Likkutei Torah · Parshas Shemini Atzeres · Maamar 7
טוב לחסות בה׳ וגו׳
Mieux vaut se réfugier en D.ieu
L’idée centrale
S’attacher à la Torah et à la lumière de D.ieu exige d’abord d’être « fiancé » et mis à part par les mitsvot ; le refuge le plus profond se trouve en D.ieu Lui-même, au-delà même de la Torah. De même, la révélation inférieure, plus éloignée, de l’exil et du deuxième jour de Yom Tov célébré en Diaspora porte en elle une soif et une joie que la révélation supérieure ne possède pas.
Le maamar en bref
Le maamar commence par la prière de la fête : nous demandons à être sanctifiés par les mitsvot avant de demander notre part dans la Torah. Atseret signifie « retenir » ; un Juif ne peut retenir la Torah et la prière qu’après avoir été mis à part par le don de fiançailles de D.ieu, les mitsvot. Ces fiançailles viennent de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), au-delà du temps ; la méditer brise le cœur et « réduit en miettes » le mal, qui n’a pas de véritable substance. Le verset d’ouverture est ensuite expliqué : « l’homme » désigne la Torah et les « nobles », les Patriarches ; pourtant, se réfugier en D.ieu, par le sacrifice de soi dans le Chema, est encore plus élevé. La deuxième partie demande pourquoi la Diaspora garde un deuxième jour de Yom Tov. Le regard de D.ieu se pose « par les fenêtres » à l’époque du Temple et « par les treillis » en exil ; comme la deuxième fête offerte par Esther à tout le peuple, la révélation inférieure apporte une joie plus grande et un amour assoiffé. Enfin, les deux jours correspondent aux deux miroirs de la prophétie et à la lettre hé et à son « remplissage » : la Terre d’Israël reçoit en un jour ce que la Diaspora reçoit en deux, mais la révélation en bas est le but.
Plan
- Les fiançailles avant la Torah« Sanctifie-nous par Tes mitsvot » précède « notre part dans Ta Torah » : les mitsvot sont des fiançailles venant du sovev, qui mettent un Juif à part afin qu’il puisse « retenir » la Torah et la prière.¶1–2
- Le cœur brisé qui réduit le mal en miettesVoir que toutes les choses du monde passent avec le temps brise le cœur ; le mal est réduit en miettes comme de la fumée, et alors seulement on peut « écouter » (PaZeR KaSheV).¶3–6
- Le refuge au-dessus de la Torah et des Patriarches« L’homme » désigne la Torah et les « nobles », les Patriarches ; se réfugier en D.ieu, dans la lumière qui entoure tous les mondes et que l’on atteint par le sacrifice de soi dans le Chema, est plus élevé et peut ranimer le cœur.¶7
- Voir le Roi : fenêtres et treillisChaque fête révèle le Roi, et Le voir suscite l’amour ; à l’époque du Temple, D.ieu regardait « par les fenêtres », tandis qu’en exil Il épie « par les treillis ».¶8–10
- Fenêtres et treillis dans la KabbaleD’après Etz Chaim : les fenêtres sont des canaux à l’intérieur d’Atsilout ; les treillis sont Mal’hout, qui brise le voile pour accéder à Béria. Ils correspondent à l’unité supérieure et à l’unité inférieure, au mérite des Patriarches et à celui des Matriarches.¶11–16
- Briser le voile par la techouva et la joieLa techouva accompagnée d’un cœur brisé brise le voile de la sitra a'hra (les treillis) ; la joie qui suit ouvre les fenêtres.¶17–18
- La deuxième fête : le deuxième jour de Yom TovComme la deuxième fête offerte par Esther à tout le peuple, le deuxième jour apporte la révélation à tous les Juifs en exil, avec une joie plus grande et l’amour assoiffé du repentant.¶19
- Deux miroirs : Torah et prièreLe premier jour puise dans le miroir lumineux (la Torah, révélation d’en haut) ; le second, dans le miroir non lumineux, reflet de la prière et de la techouva.¶20–22
- La lettre hé et la Terre d’IsraëlLes deux jours correspondent aux deux hé du Nom, ou à la lettre hé et à son « remplissage » ; la Terre d’Israël, proche de la source, reçoit en un jour ce pour quoi la Diaspora a besoin de deux jours, mais la révélation en bas est le but.¶23–29
Notions clés
- Atseret (rétention)עצרת / קליטה
- Retenir en soi la Torah et la prière, comme une matrice retient la semence ; cela n’est possible qu’après avoir été « fiancé » par les mitsvot.
- Kidouchin (fiançailles)קדושין
- Être mis à part pour D.ieu. Les mitsvot sont Son don de fiançailles, attiré de la lumière qui entoure tous les mondes.
- La lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin)סובב כל עלמין
- Le niveau au-delà du temps et du changement, symbolisé par l’anneau de fiançailles et par la houppa qui couvre.
- Fenêtres et treillisחלונות וחרכים
- Deux modalités du regard de D.ieu : une révélation ouverte, sans voile, et une vision entrevue à travers une ouverture percée dans le voile.
- L’unité supérieure et l’unité inférieureיחודא עילאה ויחודא תתאה
- La création considérée comme néant devant D.ieu, et la création qui existe tout en étant annulée devant Lui ; elles correspondent aux fenêtres et aux treillis.
- Le miroir lumineux et le miroir non lumineuxאספקלריא המאירה ושאינה מאירה
- La vision limpide de Moché et la vision réfléchie des autres prophètes ; chez chaque Juif, la Torah et la prière.
- Le remplissage de la lettreמילוי
- La forme développée d’une lettre, nécessaire pour la prononcer ; elle évoque le jour supplémentaire dont la Diaspora a besoin pour recevoir la lumière de la fête.
Les fiançailles avant la Torah ¶1–2
« Il vaut mieux s’abriter en D.ieu, etc. » Or, dans la prière de Chabbat et des jours de fête, nous disons d’abord : « Sanctifie-nous par Tes mitsvot », puis : « Et donne-nous notre part dans Ta Torah. »
Le maamar s’ouvre sur un verset du Hallel qu’il n’interprétera que plus loin (paragraphe 7). Il commence plutôt par l’ordre d’une formule de la Amida de Chabbat et des jours de fête : nous demandons d’abord à D.ieu de nous sanctifier par les mitsvot, et seulement ensuite de nous accorder notre part dans la Torah.
כי אי אפשר להיות חלק בתורת ה׳ בלתי אם יקיים מצותיו קדשנו במצותיך תחלה וביאור הענין כי ענין ותן חלקנו בתורתך הוא כדכתיב ביום השמיני עצרת תהיה לכם3.
Car il est impossible d’avoir une part dans la Torah de D.ieu sans accomplir Ses mitsvot ; [c’est pourquoi] « Sanctifie-nous par Tes mitsvot » vient d’abord. Voici l’explication : le sens de « donne-nous notre part dans Ta Torah » correspond à ce qui est écrit : « Le huitième jour, il y aura pour vous une assemblée solennelle. »
Cet ordre n’est pas fortuit : avoir réellement part à la Torah dépend de l’accomplissement préalable des mitsvot. Pour expliquer ce que signifie « avoir une part dans la Torah », l’Alter Rebbe se tourne vers le verset qui désigne la fête de Chemini Atséret.
פי׳ עצרת קליטה שכנס״י קולטת טיפת החכמה דהיינו התורה שירדה מרצונו וחכמתו ית׳ אלא שנתגשמה כמ״ש מוריד הגשם ובהיות כל איש ישראל לומד התורה וחוזר על לימודו ותופס בזכרונו היטב נק׳ בחי׳ זו בחי׳ קולטת
Le sens de atzeret est la rétention : la Communauté d’Israël (Knesset Israël) retient la goutte de 'Hokhma, c’est-à-dire la Torah, qui est descendue de Sa volonté et de Sa sagesse, béni soit-Il, mais s’est matérialisée, comme il est écrit : « Il fait descendre la pluie. » Lorsqu’un Juif étudie la Torah, révise son étude et la garde fermement en mémoire, ce niveau est appelé le niveau de la « rétention ».
Le mot atzeret est compris comme « retenir » ou « contenir », à l’image d’une matrice qui retient la semence. La Torah est une « goutte » de la sagesse de D.ieu qui est descendue dans une forme matérielle, de même que le mot « guéchem » (pluie) a la même racine que « gachmiyout » (matérialité) ; le Juif qui étudie la Torah, la révise et s’en souvient la « retient ».
וכן בענין התפלה שהיא ע״י הדעת והתקשרות במוחו ולבו שיתקע בחוזק במחשבתו בבחי׳ הרגשה וכענין שאמרז״ל הכר את בוראך456 שנתפס לתוך מוחו וגם לתוך לבו להיות לו רעותא דלבא מעומקא דלבא לה׳ לבדו
Il en va de même pour la prière, qui s’accomplit par la Daat et par un lien établi dans l’esprit et le cœur, afin que la pensée s’y fixe fermement, avec un sentiment éprouvé. Cela correspond à ce que nos Sages ont dit : « Reconnais ton Créateur » ; qu’Il soit saisi dans l’esprit et aussi dans le cœur, de sorte qu’il éprouve un « désir du cœur », venant de la profondeur du cœur, pour D.ieu seul.
La prière est le second moyen de retenir : par la Daat, un lien profond et attentif, la connaissance de D.ieu se fixe dans l’esprit et dans le cœur jusqu’à devenir un sentiment vécu. « Le désir du cœur » désigne un élan qui vient de la profondeur du cœur et se dirige vers D.ieu seul.
Or, à titre d’analogie : lorsqu’un homme prend une femme pour épouse, il doit d’abord la fiancer en lui donnant une perouta ou l’équivalent d’une perouta,
Analogie tirée du droit matrimonial : les kidouchin (fiançailles) prennent effet lorsque l’homme remet à la femme quelque chose de valeur, au moins une perouta, la plus petite pièce de monnaie.
רק שתהי׳ דבר שתוכל לקנות לה חיי נפשה כך א״א להיות כנ״י בבחי׳ קולטת כ״א כאשר ימשוך לה חיות אלקות מלמעלה.
pourvu seulement que ce soit quelque chose avec quoi elle puisse se procurer de quoi vivre. De même, il est impossible que la Communauté d’Israël soit dans l’état de « rétention » si D.ieu ne fait descendre vers elle une force vitale divine d’en haut.
En principe, la perouta doit pouvoir permettre à la femme de se procurer sa subsistance. De même, le peuple juif ne peut « retenir » la Torah et la prière qu’après avoir d’abord reçu de D.ieu, d’en haut, un don de force vitale divine, comparable à des fiançailles.
(ועמ״ש סד״ה וארשתיך לי9 כו׳ וידעת) וענין הקדושין הוא כמ״ש והייתם קדושים כו׳ ואבדיל אתכם לי כו׳
(Voir également ce qui est écrit à la fin du passage commençant par « Je te fiancerai à Moi, etc. », puis « et tu connaîtras ».) Le concept des kidouchin (fiançailles) correspond à ce qui est écrit : « Vous serez saints, etc. » et « Je vous ai séparés pour Moi, etc. »
La parenthèse renvoie le lecteur à un autre maamar sur les fiançailles. Les kidouchin sont ensuite définis au moyen de versets sur la sainteté : être saint, c’est être mis à part par D.ieu comme Lui appartenant.
« pour M’appartenir, etc. » Tel est le sens de : « Voici, tu m’es consacrée (mekoudéchet) » : tu seras mise à part et séparée pour Moi, pour Mon Nom.
La formule des fiançailles « tu m’es mekoudéchet » est comprise dans le même sens : elle signifie que la femme est réservée exclusivement à son époux. De même, les mitsvot mettent le Juif à part pour D.ieu.
וזהו ענין כוונת כל המצות כי מצות צריכות כוונה.12 פי׳ לדעת המכוון בהם והמכוון הוא להיות מובדל מן התאוות ומכל מדות הרעות.
Telle est l’intention de toutes les mitsvot, car « les mitsvot requièrent une intention » : c’est-à-dire qu’il faut savoir ce qu’elles visent ; et ce qu’elles visent, c’est de se détacher des désirs et de tous les mauvais traits de caractère.
C’est pourquoi les Sages disent que les mitsvot requièrent une kavana (intention) : il faut savoir quel est leur but. Elles visent à détacher l’homme de ses désirs et de ses mauvais traits de caractère, ce qui le rend « fiancé » et lui permet de retenir.
Ce paragraphe explique pourquoi « Sanctifie-nous par Tes mitsvot » précède « donne-nous notre part dans Ta Torah » : les mitsvot sont le don de fiançailles de D.ieu, qui met le Juif à part pour Lui ; alors seulement peut-il « retenir » (atzeret) la Torah et la prière.
L’image de Knesset Israël qui « retient la goutte de 'Hokhma » s’appuie sur la représentation kabbalistique de Mal'hout comme partenaire réceptrice de Zeir Anpin ; Chemini Atséret est le jour de cette union. Le don de fiançailles « d’en haut » annonce le paragraphe suivant, où l’anneau des kidouchin est identifié à la lumière qui entoure tous les mondes (sovev).
Maré mekomot
- 1טוב לחסות · שמע״צ תקנ״ז. ראה רשימת המאמרים שבסו״ס מאמרי אדה״ז — הקצרים ע׳ תריז הערה 73. ולהלן ברשימת הכת״י.
- 2טוב לחסות · Psalms 118:8
- 3
- 4הכר את בוראך · Sotah 10b:8–9
- 5הכר את בוראך · Bereshit Rabbah 85:11
- 6הכר את בוראך · Nedarim 32a:17–19
- 7שנותן לה א׳ פרוטה או שוה פרוטה · Kiddushin 2a:4–5
- 8פרוטה או שוה פרוטה · ריש קידושין.
- 9סד״ה וארשתיך לי · לעיל פ׳ במדבר ט, ד.
- 10והייתם קדושים כו׳ ואבדיל אתכם לי כו׳ להיות לי · Leviticus 20:26
- 11הרי את מקודשת לי · Kiddushin 5b:10
- 12מצות צריכות כוונה · Berakhot 13a:22–25
2ולכן תקנו חז״ל לומר אשר קדשנו במצותיו בברכות המצות ועי״ז יוכל להיות לו בחי׳ קליטה הנ״ל בתורה ותפלה משא״כ בלא בחי׳ קדושין הנ״ל א״א להיות לו בחי׳ קליטה הנ״ל ונק׳ פולטת ח״ו
C’est pourquoi nos Sages ont institué de dire, dans les bénédictions sur les mitsvot : « Qui nous a sanctifiés par Ses mitsvot ». Ainsi, on peut avoir la « rétention » mentionnée plus haut dans l’étude de la Torah et la prière. En revanche, sans le niveau de kiddouchin mentionné plus haut, il est impossible d’avoir cette « rétention » ; on est alors appelé, à D.ieu ne plaise, « celle qui expulse ».
La bénédiction prononcée avant une mitsva, « Qui nous a sanctifiés par Ses mitsvot », exprime ces fiançailles. Grâce à elles, une personne peut « retenir » la Torah et la prière ; sans elles, elle est comme une matrice incapable de retenir la semence et qui « l’expulse », à D.ieu ne plaise.
והנה ענין המשכת בחי׳ קדושין הנ״ל הוא מלמעלה מבחינת סוכ״ע בחי׳ טבעת קדושין ששם שוה הכל אצלו היה
Or, l’attraction du niveau de kiddouchin mentionné plus haut vient d’en haut, du niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), le niveau de l’anneau des kiddouchin, où tout est égal devant Lui : « était »,
Les fiançailles proviennent du sovev, la lumière qui entoure tous les mondes et n’est pas limitée par eux. L’anneau des kiddouchin, cercle sans commencement ni fin, symbolise cette lumière enveloppante, pour laquelle le passé, le présent et l’avenir sont tous identiques.
הוה ויהיה ברגע אחד ואין בו שום שינוי ח״ו וכמ״ש גדול ה׳ ומהולל מאד1 ולגדולתו אין חקר פי׳ שגדולת ה׳ היא מאד בלי שיעור והפסק
« est » et « sera » en un seul instant, et il n’y a en Lui aucun changement, quel qu’il soit, à D.ieu ne plaise. Comme il est écrit : « Grand est D.ieu et infiniment loué, et Sa grandeur est insondable » : c’est-à-dire que la grandeur de D.ieu est « infinie » [grande], sans mesure ni interruption,
À ce niveau, il n’y a ni changement, ni avant, ni après. Le verset des Psaumes est cité pour distinguer deux choses : la grandeur de D.ieu qui s’étend sans limite (« infiniment »), et ce qui est au-delà de toute grandeur.
וכמו שאמרז״ל מן הארץ2 לרקיע כו׳ רגלי החיות כנגד כולם כו׳ אבל ולגדולתו אין חקר פי׳ ולגדולתו בעצמו אין שייך לשון גדולה
comme l’ont dit nos Sages : « De la terre au firmament, etc. […] les pieds des ‘Hayot sont égaux à tous les autres, etc. » Mais « et Sa grandeur est insondable » signifie que le terme « grandeur » ne s’applique pas à Sa grandeur même.
Le Talmud décrit les distances immenses des cieux et dit que les pieds des ‘Hayot (anges du Char) équivalent à tous ces espaces : il s’agit là d’une grandeur sans mesure. « Sa grandeur est insondable » va plus loin : dans l’essence même de D.ieu, la notion de « grandeur » n’a pas sa place.
וזהו שארז״ל במקום שאתה מוצא גדולתו3 של הקב״ה שם אתה מוצא ענוותנותו שצלו ית׳ גדולה לענוה יחשב
Et c’est ce qu’ont dit nos Sages : « Partout où tu trouves la grandeur du Saint béni soit-Il, tu trouves aussi Son humilité », car, pour Lui, béni soit-Il, la grandeur est considérée comme de l’humilité,
C’est pourquoi les Sages associent la grandeur de D.ieu à Son humilité : de Son propre point de vue, être « grand » par rapport aux mondes revient à s’abaisser.
כי לשון גדולה נופל על התפשטות אורו בבחי׳ א״ס ואין קץ כו׳ ולא על מקור האור וחיי החיים שהוא מתגדל על דבר שהוא כאין ואפס ממש.
car le terme « grandeur » s’applique à l’expansion de Sa lumière selon le mode de l’infini et de l’illimité, etc., mais non à la Source de la lumière et à la Vie de toute vie, qui [serait ainsi] grandie par rapport à une chose qui est véritablement comme rien et néant.
La « grandeur » décrit l’expansion infinie de Sa lumière. La Source de cette lumière ne devient pas grande en dominant les créatures, car, auprès d’Elle, celles-ci ne sont absolument rien ; être « grand » par rapport à rien ne constitue aucune grandeur.
Les kiddouchin attirés par les mitsvot proviennent du sovev, le niveau au-delà du temps et du changement. Le paragraphe l’explique en montrant que la véritable grandeur divine dépasse la notion même de « grandeur ».
La distinction entre la « grandeur » infinie et l’essence de D.ieu correspond à la distinction hassidique entre la Lumière infinie (Or Ein Sof) dans son expansion et sa Source. La note du Kehot renvoie le lecteur à Likkutei Torah Va’eschanan pour un autre développement sur la grandeur et l’humilité.
Maré mekomot
- 1גדול ה׳ ומהולל מאד · Psalms 145:3
- 2מן הארץ עד לרקיע כו׳ רגלי החיות · Chagigah 13a:3–4
- 3במקום שאתה מוצא גדולתו · Megillah 31a:12–13
Le cœur brisé qui réduit le mal en miettes ¶3–6
3וז״ש לך הוי׳ הגדולה. פי׳ כי מדת גדולה היא רק הוי׳ שנתהוה ממך והיינו ע״י צמצום והתפשטות והמשכה שע״ז מורים אותיות שם הוי׳ יו״ד צמצום כו׳.
Et c’est ce qui est écrit : « À Toi, Havaya, la grandeur » ; cela signifie que l’attribut de grandeur n’est que Havaya, qui est advenu à l’existence à partir de Toi, à savoir par la contraction, l’expansion et le prolongement, que les lettres du Nom Havaya indiquent : le youd, la contraction, etc.
