי למבין].

C’est pourquoi on sonne du chofar dont une extrémité est étroite et l’autre large, conformément à ce qui est dit : « De l’étroitesse j’ai appelé D.ieu ; D.ieu m’a répondu dans l’espace ouvert. » Cela suffit à qui comprend.

Explication

La forme du chofar, étroit à une extrémité et large à l’autre, évoque le verset : « De l’étroitesse j’ai appelé D.ieu ; D.ieu m’a répondu dans l’espace ouvert. » La note de Kehot renvoie au Talmud et au Choul'han Aroukh, qui statuent qu’un chofar sonné à l’envers, par son extrémité large, n’est pas valide.

Le paragraphe 10 en bref

Après le résumé de la section 2, la section 3 explique pourquoi le chofar attire le plaisir de D.ieu dans la royauté : la corne de bélier porte l'annulation de soi de l'animal, dont la racine se trouve dans le Tohou, au-dessus de Daat, et la tekia sans paroles provient du point intérieur du cœur, au-delà des lettres de 'Hokhma. Ce cri simple éveille le Kéter d'en haut, afin que D.ieu prenne plaisir à un yesh qui s'annule.

Pour aller plus loin

Le paradoxe de l'animal — en deçà de Daat parce que sa racine est au-dessus de Daat — reflète le principe selon lequel ce qui est tombé le plus bas provient du lieu le plus élevé : les réceptacles brisés du Tohou avaient jadis contenu des lumières trop grandes pour tout réceptacle. La note de Kehot renvoie le lecteur au maamar de Chavouot dans la paracha Emor, où l'agitation des deux agneaux par le prêtre les élève vers leur racine et leur source, afin qu'ils s'annulent et s'unissent à la Lumière infinie.

Maré mekomot

  1. 1
    השופר שהוא של איל · Rosh Hashanah 26b:7–8
  2. 2
    של איל · Rosh Hashanah 16a:16
  3. 3
    פני אריה פני שור · Ezekiel 1:10
  4. 4
    בהמות בהררי אלף · Psalms 50:10
  5. 5
    בפ׳ אמור בד״ה והניף הכהן · לעיל פ׳ אמור לז, ב.
  6. 6
    צעק לבם אל ה׳ · Lamentations 2:18
  7. 7
    בשופר שצדו א׳ קצר · Rosh Hashanah 27b:1–2
  8. 8
    מן המצר קראתי · Psalms 118:5

11והיינו תקיעה ראשונה שהיא המשכה מלמעלה למטה שמתענג מביטול היש כנ״ל אמנם תקיעה אחרונה היא העלאה ממטה למעלה ע״י קדימת השברים והתרועה

C’est là la première tekia, qui constitue un influx d’en haut vers le bas, afin qu’Il prenne plaisir à l’annulation du yesh, comme indiqué plus haut. La dernière tekia, en revanche, est une élévation d’en bas vers le haut, grâce aux shevarim et à la teroua qui la précèdent,

Explication

La première tekia, sonnée avant les sons brisés, fait descendre d’en haut le plaisir, afin que D.ieu prenne plaisir au yesh qui s’annule. La dernière tekia, sonnée après les shevarim et la teroua, est l’inverse : une ascension d’en bas vers le haut.

שהם בבחי׳ שמאל דוחה והתעוררות רחמים רבים כמ״ש במ״א וכמ״ש בכוונת שהתקיעות והשברים הם לבטל היצה״ר [היצר הרע] כו׳ [ועכ״ז [ועם כל זה] יובן הפסוק כי קרוב אליך הדבר כו׳ לעשותו.

qui relèvent de l’aspect de « la main gauche repousse » et éveillent une abondante miséricorde, comme cela est expliqué ailleurs, et comme il est écrit dans les intentions des mitsvot, que les tekia et les shevarim servent à annuler le mauvais penchant, etc. [Et, malgré tout cela, le verset « Car la parole est proche de toi, etc., pour l’accomplir » s’éclairera.

Explication

Les shevarim et la teroua, ces sons brisés et saccadés, expriment « la main gauche repousse », le côté rigoureux qui écarte le mal, et éveillent une abondante miséricorde ; les intentions des mitsvot selon le Ari zal indiquent que ces sons servent à annuler le mauvais penchant. Une parenthèse s’ouvre maintenant pour expliquer le verset « Car la parole est proche de toi… pour l’accomplir ».

פי׳ הדבר היינו ה׳ דבר מל׳ דאצילות לעשותו להיות בנין הנוק׳ [הנוקבא] שנק׳ ג״כ עשייה שבאצי׳ כנ״ל ועמ״ש בד״ה והיה מדי חדש.

Explication : « la parole » désigne la parole de D.ieu, Mal'hout d’Atsilout ; « pour l’accomplir » signifie qu’il y ait la construction de Noukva, qui est elle aussi appelée l’Assiya au sein d’Atsilout, comme indiqué plus haut. Voir également ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et il arrivera, de nouvelle lune en nouvelle lune ».

Explication

« La parole » désigne la parole de D.ieu, Mal'hout d’Atsilout, la parole divine créatrice ; « pour l’accomplir » désigne la construction de Noukva, qui est le niveau de l’action (Assiya) au sein d’Atsilout. L’Alter Rebbe renvoie à son discours « Et il arrivera, de nouvelle lune en nouvelle lune ».

כי דבור לשון הנהגה והמשכה כו׳ להתלבש גם בעשייה גשמיות כו׳ וזהו ענין ששת ימי המעשה משא״כ בשבת כתיב ממצוא חפצך ודבר דבר כו׳.

Car « parole » (dibour) exprime la conduite et l’influx, etc., jusqu’à s’envelopper jusque dans l’action matérielle, etc. Voilà ce que désignent les six jours de l’action (maassé). En revanche, au sujet de Chabbat, il est écrit : « en t’abstenant de poursuivre tes affaires et de prononcer des paroles », etc.

Explication

La parole (dibour) signifie également conduire et diriger : la parole divine guide le monde et s’enveloppe jusque dans l’action matérielle. C’est pourquoi les jours de semaine sont appelés « les six jours de l’action », tandis que, pour Chabbat, le prophète enseigne de s’abstenir « de poursuivre tes affaires et de prononcer des paroles ».

Le paragraphe 11 en bref

La première tekia fait descendre le plaisir de D.ieu ; la dernière, après les sons brisés qui écartent le mal et éveillent la miséricorde, élève l’homme. Une parenthèse interprète ensuite « Car la parole est proche de toi… pour l’accomplir » comme désignant Mal'hout, la parole créatrice de D.ieu, qui s’édifie par l’action, cette parole qui se retire le Chabbat.

Pour aller plus loin

L’expression d’Ézéchiel « les six jours de l’action », à laquelle renvoie la note de Kehot, provient de sa vision du futur Temple : la porte de la cour intérieure orientée vers l’est reste fermée pendant les six jours de l’action et s’ouvre le Chabbat et à la nouvelle lune.

Maré mekomot

  1. 1
    כי קרוב אליך הדבר · Deuteronomy 30:14
  2. 2
    הדבר היינו ה׳ דבר מל׳ דאצי׳ · ראה מא״א אות ד, סעיף ד.
  3. 3
    ששת ימי המעשה · Ezekiel 46:1
  4. 4
    ממצוא חפצך ודבר דבר · Isaiah 58:13

12ובפיך היינו ע״י השופר ובלבבך רעו״ד [רעותא דליבא] ואומרו כי קרוב אליך כו׳ היינו שאתם קרובים זל״ז [זה לזה]

« Dans ta bouche » : c’est-à-dire par le chofar ; « et dans ton cœur » : le désir du cœur (re’ou ta deliba). Et lorsqu’il dit : « Car [cela] est proche de toi », etc., cela signifie que vous êtes proches l’un de l’autre,

Explication

Le verset poursuit : « dans ta bouche et dans ton cœur » : « dans ta bouche » désigne le chofar, et « dans ton cœur », le désir intérieur du cœur qui l’anime. « Proche de toi » signifie que les deux parties, Mal’hout et Zeir Anpin, sont proches l’une de l’autre.

כי הנוק׳ [הנוקבא] נק׳ אחותי לז״א שהוא הנק׳ ישראל כי שרית כו׳. וגם שבנינה הוא מט׳ [מטה] מלכיות שלו.

car Noukva est appelée « ma sœur » par rapport à Zeir Anpin, qui est appelé Yisrael, « car tu as lutté », etc. De plus, sa construction se fait à partir de ses neuf Mal’hout.

Explication

Noukva est appelée « ma sœur » par rapport à Zeir Anpin, qui est appelé Yisrael d’après le verset « car tu as lutté » avec D.ieu, et Noukva est construite à partir des neuf Mal’hout de Zeir Anpin. Ainsi, « la parole », Mal’hout, est proche de « toi », Yisrael.

ועוד כי שרש אותיות הדבור שמח״ע [שמחכמה עילאה] היינו ג״כ מקדמות השכל שלמעלה מהשכל המושג כמ״ש באגה,ק ע״פ ויעש דוד שם וא״כ עם היות שהמשכת

En outre, la racine des lettres de la parole, qui provient de la 'Hokhma supérieure, provient elle aussi de l’« antériorité de l’intellect » (kadmout ha-sékhel), qui est au-dessus de l’intellect appréhendable, comme il est écrit dans Iggeres HaKodesh, à propos du verset « Et David se fit un nom ». Dès lors, bien que la descente

Explication

En outre, les lettres de la parole proviennent de la 'Hokhma supérieure, laquelle découle elle-même de l’« antériorité de l’intellect » (kadmout ha-sékhel), source de la pensée qui précède toute idée que l’on puisse saisir, comme l’explique Iggeres HaKodesh 5 à propos du verset « Et David se fit un nom ».

הרצון וכתר דמל׳ צ״ל נמשך מא״א [מאריך אנפין] שלמעלה גם מהחכמה עכ״פ [על כל פנים] קרובים הם זל״ז [זה לזה] ועמ״ש סד״ה כי המצוה הזאת כו׳ מענין זה דכי קרוב אליך הדבר.

de la volonté et de Kéter de Mal’hout doive provenir d’Ari’h Anpin, qui est au-dessus même de la 'Hokhma, ils sont néanmoins proches l’un de l’autre. Voyez aussi ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Car cette mitsva », etc., au sujet de « Car la parole est proche de toi ».

Explication

Ainsi, bien que la volonté et Kéter de Mal’hout doivent provenir d’Ari’h Anpin, qui est au-dessus de la 'Hokhma, la parole et sa source sont proches l’une de l’autre, puisque la parole aussi a sa racine au-dessus de l’intellect appréhendable. L’Admour Hazaken renvoie à la fin de son discours « Car cette mitsva », consacré au même verset.

א״נ [אי נמי] כמ״ש (בזכריה סימן ד׳) והנה מנורת זהב כו׳ זה דבר ה׳ והמנורה היא כנס״י [כנסת ישראל].

Autre explication : comme il est écrit (Zacharie, chapitre 4) : « Et voici un candélabre d’or », etc. ; « C’est la parole de Havaya » ; et le candélabre est Knesset Yisrael (l’Assemblée d’Israël).

Explication

Une autre interprétation s’appuie sur la vision de Zacharie d’un candélabre d’or, dont l’ange dit : « C’est la parole de Havaya. » Le candélabre est Knesset Yisrael, l’Assemblée d’Israël.

ובמ״א נת׳ [נתבאר] שיש במל׳ ב׳ פרצופים פרצוף הפנימי נקרא כנס״י [כנסת ישראל] והחיצון זהו הדבור וזהו כי קרוב אליך הדבר וזהו ג״כ ענין ישראל עלו במחשבה והמחשבה עם הדבור קרובים זל״ז [זה לזה]].

Et il a été expliqué ailleurs que Mal’hout comporte deux partsoufim (configurations) : la part superficielle est appelée Knesset Yisrael, et la part extérieure est la parole. C’est là le sens de « Car la parole est proche de toi ». C’est aussi le sens de « Yisrael s’éleva dans la pensée » : la pensée et la parole sont proches l’une de l’autre.]

Explication

Mal’hout comporte deux configurations : l’une, intérieure, appelée Knesset Yisrael, et l’autre, extérieure, qui est la parole. « La parole est proche de toi » signifie que la parole est proche de son pendant intérieur, tout comme « Yisrael s’éleva dans la pensée » ; la pensée et la parole sont proches l’une de l’autre. Le crochet se ferme ici.

והנה מבואר בפע״ח [בפרי עץ חיים] שסוד השופר הוא בבינה כי התלבשות ומקום גילוי התענוג הוא בבינה וכנודע כי התגלות עתיק הוא בבינה

Or, il est expliqué dans Pri Etz Chaim que le secret du chofar se trouve dans Bina, car c’est dans Bina que le plaisir s’habille et se révèle ; et, comme on le sait, la révélation d’Atik se fait dans Bina.

Explication

L’argument principal reprend. Pri Etz Chaim enseigne que le secret du chofar réside dans Bina, car le plaisir s’habille et se révèle dans Bina ; comme on le sait, Atik, le plaisir intérieur de Kéter, se révèle dans Bina.

