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Likkutei Torah · Parshas Ki Savo · Maamar 3

תחת אשר לא עבדת את ה׳ אלקיך בשמחה וגו׳

« Parce que vous n’avez pas servi Havaya, votre D.ieu, dans la joie »

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L’idée centrale

Chaque Juif peut servir D.ieu dans la joie, car la Torah est la lumière propre de D.ieu : l’étude apaise le désir de s’attacher à Lui, caché dans chaque cœur. Cette joie est accessible même à celui dont l’amour s’est affaibli, et elle grandit à mesure qu’il reconnaît sa propre bassesse.

Le maamar en bref

Le maamar demande comment la Torah peut reprocher à tout Israël de ne pas servir D.ieu « dans la joie », alors que se réjouir en D.ieu semble être le niveau des justes. Il distingue deux formes de service : la prière et l’étude de la Torah. La prière, « le matin d’Avraham », est le moment où l’on éveille l’amour de D.ieu qui sommeille dans chaque cœur, en méditant sur le fait que D.ieu est « El Olam » : le monde n’est qu’un rayon de Sa lumière, qui émane de Lui sans Le modifier, comme les fruits procèdent de la force de croissance de la terre et les pensées de l’âme. Cette méditation accompagne les prières du matin et mène au Chema. Parmi les deux amours — la flamme désintéressée des justes et le désir de s’attacher à D.ieu que possède chaque Juif —, seul le second peut être comblé par la Torah, dans les lettres de laquelle la lumière de D.ieu est revêtue ; cette satisfaction est la joie à laquelle chaque Juif est appelé. Même celui dont l’amour s’est refroidi peut se réjouir dans son étude, d’autant plus qu’il reconnaît sa propre bassesse. Le maamar conclut par la préparation à la prière : l’humilité d’esprit, un mikvé, la charité et l’étude du moussar.

Plan

  1. La question et les deux formes de serviceComment peut-on reprocher à tout Israël de ne pas servir dans la joie, le niveau des justes ? La réponse commence par distinguer deux formes de service, la prière et la Torah ; la prière est le moment du matin où l’on éveille l’amour qui sommeille dans chaque cœur.¶1
  2. La méditation de la prièreD.ieu est « El Olam » : le monde n’est qu’un rayon de Sa lumière, comme les fruits procèdent de la force de croissance et les pensées de l’âme. Les prières du matin s’articulent autour de cette idée, demandent de l’aide contre les accusations et les distractions, et conduisent au Chema.¶2–4
  3. Les deux amours et la Torah qui les combleL’amour désintéressé des justes diffère du désir de s’attacher à D.ieu que possède chaque Juif. Ce désir ne peut être comblé que par la Torah, dont les lettres contiennent la lumière de D.ieu ; le fait qu’il soit comblé est une joie à laquelle chacun peut accéder.¶5–7
  4. La joie de celui dont l’amour s’est affaibliCelui dont l’amour s’est refroidi peut tout de même se réjouir dans la Torah, qui est une avec D.ieu ; reconnaître sa propre bassesse redouble cette joie, tandis que la tristesse vient de l’orgueil, et la lumière de la Torah « passe par-dessus la faute » pour celui qui est humble.¶8–10
  5. Yaakov et Israël ; la joie des justesLe service humble est celui de Yaakov, le serviteur ; Israël désigne le moment du grand amour, où la joie vient aisément. La joie d’une mitsva est prescrite à tous ; la joie révélée en D.ieu Lui-même est le niveau des justes, auquel tous peuvent accéder à Yom Tov.¶11
  6. Se préparer à la prièreL’humilité d’esprit, c’est reconnaître sobrement dans son esprit sa propre bassesse ; viennent ensuite trois choses qui écartent ce qui fait obstacle à la prière : le mikvé, car la prière est un parfum et le parfum dépend de la pureté ; la charité, contre les accusations ; et le moussar, où la foi simple est la couronne du grand amour.¶12–15

Notions clés

L’amour cachéאהבה מסותרת
L’amour de D.ieu présent dans le cœur de chaque Juif. Il demeure latent, comme endormi, jusqu’à ce que la méditation dans la prière le fasse monter à l’esprit.
El Olamאל עולם
D.ieu en tant que « monde », et non « le D.ieu du monde » : le monde n’existe pas par lui-même, mais n’est qu’un rayon de Sa lumière.
Rayonnementהארה
Un épanchement qui laisse sa source intacte et inchangée, comme la pensée issue de l’âme ou les fruits issus de la force de croissance. Le monde, ainsi que la lumière contenue dans les lettres de la Torah, sont des rayonnements émanant de D.ieu.
Les deux amoursשני מיני אהבות
Un amour désintéressé qui s’embrase de lui-même, le niveau des justes, et le désir de s’attacher à D.ieu que possède chaque Juif. Le second est comblé par la Torah.
Les restesשיריים
Se considérer comme superflu dans le monde. Pour celui qui est ainsi humble, la lumière de la Torah « passe par-dessus la faute ».
Yaakov et Israëlיעקב וישראל
Deux niveaux de service : Yaakov, le serviteur dont l’amour s’est refroidi mais qui sert néanmoins dans la joie, et Israël, le moment du grand amour dans la prière, où la joie vient aisément.
L’humilité d’espritכובד ראש
La reconnaissance lucide, dans l’esprit et avant la prière, de sa propre bassesse et des fautes qui dissimulent le niveau d’Israël. Il ne s’agit pas nécessairement d’un abattement du cœur.

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La question et les deux formes de service ¶1

1תחת אשר לא עבדת את ה׳ אלקיך בשמחה וגו׳. ולהבין הלא זה הוא מדרגות הצדיקים כמ״ש שמחו צדיקים בה׳ כו׳ ואיך יגיע כל אדם לזה.

« Parce que tu n’as pas servi Havaya, ton D.ieu, dans la joie », etc. Or, pour comprendre [cela] : n’est-ce pas là l’un des niveaux des justes, comme il est écrit : « Réjouissez-vous, justes, en Havaya », etc. ? Comment donc chacun peut-il parvenir à cela ?

Explication

Le maamar s’ouvre sur Deutéronome 28:47, dans la réprimande de Ki Tavo : les malédictions surviennent « parce que tu n’as pas servi Havaya, ton D.ieu, dans la joie et la gaieté du cœur ». La difficulté est que se réjouir en D.ieu semble être le niveau des justes, comme le dit Psaumes 97:12 : « Réjouissez-vous, justes, en Havaya » ; comment, dès lors, la Torah peut-elle l’exiger de chaque Juif ?

אך הנה יש ב׳ מדרגות בעבודת ה׳ מדת יום ומדת לילה בחינת יעקב ובחינת ישראל ובדרך פרט הם בחינת תורה ובחינת תפלה.

Cependant, il existe deux niveaux dans le service de D.ieu : l’attribut du jour et l’attribut de la nuit, le niveau de Yaakov et le niveau de Yisrael ; et, dans le détail, ils correspondent au niveau de la Torah et au niveau de la prière.

Explication

La réponse commence par distinguer deux niveaux dans le service de D.ieu, appelés « jour » et « nuit », et associés aux deux noms du patriarche, Yaakov et Yisrael. Dans la vie quotidienne, ces deux niveaux se manifestent dans l’étude de la Torah et la prière ; le maamar développe chacune de ces correspondances.

(עיין מ״ש מענין מדת יום ומדת לילה בד״ה רני ושמחי גבי רננא ברמשא ושמחה בצפרא, ובד״ה ענין חנוכה גבי בבקר כתיב בהיטיבו ובבין הערבים כתיב בהעלות, וסד״ה להבין ענין הברכות סד״ה וידעת היום. ועיין זח״א [זהר חלק א]) (קע״ד א׳) בענין יעקב וישראל.

(Voyez ce qui est écrit au sujet de l’attribut du jour et de l’attribut de la nuit dans le discours qui commence par « Chante et réjouis-toi », à propos de « le chant le soir et la joie le matin » ; et dans le discours qui commence par « La question de Hanouka », à propos de « le matin, il est écrit “lorsqu’il arrange [les lampes]”, et vers le soir, il est écrit “lorsqu’il élève [les lampes]” » ; ainsi qu’à la fin du discours qui commence par « Comprendre la question des bénédictions » et à la fin du discours qui commence par « Sache aujourd’hui ». Voyez aussi le Zohar, partie I, 174a, au sujet de Yaakov et Yisrael.)

Explication

Cette parenthèse indique les endroits où l’Alter Rebbe traite ailleurs ces thèmes : le discours de Torah Ohr sur « Chante et réjouis-toi » (Zacharie 2:14), qui aborde le « matin de joie et soir de chant » du Zohar, et son discours sur Hanouka, qui oppose l’entretien matinal des lampes de la Ménorah (Exode 30:7) à leur allumage vers le soir (Exode 30:8). Le passage du Zohar cité explique pourquoi le patriarche est parfois appelé Yaakov et parfois Yisrael.

והענין דהנה אמרו רז״ל [רבותינו זכרונם לברכה] זמן תורה לחוד וזמן תפלה לחוד שתפלה נקרא חיי שעה ותורה חיי עולם.

Voici l’explication : nos Sages, de mémoire bénie, ont dit : « Le temps de la Torah est une chose, et le temps de la prière en est une autre », car la prière est appelée « la vie de l’heure », et la Torah, « la vie éternelle ».

Explication

Avant d’expliquer les deux niveaux, l’Alter Rebbe rappelle le Talmud (Shabbos 10a) : voyant Rav Hamnouna prolonger sa prière, Rava dit que les gens délaissent la « vie éternelle » (la Torah) pour « la vie de l’heure » (la prière, où l’on demande ce dont on a besoin dans le présent), tandis que Rav Hamnouna estimait que chacune a son temps propre. La Torah et la prière constituent donc deux services distincts.

ולהבין ענין התפלה דכתיב וישכם אברהם בבקר דהיינו שאהבה מסותרת שבלב כל אחד ואחד מישראל היא בהעלם ובהסתר ובבחינת שינה וצריך לעוררה משינתה כמו שכתוב אם תעירו ברי״ש אחד ואם תעוררו בב׳ רישי״ן.

Et, pour comprendre la question de la prière, dont il est écrit : « Avraham se leva de bon matin », c’est-à-dire que l’amour caché dans le cœur de chacun des membres d’Israël est dissimulé et voilé, dans un état de sommeil ; il faut le réveiller de son sommeil, comme il est écrit : « si vous éveillez (ta'iru) », avec un seul reish, « et si vous réveillez (te'oreru) », avec deux reish.

Explication

La prière est associée au verset « Avraham se leva de bon matin » (Genèse 22:3). Chaque Juif porte dans son cœur un amour caché pour D.ieu, mais celui-ci demeure en sommeil, comme dormant ; la prière est le moment de l’éveiller. Dans le verset du Cantique des cantiques, deux verbes expriment cet éveil : ta'iru, écrit avec une seule lettre reish, et te'oreru, écrit avec deux.

פי׳ אם תעירו ברי״ש אחד היינו חיצוניות הלב ואם תעוררו בשני רישי״ן היינו פנימית הלב עיין בלק״ת [בלקוטי תורה (להאריז״ל)] מהאריז״ל [מהאר״י זכרונו לברכה] בשה״ש [בשיר השירים].

Cela signifie que « si vous éveillez », avec un seul reish, désigne la dimension extérieure du cœur, et « si vous réveillez », avec deux reish, la dimension intérieure du cœur. Voyez le Likkutei Torah de l’Arizal, de mémoire bénie, sur le Cantique des cantiques.

Explication

Le reish unique représente l’éveil de la couche extérieure du cœur, et le reish doublé, celui de sa profondeur intérieure. L’Alter Rebbe cite cette interprétation du Likkutei Torah de l’Arizal sur le Cantique des cantiques.

את האהבה עד שתחפץ (ע׳ [עיין] זח״ב [זהר חלק ב׳] ט׳ א׳ קמ״ו ב׳ ת״ז [תיקוני זהר] תיקון למ״ד) שיש זמן ועת לחפיצה ותשוקה של אהבה מסותרת הנ״ל דהיינו בשחרית.

« L’amour, jusqu’à ce qu’il désire » (voyez le Zohar, partie II, 9a, 146b ; Tikkunei Zohar, Tikkun 30) : car il y a un temps et une saison pour le désir et l’aspiration de l’amour caché mentionné plus haut, à savoir le matin.

Explication

Le verset dit : « l’amour, jusqu’à ce qu’il désire » : l’amour caché a un moment qui lui est propre pour s’éveiller en désir et en aspiration vers D.ieu. Ce moment est celui de Cha’harit, la prière du matin.

וזהו וישכם אברהם בבקר (עיין זח״א [זהר חלק א] ע״ב א׳ ר״ג א׳ רמ״ז ב׳. ח״ג [חלק ג׳] ויקרא כ״ב ב׳ נ״ב סע״ב [סוף עמוד ב] ר״ד סע״א [סוף עמוד א] רמ״ב א׳).

Et c’est là le sens de « Avraham se leva de bon matin » (voyez le Zohar, partie I, 72a, 203a, 247b ; partie III, Vayikra, 22b, fin de 52b, fin de 204a, 242a).

Explication

Voilà pourquoi la prière est liée au lever matinal d’Avraham : le matin est le temps d’Avraham. Les passages du Zohar cités parlent du « matin d’Avraham », moment de faveur divine, et d’Avraham comme celui qui institua la prière du matin.

וענין השינה של אהבה זו הוא כמו למשל אדם הישן שהמחשבה שלו היא בבחינת הסתלקות למעלה מהמוח ואינה מלובשת במוחו כלל

Le sommeil de cet amour est comparable, par exemple, à celui d’un homme endormi, dont la pensée se trouve dans un état de retrait, au-dessus de l’intellect, et n’est nullement vêtue dans son intellect ;

Explication

L’Alter Rebbe explique à présent ce que signifie le fait que l’amour « sommeille ». Chez un homme endormi, la pensée s’est retirée au-dessus de l’intellect et n’y est plus vêtue ; elle ne s’exerce donc pas par une réflexion délibérée.

ולכן החלומות הם דמיונות בלבד (עמ״ש בד״ה שיר כו׳ היינו כחולמים) אבל בהקיצו נכנס המחשבה זו בתוך המוח ומלובשת בתוך מוחו לחשוב בהם כרצונו.

c’est pourquoi les rêves ne sont que de simples imaginations (voir ce qui est écrit dans le discours commençant par « Un chant », etc., « nous étions comme des rêveurs »). Mais lorsqu’il se réveille, cette pensée pénètre dans son intellect et s’y vêt pour qu’il puisse penser à ces choses à sa guise.

Explication

Voilà pourquoi les rêves ne sont que de simples imaginations ; le discours de Torah Ohr sur « nous étions comme des rêveurs » (Psaumes 126:1) explique que, pendant le sommeil, l’intellect discernant se retire et qu’il ne reste que l’imagination. Au réveil, la pensée pénètre de nouveau dans l’intellect, et l’homme dirige sa réflexion comme il le souhaite.

משא״כ בחלום אין בו בחירה ורצון כלל כמ״כ [כמו כן] הענין באהבה זו כשהיא בבחי׳ שינה אף שזוכר את ה׳ בלבו ויודע דרך כלל שמכה״כ [שמלא כל הארץ כבודו].

