Torah Ohr · Parshas Mishpatim · Maamar 1
ואלה המשפטים אשר תשים לפניהם כי תקנה עבד עברי וגו׳
« Et voici les ordonnances que tu placeras devant eux »
L’idée centrale
Moché, dont la racine se trouve dans le Daat supérieur de la lumière qui entoure tous les mondes, fait pénétrer le Daat — une connaissance de D.ieu ressentie avec autant de vivacité que la vue — en chaque Juif, même dans les âmes appelées « animales » ; il le fait par les halakhot de la Torah, qui atteignent l’être intérieur de chaque âme.
Le maamar en bref
Pourquoi la Torah dit-elle « Si tu achètes un serviteur hébreu » au singulier, alors que les ordonnances sont placées « devant eux », au pluriel ? L’Admour Hazaken répond que « tu » désigne Moché, qui donne de l’« herbe » aux « animaux » d’Israël. Le verset « Je sèmerai la maison d’Israël de semence d’homme et de semence d’animal » désigne deux niveaux d’âmes. Les âmes d’Atsilout possèdent le Daat : elles ressentent la connaissance de la divinité avec autant de vivacité que la vue, et celle-ci prend sa source dans 'Hokhma. Les âmes des mondes inférieurs — presque toutes les âmes aujourd’hui — ne comprennent la divinité que comme une « audition », enracinée dans Bina, qui ne s’impose pas au cœur. Moché, le berger fidèle et le premier comme le dernier des rédempteurs, fait pénétrer le Daat jusque dans ces âmes ; l’« herbe » (éssèv) désigne le Daat. Les anges aussi sont des « animaux », car ils ne connaissent que Mal'hout ; ils reçoivent le Daat par la Kedoucha, qu’eux et Israël récitent ensemble, chacun dépendant de l’autre. Les Michpatim sont des halakhot, un « cheminement » : en les étudiant en profondeur, l’homme acquiert le Daat et s’élève de niveau en niveau. Moché les place « devant eux », au plus profond de leur être, et lui seul peut atteindre l’« animal », car son Daat supérieur relève de la lumière enveloppante, devant laquelle l’homme et l’animal sont égaux.
Plan
- La questionPourquoi la loi du serviteur hébreu est-elle au singulier, alors que les ordonnances sont placées « devant eux » ? Parce que « tu » désigne Moché, qui donne de l’« herbe » aux « animaux ».¶1
- Deux niveaux d’âmesLa « semence d’homme » désigne les âmes d’Atsilout, dont le Daat est ressenti comme la vue et provient de 'Hokhma ; la « semence d’animal » désigne les âmes des mondes inférieurs, dont la compréhension relève de l’« audition » et vient de Bina. Le Daat relie 'Hokhma à Bina, et le Daat supérieur se distingue du Daat inférieur.¶2
- Moché donne le DaatMoché, le berger fidèle et le premier comme le dernier des rédempteurs, fait pénétrer le Daat dans toutes les âmes. L’« herbe » désigne le Daat, donné aussi aux anges, qui sont des « animaux » parce qu’ils ne saisissent que Mal'hout, et le reçoivent en disant « Saint ».¶3
- « Saint » : les anges et Israël ensembleIsraël, enraciné dans la pensée, doit dire « Saint » avant les anges, enracinés dans la parole ; pourtant, dans leur corps, les Juifs sont inférieurs aux anges et reçoivent d’eux. Ainsi, tous sanctifient D.ieu ensemble, faisant descendre Kéter et le Daat. Tout cela vient par Moché.¶4–6
- Les ordonnances comme « cheminement »Michpat désigne la halakha ; le mot évoque un « cheminement » : l’élévation des mondes, niveau après niveau, par le Daat.¶7
- Moché les place devant euxLa kelipa est dépourvue de Daat ; le Daat s’acquiert par l’étude approfondie des halakhot. Moché le fait pénétrer au plus profond de l’être d’Israël ; son Daat supérieur, qui relève de la lumière enveloppante, atteint même l’« animal », car devant cette lumière l’homme et l’animal sont égaux.¶8
Notions clés
- Daat (connaissance)דעת
- Une connaissance liée à l’âme et ressentie avec autant de vivacité que la vue ; la faculté qui relie 'Hokhma et Bina et fait pénétrer la compréhension dans le cœur.
- La semence d’homme et la semence d’animalזרע אדם וזרע בהמה
- Deux niveaux d’âmes juives : les âmes d’Atsilout, qui possèdent le Daat, et les âmes de Béria, de Yetsira et d’Assiya — presque toutes les âmes aujourd’hui — dont la compréhension de la divinité ne s’accompagne pas d’un Daat ressenti.
- La vue et l’auditionראיה ושמיעה
- La vue relève de 'Hokhma : une conscience directe et saisissante dont l’esprit ne peut faire abstraction. L’audition relève de Bina : une compréhension indirecte, qui s’estompe dès que l’attention se détourne.
- Le Daat supérieur et le Daat inférieurדעת עליון ודעת תחתון
- Le Daat supérieur relie 'Hokhma et Bina ; c’est le niveau de Moché, celui de la lumière qui entoure tous les mondes. Le Daat inférieur lie l’intellect aux attributs émotionnels et constitue leur dimension intérieure.
- Ra’aya Mehemna (le berger fidèle)רעיא מהימנא
- Un nom de Moché, interprété ici comme désignant le berger qui soutient la foi d’Israël en lui donnant le Daat.
- Kedoucha (« Saint »)קדוש
- La proclamation « Saint », récitée ensemble par les anges et Israël, par laquelle le Daat est fait pénétrer dans les trois mondes inférieurs.
- La halakha comme « cheminement »הלכה / הליכה
- Les lois de la Torah sont un « cheminement » : en les étudiant en profondeur, l’homme acquiert le Daat et s’élève de niveau en niveau.
La question ¶1
1ואלה המשפטים12 אשר תשים לפניהם כי תקנה עבד עברי3 וגו׳.4 וצ״ל דלפניהם משמע לשון רבים וכי תקנה הוא לשון יחיד והל״ל כי יקנו.56
« Et voici les משפטים que tu placeras devant eux : si tu achètes un serviteur hébreu », etc. Il faut comprendre ceci : « devant eux » implique le pluriel, tandis que « si tu achètes » est au singulier ; il aurait fallu dire : « s’ils achètent ».
Le maamar s’ouvre sur le premier verset de la paracha Michpatim et sur la loi du serviteur hébreu qui le suit. Le Rabbi souligne une tension grammaticale : « devant eux » désigne plusieurs personnes, alors que « si tu achètes » (ki tikneh) s’adresse à une seule personne ; on aurait attendu le pluriel, « s’ils achètent ».
Mais l’explication est que « si tu achètes » se rapporte à Moché Rabbénou, que la paix soit sur lui, et renvoie à ce qui précède, c’est-à-dire aux mots : « Et voici les משפטים que tu placeras ».
Sa réponse est que le « tu » de « si tu achètes » désigne Moché lui-même, le même « tu » auquel s’adresse le verset précédent : « que tu placeras devant eux ». La loi du serviteur hébreu est donc lue comme faisant partie de la manière dont Moché place les משפטים devant Israël.
משה רבינו ע״ה דוקא ישים המשפטים לפניהם והיינו על ידי כי תקנה ע״ע כו׳. דהנה כתיב ונתתי עשב בשדך910 לבהמתך שזה קאי על משה רבינו ע״ה שמשפיע בחי׳ עשב לבהמתך.
C’est Moché Rabbénou, que la paix soit sur lui, qui placera précisément les משפטים devant eux, et il le fera par « Si tu achètes un serviteur hébreu », etc. Car il est écrit : « Je donnerai de l’herbe dans ton champ pour tes animaux », ce qui se rapporte à Moché Rabbénou, que la paix soit sur lui : il dispense le niveau de l’« herbe » « pour tes animaux ».
Seul Moché peut placer les משפטים devant Israël, et le texte dit qu’il le fait par ce que décrit l’expression « si tu achètes un serviteur hébreu ». Pour l’expliquer, le Rabbi cite : « Je donnerai de l’herbe dans ton champ pour tes animaux », et applique ce verset à Moché, qui donne une « herbe » spirituelle à ceux qui sont appelés « animaux » ; les paragraphes suivants expliquent qui sont ces « animaux » et ce qu’est cette « herbe ».
Le maamar demande pourquoi la loi du serviteur hébreu, l’un des משפטים placés « devant eux » au pluriel, est formulée au singulier. Il répond qu’elle s’adresse à Moché, qui donne de l’« herbe » aux « animaux » d’Israël.
C’est la première de deux réponses à la question du singulier. Vers la fin du maamar (8.11–8.12), une glose en propose une autre : au niveau de la dimension intérieure, les « visages », Israël, ne sont pas divisés ; la multitude peut donc être désignée au singulier, comme dans « Et les Juifs acceptèrent » (vekibel), dans le livre d’Esther. La glose relève ensuite qu’ici le maamar a répondu autrement : le « tu » désigne Moché.
Maré mekomot
- 1ואלה המשפטים · ממאמר זה יש עוד ב׳ הנחות, א׳ הנחת כ״ק אדה״א נדפס בסה״מ תקס״ה ח״א ע׳ רמז. נוסחא שני׳ הנחת כ״ק אדה״א בתו״ח משפטים. הנחת מהרי״ל (אחי אדה״ז) בשינויים בבוך 1824 קמח, א. ראה לעיל ציונים לכ״ק אדמו״ר זי״ע. באוה״ת [ביאור?] בע׳ א׳קא. ע׳ א׳קטז הגהות. קיצור בע׳ א׳קיז. הערות נוספות בע׳ א׳קכד. כרך ח ע׳ ג׳יב [כנראה קיצורים]. בסה״מ תקס״ה ח״א ע׳ רצה ד״ה שיניך כעדר הרחלים נסמן עליו: ”ביאור על ד״ה ואלה המשפטים”. ד״ה זה נדפס בהנחה אחרת בלקו״ת שה״ש לו, ד. וראה במ״מ לשם. בלקו״ת בחוקותי נ, ב מציין לד״ה זה בענין אדם זהו נשמות דאצי׳ ובחי׳ בהמה נשמות דבי״ע. לכללות מאמר זה, ראה דרך מצותיך פ, א. סה״מ תש״ב ע׳ 84 ואילך. ד״ה ואלה המשפטים תשל״ח ותשד״מ. פלח הרמון שמות ע׳ שלט.
- 2ואלה המשפטים · Exodus 21:1
- 3כי תקנה עבד עברי · Exodus 21:2
- 4שו״ה ואלה המשפטים — עברי גו׳ · בבוך 1824 נוסף: שש שנים תעבוד וברביעית יצא לחפשי חנם. הנה: צל״ה.
- 5לפניהם משמע . . כי יקנו · קטע זה בבוך 1824 בשינוי לשון: לפניהם הוא לשון רבים והל״ל יקנו ג״כ לשון רבים ולא תקנה לשון יחיד.
- 6והל״ל כי יקנו · ”שהרי הענין דכי תקנה עבד עברי הוא אחד מן המשפטים אשר תשים לפניהם לשון רבים” — ד״ה ואלה המשפטים תשד״מ (מהנחה בלתי מוגה).
- 7שו״ה יחיד — קאי על מרע״ה · בבוך 1824 הנ״ל: על משה כמו ## שהוא גואל ישראל גואל ראשון וגואל אחרון כו׳ כתי׳ שלח נא ביד תשלח והשיב ה׳ אנכי אהי׳ עם פיך. ולהבין זאת: כתיב ונתתי עשב.
- 8דכי תקנה קאי על מרע״ה וקאי אדלעיל מיני׳ · ”דהנה ארז״ל [מכילתא ריש פרשתנו] והובא בפרש״י דואלה מוסיף על הראשונים מה הראשונים מסיני אף אלו מסיני, וכשם שמשה קיבל תורה מסיני כך קיבל גם משפטים אלה, ועליהם נאמר לו אשר תשים לפניהם, דפירוש לפניהם היינו לפנימיותם” — ד״ה ואלה המשפטים תשד״מ (מהנחה בלתי מוגה).
- 9דהנה כתיב ונתתי עשב בשדך · מכאן עד עה, א נעתק בסה״מ תרכ״ט (הוצאת תשנ״ב) ע׳ רסז בשינויים והוספות. סה״מ תר״ל ע׳ נז. סה״מ תרל״ב ע׳ ט ואילך. וראה גם סה״מ תש״ב ע׳ 85. בלקו״ת בחוקותי מט, ב. נ, ב מציין לכאן.
- 10ונתתי עשב בשדך · Deuteronomy 11:15
Deux niveaux d’âmes ¶2
2והענין דכתיב וזרעתי את בית ישראל1 זרע אדם וזרע בהמה23 שיש ב׳ מדרגות בנש״י.4 הא׳ הם הנשמות הגבוהות מאד במעלה ומדרגה והם הנק׳ זרע אדם
L’explication est la suivante : il est écrit : « Je sèmerai la maison d’Israël de semence humaine et de semence animale », [ce qui signifie] qu’il existe deux niveaux parmi les âmes d’Israël. Les premières sont des âmes très élevées par leur stature et leur niveau ; ce sont celles que l’on appelle « la semence humaine »,
La prophétie de Jérémie parle d’Israël semé de « semence humaine et de semence animale ». L’Admour Hazaken comprend ces deux « semences » comme deux niveaux d’âmes juives et commence par le niveau supérieur, appelé « la semence humaine ».