(ועמ״ש מזה בפ׳ לך לך גבי ה׳ דאברהם ע״ש] ולכן הוא בחי׳ עוה״ב [עולם הבא] והיינו מפני שהיא בחי׳ השגה ועיקר התגלות התענוג הוא בהשגה דוקא כמו עדמ״מ [עד״מ] למטה באדם כשנופל לו איזה השגה ושכל חדש באיזו עמקות הוא מתמלא תענוג

(Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans la paracha Lekh Lekha, à propos du hé d’Avraham ; voyez là-bas.) C’est pourquoi il s’agit du niveau du Monde futur : parce qu’il est le niveau de la compréhension, et que la révélation essentielle du plaisir se produit précisément dans la compréhension. Ainsi, par analogie, chez l’homme ici-bas, lorsqu’une compréhension, une idée nouvelle et profonde, lui vient à l’esprit, il est rempli de plaisir.

Explication

Après avoir renvoyé à son développement sur la lettre hé ajoutée au nom d’Avraham, l’Admour Hazaken explique pourquoi Bina est appelée le Monde futur : elle est la compréhension, et le plaisir se révèle principalement par la compréhension. Lorsqu’une personne saisit une idée nouvelle et profonde, elle est remplie de plaisir.

אמנם עיקר התגלות וההתפשטות התענוג בשלימות הוא דוקא אח״כ כשמשיג העמקות הזאת בהרחבת שכלו ורוחב בינתו דוקא וכמ״כ [וכמו כן] הוא למעלה שהתענוג עליון מלובש בחכמה הנקרא עדן שהוא עצם דבר המושג כמו שהוא עדיין בעצמותו

Cependant, la révélation principale et le déploiement complet du plaisir ne viennent qu’ensuite, lorsqu’il saisit cette profondeur avec l’ampleur de son intellect et l’étendue de sa compréhension. De même en haut, le plaisir suprême est revêtu dans 'Hokhma (sagesse), appelée Éden, qui est l’essence même de la chose comprise, telle qu’elle demeure encore dans son essence ;

Explication

Le plaisir ne se manifeste pleinement qu’ensuite, lorsqu’il développe cette intuition dans toute son ampleur et ses détails. De même en haut, le plaisir suprême est revêtu dans 'Hokhma, appelée Éden, l’essence d’une idée avant qu’elle ne soit déployée.

אמנם שם הוא בהעלם ועיקר התגלותו כשנמשך בבחי׳ בינה שהיא בחי׳ השגה בהתפשטות אורך ורוחב כו׳.

mais là, il est caché, et sa révélation principale se produit lorsqu’il est attiré dans le niveau de Bina (compréhension), qui est le niveau de la compréhension, dans un déploiement en longueur et en largeur, etc.

Explication

Dans 'Hokhma, le plaisir est caché ; il se révèle lorsqu’il s’écoule dans Bina, la faculté qui déploie une idée « en longueur et en largeur ».

ולכן השופר הוא ג״כ בבינה שהתגלות התענוג הנמשך ע״י השופר הוא בבינה ומשם מקבל הדבור שהוא בחי׳ מל׳ בדבר ה׳ שמים נעשו להיות ענג במדת המל׳ ג״כ:)

C’est pourquoi le chofar aussi relève de Bina, car la révélation du plaisir attiré par le chofar se produit dans Bina ; et c’est de là que la parole reçoit, elle qui est le niveau de Mal'hout : « Par la parole de D.ieu, les cieux furent faits », afin qu’il y ait aussi du plaisir dans l’attribut de Mal'hout.

Explication

C’est pourquoi le chofar relève de Bina : le plaisir qu’il attire s’y révèle. De Bina, le plaisir passe à la parole, qui est Mal'hout, comme dans le verset : « Par la parole de D.ieu, les cieux furent faits », afin que la Royauté aussi soit remplie de plaisir.

Le paragraphe 12 en bref

Le passage entre crochets s’achève sur l’idée que la parole, Mal’hout, est proche de sa source dans la volonté et la 'Hokhma supérieure, tout comme la parole est proche de la pensée. L’argument principal situe ensuite le chofar dans Bina, où le plaisir caché de la 'Hokhma et d’Atik se révèle à travers la compréhension, puis se transmet à Mal’hout.

Pour aller plus loin

Les notes de Kehot renvoient au Zohar (3:178b) pour la révélation d’Atik dans Bina et au Zohar (2:90a) pour la 'Hokhma comme Eden. Les deux étapes de l’analogie — l’éclair de plaisir suscité par une intuition nouvelle, puis le plaisir plus ample qui accompagne sa compréhension détaillée — correspondent à la 'Hokhma et à Bina. C’est pourquoi le chofar, qui révèle le plaisir, est situé dans Bina.

Maré mekomot

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    כי שרית · Genesis 32:29
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    ויעש דוד שם · Tanya, Iggeres HaKodesh 5:1
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    והנה מנורת זהב · Zechariah 4:2
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    זה דבר ה׳ · Zechariah 4:6
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    ישראל עלו במח׳ · ב״ר רפ״א.
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    ישראל עלו במחשבה · Bereshit Rabbah 1:4
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    בפע״ח שסוד השופר הוא בבינה · שער השופר פ״א-ב.
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    התגלות עתיק הוא בבינה · Zohar III, 178b
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    ועיקר התגלות התענוג הוא בהשגה · ראה אוה״ת פ׳ עקב ע׳ תקמד.
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    בדבר ה׳ שמים נעשו · Psalms 33:6
  11. 11
    בחכ׳ הנק׳ עדן · Zohar II, 90a

Pourquoi le chofar cède devant le Chabbat ¶13–14

13קיצור. והמשכה זו ע״י השופר קול פשוט פנימית הלב שלמעלה מהשכל ומעורר כמ״כ [כמו כן] רצון העליון שלמעלה מהחכמה והיינו ע״י שופר של איל דוקא הבהמה יש בה ביטול ממדרגות עליונות.

Résumé : Cette effusion s’opère par le chofar, son simple qui est la dimension intérieure du cœur, au-dessus de l’intellect ; il éveille de même la volonté supérieure, au-dessus de 'Hokhma. Et cela s’accomplit précisément au moyen d’un chofar de bélier : l’animal possède un bitoul qui procède de niveaux supérieurs.

Explication

Résumé de la section 3 : le son simple du chofar provient du point intérieur du cœur, au-dessus de l’intellect, et éveille la volonté supérieure, au-dessus de 'Hokhma. Il faut que la corne soit celle d’un bélier, car le bitoul de l’animal procède de niveaux supérieurs.

ובפע״ח [ובפרי עץ חיים] שהשופר בבינה כי התגלות עתיק הוא בבינה:ד ומעתה יבואר למה אין תקיעת שופר דוחה שבת והוא

Et dans Pri Etz Chaim, il est enseigné que le chofar relève de Bina, car la révélation d’Atik se fait dans Bina. 4. Nous allons maintenant expliquer pourquoi la sonnerie du chofar ne repousse pas le Chabbat. C’est

Explication

Le résumé s’achève sur l’enseignement de Pri Etz Chaim selon lequel le chofar relève de Bina, où Atik se révèle. La section 4 revient alors à la question initiale : pourquoi la sonnerie du chofar ne repousse-t-elle pas le Chabbat ?

כי ענין השבת הוא מ״ש כי בו שבת כו׳ ויכולו השמים והארץ כו׳ ויכל אלקים ביום השביעי כו׳

parce que le Chabbat consiste en ce qui est écrit : « Car en ce jour Il se reposa », etc., « Les cieux et la terre furent achevés », etc., « Et D.ieu acheva le septième jour », etc.

Explication

La réponse tient à la nature du Chabbat, telle que la décrit la Genèse : D.ieu « se reposa » en ce jour, et « les cieux et la terre furent achevés… et D.ieu acheva le septième jour ».

כמו עד״מ באדם כששובת ונח מאיזו מלאכת עבודה שהיה שכלו ומחשבתו מלובשת באותה מלאכה לעיין בכל פרטי המלאכה בהתחכמות כו׳

Ainsi, à titre d’analogie, un homme qui cesse de travailler et se repose après avoir accompli quelque tâche dans laquelle son intellect et sa pensée étaient investis, examinant avec ingéniosité tous les détails du travail, etc. :

Explication

Une analogie : lorsqu’un homme s’affaire à un travail, il y investit son intellect et sa pensée, en élaborant avec habileté chacun de ses détails.

וכששובת אזי מתעלה השכל וחוזר למקורו ומתפשט מהתלבשותו כו׳ ואזי נמשך לו תענוג משלימות המלאכה

Lorsqu’il cesse, son intellect s’élève, revient à sa source et se dépouille de son investissement dans le travail, etc. Alors, le plaisir lui vient de l’achèvement de la tâche.

Explication

Lorsqu’il s’arrête, son esprit remonte à sa source, libéré de son absorption dans le travail, et il éprouve du plaisir devant l’ouvrage achevé.

ולכן בסיום מסכתא עושין סעודה מחמת התענוג שבא בגמר והשלמת לימודו דוקא וכך עד״מ הוא למעלה שבששת ימי בראשית היו ירידות והמשכות המדות עליונות

C’est pourquoi on organise un repas à l’achèvement d’un traité, en raison du plaisir qui survient précisément lorsque l’étude est terminée et achevée. De même, par analogie, il en va là-haut : durant les six jours de la Création, il y eut des descentes et des effusions des attributs émotionnels supérieurs (midot)

Explication

C’est pourquoi on organise un repas lorsqu’on achève un traité : le plaisir naît de l’achèvement de l’étude. De même, là-haut, durant les six jours de la Création, les attributs émotionnels de D.ieu descendirent et furent répandus pour créer le monde.

לברוא בהן השמים והארץ וכל צבאם יום ראשון במאמר יהי אור ירד ונמשך במדת החסד [ומדת הגבורה כלולה בה להגביל שפעה ובתוכן מלובשת בחי׳ חכמה

afin de créer par eux les cieux, la terre et toute leur armée. Le premier jour, par la parole « Que la lumière soit », [elle] descendit et fut répandue dans l’attribut de 'Hessed [et l’attribut de Guevoura y est inclus pour en limiter le flux ; en eux est investie la qualité de 'Hokhma,

Explication

Le premier jour, la parole « Que la lumière soit » fut répandue par l’attribut de 'Hessed, bonté, tandis que Guevoura, retenue, y était incluse afin d’en limiter le flux ; 'Hokhma était investie dans ces deux attributs.

להיות ההשפעה ע״פ גזירת החכמה] יום ב׳ יהי רקיע ממדת הגבורה כו׳ ואח״כ בשבת כשוישבות ביום השביעי שנח ממלאכתו כביכול ונתעלו מדותיו וחכמתו ית׳ בעצמותו

afin que l’effusion se fasse conformément au décret de 'Hokhma] ; le deuxième jour, « Que le firmament soit », par l’attribut de Guevoura, etc. Puis, le Chabbat, lorsqu’« Il se reposa le septième jour », c’est-à-dire qu’Il se reposa de Son œuvre, pour ainsi dire, Ses attributs et Sa sagesse, béni soit-Il, s’élevèrent dans Son essence,

Explication

'Hokhma veille à ce que l’effusion suive son « décret » sage. La parole du deuxième jour, « Que le firmament soit », procéda de Guevoura, et ainsi de suite ; puis, le Chabbat, lorsque D.ieu « se reposa », Ses attributs et Sa sagesse remontèrent dans Son essence, pour ainsi dire.

ואזי ויכל אלקים ביום השביעי ויכל הוא מלשון כלתה נפשי פי׳ שנמשך בחינת התענוג העליון ומתגלה בכל אשר פעל ועשה בשימ״ב [בששת ימי בראשית] הנ״ל וכמו שכתוב

alors « D.ieu acheva (vayekhal) le septième jour ». Vayekhal vient de l’expression « mon âme languit (kaltah) » : c’est-à-dire que le plaisir suprême est attiré vers le bas et se révèle dans tout ce qu’Il a façonné et créé durant les six jours de la Création mentionnés plus haut ; comme il est écrit,

Explication

Alors « D.ieu acheva (vayekhal) le septième jour » : vayekhal est rapproché de kaltah, « langueur », comme dans « mon âme languit ». Le plaisir suprême est attiré vers le bas et se révèle dans tout ce qui fut créé durant les six jours.

והנה טוב מאד כו׳ וג״פ [וג׳ פעמים] ביום השביעי הוא כנגד ג׳ בחינות שהתענוג מתלבש בהם בינה הוד יסוד כו׳

« et voici, cela était très bon », etc. Les trois occurrences de « le septième jour » correspondent aux trois niveaux dans lesquels le plaisir s’habille : Bina, Hod, Yessod, etc.

Explication

Il s’agit du plaisir de « et voici, cela était très bon ». Les trois mentions du « septième jour » dans les versets correspondent aux trois Séfirot dans lesquelles ce plaisir s’habille : Bina, Hod et Yessod.

וז״ש [וזהו שכתוב] בע״ח [בעץ חיים] ששבת הוא גילוי מוחין דאבא וכמ״ש ושמרתם את השבת כו׳ כי קדש היא לכם

Et c’est ce qui est écrit dans Etz Chaim : le Chabbat est la révélation des mo’hin d’Abba ; comme il est écrit : « Vous garderez le Chabbat, etc., car il est saint (kodesh) pour vous »,

Explication

C’est pourquoi l’enseignement de l’Ari zal affirme — comme le relève la note de Kehot, dans Pri Etz Chaim — que le Chabbat révèle les mo’hin d’Abba, c’est-à-dire la 'Hokhma, comme dans « Vous garderez le Chabbat… car il est saint (kodesh) pour vous » ; kodesh est un nom de la 'Hokhma.