En revanche, dans un rêve, il n’y a aucun choix ni aucune volonté. Il en va de même de cet amour lorsqu’il se trouve dans un état de sommeil : bien qu’il se souvienne de D.ieu dans son cœur et sache, de manière générale, que « toute la terre est remplie de Sa gloire »,

Explication

Dans un rêve, l’homme n’a ni choix ni volonté. L’amour caché peut se trouver dans le même état : l’homme se souvient de D.ieu dans son cœur et sait, de manière générale, que « toute la terre est remplie de Sa gloire » (Isaïe 6:3), mais ce savoir a la qualité d’un rêve.

מ״מ יכול לעשות דבר עבירה שהוא נגד רצונו ית׳ ואפילו באותה שעה כמארז״ל [כמאמר רבותינו זכרונם לברכה] גנבא אפום מחתרתא רחמנא קריא שיצליח בגנבתו

il peut néanmoins commettre une faute, contraire à Sa volonté, qu’Il soit béni, et cela même à cet instant, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Le voleur, à l’entrée du tunnel, invoque le Miséricordieux », afin de réussir son vol.

Explication

La preuve en est que l’homme peut agir à l’encontre de la volonté de D.ieu alors même qu’il se souvient de Lui. La parole de nos Sages (Berachos 63a, selon la lecture de l’Ein Yaakov, comme l’indique la note de Kehot) décrit un cambrioleur qui, à l’entrée même de son tunnel, invoque D.ieu pour réussir son vol.

והוא מפני שאין זכירה זו אלא דרך דמיון והעברה בעלמא על המוח ואינו מלובש ונכנס בתוך מוחו

C’est parce que ce souvenir n’est qu’une simple représentation imaginaire, un passage fugitif sur l’intellect ; il n’est pas vêtu dans son intellect et n’y pénètre pas.

Explication

Le cambrioleur croit en D.ieu, mais sa croyance ne fait que passer dans son esprit comme une image ; elle n’a pas pénétré dans l’intellect pour s’y vêtir et ne gouverne donc pas ses actes.

וצריך האדם לעורר את האהבה משינתה ולהכניסה בתוך מוחו ומחשבתו ע״י התבוננות רבים מהתחלת התפלה עד קריאת שמע.

L’homme doit éveiller l’amour de son sommeil et le faire pénétrer dans son intellect et sa pensée, au moyen d’une longue méditation, depuis le début de la prière jusqu’à la lecture du Chéma.

Explication

La tâche de la prière est donc de réveiller l’amour et de le faire pénétrer dans l’intellect par une méditation soutenue, depuis le début des prières jusqu’au Chéma. Les paragraphes suivants décrivent cette méditation.

Le paragraphe 1 en bref

Le paragraphe demande comment on peut attendre de chaque Juif qu’il serve D.ieu dans la joie, un niveau qui semble appartenir aux justes, puis commence sa réponse en distinguant deux services : la Torah et la prière. La prière, le « matin d’Avraham », est le moment où s’éveille l’amour de D.ieu qui sommeille en chaque cœur ; le « sommeil » signifie que la conscience de D.ieu n’a pas pénétré l’esprit et ne gouverne donc pas la conduite de la personne.

Pour aller plus loin

Le Zohar (partie I, 229b) rattache « la joie le matin et le chant le soir » aux deux prières quotidiennes et aux deux offrandes quotidiennes ; le couple « jour » et « nuit » désigne ainsi deux moments et deux modes de service. La note de Kehot indique que ce maamar fut prononcé en 5556–5557 (1795–97), et que des ouvrages ultérieurs le citent, notamment Or HaTorah du Tsemah Tsédek et le Hemshech 5672 du Rabbi Rachab.

Maré mekomot

  1. 1
    תחת אשר · נאמר בשנת תקנ״ו-ז. ראה ברשימת המאמרים בסו״ס מאמרי אדה״ז הקצרים ע׳ תרטז הע׳ 71. ובאוה״ת נ״ך כרך ג ע׳ א׳שיג במ״מ לשם. ולהלן ברשימת הכתבי-יד. הגהה על מאמר זה נדפס באוה״ת תבוא ע׳ תתשלה. ראה גם המשך בששה״ק תער״ב ח״ג ע׳ א׳רסה ואילך. חלק ממאמר זה ראה בסה״מ תרכ״ז [הוצאת תשנ״ט] ע׳ קכב.
  2. 2
    תחת אשר לא עבדת · Deuteronomy 28:47
  3. 3
    שמחו צדיקים בה׳ · Psalms 97:12
  4. 4
    בד״ה רני ושמחי · תו״א מקץ לז, א.
  5. 5
  6. 6
    רננא ברמשא ושמחה בצפרא · זח״א (רכט, ב). [כ].
  7. 7
    רננא ברמשא ושמחה בצפרא · Zohar, Vayechi 38:409–41:419
  8. 8
    ובד״ה ענין חנוכה · Song of Songs 5:4
  9. 9
    בבקר כתיב בהיטיבו · Exodus 30:7
  10. 10
    הערבים כתיב בהעלות · Exodus 30:8
  11. 11
    וסד״ה להבין ענין הברכות · תו״א ז, ב.
  12. 12
    וסד״ה וידעת היום · לעיל פ׳ ואתחנן ח, ד.
  13. 13
    ועיין זח״א קע״ד א׳ · ראה לעיל פ׳ שלח נא, ב הלשון. נזכר גם לעיל פ׳ שלח מח, ד. פ׳ בלק ע, ג. עב, א. עג, א. שבת שובה סד, ג.
  14. 14
    יעקב וישראל · Zohar, Vayishlach 16:169–17:178
  15. 15
    זמן תורה לחוד . . שתפלה נק׳ חיי שעה · שבת, י, א.
  16. 16
    זמן תורה לחוד וזמן תפלה לחוד · Shabbat 10a:3
  17. 17
    וישכם אברהם בבוקר · Genesis 22:3
  18. 18
  19. 19
    וישכם אברהם בבקר · Zohar, Noach 34:272–35:283
  20. 20
    וישכם אברהם בבקר · Zohar, Miketz 13:217–14:228
  21. 21
    וישכם אברהם בבקר · Zohar, Vayechi 75:781–76:792
  22. 22
    וישכם אברהם בבקר · Zohar, Metzora 1:1–3:9
  23. 23
    וישכם אברהם בבקר · Zohar, Balak 32:345–33:354
  24. 24
    וישכם אברהם בבקר · Zohar, Pinchas 84:553–560
  25. 25
    אם תעירו . . ואם תעוררו · Song of Songs 3:5
  26. 26
    בלק״ת מהאריז״ל בשה״ש · במקומו.
  27. 27
  28. 28
    את האהבה עד שתחפץ · Zohar, Shemot 13:129–139
  29. 29
    את האהבה עד שתחפץ · Tikkunei Zohar 73b:7–8
  30. 30
    (עיין זח״א ע״ב א׳ . . רמ״ב א׳) · כמה מהעיין׳ס נתבארו באוה״ת פ׳ תצוה ע׳ א׳תשסג ואילך בענין בקר דאברהם ע״ש.
  31. 31
    בד״ה שיר כו׳ היינו כחולמים · תו״א כח, ג.
  32. 32
    אבל בהקיצו · ראה תו״א שם בשם הרמב״ם בשמונה פרקים.
  33. 33
    שמכה״כ · Isaiah 6:3
  34. 34
    גנבא אפום מחתרתא רחמנא קריא · Berakhot 63a
  35. 35
    לך אמר לבי בקשו פני · Psalms 27:8
  36. 36
    ענין ר״ה ויוהכ״פ · מאמר זה נדפס ג״כ בתחילת מחזור השלם (קה״ת, תשכ״ג) עם הערות מכ״ק אדמו״ר. כמה מעניני דרוש זה מובנים או גם נתבארו בפי׳ — בדרוש שנדפס קודם לו ד״ה היום הזה.
  37. 37
    ויפל ה״א תרדמה . . את הצלע · Genesis 2:21
  38. 38
    ויפל גו׳ ויבן גו׳ · ”ראה פע״ח שער ר״ה פ״ב ואילך. ש׳ הכוונות שם. ש׳ הפסוקים שם. סי׳ האריז״ל כוונת הנסירה”. — הערת כ״ק אדמו״ר.
  39. 39
    מלמד שנתן בינה יתירה · Niddah 45b:11–12
  40. 40
    דבר״ה נעשו מוחין לנוקבא · ראה מ״ח מס׳ ליל ר״ה פ״א, מ״ח.
  41. 41
    ה׳ מלך גאות לבש · Psalms 93:1
  42. 42
    החודש מתכסה בו · ר״ה ח, סע״א.
  43. 43
    מרחוק ה׳ נראה לי · Jeremiah 31:3
  44. 44
    ריחוק מקום · כבן שהוא אצל אביו בביתו (כי על עשי״ת נאמר בהיותו קרוב) אלא שהאב מסתיר פניו ממנו (לקו״ת שם). — הערת כ״ק אדמו״ר.
  45. 45
    דבכל יו״ט הוא התגלות מוחין · ראה פע״ח ש״כ, פ״א.
  46. 46
    בביאור ע״פ והי׳ מדי חדש בחדשו · נדפס בס׳ אוה״ת להצ״צ [אוה״ת פ׳ בראשית כרך א כה, ב]. — הערת כ״ק אדמו״ר.
  47. 47
    בכל קראנו אליו ולא למדותיו · פרדס של״ב, רפ״ב בשם הספרי. ע״ל בהעלותך (ל, סע״ד). וש״נ. [כ].
  48. 48
    וזהו ענין הנסירה · הובא בלקו״ת להאריז״ל ר״פ בראשית. עץ חיים שער הכללים פ״י ופי״ג. שם שער הנסירה. שם שער לד פ״ב. פע״ח שער הק״ש פכ״א. שער העמידה פט״ז. שער ר״ה פ״א ופ״ו. במקומות המקבילים בשער הכוונות ובסידור האריז״ל. ועוד.
  49. 49
    הביאור ע״פ דא״ח · דרושי לקו״ת ליוהכ״פ סד״ה שבת שבתון. שם קיצור ע״פ ביום השמע״צ כו׳ ובכל המועדים. המאמרים דש״פ לך וירא חיי בהמשך ר״ה עת״ר, ד״ה כי עמך, תש״ט. ועוד. הערה זו נדפסה בהוספות להערות וציונים ללקו״ת.
  50. 50
    בד״ה כי אברהם לא ידענו · נדפס בתו״א (צג, ג). — הערת כ״ק אדמו״ר.
  51. 51
    ע״פ זכור את אשר עשה לך עמלק · בתו״א ס״פ תצוה [פד, ד]. — הערת כ״ק אדמו״ר.
  52. 52
    הוא זמן תשובה קראוהו בהיות קרוב · Rosh Hashanah 18a
  53. 53
    בביאור ע״פ אלה מסעי · בלקו״ת במדבר [צ, ג]. — הערת כ״ק אדמו״ר.
  54. 54
    ובביאור ע״פ והי׳ מספר בני ישראל · Numbers 6:4
  55. 55
    לפני ה׳ תטהרו · Leviticus 16:30
  56. 56
    בד״ה עיני כל · בלקו״ת פ׳ מטות [פה, ב]. — הערת כ״ק אדמו״ר.
  57. 57
    ערלת לבבכם · Deuteronomy 10:16
  58. 58
    נחפשה דרכינו · Lamentations 3:40
  59. 59
    ומקורם הוא מאו״א כו׳ דצלם כו׳ · ”אולי צ״ל: דצלם הוא בחי׳” — הערת כ״ק אדמו״ר.
  60. 60
    [ובכמה כת״י רשום · מאו״א דצלם כו׳ ובכת״י 1101 הנסמן שם הוא כבהנדפס. הכת״י באו לאחר הדפסת הקונטרס הנ״ל].
  61. 61
    ותמונת אותיות · ”המחשבה — בנפש השכלית־ הדבור — בנפש החיונית (לקו״ת שם)”. — הערת כ״ק אדמו״ר.
  62. 62
    מלבישים לז״א · ”שהאותיות מלבישות השכל והמדות (ראה לקו״ת שם)”. — הערת כ״ק אדמו״ר.
  63. 63
    הצלם הנ״ל · ”עצמיות ומהות ממש (לקו״ת שם)”. — הערת כ״ק אדמו״ר.
  64. 64
    ואדם אין · Genesis 2:5
  65. 65
    מלך על כל האדם · ”בדפוס הראשון (זיטומיר, תר״ח): כל האד׳. ואולי נתחלף רי״ש בדלי״ת וצ״ל: כל האר׳ — כל הארץ”. — הערת כ״ק אדמו״ר. [ובבוך רח״ל: מלך על ישראל].
  66. 66
    שתמליכוני עליכם · Rosh Hashanah 16a:15
  67. 67
    הנשמות עלו במח׳ · ב״ר רפ״א.
  68. 68
    כח בדיבורם · ”כן הוא בדפוס הא׳ ובלוח התיקון”. — הערת כ״ק אדמו״ר.
  69. 69
    קבעם בפה · כ״ב אותיות . . קבעם בפה (ספר יצירה רפ״ב). — הערת כ״ק אדמו״ר.
  70. 70
    לתהלה לשם ולתפארת . . חב״ד · ”מבואר בלקו״ת סד״ה שקדמו”. — הערת כ״ק אדמו״ר.
  71. 71

La méditation de la prière ¶2–4

2וענין התבוננות שבתפלה הוא איך שהוא ית׳ אל עולם ולא אל העולם שאין העולם ענין בפ״ע [בפני עצמו]

La contemplation dans la prière porte sur le fait qu’Il est, béni soit-Il, « El Olam » (D.ieu, monde), et non « El HaOlam » (D.ieu du monde) : le monde n’est pas une chose en soi ;

Explication

La contemplation qui éveille l’amour porte sur la manière dont D.ieu se rapporte au monde. Avraham invoqua D.ieu comme « El Olam » (Genesis 21:33). L’Admour Hazaken lit cette expression non pas comme « le D.ieu du monde », comme si le monde était une chose séparée que D.ieu gouverne, mais comme « D.ieu, monde » : le monde n’est pas une chose en soi.

אלא שהן בחי׳ התפשטות הארה וזיו מאורו יתברך כמו זיו השמש שהאיר ממנו ית׳ כשעלה ברצונו לברוא את העולם.

mais il est l’aspect d’un déploiement d’illumination et de rayonnement émanant de Sa lumière, béni soit-Il, comme le rayonnement du soleil : [un rayonnement] qui émana de Lui, béni soit-Il, lorsque Sa volonté de créer le monde se manifesta.

Explication

Au contraire, tout ce qui existe dans le monde n’est qu’un rayon qui se déploie à partir de la lumière de D.ieu, comme le rayonnement du soleil émane de celui-ci. Ce rayonnement émana lorsque la volonté de D.ieu de créer le monde se manifesta.

Le paragraphe 2 en bref

Ce paragraphe expose le contenu de la contemplation dans la prière : le monde n’a pas d’existence propre, mais est un rayonnement de la lumière de D.ieu, ce qu’exprime « El Olam ».

