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Likkutei Torah · Parshas Eikev · Maamar 4

ארץ הרים ובקעות למטר השמים תשתה מים

« Une terre de montagnes et de vallées ; elle boit l’eau de la pluie du ciel »

  • 10 paragraphes · 54 sections
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L’idée centrale

La terre boit « à » la pluie du ciel, car ce qui s’élève d’en bas suscite la réponse d’en haut, comme un toast qui appelle un toast en retour ; et, à l’image d’un sceau qui laisse une empreinte inversée, l’« eau » humble de l’annulation de soi attire une révélation plus grande que l’amour ardent. La bonté et le pardon de D.ieu, qui émanent de Son infinie grandeur, ne reposent que sur celui qui se fait semblable à un reste.

Le maamar en bref

Le maamar demande pourquoi Deutéronome 11:11 dit que la terre boit « à la pluie » (lemetar), plutôt que « de la pluie ». Il commence par l’homme, créé selon le tzelem de D.ieu, une image semblable à un sceau qui inverse ce qu’il imprime : la grandeur de D.ieu, là-haut, apparaît ici-bas sous la forme de la bonté humble d’Avraham — « je suis poussière et cendre » — qui s’écoule comme de l’eau, tandis que l’amour de l’âme s’élève comme le feu. Ce sont les « vallées » et les « montagnes » de la terre, deux formes d’éveil d’en bas. L’annulation de soi, l’« eau », attire la réponse supérieure, une révélation manifeste de la Lumière infinie ; c’est pourquoi Yaakov mêla de l’eau au vin, et la libation d’eau de Soukkot attire la pluie de Chemini Atséret. Le maamar explique ensuite pourquoi la bonté est appelée Guedoula, « grandeur » : chez D.ieu, elle émane d’une grandeur insondable, erekh apayim, « long de face », tandis que, pour les êtres créés, la sainteté signifie bitoul, et que le ‘Hessed d’Ichmaël, issu du brisement des réceptacles, cherche à se donner en spectacle. Ainsi, les Treize Attributs de la « grande miséricorde » n’atteignent que « le reste », celui qui se fait semblable à un reste : le Très-Haut réside avec ceux qui ont l’esprit humble.

Plan

  1. La question et le sceau inverséPourquoi « à la pluie » ; l’homme comme un sceau qui inverse ; la bonté d’Avraham comme une eau qui vient de la grandeur d’en haut, l’amour de l’âme comme un feu ; montagnes et vallées.¶1
  2. L’eau attire davantage que le feuDeux amours et deux craintes ; l’annulation de soi attire une révélation manifeste d’en haut ; l’eau de Yaakov dans le vin ; mayin noukvin ; les libations de vin et d’eau.¶2
  3. Soukkot, Chemini Atséret et une question de nomsLa libation d’eau attire la pluie de Chemini Atséret ; « le reste de Son héritage » ; pourquoi les premiers kabbalistes appelaient le ‘Hessed « Guedoula ».¶3
  4. La bonté issue de l’infinie grandeurChez D.ieu, la bonté émane d’une grandeur insondable (erekh apayim, « long de face ») ; les êtres créés ne sont rien ; l’humilité d’Avraham et de Yaakov ; Etz Chaim parle du ‘Hessed mesuré de Zeir Anpin.¶4–5
  5. La bonté sainte et la bonté d’IchmaëlLe ‘Hessed de Mah et la bonté sans limites d’Arikh Anpin ; le ‘Hessed d’Ichmaël, issu du brisement des réceptacles de Tohou ; s’attacher à la bonté du Tikoun, même lorsqu’elle coûte.¶6–7
  6. L’annulation de soi révèle la grandeur de D.ieuUne empreinte en creux, ici-bas, attire d’en haut un sceau en relief ; la sitra a’hra ne reçoit que par le brisement des réceptacles ; la montagne d’Avraham naît de sa vallée.¶8–9
  7. Le reste de Son héritageLes Treize Attributs de la « grande miséricorde » ne reposent que sur celui qui se fait semblable à un reste ; « Je réside dans les hauteurs… et avec celui qui a l’esprit écrasé et humble. »¶10

Notions clés

Sceau en relief et sceau en creuxחותם בולט וחותם שוקע
Un sceau en relief laisse une empreinte en creux, et un sceau en creux une empreinte en relief. Le maamar s’appuie sur cette image pour montrer comment les qualités d’en haut apparaissent inversées ici-bas, et pourquoi l’annulation de soi ici-bas attire une révélation manifeste d’en haut.
L’éveil d’en bas (isarousa diléta)אתערותא דלתתא
L’initiative humaine qui suscite une réponse divine. Ici, elle prend deux formes : l’amour ardent qui s’élève (« montagnes ») et l’annulation de soi humble (« vallées », eau).
Mayin noukvin et mayin doukhrinמיין נוקבין ומיין דוכרין
Les « eaux féminines » qui s’élèvent du récepteur, et les « eaux masculines » qui répondent de la part du donneur : l’eau de la terre et « la pluie du ciel ».
Le ‘Hessed de Mahחסד דמ״ה
La bonté enracinée dans l’annulation de soi (mah, « quoi ? ») : la bonté sainte d’Avraham et du Monde du Tikoun, qui donne même de ce dont elle a besoin.
Le ‘Hessed d’Ichmaëlחסד דישמעאל
Une générosité prodigue destinée à mettre en valeur sa propre richesse et sa grandeur, et qui ne donne que de son surplus ; elle est née du brisement des réceptacles de Tohou.
Erekh apayim et Zeir Anpinארך אפים / זעיר אנפין
« Lent à la colère », littéralement « long de face » : le niveau infini d’où la bonté émane de la grandeur, par opposition à Zeir Anpin, « le petit visage », dont les attributs sont mesurés.
Se faire semblable à un resteמשים עצמו כשיריים
L’interprétation talmudique de « le reste de Son héritage » : celui qui se considère comme rien et devient ainsi un réceptacle pour la grande miséricorde de D.ieu.

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La question et le sceau inversé ¶1

1ארץ הרים ובקעות למטר השמים תשתה מים. (מענין ארץ הרים ובקעות ברבות ס״פ ראה ובילקוט בשם הספרי ומענין למטר השמים ברבות בראשית פי״ג) (דט״ז ב׳)

« Un pays de montagnes et de vallées ; il boit l’eau de la pluie du ciel. » (Sur « un pays de montagnes et de vallées », [voir] Midrash Rabbah, à la fin de la paracha Re'eh, et le Yalkout au nom du Sifri ; et sur « la pluie du ciel », Bereishis Rabbah, chapitre 13.) (Folio 16b.)

Explication

Le maamar s’ouvre sur Deutéronome 11:11, où Moché décrit la terre d’Israël comme un pays de montagnes et de vallées qui boit la pluie du ciel. Les parenthèses énumèrent des Midrachim sur le verset : sur « un pays de montagnes et de vallées », Midrash Rabbah à la fin de la paracha Re'eh et le Sifri cité dans le Yalkout ; sur « la pluie du ciel », Bereishis Rabbah, chapitre 13.

בשלח ר״פ כ״ה (קמ״א ג׳) בקהלת רבה בפסוק והארץ לעולם עומדת ור״פ כל הנחלים הולכים אל הים גמרא פרק קמא דתענית (ד״ט ע״ב) פרק ב׳ דבבא בתרא (די״ט סע״א [סוף עמוד א]).

[Shemos Rabbah,] Beshalach, au début du chapitre 25 (141c) ; Koheles Rabbah sur le verset « et la terre demeure à jamais », et au début [du passage consacré à] « Tous les fleuves vont vers la mer » ; la Guemara, premier chapitre de Taanis (folio 9b) ; deuxième chapitre de Bava Basra (folio 19, fin du côté a).

Explication

La liste se poursuit avec Shemos Rabbah sur Beshalach, Koheles Rabbah et deux passages du Talmud, Taanis 9b et Bava Basra 19a. Plusieurs d’entre eux s’appuient sur notre verset : Rabbi Yehoshoua prouve qu’à partir de celui-ci le monde boit des eaux supérieures, et Koheles Rabbah compare la terre à une personne : « Une personne boit et la terre boit. »

להבין מה שכתוב למטר כי ממטר הל״ל [הוה ליה למימר]. הנה כתיב כי בצלם אלקים עשה את האדם פי׳ צלם הוא צורה בולטת שכשמדפיסים בה נעשה שוקע כמבואר גבי רצועות של תפילין של

Pour comprendre ce qui est écrit, « à la pluie » (lemetar), car il aurait fallu dire « de la pluie » (mimetar). Or, il est écrit : « Car c’est à l’image (tselem) de D.ieu qu’Il fit l’homme. » Cela signifie qu’un tselem est une forme en relief qui, lorsqu’on s’en sert pour imprimer, laisse une empreinte en creux, comme cela est expliqué à propos des lanières des tefillin de la

Explication

La question est la suivante : le verset dit lemetar, « à la pluie », alors qu’on aurait attendu mimetar, « de la pluie », si la terre ne faisait que recevoir la pluie. La réponse commence par l’homme, créé « à l’image (tselem) de D.ieu » (Genèse 9:6) : un tselem est une forme en relief, comme un sceau, et ce qu’il imprime dans la cire ou l’argile apparaît en creux.

