Likkutei Torah · Parshas Balak · Maamar 5
מה טובו אוהליך יעקב כו׳
« Quelles belles sont tes tentes, Yaakov »
L’idée centrale
L’âme descend dans un corps pour devenir un baal techouva, et son retour comporte trois étapes : se détourner du mal fait descendre « notre D.ieu » (Elokim), faire le bien fait descendre Havaya, et le retour à la racine de l’âme atteint l’essence au-dessus de Havaya par la Torah. Les deux premières étapes, des actes qui entourent l’homme comme une « tente », relèvent de Yaakov ; la Torah, « demeure » intérieure de D.ieu, relève de Yisrael, et Yaakov doit toujours venir en premier.
Le maamar en bref
Le maamar demande pourquoi le nom Yaakov demeure après Yisrael, et répond que l’on n’atteint Yisrael qu’en passant par Yaakov. L’âme descend afin d’acquérir l’avantage de la techouva, qui comporte trois sortes. La première, se détourner du mal, retire l’écran du péché qui revêt la Chekhina dans Nogah, afin que « notre D.ieu », Havaya attiré par l’intermédiaire d’Elokim, réside à l’intérieur. La deuxième, pour avoir négligé le bien, lie l’homme à Havaya lui-même, unissant sovev et memalé par le Yessod et l’accomplissement joyeux des mitsvot ; la négligence d’une âme élevée est plus grave, car plus ce qui tombe est élevé, plus loin il tombe. La troisième, motivée par l’éloignement d’un être séparé, ramène l’âme à l’essence de la Lumière infinie, au Ayin au-dessus de Havaya, par l’étude de la Torah. Les trois correspondent à bechor, aux unités, dizaines et centaines, qui élèvent Assiya, Yetsira et Béria dans Atsilout et prennent le droit d’aînesse à Essav. Les deux premières sont les « tentes » de Yaakov, des lumières enveloppantes, tandis que la Torah est les « demeures » de Yisrael. Enfin, les deux techouvas connues, inférieure et supérieure, comportent chacune deux étapes, la seconde étant celle du baal techouva qui dispense d’en haut.
Plan
- Yaakov avant YisraelLe Talmud permet d’appeler Yaakov par son ancien nom, puisque la Torah elle-même y revient ; la raison en est que l’on ne peut atteindre le niveau de Yisrael qu’après celui de Yaakov.¶1
- La descente de l’âme et la première techouvaL’âme descend pour devenir un baal techouva, supérieur à un tsadik parfait. La première techouva, se détourner du mal, élimine la séparation due au péché, afin que « notre D.ieu » réside à l’intérieur ; « notre D.ieu » désigne Elokim, car la révélation de D.ieu à l’intérieur de l’homme nécessite une contraction, et la longue note montre que c’est Havaya lui-même, attiré par l’intermédiaire d’Elokim, qui devient « notre D.ieu ».¶2–4
- Comment le péché sépareL’âme est le souffle intérieur de D.ieu, et seule ce qui est contraire à Sa volonté peut lui faire obstacle : le péché revêt le flux de la Chekhina, le hé inférieur, de l’habit grossier de Nogah, même par une jouissance permise, car Yaakov est « le cordon de Son héritage ».¶5–6
- La deuxième techouva : faire le bienLa paresse dans l’étude de la Torah et la prière retire le Yessod, le « bien » qui unit sovev à memalé et adoucit la rigueur. Une âme plus élevée tombe de plus haut ; ainsi, la négligence du bien chez un érudit exige une techouva « des profondeurs » qui le lie à Havaya lui-même, exprimée dans l’accomplissement joyeux des mitsvot.¶7–10
- La troisième techouva : le retour à l’essenceMême celui qui est parfait dans ses actes et son amour demeure un être séparé ; la troisième techouva, « Reviens à Moi », est le retour de l’âme à sa racine dans le Ayin au-dessus de Havaya, par Yechida et Kéter. Elle s’accomplit par la Torah, « organe » intérieur de D.ieu, en laquelle la Lumière infinie est revêtue, de sorte que Anokhi, l’essence, devient « Havaya ton D.ieu ».¶11–18
- Bechor : trois techouvas, trois mondesLes lettres de bechor sont les unités, les dizaines et les centaines : les trois techouvas de Nefech, Roua'h et Nechama dans Assiya, Yetsira et Béria, élevées dans Atsilout. Déraciner la volonté du désir des choses de ce monde prend le droit d’aînesse à Essav et retranche la source élevée de vie des kelipot ; on mange « avec ruse », uniquement afin de servir D.ieu.¶19–26
- Tentes et demeuresLes deux premières techouvas, qui sont des actes, sont Yaakov (youd-akev), des « tentes » enveloppantes qui sont belles lorsqu’elles sont accomplies avec humilité ; la Torah est Yisrael (li roch), la « demeure » intérieure de D.ieu. Comme la tente en poil de chèvre au-dessus du Michkan, les actes protègent la Torah ; des temps fixes pour l’étude constituent une demeure temporaire, tandis que l’étude constante en constitue une permanente.¶27–33
- Techouva inférieure et supérieure : le baal techouvaLes ouvrages parlent de deux techouvas, le retour du hé inférieur et celui du hé supérieur ; chacune comporte deux étapes, un retour d’en bas et une effusion d’en haut, le sens littéral de « baal techouva ». Il y en a donc quatre, suggérées par les lettres et par le mot entier bechor, et l’éveil d’en bas ouvre la voie à un éveil d’en haut.¶34–42
Notions clés
- La techouva comme tashouv héתשובה – תשוב ה׳
- Techouva se lit « le hé revient » : le hé inférieur du Nom (Mal'hout, la Chekhina) revient de son exil dans Nogah, et le hé supérieur (Bina) revient au youd ('Hokhma).
- « Notre D.ieu » (Elokeinou)אלקינו
- D.ieu révélé à l’intérieur de l’homme. Cette expression est dite du Nom Elokim parce que la révélation intérieure nécessite une contraction ; pourtant, ce qui est révélé est Havaya lui-même, « notre force et notre vie ».
- Baal techouvaבעל תשובה
- Selon le Zohar, littéralement le « mari » de la techouva : celui qui non seulement revient, mais qui, fermement attaché à l’Arbre de Vie, fait descendre la lumière d’en haut dans le niveau auquel il est revenu.
- Bechorבכר
- Ses lettres, beit, kaf et reish, sont une unité, une dizaine et une centaine : les trois techouvas de Nefech, Roua'h et Nechama dans Assiya, Yetsira et Béria. Le mot entier désigne la 'Hokhma supérieure, le « premier-né » de la révélation.
- Tente et demeureאוהל ומשכן
- La tente est une lumière enveloppante (makif), attirée par les actes, le niveau de Yaakov ; la demeure est la présence intérieure (pnimiyout), attirée par la Torah, le niveau de Yisrael.
- Yaakov et Yisraelיעקב – י׳ עקב, ישראל – לי ראש
- Yaakov est le youd attiré dans le « talon », le service par l’action, les sept Séfirot inférieures, Nefech et Roua'h. Yisrael signifie « une tête pour Moi » : l’intellect, Nechama et la Torah.
- Ayinאין
- Le « néant » au-dessus du Nom Havaya, Atika Kadicha, la racine des âmes d’Israël et le but de la troisième techouva.
Yaakov avant Yisrael ¶1
1מה טובו אוהליך1 יעקב כו׳. להבין מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] כל הקורא לאברהם2 אברם עובר בלאו שנאמר ולא יקרא עוד שמך3 אברם אלא מעתה הקורא ליעקב יעקב הכי נמי שאני התם דהדר אהדריה קרא כו׳.
« Que tes tentes sont belles, Yaakov », etc. [Il faut] comprendre l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « Quiconque appelle Avraham “Avram” transgresse une interdiction, comme il est dit : “Ton nom ne sera plus appelé Avram.” Mais alors, celui qui appelle Yaakov “Yaakov” transgresse-t-il lui aussi ? Là, c’est différent, car l’Écriture elle-même l’a de nouveau appelé ainsi », etc.
Le maamar s’ouvre sur la bénédiction de Bilaam : « Que tes tentes sont belles, Yaakov, tes demeures, Yisrael », et sur un passage du Talmud : après le changement de nom d’Avraham, l’appeler par son ancien nom constitue une transgression ; pourtant, appeler Yaakov « Yaakov » après qu’il a reçu le nom de Yisrael n’en est pas une, car la Torah elle-même est revenue à l’appeler Yaakov. Le verset comme le Talmud associent le nom Yaakov au nom Yisrael, et cette association est le sujet du maamar.
והענין שאי אפשר לבוא ולהגיע למדריגת ישראל כ״א [כי אם] בהקדימו תחלה מדת ומדריגת יעקב. ועיין בפ׳ וישלח דקע״ד ע״״א.45
L’explication est qu’il est impossible de parvenir au niveau de Yisrael sans que le niveau et la qualité de Yaakov ne le précèdent d’abord. Voir également la paracha Vayichla’h, page 174a.
L’explication de l’Admour Hazaken est que le nom Yaakov est conservé parce qu’il désigne une étape nécessaire : nul ne parvient au niveau appelé Yisrael sans passer d’abord par le niveau appelé Yaakov. Le reste du maamar explique en quoi consistent ces deux niveaux dans le service de D.ieu.
Cette ouverture pose la question à laquelle répond le maamar : pourquoi la Torah conserve-t-elle le nom Yaakov à côté de celui de Yisrael ? La réponse — le niveau de Yaakov doit venir en premier — est la clé du verset : « Que tes tentes sont belles, Yaakov, tes demeures, Yisrael. »
Plus loin dans le maamar (section 5), Yaakov est interprété comme yud-akev, le yud du Nom attiré jusque dans le « talon », le domaine de l’action, et Yisrael comme li roch, « une tête pour Moi », le niveau de l’intellect. Les deux noms désignent ainsi deux étapes du service : les mitsvot, qui attirent la divinité sous la forme enveloppante d’une « tente », et la Torah, en laquelle elle réside intérieurement.
Maré mekomot
- 1מה טובו אוהליך · הנחת כ״ק אדמו״ר האמצעי בסה״מ תקס״ב ח״א ע׳ רלא. והנחת הר״מ בן אדה״ז שם כרך-ב ע׳ תצד. ובאריכות במאמרי אדה״א במדבר ח״ד ע׳ א׳תקצב ואילך. הגהות וביאורים באוה״ת בלק ע׳ א׳לב-א׳מה. ולכללות המאמר ראה גם באוה״ת פ׳ בא ע׳ של ואילך. שמות כרך-ז ע׳ ב׳תרמז. סה״מ אידיש ע׳ 122. ד״ה זה דשנת תשמ״א. לקו״ש-יא ע׳ 21. נתבאר בד״ה מה טובו תשד״מ.
- 2כל הקורא לאברהם · Berakhot 13a:8–9
- 3ולא יקרא עוד שמך אברהם · Genesis 17:5
- 4
- 5
La descente de l’âme et la première techouva ¶2–4
2והנה ביעקב כתיב ויעקבני זה פעמים.1 ולהבין זה צריך להבין תחלה הקושיא למה ירדה הנשמה לעוה״ז [לעולם הזה] בכדי
Or, au sujet de Yaakov, il est écrit : « Car il m’a supplanté ces deux fois. » Pour comprendre cela, il faut d’abord comprendre la question : pourquoi l’âme est-elle descendue dans ce monde afin
La plainte d’Essav, « Car il m’a supplanté (vaya‘akveini) ces deux fois », joue sur le nom Yaakov ; plus loin, le maamar interprète ces « deux fois » comme deux sortes de techouva. Mais il pose d’abord une question fondamentale : pourquoi l’âme doit-elle descendre dans ce monde ?
שתקבל שכר אח״כ [אחר כך] בג״ע [בגן עדן] והלא קודם ירידתה היתה בודאי בג״ע [בגן עדן] והיתה נהנה מזיו השכינה2 ומהו היתרון ע״י ירידתה כו׳ והנה יש על זה כמה תירוצים.
de recevoir ensuite une récompense dans le Gan Eden ? Avant sa descente, elle se trouvait certainement déjà dans le Gan Eden et jouissait de l’éclat de la Chekhina (Présence divine) ; quel est donc l’avantage [qu’elle acquiert] par sa descente, etc. ? Il existe plusieurs réponses à cette question.
La réponse habituelle, selon laquelle l’âme descend pour mériter sa récompense dans le Gan Eden, semble ne pas convenir : avant sa descente, elle se trouvait déjà dans le Gan Eden et jouissait de l’éclat de la Chekhina, que le Talmud décrit comme la récompense des justes (Berakhot 17a). La descente doit donc lui apporter quelque chose qu’elle ne possédait pas auparavant.
אך התירוץ האמיתי3 הוא כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] יפה שעה אחת בתשובה4 ומעשים טובים5 בעוה״ז [בעולם הזה] מכל חיי העוה״ב [העולם הבא] וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] במקום שבעלי תשובה עומדין6 צדיקים גמורים אינם יכולים לעמוד.
Mais la véritable réponse est celle qu’ont donnée nos Sages, de mémoire bénie : « Une heure de techouva (retour) et de bonnes actions dans ce monde vaut mieux que toute la vie du Monde futur » ; et, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « À l’endroit où se tiennent les ba‘alei techouva (ceux qui reviennent), les justes parfaits ne peuvent se tenir. »
La véritable réponse tient à l’avantage singulier de la techouva. La Michna enseigne qu’une heure de techouva et de bonnes actions dans ce monde vaut mieux que toute la vie du Monde futur ; et le Talmud enseigne que les ba‘alei techouva se tiennent à un endroit où même les justes parfaits ne peuvent se tenir.
והנה הנשמות קודם ירידתן לגוף הם בודאי צדיקים גמורים. אך זהו היתרון שלהם בירידתן בגוף שנעשים בחינת בעלי תשובה שאז הם למעלה מעלה מצדיקים
Or, avant leur descente dans le corps, les âmes sont certainement des justes parfaits. Mais leur avantage, lorsqu’elles descendent dans le corps, est qu’elles deviennent des ba‘alei techouva ; elles se trouvent alors bien au-dessus des justes
Une âme dans les mondes supérieurs n’a jamais péché : elle est donc un juste parfait. Ce n’est que dans un corps qu’elle peut devenir un ba‘al techouva, niveau encore supérieur ; tel est le gain de sa descente. La note de Kehot cite ailleurs l’Admour Hazaken : chacun a été créé pour devenir un ba‘al techouva, même s’il n’a jamais péché.
(ועיין מזה בד״ה אלה מסעי7 גבי אשר ברא אלקים לעשות8 כו׳ ובד״ה ועתה יגדל נא910 שזהו ענין עומדים ומהלכים11 ובד״ה מי מנה עפר יעקב12 ובד״ה את קרבני לחמי13 כו׳).
(Voyez à ce sujet le discours commençant par « Voici les étapes de leurs voyages », à propos de « que D.ieu créa pour faire », etc. ; le discours commençant par « Et maintenant, je t’en prie, que [Ta puissance] soit grande », où il est expliqué que cela correspond à « ceux qui se tiennent » et « ceux qui marchent » ; le discours commençant par « Qui a compté la poussière de Yaakov » ; et le discours commençant par « Mon offrande, mon pain », etc.).
Cette parenthèse énumère d’autres maamarim qui traitent du gain que l’âme retire de sa descente. L’un d’eux, dans Likkutei Torah sur Chélah, explique qu’avant sa descente l’âme est au niveau de « ceux qui se tiennent » et que, par les mitsvot accomplies dans ce monde, elle acquiert le niveau de « ceux qui marchent », comme dans le verset : « Je te donnerai des endroits où marcher parmi ceux qui se tiennent. »
והנה יש שלשה מיני תשובה. האחד היא התשובה תתאה שיהיה סור מרע בתכלית שלא יפגום בעוונות גשמיים במחשבה ודבור ומעשה.
Or, il existe trois sortes de techouva. La première est la techouva inférieure (techouva tata‘a) : s’écarter entièrement du mal, afin de ne pas causer de dommage par des péchés matériels en pensée, en parole et en action.
La première sorte de techouva, la techouva inférieure (techouva tata‘a), consiste à « s’écarter du mal », comme dans le verset « Écarte-toi du mal et fais le bien » : abandonner entièrement le péché, afin qu’aucun péché matériel, en pensée, en parole ou en action, ne laisse de dommage.
וצריך לעשות תשובה להתחרט על העבר ולעקור את רצונו מן הרע כו׳ שלא ירצה להפרד מיחודו ואחדותו ית׳ וכמ״ש לעיל.
Il faut faire techouva : regretter le passé et déraciner sa volonté du mal, etc., afin de ne pas vouloir être séparé de Son unité et de Son unicité, qu’Il soit béni, comme cela a été expliqué plus haut.
Cette techouva comporte deux aspects : regretter le passé et déraciner sa volonté du mal, afin que la personne ne veuille plus rien qui la séparerait de l’unicité de D.ieu.
וזה התשובה הוא בתפלה ע״י אומרו בא״י [ברוך אתה ה׳] אלקינו שיומשך בחינת אלקינו בקרבנו. והוא בחינת ממלא כל עלמין כדכתיב בפ׳ וילך (ל״א י״ז) הלא על
Cette techouva s’accomplit dans la prière, lorsqu’on dit : « Béni sois-Tu, Havaya, notre D.ieu (Elokeinou) », afin que le niveau de « notre D.ieu » soit attiré en nous. Il s’agit du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), comme il est écrit dans la paracha Vayélekh (31:17) : « N’est-ce pas parce que
Cette techouva s’exprime dans la prière, dans les bénédictions où l’on dit : « Béni sois-Tu, Havaya, notre D.ieu » ; on demande que le niveau de « notre D.ieu » soit attiré en nous. Il s’agit de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin), la vie divine qui pénètre chaque chose selon sa mesure ; le verset de la paracha Vayélekh montre ce qui se produit lorsqu’elle fait défaut.
כי אין אלקי בקרבי מצאוני הרעות האלה14 (ועיין מזה בזח״א [בזהר חלק א] עמוד ק״ס ושלטין עליה כו׳ ומאן גרים כו׳, וברבות סדר נשא פרשה יו״ד דרל״ז א׳ בענין ומצאוהו רעות רבות כו׳ ובפרשת ואתחנן דרפ״ט א׳).
« Mon D.ieu (Elokaï) n’est pas en moi, et c’est pourquoi ces malheurs m’ont atteint » (Voyez à ce sujet le Zohar, partie I, page 160 : « et ils dominent sur lui », etc., « et qui en est la cause ? », etc. ; ainsi que Midrash Rabbah, Seder Nasso, section 10, page 237a, à propos de « et de nombreux malheurs l’atteindront », etc. ; et dans la paracha Vaét’hanan, page 289a.)
Moïse annonce que, lorsqu’Israël péchera, il dira : « C’est parce que mon D.ieu n’est pas en moi que ces malheurs m’ont atteint. » La note de Kehot explique que la page du Zohar indiquée ici renvoie au « grand Zohar », l’édition de Crémone, où le passage dit que les forces destructrices dominent sur celui sur qui la Chekhina ne repose pas, à cause du mensonge qui sort de sa bouche.
וכתיב כ״א [כי אם] עוונותיכם היו מבדילים ביניכם לבין אלקיכם15 (בישעי׳ [בישעיה] סי׳ נ״ט ב׳), נמצא העון הוא מסך מבדיל בין האדם ובין אלקינו.
Et il est écrit : « Mais vos fautes ont établi une séparation entre vous et votre D.ieu » (Isaïe, chapitre 59:2). Il en ressort que la faute est un écran de séparation entre l’homme et « notre D.ieu ».
Isaïe dit que le péché lui-même sépare l’homme de D.ieu. Le péché est donc un écran qui empêche le niveau de « notre D.ieu » de résider en l’homme.
ובמ״א נתבאר פי׳ וענין אלקינו שאומרים כן על שם אלקים דוקא והיינו משום שכדי להיות אלקי בקרבי שזהו פי׳ אלקינו
Ailleurs, le sens et la signification de « notre D.ieu » (Elokeinou) ont été expliqués : cette expression désigne précisément le Nom Elokim. En effet, pour que « mon D.ieu soit en moi », ce qui est le sens de « notre D.ieu »,
Ailleurs, il a été expliqué pourquoi « notre D.ieu » emploie le Nom Elokim, le Nom de la dissimulation et de la limitation. Pour que D.ieu soit « mon D.ieu en moi », présent au sein d’un être limité, Sa lumière doit être contractée, et la contraction relève d’Elokim.
הנה זהו אי אפשר כ״א [כי אם] ע״י צמצום ע״ד [על דרך] צמצם שכינתו בין שני בדי ארון16 כו׳.
cela n’est possible que par le tsimtsoum (contraction), à la manière de « Il contracta Sa Chekhina entre les deux barres de l’Arche », etc.
Cela correspond à la description que donnent les Sages du Sanctuaire, où D.ieu « contracta Sa Chekhina entre les deux barres de l’Arche ». La note de Kehot renvoie à un Midrash (Bereshit Rabbah 4:4) qui rapproche « Je remplis les cieux et la terre » du fait que D.ieu parla à Moïse d’entre les barres de l’Arche.
דלכאורה אינו מובן הלא מלא כל הארץ כבודו17 ואת השמים ואת הארץ אני מלא18 ולא נזכר ע״ז [על זה] לשון צמצום כלל ומדוע גבי בדי ארון ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] צמצם שכינתו.
Car, à première vue, cela est difficile à comprendre : n’est-il pas écrit : « Toute la terre est remplie de Sa gloire » et « Je remplis les cieux et la terre », sans qu’aucune expression de contraction ne soit employée à ce propos ? Pourquoi donc nos Sages, de mémoire bénie, ont-ils dit, au sujet des barres de l’Arche : « Il contracta Sa Chekhina » ?
La question est la suivante : D.ieu remplit déjà toute la terre ainsi que les cieux, et aucun verset ne qualifie cela de contraction. Pourquoi, alors, les Sages parlent-ils de contraction à propos de Sa présence entre les barres de l’Arche ?
אך הענין הוא כי הגם שנאמר את השמים ואת הארץ אני מלא עכ״ז [עם כל זה] אינו מאיר בהם בבחי׳ גילוי כ״א [כי אם] בבחינת העלם
Mais l’explication est que, bien qu’il soit dit : « Je remplis les cieux et la terre », Il n’y brille néanmoins pas au niveau de la révélation, mais seulement au niveau de la dissimulation ;
La réponse est que D.ieu est présent dans les cieux et sur la terre, mais de façon cachée ; Sa lumière n’y brille pas ouvertement.
שהרי נקרא סתימו דכל סתימין. אבל בין בדי הארון היה אורו ית׳ מתגלה בבחינת גילו י.
car Il est appelé « le plus caché de tout ce qui est caché ». Mais entre les barres de l’Arche, Sa lumière, béni soit-Il, se révélait au niveau de la révélation.
Selon l’expression du Zohar, Il est « le plus caché de tout ce qui est caché ». Entre les barres de l’Arche, cette même lumière se révélait ; c’est cette révélation, et non Sa présence, que les Sages qualifient de contraction.
Ce paragraphe répond à la question de la descente de l’âme : elle descend pour devenir un ba‘al techouva, niveau supérieur à celui d’un juste parfait. Le texte aborde ensuite la première des trois sortes de techouva : s’écarter du mal. Cela élimine l’écran du péché, afin que « notre D.ieu » puisse résider en la personne, et explique que « notre D.ieu » désigne Elokim, car la présence révélée de D.ieu en une personne, comme Sa présence entre les barres de l’Arche, nécessite une contraction.
La distinction entre la présence cachée de D.ieu partout et Sa présence révélée en un lieu traverse tout le maamar. « Notre D.ieu » désigne D.ieu révélé en une personne par une contraction. Les trois sortes de techouva atteignent des niveaux successivement plus élevés : Elokim, Havaya, puis l’essence même de la Lumière infinie, au-dessus de Havaya.
Maré mekomot
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- 18
3והוא כמ״ש במ״א שבאלקות אין שייך כלל ענין הסתלקות והתפשטות כ״א [כי אם] ענין העלם וגילוי, שבאמת את השמים וכו׳ אני מלא1
Et cela correspond à ce qui est expliqué ailleurs : dans la Divinité, la notion de retrait et de déploiement ne s’applique absolument pas ; il n’y a que celle de dissimulation et de dévoilement. Car, en vérité, « Je remplis les cieux, etc. »,
Il est expliqué ailleurs qu’on ne peut dire de D.ieu qu’Il se retire d’un endroit ou qu’Il s’y déploie, puisqu’Il remplit tout. La seule différence entre un lieu et un autre est qu’Il y est dissimulé ou dévoilé.
רק שהוא בבחי׳ העלם אכן בין בדי הארון היה מאיר בבחינת גילוי. וכמו עד״מ [על דרך משל] באדם המחשבה מאירה ברגל ג״כ כדלקמן.
seulement, Il s’y trouve à un niveau de dissimulation ; tandis qu’entre les barres de l’Arche, Il brillait à un niveau de dévoilement. C’est comme, à titre d’analogie, la pensée chez une personne, qui brille également dans le pied, comme nous l’expliquerons plus loin.
Il remplit donc les cieux et la terre de manière dissimulée, tandis qu’entre les barres de l’Arche, Il brillait ouvertement. L’analogie est celle de la pensée d’une personne, qui atteint jusqu’au pied : comme l’explique plus loin le maamar, le pied se met en mouvement dès que l’on pense à le faire.
אך שברגל היא בבחינת העלם ומקיף אבל במוח היא מאירה בבחינת גילוי ממש ולא בבחינת העלם ומקיף לבד וכמ״ש מזה באריכות בד״ה ויקח קרח.2
Toutefois, dans le pied, elle est à un niveau de dissimulation et d’enveloppement (makif), tandis que dans le cerveau, elle brille dans un dévoilement véritable, et non seulement à un niveau de dissimulation et d’enveloppement, comme cela est expliqué longuement dans le discours commençant par « Et Korah prit ».
Dans le pied, cependant, la pensée est dissimulée et enveloppante (makif) : elle met le pied en mouvement sans que celui-ci saisisse la pensée. Dans le cerveau, cette même pensée est ouvertement dévoilée ; ce point est traité longuement dans le discours commençant par « Et Korah prit ».
Ce paragraphe précise l’idée : dans la Divinité, il n’y a ni retrait ni déploiement, mais seulement dissimulation et dévoilement. De même, la pensée est présente dans le pied de manière dissimulée et enveloppante, alors qu’elle est dévoilée dans le cerveau.
La distinction entre lumière enveloppante (makif) et lumière intérieure, introduite ici, revient à la fin du maamar : les mitsvot attirent la Divinité sous la forme d’une « tente » enveloppante, au niveau de Yaakov, tandis que la Torah l’attire à l’intérieur, au niveau de Yisrael, comme la pensée dans le pied se distingue de la pensée dans le cerveau.
Maré mekomot
- 1את השמים וכו׳ אני מלא · Jeremiah 23:24
- 2ויקח קרח · Numbers 16:1
4והנה כדי שיאיר אלהותו בבחינת גילוי אי אפשר כ״א [כי אם] ע״י צמצום שזה הגילוי הוא צמצום אצלו ית׳ כמו הדיבור עד״מ [על דרך משל] זהו הגילוי והוא השפלה וירידה לגבי הרב כו׳.
Or, pour que Sa divinité brille au niveau de la révélation, cela n’est possible que par le tsimtsoum (contraction), car cette révélation constitue pour Lui une contraction, qu’Il soit béni. [C’est] comme la parole, à titre d’analogie : elle est la révélation, mais représente un abaissement et une descente par rapport au maître, etc.
La révélation de la divinité exige une contraction, car la révélation constitue en elle-même un abaissement pour D.ieu. L’analogie est celle de la parole d’un maître : elle révèle sa pensée, mais, comparée au maître lui-même, elle représente un abaissement et une descente.
ועד״ז [ועל דרך זה] להיות נקרא אלקינו ממש זהו ע״י צמצום כו׳. ולכן לא נזכר בחינה זו על כל השמות כ״א [כי אם] על שם אלקים דוקא.
De même, le fait d’être appelé véritablement « notre D.ieu » résulte du tsimtsoum, etc. C’est pourquoi ce niveau n’est mentionné avec aucun des autres Noms, mais spécifiquement avec le Nom Elokim.
De même, pour que D.ieu soit véritablement « notre D.ieu », révélé en nous, une contraction est nécessaire. C’est pourquoi le possessif « notre » est associé spécifiquement au Nom Elokim, le Nom de la contraction, et non à chacun des Noms divins.
וזהו ענין התשובה האחד להיות בחינת אלקי בקרבי (אך צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] דהא כתיב כי חלק1234567 הוי׳ עמו והיינו שנשמת האדם הוא חלק משם הוי׳ ב״ה כמ״ש באגה״ת [באגרת התשובה] פ״ד.
Tel est le sens de la première techouva (retour) : faire advenir le niveau de « mon D.ieu en moi ». (Mais il faut comprendre : car il est écrit : « Car la part de Havaya est Son peuple », c’est-à-dire que l’âme d’un homme est une part du Nom Havaya lui-même, qu’Il soit béni, comme il est écrit dans Iggeret HaTechouva, chapitre 4.
Il s’agit de la première forme de techouva : faire advenir « mon D.ieu en moi ». Une longue parenthèse soulève maintenant une difficulté à partir du verset « La part de Havaya est Son peuple », qu’Iggeret HaTechouva (Tanya, troisième partie), chapitre 4, interprète comme signifiant que l’âme d’un Juif est une part du Nom Havaya lui-même.