Pour aller plus loin

Likkutei Torah, Ki Tavo 4, auquel renvoie la note Kehot, développe cette idée à partir de la plantation de l’eshel par Avraham : même les idolâtres L’appellent « D.ieu des dieux », mais ils demeurent dans un état de séparation, chacun étant une entité et une chose en soi ; Avraham, en revanche, « invoqua le Nom Havaya, El Olam ».

Maré mekomot

  1. 1
    א-ל עולם · Genesis 21:33

3ולמשל כמו כח הצומח רוחני אשר בארץ שממנו יצמח עשבים ואילנות ופירות שבודאי הפרי הנצמח שהוא גשמי אינו ממהות ועצמות הכח רוחני הצומח

À titre d’analogie, considérons la force spirituelle de croissance qui se trouve dans la terre et grâce à laquelle poussent des herbes, des arbres et des fruits. Il est certain que le fruit qui pousse, lequel est matériel, n’est pas de même nature ni de la même essence que la force spirituelle de croissance,

Explication

Une analogie pour expliquer le rapport du monde à D.ieu : la terre possède une force spirituelle qui fait pousser les plantes. Le fruit qui pousse est matériel ; il ne peut donc être l’essence même de cette force spirituelle.

אלא בחי׳ הארה בלבד המת פשטת מעצמות ומהות הכח רוחני הצומח והארה זו נתעבה ונתגשמה כ״כ [כל כך] עד שנעשה פרי גשמי בטעמים נרגשים לחיך מתיקות וכו׳ מה שאין ערך זה

mais seulement une illumination qui se répand à partir de l’essence et de la nature de la force spirituelle de croissance. Cette illumination s’est tellement épaissie et matérialisée qu’elle est devenue un fruit matériel, avec des saveurs perceptibles au palais, comme la douceur, etc., ce qui n’a aucun équivalent

Explication

Le fruit provient seulement d’un rayon de cette force, qui s’est tellement épaissi qu’il est devenu un fruit matériel, avec des saveurs que le palais peut percevoir, comme la douceur. Rien de tel que le goût n’existe dans la force spirituelle elle-même.

נמצא ברוחני כלל, ואין התפשטות זו כמו התפשטות המים הנמשכים ממקום גבוה למקום נמוך שהמים

dans le spirituel. Cette propagation n’est pas comparable à celle de l’eau qui s’écoule d’un lieu élevé vers un lieu bas, car l’eau

Explication

L’Admour Hazaken précise l’analogie en établissant un contraste : cette « propagation » n’est pas semblable à l’eau qui coule vers le bas.

הנמשכים לא נשאר מהם במקומם הראשון כלל משא״כ בכח רוחני הצומח לא נחסר כלל בצמיחת הפרי ויכול הוא לחזור ולהצמיח פעמים רבות אין מספר

qui s’est écoulée ne laisse absolument rien à son lieu d’origine ; en revanche, la force spirituelle de croissance n’est nullement diminuée par la croissance du fruit, et elle peut le faire pousser de nouveau, un nombre incalculable de fois.

Explication

L’eau qui s’écoule vers le bas quitte sa source ; rien n’y reste. La force de croissance ne perd rien en produisant un fruit et peut recommencer encore et encore, sans limite, car ce qui émane d’elle n’est qu’une illumination.

ולכן קראו חכמי האמת להתפשטות זו בשם הארה כמו למשל מחשבות האדם שנמשכים מנפשו ונשמתו שאין תופסים מקום כלל ולא שינוי וגירעון כלל בנפשו מחמת המחשבות ויכולה היא לחשוב מחשבות עד אין קץ.

C’est pourquoi les sages de la vérité ont appelé cette propagation « illumination ». On peut comparer cela, par exemple, aux pensées d’une personne, qui émanent de son âme et de sa nechama : elles n’occupent absolument aucun espace et ne provoquent dans son âme aucun changement ni aucune diminution. Celle-ci peut former des pensées sans fin.

Explication

C’est pourquoi les kabbalistes, les « sages de la vérité », appellent une telle émanation he’ara, « illumination ». Les pensées d’une personne en offrent un second exemple : elles proviennent de l’âme sans occuper d’espace, ne la changent ni ne la diminuent, et l’âme peut continuer à penser sans fin.

כך העולם הוא רק הארה והתפשטות ממנו ית׳ וכולא קמיה כלא חשיב ואין תופסים מקום נגדו ית׳ ואין בו שינוי ח״ו [חס ושלום] כמ״ש אני ה׳ לא שניתי ואתה הוא קודם שנברא העולם כו׳

De même, le monde n’est qu’une illumination et une propagation émanant de Lui, béni soit-Il ; « tout est considéré comme rien devant Lui », et le monde n’occupe aucune place par rapport à Lui, béni soit-Il. Il ne subit aucun changement, à D.ieu ne plaise, comme il est écrit : « Moi, Havaya, Je n’ai pas changé », et « Tu es le Même avant que le monde soit créé », etc.

Explication

Ainsi, le monde n’est qu’un rayon de la lumière de D.ieu : devant Lui, il est « considéré comme rien », comme le dit le Zohar, et sa création n’a entraîné aucun changement en Lui, comme l’indique Malachie 3:6. La prière du matin exprime la même idée : « Tu es le Même avant que le monde soit créé ; Tu es le Même depuis que le monde a été créé. »

(ועמ״ש מזה בד״ה קול דודי בשה״ש [בשיר השירים]), ובזה הוא מעורר את האהבה בתפלה. וזהו שאומרים הודו לה׳ קראו בשמו כו׳.

(Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans le maamar commençant par « La voix de mon bien-aimé », sur le Cantique des Cantiques.) C’est par cette méditation que l’on éveille l’amour dans la prière. C’est le sens des paroles : « Rendez grâce à Havaya, invoquez Son Nom », etc.

Explication

L’Admour Hazaken renvoie à son maamar sur « La voix de mon bien-aimé », dans le Cantique des Cantiques, pour approfondir ce sujet. Contempler cette vérité éveille l’amour dans la prière et constitue le thème des paroles « Rendez grâce à Havaya, invoquez Son Nom » (I Chroniques 16:8), récitées dans la prière du matin.

פי׳ שאנו מודים על זה שהשם הוא אל עולם כנ״ל. ועמ״ש בד״ה שובה ישראל עד גבי בא״י [ברוך אתה ה׳] אלהינו מלך העולם.

Cela signifie que nous rendons grâce pour ceci : D.ieu est « El Olam », comme indiqué plus haut. Voir aussi ce qui est écrit dans le maamar commençant par « Reviens, Israël », au passage relatif aux mots : « Béni sois-Tu, Havaya, notre D.ieu, Roi du monde. »

Explication

Lorsque nous disons « Rendez grâce », nous reconnaissons que D.ieu est « El Olam », le monde n’étant que Sa lumière. Le maamar « Reviens, Israël » aborde ce point en expliquant la formule de bénédiction : « Béni sois-Tu, Havaya, notre D.ieu, Roi du monde. »

Le paragraphe 3 en bref

À travers les analogies de la force de croissance et des pensées d’une personne, ce paragraphe montre comment le monde peut émaner de D.ieu sans être Son essence et sans Le changer. Méditer sur cela permet d’éveiller l’amour dans la prière, qui commence par « Rendez grâce à Havaya ».

Pour aller plus loin

Les deux analogies mettent en évidence des aspects différents : la force de croissance montre comment une illumination peut devenir matérielle et acquérir des qualités, comme le goût, qui n’existent pas dans sa source ; la pensée montre comment une émanation laisse sa source entièrement inchangée. La note de Kehot indique qu’Or HaTorah (Nach, vol. 3, p. 1313) cite ce passage et nomme le maamar « Tachas asher lo avadta » de 5557.

Maré mekomot

  1. 1
    ולמשל כמו כח הצומח · מובא אוה״ת נ״ך כרך ג ע׳ א׳שיג ושם מציין לד״ה תחת אשר לא עבדת תקנ״ז.
  2. 2
    וכולא קמי׳ כלא חשיב · Zohar I, 11b
  3. 3
    אני ה׳ לא שניתי · Malachi 3:6
  4. 4
    ואתה הוא קודם שנבה״ע · נוסח התפלה.
  5. 5
    בד״ה קול דודי בשה״ש · לקמן יד, ג.
  6. 6

4ועל ענין זה סובב והולך כל התפלה שצריך לחזור ע״ז פעמים רבות עד שיקבע בלבו בבחי׳ ראי׳ [ראיה] ממש ושיאריך בזה כל או״א [אחד ואחד] לפי שכלו, יש שמוחו מגושם יותר צריך להעמיק בזה יותר.

Toute la prière s’articule autour de ce sujet : il faut y revenir de nombreuses fois, jusqu’à ce qu’il soit fixé dans le cœur comme une vision réelle. Chacun doit s’y attarder longuement selon ses capacités intellectuelles ; celui dont l’esprit est plus grossier doit approfondir davantage.

Explication

Cette contemplation — que le monde n’est que le rayonnement de D.ieu — est le fil conducteur de toute la prière du matin. Il faut y revenir encore et encore, jusqu’à ce qu’elle s’établisse dans le cœur aussi clairement qu’une chose vue de ses propres yeux. Chacun s’y attarde selon ses capacités ; celui dont l’esprit est davantage attaché au matériel doit approfondir sa réflexion.

ובקשות שבאמצע פסוקי דזמרה ושבחים תקנו אנשי כנה״ג [כנסת הגדולה] מחמת שיש קטרוגים על האדם ודנין אותו אם הוא ראוי לכך

Quant aux requêtes insérées au milieu des Pesouké Dézimra et des louanges, les Hommes de la Grande Assemblée les instituèrent parce que des accusations sont portées contre l’homme et qu’on le juge pour savoir s’il en est digne ;

Explication

Pourquoi, dès lors, les Pesouké Dézimra, les versets de louange du matin, contiennent-ils des requêtes ? Les Hommes de la Grande Assemblée les y placèrent parce que des accusations sont portées contre l’homme et qu’il est jugé pour savoir s’il mérite d’accéder à cette contemplation et à cet amour.

וגם כי יש כמה מניעות וסיבות המטרידות את האדם מהתבוננות זו וע״ז אנו מבקשים רחמים הושיעה את עמך וגו׳ ורעם ונשאם כו׳

et aussi parce que de nombreux obstacles et facteurs détournent l’homme de cette contemplation. À ce sujet, nous implorons la miséricorde : « Sauve Ton peuple », etc., « conduis-les et porte-les », etc.,

Explication

Ces requêtes répondent également aux nombreux obstacles et aux distractions qui empêchent l’homme de se livrer à cette contemplation. Aussi implorons-nous la miséricorde au milieu des louanges, par des versets tels que : « Sauve Ton peuple… conduis-les et porte-les » (Psaumes 28:9).

והוא רחום וגו׳ (ועמ״ש מזה בפ׳ פנחס סד״ה צו את בנ״י [בני ישראל]). וכל הענין עד ק״ש [קריאת שמע] הוא לעורר את האהבה ובק״ש [ובקריאת שמע] אומרים הויה אלקינו אחד.

« Et Lui, dans Sa miséricorde », etc. (Voir également ce qui est écrit à ce sujet dans la paracha Pin'has, à la fin du discours commençant par « Ordonne aux enfants d’Israël ».) Tout ce qui précède le Chéma vise à éveiller l’amour ; et, dans le Chéma, nous disons : « Havaya est notre D.ieu… Un. »

Explication

Un autre verset de ce genre est : « Et Lui, dans Sa miséricorde, pardonne la faute » (Psaumes 78:38). L’Admour Hazaken renvoie à son discours « Ordonne aux enfants d’Israël », dans la paracha Pin'has, pour davantage d’explications. Tout ce qui précède le Chéma sert à éveiller l’amour ; le Chéma lui-même proclame alors l’unité de D.ieu : « Havaya est notre D.ieu, Havaya est Un. »

ואיתא בגמ׳ [בגמרא] אנשי יריחו היו כורכין את שמע ולא היו מפסיקין בין אחד לואהבת בדבר אחר לפי

Il est rapporté dans la Guemara que les hommes de Jéricho « joignaient » le Chéma et ne faisaient rien d’autre entre « Un » et « Tu aimeras », parce que

Explication

Le Talmud (Pessahim 56a) rapporte que les habitants de Jéricho « joignaient » le Chéma : selon une opinion, ils ne marquaient pas de pause après « Un » ; selon une autre, ils omettaient « Béni soit le Nom glorieux de Son royaume à jamais ». L’Admour Hazaken décrit leur pratique comme le fait de ne pas interrompre entre « Un » et « Tu aimeras ».

שהם תלוין זה בזה שלפי ערך התבוננותו באחדותו יתברך ככה תתעורר מדת האהבה, לפיכך היו כורכין את שמע כו׳ אלא שאין הלכה כאנשי יריחו שבשכמל״ו [שברוך שם כבוד מלכותו לעולם ועד] לא הוי הפסק משום שגם זה רזא דאחד.

ces deux éléments dépendent l’un de l’autre : à la mesure de la contemplation de l’unité du Saint béni soit-Il correspond l’éveil de la qualité d’amour. C’est pourquoi ils « joignaient » le Chéma, etc. Toutefois, la halakha ne suit pas les hommes de Jéricho : « Béni soit le Nom glorieux de Son royaume à jamais » ne constitue pas une interruption, car cela aussi relève du secret de « Un ».

Explication

Selon l’explication de l’Admour Hazaken, leur raison était que l’amour dépend de la contemplation de l’unité de D.ieu : plus cette contemplation est profonde, plus l’amour est puissant. La halakha ne les suit pas, car « Béni soit le Nom… » ne constitue pas une interruption : cette formule exprime elle aussi le secret de « Un ».

ועד הוא רזא דאחד בחילופי אתוון וגו׳ ונק׳ יחודא תתאה כנודע (ועמ״ש מזה בד״ה בחדש השלישי):

Et le mot « va’ed » (« à jamais ») est le secret de « Un » (e'had) par permutation des lettres, etc. C’est ce qu’on appelle l’unité inférieure (yi'houda tata'a), comme on le sait. (Voir également ce qui est écrit à ce sujet dans le discours commençant par « Au troisième mois ».)

Explication

Le Zohar (Partie II, 134a) enseigne que va’ed, « à jamais », à la fin de « Béni soit le Nom… », équivaut à e'had, « Un », par permutation de ses lettres. C’est l’« unité inférieure » : l’unité de D.ieu telle qu’elle se manifeste au sein de l’existence du monde, par opposition à l’« unité supérieure » du verset « Écoute, Israël ».

Le paragraphe 4 en bref

Ce paragraphe montre que toute la prière du matin s’organise autour de la contemplation du rapport de D.ieu au monde ; les requêtes implorent Son aide face aux accusations et aux distractions, et cette contemplation conduit au Chéma, où la proclamation de l’unité de D.ieu suscite l’amour. « Béni soit le Nom… » fait partie de cette même proclamation, en tant qu’expression de l’unité inférieure.