ראש שאדם הוא כחותם המתהפך משמאל של מעלה נעשה ימין למטה [כן הוא במשנת חסידים בתיקון תפילין פרק י״ד אות ה׳ שהאדם הוא לגבי ז״א כחותם המתהפך ועיין מ״ש מענין רצועות דתש״ר [דתפילין של ראש] בד״ה שימני כחותם]

tête : l’homme est comme un sceau inversé ; ce qui est à gauche en haut devient à droite en bas. [C’est ce qui est écrit dans Mishnas Chassidim, Tikkun Tefillin, chapitre 14, section 5 : l’homme, par rapport au Zeir Anpin (les attributs émotionnels), est comme un sceau inversé. Voir aussi ce qui est écrit au sujet des lanières des tefillin de la tête dans le discours commençant par « Place-moi comme un sceau. »]

Explication

Un sceau inverse ce qu’il imprime : le relief devient creux, et la gauche devient la droite. De même, l’homme, créé à l’image divine, manifeste en bas, sous une forme inversée, les qualités d’en haut. La parenthèse cite Mishnas Chassidim, qui dit que l’homme est comme un sceau inversé par rapport au Zeir Anpin, ainsi que le maamar « Place-moi comme un sceau », qui explique cela à travers les lanières des tefillin de la tête.

והענין דכתיב לך ה׳ הגדולה והוא מדת חסדו שבאה מגדולתו ונהפך הוא למטה כדאשכחן באברהם אבינו ע״ה [עליו השלום] ואנכי עפר ואפר דהנה עיקר החסד להשפיע מחייו

Voici l’explication : il est écrit : « À Toi, Havaya, la grandeur », et il s’agit de l’attribut de Sa bonté, qui procède de Sa grandeur. En bas, il se renverse, comme nous le voyons chez Avraham notre père, que la paix soit sur lui : « Et moi, je suis poussière et cendre. » Car l’essence de la bonté consiste à donner de sa propre vie

Explication

Le premier exemple est la bonté. Dans « À Toi, Havaya, la grandeur » (I Chronicles 29:11), la bonté de D.ieu procède de Sa grandeur, de Son infinie élévation ; en bas, elle apparaît sous une forme inversée chez Avraham, homme de bonté, qui dit : « Je suis poussière et cendre » (Genèse 18:27). La véritable bonté consiste à donner de ce dont on a soi-même besoin.

ולא ממותרות שלו שזו מדת ישמעאל רק כמו שמצינו שבחזרתו פרע הקפותיו שלא לומר שחייך קודמין מפני שמשים עצמו כשיריים

et non de son surplus, car cela relève de l’attribut de Yichmaël ; au contraire, nous trouvons qu’à son retour, il remboursa ses dettes contractées à crédit, afin de ne pas dire : « Ta vie passe avant », parce qu’il se considère comme un reste.

Explication

Ne donner que ce qui reste est appelé « l’attribut de Yichmaël ». En revenant, Avraham alla rembourser ses dettes (Bereishis Rabbah 41:3, cité par Rachi sur Genèse 13:3), plutôt que de s’en remettre à la règle selon laquelle « ta vie passe avant » (Bava Metzia 62a). Il pouvait agir ainsi parce qu’il se considérait comme un reste, sans importance à ses propres yeux.

וזהו בחינת מים שיורדין לעולם למקום נמוך [נמצא מבחי׳ מדת הגדולה שלמעלה נמשך למטה בחי׳ חסד דמ״ה [דשם מ״ה] שהוא הביטול להיות משים עצמו כשיריים

Tel est l’aspect de l’eau, qui descend toujours vers un lieu bas. [Il s’ensuit que, de l’attribut de grandeur d’en haut, est attiré vers le bas l’aspect de la bonté de Mah, c’est-à-dire l’annulation de soi (bitoul) qui consiste à se considérer comme un reste ;

Explication

La bonté d’Avraham est semblable à l’eau, qui s’écoule toujours vers le lieu le plus bas : elle procède de l’humilité, non d’un sentiment de grandeur. La parenthèse résume : la grandeur de D.ieu en haut se reflète en bas sous la forme de la bonté de Mah, une bonté enracinée dans l’annulation de soi (Mah, littéralement « quoi ? », désigne le bitoul, comme le paragraphe 2 l’explique à propos de 'Hokhma, koach mah, « la force du quoi »).

וזהו הנמשל מחותם בולט שכשמדפיסים בו נעשה למטה בחי׳ שקיעה ועמ״ש בזה באריכות בד״ה שימני כחותם הנ״ל]

et c’est ce qu’illustre un sceau en relief qui, lorsqu’on s’en sert pour imprimer, produit en bas un aspect de creux. Voir ce qui est expliqué longuement à ce sujet dans le discours commençant par « Place-moi comme un sceau », mentionné plus haut.]

Explication

C’est ce qu’illustre le sceau en relief : la grandeur d’en haut laisse en bas une empreinte en creux, celle de l’humilité. La parenthèse renvoie au développement plus complet dans le maamar « Place-moi comme un sceau. »

והנה אהבת ה׳ בלב עמו כאש בוערה כדכתיב רשפיה רשפי אש כמו שהאש חפיצה בטבעה לעלות למעלה בשרשה כן נפשות בני ישראל חפצן לדבקה בה׳ ולצאת מהגוף

Or, l’amour de D.ieu dans le cœur de Son peuple est comme un feu ardent, ainsi qu’il est écrit : « Ses flammes sont des flammes de feu » ; de même que le feu, par nature, aspire à s’élever vers le haut, vers sa racine, ainsi les âmes des enfants d’Israël aspirent à s’attacher à D.ieu et à quitter le corps.

Explication

Le deuxième exemple est l’amour. L’amour de D.ieu dans le cœur d’un Juif brûle comme un feu, ainsi que le dit le verset : « Ses flammes sont des flammes de feu » (Cantique des Cantiques 8:6) ; de même qu’une flamme tend à s’élever vers sa source, l’âme aspire à s’attacher à D.ieu, au point même de quitter le corps.

וזהו בחי׳ הסתלקות משמאל שלמעלה נעשה ימין למטה [ועמ״ש מזה ג״כ בסמוך בד״ה ויאכילך את המן] וזהו שכתוב ארץ הרים ובקעות ובאתעדל״ת [ובאתערותא דלתתא] הנה.

Et c’est là l’aspect du retrait (histalkout) : ce qui est à gauche en haut devient à droite en bas. [Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet plus loin, dans le discours commençant par « Et Il te fit manger la manne ».] Et c’est ce qui est écrit : « un pays de montagnes et de vallées ». Et dans l’éveil d’en bas, alors,

Explication

Cette aspiration vers le haut est le histalkout, le désir de l’âme de partir ; elle aussi est l’image inversée : ce qui est « à gauche » en haut apparaît comme « à droite » en bas. Un tel amour et une telle humilité sont ce que le verset appelle « montagnes et vallées ». Le passage entre crochets renvoie à l’étude apparentée dans « Et Il te fit manger la manne », premier maamar de cette paracha.

לפיכך הם ב׳ בחי׳ אש ומים [פי׳ כי ארץ היא כנס״י [כנסת ישראל] יש בה הרים היינו אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] בבחי׳ רצוא וזהו ענין כאברהם שקראו הר כו׳

il y a donc deux aspects : le feu et l’eau. [Cela signifie que le « pays » est l’Assemblée d’Israël (Knesset Israël). Il possède des « montagnes », c’est-à-dire l’éveil d’en bas dans le mode du ratsou (élan vers le haut) ; et c’est là le sens de « comme Avraham, qui l’appela montagne », etc.

Explication

L’éveil d’en bas, l’initiative humaine qui suscite une réponse d’en haut, prend donc deux formes : le feu et l’eau. Le passage entre crochets interprète le verset : le « pays » est l’Assemblée d’Israël, et ses « montagnes » sont l’élan de l’âme vers le haut, le ratsou (élan vers le haut), comme lorsque le Talmud dit qu’Avraham appela le lieu du Temple « montagne » (Pessa'him 88a).

והרים לשון רבים כי יש כמה בחי׳ הר יש אהבה בשמחה ויש במרירות כו׳ כמ״ש מזה בד״ה

Et « montagnes » est au pluriel, car il existe plusieurs aspects de la « montagne » : il y a l’amour dans la joie, et il y a [l’amour] dans l’amertume, etc., comme cela est expliqué à ce sujet dans le discours commençant par

Explication

« Montagnes » est au pluriel, car cet élan vers le haut prend plusieurs formes, telles que l’amour dans la joie et l’amour dans l’amertume. Les maamarim « Car les montagnes pourront s’écarter » et « Place-moi comme un sceau » les développent longuement.

כי ההרים ימושו ובד״ה שימני כחותם ודרך כלל הרים היינו אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] בבחי׳ חותם בולט שמלמטה למעלה וזהו בחי׳ אש.

« Car les montagnes pourront s’écarter », et dans le discours commençant par « Place-moi comme un sceau ». En général, les « montagnes » désignent l’éveil d’en bas dans le mode d’un sceau en relief, allant du bas vers le haut ; et c’est là l’aspect du feu.

Explication

En général, les « montagnes » désignent l’éveil d’en bas, qui agit comme un sceau en relief et s’élève du bas vers le haut. C’est là la qualité du feu.

