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Torah Ohr · Parshas Shemos · Maamar 5

לבך יהגה אימה איה סופר איה שוקל וגו׳

« Ton cœur méditera avec effroi : “Où est celui qui compte ? Où est celui qui pèse ?” »

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L’idée centrale

La puissance divine qui mesure et limite toute chose — la « balance » et la « ligne de mesure » du Zohar — n’est pas séparée de D.ieu : elle provient de Son niveau le plus élevé, Ayeh, qui seul peut s’abaisser jusqu’à mesurer chaque détail. Méditer sur le fait que Celui qui dépasse toute saisie pèse chaque particule de l’existence suscite une immense crainte de D.ieu, qui ne laisse aucune place aux craintes moindres.

Le maamar en bref

Le verset d’Isaïe : « Où est celui qui compte ? Où est celui qui pèse ? » est interprété à travers la « balance » (matkela) du Zohar, que l’Admour Hazaken identifie à la ligne de mesure (kav hamida) : la puissance qui détermine quelle quantité de 'Hessed et quelle quantité de Guevoura se déversent dans les Séfirot d’Atsilout, et qui les agence en lignes droite et gauche. C’est pourquoi les Séfirot sont appelées midot, « mesures ». Dans le Zohar, cette puissance est la botsina de-kardinouta, la Guevoura d’Atik Yomin revêtue dans le Mo'ha Stima’a. Puisque mesurer implique une contraction et que l’essence de D.ieu ne connaît aucune limite, on pourrait penser que cette puissance est une entité séparée. Le verset enseigne donc que Ayeh, « où », le grand cercle qui englobe tout, est lui-même celui qui compte et qui pèse : seul Celui qui est véritablement élevé peut s’abaisser à ce point, tout comme D.ieu seul, et non un ange, pouvait descendre en Égypte. La Torah, qui précéda le monde de deux mille ans exactement, et les mitsvot, avec leurs dimensions déterminées, relèvent elles aussi de cette mesure. Le triple « où » correspond au triple « saint » des anges. Méditer sur tout cela suscite une grande crainte et, avec elle, libère des craintes extérieures.

Plan

  1. La balance et la ligne de mesureLa balance du Zohar est la ligne de mesure qui répartit les Séfirot. Ce n’est pas une puissance séparée : Ayeh, le niveau suprême qui englobe tout, compte et pèse lui-même, tout comme D.ieu seul pouvait descendre en Égypte.¶1
  2. La Torah, les mitsvot et la crainte de D.ieuLa Torah et les mitsvot ont elles aussi une mesure, dont la source est Ayeh, qui dépasse toute saisie, à l’image du « saint » des anges. Méditer sur le fait que ce niveau mesure chaque détail suscite une grande crainte, qui ne laisse aucune place aux craintes extérieures.¶2

Notions clés

la ligne de mesure (kav hamida)קו המדה
La puissance divine qui mesure le déversement de lumière dans les Séfirot, déterminant quelle quantité de bonté et de retenue chacune reçoit, ainsi que leur répartition entre la droite et la gauche.
la balance (matkela)מתקלא
Le terme du Zohar, dans le Sifra DiTzeniusa, désignant la balance par laquelle sont pesés les attributs divins ; le maamar l’identifie à la ligne de mesure.
botsina de-kardinoutaבוצינא דקרדוניתא
La « lampe d’obscurité » du Zohar, identifiée ici à la Guevoura d’Atik Yomin revêtue dans le Mo'ha Stima’a, source de toute mesure.
midot (mesures)מדות
Les Séfirot sont appelées midot, « mesures », parce que chacune est mesurée par la ligne de mesure.
Ayeh (« où »)איה
Interprété comme un nom du grand cercle, le niveau de D.ieu qui englobe tout et dépasse toute saisie ; le maamar enseigne que ce niveau même est celui qui compte et qui pèse.
kadoch (saint)קדוש
Signifie séparé, au-delà de toute pensée. Sa valeur numérique, 410, correspond aux 410 « cheveux » d’Arikh Anpin, et le triple « saint » correspond au triple « où » du verset.
la crainte extérieureיראה חיצוניות
La crainte d’une perte matérielle, comme le fait de manquer de pain ; elle disparaît lorsqu’une personne éprouve une grande crainte de D.ieu.

