Torah Ohr · Parshas Shemos · Maamar 3
ויאמר ה׳ אליו מי שם פה לאדם וגו׳
« Et D.ieu lui dit : Qui a donné une bouche à l’homme ? »
L’idée centrale
Moché avait la « bouche lourde » parce que son âme venait de Tohou, dont les lumières sont trop grandes pour les réceptacles. La réponse de D.ieu, « Je serai avec ta bouche », unit les grandes lumières de Tohou aux réceptacles de Tikoun ; ainsi, la fin acquiert un avantage qui manque même à la tête.
Le maamar en bref
Pourquoi D.ieu devait-Il dire à Moché qui donne une bouche à l’homme ? Le Rabbi Chnéour Zalman commence par l’enseignement du Séfer HaTemouna selon lequel notre monde est le deuxième des cycles cosmiques (chemittot), que l’Ari zal interprète comme le Monde de Tohou suivi du Monde de Tikoun. Deux âmes issues de Tohou, ‘Hanokh et Moché, sont descendues pour rectifier notre monde. Dans Tohou, les Séfirot étaient des points distincts, dotés de grandes lumières et de peu de réceptacles ; dans Tikoun, elles se déploient en partsoufim détaillés et intégrés les uns aux autres, comme les forces de l’âme investies dans les membres du corps. Grâce aux réceptacles, quelque chose de nouveau apparaît : « leur commencement est enfoncé dans leur fin ». Le pied, qui porte la tête, possède ce qui manque à la tête ; de même, les mitsvot pratiques et l’obéissance d’un Juif simple surpassent, sous un certain rapport, l’étude de la Torah et les kavannot élevées. Moché, enraciné dans Tohou, vit cela dans Tikoun, sentit qu’il lui manquait cette qualité et demanda à D.ieu d’envoyer quelqu’un d’autre. D.ieu reconnut que sa bouche était lourde, mais, en tant qu’essence qui avait créé à la fois Tohou et Tikoun, Il lui promit d’unir en lui leurs avantages. Une parenthèse finale ajoute des parallèles concernant David et les mitsvot rabbiniques.
Plan
- La question et les deux cyclesPourquoi D.ieu a-t-Il dit à Moché qui donne une bouche à l’homme ? Les deux chemittot du Séfer HaTemouna, que l’Ari zal interprète comme le Monde de Tohou et le Monde de Tikoun.¶1
- Deux âmes issues de Tohou‘Hanokh et Moché sont descendus de Tohou avec une grande annulation de soi, afin de rectifier le monde : ‘Hanokh avant le Déluge, Moché lors de l’Exode et du Don de la Torah.¶2–4
- Points et partsoufimLes Séfirot de Tohou sont des points distincts, semblables aux « cercles » enveloppants de la pensée ; celles de Tikoun sont des partsoufim détaillés et intégrés les uns aux autres, comme des forces investies dans les membres, et ainsi « leur commencement est enfoncé dans leur fin ».¶5–7
- L’avantage de la finLes pieds portent la tête ; de même, les mitsvot pratiques et l’obéissance d’un Juif simple surpassent, sous un certain rapport, l’étude de la Torah et les kavannot des tsadikim, grâce aux réceptacles de Tikoun.¶8–9
- La requête de MochéVoyant cette qualité nouvelle dans Tikoun, Moché, âme de Tohou incapable de faire passer son intellect dans la parole, s’humilia et demanda à D.ieu d’envoyer quelqu’un d’autre.¶10–12
- La bouche de l’Adam de TikounD.ieu reconnaît que Moché a la bouche lourde, mais la bouche qui fait descendre la lumière enveloppante appartient à l’Adam de Tikoun, et l’essence de D.ieu en est la source.¶13–14
- « Je serai avec ta bouche »D.ieu unit en Moché les lumières de Tohou et les réceptacles de Tikoun ; une parenthèse finale ajoute David, qui représente la parole, et les mitsvot rabbiniques, qui revêtent par des actes les lumières situées au-delà des réceptacles.¶15–16
Notions clés
- Chemitta (cycle cosmique)שמיטה
- Dans le Séfer HaTemouna, une époque du monde gouvernée par un attribut divin ; la nôtre est la deuxième. L’Ari zal interprète le premier « cycle » comme le Monde spirituel de Tohou.
- Tohou et Tikounתהו ותקון
- Tohou (Chaos) possède de grandes lumières dans peu de réceptacles, ses Séfirot étant des points distincts ; Tikoun (Rectification) possède moins de lumières dans de nombreux réceptacles, ses Séfirot formant des partsoufim intégrés les uns aux autres.
- Partsouf (configuration)פרצוף
- Une Séfira déployée en une structure complète semblable à un corps, avec une tête, un milieu et une fin, comme dans Tikoun, où la 'Hokhma devient Abba et les Séfirot émotionnelles deviennent Zeir Anpin.
- Igoulim et Yosher (cercles et ligne)עיגולים ויושר
- Tohou est semblable aux cercles, qui enveloppent tout, comme la pensée imprègne le corps entier ; Tikoun est semblable à la ligne droite, investie dans des réceptacles, comme les forces dans les membres.
- « Leur commencement est enfoncé dans leur fin »נעוץ תחלתן בסופן
- Expression du Séfer Yetsira désignant la dépendance mutuelle des Séfirot dans Tikoun, où la fin possède un avantage qui manque à la tête, comme les pieds portent la tête.
- Lumière enveloppante (Or Makif)אור מקיף
- Lumière divine trop élevée pour être investie à l’intérieur ; le réceptacle de la bouche la fait descendre au moyen des bénédictions et de la parole.
- Adam et le Nom Mahאדם, שם מ״ה
- Adam a pour valeur numérique 45, celle du Nom Mah, leur expression générale et collective de Tikoun ; l’Adam « sur le Trône » est l’Adam d’Atsilout.
La question et les deux cycles ¶1
« Et D.ieu lui dit : Qui a donné une bouche à l’homme ? » etc. Pour comprendre cela : ce que Moché dit : « Je ne suis pas un homme de paroles », « car j’ai la bouche pesante », etc.,
Le maamar s’ouvre sur la réponse de D.ieu à Moché auprès du buisson ardent, après que Moché eut objecté qu’il n’était « pas un homme de paroles », mais qu’il avait « la bouche pesante ». Le Rabbi Chnéour Zalman entreprend d’éclaircir à la fois l’affirmation de Moché et la réponse de D.ieu.
ומה שהשיב לו הקב״ה מי שם פה כו׳ שהוא כולו מקשה וכי לא ידע משה זאת בתחלה מי השם פה לאדם.
et ce que le Saint béni soit-Il lui répondit : « Qui a donné une bouche », etc. — tout cela est difficile : Moché ne savait-il pas dès le départ qui donne une bouche à l’homme ?
La difficulté tient au fait que la réponse de D.ieu semble apprendre à Moché quelque chose d’évident : il savait certainement déjà que c’est D.ieu qui donne aux hommes la capacité de parler. Il faut donc expliquer tout cet échange.
הענין יובן ע״פ הקדמה דהנה איתא בס׳ התמונה4 (בהקדמה לתמונה ג׳ דכ״ז כ״ט ל״א) שזה העולם הוא שמיטה שניה ולפניה הי׳ ג״כ שמיטה אחת שהיתה נמשכת ממדת החסד והשמיטה דעכשיו
La question se comprend à partir d’une introduction. Il est rapporté dans Sefer HaTemunah (dans l’introduction à Temunah 3, folios 27, 29, 31) que notre monde est la deuxième shemittah (cycle) et qu’avant elle, il y eut également une shemittah, qui procédait de l’attribut de 'Hessed (bonté) ; et la shemittah actuelle
La réponse commence par un enseignement de Sefer HaTemunah, un ouvrage kabbalistique attribué, selon la note de Kehot, à Rabbi Ne’hounia ben HaKanah. L’histoire se déroule selon de grands cycles appelés shemittot, à l’image du cycle sabbatique de sept ans ; notre monde est le deuxième de ces cycles, et le premier était régi par le 'Hessed, la bonté divine.
(ר״ל שית אלפי שני דהוי עלמא וחד חרוב)5 הוא ממדת הפחד ולכן דרכיה חזקים וקשים ורעים כו׳. דהיינו שהי׳ בה חורבן בית ראשון ושני כו׳.
(c’est-à-dire les « six mille ans que le monde existe, puis un [millier d’années pendant lequel il sera] désert ») relève de l’attribut de Pa’had (crainte) ; ses voies sont donc fortes, dures et mauvaises, etc. Autrement dit, c’est au cours de ce cycle qu’eurent lieu les destructions du Premier et du Second Temple, etc.
La formule araméenne citée ici — le monde existe pendant six mille ans puis demeure désert pendant mille ans — décrit le cycle actuel. Celui-ci est régi par Pa’had (crainte), autre nom de Guevoura, la sévérité divine, ce qui explique que son histoire comporte des événements difficiles comme la destruction des deux Temples.
משא״כ בשמיטה הראשונה שהיתה ממדת חסד היתה העבודה באופן אחר וגם התורה הי׳ באופן אחר יעו״ש והיו רק טוב וחסד כו׳
Il n’en va pas ainsi de la première shemittah, qui procédait de l’attribut de 'Hessed : le service divin (avoda) y était d’une autre nature, et la Torah aussi y était d’une autre nature (voir là-bas en détail) ; il n’y avait que bonté et bienveillance, etc.
Dans le premier cycle, tout procédait de la bonté ; le service divin, et même la Torah, y prenaient donc une forme différente. Le texte renvoie le lecteur à Sefer HaTemunah pour les détails.
כך דעת ס׳ התמונה ואחריו נמשכו המקובלים האחרונים לדון מזה שמוכרח להיות עוד חמש שמיטות אחר שמיטה זו כי צ״ל ז׳ שמיטות כנגד ז׳ מדות עליונות כו׳
Telle est l’opinion de Sefer HaTemunah ; les kabbalistes ultérieurs, à sa suite, en ont déduit qu’après cette shemittah, il devait nécessairement y en avoir encore cinq, car il doit y avoir sept shemittot, correspondant aux sept attributs supérieurs, etc.
Puisque chaque cycle correspond à un attribut, les kabbalistes ultérieurs ont conclu que cinq autres cycles devaient suivre le nôtre, soit sept en tout, un pour chacun des sept attributs émotionnels.
(וכמ״ש שם בסה״ת) אבל האריז״ל פליג ע״ז6 במה שלמדו שצ״ל עוד ה׳ שמיטות וגם בענין מה שעוה״ז הוא שמיטה שניה עם היות דס״ל ג״כ כן.
(comme il est écrit là-bas dans Sefer HaTemunah). Mais l’Ari zal s’oppose à cela, en ce qui concerne leur déduction selon laquelle il devrait encore y avoir cinq shemittot ; il s’oppose aussi à leur interprétation selon laquelle notre monde est la deuxième shemittah, bien qu’il soit lui aussi d’accord sur ce point.
L’Ari zal, le grand maître de la Kabbale, rejette la conclusion selon laquelle cinq autres cycles doivent suivre. Il réinterprète également l’idée que notre monde est le deuxième cycle, bien qu’il accepte l’affirmation elle-même.
ולכן פתחה התורה בבי״ת בראשית7 לומר שכבר היתה שמיטה א׳ ועכשיו היא שמיטה שני׳. אבל
Et c’est pourquoi la Torah s’ouvre par le beit de Berechit, pour indiquer qu’il y avait déjà eu une shemittah et que nous sommes maintenant dans la deuxième. Mais
Même selon l’approche de l’Ari zal, le premier mot de la Torah, Berechit, commence par la lettre beit, dont la valeur numérique est deux, pour suggérer qu’un cycle antérieur a précédé le nôtre.
פי׳ האריז״ל דאין הכונה לומר8 שהי׳ עולם גשמי כמו עוה״ז דעכשיו עם שמים וארץ גשמיים ודצח״מ
L’Arizal explique que l’intention n’est pas de dire qu’il y avait un monde physique semblable au monde actuel, avec des cieux et une terre physiques, ainsi que les règnes minéral, végétal, animal et humain,
Selon son interprétation, le cycle antérieur n’était pas un univers physique comprenant des cieux, une terre et les quatre règnes de la nature : les minéraux, les végétaux, les animaux et les êtres humains.