שהם הנשמות שנמשכו מבחינת אדם העליון שעל הכסא כנ״ל דכתיב נעשה אדם בצלמנו כדמותנו5 (והיינו נשמות דאצילות והם הנק׳ בנים משא״כ נשמות דבריאה יצירה עשיה נק׳ עבדים.6 וזהו אם כבנים אם כעבדים)7
car ce sont les âmes qui proviennent du niveau de l’Homme supérieur sur le Trône, comme indiqué plus haut, ainsi qu’il est écrit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance. » (Il s’agit des âmes du Monde d’Atsilout (Émanation), que l’on appelle « enfants », tandis que les âmes des mondes de Béria (Création), Yetsira (Formation) et Assiya (Action) sont appelées « serviteurs ». C’est le sens de « soit comme des enfants, soit comme des serviteurs ».)
Ces âmes proviennent de l’« Homme supérieur » sur le Trône, la forme humaine aperçue au-dessus du Trône dans la vision prophétique du Char céleste, à l’image de laquelle l’homme fut créé. La parenthèse les identifie aux âmes d’Atsilout, appelées « enfants », tandis que les âmes des trois mondes inférieurs sont appelées « serviteurs », comme dans la prière de Roch Hachana : « soit comme des enfants, soit comme des serviteurs ».
והיינו כמו שמעלת האדם שיש לו דעת כך אלו הנשמות יש להם דעת גדול באלקות ופי׳ דעת אין ר״ל הידיעה לבד8 אלא בחי׳ הרגשה ממש וכמשי״ת.
Autrement dit, de même que la supériorité de l’homme tient à ce qu’il possède le Daat (connaissance), ces âmes ont un grand Daat de la divinité. Or, Daat ne signifie pas seulement savoir, mais désigne le niveau d’un sentiment véritable, comme nous l’expliquerons.
L’homme se distingue de l’animal par le daat, la connaissance ; de même, ces âmes ont un grand Daat de la divinité. L’Admour Hazaken précise aussitôt que Daat ne signifie pas ici simplement savoir quelque chose, mais le ressentir réellement, point qu’il développera plus loin.
והב׳ הוא בחי׳ זרע בהמה (והיינו נשמות דבי״ע שהם כמעט כל הנשמות שבדורותינו9 כי נשמות דאצילות הן בני עלייה10 שהם מועטים כו׳11 אפי׳ בדורות הראשונים) שהם הנשמות שאין להם דעת כ״כ באלקות.
Le second niveau est celui de « la semence animale » (c’est-à-dire les âmes de Béria, Yetsira et Assiya, qui constituent presque toutes les âmes de nos générations ; car les âmes d’Atsilout sont des bnei aliyah, des « hommes d’élévation », peu nombreux, etc., même dans les premières générations) : ce sont les âmes qui n’ont pas un Daat si développé de la divinité.
Le second niveau, « la semence animale », correspond aux âmes des mondes de Béria, Yetsira et Assiya ; la parenthèse indique qu’elles constituent presque toutes les âmes de nos générations. Les âmes d’Atsilout sont des bnei aliyah, des « hommes d’élévation », expression des Sages qui enseignent qu’ils sont peu nombreux ; ils l’étaient déjà dans les générations anciennes.
ואין ר״ל שאין להם שכל והשגה באלקות אלא אף גם שיש להם שכל והשגה שמשיגים ומשכילים גדולת הבורא ית׳ מפי ספרים ומפי סופרים השגה והבנה גדולה איך שהקב״ה מחיה ומהווה הכל ושלגדולתו אין חקר12 כו׳.
Cela ne signifie pas qu’elles n’aient ni intellect ni compréhension de la divinité. Au contraire, elles possèdent bien intellect et compréhension, et saisissent la grandeur du Créateur, béni soit-Il, à partir des livres et des maîtres, avec une compréhension approfondie de la manière dont le Saint béni soit-Il donne vie à tout et fait exister toute chose, et du fait que « Sa grandeur est insondable », etc.,
Le fait d’être qualifiées d’« animales » ne signifie pas qu’elles manquent d’intellect. Ces âmes peuvent apprendre dans les livres et auprès de maîtres, et comprendre pleinement comment D.ieu donne vie à toute chose et la fait exister, ainsi que l’infinité de Sa grandeur.
אך שאין זה בבחי׳ דעת והרגשה בנפשו13 לכן נק׳ בהמה שהבהמה יש לה ראיה ושמיעה כו׳
mais cela ne relève pas du Daat et du sentiment dans leur âme. C’est pourquoi elles sont appelées « animales » : un animal, en effet, voit et entend, etc.,
Ce qui leur manque, c’est le Daat, le sentiment intérieur de ce qu’elles comprennent. La comparaison avec l’animal convient, puisqu’un animal voit et entend.
רק שאין לה דעת14 כך הוא בחינת נשמות אלו שאין בהם בחינת הדעת באלקות שהדעת היא בחי׳ הרגשה כשההשכלה נקשרת ונקבעה בנפשו כאלו מרגיש
mais il ne possède pas le Daat. Il en va de même pour ces âmes : elles n’ont pas le niveau du Daat de la divinité. Car Daat est le niveau du sentiment, lorsque l’idée est liée à l’âme et s’y est fixée, comme si l’on la ressentait.
L’animal, toutefois, n’a pas de daat ; de même, ces âmes manquent du Daat de la divinité. Le Daat est défini ici comme le stade où une idée se lie à l’âme et s’y fixe, si bien que l’on la ressent.
כי דעת מלשון והאדם ידע15 כו׳ שהוא בחי׳ התקשרות והתחברות16 ועד״ז נאמר ומבשרי אחזה17 אלוה אחזה ממש כאילו רואה כו׳ ואע״פ שא״א לראות האלקים בעין הגשמי מ״מ הוא
Car Daat vient de l’expression « Adam connut », etc., qui désigne le lien et l’union. Dans ce sens, il est dit : « De ma chair, je contemplerai D.ieu » : « je contemplerai », au sens littéral, comme si je voyais, etc. Et bien qu’il soit impossible de voir D.ieu avec l’œil physique, néanmoins…
Daat vient de la même racine que « Adam connut (yada) ‘Hava », qui décrit une union intime ; Daat signifie donc se lier à ce que l’on connaît. La parole de Iyov, « De ma chair, je contemplerai D.ieu », décrit cette connaissance comme une sorte de vision, bien que D.ieu ne puisse être vu par les yeux physiques.
ע״ד שהאדם יודע ומרגיש בנפשו אשר בקרבו שגם כן א״א לראות מהות הנפש איך ומה היא מ״מ הוא נרגש ממנה ע״י שרואה חיות הגוף
comme lorsqu’une personne connaît et ressent son âme en elle. Là aussi, il est impossible de voir l’essence de l’âme, ce qu’elle est et comment elle est ; néanmoins, elle la perçoit en voyant la force vitale du corps,
Pour montrer comment on peut « voir » ce qui est invisible, l’Admour Hazaken prend l’âme en exemple. Personne ne peut voir l’âme elle-même, mais chacun la perçoit à travers la vie qu’elle donne au corps.
שהוא מהנפש וכאשר ישן מסתלק החיות וכשניעור משנתו תשוב אליו גילוי אור וחיות הנפש כך עד״ז ממש הוא בחינת הדעת באלקות שיש לנשמות דאצי׳
qui provient de l’âme. Lorsqu’il dort, la force vitale se retire ; lorsqu’il se réveille, la révélation de la lumière et de la force vitale de l’âme lui revient. C’est exactement ainsi que se présente le niveau de Daat (connaissance) de la divinité que possèdent les âmes du Monde d’Atsilout (Émanation),
Lorsqu’une personne dort, la force vitale de l’âme se retire ; à son réveil, elle revient, et l’âme est ainsi perçue à travers ses effets. De même, les âmes d’Atsilout perçoivent la divinité par le Daat.
כמאמר איוב ומבשרי אחזה כו׳ והגם דלית מחשבה תפיסא ביה כלל18 היינו שמהותו אינו מושג
comme l’a dit Iyov : « Et de ma chair, je contemplerai », etc. Et bien que « aucune pensée ne puisse Le saisir », cela signifie que Son essence n’est pas appréhendée,
C’est ce qu’Iyov entend par « de ma chair, je contemplerai ». L’Admour Hazaken admet le principe selon lequel « aucune pensée ne peut Le saisir », qu’il explique en disant que l’essence de D.ieu ne peut être appréhendée.
אבל מציאותו נודע ונרגש מה שאנו רואים שהעולמות שהם כמו גוף גדול הם חיים וקיימים
mais Son existence est connue et ressentie à partir de ce que nous voyons : les mondes, qui sont comme un grand corps, vivent et perdurent.
L’existence de D.ieu, en revanche, peut être connue et ressentie à partir de ce que nous voyons. Les mondes sont comme un seul grand corps, et ils sont vivants et perdurent.
והרי חיות זה בהן הוא מא״ס ב״ה השופע בהן בכל רגע והשכלה זו מושגת לכל.
Or, cette force vitale qui est en eux vient de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, qui se déverse en eux à chaque instant. Cette idée est accessible à tous.
Leur vie vient de l’Infini, qui la déverse en eux à chaque instant, tout comme la vie du corps vient de l’âme. Chacun peut saisir cette idée par l’intellect.
אך כשהיא מתקשרת בנפש שיהיה נקשר ונרגש ממנה ממש כאילו רואה זה נק׳19 בחי׳ דעת
Mais lorsque cette idée est liée à l’âme, de sorte que l’on y soit lié et qu’on la ressente véritablement, comme si on la voyait, cela s’appelle le niveau de Daat.
Lorsque cette idée est liée à l’âme, si bien qu’une personne la ressent avec autant de vivacité que si elle la voyait, c’est le Daat. La différence entre les deux niveaux d’âmes ne tient donc pas à ce qu’elles connaissent, mais à la profondeur avec laquelle elles le ressentent.
ועל זה אמרו איזהו חכם הרואה את הנולד20 כאלו רואה בעין ממש הולדת והתהוות היש מאין כו׳ וע״ז נאמר וה׳ עליהם יראה21 כו׳
C’est à ce propos qu’ils ont dit : « Qui est sage ? Celui qui voit ce qui va naître » : comme s’il voyait de ses propres yeux la naissance et la création de l’être à partir du néant, etc. Et c’est à ce propos qu’il est dit : « Et D.ieu sera vu au-dessus d’eux », etc.
L’expression des Sages « Qui est sage ? Celui qui voit ce qui va naître », généralement comprise comme la capacité à prévoir les conséquences, est prise ici au sens littéral : le sage « voit » à chaque instant la création en train de naître, l’être à partir du néant. Le verset « Et D.ieu sera vu au-dessus d’eux » est cité comme une autre expression de la perception de la divinité.
משא״כ כשאין השכלה והבנה זו בבחי׳ קירוב והרגשה ממש בנפש נק׳ בחי׳ זו זרע בהמה ואף שיש לו שכל והשגה גדולה באלקות
En revanche, lorsque cette idée et cette compréhension ne sont pas vécues par l’âme dans la proximité et le ressenti véritable, ce niveau est appelé « la semence animale », même si la personne possède une grande intelligence et une grande compréhension de la divinité.
Lorsque la même compréhension demeure distante et n’est pas ressentie par l’âme, elle relève du niveau de « la semence animale », quelle que soit l’étendue de cette compréhension. Ce qui caractérise ce niveau inférieur, c’est l’absence de proximité ressentie, et non l’absence de connaissance.
וגם כל ישראל מאמינים כו׳ והאמונה היא למעלה מן הדעת22 מ״מ הוא נק׳ עטרה שהוא בחינת מקיף וצ״ל ג״כ בחי׳ דעת.
Et tous les enfants d’Israël sont également croyants, etc., et la foi est au-dessus de Daat. Néanmoins, elle est appelée une « couronne » (atara), qui est un niveau de makif (ce qui enveloppe), et le niveau de Daat est également nécessaire.
L’Alter Rebbe anticipe une question : tous les Juifs ont la foi, et la foi est supérieure à Daat ; pourquoi Daat est-il donc nécessaire ? Il répond que la foi est appelée une « couronne », quelque chose qui enveloppe la personne d’en haut (un makif) sans pénétrer en elle ; Daat est donc également nécessaire.
כמו שכתוב דע את אלקי אביך23 כו׳ כי ע״י הדעת עי״ז אין העולם מסתיר להם כלל
Comme il est écrit : « Connais le D.ieu de ton père », etc. Car c’est par Daat que le monde ne leur dissimule absolument rien [de la divinité].
L’injonction de David, « Connais le D.ieu de ton père », appelle à connaître D.ieu, et pas seulement à croire en Lui. Grâce à Daat, le monde ne cache plus du tout la divinité à la personne.