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La balance et la ligne de mesure ¶1

1לבך יהגה אימה איה סופר איה שוקל וגו׳. איתא בזהר ספרא דצניעותא תקיל במתקלא. והוא ענין קו המדה

« Ton cœur méditera sur l’effroi : “Où est celui qui compte ? Où est celui qui pèse ?” » etc. Il est dit dans le Zohar, dans le Sifra di-Tsniouta : « la pesée sur la balance ». C’est là le sujet de la ligne de mesure (kav hamida),

Explication

Le maamar s’ouvre sur le verset d’Isaïe : « Ton cœur méditera sur l’effroi : “Où est celui qui compte ? Où est celui qui pèse ?” » L’Alter Rebbe le relie au Sifra di-Tsniouta du Zohar, qui évoque une « balance » divine (matkela), et identifie cette balance à la ligne de mesure (kav hamida), la puissance divine qui fixe les limites et les proportions.

שהוא המודד ושוקל כל הע״ס דאצי׳ בשיעור ומדה כמה יהיה המשכת והתפשטות מדת החסד וכמה יהיה המשכת מדת הגבורה ואיך שיתחלקו בבחי׳ קוין ימין ושמאל בד׳ רוחות ומעומ״ט שהם ו״ק דז״א כו׳

qui mesure et pèse les dix Séfirot du Monde d’Atsilout (Émanation) selon une quantité et une mesure : quelle sera l’extension et la propagation de l’attribut de 'Hessed (bonté), quelle sera l’extension de l’attribut de Guevoura (retenue), et comment ils seront répartis en lignes, à droite et à gauche, dans les quatre directions, ainsi qu’en haut et en bas, qui sont les six extrémités (vav ketsavot) du Zeir Anpin (les attributs émotionnels), etc.

Explication

La ligne de mesure détermine quelle quantité de chaque attribut divin se déploie dans Atsilout, le monde le plus élevé : combien de bonté ('Hessed), combien de retenue (Guevoura), et comment elles s’organisent en lignes à droite et à gauche. Les six directions — les quatre côtés, auxquels s’ajoutent le haut et le bas — correspondent aux six Séfirot émotionnelles qui constituent le Zeir Anpin.

(ולפיכך נקראו הספי׳ לשון מדות ע״ש שנמדדו כמ״ש במ״א) ומדה זו היא בחי׳ גבורה וצמצום לצמצם שיהיה ההמשכה בשיעור ומדה כו׳.

(C’est pourquoi les Séfirot sont appelées midot, « mesures » : parce qu’elles sont mesurées, comme il est écrit ailleurs.) Cette mesure est le niveau de Guevoura et de tsimtsoum (contraction) : elle contracte le flux afin qu’il se déploie selon une quantité et une mesure, etc.

Explication

Dans une parenthèse, l’Alter Rebbe relève que c’est pourquoi les Séfirot sont appelées midot, mot qui signifie à la fois « attributs » et « mesures » : chacune reçoit une quantité mesurée. Mesurer relève en soi de la Guevoura et du tsimtsoum, car mesurer consiste à retenir le flux afin qu’il se déploie dans une quantité déterminée.

וכ״ז נעשה ע״י בחי׳ קו המדה שהוא הנק׳ בזהר בוצינא דקרדוניתא דנקיב כו׳ שהוא ענין גבורה דע״י המתלבשת במו״ס וע״ז אמר הכתוב איה סופר איה שוקל.