כי התענוג הנמשך הוא מתלבש בחכמה שלכן נקרא עדן בכתוב והוא עד״מ הנ״ל כשנופל לאדם איזו השכלה מתמלא בתענוג כו׳ כנ״ל.

car le plaisir qui est attiré vers le bas s’habille dans la 'Hokhma, appelée pour cette raison Eden dans l’Écriture. C’est comme dans l’analogie mentionnée plus haut : lorsqu’une idée vient à l’esprit d’une personne, elle est remplie de plaisir, etc., comme mentionné plus haut.

Explication

Le plaisir du Chabbat s’habille dans la 'Hokhma, ce qui explique que l’Écriture appelle celle-ci « Eden », plaisir. Cela ressemble à la personne de l’analogie, remplie de plaisir lorsqu’une idée lui vient à l’esprit.

Le paragraphe 13 en bref

La section 4 commence à expliquer pourquoi le chofar ne repousse pas le Chabbat. Le Chabbat est le « repos » de D.ieu après la Création : comme un artisan qui achève son ouvrage, Ses attributs remontent à leur source, et un plaisir supérieur devant tout ce qu’Il a créé se révèle, investi dans 'Hokhma.

Pour aller plus loin

La note du Kehot sur « le Chabbat est la révélation des mo'hin d’Abba » relève que cet enseignement se trouve non pas dans Etz Chaim, mais dans Pri Etz Chaim (Porte du Chabbat, ch. 21 et 19) et dans le Likkutei Torah de l’Arizal sur Bereishis. La lecture de vayechal au sens de « désir ardent » suit le Targum Yerushalmi cité par le Baal HaTurim, comme le signale une autre note du Kehot.

Maré mekomot

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    יהי רקיע · Genesis 1:6
  6. 6
    ויכל הוא מלשון כלתה נפשי · ראה בעל הטורים במקומו בשם תרגום ירוש׳. אור החיים שם.
  7. 7
    כלתה נפשי · Psalms 84:3
  8. 8
    והנה טוב מאד · Genesis 1:31
  9. 9
    וג״פ ביום השביעי · Genesis 2:2
  10. 10
    וז״ש בע״ח · בפע״ח ש׳ השבת (פכ״א) ושם בפי״ט להמעיין. אבל בע״ח ל״מ — וע״ע בלקוטי תורה מאריז״ל פ׳ בראשית (יב, א) ד׳ ווילנא (תר״ם). [ד״ה ונבאר מעלת אדה״ר]. [כ].
  11. 11
  12. 12
    ושמרתם את השבת · Exodus 31:14

14ולכן כתיב ממצוא חפצך ודבר דבר כי הדבור מתעלה בחכמה שהרי התענוג הוא מן הדבור של המאמרות יהי אור יהי רקיע כו׳.

C’est pourquoi il est écrit : « en t’abstenant de poursuivre tes affaires et de prononcer des paroles », car la parole s’élève dans la 'Hokhma ; le plaisir vient en effet de la parole des énoncés : « Que la lumière soit », « Qu’il y ait un firmament », etc.

Explication

C’est pourquoi Isaïe enseigne que, le Chabbat, il faut s’abstenir « de prononcer des paroles » : le Chabbat, la parole s’élève dans la 'Hokhma. Le plaisir du Chabbat est celui que procurent les paroles divines de la création, les énoncés « Que la lumière soit », « Qu’il y ait un firmament ».

ואם כן הוא שבשבת נמשך מצד עצמו גילוי תענוג עליון שמתענג מכל אשר עשה ממילא אינו נצרך לשופר שהוא ג״כ

Et s’il en est ainsi, puisque le Chabbat une révélation du plaisir supérieur est suscitée d’elle-même, car Il prend plaisir à tout ce qu’Il a fait, il s’ensuit qu’il n’est pas nécessaire de sonner du chofar, ce qui est également

Explication

Puisque le plaisir supérieur se révèle de lui-même le Chabbat, D.ieu prenant plaisir à tout ce qu’Il a fait, le chofar n’est pas nécessaire.

רק ענין המשכת התענוג במדת המלוכה וע״כ נדחה מ״ע [מצות עשה] של שופר בשבת [ומה גם לפמ״ש [לפי מה שכתוב] בזהר בשלח (דס״ג ע״ב) ובפ׳ יתרו (דפ״ח ע״א) בענין

seulement une manière de susciter le plaisir dans l’attribut de la Royauté. C’est pourquoi le commandement positif du chofar est écarté le Chabbat. [À plus forte raison selon ce qui est écrit dans le Zohar, parachat Bechala’h (63b) et parachat Yitro (88a), au sujet

Explication

Le chofar a lui aussi pour seul objectif de susciter le plaisir dans la Royauté, ce qui se produit déjà le Chabbat ; c’est pourquoi son commandement peut être écarté le Chabbat. La remarque entre crochets apporte un argument supplémentaire tiré du Zohar sur Bechala’h et Yitro.

דהא כל שיתא יומין מתברכין מיומא שביעאה שהיא הבינה כמ״ש במק״מ [במקדש מלך] שם א״כ גם שבת הוא בחי׳ התגלות עתיק שבבינה אשר זהו בחינת השופר]:

du fait que « les six jours sont tous bénis à partir du septième jour », qui est la Bina, comme l’écrit le Mikdash Melech à cet endroit. Si tel est le cas, le Chabbat lui aussi est le niveau de la révélation d’Atik dans la Bina, ce qui constitue le niveau du chofar.]

Explication

Le Zohar enseigne que les six jours sont bénis à partir du septième, que le Mikdash Melech, un commentaire du Zohar, identifie à la Bina. Si le Chabbat est la Bina, il contient déjà la révélation d’Atik dans la Bina, précisément le niveau que révèle le chofar.

Le paragraphe 14 en bref

Puisque, le Chabbat, le plaisir de D.ieu dans la création se révèle de lui-même, le chofar, dont le rôle est de susciter le plaisir dans la Royauté, n’est pas nécessaire et son commandement est donc écarté. L’enseignement du Zohar selon lequel les six jours sont bénis à partir du septième, identifié à la Bina, montre que le Chabbat possède déjà le niveau du chofar.

Pour aller plus loin

Une note du Kehot cite un discours de 5728 qui rapporte, au nom d’Or HaTorah : « le Chabbat, le chofar n’est pas tellement nécessaire ». Le commandement demeure donc en vigueur lorsque Roch Hachana tombe un Chabbat, mais sans avoir la même force qu’un jour de semaine ; c’est pourquoi il cède devant la crainte que l’on transporte le chofar sur quatre coudées dans le domaine public.

Maré mekomot

  1. 1
    ממצוא חפצך ודבר דבר · Isaiah 58:13
  2. 2
    אינו נצרך לשופר · ”אבל באוה״ת ר״ה ע׳ א׳תלח ”בשבת אינו צריך כ״כ לתקיעת שופר”. ולהעיר, דעפ״ז מובן זה שגם בר״ה שחל בשבת ישנה המצוה דתק״ש, אלא שאינה בתוקף כ״כ כבר״ה שחל בימי השבוע (לפי שבשבת אין צריך כ״כ לתק״ש). ולכן היא נדחית מפני החשש שמא יעבירנו ד׳ אמות ברה״ר” — ד״ה והי׳ תשכ״ח הערה 13. ובלקו״ש חי״ט ע׳ 540 ואילך איך הוא ע״פ נגלה.
  3. 3
    ובפ׳ יתרו דפ״ח ע״א · ראה באוה״ת פ׳ בשלח ע׳ תרלח.
  4. 4
    דהא כל שיתא יומין מתברכין מיומא שביעאה · Zohar, Yitro 26:441–27:453
  5. 5
    מיומא שביעאה שהיא הבינה כמ״ש במק״מ שם · ראה באוה״ת פ׳ בשלח ע׳ תרלו שמבאר זה. בענין שבת שנק׳ בינה מצויין לזוהר זה לעיל פ׳ צו יא, א. פ׳ אמור לו, ב. מד, ב. וראה גם אוה״ת ויקרא כרך ג ע׳ תתקטו. בראשית דף ס, ב.
  6. 6
    בזהר פ׳ בשלח דס״ג ע״ב · בכל יומא ויומא מתברך עלמא מההוא יומא עילאה דהא כל שיתא יומין מתברכין מיומא שביעאה וכל יומא יהיב מההוא ברכה דקביל ביומא דיליה” — אוה״ת פ׳ בשלח ע׳ תרלו. ונזכר גם לעיל פ׳ שלח ב, ג. ולעיל פ׳ נצבים מו, ב. וראה ספר השיחות תש״נ ע׳ 78.
  7. 7

Pourquoi la Torah le prescrit néanmoins le Chabbat ¶15–19

15אך להבין מה שמן התורה מצוה וחיוב אפי׳ [אפילו] לתקוע בשבת אלא שחז״ל [שחכמינו זכרונם לברכה] אסרו משום גזרה דרבה.

Mais [il nous faut encore] comprendre pourquoi, selon la loi de la Torah, il y a une mitsva et une obligation de sonner [du chofar], même le Chabbat, et pourquoi seuls nos Sages, de mémoire bénie, l’ont interdit en raison du décret de Rabba.

Explication

Voici l’autre aspect de la question : si le chofar n’est pas nécessaire le Chabbat, pourquoi la Torah elle-même ordonne-t-elle tout de même de le sonner ce jour-là, de sorte que seul le décret des Sages l’interdit ?

הנה באמת יש כמה בחינות בענין התענוג לאין קץ ותכלית ויותר ממ״ש בע,ח בענין סדר ההשתלשלות וכמ״ש בהקדמת הרח״ו [הרבי חיים ויטאל] עצמו שאינו מזכיר כ״א כטפה מן הים כו׳

En vérité, il existe de nombreux niveaux dans le domaine du plaisir, sans fin ni limite, davantage que ce qui est écrit dans Etz Chaim au sujet de l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) ; comme Rabbi ‘Haïm Vital lui-même l’écrit dans son introduction : il n’en mentionne qu’une goutte de la mer, etc.

Explication

La réponse commence par l’étendue infinie du plaisir. Il existe d’innombrables niveaux de plaisir, davantage que ce qu’Etz Chaim expose dans son étude de l’enchaînement descendant des mondes ; Rabbi ‘Haïm Vital lui-même écrit dans son introduction qu’il n’en rapporte qu’une goutte de la mer.

דהנה גם בגשמיות אנו רואים שהתענוג בנפש הוא ביתר שאת ויתר ריבוי מדרגות משאר כחות הנפש וכנראה בעליל שיש תענוגים רבים לאין קץ ותכלית

Car même dans le domaine physique, nous voyons que le plaisir dans l’âme possède une éminence et une multiplicité de niveaux bien plus grandes que les autres facultés de l’âme ; cela est manifeste : il existe de nombreux plaisirs, sans fin ni limite.

Explication

Même dans l’expérience humaine, le plaisir comporte davantage de niveaux que toute autre faculté de l’âme : il existe d’innombrables sortes de plaisir.

כי יש הרבה מיני תענוג בחוש הטעם בחיך יטעם אוכל או משקה בהרבה מינים מינים ממינים שונים וכל א׳ מובדל ומשונה מחבירו בטעמו וכיוצא בזה בחוש הריח

Car il existe de nombreuses sortes de plaisir dans le sens du goût, lorsque le palais goûte un aliment ou une boisson, parmi de nombreuses variétés d’espèces différentes ; chacune se distingue des autres par son goût. Il en va de même pour l’odorat ;

Explication

Le goût à lui seul recèle d’innombrables variétés, chaque aliment et chaque boisson ayant une saveur distincte, comme le dit Job : « Le palais goûte les aliments » ; il en va de même pour l’odorat.

וכן בדבור שמתענג מצחות הלשון והמליצה בהגיון או דקדוק או אפילו במלתא דבדיחותא וכן בשמיעה מקול נאה או כלי זמר ערב וכיוצא וכן בראיה יש תענוגים רבים שונים כנודע ועאכ״ו [ועל אחת כמה וכמה] בכחות רוחניים כמו השכל כו׳ וכיוצא.

de même pour la parole, où l’on éprouve du plaisir dans la fluidité du langage et l’éloquence, dans la logique ou la grammaire, ou même dans une plaisanterie spirituelle ; de même pour l’ouïe, à l’écoute d’une belle voix, d’un instrument de musique agréable, et ainsi de suite ; et, de même, la vue procure de nombreux plaisirs différents, comme on le sait. À plus forte raison en est-il ainsi des facultés spirituelles, telles que l’intellect, etc., et ainsi de suite.

Explication

La parole procure du plaisir par l’éloquence, la logique, la grammaire ou même une plaisanterie spirituelle ; l’ouïe, par une belle voix ou la musique ; et la vue, par de nombreux plaisirs. Les facultés spirituelles, telles que l’intellect, en comportent davantage encore.

Le paragraphe 15 en bref

Pour expliquer pourquoi la Torah ordonne de sonner du chofar même le Chabbat, l’Admour Hazaken commence par montrer que le plaisir comporte des niveaux infinis : même les plaisirs humains — goût, odorat, parole, ouïe, vue et, plus encore, intellect — présentent plus de variétés que toute autre faculté de l’âme.