Le verset « À Toi, Havaya, la grandeur » est interprété comme signifiant que la grandeur appartient uniquement au niveau du Nom Havaya, la puissance qui fait advenir la création. Les lettres du Nom retracent ce processus : le petit youd est la contraction (tsimtsoum), et les lettres suivantes, l’expansion et le prolongement.
וע״י התבוננות זו נמשך לאדם ג״כ לב נשבר ונדכה1 שיהיה שוה בעיניו כל עניני העולם שנופלים תחת הזמן עבר הוה ועתיד והוה ולא יתאוה להם ולא ישית לב אליהם כלל
Et cette contemplation suscite également chez l’homme un cœur brisé et contrit, de sorte que toutes les affaires du monde soumises au temps — passé, présent et futur — et qui sont passagères lui paraissent égales ; il ne les convoite pas et n’y prête nullement attention.
Contempler que toute la création n’est qu’un épanchement de D.ieu et qu’elle n’est rien à côté de Lui brise le cœur de l’homme et l’humilie. Tout ce qui est soumis au temps lui paraît alors égal et éphémère, et il cesse de le convoiter.
כי יאמר ללבו הרי קודם זה כמה שנים לא עלתה על לבי לכל לחשוב ולהרהר בענין זה ואחר כמה שנים לא יהיה הדבר ולא יבא כלל.23456789101112131415161718192021222324252627282930
Car il se dira en son cœur : « Voici que, quelques années auparavant, il ne m’était nullement venu à l’esprit de penser à cette affaire ni d’y réfléchir ; et dans quelques années, cette chose n’existera plus et ne me viendra plus du tout à l’esprit. »
La réflexion concrète est la suivante : il y a quelques années, je ne pensais jamais à cette chose, et dans quelques années, elle aura disparu et sera oubliée. Pourquoi donc devrait-elle maintenant accaparer mon cœur ?
Partant de l’idée que la « grandeur » relève uniquement de l’acte créateur de Havaya, ce passage propose une méditation concrète : les affaires du monde, soumises au temps, sont passagères ; le comprendre suscite un cœur brisé qui cesse de les convoiter.
Le lien entre les lettres de Havaya et les étapes de contraction, d’expansion et de prolongement est un enseignement kabbalistique classique. Cette méditation reflète le niveau de sovev décrit plus haut, pour lequel « était, est et sera » ne font qu’un : celui qui considère le passé et le futur comme égaux au présent reflète cette vision intemporelle dans sa propre vie.
Maré mekomot
- 1לב נשבר ונדכה · Psalms 51:19
- 2איזהו חכם הרואה את הנולד · Tamid 32a:7
- 3ואת רוח הטומאה אעביר · Zechariah 13:2
- 4אתה פוררת בעזך ים · Psalms 74:13
- 5ותשליך במצולות ים · Micah 7:19
- 6פז״ר קש״ב · Rosh Hashanah 4b:13–14
- 7אין אני והוא יכולין לדור · Sotah 5a:14
- 8מארבע הרוחות באי ופחי בהרוגים · Ezekiel 37:9
- 9אם ישים אליו לבו · Job 34:14
- 10ארור הגבר · Jeremiah 17:5
- 11אל תבטחו בנדיבים · Psalms 146:3
- 12אך הכוונה הוא על אדם העליון · ביהל אור ע׳ תנ כתב שכ״ה ביר״ק ערך בטחון סעי׳ ד בשם ציוני.
- 13ועל דמות הכסא · Ezekiel 1:26
- 14כיון שפירש טליתו עלי׳ שוב אינו יכול לבגוד בה · ראה קידושין יח, רע״ב. וש״נ.
- 15עוטה אור כשלמה · Psalms 104:2
- 16וע׳ עוד מענין עוטה אור · כל המ״מ מובאים ביהל אור עה״פ ע׳ שצז.
- 17להחיות לב נדכאים · Isaiah 57:15
- 18להושיבי עם נדיבים · Psalms 113:8
- 19נדיבים אלו האבות · ראה בהנסמן להלן בהוספות להערות וציונים.
- 20להושיבי עם נדיבים אלו האבות שהן הן המרכבה · ביהל אור ע׳ תנא הקשה שלכאורה זה אינו מובן, אך מאחר שגם פי׳ מבטוח באדם היינו באדם העליון, כמו״כ י״ל בענין מבטוח בנדיבים ע״ש בארוכה.
- 21האבות שהן הן המרכבה · Bereshit Rabbah 47:6
- 22נדיבי עמים נאספו · Psalms 47:10
- 23ע״פ כרוה נדיבי העם · ראה לעיל חקת סב, ד.
- 24ובפ׳ ויקהל ע״פ כל נדיב לבו · תו״א פט, ד. וראה שם קטו, ד.
- 25ובד״ה מה יפו פעמיך · לקמן שה״ש מד, ג.
- 26שבבחי׳ אדם ונדיבים יוכל להיות נפילה · מובא בביאוה״ז להצ״צ כרך ב ע תתפד.
- 27ומלתם את ערלת לבבכם · Deuteronomy 10:16
- 28ופחי בהרוגים ויחיו · Ezekiel 37:9
- 29שו״ה כו׳ — והוא בחינת טל · כאן הוא סיום המאמר בהכת״י שבלי הגהות הצ״צ. ובשני כת״י יש כאן שורה נוספת: טל וכו׳ והוא ע״י שידע להתבונן הטיב בדבר בעצמו כי כל גוים סבבוני אז ישוב וירחמהו ממקור הרחמי׳ כמ״ש במ״א. ע״כ.
- 30לך הוי׳ הגדולה · I Chronicles 29:11
4ולכן גם עתה יהיה דומה בעיניו כאלו הוא קודם הזמן הזה ואחריו. וזהו איזהו חכם הרואה את הנולד1 שרואה בבחי׳ ראיה
C’est pourquoi, maintenant aussi, cela lui semblera comme si c’était avant ce moment et après lui. Et c’est [le sens de] « Qui est sage ? Celui qui voit ce qui va naître » : celui qui voit, d’une manière de
Puisque la chose n’existait pas auparavant et n’existera plus ensuite, la personne la voit maintenant comme si elle avait déjà disparu. C’est ainsi que les Sages définissent l’homme sage : celui qui « voit » l’issue.
ממש מה שנולד אח״כ שלא יהיה הדבר הרע כמ״ש ואת רוח הטומאה אעביר מן הארץ וגו׳ וגם אחרית כל דבר הוא רמה ותולעה והוה ונפסד.2
vision réelle, ce qui naîtra ensuite : que la chose mauvaise n’existera plus, comme il est écrit : « Et Je ferai disparaître de la terre l’esprit d’impureté, etc. » ; et aussi que la fin de toute chose est d’être vermoulue et dévorée par les vers, éphémère et périssable.
Il voit aussi vivement que de ses yeux que le mal sera éliminé du monde à l’avenir et que toute chose matérielle finit par se décomposer. Voir ainsi la fin prive dès maintenant la tentation de son emprise.
La méditation qui brise le cœur est la sagesse de « voir ce qui va naître » : l’homme sage voit dès maintenant que le mal et les attraits de ce monde passeront.
Maré mekomot
- 1איזהו חכם הרואה את הנולד · Tamid 32a:7
- 2
5וזהו אתה פוררת בעזך ים1. פי׳ ים נק׳ כמה בחי׳ שהם מצולות ים כמ״ש ותשליך במצולות ים כל חטאתם ואתה מפרר ומפזר אותם בעזך
Et telle est [la signification de] « Tu as brisé la mer par Ta puissance. » C’est-à-dire que plusieurs niveaux sont appelés « mer », à savoir « les profondeurs de la mer », comme il est écrit : « Et Tu jetteras toutes leurs fautes dans les profondeurs de la mer » ; et Tu les brises et les disperses par Ta puissance,
Le verset « Tu as brisé la mer par Ta puissance » est compris comme faisant référence aux fautes, qui sont jetées dans « les profondeurs de la mer ». D.ieu les brise et les disperse.
היינו ע״י בחי׳ התבוננות הנ״ל אין לו תפיסת מקום כלל להחשב בבחי׳ יש רק יפרר ע״י בחי׳ לב נשבר ונדכה וזהו סימן של שמיני עצרת פז״ר קש״ב.
c’est-à-dire que, par la contemplation mentionnée précédemment, [la chose] n’a absolument aucune importance, au point de pouvoir être considérée comme un « être » (yech) ; mais il la brisera au moyen d’un cœur brisé et contrit. Et tel est le moyen mnémotechnique de Chemini Atseret : PaZeR KaSheV.
Par la contemplation évoquée précédemment, le mal perd toute prétention à être un véritable « être » (yech), et le cœur brisé le réduit en morceaux. L’Admour Hazaken retrouve cette idée dans le moyen mnémotechnique talmudique de Chemini Atseret, PaZeR KaSheV.
פי׳ מתחלה פזר בבחי׳ פירור הנ״ל ואח״כ קשב אמריה כי כשאין לו בחי׳ פיזור ופירור הנ״ל אמרז״ל אין אני והוא יכולין לדור בעולם אחד.2 פי׳ כשתופס מקום בעולם.3
C’est-à-dire : d’abord « disperser » (pazer), selon le procédé de brisement mentionné précédemment, puis « écouter ses paroles » (kashev). Car, lorsqu’on ne procède pas à cette dispersion et à ce brisement mentionnés précédemment, nos Sages ont dit : « Moi et lui ne pouvons demeurer dans un même monde » ; c’est-à-dire lorsqu’il occupe une place dans le monde.
Le moyen mnémotechnique est interprété en deux mots : « pazer », disperser, et « kashev », écouter. Il faut d’abord briser le sentiment de sa propre importance ; alors seulement peut-on écouter les paroles de D.ieu, car D.ieu dit de l’homme orgueilleux, qui prend toute la place dans le monde, que Lui et cet homme ne peuvent demeurer ensemble.
Le cœur brisé « réduit en morceaux » la faute et l’importance que l’on s’attribue. C’est l’ordre suggéré par le moyen mnémotechnique de Chemini Atseret : d’abord disperser (pazer), puis écouter (kashev).
Dans le Talmud, PaZeR KaSheV est un moyen mnémotechnique désignant les éléments qui font de Chemini Atseret une fête à part entière. L’Admour Hazaken interprète ses lettres comme une séquence du service divin. La note de Kehot renvoie à Likkutei Sichos pour une discussion de la formulation exacte « kashev ».
Maré mekomot
- 1
- 2אין אני והוא יכולין לדור בעולם אחד · Sotah 5a:14
- 3
6והנה כתיב וכל הרשעה כולה בעשן תכלה שבקל יוכל לדחות כמו העשן שהרוח בא ועוקרו אפי׳ הוא נושב
Or, il est écrit : « Et toute la méchanceté sera entièrement consumée comme de la fumée » : elle peut être aisément repoussée, comme la fumée, que le vent vient arracher, même lorsqu’il souffle
Le mal est comparé à la fumée : il paraît dense et réel, mais même un léger souffle de vent le chasse.
מעט כמ״ש מארבע הרוחות בואי ופחי בהרוגים האלה ויחיו1 מפני שבאמת אין בהם ממשות כלל רק אם ישים אליו לבו2 להתבוננות הנ״ל:
seulement un peu, comme il est écrit : « Venez des quatre vents et soufflez sur ces morts, afin qu’ils vivent » ; car, en vérité, ils n’ont absolument aucune consistance, pourvu seulement qu’il applique son cœur à la méditation mentionnée plus haut.
L’appel d’Ézéchiel aux vents — en hébreu, « roua’h » signifie à la fois « vent » et « esprit » — montre qu’un souffle d’esprit suffit. Le mal n’a aucune consistance réelle et disparaît dès qu’une personne tourne son cœur vers la méditation décrite plus haut.
Ce paragraphe conclut le premier thème : le mal n’a aucune consistance, et la méditation sur le caractère passager de toutes les choses de ce monde le chasse aisément, comme le vent emporte la fumée.
Maré mekomot
- 1מארבע הרוחות בואי ופחי בהרוגים האלה ויחיו · Ezekiel 37:9
- 2אם ישים אליו לבו · Job 34:14
Le refuge au-dessus de la Torah et des Patriarches ¶7
7וזהו טוב לחסות בה׳ מבטחח באדם טוב לחסות בה׳ מבטוח בנדיבים.1 ופי׳ בזהר שאין הכוונה על האדם הגשמי ונדיבים הגשמיים שא״כ לא היה אומר טוב לחסות בה׳ וגו׳.
Et voici [le sens de] : « Mieux vaut se réfugier en D.ieu que de mettre sa confiance dans l’homme ; mieux vaut se réfugier en D.ieu que de mettre sa confiance dans les nobles. » Le Zohar explique qu’il n’est pas question de l’homme physique ni de nobles physiques, car, dans ce cas, il n’aurait pas été dit : « Mieux vaut se réfugier en D.ieu, etc. »
Le maamar revient maintenant au verset qui l’ouvre. Une difficulté se pose : si « l’homme » et « les nobles » désignaient des gens ordinaires, le verset dirait qu’il est bon de mettre sa confiance en eux, mais qu’il est encore préférable de mettre sa confiance en D.ieu.
דמשמע שגם לבטוח באדם ובנדיבים טוב הוא אלא שיותר טוב לחסות בה׳ דהא כתיב ארור הגבר אשר יבטח באדם2 וכתיב אל תבטחו בנדיבים3 וגו׳.
ce qui laisse entendre qu’il est également bon de mettre sa confiance dans l’homme et dans les nobles, et qu’il est seulement préférable de se réfugier en D.ieu ; pourtant, il est écrit : « Maudit soit l’homme qui met sa confiance dans l’homme », et il est écrit : « Ne mettez pas votre confiance dans les nobles, etc. »
Cela ne peut être le sens, puisque d’autres versets maudissent celui qui met sa confiance dans l’homme et interdisent de se fier aux nobles. « L’homme » et « les nobles » désignent donc ici nécessairement des réalités saintes.
אך הכוונה הוא על אדם העליון והוא מ״ש ועל דמות הכסא דמות כמראה אדם4 והוא בחי׳ תורה שבכתב שיש בה רמ״ח מ״ע ושס״ה ל״ת כמראה אדם שיש בו רמ״ח אברין ושס״ה גידין
L’intention porte plutôt sur l’Homme supérieur. C’est ce qui est écrit : « Et, au-dessus de la ressemblance du trône, une ressemblance ayant l’apparence d’un homme » ; il s’agit du niveau de la Torah écrite, qui comprend 248 commandements positifs et 365 interdictions, « ayant l’apparence d’un homme », lequel possède 248 membres et 365 tendons.
« L’homme » est l’Homme supérieur, la figure humaine qu’Ézéchiel vit au-dessus du trône divin. Cet « Homme » est la Torah écrite, dont les 248 commandements positifs et les 365 interdictions correspondent aux 248 membres et aux 365 tendons du corps humain.
(וכמ״ש מזה בד״ה ויאכילך את המן בפ׳ עקב) ובודאי טוב ויפה לדבק בתורתו ית׳ אך יותר טוב מזה לחסות בה׳.
(Comme cela est expliqué à ce sujet dans le passage qui commence par « Il te fit manger la manne », dans la paracha Eikev.) Il est assurément bon et louable de s’attacher à Sa Torah, béni soit-Il ; mais mieux encore est de se réfugier en D.ieu.
S’attacher à la Torah, l’Homme supérieur, est assurément bon. Pourtant, le verset dit que « se réfugier en D.ieu » est meilleur encore.
לחסות פי׳ מלשון מחסה ומסתור והוא כמו למשל ענין מכסה החופה שבמדינותינו מקדשין תחת יריעה ובכמה מקומות פורסין טלית על החתן וכלה.
« Se réfugier » (la’hassot) vient du terme « abri » (ma’hassé) et « couverture ». À titre d’analogie, cela ressemble à la couverture de la ‘houppa : dans nos pays, on célèbre les fiançailles sous un dais, et, en plusieurs endroits, on étend un talit sur le marié et la mariée.
« Se réfugier » (’hassiya) implique d’être couvert et protégé. L’Alter Rebbe compare cela au dais (‘houppa) d’un mariage : dans les pays qu’il connaissait, une étoffe était tenue au-dessus du couple, tandis qu’ailleurs un talit était étendu sur eux.
Et nos Sages ont dit : « Dès lors qu’il a étendu son talit sur elle, il ne peut plus la trahir. » De même, à Son sujet, béni soit-Il, il est écrit : « Il s’enveloppe de lumière comme d’un vêtement. »
Les Sages ont enseigné qu’une fois qu’un homme a étendu son talit sur sa fiancée, il ne peut plus la trahir, car cette couverture crée un lien permanent. D.ieu, Lui aussi, « s’enveloppe de lumière comme d’un vêtement » et l’étend sur Son peuple.
ופורש טליתו מעטה לבושו מבחי׳ סוכ״ע להחיות לב נדכאים8 (ועמ״ש באגה״ק על פסוק זה דעוטה אור ועמ״ש בביאור ע״פ
Et Il étend Son talit, l’enveloppe de Son vêtement, depuis le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), « pour ranimer le cœur des accablés ». (Voir ce qui est écrit dans Iggeres HaKodesh au sujet de ce verset : « Il s’enveloppe de lumière » ; voir également ce qui est écrit dans l’explication du verset
Cette couverture provient du sovev, la lumière qui entoure les mondes, et elle a pour but de ranimer le cœur brisé. La parenthèse qui suit commence une liste de textes où le verset « Il s’enveloppe de lumière » est commenté.
כי ביום הזה יכפר בענין לבושיה כתלג חיור דקאי על התורה שהיא בחי׳ חשמל העליון מלמעלה מאצילות כו׳. וע׳ עוד מענין עוטה אור בשמות רבה) (פט״ו ור״פ י״ז) תרומה (פל״ג).
« Car, en ce jour, il fera expiation », à propos de « son vêtement est blanc comme la neige », qui désigne la Torah, laquelle est du niveau du Chashmal supérieur, au-dessus d’Atsilout, etc. Voir aussi, sur le thème de « Il s’enveloppe de lumière », Shemos Rabbah) (chapitre 15 et début du chapitre 17), Terumah (chapitre 33),
Dans un autre maamar, le vêtement de D.ieu, « blanc comme la neige » — expression tirée de la vision de Daniel — désigne la Torah, enracinée dans le « Chashmal supérieur », un niveau au-dessus d’Atsilout. La liste des références midrachiques commence par Shemos Rabbah.
ויקהל (פ״נ) אמור (פל״א) ובזח״ג (דרמ״ה ב׳ נ״ט ב׳. ח״א ל״א סע״ב. צ׳ ע״א. קמ״ב ב׳. ח״ב ט״ל ב׳ צ״ח סע״א קס״ד ב׳ ר״ט א׳).
Vayakhel (chapitre 50), Emor (chapitre 31) ; et dans le Zohar, volume III (245b, 59b ; volume I, 31b à la fin, 90a, 142b ; volume II, 39b, 98a à la fin, 164b, 209a).
La liste se poursuit avec d’autres chapitres du Midrash et de nombreux passages du Zohar qui traitent du vêtement de lumière de D.ieu.
ובספר עמ״ה שער עולם הבריאה פ״ג פי׳ עוטה אור כשלמה עולם המלבוש כו׳ והיינו אותיות התורה שהם בחי׳ לבושו ית׳.
Et dans le livre Emek HaMelech, Porte du Monde de Béria, chapitre 3, il explique « Il s’enveloppe de lumière comme d’un manteau » comme désignant le Monde du Vêtement, etc. ; c’est-à-dire les lettres de la Torah, qui constituent le niveau de Son vêtement, béni soit-Il.
L’ouvrage kabbalistique Emek HaMelech nomme ce vêtement « le Monde du Vêtement », que l’Alter Rebbe identifie aux lettres de la Torah : la Torah est la manière dont D.ieu « se revêt » afin de se révéler.