Pour aller plus loin

Likkutei Torah, Tzav, auquel renvoie la note de Kehot, apporte un autre éclairage sur les hommes de Jéricho : ils voulaient que l’amour provienne du niveau de « Un », de l’unité supérieure elle-même, sans la pause de « Béni soit le Nom… ». La halakha ne les suit pas, car ce niveau correspond à la traversée de la mer, qui résulte d’un éveil d’en haut et n’est rappelée qu’après le Chéma.

Maré mekomot

  1. 1
    הושיעה את עמך וגו׳ ורעם ונשאם · Psalms 28:9
  2. 2
    והוא רחום · Psalms 78:38
  3. 3
    הויה אלקינו אחד · Deuteronomy 6:4
  4. 4
    אנשי יריחו היו כורכין את שמע · Pesachim 56a:10
  5. 5
    ועד הוא רזא דאחד · Zohar II, 134a

Les deux amours et la Torah qui les comble ¶5–7

5ב והנה יש שני מיני אהבות אהבה שנעשית מאליה ע״י התבוננות בהוי׳ אחד והיא כשלהבת העולה מאליה ובוערת כרשפי אש ואין בה שום מבוקש.

2. Or, il existe deux sortes d’amour. [L’un est] un amour qui naît de lui-même par la contemplation de « Havaya est Un » ; il est comme une flamme qui s’élève d’elle-même et brûle comme des éclairs de feu, sans rien rechercher du tout.

Explication

La deuxième section commence ici. Il existe deux sortes d’amour de D.ieu ; le premier naît de lui-même en contemplant que « Havaya est Un », s’élève comme une flamme et brûle « comme des éclairs de feu » (Chant des Cantiques 8:6), sans rien rechercher pour soi.

(והוא כמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] ח״א [חלק א׳] ספ״י ולא כדי לדבקה בו ית׳ בלבד לרוות צמאון נפשם הצמאה לה׳. אלא איזהו חסיד המתחסד עם קונו כו׳ ע״ש.

(C’est ce qui est écrit dans le Sefer Shel Beinonim, première partie, à la fin du chapitre 10 : « et non pas seulement afin de s’attacher à Lui, béni soit-Il, pour étancher la soif de leur âme qui a soif de D.ieu ; mais plutôt : “Qui est un 'hassid ? Celui qui agit avec bonté envers son Créateur”, etc. » ; voir là-bas.)

Explication

Le Tanya, au chapitre 10, décrit cet amour chez les bnei aliyah, les personnes du plus haut rang : leur service ne vise pas seulement à s’attacher à D.ieu et à étancher la soif de leur âme pour Lui. Il s’inscrit dans la formule des Tikkouné Zohar : « Qui est un 'hassid ? Celui qui agit avec bonté envers son Créateur », que le Tanya explique comme l’union du Saint béni soit-Il et de Sa Chekhina dans les mondes inférieurs.

ועיין בד״ה כתיב מה יפית ומה נעמת אהבה בתענוגים. ועמ״ש לקמן סד״ה והקרבתם עולה אשה. גבי ובחינה זו נק׳ בשם עולה לפי שעולה מאליה כו׳ ע״ש).

Et voir le discours commençant par « Il est écrit : “Que tu es belle et que tu es agréable, amour dans les délices.” » Voir aussi ce qui est écrit plus loin, à la fin du discours commençant par « Et vous offrirez un holocauste, une offrande consumée par le feu », au sujet de « ce niveau est appelé olah (holocauste), parce qu’il s’élève (olah) de lui-même », etc. ; voir là-bas.)

Explication

Deux autres discours décrivent cet amour : l’un porte sur « Que tu es belle et que tu es agréable, amour dans les délices » (Chant des Cantiques 7:7), que la note de Kehot propose d’identifier à Iggeres HaKodesh 18 du Tanya ; l’autre porte sur l’holocauste. Le mot olah, « holocauste », signifie aussi « qui s’élève » : cet amour s’élève de lui-même.

ואהבה השנית הוא שחפץ ומשתוקק לדבקה בו ית׳ וזה יש בלב כל אחד ואחד מישראל.

Le second amour consiste à désirer et à aspirer à s’attacher à Lui, béni soit-Il ; il est présent dans le cœur de chacun et de chacune en Israël.

Explication

Le second amour est le désir et l’aspiration à s’attacher à D.ieu. Contrairement au premier, il est présent dans le cœur de chaque Juif.

וזהו ואהבת דהיינו שתתאוה שיהיה הוי׳ אלקיך כנודע (משא״כ האהבה הראשונה היא מעלת ומדרגת בני עלייה כמ״ש בסש״ב [בספר של בינונים] שם ובד״ה מה יפית הנ״ל וע״ז נאמר שמחו צדיקים בה׳. ועיין סד״ה זה יתנו כו׳ מחצית השקל).

Et c’est là le sens de « Et tu aimeras » : autrement dit, tu dois désirer que Havaya soit ton D.ieu, comme on le sait. (À la différence du premier amour, qui est le privilège et le niveau des êtres élevés (bnei aliyah), comme il est écrit dans le Sefer Shel Beinonim, là-bas, ainsi que dans le discours commençant par « Que tu es belle », mentionné plus haut ; c’est à son sujet qu’il est dit : « Réjouissez-vous, justes, en Havaya. » Voir aussi la fin du discours commençant par « Ceci, ils donneront », etc., « un demi-chékel ».)

Explication

C’est ainsi que l’Alter Rebbe interprète le commandement « Et tu aimeras Havaya, ton D.ieu » : tu aspireras à ce que Havaya soit ton D.ieu, ce qui est accessible à chaque Juif. Le premier amour, en revanche, appartient à la poignée des êtres élevés ; il correspond à la joie évoquée par « Réjouissez-vous, justes, en Havaya ». Le discours sur le demi-chékel dans Torah Ohr traite de la même distinction.

וזהו קבלת מ״ש בק״ש [בקריאת שמע] רק שא״א לדבקה בו ית׳ כי לית מחשבה תפיסא ביה שהוא ית׳ סתימו דכל סתימין וטמירא דכל טמירין.

Et c’est là l’acceptation du joug du Royaume des Cieux dans le Chéma ; seulement, il est impossible de s’attacher à Lui, béni soit-Il, car « aucune pensée ne peut Le saisir », puisqu’Il est « caché de tous les cachés » et « dissimulé à tous les dissimulés ».

Explication

Cette aspiration constitue l’acceptation du joug du Royaume des Cieux que la Michna (Berakhot 2:2) associe au Chéma. Pourtant, l’homme ne peut pas s’attacher à D.ieu par ses propres moyens, car, comme le dit le Tikkouné Zohar, « aucune pensée ne peut Le saisir » ; selon les termes du Zohar, Il est « caché de tous les cachés et dissimulé à tous les dissimulés ».

פי׳ שיש עולמות שנקראים סתימין והם למעלה מבחי׳ עוה״ב [עולם הבא] והוא ית׳ סתים ונעלם מהם שאינם משיגים אותו וכן טמירא דכל טמירין כ״א ע״י התורה.

Cela signifie qu’il existe des mondes appelés « les cachés », qui se situent au-dessus du niveau du Monde futur ; pourtant, Il leur est caché et dissimulé, car ils ne Le saisissent pas. De même, Il est « dissimulé à tous les dissimulés » — si ce n’est par la Torah.

Explication

Les « cachés » du Zohar sont des mondes si élevés qu’ils se situent au-dessus même du Monde futur, et pourtant ils ne peuvent pas saisir D.ieu. La seule manière de s’attacher à Lui est par la Torah, comme l’explique le paragraphe suivant.

Le paragraphe 5 en bref

Ce paragraphe distingue un amour désintéressé qui s’embrase de lui-même, le niveau des justes, de l’aspiration à s’attacher à D.ieu que possède chaque Juif ; il rattache cette dernière au commandement « Et tu aimeras ». Puisque D.ieu échappe à toute saisie, cette aspiration ne peut se réaliser que par la Torah.

Pour aller plus loin

Iggeres HaKodesh 18 s’ouvre sur le même verset et présente les deux mêmes amours : « l’amour dans les délices », un délice merveilleux en D.ieu auquel se rapporte la parole « Réjouissez-vous, justes, en Havaya », que tous ne méritent pas et qui vient d’en haut ; puis un second amour, celui de l’aspiration. La note de Kehot ajoute qu’une partie de cette section est citée, avec des modifications, dans Or HaTorah, Beshalach.

Maré mekomot

  1. 1
    שני מיני אהבות · חלק מסעי׳ זה מובא באוה״ת בשלח ע׳ שסט בשינויים. ראה המשך בששה״ק הנ״ל בריש המאמר.
  2. 2
    ואהבת · Deuteronomy 6:5
  3. 3
    כרשפי אש · Song of Songs 8:6
  4. 4
    ולא כדי לדבקה בו ית׳ בלבד לרוות צמאון נפשם הצמאה לה׳ · Tanya, Likkutei Amarim 10:7
  5. 5
    בד״ה כתיב מה יפית ומה נעמת · אולי הכוונה לאגה״ק סי׳ יח. כ״ה בסה״מ תרכ״ז ע׳ קכב.
  6. 6
    מה יפית ומה נעמת אהבה בתענוגים · Song of Songs 7:7
  7. 7
    שמחו צדיקים בה׳ · Psalms 97:12
  8. 8
    סד״ה זה יתנו כו׳ מחצית השקל · תו״א פו, ד. ובאוה״ת תצוה ע׳ תתקכג ואילך.
  9. 9
    זה יתנו כו׳ מחצית השקל · Exodus 30:13
  10. 10
    קבלת מ״ש בק״ש · ברכות פ״ב מ״ב.
  11. 11
    לית מחשבה תפיסא ביה · Tikkunei Zohar 17a:10–12
  12. 12
    סתימו דכל סתימין · זח״ב (רעו, ב). ח״ג (רפח, א). ושם (רצ, א-ב. רצב, א. רצד, א. רצה, ב). [כ].
  13. 13
    סתימו דכל סתימין · Zohar, Idra Zuta 1:29–4:37
  14. 14
    סתימו דכל סתימין וטמירא דכל טמירין · Zohar II, 89a
  15. 15
    בד״ה בחודש השלישי · תו״א פ׳ יתרו.
  16. 16
    לית מח׳ תפיסא בי׳ · ראה ת״ז בהקדמה (פתח אלי׳).

6וזהו ודברת בם כו׳ שאותיות התורה מלובש בהם התפשטות והארה ממנו ית׳. כמשל כח הצומח ואותיות המחשבה הנ״ל כמ״ש במן

Et c’est là [le sens de] « Et tu en parleras », etc. : dans les lettres de la Torah sont revêtues une émanation et une illumination venant de Lui, béni soit-Il, comme dans l’analogie de la force de croissance et des lettres de la pensée mentionnées plus haut ; ainsi qu’il est expliqué au sujet de la manne,

Explication

C’est là le sens de « Et tu en parleras » (Deutéronome 6:7), qui suit « Et tu aimeras » dans le Chema : le moyen de s’attacher à D.ieu est de prononcer les paroles de la Torah. Un rayon de la lumière de D.ieu est revêtu dans les lettres de la Torah, comme la force de croissance est présente dans le fruit et l’âme dans les lettres de sa pensée, selon les analogies présentées plus haut.

כי טל אורות טלך ונתגשם עד שדכו במדוכה וכו׳. ועמ״ש מזה בפ׳ עקב סד״ה ויאכילך את המן.

« car une rosée de lumières est ta rosée », et elle prit une forme physique, au point qu’« ils la broyèrent dans un mortier », etc. Voir aussi ce qui est écrit à ce sujet dans la paracha Ekev, à la fin du discours commençant par « Et Il te nourrit de la manne ».

Explication

La manne illustre la même descente : elle est associée à « une rosée de lumières » (Isaïe 26:19), et pourtant elle prit une forme si physique que les enfants d’Israël « la broyèrent dans un mortier » (Nombres 11:8). Le discours sur « Et Il te nourrit de la manne », dans Ekev, explique cela plus en détail.

Le paragraphe 6 en bref

Ce paragraphe explique comment la Torah permet de s’attacher à D.ieu : ses lettres contiennent un rayon de Sa lumière qui, comme la manne, est descendue jusqu’à prendre une forme physique.

Pour aller plus loin

Les analogies du paragraphe 3 réapparaissent ici : la force de croissance qui devient un fruit tangible, et l’âme dont les pensées prennent forme en lettres, montrent toutes deux comment la lumière de D.ieu peut être revêtue dans les lettres de la Torah sans être diminuée, de sorte que l’étude de celles-ci constitue un véritable attachement à Lui.

Maré mekomot

  1. 1
    ודברת בם · Deuteronomy 6:7
  2. 2
    ודברת בם . . התורה · להעיר מברכות כא, א.
  3. 3
    כי טל אורות טלך · Isaiah 26:19
  4. 4
    שדכו במדוכה · Numbers 11:8

7וזהו ותורה אור שהיא הארה מא״ס ב״ה ואי לזאת יהיה השמחה גדולה בעסק התורה והמצות כי בזה ירוה צמאונו מה שחפץ ומשתוקק לדבקה בו יתברך.

Et voici [le sens de] « et la Torah est lumière » : elle est un rayonnement de l’Infini (Ein Sof), béni soit-Il. Dès lors, il doit y avoir une grande joie à s’occuper de la Torah et des mitsvot, car ainsi on étanche sa soif : son désir et son aspiration à s’attacher à Lui, béni soit-Il.

Explication

Le verset « Car une mitsva est une lampe et la Torah est lumière » (Proverbes 6:23) enseigne que la Torah est un rayon de lumière de l’Infini. C’est pourquoi la Torah et les mitsvot doivent être une grande source de joie : elles permettent à l’homme d’étancher sa soif, c’est-à-dire son aspiration à s’attacher à D.ieu, aspiration que chaque Juif porte en lui.

וכמ״ש מזה באריכות בד״ה צו את בני ישראל כו׳ את קרבני לחמי בענין הקטר החלב ע״ג [על גבי] המזבח ובענין פקודי ה׳ ישרים משמחי לב וע״ז נאמר תחת אשר לא עבדת כו׳

Et comme il est écrit longuement à ce sujet dans le discours qui commence par « Ordonne aux enfants d’Israël… Mon offrande, Mon pain », à propos de la combustion des graisses sur l’autel et du verset « Les préceptes de Havaya sont droits, ils réjouissent le cœur ». C’est à cela que s’applique le verset : « Parce que tu n’as pas servi… »,

Explication

L’Alter Rebbe fait référence à son discours sur Pin’has, consacré à « Ordonne aux enfants d’Israël… Mon offrande, Mon pain » (Nombres 28:2), qui traite de la combustion des graisses sur l’autel ainsi que du verset « Les préceptes de Havaya sont droits, ils réjouissent le cœur » (Psaumes 19:9). Cette joie des mitsvot est celle qu’exige Deutéronome 28:47.

בשמחה ובטוב לבב (ועיין זח״א [זהר חלק א] קט״ז א׳ קע״ז א׳) כי בחינת שמחה זו מהעבודה בתורה ומצות שבזה מרוה צמאונו יוכל כל אדם להגיע אליה וכנ״ל.