Maré mekomot

  1. 1
    הנה באמת יש כמה בחינות בענין התענוג · ראה אוה״ת שמות ע׳ ב׳תקמ.
  2. 2
    בחיך יטעם אוכל · Job 12:11
  3. 3
    בחיך יטעם אוכל · Job 34:3

16ומזה יכול המשכיל לצייר עוצם הריבוי בתענוג אלקי מאחר שנודע דכללות התענוג שבענינים דהאי עלמא הוא רק פסולת ותמצית דתמצית מתענוג האלקי וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] ר״ע [רבי עקיבא] שחק ואמר אם לעוברי רצונו כו׳

De là, l’homme réfléchi peut se représenter l’immensité de la profusion du plaisir divin, puisqu’il est connu que l’ensemble des plaisirs liés aux choses de ce monde n’est que le rebut et l’extrait de l’extrait du plaisir divin, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Rabbi Akiva rit et dit : “Si ceux qui transgressent Sa volonté…” »,

Explication

De là, l’homme réfléchi peut imaginer l’immensité du plaisir divin, puisque tous les plaisirs de ce monde ne sont que le rebut, « l’extrait de l’extrait », du plaisir divin. Le Talmud raconte que Rabbi Akiva, voyant la prospérité de Rome, rit et dit : si ceux qui transgressent Sa volonté sont ainsi comblés, à combien plus forte raison ceux qui accomplissent Sa volonté.

וכמ״ש במ״א ועאכ״ו [ועל אחת כמה וכמה] למקור התענוג העליון שהוא בודאי רב הכמות והאיכות לאין קץ ותכלית וביתר שאת ויתר עז מכל הי״ס [הי׳ ספירות] שלמעלה עד״מ הנ״ל דחוש התענוג שבנפש שגדול מאד ורב כחו יותר מכל כחות הנפש כנ״ל.

comme il est écrit ailleurs. À plus forte raison, la source du plaisir supérieur, qui est certainement d’une quantité et d’une qualité infinies, sans fin ni limite, et « supérieure en éminence et supérieure en puissance » à toutes les dix Séfirot supérieures, selon l’analogie mentionnée plus haut du sens du plaisir dans l’âme, qui est très grand et plus puissant que toutes les forces de l’âme, comme indiqué plus haut.

Explication

Si le simple résidu du plaisir divin est si grand, sa source est certainement infinie en quantité et en qualité, « supérieure en éminence et supérieure en puissance » à toutes les Séfirot. De même, dans l’âme, le sens du plaisir est plus puissant que toutes ses autres facultés.

Le paragraphe 16 en bref

Puisque tout plaisir terrestre n’est qu’un lointain résidu du plaisir divin, la source de ce plaisir doit être infiniment grande, surpassant toutes les Séfirot, comme le sens du plaisir dépasse les autres forces de l’âme.

Pour aller plus loin

La note de Kehot renvoie à Likkutei Torah, Ch'lah, où le rire de Rabbi Akiva est expliqué ainsi : si même le rebut du plaisir supérieur, qui est tombé dans les kelipot, est si grand, combien plus grand est le plaisir supérieur intérieur qui rayonne dans la Torah et les mitsvot.

Maré mekomot

  1. 1
    ר״ע שחק ואמר אם לעוברי כו׳ כמ״ש במ״א · מכות כד, סע״א. ראה לעיל פ׳ שלח מז, א. וראה גם פ׳ בהעלותך לג, ד.
  2. 2
    אם לעוברי רצונו · Makkot 24a:33–24b:1
  3. 3
    שאת ויתר עז · Genesis 49:3

17ולכן נק׳ בחי׳ מקור התענוגים למעלה בשם אריך אנפין לפי שמתפשט באריכות הרבה כנ״ל. ועמ״ש ע״פ ואתה מרבבות קדש.

C’est pourquoi le niveau de la source des plaisirs, là-haut, est appelé Arich Anpin (la Longue Face), car il s’étend sur une très grande longueur, comme indiqué plus haut. Voir également ce qui est écrit au sujet du verset : « Et Il est venu des myriades de sainteté. »

Explication

C’est pourquoi la source du plaisir est appelée Arich Anpin, la « Longue Face » : elle s’étend à l’infini. L’Admour Hazaken renvoie à son discours sur le verset « Et Il est venu des myriades de sainteté ».

משא״כ המדות דאצילות נקרא זעיר אנפין לפי שהם מעטי הכמות ובבחי׳ קיצור בעצם מציאותן ועד״מ ממדות שבלב האדם אהוי״ר [אהבה ויראה] שהם כחות מצומצמים וקצרים בעצם מציאותן ואינן בערך אורך המציאות של התענוג כנ״ל.

En revanche, les attributs émotionnels (midot) d’Atsilout sont appelés Zeir Anpin (la Petite Face), car ils sont limités en quantité et, dans leur existence même, de nature brève. On peut en donner pour analogie les attributs émotionnels du cœur humain, l’amour et la crainte : ce sont des forces restreintes et brèves dans leur existence même, sans commune mesure avec la longue durée du plaisir, comme indiqué plus haut.

Explication

À l’inverse, les attributs émotionnels d’Atsilout sont appelés Zeir Anpin, la « Petite Face », car ils sont limités par nature, tout comme l’amour et la crainte chez l’être humain sont restreints et brefs en comparaison de la vaste portée du plaisir.

Le paragraphe 17 en bref

Les noms des configurations reflètent cette différence : Arich Anpin, la source du plaisir, est « long », car le plaisir s’étend à l’infini, tandis que Zeir Anpin, les attributs émotionnels, est « petit », limité dans son existence même, comme l’amour et la crainte humains.

Pour aller plus loin

Dans le discours sur « des myriades de sainteté », l’Admour Hazaken explique que la racine de la Torah se trouve au niveau des « myriades » (revavot), bien au-dessus du niveau de « cent », et que c’est de là qu’elle peut descendre jusque dans des mitsvot matérielles, telles que la soucca et les téfilines.

Maré mekomot

  1. 1
    ועמ״ש ע״פ ואתה מרבבות קדש · לקמן פ׳ ברכה צג, ג.
  2. 2
    ואתה מרבבות קדש · Deuteronomy 33:2

18והנה בחי׳ המשכת התענוג שיתענג ממדת המלוכה הנמשך ע״י השופר הוא מבחי׳ מובדלת מבחי׳ התענוג המאיר בשבת שהמתענג מחמת כי וירא אלקים את כל אשר עשה

Or, le déploiement du plaisir qu’Il éprouve dans l’attribut de la royauté, déploiement qui s’opère par le chofar, provient d’un niveau distinct de celui du plaisir qui rayonne le Chabbat, où Il se réjouit parce que « D.ieu vit tout ce qu’Il avait fait,

Explication

Voici le point essentiel : le plaisir lié à la royauté, que le chofar fait descendre, provient d’un niveau tout à fait distinct du plaisir qui rayonne le Chabbat, à savoir le plaisir de D.ieu dans Sa création, comme lorsque « D.ieu vit tout ce qu’Il avait fait ».

והנה טוב מאד כנ״ל כי התענוג הנמשך בשבת הוא מה שמתלבש בחכמה דאצילות כנ״ל בפי׳ ושמרתם את שבת

et voici que c’était très bon », comme mentionné plus haut. Car le plaisir qui descend le Chabbat est celui qui est revêtu dans la 'Hokhma d’Atsilout, comme expliqué plus haut au sujet de « Vous garderez le Chabbat,

Explication

Le plaisir du Chabbat — « et voici que c’était très bon » — est revêtu dans la 'Hokhma d’Atsilout, comme expliqué plus haut à propos du verset « Vous garderez le Chabbat ».

כי קדש היא כו׳ ובחכמה מתלבש חסד דא״א כידוע דאו״א [דאבא ואימא] מלבישים לזרועות דא״א אבא בחסד אחיד ותלי ואימא בגבורה כמ״ש אני בינה לי גבורה כו׳

car il est saint », etc. Dans la 'Hokhma est revêtu le 'Hessed d’Arikh Anpin. On sait en effet qu’Abba et Imma revêtent les bras d’Arikh Anpin : « Abba s’attache au 'Hessed et en dépend », et Imma à la Guevoura, comme il est écrit : « Je suis Bina, la Guevoura est à moi », etc.

Explication

Dans la Kabbale, Abba et Imma ('Hokhma et Bina d’Atsilout) revêtent les « bras » d’Arikh Anpin : Abba est attaché à son 'Hessed et Imma à sa Guevoura, comme le dit le verset : « Je suis Bina, la Guevoura est à moi. » Ainsi, le plaisir du Chabbat, dans la 'Hokhma, provient du 'Hessed d’Arikh Anpin, l’une de ses sept Séfirot inférieures.

אבל ע״י השופר נמשך מבחי׳ בינה דא״א שלמעלה מערך התענוג דז״ת [דז׳ תחתונות] דא״א והוא המתלבש בבינה דאצילות שסוד השופר הוא בבינה כנ״ל (ועיין במק״מ [במקדש מלך] ר״פ שמות)

Mais par le chofar, [le plaisir] descend du niveau de Bina d’Arikh Anpin, qui est sans commune mesure avec le plaisir des sept Séfirot inférieures d’Arikh Anpin ; c’est ce niveau qui est revêtu dans la Bina d’Atsilout, car le mystère du chofar réside dans Bina, comme mentionné plus haut. (Voir aussi le Mikdash Melech au début de la paracha Chemot.)

Explication

Le chofar fait descendre un niveau supérieur, la Bina d’Arikh Anpin, qui dépasse les sept Séfirot inférieures ; ce niveau se révèle dans la Bina d’Atsilout, où se situe le chofar. L’Admour Hazaken renvoie au Mikdash Melech sur le début de Chemot.

(בדף ג׳ ע״א) ע״פ תשורי מראש אמנה דא גרון. מש״ש [מה שכתוב שם] בשם האוצ״ח [האוצרות חיים] ומ״ש בביאורי הזהר שם פירוש וענין בינה דא״א.

(au folio 3a), sur le verset « Regarde depuis le sommet d’Amanah » : « c’est la gorge » ; voir ce qui y est écrit au nom d’Otsrot ‘Haïm, ainsi que ce qui est écrit dans Bioureï HaZohar au même endroit, au sujet du sens et de la nature de la Bina d’Arikh Anpin.

Explication

Le Mikdash Melech commente là l’interprétation du Zohar de « Regarde depuis le sommet d’Amanah » comme « c’est la gorge », lieu de la Bina d’Arikh Anpin. La parenthèse renvoie également à Otsrot ‘Haïm, cité à cet endroit, et à Bioureï HaZohar sur le même passage.

ועיין בפי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות] ר״פ קרח ד״ה כמה עילאין פתגמי אורייתא ועפמ״ש [ועל פי מה שכתוב] הרמ״ז [הרב משה זכות] שם יובן מ״ש במשנה פ״ג [פרק ג׳] דר״ה [דראש השנה] שופר כו׳ ופיו מצופה זהב כי זהב רומז לבינה דאריך כמ״ש הרמ״ז [הרב משה זכות] שם

Voir aussi le commentaire du Ramaz au début de la paracha Kora'h, sur le passage qui commence par « Combien les paroles de la Torah sont élevées ». À la lumière de ce qu’écrit le Ramaz là-bas, on comprendra ce qui est dit dans la Michna, chapitre 3 de Roch Hachana : « Le chofar, etc., et son embouchure est recouverte d’or » ; car l’or fait allusion à la Bina d’Arikh [Anpin], comme l’écrit le Ramaz à cet endroit.

Explication

Au début de la paracha Kora'h, le Ramaz explique la 'Hokhma et la Bina d’Arikh Anpin. À sa lumière, on comprend la règle de la Michna selon laquelle l’embouchure du chofar de Roch Hachana est recouverte d’or : l’or fait allusion à la Bina d’Arikh Anpin, la source que le chofar atteint.

ולכן גם בשבת מצוה לתקוע מד״ת [מדת] לפי שממשיכים הארת תענוג יותר עליון מבחי׳ התענוג דשבת כנ״ל

C’est pourquoi, même le Chabbat, il y a une mitsva, selon la loi de la Torah, de sonner [du chofar], car [par son intermédiaire] rayonne un plaisir supérieur au niveau du plaisir du Chabbat, comme mentionné plus haut.

Explication

Voilà pourquoi la Torah ordonne de sonner du chofar même le Chabbat : il fait descendre un plaisir supérieur au plaisir du Chabbat lui-même.

(ועיין מ״ש בד״ה ביום השמע״צ [השמיני עצרת] גבי יפה שעה אחת בתשובה שיש שני מיני תענוג לפני המלך האחד בעשיית המצות והשני כשרואה את בנו בא מרחוק שיש זמן רב אשר לא ראהו וכראות המלך את הבן נתמלא חדוה ותענוג

(Voir aussi ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Le jour de Chemini Atséret », à propos de « Mieux vaut une heure de techouva » : il existe deux sortes de plaisir devant le Roi ; l’une, dans l’accomplissement des mitsvot, et l’autre, lorsqu’Il voit Son fils venir de loin, lui qu’Il n’a pas vu depuis longtemps. Quand le roi voit son fils, Il est rempli de joie et de plaisir.)

Explication

La parenthèse compare ces deux plaisirs à ceux évoqués dans le discours sur Chemini Atséret, au sujet de « Mieux vaut une heure de techouva » : un roi se réjouit de l’obéissance de son fils, mais bien davantage encore lorsqu’il le voit revenir de loin après une longue absence.