ועמש״ל סד״ה ביום השמע״צ ובביאור ע״פ את שבתותי תשמרו וענין הנדיבים הוא מ״ש להושיבי עם נדיבים9 שכל ניצוצות נשמות ישראל מתעלים בי״ט.
Et voyez ce qui est écrit plus haut, à la fin de la section commençant par « Le jour de Chemini Atseret », ainsi que dans l’explication du verset « Vous observerez Mes Chabbatot ». Quant aux « princes », il s’agit de ce qui est écrit : « Pour m’asseoir parmi les princes » ; car toutes les étincelles des âmes d’Israël s’élèvent à Yom Tov.
Après d’autres renvois, l’Alter Rebbe explique qui sont les « princes ». À Yom Tov, les âmes d’Israël s’élèvent, et le verset « pour m’asseoir parmi les princes » décrit cette élévation.
« Pour m’asseoir parmi les princes » : ce sont les Patriarches, qui sont eux-mêmes le Char, comme il est écrit : « Les princes des peuples se sont rassemblés, le peuple du D.ieu d’Abraham. »
Les « princes » sont les Patriarches, dont le Midrash dit qu’« ils sont eux-mêmes le Char » : ils étaient entièrement soumis à la volonté de D.ieu, comme un char l’est à son conducteur. Le verset des Psaumes associe les « princes » au « D.ieu d’Abraham ».
(ועמ״ש ע״פ כרוה נדיבי העם ובפ׳ ויקהל ע״פ כל נדיב לבו. ובד״ה מה יפו פעמיך בענין בת נדיב) ואעפ״כ טוב יותר לחסות בה׳ כי
(Et voyez ce qui est écrit à propos du verset « que les princes du peuple ont creusé », ainsi que dans la paracha Vayakhel à propos du verset « quiconque a le cœur généreux », et dans la section commençant par « Que tes pas sont beaux », au sujet de « fille du prince ».) Et pourtant, il vaut mieux chercher refuge en D.ieu, car
Après avoir renvoyé à trois autres maamarim concernant le mot « prince », l’Alter Rebbe revient au verset : malgré tout, chercher refuge en D.ieu vaut mieux que de s’en remettre aux « princes ».
הנה אמר דוד כל גוים סבבוני13 פי׳ שבבחי׳ אדם ונדיבים יוכל להיות בחי׳ נפילה להיות כל גוים סבבוני כו׳
voici que David a dit : « Toutes les nations m’ont entouré » ; c’est-à-dire qu’au niveau de « l’homme » et des « princes », il peut y avoir une chute, de sorte que « toutes les nations m’ont entouré, etc. »
La raison se trouve dans le verset suivant du même psaume : « Toutes les nations m’ont entouré. » Même aux niveaux saints de « l’homme » (la Torah) et des « princes » (les Patriarches), une personne peut tomber, et les forces opposées à la sainteté peuvent resserrer leur emprise sur elle.
אבל בשם ה׳ שהוא בחי׳ סוכ״ע כי אמילם אכרות ואמול ערת הלב כמ״ש ומלתם את ערלת לבבכם14 וכמ״ש מחיה מתים כו׳
Mais « au Nom de D.ieu », qui est le niveau de la lumière qui entoure tous les mondes (sovev kol almin), « je les retrancherai » (amilam) : je retrancherai et circoncirai le prépuce du cœur, comme il est écrit : « Vous circoncirez le prépuce de votre cœur », et comme il est écrit : « Il fait revivre les morts, etc. »,
« Au Nom de D.ieu », la lumière qui entoure tous les mondes et dépasse ces niveaux, on peut « les retrancher ». Le mot hébreu amilam est compris comme « je les circoncirai » : il s’agit d’ôter l’enveloppe grossière du cœur.
כמ״ש ופחי בהרוגים ויחו15 והוא בחינת טל (ועיין בויקרא רבה אמור פ״ל ועמ״ש מזה בד״ה ויאכילך את המן שע״ז נאמר אשר לא ידעון אבותיך16 כו׳ והוא למעלה מבחינת אדם העליון.
comme il est écrit : « Souffle sur les tués, afin qu’ils vivent » ; et ceci est le niveau de la rosée. (Voyez aussi Vayikra Rabbah, Emor, chapitre 30 ; et voyez ce qui est écrit à ce sujet dans la section commençant par « Il t’a nourri de la manne » : c’est à propos de cela qu’il est dit « que tes pères n’ont pas connu, etc. », et cela se situe au-dessus du niveau de l’Homme supérieur.
Ce niveau fait revivre même ceux qui sont spirituellement « morts », à l’image de la rosée, qui symbolise la résurrection dans la tradition juive. Une longue parenthèse s’ouvre alors : la manne, inconnue des Patriarches, provient elle aussi d’un niveau supérieur à l’Homme supérieur.
וענין לחסות בהוי׳ י״ל שזהו ענין פסוק ראשון דק״ש שמע ישראל17 הוי׳ אלקינו למסור נפשו באחד. שזהו למעלה מבחי׳ התורה. כמ״ש בד״ה מה יפו פעמיךהנ״ל ו בביאור ע״פ אחת היא יונתי.
Et l’idée de prendre refuge en Havaya, peut-on dire, est le thème du premier verset du Chema : « Écoute, Israël, Havaya est notre D.ieu… » : donner son âme au moment de [prononcer] « Un », ce qui est au-dessus du niveau de la Torah, comme cela est expliqué dans le passage commençant par « Que tes pas sont beaux », mentionné plus haut, et dans l’explication du verset « Ma colombe est unique »,
« Prendre refuge en Havaya » est identifié au premier verset du Chema, où un Juif est prêt à donner sa vie au mot « Un ». Cet abandon de soi atteint un niveau supérieur à la Torah elle-même.
ובביאור ע״פ ונקדשתי בתוך בנ״י וסד״ה כי קרוב אליך הדבר מאד ועי״ז נקראו נש״י ראשית תבואתה18 שהם הממשיכים גילוי אור א״ס בחכמה עילאה שהיא התורה שהיא בחי׳ לבושיה.
et dans l’explication du verset « Je serai sanctifié au milieu des enfants d’Israël », ainsi qu’à la fin du passage commençant par « Car la chose est très proche de toi ». C’est ainsi que les âmes d’Israël sont appelées « les prémices de sa récolte », car ce sont elles qui attirent la révélation de la Lumière infinie (Or Ein Sof) dans la 'Hokhma supérieure, qui est la Torah et constitue le niveau de Son vêtement.
Par ce sacrifice de soi, les âmes juives sont appelées « les prémices de sa récolte » : elles précèdent même la Torah et attirent la Lumière infinie dans la 'Hokhma, la Torah, qui est le « vêtement » de D.ieu.
וכמ״ש סד״ה ועשית בגדי קדש. ולעיל סד״ה ביום השמיני עצרת. בפי׳ שמחת תורה שהתורה שהיא בחי׳ אור כשלמה היא בשמחה ע״י שאור א״ס ב״ה נמשך ומלובש בה ע״ש.
Comme cela est expliqué à la fin du passage commençant par « Tu feras des vêtements sacrés », ainsi que plus haut, à la fin du passage commençant par « Le huitième jour, une assemblée solennelle », au sujet du sens de Sim'hat Torah : la Torah, qui est du niveau de la « lumière comme vêtement », est dans la joie parce que la Lumière infinie, béni soit-Il, est attirée en elle et s’y revêt ; voir là-bas.
Cela est lié à Sim'hat Torah : la Torah, le « vêtement de lumière », se réjouit lorsque la Lumière infinie est attirée en elle, et c’est le peuple juif qui l’y attire.
ועמ״ש בפ׳ יתרו בד״ה זכור ושמור בדבור אחד. שהענין שנש״י ממשיכים ע״י מס״נ בק״ש שיהיה גילוי אור א״ס ב״ה שלמעלה מבחי׳ אדם שעז״נ
Et voir ce qui est écrit dans la paracha de Yitro, dans le passage commençant par « “Souviens-toi” et “Garde” furent prononcés en une seule parole » : l’idée est que les âmes d’Israël, par le sacrifice de soi (messirout néfech) dans le Chema, attirent la révélation de la Lumière infinie, béni soit-Il, qui est au-dessus du niveau de « l’homme », et dont il est dit :
Par le sacrifice de soi dans le Chema, le Juif attire une lumière supérieure au niveau de « l’homme », donc supérieure à la Torah dans sa forme mesurée. L’Écriture dit de ce niveau : « Il n’est pas un homme. »
כי לא אדם הוא19 נמשך ומתלבש בעסק תורתם ועבודתם בקיום המצות שבבחינת אדם וזהו ענין על שלא ברכו בתורה20 כו׳ ועמ״ש בד״ה וכל בניך ובד״ה השמים כסאי בפי׳ לעשות ולקיים):
« car Il n’est pas un homme ». Cette lumière est attirée et se revêt dans leur étude de la Torah et leur service, par l’accomplissement des mitsvot, qui relèvent du niveau de « l’homme ». C’est là le sens de « parce qu’ils n’avaient pas récité la bénédiction sur la Torah, etc. ». Voir aussi ce qui est écrit dans le passage commençant par « Et tous tes enfants », ainsi que dans celui qui commence par « Les cieux sont Mon trône », au sujet du sens de « faire et accomplir ».)
Cette lumière supérieure se revêt ensuite dans leur étude de la Torah et dans leurs mitsvot, qui relèvent du niveau de « l’homme ». Cela explique l’enseignement du Talmud selon lequel le pays fut perdu « parce qu’ils n’avaient pas récité la bénédiction sur la Torah » : ils étudiaient sans se relier d’abord à Celui qui la donne, lequel est au-dessus de la Torah.
Ce paragraphe explique le verset d’ouverture : « l’homme » désigne la Torah (l’Homme supérieur), et « les nobles » les Patriarches, deux réalités saintes ; pourtant, « se réfugier en D.ieu », c’est-à-dire atteindre la lumière qui entoure les mondes par le sacrifice de soi dans le Chema, est encore plus élevé, car cela peut surmonter toute chute et ranimer le cœur.
La note de Kehot indique que l’interprétation de « l’homme » comme l’Homme supérieur se trouve dans Yalkut Reuveni, qui la cite au nom du Tziyoni. L’image de la ‘houppa renvoie au paragraphe 1 : les mitsvot sont les fiançailles, et la ‘houppa — la lumière qui entoure — est la couverture qui rend le lien permanent. Une note du paragraphe 3 indique qu’un manuscrit s’achève sur « c’est le niveau de la rosée » ; la longue parenthèse pourrait donc être une glose ajoutée ultérieurement.
Maré mekomot
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Voir le Roi : fenêtres et treillis ¶8–10
8להבין ענין יו״ט שני של גליות. כי הנה כל יו״ט הוא בחי׳ שמחה התגלות הפנימית כמשל המלך שדרכו לישב בחדרי חדרים ובזמן שמחתו הוא מתגלה ומתראה וראייה זו היא גורמת האהבה וכמשל אהבת המלך
Pour comprendre la raison du second jour de Yom Tov dans la Diaspora : chaque Yom Tov est un niveau de joie, une révélation de l’intériorité. C’est comme un roi qui a coutume de demeurer dans les chambres les plus retirées ; au moment de sa joie, il se révèle et se montre. Le fait de le voir suscite alors l’amour. Ainsi en va-t-il de l’amour pour le roi,
Une nouvelle question se pose : pourquoi la Diaspora observe-t-elle un second jour de Yom Tov ? Chaque fête est un temps de joie, où l’intériorité de D.ieu se révèle, comme un roi qui demeure habituellement caché dans ses appartements les plus retirés, mais se montre le jour de sa célébration.
שהיא באה מחמת ראיית פניו שעי״ז תיקר אהבתם אליו משא״כ ע״י שמיעה מרחוק הנה לשמע המלך נופל בחי׳ יראה ולא אהבה
qui naît du fait de voir son visage, ce qui rend leur amour pour lui plus précieux ; tandis que lorsqu’on entend parler de lui de loin, le fait d’entendre parler du roi suscite un niveau de crainte, et non d’amour.
Voir le visage du roi éveille l’amour ; entendre simplement parler de lui de loin éveille la crainte. La vue rapproche, tandis que l’ouïe maintient la distance.
וזהו פני אריה אל הימין1 אריה אותיות ראיה שמזה נמשך אל הימין שהוא בחינת אהבה (ועמ״ש בד״ה יהודה אתה גבי ראובן ושמעון)
C’est là le sens de « la face d’un lion à droite » : les lettres de aryeh (lion) forment re’iyah (vue) ; de cela découle « à droite », qui est le niveau de l’amour. (Voir aussi ce qui est écrit dans le passage commençant par « Yehouda, toi », au sujet de Reouven et Chimon.)
Parmi les faces du Char, le lion se trouve à droite, du côté de l’amour ('Hessed). Les lettres de aryeh (lion) forment re’iyah (vue) : voir conduit à l’amour.
והנה עיקר ענין גילוי זה שהמלך מתגלה ומתראה הי׳ בזמן בהמ״ק בעליית רגלים שאז היו מקבלים ישראל בחי׳ ראי׳ המלך
Or, cette révélation essentielle, par laquelle le Roi se révèle et se montre, avait lieu à l’époque du Temple, lors des pèlerinages des fêtes, lorsque le peuple d’Israël recevait le niveau de la vision du Roi,
Cette révélation avait lieu dans toute sa plénitude lorsque le Temple se dressait et que les Juifs montaient pour les trois fêtes, où ils « voyaient » le Roi.
כדכתיב יראה כל זכורך2 ויראה יראה כדרך שבא לראות3 כו׳ שהיה בחי׳ ראיה והתגלות מלמעלה ומזה נמשך כל זכורך מדת האהבה כדכתיב זכר חסדו4 כו׳
comme il est écrit : « Tous tes mâles se présenteront » ; et « il verra / il se présentera » : de la manière dont il vient pour voir, etc. Il y avait un niveau de vision et de révélation venant d’en haut, et de cela découlait l’attribut de l’amour pour « tous tes mâles », comme il est écrit : « Il s’est souvenu de Sa bonté, etc. »
Le verset « Tous tes mâles se présenteront » peut se lire à la fois « verront » et « seront vus » : le pèlerin venait voir et être vu. De cette vision naissait l’amour, car zakhor (« tes mâles ») est lié à « Il s’est souvenu (zakhar) de Sa bonté » : le masculin et le souvenir sont associés au 'Hessed, l’amour.
[ועמ״ש מענין שלש פעמים בשנה יראה בד״ה בשעה שהקדימו ישראל נעשה ובד״ה מה יפו פעמיך בנעלים ובד״ה מזמור שיר חנכת הבית גבי ואין אנו יכולים לעלות ולראות כו׳.
[Voir aussi ce qui est écrit au sujet de « Trois fois par an… se présentera » dans le passage commençant par « Lorsque le peuple d’Israël a dit “nous ferons” avant », dans celui commençant par « Que tes pas sont beaux dans tes sandales », ainsi que dans celui commençant par « Psaume, chant pour l’inauguration de la Maison », à propos de « et nous ne pouvons monter et nous présenter, etc. »]
Une longue liste entre crochets d’autres maamarim sur le thème de la présentation devant D.ieu commence ici. Elle comprend notamment un maamar sur les mots de la prière des fêtes : « nous ne pouvons monter et nous présenter ».
La deuxième partie du maamar s’ouvre ainsi : chaque fête est une révélation du Roi, et le fait de Le voir suscite l’amour. Cette révélation avait lieu dans toute sa plénitude à l’époque du Temple, lorsque les pèlerins venaient voir et être vus.
Le jeu entre zakhor (mâle) et zakhar (se souvenir), ainsi que le lien entre le « mâle » et le 'Hessed, l’amour, sont développés dans le paragraphe suivant (« un grand amour, appelé mâle »). Le lion à droite provient du Char d’Ézéchiel, où le côté droit correspond au 'Hessed.
Maré mekomot
- 1פני אריה אל הימין · Ezekiel 1:10
- 2יראה כל זכורך · Deuteronomy 16:16
- 3כדרך שבא לראות · Chagigah 2a:6
- 4זכר חסדו · Psalms 98:3
9ועמ״ש עוד מענין וה׳ עליהם יראה1 בד״ה שמאלו תחת לראשי בפ׳ כי תשא. ועמ״ש עוד בד״ה ואתחנן גבי אעברה נא ואראה2 כו׳.
Et voyez encore ce qui est écrit au sujet de « D.ieu apparaîtra au-dessus d’eux », dans le passage qui commence par « Sa main gauche est sous ma tête », dans la paracha Ki Tissa. Et voyez encore ce qui est écrit dans le passage qui commence par « Va’et’hanan », au sujet de « Laisse-moi, je te prie, traverser et voir, etc. »
La liste de références croisées entre crochets se poursuit : d’autres maamarim où sont expliqués l’apparition de D.ieu à Israël et le désir de Moché de voir le pays.
ועמ״ש בד״ה בהעלותך את הנרות ובד״ה ועשית בגדי קדש בענין אהרן אותיות נראה3 כו׳ שמזה נמשך בחי׳ אור האהבה רבה כו׳.
Et voyez ce qui est écrit dans le passage qui commence par « Quand tu feras monter les lampes », et dans celui qui commence par « Tu feras des vêtements sacrés », au sujet des lettres de Aharon qui forment nireh (« sera vu »), etc., d’où est attiré le niveau de la lumière du grand amour, etc.
Le nom Aharon (אהרן) contient les lettres de nireh (נראה), « sera vu ». Aharon, dont l’attribut est l’amour, montre que le fait d’être vu par D.ieu attire le « grand amour » (ahava rabba), l’amour suprême.
וזהו ענין יראה כל זכורך4 שהיא אה״ר שנק׳ דכר כמ״ש בד״ה שוש תשיש בפ׳ תזריע וע׳ בזהר (בתחלתו דף ב׳ ע״א).
Et tel est le sens de « Tous tes mâles apparaîtront » : il s’agit du grand amour, qui est appelé « mâle », comme il est expliqué dans le passage qui commence par « Je me réjouirai grandement », dans la paracha Tazria ; voyez aussi le Zohar (au début, page 2a).
Dans le langage kabbalistique, le grand amour est appelé « mâle », car c’est un amour qui donne et qui prend l’initiative. Ainsi, « Tous tes mâles apparaîtront » signifie que la « vision » des fêtes suscitait ce grand amour.
Et voyez ce qui est écrit dans le passage qui commence par « Elle sera pour vous un tsitsit », au sujet du sens de « afin que vous vous souveniez » : vous devez vous trouver au niveau des mâles. Cela se réalise par « et vous le verrez »,
La mitsva du tsitsit dit : « Vous le verrez… afin que vous vous souveniez (tizkerou). » Le souvenir (zakhor) est lié au « mâle » (zakhar) : la vision mène au niveau du grand amour.
כי ציצית ג״כ מלשון מציץ מן החרכים7 (דלקמן) ועמ״ש בד״ה ועשית ציץ זהב טהור ועמ״ש בד״ה עיני כל אליך ישברו וע׳ בזהר פקודי (דרכ״ה ע״ב)
car tsitsit vient également du terme « qui regarde à travers les treillis » (ci-dessous). Et voyez ce qui est écrit dans le passage qui commence par « Tu feras une plaque (tsits) d’or pur », ainsi que dans celui qui commence par « Les yeux de tous se tournent vers Toi dans l’espoir » ; voyez aussi le Zohar, Pekoudei (225b),
Le mot tsitsit est apparenté à metzits, « regarder », le terme qui sera central plus loin (« regarder à travers les treillis »). La liste se poursuit avec des maamarim sur la plaque d’or du prêtre (tsits) et sur les yeux de D.ieu.
ע״פ עיני8 ה׳ אל צדיקים9 ועמ״ש מזה בד״ה כי תשמע בקול ור״פ בחקתי (דקי״ב סע״א) ואשגח עלן10 כו׳ ובפי׳ הרמ״ז שם ושם]
à propos du verset « Les yeux de D.ieu sont tournés vers les justes ». Et voyez ce qui est écrit à ce sujet dans le passage qui commence par « Si tu écoutes la voix », ainsi qu’au début de la paracha Be’houkotaï (112a, à la fin) : « et Il veille sur nous, etc. », et dans le commentaire du Ramaz, aux deux endroits.)