De même, l’amour qui découle du niveau de Daat et d’une vision sensorielle est sans commune mesure, etc., et il en va de même de la crainte ; car « l’ouïe ne peut se comparer à la vue ».
L’amour et la crainte qui découlent de Daat, une sorte de vision sensorielle, sont incomparablement plus intenses que ceux qui découlent de la seule compréhension. Ce principe reprend l’enseignement des Sages selon lequel l’ouïe ne peut se comparer à la vue.
(ופי׳ ראיה26 הוא ע״פ מארז״ל הסתכל בשלשה דברים2728 הסתכל דוקא בבחי׳ ראיה בעין השכל כמו אדם המבין בחכמתו ורואה שיבא עליו איזה דבר טוב או רע אע״פ שרחוק הזמן שיבא הדבר
(Le sens de « voir » s’entend selon l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « Considère trois choses ». « Considère » signifie précisément voir avec l’œil de l’intellect. C’est comme une personne qui comprend grâce à sa sagesse et voit qu’une chose bonne ou mauvaise va lui arriver ; bien que le moment où elle surviendra soit encore éloigné,
Une longue parenthèse explique à présent la « vision » dans la contemplation, à partir de la Michna dans Avot : « Considère trois choses ». Le mot « considère » signifie voir avec l’œil de l’esprit, comme une personne qui prévoit qu’un bien ou un mal lui arrivera, même si cela ne doit se produire que bien plus tard.
הנה מפני הסתכלות שכלו הוא כאלו רואה מיד בעיניו וכאלו הובא עליו ומתיירא מאד אם רע הוא או שמח אם טוב הוא.
du fait que son intellect le considère, c’est comme s’il le voyait immédiatement de ses propres yeux et comme si cela s’était déjà produit ; il est alors très effrayé si c’est un mal, ou réjoui si c’est un bien.
Parce qu’il le voit si clairement dans son esprit, il réagit comme si la chose était déjà devant lui : il craint le mal et se réjouit du bien. C’est ainsi que la « vision » intellectuelle met les émotions en mouvement.
אבל בחי׳ שמיעה דהיינו בחי׳ התבוננות בלבד במחשבה עמוקה כמו אם שומע מאחרים שיבא הדבר לא יפול עליו כ״כ היראה או השמחה מהדבר מפני שאין עדיין הדבר בהתגלות גמור
Mais le niveau de l’ouïe, c’est-à-dire le seul niveau de la contemplation, dans une réflexion profonde, est comparable à celui qui apprend par d’autres que la chose va se produire : la crainte ou la joie qu’elle suscite ne l’envahit pas autant, car elle ne lui est pas encore pleinement révélée.
À l’inverse, l’« ouïe » désigne une contemplation profonde qui reste indirecte, comme lorsqu’on apprend par d’autres qu’une chose va arriver. Une telle nouvelle ne saisit pas la personne de la même façon, car la chose ne lui est pas encore pleinement révélée.
אע״פ שמתבונן בו אינו כאלו רואה בעיניו ממש כו׳ וזהו שאמר הסתכל בשלשה דברים כו׳ שיהיה ענין התבוננות אלקות אצלו כאדם המבין בחכמתו ורואה הדבר אע״פ שרחוק כו׳ כי איזהו חכם29 הרואה את הנולד כו׳
Même s’il la contemple, ce n’est pas comme s’il la voyait véritablement de ses propres yeux, etc. C’est pourquoi il est dit : « Considère trois choses », etc. : la contemplation de la divinité doit être comme celle d’une personne qui comprend grâce à sa sagesse et voit la chose, bien qu’elle soit encore éloignée, etc. Car « Qui est sage ? Celui qui voit ce qui va naître », etc.
Ainsi, même une contemplation attentive n’équivaut pas à voir. C’est pourquoi la Michna dit « considère » : elle demande que la contemplation de la divinité soit aussi vive que la prévoyance du sage qui « voit ce qui va naître ».
משא״כ בחי׳ שמיעה היא מבחי׳ בינה היינו שמבין אחדות ה׳ איך שכולא חד ושכל העולמות בטלים ומבוטלים כאין נגדו ושהכל בהשפעת חיותו ית׳ ובו אין שינוי כו׳ כידוע כל ענין אחדות ה׳
En revanche, le niveau de l’ouïe relève du niveau de Bina (compréhension) : on comprend alors l’unité de D.ieu — comment « tout est un », comment tous les mondes sont annulés et entièrement annulés, comme rien devant Lui, et comment tout procède de la diffusion de Sa force vitale, béni soit-Il, tandis qu’en Lui-même il n’y a aucun changement, etc., comme on le sait au sujet de toute la question de l’unité de D.ieu.
L’ouïe correspond à Bina, la faculté qui développe un sujet et le comprend dans ses détails. Ici, son objet est l’unité de D.ieu : tout est un, tous les mondes ne sont rien devant Lui, tout vit par Sa force vitale, et Lui-même ne change pas.
אע״פ שמתבונן בו הדק היטיב וכל עומק מחשבתו טרוד בה והרי נקבעה האמונה בלבו מאד מ״מ הוא רק ע״ד שמיעה והבנה לבד ואין הענין בהתגלות גמור כאלו רואה30 בעיניו ולפיכך כשיסיר מחשבתו אף לפי רגע פונה לדרכי תאותיה כו׳.
Même s’il médite cela très attentivement, que toute la profondeur de sa pensée y est absorbée et que la foi s’est solidement enracinée dans son cœur, cela ne relève néanmoins que de l’audition et de la compréhension, et la chose n’est pas pleinement révélée, comme s’il la voyait de ses yeux. C’est pourquoi, dès qu’il en détourne sa pensée, ne serait-ce qu’un instant, [son âme] se tourne vers les voies de ses désirs, etc.
Une personne peut méditer profondément sur cela et y croire fermement, et pourtant cela demeure de l’ordre de « l’audition », sans être pleinement révélé. La preuve en est qu’au moment où son esprit se détourne, son âme se laisse entraîner par ses désirs.
משא״כ כשענין האחדות בהסתכלות חכמה שהוא מקור הבינה קודם שיבא הענין להתבוננות והרחבה כו׳ הוא ממש כמו ראיית העינים ואי אפשר לו בשום אופן להסיר מחשבתו וכל המדות מענין האחדות ובכל עשיותיו ועניניו דבוק בו ית׳ דביקות נפלא מפני היותו רואה המלך בעיניו.
En revanche, lorsque la question de l’unité [de D.ieu] est saisie dans le regard de la 'Hokhma (sagesse), qui est la source de la Bina, avant que la chose ne fasse l’objet d’une méditation développée, etc., c’est véritablement comme si les yeux la voyaient. Il lui est alors absolument impossible de détourner sa pensée et tous ses attributs émotionnels (midot) de cette unité. Dans toutes ses actions et toutes ses affaires, il est attaché à Lui, béni soit-Il, d’un attachement prodigieux, car il voit le Roi de ses yeux.
Lorsque l’unité de D.ieu est saisie dans la 'Hokhma, le premier éclair de l’intuition qui précède la Bina et lui donne naissance, c’est comme si l’on voyait de ses yeux. La personne ne peut alors en détourner ni son esprit ni ses sentiments et, dans toutes ses affaires, elle s’attache à D.ieu comme quelqu’un qui voit le Roi devant lui.
וזה היה בזמן קבלת התורה וכל העם רואים את הקולות3132 רואים את הנשמע3334 ולאחר שחטאו הוריד׳ מבחי׳ זו לבחי׳ שמיעה שהיא בחי׳ בינה ויכלו לחטוא כו׳ נמצא חכמה היא בחי׳35 ראיה.
C’était là la situation au moment du don de la Torah : « Tout le peuple voyait les voix » — ils voyaient ce qui s’entend. Après avoir fauté, ils furent abaissés de ce niveau à celui de l’audition, qui est le niveau de la Bina, et ils purent ainsi fauter, etc. Il apparaît donc que la 'Hokhma est le niveau de la vision,
Lors du don de la Torah, Israël se trouvait à ce niveau : « tout le peuple voyait les voix », voyant ce qui, normalement, ne s’entend que par l’ouïe. Après avoir fauté, ils furent abaissés au niveau de l’audition, où la faute devient possible ; la 'Hokhma relève donc de la vision, et la Bina de l’audition.
ובינה היא בחי׳ שמיעה. ונודע דאבא מקנן באצי׳36 ובינה בבריאה לכן הנשמות דבריאה אין בהם בחי׳ ראיה רק שמיעה והבנה. וע״כ נקרא זרע בהמה.37
et la Bina est le niveau de l’audition. Or, il est connu qu’Abba ('Hokhma) « réside » dans Atsilout et que la Bina réside dans Béria. C’est pourquoi les âmes de Béria ne possèdent pas le niveau de la vision : elles n’ont que l’audition et la compréhension. Elles sont donc appelées « la semence de l’animal ».
Selon les termes de la Kabbale, Abba ('Hokhma) réside, ou « niche », dans Atsilout, tandis que la Bina réside dans Béria, le Monde du Trône. Les âmes qui ont leur racine en Béria ont donc l’audition et la compréhension, mais non la vision ; c’est pourquoi elles sont appelées « la semence de l’animal ».
משא״כ נשמות דאצי׳ שם גלוי בחי׳ חכמה וראיה ונקרא זרע אדם כו׳. והנה בחי׳ הממוצעת המחבר ומזווג חכמה עם בינה הוא הדעת. דעת הוא לשון התקשרות כמ״ש והאדם ידע38 כו׳.
En revanche, chez les âmes d’Atsilout, le niveau de la 'Hokhma et de la vision est révélé ; elles sont appelées « la semence de l’homme », etc. Or, le niveau intermédiaire qui relie et unit la 'Hokhma à la Bina est la Daat. Daat signifie attachement, comme il est écrit : « Et Adam connut », etc.
Chez les âmes d’Atsilout, la 'Hokhma et la vision sont révélées ; elles sont donc « la semence de l’homme ». La Daat est la faculté intermédiaire entre la 'Hokhma et la Bina qui les relie, et le verset « Et Adam connut » montre que Daat signifie attachement.
דהיינו שיהיה מקושר בעומק נקודת הלב במחשבת הבינה שמתבונן משא״כ בינה לבדה היא היות הענין במחשבה לבד ואין נוגע לעצמותו דהיינו ללבו כלל
Autrement dit, il est lié, dans la profondeur du point de son cœur, à la pensée de la Bina sur laquelle il médite. La Bina seule signifie que la chose demeure dans la pensée, sans toucher en rien à son être même, c’est-à-dire à son cœur.
La Daat signifie qu’une personne est liée à ce qu’elle médite depuis la profondeur de son cœur. La Bina seule maintient le sujet dans l’esprit sans toucher à son être véritable, le cœur.
אבל שיהיה רעותא דלבא התלהבות לבבו ודביקותו בהענין שמחשב עד שיהיה כולו בהענין דבוק מאד בכל חושי גופו זה נקרא דעת הוא גורם שיתחבר בחי׳ חכמה לבינה
Mais lorsque se manifeste le désir du cœur (re’uta deliba), l’ardeur de son cœur et son attachement à la chose à laquelle il pense, au point qu’il est tout entier plongé dans cette chose et profondément absorbé par elle avec tous ses sens, cela s’appelle Daat. C’est ce qui amène le niveau de la 'Hokhma à s’unir à la Bina ;
Lorsque la méditation fait naître le désir du cœur, son ardeur et son attachement, jusqu’à ce qu’une personne soit absorbée dans le sujet de tout son être, cela constitue la Daat. Ainsi, la Daat unit la 'Hokhma à la Bina.
דהיינו39 שיגרום ברוב חוזק ההתבוננות עד שיהיה בהבינה בחי׳ ראיה ראית החכמה כנ״ל. ולכן בחי׳ זרע אדם היינו נשמות שיש בהם בחי׳ הדעת שהוא הממשיך גלוי החכמה והראיה בהתבוננות שיבא לבחי׳ ומבשרי אחזה אלוה ממש.
autrement dit, par la grande intensité de la méditation, il amène la Bina à atteindre le niveau de la vision, la vision de la 'Hokhma, comme indiqué plus haut. C’est pourquoi « la semence de l’homme » désigne les âmes qui possèdent le niveau de la Daat, laquelle fait pénétrer la révélation de la 'Hokhma et la vision dans la méditation, de sorte que l’on parvient véritablement au niveau de : « De ma chair, je contemplerai D.ieu ».
Par une méditation intense, la Daat fait pénétrer la « vision » de la 'Hokhma dans la compréhension de la Bina. Les âmes qui possèdent cette Daat parviennent au verset de Job : « De ma chair, je contemplerai D.ieu » ; elles sont « la semence de l’homme ».
משא״כ כשאין בו בחי׳ דעת הנ״ל הממשיך גלוי החכמה כו׳ אז הוא רק בבחי׳ שמיעה והבנה לבדה מבחי׳ בינה דמקננא בבריאה וע״כ נק׳ זרע בהמה כו׳)
Tandis que, lorsqu’il lui manque le niveau de Daat mentionné plus haut, qui attire la révélation de la 'Hokhma, etc., il ne se trouve alors qu’au niveau de la seule audition et compréhension, relevant de Bina, qui « niche » dans Béria ; c’est pourquoi il est appelé « la semence de l’animal », etc.)