וא״כ [ואם כן] איך אנו אומרים שרק על שם אלקים דוקא אומרים אלקינו. אך הענין שהרי אנו אומרים הוי׳ אלקינו א״כ [אם כן] ר״ל [רוצה לומר] שהשם הוי׳ הוא עצמו ממש אלקינו.
Si tel est le cas, comment pouvons-nous dire que c’est uniquement du Nom Elokim que nous disons « notre D.ieu » ? Mais voici l’explication : nous disons bien « Havaya, notre D.ieu » ; cela signifie donc que le Nom Havaya lui-même est véritablement « notre D.ieu ».
Si l’âme est une part de Havaya, pourquoi dire que « notre D.ieu » ne se rapporte qu’à Elokim ? En fait, nous disons « Havaya, notre D.ieu », comme dans le Chema, ce qui implique que Havaya lui-même est « notre D.ieu ».
ופי׳ כי בודאי יש בכל נשמה חלק משם הוי׳ ממש ב״ה כמשנ״ת [כמו שנתבאר] באגה״ת [באגרת התשובה] שם פ״ד הנ״ל וכמ״ש בד״ה ולא אבה הוי׳ אלקיך לשמוע אל בלעם כו׳. ועמ״ש בד״ה בפ׳ נסכים.
Cela signifie que, certainement, chaque âme possède une part du Nom Havaya lui-même, qu’Il soit béni, comme cela a été expliqué dans Iggeret HaTechouva, au chapitre 4 susmentionné, et comme il est écrit dans le discours qui commence par « Mais Havaya, ton D.ieu, ne voulut pas écouter Bilaam », etc. Voyez aussi ce qui est écrit dans le discours sur la section des oblations.
Chaque âme contient bien une part du Nom Havaya lui-même, comme l’explique Iggeret HaTechouva, ainsi que le maamar sur « Mais Havaya, ton D.ieu, ne voulut pas écouter Bilaam ».
אך שהמשכה זו הוא ע״י שם אלקים כי שם הוי׳ הוא האור והחיות ושם אלקים הוא בחינת הכלים שבהן נמשך האור והן בחינת אותיות וכמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] ח״ב [חלק ב׳] ספ״ד [סוף פרק ד׳].
Toutefois, cette émanation s’opère par l’intermédiaire du Nom Elokim. Car le Nom Havaya est la lumière et la force vitale, tandis que le Nom Elokim est le niveau des réceptacles à travers lesquels la lumière est émanée ; ces réceptacles sont le niveau des lettres, comme il est écrit dans Sefer Chel Beinonim (Tanya), deuxième partie, fin du chapitre 4.
Cependant, cette part de Havaya parvient à l’âme par l’intermédiaire d’Elokim. Havaya est la lumière et la force vitale, tandis qu’Elokim représente les réceptacles, les lettres à travers lesquelles la lumière est émanée et prend forme, comme l’explique la deuxième partie du Tanya (Cha’ar HaYi’houd VehaEmouna).
וכמ״ש בד״ה וידבר אלקים כו׳ וארא אל אברהם8 כו׳ בענין אימתי גדול הוי׳ כשהוא בעיר אלקינו כו׳ עד וזהו וידבר אלקים אל משה ויאמר אליו אני9 הוי׳ שע״י בחינת אלקים הוא גילוי שם הוי׳ כו׳ ע״ש [עיין שם].
Et comme il est écrit dans le discours qui commence par « Et Elokim parla », etc., « Je suis apparu à Avraham », etc., à propos de « Quand Havaya est-Il grand ? Lorsqu’Il est dans la ville de notre D.ieu », etc., jusqu’à : « Tel est le sens de “Et Elokim parla à Moché et lui dit : Je suis Havaya” : c’est par le niveau d’Elokim que le Nom Havaya se révèle », etc. Voyez là-bas.
Dans Torah Ohr, le maamar sur « Et Elokim parla à Moché et lui dit : Je suis Havaya » interprète « Havaya est grand… dans la ville de notre D.ieu » ainsi : Havaya est grand lorsqu’Il se trouve dans « la ville de notre D.ieu », c’est-à-dire lorsqu’Il se révèle par l’intermédiaire d’Elokim. Elokim est donc le moyen par lequel Havaya se révèle.
ועיין מענין כי חלק הוי׳ עמו בזח״א [בזהר חלק א] דצ״ו ע״ב קס״א ב׳. ח״ב [חלק ב׳] דצ״ו א׳ ח״ג [חלק ג׳] ס״ב ב׳ צ״ד א׳ דרפ״ו ב׳ וז״ל [וזה לשונו] הרמ״ז [הרב משה זכות] שם בכל מקום הם אחוזים בו בין בבי״ע [בבריאה יצירה עשיה] בין באצילות
Voyez aussi, à propos de « Car la part de Havaya est Son peuple », Zohar, partie I, 96b, 161b ; partie II, 96a ; partie III, 62b, 94a, 286b. Voici les termes du Ramaz (Rabbi Moché Zacuto), là-bas : « En tout lieu, ils sont attachés à Lui, que ce soit dans Béria, Yetsira et Assiya ou dans Atsilout ;
Le Zohar traite de « La part de Havaya est Son peuple » en plusieurs endroits. Rabbi Moché Zacuto (le Ramaz), dans son commentaire sur le Zohar, explique que les âmes juives sont attachées à D.ieu dans tous les mondes, aussi bien dans les trois mondes inférieurs de Béria, Yetsira et Assiya que dans Atsilout.
כי חלק הוי׳ הם ד׳ אותיות הוי׳ שהם נשמת ד׳ עולמות לכל אחד יש לו חלק בפנימיות שלהם עכ״ל [עד כאן לשונו].
car « la part de Havaya » désigne les quatre lettres de Havaya, qui sont l’âme des quatre mondes ; chacun a une part dans leur dimension intérieure. » Fin de citation.
Selon le raisonnement du Ramaz, « la part de Havaya » désigne les quatre lettres du Nom, qui sont l’âme des quatre mondes, et chaque Juif a une part dans la dimension intérieure de chacun d’eux.
ובפרשת תרומה דקל״ד ע״ב כתב וז״ל [וזה לשונו] שאע״פ [שאף על פי] שיש פירוד בין בי״ע [בריאה יצירה עשיה] לאצילות היינו בבחי׳ כלי העולמות אבל לא בבחי׳ האור הפנימי המתפשט בהם שהרי סודו שם הוי׳ יו״ד באצילות ה׳ בבריאה ו״ה ביצירה ועשייה עכ״ל [עד כאן לשונו].
Et dans la paracha Terouma, 134b, il a écrit, et voici ses paroles : « Bien qu’il y ait une séparation entre Béria, Yetsira et Assiya, d’une part, et Atsilout, d’autre part, cela concerne le niveau des réceptacles des mondes, mais non celui de la lumière intérieure qui se répand en eux ; car son mystère est le Nom Havaya : le youd dans Atsilout, le hé dans Béria, le vav et le hé dans Yetsira et Assiya. » Fin de citation.
Dans un autre commentaire, le Ramaz explique que les mondes inférieurs ne sont séparés d’Atsilout qu’au niveau de leurs réceptacles ; la lumière intérieure qui se trouve en eux tous est le Nom Havaya : son youd dans Atsilout, son premier hé dans Béria, et son vav et son hé final dans Yetsira et Assiya.
ויש לעיין דא״כ [דאם כן] איך שייך לומר שכל ישראל יש לכל אחד ממש חלק משם הוי׳ שהוא בחינת אצילות ממש, דהיינו או אצילות העליון ממש או אצילות שבבי״ע [שבבריאה יצירה עשיה].
Il faut examiner la question : si tel est le cas, comment peut-on dire que tout Israël, chacun en particulier, possède réellement une part du Nom Havaya, qui est le niveau même d’Atsilout, c’est-à-dire soit d’Atsilout supérieur lui-même, soit d’Atsilout qui se trouve en Béria, Yetsira et Assiya ?
Cela soulève une question. Si la part de Havaya est le niveau d’Atsilout, comment chaque Juif peut-il la posséder ? Cela signifierait que chaque âme provient d’Atsilout, soit d’Atsilout proprement dit, soit de la dimension d’Atsilout présente dans chacun des mondes inférieurs.
והרי ודאי רוב הנשמות הם מבי״ע [מבריאה יצירה עשיה] ממש ולא מאצילות שבבי״ע [שבבריאה יצירה עשיה]. ועיין מזה בהרמ״ז [בהרב משה זכות] ר״פ משפטים ד״ה מה תוספת לנשמתא.
Car, à n’en pas douter, la plupart des âmes proviennent de Béria, Yetsira et Assiya proprement dits, et non de la dimension d’Atsilout qui se trouve en Béria, Yetsira et Assiya. Voir à ce sujet le Ramaz, au début de la paracha Michpatim, le passage qui commence par « Quel est l’ajout à l’âme ».
Pourtant, la plupart des âmes proviennent des mondes de Béria, Yetsira et Assiya eux-mêmes, et non même de la dimension d’Atsilout qui se trouve en eux. Le Ramaz en traite au début de ses commentaires sur la section du Zohar de Michpatim (Zohar II 94b, selon la note de Kehot).
וי״ל [ויש לומר] שאעפ״כ [שאף על פי כן] שרשן כולם מאצילות ממש רק פי׳ נשמות דבי״ע [דבריאה יצירה עשיה] היינושהנשמה שבגוף אינה כ״א [כי אם] מבי״ע [מבריאה יצירה עשיה] אבל שרשה ממש י״ל [יש לומר] כולם מאצילות ממש וכמשנ״ת [וכמו שנתבאר] בביאור ע״פ יונתי בחגוי הסלע10 ואף גם הנשמה המלובשת בגוף היא מבחינת שם הוי׳.
On peut dire que, malgré cela, la racine de toutes ces âmes se trouve dans Atsilout même ; seulement, l’expression « âmes de Béria, Yetsira et Assiya » signifie que l’âme présente dans le corps ne provient que de Béria, Yetsira et Assiya, mais que leur racine véritable, à toutes, se trouve, peut-on dire, dans Atsilout même, comme cela a été expliqué dans l’explication sur « Ma colombe, dans les fentes du rocher ». Et même l’âme qui est revêtue dans le corps relève du niveau du Nom Havaya,
La réponse est que chaque âme, même celle qu’on appelle une âme de Béria, Yetsira ou Assiya, a sa racine dans Atsilout ; cette désignation ne décrit que la partie de l’âme qui est revêtue dans le corps. L’explication sur « Ma colombe, dans les fentes du rocher » enseigne la même chose, et même la partie de l’âme revêtue dans le corps relève du Nom Havaya.
כענין מ״ש בע״ח [בעץ חיים] שער השמות שער מ״ד פ״ד דיו״ד כלים הפנימי׳ [הפנימיות / הפנימית] דבריאה הם שמות הוי׳ והרי הנשמות נמשכו מפנימיות הכלים.
conformément à ce qui est écrit dans Etz Chaim, Sha'ar HaShemos, Sha'ar 44, chapitre 4 : les dix réceptacles intérieurs de Béria sont des Noms de Havaya ; or les âmes sont attirées de la dimension intérieure des réceptacles.
Cela découle de Etz Chaim : les dix réceptacles intérieurs de Béria sont des Noms de Havaya, et les âmes sont attirées de la dimension intérieure des réceptacles. Ainsi, même une âme issue de Béria est attirée de Havaya.
עכ״פ [על כל פנים] מזה מובן ענין פי׳ אלקינו היינו ששם הוי׳ ממש הוא אלקינו כחנו וחיותנו ממש. ועמ״ש מזה בד״ה קדש ישראל לה׳:)1112
Quoi qu’il en soit, on comprend ainsi le sens de « notre D.ieu » : le Nom Havaya lui-même est « notre D.ieu », notre force et notre force vitale véritables. Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le discours qui commence par « Israël est saint pour Havaya ». )
Ainsi, « Havaya, notre D.ieu » signifie que Havaya lui-même est notre force et notre vie : Elokeinou se comprend ici comme « notre force », car la lumière de Havaya vit en nous en passant par Elokim. Le maamar sur « Israël est saint pour Havaya » approfondit ce sujet.
Ce paragraphe achève l’exposé de la première forme de techouva : la révélation de D.ieu en l’homme exige une contraction, de sorte que « notre D.ieu » se rapporte à Elokim. Une longue parenthèse concilie cela avec « La part de Havaya est Son peuple » : chaque âme a sa racine en Havaya, en dernier ressort dans Atsilout, mais cette lumière pénètre dans l’âme par l’intermédiaire d’Elokim, les réceptacles et les lettres, si bien que Havaya lui-même devient « notre D.ieu », notre force et notre vie.
La correspondance établie par le Ramaz entre les quatre lettres de Havaya et les quatre mondes (le youd dans Atsilout, le hé dans Béria, le vav dans Yetsira et le hé final dans Assiya) permet à l’Alter Rebbe d’affirmer que la lumière intérieure de l’âme est Havaya à chaque niveau, tandis que la séparation entre les mondes ne relève que des réceptacles. C’est cette relation que le texte cite du Tanya : Havaya est la lumière, et Elokim le réceptacle qui la dissimule afin qu’elle puisse être reçue.
Maré mekomot
- 1כי חלק הוי׳ עמו · Deuteronomy 32:9
- 2כי חלק הוי׳ עמו · Zohar, Lech Lecha 35:465–476
- 3כי חלק הוי׳ עמו · Zohar, Vayetzei 31:305–32:310
- 4כי חלק הוי׳ עמו · Zohar, Mishpatim 3:34–43
- 5כי חלק הוי׳ עמו · Zohar, Achrei Mot 18:110–19:118
- 6כי חלק הוי׳ עמו · Zohar, Emor 24:104–111
- 7כי חלק הוי׳ עמו · Zohar, Ha'Azinu 1:1–3:11
- 8וארא אל אברהם · Exodus 6:3
- 9וידבר אלקים אל משה ויאמר אליו אני הוי׳ · Exodus 6:2
- 10
- 11קדש ישראל לה׳ · Jeremiah 2:3
- 12
Comment le péché sépare ¶5–6
5קיצור. ענין ויעקבני כו׳. ג׳ תשובות. הא׳ להיות סור מרע. שלא להיות עונותיכם מבדילים כו׳ ואז נעשה בחינת אלקינו.
Résumé. Le sens de « Il m’a supplanté », etc. Trois sortes de techouva. La première consiste à « s’écarter du mal », afin que « vos fautes » ne « fassent pas séparation », etc. Alors se réalise le niveau de « notre D.ieu ».
Voici le résumé de la section 1 : le verset « Il m’a supplanté », les trois sortes de techouva, et la première d’entre elles : s’écarter du mal afin que le péché ne fasse plus séparation, ce qui fait advenir le niveau de « notre D.ieu ».
וזהו בא״י [ברוך אתה ה׳] אלקינו. וענין פי׳ אלקינו וצמצם שכינתו. וענין חלק הוי׳ עמו ופי׳ הוי׳ אלקינו:ב והנה פי׳ עונותיכם מבדילים כו׳.
Et c’est là le sens de « Béni sois-Tu, Havaya, notre D.ieu ». Et le sens de « notre D.ieu », ainsi que de « Il a contracté Sa Chekhina ». Et le sens de « La part de Havaya, c’est Son peuple », ainsi que de « Havaya notre D.ieu ». 2. Or, le sens de « vos fautes font séparation », etc.,
Le résumé se poursuit : la bénédiction « Béni sois-Tu, Havaya, notre D.ieu » ; pourquoi « notre D.ieu » désigne Elokim, comme dans la contraction de la Chekhina entre les barres de l’Arche ; et comment « La part de Havaya, c’est Son peuple » s’accorde avec « Havaya notre D.ieu ». La section 2 commence ensuite par expliquer comment le péché fait séparation.
מבואר באגה״ת [באגרת התשובה] פ״ה דהנה כתיב ויפח באפיו1 כו׳ שהוא המשכה מבחי׳ פנימיות החיות היא בחינת חלק ה׳ ב״ה
est expliqué dans Igueret Hatechouva, chapitre 5 : car il est écrit : « Et Il insuffla dans ses narines », etc. Il s’agit d’un influx provenant du niveau de la dimension intérieure de la force vitale, qui est le niveau de « la part de Havaya », béni soit-Il ;
Igueret Hatechouva (Tanya, partie III), chapitre 5, l’explique à partir de « Et Il insuffla dans ses narines un souffle de vie » : l’âme émane de la dimension intérieure de la force vitale de D.ieu, et ce souffle intérieur est « la part de Havaya ».
וכמו שעד״מ [שעל דרך משל] כשהאדם נופח לאיזה מקום אם יש איזה דבר חוצץ ומפסיק בינתיים אין הבל הנופח עולה ומגיע כלל לאותו מקום ככה ממש אם יש דבר חוצץ ומפסיק בין גוף האדם לבחינת הבל העליון.
et de même que, par analogie, lorsqu’une personne souffle en direction d’un endroit, si quelque chose s’interpose et fait obstacle entre les deux, le souffle de celui qui souffle ne s’élève pas et n’atteint nullement cet endroit, de même exactement, si quelque chose s’interpose et fait obstacle entre le corps de la personne et le niveau du souffle d’en haut.
L’analogie est la suivante : si quelque chose se trouve entre une personne qui souffle et l’endroit vers lequel elle souffle, le souffle ne parvient jamais à destination. De même, quelque chose peut empêcher le souffle d’en haut d’atteindre le corps d’une personne.
אך באמת אין שום דבר גשמי ורוחני חוצץ לפניו ית׳ כו׳ אלא כמ״ש בישעי׳ [בישעיה] כ״א [כי אם] עונותיכם היו מבדילים כו׳, והטעם לפי שהם נגד רצה״ע [רצון העליון] ב״ה המחיה את הכל כו׳ ע״ש [עיין שם].23
Mais en vérité, rien de physique ni de spirituel ne peut faire obstacle devant Lui, béni soit-Il, etc. ; c’est plutôt comme il est écrit dans Isaïe : « Mais vos fautes ont fait séparation », etc. La raison en est qu’elles s’opposent à la Volonté suprême, béni soit-Il, qui donne vie à tout, etc. Voir là-bas.
Rien de physique ni de spirituel ne peut réellement faire écran devant D.ieu, qui emplit tout ; seul le péché fait séparation, car il s’oppose à la Volonté suprême qui donne vie à tout. Voilà pourquoi le verset dit : « Vos fautes ont fait séparation ».
Après le résumé de la section 1, la section 2 commence par expliquer, à partir d’Igueret Hatechouva, comment le péché peut séparer l’homme de D.ieu : l’âme est le « souffle » intérieur de D.ieu, et seul ce qui s’oppose à Sa volonté peut lui faire obstacle.
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6ועמ״ש בד״ה את קרבני לחמי בענין הלבושים צואים כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] מלפפתו1 כו׳ ע״ש [עיין שם]. ובר״ח [ובראשית חכמה] שער הענוה פ״ו באמצע הפרק בד״ה וכאשר יזכור האדם אינון מחיצה בין ישראל לאביהם שבשמים כו׳
Et voyez ce qui est écrit dans le discours commençant par « Mon offrande, Mon pain », au sujet des vêtements souillés, comme l’ont dit nos Sages de mémoire bénie : « Il l’enveloppe », etc. Voyez là-bas. Et dans Reishis Chochmah, Sha'ar HaAnavah, chapitre 6, au milieu du chapitre, dans le passage commençant par « Et lorsque l’homme se souviendra » : « Ils sont une cloison entre Israël et leur Père dans le Ciel », etc. ;
Le maamar sur « Mon offrande, Mon pain » traite des « vêtements souillés » du péché, en s’appuyant sur l’enseignement du Talmud selon lequel une faute « enveloppe » celui qui la commet et le précède au jugement. Reishis Chochmah, l’ouvrage classique de Rabbi Eliyahou de Vidas, dit dans son Portique de l’humilité que les péchés sont une cloison entre Israël et leur Père dans le Ciel.
גרמין אפרשותא בין קוב״ה [קודשא בריך הוא] וישראל ודא איהו רזא כי אם עונותיכם היו מבדילים כו׳. עכ״ל [עד כאן לשונו].
« Ils provoquent une séparation entre le Saint béni soit-Il et Israël ; et tel est le mystère de : “Mais vos fautes ont fait séparation” », etc. Fin de citation.
La citation s’achève ainsi : les péchés « provoquent une séparation » entre le Saint béni soit-Il et Israël ; tel est le sens intérieur de « vos fautes ont fait séparation ».
וע׳ [ועיין] מענין פי׳ מחיצה בד״ה ועשית ציץ2 ומענין מש״ש [מה שכתוב שם] בכל צרתם3 בשמות רבה פ׳ ב׳ גבי מתוך הסנה ועיין בזח״ב [בזהר חלק ב׳] (דס״ט ב׳ ודקל״א א׳).
Voyez aussi le sens de « cloison » dans le discours commençant par « Tu feras un tsits (diadème) » ; et au sujet de ce qui y est écrit à propos de « Dans toutes leurs souffrances », dans Chemot Rabba, section 2, à propos de « du milieu du buisson » ; voyez également le Zohar, partie II (69b et 131a).
D’autres développements portent sur cette cloison : le maamar de Torah Ohr sur le diadème d’or du Grand Prêtre (tsits), ainsi que le Midrach sur la manifestation de D.ieu dans le buisson, où Chemot Rabba interprète « Dans toutes leurs souffrances, Il souffrait » comme signifiant que D.ieu partage la détresse d’Israël.
Voyez ce qui est écrit dans l’explication sur « Ma colombe, dans les fentes », au sujet du sens de « Je revêts les cieux de noirceur », etc. Quant à ce qu’il a écrit : « Ils provoquent une séparation », cela se comprend :
L’explication sur « Ma colombe, dans les fentes du rocher » interprète le verset « Je revêts les cieux de noirceur et leur donne un sac pour couverture ». Cette image éclaire les mots araméens « provoquent une séparation ».
כי כשההשפעה נמשכת ע״י לבוש שק גס ועב אין גילוי אלקות בעולם כי לבוש גס זה מסתיר לגמרי על הגוף.
car lorsque le flux est attiré par l’intermédiaire d’un vêtement de sac grossier et épais, la divinité n’est pas révélée dans le monde, puisque ce vêtement grossier dissimule entièrement le corps.
Lorsque le flux de D.ieu vers le monde passe par un vêtement grossier et épais, comme le sac, la divinité n’est pas révélée dans le monde, de même qu’un vêtement grossier dissimule entièrement le corps.
ועמ״ש בביאור ע״פ אלה מסעי.6 ועיין באגה״ת [באגרת התשובה] פ״ו בענין ובפשעכם שולחה אמכם.7 ובזח״ג [ובזהר חלק ג] פ׳ אחרי (ד׳ ע״ד [על דרך] ב׳).
Voyez ce qui est écrit dans l’explication sur « Voici les étapes ». Voyez également Iggeres HaTeshuvah, chapitre 6, au sujet de « Et à cause de vos transgressions, votre mère a été renvoyée » ; ainsi que le Zohar, partie III, Parshas Acharei (74b).
Autres développements sur ce sujet : l’explication sur « Voici les étapes » ; Iggeres HaTeshuvah, chapitre 6, à propos de « Et à cause de vos transgressions, votre mère a été renvoyée », où la « mère » désigne la Chekhina envoyée en exil ; et le Zohar sur Acharei.
וזהו ענין עונותיכם היו מבדילים שהם הגורמים התלבשות השפעת השכינה בע״ס [בעשר ספירות] דנוגה כו׳, וזהו המחיצה המפסקת כו׳.
Tel est donc le sens de « vos fautes ont fait séparation » : elles sont la cause de l’enveloppement du flux de la Chekhina dans les dix Séfirot de Nogah, etc. Telle est la cloison qui fait écran, etc.
C’est ainsi que les péchés créent une séparation : ils causent l’enveloppement du flux de la Chekhina dans les dix Séfirot de Nogah, la kelipa « translucide », où le bien et le mal sont mêlés et dont les choses permises de ce monde tirent leur vitalité. Cet enveloppement constitue la cloison.
והענין כי יעקב חבל נחלתו8 וע״י שהאדם משפיל את עצמו להמשך אחר התאוות גשמיים באיסור או אפי׳ [אפילו] בהיתר שהם נמשכים מהיכלות הקליפות גורם בזה למעלה כמ״כ [כמו כן] התלבשות השפעת ה׳ תתאה הנ״ל בע״ס [בעשר ספירות] דנוגה.9101112
Et voici l’explication : « Yaakov est le cordon de Son héritage » ; lorsqu’un homme s’abaisse en se laissant entraîner par les désirs physiques, qu’ils soient interdits ou même permis — car ils proviennent des palais des kelipot —, il provoque de la même manière, en haut, l’enveloppement du flux de la hei inférieure mentionnée plus haut dans les dix Séfirot de Nogah.
La raison en est que « Yaakov est le cordon de Son héritage » : Israël est lié à D.ieu comme par une corde, dont l’extrémité supérieure se déplace lorsque l’extrémité inférieure est tirée. Lorsqu’un homme s’abandonne aux désirs physiques, interdits ou même permis, qui proviennent des palais des kelipot, il provoque l’enveloppement de la hei inférieure du Nom — la Chekhina — dans Nogah, en haut.
Ce paragraphe explique la « séparation » causée par le péché : celui-ci entraîne le flux de la Chekhina dans le vêtement grossier de Nogah, comme un sac qui dissimule un corps, de sorte que la divinité n’est plus révélée. Puisqu’Israël est lié à D.ieu comme par une corde, même le fait de s’adonner à des désirs physiques permis produit cet effet en haut.
La hei inférieure de Havaya est Mal'hout, la Chekhina ; son enveloppement dans Nogah est ce que l’on appelle l’exil de la Chekhina, « ta mère a été renvoyée ». La première techouva, qui déracine le désir des choses de ce monde, inverse ce processus, comme l’indique le paragraphe suivant : la hei inférieure retourne à sa source, ce qui correspond à la lecture de techouva comme tachouv hei, « la hei retourne ».
Maré mekomot
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La deuxième techouva : faire le bien ¶7–10
Et lorsqu’on fait techouva et que l’on déracine sa volonté des vanités du monde, on provoque de même, en haut, le retour du niveau du hé inférieur vers sa source, etc. (tachouv hé).
Lorsqu’une personne fait techouva et déracine son désir des vanités du monde, elle provoque la même chose en haut : le hé inférieur du Nom, la Chekhina, retourne à sa source. C’est l’interprétation kabbalistique de techouva comme tachouv hé, « le hé retourne », que la note de Kehot rattache au Zohar (Ra'aya Mehemna, III 122a).
וזהו ענין בא״י [ברוך אתה ה׳] אלקינו שאזי אין מבדיל בין האדם ובין אלקינו כו׳, ועיין באגה״ת [באגרת התשובה] פ״ח [פרק ח׳] שזהו ענין ונקה מנקה הוא3 לשבים לרחוץ ולנקות נפשם מלבושים הצואים4 כו׳ ע״ש [עיין שם].
Tel est le sens de « Béni sois-Tu, Havaya, notre D.ieu » : alors, rien ne sépare la personne de « notre D.ieu », etc. Voir aussi Iggeres HaTeshuvah, chapitre 8, où il est expliqué que tel est le sens de « Il purifie » : Il purifie ceux qui reviennent, afin de laver et de débarrasser leur âme de ses vêtements souillés, etc. Voir là-bas.
Voilà ce qu’accomplit « Béni sois-Tu, Havaya, notre D.ieu » : plus rien ne sépare la personne de « notre D.ieu ». Iggeres HaTeshuvah, chapitre 8, interprète de même les paroles du Talmud « Il purifie ceux qui reviennent » : la techouva lave l’âme des vêtements souillés par le péché.
והתשובה השנית היא התשובה בבחינת ועשה טוב. דהיינו שאע״פ [שאף על פי] שהוא סור מרע בתכלית. אך שהוא ממעט במצות ועשה טוב לייגע את עצמו בתורה ותפלה.
La seconde techouva est celle du niveau de « et fais le bien ». Cela signifie que, bien qu’il se détourne complètement du mal, il néglige néanmoins les mitsvot et « faire le bien » : il ne s’applique pas avec effort à la Torah et à la prière.
La seconde forme de techouva concerne « et fais le bien ». Elle s’adresse à celui qui s’est complètement détourné du mal, mais qui fait trop peu de bien : il ne s’applique pas avec effort à l’étude de la Torah et à la prière.
היינו עצלות. וע״ז [ועל זה] נאמר (תהלים י״ד) אין עושה טוב אין גם אחד. ופי׳ בעה״מ [בעל המחבר] שער קרית ארבע פרק קמ״ה שעי״ז גורם הסתלקות טוב העליון שהוא היסוד.
Il s’agit de paresse. À ce propos, il est dit (Psaumes 14) : « Nul ne fait le bien, pas même un seul. » Emek HaMelech, Sha'ar Kiryas Arba, chapitre 145, explique que cela provoque le retrait du « bien » supérieur, qui est Yessod (fondement).
La racine de cette défaillance est la paresse, et le verset dit à son propos : « Nul ne fait le bien. » Emek HaMelech, ouvrage de Kabbale de Rabbi Naftali Bacharach, explique qu’une telle négligence entraîne le retrait du « bien » supérieur, la Séfira de Yessod.
והענין כמ״ש אמרו צדיק כי טוב.5 מדת צדיק הוא התקשרות והתחברות ההמשכה מבחינת סובב כל עלמין להיות נמשך ומאיר בבחינת פנימיות בבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] ונקרא יחוד קב״ה [קודשא בריך הוא] ושכינתיה.
L’explication est celle de l’écrit : « Dites du juste qu’il est bon. » L’attribut du juste consiste à relier et unir l’effusion provenant du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), afin qu’elle soit attirée et brille dans la dimension intérieure (pnimiyout), au sein du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin). Cela s’appelle l’union du Saint béni soit-Il et de Sa Chekhina (Présence divine).