Les références s’achèvent sur des passages évoquant les « yeux » attentifs de D.ieu tournés vers les justes, ainsi que sur des passages du Zohar et le commentaire du Ramaz à leur sujet. La longue parenthèse ouverte au paragraphe 8 se ferme ici.
(ועיין מענין יראה כל זכורך ברבות בשה״ש בפסוק יונתי בחגוי שזהו ענין הראיני את מראיך זח״ב בא ל״ח א׳ ס״פ משפטים קכ״ד א׳ תצוה קפ״ג א׳ פ׳ שלח קס״ה סע״ב11 קס״ח א׳).
(Voyez aussi, au sujet de « Tous tes mâles apparaîtront », le Midrach Rabba sur le Cantique des Cantiques, à propos du verset « Ma colombe, dans les fentes du rocher » : c’est là le sens de « Montre-moi ton apparence » ; Zohar, vol. II, Bo 38a ; fin de Michpatim 124a ; Tetsavé 183a ; paracha Chela’h 165b, à la fin, et 168a.)
Une autre parenthèse : le Midrach relie « Tous tes mâles apparaîtront » au verset « Montre-moi ton apparence » du Cantique des Cantiques, et plusieurs passages du Zohar développent ce thème.
והנה כתיב קול דודי הנה זה בא כו׳ משגיח מן החלונות מציץ מן החרכים.12
Or il est écrit : « La voix de mon Bien-Aimé ! Le voici qui vient, etc.… Il regarde par les fenêtres, il épie à travers les treillis. »
L’argument principal reprend maintenant avec un verset du Cantique des Cantiques, qui décrit le Bien-Aimé (D.ieu) regardant son épouse (Israël) de deux façons : par les « fenêtres » et à travers les « treillis ».
פי׳ קול דודי הוא המשכה ופי׳ משגיח היא המשכת הראיה שמלמעלה בא מן החלונות ע״י בחי׳ חלון שהוא פתוח והוא עד״מ בחי׳ השמחה פתיחת הלב כו׳.13
Cela signifie que « la voix de mon Bien-Aimé » est un influx qui se déverse, tandis que « Il regarde » désigne l’influx de la vision qui vient d’en haut « par les fenêtres », à travers le niveau d’une fenêtre ouverte. C’est, par analogie, le niveau de la joie, l’ouverture du cœur, etc.
« La voix de mon Bien-Aimé » désigne l’influence de D.ieu qui se déverse. « Regarder par les fenêtres » désigne le regard de D.ieu qui passe par une fenêtre ouverte : dans les termes humains, il s’agit de la joie, qui ouvre le cœur.
Après une longue série de références croisées sur la « vision » et le « grand amour », le paragraphe introduit le verset qui encadre la suite du maamar : D.ieu regarde « par les fenêtres » et épie « à travers les treillis » ; une fenêtre ouverte est l’image de la joie.
Une note de Kehot, reprise de Likkutei Torah sur Beha’alotkha, cite le Zohar (Emor 103a) à propos des lettres du nom Aharon formant nireh. Le chapitre 26 du Tanya, cité par la note, explique que la joie est ce qui « ouvre le cœur », ce qui correspond ici à l’image de la « fenêtre ouverte ».
Maré mekomot
- 1וה׳ עליהם יראה · Zechariah 9:14
- 2אעברה נא ואראה · Deuteronomy 3:25
- 3אהרן אותיות נראה · Zohar, Emor 42:260–269
- 4יראה כל זכורך · Deuteronomy 16:16
- 5למען תזכרו · Numbers 15:40
- 6וראיתם אותו · Numbers 15:39
- 7מציץ מן החרכים · Song of Songs 2:9
- 8וע׳ בזהר פקודי (דרכ״ה ע״ב) ע״פ עיני ה׳ אל צדיקים · Zohar, Pekudei 14:88–96
- 9עיני ה׳ אל צדיקים · Psalms 34:16
- 10ור״פ בחקתי (דקי״ב סע״א) ואשגח עלן · Zohar, Bechukotai 1:1–4
- 11פ׳ שלח קס״ה סע״ב · Zohar, Sh'lach 19:169–21:178
- 12קול דודי הנה זה בא כו׳ משגיח מן החלונות מציץ מן החרכים · Song of Songs 2:8–9
- 13
10וזהו בזמן שהיה בהמ״ק קיים שהיתה השמחה על מכונה והיו מקבלים בחינת הראיה בגילוי הלב בבחינת חלון פתוח
Et c’est [ce qui se produisait] à l’époque où le Temple était debout, lorsque la joie était à sa juste place et que l’on recevait le niveau de la vision avec le cœur dévoilé, comme par une fenêtre ouverte.
Lorsque le Temple était debout, la joie des fêtes était entière et le cœur juif était ouvert comme une fenêtre ; le regard de D.ieu était ainsi reçu de manière dévoilée.
וזהו עיניך יונים1 כמשל היונים שמסתכלים זה בזה וזהו תענוגן ועמ״ש מזה בד״ה אני ישנה כו׳ גבי יונתי.
C’est là le sens de « tes yeux sont des colombes » : les colombes se regardent l’une l’autre, et c’est là leur plaisir. Voyez ce qui est écrit à ce sujet dans le passage qui commence par « Je dors, etc. », à propos de « ma colombe ».
« Tes yeux sont des colombes » : les colombes se regardent dans les yeux, et ce regard mutuel fait leur plaisir. De même, D.ieu et Israël se regardaient ouvertement.
אך בזמן שאין בהמ״ק קיים הוא מציץ מן החרכים ע״י נקב וסדק קטן שבכותל (וע׳ בזהר פ׳ בחקתי) (דף קי״ד ע״ב) על פסוק זה.
Mais, à l’époque où le Temple n’est pas debout, Il « regarde à travers les treillis », par une petite ouverture et une petite fente dans le mur. (Voir aussi le Zohar, Parashat Be’houkotaï) (114b), au sujet de ce verset.
En exil, sans le Temple, le regard de D.ieu ne vient qu’à travers les « treillis », par de petites ouvertures et des fentes dans un mur. Le regard est toujours là, mais il passe à travers une barrière.
ומענין חלון הנה בזהר (ח״א ק״מ ע״ב) ע״פ וישקף כו׳ בעד החלון2 פי׳ באצטגנינותא דיליה. ור״פ בלק (דקפ״ד ב׳) מאי בעד החלון דא חלון דחכמתא.
Au sujet de la « fenêtre », le Zohar (vol. I, 140b), à propos du verset « Et il regarda, etc., par la fenêtre », explique : par son astrologie. Au début de la Parashat Balak (184b), il est dit : « Que signifie “par la fenêtre” ? C’est la fenêtre de la sagesse. »
L’Admour Hazakène rassemble des passages du Zohar sur l’image de la « fenêtre ». Dans l’un, il s’agit de l’astrologie d’Avimélekh ; dans l’autre, de la « fenêtre de la sagesse ».
וע״ש במק״מ ובפי׳ הרמ״ז שם בשם הרמ״ק ומהתם נלמוד ג״כ לסט׳ דקדושה. ועד״ז פי׳ במ״א דחלון הוא חסדים שביסוד וחרכים גבורות שביסוד.
Voyez à ce sujet le Mikdash Melekh et le commentaire du Ramaz, qui cite le Ramak ; nous pouvons également en déduire [ce qu’il en est] du côté de la sainteté. Dans le même esprit, il est expliqué ailleurs que la fenêtre correspond aux 'hassadim qui se trouvent dans Yessod, et les treillis aux guevourot qui se trouvent dans Yessod.
Les commentateurs du Zohar montrent que cette image s’applique également à la sainteté. Ailleurs, la fenêtre correspond aux 'hassadim (bontés) en Yessod, le canal de l’influx, et les treillis aux guevourot (rigueurs) en Yessod.
ובפרדס בעה״כ בערך חלון ע״פ חלון התיבה3 פי׳ דחלון הוא הדעת שממשיך ומחבר חו״ב או שהוא בחי׳ תפארת כו׳
Dans le Pardes, dans Erchei HaKinuyim, à l’entrée « Fenêtre », à propos du verset « la fenêtre de l’arche », il explique que la fenêtre est Daat, qui fait jaillir et relie 'Hokhma et Bina, ou bien qu’elle est le niveau de Tiferet, etc.
Dans le Pardes de Rabbi Moché Cordovero, la « fenêtre » de l’arche de Noé est Daat, qui relie 'Hokhma et Bina, ou bien Tiferet. Ces deux niveaux assurent une liaison permettant à la lumière de passer d’un niveau à l’autre.
Voyez aussi ce qui est écrit à propos du verset « Je ferai tes fenêtres (chimchotaïkh) de kadkod » : le sens de chimchotaïkh est « tes fenêtres », et il s’agit du dévoilement du niveau du « soleil (chéméch)… Havaya », etc.
Dans le verset d’Isaïe « Je ferai tes fenêtres de kadkod », le terme chimchotaïkh signifie « tes fenêtres » et dérive de chéméch, le soleil. Une fenêtre laisse entrer le soleil ; le « soleil » est Havaya, comme le montre le paragraphe suivant.
Les deux regards sont liés à l’histoire : à l’époque du Temple, le regard de D.ieu passait par une « fenêtre » ouverte, dans la joie ; en exil, il passe par les « treillis » étroits. Le paragraphe rassemble ensuite les significations kabbalistiques de la « fenêtre ».
L’association des 'hassadim et des guevourot au sein de Yessod, ainsi que celle de Daat ou de Tiferet à la « fenêtre » qui relie, décrivent toutes un canal par lequel une lumière supérieure passe vers un niveau inférieur. Cela prépare le passage d’Etz ‘Haïm qui suit et qui désigne tout canal de ce type comme une « fenêtre ».
Maré mekomot
- 1עיניך יונים · Song of Songs 1:15
- 2וישקף כו׳ בעד החלון · Genesis 26:8
- 3חלון התיבה · Genesis 8:6
- 4ושמתי כדכד שמשותיך · Isaiah 54:12
- 5
Fenêtres et treillis dans la Kabbale ¶11–16
11ובע״ח בתחלתו שער הכללים רפ״א כ׳ וז״ל ודע כי שמש ומגן1 ה׳ צבאות וכמו שהשמש אור עליון גדול ואין יכולת להביט בו כ״א בהתמעטות דרך חלון או ע״י מסך כו׳ או ע״י נקב קטן כו׳.
Et dans Etz Chaim, au début de l’ouvrage, Shaar HaKelalim, au début du chapitre 1, il écrit, et voici ses termes : « Sache que “D.ieu des armées est un soleil et un bouclier” ; de même que le soleil est une grande lumière supérieure, on ne peut le contempler que lorsque sa lumière est atténuée, à travers une fenêtre, ou au moyen d’un écran, etc., ou par un petit trou, etc. »
L’Admour Hazaken cite le début d’Etz Chaim, l’ouvrage principal de l’Arizal. Le soleil est trop éclatant pour qu’on puisse le regarder directement ; on ne peut recevoir sa lumière que lorsqu’elle est atténuée, à travers une fenêtre, un écran ou un petit trou.
Ce paragraphe ouvre une citation d’Etz Chaim, qui prend le soleil comme modèle pour expliquer comment la lumière divine est reçue : uniquement sous une forme atténuée, à travers une fenêtre, un écran ou un petit trou.
Le verset « D.ieu est un soleil et un bouclier » associe le soleil (la lumière) au bouclier (ce qui la filtre). Etz Chaim développe à partir de cette image toute son explication de la manière dont la lumière descend à travers les mondes.
Maré mekomot
- 1שמש ומגן · Psalms 84:12
12והנה בעולם הצילות האור בא שלא ע״י מסך כלל כו׳ אבל בא ע״י חלון פי׳ מיסוד דא״א הנק׳ חלון שנתמעט האור מכמות
« Or, dans le Monde d’Atsilout, la lumière vient sans passer par aucun écran, etc., mais elle vient par une fenêtre, c’est-à-dire par le Yessod d’Arich Anpin, appelé “fenêtre”, de sorte que la lumière est diminuée quant à la mesure
Dans Atsilout, le monde le plus élevé, il n’y a pas d’écran du tout, seulement des « fenêtres ». La première fenêtre est le Yessod (canal) d’Arich Anpin, la configuration la plus élevée, qui ne laisse passer qu’une partie de sa lumière.
שהוא גם מחכמה לבינה בא ע״י חלון פי׳ מיסוד אבא שהוא חלון אחר קטן כו׳
qu’elle a. De même, de 'Hokhma à Bina, elle vient par une fenêtre, c’est-à-dire par le Yessod d’Abba, qui est une autre fenêtre, plus petite, etc.
De 'Hokhma à Bina, la lumière passe par une fenêtre plus petite, le Yessod d’Abba ('Hokhma).
אח״כ מיסוד למלכות בא האור מחלון קטן וצר מאד פי׳ מיסוד דז״א הנקרא חלון ג״כ וצר מאד דוגמת נקב קטן כו׳ אך מבריאה ולמטה האור בא ע״י מסך גמור והאור עובר בתוכו ומאיר עכ״ל.
Ensuite, du Yessod à Mal'hout, la lumière vient par une fenêtre petite et très étroite, c’est-à-dire par le Yessod de Zeir Anpin, également appelé “fenêtre”, et très étroit, comme un petit trou, etc. Mais, à partir de Béria et en descendant, la lumière vient à travers un écran complet ; la lumière le traverse et brille. » Fin de citation.
De Zeir Anpin à Mal'hout, la fenêtre est encore plus petite, comme un petit trou. Au-dessous d’Atsilout, à partir de Béria, il n’y a plus de fenêtre, mais un écran entier : la lumière traverse une barrière.
וע׳ מזה ג״כ בע״ח היכל הז׳ (שער מ״א רפ״א וספ״ב. ובשער מ״ז פ״א) שהמל׳ דאצילות משברת ובוקעת את המסך שבין אצילות לבריאה ויורדת ומתלבשת בכתר דבריאה.
Voyez également à ce sujet Etz Chaim, Heichal 7 (Shaar 41, début du chapitre 1 et fin du chapitre 2 ; et Shaar 47, chapitre 1) : la Mal'hout d’Atsilout brise et fend l’écran entre Atsilout et Béria, puis descend et se revêt dans le Kéter de Béria.
Un autre passage d’Etz Chaim indique que la Mal'hout d’Atsilout brise l’écran entre Atsilout et Béria, descend et devient le Kéter (niveau le plus élevé) de Béria.
ועפ״ז י״ל שזהו ענין מציץ מן החרכים שהוא מה שמשברים הכותל ונעשה חרך ונקב קטן וכך הוא שהמל׳ משברת המסך כו׳
Selon cela, on peut dire que tel est le sens de « regardant à travers les treillis » : le mur est brisé, et il se forme une ouverture en treillis, un petit trou. C’est ainsi que la Mal'hout brise l’écran, etc.
Cela explique l’expression « regardant à travers les treillis » : un treillis est une ouverture formée en brisant un mur. Lorsque la Mal'hout brise l’écran, une telle ouverture se crée.
ואין זה דומה לחלון שהוא גילוי האור ממש בלי מסך וכותל שיצטרכו לשוברו וכמש״ש ספ״א שכבר אין לה ערך עם אצילות כו׳ ע״ש באריכות.
Cela ne ressemble pas à une fenêtre, qui est une révélation effective de la lumière, sans écran ni mur qu’il faudrait briser ; comme il est écrit là, à la fin du chapitre 1, qu’elle n’a déjà plus aucun rapport avec Atsilout, etc. Voyez là-bas en détail.
Une « fenêtre » est différente : il n’y a aucun mur à briser et la lumière est révélée directement. Une fois que la Mal'hout se trouve dans Béria, elle n’est plus comparable à Atsilout.
L’exposé d’Etz Chaim fournit la clé : à l’intérieur d’Atsilout, la lumière passe par des « fenêtres » de plus en plus étroites, tandis qu’entre Atsilout et Béria se trouve un écran que la Mal'hout doit briser ; les « fenêtres » correspondent au premier cas, les « treillis » au second.
Les notes de Kehot rectifient les numéros de chapitres cités ici : le portail que le texte appelle Shaar 41 est le portail des Derushei ABYA et, dans les éditions actuelles, les passages se trouvent au début du chapitre 13 et à la fin du chapitre 14 ; « Shaar 47 » est le Shaar ABYA de nos éditions, chapitres 1–2, et « à la fin du chapitre 1 » doit se lire « chapitre 6 » dans ces éditions.
13ואפשר להבין מעט ענין זה עפמ״ש בביאור ע״פ כי תשמע בקול בפ׳ ראה שיש ב׳ השגחות.
On peut comprendre un peu cette idée à la lumière de ce qui est expliqué dans le commentaire sur le verset « Si tu écoutes la voix », dans la paracha de Reé : il existe deux sortes de Providence.
L’Alter Rebbe propose une autre manière de comprendre les deux regards, à partir d’un maamar sur la paracha de Reé qui traite de deux sortes de Providence divine.
הא׳ באופן כמו שהוא מלמעלה למטה דכולא קמיה כלא חשיב יחו״ע ולפעמים משגיח כמו שהוא בבי״ע כו׳
La première est selon la perspective d’en haut vers le bas, où « tout est considéré comme rien devant Lui » : l’unité supérieure (yi’houda ila’a). Parfois, Il veille comme cela se présente dans [les mondes de] Béria, Yetsira et Assiya, etc.
Dans le premier cas, D.ieu regarde depuis Sa propre perspective, selon laquelle toute la création est comme rien : c’est « l’unité supérieure ». Dans le second, Il regarde les mondes tels qu’ils apparaissent d’en bas, dans Béria, Yetsira et Assiya, comme des réalités existantes.
וזהו ענין חלונות וחרכים שבבחי׳ חלונות היינו כמו שהוא באצילות שהאור בא שלא ע״י מסך כלל והיינו הגילוי כמו דכולא קמיה כלא כו׳.
C’est là le sens des fenêtres et des treillis. Le niveau des fenêtres correspond à ce qui se trouve en Atsilout, où la lumière vient sans aucun écran ; c’est-à-dire la révélation selon laquelle « tout est comme rien devant Lui, etc. ».
Les « fenêtres » correspondent au premier type : comme en Atsilout, où il n’y a pas d’écran et où tout est annulé devant D.ieu.
משא״כ חרכים היינו נקב וסדק שבכותל שהכותל הוא ענין המסך המפסיק שהוא הגורם להיות בחי׳ יש ואע״פ שהמל׳ דאצי׳ בוקעת המסך ונעשה
En revanche, les treillis sont un trou et une fissure dans le mur ; le mur représente l’écran séparateur, qui fait apparaître le niveau d’une « chose » (yech). Et bien que la Mal’hout d’Atsilout fende l’écran, de sorte qu’il advient
Les « treillis » correspondent au second type. Le mur est l’écran qui fait que les créatures se sentent exister par elles-mêmes (yech, une « chose »).
כמו נקב וסדק ומזה נמשך ביטול היש מ״מ היינו יש ובטל יחו״ת וההשגחה שבבחינה ואופן זה נק׳ מציץ מן החרכים.
quelque chose comme un trou et une fissure, d’où découle l’annulation de la « chose », il s’agit néanmoins d’une « chose » annulée : l’unité inférieure (yi’houda tata’a). La Providence qui relève de ce niveau et de cette manière est appelée « regardant par les treillis ».
Mal’hout perce une ouverture dans cet écran ; la « chose » créée est ainsi annulée devant D.ieu, tout en restant une chose. C’est l’« unité inférieure » : le monde existe, mais il est lié à D.ieu. Le regard de D.ieu à travers cette ouverture est le « regard par les treillis ».
Les fenêtres et les treillis représentent deux modes de Providence divine : l’unité supérieure, où la création est rien devant D.ieu, et l’unité inférieure, où la création existe mais est annulée devant Lui.
L’unité supérieure et l’unité inférieure (yi’houda ila’a et yi’houda tata’a) forment un couple central dans l’enseignement ‘Habad : dans la première, le monde n’est rien auprès de D.ieu ; dans la seconde, D.ieu est présent au sein de l’existence du monde.