Sans ce Daat, l’homme n’a que l’audition et la compréhension, enracinées dans Bina, qui réside en Béria ; il est alors « la semence de l’animal ». Cela clôt la longue parenthèse qui commençait par l’explication de « voir ».
ואף שהבהמה אין לה גם שמיעה והבנה הוא עד״מ שהרי הבהמה יש לה ג״כ כח המדמה וכך השכל וההבנה באלקות כשהוא רק בבחי׳ שמיעה לבד ה״ז
Et bien qu’un animal n’ait pas non plus l’audition et la compréhension, c’est à titre d’analogie : en effet, l’animal possède lui aussi la faculté imaginative. De même, l’intellect et la compréhension de la divinité, lorsqu’ils ne relèvent que de la seule audition, sont
Objection : un animal ne possède pas véritablement l’audition et la compréhension en ce sens. L’Alter Rebbe répond que la comparaison est une analogie, puisque l’animal possède l’imagination ; une compréhension de la divinité qui n’est que « reçue par l’audition » ressemble à l’imagination.
כמו בחי׳ דמיון בעלמא ונק׳ בחי׳ כדמותנו. וע״ז נאמר היינו כחולמים40 כמו בחלום שאין נשאר רק כח המדמה כו׳.
comme une simple imagination, et cela est appelé le niveau de « selon notre ressemblance ». À ce sujet, il est dit : « Nous étions comme des rêveurs » : comme dans un rêve, où il ne reste que la faculté imaginative, etc.
Une telle compréhension est comme une simple imagination ; elle correspond donc à « selon notre ressemblance » (kidmoutenou), mot apparenté à dimyon, imagination. Le verset « Nous étions comme des rêveurs » la décrit, car, dans un rêve, seule l’imagination est à l’œuvre.
(עמש״ל פ׳ וישב על פסוק זה. אבל בחי׳ נעשה אדם בצלמנו זהו בחי׳ זרע אדם בחי׳ ראייהכו׳. אך הנה בחי׳ דעת המחבר החכמה בבינה נק׳ דעת עליון. ויש בחי׳ דעת תחתון שהוא התקשרות המוחין בהמדות.
(Voyez ce qui est écrit plus haut, dans la paracha de Vayéchev, au sujet de ce verset. Mais le niveau de « Faisons l’homme à notre image » est celui de « la semence de l’homme », le niveau de la vision, etc. Or, le niveau de Daat qui relie la 'Hokhma à Bina est appelé Daat supérieur (Daat Elyon). Il existe aussi un niveau de Daat inférieur (Daat Ta'hton), qui est le lien de l’intellect (mo'hin) avec les attributs émotionnels,
Une remarque renvoie à l’explication de « Nous étions comme des rêveurs » dans Torah Ohr, paracha de Vayéchev, et oppose à cela « à notre image », la vision de « la semence de l’homme ». Le texte distingue ensuite deux sortes de Daat : le Daat supérieur, qui relie la 'Hokhma et Bina, et le Daat inférieur, qui lie l’intellect aux émotions.
והוא פנימיות המדות. ולקמן בפי׳ ונתתי עשב מבואר דגם בהמשכת בחי׳ דעת תחתון נק׳ אדם. וע׳ בלק״ת41 פ׳ שמות ד״ה וירא כו׳ דע כי כו׳):42
et il constitue la dimension intérieure (pnimiyout) des attributs émotionnels. Plus loin, dans l’explication de « Et Je donnerai de l’herbe », il est expliqué que même par l’attraction du niveau de Daat inférieur, on est appelé « homme ». Voyez aussi dans Likkutei Torah, paracha de Chemot, le discours commençant par « Vayar » (« Et il vit »), etc. : « Sache que… », etc.)
Le Daat inférieur constitue la dimension intérieure des émotions, ce qui leur donne réalité et permanence. L’attraction de ce Daat inférieur suffit elle aussi à conférer le nom d’« homme », comme cela sera expliqué plus loin au sujet de « Et Je donnerai de l’herbe ». La note de Kehot identifie le Likkutei Torah cité ici comme l’ouvrage de ce nom de l’Arizal.
Ce paragraphe définit deux niveaux d’âmes : « la semence humaine », les âmes d’Atsilout qui possèdent le Daat, une perception ressentie de la divinité aussi vive que la vision et enracinée dans la 'Hokhma ; et « la semence animale », les âmes des mondes inférieurs dont la compréhension, si profonde soit-elle, reste au niveau de l’« audition », enracinée dans Bina.
La correspondance est cohérente : la vision relève de la 'Hokhma et d’Atsilout, l’audition de Bina et de Béria, et Daat fait le lien en faisant entrer la vision dans l’audition. La distinction finale entre le Daat supérieur, qui unit 'Hokhma et Bina, et le Daat inférieur, qui unit l’intellect et les émotions, prépare la fin du maamar (8.14), où Moché est identifié au Daat supérieur et à la lumière qui entoure tous les mondes, et les âmes d’Atsilout au Daat inférieur.
Maré mekomot
- 1וזרעתי את בית ישראל · Jeremiah 31:27
- 2זרע אדם וזרע בהמה · באוה״ת משפטים ע׳ א׳קטז יש הגהה: ועמ״ש בענין ומותר האדם מן הבהמה אין, אדם נעשה בצלם אלקי׳ אצילות רוח האדם העולה למעלה וזהו אדם אחד מאלף מצאתי בד״ה אדם כי יהיה בעור בשרו [לקו״ת תזריע כב, ב], בצלמינו יחו״ע כדמותינו יחו״ת בד״ה ראשי המטות תרט״ו [אוה״ת מטות ע׳ א׳צב], האדם שיש לו דעת כמ״ש הן האדם הי׳ כאחד ממנו לדעת טו״ר, מפיו דעת משמע דעת גבוה מהחכמה גדולה דיעה שניתנה בין שתי אותיות, אם אין דיעה הבדלה מניין כי הדעת מחבר השכל עם המדות וזהו בחי׳ גבוה, אל יתהלל החכם כו׳ כ״א כו׳ השכל וידוע אותי, וכמו הזיווג נקרא ידע, ולע״ל ומלא הארץ דיעה, דע ב״פ מ״ב, ועיין מענין מ״ב זווגין במק״מ ר״פ בראשית בזהר שם, וי״ל יש מ״ב בפ׳ שמע מן ואהבת עד ובשעריך בחי׳ בכל מאדך וא״כ ב״פ מ״ב אפ״ל כאשר ע״י העלאה זו נמשך ג״כ מלמעלה למטה, כמ״ש בד״ה אלה מסעי [לקו״ת מסעי פט, ב] בענין מ״ב מסעות, א״כ מעלה הדעת כמו הזווג מחבר עד שנעשים אדם א׳, כך ענין הדעת כו׳. ע״כ.
- 3
- 4שיש ב׳ מדרגות בנש״י · ראה המשך חייב אדם לברך — תרל״ח סעי׳ ח. (נדפס בסה״מ תרל״ח ע׳ קה). ראה גם לקו״ת במדבר יג, ג. ד״ה החודש הזה לכם בסה״מ תרס״ו ע׳ קס. סה״מ תרע״ט ע׳ ו.
- 5נעשה אדם בצלמנו כדמותנו · Genesis 1:26
- 6נשמות דאצילות והם הנק׳ בנים משא״כ נשמות דבריאה יצירה עשיה נק׳ עבדים · Zohar, Mishpatim 2:4–13
- 7אם כבנים אם כעבדים · באוה״ת משפטים ע׳ א׳קכא: אם כבנים רחמינו כו׳ ואם כעבדים כו׳ ותוציא כאור משפטינו.
- 8דעת אין ר״ל הידיעה לבד · Tanya, Likkutei Amarim 42:4–5
- 9זרע בהמה . . כמעט כל הנשמות שבדורותינו · ”והוא מיוסד על מש״כ בזהר ח״ב ר״פ משפטים (צד, סע״ב), ראה רמ״ז שם. וראה ג״כ לקוטי תורה לרבנו הזקן פ׳ צו (ח, ב ואילך), שערי תשובה (לבנו אדמו״ר האמצעי) ח״א ד״ה ששים המה, ובכ״מ. (כ״ק אדמו״ר זי״ע בקובץ יו״ד שבט ע׳ כז). וראה שם בד״ה באתי לגני — תשי״ג סעי׳ ז ”דאף שרובם ככולם שייכים להשיג ולהשכיל עניני קדושה בכלל ובפרט גדולת הבורא ית׳, מפי ספרים ומפי סופרים, השגה והבנה גדולה, מ״מ נקראים בשם זרע בהמה לפי שחסר בהם בחי׳ הדעת וההרגשה בנפשם” ע״ש.
- 10נשמות דאצילות והם הנק׳ בנים . . הן בני עלייה · בלקו״ת צו ח, ב. מטות פד, ג. שה״ש טז, ג. מציין לכאן.
- 11הן בני עלייה שהם מועטים כו׳ אפילו בדורות הראשונים · ”כמ״ש ראיתי בני עלי׳ והם מועטים וכמארז״ל אם הראשונים כמלאכים אנו כבני אדם ואם הם כבני אדם אנו כחמורים ולא כחמורו דרפב״י — סה״מ תרל״ב ע׳ קצ.
- 12ושלגדולתו אין חקר · Psalms 145:3
- 13בבחי׳ דעת והרגשה בנפשו · באוה״ת שם ע׳ א׳קטז יש הגהה: ובמא״ע במצרים הי׳ הדעת בגלות, בכל דרכיך דעהו.
- 14רק שאין לה דעת · בסה״מ תרכ״ט ע׳ רסח נוסף: כ״כ.
- 15והאדם ידע · Genesis 4:1
- 16שהוא בחי׳ התקשרות והתחברות · Tanya, Likkutei Amarim 3:13–14
- 17ומבשרי אחזה · Job 19:26
- 18לית מחשבה תפיסא ביה כלל · Tikkunei Zohar 17a:10–12
- 19שו״ה ממש — זה נק׳ · בגוכתי״ק: זהו נק׳.
- 20שו״ה את הנולד — כו׳ · בגוכתי״ק: וכו׳.
- 21וה׳ עליהם יראה · Zechariah 9:14
- 22והאמונה היא למעלה מן הדעת · ראה לעיל ו, א. לקו״ת ואתחנן ה, ג.
- 23דע את אלקי אביך · I Chronicles 28:9
- 24אינו דומה שמיעה לראיה · ראה מכילתא יתרו יט, ט.
- 25אינו דומה שמיעה לראיה · Mekhilta DeRabbi Yishmael, Tractate Bachodesh 2:28
- 26(ופי׳ ראיה · חלק מהגה״ה זו מד״ה מארז״ל אינו דומה שמיעה לראיה הנדפס במאמרי אדה״ז הקצרים ע׳ תקנו-ז. ונעתק באוה״ת ויקרא כרך ג ע׳ תשצ. שה״ש כרך א ע׳ רכא. וחלק שם ע׳ שלז. ראה בהמשך וככה תרל״ז פל״ג ופנ״ז. ובסה״מ תש״ט בד״ה ויאמר משה ע׳ 60.
- 27הסתכל בשלשה דברים · אבות פ״ב מ״א.
- 28הסתכל בשלשה דברים · Pirkei Avot 2:1
- 29איזהו חכם · Tamid 32a:7
- 30כאלו רואה · ראה בתניא פרק מג: פי׳ שרואה כל דבר איך נולד ונתהוה.
- 31וכל העם רואים את הקולות · Exodus 8:18
- 32וכל העם רואים את הקולות · Exodus 20:15
- 33רואים את הנשמע · מכילתא שם.
- 34רואים את הנשמע · Mekhilta DeRabbi Yishmael, Tractate Bachodesh 9:1
- 35חכמה היא בחי׳ ראי׳ · ע׳ לקו״ת פ׳ צו ד״ה והניף ספ״ב.
- 36דאבא מקנן באצי׳ · Tikkunei Zohar, Tikkun 6 · 22a:14–16
- 37וע״כ נקרא זרע בהמה · עי׳ ס׳ השיחות תש״א ע׳ 62.
- 38והאדם ידע · Genesis 4:1
- 39שו״ה שיתחבר — בחי׳ חכמה לבינה דהיינו · בבוך 1223 נוסף הגה״ה מהצ״צ: ”הגה״ה העשיר דעת והדל בהמה לא ימעיט כי שרשם עצלים לחם מ״ש שאין לו דעת העבודה קשה לו”.
- 40היינו כחולמים · Psalms 126:1
- 41וע׳ בלק״ת · להאריז״ל.
- 42(עמש״ל . . דע כי כו׳) · בבוך 1223 ליתא הגה״ה זו ובמקומו נכתב ”אבל בחי׳ בצלמינו זהו בחי׳ זרע אדם בחי׳ ראי׳ כו׳”.