אבל בקעות הוא בחי׳ חותם שוקע שמלמטה היינו בחינת ביטול ובחי׳ יראה בחי׳ משים עצמו כשיריים וע׳ מ״ש בד״ה שמע ישראל בפי׳ ונשב בגיא כו׳.

Mais les « vallées » sont l’aspect d’un sceau en creux formé par le bas, c’est-à-dire le niveau de l’annulation de soi et celui de la crainte, le fait de se considérer comme des restes. Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Écoute, Israël », dans l’explication de « Et nous demeurâmes dans la vallée », etc.

Explication

Les « vallées » sont l’opposé : un sceau en creux formé par le bas, qui représente l’annulation de soi, la crainte et le fait de se considérer comme des restes. Le maamar « Écoute, Israël » développe cette idée dans son explication de « Et nous demeurâmes dans la vallée » (Deutéronome 3:29).

Le paragraphe 1 en bref

Le maamar demande pourquoi la terre boit « à » la pluie et pose ses fondements à l’aide de l’image du sceau : ce qui est en haut apparaît sous une forme inversée en bas. La grandeur de D.ieu se manifeste comme une bonté humble chez Avraham (l’eau, les « vallées »), tandis que l’amour de l’âme s’élève comme un feu (les « montagnes ») ; ce sont les deux formes de l’éveil d’en bas.

Pour aller plus loin

Dans la Kabbale, le feu appartient au côté gauche (Guevoura) et l’amour au côté droit ('Hessed) ; un amour ardent dans l’âme illustre donc le principe selon lequel « ce qui est à gauche en haut devient à droite en bas ». La note de Kehot renvoie au Pardes Rimmonim, où Rabbi Moché Cordovero utilise la même image : puisque Tiferet est « comme un sceau inversé », les lettres de tam (tav-mem) apparaissent dans emet (vérité) dans l’ordre inverse.

Maré mekomot

  1. 1
    ארץ הרים · הערת כ״ק אדמו״ר לעיל ע׳ יט בהערות וציונים ”ראה מאמרי אדה״ז — הנחות הר״פ ז״ל (ע׳ קלד) ושם בשינויים”. וראה הנסמן להלן ברשימת הכתבי-יד. מאמר זה בשינויים ותוס׳ הגהות באוה״ת עקב ע׳ תרכו. תרכט. חלק מהמאמר שבאוה״ת מיוסד על ד״ה והחיות רצוא ושוב הנדפס בסה״מ הנחות הר״פ ע׳ פב. ולכללות המאמר ראה ג״כ ד״ה קטנתי תשכ״ג. ע׳ בוך פערטעל שנא, א. חה״ס תקצ״ח ביאור עזה״ד [כ]. [כוונתו לד״ה זו הנדפס באוה״ת עקב ע׳ תרכו — שנמצא בבוך 318 שנא, א בכותרת: חגה״ס תקצ״ח]. בתוך מאמר זה נכלל מאמר ד״ה לך ה׳ הגדולה משנת תקע״א שנמצאים הנחות שונות מהמאמר: נוסח א׳ נדפס במאמרי אדה״ז כתובים כרך ב ע׳ רכד בכותרת: יום ש״ק פ׳ תצא ומתחיל ”כתיב לך ה׳ הגדולה”. הנחה ב׳ נדפס במאמרי אדה״ז — הנחות הר״פ ע׳ קלד ומתחיל ”מדת חסדו של אברהם כו׳ הוא כשיריים”. ובא כהמשך לביאור שחורה אני דש״פ עקב. הנחה ג׳ [הנחת כ״ק אדהאמ״צ]: באוה״ת וירא צ, א. וז״ל אדמו״ר הצ״צ שם: ”ולהבין עוד יש להעתיק מה שמצאתי כתוב במ״א ושייך לענין זה וז״ל כ״י מו״ח ז״ל: להבין שרש ענין לשארית נחלתו כו׳”. הנחה ד׳ נכלל בלקו״ת כאן יז, ד מתיבת ”והנה עפ״ז יובן הפסוק כו׳ לשארית נחלתו”. כנראה שכ״ק הצ״צ הרכיב שני מאמרים או ביאורים, אחד על פסוק לך ה׳ הגדולה, ומתי׳ ומדת חסדו לקוח מביאור ע״פ שחורה אני. ראה ד״ה יביאו לבוש מל׳ תרכ״ז (בהוצאת תשנ״ט) ע׳ קצח ואילך.
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    ארץ הרים ובקעות · Deuteronomy 11:11
  3. 3
    למטר השמים · Bereshit Rabbah 13:10
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    והארץ לעולם עומדת · Kohelet Rabbah 1:8
  8. 8
    כי בצלם אלקים עשה את האדם · Genesis 9:6
  9. 9
    שאדם הוא כחותם המתהפך · וע׳ איוב (לח, יד). וע׳ פרדס להרמ״ק ש׳ ערכי הכינויים ערך אמת [כ].
  10. 10
    כחותם המתהפך · Job 38:14
  11. 11
    כחותם המתהפך · Pardes Rimmonim 23:1:169
  12. 12
    נעשה ימין למטה · ביאור תוס׳. [כ].
  13. 13
    בד״ה שימני כחותם · לקמן שה״ש. סידור שער התפילין.
  14. 14
    ואנכי עפר ואפר · Genesis 18:27
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    מדת ישמעאל · ראה תו״ח פ׳ תולדות ד, א ואילך [בהוצאה החדשה קמה, א]. אוה״ת בראשית כרך א ע׳ צג, א ואילך.
  16. 16
    שבחזרתו פרע הקפותיו · Bereshit Rabbah 41:3
  17. 17
    חייך קודמין · Bava Metzia 62a:2
  18. 18
    שמשים עצמו כשיריים · ר״ה יז, רע״ב. וראה בהנסמן להלן רע״ד (בפנים).
  19. 19
    שמשים עצמו כשיריים · Rosh Hashanah 17b:1–3
  20. 20
    לעולם למקום נמוך · שם תוס׳ מרובה כאן. [כ].
  21. 21
    רשפי׳ רשפי אש · Song of Songs 8:6
  22. 22
    נעשה ימין למטה · שם [באוה״ת עקב] יש תוס׳ מרובה. [כ].
  23. 23
    בסמוך בד״ה ויאכילך את המן · לעיל יג, ג. במהדורא קמא ומהלשון ”בסמוך” נראה שמתחילה סבר להעמיד מאמר זה קודם ד״ה ויאכילך.
  24. 24
    ארץ היא כנס״י · ראה קה״י בערך ארץ וכנס״י.
  25. 25
    כאברהם שקראו הר · Pesachim 88a:4
  26. 26
    ויש במרירות כו׳ · [בכת״י] תוס׳ מרובה כאן [כ]. ראה אוה״ת כאן.
  27. 27
    ונשב בגיא · Deuteronomy 3:29
  28. 28
    לך ה׳ הגדולה · I Chronicles 29:11
  29. 29
    לך ה׳ הגדולה והוא מדת החסד · שהאריז״ל קראו למדת הגדולה מדת החסד.
  30. 30
    וכידוע אשר ד׳ אותיות הוי׳ הן דו״ר רו״ד · ראה לעיל בלק עג, א. וש״נ.

L’eau attire davantage que le feu ¶2

2ובקעות לשון רבים כי יש ג״כ בחי׳ יראה תתאה ויראה עילאה כו׳ וכידוע אשר ד׳ אותיות הוי׳ הן דחילו ורחימו רחימו ודחילו הרי ב״פ [ב׳ פעמים] רחימו וב״פ [וב׳ פעמים] דחילו.

Et « vallées » est au pluriel, car il existe également les niveaux de la crainte inférieure (yira tata'a) et de la crainte supérieure (yira ila'a), etc. Comme on le sait, les quatre lettres du Nom Havaya correspondent à la crainte et à l’amour (de’hilou oure’himou), puis à l’amour et à la crainte (re’himou oude’hilou) : il y a donc deux fois l’amour et deux fois la crainte.

Explication

« Vallées » est également au pluriel, car la crainte comporte deux niveaux : une crainte inférieure et une crainte supérieure. Comme on le sait, les quatre lettres de Havaya correspondent, dans l’ordre, à la crainte, à l’amour, à l’amour et à la crainte ; il y a donc deux niveaux d’amour et deux de crainte.

ואפשר שזהו הרים ובקעות ב׳בחי׳ הרים ב׳ בחינות בקעות כו׳] והנה אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] הנמשך מלמעלה ע״י אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] שבבחי׳ מים דלתתא גדולה ועליונה י ותר מאתעדל״ע [מאתערותא דלעילא]

Et peut-être est-ce là [le sens de] « montagnes et vallées » : deux aspects de montagnes, deux aspects de vallées, etc.] Or, l’éveil d’en haut (it'arouta dile'ela) suscité d’en haut par l’éveil d’en bas qui relève de l’aspect de l’eau d’en bas est plus grand et plus élevé que l’éveil d’en haut

Explication

Peut-être, suggère le passage entre crochets, les pluriels « montagnes » et « vallées » font-ils allusion à ces deux amours et à ces deux craintes. L’argument principal reprend : la réponse d’en haut à l’éveil d’en bas de type « eau » est plus grande et plus élevée que la réponse à celui de type « feu ».

