Likkutei Torah · Parshas Vayikra · Maamar 5
ביאור הדברים הנ״ל ע״פ ולא תשבית מלח וגו׳
Explication de ce qui précède, à propos de « Tu n’omettras pas le sel »
L’idée centrale
L’essence de l’âme, qui se situe au-delà de l’intellect, s’unit à l’essence de D.ieu par l’étude de la Torah, car la Lumière infinie est revêtue dans la sagesse de la Torah. La Torah révélée est le « pain », dont l’intellect peut saisir l’essence ; la Torah intérieure est le « sel », qui n’a pas de goût propre, mais donne sa saveur à l’ensemble, suscite la crainte de la faute et affine et élève l’âme animale.
Le maamar en bref
En expliquant le maamar précédent sur le sel des offrandes, le maamar montre d’abord que l’intellect, et même la volonté, ne sont que des réceptacles de l’essence de l’âme, lumière simple ; de même, la 'Hokhma supérieure n’est qu’un réceptacle de la Lumière infinie, ce qui permet de concilier l’affirmation du Rambam, « Il est la connaissance », avec l’objection du Maharal. Puisque la Lumière infinie réside dans la sagesse de la Torah, lier son intellect à une loi de la Torah unit l’essence de l’âme à celle de D.ieu, comme le fait le sacrifice de soi ; la prière et le Chéma doivent précéder l’étude, afin que le cœur le désire véritablement. La loi révélée, dont l’intellect saisit pleinement le sujet matériel, réalise cela au plus haut degré ; l’Écriture, la Aggada et la Kabbale ne sont saisies que dans leur existence, mais elles atteignent une source plus élevée. Cela explique la division de l’étude en tiers et l’image du pain, de la viande et du sel. Le sel, enraciné dans les Guevourot d’Abba, détruit le mal, préserve le bien et adoucit le jugement ; il est l’« alliance » qui unit les mondes. Le maamar explique pourquoi la matsa, le « pain de misère » de la foi simple, n’est pas salée, puis s’achève sur les marins qui tracent une voie à travers la mer et sur l’ouverture de la mer.
Plan
- L’âme au-delà de son intellectL’intellect et la volonté sont des réceptacles de l’essence simple de l’âme ; la 'Hokhma supérieure est un réceptacle de la Lumière infinie ; le Rambam et le Maharal ont tous deux raison ; la Yé'hida est enracinée au-delà de la 'Hokhma.¶1–4
- Le sacrifice de soi et l’étude de la TorahLe sacrifice de soi procède de l’essence de l’âme ; puisque la Lumière infinie est revêtue dans la sagesse de la Torah, l’étude de la Torah unit l’essence de l’âme à D.ieu et répond ainsi à « de toute ta force ».¶5–8
- L’étude de la Torah dans l’annulation de soiL’étude incessante des Sages ; la Torah revêtue dans les lois matérielles ; l’annulation, à l’opposé de la création d’un « vide » ; le kav et la révélation future ; l’étude pour la Torah elle-même, précédée du Chéma et de la prière, et associée à la bonté.¶9–16
- La Torah révélée et la KabbaleDans la loi révélée, l’intellect saisit l’essence de la sagesse de D.ieu ; en Kabbale, il n’en connaît que l’existence ; Pri Etz Chaim fait correspondre l’Écriture, la Michna, le Talmud et la Kabbale aux quatre mondes ; pourquoi, dès lors, étudier la Torah intérieure ? L’Écriture est comptabilisée même sans compréhension.¶17–22
- L’Écriture, la Torah intérieure et les tiers de l’étudeL’Écriture attire une lumière provenant d’au-delà de la 'Hokhma par ses seules lettres ; les Aggadot et la Kabbale se rattachent à l’Écriture ; la division de l’étude en tiers ; la Torah révélée comme pain et viande, et la Torah intérieure comme sel.¶23–30
- Le sel, la crainte de la faute et l’allianceLe Midrach suscite la crainte de la faute ; entrevoir un niveau supérieur dépasse l’essence d’un niveau inférieur ; le sel comme alliance d’amour au-delà de la raison ; le blé et les 'houmtin ; le pain avec du sel, la soif de l’amour et le remède de l’eau ; le sel des offrandes qui affine l’âme animale.¶31–39
- Le sel qui détruit et préserveLes Guevourot d’Abba ; il suffit que l’offrande de l’âme animale soit salée ; le sel comme eau et feu, 'Hessed et Guevoura ; la lumière bleue qui consume ce qui est séparé et vivifie ce qui est annulé ; le sel d’Élicha et les eaux inférieures élevées au rang d’eaux vives.¶40–48
- Adoucir le jugement et le pain de misèreLe sel guérit les eaux amères de l’âme animale et adoucit les jugements d’Elokim ; le sel comme trois Noms Havaya, 'holèm et force ; pourquoi la matsa, pain de misère et de foi simple, est dépourvue de sel jusqu’à ce que Daat l’enrichisse.¶49–57
- L’alliance qui unit les mondesL’enseignement du Maguid : l’alliance de sel d’Aharon unit les mondes ; le Sinaï comme mariage du supérieur et de l’inférieur ; la nuit de veille et la matsa comme le récepteur dans l’attente ; le sel appartient aux offrandes, après que la lumière a été attirée vers le bas.¶58–66
- Les marins et l’ouverture de la merLes âmes traversent la « mer » cachée sur des navires de Torah et de mitsvot, guidés par le flux divin ; le joug du Ciel précède le joug des mitsvot ; l’ouverture de la mer, par la lumière de Kéter, transforme la mer en terre ferme : le septième jour de Pessa'h.¶67–71
Notions clés
- L’essence de l’âmeעצמיות הנפש
- L’âme elle-même, lumière simple au-delà de ses dix forces ; l’intellect, les émotions et même la volonté ne sont que ses réceptacles ou ses vêtements.
- La 'Hokhma comme réceptacleחכמה כלי לאור א״ס
- Même la 'Hokhma supérieure n’est qu’un réceptacle de la Lumière infinie ; pourtant, dans Atsilout, D.ieu ne fait qu’un avec elle, de sorte que celui qui saisit la sagesse de la Torah s’unit à D.ieu.
- Saisir l’essence et connaître l’existenceהשגת המהות וידיעת המציאות
- Dans la loi révélée, l’intellect saisit ce qu’est une chose ; en Kabbale et dans l’Écriture, il sait seulement qu’une chose existe, mais cette connaissance atteint une source plus élevée.
- Le selמלח
- La Torah intérieure et la crainte de D.ieu : il n’a pas de goût propre, mais donne du goût, détruit le mal et préserve le bien, adoucit les jugements et constitue l’« alliance » qui unit le supérieur et l’inférieur.
- Le pain de misèreלחם עני
- La matsa : le stade de la foi simple, sans compréhension, comme la lune qui ne possède rien en propre et doit ensuite être enrichie par Daat.
- Le monde caché et le monde révéléעלמא דאתכסיא ועלמא דאתגליא
- La « mer » et la « terre ferme » : le domaine de la divinité cachée, que l’on traverse sur les navires de Torah et de mitsvot, et le domaine révélé dans lequel nous vivons.
L’âme au-delà de son intellect ¶1–4
Explication des idées mentionnées ci-dessus, à propos du verset : « Et tu ne supprimeras pas le sel », etc.
Ce maamar apporte une explication supplémentaire du discours mentionné ci-dessus sur Lévitique 2:13 : « Et tu ne supprimeras pas de dessus ton offrande de farine le sel de l’alliance de ton D.ieu. » Il entreprend d’éclaircir plus pleinement les idées qui y étaient soulevées.
Le titre présente ce maamar comme une explication du discours antérieur sur le verset relatif au sel de l’alliance.
Selon la note de Kehot, ce maamar date de l’année 5571 (1810–1811). Une autre transcription figure dans Sefer HaMaamarim 5571, d’après un manuscrit de la main du Tséma’h Tsédek ; une version remaniée par le Tséma’h Tsédek est imprimée dans Or HaTorah, Inyanim, et une partie en paraît dans la série Mayim Rabbim de 5636.
Maré mekomot
- 1ביאור . . ולא תשבית · מאמר זה הוא משנת תקע״א. הנחה אחרת בסה״מ תקע״א מגוכתי״ק הצ״צ. מאמר זה בשינויים מכ״ק אדהצ״צ נדפס באוה״ת-ענינים ע׳ רפח, ומתחיל: ענין העבודה ומצות ת״ת. חלק מהמאמר נמצא ג״כ בהמשך מים רבים תרל״ו פרק קפה ראה בהנסמן להלן ד, ג שו״ה חכמתו.
- 2
2הנה בס׳ של בינונים פ״ג [פרק ג׳] נתבאר1 בענין הנפש שהיא כלולה מעשר בחינות כנגד ע״ס [עשר ספירות] עליונות2 כו׳, וכן פי״ב נת׳ [נתבאר] מהות ועצמות נפש3 האלהית שהן עשר בחינותיה4 כו׳.
Or, dans le Sefer shel Beinonim [Tanya], au chapitre 3, il est expliqué au sujet de l’âme qu’elle se compose de dix niveaux correspondant aux dix Séfirot supérieures, etc. De même, au chapitre 12, il est expliqué quelle est la nature et l’essence même de l’âme divine, à savoir ses dix niveaux, etc.
L’Admour Hazaken commence par s’appuyer sur son propre Tanya, également appelé Sefer shel Beinonim (« Livre des hommes intermédiaires »). Le chapitre 3 y enseigne que chaque âme se compose de dix facultés parallèles aux dix Séfirot, et le chapitre 12 présente ces dix facultés comme l’essence de l’âme divine.
אך באמת חסר שם ולא נתבאר איך שגם החכמה שהיא ראשית שבעשר בחינות הנ״ל הוא רק בחי׳ כלי בלבד לעצמיות ומהות הנפש.
Mais, en vérité, il manque là quelque chose : il n’est pas expliqué comment même 'Hokhma (sagesse), qui est le premier des dix niveaux mentionnés ci-dessus, n’est que le niveau d’un réceptacle pour l’essence et la nature même de l’âme.
Ici, il dit que cet exposé omet un point : même 'Hokhma, la plus élevée des dix facultés de l’âme, n’est qu’un réceptacle de la véritable essence de l’âme, et non cette essence elle-même.
כמו שהמוח הגשמי הוא רק כלי לכח השכל והחכמה המתפשט מהנפש. כך עד״ז [על דרך זה] כח השכל שבנפש הוא רק כלי למהות ועצמיות הנפש.5 (ועמ״ש בד״ה פתח אליהו).6
De même que le cerveau physique n’est qu’un réceptacle pour la faculté intellectuelle et la sagesse qui se déploient à partir de l’âme, de même, la faculté intellectuelle de l’âme n’est qu’un réceptacle pour l’essence et la nature même de l’âme. (Voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Pata’h Éliyahou » [« Éliyahou ouvrit »].)
L’analogie est la suivante : le cerveau physique n’est que l’instrument par lequel s’exerce l’intellect de l’âme ; de même, l’intellect n’est que l’instrument par lequel l’essence de l’âme s’exprime. La parenthèse renvoie au discours « Pata’h Éliyahou » dans Torah Ohr, où ce point est expliqué.
אבל לא שהשכל הוא ממהות ועצמיות הנפש. שהרי השכל אינו שוה באדם בכל עת שפעמים צלול דעתו ופעמים לא כן עד שפעמים ידבר שטותים וא״כ [ואם כן] יש בהשכל שינויים רבים,
Mais cela ne signifie pas que l’intellect relève de l’essence et de la nature même de l’âme. En effet, l’intellect d’une personne n’est pas identique à tout moment : parfois son esprit est clair, parfois il ne l’est pas, au point qu’il lui arrive de dire des absurdités. Il y a donc de nombreux changements dans l’intellect.
La preuve que l’intellect n’est pas l’essence de l’âme est qu’il change. Une personne pense clairement à un moment et moins clairement à un autre, et peut même dire des absurdités, tandis que l’essence de l’âme ne change pas.
ולכן א״א [אי אפשר] לומר שהשכל הוא עצמיות הנפש ממש ושעצמיות הנפש הוא רק עשר בחינותי׳ [בחינותיה] שהן שכל ומדות או אפי׳ [אפילו] לומר שהיא מציאות א׳ והוא שכל
Il est donc impossible de dire que l’intellect constitue véritablement l’essence même de l’âme, que l’essence même de l’âme ne se réduit qu’à ses dix niveaux, qui sont l’intellect et les attributs émotionnels (midot), ou même de dire qu’elle est une entité unique et que cette entité est l’intellect.
On ne peut donc identifier l’âme à son intellect, ni la définir comme ne se réduisant qu’à ses dix facultés intellectuelles et émotionnelles, ni même la désigner comme une faculté unique qui serait l’intellect.
אלא שהשכל הוא רק כלי לבד ואפילו בחי׳ רצון שיש בנפש למעלה מהשכל כמו ענין שתוק כך עלה7 כו׳ ג״כ נק׳ קרקפתא או גלגלתא דחפיא על מוחא שהוא גם כן בחי׳ כלי
Mais l’intellect n’est qu’un réceptacle, rien de plus. Même le niveau de volonté présent dans l’âme, supérieur à l’intellect — comme dans l’expression « Tais-toi ; ainsi en a-t-il été décidé [dans la pensée] », etc. — est également appelé karkafta ou gulgolta (crâne), qui recouvre le cerveau et constitue lui aussi un niveau de réceptacle.
Même la volonté, qui se situe au-dessus de l’intellect, n’est qu’un réceptacle. La formule talmudique « Tais-toi ; ainsi en a-t-il été décidé dans la pensée », réponse de D.ieu à Moché au sujet de la mort de Rabbi Akiva, exprime une volonté qui dépasse les raisons. Dans la Kabbale, ce niveau est appelé karkafta ou gulgolta, le crâne qui recouvre le cerveau : une image de ce qui enveloppe l’intellect en tant que réceptacle.
(ולכן אנו רואים שהשכל הולך ומתגדל שהתינוק שכלו קטן ביותר וכשמתגדל מעט מעט כך יתוסף הגדלת שכלו ומדותיו וזקני ת״ח [תלמיד חכם / תלמידי חכמים] כל מה שמזקינין דעתן מתיישבת89 כו׳.
(C’est pourquoi nous voyons que l’intellect ne cesse de se développer : celui d’un nourrisson est très limité et, à mesure qu’il grandit peu à peu, son intellect et ses attributs émotionnels se développent davantage. Quant aux érudits en Torah âgés, plus ils vieillissent, plus leur esprit s’affermit, etc.)
Une preuve tirée de l’expérience est donnée entre parenthèses : l’intellect se développe. L’esprit d’un bébé est très limité et mûrit à mesure qu’il grandit ; la Michna enseigne également que les érudits en Torah âgés ont l’esprit de plus en plus affermi à mesure qu’ils vieillissent.
והרי הנשמה היה בו גם מקטנותו ואם כן למה היה אז שכלו קטן. אלא הענין כי הנשמה עצמה היא למעלה מהשכל. והשכל הוא כח המתפשט ממנה וכדי שיהיה נמשך המשכה והתפשטות זה אל הגילוי הוא כשיש כלי להכיל
Or, l’âme était également présente en lui dès sa petite enfance ; pourquoi donc son intellect était-il alors limité ? Le point est que l’âme elle-même se situe au-dessus de l’intellect, et que l’intellect est une faculté qui se déploie à partir d’elle. Pour que ce déploiement et cette extension se poursuivent jusqu’à la révélation, il faut qu’il y ait un réceptacle capable de les contenir,
Pourtant, l’âme est présente dès la petite enfance ; si l’intellect était l’âme, un bébé aurait donc un esprit pleinement développé. La réponse est que l’âme elle-même dépasse l’intellect ; l’intellect est une faculté qui rayonne à partir d’elle et ne se révèle que dans la mesure où il existe un réceptacle pour le recevoir.
דהיינו כלי המוח שהוא כלי לאור השכל אזי הכלי הוא ממשיך לתוכו גילוי אור וכח השכל ובקטן מצד קטנות מוחו השכל מאיר בקטנות מאד כו׳, אבל הנשמה עצמה מלובשת בו גם מקטנותו ותחלת התהוותו).
à savoir le réceptacle du cerveau, qui est un réceptacle pour la lumière de l’intellect. Le réceptacle attire alors en lui la révélation de la lumière et de la force de l’intellect ; chez un jeune enfant, en raison de l’exiguïté de son cerveau, l’intellect ne brille que dans une très faible mesure, etc. Mais l’âme elle-même est revêtue en lui dès sa petite enfance et dès le tout début de son existence.)
Ce réceptacle est le cerveau. Le cerveau d’un jeune enfant ne laisse briller l’intellect que dans une faible mesure, mais l’âme elle-même est pleinement présente en lui dès qu’il commence à exister.
והנה מהות ועצמות הנפש היא חלק אלוה10 שאינו בגדר עשר בחינות שיש להן גדר מיוחד אלא אור פשוט כו׳,
Or, l’essence et l’être même de l’âme sont « une part de D.ieu » ; ils ne relèvent pas des dix niveaux, qui ont chacun une définition particulière, mais sont plutôt [une] lumière simple, etc.
L’essence de l’âme est « une part de D.ieu d’en haut » (Job 31:2). Elle n’est pas définie par les dix facultés, dont chacune a un caractère particulier, mais elle est une lumière simple et indivise.
וכן כתב הגאון מהר״ל [מהרוצה לומר] מפראג זצ״ל [זכר צדיק לברכה] בהקדמתו לס׳ גבורות ה׳ ד״ג ע״ג [על גבי] וז״ל [וזה לשונו] ואולי יאמרו אם אין עצמותו שכל וגשם11 ח״ו [חס ושלום] לומר עליו אם כן מהו יתברך.
C’est également ce qu’écrivit le Gaon, le Maharal de Prague, que le souvenir du juste soit une bénédiction, dans son introduction au livre Gevuros Hashem, folio 3, colonne c ; voici ses termes : « Peut-être diront-ils : si Son essence n’est pas intellect — et qu’Il ne soit pas un corps, à D.ieu ne plaise de dire cela de Lui —, qu’est-Il donc, béni soit-Il ? »
Le Maharal de Prague (Rabbi Yehudah Loew) apporte un appui à cette idée dans son introduction à Gevuros Hashem. Il anticipe une question : si l’essence de D.ieu n’est pas l’intellect, et qu’Il n’est certainement pas un corps, qu’est-Il donc ?
נשיב להם וכי הנשמה שבגוף האדם יוכל לעמוד על אמתתה. כל שכן וכל שכן בורא הכל שאין לשאול עליו קושיא זאת כי לא יראני האדם וחי12 עכ״ל [עד כאן לשונו].
Nous leur répondrons : peut-on parvenir à connaître la véritable nature de l’âme qui se trouve dans le corps d’un être humain ? À plus forte raison, à plus forte raison, le Créateur de tout : on ne saurait poser cette question à Son sujet, car « l’homme ne Me verra pas et vivra ». » Fin de ses paroles.
Le Maharal répond qu’un être humain ne peut saisir la véritable nature de sa propre âme ; à plus forte raison ne peut-il demander ce qu’est le Créateur, dont il est dit : « L’homme ne Me verra pas et vivra » (Exodus 33:20).
הרי ביאר שהנשמה עצמה היא למעלה ממהות שכל. והנה כמ״כ [כמו כן] יובן מזה הנמשל למעלה (כמ״ש הגאון הנ״ל) בענין ע״ס [עשר ספירות] עליונות לגבי המאציל א״ס [אין סוף] ב״ה.
Il a donc expliqué que l’âme elle-même est au-dessus de l’essence de l’intellect. De même, on comprendra par là ce qui correspond à cela en haut (comme l’écrivit le Gaon mentionné plus haut), au sujet des dix Séfirot supérieures par rapport à l’Émanateur, l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il.
Des paroles du Maharal, il ressort que l’âme est au-dessus de l’intellect. L’Alter Rebbe applique maintenant cette idée aux réalités supérieures : de même que l’âme est par rapport à ses facultés, ainsi l’Infini est par rapport aux Séfirot supérieures.
או שכמו שהוא למעלה כך הוא למטה בנפש (כמ״ש נעשה אדם בצלמנו13 כו׳ דקאי על הנשמה ועיין בשל״ה [בשני לוחות הברית] ד״ט וד״י [וד׳ יסודות]) שאפילו בחי׳ חכמה עילאה דאצילות היא רק בחי׳ כלי לבד לאור א״ס [אין סוף] ב״ה,
Ou bien, [on peut dire] que ce qui est en haut se retrouve ainsi en bas, dans l’âme (comme il est écrit : « Faisons l’homme à Notre image », etc., ce qui se rapporte à l’âme ; voir le Shelah, folio 9 et folio 10). [C’est-à-dire que] même le niveau de la 'Hokhma (sagesse) supérieure d’Atsilout n’est qu’un réceptacle pour la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il,
Ou bien, envisagée dans l’autre sens, l’âme d’en bas reflète l’ordre d’en haut, car « Faisons l’homme à Notre image » (Genesis 1:26) se rapporte à l’âme. Même la 'Hokhma supérieure d’Atsilout, première des Séfirot, n’est qu’un réceptacle pour la Lumière infinie.
אבל אינה עצמיותו של המאציל ב״ה כי הוא פשוט בת כלית הפשיטות, משא״כ בחי׳ חכמה הוא איזה מהות וגדר מיוחד.
mais elle n’est pas l’être même de l’Émanateur, béni soit-Il, car Il est simple au plus haut degré de simplicité, tandis que le niveau de la 'Hokhma possède une essence et une définition particulières.
La 'Hokhma ne peut être l’essence de D.ieu, car elle a un caractère défini, tandis que D.ieu est absolument simple et au-delà de toute définition.
Ce paragraphe soutient que l’intellect, et même la volonté, ne sont que des réceptacles de l’essence de l’âme, laquelle est une lumière simple au-delà de ses dix facultés. Il applique ensuite le même principe à D.ieu : même la 'Hokhma supérieure n’est qu’un réceptacle de la Lumière infinie.
Une note de Kehot ajoute une preuve supplémentaire : une essence ne peut être divisée, alors que l’âme possède à la fois l’intellect et les émotions, et que l’intellect lui-même se divise en 'Hokhma et Bina ; ceux-ci ne peuvent donc être l’essence indivisible de l’âme. Le discours de Torah Ohr « Pata’h Éliyahou » explique pourquoi le Tanya appelle néanmoins les facultés de l’âme son « essence » : c’est uniquement par comparaison avec la pensée, la parole et l’action, qui sont des vêtements entièrement distincts de l’âme. L’intellect et les émotions sont eux aussi des vêtements, mais ils sont unis à l’âme comme les réceptacles d’Atsilout ; on les appelle donc « tikounim », les formes dans lesquelles l’âme se déploie.
Maré mekomot
- 1הנה בס׳ של בינונים פ״ג נתבאר · ראה גם תו״א יג, ג. דרך מצותיך קנה, ב ובאוה״ת ענינים ע׳ קיג. קמג. ועוד.
- 2שהיא כלולה מעשר בחינות כנגד ע״ס עליונות · Tanya, Likkutei Amarim 3:1
- 3מהות ועצמות נפש האלקית · ראה סה״מ תקס״ב ע׳ קעט. סה״מ תרפ״ח ע׳ קטו.
- 4מהות ועצמות נפש האלהית שהן עשר בחינותיה · Tanya, Likkutei Amarim 12:3
- 5כח השכל שבנפש הוא רק כלי למהות ועצמיות הנפש · ”דהנה שכל ומדות אינם עצם הנפש, אלא לבושים להנפש, והראי׳ שהרי ידוע דכל עצם בלתי מתחלק, ומאחר ששייך שכל ומדות ובשכל גופא יש ג״כ חילוקים חו״ב, ומאחר שיש התחלקות מוכרח לומר שאינו עצם הנפש שהוא בלתי מתחלק”. — ראה בארוכה בסה״מ תרמ״ג ע׳ טו. ד״ה אשרינו תרצ״ו ע׳ 53. בארוכה באוה״ת בראשית כרך ג תקכא, א ואילך.
- 6בד״ה פתח אליהו · תו״א יג, ג.
- 7שתוק כך עלה · Menachot 29b
- 8וזקני ת״ח כל מה שמזקינין דעתן מתיישבת · סוף קנים.
- 9כל מה שמזקינין דעתן מתיישבת · Mishnah Kinnim 3:6
- 10חלק אלוה · Job 31:2
- 11ואולי יאמרו אם אין עצמותו שכל וגשם · Gevurot Hashem, Second Introduction to Gevurot Hashem 18
- 12
- 13כך נעשה אדם בצלמינו · Genesis 1:26
3ואנת חכים1 זהו השפלה וענוה שמשפיל א״ע [את עצמו] כביכול להיות מתלבש בחכמה ואזי איהו וחיוהי וגרמוהי חד2 ולא כמו התלבשות הנפש בשכל.
Et « Tu es sage » : cela exprime un abaissement et une humilité, en ce qu’Il s’abaisse, pour ainsi dire, afin de se revêtir dans 'Hokhma ; alors, « Lui, Ses forces vitales et Ses réceptacles sont un », et [cela] n’est pas comparable au revêtement de l’âme dans l’intellect.
Le Tikkouné Zohar dit de D.ieu : « Tu es sage, mais non d’une sagesse connue. » L’Alter Rebbe comprend « Tu es sage » comme l’humilité divine : D.ieu s’abaisse, pour ainsi dire, afin de se revêtir dans 'Hokhma ; là, l’union est complète (« Lui, Ses forces vitales et Ses réceptacles sont un »), contrairement à la manière dont l’âme se revêt dans son intellect.
ומ״מ [ומכל מקום] הוא רק כלי כו׳. וכמ״ש בס׳ של בינונים דמ״ש הרמב״ם [הרבי משה בן מימון]3 הוא המדע והוא היודע4 כו׳
Néanmoins, ce n’est qu’un réceptacle, etc. Comme il est écrit dans le Sefer shel Beinonim, à propos de ce qu’a écrit le Rambam : « Il est la Connaissance et Il est le Connaissant », etc.,
'Hokhma demeure néanmoins un simple réceptacle. Le Tanya cite l’affirmation du Rambam selon laquelle D.ieu « est la Connaissance et le Connaissant », ce qui signifie que Sa connaissance ne fait qu’un avec Lui.
והודו לו חכמי הקבלה, זהו דוקא בהתלבשות אור א״ס [אין סוף] ב״ה ע״י צמצומים רבים בכלים דחב״ד [דחכמה בינה ודעת] דאצי׳ [דאצילות] אך לא למעלה מהאצי׳ [מהאצילות] כו׳.
et les sages de la Kabbale furent d’accord avec lui : cela s’applique précisément au revêtement de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, par de nombreux tsimtsoumim, dans les réceptacles de 'Hokhma, Bina et Daat d’Atsilout, mais non au-dessus d’Atsilout, etc.
Le Tanya explique que cette unité, admise par les kabbalistes, ne vaut que lorsque la Lumière infinie se revêt, par de nombreux tsimtsoumim, dans les réceptacles de 'Hokhma, Bina et Daat d’Atsilout ; au-dessus d’Atsilout, on ne peut pas même décrire D.ieu comme étant sagesse.
כי הנה בהקדמה לספר גבורות ה׳ שם השיג לגמרי עמ״ש הרמב״ם [הרבי משה בן מימון] שהוא המדע כו׳, וז״ל [וזה לשונו]
Car, dans l’introduction au livre Gevuros Hashem, il réfuta entièrement ce qu’a écrit le Rambam, à savoir qu’Il est la Connaissance, etc. Voici ses paroles :
Dans l’introduction à Gevuros Hashem, le Maharal rejeta catégoriquement l’affirmation du Rambam, que l’Alter Rebbe cite maintenant.
אבל הוא ית׳ שקראו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] בשם הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] ולא נקרא השכל ב״ה כי אמיתת עצמותו לא נודע רק שהוא נבדל מכל גשם וגוף ומכל הנמצאים5
« Mais Lui, béni soit-Il, que nos Sages, de mémoire bénie, ont appelé “le Saint béni soit-Il”, n’est pas appelé “l’Intellect, béni soit-Il” ; car la vérité de Son essence n’est pas connue. On sait seulement qu’Il est distinct de toute matière et de tout corps, ainsi que de tout ce qui existe. »
Selon les paroles du Maharal, les Sages appellent D.ieu « le Saint béni soit-Il », et jamais « l’Intellect, béni soit-Il », car Son essence est inconnue ; tout ce que l’on sait, c’est qu’Il est distinct de toute chose.
ועל זה נאמר הקדוש ב״ה שענין קדוש נאמר על מי שהוא נבדל כי הוא יתברך פשוט בתכלית הפשיטות כו׳ יעו״ש [יעויין שם] שהאריך להשיג לגמרי ע״ד [על דרך] הרמב״ם [הרבי משה בן מימון] הנ״ל.
Et c’est à ce sujet qu’on dit « le Saint béni soit-Il », car le terme « saint » désigne celui qui est distinct ; car Lui, béni soit-Il, est absolument simple, de la plus extrême simplicité, etc. Voir là-bas, où il développe longuement sa réfutation complète des paroles du Rambam citées plus haut.
« Saint » (kadoch) signifie « distinct ». Ainsi, le nom choisi par les Sages indique précisément que D.ieu est d’une simplicité absolue et au-delà de toute définition, y compris celle de l’intellect.
אמנם לפי קבלת האריז״ל [האר״י זכרונו לברכה] עולה שדברי שניהם אמת, דבא״ס [דבאין סוף] ב״ה עצמו לא שייך כלל לתאר בחי׳ חכמה כי החכמה נחשבת אצלו כמו עשי׳ [עשיה] ממש וכדברי הגאון מהר״ל [מהרוצה לומר] שלכן נק׳ הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] כנ״ל.
Cependant, selon la Kabbale de l’Ari Zal, de mémoire bénie, il ressort que les paroles des deux sont vraies. Car, à propos de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, Lui-même, il ne convient nullement de décrire un niveau de 'Hokhma, puisque, devant Lui, 'Hokhma est considérée comme une action proprement dite (Assiya) ; cela correspond aux paroles du Gaon, le Maharal, selon lesquelles Il est appelé « le Saint béni soit-Il », comme mentionné plus haut.
La Kabbale de l’Ari Zal montre que les deux opinions sont vraies. Au sujet de l’Infini Lui-même, le Maharal a raison : devant Lui, même la sagesse est comme une simple action physique. Mais lorsqu’Il se revêt dans les Séfirot d’Atsilout, le Rambam a raison d’affirmer que Lui et Sa connaissance ne font qu’un.
Ce paragraphe confronte le point de vue du Rambam, selon lequel D.ieu ne fait qu’un avec Sa connaissance, à celui du Maharal, selon lequel D.ieu dépasse l’intellect ; en s’appuyant sur le Tanya et l’Ari Zal, il montre que chacun a raison à son propre niveau.
Au chapitre 2 du Tanya, dans sa glose, on établit la même distinction : l’affirmation du Rambam, admise par les kabbalistes, vaut pour la Lumière infinie lorsqu’elle se revêt dans les réceptacles de 'Hokhma, Bina et Daat d’Atsilout, mais non au-dessus d’Atsilout. Dans le passage complet de Gevuros Hashem, le Maharal ajoute que, puisque D.ieu est absolument simple et sans définition, rien n’est véritablement distinct de Lui.
Maré mekomot
- 1ואנת חכים · Tikkunei Zohar 17b:3–4
- 2איהו וחיוהי וגרמוהי חד · Tikkunei Zohar 3b:9–10
- 3וכמ״ש בס׳ של בינונים דמ״ש הרמב״ם · ראה בארוכה בדרך מצותיך מצות האמנת אלקות מו, ב. מצות עבד עברי פא, ב. פב, א בהג״ה שם. שורש מצות התפלה קל, ב ואילך.
- 4הוא המדע והוא היודע · Tanya, Likkutei Amarim 2:4–5
- 5שקראו רז״ל בשם הקב״ה ולא נקרא השכל ב״ה כי אמיתת עצמותו לא נודע רק שהוא נבדל מכל גשם וגוף ומכל הנמצאים · Gevurot Hashem, Second Introduction to Gevurot Hashem 14
4ומ״מ [ומכל מקום] בהתלבשות אור א״ס [אין סוף] ע״י צמצומים רבים בכלים דחב״ד [דחכמה בינה ודעת] דאצילות כיון דאיהו וחיוהי וגרמוהי חד בהון1 זהו מ״ש הרמב״ם [הרבי משה בן מימון] שהוא המדע והוא היודע כו׳ וכמאמר התיקונים אנת חכים2 ולא בחכמה ידיעא כו׳.
Néanmoins, lorsque la Lumière infinie (Or Ein Sof) s’habille, par de nombreux tsimtsoumim, dans les réceptacles de 'Hokhma, Bina et Daat d’Atsilout, puisqu’« Il, Ses forces vitales et Ses réceptacles sont un en eux », c’est ce qu’écrit le Rambam : « Il est la Connaissance et Il est Celui qui connaît », etc. ; et c’est aussi ce qu’énonce le Tikkounim : « Tu es sage, mais non par une sagesse connaissable », etc.
L’autre versant de la conciliation : à Atsilout, où la Lumière infinie s’habille dans 'Hokhma, Bina et Daat au moyen de nombreux tsimtsoumim, D.ieu est pleinement un avec ces réceptacles. C’est là que l’affirmation du Rambam, « Il est la Connaissance et Celui qui connaît », est vraie, de même que celle du Tikkouné Zohar : « Tu es sage, mais non par une sagesse connaissable. »
ואם כן מכ״ז [מכל זה] מובן מ״ש שהחכמה הוא רק כלי לאור א״ס [אין סוף] ב״ה:(והנה הגם שבתניא נתבאר3 שהנשמה נמשכה מבחי׳ חכמה שהוא המדע כו׳ כמו שהבן נמשך ממוח האב4 והחכמה היא בחי׳ כלי כנ״ל.
Ainsi, tout cela permet de comprendre ce qui a été dit : 'Hokhma n’est qu’un réceptacle pour la Lumière infinie, béni soit-Il. (Or, bien que le Tanya explique que l’âme est issue du niveau de 'Hokhma, qui est « la Connaissance », etc., comme un fils est issu du cerveau de son père, et que 'Hokhma est le niveau d’un réceptacle, comme indiqué plus haut,
Ainsi, 'Hokhma n’est qu’un réceptacle pour la Lumière infinie. Une longue parenthèse aborde maintenant une question : le Tanya (chapitre 2) dit que l’âme est issue de 'Hokhma, comme un enfant est issu du cerveau de son père ; si 'Hokhma n’est qu’un réceptacle, comment l’âme peut-elle lui être supérieure ?
אך י״ל [יש לומר] כי אע״פ [אף על פי] שהחכמה היא בחי׳ כלי מ״מ [מכל מקום] שורה בה עכ״פ [על כל פנים] א״ס [אין סוף] ב״ה עצמו שלמעלה מהחכמה וכמ״ש בס׳ של בינונים פל״ה בהג״ה [בהגהה]
on peut toutefois dire que, bien que 'Hokhma soit le niveau d’un réceptacle, l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, Lui-même, qui est au-dessus de 'Hokhma, y réside néanmoins, comme il est écrit dans le Sefer shel Beinonim, chapitre 35, dans la glose.
La réponse commence ainsi : bien que 'Hokhma soit un réceptacle, l’Infini Lui-même, qui est au-dessus de 'Hokhma, y réside, comme l’explique la glose du Tanya, chapitre 35.
ולכן גם בהנשמה הנמשכת מכלי ח״ע [חכמה עילאה] מלובש גם כן הארה מבחי׳ האור המלובש בכלי הח״ע [החכמה עילאה] דאיהו וחיוהי חד. וכמ״ש באגה״ק [באגרת הקודש]5 משל גשמי לזה כמו בהטפה נמשך בה גם ממהות הנפש ועצמותה המלובשת במוחין
C’est pourquoi, dans l’âme également, qui est issue du réceptacle de la 'Hokhma supérieure, est aussi habillée une illumination du niveau de la lumière qui est habillée dans le réceptacle de la 'Hokhma supérieure, car « Lui et Ses forces vitales sont un ». Comme il est écrit dans Iggeret HaKodesh, on peut en donner une analogie physique : dans la goutte [de semence] est également transmis [quelque chose] de l’essence même de l’âme, habillée dans le cerveau (mo'hin),
Ainsi, l’âme, issue du réceptacle de la 'Hokhma supérieure, porte également une illumination de la lumière habillée dans ce réceptacle, puisque D.ieu et Ses forces vitales sont un. L’analogie de l’Admour Hazaken, dans le Kountras A’haron du Tanya, est celle de la goutte de semence : à la différence d’une pensée ordinaire, elle entraîne avec elle quelque chose de l’essence même de l’âme du parent, telle qu’elle est habillée dans le cerveau.
ולכן מולידה בדומה לה ממש6 עכ״ל [עד כאן לשונו]. וזהו שנזכר לעיל שעצמיות ומהות הנשמה הוא למעלה מהשכל כו׳ והשכל אינו רק בחי׳ כלי לבד להנשמה עצמה.
« et c’est pourquoi elle engendre [une descendance] qui lui ressemble véritablement ». Fin de citation. C’est ce qui a été mentionné plus haut : l’être même et l’essence de l’âme sont au-dessus de l’intellect, etc., et l’intellect n’est que le niveau d’un réceptacle pour l’âme elle-même.
C’est pourquoi un parent engendre un enfant qui lui ressemble véritablement. Cela correspond à ce qui a été dit plus haut : l’essence de l’âme est au-dessus de l’intellect, et l’intellect n’est que son réceptacle.
אכן באמת בחי׳ יחידה היא נמשכה מלמעלה ממש מהחכמה, ועיין בזוהר ח״ג [חלק ג׳] נשא דקמ״א ע״ב ע״פ ויפח באפיו נשמת חיים7, ועיין בשע״ק [בשערי קדושה] להרח״ו [להרבי חיים ויטאל] ח״ג [חלק ג׳] ש״ב [של בינונים] שהיחידה שרשה מא״ק [מאדם קדמון]
Cependant, en vérité, le niveau de Yé'hida est issu d’en haut, véritablement au-dessus de 'Hokhma. Voir le Zohar, partie III, Nasso, folio 141b, sur le verset « Il insuffla dans ses narines le souffle de vie » ; voir aussi Sha’arei Kedushah de Rabbi ‘Haïm Vital, partie III, porte 2, où il est dit que la racine de la Yé'hida vient d’Adam Kadmon,
Pourtant, le niveau le plus élevé de l’âme, la Yé'hida (« l’unique »), provient véritablement d’au-dessus de 'Hokhma. Le texte renvoie au Zohar sur « Il insuffla dans ses narines le souffle de vie » (Genèse 2:7), ainsi qu’au Sha’arei Kedushah de Rabbi ‘Haïm Vital, qui situe la racine de la Yé'hida en Adam Kadmon, le premier et le plus élevé des stades de l’émanation.
והוא למעלה מעלה מהחכמה ועמ״ש על פסוק אלה מסעי89 בענין מוצאיהם למסעיהם,10 ועמ״ש במ״א11 על פסוק ולא אבה12 הוי׳ אלקיך לשמוע אל בלעם בענין האהבה מסותרת שהוא מבחי׳ קוצו של יו״ד שלמעלה מהחכמה כו׳):
qui est très, très au-dessus de 'Hokhma. Voir ce qui est écrit sur le verset « Voici les étapes », à propos de « leurs départs selon leurs étapes » ; voir aussi ce qui est écrit ailleurs sur le verset « Mais Havaya, ton D.ieu, ne voulut pas écouter Bilam », à propos de l’amour caché, qui relève du niveau de la pointe du Youd, au-dessus de 'Hokhma, etc.)
Adam Kadmon est très au-dessus de 'Hokhma. La parenthèse se clôt par deux renvois dans Likkutei Torah : au discours sur « Voici les étapes » (Massei), puis à celui sur « Mais Havaya, ton D.ieu, ne voulut pas écouter Bilam », qui explique que l’amour caché présent en chaque Juif provient de la pointe du Youd, le point au-dessus de 'Hokhma.
Ce paragraphe achève la conciliation du Rambam et du Maharal : à Atsilout, D.ieu est un avec 'Hokhma, mais 'Hokhma demeure un réceptacle. Une longue parenthèse explique comment l’âme, issue de 'Hokhma, porte néanmoins la lumière propre de D.ieu, et ajoute que son niveau le plus élevé, la Yé'hida, a sa racine bien au-dessus de 'Hokhma.