כי זה לא הי׳ רק בשמיטה זו דוקא לבד וענין השמיטה שהיתה לפני זו הוא ענין עולם התהו
car cela n’existait que dans cette shemitta-ci, et dans celle-ci seulement. Quant à la shemitta qui a précédé celle-ci, elle relève du Monde de Tohou (Chaos),
Un monde physique n’existe que dans le cycle actuel. Le « premier cycle » est le Monde de Tohou (Chaos), un domaine spirituel qui a précédé le monde ordonné.
דהיינו ענין ז׳ מלכין קדמאין דתהו שמתו שהוא ענין ספירות רוחניי׳ כנודע וענין שמיטה דעכשיו הוא ענין עולם התקון שנעשה אח״כ (ועיין בלק״ת פ׳ קדושים9 ובעמ״ה שער עולם התהו פמ״ו ד׳ כ״ה ע״א) וכנודע בכהאריז״ל:
c’est-à-dire qu’il s’agit des sept rois primordiaux (mal’hin kadmaïn) de Tohou, qui moururent, lesquels correspondent aux Séfirot spirituelles, comme on le sait. Quant à la shemitta actuelle, elle correspond au Monde du Tikoun (Rectification), qui fut créé par la suite (voir aussi Likkutei Torah, Parshas Kedoshim, et Emek HaMelech, Shaar Olam HaTohu, ch. 46, folio 25a), comme on le sait d’après les écrits de l’Arizal.
La Kabbale décrit Tohou comme les « sept rois primordiaux » qui régnèrent puis « moururent » : des Séfirot spirituelles qui ne purent subsister sous leur forme première. Le cycle actuel est le Monde du Tikoun (Rectification), qui leur succéda. Selon la note de Kehot, le Likkutei Torah cité ici est l’ouvrage de l’Arizal portant ce titre.
Le paragraphe demande pourquoi D.ieu devait dire à Moché qui donne une bouche à l’homme, puis pose les bases de la réponse : l’enseignement de Sefer HaTemunah sur deux cycles cosmiques, que l’Ari zal comprend comme le Monde de Tohou suivi du Monde de Tikoun.
Selon la note de Kehot, l’opinion de l’Ari zal apparaît dans son Chaar Maamarei Rashbi, sur l’Idra Rabba, et dans Sefer HaLikkutim (Ki Tissa et Kedochim). La note cite Sefer HaMaamarim 5668 : l’Ari zal reconnaît qu’un monde a précédé le nôtre, non pas un monde physique, mais le Monde de Tohou, à propos duquel les Sages ont dit que D.ieu créa des mondes puis les détruisit ; il semble également que, selon lui, le premier cycle relevait du 'Hessed, ce qui expliquerait que Moché, qui en provenait, ait été tiré « hors de l’eau ».
Maré mekomot
- 1ויאמר . . מי שם פה · הנחה אחרת בסה״מ תקס״ה ע׳ קעח [כנראה דשם הוא כמו קודם שתיקן כ״ק הצ״צ לדפוס]. וראה במאמרי אדה״ז הקצרים ע׳ ל ד״ה שלח נא. בלקו״ת שלח לז, ד מציין לד״ה זה ההפרש בין נקודים לברודים. בלקו״ת חוקת נז, א [אוה״ת חוקת (הוצאה חדשה) ע׳ תשנטײַ%]. מטות פג, ב — מציין לכאן. בסה״מ תרמ״ח ע׳ רי קטע מהמאמר עם הוספות. בסה״מ תרמ״ג ע׳ קמז כ׳ שד״ה לא איש דברים אנכי בס׳ תקס״ג שהוא המאמר מי שם פה שבתו״א ע״ש. ראה לעיל ציונים לכ״ק אדמו״ר זי״ע. לכללות המאמר ראה תורת שמואל תרכ״ז (הוצאה חדשה) ע׳ פד המאמר עם הוספות. תרכ״ח ע׳ קסא. סה״מ תרל״ג ע׳ קיד. ד״ה אלה שמות תש״כ. ד״ה מי שם פה תשכ״ב. תשכ״ו. תשל״ג.
- 2ויאמר ה׳ אליו מי שם פה לאדם · Exodus 4:11
- 3לא איש דברים אנכי · Exodus 4:10
- 4בס׳ התמונה · Tikkunei Zohar, Tikkun 36
- 5שית אלפי שני דהוי עלמא וחד חרוב · Sanhedrin 97a:12
- 6אבל האריז״ל פליג ע״ז · בשער מאמרי הרשב״י לאד״ר (מד, ב), בס׳ הלקוטים פ׳ כי תשא, שם פ׳ קדושים — ראה ג״כ שיעור קומה להרמ״ק סי׳ פג. לבנת הספיר (ירושלים תרעג). וראה ד״ה ואתם הדבקים תרפ״ד ע׳ רמח ואילך בארוכה.
- 7בבי״ת בראשית · Genesis 1:1
- 8עם היות דס״ל ג״כ כן . . דאין הכוונה לומר · בסה״מ תרס״ח בד״ה ויהי לי שור ע׳ מז וז״ל: אבל בזה מודה דהעולם הזה הוא שמיטה שני׳ והי׳ עולם קודם לזה העולם, אבל לא עולם גשמי כ״א הוא עולם התהו שע״ז אמרז״ל שהי׳ הקב״ה בונה עולמות ומחריבן כו׳, ונראה דגם לפ״ד האריז״ל השמיטה הא׳ דהיינו שמיטת התהו הי׳ מבחי׳ החסד ולכן מרע״ה שהי׳ משמיטה הראשונה, כתי׳ בי׳ מן המים משיתיהו שהי׳ מבחי׳ החסד, ע״ש. וראה גם משיחות ש״פ נח תשמ״ט (הערה 14).
- 9בלקו״ת פ׳ קדושים · להאריז״ל.
Deux âmes issues de Tohou ¶2–4
2והנה שתי נשמות משמיטה הראשונה דהיינו מבחי׳ עולם התהו שלפני עולם התיקון ירדו ונמשכו למטה לשמטה שניה
Or, deux âmes issues de la première chemitta, c’est-à-dire du niveau du Monde de Tohou, qui précéda le Monde du Tikoun, descendirent et furent attirées vers le bas, dans la deuxième chemitta,
Deux âmes issues du premier cycle, le Monde de Tohou, descendirent dans le deuxième cycle, le Monde du Tikoun. Le texte les identifie maintenant.
שהוא בחי׳ התקון והם חנוך ומשה דבחנוך כתי׳ ויתהלך חנוך1 את האלקי׳ לומר שכבר התהלך את2 האלקי׳ בשמטה הא׳
qui est le niveau du Tikoun. Ce sont ‘Hanokh et Moché. Car il est écrit au sujet de ‘Hanokh : « Et ‘Hanokh marcha avec D.ieu », ce qui signifie qu’il avait déjà marché avec D.ieu dans la première chemitta.
Ce sont ‘Hanokh et Moché. La Torah dit : « Et ‘Hanokh marcha (vayit’hale’h) avec D.ieu », et le verbe se comprend comme indiquant qu’il avait déjà marché auparavant avec D.ieu, dans le premier cycle.
Et de même, il est écrit au sujet de Moché : « C’est des eaux que je l’ai tiré (min ha-mayim meshisihu) » ; c’est-à-dire de la première chemitta, qui était du niveau de ‘Hessed (bonté), appelé « eaux ».
La fille de Pharaon nomma Moché parce que « c’est des eaux que je l’ai tiré ». L’eau représente ‘Hessed, l’attribut du premier cycle ; le verset suggère donc que l’âme de Moché en fut tirée.
Le paragraphe nomme les deux âmes venues de Tohou dans notre monde, ‘Hanokh et Moché, et trouve des indices de leur origine dans les versets qui les concernent.
Selon la note de Kehot, Sefer HaMaamarim 5658 explique que vayit’hale’h implique le passé, car autrement le verset aurait dit vayele’h. Likkutei Sichos explique que la « première chemitta » de Moché désigne le Monde de Tohou, et remarque qu’ailleurs, dans ce maamar, la formulation suggère quelque peu qu’il provenait de ‘Hokhma de Tohou. Sefer HaMaamarim 5668 ajoute que si Tohou est ailleurs appelé Guevoura et Tikoun, ‘Hessed, c’est parce que le ‘Hessed de Tohou est en réalité Guevoura, en particulier lorsqu’il s’effondra lors du brisement, tandis que la Guevoura de Tikoun est en réalité ‘Hessed.
Maré mekomot
- 1ויתהלך חנוך · Genesis 5:24
- 2שכבר התהלך את האלקים בשמטה הא׳ · ”ויתהלך משמע ל׳ עבר (דהול״ל וילך) אלא פי׳ שהלך מכבר בשמיטה הא׳ כו׳” — סה״מ תרנ״ח ע׳ ו. ראה גם מאמרי אדה״ז תקס״ב ע׳ נח. סג.
- 3במשה . . משמטה הראשונה · ראה ד״ה וידבר . . שאו את ראש תרס״ו ע׳ רלג. בלקו״ש ח״ו ע׳ 244 מפרש: ”דהיינו מעולם התהו, ושם [בתו״א כאן] רס״ה משמע קצת דהיינו מבחי׳ חכ׳ דתהו” עכ״ל.
- 4מן המים משיתיהו · Exodus 2:10
- 5משמטה ראשונה שהיא היתה מבחי׳ חסד · בסה״מ תרס״ח ע׳ מז מציין ע״ז: ומ״ש במ״א דתהו הוא בחי׳ גבורה ותיקון חסד, היינו לפי שהחסד דתהו הוא בחי׳ גבורה באמת (ובפרט כמו שנפל בשבירה כו׳) וגבורה דתיקון זהו בחי׳ חסד באמת שהרי זהו התיקון כו׳, ע״ש. ראה סה״מ תרנ״ח ע׳ ו.
3ומשם משיתהו לשמיטה דעכשיו כו׳ ועיקר ירידתם לזו השמיטה הוא כדי לתקן העולמות כי הם שרשם גבוהים מאד יען היותם למעלה מבחי׳ נשמות דשמטה זו
Et de là, « je l’ai tiré » pour l’introduire dans la shemittah actuelle, etc. Leur descente dans cette shemittah a principalement pour but de rectifier les mondes, car leur racine est très élevée, puisqu’ils se situent au-dessus du niveau des âmes de cette shemittah.
De la première shemittah, Moché fut « tiré » pour être introduit dans la nôtre. Ces deux âmes descendirent principalement afin de rectifier les mondes, car leur racine est très élevée, au-dessus de celle des âmes appartenant au cycle actuel.
דהיינו ששם נמצא הביטול הרבה יותר מאשר נמצא בשמיטה זו ולכן נאמר במשה ונחנו מה.1
C’est-à-dire que là, l’annulation de soi (bitoul) est bien plus grande que dans cette shemittah. C’est pourquoi il est dit de Moché : « Et que sommes-nous ? »
Leur supériorité tient à une plus grande annulation de soi devant D.ieu que celle qui existe dans notre cycle. C’est pourquoi Moché pouvait dire : « Et que sommes-nous ? »
Hanokh et Moché descendirent afin de rectifier les mondes ; leur racine dans Tohou leur conférait une annulation de soi supérieure à celle des âmes de notre cycle, comme l’expriment les paroles de Moché : « Et que sommes-nous ? »
Maré mekomot
- 1ונחנו מה · Exodus 16:7
« Et l’homme Moché était très humble », etc. Il vit également là des âmes élevées, supérieures à la sienne, telles que 'Hanokh, Léme'h, etc.
La grande humilité de Moché est liée à ce qu’il vit « là », dans sa source : des âmes encore plus élevées que la sienne, telles que 'Hanokh et Léme'h.
ולכן ירדו לשמטה זו לתקנה ג״כ. שחנוך הי׳ קודם דור המבול שהיה העולם בתכלית השפלות כמ״ש קץ כל בשר2 בא לפני כו׳.
C’est pourquoi elles descendirent dans ce cycle également, afin de le rectifier. En effet, 'Hanokh vécut avant la génération du Déluge, à une époque où le monde était au plus bas, comme il est écrit : « La fin de toute chair est venue devant Moi », etc.