הנמשך ע״י אש [כי מבחי׳ אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] שבבחי׳ חותם בולט שמלמטה נמשך מלמעלה בחי׳ חותם שוקע ומאתעדל״ת [ומאתערותא דלתתא] שבבחי׳ שקיעה וביטול נמשך אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] גילוי בחי׳ חותם בולט

suscité par le feu. [Car de l’éveil d’en bas qui relève de l’aspect d’un sceau en relief, en bas, est suscité d’en haut l’aspect d’un sceau en creux ; et de l’éveil d’en bas qui relève de l’aspect de l’enfoncement et de l’annulation de soi est suscité un éveil d’en haut, une révélation de l’aspect d’un sceau en relief,

Explication

L’explication s’appuie sur l’image du sceau : lorsque l’éveil d’en bas est un sceau en relief — un amour ardent qui s’élève —, la réponse d’en haut prend la forme d’un sceau en creux. Lorsque l’éveil d’en bas est en creux, c’est-à-dire une annulation de soi, la réponse d’en haut prend la forme d’un sceau en relief, une révélation manifeste.

דהיינו גילוי אור א״ס בלי לבושים המסתירים ולא יכנף עוד כו׳ וכמ״ש כ״ז [כל זה] ע״פ שימני כחותם הנ״ל וא״כ אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] שבבחי׳ מיים

c’est-à-dire une révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), sans les voiles qui la dissimulent, « et [ton Maître] ne se dérobera plus », etc. Tout cela est expliqué à propos du verset « Place-moi comme un sceau », mentionné plus haut. Ainsi, l’éveil d’en bas qui relève de l’aspect de l’eau,

Explication

Cette révélation manifeste est celle de l’Or Ein Sof sans les voiles qui le dissimulent habituellement, comme le promet Isaïe : « ton Maître ne se dérobera plus » (Isaïe 30:20). Le maamar en tire sa conclusion au sujet de l’éveil d’en bas de type « eau », dans la partie suivante.

שהוא בחי׳ שקיעה וביטול משים עצמו כשיריים ממשיך אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] עליונה יותר ממה שנמשך על ידי אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] בבחי׳ רשפי אש.

qui est l’aspect de l’enfoncement et de l’annulation de soi, où l’on se considère véritablement comme un reste, suscite un éveil d’en haut plus élevé que celui qui est suscité par l’éveil d’en bas relevant de l’aspect des « flammes de feu ».

Explication

L’annulation de soi — l’« eau » qui consiste à se considérer comme un reste — suscite une réponse d’en haut plus élevée que l’amour ardent décrit comme des « flammes de feu ».

ואפשר לומר שזה מרומז ג״כ בפי׳ ארץ הרים ובקעות שמחותם בולט שלמעלה נעשה למטה בחי׳ שקיעה וביטול כו׳]

Et l’on peut dire que cela aussi est évoqué par le sens de « un pays de montagnes et de vallées » : du sceau en relief d’en haut découle, en bas, l’aspect de l’enfoncement et de l’annulation de soi, etc.]

Explication

Le passage entre crochets suggère que l’expression « un pays de montagnes et de vallées » évoque elle-même cette idée : ce qui est un sceau en relief en haut apparaît en bas sous la forme de l’enfoncement et de l’annulation de soi, les « vallées ».

ולכן ארמי יעקב מים ליין להמשיך ברכה עליונה יותר (וע׳ בזהר בלק דף קפ״ט סע״א [סוף עמוד א] בע״א [באופן אחר] קצת) וזהו למטר השמים תשתה מים כאדם השותה לחבירו שיחזור וישתה לו.

C’est pourquoi Yaakov mêla de l’eau au vin, afin de susciter une bénédiction supérieure (voir le Zohar, Balak, folio 189, fin du côté a, où le sujet est quelque peu expliqué différemment). Tel est le sens de « il boit l’eau de la pluie du ciel » : comme une personne qui boit à la santé de son prochain afin que celui-ci boive à son tour à la sienne.

Explication

C’est pourquoi Yaakov mêla de l’eau à son vin : l’eau, élément humble, attire une bénédiction supérieure. Le verset devient alors clair : le pays « boit l’eau » en direction du ciel comme une personne qui boit à la santé d’un ami pour que celui-ci lui rende la pareille ; le ciel répond par la pluie. Le Zohar, dans Balak, traite le sujet quelque peu différemment.

[פי׳ שזהו העלאת מיין נוקבין להמשיך מיין דוכרין הנק׳ מטר השמים. ועמ״ש ע״פ אם בחקתי כו׳ בענין ונתתי גשמיכם כו׳.

[Cela signifie que l’on élève des mayin noukvin (eaux féminines) afin de susciter des mayin dou’hin (eaux masculines), appelées « la pluie du ciel ». Voir ce qui est écrit à propos du verset « Si vous suivez Mes statuts », etc., au sujet de « Je donnerai vos pluies », etc.]

Explication

En termes kabbalistiques, l’eau qui s’élève d’en bas est appelée mayin noukvin (eaux féminines) : elle représente l’éveil du récepteur et suscite les mayin dou’hin (eaux masculines), le flux du donneur, ici appelé « la pluie du ciel ». Le passage entre crochets renvoie au maamar sur « Si vous suivez Mes statuts » et à son explication de « Je donnerai vos pluies en leur saison » (Lévitique 26:3–4).

ואפשר עד״ז י״ל [יש לומר] ג״כ ענין ניסוך המים שהיה בחג הסוכות כל שבעת ימי החג. כי

Et l’on peut peut-être également expliquer, dans cette même perspective, la question de la libation d’eau, qui avait lieu pendant les sept jours de la fête de Soukkot. Car

Explication

Dans cette même perspective, suggère la parenthèse, on peut expliquer la libation d’eau, l’eau versée sur l’autel chacun des sept jours de Soukkot. Le Talmud (Taanis 2b) en trouve une allusion dans la Torah.

הנה ענין ניסוך היין הוא בחינת שמחה והוא כמו חותם בולט ששמלמטה. בחי׳ שמחת הנפש באהבה רבה לה׳.

la libation de vin relève de la joie et ressemble à un sceau en relief venant d’en bas : c’est la joie de l’âme dans son grand amour (ahava rabba) pour D.ieu.

Explication

La libation de vin représente la joie. C’est un sceau en relief venant d’en bas : la joie de l’âme dans son grand amour (ahava rabba) pour D.ieu, qui s’élance vers le haut.

וזהו ענין שיר הלוים על היין. אבל ניסוך המים הוא בחי׳ חכמה כח מה בחי׳ ביטול שהוא בחי׳ חותם שוקע שמלמטה.

Tel est le sens du chant des Lévites accompagné du vin. Mais la libation d’eau relève de 'Hokhma (sagesse), koa'h ma (« la force du “quoi” »), de l’annulation de soi ; elle est un sceau en creux venant d’en bas.

Explication

C’est pourquoi le chant des Lévites dans le Temple accompagnait le vin. La libation d’eau, en revanche, correspond à 'Hokhma, que le Zohar appelle koa'h ma, « la force du “quoi” », c’est-à-dire la capacité de s’annuler soi-même ; elle est le sceau en creux venant d’en bas.

Le paragraphe 2 en bref

Le paragraphe soutient que l’« eau » humble de l’annulation de soi suscite une réponse d’en haut plus élevée que l’amour ardent, car un sceau en creux en bas entraîne une révélation manifeste, « en relief », en haut. Cela explique le « vers la pluie » du verset : l’eau de la terre s’élève d’abord, comme un toast qui appelle un toast en retour ; le même principe se retrouve dans la libation d’eau de Souccot.

Pour aller plus loin

Mayin noukvin et mayin dou’hin sont les termes kabbalistiques désignant les deux pôles de toute union : l’éveil du récepteur qui s’élève et le flux du donneur qui lui répond. Le maamar enseigne que la réponse n’est pas proportionnelle à l’intensité : l’éveil discret de l’annulation de soi attire une révélation qui dépasse les voiles dissimulateurs, ce que l’ardeur de ratso ne peut susciter.

Maré mekomot

  1. 1
    הנמשך ע״י אש · [בכת״י] תוס׳ מרובה כאן [כ]. ראה אוה״ת כאן.
  2. 2
    ולא יכנף עוד · Isaiah 30:20
  3. 3
    ארמי יעקב מים ליין · Zohar, Balak 6:78–86
  4. 4
    שיחזור וישתה לו · [בכת״י] תוס׳ מרובה שם. [כ]. ראה אוה״ת כאן.
  5. 5
    (פי׳ שזהו העלאת · לכאו׳ חסר סיום המוסגר. ובכת״י אחד (950 א, א) שם נמצא מאמר זה סיום המוסגר אחר תיבת צרתני כנ״ל.
  6. 6
    ונתתי גשמיכם · Leviticus 26:4
  7. 7
    ניסוך המים שהי׳ בחג הסוכות · Sukkah 45a
  8. 8
    חכמה כח מה · Zohar III, 34a
  9. 9
    ועד״ז יובן מ״ש בזהר בלק . . ע״ש במק״מ · ”דהיינו כששורה בבי״ע על מט״ט וסנד״ל כן פי׳ במק״מ בשם הרח״ו, וכ״כ אדמו״ר נ״ע דלא כהרמ״ז” — אוה״ת שה״ש כרך ב ע׳ שפג. וראה באוה״ת בראשית כרך ו בפ׳ ויחי תתשכד, ב.