Tout cela s’accomplit par le niveau de la ligne de mesure, que le Zohar appelle « la botzina de-kardinouta (la lampe de l’obscurité) qui a percé », etc., ce qui correspond à la Guevoura d’Atik Yomin, qui s’enveloppe dans le Mo'ha Stima’a (le cerveau caché). C’est à ce sujet que le verset dit : « Où est celui qui compte ? Où est celui qui pèse ? »

Explication

Le Zohar nomme cette puissance de mesure la botzina de-kardinouta, la « lampe de l’obscurité » qui a percé, et l’Alter Rebbe l’identifie à la Guevoura d’Atik Yomin enveloppée dans le Mo'ha Stima’a. Atik Yomin est le niveau le plus intérieur de Kéter, la Couronne au-dessus de l’intellect, et le Mo'ha Stima’a, le « cerveau caché », est la sagesse dissimulée d’Arikh Anpin, le niveau extérieur de Kéter. C’est cette puissance que le verset désigne par « celui qui compte » et « celui qui pèse ».

פי׳ דהוה ס״ד כיון שמדה ומשקל זה הוא בחי׳ גבורה וצמצום לגבי עצמות א״ס ב״ה המופשט מגדר גבול ומדה ומגדר התחלקות קוין וספי׳ כו׳ אלא סובב הכל בסקירה אחת וקמיה כחשיכה כאורה שוין כנודע.

Cela signifie qu’on aurait pu penser que, puisque cette mesure et cette pesée relèvent de la Guevoura et de la contraction par rapport à l’essence même de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, laquelle est au-delà de toute limite et de toute mesure, ainsi que de toute division en lignes et en Séfirot, etc., mais enveloppe plutôt tout d’un seul regard, et devant qui l’obscurité et la lumière sont égales, comme on le sait,

Explication

L’Alter Rebbe commence ici à expliquer pourquoi le verset demande « où ». On pourrait penser que la ligne de mesure, puissance de retenue et de contraction, ne peut être l’Infini Lui-même, dont l’essence ne connaît ni limites, ni lignes, ni Séfirot, qui embrasse tout « d’un seul regard » et devant qui, selon les mots des Psaumes, « l’obscurité et la lumière sont égales ».

א״כ הוה ס״ד דבחי׳ זו דקו המדה הוא מהות נפרד כו׳ ע״כ אמר איה סופר איה שוקל כו׳ פי׳ איה הוא בחי׳ העיגול הגדול בחי׳ סובב דקמיה כחשיכה כאור׳ שוין

on aurait alors pu penser que ce niveau de la ligne de mesure constitue une entité distincte, etc. C’est pourquoi il est dit : « Où (Ayeh) est celui qui compte ? Où est celui qui pèse ? » etc. Cela signifie qu’Ayeh est le niveau du grand cercle, l’aspect enveloppant (sovev), devant lequel l’obscurité et la lumière sont égales ;

Explication

On pourrait en déduire que la puissance de mesure est une entité distincte, séparée de D.ieu. Le verset écarte cette idée en donnant à ayeh, « où », une valeur de nom : Ayeh est le « grand cercle », la lumière enveloppante (sovev), qui se tient au-delà de toute distinction, y compris celle de l’obscurité et de la lumière.

הנה הוא עצמו ממש הוא הסופר והשוקל בבחי׳ מתקלא וקו המדה הנ״ל ואין זה מהות בפ״ע ח״ו

c’est Lui-même, véritablement, qui compte et qui pèse, au moyen de la balance (matkela) et de la ligne de mesure mentionnées plus haut ; cela ne constitue nullement une entité en soi, à D.ieu ne plaise.

Explication

Le verset se comprend donc comme une affirmation : Ayeh, le niveau suprême qui englobe tout, est Lui-même celui qui compte et qui pèse. La balance et la ligne de mesure ne sont pas une puissance indépendante, à D.ieu ne plaise ; c’est l’Infini Lui-même qui mesure.

כי ממך הכל כתיב והוא כל יכול להשפיל א״ע כ״כ למדוד הספי׳ בצמצום והתחלקות כו׳

Car il est écrit : « Tout vient de Toi », et Il est tout-puissant : Il peut s’abaisser au point de mesurer les Séfirot par la contraction et la division, etc.

