Likkutei Torah · Parshas Ki Seitzei · Maamar 1
כי תצא למלחמה על אויביך ונתנו ה׳ אלהיך…
Lorsque tu partiras en guerre contre tes ennemis
L’idée centrale
La prière est un combat quotidien contre l’âme animale : de même que le feu venu du ciel consumait autrefois l’offrande sur l’autel, la méditation dans la prière attire le « feu d’en haut », qui consume le désir de plaisirs matériels de l’âme animale et le transforme en un amour ardent de D.ieu. Pourtant, nul ne peut changer seul sa nature ; l’aide de D.ieu vient par la Torah et les mitsvot.
Le maamar en bref
Le Zohar qualifie le moment de la prière de moment de combat, et Onkelos rend l’épée et l’arc de Jacob par la prière et la supplication. Puisque les prières remplacent les offrandes quotidiennes, le maamar explique la prière à partir de l’offrande : le feu descendait du ciel et consumait l’animal, unissant le feu d’en bas au feu d’en haut. L’âme animale est ardente, et sa racine est sainte : elle se trouve dans les faces du lion et du bœuf du Char céleste ; ce n’est qu’en descendant qu’elle est devenue un désir de plaisirs matériels. Dans la prière, l’homme offre son âme animale : la méditation sur l’annulation de soi des anges dans les bénédictions du Chema attire le feu d’en haut, qui consume le désir et le transforme en amour. Les jours de l’homme sont comptés en vue de ce raffinement ; il faut donc l’accomplir chaque jour. Les Pessouké deZimra, les bénédictions du Chema et le Chema lui-même conduisent progressivement à aimer D.ieu « de tes deux penchants ». Le verset est ensuite interprété ainsi : combattre « au-dessus de tes ennemis », à leur racine ; « Havayah, ton D.ieu, le livre entre tes mains » par la Torah et les mitsvot ; et « tu emmenas ses captifs en captivité » en élevant les étincelles déchues, comme dans les bénédictions de la Chemone Essré.
Plan
- La prière est un combatLe verset qui parle de partir en guerre, la déclaration du Zohar selon laquelle « le moment de la prière est le moment du combat », et l’interprétation d’Onkelos de l’épée et de l’arc de Jacob comme étant la prière.¶1
- La prière à la place de l’offrandeLe feu venu du ciel consumait l’offrande animale ; dans la prière, l’homme offre sa propre âme animale ardente à sa racine sainte dans le Char. Il faut accomplir cela chaque jour, car les jours de l’homme sont comptés en vue du raffinement de l’âme animale, tandis que l’âme divine n’a besoin d’aucune correction.¶2–3
- Attirer le feu d’en hautL’éveil d’en bas consiste à méditer sur l’annulation de soi des anges, telle que la rapporte la bénédiction Yotser Or. Les anges ne vivent que de la « Nom » de D.ieu, de Sa royauté, d’un reflet extérieur, tandis que Lui-même est saint et séparé.¶4–6
- L’élan et le retourL’« élan et le retour » des anges servent de modèle à l’amour et à la crainte dans le service de l’homme ; les Pessouké deZimra suivent le même schéma, et leurs versets d’amour, de crainte et de compassion correspondent à Avraham, Its’hak et Yaakov.¶7–8
- Le ChemaUne annulation de soi plus profonde dans le Chema : Havayah est un avec Elokeinou, la « parole unique » et la pensée unique qui inclut les dix ; cela conduit l’homme à aimer D.ieu de ses deux penchants.¶9–10
- Au-dessus de tes ennemisLe combat se livre « au-dessus de tes ennemis », à leur racine sainte, car aucun mal ne descend d’en haut ; élevée jusqu’à sa racine, la volonté se transforme, passant du mal au bien.¶11
- L’aide de D.ieu par la Torah et les mitsvotNul ne peut changer sa nature sans l’aide de D.ieu, attirée par la Torah (« Havayah », comme un roi) et les mitsvot (« ton D.ieu », comme un serviteur) : la Torah fait descendre D.ieu, les mitsvot s’élèvent jusqu’à la racine la plus haute, et ensemble elles amènent le feu d’en haut à l’âme animale. Alors, « tu emmenas ses captifs en captivité », en rétablissant les étincelles, comme dans les bénédictions de la Chemone Essré.¶12–13
- L’odeur agréableLes bénédictions attirent une lumière nouvelle ; l’« odeur agréable » (nichoach) de l’offrande est la descente même de D.ieu (nechos darga) ici-bas ; et « adam », la Torah, le Nom Mah, raffine l’âme animale, le Nom Ban.¶14
Notions clés
- Le feu d’en hautאש שלמעלה
- Le feu céleste qui consumait les offrandes, dont la racine se trouve dans les faces du lion et du bœuf du Char céleste. Dans la prière, il est attiré pour consumer le désir de l’âme animale et le transformer.
- La force du désirכח המתאוה
- Le désir de l’âme animale pour les plaisirs de ce monde, un « feu d’en bas » dont la racine est sainte, mais qui s’est grossi en descendant.
- L’élan et le retour (ratso vashov)רצוא ושוב
- Le mouvement des anges entre l’amour ardent qui aspire à se fondre en D.ieu et la crainte qui les ramène ; pour l’homme, l’amour qui s’élève et la crainte qui revient pour accepter ici-bas la royauté de D.ieu.
- Son Nom et Sa royautéשמו / מלכותו
- Le reflet extérieur de D.ieu dont vivent tous les mondes, comparable au nom d’une personne, qui ne fait pas partie de son essence ; D.ieu Lui-même demeure saint et séparé.
- Leur commencement est enchâssé dans leur fin, et leur fin dans leur commencementנעוץ תחלתן בסופן וסופן בתחלתן
- Enseignement du Sefer Yetsira : la Torah fait descendre ce qui est le plus élevé jusqu’à ce qui est le plus bas, et les mitsvot élèvent ce qui est le plus bas jusqu’à la racine la plus élevée.
- Odeur agréable (rei'a'h nichoa'h)ריח ניחוח
- L’odeur de l’offrande procure à D.ieu satisfaction (na’hat roua’h), et nichoach est interprété comme nechos darga, Sa « descente » pour résider ici-bas.
La prière est un combat ¶1
1כי תצא1 למלחמה2 על אויביך ונתנו ה׳ אלהיך בידך ושבית שביו וגו׳. הנה איתא בזהר3 שעת צלותא שעת קרבא4 וכתיב אשר לקחת מיד האמורי5 בחרבי ובקשתי ות״א [ותרגום אונקלוס] בצלותי ובבעותי.678
« Lorsque tu partiras en guerre contre tes ennemis, et que Havaya ton D.ieu le livrera entre tes mains, et que tu feras prisonniers ceux qu’il a capturés », etc. Or, il est dit dans le Zohar : « Le temps de la prière est un temps de combat. » Et il est écrit : « ce que j’ai pris à la main de l’Amoréen avec mon épée et mon arc », et le Targoum Onkelos traduit : « par ma prière et par ma supplication. »
Le maamar s’ouvre sur la loi de la Torah concernant le départ en guerre et la relie aussitôt à la prière. Le Zohar qualifie le temps de la prière de temps de combat, et le Targoum Onkelos rend « mon épée » et « mon arc » — avec lesquels Yaakov prit sa part à l’Amoréen — par « ma prière » et « ma supplication » ; le Talmud interprète lui aussi « mon épée » comme la prière et « mon arc » comme la supplication. Le reste du maamar explique en quoi consiste ce combat et comment ses trois étapes décrites dans le verset — partir en guerre, D.ieu livrer l’ennemi et faire des prisonniers — le caractérisent.
Le verset d’ouverture sur la guerre est mis en lien avec la prière : le Zohar et Onkelos présentent tous deux la prière comme un combat. Le maamar expliquera qui est l’ennemi et comment remporter ce combat.
Kehot note que l’Or HaTorah du Tséma’h Tsédek trouve également l’interprétation d’Onkelos dans la Guemara (Bava Basra 123a), et cite Rachi sur Berachos 5a, qui parle de faire la guerre au mauvais penchant.
Maré mekomot
- 1כי תצא · הנחת כ״ק אדמו״ר האמצעי בסה״מ תקס״ב ע׳ רסו. ושם ע׳ רסט. וח״ב ע׳ תרפח — ביאור. באוה״ת פ׳ כי תצא ע׳ תתפב קיצורים (ובע׳ תתפג הביאור). וראה שם ע׳ תתע. ראה גם סידור כג, ב ד״ה אשר לקחתי מיד האמורי. חלק מהמאמר עד אמצע סעי׳ ג, נמצא בשינויים והוספות בסה״מ תרכ״ט (הוצאת תשנ״ב) ע׳ רפב.
- 2כי תצא למלחמה · Deuteronomy 21:10
- 3איתא בזהר · Zohar III, 243a
- 4שעת צלותא שעת קרבא · Zohar, Pinchas 85:572–87:582
- 5אשר לקחתי מיד האמורי · Genesis 48:22
- 6ות״א בצלותי ובבעותי · Bava Batra 123a:6
- 7בצלותי ובבעותי · Onkelos Genesis 48:22
- 8
La prière à la place de l’offrande ¶2–3
2ולהבין מה ענין המלחמה בתפלה וגם למה מתפללים בכל יום. הנה ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] תפלות כנגד תמידין תקנום.1
Pour comprendre en quoi consiste le combat dans la prière, et aussi pourquoi nous prions chaque jour : nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Les prières furent instituées en correspondance avec les offrandes perpétuelles (temidin). »
Le maamar pose deux questions : en quel sens la prière est-elle un combat, et pourquoi faut-il prier chaque jour ? Il commence sa réponse par l’enseignement du Talmud selon lequel les prières quotidiennes furent instituées en remplacement des offrandes quotidiennes (temidin), les agneaux offerts dans le Temple chaque matin et chaque après-midi.
והענין כדכתיב את קרבני לחמי2 לאשי שהיו מקריבין הקרבן בזמן בית המקדש לעולה ע״ג [על גבי] המזבח ממין הבהמה כדי שתרד אש מן השמים ותאכל את העולה.3
L’explication est la suivante. Il est écrit : « Mon offrande, mon pain pour mes feux » : à l’époque du Saint Temple, on offrait le sacrifice en holocauste sur l’autel, en prenant un animal, afin qu’un feu descende du ciel et consume l’holocauste.
Dans ce verset, D.ieu appelle les offrandes « Mon pain » destiné à « mes feux ». L’holocauste était un animal placé sur l’autel afin qu’un feu descende du ciel et le consume ; c’est ce modèle que le maamar va appliquer à la prière.
כי חיות נפש הבהמית היא יסודה מיסוד האש כי ד׳ בחי׳ דצח״מ [דומם צומח חי מדבר] הם כנגד ד׳ בחי׳ ארמ״ע [אש רוח מים עפר]4 ובחי׳ אש הוא בחי׳ נפש החי ובחי׳ רוח הוא בחי׳ מדבר
Car la force vitale de l’âme animale a pour fondement l’élément du feu. En effet, les quatre catégories — minéral, végétal, animal et parlant — correspondent aux quatre éléments : feu, air, eau et terre. Le feu correspond au niveau de l’âme de l’animal (néfech ha’haï), et l’air (roua’h), au niveau de l’être parlant,
La 'Hassidout met en correspondance les quatre catégories de la création — minéral, végétal, animal et parlant — avec les quatre éléments : le feu correspond à l’animal, et l’air (roua’h), à l’être humain parlant. Voilà pourquoi la vitalité de l’âme animale est ardente : elle est chaleur, passion et désir.
כדכתיב ויהי האדם לנפש חיה5 ות״א [ותרגום אונקלוס] לרוח ממללא6 וכשהיה יורד אש מן השמים היה נכלל אש שלמטה באש שלמעלה ובחי׳ אש שלמעלה7 ג״כ הוא בחי׳ בהמה וחיה ושרשן במרכבה העליונה פני אריה פני שור8 כו׳.
comme il est écrit : « Et l’homme devint un être vivant », qu’Onkelos traduit par « un esprit parlant ». Lorsque le feu descendait du ciel, le feu d’en bas était absorbé dans le feu d’en haut. Et le feu d’en haut relève lui aussi du niveau de l’animal domestique et de la bête sauvage (behemah ve’hayah), dont la racine se trouve dans le Char céleste : « la face d’un lion, la face d’un bœuf », etc.
Onkelos traduit « un être vivant » par « un esprit parlant », montrant que ce qui distingue l’homme est la parole, liée à l’air (roua’h, qui signifie aussi « esprit »). Lorsque le feu céleste consumait l’offrande, le feu terrestre de l’animal était absorbé dans ce feu ; et ce feu céleste est lui-même de nature « animale », ayant sa racine dans les faces du lion et du bœuf du Char vu par Ézéchiel.