וכן בנמשל אע״פ [אף על פי] שנתרחק האדם בחטאיו מ״מ ע״י תשובה נתקרב למקורו ושרשו כו׳ ע״ש ועד״ז יש לומר ההפרש בין התענוג המתגלה בשבת שמתענג מכל אשר עשה זהו כעין המין הראשון

De même, dans l’analogue, bien qu’un homme se soit éloigné par ses péchés, néanmoins, par la techouva (retour), il est rapproché de sa source et de sa racine, etc. ; voir là-bas. Dans cette même perspective, on peut expliquer la différence suivante : le plaisir qui se révèle le Chabbat, lorsqu’Il se réjouit de tout ce qu’Il a fait, est comparable au premier type ;

Explication

De même, un homme qui s’est égaré par le péché et revient par la techouva est rapproché de sa racine. Le plaisir du Chabbat, dans tout ce que D.ieu a fait, est comparable au premier type : le plaisir suscité par les mitsvot.

אמנם התענוג שע״י השופר שהוא בחינת תשובה זהו כענין כמשל שרואה את בנו בא ממרחק שהוא פנימיות תענוג יותר וכמו שכתוב מזה בד״ה שוש אשיש)

mais le plaisir qui vient par le chofar, lequel relève de la techouva, est comparable à l’image de quelqu’un qui voit son fils revenir de loin : c’est un plaisir plus intérieur ; comme cela est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Je me réjouirai grandement ». )

Explication

Le plaisir du chofar est celui de la techouva, comme lorsqu’un roi voit son fils revenir de loin : c’est un plaisir plus intérieur, comme l’explique également le discours « Je me réjouirai grandement ».

ושרש הענין הוא כי ידוע שהכתר הוא הממוצע בין המאציל לנאצלים וכל ממוצע יש בו בחי׳ מזה

La racine de la question est la suivante : on sait que Kéter (la Couronne) est l’intermédiaire entre l’Émanateur et les émanés, et que tout intermédiaire possède quelque chose de l’un

Explication

La racine de cette distinction est que Kéter est l’intermédiaire entre l’Émanateur, D.ieu Lui-même, et les Séfirot émanées ; comme tout intermédiaire, il possède quelque chose des deux côtés.

ומזה שלכך הוא יכול לחברם ולהוריד שפע מזה לזה וכמ״כ [וכמו כן] הכתר יש בו בחי׳ התחתונה שבמצאיל

et de l’autre, ce qui lui permet de les unir et de faire descendre le flux de l’un vers l’autre. De même, Kéter contient le niveau inférieur de l’Émanateur,

Explication

C’est ainsi qu’il peut les unir et transmettre le flux de l’un à l’autre. Kéter contient donc le niveau inférieur de l’Émanateur.

וגם הוא שרש להנאצלים והבחי׳ הא׳ שבו שהיא התחתונה שבמאציל גדלה וגבההה מעלתה על בחי׳ ב׳ שבו שהיא שרש הנאצלים

et il est également la racine des émanés. Le premier niveau qu’il contient, qui est le niveau inférieur de l’Émanateur, est bien supérieur et plus élevé que son deuxième niveau, qui est la racine des émanés.

Explication

Kéter est également la racine des Séfirot émanées. Son premier aspect, le niveau inférieur de l’Émanateur, est de très loin supérieur à son deuxième aspect, la racine des émanés.

והנה זה שהחכמה מלבשת להארת התענוג היינו מבחי׳ ב׳ שבו שהוא שרש לנאצלים שהן הן ז״ת [ז׳ תחתונות] דא״א שמתלבשות באצילות כנ״ל דאו״א [דאבא ואימא] מלבישים כו׳

Or, le rayonnement du plaisir dont 'Hokhma (sagesse) s’enveloppe provient du deuxième niveau qu’il contient, qui est la racine des émanés : il s’agit des sept Séfirot inférieures d’Arikh Anpin, qui s’enveloppent dans Atsilout, comme mentionné plus haut, Abba et Imma s’en enveloppant, etc.

Explication

Le plaisir dont 'Hokhma s’enveloppe — le plaisir du Chabbat — provient du deuxième aspect de Kéter : les sept Séfirot inférieures d’Arikh Anpin, qui s’enveloppent dans Atsilout par l’intermédiaire d’Abba et Imma.

אבלעל ידי השופר ממשיכים מבחי׳ הא׳ שבו שהוא בחי׳ תחתונה שבמאציל והיינו בחי׳ חו״ב [חכמה ובינה] דא״א שלמעלה מערך הז״ת [הז׳ תחתונות] דא״א אך מקום התגלותן הוא בבינה דאצי׳ כנ״ל:

Mais, par le chofar, [le plaisir] est attiré du premier niveau qu’il contient, qui est le niveau inférieur de l’Émanateur ; il s’agit du niveau de 'Hokhma et Bina d’Arikh Anpin, qui est sans commune mesure avec les sept Séfirot inférieures d’Arikh Anpin. Toutefois, le lieu de leur révélation est dans Bina d’Atsilout, comme mentionné plus haut.

Explication

Le chofar attire du premier aspect de Kéter, le niveau inférieur de l’Émanateur, qui correspond à 'Hokhma et Bina d’Arikh Anpin et dépasse les sept Séfirot inférieures. Pourtant, ce plaisir supérieur se révèle dans Bina d’Atsilout.

Le paragraphe 18 en bref

Le plaisir que fait descendre le chofar est d’un autre ordre que celui du Chabbat. Le Chabbat révèle le plaisir de la création, revêtu dans la 'Hokhma d’Atsilout et provenant des sept Séfirot inférieures d’Arikh Anpin, racine du monde émané ; le chofar puise dans la 'Hokhma et la Bina d’Arikh Anpin, le niveau le plus bas de l’Émanateur Lui-même, comme le plaisir d’un roi retrouvant son fils. C’est pourquoi la Torah ordonne de sonner du chofar même le Chabbat.

Pour aller plus loin

Les notes de Kehot rattachent « Abba s’attache au 'Hessed » au Zohar sur Bamidbar (118b), cité au début de la Porte d’Abba et Imma d’Etz ‘Haïm. Elles citent également le Bioureï HaZohar du Tséma'h Tsédek sur le Ramaz : le palais, la 'Hokhma et la Bina, se trouve dans la gorge ; entre eux vient la parole, la Torah, le Daat d’Atik.

Maré mekomot

  1. 1
    וירא אלקים את כל אשר עשה · Genesis 1:31
  2. 2
    ושמרתם את שבת · Exodus 31:14
  3. 3
    דאו״א מלבישים לזרועות דא״א · שער הנסירה בע״ח פ״ו. [כ].
  4. 4
    אבא בחסד אחיד ותלי · Zohar, Bamidbar 3:27–38
  5. 5
    אבא בחסד . . ואמא בגבורה · הובא בע״ח ריש ש׳ או״א ב׳ הזהר והוא בריש פ׳ במדבר (קיח, ב) ובזה״ל מסטר׳ דאבא אחיד ותלייא חסד עלאה מסטרא דאימא תלייא גבורה, יעו״ש. [כ].
  6. 6
    אני בינה לי גבורה · Proverbs 8:14
  7. 7
    תשורי מראש אמנה · Song of Songs 4:8
  8. 8
    ומ״ש בביאורי הזהר שם · לאדה״א לו, ד. וראה ביאוה״ז להצ״צ כרך א ע׳ קפח. כרך ב ע׳ תשסז.
  9. 9
    ועיין בפי׳ הרמ״ז ר״פ קרח . . פתגמי דאורייתא · ”בענין חו״ב דאריך ושם שחיך חכמה ובינה בגרון ומבין שניהם יוצא הדבור שהוא התורה דעת עתיק” — ביאוה״ז להצ״צ כרך ב ע׳ תשסז.
  10. 10
    בד״ה ביום השמע״צ · לקמן פד, א.
  11. 11
    יפה שעה אחת בתשובה · Pirkei Avot 4:17
  12. 12
    שוש אשיש · Isaiah 61:10
  13. 13

19קיצור. ולכן נדחה תקיעת שופר משום גזרה דרבה בשבת כי בשבתץ נמשך מצד עצמו גילוי תענוג עליון.

Résumé : C’est pourquoi la sonnerie du chofar est écartée le Chabbat en raison du décret de Rabba, car le Chabbat, une révélation du plaisir supérieur se déploie d’elle-même.

Explication

Résumé de la section 4 : le Chabbat, le plaisir supérieur se révèle de lui-même ; la sonnerie du chofar peut donc être écartée en raison du décret de Rabba.

ומ״מ מן התורה מצוה לתקוע גם בשבת לפי שהמשכת התענוג שע״י השופר בר״ה [בראש השנה] הוא מבחי׳ מובדלת מבחי׳ התענוג המאיר השבת:

Néanmoins, selon la Torah, il y a une mitsva de sonner même le Chabbat, car le déploiement du plaisir suscité par le chofar à Roch Hachana provient d’un niveau distinct du niveau du plaisir qui illumine le Chabbat.

Explication

Pourtant, selon la Torah, la mitsva s’applique même le Chabbat, car le plaisir que le chofar déploie à Roch Hachana provient d’un niveau distinct et supérieur au plaisir qui rayonne le Chabbat.

Le paragraphe 19 en bref

Ce résumé présente les deux aspects de la réponse : le Chabbat rend la sonnerie du chofar suffisamment superflue pour qu’elle cède devant le décret, mais le plaisir supérieur qu’apporte le chofar en fait néanmoins une obligation de la Torah, même le Chabbat.

Le Second Temple, le loulav et le tribunal ¶20–22

20ה אך אעפ״כ [אף על פי כן] ראו חכמים משום גזרה דרבה לדחות מ״ע [מצות עשה] זו בשבת והענין כי גזרה זו היתה בזמן בית שני כנודע בגמרא שרוב הגזירות והחומרות והסייגים היו בזמן בית שני דוקא

5. Néanmoins, les Sages estimèrent [juste], en raison du décret de Rabba, d’écarter ce commandement positif le Chabbat. L’explication est que ce décret fut [pris] à l’époque du Second Temple, comme on le sait par la Guemara : la plupart des décrets, des rigueurs et des mesures de sauvegarde datent précisément de l’époque du Second Temple.

Explication

La section 5 aborde le décret lui-même : pourquoi les Sages ont-ils écarté un commandement de la Torah en raison du décret de Rabba ? La réponse commence par un élément historique : ce décret, comme la plupart des décrets, rigueurs et mesures de sauvegarde rabbiniques, date de l’époque du Second Temple.

והיינו מחמת שבבית שני לא היתה גאולה שלימה כי היו מלכי עובדי כוכבים מושלים עליהם כנודע

Cela s’explique par le fait que, durant le Second Temple, la délivrance ne fut pas complète, car des rois idolâtres régnaient sur eux, comme on le sait.

Explication

À l’époque du Second Temple, la délivrance était incomplète : le peuple juif vivait sous la domination de rois étrangers qui vouaient un culte aux idoles.

וגם ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] ע״פ וארצה בו ואכבד״ה חסר ה׳ (בחגי סימן א׳) שה׳ דברים חסרו בבית שני בראשון ארון וכפורת ונביאים כו׳.

Nos Sages, de mémoire bénie, ont également dit au sujet du verset « J’y trouverai mon plaisir et je serai honoré (veïkavda) », [écrit] sans le hé final (Haggaï, chapitre 1), que cinq choses qui se trouvaient dans le Premier Temple manquaient dans le Second : l’Arche et son couvercle, ainsi que les prophètes, etc.

Explication

Le Talmud relève que, dans le verset de Haggaï « et je serai honoré » (veïkavda), le hé final manque dans le texte écrit, ce qui fait allusion à cinq choses que possédait le Premier Temple et qui manquaient dans le Second, notamment l’Arche avec son couvercle et l’esprit saint de prophétie.

והטעם לכל זה כי בית ראשון היה מבחי׳ ה׳ עילאה בינה [כמ״ש בזהר שמות (ד״ט ע״ב)

La raison de tout cela est que le Premier Temple relevait du niveau du hé supérieur, Bina [comme il est écrit dans le Zohar, Chemot (folio 9b) ;

Explication

La raison plus profonde est que le Premier Temple correspondait au « hé supérieur » du Nom divin, c’est-à-dire à Bina, comme l’enseigne le Zohar sur Chemot.

וע״ש במק״מ [במקדש מלך] שפי׳ שגם המל׳ היתה אז במדרגת הבינה שהיא ה׳ עילאה ועמ״ש מזה סד״ה ששת ימים תאכל מצות ועיין עוד מזה במק״מ [במקדש מלך] פ׳ תרומה

et voir à cet endroit le Mikdash Melekh, qui explique que Mal'hout aussi se trouvait alors au niveau de Bina, qui est le hé supérieur ; voir également ce qui est écrit à ce sujet à la fin du discours commençant par « Six jours, tu mangeras des matsot » ; voir encore à ce sujet le Mikdash Melekh, parachat Terouma,

Explication

Le Mikdash Melekh, un commentaire du Zohar, explique qu’à l’époque du Premier Temple, même Mal'hout se trouvait au niveau de Bina. L’Admour Hazaken renvoie également à son discours « Six jours, tu mangeras des matsot » et au Mikdash Melekh sur la parachat Terouma.