Ces âmes descendirent pour rectifier notre cycle également. 'Hanokh vécut avant la génération du Déluge, alors que le monde avait sombré au plus bas, comme D.ieu le dit à Noa'h : « La fin de toute chair est venue devant Moi. »
ולכן ירד חנוך לזה העולם לתקן אותו שלא יחזור לגמרי לתהו ובהו. רק שיהי׳ מבול על הארץ לטהר הארץ וישארו נח ובניו קיימי׳ בתיבה.
C’est pourquoi 'Hanokh descendit dans ce monde afin de le rectifier et de l’empêcher de retourner entièrement au tohu va-vohou (chaos et vacuité). Il n’y eut qu’un Déluge sur la terre, pour purifier la terre, tandis que Noa'h et ses fils restèrent en vie dans l’arche.
La descente de 'Hanokh empêcha le monde de retomber dans le chaos complet (tohu va-vohou). Le Déluge vint plutôt purifier la terre, et Noa'h et ses fils survécurent dans l’arche.
אבל אם לא הי׳ חנוך הי׳ העולם חרב לגמרי ולא הי׳ נשאר אף נח ובניו. וכן משה ירד לגאול את ישראל ושיהי׳ מתן תורה על ידו כו׳:
Mais, sans 'Hanokh, le monde aurait été entièrement détruit, et Noa'h et ses fils eux-mêmes n’auraient pas subsisté. De même, Moché descendit pour délivrer Israël et pour que le Don de la Torah se fasse par son intermédiaire, etc.
Sans 'Hanokh, le monde aurait été entièrement détruit, et même la famille de Noa'h n’aurait pas survécu. De même, Moché descendit pour délivrer Israël et devenir celui par l’intermédiaire duquel la Torah fut donnée.
Chacune des deux âmes de Tohou vint rectifier notre cycle à un moment décisif : 'Hanokh préserva le monde avant le Déluge, et Moché délivra Israël et apporta la Torah.
Maré mekomot
- 1והאיש משה ענו מאד · Numbers 12:3
- 2קץ כל בשר · Genesis 6:13
Points et partsoufim ¶5–7
5והנה ההפרש בין תהו לתקון1 ידוע בע״ח שהתהו לא2 הי׳ בחי׳ פרצופים רק העשר ספירות היו בבחי׳ נקודות ר״ל נקודת החסד נקודת הגבורה3 כו׳.
Or, la différence entre Tohou et Tikoun est connue d’après Etz Chaim : Tohou n’était pas au niveau des partsoufim (configurations) ; les dix Séfirot étaient plutôt au niveau de points (nekoudot), c’est-à-dire le point de 'Hessed (bonté), le point de Guevoura (retenue), etc.
Le texte explique maintenant la différence entre Tohou et Tikoun telle qu’elle est décrite dans Etz Chaim de l’Arizal. Dans Tohou, les Séfirot n’étaient pas des partsoufim, des « configurations » complètes composées de nombreuses parties, mais de simples points (nekoudot) : un point de 'Hessed, un point de Guevoura, et ainsi de suite.
דהיינו שלא נתחלקה הספי׳ לפרטי פרטיות באורך ורוחב כ״א היתה נקודה א׳ בדרך כללי וקיצור מופלג זו חסד וזו גבורה4 כו׳
Autrement dit, la Séfira n’était pas divisée en détails infimes selon la longueur et la largeur ; elle était au contraire un point unique, de façon générale et avec une extrême concision : ceci est 'Hessed et ceci est Guevoura, etc.
Chaque Séfira de Tohou était un point unique et indivis, une qualité générale et extrêmement concentrée, sans détails ni extension. C’était simplement « bonté » ou simplement « rigueur ».
וגם היו הע״ס זה תחת זה שהיו מפורדים5 זה מזה שחסד הי׳ בפ״ע וגבורה בפ״ע ולא היו מתכללי׳ זה מזה (ולכן היו רק נקודות כו׳ דהא בהא תליא).67
De plus, les dix Séfirot étaient l’une en dessous de l’autre, séparées les unes des autres : 'Hessed à part et Guevoura à part, et elles ne s’incluaient pas l’une dans l’autre (c’est pourquoi elles n’étaient que des points, etc., car l’un dépend de l’autre).
Les Séfirot de Tohou se tenaient également l’une en dessous de l’autre, chacune séparée des autres et sans mélange avec elles. La parenthèse ajoute que cette séparation et le fait qu’elles ne soient que des points vont de pair : l’un dépend de l’autre.
משא״כ עולם התקון הוא שנעשו הספי׳ בבחי׳ פרצופי׳ מחכמה נבנה פרצוף אבא ומו״ק פרצוף ז״א8
En revanche, dans le Monde de Tikoun, les Séfirot furent constituées au niveau de partsoufim : de 'Hokhma fut construit le partsouf d’Abba, et des six extrémités (vav ketzavot), le partsouf de Zeir Anpin (les attributs émotionnels) ;
Dans Tikoun, chaque Séfira se développa en un partsouf : 'Hokhma devint le partsouf appelé Abba (Père), et les six Séfirot émotionnelles réunies devinrent le partsouf appelé Zeir Anpin. La note de Kehot cite Etz Chaim, qui précise que Bina devint également le partsouf appelé Imma (Mère), et le dixième point, un partsouf appelé Bat (Fille).
שהוא שנתחלק׳ הספי׳ בהתפשטו׳ לפרטי פרטיו׳ טפ״ט ובכל א׳ ראש תוך סוף וה״ח המגדילי׳ עד שנעשה רמ״ח איברים כו׳11
c’est-à-dire que la Séfira fut divisée, dans son extension, en détails infimes, neuf fois neuf, et que chacune comportait une tête, un milieu et une fin, ainsi que les cinq 'Hassadim (bontés) qui favorisent la croissance, jusqu’à ce que se forment 248 membres, etc. ;
Un partsouf est une Séfira déployée en détails infimes, à la manière d’un corps. Selon le décompte kabbalistique, neuf fois neuf (81), chacun avec une tête, un milieu et une fin (243), auxquels s’ajoutent les cinq 'Hassadim qui favorisent la croissance, donnent 248 membres.
וגם נעשה התכללות הספי׳ זו מזו והמשל לשני בחי׳ אלו יובן ג״כ בכחות9 הנפש שבגוף. שרמ״ח כחות הנפש מתלבשים ברמ״ח איברי הגוף. כח הראי׳ מתלבשת בעין.10
et les Séfirot s’inclurent également les unes dans les autres. L’analogie pour ces deux niveaux peut aussi être comprise à partir des forces de l’âme dans le corps : les 248 forces de l’âme sont revêtues dans les 248 membres du corps. La force de la vue est revêtue dans l’œil,
Dans Tikoun, les Séfirot s’inclurent également les unes dans les autres, chacune contenant quelque chose des autres. Ces deux caractéristiques — la division détaillée et l’inclusion mutuelle — peuvent être comprises à partir des 248 forces de l’âme revêtues dans les 248 membres du corps, à commencer par la vue dans l’œil.
Le paragraphe définit Tohou comme constitué de points séparés et indivis, et Tikoun comme constitué de partsoufim détaillés qui s’incluent mutuellement. Il introduit ensuite l’analogie des forces de l’âme revêtues dans les membres du corps.
Les notes de Kehot citent Sefer HaMaamarim 5648 : les Séfirot de Tohou étaient le Kéter de chaque Séfira, chacune dans sa simplicité, au-delà de toute division, comme les forces de l’âme dans son essence ; c’est pourquoi on l’appelle une « lumière générale ». Puisqu’il s’agissait de lumières simples, elles ne pouvaient pas s’unir, tout comme un feu simple ne peut s’unir à une eau simple, bien que l’eau dans le feu et le feu dans l’eau le puissent. Pourtant, avant d’être revêtues dans les réceptacles de Tohou, elles étaient toutes incluses dans l’Infini et entièrement annulées devant Lui.
Maré mekomot
- 1והנה ההפרש בין תהו לתיקון · באוה״ת פ׳ שמות ע׳ עו מציין: נ״ב אות ב. קטע מכאן מובא בסה״מ תרל״ג כרך א ע׳ קיד עם הגהות. ובד״ה וידבר כו׳ ויצוום תרמ״ח ע׳ רט ואילך עם עוד הגהות. באוה״ת בלק ע׳ תתקיב מציין לכאן.
- 2בע״ח שהתהו לא הי׳ בחי׳ פרצופים · ראה שער הכללים פ״ב. ובסה״מ תקס״ה ח״א ע׳ קעט. מאמרי אדה״ז ענינים ע׳ קסב. ראה בארוכה בסה״מ אעת״ר ע׳ קלב ואילך. ראה לעיל כד, ד.
- 3ר״ל נקודת החסד נקודת הגבורה · ראה המשך תער״ב חלק א פרק רלו ואילך.
- 4נקודה א׳ בדרך כללי וקיצור מופלג זו חסד וזו גבורה · בסה״מ תרמ״ח ע׳ רי מוסיף: ”(וכמבואר דספי׳ דתהו היו בחי׳ כתר של כל ספי׳, והיינו כל ספי׳ בבחי׳ פשיטותה עדיין שלמעלה מבחי׳ התחלקות, והיינו שאינה בגדר התחלקות כלל, וכמו כוחות הנפש כמו שהן בעצם הנפש שהן כחות פשוטים עדיין, ואף שבהכרח לומר שנמצאו בהם כל הפרטים כו׳ . . וזהו שנק׳ אור כללי שאינו בגדר התחלקות כלל)”.
- 5וגם היו הע״ס זה תחת זה שהיו מפורדים · באוה״ת בראשית כרך ג תעה, א ביאר זה תחת זה אע״פ שהעלול צריך לעילתו אבל העילה א״צ לעלול הימנו כלל וע״כ נק׳ זה תחת ע״ש. ושם מציין לכאן.
- 6ולכן היו רק נקודות כו׳ דהא בהא תליא · ראה בארוכה בתו״ח בראשית יב, ד.
- 7דהא בהא תליא · בסה״מ תרמ״ח שם ע׳ רי נוסף: ”(דמאחר שלא היה בהם התחלקות כ״א אורות פשוטים כנ״ל א״א להיות התכללות, וכמו שא״א שיתחברו אש הפשוט עם מים פשוטים מפני שהם הפכים בתכלית, כ״א מים שבאש ואש שבמים אפשר שיתחבר כו׳, כמו״כ יובן בספי׳ דתהו אור החסד הפשוט עם אור הגבורה הפשוט א״א שיתכללו, ומ״מ קודם שנתלבשו בהכלים דתהו היו כולם כלולים בא״ס והי׳ בטלים בתכלית” ע״ש באריכות.
- 8מחכמה נבנה פרצוף אבא ומו״ק פרצוף ז״א · ראה ע״ח שער הכללים פ״ב וז״ל: ”וכן מנקודה של חכמה נעשה פרצוף א׳ שלם מי״ס ואז נק׳ אבא, וכן מבינה נעשה פרצוף א׳ שלם מי״ס ונק׳ אמא ומן הו׳ נקודות הנשברים נעשה מכולם פרצוף שלם מי״ס ונק׳ ז״א, ומנקודת עשירית נעשה פרצוף שלם כלול מי״ס ונק׳ בת” ע״ש. ובמ״מ לשם.
- 9כחות — בכלים שהן האיברים · בד״ה וידבר — ויצוום תרמ״ח ע׳ ריג מוסיף ע״ז ”והיינו הכוחות פנימים שהאור מתלבש בתוך הכלי בפנימיותו ולא שינו את תפקידם שכח הראי׳ מתלבש תמיד בעין ולא באוזן, וכח השמיעה נמשך תמיד באוזן כו׳ מפני שחומר העין ממוזג ומורכב באופן כזה שראוי לקבל בתוכו אור הראי׳ והאוזן ממוזג באופן שראוי לקבל אור השמיעה כו׳ שהכלים ממוזגים בערך האור כו׳”.
- 10ולא היו מתכללין זה מזה (ולכן היו רק נקודות · בסה״מ תרמ״ח שם ע׳ ריא ”דלכאורה הי׳ צ״ל בהיפך דמפני שהיו נקודות (היינו בחי׳ אור כללי כנ״ל) לכן לא היה בהם התכללות זמ״ז מפני שהיו אורות פשוטים כו׳ כנ״ל, ולמה אמר ולכן הי׳ נקודות לבד כו׳, י״ל דמפני שהי׳ מיעוט הכלי היינו בחי׳ רצוא דוקא, ועוררו למעלה ג״כ העילוי בעצמיות וההמשכה הי׳ בערך הכלי והיינו אור פשוט וכללי דוקא שהוא בחי׳ נקודות ולא היה ההתכללות זמ״ז כו׳ כנ״ל וד״ל, כן י״ל בדרך אפשר”.