L’analogie de la goutte vient du Kountras A’haron du Tanya, dans l’essai sur Pri Etz ‘Haïm : une pensée ordinaire ne porte qu’une illumination de l’intellect, qui n’est lui-même qu’un vêtement de l’âme, tandis que la goutte puise dans l’essence de l’âme telle qu’elle est habillée dans le cerveau ; elle engendre ainsi un être qui lui ressemble. Le passage de Likkutei Torah sur « leurs départs selon leurs étapes » appelle Adam Kadmon « l’Adam de Béria », Atik et Arikh « l’Adam de Yetsira », et Atsilout dans son ensemble « l’Adam d’Assiya », relativement à la Lumière infinie elle-même ; cela montre à quelle distance Adam Kadmon se tient au-dessus d’Atsilout.
Maré mekomot
- 1דאיהו וחיוהי וגרמוהי חד בהון · Tikkunei Zohar 3b:9–10
- 2
- 3שבתניא נתבאר · פ״ב.
- 4כמו שהבן נמשך ממוח האב · Tanya, Likkutei Amarim 2:2
- 5וכמ״ש באגה״ק · בקו״א ד״ה להבין מ״ש בפע״ח [קנז, א]. [כ]. וראה בליקוט פי׳ שם.
- 6בהטפה נמשך בה גם ממהות הנפש ועצמותה המלובשת במוחין ולכן מולידה בדומה לה ממש · Tanya, Part V; Kuntres Acharon 4:31
- 7
- 8על פסוק אלה מסעי · לקו״ת מסעי צה, א.
- 9אלה מסעי · Numbers 33:1
- 10מוצאיהם למסעיהם · Numbers 33:2
- 11ועמ״ש במ״א ע״פ ולא אבה · לקו״ת כי תצא לח, ג. אוה״ת כי תצא ע׳ תתקפב ואילך.
- 12ולא אבה הוי׳ אלקיך לשמוע אל בלעם · Deuteronomy 23:6
Le sacrifice de soi et l’étude de la Torah ¶5–8
5ב והנה לפיכך בחי׳ ומדרגת מס״נ [מסירות נפש] שהוא ענין הביטול במציאות ממש לא״ס [לאין סוף] ב״ה נמשך דוקא מצד עצמיות הנפש שלמעלה מהשכל שבטלה לעצמיות א״ס [אין סוף] ב״ה שלמעלה מעלה גם כן מהחכמה1 כביטול הנר באבוקה.
2. Ainsi, le niveau et le degré du sacrifice de soi (messirout néfech), qui consiste en l’annulation de son existence même devant l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, procèdent précisément de l’essence même de l’âme, qui est au-dessus de l’intellect et s’annule devant l’essence même de l’Infini, béni soit-Il, laquelle est elle aussi infiniment au-dessus de 'Hokhma, comme la flamme d’une bougie s’annule dans celle d’une torche.
La section 2 en tire la conséquence pratique. Le sacrifice de soi (messirout néfech), qui consiste à renoncer entièrement à son existence devant D.ieu, procède uniquement de l’essence de l’âme, qui est au-dessus de l’intellect et s’incline devant l’essence de D.ieu, au-dessus de 'Hokhma, comme la flamme d’une bougie se perd dans celle d’une torche.
אבל לא די בבחי׳ השכל שבנפש לבד מאחר שאינו רק כלי וגם מקור החכמה הוא כלי בלבד לאלקות. וזהו בכל נפשך2 ממש ולא בחינת לבושים לבד מודומ״ע [מחשבה דבור ומעשה],
Mais le niveau de l’intellect de l’âme, à lui seul, ne suffit pas, puisqu’il n’est qu’un réceptacle ; même la source de 'Hokhma n’est qu’un réceptacle pour le divin. C’est là le sens de « de toute ton âme », au sens propre, et non seulement au niveau des vêtements que sont la pensée, la parole et l’action.
L’intellect seul ne peut produire cela, puisqu’il n’est qu’un réceptacle ; même la source de 'Hokhma n’est qu’un réceptacle pour le divin. Ainsi, « de toute ton âme » (Deutéronome 6:5) désigne l’âme elle-même, et non simplement ses vêtements que sont la pensée, la parole et l’action.
(ובזה מתורץ למה לא נמצא בתורה טעם על מס״נ [מסירות נפש]3 רק על אהבה כמ״ש לאהבה את4 ה׳ אלהיך כו׳ כי הוא חייך5 אלא שהוא מפני שהמס״נ [שהמסירות נפש] נמשך מצד הבחי׳ שלמעלה מהשכל א״כ [אם כן] איך שייך לומר ע״ז טעם ושכל).
(Cela résout la question de savoir pourquoi la Torah ne donne aucune raison au sacrifice de soi, mais en donne une à l’amour, comme il est écrit : « Aimer Havaya, ton D.ieu », etc., « car Il est ta vie ». C’est que le sacrifice de soi procède du niveau qui est au-dessus de l’intellect ; comment pourrait-on alors lui attribuer une raison et un fondement rationnel ?)
Cela explique pourquoi la Torah donne une raison d’aimer D.ieu (« car Il est ta vie », Deutéronome 30:20), mais aucune au sacrifice de soi : celui-ci procède d’un niveau qui est au-dessus de l’intellect, et ne peut donc s’expliquer par une raison.
ועפ״ז [ועל פי זה] יובן גם כן ענין ותלמוד תורה כנגד כולם,67 וגם מ״ש ודברת בם8 מיד לאחר בכל מאדך דמאדך
À la lumière de cela, on comprendra également ce que signifie « l’étude de la Torah équivaut à toutes les autres », ainsi que ce qui est écrit : « Tu en parleras », juste après « de toute ta force » : car « ta force »
Deux questions se posent alors. Pourquoi l’étude de la Torah « équivaut-elle à toutes » les mitsvot (Michna Pea 1:1) ? Et pourquoi le Chema dit-il « Tu en parleras », c’est-à-dire l’étude de la Torah, juste après « de toute ta force » ?
היינו אה״ר [אהבה רבה] בלי גבול ליכלל וליבטל בא״ס [באין סוף] ב״ה ואיך תתיישב צמאון אה״ר [אהבה רבה] זו ע״י ודברת בם כו׳ גם בפי׳ בכל נפשך שהוא מס״נ [מסירות נפש] ממש.
désigne un grand amour (ahava rabba) sans limite, qui aspire à être inclus dans l’Infini et à s’annuler devant Lui, béni soit-Il ; comment la soif de ce grand amour pourrait-elle donc être apaisée par « Tu en parleras », etc. ? Il en va de même pour l’interprétation de « de toute ton âme » comme désignant le sacrifice de soi au sens propre.
« De toute ta force » désigne un amour sans limite qui aspire à être absorbé en D.ieu. Comment l’étude de la Torah pourrait-elle satisfaire une telle soif ? La même question se pose à propos de « de toute ton âme », compris comme le sacrifice de soi au sens propre.
וידוע דיש גם כן עוד פי׳ דבכל נפשך היינו ג׳ לבושי הנפש מחשבה ודיבור ומעשה לקשרם במודומ״ע [במחשבה דבור ומעשה] של הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] ע״י עסק התורה ומצות.
Or, on sait qu’il existe également une autre interprétation : « de toute ton âme » désigne les trois vêtements de l’âme — la pensée, la parole et l’action — qu’il faut lier à la pensée, à la parole et à l’action du Saint béni soit-Il, en s’adonnant à l’étude de la Torah et à l’accomplissement des mitsvot.
Il existe une seconde interprétation, bien connue : « de toute ton âme » désigne les trois vêtements de l’âme — la pensée, la parole et l’action — que l’on lie à la pensée, à la parole et à l’action de D.ieu par l’étude de la Torah et l’accomplissement des mitsvot.
ואם כן איך ב׳ פירושים אלו שבתיבות בכל נפשך שייכים זל״ז [זה לזה]. והענין כי התורה היא חכמתו ית׳9 שבאצי׳ [שבאצילות] שבה מלובש אור א״ס [אין סוף] ב״ה ממש,
Comment ces deux interprétations des mots « de toute ton âme » sont-elles donc liées ? Voici l’explication : la Torah est la sagesse de D.ieu, qu’Il soit béni, dans Atsilout, et la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, y est véritablement revêtue.
Comment relier les deux interprétations — le sacrifice de soi et le fait de lier les vêtements de l’âme ? La réponse commence par la Torah elle-même : elle est la sagesse de D.ieu dans Atsilout, et la Lumière infinie elle-même y est revêtue.
(ולכן נקרא התורה משל הקדמוני10 שהיא בחי׳ ח״ע [חכמה עילאה] שהוא כלי לאור א״ס [אין סוף] ב״ה שהוא קדמונו של עולם כמ״ש מזה בדרוש פורים)11
(C’est pourquoi la Torah est appelée « la parabole de l’Ancien » : elle est le niveau de la 'Hokhma supérieure, qui est un réceptacle pour la Lumière infinie, béni soit-Il, Lui qui est « l’Ancien du monde », comme il est expliqué à ce sujet dans le discours pour Pourim.)
C’est pourquoi la Torah est appelée « la parabole de l’Ancien » (I Samuel 24:13) : elle est la 'Hokhma supérieure, le réceptacle de la Lumière infinie, « l’Ancien du monde ». Le texte renvoie au discours pour Pourim de Torah Ohr.
וחכמה דאצילות נתלבשה בחכמה דבי״ע [דבריאה יצירה עשיה] כדי להתלבש בהלכות הערוכות לפנינו שהם מדברים בענינים גשמיים דעשייה פיאה תרומות ומעשרות כו׳ יציאות השבת כו׳.
Et la 'Hokhma (sagesse) d’Atsilout s’est vêtue dans la 'Hokhma de Béria, de Yetsira et d’Assiya, afin de se vêtir dans les lois exposées devant nous, qui traitent de réalités matérielles d’Assiya : le coin du champ, les prélèvements et les dîmes, etc., les transports [d’un domaine à l’autre] pendant Chabbat, etc.
Cette sagesse supérieure descendit à travers la sagesse des mondes inférieurs, jusqu’à se vêtir dans des lois pratiques portant sur des réalités matérielles, telles que le coin du champ, les dons sacerdotaux et les dîmes, ainsi que les transports pendant Chabbat.
וכשהאדם לומד התורה ומבין ומשיג איזו הלכה לאשורה הרי חכמתו מתקשרת בחכמתו ית׳ שבהלכה זו. והיו לאחדים מכל צד ופנה12 כמ״ש בס׳ של בינוני׳ ח״א [חלק א׳] פ״ה.
Et lorsqu’une personne étudie la Torah, comprend et saisit correctement une loi, sa sagesse se lie à Sa sagesse, béni soit-Il, qui se trouve dans cette loi. « Et ils deviennent un, de tous côtés et sous tous les angles », comme il est écrit dans Sefer shel Beinonim, partie I, chapitre 5.
Lorsqu’une personne comprend véritablement une loi de la Torah, son esprit ne fait plus qu’un avec la sagesse de D.ieu qui s’y trouve. Le Tanya, chapitre 5, qualifie cette union de merveilleuse : « de tous côtés et sous tous les angles ».
Ce paragraphe montre que le sacrifice de soi procède de l’essence de l’âme, au-dessus de l’intellect, puis demande comment l’étude de la Torah, acte intellectuel, peut apaiser cet amour sans limite. Il amorce la réponse : la Torah est la sagesse propre de D.ieu, dans laquelle la Lumière infinie est revêtue et qui se décline en lois pratiques ; comprendre une loi unit ainsi l’intellect à la sagesse de D.ieu.
Le discours pour Pourim de Torah Ohr, auquel le texte renvoie, explique que « l’Ancien » désigne la Lumière infinie elle-même, au-delà des niveaux de la lumière qui remplit les mondes et de celle qui les entoure, lesquels ne sont qu’un rayonnement en rapport avec les mondes. Le passage parallèle de Torah Ohr sur le sacrifice de soi ajoute que « car Il est ta vie » ne peut en être la raison, puisque le sacrifice de soi signifie renoncer à sa vie ; il procède de l’amour caché au-dessus de Daat.
Maré mekomot
- 1שלמעלה מעלה גם כן מהחכמה · נתבאר באוה״ת ויקרא-ב ע׳ תקצו.
- 2בכל נפשך · Deuteronomy 6:5
- 3טעם על מס״נ · ראה תו״א צט, ב. הערת כ״ק אדמו״ר בסה״מ ה׳תש״ט ע׳ 121.
- 4לאהבה את ה׳ אלהיך כו׳ כי הוא חייך · Deuteronomy 30:20
- 5לאהבה את ה״א . . כי הוא חייך · Deuteronomy 30:2
- 6ות״ת כנגד כולם · פאה א, א.
- 7ותלמוד תורה כנגד כולם · Mishnah Peah 1:1
- 8ודברת בם · Deuteronomy 6:7
- 9והענין כי התורה היא חכמתו ית׳ · מכאן עד להלן ו, רע״א נמצא ג״כ בשינויים אחדים בהמשך מים רבים תרל״ו פרקים קפו-קפט. וראה שם ח״ב ס״ע תקיג ואילך.
- 10נקרא התורה משל הקדמוני · ראה אוה״ת וארא ע׳ קנב.
- 11כמ״ש מזה בדרוש פורים · תו״א צח, ב. ראה בלקו״ש ח״ז ע׳ 26 ואילך למה נזכר כאן בלשון בדרוש פורים. ע״ש בארוכה.
- 12והיו לאחדים מכל צד ופנה · Tanya, Likkutei Amarim 5:6–7
6והנה מבואר למעלה1 שעם היות הנשמה עצמה היא למעלה מהשכל מכל מקום עכ״פ [על כל פנים] השכל הוא כלי לעצמות הנשמה.
Or, il a été expliqué plus haut que, bien que l’âme elle-même soit au-dessus de l’intellect, l’intellect est néanmoins, en tout état de cause, un réceptacle pour l’essence même de l’âme.
Rappel de ce qui a été établi plus haut : l’âme est au-dessus de l’intellect, et pourtant l’intellect est un réceptacle pour l’essence de l’âme, qui s’y revêt.
וכן למעלה אע״פ [אף על פי] שאור א״ס [אין סוף] ב״ה הוא למעלה מגדר ובחי׳ חכמה אפילו מבחי׳ ח״ע [חכמה עילאה] דאצילות מ״מ [מכל מקום] מלובש הוא בח״ע [בחכמה עילאה] שהחכמה היא
De même, en haut : bien que la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, soit au-delà de toute définition et de tout niveau de 'Hokhma, même du niveau de la 'Hokhma suprême d’Atsilout, elle se revêt néanmoins dans la 'Hokhma suprême, car la 'Hokhma est
Il en va de même en haut : la Lumière infinie dépasse la 'Hokhma, même celle d’Atsilout, et pourtant elle se revêt dans la 'Hokhma suprême.
דוקא כלי לאור א״ס [אין סוף] ב״ה כמ״ש הטעם בס׳ של בינונים פל״ה בהג״ה [בהגהה] וכיון שכן הרי על ידי התקשרות ויחוד חכמה ושכל של הנשמה בחכמה שבתורה
précisément le réceptacle de la Lumière infinie, béni soit-Il, comme l’explique la raison dans Sefer shel Beinonim, chapitre 35, dans la note. Puisqu’il en est ainsi, par l’attachement et l’union de la sagesse et de l’intellect de l’âme avec la sagesse qui se trouve dans la Torah,
La 'Hokhma est le réceptacle dans lequel la Lumière infinie réside, comme l’explique la note de Tanya, chapitre 35. Il en découle une conséquence pour l’union de l’intellect de l’âme avec la sagesse de la Torah, que précisent les mots suivants.
שהיא חכמתו ית׳ עי״ז ממילא נעשה ג״כ התכללות ויחוד עצמיות הנשמה שלמעלה מהשכל באור א״ס [אין סוף] ב״ה ממש שלמעלה מעלה מבחי׳ ח״ע [חכמה עילאה] כיון דאור א״ס [אין סוף] ב״ה מלובש בח״ע [בחכמה עילאה] אשר היא הלכה זו.
qui est Sa sagesse, béni soit-Il, il se produit de ce fait aussi, automatiquement, l’inclusion et l’union de l’essence même de l’âme, qui est au-dessus de l’intellect, dans la Lumière infinie elle-même, bénie soit-Il, qui est infiniment au-dessus du niveau de la 'Hokhma suprême ; car la Lumière infinie, béni soit-Il, se revêt dans la 'Hokhma suprême, qui est cette loi.
Puisque la Torah est la sagesse de D.ieu, dans laquelle la Lumière infinie elle-même se revêt, celui qui unit son intellect à une loi de la Torah unit ainsi l’essence même de son âme, qui est au-dessus de l’intellect, à l’essence de D.ieu, infiniment au-dessus de la 'Hokhma.
Puisque l’âme se revêt dans son intellect et que D.ieu se revêt dans la sagesse de la Torah, l’union des deux intellects entraîne aussi l’union de l’essence de l’âme avec l’essence de la Lumière infinie.
La note de Tanya, chapitre 35, explique pourquoi la 'Hokhma est le réceptacle de la Lumière infinie : l’Infini est le véritable Un, seul, sans rien en dehors de Lui ; tel est le niveau de la 'Hokhma, comme l’Admour Hazaken l’a entendu de son maître.
Maré mekomot
- 1והנה מבואר למעלה · במים רבים תרל״ו שם: והנה נת״ל בפ׳ קפ״ה (ושם בפקפ״ה נמצא לשון הלקו״ת במדבר טז, סע״ב בשינויים אחדים).
7וגם נשמת האדם שלמעלה מהשכל שלו מלובשת בכח השכל שהרי הנפש נק׳ נפש המשכלת. א״כ [אם כן] בהתקשרות ויחוד שכל האדם בחכמת התורה.
L’âme humaine aussi, qui est au-dessus de son intellect, est investie dans la faculté intellectuelle, car l’âme est appelée « l’âme intellective ». Ainsi, dans l’attachement et l’union de l’intellect de l’homme avec la sagesse de la Torah,
L’âme humaine aussi est investie dans sa faculté intellectuelle ; c’est pourquoi elle est appelée « l’âme intellective ». C’est le fondement de ce qui se produit lorsque l’intellect d’une personne s’unit à la sagesse de la Torah.
נעשה גם כן יחוד עליון יותר מזה והוא התכללות עצמיות הנשמה בעצמיות אור א״ס [אין סוף] ב״ה.1
se réalise également une union supérieure à celle-ci, à savoir l’inclusion de l’essence même de l’âme dans l’essence même de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il.
Une union plus élevée se réalise alors également : l’essence même de l’âme est absorbée dans l’essence même de la Lumière infinie. Par l’étude de la Torah, une personne atteint donc le même niveau que le sacrifice de soi.
L’étude de la Torah unit non seulement l’intellect à l’intellect, mais aussi l’essence de l’âme à l’essence de D.ieu ; c’est pourquoi elle peut répondre à l’amour sans limites exprimé par « de toute ta force ».
Dans une note, le Rabbi ajoute que cette union de l’essence de l’âme par l’étude de la Torah se réalise lorsque l’étude est précédée de la récitation du Chema et de la prière, avec la disposition à donner son âme dans le mot « Un ». Le maamar lui-même l’indique plus loin : celui qui dit « Je n’ai que la Torah » ne possède même pas la Torah, car l’inclusion de l’âme dans la Lumière infinie par l’étude dépend du désir véritable du cœur de parvenir à cette annulation de soi.
Maré mekomot
- 1התכללות ויחוד עצמות הנשמה בעצמות אור א״ס · ראה לקו״ש-טו ע׳ 3 הערה 28 שמבאר שזהו ע״י הקדמת ק״ש ותפלה למס״נ באחד שאז כשעוסק בתורה כו׳ נעשה ג״כ יחוד והתכללות עצמיות הנפש כו׳ (ראה לקמן ה, א).
8וכ״ז [וכל זה] נעשה דוקא על ידי התקשרות השכל בחכמת התורה וזהו שאיתא דאורייתא היא היכלא עילאה דקוב״ה [דקודשא בריך הוא].1
Et tout cela s’accomplit précisément par l’attachement de l’intellect à la sagesse de la Torah. C’est ce qui est enseigné : la Torah est la chambre supérieure du Saint béni soit-Il.
Cette union de l’essence de l’âme avec D.ieu ne s’obtient que par l’attachement de l’intellect à la sagesse de la Torah. C’est pourquoi le Zohar appelle la Torah « la chambre supérieure » du Saint béni soit-Il : le lieu où Lui-même réside.
ואע״פ [ואף על פי] שהאדם אינו מרגיש כלל התכללות זו בשעת עסקו בתורה ועיקר עסקו וטרדתו הוא בהחכמה להשיגה ולא עוד
Et bien qu’une personne ne ressente nullement cette inclusion lorsqu’elle est occupée à étudier la Torah, et que son activité et sa préoccupation principales soient la sagesse, qu’elle cherche à saisir ; et non seulement cela,
Une objection se présente : lorsqu’une personne étudie la Torah, elle ne ressent rien de cette union. Elle s’emploie à comprendre le sujet, et cet effort occupe son esprit.
אלא שאפשר שיתערב מקצת ישות באמצע אם השכיל בטוב כו׳ מ״מ [מכל מקום] מאחר שעיקר כוונתו לשמה ובתורת ה׳ דוקא חפצו2
mais il se peut qu’un peu de sentiment de sa propre importance (yechout) s’y mêle en cours de route, si elle a bien compris, etc. ; néanmoins, puisque son intention principale est d’étudier pour elle-même, et que « son désir est » précisément « dans la Torah de D.ieu »,
De plus, si elle comprend bien, elle peut éprouver un peu d’orgueil. Ce qui compte pourtant, c’est que son intention principale soit d’étudier pour elle-même, car son « désir est dans la Torah de D.ieu » (Psaumes 1:2).
לכן עצמיות נשמתו נכללת בא״ס [באין סוף] ב״ה ואע״ג [ואף על גב] דאיהו לא חזי3 מזליה חזי. (ועמ״ש מכל זה בד״ה וידבר אלקים גבי חג השבועות4 ע״ש [עיין שם]).
l’essence même de son âme est donc incluse dans l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il ; et, bien qu’elle ne voie pas, son mazal voit. (Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Et D.ieu parla », pour la fête de Chavouot ; voir là-bas.)
L’essence de son âme demeure donc absorbée en D.ieu. Le Talmud dit des hommes qui accompagnaient Daniel et ne virent pas sa vision, mais furent saisis de crainte : « Bien qu’ils ne virent pas, leur mazal vit. » La racine de l’âme, en haut, perçoit ce que la personne ici-bas ne perçoit pas. La parenthèse renvoie au discours de Chavouot « Et D.ieu parla » dans Likkutei Torah.
ובזה יובן איך שני הפי׳ דבכל נפשך מישך שייכי אהדדי וגם דשייך ודברת בם תיכף לובכל מאדך.
On comprendra ainsi comment les deux interprétations de « de toute ton âme » sont liées l’une à l’autre, et aussi en quoi « Tu en parleras » se rattache immédiatement à « et de toute ta force ».
Les deux questions trouvent maintenant leur réponse. Les deux interprétations de « de toute ton âme » — le sacrifice de soi et l’attachement des facultés de l’âme par la Torah — sont liées ; il en va de même de « Tu en parleras », qui vient après « et de toute ta force ».
כי המס״נ [המסירות נפש] ליבטל ולהכלל בא״ס [באין סוף] ב״ה ובעסקו בתורה גם כן מתכללת נשמתו בא״ס [באין סוף] ב״ה כו׳
Car le sacrifice de soi (messirout néfech) consiste à s’annuler et à être inclus dans l’Infini, béni soit-Il ; et, lorsqu’il s’occupe de la Torah également, son âme est incluse dans l’Infini, béni soit-Il, etc.
Le sacrifice de soi signifie s’annuler et être absorbé en D.ieu ; l’étude de la Torah réalise elle aussi cette absorption de l’âme en D.ieu.
לכן ענין ודברת בם הוא המרוה צמאון האה״ר [האהבה רבה] דבכל מאדך ליבטל וליכלל בא״ס [באין סוף] ב״ה (ועמ״ש מענין עסק התורה בד״ה כי ביום הזה יכפר56 בפי׳ והיו הדברים האלה7 כו׳ ודברת בם ע״ש [עיין שם]):
C’est pourquoi « Tu en parleras » est ce qui étanche la soif du grand amour (ahava rabba) de « de toute ta force » : celle de s’annuler et d’être inclus dans l’Infini, béni soit-Il. (Voir aussi ce qui est écrit au sujet de l’étude de la Torah dans le discours commençant par « Car en ce jour Il fera expiation », dans l’explication de « Et ces paroles seront », etc., « Tu en parleras » ; voir là-bas.)
L’étude de la Torah assouvit ainsi l’amour sans limite de « de toute ta force » : la soif d’être absorbé en D.ieu. Le texte renvoie au discours sur « Car en ce jour Il fera expiation », qui explique « Et ces paroles seront… et tu en parleras ».
Ce paragraphe répond aux questions soulevées précédemment : puisque l’étude de la Torah unit l’essence de l’âme à D.ieu, même lorsque l’étudiant ne le ressent pas, elle accomplit le même désir que le sacrifice de soi ; il est donc juste qu’elle suive « de toute ta force ».
Le discours de Chavouot « Et D.ieu parla », dans Likkutei Torah (Bamidbar), explique qu’une faculté intellectuelle, même après s’être étendue de l’âme comme faculté distincte, demeure une avec l’âme, si bien que l’âme est désignée par son nom : « l’âme intellectuelle ». De même, la force vitale tirée de la Lumière infinie dans les mondes demeure une avec sa source.
Maré mekomot
- 1דאורייתא היא היכלא עילאה דקוב״ה · Zohar II, 200a
- 2ובתורת ה׳ דוקא חפצו · Psalms 1:2
- 3ואע״ג דאיהו לא חזי · Megillah 3a:14
- 4בד״ה וידבר . . גבי חג השבועות · לקו״ת במדבר טז, א. סה״מ תקס״ח ע׳ קג.
- 5בד״ה כי ביום הזה יכפר · לקו״ת אחרי כז, א.
- 6
- 7והיו הדברים האלה · Deuteronomy 6:6
L’étude de la Torah dans l’annulation de soi ¶9–16
9ג וזהו הטעם לעוצם השקידה בתלמוד תורה של חכמי המשנה והגמרא אשר זה היה עבודתם כל הימים לא פסק פומי׳ [פומיה] מגירסא. ומהדר תלמודי׳ [תלמודיה] מתלתין יומין1 לתלתין יומין וגם רשב״י [רבי שמעון בר יוחאי] כנז׳ [כנזכר] בשבת פ׳ במה מדליקין.234
3. Telle est la raison de l’assiduité extraordinaire avec laquelle les sages de la Michna et de la Guemara étudiaient la Torah, car tel était leur service tous les jours de leur vie : « sa bouche ne cessait pas d’étudier » et « il révisait son étude de trente jours en trente jours » ; il en allait de même de Rabbi Chimon bar Yo’haï, comme il est mentionné dans [le traité] Chabbat, au chapitre Bameh Madlikin.
La section 3 tire une conclusion : c’est pourquoi les sages de la Michna et du Talmud étudiaient avec une telle intensité, sans jamais s’interrompre, et révisaient toute leur étude tous les trente jours (comme le Talmud le dit de Rav Chéchet) ; et c’est pourquoi Rabbi Chimon bar Yo’haï, comme le rapporte le Talmud au deuxième chapitre de Chabbat, se consacrait entièrement à la Torah.
Le dévouement ininterrompu des sages à l’étude s’explique par ce qui vient d’être exposé : l’étude de la Torah unit l’essence de l’âme à D.ieu.
Le parallèle dans Mayim Rabbim ajoute le récit du Talmud dans Chabbat (33b) : au début, lorsque Rabbi Chimon bar Yo’haï soulevait une difficulté, Rabbi Pin’has ben Yaïr y répondait de douze façons ; et à la fin, lorsque Rabbi Pin’has en soulevait une, Rabbi Chimon y répondait de vingt-quatre façons. Il renvoie aussi à « leur Torah est leur occupation » (Chabbat 11a), ainsi qu’à Rabbeinou Yona, qui compte Rabbi Chimon parmi ceux qui révisaient leur étude tous les trente jours.
Maré mekomot
- 1ומהדר תלמודי׳ מתלתין יומין · Pesachim 68b:13
- 2רשב״י . . במה מדליקין · במים רבים שם: רשב״י מעיקרא כי הוה מקשי רשב״י קושי׳ הוה מפרק לי׳ רפב״י י״ב פירוקי ולבסוף כי הוה מקשי רפב״י קושי׳ הוה מפרק לי׳ רשב״י כ״ד [כ״ה בגוכי״ק. ובהנדפס שם: כ״ה] פרוקי כנז׳ בשבת פרק במה מדליקין דל״ג ע״ב. וע׳ (יא, א) תורתן אומנתן. ורבינו יונה ריש מס׳ ברכות קחשיב גם רשב״י שהי׳ מתלתין יומין לתלתין יומין ול״מ. [כנראה כוונתו לברכות ח, א ד״ה אלא ושם רשב״י לא הי׳ מתפלל אלא משנה לשנה]. [כ].
- 3
- 4
10וגם בזוהר נז׳ [נזכר] מארי מתניתא ומארי קבלה מועטים1 היו ומהו הלימוד סדר זרעים בצמח הארץ וסדר טהרות אבות הטומאה כו׳
Le Zohar mentionne lui aussi les « maîtres de la Michna », et les maîtres de la Kabbala étaient peu nombreux. Et quelle était leur étude ? L’Ordre de Zeraïm, qui traite de ce qui pousse de la terre, et l’Ordre de Taharot, qui traite des principales sources d’impureté, etc.
Le Zohar parle lui aussi des « maîtres de la Michna », tandis que les maîtres de la Kabbala étaient peu nombreux. Et qu’étudiaient les maîtres de la Michna ? Les lois agricoles (l’Ordre de Zeraïm) et celles de la pureté rituelle (l’Ordre de Taharot).
שהם הכל מדברים בענינים גשמיים אלא לפי שבהם נתלבשה חכמתו ית׳ ע״י התלבשות בחכמה דבריאה כו׳
Tout cela traite de sujets matériels ; mais [on les étudiait] parce que Sa sagesse, béni soit-Il, s’y était revêtue, en se revêtant dans la 'Hokhma de Béria, etc.,
Tout cela porte sur des sujets matériels. On les étudiait parce que la sagesse de D.ieu s’y trouve revêtue, après être descendue à travers la sagesse des mondes inférieurs.
כנ״ל ובתוכה שורה אור א״ס [אין סוף] ב״ה, וזהו עיקר התכלית להמשיך גילוי אור א״ס [אין סוף] ב״ה שלמעלה מהאצי׳ [מהאצילות].
comme mentionné plus haut, et en elle repose la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il. Tel est le but essentiel : faire descendre la révélation de la Lumière infinie, béni soit-Il, qui est au-dessus d’Atsilout.
Dans cette sagesse repose la Lumière infinie elle-même. Le but même de l’étude est de faire descendre la révélation de la Lumière infinie qui est au-dessus d’Atsilout.
L’étude des lois pratiques et matérielles constituait l’occupation principale des Sages, car la sagesse de D.ieu, et en elle la Lumière infinie, s’y trouve revêtue.
Maré mekomot
- 1מארי קבלה . . מועטים היו · במים רבים שם: מועטים המה.
11וגם המלאכים בקשו1 התורה בשביל זה ולא ניתנה להם אלא לישראל דוקא להמשיך גילוי אור הסוכ״ע [הסובב כל עלמין] בעה״ז [בעולם הזה] דוקא
Les anges, eux aussi, demandèrent la Torah pour cette raison ; pourtant, elle ne leur fut pas donnée, mais fut donnée spécifiquement à Israël, afin d’attirer la révélation de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) spécifiquement dans ce monde.
Les anges demandèrent la Torah précisément pour cette raison (Chabbat 88b), mais elle ne fut donnée qu’à Israël, afin que la lumière qui entoure les mondes, trop élevée pour y pénétrer, se révèle dans ce monde inférieur.
ולכן נתלבשה התורה בענינים גשמיים דוקא.2 בכדי שאח״כ [שאחר כך] בתחה״מ [בתחיית המתים] שהוא תכלית הבריאה יהי׳ [יהיה] גילוי זה לנשמות שבגופים דוקא.
C’est pourquoi la Torah fut revêtue spécifiquement de sujets matériels, afin que, par la suite, lors de la Résurrection des morts, qui est le but de la création, cette révélation se manifeste spécifiquement aux âmes dans des corps.
C’est pourquoi la Torah est revêtue de sujets matériels : afin que, lors de la Résurrection des morts, but de la création, cette révélation parvienne aux âmes dans des corps.
La Torah fut donnée à des âmes dans des corps et revêtue de lois matérielles, afin que la lumière la plus élevée se révèle dans ce monde, jusqu’à son plein accomplissement lors de la Résurrection des morts.
Maré mekomot
- 1וגם המלאכים בקשו תורה · Shabbat 88b:7
- 2בענינים גשמיים דוקא · ראה המשך תער״ב ח״ב ס״ע שסג.
12והיינו ע״י ביטול הנפש והתכללותה באור א״ס [אין סוף] ב״ה עכשיו ע״י עסק התורה כנ״ל1 שלא להיות בבחי׳ יש בפ״ע [בפני עצמו]
Et cela se réalise par l’annulation de soi (bitoul) de l’âme et son inclusion dans la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, dès à présent, par l’étude de la Torah, comme mentionné plus haut : il ne faut pas se trouver dans l’état d’un « quelque chose » (yech) indépendant,
Cette révélation s’obtient dès à présent par l’annulation de soi de l’âme dans l’étude de la Torah : il ne faut pas se sentir comme un « quelque chose » (yech) distinct et indépendant.
אלא להיות בטל לאור א״ס [אין סוף] ורצונו וחכמתו שזהו עסק התורה וכמ״ש ולא תחללו2 שלא לעשות בחי׳ חלל והעלם אור א״ס [אין סוף] ב״ה.
mais être annulé devant la Lumière infinie, devant Sa volonté et Sa sagesse, ce qui constitue l’étude de la Torah. Comme il est écrit : « Vous ne profanerez pas » (techalelou) : ne pas créer un vide (chalal) et une dissimulation de la Lumière infinie, béni soit-Il.
Il faut au contraire être annulé devant la lumière, la volonté et la sagesse de D.ieu, ce qui est précisément l’étude de la Torah. L’Alter Rebbe interprète « Vous ne profanerez pas » (velo techalelou) comme « ne créez pas un vide » (chalal), un espace où la lumière de D.ieu est cachée.
שהוא ית׳ אינו שורה במי שהוא יש ודבר שאין אני והוא יכולים לדור3 בעולם א״כ [אם כן] גורם בחי׳ חלל שמסתלק אור א״ס [אין סוף] ב״ה ממנו כו׳.
Car Lui, béni soit-Il, ne réside pas en celui qui est un « quelque chose » et une entité, puisque « Moi et lui ne pouvons demeurer dans le monde [ensemble] » ; dès lors, il provoque un état de vide, en ce que la Lumière infinie, béni soit-Il, se retire de lui, etc.
D.ieu ne réside pas en celui qui se ressent comme une entité distincte ; le Talmud dit de l’orgueilleux : « Moi et lui ne pouvons demeurer dans le monde ensemble. » Une telle personne crée un « vide » dont la Lumière infinie se retire.
Ce paragraphe définit la disposition intérieure requise pour l’étude de la Torah : l’annulation de soi, à l’opposé du fait de se considérer comme un « quelque chose » distinct, ce qui éloigne la lumière de D.ieu.
Maré mekomot
- 1עסק התורה כנ״ל · בהמשך מים רבים שם: כנ״ל פקפ״ו. ע״ש.
- 2ולא תחללו · Leviticus 22:32
- 3שאין אני והוא יכולים לדור · Sotah 5a:14–15
13והנה ידוע שלהיות התהוות העולמות נעשה חלל ומקום פנוי1 ואח״כ [ואחר כך] נמשך קו לתוך מקום החלל, וענין החלל הוא העלם האור והקו היא בחי׳ הגלוי.
Or, on sait que, pour que les mondes viennent à l’existence, un vide (chalal) et un espace libre furent créés, puis une ligne (kav) fut attirée dans l’espace du vide. Le vide correspond à la dissimulation de la lumière, et le kav au niveau de la révélation.
Contexte tiré de l’enseignement de l’Ari Zal sur la Création : pour faire place aux mondes, la lumière de D.ieu se retira, laissant un « vide », ou espace libre ; ensuite, une fine « ligne » (kav) de lumière y fut attirée. Le vide est la dissimulation de la lumière ; le kav en est la révélation.
אך כיון שהגילוי מעט רק עד״מ [על דרך משל] בבחי׳ קו וחוט לבד ע״כ [על כן]2 ברבוי ההשתלשלות העולמות נעשה למטה בחי׳ העלם והסתר, וגם כי הארת הקו מסתיים במלכות דאצי׳ [דאצילות] אלא שאח״כ [שאחר כך] נמשך ובוקע דרך הפרסא.
Mais puisque la révélation est faible, uniquement, par analogie, sous la forme d’une ligne et d’un fil, il s’ensuit que, par les nombreuses étapes de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), la dissimulation et l’occultation apparaissent en bas ; de plus, le rayonnement du kav s’achève en Mal'hout d’Atsilout, si ce n’est qu’ensuite il se prolonge et perce la parsa (cloison).
Puisque cette révélation n’est qu’une fine ligne, elle est progressivement dissimulée à mesure qu’elle descend à travers les nombreux mondes. Son rayonnement s’achève en Mal'hout d’Atsilout, puis seulement il perce la « cloison » (parsa) qui sépare Atsilout des mondes inférieurs.
אמנם לע״ל [לעתיד לבוא] יהי׳ [יהיה] גילוי אור א״ס [אין סוף] שלמעלה מהצמצום וחלל ולא יהי׳ [יהיה] עוד הגילוי בבחי׳ קו אלא עצמות אור א״ס [אין סוף] יתגלה ולא יהיה עוד חלל והפסק כלל.
Cependant, dans le Temps futur, il y aura une révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), qui est au-dessus du tsimtsoum et du vide. La révélation ne prendra plus la forme d’un kav ; c’est l’essence même de la Lumière infinie qui se révélera, et il n’y aura plus aucun vide ni aucune interruption.
Dans le Temps futur, la Lumière infinie d’avant le tsimtsoum se révélera : non plus une fine ligne, mais l’essence même de la lumière, sans vide ni interruption.
Ce paragraphe oppose la révélation actuelle de la lumière de D.ieu — une fine ligne attirée dans un vide, dont l’éclat s’atténue à mesure qu’elle descend — à la révélation future de l’essence de la lumière, au-delà du tsimtsoum.
Le passage de Likkutei Torah auquel renvoie la note de Kehot cite une glose : le « vide » n’est pas littéralement vide, car une empreinte (réchimou) de la lumière y subsiste ; il n’est appelé vide que par rapport à l’Infini.
Maré mekomot
- 1נעשה חלל ומקום פנוי · ראה לקמן נא, ב ואילך.
- 2כיון — ע״כ · במים רבים שם (ע׳ ריא): א״כ. אבל הוא טה״ד שם ובגוכי״ק דמים רבים הוא כהנדפס כאן.
14והגילוי יהיה למטה דוקא. משא״כ עכשיו שהקו מסתיים באצי׳ [באצילות] כו׳ והא בהא תליא שכשהגילוי רק בבחי׳ קו ע״כ [על כן] הולך ומתמעט וכמשל החבל שבראשו עב והולך ומתקצר כו׳
Et la révélation se produira précisément en bas, tandis qu’à présent le kav s’achève dans Atsilout, etc. L’un dépend de l’autre : lorsque la révélation n’est que sous la forme d’un kav, elle ne cesse donc de diminuer, comme dans l’image d’une corde épaisse à son sommet et qui va en s’amincissant, etc.
À l’avenir, la révélation atteindra les mondes inférieurs, tandis qu’à présent le kav s’achève dans Atsilout. Les deux sont liés : une révélation qui se manifeste sous la forme d’une ligne ne cesse de diminuer, comme une corde épaisse à son sommet et qui s’amincit progressivement.
עד שמסתיים באצי׳ [באצילות] משא״כ כשהגילוי הוא עצמיות האור שלא בבחי׳ קו הנה מעלה ומטה שוין,
jusqu’à ce qu’il s’achève dans Atsilout. En revanche, lorsque la révélation est celle de l’essence même de la lumière, et non sous la forme d’un kav, le haut et le bas sont égaux.