« avec joie et d’un cœur heureux » (voir le Zohar, partie I, 116a, 177a). Car tout homme peut atteindre ce niveau de joie qui naît du service accompli par la Torah et les mitsvot et par lequel il étanche sa soif, comme indiqué plus haut.

Explication

Cette joie naît de l’apaisement de la soif par la Torah et les mitsvot, qui sont accessibles à tous ; chacun peut donc l’atteindre. Cela répond à la question initiale : comment la Torah peut-elle exiger la joie de tous ?

אך הנה יש ב׳ בחי׳ בלימוד התורה. אחד תיכף אחר התפלה כשמעורר את האהבה ולומד התורה בנפש צמאה כצמא למים ואז הוא בודאי שמח בעבודתו.

Toutefois, il existe deux niveaux dans l’étude de la Torah. Le premier est celui qui suit immédiatement la prière : on a alors éveillé son amour et l’on étudie la Torah avec une âme assoiffée, comme quelqu’un qui a soif d’eau ; on éprouve alors certainement de la joie dans son service.

Explication

L’Alter Rebbe distingue à présent deux situations dans l’étude de la Torah. La première se présente immédiatement après la prière, lorsque l’amour a été éveillé et que l’on étudie avec une âme assoiffée ; on se réjouit alors certainement dans son service.

Le paragraphe 7 en bref

Ce paragraphe répond à la question initiale : la joie exigée de chaque Juif est celle qui consiste à étancher, par la Torah et les mitsvot, son aspiration à D.ieu, car la Torah est la lumière de D.ieu. Il commence ensuite à distinguer deux situations dans lesquelles on étudie la Torah.

Pour aller plus loin

Les passages du Zohar cités interprètent le verset de Ki Tavo en rapport avec le Temple et l’exil : « avec joie » désigne les prêtres qui apportaient les offrandes, et « d’un cœur heureux » les Lévites, tandis qu’Israël se tenait entre eux ; parce qu’ils n’ont pas servi avec joie, ils partirent en exil sous la domination d’autres puissances.

Maré mekomot

  1. 1
    ותורה אור · Proverbs 6:23
  2. 2
    בד״ה צו את בנ״י · לעיל פ׳ פנחס עח, א ואילך.
  3. 3
    צו את בני ישראל כו׳ את קרבני לחמי · Numbers 28:2
  4. 4
    פקודי ה׳ ישרים משמחי לב · Psalms 19:9
  5. 5
    בשמחה ובטוב לבב · Deuteronomy 28:47
  6. 6
    בשמחה ובטוב לבב · Zohar, Vayera 29:432–438
  7. 7
    בשמחה ובטוב לבב · Zohar, Vayishlach 22:229–24:240
  8. 8
    ועיין זח״א קט״ז א׳ · ראה הלשון באוה״ת פ׳ תבוא ע׳ תתשו.

La joie de celui dont l’amour s’est affaibli ¶8–10

8ועמ״ש בד״ה אוסרי לגפן עירה גבי כי התענוג הוא שייך אחר מילוי הרצון כו׳ ע״ש.

Et voyez ce qui est écrit dans le discours commençant par « Liant son ânon à la vigne », à propos de « car le plaisir vient après l’accomplissement de la volonté », etc. ; voyez là-bas.

Explication

L’Alter Rebbe renvoie à son discours de Torah Ohr sur « Liant son ânon à la vigne » (Genèse 49:11), qui explique que le plaisir vient après qu’un désir a été satisfait. Ainsi, lorsque l’étude de la Torah comble la soif éveillée par la prière, la joie s’ensuit.

ובחינה השנית הוא כשנופל מבחי׳ האהבה הן בעל עסק כשעוסק בעסקו או יושב אוהל כו׳.

Le second niveau est celui où l’on est tombé du niveau de l’amour, qu’il s’agisse d’un homme d’affaires occupé à ses affaires ou de quelqu’un qui demeure sous la tente, etc.

Explication

La seconde situation est celle où une personne est retombée de l’amour éveillé par la prière : un homme d’affaires absorbé par ses activités, ou même quelqu’un qui consacre ses journées à l’étude et « demeure sous la tente », mais dont l’amour s’est refroidi.

אעפ״כ [אף על פי כן] יכול לשמוח א״ע [את עצמו] בלימודו ע״י התבוננות כי התורה הוא אור א״ס ב״ה ואורייתא וקוב״ה [וקודשא בריך הוא] כולא חד אף שהוא רחוק מה׳ בתכלית הריחוק כיון

Néanmoins, il peut se réjouir dans son étude en méditant que la Torah est la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, et que « la Torah et le Saint béni soit-Il ne font qu’un ». Même s’il est éloigné de D.ieu à l’extrême, puisque

Explication

Même alors, il peut se réjouir en méditant que la Torah est la Lumière infinie elle-même et que, comme l’enseigne le Zohar, « la Torah et le Saint béni soit-Il ne font qu’un ». Il peut se réjouir de son étude alors même qu’il se sent absolument éloigné de D.ieu.

שהוא עוסק בעניני העולם ומו״מ [ומשא ומתן] מ״מ מאחר שהוא בהיתר יכול לחזור לה׳ ולעבודתו כיון שאינו אסור וקשור בידי החיצונים ולכן נקרא בשם היתר ר״ל [רוצה לומר]

il est occupé par les affaires du monde et le commerce, néanmoins, puisqu’il se trouve dans le domaine de ce qui est permis (heter), il peut retourner à D.ieu et à Son service, car il n’est ni lié (asur) ni attaché entre les mains des forces extérieures ; c’est pourquoi cela est désigné par le terme heter, c’est-à-dire

Explication

Son éloignement vient de son implication dans les affaires du monde et le commerce, mais puisque cette implication est permise, il peut encore retourner à D.ieu. Les mots hébreux portent cette idée : asur, « interdit », signifie aussi « lié », et heter, « permis », signifie aussi « délié » ; celui qui s’adonne à des activités permises n’est pas lié entre les mains des forces extérieures, les kelipot.

כמו למשל האדם הניתן ביד שונאו רק שאינו חבוש ויכול לילך ואפשר לו לברוח אם לא שנכשל בדבר איסור ח״ו [חס ושלום] ואם נכשל אז אין לו תקנה אם לא בהרהורי תשובה באמת וכמ״ש במ״א.

comme, par exemple, un homme livré aux mains de son ennemi, mais qui n’est pas emprisonné et peut aller et venir ; il lui est possible de s’échapper — à moins qu’il n’ait trébuché dans quelque chose d’interdit, à D.ieu ne plaise. S’il a trébuché, il n’a alors d’autre remède que des pensées sincères de techouva, comme cela est écrit ailleurs.

Explication

Il est comme un homme livré à son ennemi, mais qui n’est pas emprisonné : il peut encore s’éloigner et s’échapper. Celui qui a trébuché dans quelque chose d’interdit est lié et n’a d’autre remède que des pensées sincères de techouva, comme cela est expliqué ailleurs.

Le paragraphe 8 en bref

Le paragraphe aborde le cas de celui dont l’amour s’est refroidi, à cause du commerce ou même de l’étude, et montre que lui aussi peut se réjouir dans la Torah, puisqu’elle ne fait qu’un avec D.ieu et que l’implication dans les affaires du monde, lorsqu’elle est permise, ne le lie pas. Seul celui qui a commis un acte interdit est lié et doit d’abord revenir par la techouva.

Pour aller plus loin

L’image du captif qui n’est pas emprisonné explique pourquoi celui qui s’est éloigné en s’adonnant à des activités permises peut encore se réjouir : il est éloigné, mais libre de revenir, et rien ne s’interpose entre lui et la lumière de la Torah lorsqu’il étudie. Celui qui est lié par une faute doit d’abord être libéré par la techouva.

Maré mekomot

  1. 1
    בד״ה אוסרי לגפן עירה · תו״א פ׳ ויחי מו, ג.
  2. 2
    אוסרי לגפן עירה · Genesis 49:11
  3. 3
    ואורייתא וקוב״ה כולא חד · Zohar I, 24a

9ואדרבה כל מה שיתבונן היטב איך הוא רחוק מה׳ ע״י שיכיר מקומו וידע ערכו שאפילו הוא יושב אוהל כו׳

Au contraire, plus il médite attentivement sur la distance qui le sépare de D.ieu, en reconnaissant sa condition et en connaissant sa valeur — même s’il est de ceux qui demeurent sous la tente, etc. —

Explication

Loin d’empêcher la joie, la conscience d’être éloigné de D.ieu peut l’accroître. L’homme doit considérer honnêtement sa condition et sa valeur, même s’il est un érudit qui consacre ses journées à l’étude.

שהרי יכול לדבר דברים בטלים באמצע לימודו באין מונע מכש״כ [מכל שכן] אם נכשל בדבר איסור בחטאת נעורים כי ידע אינש בנפשיה,

car, après tout, il peut prononcer des paroles futiles au beau milieu de son étude sans que rien ne l’en empêche ; à plus forte raison s’il a trébuché dans une faute interdite à cause des péchés de sa jeunesse, car « l’homme connaît son propre cœur » ;

Explication

Même un tel homme peut interrompre son étude pour tenir des propos futiles, sans que rien ne l’en empêche ; à plus forte raison s’il a trébuché dans les péchés de sa jeunesse, dont chacun sait ce qu’il en est pour lui-même.

ואף שהרהר ועשה תשובה אם עדיין לא עשה תשובה שלימה וסיגופים הממרקין יותר וכל מה שיאריך ויעמיק בענין פחיתת עצמו ויהיה נבזה בעיניו נמאס וישים עצמו כשיריים למה הוא נברא בעולם,

et même s’il a eu des pensées [de techouva] et fait techouva, s’il n’a pas encore accompli une techouva complète ni subi les mortifications qui purifient davantage — plus il s’attarde sur sa propre bassesse et l’examine en profondeur, se tenant pour vil et méprisable à ses propres yeux et se considérant comme un rebut : pourquoi a-t-il été créé dans le monde ? —

Explication

Même après la techouva, il se peut qu’il n’ait pas encore accompli une techouva complète, avec les mortifications qui purifient plus pleinement du péché. Plus il approfondit sa propre bassesse, jusqu’à être « vil et méprisable à ses propres yeux » (Psaumes 15:4) et à se considérer comme un rebut, se demandant pourquoi il a été créé, plus sa joie grandira.

אזי תהיה שמחת הנפש בעסק התורה כפולה ומכופלת ביתר שאת (ועיין בסש״ב [בספר של בינונים] פל״א ל״ד וסד״ה ויחפרו עבדי יצחק בענין באר מים חיים) והעצבות הוא כשמבקש גדולות דוקא להגיע למדריגת רשב״י [רבי שמעון בר יוחאי] שתורתו אומנתו

alors la joie de l’âme dans l’étude de la Torah sera redoublée et multipliée, avec une intensité supérieure (voir Sefer Shel Beinonim, chapitres 31 et 34, et la fin du discours commençant par « Les serviteurs d’Its’hak creusèrent », à propos du « puits d’eau vive »). La tristesse, en revanche, vient de celui qui recherche précisément les grandeurs : atteindre le niveau de Rabbi Chimon bar Yo’haï, dont la Torah était l’occupation,

Explication

Alors la joie de l’âme dans l’étude de la Torah sera redoublée et multipliée, comme l’enseigne le Tanya aux chapitres 31 et 34, et comme l’explique le discours de Torah Ohr sur le puits d’eau vive creusé par les serviteurs d’Its’hak. La tristesse, en revanche, vient de la recherche de la grandeur, par exemple lorsqu’on veut être comme Rabbi Chimon bar Yo’haï, dont la Torah était l’occupation ; le Tanya, chapitre 27, qualifie une telle tristesse de forme d’orgueil.

כמו שאמר בחד קטירא אתקטרנא נשמתא ביה אחידא ביה להיטא וכו׳ פי׳ שלא היה בבחינת שינה ולא היה צריך לעורר את האהבה ולכן היה פטור מתפלה.

comme il disait : « D’un seul lien je suis lié [à Lui] ; l’âme est attachée à Lui, embrasée en Lui », etc. Cela signifie qu’il n’était pas dans un état de sommeil et n’avait pas besoin d’éveiller l’amour ; il était donc dispensé de la prière.

Explication

Rabbi Chimon disait de lui-même : « D’un seul lien je suis lié [à Lui] » ; son âme demeurait toujours attachée à D.ieu et embrasée en Lui. Son amour ne s’endormait jamais et n’avait pas besoin d’être éveillé ; il était donc dispensé de la prière. Le Talmud de Jérusalem (Berachos 1:2) rapporte qu’eux-mêmes, occupés à l’étude de la Torah, ne l’interrompaient pas même pour le Chema.

Le paragraphe 9 en bref

Ce paragraphe montre que celui dont l’amour s’est affaibli peut trouver une joie encore plus grande dans la Torah en reconnaissant sa propre bassesse. La tristesse vient de l’orgueil, du désir d’atteindre le niveau de Rabbi Chimon bar Yo’haï, dont l’amour ne s’endormait jamais et qui n’avait pas besoin de prier pour l’éveiller.

Pour aller plus loin

Au chapitre 34, le Tanya reprend précisément les mots du verset de Ki Tavo : celui qui fait de son étude de la Torah une demeure pour D.ieu doit Le remercier pour la part qui lui revient « avec joie et allégresse de cœur ». La note de Kehot cite le Rabbi (Likkutei Sichos, vol. 7, p. 346) : « il n’était pas dans un état de sommeil » semble signifier qu’il ne l’était même pas moins de soixante respirations durant, ce qui situerait Rabbi Chimon au-dessus du niveau du roi David ; le Rabbi laisse la question à approfondir.

Maré mekomot

  1. 1
    וסיגופים הממרקין · Berakhot 5a
  2. 2
    נבזה בעיניו נמאס · Psalms 15:4
  3. 3
    שמחת הנפש · Tanya, Likkutei Amarim 31:11
  4. 4
    שמחת הנפש · Tanya, Likkutei Amarim 34:8
  5. 5
    וסד״ה ויחפרו עבדי יצחק · תו״א כ, ב.
  6. 6
    באר מים חיים · Genesis 26:19
  7. 7
    והעצבות הוא כשמבקש גדולות דוקא · Tanya, Likkutei Amarim 27:3
  8. 8
    בחד קטירא אתקטרנא · ראה המצויין לעיל מטות פד, ג.
  9. 9
    בחד קטירא אתקטרנא · Zohar, Idra Zuta 1:29–4:37
  10. 10
    נשמתא . . להיטא · זח״ג (רצב, א). [כ].
  11. 11
    נשמתא ביה אחידא ביה להיטא · בסה״מ מלוקט ח״ג ע׳ קנב מבאר ”זה שבכמה דרושים מובא הענין דנשמתי בי׳ אחידא כו׳ בהמשך אחד עם בחד קטירא אתקטרנא, הוא, כי גם בהענין דבחד קטירא אתקטרנא יש בפנימיות בי׳ אחידא כו׳, אלא שבמשך כל ימי חייו לא הי׳ זה (בי׳ אחידא כו׳) בגילוי, וביום ההסתלקות שלו, שאז מתגלה הפנימיות (השרש והמקור) של כל עניני עבודת האדם שעבד במשך כל חייו, אז מתגלה הפנימיות דבחד קטירא אתקטרנא, שהוא (לא רק התקשרות, אלא גם) בי׳ אחידא”. וראה שם הערה 15.
  12. 12
    שלא היה בבחינת שינה · ”לכאורה הפי׳ דאפילו פחות מס׳ נשימין ג״כ לא. וא״כ זהו למעלה מבחי׳ דהמע״ה, וצ״ע”. — לקו״ש ח״ז ע׳ 346.
  13. 13
    רשב״י שתורתו אומנתו . . הי׳ פטור מתפלה · ירושלמי ברכות פ״א, ה״ב.