דקמ״ג ע״א ע״פ שה״ש [שיר השירים]] עלמא דחירות [ע׳ [עיין] זהר תצוה דקפ״ג סע״א [סוף עמוד א] ופ׳ אמור דצ״ב ע״ב ור״פ קרח וס״פ לך לך דצ״ה ע״ב] חירות משעבוד עו״ג [עובדי גלולים]

folio 143a, au sujet du Cantique des Cantiques], le « monde de liberté » [voir le Zohar, Tetsavé, fin du folio 183a ; et parachat Emor, folio 92b ; et le début de la parachat Kora'h ; et la fin de la parachat Lekh Lekha, folio 95b] : la liberté de l’asservissement aux nations idolâtres.

Explication

Le Zohar appelle Bina « le monde de liberté » ; à l’époque du Premier Temple, cela signifiait la liberté à l’égard de l’asservissement aux nations idolâtres.

והיא בחי׳ עלמא דאתכסיא וע״כ היה בו הארון וכפורת שהם ג״כ מבחינה זו כמ״ש בע״ח [בעץ חיים] שער הארת המוחין זו״נ [זעיר אנפין ונוקבא] פ״ח [פרק ח׳]

C’est le niveau du « monde caché » (alma de’itkasya) ; c’est pourquoi il y avait l’Arche et son couvercle, qui relèvent eux aussi de ce niveau, comme il est écrit dans Etz ‘Haïm, Porte de l’illumination des mo'hin de Zeir Anpin et Noukva, chapitre 8.

Explication

Bina est également le « monde caché » (alma de’itkasya). C’est pourquoi le Premier Temple abritait l’Arche et son couvercle, qu’Etz ‘Haïm rattache à ce niveau.

וכן הנביאים הם נו״ה [נצח והוד] דאימא דוקא וכמ״ש בשער היחודים פ״א בשם התיקונים ומבינה נביאים ואינון נו״ה [נצח והוד] כו׳

De même, les prophètes sont précisément le Netsa'h et le Hod d’Imma, comme il est écrit dans Chaar HaYi'houdim, chapitre 1, au nom des Tikounim : « de Bina viennent les prophètes, et ils sont le Netsa'h et le Hod », etc.

Explication

La prophétie aussi provient de Bina : les prophètes puisent au Netsa'h et au Hod d’Imma, qui est Bina, comme le dit le Tikounei Zohar : « de Bina viennent les prophètes, et ils sont le Netsa'h et le Hod ».

אבל בית שני חסר בחי׳ ה׳ עילאה ולא היה בו גילוי הה׳ דברים שהם מבחי׳ ה׳ עילאה מפני שהי׳ [שהיה] מבחי׳ ה׳ תתאה

Mais le Second Temple était dépourvu du niveau du hei supérieur, et les cinq choses, qui relèvent du niveau du hei supérieur, ne s’y révélaient pas, car il relevait du hei inférieur.

Explication

Le Second Temple était dépourvu du hei supérieur et se situait au niveau du hei inférieur, Mal'hout. C’est pourquoi les cinq choses ayant leur racine dans Bina ne s’y révélaient pas.

ולכן לא היה בו חירות כו׳ ולכן גזרו בו חכמים כמה גזרות וסייגים שלא תהיה יניקת החיצונים משא״כ בבית ראשון בבחי׳ עלמא דאתכסייא

C’est pourquoi il n’y avait pas de liberté en lui, etc. ; et c’est pourquoi les Sages y instituèrent de nombreux décrets et garde-fous, afin que les forces extérieures ne puissent pas puiser leur nourriture. Il n’en allait pas ainsi dans le Premier Temple, au niveau du monde caché :

Explication

Privée du « monde de la liberté », l’époque du Second Temple était spirituellement exposée ; les Sages instituèrent donc de nombreux décrets et garde-fous pour empêcher les forces extérieures de puiser leur nourriture dans la sainteté. Dans le Premier Temple, dont la racine se trouvait dans le monde caché, cela n’était pas nécessaire.

אין שם שליטה וממשלה לס״א [לסטרא אחרא] כלל ומפני זה גזרו גם גזרה זו בבית שני לדחות מ״ע [מצות עשה] של תורה שלפי שחסר בו בחי׳ ה׳ עילאה דבינה

là, la sitra a'hra n’a aucune emprise ni aucun pouvoir. C’est pourquoi ils instituèrent également ce décret dans le Second Temple, en écartant un commandement positif de la Torah : car il lui manquait le niveau du hei supérieur de Bina,

Explication

Dans le monde caché, la sitra a'hra, les forces opposées à la sainteté, n’a absolument aucune emprise. À l’époque du Second Temple, cependant, les Sages instituèrent également ce décret, écartant un commandement de la Torah, car le hei supérieur, Bina, faisait défaut.

אזי אין מקום מוכן לגילוי והתלבשות עונג עליון דחו״ב [דחכמה ובינה] דא״א שלמעלה מז״ת [מז׳ תחתונות] הנמשך ע״י השופר שאינו שורה ומתלבש

il n’y avait alors aucun lieu préparé pour la révélation et l’habillage du plaisir sublime de 'Hokhma et Bina d’Arikh Anpin, qui se situe au-dessus des sept inférieures [Séfirot] et qui est attiré par le chofar, lequel repose et s’habille

Explication

Sans Bina, aucun lieu n’était préparé pour le plaisir sublime de 'Hokhma et Bina d’Arikh Anpin, supérieur aux sept Séfirot inférieures, que le chofar attire.

אלא בבינה דאצי׳ כנ״ל שהוא בחי׳ הכלי לגילוי תענוג זה וכמש״ל [וכמה שכתוב לעיל] באריכות ולכן בשבת שבלא״ה [שבלאו הכי] נמשך בחי׳ הארת התענוג מז״ת [מז׳ תחתונות] פטור משופר

que dans la Bina d’Atsilout, comme mentionné plus haut, laquelle est le réceptacle destiné à la révélation de ce plaisir, ainsi qu’il a été expliqué plus haut en détail. C’est pourquoi, le Chabbat, lorsque le rayonnement du plaisir provenant des sept inférieures [Séfirot] est de toute façon attiré, on est dispensé du chofar,

Explication

Ce plaisir ne peut reposer que dans la Bina d’Atsilout, qui en est le réceptacle. Ainsi, le Chabbat, où le plaisir provenant des sept Séfirot inférieures est de toute façon attiré, le chofar pouvait être écarté.

כי תענוג העליון מזה דהיינו מחו״ב [מחכמה ובינה] דא״א הנמשך ע״י השופר לא הי׳ [היה] נמשך כ״כ [כל כך] בזמן בית שני.

car le plaisir supérieur à celui-ci, c’est-à-dire celui de 'Hokhma et Bina d’Arikh Anpin, attiré par le chofar, n’était pas attiré dans une si grande mesure à l’époque du Second Temple.

Explication

Le plaisir supérieur, celui de 'Hokhma et Bina d’Arikh Anpin, n’était de toute façon pas attiré dans une très grande mesure à l’époque du Second Temple ; c’est pourquoi le décret pouvait écarter le chofar le Chabbat.

אכן זהו במדינה אבל במקדש עצמו היו תוקעין דכתיב וזה שער השמים ופסוק זה נאמר על בהמ״ק [בית המקדש] בפרט שנק׳ שער השמים פי׳ כמו השער

Toutefois, cela vaut dans les provinces ; mais dans le Temple lui-même, on sonnait du chofar, car il est écrit : « Et voici la porte du ciel ». Ce verset a été dit précisément au sujet du Saint Temple, qui est appelé « la porte du ciel » : c’est-à-dire, à la manière d’une porte,

Explication

Dans le Temple lui-même, cependant, on sonnait du chofar même le Chabbat, car le Temple est « la porte du ciel » : ces mots furent prononcés par Yaakov au sujet du lieu où il devait se tenir.

שהוא מקום פתוח לכניסה ויציאה ובו עצמו היה יכול להיות גילוי בחי׳ בינה דאצילות וברבות בשה״ש [בשיר השירים] ס״פ כמגדל דוד פי׳ מכון לשבתך מכוון נגד שבתך זה בהמ״ק [בית המקדש] שלמעלה

qui est un lieu ouvert aux entrées et aux sorties ; et en lui-même pouvait se révéler le niveau de Bina d’Atsilout. Dans le Midrash Rabba sur le Cantique des Cantiques, à la fin du passage « comme la tour de David », il est expliqué que « le lieu (machon) de Ta demeure » signifie : aligné (mechouvan) en face de Ta demeure, le Saint Temple d’en haut.

Explication

Une porte est une ouverture permettant d’entrer et de sortir ; ainsi, dans le Temple lui-même, Bina d’Atsilout pouvait se révéler. Le Midrash interprète « le lieu (machon) de Ta demeure » comme « aligné (mechouvan) en face de Ta demeure », le Temple d’en haut.

ולכן היו תוקעין בו גם בשבת אבל להמשיך גילוי בחי׳ בינה בכל הגבולין מבהמ״ק [מבית המקדש] זה לא היה יכולת כ״כ [כל כך] בבית שני

C’est pourquoi on sonnait aussi du chofar dans le Temple le Chabbat. Mais il n’était pas vraiment possible, dans le Second Temple, de faire descendre la révélation du niveau de Bina de ce Temple saint jusque dans toutes les régions éloignées.

Explication

Ainsi, on sonnait du chofar dans le Temple même le Chabbat. Mais, à l’époque du Second Temple, il n’était pas possible de faire descendre Bina du Temple vers le reste du pays.

כמו בבית ראשון שעיקר יסודתו ושרשו היה בבחינת בינה דהיינו להמשיך בחי׳ בינה בכל הגבולין

comme dans le Premier Temple, dont la fondation et la racine principales relevaient du niveau de Bina, c’est-à-dire qu’il s’agissait de faire descendre le niveau de Bina dans toutes les régions éloignées.

Explication

Cela était possible dans le Premier Temple, car sa fondation et sa racine relevaient de Bina et qu’il avait pour but de faire descendre Bina dans tout le pays.

אבל בית שני לא היה יכולת להמשיך בינה אלא לגבי עצמו שהוא שער השמים ולא בכל הגבול ין.

Mais, dans le Second Temple, il n’était pas possible de faire descendre Bina ailleurs qu’en son sein, car il est la porte du ciel, et non dans toutes les régions éloignées.

Explication

Le Second Temple ne pouvait révéler Bina qu’en son sein, lui qui est « la porte du ciel », et non dans tout le pays. C’est pourquoi, en dehors du Temple, on s’abstenait de sonner du chofar le Chabbat.

(ועיין בסש״ב [בספר של בינונים] פנ״ג [פרק נ״ג] ההפרש בין בית ראשון לבית שני שבבית ראשון היה נמשך ומאיר מבחי׳ האור המקננן ומאיר בעולם הבריאה שהוא מבחי׳ בינה דאצילות משא״כ בבית שני כו׳

(Voyez aussi le Sefer Shel Beinonim, chapitre 53, sur la différence entre le Premier Temple et le Second Temple : dans le Premier Temple, il y avait descente et rayonnement [de la lumière] depuis le niveau de la lumière qui réside et rayonne dans le Monde de Béria, lequel relève du niveau de Bina d’Atsilout ; ce qui n’était pas le cas dans le Second Temple, etc. ;

Explication

Cette longue parenthèse renvoie au Tanya, chapitre 53 : dans le Premier Temple rayonnait la lumière qui « réside » dans le Monde de Béria, le monde caché, et qui provient de Bina d’Atsilout ; ce n’était pas le cas dans le Second Temple.

ע״ש וכמ״ש במ״א בד״ה ביאור למ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] פנ״ב נ״ג ועמ״ש סד״ה את שבתותי תשמרו גבי ומקדשי תיראו

voyez là-bas. Et comme il est écrit ailleurs, dans le discours commençant par « Explication de ce qui est écrit dans le Sefer Shel Beinonim, chapitres 52 [et] 53 » ; voyez aussi ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Vous garderez Mes Chabbatot », au sujet de « et vous révérerez Mon Sanctuaire ».

Explication

L’Admour Hazaken renvoie également à un discours expliquant les chapitres 52–53 du Tanya, ainsi qu’à la fin de son discours sur « Vous garderez Mes Chabbatot… et vous révérerez Mon Sanctuaire ».

ועוד יובן זה ע״פ מ״ש במ״א ע״פ ועתה יגדל נא כח אד׳ כח היינו המילוי של שם הוי׳ כמ״ש בפע״ח [בפרי עץ חיים] גבי כוונת אישר״מ [אמן יהא שמיה רבא מברך] וענין המלוי הוא להיות ההמשכה וההשפעה משם הוי״ה למטה זהו ע״י המלוי.

Cela se comprendra aussi à la lumière de ce qui est écrit ailleurs au sujet du verset : « Et maintenant, que la puissance d’Ado-nai soit grande » : « puissance » (ko’ah) désigne le milouï (la forme développée) du Nom Havaya, comme il est écrit dans le Pri Etz Chaim à propos de l’intention de « Amen, que Son grand Nom soit béni » ; le milouï consiste en ceci : la descente et la transmission depuis le Nom Havaya vers les niveaux inférieurs s’accomplissent par le milouï.

Explication

Autre illustration : dans la supplication de Moché, « Que la puissance (ko’ah) d’Ado-nai soit grande », ko’ah désigne le milouï, la forme développée du Nom Havaya, comme l’explique le Pri Etz Chaim à propos de l’intention de « Amen, que Son grand Nom soit béni ». Le flux du Nom atteint les niveaux inférieurs par son milouï.

והרי פי׳ כח כפשוטו היניו הכח שבהעלם שלמעלה מהגילוי. והוא בחי׳ סוכ״ע. והיינו שכדי להיות בחי׳ התפשטות והמשכה למטה זהו ע״י כח יותר עליון כמו וידבר שלשת אלפים משל דגבי שלמה כמ״ש בד״ה לך לך.