Soukkot, Chemini Atséret et une question de noms ¶3

3והנה בשמיני עצרת אומרים מוריד הגשם שזהו המשכת מ״ד [מיין דוכרין] מלמעלה להיות נקלט גילוי אור א״ס ב״ה

Or, à Chemini Atseret, nous disons : « Il fait tomber la pluie », ce qui correspond à l’attraction des mayin duchrin (eaux masculines) depuis En-Haut, afin que la révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, soit reçue

Explication

À Chemini Atseret, nous commençons à dire « Il fait tomber la pluie » dans la Amida. Intérieurement, cette pluie est l’attraction des mayin duchrin, le flux venant d’En-Haut, afin qu’une révélation de la Lumière infinie soit reçue dans les âmes d’Israël.

בנש״י [בנשמות ישראל] מקרב איש ולב עמוק ועמ״ש מזה בד״ה תורה צוה וע״ז נאמר למטר השמים תשתה מים שכדי להמשיך המשכה עליונה זו דמטר השמים שבשמיני עצרת.

dans les âmes d’Israël, « au plus profond de l’homme, et dans un cœur profond ». Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par « Torah tsiva » (« La Torah [que Moché] a ordonnée »). C’est à ce propos qu’il est dit : « Il boit l’eau de la pluie du ciel » : afin d’attirer ce flux supérieur de « la pluie du ciel » à Chemini Atseret,

Explication

La lumière doit être reçue « au plus profond de l’homme, et dans un cœur profond » (Psaumes 64:7), dans la profondeur la plus intérieure de l’âme ; le maamar « Torah tsiva » traite de ce sujet. Le verset « Il boit l’eau de la pluie du ciel » fait référence à cette pluie de Chemini Atseret et à ce qui l’attire, comme l’indique la partie suivante.

הוא ע״י ניסוך המים בחג הסוכות. וזהו המשל הנ״ל כאדם השותה לחבירו כדי שיחזור וישתה לו

cela se fait par la libation d’eau de la fête de Souccot. Telle est l’image mentionnée plus haut : celle d’un homme qui boit à la santé de son ami, afin que celui-ci boive à son tour à la sienne.

Explication

Ce qui l’attire, c’est la libation d’eau de Souccot : l’eau versée ici-bas pendant les sept jours attire d’En-Haut la « pluie » de Chemini Atseret. C’est l’image d’un homme qui boit à la santé d’un ami afin que celui-ci boive à son tour à la sienne.

והנה על פי זה יובן הפסוק מי אל כמוך נושא עון כו׳ לשארית נחלתו וארז״ל [ואמרו רבותינו זכרונם לברכה] בפ״ב [בפרק ב׳] דר״ה [דראש השנה] (דף י״ז) דפי׳ לשארית היינו למי שמשים עצמו כשיריים.

Or, sur cette base, on comprendra le verset : « Qui est un D.ieu comme Toi, qui portes la faute… pour le reste de Son héritage » ; et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit dans le deuxième chapitre de Roch Hachana (folio 17) que « pour le reste » désigne celui qui se considère comme un reste.

Explication

Le même principe explique Michée 7:18 : « Qui est un D.ieu comme Toi, qui portes la faute… pour le reste de Son héritage. » Le Talmud (Roch Hachana 17a–b) interprète « pour le reste » (she'erit) comme signifiant « pour celui qui se considère comme un reste » (sheyarayim) : le pardon de D.ieu atteint celui qui s’efface.

ויש לבאר תחלה ענין שבספרי מקובלים הקדמוים נק׳ המדות עליונות גג״ת [גדולה גבורה תפארת] גדולה גבורה תפארת היינו שמדת חסדו ית׳ נק׳ בשם גדולה

Mais il faut d’abord expliquer pourquoi, dans les livres des premiers kabbalistes, les attributs émotionnels supérieurs (midot) sont désignés par les initiales GGT, pour Gedoula, Guevoura, Tiferet ; autrement dit, l’attribut de Sa bonté, béni soit-Il, est appelé Gedoula (grandeur) ;

Explication

Le maamar soulève d’abord une question de dénomination. Les premiers kabbalistes, avant l’Ari zal, appelaient les trois premiers attributs émotionnels Gedoula (grandeur), Guevoura et Tiferet, de sorte que la bonté de D.ieu était appelée « grandeur ».

רק בע״ח [בעץ חיים] נזכר הכל חג״ת [חסד גבורה תפארת] שנק׳ המדה בשם חסד ובפסוק כתיב ג״כ לך ה׳ הגדולה והגבורה כו׳.

ce n’est que dans Etz Chaim que l’ensemble est désigné par HGT, et que l’attribut est appelé ‘Hessed (bonté). Dans le verset aussi, il est écrit : « À Toi, Havaya, la grandeur (Gedoula) et la puissance (Guevoura)… »

Explication

C’est uniquement dans Etz Chaim, les enseignements de l’Ari zal, que le premier attribut est appelé ‘Hessed (bonté), donnant la série ‘Hessed, Guevoura, Tiferet. Pourtant, le verset lui-même dit : « À Toi, Havaya, la grandeur et la puissance », reprenant l’ancienne appellation ; les paragraphes suivants expliquent pourquoi la bonté est appelée « grandeur ».

Le paragraphe 3 en bref

Le paragraphe applique le principe à la fête : la libation d’eau de Souccot, l’eau élevée depuis ici-bas, attire la « pluie » de Chemini Atseret. Il introduit ensuite les mots « pour le reste de Son héritage » et pose la question de savoir pourquoi les premiers kabbalistes appelaient la bonté de D.ieu « grandeur ».

Pour aller plus loin

Souccot et Chemini Atseret suivent le modèle des mayin nukvin et des mayin duchrin : les sept jours de la libation d’eau constituent l’éveil d’en bas, et la mention de la pluie qui commence à Chemini Atseret est le flux qui répond depuis En-Haut. Selon la note du Kehot, la section qui commence par « Or, sur cette base, on comprendra le verset » est la transcription séparée du discours « À Toi, Havaya, la grandeur » (5571), rattachée à ce maamar.

Maré mekomot

  1. 1
    בשמע״צ אומרים מוריד הגשם · טושו״ע או״ח סי׳ קיד, א. תרס״ח, ב.
  2. 2
    מוריד הגשם · Shulchan Arukh, Orach Chayim 114:1
  3. 3
    מקרב איש ולב עמוק · Psalms 64:7
  4. 4
    וארז״ל בפ״ב דר״ה דף י״ז · באוה״ת נ״ך כרך א ע׳ תצא תוכן הענין שנתבאר, וז״ל: ”ותוכן הענין כיון שיג״מ נמשכים מבחי׳ הגדולה מה שלגדולתו אין חקר, לכן הוא ארך אפיים וגדל חסד, לכן א״א שיומשכו במי שהוא בבחי׳ יש וגדלות, שאין גדולה אלא ליוצר בראשית” ע״ש.
  5. 5
    למי שמשים עצמו כשיריים · Rosh Hashanah 17b:1–3
  6. 6
    לך ה׳ הגדולה והגבורה · I Chronicles 29:11
  7. 7
    מי א-ל כמוך נושא עון · Micah 7:18
  8. 8
    מקובלים הקדמונים · באוה״ת וירא שם צ, א מציין ”שלפני הפרדס והע״ח”. ובאוה״ת פ׳ עקב ע׳ תרכט ”המקובלים”. במאמרי אדה״ז כתובים כרך ב ע׳ רכד ”המקובלים הראשונים” שלפני האריז״ל.

La bonté issue de l’infinie grandeur ¶4–5

4והענין כי באמת בא״ס ב״ה לא שייך לומר שישפיע חסד רק מחמת כי לגדולתו אין חקר וכמ״ש ארך אפים וגדל חסד כי

L’explication est la suivante : en vérité, à propos de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, on ne peut dire qu’Il dispense la bonté que parce que « Sa grandeur est insondable », comme il est écrit : « lent à la colère (erekh apayim, littéralement “long de visage”) et grand en bonté ». Car

Explication

À présent, le maamar explique pourquoi la bonté est appelée « grandeur ». En D.ieu, l’Infini, la bonté n’a d’autre cause que Sa grandeur sans limites : parce que « Sa grandeur est insondable » (Psalms 145:3), Il est « lent à la colère et grand en bonté » (Psalms 145:8). L’expression hébraïque pour « lent à la colère », erekh apayim, signifie littéralement « long de visage », et le maamar va s’appuyer sur cette expression.

הנה באור פני מלך חיים ולהיותו ית׳ נק׳ ארך אפים ע״כ נמשך להיות וגדל חסד כו׳ וכמ״ש במ״א

« dans la lumière du visage du roi est la vie » ; et parce que Lui, béni soit-Il, est appelé erekh apayim, il en découle qu’Il est « grand en bonté », etc., comme cela est expliqué ailleurs.

Explication

Le verset « Dans la lumière du visage du roi est la vie » (Proverbs 16:15) relie la vie et la bonté au « visage » du roi. Ainsi, puisque D.ieu est appelé erekh apayim, « long de visage », le fait qu’Il soit « grand en bonté » en découle.