Explication

La preuve en est le verset : « Tout vient de Toi » : rien, pas même la puissance de limiter, n’existe indépendamment de D.ieu. Parce qu’Il est tout-puissant, Il peut aussi s’abaisser pour mesurer et diviser les Séfirot.

שמדה וצמצום זה נמשך דוקא מן הסובב העיגול הגדול שנק׳ אי״ה (שלהיותו מגביה לשבת לכך יכול להשפיל א״ע כ״כ למדוד כל פרטי הבחי׳ שבהעולמות כו׳.

Car cette mesure et ce tsimtsoum proviennent précisément de la lumière enveloppante, le grand cercle appelé Ayeh. (Car, puisqu’Il est « assis dans les hauteurs », Il peut donc s’abaisser à ce point pour mesurer tous les niveaux particuliers des mondes, etc.

Explication

C’est pourquoi cette mesure provient précisément du niveau le plus élevé, le « grand cercle » appelé Ayeh, et non d’un niveau inférieur. Les Psaumes décrivent D.ieu comme « assis dans les hauteurs » et, au verset suivant, comme s’abaissant pour regarder les cieux et la terre : c’est précisément parce qu’Il est si élevé qu’Il peut descendre jusqu’à mesurer chaque détail des mondes.

וכמ״ש כי רם ה׳ ושפל יראה) וכעין מ״ש ועברתי בארץ מצרים אני ולא מלאך שבבחי׳ מצרים לא הי׳ יכול לירד שום מלאך זולת הקב״ה בכבודו ובעצמו כביכול כמ״ש במ״א:

Comme il est écrit : « Car D.ieu est élevé, et pourtant Il voit ce qui est bas. ») Et cela ressemble à ce qui est dit : « Je passerai à travers le pays d’Égypte » : moi, et non un ange. Car aucun ange ne pouvait descendre au niveau de l’Égypte ; seul le Saint béni soit-Il, dans Sa gloire et en Sa propre personne, pour ainsi dire, pouvait le faire, comme il est écrit ailleurs.

Explication

Un second verset exprime la même idée : « D.ieu est élevé, et pourtant Il voit ce qui est bas » ; c’est Son élévation qui Lui permet de regarder ce qui est inférieur. L’Exode présente une situation semblable : à propos de « Je passerai à travers le pays d’Égypte », les Sages disent : « Moi, et non un ange », car aucun ange ne pouvait descendre dans un lieu aussi bas que l’Égypte ; seul le Saint béni soit-Il pouvait le faire Lui-même.

Le paragraphe 1 en bref

Le paragraphe identifie celui qui « compte et pèse » dans le verset d’Isaïe à la balance du Zohar et à la ligne de mesure, puissance qui fixe les proportions des Séfirot. Il montre que cette puissance de limitation n’est pas distincte de D.ieu : elle procède d’Ayeh, le niveau suprême qui englobe tout et qui, seul, peut s’abaisser pour tout mesurer.

Pour aller plus loin

Selon la note de Kehot, la transcription de ce maamar par le Mitteler Rebbe (dans Maamarei Admur HaZaken, Nevi'im) explique que tout flux de lumière — qu’il s’agisse des eaux masculines et féminines (mayin duchrin et mayin nukvin), de la lumière directe et de la lumière réfléchie, ou des bontés et des rigueurs — se déploie selon une mesure et une pesée. Le niveau de l’Émanateur qui a d’abord mesuré cette répartition pour tout ce qui a été émané est appelé matkela, « balance », ainsi que ligne de mesure. Sefer HaMaamarim 5652, cité dans la note, explique que botzina de-kardinouta désigne une puissance intense, comme le blé dur appelé kurdinisa. La transcription dans Sefer HaMaamarim 5565 identifie Ayeh au Mo'ha Stima’a, lit ses lettres comme alef et yod-hé, et le désigne comme la source de la balance, la source de tous les jugements et contractions qui mesurent les Séfirot.