Et selon cela s’expliquera le Midrach sur le Cantique des Cantiques à propos de ce verset : « Il regarde par les fenêtres » : c’est le mérite des Patriarches ; « il observe à travers les treillis » : c’est le mérite des Matriarches.
Le Midrach dit que D.ieu « regarde par les fenêtres » grâce au mérite des Patriarches et « observe à travers les treillis » grâce au mérite des Matriarches. La distinction entre ces deux regards explique maintenant pourquoi.
כי הנה נתבאר בד״ה לבבתני כו׳ באחד מעיניך כתיב והקרי באחת.2 היינו כי בכנס״י שהחכ מים נק׳ עיני העדה3 שהם בבחי׳ לאסתכלא ביקרא דמלכא יש
Car il est expliqué dans la section qui commence par « Tu m’as ravi le cœur, etc. » que, dans « par l’un de tes yeux », le texte écrit bea'had [au masculin] et se lit bea'hat [au féminin]. Cela signifie que, dans la Communauté d’Israël, dont les sages sont appelés « les yeux de l’assemblée » et se situent au niveau de « contempler la gloire du Roi », il y a
Dans le Cantique des Cantiques 4:9, « par l’un de tes yeux » est écrit au masculin et se lit au féminin. Les « yeux » sont les sages d’Israël, dont la mission est de « contempler la gloire du Roi ».
שהם בבחי׳ באחד ל׳ דכר שהם מסתכלים בביטול דיחו״ע כמו דקמיה כולא כלא כו׳ ויש שהם בבחי׳ ביטול דיחו״ת כו׳.
ceux qui sont au niveau de bea'had, terme masculin, et qui contemplent dans l’annulation de soi de l’unité supérieure (yi'houda ila'a), car « devant Lui, tout est comme rien, etc. » ; et il en est qui sont au niveau de l’annulation de soi de l’unité inférieure (yi'houda tata'a), etc.
La forme masculine désigne ceux dont l’annulation de soi relève de l’unité supérieure ; la forme féminine désigne ceux dont elle relève de l’unité inférieure. Les Patriarches correspondent à la première, les Matriarches à la seconde.
Le Midrach qui associe les fenêtres aux Patriarches et les treillis aux Matriarches s’explique par deux sortes d’annulation de soi parmi les « yeux » d’Israël : l’une, masculine, relève de l’unité supérieure ; l’autre, féminine, de l’unité inférieure.
Maré mekomot
- 1
- 2באחד מעיניך כתיב והקרי באחת · Song of Songs 4:9
- 3עיני העדה · Numbers 15:24
15וזהו ענין האבות והאמהות דכר ונוק׳ מלמעלה למטה ומלמטה למעלה ועד״ז נמשך ג״כ ההשגחה מלמעלה מן החלונות ע״י זכות אבות והם היסודות דאצילות כנ״ל ומן החרכים מה שהמל׳ שוברת המסך כו׳ ע״י זכות אמהות.
Tel est le sens des Patriarches et des Matriarches : le masculin et le féminin, d’en haut vers le bas et d’en bas vers le haut. De même, la Providence d’en haut se déploie aussi « par les fenêtres », par le mérite des Patriarches — qui sont les Yessodot d’Atsilout, comme expliqué plus haut — et « par les treillis », c’est-à-dire lorsque Mal’hout brise le voile, etc., par le mérite des Matriarches.
Les Patriarches sont « masculins » : ils transmettent un flux d’en haut vers le bas ; les Matriarches sont « féminines » : elles opèrent une élévation d’en bas vers le haut. Ainsi, le regard « par les fenêtres » — les canaux d’Atsilout — advient par le mérite des Patriarches, tandis que le regard « par les treillis » — Mal’hout brisant le voile — advient par le mérite des Matriarches.
וז״ש בזהר ויחי (דרמ״ז ע״א) ע״פ בנות צעדה עלי שור.1 ההוא עין דכתיב לעילא כו׳
C’est ce qui est dit dans le Zohar, Vayechi (247a), à propos du verset : « Des filles ont marché sur le mur (chour) » : « Cet œil dont il est écrit plus haut, etc. »
Un passage du Zohar vient étayer cette explication. Il interprète la bénédiction de Jacob — « des filles ont marché sur le mur (chour) » — comme une allusion à l’« œil » divin.
כי שור הוא לשון הבטה והסתכלות והשגחה זו נמשך ע״י המלאכים דהיכלות דבריאה וזהו ענין החרכים כו׳.
Car chour signifie regarder, contempler et surveiller ; cette surveillance se déploie par l’intermédiaire des anges des palais de Béria, et c’est là le sens des treillis, etc.
Chour peut signifier « regarder ». Les « filles » sont les anges des palais de Béria ; c’est par leur intermédiaire que le regard passe dans les mondes situés au-dessous d’Atsilout, et c’est cela, le regard « par les treillis ».
א״נ י״ל חלונות וחרכים יש ג״כ בהתלבשות בבי״ע ע״ד מ״ש בד״ה ארדה נא2 ואראה3 בענין ב׳ הבחינות דלפעמים כתיב עיני ה׳ המה משוטטים4 ולפעמים כתיב עיניו משוטטות56 לשון נוק׳.
On peut aussi dire que des fenêtres et des treillis existent également dans le vêtement au sein de Béria, Yetsira et Assiya, selon ce qui est expliqué dans le passage commençant par « Je descendrai donc et je verrai », au sujet des deux niveaux : parfois il est écrit « les yeux de D.ieu parcourent » [mechotetim], et parfois « Ses yeux parcourent » [mechotetot], forme féminine.
Selon une seconde approche, il existe aussi des fenêtres et des treillis à l’intérieur des mondes inférieurs eux-mêmes. L’Écriture parle une fois des yeux de D.ieu qui parcourent le monde avec un verbe à la forme masculine, et une autre fois avec un verbe à la forme féminine ; cela correspond aux deux types de regard.
וקרוב לזה איתא ברע״מ פ׳ משפטים (דקי״ז סע״א)7 עיניו על דרכי איש8 ובהון משגיח מן החלונות בז׳ נקבין דב״נ בתרין עיינין ותרין אודנין כו׳ ע״ש.
On trouve une idée proche dans le Raaya Mehemna, parachat Michpatim (117a, à la fin) : « Ses yeux sont sur les voies de l’homme », et, par eux, « Il surveille par les fenêtres », c’est-à-dire par les sept ouvertures de l’être humain : les deux yeux et les deux oreilles, etc. Voir là-bas.
Le Raaya Mehemna, une section du Zohar, dit également que D.ieu « surveille par les fenêtres » au moyen des sept ouvertures de la tête humaine : les yeux, les oreilles, etc.
ובזהר פקודי (דר״נ ע״א) תריסר גלגלין9 כו׳ ואינון אקרון שרפים כו׳ אלין אינון קיימין לאשגחא תדיר כו׳ ואקרון חלונות והיינו דכתיב משגיח מן החלונות כו׳.
Et dans le Zohar, Pekoudei (250a) : « Douze roues, etc., et elles sont appelées Sérafim, etc. Elles se tiennent là pour surveiller constamment, etc., et sont appelées fenêtres. C’est ce qui est écrit : “surveillant par les fenêtres”, etc. »
Un autre passage du Zohar décrit douze « roues » angéliques, appelées Sérafim, qui surveillent constamment ; elles sont désignées comme des « fenêtres ».
ושם ריש עמוד ב׳ מאלין נפקי ארבע סמכין10 לאינון תריסר דקאמרן כו׳ ואלין אקרון חרכים כד״א מציץ מן החרכים11 כו׳
Et là, au début du verso : « De celles-ci sortent quatre supports pour les douze que nous avons mentionnés, etc. Ceux-ci sont appelés treillis, comme il est dit : “regardant par les treillis”, etc. »
Au-dessous d’elles se trouvent quatre « supports », appelés « treillis ».
מציץ כמאן דאשגח מאתר דקיק דחמי ולא חמי כל מה דאצטריך ולבתר משגיח מן החלונות אתר אשגחותא יתיר.
« Regardant » : comme quelqu’un qui observe depuis un endroit étroit, où il voit sans discerner tout ce qui est nécessaire ; puis vient « surveillant par les fenêtres », un lieu où le regard est plus ample. »
Le Zohar explique la différence : « regarder » évoque un regard à travers une ouverture étroite, qui ne permet de voir qu’en partie ; « surveiller par les fenêtres » désigne une vision plus complète.
(ודרנ״א ע״א) לעילא כנסת הגדולה אית בה תריסר חלונות עילאין12 כו׳ וע״ש במק״מ שהם י״ב אותיות של שם אד׳ מלא.
(Et 251a) : « En haut, la Grande Assemblée possède douze fenêtres supérieures, etc. » Voir aussi le Mikdash Melech à cet endroit : elles sont les douze lettres du Nom Ado-nai écrit en toutes lettres.
Au-dessus d’elles se trouve la « Grande Assemblée » (Mal’hout d’Atsilout), avec douze fenêtres. Le commentaire Mikdash Melech les identifie aux douze lettres du Nom Ado-nai écrit en toutes lettres (alef-lamed-pei, dalet-lamed-tav, noun-vav-noun, yod-vav-dalet).
וע׳ במק״מ ר״פ בראשית סוף המאמר כשושנה בין החוחים מצאתי בדברי האריז״ל שנקודת המ׳ היורדת לבריאה נק׳ בשם אד׳.13141516171819202122232425262728
Voir aussi le Mikdash Melech, au début de Béréchit, à la fin du passage « Comme une rose parmi les épines » : « J’ai trouvé dans les paroles de l’Arizal que le point de Mal’hout qui descend en Béria est appelé du Nom Ado-nai. »
Ado-nai est le Nom de Mal’hout. Le Mikdash Melech rapporte de l’Arizal que le point de Mal’hout qui descend en Béria est appelé de ce Nom, ce qui relie les « fenêtres » à Mal’hout.
Ce paragraphe relie les deux regards au mérite des Patriarches — masculins, venant d’en haut — et des Matriarches — féminines, venant d’en bas. Il étaye cette idée par des passages du Zohar qui désignent certains niveaux angéliques comme des « fenêtres » et des « treillis ».
Les douze « fenêtres » de la Grande Assemblée mentionnées par le Zohar, liées aux douze lettres du Nom Ado-nai développé, indiquent que Mal’hout est le canal par lequel le regard atteint les mondes inférieurs. C’est pourquoi le paragraphe suivant les relie aux treize pétales de la « rose ».
Maré mekomot
- 1בנות צעדה עלי שור · Genesis 49:22
- 2בד״ה ארדה נא · תו״א פ׳ וירא.
- 3אעברה נא ואראה · Deuteronomy 3:25
- 4עיני ה׳ המה משוטטים · Zechariah 4:10
- 5עיניו משוטטות · II Chronicles 9:9
- 6עיניו משוטטות · II Chronicles 16:9
- 7ברע״מ פ׳ משפטים (דקי״ז סע״א) · Zohar, Mishpatim 13:433–14:443
- 8עיניו על דרכי איש · Job 34:21
- 9ובזהר פקודי (דר״נ ע״א) תריסר גלגלין · Zohar, Pekudei 48:571–582
- 10ושם ריש עמוד ב׳ מאלין נפקי ארבע סמכין · Zohar, Pekudei 48:582–590
- 11מציץ מן החרכים · Song of Songs 2:9
- 12(ודרנ״א ע״א) לעילא כנסת הגדולה אית בה תריסר חלונות עילאין · Zohar, Pekudei 48:590–49:602
- 13אהרן אותיות נראה · ואדמו״ר כ׳ ע״ז בזה״ל כמ״ש בזהר פ׳ אמור דק״ג תחלת ע״א ובמק״מ ובהרמ״ז שם, עכלה״ט. (הועתק מח׳ במדבר [בהעלתך] (ל, א). [כ].
- 14ועיין מענין יראה . . קס״ח א׳) · ראה אוה״ת פ׳ משפטים ע׳ א׳קצג.
- 15קול דודי הנה זה בא · Song of Songs 2:8
- 16בד״ה ועשית ציץ · תו״א פג, א.
- 17בד״ה עיני כל אליך ישברו · לעיל פ׳ מטות.
- 18בחי׳ השמחה פתיחת הלב · ראה תניא פ׳ כו.
- 19עיניך יונים · Song of Songs 1:15
- 20פ׳ בחקותי (דף קי״ד ע״ב) · ראה אוה״ת שה״ש כרך א ע׳ רפב הטעם ע״ז.
- 21ובפרדס בעה״כ ערך חלון · ראה המשך וככה תרל״ז פרק כט. המשך מצה זו תר״מ סעי׳ לא. ד״ה צהר תרנ״ח ע׳ ז.
- 22שער מ״א רפ״א וספ״ב. ובשער מ״ז פ״א · כמ״ש כאן ל״מ. וידוע שש׳ דרושי אבי״ע קרא אדמו״ר ש׳ מ״א. ומ״ש רפ״א לפננו רפי״ג. ומ״ש ספ״ב כוונתו ל”ספי״ד” כצ״ל. ומ״ש כאן ובש׳ מ״ז פ״א וזהו ממש שער ס׳ אבי״ע שלפננו, והוא בפ״א ובפ״ב. [כ].
- 23וכמש״ש ספ״א · בש׳ מ״ז הנ״ל (פ״ו) כצ״ל, כי באופן אחר אין לישב, ופשוט. [כ].
- 24המדרש שה״ש · פ״ב, ט.
- 25בד״ה לבבתני · לקמן שה״ש.
- 26שהחכמים נק׳ עיני העדה · ע׳ ת״ז (תכ״א) ד״נ ע״ב. שהש״ר (פ״ז סי׳ ט [ד, ב]). וע״ל (ב, ד). [כ].
- 27לאסתכלא ביקרא דמלכא · ע׳ סש״ב ח״א רפ״ט. וש״נ. והוא בזח״ג קצט, א. לח, ב. [כ].
- 28
16ומזה יובן שייכות ענין זה למש״כ אח״כ בסמוך בענין כשושנה בין החוחים. כי הנה בזהר הרקיע שם ר״פ בראשית ד״ה מה שושנה1 כו׳
On comprendra ainsi le lien entre ce sujet et ce qui est écrit peu après, au sujet de « comme une rose parmi les épines ». Car, dans le Zohar HaRakia, à cet endroit, au début de Beréchit, à propos du passage « Qu’est-ce que la rose, etc. »,
Les douze fenêtres éclairent également le verset qui suit immédiatement dans le Cantique des Cantiques : « comme une rose parmi les épines ». Le Zohar HaRakia, un commentaire sur le Zohar, traite du passage d’ouverture du Zohar concernant la rose.
פי׳ שכינתא תתאה העומדת על י״ב בקר והים עומד עליהם מלמעלה2 הרי הם י״ג והם י״ג עלין דילה. אשר כעין זה ממש הוא ענין י״ב חלונות הנ״ל דכנסת הגדולה דלעילא כו׳ וד״ל.
il explique : la Chekhina inférieure, qui se tient sur les douze bœufs, tandis que la mer se tient au-dessus d’eux ; ils sont donc treize, et ce sont ses treize pétales. Or, le sujet des douze fenêtres mentionnées plus haut de la Grande Assemblée d’en haut, etc., est exactement semblable à cela ; cela suffit à qui comprend.
La rose est la Chekhina inférieure (Mal'hout), représentée par la grande « mer » du Temple de Salomon, qui reposait sur douze bœufs : douze plus un, comme les treize pétales de la rose. Les douze fenêtres de la Grande Assemblée présentent la même structure.
Le paragraphe relie les douze « fenêtres » de Mal'hout aux treize pétales de la « rose », la Chekhina : l’image des fenêtres à treillis et celle de la rose décrivent ainsi une seule et même réalité.
Maré mekomot
- 1ר״פ בראשית ד״ה מה שושנה · Zohar, Introduction 1:1–2:4
- 2העומדת על י״ב בקר והים עומד עליהם מלמעלה · I Kings 7:25
Briser le voile par la techouva et la joie ¶17–18
17והנה אפשר להבין ענין זה דחלונות וחרכים שבבי״ע עצמן איך ידמה ענין זה לדרך שנת׳ לעיל דחלונות היינו באצילות שהאור נמשך שלא ע״י מסך וחרכים היינו שבירת המסך.
À présent, on peut comprendre cette notion de fenêtres et de claies au sein même de Béria, de Yetsira et d’Assiya : en quoi elle ressemble à la manière expliquée plus haut, selon laquelle les fenêtres se trouvent en Atsilout, où la lumière se prolonge sans passer par un écran, tandis que les claies correspondent à la brisure de l’écran.
L’Admour Hazaken explique à présent comment il peut y avoir des « fenêtres » et des « claies » à l’intérieur des mondes inférieurs, alors qu’il a dit plus haut que les fenêtres se trouvent en Atsilout et les claies correspondent à la brisure de l’écran en dessous.
והענין דכמו שיש מסך בין אצי׳ לבי״ע שבאצילות הוא ביטול אמיתי ובבי״ע מחמת המסך נעשה בחי׳ יש אלא שאעפ״כ הוא ביטול היש.
La notion est la suivante : de même qu’il y a un écran entre Atsilout et Béria, Yetsira et Assiya, si bien qu’en Atsilout il y a une véritable annulation de soi, tandis qu’en Béria, Yetsira et Assiya, l’écran fait apparaître un niveau de « quelque chose » (yéch), même si, malgré cela, il s’agit d’une annulation de ce « quelque chose »,
Entre Atsilout et les mondes inférieurs se trouve un écran : en Atsilout, tout est véritablement annulé, tandis qu’en dessous, les créatures ont le sentiment d’exister, tout en étant néanmoins annulées devant D.ieu.
כך עד״ז יש מסך המפסיק בין קדושה לסט״א. שהוא מסך מבדיל גמור שמעלים ומסתיר האור עד שנעשה נפרד ממש
de même, à cet égard, il y a un écran qui sépare la sainteté de la sitra a'hra : un écran qui établit une séparation complète, et qui dissimule et voile la lumière jusqu’à ce qu’elle devienne véritablement séparée,
De la même manière, il y a un second écran, beaucoup plus épais, entre la sainteté et la sitra a'hra (« l’autre côté », opposé à la sainteté). Il voile la lumière si complètement que ce qui se trouve au-delà semble entièrement séparé de D.ieu.
כמו היכלות החיצונים. וכמ״ש כ״ז בפ׳ לך לך בד״ה ולא יקרא עוד את שמך אברם.
comme les palais extérieurs. Tout cela est expliqué dans la paracha Lekh Lekha, dans le passage commençant par : « Ton nom ne sera plus appelé Avram. »
Il s’agit du domaine des « palais extérieurs », les palais de la kelipa. L’Admour Hazaken renvoie à un maamar de Torah Ohr sur Lekh Lekha, où l’explication complète est donnée.
Le paragraphe introduit une seconde paire de niveaux : de même qu’un écran sépare Atsilout des mondes inférieurs, un écran plus puissant sépare la sainteté de la sitra a'hra.
18והנה ע״י התשובה ולב נשבר ורוח נשברה123 משברים מסך הנ״ל שיהיו בחי׳ החולין ג״כ נעשים על טהרת הקדש כו׳
Or, par la techouva, un cœur brisé et un esprit brisé brisent l’écran mentionné plus haut, de sorte que le niveau du profane lui aussi soit accompli dans la pureté du sacré, etc.
La techouva (retour vers D.ieu), accompagnée d’un cœur brisé, brise ce second écran, si bien que même les choses ordinaires et permises sont élevées vers la sainteté.
וזהו ענין החרכים דהיינו שבירת מסך הנ״ל אמנם החלונות זהו הגילוי כמו שהוא בבריאה למעלה מבחי׳ מסך המפסיק בין קדושה כו׳.
Tel est le sens des treillis : ils désignent la brisure de l’écran mentionné plus haut. Les fenêtres, en revanche, sont la révélation telle qu’elle se trouve en Béria, au-dessus du niveau de l’écran qui sépare entre la sainteté, etc.