Yessod est appelé « juste » et « bien », d’après le verset « Dites du juste qu’il est bon ». Son rôle est d’unir la lumière qui entoure tous les mondes à celle qui les remplit, afin que la lumière transcendante brille à l’intérieur ; cette union est appelée l’union du Saint béni soit-Il et de Sa Chekhina.
ועיין בסש״ב [בספר של בינונים] פרק מ״א ועיין מ״ש ע״פ והתהלכתי בתוככם6 ועיין מ״ש סד״ה כי ההרים ימושו78 ועיין בזח״ג [בזהר חלק ג] (דק״י ע״ב)9 ע״פ ועשה טוב שכן ארץ.1011
Voir Sefer Shel Beinonim (Tanya), chapitre 41 ; voir aussi ce qui est écrit sur « Et Je marcherai parmi vous » ; ainsi que ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Car les montagnes s’éloigneront » ; et voir le Zohar, partie III (110b), sur « Fais le bien, demeure dans le pays ».
Tanya, chapitre 41, et d’autres maamarim approfondissent ce sujet, tout comme le Zohar à propos de « Fais le bien, demeure dans le pays ». La note de Kehot cite l’explication du Tséma’h Tsédek sur ce passage du Zohar : par « fais le bien », on attire en haut le niveau de « Dites du juste qu’il est bon ».
(ודרכ״ה ב׳) ובהרמ״ז [ובהרב משה זכות] שם1213 וזהו פי׳ וענין עובד אלקים1415 המבואר בסש״ב [בספר של בינונים] פט״ו [פרק ט״ו / פרשה ט״ו] שהוא מלשון עורות עבודים
(et 225b), ainsi que dans le Ramaz, à cet endroit. Tel est le sens et la notion de « celui qui sert D.ieu » (oved Elokim), expliquée dans Sefer Shel Beinonim, chapitre 15 : l’expression vient de « peaux tannées » (oros avudim) ;
Le commentaire du Ramaz, cité dans la note de Kehot, relie « faire le bien » à l’établissement de l’alliance, la Séfira de Yessod. Le texte explique ensuite l’expression « celui qui sert D.ieu » (oved Elokim), tirée de Tanya, chapitre 15 : elle désigne celui qui est encore engagé dans le combat contre son mauvais penchant et se rattache à oros avudim, « peaux tannées », des peaux travaillées avec effort.
וכך הוא מתקן ההסתר16 הנמשך מהצמצום דשם אלקים ע״י מה שהוא מייגע את עצמו בועשה טוב להלחם עם הטבע והיצר כו׳
Il répare ainsi la dissimulation issue du tsimtsoum (contraction) du Nom Elokim, en s’appliquant avec effort à « faire le bien » et en luttant contre sa nature et son mauvais penchant, etc. ;
Comme le tanneur travaille une peau rigide, celui qui sert D.ieu lutte contre sa nature et son penchant. Par cet effort, il répare la dissimulation causée par la contraction du Nom Elokim.
שכמ״כ [שכמו כן] ממשיך עי״ז יחוד עליון דשמש ומגן17 הוי׳ אלקים שלא יסתיר המגן והנרתק וכענין שילוב אד׳ בהוי׳18 כו׳ וממתקים הגבורות בחסדים שזהו עיקר ענין היחוד.
Car, de même, par cela, il attire l’union suprême de « un soleil et un bouclier, Havaya Elokim », afin que le bouclier et l’étui ne fassent pas écran. Cela correspond à l’imbrication d’Ado-naï dans Havaya, etc. ; les Guevurot (rigueurs) sont adoucies par les Hassadim (bontés), ce qui constitue l’essence même de l’union.
Plus haut, ce même effort réalise l’union de « un soleil et un bouclier, Havaya Elokim » : Havaya est le soleil, et Elokim, le bouclier et l’étui qui en voilent la lumière ; l’union empêche le bouclier de cacher le soleil. Cela correspond à l’imbrication des lettres des Noms Ado-naï et Havaya, et adoucit les rigueurs (Guevurot) par les bontés (Hassadim), ce qui constitue l’essence même de l’union.
ולכן כשאין עושה טוב כדבעי גורם התגברות הדינין כמש״ש [כמה שכתוב שם] (דק״י ע״ב) דהא כדין נורא דליק ואוקיד עלמא בשלהובי כו׳,
C’est pourquoi, lorsqu’on ne fait pas le bien comme il convient, on provoque la prédominance des jugements, comme il est écrit là-bas (110b) : « car alors le feu s’embrase et brûle le monde de ses flammes », etc.
Ainsi, lorsqu’une personne ne fait pas le bien comme il convient, les jugements prédominent. Le Zohar décrit le résultat : le feu s’embrase et brûle le monde de ses flammes.
משא״כ ע״י יחוד עליון שהוא המשכת החסדים שהוא גילוי אור א״ס [אין סוף] ב״ה הסובב כל עלמין בממכ״ע [בממלא כל עלמין]
En revanche, par l’union suprême, qui consiste à attirer les Hassadim — la révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, qui entoure tous les mondes — dans memalé kol almin,
À l’inverse, l’union suprême attire les Hassadim : c’est la révélation de la Lumière infinie qui entoure tous les mondes dans la lumière qui les remplit.
אזי גם הגבורות דממע״כ [דממלא כל עלמין] מומתקים וז״ש [וזהו שכתוב] בזח״ג [בזהר חלק ג] (דמ״ב סע״ב [סוף עמוד ב])19 א״ר [אמר רבי] יוסי כו׳ לית לה בפומא20 כו׳ ע״ש [עיין שם] בפירוש הרמ״ז [הרב משה זכות] ודו״ק [ודוק].
alors les Guevurot de memalé kol almin sont également adoucies. C’est ce que dit le Zohar, troisième partie (fin de 42b) : « Rabbi Yossi dit », etc., « elle n’a rien dans la bouche », etc. Voyez là-bas le commentaire du Ramaz et méditez attentivement.
Alors, même les rigueurs de la lumière qui remplit tous les mondes sont adoucies. Le texte renvoie à un autre passage du Zohar et au commentaire du Ramaz ; la note de Kehot renvoie le lecteur à Likkutei Torah sur Chla’h, où ce passage est examiné.
והנה מה שלמעלה במדרגה שם הפגם יותר פי׳ שמי שנשמתו גבוה אזי פוגם החטא בהבטלו מועשה טוב ושאינו עובד אלקים, ויותר גדול הנפילה שלו מהעון של איש ההמוני שאינו סור מרע.
Or, plus un niveau est élevé, plus la faute y cause un dommage. Cela signifie que lorsqu’une personne dont l’âme est élevée s’abstient de « faire le bien » et n’est pas « au service de D.ieu », la faute provoque un dommage, et sa chute est plus grande que [celle causée par] la faute d’un homme ordinaire qui ne « s’écarte pas du mal ».
Principe : plus le niveau est élevé, plus le dommage est grand. Lorsqu’une âme élevée néglige de faire le bien et ne sert pas véritablement D.ieu, sa chute est plus grande que celle d’une personne ordinaire qui ne s’écarte même pas du mal.
דהנה כתיב כי האדם עץ השדה2122 ופי׳ בזהר ח״ג [חלק ג׳] (דר״ב ב׳) שבחי׳ שורש נשמת האדם הוא בחי׳ עץ דההוא שדה אשר ברכו23 ה׳ כו׳ ע״ש [עיין שם] ובפי׳ הרמ״ז [הרב משה זכות].
Car il est écrit : « Car l’homme est un arbre des champs », et le Zohar, troisième partie (202b), explique que la racine de l’âme de l’homme est le niveau d’un arbre de « ce champ que Havaya a béni », etc. Voyez là-bas, ainsi que le commentaire du Ramaz.
Le point de départ est le verset : « Car l’homme est un arbre des champs », que le Zohar interprète comme signifiant que la racine de l’âme est un arbre de « ce champ que Havaya a béni ».
והנה עד״מ [על דרך משל] עץ עושה פרי שיש בו פירות שלמטה סמוך לארץ ויש בו פירות שלמעלה גבוה מעל גבוה24
À titre d’analogie, un arbre fruitier porte des fruits en bas, près du sol, et d’autres en haut, bien plus élevés.
L’analogie est la suivante : un arbre fruitier porte certains fruits près du sol et d’autres très haut.
והנה הפירות שלמעלה עם שהם עליונים יותר אך כשהם נופלים למטה ע״י שבא הרוח ועוקרתן
Or, les fruits d’en haut, bien qu’ils soient plus élevés, lorsqu’ils tombent en bas, parce que le vent vient les arracher,
Les fruits au sommet sont plus élevés, mais lorsque le vent les arrache, ils tombent tout de même.
אזי הם נופלים למטה במרחק מהאילן יותר מן אותן הגדילים למטה שאף כשנופלים לארץ אינן נופלין במרחק כ״כ [כל כך] וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה]25 מאיגרא רמא לבירא עמיקתא.2627282930313233343536373839404142434445464748495051525354
ils tombent alors plus loin de l’arbre que ceux qui poussent plus bas, lesquels, même lorsqu’ils tombent à terre, ne tombent pas aussi loin ; comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « d’un toit élevé dans un puits profond ».
Les fruits situés en hauteur tombent plus loin de l’arbre que ceux qui sont bas, lesquels ne vont guère loin en tombant. Le Talmud emploie l’expression « d’un toit élevé dans un puits profond » pour décrire une telle chute.
Ce paragraphe achève l’exposé de la première techouva, qui ramène le hé inférieur à sa source, et présente la seconde, qui concerne la négligence de « faire le bien » : la paresse dans la Torah et la prière entraîne le retrait du « bien » supérieur, Yessod, qui unit les lumières enveloppante et immanente et adoucit la rigueur par la bonté. Parce qu’une âme plus élevée tombe de plus haut, la négligence du bien chez une âme élevée est plus grave que le péché d’une personne ordinaire.
Yessod, appelé juste, est le canal qui unit Zeir Anpin (« le Saint béni soit-Il ») à Mal'hout (« Sa Chekhina ») ; dans les termes du maamar, il fait pénétrer la lumière de sovev dans memalé. L’effort pour faire le bien est le pendant humain de cette union : lutter contre sa nature fait de la personne un oved Elokim et adoucit le « bouclier » d’Elokim, permettant au « soleil » de Havaya de briller à travers lui.
Maré mekomot
- 1על . . אלקים . . אומרים אלקינו · ע׳ בנצבים סוף ביאור כי כארץ (נג, סע״ג). ובד״ה ש״ה ממעמקים ספ״א. [כ].
- 2בחי׳ תשוב ה׳ תתאה למקורה · ראה זח״ג רע״מ קכב, א.
- 3ונקה מנקה הוא · Yoma 86a:5
- 4ונקה מנקה הוא לשבים לרחוץ ולנקות נפשם מלבושים הצואים · Tanya, Part III; Iggeret HaTeshuvah 8:3
- 5אמרו צדיק כי טוב · Isaiah 3:10
- 6והתהלכתי בתוככם · Leviticus 26:12
- 7סד״ה כי ההרים ימושו · לקו״ת פ׳ תצא מא, ב ”המקשר מה שלמעלה מעלה מסדר ההשתלשלות לבוא לידי גילוי . . בחי׳ צדיק עליון”.
- 8כי ההרים ימושו · Isaiah 54:10
- 9בזח״ג (דק״י ע״ב) · ”כיון דאתון עבדון האי כו׳” — אוה״ת נ״ך-א ע׳ קד. וביהל אור ע׳ שלא ”שע״י ועשה טוב ממשיך למעלה בחי׳ אמרו צדיק כי טוב”. וראה לעיל פ׳ שלח מה, ג. וראה גם לקמן שו״ה הדינין.
- 10ועשה טוב שכן ארץ · Psalms 37:3
- 11ועשה טוב שכן ארץ · Zohar, Behar 8:52–9:59
- 12וז״ל הרמ״ז שם · עמוד א׳. ובזח״א צו, א.
- 13ובהרמ״ז שם · בדף קי ”ענין ועשה טוב מפני שיש חידוש מופלא בעשייתו כו׳ כי התעוררו ה״ס כי הקמת הברית אז הוא חי וזו היא בחי׳ עשייתו והבן עכ״ל” — אוה״ת נ״ך כרך-א ע׳ קד. וראה לקמן פ׳ פנחס עט, ב. ובפ׳ ואתחנן ד, ג שמציין להרמ״ז.
- 14עובד אלקים · Malachi 3:18
- 15עובד אלקים · Tanya, Likkutei Amarim 15:1–2
- 16וכך הוא מתקן ההסתר · ראה ד״ה להבין ענין פסח שני תשל״ח סעי׳ ג (סה״מ מלוקט-ג ע׳ קמה).
- 17שמש ומגן ה׳ אלקים · Psalms 84:12
- 18וכענין שילוב אד׳ בהוי׳ · בענין זה ראה בתניא ח״ב פ״ז. לקמן ש״ש סה, ד. ובסידור שער ר״ה סד״ה אד׳ שפתי תפתח. וראה בדרך מצותיך מצות אחדות ה׳ דף ס, א שענין שילוב ה׳ באד׳ הם קרוב לענין הוי׳ אלקים ע״ש.
- 19וז״ש בזח״ג (דמ״ב סע״ב) · ראה לעיל פ׳ שלח מו, א וש״נ.
- 20לית לה בפומא · Zohar, Tazria 1:2–3:11
- 21כי האדם עץ השדה · Deuteronomy 20:19
- 22כי האדם עץ השדה · Zohar, Balak 28:318–29:327
- 23שדה אשר ברכו ה׳ · Genesis 27:27
- 24גבוה מעל גבוה · Ecclesiastes 5:7
- 25וכמארז״ל · חגיגה (ה, ב) ושם אי׳ רם. [כ].
- 26מאיגרא רמא לבירא עמיקתא · Chagigah 5b:16–17
- 27ועיין מזה בזח״א עמוד ק״ס · כנראה הכוונה לזהר גדול (דפוס קרימנה) וז״ל שם ”ושלטין עלי׳ כמה מחבלין וכמה יסורין בישין דלאו יסורין של אהבה הה״ד על כי אין אלקי בקרבי מצאוני הרעות האלה, דאלין רעות ממנן על כל עתין ורגעין דעליהו אתמר ותפקדנו לבקרי׳ לרגעים . . ומאן גרים דלא שריא שכינתיא עלי׳ לא נהיר שמשא עלי׳ בגין הבל שקרא ומילין דשקרין דנפקין מפומי׳ כו׳”. וראה גם אוה״ת פ׳ בלק ע׳ א׳לב.
- 28צמצם שכינתו בין שני בדי ארון · Bereshit Rabbah 4:4
- 29כדי שיאיר אלקותו . . אי אפשר כ״א ע״י צמצום · ראה לקמן נצבים נג, ג. שרש מצות התפלה פרק יח. אוה״ת פ׳ וארא ע׳ ריג.
- 30מלא כה״כ כבודו · Isaiah 6:3
- 31את השמים ואת הארץ אני מלא · Jeremiah 23:24
- 32כי חלק ה׳ עמו · Deuteronomy 32:9
- 33בד״ה ולא אבה · לקמן פ׳ תצא לח, ג.
- 34בד״ה פ׳ נסכים · לעיל פ׳ שלח מ, ד.
- 35בד״ה וידבר אלקים כו׳ וארא · תו״א נו, ג.
- 36בזח״א (דצ״ו ע״ב קס״א ב׳ · נעתק באוה״ת פ׳ האזינו ע׳ א׳תרסב-ג.
- 37ובפרשת תרומה . . יו״ד באצי׳ · מובא בסה״מ תרס״ט ע׳ פב ומוסיף ע״ז ”(בע״ח שמ״ז פ״ג שז״ע מה שאימא מקננא כו׳ וז״א ואופן כו׳ וע״ש פ״א לקשר זב״ז כו׳) ונר׳ שם דהיינו מה שנש״י הן חלק ה׳ כו׳ וכמש״ש לפני זה בשם הרמ״ז” ע״ש. ראה גם בתו״א עה, ג. סה״מ תר״ל ע׳ נז.
- 38רוב הנשמות הם מבי״ע:|עיין תו״א משפטים עד, ג.
- 39בהרמ״ז ר״פ משפטים · צד, ב.
- 40בביאור ע״פ יונתי · לקו״ת שה״ש יח, א ואילך.
- 41בד״ה קדש ישראל לה׳ · לקמן פ׳ פנחס עט, ג.
- 42והנה פי׳ עונותיכם מבדילים · קטע מכאן מובא באוה״ת שמות כרך-ז ע׳ ב׳תרצד.
- 43ויפח באפיו · Genesis 2:7
- 44בד״ה את קרבני לחמי · לקמן פ׳ פנחס עה, ג.
- 45כמארז״ל מלפפתו · Avodah Zarah 5a
- 46בד״ה ועשית ציץ · תו״א פג, א.
- 47בשמות רבה פ׳ ב׳ · ראה אוה״ת פ׳ שמות ע׳ סו.
- 48בזח״ב דס״ט ב׳ ודקל״א א׳ · ראה לעיל פ׳ חקת ס, א. ובאוה״ת פ׳ שמות ע׳ סז. נ״ך-א ע׳ תרנז.
- 49בביאור ע״פ יונתי · לקו״ת שה״ש יח, ג.
- 50שולחה — ע״ד ב׳ · צ״ל עה, א [כ].
- 51יעקב חבל נחלתו · Deuteronomy 32:9
- 52
- 53
- 54
8ועד״ז [ועל דרך זה] ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] לפי גדולתו1 היה מפלתו. וכך הוא בענין פירות האילן עץ החיים שהם הנשמות כי הנה ישראל עלו במחשבה2 ומה שהוא למעלה במדרגה הנפילה הוא למטה יותר.
Et dans le même ordre d’idées, nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « À la mesure de sa grandeur fut sa chute. » Il en va de même des fruits de l’arbre, l’Arbre de Vie, qui sont les âmes : Israël s’éleva dans la pensée [de D.ieu], et ce qui est plus élevé en degré tombe plus bas.
Les Sages disent du serpent que sa chute fut à la mesure de sa grandeur (Bereshit Rabbah 19:1). Les âmes sont les fruits de l’Arbre de Vie, et Israël « s’éleva d’abord dans la pensée de D.ieu » (Bereshit Rabbah 1:4) ; ainsi, plus une âme est élevée, plus bas elle tombe.
וכמ״כ [וכמו כן] הוא ג״כ בענין שבה״כ [שבירת הכלים] שמעולם התהו שמה ששרש׳ למעלה גבוה יותר לכן נפל למטה יותר שלכן הצומח מחיה הבעל חי.
Il en va également ainsi de la brisure des réceptacles (chevirat hakélim) du Monde du Tohou : tout ce qui avait sa racine plus haut est donc tombé plus bas. C’est pourquoi le végétal donne la vie à l’animal,
La même loi régit la brisure des réceptacles dans le Monde du Tohou, le monde primordial dont les réceptacles se brisèrent : ce qui avait sa racine au plus haut tomba au plus bas. C’est pourquoi les végétaux, issus d’une racine plus élevée, donnent la vie aux animaux.
L’analogie des fruits est appliquée aux âmes et à la brisure des réceptacles : ce qui a sa racine plus haut tombe plus bas, ce qui explique pourquoi des formes de vie inférieures soutiennent des formes supérieures.
Selon l’enseignement de l’Arizal, le Monde du Tohou possédait de grandes lumières dans des réceptacles trop étroits pour les contenir ; les réceptacles se brisèrent et des étincelles issues des niveaux les plus élevés tombèrent au plus bas. C’est pourquoi la nourriture peut soutenir celui qui la mange et pourquoi, comme le maamar l’expliquera plus loin, manger avec l’intention qui convient affine les étincelles qu’elle renferme.
Maré mekomot
- 1לפי גדולתו הי׳ מפלתו · Bereshit Rabbah 19:1
- 2ישראל עלו במחשבה · Bereshit Rabbah 1:4
9והבעל חי את המדבר. כי בשרשן היו גבוהים יותר שלכך כשנפלו נפלו למטה יותר כו׳ עמ״ש מזה בד״ה ראשי המטות.12
et l’animal [donne la vie] à l’être parlant : car, à leur racine, ils étaient plus élevés, et c’est pourquoi, lorsqu’ils chutèrent, ils chutèrent plus bas, etc. Voyez ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Les chefs des tribus ».
Les animaux, à leur tour, donnent la vie à l’être « parlant », l’homme. Ce qui soutient une créature provient d’une racine plus élevée que la sienne, et qui est tombée plus bas ; le discours « Les chefs des tribus » explique ce point plus en détail.
ולכן הפגם של הנשמה העליונה מי שהוא ת״ח [תלמיד חכם / תלמידי חכמים] מה שפוגם בועשה טוב גדול עונו יותר מן העון ממש של הע״ה [העם הארץ]
C’est pourquoi, quant à la faute de l’âme élevée — celle d’un érudit en Torah —, lorsqu’il manque à l’accomplissement du « bien faire », sa faute est plus grave que la transgression effective d’un ignorant (am ha’aretz).
Ainsi, lorsqu’une âme élevée, celle d’un érudit en Torah, manque à l’accomplissement du bien, sa faute est plus grave que la transgression effective d’un ignorant.
וכן משמע בגמרא (יומא פרק יוהכ״פ [יום הכפורים] דפ״ו ע״א) כגון אנא דמסגינא כו׳ ע״ש [עיין שם]. ולכן צ״ל [צריך להיות / צריך לומר / צריך להבין] התשובה בועשה טוב גדולה יותר.
Cela ressort également de la Guemara (Yoma, chapitre « Yom HaKippourim », 86a) : « Quelqu’un comme moi, si je marche… », etc. Voyez là-bas. C’est pourquoi la techouva pour le « bien faire » doit être plus grande.
Le Talmud le laisse entendre : Rabbi Yo’hanan dit que, pour quelqu’un comme lui, marcher quatre coudées sans Torah ni tefilin constituerait une profanation du Nom de D.ieu. La techouva pour avoir négligé le bien doit donc être d’une ampleur correspondante.
ואין סתירה לזה ממשארז״ל [ממה שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] עבר אדם על מ״ע [מצות עשה] ושב3 לא זז משם עד שמוחלין לו4 מה שאין כן בל״ת [בלא תעשה] דתשובה תולה ויוה״כ [ויום הכפורים] מכפר דנמצא לכאורה שעל מצות עשה אין צריך תשובה כ״כ [כל כך]
Il n’y a pas de contradiction à cela dans l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « Si quelqu’un a transgressé un commandement positif et a fait techouva, il ne quitte pas les lieux avant qu’on lui ait pardonné » ; il n’en va pas ainsi pour une interdiction, où la techouva suspend [le châtiment] et Yom Kippour expie. Il semblerait donc, à première vue, que pour un commandement positif, la techouva soit moins nécessaire que pour une interdiction…
Objection : le Talmud dit que celui qui a négligé un commandement positif et s’en est repenti est aussitôt pardonné, tandis qu’une interdiction requiert aussi Yom Kippour. Cela semblerait indiquer que le fait de manquer au bien exige moins de techouva, et non davantage.
כמו על ל״ת [לא תעשה], דכבר נתבאר זה באגה״ת [באגרת התשובה]5 דמ״ש רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] לא זז משם עד שמוחלין לו היינו שמוחלין לו העונש אבל מ״מ [מכל מקום] האור נעדר כו׳ ולכן אין ללמוד משם שום קולא למ״ע [למצות עשה] כו׳ ע״ש [עיין שם].
…que pour une interdiction. Car cela a déjà été expliqué dans Iggeres HaTeshuvah : lorsque nos Sages, de mémoire bénie, disent « il ne quitte pas les lieux avant qu’on lui ait pardonné », cela signifie qu’il est pardonné du châtiment ; néanmoins, la lumière fait défaut, etc. C’est pourquoi on ne peut en tirer aucune indulgence concernant les commandements positifs, etc. Voyez là-bas.
Iggeres HaTeshuvah, chapitre 1, répond déjà à cette objection : le pardon porte sur le châtiment, mais la lumière que la mitsva aurait fait descendre continue de manquer. On ne peut donc en tirer aucune indulgence concernant les commandements positifs.
אבל כדי שיעשה תשובה שיתמלא גם האור שחסר בביטול מ״ע [מצות עשה] ע״ז [על זה] צריך לעשות תשובה עצומה ממעמקים קראתיך6 כו׳
Mais pour faire techouva de telle sorte que la lumière qui faisait défaut du fait de la négligence d’un commandement positif soit également rétablie, il faut une techouva immense : « Des profondeurs, je T’ai appelé », etc.
Pour rétablir cette lumière manquante, il faut une techouva immense, qui jaillisse des profondeurs mêmes, comme dans le verset : « Des profondeurs, je T’ai appelé, Havaya. »
ותשובה זו הוא ענין הבקשה בתפלה בא״י [ברוך אתה ה׳] פי׳ שהבקשה של התשובה שעל העדר ועשה טוב היינו שהוא להתקשר ולהדבק בשם הוי׳ שהוא סוכ״ע [סובב כל עלמין] ובחי׳ מקיף כו׳
Et cette techouva consiste en la requête de la prière : « Béni sois-Tu, Havaya. » Autrement dit, la requête de la techouva pour le défaut de « bien faire » consiste à se lier au Nom Havaya et à s’y attacher ; celui-ci est sovev kol almin, le niveau de la lumière enveloppante (makif), etc. ;
Cette techouva est la requête formulée dans la prière : « Béni sois-Tu, Havaya » : se lier au Nom Havaya lui-même, la lumière qui entoure tous les mondes.
והוא למעלה מבחי׳ אלקינו שהוא בחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין], והיינו כי מ״ע [מצות עשה] ומצות ל״ת [לא תעשה] תלויים בשם הוי׳ ע״כ [על כן] להמשיך האור הנמשך ע״י המצות זהו ענין להדבק בשם הוי׳ ממש.
et cela est au-dessus du niveau de « notre D.ieu », qui est celui de memalé kol almin. En effet, les commandements positifs comme les interdictions dépendent du Nom Havaya ; c’est pourquoi faire descendre la lumière qui se déploie par les mitsvot consiste à s’attacher au Nom Havaya lui-même.
Cela est supérieur à « notre D.ieu », la lumière qui remplit tous les mondes, que la première techouva atteint. Puisque toutes les mitsvot, positives comme négatives, dépendent du Nom Havaya, rétablir la lumière des mitsvot signifie s’attacher à Havaya lui-même.
Ce paragraphe tire la conclusion concernant la seconde techouva : le fait qu’un érudit en Torah manque au bien est plus grave que le péché d’un ignorant ; et puisque le pardon seul ne rétablit pas la lumière d’une mitsva négligée, la techouva doit venir « des profondeurs » et lier la personne à Havaya lui-même, la lumière enveloppante, au-dessus de « notre D.ieu ».
Les deux premières techouvot correspondent aux deux termes de la bénédiction : « notre D.ieu » (Elokeinou), memalé kol almin, pour s’écarter du mal, et « Havaya », sovev kol almin, pour accomplir le bien. La première retire l’écran du péché ; la seconde rétablit la lumière que les mitsvot font descendre.
Maré mekomot
- 1בד״ה ראשי המטות · לקמן פא, ב.
- 2ראשי המטות · Numbers 30:2
- 3עבר אדם על מ״ע ושב · Yoma 86a:7
- 4לא זז משם עד שמוחלין לו · Tanya, Part III; Iggeret HaTeshuvah 1:1–2
- 5באגה״ת · פרק א.
- 6ממעמקים קראתיך · Psalms 130:1
10ועל דרך מה שנתבאר באגה״ת [באגרת התשובה] שם פ״ח [פרק ח׳] ומאחר שרוח עברה ותטהרם1 אזי תוכל נפשו2 לשוב עד3 הוי׳ ב״ה ממש ולעלות מעלה מעלה למקורה ולדבקה בו ית׳ ביחוד נפלא
Et cela rejoint ce qui a été expliqué dans Iggeres HaTeshuvah, là, au chapitre 8 : « Et une fois que “le vent sera passé et les aura purifiés”, son âme pourra alors retourner “vers Havaya”, béni soit-Il, Lui-même, s’élever toujours plus haut jusqu’à sa source et s’attacher à Lui, béni soit-Il, dans une union merveilleuse,
Iggeres HaTeshuvah, au chapitre 8, décrit cette techouva supérieure : une fois que le « vent » de la première techouva est passé et a purifié l’âme, celle-ci peut retourner « vers Havaya » Lui-même et remonter jusqu’à sa source dans une union merveilleuse. La note de Kehot relève qu’Iggeres HaTeshuvah porte « leurs âmes », alors que le texte cite « son âme ».
כמו שהיתה מיוחדת בו ית׳ בתכלית היחוד בטרם שנפחה ברוח פיו ית׳ כו׳ ע״ש [עיין שם] והיינו כמו שהיתה כלולה בשם הוי׳ ממש
comme elle était unie à Lui, béni soit-Il, dans une union parfaite avant d’avoir été insufflée par le souffle de Sa bouche, béni soit-Il », etc. Voir là-bas. C’est-à-dire, telle qu’elle était incluse dans le Nom Havaya lui-même.
Le but est de retrouver l’unité que l’âme possédait avant que D.ieu ne l’ait « insufflée » dans un corps, lorsqu’elle était incluse dans le Nom Havaya lui-même.
(והנה לפי מה שכתוב לעיל דגם פי׳ אלקינו היינו ענין הוי׳ אלקינו כי חלק הוי׳ עמו.