- 11ובכל אחד ראש תוך סוף . . עד שנעשה רמ״ח אברים · בסה״מ תרמ״ח שם ע׳ ריא נוסף: ”(ונראה דזהו מה שהאור עצמו היה בו ריבוי הפרטים . . וגם היה התכללות זמ״ז שזהו מצד הכלים” ע״ש.
6וכח השמיעה באזן. וכח המעשה בידים. וכח ההילוך ברגלים כו׳. ובחי׳ זו הוא ענין התפשטות והתלבשות כחות הנפש בכלים שהן האיברים.
la faculté de l’ouïe dans l’oreille, la faculté d’agir dans les mains et la faculté de marcher dans les pieds, etc. Ce niveau correspond à l’extension et à l’investissement des facultés de l’âme dans des réceptacles, qui sont les membres.
Chaque faculté correspond à son propre organe : l’ouïe à l’oreille, l’action aux mains, la marche aux pieds. C’est la faculté de l’âme qui s’étend et s’investit dans des réceptacles, les membres, par analogie avec les partsoufim de Tikkoun.
ועוד נמצא בחי׳ אחת הכוללת את כל פרטי הכחות המתחלקי׳ באיברים הנ״ל ומקפת עליהם מכל צד מראשו עד רגלו.1
Il existe également un niveau qui englobe toutes les facultés particulières réparties entre les membres mentionnés ci-dessus et les entoure de toutes parts, de la tête aux pieds.
Outre ces facultés, il en existe une qui n’est limitée à aucun membre. Elle englobe toutes les facultés particulières et les entoure de toutes parts, de la tête aux pieds.
Ce paragraphe achève de présenter les facultés de l’âme investies dans des membres particuliers, puis introduit un second type de faculté, qui englobe le corps tout entier.
Maré mekomot
- 1
Il s’agit donc du niveau de la pensée chez l’homme : comme on le voit clairement, lorsqu’il se brûle l’ongle de l’orteil, sa pensée ressent aussitôt la douleur.
Cette faculté qui englobe tout est la pensée. Lorsqu’un homme se brûle l’ongle de l’orteil, son esprit ressent aussitôt la douleur.
וכן כשירצה לנענע רגלו תתנענע תיכף ומיד שיעלה במחשבתו לנענע רגלו שמזה ראי׳ שהמחשבה ישנה ברגל ג״כ והיא שם בבחי׳ מקיף כו׳.2
De même, lorsqu’il veut remuer le pied, celui-ci bouge aussitôt, dès que lui vient à l’esprit l’idée de le remuer. Cela prouve que la pensée est également présente dans le pied, où elle se trouve au niveau de makif (englobant), etc.
De même, dès qu’il pense à remuer le pied, celui-ci bouge. Cela montre que la pensée est présente jusque dans le pied, non comme une faculté qui y serait logée, mais comme une présence englobante (makif).
והנה ענין התלבשות הכחות באיברים הוא משל לבחי׳ פרצופים דיושר שמתלבשי׳ בכלים כדוגמת פרצוף מוחין וזרועות כו׳.
Or, l’investissement des facultés dans les membres est une analogie du niveau des partsoufim de yosher (la ligne droite), qui sont investis dans des réceptacles, à la manière d’un partsouf : l’intellect (mo'hin), les bras, etc.
Les facultés investies dans les membres sont l’analogie des partsoufim de yosher, la « ligne droite » du Tikoun, dont les lumières sont investies dans des réceptacles disposés à la manière d’un corps : l’intellect, les bras, etc.
(ובחי׳ התהו הוא בחי׳ עיגולים שהם בחי׳ מקיפים וזהו כמשל המחשבה כו׳)3 (ועיין ע״פ ויאמר מלך מצרים למילדות4 כו׳ שנתבאר ענין זה באריכות מענין עגולים ויושר)
(Le niveau du Tohou est celui des igoulim (cercles), qui sont des makifim (lumières englobantes) ; cela ressemble à l’analogie de la pensée, etc.) (Voir aussi le commentaire sur « Le roi d’Égypte dit aux sages-femmes », etc., où cette question est exposée en détail à propos des igoulim et du yosher.)
Le Tohou, en revanche, correspond aux igoulim, les « cercles », qui sont englobants, à l’image de la pensée qui imprègne tout le corps sans être logée dans un organe particulier. La seconde parenthèse renvoie au maamar sur « Le roi d’Égypte dit aux sages-femmes », qui, d’après la note de Kehot, est un maamar de l’Admour Hazaken datant de 5565 (1804–05), imprimé dans Torah Chaim.
והנה לפי שביושר5 דתקון נתחלקו הספירות בפרטיות בבחי׳ פרצופים לכך נמצא בהם דבר חדש מעלה יתירה אשר לא היתה בעולם התהו בהיותן בבחי׳ נקודות זת״ז.
Or, puisque, dans le yosher du Tikoun, les Séfirot ont été divisées en détail, selon le niveau des partsoufim, on trouve donc en elles quelque chose de nouveau, un avantage supplémentaire qui n’existait pas dans le monde du Tohou, lorsqu’elles étaient au niveau de points, l’une sous l’autre.
Parce que les Séfirot du Tikoun sont divisées en partsoufim détaillés, elles acquièrent quelque chose de nouveau, un avantage que le Tohou, avec ses points séparés, l’un sous l’autre, ne possédait pas.
והיינו מ״ש בס״י נעוץ תחלתן בסופן67 וסופן בתחלתן.8 שיש מעלה בסוף מה שאין בראש. שזה לא נמצא בעולם התהו9 רק בעולם התקון מפני שנעשו בבחי׳ פרצופים.
C’est ce qui est dit dans le Sefer Yetsira : « Leur commencement est enchâssé dans leur fin, et leur fin dans leur commencement » : la fin possède un avantage que la tête ne possède pas. Cela ne se trouve pas dans le monde du Tohou, mais seulement dans le monde du Tikoun, car les Séfirot y ont été constituées selon le niveau des partsoufim.
C’est l’enseignement du Sefer Yetsira selon lequel le commencement des Séfirot est « enchâssé » dans leur fin, et leur fin dans leur commencement : la fin possède un avantage qui manque à la tête. Cette dépendance réciproque n’existe que dans le Tikoun, où les Séfirot forment des partsoufim.
La pensée, qui imprègne tout le corps, illustre les « cercles » englobants du Tohou, tandis que les facultés investies illustrent la « ligne » du Tikoun, où apparaît une qualité nouvelle : la fin possède quelque chose qui manque à la tête.
Les notes de Kehot citent Sefer HaMaamarim 5648, qui demande comment la pensée peut illustrer les cercles du Tohou, puisque la pensée englobe quelque chose d’intérieur, tandis que les cercles du Tohou ne comportent aucun aspect intérieur ; il conclut que l’idée est que les cercles, comme la pensée, dépassent la portée des niveaux inférieurs tout en agissant sur eux. Sefer HaMaamarim 5639 demande si « leur commencement est enchâssé dans leur fin » signifie que le commencement se trouve précisément dans la fin, davantage que dans la tête qui s’étend, ou seulement que la tête a besoin du pied ; selon la transcription de ce maamar par le Rabbi Rachab, le Rabbi Maharach a tranché, au moment où il l’a prononcé, que la tête a besoin du pied.
Maré mekomot
- 1בחי׳ המחשבה של האדם · בסה״מ תרמ״ח שם ”(שאין לו כלי מיוחדת בגוף)”.
- 2והיא שם בבחי׳ מקיף כו׳ · בסה״מ תרמ״ח שם ”(דאור המחשבה הוא בחי׳ אור כללי שאינו בבחי׳ התחלקות עדיין, ולכן אין לו כלי מיוחדת והוא נמצא בכל מקום בשוה מפני שאינו בבחי׳ התחלקות דהא בהא תליא כו׳ וכמ״ש במ״א)”.
- 3וזהו כמשל המחשבה כו׳ · בסה״מ תרמ״ח שם ”וצ״ע איך יצדק על בחי׳ עיגולים דתהו המשל מהמחשבה, אם שהוא בחי׳ מקיף כנ״ל מ״מ ה״ה מקיף לפנימי כו׳ משא״כ בחי׳ עיגולים דתהו הוא שאינו בגדר פנימי כלל ולכן נק׳ מקיפי׳ דתהו” ע״ש בארוכה. ומסיים ”ונראה מה שמביא משל המח׳ ר״ל שהוא ע״ד כח המחשבה בבחי׳ המקיף דיושר כמו״כ יובן בבחי׳ העיגולים שבודאי אינו מושג דלמתב״כ כו׳ ומ״מ פועל בהפנימי כו׳”.
- 4ע״פ ויאמר מלך מצרים למילדות · לאדה״ז משנת תקס״ה. נדפס בתו״ח שמות ח״א כז, ב. ובאריכות ותוס׳ ביאור מאדה״א שם לו, ג ואילך. וראה בדרך מצותיך עו, ב ואילך. אוה״ת שמות כרך ז ע׳ ב׳תצא ואילך. כרך ח ע׳ ב׳תתמט. בד״ה יפה שעה תרמ״ג ע׳ קמז מציין וז״ל ”ובד״ה מילדות מבואר ענין עיגולים כמשל הכחות בעצם הנפש, ועיגולים הוא בחי׳ התהו כמבואר בת״א מי שם פה, וי״ל שגם בת״א שם ג״כ הכוונה המשל כמו בד״ה מילדות הנ״ל, בת״א בד״ה מי שם ציון ע׳ בד״ה מילדות, משמע שמה שמבאר ענין עולם התיקון והתהו עיגולים ויושר הכוונה שענין עיגולים ויושר הוא כמ״ש בד״ה מילדות הנ״ל, והיינו כנ״ל. אך צ״ע לומר שבת״א כן הכוונה שה״ה אומר משל מהמח׳, ובד״ה ויצוום רל״ג מבואר הכוונה שהוא ספי׳ היינו קו, ויש עוד נקודה שלמעלה, והמשל דעצם הנפש זהו נקודה לפי מ״ש בתו״ח ד״ה הנ״ל, ואפשר אם נחבר ע׳ עיגולי׳ ויושר לתות״ק כמ״ש בד״ה מילדות אפשר י״ל שהכוונה שם שהשבירה הי׳ בעקודים כמ״ש בסידור שער ת״ת, אך דוחק לומר, ועוד דבד״ה מי שם א״א לומר כן . .” ע״ש בארוכה. ובסה״מ תרמ״ח ע׳ ריג.
- 5והנה לפי שביושר · באוה״ת שמות ע׳ עו מציין נ״ב אות ג.
- 6בבחי׳ פרצופים — מעלה יתירה אשר לא היתה בעולם התהו . . נעוץ תחילתן בסופן · בד״ה והי׳ ברכה תרל״ט ע׳ ד מציין ע״ז: (וצ״ע אם כוונתו שכוונת נעיצת התחילה הוא בסוף דוקא יותר מבראש המתפשט כמשנ״ת בד״ה ועמדו רגליו [סה״מ תקע״א ע׳ ס]. או ענין ההתכללות לבד שהראש מצטרך להרגל שז״ע נעתב״ס וסוב״ת כו׳). וראה במ״מ לשם שבהנחת כ״ק מהורש״ב מהמאמר שבשעת אמירת המאמר הנ״ל הכריע כ״ק אדמו״ר מהר״ש שהראש צריך להרגל.
- 7בס״י נעוץ תחלתן בסופן · פ״א מ״ז. וראה לעיל א, ב. ראה בסה״מ תרל״ט ע׳ ד שצ״ע אם כוונתו שכוונות נעיצת התחילה הוא בסוף דוקא יותר מבראש המתפשט. ע״ש.