Or, au sens simple, « puissance » désigne une force cachée, supérieure à la révélation ; c’est le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin). Autrement dit, pour qu’il y ait expansion et descente vers les niveaux inférieurs, il faut une puissance plus élevée, comme dans le cas de Chlomo, dont il est dit qu’« il prononça trois mille paraboles », ainsi qu’il est écrit dans le discours commençant par « Pars ».

Explication

Au sens simple, ko’ah désigne une force cachée, supérieure à la révélation : sovev kol almin, la lumière qui entoure tous les mondes. Pour se déployer loin vers les niveaux inférieurs, il faut une puissance plus élevée, comme chez Chlomo, dont la grande sagesse lui permit de « prononcer trois mille paraboles », ainsi qu’il est expliqué dans le discours « Pars ».

ולכן נקרא המלוי בשם כח. ועד״ז יובן כאן שכדי להיות ההתפשטות וההמשכה דבחי׳ בינה מבהמ״ק [מבית המקדש] בכל הגבולין זהו דוקא ע״י בית ראשון ה׳ עילאה כו׳

C’est pourquoi le milouï est appelé « puissance ». De même, on comprendra ici que l’expansion et la descente du niveau de Bina depuis le Temple saint jusque dans toutes les régions éloignées ne peuvent s’accomplir que par le Premier Temple, le hé supérieur, etc. ;

Explication

C’est pourquoi le milouï est appelé ko’ah. De même, faire descendre Bina du Temple dans tout le pays nécessitait le Premier Temple, enraciné dans le hé supérieur.

משא״כ בבית שני אף שבו עצמו היה יכול להיות גילוי בחי׳ בינה אבל להמשיך ממנו בכל הגבולין בחינה זו זה צ״ל ע״י בחי׳ גבוה יותר שלמעלה מהשתלשלות ועיין בסש״ב [בספר של בינונים] שם גבי ובבית שני כו׳

Tandis que, dans le Second Temple, bien qu’une révélation du niveau de Bina ait pu se produire en lui-même, pour diffuser ce niveau à partir de là dans toutes les régions périphériques, il fallait un niveau supérieur, au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout). Voir aussi le Sefer Shel Beinonim, à propos de « et dans le Second Temple », etc.,

Explication

Dans le Second Temple, Bina pouvait être révélée à l’intérieur du Temple, mais pour la diffuser dans tout le pays, il fallait un niveau supérieur à l’enchaînement descendant des mondes. Le Tanya dit que, dans le Second Temple, la Chekhina ne reposait que « selon l’enchaînement descendant des mondes ».

כדרך ההשתלשלות כו׳ ועוד דוגמא לזה ממ״ש במ״א גבי ענין ברכת הזימון שבשביל ההמשכה להתחלקות לרבים צריך לעשות תחלה בחי׳ בריכה כו׳ כי כדי להשפיע לרבים צריך שיבוא האור בהארה גדולה כו׳ ע״ש.

« selon l’enchaînement descendant des mondes », etc. Un autre exemple en est donné par ce qui est écrit ailleurs au sujet de la bénédiction du zimoun : pour que le flux puisse être diffusé parmi un grand nombre de personnes, il faut d’abord constituer une « piscine » (bere’ha), etc., car, pour donner à un grand nombre, la lumière doit se manifester dans un grand rayonnement, etc. Voir là-bas.

Explication

Autre exemple : pour la bénédiction du zimoun, l’invitation à réciter le Birkat Hamazon, dite par trois personnes ou plus, le flux doit d’abord se rassembler comme dans une « piscine » (bere’ha) avant de pouvoir être réparti entre beaucoup de personnes. Pour atteindre un grand nombre, la lumière doit se manifester avec un grand rayonnement.

ועד״ז יובן כאן ההפרש בין בית ראשון לבית שני לענין הגבולין כו׳ וד״ל [ודי למבין]) וכל זה הוא בשופר

De la même manière, on comprendra ici la différence entre le Premier Temple et le Second Temple concernant les régions périphériques, etc. Cela suffit à qui comprend.) Tout cela concerne le chofar.

Explication

De même, la racine supérieure du Premier Temple permettait à Bina de s’étendre à tout le pays, tandis que celle du Second Temple ne le permettait pas. La parenthèse se clôt et, avec elle, l’explication du chofar.

אבל בלולב בזמן בהמ״ק [בית המקדש] היו נוטלין גם בגבולין ביום ראשון של חג שחל בשבת והענין

Mais, pour le loulav, à l’époque du Temple, on le prenait aussi dans les régions périphériques, le premier jour de la fête lorsqu’il tombait un Chabbat. Voici l’explication :

Explication

Le loulav était différent : à l’époque du Temple, on le prenait aussi en dehors du Temple lorsque le premier jour de Souccot tombait un Chabbat. Voici l’explication.

כי לולב אותיות לו לב שהוא ענין המשכה מו״ק [מו׳ קצוות] דז״א אל הלב הוא כתר דנוק׳ [דנוקבא] שמתחיל מחזה דז״א

Le mot loulav se compose des lettres de lo lev, « un cœur pour lui » ; cela désigne un flux qui s’étend des six extrémités (vav ketzavot) de Zeir Anpin vers le cœur, qui est le Kéter de Noukva et commence au niveau de la poitrine de Zeir Anpin.

Explication

Loulav s’écrit avec les lettres de lo lev, « un cœur pour lui » : le loulav attire les six attributs émotionnels (vav ketzavot) de Zeir Anpin vers le « cœur », le Kéter de Noukva, qui commence au niveau de la poitrine de Zeir Anpin.

כמו עד״מ בגשמיות מקור התהוות הדבור הוא מן החזה שממנו יוצא הבל הלב דרך הקנה ונעשה קול ומתחלק אח״כ בביטוי ה׳ מוצאות הפה להיות כ״ב אותיות אחה״ע מן הגרון כו׳

À titre d’analogie, dans le corps, la source d’où la parole prend naissance est la poitrine ; le souffle du cœur en sort par la trachée, devient une voix, puis se divise par l’articulation des cinq points d’articulation de la bouche pour former les vingt-deux lettres : alef, het, hé, ayin, qui viennent de la gorge, etc.

Explication

Dans le corps, la parole commence dans la poitrine : le souffle du cœur monte par la trachée et devient une voix, que les cinq organes d’articulation de la bouche divisent en vingt-deux lettres, telles que les gutturales alef, het, hé et ayin, qui viennent de la gorge.

וכך הוא למעלה שבחי׳ דבור העליון הנק׳ בחי׳ נוק׳ [נוקבא] התחלת התהוותו הוא מחזה דז״א שהוא גילוי מדות עליונות דאצילות שבהם מקור הדבור ונקרא בשם כתר דנוק׳ [דנוקבא] וד״ל [ודי למבין].

De même en haut : le niveau de la parole supérieure, appelé le niveau de Noukva, commence à prendre naissance au niveau de la poitrine de Zeir Anpin, où se révèle l’expression des attributs émotionnels supérieurs (midot) d’Atsilout, en lesquels réside la source de la parole. Ce niveau est appelé Kéter de Noukva. Cela suffit à qui comprend.

Explication

De même en haut : la parole supérieure, qui est Noukva, commence au niveau de la poitrine de Zeir Anpin, où se révèlent les attributs émotionnels supérieurs d’Atsilout, source de la parole. Ce commencement est appelé Kéter de Noukva.

Le paragraphe 20 en bref

La section 5 explique pourquoi les Sages ont pu écarter la sonnerie du chofar le Chabbat : le décret date de l’époque du Second Temple, qui relevait du hé inférieur et était privé de Bina, le « monde de liberté » ; le plaisir supérieur du chofar ne pouvait donc pas se diffuser depuis le Temple à l’ensemble du pays. Dans le Temple même, « la porte du ciel », Bina pouvait encore se révéler, et le chofar y était sonné. Le loulav ne puise que de Zeir Anpin vers le Kéter de Noukva ; on le prenait donc aussi en dehors du Temple.

Pour aller plus loin

Une note de Kehot rapporte une conciliation avec la loi révélée (Likkutei Sichos, vol. 9, p. 68) : selon celle-ci, le Temple fait exception, car « il n’y a pas d’interdiction rabbinique (chevout) dans le Temple » (Rachi sur Rosh Hashanah 29b). Puisque, à l’époque du Second Temple, les décrets étaient nécessaires parce que Bina ne brillait pas, le Temple lui-même, où Bina pouvait encore se révéler, n’en avait pas besoin. Les notes citent également l’opinion du Talmud de Jérusalem selon laquelle, d’après la loi de la Torah, le chofar n’est pas sonné le Chabbat en dehors du Temple.

Maré mekomot

  1. 1
    גזרה זו היתה בזמן בית שני · אבל דעת הירושלמי (ר״ה רפ״ד) משמע דמדאורייתא אין תוקעין בשבת במדינה. — לקו״ש ח״ט ע׳ 68 הערה 59.
  2. 2
    שרוב הגזירות והחומרות והסייגים · ראה באוה״ת בראשית כרך ג תקנא, א ואילך. תקעג, א בנוגע למאה ברכות שהתקין דוד. — לקו״ש חל״ד ע׳ 110 הערה 51. ”אף שמצינו גזירות גם לפנ״ז — ראה אנציקלופדי׳ תלמודית ערך גזירה ס״ע תקלב ואילך. וש״נ. — לקו״ש חכ״ז, ע׳ 37 הערה 7.
  3. 3
    וארצה בו ואכבד״ה · Haggai 1:8
  4. 4
    שה׳ דברים חסרו בבית שני · Yoma 21b:7
  5. 5
    בית ראשון היה מבחי׳ ה׳ עילאה בינה · באוה״ת נ״ך כרך א ע׳ שעה מציין ע״ז ”ויובן זה ע״ד שנתבאר ע״פ הזהר ר״פ ויצא דקמ״ח ע״א ע״פ קומה ה׳ לאנוחתיך שמקדש ראשון נק׳ מנוחה, ועמ״ש ע״פ וישב שלמה על כסא ה׳ שבימי שלמה קיימא סיהרא באשלמותא זהו הפי׳ דמקדש ראשון הוא ה׳ עילאה, ומקדש שני הוא ה׳ תתאה” ע״ש.
  6. 6
    כמ״ש בזהר שמות (ד״ט ע״ב) · בגין דגלותא קדמאה היה מבית ראשון ובית ראשון הוא רזא דה״א קדמאה (וה״א קדמה הוא בינה)” — אוה״ת שה״ש כרך א ע׳ קל. וראה שם שכ׳ שצ״ע על לקו״ת במדבר יג, ג דשם כ׳ ”בבחי׳ בית ראשון בחי׳ בראשית נמי מאמר הוא בחי׳ חכמה” ע״ש.
  7. 7
    שגם המל׳ היתה אז במדרגת הבינה שהיא ה׳ עילאה · בלקו״ש ח״ז ע׳ 173 הערה 33 מציין להמשך תרס״ו ע׳ קא ואילך.
  8. 8
    סד״ה ששת ימים · לעיל פ׳ צו טו, א.
  9. 9
    ששת ימים תאכל מצות · Deuteronomy 16:8
  10. 10
  11. 11
    שאינו שורה ומתלבש אלא בבינה · Rosh Hashanah 29b:5
  12. 12
    וזה שער השמים · Genesis 28:17
  13. 13
    מכון לשבתך · Exodus 15:17
  14. 14
    מכון לשבתך מכוון נגד שבתך זה בהמ״ק שלמעלה · Shir HaShirim Rabbah 4:4:8
  15. 15
    כמו בבית ראשון · ראה אוה״ת כי תשא ע׳ ב׳כב. לקו״ש חי״א ע׳ 137.
  16. 16
    האור המקננן ומאיר בעולם הבריאה · Tanya, Likkutei Amarim 53:2
  17. 17
    וכמ״ש במ״א בד״ה ביאור למ״ש בסש״ב פנ״ב · בסידור עם דא״ח אחר עלינו.
  18. 18
    את שבתותי תשמרו · Leviticus 26:2
  19. 19
    מ״ש במ״א ע״פ ועתה יגדל נא · תקס״ד עם הגהות באוה״ת שלח ע׳ תקב ואילך.
  20. 20
    ועתה יגדל נא כח אד׳ · Numbers 14:17
  21. 21
    בפע״ח גבי כוונת אישר״מ · ש׳ הקדישים פ״ד, ובמהד״ב שלפניו.
  22. 22
    וידבר שלשת אלפים משל · מ״א ה, יב.
  23. 23
    וידבר שלשת אלפים משל · I Kings 5:12
  24. 24
    בית ראשון ה׳ עילאה · מובא באוה״ת ר״ה ע׳ א׳תח ע״ש.
  25. 25
    לולב . . לו לב · Zohar I, 267b
  26. 26
    כי היו מלכי עו״כ מושלים עליהם · ”וגם ברוחניות לא היתה אז חירות אמיתית שלכן הוצרכו אז ל”כמה גזירות וסייגים (בכדי) שלא תהי׳ יניקת החיצונים” — לקו״ש ח״ט ע׳ 28 הערה 22. וראה שם בארוכה בענין התקנות שנתתקנו בבית שני מכיון שהיו לאחרי החורבן, ומצד עבודת המטה יש בהם מעלה לגבי כמו שהיו בבית ראשון ע״ש.
  27. 27

21והנה בחי׳ המשכה זו היא למטה הרבה במדרגה מהמשכה שע״י השופר הנ״ל כי גם השבת עצמו הוא יותר נעלה במדרגה מהמשכה זו

Or, cette descente est d’un niveau bien inférieur à celle qui s’opère par le chofar mentionné plus haut ; car même le Chabbat lui-même est d’un niveau supérieur à cette descente,

Explication

La descente opérée par le loulav est bien inférieure à celle du chofar ; elle est même d’un niveau inférieur à celui du Chabbat lui-même.