(Or, selon ce qui a été écrit plus haut, le sens de « notre D.ieu » aussi est celui de « Havaya, notre D.ieu », car « la part de Havaya, c’est Son peuple »,
Cette parenthèse soulève une question. La section 1 a expliqué que même le premier niveau, « notre D.ieu », signifie « Havaya, notre D.ieu », puisque chaque âme est « la part de Havaya ».
א״כ [אם כן] מהו ההפרש בין בחי׳ הא׳ לבחי׳ זו הב׳ שהוא להדבק בשם הוי׳ ממש. אך הענין ע״פ מ״ש סד״ה וידבר אלקים4 כו׳ ושמי הוי׳ לא נודעתי להם.5
si tel est le cas, quelle est donc la différence entre le premier niveau et ce deuxième niveau, qui consiste à s’attacher au Nom Havaya lui-même ? L’explication se fonde sur ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Et Elokim parla », etc., à propos de : « Mais par Mon Nom Havaya, Je ne Me suis pas fait connaître à eux. »
Dans ce cas, en quoi le premier niveau, « notre D.ieu », se distingue-t-il du deuxième, qui consiste à s’attacher à Havaya lui-même ? La réponse se trouve dans le maamar de Torah Ohr sur « Et Elokim parla », à propos du verset : « Mais par Mon Nom Havaya, Je ne Me suis pas fait connaître à eux. »
דהפי׳ בחי׳ שם הוי׳ קודם שבא לידי גילוי במדות כו׳ עד וכך היתה כוונת יעקב בתפלתו והיה הוי׳ לי לאלקים פי׳ הוי׳ לבדו הוא בעצמו יהיה לי6 בבחינת אלקים כו׳.
Car il s’agit du niveau du Nom Havaya avant qu’il ne se révèle dans les attributs émotionnels (midot), etc., jusqu’à : « Telle était l’intention de Yaakov dans sa prière : “Et Havaya sera mon D.ieu” », c’est-à-dire que Havaya seul, Lui-même, sera pour moi au niveau d’Elokim, etc.
Là, « Mon Nom Havaya » désigne Havaya avant qu’Il ne se révèle dans les attributs émotionnels. Par sa prière « Et Havaya sera mon D.ieu », Yaakov demandait que Havaya Lui-même, seul, soit son Elokim. Ainsi, au deuxième niveau, Havaya lui-même est attiré vers le bas, et non seulement Sa lumière revêtue dans Elokim.
ועוד י״ל [יש לומר] ע״ד [על דרך] שיש ב׳ שילובים שילוב הוי׳ באד׳ ואזי שם אד׳ גובר וזהו הבחינה הא׳. אמנם שילוב אד׳ בהוי׳ אזי שם הוי׳ גובר וזהו הבחי׳ הב׳ דכאן.
On peut encore l’expliquer en considérant qu’il existe deux entrelacements : dans l’entrelacement de Havaya dans Ado-naï, le Nom Ado-naï prévaut ; c’est là le premier niveau. En revanche, dans l’entrelacement de Ado-naï dans Havaya, le Nom Havaya prévaut ; c’est là le deuxième niveau dont il est question ici.
Une seconde explication s’appuie sur les deux manières d’entrelacer les lettres des Noms Havaya et Ado-naï. Lorsque Havaya est inséré dans Ado-naï, Ado-naï prévaut : c’est le premier niveau. Lorsque Ado-naï est inséré dans Havaya, Havaya prévaut : c’est le deuxième.
והנה ענין תשובה זו בועשה טוב שיהיה עושה המצוה בשמחה וטוב לב ולא מצות אנשים מלומדה.7 ועיין מ״ש ע״פ אסרי לגפן8 בענין כבס ביין לבושו כו׳ ומ״ש בד״ה לכן אמור לבנ״י [לבני ישראל] כו׳:)
Or, cette techouva, dans le domaine de « faire le bien », consiste à accomplir la mitsva avec joie et le cœur content, et non comme « un commandement appris par les hommes par habitude ». Voir aussi ce qui est écrit à propos de « Attachant son ânon à la vigne », sur le thème de « Il lave son vêtement dans le vin », etc., ainsi que ce qui est écrit dans le discours commençant par « C’est pourquoi dis aux enfants d’Israël », etc.)
Concrètement, la deuxième techouva consiste à accomplir les mitsvot avec joie et le cœur content, et non « comme un commandement appris par les hommes par habitude », par simple routine. L’explication sur « Attachant son ânon à la vigne » et le maamar commençant par « C’est pourquoi dis aux enfants d’Israël » approfondissent ce point.
Ce paragraphe définit la deuxième techouva comme le retour de l’âme à Havaya lui-même, tel qu’Il était avant que l’âme ne soit insufflée dans le corps, et la distingue de la première : dans celle-ci, la lumière de Havaya atteint l’âme par l’intermédiaire d’Elokim, de sorte qu’Ado-naï prévaut ; ici, Havaya lui-même est attiré vers le bas et prévaut. Concrètement, cela signifie accomplir les mitsvot avec joie, et non par habitude.
Le passage de Torah Ohr cité explique que la Torah « qui s’affaire au-dessus du soleil » se situe bien au-dessus du niveau de « Havaya Elokim est un soleil et un bouclier », où Havaya est attiré dans Elokim. Cette révélation supérieure ne fut pas donnée aux Patriarches, mais à Israël lors du Don de la Torah. La deuxième techouva tend vers ce Havaya qui n’est pas filtré par Elokim.
Maré mekomot
- 1
- 2תוכל נפשו · באגה״ת שם: נפשם.
- 3תוכל נפשו לשוב עד הוי׳ ב״ה ממש ולעלות מעלה מעלה למקורה ולדבקה בו ית׳ ביחוד נפלא · Tanya, Part III; Iggeret HaTeshuvah 8:4
- 4סד״ה וידבר אלקים · תו״א נו, ד. וראה גם לעיל פ׳ שלח מ, ד.
- 5ושמי הוי׳ לא נודעתי להם · Exodus 6:3
- 6והיה הוי׳ לי לאלקים · Genesis 28:21
- 7מצות אנשים מלומדה · Isaiah 29:13
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La troisième techouva : le retour à l’essence ¶11–18
11קיצור פי׳ מבדילים באגה״ת [באגרת התשובה] פ״ד ובר״ח [ובראשית חכמה] שער הענוה פ״ו אלביש שמים קדרות. יעקב חבל. ונקה.
Résumé. Le sens de « séparent » dans Iggeres HaTeshuvah, chapitre 4, et dans Reishis Chochmah, Sha'ar HaAnavah, chapitre 6. « Je revêts les cieux de noirceur. » « Yaakov est le cordon. » « Et Il purifie. »
Il s’agit du résumé de la section 2 : la manière dont le péché « sépare », d’après Iggeres HaTeshuvah et Reishis Chochmah ; l’image « Je revêts les cieux de noirceur » ; « Yaakov est le cordon de Son héritage » ; et « Il purifie ceux qui reviennent ». Le résumé indique le chapitre 4 d’Iggeres HaTeshuvah, alors que le texte lui-même mentionnait le chapitre 5.
והתשובה הב׳ בועשה טוב. בחי׳ טוב מחבר סוכ״ע [סובב כל עלמין] וממכ״ע [וממלא כל עלמין]. עובד אלקים. עץ השדה. ותשובה זו ליכלל בשם הוי׳ ממש ועשיות המצות בשמחה כו׳:ג
Et la deuxième techouva consiste à « faire le bien ». Le niveau du « bien » relie sovev kol almin et memalé kol almin. « Celui qui sert D.ieu. » « Un arbre des champs. » Cette techouva consiste à être inclus dans le Nom Havaya lui-même ; et à accomplir les mitsvot avec joie, etc. 3.
Le texte poursuit avec la deuxième techouva : le « bien », Yessod, relie sovev et memalé ; « celui qui sert D.ieu » ; « l’homme est un arbre des champs » ; et l’inclusion dans Havaya même, qui s’exprime dans l’accomplissement des mitsvot avec joie. La section 3 commence alors.
והתשובה השלישית היא שאע״פ [שאף על פי] שהוא סור מרע בתכלית וגם ועשה טוב בתכלית אזי התשובה גדולה יותר והוא
Et la troisième techouva est la suivante : bien qu’il se soit complètement « détourné du mal » et qu’il « fasse le bien » pleinement, la techouva est alors plus grande encore ; et elle consiste à
La troisième techouva concerne celui qui s’est à la fois complètement détourné du mal et a pleinement fait le bien ; elle est plus grande que les deux autres.
כדכתיב (מלאכי ג׳ ז׳) שובו אלי ואשובה אליכם1 פי׳ כמ״ש במ״א בפי׳ כל ימיו בתשובה,2 דאין ר״ל [רוצה לומר] על עבירות ח״ו [חס ושלום] דא״כ [דאם כן] מהו כל ימיו
comme il est écrit (Malachie 3:7) : « Revenez à Moi, et Je reviendrai à vous. » Le sens est celui qu’explique un autre passage à propos de « tous ses jours dans la techouva » : cela ne signifie pas qu’il s’agit des péchés, à D.ieu ne plaise, car, dans ce cas, que signifie « tous ses jours » ?
Il s’agit de la techouva exprimée par « Revenez à Moi, et Je reviendrai à vous ». Le conseil des Sages d’être « tous ses jours dans la techouva » ne peut se rapporter uniquement aux péchés, car alors cela ne pourrait remplir tous les jours de sa vie ; il doit donc s’agir d’une autre forme de techouva.
אלא התשובה היא על הריחוק כי אף שהוא עושה טוב ומקיים המצות עכ״ז [עם כל זה] יכול להיות עדיין בבחי׳ יש ודבר
Mais la techouva porte sur l’éloignement : car, même s’il fait le bien et observe les mitsvot, il peut néanmoins encore être au niveau d’une existence autonome (yech) et d’une entité.
Cette techouva porte sur l’éloignement de D.ieu. Même celui qui fait le bien et observe les mitsvot peut encore être un yech, une existence autonome, conscient d’être quelque chose de distinct de D.ieu.
וגם אפילו אהבה עדיין הוא בבחינת יש מי שאוהב ועיקר התשובה הוא כמו שכתוב והרוח תשוב אל האלקים3 כו׳ דהיינו שירצה לשוב למקורו ושרשו בחי׳ ישראל עלה במחשבה.4
Et même l’amour demeure au niveau du yech : il y a quelqu’un qui aime. L’essence de la techouva est ce qui est écrit : « Et l’esprit retourne à D.ieu », etc. : c’est-à-dire qu’il désire retourner à sa source et à sa racine, au niveau de « Israël s’éleva dans [la pensée de D.ieu] ».
Même son amour de D.ieu comporte encore un moi : quelqu’un qui aime. La véritable techouva est « l’esprit retourne à D.ieu » : le désir de revenir à la racine de l’âme, au niveau où « Israël s’éleva dans la pensée de D.ieu ».
Après avoir résumé la section 2, la section 3 présente la troisième techouva, qui ne porte sur aucun péché, mais sur l’éloignement d’un moi distinct : même celui dont les mitsvot et l’amour sont parfaits se ressent encore comme « quelqu’un », et la techouva consiste à revenir à la racine de l’âme dans la pensée de D.ieu.
Ici, techouva signifie « retour » plutôt que « repentir » : le mouvement par lequel « l’esprit retourne à D.ieu qui l’a donné », qui concerne même un tsadik parfait et peut donc remplir « tous ses jours ».
Maré mekomot
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- 2כל ימיו בתשובה · Shabbat 153a
- 3והרוח תשוב אל האלקים · Ecclesiastes 12:7
- 4ישראל עלה במחשבה · Bereshit Rabbah 1:4
12והיינו שירצה ליכלל ולדבק בעצמות אור א״ס [אין סוף] ב״ה שהוא למעלה מעלה מבחי׳ ממכ״ע [ממלא כל עלמין] וסוכ״ע [וסובב כל עלמין] שאינו בגדר עלמין כלל כו׳.
C’est-à-dire qu’il désire être inclus dans l’essence même de la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, et s’y attacher, elle qui est infiniment au-dessus du niveau de la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) et de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), car elle n’entre nullement dans la catégorie des mondes, etc.
La troisième techouva aspire à être incluse dans l’essence même de la Lumière infinie, qui transcende à la fois la lumière qui remplit les mondes et celle qui les entoure, puisqu’elle n’a absolument aucun rapport avec les mondes.
וכמאמר המתנשא מימות עולם. ועד״ז [ועל דרך זה] נאמר בקריעת ים סוף עד יעבור עמך1 הוי׳ פי׳ למעלה משם הוי׳,
Comme le dit l’expression : « Lui qui s’élève au-dessus des jours du monde. » Dans le même esprit, il est dit lors de la traversée de la mer des Joncs : « Jusqu’à ce que Ton peuple passe, Havaya » ; c’est-à-dire : au-dessus du Nom Havaya.
Il s’agit de l’essence louée comme « s’élevant au-dessus des jours du monde », au-delà du temps. La traversée de la mer des Joncs est interprétée de la même manière : « Jusqu’à ce que Ton peuple passe, Havaya » signifie jusqu’à ce qu’il passe au-delà du Nom Havaya.
כי שם הוי׳ יו״ד חכמה כו׳ ונק׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] ובקי״ס [ובקריעת ים סוף] היה הגילוי מלמעלה מעלה מבחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] שעי״ז הפך ים ליבשה2 שעלמא דאתכסיא בא באתגליא ממש כו׳,
Car le Nom Havaya (le youd est 'Hokhma, etc.) est appelé sovev kol almin ; et, lors de la traversée de la mer des Joncs, la révélation venait d’un niveau infiniment supérieur à celui de sovev kol almin. C’est ainsi qu’Il « transforma la mer en terre ferme » : le monde caché vint réellement au grand jour [dans le monde révélé], etc. ;
Le Nom Havaya, dont le youd est 'Hokhma, est la lumière qui entoure tous les mondes, et, lors de la traversée de la mer, une révélation venant de bien au-delà de ce niveau se manifesta. C’est pourquoi la mer se transforma en terre ferme : le monde caché, comme la mer qui recouvre ce qui vit en elle, apparut au grand jour, comme la terre ferme.
וע״ד [ועל דרך] מ״ש בזח״ג [בזהר חלק ג] פ׳ שלח (דקנ״ח ב׳) ע״פ היש ה׳ בקרבנו אם אין34 שבחי׳ אין הוא ע״ק [עתיקא קדישא] שלמעלה משם הוי׳ כו׳.
et cela rejoint ce qui est écrit dans le Zohar, partie III, parachat Chelah (158b), à propos de « Havaya est-Il au milieu de nous, ou non (ayin) ? » : le niveau de Ayin est Atika Kadicha (le Saint Ancien), qui est au-dessus du Nom Havaya, etc.
Le Zohar interprète la question d’Israël dans le désert — « Havaya est-Il au milieu de nous, ou non (ayin) ? » — comme portant sur deux niveaux : Ayin, « néant », est Atika Kadicha, le Saint Ancien, au-dessus du Nom Havaya.
והנה שרש נשמות ישראל הוא מבחינה זו כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] דע מאין באת5 כו׳ אין מזל לישראל6 כו׳ ונוזלים מן לבנון7 אתי מלבנון כלה.8
Or, la racine des âmes d’Israël provient de ce niveau, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Sache d’où (me’ayin) tu viens », etc. ; « Il n’y a pas (ein) de mazal pour Israël », etc. ; et « des ruisseaux qui coulent du Liban » ; « Avec Moi depuis le Liban, ô fiancée. »
Les âmes d’Israël ont leur racine dans cet Ayin, auquel les Sages font allusion : « Sache d’où (me’ayin) tu viens » se lit comme « de Ayin », et « Israël n’a pas (ein) de mazal » comme « Ayin est le mazal d’Israël », sa source d’influence. Les versets qui parlent du Liban désignent la même source sublime.
Ce paragraphe désigne le but de la troisième techouva : atteindre l’essence de la Lumière infinie, au-dessus de memalé et de sovev, le niveau révélé lors de la traversée de la mer des Joncs et que le Zohar appelle Ayin, racine des âmes d’Israël.
Dans la 'Hassidout, la traversée de la mer des Joncs est l’exemple classique d’une révélation qui transcende l’ordre des mondes : le monde caché de la « mer » devint la « terre » révélée. En situant la racine des âmes dans Ayin, le Saint Ancien, le maamar montre que la troisième techouva est un retour à la racine même de l’âme.
Maré mekomot
- 1עד יעבור עמך הוי׳ · Exodus 15:16
- 2הפך ים ליבשה · Psalms 66:6
- 3היש ה׳ בקרבנו אם אין · Exodus 17:7
- 4היש ה׳ בקרבנו אם אין · Zohar, Sh'lach 6:31–39
- 5דע מאין באת · Pirkei Avot 3:1
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- 7ונוזלים מן לבנון · Song of Songs 4:15
- 8אתי מלבנון כלה · Song of Songs 4:8
13וזהו ענין תשובה עצומה זו שירצה לשוב וליכלל בעצמות אור א״ס [אין סוף] ב״ה ממש. וזהו שובו אלי1 אלי ממש.
Et voici en quoi consiste cette immense techouva : désirer retourner et être inclus dans l’essence même de la Lumière infinie, béni soit-Il. C’est là le sens de « Revenez à Moi » : à Moi-même.
Cette troisième techouva est le désir de retourner et d’être inclus dans l’essence même de la Lumière infinie. C’est pourquoi le verset dit « Revenez à Moi » : à Moi-même, et non à un niveau révélé.
ועיין בע״ח [בעץ חיים] שמ״א פ״ג [פרק ג׳] דבחינת יחידה שבנפש בו מתלבש הניצוץ אלקי ממש זהו דוגמת הכתר שנק׳ יחידה ובו מלובש בחי׳ תחתונה שבמאציל כו׳ ע״ש [עיין שם].
Voyez également Etz Chaim, Sha'ar 41, chapitre 3 : le véritable étincelle divine est revêtu dans le niveau de Yechida de l’âme. Cela est comparable à Kéter (la Couronne), qui est appelé Yechida et dans lequel est revêtu le niveau inférieur de l’Émanateur, etc. Voyez là-bas.
Etz Chaim enseigne que la véritable étincelle divine est revêtue dans Yechida, le niveau le plus élevé de l’âme, tout comme Kéter, la Yechida des Séfirot, contient en lui le niveau inférieur de l’Émanateur, l’Infini.
ואם כן תשובה זו היינו שישוב ויוכלל בבחינת שרשו שהוא הכתר א״א [אריך אנפין] וע״י וזהו תשובה הג׳ דבחי׳ נשמה שישוב ויוכלל בשרשו בחי׳ חיה יחידה כו׳.
Dès lors, cette techouva consiste à retourner et à être inclus dans le niveau de sa racine, qui est Kéter, Arich Anpin et Atik Yomin. C’est là la troisième techouva, celle du niveau de Néshama : retourner et être inclus dans sa racine, le niveau de Haya [et de] Yechida, etc.
Cette techouva ramène donc l’âme à sa racine en Kéter, dans les niveaux appelés Arich Anpin et Atik Yomin. C’est la techouva du niveau de Néshama de l’âme, qui retourne à sa source en Haya et Yechida, les deux niveaux les plus élevés de l’âme.
Ce paragraphe définit la troisième techouva comme le retour de l’âme dans l’essence même de la Lumière infinie, par son niveau le plus élevé, Yechida, qui correspond à Kéter, où l’Émanateur Lui-même est revêtu.
L’âme possède cinq niveaux : Néfesh, Roua’h, Néshama, Haya et Yechida, qui, dans le système de l’Ari zal, correspondent respectivement à Mal’hout, Zeir Anpin, Imma, Abba et Kéter. La section 4 associera les trois sortes de techouva à Néfesh, Roua’h et Néshama ; ici, la techouva de Néshama s’élève jusqu’à Haya et Yechida.
Maré mekomot
- 1שובו אלי · Malachi 3:7
14והנה תשובה זו היא אל בחינת התורה. שהתורה נקרא משל הקדמוני שהיא משל ולבוש לבחינת קדמונו של עולם מה שאינו בגדר עלמין כלל
Or, cette techouva s’adresse au niveau de la Torah. Car la Torah est appelée « la parabole de l’Ancien » (mashal hakadmoni), car elle est une parabole et un vêtement pour le niveau de l’Ancien du monde (Kadmono shel olam), celui qui n’entre absolument pas dans les limites des mondes,
Cette techouva atteint le niveau de la Torah. La Torah est appelée « la parabole de l’Ancien » : à l’image d’une parabole qui revêt une idée profonde, elle revêt l’Ancien du monde, l’essence qui dépasse tous les mondes.
שהוא עצמות אור א״ס [אין סוף] ממש, וכמשנ״ת [וכמו שנתבאר] באגה״ק [באגרת הקודש] בד״ה דוד זמירות קרית להו ועמ״ש בד״ה ואהיה אצלו אמון.1
qui est l’essence même de la Lumière infinie (Or Ein Sof) ; comme cela a été expliqué dans Iggeres HaKodesh, dans le passage commençant par « David, tu les as appelés des chants », et voyez ce qui est écrit dans le discours commençant par « Et j’étais auprès de Lui comme un nourrisson ».
La Torah revêt ainsi l’essence même de la Lumière infinie, comme l’explique Iggeres HaKodesh à propos du reproche adressé par le Talmud au roi David, qui avait appelé des paroles de Torah des « chants ». Le maamar sur « Et j’étais auprès de Lui comme un nourrisson » traite également de ce sujet.
ולכן ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] (סנהדרין צ״ט ב׳) כל העוסק בתורה משים שלום בפמליא של מעלה ובפמליא2 של מטה.
C’est pourquoi nos Sages, de mémoire bénie, ont dit (Sanhedrin 99b) : « Quiconque s’adonne à la Torah fait la paix dans la maison d’en haut et dans la maison d’en bas. »
C’est pourquoi le Talmud dit que celui qui étudie la Torah « fait la paix dans la maison d’en haut et dans la maison d’en bas ».
ופי׳ בפמליא של מעלה מבואר במ״א דהיינו שמחבר בחי׳ סובב וממלא כו׳ לפי שהיא המשכת בחי׳ עליונה יותר מסוכ״ע [מסובב כל עלמין] וממכ״ע [וממלא כל עלמין] כו׳.
Et le sens de « dans la maison d’en haut » est expliqué ailleurs : cela signifie qu’il unit les niveaux de sovev et de memalé, etc., car il s’agit de l’effusion d’un niveau supérieur à sovev kol almin et à memalé kol almin, etc.
La « maison d’en haut » désigne les niveaux de sovev et de memalé. La Torah fait la paix entre eux parce qu’elle attire un niveau supérieur à l’un comme à l’autre.
Ce paragraphe rattache la troisième techouva à la Torah, qui revêt l’essence de D.ieu au-delà de tous les mondes. Voilà pourquoi l’étude de la Torah fait la paix entre les lumières qui entourent les mondes et celles qui les remplissent.
L’union de sovev et de memalé était auparavant l’œuvre du « bien », Yessod, accomplie par les mitsvot de la deuxième techouva. La Torah les unit depuis un niveau supérieur à l’un comme à l’autre ; c’est pourquoi la troisième techouva s’adresse au niveau de la Torah.
Maré mekomot
- 1ואהיה אצלו אמון · Proverbs 8:30
- 2
15ועיין מה שכתוב סד״ה ביום השמיני עצרת1 בענין גדול תלמוד שמביא לידי מעשה.2 וגם שע״י המצות ההמשכה הוא בבחי׳ מקיף
Et voyez ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Le huitième jour, une assemblée », au sujet de « L’étude est grande, car elle mène à l’action. » De plus, par les mitsvot, l’effusion se fait au niveau d’une lumière enveloppante (makif),
La fin du maamar sur « Le huitième jour, une assemblée » traite de l’enseignement talmudique : « L’étude est grande, car elle mène à l’action. » Une autre différence entre les deux : les mitsvot attirent la Divinité sous forme de lumière enveloppante (makif), qui entoure la personne de l’extérieur.
אבל ע״י התורה נמשך הגילוי בבחינת פנימיות וכמ״ש ותורתך בתוך מעי.3 בקרבך קדוש4 וארז״ל [ואמרו רבותינו זכרונם לברכה] כאלו קדוש שורה בתוך מעיו.5
mais par la Torah, la révélation est attirée au niveau de la dimension intérieure (pnimiyout), comme il est écrit : « Et Ta Torah est au-dedans de mes entrailles. » « Au milieu de toi, le Saint » ; et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « comme si le Saint résidait au-dedans de ses entrailles. »
La Torah attire la révélation à l’intérieur, comme dans « Ta Torah est au-dedans de mes entrailles. » Les Sages disent qu’une personne doit se considérer comme si le Saint résidait en elle, d’après le verset « Au milieu de toi, le Saint. »
Le paragraphe ajoute une autre différence entre les mitsvot et la Torah : les mitsvot attirent la Divinité sous forme de lumière enveloppante, tandis que la Torah la fait pénétrer à l’intérieur.
Cela prépare la section 5 : la lumière enveloppante des mitsvot correspond aux « tentes » de Yaakov, et la lumière intérieure de la Torah aux « demeures » d’Israël.
Maré mekomot
- 1ביום השמיני עצרת · Numbers 29:35
- 2גדול תלמוד שמביא לידי מעשה · Kiddushin 40b:8–9
- 3ותורתך בתוך מעי · Psalms 40:9
- 4בקרבך קדוש · Hosea 11:9
- 5כאלו קדוש שורה בתוך מעיו · Taanit 11b:1–2
16וזהו ג״כ ענין מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] מדרש איכה בתחלתו ויתר הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] על עבודת כוכבים ועל ג״ע [גילוי עריות] וש״ד [ושפיכות דמים] ולא ויתר על מאסה של תורה.
Et c’est aussi le sens de l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie, dans le Midrach Eikha, au début de celui-ci : « Le Saint béni soit-Il passa sur l’idolâtrie, les relations interdites et le meurtre, mais Il ne passa pas sur le mépris de la Torah. »
Le Midrach sur Eikha dit que D.ieu passa même sur l’idolâtrie, les relations interdites et le meurtre, les trois fautes les plus graves, mais non sur le mépris de la Torah. Le maamar explique pourquoi la Torah est traitée si différemment.
דהנה כמו שיש באדם אברים החיצונים ואברים הפנימים אשר החיות ממש תולה בהם מה שאין כן באברים החיצונים שאף על פי שיחתוך ידו יוכל לחיות רק שיהיה בעל מום
Car, de même qu’une personne possède des membres extérieurs et des organes intérieurs, dont dépend la vie elle-même — ce qui n’est pas le cas des membres extérieurs, puisque, même si on lui coupe la main, elle peut vivre, mais elle sera mutilée —,
L’analogie est celle du corps humain : certaines parties sont des membres extérieurs, sans lesquels une personne peut encore vivre, quoique mutilée, tandis que d’autres sont des organes intérieurs dont dépend la vie elle-même.
אבל באברים הפנימים אפילו ע״י נקב לבד שתינקב הריאה12 או קרום של מוח הוא טריפה ואינו יכול לחיות לפי שעיקר הנשמה והחיות תולה בהם, כן למעלה המצות נק׳ רמ״ח אברים דמלכא3 שהם בחי׳ כלים ואברים החיצונים
mais que, pour les organes intérieurs, une simple perforation suffit : si le poumon ou la membrane du cerveau est perforé, l’animal est un tréfa (atteint d’une lésion mortelle) et ne peut vivre, car l’essence de l’âme et la force vitale en dépendent ; de même, en haut, les mitsvot sont appelées « les 248 membres du Roi » : elles sont du niveau des réceptacles et des membres extérieurs,
La halakha statue qu’une simple perforation du poumon ou de la membrane du cerveau rend un animal tréfa, incapable de vivre, car la vie elle-même dépend de ces organes intérieurs. Les mitsvot sont appelées « les 248 membres du Roi » (Tikkunei Zohar, Tikkun 30, selon la note de Kehot) : elles sont les membres extérieurs et les réceptacles de D.ieu.
אבל התורה שהיא חכמתו ית׳ היא כלי ואבר הפנימי ממש שאור א״ס [אין סוף] אינו מלובש אלא בחכמה דוקא וע״כ [ועל כן] לא ויתר כו׳.
mais la Torah, qui est Sa sagesse, qu’Il soit béni, est véritablement un réceptacle et un organe intérieur, car la Lumière infinie (Or Ein Sof) ne s’enveloppe spécifiquement que dans la 'Hokhma (sagesse) ; c’est pourquoi Il ne passa pas sur cela, etc.
La Torah est la sagesse de D.ieu, un organe intérieur, car la Lumière infinie ne s’enveloppe que dans la 'Hokhma. Le mépris de la Torah touche donc au cœur même de la relation, et c’est pourquoi D.ieu ne passa pas sur cette faute.
Ce paragraphe explique pourquoi le mépris de la Torah est plus grave que les fautes cardinales : les mitsvot sont les « membres » extérieurs de D.ieu, tandis que la Torah, Sa sagesse dans laquelle s’enveloppe la Lumière infinie, est un organe intérieur dont dépend la vie elle-même.
Cela prolonge, par rapport au paragraphe précédent, l’opposition entre les mitsvot et la Torah : les mitsvot attirent la divinité comme une lumière enveloppante, à l’image de membres qui portent la vie du corps sans en contenir le cœur, tandis que la Torah est le lieu intérieur où la Lumière infinie réside dans la 'Hokhma.
Maré mekomot
- 1שתנקב הריאה או קרום של מוח הוא טריפה · חולין ר״פ אלו טרפות.
- 2שתינקב הריאה או קרום של מוח הוא טריפה · Chullin 42a:3–4
- 3המצות נק׳ רמ״ח אברים דמלכא · ראה ת״ז ת״ל.