Moché donne le Daat ¶3
3והנה משה רבע״ה כחו גדול שממשיך ומשפיע בחי׳ דעת1 בכנס״י אף גם בנשמות שנקראו זרע בהמה שיהיה בהם בחינת דעת והרגשה באלקות להיות וידעת היום2 כו׳
Or, Moché Rabbénou, que la paix soit sur lui, possède une grande puissance : il attire et dispense le niveau de Daat (connaissance) dans la Communauté d’Israël, jusque dans les âmes appelées « la semence de l’animal », afin qu’elles aient le niveau de Daat et le sentiment du divin, et puissent ainsi accomplir « Et vous connaîtrez aujourd’hui », etc.,
La grande puissance de Moché consiste à attirer le Daat, la connaissance ressentie de D.ieu, dans tout Israël, jusque dans les âmes appelées « la semence de l’animal ». Grâce à lui, elles peuvent accomplir « Et vous connaîtrez aujourd’hui » : connaître et ressentir le divin, et non simplement y croire.
דע את אלקי אביך כו׳ (והוא המזווג וממשיך בחי׳ חכמה לבינה שיהיו בההתבוננות בחי׳ ראיה כו׳)
« Connais le D.ieu de ton père », etc. (C’est lui qui unit et attire le niveau de 'Hokhma (sagesse) vers Bina (compréhension), afin que la contemplation comporte le niveau de la vision, etc.)
« Connais le D.ieu de ton père » exprime le même appel à la connaissance. La parenthèse ajoute que Moché y parvient en unissant 'Hokhma à Bina, de sorte que la contemplation devienne une « vision », comme il est expliqué au paragraphe 2.
כי משה רבע״ה נק׳ רעיא מהימנא אחד המיוחד משבעה רועים שרועה ומפרנס הנש״י בהשפעתו אליהם מוח הדעת שזהו פירוש רעיא מהימנא שמפרנס את האמונה.
Car Moché Rabbénou, que la paix soit sur lui, est appelé Raaya Mehemna (le berger fidèle), le plus singulier des sept bergers, qui fait paître et soutient les âmes d’Israël en leur dispensant la faculté du Daat. C’est là le sens de Raaya Mehemna : il nourrit et soutient la foi.
Le Zohar appelle Moché Raaya Mehemna, « le berger fidèle » ; il est le plus singulier des sept bergers d’Israël. L’Admour Hazaken comprend ce titre comme « le berger de la foi » : Moché nourrit et soutient la foi d’Israël en lui donnant la faculté du Daat.
ולכך הוא גואל ראשון וגואל אחרון34 פי׳ גואל ראשון שהוא המשפיע להם בחי׳ הדעת שבתחלת הדבור שלו אמר להם וידעתם כי אני5 הוי׳ כי מקודם כתיב ויאמן העם.6
C’est pourquoi il est le premier et le dernier libérateur. Le sens de « premier libérateur » est qu’il leur dispense le niveau du Daat : au début de sa prise de parole, il leur dit : « Et vous saurez que Je suis D.ieu », car il est écrit auparavant : « Et le peuple crut. »
Moché est appelé « le premier et le dernier libérateur ». En tant que premier libérateur, lors de la sortie d’Égypte, il donna le Daat au peuple : celui-ci avait déjà « cru », et son message fut : « Vous saurez que Je suis D.ieu. »
Il sera également le dernier libérateur, afin que soit atteint le niveau de « La terre sera remplie de connaissance », etc., « Car tous Me connaîtront », etc.
En tant que dernier libérateur, Moché fera advenir le temps où « la terre sera remplie de la connaissance (déa) de D.ieu » et où « tous Me connaîtront ». La connaissance, le Daat, caractérise la délivrance finale.
(והיינו להיות הדעת גם בבחינת סוכ״ע משא״כ בגאולת מצרים אע״פ שנמשך בחי׳ וידעתם כי אני הוי״ה הוא בבחי׳ ממכ״ע כמבואר במ״א ע״פ וידעת היום)9 וזהו ונתתי עשב בשדך10 לבהמתך.
(C’est-à-dire que le Daat soit également au niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), tandis que, lors de la délivrance d’Égypte, bien que le niveau de « Et vous saurez que Je suis D.ieu » ait été attiré, il relevait de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), comme il est expliqué ailleurs à propos du verset « Et vous connaîtrez aujourd’hui ».) Et c’est là le sens de : « Je donnerai de l’herbe dans ton champ pour tes animaux. »
Les deux délivrances diffèrent par le niveau de connaissance qu’elles comportent : le Daat de la sortie d’Égypte atteignait la lumière qui remplit tous les mondes (memalé), la divinité qui pénètre la création, tandis que le Daat futur atteindra la lumière qui entoure tous les mondes (sovev), laquelle transcende la création. L’Admour Hazaken revient ensuite au verset : « Je donnerai de l’herbe dans ton champ pour tes animaux. »
פי׳ עשב הוא בחי׳ דעת שהוא שם ע״ב ושי״ן11 באמצע12 התיבה (שם ע״ב הוא בחכמה וצ״ל משום שהדעת ממשיך זיווג חכמה עם בינה כנ״ל) שנמשך בשדך בחי׳ חקל תפוחין קדישין בשביל בהמתך הם הנשמות שנק׳ זרע בהמה.
Le sens est que « l’herbe » (esev) correspond au niveau du Daat : le Nom Ayin-Beis [soixante-douze], avec un chin au milieu du mot. (Le Nom Ayin-Beis relève de 'Hokhma, et il faut dire [qu’il désigne le Daat] parce que le Daat attire l’union de 'Hokhma et de Bina, comme indiqué plus haut.) Elle est attirée « dans ton champ », le niveau du « champ des pommes sacrées », « pour tes animaux » : ceux-ci sont les âmes appelées « la semence de l’animal ».
Le mot esev (herbe) s’écrit ayin, chin, beit : les lettres ayin-beit, dont la valeur numérique est soixante-douze et qui constituent un Nom associé à 'Hokhma, avec un chin au milieu. Ainsi, « l’herbe » représente le Daat, qui attire l’union de 'Hokhma et de Bina ; « ton champ » est le « champ des pommes sacrées », appellation du Zohar désignant Mal'hout, et « tes animaux » sont les âmes appelées « la semence de l’animal ».
Même les anges supérieurs, les quatre camps de la Chekhina (la Présence divine), sont également appelés « animaux » et « bêtes » (behemot et 'hayot), car ils ont « la face d’un lion », « la face d’un bœuf », etc.
Les anges aussi, les quatre camps de la Chekhina, sont appelés « animaux » et « bêtes » ('hayot), car, dans la vision du Char, ils ont des faces de lion, de bœuf, et ainsi de suite. Le terme « animal » s’applique donc non seulement aux âmes, mais aussi aux anges.
שאף שיש להם דעת והכרה באלקות15 ועומדים בבטול גדול מ״מ נקראים בשם בהמות לפי שהשגתם הוא רק בבחי׳ מדת מלכותו ית׳ שממנו נמשך חיותן והתהוותן ועד שם עלו השגתם.
Car bien qu’ils aient Daat et une connaissance de la divinité, et qu’ils se tiennent dans une grande annulation de soi (bitoul), ils sont néanmoins appelés « animaux », car leur compréhension ne porte que sur le niveau de l’attribut de Sa souveraineté, béni soit-Il, d’où leur force vitale et leur existence sont tirées ; jusque-là seulement s’élève leur compréhension.
Les anges connaissent D.ieu et se tiennent dans une grande annulation de soi, et pourtant ils sont appelés « animaux ». Leur compréhension ne s’élève que jusqu’à Mal'hout, la souveraineté de D.ieu, niveau d’où ils reçoivent leur existence et leur force vitale. La note de Kehot renvoie au Rambam (Lois des fondements de la Torah, ch. 2), qui écrit que les anges connaissent le Créateur d’une grande connaissance, chacun selon son niveau, sans qu’aucun d’eux puisse toutefois Le saisir tel qu’Il est véritablement.
אבל במהותו ועצמותו ית׳ לית מחשבתם תפיסא כלל. (וכמבואר במ״א ע״פ רני ושמחי1617 בענין וצדקתך ירננו)18 ובחי׳ מלכות הוא נק׳ שם כמשל שם האדם שאינו נוגע למהותו ועצמותו וכו׳
Mais de Son être et de Son essence, béni soit-Il, leur pensée n’a absolument aucune prise. (Comme cela est expliqué ailleurs à propos du verset « Chante et réjouis-toi », au sujet de « Et ils chanteront Ta justice. ») Et le niveau de Mal'hout (souveraineté) est appelé un « nom », comme dans l’image du nom d’une personne, qui ne touche pas à son être ni à son essence, etc.
L’être et l’essence propres de D.ieu dépassent leur capacité de compréhension. Mal'hout est appelée le « nom » de D.ieu ; un nom, comme Mal'hout, sert à entrer en relation avec autrui et ne touche pas à l’essence de celui qui le porte.
וע״כ נקראים בהמות שאין להם דעת השגה במהותו ועצמותו ית׳ ולכן אומרים קדוש שהוא ית׳ קדוש ומובדל מהם כו׳.
C’est pourquoi ils sont appelés « animaux », car ils n’ont ni Daat ni compréhension de Son être et de Son essence, béni soit-Il. C’est pourquoi ils disent « Saint » : Il est, béni soit-Il, saint et séparé d’eux, etc.
Parce qu’ils n’ont pas de Daat de l’essence de D.ieu, les anges sont des « animaux » et proclament « Saint », reconnaissant que D.ieu est saint, séparé d’eux et au-delà d’eux. Leur chant exprime cette distance.
ולכך גם עליהם נאמר ונתתי עשב בשדך לבהמתך. והנה המשכת הדעת הוא על ידי אמירת הקדוש.
C’est pourquoi il est également dit à leur sujet : « Je donnerai de l’herbe dans ton champ à tes animaux. » Or, la transmission de Daat s’effectue par la proclamation de « Saint ».
Ainsi, le verset qui parle de donner de l’herbe aux animaux s’applique aussi aux anges. Daat leur est transmis par leur proclamation de « Saint ».
כי אין הקב״ה מצטרך להשיר והשבח שלהן אלא שעי״ז שאומרים קדוש נמשך להם השפעת הדעת כו׳
Car le Saint béni soit-Il n’a pas besoin de leur chant ni de leurs louanges ; au contraire, c’est par leur proclamation de « Saint » que le flux de Daat leur est transmis, etc.
D.ieu n’a pas besoin des louanges des anges ; leur proclamation de « Saint » a pour but de faire descendre Daat jusqu’à eux. La louange profite à ceux qui la prononcent.
(כי קדוש קדש ו׳ שהוא המשכת ח״ע בחי׳ ראיה א״נ המשכת הכתר והוא ע״י דעת עליון שמקבל מבחי׳ כתר כמש״ל בפ׳ תולדות ע״פ מים רבים19 כו׳):202122
(Car kadosh (« saint ») est kodesh (« sainteté ») avec un vav, ce qui correspond à la transmission de la 'Hokhma supérieure, le niveau de la vision. Ou bien, [il s’agit de] la transmission de Kéter (la Couronne), qui s’effectue par Daat supérieur, lequel reçoit du niveau de Kéter, comme indiqué plus haut dans la paracha Toldot, à propos du verset « Les eaux nombreuses », etc.)
Cette parenthèse tire son explication des lettres : kadosh est kodesh, terme désignant la 'Hokhma supérieure, auquel s’ajoute un vav, lettre qui exprime la transmission ; ainsi, « Saint » fait descendre la 'Hokhma, le niveau de la vision. Ou bien, il fait descendre Kéter par l’intermédiaire de Daat supérieur, qui reçoit de Kéter, comme cela est expliqué dans Torah Ohr, paracha Toldot.
Moché attire le Daat dans tout Israël, jusque dans les âmes « animales », en tant que premier et dernier libérateur. « De l’herbe pour tes animaux » désigne ce Daat, qui est également dispensé aux anges. Ceux-ci sont appelés « animaux » parce que leur connaissance n’atteint que Mal'hout ; le Daat leur est attiré lorsqu’ils proclament « Saint ».
Le lien établi entre les deux délivrances et memalé et sovev annonce le paragraphe 8.14, où le Daat de Moché est identifié au Daat supérieur et à la lumière qui entoure tous les mondes. Les notes de Kehot ajoutent qu’Or HaTorah cite le Tikkunei Zohar pour l’interprétation de esev, et qu’une série ultérieure de maamarim (5640) explique que le chin représente trois attributs émotionnels unis à l’Ayin-Beis de 'Hokhma.
Maré mekomot
- 1שממשיך ומשפיע בחי׳ דעת · ראה לקו״ת בהר מד, ב.
- 2וידעת היום · Deuteronomy 4:39
- 3גואל ראשון וגואל אחרון · Zohar I, 253a
- 4גואל ראשון וגואל אחרון · Shemot Rabbah 2:4
- 5וידעתם כי אני ה׳ · Exodus 6:7
- 6ויאמן העם · Exodus 4:31
- 7ומלאה הארץ דעה · Isaiah 11:9
- 8כי כולם ידעו אותי · Jeremiah 31:34
- 9כמבואר במ״א ע״פ וידעת היום · לקו״ת ואתחנן ד, ב ואילך.