La ligne de lumière s’épuise donc à Atsilout. Mais lorsque l’essence même de la lumière est révélée, et non sous la forme d’une ligne, le haut et le bas sont égaux.
(וכמ״ש בד״ה זכור את יום השבת1 גבי פי׳ קוינו כו׳ ולעתיד כו׳ ע״ש [עיין שם]), וגילוי זה לע״ל [לעתיד לבוא] הוא ע״י עסק התורה עכשיו בבחי׳ ביטול שבחכמת התורה שורה ומלובש אור א״ס [אין סוף] אלא שהוא בבחי׳ קו.
(Comme il est écrit dans le maamar qui commence par « Souviens-toi du jour du Chabbat », au sujet de l’explication de « Nous avons espéré » [kivinu], etc., et de « à l’avenir », etc. Voir là-bas.) Cette révélation à l’avenir se réalise grâce à l’étude de la Torah aujourd’hui dans un état d’annulation de soi (bitoul) ; car dans la sagesse de la Torah repose et se revêt la Lumière infinie (Or Ein Sof), mais sous la forme d’un kav.
La parenthèse renvoie au maamar sur le Chabbat dans Torah Ohr, qui relie « kivinu » (« nous avons espéré ») au kav et enseigne qu’à l’avenir, comme le Chabbat, le haut et le bas seront égaux. Cette révélation future est amenée par l’étude de la Torah aujourd’hui dans l’annulation de soi, puisque la Lumière infinie se revêt dans la sagesse de la Torah, mais seulement sous la forme d’un kav.
וע״י הביטול של הנפש האדם שעצמיות הנפש נכללת בבחי׳ ביטול בהקו אור א״ס [אין סוף] שבתורה גורם וממשיך התגלות עצמיות האור שלמעלה מהקו והחלל כו׳,
Et, par l’annulation de l’âme de l’homme — lorsque l’essence même de l’âme est incluse, dans un état d’annulation, dans le kav de la Lumière infinie qui se trouve dans la Torah —, il provoque et attire la révélation de l’essence même de la lumière, qui est au-dessus du kav et du vide, etc.
Lorsque l’âme d’une personne s’annule et que son essence est absorbée dans le kav de lumière qui se trouve dans la Torah, elle attire l’essence de la lumière qui est au-dessus du kav et du vide.
(כי ביטול היש מעורר מאד למעלה לכן ביטול זה של הנפש והחב״ד [והחכמה בינה ודעת] שלה ולבושיה מו״ד [מחשבה ודבור] בעסק התורה בבחי׳ ולא תחללו גורם להמשיך תוספת אור בהתורה.
(Car l’annulation de l’entité [yesh] suscite une très grande réponse en haut. C’est pourquoi cette annulation de l’âme, de sa 'Hokhma, de sa Bina et de son Daat, ainsi que de ses vêtements que sont la pensée et la parole, dans l’étude de la Torah selon le principe de « Vous ne profanerez pas », fait attirer un surcroît de lumière dans la Torah.
La parenthèse en donne la raison : l’annulation de soi ici-bas suscite une très grande réponse en haut. Lorsque l’âme, son intellect et ses vêtements que sont la pensée et la parole s’annulent dans l’étude de la Torah (« ne profanez pas »), davantage de lumière est attirée dans la Torah.
וזהו פי׳ עוסק בתורה לשמה ר״ל [רוצה לומר] לשם התורה עצמה.2 שהרי עכשיו מלובש בה רק קו מאור א״ס [אין סוף] וע״י עסק האדם בתורה לשמה גורם התגלות אור א״ס [אין סוף] שלמעלה מהקו כו׳, ועמ״ש סד״ה ויקח קרח).3
Et telle est la signification de « celui qui s’adonne à la Torah pour elle-même » (lichma) : c’est-à-dire pour la Torah elle-même. Car à présent, seule une kav de la Lumière infinie s’y trouve revêtue ; et, par l’étude de la Torah pour elle-même, une personne provoque la révélation de la Lumière infinie qui est au-dessus du kav, etc. Voir aussi ce qui est écrit à la fin du maamar qui commence par « Kora’h prit ».
C’est cela que signifie « étudier la Torah pour elle-même » (lichma) : pour la Torah elle-même, afin d’y faire pénétrer la lumière qui est au-dessus du kav, lequel n’y brille à présent que sous la forme d’une ligne. La parenthèse renvoie à la fin du maamar « Kora’h prit ».
ומ״מ [ומכל מקום] ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] כל האומר אין לי אלא תורה אפילו תורה אין לו,4 כי בכדי שיהיה נעשה התכללות הנפש באור א״ס [אין סוף] ב״ה בעסק התורה ברעותא דלבא תליא מלתא שיחפוץ באמת בביטול זה.
Néanmoins, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Quiconque dit : “Je n’ai que la Torah” ne possède même pas la Torah. » Car, pour que l’inclusion de l’âme dans la Lumière infinie, béni soit-Il, se réalise par l’étude de la Torah, « tout dépend du désir du cœur » : il faut désirer véritablement cette annulation.
Pourtant, la seule étude de la Torah ne suffit pas : le Talmud enseigne que celui qui dit « Je n’ai que la Torah » ne possède même pas la Torah. L’absorption de l’âme en D.ieu par l’étude dépend du désir véritable du cœur de parvenir à cette annulation.
Ce paragraphe montre que l’étude de la Torah dans l’annulation de soi attire, dès à présent et à l’avenir, l’essence de la lumière qui dépasse le kav ; mais cela dépend d’un cœur qui désire véritablement s’annuler devant D.ieu.
Le Tanya, chapitre 5, explique pourquoi la Torah est le lieu de cette union : une loi de la Torah est la volonté et la sagesse mêmes de D.ieu. Ainsi, lorsque l’intellect saisit une loi et se revêt en elle, il saisit et revêt la volonté de D.ieu. Le maamar sur Kora’h ajoute que la Torah seule ne suffit pas : la crainte et l’amour doivent aussi être attirés d’en haut, par les mitsvot.
Maré mekomot
- 1בד״ה זכור את יום השבת · תו״א ע, ד: ולעתיד יהי׳ בחי׳ שבת מעלה ומטה שוין עכ״ל.
- 2ר״ל לשם התורה עצמה · Tanya, Likkutei Amarim 5
- 3סד״ה ויקח קרח · לקו״ת קרח נה, א.
- 4כל האומר . . תורה אין לו · Yevamot 109b:4–5
15והיינו ע״י קדימת ק״ש [קריאת שמע] ותפלה וכמ״ש האריז״ל [האר״י זכרונו לברכה] למס״נ [למסירות נפש] באחד.1 דלכאורה הרי מס״נ [מסירות נפש] הוא באומרו ובכל נפשך.
Et cela se fait en faisant précéder [l’étude de la Torah] par le Chema et la prière, comme l’écrit le Ari zal : donner son âme (messirout néfech) en [prononçant le mot] « Un ». Car, à première vue, le sacrifice de soi intervient lorsqu’on dit : « et de toute ton âme ».
Ce désir naît de la récitation du Chema et de la prière avant l’étude, avec l’intention du Ari zal de donner son âme à D.ieu au mot « Un » (E’had). Mais on pourrait penser que le sacrifice de soi se rapporte au verset suivant : « et de toute ton âme ».
אלא כי ענין מס״נ [מסירות נפש] באחד היינו הביטול עצמיות נפש האלקית שלמעלה מהשכל כו׳. וענין מס״נ [מסירות נפש] דובכל נפשך היינו שגם נפש הבהמית תסכים לזה בבחי׳ אתכפייא ואתהפכא
Mais le sacrifice de soi en « Un » désigne l’annulation de l’essence même de l’âme divine, qui dépasse l’intellect, etc. ; et le sacrifice de soi de « et de toute ton âme » signifie que l’âme animale, elle aussi, doit y consentir, par la soumission et la transformation (iskafya et is’hap’ha),
La réponse distingue deux niveaux. Le sacrifice de soi au mot « Un » est l’annulation de l’essence de l’âme divine, au-delà de l’intellect ; celui de « de toute ton âme » signifie que même l’âme animale y consent, d’abord en étant soumise (iskafya), puis en étant transformée (is’hap’ha).
והיינו ע״י ההתבוננות כו׳, ולזאת אח״כ [אחר כך] כשעוסק בתורה ומתקשר שכלו בחכמתו ית׳ שבתורה. נעשה ג״כ יחוד והתכללות עצמיות הנפש באור א״ס [אין סוף] ב״ה ממש המלובש בח״ע [בחכמה עילאה].
et cela se fait par la contemplation, etc. C’est pourquoi, ensuite, lorsqu’il s’adonne à la Torah et que son intellect se lie à Sa sagesse, béni soit-Il, qui se trouve dans la Torah, il se produit également une union et une inclusion de l’essence même de l’âme dans la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, elle-même, qui est revêtue dans la 'Hokhma supérieure.
L’âme animale est amenée à cela par la contemplation de la grandeur de D.ieu. Ainsi préparé, lorsqu’une personne étudie ensuite la Torah et lie son esprit à la sagesse de D.ieu qui s’y trouve, l’essence de son âme s’unit à la Lumière infinie revêtue dans la 'Hokhma supérieure.
La prière et le Chema, avec le sacrifice de soi au mot « Un » et le consentement de l’âme animale dans « de toute ton âme », éveillent dans le cœur le désir qui permet ensuite à l’étude de la Torah d’unir l’essence de l’âme à D.ieu.
La note de Kehot donne comme source de l’enseignement du Ari zal Pri Etz Chaim, Porte de la récitation du Chema, chapitre 12, et renvoie également au Ba’h sur Ora’h ‘Haïm, au début de la section 61.
Maré mekomot
- 1וכמ״ש האריז״ל למס״נ באחד · ראה פע״ח שער הק״ש פי״ב. ב״ח או״ח ר״ס סא. אוה״ת תרומה ס״ע א׳שסז.
16וכמ״ש אם ישים אליו לבו1 כו׳. והגם שבדברי רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] נז׳ [נזכר] הלשון כל האומר אין לי אלא תורה2 אפילו תורה אין לו אלא תורה וגמילות חסדים.
Et comme il est écrit : « S’il dirige son cœur vers Lui », etc. Et bien que, dans les paroles de nos Sages, de mémoire bénie, la formulation mentionnée soit : « Quiconque dit : “Je n’ai que la Torah” ne possède même pas la Torah ; mais la Torah et les actes de bonté »,
Le verset « S’il dirige son cœur vers Lui » (Job 34:14) montre que tout dépend du désir du cœur. Mais la déclaration complète des Sages ajoute que celui qui n’a « que la Torah » ne possède même pas la Torah, et qu’il faut « la Torah et les actes de bonté ».
הנה ודאי דגמילות חסדים הוא כפשוטו ממש כי תכלית חכמה תשובה ומעשים טובים והלומד ואינו עושה3 נוח לו שתהפך שלייתו4 ע״פ.
certainement, les actes de bonté sont [à entendre] au sens propre et littéral, car « la finalité de la sagesse est la techouva et les bonnes actions », et « celui qui étudie mais n’agit pas, mieux vaudrait pour lui que son placenta se retourne sur son visage ».
Les actes de bonté doivent ici s’entendre au sens littéral, puisque « la finalité de la sagesse est la techouva et les bonnes actions » (Berachos 17a), et que le Talmud de Jérusalem dit que celui qui étudie sans agir aurait mieux fait de ne jamais naître, son placenta retourné sur son visage.
אמנם באמת גם עיון תפלה5 הוא בכלל גמ״ח [גמילות חסדים] כדאיתא בגמ׳ [בגמרא] ופרש״י [ופירש רש״י / ופירוש רש״י] בשבת דקכ״ז (ועמ״ש בד״ה וכל בניך למודי67 ה׳ בענין בניך ובוניך):8
Cependant, en vérité, la concentration dans la prière (iyoun tefila) est également comprise dans les actes de bonté, comme l’indiquent la Guemara et l’explication de Rachi, dans [le traité] Chabbat, folio 127. (Et voyez ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et tous tes enfants seront instruits par D.ieu », au sujet de « tes enfants » [et de] « tes bâtisseurs ».)
Pourtant, le Talmud, dans Chabbat (127a), comme l’explique Rachi, compte la concentration dans la prière parmi les actes de bonté. La prière est donc, elle aussi, le complément nécessaire à l’étude de la Torah. La parenthèse renvoie au discours de Likkutei Torah sur « Et tous tes enfants seront instruits par D.ieu », où les Sages interprètent « tes enfants » (banayich) comme « tes bâtisseurs » (bonayich).
Ce paragraphe concilie l’expression des Sages « la Torah et les actes de bonté » avec l’affirmation du maamar selon laquelle l’étude de la Torah doit être précédée par la prière : la prière concentrée est elle-même comptée parmi les actes de bonté, sans que les actes de bonté au sens littéral cessent pour autant d’être requis.
Le discours de Likkutei Torah sur « Et tous tes enfants » commence par l’enseignement des Sages selon lequel les érudits en Torah accroissent la paix dans le monde. Ils le déduisent de la lecture : « Ne lis pas “tes enfants”, mais “tes bâtisseurs” » ; le discours demande pourquoi cette nouvelle lecture est nécessaire.
Maré mekomot
- 1אם ישים אליו לבו · Job 34:14
- 2אלא תורה וגמ״ח · ראה הערת כ״ק אדמו״ר בסה״מ תש״ח ע׳ 266.
- 3והלומד ואינו עושה · ירוש׳ פ״א דשבת ה״ב יעו״ש. [כ].
- 4והלומד ואינו עושה נוח לו שתהפך שלייתו · Jerusalem Talmud Shabbat 1:2
- 5עיון תפלה · Shabbat 127a:14
- 6בד״ה וכל בניך למודי ה׳ · לקו״ת ראה כט, א ואילך.
- 7וכל בניך למודי ה׳ · Isaiah 54:13
- 8תכלית חכ׳ תשובה · Berakhot 17a:11
La Torah révélée et la Kabbale ¶17–22
17ד והנה מכ״ז [מכל זה] יובן שמעלה ומדרגה זו שבעסק התורה ששכל האדם העוסק בתורה מתקשר ומתאחד בחכמתו ית׳.
4. À présent, tout ce qui précède permet de comprendre que cette vertu et ce degré de l’étude de la Torah — l’intellect de celui qui étudie la Torah est lié et uni à Sa sagesse, béni soit-Il —
La section 4 tire une conclusion supplémentaire de tout ce qui a été dit : le pouvoir particulier de l’étude de la Torah est que l’intellect de celui qui l’étudie se lie à la sagesse de D.ieu et ne fait plus qu’un avec elle.
ועי״ז נכלל עצמיות הנפש באור א״ס [אין סוף] ב״ה המלובש בחכמתו ית׳ זהו דייקא בעסק התורה הנגלות לנו שהם שיתא סדרי משנה המדברים מכשר ופסול טמא וטהור וחייב וזכאי כו׳
et c’est ainsi que l’essence même de l’âme est incluse dans la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, revêtue dans Sa sagesse, béni soit-Il ; cela se produit précisément par l’étude des parties de la Torah qui nous sont révélées, à savoir les six ordres de la Michna, qui traitent de ce qui est apte ou inapte, impur ou pur, passible ou quitte, etc.
Ainsi, l’essence de l’âme est absorbée dans la Lumière infinie revêtue dans la sagesse de D.ieu. Cela se produit précisément dans la Torah révélée, les six ordres de la Michna, qui statuent sur ce qui est apte ou inapte, pur ou impur, passible ou quitte.
לפי שהם נתלבשו בעשיה ר״ל [רוצה לומר] שחכמתו יתברך שבאצי׳ [שבאצילות] שבתוכה אור א״ס [אין סוף] ב״ה1 נסעה וירדה עד2
car elles ont été revêtues dans le monde de l’Assiya (Action) ; autrement dit, Sa sagesse, béni soit-Il, dans le Monde d’Atsilout (Émanation), en laquelle se trouve la Lumière infinie, béni soit-Il, a cheminé et est descendue jusqu’à
La raison en est que ces lois sont revêtues dans le monde de l’action. La sagesse de D.ieu dans Atsilout, en laquelle se trouve la Lumière infinie, a « cheminé et est descendue » degré après degré.
שנתלבשה בדברים גשמיים שבעניני עוה״ז [עולם הזה] בכדי שהאדם הלומד ההלכה יהיה שכלו משיג ותופס מהות ועצמיות החכמה שבההלכה מכיון שמדברת בענינים גשמיים שמהותן מושג.
être revêtue dans des choses matérielles, dans les domaines de ce monde, afin que l’intellect de celui qui étudie la loi puisse saisir et appréhender l’essence même de la sagesse qui s’y trouve, puisqu’elle traite de domaines matériels dont l’essence est saisissable.
Elle est descendue jusqu’à être revêtue dans des choses matérielles de ce monde, afin que celui qui étudie la loi puisse saisir l’essence même de la sagesse qu’elle contient, puisqu’elle traite de domaines matériels dont l’essence est saisissable par l’intellect humain.
L’union complète de l’intellect avec la sagesse de D.ieu, et, par là, de l’âme avec la Lumière infinie, s’accomplit dans la Torah révélée, car la sagesse de D.ieu y est descendue jusque dans des domaines matériels que l’intellect peut véritablement saisir.
Maré mekomot
- 1שבתוכה אור א״ס ב״ה · במים רבים שם (ע׳ ריב) ליתא תיבות אלו.
- 2נסעה וירדה עד · שם: נסעה וירדה כנ״ל בחכ׳ דבי״ע עד.
18ולכן נעשה התקשרות ויחוד אמיתי שכל האדם בחכמה שבההלכה וכיון שהיא חכמתו ית׳ ממש המיוחדת במאציל׳ [במאצילה] א״ס [אין סוף] ב״ה רק שנתלבשה בלבושי׳ [בלבושין / בלבושים] כו׳
Il en résulte donc une véritable union et un véritable lien entre l’intellect de l’homme et la sagesse contenue dans la loi. Et puisque c’est véritablement Sa sagesse, béni soit-Il, unie à son Émanateur, l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, simplement revêtue de vêtements, etc.,
L’intellect de celui qui étudie s’unit véritablement à la sagesse contenue dans la loi. Cette sagesse est celle de D.ieu Lui-même, unie à l’Infini, simplement revêtue de vêtements.
ע״כ [על כן] עי״ז נעשה ג״כ היחוד העליון שעצמיות נשמתו נכללת בעצמות אור א״ס [אין סוף] המלובש בח״ע [בחכמה עילאה] המלובשת בהלכה זו.
par conséquent, il se produit également par ce moyen l’union supérieure : l’essence même de son âme est incluse dans l’essence même de la Lumière infinie (Or Ein Sof), qui est revêtue dans la 'Hokhma supérieure, elle-même revêtue dans cette loi.
L’union supérieure en découle donc : l’essence de l’âme est incluse dans l’essence de la Lumière infinie, revêtue dans la 'Hokhma supérieure, elle-même revêtue dans cette loi.
אבל בלימוד חכמת הקבלה1 הואיל שחכמתו ית׳ שבענינים אלו מלובשת בעניינים רוחניים כמו בתיקון פרצופי האצי׳ [האצילות] או בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] בבריאת שרפים וחיות2 כו׳ נשמות ומלאכים ג״ע [גן עדן] העליון וג״ע [וגן עדן] התחתון כו׳
Mais dans l’étude de la sagesse de la Kabbale, puisque Sa sagesse, béni soit-Il, dans ces sujets est revêtue dans des réalités spirituelles, par exemple dans la configuration (tikoun) des partsoufim d’Atsilout, ou, dans Béria, Yetsira et Assiya, dans la création des sérafim et des 'hayot, etc., des âmes et des anges, du Gan Eden supérieur et du Gan Eden inférieur, etc.,
La Kabbale est différente. La sagesse de D.ieu y est revêtue dans des sujets spirituels : la configuration des partsoufim — les « visages », configurations des Séfirot — d’Atsilout, et, dans les mondes inférieurs, la création d’anges tels que les sérafim et les 'hayot, des âmes, ainsi que du Gan Eden supérieur et inférieur.
הרי האדם הלומד זה דהיינו ידיעת סדר ההשתלשלות שבע״ח [שבעץ חיים] אין יד שכלו משיג מהות חכמה זו ששכל האדם אינו משיג המהות רק בעשיה ולא מהות הרוחניות איך ומה הוא רק מציאותו,
l’homme qui étudie cela, c’est-à-dire qui connaît l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) décrit dans Etz Chaim, ne peut saisir par son intellect l’essence de cette sagesse ; car l’intellect humain ne saisit l’essence que dans Assiya, et non l’essence du spirituel — ce qu’elle est et comment elle est — mais seulement son existence,
Celui qui étudie cela, l’ordre des mondes tel que le décrit Etz Chaim, ne peut saisir l’essence de cette sagesse. L’intellect humain ne saisit ce qu’est une chose que dans le monde physique ; des réalités spirituelles, il peut seulement savoir qu’elles existent, non ce qu’elles sont ni comment elles sont.
ולכן כשחכמתו ית׳ מלובשת בעשיה משיג מהותם ממש כמו בד׳ רשוית לשבת משיג היטב מהות רה״י [רשות היחיד] ומהות רה״ר [רשות הרבים].
Par conséquent, lorsque Sa sagesse, béni soit-Il, est revêtue dans Assiya, il en saisit véritablement l’essence ; ainsi, à propos des quatre domaines du Chabbat, il saisit bien l’essence du domaine privé et celle du domaine public.
Lorsque la sagesse de D.ieu est revêtue dans des réalités physiques, l’intellect les saisit pleinement : dans les lois du Chabbat, par exemple, on comprend précisément ce qu’est un domaine privé et ce qu’est un domaine public.
משא״כ כשהחכמה מדברת בענינים רוחניים שאין מהותן מושג כלל היינו בלימוד הקבלה אין שכלו תופס ומשיג ומתקשר כ״כ [כל כך] במהות חכמתו ית׳.
À l’inverse, lorsque la sagesse traite de sujets spirituels, dont l’essence n’est pas saisie du tout — c’est-à-dire dans l’étude de la Kabbale —, son intellect ne saisit ni n’appréhende, et ne se lie pas autant à l’essence de Sa sagesse, béni soit-Il,
Mais lorsque la sagesse traite de sujets spirituels, comme dans la Kabbale, dont l’essence n’est pas saisie du tout, l’intellect ne saisit pas l’essence de la sagesse de D.ieu de la même manière.
רק במציאות׳ [במציאותה] ולא במהות׳ [במהותה] ואין זה יחוד והתקשרות כמו בנגלה ששכל האדם תופס ומשיג מהות חכמתו ית׳ ולא מציאותה לבד.
mais seulement à son existence, et non à son essence. Il ne s’agit pas d’une union et d’un lien comme dans la Torah révélée, où l’intellect de l’homme saisit et appréhende l’essence de Sa sagesse, béni soit-Il, et non sa seule existence.
Il n’atteint que l’existence de cette sagesse, et non son essence. L’union n’est donc pas comparable à celle avec la Torah révélée, où l’intellect saisit l’essence même de la sagesse de D.ieu.
Ce paragraphe explique pourquoi la Torah révélée permet une union plus complète que la Kabbale : dans les lois portant sur des réalités physiques, l’intellect saisit l’essence même de la sagesse de D.ieu, tandis que dans les sujets spirituels, il peut seulement en connaître l’existence.
Maré mekomot
- 1המלובשת — חכמת הקבלה · במים רבים שם: חכמת הקבלה עד״מ.
- 2בבריאת שרפים וחיות · במים רבים שם: בבחי׳ שרפים וחיות. ובסה״מ תרל״ו ח״ב (הנחות כ״ק אדמו״ר מוהרש״ב נ״ע) ע׳ תקיז: אפי׳ בבריאה כמו בשרפי׳ חיות ואופנים. וראה להלן ה, ג שו״ה ית׳.
19ולכן עי״ז דוקא נעשה ג״כ התכללות עצמיות נשמתו באור א״ס [אין סוף] המלובש בחכמתו יתברך שהשיג מהותה ממש.
C’est pourquoi, précisément par cela, l’essence même de son âme s’inclut également dans la Lumière infinie (Or Ein Sof), qui est revêtue dans Sa sagesse, béni soit-Il, dont il a saisi véritablement l’essence,
Voilà pourquoi c’est précisément par la Torah révélée que l’essence de l’âme s’absorbe dans la Lumière infinie revêtue dans la sagesse de D.ieu, dont l’étudiant a véritablement saisi l’essence.
שבתוכה א״ס [אין סוף] ב״ה. משא״כ בלימוד ידיעת סדר ההשתלשלות שהשיג רק מציאות מחכמתו ית׳ ולא המהות ממש.
au sein de laquelle se trouve l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il. Il n’en va pas de même lorsqu’on étudie la connaissance de l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) : on n’a alors saisi que l’existence de Sa sagesse, béni soit-Il, et non son essence véritable.
L’Infini se trouve au sein de cette sagesse. En revanche, lorsqu’il étudie l’ordre des mondes, l’étudiant ne saisit que l’existence de la sagesse de D.ieu, et non son essence.
En conclusion, l’essence de l’âme s’unit à D.ieu par la sagesse que l’on saisit véritablement, c’est-à-dire la loi révélée, davantage que par la connaissance kabbalistique des mondes.
20וזהו מ״ש בפע״ח [בפרי עץ חיים] דקבלה1 היא באצילות ותלמוד הוא בבריאה ומשנה ביצי׳ [ביצירה] ומקרא הוא בעשי׳ [בעשיה].2 דלכאורה תמוה שהרי משנה ותלמוד הן תשבע״פ [תורה שבעל פה] ודאי כולם נמשכו מחכמה דאצי׳ [דאצילות] וכ״ש [וכל שכן] המקרא תשב״כ [תורה שבכתב],
Et c’est ce qui est écrit dans Pri Etz Chaim : la Kabbale se trouve en Atsilout, le Talmud en Béria, la Michna en Yetsira, et l’Écriture en Assiya. À première vue, cela est étonnant : la Michna et le Talmud relèvent de la Torah orale, [et] ils ont certainement tous été attirés de la 'Hokhma d’Atsilout ; à plus forte raison l’Écriture, la Torah écrite.
Appui tiré de Pri Etz Chaim, qui attribue à chaque forme d’étude de la Torah un monde : la Kabbale à Atsilout, le Talmud à Béria, la Michna à Yetsira et l’Écriture à Assiya. Cela est étonnant, puisque toute la Torah, écrite et orale, provient de la 'Hokhma d’Atsilout.
אלא דר״ל [דרוצה לומר] בבחי׳ ההתלבשות שבמקרא נתלבשה ח״ע [חכמה עילאה] גם בעשי׳ [בעשיה] שעיקר הקפידא הוא על תמונת האותיות ושיהיה הקלף כדין כו׳ ובתגין שבהם נרמזו רזין דאורייתא3 שלא יוכלו להתלבש בדיבור
Mais cela signifie [qu’il s’agit du] niveau de l’enveloppement : dans l’Écriture, la 'Hokhma supérieure est enveloppée même en Assiya, car l’essentiel de la rigueur porte sur la forme des lettres, sur le fait que le parchemin soit conforme à la loi, etc., ainsi que sur les couronnes (taguim), où sont évoqués les secrets de la Torah, qui ne pouvaient être enveloppés dans la parole
La réponse : cette attribution décrit le lieu où chacune est enveloppée. L’Écriture est enveloppée jusque dans le monde de l’action, puisque ses lois essentielles concernent la forme matérielle des lettres, la conformité du parchemin et les couronnes (taguim) des lettres, qui évoquent des secrets de la Torah ne pouvant être exprimés par la parole.
אלא ע״י עשי׳ [עשיה] כמו לחכימא ברמיזא4 כו׳ ומשנה ותלמוד הן נתלבשו ביצי׳ [ביצירה] ובריאה שהוא בחי׳ אותיות הדבור והחכמה שבהן.
mais seulement par l’action (Assiya), comme dans l’expression « pour le sage, un signe », etc. La Michna et le Talmud, quant à eux, ont été enveloppés en Yetsira et en Béria, qui correspondent au niveau des lettres de la parole et de la sagesse qu’elles contiennent.
Ces secrets ne pouvaient être transmis que par une forme matérielle, comme un signe adressé au sage. La Michna et le Talmud sont enveloppés en Yetsira et en Béria, qui correspondent aux lettres de la parole et à la sagesse exprimée par elles.
משא״כ קבלה היא באצי׳ [באצילות] דהיינו שאין מהות חכמה זו מושגת למטה כיון שלא נתלבשה בבריאה ויצי׳ [ויצירה] כמו משנה ותלמוד.
En revanche, la Kabbale se trouve en Atsilout : c’est-à-dire que l’essence de cette sagesse n’est pas appréhendée ici-bas, puisqu’elle n’a pas été enveloppée en Béria et en Yetsira comme l’ont été la Michna et le Talmud.
La Kabbale « se trouve en Atsilout » : sa sagesse n’est pas descendue en Béria et en Yetsira, les domaines de la compréhension et de la parole, comme l’ont fait la Michna et le Talmud ; son essence n’est donc pas appréhendée ici-bas.
לכן אין מושג רק מציאותה ולא מהותה משא״כ משנה ותלמוד מושג מהות חכמתו ית׳ שבהן.
C’est pourquoi seule son existence est appréhendée, et non son essence ; tandis que dans la Michna et le Talmud, l’essence de Sa sagesse, béni soit-Il, qui s’y trouve, est appréhendée.
Ainsi, dans la Kabbale, seule l’existence de la sagesse est appréhendée, tandis que dans la Michna et le Talmud, on appréhende l’essence de la sagesse de D.ieu qui s’y trouve.
La répartition de la Kabbale, du Talmud, de la Michna et de l’Écriture entre les quatre mondes, telle qu’elle figure dans Pri Etz Chaim, décrit jusqu’où chacune est descendue et, par conséquent, dans quelle mesure son essence peut être appréhendée ici-bas.
La note de Kehot indique que le passage se trouve dans Pri Etz Chaim, dans le chapitre intitulé « La conduite de l’étude » (Sha’ar Hanhagas HaLimud).
Maré mekomot
- 1וזהו מ״ש בפע״ח דקבלה · מכאן עד להלן ה, ב שו״ה ע״ש, ליתא במים רבים שם.
- 2בפע״ח דקבלה היא באצילות . . בעשי׳ · שער הנהגת הלימוד.
- 3ובתגין שבהם נרמזו רזין דאורייתא · ראה לקו״ש חי״ט ע׳ 423 הערה 32. חל״ט ע׳ 149 הערה 34.
- 4לחכימא ברמיזא · Zohar I, 26b
21וזהו ענין משנה ביצירה כו׳ שעי״ז מושג מהותן. אך להבין לפ״ז [לפי זה] תוכן ענין לימוד פנימית התורה
Et c’est là le sens de la « Michna dans Yetsira », etc. : par ce moyen, leur essence est saisissable. Mais, dans cette perspective, il faut comprendre la nature de l’étude de la dimension intérieure (pnimiyout) de la Torah,
La « Michna dans Yetsira » signifie que, par la descente de la Michna dans la parole, son essence peut être saisie. Cela soulève une question au sujet de l’étude de la dimension intérieure de la Torah, la Kabbale.
שהאריכו בזהר ותיקונים ובע״ח [ובעץ חיים] בחיוב לימוד זה1 וכמ״ש ג״כ בספר ראשית חכמה בהקדמה ובשל״ה [ובשני לוחות הברית] במסכת שבועות שלו בפרק נר מצוה הפליג מאד במעלת לימוד זה.
car le Zohar, les Tikounim et Etz Chaim ont longuement développé l’obligation de cette étude, comme il est également écrit dans le livre Reishit ‘Hokhma, dans son introduction ; et le Chela, dans son traité Chavouot, au chapitre Ner Mitsva, a grandement exalté la valeur de cette étude.
Le Zohar, les Tikounei Zohar et Etz Chaim insistent sur l’obligation de l’étudier ; Reishit ‘Hokhma, dans son introduction, ainsi que le Chela, dans son traité Chavouot, au chapitre Ner Mitsva, en font également grand éloge. Que permet donc cette étude ?
Après avoir placé la Torah révélée au-dessus de la Kabbale quant à l’union qu’elle réalise, le maamar demande pourquoi les maîtres de la Kabbale exhortent avec tant d’insistance à étudier la Torah intérieure.
Maré mekomot
- 1לימוד פנימיות התורה . . בחיוב לימוד זה · ראה גם סה״מ תקס״ה ע׳ ד (ובהנסמן שם).
22ויובן ענין זה בהקדים תחלה ענין שליש במקרא. כי הנה ענין הלימוד במקרא אינו ע״ד [על דרך]
Cette question s’éclaircira en introduisant d’abord la notion d’« un tiers consacré à l’Écriture ». Car l’étude de l’Écriture ne se fait pas de la même manière que
La réponse commence par l’instruction talmudique de consacrer « un tiers » de son étude à l’Écriture. L’étude de l’Écriture est d’une nature différente.
לימוד משנה ותלמוד שהעיקר הוא להשיג החכמה שבהן שעי״ז יתקשר שכל האדם בחכמה זו שבתורה כו׳ אלא דצריך ג״כ להוציא הדברים בדיבור פה דוקא
l’étude de la Michna et du Talmud, où l’essentiel consiste à saisir la sagesse qu’ils renferment, afin que, par là, l’intellect de l’homme se lie à cette sagesse de la Torah, etc. Il faut toutefois aussi prononcer les paroles à voix haute, avec la bouche ;
Dans la Michna et le Talmud, l’essentiel est de saisir la sagesse, afin que l’intellect se lie à la sagesse de la Torah ; les paroles doivent également être prononcées à voix haute.
אבל מ״מ [מכל מקום] אם אומר ההלכה ואינו מבין אינו נחשב לו ללימוד כלל כמ״ש במ״א סי׳ נ׳, משא״כ בעסק המקרא ותשב״כ [ותורה שבכתב] אם מוציא בשפתיו אע״פ [אף על פי] שאינו מבין אפי׳ [אפילו] פי׳ המלות מפני
néanmoins, s’il récite la loi sans la comprendre, cela ne lui est nullement compté comme une étude, ainsi qu’il est écrit dans le Maguen Avraham, section 50. En revanche, lorsqu’il s’adonne à l’Écriture, la Torah écrite, s’il la prononce des lèvres, même s’il ne comprend pas le sens des mots, parce qu’
Mais réciter une loi sans la comprendre ne compte nullement comme une étude, ainsi que le tranche le Maguen Avraham, section 50. Il en va autrement pour l’Écriture, la Torah écrite, comme l’expliquent les mots suivants.
שהוא ע״ז [על זה] ה״ז [הרי זה] מקיים מצות ולמדתם, שלפיכך כל ע״ה [עם הארץ] מברך ברכת התורה בשחר לפני הפסוקים
il est ignorant, il accomplit ainsi la mitsva de « vous les étudierez ». C’est pourquoi tout ignorant récite le matin la bénédiction sur la Torah avant les versets,
Même celui qui ne comprend pas les mots parce qu’il est ignorant accomplit la mitsva de l’étude de la Torah en les prononçant. C’est pourquoi tout ignorant récite le matin la bénédiction sur la Torah avant de réciter des versets.
וכן כשעולה לס״ת [לספר תורה], וכ״כ [וכמו כן] בפרדס שכ״ז [שכל זה] פ״א1 גבי לימוד המקרא שגם מי שלא יבין לחבר התיבות גם הוא אם יעסוק בו יומם ולילה שכרו אתו ופעולתו לפניו כו׳,
et de même lorsqu’il est appelé à la Torah. C’est également ce qui est écrit dans le Pardès, Porte 27, chapitre 1, au sujet de l’étude de l’Écriture : même celui qui ne comprend pas comment relier les mots, s’il s’y adonne jour et nuit, « sa récompense l’accompagne et son salaire le précède », etc. ;
Il la récite aussi lorsqu’il est appelé à la Torah. Le Pardès Rimonim (Porte 27, chapitre 1) dit également que même celui qui ne sait pas relier les mots, s’il s’adonne à l’Écriture jour et nuit, reçoit pleinement sa récompense.
ואדרבה כתב והלומד בתורה לדעת כמי שלומד בספר זכרונות כו׳ הלואי שלא יפסיד כו׳ ע״ש [עיין שם].
et, au contraire, il écrit : « Celui qui étudie la Torah pour la connaître, comme quelqu’un qui lit un livre de chroniques, etc., puisse-t-il au moins ne pas y perdre », etc. Voir là-bas.
Au contraire, ajoute le Pardès, celui qui étudie la Torah uniquement pour s’informer, comme on lirait un livre d’histoire, risque d’y perdre.
L’étude de l’Écriture constitue une mitsva par les paroles elles-mêmes, même sans les comprendre, contrairement à l’étude de la Michna et du Talmud, qui exige de saisir leur sagesse. Cela prépare la réponse concernant l’étude de la Torah intérieure.
Maré mekomot
- 1בפרדס שכ״ז פ״א · ולהעיר מפמ״ג שם. — לקו״ש שם.
L’Écriture, la Torah intérieure et les tiers de l’étude ¶23–30
23והענין כי הנה מה שבא מהתשב״כ [מהתורה שבכתב] בהתגלות בתשבע״פ [בתורה שבעל פה] דהיינו ידיעת איך ומה לעשות הציצית והתפילין כו׳
L’explication est la suivante. Ce qui, de la Torah écrite, vient se révéler dans la Torah orale — à savoir la connaissance de la manière dont il faut confectionner et accomplir les tsitsit et les téfilines, etc. —
L’explication de l’étude de l’Écriture commence ici. La Torah écrite mentionne des mitsvot telles que les tsitsit et les téfilines ; la manière de les confectionner et de les accomplir n’est révélée que dans la Torah orale.
עד״מ [על דרך משל], זהו התלבשות אור א״ס [אין סוף] בבחי׳ חכמה וח״ע [וחכמה עילאה] נתלבשה בח״ת [בחכמה תתאה] עד שנתלבשה בחכמה דבריאה יצירה ומשם נתלבשה בהלכות דתשבע״פ [דתורה שבעל פה] עד שנתלבשה החכמה להיות מושג ונתפס בשכל אנושי.
à titre d’exemple, cela correspond à l’enveloppement de la Lumière infinie (Or Ein Sof) dans le niveau de 'Hokhma : la 'Hokhma supérieure s’est enveloppée dans la 'Hokhma inférieure, jusqu’à s’envelopper dans la 'Hokhma de Béria [et] de Yetsira ; de là, elle s’est enveloppée dans les lois de la Torah orale, jusqu’à ce que la sagesse s’enveloppe de manière à être saisie et appréhendée par l’intellect humain.
Cette révélation suit le chemin décrit plus haut : la Lumière infinie s’enveloppe dans la 'Hokhma supérieure, qui descend par la 'Hokhma inférieure et la sagesse des mondes de Béria et de Yetsira pour aboutir aux lois de la Torah orale, où l’esprit humain peut la saisir.
אמנם יש בתורה דברים שלא ניתנו להתלבש למטה בחכמה ושכל כלל וכמו ויוסף הורד מצרימה1 ויקנהו פוטיפר,
Cependant, certains passages de la Torah n’ont pas été destinés à s’envelopper ici-bas dans la sagesse et l’intellect, quel qu’en soit le degré, tels que : « Yossef fut emmené en Égypte, et Potifar l’acheta. »
Mais certaines parties de la Torah n’ont jamais été destinées à s’envelopper dans une sagesse saisissable par l’esprit. Un exemple en est le récit dans son sens simple : « Yossef fut emmené en Égypte, et Potifar l’acheta » (Genèse 39:1).
(ועיין בפ׳ המשניות להרמב״ם [להרבי משה בן מימון] פרק חלק2 וז״ל [וזה לשונו] ואין הפרש בין ובני חם כוש3 ומצרים. ושם אשתו מהיטבאל.45 ותמנע היתה פלגש.67 ובין אנכי8 ה׳ אלקיך. ושמע ישראל9 כי הכל מפי הגבורה),
(Voir aussi le Commentaire de Rambam sur la Michna, au chapitre ‘Hélek ; voici ses paroles : « Il n’y a pas de différence entre “Les fils de ‘Ham : Kouch et Mitsrayim”, “Le nom de sa femme était Meheitavel”, “Timna était une concubine”, et “Je suis Havaya, ton D.ieu”, ainsi que “Écoute, Israël”, car tout procède de la bouche du Tout-Puissant. »)
Rambam, dans son Huitième principe de foi (dans son commentaire sur le chapitre ‘Hélek du traité Sanhédrin), dit qu’il n’y a pas de différence de sainteté entre de simples généalogies et des récits, tels que « les fils de ‘Ham » ou « Timna était une concubine », et « Je suis Havaya, ton D.ieu » ou le Chema : tout a été donné par D.ieu.