La prière prend la place des offrandes. L’offrande accomplissait l’union du « feu d’en bas » de l’animal avec le « feu d’en haut » qui descendait du ciel et dont la racine se trouve dans les faces animales du Char céleste.
Le passage parallèle de Likkutei Torah, Pinchas (cité par Kehot), expose en détail toute la correspondance : la terre est le minéral, l’eau le végétal, le feu l’animal et l’air l’homme parlant. Il ajoute que les anges ardents du Char, représentés par les faces du lion et du bœuf, sont la source d’où descendent les âmes de tous les animaux.
Maré mekomot
- 1תפלות כנגד תמידין תקנום · Berakhot 26b:4
- 2את קרבני לחמי · Numbers 28:2
- 3שתרד אש מן השמים ותאכל את העולה · Leviticus 9:24
- 4דצח״מ הם כנגד ד׳ בחי׳ ארמ״ע · ראה לעיל פ׳ פנחס עה, ד.
- 5ויהי האדם לנפש חי׳ · Genesis 2:7
- 6לרוח ממללא · Onkelos Genesis 2:7
- 7ובחי׳ אש שלמעלה · מובא באוה״ת ויקרא כרך ד ע׳ א׳עב ע״ש.
- 8פני ארי׳ ופני שור · Ezekiel 1:10
3וזהו אריה דאכיל קרבנין12 כו׳. ומשחרב בית המקדש תקנו אנשי כנסת הגדולה התפלה שיקריב כ״א נפשו הבהמית להעלותה ולקשרה בשרשה
C’est là [le sens de] « le lion qui dévore les sacrifices », etc. Depuis la destruction du Saint Temple, les hommes de la Grande Assemblée instituèrent la prière, afin que chacun offre son âme animale, l’élève et la rattache à sa racine,
Le Zohar rapporte que, lorsque les sacrifices étaient consumés sur l’autel, on y voyait l’image d’un lion les dévorant : le visage de lion du Char, racine du feu céleste. Après la destruction du Temple, les hommes de la Grande Assemblée — le conseil des Sages au début de l’époque du Second Temple — instituèrent les prières à sa place, afin que chacun offre désormais sa propre âme animale et la ramène à sa source.
שהיא ג״כ מיסוד האש ומקור חוצבה ויסודתה בהררי קדש מרכבה העליונה פני אריה פני שור3 כו׳
car elle aussi relève de l’élément du feu, et sa source, d’où elle a été taillée, ainsi que son fondement, se trouvent « dans les montagnes saintes » : le Char supérieur, « le visage d’un lion, le visage d’un bœuf », etc.
L’âme animale est elle aussi de nature ardente, et sa source ultime est sainte : les visages du lion et du bœuf du Char supérieur. Les mots « son fondement se trouve dans les montagnes saintes » sont empruntés aux Psaumes.
אלא שלאחר ירידת והשתלשלות והתלבשות בע״ש [בע׳ שרים] שמרי האופנים נמשך תענוגי העולם הזה והכח המתאוה שהוא ג״כ בחי׳ חמימות האש וגם היצה״ר [היצר הרע] הוא אש זר דולק
Seulement, après être descendue, avoir été entraînée dans l’enchaînement descendant et s’être vêtue dans les soixante-dix princes, les scories des Ofanim, elle a donné naissance aux plaisirs de ce monde et à la force du désir, qui est elle aussi une sorte de chaleur du feu ; le mauvais penchant est également un feu étranger qui brûle.
En descendant à travers l’enchaînement des niveaux, cette source sainte passa par les soixante-dix « princes » (ע״ש, abréviation de ע׳ שרים) et par les « scories » des Ofanim, un ordre inférieur d’anges ; selon la tradition kabbalistique, les soixante-dix princes sont les ministres angéliques des soixante-dix nations. De là viennent les plaisirs de ce monde et l’attrait qu’ils exercent, qui est une chaleur de feu ; le mauvais penchant est lui aussi appelé un « feu étranger » qui brûle en l’homme.
וצריך להעלות נפש הבהמית לשרשה בחי׳ אש שלמעלה ולהתכלל בבחי׳ מרכבה העליונה בחי׳ אש אוכלה אש4 לכלות ולשרוף כח המתאוה והאש שלמטה בתענוגות בני אדם בעוה״ז שלא לילך בהם
Il faut donc élever l’âme animale jusqu’à sa racine, le feu d’en haut, et [la] faire s’intégrer au Char supérieur, au niveau du « feu qui consume le feu », afin de consumer et de brûler la force du désir et le feu d’en bas, celui des plaisirs des hommes en ce monde, pour ne pas les poursuivre
Le remède consiste à ramener l’âme animale à sa racine, le feu d’en haut dans le Char, que le Talmud appelle « le feu qui consume le feu ». Ce feu supérieur consume le feu inférieur du désir des plaisirs de ce monde, afin que l’homme cesse de les rechercher.
אלא בקרירות ולהפך מהיפך להיפך להיות כח המתאוה ברשפי אש שלהבת5 לדבקה6 באלהים חיים (ועמ״ש מזה בד״ה בפ׳ נסכים בפ׳ שלח).7
mais avec froideur ; et renverser [cette force], d’un extrême à son opposé, pour que la force du désir devienne des éclairs ardents, une flamme, afin de s’attacher au D.ieu vivant. (Voir ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Dans la section des libations », dans la Paracha Chelah.)
Cela ne signifie pas qu’il faille quitter le monde, mais qu’il faut s’y engager « avec froideur », sans passion. Plus encore, le feu même du désir est transformé en son contraire : un amour ardent, des « éclairs ardents », qui aspire à s’attacher au D.ieu vivant.
Or, chaque jour, le penchant de l’homme prend le dessus sur lui ; il faut donc chaque jour attirer le feu d’en haut.
Cela explique pourquoi la prière est quotidienne : le Talmud enseigne que le penchant de l’homme se renforce contre lui chaque jour. Il faut donc attirer à nouveau le feu d’en haut chaque jour.
Car il est écrit : « Les jours furent façonnés » ; les années de la vie de l’homme ont un nombre et une mesure fixés : « Les jours de nos années sont de soixante-dix ans », etc.
L’Admour Hazaken explique maintenant pourquoi les jours de l’homme sont comptés. « Les jours furent façonnés » et « Les jours de nos années sont de soixante-dix ans » enseignent que chaque vie reçoit une mesure déterminée.
ולא נתנו לנפשו האלהית שבקרבו כי הנשמה אינה צריכה תיקון לעצמה13 הואיל והיא נצחית14 ואינה מתלבשת בבחי׳ זמן
Et ils ne furent pas accordés à son âme divine intérieure, car l’âme (nechama) n’a besoin d’aucune rectification pour elle-même, puisqu’elle est éternelle et ne se vêt pas dans le temps ;
Ces jours comptés ne sont pas accordés pour le bien de l’âme divine, qui n’a besoin d’aucune correction en propre. Elle est éternelle et se situe au-dessus du temps ; le décompte des jours ne la concerne donc pas.
אלא מתאחדת במקור חוצבה באור א״ס ב״ה כמ״ש (ד״ה [דברי הימים] א׳ סי׳ ד׳ כ״ג) עם המלך במלאכתו ישבו15 שם16 ועיין ברבות בראשית17 פרשה ח׳ ובמדרש רות פ״ב [פרק ב׳]18
mais elle est unie à la source dont elle a été taillée, dans la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, comme il est écrit (I Chroniques, chapitre 4, [verset] 23) : « Avec le Roi, dans Son ouvrage, ils demeurèrent là » ; voir aussi [Midrach] Rabba sur Berechit, section 8, et le Midrach de Ruth, chapitre 2 ;
L’âme divine demeure unie à sa source, la Lumière infinie. Le Midrach interprète « Avec le Roi, dans Son ouvrage, ils demeurèrent là » comme désignant les âmes des justes, avec lesquelles le Roi des rois « prit conseil » lorsqu’Il créa le monde : les âmes étaient avec Lui avant la création.
כי היא לא נלקחה מבחי׳ פני אריה ושור כו׳ כנפש הבהמית שבאדם אלא מבחי׳ ועל דמות הכסא19 דמות כמראה אדם כו׳
car elle ne provient pas du niveau de la face du lion et du bœuf, etc., comme l’âme animale chez l’homme, mais du niveau de « et sur la ressemblance du trône, une ressemblance ayant l’apparence d’un homme », etc.
L’âme divine ne provient pas des faces animales du Char, comme le fait l’âme animale, mais de l’« homme » assis sur le trône dans la vision d’Ézéchiel, un niveau bien plus élevé.
ורוח האדם היא העולה20 למעלה כו׳ ורוח הבהמה יורדת למטה לארץ שהוא מבחי׳ הארץ העליונה כמ״ש והארץ הדום רגלי21
Et « l’esprit de l’homme est celui qui monte », etc., tandis que « l’esprit de la bête descend vers la terre », car il relève du niveau de la terre supérieure, comme il est écrit : « et la terre est mon marchepied »
L’Ecclésiaste oppose l’esprit de l’homme, qui s’élève, à l’esprit de la bête, qui descend vers la terre. La « terre » de la bête est la « terre supérieure », le niveau que le verset appelle le « marchepied » de D.ieu, racine de l’âme animale.
(עמ״ש בד״ה וספרתם לכם בענין עומר שעורים מאכל בהמה ועיין ברבות22 ס״פ האזינו ובבראשית פי״ד [פרק י״ד / פרשה י״ד])
(Voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Vous compterez pour vous », au sujet de l’Omer d’orge, aliment des animaux ; voir aussi [Midrach] Rabba à la fin de la Paracha Haazinou, et sur Berechit, section 14),
Ces références invitent à poursuivre l’étude : le discours de l’Admour Hazaken sur le compte de l’Omer, qui explique pourquoi l’offrande de l’Omer était faite d’orge, aliment des animaux, ainsi que deux passages du Midrach Rabba.
משא״כ רוח האדם היא בבלי׳ מלעה מעלה וגבוה מעל גבוה23 כו׳ וע׳ מ״ש בענין והרוח תשוב24 בד״ה האזינו השמים25
tandis que l’esprit de l’homme relève de « plus haut, toujours plus haut », et de « plus élevé que celui qui est élevé », etc. Voir aussi ce qui est écrit au sujet de « et l’esprit retournera » dans le discours commençant par « Cieux, prêtez l’oreille ».
L’esprit de l’homme, en revanche, relève de « plus haut, toujours plus haut » : il s’élève sans cesse. « Plus élevé que celui qui est élevé » est une expression de l’Ecclésiaste. Le discours sur Haazinou explique « et l’esprit retournera à D.ieu qui l’a donné ».
אלא מספר חיי האדם ניתן להתלבש26 בו נפשו הבהמית ושניו קצובים לו במספר ששיערה חכמתו יתברך
Mais le nombre des jours de la vie d’une personne est fixé pour que son âme animale y soit revêtue, et ses années lui sont imparties selon un nombre mesuré par Sa sagesse, béni soit-Il,
Ainsi, le nombre des jours d’une personne est fixé pour l’âme animale, qui est revêtue en elle durant ce temps. La sagesse de D.ieu mesure exactement le nombre d’années nécessaire à l’accomplissement de sa tâche.
שיוכל לשאת בנפשו להעלות ממנה כ״כ [כל כך] כחות וניצוצים שנפלו שמה בשבירת הכלים ובכל יום נתעלה נצוץ וכח חדש (ועמ״ש מזה בפ׳ בחקותי בד״ה מבואר בע״ח [בעץ חיים]):2728293031
en fonction de ce qu’il peut porter en son âme, afin d’en élever autant de forces et d’étincelles tombées là lors du brisement des réceptacles ; et chaque jour, une nouvelle étincelle et une nouvelle force sont élevées. (Voir ce qui est écrit à ce sujet dans la Paracha Be’houkotaï, dans le discours commençant par « Il est expliqué dans Etz ‘Haïm ».)
Cette tâche consiste à élever les étincelles de sainteté tombées dans l’âme animale lors du « brisement des réceptacles », le brisement primordial décrit dans la Kabbale. Chaque jour de la vie permet d’élever une nouvelle étincelle ; c’est pourquoi chaque jour requiert sa propre prière et son propre éveil du feu d’en haut.
La prière remplace le sacrifice : chacun offre sa propre âme animale, dont le désir ardent provient d’une racine sainte, afin que le feu d’en haut consume son désir et le transforme en amour de D.ieu. Cela doit se produire chaque jour, car les jours de l’homme sont comptés pour permettre le raffinement quotidien de l’âme animale, tandis que l’âme divine elle-même n’a besoin d’aucune correction.