17וזהו מה שכתוב במתן תורה אנכי הוי׳ אלקיך פי׳ הוי׳ אלקיך היינו סוכ״ע [סובב כל עלמין] וממכ״ע [וממלא כל עלמין], אבל אנכי מי שאנכי הוא עצמות אור א״ס [אין סוף] שלמעלה גם מסוכ״ע [מסובב כל עלמין]
Et voici ce qui est écrit lors du Don de la Torah : « Je suis Havaya, ton D.ieu. » Cela signifie que « Havaya, ton D.ieu » désigne la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) et la lumière qui remplit tous les mondes (memalé kol almin) ; mais « Moi » (Ano’hi), « Qui suis-Je », désigne l’essence même de la Lumière infinie (Or Ein Sof), qui est au-dessus même du sovev kol almin ;
Au Sinaï, D.ieu a dit : « Je suis Havaya, ton D.ieu. » « Havaya, ton D.ieu » désigne la lumière qui entoure les mondes et celle qui les habite, sovev et memalé ; « Moi » (Ano’hi), que l’on peut lire « Qui suis-Je », désigne l’essence même de la Lumière infinie, au-dessus même du sovev.
והוא המתגלה ונמשך להיות הוי׳ אלקיך ממש שבחי׳ שם הוי׳ זה נמשך מבחי׳ אנכי ממש וכמ״ש ממעמקים קראתיך1 הוי׳.
et c’est cette essence qui se révèle et se déploie pour être effectivement « Havaya, ton D.ieu », car ce niveau du Nom Havaya est tiré du niveau d’Ano’hi lui-même ; comme il est écrit : « Des profondeurs, je T’ai appelé, Havaya. »
C’est cette essence qui se révèle sous la forme de « Havaya, ton D.ieu », car ce Nom Havaya est tiré d’Ano’hi lui-même. Le verset « Des profondeurs, je T’ai appelé, Havaya » exprime la même idée.
ממעמקים היינו מעצמות אור א״ס [אין סוף] ממש שמשם נמשך להיות הוי׳ אלקיך ממש על ידי עסק התורה שהיא גם כן מבחי׳ עומק כמ״ש מאד עמקו מחשבותיך.2
« Des profondeurs » désigne l’essence même de la Lumière infinie, de laquelle il est tiré de quoi être effectivement « Havaya, ton D.ieu », par l’étude de la Torah, qui relève elle aussi du niveau de la profondeur, comme il est écrit : « Tes pensées sont très profondes. »
« Les profondeurs » désignent l’essence même de la Lumière infinie, de laquelle est tiré ce qui devient « Havaya, ton D.ieu ». Cela se réalise par l’étude de la Torah, car elle aussi provient d’un lieu profond, comme l’exprime le verset : « Tes pensées sont très profondes. »
וכמ״ש ברבות סדר ויקרא ס״פ ג׳ אשרי אדם שיש בו דברי תורה ושמורים בידו3 כו׳
Et comme il est écrit dans Midrash Rabbah, Seder Vayikra, à la fin de la section 3 : « Heureux l’homme qui a en lui des paroles de Torah et les garde en sa main », etc. ;
Le Midrash (Vayikra Rabbah 3:7) fait l’éloge de celui qui a des paroles de Torah en lui et les garde soigneusement.
עליו הכתוב אומר מים עמוקים עצה בלב איש (משלי כ׳ [כתב]) ואומר ממעמקים קראתיך ואומר תפלה לעני4 עכ״ל [עד כאן לשונו],
« À son sujet, le verset dit : “Le conseil dans le cœur de l’homme est une eau profonde” (Proverbs 20), et il est dit : “Des profondeurs, je T’ai appelé”, et il est dit : “La prière du pauvre.” » Fin de citation.
Trois versets lui sont appliqués : « Le conseil dans le cœur de l’homme est une eau profonde », « Des profondeurs, je T’ai appelé » et « La prière du pauvre ». La Torah, la profondeur et la prière sont ainsi liées.
והיינו ע״י התשובה תחלה שיהי׳ [שיהיה] עוסק בתורה לשמה56 וכמ״ש במ״א בענין הראיני את מראיך השמיעני את קולך7 כו׳.
Et cela se réalise d’abord par la techouva, afin qu’il s’adonne à la Torah pour elle-même, comme il est expliqué ailleurs à propos de : « Montre-moi ton visage, fais-moi entendre ta voix », etc.
Ce déploiement requiert d’abord la techouva, afin que l’on étudie la Torah pour elle-même (lichma), comme l’enseigne la Michna dans Avot. Le texte renvoie à l’explication de « Montre-moi ton visage, fais-moi entendre ta voix ».
וענין על שלא ברכו8 בתורה תחלה. וענין על תפלתי שתהא סמוכה למטתי.910 כדי שיהיה עסק התורה אחר הרעותא דליבא בתפלה כו׳.
Et le sens de « parce qu’ils n’ont pas récité au préalable la bénédiction sur la Torah ». Et le sens de « que ma prière soit proche de mon lit » : afin que l’étude de la Torah vienne après le désir du cœur (re’outa deliba) dans la prière, etc.
Le Talmud dit que le pays fut perdu « parce qu’ils n’ont pas récité au préalable la bénédiction sur la Torah », et Abba Binyamin priait pour que sa prière soit « proche de son lit ». Ces deux enseignements indiquent que l’étude de la Torah doit venir après le désir du cœur de se tourner vers D.ieu dans la prière.
וזהו ברוך אתה הוי׳ אלקינו פי׳ אתה היינו מהותו ועצמותו ית׳ שלמעלה מבחי׳ שם הוי׳ יומשך להיות הוי׳ אלקינו ממש:1112
Et voici le sens de « Béni sois-Tu, Havaya, notre D.ieu » : « Toi » désigne Son être et Son essence, béni soit-Il, qui sont au-dessus du niveau du Nom Havaya, [afin qu’ils] soient déployés pour devenir effectivement « Havaya, notre D.ieu ».
Tel est le sens de « Béni sois-Tu, Havaya, notre D.ieu » : « Toi » désigne l’être et l’essence mêmes de D.ieu, au-dessus du Nom Havaya, qui doivent être déployés pour devenir « Havaya, notre D.ieu ».
Ce paragraphe explique comment la troisième techouva fait descendre l’essence de D.ieu : Ano’hi, « Moi », est l’essence qui se situe au-dessus de Havaya et se révèle comme « Havaya, ton D.ieu » par l’étude de la Torah pour elle-même, après la prière. C’est ce que demande le mot « Toi » dans la bénédiction.
Les trois mots de la bénédiction correspondent maintenant aux trois techouvot : « notre D.ieu » (memalé) pour le fait de s’écarter du mal, « Havaya » (sovev) pour l’accomplissement du bien, et « Toi », l’essence au-dessus de Havaya, pour la troisième techouva, atteinte par la Torah.
Maré mekomot
- 1ממעמקים קראתיך הוי׳ · Psalms 130:1
- 2מאד עמקו מחשבותיך · Psalms 92:6
- 3אשרי אדם שיש בו דברי תורה ושמורים בידו · Vayikra Rabbah 3:7
- 4תפלה לעני · Psalms 102:1
- 5עוסק בתורה לשמה · אבות ו, א.
- 6עוסק בתורה לשמה · Pirkei Avot 6:1
- 7הראיני את מראיך השמיעני את קולך · Song of Songs 2:14
- 8שלא ברכו בתו׳ תחלה · Nedarim 81a
- 9על תפלתי שתהא סמוכה למטתי · ברכות ה, ד.
- 10על תפלתי שתהא סמוכה למטתי · Berakhot 5b:21–22
- 11
- 12אנכי הוי׳ אלקיך · Exodus 20:2
18קיצור. תשובה ג׳ לעצמות אור א״ס [אין סוף] שלמעלה מסוכ״ע [מסובב כל עלמין] וממכ״ע [וממלא כל עלמין] עד יעבור עמך1 הוי׳ והיינו ושובו אלי ממש וזהו ע״י עסק התורה. איברים הפנימים וזהו אנכי הוי׳ אלקיך:2
Résumé. La troisième techouva, vers l’essence de la Lumière infinie, qui est au-dessus du sovev kol almin et du memalé kol almin : « Jusqu’à ce que Ton peuple passe, Havaya. » Et c’est « Revenez à Moi », à Moi-même. Cela s’accomplit par l’étude de la Torah. Les organes internes. Et c’est « Je suis Havaya, ton D.ieu ».
Voici le résumé de la section 3 : la troisième techouva atteint l’essence de la Lumière infinie, au-dessus du sovev et du memalé, à laquelle font allusion « jusqu’à ce que Ton peuple passe au-delà de Havaya » et « Revenez à Moi ». Elle s’accomplit par l’étude de la Torah, qui est l’« organe intérieur », comme dans « Je suis Havaya, ton D.ieu ».
Le résumé de la section 3 énonce ses idées principales : la troisième techouva, qui mène à l’essence de D.ieu, par la Torah.
Maré mekomot
- 1עד יעבור עמך הוי׳ · Exodus 15:16
- 2אנכי הוי׳ אלקיך · Exodus 20:2
Bechor : trois techouvas, trois mondes ¶19–26
4. Or, les trois techouvot mentionnées précédemment sont toutes appelées bechor (premier-né), car les trois lettres de bechor représentent les unités, les dizaines et les centaines :
La section 4 montre que les trois techouvot sont appelées ensemble bechor, « premier-né ». Les trois lettres de bechor (beis, kaf, reish) représentent les trois ordres numériques : les unités, les dizaines et les centaines.
הבי״ת יחידות הכ״ף עשירות הרי״ש מאות2 והוא כי הנה ג׳ תשובות הנ״ל הם נגד ג׳ בחינות נשמות דעשיה יצירה בריאה והן בכלל ג׳ בחינות נפש רוח נשמה.
le beis représente les unités, le kaf les dizaines, et le reish les centaines. Cela s’explique par le fait que les trois techouvot mentionnées précédemment correspondent aux trois niveaux des âmes des mondes d’Assiya, de Yetsira et de Béria ; et ceux-ci correspondent, en général, aux trois niveaux de Nefech, Roua’h et Nechama,
Beis (2) représente une unité, kaf (20) une dizaine, et reish (200) une centaine. Ces lettres correspondent aux trois techouvot, qui relèvent des âmes des trois mondes inférieurs, Assiya, Yetsira et Béria, ainsi qu’aux trois niveaux de l’âme : Nefech, Roua’h et Nechama.
שצריך לבררם ולתקנם ולהעלותם למעלה ע״י ג׳ תשובות הנ״ל, ופי׳ כי התשובה הא׳ של סור מרע היא של בחי׳ נפש ובחינת עשיה
qu’il faut raffiner, rectifier et élever au moyen des trois techouvot mentionnées précédemment. Voici ce que cela signifie : la première techouva, celle qui consiste à « s’écarter du mal », relève du niveau de Nefech et du niveau d’Assiya (Action),
Chaque niveau de l’âme doit être raffiné et élevé au moyen de sa propre techouva. La première, qui consiste à s’écarter du mal, relève de Nefech, le niveau le plus bas de l’âme, correspondant à Assiya.
והיא קרובה יותר לחטא גמור מפני שעולם העשיה הוא קרוב למדור הקליפות וחיצונים שהוא היצה״ר [היצר הרע] לכך הנפש דעשיה יכולה לעשות עבירה גמורה וכמ״ש נפש כי תחטא.3
et elle est davantage exposée à la faute proprement dite, car le Monde d’Assiya est proche du séjour des kelipot (écorces) et des forces extérieures, c’est-à-dire du mauvais penchant. C’est pourquoi le Nefech d’Assiya peut commettre une transgression proprement dite, comme il est écrit : « Une âme (nefech) qui faute. »
Le Nefech est le plus proche de la faute effective, car Assiya, notre monde, jouxte le domaine des kelipot et du mauvais penchant. C’est pourquoi la Torah parle d’« une âme qui faute ».
Ce paragraphe introduit la section 4 : les trois techouvot sont appelées bechor, dont les lettres représentent une unité, une dizaine et une centaine. Elles correspondent aux niveaux de l’âme — Nefech, Roua’h et Nechama — dans les mondes d’Assiya, de Yetsira et de Béria. La première techouva relève du Nefech, qui est le plus proche de la faute.
Bechor, le premier-né, est le premier fruit mis à part pour être sanctifié. Le maamar interprétera « Sanctifie pour Moi tout premier-né » comme l’élévation des trois mondes inférieurs vers Atsilout, au moyen de ces trois techouvot.
Maré mekomot
- 1ג׳ אותיות בכר הן יחידות עשירות מאות · ראה לקמן פ׳ ברכה צג, א.
- 2הבית יחידות . . הריש מאות · ראה גם אוה״ת פ׳ בא ע׳ שלד.
- 3נפש כי תחטא · Leviticus 4:2
20והתשובה שלו הוא לעקור רצונו מן הרע וע״י עקירת רצונו מעורר לעילא שלא יומשך חיות לחיצונים מרצון העליון כו׳.
Et sa techouva consiste à déraciner sa volonté du mal ; et, en déracinant sa volonté, on suscite en haut que la force vitale ne soit pas attirée vers les forces extérieures depuis la Volonté suprême, etc.
La techouva de l’âme consiste à déraciner la volonté du mal. Ce déracinement a un effet en haut : la force vitale n’est plus attirée depuis la Volonté suprême vers les forces extérieures.
והתשובה הב׳ הוא של בחי׳ רוח ובחינת יצירה. והתשובה הג׳ היא של בחי׳ נשמה ולכן צריך לשוב יותר מעומק הלב כי נפילתו גדולה משניהם.
La deuxième techouva est celle du niveau de Roua'h et du niveau de Yetsira (Formation). La troisième techouva est celle du niveau de Nechama ; il faut donc revenir davantage, du plus profond du cœur, car sa chute est plus grande que celle des deux autres.
La deuxième techouva relève de Roua'h et du monde de Yetsira, et la troisième de Nechama. La techouva de Nechama doit venir du plus profond du cœur, car la chute d’un niveau aussi élevé est plus grande que celle des deux autres.
וכמו שאמר הה״מ [הרב המגיד] נ״ע [נשמתו עדן]1 שהמ״ז של צדיקים גמורים פוגמים יותר מעונות חמורות של הע״ה [העם הארץ] וזהו וסביביו נשערה מאד2 כו׳
Comme l’a dit le Maguid, que son âme soit dans l’Éden : les pensées étrangères de tsadikim parfaits causent davantage de dommage que les fautes graves des gens sans instruction. Et c’est le sens de « Et autour de Lui, la tempête fait rage (nis'arah) avec grande violence », etc.
Le Maguid a dit que les pensées errantes de tsadikim parfaits causent davantage de dommage que les fautes graves des gens sans instruction. La note de Kehot ajoute que le Rabbi Mitteler rapporte cela comme une parole du Baal Chem Tov à son propre sujet. Le verset « Et autour de Lui, la tempête fait rage avec grande violence » y fait allusion : nis'arah, « la tempête fait rage », évoque se'arah, « un cheveu ».
(בתילים סי׳ נ׳), וארז״ל [ואמרו רבותינו זכרונם לברכה] מלמד שהקב״ה [שהקדוש ברוך הוא] מדקדק עם סביביו כחוט השערה3 (פ׳ בת׳ דיבמות קכ״א ב׳).
(dans les Psaumes, chapitre 50) ; et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Cela enseigne que le Saint béni soit-Il est exigeant envers ceux qui L’entourent jusqu’à l’épaisseur d’un cheveu » (dernier chapitre de Yevamos, 121b).
Le Talmud comprend ce verset comme enseignant que D.ieu est exigeant envers ceux qui Lui sont proches jusqu’à l’épaisseur d’un cheveu. Plus une personne est proche, plus la mesure est subtile.
ועיין טעם ע״ז [על זה] בפרדס שער כ״ט שער הטעמים פ״ג [פרק ג׳] סד״ה פסק4 ובת״ז [ובתיקוני זהר] ריש תקון י״ט (דל״ז ע״א).
Voyez la raison de cela dans le Pardes, Sha'ar 29, Sha'ar HaTe'amim, chapitre 3, à la fin du passage commençant par « Pasek » ; et dans le Tikkunei Zohar, au début du Tikkun 19 (37a).
Le Pardes (de Rabbi Moché Cordovero) et le Tikkunei Zohar donnent la raison de cela. La note de Kehot cite l’explication du Tséma'h Tsédek tirée de Yahel Or : le niveau de la « moelle épinière » est le pasek, le signe de séparation, entre deux Noms Havaya.
וזהו ענין ג׳ אותיות בכר שהם יחידות עשירות מאות כי בבריאה שהוא נשמה הספירות כלולים כל אחד מיו״ד ויו״ד מיו״ד ע״כ [על כן] הם בבחינת מאות.
Et c’est le sens des trois lettres de be'hor, qui correspondent aux unités, aux dizaines et aux centaines : dans Béria (Création), qui correspond à Nechama, les Séfirot sont chacune composées de dix, et chacune de ces dizaines, de dix ; elles sont donc au niveau des centaines.
Les lettres de be'hor sont maintenant expliquées. Dans Béria, le monde de Nechama, chacune des Séfirot comprend dix éléments, et chacun de ces dix en comprend dix ; elles sont donc au niveau des centaines.
וביצירה אינן כלולים רק מיו״ד ובעשיה הם רק בבחינת נקודה לבד, וכמ״ש בע״ח [בעץ חיים] שמ״ז פ״ה שבעשיה הוא בחינת נקודה לבד.5
Dans Yetsira, elles ne sont composées que de dix, et dans Assiya, elles ne sont qu’au niveau d’un point unique, comme il est écrit dans Etz Chaim, Sha'ar 47, chapitre 5 : dans Assiya, elles sont au seul niveau d’un point.
Dans Yetsira, chaque Séfira ne comprend que dix éléments, soit le niveau des dizaines ; dans Assiya, les Séfirot ne sont que des points isolés, le niveau des unités, comme l’enseigne Etz Chaim.
Ce paragraphe achève d’associer les trois techouvot à Nechama, Roua'h et Nechama : plus le niveau est élevé, plus sa chute est grande et plus sa techouva doit être profonde, car D.ieu est exigeant envers ceux qui Lui sont proches jusqu’à l’épaisseur d’un cheveu. Il explique ensuite les lettres de be'hor : les Séfirot d’Assiya sont des points isolés (unités), celles de Yetsira correspondent aux dizaines et celles de Béria aux centaines.
L’Arizal décrit les Séfirot d’Assiya comme des « points » (nekoudot), celles de Yetsira comme des Séfirot comprenant chacune dix éléments, et celles de Béria comme des configurations complètes (partsoufim) ; le paragraphe suivant nomme cette séquence : point, Séfira, partsouf. Les trois lettres de be'hor retracent ainsi l’élévation de l’âme d’Assiya à Béria.
Maré mekomot
- 1וכמו שאמר הה״מ נ״ע · בסה״מ תקס״ב כרך-א ע׳ רלה בשם הבעש״ט והה״מ. אבל במאמרי אדה״א פ׳ בלק ע׳ א׳תקצה מביא שהבעש״ט אמר זה על עצמו וז״ל: וכידוע בשם הבעש״ט ז״ל שאמר דמח״ז שלו בתפילה וכל היום פוגמים יותר מכל העוונות וע״ש במ״מ.
- 2וסביביו נשערה מאד · Psalms 50:3
- 3מלמד שהקב״ה מדקדק עם סביביו כחוט השערה · Yevamot 121b:8
- 4בפרדס שער כ״ט . . סד״ה פסק · ”שבחי׳ חוט השדרה הנ״ל זהו הפסיק טעמא שבין שני שמות הוי׳” — יהל אור ע׳ קכז.
- 5פ׳ בתרא דיבמות · ראה גם יהל אור ע׳ קכז.
21וגם בשער הפרצופים שער כ״ט בסופו כתב ענין נקודה ספירה פרצוף כי הספירות דעשיה הם קטנות בתכלית ונק׳ נקודה בערך הספירה כו׳ ע״ש [עיין שם].
De même, dans Sha'ar HaPartzufim, Sha'ar 29, à la fin, il traite du point, de la Séfira et du partzuf (configuration) : les Séfirot d'Assiya sont extrêmement petites et sont appelées « point » par rapport à la Séfira, etc. Voir là-bas.
Sha'ar HaPartzufim d'Etz Chaim nomme trois étapes : un point, une Séfira et un partzuf (une configuration complète). Les Séfirot d'Assiya sont si petites qu'elles ne sont que des « points » en comparaison d'une Séfira complète.
וג׳ אותיות אלו מרומזים ג״כ בענין הברכות ברוך היינו על ג׳ ההמשכות דאתה הוי׳ אלקינו כנ״ל ונרמז בתיבת ברך בכורתי ברכתי כו׳.
Ces trois lettres sont également évoquées dans le thème des bénédictions : baroukh (« béni »), c'est-à-dire les trois effusions de « Toi, Havaya, notre D.ieu », comme indiqué plus haut ; elles sont aussi évoquées dans le mot barekh (« bénis »), [comme dans] « mon droit d'aînesse (bekhorati)… ma bénédiction (birkhati) », etc.
Les mêmes trois lettres apparaissent dans baroukh, « béni », le mot qui ouvre chaque bénédiction, à propos des trois effusions de « Toi, Havaya, notre D.ieu ». Elles apparaissent de nouveau dans le cri d'Essav au sujet de son bekhora, son « droit d'aînesse », et de sa berakha, sa « bénédiction », que Yaakov lui prit.
וזהו קדש לי כל בכר1 שיוגבהו השלשה עולמות בי״ע [בריאה יצירה עשיה] שהם נר״נ [נפש רוח נשמה] ע״י השלשה בחינות תשובה הנ״ל ויתבררו משבירתן ויתעלו לעולם האצילות.
Et c'est là le sens de « Consacre-Moi tout premier-né » : les trois mondes de Béria, Yetsira et Assiya, qui correspondent à Nefech, Roua'h et Nechama, doivent être élevés par les trois niveaux de techouva mentionnés plus haut, être purifiés des effets de leur brisure et s'élever au Monde d'Atsilout.
« Consacre-Moi tout premier-né (bekhor) » signifie que les trois mondes inférieurs — Béria, Yetsira et Assiya — qui correspondent à Nechama, Roua'h et Nefech, sont élevés par les trois techouvot, purifiés des effets de la brisure, puis élevés en Atsilout.
וזהו לי. ועיין מ״ש ע״פ וארשתיך לי.23 וזהו יפה שעה אחת בתשובה4 שיש יתרון לאור מן החושך5 שנתברר שעי״ז נתוסף אור כו׳,
Et tel est le sens de « à Moi ». Voir aussi ce qui est écrit au sujet de « Je te fiancerai à Moi ». Et c'est là le sens de « Une heure de techouva est préférable » : il y a un avantage de la lumière issue des ténèbres qui ont été purifiées, car cela ajoute de la lumière, etc.
« À Moi » signifie en Atsilout, comme l'explique le commentaire sur « Je te fiancerai à Moi ». C'est pourquoi une heure de techouva est si précieuse : la lumière qui vient des ténèbres, une fois celles-ci purifiées, ajoute une lumière qui n'existait pas auparavant.
(ועל ג׳ תשובות אלו דנר״ן [דנפש רוח נשמה] י״ל [יש לומר] שאמרו לא זז מחבבה עד שקראה בתי. עד שקראה אחותי. עד שקראה אמי.
(Au sujet de ces trois techouvot de Nefech, Roua'h et Nechama, on peut dire que c'est ce qu'ils ont enseigné : « Il ne cessa de lui témoigner son affection jusqu'à ce qu'Il l'appela “Ma fille”… jusqu'à ce qu'Il l'appela “Ma sœur”… jusqu'à ce qu'Il l'appela “Ma mère”. »
Les trois techouvot de Nefech, Roua'h et Nechama sont peut-être ce que le Midrach veut dire lorsqu'il enseigne que l'amour de D.ieu pour Israël grandit jusqu'à ce qu'Il l'appelle « Ma fille », puis « Ma sœur » et enfin « Ma mère ».
וענין יתרון האור מן החשך היינו שע״י שמהפכין חשוכא לנהורא ממשיכים תוספת אור באצילות מבחינת ישת חשך סתרו6 ומבחינת קדש לי כל בכר נמשך מלמעלה בחינת רכב אלקים רבותיים78 כו׳ סולו לרוכב בערבות9 עיין בזח״ב [בזהר חלק ב׳] תרומה)
Le sens de « l'avantage de la lumière issue des ténèbres » est que, lorsqu'on transforme véritablement les ténèbres en lumière, une lumière supplémentaire est attirée dans Atsilout depuis le niveau de « Il fit des ténèbres Sa cachette » ; et, depuis le niveau de « Consacre-Moi tout premier-né », est attiré d'en haut le niveau de « Le char de D.ieu se compte par myriades », etc., « Célébrez Celui qui chevauche les cieux ». Voir dans le Zohar, partie II, Terouma.
Lorsque les ténèbres sont transformées en lumière, une lumière nouvelle est attirée dans Atsilout depuis le niveau de « Il fit des ténèbres Sa cachette », la lumière cachée dans les ténèbres mêmes. Par « Consacre-Moi tout premier-né », un niveau d'en haut est attiré, que le Zohar décrit par les versets « Le char de D.ieu se compte par myriades » et « Célébrez Celui qui chevauche les cieux ».
(קס״ה ב׳) ובהרמ״ז [ובהרב משה זכות] שם והוא ג״כ המשכה מבחינת נר״נ [נפש רוח נשמה] שלמעלה מאצילות עיין בע״ח [בעץ חיים] שער א״א [אריך אנפין] פ״ד.
(165b), et dans le Ramaz, à cet endroit. Il s'agit également d'une effusion issue des niveaux de Nefech, Roua'h et Nechama qui sont au-dessus d'Atsilout ; voir Etz Chaim, Sha'ar Arikh Anpin, chapitre 4.
Cette effusion vient des niveaux de Nefech, Roua'h et Nechama qui se trouvent au-dessus d'Atsilout, dont traite Etz Chaim dans son Sha'ar Arikh Anpin.
וזהו ענין אם ישים אליו לבו רוחו ונשמתו אליו יאסוף10 ועיין בזח״ג [בזהר חלק ג] פינחס (דרמ״ז ע״א ודרכ״ו ע״ב) בענין נהר כבר.1112
Et c'est là le sens de : « S'Il dirige son cœur vers lui, Il recueille auprès de Lui son esprit (roua'h) et son âme (nechama » ; voir aussi le Zohar, partie III, Pin'has (247a et 226b), au sujet du fleuve Kévar.
Le verset de Job, « S'Il dirige son cœur vers lui, Il recueille auprès de Lui son esprit et son âme », décrit le retour de Roua'h et de Nechama vers D.ieu. Le Zohar, dans Pin'has, en parle à propos du « fleuve Kévar », le fleuve de la vision d'Ézéchiel.
וכ״ז [וכל זה] היינו ע״י שלוקח הבכורה ממנו כי עשו היה בכור וכמ״ש בד״ה ראה ריח בני13 ובד״ה בשלח פרעה14 וזהו ענין שיצא ראשון כו׳ ע״ש [עיין שם] היטב.
Et tout cela s’obtient en lui prenant le droit d’aînesse, car Ésaü était le premier-né, comme il est expliqué dans le maamar commençant par « Vois, l’odeur de mon fils » et dans celui commençant par « Lorsque Pharaon renvoya » ; c’est là le sens de sa venue au monde le premier, etc. Voyez attentivement ces textes.
Tout cela découle du fait de prendre à Ésaü le droit d’aînesse, puisqu’il était le premier-né. Les maamarim sur « Vois, l’odeur de mon fils » et « Lorsque Pharaon renvoya » traitent de cette question ; c’est le sens du fait qu’Ésaü soit venu au monde le premier.
וצריך ליקח ממנו בכורתו ע״י התשובות הנ״ל פי׳ בעקירת הרצון מתאוות עוה״ז [עולם הזה] הן בסור מרע.
Il faut lui prendre son droit d’aînesse au moyen des techouvot mentionnées plus haut, c’est-à-dire en déracinant la volonté des désirs de ce monde, d’abord par « détourne-toi du mal ».
On prend le droit d’aînesse au moyen des trois techouvot, en déracinant la volonté des désirs de ce monde, à commencer par « détourne-toi du mal ».
Le paragraphe relie les trois techouvot au mot bekhor, « premier-né » : grâce à elles, les trois mondes inférieurs et les trois niveaux de l'âme sont purifiés et élevés en Atsilout, tandis que la lumière née des ténèbres ajoute une lumière nouvelle d'en haut. C'est ainsi que Yaakov prend à Essav le droit d'aînesse.
« L'avantage de la lumière issue des ténèbres » est un thème central de la 'Hassidout : la lumière qui a transformé les ténèbres est supérieure à celle qui ne les a jamais rencontrées, car elle est attirée du niveau de « Il fit des ténèbres Sa cachette », la lumière cachée au sein des ténèbres mêmes.
Maré mekomot
- 1קדש לי כל בכור · Exodus 13:2
- 2ע״פ וארשתיך לי · לעיל פ׳ במדבר ט, ד.
- 3וארשתיך לי · Hosea 2:21
- 4יפה שעה אחת בתשובה · Pirkei Avot 4:17
- 5שיש יתרון לאור מן החושך · Ecclesiastes 2:13
- 6ישת חשך סתרו · Psalms 18:12
- 7רכב אלקים רבותיים · Psalms 68:18
- 8רכב אלקים רבותיים · Zohar, Terumah 73:716–725
- 9סולו לרוכב בערבות · Psalms 68:5
- 10אם ישים אליו לבו רוחו ונשמתו אליו יאסוף · Job 34:14
- 11נהר כבר · Zohar, Pinchas 96:656–97:662
- 12נהר כבר · Zohar, Pinchas 44:246–45:255
- 13ראה ריח בני · Genesis 27:27
- 14בשלח פרעה · Exodus 13:17
22וזהו קדש לי קדש א״ע [את עצמו] במותר לך.1 והן ברצונו וחפצו בועשה טוב ובעסק התורה. שעי״ז העקירת הרצון נוטל ממנו בכורתו ממש.