שבחי׳ ההמשכה מאור א״ס [אין סוף] המרומז באותיות אלו וספור זה לא יוכל להתלבש כלל בחכמה ושכל.
Car le niveau de l’émanation de la Lumière infinie évoqué par ces lettres et ce récit ne peut s’envelopper en aucune façon dans la sagesse et l’intellect.
La lumière divine portée par ces lettres et ces récits ne peut être exprimée en termes de sagesse et d’intellect.
ולכן ההמשכה היא רק ע״י האותיות והפסוקים בלבד כי נעוץ סופן בתחלתן10 כו׳, ולכן גם מה שלא נתלבש בחכמה דהיינו שהוא מבחי׳ כתר שלמעלה מהחכמה
C’est pourquoi l’émanation ne s’opère qu’au moyen des lettres et des versets eux-mêmes, car « leur fin est enchâssée dans leur commencement », etc. Ainsi, même ce qui ne s’est pas enveloppé dans la 'Hokhma, c’est-à-dire ce qui relève du niveau de Kéter (la Couronne), au-dessus de la 'Hokhma,
Ainsi, l’émanation s’opère uniquement au moyen des lettres et des versets eux-mêmes. Le Séfer Yetsira dit au sujet des Séfirot que « leur fin est enchâssée dans leur commencement » : le niveau le plus bas, les lettres elles-mêmes, est lié au niveau le plus élevé, Kéter, qui se situe au-dessus de la 'Hokhma.
(כי אורייתא מחכמה נפקת.1112 נפקת דייקא שהתגלותה הוא מבחי׳ חכמה אבל שרשה בעצם למעלה מהחכמה וכמ״ש לעיל בד״ה ויקרא אל משה,
(car « la Torah procède de la 'Hokhma ». « Procède », précisément : sa révélation relève du niveau de la 'Hokhma, mais sa racine essentielle est au-dessus de la 'Hokhma, comme il est écrit plus haut dans le discours commençant par « Il appela Moché »,
Parenthèse : le Zohar dit que « la Torah procède de la 'Hokhma ». L’Alter Rebbe souligne le terme « procède » : la Torah se révèle à partir de la 'Hokhma, mais sa racine est au-dessus de la 'Hokhma, comme cela est expliqué plus haut dans le discours « Il appela Moché », dans Likkutei Torah.
ולכן מה שנתלבש ממנה בבחי׳ חכמה הוא רק הארה ע״י שערות וצמצומים כי אבא יונק ממזלא כו׳ אבל עצם האור שבכתר לא יוכל להתלבש בחכמה).
et c’est pourquoi ce qui, en elle, s’est enveloppé dans le niveau de la 'Hokhma n’est qu’un rayonnement, transmis par des « cheveux » et des contractions, car « Abba puise du mazal », etc. ; mais l’essence de la lumière en Kéter ne peut s’envelopper dans la 'Hokhma).
Ce qui, dans la Torah, s’enveloppe dans la 'Hokhma n’est qu’un rayon ténu, transmis par des « cheveux » et des contractions, selon l’enseignement de la Kabbala : « Abba (la 'Hokhma) puise du mazal » (un canal issu de Kéter). L’essence de la lumière en Kéter ne peut s’envelopper dans la 'Hokhma.
ואעפ״כ [ואף על פי כן] נמשך הוא ג״כ ע״י האותיות שבתשב״כ [שבתורה שבכתב] ולכן נקרא מקרא שקורא וממשיך התגלות אור א״ס [אין סוף] ע״י האותיות אף שאינו משיג כלל,13 ועמ״ש מענין אותיות התורה איך ששרשן למעלה מהחכמה בד״ה נר חנוכה כו׳
Néanmoins, elle aussi est attirée par les lettres de la Torah écrite. C’est pourquoi on l’appelle Mikra (Écriture) : on appelle et l’on attire la révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof) par les lettres, bien que l’on ne saisisse absolument rien. Voir aussi ce qui est écrit au sujet des lettres de la Torah, dont la racine se trouve au-dessus de 'Hokhma, dans le discours qui commence par « La lampe de Hanoucca », etc.,
Cette lumière supérieure aussi est attirée par les lettres de la Torah écrite. C’est pourquoi l’Écriture est appelée Mikra, du verbe kara, « appeler » : le lecteur appelle la lumière et l’attire par les lettres, même sans les comprendre. Le texte renvoie au discours sur Hanoucca concernant la racine des lettres de la Torah, qui se trouve au-dessus de 'Hokhma.
כדי שתהא מזוזה מימין14 כו׳ ע״ש [עיין שם] וסד״ה צאינה וראינה גבי בעטרה שעטרה15 שהעטרה נעשה מאבנים טובות הוא בחי׳ אותיות התורה,
« afin que la mezouza soit à droite », etc. Voir là-bas ; et à la fin du discours qui commence par « Sortez et voyez », à propos de « avec la couronne dont [sa mère] l’a couronné » : la couronne, faite de pierres précieuses, correspond au niveau des lettres de la Torah.
Ce discours traite de la règle talmudique selon laquelle la lampe de Hanoucca se place à gauche, « afin que la mezouza soit à droite ». Le texte renvoie aussi au discours « Sortez et voyez » (Cantique des Cantiques 3:11), qui explique que « la couronne dont sa mère l’a couronné », faite de pierres précieuses, correspond aux lettres de la Torah.
(וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] כל התורה שמותיו של הקב״ה [הקדוש ברוך הוא]. ועד״ז [ועל דרך זה] יובן16 מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] יפה שיחתן של עבדי אבות מתורתן של בנים17 כו׳ כי הן המשכות ממקור התורה
(Comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Toute la Torah est constituée des noms du Saint béni soit-Il. » On comprendra de même l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « La conversation des serviteurs des Patriarches est plus belle que la Torah des enfants », etc., car ces récits sont des émanations provenant de la source de la Torah
Autre parenthèse : « toute la Torah est constituée des noms du Saint béni soit-Il » ; ses lettres portent donc Sa lumière indépendamment de leur sens littéral. Cela explique l’enseignement du Midrach selon lequel « la conversation des serviteurs des Patriarches est plus belle que la Torah des enfants », car ces récits puisent à la source de la Torah.
כמו שהוא עדיין למעלה מבחינת חכמה, וע״כ [ועל כן] האריכה התורה הרבה בסיפור מעשה דאליעזר עבד אברהם כו׳ יותר מבכמה גופי תורה מתורתן של בנים כו׳.
alors qu’elle se trouve encore au-dessus du niveau de 'Hokhma. C’est pourquoi la Torah a longuement développé le récit de l’épisode d’Éliézer, serviteur d’Avraham, etc., bien davantage que celui de nombreux principes fondamentaux de la Torah, qui relèvent de « la Torah des enfants », etc.
Ces récits proviennent de la source de la Torah telle qu’elle se trouve au-dessus de 'Hokhma. C’est pourquoi la Torah raconte longuement l’histoire d’Éliézer, serviteur d’Avraham, plus longuement que de nombreuses lois fondamentales, qui constituent « la Torah des enfants ».
ועד״ז [ועל דרך זה] הוא ענין סיפור ויוסף הורד מצרימה כו׳ כנ״ל. והמשכה זו הוא ע״י האותיות דוקא. ולכן אף ע״ה [עם הארץ] שאינו מבין פי׳ המלות ממשיך משא״כ בתשבע״פ [בתורה שבעל פה] שנתלבשה בחכמה לכך כשאינו מבין אינו ממשיך
Il en va de même du récit : « Et Yossef fut emmené en Égypte », etc., comme indiqué plus haut. Cette émanation s’effectue précisément par les lettres ; c’est pourquoi même un ignorant qui ne comprend pas le sens des mots l’attire. En revanche, dans la Torah orale, qui est revêtue de 'Hokhma, s’il ne comprend pas, il ne l’attire pas.
Le récit de la descente de Yossef en Égypte relève du même principe. Cette lumière est attirée uniquement par les lettres ; ainsi, même un ignorant qui ne comprend pas les mots l’attire. Dans la Torah orale, qui est revêtue de 'Hokhma, rien n’est attiré sans compréhension.
אבל בתשב״כ [בתורה שבכתב] ממשיך אף שאינו מבין ואינו תלוי כ״כ [כל כך] בהבנת הפי׳ יען מקור המשכה זו הוא מלמעלה מהחכמה כו׳ והיינו ע״י האותיות ולכן נק׳ תשב״כ [תורה שבכתב] מקרא שקוראים וממשיכים ע״י האותיות ועמ״ש מענין מקרא סד״ה ענין ק״ש [קריאת שמע]).
Mais, dans la Torah écrite, on attire [la lumière] même sans comprendre, et cela ne dépend pas autant de la compréhension du sens, car la source de cette émanation se trouve au-dessus de 'Hokhma, etc. Cela s’effectue par les lettres ; c’est pourquoi la Torah écrite est appelée Mikra, car on appelle et l’on attire par les lettres. Voir aussi ce qui est écrit au sujet de Mikra à la fin du discours qui commence par « Le sens de la récitation du Chéma ». )
Dans la Torah écrite, on attire la lumière même sans comprendre, puisque sa source se trouve au-dessus de 'Hokhma et qu’elle passe par les lettres. D’où le nom Mikra, « appel ». Le texte renvoie à la fin du discours sur le Chéma pour plus de précisions sur Mikra.
והנה בכלל לימוד המקרא הוא ג״כ לימוד האגדות שהרי רוב האגדות הם על הפסוקים ומעט מוסר וגם הם אין מושגים ובכלל מקרא יחשב.
Or, l’étude de l’Écriture comprend également l’étude des Aggadot, car la plupart des Aggadot portent sur les versets, tandis qu’une petite partie relève de l’instruction morale ; elles aussi ne sont pas saisies, et sont comptées parmi l’Écriture.
Les Aggadot, enseignements non juridiques du Talmud et du Midrach, relèvent de l’Écriture : la plupart commentent des versets, tandis qu’une petite partie donne des instructions morales ; elles non plus ne sont pas saisies dans leur essence.
Or, l’étude de la dimension intérieure de la Torah (pnimiyout) est également comprise dans l’Écriture, car le Midrach du Zohar porte sur les versets de la Torah.
La Torah intérieure, la Kabbale, relève elle aussi de l’Écriture, puisque le Zohar est un Midrach sur les versets de la Torah. Cela amorce la réponse à la question concernant l’étude de la Torah intérieure.
Ce paragraphe explique que la Torah écrite porte une lumière provenant d’un niveau supérieur à la 'Hokhma, qui se transmet par ses seules lettres, même sans compréhension ; son étude compte donc aussi pour celui qui ne comprend pas. Les Aggadot et la Kabbala sont assimilées à l’Écriture.
Une note de Kehot cite l’Or HaTorah du Tsema’h Tsédek, qui s’appuie sur cette idée pour expliquer la parole des Sages selon laquelle l’étude de l’Écriture est « une mesure et non une mesure » : contrairement à la Michna et au Talmud, où l’essence de la sagesse de D.ieu est saisie, dans l’Écriture, seules les lettres sont saisies, comme lorsqu’on sait qu’une chose existe sans savoir ce qu’elle est, conformément à la Kabbala. La formule du Zohar « la Torah procède de la 'Hokhma » figure en plusieurs endroits que la note énumère.
Maré mekomot
- 1ויוסף הורד מצרימה · Genesis 39:1
- 2פרק חלק · ב”היסוד השמיני”.
- 3ובני חם כוש · Genesis 10:6
- 4ושם אשתו מהיטבאל · שם לו, לט.
- 5ושם אשתו מהיטבאל · Genesis 36:39
- 6ותמנע היתה פלגש · שם לו, יב.
- 7ותמנע היתה פלגש · Genesis 36:12
- 8ואין הפרש בין ובני חם כוש ומצרים ושם אשתו מהיטבאל ותמנע היתה פלגש ובין אנכי ה׳ אלקיך ושמע ישראל כי הכל מפי הגבורה · Rambam on Mishnah Sanhedrin 10:1
- 9שמע ישראל · Deuteronomy 6:4
- 10נעוץ סופן בתחלתן · Sefer Yetzirah 1:7
- 11אורייתא מחכמה נפקת · Zohar, Beshalach 28:377–388
- 12אורייתא מחכמה נפקת · Zohar, Yitro 21:378–22:389
- 13מקרא שקורא . . ע״י האותיות אף שאינו משיג כלל · באוה״ת על מארז״ל וענינים ע׳ רצג מציין: ובזה יובן מארז״ל [ב״מ לג, א] העוסקי׳ במקרא מדה ואינה מדה כי לא כמו משנה ותלמוד השגת מהות חכמתו משא״כ במקרא שאין החכמה מושג רק האותיו׳ וזהו כעין השגת המציאו׳ ולא המהות כמו בקבלה. [וראה ד״ה העוסק במקרא בס׳ מאמרי אדה״ז הקצרים ע׳ שנד].
- 14כדי שתהא מזוזה מימין · Shabbat 22a:2
- 15בעטרה שעטרה · Song of Songs 3:11
- 16ובין — הגבורה · במים רבים שם (ע׳ ריג): הגבורה כו׳.
- 17יפה שיחתן של עבדי אבות מתורתן של בנים · Bereshit Rabbah 60:8
- 18אנכי ה׳ אלקיך · Exodus 20:2
- 19אורייתא מחכ׳ נפקת · זח״ב (סב, א. פה, א) וזח״ג (קפב, א). [כ].
24ועוד שגם בלימוד רזין דאורייתא אינו משיג רק המציאות מההשתלשלות ולא המהות. א״כ [אם כן] אינו דומה למשנה ותלמוד
De plus, même dans l’étude des secrets de la Torah, on ne saisit que l’existence de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), et non son essence. Dès lors, cela ne ressemble pas à la Michna et au Talmud,
Autre raison pour laquelle la Torah intérieure relève de l’Écriture : même en étudiant les secrets de la Torah, on ne saisit que l’existence de l’enchaînement des mondes, et non ce qu’il est. Cela ne ressemble donc pas à la Michna et au Talmud.
שמשיג מהות חכמתו ית׳ ובלימוד ההשתלשלות אינו משיג כלל מהות חכמה זו מהו בחי׳ אופנים וחיות ושרפים וכ״ש [וכל שכן] למעלה יותר כו׳. אלא רק ידיעת המציאות.
où l’on saisit l’essence de Sa sagesse, qu’Il soit béni ; tandis que, dans l’étude de l’enchaînement descendant, on ne saisit nullement l’essence de cette sagesse, ni ce que sont les niveaux des ofanim, des ‘hayot et des séraphim, et à plus forte raison [ce qui est] plus élevé encore, etc. On ne connaît que leur existence.
Dans la Michna et le Talmud, on saisit l’essence de la sagesse de D.ieu. En étudiant l’ordre des mondes, on ne peut saisir ce que sont véritablement les anges appelés ofanim, ‘hayot et séraphim, et encore moins ce qui est plus élevé ; on sait seulement qu’ils existent.
L’étude kabbalistique fait connaître l’existence des mondes spirituels, mais non leur essence ; elle s’apparente donc à l’étude de l’Écriture plutôt qu’à celle de la Michna et du Talmud.
25ואעפ״כ [ואף על פי כן] דבר גדול הוא מאד כיון דא״א [דאי אפשר] להיות בזה השגת המהות. וה״ז [והרי זה] כמו שבמקרא אע״פ [אף על פי] שא״א [שאי אפשר] להיות ההשגה בבחי׳ חכמה כיון ששרשה למעלה מהחכמה
Néanmoins, c’est une chose très grande, puisqu’il est impossible d’en saisir l’essence. Il en va comme de l’Écriture : bien qu’il soit impossible de la comprendre au niveau de 'Hokhma (sagesse), puisque sa racine est au-dessus de 'Hokhma,
Savoir que ces niveaux existent est néanmoins une chose très grande, précisément parce que leur essence ne peut être saisie. Il en va comme de l’Écriture, qui ne peut être saisie comme sagesse, car sa racine est au-dessus de 'Hokhma.
לכן גם מה שאומר האותיות דבר גדול ועצום הוא אף שאותיות הוא רק בחי׳ האחרונה ונקרא בחי׳ דומם לגבי השכל כו׳. כמ״כ [כמו כן] ידיעת המציאות מהפנימית אע״פ [אף על פי] שאינו משיג כלל המהות דבר גדול הוא עד להפליא.
c’est pourquoi le fait même d’en prononcer les lettres est une chose grande et puissante, bien que les lettres ne soient que le dernier niveau et soient appelées le niveau de l’inerte par rapport à l’intellect, etc. De même, connaître l’existence de la dimension intérieure, même sans en saisir aucunement l’essence, est une chose extraordinairement grande.
De même que le simple fait de prononcer les lettres de l’Écriture est grand, bien que les lettres soient le niveau le plus bas, comme l’« inerte » par rapport à l’intellect, connaître l’existence des réalités intérieures sans en saisir l’essence est extraordinairement grand.
L’étude de la Torah intérieure est appréciée pour la même raison que l’étude de l’Écriture : elle met en relation avec ce qui dépasse l’entendement.
26ועיין זח״ג [זהר חלק ג] פ׳ אחרי דע״ג א׳ ג׳ דרגין אינון מתקשרין דא בדא,1 ועמ״ש מזה בד״ה כי קרוב אליך הדבר מאד,2
Voyez aussi le Zohar, partie III, parachat A’harei, folio 73a : « Trois niveaux sont liés l’un à l’autre. » Voyez également ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Car la chose est tout près de toi ».
Le Zohar dit que trois niveaux sont liés entre eux : le Saint béni soit-Il, la Torah et Israël. Le texte renvoie au discours « Car la chose est tout près de toi » dans Likkutei Torah.
והנה כיון שהתורה היא הממוצע המקשר ומחבר נש״י [נשמות ישראל] להקב״ה [להקדוש ברוך הוא], והממוצע יש בו שני בחינות סתים וגליא א״כ [אם כן] בחי׳ הפנימיות הנק׳ סתים הוא המקשר ומחבר בחי׳ פנימיות של הנשמה לבחי׳ פנימיות אלהותו ית׳.
Or, puisque la Torah est l’intermédiaire qui lie et unit les âmes d’Israël au Saint béni soit-Il, et que cet intermédiaire comporte deux aspects, l’un caché et l’autre révélé (stim et galya), l’aspect intérieur, appelé « caché », est donc ce qui lie et unit l’aspect intérieur de l’âme à l’aspect intérieur de Sa divinité, qu’Il soit béni.
La Torah est l’intermédiaire qui lie les âmes d’Israël à D.ieu et, comme tout intermédiaire, elle comporte un aspect caché et un aspect révélé. Son aspect caché, la Torah intérieure, lie la dimension intérieure de l’âme à la dimension intérieure de D.ieu.
Ce passage expose le rôle particulier de la Torah intérieure : en tant qu’aspect caché de l’intermédiaire entre Israël et D.ieu, elle unit l’âme la plus profonde à l’être le plus intérieur de D.ieu.
Le discours « Car la chose est tout près de toi » explique que, par l’étude de la Torah, « quiconque lit et étudie, le Saint lit et étudie en face de lui » : la lecture (de l’Écriture) correspond à la 'Hokhma supérieure et à la Torah écrite, l’étude (de la Torah orale) à la 'Hokhma inférieure, et tous ces influx de la Lumière infinie dépendent de l’étude de la Torah par Israël ici-bas.
Maré mekomot
- 1דרגין אינון מתקשרין דא בדא · Zohar, Achrei Mot 49:296–50:305
- 2כי קרוב אליך הדבר מאד · Deuteronomy 30:14
Et voyez le Zohar, partie III, Beha’alotekha, [folio] 152a. Voyez également ce qui est écrit sur le verset « Les bontés de D.ieu, car nous n’avons pas cessé », au sujet des deux niveaux de 'Hessed (bonté).
Le texte renvoie au Zohar, dans Beha’alotekha (3:152a), qui qualifie les récits simples de la Torah de « vêtement », sous lequel se trouvent son corps et son âme. Il renvoie également au discours sur « Les bontés de D.ieu, car nous n’avons pas cessé », qui traite de deux niveaux de 'Hessed, l’un caché et l’autre dévoilé.
ועד״ז [ועל דרך זה] יובן קצת ענין סוכ״ע [סובב כל עלמין] וממכ״ע [וממלא כל עלמין] סתים וגליא כו׳, ועמ״ש בד״ה שובה ישראל2 בענין מ״ש אם יהיה אלקים עמדי3 כו׳
Ainsi, on comprendra quelque peu la question de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) et de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), du caché et du dévoilé, etc. Voyez également ce qui est écrit dans le discours commençant par « Reviens, ô Israël », au sujet de ce qui est écrit : « Si Elokim est avec moi », etc.,
Cette même paire, le caché et le dévoilé, aide à expliquer les deux modes de la lumière de D.ieu : la lumière qui entoure tous les mondes demeure cachée, tandis que celle qui les remplit est dévoilée. Le texte renvoie au discours « Reviens, ô Israël », consacré aux paroles de Yaakov : « Si Elokim est avec moi ».
והיה הוי׳ לי לאלקים,4 ועמ״ש מענין סתים וגליא סד״ה להבין ענין לחם משנה. ועמ״ש מזה בביאור ע״פ לריח שמניך.5
« alors Havaya sera Elokim pour moi ». Voyez également ce qui est écrit sur le caché et le dévoilé à la fin du discours commençant par « Pour comprendre la question du double pain (le'hem michné) » ; voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication sur le verset « Car le parfum de tes huiles ».
Ce verset s’achève par : « alors Havaya sera Elokim pour moi » : le Nom transcendant devient le Nom immanent. Le texte renvoie également aux discours sur le double pain de Chabbat et sur « Car le parfum de tes huiles » (Cantique des Cantiques 1:3), qui traitent du caché et du dévoilé.
(ועוי״ל [ועוד יש לומר] בענין מעלת העסק בפנימיות עפמ״ש [על פי מה שכתוב] באגה״ק [באגרת הקודש] בד״ה להבין מ״ש בפע״ח [בפרי עץ חיים] דלימוד פנימיות כוונת המצות לא גרע מלימוד הלכותיה ואדרבה כו׳ אף שאינו משיג המהות6 עכ״ל [עד כאן לשונו], ור״ל [ורוצה לומר] מפני שהמצוה מושג מהותה
(On peut encore dire, au sujet de la valeur de l’étude de la dimension intérieure (pnimiyout), d’après ce qui est écrit dans Igueret HaKodech, dans le discours commençant par « Pour comprendre ce qui est écrit dans Pri Etz 'Haïm », que l’étude de la dimension intérieure, des intentions des mitsvot, « n’est pas moindre que l’étude de leurs lois ; bien au contraire, etc., bien que l’on n’en saisisse pas l’essence ». Fin de citation. Cela signifie que, puisque l’essence de la mitsva est saisie,
Cette longue parenthèse apporte une réponse supplémentaire sur la valeur de l’étude de la Torah intérieure. Dans le Kountrès A’haron du Tanya, que le texte appelle Igueret HaKodech, l’Alter Rebbe a écrit que l’étude du sens intérieur des mitsvot n’est pas moindre que celle de leurs lois, même sans en saisir l’essence ; la raison en est que la mitsva elle-même est saisie.
לכן ידיעת סודות המצוה אף שאינו משיג המהות לא גרע כו׳. ואף שכ׳ [שכתב] שם משא״כ בסדר ההשתלשלות אף אם השיג המציאות לא עדיף מצד עצמו כלימוד המצות שמשיג ותופס המהות כו׳.
la connaissance des secrets de la mitsva n’est donc pas moindre, même si l’on n’en saisit pas l’essence, etc. Et bien qu’il ait écrit là-bas que ce n’est pas le cas pour l’ordre de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout) : même si l’on en a saisi l’existence, cela ne lui confère pas en soi un avantage sur l’étude des mitsvot, où l’on saisit et appréhende l’essence, etc.,
Puisque la mitsva est saisie, connaître ses secrets n’est pas moindre, même sans en saisir l’essence. Le même essai dit que la connaissance de l’ordre des mondes est différente : savoir seulement qu’ils existent n’est pas en soi supérieur à l’étude des mitsvot, où l’essence est saisie.
הרי מסיק אח״כ [אחר כך] אלא שידיעת המציאות מההשתלשלות היא ג״כ מצוה רמה ונשאה ואדרבה עולה על כולנה כמ״ש וידעת היום.7 דע את אלקי אביך8 כו׳.
il conclut ensuite : « Mais la connaissance de l’existence de l’enchaînement descendant des mondes est également une mitsva élevée et sublime ; bien au contraire, elle les surpasse toutes, comme il est écrit : “Et tu sauras aujourd’hui”, [et] “Connais le D.ieu de ton père”, etc.,
Pourtant, l’essai conclut que savoir que l’enchaînement des mondes existe constitue en soi une mitsva élevée, supérieure même aux autres, accomplissant ainsi « Et tu sauras aujourd’hui » (Deutéronome 4:39) et « Connais le D.ieu de ton père » (I Chroniques 28:9).
ומב יאה ללב שלם כו׳ שהוא העיקר. ור״ל [ורוצה לומר] כמ״ש ויצונו ה׳ לעשות את כל החוקים האלה ליראה את ה׳ אלהינו. הרי תכלית התומ״צ [התורה ומצות] הוא לבא ללב שלם שהוא ליראה את ה׳,
et elle mène à « un cœur entier », etc., ce qui est l’essentiel. Cela signifie, comme il est écrit : « D.ieu nous a ordonné d’accomplir tous ces statuts, afin de craindre Havaya notre D.ieu » : le but de la Torah et des mitsvot est donc de parvenir à un cœur entier, c’est-à-dire à la crainte de D.ieu.
Cette connaissance conduit à « un cœur entier », ce qui est l’essentiel. L’Alter Rebbe l’explique par le verset : « D.ieu nous a ordonné d’accomplir tous ces statuts, afin de craindre Havaya notre D.ieu » (Deutéronome 6:24) : le but de la Torah et des mitsvot est de parvenir à un cœur entier, c’est-à-dire à la crainte de D.ieu.
ולכן ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] שהתורה נק׳ תרעא לדרתא9 לגבי יראה כו׳ והיינו לגבי יראה עילאה וכמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] ס״פ כ״ג והשגת המציאות הוא להפשיט מגשמיות רק שזו היא מצוה א׳ מתרי״ג והאדם צריך לקיים כל התרי״ג כו׳
C’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit que la Torah est appelée « une porte donnant sur la cour » par rapport à la crainte, etc., c’est-à-dire par rapport à la crainte supérieure, comme il est écrit dans Sefer shel Beinonim, à la fin du chapitre 23. Saisir son existence permet de se dépouiller de la matérialité ; toutefois, cela ne constitue qu’une mitsva parmi les 613, et l’homme doit accomplir les 613, etc.
Les Sages appellent donc la Torah « une porte donnant sur la cour » de la crainte, c’est-à-dire de la crainte supérieure, comme l’explique le Tanya, chapitre 23. Savoir que les mondes supérieurs existent aide à se défaire d’une vision matérialiste ; mais cela ne représente qu’une des 613 mitsvot, et l’homme doit toutes les accomplir.
לכך צריך להרבות בלימוד כל התרי״ג וקיומן בפ״מ [בפועל ממש] במודומ״ע [במחשבה דבור ומעשה] כו׳ א״כ [אם כן] הרי בידיעת ההשתלשלות אף שאינו משיג כלל המהות מקיים מצות וידעת כו׳ ולא גרע מלימוד ההלכות):10
C’est pourquoi il faut consacrer beaucoup d’étude aux 613 mitsvot et à leur accomplissement concret, par la pensée, la parole et l’action, etc. Ainsi, connaître l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), même sans en saisir aucunement l’essence, permet d’accomplir la mitsva « Et tu sauras », etc., et cela ne vaut pas moins que l’étude des lois.)
C’est pourquoi il faut étudier longuement toutes les mitsvot et les accomplir par la pensée, la parole et l’action. Pourtant, connaître l’ordre des mondes, même sans en saisir l’essence, accomplit la mitsva « Et tu sauras » et ne vaut pas moins que l’étude des lois.
Le paragraphe ajoute des références aux aspects caché et dévoilé de la Torah et de la lumière de D.ieu. Une longue parenthèse, fondée sur le Kountrès A’haron du Tanya, montre que l’étude de la Torah intérieure accomplit sa propre mitsva de connaître D.ieu et conduit à un cœur entier, sans toutefois remplacer l’étude et la pratique de toutes les mitsvot.
Le discours de Likkutei Torah sur « Car le parfum de tes huiles » établit la même division en trois parties : dans la Michna et le Talmud, on saisit l’essence de la sagesse de D.ieu, vêtue de sujets matériels, tandis que dans les récits de l’Écriture, elle n’est pas saisie du tout. Il cite le Zohar, dans Beha’alotekha, selon lequel le sens simple des récits de la Torah est « le vêtement de la Torah », ainsi que le commentaire de Rabbi Moché Zacuto : un récit tel que celui des rois d’Édom s’est déroulé comme il est rapporté, tout en dissimulant les secrets du monde de Tohou. Une note de Kehot indique que certaines éditions du Tanya portent « une mitsva grande et sublime », tandis que le tableau des corrections du Tanya, suivi ici, porte « une mitsva élevée et sublime ».
Maré mekomot
- 1חסדי ה׳ כי לא תמנו · Lamentations 3:22
- 2שובה ישראל · Hosea 14:2
- 3אם יהיה אלקים עמדי · Genesis 28:20
- 4והיה הוי׳ לי לאלקים · Genesis 28:21
- 5לריח שמניך · Song of Songs 1:3
- 6דלימוד פנימיות כוונת המצות לא גרע מלימוד הלכותיה ואדרבה כו׳ אף שאינו משיג המהות · Tanya, Part V; Kuntres Acharon 4:24
- 7וידעת היום · Deuteronomy 4:39
- 8דע את אלקי אביך · I Chronicles 28:9
- 9תרעא לדרתא · Shabbat 31b:1
- 10ויצונו ה׳ לעשות את כל החוקים האלה ליראה את ה׳ אלהינו · Deuteronomy 6:24
28ה ועפ״ז [ועל פי זה] יתורץ מה שנדחקו גדולי המפרשים בפי׳ מימרא זו דלעולם ישלש אדם שנותיו שליש במקרא שליש במשנה שליש בתלמוד1 דהר״ן [דהרבינו נסים] ספ״ק [סוף פרק קמא] דע״ז [דעבודה זרה] כ׳ [כתב] ולאו דוקא שישליש ימותיו בשוה כו׳.
5. Selon ce qui précède, [la difficulté] avec laquelle les grands commentateurs se sont débattus dans l’explication de cette déclaration sera résolue : « L’homme doit toujours partager ses années en trois : un tiers consacré à l’Écriture, un tiers à la Michna et un tiers au Talmud. » Car le Ran, à la fin du premier chapitre de Avodah Zarah, écrit : « Cela ne signifie pas précisément qu’il doive partager ses jours en parts égales », etc.
La section 5 applique tout ce qui précède à une difficile déclaration talmudique : l’homme doit partager ses années en trois, un tiers pour l’Écriture, un tiers pour la Michna et un tiers pour le Talmud. Le Ran (Rabbeïnou Nissim), à propos du premier chapitre de Avodah Zarah, écrit que cela ne signifie pas exactement des parts égales.
והרמב״ם [והרבי משה בן מימון] פ״א מהל׳ [מהלכות / מהלכה] ת״ת [תלמוד תורה] ס״ל [סבירא ליה / סבירא להו] דישלש היינו לשלישים שוים ממש אלא דנתכוין לתרץ קושיית הר״ן [הרבינו נסים] במ״ש שזהו בתחלת למודו של אדם אבל כשיגדיל בחכמה כו׳ ויקרא בעתים מזומנים תשב״כ [תורה שבכתב]2 כו׳.
Et le Rambam, au chapitre 1 des Lois de l’étude de la Torah, considère que « partager en trois » signifie en trois parts réellement égales ; mais il entendait résoudre la difficulté du Ran par ce qu’il écrit : cela vaut au début de l’étude d’une personne, « mais lorsqu’elle grandira en sagesse », etc., « elle lira la Torah écrite à des moments déterminés », etc.
Le Rambam, dans les Lois de l’étude de la Torah, comprend cette répartition comme trois parts véritablement égales, mais répond à la difficulté du Ran en limitant cette règle au début de l’étude : une fois que la personne a grandi en sagesse, elle ne lit la Torah écrite qu’à des moments déterminés.
Le maamar aborde la répartition de l’étude, dans le Talmud, en trois parts et la difficulté soulevée par les commentateurs ; la distinction qu’il établit entre l’Écriture et la Torah intérieure permettra de la résoudre.
Maré mekomot
- 1לעולם ישלש אדם שנותיו שליש במקרא שליש במשנה שליש בתלמוד · Avodah Zarah 19b:1–2
- 2כשיגדיל בחכמה כו׳ ויקרא בעתים מזומנים תשב״כ · Mishneh Torah, Torah Study 1:12
29ולפ״ז [ולפי זה] דוחק קצת לשון לעולם ישלש כו׳ וגם מה שהקשו בגמ׳ [בגמרא] מי ידע כמה חיי. דמזה משמע דכל שני חייו ישלש כו׳.
Selon cela, la formulation « toujours diviser en trois », etc., est quelque peu difficile, de même que la question posée dans la Guemara : « Sait-on combien de temps on vivra ? », car elle laisse entendre qu’il faut diviser en trois toutes les années de sa vie, etc.
Selon l’interprétation du Rambam, le mot « toujours » est difficile, de même que la question de la Guemara : « Sait-on combien de temps on vivra ? », qui laisse entendre que cette division s’applique à toute la vie.
ורי״ו בשם הרמ״ה כתב דלא אמרו זה אלא לדורות ראשונים כו׳ כמ״ש בב״י [בבית יוסף]. אמנם לפמ״ש [לפי מה שכתוב] א״ש [אתי שפיר] דבתחלת למודו של אדם ישלש השליש במקרא ממש לבדו.
Rabbenou Yerou’ham écrit au nom du Ramah que cela n’a été dit que pour les premières générations, etc., comme il est écrit dans le Beit Yossef. Cependant, selon ce qui a été exposé [ici], la difficulté se résout bien : au début de l’étude d’une personne, elle doit consacrer le tiers à l’Écriture proprement dite, seule ;
Rabbenou Yerou’ham, citant le Ramah (Rabbi Meïr Halevi Aboulafia), comme le rapporte le Beit Yossef, limitait cette règle aux générations antérieures. L’approche du maamar résout simplement la difficulté : au début de l’étude, le tiers consacré à l’Écriture désigne le texte de l’Écriture seul.
דאע״ג [דאף על גב] שלתלמוד צריך זמן יותר מ״מ [מכל מקום] יש לו למהר ללמוד המקרא1 בתחלה ואחר שהגדיל בחכמה יש לו לקיים השליש במקרא בתשב״כ [בתורה שבכתב] עם מה שילמוד אח״כ [אחר כך] מפנימיות התורה והאגדות2 שזה נכלל הכל בשליש במקרא כנ״ל,
car, bien que le Talmud exige davantage de temps, elle doit néanmoins s’empresser d’étudier d’abord l’Écriture. Puis, lorsqu’elle aura grandi en sagesse, elle devra accomplir le tiers consacré à l’Écriture au moyen de la Torah écrite, conjointement avec ce qu’elle étudiera ensuite de la dimension intérieure de la Torah et des Aggadot ; tout cela est inclus dans le tiers consacré à l’Écriture, comme indiqué plus haut.
Bien que le Talmud exige davantage de temps, il faut d’abord étudier rapidement l’Écriture. Plus tard, une fois que l’on a grandi en sagesse, on accomplit le tiers consacré à l’Écriture au moyen de la Torah écrite, conjointement avec la Torah intérieure et les Aggadot ; tous ces éléments comptent comme Écriture, ainsi qu’il a été expliqué plus haut.
(ואפשר דגם לימוד מדרש רבה ושאר המדרשים3 הוא בכלל השליש במקרא שהרי בפ״ק [בפרק קמא] דברכות דף י״א ע״ב משמע בהדיא בגמ׳ [בגמרא] ופרש״י [ופירש רש״י / ופירוש רש״י] דמדרש הוא קרוב למקרא כו׳ לפי שהם מדרשי מקראות.
(Il est également possible que l’étude de Midrash Rabba et des autres Midrachim soit incluse dans le tiers consacré à l’Écriture ; car, dans le premier chapitre de Berakhot, folio 11b, la Guemara et le commentaire de Rachi indiquent explicitement que le Midrach est proche de l’Écriture, etc., puisqu’il s’agit d’interprétations de versets.)
Une remarque entre parenthèses suggère que Midrash Rabba et les autres Midrachim comptent également comme Écriture, puisque la Guemara dans Berakhot (11b), avec Rachi, considère le Midrach comme proche de l’Écriture : il consiste en des interprétations de versets.
וכ״מ [וכן משמע] בנדרים דל״ו סע״ב [סוף עמוד ב] ואף שבהלכות ת״ת [תלמוד תורה] מבואר דמדרש תורה שהוא ספרא וספרי וכה״ג [וכהאי גוונא] הן בכלל שליש במשנה היינו מפני שהן הלכות וגופי התורה כמו המשנה משא״כ לימוד הרבות שהן אגדות שעל המקרא4 ומוסר ה׳ אפשר שזה נכלל בשליש במקרא.
C’est également ce qui ressort de Nedarim, folio 36, fin du côté b. Et bien que les Lois de l’étude de la Torah précisent que les Midrachim sur la Torah — le Sifra, le Sifrei et les ouvrages analogues — sont inclus dans le tiers consacré à la Michna, c’est parce qu’ils contiennent des lois et des principes fondamentaux de la Torah, comme la Michna ; tandis que l’étude des Midrachim Rabba, qui sont des Aggadot sur l’Écriture et des enseignements moraux de D.ieu, peut être incluse dans le tiers consacré à l’Écriture.
Nedarim (36b) laisse entendre la même chose. Les lois de l’étude de la Torah classent bien les Midrachim halakhiques (Sifra, Sifrei) dans le tiers consacré à la Michna, mais c’est parce qu’ils traitent de lois ; les Midrachim Rabba, qui sont des Aggadot sur les versets et des enseignements moraux, peuvent relever du tiers consacré à l’Écriture.
ולכן אתי שפיר דלעולם ישלש אדם5 כו׳. והנה ענין לעולם ישלש אדם מה שחלקו זה לשלישים י״ל [יש לומר] כדכתיב ולכבודי בראתיו6 יצרתיו אף עשיתיו. ואין כבוד אלא תורה.78
Ainsi, l’expression « une personne doit toujours diviser en trois », etc., se comprend bien. Quant à la raison pour laquelle cette étude est répartie en trois tiers, on peut l’expliquer à partir de ce qui est écrit : « Pour Ma gloire, Je l’ai créé, formé, et aussi fait », et « il n’est de gloire que la Torah ».
Ainsi, le mot « toujours » convient : cette répartition vaut pour toute la vie. Pourquoi trois tiers ? En raison du verset « Pour Ma gloire, Je l’ai créé, formé, et aussi fait » (Isaïe 43:7), et de l’enseignement selon lequel la « gloire » désigne la Torah (Avot 6:3) : les trois verbes correspondent à trois mondes.
והנה תלמוד בבריאה ומשנה ביצירה וכתיב יוצר אור ובורא חושך.9 ולכן ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] במחשכים הושיבני זה תלמוד בבלי. ומקרא בעשיה.10
Or, le Talmud relève de Béria et la Michna de Yetsira ; et il est écrit : « Celui qui forme la lumière et crée l’obscurité. » C’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Il m’a installé dans des lieux obscurs » : cela désigne le Talmud de Babylone. L’Écriture relève d’Assiya.
Le Talmud relève de Béria (« créé ») et la Michna de Yetsira (« formé »), comme dans « Celui qui forme la lumière et crée l’obscurité » (Isaïe 45:7) ; le Talmud de Babylone est appelé « lieux obscurs » (Sanhédrin 24a), en correspondance avec « crée l’obscurité ». L’Écriture relève d’Assiya (« fait »).
והנה אף עשיתיו אף הוא בחינ׳ [בחינת / בחינה] רבוי שמרבה בחינ׳ [בחינת / בחינה] רביעית כמ״ש בד״ה מי מנה11 עפר יעקב12 כו׳ ע״ש [עיין שם], לכן בכלל שליש במקרא נכלל בחינה הרביעית שהוא לימוד פנימיות התורה.