Kehot cite la transcription de ce maamar (Sefer HaMaamarim 5562) à propos de la raison pour laquelle c’est le lion, et non le bœuf, qui consume les sacrifices : le lion se trouve à droite, et tout adoucissement de la rigueur procède de l’inclusion de la gauche dans la droite. Le Kuntres HaAvodah, cité dans une autre note, distingue le feu de l’âme animale, allumé par la méditation sur l’annulation de soi des anges dans les bénédictions du Chema, du feu de l’âme divine dont parle le discours sur les libations.
Maré mekomot
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- 15
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- 25בד״ה האזינו השמים · לקמן פ׳ האזינו עא, ג ואילך.
- 26אלא מספר חיי האדם ניתן להתלבש · ראה ד״ה החלצו — תרנ״ט ע׳ סב.
- 27בפ׳ בחקותי בד״ה מבואר בע״ח · לעיל בחקותי מז, ג.
- 28
- 29
- 30
- 31
Attirer le feu d’en haut ¶4–6
2. Or, afin que le feu d’en haut descende et soit attiré vers le bas, « il est une mitsva d’apporter [du feu] d’une source ordinaire », par un éveil d’en bas ;
La section 2 explique comment le feu d’en haut est attiré vers le bas. Le Talmud enseigne que, bien que le feu soit descendu du ciel sur l’autel, il est également une mitsva d’apporter un feu ordinaire ; de même, le feu céleste est attiré vers le bas par une initiative humaine, un « éveil d’en bas ».
והיינו ע״י התבוננות במקור חוצבה ושרשה במרכבה העליונה שממנה נלקח הכח המתאוה שבנפשו הבהמית כנ״ל.
c’est-à-dire par la contemplation de la source d’où il a été taillé et de sa racine dans le Char céleste, d’où fut tirée la force du désir de son âme animale, comme mentionné plus haut :
Cette initiative consiste à contempler : à méditer profondément sur la source sainte, dans le Char céleste, d’où fut tirée la force du désir de l’âme animale.
איך שהם בטלים בבחי׳ מרכבה וכסא לגבי דמות אדם שעל הכסא וזעים וחלים מחיל כסא ומתלהבים ומתלהטים בלהבת ושלהבת רשפי אש ליבטל ולהכלל באור ה׳ השופע
comment ils sont annulés, tels un char et un trône, devant la forme d’un homme qui se trouve sur le trône, comment ils tremblent et frémissent du tremblement du trône, et sont enflammés et embrasés par des flammes et des langues de feu ardentes, afin d’être annulés et absorbés dans la lumière de D.ieu qui se répand
On contemple combien les anges du Char sont entièrement annulés, servant de « char » et de « trône » à la forme d’un homme qui se trouve au-dessus d’eux ; ils tremblent et brûlent du désir de se fondre dans la lumière de D.ieu qui se répand sur eux.
עליהם וממילא יאיר אור האהבה גם על כח המתאוה שבנפשו הבהמית שנלקח משם לעורר לבו להיות נעתק מתענוגים גשמיים אשר נשקע בהם ולהיות נמשך אחר שרשו להבטל ולהכלל באור ה׳
sur eux. Dès lors, la lumière de l’amour brillera également sur la force du désir de son âme animale, qui a été tirée de là, éveillant son cœur à se détacher des plaisirs physiques dans lesquels il est enfoncé et à être attiré vers sa racine, afin d’être annulé et absorbé dans la lumière de D.ieu.
Puisque le désir de l’âme animale provient précisément de cette source, l’amour des anges l’éclaire lui aussi naturellement. Cela éveille le cœur, qui se détache des plaisirs physiques dans lesquels la personne est enfoncée, afin d’être attiré vers sa racine.
ולכן תקנו אכנה״ג [אנשי כנסת הגדולה]2 ברכות ק״ש [קריאת שמע] שתים לפניה ברכת יוצר אור ששם נאמר ונשנה באריכות סדר המלאכים3 ושרפים וחיות איך השם בטלים לאורו ית׳ ויוצר משרתים ואש משרתיו כו׳.
C’est pourquoi les hommes de la Grande Assemblée instituèrent deux bénédictions avant le Chema : la bénédiction Yotzer Or, où l’ordre des anges, des Séraphins et des ‘Hayot est énoncé et repris longuement, ainsi que la manière dont ils sont annulés devant Sa lumière, béni soit-Il : « Il forme des serviteurs » et « dont les serviteurs », etc.
C’est pourquoi les Sages placèrent deux bénédictions avant le Chema. La première, Yotzer Or (« Qui forme la lumière »), décrit longuement les anges, les Séraphins et les ‘Hayot, ainsi que la manière dont ils sont annulés devant D.ieu. Les expressions « Il forme des serviteurs » et « dont les serviteurs » introduisent deux catégories d’anges.
יוצר משרתים שכמה אלף ורבוא רבבות נבראים בכל יום ומחמת תוקף אהבתם כאש בוערת כלים ונשרפים וחוזרים ומתחדשים ואשר משרתיו מששת ימי בראשית כמה אלף ורבוא רבבות בגדוד א׳ ולגדודיו אין מספר
« Il forme des serviteurs » : plusieurs milliers et des myriades de myriades sont créés chaque jour ; et, sous l’effet de l’intensité de leur amour, semblable à un feu ardent, ils expirent et sont consumés, puis sont renouvelés. « Et dont les serviteurs » : [ceux qui existent] depuis les six jours de la Création, plusieurs milliers et des myriades de myriades dans une seule troupe, et ses troupes sont innombrables,
« Il forme des anges serviteurs » désigne les anges créés à nouveau chaque jour, qui expirent sous l’effet de l’intensité de leur amour et sont renouvelés ; « dont les serviteurs » désigne les anges qui existent depuis les six jours de la Création, en troupes innombrables.
כדכתיב היש מספר לגדודיו4 כדמשני בגמרא5 וכולם מעריצים ומקדישים כו׳ מחמת השגתם שיודעים ומשיגים שחיותם וקיומם הנמשך להם מאתו ית׳ הוא מבחי׳ שמו לבד
comme il est écrit : « Ses troupes sont-elles dénombrables ? », comme la Guemara le résout. Et tous « proclament et sanctifient », etc., en raison de leur compréhension : ils savent et comprennent que leur force vitale et leur existence, qui leur sont accordées par Lui, béni soit-Il, proviennent uniquement du niveau de Son Nom,
La Guemara concilie « mille milliers Le servent » avec « Ses troupes sont-elles dénombrables ? » : mille milliers désigne le nombre d’une seule troupe, mais les troupes elles-mêmes sont innombrables. Tous ces anges sanctifient D.ieu parce qu’ils saisissent que leur force vitale ne provient que de Son « Nom ».
כמו עד״מ6 שמו של אדם שאינו עצם מעצמותו כלל אלא איזה בחי׳ הארה והתפשטות ממנו
tout comme, à titre d’analogie, le nom d’une personne ne fait nullement partie de son essence ; il n’est qu’un certain rayonnement et un prolongement qui viennent d’elle,
Un nom ne fait pas partie de l’essence d’une personne ; il n’est qu’un léger prolongement d’elle. De même, le « Nom » de D.ieu n’est qu’un rayonnement émanant de Lui, et non Son essence.
כדי שיוכל זולתו לקרוא לו בשמו ונקרא אור א״ס ב״ה כלומר הארה ממנו בלבד כאור וזיו המתפשט מן השמש וכמ״ש במ״א7 ואומרים קדוש8 כלומר שהוא מובדל מהם ואינו מתלבש בהם בבחי׳ גילוי כי
afin qu’un autre puisse l’appeler par son nom. Et on l’appelle « la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il », c’est-à-dire seulement un rayonnement venant de Lui, comme la lumière et l’éclat qui se répandent du soleil, comme cela est expliqué ailleurs. Et ils disent « Saint », c’est-à-dire qu’Il est séparé d’eux et ne s’habille pas en eux de manière révélée. Car
Un nom n’existe que pour que d’autres puissent appeler une personne par ce nom. Même le terme Or Ein Sof, la Lumière infinie, ne signifie qu’un rayonnement venant de Lui, comme la lumière du soleil vient du soleil ; et lorsque les anges disent « Saint », ils veulent dire que D.ieu Lui-même est séparé d’eux et n’est pas révélé en eux.
הנה כתיב מלכותך מלכות כל עולמים9 שכל חיות המתפשט מאור א״ס ב״ה להחיות כל הנבראים להיות ממלא כל עלמין אינו כדרך הנשמה המחיה וממלא כל הגוף
Or, il est écrit : « Ta royauté est une royauté sur tous les mondes » : toute la force vitale qui se répand de la Lumière infinie, béni soit-Il, pour donner vie à toutes les créatures, afin d’être [la lumière qui] remplit tous les mondes (memalé kol almin), n’est pas semblable à l’âme qui donne vie à tout le corps et le remplit,
Le verset « Ta royauté est une royauté sur tous les mondes » montre que la force vitale qui remplit tous les mondes provient de la souveraineté de D.ieu (Mal'hout). Elle n’est pas semblable à une âme dans un corps, qui anime le corps en s’habillant en lui.
שהיא מתלבשת בתוכו והיא מתפעלת ממקרי הגוף10 משא״כ בו ית׳ אני ה׳ לא שניתי11 כתיב ואתה הוא קודם12 שנברא העולם ואתה הוא כו׳
car [l’âme] s’habille en lui et est affectée par ce qui arrive au corps. Il n’en va pas ainsi de Lui, béni soit-Il : « Moi, Havaya, je n’ai pas changé », est-il écrit ; et « Tu es Lui avant que le monde ne soit créé, et Tu es Lui », etc.
Une âme est affectée par ce qui arrive à son corps, mais D.ieu n’est nullement changé par la création : « Moi, Havaya, je n’ai pas changé. » Les mots de la liturgie « Tu es Lui avant que le monde ne soit créé, et Tu es Lui » expriment la même idée.
Au contraire, tous les mondes reçoivent leur force vitale, leur flux et leur existence uniquement du niveau de Sa souveraineté (Mal'hout), qui est un niveau d’extension et de rayonnement venant de Lui vers l’extérieur.
Tous les mondes ne vivent que de Sa souveraineté, qui est une extension et un rayonnement émanant de Lui, et non de Son essence.
La section 2 décrit l’« éveil d’en bas » qui fait descendre le feu d’en haut : il consiste à contempler l’annulation des anges, telle que la relate la bénédiction Yotzer Or. Les anges sont annulés parce qu’ils comprennent que leur force vitale ne provient que du « Nom » de D.ieu, c’est-à-dire de Sa souveraineté, simple rayonnement extérieur, tandis que Lui-même est saint et séparé.
Kehot cite la transcription de ce maamar (Sefer HaMaamarim 5562), qui demande pourquoi nous évoquons la louange et la crainte des anges, alors que les âmes sont supérieures aux anges. La réponse est que nous rappelons l’ardeur des anges du Char céleste, le feu d’en haut, afin que notre âme animale s’y inclue et s’élève comme un holocauste consumé sur l’autel.
Maré mekomot
- 1מצוה להביא מן ההדיוט · Eruvin 63a:15
- 2ולכן תיקנו אכנה״ג · Leviticus 2:2
- 3ששם נאמר ונשנה באריכות סדר המלאכים · ראה תניא פרק מט ובליקוט פירושים ומ״מ — חיטריק שם.
- 4היש מספר לגדודיו · Job 25:3
- 5כדמשני בגמרא · Chagigah 13b:12
- 6וקיומם הנמשך להם . . מבחי׳ שמו לבד כמו עד״מ · ראה לקמן שה״ש יד, ג.
- 7ונקרא אור א״ס ב״ה כלומר הארה ממנו בלבד . . כמ״ש במ״א · ראה תו״א פז, א ובכ״מ.
- 8ואומרים קדוש · Isaiah 6:3
- 9מלכותך מלכות כל עולמים · Psalms 145:13
- 10והיא מתפעלת ממקרי הגוף · ראה תניא פרק מב.
- 11אני ה׳ לא שניתי · Malachi 3:6
- 12אתה הוא קודם שנה״ע · נוסח התפלה.
- 13מלכותך מל׳ כ״ע · תהלים רמה, יג.