- 8נעוץ תחלתן בסופן וסופן בתחלתן · Sefer Yetzirah 1:7
- 9שזה לא נמצא בעולם התהו · בסה״מ תרמ״ח ”דבעולם התהו מפני שלא יש ראש וסוף כ״א בחי׳ אור כללי והכלים מועטים שזהו בחי׳ עיגולים דתהו שלא יש בהן ראש וסוף באו״כ כו׳ כנ״ל ממילא לא שייך בחי׳ ההתכללות כנ״ל כ״א העליון מחבירו משובח מחבירו” ע״ש שהאריך.
L’avantage de la fin ¶8–9
8והוא עד״מ מכחות הנפש שבגוף שהשכל מלובש במוח שבראש שהוא המעולה וראש לכל כחות הנפש
C’est, à titre d’analogie, comme les facultés de l’âme dans le corps : l’intellect est investi dans le cerveau, dans la tête, qui est la plus éminente et la principale de toutes les facultés de l’âme.
L’analogie est la suivante : l’intellect réside dans le cerveau, dans la tête ; il est la plus élevée des facultés de l’âme et leur principale.
ואח״כ בידים מתלבש כח המעשה לכתוב ולצייר ולעשות כל מלאכת אומן שהוא כח פחות בערך לגבי כח השכל שבמוח1
Puis, dans les mains, est investi le pouvoir d’agir : écrire, dessiner et accomplir tout travail artisanal ; c’est un pouvoir inférieur, en comparaison du pouvoir de l’intellect dans le cerveau.
À un niveau inférieur, dans les mains, se trouve le pouvoir d’agir : écrire, dessiner et pratiquer tout métier. Comparé à l’intellect dans le cerveau, c’est un pouvoir moindre.
ואח״כ ברגלי׳ מתלבש הכח היותר נמוך שבמעשה כח ההילוך לבד וכאשר נעריך הכחות בעצמן זה לזה מצד עצם מהותן
Puis, dans les pieds, est investi le pouvoir d’action le plus bas : le simple pouvoir de marcher. Et lorsque nous comparons les pouvoirs eux-mêmes les uns aux autres, selon leur essence même,
Le plus bas de tous est le pouvoir qui se trouve dans les pieds : la simple marche. Le texte compare maintenant les pouvoirs tels qu’ils sont dans leur essence propre.
כמו שהם קודם התלבשות באיברים ודאי ימצא שכח השכל הוא מרומם ונעלה לגמרי בכל מכל כל מכח המעשה שבידים ורגלים כו׳ כי הוא כח מפנימי׳ הנפש ונעלה מעלה מן כח ההלוך שהוא רק מחיצונית הנפש.
tels qu’ils sont avant d’être investis dans les membres, on constatera certainement que le pouvoir de l’intellect est exalté et infiniment supérieur, à tous égards, au pouvoir d’action des mains et des pieds, etc. Car il provient de la dimension intérieure (pnimiyout) de l’âme et est bien au-dessus du pouvoir de marcher, qui provient seulement de la dimension extérieure ('hitsoniyout) de l’âme.
Avant d’entrer dans les membres, l’intellect est incomparablement supérieur aux pouvoirs d’agir et de marcher. Il provient de la dimension intérieure de l’âme, tandis que la marche provient seulement de sa dimension extérieure.
אמנם כשנתלבשו בכלים כח השכל בראש וכח ההילוך ברגלים אזי ימצא מעלה ברגל שאינו בראש
Cependant, lorsqu’ils sont investis dans des réceptacles — le pouvoir de l’intellect dans la tête et le pouvoir de marcher dans les pieds —, le pied possède alors un avantage que la tête n’a pas ;
Une fois les pouvoirs investis dans leurs réceptacles, l’intellect dans la tête et la marche dans les pieds, le pied se révèle avoir un avantage qui manque à la tête.
שהרי הרגלים מעמידים את הראש ומוליכים אותו ממקום למקום ואין נמצא כח זה בראש כלל.
car les pieds soutiennent la tête et la transportent d’un endroit à un autre, et ce pouvoir ne se trouve absolument pas dans la tête.
Les pieds soutiennent la tête et la transportent d’un endroit à un autre, ce dont la tête est tout à fait incapable.
הרי נעוץ תחלתן בסופן וסופן בתחלתן2 שיש מעלה בהסוף שאינו בהראש כו׳. וזה בא דוקא מצד התלבשות הכח בכלי הרגל דוקא:3
Ainsi, « leur commencement est enfoncé dans leur fin, et leur fin dans leur commencement » : la fin possède un avantage que la tête n’a pas, etc. Cela vient précisément de ce que le pouvoir est investi dans le réceptacle du pied.
C’est là le sens de « leur commencement est enfoncé dans leur fin » : la fin possède un avantage sur la tête. Cet avantage vient uniquement de l’investissement du pouvoir dans le réceptacle du pied.
Dans l’âme elle-même, l’intellect est bien supérieur à la marche. Mais, une fois les pouvoirs investis dans les membres, le pied acquiert un avantage sur la tête, puisqu’il la transporte. Ce sont donc les réceptacles qui confèrent à la fin son avantage.
Selon la note de Kehot, Sefer HaMaamarim 5648 ajoute que le pouvoir d’action des mains correspond au niveau d’Assiya à l’intérieur du cerveau, et que les philosophes disent eux aussi que la réussite d’une personne repose sur deux éléments : l’intellect théorique et l’intellect pratique.
Maré mekomot
- 1לגבי כח השכל שבמוח · בסה״מ תרמ״ח שם ע׳ ריד ”(והוא בחי׳ עשי׳ שבמוח וכמ״ש במ״א, וכן חכמי המחקר אומרי׳ שהאדם עיקר הצלחתו בב׳ דברים שכל העיוני ושכל המעשה כו׳)”.
- 2נעוץ תחלתן בסופן וסופן בתחלתן · Sefer Yetzirah 1:7
- 3וזה בא דוקא מצד התלבשות הכח בכלי הרגל דוקא · בסה״מ תרל״ג ח״א ע׳ קטז יש כאן הג״ה בענין מה שפירשו במ״א באופן אחר, וראה גם באוה״ת בראשית כרך ו תתרכו, ב.
9והנמשל יובן ההפרש בין עגולים דתהו ליושר דתקון. דשם בתהו היו זה תחת זה ולא היו בבחי׳ פרצוף. ע״כ לא1 הי׳ נמצא בחי׳ זו דנעוץ סופן כו׳.
Et, dans l’analogue, on comprendra la différence entre les igoulim (cercles) de Tohou et le yosher (ligne droite) de Tikoun. Car là, dans Tohou, ils étaient l’un au-dessous de l’autre et n’avaient pas le niveau d’un partsouf ; c’est pourquoi ce niveau de « leur fin est enchâssée » ne s’y trouvait pas, etc.
Appliqué à ce qui précède : dans Tohou, les Séfirot étaient des cercles, l’une au-dessous de l’autre, sans former un partsouf. La dépendance mutuelle de la fin et du commencement ne pouvait donc pas s’y trouver.
אבל בתקון שנתלבשו בכלים רבים בבחי׳ פרצוף אזי נעשה בחי׳ זו מצד הכלים שיש ברגל מה שאין בראש כו׳.
Mais, dans Tikoun, où ils furent revêtus de nombreux réceptacles au niveau d’un partsouf, ce niveau apparut grâce aux réceptacles : le pied possède quelque chose que la tête ne possède pas, etc.
Dans Tikoun, où les lumières sont revêtues de nombreux réceptacles formant un partsouf, cette qualité apparaît par l’intermédiaire des réceptacles : le pied possède quelque chose que la tête ne possède pas.
וכדוגמא זו דנעוץ סופן בתחלתן שהוא ענין מבלי אשר ימצא ראש וסוף2 שיש מעלה בסוף מה שאינו בראש3 יובן ג״כ במצות
Et, sur le modèle de « leur fin est enchâssée dans leur commencement », c’est-à-dire qu’il n’y a ni tête ni fin, la fin ayant un avantage que la tête ne possède pas, on comprendra également cela au sujet des mitsvot
Le même modèle, où il n’y a ni tête ni fin parce que la fin possède un avantage qui manque à la tête, se retrouve dans les mitsvot. Une note de Kehot cite Sefer HaMaamarim 5671 : en essence, la tête et la fin existent, mais elles sont si étroitement incluses l’une dans l’autre que la fin complète la tête et que la tête reçoit d’elle.
(שהם ג״כ בחי׳ תקון כמ״ש זאת התורה אדם)4 שיש מעלה במצות מעשיות שהם גבוהים בבחי׳ א׳ יותר מן התורה (עם היות שהתורה היא בחי׳ פנימיות והמצות הם בחי׳ חיצוניות מעשה לבד)
(qui relèvent également du niveau de Tikoun, comme il est écrit : « Ceci est la Torah : un homme (adam) ») : les mitsvot pratiques possèdent un avantage et sont, à un égard, supérieures à la Torah (bien que la Torah soit du domaine de la dimension intérieure (pnimiyout), tandis que les mitsvot relèvent de la dimension extérieure ('hitsoniyout), de la simple action).
Les mitsvot relèvent de Tikoun, comme le suggère le verset « Ceci est la Torah : un homme (adam) », puisque adam représente Tikoun. L’étude de la Torah est la dimension intérieure, tandis que les mitsvot pratiques ne sont que la dimension extérieure ; pourtant, à un égard, les mitsvot pratiques sont supérieures.
שהרי מבטלים מת״ת לצורך הלויית המת גם מצינו שבשביל הכנסת כלה ביטלו מק״ש כנז׳ בינוקא דבלק5 בריחא דלבושייכו כו׳
En effet, on interrompt l’étude de la Torah pour accompagner un défunt ; et nous trouvons aussi que, pour conduire une mariée [à la houppa], on a interrompu la récitation du Chema, comme il est rapporté [dans le récit] du Yenouka (l’enfant) de [la paracha de] Balak : « à l’odeur de vos vêtements », etc.
La preuve en est qu’on interrompt l’étude de la Torah pour accompagner un défunt. Et, dans le récit du Zohar au sujet du Yenouka, un enfant prodigieux, deux sages qui avaient aidé un marié et une mariée à se marier manquèrent le Chema à l’heure prescrite ; l’enfant le sut à l’odeur de leurs vêtements.
(bien que la récitation du Chema comporte des unifications célestes, etc.). Nos Sages, de mémoire bénie, ont également enseigné qu’un commandement positif l’emporte sur une interdiction, comme la circoncision en présence de tsaraat, et le chaatnez dans les tsitsit.
Cela vaut même si le Chema suscite des unifications sublimes dans les mondes supérieurs. La règle des Sages selon laquelle un commandement positif l’emporte sur une interdiction illustre la même idée : on pratique la circoncision même si cela enlève une marque de tsaraat, et les tsitsit peuvent associer laine et lin (chaatnez).
אשר כ״ז הוא מפני שיש מעלה במעשה שהוא בחי׳ נה״י בחי׳ רגלין מה שלמעלה גם מח״ע.
Tout cela tient à l’avantage de l’action, qui relève du niveau de Netzach (victoire), Hod (splendeur) et Yessod (fondement), le niveau des jambes, lequel est supérieur même à la 'Hokhma céleste ('Hokhma Ilaa).
Tout cela tient au fait que l’action correspond à Netzach, Hod et Yessod, les « jambes » du partsouf ; à un certain égard, ce niveau dépasse même la 'Hokhma céleste.
ולכן גם הדיוט8 שבישראל המקיים איזו מצוה מעשיית בלי כוונות וסודות רק מפני שכך צוה הקב״ה יוכל להיות שיהי׳ זה יקר בעיני השם בבחי׳ אחת מכמה כוונות והשגות שבצדיקי׳ כו׳.
C’est pourquoi même un homme simple parmi Israël qui accomplit une mitsva pratique sans kavannot (intentions mystiques) ni secrets, uniquement parce que le Saint béni soit-Il l’a ordonné, peut être, à un certain égard, plus précieux aux yeux de D.ieu que les nombreuses kavannot et compréhensions des tsadikim, etc.
Ainsi, un Juif simple qui accomplit une mitsva sans en connaître les intentions mystiques, uniquement parce que D.ieu l’a ordonnée, peut être, à un certain égard, plus précieux à D.ieu que les nombreuses kavannot et les compréhensions des tsadikim.