Et c’est là le sens de « Consacre-Moi » : « Consacre-toi dans ce qui t’est permis. » Cela consiste à engager sa volonté et son désir dans le « fais le bien » et dans l’étude de la Torah. Par cet arrachement à la volonté, il lui ravit son droit d’aînesse même.
« Consacre-Moi » est compris à la lumière de l’enseignement talmudique « Consacre-toi dans ce qui t’est permis » : se retenir même des plaisirs permis. Avec le fait d’engager sa volonté à faire le bien et à étudier la Torah, cet arrachement à la volonté ravit à Essav son droit d’aînesse même.
כי הנה היצה״ר [היצר הרע] והקליפות הם מקבלים ג״כ חיות מרצון העליון שאל״כ [שאם לא כן] לא היה להם חיות ואדרבה הם מגביהים א״ע [את עצמו] לינק למעלה מההשתלשלות מבחינת ורב חסד אשר שם נאמר ואם צדקת2 כו׳ ורבו פשעיך3 כו׳.
Car le mauvais penchant et les kelipot (écorces) reçoivent eux aussi leur force vitale de la Volonté suprême ; sans cela, ils n’auraient aucune force vitale. Bien plus, ils s’élèvent pour puiser leur nourriture au-dessus de l’enchaînement descendant des mondes (hichtalchelout), au niveau de « abondant en bonté », à propos duquel il est dit : « Si tu es juste… » et « si tes fautes sont nombreuses… »
Le mauvais penchant et les kelipot vivent eux aussi de la Volonté suprême, faute de quoi ils ne pourraient exister. Pire encore, ils s’élèvent au-dessus de l’ordre des mondes pour puiser dans « abondant en bonté », cette bonté sans limite qui dispense sans égard au mérite. À ce propos, le livre de Job enseigne que ni la justice d’une personne ni ses nombreux péchés n’affectent D.ieu.
Ce paragraphe explique pourquoi l’arrachement à la volonté est si important : les kelipot puisent elles aussi leur force vitale dans la volonté de D.ieu, jusque dans la bonté sans limite qui se situe au-dessus de l’ordre des mondes. Se retenir des désirs matériels, même permis, leur ravit ce droit d’aînesse.
Essav, en tant que « premier-né », représente la kelipa qui vient en premier et puise à une source très élevée ; Yaakov, en arrachant le désir, reprend cette source pour la sainteté.
Maré mekomot
- 1קדש א״ע במותר לך · Yevamot 20a:15
- 2ואם צדקת · Job 35:7
- 3ורבו פשעיך · Job 35:6
Et c’est là le sens de « Même si tu t’élèves comme l’aigle », comme il est expliqué ailleurs, dans le discours commençant par « Un homme lutta ». Et lorsque l’homme retire sa volonté des désirs de ce monde,
Les paroles du prophète adressées à Édom (Essav), « Même si tu t’élèves comme l’aigle… de là, Je te ferai descendre », décrivent la kelipa qui s’élève pour puiser en haut ; le maamar sur « Un homme lutta » l’explique ailleurs.
שאינו רוצה בהם כלל מעורר כמ״כ [כמו כן] למעלה שיסתלק מהם רצון ה׳ מלהשפיע להם אור וחיות מבחינת ורב חסד כו׳ כ״א [כי אם] בבחי׳ צמצום כדי חיותן כו׳.
de sorte qu’il ne les désire absolument pas, il suscite de même en haut le retrait de la volonté de D.ieu à leur égard, afin qu’Il ne leur dispense plus ni lumière ni force vitale du niveau de « abondant en bonté », etc., [mais leur donne] seulement de manière contractée, juste assez pour leur existence, etc.
Lorsque l’homme ne désire absolument pas les plaisirs de ce monde, il entraîne également le retrait de la volonté de D.ieu à leur égard : ils ne reçoivent plus lumière et force vitale de « abondant en bonté », mais seulement le minimum contracté nécessaire à leur existence.
Ce paragraphe montre que la source élevée de la kelipa peut être coupée : lorsque l’homme détourne sa volonté des désirs de ce monde, la volonté de D.ieu se retire pareillement à leur égard, ne leur laissant que le minimum nécessaire à leur existence.
Maré mekomot
- 1אם תגביה כנשר · Obadiah 1:4
- 2ויאבק איש · Genesis 32:25
24והכח הזה היינו לפי שישראל עלו במחשבה1 ולכן אפילו כשבחי׳ ואני בתוך הגולה2 הוא על נהר כבר בחי׳ מחשבה הקדומה.
Et ce pouvoir vient du fait qu’Israël s’est élevé dans la pensée [de D.ieu] ; ainsi, même lorsqu’ils se trouvent au niveau de « Et moi, j’étais parmi les exilés », ils sont « près du fleuve Kevar », au niveau de la pensée primordiale.
L’homme possède ce pouvoir parce qu’Israël s’est élevé en premier dans la pensée de D.ieu. Même en exil, « parmi les exilés », l’âme se trouve « près du fleuve Kevar » : kevar signifie « déjà », et renvoie à la pensée primordiale, antérieure à tout.
וזהו ה׳ צלך3 כצל שהוא פונה אחר האדם כך הוא ית׳ כביכול צל שלך עד שעי״ז שהאדם מסלק רצונו מהרע מעורר כן למעלה ממש.
Et c’est là le sens de « Havaya est ton ombre » : de même qu’une ombre suit les mouvements de la personne, ainsi Lui, béni soit-Il, est, pour ainsi dire, ton ombre ; si bien que, lorsque l’homme retire sa volonté du mal, il suscite véritablement la même chose en haut.
« Havaya est ton ombre » : de même qu’une ombre se déplace avec la personne, ainsi D.ieu, pour ainsi dire, suit ce que fait l’homme. Lorsque celui-ci retire sa volonté du mal, ce même retrait se produit réellement en haut.
Ce paragraphe fonde le pouvoir du choix de l’homme : l’âme ayant sa racine dans la pensée primordiale de D.ieu, et D.ieu étant comme son ombre, ce que l’homme fait de sa volonté trouve son reflet en haut.
Maré mekomot
- 1ישראל עלו במחשבה · Bereshit Rabbah 1:4
- 2ואני בתוך הגולה · Ezekiel 1:1
- 3ה׳ צלך · Psalms 121:5
25ובמה שמשים רצונו וחפצו בועשה טוב גורם למעלה גילוי פנימית רצון העליון בע״ס [בעשר ספירות] דקדושה כו׳.
Et en orientant sa volonté et son désir vers le fait de « faire le bien », il provoque en haut la révélation de la dimension intérieure de la Volonté suprême dans les dix Séfirot de sainteté, etc.
Déraciner sa volonté du mal coupe la kelipa ; orienter sa volonté vers le fait de faire le bien va plus loin encore : cela révèle la dimension intérieure de la Volonté suprême dans les dix Séfirot de sainteté.
וענין עקירת הרצון היינו מ״ש בא אחיך במרמה1 פי׳ שלא יהיה האחוה והדביקות בעניני עוה״ז [עולם הזה] אכילה ושתיה בהתקשרות אמיתית כ״א [כי אם] במרמה ע״ד [על דרך] מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] כאילו כפאו כו׳
Et ce déracinement de la volonté, c’est ce qui est écrit : « Ton frère est venu avec ruse » : autrement dit, la fraternité et l’attachement aux choses de ce monde — manger et boire — ne doivent pas être vécus avec un attachement véritable, mais seulement « avec ruse », selon l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie : « comme s’il y avait été contraint », etc. ;
Le déracinement de la volonté est suggéré par les paroles d’Isaac à Ésaü : « Ton frère est venu avec ruse ». La « fraternité » d’un Juif avec les choses du monde, comme manger et boire, ne doit être qu’un semblant, sans attachement véritable, comme le disent les Sages : il faut agir « comme s’il y avait été contraint ».
שיהיה זה ירידה אצלו אלא שמכוין רק בכדי לברר בירורים והיינו שאוכל בכדי שיתפלל בכח האכילה כו׳. (וכמ״ש בש״ע א״ח [אורח חיים] סי׳ רל״א):
de sorte que cela constitue pour lui une descente, et qu’il n’ait d’autre intention que d’effectuer des affinements (birourim) ; ainsi, il mange afin de prier grâce à la force que lui donne la nourriture, etc. (Comme il est écrit dans le Choul’han Aroukh, Ora’h ‘Haïm, section 231.)
Manger doit être ressenti comme une descente, entreprise uniquement pour affiner les étincelles de sainteté présentes dans la nourriture : on mange afin d’avoir la force de prier. Le Choul’han Aroukh, Ora’h ‘Haïm 231, enseigne que l’on doit manger dans le but de servir D.ieu.
Ce paragraphe expose l’aspect positif — faire le bien — qui révèle la dimension intérieure de la Volonté suprême. Il montre aussi comment déraciner la volonté dans la vie quotidienne : on use des choses du monde « avec ruse », uniquement afin de les affiner et de servir D.ieu.
Maré mekomot
- 1בא אחיך במרמה · Genesis 27:35
26קיצור ג׳ תשובות נר״נ [נפש רוח נשמה] והם יחידות עשירות מאות נקודה ספירה פרצוף. והיינו בי״ע [בריאה יצירה עשיה] וקדש לי שיובררו עי״ז ויוכללו באצילות. ופי׳ קדש ע״י שעוקר רצונו כמ״כ [כמו כן] מעורר למעלה.
Résumé. Les trois techouvot : Nefech, Roua’h et Nechama ; elles correspondent aux unités, dizaines et centaines, au point, à la Séfira et au partzuf ; c’est-à-dire à Béria, Yetsira et Assiya. « Sanctifie pour Moi » : afin qu’elles soient ainsi affinées et incluses dans Atsilout. Le sens de « Sanctifie » est que, en déracinant sa volonté, il suscite de même une réaction En-Haut.
C’est le résumé de la section 4 : les trois techouvot de Nefech, Roua’h et Nechama correspondent aux unités, dizaines et centaines, au point, à la Séfira et au partzuf, dans Assiya, Yetsira et Béria ; « Sanctifie pour Moi » désigne leur affinage et leur élévation vers Atsilout, obtenus en déracinant la volonté, ce qui produit le même effet En-Haut.
ועי״ז ממשיך תוספת ויתרון אור לרכ״ב בערבות רכב אלקים נהר כבר כו׳. והיינו ע״י התשובה נמשך מזה ג׳ בחינות בתי אחותי אמי כו׳:
Par cela, il attire une lumière supplémentaire et supérieure vers « Celui qui chevauche les cieux », « le char de D.ieu », « le fleuve Kevar », etc. C’est-à-dire que, par la techouva, trois niveaux en découlent : « Ma fille », « Ma sœur », « Ma mère », etc.
Par cela, une lumière supplémentaire est attirée vers « Celui qui chevauche les cieux », « le char de D.ieu » et « le fleuve Kevar », et apparaissent les trois niveaux « Ma fille », « Ma sœur », « Ma mère ».
Le résumé de la section 4 en énumère les points : les trois techouvot comme bechor, leur élévation des mondes inférieurs vers Atsilout et la lumière supplémentaire qu’elles attirent.
Tentes et demeures ¶27–33
27ה וזהו מה טובו אוהליך יעקב.1 פי׳ הב׳ תשובות של סור מרע ועשה טוב הם בחינת יעקב יו״ד עקב כי הם בחי׳ מעשה להיות סור מרע ועשה טוב שעי״ז ממשיך היו״ד בבחי׳ עקב.
5. Et voici : « Que tes tentes sont belles, Yaakov ! » Cela signifie que les deux techouvot de « détourne-toi du mal » et « fais le bien » relèvent du niveau de Yaakov, Youd-Akev (un Youd et un talon), car elles relèvent de l’action : se détourner du mal et faire le bien. Ainsi, on attire le Youd dans le niveau du talon.
La section 5 revient au verset d’ouverture. Les deux premières techouvot, se détourner du mal et faire le bien, relèvent de l’action ; elles sont donc le niveau de Yaakov, lu comme Youd-Akev : le Youd, le point le plus élevé du Nom, attiré jusque dans le « talon », le niveau le plus bas, par l’accomplissement des actes.
Le paragraphe commence à appliquer les trois techouvot au verset d’ouverture : les deux premières, qui concernent l’action, relèvent du niveau de Yaakov, le Youd attiré jusque dans le talon.
Maré mekomot
- 1מה טובו אוהליך יעקב · Numbers 24:5
28וגם יעקב בכל מקום היינו ז״ת [ז׳ תחתונות] וישראל לי ראש הוא בחינת מוחין ג׳ ראשונות וכמ״ש בלק״ת [בלקוטי תורה (להאריז״ל)] ס״פ ויצא והנה בכ״מ [בכל מקום] הז״ת [הז׳ תחתונות] נק׳ בשם יעקב כו׳ וז״ת [וז׳ תחתונות] הוא בחי׳ רוח ונפש.
De même, « Yaakov » désigne partout les sept Séfirot inférieures, et « Israël », li roch (« une tête pour Moi »), désigne le niveau de l’intellect (mo’hin), les trois premières [Séfirot], comme il est écrit dans le Likkutei Torah [de l’Ari Zal], à la fin de la paracha Vayétsé : « Or, partout, les sept Séfirot inférieures sont appelées du nom de Yaakov », etc. Les sept Séfirot inférieures correspondent au niveau de Roua’h et de Néfech,
Dans la Kabbale, « Yaakov » désigne les sept Séfirot inférieures, les attributs émotionnels, tandis que « Israël », dont les lettres forment li roch, « une tête pour Moi », désigne l’intellect, les trois premières Séfirot, comme l’enseigne le Likkutei Torah de l’Ari Zal. Les sept Séfirot inférieures correspondent à Roua’h et Néfech.
וג״ר [וג׳ ראשונות] הוא נשמה וע״כ [ועל כן] ב׳ תשובות הראשונות דנפש ורוח הם בחינת יעקב וזהו ויעקבני זה פעמים1 היינו ב׳ תשובות הנ״ל.
et les trois premières [Séfirot] correspondent à la Nechama. Ainsi, les deux premières techouvot, celles de Néfech et de Roua’h, sont du niveau de Yaakov ; c’est là le sens de « Il m’a supplanté (vaya’akveini) ces deux fois » : il s’agit des deux techouvot mentionnées précédemment.
Les trois premières correspondent à la Nechama. Ainsi, les deux premières techouvot, celles de Néfech et de Roua’h, sont du niveau de Yaakov ; c’est pourquoi Essav dit que Yaakov l’avait supplanté « ces deux fois ».
Ce paragraphe identifie Yaakov aux sept Séfirot inférieures, à Néfech et à Roua’h, et Israël à l’intellect, à la Nechama. Cela explique pourquoi les « deux fois » de Yaakov correspondent aux deux premières techouvot.
Maré mekomot
- 1ויעקבני זה פעמים · Genesis 27:36
29ונק׳ אוהליך אהל הוא בחינת מקיף כי ע״י המצות נמשכים מקיפים אבל עדיין אין מתלבש בתוכו בבחינת פנימיות ממש שלהיות ההמשכה בפנימיות ממש הוא ע״י התורה.
Et elles sont appelées « tes tentes » : une tente est un niveau de lumière englobante (makif), car les mitsvot attirent des lumières englobantes, mais celle-ci n’est pas encore revêtue en lui à proprement parler dans la dimension intérieure (pnimiyout) ; car l’attraction vers l’intériorité véritable s’accomplit par la Torah.
Elles sont appelées « tentes » parce qu’une tente entoure une personne de l’extérieur. Les mitsvot attirent une lumière englobante (makif), qui entoure la personne sans encore pénétrer en elle ; cela vient par la Torah.
וכנודע מענין קדשנו במצותיך ותן חלקנו בתורתך שע״י המצות נעשה בחי׳ קדושין שהוא רק המשכת אור מקיף מבחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] וכמו טבעת קדושין כו׳
Comme on le sait au sujet de « Sanctifie-nous par Tes mitsvot et donne-nous notre part dans Ta Torah » : par les mitsvot se réalise le niveau des kiddouchin (fiançailles), qui consiste seulement à attirer une lumière englobante depuis le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), à l’image de l’anneau de fiançailles, etc. ;
La prière « Sanctifie-nous par Tes mitsvot et donne-nous notre part dans Ta Torah » met en évidence cette distinction. Les mitsvot réalisent les kiddouchin, les fiançailles, qui ne sont que l’attraction d’une lumière englobante depuis le sovev kol almin, comme l’anneau de fiançailles donné de l’extérieur.
וע״י התורה הוא ההמשכה בבחינת פנימית ביום חתונתו זו מתן תורה1 המשכת טפת ח״ע [חכמה עילאה] כו׳.
et par la Torah, l’attraction s’opère dans la dimension intérieure : « au jour de ses noces », c’est le don de la Torah, l’attraction de la goutte de la 'Hokhma supérieure (Hokhma Ila'a), etc.
La Torah apporte une union intérieure, les « noces ». La Michna interprète « au jour de ses noces » comme désignant le don de la Torah, lorsque la 'Hokhma supérieure, la sagesse de D.ieu, fut attirée à l’intérieur.
Ce paragraphe explique l’expression « tes tentes » : les mitsvot attirent la divinité sous la forme d’une lumière englobante, comme une tente ou comme l’anneau de fiançailles, tandis que la Torah l’attire à l’intérieur, comme les noces elles-mêmes.
Maré mekomot
- 1ביום חתונתו זו מתן תורה · Mishnah Ta'anit 4:8
30והנה ע״י סור מרע נמשך שיהי׳ [שיהיה] בחינת אלקינו וע״י ועשה טוב בחינת גילוי שם הוי׳.
Or, par « écarte-toi du mal », il est attiré que se manifeste le niveau de « notre D.ieu », et par « fais le bien », le niveau de la révélation du Nom Havaya.
Les deux démarches de techouva par l’action attirent deux niveaux : s’écarter du mal fait descendre « notre D.ieu », et faire le bien révèle le Nom Havaya.
אכן גילוי זה בבחי׳ מקיף ואוהל. וזהו ויעקב איש תם1 יושב אוהלים היינו ב׳ אוהלים הנ״ל דהמשכת דהוי׳ אלקינו כו׳.
Cependant, cette révélation est au niveau d’une lumière englobante (makif) et d’une tente. C’est le sens de : « Yaakov était un homme intègre, qui demeurait sous des tentes » : il s’agit des deux tentes mentionnées plus haut, par lesquelles est attiré « Havaya, notre D.ieu », etc.
Toutefois, l’un et l’autre ne se révèlent que comme une lumière englobante, une « tente ». C’est pourquoi la Torah décrit Yaakov comme celui qui « demeurait sous des tentes », au pluriel : les deux tentes de « Havaya » et de « notre D.ieu ».
ופי׳ מה טובו היינו כשהוא בבחינת מ״ה [שם מ״ה] וביטול ואינו נראה ליש. וכמ״ש והצנע לכת עם אלקיך2
Le sens de « Comme tes tentes sont belles » est le suivant : lorsqu’il se trouve au niveau de mah (« quoi ») et dans l’annulation de soi (bitoul), sans se présenter comme une entité, comme il est écrit : « Marche humblement avec ton D.ieu »,
« Comme tes tentes sont belles » (mah tovu) s’interprète à partir du mot mah, « quoi ? » : lorsqu’une personne est comme Moché et Aharon, qui disaient : « Que sommes-nous ? » (mah), qu’elle est annulée et ne se considère pas comme une « entité », et qu’elle marche humblement avec D.ieu.
אזי הם טובו כדכתיב כי טוב3 ארז״ל [אמרו רבותינו זכרונם לברכה] כי טוב לגנוז,45 היינו בחינת והצנע לכת כו׳
alors elles sont belles, comme il est écrit : « car c’était bon » ; nos Sages, de mémoire bénie, ont enseigné : « bon à cacher ». Il s’agit du niveau de « marche humblement », etc.
Alors les tentes sont « belles » (tovu), comme dans « D.ieu vit que la lumière était bonne », que les Sages interprètent ainsi : « bonne à cacher ». La bonté est associée à ce qui est caché, à cette « marche » humble où rien n’est mis en évidence.
(וכמ״ש במ״א שהחסדים המכוסים הוא בחינת עץ החיים ומהחזה ולמטה ששם התגלות נק׳ עה״ד [עץ הדעת] כו׳ ועמ״ש בביאור דאלה מסעי6 בענין מ״ב מסעות כו׳) ועמ״ש בד״ה יבל הוא78 בענין אבי כל יושב אהל כו׳.
(Comme il est expliqué ailleurs, les 'Hassadim couverts correspondent au niveau de l’Arbre de Vie, tandis que la région située au-dessous de la poitrine, où il y a révélation, est appelée l’Arbre de la Connaissance, etc. ; voir aussi ce qui est écrit dans l’explication de « Voici les étapes », au sujet des quarante-deux étapes, etc.) Voir également ce qui est écrit dans le discours commençant par « Yaval fut », au sujet de « père de tous ceux qui demeurent sous des tentes », etc.
Ailleurs, cela est associé aux « 'Hassadim couverts » : la bonté cachée est l’Arbre de Vie, tandis que la partie révélée, au-dessous de la « poitrine », est l’Arbre de la Connaissance. Le maamar de Torah Ohr sur Yaval, « père de ceux qui demeurent sous des tentes », explique lui aussi la tente comme une lumière englobante.
משכנותיך ישראל.9 פי׳ שבבחינת ישראל הוא שוכן בבחי׳ פנימית ממש ולא בבחי׳ אהל ומקיף לבד.
« Tes demeures, Israël » : cela signifie qu’au niveau d’Israël, Il réside véritablement dans la dimension intérieure, et non pas seulement au niveau d’une tente et d’une lumière englobante.
« Tes demeures, Israël » désigne une résidence véritablement intérieure : au niveau d’Israël, D.ieu réside en eux, et non pas seulement autour d’eux, comme sous une tente.
והיינו ע״י עסק התורה וכמארז״ל [וכמאמר רבותינו זכרונם לברכה] משחרב בהמ״ק [בית המקדש] אין להקב״ה [להקדוש ברוך הוא]10 בעולמו אלא ד״א [ד׳ אמות] של הלכה. נמצא שהתורה היא בחינת השראה פנימית כמו ושכנתי בתוכם.11
Cela se réalise par l’étude de la Torah, comme l’ont enseigné nos Sages, de mémoire bénie : « Depuis la destruction du Temple, le Saint béni soit-Il n’a dans Son monde que les quatre coudées de la halakha. » Il s’ensuit que la Torah est une présence intérieure, comme dans « Je résiderai parmi eux ».
Cette résidence intérieure se réalise par l’étude de la Torah. Depuis la destruction du Temple, enseigne le Talmud, D.ieu n’a dans Son monde que « les quatre coudées de la halakha » ; la Torah est donc Sa résidence intérieure, comme dans « Je résiderai parmi eux ».
Ce paragraphe interprète le verset d’ouverture : les deux démarches de techouva par l’action sont les « tentes » de Yaakov, des lumières englobantes qui sont « belles » lorsqu’elles s’accompagnent d’humilité et d’annulation de soi ; la Torah est les « demeures » d’Israël, la présence intérieure de D.ieu.
Le mot mah relie les tentes « belles » à l’annulation de soi (bitoul) : les mitsvot des deux premières démarches de techouva sont « belles » lorsqu’elles sont accomplies sans aucune conscience de soi, humblement et à l’abri des regards, à l’image de la lumière qui était « bonne à cacher ».
Maré mekomot
- 1ויעקב איש תם · Genesis 25:27
- 2והצנע לכת עם אלקיך · Micah 6:8
- 3כי טוב · Genesis 1:4
- 4וארז״ל כי טוב לגנוז · Chagigah 12a:10–11
- 5כי טוב לגנוז · Zohar, Bereshit 70:139–148
- 6אלה מסעי · Numbers 33:1
- 7בד״ה יבל הוא · תו״א ז, ד.
- 8יבל הוא · Genesis 4:20
- 9משכנותיך ישראל · Numbers 24:5
- 10משחרב ביהמ״ק אין להקב״ה · Berakhot 8a:18–19
- 11ושכנתי בתוכם · Exodus 25:8
31וזהו ענין ישראל לי ראש שבראש הוא גילוי המוחין. וכללות חיות הנפש בבחינת פנימית. מה שבשאר האברים הוא רק בבחי׳ מקיף
Et tel est le sens de « Israël, li roch » (« une tête pour Moi ») : dans la tête se révèle l’intellect (mo'hin), et la force vitale de l’âme dans son ensemble, dans sa dimension intérieure ; tandis que dans les autres membres, elle n’est présente qu’au niveau d’une [lumière] englobante,
Israël se lit li roch, « une tête pour Moi ». Dans la tête, l’intellect se révèle et la vie de l’âme tout entière est présente intérieurement ; dans les autres membres, la vie de l’âme n’est présente que de manière englobante.
כמו המחשבה שהיא מאיר גם ברגל שתיכף כשעולה ברצונו ומחשבתו לנענע רגלו תתנענע הרגל וא״צ [ואין צריך / ואינו צריך] שהות כלל.
comme la pensée, qui rayonne également jusque dans le pied : dès que la volonté et la pensée d’une personne s’orientent vers le fait de mouvoir son pied, celui-ci se met en mouvement, sans le moindre délai.
L’exemple est celui de la pensée : dès qu’une personne veut mouvoir son pied, celui-ci se met en mouvement, sans aucun délai.
אין זה אלא מפני שהמחשבה מאירה גם ברגל אבל אעפ״כ [אף על פי כן] הארה זו היא רק בבחי׳ מקיף שאין הרגל משיג מהות המחשבה. אבל בראש ובמוח מאיר המחשבה בבחינת גילוי בפנימית כו׳.
Cela tient uniquement au fait que la pensée rayonne également jusque dans le pied ; néanmoins, cette illumination n’y est qu’au niveau d’une [lumière] englobante, car le pied ne saisit pas l’essence de la pensée. Mais dans la tête et le cerveau, la pensée rayonne au niveau d’une révélation intérieure, etc.
Cela montre que la pensée atteint le pied, mais seulement comme une lumière englobante : le pied ne comprend pas la pensée. Dans la tête et le cerveau, la pensée se révèle intérieurement.
Le paragraphe revient à l’analogie de la section 1 : la pensée n’est présente dans le pied qu’en tant que force englobante, tandis que dans la tête elle se révèle intérieurement. Ainsi, Israël, « une tête », désigne le niveau de la révélation intérieure.
32ועד״ז [ועל דרך זה] נק׳ יעקב יו״ד עקב שע״י המעשה מאיר אור הסוכ״ע [הסובב כל עלמין] בבחינת מקיף. אבל ישראל לי ראש ע״י עסק התורה מאיר ומתגלה אור הסוכ״ע [הסובב כל עלמין] בבחי׳ פנימיות ממש כו׳.
De même, il est appelé Yaakov, yod-akev, car, par l’action, la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) brille au niveau d’une lumière englobante [makif] ; mais [pour] Israël, li roch, par l’étude de la Torah, la lumière de sovev kol almin brille et se révèle véritablement au niveau de la dimension intérieure, etc.
Yaakov, yod-akev, correspond donc au niveau de l’action, par laquelle la lumière de sovev brille comme une lumière englobante, tandis qu’Israël, li roch, correspond à l’étude de la Torah, par laquelle cette même lumière de sovev se révèle à l’intérieur.
וזהו ולא יקרא עוד כו׳ כי שרית עם אלקים12 פי׳ שהוא משתרר על שם אלקים ע״ד [על דרך] ותגזר אומר ויקם34 כו׳ כנזכר הענין בזח״ג [בזהר חלק ג] בהר (דק״י ע״ב).5
Et c’est là le sens de « [On ne t’]appellera plus », etc., « car tu as lutté (sarita) avec Elokim » : il règne sur le Nom Elokim, comme dans « Tu décréteras, et cela s’accomplira », etc., ainsi qu’il est question de cela dans le Zohar, partie III, Behar (110b).
C’est pourquoi le nom de Yaakov a été changé : « car tu as lutté avec Elokim », c’est-à-dire qu’il règne sur le Nom Elokim. Cela ressemble au verset « Tu décréteras, et cela s’accomplira », que le Zohar relie à « fais le bien » ; le Tséma’h Tsédek, cité dans la note de Kehot, explique que Yessod attire la lumière de l’Infini dans Mal’hout et adoucit ainsi les jugements.
והיינו כי שם אלקים הוא בחינת מגן לשם הוי׳ וע״י העסק בתורה גורם שלא יהי׳ [יהיה] חלל ומסך מבדיל
C’est parce que le Nom Elokim est le niveau d’un bouclier pour le Nom Havaya, et que, par l’étude de la Torah, on fait en sorte qu’il n’y ait ni intervalle ni écran séparateur ;
Elokim est un bouclier placé sur Havaya. L’étude de la Torah supprime tout intervalle ou écran entre eux, de sorte que le « bouclier » ne cache plus le « soleil ».
כי כל העוסק6 בתורה הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] קורא ושונה כנגדו7 כו׳ וע״כ [ועל כן] הוא בבחינת כי שרית כו׳.
car quiconque s’adonne à la Torah, le Saint béni soit-Il lit et étudie en face de lui, etc. ; c’est pourquoi il se trouve au niveau de « car tu as lutté », etc.