10וזהו שכתוב ועובר על פשע לשארית נחלתו למי שמשים עצמו כשיריים ענין גודל עוצם שפלות הנ״ל התורה אור א״ס ב״ה עובר על פשע שאין פשעיו

Et c’est là le sens de ce qui est écrit : « Il passe sur la transgression pour le reste de Son héritage » : pour celui qui se considère comme un reste — c’est-à-dire qui atteint l’intense degré d’humilité évoqué plus haut — la Torah, la Lumière infinie (Or Ein Sof), béni soit-Il, « passe sur la transgression », de sorte que ses transgressions

Explication

Tel est le sens de Michée 7,18 : « Il passe sur la transgression pour le reste de Son héritage ». Le Talmud (Roch Hachana 17b) comprend le « reste » comme celui qui se considère lui-même comme un reste. Pour celui qui est parvenu à une telle profondeur d’humilité, la Torah, qui est la Lumière infinie, passe sur ses transgressions, de sorte qu’elles ne comptent pour rien.

תופסים מקום כלל, וכמשל הארת אור השמש על הארץ שבמקום שכלה זריחת האור שם הוא יותר חמימות אור השמש כמו על הארץ ממש הוא חם יותר ובגובה האויר יש טורא דתלגא וכו׳.

ne comptent absolument pas. Cela ressemble à l’analogie du rayonnement de la lumière du soleil sur la terre : là où le rayonnement de la lumière prend fin, la chaleur de la lumière du soleil est plus intense ; ainsi, sur la terre même, il fait plus chaud, tandis qu’en altitude, dans l’air, il y a une montagne de neige, etc.

Explication

L’analogie est celle de la lumière du soleil : sa chaleur se fait sentir le plus là où son rayonnement prend fin, sur la terre même, tandis qu’en altitude, dans l’air, il y a des montagnes de neige. Ainsi, la lumière de la Torah agit le plus fortement là où une personne se tient le plus bas à ses propres yeux.

Le paragraphe 10 en bref

Le paragraphe comprend « Il passe sur la transgression pour le reste de Son héritage » comme une promesse faite à ceux qui sont humbles : pour celui qui se considère comme un reste, la lumière de la Torah l’emporte sur ses fautes, de même que la chaleur du soleil est la plus forte sur la terre basse.

Pour aller plus loin

L’analogie renverse l’ordre auquel on pourrait s’attendre : on pourrait penser que la lumière est la plus forte à proximité de sa source, mais son effet se fait sentir le plus là où elle vient se poser, au point le plus bas. Ainsi, l’humilité qui semble éloigner une personne est précisément le lieu où la lumière de la Torah agit avec le plus de force.

Maré mekomot

  1. 1
    ועובר על פשע לשארית נחלתו · Micah 7:18
  2. 2
    למי שמשים עצמו כשיריים · Rosh Hashanah 17b:1–3

Yaakov et Israël ; la joie des justes ¶11

11וכן עד״מ בהארת אור תורה הוא יותר במי שהוא בחינת שיריים ומותר בעולם כו׳ וזהו ועובר על פשע

De même, par analogie, pour le rayonnement de la lumière de la Torah : il est plus grand chez celui qui est au niveau de ce qui reste et est superflu dans le monde, etc. C’est là le sens de « et Il passe sur la transgression »,

Explication

De même, la lumière de la Torah brille surtout chez celui qui se considère comme un reste, comme quelqu’un de superflu dans le monde. C’est ainsi que « Il passe sur la transgression » s’applique à lui.

רק שיהיה חטאתי נגדי תמיד ולא מלובש בהם דרך ישר ע״ד אוילים מדרך פשעם המבואר במ״א בד״ה בהעלותך את הנרות וכמ״ש דרך אויל ישר בעיניו.

à la seule condition que « ma faute soit toujours devant moi » et qu’il ne soit pas revêtu de ces voies [comme si elles constituaient] une voie droite, à la manière des « insensés, à cause de la voie de leur transgression », comme cela est expliqué ailleurs, dans le discours qui commence par « Quand tu élèveras les lampes », et comme il est écrit : « La voie de l’insensé est droite à ses yeux. »

Explication

Il y a une condition : « ma faute est toujours devant moi » (Psaumes 51:5), afin qu’il ne considère jamais ses voies pécheresses comme droites, à l’image des « insensés » qui souffrent « à cause de la voie de leur transgression » (Psaumes 107:17), et comme il est dit : « La voie de l’insensé est droite à ses yeux » (Proverbes 12:15). Le discours « Quand tu élèveras les lampes » explique cela plus amplement.

והנה בחינה זו נקרא יעקב משא״כ בחי׳ ישראל כי שרית עם אלקים (עמ״ש בד״ה מה טובו אוהליך יעקב וגו׳)

Or, ce niveau est appelé Yaakov, contrairement au niveau de Yisrael, car « tu as lutté avec D.ieu » (voir ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Que tes tentes sont belles, Yaakov », etc.),

Explication

Ce service empreint d’humilité, celui de l’homme qui est tombé de l’amour éprouvé dans la prière, est appelé Yaakov. Yisrael est un niveau supérieur, nommé d’après « tu as lutté avec D.ieu… et tu as prévalu » (Genèse 32:29) ; le discours « Que tes tentes sont belles, Yaakov » explique ces deux noms.

והוא ענין עת התעוררות אהבה רבה בתפלה ובתורה שאחר התפלה ואזי השמחה היא בנקל יותר

et cela correspond au moment où un grand amour (ahava rabba) s’éveille dans la prière et dans l’étude de la Torah qui suit la prière ; alors, la joie vient plus facilement.

Explication

Yisrael désigne le moment où un grand amour s’éveille, dans la prière et dans l’étude de la Torah qui la suit. Alors, la joie vient plus facilement.

וזהו ולישרי לב שמחה ע״ד אשר עשה האלהים את האדם ישר כו׳ וזהו בחי׳ ישראל ישר אל

Et c’est là le sens de « et pour les cœurs droits, la joie », dans l’esprit de « D.ieu fit l’homme droit », etc. ; tel est le niveau de Yisrael : yashar El, « droit [avec] D.ieu ».

Explication

Ainsi, Psaumes 97:11 dit : « et pour les cœurs droits, la joie », et Ecclésiaste 7:29 dit que « D.ieu fit l’homme droit ». Le nom Yisrael lui-même peut se lire yashar El, « droit [avec] D.ieu ».

(ועמ״ש מזה בד״ה בפרשת נסכים כתיב. ומ״מ גם מבחינה זו דישראל מאיר בכל אחד בשעת התפלה כנ״ל וגם שבת בכללו הוא בחי׳ ישראל כמ״ש בד״ה לא הביט און ביעקב כו׳ וע״ש דיעקב נק׳ עבדי.

(Voir à ce sujet ce qui est écrit dans le discours qui commence par « Dans le passage des libations, il est écrit ». Néanmoins, [une lumière] de ce niveau de Yisrael brille aussi en chacun au moment de la prière, comme indiqué plus haut ; et le Chabbat dans son ensemble est également le niveau de Yisrael, comme il est écrit dans le discours qui commence par « Il n’a pas vu d’iniquité en Yaakov », etc. ; voir là-bas : Yaakov est appelé « Mon serviteur ».

Explication

L’Alter Rebbe renvoie à son discours « Dans le passage des libations, il est écrit ». Même celui dont le service est celui de Yaakov reçoit un reflet du niveau de Yisrael pendant la prière, et le Chabbat dans son ensemble est le niveau de Yisrael, comme l’explique le discours « Il n’a pas vu d’iniquité en Yaakov », où Yaakov est appelé « Mon serviteur ».

וזהו תחת אשר לא עבדת בשמחה ועמ״ש ע״פ ועתה יגדל הא׳ וע״פ אחרי ה׳ אלקיכם תלכו וע״פ לכן אמור לבני ישראל וע״פ רני ושמחי הנ״ל מענין עבדו את ה׳ בשמחה כו׳ ובד״ה שוש אשיש.

Et c’est là le sens de « Parce que tu n’as pas servi avec joie ». Voir ce qui est écrit au sujet du verset « Et maintenant, que la puissance d’Ado-naï soit grande », du verset « Vous suivrez Havaya, votre D.ieu », du verset « Dis donc aux enfants d’Israël » et du verset « Chante et réjouis-toi », mentionné plus haut, à propos de « Servez Havaya avec joie », etc. ; ainsi que dans le discours qui commence par « Je me réjouirai grandement ».

Explication

Cela explique « Parce que tu n’as pas servi avec joie » : le « service » désigne le niveau de Yaakov, le serviteur de D.ieu, et ce service lui aussi doit être accompli avec joie. L’Alter Rebbe énumère d’autres discours sur le service de D.ieu dans la joie, notamment ceux sur « Servez Havaya avec joie » (Psaumes 100:2) et « Je me réjouirai grandement en Havaya » (Isaïe 61:10).

אמנם בחי׳ שמחו צדיקים בה׳ זהו ע״ד מה יפית ומה נעמת אהבה בתענוגים הנזכר לעיל ואין כל אדם זוכה לזה,

Cependant, le niveau de « Réjouissez-vous en Havaya, vous les justes » correspond à « Que tu es belle, que tu es agréable, amour dans les délices », mentionné plus haut ; et tout homme n’a pas le mérite d’y parvenir,

Explication

La joie de « Réjouissez-vous en Havaya, vous les justes » est l’« amour dans les délices » du Cantique des Cantiques 7:7, décrit plus haut. Tout homme n’a pas le mérite d’y parvenir.

אבל שמחה של מצוה ותורה מה שעל ידי זה מרוה נפשו הצמ אה ליוצרה ע״ז מצווה כל אדם, ועיין בסש״ב [בספר של בינונים] ס״פ מ״א גבי אבל יחוד נפשו כו׳ בזה חפץ כל אדם מישראל באמת לאמתו כו׳

Mais la joie d’une mitsva et de la Torah, par laquelle on étanche la soif de son âme qui aspire à son Créateur, est prescrite à chacun. Voyez aussi le Sefer Shel Beinonim, à la fin du chapitre 41, au sujet de « mais l’union de son âme », etc. : « c’est là ce que désire véritablement chacun en Israël », etc. ;

Explication

Mais la joie d’une mitsva et de la Torah, par laquelle une personne étanche la soif de son âme envers son Créateur, est prescrite à tous. Le Tanya, à la fin du chapitre 41, dit que chaque Juif désire véritablement l’union de son âme avec la lumière de D.ieu.

ע״ש, ועמ״ש ע״פ בהעלותך מענין ההפרש בין אהבה שמבחינת אברהם ומבחי׳ אהרן ומבואר לעיל ענין וישכם אברהם בבקר מדת יום ובחינת אהרן הוא בבקר בהיטיבו והוא בחינת הטבה יותר מבקר דאברהם מצד עצמו.

voyez là-bas. Voyez aussi ce qui est écrit sur le verset « Lorsque tu élèveras » au sujet de la différence entre l’amour relevant du niveau d’Avraham et celui relevant du niveau d’Aharon. Plus haut, on a expliqué le sens de « Avraham se leva de bon matin », l’attribut du jour ; quant au niveau d’Aharon, il est « le matin, lorsqu’il améliore », et c’est un niveau d’amélioration qui dépasse le matin d’Avraham en lui-même.

Explication

L’Alter Rebbe renvoie à son discours sur « Lorsque tu élèveras [les lampes] », qui distingue l’amour d’Avraham de celui d’Aharon. L’amour d’Avraham est le « matin » de la prière, l’attribut du jour ; celui d’Aharon est le matin où il « améliore les lampes » (Exodus 30:7), une amélioration qui dépasse le matin d’Avraham en lui-même.

והיינו לבוא לבחינת ומדרגת שמחו צדיקים כו׳. ועוד י״ל [יש לומר] בענין ההפרש שבין בחי׳ השמחה בעבודת ה׳ של כל ישראל מה שעליה נאמר תחת אשר לא עבדת כו׳

C’est-à-dire parvenir au niveau et au degré de « Réjouissez-vous, justes », etc. On peut également expliquer la différence entre le niveau de joie dans le service de D.ieu de tout Israël, au sujet duquel il est dit : « Parce que tu n’as pas servi », etc.,

Explication

L’« amélioration » d’Aharon conduit au niveau de « Réjouissez-vous, justes ». L’Alter Rebbe propose maintenant une seconde manière de distinguer la joie requise de chaque Juif de celle des justes.

בשמחה ובין השמחה דשמחו צדיקים בה׳, והוא ע״ד שנתבאר במ״א בד״ה ה׳ לי בעוזרי בענין פי׳ מועדים לשמחה כי בכל השנה השמחה גנוזה בעבודה

« dans la joie », et la joie de « Réjouissez-vous, justes, en Havaya » : cela rejoint ce qui a été expliqué ailleurs, dans le discours qui commence par « Havaya est pour moi parmi ceux qui m’aident », à propos de l’explication de « les fêtes pour la joie » : tout au long de l’année, la joie est cachée dans le service,

Explication

Il renvoie à son discours sur « Havaya est pour moi parmi ceux qui m’aident » (Psalms 118:7), qui explique pourquoi les fêtes sont appelées « fêtes pour la joie ». Tout au long de l’année, la joie est cachée dans le service lui-même.

וזהו אשר לא עבדת בשמחה ועושין מהעבודה עיקר והשמחה היא שמחה של מצוה אבל ביו״ט [ביום טוב] השמחה היא בהתגלות וישמחו בך ישראל. וע״ש הטעם כו׳.

et c’est là le sens de « Parce que tu n’as pas servi dans la joie » : on fait du service l’essentiel, et la joie est celle d’une mitsva. Mais à Yom Tov, la joie se révèle : « et qu’Israël se réjouisse en Toi ». Voyez là-bas la raison, etc.

Explication

Durant l’année, le service est essentiel et la joie est celle que procure l’accomplissement d’une mitsva ; c’est ce qu’exige l’expression « Parce que tu n’as pas servi dans la joie ». À Yom Tov, la joie elle-même se révèle, comme le dit la prière de la fête : « et qu’Israël se réjouisse en Toi ».

ועל דרך זה יובן גם כאן כי להיות וישמחו בך ממש זהו מעלת הצדיקים אלא שביו״ט [שביום טוב] יכולים כל ישראל להגיע לבחינה זו וכענין מ״ש במ״א בענין גביע הכסף שהטמין יוסף הצדיק באמתחת בנימין שהוא ענין נכסף נכספתה כו׳.