כי יש בחי׳ מעלה יתירה בבחי׳ תמכין דאורייתא יותר מעיני העדה כנ״ל במשל הרגל לגבי הראש כו׳
Car il existe un niveau de supériorité supplémentaire dans le niveau des « soutiens de la Torah » (tamkhin de-oraita), par rapport aux « yeux de l’assemblée », comme [expliqué] plus haut dans l’analogie du pied par rapport à la tête, etc.
Les « soutiens de la Torah » (tamkhin de-oraita), appellation du niveau de Netsa'h et Hod, les jambes, représentent ici ceux qui servent par leurs actes, tandis que les « yeux de l’assemblée » désignent ses sages, la tête. De même que le pied possède un avantage sur la tête, les soutiens ont un avantage sur les yeux.
(ועד״ז ארז״ל גדול העושה צדקה בסתר9 יותר ממשה רבינו וכמ״ש במ״א) וזהו דוקא מצד עולם התקון ששם נעשה בחי׳ זו דנעוץ סופן כו׳ והיינו לפי שבתקון הוא רבוי הכלים ומצד הכלים דוקא
(Et dans le même sens, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Celui qui donne la tsédaka en secret est plus grand que Moché notre maître », comme expliqué ailleurs.) Cela tient précisément au Monde du Tikoun, où s’est réalisé ce niveau de « leur fin est enchâssée », etc. C’est-à-dire que dans le Tikoun, il y a une multitude de réceptacles, et que cela tient précisément aux réceptacles
De même, les Sages ont dit que celui qui donne la tsédaka en secret est plus grand que Moché. Tout cela relève du Monde du Tikoun, car les réceptacles y sont nombreux.
נמצא בחי׳ זו כנ״ל משא״כ בתהו היו האורות מרובים והכלים מועטים לא הי׳ בחי׳ זו כו׳:
que l’on trouve ce niveau, comme [expliqué] plus haut. En revanche, dans le Tohou, les lumières étaient nombreuses et les réceptacles peu nombreux ; ce niveau n’existait pas, etc.
Cette qualité n’existe que grâce aux réceptacles. Dans le Tohou, où les lumières étaient nombreuses et les réceptacles peu nombreux, elle n’existait pas.
Le paragraphe applique l’analogie : dans Tikoun, grâce à ses réceptacles, la « fin » acquiert un avantage sur la « tête ». C’est pourquoi les mitsvot pratiques et l’obéissance d’un Juif simple peuvent, à un certain égard, dépasser l’étude de la Torah et les kavannot des tsadikim.
Selon la note de Kehot, Sefer HaMaamarim 5671 décrit les cercles de Tohou comme des roues à l’intérieur de roues qui ne se touchent jamais : chaque cause entoure son effet, comme le cercle de Kéter entoure celui de 'Hokhma sans le toucher. La note précise également que Sefer HaMaamarim 5633 et 5648 ne rapporte pas ces preuves, mais plutôt qu’on interrompt l’étude de la Torah pour une mitsva que d’autres ne peuvent accomplir.
Maré mekomot
- 1שו״ה והנמשל — דשם בתהו היו זה תחת זה . . ע״כ לא הי׳ נמצא בחי׳ זו דנעוץ סופן כו׳ · בסה״מ אעת״ר ע׳ קלו מבאר: ”והע״ס דעיגולים אין להם קשר וחיבור זל״ז שהן זת״ז כו׳, וכאשר יהי׳ האופן בתוך האופן שאין א׳ נוגע לחבירו כו׳ אלא כל עילה סובב ומקיף לעילתו כעיגול הכתר שסובב ומקיף לעיגול החכמה, ולעולם אינו נוגע עיגול הכתר בעיגול החכמה . . וכן עיגול החכמה לעיגול הבינה”, ע״ש.
- 2שהוא ענין מבלי אשר ימצא ראש וסוף · ”דעם היות שיש בהם בחי׳ ראש וסוף בעצם, הנה ההתכללות הוא באופן כזה שהסוף משלים את הראש והראש מקבל ממנו” — סה״מ אעת״ר ע׳ קמ.
- 3שיש מעלה בסוף מה שאינו בראש · בסה״מ תרל״ג כרך א ע׳ קיז ובסה״מ תרמ״ח שם ”ונמצא כי בבחי׳ זו הסוף הוא הראש כו׳”.
- 4זאת התורה אדם · Numbers 19:14
- 5בינוקא דבלק · Zohar III, 186a
- 6עשה דוחה ל״ת · Shabbat 132b:9
- 7שהרי מבטלים מת״ת לצורך הלוית המת . . עשה דוחה ל״ת . . ושעטנז בציצית · בסה״מ תרל״ג ע׳ קיז ובסה״מ תרמ״ח ע׳ ריז אינם מביאים ראי׳ זו אלא ”מבטלים מצוה שא״א להתקיים ע״י אחרים”, ע״ש בארוכה.
- 8יובן ג״כ במצות . . ולכן גם הדיוט · בסה״מ תרל״ג קטע זה בשינויים.
- 9גדול העושה צדקה בסתר · Bava Batra 9b:7
La requête de Moché ¶10–12
10והנה כבר נתבאר שנשמת משה הי׳ משמטה א׳ ונמשכה לעולם התקון והוא הי׳ מבחי׳ חכ׳ שהוא בחי׳ ראיה.
Or, il a déjà été expliqué que l’âme de Moché provenait de la première chemitah et avait été attirée dans le Monde du Tikoun ; il relevait du niveau de 'Hokhma (sagesse), qui est le niveau de la vision.
Comme expliqué plus haut, l’âme de Moché venait du premier cycle, Tohou, et fut attirée dans le Tikoun. C’était une âme de 'Hokhma, et 'Hokhma est associée à la vision.
כמ״ש בו וירא ראשית לו.1 לכך כשראה משה בבחי׳ ראי׳ ממש בכל עולם התקון דאצילות שירד ונמשך בו.
Comme il est écrit à son sujet : « Il vit pour lui la première part (réchit). » C’est pourquoi, lorsque Moché vit, par une vision véritable, l’ensemble du Monde du Tikoun d’Atsilout (Émanation), dans lequel il était descendu et avait été attiré,
Le texte applique à Moché le verset « Il vit pour lui la première part (réchit) » : réchit, « premier », est un nom de 'Hokhma, et « vit » correspond à sa qualité de vision. Par cette vision, il vit véritablement l’ensemble du Monde du Tikoun d’Atsilout dans lequel il était descendu.
מה שנעוץ תחלתן בסופן וסופן בתחלתן2 שזה הי׳ בעיניו דבר חדש ממש שהרי לא נמצא זה בעולם התהו כו׳.
que « leur commencement est enchâssé dans leur fin, et leur fin dans leur commencement », cela lui parut véritablement tout nouveau, car on ne trouve rien de tel dans le Monde du Tohou, etc.,
Il vit que dans le Tikoun, le commencement est enchâssé dans la fin et la fin dans le commencement. Cela lui était entièrement nouveau, car rien de semblable n’existe dans le Tohou, où son âme a sa racine.
נתפלא מאד ע״ז ולכן השפיל עצמו נגד הנשמו׳ דעולם התקון ואמר שלח נא ביד תשלח3 כו׳.
il en fut extrêmement émerveillé. C’est pourquoi il s’humilia devant les âmes du Monde du Tikoun et dit : « Envoie, je Te prie, par la main de celui que Tu enverras », etc.
Émerveillé par cela, il s’humilia devant les âmes du Tikoun et demanda à D.ieu d’envoyer quelqu’un d’autre : « Envoie, je Te prie, par la main de celui que Tu enverras. »
כי יש בהם מעלה יתירה יותר ממנו מצד הכלים דתקון שנעוץ סופן כו׳. משא״כ אצלו ששרשו מתהו.4
Car elles possèdent sur lui un avantage supplémentaire, du fait des réceptacles du Tikoun, dans lesquels « leur fin est enchâssée », etc. Il n’en va pas ainsi de lui, dont la racine provient du Tohou.
Il estimait que les âmes du Tikoun avaient un avantage sur lui, car leurs réceptacles permettent à la fin de posséder quelque chose qui manque au commencement. Son âme, dont la racine se trouve dans le Tohou, ne possédait pas cela.
La requête de Moché, « Envoie, je Te prie, par la main de celui que Tu enverras », venait de sa vision du Tikoun : âme issue du Tohou, il voyait dans les réceptacles du Tikoun une qualité qui lui manquait et s’humiliait devant ses âmes.
Maré mekomot
- 1וירא ראשית לו · Deuteronomy 33:21
- 2נעוץ תחלתן בסופן וסופן בתחלתן · Sefer Yetzirah 1:7
- 3שלח נא ביד תשלח · Exodus 4:13
- 4והנה כתר נתבאר · באוה״ת שמות ע׳ עו מציין: נ״ב ד.
11וז״ש כי כבד פה וכבד לשון אנכי1 ר״ל ששרשו מתהו ששם היו האורות גדולים ולא היו יכולים להתלבש בכלים. וזהו ענין כבד פה שלא הי׳ יכול להשפיע אור שכלו לתוך כלי הפה.
Et tel est [le sens de] ce qui est écrit : « Car j’ai la bouche lourde et la langue lourde » : cela signifie que sa racine provient de Tohou, où les lumières étaient grandes et ne pouvaient pas être investies dans des réceptacles. C’est là le sens de « la bouche lourde » : il ne pouvait pas faire passer la lumière de son intellect dans le réceptacle de la bouche.
Les paroles de Moché, « la bouche lourde et la langue lourde », reflètent sa racine en Tohou, où les lumières étaient trop grandes pour être investies dans des réceptacles. Il ne pouvait donc pas faire passer la lumière de son intellect dans le « réceptacle » de la bouche, c’est-à-dire dans la parole.
La difficulté de Moché à parler est expliquée comme la marque de sa racine en Tohou : des lumières grandes ne pouvaient être contenues dans des réceptacles, ici le réceptacle de la bouche.
Maré mekomot
- 1כי כבד פה וכבד לשון אנכי · Exodus 4:10
12וזה הי׳ בעיניו חסרון גדול ומעלת התקון שהכלים מרובים להכיל האורות נפלאה ויקרה בעיניו ע״כ אמר שלח נא ביד תשלח1 דהיינו מי שהוא מעולם התקון כי בתקון
Et cela constituait à ses yeux un grand défaut, tandis que l’avantage du Tikoun, dont les réceptacles sont nombreux pour contenir les lumières, était admirable et précieux à ses yeux. C’est pourquoi il dit : « Envoie, je te prie, par la main de celui que tu enverras », c’est-à-dire quelqu’un qui appartient au Monde du Tikoun. Car dans le Tikoun
Moché considérait sa bouche pesante comme un grand défaut et s’émerveillait du Tikoun, dont les nombreux réceptacles peuvent contenir les lumières. C’est pourquoi il demanda à D.ieu d’envoyer quelqu’un du Monde du Tikoun.
נמצא מעלה יתירה מצד דבר שנתחדש שם דנעוץ סופן כו׳ והיינו דוקא מצד הכלים דתקון כנ״ל ואין זאת אצלו
on trouve un avantage supplémentaire, en vertu d’un élément nouvellement créé là-bas, à savoir que « leur fin est enchâssée », etc. ; et cela tient spécifiquement aux réceptacles du Tikoun, comme expliqué plus haut ; or cela lui faisait défaut,
Dans le Tikoun apparaît une nouveauté : la fin est liée au commencement et possède un avantage sur lui, et cela provient uniquement des réceptacles du Tikoun. Moché ne possédait pas cet avantage.
שהרי הוא כבד פה כו׳. זה הי׳ טענת מרע״ה שהשפיל א״ע מאד להיותו עניו מכל האדם2 כו׳.
puisqu’il était « pesant de bouche », etc. Telle était l’argumentation de Moché notre maître, que la paix soit sur lui, qui s’humiliait profondément, étant le plus humble de tous les hommes, etc.
Sa bouche pesante en était la preuve. Tel était l’argument de Moché, qui procédait de sa grande humilité, lui qui était le plus humble de tous les hommes.
(ובאמת היא מעלה אצלנו מה שהי׳ כבד פה שהרי סיבה זו הוא מצד רבוי האורות שלכך לא יכלה הכלי להכיל.
(Et en vérité, à nos yeux, le fait qu’il fût pesant de bouche constitue un avantage, car la cause en est l’abondance des lumières, que le réceptacle ne pouvait contenir.