Briser ainsi l’écran, ce sont les « treillis ». Les « fenêtres » désignent une révélation supérieure, semblable à celle de Béria, où il n’y a aucun écran entre la sainteté et son contraire.
וזהו ע״י פתיחת הלב דהיינו שמחה וטוב4 לב מרוב כל שלאחר בחי׳ לב נשבר כו׳ ועד״ז יתבאר מאמר הזהר דפ׳ בחקתי (דקי״ד ע״ב)5
Cela se fait par l’ouverture du cœur, c’est-à-dire par « la joie et la gaieté du cœur, venant de l’abondance de toute chose », qui suivent le niveau du cœur brisé, etc. C’est ainsi que s’expliquera la parole du Zohar sur la paracha Be’houkotaï (114b) :
Les « fenêtres » proviennent d’un cœur ouvert, de la joie qui vient après le cœur brisé. L’ordre du service divin est donc d’abord le cœur brisé, puis la joie, en écho à « disperser » puis « écouter », au début du maamar.
וסליק כותלין לאסתכלא ולאשגחא בין נקבי כותלא עלייהו ופי׳ סליק היינו שביו״ט ההמשכה נמשך ע״י עולם הבריאה ויצי׳ ועשייה עולות לשם כו׳.
« Et Il monte sur les murs pour regarder et veiller sur eux, entre les ouvertures du mur. » Le sens de « monte » est que, à Yom Tov, l’influx est attiré par l’intermédiaire du Monde de Béria, [car] Yetsira et Assiya s’élèvent jusque-là, etc.
Le Zohar dit que D.ieu « monte sur les murs » pour veiller à travers leurs ouvertures. « Monte » signifie qu’à Yom Tov les mondes inférieurs s’élèvent en Béria ; le regard passe donc par Béria.
וענין חלונות לשון רבים י״ל ע״ד מ״ש בזהר (ח״ב דל״ז ע״א) בפי׳ המשפילי לראות6 מכתרא לכתרא כו׳ מנהירו לנהירו כו׳ והיינו כנ״ל מיסוד דא״א לח״ע ומיסוד אבא כו׳ וכנ״ל. וע״ש במק״מ.
Quant au terme « fenêtres », au pluriel, on peut l’expliquer à la lumière de ce qui est écrit dans le Zohar (vol. II, 37a), au sujet de « Celui qui s’abaisse pour regarder » : « de couronne en couronne, etc., de lumière en lumière, etc. » Autrement dit, comme il a été dit plus haut, de la Yessod d’Arikh Anpin à la 'Hokhma supérieure, et de la Yessod d’Abba, etc., comme il a été dit plus haut. Voir aussi le Mikdash Melekh à cet endroit.
Pourquoi « fenêtres » au pluriel ? Parce que, comme le dit le Zohar, la lumière de D.ieu descend « de couronne en couronne », à travers plusieurs fenêtres, ainsi que le décrivait le passage de l’Etz ‘Haïm cité plus haut.
ובספר עמה״מ שער השני פ״א פי׳ החלונות ה׳ חלונות דהיינו ה׳ בחינות ההוי״ה ה׳ פרצופים עם הקוץ העליון של היו״ד והם ארובות השמי׳7 הנוזלי׳ חכמה כו׳ ועד״ז החרכים ה׳ חרכים ה״ג וע״ש דהיינו גם למעלה מהאצילות.8
Dans le livre Emek HaMelekh, deuxième Porte, chapitre 1, il explique que les fenêtres sont au nombre de cinq : elles correspondent aux cinq niveaux de Havaya, aux cinq partsoufim, avec la pointe supérieure du youd. Ce sont les « ouvertures des cieux », d’où s’écoule la sagesse, etc. De même, les treillis sont au nombre de cinq et correspondent aux cinq Guevourot ; voir là-bas. Cela se trouve donc également au-dessus d’Atsilout.
Emek HaMelekh compte cinq fenêtres, correspondant aux cinq partsoufim (configurations) du Nom Havaya, avec la pointe du youd, et cinq treillis, correspondant aux cinq Guevourot (sévérités). Il les situe même au-dessus d’Atsilout.
La techouva, accompagnée d’un cœur brisé, brise l’écran de la sitra a’hra : c’est là le sens des « treillis ». La joie qui suit le cœur brisé ouvre les « fenêtres ». Le paragraphe explique ensuite pourquoi le verset parle de « fenêtres » au pluriel.
La succession d’un cœur brisé puis de la joie reprend, sous un autre angle, le thème initial du maamar : « disperser », puis « écouter ». La note de Kehot renvoie à plusieurs passages du Zohar sur le cœur et l’esprit brisés.
Maré mekomot
- 1ולב נשבר ורוח נשברה · Psalms 51:19
- 2ולב נשבר ורוח נשברה · Zohar, Vayikra 20:119–128
- 3ולב נשבר ורוח נשברה · Zohar, Vayikra 6:51–7:61
- 4שמחה וטוב לבב מרוב כל · Deuteronomy 28:47
- 5מאמר הזהר דפ׳ בחקתי (דקי״ד ע״ב) · Zohar, Bechukotai 9:36–11:44
- 6המשפילי לראות · Psalms 113:6
- 7ארובות השמי׳ · Genesis 7:11
- 8
La deuxième fête : le deuxième jour de Yom Tov ¶19
19והנה בהתגלות המלך יש מדרגות רבות1 חלוקות כמ״ש על כסא מלכותו אשר בשושן הבירה כו׳ עשה משתה2 לכל שריו ועבדיו כו׳.
Or, dans la révélation du Roi, il existe de nombreux degrés distincts, comme il est écrit : « sur son trône royal, qui se trouve à Chouchan la capitale, etc., il donna un festin à tous ses princes et à ses serviteurs, etc. »
Une nouvelle approche du second jour de Yom Tov, fondée sur le Livre d’Esther. La célébration du roi A’hachvéroch comportait plusieurs étapes : d’abord, un festin pour ses princes et ses serviteurs.
« et les princes des provinces devant lui, etc. » Puis, « pour tout le peuple qui se trouvait à Chouchan, du plus grand au plus petit, etc., dans la cour du jardin du palais du roi, etc. »
Vint ensuite un second festin, destiné à tout le peuple de Chouchan, grands et petits, et qui eut lieu dans la cour extérieure du jardin du palais.
כך הוא בבחינת הראי׳ שמלמעלה שבחי׳ שריו ועבדיו [כמ״ש במ״א בענין מאמר רבי יוחנן בן זכאי על ר׳ חנינא בן דוסא שאני כשר לפני המלך והוא כעבד לפני המלך (בגמ׳ ספ״ה דברכות)
Il en va ainsi du niveau de la vision d’en haut : le niveau de « ses princes et ses serviteurs » [comme il est expliqué ailleurs à propos de la parole de Rabbi Yo’hanan ben Zakkaï au sujet de Rabbi ‘Hanina ben Dossa : « Moi, je suis comme un ministre devant le Roi, tandis que lui est comme un serviteur devant le Roi » (dans la Guemara, à la fin du chapitre 5 de Berachos) ;
La révélation de D.ieu comporte elle aussi plusieurs degrés. Les « princes et serviteurs » désignent les âmes élevées ; la parenthèse rappelle le contraste talmudique entre le « ministre » et le « serviteur », qui se tiennent de façons différentes devant le Roi.
ועמ״ש ע״פ באר חפרוה שרים7 כו׳ ובענין עבד בד״ה ועתה יגדל נא]8 הם בחינת נשמות הגבוהות שבזמן בית המקדש היו מקבלים בחי׳ ראייה מכסא מלכותו כו׳.
et voyez ce qui est écrit sur le verset « Un puits que les princes ont creusé, etc. », ainsi que sur la notion de « serviteur », dans le maamar commençant par « Et maintenant, que la force soit donc grandie »], correspond au niveau des âmes élevées qui, à l’époque du Saint Temple, recevaient le niveau de la vision depuis « son trône royal », etc.
À l’époque du Temple, ces âmes élevées recevaient la « vision » directement depuis le trône du Roi, le degré de révélation le plus élevé.
פי׳ בהגלות נגלות בבחי׳ כסא מלכותו בבית המלכות נכח פתח הבית9 כו׳ שהוא בחי׳ גבוה ומדרגה גבוה מאד נעלה (ע׳ בע״ח שער כסא הכבוד שהוא היכל קה״ק דבריאה וע׳ בסש״ב) (ח״א פנ״ג).
C’est-à-dire : dans la révélation, Il se dévoilait au niveau de « son trône royal », « dans la maison royale, en face de l’entrée de la maison », etc., ce qui est un niveau élevé, un degré très haut et éminent. (Voir Etz Chaim, la Porte du Trône de gloire, qui est le Palais du Saint des saints de Béria ; et voir Sefer shel Beinonim) (Partie I, chapitre 53).
Le Roi siégeant « dans la maison royale, en face de l’entrée » représente la première révélation, élevée. Etz Chaim décrit le Trône de gloire comme le palais le plus intérieur — le Saint des saints — de Béria ; le Tanya est cité à l’appui de la même idée.
א״נ שהמלכות דאצילות עצמה נק׳ כסא כמ״ש בביאור דפ׳ זכור וזהו אשר בשושן בחי׳ שושנת העמקים10 שושן עמק איומה11 כו׳
Autre explication : la Mal'hout d’Atsilout elle-même est appelée « trône », comme il est expliqué dans le commentaire sur la paracha Zachor. Et c’est cela, « qui se trouve à Chouchan » : le niveau de « la rose des vallées », « Chouchan, vallée de l’Être redoutable », etc.
Autre explication : le « trône » est la Mal'hout d’Atsilout elle-même. « Chouchan » est associé à choshana, la rose : il s’agit de la « rose des vallées », de degré supérieur.
משא״כ בזמן שאין בהמ״ק קיים צריך גילוי בחינה ומדרגה השנית שהיא בחצר גינת ביתן המלך שהוא לכל העם הנמצאים בשושן
En revanche, à l’époque où le Saint Temple n’existe pas, il est nécessaire que se révèle le second niveau et degré, celui qui se trouve « dans la cour du jardin du palais du roi », et qui s’adresse à « tout le peuple qui se trouvait à Chouchan »,
En l’absence du Temple, la seconde révélation, de degré inférieur, est nécessaire : celle de la cour extérieure, destinée à « tout le peuple ».
דהיינו כל מי שיש לו ניצוץ אלקות ממקור כנס״י שהיא בבחי׳ כשושנה בין החוחים12 בגלות כו׳.
c’est-à-dire à quiconque possède une étincelle de divinité provenant de la source de la Communauté d’Israël, laquelle se trouve au niveau de « la rose parmi les épines », en exil, etc.
« Tout le peuple » désigne tous les Juifs, tous ceux qui possèdent une étincelle de divinité provenant de la source du peuple juif, laquelle, en exil, est « comme une rose parmi les épines ».
שהוא גילוי אחר גילוי במדרג׳ אחר מדרגה [עיין בזהר בתחלתו בגין דאית שושנה ואית שושנה13 כו׳ ובזהר הרקיע שם.14
C’est une révélation après une révélation, un degré après un degré. [Voir le Zohar, au début, « car il y a une rose et il y a une rose, etc. », ainsi que le Zohar HaRakia à cet endroit ;
Il y a donc une révélation qui succède à une autre. La référence entre crochets indique des passages du Zohar qui parlent de deux « roses », l’une supérieure et l’autre inférieure.
ובזהר ויחי (דרכ״א ע״א)15 ובמק״מ שם דשושנת העמקים זהו שושנה עילאה ובפ׳ כי תשא (דקפ״ט ריש ע״ב)
et le Zohar, Vayechi (221a), ainsi que le Mikdash Melech à cet endroit, où il est dit que « la rose des vallées » est la rose supérieure ; et la paracha Ki Sisa (189b, au début du côté b),
Dans ces passages, « la rose des vallées » est la rose supérieure, tandis que la rose parmi les épines est la rose inférieure.
et le commentaire du Ramaz à cet endroit : « Et sache que la rose supérieure, etc. » ; voir aussi l’ouvrage abrégé סה״מ (section 156), ainsi que le Zohar, paracha Pinchas, 233b.]
Le Ramaz, commentateur du Zohar, explique de la même manière la rose supérieure ; d’autres références viennent clore le passage entre crochets.
וצריך לעשות י״ט שני לקבלת בחי׳ הראי׳ גם בבחי׳ זו שאין בהמ״ק קיים שאין אנו יכולים לעלות ולראות18 כו׳. וכמ״ש מי יעלה בהר19 ה׳ כו׳.
Et il faut instituer un second jour de Yom Tov afin de recevoir le niveau de la vision également à ce niveau, alors que le Temple n’est pas debout et que « nous ne pouvons pas monter et nous présenter, etc. » ; ainsi qu’il est écrit : « Qui montera sur la montagne de D.ieu, etc. »
C’est pourquoi un second jour de Yom Tov est nécessaire : afin de recevoir la « vision » également à ce niveau inférieur, en exil, lorsque nous ne pouvons pas monter au Temple pour nous présenter devant D.ieu.
והנה המשכיל יבין כמה תגדל השמחה ביתר שאת20 בגילוי המלך בגילוי אחר גילוי גם לכל העם כו׳
Or, celui qui est doué de discernement comprendra combien la joie grandit, de façon encore plus éminente, lorsque le Roi se révèle par une révélation après une révélation, également à « tout le peuple, etc. »,
De façon surprenante, la joie suscitée par la seconde révélation, plus basse, est plus grande que celle de la première, car elle atteint également les gens ordinaires.
יותר מגילוי הראשון שהוא לכל שריו כו׳ דוקא וכמשל בן כפר שראה את המלך21 כו׳
plus que lors de la première révélation, qui s’adresse uniquement à « tous ses princes, etc. » ; comme dans la parabole d’un villageois qui vit le roi, etc.
Le Talmud compare le prophète Ézéchiel, qui décrivit longuement sa vision, à un villageois qui a vu le roi et ne peut s’empêcher d’en parler : l’émotion de celui qui est de condition inférieure est plus grande.
(והוא כענין והאופנים ברעש גדול22 לגבי השרפים שלפי שהאופנים וחיות הם בעשיי׳ ויצירה תגדל הרעש שלהם יותר מהשרפים שבבריאה וכמ״ש במ״א בכמה דוכתי וע׳ מזה לעיל בד״ה האזינו השמים)
(Et cela ressemble à « Et les Ofanim, dans un grand tumulte », par rapport aux Séraphins : puisque les Ofanim et les 'Hayot se trouvent en Assiya et en Yetsira, leur tumulte est plus grand que celui des Séraphins, qui se trouvent en Béria, comme cela est expliqué ailleurs en plusieurs endroits ; voir aussi ci-dessus, dans le passage commençant par « Cieux, prêtez l’oreille ».)
De même, les Ofanim, anges des mondes inférieurs, louent D.ieu « dans un grand tumulte », plus bruyamment que les Séraphins de Béria, parce qu’ils sont plus éloignés.
Et comme il est enseigné dans les Tikounim : « De grandes eaux ne peuvent éteindre l’amour » : en exil, etc. ; « on le couvrirait de mépris ».
Le Tikkunei Zohar interprète « De grandes eaux ne peuvent éteindre l’amour » comme désignant l’amour d’Israël en exil, qu’aucune épreuve ne peut éteindre.
והיינו מפני שאז האהבה היא בצמאון וחולת אהבה וכמ״ש (תלים סג) צמאה לך נפשי25 כו׳
Et cela parce qu’alors l’amour est empreint de soif et de langueur amoureuse, ainsi qu’il est écrit (Psaumes 63) : « Mon âme a soif de Toi, etc.,
En exil, l’amour est une soif et une langueur amoureuse, comme l’écrivit le roi David dans le désert.
בארץ ציה ועיף בלי מים בלי מים דייקא שמחמת שאין מים גדלה בחינת הצמאון כו׳
dans une terre aride et épuisée, sans eau. » « Sans eau », précisément : c’est parce qu’il n’y a pas d’eau que le niveau de la soif s’intensifie, etc.
« Sans eau » est le point essentiel : c’est le manque lui-même qui rend la soif plus intense.
(וע׳ על פסוק זה בזהר פ׳ ויקרא דכ״א ע״ב26 ובפ׳ תרומה דק״מ סע״א27 ועמ״ש לעיל בפ׳ נח בד״ה מים רבים) וזהו ואני אראה בשונאי28 דוקא היינו היצה״ר כד אתכפיא כו׳.29
(Et voyez, à propos de ce verset, le Zohar, Parachat Vayikra, 21b, et Parachat Terouma, 140a à la fin ; voyez aussi ce qui est écrit plus haut, dans la Parachat Noa'h, dans la section commençant par « De grandes eaux ».) Et c’est là le sens de « Et je verrai mes ennemis », précisément : il s’agit du mauvais penchant lorsqu’il est soumis, etc.
C’est aussi le sens de « Je verrai mes ennemis » : le mauvais penchant, lorsqu’une personne le soumet, révèle une lumière plus grande qu’auparavant.
אך ע״ז התפלל דוד המע״ה כן בקדש חזיתיך30 (עיין בזהר תרומה דק״מ תחלת ע״ב) שיהיה אהבה כזו גם בקדש
Mais c’est précisément à ce sujet que David, le roi — que la paix soit sur lui — pria : « Ainsi, dans la sainteté, je T’ai contemplé » (voir le Zohar, Terouma, 140, début du côté b) : que cet amour existe aussi dans la sainteté,
Pourtant David pria : « Ainsi, dans la sainteté, je T’ai contemplé » : qu’un tel amour, né de l’éloignement, existe aussi dans la sainteté.
דהיינו במעלת ומדרגת הצדיקים כי הנה אהבה זו היא מבחי׳ בע״ת31 ובמקום שבע״ת32 עומדים אין צדיקים גמורים כו׳.
c’est-à-dire dans la vertu et le degré des justes ; car cet amour relève du niveau de ceux qui font techouva, et « là où se tiennent ceux qui font techouva, les justes parfaits ne se tiennent pas, etc. »
Cet amour empreint de soif appartient à ceux qui font techouva (baalei techouva), et le Talmud enseigne qu’ils atteignent un lieu que les justes parfaits ne peuvent atteindre. David demanda que les justes aussi connaissent cet amour.
אלא שמשה רבינו ע״ה קודם מותו זכה לבחי׳ תשובה ומעלת המשיח הוא לאתבא צדיקייא בתיובתא33
Toutefois, Moché notre maître — que la paix soit sur lui — atteignit le niveau de la techouva avant son décès. Et la qualité propre au Machia'h est de « ramener les justes à la techouva »,
Moché atteignit la techouva avant son décès. La mission particulière du Machia'h, selon les termes du Zohar, est de conduire même les justes à la techouva.
דהיינו שתהי׳ מעלת ומדריגת התשובה מתגלה בצדיקים גמורים שזה תלוי בביאת משיח דוקא. וזהו כן בקדש חזיתיך34 שיהי׳ בחי׳ לאתבא צדיקייא כו׳.
c’est-à-dire que la vertu et le degré de la techouva se révèlent chez les justes parfaits, ce qui dépend précisément de la venue du Machia'h. Et c’est là le sens de « Ainsi, dans la sainteté, je T’ai contemplé » : que se manifeste le niveau qui consiste à « ramener les justes, etc. »
Autrement dit, la qualité particulière de la techouva se révélera chez les justes parfaits, et cela dépend de la venue du Machia'h. C’est ce que David priait.
כי כללות ישראל צריכים לחזור בתשובה קודם ביאת המשיח וביאת המשיח תלוי בזה כמארז״ל אם ישראל35 עושים תשובה נגאלין כו׳. אבל צדיקים שיזכו למעלת התשובה יהי׳ אחר ביאת המשיח דוקא:36
Car l’ensemble du peuple juif doit faire techouva avant la venue du Machia'h, et la venue du Machia'h en dépend, comme l’ont enseigné nos Sages : « Si Israël fait techouva, il est délivré, etc. » Mais les justes n’atteindront la qualité de la techouva qu’après la venue du Machia'h.