- 14
Et, à titre d’analogie, « Par ma chair, je contemple D.ieu » : même chez l’homme d’en bas, l’intellect et les attributs émotionnels (midot) sont son essence et son être, tandis que la qualité d’élévation de soi qui est en lui
Les paroles de Job, « Par ma chair, je contemple D.ieu », constituent la justification classique pour apprendre quelque chose de D.ieu à partir de l’être humain. Chez une personne, l’intellect et les émotions sont son véritable être, tandis que le sentiment de s’élever au-dessus des autres est quelque chose d’extérieur.
אלא ממנו ולחוץ שאינו נוגע אל עצמותו אלא להתנשא על זולתו והוא בחי׳ ומדרגה אחרונה שבו כך
n’est qu’en dehors de lui : elle ne touche pas à son essence, mais [sert seulement] à s’élever au-dessus d’autrui ; c’est le dernier niveau et le dernier rang en lui. De même,
L’élévation de soi ne touche pas à l’essence d’une personne ; elle n’existe qu’en rapport avec autrui, pour se tenir au-dessus de lui, et constitue donc le dernier et le plus bas de ses attributs.
הנה התפשטות בחי׳ מלכותו ית׳ אינה אלא זיו והארה ממנו ית׳ אל הנבראים ואין מלך בלא עם.
l’extension du niveau de Sa souveraineté, béni soit-Il, n’est qu’un rayonnement et une lueur émanant de Lui, béni soit-Il, vers les êtres créés ; et « il n’est pas de roi sans peuple ».
De même, la souveraineté de D.ieu (Mal'hout) n’est qu’un rayonnement extérieur vers les créatures, et non Son essence. Comme toute royauté, elle n’existe qu’en relation avec autrui : « il n’est pas de roi sans peuple ».
Une analogie tirée de la nature humaine : de même que le sentiment d’une personne de se tenir au-dessus des autres se situe en dehors de son véritable être, la royauté de D.ieu, de laquelle tous les mondes tirent leur vie, n’est qu’un rayonnement extérieur émanant de Lui.
Puisque la royauté n’existe qu’en relation avec autrui, elle est l’attribut qui, par nature, se tourne vers l’extérieur ; c’est pourquoi la vie de tous les êtres créés peut en émaner, tandis que l’essence de D.ieu demeure intacte.
Maré mekomot
- 1מבשרי אחזה אלו-ה · Job 19:26
C’est là [le sens de] « Créateur des êtres saints ; que Ton Nom soit loué à jamais (la’ad), notre Roi. » Cela signifie que toute louange et toute célébration qui procèdent d’une certaine compréhension ne concernent
La bénédiction Yotser Or dit : « Créateur des êtres saints ; que Ton Nom soit loué à jamais, notre Roi. » L’Alter Rebbe explique que toute louange issue de la compréhension, comme celle des anges, ne s’adresse qu’au « Nom » de D.ieu.
אלא בחי׳ שמך ששמו נקרא על הנבראים והוא בבחי׳ לעד שאינו מתלבש ומתגלה בהם אלא עומדים בריחוק מקום
que le niveau de « Ton Nom », car Son Nom est invoqué sur les êtres créés ; et cela relève du mode de « la’ad », car il ne se revêt pas en eux et ne s’y révèle pas, mais ils se tiennent à distance.
Le « Nom » de D.ieu est « invoqué » sur la création : il se rapporte aux êtres créés sans se revêtir en eux ni s’y révéler. Le mot la’ad (« à jamais ») est compris comme décrivant cette relation : les créatures restent à part, à distance, comme le montre le verset qui suit.
וכדכתיב כי הוא צוה ונבראו2 ויעמידם לעד לעולם3 ופי׳ צוה ונבראו כאלו הם מעצמם נבראו ממילא מאין ליש ע״י צוויו שאין חיותו ית׳ המחיה ומהוה אותם מאין ליש מתפשט ומתלבש בתוכם בבחי׳ גילוי
Ainsi qu’il est écrit : « Car Il a ordonné et ils furent créés, et Il les établit à jamais (la’ad), pour toujours. » Le sens de « Il a ordonné et ils furent créés » est qu’ils auraient été créés comme d’eux-mêmes, pour ainsi dire, spontanément, du néant à l’existence, par Son ordre ; car Sa force vitale, béni soit-Il, qui leur donne vie et les fait advenir du néant à l’existence, ne se répand pas en eux et ne s’y revêt pas de manière révélée.
« Il a ordonné et ils furent créés » laisse entendre que les créatures sont venues à l’existence comme si elles s’étaient formées d’elles-mêmes, par Sa seule parole ; Sa force vitale ne les remplit pas de façon manifeste. C’est pourquoi Il les « établit la’ad » : elles se tiennent à distance.
כי מ״ש וברוח פיו כל צבאם4 לא שיהיה כח הפועל מתלבש ממש בנפעל אלא שהוא כח השופע עליהם בלבד (ועמ״ש בד״ה קול דודי5 ובד״ה מי מנה6 עפר יעקב בפי׳ והים עליהם מלמעלה).
Car ce qui est écrit, « et par le souffle de Sa bouche toute leur armée », ne signifie pas que la puissance de l’agent se revêt véritablement dans ce qui est produit, mais qu’elle est seulement une puissance qui s’écoule vers eux. (Voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « La voix de mon bien-aimé », et dans celui commençant par « Qui peut compter la poussière de Jacob », à propos de l’explication de « et la Mer était au-dessus d’eux, en haut ».)
De même, « par le souffle de Sa bouche toute leur armée » ne signifie pas que la puissance créatrice de D.ieu se revêt dans les créatures, mais qu’elle agit sur elles d’en haut. Le texte renvoie à deux autres discours, dont l’un explique « et la Mer était au-dessus d’eux, en haut » : le grand bassin du Temple, appelé « la Mer », reposait sur douze bœufs.
וזהו ג״כ וברוח פיו דהיינו עד״מ בחי׳ ההבל היוצא מן הפה ולחוץ שגם שהוא יוצא מתוכו ופנימיותו נראה כאלו הוא דבר נפרד מתוכו להיות דבר בפ״ע [בפני עצמו] ואינו מתלבש בהם
C’est également le sens de « par le souffle de Sa bouche » : à titre de comparaison, le souffle qui sort de la bouche vers l’extérieur ; bien qu’il provienne de son intérieur, de sa dimension intérieure, il semble être une chose séparée de son intérieur, une chose à part entière ; et il ne se revêt pas en eux,
Le souffle qui sort de la bouche provient de l’intériorité de la personne, mais, une fois à l’extérieur, il semble être une chose séparée. De même, le « souffle » créateur de D.ieu ne se revêt pas dans les créatures.
אלא בחי׳ מלכנו להיות מלך שמו נקרא עליהם ואותה אנו מבקשים שישתבח דהיינו להיות בבחי׳ זו שבח ותוספת7 בתוקף אור וגילוי
mais seulement le niveau de « notre Roi » : être un Roi dont le Nom est invoqué sur eux. Et c’est cela que nous demandons de voir loué (yishtabach), c’est-à-dire que, dans ce niveau, il y ait louange et accroissement de l’intensité de la lumière et de la révélation.
Ce qui se rapporte à la création n’est que « notre Roi » : Son Nom de Roi, invoqué sur les créatures. Lorsque nous demandons que Son Nom soit « loué » (yishtabach), nous demandons que ce niveau de souveraineté gagne en intensité de lumière et de révélation, car le mot qui signifie louange suggère aussi un accroissement.
(ועמ״ש סד״ה ביום השמיני שלח8 את העם) אבל הקב״ה בעצמו ובכבודו הוא קדוש ומובדל כו׳ כנ״ל:
(Voir ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Le huitième jour, il renvoya le peuple. ») Mais le Saint béni soit-Il, Lui-même et dans toute Sa gloire, est saint et séparé, etc., comme mentionné plus haut.
L’Alter Rebbe renvoie à la fin d’un discours pour Chemini Atseret. D.ieu Lui-même, dans toute Sa gloire, demeure saint et séparé, au-delà même de cette louange.
En interprétant la bénédiction « Créateur des êtres saints ; que Ton Nom soit loué à jamais, notre Roi », le maamar montre que la création ne se rapporte qu’au « Nom » et à la royauté de D.ieu, qui ne se revêtent pas dans les créatures, tandis que D.ieu Lui-même demeure saint et séparé.
Kehot indique que l’idée selon laquelle notre demande apporte « louange et accroissement » à ce niveau de royauté est expliquée dans les Biurei HaZohar du Tséma’h Tsédek.
Maré mekomot
- 1בורא קדושים ישתבח שמך · ברכת יוצר.
- 2כי הוא צוה ונבראו · Psalms 148:1
- 3כי הוא צוה ונבראו ויעמידם לעד לעולם · Psalms 148:5–6
- 4וברוח פיו כל צבאם · Psalms 33:6
- 5בד״ה קול דודי · ראה לקמן שה״ש יד, ג.
- 6ובד״ה מי מנה · לעיל פ׳ בלק סז, ג.
- 7להיות בבחי׳ זו שבח ותוספות · נתבאר בביאוה״ז להצ״צ כרך ב ע׳ תתפט.
- 8סד״ה ביום השמיני שלח · לקמן דרושים לשמע״צ.
L’élan et le retour ¶7–8
7ג והנה המלאכים מחמת גודל עוצם השגתם ששפען וחיותן נמשך מבחי׳ שמו לבד שהוא קדוש ומובדל
3. Or, les anges, en raison de l’intensité de leur perception — ils comprennent que leur flux et leur force vitale proviennent uniquement du niveau de Son Nom, car Il est saint et séparé —
La section 3 aborde le service des anges. Parce qu’ils saisissent avec une telle intensité que leur vie ne provient que du « Nom » de D.ieu, tandis que Lui-même est saint et séparé, ils sont partagés entre aspiration et crainte.
לכן הם בבחי׳ רצוא ושוב1 רצוא ברשפי אש שלהבת מתלהטת להכלל באורו ית׳ ושוב ביראה שמחמת היראה הם חוזרים ונרתעים
se trouvent donc dans un état de « mouvement vers l’avant et de retour » (ratso vachov) : ils s’élancent, dans des éclats ardents et des flammes embrasées, pour être absorbés dans Sa lumière, béni soit-Il ; puis ils reviennent, saisis de crainte, car cette crainte les fait reculer et se retirer
Ézéchiel vit les ‘Hayot « aller et venir » (ratso vachov). Elles s’élancent dans un amour brûlant pour se fondre dans la lumière de D.ieu, puis, saisies de crainte, se retirent.
לאחוריהם כענין שנאמר וירא העם וינועו2 ויעמדו מרחוק ואומרים ברוך כבוד3 ה׳ ממקומו שיבורך ויומשך למטה ג״כ בבחי׳ גילוי
en arrière, comme il est dit : « Le peuple vit, trembla et se tint à distance. » Et elles disent : « Bénie soit la gloire de Havaya depuis Son lieu », afin qu’elle soit bénie et également attirée vers le bas, sous une forme révélée,
Leur retrait ressemble à celui d’Israël au Sinaï : le peuple vit la révélation, trembla et se tint à distance. Les paroles « Bénie soit la gloire de Havaya depuis Son lieu » expriment le souhait que cette gloire soit « bénie », c’est-à-dire attirée vers le bas et révélée ici-bas comme elle l’est en haut.
כמו שהוא למעלה ומזה יתבונן המשכיל להיות ג״כ בבחי׳ רצוא ושוב באהבה וחשיקה וחפיצה להיות נמשך אחר שרשו להתכלל באור ה׳ שהוא קדוש ומובדל כו׳
comme elle l’est en haut. De là, l’homme réfléchi méditera afin d’être lui aussi dans un état de mouvement vers l’avant et de retour : avec amour, aspiration et désir, se laisser attirer vers sa racine pour être absorbé dans la lumière de D.ieu, qui est sainte et séparée, etc. ;
L’homme réfléchi prend cela pour modèle de son propre service : le « mouvement vers l’avant », avec amour, aspiration et désir d’être absorbé dans la lumière de D.ieu.
ושוב ביראה להיות מקבל עול מלכות שמים למטה כמ״ש שום תשים עליך מלך4 וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] אם רץ לבך שוב5 לאחד6 שיעשה מכון לשבתו ולהיות ה׳ אחד שורה למטה
et de retour, avec crainte, afin d’accepter ici-bas le joug de la royauté du Ciel, comme il est écrit : « Tu établiras certainement un roi sur toi », et comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Si ton cœur s’élance, retourne vers l’Un » ; afin qu’il fasse un lieu de repos pour Sa demeure et que « Havaya est Un » réside ici-bas,
Puis vient le « retour », avec crainte : accepter ici-bas le joug du Ciel, comme on établit un roi sur soi, afin de faire une demeure pour D.ieu dans ce monde. « Si ton cœur s’élance, retourne vers l’Un » enseigne que l’élan d’amour doit revenir afin de faire descendre ici-bas l’unité de D.ieu.