La parenthèse ajoute que, de notre point de vue, sa bouche pesante constituait en réalité un avantage : elle provenait d’une abondance de lumière trop grande pour que le réceptacle puisse la contenir.
משא״כ בתקון הוא מיעוט האורות ורבוי הכלים. וגם זה אמת אלא שעכ״ז יש מעלה יתירה בתקון מצד הכלים כנ״ל בענין נעוץ סופן כו׳):
En revanche, dans le Tikoun, les lumières sont peu nombreuses et les réceptacles nombreux. Cela aussi est vrai ; néanmoins, le Tikoun possède un avantage supplémentaire en vertu de ses réceptacles, comme expliqué plus haut à propos de « leur fin est enchâssée », etc.)
Dans le Tikoun, en revanche, les lumières sont peu nombreuses et les réceptacles nombreux. Cela est vrai, et pourtant le Tikoun possède toujours un avantage qui lui est propre : grâce à ses réceptacles, la fin détient quelque chose qui manque au commencement.
La demande de Moché d’envoyer quelqu’un d’autre exprimait son humilité : il estimait les réceptacles du Tikoun davantage que ses propres grandes lumières, bien qu’en vérité le Tohou et le Tikoun possèdent chacun un avantage.
Maré mekomot
- 1שלח נא ביד תשלח · Exodus 4:13
- 2עניו מכל האדם · Numbers 12:3
La bouche de l’Adam de Tikoun ¶13–14
Or, le Saint béni soit-Il lui répondit : « Qui a donné une bouche à l’homme ? N’est-ce pas Moi, Havaya ? » Autrement dit, ce que tu dis est vrai : tu as la bouche pesante,
D.ieu répondit : « Qui a donné une bouche à l’homme ? N’est-ce pas Moi, Havaya ? » L’Admour Hazaken comprend que D.ieu commence par donner raison à Moché : il a réellement la bouche pesante.
שאין לך כלים כאלו הנמצאים בתקון שנעוץ תחלתן בסופן ומצד שרש נשמתך אתה כבד פה שאין השכל יוכל להתלבש בכלי הפה כו׳.
car tu ne possèdes pas de tels réceptacles que ceux qui se trouvent dans le Tikoun, où « leur commencement est enchâssé dans leur fin » ; et, en raison de la racine de ton âme, tu as la bouche pesante, car l’intellect ne peut s’investir dans le réceptacle de la bouche, etc.
Moché ne possède pas les réceptacles du Tikoun, où le commencement est enchâssé dans la fin. En raison de la racine de son âme, l’intellect ne peut pénétrer dans le réceptacle de la bouche.
אך מי שם פה ל(אדם בניקוד קמ״ץ רומז על האדם הידוע4 היינו בחי׳ אדם דאצי׳ שעל הכסא שהוא שם מ״ה בגימט׳ אדם56 שהוא כללות התקון כנודע וענין כלי הפה הוא הממשיך אור מקיף
Mais « Qui a donné une bouche à l’homme (la-adam) » : (la-adam, vocalisé avec un kamats, fait allusion à l’Adam bien connu, c’est-à-dire au niveau de l’Adam d’Atsilout qui se trouve sur le Trône. Il s’agit du Nom Mah, dont la valeur numérique est égale à adam et qui constitue l’expression générale et collective du Tikoun, comme on le sait. Quant au réceptacle de la bouche, il attire la lumière enveloppante (Or Makif) ;
Mais le verset dit la-adam, « à l’homme » : le kamats sous le lamed marque l’article défini et désigne l’Adam bien connu, la « forme d’un homme » sur le Trône dans la vision du Char, l’Adam d’Atsilout. Il s’agit du Nom Mah, dont la valeur numérique, 45, est égale à celle de adam (alef 1, dalet 4, mem 40) ; il représente le Tikoun dans son ensemble. Son réceptacle de la bouche attire la lumière enveloppante.
כמ״ש בפע״ח7 שע״י הברכה של המצוה נמשך בחי׳ המקיף8 וע״י המצוה עצמה נמשך האור פנימי )(כי הבל הפה9 נעשה בחי׳ או״מ10 וע׳ בתניא פ״ה)
comme il est écrit dans Pri Etz Chaim, que la bénédiction récitée sur une mitsva attire le niveau de la lumière enveloppante, tandis que la mitsva elle-même attire la lumière intérieure (Or Pnimi) ; (car le souffle de la bouche devient un niveau de lumière enveloppante ; voir Tanya, chapitre 5).
Pri Etz Chaim enseigne que la bénédiction récitée sur une mitsva attire la lumière enveloppante, tandis que la mitsva elle-même attire la lumière intérieure. La seconde parenthèse ajoute que le souffle de la parole devient une lumière enveloppante, comme l’explique Tanya, chapitre 5.
C’est pourquoi, au sujet des tefillin de la tête, les Séfarades et les Ashkénazes sont en désaccord sur la question de savoir s’il faut réciter une bénédiction particulière sur eux, car la lumière enveloppante des tefillin de la tête est très élevée. Aussi,
C’est pourquoi on débat de la nécessité d’une bénédiction distincte pour les tefillin de la tête : leur lumière enveloppante est très élevée.
מנהג ספרד שלא לברך דס״ל שא״א להמשיך המקיף ההוא כו׳. והאשכנזים ס״ל דיכולים להמשיך. עכ״פ למדנו דכלי הפה הוא הממשיך הא״מ כו׳.
la coutume séfarade est de ne pas réciter de bénédiction, car selon eux, il est impossible d’attirer cette lumière enveloppante, etc. ; les Ashkénazes, eux, estiment qu’il est possible de l’attirer. Quoi qu’il en soit, nous avons appris que le réceptacle de la bouche est ce qui attire la lumière enveloppante, etc.
La coutume séfarade est de ne pas réciter de bénédiction, car une lumière enveloppante aussi élevée ne peut, selon eux, être attirée ; les Ashkénazes estiment que cela est possible. Dans tous les cas, cette controverse montre que la bouche, par la bénédiction, attire la lumière enveloppante.
La réponse de D.ieu reconnaît que Moché a la bouche pesante, mais elle évoque l’« Adam » du Tikoun, dont la « bouche » attire la lumière enveloppante, comme le montrent les bénédictions sur les mitsvot et la controverse concernant la bénédiction des tefillin de la tête.
Dans une note citée par Kehot, le Rabbi explique que makif, « enveloppant », ne signifie pas qu’il entoure dans l’espace, à D.ieu ne plaise, car la notion de lieu ne s’applique pas au spirituel. Il désigne une influence qui demeure cachée, au-delà de la perception des mondes ; c’est pourquoi on la qualifie d’enveloppante plutôt que d’investie. La note de Kehot renvoie également au Tour et au Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, où est consignée la controverse sur la bénédiction des tefillin de la tête ; elle indique siman 28, se’if 5, mais la décision se trouve au siman 25, se’if 5.
Maré mekomot
- 1והנה השי״ת השיב לו · באוה״ת שמות ע׳ עו נמצא קיצור: נ״ב ה. ובגליון נכתב שייך לסי׳ ג׳ <וכ״ק אדמו״ר זי״ע העיר שם:צ״ע הכוונה, ואולי צ״ל: לפ׳ א׳. כי אח״ז בא קיצור פ״א מד״ה. ע״כ.>. בפ׳ זו נתבאר מ״ש בסה״ת שעו״ז הוא שמיטה הב׳ ונק׳ שמיטה הפחד ולפני׳ הי׳ משיטה א׳ ממדת החסד. אמנם האריז״ל כתב דענין שמיטה הא׳ הו״ע עולם התהו ולא שהי׳ עולם בגשמיות כו׳, ובנשמות נמשכו משם לתקן שמיטה זו והום חנוך ומשה כו׳, ע״כ. באוה״ת שמות ע׳ עז נמצא קיצור: שייך לסי׳ ד׳ <לסי׳ ד׳: ראה הערה שלפני ו [=לסי׳ ג׳] וכאן בא בקיצור פ״ב (על תיבת מקפת). — כ״ק אדמו״ר שם. ופ״ג.>. נת׳ ההפרש בין תהו לתיקון שהם עיגולים ויושר, כי עולם התהו הי׳ עיגולים והוא שבתהו היו נקודות זת״ז, ותיקון פרצופים כמשל רמ״ח כחות הנפש כשהם ברמ״ח איברי הגוף זה מח׳ <זה מח׳: כנראה צ״ל: תהו מח׳. — הערת כ״ק אדמו״ר זי״ע.> מקפת. ומצד התלבשותו בכלים נעשה בחי׳ נתחב״ס וסוב״ת מבלי שימצא ראש וסוף כו׳, יש מעלה ברגל מה שאינו בראש, וכן במצות מעשיות כו׳. ובחי׳ זו לא היה בתהו רק בתיקון רביוי הכלים). אוה״ת שמות ע׳ עז.
- 2והנה השי״ת השיב לו מי שם פה לאדם · מובא בסה״מ תרכ״ז [הוצאת תש״ס] ע׳ ב.
- 3מי שם פה לאדם הלא אנכי · Exodus 4:11
- 4לאדם בניקוד קמץ רומז על האדם הידוע · ראה אוה״ת יתרו ע׳ תשפג. סה״מ תרל״ד ע׳ צז. סה״מ תרע״ח ע׳ קלג.
- 5מ״ה בגימט׳ אדם · Genesis 3:2
- 6שם מ״ה בגימט׳ אדם · Pardes Rimmonim 23:1:43
- 7כמ״ש בפע״ח · ראה לקו״ת במדבר ח, ד. חקת נז, א. ואתחנן יא, א.
- 8שע״י הברכה . . נמשך בחי׳ המקיף · Tanya, Likkutei Amarim 48:5–6
- 9(כי הבל הפה . . פ״ה) · בסה״מ תקס״ה ע׳ קפג ליתא.
- 10הבל הפה נעשה בחי׳ או״מ · Tanya, Likkutei Amarim 5:13
- 11בתש״ר נחלקו הספרדים והאשכנזים · טוש״ע או״ח סי׳ כח ס״ה. ראה מה שכתב ע״ז כ״ק אדמו״ר זי״ע בקובץ ליובאוויטש הנ״ל. תורת חיים פ׳ שמות ע׳ קלו. ספה״מ תש״ג ע׳ 15.
- 12אם יברכו עלי׳ ברכה מיוחדת · Shulchan Arukh, Orach Chayim 25:5
- 13שהמקיף דתש״ר גבוה מאד ע״כ · בסה״מ תקס״ה ע׳ קפג נוסף כאן: אם יוכל להמשיך או״מ דש״ר מפני שהוא גבוה מאד נעלה: ע״כ.
Et telle est [la signification de] ce qui est écrit : « Qui a donné une bouche à l’homme ? » C’est-à-dire : qui a émané le réceptacle de la bouche, réceptacle qui attire la lumière enveloppante ? Qui l’a émané pour l’Adam de Tikoun ?
Ainsi compris, le verset demande : qui a émané la bouche, le réceptacle qui attire la lumière enveloppante, pour l’Adam de Tikoun ?
הלא אנכי הוי״ה בחי׳ עצמות אא״ס שרש הקו וחוט דאור א״ס ב״ה המקור לכל או״פ ומקיפים כו׳.
« N’est-ce pas Moi, Havaya » : le niveau de l’essence même de la Lumière infinie (Or Ein Sof), racine du kav (ligne de lumière) et du fil de la Lumière infinie, béni soit-Il, source de toutes les lumières intérieures et enveloppantes, etc.
La réponse, « N’est-ce pas Moi, Havaya », désigne l’essence même de la Lumière infinie : la racine du kav, le fin trait de lumière, et la source de toutes les lumières intérieures et enveloppantes. Les réceptacles de Tikoun proviennent eux aussi de là.
Le verset est compris comme disant que la bouche de l’Adam de Tikoun a été émanée par l’essence même de D.ieu, source de toute lumière intérieure et enveloppante.
Maré mekomot
- 1מי שם פה לאדם · Exodus 4:11
« Je serai avec ta bouche » ¶15–16
Et si tel est le cas, rien ne M’est impossible, et « Je serai aussi avec ta bouche ». Cela signifie que, même si, en raison de ta racine dans Tohu, tu ne possèdes pas de tels réceptacles,
Puisque D.ieu est la source de toutes les lumières et de tous les réceptacles, rien ne Lui est impossible ; aussi promet-Il : « Je serai avec ta bouche ». La racine de Moché dans Tohu le laisse dépourvu des réceptacles de Tikkoun, mais cela ne tranche pas la question.