L’ordre est important : l’ensemble du peuple juif doit faire techouva avant la venue du Machia'h, et la délivrance en dépend ; la techouva des justes n’aura lieu qu’après sa venue.
À travers les deux festins d’Esther, ce paragraphe explique le second jour de Yom Tov comme une seconde révélation, de degré inférieur, destinée à tous les Juifs en exil, dont la joie et l’amour ardent dépassent ceux du premier degré. Il s’achève sur la prière de David, afin que cet amour des pénitents atteigne aussi les justes, ce qui se produira par l’intermédiaire du Machia’h.
La note de Kehot indique que le passage des Tikkounim visé est peut-être le Tikkoun 21 du Tikkunei Zohar (51a), où les mots sont absents. La note relève également que la lecture de « Ainsi, dans la sainteté, je T’ai contemplé » est citée en plusieurs endroits comme ayant été rapportée par l’Alter Rebbe au nom du Baal Chem Tov. La « rose supérieure » et la « rose parmi les épines » sont deux niveaux de Mal'hout : l’un dans Atsilout, l’autre descendue dans l’exil.
Maré mekomot
- 1בהתגלות המלך יש מדרגות רבות · ראה ד״ה אנכי אנכי תרס״ט ע׳ כד.
- 2עשה משתה · בתרס״ט שם נוסף: די״ל שזהו בחי׳ המל׳ כמו שנעשה כתר לבריאה.
- 3על כסא מלכותו . . ושרי המדינות לפניו · Esther 1:2
- 4על כסא מלכותו אשר בשושן הבירה כו׳ עשה משתה לכל שריו ועבדיו כו׳. ושרי המדינות לפניו · Esther 1:2–3
- 5לכל העם הנמצאים · אסתר שם, (ה). [כ].
- 6לכל העם הנמצאים בשושן למגדול ועדקטן כו׳ בחצר גינת ביתן המלך · Esther 1:5
- 7באר חפרוה שרים · Numbers 21:18
- 8בד״ה ועתה יגדל נא · לעיל פ׳ שלח.
- 9בבית המלכות נוכח פתח הבית · Esther 5:1
- 10שושנת העמקים · Song of Songs 2:1
- 11שושן עמק איומה · לשון הפיוט תחילת מוסף של יו״כ. בי׳ ע״ז מ״ש כאן ע׳ מג״א [מגן אבות, ברדיטשוב תרס״ב] ד״ה יהודא בן תימא (במג״א ה). [כ].
- 12ממקור כנס״י . . בבחי׳ כשושנה בין החוחים · Song of Songs 2:2
- 13עיין בזהר בתחלתו בגין דאית שושנה ואית שושנה · Zohar, Introduction 1:1–2:4
- 14בזהר בתחלתו בגין . . ובזהר הרקיע שם · א, א.
- 15ובזהר ויחי (דרכ״א ע״א) · בענין שושנת העמקים דקיומא בעמיקתא דכולא . . במק״מ בינה שנק׳ שושנה עילאה — אוה״ת מג״א ע׳ כז (הוצאת הראשונה ע׳ ב׳רפו).
- 16ובפ׳ כי תשא (דקפ״ט ריש ע״ב) ובפי׳ הרמ״ז · ”ושושנה דסלקא ריחין כו׳ ההיא דסלקא בין החוחים כו׳ וכתב הרמ״ז . . ודע כי שושנה העליונה היא מל׳ דאצילות ושושנה בין החוחים היא מלכות התחתונה שהיא בין ע׳ שרים שלוקטת תוכיות הניצוצות שמובלעים ביניהם שהוא סוד רפ״ח ניצוצין וע״כ סלקא ריחין כו׳” — אוה״ת שה״ש כרך א ע׳ קפג.
- 17ובזהר פ׳ פנחס דרל״ג ע״ב · Zohar, Pinchas 84:527–537
- 18שאין אנו יכולים לעלות ולראות · מוסף דיו״ט.
- 19מי יעלה בהר ה׳ · Psalms 24:3
- 20השמחה ביתר שאת · ראה לקו״ש ח״ט ע׳ 235.
- 21וכמשל בן כפר שראה את המלך · Chagigah 13b:5
- 22והאופנים ברעש גדול · ברכת יוצר.
- 23וכמו דאיתא בתיקונים · אולי כוונתו ת״ז (תכ״א) נא, א ששם חסר. [כ].
- 24מים רבים לא יוכלו לכבות את האהבה · Song of Songs 8:7
- 25
- 26וע׳ על פסוק זה בזהר פ׳ ויקרא דכ״א ע״ב · Zohar, Vayikra 52:361–54:369
- 27ובפ׳ תרומה דק״מ סע״א · Zohar, Terumah 26:261–28:270
- 28ואני אראה בשונאי · Psalms 118:7
- 29כד אתכפיא כו׳ · Zohar II, 128b
- 30כן בקדש חזיתיך · Psalms 63:3
- 31אהבה זו היא מבחי׳ בע״ת · ראה לקו״ש חי״ט ע׳ 382. מובא בכ״מ בשם ארז״ל. ראה רבות שה״ש עה״פ. וראה בהערה במאמרי אדה״א פ׳ שלח במילואים לע׳ תתקצד. [ע׳ א׳רעט].
- 32ובמקום שבע״ת · Berakhot 34b:28
- 33לאתבא צדיקיא בתיובתא · Zohar III, 153b
- 34וזהו כן בקדש חזיתיך · בכמה מקומות מובא זה מאדה״ז בשם הבעש״ט.
- 35אם ישראל עושין תשובה נגאלין · Sanhedrin 97b:14–15
- 36
Deux miroirs : Torah et prière ¶20–22
20עוי״ל בענין יו״ט שני. דהנה ענין יראה כל זכורך כו׳ שיהיה בחי׳ ראיה והתגלות מלמעלה.
On peut encore expliquer la question du deuxième jour de Yom Tov : la notion de « tous tes mâles se présenteront, etc. » signifie qu’il y ait un niveau de vision et de révélation venant d’en haut.
Une seconde explication du deuxième jour de Yom Tov, fondée une fois encore sur « tous tes mâles se présenteront » : le pèlerinage était une révélation de la « vision » de D.ieu venant d’en haut.
והיינו ע״י שהאדם בא לראות המקום בשתי עיניו של אדם כו׳ (רפ״ק דחגיגה1 ע״ש) והנה כל הנביאים ראו ע״י אספקלריא
Cela se réalise lorsqu’une personne vient voir le lieu de ses deux yeux, etc. (début du premier chapitre de Chagigah ; voir là-bas). Or, tous les prophètes voyaient au moyen d’une aspaklaria (un miroir),
Le Talmud exige que le pèlerin voie avec ses deux yeux. Cela conduit aux deux types de « vision » prophétique : tous les prophètes voyaient au moyen d’une aspaklaria, un miroir ou une lentille.
אלא שמשה רבינו נתנבא באספקלריא המאירה23 ושאר הנביאים נתנבאו באספקלריא שאינה מאירה ועיין בשמונה פרקים להרמב״ם פ״ז מה שכתב בזה ע״פ דרך המחקר.
à ceci près que Moché notre maître prophétisait au moyen d’une aspaklaria lumineuse, tandis que les autres prophètes prophétisaient au moyen d’une aspaklaria qui ne brille pas. Voir également ce que le Rambam écrit à ce sujet, dans les Huit Chapitres, chapitre 7, selon la voie de la recherche philosophique.
Moché voyait au moyen d’un miroir limpide et lumineux ; les autres prophètes, au moyen d’un miroir obscur. Maïmonide explique philosophiquement cette différence dans ses Huit Chapitres.
אך ע״פ הקבלה יש ממש ב׳ בחי׳ ראייה הנ״ל וכמ״ש מזה בד״ה ת״ר מצות נר חנוכה4 ב״ש אומרים כו׳
Cependant, selon la Kabbale, il existe réellement deux niveaux de vision mentionnés ci-dessus, comme cela est expliqué à ce sujet dans la section commençant par « Nos Rabbins ont enseigné : la mitsva de la lumière de ‘Hanouka… Beit Chammaï disent, etc. »,
Dans la Kabbale, il s’agit de deux niveaux réels de révélation, comme l’explique l’Alter Rebbe dans un maamar sur les lumières de ‘Hanouka.
מענין ב׳ בחי׳ אספקלריא הנ״ל וזהו ענין שכל הנביאים נתנבאו בכה ומשה נתנבא בזה5 כמ״ש מזה סד״ה ראשי המטות6 ושאר דוכתי
au sujet des deux niveaux d’aspaklaria mentionnés ci-dessus. C’est là le sens de l’idée selon laquelle tous les prophètes prophétisèrent avec « ainsi » (koh), tandis que Moché prophétisa avec « ceci » (zé), comme cela est expliqué à ce sujet à la fin de la section commençant par « Les chefs des tribus », ainsi qu’en d’autres endroits.
Les autres prophètes disaient : « Ainsi parle D.ieu », tandis que Moché disait : « Ceci est la chose » : une vision directe et limpide, par opposition à une image.
והנה מבואר שם בד״ה ת״ר הנ״ל איך בכל אדם בעבודת ה׳ יש ג״כ ב׳ בחינות אספקלריא הנ״ל והיינו כי עסק התורה ומצות זהו כענין בחי׳ אספקלריא דנהרא
Il est expliqué là-bas, dans la section précitée commençant par « Nos Rabbins ont enseigné », comment, chez chaque personne, dans le service de D.ieu, se trouvent également les deux niveaux d’aspaklaria mentionnés ci-dessus. Ainsi, l’étude de la Torah et l’accomplissement des mitsvot correspondent au niveau de l’aspaklaria qui brille,
Chaque Juif possède ces deux niveaux dans son service de D.ieu. L’étude de la Torah et l’accomplissement des mitsvot correspondent au miroir lumineux.
שהרי בעסק התורה נאמר ודברי אשר שמתי בפיך.7 שזהו ע״ד משה נתנבא בזה וכמ״ש בד״ה ראשי המטות בפי׳ לאמר זה הדבר.8
car, au sujet de l’étude de la Torah, il est dit : « et Mes paroles que J’ai placées dans ta bouche ». Cela correspond à « Moché prophétisa avec “ceci” », comme cela est expliqué dans la section commençant par « Les chefs des tribus », au sujet du sens de « en disant : “Ceci est la chose” ».
Quand un Juif étudie la Torah, « Mes paroles que J’ai placées dans ta bouche » : les paroles mêmes de D.ieu sont dans sa bouche, comme pour Moché, par la gorge duquel parlait la Chekhina.
Ce paragraphe présente les deux types de vision prophétique, au moyen de l’aspaklaria lumineuse et de celle qui ne brille pas, puis indique que, chez chaque Juif, la Torah et les mitsvot correspondent à la première.
Dans la Kabbale, l’aspaklaria lumineuse correspond à Zeir Anpin, et celle qui ne brille pas à Mal'hout, qui ne possède pas de lumière propre mais la réfléchit. Le paragraphe suivant applique le miroir qui ne brille pas à la prière et au deuxième jour de Yom Tov.
Maré mekomot
- 1בשתי עיניו של אדם כו׳ (רפ״ק דחגיגה · Chagigah 2a:6
- 2שמשה רבינו . . באספקלריא המאירה · Yevamot 49b:10–11
- 3אספקלריא המאירה · Zohar, Yitro 19:324–20:333
- 4בד״ה ת״ר מצות נר חנוכה · תו״א לג, א. וראה לקמן בשה״ש כח, ב ובמ״מ לשם.
- 5שכל הנביאים נתנבאו בכה ומשה נתנבא בזה · Rashi on Numbers 30:3
- 6סד״ה ראשי המטות · לעיל פ׳ מטות.
- 7ודברי אשר שמתי בפיך · Isaiah 59:21
- 8לאמר זה הדבר · Numbers 30:2
21ובחי׳ ק״ש ותפלה בכל לבבך1 בשני יצריך2 זהו ענין אספקלריא שאינה מאירה שהוא ע״י כיסוי וצפוי מכסף דק שעי״ז נעשה אור חוזר כו׳ להיות בכל מאדך.
Et le niveau du Chema et de la prière, « de tout ton cœur », avec tes deux inclinations, relève de l’aspaklaria qui ne brille pas. Celle-ci résulte d’un revêtement et d’une couche d’argent mince, qui donnent ainsi naissance à une lumière réfléchie, etc., afin d’être « de toute ta force ».
La prière et le Chema engagent les deux inclinations d’une personne, la bonne et la mauvaise, car il faut aimer D.ieu « de tout son cœur ». C’est là la lentille qui ne brille pas : un miroir, dont le verre est enduit au dos d’une fine couche d’argent, ne produit pas de lumière par lui-même, mais la réfléchit — Or Hozer, la « lumière de retour » —, à l’image de l’effort qui s’élève d’en bas, « de toute ta force ».
ועמ״ש מזה בביאור ע״פ צאינה וראינה3 בענין ממושבותיכם תביאו4 כו׳ והנה עיקר בחי׳ זו דאספקלריא שאינה מאירה הוא עכשיו שאין בהמ״ק קיים
Voyez également ce qui est écrit à ce sujet dans l’explication du verset « Sortez et voyez », à propos de « De vos demeures, vous apporterez, etc. ». Or, l’essentiel de ce niveau de l’aspaklaria qui ne brille pas se manifeste à présent, alors que le Temple n’est pas debout,
Ce niveau qui ne brille pas — le service qui s’élève d’en bas par l’effort — constitue le mode principal de notre époque, où le Temple n’est pas debout.
וכמ״ש מזה סד״ה יונתי בחגוי5 בפי׳ וענין הראיני את מראיך6 כו׳ ע״ש באריכות וכמ״ש סד״ה לא טוב היות האדם לבדו7 בפי׳ אעשה לו עזר כנגדו.8
comme il est expliqué à ce sujet à la fin de la section qui commence par « Ma colombe, dans les fentes du rocher », au sujet du sens et de la portée de « Montre-moi ton apparence, etc. » (voyez là-bas l’explication détaillée), et comme il est expliqué à la fin de la section qui commence par « Il n’est pas bon que l’homme soit seul », au sujet du sens de « Je lui ferai une aide en face de lui ».
L’Admour Hazaken renvoie à deux maamarim : l’un sur « Montre-moi ton apparence », dans le Cantique des Cantiques, et l’autre sur Ève comme « aide en face » d’Adam, où sont examinés le principe féminin, réceptif, et sa qualité particulière.
La prière, qui mobilise les deux inclinations et s’élève d’en bas, est l’aspaklaria qui ne brille pas, le miroir qui réfléchit la lumière ; c’est là le mode de service principal en exil.
Dans les termes de la Kabbale, le miroir réfléchissant est Mal’hout, le « féminin », et la lumière réfléchie (Or Hozer) est le service qui s’élève d’en bas. Le passage rétabli dans la note de Kehot ajoute que l’on ne peut « éveiller » les niveaux supérieurs qu’à partir d’en bas, en Béria ; le point de vue inférieur possède ainsi sa propre force.
Maré mekomot
- 1בכל לבבך · Deuteronomy 6:5
- 2בכל לבבך בשני יצריך · Mishnah Berakhot 9:5
- 3בביאור ע״פ צאינה וראינה · לקמן שה״ש כח, ב. וראה במ״מ לשם.
- 4ממושבותיכם תביאו · Leviticus 23:17
- 5סד״ה יונתי בחגוי · לקמן בשה״ש יז, ג.
- 6הראיני את מראיך · Song of Songs 2:14
- 7סד״ה לא טוב היות האדם לבדו · תו״א ה, א.
- 8אעשה לו עזר כנגדו · Genesis 2:18
22ועפ״ז י״ל שזהו ענין יו״ט שני כי יו״ט ראשון שהוא מדאורייתא נמשך בחי׳ יראה את פני מבחי׳ ומדרגת אספקלריא דנהרא
Et selon ce qui précède, on peut dire que tel est le sens du second jour de Yom Tov : le premier jour de Yom Tov, qui relève de la Torah, fait descendre le niveau de « se présenter devant Ma face » depuis le niveau et le degré de l’aspaklaria qui brille ;
Nous expliquons maintenant le second jour de Yom Tov. Le premier jour, ordonné par la Torah, fait descendre la « présentation devant D.ieu » depuis la lentille lumineuse : une révélation qui vient d’En-Haut.
אבל י״ט שני עושים לקבלת בחי׳ ראיה מבחי׳ אספקלריא דלא נהרא כו׳ וכמ״ש ברבות דבחי׳ יראה כל זכורך1 זהו ענין הראיני את מראיך2
mais le second jour de Yom Tov est institué afin de recevoir le niveau de la vision depuis le niveau de l’aspaklaria qui ne brille pas, etc. Et comme il est écrit dans le Midrash Rabbah, le niveau de « tous tes mâles se présenteront » correspond à « Montre-moi ton apparence ».
Le second jour, institué par les Sages, reçoit la « vision » à travers la lentille qui ne brille pas. Le Midrash relie « tous tes mâles se présenteront » à « Montre-moi ton apparence » : D.ieu désire voir Israël.
והרי מבואר סד״ה יונתי בחגוי הנ״ל דבחי׳ הראיני את מראיך זהו ע״ד תשובה שהיא בחי׳ מראה
Or, il est expliqué à la fin de la section précitée commençant par « Ma colombe, dans les fentes du rocher » que le niveau de « Montre-moi ton apparence » relève de la techouva, qui est le niveau du miroir (mar’é),
Dans le maamar sur ce verset, « Montre-moi ton apparence » est expliqué comme désignant la techouva ; le mot mar’é (« apparence ») signifie également « miroir ».
כמו (שפיג״על) הנק׳ אספקלריא דלא נהרא ויש בזה מעלה יתירה בבחי׳ אחת כו׳ וכמו והאופנים ברעש כו׳:
comme un « shpigel », appelé l’aspaklaria qui ne brille pas. Et cela présente, sous un certain rapport, un avantage supérieur, etc., comme dans « Et les Ofanim, dans un grand tumulte, etc. »
Un miroir (le mot yiddish « shpigel ») est la lentille qui ne brille pas. Pourtant, il possède un avantage particulier, comme les Ofanim, dont le tumulte est plus grand que celui des Séraphim : le second jour a une qualité qui fait défaut au premier.
Le premier jour de Yom Tov reçoit de la lentille lumineuse, c’est-à-dire une révélation qui vient d’En-Haut ; le second jour reçoit de la lentille qui ne brille pas, le miroir de la techouva, qui possède son propre avantage.
Cela relie les différents fils du maamar : les treillis, le second festin dans la cour extérieure, l’amour du pénitent et, à présent, le miroir décrivent tous un niveau inférieur qui atteint néanmoins quelque chose que le niveau supérieur n’atteint pas.
Maré mekomot
- 1יראה כל זכורך · Deuteronomy 16:16
- 2הראיני את מראיך · Song of Songs 2:14
La lettre hé et la Terre d’Israël ¶23–29
23גם יש להעיר לענין יו״ט ראשון וי״ט שני ממ״ש חכמי האמת בפי׳ בית ראשון ובית שני1 שהם23 ה׳ עילאה וה׳ תתאה וכמ״ש מזה בד״ה יו״ט של ר״ה4 שחל להיות בשבת ע״ש אות ה׳.
On peut également relever, au sujet du premier jour de Yom Tov et du second jour de Yom Tov, ce que les sages de vérité ont écrit pour expliquer le Premier Temple et le Second Temple : ils correspondent au hé supérieur et au hé inférieur. Comme cela est expliqué à ce sujet dans le passage qui commence par « Le Yom Tov de Roch Hachana qui est tombé un Chabbat », voir là-bas, lettre hé.
Une allusion supplémentaire : les kabbalistes (« les sages de vérité ») disent que le Premier Temple et le Second Temple correspondent aux deux lettres hé du Nom Havaya : le hé supérieur (Bina) et le hé inférieur (Mal'hout). Le premier et le second jour de Yom Tov peuvent eux aussi leur correspondre.
Ce paragraphe suggère que le premier et le second jour de Yom Tov, comme le Premier Temple et le Second Temple, correspondent au hé supérieur et au hé inférieur du Nom Havaya.