Le Midrach (Tanna d'vei Eliyahou) enseigne que D.ieu Lui-même étudie en face de quiconque étudie la Torah. Celui qui étudie est uni à D.ieu à un tel degré qu’il « règne » sur Elokim, en tant qu’Israël.
אך עיקר פי׳ ההפרש בין אוהליך למשכנותיך הוא עפמ״ש [על פי מה שכתוב] ועשית יריעות עזים לאהל8 על המשכן אשר המשכן הוא עשר יריעות שש משזר9 תכלת וארגמן כו׳ שש הוא ענין ששה מדות שמהם נמשך כשר ופסול כו׳.
Mais l’explication essentielle de la différence entre « tes tentes » et « tes demeures » s’éclaire à partir de ce qui est écrit : « Tu feras des tentures de poil de chèvre pour servir de tente au-dessus du Michkan (Tabernacle) » ; le Michkan lui-même, en revanche, est constitué de dix tentures de « lin fin retors (chèche), de bleu et de pourpre », etc. Chèche (« six ») désigne les six attributs, desquels découlent les catégories « apte et inapte », etc.
La différence essentielle entre « tentes » et « demeures » ressort du Michkan : son revêtement intérieur était composé de dix tentures de lin fin, bleu, pourpre et écarlate, tandis qu’au-dessus se trouvait une « tente » de tentures en poil de chèvre. Chèche, « lin fin », signifie aussi « six » : les six attributs émotionnels dont découlent les catégories de la halakha, apte et inapte.
וזהו ג״כ ענין הגוונין וכמ״ש מזה בזח״ב [בזהר חלק ב׳] (תרומה קל״ט10 א׳) וזהו ענין התורה ותולעת שני שאין כחו אלא בפיו כו׳. וזהו ענין משכנותיך ישראל.
C’est aussi là le sens des couleurs, comme il est écrit à ce sujet dans le Zohar, partie II (Terouma 139a). C’est là également le sens de la Torah et du « cramoisi (tola'at chani) », [le ver] dont la force réside uniquement dans sa bouche, etc. Et c’est là le sens de « tes demeures, Israël ».
Les couleurs des tentures, dont parle le Zohar, représentent elles aussi la Torah ; il en va de même du « ver cramoisi », dont toute la force réside dans sa bouche, comme la force d’Israël réside dans les paroles de la Torah. Ce revêtement intérieur est « tes demeures, Israël ».
אך ענין יריעות עזים שהם הנק׳ אהל. הענין כי הם מהבירורים שמתבררים מק״נ [מקליפת נוגה] ע״י סור מרע ועשה טוב שהם השני תשובות הראשונות.
Quant aux tentures de poil de chèvre, appelées « tente », elles proviennent des éléments affinés (birourim) extraits de la kelipa de Nogah par « écarte-toi du mal » et « fais le bien », qui sont les deux premières techouvot.
Les tentures de poil de chèvre, la « tente », proviennent de ce qui est affiné à partir de la kelipa de Nogah, le domaine où le bien et le mal sont mêlés, par les deux premières techouvot : se détourner du mal et faire le bien.
כי הנה כתיב ועשו אחי איש שעיר11 שמבחינת שערות העזים יונקים החיצונים. אבל ביעקב כתיב ואנכי איש חלק. חלק הוי׳ עמו כנ״ל.
Car il est écrit : « Essav, mon frère, est un homme velu » ; les forces extérieures puisent en effet leur nourriture dans le niveau du poil de chèvre. Mais au sujet de Yaakov, il est écrit : « Et moi, je suis un homme lisse (chalak) » : « La part (chelek) de Havaya, c’est Son peuple », comme indiqué plus haut.
Essav était « un homme velu », et les forces extérieures puisent leur nourriture dans le niveau du poil de chèvre. Yaakov était « un homme lisse (chalak) », le chelek, la « part », de Havaya.
אמנם ע״י הבירורים בסור מרע ועשה טוב מברר מבחינת שערות העזים כמ״ש ואת עורות גדיי העזים12 הלבישה על ידיו13 כו׳
Cependant, par les raffinements accomplis en « s’écarter du mal » et « faire le bien », il raffine ce qui relève du niveau des poils de chèvres, comme il est écrit : « Elle mit sur ses mains les peaux des chevreaux », etc. ;
En s’écartant du mal et en faisant le bien, Yaakov raffine même ce qui relève des poils de chèvres. Rivka revêtit donc ses mains des peaux des jeunes chèvres.
והיינו ג״כ שמהם נעשה הגנה להיות לאהל ומגין על המשכן שהוא בחינת תורה להגן עליו מן החיצונים ולדחותן.
et c’est aussi ainsi qu’une protection est constituée à partir d’eux, pour former une tente protégeant le Michkan, qui est le niveau de la Torah, afin de le garder des forces extérieures et de les repousser.
Ce qui est raffiné à partir de ces poils devient une tente protectrice au-dessus du Michkan, la Torah, qui la garde des forces extérieures et les repousse.
וכמ״ש בגמרא פי״ב דיבמות (דק״ו ע״א) רבה דעסיק בתורה חי מ׳ שנין אביי דעסיק בתורה ובגמ״ח [ובגמילות חסדים] חי שתין שנין.14
Comme il est écrit dans la Guemara, chapitre 12 de Yevamos (106a) : « Rabbah, qui s’adonnait à la Torah, vécut quarante ans ; Abaye, qui s’adonnait à la Torah et aux actes de bonté (guemilout hassadim), vécut soixante ans. »
Le Talmud rapporte que Rabbah, qui s’adonnait seulement à la Torah, vécut quarante ans, tandis qu’Abaye, qui s’adonnait à la Torah et aux actes de bonté, vécut soixante ans : ces actes protégeaient la Torah.
ועד״ז [ועל דרך זה] ג״כ הבעלי עסקים מגינים על הת״ח [התלמיד חכם / התלמידי חכמים]15 כו׳ שמתפרנסים על ידן כו׳ ועמ״ש במ״א בפי׳ שערך כעדר העזים שגלשו כו׳.
De même, les hommes d’affaires protègent les érudits en Torah, etc., lesquels sont entretenus grâce à eux, etc. Voyez aussi ce qui est écrit ailleurs sur le sens de « Tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres qui dévalent », etc.
De même, les hommes d’affaires protègent les érudits en Torah qu’ils entretiennent ; la note du Kehot renvoie à l’image talmudique (Chullin 92a) des feuilles de la vigne, sans lesquelles ses grappes de raisin ne pourraient subsister. Ce verset, « Tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres », est expliqué ailleurs.
ועיין מענין ועשית יריעות עזים לאהל על המשכן בזח״ב [בזהר חלק ב׳] תרומה (דק״ס ע״א) פקודי (דרל״ג ב׳).
Voyez aussi, au sujet de « Tu feras des tentures de poils de chèvres pour une tente au-dessus du Michkan », le Zohar, partie II, Terumah (160a), Pekudei (233b).
Le Zohar, dans Terumah et Pekudei, traite des tentures de poils de chèvres formant une tente au-dessus du Michkan.
(ועוד י״ל [יש לומר] בענין אוהליך ע״פ מ״ש ברבות סדר נשא פי״ב קרוב לסופה מה טובו אוהליך יעקב זה אוהל מועד שבמדבר ושבשילה ובנוב וגבעון. משמע אבל משכנותיך ישראל היינו בהמ״ק [בית המקדש] שבירושלים.
(On peut encore expliquer le sujet de « tes tentes » d’après ce qui est écrit dans Midrash Rabbah, Seder Naso, section 12, vers la fin : « “Comme sont bonnes tes tentes, Yaakov” : c’est la Tente de la Rencontre dans le désert, ainsi qu’à Shiloh, à Nov et à Givon. » Cela laisse entendre que « tes demeures, Israël » désigne le Temple de Jérusalem.
Une autre explication vient du Midrash : « tes tentes, Yaakov » désigne la Tente de la Rencontre dans le désert, à Shiloh, à Nov et à Givon ; « tes demeures, Israël » doit donc désigner le Temple de Jérusalem.
והענין כי האהל מועד נק׳ דירת עראי של הקב״ה [הקדוש ברוך הוא] אבל המקדש שבירושלים היה דירת קבע16 וכמ״ש מזה בד״ה ויגש אליו יהודה.17 ועיין זח״ב [זהר חלק ב׳] תרומה) (קס״ד ב׳)18 פקודי (דרמ״א19 א׳).
L’explication est que la Tente de la Rencontre est appelée la demeure temporaire du Saint béni soit-Il, tandis que le Sanctuaire de Jérusalem était une demeure permanente, comme il est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Yehouda s’approcha de lui ». Voyez aussi le Zohar, partie II, Terumah) (164b), Pekudei (241a).
La Tente de la Rencontre était la demeure temporaire de D.ieu, et le Temple de Jérusalem, Sa demeure permanente. La note du Kehot cite l’interprétation du Tséma’h Tsédek du Zohar : la Tente de la Rencontre correspond à Mal’hout telle qu’elle est revêtue dans Béria et Yetsira, tandis que le Temple correspond à Bina d’Atsilout, une « demeure de repos ».
ובע״ח [ובעץ חיים] שער מיעוט הירח פ״ב [פרק ב׳]20 וכך הוא בחינת יעקב ובחינת ישראל כי בעלי עסקים נק׳ יעקב וכשהם קובעים עתים לתורה נק׳ דירת עראי.
Et dans Etz Chaim, Sha'ar Mi'ut HaYareach (la diminution de la lune), chapitre 2. Il en va de même du niveau de Yaakov et du niveau d’Israël : les hommes d’affaires sont appelés Yaakov, et, lorsqu’ils fixent des moments pour l’étude de la Torah, cela est appelé une demeure temporaire ;
Etz Chaim traite de cela dans le portail consacré à la diminution de la lune. Appliqué aux personnes : ceux qui travaillent dans les affaires sont Yaakov, et, lorsqu’ils fixent des moments pour étudier la Torah, leur Torah est une demeure temporaire.
אבל ת״ח [תלמיד חכם / תלמידי חכמים] שעוסקים תמיד בתורה בקביעות נק׳ תורתם דירת קבע וזהו ויקם עדות ביעקב21 ותורה שם בישראל שבחינת התורה עצמה
Mais les sages de la Torah, qui s’adonnent constamment à la Torah et en font une pratique régulière, ont une Torah qui est appelée une demeure permanente. C’est le sens de : « Il établit un témoignage en Yaakov et plaça une Torah en Yisrael » : car le niveau de la Torah elle-même,
Les sages de la Torah qui étudient constamment ont une demeure permanente. Le verset le dit : D.ieu établit « un témoignage en Yaakov et une Torah en Yisrael ».
שהיא חכמה עילאה הנקרא היכלא עילאה דקוב״ה [דקודשא בריך הוא]22 שאור א״ס [אין סוף] ב״ה שורה שם בתמידות הוא מתגלה בבחינת ישראל
qui est la 'Hokhma supérieure (Chochmah Ila'ah), appelée le palais supérieur du Saint béni soit-Il, où la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, réside constamment, se révèle au niveau de Yisrael ;
La « Torah » est la 'Hokhma supérieure elle-même, que le Zohar appelle le palais supérieur du Saint béni soit-Il, où la Lumière infinie réside constamment ; elle se révèle au niveau de Yisrael.
אבל בחינת עדות אינו רק הארה מבחינת חכמה עילאה כענין נובלות חכמה23 הוא נמשך בבחינת יעקב ולכן נק׳ דירת עראי.
mais le niveau du « témoignage » n’est qu’un rayonnement du niveau de la 'Hokhma supérieure, comme dans le cas des « fruits tombés de la sagesse » (novlos) ; il est attiré au niveau de Yaakov et, par conséquent, est appelé une demeure temporaire.
Le « témoignage » n’est qu’un rayon de cette sagesse, comme les « fruits tombés » de la sagesse supérieure, selon l’expression du Midrach pour désigner la Torah. Il atteint le niveau de Yaakov ; c’est pourquoi il est une demeure temporaire.
Ce paragraphe achève l’interprétation du verset : les « tentes » de Yaakov sont la lumière englobante de l’action et le revêtement de poil de chèvre, affiné par les deux premières techouvot, qui protège la Torah ; les « demeures » d’Israël sont le revêtement intérieur du Michkan, la Torah elle-même, demeure permanente de D.ieu. Ainsi, les personnes qui exercent une activité professionnelle tout en réservant des moments fixes à l’étude sont Yaakov, une demeure temporaire, tandis que celles qui étudient constamment sont Israël.
Le maamar s’achève là où il a commencé : le nom Yaakov n’est jamais aboli, car la « tente » englobante des actes précède et protège la « demeure » intérieure de la Torah. Israël « règne sur Elokim », car, par la Torah, le bouclier d’Elokim ne fait plus écran à la lumière de Havaya.
Maré mekomot
- 1ולא יקרא עוד . . כי שרית עם אלקים · Genesis 35:10
- 2כי שרית עם אלקים · Genesis 32:29
- 3ותגזור אומר ויקם · Job 22:28
- 4ותגזר אומר ויקם · Zohar, Behar 8:52–9:59
- 5בזח״ג בהר (דק״י ע״ב) · ”ע״פ ועשה טוב שכן ארץ כו׳ וכיון דאתער לקבלה האי טוב כו׳ כדין ותגזר אומר ויקם לך כו׳ כי ע״י יסוד שממשיך שפע אור א״ס במ׳ נמתקים הדינים” — אוה״ת נ״ך-א ע׳ תרסו.
- 6כל העוסק בתו׳ הקב״ה קורא · תדב״א רפי״ח. ילק״ש איכה רמז תתרלד (בשינוי לשון).
- 7כל העוסק בתורה הקב״ה קורא ושונה כנגדו · Tanna DeBei Eliyahu Rabbah 18:1–2
- 8ועשית יריעות עזים לאהל · Exodus 26:7
- 9המשכן הוא עשר יריעות שש משזר · Exodus 26:1
- 10בזח״ב (תרומה קל״ט א׳) · בענין תולעת שני תרין גוונין כחדא — ראה אוה״ת פ׳ תרומה ע׳ א׳תקב.
- 11ועשו אחי איש שעיר · Genesis 27:11
- 12ואת עורות גדיי העזים · שם כז, טז.
- 13ואת עורות גדיי העזים הלבישה על ידיו · Genesis 27:16
- 14רבה דעסיק בתורה חי מ׳ שנין אביי דעסיק בתורה ובגמ״ח חי שתין שנין · Yevamot 105a:14–15
- 15הבעלי עסקים מגינים על הת״ח · Chullin 92a:15–17
- 16דירת עראי . . קבע · שזה ההפרש הנז׳ בש״ב (סי׳ ז, ו) דירת ארעי לפסוק י׳ [יג] שם דירת קבע. [כ].
- 17ויגש אליו יהודה · Genesis 44:18
- 18זח״ב תרומה (קס״ד ב׳) · ”משמע לכאורה האוה״מ מל׳ כמו שהיא מתלבשת בבריאה יצירה, ובהמ״ק בינה דאצי׳” — אוה״ת בלק ע׳ א׳לח.
- 19פקודי (דרמ״א א׳) · ”מה שחילק בין אוה״מ לבהמ״ק בהמ״ק איהו דיורא דנייחא” — אוה״ת בלק ע׳ א׳לח.
- 20ובע״ח שער מיעוט הירח פ״ב · ראה הלשון באוה״ת בלק ע׳ א׳לח.
- 21ויקם עדות ביעקב · Psalms 78:5
- 22הנקרא היכלא עילאה דקוב״ה · Zohar II, 200a
- 23נובלות חכמה · Bereshit Rabbah 17:5
33ועמ״ש סד״ה רני ושמחי12 מענין עדות ותורה וסד״ה תורה צוה3 ועמ״ש סד״ה וזאת המצוה45 שהתורה נק׳ ג״כ בית כמ״ש א״ת [אל תקרי] בניך
Et voyez ce qui est écrit à la fin du discours qui commence par « Chante et réjouis-toi », au sujet du témoignage et de la Torah, ainsi qu’à la fin du discours qui commence par « La Torah que Moché a ordonnée » ; voyez aussi ce qui est écrit à la fin du discours qui commence par « Et voici le commandement » : la Torah est également appelée une maison, comme il est écrit : « Ne lis pas “tes enfants” (banayich),
D’autres maamarim traitent du couple « témoignage » et « Torah », et le maamar sur « Et voici le commandement » explique que la Torah est également appelée une « maison ». Le Talmud lit « tous tes enfants (banayich) seront instruits par D.ieu » comme « tes bâtisseurs (bonayich) » : les érudits en Torah sont des bâtisseurs.
אלא בוניך67 ואיתא בע״ח [בעץ חיים] שמ״א פ״ג [פרק ג׳] שי״ל [שיש לומר] דאהלים הוא הממוצע בין לבוש לבית ע״ש [עיין שם] ועד״ז [ועל דרך זה] כשקובעים רק עתים לתורה נק׳ אוהל שהוא ממוצע בין בחי׳ מקיף דלבוש לבחי׳ מקיף עליון דבית.
mais “tes bâtisseurs” (bonayich). » Et l’on trouve dans Etz Chaim, Sha'ar 41, chapitre 3, qu’on peut dire que les tentes constituent l’intermédiaire entre un vêtement et une maison. Voyez là-bas. De même, lorsqu’on ne fixe que des moments [réguliers] pour l’étude de la Torah, cela est appelé une tente, qui constitue l’intermédiaire entre le niveau de la lumière englobante (makif) d’un vêtement et le niveau de la lumière englobante supérieure d’une maison.
Etz Chaim enseigne que la tente se situe entre le vêtement et la maison. Ainsi, fixer des moments réguliers pour l’étude de la Torah est une « tente », à mi-chemin entre la lumière englobante d’un vêtement, qui entoure étroitement la personne, et la lumière englobante supérieure d’une maison.
אבל כשעוסק בתורה בקביעות נקרא בוניך. וזהו אוהב ה׳ שערי ציון מכל משכנות יעקב8 (בתלים סי׳ פ״ז [פרק ז׳]) וארז״ל [ואמרו רבותינו זכרונם לברכה] (פ״ק [פרק קמא] דברכות דף ח׳ ע״א)
Mais lorsqu’on s’occupe de la Torah de manière constante, on est appelé « tes bâtisseurs ». C’est le sens de : « Havaya aime les portes de Tsion plus que toutes les demeures de Yaakov » (Psaumes, chapitre 87). Et nos Sages, de mémoire bénie, ont dit (premier chapitre de Berachos, page 8a) :
Celui qui étudie constamment la Torah fait partie des « bâtisseurs », et la maison qu’il bâtit est la demeure permanente de la Torah. Le verset dit ainsi que D.ieu aime « les portes de Tsion » plus que toutes les demeures de Yaakov.
אוהב ה׳ שערים המצויינים בהלכה יותר מבתי כנסיות9 ומבתי מדרשות. והיינו ע״ד [על דרך] יתרון בחי׳ משכנותיך דישראל על בחי׳ אוהליך דיעקב.
« Havaya aime les portes qui se distinguent (metzuyanim) par la halakha plus que les synagogues et les maisons d’étude. » Cela correspond à l’avantage du niveau de « tes demeures » de Yisrael sur le niveau de « tes tentes » de Yaakov.
Le Talmud interprète « les portes de Tsion (tsiyon) » comme les portes « qui se distinguent (metzuyanim) par la halakha », que D.ieu aime davantage que les synagogues et les maisons d’étude. C’est l’avantage des « demeures » de Yisrael sur les « tentes » de Yaakov.
וכמ״ש מגיד דבריו ליעקב10 חוקיו ומשפטיו לישראל והוא כענין עדות ותורה. ועיין מענין מגיד דבריו כו׳ ברבות סדר בא (פט״ו [פרק ט״ו / פרשה ט״ו] ופרשה י״ט) משפטים (פ״ל).
Comme il est écrit : « Il annonce Ses paroles à Yaakov, Ses lois et Ses jugements à Yisrael » ; cela correspond à la notion de témoignage et de Torah. Voyez aussi ce qui concerne « Il annonce Ses paroles », etc., dans Midrash Rabbah, Seder Bo (section 15 et section 19), Mishpatim (section 30).
De même, « Il annonce Ses paroles à Yaakov, Ses lois et Ses jugements à Yisrael » fait écho à « un témoignage en Yaakov, une Torah en Yisrael ». Le Midrash traite de ce verset dans Shemos Rabbah.
גם יש לומר ע״ד [על דרך] שנתבאר בד״ה הבאים ישרש יעקב11 יציץ ופרח ישראל12 שבחי׳ הצמיחה שלעתיד זהו בחי׳ ישראל וכך התגלות פנימיות התורה שהיא פנימית ועצמות חכמה עילאה יהיה לעתיד:
On peut également l’expliquer dans le sens de ce qui est développé dans le discours qui commence par « Ceux qui viennent prendront racine, Yaakov ; Yisrael bourgeonnera et fleurira » : le niveau de l’épanouissement futur est celui de Yisrael. De même, la révélation de la dimension intérieure de la Torah (pnimiyout), qui est la dimension intérieure et l’essence de la 'Hokhma supérieure ('Hokhma Ila'a), aura lieu dans l’avenir.
Une autre explication : dans « Yaakov prendra racine ; Yisrael bourgeonnera et fleurira », Yisrael représente l’épanouissement futur. La dimension intérieure de la Torah, l’essence de la 'Hokhma supérieure, sera alors révélée.
Ce paragraphe ajoute d’autres parallèles à l’opposition entre tente et demeure : la tente se situe entre le vêtement et la maison, tout comme les moments réservés à l’étude de la Torah se situent entre les mitsvot et l’étude constante. L’avantage de Yisrael, comme celui de la « Torah » sur le « témoignage », se révélera pleinement dans l’avenir, lorsque la dimension intérieure de la Torah sera dévoilée.
Les trois enveloppes — vêtement, tente et maison — forment une échelle de lumières englobantes. Le passage de Torah Ohr cité dans la note trace la même ligne : de Yaakov provient le « témoignage », de Yisrael la « Torah ».
Maré mekomot
- 1סד״ה רני ושמחי · תו״א לו, ד ”ומבחי׳ יעקב נמשך בחי׳ עדות ומבחי׳ ישראל נמשך בחי׳ תורה”.
- 2רני ושמחי · Zechariah 2:14
- 3תורה צוה · Deuteronomy 33:4
- 4סד״ה וזאת המצוה · לקמן פ׳ ואתחנן י, א.
- 5וזאת המצוה · Deuteronomy 6:1
- 6א״ת בניך אלא בוניך · סוף ברכות וש״נ.
- 7בניך אלא בוניך · Berakhot 64a:14
- 8אוהב ה׳ שערי ציון מכל משכנות יעקב · Psalms 87:2
- 9
- 10מגיד דבריו ליעקב · Psalms 147:19
- 11בד״ה הבאים ישרש יעקב · תו״א פ׳ שמות.
- 12הבאים ישרש יעקב יציץ ופרח ישראל · Isaiah 27:6
Techouva inférieure et supérieure : le baal techouva ¶34–42
34ו ונחזור לענין שלשה בחי׳ תשובה דלכאורה הרי לא מצינו בספרים רק שני בחי׳ תשובה היינו תשובה12 תתאה ותשובה עילאה.3
6. Revenons à la question des trois niveaux de techouva. Car, à première vue, nous ne trouvons dans les livres que deux niveaux de techouva : la techouva inférieure (techouva tata'a) et la techouva supérieure (techouva ila'a).
La section 6 revient aux trois sortes de techouva. Les ouvrages antérieurs n’en mentionnent que deux : une techouva inférieure et une techouva supérieure. La note du Kehot cite l’explication du Rabbi, dans le maamar de 5741, sur les raisons pour lesquelles le maamar parle d’abord de trois niveaux, puis de deux, et enfin de quatre : la manière dont le sujet est enseigné reflète le sujet lui-même.
כי תשובה היינו תשוב ה׳ ויש ה׳ תתאה ה׳ עילאה והן ב׳ תשובות הנ״ל. וכמ״ש בר״ח [בראשית חכמה] שער התשובה פ״ב [פרק ב׳].
Car techouva signifie tachouv hé (« que le hé revienne ») ; il y a un hé inférieur et un hé supérieur, qui correspondent aux deux techouvot mentionnées. C’est ce qui est écrit dans Reishis Chochmah, Sha'ar HaTeshuvah, chapitre 2.
Les deux niveaux découlent de l’interprétation de techouva comme tachouv hé, « que le hé revienne » : le Nom Havaya comporte deux lettres hé, l’une inférieure (Mal'hout) et l’autre supérieure (Bina), et chacune connaît son retour. Reishis Chochmah l’explique.
אך הענין הוא ע״פ מאמר הזח״ב [הזהר חלק ב׳] משפטים (דק״ו סע״ב [סוף עמוד ב]) שהובא בר״ח שם וז״ל [וזה לשונו] וכיון דאחיד באילנא דחיי כדין אקרי בעל תשובה4
Mais l’explication repose sur un enseignement du Zohar, partie II, Mishpatim (fin de 106b), cité dans Reishis Chochmah à cet endroit. En voici les termes : « Dès lors qu’il s’attache à l’Arbre de Vie, il est alors appelé ba'al techouva,
La réponse se trouve dans le Zohar sur Mishpatim, cité dans Reishis Chochmah : celui qui s’attache à l’Arbre de Vie est appelé ba'al techouva.
דהא כנס״י [כנסת ישראל] תשובה אוף הכי אקרי ואיהו בעל תשובה אקרי. וקדמאי אמרו בעל תשובה ממש.
car l’Assemblée d’Israël (Knesses Yisrael) est elle aussi appelée techouva, et lui est appelé le ba'al de la techouva. Les Anciens ont dit : « ba'al techouva », au sens propre.
L’Assemblée d’Israël, Mal'hout, est elle aussi appelée « techouva », et celui qui revient en devient le ba'al, son époux. Les Anciens entendaient littéralement l’expression « ba'al techouva » : un époux de la techouva.
וע״ד [ועל דרך] אפילו צדיקים גמורים אינם יכולים לעמוד במקום שבעלי תשובה עומדים עכ״ל [עד כאן לשונו], ופי׳ במק״מ [במקדש מלך] שם בענין כדין אקרי בעל תשובה פי׳ כיון שהוא אחוז בזעיר לכך נק׳ בחי׳ בעל היינו משפיע לבחי׳ ה׳ תתאה.5
C’est pourquoi même les justes parfaits ne peuvent se tenir à la place où se tiennent les ba'alei techouva. » Fin de la citation. Et le Mikdash Melech explique à cet endroit, au sujet des mots « il est alors appelé ba'al techouva » : puisqu’il s’attache à Zeir [Anpin], il est donc appelé le niveau du ba'al, c’est-à-dire celui qui donne au niveau du hé inférieur.
C’est pourquoi les ba'alei techouva se tiennent à une place où même les justes parfaits ne peuvent se tenir. Le Mikdash Melech, commentaire du Zohar, explique : parce qu’il s’attache à Zeir Anpin, l’Arbre de Vie, il devient un ba'al, celui qui donne au hé inférieur, Mal'hout.
Ce paragraphe concilie les trois techouvot avec les deux niveaux connus des livres, la techouva inférieure et la techouva supérieure. Il s’appuie sur l’interprétation du Zohar, qui comprend ba'al techouva comme « époux » de la techouva : celui qui s’attache à l’Arbre de Vie ne se contente pas de revenir, il donne aussi.
Dans l’union kabbalistique, Zeir Anpin, le vav de Havaya, est le partenaire qui donne, tandis que Mal'hout, le hé inférieur, est celle qui reçoit. Celui qui s’attache à Zeir Anpin prend part à cette fonction de donner ; les paragraphes suivants situent cette étape supérieure au sein de la techouva inférieure et l’associent à la techouva du « faire le bien ».
Maré mekomot
- 1תשובה היינו תשוב ה׳ · זח״ג רע״מ קכב, א.
- 2תשובה היינו תשוב ה׳ · Zohar, Nasso 3:17–4:24
- 3הרי לא מצינו בספרים רק שני בחי׳ תשובה היינו תשובה תתאה ותשובה עילאה · ולכאורה סגנון זה אינו מובן, דהי׳ לו לומר מלכתחלה שיש ד׳ בחינות תשובה, ולמה מבאר תחילה שיש ג׳ בחי׳ ואח״כ מקשה ע״ז שיש רק ב׳ ורק אח״כ מבאר שיש ד׳. וי״ל דבאופן הלימוד הרי הוא מרמז על הענין הנלמד, דגם הענין הנלמד הוא באופן כזה — ד״ה מה טובו תשמ״א ע״ש. ראה אוה״ת פ׳ בא ע׳ שלו.
- 4וכיון דאחיד באילנא דחיי כדין אקרי בעל תשובה · Zohar, Mishpatim 3:230–239
- 5וכמ״ש מגיד · Psalms 147:19
35וז״ש [וזהו שכתוב] דהא כנס״י [כנסת ישראל] שהיא המל׳ [המלכות] תשובה אוף הכי אקרי1 ור״ל [ורוצה לומר] שנק׳ ג״כ תשובה כמו הבינה שהיא ה׳ עילאה והיא ה׳ תתאה.
Et c’est ce qu’il est dit : « Car l’Assemblée d’Israël », qui est Mal’hout (souveraineté), « est elle aussi appelée techouva » ; c’est-à-dire qu’elle aussi est appelée techouva, comme Bina (compréhension), qui est le hé supérieur ; et elle est le hé inférieur.
Le Zohar dit que l’Assemblée d’Israël, Mal’hout, est « elle aussi » appelée techouva, comme Bina, le hé supérieur ; ainsi, Mal’hout est le hé inférieur.