- 10ונתתי עשב בשדך · Deuteronomy 11:15
- 11עשב הוא בחי׳ דעת שהוא שם ע״ב ושי״ן · Tikkunei Zohar 86b:6
- 12עשב . . שהוא שם ע״ב ושי״ן באמצע · באוה״ת פ׳ משפטים ע׳ א׳קיב מציין לת״ז תי׳ נא. וכ״כ באוה״ת פ׳ חקת ע׳ תשפד. וראה גם ביאוה״ז להצ״צ כרך א ע׳ ז.
- 13נק׳ ג״כ בשם בהמות וחיות · ראה לעיל ד, ב.
- 14פני אריה פני שור · Ezekiel 1:10
- 15שיש להם דעת והכרה באלקות · ראה רמב״ם פ״ב הל׳ יסודי התורה.
- 16ע״פ רני ושמחי · לעיל לז, א ואילך.
- 17רני ושמחי · Zechariah 2:14
- 18וצדקתך ירננו · Psalms 145:7
- 19בפ׳ תולדות ע״פ מים רבים · יט, א ואילך.
- 20והנה מרע״ה · באוה״ת משפטים ע׳ א׳קטז יש הגהה: והנה מרע״ה כחו גדול היינו כי דעות שיש ב׳ דעת וזרע אדם זהו מבחי׳ ד״ת שמקשר השכל עם המדות, אבל ד״ע המחבר חו״ב זהו משה ושרשו מאוירא בד״ה החלצו כו׳. והנה בהמה י״ל שאין להם דעת רק בממכ״ע ולא בסוכ״ע בד״ה וידעת היום כו׳, והמשכות הדעת בסוכ״ע זהו ע״י קדוש שיהי׳ דעת בבחי׳ קדוש סוכ״ע כו׳ בד״ה והנה אנחנו מאלמים אלומים י״ב בקר זהו בהמה י״ל ע״י הקרבן שנכלל הבהמה בשרשה עי״ז והחיות נושאות כו׳, עי״ז נכלל בהמה בבחי׳ אדם כי גם כשהי׳ בהמה הי׳ מבחי׳ פני אדם שבבהמה לכן יוכל להתעלות בבחי׳ אדם ממש. ג׳ בחי׳ אדם גם ז״א ישראל אדם והתורה חכמה אדם עיין זח״א קל״ד ב׳ ובה״ז שם, לכן ע״י התורה מוחין נמשך שיהי׳ אדם בפרטיות. וכמו״כ למטה אם כבנים ואם כעבדי׳ בנים אתם לה׳ והנה כעבדים כשנמשכו מסט׳ דמט״ט בזח״ג דרט״ו סע״א, ואם הוא בחי׳ זרע בהמה, ולכן שש שנים, ובשביעי׳ כמו בשמטה תלה הכתוב בהמה בחיה סד״ה את שבתותי תשמרו, כי סוכ״ע חי׳ ובהמה שוין ע״ד אסתיר פני ביום ההוא דסכ״ס כו׳, צאן מרעיתי אדם אתם הרי יוכל להיות מצאן בחי׳ אדם וא״כ אז גבוה יותר שהוא אדם ומשים עצמו כצאן מענין בהמה אין לה דעת בד״ה בכ״ה בכסליו נה״ב מתפעלת רק בבחי׳ בשכמל״ו ונה״א אדם מתפעלת מההתבוננות בעצמו׳ אוא״ס והנה בשכמל״ו זהו רוח הבהמה היורדת למטה ש׳ ב״ן וכל דעת יחוד, והאדם ידע המשכות ד״ע טפת מ״ד, דכולא קמי׳ כל״ח בהמ״ן ותשחוין לאלומתי כי דת״י, משא״כ בהמה אינה משגת רק שהיש מאין בשכמל״ו כנ״ל, ולא ביטול אמיתי מ״ד ענין יודע צדיק נפש בהמתו כו׳, דברי חכמים כדרבונות שדר בינה באדם, מורה דעה בפרה ממשיך דעת בבחי׳ בהמה כו׳. עכ״ל. ראה באוה״ת שם ע׳ א׳קיח עוד הגהה.
- 21בהמשך זאת חנוכת המזבח תר״מ סעי׳ יב נוסף · עשב הוא ע״ב דחכ׳ ושין הם ג׳ מדות, ע״ש.
- 22
« Saint » : les anges et Israël ensemble ¶4–6
4והנה ביוצר אור אנו אומרים כולם כאחד עונים כו׳ קדוש כו׳ כולם כאחד דוקא וכמ״ש בזוהר דלא מקדשי ליה לעילא עד דישראל מקדשי ליה לתתא דמקדשין ליה כולא כחדא.
Or, dans [la bénédiction] Yotser Or, nous disons : « Tous, comme un seul, répondent », etc., « Saint », etc. — « tous, comme un seul », précisément. Et comme il est écrit dans le Zohar : ils ne Le sanctifient pas en haut tant qu’Israël ne Le sanctifie pas en bas, de sorte que tous Le sanctifient ensemble.
Dans la bénédiction du matin Yotser Or, il est dit des anges qu’ils répondent « Saint » « tous, comme un seul ». L’Admour Hazaken insiste sur « comme un seul » et le relie à l’enseignement du Zohar selon lequel les anges d’en haut ne sanctifient pas D.ieu tant qu’Israël ne Le sanctifie pas en bas, afin que tous Le sanctifient ensemble.
פי׳ כי ג׳ עולמות בי״ע שהם הנק׳ בחי׳ בהמה ולשם ממשיכים בחינת הדעת.
Le sens est que les trois mondes de Béria (Création), Yetsira (Formation) et Assiya (Action) sont ceux que l’on appelle le niveau de « l’animal », et c’est jusque-là qu’ils attirent le niveau de Daat (connaissance).
Les trois mondes inférieurs, Béria, Yetsira et Assiya, constituent le domaine appelé « animal ». Dire « Saint » attire Daat en eux.
La Kedoucha est dite conjointement par les anges et par Israël, et par elle, Daat est attiré dans les trois mondes inférieurs, le domaine appelé « animal ».
La Kedoucha des anges décrite dans Yotser Or et celle dite par Israël sont présentées comme un seul acte accompli conjointement en haut et en bas ; les paragraphes 5 et 6 expliquent pourquoi chacun des deux côtés dépend de l’autre.
5והנה ג׳ עולמות בי״ע הם ג׳ בחי׳ מחשבה ודבור ומעשה כי ישראל עלו במחשבה.12 ואף הנשמות שנקראו זרע בהמה הם מבחי׳ מחשבה והוא עולם הבריאה.3
Or, les trois mondes de Béria (Création), de Yetsira (Formation) et d’Assiya (Action) correspondent aux trois niveaux de la pensée, de la parole et de l’action. Car « Israël s’éleva dans la pensée » ; même les âmes appelées « la semence de l’animal » relèvent du niveau de la pensée, qui est le Monde de Béria.
Béria, Yetsira et Assiya correspondent à la pensée, à la parole et à l’action. Selon le Midrach, Israël « s’éleva dans la pensée » avant la création ; ainsi, même les âmes appelées « animales » ont leur racine dans la pensée, dans le Monde de Béria.
משא״כ המלאכים נמשכים מבחי׳ דבר ה׳ ורוח פיו4 וכו׳ שהיא בחי׳ יצירה לכך אין יכולים המלאכים לומר קדוש5 להמשיך גילוי הדעת אליהם עד שיאמרו ישראל תחלה קדוש
En revanche, les anges sont issus du niveau de « la parole de D.ieu » et du « souffle de Sa bouche », etc., qui est le niveau de Yetsira. C’est pourquoi les anges ne peuvent pas dire « Saint » pour faire descendre jusqu’à eux la révélation de Daat (connaissance), tant qu’Israël n’a pas d’abord dit « Saint ».
Les anges proviennent de la parole de D.ieu — « la parole de D.ieu » et « le souffle de Sa bouche », par lesquels les cieux et leurs armées furent créés —, ce qui correspond à Yetsira. C’est pourquoi les anges ne peuvent pas dire « Saint » et recevoir Daat avant qu’Israël ne le dise en premier.
כי ההמשכה צ״ל כסדר שיומשך הדעת בהמחשבה ומהמחשבה נמשך להדבור כו׳ וא״א שיומשך בהדבור בטרם שנמשך בהמחשבה כמו שא״א לדבר אא״כ שיחשוב תחלה הצירופי אותיות שרוצה לדבר כו׳.
Car la transmission doit suivre un ordre : Daat est transmis à la pensée, puis de la pensée il est transmis à la parole, etc. Il est impossible qu’il soit transmis à la parole avant de l’être à la pensée, tout comme il est impossible de parler sans avoir d’abord pensé aux combinaisons de lettres que l’on veut prononcer, etc.
Le flux divin suit un ordre : il atteint la pensée avant la parole. De même qu’une personne doit penser aux lettres des mots qu’elle veut prononcer avant de pouvoir les dire, Daat doit atteindre Israël, dont la racine est dans la pensée, avant d’atteindre les anges, dont la racine est dans la parole.
Puisqu’Israël a sa racine dans la pensée (Béria) et les anges dans la parole (Yetsira), et que Daat doit atteindre la pensée avant la parole, les anges ne peuvent pas dire « Saint » avant qu’Israël ne le fasse.
Selon la note de Kehot, Or HaTorah donne cette même raison, ainsi qu’une autre, qui semble renvoyer à un maamar antérieur de Torah Ohr : Israël et les anges correspondent aux Noms Mah et Ban, et le raffinement des anges vient après celui de Mah. La note conclut que les deux explications sont proches l’une de l’autre.
Maré mekomot
- 1ישראל עלו במחשבה · ב״ר בתחלתו.
- 2ישראל עלו במחשבה · Bereshit Rabbah 1:4
- 3ואף הנשמות . . והוא עולם הבריאה · ראה לקו״ש חי״ט ע׳ 413 הערה 24.
- 4דבר ה׳ ורוח פיו · Psalms 33:6
- 5לכך אין יכולים המלאכים לומר קדוש · באוה״ת בראשית כרך ז תתתע, א שהפי׳ כאן: ”פי׳ לפי שישראל עלו במחשבה והמלאכים נמשכו מן הדבור וא״א שיומשך בהדבור מקודם שיומשך בהמחשבה”, ושם (כנראה הכוונה להמבואר בתו״א לעיל בד״ה אוסרי לגפן) מפרש מצד שהם בחי׳ מ״ה וב״ן והבירור של המלאכים נעשה אחר הבירור דמ״ה, ומסיים: ”ואפ״ל דקרובים הענינים זל״ז”.
6ואמנם גם ישראל א״א להם לומר קדוש עד שיאמרו המלאכים קדוש כי עם היות מצד שרש נשמתן הם מבחי׳ מחשבה שלמעלה מעולם המלאכים.
Pourtant, Israël non plus ne peut dire « Saint » avant que les anges ne disent « Saint ». Car, bien que, du point de vue de la racine de leurs âmes, ils relèvent du niveau de la pensée, qui est au-dessus du monde des anges,
La dépendance joue aussi dans l’autre sens : Israël ne peut dire « Saint » avant que les anges ne le disent. Par la racine de leurs âmes, les enfants d’Israël relèvent de la pensée, au-dessus des anges.
אך מצד התלבשותם בגופות הרי הם בבחי׳ עולם העשייה שלמטה מטה מהמלאכים שהם מבחי׳ יצירה.
du point de vue de leur incarnation dans des corps, ils se trouvent toutefois au niveau du Monde d’Assiya (Action), bien au-dessous des anges, qui relèvent du niveau de Yetsira (Formation).
En tant qu’âmes incarnées dans des corps, ils se trouvent cependant dans le Monde d’Assiya, le domaine de l’action, bien au-dessous des anges de Yetsira. Dans leur état présent, ils sont inférieurs aux anges.
וא״כ הם צריכים לקבל הדעת ע״י המלאכים כדרך ההמשכה מבחי׳ הדבור לבחי׳ המעשה כו׳. וזהו ומקבלין דין מן דין.1
Ils doivent donc recevoir Daat (connaissance) par l’intermédiaire des anges, selon le mode de la descente du niveau de la parole vers le niveau de l’action, etc. Et c’est là [le sens de] « Et ils reçoivent les uns des autres ».
Puisque Daat descend de la parole à l’action, Israël, dans Assiya, doit le recevoir par l’intermédiaire des anges de Yetsira. Tel est le sens de la formule de la Kedoucha : « et ils reçoivent les uns des autres ».
ולכן מקדשי ליה כחדא דוקא כולם כאחד עונים וכו׳ (וזהו כתר יתנו לך מלאכים כו׳. ועמך ישראל וכו׳ יחד כו׳ דוקא.
C’est pourquoi ils Le sanctifient ensemble, précisément : « Tous, comme un seul, répondent », etc. (Et c’est là [le sens de] « Les anges Te donneront une couronne », etc., « et Ton peuple Israël », etc., « ensemble », etc., précisément.
C’est pourquoi la Kedoucha est prononcée par tous « comme un seul », les anges et Israël ensemble. La Kedoucha de la prière de Moussaf dit la même chose : « Les anges Te donneront une couronne », ceux d’en haut, et Ton peuple Israël, ceux d’en bas, « ensemble ».