כמו למעלה ועד״ז תקנו ג״כ פסוד״ז [פסוקי דזמרה] ששם נאמר הודו לה׳ קראו בשמו כו׳ הודו על ארץ ושמים7 כו׳
comme en haut. Dans cette même optique, ils instituèrent également les Pessouké déZimra (Versets de louange), où il est dit : « Rendez grâce à Havaya, invoquez Son Nom », etc., « Sa majesté est au-dessus de la terre et du ciel », etc.,
Les Pessouké déZimra, les psaumes et versets de louange récités avant les bénédictions du Chema, suivent le même modèle.
לך ה׳ הגדולה כו׳ וצבא השמים לך משתחוים8 אלא שהוא בבחי׳ ומדרגות העולמות שלמטה בחי׳ דומם וצומחו ושם ג״כ יש בחי׳ רצוא ושוב.910
« À Toi, Havaya, la grandeur », etc., « et l’armée des cieux se prosterne devant Toi. » Toutefois, cela se situe aux niveaux et aux degrés des mondes inférieurs, aux niveaux de l’inerte et du végétal ; et là aussi, il y a un mouvement vers l’avant et un retour.
Ces versets décrivent la louange des mondes inférieurs, du ciel et de la terre et de leurs armées, jusqu’à l’inerte et au végétal. Là aussi, il y a un mouvement vers l’avant et un retour.
Le « mouvement vers l’avant et le retour » des anges — l’amour ardent et le retrait empreint de crainte — sert de modèle à la prière de l’homme : l’amour aspire à s’élever vers D.ieu, tandis que la crainte ramène à accepter Sa royauté et à faire descendre ici-bas Son unité.
Kehot cite la version de Sefer HaMaamarim 5629, qui ajoute que, puisque l’âme est revêtue d’un corps, il ne lui suffit pas de méditer sur sa propre source ; elle a également besoin de l’annulation de soi du mouvement vers l’avant et du retour que l’on trouve dans l’inerte et le végétal, sujet des Pessouké déZimra.
Maré mekomot
- 1הם בבחי׳ רצוא ושוב · Ezekiel 1:14
- 2וירא העם וינועו · Exodus 20:15
- 3ברוך כבוד ה׳ ממקומו · Ezekiel 3:12
- 4שום תשים עליך מלך · Deuteronomy 17:15
- 5אם רץ לבך שוב · Sefer Yetzirah 1:8
- 6אם רץ לבך שוב לאחד · Tikkunei Zohar 7a:3
- 7הודו על ארץ ושמים · Psalms 148:13
- 8וצבא השמים לך משתחוים · Nehemiah 9:6
- 9בחי׳ רצוא ושוב · בסה״מ תרכ״ט ע׳ רפה נוסף ”וי״ל שמפני שהנשמה מלובשת בגוף לכן אינו די במה שמתבוננת במקור חוצבה לבד, כ״א בבחי׳ הביטול דרצו״ש שבבחי׳ דומם וצומח כו׳”.
- 10לך ה׳ הגדולה · I Chronicles 29:11
8ולכן יש פסוקים מדבר באהבתו1 ית׳ ויש ביראתו ומשניהם נולדה מדת הרחמנות שיש פסוקים מדברים בזה כמו והוא רחום2 כו׳.
C’est pourquoi certains versets parlent de l’amour qu’Il éprouve, béni soit-Il, et d’autres de la crainte qu’Il inspire ; de ces deux sentiments naît l’attribut de compassion, dont certains versets parlent également, tels que « Et Lui, étant compatissant… », etc.
Suivant le mouvement d’aller et de revenir, certains versets des prières parlent de l’amour de D.ieu et d’autres de la crainte qu’Il inspire. Des deux réunis naît la compassion, et il existe aussi des versets de compassion, tels que « Et Lui, étant compatissant, pardonne la faute ».
אתה הוי׳ לא תכלא רחמיך3 כו׳ ושלשה בחי׳ אלו הם בחי׳ אברהם יצחק ויעקב ובחי׳ הרחמנות זו היא מדתו של יעקב.
« Toi, Havaya, tu ne retiendras pas ta compassion… », etc. Ces trois niveaux sont ceux d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, et ce niveau de compassion est l’attribut de Jacob.
Un autre verset de ce genre est : « Toi, Havaya, tu ne retiendras pas ta compassion envers moi. » L’amour, la crainte et la compassion correspondent aux trois Patriarches ; la compassion, qui associe les deux autres, est l’attribut de Jacob.
Les trois catégories de versets dans la prière — amour, crainte et compassion — correspondent à Abraham, Isaac et Jacob.
Le parallèle dans Likkutei Torah, Emor (cité par Kehot) explique ainsi « Les prières furent instituées par les Patriarches » : les Patriarches sont 'Hessed, Guevoura et Tiferet, d’où procèdent l’amour, la crainte et la compassion ; toute la prière est composée de ces trois catégories de versets.
Maré mekomot
- 1ולכן יש פסוקים מדבר באהבתו · ראה לעיל פ׳ אמור לה, ג.
- 2והוא רחום · Psalms 78:38
- 3אתה הוי׳ לא תכלא רחמיך · Psalms 40:12
Le Chema ¶9–10
9וז״ש [וזהו שכתוב] רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] תפלות אבות תקנום1 ומזה יבא ויגיע לבחי׳ ומעלת ומדריגות ביטול גדול מזה בק״ש [בקריאת שמע] להכלל בבחי׳ אדם שעל הכסא בחי׳ פנימית
C’est [le sens de] ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Les prières furent instituées par les Patriarches. » De là, il parviendra et atteindra un niveau, un rang et un degré d’annulation de soi (bitoul) encore plus grand, dans le Chéma : être inclus dans le niveau de l’homme sur le trône, le niveau intérieur.
L’autre opinion du Talmud, selon laquelle les Patriarches instituèrent les prières, correspond aux trois sortes de versets décrites précédemment. À partir de l’amour et de la crainte éprouvés dans les Psouké déZimra, l’homme parvient à une annulation de soi plus grande dans le Chéma : être inclus dans « l’homme sur le trône », le niveau intérieur qui se trouve au-dessus des anges du Char céleste.
וזהו שמע ישראל2 שמע לשון הבנה כי הוי׳ שהוא בחי׳ עצמותו ומהותו כביכול בחי׳ ועל דמות הכסא דמות כמראה אדם3 כו׳
C’est cela, « Écoute, Israël » : « écoute » signifie comprendre. Car Havaya, qui est le niveau de Son essence et de Son être, pour ainsi dire, le niveau de « et sur la ressemblance du trône, une ressemblance semblable à l’apparence d’un homme », etc.,
« Écoute » (chéma) signifie aussi « comprends » ; le Chéma est donc un appel à la contemplation. Le premier Nom qu’il contient, Havaya, désigne l’essence même de D.ieu, pour ainsi dire, l’« homme » assis sur le trône.
הוא אלהינו שהוא בחי׳ אחד א״ח ד׳ וד׳ רבתי שהוא בחי׳ דבר ה׳ חיות הכללי של כל העולמות
est notre D.ieu (Elokeinou), ce qui correspond au niveau de « Un » (E’had) : alef-‘het et dalet, ainsi que le dalet majuscule, qui correspond au niveau de « la parole de D.ieu », la force vitale générale de tous les mondes.
Elokeinou, « notre D.ieu », est identifié à « Un » (e’had), dont les lettres sont alef-‘het et dalet ; dans le rouleau de la Torah, le dalet de e’had est écrit en grand. Ce grand dalet représente « la parole de D.ieu », la force vitale générale de tous les mondes.
כי בעשרה מאמרות נברא העולם ובמאמר אחד יכול להבראות4 והוא בחי׳ מחשבה אחת וכמ״ש בזהר במחשבה אחת ברא את העולם5 ע״ד שכתוב צופה ומביט עד סוף כל הדורות וקורא הדורות6 מראש כו׳
Car « le monde fut créé par dix paroles », alors qu’il « aurait pu être créé par une seule parole » ; c’est le niveau d’une pensée unique, comme il est écrit dans le Zohar : « Par une seule pensée, Il créa le monde », selon ce qui est écrit : « Il voit et contemple jusqu’à la fin de toutes les générations », et « Il appelle les générations depuis le commencement », etc.,
La Michna relève que le monde fut créé par dix paroles, alors qu’une seule aurait suffi ; cette « parole unique » est une pensée unique qui les englobe toutes. Le Zohar dit que le monde fut créé « par une seule pensée » ; les prières de Roch Hachana décrivent D.ieu comme regardant jusqu’à la fin de toutes les générations, tandis qu’Isaïe parle de Lui comme de Celui qui « appelle les générations depuis le commencement ».
וכמ״ש במ״א ובחי׳ מחשבה הוא בחי׳ הדיבור לפי שהוא מקור לגילוי העולמות וכמו עד״מ באדם יש כמה מחשבות שמחשב שאינן באין לכלל גילוי הדיבור ונקראו מחשבות
comme il est expliqué ailleurs. Et le niveau de la pensée est celui de la parole, puisqu’elle est la source de la révélation des mondes. À titre d’analogie, chez l’homme aussi, il y a de nombreuses pensées qu’il forme et qui ne parviennent pas à être révélées par la parole ; elles sont appelées des pensées ;
Cette « pensée unique » est considérée comme une parole, car elle est la source à partir de laquelle les mondes se révèlent. De même, l’homme a des pensées qui ne deviennent jamais des paroles et restent des pensées proprement dites.
ויש מחשבות שמחשב ומהרהר איך להוציא הדברים מפיו הרי מחשבה זו נכללה בבחי׳ הדבור ממש. כך הנה כתיב מאד עמקו מחשבותיך7 שהם בחי׳ מחשבתין סתימין כו׳.89
et il y a des pensées par lesquelles il réfléchit à la manière de faire sortir les paroles de sa bouche ; cette pensée est alors véritablement incluse dans le niveau de la parole. De même, il est écrit : « Tes pensées sont très profondes » ; elles correspondent au niveau des « pensées cachées », etc.
Mais lorsqu’il réfléchit à la manière de mettre ses paroles en mots, cette pensée appartient déjà à la parole. Les pensées de D.ieu, « très profondes », les « pensées cachées » (ma’hachavtin stimin), correspondent aux pensées qui ne deviennent jamais des paroles.
À partir de l’amour et de la crainte éprouvés dans les Psouké déZimra, l’homme s’élève dans le Chéma vers une annulation de soi plus profonde. « Havaya est notre D.ieu » signifie que l’essence de D.ieu est une avec la « parole unique », la pensée unique qui est la source de toute la création et qui compte comme une « parole », car les mondes se révèlent à partir d’elle.
Le parallèle dans Likkutei Torah, Be’houkotaï (cité par Kehot) explique la « parole unique » comme la pensée inférieure, revêtue dans toute la parole et lui donnant vie, par opposition à la pensée supérieure, liée à l’essence de l’intellect, dont les lettres sont « gravées » et n’ont aucune existence propre.
Maré mekomot
- 1תפלות אבות תקנום · Berakhot 26b:4–5
- 2שמע ישראל · Deuteronomy 6:4
- 3ועל דמות הכסא דמות כמראה אדם · Ezekiel 1:26
- 4בעשרה מאמרות נברא העולם ובמאמר אחד יכול להבראות · Pirkei Avot 5:1
- 5במח׳ א׳ ברא את העולם · Zohar II, 20a
- 6צופה ומביט . . וקורא הדורות · Isaiah 41:4
- 7מאד עמקו מחשבותיך · Psalms 92:6
- 8שמע ל׳ הבנה · I Samuel 3:10
- 9בע״מ נבה״ע · אבות רפ״ה. נת׳ בסה״מ תרכ״ז ע׳ רנז ובכ״מ.
10ועמ״ש מזה בד״ה באתי לגני.1 אך הנה המחשבה שהוא מקור ושרש לעלמא דאתגליא היא נקראת ועולה בשם בחי׳ הדבור והגילוי וזוהי בחי׳ ד׳ רבתי דאחד
[Voyez ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Je suis venu dans Mon jardin. »] Mais la pensée qui est la source et la racine du monde révélé (alma de’isgalya) est appelée et comptée sous le nom de parole et de révélation ; c’est là le niveau du grand dalet de E’had,
La pensée qui est la source du monde révélé est comptée comme de la « parole », car la révélation en procède. C’est le grand dalet de E’had, « Un ».