Maré mekomot

  1. 1
    לבך יהגה אימה · הנחה אחרת בסה״מ תקס״ה ע׳ רד. הנחת כ״ק אדה״א במאמרי אדה״ז נביאים ע׳ קכג. ראה לעיל בציונים לכ״ק אדמו״ר זי״ע. ראה מאמרי אדה״א נביאים ע׳ סז שמיוסד על מאמר זה. וראה גם מאמרי אדה״א במדבר ח״ה ע׳ א׳תרנה.
  2. 2
    לבך יהגה אימה · Isaiah 33:18
  3. 3
    איתא בזהר ספרא דצניעותא · Zohar II, 176b
  4. 4
    והוא ענין קו המדה · ראה אוה״ת יוהכ״פ ע׳ א׳תרד ביאור על זה. מים רבים תרל״ו פרק קיח.
  5. 5
    נקראו הספי׳ לשון מדות ע״ש שנמדדו כמ״ש במ״א · ראה סה״מ תקס״ג כרך ב ע׳ תקפז. ובאוה״ת פ׳ שלח ע׳ תצד.
  6. 6
    הנק׳ בזהר בוצינא דקרדוניתא · Zohar I, 15a
  7. 7
    כחשיכה כאורה · Psalms 139:12
  8. 8
    פי׳ אי׳ הוא בחי׳ העיגול הגדול · מובא באוה״ת סידור ע׳ קסו. אוה״ת פ׳ מטות ע׳ א׳רעט.
  9. 9
    הנה הוא עצמו ממש הוא הסופר והשוקל · באוה״ת סידור ע׳ קסו מציין לרמב״ם הל׳ תשובה פ״ג ה״ב ”ואין שוקלין אלא בדעתו של אל דעות” ע״ש.
  10. 10
    ממך הכל · I Chronicles 29:14
  11. 11
    מגביה לשבת · Psalms 113:5
  12. 12
    שלהיותו מגביה לשבת לכך יכול להשפיל · ראה ג״כ במאמרי אדה״ז נביאים ע׳ קכג. שערי אורה נח, א. פה, א. אוה״ת שה״ש ע׳ רסו.
  13. 13
    כי רם ה׳ ושפל יראה · Psalms 138:6
  14. 14
    ועברתי בארץ מצרים · Exodus 12:12
  15. 15
    אני ולא מלאך · ספרי דברים כו, ח.
  16. 16
    שבבחי׳ מצרים לא הי׳ יכול לירד שום מלאך זולת הקב״ה · ראה לקו״ת צו טז, א. ובהערות וציונים לשם.
  17. 17
    שו״ה כביכול — כמ״ש במ״א · ”שהוא בחי׳ מו״ס שנק׳ אי״ה א׳ י״ה כמ״ש במ״א הוא השוקל מקור המתקלא שהוא מקור הדינין והצמצומים למדוד הספי׳ בשיעור ומדה ובבחי׳ התחלקות כנ״ל”. — סה״מ תקס״ה ע׳ רה.
  18. 18
    מאמר זה נזכר כמה פעמים בדא״ח ומהם · לקו״ת בחוקותי מח, ג ואילך. מסעי צו, ד. דרושים לסוכות פ, ב.

La Torah, les mitsvot et la crainte de D.ieu ¶2

2והנה גם התורה הוא בכלל בחי׳ הצמצום דקו המדה שהתורה לא קדמה לעולם רק אלפים שנה היינו ב׳ אלפין אאלפך חכמה אאלפך בינה.

Or, la Torah aussi relève du niveau du tsimtsoum (contraction) du kav de mesure, car elle n’a précédé le monde que de deux mille ans, c’est-à-dire deux alfin, « milliers » : « Je t’enseignerai ('alefkha) la sagesse » ; « Je t’enseignerai la compréhension ».