כי שבת הוא גילוי מוחין דאבא כמ״ש כי קדש היא לכם והלולב הוא המשכה מז״א לנוק׳ [לנוקבא]

car le Chabbat est la révélation des mo’hin d’Abba, comme il est écrit : « car elle est sainte pour vous », tandis que le loulav opère une descente de Zeir Anpin vers Noukva.

Explication

Le Chabbat révèle les mo’hin d’Abba, 'Hokhma (« car elle est sainte pour vous »), tandis que le loulav opère une descente de Zeir Anpin, les attributs émotionnels, vers Noukva.

אלא שאעפ״כ [שאף על פי כן] צריכים להמשכה זו גם בשבת להיות שגילוי והמשכה זו שע״י הלולב היא מבחי׳ פנימית שהוא המשכת הדעת

Néanmoins, cette descente est nécessaire même le Chabbat, puisque la révélation et la descente opérées par le loulav relèvent du niveau intérieur, c’est-à-dire de la descente de Daat,

Explication

Le loulav est tout de même nécessaire le Chabbat aussi, car ce qu’il fait descendre relève de la dimension intérieure : il fait descendre Daat, le noyau intérieur des émotions.

(ועיין בפע״ח [בפרי עץ חיים] שער הלולב פ״ג [פרק ג׳] בדרוש הר״ר [הרחמים רבים] יוסף מערבי ועמ״ש מענין הדעת שהוא בחי׳ הפנימית בביאור ע״פ מים רבים בפ׳ תולדות ובד״ה לא הביט און ביעקב בפ׳ בלק) כמ״ש במ״א

(Voir Pri Etz Chaim, Porte du Loulav, chapitre 3, dans l’enseignement de Rabbi Yosef Maaravi ; et voir ce qui est écrit au sujet de Daat, qui est le niveau intérieur, dans l’explication du verset « Des eaux nombreuses », dans la paracha Toldot, ainsi que dans le discours commençant par « Il n’a pas vu d’iniquité en Yaakov », dans la paracha Balak), comme il est expliqué ailleurs.

Explication

L’Admour Hazaken renvoie à la Porte du Loulav de Pri Etz Chaim, dans un enseignement de Rabbi Yosef Maaravi, ainsi qu’à ses propres développements sur Daat comme dimension intérieure, à propos de « Des eaux nombreuses » (paracha Toldot) et de « Il n’a pas vu d’iniquité en Yaakov » (paracha Balak).

אך עכ״פ [על כל פנים] מאחר שהמשכה זו היא למטה במדרגה היכולת היה אפי׳ [אפילו] בבית שני להמשיך בחינה זו אפילו גבולין כו׳

Mais, quoi qu’il en soit, puisque cette descente est d’un niveau inférieur, il était possible, même à l’époque du Second Temple, de faire descendre ce niveau jusque dans les régions périphériques, etc.

Explication

Parce que la descente opérée par le loulav est d’un niveau inférieur, elle pouvait atteindre les régions périphériques même à l’époque du Second Temple. C’est pourquoi on prenait le loulav hors du Temple le Chabbat.

(כי הרי המשכה זו היא מז״א לנוק׳ [לנוקבא] אשר היא בחי׳ ה׳ תתאה משא״כ השופר עיקרו ה׳ עילאה כנ״ל אלא שממנה מקבל הדבור כו׳):

(Car cette descente va de Zeir Anpin vers Noukva, qui est le niveau du hei inférieur, tandis que le chofar relève essentiellement du hei supérieur, comme indiqué plus haut, mais la parole en reçoit, etc.)

Explication

Le loulav agit de Zeir Anpin vers Noukva, le hei inférieur, le niveau qui existait à l’époque du Second Temple. Le chofar relève essentiellement du hei supérieur, Bina, et ne transmet de là que vers la parole, Mal’hout.

Le paragraphe 21 en bref

Le loulav fait descendre un niveau inférieur à celui du chofar, et même au-dessous de celui du Chabbat : de Zeir Anpin vers Noukva, le hei inférieur. Son contenu intérieur, Daat, est nécessaire même le Chabbat ; et, puisqu’il relève du hei inférieur, il pouvait être diffusé dans tout le pays même à l’époque du Second Temple. C’est pourquoi on prenait le loulav hors du Temple le Chabbat.

Pour aller plus loin

Cela achève la réponse à la première question de Tosafot : la différence entre le chofar et le loulav ne tient pas seulement au risque de transporter un objet, mais aussi au niveau que chacun fait descendre. La source du chofar dans le hei supérieur pouvait atteindre tout le pays uniquement par l’intermédiaire du Premier Temple ; celle du loulav, dans le hei inférieur, était également accessible à l’époque du Second Temple.

Maré mekomot

  1. 1
    כי קדש היא לכם · Exodus 31:14
  2. 2
    בפע״ח שער הלולב פ״ג · נתבאר בביאוה״ז להצ״צ כרך א ע׳ רעו.
  3. 3
    לא הביט און ביעקב · Numbers 23:21

22קיצור. ומ״מ בבית שני ה׳ תתאה לא היה אפשר להמשיך בגבולין מבחי׳ תענוג ההוא שע״י השופר מה שלמעלה מבחי׳ שבת כי המשכה זו בה׳ עילאה דוקא בית ראשון משא״כ בלולב.

Résumé : Néanmoins, dans le Second Temple, il n’était pas possible de faire descendre dans les régions périphériques, au niveau du hé inférieur, ce plaisir qui vient par le chofar et qui est au-dessus du niveau du Chabbat ; car cette descente relève spécifiquement du hé supérieur, celui du Premier Temple, contrairement au loulav.

Explication

Résumé de la section 5 : à l’époque du Second Temple, le niveau du hé inférieur — le plaisir du chofar, supérieur au Chabbat — ne pouvait pas être étendu à tout le pays, car cela requiert le hé supérieur du Premier Temple ; le niveau du loulav, lui, pouvait l’être.

ובענין מה שהקשו עוד התוספות הא דגבי שופר התקין ריב״ז [רבן יוחנן בן זכאי] שיהיו תוקעין בכל מקום שיש בו ב״ד [בית דין] ובלולב לא אשתרי כלל יש לומר

Quant à la question supplémentaire de Tossefot — pourquoi, au sujet du chofar, Rabban Yo'hanan ben Zakkaï institua qu’on en sonne partout où siège un tribunal, tandis que le loulav ne fut pas du tout autorisé —, on peut dire

Explication

Tossefot demanda aussi : après la destruction, Rabban Yo'hanan ben Zakkaï institua qu’on sonne du chofar le Chabbat partout où siège un tribunal, alors que le loulav ne fut jamais autorisé. L’Admour Hazaken répond à présent.

כי הענין של שרש בחי׳ הב״ד [הבית דין] הסמוכים עם ההמשכה שע״י השופר יש להם שייכות גדול זה לזה

que la racine du niveau des tribunaux composés de juges ordonnés et la descente opérée par le chofar sont étroitement liées l’une à l’autre.

Explication

La réponse : la descente opérée par le chofar et la racine des tribunaux composés de juges ordonnés sont étroitement liées.

כי שרש ההמשכה שע״י [שעתיק יומין] השופר למתק הדינים הוא מגבורה דעתיק שבמו״ס [שבמוחא סתימאה] וזהו עצמו שרש ומקור של הב״ד [הבית דין] סמוכין כמ״ש הרמ״ז [הרב משה זכות] ר״פ תשא גבי דמתקדשת ע״פ ב״ד [בית דין] ע״ש

En effet, la racine de la descente opérée par le chofar, qui adoucit les jugements, se trouve dans la Guevoura d’Atik, au sein de la Mo'ha Stima'a (le cerveau caché). Or celle-ci est précisément la racine et la source du tribunal composé de juges ordonnés, comme l’écrit le Ramaz au début de la paracha [Ki] Tissa, à propos de la sanctification [du mois] par le tribunal ; voir là-bas.

Explication

La descente opérée par le chofar, qui adoucit les jugements, provient de la Guevoura d’Atik, au sein de la Mo'ha Stima'a, le « cerveau caché » ; c’est également la racine du tribunal composé de juges ordonnés, comme l’explique le Ramaz à propos de la sanctification du nouveau mois par le tribunal. C’est pourquoi on pouvait sonner du chofar partout où siégeait un tel tribunal.

אבל הלולב אין לו שייכות כ״כ [כל כך] לבחי׳ הב״ד [הבית דין] כי הוא המשכת החסדים וכנודע דבחינת ר״ה [ראש השנה] הוא ענין שמאלו תחת לראשי והוא יום הדין. אבל סוכות הוא בחינת וימינו תחבקני:

Mais le loulav n’est pas tellement lié au tribunal, car il opère la descente des 'Hassadim (bontés). Or, comme on le sait, Roch Hachana correspond à « Sa gauche est sous ma tête » et est le Jour du Jugement, tandis que Soukkot correspond au niveau de « et Sa droite m’étreint ».

Explication

Le loulav opère la descente des 'Hassadim, les bontés, et est peu lié au tribunal. Comme on le sait, Roch Hachana, le Jour du Jugement, correspond à « Sa gauche est sous ma tête », tandis que Soukkot correspond à « Sa droite m’étreint ».

Le paragraphe 22 en bref

Le résumé rappelle pourquoi, dans le Second Temple, le niveau du loulav pouvait être étendu à tout le pays, mais non celui du chofar. L’Admour Hazaken répond ensuite à la seconde question de Tossefot : l’institution de Rabban Yo'hanan ben Zakkaï liait le chofar au tribunal, car tous deux ont leur racine dans la Guevoura d’Atik ; le loulav, qui opère une descente de bonté, n’a pas ce lien avec le tribunal.

Pour aller plus loin

Le verset final présente les deux fêtes comme une étreinte : à Roch Hachana, la main gauche — le jugement — soutient la tête ; à Soukkot, la main droite — la bonté — enlace. Le chofar, qui adoucit le jugement à sa racine dans la Guevoura d’Atik, se rattache à la première fête ; le loulav, qui opère la descente des 'Hassadim, à la seconde.

Maré mekomot

  1. 1
    מה שהקשו עוד התו׳ · ר״ה רפ״ד.
  2. 2
    התקין ריב״ז שיהיו תוקעין בכל מקום שיש בו ב״ד · Mishnah Rosh Hashanah 4:1
  3. 3
  4. 4
    שמאלו תחת לראשי · Song of Songs 2:6

Maamar terminé ?

Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.

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Dans la avoda

À Roch Hachana, on couronne D.ieu en acceptant de plein gré Sa royauté et en mettant de côté sa propre volonté ; cet éveil d’en bas fait surgir Sa volonté et Son plaisir d’être Roi. Le chofar doit être sonné d’un son simple, porté par le désir du cœur : un cri issu du point intérieur du cœur, au-delà des paroles et du raisonnement. Un tel retour, comme celui d’un fils qui revient chez lui après avoir été loin, procure à D.ieu un plaisir plus intérieur encore que celui du Chabbat.

Questions à discuter

  1. Pourquoi la véritable royauté exige-t-elle des sujets réellement distincts, plutôt que des niveaux contenus dans leur source, comme dans l’unité supérieure ?
  2. Comment l’image de l’artisan qui se repose après avoir achevé son ouvrage explique-t-elle que le chofar ne soit pas nécessaire le Chabbat ?
  3. Qu’est-ce qui distingue le plaisir du Chabbat du plaisir attiré par le chofar, et comment la parabole du fils du roi qui revient de loin illustre-t-elle cette différence ?
  4. Pourquoi le Second Temple ne pouvait-il révéler Bina qu’entre ses propres murs, et comment cela explique-t-il les décisions différentes concernant le chofar et le loulav ?
  5. Pourquoi un cri sans paroles peut-il atteindre un niveau supérieur à celui des paroles, et que cela suggère-t-il sur la manière d’écouter le chofar ?

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Parshas Rosh Hashanahראש השנה

  1. 1דרושים לראש השנה ועשי״ת ויוהכ״פDiscourses for Rosh HaShanah, the Ten Days of Teshuvah and Yom Kippur: “Blow the Shofar at the New Month”
  2. 2תקעו בחדש שופר כו׳“Blow the shofar at the New Moon”
  3. 3להבין המשנה [רפ״ד דר״ה] י״ט של…“To understand the Mishnah: When the Yom Tov of Rosh HaShanah fell on Shabbos”
  4. 4והיה ביום ההוא יתקע בשופר גדול…“And it shall come to pass on that day that a great shofar shall be sounded”
  5. 5להבין ענין הפסוק מי אל כמוך…To Understand the Verse “Who Is a G‑d Like You”
  6. 6שיר המעלות ממעמקים קראתיך ה׳A Song of Ascents: From the Depths I Have Called You, Havayah
  7. 7יחיינו מיומים ביום השלישי יקימנו וגו׳…“He Will Revive Us After Two Days”