שהוא המאמר א׳ שבו נכללו כל העשרה מאמרות שהוא בחי׳ אור א״ס הנמשך ומתפשט בעשרה מאמרות להוות כל הנבראים מאין ליש ולפי שאין שם עדיין בחי׳ ריבוי והתחלקות עשרה מאמרות
qui est l’unique parole dans laquelle les dix paroles sont toutes incluses : la Lumière infinie (Or Ein Sof), qui est attirée et se répand dans les dix paroles pour faire exister tous les êtres créés, du néant à l’existence. Et puisqu’il n’y a pas encore là de multiplicité ni de division en dix paroles,
C’est l’« unique parole » qui inclut les dix : la Lumière infinie telle qu’elle se déploie dans les dix paroles pour tout créer du néant. À ce niveau, elle n’est pas encore divisée en dix paroles distinctes.
לכן נק׳ מחשבה אחת ועי״ז יגיע למדריגות ואהבת בכל לבבך2 בשני יצריך34 שגם היצה״ר [היצר הרע] וכח המתאוה שבנפשו יוכלל בשרשו ואתהפכא מחשוכא לנהורא.
elle est donc appelée « une seule pensée ». Par là, il parviendra aux niveaux de « Tu aimeras… de tout ton cœur », « avec tes deux penchants », de sorte que même le mauvais penchant et la force du désir dans son âme seront inclus dans leur racine et transformés de l’obscurité en lumière.
C’est pourquoi elle est appelée « une seule pensée ». La méditation sur ce sujet conduit l’homme à aimer D.ieu « de tout son cœur », ce que la Michna interprète comme « avec ses deux penchants » : même le mauvais penchant et la force du désir sont inclus dans leur racine et transformés de l’obscurité en lumière.
Le grand dalet de E’had est l’unique pensée qui inclut les dix paroles. La méditer dans le Chema conduit l’homme à aimer D.ieu avec ses deux penchants, de sorte que même la force du désir est transformée.
Cela achève la réponse à la question de savoir en quoi la prière est un combat : le feu du désir n’est pas détruit, mais inclus dans sa racine sainte et transformé. C’est ainsi que le paragraphe suivant interprète le verset d’ouverture du maamar.
Maré mekomot
- 1בד״ה באתי לגני · לקמן שה״ש לא, ד.
- 2ואהבת בכל לבבך · Deuteronomy 6:5
- 3בכל לבבך בשני יצריך · ברכות פ״ט, מ״ה.
- 4בכל לבבך בשני יצריך · Mishnah Berakhot 9:5
Au-dessus de tes ennemis ¶11
11וזהו כי תצא למלחמה על אויביך.1 פי׳ כי תצא למלחמה זו לנצח כח המתאוה שבנפשו לקררה בתענוגי עוה״ז הגשמים ולאתהפכא לאהבת ה׳ תהיה בבחי׳ על אויביך
C’est là [le sens de] « Lorsque tu partiras en guerre contre (al) tes ennemis ». Cela signifie : lorsque tu pars pour cette guerre afin de vaincre la force du désir dans ton âme, de la refroidir à l’égard des plaisirs matériels de ce monde et de la transformer en amour de D.ieu, sois dans la modalité de « al oyvecha », au-dessus de tes ennemis ;
Le verset d’ouverture est maintenant expliqué. La guerre consiste à vaincre la force du désir, à la refroidir à l’égard des plaisirs matériels et à la transformer en amour de D.ieu. L’expression al oyvecha, qui signifie habituellement « contre tes ennemis », est ici comprise comme « au-dessus de tes ennemis ».
דהיינו בבחי׳ שרשם למעלה כי אין רע יורד מלמעלה23 ושרשם הוא טוב שהוא מבחי׳ מרכבה עליונה שבקדושה (ועמ״ש בד״ה ונתתי לך מהלכים).4
c’est-à-dire au niveau de leur racine supérieure. Car « aucun mal ne descend d’en haut », et leur racine est bonne, puisqu’elle relève du niveau du Char céleste, qui appartient à la sainteté. (Voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et Je te donnerai des lieux où marcher ».)
Combattre « au-dessus » d’eux signifie atteindre leur racine supérieure. Comme l’enseigne le Midrach : « aucun mal ne descend d’en haut » ; la racine des désirs est bonne, car elle se trouve dans le Char céleste saint.
אלא שלאחר ירידת והשתלשלות המדרגות נעשו שמרי האופנים ומשם נמשכו הע״ש5 שמהם נמשכו כל תענוגי עוה״ז והכח המתאוה כנ״ל. וכשנתעלה ונכלל בשרשו מתהפך מרע לטוב:
Toutefois, après la descente et l’enchaînement des niveaux, les scories des Ofanim apparurent ; de là procédèrent les soixante-dix princes, desquels procédèrent tous les plaisirs de ce monde et la force du désir, comme indiqué plus haut. Et lorsqu’elle est élevée et réintégrée à sa racine, elle se transforme du mal en bien.
Ce n’est qu’à travers la descente des niveaux que les scories des Ofanim apparurent, puis, de celles-ci, les soixante-dix princes, source des plaisirs de ce monde et du désir. Lorsque le désir est élevé jusqu’à sa racine, il passe du mal au bien.
« Lorsque tu partiras en guerre contre tes ennemis » est compris comme « au-dessus de tes ennemis » : pour vaincre la force du désir, il faut atteindre sa racine sainte supérieure, où elle est bonne, et ainsi la transformer du mal en bien.
Kehot note que Sefer HaMaamarim 5635 présente ici une formulation différente, au lieu de « et de là procédèrent les soixante-dix princes » : « et de là furent attirés, par l’enchaînement des mondes, des niveaux et des degrés, desquels… ».
Maré mekomot
- 1כי תצא למלחמה על אויביך · Deuteronomy 21:10
- 2אין רע יורד מלמעלה · ב״ר (פנ״א סי׳ ה [ג]). [כ].
- 3אין רע יורד מלמעלה · Bereshit Rabbah 51:3
- 4בד״ה ונתתי לך מהלכים · תו״א ל, ב.
- 5ומשם נמשכו הע״ש · בסה״מ תרל״ה ע׳ קא: ומשם נמשכו ע״י השתלשלות בחי׳ ומדרגת: שמהם.
L’aide de D.ieu par la Torah et les mitsvot ¶12–13
12ד אך א״א להתהפך טבעית מדתו לשנותה לגמרי בלתי עזר וסיוע אלקי׳ כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] אלמלא הקב״ה עוזרו1 כו׳
4. Mais il est impossible de transformer la nature d’un trait de caractère, de la changer entièrement, sans l’aide et le soutien divins, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Si le Saint béni soit-Il ne l’aidait pas… »
La section 4 ajoute un point essentiel : l’homme ne peut pas transformer sa nature par lui-même. Comme le dit le Talmud au sujet du mauvais penchant : « Si le Saint béni soit-Il ne l’aidait pas, il ne pourrait pas le vaincre. »
דהיינו שאין כח בנפשו לבד להיות עולה ונכלל בשרשו רק אחר שיומשך הארה מאור א״ס ב״ה על נפשו
C’est-à-dire que son âme, à elle seule, n’a pas la force de s’élever et de se fondre dans sa racine, si ce n’est après qu’un rayon de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, a été attiré sur son âme.
L’âme ne peut pas s’élever jusqu’à sa racine par sa propre force ; il faut d’abord qu’un rayon de la Lumière infinie soit attiré sur elle.
והוא הארת אור התורה והמצות מבחי׳ דמות אדם שעל הכסא רמ״ח אברים דמלכא ושס״ה גידים שהם מעבר להדם הוא הנפש2 והחיות המפשט לכל האברים ע״י קיום ושמירת מל״ת [מצות לא תעשה] ועי״ז נותן כח באש שלמעלה
Il s’agit du rayonnement de la lumière de la Torah et des mitsvot, provenant du niveau de la forme d’un homme qui est sur le trône : les 248 membres du Roi et les 365 tendons, qui sont le passage du sang — lequel est l’âme et la force vitale qui se répand dans tous les membres — grâce à l’accomplissement et à l’observance des commandements négatifs. Par cela, il donne de la force au feu d’en haut,
Ce rayonnement est la lumière de la Torah et des mitsvot, qui provient de l’« homme » sur le trône, dont le « corps » est constitué des commandements : les 248 « membres du Roi » et les 365 « tendons » qui portent le sang, l’âme et la force vitale, vers chaque membre, grâce à l’observance des commandements négatifs. Ainsi, l’homme donne de la force au feu d’en haut.
שהוא בבחי׳ כסא להמשיך ולירד למטה לכלות ולשרוף את כח נפש המתאוה הבהמית ולהעלותו לשרשו כנ״ל
qui se trouve au niveau du trône, afin d’être attiré et de descendre ici-bas, pour consumer et brûler la force de l’âme animale portée vers le désir, et l’élever jusqu’à sa racine, comme mentionné plus haut.
Le feu d’en haut relève du « trône », celui des anges du Char. Fortifié par la Torah et les mitsvot d’un homme, il descend pour consumer le désir de l’âme animale et l’élever jusqu’à sa racine.
ואזי יאירו בו מדותיו של הקב״ה ולא מדות טבעי׳ [טבעיים] שבנפשו (ועמ״ש מזה ע״פ בהעלותך3 בפי׳ שיורד על פי מדותיו)
Alors les attributs du Saint béni soit-Il rayonneront en lui, et non les traits naturels de son âme. (Voir ce qui est écrit à ce sujet sur le verset « Quand tu élèveras [les lampes] », dans l’explication de « qui descend au bord de ses vêtements » [al pi midosav].)
Les attributs de D.ieu rayonneront alors en l’homme à la place de ses traits naturels. Le renvoi joue sur le verset « qui descend al pi midosav » (« au bord de ses vêtements »), en interprétant midosav comme « ses attributs ».
וזהו ונתנו ה׳ אלהיך בידך4 הוי׳ הוא בחי׳ התורה שהיא רצונו וחכמתו ית׳ ואורייתא וקוב״ה [וקודשא בריך הוא] כולא חד5 ואלהיך בחי׳ המצות רמ״ח פקודין רמ״ח אברים דמלכא67 ושרש ב׳ בחי׳ אלו הם נעוץ תחלתן בסופן8 וסופן בתחלתן9
C’est là le sens de « et Havaya, ton D.ieu, le livrera en ton pouvoir ». Havaya désigne le niveau de la Torah, qui est Sa volonté et Sa sagesse, béni soit-Il ; or « la Torah et le Saint béni soit-Il ne font qu’un ». « Ton D.ieu » désigne le niveau des mitsvot, « les 248 commandements, les 248 membres du Roi ». La racine de ces deux niveaux est que « leur commencement est enchâssé dans leur fin, et leur fin dans leur commencement ».
La seconde partie du verset signifie donc : « et Havaya, ton D.ieu, le livrera en ton pouvoir ». Havaya représente la Torah, volonté et sagesse de D.ieu, qui ne fait qu’un avec Lui ; « ton D.ieu » représente les mitsvot, les 248 « membres du Roi ». La formule du Séfer Yetsira — « leur commencement est enchâssé dans leur fin, et leur fin dans leur commencement » — décrit la manière dont ces deux niveaux sont enracinés l’un dans l’autre.
כי בחי׳ התורה הוא בחי׳ מלך כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] מתניתא מלכתא1011 שהמשנה הוא עד״מ כמו מלך שהוא גוזר ואומר שאם יטעון ראובן כך כו׳
Car le niveau de la Torah est celui d’un roi, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « La Michna est une reine » ; la Michna est, par analogie, semblable à un roi qui décrète et dit : si Reouven prétend ceci, etc.,
La Torah est semblable à un roi : le Talmud appelle la Michna « une reine » parce que, comme un roi, elle décrète comment trancher un cas où Reouven prétend ceci.
יהיה פסק כך וכך וכן בדיני איסור והיתר ובחי׳ המצות הם בחינת עבד לשמוע בקולו וכדכתיב כי חי בני ישראל עבדים.1213
le jugement sera tel ou tel ; il en va de même pour les lois de l’interdit et du permis. Le niveau des mitsvot, lui, est celui d’un serviteur qui obéit à la voix de son maître, comme il est écrit : « Car les enfants d’Israël sont des serviteurs pour Moi. »
La Torah statue également sur ce qui est interdit et ce qui est permis. Les mitsvot, en revanche, sont semblables à un serviteur qui obéit à la voix de son maître, comme dans le verset : « Car les enfants d’Israël sont des serviteurs pour Moi. »
L’homme ne peut pas transformer seul sa nature. L’aide de D.ieu lui parvient par la lumière de la Torah et des mitsvot, qui donne de la force au feu d’en haut afin qu’il consume le désir de l’âme animale. C’est là le sens de « Havaya, ton D.ieu, le livrera en ton pouvoir » : Havaya désigne la Torah, semblable à un roi, et « ton D.ieu » désigne les mitsvot, semblables à un serviteur.