אבל אנכי הוי״ה שעשיתי את הכלים דתקון ואת עולם התהו אני יכול להפך הדבר להתערב בחי׳ תהו ותיקון יחד היינו המעלות דשניהם שיהיו האורות מרובים כמו בתהו כו׳.
Moi, Havaya, qui ai fait les réceptacles de Tikkoun et le Monde de Tohu, je peux cependant renverser la situation : mêler ensemble les niveaux de Tohu et de Tikkoun, c’est-à-dire réunir les avantages de l’un et de l’autre, afin que les lumières soient abondantes comme dans Tohu, etc.,
D.ieu, qui a fait les réceptacles de Tikkoun et le Monde de Tohu, peut renverser la situation et mêler les deux, accordant à Moché les avantages de l’un et de l’autre. Le premier est l’abondance de lumière propre à Tohu.
Puisque D.ieu est la source de Tohu comme de Tikkoun, Il peut unir leurs avantages en Moché : « Je serai avec ta bouche ».
Maré mekomot
- 1ואנכי אהיה עם פיך · Exodus 4:12
16וגם בחי׳ המעלה דתקון שיהיו הכלים מרובים מאד. ואז יהיה נעוץ תחלתן כו׳ וזהו ואנכי אהיה עם פיך1 שהגם ששרשך מתהו עכ״ז יהיו לך כלים דתקון ובפרט כלי הפה שע״י נמשכו האורות מקיפים כו׳.
et aussi l’avantage propre à Tikkoun : que les réceptacles soient très nombreux. Alors, « leur commencement est enchâssé », etc. Voilà le sens de « Et Moi, Je serai avec ta bouche » : bien que ta racine soit issue de Tohou, tu auras néanmoins des réceptacles de Tikkoun, et en particulier le réceptacle de la bouche, par lequel les lumières enveloppantes sont attirées vers le bas, etc.
Le second avantage est le grand nombre de réceptacles de Tikkoun, qui établit le lien entre le commencement et la fin. C’est le sens de « Je serai avec ta bouche » : malgré sa racine en Tohou, Moché aurait les réceptacles de Tikkoun, et surtout celui de la bouche, qui attire la lumière enveloppante vers le bas.
ויהיה א״כ בך שני המעלות. והיינו מפני שכמו שנעוץ תחלתן בסופן כך נעוץ סופן בתחלתן2 לכך יוכל להיות נמצא מעלת התקון אף בתהו כו׳ לכך יתחברו יחד כו׳.3
Ainsi, tu réuniras en toi les deux avantages. Cela tient au fait que, de même que « leur commencement est enchâssé dans leur fin », « leur fin est enchâssée dans leur commencement » ; l’avantage de Tikkoun peut donc se trouver même dans Tohou, etc., et ils pourront ainsi être réunis, etc.
Moché aurait donc les deux avantages. Cela est possible parce que le lien fonctionne dans les deux sens : de même que le commencement est enchâssé dans la fin, la fin est enchâssée dans le commencement ; l’avantage de Tikkoun peut ainsi se trouver même en Tohou.
(ועמ״ש במ״א ע״פ ארוממך45 כי דליתני6 איך דוד שהוא בחי׳ דבור היה כלול באדה״ר בחי׳ חכמה כו׳ והוא כענין כבד פה וגילוי בחינת הדבור בחינת דוד זהו
(Voyez aussi ce qui est écrit ailleurs au sujet du verset « Je T’exalterai, car Tu m’as élevé » : comment David, qui est le niveau de la parole, était inclus dans Adam Harichon, qui est le niveau de 'Hokhma (sagesse), etc. Cela est comparable à la difficulté à parler, « lourd de bouche » ; et le dévoilement du niveau de la parole, le niveau de David, c’est…
Selon la note de Kehot, du présent passage jusqu’à la fin, il s’agit d’une glose du Tsema’h Tsédek. Elle renvoie à un maamar sur « Je T’exalterai, car Tu m’as élevé », qui explique comment David, la parole, était inclus en Adam, qui est 'Hokhma ; cela est comparable à la difficulté de Moché à parler, et le dévoilement de la parole, David, correspond à la réponse de D.ieu.
ענין מי שם פה לאדם הלא אנכי זהו בחינת ארוממך עומק רום7 כו׳ ע״ש וכדוגמא זו היא מ״ש במ״א מעלת מצות דרבנן כי הנה רמ״ח מ״ע רמ״ח איברים היינו המשכת אורות בכלים
…la question « Qui a donné une bouche à l’homme ? N’est-ce pas Moi ? » ; c’est le niveau de « Je T’exalterai », la profondeur de la hauteur, etc. Voyez là-bas. De même, ce qui est écrit ailleurs au sujet de l’avantage des mitsvot rabbiniques : les 248 commandements positifs (mitsvot assé) correspondent aux 248 membres, c’est-à-dire à l’attraction des lumières dans les réceptacles ;
Ce dévoilement de la parole relève du niveau de « Je T’exalterai », lié à la « profondeur de la hauteur ». Un parallèle se trouve dans l’avantage des mitsvot rabbiniques : les 248 commandements positifs correspondent aux 248 membres, les lumières étant attirées dans des réceptacles.
משא״כ שס״ה ל״ת שס״ה גידים הם בחינת אורות שלמעלה מהתלבשות בכלים ואיברים לכן אין בל״ת קום ועשה והיינו כענין אורות דתהו שלמעלה מאורות דתקון לכן אי אפשר לכלים להכילם
tandis que les 365 interdictions (lo taassé), correspondant aux 365 tendons, sont le niveau des lumières qui se situent au-dessus de leur intégration dans des réceptacles et des membres ; c’est pourquoi les interdictions ne comportent pas d’action positive (koum va’assé). Cela est comparable aux lumières de Tohou, qui se situent au-dessus des lumières de Tikkoun ; les réceptacles ne peuvent donc pas les contenir.
Les 365 interdictions correspondent aux 365 tendons : elles relèvent de lumières qui dépassent l’intégration dans des réceptacles, d’où l’absence d’acte dans l’observance d’une interdiction. Elles sont comparables aux lumières de Tohou, trop intenses pour être contenues par des réceptacles.
אבל במצות דרבנן שהם ג״כ מבחי׳ זו דל״ת ומ״מ מתלבשים בקום ועשה8 בכלים לפי שבינה יתירה כו׳ וכך נאמר למשה אנכי אהיה עם פיך שגם אורות שמבחי׳ תהו יתלבשו בכלים דתקון כנ״ל. וע׳ לקמן ע״פ זה שמי):9
Mais dans les mitsvot rabbiniques, qui proviennent elles aussi de ce niveau des interdictions, [les lumières] sont néanmoins intégrées dans des réceptacles au moyen d’actes positifs, grâce à une compréhension supplémentaire (bina yetera), etc. Ainsi fut-il dit à Moché : « Je serai avec ta bouche » : même les lumières relevant de Tohou seraient intégrées dans les réceptacles de Tikkoun, comme expliqué plus haut. Voyez aussi plus loin, à propos du verset « Ceci est Mon Nom ».)
Les mitsvot rabbiniques proviennent du même niveau que les interdictions, mais ces lumières y sont néanmoins revêtues d’actes positifs, grâce à la « compréhension supplémentaire » (bina yetera). De même, la promesse faite à Moché signifiait que les lumières de Tohou seraient intégrées dans les réceptacles de Tikkoun ; la glose se termine par un renvoi à un maamar ultérieur, sur « Ceci est Mon Nom ».
La promesse de D.ieu : « Je serai avec ta bouche » donne à Moché les grandes lumières de Tohou et les réceptacles de Tikkoun. La glose du Tsema’h Tsédek ajoute des parallèles avec David, qui est la parole, et avec les mitsvot rabbiniques, qui revêtent dans des actes positifs des lumières dépassant les réceptacles.
Selon la note de Kehot, le Or HaTorah ajoute que, pour bien comprendre pourquoi les réceptacles ont un avantage sur les lumières, il faut consulter le maamar sur « LeRoka HaAretz », qui explique également l’union des lumières de Tohou avec les réceptacles de Tikkoun, « fondement du but ultime du service divin ». Dans une note à un maamar de 5700, le Rabbi remarque que ce passage sur les mitsvot rabbiniques peut expliquer pourquoi plusieurs décrets rabbiniques n’ont pas été dénombrés, bien qu’ils n’aient aucun fondement dans la Torah.
Maré mekomot
- 1ואנכי אהיה עם פיך · Exodus 4:12
- 2נעוץ סופן בתחלתן · Sefer Yetzirah 1:7
- 3שו״ה נמצא — יחד כו׳ · בסה״ד קודם הגה״ה המתחיל וע׳ מ״ש במ״א ע״פ ראוממך כו׳. נת׳ דלכך <נת׳ דלכך: מכאן ואילך קיצור פד״ה. — הערת כ״ק אדמו״ר זי״ע.> משה שהי׳ מתוהו שאורות מרובין והכלים מועטים ע״כ הי׳ כבד פה ולהיות שהכלים דתיקון יש בהם מעלה נפלאה לכך אמר שלח נא ביד תשלח יהי׳ מי שיהי׳ מתיקון כו׳, והשי״ת השיבו מי שם פה לאדם דתיקון הלא אנכי עצמות אוא״ס וא״כ אנכי אהי׳ עם פיך שיהי׳ בך מב׳ המעלות אורות דתהו וכלים דתיקון, — אוה״ת שמות ע׳ עז.
- 4ועמ״ש במ״א ע״פ ארוממך · מכאן עד הסיום הגה״ה מכ״ק הצ״צ. ראה דרך מצותיך מצות מינוי מלך קט, א. בלקו״ת שמע״צ פ, ד מציין לכאן.
- 5שו״ה ארוממך — וכדוגמא כו׳ · ולהבין זה היטב בענין הנ״ל שיש בכלים מעלה יתירה מבאורות תמצא ע״פ לרוקע הארץ <ע״פ לרוקע הארץ: כנראה הוא דשנת תקס״ב, הנדפס בסו״ס טעמי המצות להצ״צ. — הערת כ״ק אדמו״ר זי״ע שם.> כו׳. ונת׳ ג״כ ענין התחברות אורות דתהו בכלים דתיקון שזהו יסוד תכלית העבודה. — אוה״ת שמות ע׳ עז.
- 6ארוממך כי דליתני · Psalms 30:2
- 7עומק רום · Sefer Yetzirah 1:5
- 8אבל במצות דרבנן . . בקום ועשה · ובזה יש לתרץ מה שלא נמנו כמה גזירות כו׳ דמדרבנן, אף שאין להם עיקר מן התורה — הערת כ״ק אדמו״ר זי״ע בד״ה מאי מברך ה׳ת״ש.
- 9זה שמי · Exodus 3:15
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Le maamar tire sa leçon pratique de l’avantage des réceptacles : une mitsva pratique, même accomplie par un Juif simple sans intentions mystiques, uniquement parce que D.ieu l’a ainsi ordonné, peut, sous un certain rapport, être plus précieuse aux yeux de D.ieu que les kavannot et les perceptions des tsadikim, tout comme le pied qui porte la tête possède ce qui manque à celle-ci. C’est pourquoi l’étude de la Torah est interrompue pour accompagner le défunt, et l’acte possède une qualité qui s’élève au-dessus même de la 'Hokhma céleste.
Questions à discuter
- Pourquoi le maamar qualifie-t-il la bouche lourde de Moché d’avantage « à nos yeux », tout en affirmant que Tikoun possède quelque chose qui lui manquait ?
- Comment les pieds qui portent la tête illustrent-ils que « leur commencement est enfoncé dans leur fin », et pourquoi cela n’existe-t-il que dans Tikoun ?
- En quel sens la mitsva d’un Juif simple, accomplie uniquement parce que D.ieu l’a ordonnée, peut-elle surpasser les kavannot des tsadikim ?
- Que nous enseignent la bénédiction sur une mitsva et la controverse au sujet des tefilin de la tête sur la bouche comme réceptacle de la lumière enveloppante ?
- Comment « Je serai avec ta bouche » unit-il en Moché les avantages de Tohou et de Tikoun ?