Or, dans « et aussi fait », le mot « aussi » (af) exprime l’inclusion : il inclut un quatrième niveau, comme il est écrit dans le discours qui commence par « Qui a compté la poussière de Yaakov », etc. Voyez là-bas. C’est pourquoi le quatrième niveau — l’étude de la dimension intérieure (pnimiyout) de la Torah — est inclus dans le tiers consacré à l’Écriture.
Le mot « aussi » (af) dans « et aussi fait » ajoute un élément : un quatrième niveau, comme l’explique le discours « Qui a compté la poussière de Yaakov ». Ainsi, le quatrième niveau — l’étude de la Torah intérieure — est inclus dans le tiers consacré à l’Écriture.
וזהו שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] והביאו הרמב״ם [הרבי משה בן מימון] בפי׳ המשניות ספ״ה דאבות ע״פ אף חכמתי עמדה לי13 חכמתי שלמדתי באף עמדה לי14 כו׳).
Et c’est là ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit, et que le Rambam rapporte dans son Commentaire sur la Michna, à la fin du chapitre 5 d’Avot, au sujet du verset : « Ma sagesse aussi (af) est restée auprès de moi » : « La sagesse que j’ai étudiée dans l’af [la colère] est restée auprès de moi », etc.)
Le Midrach sur « Ma sagesse aussi (af) est restée auprès de moi » (Ecclésiaste 2:9), cité par le Rambam à la fin de son commentaire sur Avot, chapitre 5, interprète ces mots ainsi : « La sagesse que j’ai étudiée avec af » (littéralement « dans la colère », c’est-à-dire dans l’effort) « est restée auprès de moi ».
והנה מכ״ז [מכל זה] יובן בתוספת ביאור ענין ולא תשבית מלח15 כו׳ שלימוד הפנימית נק׳ בשם מלח שהמלח ממתקת הבשר.
Or, tout cela permet de comprendre plus amplement la question de « Tu ne supprimeras pas le sel », etc. : l’étude de la dimension intérieure est appelée « sel », car le sel adoucit la viande,
Le verset d’ouverture revient ici. La Torah intérieure est appelée « sel », car le sel fait ressortir la saveur de la viande.
אף שאין בו טעם בעצמו כמו הבשר, וכך הנגלה שבתורה נמשל ללחם כמ״ש לכו לחמו בלחמי.16171819202122232425262728293031
bien qu’il n’ait pas de goût en lui-même, contrairement à la viande. De même, la partie révélée de la Torah est comparée au pain, comme il est écrit : « Venez, mangez de mon pain »,
Le sel n’a pas de goût qui lui soit propre, comme en a la viande. La Torah révélée, en revanche, est comparée au pain : « Venez, mangez de mon pain » (Proverbes 9:5).
Ce paragraphe résout la difficulté concernant la répartition de l’étude en trois tiers : plus tard dans la vie, le tiers consacré à l’Écriture comprend les Aggadot et la Torah intérieure. Il fonde ensuite cette répartition sur le verset « créé… formé… et aussi fait », et commence à expliquer le sel du verset d’ouverture comme étant la Torah intérieure.
Une note de Kehot indique que la suggestion concernant Midrash Rabba (parties 4–5) figure presque mot pour mot dans les Biouré HaZohar du Tséma’h Tsédek, qui ajoute que, selon un avis de la Guemara dans Berakhot, la bénédiction sur la Torah est nécessaire pour l’Écriture et le Midrach, mais non pour la Michna et le Guemara. Une autre note cite l’Or HaTorah du Tséma’h Tsédek : l’Écriture relève d’« Assiya » parce que, du fait même de sa grandeur, elle descend et se revêt jusque dans le monde de l’action ; et à propos de « la sagesse que j’ai acquise avec af », le labeur et l’effort font sortir la puissance intérieure de la dissimulation pour la révéler.
Maré mekomot
- 1בכלל לימוד המקרא . . לימוד האגדות · ראה הערת כ״ק אדמו״ר לעיל בהוספות יט, א.
- 2השליש במקרא . . מפנימי׳ התורה והאגדות · ראה לקו״ש חי״ח ע׳ 439.
- 3ואפשר דגם לימוד מדרש רבה ושאר המדרשים . . מדרשי המקראות · בביאה״ז להצ״צ-ב ע׳ תרכ ”צ״ע בה׳ ת״ת שהן בכלל משנה, אבל בפ״ק דברכות די״א ע״ב נלע״ד ראי׳ למה שכתבתי דמבואר שם מגמ׳ ופרש״י דמדרש קרוב למקרא לפי שהן מדרשי המקראות, ולכן יש מ״ד שם בגמ׳ דלמקרא ומדרש צריך לברך ברכת התורה ולא משנה וגמרא, אלא דהמסקנא צריך לברך על כולם, אבל עכ״פ מבואר דמדרש שייך למקרא וצ״ע בנדרים דל״ז ע״א גבי ומלמדו מדרש כו׳ ואכמ״ל” ע״ש.
- 4
- 5לעולם ישלש אדם · Avodah Zarah 19b:1–2
- 6ולכבודי בראתי · Isaiah 43:7
- 7ואין כבוד אלא תורה · Zohar III, 253b
- 8ואין כבוד אלא תורה · Pirkei Avot 6:3
- 9יוצר אור ובורא חושך · Isaiah 45:7
- 10ומקרא בעשי׳ · באוה״ת בראשית כרך-ו דף תתרל, ב מציין לכאן ומוסיף ”שמובן ענין פי׳ מקרא בעשיי׳ לפי שמקרא לרוב מעלתו יורד ומתלבש עד העשיי׳” ע״ש. וראה אוה״ת במדבר כרך-ו ע׳ א׳תקסב. ובליקוט פי׳ לתניא פרק מ.
- 11בד״ה מי מנה · בבי׳ פ״ג. [כ]. פ׳ בלק סט, ד. וראה לקו״ש-כ ע׳ 226.
- 12מי מנה עפר יעקב · Numbers 23:10
- 13אף חכמתי עמדה לי · Ecclesiastes 2:9
- 14חכמתי שלמדתי באף עמדה לי · Kohelet Rabbah 2:9
- 15ולא תשבית מלח · Leviticus 2:13
- 16לכו לחמו בלחמי · Proverbs 9:5
- 17בד״ה כי קרוב אליך הדבר · לקו״ת נצבים מו, א.
- 18ע״פ חסדי ה׳ כי לא תמנו · אגה״ק ס״י.
- 19בד״ה שובה ישראל · לקו״ת ש״ש סד, ד.
- 20סד״ה להבין ענין לחם משנה · תו״א סו, ד.
- 21בביאור ע״פ לריח שמניך · לקו״ת שה״ש ג, ג.
- 22שידיעת — רמה ונשאה · בתניא שלפנינו: רבה ונשאה. וכ״ה בהמשך מים רבים שם (רבה). אבל ראה לוח התיקון לתניא שצ״ל: רמה (וש״נ לסה״מ אתהלך לאזניא ע׳ קסה). וכ״ה בסה״מ תרל״ו ח״ב ע׳ תקיח. וראה בליקוט פי׳.
- 23וידעת היום · Deuteronomy 4:39
- 24דע את אלקי אביך · דברי הימים-א כח, ט.
- 25ויצונו ה׳ לעשות · Deuteronomy 6:24
- 26שהתורה נק׳ תרעא לדרתא · Shabbat 31b:1
- 27והיינו לגבי יר״ע וכמ״ש בסש״ב · ראה סה״מ תרל״ו ח״ב ע׳ שו.
- 28ועפ״ז יתורץ מה שנדחקו · מכאן עד להלן ה, ד שו״ה ביאור ליתא במים רבים שם.
- 29אמרז״ל במחשכים . . זה תלמוד בבלי · Sanhedrin 24a:18–19
- 30וזהו שאמרז״ל · בקה״ר ב, ט. [כ].
- 31
30וגם לבשר כמ״ש במ״א ע״פ זאת הפעם עצם מעצמי ובשר מבשרי.1 דקאי על תשבע״פ [תורה שבעל פה]. וכן בגמ׳ [בגמרא] ב״ב [בבא בתרא] דכ״ב אמרו אכלו בישרא שמינא בי רבא2.
et aussi à la viande, comme il est écrit ailleurs à propos du verset : « Cette fois, os de mes os et chair de ma chair », qui se rapporte à la Torah orale. De même, dans la Guemara, Baba Batra, folio 22, ils ont dit : « Ils ont mangé de la viande grasse chez Rava. »
La Torah révélée est également comparée à de la viande. Ailleurs, « os de mes os et chair de ma chair » (Genèse 2:23) est expliqué comme désignant la Torah orale, et le Talmud (Bava Batra 22a) qualifie de « viande grasse » la Torah étudiée chez Rava.
והיינו כמו הלחם והבשר יש בהן טעם וממש כך בלימוד הנגלה שבתורה יש בה השגת המהות ממש משא״כ בלימוד הפנימי׳ [הפנימיות / הפנימית] שאין בזה
C’est-à-dire que, de même que le pain et la viande ont du goût et de la substance, ainsi, dans l’étude de la partie révélée de la Torah, on saisit réellement l’essence ; tandis que, dans l’étude de sa dimension intérieure (pnimiyout), il y a en cela
Le pain et la viande ont du goût et de la substance ; de même, dans la Torah révélée, l’intellect saisit véritablement l’essence de la sagesse. Il en va autrement dans la Torah intérieure.
רק ידיעת המציאות ולא השגת המהות והמהות נסתר ונעלם ואינו מושג כלל להיות בבחי׳ טעם ממש כמו הנגלה עד לע״ל [לעתיד לבוא] שיתגלה פנימית התורה.3
seulement une connaissance de l’existence, et non une saisie de l’essence. L’essence est cachée et dissimulée, et n’est nullement saisissable de manière à être perçue avec un goût véritable, comme la partie révélée, jusqu’au Temps à venir, lorsque la dimension intérieure de la Torah sera révélée.
On ne sait alors que les choses existent, sans saisir ce qu’elles sont ; elle n’a donc pas de « goût » propre, comme le sel. Cette essence restera cachée jusqu’au Temps à venir, lorsque la Torah intérieure sera révélée.
Le pain et la viande, qui ont du goût et de la substance, correspondent à la Torah révélée, dont on saisit l’essence ; le sel, qui n’a pas de goût propre mais fait ressortir celui de la viande, correspond à la Torah intérieure, dont l’essence ne sera goûtée que dans l’avenir.
La note de Kehot renvoie à Rachi sur le Cantique des Cantiques 1:2 au sujet de la révélation future de la Torah intérieure.
Maré mekomot
- 1זאת הפעם עצם מעצמי ובשר מבשרי · Genesis 2:23
- 2
- 3לע״ל שיתגלה פנימית התורה · ראה רש״י שה״ש א, ב.
Le sel, la crainte de la faute et l’alliance ¶31–39
31ולכן נמשל למלח לומר שעם היות שאין בו טעם עכ״ז [עם כל זה] הוא דייקא הנותן טעם בהבשר.
C’est pourquoi elle est comparée au sel : bien qu’il n’ait pas de goût, c’est précisément lui qui donne du goût à la viande.
Le sel n’a pas de goût qui lui soit propre, et pourtant c’est lui qui donne son goût à la viande. De même, la Torah intérieure, dont l’essence ne peut être saisie, donne du « goût » à la Torah révélée.
וז״ש [וזהו שכתוב] רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] באדר״ן [באבות דרבי נתן] ס״פ כ״ט וכ״ה ג״כ ברבות כל מי שיש בידו מדרש ואין בידו הלכות לא טעם
Et c’est ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit dans Avos deRabbi Nasan, à la fin du chapitre 29 (et l’on trouve aussi la même chose dans les Rabbos) : « Celui qui a le Midrach en main, mais n’a pas les lois en main, n’a pas goûté
Cette parole de nos Sages dans Avos deRabbi Nasan (également rapportée dans le Midrach Rabbah) vient appuyer cela. Elle met en regard le « Midrach » (ici, la Torah intérieure) et les « lois » (la Torah révélée).
טעם של חכמה כל מי שיש בידו הלכות ואין בידו מדרש לא טעם טעם של יראת חטא, פי׳ שהלכות נק׳ טעם של חכמה לפי שבהן
le goût de la sagesse ; celui qui a les lois en main, mais n’a pas le Midrach en main, n’a pas goûté le goût de la crainte de la faute. » Cela signifie que les lois sont appelées « le goût de la sagesse », car en elles
Celui qui n’a que le Midrach n’a pas goûté la sagesse, et celui qui n’a que les lois n’a pas goûté la crainte de la faute. Les lois sont appelées « le goût de la sagesse » pour une raison qui va être expliquée.
ועל ידן מושג המהות חכמתו ית׳ שנתלבשה בהלכה זו משא״כ בלימוד הפנימיות הנק׳ מדרש אין מושג המהות ממש ולכן נק׳ שלא טעם טעם של חכמה פי׳ המהות ממש.
et par leur intermédiaire, l’essence de Sa sagesse, béni soit-Il, qui s’est revêtue dans cette loi, est saisie ; tandis que dans l’étude de la dimension intérieure (pnimiyout), appelée Midrach, l’essence même n’est pas saisie. C’est pourquoi il est dit qu’il « n’a pas goûté le goût de la sagesse », c’est-à-dire son essence même.
Dans les lois, on saisit l’essence même de la sagesse de D.ieu, revêtue dans la loi. Dans la Torah intérieure, appelée « Midrach », cette essence n’est pas saisie ; ainsi, de celui qui n’a que le Midrach, on dit qu’il « n’a pas goûté le goût de la sagesse », c’est-à-dire son essence même.
L’image du sel, qui n’a pas de goût mais donne du goût, s’éclaire par le contraste établi par nos Sages entre le « Midrach » et les « lois » : les lois donnent le goût de la sagesse, car c’est en elles que l’on saisit l’essence de la sagesse de D.ieu.
32ועכ״ז [ועם כל זה] מי שיש בידו הלכות ואין בידו מדרש לא טעם טעם של יראת חטא כי אף שבלימוד המדרש אין מושג
Et pourtant, celui qui possède les lois mais n’a pas le Midrach « n’a pas goûté au goût de la crainte de la faute ». Car, bien que dans l’étude du Midrach on ne saisisse
Pourtant, celui qui possède les lois sans le Midrach n’a pas goûté à la crainte de la faute. Ce que l’étudiant saisit dans le Midrach, la Torah intérieure, n’est qu’une perception limitée.
רק הארה מ״מ [מכל מקום] זו ההארה מביאה לידי יראת חטא ועמ״ש מענין פי׳ יראת חטא סד״ה וידבר משה אל ראשי המטות.12
qu’un rayonnement, ce rayonnement conduit néanmoins à la crainte de la faute. Voyez aussi ce qui est écrit au sujet du sens de la crainte de la faute à la fin du discours commençant par « Et Moché parla aux chefs des tribus ».
Il ne saisit qu’un rayonnement, et non l’essence, mais ce rayonnement le conduit à la crainte de la faute. Le texte renvoie à la fin du discours sur « Et Moché parla aux chefs des tribus » pour expliquer ce qu’est la crainte de la faute.
La Torah intérieure, bien qu’elle n’offre qu’un aperçu, conduit à la crainte de la faute, que la Torah révélée seule ne suscite pas.
Le discours sur Matot s’achève par un résumé de l’enchaînement enseigné par les Sages : la sainteté mène à l’humilité, et l’humilité à la crainte de la faute.
Maré mekomot
- 1סד״ה וידבר משה אל ראשי המטות · לקו״ת מטות פא, ד.
- 2וידבר משה אל ראשי המטות · Numbers 30:2
33ועוד כי אף שזהו רק הארה הנה היא הארה מבחי׳ הפנימיות כי אורייתא סתים וגליא,
De plus, bien qu’il ne s’agisse que d’un rayonnement, c’est un rayonnement du niveau de la dimension intérieure (pnimiyout), car la Torah est cachée et dévoilée.
De plus, bien que le Midrach ne donne qu’un rayonnement, celui-ci provient du côté intérieur et caché de la Torah, qui comporte un aspect caché et un aspect dévoilé.
והנה ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] חכם עדיף מנביא1 אף שהנביא משיג המהות ממש בבחי׳ ראייה משא״כ החכם אינו משיג המהות כ״א [כי אם] ידיעת המציאות.
Or, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Un sage est supérieur à un prophète », bien que le prophète saisisse l’essence même, par la vision, tandis que le sage ne saisit pas l’essence, mais seulement la connaissance de l’existence,
À titre de parallèle, nos Sages ont dit : « Un sage est supérieur à un prophète » ; en effet, le prophète voit l’essence de ce qu’il perçoit, comme avec les yeux, tandis que le sage sait seulement que cela existe.
Un rayonnement provenant de l’aspect caché de la Torah peut avoir plus de valeur que l’essence de son aspect dévoilé, tout comme le sage, qui ne fait que savoir, est supérieur au prophète, qui voit.
Maré mekomot
- 1ארז״ל חכם עדיף מנביא · Bava Batra 12a:14–15
34וכמ״ש באג״ה [באגרת הקודש] בד״ה עוטה אור כשלמה.1 אעפ״כ [אף על פי כן] חכם עדיף מנביא לפי שמשיג תעלומות חכמה מה שלא ניתנו להתגלות בנבואה.
comme il est écrit dans Iggeres HaKodesh, dans le discours qui commence par « Enveloppé de lumière comme d’un manteau ». Néanmoins, un sage est supérieur à un prophète, car il saisit « les mystères de la sagesse », qui n’ont pas été donnés à être révélés par la prophétie.
Iggeres HaKodesh, dans la lettre sur « Enveloppé de lumière comme d’un manteau », l’explique ainsi : le sage est supérieur parce qu’il saisit « les mystères de la sagesse », qui ne peuvent être révélés par la prophétie.
א״כ [אם כן] אף ההארה מבחי׳ עליונה יש בה מעלה יתירה מהמהות שבבחי׳ שלמטה, וכה״ג [וכהאי גוונא] נתבאר בענין מצות ל״ת [לא תעשה] ומ״ע [ומצות עשה] סד״ה חייב אינש לבסומי בפוריא.23
S’il en est ainsi, même un rayonnement provenant d’un niveau supérieur a une vertu plus grande que l’essence qui se trouve à un niveau inférieur. Une idée semblable est expliquée au sujet des interdits et des commandements positifs, à la fin du discours qui commence par « L’homme est tenu de s’enivrer à Pourim »:
Ainsi, même le simple rayonnement d’un niveau supérieur l’emporte sur l’essence d’un niveau inférieur. Le discours de Pourim « L’homme est tenu de s’enivrer » expose une idée semblable au sujet des interdits et des commandements positifs.
Le principe est énoncé : le rayonnement d’un niveau supérieur dépasse l’essence d’un niveau inférieur. C’est pourquoi la Torah intérieure, qui n’est saisie que par éclairs, a tant de valeur.
Dans le discours de Pourim, les interdits correspondent aux premières lettres du Nom, yod et hé, et les commandements positifs aux deux dernières, vav et hé ; l’« ivresse » de Pourim, qui consiste en l’annulation de la compréhension, atteint la techouva supérieure, qui s’élève au-dessus des deux.
Maré mekomot
- 1עוטה אור כשלמה · Psalms 104:2
- 2סד״ה חייב איניש לבסומי בפוריא · תו״א צה, ד.
- 3חייב אינש לבסומי בפוריא · Megillah 7b:7–8
35וגדול כח גילוי כו׳ ע״ש [עיין שם] וכענין ברכה והודאה שאף שההודאה אין בה השגת המהות אעפ״כ [אף על פי כן] היינו לפי
« Et grande est la puissance de la révélation », etc. ; voir là-bas. Il en va de même pour la bénédiction et la reconnaissance (hoda’a) : bien que la reconnaissance ne comporte aucune saisie de l’essence, elle est néanmoins supérieure ; cela tient au fait que
La référence se termine par « grande est la puissance de la révélation ». Autre parallèle : la reconnaissance (hoda’a, comme dans « Modim ») ne comporte aucune saisie de l’essence de D.ieu, mais elle est pourtant supérieure à la bénédiction.
שהיא בבחינה דלית מחשבה תפיסא ביה12 כמ״ש במ״א בביאור ע״פ אתה הצבת כל גבולות ארץ34 ובד״ה אלה פקודי המשכן,56 גם ע״ד [על דרך] שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה]
elle relève du niveau à propos duquel il est dit : « Aucune pensée ne peut Le saisir », comme cela est écrit ailleurs, dans l’explication du verset « Tu as établi toutes les frontières de la terre », ainsi que dans le discours qui commence par « Voici les comptes du Michkan ». On peut également rapprocher cela de ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit :
Elle est supérieure parce qu’elle atteint le niveau où « aucune pensée ne peut Le saisir » (Tikkouneï Zohar), comme l’expliquent les discours sur « Tu as établi toutes les frontières de la terre » et « Voici les comptes du Michkan ». Un autre parallèle découle d’une loi concernant les objets perdus.
אבידת אביו ואבידת רבו7 של רבו קודמת אף שמהאב נמשך בו המהות ממש שהטפה היא מהמוח מהעצמיות ממש ומהרב אין נמשך בו מהות ועצמיות ממש
« Si l’objet perdu de son père et l’objet perdu de son maître se trouvent devant lui, celui de son maître a la priorité » ; pourtant, c’est de son père que lui est transmise l’essence même, puisque la goutte provient du cerveau, de l’être même, tandis que son maître ne lui transmet pas l’essence même ni l’être même,
Si une personne trouve à la fois l’objet perdu de son père et celui de son maître, celui de son maître a la priorité. Pourtant, c’est de son père qu’elle a reçu son essence même, puisque la semence provient du cerveau de son père, tandis qu’elle n’a reçu aucune essence de son maître.
רק הארת השכל המלובש בהדבור כו׳, אעפ״כ [אף על פי כן] זו ההארה שהיא התורה גבוה מעצמיות החכמה שבנפש כמ״ש בתניא ח״א [חלק א׳] פ״ה.
mais seulement une illumination de l’intellect revêtue dans la parole, etc. Néanmoins, cette illumination, qui est la Torah, est supérieure à l’être même de la sagesse dans l’âme, comme il est écrit dans le Tanya, première partie, chapitre 5.
De son maître, il n’a reçu que la lumière de l’intellect revêtue dans la parole. Malgré cela, cette lumière, la Torah, se tient au-dessus de l’essence de la sagesse dans l’âme, comme l’explique le Tanya, chapitre 5.
Deux autres exemples illustrent ce principe : la reconnaissance, qui ne comporte pas de saisie, atteint un niveau supérieur à la bénédiction ; et le maître, qui ne transmet qu’une illumination de Torah, a la priorité sur le père, qui transmet l’essence même de son enfant.
Maré mekomot
- 1דלית מחשבה תפיסא בי׳ · ת״ז בהקדמה.
- 2דלית מחשבה תפיסא ביה · Tikkunei Zohar 17a:10–12
- 3בביאור ע״פ אתה הצבת כל גבולות ארץ · סידור שה, ד. אוה״ת נ״ך ב ע׳ תתקנט.
- 4אתה הצבת כל גבולות ארץ · Psalms 74:17
- 5ובד״ה אלה פקודי המשכן · לעיל לקו״ת פקודי ג, א ואילך.
- 6אלה פקודי המשכן · Exodus 38:21
- 7אבידת אביו ואבידת רבו · Bava Metzia 33a:8–9
36ובמסכת סופרים פט״ו [פרק ט״ו / פרשה ט״ו] ה״ח [ה׳ חסדים] הובא בספר ערכי הכינויים מבואר דהמקרא נמשל למלח. וא״ש [ואתי שפיר] ג״כ ע״פ מה שנת׳ [שנתבאר] לעיל,
Dans le traité Soferim, chapitre 15, halakha 8, cité dans le livre Erchei HaKinuyim, il est expliqué que l’Écriture est comparée au sel. Cela se comprend également à la lumière de ce qui a été expliqué plus haut.
Le traité Soferim, cité dans Erchei HaKinuyim, compare l’Écriture au sel. Cela s’accorde avec ce qui a été expliqué plus haut : l’Écriture, comme la Torah intérieure, n’est pas saisie dans son essence, mais elle donne leur saveur à toutes les autres choses.
ולכן נק׳ המלח ג״כ ברית אלקיך1 פי׳ ע״ד [על דרך] מ״ש לעברך בברית2 ה׳ אלקיך שהוא בחי׳ התקשרות ואהבה רבה ונפלאה למעלה מהשכל
C’est pourquoi le sel est également appelé « l’alliance de ton D.ieu ». Cela s’entend dans le sens de ce qui est écrit : « afin que tu entres dans l’alliance de Havaya ton D.ieu », ce qui désigne le niveau d’un lien et d’un amour immense et merveilleux, au-dessus de l’intellect,
C’est pourquoi le sel est appelé « l’alliance de ton D.ieu » (Lévitique 2:13). Une alliance, comme dans « afin que tu entres dans l’alliance de Havaya ton D.ieu » (Deutéronome 29:11), est un lien d’amour immense et merveilleux, au-dessus de la raison.
וכמו כריתת ברית, ועמ״ש מזה בד״ה אתם נצבים34 ובד״ה מקושש עצים,56 והמשכת אהבה רבה זו בנפש נמשך ע״י עסק התורה וכמש״ל [וכמה שכתוב לעיל] שע״י עסק התורה מתקשרת באור א״ס [אין סוף] ב״ה הסוכ״ע [הסובב כל עלמין].
comme lors de la conclusion d’une alliance. (Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Vous êtes debout » et dans celui commençant par « Ramassant du bois ».) La communication de ce grand amour dans l’âme s’opère par l’étude de la Torah, comme cela a été écrit plus haut : par l’étude de la Torah, [l’âme] se lie à la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, qui entoure tous les mondes (sovev kol almin).
C’est comme deux amis qui concluent une alliance afin que leur amour perdure au-delà de toute raison. Ce grand amour est communiqué à l’âme par l’étude de la Torah, qui lie l’âme à la Lumière infinie qui entoure tous les mondes.
ועפ״ז [ועל פי זה] יש לפרש מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] פ״ב [פרק ב׳] דחגיגה די״ב ע״ב ע״פ הקוטפים מלוח עלי שיח78 (באיוב סי׳ למ״ד)
À la lumière de cela, on peut interpréter l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie, au chapitre 2 de ‘Haguiga, folio 12b, à propos du verset : « Ceux qui arrachent la salicorne (maloua’h) près des buissons (alei sia’h) » (Job, chapitre 30) :
Cela éclaire l’interprétation talmudique (‘Haguiga 12b) de « Ceux qui arrachent la salicorne (maloua’h) près des buissons (alei sia’h) » (Job 30:4).
שפוסקים מד״ת [מדברי תורה] ועוסקים בדברי שיחה הרי שד״ת [שדברי תורה] נק׳ מלוח,ועמ״ש בזה רש״י [רבי שלמה יצחקי] פ״ק [פרק קמא] דע״ז [דעבודה זרה] ד״ג ע״ב, ולפי מש״כ [מה שכתוב] י״ל [יש לומר] כפשוטו.
« ceux qui interrompent les paroles de Torah et s’occupent de propos de conversation (si’ha) ». Les paroles de Torah sont donc appelées « salées » (maloua’h). Voyez aussi ce que Rachi écrit à ce sujet dans le premier chapitre de Avoda Zara, folio 3b ; et, d’après ce qui a été écrit [ici], on peut l’expliquer au sens simple.
Le Talmud applique le verset à ceux qui interrompent l’étude de la Torah pour tenir des propos de conversation (si’ha). Les paroles de Torah sont donc « salées ». Rachi en parle dans Avoda Zara 3b, mais, selon le maamar, on peut comprendre le verset dans son sens simple : la Torah est le sel.
וזהו ג״כ ענין מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] פ״ב [פרק ב׳] דשבת דל״א סע״א [סוף עמוד א] קבעת עתים לתורה9 כו׳ פלפלת בחכמה כו׳ ואפילו הכי אי יראת ה׳ היא אוצרו10 אין אי לא לא.
C’est également le sens de l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie, au chapitre 2 de Chabbat, folio 31a, à la fin de la première face : « As-tu fixé des moments pour l’étude de la Torah ? » etc. « As-tu approfondi les raisonnements de la sagesse ? » etc. « Et malgré cela, si “la crainte de D.ieu est son trésor”, oui ; sinon, non. »
On retrouve la même idée dans le récit talmudique du jugement après la mort (Chabbat 31a) : on demande à une personne si elle a fixé des moments pour l’étude de la Torah et si elle en a approfondi l’analyse, mais tout cela ne compte que si « la crainte de D.ieu est son trésor » (Isaïe 33:6).
משל לאדם שאמר לשלוחו העלה לי כור חיטין לעלייה הלך והעלה לו אמר ליה עירבת לי בהן קב חומטין אמר ליה לאו,א״ל [אמר ליה] מוטב שלא העליתה.1112
C’est comme l’histoire d’un homme qui dit à son agent : « Monte-moi un kor de blé au grenier. » Celui-ci alla le monter. L’homme lui dit : « Y as-tu mélangé un kav de ‘houmtin ? » Il répondit : « Non. » Il lui dit : « Mieux aurait valu que tu ne le montes pas. »
La parabole : l’agent d’un homme monte un kor de blé, mais n’y mélange pas un kav de ‘houmtin (que Rachi explique comme étant de la terre salée) ; le propriétaire lui dit qu’il aurait mieux valu ne pas le monter du tout.
Le sel, appelé « l’alliance de ton D.ieu », représente l’amour au-dessus de la raison que suscite l’étude de la Torah ; les images talmudiques des paroles de Torah « salées » et du blé auquel il faut ajouter du ‘houmtin montrent que la Torah a besoin de ce sel, la crainte de D.ieu.
Le discours de Likkutei Torah sur « Vous êtes debout » explique l’alliance par l’exemple de deux amis qui en concluent une afin que leur amour ne cesse jamais, même lorsque la raison devrait y mettre fin, comme s’ils étaient devenus une seule chair.
Maré mekomot
- 1ברית אלקיך · Leviticus 2:13
- 2לעברך בברית ה׳ אלקיך · Deuteronomy 29:11
- 3בד״ה אתם נצבים · לקו״ת נצבים מד, ב.
- 4אתם נצבים · Deuteronomy 29:9
- 5ובד״ה מקושש עצים · לקו״ת שלח מב, ג.
- 6מקושש עצים · Numbers 15:32
- 7
- 8הקוטפים מלוח עלי שיח · Avodah Zarah 3b:14
- 9קבעת עתים לתורה · Shabbat 31a:11
- 10יראת ה׳ היא אוצרו · Isaiah 33:6
- 11
- 12
37והענין כי חטה הוא כ״ב אתוון1 דאורייתא. ולכן מ״ת [מתן תורה] בשבועות בכורי קציר חטים.2 וכמ״ש במ״א באריכות בד״ה וספרתם לכם34 כו׳ ע״ש [עיין שם].
L’explication est que le « blé » (ḥita) correspond aux vingt-deux lettres de la Torah. C’est pourquoi le Don de la Torah eut lieu à Chavouot, fête des « prémices de la récolte du blé », comme il est expliqué longuement ailleurs, dans le discours qui commence par « Vous compterez pour vous », etc. ; voir là-bas.
Le mot « blé » (ḥita, חטה) a une valeur numérique de 22, qui est le nombre de lettres de la Torah. C’est pourquoi la Torah fut donnée à Chavouot, fête des « prémices de la récolte du blé », comme l’explique le discours sur « Vous compterez pour vous ».
וקב חומטין פרש״י [פירש רש״י / פירוש רש״י] ארץ מלחה, והוא ענין ולא תשבית מלח כו׳ וזהו שנזכר עירבת לי בהן קב חומטין דתיבת לי מיותר.
Et pour « un kav de ‘houmtin », Rachi explique qu’il s’agit d’une terre salée ; c’est là le sens de « Tu ne supprimeras pas le sel », etc. C’est pourquoi il est dit : « Y as-tu mêlé pour moi un kav de ‘houmtin ? » : le mot « pour moi » est superflu.
Rachi explique que ‘houmtin désigne une terre salée, qui correspond au sel de « Tu ne supprimeras pas le sel ». Dans les mots de la parabole, « Y as-tu mêlé pour moi », l’expression « pour moi » est superflue.
אלא דר״ל [דרוצה לומר] שע״י שיראת ה׳ היא אוצרו אזי התורה והחטים הם לי ונק׳ תורת5 ה׳ וכמ״ש והייתם לי6 כו׳ כי לי בנ״י [בני ישראל]7 כו׳ משא״כ תורה בלא יראה כו׳:
Mais cela signifie que, lorsque « la crainte de D.ieu est son trésor », alors la Torah et le blé sont « pour Moi », et la Torah est appelée « la Torah de D.ieu », comme il est écrit : « Vous serez à Moi », etc., « car les enfants d’Israël sont à Moi », etc. ; contrairement à la Torah sans crainte, etc.
L’idée est que, lorsque la crainte de D.ieu est le trésor d’une personne, sa Torah et son « blé » sont « pour Moi », c’est-à-dire pour D.ieu, et sont appelés « la Torah de D.ieu », comme dans « vous serez à Moi » et « les enfants d’Israël sont à Moi ». La Torah sans crainte ne l’est pas.
La parabole est ainsi déchiffrée : le blé représente la Torah, le ‘houmtin représente le sel, c’est-à-dire la crainte de D.ieu, et ce n’est qu’avec elle que la Torah est véritablement à D.ieu.
Un passage parallèle dans Likkutei Torah (Ch’lach) ajoute que, selon l’Arizal, le sel est constitué de trois Guevourot adoucies ; que מלח contient les mêmes lettres que לחם, « pain », et a la valeur numérique de מזלא ; et que sa racine se trouve dans les Guevourot d’Abba. C’est pourquoi il extrait le sang et l’impureté de la viande, « car c’est par la 'Hokhma qu’ils sont affinés ».
Maré mekomot
- 1חטה הוא כ״ב אתוון · Zohar III, 188b
- 2בכורי קציר חטים · Exodus 34:22
- 3בד״ה וספרתם לכם · לקו״ת במדבר יא, ג. וראה לקמן פ׳ שלח מו, ג.
- 4וספרתם לכם · Leviticus 23:15
- 5תורת ה׳ · Psalms 1:2
- 6והייתם לי · Exodus 19:5
- 7כי לי בנ״י · Leviticus 25:55
38ו והנה פי׳ וכל קרבן מנחתך במלח תמלח1 קאי על המנחה ואח״כ [ואחר כך] על כל קרבנך תקריב מלח היינו בכל הקרבנות כולם.
6. Or, « Toute offrande de ton oblation, tu l’assaisonneras de sel » se rapporte à l’oblation ; puis, « Sur toutes tes offrandes, tu présenteras du sel », c’est-à-dire sur toutes les offrandes, sans exception.
La section 6 revient au verset. Sa première proposition, « toute offrande de ton oblation, tu l’assaisonneras de sel », parle de l’oblation ; la dernière, « sur toutes tes offrandes, tu présenteras du sel », de toutes les offrandes.
כי הנה המנחה שהיא סולת ושמן זהו ענין עסק התורה חטה כ״ב אתוון דאורייתא וצריכה מלח כנ״ל,
Car l’oblation, qui est faite de fleur de farine et d’huile, représente l’étude de la Torah : le « blé », les vingt-deux lettres de la Torah ; elle a besoin de sel, comme mentionné plus haut.
L’oblation, faite de fleur de farine et d’huile, représente l’étude de la Torah, puisque le blé correspond aux vingt-deux lettres de la Torah ; comme la Torah, elle a besoin de sel.
C’est là le sens de : « Du pain avec du sel tu mangeras » : le « pain » désigne l’étude des parties révélées, la Michna et le Talmud ; « avec du sel tu mangeras » désigne l’Écriture et les Aggadot, etc.,
Il s’agit de l’enseignement de la Michna : « Du pain avec du sel tu mangeras » (Avos 6:4) : le pain représente la Torah révélée, la Michna et le Talmud, et le sel, l’Écriture et les Aggadot, comme expliqué plus haut.
כנ״ל, ואמר אח״כ [אחר כך] ומים במשורה תשתה כי המלח גורם הצמאון היינו להיות צמאה לך נפשי4 שהוא הפלגת האהבה בבחי׳ כלתה נפשי.56
comme mentionné plus haut. Puis il est dit : « et tu boiras de l’eau avec mesure » ; car le sel provoque la soif, c’est-à-dire l’état de « Mon âme a soif de Toi », qui est l’intensité de l’amour sous la forme de « mon âme languit ».
Vient ensuite : « et tu boiras de l’eau avec mesure » : le sel donne soif, comme à l’âme qui « a soif de Toi » (Psaumes 63:2), dans un amour intense où « mon âme languit » (Psaumes 84:3).
L’oblation accompagnée de sel représente l’étude de la Torah avec sa dimension intérieure ; la soif suscitée par le sel figure l’amour intense de l’âme pour D.ieu, qu’il faut équilibrer par l’« eau » qui vient ensuite.
Maré mekomot
- 1וכל קרבן מנחתך במלח תמלח · Leviticus 2:13
- 2פת במלח תאכל · אבות ו, ד.
- 3פת במלח תאכל · Pirkei Avot 6:4
- 4צמאה לך נפשי · Psalms 63:2
- 5כלתה נפשי · שם פד, ג.
- 6כלתה נפשי · Psalms 84:3
39והעצה לזה הוא בחי׳ מים שהם המרוים הצמאון והוא ענין אם רץ לבך שוב123 לאחור [לאחד בכי״ק [בכתב יד קדשו]]4 והקרבנות
Et le remède à cela est le niveau de l’eau, qui apaise la soif. C’est le sens de : « Si ton cœur s’élance, retourne en arrière » [dans son écriture sainte : « vers l’Un »]. Et les offrandes,
Le remède à cette soif est « l’eau », qui l’apaise. Tel est l’enseignement : « Si ton cœur s’élance, retourne » : l’aspiration de l’âme doit être suivie d’un retour. Les mots entre crochets donnent la variante du manuscrit : « retourne vers l’Un ». Les holocaustes sont expliqués ensuite.
שהם בשר העולה הוא ענין בירור והעלאת נפש הבהמית וכמ״ש בד״ה צו את בנ״י [בני ישראל] ואמרת אליהם5 את קרבני לחמי6 מענין עצמות גידין ובשר של קרבן העולה שהבשר שרשו מן הדם שבלב והוא ענין המדות שבנפש הבהמית
qui sont la chair de l’holocauste, relèvent du raffinement et de l’élévation de l’âme animale, comme il est écrit dans le discours qui commence par : « Ordonne aux enfants d’Israël et dis-leur : Mon offrande, Mon pain », à propos des os, des tendons et de la chair de l’holocauste : la chair a sa racine dans le sang qui se trouve dans le cœur, et cela correspond aux attributs émotionnels (midot) de l’âme animale,
Les holocaustes représentent le raffinement et l’élévation de l’âme animale. Dans le discours sur « Mon offrande, Mon pain », les os, les tendons et la chair de l’holocauste sont expliqués ; la chair provient du sang du cœur, qui correspond aux émotions de l’âme animale.
וצריך להפכן מן הקצה אל הקצה כו׳, וע״כ [ועל כן] צריך לזה מלח דוקא שהוא מגבורות דאבא ובחכמה אתברירו.7
et il faut les transformer d’un extrême à l’autre, etc. C’est pourquoi le sel est précisément nécessaire à cette fin, car il provient des Guevourot (rigueurs) d’Abba, et « c’est par la 'Hokhma qu’ils sont raffinés ».
Ces émotions doivent être complètement transformées. Pour cela, le sel est nécessaire, car il provient des Guevourot (rigueurs) d’Abba, la 'Hokhma, et le Zohar enseigne : « C’est par la 'Hokhma qu’ils sont raffinés. »
L’eau répond à la soif d’amour en ramenant l’âme à sa tâche ici-bas ; le sel, enraciné dans la 'Hokhma, est nécessaire pour toutes les offrandes, car il raffine les émotions de l’âme animale.
Le maamar précédent de Likkutei Torah (Vayikra 4a) explique l’expression « c’est par la 'Hokhma qu’ils sont raffinés » au moyen de l’image de la présure, qui sépare le fromage du petit-lait sans que son propre goût se retrouve dans l’un ou l’autre ; ainsi, la 'Hokhma sépare le bien du mal. Il explique également que la viande est adoucie par le sel parce que les 'Hassadim d’Imma sont issus des Guevourot d’Abba.