Kehot relève que la formulation du Talmud est matnisin malkesa, « notre Michna est une reine », et que le texte devrait apparemment porter ici la même formulation.
Maré mekomot
- 1אלמלא הקב״ה עוזרו · Kiddushin 30b:7
- 2הדם הוא הנפש · Deuteronomy 12:23
- 3ע״פ בהעלותך · ראה לעיל פ׳ בהעלותך ל, ג ואילך.
- 4ונתנו ה׳ אלהיך בידך · Deuteronomy 21:10
- 5ואורייתא וקוב״ה כולא חד · Zohar I, 24a
- 6רמ״ח פקודין רמ״ח אברים דמלכא · ראה ת״ז ת״ל.
- 7רמ״ח פקודין רמ״ח אברים דמלכא · Tikkunei Zohar 74a:8
- 8נעוץ תחלתן בסופן · ס״י פ״א, מ״ז.
- 9נעוץ תחלתן בסופן וסופן בתחלתן · Sefer Yetzirah 1:7
- 10מתניתא מלכתא · בביצה כח, ב: מתניתין מלכתא, ולכאורה כן צריך להגי׳ כאן. וראה הערת כ״ק אדמו״ר באוה״ת שמות ע׳ יב. ובמ״א לתו״א לדף מט, ב.
- 11מתניתא מלכתא · Beitzah 28b:14–15
- 12כי לי בנ״י עבדים · Leviticus 25:55
- 13
Or, la royauté de la Torah, « par laquelle les rois règnent », tient à ce que quiconque s’adonne à la Torah, le Saint béni soit-Il lit et étudie face à lui.
La « royauté » de la Torah (« par elle les rois règnent ») tient à ceci : lorsqu’un homme étudie la Torah, D.ieu Lui-même, pour ainsi dire, étudie face à lui. La Torah est ainsi une force qui attire D.ieu vers l’homme d’en bas.
וכמ״ש ואשים דברי בפיך4 ויעקב חבל נחלתו5 כמו למשל באדם המנענע בחבל למטה מתנענע גם למעלה בראש החבל ולזה נמשלה התורה למים שיורדין ממקום גבוה למקום נמוך
Comme il est écrit : « J’ai placé Mes paroles dans ta bouche », et : « Jacob est le cordage de Son héritage » : c’est comme une personne qui secoue un cordage en bas ; celui-ci bouge également en haut, à son extrémité supérieure. C’est pourquoi la Torah est comparée à l’eau, qui descend d’un lieu élevé vers un lieu bas.
« J’ai placé Mes paroles dans ta bouche » exprime la même idée. Jacob est le « cordage » de D.ieu (hével) : tirez sur une corde en bas, et son extrémité supérieure bouge elle aussi. La Torah est comparée à l’eau, qui s’écoule d’un lieu élevé vers un lieu bas.
וזהו נעוץ תחלתן בסופן67 ובחי׳ המצות הם סופן בתחלתן כי סוף מעשה8 במחשבה תחלה (ועמ״ש ע״פ השמים כסאי9 והארץ כו׳ וע״פ עלי באר10 בפי׳ מעין גנים באר מים חיים וסד״ה קול דודי11 גבי מדלג ומקפץ)
C’est là le sens de « leur commencement est enchâssé dans leur fin ». Quant au niveau des mitsvot, il est « leur fin dans leur commencement », car « la fin de l’action fut d’abord dans la pensée ». (Voyez ce qui est écrit sur le verset « Les cieux sont Mon trône, et la terre… » ; sur le verset « Jaillis, ô puits », à propos de l’explication de « une source de jardins, un puits d’eaux vives » ; et à la fin du discours commençant par « La voix de mon bien-aimé », au sujet de « sautant… bondissant ».)
La Torah est donc « leur commencement enchâssé dans leur fin » : ce qui est le plus élevé atteint ce qui est le plus bas. Les mitsvot sont « leur fin dans leur commencement » : l’action, bien qu’elle soit la dernière à être accomplie, était la première dans la pensée de D.ieu ; elle atteint ainsi la racine la plus élevée.
ולכן פעם ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] גדול תלמוד שמביא לידי מעשה12 אלמא מעשה עדיפא ופעם אמרו ותלמוד תורה כנגד כולם1314 כי שניהם אמת שבבחי׳ נעוץ תחלתן בסופן תלמוד תורה גדול.
C’est pourquoi, parfois, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « L’étude est grande, car elle mène à l’action », ce qui montre que l’action est supérieure ; et parfois, ils ont dit : « L’étude de la Torah équivaut à toutes [les mitsvot] ». Les deux affirmations sont vraies : sous l’angle de « leur commencement est enchâssé dans leur fin », l’étude de la Torah est supérieure ;
Cela concilie deux enseignements : « L’étude est grande parce qu’elle mène à l’action » implique que l’action est supérieure, tandis que la Michna enseigne que l’étude de la Torah équivaut à toutes les mitsvot. Chacun est vrai sous un angle différent ; en tant qu’elle attire le supérieur vers le bas, l’étude de la Torah est supérieure.
ובבחי׳ סופן בתחלתן מעשה גדול ושניהם צריכים להיות באדם כי ההמשכות שאדם ממשיך בבחי׳ התורה הוא להיות בחי׳ רצוא מחמת התבוננות בתחלתן ובשרשן
et sous l’angle de « leur fin dans leur commencement », l’action est supérieure. Toutes deux doivent être présentes chez l’homme. Car l’effusion que l’homme suscite par la Torah vise à produire l’état de « course » (ratso), par la contemplation de leur commencement et de leur racine,
Du point de vue de l’élévation depuis le bas jusqu’à la racine la plus haute, l’action est supérieure ; l’homme a besoin des deux. L’étude de la Torah, en contemplant sa source sublime, suscite la « course » (ratso), le désir de l’âme de s’élever.
car « la Torah émane de 'Hokhma », et « Lui et Sa sagesse ne font qu’un » ; lorsqu’un homme s’y adonne, le Saint béni soit-Il lit et étudie, etc.
La Torah émane de la sagesse de D.ieu, et D.ieu et Sa sagesse ne font qu’un ; lorsqu’un homme l’étudie, D.ieu étudie avec lui.
ואם רץ לבך שוב לאחד17 היינו ע״י מעשה המצות שסופן בתחלתן ומתעלה ונכלל בשרשם למעלה מעלה עד רום המעלות אור א״ס ב״ה ועי״ז יומשך ויתפשט למטה כח האש שלמעלה במרכבה עליונה ונגעה עד נפש הבהמית
Et « si ton cœur court, retourne vers l’Un » : c’est par l’accomplissement des mitsvot, dont la fin est dans leur commencement ; alors il s’élève et s’intègre à leur racine, toujours plus haut, jusqu’aux sommets les plus élevés, la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il. Par là, la puissance du feu supérieur, dans le Char céleste, sera attirée vers le bas et s’y répandra, jusqu’à atteindre l’âme animale.
Le « retour » se réalise par les mitsvot pratiques, qui s’élèvent jusqu’à leur racine dans l’Or Ein Sof. Ainsi, la puissance du feu supérieur, dans le Char céleste, est attirée vers le bas jusqu’à atteindre l’âme animale.
כי החיות נושאות ומנושאות18 עם הכסא שהרוכב על הכסא נושא את נושאיו19 וזהו בחי׳ אדם בגימטריא מ״ה [מה] שהוא בחי׳ חכמה כ״ח מ״ה [מה]20 בחי׳ ביטול כו׳
Car les 'Hayot portent et sont portées avec le trône : Celui qui chevauche le trône porte ceux qui Le portent. C’est là le niveau d’Adam (« homme »), dont la valeur numérique est Mah (45), ce qui correspond au niveau de 'Hokhma, koach mah (« la puissance du “quoi” »), au niveau de l’annulation de soi (bitoul), etc.
Les 'Hayot portent le trône et sont pourtant portées avec lui : Celui qui « chevauche » porte ceux qui Le portent, comme l’Arche portait ceux qui la portaient. Adam, « l’homme », a pour valeur numérique mah (45), qui renvoie à 'Hokhma, interprété comme koach mah, « la puissance du “quoi” » ; mah, « quoi », exprime l’annulation de soi.
כנזכר במ״א כי לפי שבחי׳ גילויו ית׳ בעולמות הוא במדות וראשיתן בחי׳ חסד כמ״ש כי אמרתי עולם חסד יבנה.21
comme il est mentionné ailleurs. Car, puisque Sa révélation, béni soit-Il, dans les mondes s’opère par les attributs émotionnels (midot), dont le premier est le niveau de 'Hessed (bonté), comme il est écrit : « Car j’ai dit : le monde est bâti par la bonté »,
D.ieu se révèle dans les mondes par Ses attributs émotionnels (midot), dont le premier est la bonté : « le monde est bâti par la bonté ».
ולכן א״א להפך המדות שבעולמות כ״א בהמשכות חכמה עילאה שהוא מקור התורה והמצות כנ״ל (ועמ״ש מזה בפ׳ וישב בד״ה בכ״ה בכסלו בענין המנורה כו׳)
il est donc impossible de transformer les attributs des mondes autrement qu’en faisant descendre la 'Hokhma supérieure, qui est la source de la Torah et des mitsvot, comme mentionné plus haut. (Voyez ce qui est écrit à ce sujet dans la paracha Vayéchev, dans le discours commençant par « Le vingt-cinq Kislev », au sujet de la Menora, etc.)
Les attributs, dans les mondes comme chez l’homme, ne peuvent donc être transformés qu’en faisant descendre quelque chose qui leur est supérieur : la 'Hokhma supérieure, source de la Torah et des mitsvot. L’Admour Hazaken renvoie à son discours pour Hanouka, « Le vingt-cinq Kislev », sur la Menora.
ואח״כ ושבית שביו22 דהיינו מה שהי׳ [שהיה] בשביה אצל כח המתאוה ע״י שהמשיך את עצמו ברעות העולם הזה ותענוגיו
Et ensuite, « et tu feras captifs ses captifs » : c’est-à-dire ce qui était retenu captif par la puissance du désir, parce qu’il s’était laissé entraîner par les maux de ce monde et ses plaisirs,
Vient alors la troisième expression du verset : « et tu feras captifs ses captifs ». Les « captifs » sont ce qui était retenu par la puissance du désir, parce que l’homme s’était laissé entraîner par les maux et les plaisirs de ce monde.
הנה חיל בלע ויקיאנו23 להיות עולה ונכלל ג״כ בקדושה (ועמ״ש בד״ה כנשר יעיר) ועד״ז תקנו בתפלות ש״ע [שמונה עשרה] סלח לנו כי חטאנו שעד שלא הי׳ [היה] לו אתערותא דלתתא הי׳ [היה] בבחי׳ אוילים מדרך פשעם24 כו׳
voici qu’« il a englouti des richesses et les vomira », afin qu’elles s’élèvent et soient elles aussi intégrées dans la sainteté. (Voyez ce qui est écrit dans le discours commençant par « Comme l’aigle qui réveille son nid ».) Dans cette même optique, ils ont institué dans les prières de la Chemoné Essré : « Pardonne-nous, car nous avons péché » ; car, avant qu’il n’ait connu un éveil d’en bas, il se trouvait dans l’état de « ceux qui sont insensés à cause de leur conduite rebelle », etc.,
Comme le dit Job : « Il a englouti des richesses et les vomira » : ce que le désir a englouti est libéré et s’élève vers la sainteté. La bénédiction « Pardonne-nous, car nous avons péché » repose sur la même idée : avant son éveil d’en bas, l’homme faisait partie de ceux qui sont « insensés à cause de leur conduite rebelle ».
כמ״ש במ״א ע״פ בהעלותך25 את הנרות ועכשיו שרואה שחטא צריך שיחזיר הניצוצים שנפלו בשבירה בחטאיו וע״ז תיקנו לומר והחזירנו בתשובה שלימה לפניך.
comme il est expliqué ailleurs à propos du verset : « Quand tu feras monter les lampes ». Or, maintenant qu’il voit qu’il a péché, il doit rétablir les étincelles qui sont tombées lors du brisement à cause de ses péchés ; c’est pourquoi ils ont institué ces paroles : « et ramène-nous à une techouva complète devant Toi ».
Dès qu’il voit qu’il a péché, il doit rétablir les étincelles qui sont tombées lors du « brisement » à cause de ses péchés. C’est pourquoi nous prions : « Ramène-nous à une techouva complète devant Toi ».