ולכן הוא חסד אין קץ ותכלית לחסדו הטוב וזהו מדת ורב חסד עיין בזהר באדרת נשא (דקל״ג ע״ב)

Il s’agit donc d’une bonté [telle qu’]il n’y a ni fin ni limite à Sa bonté bienveillante ; c’est là l’attribut de « grande abondance de bonté ». Voir le Zohar, dans l’Idra de Nasso (folio 133b).

Explication

La bonté qui découle d’une grandeur sans limites est elle-même sans limites : il n’y a ni fin ni limite à Sa bonté bienveillante. C’est la « grande abondance de bonté », l’un des Treize Attributs de miséricorde (Exodus 34:6), dont le Zohar traite dans l’Idra de la paracha de Nasso.

אמנם בחי׳ חסד זה שמצד הגדולה זהו דייקא במדת א״ס ב״ה אשר לגדולתו אין חקר כי הוא לבדו הוא הוא קדמון לכל הקדומים כי גאה גאה כו׳

Cependant, ce niveau de bonté qui provient de la grandeur appartient précisément à l’attribut de l’Infini, béni soit-Il, « dont la grandeur est insondable » ; car Lui seul est Celui qui est primordial avant tout ce qui est primordial, « car Il s’est élevé hautement », etc.

Explication

La bonté qui provient de la grandeur appartient uniquement à D.ieu, dont la grandeur est véritablement sans mesure. Lui seul est « primordial avant tout ce qui est primordial », et « s’est élevé hautement » (Exodus 15:1) au-dessus de tout.

לכן לך הוי׳ דייקא הגדולה משא״ בנבראים לא שייך מדה זו מאחר שהם באמת כלא חשיבי וכל ההשתלשלות הוא כטפה לגבי אוקיינוס ויותר מכן אין ערוך כו׳

C’est pourquoi « À Toi, Havaya », à Toi précisément, « appartient la grandeur ». En revanche, cet attribut ne s’applique pas aux êtres créés, puisque, en vérité, ils sont « considérés comme rien » ; toute la chaîne descendante des mondes (hichtalchelout) est comme une goutte comparée à l’océan, et plus encore : il n’y a aucune comparaison possible, etc.

Explication

Voilà pourquoi le verset dit : « À Toi, Havaya, appartient la grandeur » : la grandeur appartient à D.ieu seul. Les êtres créés ne peuvent posséder cette qualité, car devant Lui, ils sont « considérés comme rien » ; tous les mondes réunis sont moins qu’une goutte auprès de l’océan.

לכן בכל סטרא דקדושה הוא בחי׳ ביטול ואין דכלא חשיבי נהפוך מבחי׳ גדולה ולכן נקרא ארץ ישראל בשם ארץ כנען לשון הכנעה וביטול כמ״ש לעיל.

C’est pourquoi, dans tout le domaine de la sainteté, il y a l’aspect de l’annulation de soi (bitoul) et du néant, puisqu’on est « considéré comme rien », à l’inverse de l’aspect de grandeur. C’est pourquoi la Terre d’Israël est appelée « terre de Canaan », nom qui évoque la soumission (hakhnaha) et l’annulation de soi, comme cela a été expliqué plus haut.

Explication

Ainsi, tout ce qui relève de la sainteté est marqué par l’annulation de soi (bitoul), à l’opposé de la grandeur. C’est pourquoi la Terre d’Israël est appelée « terre de Canaan », nom que le maamar rattache à hakhnaha, la soumission.

Le paragraphe 4 en bref

Ce paragraphe explique pourquoi les premiers kabbalistes appelaient la bonté « grandeur » : en D.ieu, la bonté découle de Sa grandeur infinie et est donc elle-même infinie. Les êtres créés, qui ne sont rien devant Lui, ne peuvent posséder une telle grandeur ; dans la sainteté, leur marque est l’annulation de soi.

Pour aller plus loin

Le jeu de mots sur erekh apayim, « long de visage », prépare Arikh Anpin, « le long visage », un niveau de Kéter (la Couronne) que le maamar nomme au paragraphe 6. Likkutei Torah sur Massei, auquel renvoie la note de Kehot, interprète « dans la lumière du visage du roi est la vie » comme un flux de bonté qui ne cesse jamais et ne résulte d’aucun changement ni d’aucune émotion.

Maré mekomot

  1. 1
    לגדולתו אין חקר · Psalms 145:3
  2. 2
    ארך אפים וגדל חסד · Psalms 145:8
  3. 3
    באור פני מלך חיים · Proverbs 16:15
  4. 4
    ורב חסד · Exodus 34:6
  5. 5
  6. 6
    עיין בזהר באדרת נשא דקל״ג ע״ב · ראה גם באוה״ת פ׳ וירא צ, ב.
  7. 7
    קדמון לכל הקדומים · ת״ז (קכ, א). [כ].
  8. 8
    קדמון לכל הקדומים · Tikkunei Zohar 120a:5
  9. 9
    כי גאה גאה · Exodus 15:1
  10. 10
    ולכן נקרא ארץ ישראל בשם ארץ כנען · ראה גם תו״א פ׳ וישב בתחלתו ובאוה״ת פ׳ וישב ע׳ רנא, ב.
  11. 11
    לשון הכנעה וביטול כמ״ש לעיל · טז, ג.

5וזהו מדת חסד לאברהם שנמשך מבחי׳ ואנכי עפר ואפר ועד״ז אמר יעקב קטנתי מכל החסדים כמ״ש באגה״ק [באגרת הקודש] ע״ש.

Et telle est la qualité de « bonté envers Avraham », qui découle du niveau de « je suis poussière et cendre ». Dans le même esprit, Yaakov dit : « Je suis trop petit pour toutes les bontés », comme l’explique Iggeres HaKodesh ; voyez là-bas.

Explication

« Bonté envers Avraham » (Michée 7:20, à la fin du passage qui commence par « Quel D.ieu est comme Toi ») est précisément cette forme de bonté : celle d’Avraham découle de « je suis poussière et cendre » (Genèse 18:27), de son annulation de soi. Yaakov dit la même chose dans « Je suis trop petit pour toutes les bontés » (Genèse 32:11), comme l’explique Iggeres HaKodesh.

ומ״ש בע״ח [בעץ חיים] מדת חסד ולא אמר גדולה היינו כי בע״ח [בעץ חיים] מדבר בחסד דז״א דאצילות אשר הכלים הם בבחי׳ גבול ותכלית

Quant au fait qu’Etz Chaim dise « l’attribut de 'Hessed (bonté) » et non « Grandeur », c’est parce qu’Etz Chaim parle du 'Hessed de Zeir Anpin (les attributs émotionnels) du Monde d’Atsilout (Émanation), dont les réceptacles sont dans un état de limite et de finitude,

Explication

Etz Chaim nomme cet attribut 'Hessed plutôt que Grandeur, car il parle du 'Hessed de Zeir Anpin dans le Monde d’Atsilout, dont les réceptacles sont définis et limités. « Grandeur » ne conviendrait pas à un attribut limité.

רל״ו אלפים רבבות פרסאות כמ״ש באגה״ק [באגרת הקודש] ד״ה איהו וחיוהי ולכן נק׳ זעיר אנפין משא״כ ארך אפים הוא אין סוף.

236 mille myriades de parasanges, comme l’explique Iggeres HaKodesh, dans la section qui commence par « Lui et Ses forces vitales » ; c’est pourquoi il est appelé Zeir Anpin (« petit visage »), tandis que erech apayim (« long visage ») est infini.

Explication

Même dans Atsilout, les réceptacles ont une mesure, donnée comme 236 mille myriades de parasanges, comme l’explique Iggeres HaKodesh, dans la lettre qui commence par « Lui et Ses forces vitales ». C’est pourquoi cette configuration est appelée Zeir Anpin, « petit visage », tandis que erech apayim, « long visage », est infini.

Le paragraphe 5 en bref

Ce paragraphe concilie les deux appellations : la bonté d’Avraham et de Yaakov découle de l’humilité, et Etz Chaim dit « 'Hessed » parce qu’il parle des attributs limités de Zeir Anpin, le « petit visage », tandis que la « Grandeur » appartient au niveau infini du « long visage ».

Pour aller plus loin

Iggeres HaKodesh 15, auquel renvoie la note de Kehot, rapporte l’enseignement du Maguid selon lequel Avraham dit « je suis poussière et cendre » à propos de la lumière du 'Hessed supérieur qui brillait dans son âme : comparée au 'Hessed d’Atsilout, elle était comme la cendre comparée à l’arbre vivant.

Maré mekomot

  1. 1
    וזהו מדת חסד לאברהם · ראה הערת כ״ק אדמו״ר בהערות וציונים לכאן.
  2. 2
    חסד לאברהם · Micah 7:20
  3. 3
    ואנכי עפר ואפר · Genesis 18:27
  4. 4
    קטנתי מכל החסדים · Genesis 32:11
  5. 5
    כמ״ש באגה״ק · סי׳ טו.

La bonté sainte et la bonté d’Ichmaël ¶6–7

6ולכן בחסד דז״א נק׳ חסד דמ״ה [דשם מ״ה] בחי׳ ביטול שהכלים בטלים ממש לא״ס ב״ה אבל בחי׳ וגדל חסד ורב חסד זהו בבחינת א״א שלמעלה מהאצילות כנ״ל וכמ״ש בזהר שם בענין חסד דלגאו וחסד דלבר ע״ש.