ופי׳ כתר יתנו לך שע״י שנמשך הדעת בנפשם עי״ז נמשך ג״כ גילוי הכתר לז״א כי הדעת הוא חיצוניות הכתר.
Et le sens de « Les anges Te donneront une couronne » est que, lorsque Daat est attiré dans leurs âmes, la révélation de Kéter (la Couronne) est également attirée vers Zeir Anpin (les attributs émotionnels), car Daat est la dimension extérieure ('hitsoniyout) de Kéter.
La « couronne » donnée à D.ieu est Kéter : lorsque Daat est attiré dans les âmes, Kéter se révèle à Zeir Anpin, les attributs émotionnels divins. En effet, Daat est l’expression extérieure de Kéter.
ולכן כשהכתר נמנה אין הדעת נמנה2 כו׳ וכשצ״ל המשכת הדעת בהכרח שיותחל ההמשכה מהכתר וכשצ״ל נמשך למטה בהכרח שיומשך תחלה למעלה כמ״ש בכוונת ברוך שאמר)3
C’est pourquoi, lorsque Kéter est compté, Daat ne l’est pas, etc. Et lorsqu’il faut attirer Daat, cette descente doit nécessairement commencer par Kéter ; et lorsqu’il faut l’attirer vers le bas, il faut nécessairement l’attirer d’abord vers le haut, comme il est écrit dans la kavana (intention mystique) de Baruch She’amar.)
C’est pourquoi les dix Séfirot sont comptées soit avec Kéter, soit avec Daat, mais jamais avec les deux. Toute descente de Daat doit commencer par Kéter ; et ce qui doit parvenir en bas doit d’abord être attiré en haut, comme l’expliquent les intentions kabbalistiques (kavanot) de Baruch She’amar.
והנה כ״ז נמשך ע״י משה רבינו ע״ה שהוא הממשיך ומשפיע בחי׳ הדעת מריש כל דרגין עד סוף כל דרגין שיהי׳ עובר ונמשך בכל הבחי׳ מחדו״מ
Or, tout cela est attiré par l’intermédiaire de Moché Rabbénou, que la paix soit sur lui, qui attire et transmet le niveau de Daat depuis le commencement de tous les degrés jusqu’à leur terme, afin qu’il passe et soit attiré dans tous les niveaux de la pensée, de la parole et de l’action.
Tout cela s’accomplit par l’intermédiaire de Moché, qui attire Daat du niveau le plus élevé au plus bas. Il passe par tous les niveaux : pensée, parole et action.
(ועמ״ש במ״א ע״פ הרם את מטך45 וכו׳ שע״י קי״ס נמשך רעותא דלבא במחשבה דו״מ. והיינו ע״י הרם את מטך בחי׳ הדעת שעולה עד הכתר כו׳ וממשיך משם למחדו״מ ועמ״ש ע״פ וידבר משה כו׳ אל ראשי המטות):67
(Et voyez ce qui est écrit ailleurs au sujet du verset « Lève ton bâton », etc. : par la division de la mer des Joncs, le désir du cœur (re’outa deliba) fut attiré dans la pensée, la parole et l’action. C’est-à-dire par « Lève ton bâton », [qui désigne] le niveau de Daat, lequel s’élève jusqu’à Kéter, etc., et attire de là vers la pensée, la parole et l’action. Et voyez ce qui est écrit au sujet du verset « Moché parla », etc., « aux chefs des tribus ».)
La parenthèse renvoie aux explications de « Lève ton bâton » : lors de la division de la mer, le désir du cœur fut attiré dans la pensée, la parole et l’action par l’intermédiaire du bâton de Moché, qui représente Daat, s’élève jusqu’à Kéter et attire de là vers le bas. Elle renvoie aussi à l’explication de « Moché parla aux chefs des tribus » (matot), mot qui signifie également « bâtons ».
Bien qu’Israël ait ses racines au-dessus des anges, il se trouve à présent au-dessous d’eux et doit recevoir par leur intermédiaire ; les anges et Israël sanctifient donc D.ieu ensemble. Cette « couronne » fait descendre Kéter et Daat, et tout cela s’accomplit par l’intermédiaire de Moché.
Kéter et Daat sont interchangeables dans le décompte des dix Séfirot, car Daat est l’expression extérieure de Kéter au sein de l’intellect. Ainsi, la « couronne » donnée à D.ieu dans la Kedoucha et le Daat reçu par les âmes sont deux aspects d’une même descente, qui doit commencer en haut avant de pouvoir atteindre le bas.
Maré mekomot
- 1ומקבלין דין מן דין · Targum Jonathan on Isaiah 6:3
- 2כשהכתר נמנה אין הדעת נמנה · ראה משנת חסידים מס׳ בריאת א״ק פ״א מ״ד. לעיל מג, א. ולקמן (ביאור לד״ה יביאו לבוש מלכות) צא, ג. ובמ״מ לשם.
- 3כמ״ש בכוונת ברוך שאמר · בפע״ח. וראה סידור בפי׳ ברוך שאמר.
- 4ע״פ הרם את מטך · ראה תו״ח שמות קפא, א. ובאוה״ת פ׳ בשלח ע׳ תיז.
- 5הרם את מטך · Exodus 14:16
- 6ע״פ . . ראשי המטות · ראה אוה״ת פ׳ מטות ע׳ א׳רפא.
- 7אל ראשי המטות · Numbers 30:2
Les ordonnances comme « cheminement » ¶7
7וזהו ואלה המשפטים אשר תשים לפניהם. משפט הוא לשון הליכה1 כדמתרגם על פסוק כמשפט הראשון23 כהלכתא קדמייתא.45
Et voici [le sens de] « Et voici les ordonnances que tu placeras devant eux. » Michpat (ordonnance) est une expression de marche (halikha), comme [le Targoum] traduit le verset « selon la première manière (kamichpat harichon) » par « selon la première halakha (kehil’heta kadmaïta). »
Le maamar revient à présent au verset qui l’ouvre. L’Alter Rebbe comprend michpat (ordonnance) comme halakha, un mot issu de la racine signifiant « marcher », en s’appuyant sur le Targoum, qui rend « selon la première manière (michpat) » par « selon la première halakha ».
וההלכות הם לשון הליכות עולם לו.6 בחי׳ עליית העולמות עילוי אחר עילוי וכו׳. והיינו ע״י הדעת שהיא ההכרה וההרגשה באלקות ולכן נק׳ בשם הליכה.
Et les halakhot (lois) sont une expression de « Les marches (halikhot) du monde sont à Lui » : le niveau de l’élévation des mondes, degré après degré, etc. Et cela se réalise par Daat (connaissance), qui est la reconnaissance et le ressenti de la divinité ; c’est pourquoi on l’appelle « marche ».
Les Sages interprètent « Les marches (halikhot) du monde sont à Lui » comme « halakhot », les lois ; ainsi, la halakha est une forme de « marche ». Ici, cette marche est l’élévation des mondes de degré en degré, qui s’opère par Daat, la reconnaissance vécue de la divinité.
Les « ordonnances » (michpatim) sont les halakhot, un terme évoquant la « marche » : par Daat, les mondes s’élèvent de degré en degré.
La note de Kehot relève que la formulation du Targoum, « kadmaysa », citée ici, correspond à la leçon des éditions de l’époque de l’Alter Rebbe et antérieures, ainsi qu’à celle des éditions imprimées d’après des manuscrits, tandis que le Targoum imprimé aujourd’hui porte « kadma’ah ».
Maré mekomot
- 1וזהו ואלה המשפטים . . לשון הליכה · ראה אוה״ת משפטים ע׳ א׳קיט.
- 2כמשפט הראשון · וישב מ, יג. וראה באוה״ת פ׳ משפטים ע׳ א׳קיט שמביא הפסוק כמשפט הבנות יעשה לה ת״א כהלכת בנת ישראל יעביד לה . . וכן והקמות את המשכן כמשפטו . . תרומה כו, ל ית משכנא כהלכתיה. ע״ש.
- 3כמשפט הראשון · Genesis 40:13
- 4כהלכתא קדמייתא · כ״ה בדפוסים שהיו בזמן אדה״ז ולפניו. וכ״ה הלשון בדא״ח. אבל בתרגום הנדפס לפנינו הגירסא ”קדמאה”. [אבל בתרגומים שנדפסו מכת״י כמו הוצאת ברלינר וכו׳ הוא ”קדמייתא”].
- 5כהלכתא קדמייתא · Onkelos Genesis 40:13
- 6הליכות עולם לו · Habakkuk 3:6
Moché les place devant eux ¶8
C’est pourquoi les kelipot (écorces) n’ont pas le niveau de la faculté de Daat (connaissance), comme on le sait à propos de « Alors vinrent deux femmes prostituées », etc.,
Puisque Daat est mouvement et élévation, les kelipot, forces qui s’opposent à la sainteté, ne possèdent pas la faculté de Daat. Le texte évoque comme illustration connue les « deux femmes prostituées » qui se présentèrent devant le roi Chlomo ; le passage de Likkutei Torah cité dans la note de Kehot explique que le mauvais penchant ne possède que deux facultés intellectuelles, 'Hokhma et Bina, mais pas Daat.
והיינו לפי שהם יש ודבר ואין בהם בחי׳ הבטול מלמטה למעלה כו׳. ודעת והילוך זה נמשך ע״י למוד ההלכות שע״י שמעיין בהם להשיגן הטיב על בוריין.
et cela parce qu’elles sont un être distinct et une entité, et qu’elles ne possèdent pas le niveau de l’annulation de soi (bitoul) qui s’élève d’en bas vers le haut, etc. Or, ce Daat et ce mouvement sont attirés par l’étude des halakhot, lorsqu’on les examine pour les comprendre pleinement et en saisir avec justesse les fondements.
La kelipa manque de Daat parce qu’elle s’affirme comme un « quelque chose », sans l’annulation de soi qui s’élève vers D.ieu. À l’inverse, le Daat saint et le « mouvement » sont attirés par l’étude des halakhot et par l’effort visant à les comprendre clairement et en profondeur.
וה״ז גילוי דעת התורה במחשבת האדם ע״י זה זוכה להילוך במדרגות בהשגות גדולת א״ס ב״ה שיומשך בו בחי׳ הדעת.
C’est là le dévoilement du Daat de la Torah dans la pensée de l’homme ; grâce à cela, il mérite de progresser à travers les degrés dans la compréhension de la grandeur de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, de sorte que le niveau de Daat soit attiré en lui.
Une telle étude révèle dans l’esprit de l’homme le Daat propre à la Torah. Par elle, il progresse de degré en degré dans la compréhension de la grandeur de l’Infini, et Daat est attiré en lui.
(וז״ש בגמ׳ שאמר רב ששת חדאי נפשאי לך קראי3 לך תנאי כו׳. מעיקרא כי עביד אינש אדעתא דנפשיה קא עביד.
(Et c’est ce qui est rapporté dans la Guemara : Rav Chéchet dit : « Réjouis-toi, mon âme ! C’est pour toi que j’ai lu [l’Écriture], c’est pour toi que j’ai étudié [la Michna] », etc. « Au début, lorsqu’un homme agit, il agit ad’ata denafché [pour son propre intérêt]. »
Cette parenthèse évoque Rav Chéchet, qui révisait son étude et disait avec joie : « Réjouis-toi, mon âme, c’est pour toi que j’ai lu l’Écriture, c’est pour toi que j’ai étudié la Michna. » Le Talmud demande comment il pouvait dire « pour toi », alors que la Torah soutient le monde entier, et répond qu’au début, l’homme étudie ad’ata denafché, pour son propre intérêt.
פי׳ אדעתא דנפשיה היינו שיומשך בחי׳ הדעת בנפשו שתהי׳ נפשו דבוקה ומקושרת באלקותו ית׳ שזה נמשך ע״י עסק התורה). אשר תשים דהיינו משה ישפיע בחי׳ הדעת.
Le sens de ad’ata denafché est que le niveau de Daat soit attiré dans son âme, afin que son âme soit attachée et liée à Sa divinité, béni soit-Il ; cela est attiré par l’étude de la Torah.) « Que tu placeras » : c’est-à-dire que Moché transmettra le niveau de Daat.
L’Alter Rebbe interprète ad’ata denafché comme « le Daat de son âme » : l’étude de la Torah attire Daat dans l’âme et la lie à D.ieu. Il explique ensuite les mots « que tu placeras » : Moché transmet Daat.
לפניהם היינו לפנימיותם4 כי הדעת היא המשכת הפנימיות דוקא ונמשך עי״ז גילוי פנימיות המדות שהוא הקיום של המדות (ועמש״ל ע״פ מים רבים כו׳).
« Devant eux » (lifneihem), c’est-à-dire dans leur dimension intérieure (lifnimiyoutam). Car Daat consiste précisément à attirer la dimension intérieure (pnimiyout), et, par là, le dévoilement de la dimension intérieure des attributs émotionnels (midot) est attiré ; c’est ce qui assure la pérennité des attributs émotionnels. (Voir ce qui a été écrit plus haut au sujet du verset « Les grandes eaux », etc.)