פי׳ שיהיה בבחי׳ לפניך כמכו שהם בשרשן שיכללו ויתאחדו החיות שלהם במקור חוצבם באור א״ס ב״ה ומשם יושפע שפע חדש והארה חדשה.262728
Le sens est qu’elles soient dans l’état de « devant Toi », comme elles le sont à leur racine : que leur force vitale y soit absorbée et unie à la source d’où elles ont été taillées, dans la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il ; et que de là soit accordé un nouvel influx et un nouvel éclat.
« Devant Toi » signifie que les étincelles retrouvent l’état qu’elles ont à leur racine : leur force vitale est de nouveau unie à sa source dans la Lumière infinie (Or Ein Sof). De là descendent alors un nouvel influx et un nouvel éclat.
La Torah attire D.ieu vers l’homme (« leur commencement enchâssé dans leur fin »), tandis que les mitsvot élèvent l’homme jusqu’à la racine la plus haute (« leur fin dans leur commencement ») ; ensemble, elles font descendre le feu supérieur jusqu’à l’âme animale. Cela éclaire la dernière expression du verset : « tu rendras ses captifs captifs » : les étincelles retenues par le désir sont libérées et élevées, comme dans les bénédictions de pardon et de retour de la Chemoneh Esreh.
Le Tanna DeVei Eliyahu, cité par Kehot, enseigne que chaque fois qu’un érudit en Torah s’assied et étudie, le Saint béni soit-Il s’assied face à lui et étudie avec lui. Le maamar voit là la raison pour laquelle la Torah attire D.ieu vers le bas : « leur commencement est enchâssé dans leur fin ».
Maré mekomot
- 1התו׳ שבה מלכים ימלוכו · Proverbs 8:15
- 2שכל העוסק בתו׳ הקב״ה קורא · תדא״ר ריש פי״ח. וראה יל״ש איכה רמז תתרלד.
- 3הקב״ה קורא ושונה כנגדו · Tanna DeBei Eliyahu Rabbah 18:1–2
- 4ואשים דברי בפיך · Isaiah 51:16
- 5יעקב חבל נחלתו · Deuteronomy 32:9
- 6נעוץ תחלתן בסופן · ראה ביאורי הזהר לכ״ק הצ״צ ע׳ סה.
- 7נעוץ תחלתן בסופן · Sefer Yetzirah 1:7
- 8סוף מעשה במח׳ תחלה · פיוט לכה דודי.
- 9ע״פ השמים כסאי · תו״א א, ב.
- 10וע״פ עלי באר · לעיל פ׳ חקת סב, ג.
- 11וסד״ה קול דודי · לקמן שה״ש טו, ג.
- 12גדול תלמוד שמביא לידי מעשה · Kiddushin 40b:8–9
- 13ות״ת כנגד כולם · ריש פאה.
- 14ותלמוד תורה כנגד כולם · Mishnah Peah 1:1
- 15והוא וחכמתו הכל א׳ · רמב״ם הל׳ יסוה״ת ב, י.
- 16והוא וחכמתו הכל א׳ · Mishneh Torah, Foundations of the Torah 2:10
- 17ואם רץ לבך שוב לאחד · Tikkunei Zohar 7a:3
- 18החיות נושאות ומנושאות · בדב״ר יד, לו. בפיוט מוסף דר״ה אחר תי׳ כתר שבק׳. וע׳ לעיל במדבר (יד, ב). וש״נ. [כ]. ראה אוה״ת מטות ע׳ א׳רסט. ראה באוה״ת ויקרא כרך א ע׳ טז שמציין לכאן.
- 19נושא את נושאיו · Sotah 35a:15–16
- 20חכמה כח מ״ה · Zohar III, 34a
- 21כי אמרתי עולם חסד יבנה · Psalms 89:3
- 22ושבית שביו · Deuteronomy 21:10
- 23חיל בלע ויקיאנו · Job 20:15
- 24אוילים מדרך פשעם · Psalms 107:17
- 25כמ״ש במ״א ע״פ בהעלותך · לעיל פ׳ בהעלותך ל, ב.
- 26נמשלה התו׳ למים · Taanit 7a:13–14
- 27אורייתא מחכ׳ נפקת · Zohar II, 121a
- 28אדם בגי׳ מ״ה · ראה מא״א אות א, סל״ב.
L’odeur agréable ¶14
14וזהו ענין כל הברכות שבש״ע [שבשמונה עשרה] ברוך אתה שיוברך ויומשך המשכה והארה חדשה מאור א״ס ב״ה לבחינת דעת ותשובה וסליחה כו׳.
Tel est le sens de toutes les bénédictions de la Amida : « Béni sois-Tu », afin qu’une nouvelle effusion et une nouvelle lueur soient bénies et attirées depuis la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, vers le niveau de la connaissance, de la techouva, du pardon, etc.
Chaque bénédiction de la Amida commence par « Béni sois-Tu » (baroukh), formule que l’on comprend comme une demande : qu’une nouvelle lumière soit « bénie », c’est-à-dire attirée depuis la Lumière infinie jusque dans le domaine concerné par la bénédiction : la connaissance, la techouva, le pardon et le reste.
Tel est le sens de ce qui est dit : « Mon agréable parfum » (réa’h ni’ho’hi), expression qui évoque « descendre d’un degré » (né’hot darga). Cela signifie que, lorsqu’on offre « Mon pain pour Mes feux », l’offrande s’élève comme un parfum,
Le verset appelle l’offrande « Mon agréable parfum » (réa’h ni’ho’hi), et ni’ho’a’h est apparenté à né’hot darga, « descendre d’un degré ». En offrant « Mon pain pour Mes feux », l’offrande s’élève comme un parfum.
שיהיה נחת רוח לפניו3 ית׳ כמאן דאריח ריחא ואזי יהיה בבחינת ניחוחי דהיינו להיות נחות דרגא לתתא להשפיע שפע טובו ואורו כנ״ל.
afin qu’il y ait satisfaction (na’hat roua’h) devant Lui, béni soit-Il, comme lorsqu’on respire un parfum ; alors, elle sera dans l’état de « ni’ho’hi », c’est-à-dire qu’Il descendra d’un degré, vers le bas, pour accorder l’abondance de Sa bonté et de Sa lumière, comme indiqué plus haut.
Ce parfum procure à D.ieu une satisfaction (na’hat roua’h), comme une personne qui apprécie un parfum ; en retour, Il « descend d’un degré » pour accorder en bas Sa bonté et Sa lumière.
וזהו ניחוחי ניחוח שליש כאלו ממשיכין אותו כביכול בעצמו למטה להיות שורה ומתגלה בתחתונים בבחינת גילוי כו׳.
Tel est le sens de « ni’ho’hi » : [c’est-à-dire] « Mon » ni’ho’a’h, comme si l’on attirait Lui-même, pour ainsi dire, vers le bas, afin qu’Il réside et se révèle parmi les êtres inférieurs, de manière manifeste, etc.
Le mot ni’ho’hi se termine par « Mon » : c’est D.ieu Lui-même, pour ainsi dire, qui descend, réside et se révèle parmi les êtres inférieurs. Les mots imprimés ניחוח שליש se lisent ניחוח שלי ש־, « Mon ni’ho’a’h, c’est-à-dire que… ».
(ובזה יובן ג״כ מ״ש אדם כי יקריב מכם קרבן4 כו׳ דהל״ל [דהוה ליה למימר] אדם מכם כי יקריב כו׳ וכמ״ש במ״א5 אלא כי פי׳ אדם קאי על התורה רמ״ח מ״ע [מצות עשה] הם בחינת רמ״ח אברין כו׳
(On comprendra également ainsi ce qui est écrit : « Un homme (adam), lorsqu’il apporte de vous une offrande », etc. ; car il aurait fallu dire : « Un homme de vous, lorsqu’il apporte », etc., comme cela est expliqué ailleurs. Mais le sens est que « adam » désigne la Torah : les 248 commandements positifs sont les 248 membres, etc. ;
Cette remarque entre parenthèses porte sur « Un homme (adam), lorsqu’il apporte de vous une offrande » : l’ordre des mots semble étrange, car on s’attendrait à « un homme de vous, lorsqu’il apporte ». La réponse est qu’ici « adam » désigne la Torah, dont les 248 commandements positifs sont les 248 membres de l’« homme » supérieur.
ועל ידי זה כי יקריב מכם מן הבהמה כו׳ שעל ידי זה נמשך הכח לברר נה״ב [נפש הבהמית] כי אדם בחינת תורה שם מ״ה [שם מ״ה] מברר ב״ן [שם ב״ן] בחי׳ בהמה כו׳
et, grâce à cela, « lorsqu’il apporte de vous, parmi les animaux », etc. : c’est ainsi que la force nécessaire pour raffiner l’âme animale est attirée. Car adam est le niveau de la Torah, le Nom MaH (45), qui raffine BaN (52), le niveau de l’animal, etc.,
Par la Torah (« adam »), « il apporte de vous, parmi les animaux » : la force nécessaire pour raffiner l’âme animale est ainsi attirée. Adam équivaut à ma (45), le Nom qui raffine BaN (52), valeur numérique également de behema, « animal ».
וכדלעיל בפי׳ ונתנו ה׳ אלקיך בידך6 ועמ״ש בפ׳ יתרו בד״ה בחדש השלישי ולכן כל הקרבנות היו במשכן או במקדש דוקא שבו השראת אור א״ס שם מ״ה [שם מ״ה] מברר ב״ן [שם ב״ן] כו׳):7
comme indiqué plus haut dans l’explication de « et Havaya, ton D.ieu, le livrera entre tes mains » ; et voir ce qui est écrit dans la paracha de Yitro, dans le discours commençant par « Au troisième mois ». C’est pourquoi toutes les offrandes étaient apportées exclusivement dans le Tabernacle ou dans le Temple, où réside la Lumière infinie : le Nom MaH y raffine BaN, etc.)
Cela correspond à l’explication donnée plus haut de « et Havaya, ton D.ieu, le livrera entre tes mains ». C’est également pourquoi les offrandes ne pouvaient être apportées que dans le Tabernacle ou dans le Temple, où résidait la Lumière infinie : le Nom MaH y raffine BaN.
Les bénédictions de la prière attirent une nouvelle lumière, et l’« agréable parfum » (ni’ho’a’h) de l’offrande représente la « descente » de D.ieu Lui-même (né’hot darga) dans le monde inférieur. Une remarque finale interprète « adam », dans les lois des offrandes, comme désignant la Torah, le Nom MaH, qui raffine l’âme animale, le Nom BaN.
Kehot renvoie au Sifrei sur ce verset, qui explique « un agréable parfum » par « satisfaction devant Moi, car J’ai parlé et Ma volonté s’est accomplie ».
Maré mekomot
- 1ריח נחוחי · Numbers 28:2
- 2נחות דרגא · Yevamot 63a:10–11
- 3נחת רוח לפניו · Sifrei Bamidbar 143:3
- 4אדם כי יקריב מכם קרבן · Leviticus 1:2
- 5אדם כי יקריב מכם קרבן . . וכמ״ש במ״א · לעיל פ׳ ויקרא.
- 6ונתנו ה׳ אלקיך בידך · Deuteronomy 21:10
- 7שיהי׳ נח״ר לפניו ית׳ · ראה ספרי במדבר שם.
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
La prière est un combat quotidien. Chaque jour, l’homme médite sur l’annulation des anges devant D.ieu, afin que le feu d’en haut embrase son âme animale et transforme son désir en amour ; il ne prend part aux plaisirs matériels qu’« avec retenue » ; il équilibre l’amour qui s’élance vers D.ieu par la crainte qui revient pour accepter ici-bas Sa royauté ; et il s’en remet à l’aide de D.ieu, attirée par l’étude de la Torah et par la pratique des mitsvot.
Questions à discuter
- Pourquoi le maamar explique-t-il la prière à partir des offrandes, et qu’est-ce qui, chez l’homme, correspond à l’animal sur l’autel ?
- Si le désir de l’âme animale a une racine sainte, pourquoi faut-il le « consumer et le brûler » ? Que signifie le transformer « d’un extrême à son contraire » ?
- Comment l’explication du maamar sur le nombre limité des jours de la vie de l’homme montre-t-elle pourquoi la prière doit avoir lieu chaque jour ?
- Comment l’« élan et le retour » des anges servent-ils de modèle à l’amour et à la crainte dans le service de l’homme ?
- En quoi l’étude de la Torah est-elle supérieure, et en quoi l’action l’est-elle ? Comment toutes deux aident-elles l’homme à « emmener ses captifs en captivité » ?