C’est pourquoi le 'Hessed de Zeir Anpin est appelé le 'Hessed de MaH, l’aspect de l’annulation de soi (bitoul), car les réceptacles sont véritablement annulés devant l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il. Mais le niveau de « grand en bonté » et de « riche en bonté » relève d’Arikh Anpin (« la longue face »), qui est au-dessus d’Atsilout, comme mentionné plus haut, et comme l’explique le Zohar à cet endroit au sujet du 'Hessed intérieur et du 'Hessed extérieur ; voir là-bas.

Explication

Le 'Hessed de Zeir Anpin est donc le « 'Hessed de MaH », l’annulation de soi : ses réceptacles sont entièrement annulés devant l’Infini. La bonté sans limites, « grand en bonté » et « riche en bonté », relève d’Arikh Anpin, « la longue face », que le maamar situe au-dessus d’Atsilout ; le Zohar distingue à cet endroit un 'Hessed intérieur d’un 'Hessed extérieur.

אך משבה״כ [משבירת הכלים] שמעולם התהו נתהוה בחי׳ חסד דישמעאל אשר גם הוא פזרן אכן הפיזור בכדי להראות את עשרו ותפארת גדולתו ולהיות לו לשם ולתפארת. הפך מבחי׳ הביטול מבחי׳ עפר ואפר וממילא שאין משפיע רק מהמותרות שלו.

Mais de la brisure des réceptacles (chevirat hakélim) du Monde de Tohou est né l’aspect du 'Hessed d’Ichmaël, qui est lui aussi prodigue ; toutefois, sa générosité vise à montrer sa richesse et l’éclat de sa grandeur, afin que cela lui vaille « un nom et une splendeur ». [C’est] le contraire de l’aspect de l’annulation de soi, de l’aspect de la « poussière et des cendres » ; par conséquent, il ne donne que de son superflu.

Explication

De la brisure des réceptacles dans le Monde de Tohou (chaos) est née une autre forme de bonté : le 'Hessed d’Ichmaël. Ichmaël donne lui aussi avec largesse, mais pour afficher sa richesse et se faire un nom ; c’est le contraire de l’annulation de soi exprimée par « poussière et cendres », et c’est pourquoi il ne donne que de son superflu.

Le paragraphe 6 en bref

Ce paragraphe oppose deux sources de bonté : la bonté sainte, enracinée dans l’annulation de soi — le 'Hessed de MaH en bas, et la bonté sans limites, plus haut, en Arikh Anpin — et le 'Hessed d’Ichmaël, issu de la brisure des réceptacles, qui donne afin d’afficher sa propre grandeur.

Pour aller plus loin

Dans la Kabbale, le Monde de Tohou précède Atsilout ; ses lumières étaient trop intenses pour ses réceptacles, qui se brisèrent. Selon cette explication, une bonté qui donne pour montrer sa propre grandeur est un héritage de Tohou : la grandeur sans annulation de soi.

Maré mekomot

  1. 1
    אבל בחי׳ וגדל חסד ורב חסד זהו בבחי׳ א״א שלמעלה מהאצילות · מובא באוה״ת פ׳ בהעלותך ע׳ שלד ע״ש. וראה מאמרי אדה״ז כתובים כרך ב ע׳ רכד ואילך. ביאור ענין זה ובאריכות באוה״ת פ׳ וירא צא, ב.
  2. 2
    חסד דלגאו וחסד דלבר · Zohar, Idra Rabba 15:134–17:147
  3. 3
    משבה״כ שמעולם התהו נתהוה בחי׳ חסד דישמעאל · ראה בארוכה באוה״ת פ׳ וירא צג, ב.

7והתהוות בחי׳ זה דנבראים היינו ע״י שבה״כ [שבירת הכלים] דייקא מעולם התהו שלפני האצילות שהיה החסד בבחי׳ גדולה כו׳ ועמ״ש מזהבד״ה ויהי בשלח פרעה בענין כמה ארך אפים לפניו כו׳ ע״ש.

Et l’apparition de cet aspect chez les êtres créés se produit précisément par le brisement des réceptacles du Monde du Tohu, qui précéda le Monde d’Atsilout, où le 'Hessed était dans le mode de la grandeur, etc. Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Et il advint, lorsque Pharaon renvoya [le peuple] », à propos de « combien grande est la patience devant Lui », etc. Voir là-bas.

Explication

Les êtres créés en vinrent à manifester cette bonté centrée sur soi par le brisement des réceptacles du Tohu, qui précéda Atsilout et où le 'Hessed prenait la forme de la « grandeur ». Le maamar renvoie au discours « Et il advint, lorsque Pharaon renvoya le peuple » pour l’idée de « combien grande est la patience devant Lui ».

ועמ״ש בביאור על פ׳ שחורה אני כו׳ בענין כאהלי קדר כו׳ ע״ש. והאדם צריך לידבק במדות דעולם התיקון חסד דמ״ה [דשם מ״ה] בחי׳ בטול

Voir aussi ce qui est écrit dans l’explication du passage « Je suis noire », etc., à propos de « comme les tentes de Kédar », etc. Voir là-bas. L’homme doit s’attacher aux attributs du Monde du Tikoun (rectification) : le 'Hessed de Mah, l’aspect de l’annulation de soi (bitoul).

Explication

Le texte renvoie également à l’explication de « Je suis noire » (Chant des cantiques 1:5), à propos de « comme les tentes de Kédar ». La leçon pratique vient ensuite : l’homme doit s’attacher aux attributs du Monde du Tikoun, au 'Hessed de Mah, marqué par l’annulation de soi, et non à la bonté du Tohu.

ולכן אפילו מגיע לו ריעותא מהגמילות חסד לא ימנע א״ע [את עצמו] מלגמול חסד כיון שסבת החסד מחמת שמשים עצמו כשיריים כו׳ כנ״ל.

C’est pourquoi, même si un préjudice lui vient d’un acte de bonté, il ne doit pas s’abstenir de faire preuve de bonté, puisque celle-ci a pour cause qu’il se considère lui-même comme un rebut, etc., comme indiqué plus haut.

Explication

Ainsi, même si faire preuve de bonté lui cause quelque préjudice, il ne doit pas s’en abstenir. Sa bonté ne vient pas du sentiment de sa propre grandeur, mais du fait qu’il se considère comme un rebut ; une perte pour lui-même n’est donc pas une raison d’y renoncer.

Le paragraphe 7 en bref

Ce paragraphe rattache la bonté centrée sur soi que l’on trouve chez les êtres créés au brisement des réceptacles, puis en tire une leçon pratique : l’homme doit exercer l’humble bonté du Tikoun et continuer à donner, même si cela lui coûte.

Maré mekomot

  1. 1
    בד״ה ויהי בשלח פרעה · תו״א פ׳ בשלח.
  2. 2
    בביאור ע״פ שחורה אני · Song of Songs 7:3

L’annulation de soi révèle la grandeur de D.ieu ¶8–9

8והנה ע״י בחי׳ בטול זה יוכל להתגלות עליו מדותיו של הקב״ה ממש שהוא בחי׳ מדת גדולתו ית׳ בגילוי ממש

Or, par cet aspect d’annulation de soi (bitoul), les attributs mêmes du Saint béni soit-Il peuvent se révéler en lui, c’est-à-dire l’aspect de l’attribut de Sa grandeur, béni soit-Il, dans une révélation effective.

Explication

L’annulation de soi produit un autre effet : grâce à elle, les attributs mêmes de D.ieu, Sa grandeur même, peuvent se révéler ouvertement en une personne.

כי ע״י בחי׳ שקיעה שמלמטה שהוא בחי׳ ביטול נמשך אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] בבחי׳ חותם בולט הוא בחי׳ מדת גדולתו ית׳ משא״כ בסט״א [בסטרא אחרא]

Car, par l’aspect d’enfoncement qui vient d’en bas, lequel est l’aspect de l’annulation de soi, un éveil d’en haut est attiré selon le mode d’un sceau en relief : c’est l’aspect de l’attribut de Sa grandeur, béni soit-Il. Il n’en va pas de même pour la sitra a’hra (l’autre côté),

Explication

C’est à nouveau l’image du sceau : une empreinte enfoncée en bas, l’annulation de soi, attire d’en haut un sceau en relief, la révélation de la grandeur de D.ieu. La sitra a’hra (l’autre côté), le domaine opposé à la sainteté, est différente.

שהוא בחי׳ יש נמשך משם רק ע״י שבירת הכלים וזהו ענין לעושי רצונו על אחת כמה וכמה.

qui relève de l’aspect du yesh (existence séparée) : cette vitalité ne lui est attirée que par la brisure des réceptacles. Tel est le sens de « pour ceux qui accomplissent Sa volonté, à plus forte raison ».

Explication

La sitra a’hra est yesh, un sentiment d’existence séparée, et ne reçoit la vitalité divine que par l’intermédiaire de la brisure des réceptacles. D’où la parole du Talmud : « pour ceux qui accomplissent Sa volonté, à plus forte raison » : si même ceux qui vont à l’encontre de Sa volonté reçoivent tant, combien plus donnera-t-Il à ceux qui l’accomplissent.