Maré mekomot
- 1אם רץ לבך שוב · ת״ז בהק׳ (ז, א). ושם אי׳ בהמוקפים (כ״א לאחד). [כ]. בס״י פ״א הגי׳ ”למקום”.
- 2אם רץ לבך שוב · Tikkunei Zohar 7a:3
- 3אם רץ לבך שוב · Sefer Yetzirah 1:8
- 4לאחד בכי״ק · ניתוסף בהוצאת ווילנא תרס״ד. והכוונה לבוך גוכי״ק הצ״צ מלקו״ת מהדו״ק והוא בוך 1101-2.
- 5בד״ה צו את בנ״י ואמרת אליהם · לקו״ת פנחס עז, ד.
- 6צו את בנ״י ואמרת אליהם את קרבני לחמי · Numbers 28:2
- 7ובחכמה אתברירו · Zohar II, 154b
Le sel qui détruit et préserve ¶40–48
40ולכן ע״ה [עם הארץ] אסור לאכול בשר1 וכמ״ש מזה בד״ה בהעלותך את הנרות23 ופרש״י [ופירש רש״י / ופירוש רש״י] כשראה אהרן4 כו׳ יעו״ש [יעויין שם].
C’est pourquoi il est interdit à un homme ignorant de manger de la viande, comme il est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par « Lorsque tu élèveras les lampes », ainsi que dans le commentaire de Rachi : « Lorsqu’Aharon vit… » ; voir là-bas.
Comme l’élévation de l’âme animale nécessite le « sel » de la Torah, le Talmud enseigne qu’un homme ignorant ne peut pas manger de viande : il est incapable de l’élever. Le texte renvoie au discours sur « Lorsque tu élèveras les lampes » et au commentaire de Rachi, selon lequel Aharon fut affligé lorsqu’il vit les offrandes des princes.
ופי׳ גבורות דאבא הוא ע״ד [על דרך] לעולם ירגיז אדם5 יצ״ט [יצר טוב] על יצה״ר [יצר הרע] ועמ״ש ע״פ וגם אתה תדין את ביתי6 כו׳
Le sens des Guevurot d’Abba s’inscrit dans la ligne de l’enseignement : « Qu’un homme incite toujours son bon penchant contre son mauvais penchant. » Voir aussi ce qui est écrit sur le verset : « Et toi aussi, tu jugeras ma maison… »
Les « Guevurot d’Abba », les rigueurs enracinées dans 'Hokhma, s’éclairent à la lumière du conseil du Talmud : l’homme doit toujours éveiller son bon penchant contre son mauvais penchant. Il s’agit d’une force sainte qui combat le mal. Le texte renvoie également au discours sur « Et toi aussi, tu jugeras ma maison » (Zechariah 3:7).
וזהו שארז״ל [שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] פ״ג [פרק ג׳] דמנחות דכ״א ע״א ע״פ במלח תמלח יכול תבונהו ופרש״י [ופירש רש״י / ופירוש רש״י] יכול יתן בו טעם כבינה7 המתקנת את האדם כו׳.
C’est là ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné au chapitre 3 de Menachos, folio 21a, à propos du verset : « Avec du sel, tu saleras [cela] » : « On aurait pu penser : tevunehu » ; et Rachi explique : « On aurait pu penser qu’il fallait lui donner du goût comme la Bina, qui perfectionne l’homme… »
Le Talmud (Menachos 21a) demande, à propos des mots « avec du sel, tu saleras », si l’on pourrait comprendre qu’il faut « tevunehu », ce que Rachi explique comme le fait de donner à l’offrande un goût semblable à celui de la Bina, la compréhension qui perfectionne l’homme.
L’origine du sel dans les Guevurot d’Abba est expliquée comme la rigueur sainte de 'Hokhma qui combat le mauvais penchant ; la question du Talmud sur le salage de l’offrande est ensuite introduite.
Le discours sur « Lorsque tu élèveras les lampes » explique qu’un homme ignorant ne peut pas manger de viande, car il est incapable de l’élever. Cela montre que l’homme élève les aliments qu’il consomme ; chacun des princes éleva sa tribu par son offrande.
Maré mekomot
- 1ע״ה אסור לאכול בשר · Pesachim 49b:3
- 2בד״ה בהעלותך את הנרות · לקו״ת בהעלותך לא, ג.
- 3בהעלותך את הנרות · Numbers 8:2
- 4כשראה אהרן · Rashi on Numbers 8:2
- 5לעולם ירגיז אדם · Berakhot 5a:2
- 6וגם אתה תדין את ביתי · Zechariah 3:7
- 7
41ולכאורה אינו מובן. אלא הענין כי בינה המתקנת את האדם קאי על נפש האלקית כי בינה היינו בן1 י״ה וכמ״ש ע״פ וכל בניך למודי הוי׳ וע״ז [ועל זה] נאמר יסובבנהו יבוננהו.2
À première vue, cela n’est pas compréhensible. Le sens est plutôt que « Bina, qui perfectionne l’homme », désigne l’âme divine ; car Bina signifie ben Yah (« fils de Yah »), comme il est écrit au sujet du verset : « Et tous tes enfants seront instruits par Havaya » ; et c’est à ce propos qu’il est dit : « Il l’a entouré, Il lui a donné l’intelligence (yevonenehou). »
La question du Talmud est énigmatique ; on l’interprète donc ainsi : « Bina qui perfectionne l’homme » désigne l’âme divine. Bina se lit ben Yah, « fils de Yah » (comme dans le discours sur « tous tes enfants seront instruits par Havaya »), et le verset dit d’Israël : « Il l’a entouré, Il lui a donné l’intelligence » (Deutéronome 32:10).
וע״ז [ועל זה] אמרו יכול שאין קרבן נה״ב [נפש הבהמית] עולה לרצון אא״כ [אלא אם כן] תתהפך למעלת ומדרגת הביטול דנפש האלקית ממש, ובאמת זהו דבר הקשה
Et c’est à ce propos qu’ils ont dit : « On pourrait penser » — [on pourrait penser] que l’offrande de l’âme animale ne s’élève avec faveur que si elle est transformée jusqu’à atteindre la vertu et le degré mêmes de l’annulation de soi (bitoul) de l’âme divine. Or, en vérité, c’est là une chose difficile,
Ainsi, la question « pourrait-on penser » signifie : pourrait-on penser que l’offrande de l’âme animale ne peut être agréée que si elle atteint l’annulation de soi complète de l’âme divine ? Ce serait très difficile.
כי הנה״א [הנפש האלקית] היא חלק אלוה ממעל3 שנלקחה מפנימיות העולמות וע״כ [ועל כן] יש בה בחי׳ הביטול האמיתי
car l’âme divine est « une partie de D.ieu d’en haut », qui a été prise de la dimension intérieure (pnimiyout) des mondes ; elle possède donc le niveau de la véritable annulation de soi
L’âme divine est « une partie de D.ieu d’en haut », prise de la dimension intérieure des mondes ; la véritable annulation de soi lui est donc naturelle.
בטבעה להשתפך בחיק אביה אור א״ס [אין סוף] ב״ה משא״כ בנה״ב [בנפש הבהמית] שלוקחה מק״נ [מקליפת נוגה] כו׳ וכמשנ״ת [וכמו שנתבאר] בד״ה אדם כי יקריב מכם4 מן הבהמה כו׳ וזהו ת״ל תמלח.
et elle a pour nature de se répandre dans le sein de son Père, la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il. Il n’en va pas ainsi de l’âme animale, qui a été prise de kelipat nogah, etc., comme cela a été expliqué dans le discours commençant par « Un homme, lorsqu’il présente de vous [une offrande] provenant des animaux », etc. Voilà pourquoi le verset enseigne : « Tu saleras » :
Par nature, elle aspire à se répandre dans le sein de son Père, la Lumière infinie. L’âme animale provient de kelipat nogah, l’« écorce lumineuse » qui mêle le bien et le mal, comme cela a été expliqué dans le discours « Un homme, lorsqu’il présente de vous ». Ainsi, le verset répond : « Tu saleras », avec du sel.
שעכ״פ [שעל כל פנים] תוכל לבוא גם היא לבחינת ביטול היש כו׳. וזהו ענין ההפרש בין למסור נפשו באחד ובין בחינת בכל נפשך כו׳ כמש״ש [כמה שכתוב שם].
afin qu’au moins elle aussi puisse parvenir au niveau de l’annulation du yesh, etc. C’est là le sens de la différence entre livrer son âme dans « Un » et le niveau de « de toute ton âme », etc., comme cela est écrit là-bas.
Cela signifie que l’âme animale aussi peut, au moins, atteindre une certaine mesure d’annulation de soi. C’est la même distinction qu’entre livrer son âme dans « Un » et « de toute ton âme », distinction expliquée plus haut.
La formule du Talmud « pourrait-on penser… comme Bina » est comprise comme demandant si l’âme animale doit atteindre l’annulation de soi de l’âme divine. La réponse « Tu saleras » signifie qu’au moyen du sel, elle peut parvenir à sa propre mesure d’annulation de soi.
Le discours « Un homme, lorsqu’il présente de vous », le premier de cette paracha, explique que chaque Juif possède deux âmes : l’âme divine, enracinée dans l’« Adam » du Char, et l’âme animale, prise des scories des ofanim et enracinée dans la « face du bœuf » ; l’âme descend afin d’affiner l’âme animale.
Maré mekomot
- 1בינה . . בן י״ה · Zohar III, 122a
- 2יסובבנהו יבוננהו · Deuteronomy 32:10
- 3חלק אלוה ממעל · Job 31:2
- 4בד״ה אדם כי יקריב מכם · לעיל ב, ב.
42והנה הרמב״ן [הרבי משה בן נחמן] בפי׳ החומש1 כאן כתב שהמלח הוא מים ובכח השמש הבא בהם יעשה מלח2 כו׳ והמים והאש באים בה כו׳
Or, le Ramban, dans son commentaire sur le ‘Houmach, à cet endroit, écrit que le sel est de l’eau qui, sous l’effet de la force du soleil qui y pénètre, devient du sel, etc. ; l’eau et le feu y sont présents, etc.
Dans son commentaire sur ce verset, le Ramban explique que le sel est de l’eau devenue salée sous l’effet de la chaleur du soleil ; il contient donc à la fois de l’eau et du feu.
ולכן תקיים הדבר וגם תכרית כמ״ש גפרית ומלח שרפה כל ארצה3 לא תזרע ולא תצמיח כו׳.
C’est pourquoi il conserve une chose et la détruit également, comme il est écrit : « Soufre et sel, toute sa terre est brûlée ; elle ne sera pas ensemencée et ne fera pas pousser », etc.
C’est pourquoi le sel peut à la fois conserver et détruire, comme dans la description d’une terre dévastée par le « soufre et le sel » (Deutéronome 29:22).
Selon le Ramban, le sel associe l’eau et le feu ; il possède ainsi deux pouvoirs opposés : conserver et détruire.
Maré mekomot
- 1והנה הרמב״ן בפי׳ החומש · ראה ביאורו באוה״ת ויקרא-א ע׳ רלא.
- 2שהמלח הוא מים ובכח השמש הבא בהם יעשה מלח · Ramban on Leviticus 2:13
- 3גפרית ומלח שרפה כל ארצה · Deuteronomy 29:22
43ועיין ברבינו בחיי שביאר דבריו1 דהיינו שכלול משני המדות חו״ג [חסד וגבורה] שבהם הנהגת העולם וקיומו כי מלך במשפט יעמיד ארץ.2
Et voyez Rabbeinou Ba'hya, qui explique ses paroles : cela signifie que [le sel] est composé des deux attributs, 'Hessed (bonté) et Guevoura (retenue), par lesquels le monde est gouverné et maintenu, car « un roi affermit le pays par la justice ».
Rabbeinou Ba'hya explique le Ramban : le sel réunit les deux attributs par lesquels le monde est gouverné et maintenu en existence, la bonté et la rigueur, comme le dit le verset : « Un roi affermit le pays par la justice » (Proverbs 29:4).
והוא ע״ד [על דרך] הנזכר בזח״א [בזהר חלק א] דנ״א ע״א3 בענין תכלת דאכיל ושצי ות״ח [ותא חזי] אע״ג [אף על גב] דאורחא דהאי נהורא תכלא אוכמא לשיצאה4 כו׳ ואתם הדברים בה׳ אלקיכם חיים כו׳
Cela correspond à ce qui est mentionné dans le Zohar, partie I, folio 51a, au sujet du bleu (tekhelet) qui consume et détruit : « Viens et vois : bien que la nature de cette lumière bleu-noir soit de détruire, etc., “Mais vous qui vous attachez à Havaya votre D.ieu êtes vivants” », etc. ;
Le Zohar (1:51a) dit la même chose de la lumière bleu-noir (tekhelet) d'une flamme, qui consume ; pourtant, il ajoute : « Mais vous qui vous attachez à Havaya votre D.ieu êtes vivants » (Deuteronomy 4:4).
ע״ש [עיין שם] כי המל׳ [המלכות] נקרא נהורא תכלאארץ אוכלת יושביה5 והיינו שמכלה את הקוצים והרשעים שהם יש ודבר נפרד היא מכלה אותם
voyez là. Car Mal'hout est appelée « la lumière bleue », « un pays qui dévore ses habitants » : c'est-à-dire qu'elle consume les épines et les méchants ; ceux qui sont un « quelque chose » et une entité séparée, elle les consume.
Mal'hout est cette lumière bleue, « un pays qui dévore ses habitants » (Numbers 13:32) : elle consume les « épines », les méchants, qui se considèrent comme des entités séparées.
אבל ואתם הדבקים6 ע״י שיש בכל אחד בחינת ביטול למס״נ [למסירות נפש] באחד עי״ז אדרבה חיים כו׳ וכענין הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] מוציא חמה מנרתיקה7 צדיקים מתרפאים בה ורשעים נכוין בה.
Mais « vous qui vous attachez » : puisque chacun possède le niveau d'annulation de soi, jusqu'à donner son âme dans « Un », par cela, au contraire, [vous êtes] « vivants », etc. C'est comparable à ce sujet : « Le Saint béni soit-Il retire le soleil de son fourreau : les justes en sont guéris, et les méchants en sont brûlés. »
Mais ceux qui s'attachent à D.ieu reçoivent la vie par le sacrifice de soi qu'implique leur annulation de soi lorsqu'ils proclament « Un ». Cela ressemble au soleil que D.ieu retirera de son fourreau : il guérira les justes et brûlera les méchants (Nedarim 8b).
La double puissance du sel reflète la double nature de Mal'hout, la lumière bleue qui consume : elle détruit ce qui se tient à part comme un « quelque chose » séparé, et donne la vie à ceux qui s'annulent devant D.ieu.
Maré mekomot
- 1ועי׳ ברבינו בחיי שביאר דבריו · ראה באוה״ת ויקרא ע׳ רכז.
- 2מלך במשפט יעמיד ארץ · Proverbs 29:4
- 3והוא ע״ד הנזכר בזח״א דנ״א ע״א · ראה לקמן פ׳ בשלח מה, ג. אוה״ת ויקרא-א ע׳ רלא.
- 4אע״ג דאורחא דהאי נהורא תכלא אוכמא לשיצאה · Zohar, Bereshit 86:248–263
- 5ארץ אוכלת יושביה · Numbers 13:32
- 6ואתם הדבקים · Deuteronomy 4:4
- 7הקב״ה מוציא חמה מנרתיקה · Nedarim 8b:6
44והנה נהורא תכלא תכלת שרשו מגבורות דאבא וכמ״כ [וכמו כן] המלח שרשו משם כנ״ל. לכן יש במלח ג״כ ב׳ הכחות
Or, « la lumière bleue », te’hélet, a sa racine dans les Guevourot d’Abba, et le sel a de même sa racine là, comme mentionné plus haut. Le sel possède donc lui aussi ces deux pouvoirs ;
La lumière bleue a sa racine dans les Guevourot d’Abba, tout comme le sel. Le sel possède donc lui aussi deux pouvoirs.
דהיינו כמ״ש במ״א שהתורה נקרא עוז ותושיה1 פי׳ שנותן עוז כח וגבורה בנפש האלקית ומתשת כח נפש הבהמית.
c’est-à-dire, comme il est écrit ailleurs, que la Torah est appelée « force et toucheya » : cela signifie qu’elle donne force, puissance et vigueur à l’âme divine, et affaiblit (mateshet) la puissance de l’âme animale.
La Torah est appelée « force et toucheya » : elle donne de la force à l’âme divine et, si l’on comprend toucheya dans le sens de mateshet, « affaiblit », elle affaiblit l’âme animale.
והיינו על ידי כי בחכמה אתברירו הוא מברר נפש הבהמית ומפריד הרע ממנו כו׳ וז״ש [וזהו שכתוב] כי שמים כעשן נמלחו2 (בישעיה סי׳ נ״א ו׳).
Et cela vient de ce que « par la 'Hokhma, ils sont affinés » : elle affine l’âme animale et en sépare le mal, etc. C’est ce qui est écrit : « Car les cieux se dissoudront (nimla’hou) comme la fumée » (Isaïe, chapitre 51, [verset] 6).
Cela se produit parce que « par la 'Hokhma, ils sont affinés » : la sagesse affine l’âme animale et en sépare le mal. D’où : « Les cieux se dissoudront (nimla’hou) comme la fumée » (Isaïe 51:6), le verbe étant de la même racine que mélah, le sel.
והיינו כי שמים אש ומים3 והיינו המדות חו״ג [חסד וגבורה] ויש בהן זה לעומת זה4 שמים דקדושה כמ״ש השמים כסאי5 שהם המדות כשר פסול כו׳ ולעומת זה מדות הרעות נקרא שמים דקליפה.
Cela signifie que chamayim (les cieux) se lit esh et mayim (feu et eau), c’est-à-dire les attributs de 'Hessed et de Guevoura ; en eux, il y a l’un opposé à l’autre : les cieux de sainteté, comme il est écrit : « Les cieux sont Mon trône », qui sont les attributs : apte, inapte, etc. ; et, à leur opposé, les mauvais attributs sont appelés les cieux de la kelipa.
Chamayim, « les cieux », se lit esh et mayim, « feu et eau », les émotions de bonté et de rigueur. Il existe des « cieux » saints, comme dans « Les cieux sont Mon trône » (Isaïe 66:1), et, à leur opposé, les « cieux » de la kelipa, c’est-à-dire les émotions mauvaises.
Le sel, comme la Torah, fortifie l’âme divine et affaiblit l’âme animale ; son pouvoir de « dissoudre » vise les « cieux » impurs, c’est-à-dire les émotions mauvaises.
La note de Kehot renvoie au Zohar ‘Hadach, Midrash HaNe’elam sur Bereishis, comme source de l’appellation de la Torah « force et toucheya » dans ce sens.
Maré mekomot
- 1שהתורה נקרא עוז ותושי׳ · בז״ח במדרש הנעלם בראשית (ו, ב) [ה, ב] יעו״ש. מבו׳ הדבר כך. [כ].
- 2כי שמים כעשן נמלחו · Isaiah 51:6
- 3שמים אש ומים · Chagigah 12a:19–20
- 4זה לעומת זה · Ecclesiastes 7:14
- 5השמים כסאי · Isaiah 66:1
45וע״ז [ועל זה] נאמר והיו שמיך אשר על ראשך1 נחושת. וכמ״ש בת״ז [בתיקוני זהר] תקון ח׳ ובשל״ה [ובשני לוחות הברית] דפ״ח ע״ב בשער האותיות אות קו״ף בענין קונה שמים וארץ כו׳
Et c’est à ce sujet qu’il est dit : « Tes cieux qui sont au-dessus de ta tête seront de cuivre », comme il est écrit dans le Tikkunei Zohar, Tikkoun 8, et dans le Shelah, folio 88b, dans la Porte des lettres, à la lettre qof, à propos de « Celui qui acquiert (koneh) les cieux et la terre », etc.
Au sujet des cieux impurs, il est dit : « Tes cieux qui sont au-dessus de ta tête seront de cuivre » (Deutéronome 28:23), comme l’expliquent le Tikkunei Zohar et le Shelah (à propos de la lettre qof et de « Celui qui acquiert les cieux et la terre »).
ועל זה נאמר כי שמים כעשן נמלחו ופרש״י [ופירש רש״י / ופירוש רש״י] לשון רקבון עיין בירמיה ל״ח י״ב בפרש״י [בפירש רש״י / בפירוש רש״י],
Et c’est à ce sujet qu’il est dit : « Car les cieux se dissoudront comme de la fumée », et Rachi explique que ce terme désigne la putréfaction ; voir le commentaire de Rachi sur Jérémie 38:12.
Ce sont les cieux qui « se dissolvent comme de la fumée » ; Rachi explique que nimlachu signifie qu’ils pourrissent, comme en Jérémie 38:12.
והיינו ע״י המלח דקדושה שמכלה ומכרית היש ודבר נפרד כו׳. ועיין מ״ש בד״ה זאת חקת התורה23 בענין להקריב אותיות להרקיב כו׳ ע״ש [עיין שם].4
Cela se produit grâce au sel de sainteté, qui consume et détruit le yesh — le sentiment d’exister comme une entité séparée —, etc. Voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Ceci est le statut de la Torah », à propos de lehakriv (« offrir »), dont les lettres forment leharkiv (« pourrir »), etc. ; voir là-bas.
Cette putréfaction est l’œuvre du sel de sainteté, qui détruit le sentiment d’exister comme une entité séparée. Le texte renvoie au discours sur la vache rousse, « Ceci est le statut de la Torah », où lehakriv, « offrir », est rapproché de leharkiv, « pourrir ».
Le sel de sainteté fait pourrir les « cieux » impurs, c’est-à-dire les émotions mauvaises, tout comme une offrande brise le sentiment d’exister comme une entité séparée.
Le discours sur la vache rousse explique que la combustion sépare le mal mêlé aux étincelles de Tohou, laissant les « cendres », leur essence pure. De même, il faut que le mal mêlé aux émotions de l’âme animale, qui proviennent de la kelipa noga, soit brûlé.
Maré mekomot
- 1והיו שמיך אשר על ראשך · Deuteronomy 28:23
- 2בד״ה זאת חוקת התורה · לקו״ת חקת נח, ד.
- 3זאת חקת התורה · Numbers 19:2
- 4
46והנה כמו שהמלח יש בו כח להכרית את הרע להיות שמים כעשן נמלחו כו׳. וע״ד [ועל דרך] שפי׳ בש״ך [בשפתי כהן (הש״ך)] ס״פ תצא בשם המדרש1 בענין תמחה את זכר עמלק מתחת השמים2 אתה מתחת השמים ואני מעל לשמים כו׳.
Or, de même que le sel possède le pouvoir de détruire le mal, de sorte que « les cieux se dissipent comme la fumée », etc., et conformément à l’explication du Chakh, à la fin de [la paracha] Ki Tétsé, au nom du Midrach, au sujet de « Tu effaceras la mémoire d’Amalek de dessous les cieux » : « Toi, de dessous les cieux, et Moi, de par-delà les cieux », etc.,
Le sel détruit le mal, comme les cieux qui « se dissipent comme la fumée ». Le Chakh cite un Midrach au sujet de « Tu effaceras la mémoire d’Amalek de dessous les cieux » : « toi » l’effaces ici-bas, et D.ieu l’efface au-dessus des cieux.
כמ״כ [כמו כן] יש בו כח לקיים את הטוב וכמ״ש גבי אהרן ברית מלח עולם3 וכן גבי דוד (ד״ה [דברי הימים] ב׳ י״ג ה׳), ועיין מזה ברבות ר״פ קדושים.
de même, il possède le pouvoir de préserver le bien, comme il est écrit à propos d’Aharon : « une alliance éternelle de sel », et de même à propos de David (II Chronicles 13:5) ; voir à ce sujet le Rabbot, au début de [la paracha] Kedochim.
Le sel préserve également le bien : l’alliance de D.ieu avec Aharon est « une alliance éternelle de sel » (Numbers 18:19), et il en va de même pour David (II Chronicles 13:5).
והיינו שנותן טעם להיות טעמו וראו כי טוב4 ה׳ ונותן כח בנפש האלקית כנ״ל וגם
C’est-à-dire qu’il donne du goût, afin que l’on puisse « goûter et voir que D.ieu est bon », et qu’il donne de la force à l’âme divine, comme mentionné plus haut ; et aussi
Le sel donne du goût, comme dans « Goûtez et voyez que D.ieu est bon » (Psalms 34:9), et il fortifie l’âme divine.
מהפך הטוב דנפש הבהמית להתעלות בקדושה שזהו ענין על כל קרבנך תקריב מלח כנ״ל. וכמ״ש לקמן שמלח לשון תערובות והפך והיינו שמהפך נה״ב [נפש הבהמית] ממרירו למיתקו:
il transforme le bien de l’âme animale afin qu’il s’élève dans la sainteté ; tel est le sens de « Sur toutes tes offrandes, tu présenteras du sel », comme mentionné plus haut. Comme il est écrit plus loin, le mot melach, « sel », désigne le mélange et l’inversion ; c’est-à-dire qu’il transforme l’âme animale, de l’amertume en douceur.
Il transforme également le bien présent dans l’âme animale et l’élève vers la sainteté ; tel est le sens de « sur toutes tes offrandes, tu présenteras du sel ». Comme cela sera expliqué plus loin, melach signifie mélange et inversion : il transforme l’âme animale, de l’amertume en douceur.
Le sel détruit le mal tout en préservant et en élevant le bien ; il transforme ainsi l’âme animale, de l’amertume en douceur.
Maré mekomot
- 1בשם המדרש · Zohar II, 66a
- 2תמחה את זכר עמלק מתחת השמים · Deuteronomy 25:19
- 3ברית מלח עולם · Numbers 18:19
- 4טעמו וראו כי טוב · Psalms 34:9
47ז וז״ש [וזהו שכתוב] גבי אלישע שריפא את מי יריחו ע״י מלח (במ״ב סי׳ ב׳ כ״א) וכמ״ש בזח״א [בזהר חלק א] דרמ״א ע״ב1 דאיהו ממרק ומבשם מרירו לאטעמא.23
7. Et c’est ce qui est écrit au sujet d’Élicha, qui guérit les eaux de Jéricho au moyen du sel (II Kings, chapter 2, [verse] 21), comme il est écrit dans le Zohar, Part I, folio 241b : le sel « purifie et adoucit l’amertume, pour donner du goût ».
La section 7 évoque Élicha, qui guérit avec du sel les eaux mauvaises de Jéricho (II Kings 2:21). Le Zohar (1:241b) dit que le sel « purifie et adoucit l’amertume, pour donner du goût ».
ועוי״ל [ועוד יש לומר] בזה כי מים הרעים שרשם נמשך ע״י ההבדלה שהבדיל בין מים עליונים ובין מים תחתונים.
On peut encore expliquer à ce sujet que les eaux mauvaises tirent leur racine de la séparation par laquelle Il sépara les eaux supérieures des eaux inférieures.
Une explication supplémentaire : les « eaux mauvaises » ont leur racine dans la séparation que D.ieu fit, le deuxième jour de la création, entre les eaux supérieures et les eaux inférieures.
ומזה נמשך הפסולת דמים שהם מים הרעים ע״ד [על דרך] מים המאררים4 כו׳ עיין זח״ב [זהר חלק ב׳] שמות ד״ו ע״א ובפ׳ נשא דקכ״ה ע״א ובפרדס בעה״כ [בערכי הכינויים] ערך מים בסופו ובמא״א [ובמאורי אור] אות מ׳ ססע״י [סוף סעיף] ט״ז,5
De là provient la lie des eaux, qui constitue les eaux mauvaises, à l’image des « eaux amères qui entraînent la malédiction », etc. (Voir le Zohar, Part II, Shemos, folio 6a, et dans Parshas Naso, folio 125a ; ainsi que le Pardes, dans Erchei HaKinuyim, à l’entrée « eau », à la fin ; et Me’orei Or, lettre mem, à la fin de la section 16.)
De cette séparation provint la lie des eaux, les « eaux mauvaises », à l’image des « eaux amères qui entraînent la malédiction » de la sota (Numbers 5). Le texte donne des références dans le Zohar, le Pardes et Me’orei Or.
והנה רש״י [רבי שלמה יצחקי] פי׳ כאן ע״פ ולא תשבית מלח שהובטחו מים תחתונים ליקרב ע״ג [על גבי] המזבח במלח ובניסוך המים.6
Or, Rachi explique ici, à propos du verset « Et tu ne supprimeras pas le sel », que les eaux inférieures avaient reçu la promesse d’être offertes sur l’autel, sous la forme du sel et de la libation d’eau.
Rachi explique notre verset : les eaux inférieures avaient reçu la promesse d’être offertes sur l’autel, sous la forme du sel et de la libation d’eau de Souccot.
Le sel qui guérit les eaux de Jéricho et celui des offrandes réparent tous deux les eaux inférieures, séparées des eaux supérieures.
Une note de Kehot cite le Or HaTorah du Tséma’h Tsédek sur « adoucit l’amertume » : Mal'hout est édifiée à partir des Guevourot ; la force des jugements provient donc d’elle, et c’est là « l’amertume ». Yessod adoucit ses jugements, tout comme le Nom Mah affine le Nom Ban.
Maré mekomot
- 1בזח״א דרמ״א ע״ב · ראה גם אוה״ת ויקרא-ד ע׳ א׳סב.
- 2ומבשם מרירו לאטעמא · ראה אוה״ת ויקרא-א ע׳ רל: יש לפרש כי המל׳ בנינה מהגבורות ע״כ ממנה נמשך תוקף הדינים וזהו ענין המרירו, וע״י היסוד ממתיק דיני׳ גם זהו ע״ד מ״ה מברר ב״ן, ע״ש.
- 3ממרק ומבשם מרירו לאטעמא · Zohar, Vayechi 65:661–66:673
- 4מים המאררים · Numbers 5:18
- 5כי מים הרעים שרשם נמשך ע״י ההבדלה . . סעי׳ טז · ראה גם אוה״ת ויקרא-ד ע׳ פא.
- 6שהובטחו מים תחתונים ליקרב ע״ג המזבח במלח ובניסוך המים · Rashi on Leviticus 2:13
48והיינו שע״י המלח של הקרבן מתעלים המים תחתונים עד שנעשו בבחי׳ מים חיים. וז״ס [וזה סוד] רפואת מים הרעים דיריחו ע״י המלח
C’est-à-dire que, par le sel de l’offrande, les eaux inférieures s’élèvent jusqu’à devenir des eaux vives. C’est là le secret de la guérison des eaux mauvaises de Jéricho par le sel,
Par le sel de l’offrande, les eaux inférieures s’élèvent jusqu’à devenir des « eaux vives ». C’est là le sens intérieur de la guérison par Élicha des eaux de Jéricho au moyen du sel.
שהוא שרש התיקון לבחי׳ מים תחתונים כו׳ עד שנעשו עי״ז בבחי׳ באר מים חיים כו׳.
qui est la racine de la rectification des eaux inférieures, etc., jusqu’à ce qu’elles deviennent ainsi un « puits d’eaux vives », etc.
Le sel est la racine de la rectification des eaux inférieures, jusqu’à ce qu’elles deviennent un « puits d’eaux vives ».
Le sel rectifie et élève les eaux inférieures, transformant les eaux mauvaises en eaux vives. C’est le modèle de l’élévation de ce qui est inférieur.
Adoucir le jugement et le pain de misère ¶49–57
49וכמ״כ [וכמו כן] יובן ענין זה בנפש שבכדי לרפאות המים המרים דנה״ב [דנפש הבהמית] שנמשכת אחר תענוגי עוה״ז [עולם הזה] הנקרא בשם מרירו.
De même, cette idée se comprend dans l’âme : pour guérir les eaux amères de l’âme animale, qui est attirée par les plaisirs de ce monde, appelés « amertume » (merirou),
Il en va de même au sein de la personne. L’âme animale est attirée par les plaisirs de ce monde, que le Zohar appelle « amertume », car leur fin est amère ; ce sont ses « mauvaises eaux », qui doivent être guéries.
כמ״ש כי נופת תטופנה כו׳ ואחריתה1 מרה כלענה.2 וע׳ [ועיין] זח״ב [זהר חלק ב׳] ויקהל דר״ג ע״ב הנה זהו ע״י התורה שנקרא בשם מלח וכמ״ש רפאות תהי לשרך34
comme il est écrit : « [Ses lèvres] distillent le miel », etc., « mais sa fin est amère comme l’absinthe » (voir aussi le Zohar, partie II, Vayakhel, folio 203b). Cela se réalise grâce à la Torah, appelée « sel », comme il est écrit : « Elle sera un remède pour ton nombril »,
Les Proverbes disent du plaisir interdit que ses lèvres « distillent le miel », mais que sa fin est « amère comme l’absinthe ». La guérison vient de la Torah, appelée sel, dont les Proverbes disent : « Elle sera un remède pour ton nombril. »
c’est-à-dire même « depuis ta taille vers le bas », ce qui se trouve au-dessous du firmament qui sépare les eaux des eaux, etc. C’est pourquoi le sel est appelé « l’alliance de ton D.ieu ».
L’expression « ton nombril » est comprise comme s’étendant même « depuis ta taille vers le bas », jusqu’au niveau le plus bas, au-dessous du firmament qui séparait les eaux supérieures des eaux inférieures. C’est pourquoi le sel est appelé « l’alliance de ton D.ieu ».
כי שורש הדינים והמרירות נמשכים משם אלקים שיש בו ק״ך צירופים המשתלשלים למטה עד סוף העשיהומהם יונקים ק״ך צירופים דנוגה שבין שניהם נעשים מ״ר ב״פ [ב׳ פעמים] ק״ך וכחשבון עמלק.7
Car la racine des jugements et de l’amertume provient du Nom Elokim, qui possède 120 combinaisons descendant jusqu’à la fin du Monde d’Assiya ; les 120 combinaisons de Noga puisent leur vitalité en elles, de sorte que les deux ensemble forment 240, deux fois 120, valeur numérique d’Amalek.
Les jugements et l’amertume proviennent du Nom Elokim, dont les lettres peuvent être disposées de 120 façons ; ces combinaisons descendent jusqu’au niveau le plus bas du monde de l’action, et les 120 combinaisons de Noga, la kelipa mêlée, s’en nourrissent. Ensemble, elles forment 240, la valeur numérique d’Amalek (עמלק).
La Torah, en tant que sel, guérit les « eaux amères » de l’âme animale — les plaisirs de ce monde — dont la racine se trouve dans les jugements du Nom Elokim et dans leur pendant dans la kelipa, Amalek.
La note de Kehot indique la source des 120 combinaisons et de leur somme, Amalek, dans Me’orei Or (lettre mem, section 92) et dans Ya’ir Nesiv, qui cite le Likkutei Torah de l’Ari zal.
Maré mekomot
- 1נופת תטופנה . . ואחריתה · Proverbs 5:3
- 2ואחריתה מרה כלענה · Proverbs 5:4
- 3רפאות תהי לשרך · שם ג, ח.
- 4רפאות תהי לשרך · Proverbs 3:8
- 5מפלגך ולתתא · ועל״ק שה״ש ד״ה ששים המה גו׳ הא׳ פ״א וב׳ יעו״ש. [כ].
- 6רקיע המבדיל בין מים למים · Genesis 1:6
- 7מ״ר ב״פ ק״ך וכחשבון עמלק · מאו״א מ׳ סעי׳ צ״ב וביאיר נתיב בשם לקו״ת להאריז״ל.
50והמלח ממתיק הדינים הנ״ל ע״י שממשיך משרש ועיקר הגבורות דקדושה כו׳ ומקיים ומכרית כו׳ כנ״ל.
Et le sel adoucit les jugements mentionnés ci-dessus en puisant à la racine et à l’essence des Guevurot de sainteté, etc. ; il fait vivre et détruit, etc., comme indiqué ci-dessus.
Le sel adoucit ces jugements parce qu’il puise à la racine des Guevurot de sainteté ; il fait ainsi vivre et détruit, comme expliqué ci-dessus.
ובכהאריז״ל [ובכתבי האריז״ל] אמר מלח כחשבון ג׳ שמות הוי׳ ולכן נאמר גבי אהרן ברית מלח עולם1 כי הכהנים מברכים את העם שלש ברכות שהן ג׳ שמות הוי׳ דיברכך יאר וישא,2 ששרשן גבוה מאד נעלה למעלה מההשתלשלות
Et dans les écrits de l’Ari zal, de mémoire bénie, il est dit que « sel » (melah) a la valeur numérique de trois Noms Havaya. C’est pourquoi il est dit au sujet d’Aharon : « une alliance éternelle de sel », car les Cohanim bénissent le peuple par trois bénédictions, qui correspondent aux trois Noms Havaya de « Que D.ieu te bénisse », « qu’Il fasse rayonner » et « qu’Il élève », dont la racine est très élevée, au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout),
Les écrits de l’Ari zal indiquent que melah (מלח, 78) équivaut à trois fois le Nom Havaya (26). L’alliance d’Aharon est donc « une alliance de sel » : les Cohanim bénissent le peuple par trois bénédictions, chacune comportant le Nom Havaya, dont la racine se trouve bien au-dessus de l’enchaînement des mondes.
ובזה הוא קיום העולם וזהו שנק׳ מלח שהוא קיום הדבר כו׳ ועם היות המלח הוא גבורה אך גם ברכת כהנים נקרא ששים גבורים3 ברבות נשא פי״א [פרק י״א].
et c’est ainsi que le monde est maintenu. Voilà pourquoi on l’appelle « sel » : il maintient une chose, etc. Et bien que le sel relève de la Guevoura, la Bénédiction sacerdotale est elle aussi appelée « soixante hommes vaillants (gibborim) », dans Rabbos, Naso, chapter 11.
Ces bénédictions maintiennent le monde, et le sel est ce qui préserve. Bien que le sel relève de la sévérité (Guevoura), le Midrach (Bamidbar Rabbah, Naso) appelle aussi la Bénédiction sacerdotale « soixante hommes vaillants » : la sévérité est ici une force sainte au service de la bénédiction.
Le sel, dont la valeur numérique correspond à trois Noms Havaya, est associé à la triple Bénédiction sacerdotale qui maintient le monde ; sa sévérité est une force sainte qui adoucit les jugements.
Maré mekomot
- 1ברית מלח עולם · Numbers 18:19
- 2דיברכך יאר וישא · Numbers 6:24–26
- 3ששים גבורים · Song of Songs 3:7
51וזהו פי׳ ברית אלקיך שהוא ענין ההמשכה משם הוי׳ בשם אלקים כו׳ שיהי׳ [שיהיה] בבחי׳ אלקיך ממש בבחי׳ גילוי בפנימיות. וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] מה ברית האמור במלח, מלח ממתקת.1 דהיינו המתקת הדינין של שם אלקים.
Et tel est le sens de « l’alliance de ton D.ieu (Eloke’ha) » : il s’agit de faire descendre le Nom Havaya dans le Nom Elokim, etc., afin qu’Il soit véritablement « ton D.ieu », révélé dans la dimension intérieure (pnimiyout). Comme l’ont enseigné nos Sages, de mémoire bénie : « De même que l’alliance mentionnée à propos du sel : le sel adoucit » ; c’est-à-dire l’adoucissement des jugements du Nom Elokim.
« L’alliance de ton D.ieu » signifie faire descendre le Nom transcendant Havaya dans le Nom Elokim, afin que D.ieu devienne « ton D.ieu », révélé au-dedans. La comparaison du Talmud, « comme l’alliance du sel : le sel adoucit » (Berachos 5a), signifie adoucir les jugements du Nom Elokim.
Le sel est « l’alliance de ton D.ieu », car il fait descendre Havaya dans Elokim et adoucit ainsi le jugement, rendant D.ieu présent et révélé de manière personnelle.
Maré mekomot
- 1מה ברית האמור במלח מלח ממתקת · Berakhot 5a:19
52ובת״ז [ובתיקוני זהר] תקון כ״א דף נ״ד ע״א1 מלח אותיות חלם ואותיות מחל כי חולם הוא הנקודה שבראשי אתוין שמורה על עליות המל׳ [המלכות] להיות עטרת תפארת כמ״ש בתו״א [בתורה אור] פ׳ נח סד״ה
Et dans le Tikkouné Zohar, Tikkoun 21, folio 54a : מלח, sel, contient les lettres de חלם, ‘holam, ainsi que celles de מחל, pardonne. Car le ‘holam est le point placé au-dessus des lettres, qui indique l’élévation de Mal'hout, appelée à devenir la couronne de Tiferet, comme il est écrit dans Torah Ohr, Parachat Noa'h, à la fin du discours commençant par
Le Tikkouné Zohar trouve dans מלח (sel) les lettres de חלם (‘holam, le signe vocalique placé au-dessus des lettres) et de מחל (pardonne). Le ‘holam placé au-dessus des lettres symbolise l’élévation de Mal'hout, qui devient la couronne de Tiferet, comme l’explique Torah Ohr dans la Parachat Noa'h.