De cette manière, on comprendra également ici que se réjouir véritablement « en Toi » relève du mérite des justes ; toutefois, à Yom Tov, tout Israël peut atteindre ce niveau. Cela rejoint ce qui est dit ailleurs au sujet de la coupe d’argent que Yosef le Juste cacha dans le sac de Binyamin, en rapport avec « tu as ardemment désiré » (nichsof nichsafta), etc.

Explication

Se réjouir « en Toi », en D.ieu Lui-même, est le niveau des justes, mais à Yom Tov, chaque Juif peut l’atteindre. L’Alter Rebbe relie cela à la coupe d’argent que Yosef cacha dans le sac de Binyamin (Genesis 44:2) : l’argent, kesef, évoque « tu as ardemment désiré » (nichsof nichsafta, Genesis 31:30), un désir profond.

ודרך זה קרוב ג״כ לדרך הראשון. ועמ״ש בביאור ע״פ וכל בניך בענין המדרש בשה״ש [בשיר השירים] רבה על פ׳ נגילה ונשמחה בך הא חדותא שלימא כו׳ ע״ש):

Cette approche est également proche de la première. Voyez aussi ce qui est écrit dans l’explication sur le verset « Et tous tes enfants », au sujet du Midrash dans Shir HaShirim Rabbah sur le verset « Nous exulterons et nous réjouirons en Toi » : « c’est une joie parfaite », etc. ; voyez là-bas.

Explication

Cette seconde approche est proche de la première. L’Alter Rebbe renvoie également à son explication sur « Et tous tes enfants » (Isaiah 54:13), qui traite du Midrash sur « Nous exulterons et nous réjouirons en Toi » (Song of Songs 1:4) et de sa « joie parfaite ».

Le paragraphe 11 en bref

Ce paragraphe distingue le service humble de « Yaakov », le serviteur, du niveau de « Yisrael », où s’éveille un grand amour et où la joie vient facilement. Il montre que le verset de Ki Tavo exige la joie du serviteur, la joie d’une mitsva, accessible à tous. La joie des justes qui se réjouissent en D.ieu Lui-même n’est pas exigée de chacun, bien que chaque Juif puisse y accéder à Yom Tov.

Pour aller plus loin

Les deux approches sont proches : dans la première, les justes ont l’« amour dans les délices », tandis que chaque Juif éprouve la joie d’étancher sa soif par la Torah et les mitsvot ; dans la seconde, la joie des justes est une joie révélée en D.ieu Lui-même, tandis que la joie du service de l’année est dissimulée au sein du service, et ce n’est qu’à Yom Tov que la joie révélée est accessible à tous. Likkutei Torah, Balak, auquel renvoie la note de Kehot, explique Yaakov et Yisrael comme le serviteur et le fils.

Maré mekomot

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    חטאתי נגדי תמיד · Psalms 51:5
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    אוילים מדרך פשעם · Psalms 107:17
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    מה טובו אוהליך יעקב · Numbers 24:5
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    ולישרי לב שמחה · Psalms 97:11
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    אשר עשה האלקים את האדם ישר · Ecclesiastes 7:29
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    בד״ה בפרשת נסכים כתיב · לעיל פ׳ שלח מ, ג.
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    בד״ה לא הביט און ביעקב · לעיל פ׳ בלק ע, ג.
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    לא הביט און ביעקב · Numbers 23:21
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    אחרי ה׳ אלקיכם תלכו · Deuteronomy 13:5
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    עבדו את ה׳ בשמחה · Psalms 100:2
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    ובד״ה שוש אשיש · לעיל תזריע כ, ג.
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    שוש אשיש · Isaiah 61:10
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    מה יפית ומה נעמת אהבה בתענוגים · Song of Songs 7:7
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    בזה חפץ כל אדם מישראל באמת לאמתו · Tanya, Likkutei Amarim 41:22
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    בבקר בהיטיבו · Exodus 30:7
  23. 23
    ה׳ לי בעוזרי · Psalms 118:7
  24. 24
    וישמחו בך ישראל · תפלת יו״ט.
  25. 25
    בענין גביע הכסף · ראה אוה״ת מקץ תתשד, א. במסעי (צ, ב-ג). [כ].
  26. 26
    גביע הכסף · Genesis 44:2
  27. 27
    נכסף נכספתה · Genesis 31:30
  28. 28
    בביאור ע״פ וכל בניך · לעיל פ׳ ראה לא, ג.
  29. 29
    וכל בניך · Isaiah 54:13
  30. 30
    נגילה ונשמחה בך · Song of Songs 1:4

Se préparer à la prière ¶12–15

12ג והנה קודם התפלה צריך כובד ראש שהוא המרירות על שאין בחי׳ ישראל לי ראש מאיר בו בגילוי מחמת עונותי עברו ראשי.

3. Or, avant la prière, il faut le koved rosh (la lourdeur de tête), c’est-à-dire l’amertume de ce que le niveau de Yisrael — li rosh (« une tête pour Moi ») — ne brille pas en lui de façon manifeste, car « mes iniquités ont dépassé ma tête ».

Explication

La troisième section aborde la préparation à la prière. Avant de prier, il faut le koved rosh, la « lourdeur de tête » (Berachos 30b) : l’amertume de ce que le niveau de Yisrael, dont les lettres forment li rosh, « une tête pour Moi », ne brille pas en lui de façon manifeste, car, comme le dit Psaumes 38:5, « mes iniquités ont dépassé ma tête ».

וזהו בחי׳ כובד ראש והיינו שיבא לידי הכנעה והשפלות ופחיתות עצמו במוח בידיעה היטב וא״צ [ואין צריך / ואינו צריך] שיהיה בלב דוקא, ולא

Tel est le niveau de la lourdeur de tête : qu’il en vienne à la soumission, à l’humilité et à la conscience de sa propre infériorité dans son esprit, avec une connaissance approfondie ; il n’est pas nécessaire que cela soit précisément dans le cœur. Et ce n’est pas…

Explication

Cette lourdeur consiste en une reconnaissance claire et approfondie, dans l’esprit, de sa propre bassesse, qui conduit à la soumission. Il n’est pas nécessaire qu’elle soit ressentie dans le cœur.

כמו שסוברים העולם שקודם התפלה יוכל להיות טמטום הלב כי א״א להיות בשחרית קודם התפלה כמשארז״ל [כמו שאמרו רבותינו זכרונם לברכה] אידלי יומא אידלי קצירא שהחסד מתעורר בבקר דאברהם.

comme le pensent les gens, qu’il puisse y avoir un engourdissement du cœur avant la prière ; car cela ne peut se produire à Cha’harit avant la prière, comme l’ont dit nos Sages, de mémoire bénie : « Quand le jour se lève, la maladie s’atténue », car le ‘Hessed (bonté) s’éveille le matin, celui d’Avraham.

Explication

Les gens pensent que le cœur peut simplement être engourdi avant la prière, mais cela ne peut être le cas à Cha’harit, car le ‘Hessed, l’attribut d’Avraham, s’éveille le matin. Le Talmud (Bava Basra 16b) dit : « Quand le jour se lève, la maladie s’atténue », à propos de la pierre guérisseuse suspendue au cou d’Avraham et exposée au soleil à sa mort.

וג׳ דברים הם להסיר כל המונעים בתפלה א׳ מקוה וכמו שמצינו במשנה ספ״ח דיומא מה מקוה מטהר.

Et trois choses écartent tout ce qui fait obstacle à la prière. La première est le mikvé, comme nous le trouvons dans la Michna, à la fin du huitième chapitre de Yoma : « De même qu’un mikvé purifie. »

Explication

Trois choses écartent tout ce qui fait obstacle à la prière, et la première est l’immersion dans un mikvé. La Michna, à la fin de Yoma, dit : « De même qu’un mikvé purifie l’impur, le Saint béni soit-Il purifie Israël. »

Le paragraphe 12 en bref

La troisième section ouvre la préparation à la prière : une reconnaissance lucide, dans l’esprit, de sa propre bassesse — la « lourdeur de tête » — qui ne contredit pas le ‘Hessed éveillé le matin ; elle présente aussi trois choses qui écartent les obstacles à la prière, dont la première est le mikvé.

Pour aller plus loin

Comprendre Yisrael comme li rosh, « une tête pour Moi », rattache ce paragraphe au précédent : la lourdeur de tête est l’amertume de ce que la « tête », le niveau de Yisrael, est dissimulée par les péchés. Pourtant, l’Admour Hazaken insiste : il s’agit d’une connaissance dans l’esprit, et non d’un cœur accablé, puisque le matin voit l’éveil du ‘Hessed.

Maré mekomot

  1. 1
    קודם התפלה צריך כובד ראש · ראה ברכות רפ״ה ל, ב.
  2. 2
    כובד ראש · Berakhot 30b:14
  3. 3
    עונותי עברו ראשי · Psalms 38:5
  4. 4
    אידלי יומא אידלי קצירא · Bava Batra 16b:10
  5. 5

13והנה הרי״ף [הרי״ף (רבי יצחק אלפסי)] פ״ג [פרק ג׳] דברכות ותר״י [ותלמידי רבינו יונה] כתבו בשם רב האי דלא בטלו טבילת בעל קרי אלא לד״ת [לדברי תורה]

Or, le Rif, au troisième chapitre de Berakhot, ainsi que les Talmidei Rabbeinu Yonah, écrivent au nom de Rav Hai que l’obligation d’immersion pour celui qui a eu une émission séminale n’a été abolie que pour les paroles de Torah,

Explication

L’Alter Rebbe expose le contexte halakhique du mikvé. Le Rif (Rabbi Yitzchak Alfassi), dans son commentaire du troisième chapitre de Berakhot, et les Talmidei Rabbeinu Yonah qui commentent son ouvrage, citent Rav Hai Gaon : le décret imposant l’immersion à celui qui a eu une émission séminale n’a été aboli que pour l’étude de la Torah.

אבל לתפלה צריך טבילה ואע״ג [ואף על גב] דאנן לא קיי״ל [קיימא לן] כן כמ״ש בש״ע [בשלחן ערוך] מ״מ כתב תר״י [תלמידי רבינו יונה] שלדברי הכל התפלה מקובלת יותר עם הטבילה.

mais que, pour la prière, l’immersion est nécessaire. Et bien que nous ne suivions pas cet avis, comme il est écrit dans le Choul’han Aroukh, les Talmidei Rabbeinu Yonah écrivent néanmoins que, selon toutes les opinions, la prière est mieux agréée après l’immersion.

Explication

À leurs yeux, l’immersion demeure nécessaire pour la prière. Le Choul’han Aroukh (Orach ‘Haïm 88) ne tranche pas dans ce sens, mais les Talmidei Rabbeinu Yonah ajoutent que, selon toutes les opinions, la prière est plus volontiers agréée après l’immersion.

ויש לומר קצת טעם לזה מ״ש תפלה מתורה והוא ע״פ גירסת הירושלמי במשנה סוף מסכת סוטה הטהרה נטלה את הריח.

On peut donner une raison, dans une certaine mesure, à cette distinction entre la prière et la Torah, en se fondant sur la version de la Michna donnée par le Talmud de Jérusalem à la fin du traité Sota : « La pureté a fait disparaître le parfum. »

Explication

Pourquoi la prière se distingue-t-elle de l’étude de la Torah ? La réponse de l’Alter Rebbe se fonde sur la Michna à la fin de Sota, dans la version du Talmud de Jérusalem : « La pureté a fait disparaître le parfum », c’est-à-dire que lorsque la pureté a cessé, le parfum s’est perdu.

וכן בגמרא דידן בסוטה (דמ״ט א׳) מורחינא ריחא דחנוניתא א״ל [אמר ליה] בני טהרה יש בך. הרי דבחינת ריח דוקא נמשך מענין הטהרה והוא משום

De même, dans notre Guemara, dans Sota (49a) : « Je sens le parfum d’une chinounisa. » Il lui dit : « Mon fils, il y a en toi de la pureté. » Nous voyons donc que la qualité de parfum découle précisément de la notion de pureté ; et cela s’explique par le fait que

Explication

Le Talmud de Babylone (Sota 49a) raconte que Rav Houna trouva une datte de la variété parfumée chinounisa et l’enveloppa dans son manteau ; lorsque son fils Rabba arriva et dit : « Je sens le parfum d’une chinounisa », il lui répondit : « Mon fils, il y a en toi de la pureté. » Le parfum est donc lié à la pureté.

כי ענין טומאה וטהרה הוא בחי׳ מקיפים ועל כן שייך הטהרה דוקא לענין הריח שהוא ג״כ בחינת מקיף כמ״ש בד״ה אלה מסעי בענין ירדן יריחו.

la notion d’impureté et de pureté relève du niveau des makifim (niveaux englobants) ; c’est pourquoi la pureté se rapporte précisément au parfum, qui relève lui aussi du niveau d’un makif, comme il est écrit dans le discours qui commence par « Voici les étapes », à propos du « Jourdain [à] Yeri’ho ».

Explication

La raison en est que l’impureté et la pureté relèvent des makifim, les niveaux « englobants » qui entourent une personne au lieu de pénétrer en elle ; l’odorat est lui aussi un sens englobant. Le discours « Voici les étapes » l’explique à propos du « Jourdain à Yeri’ho », nom qui évoque réa’h, « parfum ».

Le paragraphe 13 en bref

Ce paragraphe expose le contexte halakhique de l’immersion avant la prière et explique pourquoi elle importe davantage pour la prière que pour l’étude de la Torah : la pureté est liée au parfum, et tous deux relèvent des niveaux englobants, les makifim.

Pour aller plus loin

À propos de l’affirmation selon laquelle la prière est mieux agréée après l’immersion, la note de Kehot renvoie à une lettre du Rambam à Rabbi Pin’has fils de Meshoullam, telle que le Rabbi la cite dans Likkutei Sichos. Le paragraphe suivant explique pourquoi la prière relève particulièrement de la notion de « parfum ».

Maré mekomot

  1. 1
    והנה הרי״ף · ראה מאה שערים מה, א ד״ה הרי״ף כ׳. וראה הוספות לס׳ מאמרי אדה״ז הקצרים ע׳ תרד.
  2. 2
    טבילת בעל קרי · Shulchan Arukh, Orach Chayim 88:1
  3. 3
    אנן לא קיי״ל כן כמ״ש בש״ע · או״ח ספ״ח.
  4. 4
    שלדברי הכל התפלה מקובלת יותר עם הטבילה · ראה אגרת הרמב״ם לר׳ פינחס ב״ר משולם — נדפסה בשו״ת הרמב״ם ליפסיא סי׳ קמ. אגרות הרמב״ם ע׳ 178 ואילך — לקו״ש ח״כ ע׳ 345 הערה 177. ראה לקו״ש ח״ז ע׳ 315.
  5. 5
    הטהרה נטלה את הריח · Mishnah Sotah 9:13
  6. 6
    מורחינא ריחא דחנוניתא · Sotah 49a:10
  7. 7
    בד״ה אלה מסעי · לעיל פ׳ מסעי צ, ד ואילך.

14והנה הקרבנות נקרא ריח ניחוחי. וכתיב וירח ה׳ את ריח הניחוח. ובזה יובן מארז״ל [מאמר רבותינו זכרונם לברכה] פרק הניזקין שנכנס לו יתוש בחוטמו.