Le paragraphe 8 en bref

L’annulation de soi est le réceptacle de la révélation de la grandeur même de D.ieu, tandis que la sitra a’hra, parce qu’elle relève du yesh, ne reçoit qu’indirectement, par la brisure des réceptacles ; telle est la portée de « pour ceux qui accomplissent Sa volonté, à plus forte raison ».

Maré mekomot

  1. 1
    לעושי רצונו עאכו״כ · Nedarim 50b:10

9וכמ״ש במ״א שבעולם התיקון נמשך השראת אור א״ס מבחי׳ שלימותא דכולא כו׳. ואפשר שזהו ג״כ פי׳ ארץ הרים ובקעות

Comme cela est expliqué ailleurs, dans le Monde du Tikoun, la résidence de la Lumière infinie (Or Ein Sof) découle du niveau de « la perfection de tout », etc. Peut-être est-ce également le sens de « un pays de montagnes et de vallées »,

Explication

Comme cela est expliqué ailleurs, dans le Monde du Tikoun, la Lumière infinie réside à partir du niveau appelé « la perfection de tout ». Le maamar suggère peut-être que cela donne un autre sens à « un pays de montagnes et de vallées ».

כי אברהם שהוא בחי׳ הר היינו מדת החסד הרי חסד זה נמשך מבחי׳ ואנכי עפר ואפר שהוא בחי׳ בקעה בחי׳ ביטול כו׳ משא״כ בסט״א [בסטרא אחרא] כנ״ל ועמ״ש בד״ה ענין שניתנה תורה על הר סיני.

car Avraham, qui est l’aspect de la « montagne », c’est-à-dire l’attribut de 'Hessed (bonté), tient ce 'Hessed de l’aspect de « et moi, je suis poussière et cendre », qui est l’aspect d’une vallée, l’aspect de l’annulation de soi (bitoul), etc. Il n’en va pas ainsi dans la sitra a'hra (l’autre côté), comme indiqué plus haut. Voyez également ce qui est écrit dans le discours intitulé « Le sens du don de la Torah sur le mont Sinaï ».

Explication

Avraham est une « montagne », l’attribut de bonté, mais sa bonté découle de « je suis poussière et cendre », une « vallée » d’annulation de soi : dans la sainteté, la montagne s’élève à partir de la vallée. Il n’en va pas ainsi dans la sitra a'hra ; le maamar renvoie au discours sur le don de la Torah sur le mont Sinaï.

Le paragraphe 9 en bref

Le paragraphe propose une autre lecture du verset : dans la sainteté, la « montagne » (la bonté d’Avraham) découle de la « vallée » (son annulation de soi), contrairement à ce qui se passe dans la sitra a'hra.

Le reste de Son héritage ¶10

10וזהו לשארית נחלתו למי שמשים עצמו כשיריים. כי הנה י״ג מדות הרחמים נק׳ רחמים גדולים כמ״ש וברחמים גדולים אקבצך שנמשכים מבחי׳ ולגדולתו אין חקר.

Et telle est la signification de « pour le reste de Son héritage » : pour celui qui se fait semblable à un reste. Car les Treize Attributs de miséricorde sont appelés « grande miséricorde », comme il est écrit : « et c’est avec une grande miséricorde que Je te rassemblerai », puisqu’ils émanent du niveau de « et Sa grandeur est insondable »,

Explication

Cela renvoie à « pour le reste de Son héritage », que le Talmud interprète comme « pour celui qui se fait semblable à un reste ». Les Treize Attributs de miséricorde sont appelés « grande miséricorde » (« c’est avec une grande miséricorde que Je te rassemblerai », Isaïe 54:7), car ils proviennent de la grandeur de D.ieu, qui est insondable.

שהם מבחי׳ ארך אפים וגדל חסד ועמ״ש מזה בד״ה כי ההרים ימושו. ובד ״ה קול דודי.

car ils relèvent du niveau de « lent à la colère (erech apayim) et grand en bonté ». Voyez aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par « Car les montagnes peuvent s’éloigner », ainsi que dans celui qui commence par « La voix de mon bien-aimé ».

Explication

Ils relèvent du niveau de « lent à la colère et grand en bonté », la bonté sans limite qui découle de la grandeur. Les maamarim « Car les montagnes peuvent s’éloigner » et « La voix de mon bien-aimé » développent ce sujet.

וע״כ אינו נמשך אלא במי שמשים א״ע [את עצמו] כשיריים שהוא בחי׳ שקיעה וביטול שזה דייקא הוא הכלי לבחי׳ חותם בולט שמלמעלה וכמ״ש באריכות ע״פ שימני כחותם על לבך כו וז״ש [וזהו שכתוב] (ישעיה נ״ז)

C’est pourquoi cela n’est attiré que vers celui qui se fait semblable à un reste, ce qui correspond à l’enfoncement et à l’annulation de soi (bitoul) ; car c’est précisément cela qui constitue le réceptacle du sceau saillant d’en haut, comme il est expliqué longuement à propos du verset « Place-moi comme un sceau sur ton cœur », etc. Et c’est ce qui est écrit (Isaïe, chapitre 57) :

Explication

Une si grande miséricorde ne peut être attirée que vers celui qui se fait semblable à un reste, car une empreinte enfoncée en bas est le réceptacle du sceau saillant d’en haut, comme l’explique le maamar « Place-moi comme un sceau sur ton cœur ». Cela répond à la question de savoir pourquoi le pardon atteint « le reste », et Isaïe exprime la même idée, comme le cite la partie suivante.

כי כה אמר רם ונשא כו׳ מרום וקדוש אשכון ואת דכא ושפל רוח כו׳ וע׳ בזהר פ׳ אמור (ד״צ סע״ב [סוף עמוד ב]) ובמק״מ [ובמקדש מלך] שם:

« Car ainsi parle Celui qui est élevé et exalté », etc. ; « J’habite dans les hauteurs et dans la sainteté, et avec celui qui est contrit et humble d’esprit », etc. Voyez aussi le Zohar, Parshas Emor (folio 90, fin du côté b), et le Mikdash Melech à cet endroit.

Explication

« Car ainsi parle Celui qui est élevé et exalté… J’habite dans les hauteurs et dans la sainteté, et avec celui qui est contrit et humble d’esprit » (Isaïe 57:15) : Celui qui est au plus haut habite avec le plus humble. Le maamar s’achève par des références au Zohar sur Emor (90b) et au commentaire Mikdash Melech à cet endroit.

Le paragraphe 10 en bref

Le maamar conclut que le pardon de D.ieu — les Treize Attributs de la « grande miséricorde », qui émanent de Sa grandeur — n’est attiré que vers « le reste », celui qui se fait semblable à un reste, car seule une empreinte enfoncée reçoit le sceau saillant. C’est pourquoi Isaïe dit que Celui qui est élevé habite avec celui qui est humble d’esprit.

Pour aller plus loin

Le maamar boucle ainsi son propos : la terre qui boit l’eau « pour la pluie du ciel », la libation d’eau qui attire la pluie de Chemini Atséret, la bonté d’Avraham issue de la « poussière et des cendres », et le pardon accordé au « reste » relèvent d’un même principe : l’humilité d’en bas est le réceptacle de la grandeur révélée d’en haut.

Maré mekomot

  1. 1
    וברחמים גדולים אקבצך · Isaiah 54:7
  2. 2
    ולגדולתו אין חקר · Psalms 145:3
  3. 3
  4. 4
    ואת דכא ושפל רוח · Zohar, Emor 11:36–13:46

Maamar terminé ?

Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.

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Dans la avoda

Une personne doit s’attacher aux attributs du Monde du Tikoun, à la bonté humble du ‘Hessed de Mah : donner de ce dont elle-même a besoin et non seulement de son surplus, et ne pas se retenir même lorsqu’un acte de bonté lui coûte, puisque sa bonté vient du fait qu’elle se fait semblable à un reste. Par cette annulation de soi, la grandeur propre de D.ieu et Sa grande miséricorde peuvent se révéler en elle.

Questions à discuter

  1. Pourquoi le verset dit-il que la terre boit « à » la pluie du ciel, et comment l’image d’un toast porté à un ami permet-elle de l’expliquer ?
  2. Comment le sceau qui inverse son image explique-t-il à la fois la bonté d’Avraham et l’amour ardent de l’âme ?
  3. Pourquoi l’éveil de l’« eau », l’annulation de soi, attire-t-il une réponse supérieure d’en haut, davantage que l’amour ardent des « montagnes » ?
  4. Qu’est-ce qui distingue le ‘Hessed de Mah du ‘Hessed d’Ichmaël, alors que tous deux peuvent donner généreusement ?
  5. Pourquoi les Treize Attributs de la « grande miséricorde » ne peuvent-ils reposer que sur celui qui se fait semblable à un reste ?

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Likkutei Torahלקוטי תורה

Parshas Eikevעקב

  1. 1ויאכילך את המן וגו׳ למען הודיעך…“And He Fed You the Manna … in Order to Make You Know”
  2. 2ואכלת ושבעת וברכת וגו׳And you shall eat and be satisfied, and you shall bless
  3. 3ולהבין שרש טעם קישור וחיבור ושייכות…“And to understand the root of the reason for the connection, bond and relevance of covenant and Torah to the Grace after Meals”
  4. 4ארץ הרים ובקעות למטר השמים תשתה…“A land of mountains and valleys; to the rain of heaven it drinks water”