Explication

La Torah aussi appartient au domaine du kav de mesure. Les Sages disent qu’elle a précédé le monde de deux mille ans, une durée déterminée et limitée ; le maamar lit alfin, « milliers », comme un jeu de mots sur 'alefkha, « je t’enseignerai », dans les expressions « je t’enseignerai la sagesse » et « je t’enseignerai la compréhension ». Ainsi, les deux mille représentent 'Hokhma et Bina.

אבל א״ס ב״ה עצמו רם ונשא לבדו מופשט מגדר צמצום והתחלקו׳ אין לו תחלה ותכלה לכך התורה שלא קדמה לעולם רק אלפים שנה היא מכלל בחי׳ הצמצומי׳ דקו המדה

Mais l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, Lui-même est élevé et sublime, Lui seul, dégagé des limites du tsimtsoum et de la division ; Il n’a ni commencement ni fin. C’est pourquoi la Torah, qui n’a précédé le monde que de deux mille ans, relève des niveaux de tsimtsoum du kav de mesure.

Explication

À l’inverse, l’Infini Lui-même est au-delà de tout tsimtsoum et de toute division, sans commencement ni fin. Puisque la Torah précède le monde d’une durée déterminée, deux mille ans, elle possède une mesure et relève donc des niveaux de tsimtsoum du kav de mesure.

(וכמו שנודע שכל המצות הם בחי׳ שיעור וצמצום סוכה רק עד כ׳ אמה. ותפילין מרובעו׳ דוקא כו׳ וכה״ג בכל המצות). אלא שבאמת אי״ה עצמו הוא הסופר והשוקל כו׳.

(Comme on le sait, toutes les mitsvot relèvent de la mesure et du tsimtsoum : une soukka ne peut dépasser vingt coudées, les téfilines doivent être carrées précisément, etc., et il en va de même pour toutes les mitsvot.) Mais, en vérité, c’est Ayeh Lui-même qui compte et qui pèse, etc.

Explication

Les mitsvot illustrent la même idée : chacune a des dimensions fixées, par exemple une soukka dont la hauteur ne peut dépasser vingt coudées et des téfilines qui doivent être carrées. Pourtant, en vérité, toute cette mesure provient d’Ayeh Lui-même, le niveau le plus élevé.

ונא׳ כאן ג״פ איה נגד ג״פ קדוש שקדוש גי׳ ת״י שהן ת״י נימין דאריך ולזאת אומרים המלאכים איה מקום כבודו שאינו מושג שזהו בחי׳ קדוש שהוא מובדל דלית מחשבה תפיסא ביה

Et « où » (ayeh) est dit ici trois fois, en correspondance avec les trois occurrences de « saint » (kadoch), car kadoch a pour valeur numérique 410, qui sont les 410 cheveux d’Arich [Anpin]. C’est pourquoi les anges disent : « Où est le lieu de Sa gloire ? » — [ce qui signifie] qu’Il ne peut être saisi ; c’est le niveau de kadoch, qui est séparé, car aucune pensée ne peut Le saisir.

Explication

Le verset dit ayeh, « où », trois fois, en parallèle avec le triple « saint » (kadoch) des anges dans la vision d’Isaïe. Kadoch a pour valeur numérique 410, associé dans la Kabbale aux 410 « cheveux » d’Arich Anpin, le niveau extérieur de Kéter. Lorsque les anges demandent, dans la Kedoucha : « Où est le lieu de Sa gloire ? », ils expriment qu’Il ne peut être saisi ; voilà ce que signifie kadoch : séparé et au-delà de toute pensée.

(ופי׳ איה סופר את המגדלי׳ נת׳ במ״א ע״פ ושדי כמגדלות) וזהו ענין לבך יהגה אימה.

(Le sens de « Où est celui qui compte les tours ? » a été expliqué ailleurs, à propos du verset « et mes seins sont comme des tours ».) Tel est le sens de « Ton cœur méditera la crainte ».