להבין הענין שתפלת הבעל עסק כו׳ שנקודה א׳ העליונה כולל בחינה התחתונה כו׳ ע״ש [עיין שם], ומשם נמשך המחילה ביוהכ״פ [ביום הכפורים] וכן הקרבנות באין לכפר ועלייה זו ע״י ברית מלח כו׳.
« Pour comprendre la question de la prière de l’homme d’affaires », etc. : un seul point supérieur inclut le niveau inférieur, etc. Voir là-bas. C’est de là que provient le pardon (me’hila) à Yom Kippour ; de même, les sacrifices viennent expier, et cette élévation s’opère par l’alliance du sel, etc.
Ce discours explique comment un seul point supérieur inclut le niveau inférieur. De cette élévation découlent le pardon à Yom Kippour et l’expiation apportée par les sacrifices ; elle est rendue possible par l’alliance du sel.
גם פי׳ חלם לשון חיזוק כמו יחלמו בניהם2 (איוב סי׳ ל״ט ד׳) שפרש״י [שפירש רש״י / שפירוש רש״י] יחזקו. וכן ותחלימני והחייני (בישעיה ל״ח י״ו) פרש״י [פירש רש״י / פירוש רש״י] תבריאני ותחזקני.
‘Halam signifie également « fortifier », comme dans « Leurs petits deviennent forts (ya’hlémou) » (Job, chapitre 39, [verset] 4), que Rachi explique par « ils deviennent forts ». De même : « Tu me rendras la santé (veta’hliméni) et me feras vivre » (Isaïe 38:16), que Rachi explique par « Tu me guériras et me fortifieras ».
‘Halam signifie aussi force : « leurs petits deviennent forts (ya’hlémou) » (Job 39:4) et « Tu me rendras la santé (veta’hliméni) » (Isaïe 38:16), comme l’explique Rachi dans les deux cas.
ועד״ז [ועל דרך זה] פי׳ רבינו בחיי בפ׳ תצוה בענין אבן אחלמה וסגולת האבן הזאת שמחזקת את הלב כו׳.
Dans le même sens, Rabbénou Ba’hya explique, dans la Parachat Tetsavé, au sujet de la pierre d’a’hlama, que cette pierre possède la propriété particulière de fortifier le cœur, etc.
Rabbénou Ba’hya explique lui aussi que la pierre d’a’hlama du pectoral du Grand Prêtre fortifie le cœur.
Cette force s’inscrit dans le sens de ce qui est écrit : « Il donnera de la force à son roi », ainsi que de ce qui est écrit à propos du verset : « Et maintenant, que la puissance d’Ado-nai soit grande », etc.
Cette force est semblable à celle évoquée par « Il donnera de la force à son roi » (I Samuel 2:10), force conférée à Mal'hout, et par « Que la puissance d’Ado-nai soit grande » (Nombres 14:17), comme l’explique le discours consacré à ce verset.
וזהו נמשך ג״כ מבחי׳ מלח שהוא הכח המעמיד ומקיים הדבר שזהו פי׳ ברית מלח עולם6 הנאמר גבי אהרן ס״פ קרח וגבי דוד (בדברי הימים ב׳ סי׳ י״ג ה׳).
Cela aussi découle du niveau du sel, qui est la force qui maintient et fait subsister une chose. Tel est le sens de « une alliance éternelle de sel », dite au sujet d’Aharon à la fin de la Parachat Kora’h, et au sujet de David (II Chroniques, chapitre 13, [verset] 5).
Cela aussi provient du sel, force qui maintient et préserve. C’est le sens de l’« alliance éternelle de sel » conclue avec Aharon (Nombres 18:19) et avec David (II Chroniques 13:5).
ועמ״ש סד״ה שובה ישראל עד.7 להיות יחו״ת [יחודא תתאה] כמו יחו״ע [יחודא עילאה] בבחי׳ תרין, ריעין בחי׳ אהל בל יצען.8 וכמ״ש וארשתיך לי לעולם:910
Voir aussi ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Reviens, Israël, jusqu’à » : que l’unité inférieure (yi'houda tata'a) soit comme l’unité supérieure (yi'houda ila'a), à la manière de « deux compagnons », au niveau d’une « tente qui ne sera pas déplacée ». Comme il est écrit : « Je te fiancerai à Moi pour toujours. »
Le discours « Reviens, Israël, jusqu’à » expose l’objectif : que l’unité inférieure, D.ieu dans le monde, devienne semblable à l’unité supérieure, comme deux compagnons inséparables, une « tente qui ne sera pas déplacée », selon les termes : « Je te fiancerai à Moi pour toujours. »
Le sel (מלח) se lit comme ‘holam, le point qui élève Mal'hout pour en faire une couronne ; comme mo’hel, le pardon ; et comme force. Son alliance rend permanente l’union de D.ieu avec le monde.
Le discours de Likkutei Torah sur « Et maintenant, que la puissance d’Ado-nai soit grande » explique qu’Ado-nai désigne la royauté de D.ieu, et que la « puissance d’Ado-nai » est la Lumière infinie qui entoure tous les mondes, attirée ici par l’acceptation de Sa royauté dans l’accomplissement des mitsvot. Elle se révèle comme la force contenue dans une main, qui ne devient visible que lorsqu’elle lance une pierre. Une note de Kehot ajoute que, selon le sens du passage, la référence au Tikkouné Zohar est ici le folio 47a dans les éditions actuelles.
Maré mekomot
- 1תקון — נ״ד ע״א · לפננו ע״פ משמעות הענין הוא (דמ״ז, א). [כ].
- 2יחלמו בניהם · Job 39:4
- 3ויתן עוז למלכו · I Samuel 2:10
- 4ע״פ ועתה יגדל נא · אולי הכוונה לקו״ת שלח לט, ב. וראה באוה״ת פ׳ שלח ע״פ זה בארוכה.
- 5ועתה יגדל נא כח אדני · Numbers 14:17
- 6ברית מלח עולם · Numbers 18:19
- 7סד״ה שובה ישראל עד · לקו״ת ש״ש סז, ג.
- 8אהל בל יצען · Isaiah 33:20
- 9וארשתיך לי לעולם · Hosea 2:21
- 10
53ח והנה לפ״ז [לפי זה] צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] דגבי מצה כ׳ [כתב] הפוסקים שלא ליתן מלח בפת בפסח כמ״ש בטוש״ע [בטור ושולחן ערוך] סי׳ תנ״ה.
8. Or, selon ce qui précède, il faut comprendre [pourquoi], au sujet de la matsa, les décisionnaires ont écrit qu’il ne faut pas mettre de sel dans le pain à Pessa’h, comme il est écrit dans le Tour et le Choul’han Aroukh, section 455.
Cette section 8 soulève une question de loi juive : les codes (le Tour et le Choul’han Aroukh, section 455) indiquent qu’il ne faut pas mettre de sel dans la pâte à matsa à Pessa’h.
ולכאורה אינו מובן לפמשנ״ת [לפי מה שנתבאר] למעלה שורש ענין המלח מדוע יהיה שבמצה לא יהיה מלח וכמ״ש בגמרא פ״ח [פרק ח׳] דשבת דע״ט ע״א מצה כמשמעו דלא מליח1 כו׳,
À première vue, cela ne se comprend pas, au vu de ce qui a été expliqué plus haut au sujet de la racine du sel : pourquoi la matsa devrait-elle être dépourvue de sel ? Et comme il est écrit dans la Guemara, chapitre 8 de Chabbat, folio 79a : « La matsa, comme son nom l’indique, n’est pas salée », etc.
Compte tenu de tout ce qui a été dit au sujet du sel, pourquoi la matsa devrait-elle en être dépourvue ? Le Talmud lui-même (Chabbat 79a) dit : « La matsa, comme son nom l’indique, n’est pas salée. »
ובטו״ב סי׳ תנ״ה כתב לפי כי המלח הוא שורש הדין כו׳, ואין זה מספיק דאדרבה הוא מיתוק הדינים כנ״ל.
Et dans le Taz, section 455, il a écrit que c’est parce que le sel est la racine de la rigueur, etc. Mais cela ne suffit pas, car, au contraire, le sel adoucit les rigueurs, comme mentionné plus haut.
Un commentaire sur cette section explique que le sel est la racine de la rigueur. Cela ne suffit pas, puisque le sel adoucit les rigueurs, comme cela a été montré plus haut.
Mais l’explication se trouve dans le Tikouné Zohar, Tikoun 69, folio 108a : « Le pain de pauvreté, sans sel », etc., « parce qu’il s’agit d’une matsa brisée », etc.
La réponse se trouve dans le Tikouné Zohar : le « pain de pauvreté » est sans sel parce qu’il s’agit d’une matsa brisée.
עד דתהא שלימה לא צריך לקרבא עלה מלח דאיהו חלם ומאי ניהו חלם אמצעי דכולהו עכ״ל [עד כאן לשונו], ופי׳ בכס״מ שכשהיא פרוסה היא אות דל״ת לשון דלות היינו לחם עוני.
« Tant qu’elle n’est pas entière, il n’est pas nécessaire d’approcher du sel d’elle, car elle est ‘holam ; et qu’est-ce que le ‘holam ? Le point médian de tous. » Fin de citation. Et le Kisé Mélekh explique que, lorsqu’elle est brisée, elle est la lettre dalet, un terme qui évoque la pauvreté (dalout), c’est-à-dire le « pain de pauvreté ».
On n’approche pas de sel de la matsa avant qu’elle ne soit entière, car le sel est le ‘holam, la ligne médiane. Le Kisé Mélekh explique que la matsa brisée est la lettre dalet, dérivée de dalout, « pauvreté » ; d’où l’expression « pain de pauvreté ».
La loi prescrivant une matsa sans sel s’explique par le Tikouné Zohar : la matsa est le « pain de pauvreté », représenté par un dalet brisé, qui ne peut recevoir le sel avant d’être entier.
Une note de Kehot précise que, dans les éditions actuelles, ce passage du Tikouné Zohar se trouve au folio 110 et renvoie, pour un examen plus approfondi, à l’Or HaTorah du Tsema’h Tsédek sur Vayikra.
Maré mekomot
- 1
- 2בת״ז — דק״ח ע״א · לפננו דק״י. [כ]. ראה גם אוה״ת ויקרא-א ע׳ רכט.
- 3לחם עני · Deuteronomy 16:3
54וצריך להשלימה באות ו׳ בתוכה שתהיה ה״א כו׳ ואז דוקא תקריב עליה מלח שהם ג׳ שמות הוי׳ שבחג״ת [שבחסד גבורה תפארת] עכ״ד [עד כאן דבריו].
Il faut la compléter en plaçant en elle la lettre vav, afin qu’elle devienne un hei, etc. Alors seulement vous pourrez offrir du sel sur elle, à savoir les trois Noms Havaya qui se trouvent en 'Hessed, Guevoura et Tiferet. Fin de ses paroles.
Pour la rendre entière, on place un vav à l’intérieur du dalet, qui devient ainsi un hei. Alors seulement on offre du sel sur elle : les trois Noms Havaya de 'Hessed, Guevoura et Tiferet.
והענין כי פי׳ לחם עני זהו ע״ד [על דרך] סיהרא לית לה מגרמה כלום1 ואזי היא בחי׳ עניה.
L’explication est que le « pain de pauvreté » s’apparente à « la lune n’a rien qui lui soit propre » ; elle se trouve alors dans un état de pauvreté.
Le « pain de pauvreté » désigne Mal'hout dans l’état où elle est « la lune, qui n’a rien qui lui soit propre » et ne possède que ce qu’elle reçoit ; dans cet état, elle est « pauvre ».
La matsa est l’état « pauvre » de Mal'hout, qui n’a rien qui lui soit propre ; elle doit d’abord être complétée avant de pouvoir recevoir le sel.
Maré mekomot
- 1סיהרא לית לה מגרמה כלום · Zohar, Vayechi 81:824–82:836
55וכמ״ש בזח״א [בזהר חלק א] בראשית דל״ג1 א׳. ויחי דרמ״ט ע״ב. ואין עני אלא בדעת.2 וע״י קבלתה משמשא3 נפקא ממסכנותא היינו ע״י שנמשך בה הדעת מבחי׳ שמש הוי׳.
(Comme il est écrit dans le Zohar, partie I, Beréchit, folio 33a, [et] Vaye'hi, folio 249b.) Et « il n’y a de pauvre que celui qui manque de connaissance ». En recevant du soleil, elle sort de sa pauvreté : c’est-à-dire lorsque Daat est attirée en elle depuis le niveau de « un soleil, Havaya ».
Le Zohar dit cela de la lune, et le Talmud enseigne que « le seul pauvre est celui qui est pauvre en connaissance » (Nedarim 41a). La lune sort de sa pauvreté en recevant du soleil, c’est-à-dire lorsque Daat est attirée dans Mal'hout depuis « un soleil, Havaya » (Psaumes 84:12).
וכמ״ש ברע״מ [ברעיא מהימנא] ר״פ כי תשא העשיר דא עמודא דאמצעיתא. היינו קו האמצעי דעת תפארת ועמ״ש בד״ה וידעת היום4 והשבות כו׳. ומתחלה כשהיא רק בבחי׳ אמונה לבד נק׳ לחם עני.5
Et comme il est écrit dans le Raaya Mehemna, au début de la paracha Ki Tissa : « “L’homme riche” : c’est la colonne médiane », c’est-à-dire la ligne médiane, Daat [et] Tiferet. Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Et tu sauras aujourd’hui et tu prendras [cela] à [cœur] », etc. Au début, lorsqu’elle n’est encore que dans l’état de la foi seule, elle est appelée « pain de pauvreté ».
Le Raaya Mehemna identifie « l’homme riche » à la colonne médiane, la ligne médiane de Daat et de Tiferet. Avant de recevoir cela, tant qu’elle n’a que la foi, Mal'hout est appelée « pain de pauvreté ».
והנה תחלת העבודה צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] בבחי׳ אמונה לבד דווקא. וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] בא חבקוק6 והעמידן על אחת שנאמר וצדיק באמונתו יחיה.7
Or, le commencement du service divin doit précisément se faire dans le seul état de la foi. Comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Havakouk vint et les ramena à un seul principe, comme il est dit : “Le juste vivra par sa foi.” »
Le service divin doit commencer par la seule foi. Le Talmud dit que Havakouk ramena toutes les mitsvot à un seul principe : « Le juste vivra par sa foi » (Makkos 24a ; Habacuc 2:4).
וכתיב פתחו שערים ויבוא גוי צדיק שומר אמונים8 (בישעיה סי׳ כ״ו ב׳). וכדפירש״י [וכדפירש רש״י] שם. וכתיב והיה אמונת עתיך חוסן ישועות9 (שם ל״ג ו׳).
Et il est écrit : « Ouvrez les portes, afin qu’entre une nation juste qui garde la foi » (Isaïe, chapitre 26, [verset] 2), comme Rachi l’explique là-bas. Et il est écrit : « Et la foi de tes temps sera une force de salut » (ibid., 33:6).
Isaïe parle également d’« une nation juste qui garde la foi » (26:2), comme Rachi l’explique là-bas, et dit : « la foi de tes temps sera une force de salut » (33:6).
וממנה יבוא אח״כ [אחר כך] לבחי׳ הדעת שהוא השגת פנימית התורה וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] כל המקיים את התורה10 מעוני סופו לקיימה מעושר. בפ״ד דאבות.11 ופי׳ במדר׳ [במדרש] שמואל.
À partir de là, il parviendra ensuite au niveau de Daat, qui est la compréhension de la dimension intérieure de la Torah. Comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Celui qui accomplit la Torah dans la pauvreté finira par l’accomplir dans la richesse » (au chapitre 4 d’Avot). Et cela est expliqué dans le Midrash Shmuel
À partir de la foi, on parvient ensuite à Daat, la compréhension de la Torah intérieure. Ainsi la Michna enseigne : « Celui qui accomplit la Torah dans la pauvreté finira par l’accomplir dans la richesse » (Avot 4:9), comme l’explique le Midrash Shmuel.
דר״ל [דרוצה לומר] מעוני הדעת. סופו לקיימה מעושר הדעת שהוא ישפיע עליו מחכמתו כו׳ וזהו אם אין יראה אין חכמה אם אין חכמה12 אין יראה,13 וא״כ [ואם כן] איך יתחיל.
ce qui signifie « dans la pauvreté » de la connaissance ; il finira par l’accomplir dans la richesse de la connaissance : Il lui accordera de Sa sagesse, etc. Et c’est là le sens de : « S’il n’y a pas de crainte, il n’y a pas de sagesse ; s’il n’y a pas de sagesse, il n’y a pas de crainte. » Dans ce cas, par où commencer ?
La pauvreté et la richesse désignent ici celles de la connaissance : celui qui sert D.ieu avec une compréhension limitée se verra accorder la sagesse de D.ieu. Mais la Michna dit aussi : « S’il n’y a pas de crainte, il n’y a pas de sagesse, et s’il n’y a pas de sagesse, il n’y a pas de crainte » ; par où commencer ?
אלא כי יש ב׳ בחי׳ יראה הא׳ יראה תתאה והיא תרעא לאעלאה, ולכן אם אין יראה אין חכמה.
Mais il existe deux niveaux de crainte. Le premier est la crainte inférieure ; elle est « la porte pour entrer ». C’est pourquoi, « s’il n’y a pas de crainte, il n’y a pas de sagesse ».
La réponse est qu’il existe deux sortes de crainte. La crainte inférieure est « la porte pour entrer », le point de départ ; voilà pourquoi, sans crainte, il n’y a pas de sagesse.
La matsa, le « pain de pauvreté », représente le service fondé sur la foi simple ; à partir de là, on parvient à Daat, la « richesse » que constitue la compréhension de la Torah intérieure, en commençant par la crainte inférieure, qui est la porte de la sagesse.
Maré mekomot
- 1בזח״א בראשית דל״ג א׳ · מובא באוה״ת ויקרא-ב ע׳ תמב.
- 2ואין עני אלא בדעת · Nedarim 41a:2–3
- 3שמש ה׳ · Psalms 84:12
- 4בד״ה וידעת היום · לקו״ת ואתחנן ד, א.
- 5כשהיא רק בבחי׳ אמונה לבד נק׳ לחם עני · ראה ד״ה השמים כסאי תשל״ו סעי׳ ג (סה״מ מלוקט-ג ע׳ קלד).
- 6בא חבקוק · Makkot 24a:27
- 7וצדיק באמונתו יחי׳ · Habakkuk 2:4
- 8פתחו שערים ויבוא גוי צדיק שומר אמונים · Isaiah 26:2
- 9והיה אמונת עתיך חוסן ישועות · Isaiah 33:6
- 10
- 11בפ״ד דאבות · מ״ט.
- 12אם אין יראה . . אם אין חכמה · אבות ג, יז (בסדר הפוך).
- 13אם אין יראה אין חכמה אם אין חכמה אין יראה · Pirkei Avot 3:17
56ואח״כ [ואחר כך] ע״י החכמה יזכה ליראה עילאה כו׳ ששם אין שייך חמוץ כו׳. וזהו שאמרו יאה עניותא לישראל.1 ור״ל [ורוצה לומר] שיהיה בעיניו נגד הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] בבחי׳ עני מן הדעת ולהיות בבחי׳ אמונה.
Et ensuite, par la sagesse, il méritera la crainte supérieure, etc., où le levain (himouts) n’a pas sa place, etc. C’est ce qu’ils ont dit : « La pauvreté sied à Israël » ; c’est-à-dire qu’à ses propres yeux, devant le Saint béni soit-Il, il doit être dans l’état d’un pauvre en connaissance et se tenir dans la foi.
Par la sagesse, l’homme parvient alors à la crainte supérieure, où il n’y a pas de place pour le « levain », c’est-à-dire l’enflure de l’ego. C’est pourquoi les Sages disent : « La pauvreté sied à Israël » : devant D.ieu, l’homme doit se considérer comme pauvre en compréhension et se tenir dans une foi simple.
וכמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] ח״א [חלק א׳] פרק י״ח דכתיב פתי יאמין לכל דבר23 ואצל הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] הכל כפתיים,4 וכמ״ש בהמות הייתי עמך5 וכתיב אדם ובהמה תושיע67 הוי׳ וארז״ל [ואמרו רבותינו זכרונם לברכה] פ״ק [פרק קמא] דחולין דף ה׳ ע״ב אלו בני אדם שהם ערומים בדעת
Comme il est écrit dans le Sefer shel Beinonim, première partie, chapitre 18, au sujet de ce verset : « Le simple croit toute parole » ; et devant le Saint béni soit-Il, tous sont comme des simples d’esprit. De même, il est écrit : « J’étais comme une bête auprès de Toi » ; et il est écrit : « L’homme et la bête, Tu les sauves, Havaya » ; et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit dans le premier chapitre de Chullin, folio 5b : « Ce sont des hommes qui sont avisés dans leur connaissance
Le Tanya, au chapitre 18, cite « Le simple croit toute parole » (Proverbes 14:15) et dit que devant D.ieu, tous sont comme des simples d’esprit. De même : « J’étais comme une bête auprès de Toi » (Psaumes 73:22). Le Talmud interprète aussi « L’homme et la bête, Tu les sauves » (Psaumes 36:7) comme désignant des hommes avisés dans leur connaissance.
כאדם הראשון ומשימים עצמם כבהמה דכאי רוח ע״ש [עיין שם] בפרש״י [בפירש רש״י / בפירוש רש״י]8 כו׳ וכ״כ [וכן כתב] ברבות פ׳ בשלח פכ״א ע״פ יונתי אמר הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] אצלי הם כיונה פותה כל מה שאני גוזר עליהם עושים כו׳.
comme Adam, le premier homme, et se font comme une bête » : humbles d’esprit ; voyez là le commentaire de Rachi, etc. Il est également écrit dans le Rabbos, paracha Beshalach, chapitre 21, à propos du verset « Ma colombe » : « Le Saint béni soit-Il dit : devant Moi, ils sont comme une colombe simple ; tout ce que Je décrète à leur sujet, ils le font », etc.
Ils sont avisés comme Adam, et pourtant se font comme une bête, humbles d’esprit, ainsi que l’explique Rachi. Le Midrach dit la même chose : D.ieu appelle Israël « Ma colombe », car devant Lui, ils sont comme une colombe simple, qui fait tout ce qu’Il décrète.
Le but de la foi n’est pas l’ignorance, mais l’humilité : même celui qui acquiert de la sagesse se tient devant D.ieu comme un « pauvre » et un « simple », à l’image d’une bête qui suit son maître.
Un maamar ultérieur de Likkutei Torah (Bechukosai) applique la même interprétation talmudique de « l’homme et la bête » à l’orge, nourriture des animaux, ainsi qu’aux six ordres de la Michna, que le Zohar appelle « six mesures d’orge ».
Maré mekomot
- 1יאה עניותא לישראל · Chagigah 9b:12
- 2פתי יאמין לכל דבר · Proverbs 14:15
- 3פתי יאמין לכל דבר · Tanya, Likkutei Amarim 18:11
- 4ואצל הקב״ה הכל כפתיים · ראה המשך באתי לגני תש״י פ״ה ע׳ 117 ואילך. ובארוכה בד״ה באתי לגני תשט״ו פ״ד ואילך.
- 5בהמות הייתי עמך · Psalms 73:22
- 6אדם ובהמה תושיע · Psalms 36:7
- 7
- 8וארז״ל פ״ק דחולין . . ע״ש בפרש״י · ערומים בדעות כאדם הראשון ונמשכים אחריך כבהמה דכאי רוח. ראה גם לקמן בחקותי נ, ג.
57וע״כ [ועל כן] בענין חיוב אכילת מצה שהוא תחלת העבודה צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] לחם עוני דוקא שהוא בחי׳ אמונה ואתכפיא בלי שום טעם ודעת.
C’est pourquoi, s’agissant de l’obligation de manger de la matsa, qui marque le début du service divin, il faut précisément du « pain de pauvreté », qui correspond au niveau de la foi et de la soumission (itkafia), sans aucune raison ni connaissance.
Ainsi, la matsa mangée au début de Pessa’h, au commencement du service divin, doit être du « pain de pauvreté » : elle exprime la foi et la soumission de soi, sans raisons ni compréhension.
וע״כ [ועל כן] אין ליתן בה מלח. שהמלח הוא נותן טעם להיות בחי׳ טעם ודעת שהוא גילוי פנימית התורה כו׳.
C’est pourquoi il ne faut pas y mettre de sel : le sel donne du goût, de sorte qu’il y ait le niveau du goût et de la connaissance, qui est le dévoilement de la dimension intérieure (pnimiyout) de la Torah, etc.
Voilà pourquoi la matsa ne contient pas de sel : celui-ci lui donne du goût, le goût et la compréhension qui accompagnent le dévoilement de la Torah intérieure, et qui appartiennent à une étape ultérieure.
וראשית העבודה צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] בבחי׳ לחם עוני דוקא. ולכן ישראל מונין ללבנה,1 אלא שאח״כ [שאחר כך] צריך להיות בה המשכת הדעת מבחינת שמשא
Et le début du service divin doit précisément se faire sous la forme du « pain de pauvreté ». C’est pourquoi Israël compte selon la lune. Mais par la suite, il faut y attirer Daat depuis le niveau du soleil,
Le service commence par le « pain de pauvreté » ; c’est pourquoi Israël compte son calendrier selon la lune, qui n’a pas de lumière propre. Par la suite, il faut y attirer Daat depuis le « soleil ».
וזהו ענין מצה עשירה, ועמ״ש בפי׳ רבת תעשרנה פלג אלקים2 בד״ה והיה מספר בנ״י [בני ישראל] כחול הים34 כו׳ ואזי מבחי׳ דל״ת נעשית ה׳ ועמ״ש בזה סד״ה המגביהי לשבת5 כו׳:6
et c’est là le sens de la « matsa riche ». Voir ce qui est écrit dans l’explication de « Tu l’enrichis grandement ; le torrent de D.ieu », dans le discours qui commence par « Et le nombre des enfants d’Israël sera comme le sable de la mer », etc. Alors, du niveau du dalet, elle devient un hé. Voir ce qui est écrit à ce sujet à la fin du discours qui commence par « Celui qui s’élève pour siéger », etc.
C’est cela, la « matsa riche » : une matsa préparée avec autre chose que de la farine et de l’eau. Le texte renvoie aux discours sur « Tu l’enrichis grandement » et « Celui qui s’élève pour siéger » : alors le dalet de la pauvreté devient un hé.
La matsa sans sel est la première étape du service : une foi simple, comme la lumière empruntée de la lune. Par la suite, Daat, venant du « soleil », l’enrichit et transforme le dalet de la pauvreté en un hé.
Le discours de Torah Ohr sur « Celui qui s’élève pour siéger » explique le dalet comme dalit, « qui n’a rien en propre » ; il devient un hé grâce au youd placé en lui, de même que tsédek devient tsédaka par une mitsva. Le discours sur « Et le nombre des enfants d’Israël » parle des 620 mitsvot et des 600 000 âmes, ainsi que du temps où leur nombre dépassera tout décompte.
Maré mekomot
- 1ישראל מונין ללבנה · Sukkah 29a:10
- 2רבת תעשרנה פלג אלקים · Psalms 65:10
- 3בד״ה והיה מספר בנ״י כחול הים · לקו״ת במדבר ה, ד.
- 4והיה מספר בנ״י כחול הים · Hosea 2:1
- 5המגביהי לשבת · Psalms 113:5
- 6סד״ה המגביהי לשבת כו׳ · תו״א לח, ד.
L’alliance qui unit les mondes ¶58–66
58ט וביאור הענין יש להקדים מ״ש באו״ת [באור תורה] פ׳ קרח1 בשם הה״מ [הרב המגיד] נ״ע [נשמתו עדן] וז״ל [וזה לשונו] והנה נאמר באהרן ברית מלח עולם2 הוא. הוא כתיב והקרי היא.
9. Pour expliquer la question, il faut d’abord introduire ce qui est écrit dans Or Torah, Parachat Kora’h, au nom du Maguid, que son âme repose en Éden. Voici ses paroles : « Or, il est dit au sujet d’Aharon : “C’est (hou) une alliance éternelle de sel” ; le mot est écrit hou, mais se lit hi. »
La section 9 rapporte un enseignement du Maguid de Mezeritch tiré de Or Torah : dans « C’est une alliance éternelle de sel » (Nombres 18:19), le mot « c’est » s’écrit hou, au masculin, mais se lit hi, au féminin.
והנה ידוע שאהרן שושבינא דמטרוניתא3 והוא המקשר עולמות ע״י עבודת הקרבנות והקטורת שהוא לשון קשר. כי תרגום ותקשור על ידו4 בפ׳ וישב וקטרת על ידיה.
Or, il est connu qu’Aharon est le chouchvina de la Matronita (la Reine), et qu’il est celui qui relie les mondes par le service des sacrifices et de l’encens (ketoret), terme qui désigne le lien ; car le Targoum traduit « et elle noua à sa main », dans la paracha de Vayéchev, par « ouketeras al yedeih ».
Aharon est le « chouchvina de la Reine » (la Chekhina), celui qui relie les mondes par les sacrifices et l’encens. Ketoret, l’encens, signifie le lien : le Targoum rend « elle noua (vatikshor) à sa main » (Genèse 38:28) par « ouketeras ».
Par les sacrifices et l’encens, Aharon relie les mondes entre eux ; c’est là l’« alliance de sel » qui lui est accordée.
Maré mekomot
- 1באו״ת פ׳ קרח · הוצאת קה״ת מו, ג.
- 2ברית מלח עולם · Numbers 18:19
- 3אהרן שושבינא דמטרוניתא · Zohar III, 20a
- 4ותקשור על ידו · Genesis 38:28
59וזהו פי׳ ברית מלח לשון עירוב כמו המלחים. היינו כדפרש״י [כדפירש רש״י / כדפירוש רש״י] בחומש פ׳ כי תשא ע״פ ממולח טהור קדש1 מעורב שיערב יפה יפה ואומר אני שדומה לו וייראו המלחים2 כו׳ שמהפכין כו׳ ע״ש [עיין שם].
Tel est le sens de l’expression « alliance de sel (melach) » : le terme évoque le mélange, comme dans hamalachim (« les marins »). C’est-à-dire, comme l’explique Rachi dans le ‘Houmach, dans la paracha Ki Tissa, à propos du verset « salé (memoula’h), pur, saint » : « mélangé, qu’il le mélange très soigneusement ; et je dis qu’un terme semblable se trouve dans “Les marins (hamalachim) furent saisis de crainte”, etc., car ils remuent [l’eau] », etc. Voyez là-bas.
« Alliance de sel » signifie le mélange ; le mot a la même racine que malachim, « marins ». À propos de l’encens, dans l’expression « salé (memoula’h), pur, saint » (Exode 30:35), Rachi explique que memoula’h signifie « bien mélangé » et le rapproche de « Les marins (hamalachim) furent saisis de crainte » (Jonas 1:5) : ils sont ainsi appelés parce qu’ils remuent l’eau avec leurs rames.
La racine de melach, « sel », signifie aussi « mélanger » ; l’alliance de sel est donc une alliance qui unit les choses.
Maré mekomot
- 1ממולח טהור קדש · Exodus 30:35
- 2וייראו המלחים · Jonah 1:5
60ופי׳ ברית מלח שכרת לו ברית שע״י עבודת הקרבנות יקשר ויערב העולם שהם כלל העולמות בא״ס [באין סוף] שהוא יהיה הממוצע והמחבר והמקשר העולמות זה בזה כו׳ וזהו עלה בכבש12 כו׳.
Et le sens de « l’alliance de sel » est qu’Il conclut avec lui une alliance selon laquelle, par le service des offrandes, il lierait et mêlerait le monde — c’est-à-dire l’expression générale et collective de tous les mondes — à l’Infini (Ein Sof), de sorte qu’il serait l’intermédiaire qui réunit et lie les mondes les uns aux autres, etc. C’est là le sens de « Il monta sur la rampe », etc.,
L’alliance de sel conclue avec Aharon signifie que, par le service des offrandes, il lierait et mêlerait tous les mondes à l’Infini, en servant d’intermédiaire qui réunit les mondes les uns aux autres. La Michna décrit le Cohen montant sur la rampe de l’autel et en faisant le tour.
עד מערבית שהוא מדת אהרן ברית מלח שמערב העולמות כו׳, והנה הכתיב ברית מלח עולם הוא והקרי היא
jusqu’à l’angle occidental (ma’aravis), qui est l’attribut d’Aharon, l’alliance de sel, qui mêle (me’arev) les mondes, etc. Or, la forme écrite est « une alliance de sel éternelle, hu », tandis que la lecture est hi,
Il passe d’un angle à l’autre et termine à l’angle occidental (ma’aravis), qui évoque me’arev, « mêler », la qualité d’Aharon. Le texte revient ensuite à la forme écrite hu et à la lecture hi.
כי למעלה הוא בהעלם גדול לכך כתיב הוא לשון נסתר אבל למטה כאשר בא תוך הקרי שהוא הדבור ושם הוא התגלות
car, en haut, cela est dans un grand état de dissimulation ; c’est pourquoi il est écrit hu, terme désignant ce qui est caché (nistar). Mais en bas, lorsqu’il entre dans la lecture, qui est la parole, il y a révélation ;
En haut, l’alliance est profondément cachée ; le texte écrit donc hu, mot qui, en grammaire hébraïque, désigne ce qui est « caché » (la troisième personne). En bas, lorsqu’elle passe dans la parole, dans la lecture, elle est révélée.
לכן נק׳ היא עכ״ל [עד כאן לשונו], וזהו שבקטורת נאמר ממולח כי הקטרת הוא ענין הקשר והעירוב כו׳.
c’est pourquoi elle est appelée hi. » Fin de citation. Voilà pourquoi il est dit de l’encens qu’il est « salé », car l’encens relève du lien et du mélange, etc.
Il se lit donc hi. C’est également pourquoi l’encens est appelé « salé » : l’encens relève du lien et du mélange.
Par les offrandes, Aharon lie les mondes à l’Infini ; l’alliance est cachée en haut (hu) et révélée en bas dans la parole (hi).
Maré mekomot
- 1עלה בכבש · זבחים ה, ג.
- 2עלה בכבש · Mishnah Zevachim 5:3
61וביאור ענין שמערב העולמות, כי הנה ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] ביום חתונתו זו1 מתן תורה, וצ״ל [וצריך להיות / וצריך לומר / וצריך להבין] מהו פי׳ חתונתו, אך כי חיתון פירושו תערובות כמ״ש בת״י פ׳ עקב ז׳ ג׳.
L’explication de la manière dont il mêle les mondes : nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Le jour de ses noces », c’est le Don de la Torah. Il faut comprendre ce que signifie « ses noces ». Or, hitoun (« mariage ») signifie mélange, comme il est écrit dans le Targoum Yerouchalmi, Parachat Ekev, 7:3.
Comment mêle-t-il les mondes ? La Michna interprète « le jour de ses noces » (Cantique des cantiques 3:11) comme le Don de la Torah. Hitoun, « mariage », signifie mélange, comme le Targoum traduit « vous ne contracterez pas de mariage avec elles » (Deutéronome 7:3).
וא״כ [ואם כן] פי׳ ביום חתונתו היינו ענין תערובות והתקשרות העולם בא״ס [באין סוף] ב״ה ע״י התורה, והוא ע״פ מ״ש ברבות פ׳ וארא פי״ב ע״פ כל אשר חפץ2 ה׳ עשה אמר דוד אע״פ [אף על פי] שגזר הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] השמים שמים לה׳3 כו׳
Si tel est le cas, le sens de « le jour de ses noces » est donc le mélange et le lien du monde avec l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, par l’intermédiaire de la Torah. Cela correspond à ce qui est écrit dans le Rabbot, Parachat Vaéra, chapitre 12, à propos du verset « Tout ce que D.ieu désire, Il le fait » : « David dit : Bien que le Saint béni soit-Il ait décrété : “Les cieux sont les cieux de D.ieu”, etc.,
Ainsi, les « noces » au Sinaï furent le mélange du monde avec l’Infini par l’intermédiaire de la Torah. Le Midrach sur « Tout ce que D.ieu désire, Il le fait » (Psaumes 135:6) rapporte que D.ieu avait décrété : « Les cieux sont les cieux de D.ieu » (Psaumes 115:16), et la terre, Il l’a donnée aux hommes.
כשבקש ליתן התורה בטל גזירה ראשונה ואמר התחתונים יעלו לעליונים והעליונים ירדו לתחתונים ואני המתחיל שנאמר וירד ה׳ על הר סיני.4
quand Il voulut donner la Torah, Il annula le premier décret et dit : “Les êtres d’en bas monteront vers les êtres d’en haut, et les êtres d’en haut descendront vers les êtres d’en bas ; et c’est Moi qui commencerai”, ainsi qu’il est dit : “Et D.ieu descendit sur le mont Sinaï.”
Mais lorsqu’Il voulut donner la Torah, Il annula le décret : les êtres d’en bas pourraient monter vers les êtres d’en haut, et les êtres d’en haut descendre vers les êtres d’en bas, Lui-même commençant : « Et D.ieu descendit sur le mont Sinaï » (Exode 19:20).
Le Don de la Torah fut un « mariage », un mélange des mondes supérieur et inférieur, qui mit fin à la séparation entre le ciel et la terre.
Maré mekomot
- 1ביום חתונתו זו מ״ת · Taanit 26b:6–7
- 2כל אשר חפץ ה׳ עשה · Psalms 135:6
- 3השמים שמים לה׳ · Psalms 115:16
- 4וירד ה׳ על הר סיני · Exodus 19:20
Et il est écrit : « Et à Moché, Il dit : Monte vers D.ieu. » Ainsi : « Tout ce que D.ieu a voulu, Il l’a fait dans les cieux et sur la terre. » » Fin de citation.
Et, à propos de l’élévation de ce qui est inférieur : « Et à Moché, Il dit : Monte vers D.ieu » (Exode 24:1). Ainsi, « tout ce que D.ieu a voulu, Il l’a fait dans les cieux et sur la terre ».
ופי׳ ענין ירידה ועלייה יובן ממ״ש במ״א בד״ה ושמתי כדכד2 שמשותיך3 כדין וכדין4 כו׳ ועכ״פ [ועל כל פנים] הוא השתלשלות והמשכת האור מסוכ״ע [מסובב כל עלמין] בממכ״ע [בממלא כל עלמין] וזהו כי כל בשמים ובארץ5 דאחיד בשמיא וארעא כו׳ וזהו ענין ברית מלח עולם.
Le sens de la descente et de l’élévation se comprendra à partir de ce qui est écrit ailleurs, dans le discours qui commence par « Je ferai tes fenêtres de kadkod », « kedein oukedein », etc. Quoi qu’il en soit, il s’agit de la descente et de l’émanation de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) vers la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin). Et c’est là le sens de : « Car tout ce qui est dans les cieux et sur la terre » : « qui s’attache au ciel et à la terre », etc. Et tel est le sens de « l’alliance éternelle du sel ».
La descente et l’élévation sont expliquées dans le discours sur « Je ferai tes fenêtres de kadkod », que le Talmud lit « de cette manière et de cette manière » (kedein oukedein). En essence, la lumière qui entoure les mondes est attirée dans la lumière qui les remplit ; c’est là l’« alliance du sel », car « tout ce qui est dans les cieux et sur la terre » s’entend comme s’attachant à l’un et à l’autre.
L’union du supérieur et de l’inférieur au Sinaï consiste à attirer la lumière qui entoure les mondes dans la lumière qui les remplit : c’est l’alliance éternelle du sel qui unit le ciel et la terre.
Maré mekomot
- 1ואל משה אמר עלה אל ה׳ · Exodus 24:1
- 2בד״ה ושמתי כדכד · לקמן פ׳ ראה כו, ד ואילך.