ומאחר שהבעל תשובה אוחז בעה״ח [בעץ החיים] שהוא ז״א [זעיר אנפין] ע״כ [על כן] נק׳ בעל תשובה ר״ל [רוצה לומר] שהוא גורם המשכה עליונה בבחי׳ מל׳ [מלכות] והיינו המשכה מסוכ״ע [מסובב כל עלמין] בממכ״ע [בממלא כל עלמין] ע״י ועשה טוב.
Et puisque le baal techouva s’attache à l’Arbre de Vie, qui est Zeir Anpin (les attributs émotionnels), il est donc appelé baal techouva : c’est-à-dire qu’il provoque un déversement supérieur dans le niveau de Mal’hout, autrement dit un déversement du sovev kol almin dans le memalé kol almin, par « et fais le bien ».
Le baal techouva s’attache à l’Arbre de Vie, Zeir Anpin, et attire ainsi une lumière supérieure dans Mal’hout : du sovev vers le memalé, en faisant le bien.
Ce paragraphe explique les termes du Zohar : Mal’hout est le hé inférieur, la « techouva » dont une personne devient le « mari » en faisant passer la lumière du sovev dans le memalé par le bien qu’elle accomplit.
Maré mekomot
- 1דהא כנס״י שהיא המל׳ תשובה אוף הכי אקרי · Zohar, Mishpatim 3:230–239
36ולכן נק׳ בעל ממש משפיע לתשובה זו כו׳. הרי מובן איך בבחינת תשובה תתאה שהוא ענין תשוב ה׳ תתאה יש שני מדריגות והיינו התשובה דסור מרע והתשובה דועשה טוב.
C’est pourquoi il est appelé baal au sens propre : celui qui influe sur cette techouva, etc. On comprend ainsi comment, au niveau de la techouva inférieure, qui consiste en « le hé inférieur revient », il existe deux degrés : la techouva de « s’écarter du mal » et celle de « faire le bien ».
La techouva inférieure, le retour du hé inférieur, comporte donc deux étapes : la techouva qui consiste à s’écarter du mal et celle qui consiste à faire le bien.
שע״י סור מרע גורם שתשוב ה׳ תתאה לגבי ו׳ דהיינו שע״י העוונות גורם התלבשות ה׳ תתאה בנוגה כמש״ל [כמה שכתוב לעיל] בענין ובפשעכם שולחה אמכם1 כו׳.
Car, par « s’écarter du mal », on fait revenir le hé inférieur vers le vav ; autrement dit, les fautes entraînent l’enclothement du hé inférieur dans Nogah, comme cela a été expliqué plus haut à propos de « À cause de vos transgressions, votre mère a été renvoyée », etc.
Les fautes entraînent l’enclothement du hé inférieur, la Chekhina, dans Nogah, comme cela a été expliqué à propos de « à cause de vos transgressions, votre mère a été renvoyée ». S’écarter du mal fait revenir le hé inférieur vers le vav, c’est-à-dire vers Zeir Anpin.
אמנם ע״י סור מרע ניתקן בחינה זו וכמ״ש בר״ח שם ויובן עפמ״ש [על פי מה שכתוב] לקמן2 בענין הוי׳ צלך3 כו׳.
Cependant, par « s’écarter du mal », ce niveau est réparé, comme il est écrit dans le Reishit ‘Hokhma, à cet endroit ; et cela se comprendra à la lumière de ce qui est écrit plus loin à propos de « Havaya est ton ombre », etc.
S’écarter du mal répare cela, comme l’écrit le Reishit ‘Hokhma. Le texte renvoie à une explication « plus loin » sur « Havaya est ton ombre » ; la note du Kehot suggère de lire « plus haut, à la fin de la section 4 », et ajoute que, dans le manuscrit 1102, ce passage figure dans la section 3 : la référence est donc à ce qui est imprimé plus tôt (74c).
אך כדי שיומשך בה המשכת תוספת אור מא״ס [מאין סוף] ב״ה ממש מבחינת סוכ״ע [סובב כל עלמין] זהו ע״י ועשה טוב שעי״ז ממשיך מלמעלה למטה.
Mais, pour qu’un supplément de lumière soit attiré en lui depuis l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il, Lui-même, depuis le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), cela se réalise par « faire le bien », car c’est ainsi que l’on attire de haut en bas.
C’est en faisant le bien que l’on attire dans le hé inférieur un supplément de lumière depuis l’Infini, depuis sovev ; cette action attire de haut en bas.
Ce paragraphe montre que la techouva inférieure comporte deux étapes : s’écarter du mal ramène le hé inférieur de son exil dans Nogah, tandis que faire le bien y ajoute une lumière venant de l’Infini, attirée de haut en bas.
Maré mekomot
- 1ובפשעכם שולחה אמכם · Isaiah 50:1
- 2עפמ״ש לקמן · ואולי צ״ל לעיל ספ״ד. [כ]. בבוך 1102 נמצא קטע זה בסעי׳ ג, והכוונה להנדפס עד, ג.
- 3הוי׳ צלך · Psalms 121:5
37וע״ז [ועל זה] מורה הוי״ו דשם הוי׳ שנק׳ עץ החיים ואזי נק׳ בעל תשובה לפי שגורם יחוד בחי׳ ו״ה
C’est à cela que renvoie le vav du Nom Havaya, appelé l’Arbre de Vie ; alors il est appelé baal techouva, parce qu’il provoque l’union du niveau de vav-hé,
Le vav du Nom Havaya, Zeir Anpin, est l’Arbre de Vie. Celui qui fait le bien est appelé baal techouva parce qu’il unit le vav et le hé, Zeir Anpin et Mal'hout.
שהוא יחוד סובב וממלא והתשובה הג׳ זהו ענין תשוב ה׳ עילאה והוא למעלה מבחי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין]. כי הבינה נק׳ לפני הוי׳ שהיא למעלה מבחי׳ ז״א [זעיר אנפין] הנק׳ הוי׳ סוכ״ע [סובב כל עלמין] כו׳.
qui est l’union de sovev et memalé. La troisième techouva est le retour du hé supérieur ; elle se situe au-dessus du niveau de sovev kol almin. Car Bina est appelée « avant Havaya », puisqu’elle se situe au-dessus du niveau de Zeir Anpin, appelé Havaya, sovev kol almin, etc.
Cette union est celle de sovev et memalé. La troisième techouva est le retour du hé supérieur, Bina, qui se situe au-dessus de sovev : Bina est appelée « avant Havaya », au-dessus de Zeir Anpin, qui est appelé Havaya et est sovev.
Ce paragraphe situe la deuxième techouva dans l’union du vav et du hé inférieur de Havaya, sovev avec memalé, et la troisième dans le retour du hé supérieur, Bina, qui se situe au-dessus de sovev.
38וגם כי התגלות עתיק הוא בבינה1 והנה נודע מהאריז״ל [מהאר״י זכרונו לברכה] דיחוד2 ו״ה הוא ע״י תומ״צ [תורה ומצות] אכן יחוד י״ה זהו דוקא ע״י מס״נ [מסירות נפש] ולכן תשובה זו הוא למעלה מבחינת ועשה טוב כו׳.
Et aussi, parce que la révélation d’Atik se trouve en Bina. Or, il est connu d’après l’Arizal, de mémoire bénie, que l’union de Vav-Hé s’accomplit par la Torah et les mitsvot, tandis que l’union de Youd-Hé s’accomplit précisément par le sacrifice de soi (messirout néfech) ; cette techouva se situe donc au-delà du niveau de « fais le bien », etc.
Bina est encore plus élevée, car Atik, la dimension intérieure de Kéter, s’y révèle. L’Arizal enseigne que l’union de Vav-Hé s’accomplit par la Torah et les mitsvot, tandis que celle de Youd-Hé, 'Hokhma et Bina, ne s’accomplit que par le sacrifice de soi ; cette techouva dépasse donc le fait de faire le bien.
ואעפ״כ [ואף על פי כן] מבואר כאן שתשובה זו הוא ע״י התורה כי התורה מחו״ב [מחכמה ובינה]3 נפקת דהיינו שהיא מוחין דאבא כו׳.
Et pourtant, il est expliqué ici que cette techouva s’accomplit par la Torah, car « la Torah procède de 'Hokhma et de Bina », c’est-à-dire qu’elle est l’intellect (mo'hin) d’Abba, etc.
Pourtant, le maamar a indiqué que la troisième techouva s’accomplit par la Torah. C’est parce que la Torah procède de 'Hokhma et de Bina : elle est l’intellect d’Abba.
Le paragraphe explique pourquoi la troisième techouva est si élevée : la lettre Hé supérieure est le lieu où Atik se révèle, et son union avec le Youd requiert le sacrifice de soi ; pourtant, on l’atteint par la Torah, qui provient de 'Hokhma et de Bina.
La note de Kehot indique Pri Etz Chaim, Sha'ar Kerias Shema, chapitre 12, comme source de l’enseignement de l’Arizal. Le passage de Torah Ohr cité dans la section 5 établit le même lien : l’union d’Abba et d’Imma s’accomplit par le sacrifice de soi du Chema.
Maré mekomot
- 1התגלות עתיק הוא בבינה · Zohar III, 178b
- 2נודע מהאריז״ל דיחוד ו״ה · ראה פע״ח שער הק״ש, פי״ב.
- 3התורה מחו״ב נפקא · Zohar II, 85a
39ולפי האמת יש בתשובה עילאה זו ג״כ ב׳ בחינות שבתשובה תתאה. היינו1 הא׳ תשוב ה׳ עילאה לגבי יו״ד הב׳ כשנק׳ בעל תשובה
Et, à vrai dire, dans cette techouva supérieure aussi, il y a les deux niveaux [que l’on trouve] dans la techouva inférieure : le premier, « le hé supérieur revient » au youd ; le second, lorsqu’on est appelé baal techouva ;
En fait, la techouva supérieure comporte elle aussi deux étapes, comme la techouva inférieure : d’abord, le hé supérieur revient au youd, Bina vers 'Hokhma ; puis la personne est appelée baal techouva.
והיינו מה שאמרו וקדמאי אמרו בעל תשובה ממש2 ופי׳ במק״מ [במקדש מלך] שהוא עולה לאבא ונקרא משפיע לבחי׳ הבינה.
et c’est ce qu’ils ont dit : « Les premiers ont dit : baal techouva au sens propre » ; et le Mikdash Melekh explique qu’il s’élève vers Abba et est appelé celui qui prodigue à l’aspect de Bina.
Il s’agit du passage du Zohar : « Les anciens ont dit : “baal techouva” » au sens propre. Selon le Mikdash Melekh, il s’élève vers Abba et devient celui qui prodigue à Bina.
Ce paragraphe montre que la techouva supérieure comporte elle aussi deux étapes : le retour de Bina vers 'Hokhma, de bas en haut, puis l’influx prodigué par Abba à Bina, le « baal techouva » au sens propre.
Maré mekomot
- 1היינו — יו״ד · ועל״ק ברכה (צה, א). וש״נ. [כ].
- 2וקדמאי אמרו בעל תשובה ממש · Zohar, Mishpatim 3:230–239
Et c’est ce qui est expliqué ailleurs au sujet de la techouva : « que le ה revienne », le ה étant écrit avec un י, ce qui correspond à « Des profondeurs, je T’ai appelé » : deux profondeurs, etc. ;
Ailleurs, la techouva est interprétée comme le ה écrit avec un י, le ה supérieur étant uni à 'Hokhma. C’est là le sens de « Des profondeurs, je T’ai appelé » : deux profondeurs.
היינו בינה לבא34 הוא בחי׳ פנימיות הלב ובחי׳ חכמה5 המאירה בפנימיות הלב והיא תעלומות לבו גם י״ל [יש לומר] שב׳ עומקים אלו היינו בינה היא אהבה רבה למס״נ [למסירות נפש] באחד וחכמה עילאה היא יראה עילאה כו׳.
c’est-à-dire que « Bina est le cœur », ce qui désigne l’aspect intérieur du cœur, ainsi que le niveau de 'Hokhma qui illumine l’intériorité du cœur, laquelle constitue « les profondeurs cachées de son cœur ». On peut aussi dire que ces deux profondeurs sont les suivantes : Bina est le grand amour (ahava rabba), qui conduit au sacrifice de soi dans [la proclamation de] « Un », et la 'Hokhma supérieure est la crainte supérieure (yira ila’a), etc.
Les deux profondeurs sont Bina, « le cœur », l’intériorité du cœur, et 'Hokhma, qui illumine ce cœur intérieur, ses « profondeurs cachées ». Ou encore : Bina est le grand amour qui se donne tout entier en proclamant « Un », et la 'Hokhma supérieure est la crainte supérieure.
Les deux profondeurs de « Des profondeurs » sont Bina et 'Hokhma au sein du cœur, ou le grand amour et la crainte supérieure : les deux étapes de la techouva supérieure.
La note de Kehot cite le Pardes : les âmes des ba’alei techouva proviennent de la lettre ה, Bina, lorsqu’elle est incluse dans le י ; c’est là la techouva par amour.
Maré mekomot
- 1במילוי יו״ד · סד״ה תורה צוה — ברכה צג, ד. ע׳ בפרדס ש׳ השערים (פ״ו) נש״ב נמשכים מן אות ה׳ בינה כשכלולה מיו״ד. והוא תשובה מאהבה. וע׳ בעבוה״ק ח׳ העבודה (פל״ה [לו]). ושם בח׳ היחוד (רפכ״ד) מזח״ג (רסז, ב), ודו״ק. וענין מילוי היו״ד ע׳ אור התורה לא׳ צמ״צ נ״ע פ׳ תולדות (קמב, א). [כ].
- 2ממעמקים קראתיך · Psalms 130:1
- 3בינה לבא · ת״ז בהקדמה (קמב, א). [כ].
- 4בינה לבא · Tikkunei Zohar 17a:17–19
- 5ובחי׳ חכמה · ראה אגה״ק סי׳ ד.
41ואעפ״כ [ואף על פי כן] אמר כאן רק שלשה מדרגות בתשובה כי או״א [אבא ואימא] הן תרין ריעין1 דלא מתפרשין ע״כ [על כן] הם שניהם מדרגה אחת בכלל.
Et pourtant, il n’a mentionné ici que trois niveaux de techouva (retour), car Abba et Imma ('Hokhma et Bina) sont « deux compagnons qui ne se séparent jamais » ; par conséquent, tous deux constituent, en général, un seul niveau.
Si la techouva supérieure comporte deux étapes, il y a en réalité quatre techouvot. Le maamar n’en a mentionné que trois parce qu’Abba et Imma, 'Hokhma et Bina, sont « deux compagnons qui ne se séparent jamais », comme le dit le Zohar ; leurs deux étapes comptent donc comme un seul niveau.
והנה מבואר למעלה דג׳ תשובות אלו נרמזים בג׳ אותיות בכר ובחי׳ זו הרביעית2 נרמז בכללות תיבת בכר שרומז בחכמה עילאה שנקרא בכר ראשית הגילוי וכמ״ש בזח״א [בזהר חלק א] בראשית (די״ג ע״ב)
Or, il a été expliqué plus haut que ces trois techouvot sont suggérées par les trois lettres de bechor ; et ce quatrième niveau est suggéré par le mot bechor dans son ensemble, qui renvoie à la 'Hokhma supérieure (’Hokhma Ila’a), appelée bechor (premier-né), le commencement de la révélation, comme il est écrit dans le Zohar, partie I, Bereishit (13b) :
Les trois techouvot sont suggérées par les trois lettres de bechor ; la quatrième est suggérée par le mot bechor dans son ensemble, qui désigne la 'Hokhma supérieure. La 'Hokhma est le « premier-né », le premier point de la révélation.
« “Consacre-Moi tout premier-né” : c’est le youd, qui est saint, le premier-né de toutes les choses saintes supérieures » ; et dans la paracha Va’et’hanan (262a).
Le Zohar interprète « Consacre-Moi tout premier-né » comme faisant référence au youd du Nom, la 'Hokhma, « le premier-né de toutes les choses saintes supérieures ».
וענין ב׳ בחינות אלו למעלה היינו כי תשוב ה׳ עילאה לגבי יו״ד זהו מלמטה למעלה ואח״כ [ואחר כך] כשנקרא בעל תשובה היינו כשנמשך מלמעלה למטה מבחינת ע״ק [עתיקא קדישא] לאבא ומאבא לאימא.
La signification de ces deux niveaux supérieurs est la suivante : « le hé supérieur revient » au youd, et cela s’effectue de bas en haut ; ensuite, lorsqu’on est appelé ba’al techouva, c’est-à-dire lorsque l’influx est attiré de haut en bas, du niveau d’Atika Kadicha (le Saint Ancien) vers Abba, puis d’Abba vers Imma.
Les deux étapes évoquées plus haut sont les suivantes : d’abord, le hé supérieur, Bina, revient au youd, la 'Hokhma, de bas en haut ; puis, en tant que « ba’al techouva », la lumière est attirée de haut en bas, d’Atika Kadicha vers Abba, puis d’Abba vers Imma.
ועד״ז [ועל דרך זה] נתבאר בזח״ג [בזהר חלק ג] ויקרא (דט״ז ע״א)6 ע״פ ישוב ירחמנו7 מאן ישוב ישוב ע״ק [עתיקא קדישא] לאתגלייא8 כו׳
Dans le même esprit, le Zohar, partie III, Vayikra (16a), explique, à propos de « Il aura de nouveau compassion de nous (yashouv yerachamenou) » : « Qui reviendra ? Atika Kadicha reviendra pour être révélée », etc.,
Le Zohar interprète de la même façon « Il aura de nouveau (yashouv) compassion de nous » : « Qui reviendra ? Atika Kadicha reviendra pour être révélée. »
בז״א [בזעיר אנפין] והוא ענין ההמשכה מלמעלה למטה. ועמ״ש סד״ה כי תשמע בענין לעשות הישר בעיני9 ה׳.
dans Zeir Anpin (les attributs émotionnels) ; c’est là le processus de l’influx attiré de haut en bas. Voyez aussi ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Lorsque tu écouteras », à propos de « faire ce qui est droit aux yeux de Havaya ».
Autrement dit, Atik se révèle dans Zeir Anpin : il s’agit d’un influx qui descend de haut en bas. Le maamar sur « Lorsque tu écouteras… faire ce qui est droit aux yeux de Havaya » traite de ce sujet à sa fin.
וזהו ענין פטר כל רחם וכדפי׳ בזח״א [בזהר חלק א] בראשית (די״ג סע״ב [סוף עמוד ב])10 פטר כל רחם בההיא שביל דקיק דנחת מן יו״ד דאיהו אפתח רחמא למעבד פירין כו׳.
C’est là le sens de « ce qui ouvre toute matrice », comme l’explique le Zohar, partie I, Bereishit (fin de 13b) : « “Ce qui ouvre toute matrice” : par ce sentier ténu qui descend du youd, lequel a ouvert la matrice afin de produire des fruits », etc.
Cet influx descendant est « ce qui ouvre toute matrice » : le Zohar l’explique comme le sentier ténu qui descend du youd, la 'Hokhma, et ouvre la « matrice », Bina, afin qu’elle produise des fruits.
וזה יתבאר ממ״ש בד״ה לך לך1112 שלהיות הגילוי למטה מבחי׳ ח״ע [חכמה עילאה] בא לזה כח מע״ק [מעתיקא קדישא] מקוצי של יו״ד לקוץ התחתון וממנו לה׳ עילאה כו׳ להיות אתפריעו כל נהורין כו׳.
Cela s’éclairera à partir de ce qui est écrit dans le discours commençant par « Va pour toi » : pour que la révélation descende au-dessous du niveau de la 'Hokhma supérieure, la force nécessaire provient d’Atika Kadicha, depuis la pointe du youd, vers sa pointe inférieure, puis de celle-ci vers le hé supérieur, etc., afin que « toutes les lumières soient dévoilées », etc.
Le maamar de Torah Ohr sur « Va pour toi » explique que, pour qu’une révélation descende au-dessous de la 'Hokhma supérieure, la force nécessaire doit provenir d’Atika Kadicha, passer de la pointe supérieure du youd à sa pointe inférieure, puis atteindre le hé supérieur, afin que « toutes les lumières soient dévoilées ».
גם ע״ד [על דרך] ואני אפתח לך תרעין עילאין כו׳ וכפתחו של אולם כו׳ אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] שלמעלה מאתעדל״ת [מאתערותא דלתתא] בחי׳ את ברכתי כו׳ שהיא בחי׳ מטל השמים שהטל הוא אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] מבחי׳ שאין אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] מגעת שם.
De même, selon le sens de « J’ouvrirai pour toi les portes supérieures », etc., et de « comme l’ouverture de la Salle », etc. : un éveil d’en haut qui dépasse l’éveil d’en bas, le niveau de « Ma bénédiction », etc., qui est le niveau de « la rosée des cieux » ; car la rosée est un éveil d’en haut, provenant d’un niveau que l’éveil d’en bas n’atteint pas.
De même, les images de la promesse de D.ieu d’ouvrir les portes supérieures et d’une ouverture aussi large que l’entrée de la Salle du Temple évoquent un éveil d’en haut qui dépasse l’éveil d’en bas. Cela ressemble à la rosée, qui vient d’en haut, d’un niveau qu’aucun éveil d’en bas n’atteint.
Le paragraphe explique pourquoi le maamar compte seulement trois techouvot, bien que la techouva supérieure comporte deux étapes : la 'Hokhma et Bina ne se séparent jamais. La quatrième étape correspond au mot bechor dans son ensemble, c’est-à-dire à la 'Hokhma supérieure : Bina revient à la 'Hokhma de bas en haut, puis un influx est attiré d’Atika Kadicha de haut en bas — un éveil d’en haut, supérieur à tout éveil d’en bas.
La note de Kehot cite le principe selon lequel chaque niveau de techouva, même le plus bas, contient les quatre. La pointe supérieure du youd est Kéter, Atika Kadicha, et son corps est la 'Hokhma ; la révélation qui part de la pointe du youd pour atteindre le hé supérieur provient d’Atika et descend, comme la rosée, depuis un niveau que le service de l’homme ne peut atteindre.
Maré mekomot
- 1או״א תרין רעין · Zohar III, 4a
- 2ובחי׳ זו הרביעית · ראה ”ביאורים לאגה״ת” סי״ד, שבכל בחינה שבתשובה, גם בבחינה הכי תחתונה, נכללים כל ד׳ הבחינות, עיי״ש. — לקו״ש-ה ע׳ 111 הערה 38.
- 3קדש לי כל בכר · Exodus 13:2
- 4קדש לי כל בכר · Zohar, Vaetchanan 7:35–8:45
- 5קדש לי כל בכר דא יו״ד דאיהו קדש בוכרא דכל קודשין עילאין · Zohar, Introduction 28:232–30:241
- 6בזח״ג ויקרא (דט״ז ע״א) · ראה לעיל פ׳ אחרי כט, א. לקמן נצבים מה, ד. אוה״ת בלק ע׳ א׳לב.
- 7ישוב ירחמנו · Micah 7:19
- 8מאן ישוב ישוב ע״ק לאתגלייא · Zohar, Vayikra 35:257–37:268
- 9לעשות הישר בעיני ה׳ · Deuteronomy 13:19
- 10כדפי׳ בזח״א בראשית (די״ג סע״ב) · ראה גם אוה״ת פ׳ בא ע׳ שלו. שלט.
- 11ממ״ש בד״ה לך לך · תו״א יא, ג. ראה גם אוה״ת פ׳ תשא ע׳ א׳תתקיג. בלקו״ש-כ ע׳ 89 מבאר ענין הד׳
- 12לך לך · Genesis 12:1
42ועמ״ש במ״א בענין פותח את ידיך בד״ה כי ההרים ימושו12 ובד״ה יחיינו מיומים34 ומ״ש בענין פי׳ מפתחות הפנימיות5 בד״ה כי תשמע הנ״ל.
Et voir ce qui est écrit ailleurs au sujet de « Tu ouvres Ta main », dans le discours qui commence par « Car les montagnes s’éloigneront » et dans celui qui commence par « Il nous fera revivre après deux jours » ; ainsi que ce qui est écrit au sujet du sens des « clés intérieures », dans le discours qui commence par « Quand tu écouteras », mentionné plus haut.
D’autres maamarim évoquent « Tu ouvres Ta main » et les « clés intérieures », image talmudique de la Torah, pour décrire l’ouverture venant d’en haut.
והיינו ע״י שבתחלה קדש לי כל בכר כענין פתחי לי6 כו׳ אתעדל״ת [אתערותא דלתתא] המעורר אתעדל״ע [אתערותא דלעילא] כו׳
Et cela se réalise d’abord par « Consacre-Moi tout premier-né », selon le principe de « Ouvre-moi », etc. : un éveil d’en bas qui suscite un éveil d’en haut, etc.,
Cette ouverture venant d’en haut survient après l’éveil d’en bas, « Consacre-Moi tout premier-né », comme dans « Ouvre-moi », où D.ieu demande à Israël de faire la première ouverture afin qu’Il puisse ouvrir d’en haut.
« parmi l’homme et parmi la bête » : le niveau de « la semence de l’homme et la semence de la bête », comme il est écrit dans le discours qui commence par « Et voici les jugements » ; ainsi que dans ce qui est écrit : « Et le fils premier-né est celui de la femme haïe. »
Les premiers-nés doivent être consacrés « parmi l’homme et parmi la bête », ce que le texte relie à « la semence de l’homme et la semence de la bête », comme l’explique le maamar de Torah Ohr sur « Et voici les jugements ». Il cite aussi, à propos du premier-né, le verset « Et le fils premier-né est celui de la femme haïe. »
(ועיין מענין קדש לי כל בכר ברבות ס״פ בא ובשה״ש [ובשיר השירים] ס״פ מה יפו פעמיך.12 ובקהלת בפסוק מה יתרון העושה. ועמ״ש מענין לידה בד״ה וארא אל אברהם1314 ומשם יובן ג״כ ענין פטר כל רחם):15
(Et voir au sujet de « Consacre-Moi tout premier-né » dans Midrash Rabbah, à la fin de Parshas Bo, et dans [Midrash Rabbah sur] Shir HaShirim, à la fin du [passage sur] « Que tes pas sont beaux » ; et dans Koheles, sur le verset « Quel avantage a celui qui travaille ». Et voir ce qui est écrit au sujet de la naissance dans le discours qui commence par « Je suis apparu à Avraham » ; on comprendra aussi de là le sens de « ce qui ouvre toute matrice ».)
La parenthèse énumère des Midrashim sur « Consacre-Moi tout premier-né », dans Shemos Rabbah, Shir HaShirim Rabbah et Koheles, ainsi que le maamar de Torah Ohr sur la naissance, « Je suis apparu à Avraham », qui explique également « ce qui ouvre toute matrice ».
Le maamar s’achève en reliant les deux directions : l’éveil d’en bas, « Consacre-Moi tout premier-né », ouvre la voie à l’ouverture venant d’en haut, et les sources citées éclairent le premier-né, l’ouverture de la matrice et la naissance.
Les dernières lignes reviennent au thème de la section 4 : le premier-né, bechor, doit d’abord être arraché à Essav, qui est né le premier, par la techouva d’en bas ; alors seulement le premier-né supérieur, 'Hokhma, peut s’ouvrir d’en haut. Ainsi, le nom Yaakov, qui désigne le service d’en bas, précède toujours celui d’Israël.
Maré mekomot
- 1בד״ה כי ההרים ימושו · לקמן פ׳ תצא מ, ג.
- 2כי ההרים ימושו · Isaiah 54:10
- 3ובד״ה יחיינו מיומים · לקמן דרושים לר״ה סד, א.
- 4יחיינו מיומים · Hosea 6:2
- 5מפתחות הפנימיות · Shabbat 31b:1
- 6פתחי לי · Song of Songs 5:2
- 7באדם ובבהמה · Exodus 13:2
- 8זרע אדם וזרע בהמה · Jeremiah 31:27
- 9בד״ה ואלה המשפטים · תו״א פ׳ משפטים.
- 10ואלה המשפטים · Exodus 21:1
- 11והיה הבן הבכור לשניאה · Deuteronomy 21:15
- 12מה יפו פעמיך · Song of Songs 7:2
- 13בד״ה וארא אל אברהם · בתו״א פ׳ וארא.
- 14וארא אל אברהם · Exodus 6:3
- 15
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Détournez-vous complètement du mal, en déracinant le désir de ce monde, même pour ce qui est permis : « Sanctifiez-vous dans ce qui vous est permis », et ne mangez que pour avoir la force de prier. Ne soyez pas paresseux dans l’étude de la Torah et la prière, et accomplissez les mitsvot avec joie, non par habitude acquise machinalement. Au-delà de tous les actes, cherchez à retourner à votre racine sans aucun sentiment de soi, par l’étude de la Torah pour elle-même après la prière, en fixant des temps d’étude et, lorsque c’est possible, en étudiant constamment.
Questions à discuter
- Pourquoi une âme qui était déjà un tsadik parfait dans le Gan Eden tire-t-elle profit de descendre pour devenir un baal techouva ?
- Pourquoi « notre D.ieu » est-il dit du Nom Elokim, et comment peut-il aussi signifier que Havaya lui-même est notre D.ieu ?
- Pourquoi, selon l’analogie de l’arbre fruitier, la négligence de l’accomplissement du bien par un érudit est-elle plus grave que le péché effectif d’un homme ignorant ?
- Quelle est la techouva de celui qui n’a aucun péché, et pourquoi l’atteint-on par la Torah ?
- Comment la tente en poil de chèvre et les tentures intérieures du Michkan expliquent-elles le rapport entre Yaakov et Yisrael, et entre les gens d’affaires et les érudits de la Torah ?