Explication

La troisième expression du verset, « Où est celui qui compte les tours ? », est expliquée dans un autre maamar, à propos du verset du Cantique des Cantiques : « et mes seins sont comme des tours ». Le Rabbi revient maintenant aux premiers mots du verset : « Ton cœur méditera la crainte ».

דהיינו כשיתבונן המשכיל בענין זה איך שאיה סופר איה שוקל כו׳ שבחי׳ איה עצמו הוא הסופר

C’est-à-dire que, lorsque l’homme réfléchi médite sur ce sujet — comment « Ayeh est celui qui compte, Ayeh est celui qui pèse », etc., et que c’est le niveau d’Ayeh Lui-même qui compte

Explication

C’est ainsi que le verset devient un sujet de travail intérieur. L’homme réfléchi médite sur le fait qu’Ayeh, le niveau le plus élevé de la divinité, est Lui-même celui qui compte.

והשוקל ומודד החיות וההתפשטות בכל פרטי פרטיות הנמצאים אזי תפול עליו אימה ופחד בבחי׳ יראה גדולה עד מאד וזהו לבך יהגה אימה.

et qui pèse et mesure la force vitale et le déploiement dans les moindres détails de tout ce qui existe — alors la crainte et l’effroi s’empareront de lui, sous la forme d’une crainte immense, au plus haut point. Et c’est là le sens de « Ton cœur méditera la crainte ».

Explication

Lorsqu’il prend conscience que ce niveau suprême pèse et mesure la force vitale de chaque détail de l’existence, la crainte et l’effroi s’emparent de lui, comme une crainte immense. Voilà le sens de « Ton cœur méditera la crainte » : cette crainte naît de la méditation du cœur.

ואזי לא יהי׳ עליו יראה חיצוניות פן יחסר לחמו וכה״ג וכתיב סוף דבר הכל נשמע את האלקי׳ ירא וגו׳:

Alors il n’éprouvera plus de crainte extérieure, telle que celle de manquer de pain, et ainsi de suite. Et il est écrit : « La conclusion de l’affaire, tout étant entendu : crains D.ieu », etc.

Explication

Une fois saisi par cette crainte de D.ieu, il ne sera plus soumis à des craintes « extérieures », telles que la peur de manquer de pain. Le paragraphe se termine par la conclusion de l’Ecclésiaste : « La conclusion de l’affaire, tout étant entendu : crains D.ieu. »

Le paragraphe 2 en bref

Le paragraphe applique cette idée à la Torah et aux mitsvot, qui ont une mesure et des limites dont la source est Ayeh, le niveau qui dépasse toute saisie, puis en tire une leçon : méditer sur le fait que ce niveau suprême mesure chaque détail de l’existence suscite la profonde crainte évoquée par « Ton cœur méditera la crainte », ne laissant aucune place aux craintes de moindre importance.

Pour aller plus loin

Selon la note de Kehot, le maamar sur « et mes seins sont comme des tours », imprimé dans Or HaTorah sur Chir Hachirim, explique qu’Ayeh relie celui qui compte et pèse dans les sphères supérieures aux « tours », afin qu’ils puissent s’unir face à face, sans craindre que les forces extérieures ne tirent leur nourriture. La note relève également que la transcription dans Maamarei Admur HaZaken, Nevi'im, ne contient pas les exemples de la soukka et des téfilines et qu’à cet endroit, elle passe à la Torah écrite et à la Torah orale, ainsi qu’à la connaissance de D.ieu par voie de négation.