« Devant eux », lifneihem, se lit lifnimiyoutam, « dans leur être intérieur », car Daat consiste à attirer l’intériorité. Il révèle la dimension intérieure des émotions, et c’est ce qui leur donne leur pérennité.
ולכן איתא בזוהר5 משה משה6 לא פסיק טעמא אברהם אברהם7 פסיק טעמא.89 כי אברהם הוא בחי׳ מדת האהבה וחסד כו׳. ויש פסיק והפסק בין אהבה דעשיה לאהבה דיצירה.
C’est pourquoi le Zohar rapporte : « Moché, Moché » — la cantillation ne comporte aucune séparation ; « Avraham, Avraham » — la cantillation comporte une séparation. Car Avraham représente l’attribut de l’amour et de 'Hessed (bonté), etc., et une séparation (pessik) interrompt l’amour du niveau d’Assiya (Action) et l’amour du niveau de Yetsira (Formation).
Lorsque la Torah répète le nom d’Avraham (« Avraham, Avraham »), un trait séparateur se trouve entre les deux mots, tandis qu’il n’y en a pas dans « Moché, Moché », comme le relève le Zohar. Avraham représente l’amour et 'Hessed, un attribut émotionnel ; l’amour au niveau d’Assiya est séparé de l’amour au niveau de Yetsira.
אבל משה שהוא בחי׳ הפנימיות לא פסיק טעמי׳ כי בבחי׳ הפנימיות אין חילוק כ״כ כו׳.
Mais Moché, qui représente la dimension intérieure, n’a pas de séparation dans sa cantillation, car, au niveau de la dimension intérieure, les distinctions ne sont pas si marquées, etc.
Moché représente la dimension intérieure, Daat ; à ce niveau intérieur, il y a peu de séparation d’un degré à l’autre. C’est pourquoi son nom est répété sans séparation.
(א״נ לפניהם ר״ל לבחי׳ פני אדם10 שהרי אע״ג שהם בחי׳ בהמה פני אריה פני שור כו׳ מ״מ ודמות פניהם פני אדם11 היינו בחי׳ דעת דבריאה ובבחי׳ פניהם ישים וימשיך בחי׳ המשכת הדעת הנמשך מלמעלה.
(Autre interprétation : lifneihem (« devant eux ») signifie : au niveau du visage (penei) de l’homme. Car, bien qu’ils soient du niveau de l’« animal » — « le visage d’un lion », « le visage d’un taureau », etc. —, néanmoins, « la ressemblance de leurs visages était un visage d’homme » : c’est le niveau du Daat de Béria (Création). Et dans le niveau de leurs visages, il placera et fera descendre le niveau de la transmission du Daat qui est transmis d’en haut.
Une seconde lecture de lifneihem : « vers leurs visages », le visage de l’homme. Même ceux qui sont qualifiés d’« animal », représentés avec « le visage d’un lion » et « le visage d’un taureau », comme les créatures du char céleste, ont « la ressemblance de leurs visages était un visage d’homme » : c’est le Daat de Béria. C’est dans ce « visage » que Moché place le Daat transmis d’en haut.
כי דעת זה דבריאה הוא כלי לאור הדעת הנמשך מלמעלה וכעין מ״ש בפ׳ ויקהל12 שרצון התחתון הנולד מהשכל הוא כלי להשראת רצון העליון שלמעלה מהשכל כו׳.
Car ce Daat de Béria est un réceptacle pour la lumière du Daat transmis d’en haut, comme ce qui est écrit dans la paracha de Vayakhel : la volonté inférieure, qui naît de l’intellect, est un réceptacle pour le repos de la volonté supérieure, qui se situe au-delà de l’intellect, etc.
Le Daat de Béria sert de réceptacle au Daat qui vient d’en haut. De même, comme l’explique Torah Ohr, paracha de Vayakhel, une volonté inférieure née de l’intelligence devient un réceptacle pour la volonté supérieure, qui dépasse l’intelligence.
ועוד מבואר בפ׳ מקץ ע״פ וזאת לפנים בישראל13 שיש בכל א׳ בחי׳ פנימיות וחיצוניות סתים וגליא כו׳ ובמ״א נתבאר ענין וכנפיהם פרודות14 בבחי׳ התחלקות משא״כ ופניהם כו׳ ע״ש.
Il est également expliqué dans la paracha de Mikets, à propos du verset « Et cela se faisait autrefois (lefanim) en Israël », qu’il existe en chacun une dimension intérieure et une dimension extérieure ('hitsoniyout), cachée et révélée, etc. Ailleurs, la notion de « leurs ailes étaient séparées » a été expliquée comme exprimant la division, contrairement à « leurs visages », etc. Voir là-bas.
Comme l’explique Torah Ohr, paracha de Mikets, chaque personne possède un côté intérieur, caché, et un côté extérieur, révélé. Ailleurs, les paroles d’Ézéchiel, « leurs ailes étaient séparées », sont expliquées comme exprimant la division, contrairement à « leurs visages », qui désigne le côté intérieur.
ולכן נאמר כי תקנה לשון יחיד. ועמ״ש ע״פ וקבל היהודים15 לשון יחיד. מיהו כאן תירץ ענין כי תקנה לשון יחיד בתירוץ אחר דקאי על משה כו׳.
C’est pourquoi il est dit « si tu achètes » au singulier. Voir ce qui est écrit à propos du verset « Et les Juifs acceptèrent » (vekibel), avec un verbe au singulier. Ici, toutefois, il répond à la question de savoir pourquoi « si tu achètes » est au singulier d’une autre manière : cela se rapporte à Moché, etc.
Puisqu’au niveau intérieur des « visages », Israël n’est pas divisé, la Torah peut dire « si tu achètes » au singulier, tout comme le livre d’Esther emploie un verbe au singulier dans « et les Juifs acceptèrent ». La glose relève que le maamar répond lui-même à la question autrement : « tu » désigne Moché.
וזהו משפטיך תהום רבה16 אדם ובהמה תושיע ה׳. פי׳ משפטיך שהם הלכות התורה שהם גבוהים מאד ע״כ יוכלו לימשך גם למטה מטה שעי״ז אדם ובהמה תושיע היינו לבחי׳ פני אדם שבבהמה כנ״ל).
Et c’est le sens de : « Tes jugements sont un grand abîme ; l’homme et l’animal, Tu les sauves, D.ieu. » Autrement dit, « Tes jugements », qui sont les lois de la Torah, sont très élevés ; ils peuvent donc être transmis jusque dans les endroits les plus bas. Ainsi, par cela, « l’homme et l’animal, Tu les sauves » : c’est-à-dire le niveau du visage de l’homme qui se trouve dans l’animal, comme indiqué plus haut.)
« Tes jugements sont un grand abîme » : les lois de la Torah sont si élevées qu’elles peuvent atteindre les endroits les plus bas. Ainsi, « l’homme et l’animal, Tu les sauves » : ils sauvent même le « visage de l’homme » qui se trouve dans l’« animal ».
ולכן המשכת הדעת לבחינת בהמה נמשך דוקא ע״י משה להיותו מבחי׳ דעת עליון בחי׳ סוכ״ע שלמעלה גם מבחי׳ נשמות הנק׳ זרע אדם שהם מבחי׳ דעת תחתון דממכ״ע
C’est pourquoi la transmission du Daat au niveau de l’« animal » s’effectue précisément par Moché, puisqu’il relève du niveau du Daat supérieur, du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), lequel dépasse même le niveau des âmes appelées « la semence de l’homme », qui relèvent du niveau du Daat inférieur, de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin),
Le Daat ne peut atteindre le niveau de l’« animal » que par Moché, car son Daat est supérieur et relève de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin). Cela dépasse même les âmes d’Atsilout, « la semence de l’homme », dont le Daat est inférieur et relève de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin).
כי הוא סובב ומקיף (עמ״ש ע״פ לבבתני.1718 ולגבי המקיף שוה אדם ובהמה וכמו בשביעית שהיא עליות בבחי׳ סוכ״ע אדם ובהמה שוין שכשכלה לחיה מן השדה אין לאדם לאכול כו׳ כמ״ש במ״א ע״פ את שבתותי19 תשמרו):
car il entoure et enveloppe. (Voir ce qui est écrit à propos du verset « Tu as ravi mon cœur. » Et, par rapport à la lumière enveloppante, l’homme et l’animal sont égaux. Ainsi, durant l’année sabbatique, qui est une élévation au niveau de sovev kol almin, l’homme et l’animal sont égaux : lorsque la nourriture a disparu du champ pour les bêtes sauvages, l’homme n’a pas le droit d’en manger non plus, etc., comme il est écrit ailleurs à propos du verset « Vous observerez Mes Chabbat ».)
Une lumière enveloppante entoure tous les niveaux de manière égale ; devant elle, l’homme et l’animal sont donc identiques. L’année sabbatique en est une illustration : c’est une élévation au niveau de sovev kol almin, où l’homme et l’animal sont égaux, car dès qu’une récolte a disparu du champ pour les bêtes sauvages, les hommes ne peuvent plus en manger non plus.
Daat est attiré par l’étude des halakhot et atteint l’être intérieur de chaque Juif ; Moché peut l’apporter même au niveau dit « animal », car son Daat supérieur relève de la lumière enveloppante, devant laquelle l’homme et l’animal sont égaux.
Le maamar referme le cercle qu’il avait ouvert : Moché, dont le Daat est Daat supérieur et sovev, est celui qui « place les lois devant eux », apportant Daat dans l’être intérieur de toutes les âmes, y compris celles qui sont qualifiées d’« animales », car devant ce qui entoure tous les mondes, l’homme et l’animal sont égaux. Cela explique pourquoi Moché seul transmet Daat aux « animaux », et pourquoi la connaissance du dévoilement final, lorsque « tous Me connaîtront », lui est liée en tant que dernier libérateur (3.5).
Maré mekomot
- 1הקליפות אין להם בחי׳ מוח הדעת · ראה לקו״ת פ׳ חוקת ס, ג דשם מבאר שביצה״ר יש רק ב׳ מוחין חו״ב ולא מוח הדעת ע״ש. ובאוה״ת פ׳ משפטים ע׳ א׳קה.
- 2אז תבואנה שתים נשים זונות · I Kings 3:16
- 3חדא נפשאי לך קראי · Pesachim 68b:13
- 4לפניהם היינו לפנימיותם · זה מתאים למ״ש בהל׳ ת״ת לרבנו הזקן פ״ד הי״ח (שיחה פ׳ משפטים תשכ״ז). ראה אוה״ת משפטים ע׳ א׳קכ.
- 5ולכן איתא בזוהר · ח״ג קפז, ב. ראה אוה״ת פ׳ שמות ע׳ סא.
- 6משה משה · Exodus 3:4
- 7אברהם אברהם · Genesis 22:11
- 8אברהם אברהם פסיק טעמא · עי׳ אגה״ק סי׳ טו. אוה״ת שמות ע׳ נט. סה״מ תר״ל ע׳ נו. ד״ה וספרתם תרס״ו ע׳ רטז.
- 9משה משה לא פסיק טעמא אברהם אברהם פסיק טעמא · Zohar, Balak 6:51–59
- 10א״נ לפניהם ר״ל לבחי׳ פני אדם · ראה אוה״ת פ׳ דברים ע׳ לב.
- 11ודמות פניהם פני אדם · Ezekiel 1:10
- 12וכעין מ״ש בפ׳ ויקהל · לקמן פח, א.
- 13וזאת לפנים בישראל · Ruth 4:7
- 14וכנפיהם פרודות · Ezekiel 1:11
- 15וקבל היהודים · Esther 9:23
- 16משפטיך תהום רבה · Psalms 36:7
- 17ע״פ לבבתני · לקו״ת שה״ש ל, א.
- 18לבבתני · Song of Songs 4:9
- 19ע״פ את שבתותי · ראה לקו״ת בהר מד, א ואילך.
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Le maamar en tire lui-même la leçon : la méditation sur l’unité de D.ieu ne doit pas rester une « audition », comprise mais lointaine. Il faut « regarder », s’y attarder jusqu’à la ressentir et à l’ancrer dans le cœur, de sorte que l’esprit ne puisse s’en détourner et que l’on s’attache à D.ieu dans toutes ses affaires. On acquiert un tel Daat en étudiant les halakhot en profondeur jusqu’à les maîtriser clairement ; cela fait pénétrer le Daat de la Torah dans l’esprit et l’âme.
Questions à discuter
- Selon le maamar, comment se fait-il qu’une personne puisse comprendre profondément l’unité de D.ieu et pourtant se laisser entraîner par ses désirs dès qu’elle cesse d’y penser ?
- Quelle est la différence entre l’« audition » et la « vue » dans la méditation, et comment le « Considère trois choses » de la Michna l’exprime-t-il ?
- Pourquoi les anges sont-ils appelés des « animaux », et pourquoi ni les anges ni Israël ne peuvent-ils dire « Saint » sans l’autre ?
- Comment le Daat supérieur de Moché, qui relève de la lumière enveloppante, explique-t-il que lui seul puisse apporter le Daat aux âmes appelées « animales » ?
- En quel sens les halakhot sont-elles un « cheminement », et comment leur étude fait-elle pénétrer le Daat dans l’âme ?