- 3ושמתי כדכד שמשותיך · Isaiah 54:12
- 4כדין וכדין · Bava Batra 75a:9
- 5כי כל בשמים ובארץ · I Chronicles 29:11
63והנה פי׳ ליל שמורים1 הוא ע״ד [על דרך] שמור לנוקבא2 היינו מה שהמקבל ממתין ומצפה ומייחל אל המשפיע כעני הצופה ומביט מתי יתן הבעה״ב [הבעל הבית] לידו מאומה כמ״ש סד״ה זכור את יום השבת3 כו׳
Or, le sens de « nuit de veille » (leil chimourim) s’apparente à « chamor est pour la Noukva » (le féminin) : autrement dit, le récepteur attend, espère et aspire à recevoir du donneur, comme un pauvre qui guette et regarde [pour voir] quand le maître de maison mettra quelque chose dans sa main, ainsi qu’il est écrit à la fin du discours qui commence par « Souviens-toi du jour du Chabbat », etc.,
La nuit de Pessa’h est appelée « nuit de veille » (leil chimourim) (Exode 12:42). Le Zohar dit que « chamor est pour le féminin » : le récepteur attend et aspire à recevoir du donneur, comme un pauvre qui guette le maître de maison dans l’espoir qu’il mette quelque chose dans sa main.
בענין פי׳ שמור כו׳ ע״ש [עיין שם] וכך הוא ענין ליל שמורים. אשר בחי׳ ליל הוא מדת החשך וההעלם ונמשך מבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין].
sur le sens de chamor, etc. ; voir là-bas. Il en va de même pour la « nuit de veille » : le niveau de la « nuit » est l’attribut de l’obscurité et de la dissimulation, et il découle du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin).
Le discours sur le Chabbat explique ainsi le mot chamor. Il en va de même pour la « nuit de veille » : la nuit est obscurité et dissimulation, et provient de la lumière qui remplit les mondes.
La nuit de Pessa’h est la nuit où le récepteur attend : Mal’hout, telle un pauvre, attend le donneur.
Maré mekomot
- 1ליל שימורים · Exodus 12:42
- 2שמור לנוקבא · Zohar I, 48b
- 3סד״ה זכור את יום השבת · תו״א עא, ד.
64ובחי׳ זו היא בחי׳ שמורים ומצפה להמשכת האור מבחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] שהוא בלי גבול. ולכן נאמר שמורים לשון רבים ע״ש [על שם] התחברות משפיע ומקבל כמ״ש בזח״ב [בזהר חלק ב׳] פ׳ בא דל״ח ע״ב
Et ce niveau est celui de la « veille », qui attend l’effusion de la lumière depuis le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), laquelle est sans limite. C’est pourquoi le terme shimourim est employé au pluriel, en raison de l’union du donneur et du récepteur, comme il est écrit dans le Zohar, deuxième partie, Parachat Bo, folio 38b.
Cette nuit attend la lumière englobante, qui est sans limite. Le terme shimourim est au pluriel parce qu’il unit le donneur et le récepteur, comme l’enseigne le Zohar sur Bo.
ולכן המצה היא דוקא לחם עני כעני הצופה ומביט כו׳ כנ״ל וכן פי׳ בפ׳ ויצא דקנ״ז ע״א בענין לחם עני מאן עני דא דוד מלכא1 דכתיב ביה כי עני ואביון אני.2
C’est pourquoi la matsa est précisément le « pain de pauvreté », comme le pauvre qui attend et regarde, etc., ainsi qu’il a été mentionné plus haut. C’est également ainsi que cela est expliqué dans la Parachat Vayetsé, folio 157a, au sujet du « pain de pauvreté » : « Qui est le pauvre ? C’est le roi David, dont il est écrit : “Car je suis pauvre et indigent.” »
La matsa doit donc être le « pain de pauvreté », comme le pauvre qui attend. Le Zohar sur Vayetsé demande : « Qui est le pauvre ? » et répond : « Le roi David », qui a dit : « Car je suis pauvre et indigent » (Psaumes 86:1) ; David correspond à Mal'hout.
La « veille » de la nuit de Pessa'h est Mal'hout, qui attend de recevoir la lumière sans limite ; la matsa, le pain du pauvre, exprime cet état.
Maré mekomot
- 1מאן עני דא דוד מלכא · Zohar, Vayetzei 23:200–225
- 2כי עני ואביון אני · Psalms 86:1
65והאי לחם עני אקרי מצה נוקבא בלא דכורא מסכנותא הוי. אתקריבו לגבי מצה בקדמיתא כיון דקריבו לון יתיר עייל לון קב״ה [קודשא בריך הוא] בדרגין אחרנין ואתחבר דכורא בנוקבא וכדין מצה כד אתחברת בדכורא אקרי מצוה בתוספת וא״ו עכ״ל [עד כאן לשונו].
Et ce « pain de pauvreté » est appelé matsa : le féminin sans le masculin est pauvreté. Ils furent d’abord rapprochés de la matsa ; lorsqu’Il les eut rapprochés davantage, le Saint béni soit-Il les fit entrer dans d’autres niveaux, et le masculin fut uni au féminin. Alors, lorsque la matsa est unie au masculin, elle est appelée mitsva, avec l’ajout d’un vav. » Fin de citation.
Le Zohar poursuit : le « pain de pauvreté » est la matsa, le féminin sans le masculin, et c’est pourquoi elle est pauvre. Au début, Israël fut rapproché de la matsa ; lorsqu’il fut rapproché davantage, D.ieu l’éleva à des niveaux supérieurs et unit le masculin au féminin. Alors la matsa (מצה) reçoit un vav et devient mitsva (מצוה).
La matsa est Mal'hout seule, pauvre et réceptrice ; lorsqu’elle est unie à celui qui donne, elle devient mitsva, le vav venant la compléter.
66ועמ״ש מענין וא״ו בד״ה הקל קול יעקב12 ומ״ש לקמן בד״ה ששת ימים תאכל מצות,34 וכיון שכן שבחי׳ מצה הוא דוקא לחם עני, שמשתמרת לקבל היחוד ואור העליון מבחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] קודם שנמשך האור.
(Et voyez ce qui est écrit au sujet du vav dans le discours commençant par « La voix est la voix de Yaakov », ainsi que ce qui est écrit plus loin dans le discours commençant par « Six jours, vous mangerez des matsot. ») Puisqu’il en est ainsi, le niveau de la matsa est précisément celui du « pain de pauvreté », qui attend de recevoir l’union et la lumière supérieure du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), avant que la lumière ne soit attirée vers le bas,
Le texte renvoie à ses discours sur « La voix est la voix de Yaakov », sur le vav ajouté, et sur « Six jours, vous mangerez des matsot ». La matsa, « pain de pauvreté », est l’état d’attente où l’on reçoit l’union et la lumière enveloppante avant qu’elle ne soit attirée vers le bas.
רק הוא בבחי׳ שמור לנוק׳ [לנוקבא], ולכן נוהגין שלא ליתן מלח במצה, שבחי׳ ברית מלח עולם זהו כאשר כבר נמשך האור ונעשה בחי׳ תערובות וזהו ע״י אהרן שושבינא דמטרוניתא כו׳,
[et] elle est seulement dans l’état de « chamor pour la Noukva » ; c’est pourquoi la coutume est de ne pas mettre de sel dans la matsa. Car le niveau de « l’alliance éternelle de sel » correspond au moment où la lumière a déjà été attirée vers le bas et où un état de mélange s’est formé ; cela se fait par Aharon, le garçon d’honneur de la Reine, etc.
Elle est encore seulement dans l’état de « chamor pour le féminin », en attente ; c’est pourquoi la matsa ne comporte pas de sel. L’« alliance éternelle de sel » appartient à l’étape qui suit l’attraction de la lumière vers le bas et le mélange des mondes, par l’intermédiaire d’Aharon, le garçon d’honneur de la Reine.
ומ״ש בדוד ברית מלח עולם5 זהו לאחר שרימם הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] מלכותו ונמשך האור מבחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] בממכ״ע [בממלא כל עלמין] וכמ״ש דוד ארוממך אלקי המלך6 כו׳, אבל בבחי׳ מצה לחם עני א״צ [אין צריך / אינו צריך] ליתן מלח כו׳.
Et ce qui est dit au sujet de David, « une alliance éternelle de sel », se rapporte à l’après-coup, lorsque le Saint béni soit-Il eut exalté sa royauté et que la lumière eut été attirée du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes vers la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), comme David le dit : « Je T’exalterai, mon D.ieu, le Roi », etc. Mais au niveau de la matsa, « pain de pauvreté », il n’est pas nécessaire d’y mettre du sel, etc.
L’alliance de sel conclue avec David, elle aussi, vint après que D.ieu eut exalté sa royauté et attiré la lumière enveloppante dans la lumière qui remplit tous les mondes, comme le dit David : « Je T’exalterai, mon D.ieu, le Roi » (Psaumes 145:1). Au stade de la matsa, celui de la pauvreté, le sel n’est pas nécessaire.
ומזה יובן איך מנהג ישראל תורה,7 ואח״כ [ואחר כך] בקרבנות שהוא ענין הקירוב והיחוד של המדרגות דממכ״ע [דממלא כל עלמין] וסוכ״ע [וסובב כל עלמין]8 בא המצוה ולא תשבית מלח9 כו׳ כדי להיות התקשרות והתחברות כו׳:
On comprend ainsi que « la coutume d’Israël est Torah ». Puis, au sujet des offrandes, qui relèvent du rapprochement et de l’union des niveaux de la lumière qui remplit tous les mondes et de la lumière qui entoure tous les mondes, vient la mitsva : « Tu ne supprimeras pas le sel », etc., afin qu’il y ait liaison et union, etc.
Cela montre que « la coutume d’Israël est Torah » : la coutume de manger la matsa sans sel reflète cet ordre intérieur. Ensuite, au sujet des offrandes (korbanot, de karov, « proche »), qui réunissent les lumières qui remplissent et qui entourent, vient l’ordre de « ne pas supprimer le sel », afin de les lier et de les unir.
La coutume de ne pas saler la matsa est expliquée ainsi : la matsa représente l’étape d’attente qui précède l’attraction de la lumière vers le bas, tandis que le sel, alliance du mélange, appartient aux offrandes, qui unissent les lumières enveloppante et intérieure.
La note de Kehot rassemble les sources de l’expression « la coutume d’Israël est Torah » : le Talmud de Jérusalem, Pesachim 4:1 ; les Tossafot sur Menachos 20b (« la coutume de nos pères ») ; Minhagim Yeshanim MiDura ; et le Maharil, cité par le Rema dans Yoreh De’ah 376:4. Le discours « Un homme, lorsqu’il fera approcher de vous » explique que l’éveil d’en bas suscité par les offrandes attire un éveil d’en haut, le « parfum agréable pour Havaya ».
Maré mekomot
- 1בד״ה הקל קול יעקב · סידור שער התפלה. אוה״ת בראשית כרך ד.
- 2הקל קול יעקב · Genesis 27:22
- 3לקמן בד״ה ששת ימים תאכל מצות · פ׳ צו יג, ב.
- 4ששת ימים תאכל מצות · Deuteronomy 16:8
- 5ומ״ש בדוד ברית מלח עולם · ראה דברי הימים-ב יג, ה.
- 6ארוממך אלקי המלך · Psalms 145:1
- 7מנהג ישראל תורה · Menachot 20b
- 8בקרבנות שהוא ענין הקירוב והיחוד של המדרגות דממכ״ע וסוכ״ע · רבינו בחיי תחלת פ׳ ויקרא. ראה לעיל ב, ב. אגה״ק סי׳ כח. אוה״ת פנחס א׳פז.
- 9ולא תשבית מלח · Leviticus 2:13
Les marins et l’ouverture de la mer ¶67–71
67י ועפ״ז [ועל פי זה] י״ל [יש לומר] ג״כ מה שפרש״י [שפירש רש״י / שפירוש רש״י] שהספנים נקראו מלחים1 ע״ש [על שם] שמהפכין את המים במשוטות כשמנהיגין את הספינה כו׳,
10. Selon cela, on peut également expliquer ce que Rachi explique : les marins sont appelés malachim parce qu’ils remuent l’eau avec leurs rames lorsqu’ils dirigent le navire, etc.
La section 10 revient à l’explication de Rachi selon laquelle les marins sont appelés malachim parce qu’ils remuent l’eau avec leurs rames en dirigeant le navire.
דהנה כתיב כה אמר ה׳ הנותן בים דרך2 (בישעי׳ [בישעיה] סי׳ מ״ג י״ו) פי׳ כי ים עלמא דאתכסיא והקב״ה [והקדוש ברוך הוא] נותן בו דרך שיוכלו הנשמות לעלות שם.
Car il est écrit : « Ainsi parle D.ieu, Celui qui trace un chemin dans la mer » (Isaïe, chapitre 43, [verset] 16). Cela signifie que la mer est le monde caché (alma de’iskasya), et que le Saint béni soit-Il y trace un chemin, afin que les âmes puissent s’y élever.
Isaïe parle de D.ieu, « Celui qui trace un chemin dans la mer » (43:16). La mer est « le monde caché », le domaine de la divinité dissimulée, et D.ieu y trace un chemin afin que les âmes puissent s’y élever.
והיינו ע״י הספינות שהם הלבושים של תומ״צ [תורה ומצות] שבהן ועל ידן מתעלים בים היינו העלייה מבי״ע [מבריאה יצירה עשיה] לאצי׳ [לאצילות] כמ״ש בבה״ז [בביאורי הזהר] פ׳ בשלח דס״ז ע״א שיש נשמות הנק׳ נוני ימא וע״ד [ועל דרך] מן המים משיתיהו3
Cela se fait par l’intermédiaire des navires, qui sont les vêtements de la Torah et des mitsvot, en lesquels et par lesquels elles s’élèvent dans la mer, c’est-à-dire qu’elles montent de Béria, Yetsira et Assiya à Atsilout ; comme il est écrit dans Biurei HaZohar, Parachat Bechala’h, folio 67a, qu’il existe des âmes appelées « poissons de la mer », à l’image de « car je l’ai tiré de l’eau »,
Les âmes voyagent dans des « navires », les vêtements de la Torah et des mitsvot, qui les portent des mondes inférieurs à Atsilout. Biurei HaZohar parle d’âmes appelées « poissons de la mer », à l’image de « je l’ai tiré de l’eau » (Exode 2:10).
שהם בעצם מעלמא דאתכסיא נשמות דאצילות אכן נשמות דבי״ע [דבריאה יצירה עשיה] שהם מיבשה מעלמא דאתגליא לא יוכלו לעלות בים כ״א [כי אם] ע״י הלבושים שהם הנק׳ ארבין, שם אניות יהלכון4 כו׳
qui proviennent par essence du monde caché, les âmes d’Atsilout. Mais les âmes de Béria, Yetsira et Assiya, qui viennent de la terre ferme, du monde révélé (alma de’isgalya), ne peuvent s’élever dans la mer que par l’intermédiaire des vêtements, appelés « bateaux » (arvin) : « Là vont les navires », etc.
Ces âmes appartiennent par nature au monde caché ; ce sont des âmes d’Atsilout. Les âmes des mondes inférieurs viennent de la « terre ferme », le monde révélé, et ne peuvent traverser la mer que dans des « bateaux », les vêtements : « Là vont les navires » (Psaumes 104:26).
וע״ש [ועיין שם] דס״ט ע״ג [עמוד ג׳] שזהו ע״ד [על דרך] ויבא משה בתוך הענן5 כו׳ ועמ״ש מזה בתו״א [בתורה אור] פ׳ חיי שרה.
Voyez-y, folio 69, colonne c, où il est expliqué que cela ressemble à « Moché entra au milieu de la nuée », etc. Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans Torah Ohr, Parachat ‘Hayé Sara.
Biurei HaZohar compare cela à « Moché entra au milieu de la nuée » (Exode 24:18) : on ne pénètre dans le monde caché qu’à l’intérieur d’une enveloppe. Le texte renvoie également à Torah Ohr sur ‘Hayé Sara.
ועוד יש פי׳ הנותן בים שהוא מל׳ [מלכות] דרך שממשיך בו ההמשכה מלמעלה היינו ע״י יסוד ז״א [זעיר אנפין] שממשיך בו מחב״ד [מחכמה בינה ודעת] שבחכמה מלובש אור א״ס [אין סוף] ב״ה
Il y a encore une autre explication de « Celui qui trace dans la mer » : [la mer] désigne Mal’hout, et « un chemin » signifie qu’Il y fait descendre le flux d’en haut, c’est-à-dire par le Yessod de Zeir Anpin, qui y fait descendre ce qui provient de ‘Hokhma, Bina et Daat ; car dans ‘Hokhma est revêtue la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il.
Selon une seconde lecture, la « mer » désigne Mal’hout, et le « chemin » qui s’y trouve est le flux qui y est attiré d’en haut par le Yessod de Zeir Anpin, lequel puise dans ‘Hokhma, Bina et Daat ; dans ‘Hokhma est revêtue la Lumière infinie.
(וכמ״ש מזה בזח״א [בזהר חלק א] בראשי׳ [בראשית] כ״ט סע״ב [סוף עמוד ב] מקץ קצ״ז ע״ב תרומה קל״ז סע״א [סוף עמוד א] ובסה״מ [ובספר הדרת מלך] סי׳ קי״ד קט״ו).6
(Comme il est écrit à ce sujet dans le Zohar, tome I, Beréchit, 29, fin de la colonne b ; Mikets, 197b ; Terouma, 137, fin de la colonne a ; et dans Sefer Hadras Melech, sections 114 [et] 115.)
La parenthèse indique les passages du Zohar et de Sefer Hadras Melech comme sources de cette lecture.
וזהו משרז״ל [משרבותינו זכרונם לברכה] ברבות קדושי׳ [קדושים] פכ״ה ע״פ אחרי ה׳ אלהיכם תלכו7 וכי אפשר לב״ו [לבשר ודם] להלך אחר הקב״ה [הקדוש ברוך הוא]8 אותו שכתוב בו בים דרכך9 כו׳ אלא כו׳
Et c’est là le sens de ce que nos Sages, de mémoire bénie, ont dit dans le Rabbos, Kedoshim, chapitre 25, à propos du verset « Vous marcherez à la suite de Havaya, votre D.ieu » : « Est-il donc possible à un être de chair et de sang de marcher à la suite du Saint béni soit-Il, dont il est écrit : “Ton chemin est dans la mer”, etc. ? Mais… », etc.
Le Midrach, à propos de « Vous marcherez à la suite de Havaya, votre D.ieu » (Deutéronome 13:5), demande comment une personne peut marcher à la suite de D.ieu, dont il est dit : « Ton chemin est dans la mer » (Psaumes 77:20).
ויטע ה׳ אלקים גן בעדן אף אתם כו׳ ע״ש [עיין שם], והמכוון כי התו׳ [התורה] נק׳ עץ חיים ונק׳ גן היינו ג״ן סדרים דאורייתא וכן המצות הם עצי הגן והפרדס (ברבות פ׳ כי תצא).
« “Havaya D.ieu planta un jardin en Eden” : vous aussi, etc. » ; voir là-bas. L’intention est que la Torah est appelée « un arbre de vie » et est appelée gan (jardin), c’est-à-dire les cinquante-trois (gan) sections de la Torah ; de même, les mitsvot sont les arbres du jardin et du verger (dans les Rabbot, Parachat Ki Tétsé).
La réponse s’appuie sur « D.ieu planta un jardin en Eden » : vous aussi, vous devez planter. La Torah est appelée « un arbre de vie » et « un jardin » (gan, dont la valeur numérique est 53, le nombre des sections hebdomadaires de la Torah), et les mitsvot sont les arbres du jardin.
וע״י קיום התומ״צ [התורה ומצות] יבואו לבחי׳ ומדרגת אחרי ה׳ אלקיכם תלכו מ״ש בו בים דרכך וכן הם יעלו עי״ז להיות להם דרך בים הנ״ל ועז״נ [ועל זה נאמר] דרכיה דרכי נועם כו׳
Et par l’accomplissement de la Torah et des mitsvot, ils atteindront le niveau et le degré de « Vous marcherez après Havaya votre D.ieu », à propos duquel il est écrit : « Ta voie est dans la mer » ; de même, grâce à cela, ils s’élèveront, de sorte qu’une voie leur soit ouverte dans la mer mentionnée plus haut. C’est à cela que se rapporte le verset : « Ses voies sont des voies de douceur », etc.
En observant la Torah et les mitsvot, on parvient à « marcher après » D.ieu, dont la « voie est dans la mer », et l’on acquiert aussi une voie à travers cette mer. Ainsi, il est dit de la Torah : « Ses voies sont des voies de douceur. »
(משלי ג׳ י״ז) וזהו ושמרו דרך10 הוי׳ עמ״ש ע״ז [על זה] בת״א [בתורה אור] פ׳ בשלח בד״ה אשירה להוי׳11 ובד״ה מהלכים בין העומדים בענין אם בדרכי תלך12 כו׳.
(Proverbes 3:17). Et c’est là le sens de « Ils garderont la voie de Havaya » ; voir ce qui est écrit à ce sujet dans Torah Ohr, Parachat Bechala'h, dans le discours qui commence par « Je chanterai pour Havaya », ainsi que dans celui qui commence par « Ceux qui marchent parmi ceux qui se tiennent debout », à propos de « Si vous marchez dans Mes voies », etc.
Il s’agit de « Ils garderont la voie de Havaya » (Genèse 18:19), comme cela est expliqué dans Torah Ohr, dans les discours sur « Je chanterai pour Havaya » et « Ceux qui marchent parmi ceux qui se tiennent debout » (Zacharie 3:7).
אך הספינות והלבושים הנ״ל צריכים עוד לבחי׳ מלחים המנהיגים אותם בים וכמ״ש בזח״ב [בזהר חלק ב׳] מ״ח ב׳ בענין דאתי חד דברא בימא13 כו׳,
Mais les navires et les vêtements mentionnés plus haut ont encore besoin du niveau des marins (malachim) qui les dirigent sur la mer, comme il est écrit dans le Zohar, partie II, [folio] 48b, à propos de « quelqu’un vient et dirige sur la mer », etc.,
Cependant, les navires — les vêtements — ont encore besoin de « marins » pour les diriger, comme le dit le Zohar à propos de « celui qui dirige sur la mer ».
שהוא דוקא הנותן בים דרך ע״י שממשיך בו האור והשפע מאור א״ס [אין סוף] ב״ה כנ״ל וממתיק גבורות הגלים של הים אזי דוקא יוכלו הספינות לילך בו.14151617
qui est précisément celui qui « ouvre une voie dans la mer », en y faisant pénétrer la lumière et le flux de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, comme mentionné plus haut, et en adoucissant les rigueurs (Guevourot) des vagues de la mer ; alors seulement les navires peuvent y naviguer.
Cette direction, c’est D.ieu qui « ouvre une voie dans la mer » : Il y fait pénétrer le flux de la Lumière infinie et adoucit la rigueur des vagues. Alors seulement les navires peuvent naviguer.
L’image de la navigation se déploie : la mer est le monde caché, les navires sont les vêtements de la Torah et des mitsvot par lesquels les âmes s’élèvent à travers elle, et les « marins » sont le flux divin qui apaise ses vagues et y trace un chemin.
Une note de Kehot cite le Or HaTorah du Tséma’h Tsédek : les marins sont appelés malachim, comme dans « les marins furent saisis de crainte », au sens de « sel dans la mer », qui adoucit les rigueurs de la mer. Une autre note cite Sefer Hadras Melech, mentionné dans Yahel Or du Tséma’h Tsédek : « Ton chemin est dans la mer » désigne le Yessod de Zeir Anpin, et « ton sentier dans les grandes eaux » désigne l’union d’Abba et Imma.
Maré mekomot
- 1שהספנים נקראו מלחים · מובא באוה״ת ויקרא-ד ע׳ א׳סב ”ולכן נק׳ הספנים מלחים כמ״ש ביונה סי׳ א׳ ה׳ וייראו המלחים כו׳ וזהו ע״ד מלחא בימא שממתיק דיני הים כו׳ כנ״ל, ועמ״ש מזה בהביאור ע״פ ולא תשבית” ע״ש.
- 2הנותן בים דרך · Isaiah 43:16
- 3מן המים משיתיהו · Exodus 2:10
- 4שם אניות יהלכון · Psalms 104:26
- 5ויבא משה בתוך הענן · Exodus 24:18
- 6ובסה״מ סי׳ קי״ד קט״ו · ”פי׳ בים דרכך היינו ע״י יסוד ז״א שע״ז נאמר הנותן בים דרך כו׳ ושבילך במים רבים יחוד או״א” — יהל אור ע׳ רעא, ע״ש.
- 7אחרי ה׳ אלהיכם תלכו · Deuteronomy 13:5
- 8וכי אפשר לב״ו להלך אחר הקב״ה · Vayikra Rabbah 25:3
- 9בים דרכך · Psalms 77:20
- 10ושמרו דרך הוי׳ · Genesis 18:19
- 11אשירה להוי׳ · Exodus 15:1
- 12אם בדרכי תלך · Zechariah 3:7
- 13דאתי חד דברא בימא · Zohar, Beshalach 10:95–105
- 14ברבות קדושים פכ״ה · ראה גם יהל אור ע׳ רעא.
- 15ויטע ה״א גן בעדן · Genesis 2:8
- 16התורה נקרא עץ חיים · ראה תנחומא מצורע ב. ועוד.
- 17
68וע״ז [ועל זה] רמזו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] בירושלמי פ״ב [פרק ב׳] דשבת וברבות פ׳ בראשית פ״ו בחקתי פל״ה הנותן בים דרך מן העצרת ועד1 החג,
Et c’est à cela que nos Sages, de mémoire bénie, ont fait allusion dans le Talmud de Jérusalem, chapitre 2 de Chabbat, et dans le Midrach Rabba, parachat Beréchit, chapitre 6, [et] parachat Be’houkotaï, chapitre 35 : « Celui qui ouvre une voie dans la mer » — depuis Atséret jusqu’à la fête,
Les Sages ont fait allusion à cela dans le Talmud de Jérusalem et le Midrach : « Celui qui ouvre une voie dans la mer » désigne la période allant d’Atséret (Chavouot) jusqu’à la fête (Soukkot), où les navires peuvent naviguer.
והיינו ע״י שאזי נמשך דרך הוי׳, כי בעצרת הוא מתן תורה כו׳ ועי״ז נעשה בים דרך כו׳
c’est-à-dire que la « voie de Havaya » est alors attirée vers le bas ; car à Atséret eut lieu le don de la Torah, etc., et par cela une voie est ouverte dans la mer, etc.
La « voie de Havaya » est alors attirée vers le bas, puisque la Torah fut donnée à Chavouot, et c’est par la Torah qu’une voie est ouverte dans la mer.
ובעבודה זהו ע״ד [על דרך] מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] מצות צריכות כוונה, והיינו כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] שיקבל עליו עול מלכות שמים תחלה2 ואח״כ [ואחר כך] יקבל עליו עול מצות.
Dans le service divin, cela correspond à l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « Les mitsvot requièrent une intention » ; c’est-à-dire, comme l’ont enseigné nos Sages, de mémoire bénie : « Qu’il accepte d’abord sur lui le joug de la royauté céleste, puis qu’il accepte sur lui le joug des mitsvot. »
Dans le service de l’homme, cela correspond à l’enseignement selon lequel les mitsvot requièrent une intention, ainsi qu’à l’ordre de la Michna dans le Chema : accepter d’abord le joug de la royauté céleste, puis le joug des mitsvot.
עול מלכות שמים ע״י ק״ש [קריאת שמע] למס״נ [למסירות נפש] באחד, עי״ז ממשיך דרך הוי׳ בבחי׳ ים מלמעלה למטה, כי ים דומה לרקיע3 כו׳ לכסה״כ [לכסא הכבוד] כו׳4 שזמנה משיכיר בין תכלת ללבן.5
Le joug de la royauté céleste [est accepté] par le Chema, en livrant son âme dans « Un » ; par cela, on attire « la voie de Havaya » dans le niveau de la « mer », d’en haut vers le bas. Car « la mer ressemble au firmament », etc., « au Trône de Gloire », etc. ; et son moment commence « lorsqu’on peut distinguer le bleu (tekhelet) du blanc »,
Le joug céleste est accepté dans le Chema, en livrant son âme dans « Un » ; cela attire « la voie de Havaya » dans la « mer », depuis les hauteurs. Le moment du Chema commence lorsqu’on peut distinguer le tekhelet du blanc ; le tekhelet ressemble à la mer, laquelle ressemble au firmament.
La voie dans la mer est ouverte par la Torah donnée à Chavouot et, dans le service de l’homme, par l’acceptation du joug céleste dans le Chema avant celle du joug des mitsvot.
Une note de Kehot indique que, dans le manuscrit du Tséma’h Tsédek (Buch 1122), le passage allant de « par cela » à « au Trône de Gloire » est marqué pour être supprimé.
Maré mekomot
- 1
- 2שיקבל עליו עול מלכות שמים תחלה · Berakhot 13a:21
- 3ים דומה לרקיע · Chullin 89a:3–4
- 4עי״ז . . לכסה״כ כו׳ · בבוך 1122 גוכי״ק כ״ק אדמו״ר הצ״צ לקטע זה יש סימן למחיקה.
- 5משיכיר בין תכלת ללבן · Berakhot 9b:9
69ותכלת דומה לים כו׳ לכסה״כ [לכסא הכבוד] אשר עי״ז ממשיך הנותן בים דרך מלמעלה למטה, וכמ״ש בים דרכך ושבילך1 כו׳
Et « la tékhelet ressemble à la mer », etc., « au Trône de Gloire » ; par là, on fait descendre d’en haut vers le bas Celui qui « ouvre un chemin dans la mer ». Comme il est écrit : « Ta voie est dans la mer, et ton sentier », etc.
Le ciel, à son tour, ressemble au Trône de Gloire. Par son intermédiaire, une voie est tracée dans la mer d’en haut : « Ta voie est dans la mer, et ton sentier » (Psaumes 77:20).
ואח״כ [ואחר כך] יקבל עליו עומ״צ [עול מצוות] שאזי ע״י המצות שהם הארבין2 דהיינו האניות יוכלו גם הנשמות להיות להם דרך בים כו׳.
Ensuite, il doit accepter sur lui le joug des mitsvot ; alors, par les mitsvot, qui sont les « barques », c’est-à-dire les navires, les âmes aussi pourront trouver une voie dans la mer, etc.
Ensuite, la personne accepte le joug des mitsvot. Les mitsvot sont les « barques », les navires dans lesquels les âmes aussi peuvent trouver une voie à travers la mer.
L’acceptation du joug du Ciel ouvre d’en haut une voie dans la mer, et les mitsvot sont les barques grâce auxquelles les âmes la parcourent depuis le bas.
Maré mekomot
- 1בים דרכך ושבילך · Psalms 77:20
- 2ע״י המצות שהם הארבין · מובא ביהל אור ע׳ תז.
70וע״כ [ועל כן] נק׳ הספנים מלחים ופרש״י [ופירש רש״י / ופירוש רש״י] שהוא ג״כ לשון תערובות שמהפכין את המים כו׳, ויש לפרש שהתערובות הוא שממשיכים דרך בים מלמעלה למטה להיות בים דרכך
C’est pourquoi les marins sont appelés *malachim*, et Rachi explique que ce terme désigne également un mélange, puisqu’ils remuent l’eau, etc. On peut expliquer que ce mélange consiste à tracer dans la mer une voie d’en haut vers le bas, afin que « Ta voie soit dans la mer »,
Ainsi, les marins sont des *malachim*, des « mélangeurs », comme le dit Rachi, parce qu’ils remuent l’eau. Le « mélange » consiste à tracer dans la mer une voie venant d’en haut, afin que « Ta voie soit dans la mer ».
וכן מלמטה למעלה שיוכלו אנשי היבשה שמעלמא דאתגליא להתעלות למעלה להיות להם השגה בעלמא דאתכסיא,
et également d’en bas vers le haut, afin que les habitants de la terre ferme, qui appartiennent au monde révélé, puissent s’élever et accéder à une compréhension du monde caché.
Ils tracent aussi une voie de bas en haut, afin que les habitants de la « terre ferme », le monde révélé, puissent s’élever et comprendre le monde caché.
אך קי״ס [קריעת ים סוף] הוא בחי׳ עליונה יותר שהים נעשה בו דרך יבשה ממש ואזי א״צ [אין צריך / אינו צריך] לארבין, וע״ד [ועל דרך] מ״ש במ״א ע״פ צאינה וראינה1 כו׳ צאינה מן הלבושים והיינו ע״י גילוי.
Mais la traversée de la mer des Joncs constitue un niveau plus élevé : la mer elle-même y devint une véritable voie de terre ferme, de sorte qu’il n’y eut alors nul besoin de bateaux. Cela rejoint ce qui est écrit ailleurs à propos du verset « Sortez et voyez », etc. : « Sortez » des vêtements, et cela par la révélation.
La traversée de la mer fut plus élevée encore : la mer elle-même devint terre ferme, si bien qu’aucun bateau ne fut nécessaire. Le discours sur « Sortez et voyez » interprète ces mots comme signifiant « sortez » des vêtements, par la révélation.
בעטרה שעטרה לו אמו2 היינו אור הכתר שעי״ז הפך ים שהוא עלמא דאתכסיא להיות עלמא דאתגליא ממש
« De la couronne dont sa mère l’a couronné » : c’est la lumière de Kéter (la Couronne), par laquelle Il transforma la mer, qui est le monde caché, en monde véritablement révélé ;
Cette révélation est « la couronne dont sa mère l’a couronné » (Cantique des Cantiques 3:11) : la lumière de Kéter, qui transforma la mer, le monde caché, en monde révélé.
ואזי א״צ [אין צריך / אינו צריך] ללבושין הנק׳ ארבין שמפסיקין בין האדם לים החכמה שלא ניתן ליהנות מים החכמה כ״א [כי אם] ע״י לבוש ומשל החוצץ בינו ובין ים החכמה ע״ד [על דרך] ויבא משה בתוך הענן3 כו׳,
et il n’est alors plus nécessaire d’avoir les vêtements appelés « bateaux », qui s’interposent entre l’homme et la mer de la sagesse. Car il n’est donné de tirer profit de la mer de la sagesse que par l’intermédiaire d’un vêtement et d’une parabole, qui font écran entre lui et la mer de la sagesse, comme dans « Moché entra au milieu du nuage », etc.
Les « bateaux » ne sont alors plus nécessaires. En temps normal, on ne peut tirer profit de la « mer de la sagesse » qu’au moyen d’un vêtement ou d’une parabole qui s’interpose, comme lorsque Moché entra au milieu du nuage.
אבל כאשר הפך ים ליבשה4 ממש לא יצטרך כלל ללבוש ומשל כ״א [כי אם] יהיה בו דרך כמו ביבשה ועז״נ [ועל זה נאמר] ובנ״י [ובני ישראל] הלכו ביבשה בתוך הים כו׳.
Mais lorsqu’Il transforma la mer en véritable terre ferme, il n’y eut plus besoin d’aucun vêtement ni d’aucune parabole ; une voie s’y ouvrit, comme sur la terre ferme. C’est à ce propos qu’il est dit : « Les enfants d’Israël marchèrent sur la terre ferme au milieu de la mer », etc.
Lorsque la mer devient terre ferme, aucun vêtement ni aucune parabole n’est nécessaire ; une voie la traverse comme sur la terre : « Les enfants d’Israël marchèrent sur la terre ferme au milieu de la mer. »
Naviguer sur la mer à bord de bateaux représente un service divin par l’intermédiaire de vêtements ; la traversée de la mer, par la lumière de Kéter, est une révélation supérieure où le caché devient aussi manifeste que la terre ferme.
Le discours de Likkutei Torah sur « Sortez et voyez » explique que la couronne désigne la volonté suprême, une lumière enveloppante, la « couronne de la Torah », supérieure au « pain et au vin » ; c’est la révélation de la Lumière infinie enveloppante qui brillera dans l’avenir, lorsque « les justes seront assis, leurs couronnes sur la tête ».
Maré mekomot
- 1ע״פ צאינה וראינה · ראה לקו״ת שה״ש כו, ג.
- 2בעטרה שעטרה לו אמו · Song of Songs 3:11
- 3ויבא משה בתוך הענן · Exodus 24:18
- 4הפך ים ליבשה · Psalms 66:6
71וזהו ששת ימים תאכל מצות1 וביום השביעי עצרת לה׳ אלקיך. פי׳ מצות בוא״ו זהו כשנמשך בבחי׳ מצה דלא מליח כו׳
Et c’est là [le sens de] « Pendant six jours, vous mangerez des matsot, et le septième jour sera une assemblée (atseret) pour Havaya, votre D.ieu. » L’explication : « matsot » s’écrit avec un vav ; cela correspond au fait que l’on attire [la lumière] dans le niveau de la matsa, qui est « sans sel », etc.
Le maamar s’achève sur le verset « Pendant six jours, vous mangerez des matsot, et le septième jour sera une assemblée pour Havaya, votre D.ieu » (Deuteronomy 16:8). Ici, « matsot » s’écrit avec un vav, indiquant que la matsa sans sel, le « pain de pauvreté », reçoit le vav.
בחי׳ וא״ו ונעשית בחי׳ מצוה, ועי״ז אח״כ [אחר כך] וביום השביעי נמשך בחי׳ עליונה יותר להיות הפך ים ליבשה,2
le niveau du vav, et elle devient le niveau de la mitsva. Grâce à cela, ensuite, « le septième jour », un niveau encore plus élevé est attiré, de sorte que « la mer devint terre sèche ».
Avec le vav, matsa (מצה) devient mitsva (מצוה), comme l’a dit plus haut le Zohar. Ensuite, le septième jour de Pessa'h, une lumière encore plus élevée est attirée : l’ouverture de la mer, lorsque « la mer devint terre sèche ».
וזהו ענין עצרת להוי׳ אלקיך ע״ד [על דרך] אחרי הוי׳ אלקיכם ממש תלכו מ״ש בו בים דרכך3 וא״צ [ואין צריך / ואינו צריך] ללבושים כו׳. והיינו כדפרש״י [כדפירש רש״י / כדפירוש רש״י] ע״פ הנותן בים דרך4 דקאי על קריעת ים סוף:
Et c’est là le sens de « une assemblée pour Havaya, votre D.ieu » : dans l’esprit de « C’est après Havaya, votre D.ieu, Lui-même, que vous marcherez », de Celui dont il est écrit : « Ta voie est dans la mer », sans qu’il soit besoin de vêtements, etc. C’est ce qu’explique Rachi à propos du verset « Celui qui trace une voie dans la mer » : il se rapporte à l’ouverture de la mer des Joncs.
C’est cela, « une assemblée pour Havaya, votre D.ieu » : marcher à la suite de D.ieu Lui-même, dont la « voie est dans la mer », sans qu’il soit besoin de vêtements. Rachi explique que « Celui qui trace une voie dans la mer » désigne l’ouverture de la mer des Joncs.
Le maamar s’achève en reliant Pessa'h à ses thèmes : les six jours de matsa correspondent à l’étape de réception, accomplie par le vav ; le septième jour, avec l’ouverture de la mer, est la révélation supérieure où ce qui était caché devient aussi manifeste que la terre sèche.
Maré mekomot
- 1ששת ימים תאכל מצות . . עצרת לה״א · Deuteronomy 16:8
- 2הפך ים ליבשה · Psalms 66:6
- 3בים דרכך · Psalms 77:20
- 4הנותן בים דרך · Rashi on Isaiah 43:16
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Avant d’étudier la Torah, il convient de réciter le Chéma et de prier en étant prêt à donner son âme dans le « Un », afin que le cœur désire véritablement être annulé devant D.ieu ; alors, même une étude où l’on ne ressent rien unit son âme à D.ieu. Il convient d’étudier pour la Torah elle-même, de consacrer une partie de son étude à l’Écriture, aux Aggadot et à la Torah intérieure, et d’ajouter à son étude le « sel » de la crainte du Ciel. Le service commence par la foi simple et l’acceptation du joug du Ciel, le « pain de misère », et ne s’élève qu’ensuite vers la compréhension.
Questions à discuter
- Pourquoi le maamar insiste-t-il sur le fait que l’intellect n’est qu’un réceptacle de l’âme, et comment cela fait-il de l’étude de la Torah une forme de sacrifice de soi ?
- Comment l’étude d’une loi pratique portant sur des choses matérielles peut-elle unir une personne plus pleinement à D.ieu que l’étude des mondes supérieurs en Kabbale ?
- Que nous enseigne l’image du sel, qui n’a pas de goût propre mais donne du goût à la viande, sur la place de la Torah intérieure et de la crainte du Ciel dans l’étude ?
- Pourquoi la matsa de Pessa'h doit-elle être le « pain de misère » sans sel, et que nous apprend cela sur le point de départ du service divin ?
- Que représentent les navires, les marins et l’ouverture de la mer dans le service de D.ieu d’une personne ?