Or, les offrandes sont appelées « Mon parfum agréable », et il est écrit : « Havaya sentit le parfum agréable. » Cela nous permettra de comprendre l’enseignement de nos Sages, de mémoire bénie, dans le chapitre HaNizakin : un moucheron entra dans son nez.

Explication

Les offrandes sont appelées « Mon parfum agréable » (Nombres 28:2) et, après l’offrande de Noa’h, « Havaya sentit le parfum agréable » (Genèse 8:21). Cela explique le récit du Talmud (Gittin 56b) selon lequel un moucheron entra dans le nez de Titus, qui avait détruit le Temple.

והיינו מדה כנגד מדה לפי שהחריב בהמ״ק [בית המקדש] וביטל הקרבנות שהיו בחי׳ ריח ניחוח להקב״ה וכתיב ותהלתי אחטם לך ועמ״ש בד״ה באתי לגני בענין אריתי מורי.

C’est là une mesure pour mesure : parce qu’il avait détruit le Saint Temple et supprimé les offrandes, qui étaient le niveau du parfum agréable pour le Saint béni soit-Il. Il est écrit : « Et pour Ma louange, Je me retiendrai (e’htom) pour toi. » Voir aussi ce qui est écrit dans le discours commençant par « Je suis venu dans Mon jardin », à propos de « J’ai cueilli ma myrrhe. »

Explication

Son châtiment fut une mesure pour mesure : il détruisit le Temple et mit fin aux offrandes, le « parfum agréable » de D.ieu ; il fut donc frappé au nez. Isaïe 48:9, « et pour Ma louange, Je me retiendrai (e’htom) pour toi », emploie un verbe apparenté à ‘hotem, « nez ». Le discours « Je suis venu dans Mon jardin » explique cela à propos de « J’ai cueilli ma myrrhe » (Cantique des Cantiques 5:1).

והנה התפלה היא במקום קרבנות והיא ג״כ בחי׳ ריח ניחוחי ולכן אמרו לבעל החוטם אני מתפלל כמ״ש בזח״ג [בזהר חלק ג] (נשא ק״ל ע״ב).

Or, la prière tient lieu d’offrandes et elle aussi est le niveau de « Mon parfum agréable ». C’est pourquoi ils disaient : « C’est au Maître du nez que j’adresse ma prière », comme il est écrit dans le Zohar, troisième partie (Nasso, 130b).

Explication

La prière prend la place des offrandes — le Talmud (Berachos 26b) enseigne que les prières furent instituées en correspondance avec elles — et elle aussi est donc un « parfum agréable ». C’est pourquoi, rapporte le Zohar, Rav Hamnouna Saba disait avant de prier : « C’est au Maître du nez que j’adresse ma prière. » Le Zohar applique à Atik Yomin, l’« Ancien des jours », les mots d’Isaïe : « Pour Ma louange, Je me retiendrai pour toi. »

וכיון שכן לכן צריך לזה טהרה כנ״ל שהטהרה שייך לבחינת ריח. וריחא דחנוניתא זהו כענין לבעל החוטם אני מתחנן.

Et puisqu’il en est ainsi, cela requiert donc la pureté, comme indiqué plus haut, car la pureté est liée au niveau du parfum. Quant au « parfum de la chinounissa », il correspond à l’expression : « C’est au Maître du nez que j’implore (mitchanen). »

Explication

Puisque la prière est un « parfum », elle requiert la pureté, qui est liée au parfum. L’expression de Rav Houna, « parfum de la chinounissa », correspond aux paroles de Rav Hamnouna : le mot chinounissa évoque mitchanen, « j’implore », dans « C’est au Maître du nez que j’implore. »

וע״כ לדברי הכל התפלה מקובלת יותר עם הטבילה ועיין בר״ח [בראשית חכמה] שער האהבה פי״א [פרק י״א] ג״כ טעם לזה כי התורה כו׳ אמנם תפלה כו׳ יעו״ש [יעויין שם].

C’est pourquoi, selon toutes les opinions, la prière est davantage agréée après l’immersion. Voir également Reishis Chochmah, Sha'ar HaAhavah, chapitre 11, qui donne lui aussi une raison à cela : « car la Torah… », « mais la prière… » ; voir là-bas.

Explication

Voilà pourquoi, selon toutes les opinions, la prière est davantage agréée après l’immersion. Reishis Chochmah donne une raison supplémentaire, en opposant la Torah, qui ne reçoit pas l’impureté, à la prière.

הב׳ צדקה כמו ר״א [רבי אלעזר] יהיב פרוטה כו׳ בצדק אחזה פניך מפני שיש קטרוגים על האדם ודנין אותו אם ראוי לכנס להיכל ממ״ה [מלך מלכי המלכים] הקב״ה בתפלה וצדקה תציל כו׳ וצדקה תרומם גוי ועמ״ש סד״ה וארשתיך לי.

La deuxième [préparation] est la charité, comme lorsque Rabbi Elazar donnait une pièce, etc. : « Dans la justice, je contemplerai Ta face. » En effet, des accusations s’élèvent contre une personne et l’on juge si elle est digne d’entrer, par la prière, dans le palais du Roi des rois des rois, le Saint béni soit-Il. Or, « la charité sauve », etc., et « la charité élève une nation ». Voir aussi ce qui est écrit à la fin du discours commençant par « Je te fiancerai à Moi. »

Explication

La deuxième des trois préparations est la charité. Avant de prier, Rabbi Elazar donnait une pièce à un pauvre, en citant : « Dans la justice (be-tsédek), je contemplerai Ta face » (Bava Basra 10a). La charité protège contre les accusations qui mettent en question le droit d’une personne à entrer, par la prière, dans le palais du Roi : « la charité sauve » (Proverbes 10:2) et « la charité élève une nation » (Proverbes 14:34).

Le paragraphe 14 en bref

Ce paragraphe explique pourquoi la pureté est importante pour la prière : celle-ci remplace les offrandes, qui étaient un « parfum agréable », et le parfum est lié à la pureté. Il présente ensuite la deuxième préparation à la prière : la charité, qui répond aux accusations contre celui qui prie.

Pour aller plus loin

La note de Kehot cite Reishis Chochmah : du fait de sa grande stature, la Torah appartient au « monde masculin » et a le pouvoir de recevoir la kelipa sans pour autant contracter l’impureté, comme le feu. La prière est une demande de miséricorde et une supplication qui requiert l’intention du cœur ; lorsque l’on est impur, cette intention est certainement troublée. Il faut donc veiller à la pureté.

Maré mekomot

  1. 1
    ריח נחוחי · Numbers 28:2
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    וירח ה׳ את ריח הניחוח · Genesis 8:21
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    שנכנס לו יתוש בחוטמו · Gittin 56b:15
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    ותהלתי אחטם לך · Isaiah 48:9
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    בד״ה באתי לגני · לקמן שה״ש לג, א.
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    באתי לגני · Song of Songs 5:1
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    התפלה היא במקום קרבנות · Berakhot 26b:7
  8. 8
    לכן אמרו לבעל החוטם אני מתפלל · ראה לעיל פ׳ שלח נא, ד. פ׳ מסעי צא, א.
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    לבעל החוטם אני מתפלל · Zohar, Idra Rabba 9:63–10:73
  10. 10
    כי התורה כו׳ אמנם תפלה · Reshit Chokhmah, Gate of Love 11:49
  11. 11
    ועיין בר״ח שער האהבה פי״א ג״כ טעם לזה כי התורה כו׳ אמנם תפלה כו׳ · בדפוס אמשטרדם קט, רע״א: ”כי התורה מפני רוב מעלתה שהיא בעלמא דדכורא יש בכחה לקבל הקליפה ואינה מקבלת הטומאה כאש, אמנם התפלה היא בקשת רחמים ותחנונים וצריך כוונת הלב ובהיותו טמא בודאי תתבלבל כוונתו ולכן צריך ליזהר בה”.
  12. 12
    ר״א יהיב פרוטה · Bava Batra 10a:14
  13. 13
    בצדק אחזה פניך · Psalms 17:15
  14. 14
    וצדקה תציל כו׳ · Proverbs 10:2
  15. 15
    וצדקה תרומם גוי · Proverbs 14:34
  16. 16
    סד״ה וארשתיך לי · לעיל פ׳ במדבר רט, רע״א.
  17. 17
    וארשתיך לי · Hosea 2:21

15והג׳ הוא עסק ולימוד דברי מוסר ובפרט דברי מוסר הנמצאים בזוהר מלשון הארה שמאיר במקום החושך

Et la troisième consiste à s’occuper des paroles de moussar et à les étudier, en particulier celles que l’on trouve dans le Zohar — dont le nom évoque l’« illumination » —, qui éclaire le lieu des ténèbres,

Explication

La troisième préparation consiste à étudier le moussar, c’est-à-dire des paroles d’instruction morale, en particulier celles qui se trouvent dans le Zohar. Le nom Zohar signifie « éclat », une lumière qui éclaire le lieu des ténèbres.

שהוא חכמת אמת אשת חיל עטרת בעלה היא האמונה שמלא כה״כ [כל הארץ כבודו] אף בלי התבוננות יקרה מאד למעלה מצד דירה בתחתונים וכו׳ והיא עטרת בעלה.

car il est la sagesse de vérité. « Une femme vaillante est la couronne de son mari » : c’est la foi que « la terre entière est remplie de Sa gloire » ; même sans contemplation, elle est très précieuse en haut, du fait qu’elle constitue une demeure dans les mondes inférieurs, etc., et elle est « la couronne de son mari ».

Explication

Le Zohar est « la sagesse de vérité », la Kabbale. Dans « Une femme vaillante est la couronne de son mari » (Proverbes 12:4), la femme vaillante désigne la foi simple que « la terre entière est remplie de Sa gloire », même sans contemplation ; elle est très précieuse en haut parce que D.ieu désire une demeure dans les mondes inférieurs, et elle est donc la couronne de son mari.

פי׳ בעלה היא אהבה רבה שאחר התבוננות באמונה זו הפשוטה לדבקה בה׳ אחד סובב כ״ע [כל עלמין] שאהבה רבה זו הוא בחי׳ דכר כמ״ש זכר חסדו וכו׳.

C’est-à-dire que « son mari » désigne le grand amour qui vient après la contemplation de cette foi simple : s’attacher à D.ieu, l’Un, qui entoure tous les mondes (sovev kol almin) ; car ce grand amour est le niveau du masculin (dechar), comme il est écrit : « Il s’est souvenu (zachar) de Sa bonté », etc.

Explication

Son « mari » est le grand amour qui découle de la contemplation de cette foi simple : l’amour qui consiste à s’attacher à D.ieu, l’Un, qui entoure tous les mondes. Cet amour est qualifié de « masculin » (dechar), comme le suggère « Il s’est souvenu (zachar) de Sa bonté » (Psaumes 98:3), car zachar, « se souvenir », signifie aussi « mâle », et la bonté est l’amour.

ומפני שנתאוה הקב״ה להיות לו דירה בתחתונים היא האמונה הפשוטה נעשית עטרת לראשו כו׳:

Et parce que le Saint béni soit-Il a désiré avoir une demeure dans les mondes inférieurs, la foi simple devient une couronne pour Sa tête, etc.

Explication

Parce que D.ieu a désiré une demeure dans les mondes inférieurs, comme l’enseigne le Midrach Tanhouma, la foi simple, même sans contemplation, devient une couronne sur la tête de son mari, le grand amour. Ainsi, ce qui est le plus bas est élevé au plus haut.

Le paragraphe 15 en bref

Ce paragraphe présente la troisième préparation à la prière : l’étude du moussar, en particulier celui du Zohar. Il interprète « Une femme vaillante est la couronne de son mari » comme désignant la foi simple qui couronne le grand amour produit par la contemplation, parce que D.ieu désire une demeure dans les mondes inférieurs.

Pour aller plus loin

La note Kehot sur les derniers mots indique que le Rabbi Rachab, dans ses notes sur le Likkutei Torah, recopie un passage supplémentaire de ce maamar, qui commence par un enseignement au nom du Baal Chem Tov : « Israël fut dispersé… » ; des textes apparentés figurent également dans les courts maamarim de l’Admour Hazaken et dans Maamarei Admur HaZaken: Inyanim.

Maré mekomot

  1. 1
    אשת חיל עטרת בעלה · Proverbs 12:4
  2. 2
    זכר חסדו · Psalms 98:3
  3. 3
    שנתאוה הקב״ה להיות לו דירה בתחתונים · Bamidbar Rabbah 13:6
  4. 4
    שנתאוה הקב״ה להיות לו דירה בתחתונים · Midrash Tanchuma, Nasso 16:1
  5. 5
    לראשו כו׳ · ראה לעיל (יח, ד) בהערות כ״ק אדמו״ר מוהרש״ב נ״ע שמעתיק קטע נוסף ממאמר זה: ”ובשם הבעש״ט ז״ל נתפזרו ישראל . .” (וראה ג״כ ס׳ מאמרי אדה״ז הקצרים ע׳ רנו. ס׳ מאמרי אדה״ז ענינים ע׳ קלא ובהנסמן בהמ״מ שם).

Maamar terminé ?

Marquez-le comme étudié ; il compte pour la semaine et pour le siyoum de l’année.

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Dans la avoda

Avant de prier, reconnaissez clairement dans votre esprit votre propre bassesse et préparez-vous par un mikvé, la charité et l’étude du moussar. Dans la prière, méditez sur le fait que le monde n’est que la lumière de D.ieu, jusqu’à ce que l’amour caché s’éveille. Dans l’étude de la Torah, même lorsque l’amour s’est refroidi, réjouissez-vous que la Torah soit la lumière propre de D.ieu et qu’elle apaise votre désir de Lui ; plus vous sentez combien vous êtes éloigné, plus grande doit être cette joie.

Questions à discuter

  1. Pourquoi la joie de la Torah et des mitsvot est-elle à la portée de chaque Juif, alors que « Réjouissez-vous en Havaya, justes » ne l’est pas ?
  2. Que nous enseigne chacune des analogies — la force de croissance et les pensées de l’âme — sur le rapport du monde à D.ieu ?
  3. Comment le fait de savoir que l’on est éloigné de D.ieu peut-il accroître la joie de l’étude de la Torah, et à quel moment cela devient-il la tristesse contre laquelle le maamar met en garde ?
  4. Pourquoi le voleur qui prie pour réussir est-il un exemple d’un amour « endormi » ? Que signifierait le réveil de cet amour ?
  5. Selon le maamar, pourquoi la pureté est-elle plus importante pour la prière que pour l’étude de la Torah ?

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Sommaire

Likkutei Torahלקוטי תורה

Parshas Ki Savoכי תבוא

  1. 1היום הזה הוי״ה אלהיך מצוך לעשות…“This Day Havayah Your G‑d Commands You”
  2. 2ענין ראש השנה ויום הכפוריםThe Matter of Rosh HaShanah and Yom Kippur
  3. 3תחת אשר לא עבדת את ה׳…“Because you did not serve Havayah your G‑d with joy”
  4. 4ויקרא משה אל כל ישראל ויאמר…“And Moshe Called to All Israel”