Dans le Nom Havaya, le premier hé est Bina et le hé final est Mal'hout. La note de Kehot énumère des passages du Zohar et des Tikouné Zohar qui identifient les deux Temples aux deux hé.
Maré mekomot
- 1בית ראשון . . שני · ע׳ זח״א (כז, ב). ובת״ז (תכ״א) מח, א. וריש תכ״ב. שם (קעב, ב). [תז״ח קיג, א]. (קעו, א). [תז״ח קטז, ג], יעו״ש. ד׳ זיטמיר. [כ].
- 2בית ראשון ובית שני שהם ה׳ עילאה וה׳ תתאה · Zohar, Bereshit 24:264–25:273
- 3בית ראשון ובית שני שהם ה׳ עילאה וה׳ תתאה · Tikkunei Zohar 48a:17–19
- 4בד״ה יו״ט של ר״ה · לעיל דרושים לר״ה.
24ולכן נק׳ בחי׳ זו שני כי אות ה׳ נכפלה ב׳ פעמים בשם הוי׳. ועד״ז יש לפרש בענין יו״ט שביו״ט ראשון מקבלים כנס״י מבחי׳ ה׳ עילאה וביו״ט שני מבחי׳ ה׳ תתאה.
Et c’est pourquoi ce niveau est appelé « second », car la lettre hé est redoublée, [apparaissant] deux fois dans le Nom Havaya. De même, on peut expliquer cela au sujet de Yom Tov : le premier jour de Yom Tov, la Communauté d’Israël reçoit du niveau du hé supérieur, et le deuxième jour de Yom Tov, du niveau du hé inférieur.
Le niveau inférieur est appelé « second » parce que la lettre hé apparaît deux fois dans le Nom. Ainsi, le premier jour, le peuple juif reçoit du hé supérieur et, le deuxième, du hé inférieur.
או י״ל כי גם בבחי׳ ה׳ אחרונה יש מילוי ה׳ והיא בחי׳ ההכפלה כמ״ש בענין שדה המכפלה1 בד״ה יגלה לן טעמיה כו׳ ואפ״ל שזהו ענין יו״ט שני כו׳ ואפשר שהן הן ג״כ ב׳ בחי׳ אספקלריא הנ״ל.
Ou bien, on peut dire que même dans le niveau du dernier hé se trouve le remplissage du hé, et que c’est là le niveau du redoublement, comme cela est expliqué au sujet du « champ de Machpéla » dans le passage qui commence par « Que sa raison nous soit révélée, etc. ». On peut dire que c’est là le sujet du deuxième jour de Yom Tov, etc. ; et il se peut que ce soient aussi les deux niveaux de l’aspaklaria mentionnés plus haut.
Ou bien : le hé final lui-même est « redoublé », puisque, lorsqu’on l’écrit en toutes lettres (hé-alef ou hé-hé), il comporte une seconde lettre, son « remplissage » (milouï). Ce redoublement, comme la grotte « double » de Machpéla, pourrait correspondre au deuxième jour ; et ces deux niveaux pourraient correspondre aux deux miroirs.
Le paragraphe propose deux façons de comprendre le jour « second » à partir du Nom Havaya : comme le second hé, ou comme le « remplissage » écrit en toutes lettres du hé final.
Maré mekomot
- 1שדה המכפלה · Genesis 49:30
25ועפ״ז י״ל שזהו מ״ש הרמ״ק בספר אור נערב שבח״ל אינם יכולים לקבל ההארה ביום אחד כמו שמקבלים בא״י
Et selon cela, on peut dire que c’est ce qu’écrit le Ramak dans son livre Or Ne’erav : à l’extérieur de la Terre d’Israël, on ne peut recevoir l’illumination en un seul jour comme on la reçoit en Terre d’Israël,
Le Ramak (Rabbi Moché Cordovero) écrit dans Or Ne’erav que la Diaspora ne peut recevoir en un jour la lumière que reçoit la Terre d’Israël ; elle a donc besoin d’un deuxième jour.
אלא צ״ל יום שני1 כו׳ כי כל יו״ט הוא המשכה והתגלות קדושה עליונה מלמעלה מהזמן בבחי׳ הזמן
mais il faut un deuxième jour, etc. Car chaque Yom Tov est un rayonnement et une révélation de la sainteté supérieure, qui se trouve au-dessus du temps, dans le niveau du temps,
La raison en est qu’une fête fait descendre dans le temps une sainteté qui est au-dessus du temps.
כמאמר מקדש ישראל והזמנים ולכן עושים אותו יו״ט ע״ד את האור כי טוב2 וע״ד שער החצר הפנימית3 כו׳ וביום השבת יפתח
comme l’exprime la bénédiction : « Qui sanctifie Israël et les temps ». C’est pourquoi on en fait un « jour bon » (Yom Tov), à l’image de « la lumière, qu’elle était bonne », et à l’image de « la porte du parvis intérieur, etc., le jour du Chabbat, elle sera ouverte ».
La bénédiction « Qui sanctifie Israël et les temps » le montre. C’est pourquoi cette fête est appelée Yom Tov, un « jour bon », en référence à la lumière primordiale, « qu’elle était bonne », et pourquoi la porte intérieure du Temple s’ouvre le Chabbat et les jours de fête.
C’est pourquoi il est dit : « Un psaume, un chant pour le jour du Chabbat : il est bon de rendre grâce. » Voyez aussi ce qui est écrit brièvement au sujet du sens du mot « bon », à propos du verset « Va’eschanan ».
Le psaume du Chabbat, « il est bon de rendre grâce », associe lui aussi le Chabbat à la notion de « bon ». Le sens du mot « bon » est expliqué dans le résumé d’un maamar sur Va’eschanan.
והנה בא״י שנאמר בה ארץ אשר7 ה׳ אלקיך דורש אותה יכולים לקבל ביום אחד אותו האור כי טוב ובח״ל צ״ל שני ימים ויש לפרש
Or, en Terre d’Israël, dont il est dit : « un pays que D.ieu, ton D.ieu, recherche », on peut recevoir en un seul jour cette lumière, « qu’elle était bonne » ; mais à l’extérieur de la Terre d’Israël, il faut deux jours. Et l’on peut l’expliquer ainsi :
La Terre d’Israël, sur laquelle les yeux de D.ieu reposent constamment, peut recevoir cette lumière « bonne » en un jour. La Diaspora en a besoin de deux, et l’Admour Hazaken va maintenant expliquer pourquoi.
כי כל המשכת האור למטה הוא ע״י ה׳ אחרונה דשם הוי׳ ויש בה מילוי ה׳ כנ״ל
tout rayonnement de la lumière vers le bas se fait par le dernier hé du Nom Havaya, et il comporte le remplissage du hé, comme indiqué plus haut.
Toute la lumière qui descend jusqu’à nous nous parvient par le hé final de Havaya (Mal’hout), qui comporte son « remplissage ».
והנה כמו המילוי של הה״א שכשכותבים האות בכתב א״צ כלל להמילוי כי משיגים בטוב את האות ע״י עצם האות לבד.
Or, il en va du remplissage du hé comme suit : lorsqu’on écrit la lettre, le remplissage n’est nullement nécessaire, car on saisit parfaitement la lettre par la lettre elle-même, à elle seule ;
Voici une analogie : lorsqu’on écrit la lettre hé, on écrit seulement la lettre elle-même ; sa forme épelée n’est pas nécessaire pour la reconnaître.
רק כשצריך לומר האות בדבור הוא ע״י המילוי של האות כו׳ דלא סגי בלאו הכי.
mais lorsqu’il faut prononcer la lettre, cela se fait par le remplissage de la lettre, etc., car on ne peut faire autrement.
Ce n’est que pour prononcer la lettre à voix haute qu’il faut en dire le nom complet, « hé », avec son remplissage.
À la suite du Ramak, ce paragraphe explique que chaque fête fait entrer dans le temps une sainteté intemporelle. La Terre d’Israël la reçoit en un jour, comme une lettre que l’on saisit par elle-même lorsqu’elle est écrite ; la Diaspora a besoin de deux jours, comme une lettre qu’il faut épeler pour la prononcer.
Le contraste entre l’écriture et la parole prépare le paragraphe suivant : le mot écrit relève d’un monde supérieur au mot prononcé.
Maré mekomot
- 1שבח״ל . . צ״ל יום שני · ראה להלן בהוספות להערות וציונים.
- 2את האור כי טוב · Genesis 1:4
- 3שער החצר הפנימית · Ezekiel 46:1
- 4מזמור שיר ליום השבת טוב · Psalms 92:1
- 5מזמור שיר ליום השבת טוב להודות · Psalms 92:1–2
- 6בקיצור ע״פ ואתחנן · לעיל ג, א.
- 7ארץ אשר ה״א דורש אותה · Deuteronomy 11:12
26וידוע מענין קרי וכתיב1 שהכתיב הוא בעולם העליון2 יותר וכמשארז״ל ספ״ג דפסחים בענין זה שמי לעולם3 לא כמו שאני נכתב אני נקרא4 כו׳. וכך בא״י יכולים לקבל השפע מעצם אות ה׳ דשם הוי׳.
Et il est connu, au sujet du phénomène du lu et de l’écrit, que l’écrit relève d’un monde supérieur ; ainsi que l’ont enseigné nos Sages, à la fin du chapitre 3 de Pesachim, à propos de cette question : « Mon Nom pour toujours » — je ne suis pas lu comme je suis écrit, etc. De même, en Terre d’Israël, on peut recevoir le flux de la lettre hé elle-même du Nom Havaya.
Dans la Torah, certains mots s’écrivent d’une manière et se lisent d’une autre (kri et ksiv) ; la forme écrite relève d’un monde supérieur. Le Talmud interprète « C’est Mon Nom pour toujours » comme suit : « Je ne suis pas lu comme je suis écrit » : le Nom s’écrit Havaya, mais se lit Ado-nai. Ainsi, la Terre d’Israël reçoit de la lettre hé elle-même, telle qu’elle apparaît dans l’écrit.
La parole écrite est supérieure à la parole prononcée, tout comme le Nom divin s’écrit d’une manière et se lit d’une autre ; la Terre d’Israël reçoit de la lettre essentielle telle qu’elle apparaît dans l’écrit.
Maré mekomot
- 1וידוע מענין קרי וכתיב · ראה אגה״ק סי׳ יט.
- 2שהכתיב הוא בעולם העליון · ראה לעיל תזריע כא, ד. תו״א צח, א.
- 3שמי לעולם · Exodus 3:15
- 4
De même que dans le Temple on prononçait le Nom tel qu’il est écrit, tandis que dans la Diaspora il est impossible de recevoir de ce seul niveau, mais seulement par son revêtement dans le remplissage du hé.
Dans le Temple, les prêtres prononçaient le Nom tel qu’il est écrit ; à l’extérieur, ils ne le prononçaient qu’au moyen de son substitut. Ainsi, la Diaspora ne peut recevoir que par le « remplissage », c’est-à-dire la forme développée, épelée et prononcée.
וכמו עד״מ אור וזיו השמש שכל שהאור והזיו קרוב להמאור יותר אזי נראה מעט הכמות יותר ואחר שנמשך בריחוק מקום מהמקור אזי נראה רב יותר.
Et il en va ainsi, à titre d’analogie, de la lumière et de l’éclat du soleil : plus la lumière et l’éclat sont proches du luminaire, plus leur quantité paraît petite ; mais lorsqu’ils se propagent à distance de leur source, ils paraissent plus abondants.
Près du soleil, la lumière semble petite et concentrée ; loin de lui, elle semble s’étendre sur une plus grande surface. Près de la source, la lumière est essentielle ; loin d’elle, elle a besoin d’un plus grand « volume » : deux jours au lieu d’un.
De même que le Nom n’était prononcé tel qu’il est écrit que dans le Temple, la Diaspora ne reçoit que par son « remplissage » développé. C’est comme la lumière du soleil : ce qui est loin de sa source paraît plus grand, mais est davantage dilué.
Maré mekomot
- 1שבמקדש היו אומרים את השם ככתבו · סוטה פ״ז, מ״ב.
- 2שבמקדש היו אומרים את השם ככתבו · Mishnah Sotah 7:6
28וכמו מעין ונהר שהמעיין לקרבתו אל מקורו הוא קטן יותר כו׳. ובאמת זה המועט של המעין הוא כמו כל הנהר ע״ד רגלי החיות כנגד כולן1 ולכן המעיין מטהר2 בכל שהוא34 כו׳.
Ainsi en est-il d’une source et d’un fleuve : la source, parce qu’elle est proche de son origine, est plus petite, etc. En vérité, cette petite quantité d’eau de la source équivaut au fleuve entier, à la manière dont « les pieds des ‘Hayot équivalent à toutes les autres » ; c’est pourquoi une source purifie quelle qu’en soit la quantité, etc.
Une source, proche de son origine, est petite, mais sa faible quantité d’eau contient le fleuve entier, de même que les pieds des ‘Hayot équivalent à tout le ciel. C’est pourquoi une source purifie avec n’importe quelle quantité d’eau, tandis qu’un mikvé d’eau recueillie doit atteindre une mesure complète.
L’analogie de la source montre que ce qui est proche de l’origine est petit par sa taille, mais complet par sa puissance, comme le jour unique du pays d’Israël.
Maré mekomot
- 1רגלי החיות כנגד כולן · Chagigah 13a:4
- 2המעיין מטהר בכ״ש · מקואות פ״א, מ״ז. [חידושי הצ״צ למשניות שם]. רמב״ם הל׳ מקואות פ״ט ה״ו ואילך.
- 3המעיין מטהר בכל שהוא · Mishnah Mikvaot 1:7
- 4המעיין מטהר בכל שהוא · Mishneh Torah, Immersion Pools 9:6
29ועמ״ש סד״ה מים רבים בפ׳ נח ומ״ש בשה״ש סד״ה ששים המה מלכות בענין מעיין ונהר.
Et voyez ce qui est écrit à la fin du passage commençant par « Des eaux abondantes », dans la paracha de Noa’h, ainsi que ce qui est écrit dans le Cantique des Cantiques, à la fin du passage commençant par « Il y a soixante reines », au sujet de la source et du fleuve.
Références à d’autres maamarim qui traitent de la source et du fleuve.
וז״ש ברבות בשה״ש ע״פ שמוני נוטרה את הכרמים1 אמרה כנ״י בא״י הייתי שומר יום אחד עכשיו שני ימים סבורה הייתי לקבל שכר על שניהן ואיני מקבלת
Et c’est ce qui est dit dans le Midrach Rabba sur le Cantique des Cantiques, à propos du verset « Ils m’ont établie gardienne des vignobles » : la Communauté d’Israël a dit : « En Terre d’Israël, je gardais un jour ; à présent, deux jours. Je pensais recevoir une récompense pour les deux, mais je ne reçois [de récompense]
Le Midrach prête ces paroles au peuple juif en exil : en Terre d’Israël, je gardais un jour ; à présent, j’en garde deux, et je pensais recevoir une récompense pour les deux.
אלא על יום אחד שהרי באמת אותה ההארה המאיר בחו״ל בשני ימים מאיר בא״י ביום אחד לקורבתו אל מקורו וע׳ זח״א ס״פ נח (ע״ו ב׳) גם
que pour un seul jour. » Car, en vérité, cette même illumination qui brille dans la Diaspora pendant deux jours brille en Terre d’Israël en un seul jour, en raison de sa proximité avec sa source. Voyez aussi le Zohar, vol. I, fin de Noa’h (76b). De même,
Mais je ne reçois une récompense que pour un seul jour, car la lumière de deux jours dans la Diaspora équivaut à celle d’un jour en Terre d’Israël, qui est plus proche de sa source.
כמו בעצם האות ה׳ כלול ג״כ המילוי שלו שהיא ה׳ השנייה היא כלולה בהעלם ג״כ בעצם האות כו׳
de même que, dans l’essence de la lettre hé, son remplissage est également inclus : le deuxième hé est lui aussi inclus de manière cachée dans l’essence de la lettre, etc.
De même, la lettre hé contient son remplissage à l’état caché ; sa forme développée ne fait que révéler ce que la lettre contient déjà en elle-même.
ומ״מ מ״ש לעיל שיש מעלה יתירה בגילוי זה די״ט שני ג״כ נכון ע״פ מ״ש במ״א כה״ג בענין המלוי שזהו עיקר הכוונה להיות
Néanmoins, ce qui a été dit plus haut, à savoir qu’il y a une vertu supérieure dans cette révélation du deuxième jour de Yom Tov, est également exact, conformément à ce qui est expliqué ailleurs de manière analogue au sujet du remplissage : tel est le but essentiel, que soit
Pourtant, l’affirmation précédente selon laquelle le deuxième jour possède une supériorité reste juste. Le but de la création est que D.ieu se révèle ici-bas, et le « remplissage » est précisément cette révélation.
הגילוי למטה2 וכמ״ש האריז״ל3 בפי׳ העונה אמן יהא שמיה רבא בכל כחו4 ופי׳ כח אד׳ היינו כח אותיות מלוי המלוי של השם כו׳:
révélée ici-bas ; comme l’a écrit l’Ari zal en expliquant « Celui qui répond Amen, que Son grand Nom soit béni, de toute sa force (koach) » : et le sens de la « force » d’Ado-nai est la force des lettres du remplissage du remplissage du Nom, etc.
L’Ari zal explique que répondre « Amen, que Son grand Nom soit béni » « de toute sa force (koach) » désigne les lettres du remplissage du remplissage du Nom : l’expansion la plus développée, qui descend au niveau le plus bas, porte une grande force.
Le maamar s’achève sur le Midrach selon lequel les deux jours de la Diaspora équivalent à un jour en Terre d’Israël, tout en affirmant que le deuxième jour, en tant que « remplissage » qui révèle D.ieu ici-bas, possède une vertu propre, puisque la révélation ici-bas est le but.
La note de Kehot indique comme source des paroles de l’Ari zal le Pri Etz Chaim, Porte des Kaddichim. Le Talmud enseigne que répondre « Amen, que Son grand Nom soit béni » de toute sa force déchire un décret mauvais. La conclusion revient à la demeure dans les mondes inférieurs : la révélation inférieure, « développée », est le but de tout cela.
Maré mekomot
- 1שמוני נוטרה את הכרמים · Song of Songs 1:6
- 2עיקר הכוונה להיות הגילוי למטה · ראה לקו״ש חי״ט ע׳ 382.
- 3וכמ״ש האריז״ל · פע״ח ש׳ הקדישים.
- 4העונה אמן יהא שמיה רבא בכל כחו · Shabbat 119b:5
Maamar terminé ?
Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.
Dans la avoda
Une personne doit d’abord se mettre à part par les mitsvot, avec l’intention de se détacher des désirs et des mauvais traits de caractère, afin que son étude et sa prière soient « retenues ». Elle doit méditer sur le caractère éphémère de toutes les choses du monde, jusqu’à ce que son cœur se brise et que le mal s’effrite ; alors, ouvrir son cœur dans la joie. En exil, l’éloignement lui-même doit allumer en elle un amour assoiffé de D.ieu, et le deuxième jour de Yom Tov est une véritable révélation, porteuse de sa propre joie.
Questions à discuter
- Pourquoi « Sanctifie-nous par Tes mitsvot » doit-il précéder « accorde-nous notre part dans Ta Torah » ? Que signifie « retenir » la Torah et la prière ?
- Comment la méditation selon laquelle « il y a quelques années, cela n’existait pas et, dans quelques années, cela aura disparu » libère-t-elle une personne de ses désirs ?
- Si la Torah (« l’homme ») et les Patriarches (« les nobles ») sont saints, pourquoi est-il encore « préférable de se réfugier en D.ieu » ?
- Quelle différence y a-t-il entre le regard de D.ieu « par les fenêtres » et Son regard qui épie « par les treillis », et pourquoi le maamar les relie-t-il aux Patriarches et aux Matriarches ?
- Comment le deuxième jour de Yom Tov, révélation inférieure, peut-il apporter une joie plus grande que le premier ?