Maré mekomot

  1. 1
    והנה גם התורה · ההמשך אלמעלה מבאר במאמרי אדה״ז נביאים שם ”ולהבין בתוס׳ ביאור ענין הפי׳ אי׳ סופר כו׳ למה נק׳ בשם אי׳ דוקא, ולהבין רישא דקרא לבך יהגה אימה אי׳ סופר כו׳, הנה יש להקדים תחילה ענין תורה שבכתב ותושבע״פ למה נק׳ שבכתב דוקא כו׳”. וע״ש בארוכה בביאור ענין תושבע״פ, וענין השגה בדרך שלילה.
  2. 2
    שהתורה לא קדמה לעולם רק אלפים · Midrash Tehillim 4:4
  3. 3
    שהתורה לא קדמה לעולם רק אלפים שנה · Midrash Tanchuma, Vayeshev 4:2
  4. 4
    אאלפך חכמה אאלפך בינה · Job 33:33
  5. 5
    סוכה רק עד כ׳ אמה · Sukkah 2a:1–3
  6. 6
    ג״פ קדוש · Isaiah 6:3
  7. 7
    דלית מחשבה תפיסא ביה · Tikkunei Zohar 17a:10–12
  8. 8
    נת׳ במ״א ע״פ ושדי כמגדלות · בסה״מ תקס״ה ע׳ רה ”ית׳ לקמן ע״פ ושדי כמגדלו׳” אבל בנביאים ליתא, והוא הנדפס באוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ תשסא. (וראה בסה״מ תקס״ה ע׳ א׳קיב שמאמר זה נכתב בבוך כת״י אחר המאמר ד״ה לבך יהגה). ושם באוה״ת מציין ”ועמ״ש ע״ז לעיל בפ׳ שמות”. ושם מפרש שאיה הוא המחבר הסופר והשוקל עליון עם המגדלים בכדי שיוכלו להת-ייחד פנים בפנים ולא יראו מיניקת החיצונים.
  9. 9
    ושדי כמגדלות · Song of Songs 8:10
  10. 10
  11. 11
    סוף דבר הכל נשמע · Ecclesiastes 12:13
  12. 12
    ותפילין מרובעות דוקא · Megillah 24b:18–19

Maamar terminé ?

Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.

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Dans la avoda

Méditez sur le fait que Ayeh, le niveau de D.ieu qui dépasse toute saisie, est lui-même celui qui pèse et mesure la force vitale de chaque détail de l’existence. Cela suscite l’effroi et la crainte, une crainte de D.ieu extrêmement intense, qui correspond à « Ton cœur méditera avec effroi » ; alors, les craintes extérieures — comme l’inquiétude de manquer de pain — n’ont plus aucune prise, comme le conclut l’Ecclésiaste : « Crains D.ieu. »

Questions à discuter

  1. Pourquoi pourrait-on penser que la ligne de mesure est une entité séparée, et comment l’interprétation de Ayeh, « où », comme un nom répond-elle à cela ?
  2. Pourquoi la puissance de mesurer doit-elle provenir précisément du niveau le plus élevé ? Comment les expressions « trônant dans les hauteurs » et « Moi, et non un ange » illustrent-elles cela ?
  3. En quel sens la Torah et les mitsvot relèvent-elles de la ligne de mesure, et quels exemples le maamar donne-t-il ?
  4. Comment méditer sur le fait que le niveau le plus élevé mesure chaque détail suscite-t-il la crainte, et pourquoi cette crainte écarte-t-elle les craintes « extérieures » ?

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Sommaire

Torah Ohrתורה אור

Parshas Shemosשמות

  1. 1ואלה שמות בני ישראל הבאים מצרימה…“And these are the names of the children of Israel who came to Egypt with Yaakov”
  2. 2קול דודי הנה זה בא מדלג…“The voice of my Beloved! Behold, He comes, leaping”
  3. 3ויאמר ה׳ אליו מי שם פה…“And G‑d said to him: Who has given a mouth to man?”
  4. 4זה שמי לעולם וזה זכרי לדר…“This is My Name forever, and this is My remembrance from generation to generation”
  5. 5לבך יהגה אימה איה סופר איה…“Your heart will meditate on dread: ‘Where is the one who counts? Where is the one who weighs?’”
  6. 6הבאים ישרש יעקב יציץ ופרח ישראלThose Who Came, Yaakov Will Take Root
  7. 7ביאור על הנ״לAn Explanation of the Above
  8. 8תוספת ביאורAn Additional Explanation